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Interview croisée des auteurs de LotF
 
Ainsi qu'un petit bonus maison !
25/10/2007

Avant de rentrer dans le vif du sujet, notez que la critique par Booster de Inferno est disponible !

Lors de la sortie de Inferno justement, les auteurs du cycle Legacy of the Force se sont prêtés au jeu de l’interview de Random House (une maison d’édition). SWU vous en propose la traduction intégrale. Pour une fois, pas de questions bidons genre « Comment avez-vous découvert Star Wars ? quel est votre film préféré ? George Lucas est-il gentil ? blablabla blablabla… ». Cette fois, on discute processus de création, prise de décision, implication des éditeurs, point de vue sur l’évolution de l’Univers Etendu. Bonne lecture.


Attention ! L’intégralité du contenu de Legacy of the Force est discuté dans cet entretien jusqu’au roman Sacrifice !


Avec la participation des auteurs de Star Wars Legacy of the Force : Aaron Allston (Betrayal, Exile, Fury) ; Karen Traviss (Bloodlines, Sacrifice, Revelation) ; et Troy Denning (Tempest, Inferno, Invincible).

Random House : Okay, allons droit au but : la mort de Mara Jade des mains de Jacen Solo. Qui a eu l’idée, et quelle fut la réaction dans les réunions d’écritures initiales ?

Troy Denning : C’est votre première question ? Vous nous faites passer pour un peloton d’exécution.

Aaron Allston : L’idée est sortie au cours de notre réunion de fin 2004 au Big Rock Ranch, mais je ne révélerai pas qui a amené l’idée en premier. Je ne vais pas dans cette direction là.

Karen Traviss : Je crains que ce ne soit moi qui ait suggéré que Jacen devait tuer quelqu’un qu’il aimait. Mais je suis la britannique du groupe, rapellez-vous. Nous sommes toujours les méchants.

AA : La réaction fut, si je me souviens bien, mitigée. Tout le monde reconnaissait les possibilités dramatiques apportées par la mort de Mara. Mais tout le monde n’était pas heureux de la voir partir.

TD : Mais il n’y a pas eu de bagarre, rien de comparable à la sanction d’un jury. Nous savions que la trame exigeait une crise qui frapperait Ben au cœur et l’obligerait à s’interroger sur ce qu’il était en train de devenir. Personne n’a tué Mara pour le plaisir.

KT : J’ai mentionné un test que les SS allemands (ou peut-être était ce la Gestapo) utilisaient : chaque apprenti recevait un chiot, un Berger Allemand je pense, et était encouragé à s’attacher à lui, concourir contre les chiens des autres cadets, et généralement l’aimer. Alors, une fois qu’ils étaient totalement dévoués aux chiens, on leur demandait de les étrangler. S’il ne pouvait obéir à l’ordre, ils étaient virés. J’ai dis que ce serait un test typique des Sith, d’être si loyal à l’idéal Sith que vous obéiriez aux ordres et tueriez quelqu’un que vous aimez pour prouver que le boulot passe en premier.

RH : Etant donné la réaction des fans aux morts de Chewbacca et Anakin, avez-vous ressenti une hésitation à tuer un autre personnage populaire ?

AA : Totalement. Pour cette raison et d’autres, c’est l’évènement que j’aurais attendu durant toute la série.

KT : Disons que personne ne vit pour toujours. Dans la fiction, c’est souvent mieux qu’il parte au faîte de leur gloire que sénile et incontinent dans la maison de retraite de Coruscant. Les lecteurs sont tristes de voir partir leurs personnages favoris, nous ne ferions par notre boulot correctement si ces morts ne les touchaient pas, mais peu d’entre eux ont recours aux menaces et abus.

TD : Les bonnes histoires sont faites de tragédies autant que de triomphes. Mon premier souci dans l’écriture est toujours de construire une histoire à la fois pleine de suspense et logique (ainsi je ne tue jamais un personnage arbitrairement). Au final, la réaction que j’ai reçu après avoir écrit la mort d’Anakin était bonne. Les gens étaient tristes (moi aussi), et quelques uns étaient en colère, mais la plupart des lecteurs admettaient que la mort d’Anakin était le genre de chose qui a fait du NOJ une histoire puissante et entraînante.

