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Quand les américains parlent aux français... (1/5)
 
Entrevue comics avec Randy Stradley
18/11/2004


Ces interviews ont été réalisées par Mike Jozic pour le site SilverBullet Comicbooks. Elles se sont déroulées au printemps 2003 avec différents artistes travaillant sur les comics Star Wars pour Dark Horse, et dont les réalisations faisaient l’actualité. A l’automne 2003, Mike Jozic m’a laissé l’opportunité de faire bénéficier SWU et les fans français de son travail en traduisant les interviews.
Pour des raisons diverses (emploi du temps personnel chargé, manque d’actualité du contexte pour ces interviews, SWU off-line pendant de longs mois), le résultat n’apparaît qu’aujourd’hui.

Si aux Etats-Unis, le contexte de ces interviews est dépassé depuis un an et demi, ce qui est un autre facteur expliquant l’abandon provisoire des textes, en France l’éditeur Delcourt s’est retroussé les manches et s’est jeté dans la Guerre des Clones avec succès, offrant une nouvelle actualité à ces interviews.
Au fil des semaines, vous découvrirez des artistes qui vous seront familiers ou inconnus selon que vous lisiez la VF, la VO ou pas de comics du tout. J’espère vous faire percevoir des choses originales via ces interviews, et qui sait, peut-être l’envie de découvrir de nouvelles choses.

Sur un rythme hebdomadaire, vous retrouverez John Ostrander et Jan Duursema, la dream team de Dark Horse, Paul Chadwick qui a officié sur la série Empire non traduite en France, Haden Blackman et Brian Ching qui vous ont traîné dans la boue de Jabiim, et Pop Mahn dont la mini-série très manga-style n’a jamais été adaptée en France.
Mais à tout seigneur tout honneur, on attaque par une interview de Randy Stradley, éditeur de la ligne Star Wars dont la nomination a coïncidé avec le lancement de l’après-Episode II.

Stradley a modifié la ligne éditoriale de Dark Horse en renommant la série régulière, en créant la série Empire, et en relevant le défi proposé par la Guerre des Clones. Aujourd’hui, les comics Star Wars se portent bien et c’est en partie grâce à lui ! Vous pouvez retrouver Randy quasi quotidiennement sur le forum Dark Horse dans une ambiance tantôt sérieuse, tantôt franchement délirante. Un trait de caractère qui transparaît dans cet entretien.
Toute la ligne de comics Star Wars réalisés par Dark Horse se trouvent sur leur site internet. Et vous pouvez retrouver Randy Stradley quotidiennement sur le forum DH.

Vous pouvez retrouver la version originale de cette interview ici.
Et contacter Mike Jozic par e-mail.

Enfin, un énorme merci à Lili qui a chassé inlassablement toutes mes fautes de traductions ou d’orthographe.


Entrevue avec Randy Stradley

Par Mike Jozic

La première incursion de Randy Stradley dans le monde de Star Wars s'est déroulée à l'époque où Marvel Comics détenait la licence, avec une histoire intitulée "The Alderaan Factor”, dans le numéro 86 de la série régulière de l'époque. Il n'a jamais écrit une autre histoire pour la compagnie mais se retrouve 18 ans plus tard, à la tête de toute la ligne de comics Star Wars chez Dark Horse.

Stradley travaillait déjà sur divers projets pour Dark Horse avant d’arriver sur les titres Star Wars, ayant écrit la très populaire première mini-série Aliens vs. Predator qui est devenue pour bon nombre de fans la garantie de la survie des deux franchises, quoi qu’en pense la 20th Century Fox. Sur la ligne Star Wars, il a été en partie responsable du succès de Crimson Empire et de sa suite, Crimson Empire II, satisfaisant sa curiosité d’explorer le destin de la Garde Impériale de l’Empereur après la chute de l’Empire.

En 2002, Stradley est promu en charge de toute la ligne Star Wars à la place de Dave Land. Depuis, les titres Star Wars ont connu des changements, avec un lifting de la ligne pour s’accommoder de n’importe quelle histoire, quelle que soit sa période chronologique.

