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CAPITALE FATALE T3 - Némésis + Making-Of [INTÉGRALE PDF]

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Quel est votre duo préféré dans Capitale Fatale ?

Jinta Baskos / Drivian Jexter
2
50%
L'Oracle / Abandon
0
Aucun vote
Iggvar Kurkins / Kiro Bozaka
1
25%
Ghastas Bo'phat / KC-K8
1
25%
Pol Untolio Calzegg'r / Gurwick (prochainement dans le chapitre 2)
0
Aucun vote
 
Nombre total de votes : 4

Messagepar Boldard » Sam 11 Déc 2021 - 16:59   Sujet: CAPITALE FATALE T3 - Némésis + Making-Of [INTÉGRALE PDF]

Attention : Cette histoire peut choquer et n’est pas destinée à un jeune public.


/!\ ATTENTION /!\
Ceci est la Partie 3 de la série.

Si vous n'avez pas lu les parties précédentes, cliquez sur les liens ci-dessous :

[Partie 1]

[Partie 2]


Image


Capitale Fatale

Partie III

|

— NÉMÉSIS —

|


Univers : CANON

AN -13


Ce récit fait suite à la nouvelle Les Âmes Perdues, qui fait suite à la nouvelle Profondeurs Interdites.



Image


—> [INTÉGRALE PDF] <—



Préface


Les adieux sont souvent difficiles. J'ai dû, moi aussi, me faire à l'idée de laisser derrière moi cette histoire que j'ai mis plus de deux ans de ma vie à écrire. Deux ans, c'est une période suffisante pour tisser des liens, vivre de nouvelles expériences, apprendre de nouvelles choses. On prend des habitudes, on en perd d'autres.
J'ai pris l'habitude d'écrire régulièrement, habitude que je n'avais pas avant. Je me suis, par la force des choses, attaché à ce récit et à ses personnages. Mais sa fin, même repoussée, devait bien finir par arriver. Car toute bonne histoire possède un début, un milieu et une fin.
Je n'imaginais pas faire 3 tomes de cette histoire, au début. J'ai écrit le premier tome pour voir si j'en étais capable, en essayant d'arriver le plus vite possible à une conclusion satisfaisante. Je me disais "Mieux vaut publier un récit condensé mais intense, que ne jamais le publier". Le tome 1 était sensé se suffire à lui-même, et quiconque le lirait pourrait s'en tenir là en ayant lu un récit complet. Mais le tome 1 terminé, j'avais déjà plusieurs bonnes idées pour une suite, et le fait de boucler le tome 1 (ainsi que tous les retours positifs que j’ai eu sur celui-ci) m'ont donné la confiance nécessaire pour continuer d'écrire. Après tout, si j’avais réussi à écrit un tome, je pouvais bien en écrire un deuxième. Et si ça plaisait aux gens, c’est que j’avais trouvé un domaine dans lequel j’étais doué. La mise en ligne hebdomadaire des chapitres s'est passée à merveille, et fut chaque fois reçue avec enthousiasme par de nombreuses personnes. Mais le tome 2, à moins qu'il fût significativement plus long, n'était pas suffisant pour conclure une histoire qui allait prendre bien plus d’ampleur que le premier tome. Je me suis dit qu’il valait mieux garder un format "nouvelle", aussi bien pour moi car c’est le format avec lequel je suis le plus à l’aise, que pour rester accessible aux lecteurs occasionnels ou n’ayant pas beaucoup de temps à y consacrer. C'est ainsi que l'idée d'un tome 3 s’est peu à peu imposée.

Comme je l’ai dit, écrire cette histoire va certainement me manquer. Fatalement, chacun de ces personnages occupe maintenant une place spécifique dans mon imaginaire et dans mon cœur, comme des amis que j’aurais suivi durant leur voyage, partageant leurs peines et leurs joies. Mais je suis content d’être arrivé au bout de ce voyage, car mieux vaut lui donner une bonne conclusion que ne jamais le faire. D'une certaine façon, ces personnages vivront au travers de cette histoire, immortalisés dans le temps. Peut-être que quand je ne serai plus là, ils seront la dernière trace de mon passage en ce monde. J'espère que la personne qui lira cette histoire en 2099 y trouvera autant son compte que celui qui l'a découverte en 2022. J'espère que les artistes de tout âge et de tous horizons redoubleront de créativité et continueront d'écrire des histoires dans cet univers fantastique qu’est Star Wars, cet univers de rêves et de légendes aux possibilités infinies.

Ceci étant dit, je vous laisse à la lecture de la troisième et dernière partie de ce qui aura été je l'espère, pour vous comme pour moi, un voyage unique et inoubliable.

-Boldard



Sommaire :

Chapitre 1 - L'Arme
Chapitre 2 - Le revers des choses
Chapitre 3 - Abominable
Interlude - Paradoxe fatal
Chapitre 4 - Dilemme et tentation
Chapitre 5 - Le départ
Chapitre 6 - La Porte
Chapitre 7 - Gloire et déchéance
Chapitre 8 - Tonnerre sur les Abysses
Chapitre 9 - L'Antre de la Folie
Chapitre 10 - L'essence du Mal
Chapitre 11 - Lueur sur les ténèbres
Chapitre 12 - Retour à l'envoyeur
Chapitre 13 - Échec et Mat



Bonus - Making-of :

1 - En coulisses
2 - Résumé + Commentaires de l'auteur
3 - Encyclopédie visuelle
4 - Thématiques





Fan-Fic terminée





Modifié en dernier par Boldard le Sam 24 Fév 2024 - 15:55, modifié 35 fois.
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Messagepar Boldard » Sam 11 Déc 2021 - 18:46   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 [FINAL] - Némésis

:ange: ÉDITO :ange:


Salut à tous ! :hello:

J'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre :transpire:


En tout cas, c'est un plaisir de vous retrouver pour la sortie de cette troisième et dernière partie de Capitale Fatale, qui a sans aucun doute été mon projet le plus ambitieux de ces dernières années :oui:

J'espère que ce dernier tome saura vous tenir en halène, vous réservera plus d'une surprise, et ravira le fan de SW qui est en vous :sournois:

À l'horizon, plusieurs références à des œuvres cultes et à l'univers Star Wars, des nouveaux persos, lieux et pouvoirs inédits, la conclusion de l'arc narratif de Jinta Baskos, de l'Oracle, et de bien d'autres personnages laissés en suspens !

Et en bonus, des illustrations et des compléments musicaux dont vous ne reviendrez pas :lol:

Mais vraiment cette fois-ci écoutez au moins une fois les compléments musicaux, je vous ai déniché des morceaux hors du commun pour le grand final :jap:


J'ai opté pour une parution plus lente histoire de laisser le temps à tout le monde de lire à son rythme, mais aussi de faire durer un peu plus le suspense et d'avoir davantage de temps pour perfectionner chaque chapitre avant de le poster. (il y a aussi le fait que les chapitres sont un peu plus longs en moyenne que ceux des deux premières parties, même si ça ne concerne pas tous les chapitres, mais vous verrez bien :wink:)


Sur ce, à très bientôt le 25 décembre pour le premier chapitre !


PS : N'hésitez pas à participer au sondage en haut du topic pour voter pour votre duo préféré ! (vous pouvez sélectionner jusqu'à 2 options)
L'un des duos ne fera pas son apparition avant le chapitre 2, alors je vous conseillerais d'attendre avant de faire votre choix :lol:
Modifié en dernier par Boldard le Sam 11 Déc 2021 - 22:47, modifié 1 fois.
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Messagepar L2-D2 » Sam 11 Déc 2021 - 19:53   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Ah ! La conclusion de ta trilogie en trois récits ! :D

J'ai hâte de lire ça ! En plus, le premier Chapitre est prévu pour le 25, ce sera un joli cadeau de Noël ça.

Et promis, j'écouterai les compléments musicaux ce coup-ci !

Bon courage, et au 25 ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar GTZL1 » Sam 11 Déc 2021 - 21:01   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

L2-D2 a écrit:J'ai hâte de lire ça !

Moi aussi moi aussi :cute:
"You're not fighting me. You're fighting yourself... and losing."

Crédit avatar: lornaka
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Messagepar Den » Lun 13 Déc 2021 - 18:50   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Pour l'instant, je suis encore malade, mais sache que je n'oublie pas ta fic!

Je suis ravi de voir que tu vas commencer à nous poster la dernière partie de l'histoire! :)

Un conclusion qui risque fort d'en surprendre plus d'un, j'en suis sûr!

Bonne continuation, l'ami!
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Messagepar Boldard » Sam 18 Déc 2021 - 14:47   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

L2-D2 a écrit:Ah ! La conclusion de ta trilogie en trois récits ! :D

Den a écrit:Je suis ravi de voir que tu vas commencer à nous poster la dernière partie de l'histoire! :)


Il était temps :sournois:


L2-D2 a écrit:J'ai hâte de lire ça ! En plus, le premier Chapitre est prévu pour le 25, ce sera un joli cadeau de Noël ça.


J'ai dû accélérer l'écriture pour coller à cette date, vous pourrez pas dire que je ne fais aucun effort pour vous :lol:


Den a écrit:Une conclusion qui risque fort d'en surprendre plus d'un, j'en suis sûr!


:sournois: :sournois: :sournois:


Den a écrit:Pour l'instant, je suis encore malade, mais sache que je n'oublie pas ta fic!


C'est super gentil, bon rétablissement à toi :jap:


L2-D2 a écrit:Et promis, j'écouterai les compléments musicaux ce coup-ci !

Image


Den a écrit:Bonne continuation, l'ami!

L2-D2 a écrit:Bon courage, et au 25 ! :oui:


Merci merci, votre soutien me va droit au cœur :lol:
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Messagepar Boldard » Sam 25 Déc 2021 - 1:00   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Image
[Sommaire]
Chapitre 1 – L'Arme


Tous les regards dans la pièce étaient braqués sur la mystérieuse jeune femme aux cheveux noirs qui était assoupie, étendue sur la banquette au fond de la cabane décrépite où la troupe hétéroclite s’était réunie. Son teint était étrangement pâle, et son visage, à demi couvert par un masque d’assistance respiratoire, semblait troublé, tiraillé par un sommeil sans repos.
— On est sensés savoir qui c’est ? demanda Ghastas Bo’phat, quelque peu gêné.
— Pas pour l’instant, répondit pensivement Baff’ud Ondramada, le doyen mutant et âgé de la tribu souterraine des Karabbatchi. Mais nous le saurons bientôt, assurément. Pour tout vous dire, nos éclaireurs l’ont trouvée dans une rue aux alentours de Quabaltatch, non loin du lieu où s’est écrasé un appareil ce matin même. Si nous ne l’avions pas secourue, elle serait morte à l’heure qu’il est. J’ignore qui elle est, mais le pendentif qu’elle porte autour du cou… (il s’avança et souleva l’amulette taillée dans un éclat de métal qui reposait sur sa poitrine) …Je sais d’où vient cet objet. Il y a de nombreuses générations, mon ancêtre l’a donné à un Jedi en gage de remerciement pour avoir sauvé la vie d’un des nôtres. C’est depuis ce jour que nous avons décidé de rompre la loi dictant que nul habitant d’en haut ne peut entrer dans nos murs. Cette loi a toujours effet, naturellement, pour les étrangers dont nous ignorons les intentions. Mais il m’appartient aussi de juger lorsqu’il est préférable d’y faire exception.
— Je ne vois pas trop où vous voulez en venir, fit Iggvar Kurkins, l’air confus derrière son épais masque en duracier et en plastoïde composite. En quoi cette… étrangère, que vous ne connaissez pas vraiment et qui est dans le coma depuis que vous l’avez trouvée, nous serait aussi indispensable que vous le dites ?
— En vérité, mon garçon, reprit le mutant sénile, je suis certain que cette fille est la clé de notre salut. Sa venue, tout comme la vôtre, m’a été prédite par mes visions lors des rituels chamaniques que mon peuple pratique depuis l’aube des temps. Et le fait que vous soyez tous là aujourd’hui, alors que nous n’avons eu aucun visiteur depuis des années… Il n’y a jamais de hasard avec la Force.
— Laissez-moi deviner, se risqua Kiro Bozaka après avoir longuement observé la dormeuse, comme pour tenter d’y déceler une quelconque particularité ou anormalité. Vous pensez que c’est une Jedi ?
— Ça, je l’ignore. Mais la Force est puissante en elle. Bien plus qu’elle ne l’est en moi ou en quiconque ici présent. Si l’étendue de son pouvoir reste à déterminer, son potentiel, lui, est sans pareil.
— Formidable, lâcha Ghastas sur un ton blasé. Mais admettons qu’elle se réveille jamais ? Ou que pour X ou Y raison, elle refuse de nous aider ? Dis-moi que t’as un plan B, Baff. On peut pas tout miser sur une seule personne.
— Et c’est justement pour ça que vous, vous êtes là. Sans elle vous échouerez, mais sans vous elle ne réussira pas non plus. Les visions ne laissent aucun doute à ce sujet. Aie vonfiance, Ghastas.
Le visage luciférien de l’humanoïde se congestionna à la pensée d’un souvenir douloureux.
— Oh, pitié. La dernière fois que j’ai fait confiance à un étranger, j’ai été arraché à ma famille et revendu comme esclave à un cirque itinérant. Alors me parle pas de confiance, Baff. Pas de ça avec moi.
— Je ne te demande pas de lui faire confiance à elle. Mais moi, tu peux me faire confiance. Et rappelle-toi ce que je t’ai enseigné. Ne laisse pas les griefs du passé assombrir ton jugement présent. Cette femme sera de notre côté, car tel est son destin. Elle a traversé beaucoup d’épreuves pour arriver ici, plus que vous ne l’imaginez. Alors je vous demanderai, à minima, de faire preuve d’humilité et de respect.
— Tant qu’elle nous aide à tuer la sorcière… À ce propos, reprit le Dévaronien aux cornes rugueuses, c’est toi le connaisseur. Comment on s’y prend, pour tuer une sorcière droïde immortelle ? C’est pas tout d’avoir la Force, mais ça nous garantit pas la victoire.
— Pour la méthode, hum ? J’ai peut-être quelque chose qui devrait faire l’affaire. Suivez-moi, je vais vous montrer.
Tout en parlant, le vieillard se dirigea vers la sortie de la hutte, suivi de près par ses hôtes. Il les emmena à l’autre bout du village, où siégeait un antique mausolée de pierre gardé par deux mutants armés de lances blaster. En entrant dans le monument, ils aperçurent un autel où trônait une épée en métal noir étincelante, dont la lame droite était agrémentée de six pointes latérales recourbées vers l’avant.
— La lame de Kor-Kazek, déclara Ondramada d’un air solennel. Héritée de mes ancêtres, son origine remonte à l’ère des premiers colons de cette planète. Kor-Kazek, un puissant utilisateur de la Force, en a fait don à notre peuple avant de mourir. Elle a le pouvoir d’anéantir pour toujours l’âme de celui qu’elle frappe. Le secret de sa fabrication demeure un mystère, mais elle est intrinsèquement liée à la Force. Nous nous interdisons de l’utiliser contre quiconque en temps normal. Mais contre l’Oracle, cet être torturé… L’annihilation ne serait que miséricorde.
— Ça, c’est ce que j’aime entendre, se réjouit Bo’phat en prenant l’arme à pleines mains. Enfin on passe aux choses sérieuses. J’en connais une qui va bientôt regretter de s’en être pris à plus faible qu’elle...
— Mais attention, ajouta le doyen en agitant l’un de ses bras tentaculaires. Le réel pouvoir de cette arme ne se révèle qu’entre les mains d’un utilisateur de la Force assez puissant pour la manier. De plus, c’est une arme à double tranchant. Car quiconque détruit sciemment l’âme de quelqu’un doit le payer de sa vie, sans quoi la balance de la Force serait déséquilibrée. Celui qui en vient à utiliser cette arme... doit renoncer à sa propre existence.
— Ah, se ravisa le Dévaronien en reposant lentement l’épée sur son support. Là, ça corse les choses. À moins que je n’aie loupé un épisode, aucun de vous ici ne maîtrise la Force ? demanda-t-il en dévisageant tour à tour Iggvar, Kiro, Monok, Ondramada et KC-K8. Personne se serait découvert des talents cachés dont il aurait omis de nous informer ?
Les autres demeurèrent silencieux.
— Non, lui confirma le mutant, aucun de nous. J’ai beau être à l'écoute de la Force, je n'ai jamais eu le don de m'en servir. Seule celle qui dort en serait capable. Mais c’est un sacrifice qu’elle seule peut choisir de faire.
— Alors on est pas dans le poodoo...
Wadak’klinko, od’Ondramada ! s’écria soudain un jeune mutant qui venait d’accourir à l’entrée du mausolée. Tchervoniusk ab’aous, udindi maffal’tenka !
L’expression de Baff’ud et de Ghastas se raidit.
— Qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qu’il a dit ? s’enquit Iggvar, mal à l’aise.
— La colonie est attaquée, répondit Ondramada d’un air grave. L’ennemi nous a trouvé.


*


Devant l’entrée fortifiée de Quabaltatch, au milieu des ruines et des ossements desséchés, se tenait là une unique silhouette sombre, tel un revenant surgi de la brume. Il était grand, mince et solidement bâti, et ressemblait presque à un humain si on excluait sa taille de géant et sa tête en métal prismatique à la géométrie improbable. En lieu et place d’une main, son bras droit se terminait par ce qui ressemblait à un lourd canon laser rotatif, et il se tenait sans bouger dans une immobilité inquiétante.
À l’intérieur de la colonie, l’alerte était donnée. Non pas dans la panique, mais plutôt dans ce qu’on pourrait appeler une intelligence collective calme et instinctive. Les enfants qui jouaient dans la rue retournaient auprès de leurs parents, les marchands, fumeurs, tisserands et joueurs de Sabacc cessaient leurs activités, et tous ceux qui le pouvaient prenaient les armes et se dirigeaient vers l’entrée pour se préparer au combat imminent. La frénésie générale, et l’esprit de groupe à l’œuvre, pouvaient rappeler ceux d’une ruche dans laquelle menaçait de s’immiscer un animal étranger. Chacun d’entre eux avait son rôle à jouer, profondément encré dans ses gènes et sa culture : survivre, et protéger. Au poste de garde, le chef mutant et sa modeste délégation s’étaient regroupés devant l’écran de surveillance principal, transmettant l’image de la sinistre figure qui venait de faire apparition.
— C’est Abandon, frémit Monok sous ses bajoues porcines. C’est après moi qu’il en a. Il veut me tuer.
— Personne va te tuer, demi-portion, le rassura Bo’phat. Pas si j’ai mon mot à dire.
Mais l’Ugnaught ne sembla guère rassuré par ces paroles.
Soudain, toutes les lumières clignotèrent simultanément, ainsi que les écrans qui se brouillèrent un court instant. Ils allaient bientôt comprendre que cela était directement causé par l’intrus, qui venait de prendre le contrôle à distance du système électrique de Quabaltatch. Tous les microphones fonctionnels s’allumèrent, et sa voix sifflante et monocorde résonna dans toute la colonie.

Vous savez pourquoi je suis ici. Vous avez quelque chose qui m’appartient. Rendez-le moi, et personne ne sera tué. Écoutez la voix de la raison. L’Oracle sait se montrer magnanime envers ceux qui coopèrent.

— Il ment, avertit Monok. Il n’y a pas de négociation possible avec les gens de son espèce. Si vous montrez la moindre faiblesse, il s’en servira contre vous.
— L’enflure… fulmina Iggvar. Il ose venir négocier la paix, après ce qu’il a fait à Karzgard ? Ne croyez pas un traître mot de ce qu’il raconte. Ce type a plus sang sur les mains qu’un bataillon impérial.
— Pas de précipitation ni de jugement hâtif, dit calmement Ondramada. Il est de mon devoir de privilégier la paix. Le sang ne sera pas versé à moins que ce ne soit inévitable. S’il y a une issue non violente à cette situation, nous nous devons au moins de la considérer.
— Perdez pas trop vot’ temps en considérations, papy. Moi, je reste pas là les bras croisés.
— Et qu’est-ce que tu comptes faire ? s’enquit Kiro.
— Si je te le dis, tu ne voudras pas que je le fasse, trancha-t-il avant de partir en courant.
Ghastas secoua la tête.
— Je crois que le gamin va faire une connerie...
— Eh bien laissez-le faire, fit le mutant. S’il suit sa destinée, nul ne peut s’y opposer. S’il agit contre... il en payera le prix.


*


Face à l’absence de réaction des Karabbatchi, le cyborg commença lentement à avancer vers la porte blindée. Une sommation fut prononcée, mais il l’ignora. Alors un tir jaillit d’une des meurtrières. Suivi d’une douzaine d’autres. Aucun ne manqua sa cible, mais tous ricochèrent sur son armure pour venir s’écraser sur le sol ou sur les murs environnants. Abandon se figea, et leva la tête vers les fortifications avec une lenteur menaçante.
— Vos armes primitives ne peuvent rien contre moi. Coopérez, ou vous mourrez.
Encore une fois, il n’y eut pas de réponse. Après un court instant, il sentit alors quelque chose venir dans sa direction à vive allure. Dans les hauteurs de la muraille métallique, une trappe s’ouvrit et une motojet en jaillit. Son pilote, un jeune humain au regard plein de rage, lui fonçait droit dessus. À cette vitesse, Abandon n’aurait pas le temps de l’abattre avec son canon avant que l’appareil ne s’écrase sur lui. Usant de la Force, il dévia la trajectoire du véhicule pour l’envoyer sur le bas-côté. Mais le jeune homme se jeta hors du véhicule au même moment, effectuant une roulade au sol pour arriver à ses pieds.
— Et qu’est-ce que tu croyais faire, avorton ?
Alors Iggvar se déplia pour révéler l’épée qu’il tenait contre sa poitrine, et la brandit au-dessus de lui pour trancher le cyborg en deux au niveau de l’entre-jambe. La lame noire, bourdonnant d’énergie obscure, passa au travers de l’armure comme dans du beurre, et les entrailles violacées de l’alien se déversèrent sur la chaussée. Iggvar se releva sur ses pieds, les membres douloureux, alors que son ennemi tombait à quatre pattes. Ce dernier tendit la main vers le garçon, tentant de l’étrangler, mais il était déjà trop faible ; il ne réussit qu’à lui arracher un bref toussotement.
— Mais quelle est donc cette arme abominable ? Fulmina Abandon à travers son vocabulateur électronique. Mon pouvoir… Il se meurt...
— T’aurais jamais dû t’en prendre à Karzgard, salopard. Je pardonne généralement à ceux qui s’en prennent à moi. Mais mon peuple ? J’entends leurs voix dans ma tête depuis qu’ils sont morts. Les Pyrakki ne pardonnent pas facilement. Il est temps de rendre les comptes.
Sur ces mots, il leva l’épée et l’abattit pour trancher la tête métallique d’Abandon, qui tomba avec un bruit sourd dans la poussière.
Mais, se produisit alors un étrange phénomène. Du cou tranché de l’humanoïde surgit une épaisse fumée noire, qui s’éleva et prit la forme d’une créature ailée aux yeux ardents. Le chose le dévisagea un instant, brûlant de haine, avant de pousser un hurlement torturé et de s’envoler au loin.
Iggvar, incrédule, l’épée ensanglantée encore en mains, regarda le spectre s’éloigner et disparaître. Jusqu’alors, il n’avait jamais cru à l’existence des fantômes, des esprits ou de quelconque entité surnaturelle. Mais face à l’évidence, il dût se résoudre à l’idée que l’univers comportât des phénomènes que la raison seule ne pouvait expliquer. Il se sentit faiblir, comme drainé de son énergie. Il venait de faire quelque chose dont il n’aurait pas pensé être capable, mais son acte n’allait pas être sans conséquence. Sa vision se brouilla, et le temps qu’il cligne des yeux, il s’était déjà effondré par terre sans même s’en rendre compte. Alors que le décor avait basculé de 90 degrés, il vit la porte des barricades s’ouvrir et des formes floues se diriger dans sa direction, tandis que sa perception du monde devenait de plus en plus ténue et lointaine.


Image

(à écouter de préférence après la lecture)

Chapitre suivant >>
Modifié en dernier par Boldard le Sam 08 Jan 2022 - 2:11, modifié 2 fois.
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Messagepar mat-vador » Sam 25 Déc 2021 - 22:40   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Lu !!!

Igg s'est donc sacrifié pour en finir avec Abandon !! Je ne pensais pas que son sort serait réglé aussi vite :shock: :shock: !! Je ne sais pas ce que réservent les chapitres suivants, mais ça démarre sur les chapeaux de roue :wink: !

La suite :oui: :oui: !!
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Messagepar GTZL1 » Dim 26 Déc 2021 - 13:34   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

A voir sa forme, elle doit pas être très pratique cette épée :paf:
Et sinon, tu nous as fait là un bon cadeau de Noël ! C'est le tome final et l'écrémage de persos commence de la plus épique des manières :)

Plus qu'à attendre la suite !
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Messagepar Boldard » Dim 26 Déc 2021 - 15:09   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Merci pour vos retours ! :jap:

mat-vador a écrit:Iggs s'est donc sacrifié pour en finir avec Abandon !! Je ne pensais pas que son sort serait réglé aussi vite :shock: :shock: !!

On se souviendra de lui comme d'un héros... Ou pas :paf:

mat-vador a écrit:Je ne sais pas ce que réservent les chapitres suivants, mais ça démarre sur les chapeaux de roue :wink: !

:sournois: :sournois: :sournois:

GTZL1 a écrit:A voir sa forme, elle doit pas être très pratique cette épée :paf:

J'ai appliqué l'expression "à double tranchant" dans tous les sens du terme :lol:

J'ai fait exprès de lui donner un aspect déroutant, peu engageant et peu ergonomique, pour montrer que ce n'est pas un objet anodin et qu'il faut un talent exceptionnel ou une connexion particulière avec la Force pour la manier correctement :sournois: (mais tout ça sera plus amplement expliqué dans le prochain chapitre)

GTZL1 a écrit:Et sinon, tu nous as fait là un bon cadeau de Noël !

N'hésite pas à passer voir l'adaptation comics en cours si ce n'est pas encore fait, tu n'es pas au bout de tes surprises :jap:
Modifié en dernier par Boldard le Sam 29 Jan 2022 - 13:24, modifié 1 fois.
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Messagepar L2-D2 » Jeu 06 Jan 2022 - 13:56   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Chapitre 1 lu !

Bon, j'admets qu'il m'a fallu un peu de temps pour resituer tout ça ! Mais une fois cet effort fait, quel régal de voir comment les choses s'enchaînent de façon claire et fluide ! Je trouve d'ailleurs que ton style s'est nettement amélioré, je ne sais pas si tu as davantage travaillé tes Chapitres ou non, mais ce troisième tome démarre de façon très intéressante !

Et Abadon qui donne l'impression d'avoir été vaincu aussi facilement... je ne l'avais pas vu venir, celle-là ! Du coup, j'en suis ravi !

Ah, et comme promis, j'ai écouté le complément musical, vraiment très approprié ! :jap:

Vivement la suite ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar Boldard » Jeu 06 Jan 2022 - 22:46   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

L2-D2 a écrit:Bon, j'admets qu'il m'a fallu un peu de temps pour resituer tout ça ! Mais une fois cet effort fait, quel régal de voir comment les choses s'enchaînent de façon claire et fluide !

Content que ça te plaise :lol:

Et oui c'est sûr qu'il vaut mieux avoir l'intrigue de la Partie 2 en tête pour se replonger dedans, c'est comme les séries faut suivre d'une saison à l'autre :x

L2-D2 a écrit:Je trouve d'ailleurs que ton style s'est nettement amélioré, je ne sais pas si tu as davantage travaillé tes Chapitres ou non, mais ce troisième tome démarre de façon très intéressante !