KT : La fiction devrait nous faire ressentir des émotions fortes. Elle nous permet en tant que lecteur de « digérer » des évènements difficiles émotionnellement dans un environnement sûr, donc les morts en fiction ont une vraie fonction dans la psychologie humaine. Et franchement, l’idée que les héros ne peuvent jamais mourir ne correspond pas à une bonne narration en ce qui me concerne. Si le lecteur sait que rien ne peut jamais leur arriver, où est le drame, et le risque ?

RH : Une objection que j’ai attendu à propos de la mort de personnages populaire est que si les lecteurs veulent du réalisme, ils vont chercher un roman de Updike (écrivain américain). Comment répondez-vous à ça ?

AA : Pas mal de fans ont cette réaction, et beaucoup ne l’ont pas. Ce n’est pas universel. Ceux qui s’opposent aux morts ont tendance à se faire plus entendre.

TD : Vous ne seriez pas en train de chercher un peu de controverse, non ?

AA : Je me remémore très bien, enfant, avoir lu un roman à propos de Robin des Bois dans lequel il meurt. J’étais choqué. « Robin des Bois ne peut pas mourir. L’histoire ne peut pas se terminer. » Mais la vérité est que, mettre les personnage en danger et ne jamais les tuer, ou du moins jamais les plus important, enlève toute tension à la série. Oh mon dieu, Luke est encore en danger, ho-hum.
Et bien sûr, nous pourrions avoir de la tension en menaçant de rendre les personnages malheureux sans aller jusqu’à les tuer. Mais notez que j’ai dit « les mettre en danger ». Le danger physique, le danger de la mort imminente, a fait partie de la série Star Wars depuis Un Nouvel Espoir. Donc soit nous avons des personnages en danger, et du danger qui a un sens, ou nous n’avons pas de danger du tout, ce qui est un changement majeur dans la manière dont l’univers est décrit.

KT : Star Wars est une grande église, et il y a déjà abondance d’histoires pour rêver que les gars peuvent lire s’ils le veulent, mais il y a aussi beaucoup beaucoup de lecteurs qui veulent quelque chose qui fait écho aux problèmes qu’ils affrontent dans la vraie vie. Comme Aaron le dit, il y a un moment où l’histoire s’évente si les protagonistes n’affrontent pas de menaces ou de risques sérieux.

RH : Quels étaient vos sentiments à propos du concours en ligne pour déterminer le nom de Sith de Jacen ?

TD : Je pense que le concours était une bonne idée, une surprise fun. Bien sûr, nous verrons bien à quel point les fans aiment le vainqueur qu’ils ont choisi.

RH : Luke est passé du Côté Obscur par le passé. La mort de Mara va-t-elle le pousser dans cette direction de nouveau ?

TD : Vous devez savoir qu’on ne peut répondre à ça.

RH : Hey, vous ne pouvez pas nous reprocher d’essayer ! En parlant de ça, Han n’a pas très bien digérer la mort de Chewbacca non plus. Sachant que son fils est passé du Côté Obscur et est responsable du meurtre de la femme de son meilleur ami, c’est difficile d’imaginer même Leia le retenant après ça…

AA : C’est une perspective bizarre en fait. C’est le point de vue de quelqu’un pour qui Luke, un personnage canon originaire des films, est plus important que Jacen, un personnage de l’Univers Etendu. Mais cela n’a pas de sens du point de vue de Han. Luke est son meilleur ami. Jacen est son fils. Il les aime tous les deux et serait dévasté de perdre l’un ou l’autre. Au lieu de dégainer sans hésiter son blaster et se précipiter pour descendre son garçon, il se sentir horriblement partagé.

RH : Le passage du Côté Obscur de Jacen a-t-il été décidé seulement pour cette série, ou était ce un développement prévu depuis un moment ? Y a-t-il un « uber-plot » se prolongeant dans le futur ?

AA : Pour ce dont je me souviens, ce fut prévu pour cette série bien que ce fut déterminé suffisamment tôt pour que Troy puisse le laisser entrevoir dans la trilogie Dark Nest.

TD : Oui, l’origine de l’idée m’est venue alors que j’écrivais la trilogie, essayant d’imaginer ce que Jacen avait pu découvrir durant son voyage pour en apprendre plus sur la Force. Lorsque j’ai appris que les éditeurs chez Lucasfilm et Del Rey recherchaient des idées pour la prochaine série, je leur ai dis ce à quoi je pensais et c’est devenu la source de Legacy of the Force.

