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1. Objectif de cette préparation
 

Pourquoi “préparer les pages” ? Parce que pour colorier un dessin en noir et blanc, il existe plusieurs possibilités, certaines meilleures que d'autres.

— La première, la plus simple, est de colorier en remplissant les zones blanches d'un dessin à l’aide d'un pinceau, comme on le ferait sur un papier avec des crayons. Mais nous ne sommes pas sur une feuille de papier, et notre pinceau va effacer les traits de contour ! Le dessin final sera désastreux. Donc nous pouvons bannir pour ce travail de colorisation les logiciels simples du style Paint, qui ne gèrent pas les calques et ne sont absolument pas adaptés. Au pire, certains logiciels n'utilisant pas les calques permettent de gérer ce que la couleur doit recouvrir, et proposent une option “si plus clair”, qui fera que la couleur ne recouvrira que les zones plus claires que la couleur elle-même. Le noir étant la couleur la plus foncée, il ne sera pas affecté.

— La deuxième solution est d'utiliser l’outil “Pot de peinture” présent dans la plupart des logiciels de retouche/dessin, directement dans les blancs entre les traits. C'est la méthode employée dans les petits logiciels de coloriage pour enfants. Mais cette méthode a des défauts : si elle fonctionne parfaitement avec un dessin scanné en mode trait, ça sera une autre paire de manches pour un dessin en jpg ou un crayonné. On ne pourra plus remplir simplement des zones bien définies, puisqu'elles ne le seront pas par définition, à cause de l'effet de fondu autour des traits. De plus, avec cette méthode, pas le droit à l’erreur et peu de possibilités d'effets sur les couleurs. Il faut donc trouver une autre méthode pour une BD digne de ce nom.

— Troisièmement, on peut utiliser les calques de Photoshop (ou d'un autre logiciel les proposant) en empilant des calques par-dessus le dessin en noir et blanc ou le crayonné, des calques en mode “Produit”. Le noir étant le produit absolu, il ne sera pas affecté par la mise en couleur qu'on fera par dessus, et seules les zones blanches seront remplies de la couleur correspondante. Mais il y a un problème : en mode produit, d’un calque à l’autre les couleurs se fondent, s'assombrissent, mais ne se recouvrent pas. Il ne sera pas possible de créer certains effets de modelés par exemple. J'utilisais cette méthode avant de travailler avec Photoshop, et c'est un véritable casse-tête pour travailler les modelés des personnages.

— Quatrième solution : il faudrait obtenir un calque qui viendra au-dessus de tous les autres et qui ne comportera que les traits en noir et rien d'autre, sur un fond transparent, un peu comme si on avait dessiné sur un film transparent et qu'on en recouvre une feuille sur laquelle sera posée la couleur. Un tel calque est l'idéal pour la BD. Les BD d'autrefois étaient colorisées selon cette technique : les planches en noir étaient photocopiées sur un film transparent qui venaient se placer par-dessus la page coloriée, ce qui explique que les planches originales de BD que l'on trouve dans le commerce sont toujours en noir et blanc. Et l'imprimerie travaille toujours selon cette méthode : le noir recouvre les couleurs.
Qui plus est, le fait d'avoir les traits seuls sur un calque séparé va nous être fort utile : nous allons pouvoir facilement les retoucher, les gommer, en ajouter de nouveaux, sans difficulté. Nous pourrons également leur faire subir certains effets, mais nous verrons cela plus loin dans le dossier.

C'est cette quatrième solution que nous allons adopter. Sur ordinateur, si l'opération pour obtenir ce résultat est assez facile à réaliser avec un dessin en mode trait, c'est nettement plus compliqué avec un dessin dans un autre mode. Mais pas de panique, procédons par ordre.

Deux cas de figure se pose à nous, à présent : le premier est la préparation d'une planche en bmp et en noir et blanc, le deuxième est la préparation d'une planche en jpg.

2. Cas 1 : planche en mode traits
 

Cas 1 : la planche est en bmp 1 bit, ou mode trait, noir et blanc pur. Elle est nickel, ne comporte aucun artefact. Pour obtenir le calque ne contenant que les traits, suivez la procédure suivante :

1) Ouvrez la page dans Photoshop. Vous vous apercevrez tout de suite dans la palette “Calques” que le seul calque présent est verrouillé (picto cadenas) et que l'application indique dans la fenêtre de titre “bitmap”, ce qui correspond à un dessin au trait. On ne peut pas en rester là.


 2) Allez dans le menu Images/Mode/ et cliquez sur “Niveau de gris”. On vous proposera un petit paramètre et vous validerez le rapport 1 pour que la page ne soit pas affectée dans sa taille par la conversion. Votre page est maintenant en mode “gris/8” comme l'indiquera votre barre de titre. Mais votre calque est toujours verrouillé.

