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Ewan MCGREGOR
 

1. Ses débuts.

Ewan Gordon McGregor est né le 31 Mars 1971 à Perth, en Ecosse, et a grandi dans la ville de Crieff. Issu d’un milieu ouvrier, il voit sa vocation pour la comédie se manifester très tôt, dés son enfance en fait, d’abord lorsqu’il voit ses parents assister la gestion du ciné-club d’un hôtel local, mais principalement lorsqu’il prend conscience de la réussite de son oncle, le comédien Dennis Lawson qui deviendra un peu son mentor, et qui connaît alors un succès fou, d’abord avec Local Hero, mais surtout avec un pourtant bien petit rôle : celui du pilote Wedge Antilles dans la trilogie Star Wars. La Guerre des Etoiles fut d’ailleurs le premier film que le jeune Ewan vit dans une salle de cinéma, et ce fut pour lui comme pour de nombreux ados de sa génération le début d’une longue fascination pour la saga de George Lucas. "On regardait le film sans cesse avec mes copains. On connaissait les dialogues par cœur, on les récitait pendant le film et après on rejouait les scènes. J’étais pas trop mal en Princesse Leia !"

A 16 ans, Ewan fait ses valises avec la bénédiction de ses parents pour intégrer une compagnie de théâtre à Perth : la Perth Repertory Theater. Un choix risqué pour quelqu’un d’alors aussi jeune à qui la prudence conseillerait de continuer à suivre un parcours académique classique, mais sa famille préfère le voir faire quelque chose qui lui plait plutôt qu’il soit malheureux (sa mère continuera de le soutenir dans ses choix bien après que sa carrière soir lancée puisqu’elle sera son assistante)… Il déménage ensuite à nouveau pour Kirkcaldy in Fife où il passera un an, et intègre finalement une école de musique et de comédie londonienne : la Guildhall School of Music and Drama.
C’est au cours de ces années qu’il fait connaissance et qu’il partage sa chambre avec une autre future jeune star du cinéma : Jude Law, qui deviendra un ami de longue date.
"3 choses m’ont poussé vers la comédie. D’abord l’influence de mon oncle. A 9 ans je lui ai demandé "Comment devient-on acteur ?" et il m’a répondu un truc du genre "Ferme-la et demande-moi dans 10 ans." Ensuite un énorme appétit pour les films en noir & blanc de BBC 2. Plus c’était romantique et mieux c’était. Je crois que nous avons perdu cette romance des années 30 et 40. Je préférais ça aux programmes télé pour enfants. Et enfin la troisième chose, c’est le sexe. Vraiment. Enfant on m’emmenait au spectacle et toujours, toujours, je tombais amoureux d’une des personnes sur scène. "

Au bout de trois ans, il quitte la Guildhall School avant la fin de son cursus (donc sans son diplôme) pour saisir la chance qui lui est donnée par le scénariste Dennis Potter : tenir le rôle de Mick Hopper dans la série télé Du rouge à lèvres sur ton col. Nous sommes en 1993.
Son rôle est celui d’un jeune appelé sous les drapeaux pendant la crise du canal de Suez et qui va tenter tant bien que mal d’insuffler un peu de couleur et de gaieté dans son service où règne une certaine morosité. Ce rôle lui apprend la délicate maîtrise du chant en play-back qui lui servira beaucoup par la suite.
L’année suivante, il apparaît pour la première fois dans un film : Being Human, mettant en vedette Robin Williams et John Turturro et où il n’a qu’une petite phrase à prononcer. Un rôle minuscule donc, mais qui lui vaudra tout de même de passer un mois au Maroc pour le tournage ! Quoi qu’il en soit, le film est un échec et Ewan lui-même ne l’a pas vu…
Un premier pas timide sur le grand écran mais qui amorce une carrière cinématographique qui prendra son envol dés le film suivant.
Pour l’heure, il continue de travailler pour la télévision, que ce soit en Europe ou aux U.S.A., et on retiendra notamment son passage sur les séries Urgences, Les Comptes de la Crypte, ainsi que Le Rouge & le Noir adapté de Stendhal pour la BBC.