AA : Je ne suis pas au courant d’un quelconque « uber-plot » sinon. Nous nous sommes coordonés un petit peu avec Dark Nest et le comic Legacy pour maintenir la continuité, mais nous n’avons pas prévu de récupérer leurs trames dans notre série.

RH : La manière dont Han et Leia ont élevé leurs enfants a-t-elle contribuée au passage de Jacen du Côté Obscur ? Portent-ils une part de responsabilité ?

KT : Je me demande si aucun des Skywalker/Solo n’a jamais eu une bonne éducation ? Si Coruscant avait un bon système social, ils les auraient tous pris en charge, les risques auxquels ils ont été exposé enfants étaient traumatisants. Ben a trouvé sa propre voie, ce qui n’est pas facile pour lui. Les rejetons de célébrités peuvent devenir cinglés à tenter d’égaler des parents légendaires, comme nous le voyons dans la réalité.

AA : C’est le fossé des générations, plus les sabrelasers.

TD : Jacen a été capturé par les Yuuzhan Vong et a subi le lavage de cerveau de Vergere, donc il a subi pas mal de choses qui n’ont rien à voir avec ses parents. Finalement, cependant, la seule personne responsable de ce que Jacen est devenu est Jacen lui-même.

KT : Vrai. Je suis d’accord que les expériences des Vong avec Vergere l’ont rendu cinglé, et ont modifié sa perspective de sa propre fiabilité. Mais en fait, Jacen est juste un mec intelligent avec une opinion excessivement haute de lui-même. Comme la plupart des gens au pouvoir, spécialement les plus compétents, il se dirige dans la mauvaise direction un pas après l’autre. Et c’est si facile à faire, si facile à justifier. Il n’a pas commencé malade psychiatriquement parlant, mais le pouvoir corrompt et aveugle, et il n’y a aucun doute que le pouvoir peut changer – et pas qu'en bien - les gens. Mais tout cela n’est pas inéluctable : de nombreuses personnes qui subissent de terribles traumatismes ou des familles cauchemardesque ne finissent pas comme des tueurs en série, et parfois malgré les plus grands efforts, les parents les plus responsables du monde produisent des gosses effroyables. A la fin, la seule personne responsable de nos actions est nous-mêmes.

RH : Comment avez-vous décidé de l’ordre dans lequel seraient écrit les romans de la saga Legacy ?

AA : Nos éditeurs, Shelly Shapiro de Del Rey et Sue Rostoni de Lucas Licensing, ont décidé.

RH : De quelle manière sont impliquée Shelly et Sue ? Et en quoi les rôles de ces deux éditeurs sont différents ?

AA : Elles sont réellement impliquées, très informées de ce qui se passe dans la série. Et leurs rôles sont différents. Shelly est un petit peu plus focalisée sur la qualité d’écriture des romans, la coordination entre les auteurs, la logique interne des intrigues en dehors du contexte de l’Univers Etendu. Sue se concentre plus sur la continuité, les besoins de Lucasfilm, la prise en compte des attentes des fans et la fidélité des personnages. Mais si ces différentes responsabilités les mettent désaccord, hé bien, elles ne me l’ont jamais laissé voir.

KT : La fréquence de vos discussions avec les autres auteurs et la quantité de détails que vous planifiez (nous faisons quarante pages de synopsis pour chaque livre) n’ont pas d’importance, vous ne pouvez pas savoir la totalité de ce que les autres gars sont en train de faire. C’est pour ça que nous avons besoin de Shelly et Sue. Avoir deux personnes avec une vision générale un peu plus détachée, qui ne sont pas en train d’écrire et qui peuvent voir au-delà de l’arbre qui cache la forêt, est crucial.

TD : Elles sont l’huile dans les rouages et la colle qui fait tenir l’ensemble. Elle travaillent probablement très dur pour être sûres que toutes les différences d’interprétation mineurs-mais-inévitables de nos histoires initiales soient virées. Il serait difficile d’exagérer leur rôle dans la série.

RH : Avec quelle fréquence discutez-vous tous les trois ? Et communiquez vous principalement par le téléphone ? Par e-mail ?

