StarWars-Universe.com utilise des cookies pour faciliter votre navigation sur le site, et à des fins de publicité, statistiques, et boutons sociaux. En poursuivant votre navigation sur SWU, vous acceptez l'utilisation des cookies ou technologies similaires. Pour plus d’informations, cliquez ici.  
1. Préambule
 
Preambule


Le cœur de la série…


Suite au succès commercial et critique du second film, la franchise Star Wars est bel et bien installée et se structure. Les auteurs de la série Marvel découvrent le contrôle éditorial hyper resserré façon Lucasfilm dont le corollaire est tout un tas de sujets de scénario interdits ou refusés lorsqu’ils sont soumis. Ainsi, à plusieurs reprises les auteurs produisent des histoires proches ou identiques à certains éléments du film à venir, certains passant même le contrôle éditorial. Comme les auteurs de Dark Horse aujourd’hui, Michelinie et ses collègues s’efforcent donc d’apporter du sang neuf. C’est à cette époque que sont créés certains des personnages les plus remarquables de la série.

Dans son ensemble, cette période est la meilleure des trois qui composent la série. C’est la plus homogène, celle où le niveau est le plus régulier et les story-arcs les plus intéressants, à court terme comme à long terme (avec par exemple des personnages qui deviennent des visiteurs récurrents).
2. La chronologie de lecture
 
Il paraît évident de commencer la lecture avec le #1 et de la finir avec le #107 puis d'intercaler les "annuals" qui sont des histoires à part. Mais avec Marvel Star Wars, les auteurs ont usé (et parfois abusé) du flash-back. Cela rend certaines histoires difficiles à suivre. Voici donc la chronologie de lecture de tous les épisodes. Par convention, la bataille de Yavin IV est l'an 0.

Chaque épisode est relié directement à sa fiche dans la section « critique » du site, les dites fiches étant classées dans la section « Infinities » par ordre de publication. Pour ceux qui souhaiteraient avoir une vision globale, ça se passe ici.

Attention, les descriptions ci-dessous sont susceptibles de contenir (beaucoup) de spoilers.



L'an +3


#39. Beginning - Episode V : L'Empire Contre-Attaque, partie 1.
#40. Battleground Hoth - Episode V : L'Empire Contre-Attaque, partie 2.
#41. Imperial pursuit - Episode V : L'Empire Contre-Attaque, partie 3.
#42. To be a Jedi - Episode V : L'Empire Contre-Attaque, partie 4.
#43. Betrayal at Bespin - Episode V : L'Empire Contre-Attaque, partie 5.
#44. Duel a Dark Lord - Episode V : L'Empire Contre-Attaque, partie 6.

#78. Hoth stuff - Luke et Leia partent à la recherche de Wedge qui a disparu après la bataille de Hoth.

#45. Death Probe - Pour se remettre de sa rencontre avec le seigneur Vador, Luke infiltre un Blockade Runner habité par un Probot qui tente de saboter la flotte Rebelle.

#46. The dreams of Cody Sunn-Childe - A la recherche de Han, Lando et Chewie sont envoyés dans une autre dimension, ou un guerrier a créé une utopie.

#47. Droïd world - C-3PO et R2-D2 sont pris dans une révolution sur une lune gouvernée par des robots.

#48. The third law - Leia et Dark Vador s'affrontent diplomatiquement sur le monde neutre d'Aargau. Tous les coups sont permis.



#49. The last Jedi - Luke et Leia aident le prince Denid de Velmor à regagner son trône. Ils sont pris dans les intrigues de palais menées par un vieil alien qui pourrait être un Jedi.

#86. The Alderaan Factor - Leia est trahie sur la planète Yinchorr et doit essayer de gagner un stormtrooper originaire d'Alderaan à sa cause pour s'en sortir.

#50. The crimson forever, Chewbacca story : rage in the Red Nebula, against the scarlet night - En essayant de sauver Luke atteint par un mal étrange, le groupe revit une aventure de Han et Chewie.

#51. Resurrection of evil - Nos héros essaient de saboter la construction du Tarkin, un vaisseau qui utilise le canon de l'Etoile Noire.

#52. To take the Tarkin - Un officier complote contre Dark Vador au moment ou il se bat contre le groupe de Rebelle.

#Annual 2. Shadeshine - Luke et Lando découvrent une histoire du passé de Han. A la recherche d'épices, Han est pris entre des prêtres étranges et un alien qui ne l'est pas moins.

