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1. Avant de commencer...
 

Bon, déjà l'étape 3 et on n'a pas encore commencé à colorier ? Allons-y. Mais avant...

Ce que j'appelle colorisation simple, ou de base, c'est simplement remplir les blancs, ou plutôt les vides entre les traits, avec les couleurs dont nous avons besoin. Là, les choix artistiques vont devoir commencer. Quel devra être le look final de votre BD ? Le style “ligne claire” à la Hergé, sans présence d'ombrages ou de modelés ? Un style plus “tableau” à la Bilal ? De grands aplats de couleur ou des touches détaillées façon Van Gogh ? A vous de voir. La partie “Colorisation avancée” vous donnera quelques trucs. Mais dans un premier temps, voyons comment débuter la colorisation.

Pour la suite de l'exposé, nous allons utiliser non pas une BD Star Wars mais une page de Comics tirée de Avengers n°171 (une série que j'affectionne particulièrement). Cela vous permettra de voir que ma méthode s'applique à toutes sortes de styles. Qui plus est, la colorisation des comics dans les années 80 se faisait essentiellement par des aplats, ce qui dans un premier temps nous arrange bien pour démarrer.

2. Coloriser les personnages
 
Il peut être d'un grand intérêt, avant de commencer à colorier, de préparer ses couleurs dans la palette de teintes de Photoshop, quitte à les modifier au besoin. Tout comme le peintre doit avoir ses couleurs sous la main avant de commencer, il nous faut faire de même. Définissez d'abord toutes vos couleurs avant de vous lancer. Il est possible d'éditer la palette de teintes de Photoshop. Faites-le à votre convenance pour avoir sous la main les teintes dont vous aurez besoin le plus souvent. Ci-dessous, un exemple de palette de couleurs préparée pour la colorisation de mon adaptation de Star Wars Episode IV.
Attaquons la couleur des personnages.

Ouvrez votre page dans Photoshop. Rappelons qu'à ce stade, vous devez avoir une page composée de trois calques : les traits au-dessus de tous les autres, dessous, les marges, et enfin le fond (vert dans notre exemple).
Dans la palette “Calques”, créez un nouveau calque sous celui des marges et appelez-le “Persos”. C'est sur ce calque qu'on va peindre les couleurs des personnages. Bien entendu, il est toujours possible d'en créer plusieurs, un pour chaque personnage par exemple, selon le plan sur lequel il se trouve, etc. mais restons simple : un seul calque pour tous les personnages suffira amplement pour notre page de comics.

Note pour les experts : à ce stade, on peut aussi, si on le désire, créer une série de calques qu'on réservera aux personnages. Par exemple, tous les personnages pourraient être coloriés dans une même couleur spécifique pour être séparés du décor, et ces calques pourraient être utilisés pour définir des zones de travail où l'on aurait pas à se soucier de dépasser hors des traits réservés à la colorisation des personnages. Mais c'est un peu compliqué, donc on va en rester à une technique simple rapellant celle qu'on utilise “à la main”.
Revenons donc à notre page...
Choisissez l'outil “Crayon” (et pas “pinceau”, pour ne pas avoir des bords dégradés) d'une taille de 9 pixels, par exemple, ce qui est assez gros pour ne pas faire fastidieux et assez petit pour aller dans le détail. Si les zones à coloriser sont larges, un pinceau plus gros (13 pixels) peut convenir, mais attention, il ne permet pas d'être aussi précis. Sa dureté doit être de 100% et son pas minimum (voir image).
Avec ce crayon, dessinez les contour de la zone à colorier, en suivant les traits et en veillant à ne pas dépasser, comme quand vous étiez enfant et que vous coloriiez avec vos crayons de couleurs. C'est la même chose ! Pourquoi faire les contours seulement et pas colorier tout comme avec un vrai crayon ? D'abord parce que ça prend plus de temps, ensuite ce n'est pas aussi précis que l'on peut le penser ; vous pouvez toujours le faire, si vous voulez, c'est d'ailleurs ce qu'il faut faire pour de petites surfaces, mais la méthode par remplissage est plus efficace.