KT : E-mail. Je suis en Grande-Bretagne, dans un fuseau horaire totalement différent, donc les appels téléphoniques ne sont pas pratiques, et j’aime que les choses soient retrouvables, qu’on puisse les contrôler en somme. Nous avons des pics de communication puis c’est le silence pendant des semaines. Les livres doivent être écrits après tout.

RH : Comment faites-vous en cas de désaccord ?

TD : Par chance, on partage un cerveau pour trois, donc on est tous d’accord. Mais sérieusement, ça n’a pas été un problème.

KT : Chacun est concentré sur ce qu’il y a de mieux pour la série, pas sur des intérêts individuels.

RH : En quoi votre compréhension du Côté Lumineux et du Côté Obscur de la Force a-t-elle changé au cours de l’écriture de ces livres ?

KT : C’est plus la nature des utilisateurs de la Force que celle de la Force. Cela m’apparaît comme de plus ne plus sectaire tous les jours. Comme le dit Boba, c’est une petite guerre religieuse issue d’un schisme à l’intérieur d’une minuscule élite non élue qui entraîne des milliards de personnes. Le lecteur voit évidemment Star Wars du point de vue des Jedi, mais je parierais que le citoyen galactique moyen n’en sait pas plus sur le Conseil Jedi que la plupart des gens du monde réel n’en savent à propos de la Banque Mondiale.

TD : J’ai toujours pensé que lorsque Yoda enseigne à Luke le Côté Obscur et le Côté Lumineux, il parlait de l’ombre et de la lumière à l’intérieur de nous, et non de la Force elle-même.

RH : Les Jedi de l’époque de Yoda croyaient que les attachements sentimentaux et familiaux entre Jedi ne pouvaient conduire qu’au désastre. Ce point de vue n’a-t-il pas été largement confirmé par l’histoire de Dark Vador, de ses enfants et petits enfants ?

AA : Je pense que les Jedi de l’époque de la République croyaient que l’attachement conduisant au désastre était volontaire, mais j’espère que nous allons montrer que tous les rencontres amoureuses ne constituent pas cette sorte d’attachement. Mon avis est que n’importe quel Jedi peut se marier et avoir des enfants sans provoquer une tragédie. Je pense qu’une partie du problème est que la famille Skywalker est aussi importante que, et presque aussi chanceuse que, la maison Atrée de la mythologie grecque. Ce qui revient à dire qu’ils sont très important… mais pas très chanceux.

KT : Non, j’ai tendance à penser que Yoda avait bon. Les Jedi ne devraient pas être autorisés à avoir une famille. Ces personnes sont des super-armes, et une fois qu’ils ont perdu la capacité à se détacher – quel que soit le déclin moral auquel ce détachement les a conduit à la fin de la République – alors leurs inimités familiales finissent par emporter la galaxie. La saga Legacy of the Force est techniquement une divergence familiale qui implique une ex ou deux qui provoque une guerre galactique. Voient-ils l’ironie ? Je ne sais pas. Mais comme toutes les personnes avec du pouvoir et un sens de l’héritage dynastique, ils perdent de vue le bien commun et – quoi qu’ils pensent faire – prennent des décisions basées sur ce qui est bien pour les personnes qu’ils aiment, plus pour la majorité. Ils ne sont qu’humains. Le danger est que leurs pouvoirs et leur influence ne le sont pas…

TD : N’oublions pas que beaucoup de bien vient de la lignée d’Anakin Skywalker : Luke, Leia, Anakin Solo, Jaina… Nous verrons bien pour Ben, mais même Jacen a mis fin à la guerre avec les Yuuzhan Vong.

RH : Chacun de vous est connu pour avoir créé ou développé un personnage spécifique : Aalston – Wedge Antilles ; Traviss – Boba Fett ; Denning – Alema Rar. Ce doit être une déchirure de ne pas pouvoir tous les impliquer dans la tapisserie multi-livres que représente Legacy ! Sont-ils vos personnages favoris à écrire ?

TD : J’aime écrire ces personnages. Si je peux entre dans leurs têtes et vraiment comprendre ce qu’ils veulent et ce qu’ils sont prêts à faire pour l’obtenir, alors je peux me connecter à eux à un niveau subconscient, et ils deviennent vivants dans ma tête. Lorsque ceci arrive, n’importe quel personnage que j’écris à ce moment devient mon favori.