#53. The last gift from Alderaan, a stranger among us - Leia se bat contre le Seigneur Impérial Aron sur Shiva IV.

#54. Starfire rising - Luke rejoint Leia qui s'est ralliée à Aron pour s'opposer au Général Sk'ar. Le Faucon est coincé entre un trou noir et un Star Destroyer et seul la Force et Luke peuvent les sortir de là.

#55. Plif - A la recherche d'une nouvelle base Rebelle, nos héros découvrent une caverne parfaite sur Arbra qui peut fournir aussi de l'énergie. Mais il faut tenir compte de la présence de Plif, des Hoojibs, et d’un monstre.

#56. Coffin in the cloud - Lando arrive sur la Cité des Nuages. Il n'y a personne. La cité est minée et Lobot considère tout le monde comme des intrus. Sur ce, une escouade impériale de démineurs arrive.



#57. Hello Bespin, goodbye - Lando est en chute libre vers le sol de Bespin. Luke arrive avec Shira Brie. Les Ughnaughts se révoltent. Treece, le seul impérial survivant, sème la pagaille. Et Lobot ?

#64. Serphidian eyes - Luke et deux amis officiers se déplacent sur un monde quasi médiéval pour détrôner son roi affilié à l'Empire.

#83. Sweetheart contract - Lando fait le beau. Il est pris entre la reine Drogheda et sa sœur Rebelle. Forcément, ça se passe mal.

#Annual 3. The apprentice - Luke, Leia, Lando, Chewie, R2-D2, C-3PO sont à nouveau face à Vador sur la planète Belderone où celui ci a trouvé un nouvel apprenti.

#58. Sundown - Pour sauver la flotte Rebelle, Leia la fait approcher au plus près du soleil de Arbra. Luke Lando et Chewie sont à la station de Bazarre.

#59. Bazarre - Sur la station, Luke et Lando viennent acheter des TIE. La livraison se fait sur Patch 4, une planète poubelle habitée par des vers géants. En plus, Orion Ferret, le vendeur, a un compte à régler avec Lando.

#60. Shira's story - C'est une mission pour découvrir les plans d'une armada impériale en construction. Mais Luke et Shira Brie s'attirent des ennuis sur le monde natal de Shira : Shalyvane.

#61. Screams in the void - Luke dirige la mission contre l'Armada. C'est apocalyptique. Dans le feu de l’action, il tire sur un Tie : ami ou ennemi ? La Force lui dit ennemi.

#62. Pariah - Luke a tiré sur Shira. Il est devenu un paria. Il retourne sur Shalyvane pour trouver des réponses.

#63. The mind spider - Luke et Chewie font un raid sur la banque de données impériale de la planète Krake. Ils cherchent des informations sur Shira.

#65. Golrath never forgets - Les Rebelles décollent pour détruire la station Golrath, un obscur avant poste qui pourrait trahir leur nouvelle base à l'Empire.



#66. The water bandits - Pris au piège sur la planète Beheboth, Luke essaie d'aider un ami contre des bandits qui contrôlent l'approvisionnement en eau.

#67. The Darker - Notre groupe de héros commence à chercher Han. Pendant ce temps, Chewie R2-D2, C-3PO et les Hoojibs débusquent un vieux monstre tapis dans les cavernes d'Arbra.

#68. The search begins - Leia et C-3PO voyagent vers le monde de Boba Fett : Mandalore, où ils rencontrent Fenn Shysa, un des trois derniers commandos mandaloriens.

#69. Death in the city of bone - Fenn Shysa essaye de secourir Leia de l'étrange Cité des Os sur Mandalore.

#70. The Stenax shuffle - Lando, Luke et Chewie sont sur Stenos à la recherche de Bossk. Luke se remémore une aventure sur cette planète.

#71. Return to Stenos - Luke et Lando cherchent Han. Sur Stenos, cela les mène au cœur du danger et finalement ils trouvent Han. Mais est ce bien lui ?

#72. Fool's bounty - Luke, Lando, Chewie, R2-D2 et deux alliés de Stenos, Rik Duel et Dani, s'allient pour détruire une base occupée par des chasseurs de primes.

#73. Lahsbane - Luke, Leia, Chewbacca, Dani et les droïdes sont envoyés sur Lahsbane pour récupérer l'enregistrement d'un pilote Rebelle mais les problèmes s'accumulent.

#74. The Iskalon effect - Nos héros se déplacent vers le monde aquatique d’Iskalon à la recherche d'un agent rebelle Tay Vanis et son droïde.

