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1. L'exil d'un Grand Maître
 
Après la violente guerre civile, et la dévastation causée par feu Darth Caedus, l'Alliance Galactique est en crise... et dans le besoin. En provenance de tous les coins de la Galaxie des gens de pouvoirs se retrouvent sur Coruscant pour un sommet qui doit restaurer déterminer le futur de ces mondes unifiés. Mais le futur des Jedi se trouve dans une situation plus critique encore. A la surprise de tous, la Chef de l'État Natasi Daala ordonne l'arrestation de Luke Skywalker qui n'a pas d'autre choix devant les accusations que de négocier un traité avec Daala: sa liberté en échange de son exil... loin de Coruscant et de l'Ordre Jedi. En compagnie de son fils, Ben, Luke part à la recherche de la terrible vérité tapie derrière la corruption et la chute de Jacen Solo. Mais les secrets qu'il va découvrir parmi les énigmatiques mystiques de la Force sur le lointain monde de Dorin pourrait mener sa quête - et la vie qu'il connaît - à une fin brutale.


-- Extrait de Outcast

Au delà de ce paragraphe, vous vous exposez à des spoilers sur l'ensemble (enfin, l'ensemble du début) de Fate of the Jedi. Cela dit, ces commentaires sont très généraux, et les plus gros spoilers ont été balisés (notamment pour l'étrange cas de Jacen Solo). Ainsi, si vous n'avez pas peur des spoilers mineurs, chargez!
2. Politiques et revenants
 
Si L'Héritage de la Force lègue une intrigue principale à sa suite Fate of the Jedi, c'est bel et bien la situation politique galactique. Le Sommet d'Unification organisé par la fraîchement (auto-proclamée ?) Natasi Daala en atteste : la Galaxie se remet de sa deuxième guerre en quinze ans, même si elle n'était sans commune comparaison avec l'invasion Yuuzhan Vong. Les Vestiges de l'Empire ont retrouvé leur crédibilité depuis la guerre contre les Yuuzhan Vong mais la mort de Gilad Pellaeon les a plongés dans le chaos, avant que Jagged Fel ne se pose en meneur (naturel ?) sans que l'on sache pourquoi... Le Consortium de Hapes est dirigé par une Reine-Mère en froid avec les Vestiges depuis qu'un nanovirus a été lancé pour tenter de la tuer, elle et sa fille Allana. Pendant ce temps là, les mondes confédérés dirigés par l'ancien impérial Tur Phennir réclament leur place au sein d'un gouvernement de l'Alliance.

Les romans Nouvelle République et le Nouvel Ordre Jedi nous avaient habitué à de la politique starwarsienne standard : les gentils unis contre les méchants, quelques Sénateurs dissidents et verreux par ci par là, ou au contraire un gouvernement à la limite de l'inaction. Mais on on ne plongeait jamais vraiment en détail et pendant aussi longtemps dans la vie politique de l'univers.



Sacrifice et son intrigue (à rallonge) de la prise de pouvoir sans forcer de Jacen Solo et Cha Niathal y a même introduit la technicité. Darth Caedus chef d'état, le focus nous a permis de nous immerger dans le jeu politique de chaises musicales et de pipeautage entre les différentes factions politiques galactiques.

Pourquoi tant de technicité pour un tel résultat? Comment se fait-il qu'il faille un roman entier pour nous faire comprendre comment Jacen accède au pouvoir tandis qu'il aura suffi de trois pages pour Daala ? Le leg de Invincible et de L'Héritage de la Force en règle générale est à double tranchant : un background politique solidement établi, avec des protagonistes galactiques qui ont été largement développés depuis Vecteur Prime, qui ont leur légitimité propre à la fois in- et out-universe. Regardez ce que la période a fait du Consortium de Hapes, c'est tout juste superbe !