1994 voit se produire une rencontre artistique capitale pour Ewan McGregor : Danny Boyle. Ce jeune metteur en scène britannique lui offre l’un des trois rôles principaux de Petits Meurtres Entre Amis. "Producteur, acteurs, réalisateur, scénariste : c’était notre premier film à tous et je peux vous dire à propos de Danny que je ne pense pas avoir été plus heureux avec un autre metteur en scène." commente un Ewan McGregor qui voit donc là ses véritables débuts au cinéma. Un film où la collocation prend une tournure criminelle et dont l’ambiance restituée à l’écran est la même qui a entouré sa conception : celle d’une réunion de potes, jeunes, décomplexés et biens ensemble. Thriller intimiste à la fois comique et terrifiant, le film est plutôt bien accueilli et McGregor par son jeu plein de fraîcheur attire irrésistiblement plus l’attention que le reste du casting. La porte du succès commence à s’ouvrir.

Il enchaîne avec Blue Juice en 1995, petite comédie romantique ayant pour toile de fond le surf et qui ne restera pas dans les anales, et avec The Pillow Book de Peter Greenaway en 1996, où son personnage vit une romance torturée avec une jeune japonaise qui lui calligraphie des poèmes à même la peau du corps. A l’image de son sujet, le film est accueilli comme une poésie expérimentale, justifiant la multiplicité d’effets de mise en scène très différents.

Mais en 1996, l’événement majeur pour le comédien c’est surtout la poursuite de sa fructueuse collaboration avec Danny Boyle qui va faire de lui une vedette via ce qui reste aujourd’hui comme le film clé de sa filmographie : Trainspotting, adapté du livre éponyme d’Irvine Welsh. Perdant 10 kilos pour l’occasion, Ewan McGregor y incarne le héros de l’histoire, Mark Renton, jeune junky qui avec sa bande de copains rigolos et paumés, passe par les affres de la dépendance de l’héroïne. Drôle et visuellement assez agressif, le film, de par son sujet, fait l’effet d’une bombe à sa sortie en Angleterre, créant une vaste polémique orchestrée par les tenants d’un certain ordre moral, et qui ne fait qu’accroître son énorme succès mondial.
Ce véritable ouragan médiatique propulse Ewan McGregor star montante en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Le thème et l’ambiance du film ayant séduit nombre de spectateurs de la culture underground, il est dores et déjà considéré comme un acteur culte. Ses cotés jeune homme franc, personnalité affirmée et esprit déconneur entretiendront d’eux-mêmes cette reconnaissance publique. Il a alors 25 ans, et comme pour enfoncer un peu plus le clou et faire de 1996 une année capitale de son existence, c’est juste après Trainspotting qu’il se lie à son épouse, la française Eve Mavrakis, qui lui donnera deux enfants.
C’est aussi le début de la rançon du succès pour Ewan : il veut bien parler de sa passion pour le les motos, dire qu’il adore James Stewart et qu’il aime le foot, mais voir les paparazzis publier des photos de sa progéniture, ça, ça lui plait en revanche nettement moins, et il le fait savoir fermement…

2. Sa carrière.

Les retombées de cette notoriété à la fois solide et marginale, à milles lieux des feux de pailles des phénomènes de mode, lui vaut bien sûr d’attirer l’attention de beaucoup plus de personnes, dont certaines travaillent à la conception d’un film intitulé Episode I…

En 1996 toujours, on le retrouve à l’affiche d'Emma l’Entremetteuse, comédie romantique se déroulant dans l’Angleterre du XIXème siècle et qui met en vedette Gwyneth Paltrow. "Le pire tournage de ma vie ! C’était emmerdant du début à la fin."
L’année se conclut en beauté avec Les Vituoses, une histoire dans la mouvance touchante de Raining Stones ou de ce que sera l’année suivante The Full Monty : celle d’une fanfare anglaise qui tente un bref instant de sortir de la grisaille de son quotidien en cité minière pour décrocher le premier prix des fanfares au Royal Albert Hall, au risque que les musiciens perdent leur job. Le film est acclamé par la critique.

