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1. Avant de commencer...
 
Nos personnages colorisés de manière simple, par des aplats de couleur, sont plutôt attrayants, ils font très « BD franco-belge ». Mais nous avons à notre disposition des outils qui vont nous permettre de faire mieux.

Pourquoi retravailler la couleur des personnages ? Pour leur donner du relief, les mettre en valeur, bref, ajouter une touche encore plus attrayante à notre BD. Dans la vrai vie, en effet, il suffit d'observer autour de soi : rien n'apparaît d'une couleur complètement unie, les éclairages, les ambiances lumineuses, la nature même de l'objet, sa texture, tout cela modifie la manière dont la lumière s'y accroche et est renvoyée. Certes, le dessinateur peut, à l'encrage ou par l'utilisation de crayonnés, produire lui-même des effets d'ombrages, comme dans les comics, ce qui rendra le travail des couleurs superflu et la version en noir et blanc tout à fait lisible, même sans la mise en couleurs. Dans les mangas, traditionnellement en noir et blanc, on utilise des trames pour produire ces effets d'ombrage.

Nous, nous allons essayer simplement de rendre ces effets de lumière et d'ombre qui vont donner du relief à nos personnages en jouant sur les couleurs qu'on leur a appliqué.


Première remarque avant de commencer : contrairement à la mise en couleur simple expliquée plus haut qui peut être appliquée à la souris, ces techniques d’ombrage-éclairage nécessitent obligatoirement l’utilisation d’une tablette graphique, puisque les outils utilisés sont sensibles à la pression. J’explique : quand vous pressez le bouton de la souris, c’est du tout ou rien. Et l’outil va réagir en fonction. Avec la tablette graphique, l’outil va réagir en fonction de la pression exercée sur la tablette par le stylet, et l’effet sera plus ou moins important en fonction de cette pression (voir illustration).
Cela va permettre de jouer sur le flux de couleur comme on le ferait avec un aérographe, par exemple. Donc, malheureusement, si vous n’êtes pas l’heureux possesseur d’une tablette graphique, l’exercice suivant sera nettement plus difficile.

On peut définir au moins deux niveaux de travail dans cette mise en valeur de la couleur : un niveau disons basique, pas nécessairement respectueux des éclairages réels, et un niveau plus travaillé, tenant compte quant à lui des éclairages mêmes subjectifs de la scène. Et dans ces deux niveaux, on peut également définir plusieurs méthodes. Nous allons commencer par détailler celles-ci.
2. Méthodes de mise en valeur
 

En quoi va consister cette mise en valeur ? Tout simplement en obscurcissant et/ou en éclaircissant les couleurs en fonction de l'éclairage supposé ou non. Nous ne nous soucierons pas, dans l'explication des méthodes, de la source de ces lumières, cet aspect des choses sera abordé un peu plus loin. Nous allons travailler, pour expliquer ces méthodes, sur un strip de “Je Veux Être Un Jedi” encore inédit, mais dont j'ai supprimé les textes pour ne pas spoiler, et que j'ai au préalable colorisé selon la méthode simple expliquée plus haut dans ce dossier.

Qu'allons-nous utiliser comme outil pour réaliser ce travail ? Il est possible d'opter pour au moins trois méthodes simples.


1) Outils “Densité +” et “Densité -”


L'outil “Densité +” sert essentiellement à obscurcir la couleur sur laquelle il est appliqué, selon des réglages de gamme de luminosité et d'exposition (en gros : puissance de l’effet). Utilisé avec une brosse de style pinceau et appliqué en douceur grâce à notre tablette graphique, il va créer un ombrage sur les zones voulues. Essayons en sélectionnant à l'aide de la baguette magique la couleur de la bure de notre jawa dans le calque “Persos”, puis notre outil Densité+ avec une forme douce de 24 pixels de diamètre, et une exposition moyenne (50%). Le résultat n'est pas mauvais du tout, n'est-ce pas ?
Seulement attention : ses effets sont cumulatifs. J'explique : plus vous passez l'outil au même endroit, plus la zone va s'obscurcir, jusqu'à devenir noire. Cela peut être utile pour créer certains effets d'ombrage très dégradés. J'utilise cet outil pour ombrer de petites surfaces, pour créer des effets métalliques (nous aurons l'occasion de le voir plus loin). Qui plus est, l’utilisation de cet outil à la souris ne donne pas de bons résultats car il est sensible à la pression.
L'outil “Densité -” a un effet directement inverse : il éclaircit la couleur jusqu'à la rendre blanche. Je l'utilise pour les effets métalliques, comme dans l'exemple suivant sur l'armure d'Obi-Wan. En utilisant une forme plutôt petite et une exposition de 65%, on peut créer des effets de reflets lumineux donnant un aspect métallique à la couleur (avant à gauche, après à droite).

