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1. Introduction
 
Pour l’étude de cas concret qui va suivre, nous allons voir le travail de colorisation effectué sur une page de l’adaptation du « Retour du Jedi ». Cette planche raconte la scène de « décarbonisation » de Han Solo, et il s’agit d’un exemple intéressant : en effet, l’ambiance de cette scène est spécifique et va nécessiter des effets particuliers.

Après étude du découpage en utilisant le roman-photo du film, j’ai fait un brouillon final, puis un crayonné sur une page format A4.
Pour être sûr de mon coup, j’ai fait au préalable quelques recherches d’ambiance. Pour ça, j’ai mis dans mon ordinateur le DVD du film et j’ai fait quelques captures d’écran qui m'ont guidé pour le crayonné et me guideront pour placer ombres, éclairages, effets et couleurs. Pour faire une adaptation de film, il est capital de revoir plusieurs fois la scène, de la disséquer afin de voir comment on va la rendre, quelles actions sont les plus importantes pour comprendre la narration et comment la reproduire, au besoin en changeant quelques cadrages et angles, et ce en seulement quelques cases de BD. Les captures servent d’abord de trame pour la narration, puis de référence pour le dessin, et ensuite de référence pour les éclairages et la mise en couleur.
Sur la base de ce même crayonné, nous avons, chacun de notre côté, encré et colorisé cette page, AAARGH et moi. Les résultats sont plutôt intéressants ; en effet, nous sommes des artistes très différents, lui et moi, avec des approches tant de l'encrage que de la colorisation très différentes également. En comparant les deux encrages, on peut voir que celui de AAARGH est nettement plus fouillé, avec des ombrages plus poussés. De plus, AAARGH a choisi de ne pas dessiner les bulles et les textes pour les refaire sous Photoshop en vectoriel, et de remplir les marges en noir. Pour ma part, j'ai fait un encrage plus simple, en dessinant les bulles et les onomatopées.
Version de
AAARGH
Version de
Uttini
2. Quelques retouches d'abord
 
Pour la case 3 de la première bande, j’ai décidé, comme l'a fait AAARGH, de remplacer le texte manuscrit de l’onomatopée par un texte vectoriel plus joli. J’efface donc soigneusement le “gling” maladroit, ce qui va me permettre de refaire le dessin du carillon en l’améliorant nettement. Puis je corrige l’ombrage du chasseur de primes en dessinant des zones noires là où se situent les ombres les plus importantes. Je fais de même pour le reste de la page, retouchant essentiellement des détails d’ombrages et des maladresses d’encrage.

Retouche drastique du texte dessiné.

Il me faut maintenant remplacer le texte de l’onomatopée effacée. En utilisant la fonction “texte” de Photoshop et une police de caractères façon comics (en l’occurrence la police BadaBoomBB), je crée mon “gling !” de remplacement. Photoshop crée un calque spécifique pour mon texte vectoriel, ce qui va me permettre de lui donner un effet.
Je double-clique sur le calque pour ouvrir la fenêtre de style de calque. En bas de la liste des styles, j’ai une option “contour” que je vais cocher, puis définir ses paramètre : le trait de contour doit avoir 5 ou 6 pixels (ou plus selon les cas), l’important étant qu’il ait grosso modo la même épaisseur que les traits du dessin. Le mode de fusion est normal, l’opacité de 100%, et la position de ce trait de contour au centre. Cette dernière option signifie que le trait sera exactement à cheval sur le contour des lettres. Il peut être placé à l’extérieur ou à l’intérieur des lettres, l’effet étant différent à chaque choix, mais personnellement je préfère centrer. La couleur de mon contour est noire (mais une autre couleur pourrait faire l’affaire, AAARGH choisit parfois des contours rouges). Une fois cela configuré, je change la couleur du texte en rouge (voir illustration).
Je fais de même pour toutes les onomatopées de la page. Pendant longtemps, j’ai placé les onomatopées à l’encrage sans les retoucher, préférant celles que je dessinais moi-même. Mais je suis passé aux textes numériques, qui donnent plus de lisibilité et sont plus souples d’emploi. Je dessine la planche en gardant à l’esprit que du texte doit venir se placer à certains endroits.
L’intérêt du texte numérique, c’est aussi qu’il peut être déformé. En cliquant sur l’icône “déformer le texte”, plusieurs possibilités s’offrent à nous. Je sélectionne la commande “arc” qui va tordre légèrement mon texte pour lui donner une certaine dynamique, puis en jouant sur le déplacement et la rotation de celui-ci, je place le texte de manière idéale avant de configurer son effet de contour comme montré plus haut. Il va de soi que je dois effacer d’abord le texte dessiné avant de placer le texte numérique, et à chaque fois je dois redessiner une portion plus ou moins grande de la case, d’où l’importance de décider à l’avance si on fera du numérique ou non.
N'hésitez pas à faire des essais avec les différents styles de déformation de texte, et en modifiant la taille de la police et l'espacement des caractères, par exemple.
Attention, la série d’actions suivante est facultative : une fois tous les textes d’onomatopée remplacés et judicieusement placés, je clique sur le calque de l’une d’elles avec le bouton droit de ma souris (ou avec mon stylet, l’un des deux boutons du stylet étant configuré en clic droit) et je clique sur l’option “sélectionner les calques similaires”. Toutes mes onomatopées, par l’intermédiaire de tous leurs calques, seront sélectionnées ensemble. Je clique ensuite, toujours du bouton droit, sur ces sélections et je valide l’option “pixeliser le texte” qui transformera mes textes vectoriels en dessins bitmap à proprement parler. Encore un clic droit puis l’option “fusionner les calques sélectionnés”, et toutes mes onomatopées ajoutées se trouveront dans un même calque, placé au-dessus du calque traits, que je renomme “textes”
Il est possible de laisser tous les textes en vectoriel, tels quels, ce qui permettra au besoin de les modifier facilement, voire de les grouper dans un ensemble de calques similaires. Vous pouvez les laisser ainsi si vous le voulez, de manière à pouvoir y revenir par la suite, mais ne perdons pas de vue que de nombreux calques vont alourdir le fichier résultant, et si votre machine est plutôt ancienne avec peu de RAM, il vaut mieux limiter le nombre des calques. Si vous avez une machine dernier cri, pas de problèmes, laissez les calques de texte tels qu’ils sont.
3. Textes des bulles
 
