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Episode VIII : Les Derniers Jedi
 
  • Titre original Star Wars : Episode VIII – The Last Jedi
  • Année et période +34 (Nouvelle Grande Guerre)
  • Groupe Postlogie
  • Date de sortie (USA) 15/12/2017
  • Date de sortie (France) 13/12/2017
  • Réalisateur Rian Johnson
  • Producteur(s) Kathleen Kennedy & Ram Bergman
  • Acteurs principaux Mark Hamill, Carrie Fisher, Adam Driver, Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Andy Serkis, Lupita N'yongo, Domhnall Gleeson, Anthony Daniels, Gwendoline Christie, Kelly Marie Tran, Laura Dern, Benicio Del Toro
  • Synopsis :

    Dans Star Wars : Les Derniers Jedi de Lucasfilm, la saga Skywalker continue alors que les héros du Réveil de la Force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une nouvelle aventure épique. Des secrets ancestraux sur la Force seront révélés ainsi que de surprenantes révélations sur le passé.

    Avec la destruction de la République, le maléfique Premier Ordre règne. Maintenant, le Suprême Leader Snoke cherche à écraser ce qui reste de la Résistance et à cimenter son emprise sur la galaxie. Mais l'espoir survit: Rey a trouvé Luke Skywalker, un maître Jedi légendaire qui peut changer le cours de la guerre.

  • Note du staff SWU
     (73 % - 9 commentaires)
  • Note des internautes
     (64 % - 45 commentaires)
  • 13/12/2017
     (95 %)  •  Langue : VF

    J'en sors à l'instant et c'était très bien. Quelques petites choses m'ont dérangé mais ça reste du très haut niveau.

    Une bonne intrigue, assez simple avec l'évacuation qui en fait occupe les trois quart du film (en temps "interne") mais qui fonctionne, avec au passage des interactions cool entre les personnages (surtout Poe).
    Luke j'avais peur qu'ils fassent n'importe quoi, mais toute son histoire est bien écrite. Ça se tient bien et on sent sa détresse et sa confusion. Sa fin me convient aussi, oui on voudrait en voir plus (notamment son sabre) mais ça se tient. Et la guest star est bien utilisée, fidèle à lui-même.
    Pour Rey je trouve dommage que ses parents ne soient vraiment personne (mais je garde l'espoir que ça soit faux, après tout c'est Kylo qui le dit pour l'attirer, et ça colle pas tout à fait). Snoke n'a pas d'importance mais on aurait tout de même pu nous donner une info.
    Avec Rey vient Kylo et je suis content de ce qu'ils deviennent. Pas d'alliance débile, encore moins de romance. Chacun est où il doit. Et sa prise de pouvoir fera taire ses détracteurs qui le traitaient de gamin indigne d'être un méchant de SW.
    Le duo Finn-Rose marche bien aussi, même si je trouve que Rose l'éclipse un peu (très touchante, avec un bon fond, là ou Finn a pas beaucoup évolué). La séquence à Canto est pas super importante mais pourquoi pas (on pourrait que toute l'intrigue Finn et Rose sert à rien mais bon, pour une fois que les gentils réussissent pas tout...).
    Enfin Leia est tout ce qu'on attend d'elle. Très jolie prestation de Carrie (remerciée au générique d'ailleurs).

    C'est plus sur la fin que ça m'a moins plu. La projection de Luke est un peu abusée (et grillé au début du combat à cause du sabre) et quitte à ne pas survivre, il aurait pu venir en personne et nous faire une Obi-Wan. La dernière scène sur Canto est superflue, perso je l'aurai coupée. Ça rompt l'atmosphère et c'est dommage.

    Sur la forme, c'est très bien réalisé. Jolis effets visuels dont le sable rouge, la destruction silencieuse (magnifique idée) du croiseur, le dernier plan de Luke... La musique est bien aussi, bien exploitée tant dans les anciens thèmes que les nouveaux. Globalement aussi c'est peut-être long. Pas que je me sois ennuyé mais j'avais l'impression d'y être depuis des heures lorsqu'on a mentionné Crait et que j'ai réalisé qu'il y avait encore toute une bataille.
    Beaucoup d'humour aussi, c'est piquant (Poe contre Hux c'est génial) bien tourné, et ça ne détruit pas les moments de tension.

    Voilà en gros mon avis à chaud. En bref : perfectible mais très bon, c'est peut-être mon préféré mais il me faudra un peu plus de recul pour mieux juger.

  • 13/12/2017
     (100 %)  •  Langue : VO
    5/5. Dans la lignée de ce que osait faire Lucas sur la Prélogie : c’est à dire faire son film et voilà. Y’a de la prise de risque, y’a de l’émotion, c’est choquant, ça ose casser les codes. Y’a des trucs pas parfaits, comme dans tout Star Wars, mais qu’est ce que c’est bon putain après un Episode VII trop rétro.

    La musique de John Williams est absolument magnifique, il utilise et réutilise les thèmes exactement là où il faut !

    Et quelle leçon de philosophie... Digne de la Prélogie !

    :love:
  • 13/12/2017
     (60 %)  •  Langue : VF
    Bon, mon avis après être sorti de la salle il y a 2h... Un film plutôt bon, que je considère comme meilleur que le VII après un premier visionnage, mais qui a pas mal de petits défauts. A voir si les visionnages futurs confirmeront cette tendance (le VII me déçoit de plus en plus à chaque fois que je le regarde).