2) Même couleur en mode “Produit” ou “Superposition”

Cette méthode consiste à utiliser sur notre couleur de base la même couleur mais en changeant le mode d'action de la brosse ; celle-ci va appliquer la couleur en mode “Produit”, c'est-à-dire “multiplier” la couleur, et donc l'obscurcir, ou en mode “Superposition”, c'est-à-dire l'éclaircir. Reprenons notre jawa et essayons cette méthode.
Utilisons une brosse douce sensible à la pression de 24 pixels, en mode produit, sélectionnons dans le calque “Persos” la couleur de la bure jawa, et veillons à avoir comme couleur d'avant-plan celle de la bure (utilisez la pipette pour l'aspirer sur le dessin si nécessaire). Puis appliquons doucement la couleur pour ombrer la bure.
Vous allez me dire “on ne voit guère de différence avec la méthode précédente”, et ce n'est pas faux, le résultat est similaire, tout aussi cumulatif ; si j'applique la brosse de manière insistante, la couleur finit par devenir noire.

Pour l'utilisation du mode Superposition, reprenons l'armure d'Obi-Wan et appliquons la couleur d'origine dans ce mode, et on obtient un effet similaire à celui de l'outil Densité -, mais en plus délicat. Pour de meilleurs résultats, on peut utiliser une brosse douce mais non sensible à la pression.


3) Application de couleurs différentes.

C'est la méthode que j'emploie le plus souvent, parfois doublée par la méthode 1 si le besoin se fait sentir d'avoir des ombrages plus contrastés. Il s'agit simplement d'appliquer sur la couleur de base une couleur plus foncée (ou plus claire) pour créer un ombrage ou un éclairage plus prononcé. L'utilisation de cette méthode donne un résultat moins réaliste mais plus style BD.

Pour ce faire, sélectionnons la couleur de la bure du jawa et choisissons en couleur de premier plan celle de la bure (elle doit se trouver dans notre nuancier, si nous l'avons préparée au préalable dans la colorisation de base).
Puis cliquons sur cette couleur de premier plan, dans la palette d'outils, pour ouvrir le sélecteur de couleurs. Là, validons le bouton radio “L” qui correspond à la luminosité de la couleur. A côté du grand carré apparaît une bande verticale avec un curseur qui va nous permettre de régler la luminosité de notre couleur. Diminuons cette luminosité disons de 20 ou 25% et fermons le sélecteur.

On peut éventuellement, si elle doit nous resservir souvent, mémoriser cette couleur en cliquant sur “Ajouter au nuancier” et en lui donnant un nom explicite, par exemple “bure foncée”.
Une fois revenus sur notre dessin, à l'aide d'une brosse douce sensible à la pression de 17 pixels, par exemple, on applique la couleur plus foncée là où doit se trouver l'ombre.
Double avantage : pas de cumul, puisqu'on applique une couleur en soi, et possibilité de corriger facilement en reprenant la couleur de base. Si cette couleur ne semble pas assez foncée, il suffit de corriger la luminosité dans le sélecteur de couleur et de repasser sur la partie à ombrer. On peut ainsi définir des ombrages très précis, avec plusieurs couleurs, et en jouant sur la pression du stylet sur la tablette graphique, il est possible de créer de beaux dégradés. Cette même méthode fonctionne avec une couleur plus claire, pour créer des teintes plus lumineuses.
Dans le registre purement artistique, certains coloristes préfèrent créer les ombrages avec des zones plus tranchées. Ce n'est pas un problème, il suffit dans cette méthode de jouer avec la dureté des brosses pour obtenir l'effet voulu (voir illustration : brosse moyenne, brosses dure, crayon).
Enfin, il est possible d’utiliser cet outil avec une souris, bien que cela nécessite une certaine maîtrise du mouvement de celle-ci. Certes, nous n’aurons pas les effets dus à la variation de pression, mais l’effet obtenu sera correct pour peu qu’on pilote bien sa souris.
Reproduisons à l'identique la même méthode à toutes les couleurs de la case, et bientôt toute notre image est pleine d'ombrages qui donnent le relief voulu aux personnages. Avouez que c'est joli, non ?
Bon, bien entendu quand je dis “toutes les couleurs”, j'en oublie certaines : le blanc des yeux, par exemple, ou les yeux du jawa. Je pourrais aussi les rendre brillants en leur appliquant un poil de jeune plus clair, mais comme je ne l'ai jamais fait jusque-là, laissons-les comme ils sont. Dans ce dessin, le orange de la ceinture du jawa et l'armure d'Obi-Wan sont traités avec l'outil “Densité +”, comme indiqué plus haut.
3. Travailler directement ou non ?
 