Voyons comment remplacer le texte manuscrit des bulles par du texte numérique. Pourquoi ? Non pas que mon texte ne soit pas lisible ou que j’écrive mal, mais simplement par souci d’esthétique. Le texte numérique est plus uniforme, plus lisible, bref, meilleur que le texte manuscrit.
J’utilise la fonction texte en choisissant une police manuscrite (ici CC Astro City Int) pour les textes des bulles. On trouve des polices de caractères style comics facilement sur le Net, sur des sites comme DaFont par exemple. Attention toutefois à bien utiliser des polices avec accents, sans quoi Photoshop substituera la police ou, au pire, mettra des rectangles à la place des caractères manquants. J’efface, à l’aide de l’outil gomme, le texte existant et je le remplace
Globalement, je n’utilise que quatre ou cinq polices différentes pour mes BD. Les plus courantes sont Comic Strip MN, CC Astro City Int et ObelixPro pour les bulles, BadaBoomBB et CCClobberinTime pour les onomatopées. Mais parfois, au coup par coup, il m’arrive d’en utiliser d’autres si j’ai besoin de textes exotiques.

Exemple de polices comics

Et si mon texte tapé est plus grand que celui que j’avais écrit au départ ? Une technique consisterait à diminuer la taille de la police pour faire tenir le texte dans la bulle. Cependant, je trouve qu’il est désagréable de lire une BD dont la taille du texte varie d’une bulle à l’autre. Surtout qu’on peut utiliser la taille des caractères pour donner un ton particulier au texte. De plus, diminuer la taille de la police peut rendre le texte illisible une fois la page réduite à l’exportation Web. Heureusement, Photoshop propose d’autres outils pour caser le texte, par exemple jouer sur l’espacement entre caractères, entre lignes, voire la possibilité de réduire la largeur des caractères. Personnellement, j’écris toujours le texte en capitales dans la version encrée, et je le remplace par du texte de taille 9 ou 8,5 (hé oui, Photoshop permet de faire de la demi-taille).
Réglage des caractères sous Photoshop

La solution idéale, c’est de ne pas dessiner les bulles, ne faire que du dessin dans les cases et refaire les bulles après la colorisation en utilisant des outils vectoriels. C’est ainsi que procède AAARGH. Mais il faut une bonne maîtrise des outils vectoriels pour employer cette méthode, nous aurons l’occasion d’essayer un peu plus tard. Restons-en au système classique de dessin des bulles et des textes.

Une fois mon texte tapé et soigneusement relu, je procède comme pour le texte des onomatopées et je fusionne les calques avec celui créé auparavant pour ne retrouver tout mon texte que sur un seul calque, que ce soit celui des bulles ou celui des cases. Si l’on est vraiment sur de soi, on peut même fusionner le calque de texte avec le calque de traits, mais je ne le recommande pas. Si des corrections sont nécessaires, c’est mieux d’avoir le texte séparément.
Sélectionner les calques
similaires...
Calques
sélectionnés
Pixeliser le
texte...
Texte pixelisé
Et fusionner les
calques.

Voilà donc ma page prête à être colorisée. Le plus difficile va maintenant commencer…
4. Les résultats ?
 
Les méthodes de colorisation expliquées dans la première partie de ce dossier sont excellentes pour des strips simples, ou des BD dont la colorisation n’est pas très complexe. Dans le cas de notre page de ROTJ, par contre, il va falloir aller plus loin. Nous ne pourrons pas, par exemple, conserver les couleurs standards des personnages. En effet, l’ambiance générale de la scène est essentiellement colorée en bleu et orange, suggérant la pénombre du palais de Jabba. Les couleurs tant des décors que des personnages vont devoir être soit revues soit filtrées pour correspondre à celles de la scène. Il va donc falloir se référer aux captures d’écran pour définir les couleurs générales.

Souvent, les captures d’écran sont un poil trop foncées. Une BD, même si la scène est sombre, doit rester suffisamment claire pour être lisible. Je vais donc ouvrir dans Photoshop une de mes captures d’écran et corriger l’ensemble à l’aide de l’outil « niveaux », qui me permettra de l’éclaircir et de corriger les contrastes. Une fois ceci fait, je vais utiliser ces images capturées comme base pour les couleurs.

Si l'on compare ma page avec celle de AAARGH, réalisée à la base avec exactement le même crayonné, on remarque de très grandes différences dans les choix de colorisation. Personnellement, je suis plus attaché aux couleurs et aux ambiances du film, que j'essaye de respecter scrupuleusement. AAARGH, quant à lui, fait des choix plus artistiques dans les couleurs et leur application, et, tout en s'écartant des couleurs du film, recrée des ambiances qui cadrent avec l'action. Son crépuscule sur le palais de Jabba, par exemple, est beaucoup plus poétique que le mien, plus coloré, avec des lens flares. Le mien se rapproche de celui du film, sans plus. Là où AAARGH choisit de faire une colorisation en dégradé (case 4) je préfère faire une déco beaucoup plus fouillée, raccord avec les couleurs du film.

Version finale
AAARGH
Version finale
Uttini


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