Et maintenant, la parole à Randy Stradley...


JabiimMIKE JOZIC: Pour commencer, je suis curieux de savoir pourquoi il y a eu ce changement, il y a quelques temps, qui vous a amené au poste d’éditeur ?

RANDY STRADLEY: Ce fut surtout une question d’agenda respectif. Dave s’apprêtait à lancer une nouvelle ligne de titres – voir sur Rocket Comics – alors que, dans le même temps, plusieurs projets sur lesquels j’étais arrivaient à leur fin. Dave avait travaillé à plein temps sur Star Wars durant deux ans, et je pense qu’il recherchait un nouveau challenge. Ca m’a semblé le bon moment pour changer.

JOZIC: Et comment décririez-vous votre rôle en tant que Group Editor des titres Star Wars ?

STRADLEY: Vous voulez dire à part m’assurer que mon assistant, Jeremy Barlow, a fait tout mon boulot ? Faire la sieste, la plupart du temps.

Il y a tellement d’aspects différents dans ce boulot que je ne suis pas sûr de pouvoir tous les lister. En premier je vois :
· Trouver les talents qui vont travailler sur les titres, essayer de les garder motivés, être sur m'assurer qu’ils respectent les délais, qu’ils sont payés en temps et en heure, et qu’ils ont toutes les références dont ils ont besoin.
· Je travaille avec les auteurs et les gens de chez LFL pour amener les histoires là où ils les veulent, en gardant un oeil sur nos objectifs à long terme pour les personnages et les séries tout en faisant des efforts pour produire des séries intéressantes et excitantes immédiatement.
· Je révise les scripts avant que LFL ou les artistes les consultent, puis je les modifie une nouvelle fois si LFL demande des changements ou soulève des soucis éventuels. Enfin, je modifie le dialogue encore une fois, lorsque je place les consignes de création de bulles de texte pour les chargés du lettrage.
· J’aide à établir les contrats pour l’ensemble des personnes travaillant sur les titres.
· Je donne les instructions de travail qui fournissent à nos designers les informations dont ils ont besoin pour créer les couvertures, les designs des titres et des collections, etc.
· Je rédige les sollicitations (note du traducteur : previews d’un titre quelques mois à l’avance que l’on trouve dans les magazines et les sites internet professionnels, ainsi que sur les sites officiels) normales, celles on-line pour notre site internet, et je réponds aux interviews comme celle-ci…

Mais je ne pourrais rien faire sans l’aide de Jeremy. Parfois, je lui rends la vie vraiment difficile, je suis sans merci, mais je dépends de lui au quotidien.

Ah, oui : Et je discute à n’en plus finir avec les fans sur les forums Dark Horse. Je rigole… juste un peu.

Republic 50JOZIC: Depuis que vous l’avez prise en charge, la ligne Star Wars est devenue plus définie par rapport aux années précédentes. Pourquoi choisir de se concentrer sur deux titres principaux plutôt que de lancer diverses mini-séries et numéros spéciaux ?

STRADLEY: Disons que c’est, euh, surtout pour définir notre ligne. Il semblait que tous ce que nous publiions rentrait dans l’une ou l’autre de ces périodes (ndt : prélogie – Republic, trilogie – Empire), alors pourquoi ne pas le formaliser ? De plus, en consolidant la plupart des histoires en deux séries régulières, cela nous permettait de créer des intrigues sur un ou deux numéros. Je commençais à me dire que le fait que les histoires fassent obligatoirement quatre numéros était restreignant par rapport à ce que nous pouvions réaliser.

JOZIC: Les titres ont également, ces derniers temps, acquis la réputation d’être « retardés ». Combien de temps cela prend-il pour réaliser un numéro du début à la fin ?

STRADLEY: Vraisemblablement, plus longtemps que je ne l’imaginais. Et merci d’en avoir parlé d’ailleurs. Grr...

JOZIC: La décision d’avoir un titre régulier sur la Guerre des Clones a-t-elle été prise avant ou après la séparation des titres en 2 époques ?