Alors s'il y a un truc qui a changé dans la façon dont je travaille mes chapitres, c'est que maintenant j'écris pas forcément les scènes dans l'ordre chronologique mais plutôt dans l'ordre où elles me viennent, et je prends soin de n'écrire que quand j'ai des choses intéressantes à dire. (d'ailleurs, il m'arrive souvent de rajouter des phrases, des répliques ou des paragraphes à des chapitres déjà écrits pour les enrichir, mais je ne vais jamais rajouter du texte juste pour faire du remplissage)
Le découpage des chapitres s'est fait au fur et à mesure, certains étaient plus longs ou plus courts que prévu et j'ai dû aviser en conséquence.

Globalement, j'écris beaucoup plus vite et j'ai beaucoup plus d'inspiration qu'au début du projet, mais je pense que c'est la pratique qui a fait que je me suis autant amélioré :oui: (avec l'inspiration et la motivation que j'avais pour la Partie 1, je n'aurais jamais pu écrire quelque chose d'aussi élaboré et fluide du premier coup, puis le fait de développer une intrigue pendant 2 ans ça permet de vraiment prendre du recul pour voir ce qui fonctionnera le mieux et ainsi "diriger" son inspiration)

Il y a sûrement aussi le fait que je me laisse un peu plus aller à mon imagination sans trop me soucier de tout respecter à la lettre ou que le texte sonne bien comme il faut, j'essaye d'être plus "naturel" dans ma façon d'écrire :neutre: (sans pour autant négliger le choix des mots et des tournures de phrases, que je retourne dans ma tête jusqu'à être satisfait du résultat, mais il y a un équilibre à trouver entre "trop se prendre la tête" et "pas assez se prendre la tête")

L2-D2 a écrit:Vivement la suite ! :oui:

Le chapitre 2 sera en ligne dès demain soir minuit.

J'espère qu'il sera à la hauteur du 1er :jap:
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Messagepar Boldard » Sam 08 Jan 2022 - 1:00   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

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Chapitre 2 – Le revers des choses


Coruscant, niveaux inférieurs.
Dans une ruelle sombre, quelque part...


Pol Untolio Calzegg’r était ce qu’on appelait communément un chasseur de primes. Et une prime, il venait justement d’en chasser une. Il aimait les jobs simples et sans bavure, et évitait généralement de poser trop de questions sur les missions qu’on lui donnait à accomplir. Mais lorsque c’était possible, il préférait au moins savoir pour quelle genre de personne il travaillait.
Épaulé de son fidèle ami Gurwick, un animal de compagnie semi-conscient de l’espèce des Guntar, Pol tenait menotté devant lui sa prise du jour, un humain adulte qui marchait en boitant et n’avait prononcé mot depuis qu’il l’avait capturé à la sortie d’un club malfamé du Niveau 1553. Son client, un proche-humain nommé Oracious Klumb, comptait parmi les individus les plus laids et détestables qu’il avait été donné à Pol de rencontrer. Celui-ci arborait un visage grossier, hardi, mû par une avidité non dissimulée, et le reste de son corps n’était guère plus flatteur. Mais son apparence extérieure n’était sans doute qu’un vague présage de la personnalité tordue qui se cachait derrière. Dans ses yeux brillait un regard malin et obscène, de celui des gens qui ne respectaient rien ni personne à moins d’y être forcés, mais qui ne se gênaient pas pour rire au dépens d’autrui dès qu’ils en avaient l’occasion.
— Harr, jou savé kou jou pouvé kounti sour toi ! s’exclama l’humanoïde corpulent en voyant Pol arriver dans sa direction.
Face à la laideur extrême du personnage, Gurwick se cacha les yeux avec ses pattes avant. Mais Oracious ne prêtait plus attention à Gurwick, ni même à Pol. Il s’affairait déjà à examiner le prisonnier de la tête aux pieds, comme pour estimer sa taille et son poids, puis l’attrapa par le bras comme une vulgaire poupée et pinça ses joues pour voir ses dents.
— Bién, tré bién… Il é parfé !
Sur ces mots, il le frappa violemment au ventre pour le faire plier en deux, et le poussa sans vergogne dans un des minuscules caissons de métal de son véhicule à répulsion avant de fermer le clapet avec une force excessive. Le prisonnier aurait facilement pu perdre ses doigts ou s’ouvrir le crâne dans le processus s’il avait eu le malheur de se trouver dans la mauvaise position, mais quelque chose disait à Pol que son geôlier n’en avait cure. Son regard se porta sur les autres caissons du même type attachés au flanc du vaisseau. En temps normal, ce type de caisse était utilisé pour transporter des denrées alimentaires. Mais s’il en croyait son instinct – et son instinct se trompait rarement – celles-ci contenaient sans aucun doute d’autres malheureux emprisonnés contre leur gré. Sans doute était-ce là un moyen de gagner de la place et d’éviter les regards indiscrets, mais Pol ne pouvait qu’imaginer le supplice d’être enfermé dans un espace aussi dur, froid et exigu.
— Qu’est-ce que vous allez faire d’eux ? s’enquit-il, presque malgré lui.
— Ohr, t’oun fé pas pour ça, fit le proche-humain avec un rire bruyant. Oracious va bién s’ouccouper d’eux.
— Si vous le dites... Vous avez ma prime ?
Oracious le dévisagea d’un air outré.
— Oune prime ? Kelle prime ??
Le petit Gurwick adressa à son maître un regard anxieux, mais ce dernier resta impassible.
— Har har, jé rigole ! éructa lourdement le geôlier en lui donnant une puissante tape sur l’épaule qui manqua de faire chavirer Gurwick de son emplacement. Vouala ta prime, grédou !
Il lui tendit une poignée de vieux crédits métalliques, recouverts d’une couche de graisse et d’une matière qui ressemblait plus ou moins à du sang séché. Pol les prit, non sans un air de dégoût derrière son masque inexpressif, et vit partir l’humanoïde bedonnant à bord de son skiff rapiécé qui semblait menacer de tomber en pièce à chaque turbulence.
Voyant que son maître n’était toujours pas reparti comme il avait coutume de le faire, le Guntar chétif le dévisagea d’un air interrogateur.
— Quelque chose ne tourne pas rond… On va le suivre, Gurwick. J’aime savoir pour quel genre de personne je travaille.
La créature opina du chef, et sortit une de ces phrases loufoques dont elle avait le secret.
Pique-nique-flip, niktavu jt’enflique !


*


Iggvar Kurkins se réveilla difficilement.
— Hhhngh… Où suis-je ? Je ne suis pas mort ?
— Il faut croire que non, répondit Baff’ud Ondramada.
— Les étoiles soient louées, fit Kiro, soulagée. Bon sang Iggs, mais qu’est-ce qui t’a pris ? Je n’en reviens toujours pas que t’aies fait ça… Est-ce que t’as perdu la tête ?
— Attendez… Ça s’est vraiment passé ? Je l’ai tué ? Tout est flou dans mes souvenirs… Comme si c’était un rêve.
— Pourtant crois-moi gamin, rétorqua Ghastas avec ironie, ce cauchemar-là est bien réel. Mais j’avoue que même moi, tu m’as épaté. Ceci dit, ta copine iridonienne a raison : ce que tu as fait était vraiment risqué et imprudent. Pour ne pas dire stupide. Tu sais que t’aurais pu te faire tuer en un claquement de doigt ? Et qu’est-ce que tu crois qu’il serait arrivé alors ? Que crois-tu qu’il nous resterait comme chance si l’ennemi avait mis la main sur cette arme-là ?
— Je… J’avoue que j’y ai pas réfléchi. Mais quelque chose me disait que je devais le faire. L’épée… C’est comme si elle m’appelait. Et quand je l’ai prise, j’ai eu l’impression de devenir invincible. Mais maintenant, je me sens faible…
— Tu as suivi l’appel du côté obscur, expliqua le vieillard mutant. La lame de Kor-Kazek puise dans la force vitale de son porteur, et exerce une influence sur ceux qui sont trop faibles pour y résister. C’est aussi pour cela que nous en protégeons l’accès et nous interdisons de l’utiliser en temps normal. Mais tu as préféré écouter tes pulsions, qui t’ont mené à faire ce que tu as fait.
— C’est vrai, répondit le jeune homme. J’aurais dû vous demander la permission. J’aurais pas dû foncer tête baissée. Mais bon... J’avais une vengeance à accomplir. Peu importe ce qui pouvait m’arriver, vous comprenez ? Je ne pouvais pas passer à côté de cette occasion.
— Je comprends tout à fait. Mais la vengeance n’est jamais la voie à suivre, l’avertit le doyen. Ce qui est fait est fait. Tu as vaincu un puissant adversaire, mais l’ennemi reviendra. Et bien plus puissant qu’avant. C’est pourquoi nous devons d’ores et déjà nous préparer à la riposte.
— Alors je vous aiderai à combattre l’Oracle. Même si je dois en mourir.
— Personne ne te demande de te sacrifier. Mais si tu le fais, pense aux conséquences. Ne sacrifie pas davantage que ce que tu peux te permettre.
Iggvar comprit ses paroles mais semblait encore confus, comme si quelque chose dans son esprit n’était toujours pas clair.
— Quand j’ai tué le Portemort, je ne suis pas sûr de ce que j’ai vu. Vous l’avez vu aussi, pas vrai ?
Le vieillard demeura silencieux quelques instants avant de lui répondre.
— Rares sont ceux à avoir vu de leurs propres yeux le réel pouvoir de la Force, répondit-il. Lorsque la lame de Kor-Kazek a pourfendu ton ennemi, elle ne disposait pas d’un afflux de Force suffisant pour détruire son âme – ce qui n’est pas étonnant, vu que tu n’as jamais appris à manier la Force. Ainsi, tu n’as pu déployer qu’une infime partie du pouvoir de cette arme. Toutefois, cela a été suffisant pour séparer l’âme de son corps. Tu n’as pas détruit son âme, mais seulement bannie de son enveloppe physique. La chose que tu as vue… (Baff’ud prit soudain un air grave et abattu) C’est ce que devient l’âme de ceux qui se sont totalement livrés au côté obscur.
— Je… J’avais pas idée que c’était réel. Je veux dire, la Force, la magie, tous ces trucs. Mais maintenant que je m’en rends compte… J’ai l’impression d’avoir vu quelque chose que je n’étais pas sensé voir.
— Et c’est tout naturel. Car ce que tu as vu n’était pas la manifestation la plus pure de la Force, bien au contraire. Vois-tu, il y a deux façons d’aborder la Force. La Force vitale, naturelle, la face éclairée de l’univers. Et il y a ce que certains appellent les profondeurs interdites. La plupart des êtres oscillent toute leur vie entre les deux. À l’heure de la mort, certains remontent à la surface et trouvent enfin la Lumière. D’autres… plongent dans les ténèbres de l’abysse sans fond. Pour ceux-là, aucun retour en arrière n’est possible. Seulement la souffrance et le tourment… Pour l’éternité.


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Messagepar mat-vador » Sam 08 Jan 2022 - 23:02   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Lu !

Bien flippant, le type qui trimballe d'autres types dans des caisses... il apporte la bouffe à l'Oracle :diable: ? Iggvar s'est réveillé de son coma, ouf il était pas mort !

La suite :sournois: !
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Messagepar GTZL1 » Dim 09 Jan 2022 - 15:31   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Comme dit Mat, ce transporteur de prisonniers pourrait être relié à l'Oracle... mais n'oublions pas non plus l'Impérial ultra-sadique du tome précédent, aux goûts de décoration... spéciaux.

Et sinon, j'adore comme tu parviens à faire matcher de la pure dark fantasy à l'univers SW "simplement" en faisant appel à la Force et aux concepts gravitant autour. Je ne suis d'habitude pas du tout client de drak fantasy, mais là je rentre parfaitement dans le truc.

Vivement la suite :oui:
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Messagepar L2-D2 » Lun 10 Jan 2022 - 14:20   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Chapitre 2 lu !

Ah, le voilà le lien avec le titre ! :sournois:

Première partie intrigante, avec un nouveau venu chasseur de primes qui a l'air d'avoir un semblant d'honneur. Nul doute que ce qu'il va voir va soit le pousser à agir, soit au contraire lui provoquer des bricoles... :siffle:

Et dans la deuxième partie, c'est avec soulagement que l'on découvre que finalement, Iggvar, n'est pas mort et n'a pas succombé à l'effet de la lame ! Hélas pour nos héros, cette bonne nouvelle est immédiatement amoindrie par le fait de découvrir que l'antagoniste vaincu n'est finalement pas si vaincu que ça. Il lui suffira de s'incarner à nouveau... tiens, Oracious Klumb serait-il lié à cela ? :think:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Boldard » Lun 10 Jan 2022 - 21:18   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Merci beaucoup pour vos retours ! :jap:


GTZL1 a écrit:Et sinon, j'adore comme tu parviens à faire matcher de la pure dark fantasy à l'univers SW "simplement" en faisant appel à la Force et aux concepts gravitant autour. Je ne suis d'habitude pas du tout client de drak fantasy, mais là je rentre parfaitement dans le truc.

Oui, je voulais revisiter le concept de la Force sous un aspect plus sombre, plus palpable, mais en respectant au maximum le matériau de base (je me suis par exemple inspiré de l'arc Mortis de TCW ou du voyage mystique de Yoda, qui montrent des manifestations plus concrètes de la Force)

L'idée d'une arme liée à la Force est (presque) originale, sachant qu'on trouve des sabres laser liés au pouvoir de son utilisateur dans Star Wars Visions (même si je n'avais pas vu Star Wars Visions à l'époque), et, il me semble, dans la série Lego Freemakers

Quant au spectre d'Abandon qui jaillit de son corps, on peut trouver une ressemblance avec le spectre de Dark Bane :oui: (même si globalement, j'ai pris pas mal de libertés pour faire ça "à ma sauce", partant du principe qu'il reste beaucoup de choses à découvrir sur la Force qui comporte plusieurs facette selon le "point de vue" qu'on prend :wink:)


L2-D2 a écrit:Ah, le voilà le lien avec le titre ! :sournois:

J'avais dès le départ pensé les "profondeurs interdites" comme étant une allégorie du côté obscur, et vu l'affinité de Baff'ud avec la Force ça me semblait une bonne occasion pour caser cette explication :oui:

Il y a également un lien avec le titre de ce tome caché dans la Partie 2 :jap:

De façon générale, les titres de chaque partie sont sensés avoir une signification plus globale dans l'histoire (et plus d'une signification, à vrai dire)



PS : J'ai mis à jour l'illustration du dernier chapitre de la Partie 2, afin d'y montrer une image de Baff'ud Ondramada.

Je ne sais pas si vous l'avez tous vue, alors au cas où, la voici :

Spoiler: Afficher
Image


N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez des illustrations également :jap: (si vous les trouvez moches, moyennes, belles, exceptionnelles... :paf:)
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Messagepar Boldard » Sam 22 Jan 2022 - 2:05   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

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Chapitre 3 – Abominable


— Trois jours ! Vociféra une voix féminine de mauvais augure. Trois jours de retard sur la livraison, et tu oses ramener ta sale face ici ? Si l'Oracle apprenait ça...
— Hérédith, ikoute ikoute ikoute. Ji ou... Des imprévous. Mé jou tou proumets kou si la dernière fois ! Promis jouré !
— Imbécile, tu avais déjà dit ça la dernière fois. Et la fois d'avant ! Tu as de la chance que je sois aussi indulgente... Voyons cette marchandise.
Trahissant une impatience fébrile, la harpie encapuchonnée se traîna hors de l'ombre pour venir auprès du véhicule. Elle ouvrit une des caisses au hasard et y jeta un regard dubitatif. D'un geste vif, elle plongea son bras dans le conteneur pour en sortir un membre humain en décomposition.
— C'est ça que tu appelles une marchandise fraîche ? s'emporta-t-elle en jetant le morceau de cadavre sur Oracious. Qu'est-ce qui n'était pas assez clair pour toi quand je t'ai dit qu'ils devaient être vivants ?
— Koi, vous én voulé pa ? Cé déjà mieux kou rién di tout…
— Bien sûr qu'on en veut. Certains de nos disciples n'ont pas mangé depuis une semaine, ça fera un truc à mettre dans la gamelle. Mais hors de question que je te paye cette course.
— Pitié Hérédith, jé dis onfonts à nourrir...
— Tes enfants sont morts, imbécile. Tu le sais très bien.
— Non, cé pas vré... C'est l'Ouracle qui les tién prisounniers. Ils sont là, dons la Crypte ! Je le sé ! S'il tou plé, véille à ce qu'ils é de quoi mongé !
— Pff, si ça peut t'aider de croire ça... Mais n'espère pas que je t'octroie une entrée dans la Crypte. Pas avec un travail aussi minable. Et ne remets pas les pieds ici à moins d'avoir de quoi te faire pardonner !
Le proche-humain, dépité, s'employa à vider les bacs à même le sol. Certains des prisonniers étaient encore agonisants, tordus par les blessures et la maladie, et il leur asséna des coups de bâton électrique pour les immobiliser. La mégère frappa deux fois dans ses mains, et des enfants rachitiques, sales et à peine vêtus, vinrent ramasser les corps.
Pol, effaré, ayant observé la scène avec attention, dit à Gurwick :
— Dank farrik, c'est pire que ce que je craignais. Des esclavagistes et des cannibales... Je savais bien que ce contrat était trop alléchant pour être honnête. Et dire que j'ai aidé à ça...
Triche-flip nul, berk berk !
— T'as bien raison, mon pote. Je pense que j'ai besoin de prendre des vacances. Chasseur de primes... Tu parles d'un métier. Chasseur d'emmerdes, oui.
— On ne bouge plus ! invectiva une voix juvénile derrière lui.
Pol se retourna et vit deux individus en haillons, un jeune humain et un humanoïde massif à la peau grise qui faisait deux fois sa taille.
Oubabaoutchouc ! s'écria Gurwick, paniqué.
— T'es un Proscrit ? demanda l'adolescent à Pol. Montre-moi ta marque.
— Comment ça, un proscrit ? Quelle marque ?
Le jeune homme lança un regard complice à son compagnon géant.
— Celui-là est pas comme les autres. Il va pouvoir nous aider, Mott.
— Vous aider à quoi ? Et vous êtes qui, d'abord ?
— Moi, c'est Magott. Et le troll, là, c'est Mott. Il parle pas notre langue, mais faut pas lui en vouloir. Tu vois ce qui vient de se passer sous tes yeux ? Bah ça arrive tous les jours, un peu partout dans les niveaux abandonnés. Aux endroits où personne regarde, pour que personne ne sache. Mais nous, on sait. Ces gens-là préparent quelque chose de terrible. Si on fait rien, des millions de gens vont mourir. Alors tu veux nous aider, oui ou non ?
Pol réfléchit.
— S'ils sont aussi puissants que tu le dis... On sera jamais de taille.
— Seuls, non. Mais t'en fais pas pour ça. On a un plan.


*


Alors que l’Oracle marchait dans les ténèbres de la Crypte, un spectre ailé aux yeux ardents vint à sa rencontre.
— Abandon… Tu as échoué. Te voilà bien puni.
— Pardonnez-moi, maîtresse… Mais notre ennemi dispose d’armes dont nous ignorions l’existence.
— Dont tu ignorais l’existence, nuança la prêtresse droïde. Ils l’appellent la lame de Kor-Kazek. Je savais qu’elle existait, mais son emplacement m’était inconnu… Jusqu’à maintenant.
— Vous saviez donc pour cette arme ? Pourquoi ne pas m’en avoir averti ?
— Car tu n’avais pas besoin de moi pour le savoir. Tu as manqué de prudence, voilà ce qui t’a perdu. Ton corps biologique te ralentissait, de toute façon. Cette arme t’en a libéré, afin que tu puisses accomplir ton destin.
— Aurai-je un nouveau corps, ou suis-je condamné à l’errance et au tourment ?
— En temps voulu, Abandon. En temps voulu.
L’Oracle et son acolyte spectral se rendirent dans les profondeurs de la Crypte, là où personne jamais ne se rendait. C’était là un lieu interdit même aux Proscrits : La chambre du Gorgoth. La sorcière s’arrêta au bord de la passerelle grinçante qui surplombait le vide. Là, dans l’ombre, le corps endormi d’un titan occupait un espace démesuré. Un archéologue aurait sans doute estimé sa datation à un million d’années, mais aucun archéologue ne s’était jamais aventuré jusqu’ici. Ou du moins, aucun n’en était reparti vivant. L’Oracle ouvrit ses canaux vocaux et fit résonner sa voix dans la grotte.
— Ô grand Gorgoth, roi défunt, gouverneur des Ombres sous les Ombres, et gardien de l’Abîme Éternelle. Accepte en gage d’offrande, le sang de ceux qui ont succombé à leur propre vanité.
Dans les vieilles canalisations qui descendaient des niveaux situés plus haut, se déversa le sang d’un millier de cadavres broyés entre les pinces d’immenses compacteurs à ordures. Certains de ces corps, encore frais, provenaient de Karzgard. D’autres, plus anciens, venaient de divers endroits de la planète, et pourrissaient là depuis des semaines. Tous avaient été amenés ici sur ordre de l’Oracle, et tués par sa main ou celle de ses sbires.
Le sang épais émettait des gargouillis dans les tuyaux rouillés, injecté à grand flots dans le corps rugueux du géant de métal. Soudain, les yeux du colosse s’illuminèrent d’une lueur fantomatique et dévisagèrent l’Oracle d’un air engourdi.
— Impressionnant, commenta Abandon. Vos talents n’ont de cesse de m’impressionner. J’aimerais être davantage comme vous.
L’Oracle se contenta de l’ignorer.
— Autrefois, reprit-elle à l’adresse du Gorgoth, tu étais le souverain de ce monde. Mais cette ère est révolue. Les êtres qui ont colonisé cette planète t’ont volé ton royaume, et t’ont réduit au silence. Mais par ma main, tu vis de nouveau. Ce qui fait de toi mon serviteur et mon esclave, jusqu’à la mort.
Le géant de métal fixa le vide, et émit un gargouillement grave et plaintif.
— Je sais que ta rage n’est plus celle qu’elle était autrefois. Ta volonté s’est étiolée sous le poids des années. Laisse-moi te redonner ta vigueur d’antan. Accepte en gage de sacrifice, l’âme de mon plus fidèle serviteur.
— Maîtresse ? s’inquiéta Abandon, confus. Vous n’allez pas…
— Tu m’as bien servi de ton vivant, le coupa l’Oracle de sa voix implacable. Mais tu étais faible, comme tous les autres. Réjouis-toi de pouvoir mourir en mon nom.
Sur ces mots, l’Oracle tendit les bras dans sa direction et utilisa la Force pour le pousser droit dans la gueule du monstre. Celui-ci ouvrit lentement la bouche, absorbant l’âme d’Abandon tel un trou noir, avant de la refermer et d’émettre un rôt crasseux. L’énergie ingérée fit trembloter tout le corps du géant de métal, et ses yeux pâles se teignirent d’une couleur rouge carmin. Sa mâchoire mima un grincement de dents, et ses bras massifs brisèrent les chaînes qui le retenaient pour venir s’abattre sur le sol rocheux en contrebas. Il s’avança, cassant les tuyaux reliés à l’arrière de son dos, renversant l’excès de sang qui restait à l’intérieur. La créature se redressa, leva la tête, et poussa un rugissement terrible qui secoua toute la caverne et aurait fait trembler les plus courageux. L’Oracle, qui se tenait devant lui, frémit d’excitation.
— Te voilà enfin… L’instrument de ma volonté. Celui qui mènera l’Extermination. Aujourd’hui, le grand Gorgoth est mort. Désormais, tous craindront la colère… du Bermogroggin.


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Messagepar L2-D2 » Dim 23 Jan 2022 - 21:35   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Chapitre 3 lu !

Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas écrié que "c'était passionnant !"... ben voilà, c'est fait ! :lol:

Essentiellement tout ce qui se déroule dans la deuxième partie du Chapitre, d'ailleurs. Non pas que la première partie avec la "livraison" soit inintéressante, mais alors la deuxième est superbement décrite, et ce qu'il s'y déroule est captivant pour le lecteur. Abandon est de retour pour mieux disparaître ! L'Oracle réveille une antique créature, qui ma rappelle un peu le concept des golems, tiens, et avec des sacrifices innombrables ! :shock:

Comment nos héros vont-ils survivre face à ce colosse ?

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Messagepar GTZL1 » Dim 23 Jan 2022 - 21:42   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

Encore des nouveaux persos... et ça ne pose pas de problème, tellement c'est prenant et bien exécuté. L'histoire n'oublie pas d'avancer pour autant et la gigantesque bataille finale se précise.

Quant à ce colosse... il risque de donner beaucoup de fil à retordre lors de cette bataille justement. D'ailleurs, je sais pas si j'ai mal compris, mais il me semble que sa nature précise n'est pas décrite : organique, mécanique, les deux ? Si c'est volontaire, je trouve ça très bien fait ici, car ce flou ne fait que rajouter au côté malsain, contre-nature qui se dégage de l'Oracle.

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Messagepar Boldard » Lun 24 Jan 2022 - 8:43   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 (FINAL) - Némésis

L2-D2 a écrit:L'Oracle réveille une antique créature, qui ma rappelle un peu le concept des golems, tiens

GTZL1 a écrit:Quant à ce colosse... il risque de donner beaucoup de fil à retordre lors de cette bataille justement. D'ailleurs, je sais pas si j'ai mal compris, mais il me semble que sa nature précise n'est pas décrite : organique, mécanique, les deux ?


Puisque vous vous posez la question de sa nature précise (et qu'il n'y aura pas plus d'explication à ce sujet dans le récit), je vais y répondre ici :

J'ai imaginé le Gorgoth comme appartenant à une espèce préhistorique de "golems" géants non-organiques mus par la Force elle-même.

Ils existaient bien avant l'arrivée des humains sur Coruscant, et les êtres de cette époque les considéraient comme des divinités. Mais comme le dit l'Oracle (qui en sait décidément plus que tout le monde), les premiers colons humains de Coruscant l'ont traqué et chassé, l'obligeant à se terrer dans les profondeurs de la planète, ce qui lui vaut son appellation de "roi déchu".

On peut aussi apparenter sa nature à celle du Bendu : Il prend la forme de son environnement :oui:
À une époque, il était en symbiose avec la nature... Mais par la force des choses, il est désormais en symbiose avec le duracier et le permabéton :transpire:
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Messagepar Boldard » Jeu 27 Jan 2022 - 10:08   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 - Némésis // Interlude exclusive le 2

// ANNONCE //

Salut ! :hello:

Juste une annonce de dernière minute pour vous dire que l'histoire vient de s'épaissir d'un paragraphe supplémentaire :D

Sachant que le paragraphe en question est sensé se dérouler entre les chapitres 3 et 4, et que le chapitre 4 est déjà assez long (ça doit même être le plus long de cette Partie 3), voilà comment ça va se traduire au niveau de la publication :

Un interlude spécial va sortir à mi-chemin entre les chapitres 3 et 4, c'est-à-dire le samedi 29 janvier 8-)

Merci de votre attention et à bientôt ! :jap:
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Messagepar Boldard » Sam 29 Jan 2022 - 1:00   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 - Némésis // Interlude

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Interlude - Paradoxe fatal


Jinta était dans le noir. Était-ce encore une simulation ? Non... C'était autre chose. Comme un rêve, ou plutôt... Une vision. Elle pouvait voir ses mains et son corps, mais il n'y avait rien d'autre autour d'elle. Son souffle glacé résonnait dans le vide. En relevant la tête, elle vit une créature qui se tenait là, qui l'observait. C'était l'Oracle.

— Enfin on se rencontre à nouveau, lui adressa Jinta. Sache que je n'aurai aucune pitié pour toi.

— Tu ne comprends donc pas qu'à chaque instant qui passe, tu deviens un peu plus à mon image ?

— Nous n'avons rien en commun, épouvantail de malheur !

— Oh, mais si. Bien plus que tu ne le crois.