    J'ai aimé :
    - la prise de risque scénaristique (je ne vais pas m'étendre, mais pas mal de rebondissements sont plaisants, on pense qu'on va dans une direction et puis non à plusieurs reprises)
    - Luke (et notamment sa mort qui fait écho à celle d'Obi-Wan dans l'épisode IV)
    - le jeu d'Adam Driver, même si son personnage est toujours tête à claques
    - on en sait davantage sur le changement de camp de Ben (qui n'est donc pas entièrement dû au fait d'avoir après que Vador était son grand-père)
    - le personnage d'Amilyn Hondo, elle j'aimerais bien en savoir plus !
    - les interactions entre Rey et Kylo
    - la mort de Snoke : perso j'y vois un écho à La Règle des Deux : Kylo a dupé Rey en faisant croire qu'il le tuait de bon coeur alors qu'en fait il achevait ainsi son apprentissage. Et puis comme annoncé, ça laisse le champ libre aux auteurs de l'UE de nous écrire des romans/comics sur lui


    Je n'ai pas aimé :
    - l'humour bidon omniprésent. Certains gags sont sympas, mais j'ai cru me retrouver devant Les Gardiens de la Galaxie par moments, et Dieu sait la haine que je porte à ce film et à cet excès d'humour inutile. Par exemple, le gag de la feuille, ou encore les rochers qui tombent sur le chariot des Gardiennes (alors que c'est un moment sérieux)
    - la première demie-heure, en partie à cause des gags trop nombreux (elle est sérieuse la scène entre Poe et Hux ????) mais aussi la bataille spatiale très longue.
    - Yoda : un fan-service inutile doublé d'une horreur visuelle
    - seulement deux planètes inédites dont une très terrienne... Le reste niveau visuel, c'est vaisseaux, vaisseaux et encore vaisseaux
    - la surenchère des armes du Premier Ordre
    - Leia dans l'espace (et le premier qui me reparle des comics de l'UEL qui font la même chose avec d'autres persos, il n'a pas intérêt à avoir aimé cette scène dans le film :o )
    - Phasma est le personnage le plus inutile jamais créé, de par toute la promo qui a été faite autour d'elle
    - DJ ne sert à rien, là aussi comm' de merde de Disney qui nous pompe l'air avec ce personnage depuis des plombes (et va même nous sortir un comics) alors que très honnêtement, il est transparent (et ridicule aussi)
    - comme pour TFA, les nouvelles musiques ne m'ont pas marqué (pourtant j'ai tendu l'oreille...)
    - les vulptex. Après les loups dans Rebels, ce genre de deus ex machina me gonfle...
    - Canto Bight, là aussi en raison de toute la comm' qui a été faite dessus... pour 10 minutes de film (et encore...)

    J'ai peut-être (sûrement) oublié des choses, mais c'est déjà pas mal.

    Au final y'a beaucoup de petits défauts, mais ça reste un bon film, surtout par l'originalité scénaristique, qui me tient à coeur pour n'importe quel film que je vais voir :jap:
  • 14/12/2017
     (65 %)

    Il y a deux ans presque jour pour jour, je sortais dépité du cinéma après avoir vu Le Réveil de la Force, qui avait à mon sens réussi l'exploit de concentrer en un même film toutes les erreurs qu’il ne fallait pas commettre. C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai visionné ce huitième opus de la saga principale. N'y allons pas par quatre chemis, force est de constater que l’on a ici affaire à un bon, voire très bon, film. Pour autant, est-ce réellement un bon Star Wars ? Pas si sûr…

     

    J’en conviens, les batailles spatiales sont splendides, les sabres laser s’entrechoquent, et les créatures rencontrées sont de natures variées. Mais il serait terriblement réducteur de borner l’univers de George Lucas à ces quelques codes. Star Wars, c’est avant tout un esprit dont la définition est complexe. A l’instar de la Force, il s’agit en quelque sorte d’un sentiment unique qui nous pénètre et nous entoure lors de chaque visionnage. Et je dois reconnaître qu’aujourd’hui, malgré toute mon excitation, malgré tout mon enthousiasme du moment, je n’ai rien ressenti de tel.

    Le film n’est cependant pas dépourvu de qualités, loin de là. Les rebondissements foisonnent, et les prises de risques s’enchaînent. Le film est très ambitieux, c’est indéniable. JJ si tu passes par-là, tu ferais bien d’en prendre de la graine ! Le jeu d’acteur est excellent, et Mark Hamill se distingue nettement comme étant le MVP du film. Le rythme est très soutenu, aucun répit n’est laissé au spectateur, et la musique vraiment satisfaisante, exploitant à merveille une bande originale de TFA sous-utilisée à l’époque de sa sortie. Le développement des personnages est très satisfaisant, et j’ai tout particulièrement apprécié le lien de Force tissé entre Rey et Kylo Ren. Autre gros point positif : les explications et révélations sur le passé de Ben Solo. Rian Johnson offre par ce biais une nouvelle lecture de l’épisode VII et du personnage de Luke, qui apparaît sous un jour beaucoup plus sombre qu’habituellement, allant même jusqu’à me rappeler certaines planches de Dark Empire ! Quant à sa mort, la scène est si magistrale qu’elle se passe de tout commentaire !

    Cependant, certaines choses fonctionnent beaucoup moins bien, et c’est presque un euphémisme de le dire. L’humour tout d’abord. S’il tombe parfois à pic, il lui arrive aussi d’être très mal dosé. Je pense notamment à ce dialogue d’ouverture surréaliste entre Poe Dameron et le Général Hux, qui est d’une lourdeur sans nom et m’a presque mis mal à l’aise ! L’humour tend également à briser l’intensité de scènes fortes en émotions (les rochers tombant sur la charrette des Gardiennes par exemple !), ce qui nous empêche de les apprécier à leur juste valeur. Dans un registre différent, la promotion à outrance de Disney destinée à mettre en valeur des personnages anecdotiques, qui donnent vraiment l’impression d’avoir été créés dans le seul but de vendre des figurines, me reste en travers de la gorge. Ceci donne en effet lieu à des personnages creux, pour lesquels chaque intervention est anecdotique. Je pense bien évidemment à Phasma et à DJ, mais également à Snoke qui aura en toute objectivité été totalement inutile à cette nouvelle trilogie.