#75. Tidal - Lando, accompagné de Chewie et des droïdes, infiltre la planète Gamandar. Luke et Leia se battent pour leur vie contre l'océan déchaîné sur Iskalon.

#76. Artoo-Detoo to the rescue - R2-D2 sauve ses amis sur Gamandar pendant que Luke, Leia et Kiro sont pris dans la tornade sur Iskalon.

#77. Chanteuse of the stars - Luke et Leia mènent l'enquête sur Kabray une station spatiale. Ils sont obligés de prendre des mesures désespérées et inattendues devant les délégués de la station.

#79. The big con - Lando et Chewie sont à la recherche d'indices à propos de Han sur le monde d'Arcan IV.

#80. Ellie - Luke, Leia et C-3PO trouvent finalement Tay Vanis, ou du moins ce qu’il reste de lui. L'enregistrement Bothan parle d'une nouvelle superarme de l'Empire.
3. Les auteurs
 
David MichelinieDavid Michelinie
David Michelinie a débuté en écrivant des scripts pour des publicités. Lassé par ce travail, il envoie des épreuves de son travail à DC Comics. Le bureau de Joe Orlando réplique en expliquant qu'ils n'engagent pas de free lance en dehors de New York.
Deux semaines plus tard, David est à New York et frappe au bureau d'Orlando. On lui donne sa chance avec House of Mystery puis il monte en grade. Il travaille sur des séries pour DC et Marvel dont Iron Man, Spider Man, Star Wars et Indiana Jones. Il a également écrit sur Turok, la série avec des dinosaures qui deviendra un jeux vidéo. En près de vingt-cinq ans, il a participé à plus de 550 comics. Il est également le fondateur de la maison d'édition Future Comics avec Bob Layton et Dick Giordano.


Tom PalmerTom Palmer
Tom Palmer est connu pour sa régularité. Il a travaillé chez Marvel sur les séries The Avengers et Tomb of Dracula comme encreur, et bien sûr Star Wars. Al Williamson fait partie de ses influences, il l'a découvert jeune en lisant les DC Comics. On le retrouve sur Star Wars pendant deux ans environ :
"J'ai fait quelques numéros après la sortie du film, puis je suis revenu par la suite. Je pense qu'avec Walt Simonson, on a réalisé une des plus longues périodes sur la série. On s'est bien amusé en tous cas."

A propos de sa collaboration avec Walt :
"Il venait de réaliser l'adaptation d'Alien, et il avait un solide passé de S.F. J'adorais le concept de Star Wars. Mon fils, qui était très jeune, était vraiment fou de ce que je faisais. J'avais acheté et construit toutes les maquettes des vaisseaux. C'est impossible à dessiner. Il y a de quoi y passer des journées entières et devenir complètement gaga ! J'avais donc tracé toutes les lignes des maquettes à la plume, mon fils tenait les vaisseaux, et je prenais les photos. Je plaçais celles-ci dans mon projecteur, et je retraçais le tout sur papier. J'ai dû dessiner et encrer un épisode seul, et en dessiner un autre d'après une mise en pages détaillée de Walt. Il était débordé par d'autres projets. Sa femme était éditeur de la série. J'ai vraiment apprécié cette période, la série se vendait très bien."

Plus tard, Tom a encré pour Ron Frenz :
"A cette époque, nous avions un intéressement sur les ventes, qui atteignaient 250.000 exemplaires par mois. Les gens sont surpris, mais cette série marchait bien, tout du moins jusqu'au troisième film. Après celui-ci, les ventes ont chuté à chaque numéro. Nous n'avions plus le droit d'utiliser Dark Vador. J'ai quitté la série."

Et la créativité sur ces séries de S.F. ?
"Ils ne donnent jamais assez d'informations. Il n'y a rien de plus frustrant que de se rendre compte, a posteriori, en voyant le film, à quel point l'on s'est trompé. Ils ne se rendent pas compte du niveau d'informations dont on a besoin. C'était la même rengaine avec Star Wars. J'ai encré la couverture du premier numéro, dessinée par Howard Chaykin. John Verpoorten m'avait appelé en me demandant de l'encrer d'urgence pour le lendemain. Je me rappelle encore encrer Dark Vador, tout en pensant qu'il s'agissait d'un masque a gaz qui était placé sur son visage ! L'ignorance est le point le plus frustrant de ces adaptations. Il est de toute façon très difficile de transférer d'un médium à l'autre. Ils ont chacun leurs règles propres."