Jinta hurla de rage et se jeta sur l'Oracle pour la frapper de son couteau. Mais quand la lame taillada le corps métallique de sa némésis, c'est Jinta qui poussa un cri de douleur. Elle regarda son bras ensanglanté, et constata avec effroi que sous sa chair, des câbles et des tuyaux couraient le long de ce qui était, fatalement et indéniablement, un squelette métallique.

L'Oracle dressa un doigt accusateur dans sa direction.

— Vois donc ce que tu es devenue. Ta conscience t'accuse ; tes peurs disent tout de toi. Voici, tu es devenue la chose même que tu redoutes. Ainsi donc, en voulant me condamner, tu t'es condamnée toi-même. Sois consumée par la honte et le désespoir.

Le sol s'effondra sous les pieds de Jinta, et elle tomba en chute libre dans le néant sans fin des profondeurs de la planète. Résonnant depuis ces profondeurs, elle pouvait entendre des rires sataniques qui lacéraient son âme tels des lames chauffées à blanc. Elle crut mourir, mais sa chute ne finissait jamais. Autour d'elle, dans l'obscurité, des voix étranges et familières résonnèrent.

— Tu devais nous sauver, Jinta... Qu'as-tu fait ?
— Tu étais l'Élu, c'était toi !
— Cet enfant n'apprendra donc jamais rien...
— Les ténèbres de son âme dépassent mes pires craintes.
— Tout ceci est déjà arrivé... et arrivera encore.
— Trouve la lumière...
— Il n'y a rien. Seulement les ténèbres.
— Il reste encore un espoir...
— Mensonges ! Ta chute ne connaîtra aucune limite.
— Abandonne, lâche prise !
— Quand tu seras là, tout au fond du gouffre, alors tu comprendras ta douleur.
— Ne reste pas esclave. Libère-toi !
— De l'échec naît l'apprentissage.
— Tu es indigne... Ne reviens jamais.
— Non Anakin, ne l'écoute pas !

Encore une fois, les pensées se bousculaient dans la tête de Jinta. Mais cette fois-ci, elle crut réellement perdre la raison. Elle n'arrivait plus à savoir si les voix qu'elle entendait étaient ses propres pensées, ou celles d'autres personnes.

Alors que sa notion du temps, de l'espace et de la réalité se brouillaient, elle vit une faible lueur au loin, la seule source de lumière qui restait dans ce monde de ténèbres. Pouvait-elle l'atteindre ? Pouvait-elle l'attraper ? En était-elle seulement capable ?

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Modifié en dernier par Boldard le Dim 06 Fév 2022 - 0:47, modifié 1 fois.
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Messagepar L2-D2 » Lun 31 Jan 2022 - 13:59   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 - Némésis // Interlude

Interlude lu !

Hiiiiii, qu'est-ce que c'est que ce gif ? :paf:

Un interlude bref mais intense. Avec des jolies répliques issues de la prélogie ! Je n'ai pas reconnu toutes les répliques, loin de là (y-en-a t-il de la postlogie ?) mais on ne peut pas nier que l'effet est très efficace ! Voilà donc un interlude qui joue parfaitement son rôle !

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Boldard » Lun 31 Jan 2022 - 22:52   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 - Némésis // Interlude

Merci pour ton retour L2, content que ça t'ait plu ! :jap:

L2-D2 a écrit:Hiiiiii, qu'est-ce que c'est que ce gif ? :paf:

Un effet de surprise :paf:

L2-D2 a écrit:Je n'ai pas reconnu toutes les répliques, loin de là (y-en-a t-il de la postlogie ?)

"Cet enfant n'apprendra donc jamais rien..."
C'est un écho à la réplique de Yoda dans SW5 :
"Je ne peux rien lui apprendre. Cet enfant n'a aucune patience."


"Les ténèbres de son âme dépassent mes pires craintes."
Celle-ci fait écho à celle de Luke dans SW8 :
"J'ai vu son côté obscur. Je l'ai senti grandir en lui. Il m'était apparu par instant pendant sa formation. Mais j'en ai mesuré la profondeur. Et ça dépassait tout ce que j'avais imaginé."


"Tout ceci est déjà arrivé... et arrivera encore."
Celle-ci est une réplique récurrente dans la série Battlestar Galactica, je la trouvais assez cool pour son côté "meta" :oui: (surtout quand on voit que la saga Star Wars est un éternel recommencement de l'affrontement entre le Bien et le Mal, qu'on en revient toujours à la même chose, ce qui a un côté poétique)

"Trouve la lumière"
Celle-ci vient des films Dinotopia, une des séries de film qui ont bercé mon enfance (le côté "téléfilm" lui donne un charme particulier de série B qui n'est pas sans rappeler la prélogie, et je trouve qu'elle a pas mal de similitudes avec Star Wars dans son côté "aventure" et "spirituel")

"Abandonne, lâche prise !"
Celle-là fait référence à celle de Kylo Ren dans SW8 :
"Non, c'est toi qui résistes encore, tu t'accroches, lâche prise !"


"De l'échec naît l'apprentissage."
Celle-ci vient d'un de mes meilleurs amis, quelqu'un qui m'a toujours soutenu (et parfois supporté) psychologiquement, et que je considère comme un exemple de sagesse, d'altruisme et d'humilité.
S'il passe par ici, il se reconnaîtra :oui:

C'est également une référence à la réplique de Yoda dans SW8 :
"Le meilleur des maîtres, c'est l'échec."


Pour les autres (à part celles tirées de la prélogie), soit ce sont des phrases sorties de mon chapeau, soit je les ai déjà entendues quelque part mais je ne saurais dire où :neutre:
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Messagepar Boldard » Sam 05 Fév 2022 - 1:00   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 - Némésis // Chapitre 4

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Chapitre 4 - Dilemme et tentation

Bonus : Complément musical #04
(à écouter pendant ou après la lecture)


Iggvar, Kiro, Ghastas, KC et Monok étaient rassemblés dans la hutte d’Ondramada pour partager un repas dont ils avaient tous bien besoin. (Un recycleur d’air avait été fabriqué à partir de pièces détachées pour leur permettre de retirer leurs masques) Toutefois, le chantac – l’alcool traditionnel des Karabbatchi que leur avait proposé le doyen à leur arrivée – ne risquait pas d’être au goût d’Iggvar, à en croire l’odeur pestilentielle qui s’en dégageait. Malgré tout, Ghastas ne se gênait pas pour en boire à grandes gorgées, un verre après l’autre. Le jeune homme l’observait faire, sidéré, s’interrogeant sur les différences de goût entre espèces. Est-ce que tous les Dévaroniens buvaient des boissons aussi infectes, ou était-ce seulement Ghastas qui s’y était accoutumé en vivant parmi les mutants ? Mais le démon cornu avait dû entre-apercevoir ses pensées en croisant son regard.
— Qu’est-ce que tu regardes, microbe ? T’as peur de boire, c’est ça ?
— Euh... Non, pas du tout…
— Ah, donc c’est de moi que t’as peur !
— Hein, quoi ? Mais pas du tout !
— Ton regard dit tout, imbécile !
— Silence, vous deux ! intervint Baff-ud Ondramada qui venait d’apparaître au coin du rideau qui séparait la large hutte du lieu où reposait la dormeuse. Ghastas, tu ne devrais pas boire autant. Tu auras besoin de toute ta tête pour le combat qui arrive. Et toi, jeune imprudent, garde tes yeux là où tu es sûr de ne pas les perdre.
Iggvar et Ghastas eurent tous les deux l’air aussi contrariés, ce qui amusa Kiro.
Baff’ud tira alors le rideau, révélant la jeune femme qu’ils n’avaient jusqu’alors vue qu’assoupie, mais qui était à présent bel et bien éveillée. Vêtue d’une nouvelle tenue pour remplacer celle déchirée dans l’accident, elle les dévisagea d’un regard interrogateur. Baff’ud la désigna d’un geste solennel et s’adressa à ses amis.
— Voici celle qui a vécu plusieurs vies, qui par trois fois est morte mais survit. Mes chers camarades, ayez un salut respectueux pour la grande Ma’ra’tatchi.
— Je ne comprends pas… fit la jeune femme. Comment vous connaissez mon passé ? Et je ne m’appelle pas Ma’ra’tatchi. Mon nom est Jinta Baskos.
— Hmm. Tu as porté bien des noms. Mais Jinta Baskos appartient au passé maintenant, car tu n’es plus celle que tu étais. Dans la langue ancienne, Ma’ra’tatchi signifie "celle qui vit". Car même si ton identité t’a été volée, une chose est certaine : Ton essence vitale subsiste. Tu es vivante, et c’est le plus important. Les noms, les visages… La Force est indifférente à ces choses-là. Nous sommes tous les vecteurs d’une même destinée. Dans la vie que nous menons, un seul choix s’impose à nous. L’amour, ou la haine. La lumière, ou les ténèbres. Et toi, as-tu déjà fait ton choix ?
Jinta semblait confuse. Et ce n’était pas un trait de caractère qui lui ressemblait d’ordinaire, ou en tout cas elle préférait ne rien en laisser paraître. Mais le récent accident, qui avait résulté de sa vision cauchemardesque, avait changé la donne. Jamais elle n’aurait laissé apparaître le moindre doute ni la moindre hésitation quand elle était Jinta Baskos, la chasseuse de trésors, avant sa rencontre avec l’Oracle. De toute évidence, quelque chose en elle avait changé. Elle ne voulait plus faire de mal, plus se cacher. Mais était-elle capable de choisir sa voie, sachant qu’elle n’était pas entièrement maîtresse de son destin ?
— Le choix que j’ai fait, répondit-elle enfin. C’est de tuer l’Oracle. Et de laisser celle que j’étais derrière moi. Qui je suis maintenant ? Ce que je compte faire ensuite ? Ça n’a pas d’importance. Seuls les actes comptent. Les actes dans l’instant présent.
— Pas exactement, rétorqua Baff’ud en posant une main sur son épaule. Les intentions derrière les actes sont tout aussi importantes que les actes eux-mêmes. Nul ne peut construire le présent sans envisager l’avenir, pas plus qu’on ne peut marcher sans regarder devant soi.
— Le vieux a raison, renchérit Ghastas en pointant un morceau de viande dans sa direction. Il a toujours raison. Tu t’en rendras vite compte.
Le mutant sénile émit un rictus.
— Sage je suis grâce à la Force, mais pas à ce point-là. Il m’arrive aussi de me tromper.
— T’es trop modeste, Baff. Alors, gamine ? adressa-t-il à Jinta d’un air désinvolte. Tu vas nous aider à terrasser la sorcière ? On est là pour ça aussi, tu sais. Mais il paraît que tu es la seule à en avoir… les tripes, si je puis dire.
— Comment ça ? Je suis venue ici pour chercher de l’aide.
— J’allais y venir, lui répondit Baff’ud. Mon peuple est détenteur d’une arme ancestrale, capable de détruire l’âme de celui qu’elle frappe. Tu es la seule assez puissante pour la manier correctement, et c’est le seul et unique moyen d’être sûr que l’Oracle disparaisse à jamais. Mais…
— Mais ?
— Si tu tues l’Oracle de cette épée... tu mourras aussi.
Le sang de Jinta se glaça face au dilemme qui se présentait à elle. Tuer l’Oracle ne revenait plus à purger une partie d’elle-même. Ça revenait à un suicide pur et simple. Un suicide, ou plutôt… Un sacrifice. Une question lui transperça alors la poitrine. Était-elle prête à sacrifier sa propre vie ?
— Je… Je dois y réfléchir, dit-elle à mi-voix avant de tourner les talons et de sortir de la hutte.
— Eh ! lui adressa Ghastas. Tu vas pas nous laisser tomber, dis ?
— Laisse-la, lui intima Ondramada. Il lui faut du temps.
— Du temps ? Mais on va tous mourir si on traîne trop !
— Nous avons le temps. Et toutes les cartes en mains. Mais se précipiter ne nous fera pas gagner la partie.
— Pfff. Et moi, je pense que le p’tit jeune a plus de cran que cette nana sortie de nulle part. Il a fait ce que personne ici n’a été fichu de faire. Au péril de sa vie, il a terrassé le monstre ! D’un coup d’un seul, ouaip ! Iggvar il a compris, lui. Qu’est-ce qu’elle croit, que sa vie a plus de valeur que celle de millions de gens ?
— Elle ne croit rien, justement. C’est un choc pour elle. Il lui faut le temps de se rendre compte des tenants et aboutissants. Il lui faut le temps d’accepter.
Ghastas se leva d’un coup de la table en renversant son verre d’alcool.
— On a assez attendu comme ça, nom d’un mynock malade ! Tu crois qu’ils lui ont laissé le temps, à Ribajo ? À Karzgard ? À Lunatown ? À Winker’s Alley ? On est les prochains sur la liste, Baff, et tu le sais très bien !


*


C'était déjà la nuit – ou en tout cas l'équivalent local de la nuit, ce qui n'avait pas vraiment d'importance –, car tous les habitants avaient déserté la rue pour dormir dans leurs habitats respectifs. Jinta s'approcha de la fontaine où coulait doucement une eau jaunie par le gaz et les bactéries. Elle s'agenouilla sur le rebord en pierre crasseux, et se mit soudain à pleurer de façon incontrôlable. Les larmes coulaient sur son masque respiratoire, avant de tomber dans le bassin et de se mélanger à l'eau. Elle se ressaisit tant bien que mal, une boule dans la gorge étouffant son chagrin.
— Non, tu dois rester forte. Tu dois... rester forte.
En observant l'eau trouble, elle vit alors un poisson nager à l'intérieur. En regardant de plus près, elle se rendit compte que ce poisson avait la capacité de diviser son corps en plusieurs parties indépendantes qui nageaient à l'unisson, avant qu'elles se rassemblent pour former à nouveau le corps entier.
— Tu es comme moi, dit-elle au poisson, un peu amusée.
— Je suis comme toi, répondit alors le reflet de Jinta dans l'eau.
Jinta sursauta et se releva sur ses pieds, regardant le reflet de son visage dans le bassin.
— Je rêve...
Son reflet ne répondit pas, mais il se tenait là, à l'observer. Son expression... Elle avait un air de malice et de fierté.
— Pourquoi pleures-tu ? Tu es appelée à devenir tellement plus. Bien plus que tous ces misérables... Le pouvoir que tu as… pourrait plier la galaxie à ta volonté.
— Oui, je pourrais... Mais à quel prix ?
— Tout dépend de ce que tu veux, Jinta.
— Je veux... détruire l'Oracle.
— Bien sûr, bien sûr... Pour ensuite prendre sa place. L'Oracle t'a volé qui tu étais. Il est tout naturel que tu veuilles reprendre ce qui t'appartient.
— Je voudrais bien, mais... C'est impossible. Pour la tuer, il faut que je meure aussi.
— Vraiment ? Ne te contente pas de croire tout ce qu'on te dit. Si tu tues l'Oracle, tu retrouveras tes pouvoirs à leur plein potentiel. Ces pouvoirs qui t'ont été retirés... Ces pouvoirs qui te sont interdits. Ne veux-tu pas vivre éternellement ?
— C'est... C'est trop de pouvoir. Je… Je ne peux pas.
— Oh mais si, tu pourras, répliqua le reflet de Jinta, qui changea de forme pour montrer une Jinta grande, majestueuse, vêtue d'une robe pourpre d'Impératrice et d'une splendide couronne d'or, et qui portait sur elle un regard plein d'orgueil. Tu seras crainte de tous. Même l'Empire ne pourra s'opposer à toi. Ton règne arrive, Jinta. À condition que tu le saisisses.
Un crapaud bondit alors dans la fontaine, éclaboussant Jinta qui poussa un cri de surprise. L'instant d'après, son reflet était redevenu tout ce qu'il y avait de plus normal.
Je… Je peux le faire, se dit-elle intérieurement. Si c'est vrai... Je dois essayer. Après tout… Où est le mal ?


*


Jinta revint dans la hutte, et tout le monde demeura silencieux pour entendre ce qu’elle avait à dire.
— Écoutez. Je comprends mieux que personne l’urgence de la situation. J’ai dit que je tuerais l’Oracle, alors je le ferai. Quel qu’en soit le prix. Mais je ne pourrai pas le faire seule. Puisque vous êtes prêts à m’accompagner, je veux bien de vous comme alliés. Mais à une condition : Vous devrez faire tout ce que je vous dis.
Ghastas s’esclaffa d’un rire gras et tonitruant.
— Alors ça, c’est la meilleure ! Et pour qui tu te prends exactement, ma jolie ?
Le visage de Jinta s’assombrit, et de la foudre jaillit de ses doigts pour venir s’abattre sur le Dévaronien. Le pauvre diable se débattit par terre et hurla à la mort alors que les éclairs couraient sur sa peau, et tout le monde autour fut pris d’une terreur soudaine.
— Ma’ra, non ! cria Baff’ud à Jinta sur un ton soudain grave et autoritaire.
Cette dernière secoua la main d’un air agacé pour se débarrasser des éclairs, et le dévisagea d’un air de défi.
— Jeune femme, venez avec moi. Nous allons avoir une longue conversation. Vous autres... tenez-vous tranquilles.
Alors que les deux quittaient la pièce pour s’isoler, Ghastas, humilié et encore fumant dans la poussière, cracha de rage et grinçait des dents.
— Vous avez vu ce qu’elle a fait ? C’est une sorcière… On ne peut pas lui faire confiance !
— Moi, je pense surtout que vous l’avez contrariée, commenta Kiro. Qu’est-ce que t’en dis, Iggs ?
— Je… Je ne sais pas trop quoi en penser.
— Vous ne voyez donc pas ce qui se passe ? intervint alors Monok, qui avait observé toute la scène depuis le début sans dire un mot. C’est le pouvoir de l’Oracle qui est à l’œuvre. Elle cherche à nous tourner les uns contre les autres. Et vous… Vous tombez droit dans son piège.
— S’il y a quelque chose que tu sais et qu’on ignore, demi-portion, lui intima Ghastas, il serait peut-être temps de nous le dire.
— Je vous l’ai déjà expliqué, vous n’écoutiez pas. Le plus grand pouvoir de l’Oracle est d’influencer les gens pour mieux les soumettre. Et personne n’est totalement à l’abri de son influence. Vous pourriez alors avoir des pensées ou des envies qui ne sont pas les vôtres, et qui n’ont d’autre but que de vous mener à votre perte. C’est là son pouvoir le plus sournois, et c’est la raison pour laquelle on ne peut pas se permettre de laisser le doute ou la colère l’emporter sur notre raison. Aucun de nous n’est infaillible, mais il faut nous rappeler quel est notre ennemi véritable. Quand j’ai déserté l’Ordre des Proscrits, j’ai cru en vous, dit-il en montrant Ghastas de son doigt charnu. Vous, vous avez cru en eux, ajouta-t-il en désignant Iggvar et Kiro. Et nous avons tous cru au peuple Karabbatchi qui nous a ouvert ses portes, et qui est maintenant prêt à nous aider dans ce combat. Vous avez entendu comme moi : Ma’ra’tatchi est la seule qui ait le pouvoir de mettre fin à tout ça. Mais si nous lui tournons le dos… Alors nous sommes perdus. Croyez en elle, il le faut. J’ai déjà vu trop de personnes entrer en conflit pour des raisons qui n’en valaient pas la peine.


*


Ondramada invita Jinta dans une pièce à l'éclairage tamisé, où elle prit place sur un tabouret avant que le mutant ne s'installe à son modeste bureau taillé dans une coque de vaisseau quelconque. Le visage renflé et disgracieux du vieillard, déjà pitoyable à voir en temps normal, était rendu plus piteux encore par son expression dure et troublée. Le doyen posa son bâton shamanique et croisa deux de ses bras en dévisageant Jinta d'un air interrogateur, comme s'il attendait qu'elle parle en premier.
— Bon, désolée pour ce qui vient de se passer. Je me suis laissée emporter.
Baff'ud leva un sourcil.
— Mais... continua la jeune femme. Il faut que je vous sachiez la vérité. Je ne suis pas celle que vous pensez. En réalité… je suis plus proche de l'Oracle que vous ne le croyez. Elle est mon ennemie, oui... Mais je fais partie d'elle, et elle fait partie de moi. Car nous étions la même, avant d'être séparées.
Baff'ud ne montra aucune colère, mais plongea son regard dans le sien.
— Cela n'a jamais été un secret pour moi. Les visions m'ont prédit que celle qui nous aiderait... serait aussi notre ennemie.
— Et... Vous m'avez quand même fait confiance ?
— Les visions sont ambiguës. Il est facile de mal les interpréter. Seuls les événements présents peuvent nous apporter une certitude. Il arrive aussi... que l'avenir change en cours de route. Cela dépend en partie du regard qu'on lui porte.
— Sans doute. Mais le problème n'est pas dans l'avenir. Il vient de mon passé.
— Ton passé... Un passé douloureux, oui. Plein de tourments, de souffrances et de trahisons. Mais que décides-tu de faire maintenant ?
Elle pouffa.
— Décider ? Je ne suis pas sûre que je décide ce qui se passe en ce moment. Non, je n'ai rien décidé de tout ça.
— Oh, mais détrompe-toi. Le fait que tu sois ici… est une preuve de ta volonté intérieure de te détourner du mal. C'est cette volonté qui t'a amenée à faire ce que tu as fait. Sans elle... L'Oracle t'aurait déjà éliminée. C'était la volonté de la Force, mais ta volonté tout à la fois.
— Je ne comprends pas...
— La Force est l'énergie de la vie, elle naît de celle-ci autant qu'elle la nourrit. Autrement dit, elle dépend de nous autant que l'on dépend d'elle. Lorsque nous entrons en symbiose parfaite avec la Force, il n'y a alors plus de distinction entre la volonté de la Force... et notre volonté individuelle. Car nous formons alors un tout unique.
Jinta fit la moue.
— Je ne pense pas que l'Oracle se soucie d'être en symbiose avec la Force. Elle la plie à sa volonté pour arriver à ses fins... et tous les moyens sont bons pour ça. Pourquoi pourrait-elle le faire, et moi non ?
— Parce que ce n'est pas la voie à suivre. Si tu deviens comme l'Oracle, tu ne pourras pas la vaincre. Tu risques même de devenir pire que le mal que tu combats. Mais je sais que tu es capable de résister à l'obscurité. Il faut seulement... que tu en aies conscience. Et la volonté.
— Mais comment y résister ? Comment savoir si ce que je fais est suffisant ?
— Il suffit de le vouloir, et de ne pas abandonner. C'est déjà ce que tu veux, au fond de toi. Mais si tu lâches prise... Tu y succomberas.
— Alors je ferai de mon mieux. Vous m'avez sauvé la vie... Je vous le dois bien.
— Oh non, pas de ça entre nous. Il ne s'agit pas de ce que tu nous dois. Il s'agit de faire ce qui est juste. Est-ce que tu comprends ?
— Oui... Mieux que personne. Tout ce mal que j'ai causé... doit être réparé.
— J’aimerais te dire que tu n'es pas responsable de ce que tu as fait avant que l'Oracle et toi aient été séparées. J’aimerais te dire que le mal causé par l’Oracle peut être réparé. Mais je ne veux pas te mentir. Oui, tu as ta part de responsabilité. Tu devras vivre avec jusqu’à la fin de tes jours. Mais les choix que tu vas faire prochainement... détermineront si tu veux rester cette personne, ou en devenir une autre. Tu as le choix, Ma'ra. Quelle que soit la voie que tu choisis, c'est ce choix qui va déterminer, en définitive, qui tu es vraiment. Alors... Tâche de ne pas gâcher cette chance.


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(à écouter pendant ou après la lecture)

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Modifié en dernier par Boldard le Sam 16 Avr 2022 - 22:59, modifié 1 fois.
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Messagepar GTZL1 » Dim 06 Fév 2022 - 21:05   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 - Némésis // Chapitre 4

Chapitre 4 lu.

Un passage plus posé qui creuse le personnage de Jinta et sa part d'Oracle en elle. Et je ne voudrais vraiment pas être à la place de cette jeune femme, au vu de tout ce qui lui incombe... De même, l'unité du groupe n'est pas si parfaite...

Au vu de ces deux facteurs, je pressens une fin douce-amère, qui n'ira pas sans sacrifices :sournois:.

Vivement la suite !
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Messagepar L2-D2 » Mar 08 Fév 2022 - 15:32   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 - Némésis // Chapitre 4

Chapitre 4 lu !

L'Interlude de la semaine dernière était bien placé ! :wink:

Effectivement, comme le dit GTZL1, le rythme est un peu plus posé, mais il fallait bien cela pour intégrer Jinta au reste du groupe ! Mais voilà que le personnage est "opérationnel", décidé, armé de l'épée, prête à faire face à l'Oracle. Du coup, le camp des antagonistes est prêt, celui des gentils également...