    Mais surtout, trois éléments ternissent considérablement la copie rendue par Johnson. Tout d’abord, l’apparition de Yoda via un fantôme de Force, en plus d’être très mal réalisée d’un point de vue technique, ne correspond absolument pas au sage et respectable personnage présenté dans les six premiers volets de la saga. Une tentative de fan-service qui aurait pu être réussie avec un peu de subtilité, mais se traduit finalement par un lamentable raté. Ensuite, le réveil soudain de Leia au beau milieu de l’espace, qui parvient malgré le choc à regagner le vaisseau alors qu’elle n’est pas censée maîtriser correctement la Force, est tout bonnement invraisemblable. Et d’un point de vue réalisation, la scène m’a fait penser à un plan tout droit sorti de Mary Poppins, qui ne se marrie pas du tout à un champ de bataille… Enfin, la révélation sur les origines de Rey est une énorme déception. Tout ça pour ça ? Après un film et demi de teasing, il nous est donné une explication très mal amenée et d’une platitude étonnante, à tel point que je me suis demandé si Johnson n’était pas en train de nous railler.

     

    Finalement, Les Derniers Jedi me laisse une impression mitigée. Si cet épisode VIII possède de très nombreuses qualités, celles-ci ne suffisent pas à occulter ses défauts et invraisemblances. Plus embêtant, je n’y ai une fois encore pas retrouvé cet esprit si caractéristique qui fait que les six films de la saga originale auront toujours une place particulière dans mon cœur. Peut-être est-ce tout simplement dû au fait que cet univers de George Lucas évoqué en début de critique a disparu, au profit d’une saga beaucoup plus diversifiée en termes de genres. A nous maintenant de l’accepter. Mais suis-je vraiment prêt à le faire ? Pas si sûr… Something has passed away.

  • 16/12/2017
     (90 %)

    Voir un nouveau Star Wars reste un événement pour moi. Après un épisode VII que j’ai apprécié, j’attendais avec impatience ce nouvel épisode numéroté, après une certaine déception à la sortir de Rogue One. J’avais trouvé ce film sympathique mais sans arriver à m’attacher aux personnages, la pilule passait mal. Une bonne dose d’Univers Étendu, mais en aucun cas ce que je recherche dans un film de la saga.

    En sortant de la salle mercredi soir, beaucoup trop d’éléments me demandaient d’être digérés. Une prise de recul nécessaire pour bien comprendre tout ce qui s’était déroulé durant ces 2h30 de film. A la sortie jeudi soir de ma seconde séance, la messe est dite, il est temps de décrire ce que j’ai pensé de ce nouvel épisode numéroté de la saga de la Guerre des Étoiles.

    (Note : Cette critique se veut sans réel spoiler, mais certains propos entraîneront forcément des allusions aux événements du film, soyez prévenu)

    • Ben Solo face à Kylo Ren

    L’histoire

    La Nouvelle République n’est plus, après les événements du Réveil de la Force, la Resistance reste livrée à elle-même alors que le Premier Ordre se regroupe pour continuer la lutte. C’est le contexte à la fin de l’épisode précédent, qui se terminait sur Rey en face de Luke Skywalker, héro retranché du temps passé.
    Partant de cette situation, le film se lance dans une course effrénée qui ne s’arrête jamais. C’est dense, très dense. On va de surprise en surprise tant le film cherche à déstabiliser, montrant même certaines situations selon « un certain points de vue ». Les révélations attendues arrivent en embrayent directement sur leurs conséquences. Rarement dans un Star Wars les choix et les non-dits n’auront autant de conséquences sur les événements.

    Les personnages évoluent tout au long du film. La quête de connaissances, d’identité, la place au sein de la communauté sont des thèmes très important du film. Être un leader, suivre les ordres, suivre sa propre voie, aider les autres, s’aider soi-même... Autant de questions auxquels les personnages du film devront répondre.

    Pour « soulager » le spectateur, Les Derniers Jedi est bercé d’humour distillé tout au long du film. C’est un sujet à débat parce que l’humour peut sembler différent des autres long-métrages. Pour ma part j’ai vraiment accroché, et lors de la première séance, ces touches plus légères étaient bienvenues à la vue de la tension constante durant le film.

    La mise en scène et la technique

    Je crois qu’on tient là une des meilleures introductions depuis le Star Wars originel. C’est frais, moderne, et totalement au service du scénario. Si le film peine à se poser, la faute à un récit où le temps a pour la première fois son importance, le tout est maitrisé de bout en bout. La seconde séance permet de vivre le film dans son rythme, sans être sonné par les événements, faisant parfois perdre quelques instants cruciaux.
    Rian Johnson apporte sa touche personnelle sans pour autant totalement trahir l’héritage visuel de la saga. On sent la réalisation plus moderne, sans pour autant tomber dans la folie des shaky cams ou des bouillies d’effets spéciaux.
    Parlant des effets spéciaux justement, malheureusement, là où les deux précédents films étaient vraiment au top, il y a ici certains choix discutables, et deux ou trois plans vraiment pas très heureux. Un effet pratique avec un design très étrange, une incrustation de personnages pas toujours très belle, et surtout des cailloux tout rond dans un environnement très acéré...

    Pour autant le film est beau, c’est indéniable. Merci d'avoir osé CETTE scène Rian !

    La musique

    Très rapidement sur la musique, parce qu’une écoute prolongée de la bande originale est indispensable à mes yeux. Elle est bien utilisée dans le film, et porte très bien l’image. Effectivement on y retrouve beaucoup de reprises des thèmes des autres films (celui de Rey, de la Résistance, de Kylo Ren, de la Force, de Luke et Leia…), et seul un réel nouveau thème ressort pour un nouveau personnage. Pourtant il y a quelques moments de bravoure, avec une reprise de la Marche Impériale totalement maquillée pour un instant sublime.