STRADLEY: Après. J’avais déjà décidé de consolider toutes les histoires de l’époque prélogique dans le titre Republic, et le travail sur les numéros #46 à 48 avait débuté, lorsque nous avons tenu une conférence avec les auteurs Scott Allie, Haden Blackman, et John Ostrander, et Chris Cerasi et Lucy Wilson de LFL. Durant les trois jours de conférence, Haden a poussé pour qu’on saute directement dans la période entre l’Episode II et l’Episode III, et Lucy a admis que ce serait une bonne idée. La Guerre des Clones ! Mec, c’était comme un rêve devenu réalité pour nous. On n’en pouvait plus d’attendre pour partir dans toutes les directions.

Si Dark Horse n’avait pas déjà publié la sollicitation pour le #46 sous le nom Republic, j’aurais retardé la transition et probablement nommé la série The Clone Wars. En l’état, je pense que ça a bien marché. La bannière “Republic” nous offre un peu de liberté pour faire des histoires qui ne sont pas directement liées à la guerre.

JOZIC: Si vous deviez choisir, quelle serait votre période Star Wars favorite ?

STRADLEY: Vous aimez les questions difficiles, n’est ce pas ? La période de la Trilogie Originale est mon premier amour, mais les nouveaux films montrent à quel point il y a des territoires inexplorés. Je ne sais pas vraiment si j’ai une période favorite, mais par contre j’ai des mondes favoris. J’adore Tatooine et, si je pouvais virer les Ewoks, Endor – ou est ce la “lune d’Endor” ?

Je pense que ce que je préfère sont les lieux sauvages de l’univers Star Wars. Mon père nous emmenait à la chasse au cerf tous les ans dans l’Est de l’Oregon, et nous participions à la chasse annuelle au tir à l’arc. Depuis, n’importe quel désert ou forêt montagneuse me fait bouillir le sang.

JOZIC: Vous êtes en relation avec eux régulièrement, mais jusqu’à quel point LFL est impliqué dans les titres que vos gars produisent ?

DarklighterSTRADLEY: Ils suivent tout, à toutes les étapes de la production.

Une des choses géniales après une si longue collaboration dans la publication de Star Wars est la confiance qui s’est développée entre Dark Horse et les gens de chez LFL. Ils nous font confiance pour ne pas pondre des comics “à la chaîne”, et nous leur faisons confiance pour nous orienter loin des problèmes.

Au fur et à mesure que l’Univers Etendu s’est développé, il est devenu impossible de demander aux auteurs – et aux éditeurs ! – d’être au courant de tous ce qui se passe. Mais Lucy Wilson, Chris Cerasi – qui a récemment quitté LFL pour retrouver son New York natal – et désormais Sue Rostoni nous empêchent de devenir dingues. Je devrais aussi mentionner Leland Chee – c’est une encyclopédie sur pattes à propos de l’EU. C’est génial de bosser avec eux.

Ce qui ne veut pas dire que Chris et moi n’avons pas de désaccords. Ohh, nous avons eu des belles batailles – salut Chris ! – mais chacun de nous savait toujours que l’autre tentait toujours d’obtenir les meilleurs comics possibles. Après avoir travaillé ensemble, Chris et moi sommes devenus de bons amis, donc les désaccords ne furent jamais personnels.

JOZIC: Dans mes autres interviews, une réponse récurrente à propos de qui décidait des équipes pour les titres a été, « C’est le boulot de Randy ». Comment vous en sortez-vous dans la découverte et l’assemblage des équipes créatrices sur les différents titres ?

STRADLEY: Je ferme les yeux, j’ouvre mon agenda, et je choisis au pif.

Non ? Okay, je dois admettre que je suis dans une période très chanceuse. Bien sûr, j’ai hérité de la gestion de Dave Land des fabuleux talents de Jan Duursema et Davidé Fabbri. Ensuite, à la Comic-Con International, l’année dernière, j’ai été approché par un paquet d’artistes qui ont exprimé leur envie de dessiner des histoires Star Wars. Enfin, j’avais discuté avec Doug Wheatley – dessinateur d’Empire #8-9, 12-15 – il y a quelques années et je le savais intéressé. C’était juste une question d’emploi du temps. Maintenant, je pense qu’il est bien accroché ! (ndt : entre temps, Weathley a tellement impressionné avec « Darklighter » qu’il a décroché le contrat pour l’adaptation de l’Episode III).