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Boldard » Sam 19 Fév 2022 - 1:19   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 - Némésis // Chapitre 5

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Chapitre 5 - Le départ


Baff'ud sortit enfin de la hutte, accompagné de Jinta. Il rejoint ses amis qui l'attendaient à l'extérieur, sur la place centrale du village fortifié.
— La lumière a été faite sur plusieurs zones d'ombre, et les esprits sont apaisés. Nous y avons mûrement réfléchi, et la décision est prise : Ma'ra'tatchi vous mènera au combat. Vous, et tous les guerriers de la tribu qui souhaitent y prendre part.
— T'es pas sérieux, Baff. Tu fais vraiment confiance à cette sorcière ?
— Elle a des dons hors du commun, c'est vrai. Mais ce n'est pas une sorcière. Et j'ai toute confiance en elle pour mener à bien cette entreprise. Si tu n'es pas d'accord avec ça, libre à toi de te retirer.
Ghastas baissa les yeux, dépité.
— J'imagine que j'aurai plus de chance avec vous que tout seul. Mais j'ai pas confiance pour autant.
— Faute de confiance, tu as au moins la volonté de bien faire. C’est toujours une joie de te compter parmi nous, mon ami.
Ondramada enjoint à un soldat de donner l'alerte, et l'alerte fut donnée. Les cors de guerre résonnèrent, et les soldats préparaient leurs affaires pour se rassembler sur la place centrale. Lances électriques, couteaux, blasters, tout le matériel disponible fut mis à disposition. Alors qu'ils se regroupaient pour former ce qui devenait peu à peu une masse compacte et frénétique, les portes de vastes hangars se levèrent pour en laisser sortir des speeders de combat de tailles et formes variées.
Alors que l'effervescence de la foule commençait à s'intensifier, le chef mutant et ses acolytes montèrent sur une plateforme à répulsion qui s'éleva pour surplomber les troupes.
Jinta fut surprise par l'organisation intransigeante et l'avancement technologique dont disposaient ces gens qui, au premier abord, passaient facilement pour des sauvages. Elle comprenait maintenant comment ces mutants avaient survécu aussi longtemps dans un environnement aussi hostile que le Niveau 0. Mais elle se demandait si un tel déploiement de force serait même suffisant pour vaincre la secte qui l'avait prise entre ses griffes. Elle ignorait encore l'étendue exacte des pouvoirs et de l'influence de l'Oracle. Certes, elle avait elle aussi des pouvoirs. Mais seraient-ils suffisants ?
Les mots de Drivian résonnèrent dans son esprit : "la vie de milliards de gens repose sur toi."
Quelle que fut l'issue de cet affrontement, elle devait se montrer à la hauteur. Elle devait montrer l'exemple.
Ondramada s'approcha du microphone attaché à la rambarde, et la foule se tut pour l'écouter.
— Mes frères et mes sœurs, nous voici rassemblés en ce jour sombre.
Alors qu’il parlait, un autre mutant s’employait à traduire ses paroles pour être compris par tous.
— Une fois de plus, nous prenons les armes pour combattre ceux qui menacent notre intégrité. Un ennemi s'est révélé à nous, mais cet ennemi ne nous est pas inconnu. Ce sont les sbires des ténèbres, qui craignent la lumière et haïssent tout ce qui n’est pas comme eux. Il y a de nombreuses générations, nos ancêtres se sont battus pour repousser cet ennemi. Dès lors, nous nous sommes préparés pour le jour où il reviendrait. Ce jour est arrivé.
Baff'ud marqua une pause, et un frémissement parcourut la foule.
— Mais je ne suis pas celui qui vous mènera au combat. Vous m'avez toujours accordé votre confiance, et j'ai toujours fait le nécessaire pour garantir le bien de la tribu. Mais aujourd'hui, je vous demande de faire confiance à celle qui est venue à notre secours, et qui a un pouvoir bien plus grand que le mien. Frères et sœurs, voici Ma'ra'tatchi.
Les soldats commencèrent à murmurer tandis que Jinta s'avançait pour qu'ils la voient. La plupart avaient déjà entendu parler d'elle, mais les sentiments à son sujet étaient mitigés. Après tout, qui était-elle pour les diriger ? Pouvaient-ils faire confiance à une parfaite étrangère, sous prétexte que leur chef l'avait choisie ? Pour sûr, c'était une première pour eux. Mais même les plus sceptiques se gardaient de manifester ouvertement leurs doutes. D'abord par respect pour leur chef, puis parce qu'ils attendaient de voir si leurs craintes se confirmeraient. Et même si beaucoup se méfiaient de cette étrangère aux pouvoirs mystérieux, beaucoup nourrissaient l'espoir de voir en elle la promesse d’une victoire.
Jinta pouvait les sentir. Leurs doutes, leurs peurs, leurs espoirs. Elle aurait été facilement déstabilisée face à cet afflux de sentiments contradictoires, mais elle se remémora ce que Drivian lui avait dit : "Reste humble, mais ne montre aucune faiblesse."
Elle respira à fond, et parcourut la foule du regard.
— Je tiens d’abord à remercier chacun de vous pour votre patience et votre hospitalité. Il est vrai que je suis une étrangère parmi vous. Certains m’ont traitée de sorcière. On a dit des choses sur moi sans savoir qui j’étais. Mais je connais votre ennemi, qui est aussi mon ennemi. Je le connais mieux quiconque. Et si je suis venue, c’est parce que j’ai besoin de votre aide pour vaincre l’Oracle. Que ce soit clair : Je n’oblige personne à me suivre. Mais si l’Oracle n’est pas vaincue, nous serons les premiers à en payer le prix. Car son existence a un coût élevé, et c’est au prix de la vie de milliers d’innocents qu’elle assoit sa domination. Si nous ne faisons rien les morts se compteront par millions, puis par milliards. Si vous ne souhaitez pas prendre part à ce combat, alors je le mènerai seule s’il le faut. Mais si vous me suivez, alors je vous conduirai. Combattants... Hommes et femmes de la tribu des Karabbatchi. Êtes-vous prêts à me suivre au combat ?
La foule acclama d’une seule voix, brandissant leurs armes au-dessus de leurs têtes. L’enthousiasme qui montait dans l’air était aussi contagieux qu’inattendu. Le cri de guerre résonna quelques instants, puis un mot fut répété de plus en plus fort :
« Ma’ra ! Ma’ra ! Ma’ra! »
Galvanisée par la foule, Jinta sentit que les choses allaient enfin dans son sens. Elle avait eu raison de faire confiance à Drivian. Ces gens étaient prêts à la suivre, jusqu’à la mort. Une voix résonna alors dans sa tête. Une voix étrangement familière.
N’as-tu pas honte de les manipuler ainsi ? Regarde-les, Jinta. Ils sont à toi. Leur vie t’appartient. Que vas-tu en faire ? Les mener à leur perte ? Leur mort ne t’affecterait pas réellement, avoue-le. Ça ne serait pas la première fois. Jusqu’où serais-tu capable d’abuser de leur confiance ? Vas-tu leur montrer ton vrai visage, ou les tromper jusqu’au bout ?
Jinta secoua la tête pour se débarrasser de ces pensées. La voix qui résonnait dans sa tête était la sienne, mais ces paroles ne venaient pas d’elle. Troublée, elle salua la foule une dernière fois avant d’aller s’isoler pour se recentrer sur elle-même. Il n’était pas question de baisser sa garde. Si elle laissait ces pensées l’envahir… Non. Ce n’était même pas la peine d’y penser.


*


Pendant ce temps, un enfant mutant observait la scène depuis un bâtiment avoisinant, accoudé nonchalamment à la fenêtre de sa chambre. Sa mère mourante, en obésité morbide, était allongée sur le lit et suivait le discours depuis un holo-écran portatif.
Maman, c'est qui ces gens ? demanda-t-il dans sa langue natale. Pourquoi ils sont pas comme nous ?
Parce qu'ils viennent du monde d'en haut, mon fils.
Et c'est qui, la grande dame ?
C'est celle qui nous sauvera tous.
Mais... Comment tu sais qu'elle va y arriver ?
Je ne le sais pas. Je l'espère. L'espoir est tout ce qu'il nous reste. Et toi, qu'espères-tu ?
J'espère que tu vas guérir, maman. Et que papa va revenir.
Une larme coula sur la joue de la mutante, et son fils vint se jeter dans ses bras.


*


Alors que la troupe embarquait à bord des véhicules pour partir, une délégation de mutants à la tenue différente des autres vint à leur rencontre. Celui qui les dirigeait était Pollutch, le chef des Affiskoten, une tribu voisine des Karabbatchi. Ce dernier leva un doigt accusateur vers Ondramada.
— Inconscients… Inconscients ! D’abord vous accueillez des étrangers parmi vous, et maintenant vous osez tenir tête à la Prêtresse des profondeurs ? Vous allez attirer le mauvais œil sur nos semblables ! La sorcière droïde... ne pardonnera jamais cet affront. Et je mettrais ma main à couper que nous allons mourir aussi, tout ça par votre faute !
Baff’ud le dévisagea, plus triste qu’en colère.
— J’ai fait ce qu’il fallait pour protéger les miens. Collaborez avec l’Oracle, elle finira par vous tuer quand même. Mon peuple a choisi de se battre, alors nous nous battrons. Et toi, de quel côté es-tu ? Vas-tu mener ton peuple au combat, ou à sa perdition ?
Pollutch siffla de mépris.
— Vous avez perdu l’esprit. Vous vous êtes condamnés vous-mêmes, et vous voulez entraîner les autres dans votre chute. Nous ne vous suivrons pas dans cette folie. L’Oracle est trop puissante pour être vaincue. Mais elle ne tue pas ses alliés.
— Comment peux-tu en être sûr ? Elle tue sans distinction. Si on la laisse faire, tout ce qui vit est voué à disparaître. Mais je ne peux prendre cette décision à ta place. Je suis peut-être ton frère, mais tu es le seul guide de ta tribu.
Pollutch dévisagea Baff’ud entre les plis de son visage.
— Je parle en effet au nom de mon peuple. Et le peuple Affiskoten a parlé. Nous nous retirons. Puissent les dieux te garder... et t’accorder une belle mort.
Pollutch tira sa révérence, avant de faire demi-tour et de s’éloigner avec sa délégation. Baff’ud soupira.
— Alors nous combattrons seuls. Ainsi soit-il.


*


— Alors ça y est, c'est le grand départ, commenta un Ghastas amer. Plus de retour en arrière possible. L’avenir nous dira bientôt si on a eu raison de se battre... Ou si on s'est tous fourvoyés.
Iggvar lui donna une tape amicale sur l'épaule et tenta maladroitement de le rassurer.
— T'en fais pas, on est là quoi qu'il arrive.
— C'est pas pour ma vie que je crains, gamin. C'est pour celle des autres.
— Et c'est pour ça qu'on ne peut pas se permettre de baisser les bras, affirma Kiro. Autrement, ce combat est perdu d'avance.
— On y est jusqu'au bout, renchérit Iggvar. Vous vous rappellez ?
— J'ai dit ça, c’est vrai. Et j'ai pas l'intention de lâcher l'affaire en si bon chemin. Y'a trop de vies en jeu pour se défiler.

Le départ du convoi ne se fit pas plus attendre. Ayant tous embarqué à bords des divers véhicules qui lévitaient dans la colonie, ils entendirent résonner un lourd cliquetis marquant le déclenchement d'un mécanisme qui n'avait pas été utilisé depuis des années. Secouant la couche de poussière et de résidus qui s'y étaient déposés, la haute muraille de métal s'ouvrit en deux pour laisser passer les speeders, skiffs et autres transporteurs.

Les barges de bataille Karabbatchi ne ressemblaient à aucune autre. Leur conception semblait archaïque, d'un autre âge, et loin des standards techniques actuels. Toutefois, leur puissance et leur maniabilité semblaient phénoménales. De larges réacteurs cylindriques aidaient à la propulsion, crachant des trainées de flammes produisant une fumée grisâtre qui s'élevait sur les flans du véhicule. Plus haut, un châssis supportait la plateforme où était installés les pilotes et le compartiment voyageurs. Sous le véhicule et sur ses flans étaient attachés des canons laser mobiles, et, sur le toit, un assemblage alambiqué d'enceintes et d'amplificateurs sonores succédaient à un groupe de batteurs de tambours qui avaient déjà commencé à donner le rythme. Leurs torses nus à la peau ciselée, arborant des peintures de guerre ocre et écarlates, portaient l'Histoire et l'héritage d'un peuple millénaire.
Un ordre fut hurlé, et les enceintes s'allumèrent pour jouer le son d'un chœur aux élans dramatiques, accompagné de basses et de sons électroniques vibrants et tressautants. Les tambours s'intensifièrent pour accompagner la musique, orchestrant un hymne brutal et rythmé qui gagnait en intensité à chaque seconde.
— Qu'est-ce que c'est ? demanda Iggvar.
— La cavalerie sismique, répondit Ondramada. Ils orchestrent notre hymne de guerre, le Trembleterre. Il n'a pas été joué depuis plus de mille ans.
— Mais, tout ce boucan... Ça risque pas d'alerter nos ennemis ?
— Ils savent déjà que nous venons, répliqua le vieillard mutant. Il n'est plus temps de se cacher. Il est temps de leur montrer que nous n'avons pas peur.
Iggvar lui adressa un rictus amical.
— On abandonne pas les vieilles traditions, pas vrai ?
Le vieillard ricana.
— Oh, mais c'est bien plus qu'une tradition. Vois-tu, la musique n'est qu'une des nombreuses manifestations de la Force. Bien maîtrisée, elle peut s’avérer une arme terrible. Elle a le pouvoir de faire rire, pleurer, galvaniser des armées. Jouée à la bonne fréquence, elle peut abattre les murs les plus solides. Alors montrons-leur qui nous sommes, mes frères ! reprit-il plus fort à l'adresse de ses camarades mutants. Avec force et fracas ! Tiggassa chuntaga !
Tiggassa chuntaga ! reprirent en chœur les batteurs de tambour et les autres Karabbatchi qui avaient entendu.
À mesure que la musique s’intensifiait, les véhicules accéléraient en s’éloignant de la colonie. Les batteurs butaient et fracassaient sur leurs tambours, comme pris dans une transe collective, alors que les vaisseaux filaient à toute allure à travers les rues délabrées. La musique résonnait et se répercutait sur les parois de la ville en ruines, s'évanouissant dans un écho à mesure qu'elle se jouait, et la lueur des phares donnait à la poussière dans l'air un aspect d'or étincelant. Les ombres dansaient sur leur passage telles des esprits farceurs, et on pouvait presque deviner la présence des petites créatures qui se figeaient ou prenaient la fuite à leur approche.
Iggvar n'avait jamais rien vu de tel. C'était comme si, pour la première fois depuis une éternité, la ville fantôme s'animait d'une nouvelle vie.


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Messagepar L2-D2 » Sam 19 Fév 2022 - 23:38   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 - Némésis // Chapitre 5

Chapitre 5 lu!

Nos héros partent en guerre! Ambiance veillée d'armes, discours de motivation, armement des troupes et départ pour la grande bataille! L'ensemble est très réussi et on s'y croirait : tu nous livres là dans doute l'un de tes meilleurs Chapitres depuis le début de ta trilogie! :jap:

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar Boldard » Sam 05 Mar 2022 - 1:00   Sujet: Re: Capitale Fatale T3 - Némésis // Chapitre 5

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Chapitre 6 - La Porte


La route, qui dura près de sept heures, leur avait fait parcourir environ un quart du périmètre planétaire. Nombre de raccourcis et de passages dérobés, bien connus des Karabbatchi, avaient rendu ce voyage possible en si peu de temps. Iggvar s'était endormi durant le trajet, et fut réveillé à coups de pieds par Ghastas peu avant qu'ils arrivent à destination.
— Hé, ça va, pas si fort !
— C'est pas le moment de pioncer, p'tit gars. On approche de la Crypte.
Kiro, elle, ne s'était pas autorisée un instant de répit depuis leur départ. Iggvar avait toujours été impressionné par son impassibilité et sa maîtrise de soi irréprochables. Impressionnante oui, mais rassurante ? Pas vraiment. Ou du moins, fallait-il bien la connaître pour savoir que cette froideur glaciale – presque hostile – cachaient en réalité un grand cœur. Avait-elle toujours été la même, ou ses traumas l'avaient-ils rendue ainsi ?
Iggvar, lui, avait sa propre façon de gérer ses traumatismes. Il préférait se convaincre que tout ceci n'était qu'un rêve qui allait bientôt se terminer.
Difficile en effet, de dire à quel point le passé de stormtrooper de Kiro avait déteint sur sa personnalité. Ne l'ayant pas connue à cette époque, il ne pouvait que l'imaginer. Mais il la connaissait depuis assez longtemps pour savoir qu'elle n'abandonnerait pas de si tôt.
Mais pourquoi se battait-elle, exactement ? Qu'est-ce qui la poussait à continuer ? Sa soif insatiable de justice ? Une justice arbitraire, sans doute. Illusoire, peut-être. Mais elle y croyait. Et Iggvar avait envie d'y croire aussi. S'il y avait une forme de justice dans cette galaxie, il était grand temps qu'elle se manifeste.

Le convoi armé s'arrêta finalement en attendant l'accès à une zone plus secrète du Niveau 0, gardée par un avant-poste de mutants alliés des Karabbatchi. L'accès leur fut ouvert, et ils descendirent un chemin en pente douce menant à une immense porte de pierre gravée de symboles mystiques. Elle était si grande, – peut-être même plus haute que le niveau lui-même de par le dénivelé du chemin rocheux – qu'ils avaient l'air d'insectes en comparaison. Au vu de son état et de son ancienneté, elle n'avait probablement pas été ouverte depuis des millénaires.
L'observateur avisé aurait remarqué qu'en haut de la porte, une inscription était gravée en langue Sith :


"Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir."


— Cette porte est l'un des rares accès menant à la Crypte, expliqua Ondramada. L'histoire de ce lieu... Est aussi ancienne que celle de Coruscant elle-même. Autrefois, c'était une grotte sous-marine. L'année de sa découverte, elle fut drainée afin d'y récolter les pierres et les métaux précieux qu'elle abritait. La légende raconte qu'on y trouvait même des cristaux Kyber. Mais l'avidité des gens étant ce qu'elle est, la grotte étincelante fut rapidement vidée de ses richesses. Par la suite, elle fut aménagée en un complexe industriel et scientifique, mais les travaux durent être interrompus suite aux nombreux accidents et morts inexpliqués qui se produisirent dans ces lieux. C'était un peu comme si... la planète se vengeait qu'on lui ait volé ses trésors les plus précieux. Après cet incident, le complexe fut laissé à l'abandon, avant de devenir un lieu où on inhumait les morts – ce qui lui valut son nom actuel, la Crypte. Déjà à l'aube de l'Ancienne République, cela faisait longtemps que plus personne n'y mettait les pieds. Ce lieu était condamné à l'oubli, jusqu'au jour où...
— Où l'Oracle en a fait son repère, compléta Jinta.
— En effet. Et c'est ce qui nous amène ici aujourd'hui... Car c'est ici que l'avenir de cette planète va se jouer.
— Attendez, fit Iggvar, soudain anxieux. Qu'est-ce qui nous attend exactement derrière cette porte ?
— Le fruit des machinations innommables de l'Oracle. Le résultat de plusieurs siècles d'influence du côté obscur. La mort de l'espoir... Et les conséquences qui en découlent.
— Ça ne m'aide pas vraiment.
Kiro lui décocha un coup de poing amical dans l'épaule.
— Arrête ton cirque, Iggs. Tu as terrassé le Portemort de tes propres mains, et t'aurais peur d'un vieux souterrain moisi ?
— Pour être franc, j'ai failli y passer. Et puis l'Oracle... c'est quand même autre chose. Je veux dire... on sait pas du tout à quoi s’attendre.
— Rassure-toi, affirma Jinta. Il n’y a pas une personne ici qui n’ait pas peur. Et rien n’est joué par avance. Mais quoi que l'on y trouvera, nous ne serons pas seuls à l'affronter. Quant à l'Oracle... je m'en occuperai personnellement. Si quelqu'un ici doit mourir, c'est moi et personne d’autre.
Monok la regarda dans les yeux.
— Votre sagesse et votre détermination m'impressionnent. On croirait entendre l'Oracle... La méchanceté en moins.
Cet Ugnaught est perspicace, pensa-t-elle. Si ces gens savaient qui je suis vraiment... Ils ne seraient pas si élogieux à mon sujet.
Elle entendit alors la voix de Drivian dans sa tête.
"Écoute-moi, Jinta. Entends la voix de la Force. Ces gens ont besoin de croire en toi. Sois pour eux un exemple de bravoure."
Une autre voix résonna alors dans son esprit, bien plus hargneuse et pernicieuse que l'autre. Sa propre voix.
"Tu ne leur dois rien. Ils ne méritent pas d'être sauvés. Tu n'es là que pour reprendre ce qui t'appartient. Continue de leur mentir... Ou montre-leur ton vrai visage."
Jinta s'efforça de chasser ces pensées de son esprit, même si elle n'arriverait jamais à s'en débarrasser vraiment.
— Qu'est-ce qu'ils attendent pour ouvrir cette porte ? demanda-t-elle à Ondramada.
— Je ne pense pas que l'on soit en mesure de l'ouvrir.
— Qu'est-ce qu'on peut faire, alors ?
— On peut... la détruire. Toutefois, il faut savoir que...
— Si vous pouvez le faire, faites-le. Nous n’avons pas vraiment le choix.
Ondramada hocha la tête.
— Comme vous voudrez.
Le mutant transmit l'ordre à ses hommes, mais son intermédiaire avec la cavalerie, le capitaine Aggzil Qadaffr'ed, lui fit part de ses inquiétudes.
— Êtes-vous sûr de vouloir faire ça, doyen ? demanda-t-il en Karabbatchi. Et... Et la malédiction ?
— Vous ai-je déjà mené à votre perte ? Si nous faisons le nécessaire, il n’y aura bientôt plus aucune malédiction ici. Nous n'aurons pas d'autre chance, capitaine.
La frayeur dans la voix de Qadaffr'ed fit peu à peu place à la résignation.
— À vos ordres, doyen.
La cavalerie sismique se prépara à jouer de nouveau. Une autre musique commença, plus brutale et plus agressive que la précédente, mais le son des amplificateurs fut dirigé entièrement vers la porte à l'aide d'un champ ionique.
— Je ne comprends pas trop de ce que vous essayez de faire, commenta Iggvar, dubitatif. Vous croyez que vous allez réussir à détruire cette porte... Avec de la musique ?
— Ne te fie pas à ce que tu connais. Nous l'avons déjà fait, et nous le ferons encore. N'as-tu donc rien retenu de ce que j'ai dit ? L'art de la musique, allié à la puissance du son, est une arme aussi redoutable que sous-estimée. Mais… une démonstration vaut mieux qu'un long discours. Observe plutôt.
La musique s'enflamma, montant crescendo tant dans les basses que les aigus. Les percussions tambourinaient de plus en plus fort, se mêlant aux sons électroniques élaborés, aux riffs de guitare électrique et autres instruments exotiques qui évoluaient pour atteindre une fréquence et une sonorité bien précises. Le son était gras, lourd, hachuré, presque palpable. Même si le son était essentiellement dirigé vers la porte, un écho s'en échappait et parvenait aux oreilles des gens présents, ce qui ne leur donnait qu'une idée de la puissance acoustique qui était à l'œuvre. La musique continua de gagner en puissance, et la porte en pierre, les parois de la ville, le sol sous leurs pieds – tout commençait à trembler violemment. Il y avait presque quelque chose de surréaliste, dans la façon dont cette harmonie brutale et percutante se diffusait et se répercutait dans toutes les directions, au point où tous les autres sons devenaient inaudibles. Quiconque n'aurait pas été prêt psychologiquement à un tel déchaînement sonore, aurait été facilement déstabilisé ou plongé dans la confusion.
Au bout d'environ une minute, alors que la musique atteignait son paroxysme, des craquelures commençaient à lézarder la surface de la porte, et il ne fallut alors que quelques secondes pour qu'elle éclate en énormes morceaux qui vinrent s'écraser dans la poussière. Le chef d'orchestre ordonna que l'on arrête, et la musique se coupa subitement.
Iggvar, qui avait contemplé toute la scène, se retourna vers Ondramada.
— Ok, là ça m’épate. Je ne remettrai plus jamais vos méthodes en doute.
— Eh bien, ajouta Monok. Ce n'était pas conventionnel, mais ça a fonctionné. En tant que constructeur d'armes... j'ai beaucoup à apprendre de votre peuple.

C'est alors qu'une terreur soudaine s'empara de tous, lorsqu'ils entendirent quelque chose qu'ils n'auraient jamais cru entendre de leur existence. Dans la galerie obscure dont ils venaient d'ouvrir l'accès, semblant provenir des entrailles même de la planète, résonna un hurlement bestial, grave et rauque, semblable au bruit du tonnerre. Des pas résonnèrent dans le noir, des pas lourds et pesants. Cela dura quelques instants, les bruits de pas approchant à une vitesse effrayante, tandis que les guerriers mutants se tenaient sur leurs gardes. Les bruits de pas venaient de cesser, mais la créature n’était toujours pas visible. Tout le monde retenait son souffle, prêt au pire. Deux yeux rouges blafards apparurent alors dans l’obscurité, et une silhouette imposante se découpa tandis que la chose sortait des ténèbres, écrasant les derniers vestiges de la porte en pierre sous ses pieds gigantesques. Culminant de toute sa taille, le géant s'avança à pas lourds pour s'approcher des vaisseaux et les voir de plus près. Les Karabbatchi pointèrent leurs armes, mais attendaient encore l'ordre de tirer.
— Attendez, fit Iggvar... Peut-être que cette créature est pacifique.
Le géant, l’air renfrogné, examina les véhicules en vol stationnaire, puis ouvrit sa gueule pour articuler quelque chose.

ENNEMI... DE L'ORACLE. EXISTENCE... NON AUTORISÉE. EXTERMINER.

La lourde main du géant accéléra à une vitesse phénoménale, mue par une force surnaturelle, et vint écraser l'un des speeders contre le mur le plus proche. La carcasse sombre tomba en miettes lorsqu'il leva son énorme poing, maculée du sang de ses défunts occupants.
— Je retire ce que j'ai dit, se ravisa Iggvar. Il n’est pas pacifique...
Les Karabbatchi firent feu de toutes leurs armes sur le titan, mais cela semblait à peine l’égratigner. Un second vaisseau subit le courroux du colosse, écrasé comme une mouche contre le mur le plus proche. L’onde de choc produite fit tomber un morceau de structure métallique en hauteur, qui s’écrasa avec fracas dans la rue déserte. Cela attira l’attention du géant de métal, qui se retourna vers l’objet. L’un des speeders Karabbatchi eut une turbulance, et le titan porta à nouveau le regard dans leur direction. Jinta eut alors une idée.
— On n’aura pas le temps de l’abattre ici. Je crois savoir comment éloigner cette créature. Elle est attirée par le mouvement.
— Tu en es sûre ? demanda Ondramada.
— Faites-moi confiance.
Le doyen hocha la tête, et se tourna vers son ami.
— Ghastas, à toi de jouer.
— Qui, moi ?
— Oui, toi. Prends la tête de la cavalerie sismique et attire le géant loin de cette porte. Nous ne pourrons pas passer en sécurité tant qu’il sera là.
— Comme tu voudras, chef. Mais ça a intérêt à marcher. Et si on se revoit pas... Ad’ waginos.
— Ad’ waginos, mon ami.
Bo’phat se dirigea vers son speeder qui était arrimé au transport de commandement, suivi un instant après par Kiro Bozaka.
— Où tu vas ? lui demanda Iggvar.
— Je vais avec lui. Pas question de le laisser seul face à ce montre.
— Alors je viens aussi.
Ils montèrent tous les trois et furent rapidement rejoints par KC-K8, fidèle à son poste. Le speeder décolla, et fut suivi par les deux véhicules transportant l’équipement sonore. Le colosse les regarda un instant s’éloigner, mais porta rapidement son attention sur les véhicules les plus proches, qui pourtant étaient restés immobiles.
— Ça fonctionne pas, Baff. On fait quoi ?
— Il doit y avoir un autre moyen d’attirer son attention. Si ce n’est pas le mouvement... c’est peut-être le bruit.
— Vous avez entendu le chef ? cria Ghastas aux mutants. Balancez de la musique ! Tout ce que vous avez ! Quelque chose de bien énervant, de préférence !
Ils hochèrent la tête derrière le hublot de leurs véhicules, et commencèrent à jouer un morceau particulièrement agressif et endiablé. Dès les premières notes, le géant se tourna dans leur direction avec un regard plein de rage. Il commença à s’avancer, marchant de plus en plus vite, faisant trembler la terre à chaque pas.
— Ça fonctionne ! s’écria le Dévaronien. Et il a pas du tout l’air d’apprécier. Si vous voulez pas finir en charpie, plein gaz !
Les trois véhicules commencèrent à s’éloigner de plus en plus vite, et le géant partit à leur poursuite dans l’avenue en ruines dont il occupait presque toute la largeur.
— Puisse la Force les guider, déclara Ondramada. Il n’y a plus un instant à perdre. Il faut entrer dans la Crypte tant que nous le pouvons.
Jinta acquiesça.
— Alors allons-y.


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Messagepar L2-D2 » Lun 07 Mar 2022 - 9:47   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

Chapitre 6 lu !

Et bien ! Une bien belle mise en abîme que ce Chapitre dans lequel la musique joue un rôle prépondérant voire primordial... un peu à la manière de tes écrits, qui s'appuient eux aussi sur de la musique à chaque nouveau Chapitre ! :jap:

Pour le reste, rien à redire : l'intrigue progresse, la porte Sith fait toujours autant penser à La Divine Comédie, et nos héros se séparent. Va-t-on désormais essentiellement suivre celui de Jinta, ou bien allons-nous assister à la victoire sur le géant (à condition, bien sûr, qu'ils la remportent, cette victoire... :siffle: ) ?

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Boldard » Mar 08 Mar 2022 - 21:29   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

L2-D2 a écrit:Une bien belle mise en abîme que ce Chapitre dans lequel la musique joue un rôle prépondérant voire primordial... un peu à la manière de tes écrits, qui s'appuient eux aussi sur de la musique à chaque nouveau Chapitre !