Les trois années suivantes seront une période particulièrement chargée pour Ewan McGregor : de plus en plus de films se succèderont de plus en plus vite, même si les décalages entre dates de tournage et dates de sortie ne rendent pas toujours compte de la boulimie de travail de l’acteur. Il semble que battant le fer de sa célébrité tant qu’il est chaud, le comédien soit pris d’une frénésie de tourner qui lui fait enchaîner toutes sortes de projets.

En 1997 dans Le Baiser du Serpent, il joue Meneer Chrome, un paysagiste hollandais à qui incombe la tâche de transformer le terrain en friche d’un riche anglais en une réminiscence des jardins de Babylone. Il s’agit d’une co-production franco-britannique. La même année, pour Welcome to Hollywood, sa participation n’est en revanche qu’anecdotique puisqu’il s’agit d’un cameo, dans cette comédie sur un acteur cherchant à se faire sa place.

Enfin, Une vie moins ordinaire, toujours en 1997 l’intronise officiellement acteur fétiche de Danny Boyle. Mais cette fois, pour ses débuts à Hollywood, ce jeune loup du cinéma anglais qui a refusé Alien IV s’assagit et signe une petite comédie aussi pétillante qu’inoffensive. Ewan McGregor y incarne Robert, jeune prolo pas doué qui enlève Celine (Cameron Diaz) la fille délurée de son ordure de patron (Ian Holm). Deux anges du paradis s’en mêlent, histoire de changer les deux fuyards en tourtereaux…

En 1998 sort enfin Le Veilleur de nuit, longtemps retardé. Le film joue avec ses nerfs jusqu’à frôler l’hystérie : son personnage de gardien d’une morgue vire vite à la parano obsessionnelle, pris entre une machination policière et la peur des revenants.

Velvet Goldmine, toujours en 1998, renoue avec la culture de sa Grande Bretagne natale : celle de la pop music des années 70 et de l’ère du glam rock (même si son rôle y est celui d’un américain, d’inspiration plutôt punk). Les personnages de ce film sont fictifs mais se font l’écho de nombreuses icônes populaires. Ainsi, son personnage de Curt Wild (dont le nom évoque autant Oscar Wilde que Kurt Cobain), une rock star toxico, bisexuelle et déjantée, qui passe par la gloire et la décadence, a des postures rappelant autant Iggy Pop que Jim Morrison dans leurs moments les plus barges. Désireux d’interpréter les rôles les plus dingues possible –selon ses propres dires, il trouve là de quoi être satisfait avec ce personnage d’artiste cédant à quasiment tous les excès. Une prestation imposante pour le comédien (qui dans son interprétation est carrément entré en transe) et dont la capacité à transformer à loisir son visage et à modeler des expressions par son simple jeu d’acteur devient vraiment impressionnante. "J’ai fait ce film car j’ai toujours voulu devenir une rock star." Un fantasme qu’on retrouve bien souvent chez les acteurs…

Entre deux tournages, il prend un léger break vis à vis du cinéma. Pas pour s’offrir des vacances mais le temps d’apparaître à nouveau au théâtre dans Little Malcolm and His Struggle Against the Eunuchs, une pièce produite par le Hampstead Theatre Club et mise en scène par son oncle Dennis Lawson. "Si je retourne sur scène, c’est pour retrouver ma passion originale pour la comédie. Je veux retrouver ce que c’est que d’avoir peur. Avoir peur d’être nul c’est toujours ce qui vous rend bon." expliquera t-il plus tard.
Il continuera par la suite à s’investir dans d’autres projets d’interprétation annexes à sa carrière au cinéma, notamment en tournant quelques courts-métrages, en faisant la voix-off pour des documentaires et en participant avec d’autres stars internationales à la mystérieuse web-série Ghost’s Mind

Enfin, c’est également cette même année 1998 qu’il tourne à nouveau sous la direction de Mark Herman (Les Virtuoses) dans Little Voice, nouveau drame social sur fond de musique, mais dans un registre plus "show-business". Il y joue un technicien en téléphonie timide qui se lie avec LV, l’héroïne du film, une chanteuse toute aussi introvertie que lui, mais qui grâce à sa voix incroyable va entamer une carrière prometteuse.