Le problème majeur réside donc dans les protagonistes principaux eux-mêmes. L'idée du retour de Natasi Daala n'est pas un mauvais choix éditorial : les fans se délectent souvent de voir le "retour" d'anciens héros de l'ère Bantam. L'Amirale Daala fait partie de ces personnages dont le sort ne fut pas fixé par Timothy Zahn dans le duologie de La Main de Thrawn et les connexions après-coup que les auteurs ont développées avec Gilad Pellaeon et Boba Fett dans Révélation et Invincible sont loin d'être idiotes. Pour faire la guerre peut-être. Mais de la politique ? Quel est ce choix étrange ? Etait-elle le meilleur personnage à ramener ?

Au-delà de sa "nomination", à défaut d'autre terme (car on ne sait pas s'il s'agit d'une élection, d'un consensus des classes politiques, d'un coup d'état), il est difficile de trouver de la cohérence dans ce choix. Natasi Daala, en 43 après la bataille de Yavin, a changé. On nous le fait croire en tout cas.
3. Justice et partants
 
Car un nouvel aspect vient s'ajouter aux intrigues politiques. Celui-ci est nouveau, il est le leg des deux précédentes sagas, mais de manière plus insidieuse. Natasi Daala est bien déterminée à faire la paix (comme la moitié des héros de Star Wars) pour la Galaxie entière (ben voyons) et pour cela - depuis Révélation - a décidé que les Jedi devaient être mis une fois pour toute au pas, absorbés par la machine étatique, intégrés comme unités spéciales à l'armée, ou bien dissous pacifiquement. Cette "brillante" idée part d'un fait simple : les Sith sont, à l'origine, des Jedi. Astucieux n'est-ce pas ? Et comme Luke Skywalker, Grand Maître de l'Ordre, n'est pas capable de maintenir en ligne son ordre, ayant laissé Jacen Solo sombrer dans le Côté Obscur et mettre la Galaxie sans-dessus-dessous, lui intenter un procès est le meilleur moyen de prouver que les Jedi ne sont pas au-dessus des lois, et que leur structure doit être revue. Ici, deux questions de fond sont soulevées :

La première est de savoir par quelle légitimité de Daala se permet d'enclencher de telles procédures. Je ne vais pas vous faire un historique complet de qui est Daala, car je n'ai pas fait de recherches bibliographiques poussées. Tant mieux, cela me met dans la peau du citoyen lambda de l'Alliance Galactique. Pour moi, Daala est une officier Impériale, ayant fait sa classe sous le commandement du Grand Moff Tarkin (principal responsable de la destruction d'Alderaan) qui s'est ensuite vu assigner une base secrète dans La Gueule près de Kessel, dans laquelle elle gèrait les installations de conception et fabrication de superarmes pour l'Empereur Palpatine, supervisant esclaves et scientifiques dont elle faisait planer une menace permanente sur les familles pour les garder au travail. Sortie de son isolement, Daala attaque Mon Calamari (alors sans défense, ou presque puisqu'Ackbar est sur place) avec quatre destroyers Impériaux. C'est une piètre stratège, psychotique et incontrôlable, manipulée par un Tarkin qui profitera même de son incompétence après sa mort. Et Daala se permet d'être chef d'état, et d'engager des procédures judiciaires à l'encontre de Luke Skywalker, héros de la Rébellion et des guerres Yuuzhan Vong.

Le Sénat Galactique


Il a été établi que Daala et sa flotille avait secouru des mondes des Yuuzhan Vong lors de la guerre, ceux "oubliés" par la Nouvelle République ou l'Alliance Galactique. Cela suffit-il à la réhabiliter ? Sans atteindre le point Godwin, imagine-t-on un ex-tyran repenti au pouvoir d'un état seulement trente ans après ses méfaits ? Comment se fait-il que le Sénat ne réagisse pas ? Les Calamariens ont-ils oublié ce que Daala a fait à leur monde ? Les survivants de Carida, avant de blâmer Kyp Durron, se souviennent-ils que Daala était responsable du projet Broyeur de Soleil ?

Si l'équipe de Del Rey avait besoin d'un candidat chef d'état pour botter le cul des Jedi, il me semble qu'un personnage récurrent dans le Nouvel Ordre Jedi nommé Fyor Rodan était l'homme idéal. Il tient le même discours que Natasi Daala, mais lui n'a jamais été un meurtrier. Il est toujours en politique lors de la Seconde Guerre Civile Galactique puisqu'il est chef d'état de Commenor, éminent membre de la Confédération. Ce n'est qu'une supposition, une suggestion. Mais c'est avec ce genre de réflexion que l'on met en évidence ce qui - à mon sens - est le point le plus bancal de la saga. Sans doute le seul point vraiment bancal : Natasi Daala.