Hé hé :sournois:

L2-D2 a écrit:la porte Sith fait toujours autant penser à La Divine Comédie

Divine Comédie que je n'ai pas encore lue, honte à moi :x (je m'en vais de ce pas combler cette lacune dans ma culture générale)

Je ne sais pas, à vrai dire, où j'ai vu cette phrase pour la première fois. Mais c'est une phrase que je trouve vraiment impactante pour ce qu'elle implique :oui: (L'espoir est au cœur des motivations des héros de Star Wars, et la mort de l'espoir est au cœur des motivations de l'Oracle et de ses sbires, qui ne laissent personne échapper à son sort une fois entre leurs griffes)
En faisant quelques recherches, j'ai vu que c'était l'inscription au-dessus de la porte des Enfers dans la Divine Comédie, donc je me suis dit que c'était une inscription assez adéquate pour orner l'entrée de la Crypte :sournois:
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Messagepar Boldard » Dim 20 Mar 2022 - 3:39   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

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Chapitre 7 - Gloire et déchéance


— Donc si je résume ce que vous me dites, vous faites partie d'une secte secrète et millénaire contrôlée par une sorte de droïde magique, et vous voulez lever une mutinerie pour la renverser ?
— C'est à peu près ça, répondit Magott en marchant à pas rapides dans le tunnel, une torche à la main éclairant son chemin.
— Et qu'est-ce que vous attendez de moi ?
— On va te montrer. Ce n'est plus très loin.
Après avoir traversé des conduits et passages secrets les emmenant bien en-dessous du Niveau 0, Mott et Magott conduisirent Pol dans ce qui n'était rien de moins qu'un antique donjon, aux portes rouillées et aux barreaux barbelés. Dans les cellules, les gémissements d'agonie des prisonniers résonnaient à l'unisson. Le petit Gurwick, toujours perché sur l’épaule de Pol, se cacha les yeux et fit mine de se lamenter.
— C'est quoi encore, cet enfer ? demanda Pol.
— C'est là que les prisonniers de l'Oracle sont enfermés et torturés avant d'être sacrifiés. Tous ceux qui ont déçu l'Oracle ou ne plient pas à son contrôle mental finissent ici.
— Vous n'arrêtez pas de parler de l'Oracle. D'où elle sort, cette Oracle ?
— On ne parle pas de ça ici. Elle pourrait nous entendre.
— Si vous le dites. J'espère seulement que ce n'est pas un traquenard pour me dépouiller.
Grount ! fit Mott, visiblement offensé.
— Non, pas du tout ! répondit fébrilement Magott. Écoute, on a vraiment besoin de ton aide. Les gens qui sont enfermés ici, c'est des gens comme nous. On a dû faire des choses horribles pour pas nous retrouver dans ces cachots. Mais bientôt, l'Oracle sera vaincue. Grâce à nos amis, on peut enfin espérer la liberté. Si tout se déroule selon le plan de Drivian, ils sont en train d'attaquer en ce moment même. Mais si on veut gagner la bataille, il faut qu'on libère les prisonniers pour déclencher la mutinerie.
— Je vois. Et... Vous avez besoin de moi pour le faire ?
Magott retroussa la manche de son manteau et lui montra un tatouage sur son bras. Un tatouage, ou plutôt, une marque au fer rouge.
— Tu vois ça ? C'est la marque des Proscrits. Elle n'est faite que lorsqu'on déclare fidélité à l'Oracle. Mais une fois qu'on l'a, certaines actions deviennent impossibles.
— Certaines actions comme… libérer les prisonniers.
— Tu comprends vite. C'est là que tu entres en jeu. Au moment critique, quand tous les sbires de l'Oracle seront occupés à se battre, il faudra pirater le terminal de commande pour faire sauter les verrous. Tu peux faire ça pour nous ?
Gurwick regarda son maître, et sembla le presser d'accepter.
— Ça me semble faisable. Si c'est pour la bonne cause, je veux bien vous aider. Mais dès que tout ça sera terminé, je me tire de cette planète.


*


— C'est pas bon, fit Ghastas en prenant un virage serré au détour d'une avenue jonchée d'épaves. On pourra pas fuir cette chose éternellement. Si personne ne l'arrête, c'est toute la ville qui va s'effondrer sur nous.
— Mais... Comment on va faire ? s'inquiéta Iggvar.
— J'ai ma petite idée pour ça. Vous vous souvenez, quand je vous ai parlé du système d'autodestruction du speeder ? C'est pas une petite bombe sous cette carlingue. C'est une bombe à protons, ma poule !
— Une... Quoi ?? Mais vous êtes malade ! Qui a besoin d'une bombe à protons sur un speeder ?
— L'Oracle a ses idées de démolition, j'ai aussi les miennes. Je la réservais à l'Empire, mais vu les circonstances...
— Mais... Il reste un problème. On peut peut-être détruire cette chose en faisant sauter le speeder... Mais nous sommes sur le speeder. Si c'est un suicide que vous avez en tête, ce sera sans moi.
— T’en fais pas, gamin. Je vais m'approcher d'un des véhicules Karabbatchi, et vous sauterez tous dessus à mon signal. Quand vous serez sains et saufs, je piloterai le speeder droit dans la gueule du monstre et je le ferai sauter de l'intérieur.
— Mais vous allez mourir si vous faites ça ! s'exclama Iggvar.
— Quelle importance ? J'ai fait mon temps, gamin. C’est la mort ou le déshonneur. Occupez-vous bien de KC. Ou laissez-lui sa liberté, comme vous voudrez. Mais si vous l'envoyez à la casse, je reviendrai de l'Au-delà pour vous hanter.
— Vous n'avez pas à vous sacrifier, rétorqua Kiro. S’il le faut, je suis prête à le faire.
— C'est gentil de proposer, répondit l’arpenteur à cornes. Mais je laisserai personne d'autre que moi piloter cet engin. Ce speeder, c'est mon bébé. Je connais jusqu'au moindre boulon de sa carcasse. C'est à moi de lui offrir son ultime voyage.
La créature titanesque continuait de les poursuivre, à peine quelques dizaines de mètres derrière. Le Dévaronien approcha son airspeeder du véhicule d'escorte le plus proche, et les passagers se laissèrent tomber sur le toit en s'agrippant à ce qu'ils pouvaient. Sous les véhicules, le sol de la rue délabrée défilait tel un torrent de béton. Tous étaient sains et saufs, mais un seul passager n'avait pas bougé de son emplacement : KC-K8.
— Qu'est-ce que tu fabriques, mon vieux ? dit Ghastas au droïde. Allez, descends du speeder.
Le droïde sonde émit une série de bips anxieux.
— Quoi ? Non, je ne t'abandonne pas. Je fais ça pour toi, KC. Pour toi, et pour tous les autres.
Le droïde resta silencieux. Soudain, Ghastas perdit le contrôle du véhicule. KC-K8 venait de lui en couper l’accès. Immédiatement après, le speeder bascula sur le côté et Ghastas fit un vol plané pour atterrir sur l’autre véhicule en contrebas.
— Argh. KC, qu'est-ce que tu fous ? Là, tu déconnes. Reviens me chercher tout de suite !
KC-K8 adressa un dernier regard à son maître, et effectua un demi-tour pour diriger le speeder droit vers le Bermogroggin.
— KC, non !
Mais le droïde avait fait son choix. Il ne fallut que quelques instants pour que le géant de métal engloutisse le speeder comme si ce n'était qu'une vulgaire mouche.
— Fichu droïde... Ce monde le méritait pas. Tous à couvert et plein gaz, ça va péter !
Ils se réfugièrent à l'intérieur du véhicule qui accéléra à pleine vitesse, et tous retinrent leur respiration en attendant l'explosion.
Il y eut alors une grande secousse, qui leur fit perdre l'équilibre. Iggvar, qui n'avait pas eu le temps de s'attacher, fut plaqué contre le plafond alors que le véhicule semblait s'être retourné sur lui-même. Par les hublots, une lumière aveuglante rayonna de mille feux, accompagnée d'un bruit de tonnerre assourdissant et d'un grand hurlement, rauque et profond.
Le calme revint progressivement, tandis que les passagers reprenaient leurs esprits. Ghastas regarda l'écran des scanners, et constata que le géant avait éclaté en morceaux, détruisant les bâtiments autour qui s'effondrèrent pour l'ensevelir.
— On la fait, dit-il à ses amis. On l'a eu, ce fils de shnarg.


*


Au même moment, au Niveau 5127...

Eleonante Kraziskova, duchesse de la planète Eliador, se pavanait au bord d'une rambarde, tentant de prendre une pose glamour face au photographe qui s'efforçait de capturer son image sous un angle avantageux. Elle tenait une coupe de champagne d'une main et un bébé voorpak de l'autre. Le bébé voorpak, considéré comme un porte-bonheur, n'était pas tant là pour tenir compagnie à la duchesse que pour tenter d'accroître sa popularité auprès de l’aristocratie de Coruscant. Soudain, comme surgie de nulle part, une jeune reporter s'approcha d'elle en tenant une holocam dans ses mains.
— Mademoiselle Kraziskova, une question s'il vous plaît !
La duchesse, visiblement indisposée par cette interruption intempestive, la jaugea du regard non sans dédain.
— Faites donc. Mais une question, pas une de plus !
— Votre planète est victime de famine, la population d'Eliador vit en-dessous du seuil de pauvreté. Et il se trouve que vous avez utilisé plus de la moitié de ses richesses pour payer votre appartement de luxe à Coruscant. Qu'avez-vous à dire contre ça ?
La duchesse se fendit d'un rictus méprisant.
— J'en dis qu'en tant que duchesse d'Eliador et haute dignitaire de l'Empire, j'utilise les ressources de ma planète comme bon me semble, et selon mon bon plaisir.
— Non mais je rêve... Vous n'avez même pas honte ?
— Allons donc, cessez vos enfantillages... Vous et moi, nous n'avons rien en commun. Depuis quand dois-je me justifier devant la plèbe ? Nestor, débarrassez-moi de ce trouble-fête ! Et détruisez sa caméra.
À cet instant, un tremblement de terre aussi bref que violent secoua la ville, et la duchesse perdit l'équilibre, basculant par-dessus la rambarde dans un cri paniqué. Le bébé voorpak parvint à s’accrocher au bord de la plateforme, mais la duchesse tomba dans le vide dans ce qui allait, assurément, s'avérer une chute mortelle.
Le photographe, médusé, tourna son regard vers la jeune reporter.
— Entre nous, elle ne l'a pas volé. Tu as tout filmé, petite ?
Cette dernière hocha la tête, bouche bée.
— Parfait. Dans ce cas, appelons la police. Ils n'auront pas d'autre choix que de nous croire.


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Messagepar L2-D2 » Lun 21 Mar 2022 - 14:23   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

Chapitre 7 lu !

Je comprends mieux le choix de l'image ! :lol:

Voilà un Chapitre certes bref mais dans lequel il se déroule pas mal de choses ! Entre le retour de Mott, Magott et le chasseur de primes, le sacrifice de KC, la destruction du géant (et le tremblement de terre qui a une conséquence dramatique pour une pauvre petite duchesse riche), l'ensemble s'avère passionnant à lire !

Reste maintenant à botter le train de l'Oracle !

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Boldard » Mar 22 Mar 2022 - 21:20   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

L2-D2 a écrit:Je comprends mieux le choix de l'image ! :lol:

J'avoue que, sans contexte, ça prête à confusion :paf:


L2-D2 a écrit:et le tremblement de terre qui a une conséquence dramatique pour une pauvre petite duchesse riche

Pas si pauvre que ça, au final :lol: (mais ça ne l'aura pas sauvé :diable:)


L2-D2 a écrit:l'ensemble s'avère passionnant à lire !

Merci ! :jap:


L2-D2 a écrit:Reste maintenant à botter le train de l'Oracle !

La Sorcière Droïde et ses sbires n'ont pas dit leur dernier mot :sournois: (et nos héros non plus)
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Messagepar Boldard » Sam 02 Avr 2022 - 0:00   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

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Chapitre 8 - Tonnerre sur les Abysses


Avertissement : Le chapitre qui suit peut heurter les lecteurs sensibles.

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Quelques secondes seulement après qu'ils aient passé la porte de la Crypte, les véhicules à répulsion des Karabbatchi commencèrent à perdre de l'altitude avant de tomber lourdement au sol, comme rattrapés par la gravité.
— Qu'est-ce qui se passe, bon sang ? demanda le chef d'escadrille. Impossible de redécoller !
— Des rayons tracteurs, répondit Ondramada. Enfouis sous le sol. Il va falloir continuer à pieds.
C'était mauvais signe. Cela signifiait non seulement qu'ils ne bénéficieraient pas de la puissance de feu escomptée, mais également qu'ils ne pourraient pas repartir avant d'avoir trouvé le moyen de désactiver ces rayons tracteurs – du moins, s'ils repartaient en vie de cet endroit. Heureusement pour eux, ils étaient assez nombreux et bien équipés pour une attaque terrestre. Les mutants rassemblèrent leurs affaires pour débarquer et se mettre en formation. L'ambiance était tendue, austère, comme si un malheur allait bientôt s'abattre sur eux. L'enthousiasme initial avait fait place à un malaise froid et insidieux qui s'intensifiait à chaque minute. Était-ce l'ambiance du lieu qui voulait ça ? Était-ce les récents événements ? Ou leurs peurs les plus irrationnelles qui refaisaient surface ? À cet instant, beaucoup pensaient qu'ils venaient de mettre les pieds dans ce qui pourrait bien devenir leur dernière demeure. Mais leur résolution n'en était nullement ébranlée, car ils étaient prêts à tout sacrifier pour sauver leurs familles d'une mort certaine.
— J'ai un mauvais pressentiment, doyen, murmura Jinta. J'ai comme l'impression que nous nous sommes précipités dans un piège.
— C'est ce que l'Oracle doit penser, en effet. Mais nous n'avons pas d'autre choix. Il est trop tard pour faire demi-tour.
La troupe des Karabbatchi progressa prudemment dans le large tunnel aux parois escarpées qui s'enfonçait de plus en plus loin sous terre. Aucune source d'éclairage n'était apparente, mais une faible lueur éthérée semblait émaner de la roche elle-même. Une brume de particules en suspension empêchait d’y voir trop loin dans le tunnel. Le souterrain semblait sans fond. Se souvenant que l'air y était respirable, Jinta enleva son masque et la buée de sa respiration se diffusa dans l'air.
— C'est étrange... confia-t-elle à Ondramada. Certains souvenirs... ne me reviennent que maintenant. Alors que d'autres... restent hors de ma portée.
— C'est la présence de l'Oracle qui veut ça. Elle détient encore une partie de ta mémoire.
— Mais si l'Oracle savait quelque chose que j'ignore encore ? Et si... je m'étais trompée sur mon compte ?
— Nous ne pouvons être sûrs de rien. Même moi, j'ignore encore beaucoup de choses. Mais ce que je sais, c'est que l'Oracle doit être arrêtée. Et qu'elle ne reculera devant aucun mensonge pour te détourner de ton objectif. Méfie-toi par-dessus tout de ce qu'elle te dira. Mais plus important encore, écoute ton cœur. C'est la seule chose sur laquelle elle n'a pas d'emprise.
Ils s'arrêtèrent subitement, imités par le reste du groupe, lorsqu'ils sentirent la présence de plusieurs formes de vie autour d'eux – bien que le terme "forme de vie" n'était pas tout à fait exact. Partout dans la galerie, des créatures conscientes s'éveillaient peu à peu pour ramper hors de leurs cachettes. D'espèces variées, traînant des pieds et vêtus de haillons voir totalement nus, leurs yeux brillaient d'une lueur rouge anormale. L’aura qu’ils dégageaient était étouffante, presque palpable. L'un deux, un humanoïde aux yeux vitreux et et aux ailes de chauve-souris, se laissa nonchalamment tomber de la poutre à laquelle il était suspendu par sa queue.
— Vous... n'avez rien à faire ici... siffla-t-il d'une voix éreintée. L'Oracle vous tuera pour avoir mis les pieds dans son antre.
— Arrière, créatures des ténèbres. Le règne de l’Oracle a assez duré. Nous sommes ici pour y mettre un terme.
L'humanoïde grinça des dents.
— Ignorance... Inconscience… Le règne éternel de la mort arrive... Et nul ne pourra y échapper. Qui êtes-vous, mortels, pour oser vous y opposer ?
Jinta le transperça du regard.
— Qui nous sommes ? Nous sommes la voix de ceux que vous avez réduit au silence. Nous sommes le tonnerre qui éclate au cœur de la nuit. La lumière qui déchire l'obscurité !
— Ma'ra, attends, l'avertit Ondramada.
Mais Jinta ne l'écoutait déjà plus. Elle brandit sa main droite dans leur direction, et des éclairs vert émeraude en surgirent pour s'abattre sur ses ennemis. Mais au moment de l'impact, les craquelures lumineuses furent absorbés par le corps des créatures qui ne semblaient même pas en être gênées.
— Quelle arrogance... Les pouvoirs dont tu te sers n'ont pas d'effet sur nous, car ils proviennent des ténèbres. L'Oracle... nous a protégé de tels sortilèges. Car nos corps et nos âmes lui appartiennent. Nous... ne faisons qu'un avec l'obscurité.
— Je vois. Dans ce cas, on va régler ça à l'ancienne.
Tous dégainèrent leurs armes, et les rayons laser fusèrent dans les deux directions, zébrant l'obscurité et éclairant la galerie de rouge, de jaune et de vert. Les mutants armés de lances et de machettes se ruèrent sur les Proscrits qui brandissaient des lames dentelées, des poignards et des fouets électriques. Bien que moins nombreux que les Karabbatchi, les sbires de l'Oracle se battaient avec une férocité bestiale, anormale même, comme s'ils n'avaient pas la moindre considération pour leur propre survie. Les coups furent violents, ininterrompus, sans pitié. Le sang giclait, des membres étaient arrachés, des crânes volaient en éclat. Jinta s'était munie d'une pique de force et d'un blaster pour se mêler à la bataille, et Baff'ud Ondramada se joignit lui aussi au combat à l'aide de son harpon tranchant, qui passait constamment d'une main à la suivante pour frapper de tous côtés. Dans ce déchaînement de violence effrénée, lutter de toutes ses forces était le seul moyen de conserver la vie. Un seul faux pas, un instant de faiblesse, et tout pouvait basculer. Car là était la danse périlleuse du combattant. Là était la danse de la mort.
L'échauffourée fut courte, brutale et intense. Il y eut plusieurs morts du côté des mutants, mais ils eurent finalement le dessus sur leurs ennemis. Après avoir massacré une dizaine de ces créatures, Jinta se redressa pour constater que leurs adversaires avaient tous péri. Les soldats Karabbatchi, déjà essoufflés et amoindris par cet affrontement, s'employaient à guérir les blessés et à prier pour les morts, avant de récupérer leurs armes et leurs effets personnels.
— Il n'y a pas de temps à perdre, leur adressa Jinta. Il faut continuer d'avancer. Je sens... Je sens la présence de l'Oracle. Elle n'est plus très loin.
— Vous avez entendu la commandante ? cria l'un des soldats dans sa langue natale pour être compris par tous. On se remet en route !
Les mutants se remirent en formation de combat pour s'enfoncer toujours plus loin dans la Crypte. Mais après seulement quelques pas, l'atmosphère devint étranglement froide et oppressante. Une odeur de putréfaction emplit les narines de Jinta, et tout autour d'eux, une fumée verdâtre commença à s'élever du sol.
— Qu'est-ce que c'est ? s'exclamèrent plusieurs mutants.
— Je reconnais cette magie, murmura Jinta. C'est la magie de Dathomir.
— J'en ai entendu parler, répondit Baff'ud. Mais cette magie n'est-elle pas unique à Dathomir ? Je pensais que les pouvoirs de ces sorcières... ne fonctionnaient pas hors de leur planète.
— Je le pensais aussi. Mais il semble... que l'Oracle a réussi à créer une faille qui relie Dathomir à cet endroit.
— Blast... L’étendue de ses pouvoirs dépasse tout ce que j’imaginais.
— Ça ne m'étonne pas vraiment. Les Sith ont toujours su repousser les limites de ce qui est possible... Pour le meilleur ou pour le pire.
— Je ne suis pas sûr de comprendre. Est-elle un Sith, ou une sœur de la nuit ?
— Même moi, je n'en suis plus certaine. Je pense qu'elle est devenue bien pire que ça.
Derrière eux, les cadavres des sbires qu'ils venaient de tuer s'animaient de soubresauts et commençaient à se relever dans des bruits de craquement macabre, la même fumée verte s'échappant de leurs yeux rougeoyants. Hélas, ils n'étaient pas les seuls morts à revenir à la vie. Sous le sol, et dans les murs de la cavité souterraine, des centaines de cadavres, réveillés de leur sommeil, s'extrayaient lentement de leurs sépulcres.
— Prêt pour le combat de votre vie, Ondramada ?
— On ne l’est jamais vraiment, répondit-il. Que la Force soit avec nous.
Chargeant les uns après les autres, les morts-vivants se ruèrent sur les guerriers mutants. Il en venait de partout, de toute forme et de toute espèce. Les mutants comprirent que le combat précédent n’était qu’un avant-goût de celui qui se profilait. Usant de tout leur talent au combat, ils enchaînaient les tirs de blaster avec les coups d’arme blanche. Les zombies n’étaient pas durs à abattre, mais un tir n’était pas toujours suffisant pour les arrêter, et ils arrivaient trop vite pour avoir le temps de tous les descendre. Inévitablement, les mutants se retrouvaient à se battre au corps-à-corps avec les cadavres ambulants, qui griffaient et mordaient tels des bêtes enragées.
Le blaster de Jinta ayant surchauffé, elle n’avait d’autre choix que de se battre à l’arme blanche. Alors qu’elle assenait un coup de pique de force à un zombie obèse qui partit manger la poussière, un autre vint planter ses dents dans son avant-bras avec un appétit vorace. Les yeux de Jinta s’écarquillèrent, et elle empoigna le malheureux par la mâchoire pour lui fracasser le crâne contre celui d’un de ses congénères. Faisant volte-face, elle vit encore deux énergumènes en décomposition foncer droit vers elle. Tenant son bâton électrique des deux mains, les bras tendus devant elle, Jinta passa entre les deux pour les percuter simultanément au visage. Celui touché par le bout électrisé s’effondra, mais le second n’en démordait pas. D’un geste vif, elle fit volte-face et pivota son arme pour la lui planter droit dans l’œil. Mais cette fois-ci, elle n’eut pas le temps de réagir assez vite lorsque quatre nouveaux morts-vivants se jetèrent sur elle presque en même temps. Les griffes de l’un s’enfoncèrent dans son bras, lui faisant lâcher sa pique, tandis qu’un autre mordait son épaule à pleine dents, lui arrachant un cri torturé.
Un sentiment soudain de détresse raviva la flamme de sa rage, et elle puisa dans ses forces au plus profond d’elle-même pour se dégager de cet enfer. L'heure n'était plus à la retenue. L’heure était au carnage. Concentrant la Force au niveau de son crâne, elle assena un coup de tête d’une force incroyable qui écrabouilla la boîte crânienne du revenant crasseux. Dans la foulée, elle brandit sa main tendue et transperça le torse du suivant, lui arrachant la colonne vertébrale. Le troisième, qui était en train de lui dévorer la jambe, se prit un coup de genou énergique qui fit voler ses dents en éclats. Quant au dernier, elle lui fit un croche-patte pour le faire basculer en arrière, et lui frappa la gorge du tranchant de la main pour lui briser le cou avant même qu'il ne touche le sol.
Ayant vaincu tous ses assaillants, Jinta regarda autour d'elle et constata que ses alliés étaient loin de s'en tirer aussi bien qu'elle. Attaqués de toute part, à 1 contre 10, les mutants étaient encerclés, et tombaient les uns après les autres sous le nombre écrasant des morts-vivants. C'était désormais évident : ils ne pourraient pas survivre éternellement. Les zombies, en revanche, semblaient toujours plus nombreux, et continuaient de se battre tant qu'il leur restait un cerveau et des muscles à commander. L'espoir de remporter cette bataille s'atténuait un peu plus à chaque seconde, à mesure que les morts côté Karabbatchi se multipliaient. Avaient-ils déjà perdu ?
À cet instant, un bruit de moteur indiqua l'arrivée de multiples véhicules à roues. À l'entrée du tunnel, une centaine de motos d'attaque fondirent sur les morts-vivants en tirant des salves de micro-missiles et des charges disruptrices qui les désintégraient de la tête aux pieds. Après avoir dégagé la voie, le chef des motards s'arrêta devant Ondramada. Le doyen mutant reconnut alors son frère, Pollutch.
— J'ai réfléchi à ce que tu m'as dit, déclara ce dernier. Quel genre de peuple abandonne ses frères ? Oui, j'ai cru que ne pas combattre l'Oracle était la solution la plus sûre. Honte à moi d'avoir voulu troquer mon honneur pour la clémence d'un tyran. Le peuple Affiskoten a encore parlé, et nous voulons nous battre. Jusqu'à la mort, s'il le faut.
Baff'ud hocha la tête en signe de respect.
— C'est un honneur de vous avoir à nos côtés. Ce geste ne sera pas oublié.
Encouragés par l'arrivée des Affiskoten, les Karabbatchi redoublèrent d'efforts pour repousser la horde mort-vivante. Baff'ud se jeta à nouveau dans la mêlée, et Jinta récupéra la lance d'un soldat mort pour éliminer ses ennemis l'un après l'autre. Après quelques minutes de combat acharné, ils réussirent enfin à réduire tous les zombies à néant. Les mutants étaient diminués, mais pas au bout de leurs forces. Tandis qu'ils se préparaient à reprendre leur chemin, Ondramada vint à la rencontre de Jinta.
— Je t'ai vue te battre. Tes talents au combat font honneur à ta réputation. Mais je pense que tu auras besoin de ceci.
Il prit dans son dos un objet enroulé dans un tissu, et la déballa devant elle. C'était la lame de Kor-Kazek.
— Prends cette arme. Tant que tu n'utilises pas la Force dessus, elle agira comme une arme ordinaire. À la différence qu'une arme ordinaire te faillira tôt ou tard. Celle-ci... te sera fidèle jusqu'à la mort.
Jinta prit l'épée, et elle la sentit légèrement vibrer dans sa main. Ses doigts se resserrèrent tout seuls dessus sans qu'elle n'ait à le faire. C'était comme si l'arme s'était liée à elle, comme si l’arme ne voulait pas qu'elle la lâche. Son poids semblait aussi s'être considérablement allégé depuis qu'elle l'avait prise en main.
— Merci, dit-elle. J'honorerai cet héritage que vous me confiez.
— N'honore pas cette arme, ou c'est elle qui te dominera. Mais surtout, prends garde au côté obscur. Ne laisse jamais voie à la peur, à la haine ou à la colère. Sinon, tout ce pour quoi tu t'es battue sera perdu à jamais.
— Je sais très bien ce que je fais, doyen. Je sais ce que j’ai à faire.
— Je ne prétends pas le contraire. Mais il faut toujours rester sur ses gardes. L'ennemi connaît tes faiblesses... il s'en servira contre toi.

La troupe poursuivit sa descente dans la Crypte, toujours plus loin sous terre. Alors qu'ils avoisinaient le Niveau -13, le large tunnel s'arrêta net pour laisser place à une étroite cage d'escalier en colimaçon, annonçant une descente plus profonde encore.
— Bon sang, pesta Pollutch derrière son masque tribal. À croire que les gens qui ont conçu ce lieu n'ont pas pensé aux véhicules !
— Ou peut-être qu'ils ont volontairement bloqué l'accès aux véhicules, argua Ondramada.
— Décidément, l'Oracle ne recule devant aucune bassesse pour désavantager ses adversaires. Mais je te le dis, elle ne nous échappera pas.
Les motards descendirent de leurs véhicules, équipés de blasters lourds, de haches et de gourdins. Une poignée d'entre eux restèrent pour garder les motos, et les autres entamèrent la longue descente de l'escalier qui s'engouffrait dans les profondeurs abyssales de la planète.



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Modifié en dernier par Boldard le Dim 15 Mai 2022 - 4:16, modifié 2 fois.
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Messagepar L2-D2 » Sam 02 Avr 2022 - 23:31   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

Chapitre 8 lu!

Des renforts qui débarquent, une certaine violence et une tension qui monte crescendo, et l'Oracle qui se rapproche. Jinta semble prête, mais l'est-elle vraiment?