    Place aux jeunes

    Rian Johnson a 43 ans. Son premier long métrage, Brick, sort en 2005. Il est scénariste et réalisateur de ses films, il a des choses à dire et à raconter. Il est de cette génération qui a vécu la sortie de Star Wars en 77 enfant, mais très en phase avec son époque. Il aborde donc Star Wars avec son propre regard, et ses choix...
    Ceux qui voyaient dans Le Réveil de la Force, un égo-trip nostalgique sans saveur ou prise de risque, vous pouvez vous accrocher. Des risques, Rian Johnson en prend mais peut-être pas ceux que vous attendiez. Le film est parsemé de retournements de situations qui va faire grincer des dents. A mon second visionnage, la plupart de ces choix me semblent beaucoup plus naturels, l’effet de surprise passé, et rentrent dans un discours complet : il est temps de passer la main.

    C’était l’objectif initié dès l’annonce de cette nouvelle trilogie, le passage de flambeau en sera le cœur. Johnson va plus loin que ça. Si bien entendu les rôles des vétérans Luke et Leia en tête remplissent cette fonction avec brio, le film va plus loin que ça. Le passé c’est une chose, il faut l’honorer (ce que Abrams a fait), il faut en accepter les erreurs (ce que Johnson réalise ici), et surtout il faut continuer le combat. Croire en l’espoir d’une flamme qui ne s’éteindra jamais, celle des nouvelles générations qui arrivent et auront leur propre rôle à jouer. C’est le parcours de Rey et de Kylo Ren, qui ont tous les deux un passé, porteur d’un lourd fardeau. L’une est focalisée sur ses origines, ses parents qui l’ont abandonnée sur Jakku, l’autre fait tout pour détruire ses attaches qui l’ont fait souffrir, aussi bien ses parents que son mentor Luke. Et ils ont tous les deux un rôle à jouer dans l’avenir de cette galaxie en crise.

    Ce discours transpire dans tout le film, jusqu’à sa toute dernière scène ! Et c’est là-dessus que le film va diviser. Parce que si vous ne pouvez pas vous identifier et accepter cette fin, nul doute que ce nouveau Star Wars n’est pas fait pour vous.

    Conclusion

    Vous l'aurez compris, Star Wars : Les Derniers Jedi est une réussite pour moi. Loin d'être un film sans défauts, il a cependant une force qui m'a embarqué, un discours qui me plait. Le tout est servi par un film un peu trop rapide, mais bien plus digeste en seconde lecture. Les personnages principaux sont à la hauteur de l’événement, le film ose des choses qui ne plairont certainement pas à tout le monde. Mais son discours est tellement bien ancré dans l’ensemble de ses choix narratifs ou esthétique, que je ne peux que y reconnaitre les qualités d’une belle œuvre de cinéma.

  • 18/12/2017
     (30 %)  •  Langue : VO
    C'est un poncif de dire que cet épisode VIII était attendu par beaucoup. L'épisode VII avait été pour moi une semi-déception au premier visionnage, ne retrouvant pas mes marques par rapport aux derniers films de la Saga sortis à l'époque, à savoir la Prélogie. En effet, le manque de contexte géopolitique, de background pour certains personnages principaux et d'une forte dramaturgie comme celle de l'épisode III notamment, manquaient cruellement au Réveil de la Force qui, néanmoins, bénéficiait de nombreuses qualités (nouveaux personnages très attachants, rythme du film et réalisation impeccables, intrigues lancées pour la suite de la Saga, entre autres). Le côté "safe" du scénario si décrié comme étant une pale copie de celui d'Un Nouvel Espoir et une trop grande timidité visuelle m'avait alors poussé à fonder beaucoup d'espoirs sur cet épisode VIII. Qu'en-est-il au final ?


    Rian Johnson a décidé de faire son film de la manière la plus saine qui soit : en tant qu'artiste le plus indépendant possible qui propose sa vision personnelle de ce à quoi doit ressembler l'épisode VIII de la saga Star Wars. Sans forcément chercher à prendre les Fans dans le sens du poil. En cela il me rappelle un certain G.L. Il était salutaire de prendre des risques après un épisode VII sclérosé par la nostalgie de la Trilogie Originale. Ces risques, Johnson les a pris. Et pour ça il a tout mon respect. Le souci c'est qu'il n'a pas pris les bons. Ou pas de la bonne façon. Explications.

    RJ a voulu faire souffler un vent nouveau sur Star Wars, c'est évident. Il a voulu dépoussiérer une saga vieille de 40 ans,et il n'a pas pris de gants. Sa réalisation est réussie. Mais pour autant elle reste classique et sans surprises. Le montage du film est rapide quand il le faut, et on a même droit à un vrai flash-back qui ne soit pas une vision de Force, une première dans un épisode numéroté de la Saga ! Et ce même flash-back est utilisé à deux reprises et pour illustrer deux points de vue différents sur un même événement crucial de l'intrigue : le Basculement du jeune Ben Solo du côté Obscur. J'ai trouvé ces moments réussis et ce ne sont pas les seuls. Le film est beau visuellement mais malheureusement ça ne suffit pas... car le bât blesse sur un autre point très important : le scénario ou plutôt comment le scénario est mis en images, comment il prend vie.