Walter SimonsonWalter Simonson
Walter Simonson est arrivé dans le comics dans les années 70. Il a travaillé pour Marvel, Dark Horse et d'autres. Dans les années 80, il a travaillé sur Battlestar Galactica, sur l'adaptation d'Alien pour le magazine Heavy Metal et sur son grand succès Thor. Parmi les artistes qui l'ont influencé, il y a Moebius et Mézière. Sur Star Wars, il a travaillé un an et demi entre l'Empire Contre-Attaque et le Retour du Jedi. Il s’occupait des crayonnés, Palmer était à la finition et l’encrage, et David Michelinie écrivait :
"Maintenant, travailler sur du matériel médiatique veut fréquemment dire plein d'essais pour ressembler à ce qui a été fait. De fait, c'est plus que de faire un simple comics. Ils étaient un peu inquiets sur la manière dont on pouvait raconter les histoires des personnages principaux dans l'attente du prochain film, mais souvent, c'était juste faire un comics de Star Wars. La bonne chose était que nous aimions les personnages et que l'on s'amusait ; David était un excellent écrivain, j'étais content de travailler avec lui. Tom Palmer était un encreur phénoménal. Son jeune fils, Tommy, qui a grandi maintenant, était un fondu de Star Wars. Tommy, qui avait cinq ou six ans à l'époque, critiquait le travail de son père, et si le Millenium Falcon n'était pas bon, Tom en entendait parler. C'était une des choses amusantes sur le fait de travailler sur Star Wars. On avait un expert particulier."


Ron FrenzRon Frenz
Ron Frenz est assez peu reconnu par les fans dans le monde du comics. Il est considéré par certains comme un artisan moyen, voire terne, tandis que d’autres le comparent aux plus grands maîtres. Il a travaillé sur Spider-Man, Superman, Les Quatre Fantastiques, Hobgoblin Lives et Star Wars à partir du #67, The Darker (Le Maléfique, Titans n°68). Il a collaboré quelques temps avec Tom Palmer :
"Pendant environ dix numéros. C'était son tout premier travail, il venait de l'animation."


Al WilliamsonAl Williamson
Al Williamson a commencé comme encreur en 1948 dans les comics strip des journaux du dimanche sur Tarzan. Il a travaillé dans plusieurs petites maisons d'éditions avant de trouver un job à plein temps chez DC Comics. Il s'est vite fait reconnaître pour son talent, et son style s'est amélioré. Sa technique de la ligne fine est devenu sa signature et est facilement reconnaissable. Il est ainsi devenu un des chefs de file du style réaliste, avec Neal Adams entre autres. Après la crise du comics de 1955 il a travaillé comme illustrateur, puis avec Jack Kirby et Joe Simon sur Prize. En 1964 il participe au magazine Creepy & Eerie qui marque un renouveau du comics. Mal payé, il s'en va et travaille ensuite sur le comics de Flash Gordon pour quelques numéros sans savoir qu'il nourrit l'inspiration du petit George Lucas. Il dessine ensuite l'agent secret X9 pendant vingt ans. A la demande du créateur de Star Wars, fan de ses comics depuis longtemps, il reprend la série chez Marvel en faisant l'adaptation de l'Empire Contre-Attaque puis celle du Retour du Jedi. Sa carrière s’est ensuite poursuivie et il a été maintes fois célébré pour son travail.
4. Paroles, paroles...
 
Archie GoodwinTraduction d'un texte de Archie Goodwin publié dans le #41 de la série Marvel

Construire un Empire dans le style Marvel
Un regard sur les coulisses de la production de l’adaptation comic de « L’Empire Contre-Attaque »
Par Archie Goodwin

ExtraitDurant ces deux dernières années et demi, cela a été un plaisir pour moi d’être l’écrivain et l’éditeur du comic book Star Wars. Comme tout ceux qui ont vu le premier film de George Lucas, je me demandais : « que se passe-t-il ensuite, que font tous ces personnages qui nous ont tellement intéressés ? » Contrairement aux autres, j’ai eu un comic-book mensuel dans lequel livrer mes propres spéculations et idées sur ces questions. Aidé et encouragé par bon nombre d’artistes talentueux (le plus régulièrement Carmine Infantino, Bob Wiacek et Gene Day), et bien conseillé par le Vice-Président des Publications de Lucasfilm, Carol Titelman, j’ai placé Luke et les droïdes en difficulté sur un monde recouvert d’océans, j’ai fait s’affronter Han et Chewbacca en duel dans une version moderne des arènes de gladiateurs, et j’ai quasiment fait dévorer le Faucon Millenium par des termites rongeuses de métal. Mais à travers cela et bien plus, au fond de mon cœur, je n’étais pas satisfait. Ce que je voulais savoir, uniquement George Lucas et quelques proches associés le connaissait. Ce que je voulais savoir, c’est ce qu’il arriverait dans le second film Star Wars.