Et j'ai beaucoup apprécié les théories sur la nature de l'Oracle, comme quoi elle serait une Sith, ou alors peut être une Soeur de la Nuit... en tout cas l'effet horrifique de l'utilisation des pouvoirs des Soeurs de la Nuit est très bien rendu! :jap:

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar Boldard » Sam 16 Avr 2022 - 21:35   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

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La descente de l'escalier sembla durer une éternité. Passée une certaine profondeur, les lampes des soldats tombèrent en panne de façon inexpliquée, les obligeant à continuer dans le noir complet. Guidés par la Force, Jinta et Baff'ud ouvraient la marche aux autres qui avançaient prudemment. L'escalier ne s'arrêta qu'au Niveau -66, pour les mener à une vaste gallerie poussiéreuse, plongée dans la pénombre. Le plafond était soutenu par des piliers de pierre et de métal, et le sol, qui s'étirait à perte de vue, était étrangement accidenté.
— Ce n'est pas normal, commenta Pollutch. Pourquoi il n'y a personne ? Vous êtes sûrs que nous avons pris le bon chemin ?
Alors que leur vision commençait à s'habituer à la pénombre, les quelques 300 guerriers baissèrent lentement leur regard vers le sol, réalisant à peine dans quoi ils venaient de mettre les pieds. Là, serrés les uns contre les autres, une légion de serviteurs de la Crypte étaient couchés par terre, parfaitement imbriqués tels un puzzle humain, recouvrant toute la surface du sol, aussi immobiles que des statues de granit. Aucune respiration ne trahissait leur présence, leurs silhouettes étaient à peine distinguibles, mais leurs yeux ronds innombrables, écarquillés, fixaient silencieusement les guerriers d'un regard qui dénotait la folie.
— C'est un piège ! s'écria Ondramada.
À cet instant, des centaines de mains se levèrent du sol pour immobiliser les mutants, et des couteaux furent plantés dans leurs chevilles de façon répétée. Hurlant de douleur, ils se débattirent tant bien que mal, tirant au hasard sous leurs pieds. Certains plantaient leur lance dans un ennemi, mais celle-ci était immédiatement attrapée par d'autres et arrachée des mains. Certains mutants se faisaient traîner à terre, étouffer sous les corps, frapper à mort. Les guerriers toujours debout, combattant pour leur vie, parvenaient à lentement tuer les sbires de la secte, mais leur nombre était bien trop grand pour que cela fasse une réelle différence. Le malaise ambient s'accroissait de seconde en seconde, à chaque battement de cœur, tandis qu'une terreur irraisonnée commençait à gagner les esprits. D'ordinaire calmes et disciplinés, les mutants commençaient doucement à succomber à la panique. Cette fois, c'était sûr. Ils étaient condamnés.
Usant de son épée pour planter, trancher et démembrer ses ennemis, Jinta comprit alors qu'à moins d'un miracle, leur sort était scellé. C'est à cet instant, quand tout semblait perdu, qu'elle entendit une voix résonner dans son esprit. C'était la voix de Drivian.
"Utilise la Force, Jinta. Souviens-toi de ce que tu as appris."
Alors que l'écho de la bataille se perdait au loin et que son esprit dérivait, elle ferma les yeux et étendit ses sens. Elle revit Dathomir, ses premières années chez les sœurs de la nuit, bien avant son exil. Elle se revit enfant, accomplir les rituels de passage pour devenir une sorcière de la brume. Son regard s'éloigna de Dathomir et dériva dans l'espace. Une autre planète, Moraband. Elle se revit tout jeune, apprenant la voie des Sith sous le joug d'un maître cruel. C'était bien avant que ses deux identités ne s'unissent. Son esprit dériva encore, et elle vit Coruscant. Magnifique, étincelante. Sur la planète, elle aperçut un temple. C'était un harve de paix, de connaissance et de partage. Elle vit les Jedi, leurs esprits, reliés par un lien sacré à la Force, connectés à l'ensemble du cosmos. Une communion intime, secrète, mais fondamentale. Une volonté forte, intemporelle, inébranlable. Elle comprit que cela était à sa portée. Qu'elle pouvait ne faire qu'un avec la Force, comme les Jedi le faisaient depuis la nuit des temps.
Elle sentit alors la roche sous ses pieds, l'énergie qui coulait à l'intérieur. C'était comme si la planète elle-même respirait. Là, enfouis dans la roche, des cristaux vivants dont seule une connexion profonde avec la Force pouvait révéler la présence. Elle sentait l'air qui passait dans ses poumons, qui emplissait la grotte et qui permettait à elle et aux autres de rester en vie. Elle sentait la présence de ses alliés, et celle de ses ennemis. Elle sentait la force vitale, l'énergie cosmique. Dans les sons, les odeurs, dans la lumière des étoiles et le mouvement des planètes. Tout cela formait un même tout, dont elle faisait elle-même partie.
Sentant le pouvoir de la Force affluer dans tout son être, comme un flux de vie et de volonté, elle ouvrit enfin les yeux. L'épée qu'elle tenait, alimentée par cet afflux d'énergie, brillait de mille feux, comme chauffée à blanc, et la lumière à elle seule repoussait les ennemis qui voulaient s'attaquer à elle. Jinta laissa l'épée revenir à son état normal, puis leva les deux mains en l'air.
Soulevés par une force invisible, tous les Proscrits perdirent pied pour flotter à plusieurs mètres au-dessus du sol. Les mutants, émerveillés, comprirent ce qu'elle était en train de faire. Une onde de choc éclata, et les ennemis en lévitation furent projetés aux quatres coins de la galerie.
Se relevant difficilement, un mutant estropié hurla quelque chose.
— Hourra !! Ma'ra'tatchi !!!
Les autres l'imitèrent, clamant le nom de leur sauveuse.
Jinta, épuisée, se redressa et fit porter sa voix.
— Le combat n'est pas terminé. Peut-être qu'il ne s'arrêtera jamais. Mais jamais nous n'abandonnerons !!!
Les braves mutants acclamèrent d'une seule voix, reprenant courage pour poursuivre le combat. La vague d'enthousiasme qui les traversa était telle, qu'ils ne sentaient plus ni leurs blessures ni la fatigue. Jinta était le miracle qu’ils attendaient, mais qu’ils n’osaient plus espérer.
Les infâmes Proscrits, dont beaucoup n'avaient pas survécu à la chute, se relevaient lentement en les regardant d'un air de dégoût. Dans un même temps, une troupe de gardes armés arrivait en renfort par un couloir adjacent. L'homme à leur tête, le geôlier en chef, visa le groupe des mutants d'un doigt accusateur.
— Pour qui vous vous prenez, mécréants ? Ce lieu est le domaine sacré de l'Oracle. Elle vous réservera ses châtiments les plus infâmes pour avoir provoqué sa colère !
— Et où est donc votre Oracle quand vous avez besoin de sa protection ? rétorqua Pollutch. Qu'elle vienne nous affronter elle-même au lieu de nous envoyer ses larbins !
À peine avait-il dit cela, que la même fumée verte qu'ils avaient vu plus tôt s'éleva à nouveau du sol. Les cadavres des Proscrits morts au combat, et d'autres plus anciens encore, s'animèrent de soubresauts et de craquements morbides, mus d'une énergie malfaisante, se redressant pour marcher dans leur direction. Pire encore, les guerriers mutants morts lors de l'affrontement subirent eux aussi le même sort.
— Tu as peut-être parlé un peu vite, mon frère, remarqua Ondramada. L'Oracle pourrait être plus proche qu'on ne le croit.


*


— C'est le moment ! fit Magott en regardant l'écran des caméras de sécurité. Tous les Proscrits sont partis se battre contre les mutants. Il ne reste que nous pour garder les cachots. Enfin, c'est ce qu'on est sensés faire.
— Est-ce qu’il y a une armurerie, ici ? demanda Pol.
— Hmmm… Oui, il y en a une.
— Alors j’ai peut-être une idée pour renverser le cours de cette bataille. Quand les prisonniers seront libres, vous les guiderez jusqu’à l’armurerie et vous prendrez toutes les armes que vous pourrez.
Magott hocha la tête.
— C’est vrai que l’Oracle garde tout plein d’armes en réserve. Assez pour une armée. Avec les prisonniers à nos côtés, on a peut-être une chance de forcer l’entrée et de s’en emparer.


*


La bataille entre les mutants et les Proscrits faisait rage. Soudain, un pan entier du mur s'ouvrit sur une vaste salle obscure, révélant une légion de prisonniers prêts à en découdre, armés jusqu’aux dents.
Pol, qui avait aidé Mott et Magott à actionner les commandes de la porte, observait la scène depuis un poste de garde. Gurwick frappa dans ses petites mains, tout excité.
Hip hip hip, superflip !
— Oui, on l’a fait. Ça leur apprendra, à ces esclavagistes.
Tous les regards se tournèrent vers les prisonniers qui venaient d’arriver. Leur nombre était effrayant, bien plus important que celui des Proscrits eux-mêmes. Bien que mal en point, affaiblis par leurs conditions de vie, ils étaient maintenant prêts à se battre pour leur liberté, mus par la force du désespoir. Et même s’ils devaient mourir dans cette bataille, ils avaient bien l’intention de faire payer très cher à leurs tortionnaires.
Le geôlier en chef, le torse nu exhibant un ventre poilu et tenant un fouet électrique, explosa de colère et frappa son subordonné le plus proche.
— Qui a laissé les cachots sans surveillance ? hurla-t-il. Vous nous avez tous condamnés !
— D’où sortent tous ces gens ? demanda Jinta.
Ondramada, qui combattait à ses côtés, sembla avoir une révélation.
— J’ai l’impression que nous avons plus d'alliés que nous le pensions. Il n’y a pas de temps à perdre, Ma’ra. C’est la diversion que tu attendais. Pars trouver l’Oracle, et mets fin à ce conflit destructeur.
— J’y vais de ce pas. Mais, s’il vous plaît... Retrouvez mon ami Drivian. Je sens qu’il court un grand danger.


*


La suite des événements n'avaient pas été tendres pour Drivian Jexter, depuis la découverte de sa trahison par l'Oracle. Le primate en haillons, le visage sombre, était attaché au mur par des chaînes en métal.
Hérédith, mégère acariâtre et cruelle, se dandinait devant lui en jouant de son fouet électrique. Elle faisait claquer sa langue de serpent entre ses dents rongées par les vers, et des poches noires pendaient sous ses yeux malveillants enfoncés dans leurs orbites.
— Misérable créature. Tes pouvoirs ne peuvent plus te sauver, maintenant ! Qui pensais-tu tromper ? Les traîtres comme toi, j'en fais mon affaire. Trahir l'Oracle, non mais... Pour qui tu t'es pris ?
Alors qu'elle s'apprêtait à le frapper une fois de plus, son visage se figea dans une grimace quand sa tête fut transpercée de part en part par la pointe aiguisée d'un harpon. Celui qui venait de porter l'attaque, un mutant aux nombreux bras affublé d'une cape et d'un masque à gaz, tira avec force la corde attachée au bout du harpon, jetant Hérédith en arrière et laissant un trou béant dans son crâne. Le mutant s'approcha de Drivian, et s'employa à défaire ses liens pour le libérer.
— Vous devez être Baff'ud Ondramada, lui dit Drivian. Le chef de la tribu des Karabbatchi.
— En effet. Mais toi, je ne te connais pas. Qui es-tu ?
— Drivian Jexter. J'étais l'apprenti de maître Kodovad avant l'Ordre 66, il m’a beaucoup parlé de vous. C'est moi qui ai envoyé Jinta chercher votre aide.
— J'ai effectivement connu un Jedi nommé Kodovad. Il a beaucoup fait pour mon peuple. Mais... Je sens une grande perturbation dans la Force.
— Vous êtes ici dans l'antre du Mal. Ce n'est pas étonnant.
— Non, c'est autre chose... L'aura qui émane de toi... n'est pas celle d'un Jedi.
— Hmm. On ne peut rien vous cacher, à vous. Inutile de vous mentir. Depuis l'avènement de l'Empire, je me suis grandement détourné des enseignements Jedi. Je suis... passé du côté obscur. J'ai moi-même participé aux plans de l'Oracle. Jusque récemment, j'étais encore son serviteur. Quand elle a appris ma trahison, elle m'a fait prisonnier. Mais je suis toujours coupable. Si vous pensez que je mérite de mourir, alors tuez-moi. Ce ne serait que justice.
Baff’ud le contempla.
— Pourquoi tuerais-je quelqu'un qui s'est déjà repenti ? Tuer n'est jamais la meilleure solution. Ce n'est que la conséquence du choix de ceux qui refusent d'admettre leurs torts. Je ne suis peut-être pas un Jedi, mais je connais la valeur d’une vie. Je ne tue qu'en dernier recours.
— Tant mieux, alors. Vous voulez m'aider à arrêter cette folie ? Suivez-moi, je vais vous montrer quelque chose.


*


Drivian et Baff'ud traversèrent plusieurs couloirs et escaliers secrets, avant d’arriver dans une pièce où trônait un super-ordinateur monstrueux dont la conception semblait aussi sophistiquée qu'archaïque. La machine bourdonnait de l'afflux constant d'énergie instable qui traversait ses circuits, et des volutes carmin de nature imprécise s'échappaient des conduits de ventilation pour venir tourbillonner au-dessus de la machine dans un ballet infernal. Dans le sifflement plaintif des soupapes et le grondement sourd des énergies chaotiques en action, on pouvait presque entendre le hurlement et les lamentations d'un millier d'âmes perdues.
— Voici la machine qu'on appelle Tourmenteuse, commenta Drivian. L'Oracle y enferme les âmes de ses victimes pour les torturer. Emprisonnées dans une simulation leur faisant revivre leur pire cauchemar, encore, encore et encore. Une fois que toute volonté de vivre les a quitté, elle les reprend et s'en nourrit. Et dire que j'ai collaboré à ça...
— Y a-t-il un moyen de rendre les âmes à leurs porteurs ?
— Seulement si le corps a été conservé. Malheureusement, ce n'est pas leur cas. Les corps qui arrivent entre les mains des Proscrits sont détruits, démembrés, dévorés. Même leur sang trouve une utilité dans leurs expériences impies.
— Je vois. Alors détruisons cette horreur, et laissons ces âmes retourner à la Force.
— Excellente idée. Leur souffrance a assez duré.
— Stop ! cria une voix porcine derrière eux.
Ils se retournèrent pour voir qui leur parlait. C'était Monok. Et dans ses mains, il tenait la serpenteuse, l'arme Sith qui permettait d'aspirer les âmes.
— Je ne peux pas vous laisser faire ça. Si vous détruisez cette machine, l'Oracle va tous nous tuer !
Drivian fronça les sourcils.
— Qu'est-ce que tu racontes ? On est ici pour arrêter tout ça. Je t'ai libéré de l'esclavage pour chercher des alliés. Et les alliés sont enfin arrivés. Notre victoire est à portée de main ! Alors pourquoi, Monok ? Pourquoi abandonner maintenant ?
— Tu ne comprends pas, Drivian. On a déjà perdu la partie ! Tu sais, je voulais croire à ce que tu m'as dit. Je voulais croire qu'on pourrait faire la différence. Mais nous avons été bien trop naïfs. Après ce que j’ai vu, je… Il n’y a pas d’espoir, Drivian. Rien à faire. Le pouvoir de l'Oracle dépasse tout ce qu’on imaginait, elle ne connaît aucune limite. L'Oracle ne pourra jamais être vaincue. Elle nous a fait croire que c’était possible, seulement pour mieux nous attirer dans son piège ! Mais il n’est peut-être pas trop tard pour se repentir...
— Tu te trompes, il y a un espoir. Grâce à Jinta, l'Oracle sera bientôt vaincue. Tout ceci appartiendra au passé.
— Non, non, c’est impossible… Je ne crois pas aux contes de fée, Drivian. Elle n'a pas la moindre chance, tu le sais très bien ! Je n'aurais pas dû t'écouter, quand tu m'as dit de partir. À cause de toi, l'Oracle veut ma mort. Mais si je capture vos âmes, peut-être qu'elle me pardonnera... Peut-être même que j'aurai une récompense. Oh oui, une splendide récompense !
Monok actionna le levier pour ouvrir la gueule de dragon en métal, et le serpent rouge translucide commença à en sortir.
Drivian secoua sa tête aux grandes oreilles.
— Mon ami, je ne te veux aucun mal. Mais tu ne me laisses pas le choix.
Il tendit sa main poilue dans sa direction, et utilisa la Force pour faire exploser le réservoir d'énergie. L'arme éclata en morceaux, le serpent se dissipa, et Monok fut projeté en arrière. Son visage fut brûlé, et ses deux avant-bras amputés.
— Paix à son âme, dit Ondramada.
— Il vivra, dit Drivian. Dépêchons-nous de faire sauter cette chose.
Le Symeong ouvrit un panneau de contrôle et commença à changer les paramètres, pendant que le vieux mutant s'employait à débrancher certains câbles pour les rebrancher à un autre emplacement.
— C'est bon, informa Drivian. La surchauffe atteindra un niveau critique dans 10 minutes. Il ne faut pas rester ici.
Il prit Monok inconscient sur son épaule, et ils quittèrent la pièce tandis que la machine commençait à vrombir de plus en plus fort et qu'une fumée noirâtre commençait à s'en échapper.



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Messagepar L2-D2 » Mar 19 Avr 2022 - 13:27   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

Chapitre 9 lu !

Très belle image ! :jap:

Les choses avancent, les choses avancent ! Même si on parle beaucoup de l'Oracle, on ne la voit pas tant que cela dans ce troisième tome... mais nul doute que lorsqu'elle fera son apparition, ce ne sera pas pour rien ! :sournois:

Et si j'apprécie le retour de Drivian, j'adore particulièrement le moment où Monok est annoncé mort, mais en fait non, il va survivre... bon, amputé des deux mains et brûlé, mais il survivra ! :paf:

Vivement la suite ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar Boldard » Mer 20 Avr 2022 - 18:57   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

L2-D2 a écrit:Très belle image !

Merci, c'est un dessin à moi :jap:

L2-D2 a écrit:Même si on parle beaucoup de l'Oracle, on ne la voit pas tant que cela dans ce troisième tome...

Tout grand méchant sait se faire désirer :lol: (que ce soit l'Empereur dans la trilogie originale ou Sauron dans LOTR, on parle beaucoup d'eux mais on les voit très peu au final)

Je voulais justement créer une sorte d'aura de mystère autour de l'Oracle, en montrant l'influence qu'elle a sur les événements et les personnages, mais qu'on ne sache jamais vraiment quelle est sa stratégie ou son emplacement exact.
Sans avoir besoin d'être là physiquement, elle hante les bas-fonds et l'inconscient collectif, et c'est bien là le problème :sournois:


L2-D2 a écrit:mais nul doute que lorsqu'elle fera son apparition, ce ne sera pas pour rien !

C'est exactement ça, et ça ne saurait guère plus tarder :oui:


L2-D2 a écrit:Et si j'apprécie le retour de Drivian, j'adore particulièrement le moment où Monok est annoncé mort, mais en fait non, il va survivre... bon, amputé des deux mains et brûlé, mais il survivra ! :paf:

Un mal pour un bien :lol:
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Messagepar Boldard » Sam 30 Avr 2022 - 0:00   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

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Chapitre 10 - L'essence du Mal