3) Dans la palette “Calques”, cliquez, avec le bouton droit de la souris sur le calque “arrière-plan” et validez “Calque d'après arrière-plan”. Une boite vous proposera de nommer ce nouveau calque, appelez-le “traits” et cliquez sur OK. Et là, votre calque n'est plus verrouillé ! Vous allez pouvoir passer à la suite
4) Choisissez dans la palette d'outils l'outil “Baguette magique” en vous assurant que l'option “pixels contigus” ne soit pas cochée, et cliquez sur une zone blanche de votre page. Comme votre page ne comporte que deux couleurs, tout ce qui est blanc se trouvera sélectionné automatiquement, sans erreur !
5) Pressez la touche “Suppr.” de votre clavier et le blanc disparaîtra, laissant place à un fond transparent reconnaissable à son damier gris et blanc.

6) Cliquez dans la barre de menu sur Sélection/Dé-sélectionner et voilà votre calque de traits prêt à être exploité ! Veillez bien, si vous n'avez pas de modifications à y effectuer, à le verrouiller avec le petit cadenas de la palette "calques", puis sauvegardez votre page au format psd en lui donnant un titre clair, par exemple "page_01".

3. Cas 2 : planche en mode couleurs
 

Là, un travail nettement plus compliqué nous attend.

1) Ouvrez la page dans Photoshop et la première chose à faire est de sauvegarder le dessin en format psd. Comme on peut le constater sur l'image, le dessin est sale, on y voit encore les traits de crayons, même gommés, le fond est grisâtre, on y distingue même le grain du papier à dessin ! Inutilisable. Contrairement au dessin au trait, il faut donc réduire la profondeur de couleurs.
2) Cliquez sur le menu Images/Mode/Niveaux de gris, ce qui va réduire la profondeur de couleur. En effet, un dessin en jpg est toujours en 24 bits, en couleurs, et les artéfacts de compression ont la fâcheuse tendance de créer des pixels de couleurs dans les zones de fort contraste. Je le convertis donc en dessin noir et blanc. Photoshop demandera peut-être, selon la version, une confirmation pour supprimer les informations de couleur, alors cliquez sur “oui”. On ne devrait pas voir de différence visible à l’écran si la numérisation est bien faite, mais cette opération de conversion va permettre d’utiliser un outil de Photoshop fort précieux.
3) Même si le dessin est en niveaux de gris, des traces de crayon, des bavures en demi-tons, des zones grises “poluent” toujours le dessin. Cela prendrait pas mal de temps à les effacer toutes avec la gomme, et cela nuirait aux traits. Heureusement pour nous, Photoshop possède un outil qui va nous permettre de régler ça. Une fois la page en niveau de gris, un outil spécialement prévu pour ce mode, l'outils “Courbes”, est accessible dans le menu : Images/Réglages/Courbes.
Dans CS3, l’outil n’apparaît pas systématiquement, il faut demander l’affichage de toutes les commandes, mais il est bien là. En deux mots, cet outil va nous permettre de jouer sur les demi-tons de l’image : les gris en-dessous d'une certaine valeur deviendront blancs, et ceux au-dessus deviendront noirs. Les traces en demi-teinte disparaîtront presque entièrement, au profit d’un trait précis et clair, bien contrasté. Les salissures et les éventuels artéfacts de compression vont pour la plupart disparaître. En dessous, on peut voir l'effet de l'outil “Courbes” : à gauche sans, à droite avec :
Pour obtenir ce résultat, il faut créer deux points dans la courbe comme indiqué sur l'image suivante et les rapprocher du centre pour obtenir une courbe similaire à celle que l'on peut voir là. Une fois la courbe définie, cliquez sur OK. Une fois le réglage Courbes appliqué, le dessin devient plus net. Si vous avez coché la case “aperçu”, vous verrez l'effet en direct sur le dessin, il vous sera donc possible de jauger jusque où vous pouvez pousser le réglage sans nuire au dessin lui-même.
4) Mais on ne peut pas en rester là. Certes, nous avons amélioré le dessin, mais il nous faut toujours obtenir notre calque de traits sur fond transparent. Si on cherche à sélectionner une zone blanche avec l'outil “Baguette magique”, même en ayant appliqué l'outils “Courbes”, on n'obtiendra rien de probant (voir image) puisque des zones en demi-teintes subsistent toujours malgré tout.
Il faut utiliser une autre technique : la méthode dite de la “sélection douce”. Pas de panique, nous allons tout expliquer. Il va falloir pour cela utiliser un onglet de la boîte d’outils Calques appelé “Couches”. Allez dans l’onglet en question : il n’y a qu’une seule couche puisque le dessin est en niveaux de gris. Cette couche s’appelle “Noir” dans Photoshop 5 et “Gris” dans CS3, mais c’est la même. Procédez comme suit :
— Saisir la couche “Gris” avec la souris et en maintenant enfoncé le bouton gauche, la glisser sur l’icône “Créer une couche”, en bas de la boîte. Une nouvelle couche se crée, appelée “Alpha 1” ou “Gris copie” selon les versions.
On utilisera cette couche particulière pour sélectionner tous les pixels qui ne sont pas blancs, au-dessus d’une certaine tolérance. Ce qui revient à sélectionner en bloc tous les traits du dessin.
— Créer ensuite un nouveau calque dans Calque/Nouveau/Calque… Nommer celui-ci “Traits”.
— Saisir le calque appelé “Fond” ou “Arrière-plan” dans la boîte calque, et déposez-le dans la corbeille. Le dessin disparaît entièrement de l’écran et il ne reste qu’un calque vide en fond de damier transparent. Mais pas de panique ! Le dessin est, malgré les apparences, toujours là, mais quelque part ailleurs...
— Aller dans le menu Sélection/Récupérer la sélection et dans le menu déroulant des couches, cliquez sur “Alpha 1” (en prenant soin de valider la case “inverser”) ou dans CS3 “Gris copie”. Et apparaîtra sur l’écran une sélection correspondant aux traits noirs de l’image sur le fond transparent à damier.
— Utiliser la commande Edition/Remplir et sélectionner la couleur noire opacité 100% en mode normal. Et Ô miracle ! les traits réapparaissent sur le calque. Il ne reste qu’à désélectionner pour retrouver son dessin, mais cette fois non plus sur un fond blanc, mais sur un fond transparent.
On se retrouve donc au même point qu'avec le cas 1. Sauvegardez votre page !
4. Appendice : outil “Courbes” ou outil “Seuil” ?
 