La deuxième question de fond est de savoir si Daala a raison de poursuivre Luke en justice. Luke est-il responsable de la chute de Jacen ? Nous lecteurs l'ayant vécu, la réponse est clairement non. Jacen n'a besoin de personne pour faire son smart ass. Mais il est clair que Luke est resté trop longtemps inactif durant L'Héritage de la Force et ceci en partie à cause de sa femme, qui l'a payé de sa vie. Cette relation entre Luke et Jacen, on en parle un peu plus loin dans le dossier.

En tout cas, sans parler de la légitimité de l'attaque en justice, la condamnation subséquente de Luke est une excellente idée éditoriale qui a été menée intelligemment par Del Rey. Elle permet d'éloigner Luke de son Ordre, qui ne semble jamais pouvoir s'en sortir sans lui. Le chaos y est d'ailleurs total.
4. Médias et sabrelasers
 
Finalement, on en revient à un problème récurrent, qui émergea avec le Nouvel Ordre Jedi, quand la saga s'éloigna légèrement des schémas classiques des films. En substance, le discours d'un hardliner comme Fyor Rodan dans La Voie du Destin résume parfaitement bien la pensée des politiques "à-la-Daala". Fyor Rodan dit en effet à Luke, lors d'un bref entretien: "Vous voulez faire la loi ? Devenez avocat, procureur ou policier. Vous voulez guérir ? Devenez médecins. Vous voulez philosopher ? Devenez prêtre. Vous voulez vous battre ? Allez dans l'armée, suivez le même système et les mêmes règles que pour tout le monde."

En soi, et si on y prête pas attention, ce "courant de pensée" est assez séduisant. Franchement, en y portant un regard un peu "dans la vraie vie" ça ressemble quand même franchement à une secte l'Ordre Jedi. La Force est inaccessible aux citoyens de l'Alliance Galactique autant que je ne sens pas mon Karma quand je me lève le matin. Le Nouvel Ordre Jedi et L'Héritage de la Force tissent d'ailleurs une partie de leur "intrigue Jedi" là-dessus, le point culminant en étant Nid Obscur lorsque Cal Omas décide d'intégrer officiellement l'Ordre Jedi en tant qu'organe du gouvernement répondant au Chef d'Etat, ce qui va poser son lot de problème lors de la Seconde Guerre Civile Galactique puisque l'Ordre Jedi déserte l'Alliance Galactique à la bataille de Kuat.



L'Ordre Jedi choisit ses guerres, qu'il soit sous la coupe d'un gouvernement ou non. Admettez qu'avoir une partie de votre armée versatile à ce point ne ferait rêver aucun gouvernement de notre chère planète, non ?

Bien entendu, je ne suis pas contre la teinte donnée aux séries de romans Star Wars en fonction du monde dans lequel les lecteurs évoluent out-universe. Mais le lecteur évolue aussi in-universe. Et le lecteur, lui fait confiance aux Jedi. Car comme le dit Han à Daala : "Vous vous trompez en croyant qu'asservir les Jedi empêchera les Sith de revenir. Les Jedi sont votre seul rempart contre les Sith." Oui, Han, le contrebandier farouche qui ne croit pas en la Force dans l'épisode IV. Ses paroles sont révélatrices dans le sens où elles prouvent que croire aux Jedi, et au sens large à l'univers Star Wars c'est un acte de foi. Le chancelier Valorum croit aux Jedi. Mon Mothma également. Cal Omas aussi. Le Sénat dans la plus grande partie de l'histoire starwarsienne de même. Cette défiance des politiques et du peuple depuis Le Nouvel Ordre Jedi envers ses "protecteurs" est flagrante.