1999 est une nouvelle année chargée pour Ewan McGregor : 3 films en sortie, dont un très gros, d’autres en plus en tournage, et surtout le vrai début de l’aventure de sa société de production : Natural Nylon, entreprise qui a commencé à développer divers projets depuis 2 ans, avec beaucoup de difficulté et un mépris non-dissimulé d’une bonne partie du reste de la profession à son égard, mais qui voit aboutir pour la première fois cette année un film de ciné 100% produit par ses soins. Ce nouveau défi, il l’a relevé avec plusieurs amis : notamment son copain de chambrée Jude Law (Natural Nylon coproduit eXistenZ, de Cronenberg, où joue l’acteur), la comédienne Sadie Frost, son partenaire de Trainspotting Johnny Lee Miller, et l’acteur Sean Pertwee. Leur objectif initial était de produire un film appelé The Hellfire Club
Leur but ? Monter une société dans le style de ce qu’était United Artists dans les années 20 : une boite de production détenue par des acteurs (Charles Chaplin, Douglas Fairbanks…) afin de respecter leur conception du cinéma. McGregor s’explique : "Ca semble très arrogant de dire que nous étions frustrés par la façon dont les films étaient faits, mais je pense que c’est probablement vrai. Nous voulions les faire à notre manière, faire des films où l’histoire compte, ne pas prendre les spectateurs de haut mais les solliciter et raconter l’histoire pour l’histoire."

En parallèle à cette activité, niveau film, il y a Trader, petite série B sans prétention et sacrément bien menée sur les coulisses de la bourse. Elle nous le montre dans la peau de Nick Leeson, afin de retracer l’histoire vraie de la plus grande et de la plus scandaleusement effarante faillite bancaire de toute l’histoire de la finance anglaise. En courtier sous pression qui joue avec le feu et les fluctuations du marché, Ewan McGregor implique sérieusement le spectateur dans son calvaire de talentueux escroc malgré lui qui profite de la bêtise de ses collègues pour combler ses erreurs. Jusqu’au jour où…
Ewan McGregor se sent investi d’une grande responsabilité dans son interprétation car le vrai Nick Leeson étant toujours en vie et à fortiori en prison lors du tournage du film, il n’aborde pas le personnage comme il aborde ses autres rôles.

Voyeur de Stephan Elliot, avec Ashley Judd et un paquet d’autres stars (Jason Priestley, K.D. Lang, Geneviève Bujold) le montre naviguant en eaux troubles. Il y joue un détective épiant puis protégeant une meurtrière parce qu’elle lui rappelle sa fille décédée. Le film installe une love story à distance assez complexe qui déroutera tant les spectateurs américains lors des projections tests que le réalisateur dut malgré lui simplifier le film rien que pour ce territoire en le remontant et en tournant des scènes additionnelles. Un jeu auquel Ewan McGregor se plia avec une mauvaise volonté évidente, furieux de voir le film se saborder de lui-même.
Le reste du monde aura tout de même droit à la version initiale.