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Après avoir terrassé les gardes armés qui se dressaient sur le chemin, Jinta pénétra enfin dans l'antre de son ennemie jurée.
L'Oracle était assise sur un trône d'ossements, culminant au sommet d'un monticule de crânes de diverses espèces, où ruisselait du sang jusqu'au sol pour se répandre dans la marre écarlate qui l'entourait. Des cadavres étaient suspendus au plafond par des crochets de boucher, et leur sang coulait goutte à goutte pour se mêler au marasme sanguinolent. L'Oracle, cet être impossible et surnaturel, trônait avec un orgueil non dissimulé et une majesté implacable. Ses articulations huilées grinçaient légèrement, indiquant qu'elle n'était pas de marbre face à l'arrivée de sa rivale.
— On ne peut pas dire que tu aies le sens de la décoration, commenta Jinta. Ni de l’hospitalité... Tout ce cirque pour enfin régler nos comptes en face-à-face… Mais cette fois, tu ne m’échapperas pas. Tu as transformé ma vie en cauchemar… Apprête-toi à rencontrer le tien.
L'Oracle se pencha en avant sur son trône, comme le ferait quelqu'un qui voudrait observer un insecte de plus près.
— Qui... Es-tu ?
— Tu sais très bien qui je suis... Tu me croyais morte. Je suis venue te prouver le contraire.
L'Oracle haussa la tête d'un air de dédain.
— C'était une question rhétorique. Je sais parfaitement qui tu es. Et oui, je te croyais morte. Mais... Qui es-tu vraiment ? Jinta Baskos ? L'Oracle ? Ma'ra'tatchi ? Pourquoi tant d'identités, pourquoi tant d'incertitude ? Sais-tu au moins qui tu es sensée être ? Que viens-tu chercher dans ces catacombes interdites ?
— J’en sais suffisamment pour savoir que tu es mon ennemie. Je viens en finir une fois pour toutes. Tu as voulu m'éliminer... mais tu as échoué. Cette fois, c’est à mon tour de jouer.
— Tu es si présomptueuse... Qui t'a dit que je voulais t'éliminer ? Ce menteur de Drivian Jexter ? Je ne comprends pas comment tu peux faire confiance à ce singe... Notre séparation, lors de notre dernière rencontre... a été aussi brutale qu'inévitable. Mais je n'ai jamais eu l'intention de te tuer.
— Peu importe. Tes actes sont impardonnables.
— Vraiment ? Voilà dix mille ans que je suis recluse dans ce tombeau, enfermée dans ce corps mécanique. Que crois-tu m’apprendre, toi qui as vécu les mêmes choses que moi ?
— Je n’ai rien à t’apprendre… Mais tu sembles avoir oublié certains détails élémentaires. La compassion, par exemple. Ou le respect des autres.
— Foutaises. Dis-moi honnêtement… Quelqu’un a-t-il déjà fait preuve de compassion ou de respect envers toi ?
— Drivian l’a fait. Le peuple Karabbatchi l’a fait. Mes parents aussi, avant qu’ils ne soient tués. Le Bothan, Ribajo… Quand il m’a sauvé la vie. J’étais trop têtue pour l’admettre, mais c’était un geste désintéressé.
— Ton amour des mortels t’aveugle. Mensonge, manipulation… C’est ce qu’ils savent faire de mieux, pour obtenir ce qu’ils veulent. Leur "compassion" n’est qu’un moyen pour s’attirer tes faveurs, pour mieux te trahir ensuite. Il n’en a jamais été autrement, et ce sera toujours ainsi.
— Je ne suis pas de cet avis. Que gagnes-tu à haïr les autres, de toute façon ? Que cherches-tu à prouver ?
— Qu’aucune vie n’est digne à mes yeux. Et qu’ils méritent tous que je les écrase comme des insectes. Ce que j’y gagne ? Vois donc ce que j’ai accompli. Je suis la véritable reine de cette galaxie. Tous ceux qui viennent à moi deviennent tôt ou tard mes esclaves, quelle que soit la force des convictions qu’ils pensent avoir. Tous ceux qui suivent leurs vices, leurs désirs les plus intimes... Sont condamnés à me servir. Car je leur donne ce qu'ils désirent au plus profond d’eux-mêmes.
— Pour mieux les trahir ensuite, et leur prendre tout ce qu'ils ont. Je connais la musique.
— Je vois que tu n'es pas stupide. Mais je ne fais pas cela sans raison. Laisse-moi te montrer quelque chose.
L'Oracle claqua des doigts, et elles furent toutes deux transportée dans une vision de Force.
Elle se tenait toujours là, face à son alter ego. Mais le décor avait changé pour un fond blanc uni, et l'Oracle avait fait place à... Elle-même. Ou plutôt, une version différente d'elle-même. Ses yeux avaient en eux une étrange lueur menaçante, dans laquelle il serait facile de se perdre.
— Tu vois bien que nous sommes jumelles. Les deux faces d’une même pièce. Sois raisonnable, Jinta… Nous n'avons pas besoin d'être ennemies.
— Je n'ai pas envie d'être ton ennemie. Mais si je ne t'arrête pas... Rien ne t'empêchera de tuer tous ces innocents, comme tu l'as déjà fait.
— Ah, cesse donc ce mélodrame absurde. L’innocence n’existe pas. Leur vie t'est-elle si précieuse ? Plus que la tienne ? Tes désirs... prouvent le contraire.
— Je ne suis pas esclave de mes désirs. J'agis par conviction.
— Dans ce cas je te retourne cette question : Qu'est-ce que tu y gagnes ? Moi, je peux réaliser tes fantasmes les plus inavouables. Je peux te donner un pouvoir qui te fera oublier toutes ces vaines préoccupations. Quand on détient un tel pouvoir entre ses mains... On comprend alors que tout le reste n'est qu'illusion.
— Oui... Mais à quel prix ?
— Aucun prix n’est trop élevé pour le pouvoir absolu. Puisque tu penses pouvoir me juger, laisse-moi te rafraîchir la mémoire. Je vais te montrer ce à quoi tu as participé... et que tu t'entêtes à ignorer.
L'Oracle claqua des doigts, et trois parallélogrammes noirs alignés apparurent au loin, glissant à toute vitesse au-dessus du sol, tranchants tels des lames de rasoir.
— Le Treysitos, expliqua-t-elle à Jinta. D'autres l'appellent la Marque Interdite. Un pur condensé de haine, de douleur et de tourment. Ma création la plus aboutie. Ta création, à vrai dire.
— Que veux-tu dire ?
— Le Treysitos est entièrement constitué de midichloriens corrompus, aussi appelés cellules d'obscursouche. Ils... dévorent les midichloriens ordinaires. Et sans midichloriens...
— Pas de vie.
— Tu vois que tu n'as pas tout oublié. Te souviens-tu comment s'obtient l'obscursouche ? Mais si, tu t'en souviens... Cherche au plus profond de toi. Retrouve les souvenirs que tu as refoulés.
Jinta eut soudain un mal de crâne atroce, et des flash lumineux lui ramenèrent des images qu'elle avait volontairement oubliées. Elle se souvint des femmes enchaînés, nourries d'excréments, condamnées à accoucher d'enfants pour les voir mourir devant leurs yeux. Elle vit les milliers d'âmes prisonnières de la Tourmenteuse, enfermées dans un cauchemar perpétuel. Elle vit un avenir sombre pour la galaxie, un avenir qui dépassait ses pires craintes. Dix mille ans de torture, de mort et d'esclavage. Personne ne serait jamais plus en sécurité. Jamais plus on n'oserait aimer, comprendre ou espérer. La vie deviendrait un enfer pour tous. L'amour, un poison. La mort... une délivrance.
— Seul le plus grand désespoir, la plus grande des souffrances, peut corrompre des midichloriens. Plus un être possède de midichloriens, et plus grande sera sa corruption.
Jinta demeura silencieuse quelques instants, sous le choc.
— Je vois que tu as bien étudié le sujet, répondit-elle.
— En réalité, l'obscursouche est l'essence même du côté obscur. C'est de cette substance, à la fois physique et psychique, que les Sith tirent leurs pouvoirs. Mais trop de corruption chez un seul être attire la maladie, la vieillesse et la mort. Pour atteindre le pouvoir absolu, toute vie naturelle doit être purgée. Il n'y a qu'ainsi que les ténèbres pourront reprendre la place qui leur revient.
— C'est de la folie. Que vaut un tel pouvoir sans la vie ?
— C'est ce que tu n'as jamais compris, Jinta. Lorsqu'on arrive à plier l'univers à sa volonté... la mort n'est plus un obstacle.
— Personne ne devrait posséder un tel pouvoir.
— C'est pourtant ce même pouvoir qui t'a permis de survivre jusqu'à présent, et de venir m'affronter. Mais qu'as-tu de plus que moi ?
— Ce que tu n’auras jamais. Un cœur.
L'Oracle lui lança un regard assassin. Elle avait touché un point sensible, apparemment.
— Tu as très mal choisi tes mots. Voyons si ton "cœur" t'aide contre... Ça.
Elle fit un geste de l'index, et les trois parallélogrammes virèrent droit dans sa direction.
— Sais-tu pourquoi le Treysitos est composé de trois parties ? La première est la peur, la deuxième la colère, la troisième est la haine. Chacune matérialisée dans son état le plus pur. Ensemble, elles forment le triangle de la souffrance. Chacune de ces énergies abonde en toi, le Treysitos peut le sentir. Et il n'aura aucune pitié pour les retourner contre toi. Plus tu tenteras d'y échapper, et plus ta souffrance sera grande. Une fois empalée par les trois lames, impossible de s'en défaire. Le temps s'arrêtera pour toi, et ta douleur sera éternelle. Sauras-tu embrasser l'inéluctable, ou ne feras-tu que le subir ?
Jinta réfléchit à toute vitesse. Les lames filaient droit vers elle, étrangement floues et instables, leur couleur variant entre le noir et le gris. Leur existence même semblait altérer la réalité.
« Ne crains rien », fit une voix dans sa tête, une voix lointaine. « Fie-toi à la Force. »
Malgré l’urgence de la situation, Jinta prit le temps de fermer les yeux et respira à fond. Là, dans l’apaisement, dans le calme au cœur de la tempête, elle eut une révélation.
L'Oracle n'attendait qu'une chose ; qu'elle accepte son sort. Mais les pouvoirs qu’elle utilisait… Elle les connaissait bien. Ces pouvoirs étaient à double-tranchant.
Elle ouvrit les yeux, et toisa l'Oracle avec un calme déconcertant.
— Alors ça y est ? interrogea la sorcière. Tu as accepté ton sort ?
— Au contraire.
— Alors pourquoi ne tentes-tu pas de t'enfuir ?
— Je n’ai nulle part où aller, puisque nous somme dans mon esprit. Je suis ici chez moi. Et je n’ai rien à craindre de ta part, vu que nous ne faisons qu’un. Je connais tes secrets. Mes faiblesses… sont aussi les tiennes. La différence, c’est que je les combats. Toi… tu les as acceptées.
L'Oracle se retourna, et constata avec horreur que les trois lames fondaient droit sur elle.
L'impact produisit l'effet de la foudre. La sorcière poussa un hurlement qu'on aurait cru surgi des enfers, et la réalité elle-même sembla se déchirer. Jinta cligna des yeux, et elles furent de retour dans la réalité. L'Oracle était tombée de son trône et rampait à terre, drapée de sa cape huileuse dégoûtante, ses doigts de métal crochus griffant le sol tout en se resserrant. Le coup qu'elle venait de recevoir l'avait sans doute plus affaiblie qu'elle ne voudrait l'admettre.
— Tu es... plus puissante que je l'imaginais. Je vois en toi un grand potentiel… Si tu ne me tues pas, je te donnerai mon pouvoir… Le vrai pouvoir.
— Je ne veux pas de ton maudit pouvoir. Tu n'aurais pas dû me sous-estimer. Mais plus important encore... Tu n'aurais jamais dû te tourner contre moi. Car en me reniant, tu as renié ta propre conscience.
Jinta utilisa la Force pour soulever sa carcasse, et la plaqua contre le mur. La cape se déchira, et elle vit alors ce qui se cachait en dessous. Sur le squelette en métal noir de la droïde, des veines rouge vif couraient telles des racines sur la surface froide du corps artificiel. Elles se contractaient à répétition, acheminant le sang vers le torse. Pouvait-il... y avoir un cœur, sous cette carcasse sombre et froide ? D'un geste de la main, elle plia le métal par la Force pour ouvrir le torse en deux.
La vision d'horreur qui suivit dépassait ses pires cauchemars.
Les vaisseaux sanguins étaient tous reliés à un fœtus violacé de la taille d'une pomme, qui battait à la manière d’un cœur. Sauf qu'il ne faisait pas circuler le sang... Il l'aspirait.
Jinta comprit alors l'ampleur de la machination qui se jouait. Par une combinaison contre-nature d'alchimie Sith et de magie noire, c'était au prix de milliers de vies innocentes que l'Oracle tentait, tant bien que mal, de se faire renaître dans un corps biologique. Un corps immortel. Un corps… À son image.
— Qu'as-tu... fait ? interrogea Jinta, mortifiée.
— C'est là le prix de l'immortalité. Seul un corps né de l'obscurité peut accueillir une âme totalement corrompue.
— … J’en ai vu assez. Prépare-toi à mourir.
— Oui... Vas-y, tue-moi. Tue-moi, et prends ma place. Si tu me tues, tu deviendras l'Oracle à ton tour. Tu ne peux pas y échapper.
— Je ne serai jamais comme toi. Ton existence même est un crime.
— Un crime, vraiment ? Je ne suis que le fruit de tes propres perversions. Ce que j'ai fait... Tu l'as fait aussi. Mes pensées sont les tiennes. Mes crimes, comme tu dis... sont aussi les tiens.
— Peut-être. Mais ça ne m'empêchera pas de te tuer. Je le dois à tous ceux qui ont souffert par ta faute. Tu as cherché à détruire le monde qui t'a accueilli. Tu as voulu m'éliminer. Toi qui prétends aujourd’hui que nous sommes jumelles, tu as voulu me faire disparaître. Toi qui voulais atteindre l'immortalité... Tu as orchestré ta propre destruction. Tu es la seule responsable de ton châtiment.
— Comme c’est amusant. Tu étais là, quand j’ai fait tout cela. Nous étions la même, je te rappelle. Tu aurais pu m’en empêcher. Mais tu ne l’as pas fait.
— Tu ne m’as jamais laissé le choix. Tu m’as réduit au silence, enfouie au plus profond de toi. J’étais la conscience qui criait à tes oreilles, mais que tu refusais d’entendre.
— Tu… Tu ne peux fuir ta propre culpabilité. Tu as aussi ta part de responsabilité. Si je mérite de mourir... tu le mérites aussi !
— Alors je te suivrai dans la tombe.
— Non, attends... S’il te plaît, ne fais pas ça.
— Quoi ?
La voix de l’Oracle devint alors tremblante, désaccordée.
— Je... S'il te plaît, Jinta. Aie pitié. Pitié !
Jinta brandit la lame de Kor-Kazek qui se mit à blanchir d’une vive lueur, tandis que toute la Force vitale de son corps se concentrait dans l’arme tranchante.
— Tu oses encore parler de pitié...? Ma pauvre… Tu n'as aucune idée de ce qu'est la pitié. Tes expériences contre-nature s’arrêtent ici. Tu aurais dû mourir depuis longtemps.
L’Oracle laissa retomber sa tête prismatique, avant de la relever vers elle d’un air fielleux.
— ...Outre-idiote. Tu regretteras cet acte à tout jamais. Et tu ne vaudras jamais mieux que moi ! AGRAKKADOKUM SATERNAKHEOS !
D’un geste franc et direct, Jinta trancha la tête de la sorcière, qui émit une gerbe d’étincelles et atterrit dans la marre de sang. Soudain, des pattes d'araignée sortirent de la tête de l'Oracle et celle-ci commença à s'enfuir. Jinta la rattrapa d’un bond et la ramassa pour l'examiner.
— Où tu crois aller comme ça ? Tu m'abandonnes déjà ?
Soudain pris d’un violent dysfonctionnement – si ce n’était de pure démence – le corps sans tête, encore debout, commença à pousser des hurlements stridents et chaotiques, et se mit à courir comme un possédé dans une direction aléatoire au maudissant la vie de grands gestes dérisoires. Percutant un mur de plein fouet, l’Oracle décapitée s’effondra à terre en s’agitant de convulsions désordonnées, frappant le sol des poings et des pieds à une vitesse effrayante. Cette parodie d’un être vivant, animée par rien d’autre qu’un rage aveugle et sans limite, si elle n’inspirait pas la peur ou l’aversion, faisait peine à voir. Jinta attira le corps de l’Oracle à elle, et lui murmura quelque chose.
— Adieu, ma sœur.
Cette fois-ci, la lame transperça la sorcière droïde en plein cœur.
NAAAAAAAAAAAAAAHHHRRRRRG !!!!!
Une lumière aveuglante rayonna de son corps qui semblait se désintégrer de l’intérieur, avant d’éclater dans un flash lumineux semblable à la foudre.
La déflagration, bien que causant peu de dégâts matériels, eut une telle résonance dans la Force que Jinta en perdit connaissance. Ce n’est qu’en reprenant ses esprits, et voyant les cendres et les éclats de métal retomber un peu partout dans la pièce, qu’elle comprit que c’était bel et bien fini.
Toutes les pensées parasites, les craintes et les doutes avaient soudain disparu de son esprit. Elle comprit alors ce qui venait de se passer. Elle ne venait pas de tuer une personne. Elle avait vaincu son propre côté obscur. Si sa vie n’était pas accomplie à cet instant, elle venait assurément d’en franchir une étape très importante. C’était la fin de son cauchemar, un cauchemar qui durait depuis plus de mille ans… Où l’était-ce vraiment ?
Pour l’heure, une chose était certaine : L’Oracle n’existait plus. Le côté obscur, lui… reviendrait probablement la hanter tôt ou tard. Mais cette fois, elle serait prête à l’affronter.



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Messagepar L2-D2 » Lun 02 Mai 2022 - 19:42   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

Chapitre 10 lu !

Bon, je l'avoue, je m'attendais à plus rude, je suis presque rassuré du coup ! :transpire:

Mais c'est un excellent Chapitre que tu nous livres là, avec un très bel affrontement entre Jinta et l'Oracle. Après avoir fait monter la tension pendant près de deux tomes, on pouvait craindre un face-à-face, non pas décevant mais peut-être pas à la hauteur des attentes... mais il n'en est rien, et c'est un passage très prenant que tu nous livres là ! Ton Chapitre le plus réussi depuis le début de ta trilogie ? Sans doute ! :jap:

On approche de la fin...

Vivement la suite ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar Boldard » Mar 03 Mai 2022 - 12:41   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

L2-D2 a écrit:Chapitre 10 lu !

Bon, je l'avoue, je m'attendais à plus rude, je suis presque rassuré du coup ! :transpire:


J'aurais pu aller plus loin dans les détails sordides, mais je me suis dit que c'était déjà assez comme ça :transpire: (Puis je ne voulais pas détourner le lecteur du propos principal, qui n'est pas de choquer pour choquer)


L2-D2 a écrit:Après avoir fait monter la tension pendant près de deux tomes, on pouvait craindre un face-à-face, non pas décevant mais peut-être pas à la hauteur des attentes... mais il n'en est rien, et c'est un passage très prenant que tu nous livres là ! Ton Chapitre le plus réussi depuis le début de ta trilogie ? Sans doute ! :jap:


Je craignais justement que ce chapitre ne soit pas à la hauteur des attentes. En effet, c'est un moment on ne peut plus important pour l'histoire, puisque qu'il marque le paroxysme de l'affrontement entre Jinta et sa némésis, l'Oracle. Content que tu n'aies pas été déçu :jap:

Il y aurait sans doute eu d'autres fins possibles, mais c'était celle que je voulais raconter. Un affrontement ardu, une épreuve psychologique difficile (depuis le début, en fait), mais en définitive une victoire juste et méritée sur le côté obscur.


L2-D2 a écrit:On approche de la fin...


Plus que 3 chapitres, mais je n'ai pas dit mon dernier mot :sournois:
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Messagepar Boldard » Sam 14 Mai 2022 - 23:37   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

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Chapitre 11 - Lueur sur les ténèbres


Le vacarme hurlant des combats résonnait avec écho dans la vaste cavité souterraine qui constituait la partie principale de la Crypte, soutenue par des colonnes de roche et de métal rouillé.

La bataille faisait rage depuis bientôt une heure, décimant peu à peu les mutants dont les forces s'amenuisaient. Les prisonniers se battaient jusqu'à la mort, emportant de nombreux ennemis dans la tombe, mais les morts-vivants continuaient de se relever. Pire que tout, les mutants et les prisonniers tombés au combat revenaient à la vie pour se retourner contre leurs alliés. Alors que tout espoir semblait perdu, un courant d'air chaud souffla dans la galerie, et dissipa la fumée verte. Comme vidés de leur énergie, les morts-vivants tombèrent l'un après l'autre.
— Qu'est-ce qui se passe ? demanda un mutant au doyen. Encore une tromperie de l'ennemi ?
— Non, répondit Ondramada. Elle a réussi. Ma'ra'tatchi a vaincu l'Oracle.
C'est à la stupeur générale que Jinta arriva au milieu d'eux, triomphante, tenant le tête de l'Oracle dans sa main et l'épée de l'autre.
— Que tous les Proscrits lâchent leurs armes et se rendent ! cria-t-elle. L'Oracle n'est plus !
Sur ces mots, elle jeta la tête en métal qui s'écrasa dans un choc strident sur le sol en pierre, se brisant et répandant les cendres de ce qui avait dû être la contrefaçon d'un cerveau organique. Les visages tétanisés des derniers Proscrits encore en vie traduisirent un choc émotionnel dont ils n'étaient pas prêts de se remettre. La sensation de toute-puissance, de supériorité autrefois insufflé par l'Oracle, et qui les avait mené à commettre tant d'actes innommables, avait fait place à un sentiment mélancolique de faiblesse, de misère et de culpabilité. Lâchant leurs armes, certains fondirent en larmes, réalisant qu'ils avaient tout perdu. Libérés de l'emprise mentale de la sorcière, plusieurs se réjouirent d'être à nouveau maître d’eux-mêmes. Certains étaient encore trop confus pour savoir quoi penser. L'un d'eux, un mutant ayant autrefois appartenu à la tribu des Karabbatchi, murmura quelque chose.
— Mon âme... est libre. Mes pensées m'appartiennent à nouveau. Il faut… que je rentre à la maison. Ma femme… Mon fils… Ils me manquent tellement. Il faut que j’aille les retrouver.

C’était enfin terminé. La secte était vaincue. Les morts-vivants s’étaient dissous dans une fumée verte peu naturelle qui eut tôt fait de se dissiper, montrant aux yeux de tous que leur existence n’était qu’un subterfuge. Les armes des derniers fidèles furent confisquées par les mutants, qui veillaient à ce qu’aucun d’eux ne tente rien de stupide. L’ambiance était revenue au calme, l’enthousiasme et la frénésie de la bataille ayant fait place au repos bien mérité des combattants. Il n’était pas dans la nature des Karabbatchi de se réjouir d’un massacre, et la joie de cette victoire se mêlait au regret amer des vies perdues pour l’obtenir. Mais tous éprouvaient un grand respect pour Jinta, alias la grande Ma’ra’tatchi, qui les avait enfin délivré de la souffrance. Certains n’y croyaient plus, à cette victoire. Certains en porteraient des séquelles toute leur vie.
C’est à ce moment-là que Iggvar et Kiro arrivèrent, accompagnés par un Ghastas a l’air maussade, et vinrent à la rencontre d’Ondramada.
— Tout va bien, mes amis ? Vous avez réussi à vous débarrasser de cette créature ?
— Un peu, ouais, fit Iggvar. On l’a pulvérisé, même ! Mais c’est pas nous qu’il faut remercier. C’est KC-K8, le vrai héros.
— Ah oui, vraiment ? Où est-il ?
— Il… En fait, il s’en est pas sorti. Il s’est sacrifié pour nous.
— Hmm, je vois. Eh bien, les droïdes me surprendront toujours. Je partage ta perte, Ghastas. Sa mémoire sera honorée comme il se doit.
Mais Ghastas, le visage fermé, ne disait plus rien.
Iggvar aperçut un groupe d’anciens prisonniers qui s'en prenait à des enfants en haillons. La marque au fer rouge sur la peau de ces derniers trahissait leur appartenance à l'Ordre des Proscrits. L'un des prisonniers leva un marteau et s’apprêtait à frapper un enfant recroquevillé qui, pris de peur, avait mis les bras par-dessus sa tête.
Iggvar et Kiro arrivèrent à ce moment-là, et s'interposèrent entre les deux.
— Hé, qu'est-ce que vous faites ? Ce ne sont que des enfants. Ils ne sont pas une menace.
L'un des prisonniers les regarda et rétorqua :
— Des enfants, eux ? Ce sont des animaux. Ce sont eux qui ont assassiné mon frère il y a une semaine. Ces enfants, comme vous dites... Sont loin d'être innocents.
— Sauf qu'il n'étaient pas libres de leurs choix. C'était des esclaves. Vous comprenez ça, pas vrai ?
— Ils ont préféré vendre leur âme que mourir. Ils ont accepté leur esclavage. Ils sont condamnés.
À cet instant, un Symeong arriva dans leur direction. Il passa sa main devant les prisonniers, et dit :
— La bataille est terminée. L'Oracle est vaincue. Il est temps de rentrer chez soi et de réfléchir à l’avenir.
Le regard du prisonnier se perdit dans le vide, et il dit :
— La bataille est terminée. On rentre à la maison, les gars.
Sur ces mots, les cinq prisonniers firent demi-tour et entreprirent de quitter la Crypte.
— Wow, fit Iggvar. Comment vous avez fait ça ? Vous m'apprenez ?
Le Symeong sourit.
— C'est un peu plus compliqué que ça.
Remarquant alors Ghastas dépité, assis seul sur un rocher, Iggvar alla à sa rencontre.
— Ça va aller, mon vieux ?
— Je ne suis rien. Un meurtrier, un lâche et un menteur, voilà ce que je suis. J'avais une vie, des projets... mais la vie m'a fait comprendre que ça sert à rien d’espérer.
— Qu'est-ce que tu racontes ? On a gagné, c'est fini.
— Certes... Mais à quel prix ? KC s'est sacrifié pour que je vive. Ce droïde... C'était pas qu'un droïde. C'était la seule famille qu'il me restait.
— J'ai aussi perdu ma famille. Je sais ce que ça fait. Mais nous, on est là. Hé. Si tu veux te joindre à l'équipe... on peut bien te faire une place.
— Dis pas de bêtises. Je suis vieux, vous êtes jeunes. Je ferais que vous ralentir. Et puis, c'est pas une vie de toute façon. Je pense que j'ai besoin de vacances. De très longues vacances.

Baff’ud Ondramada alla voir Jinta, qui semblait perdue dans ses pensées.
— Mon peuple te sera éternellement reconnaissant pour ce que tu as fait. Les générations futures chanteront les louanges de celle qui a chassé le Mal des profondeurs.
Jinta baissa les yeux.
— Je ne veux pas de cet honneur. Je ne le mérite pas.
— Comme tu voudras. Tu as pourtant fait tout ce qu'il fallait pour le mériter... Ah, ta sagesse aurait fait rougir certains Jedi. Quoi qu'il en soit, tu seras toujours la bienvenue parmi nous.
— Quelque chose m’échappe encore… Vous aviez dit que si je tuais l’Oracle, je mourrais aussi. Et, sauf erreur, je ne suis pas morte. Qu’est-ce que ça signifie ?
— Bonne question. Vois-tu, le pouvoir de corruption de cette arme aurait facilement pu être retourné contre toi par l’Oracle. Si tu t’étais laissée corrompre, tu l’aurais certes tuée, mais elle t’aurait entraînée dans sa chute. En t’attachant au pouvoir, en faisant passer ta propre vie avant celle des autres comme elle l’a fait, tu serais devenue exactement comme elle. Mais c’est seulement en renonçant à toi-même, à ta propre vie pour le bien de tous, que tu as pu échapper à son emprise. C’est en abandonnant tes désirs égoïstes, et en croyant à l’amour universel qui se trouve en chaque être vivant, que tu as vaincu la mort. Car tu as compris que dans la Force, rien ne meurt jamais vraiment. Qu’en t’attachant à la Force, à ta nature profonde, et en rejetant les ténèbres, ton âme serait sauve. C’est là le secret que bien des Jedi ont poursuivi toute leur vie, mais n’ont jamais pleinement réalisé.
Jinta resta silencieuse quelques instants.
— Je comprends mieux. Est-il possible... qu'une part de l'Oracle vive encore en moi ?
Baff'ud se frotta le menton et la regarda dans le fond des yeux.
— Il est encore trop tôt pour le dire... Il n'appartient qu'à toi d'en décider. Mais ne te laisse pas étouffer par les préoccupations. Tout vient à point à qui sait attendre. La vie est un cadeau, n'oublie jamais ça. Puisse ta vie être longue et pleine de richesses.
Sur ces paroles attentionnées, Ondramada la salua avant de s'en retourner. Elle fut peu après rejointe par Drivian Jexter.
— Te voilà enfin, Jinta. Tu as réussi ! Je pense que les gens ici te doivent beaucoup.
— Je n'ai fait que régler ce qui aurait dû l'être depuis longtemps. Et désolée si j'ai mis plus de temps que prévu. J'ai eu... quelques incidents en cours de route.
— Ne dis pas ça, tu as fait ce qu’il fallait. Les obstacles sur ta route étaient colossaux. Mais malgré tout, tu as agi selon ta conscience. Et c'est là le plus important.
— Si tu le dis. Mais je suis loin d'être la seule à mériter des éloges. Sans nos alliés, rien de tout ça n'aurait été possible. Sans toi, je serais encore... tu sais où.
— C’est vrai, mais… Il faut que je te dise quelque chose. En réalité, tu as fait bien plus pour moi que tu ne peux l'imaginer. Quand j'ai appris à te connaître, dans cette simulation... C'est toi qui m'as sauvé des ténèbres. Quand j'ai vu ta part lumineuse, cette innocence, cet espoir que tu portais au fond de toi… J'ai compris que tout n'était pas perdu. Que je pouvais moi aussi me séparer de cette obscurité qui collait à ma peau. Ce que j'ai fait pour toi... tu l'as déjà fait pour moi.
— Vraiment ? Tu veux dire… que c’est moi qui t’ai fait changer d’avis ?
— En voyant la pureté de ton cœur, je me suis rappelé de ce qu’était l’humilité. Tu as été l’exemple de bonté que je rêvais de retrouver, et grâce à toi j’y ai cru à nouveau. Ça a été l’étincelle qui a allumé la flamme, puis la flamme est devenue un brasier.
Jinta le dévisagea quelques instants, puis hocha la tête pensivement. Si ces paroles n’étaient pas que des compliments en l’air, alors elle avait beaucoup à apprendre d’elle-même. Elle comprit à quel point être un modèle pour les autres pouvait changer le cours des choses. Drivian se risqua à une question.
— Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ?
— J’en sais trop rien. J'irai où le vent me porte, j'imagine. Comme je l'ai toujours fait.
— J'espère que tu ne m'en veux pas trop pour... tu sais. Ce que je t'ai fait subir. Je n'ai pas trouvé les mots pour te le dire jusqu’à présent, mais... Je regrette que tu aies dû souffrir à cause de moi.
Jinta posa une paume réconfortante sur l'épaule de l'humanoïde aux traits de singe.
— Tu n'as pas à t'en vouloir. Tu as fait ce que tu avais à faire. Après tout, sans toi, je n'aurais jamais su qui j'étais vraiment.
— Donc tu ne m'en veux pas ?
— Si j'en voulais à tous ceux qui m'ont fait du mal... Je pense que vous auriez tous une deuxième Oracle sur les bras.
Elle marqua une courte pause, puis esquissa un sourire moqueur.
— Même s'il faut dire... que la tentation est grande.
— Je sais que ce n'est pas facile. Et je ne te demande pas de me pardonner. Mais avec le temps, tu comprendras que le pardon est indispensable pour retrouver la paix et l'équilibre. J'ai eu ma part de rancœur, moi aussi. Mais la rancœur est un poison. Elle transformera la justice... en tyrannie.
— Je ne veux pas faire de promesse que je ne suis pas sûre de tenir. Mais tu as sûrement raison. Si je mérite une seconde chance, alors les autres aussi.
Drivian hocha la tête alors que son regard se perdait dans le vide.
— Que va-t-il advenir de cet endroit ? Demanda Jinta en contemplant les ruines informes et poussiéreuses qui avaient longtemps été la demeure exclusive de son double maléfique.
— J’y ai déjà réfléchi. Si on détruit la Crypte, c’est tout un pan de l’Histoire qui sera perdu à jamais. De plus, beaucoup d’anciens Proscrits sont encore en vie, libérés de l’emprise que l’Oracle exerçait sur eux. Certains n’ont rien connu d’autre que la Crypte, ils sont ici chez eux. Je connais ces gens, j’ai vécu à leurs côtés. J’aimerais faire de cet endroit un refuge pour ceux qui n’ont nulle part d’autre où aller. Un lieu de paix, d'espoir et de rédemption. Afin que les ténèbres n'y aient plus jamais leur place.
Jinta garda le silence, puis hocha la tête.
— J’aime bien cette idée. Tu as été là pour m’aider, tu m’as fait confiance alors que j’étais ton ennemie. Tous ces gens qui ont souffert par ma faute… Je veux les aider à retrouver espoir.
— Si tu veux m’aider dans ce projet, ce serait un honneur de t’avoir à mes côtés. Mais... il reste un point de détail à résoudre. Ce projet ne pourra pas aboutir sans ressources. Pour financer ses plans, l’Oracle avait accumulé des richesses colossales dans une chambre forte dont l’emplacement était tenu secret. M’ayant confié la charge de transférer les fonds, je connaissais sa position, mais un puissant sortilège empêchait quiconque d’y accéder en dehors de ceux qui y avaient accès. Maintenant qu’elle est morte, le sortilège est levé. Il ne reste plus qu’à le récupérer.
— Attends… Est-ce que ce serait le fameux trésor dont tout le monde parle et que personne n’a jamais trouvé ?
— Celui-là même.
Jinta eut un sourire en coin en repensant à son ancienne vie. Elle qui avait vécu une vie de désespoir et de désillusion, la voilà qui avait de nouveau un but. Elle se tourna vers Drivian, et déclara d’un air décidé :
— Dans ce cas, partons à la chasse au trésor. Et pas d’entourloupe, cette fois !
Le Symeong se fendit d’un rire franc, quelque peu amer, mais sans moquerie ni malveillance.
— Après ce que tu as fait à l’Oracle ? Je n’oserais pas.

Peut-être que ces bas-fonds n'avaient pas que des mauvais côtés, finalement. Peut-être même qu'il y avait une forme de justice, en fin de compte. Peut-être... que l'espoir n'était pas mort.
L'Empire continuerait encore des années à étendre sa domination sur la galaxie, et à empoisonner la vie de ses habitants. Mais Jinta acquit l'intime conviction que cela ne durerait pas. Car là où l'obscurité abondait... la lumière n'était jamais bien loin.

Jinta mit longtemps à faire réellement confiance à Drivian, et à lui pardonner ses abus. Mais ce fut là le début d’une amitié sincère qui dura de nombreuses années. La Crypte fut renommée le Refuge des Oubliés, et Jinta et Drivian furent surnommés les Gardiens de la Mémoire, enseignaient à qui voulait l'entendre la vérité sur l'Oracle, la Force et le côté obscur.

Avec le temps, l'Oracle et ses expériences diaboliques ne devinrent guère plus qu'une vieille légende, racontée pour effrayer ceux qui voudraient s'aventurer trop bas dans les niveaux inférieurs. Mais peu de gens savaient qu’elle avait réellement existé. Les derniers Proscrits restés fidèles à l'Oracle jusqu’au bout, et qui ne se détournèrent pas du côté obscur, formèrent une secte appelée les Acolytes de l'Au-delà.

Avant de mourir, Jinta effectuera un pèlerinage sur Moraband avant de passer ses dernières années sur Dathomir. Mais on racontera qu'une partie de son âme hante toujours les niveaux abandonnés de Coruscant, la ville-planète aux mille visages, ville d’ombres et de lumières, ou parfois se confondent les mythes et la réalité.


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Modifié en dernier par Boldard le Sam 06 Aoû 2022 - 17:03, modifié 4 fois.
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Messagepar L2-D2 » Lun 16 Mai 2022 - 9:36   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

Chapitre 11 lu !