    L'histoire en elle-même est très sombre. En cela RJ ne casse pas un des codes fondamental de la saga qui veut que le deuxième acte de la tragédie/trilogie le soit, avant le troisième acte censé ouvrir vers quelque chose de plus heureux. Pourtant à aucun moment du film je n'ai vibré pour les personnages, dans un sens comme dans l'autre. Jamais je n'ai compati au sort des personnages, jamais je n'ai versé une larme et jamais je n'ai ressenti d'excitation à cause d'une situation qui créerait une tension dans le récit. Je ne suis tout simplement jamais rentré dans le film parce que ce dernier, en dépit de ce qu'il a à raconter de tout à fait digne d’intérêt m'a empêché de le faire ! Le coupable principal de cet état de fait : l'humour... ou ce qui prétend en être...

    Que Johnson trolle allègrement l'épisode précédent c'est son droit après tout. Mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'il ne l'a pas fait avec une très grand classe... Luke (dont le traitement global est excellent et m'a beaucoup plu par ailleurs !) est absolument replié sur lui-même au début de l'épisode, incapable de trouver en lui la moindre force, la moindre envie de reprendre un rôle majeur dans la lutte contre le Mal. Je n'ai aucune difficulté à accepter ça, mais pourquoi, pourquoi lui faire jeter son sabre que vient de lui rapporter Rey par dessus son épaule dans ce geste complètement je-m'en-foutiste ? c'est complètement contraire au personnage (je ne parle pas du Luke qu'on a laissé à la fin de l'épisode VI mais bien de celui-ci) ! il aurait suffit de le lui faire lui faire lâcher en le laissant glisser des doigts ce qui aurait été tellement plus raccord avec le Luke désabusé qu'on cherche à nous dépeindre ! TOUT aurait été préférable à CA !

    Et ce n'est hélas que le début... le film va se faire un malin plaisir à mettre de l'humour bas-du-front dans toutes les scènes ruinant complètement la possibilité du spectateur de se prendre à l'histoire ou d'apprécier les personnages. Seuls Luke, Leia, Rey et Ben semblent passer entre les gouttes de ce jeu de massacre... Hux ? trollé à longueur de film dès sa première apparition, alors qu'on pensait avoir affaire à un méchant digne de ce nom. Il survit à son échec du début... Incompréhensible, sauf si c'est pour continuer à en prendre plein la tronche par la suite. Phasma ? renvoyée à son statut relevant du néant (pas un mal d'ailleurs, personne ne la regrettera). Finn ? sous-exploité au possible. Alors que c’était lui qui distillait une partie de l'humour de TFA. C3PO en prend aussi pour son grade à la fin du film quand Poe lui coupe la parole brutalement, une façon de lui dire : ça fait un sacré bout de temps (40 ans pour être précis) que tu casses les pieds à tout le monde en palabrant donc maintenant ferme-là ! Non vraiment, cette façon qu'a le film de tout dédramatiser en permanence est juste nulle et indigne d'un film comme Star Wars. Plus que le dédramatiser, elle le désenchante ! et ça c'est vraiment très très triste...

    Pourtant, le potentiel était là et si on parvient à fermer ses oreilles, à passer outre cette vulgarité, l'histoire ne manque pas d'enjeux dramatiques et de pistes extrêmement intéressantes. C'est d'autant plus rageant de ne pas pouvoir en profiter car tout est là sous nos yeux effarés : La Force, la dualité Clair/Obscur, la notion de choix, la notion d'échec et de ses conséquences, le(s) lien(s) avec la prélogie qui manquait tant au Reveil de la Force... En tant que lecteur des novélisations, j'espère que celle-ci corrigera cette fuite en avant grand-gignolesque car l'histoire est elle-même n'est pas mauvaise mais elle a été comme vidée de sa substance par cet humour ridicule qui tue tout ce qui pouvait la rendre épique (ou presque).

    En conclusion, je ne peux que m’empêcher d'éprouver un sentiment d'immense gâchis face à ce drôle d'objet qu'est Les Derniers Jedi. Ryan Johnson avait toutes les cartes en main pour réaliser non seulement une grande suite au Réveil de le Force mais également un épisode majeur de la Saga. Sa stratégie du "dégagisme" des anciens personnages comme des nouveaux, mais aussi d'un certain respect du ton de la narration dans un film Star Wars, nous laissent sonnés, et quelque peu désabusés... Cet épisode réussit le tour de force de me convaincre de ne jamais avoir envie de le revoir. Un comble !
  • 27/12/2017
     (100 %)  •  Langue : VF
    La Résistance a peut-être détruit l'arme suprême Starkiller, mais le Premier Ordre a eu le temps d'asseoir sa domination sur l'ensemble de la galaxie. La Nouvelle République a été anéantie et D'Qar, siège de la Résistance, est la nouvelle cible de l'armada ennemie, qui dispose d'une innovation technologique de pointe : suivre une cible dans l'hyperespace. Le dernier espoir de revoir une galaxie libre réside entre les mains de Luke Skywalker, le dernier des Jedi. Mais celui-ci, brisé par son échec dans la formation de son neveu Ben Solo devenu le redoutable Kylo Ren, vit désormais en ermite sur la planète Ahch-To et attend que la mort vienne. A charge pour la jeune Rey de le convaincre de reprendre la lutte...

    A l'issue du Réveil de la Force, j'étais partagé mais globalement déçu. Si les nouveaux personnages Rey, Finn et Poe m'avaient convaincu, Kylo Ren m'avait laissé l'image d'un personnage à la limite de l'idiotie et, surtout, l'absence de prise de risques visuelle et narrative étaient de réelles déceptions. Mon unique espoir résidait alors dans la direction que prendrait l’Épisode VIII. Pas de faux suspense : Rian Johnson a parfaitement réussi à corriger les erreurs du Réveil de la Force tout en lançant la saga sur de formidables rails pour l'avenir et en prenant un malin plaisir à faire tourner le spectateur en bourrique. Explications.