Enfin, le gros morceau de 1999 est bien sûr La Menace Fantôme, au tournant duquel il est attendu depuis 2 ans. Le film de tous les paradoxes pour Ewan McGregor : le plus gros ratage de sa carrière d’acteur et la chance de sa vie.
La chance de sa vie d’abord parce que ce film, il l’a accepté comme un rêve de gosse, cadeau du ciel : jouer dans la prélogie de la saga Star Wars, le mythe de son enfance dans lequel jouait déjà son oncle, et pour rien de moins que de reprendre en version jeune le personnage mythique d’ObiWan Kenobi, le rôle du non moins mythique Sir Alec Guiness. Et puis il a beau détester les grosses machines hollywoodiennes, pour lui; Star Wars c’est quand même autre chose... La chance de sa vie ensuite parce qu’en intégrant cette série à la renommée planétaire, il allait nécessairement accéder à un nouvel échelon en matière de popularité et de reconnaissance, à la fois radicalement différent et complémentaire de sa réputation déjà établie, et parce que ce fut effectivement le cas. ("C’est important pour moi d’y être. Ce film me donne l’opportunité de faire à peu près ce que je veux pour le restant de mes jours." confiera-t-il reconnaissant) La chance de sa vie enfin, parce que son talent allié aux ambitions du projet laissait présager une réussite impressionnante qui ferait date dans l’histoire du cinéma…
Et puis le plus gros ratage de sa carrière car le résultat -de son propre aveu- fut plus que mitigé.
En effet, en marge des grandes déclarations démagogiques destinées aux mass-média afin de promouvoir le film, l’acteur avec sa franchise à couper au couteau s’est tout de même laissé aller à quelques commentaires assez acerbes sur son vécu du film.
Dès le début du tournage, son intérêt pour ce projet inédit, si différent de ce que le comédien avait fait jusqu’à présent, s’est très vite mué en un ennui profond et une réelle déception : "Les F.X. étaient si compliqués à mettre en place que je me suis retrouvé des jours entiers à ne rien faire. Mais ce qui m’a le plus embêté, c’est qu’il n’y avait aucune place laissée à la spontanéité. Mon travail d’acteur était de sortir mon texte en fronçant les sourcils. Je suis parfaitement entraîné pour les froncements de sourcils." Ce marasme qui se lit clairement sur son visage tout au long du métrage (voir ce plan où il se gratouille l’oreille, si incroyable qu’on se demande pourquoi il n’a pas été gommé en numérique…), métrage que lui même ne considère que comme un "divertissement facile", lui vaut d’ailleurs de recevoir de très mauvaises appréciations critiques.
Maigre consolation pour cette mauvaise expérience professionnelle : il s’amusera comme un petit fou lors de ses scènes d’action (ses cours d’escrimes datant du temps de son école s’avéreront bien utiles), et il gardera l’espoir d’un traitement de son personnage plus intéressant dans les deux suites pour lesquelles il avait dores et déjà signé...

En 2000 on s’attendait logiquement à le retrouver à l’affiche du nouveau film de Danny Boyle, La Plage, d’autant qu’il était effectivement envisagé qu’il tienne le rôle principal. Mais l’intérêt de Leonardo DiCaprio pour le projet l’a fait mettre sur la touche par les producteurs au profit de la giga-star qui n’avait plus tourné depuis la Titanic-mania. Loi des studios…
2000 est en fait plutôt morne pour l’acteur qui se repose sans doute de la frénésie des quatre années écoulées. Il apparaît pourtant dans deux films (tournés l’année précédente) : dans South from Hell’s Kitchen où joue également Bridget Fonda, et dans Nora, où il interprète l’écrivain James Joyce. Un film qu’il chouchoute plus que les autres puisqu’il s’agit du fameux premier long-métrage produit l’année précédente par sa société de production. Un travail de longue haleine qu’il a longtemps porté, avec son cœur et avec ses tripes. Il quittera Natural Nylon un peu plus tard, ne trouvant plus le temps de s’y investir convenablement.
"Je n’essaie pas de me plaindre car c’est inhabituel pour un acteur de travailler autant, mais ça apporte sa propre pression. Le pire aspect, c’est que je n’ai pas pu développer la même relation que ma femme envers ma fille.", déclarait-il dés fin 1998.

Il est de retour en 2001 avec deux nouveaux films le mettant en vedette.
Le plus important d’abord : Moulin Rouge de Baz Luhrmann (à qui il avait dit non pour le rôle de Mercutio dans Roméo & Juliette), où il partage l’affiche avec Nicole Kidman. Une comédie musicale surprenante, au style enlevé, festival de couleurs et de mouvements dans tous les sens. Un film osé, risqué mais réussi, surtout grâce à la force de son duo principal. Alliant un charisme de playboy à une candeur étonnante, Ewan McGregor est pour beaucoup dans la crédibilité pourtant délicate du romantisme du film. Il y joue Christian, jeune auteur débarquant dans le Paris du début de 1899 et qui va tomber fou amoureux de Satine, une courtisane du Moulin Rouge. Le tour de force du film consiste en l’intégration de morceaux musicaux modernes, dans des versions inattendues, et surtout interprétés par les comédiens eux-mêmes. Ewan McGregor, qui jusqu’à présent avait flirté avec la chanson à moult reprises au cours de ses films précédents, devient cette fois un véritable chanteur, et le résultat est assez incroyable.