Du côté de l’écriture, John Ostrander et Haden Blackman étaient déjà dans l’équipe. Mais j’ai été capable de convaincre Paul Chadwick de nous rejoindre. Je pense que Paul a été surpris que je ne lui demande pas de dessiner, mais nous aurons du temps pour ça à l’avenir. Actuellement, il fait un super boulot en attaquant Star Wars avec une perspective beaucoup plus neuve.

Je suppose, pour revenir à la question, que je me repose juste sur mes goûts et mon instinct. Je veux vraiment des scénaristes et artistes qui puissent apporter quelque chose de nouveau à la ligne. Si tout va bien, les fans apprécieront.

JOZIC: Si vous pouviez avoir n’importe qui – scénario et/ou dessins - sur Star Wars, quelle serait votre dream team ?

STRADLEY: Paul Chadwick à l’écriture, avec Doug Wheatley aux dessins. Oh, attendez, je l’ai déjà…

Elle est dure celle là. Je veux dire, j’ai actuellement tellement de personnes talentueuses en esclavage, uh, arrr, qui travaillent sur les titres. Je vois pas ce que je pourrais demander de plus.

Marvel SWJOZIC: Vous avez commencé sur Star Wars en écrivant pour Marvel. Vous trouvez que c’est un bon clin d’œil par rapport à votre position aujourd’hui ?

STRADLEY: Clair. C’est ça, ou alors c’est une machination de Lucasfilm depuis le début pour m’accrocher puis me surveiller toutes ces années.

Vous savez, c’est vraiment bizarre. J’ai écrit cette première histoire Star Wars en un rien de temps, un jour tout au plus. Après ça, je n'ai rien pu faire accepter d'autre à Marvel ou Lucasfilm, en supposant que Marvel leur transmettait vraiment mes propositions. Et je n’en veux pas à Marvel. La vérité, c’est que je ne voyais pas où amener les personnages, du moins dans les limites que m’avait données Marvel. Aujourd’hui, je n’ai que des opportunités.

Pour une quelconque raison, on dirait qu’il y a un stigmate dans l’industrie du comics quand on travaille sur des titres « licenciés ». Comme si travailler pour Star Wars, propriété de Lucasfilm, était moins valorisant que de travailler sur, par exemple, Spider-Man (propriété de Marvel). Alors que je n'y vois aucune différence. Tout ce que je sais c’est que je m’éclate dans l’univers de George !

JOZIC: Avez-vous déjà eu l’opportunité de rencontrer George en personne ?

STRADLEY: Non. Et je ne suis pas sûr de ce que je lui dirais. Je ne suis pas bon pour rencontrer des célébrités. Je suis genre « Uh, beau temps, heh ? » Une fois, j’ai été si proche de Steve Martin que j’aurais pu lui donner un coup dans le ventre mais je n’ai rien fait. J’ai loupé l’occasion…

D’un autre côté, il y a quelques années, Mike Richardson et moi avons rencontré le réalisateur Sam Raimi (ndt : films Spider-Man 1&2) et le producteur Rob Tapert pour un week-end. Deux des gars les plus terribles que vous puissiez rêver de rencontrer. Alors qui sait ? George et moi pourrions nous croiser aussi.

JOZIC: Vous êtes le Group Editor depuis une année, regrettez-vous souvent de ne pouvoir écrire plus ?

STRADLEY: Absolument. Je me sens coupable quand je veux écrire une histoire moi-même — comme pour Empire #5-6, même si là j'y étais obligé à cause des délais — au lieu d'embaucher un "véritable" scénariste. Mais j’ai percé dans les comics comme scénariste. C’est gratifiant de savoir que les fans ne pensent pas que mon travail craint.

Je prévois de le faire plus souvent. J’ai quelques histoires pour Empire en préparation, y compris une que j’ai proposé il y a plusieurs années et que Doug Weathley devrait dessiner.