AA : Wedge est mon personnage favori, c’est vrai. J’ai dis dans d’autres interviews qu’il m’intéresse car il est un tueur éthique. La partie tueur n’est pas si intéressante – de ce point de vue, il est un mec qui a toujours un moyen, un motif, et une opportunité. Non, c’est l’éthique qui est intéressante, son combat pour faire de chaque décision de tuer la bonne solution, un choix qui n’amènera pas ceux qu’il dirige ou inspire sur une pente glissante. Comme celle que Jacen suit par exemple.
Mais j’aime écrire beaucoup de personnages, et je trouve ça effroyablement facile de me glisser dans le schéma de pensée de Jacen lorsque je l’écris. Nous ne sommes pas si différents, lui et moi. Excepté qu’il est beau gosse, qu’il a des super pouvoirs et qu’il est encore plus méchant.

KT : J’adore mettre en scène Boba, étendre son hideuse famille dysfonctionnelle et son aliénation totale de sa propre culture – et je trouve ça étonnant que cet homme soit encore sain étant donné son éducation. Tout cela est un vrai terrain de jeu pour moi. Boba est incroyablement complexe, et cela signifie qu’il y a quantité d’histoires à raconter à son propos. Mais j’adore cette folle d’Alema et Lumiya aussi – ce fut fascinant d’écrire leur scène commune dans Sacrifice, surtout sur leur manière différente de gérer leurs défigurations. J’aime le défi d’entrer dans des personnages que je ne connais pas si bien. Je crois que celui dont j’ai vraiment savouré l’écriture était l’Amiral Niathal, bien que – je ne sais pas pourquoi, mais lorqu’un Amiral Mon Cal « faucon » (NdT : hawkish en anglais, en référence aux politiciens et conseillers pro-intervention armée) fut mentionné dans le synopsis de Aaron pour Betrayal, je fus captivée par l’idée et elle s’est juste déroulée sur la page.
Et aussi malsain que cela puisse paraître, j’adore écrire Jacen. Je me sens mieux de savoir que toutes ces années passées à travailler avec des politiciens ont finalement trouvé une utilité.

RH : Lumiya est d’abord apparue dans les comic books Star Wars, puis a fait un bond vers les romans. Qui a eu l’idée de la ramener dans les romans ? De quelle manière le vieux matériel des comic books s’intègre-t-il dans l’univers Star Wars officiel ? Mon impression est que au cours de cette première époque, il y avait beaucoup moins d’attention prêtée à la continuité chronologie et ce genre de choses.

AA : Avant que Lumiya soit choisie, nous avions défini un personnage, le mentor Sith de Jacen, auquel on faisait référence comme étant « le sorcier ». A un moment donné, quelqu’un a eu l’idée de faire de Lumiya le sorcier, et ça a plutôt bien collé.

KT : Je crois que c’était l’idée de Sue Rostoni, en fait.

AA : La présence de Lumiya ne signifie pas que tous les évènements des comics peuvent être considérés comme une partie de l’UE actuel. Tout ne collerait pas.

KT : La continuité est un challenge permanent dans une franchise vieille de trente ans, mais tant que les gens restent sensibles à ça, se rendent compte des contraintes et que ce ne sera jamais parfait, et en font une fiction et pas une religion, alors on peut tous s’amuser. Lorsque la continuité importera plus que les histoires et les thèmes, alors la saga sera finie.

RH : Je sais que vous ne pouvez pas révéler de spoilers, mais peut-être quelques indices sur ce qui nous attend dans les derniers romans de la série Legacy ?

AA : Des indices sans spoilers ? C’est audacieux. Pourquoi pas ça : « Il y aura des pages. Des tas et des tas de pages. La plupart d’entre elles seront couvertes de lettres, et la grande majorité de ces lettres proviendront de l’alphabet romain. »
Aah. Maintenant je me sens mieux.

TD : Vous verrez à coup sûr d’énormes batailles spatiales et les traditionnels duels au sabrelaser.

KT : Boba ne va pas se découvrir un cœur d’or… Je peux vous dire ça.

RH : En plus de Star Wars, chacun de vous a aussi son ou ses projets. Comment maintenez-vous l’équilibre ?

AA : En travaillant tout le temps !