La Chute du Faucon Noir ensuite. Un film de Ridley Scott, relatant par une action quasi-ininterrompue le fiasco de l’intervention américaine à Mogadiscio en 1993, et qui ne sortira en France que début 2002. Pour l’occasion, Ewan McGregor y suit un entraînement supervisé par des sergents des U.S. Rangers. Il n’y a qu’un rôle secondaire, mais c’est pourtant lui qui attire davantage l’attention que les autres membres du casting : alors que tous sont constamment la mâchoire serrée, car au cœur des combats, son personnage de planqué un peu gaffeur, qui a son tour va essuyer son baptême du feu, est parmi les plus expressifs du film. Il est rare que dans un récit se voulant sérieux, l’"indispensable" élément supposé comique s’intègre de façon aussi naturelle et cohérente à l’ensemble. L’intérêt de cet exploit tenant justement à sa discrétion, peu nombreux sont ceux qui ont relevé cette nouvelle réussite pour Ewan McGregor…

L’Attaque des Clones en 2002 nous permet de le retrouver une nouvelle fois dans la peau du Jedi ObiWan Kenobi, désormais instructeur. La première fois qu’il reprend un de ses rôles. D’apparence plus âgée, plus mûre, sa prestance se rapproche clairement du profil d’Alec Guinness et l’histoire se recentre davantage sur lui, même si il n’est pas sensé en être le héros (son nom apparaît en tête du générique). Une évolution appréciable pour ses fans qui le voient enfin avoir l’occasion de développer un minimum son jeu d’acteur au sein de la série. Lui et George Lucas se seraient-ils enfin mis d’accord sur leur façon d’appréhender Star Wars ? Pas vraiment non plus : alpagué en pleine rue bien après le tournage, afin de donner son opinion le jour où est rendu public le titre de cet Episode II, jusqu’ici gardé secret aux yeux de tous, McGregor déconcerté par la nouvelle répond hilare : "L’Attaque des Clones ?Vous ne trouvez pas que ça sonne encore pire que La Menace Fantôme ?"

Autre cru de la cuvée 2002 pour McGregor : Nautica, encore inédit chez nous et qui raconte de trois points de vus différents un meurtre sur un yacht en pleine mer des Caraïbes.

Enfin, cette même année décidément plutôt chargée pour l’acteur voit également le début de l’aventure Borgia, un film réalisée par Neil Jordan où l’acteur partage l’affiche avec Christina Ricci, et qui a connu de gros problèmes de production rendant même son aboutissement incertain. (Le film n’est toujours pas sorti.) Une histoire vraie d’intrigues et de complots dans la Rome du XVème siècle qu’on ne désespère pas de voir un jour.

2003 voit son retour -aux coté de Renée Zellweger- dans une nouvelle comédie sentimentale, Bye Bye Love, qui se veut un revival des comédies romantique des années 60, jusque dans sa réalisation puisqu’elle a été tournée selon les procédés techniques de l’époque. Il semblerait que l’expérience réussie de Moulin Rouge le pousse à des projets plus expérimentaux, ou plutôt à des exercices de style marqués… Quoi qu’il en soit il y joue un journaliste un peu macho se retrouvant face à une chroniqueuse féministe officiant dans la presse pour femme, et il a déjà fait part du plaisir qu’il avait eu à y tourner.