A la fin de l’été dernier, ma chance s’est finalement présentée. Tout comme le premier film Star Wars fut un phénomène, son adaptation par Marvel (réalisée par l’écrivain et éditeur Roy Thomas et l’artiste Howard Chaykin) a été un blockbuster dans le marché des comics, un des numéros les plus imprimés historiquement. Par conséquent, et sans surprise réelle, au moment où le matériel de l’Empire Contre-Attaque est devenu disponible, Marvel a envoyé un représentant sur la côte ouest. Je fus le petit veinard.

ExtraitBeaucoup de choses m’attendaient. Pendant une semaine, je fus un résident permanent des bureaux de Lucasfilm Ltd. à Los Angeles, passant en revue livre après livre de références visuelles, les sélectionnant pour le projet parmi presque 10 000 photos… enchaînant les ooooh et les ahhh, et savourant chaque minute de ce séjour. Mes plus beaux oooohhh - et une bonne partie des ahhh également – datent du moment où l’on me montra les originaux des peintures de production de Ralph McQuarrie et les crayonnés de séquences storyboardées par Joe Johnston. Travaillant à mes côtés durant tout ce temps, il y avait la responsable des partenariats de Lucasfilm pour L’Empire, Diana Attias. Elle et Valérie Hoffman - qui avait déjà travaillé avec moi à la coordination du matériel Star Wars pour les comics - me tinrent informé de ce qui était disponible, firent des suggestions précieuses sur les éléments qui correspondaient le mieux avec les derniers changements du scénario, et me rappelèrent patiemment quelle autoroute prendre pour retourner à l’hôtel quotidiennement.

Après avoir commandé quelques 750 photos, je suis retourné à New York, tenu au secret et armé d’une copie du script par Leigh Brackett et Lawrence Kasdan. La partie marrante était finie et le vrai travail pouvait commencer.
En diverses occasions, à la fois Jim Shooter, éditeur en chef de Marvel, et Carol Titelman de Lucasfilm, avaient suggéré que Al Williamson serait un bon choix pour dessiner Empire. Al, né à Bogota en Colombie, est venu aux Etats-Unis enfant et a percé dans le monde des comics à l’adolescence. Ses histoires de science-fiction et de fantasy publiées dans les années 50 au sein des vieux comics EC « Weird Science » et « Weird Fantasy », l’ont rendu incroyablement populaire auprès des fans, et tout autant apprécié des professionnels. A la fin des années 60, Al a réalisé une série de comics sur Flash Gordon pour King Features qui ont définitivement assuré sa réputation de meilleur dessinateur pour ce genre de space fantasy depuis le créateur de Flash lui-même, Alex Raymond, également un des artistes préférés et des plus grandes influences de Al. La même série lui a par ailleurs valu un prix de la part de la National Cartoonist Society. Durant les treize dernières années, il a réalisé le comic strip « Secret Agent Corrigan » dans les journaux. Vu que j’écris ce strip avec Al, et que notre amitié remonte à de nombreuses années, j’ai déjà essayé à plusieurs reprises de l’embarquer dans un projet Star Wars. Al, cinéphile et tout aussi fanatique de Star Wars que nous, a toujours été intéressé, mais pour des raisons variées, le plus fréquemment des problèmes de planning, cela n’a jamais abouti. Cette fois, nous étions proches. Lui et moi allions stopper le comic strip et il était à la recherche d’un nouveau projet. Cependant, le volume de travail requis et la deadline de production le rendait nerveux. Al est un dessinateur méticuleux et perfectionniste. Il ne voulait pas se lancer à moins d’être sûr de pouvoir le faire, et de le faire au mieux.

ExtraitIci arrive Carlos Garzon. Carlos est aussi de Bogota. Lorsqu’il est venu aux Etats-Unis en 1971, à la recherche d’un travail de dessinateur, il a rencontré Al et les deux ont travaillé ensemble occasionnellement. Naturellement, Carlos est un artiste accompli avec beaucoup de profondeur et de variété. Il a travaillé sur des histoires d’horreur et de suspense pour les magazines de Warren et Skylad en noir et blanc, et sur quelques dessins animés comme Buggs Bunny, Sylvestre le Chat, et Daffy Duck. Plus récemment, il a été l’artiste de la nouvelle série sur Flash Gordon chez Gold Key. Plutôt que d’abandonner Empire, Al a donc approché Carlos et lui a proposé de nouveau un travail commun. Carlos, lui aussi un grand fan du film, accepta. Nous étions prêts.