KT : Sur toute l’année, je partage mon temps à 50/50 entre le travail en lien avec une franchise et mes propres romans.

TD : J’ai tendance à travailler comme un fou sur un projet, avant de ressortir prendre l’air et plonger sur le suivant. J’ai entendu parler d’écrivain travaillant sur deux, voire trois, romans à la fois. J’ai du mal à imaginer comment – lorsque je suis au milieu d’un projet, j’ai bien du mal à penser à autre chose. Les appels restent sans réponse, le courrier s’empile, mes cheveux poussent…

RH : Troy, les cheveux longs vous vont bien ! Merci à vous trois d’avoir pris du temps pour répondre à mes questions avec tellement de patience et d’humour – que la Force continue d’être avec vous !



Et on conclut avec la réaction du créateur de Mara Jade, Timothy Zahn, à propos des évènements de Sacrifice

Il y a quelques semaines, une fan de Star Wars et de Timothy Zhan qui écrit un blog a une la chance de se rendre à un « groupe de travail » (vite devenu une séance de discussion d’après elle) avec l’auteur de plusieurs romans Star Wars et John Vornholt, un autre écrivain de romans fantastiques. Au cours de l’après-midi, elle a eu l’opportunité d’aborder avec lui le cas « Mara Jade » comme elle l’avait fait préalablement avec Karen Traviss au cours de Celebration IV (à voir sur le même blog).

Il nous a semblé approprié de relayer les réactions de Timothy Zahn en comparaison de ce qui est expliqué dans l’interview ci-dessus.


« Non, ils (Del Rey) ne me l’ont pas dit. Je l’ai découvert trois mois avant la publication du livre, et uniquement parce que je l’ai demandé à un éditeur directement. Et personnellement, je trouve que ce n’est pas une manière de nous traiter comme ça, moi et mon personnage, et ils savent comment je l’ai pris. Ils auraient pu me le dire plus tôt et au moins me laisser une chance de parler pour la défense de Mara. Je pense qu’elle était un personnage bien trop utile pour la tuer, et je ne suis pas en faveur de la mort des personnages principaux de toute façon, spécialement dans Star Wars. Je ne pense pas que ce soit dans la nature de Star Wars. Je n’apprécie toujours pas la mort de Chewie. »

Interrogé sur la possibilité de travailler à nouveau avec Del Rey, il a répondu « Eh bien Del Rey sait à quel point je suis agacé par le sujet, et je n’ai pas entendu parlé d’eux depuis. Il est tout à fait possible qu’ils ne souhaitent pas collaborer avec moi. »

Et sur la possibilité d’écrire un roman sur la famille Skywalker, Zahn a répondu : « J’aimerais beaucoup. Comme je l’ai dis, ils ne m’ont rien demandé dernièrement, mais si je le pouvais ça serait un plaisir. »


De mon opinion personnelle, Zahn admet volontiers (ce jour là et à plusieurs reprises auparavant) ne pas souhaiter écrire en groupe, qu’il trouve son compte à l’écriture en solitaire. Or, s’il avait voulu, il est fort probable que son implication dans l’Univers Etendu Star Wars aurait pu être plus importante au fil des ans. Cela lui aurait permis par exemple de proposer des solutions alternatives à la mort de Mara, mais pour cela il aurait fallu travailler en groupe… Donc comment on dit, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre je crois malheureusement. A part ça, comme l’auteur de ce blog, Zahn, bien plus que George Lucas lui-même, est la personne qui m’a branché sur l’univers Star Wars à l’origine. Et il explique en aparté (voir les commentaires de la même page du blog) être conscient des limites du travail en franchise depuis longtemps. Il en éprouve juste quelques regrets. En somme, pas nécessairement de quoi lancer une polémique, mais j’y voyais une opportunité d’éclaircir des divergences artistiques qui peuvent intéresser les lecteurs intrigués par les coulisses du côté créatif.

C’est tout pour la parenthèse Star Wars. Le compte rendu du reste de l’après-midi est très intéressant, avec pas mal d’anecdotes sur l’écriture, le business en général, et les relations avec les grosses franchises (type Star Wars et Star Trek) en particulier.

Le blog en question est ICI.

Parution : 25/10/2007
Source : Inferno, Booster, etc ...
Validé par : Booster
Section : Littérature > Romans
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