Autre film le mettant en vedette cette année : Young Adam, de David MacKenzie qui marque un retour aux sources pour l’acteur puisqu’il s’agit d’un drame sombre et amer se déroulant dans l’Ecosse des années 50. Au sein d’un environnement terne et atrabilaire, il y incarne un sociopathe complexe semblant perpétuellement insatisfait malgré sa fuite en avant. Les premiers échos du films saluent sa noirceur jusqu’au boutiste et le comédien y est une nouvelle fois acclamé pour sa prestation mystérieuse et endolorie. Une variation intéressante sur son profil de doux rêveur.
L’occasion pour McGregor de renouer avec sa terre natale, donc, même si il la ressent différemment de ce portrait plutôt glauque : "Les Ecossais sont émotifs. J’aime l’Ecosse. C’est une telle partie de moi. Mes parents et ma famille y vivent donc naturellement je veux y aller souvent. Ce pays et ses habitants me manquent quand je n’y suis pas. Nous sommes une race assez fière, et je suis aussi fier d’être Ecossais que qui que ce soit d’autre." Un vrai Highlander en somme…

Toujours en 2003, Stay, thriller de Marc Forster (en remplacement de David Fincher) se déroule dans un milieu universitaire où plane un parfum de paranormal. Montrant un psychologue confronté aux pulsions suicidaires d’une étudiante, le film rassemble Ewan McGregor et la nouvelle bombe du fantastique : la surdouée Naomi Watts (Mulholland Drive, Le Cercle).

Son apparition suivante sur grand écran sera pour Big Fish, de Tim Burton, en 2004. Pour l’occasion il fait partie d’un casting international assez impressionnant (Danny DeVito, Marion Cotillard, Steve Buscemi, Jessica Lange, Helena Bonham Carter…)

3. Conclusion.

Très attendue aussi sera son interprétation dans le prochain film de Jodie Foster (Flora’s Plum) où en remplacement de Russel Crowe, il devrait jouer aux cotés de Claire Danes (The hours, Terminator 3).

Et si on se projette encore plus loin vers 2005, viendra alors l’Episode III de Star Wars, actuellement en tournage et à propos duquel il a fait savoir qu’il était grand temps que ça se termine en déclarant "C’est marrant l’espace d’une minute."

Autre film prévu cette année et toujours dans le genre fantastique : Robots, un dessin animé dont on ne sait pas encore grand chose, si ce n’est qu’il y aura pour partenaire vocale Halle Berry à propos de laquelle il a déclaré : "Un film avec Halle Berry ? Oui j’adorerais être dedans. Enfin je veux dire dans le film !" Sacré Ewan…

D’autres projets moins définis sont également dans ses valises, comme par exemple passer à la mise en scène. Pour ce travail, qu’il désire autant qu’il redoute, il a déjà fait ses premières armes pour la télévision en dirigeant avec jubilation le court métrage Bone dans la série de 10 films Tube Tales, et il souhaiterait maintenant adapter une histoire dont les droits lui restent encore à acquérir… Sinon, Danny Boyle a annoncé vouloir donner une suite à Trainspotting, Porno, toujours adaptée d’Irvine Welsh. L’occasion pour les deux amis de se réconcilier après leur brouille lors de La Plage

Et à part ça ? Et bien Roger Moore lui-même le verrait bien reprendre le Walther PPK de James Bond. Sachant que le premier à entrer dans le smoking de 007 était déjà un Ecossais, voilà une idée qui aurait de la cuisse. Pour l’heure, la trentaine bien entamée, Ewan McGregor peut regarder l’avenir avec sérénité. Il a déjà accompli ce que beaucoup d’acteurs n’atteindront jamais en toute une vie de travail. Une réussite qui fait plaisir à voir tant l’approche de son métier est simple et enthousiasmante. Pour lui, foin du strass et de la sophistication acidulée du show-business. C’est même quelque chose dont il a horreur, quand d’autres acteurs ne vivent que par et pour ça. Lui il aime jouer la comédie, tout simplement, et aborde son travail avec une authenticité naturelle qui lui donne son identité propre parmi ses talentueux "congénères" : Matt Damon est un génie, DiCaprio James Dean, Brad Pitt un demi-dieu, McGregor lui, c’est un peu le grand frère idéal. Doué, passionné, sincère, grande gueule, sensible, polymorphe (au point que je mets au défi quiconque de déterminer avec exactitude la couleur de ses yeux d’un film à l’autre) dont le sourire un tantinet benêt de gamin décontracté achève de le rendre irrésistible.

Auteur : Noodles
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