Doit-on travailler directement sur la couleur de base pour créer les ombrages, ou bien travailler sur un calque séparé ? Je serais tenté de dire : c'est selon la technique utilisée, ou le feeling du coloriste. Il arrive en effet qu'on doive retoucher les couleurs des personnages après-coup, pour créer un effet quelconque, par exemple. Si l'ombrage est appliqué directement sur le calque des couleurs des personnages, cela risque d'être plus difficile, puisque la couleur ne sera plus unie, on ne pourra pas la sélectionner en entier, il faudra passer par le mode masque pour d'abord définir manuellement les zones à traiter.  Si, par contre, la couleur et les ombrages sont sur des calques séparés, il sera plus facile d'y revenir, de sélectionner les zones colorées sans être gêné par les ombrages ajoutés.
Personnellement, pour les strips, là où il n'y a quasiment pas d'effets spéciaux mais une colorisation plus simple, je procède directement. Mais pour d'autres dessins, j'ai recours à un calque spécial ombrages, voire à un masque d'écrêtage (mais là nous entrons dans des méthodes encore plus expertes que nous aborderons peut-être plus tard...)

Pour ce faire, il suffit de créer simplement un nouveau calque au-dessus de Persos, que nous nommerons Ombrages. En sélectionnant ensuite les couleurs dans le calque Persos, il suffit d'appliquer les couleurs plus ou moins claires sur le calque Ombrages, ce qui donnera le même résultat sans toutefois altérer les couleurs de base. S'il y a besoin de faire des modifications ensuite (on peut par exemple se tromper de couleur et ne s'en apercevoir qu'une fois les ombrages posés !), il suffit de sélectionner à nouveau la couleur dans le calque Persos et de la modifier tant dans Persos que dans Ombrages. Veillez à ne pas oublier de changer de calque, sans quoi vous vous retrouveriez avec des ombrages dans les deux en même temps.

Attention, toutefois. Ce système ne fonctionne bien qu'avec la méthode 3 ci-dessus. Puisqu'il s'agit d'un calque séparé, l'utilisation de la couleur en mode produit ou de l'outil Densité + seront sans effet. Et dans le cas de l’utilisation conjointe des deux techniques (calque pour ombrage + variation de densité sur le calque de couleurs) les résultats risquent de ne pas être probants, voire même de se contrarier.

Si l'on veut utiliser la technique du mode “Produit”, il est possible de créer un calque d'ombrage qui sera tout entier défini en mode “Produit”, et peindre dessus avec la couleur de base du personnage reviendra à utiliser la méthode 2.

4. Niveaux de travail
 
En appliquant ces techniques d'ombrage, nous allons donc mettre en relief nos personnages, leur donner une certaine épaisseur. Dans le cas de dessins plus complexes, on peut avoir recours à de nombreuses couleurs pour reproduire des éclairages, des ambiances, comme dans ce dessin de Boba Fett (fait un peu à la va-vite pour ce dossier) où l'éclairage du personnage est largement retravaillé par application de plusieurs couleurs différentes et d’utilisation des outils Densité, et selon des angles d’éclairage différents. La première version ne comporte pas d'ombrages, la seconde et la troisième des ombrages différents. J'ai une nette préférence pour le troisième, car dans le deuxième, les ombrages appliqués à la couleur ne sont pas cohérents avec ceux donnés par le dessinateur à l'encrage, ce qui est le cas dans le 3.
Différents niveaux de travail.

Niveau basique : les ombrages seront la plupart du temps toujours les mêmes, sans trop se poser de question sur l'origine de la lumière ni son intensité. C'est la méthode que j'utilise dans mes strips, où généralement la lumière n'a pas grande importance. Ce qui importe, c'est que ça rende bien.

Le problème, c'est qu'avec le niveau basique, les ombres ne sont pas toujours cohérentes, pas forcément réalistes. Autant dans un strip on ne se posera pas trop la question, car ce n'est pas ce qui est important dans le gag, autant dans une scène “à ambiance” (voir ci-dessous : scène de la crémation de Qui-Gon dans l'Episode I) si les ombrages ne sont pas en harmonie avec les sources de lumière présentes (là, le feu), l'image posera un problème de cohérence, de lisibilité.