On m'a fait remarquer qu'il existait un autre outil auquel nous pouvons nous intéresser à ce stade du travail, c'est l'outil “Seuil”, accessible par le menu Images/Réglages/Seuil.

Ce réglage peut être en effet utilisé pour préparer les planches en vue de la colorisation, mais il y a quelques points à connaître quant à son utilisation. L'outil “Seuil” permet la conversion d'une image en niveaux de gris (ou même en couleurs) en un dessin en mode traits, soit deux couleurs, noir et blanc. Un curseur permet d'affiner le réglage de conversion (voir image ci-dessous).
Dans quel cas l'utiliser ? Dans le cas 2, et lorsque nous avons affaire à une planche en format jpg, par exemple, mais “propre”, c'est-à-dire bien encrée, sans traces de crayon résiduelles, et numérisée dans une résolution confortable. Dans un tel cas, l'outil “Seuil” produira une page en noir et blanc propre. On se retrouvera donc au début du cas 1 de cette étape. A noter qu'on ajoute une phase supplémentaire à la préparation de la page.

Mais dans le cas d'une planche en crayonné ou plutôt “sale”, que ce soit avec des tâches ou des artéfacts de compression, préférez l'outil “Courbes”, qui, lui, ne convertit pas l'image mais affine soigneusement les demi-teintes de gris. On devra ensuite procéder à la sélection douce pour retrouver les traits.
 
Image d'origineImage traitée avec “Seuil”Image traitée avec “Courbes”

C'est compliqué ? Entrainez-vous, vous verrez ce n'est pas si complexe avec un peu de pratique.
5. Finalisation
 
Ce fond transparent en damier n’étant pas des plus pratiques pour travailler, nous allons donc créer un nouveau calque que nous appellerons “Fond”, qui se placera sous les traits. A ce moment, il convient de repasser l’image en mode RVB, via le menu Image/Mode/Couleurs RVB. Photoshop proposera de fusionner les calques, mais refusons allègrement et poursuivons. Le nouveau calque “Fond” doit être rempli (utilisez le menu Edition/Remplir) d’une couleur assez neutre, assez claire, et qui n’interférera pas beaucoup avec les couleurs finales du projet. Ce calque sera supprimé par la suite, il ne sert que de fond provisoire.
Personnellement, je choisis un vert pâle, couleur en général peu utilisée dans Star Wars… Et voilà. Le dessin est là, sur fond vert, prêt à être exploité.

Cette méthode de préparation est globalement indépendante du type de dessin. Je me suis servi de mes propres dessins pour le cas 1, de ceux de Lamb Bear pour le cas 2, et j'utiliserai une page venant d'ailleurs pour la phase de colorisation. Vous verrez ainsi que cette méthode s'adapte à peu près à tous les cas “standards” de BD.
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