Et si vous débordez en traçant les contours ? Ça peut ne pas se voir au premier abord, mais apparaître lorsqu'on colorisera les décors. Dans ce cas, il suffit simplement de reprendre le calque “persos” et d'utiliser l'outil “gomme” en mode “crayon” pour qu'il n'y ait pas de bords dégradés, et de gommer ce qui déborde. Certaines tablettes graphiques ont d'ailleurs un stylet dont l'un des bouts est fait pour gommer, comme notre bon vieux crayon de bois avec sa gomme au bout.

Dessinez donc les contours, et une fois ce contour fermé, utilisez l'outil “pot de peinture” pour le remplir, en ayant coché la case “pixels contigus”.
Si toutefois c'est la totalité du dessin qui se remplit, pas de panique ! C'est que votre contour n'est pas correctement fermé et laisse passer la couleur autour de lui. Annulez l'action “pot de peinture” dans la palette “Historique” et, en rendant invisible les calques “traits” et “marges”, vous verrez tout de suite où votre zone n'est pas fermée. Fermez-là donc d'un coup de crayon et remplissez l'ensemble. Pour les petits détails (yeux et dentition, dans notre exemple) on peut bien entendu peindre sans passer par le remplissage. Joli, n'est-ce pas ?
Et on continue en utilisant la même méthode pour tous les personnages, pour toutes les couleurs. Je reconnais, ça peut être assez long et pas très marrant, il faut beaucoup de concentration pour ne pas déborder au bord des traits, mais il faut ce qu'il faut pour obtenir un bon résultat. Là, on constatera à quel point la tablette graphique est utile.
Il peut y avoir une autre méthode pour colorier mais elle requiert des zones de traits complètement fermées : il suffit d'aller sur le calque “traits”, de sélectionner ces zones fermées, de revenir sur le calque Persos et de remplir ces zones. Mais malheureusement, souvent, le dessin n'est pas composé de telles zones, comme par exemple, sur notre page d'Avengers, la jambe gauche de Miss Marvel. Donc, à moins d'être vraiment sûr de son coup, restons-en à la méthode des contours qu'on remplit.
Après quelques temps, en suivant toujours la même technique, nous avons rempli, pardon, colorisé, l'ensemble de nos personnages. Simple non ?
Mais nos décors, eux, sont toujours en vert. Il va falloir s'y atteler dans l'étape suivante.
3. Coloriser les décors
 
Note : j'en reste au côté technique pour ces opérations. Je ne parle pas des choix artistiques qui sont des plus importants. Mais comme chaque artiste a sa propre sensibilité, ses propres préférences, chacun devra choisir ses jeux de couleur, tant pour les personnages que pour les décors. Pour le comics dont nous nous occupons, en général les décors sont colorisés dans des tons plus ternes, pour que les personnages criards ressortent sans problème. Mais on peut choisir d'autres options.