Niveau plus complexe : Il va donc falloir, à la colorisation, réfléchir à l'origine de la lumière qui éclaire la scène, et poser les ombrages (ou les éclairages) en conséquence. C'est nettement plus compliqué, je l'avoue. Pour résoudre ce problème, une méthode simple : créer un calque provisoire, qu'on supprimera une fois la colorisation terminée, sur lequel on indiquera à l'aide d'un triangle jaune, par exemple, où se situe la source de lumière. Dans la scène de l'épisode IV représentée ci-dessous, l'éclairage ne vient pas d'une source habituelle située au-dessus des personnages, mais de la table-écran.
L'ombrage des personnages doit donc en tenir compte sans quoi la scène perdra de sa crédibilité et de son ambiance, d'autant que les lecteurs connaissent l’ambiance de cette scène et sentiront immédiatement que quelque chose ne colle pas.

On appliquera donc l'une des méthodes indiquées au-dessus (ou une combinaison de plusieurs méthodes) pour mettre ne valeur les personnages, mais en respectant autant que faire se peut la source subjective ou non de la lumière qui éclaire la scène. Là, pas de “truc”. C'est l'expérience qui aide, l'entrainement. Montrez vos dessins à d'autres et demandez leur avis, les critiques constructives sont d'une très grande valeur pour le coloriste. Pour ma part, j'ai bénéficié des critiques sévères de AAARGH, lui-même artiste accompli (mais trop modeste à mon goût) pour améliorer mon humble travail.
5. Allons encore plus loin
 

Jouer sur les ombrages.

Il est également possible de jouer artificiellement sur l'intensité de l'ombrage pour ajouter quelque chose à l'image.
Si des personnages sont en avant-plan, leur ombrage peut être plus prononcé pour les détacher de ceux qui se trouvent à l'arrière plan, sans que cela soit pour autant justifié par la présence d'une source de lumière (voir illustration ci-dessous)
On peut également jouer sur l'ombrage exagérément, pour ajouter de l'intensité à une scène. Voyez cette scène de l'épisode IV réinterprétée. Ici, la vraie lumière n'entre pas en jeu, l'ombrage exagéré suggère la colère et la tension entre les personnages. Il aurait même pu être intensifié, rendu plus contrasté encore pour amplifier l'effet.

Créer un effet métallique.

Facile ! Sur le métal, les contrastes des ombrages sont plus nets, plus prononcés, et il s'y ajoute des reflets d'autant plus intenses que le métal est clair. Il suffit de forcer un peu sur l'ombrage, voire même le rendre très foncé, et faire contraster avec des reflets très clairs (voir illustration : sabre laser avec et sans effet). On peut utiliser là les outils Densité + et Densité -.

Ajouter une texture à la couleur.

Une fois votre ombrage terminé, par exemple sur un vêtement, avant de désélectionner la couleur, cliquez sur le menu Filtres/Galerie de filtres. La galerie de filtre s'ouvre et dans le choix central, cliquez sur textures puis Placage de texture. A droite, vous pourrez choisir la texture à plaquer sur la couleur (l'aperçu à gauche vous montrera ce que ça donne). Choisissez dans “Texture” la texture Toile par exemple, puisque dans notre exemple on travaille un vêtement, et réglez à votre convenance l'origine de la lumière, l'échelle et la mise en relief pour ajouter un effet de toile au vêtement de votre personnage.
En chargeant une autre texture, vous pourrez créer d'autres effets intéressants. Attention, toutefois, l'application d'une telle texture a souvent pour effet d'atténuer votre ombrage. Donc si vous avez l'intention d'utiliser cette technique, forcez sur l'intensité de l'ombrage pour un meilleur résultat, et renforcez-le ensuite délicatement à l’aide de l’outil Densité +.
Il va de soi que cette technique ne fonctionne que par application directe sur le calque des couleurs persos. Donc soyez sûr de votre coup. Faites des sauvegardes de votre dessin à des instants clés pour éviter les désastres !


Modeler avec une texture

En utilisant les outils “Densité”, nous avons vu comment obtenir des modelés sympathiques. Mais il est possible d'obtenir des effets intéressants en affectant une texture à l'outil. Dès lors, vos modelés donneront un effet texturé aux ombrages que vous peindrez. Cette technique est fort utile également dans le détaillage des décors.
Une fois que vous avez sélectionné l'outil “Densité +” allez dans la palette d'édition de forme et cliquez sur la case à cocher “Texture”. En choisissant une texture adaptée (là de la toile) l'effet de densité sera texturé en fonction.
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