    La première chose qui me vient à l'esprit, c'est que j'ai l'impression d'avoir retrouvé la saga au cinéma, d'avoir véritablement l'esprit de la trilogie originale, là, devant moi. Un rythme soutenu, sans temps mort, une gigantesque course en avant, une traque impitoyable, fort heureusement contrebalancé par un humour régulier et des séquences sur Ahch-To qui permettent au spectateur de reprendre son souffle. Et pourtant, le film est noir, nos héros souffrent, la Résistance s'effondre : jamais dans la saga les héros n'avaient été aussi près de l'échec total. :shock:

    Le film a d'ailleurs de nombreuses innovations : première suite directe (allez, à peine quelques jours d'écart, tout au plus, pour la situation sur D'Qar), premiers flash-backs (et narrés d'un certain point de vue en plus!), premier film à se dérouler autant dans l'espace et à montrer une poursuite aussi longue... Le développement des personnages est également à signaler : Poe Dameron est l'un des gagnants, Finn reste égal à lui-même et se voit adjoindre l'excellente Rose, tandis que Rey et Kylo Ren/Ben Solo voient leur relation considérablement développée. Et de quelle belle façon ! Sans cesse présents dans les pensées l'un de l'autre, jouant à la fois le rôle de confident ou de manipulateur, emmenant avec eux le spectateur qui ne sait plus ce qu'il va se passer pour chacun d'eux. Superbe ! Et d'ailleurs, à la fin du film, Kylo semble bien être devenu le nouveau Vador, ne serait-ce que dans son allure générale : le personnage a accompli sa mue, il a gagné en charisme et en intérêt pour le spectateur. :oui:

    J'ai pu noter, dans plusieurs critiques, que l'on ne se souciait guère du sort des protagonistes à cause de l'humour. Si je peux comprendre cet argument, je ne le partage pas. J'ai sincèrement cru que Leia allait mourir au bout de quinze minutes de film, je ne m'attendais pas à ce que Snoke disparaisse, j'ai sincèrement cru que Finn allait se sacrifier. Et enfin, Luke : nous passons par toutes les émotions : la joie de le revoir, la peur qu'il se sacrifie, l'admiration devant ses exploits, l'émotion lorsqu'on croit qu'il est abattu... puis le soulagement pour, en fait, en venir à pleurer. Quel talent ! :love:

    De façon générale, d'ailleurs, j'ai la nette impression que Rian Johnson a pris tout ce qui ne fonctionnait pas dans Le Réveil de la Force et l'a corrigé : le mystère autour de l'identité des parents de Rey ? C'est fait, et c'est à mon sens une vraie bonne surprise : elle n'est véritablement personne ! Phasma, personnage totalement surestimé et n'existant que pour faire vendre des jouets ? Poubelle ! On comprend mieux pourquoi Lucasfilm a lancé une mini-série de comics et un roman peu de temps avant la sortie du film... Kylo Ren, qui jouait l'apprenti Vador ? Allez hop, première apparition du personnage qui se fait réprimander par Snoke, et adieu l'horrible casque de Dark Tapir. La liste est longue, mais à chaque fois, tout cela est fait naturellement, et je n'ai pu m'empêcher de penser que tout cela était volontaire, pour dire aux spectateurs « maintenant, on ne rigole plus ». :oui:

    Un point sur Luke. Comme, je pense, beaucoup de monde, j'ai eu un peu de mal avec Luke au début du film, tellement éloigné de ce que je m'étais imaginé sur le personnage. Mais à la réflexion, c'est parfait. J'ai retrouvé Luke, un personnage qui s'est auto-exilé pour une pensée qu'il avait eu, un instant de faiblesse. Et c'est la présence de Rey qui va, petit à petit, lui ouvrir les yeux, ainsi que le concours de Maître Yoda. Car le vénérable Maître Jedi fait ici son retour, fidèle à lui-même, comme si on l'avait quitté hier. Il ne manquait plus qu'une apparition d'Obi-Wan Kenobi, et ça aurait été parfait... d'autant plus que nous avons enfin des liens avec la prélogie ! Ténus, certes, mais présents : le nom de Dark Sidious, le symbole de Jedi, une analyse critique du fonctionnement de l'Ordre... Et aussi avec Rogue One à travers le vaisseau Raddus mais aussi, sans doute, avec le futur film Solo. Tout cela contribue à inscrire Les Derniers Jedi dans la grande histoire de la saga, bien plus que ne le faisait Le Réveil de la Force. :oui:

    Allez, parce qu'il faut bien trouver quelques défauts, sinon ce n'est pas drôle : la musique reprend les très bons thèmes du Réveil de la Force et les utilise même mieux que dans le film d'où elles sont tirées... mais il manque un thème musical marquant propre à cet Épisode. Et le fan en moi est un peu déçu de ne pas en avoir appris davantage sur Snoke... mais se console en se disant que le personnage réapparaîtra sans doute, tôt ou tard, dans les films, les romans ou les comics. Peut-être même dès l’Épisode IX, qui sait ?

    En conclusion, Les Derniers Jedi relance avec une incroyable audace la franchise au cinéma. J'étais, jusque là, sceptique sur la pertinence d'une nouvelle trilogie, je suis incroyablement heureux de m'être trompé. J'ai retrouvé avec ce film l'ambiance de la trilogie originale avec des nouveaux personnages attachants et un passage de flambeau émouvant, le tout avec un rythme trépidant, des retournements de situation, du développement de personnages, de l'humour mais aussi de l'émotion. C'est presque la perfection. :oui:

    Je suis désormais plus qu'impatient de découvrir l’Épisode IX !

    Note : 95 %
  • 28/12/2017
     (22 %)  •  Langue : VF

    Une véritable souffrance...
    Je suis affligé, choqué, et pourtant je n'attendais rien de ce film, la rupture "officiel/legends" ainsi que les nombreux bousins "officiels" m'ayant définitivement éloigné de l'univers officiel (officiel pour eux en tout cas...)