Colorisons maintenant les décors de notre page.
Pour démarrer cette opération, rendez invisible le calque “Persos”, nous n'en avons plus besoin pour le moment. Nous nous retrouvons avec le dessin de départ, les traits sur fond vert avec les marges.
Créez un claque nommé “décors” sous le calque “Persos” et sélectionnez-le. Au besoin, si vous avez peur de faire une erreur, verrouillez les autres calques à l'aide de l'icône “cadenas”.
A l'aide du même crayon que celui utilisé pour les personnages, et après avoir choisi la couleur, coloriez les décors, tout simplement, en traçant les contours de ceux-ci puis en remplissant. N'ayez pas peur de déborder sur les personnages, ça sera recouvert par le calque de ceux-ci. Pour être sûr de votre choix de couleur, faites des essais en “rallumant” le calque “Persos”, afin de voir ce que ça donne, grosso modo. Si ça ne vous semble pas convainquant, il est toujours temps de changer les couleurs des décors, de les modifier à l'aide des outils d'édition ou même d'en créer plusieurs sur différents calques.
Certaines cases comportant de nombreux personnages peuvent ne comporter aucun décor, c'est le cas dans notre page de comics. Ces cases sont simplement emplies d'un grand rectangle d'une couleur soigneusement choisie.
Dernière opération, créer un effet simple. Le “filé” de mouvement derrière Miss Marvel n'est ni un personnage ni un décor. Nous créons donc un nouveau calque que nous nommons “effets” juste sous le calque “Persos”, mais au-dessus des décors. Pour coloriser l'effet de filé, nous allons utiliser une sélection. Avec l'outil “Sélection polygonale”, définissez le contour de votre filé sur le calque “Effets” (voir image). Une fois ceci fait, utilisez la fonction “remplir” que nous connaissons maintenant bien, ou le “pot de peinture” pour colorier cette sélection.
Colorisons encore quelques petits détails, comme les traits de mouvement de la tête du Fauve, un aplat blanc suffit, et ajoutons du jaune dans le cadre de la première case, celui où on renvoie à un ancien numéro. On peut également donner un poil de variété aux couleurs du décor (image ci-dessous).

Et devant nos yeux ébahis, notre page est terminée, colorisée, tout aussi belle que si elle sortait des studios Marvel. Presque plus belle, d'ailleurs (comparez les deux, si vous ne le croyez pas.)
Simple, non ? Il nous suffit à présent de la sauvegarder et de l'exporter. Pour cela, nous utiliserons la fonction “Enregistrer pour le Web et les périphériques” de la barre de menu Fichiers, qui nous permettra de définir de nombreuses options du dessin final, comme sa taille par exemple, et d'optimiser facilement l'image pour une utilisation sur Internet. Il est évident que si l'on veut imprimer sa page (ou l'inclure dans un pdf), on imprimera une version en haute résolution, et pas celle exportée pour le web qui ne donnera rien de bon sur papier. On a fini ? Pour ce genre de travail, oui. Mais d'autres possibilités de colorisation plus poussée s'offrent à nous. Nous allons en voir quelques-unes dans la suite de ce tutoriel.

Mais globalement, notre page de BD peut rester ainsi, elle n'a rien à envier à celles qui ont été publiées.
4. Toute la page ou case par case ?
 
Une bonne question : doit-on coloriser case par case, ou toute la page en appliquant la même couleur partout où elle doit s'appliquer ? J'explique : case par case, c'est colorier tous les personnages d'une case et passer à la suivante. Par page, c'est par exemple poser toute la couleur chair là où elle doit aller dans toutes les cases, puis passer à la couleur suivante.

Là, chacun fait comme il le sent. Personnellement, je préfère colorier à la page, en coloriant d'abord telle couleur puis telle autre. Ça a un côté très lassant, s'il y a une douzaine de cases et beaucoup de personnages, mais il faut en passer par là.

La colorisation peut être longue et ennuyeuse, reconnaissons-le. Colorier à la case donne plus de variété dans le travail, mais suppose que toutes nos couleurs soient prêtes à l'avance, et demande globalement plus de manipulations que de colorier par page. En effet, il faut changer plus souvent de couleur, pour chaque personnage de chaque case, ce qui, au bout d'un moment, devient lourd.
Quand on fait plusieurs pages, on éprouve vite le besoin d'optimiser le travail.

Je travaille donc à la page, par couleur. Ensuite, une fois que la colorisation de base est effectuée, je fais tous les modelés de la même manière, par couleur et à la page et non pas case par case. Mais ne vous sentez pas obligé de faire comme moi !

Ce qui nous amène directement à la partie suivante de ce tutoriel : la colorisation avancée des personnages.
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