Vous l'aurez compris, ajoutez justice et politique, et il ne manque que quelques journalistes peu scrupuleux pour obtenir un cocktail explosif. Cet aspect est également nouveau et bien traité dans la série. Javis Tyrr est une belle ordure mais ne prend pas parti. Kenth Hamner, nouveau Grand Maître, lance des contre-mesures médiatiques pour s'attirer les faveurs des sondages. Tout ceci est sacrément bien orchestré. Ainsi, il semblerait que l'un des buts de la série Fate of the Jedi soit de réhabiliter l'Ordre Jedi aux yeux de la Galaxie entière... et c'est là qu'intervient la Tribu Perdue. Pour coroborrer les dires de Han Solo, il fallait bien quelques Sith... qui n'aient jamais été des Jedi, non ?

5. Daala contre les fans ?
 
On l'a rappelé, l'amirale Daala est arrivée à la tête de l'Alliance Galactique un peu comme un cheveu sur la soupe, placée là de manière arbitraire tant In Universe qu'IRL (In Real Life, pour les non-geeks). En effet, dans Invincible, ce sont nos héros habituels qui décident de son accession au pouvoir, un peu à la mode américaine des grands électeurs. Mais derrière cela se cachent des motivations éditoriales qui nous resteront probablement inconnues.

Est-ce une volonté d'effectuer une situation inversée entre les grandes puissances ? Chez les impériaux, le jeune Jagged Fel, renommé plutôt pour ses états de services chez les Chiss, est sacré Empereur par un Luke Skywalker assumant ses prérogatives de Grand Maitre Jedi, au grand dam de Moffs mécontents. Jagged Fel, un personnage que le héros a appris à connaître, sinon comme un héros, au moins comme un allié du Big Three.

Dans le régime politique d'en face, l'Alliance Galactique se voit dirigée d'une main de fer par l'amirale Daala, ancienne Impériale meurtrière apparemment repentie. Si les citoyens lambda ne semblent pas mécontents de la situation, tel n'est pas le sentiment des lecteurs qui se voient imposer sa présence au sommet de la hiérarchie du camp des gentils... A l'instar des Moffs.

Pourtant, la série Fate of the Jedi a fini par faire faire marche arrière à cette décision éditoriale incomprise et assez mal vécue. Au fil de la série, l'ex-amirale passe du statut de dirigeant compétent et juste (quoiqu’autoritaire) à celui de maniaque éliminant tout ce qui ne rentre pas dans ses plans préparés minutieusement. Dans notre cas, il s'agit bien sûr des Jedi. Plus drastique encore, si au début Daala ne semble avoir pour objectif « que » de rendre l'ordre Jedi obéissant, cette situation glisse jusqu'à faire revenir au grand jour le personnage tel qu'il avait été imaginé par Kevin J. Anderson en son temps. Elle n'hésite pas à autoriser l'intervention armée des Mandaloriens, réprime brutalement les révoltes d'esclaves, tout ceci l'amenant à avouer au lecteur sa volonté bien réelle de transformer l'A.G. en un Empire Galactique à peine dissimulé où tout le monde filerait droit.




Si ce revirement de psychologie du personnage nous permet de retrouver une méchante délectable de plus pour agrémenter la série (par ailleurs bien dotée en la matière), on est en droit de se demander si les décisions scénaristiques prises en fin de série dans LOTF étaient mûrement réfléchies et visaient l'écriture d'une future série, ou bien si les éditeurs avaient vraiment l'intention de faire de Daala une présidente modèle et n'ont retourné leur veste que suite aux assauts du Fandom. La quête de Jacen Solo (voir plus loin dans la partie consacrée) ayant été le moteur scénaristique du premier triptyque de FOTJ afin de contenter les lecteurs fâchés avec sa chute discutable et peu étayée, on aurait tendance à pencher plutôt pour la deuxième explication. D'autant que cette « chute » de Daala ne s'opère que tardivement, lorsque les auteurs commencent à délaisser la quête de Jacen au profit d'une intrigue plus galactique. Est-on alors passé d'une trame narrative à une autre pour réparer tous les points noirs décriés par les fans ? En tous cas une chose est certaine : à la fin de FOTJ, la situation de notre UE portera beaucoup moins à débat que lors de la conclusion de LotF...
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