    Je vais résumer brièvement quelques défauts (pour les citer tous, il me faudrait revoir le film, ce qui n'arrivera jamais).

    Tout d'abord, il est amusant de constater que le réalisateur a choisi d'écarter le si décrié masque de Kylo Ren (quasi identique à celui de Dark Vador, pour la portée symbolique et visuelle en tout cas).

    Humour : un humour plus lourd qu'un trou noir. Je suis allé le voir avec un ami, et Dieu sait que l'on s'est rendu de nombreux coups d’œil affligés au cours de la séance. Les vannes avec Tarkin roux, ou baby Vador sont ridicules et deviennent même lourdes. Le jeté de sabre laser de Luke. C-3PO. Les deux potiches, la coupe de cheveux de Leia (omg), Chewie vegan, etc... Une vraie comédie potache. Même les dessins animés Disney n'ont pas un humour aussi pourri et pourtant, ils sont pour les enfants !

    Respect de la Force : un bon gros fuck aux vrais qui savent comment elle fonctionne. Spécial dédi à Leia (zéro absolu, maîtrise impeccable de la Force pour y survivre, toussa toussa), etc...

    Personnages : Tous plus utiles les uns que les autres (coucou Stormtrooper-qui-brille), tous plus cohérents les uns que les autres (coucou miss je-passe-de-concierge-à-héroïne-de-la-résistance), etc...

    Des répliques tellement marquantes qu'on les a oubliées (sauf celle-ci tellement elle fait s'arracher les cheveux : "On ne gagne pas en combattant ce qu’on déteste, mais en sauvant ce qu’on aime", même un Jedi n'est pas aussi gnangnan, c'est dire...)

    Une musique absente (John, what did you do ? T_T)

    Seule la scène de l'hyperespace sauve cet étron monumental du zéro pointé. On avait toujours rêvé (moi en tout cas) de voir ce que cela faisait à l'écran une collision en hyperespace. De toute façon, notre canon reste inchangé, donc peu importe ce qu'ils ont fait de SW. Cheer up friends !

    C'était guigeek, en différé d'un endroit lointain, très lointain... des salles de ciné, à vous les studios !

    Note : 22, toujours par 2 ils vont, ni plus ni moins, un maître et son apprenti...

  • 15/01/2018
     (93 %)

    J'ai vu Les Derniers Jedi près d'un mois après sa sortie, en connaissant d'avance le scénario et ses rebondissements.

    Cette critique est celle d'un adepte du Legends, mais qui a choisi de regarder le film avec passion et indulgence... Vous voilà prévenus !

    La réalisation


    L'esthétique impulsée par Johnson est efficace. Si l'on excepte l'apparence un peu étrange de Yoda - un mélange entre la marionnette de 1980 et la version numérique de la prélogie - le film garde un aspect visuel convaincant tout au long de son déroulement. Les nouveaux designs aperçus, qu'il s'agisse de ceux des navires de la Résistance, de Canto Bight ou du Premier Ordre.
    Au niveau du rythme, comme dans le précédent film, il n'y a pas de temps mort, si bien que les 2h30 se font à peine sentir. D'où, parfois, un petit sentiment de précipitation, de surenchère, qui se ressent du côté du scénario.
    Aspect largement critiqué du film : l'humour. Pour ma part, je l'ai apprécié, notamment parce qu'il insufflait de la légèreté à un film par ailleurs assez sombre.

    Les acteurs


    Grande performance des deux "survivants" du Big Three, Mark Hamill et la regrettée Carrie Fisher. Le premier offre un Luke Skywalker aux antipodes du personnage de la Trilogie Originale, mais son évolution s'explique avec les flash-backs. Le personnage apparaît comme tourmenté, presque écrasé par le poids de son héritage et de ses actes passés. Miné par son échec lors de l'apprentissage de son neveu, il a rejeté les dernières paroles de Yoda et attend la mort. Une évolution très éloignée de l'Univers Legends... Mais Luke n'y était-il pas, déjà, tourmenté par le basculement de son neveu Jacen ? Le parcours du personnage pendant le film, et surtout sa fin dantesque, servent au final la légende de Skywalker.

    Autre ancienne, Carrie Fisher, qui livre une prestation forcément touchante, surtout lorsqu'elle se retrouve à l'écran avec Mark Hamill dans une scène aux dialogues évocateurs et avec une référence appuyée au grand absent du film, Han. Elle est tellement mise en avant qu'on a du mal à imaginer ce que sera l'Épisode IX sans elle ! Son moment de bravoure dans l'espace a lui aussi été critiqué pour sa vraisemblance, mais Rian Johnson n'est pas le premier à avoir eu cette idée : Timothy Zahn et Walter Jon Williams ont, entre autres, fait vivre des moments similaires à Luke et Jacen dans l'univers Legends.
     
    Le "nouveau trio", à savoir Finn, Rey et Poe, s'en sort très bien. Le rôle d'Oscar Isaac a été clairement étoffé cette fois, et il surprend : alors qu'on pouvait légitimement l'attendre aux commandes des chasseurs pendant les trois quarts du film - c'est ce qu'on retenait de lui dans Le Réveil de la Force, après tout - le voilà plongé dans les intrigues du commandement, tête brûlée ne suivant pas les ordres, leader improvisé d'une petite mutinerie qui avorte, mais figure charismatique de ce qui reste de la Résistance ! Prendra-t-il la suite de Leia dans le prochain opus ?
    Rey est peut-être celle qui m'a le moins enthousiasmé. Son apprentissage est trop rapide, son comportement trop "cliché". Sa scène d'introspection est néanmoins intéressante.
    Finn, lui, poursuit son évolution. Alors que sa tentative d'évasion du Raddus pouvait passer pour un retour de ses envies d'évasion du film précédent, on comprend bien vite qu'il veut surtout agir pour sauver Rey, cette amie qu'il chérit, en lui évitant de se précipiter dans un piège. La relation entre les deux aurait pu évoluer vers de l'amour, comme en témoigne leurs retrouvailles à la fin du film...
     