JOZIC: Quel genre de chose avez-vous en route ?

STRADLEY: Vous voulez dire à part l’histoire d’amour entre Luke et Leia que LFL n’arrête pas de refuser ?

J'adorerais vendre la mèche, mais je tiens à ce que tout le monde comprenne qu'il n'est pas sûr et certain que j'écrive toutes ces histoires.

DarklighterJe travaille sur un synopsis pour un numéro d’Empire qui montrera les répercussions d’évènements survenus dans Republic (ndt : possible que cette idée ait débouché sur Empire #29 annoncé pour janvier 2005). Star Wars a toujours eu cette connexion, dans laquelle le passé tend ses mains vers le futur, et les personnages doivent composer avec leurs propres décisions, mais aussi celles de leurs prédécesseurs. Je veux dire, regardez Anakin/Vader et Luke. Luke ne serait pas devenu ce qu’il est si son père n’avait pas fait ce qu’il a fait, et sans son fils, Vader n’aurait jamais eu sa rédemption. Voilà. C’est suffisamment vague, je pense, pour que tout le monde y réfléchisse. Je ne voudrais pas en dire plus à propos de ce numéro.

Je fais aussi joujou avec quelques idées concernant des évènements juste après la Bataille de Yavin, où Luke vole avec l’Escadron Rogue (ndt : le résultat est peut-être dans Empire #27 et 28, à suivre). Il me semble qu’après la destruction de l’Etoile Noire, l’Empire a du s’acharner sur le moindre signe de rébellion. Ca fait pas mal de boulot pour les Rogues qui doivent défendre les victimes de l’oppression Impériale.

BetrayalJ’aimerais aussi ressusciter l’histoire de Han et Chewie que j’avais proposé à Marvel il y a des années. L’éditeur Marvel de l’époque, Ann Nocenti, l’avait jugée trop « dramatique », un commentaire qui m’a travaillé pendant vingt ans. Comment une histoire – spécialement dans Star Wars – peut-elle être trop dramatique ? C’est une histoire qui se concentre sur le point de vue de Chewie, sur sa place dans les relations de groupe de Han, Leia, Luke etc. Et qui nous montre Chewie se fritter avec un gros monstre bien crade (ndt : encore une fois, il est probable qu’une partie des idées ait été intégrée dans Empire #25 et 26).

Finalement, Doug Wheatley et moi avons des plans pour une histoire intitulée "Against the Empire" qui montrera le conflit Alliance-Empire du point de vue d’un soldat Rebelle au front. Ce mec ne sera pas grand chose, un monsieur tout le monde, et nous verrons comment il perçoit des personnages comme Leia, Luke, Vader et les autres. Ca permettra, je l’espère, de voir les personnages principaux sous un autre éclairage, ou au moins ça démontrera pourquoi Leia est le leader, pourquoi Luke le héros, et pourquoi Vader fait flipper tout le monde.

Avec un peu de chance, personne ne va remarquer que je n’ai pas parlé de Crimson Empire III.

JOZIC: Combien de temps va durer la storyline Clone Wars dans Republic ?

STRADLEY: Au moins jusqu’à la sortie de l’Episode III.

JOZIC: Pouvez-vous nous donner un aperçu de ce que les lecteurs peuvent attendre des titres menant à l’Episode III ?

STRADLEY: On travaillera sur autant de personnages principaux et de situations qu’on nous le permettra. Je me suis laissé dire que je pourrais lire le scénario cet été, et j’espère que ça modifiera notre direction, ou au moins éclaircira les points sur lesquels doivent se concentrer nos efforts. Dans les temps à venir, nous allons nous concentrer sur la Guerre des Clones et la manière dont elle affecte la galaxie. Nous en verrons aussi les répercussions sur l’époque de la Trilogie Originale.

JOZIC: C’est probablement trop tôt pour en parler, mais y a-t-il déjà eu des discussions sur l’avenir de la ligne après la sortie de l’Episode III ?

STRADLEY: On a quelques idées, mais c’est trop tôt pour en parler. On a un meeting de prévu le mois prochain avec LFL pour discuter de comment – et de quand, ou si – nous procéderons.