Le screenplay basé sur l’histoire originale de George Lucas faisait 160 pages. Notre adaptation devait tourner en dessous de 96 pages afin de satisfaire un format standard de magazine, et 109 pour alimenter 6 comic-books réguliers. Immédiatement, un des problèmes de l’adaptation devient évident : la concentration. Il y en a d’autres, généralement liés au fait que l’on prenait du matériel destiné spécifiquement à un media pour le transposer dans un autre. Par exemple, la bataille de Hoth contre les TB-TT. Dans le script du film, elle dure considérablement plus longtemps que dans notre adaptation et implique plus d’action entre les snowspeeders et les TB-TT. Dans le film, je ne peux qu’imaginer à quel point ce sera impressionnant (je dis « imaginer » car évidemment, afin d’avoir le comic prêt pour la sortie du film, nous avons travaillé sans l’avoir vu) : des plans de vaisseaux se déplaçant à des vitesses incroyables, pirouettant et affrontant des machines gigantesques, le tout accompagné des sons de la bataille servie par une puissante stéréo. Dans les comics, on doit composer avec des images figées, silencieuses. Montrer, panel après panel, page après page, des TB-TT et des snowspeeders sans l’énergie du mouvement qu’ils auront dans le film, serait monotone et sans magie. Par conséquent, nous avons opté pour des images plus nombreuses, et aussi variées dramatiquement que possible, montrant les moments clés d’une séquence d’action plutôt que de tenter de la couvrir en détail, de manière exhaustive et complète.

ExtraitDans une adaptation, d’autres problèmes sont liés au manque de références spécifiques, ce qui, en tenant compte des centaines de photos mentionnées précédemment, semble incroyable. J’ai été impliqué dans l’adaptation en comic book de plusieurs films et je peux affirmer que sur L’Empire, nous avions plus de matériel à partir duquel travailler que sur n’importe quel autre expérience du genre que j’ai connue. Cependant, la plupart de notre matériel de référence couvrait les séquences d’action du film, ces extraits où les acteurs sont sur les lieux de tournages ou les plateaux. Et sur la plupart des films, ça aurait été parfait. Or, une grande partie de L’Empire implique des effets spéciaux. Et durant une bonne part de la période où nous avons travaillé, ces derniers étaient encore en finition. Ici, Diana Attias et le reste des gens de Lucasfilm ont assuré un incroyable service, nous sortant modèles en production, dernières évolutions des personnages, et adaptations de scripts les plus récentes aussitôt qu’elles étaient disponibles, le plus souvent pile au moment où nous approchions d’une séquence spécifique ou suffisamment tôt après pour que nous puissions faire les ajustements. Les plus chanceux - ou les plus fanatiques - pour avoir à la fois le comic à 50 cents et l’édition paperback de l’Empire pourront constater nos changements les plus récents. Notre concept originel de Yoda était basé sur une peinture de Ralph McQuarrie (et c’est tout ce qui était disponible à l’époque). Peu de temps après que Al et Carlos aient réalisé les pages impliquant le petit Maître Jedi, des photos de son look définitif sont finalement parvenues à Diana. Yoda ayant changé depuis les peintures de production, elle nous envoya la nouvelle version. Le paperback avec une date de sortie très proche était d’ores et déjà sous presse, mais Al et Carlos ont pu réaliser les ajustements pour la version spéciale et le comic à 50 cents. Et honnêtement les amis… On a pas sorti ça juste pour inciter les collectionneurs à acheter deux versions différentes.

Maintenant, bien sûr, alors que vous lisez ceci, L’Empire Contre-Attaque passe dans les salles de cinéma depuis plusieurs mois, et nous avons tous eu une chance de le voir. J’avais deux grandes peurs lorsque j’ai finalement assisté à une projection. La première était que la version finale ait drastiquement changé du script à partir duquel on a travaillé (le contenu d’un film est fréquemment modifié au moment du tournage ou parfois réarrangé au montage). La seconde était que sachant ce qui allait se passer, je n’apprécierai pas le film autant. Ces deux craintes se sont avérées sans fondement.