    Mais c'était sans compter Rose, la plus valorisée des nouveaux personnages. C'est une Rebelle. Pas une héroïne très douée comme Poe ; juste une mécanicienne, éprouvée par la guerre, par la perte de sa soeur, qui porte en elle les idéaux de l'Alliance des grandes heures, mais aussi une part d'ombre, de haine envers ceux qui sont responsables de son malheur.
    Parmi les autres personnages inédits, j'ai particulièrement apprécié la vice-amirale Holdo incarnée par Laura Dern, ses ambiguités et son sort final. En revanche, le personnage de Benicio Del Toro ne m'a pas vraiment intéressé, moins en tout cas que les messages qu'il porte.
     
    Du côté des méchants, le trio est le même que dans le film précédent : Snoke/Ren/Hux. Domnhall Gleeson pousse encore un peu plus loin son côté caricatural, avec ses colères mémorables et sa lâcheté digne des grandes heures de l'État-major impérial ! Mais cette fois la performance sonne différemment : Snoke le qualifie clairement de crétin, justement utile à ce titre. Le chef du Premier Ordre offre également une nouvelle dimension à Kylo Ren, à qui il fait ôter ce "masque ridicule" et dont il devient finalement la dernière victime sur la route du pouvoir. Adam Driver est donc propulsé à la tête du Mal : son personnage achève finalement ce que Vador avait commencé.

    La musique


    Elle est bonne, se marie bien aux images (surtout lors de la scène d'introduction et lors de la course des fathiers) mais reprend parfois trop de thèmes déjà connus. La BO, en écoute seule, est moins percutante que celle du Réveil de la Force (qui elle ressortait mieux ainsi). John Williams a livré pour Star Wars un travail excellent, inégalé même, mais peut-être est-il temps qu'il passe la main ?  

    L’histoire


    Les bande-annonces laissaient craindre un ersatz de L'Empire contre-attaque ? N'en jetez plus : ces indices étaient de la poudre aux yeux pour dissimuler le fond de l'intrigue. Mis à part quelques parallélismes (l'entraînement Jedi, la poursuite entre gentils et méchants), les bouleversements sont partout !
    Le scénario fait la part belle aux combats spatiaux, ce qui manquait largement dans le précédent opus. Pour la Résistance, la situation n'est pas brillante, et pour cause : l'hyperespace ne représente plus aucune sécurité. La situation du Premier Ordre, à la fin du film, n'est guère reluisante non plus (il a perdu sa principale flotte et deux de ses plus puissants vaisseaux). C'est là qu'un petit bémol survient, déjà présent dans le premier film : que se passe-t-il dans le reste de la galaxie ?
    Cette fois, on a un début de réponse, à travers la situation de Cantonica et sa principale ville, Canto Blight : la vie poursuit son cours. Oui, le système Hosnien a été détruit, oui, la Nouvelle République est en cendres, mais l'ordre social n'a pas été bouleversé, la société continue sa vie en toute quiétude.
     
    Grande nouveauté, à peine étrennée par Rogue One : les flash-backs, qui donnent ici tout leur sens à l'expression "d'un certain point de vue" !
     
    Ce passage à Canto Blight est intéressant à plus d'un titre. La critique de l'économie de guerre, des dessous peu reluisants de la "haute", apporte une dimension sociale que l'on n'avait pas retrouvée depuis La Menace Fantôme, où l'esclavage pratiqué sur Tatooine ne semblait pas choquer outre-mesure les Jedi... Cette fois, les héros mettent un peu la pagaille, et il faut avouer que ça fait du bien. Beaucoup de bien.
    L'autre intérêt de Canto Blight, c'est que la mission qui s'y déroule est un échec. Tout comme la tentative de Rey pour faire revenir Ben Solo. Tout comme la mutinerie de Poe... Luke a échoué dans sa recréation de l'Ordre Jedi, Leia dans le maintien de la Nouvelle République. L'échec est partout, et c'est un point qui est, à mon sens, à l'origine de la réussite du film. Fini les héros à qui tout réussit : leur sort est plus incertain que jamais.
    Le sacrifice est aussi présent, par moments, avec notamment les destins de Luke, de la vice-amirale Holdo et d'une poignée de résistants résolus. Cet aspect aussi confère au film sa gravité, et se retrouve magnifiquement contrebalancé par la dernière réplique de Rose.
     
    Dernier point, d'une grande importance à mes yeux : l'émotion, présente de bord en bord. Elle transcende le film, servie par la musique (ou son absence, lors d'une scène mémorable) et les décors. C'est un relai entre les générations ; avec Les Derniers Jedi, nous disons adieu aux héros du passé, avec un passage de témoin désormais achevé (ce que l'Univers Legends, au passage, n'a jamais été capable de faire avec le Big Three). Mais aussi, à travers les malheurs et les défaites, un appel à l'espoir, parfaitement symbolisé par la dernière image : celle d'un enfant levant son regard vers les étoiles.

    L'affiche des Derniers Jedi 
     

    Pour résumer


    J'ai donc eu un coup de coeur inattendu pour Les Derniers Jedi. Je partais avec pas mal de lassitude sur ce film, découragé que je suis par le contenu du nouvel univers étendu... Mais j'ai été complètement accroché par la mécanique bien huilée que déploie Rian Johnson. Sa recette a marché sur moi, et bien qu'objectivement je reconnaisse à ce film quelques défauts (l'absence d'informations sur le passé de Snoke, l'impression de trop grande rapidité du film qui doit tenir sur deux ou trois jours à peine) il m'a globalement séduit.
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