JOZIC: Verrons-nous une équipe régulière sur un des mensuels, ou les story-arcs par différents auteurs resteront-ils le statut quo ?

STRADLEY: Je n’exclue pas la possibilité, mais avoir des équipes qui tournent sur les deux séries aide à garder les choses vivantes. J’ai vu de près comment les contraintes de la production d’un comic mensuellement pouvait peser sur un scénariste ou un dessinateur. Plus important encore, la rotation me permet de montrer des artistes qui ne pourrait pas tenir un délai mensuel normalement.

J’ai toujours pensé que, aussi bon que ce soit, un régime régulier de n’importe quoi devient lassant au bout d’un moment.

JOZIC: Vous avez récemment posté sur le forum DHC que les numéros spéciaux Jedi iraient au-delà des 4 numéros prévus.

STRADLEY: En fait, Jedi n’a jamais été limité à 4 numéros. C’est juste que nous ne voulions pas planifier plus de 4 histoires précises sans en savoir plus à propos des évènements de l’Episode III. On a ajouté un cinquième numéro en insérant l’histoire de Dooku entre deux numéros initialement prévus (ndt : à cette époque, le cinquième numéro en question était sur Luminara Unduli et Barris Offee, puis il a été annulé, avant de voir débarquer le numéro sur Yoda). Parfois, et la plupart des écrivains ont expérimenté ça, les personnages prennent le contrôle des évènements et vous devez adapter vos plans. Disons juste que la Guerre des Clones est plus difficile pour certains personnages que pour d’autres, et que ces histoires ont besoin d’être racontées quelque part.

Obi-Wan et AnakinJOZIC: DHC a la réputation de placer des bonus sympathiques dans les albums de collection. Mais j’ai remarqué que les derniers TPB semblaient être des réimpressions fidèles des mensuels.

STRADLEY: Nous n’avons pas de politique précise sur les TPB. Le plus souvent, le contenu est dicté par la place disponible, ou plus important encore, par le matériel supplémentaire existant.

JOZIC: En parlant d’albums, je suis également curieux au sujet de la collection Star Wars : A Long Time Ago... Qu’est ce qui a motivé la réimpression des vieilles histoires Marvel, et est-ce que ce fut difficile à négocier ?

STRADLEY: Je n’ai pas été directement concerné, mais je ne pense pas que ce fut trop difficile. Si Marvel était propriétaire du film pour les comics, Lucasfilm possédait le copyright. Ce n’était pas un problème de racheter le film à Marvel.

JOZIC: En ayant travaillé pour les deux compagnies sur la même franchise, comment compareriez-vous les deux expériences ?

STRADLEY: Je ne peux parler que de ce qui me concerne, mais je trouve bien plus facile de travailler pour moi-même que pour mon vieil éditeur chez Marvel.

Sérieusement, je ne pense pas que mon expérience d’un numéro chez Marvel soit une bonne base pour ce genre de comparaison.

JOZIC: Que considérez-vous comme la partie la plus cool de votre boulot ? Qu'est-ce que ça vous a apporté jusqu’ici ?

STRADLEY: Vous savez, ça doit être les femmes. Les filles craquent tout de suite quand vous leur lancez "Hé, poupée, ça te dirait d'être dans un comic?"... enfin bon, je rêve un peu là !

La partie la plus cool sur Star Wars est d’avoir accès aux histoires des films avant le reste du monde.

JOZIC: Et à l’inverse, quelle est le partie la plus dure de votre travail ?

STRADLEY: Avoir accès aux histoires des films avant le reste du monde et ne pas avoir le droit d’en parler !

JOZIC: Est-ce que dans le métier vous visionnez les films avant le grand public, ou avez-vous juste accès aux scripts ?

GeonosisSTRADLEY: On a vu les films à peu près une semaine avant le reste du monde, pas vraiment suffisant pour modifier notre travail dans les comics.