ExtraitOui, il y a eu des changements, mais rien de drastique. George Lucas avait exigé que nous ne montrions pas le monstre des glaces Wampa en détail et que - afin de sauvegarder la surprise - le ver géant n’apparaisse pas du tout. Donc, je m’attendais à ces deux choses là. Les choses que je regrette, c’est de ne pas avoir eu un extrait de l’énorme vaisseau de commandement rebelle de la fin du film, et de ne pas avoir pu inclure un peu plus de scènes comiques impliquant R2D2 sur Dagobah. Peut-être qu’avec deux numéros supplémentaires, nous aurions eu de la place pour tout… mais bien sûr, nous serions encore en train d’essayer de les terminer. Ah oui, peut-être que lorsque nous ferons La Revanche du Jedi…

Concernant ma seconde peur, il s’avère qu’il y a un réel intérêt à découvrir des choses que j’avais uniquement lues ou vues en matériel photo prendre vie, se mouvoir, et gagner leur propre réalité. Et peu importe le nombre de fois où vous lisez un script, vous ne pouvez pas réellement deviner ce qu’il en adviendra à l’écran. L’Empire, particulièrement avec ses scènes d’action pied au plancher, gagne une toute nouvelle dimension. Et aucune de nos nombreuses références n’incluait la composition musicale de John Williams, apportant encore une autre dimension.

Tout compte fait, ce fut une grande expérience. Dès l’instant où nous avons posé nos yeux pour la première fois sur le matériel photo jusqu’au moment où nous avons vu le film par nous-mêmes. Naturellement, comme pour n’importe quel projet de cette taille, il y a des périodes où l’on ne semble pas en voir le bout, du moins pas dans les temps. Mais c’est lorsque les gens semblent faire cet effort supplémentaire que tout fonctionne, et même plutôt bien. Rick Veitch, qui a réalisé le lettrage de cinq des six chapitres de notre adaptation, s’est aussi impliqué et a donné un coup de main à Al et Carlos avec les dessins lorsque nécessaire, particulièrement avec les séquences des véhicules d’assaut impériaux (ou Transport Blindé Tout-Terrain pour vous, les fous de nomenclature). Bob Larkin a brûlé des quantités considérables d’huile pour nous offrir ces incroyables peintures de couverture en un temps record afin d’être sur le paperback, l’édition spéciale, et les autres trésors (complétistes, veuillez noter que toutes les couvertures des comics à 50 cents sont de Al et Carlos). Glynis Wein, probablement la coloriste la plus demandée du monde des comics, a mis de côté un nombre important d’autre projets pressants pour apporter sa touche talentueuse sur toute l’affaire. Et un nombre important de personnes dont le nom n’apparaît pas sur notre couverture ont dépensé beaucoup d’énergie afin de rendre ceci possible ; des personnes comme Marie Severin, Danny Crespi, Milt Schiffman, Carl Gafford, Michael Higgins, Eliot Brown, Rob Carosella, Marian Stensgard, George Roussos, Andy Yanchus, Irene Vartanoff, Sol Brodsky, Nora Maclin et tant d’autres.

Comme je l’ai dis, une excellente expérience. Et la seule chose qui peut la rendre meilleure est de savoir que vous l’avez appréciée vous aussi. Faites le nous savoir. Nous resterons à votre écoute.

- FIN -


Traduction d'un texte publié dans le cadre d’un dossier du site officiel
A propos de Walter Simonson :


Simonson est une pointure du monde des comics. Il a travaillé sur pléthore de titres dont certains hits comme Thor, Fantastic Four ou X-Factor pour Marvel. Il a également travaillé sur des produits licenciés comme Robocop vs. Terminator pour Dark Horse. Simonson travaillait dans les comics depuis 9 ans déjà lorsqu’on lui demanda de prendre les reines de la série en succédant à Carmine Infantino. « Je me vis offrir la possibilité de dessiner la série par l’éditeur et j’aimais les personnages » explique Simonson, « Je me suis dis que ça serait fun à faire, donc j’ai accepté ».

ExtraitSimonson a co-écrit la plupart des numéros sur lesquels il a travaillé avec le scénariste David Michelinie. « Nous avons rencontré quelques problèmes inattendus » explique Simonson. « Lorsque j’ai travaillé sur le comic-book, c’était juste après la sortie du second film, donc notre continuité devait correspondre à l’état des lieux de la fin de l’Empire Contre-Attaque. Cela avait des implications. Par exemple, on ne pouvait pas utiliser Han Solo. Mais cela nous donna de la marge, ce qui ne serait probablement pas possible de nos jours ».