Mais, comme je l’ai dit, on voit les scripts bien avant, puis on a tous les tirages photos dès qu’ils sont disponibles. Une des choses difficiles dans la création des adaptations de films en comics, c’est d’obtenir le matériel suffisamment tôt pour permettre aux dessinateurs de l’incorporer dans leurs réalisations. Une grande partie des décors, et même certains personnages, sont des effets spéciaux. Les visuels n’existent même pas à la date à laquelle les comics doivent être terminés ! Je suppose que si vous deviez remercier Jan Duursema pour quelque chose - et elle mérite beaucoup de remerciements - ça serait pour son habilité à extrapoler de ce qu’elle sait, avec intuition, de l’univers Star Wars et de la transformer en un visuel qui fonctionne, même si ce n’est pas exactement les images du film.

JOZIC: Vous assurez une présence on-line régulière, ce qui est plutôt cool pour quelqu’un d’aussi occupé que vous. Est ce difficile de le faire aussi régulièrement ?

STRADLEY: Je suis plutôt cool, n’est ce pas ?

Je passe de bons moments avec les gars du forum. Certains me rendent dingues parfois, mais je suis sûr que c’est réciproque. Je pense que c’est une solide relation faite de concessions réciproques, mais vous devrez leur demander ce qu’ils en pensent !

JOZIC: Quel genre de produits dérivés Star Wars ornent votre espace de travail ?

STRADLEY: Mis à part les étagères de livres de références, rien. La majorité de mes jouets – pour l’essentiel des Godzilla et des dinosaures – sont à la maison. J'aimerais exposer quelques-unes des maquettes mais je n’en ai pas eu le temps, ou l’espace, depuis que j’ai repris Star Wars.

A la maison, j’ai des modèles que j’ai customisés moi-même représentant certains vaisseaux de Crimson Empire II – le vaisseau de Grappa et les chasseurs D’Astan – ainsi que le modèle modifié et renforcé d’X-Wing de Kir Kanos. C’est un de mes dadas de me dire que je possède les seuls exemplaires de certains vaisseaux de l’univers Star Wars.

JOZIC: Quel est votre film favori de Star Wars ? Pourquoi ?

STRADLEY: L’Empire Contre-Attaque. A mon sens, c’est celui qui apporte le plus. Durant le film, les personnages vivent des évènements qui les affectent vraiment. En plus, on a les Imperial Walkers, Luke qui apprend à se servir de la Force, Yoda, Boba Fett, de bonnes batailles spatiales, etc. Mon seul regret est qu’il n’y ait pas de vrai fin, mais c’est juste moi et ma folle obsession pour les fins bien tranchées.

JOZIC: Jusqu’à récemment, vous publiiez essentiellement des histoires se passant après la chute de l’Empire. Avez-vous des trucs de prévu pour y revenir et reprendre des histoires du Nouvel Ordre Jedi ou des choses comme ça ?

JabiimSTRADLEY: C’est une période que les fans réclament beaucoup, mais je n’ai rien de prévu pour l’instant. Je ne dis pas qu’on ira jamais, mais pour l’instant on a rien. Aujourd’hui, il y a beaucoup à faire avec la Guerre des Clones et la période prélogique, et en apprenant plus de choses sur cette période, on a des idées qui jaillissent pour des histoires dans le contexte de la Trilogie.

Il y a tellement de choses qu’un éditeur peut faire, vous savez…

JOZIC: Pour finir, si vous pouviez donner sa propre série à un personnage de Star Wars, ça serait qui ? Qui pourrait tenir une série régulière ?

STRADLEY: Mon rêve serait de voir les aventures d’Obi-Wan après l’Episode III. Je ne peux pas croire qu’il se soit installé dans une grotte pendant 17 ans, attendant que Luke grandisse. Ca serait cool de montrer comment Obi passe du Jedi sérieux, et un peu retenu, des épisodes I et II, à l’homme sage, le mec sûr de lui, d’Un Nouvel Espoir. Je suis sûr qu’il a dû avoir de bons moments, et pas mal d’aventures où il a dû survivre par ses seuls talents sans dévoiler qu’il était un Jedi.
Parution : 18/11/2004
Source : www.silverbulletcomicbooks.com
Validé par : Booster
Section : Littérature > Comics
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