La série Marvel était sans nul doute une entreprise osée en terme de continuité. Contrairement aux séries actuelles, cette série avait la liberté de construire ses histoires directement à partir des exploits des personnages dans les films alors que ceux-ci étaient encore création. Cependant, cela provoquait quelques difficultés.

« Nous avons immédiatement foncé dans une histoire infaisable » explique Simonson. « La première idée de David (Michelinie) était extrêmement logique. C’était à propos de l’Empire construisant une nouvelle Etoile Noire et on nous expliqua que l’on ne pouvait pas. On ne nous dit pas pourquoi, mais il fut instantanément évident que cela allait être un l’évènement majeur du troisième film ».

Extrait« De plus – et c’est absolument vrai – nous avions une idée pour une sorte d’histoire impliquant des petites créatures. Cependant, on nous a dit que ce n’était pas possible, encore une fois sans explication. Je dois le dire, cela nous a intrigué. On se baladait en se demandant ‘Alors, le troisième film est à propos de petits oursons contre une Etoile Noire ?’ C’était assez marrant. »

Finalement, après la sortie du Retour du Jedi, Marvel publia un numéro avec des éléments similaires à ceux décrits par Simonson (#73, Lashbane) bien que cet épisode fut écrit et dessiné respectivement par Mary Jo Duffy et Ron Frenz.

Simonson explique aussi un problème thématique rencontré après Empire. « D’autres restrictions firent leur apparitions alors que David et moi avancions. Mais elles étaient plus à propos des personnages que des histoires. On nous expliquait que l’on ne pouvait pas avoir d’histoire romantique entre Luke et Leia sans nous dire pourquoi. Nous découvrîmes aussi que l’on ne pouvait se faire rencontrer Luke et Vador. C’était assez frustrant. Nous faisions un comic ou le héros principal ne pouvait pas rencontrer le vilain. Où le second héros (Han) n’était pas accessible. Et où l’héroïne ne pouvait pas sortir avec le héros disponible. »

Malgré les restrictions, Simonson dit que l’expérience fut positive. « J’ai vraiment aimé travailler avec les personnages et les situations à l’époque, et je pense que David et moi avons fait un travail remarquable avec le matériel. Je suis très heureux que certaines histoires soit bien encrées dans les souvenirs des fans. »


Traduction d'un texte publié dans le cadre d’un dossier du site officiel
A propos de Bob Layton :


Bob Layton est un vieux routier de l’industrie des comics. En plus de travailler sur de nombreux titres, parmi lesquels Iron Man avec son ami et partenaire scénariste sur Star Wars David Michelinie, Layton est le fondateur de deux maisons d’édition de comics, Valiant Comics et Future Comics.

ExtraitBien que Layton n’ait travaillé que sur un numéro, ce n’est pas n’importe lequel. Layton a co-écrit et illustré le numéro #78 « Hoth Stuff ! », la première fois que l’Univers Étendu a placé sous les projecteurs l’un des personnages secondaires préféré de la trilogie classique, Wedge Antilles.

Layton explique que plusieurs facteurs ont contribué à sa décision de créer une histoire autour de Wedge. « M. Lucas sentait que Wedge était suffisamment important pour l’inclure dans chaque film. Donc, je me suis dis 'pourquoi pas ?' J’avais la sensation que Wedge représentait le monsieur tout le monde de l’univers Star Wars. De plus, nous n’avions pas à nous inquiéter de la continuité ou de marcher sur les pieds de qui que ce soit chez Lucasfilm avec une histoire sur Wedge. Cela tombait sous le sens à l’époque. »

Dans « Hoth Stuff ! », Wedge est coincé sur la planète glacée avec son canonnier Janson après les évènements de l’Empire contre-Attaque, et les soldats doivent survivre aux éléments, à la faune locale, et aux pilleurs sans scrupules jusqu’à ce que l’aide arrive.

« Wedge a l’air d’être le survivant d’évènements affreux, le gars qui était là pour voir la ‘grande bataille’ mais sans réellement de conséquences sur les acteurs majeurs de l’action » explique Layton. « Puisqu’il était toujours au cœur de l’action, cela nous semblait normal de nous centrer sur lui dans notre histoire. »

Layton explique que lui et Michelinie ont proposé quelques idées pour de nouveaux comics Star Wars, mais rien n’est jamais revenu. « C’était d’excellents tremplins qui exposaient certains aspects des Jedi qui n’ont pas été explorés jusqu’à présent. »
<< Page précédente
Page suivante >>
Publicité