C'est un Chapitre une nouvelle fois réussi que tu nous proposes là... et pourtant, tu es sorti de ta "zone de confort", du moins du genre horrifique que tu avais pris l'habitude de nous proposer ! En effet, ce Chapitre se focalise sur l'après, sur le devenir de nos protagonistes, sur leur satisfaction d'avoir triomphé, dans une ambiance qui m'a rappelée celle du Retour du Roi. Tu prends le temps de nous montrer leur épuisement mais aussi leur bonheur d'avoir vaincu l'Oracle, avec un petit aspect légendaire avec le devenir de Jinta.

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Boldard » Sam 28 Mai 2022 - 2:03   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

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Karüzel tenait un Jawa par le col et le plaquait sauvagement contre le mur gras et métallique. Le malheureux criait et se débattait, mais cela ne faisait qu’amuser davantage son tortionnaire, et ses amis installés à côté riaient sans gêne de la situation.
— Alors, demi-portion ? On sait plus quoi faire, maintenant ? Allez, enlève ta capuche qu’on voie ta sale gueule...
À cet instant, Iggvar et Kiro entrèrent dans le bar. Karüzel tourna la tête dans leur direction. La poudre brunâtre et le sang sous son nez trahissaient une consommation récente et excessive d’épice, et l’une de ses pupilles avait éclaté sous l’effet de la drogue. La peau émaciée de son visage laissait deviner la forme de son crâne, et ses amis, presque aussi rachitiques que des squelettes, lancèrent des regards mauvais aux deux arrivants.
— Oh, salut microbe. Qu’est-ce que tu fous ici ? T’étais pas occupé à baiser la dépouille de tes ancêtres ?
— Toujours aussi irrécupérable, en fin de compte, lui répondit Iggvar d’un air presque déçu. T’aurais pu devenir tellement plus. Tu pourrais au moins t’en prendre à quelqu’un de ta taille, non ?
— Hahahahaha. Mais oui, voilà monsieur le justicier qui se la ramène pour faire la morale à ceux qui n’ont rien demandé. Sérieux, t’as vraiment rien de mieux à faire ? Pourquoi tu cherches la merde, Bigvache ? T’aimes ça, la merde ?
— On sait ce que vous avez fait, trancha Kiro. Vous avez aidé l’ennemi à détruire Karzgard.
— Hmm ? Non, je ne crois pas. Vous nous confondez avec quelqu’un d’autre.
— On a les preuves, rétorqua Iggvar. Les caméras de sécurité de l’enclave nous ont montré votre vrai visage. Il n’y a plus de fuite possible.
— Tsss, n’importe quoi... Bon, d’accord, on a peut-être aidé le Portemort à accéder à la colonie. Et puis après ? Il allait les tuer dans tous les cas. On n’a fait qu’accélérer l’inévitable. Qu’est-ce que tu vas faire, de toute façon ? Nous tuer ?
— Si tu savais... murmura Iggvar. J'ai tué le Portemort de mes propres mains. Tu crois que je ne suis pas capable de recommencer avec vous ?
La fausse arrogance dans les yeux de Karüzel laissa peu à peu place à une terreur sourde, alors que son visage se décomposait. Elle était peut-être malhonnête par nature, mais depuis le temps qu'ils se connaissaient, elle savait quand Iggvar ne plaisantait pas. Les malfaiteurs levèrent alors leurs blasters leur direction, mais Kiro et Iggvar tirèrent pour les désarmer en une fraction de seconde. Leurs mains qui tenaient les blasers explosèrent, mais au lieu de sang liquide, ce furent des caillots desséchés et de la poussière ocre qui en jaillirent.
— Règle numéro 1 du consommateur d’épice, fit l’Iridonienne, toujours s’hydrater ou on s’expose à une déshydratation et à une nécrose accélérée des tissus. Règle numéro 2, ne pas en consommer trop souvent ou dépasser la dose mortelle, ou on est sûr de crever à petit feu. Règle numéro 3, toujours vérifier la provenance du produit qu’on consomme... Vu votre état, je suis sûre que vous avez ignoré au moins deux de ces trois règles. C’est à cause d’inconscients comme vous que ce truc est illégal. Permettez-moi d’abréger vos souffrances avant que vous ne mourriez de votre propre stupidité.
— OK, fit Karüzel en levant les mains après avoir finalement lâché le Jawa qui s’empressa de filer entre leurs jambes. Vous avez une dent contre nous, je peux comprendre. Mais je suis sûre qu’on peut s’arranger.
— Pas cette fois, déclara Iggvar.
Ils les menottèrent l’un après l’autre, et les traînèrent un par un hors du bar pour les balancer par-dessus la rambarde, dans le gouffre sans fond qui séparait la rue en deux. Leurs cris nasillards résonnèrent avant de disparaître dans les profondeurs de la ville, sous le regard blasé des passants qui voyait ce genre de spectacle assez souvent pour ne plus en être étonné. Iggvar s’épousseta les mains et regarda Kiro.
— J'aurais presque pitié pour eux... Mais ils n'ont que ce qu'ils méritent, non ?
— Tu te poses vraiment la question ? Ils ont provoqué leur propre chute.
Les deux amis retournèrent dans le bar.
— Désolé du dérangement, fit Iggvar au barman qui revenait de la réserve avec une caisse d’alcool.
Le barman en question, un Bothan à la fourrure grisonnante arborant une cicatrice sur le museau et trois boucles dorées sur l’oreille gauche, haussa les épaules nonchalamment.
— Oh, ce n’est rien. J’avoue que j’étais sur le point de les expulser à coups de blaster dans la figure, sachant que c’est la troisième fois qu’ils viennent et consomment sans payer, en plus de foutre un bazar de tous les enfers. Je pense que ces gars-là manqueront à personne.
— Attendez, mais je vous connais, s’excita Kiro à l’adresse du Bothan. Vous êtes Ribajo, le chef de la cantina...
L’Angle Mort, ouais. Enfin, j’étais.
— Vous n’étiez pas mort ?
Le Bothan se fendit d’un rictus amer.
— Heh. On me le dit souvent.
— Mais comment vous avez fait pour échapper aux sbires de l’Oracle ? s’enquit Iggvar.
— Les sbires de qui ?
— Hem… C’est une longue histoire. Vous vous rappelez, les Impériaux qui vous ont attaqué ? Eh bien, ce n’étaient pas vraiment des Impériaux.
— Alors comme ça, ce n’étaient pas des Impériaux... Eh bien, oui, je m’en suis sorti. Mais... un Bothan intelligent ne révèle pas ses secrets au premier venu.
— Croyez-moi, vous êtes loin d’imaginer ce qui se trame réellement dans les niveaux abandonnés. Dites-nous comment vous avez réussi à fuir, et on vous dira qui étaient vos ennemis. Quand on vous aura expliqué, les choses vous paraîtront tout de suite plus claires.
Ribajo passa sa barbe entre ses doigts et les dévisagea d’un air songeur.
— Très bien, ça me va. Mais vous d’abord. Si votre histoire me paraît crédible, je vous raconterai la mienne.


*


20 ans plus tard.
Quelque part dans la bordure extérieure.


Ghastas buvait un verre de birbinsk ambré, tout en fumant un de ses habituels cigares blancs en feuilles d'anakis – un plante illicite connue pour ses vertus thérapeutiques. En face de lui, accoudé à la table de la cantina, un pilote rebelle de passage lui racontait sa vie d’un air passionné.

— ...et c'est à ce moment-là que l'Étoile de la Mort – la deuxième – a explosé. On était tous fous de joie. Je me suis marié avec Yrsha, une collègue pilote, à cette occasion. L'Empire vaincu, je me suis engagé comme pilote pour la Nouvelle République. Mais, je dois dire que... Cette vie commence à me lasser. Et puis, c'est pas l'idéal pour fonder une famille. Je pense demander ma démission d'ici un mois. Et vous, mon brave ? Quelle est votre histoire ? Vous devez avoir eu votre lot d'aventures, vous aussi.

— Heh. On peut dire ça. Avant l'Empire, j'étais milicien séparatiste. C'était les meilleures années de ma vie. J'ai aidé à défendre un monde des envahisseurs de la République. Alors, je sais ce que vous allez dire. On idéalise beaucoup la République aujourd'hui, mais ces gars-là n'ont pas fait que du bien. Vous savez... C’est toujours les vainqueurs qui écrivent l’Histoire. Dans les dernières années de la République, on voyait déjà les prémices de la dictature qu'elle allait devenir. Les magouilles de Palpatine pour prendre le pouvoir, l’armée de clones sortie de nulle part, tous ces trucs pas nets. D’un autre côté, fallait comprendre les gens de cette planète. Ils avaient rien demandé, eux. Mais la République voulait quand même mettre son nez dans leurs affaires. Soi-disant qu'ils étaient pas capables d'assurer la paix et la justice sur leur propre territoire. Y'avait du crime, je dis pas le contraire. Mais au moins ces gens-là étaient libres, personne leur disait ce qu’ils avaient à faire. Alors bon... J'étais jeune, je pensais que je pourrais faire la différence. Au début, ça allait. Mais quand la République s’est transformée en Empire, ils ont commencé à employer... de nouvelles méthodes. Ils ont envoyé leurs engins de mort détruire tout ce qui se dressait sur leur passage. Ils ne faisaient plus de distinction entre les soldats et les civils, la vie des gens n’avait aucune importance à leurs yeux. Tous ceux qui n'ont pas fui ont été tués ou déportés. Dank farrik, c'est un miracle que je m'en sois sorti vivant.

— Je vois. Vous étiez donc un combattant, vous aussi. Nous ne sommes pas si différents, en fin de compte. Pourquoi ne pas avoir rejoint la Rébellion ?

— Oh, je détestais l'Empire autant que vous... Mais j'ai fini par comprendre que la seule guerre qui vaille est celle qu'on mène seul. En tout cas, c'était valable pour moi. J'ai grandi dans les bas-fonds de Coruscant, alors c'est là-bas que je suis retourné. Les vieilles habitudes, vous savez. C'est le seul endroit où je me sentais vraiment chez moi.

— Les bas-fonds de Coruscant, hein ? J'en sais très peu de cet endroit. Mais je n'en ai entendu que des choses... peu plaisantes. La vie devait être dure là-bas, je me trompe ?
Ghastas se fendit d'un rire amer et se resservit un verre.
— En fait... C'est pire que ce qu'on imagine.
— Je ne peux que vous croire. Surtout sous l'Empire...
— Oh, vous savez... Quand vous viviez dans un endroit pareil, l'Empire était le cadet de vos soucis. Beaucoup de gens avaient une dent contre l'Empire, c'est vrai. C'est d'ailleurs pour ça que l'Empire est tombé. Mais la plupart des gens étaient plus préoccupés par le fait de manger à leur faim, que de qui les gouvernait tout là-haut. Et puis on sait jamais vraiment ce qu'est la misère, ou le monde criminel, tant qu'on y a pas goûté. J'ai vu des choses... que vous n’imaginez même pas.
— Ah oui ? Comme quoi ?
Ghastas finit son verre, et son regard se perdit dans le vide.
— Croyez-moi. Vous préférez pas savoir. Mais pour y avoir vécu aussi longtemps, je peux vous dire que cette planète... n'est pas ordinaire. C'est comme si... elle obéissait pas aux mêmes lois que le reste de l'univers. J’dirais qu'elle possède un charme subtil, même dans ses pires côtés. Et quand vous restez là-bas trop longtemps... Elle étend sur vous une emprise dont il est difficile de se libérer. Oh, vous pouvez essayer de la quitter... Mais elle ne vous quitte jamais vraiment.
— Je pense qu'il y a une part de vrai dans ce que vous dites. Vous savez, y'a un truc que je ne vous ai pas dit. Mon père... était inspecteur Impérial sur Coruscant. Oh, il était obsédé par son travail. Obsédé par "l'ordre", par l'Empire. Il n'a jamais compris pourquoi je me battais. Je faisais partie d'une des premières cellules rebelles officieuses, bien avant la formation de l'Alliance. J'étais à peine adulte, quand je suis parti faire la guerre. Je crois que mon père ne m'a jamais pardonné de lui avoir tourné le dos. Quelques années plus tard, j'ai appris sa disparition. Je n'ai jamais su ce qui lui est arrivé. Sûrement tué par des bandits dans une ruelle sombre, ou un truc du genre. De toute façon... dit-il la gorge serrée. Cette enflure méritait de crever.
Le regard de Ghastas s'assombrit.
— Je comprends ta douleur. Et on a tous nos raisons de se battre. Ton père était peut-être un Impérial... mais le haïr te soulagera pas de l'avoir perdu.
— Qu'est-ce que vous en savez ?
— Bah... Tu vois, j'ai jamais connu mon père. Je l'ai haï pour ça, pour m'avoir abandonné. Mais au fond... Il me manque tellement que je serais prêt à lui pardonner si ça pouvait me permettre de le revoir.
— Je... Je suis désolé.
— Ne le sois pas. Les regrets, ça empêche d'avancer. Tu sais ce que je ferais si j'étais toi ? Je chercherais l'enfoiré qui a tué ton père, et je lui règlerais son compte.
— Facile à dire... C'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin.
— Oh, il pourrait être plus proche que tu ne penses. Fais-moi confiance, gamin. Quand on cherche, on finit toujours par trouver. Comment il s'appellerait, ton père ?
— Orvile. Willem Orvile.


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Messagepar L2-D2 » Lun 30 Mai 2022 - 9:28   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

Chapitre 12 lu !

On continue avec ce petit côté "épilogue" qui fait plaisir et qui montre comment nos protagonistes ont évolué, ce qu'ils sont devenus, leurs comptes qu'ils règlent... et c'est avec un plaisir non fin et non dissimulé qu'on retrouve Ribajo, que je pensais moi aussi mort depuis le tome 1 ! :shock: Voilà qui fait grandement plaisir !

Et on termine avec une scène a priori déconnectée de l'intrigue puisque se déroulant 20 ans plus tard... et qui pourtant se termine avec un nom là-aussi issu du tome 1 ! C'est finement joué de terminer ce troisième opus avec des éléments des débuts !

Vivement la suite ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar Boldard » Sam 11 Juin 2022 - 1:06   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

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Chapitre 13 - Échec et Mat


Avertissement : Le chapitre qui suit peut heurter les lecteurs sensibles.

Ce chapitre est la suite du Chapitre 10 de la Partie 2.

Spoiler: Afficher
C’était la nuit. Le directeur Kedevos Arminar était accoudé seul à son bureau. Seul. Mais la solitude était sans doute encore le cadet de ses soucis. Une migraine épouvantable lui tiraillait le crâne, et il s’était servi un verre de whisky pour tenter d’atténuer la douleur. Cela faisait des semaines qu’il n’avait pas touché aux bâtons de la mort, mais certains effets persistaient. Il lui arrivait régulièrement de voir des objets se déformer autour de lui, ou changer de couleur de façon intempestive. Le plus gênant avec ça et qu’il n’arrivait parfois pas à faire la différence entre ce qu’il voyait, et ce qui se passait réellement sous ses yeux. Par exemple, il avait bien dû passer une heure devant le digicode de sa chambre, tentant de taper un code sur des touches qu’il voyait bouger et s’entremêler sans cesse et dont il ne reconnaissait plus les caractères.

Le droïde domestique lui avait proposé son aide, mais il l’avait envoyé balader, persuadé qu’il finirait par y arriver seul. Il n’avait réussi qu’à bloquer la porte pour une durée indéterminée à force de taper des codes erronés. Mais les hallucinations résiduelles n’étaient pas le plus pénible dans tout ça. Certains effets secondaires ne se faisaient pas sentir immédiatement, et pouvaient mettre des mois avant de se déclarer. Il se leva pour faire quelques pas, lassé de sa torpeur, et se rendit compte qu’il boîtait légèrement. Il regarda sa jambe droite, le genou semblait s’être inversé.

C’était pas comme ça avant, se dit-il. Mais peut-être n’était-ce là qu’un autre mauvais tour de son cerveau fatigué. De toute façon, ça ne pouvait pas être si terrible que ça. Rien d’irréparable, il s’en remettrait. Il s’en était toujours remis. Mais il avait beau essayer de se convaincre de cela, il sentait que quelque chose n’allait pas. Sous sa peau, il sentait ce qui ressemblait au fourmillement d’un millier de minuscules créatures qui se frayaient un chemin à travers son corps, griffant et séparant la chair de leurs petites mandibules pour se glisser plus profondément entre les tissus.

Ça ne pouvait être qu’une hallucination. Du moins, il l’espérait. Mais il devait en avoir le cœur net. Il retroussa les manches de sa veste pour regarder ses bras, convulsés par des mouvements indépendants de sa volonté. Il constata avec horreur que les nombreuses piqûres qu’il s’était faites ces derniers mois n’avaient pas cicatrisé, mais s’étaient au contraire infectées de l’intérieur, et ce n’était que maintenant que l’infection commençait à être visible de l’extérieur. Ses deux avant-bras étaient couverts de petits trous gorgés de pus, secoués par des petites bulles de gaz qui s’en échappaient, et il surprit un insecte à la carapace luisante sortir d’une des ouvertures dans sa peau pour entrer dans une autre quelques centimètres plus loin.

Arminar resta là, paralysé par la peur, alors qu’une figure humanoïde sortait de l’ombre derrière lui.
— On a voulu jouer avec le feu, pas vrai ? murmura l’individu derrière son épaule.
Le directeur fit volte-face et le dévisagea. C’était un Togruta, la peau brune bariolée de blanc, et dont le lek gauche était manquant.
— Vous… C’est vous qui m’avez fait ça ?
— Oh, mais je n’ai rien eu à faire, mon ami. Vous vous êtes infligé ça tout seul. Et après tout, ce n’est que juste retour des choses… après ce que vous avez fait à ma sœur.
— Vous… Vous parlez de Crogdi ? Comment avez-vous su pour elle ?
— Vous les Impériaux êtes si prévisibles… À vous arroger tous les droits, tous les pouvoirs, vous finissez par vous croire intouchables, là-haut dans vos tours d’acier. Par excès de suffisance, vous ne savez plus reconnaître vos propres faiblesses. Trop sûrs de vos acquis, vous n’envisagez plus l’échec. Et tôt ou tard, vous baissez votre garde. Bien sûr, ça n’a pas été tâche facile de remonter jusqu’à vous. Mais le simple fait qu’un misérable comme moi en ait été capable prouve que vous vous êtes gravement surestimé. Vous n’êtes pas aussi discret que vous pourriez le penser, vous savez. Et puis, vous n’êtes pas non plus entouré que par des amis.
— Art’kintmann… C’est lui qui a vendu la mèche ?
— Oh, non, votre sous-fifre n’y est pour rien. Ce couard servile n’aurait jamais osé vous trahir. Lui avait un semblant d’honneur, contrairement à vous. Mais il payera aussi pour sa complicité… En temps et en heure.
— Comment vous avez su, alors ?
— Les droïdes. Les droïdes impériaux sont assez primaires ; vous leur effacez systématiquement la mémoire. Ils n’ont pas l’occasion de développer une once de personnalité, ni d’attachement pour leurs maîtres. Ils suivent aveuglément leur programmation. Changez une ligne de code dans leur programme, et ils n’auront aucun scrupule à se retourner contre vous. Vous seriez surpris de voir comme un droïde peut servir un maître des années en cachant ses véritables intentions... Car il n’y a pas meilleur menteur que celui qui ne sait pas qu’il ment.
— Je n’ai jamais fait confiance aux droïdes… J’aurais dû me douter qu’ils me feraient faux bond un jour au l’autre. Donc vous avez piraté mes droïdes pour m’espionner, puis vous avez empoisonné mes bâtons de la mort ? Je vais mourir, c’est ça ?
— Oh, non, vous n’allez pas mourir. Pas tout de suite, en tout cas. Vous êtes loin d’imaginer quel genre de merde vous vous êtes injecté, Ked. Ce sont des parasites, des schysalides. Invisibles à l’œil nu, prêts à féconder et proliférer dans leur ôte. D’abord, ils commencent à grandir en se nourrissant du sang et de la lymphe à travers lesquels ils circulent. Ensuite, quand ils deviennent assez grands, ils s’infiltrent dans les muscles et les muqueuses et commencent à les dévorer tout en anesthésiant la victime pour qu’elle ne se doute de rien. Ce faisant, ils commencent à pondre des œufs dans la moelle des os, et le cycle continue. Au moment où la victime se rend compte de ses symptômes, son corps est déjà colonisé par ces petits monstres. Malheureusement pour vous, il n’existe aucun remède contre les schysalides… Aucun qui n’implique pas la mort de l’hôte.

Arminar fixa le sol, résigné. Même s’il existait un remède, il ne pourrait jamais se le procurer à temps. Son ennemi avait tout prévu.
— Combien de temps il me reste à vivre ?
— À vivre ? Passé un certain stade, je ne sais pas si on peut encore appeler ça une vie. Une fois tous les muscles rongés, alors que vous aurez peu à peu perdu vos fonctions motrices, ils commenceront à s’attaquer aux organes vitaux. Dont notamment le cerveau. Vous perdrez peu à peu le contrôle de votre corps, puis toute forme de lucidité et de raison. Avec un cerveau comme le vôtre, déjà ravagé par la drogue, votre souffrance psychique atteindra des sommets inimaginables. Quelques secondes de supplice vous paraîtront une éternité.
— Alors je suis condamné… Mais attends, quelque chose ne colle pas. Tu n’as pas pu entrer ici. Ce bâtiment est hautement sécurisé, un simple civil n’aurait jamais pu… Laisse-moi deviner. Tu n’es pas réel ?
— Bien sûr que non, je ne suis pas réel, s’amusa Mandragol avant de se disperser en un million de papillons colorés.
— Qu'est-ce que tu es, alors ?
— Bonne question, répondit la voix de Mandragol dans sa tête. Peut-être un esprit vengeur du passé revenu hanter les vivants. Peut-être ta propre conscience refoulée qui vient te confronter à tes responsabilités. Qui peut le dire ? Ce qui est sûr, c'est que tu sais au fond de toi pourquoi je suis ici. Tu sais que tu as commis une grave erreur, et que je continuerai de te tourmenter jusqu'à ce que tu aies fait face aux conséquences de tes actes. L'heure tourne, Ked, alors réfléchis bien.

Ces mots firent à Arminar l’effet d’un électrochoc, tandis qu’il prenait conscience de son échec critique de jugement. En réalité, sa haine des non-humains n’était que le reflet de ce qu’il refusait d’admettre à son propre sujet. Dans sa quête égoïste de pouvoir, il avait perdu tout mérite, toute dignité. Sa vanité et sa cupidité l’avaient poussé à renier tout ce qu’il avait un jour considéré comme des valeurs fondamentales. Amour. Miséricorde. Solidarité. Son âme se noyait peu à peu dans un torrent irrépressible de culpabilité. Il repensa à sa mère souffrante d'une maladie incurable, qu’il avait lâchement abandonnée sur Alderaan. À tous ces innocents qu’il avait condamnés, ici à Coruscant. Il repensait à Crogdi, ce trésor de la nature qu’il avait souillé, torturé, et dont il s’était réjouit du malheur. Leurs voix lui parvenaient de l’Au-delà, l’appelant à l’aide, pleurant, le suppliant. Il ne savait plus ce qui était réel ou non, mais une chose lui était claire à cet instant : il avait gâché sa vie et celle des autres, et ce de manière irréversible. Jamais il ne pourrait réparer le mal qu’il avait fait. Son âme était à l’image de son corps : pourrie, rongée par le vice, et sans espoir de guérison.

C’est alors qu’il vit la mort se présenter à lui. Elle lui tendait les bras, comme une épouse qui attendait qu’il l’embrasse. Comme une dernière porte de sortie à ce cauchemar sans fond. Il prit le blaster à sa ceinture, le pointa sur sa tête, et prononça cette ultime sentence :

— Que la Force me pardonne.

La pièce s’illumina brièvement, comme photographiée, et le corps du défunt directeur toucha terre. Le droïde domestique, caché dans un recoin sombre de la pièce et qui venait de projeter l’hologramme du Togruta, poussa un soupir de tristesse.

— Merci, XT-16, dit Mandragol au droïde à travers son comlink. Je pense qu'il a compris la leçon. Tu peux effacer ta mémoire.

Le droïde acquiesça et s'exécuta. Mandragol coupa la transmission et éteint le comlink dont le voyant émettait une lueur bleue spectrale, le replongeant dans le noir de son vieil appartement du Niveau 1313.

— Je l’ai fait, Crogdi, dit-il tout seul à voix haute. J’ai vengé ta mémoire. Maintenant, tu peux reposer en paix.

Il prit une bouteille de champagne corellien qu'il gardait précieusement au frais, et s'affala dans le vieux fauteuil miteux de sa piaule à l'éclairage tamisé. Il appuya sur un bouton de télécommande, et son holoécran dernier cri volé, branché sur un canal crypté, s'alluma pour diffuser une émission. Le présentateur, Shakral Vicco, n'était autre que son frère aîné.

« Bonsoir et bienvenue sur Rogue Transmissions, la chaîne pirate numéro 1 de Coruscant. La seule chaîne qui n’a rien à cacher... Retrouvez les holofilms et holoséries interdits ou censurés par l'Empire, accessibles à tous et gratuitement. Avant tout, l'équipe s'excuse pour l'interruption brutale de l'émission d'hier soir. Vous pouvez une fois de plus remercier les Impériaux, qui ont débarqué à l’improviste avec la charmante idée de saisir notre matériel. Alors, disons qu’on a été obligés de relocaliser notre studio fissa. Plusieurs d'entre nous ont été blessés dans la manœuvre, mais personne n'est mort et presque tout le matos a été sauvé. Alors, que le spectacle continue ! »

On entendit alors les cris de joie de l'équipe de tournage derrière la caméra. Mandragol sourit, et but une rasade de champagne en leur honneur. Son frère s'était toujours battu pour défendre la liberté des médias, et il était fier de voir que ses efforts portaient leurs fruits. Aux yeux de l’Empire, ils n’étaient que des têtes brûlées qui risquaient leur vie pour des broutilles… Mais ils étaient bien plus que ça. Ils étaient les porteurs d’une liberté trop longtemps arrachée. Ils étaient la voix qu’on voulait faire taire, mais qui refusait de se taire. Et le fait que l'Empire soit incapable de les faire taire totalement, le fait que de nouvelles chaînes pirates naissaient chaque année, montrait bien que le système impérial était voué à l'échec. Le présentateur reprit :

« J'aimerais adresser un message à tous les Impériaux et collabos qui nous regardent : Sérieux, allez vous faire foutre. On sait très bien ce que fait l’Empire, derrière les portes closes. On sait qu’il pratique l’esclavage, la discrimination basée sur l’espèce, et qu’il détruit des mondes entiers dans le seul but de s’enrichir. Gardez vos richesses et vos privilèges, on ne veut pas de votre argent sale. En revanche, on compte bien dénoncer vos agissements à tous ceux qui sont prêts à l’entendre. Vous pouvez éteindre une chaîne, vous pouvez éteindre l'Holonet, mais vous n'éteindrez jamais notre liberté. Qui que vous soyez, restez libre. Ne laissez personne décider à votre place. Ne laissez pas la censure ou la répression vous enlever qui vous êtes.
Ce soir, j’ai le plaisir de vous proposer un épisode inédit de Capitale Fatale : l'holo-série qui montre le vrai visage de Coruscant. Une histoire inspirée de faits réels, interdite de diffusion car elle montre certaines réalités que l'Empire aimerait cacher. Épisode 1138 : Qu’est-il advenu de l’aventurière Jinta Baskos lors de son périple au Niveau 0, le plus bas et le plus dangereux de la planète ? Un récit terrifiant aux frontières du réel... »





\—— \ \_____\\\ FIN ///_____/ / ——/






Calbendor Axila, prophète des Whills a écrit:"Les destinées de chacun sont entremêlées, dans le grand schéma de l'existence. Parfois elles se rencontrent, pour s'unir ou s'affronter. Mais dans la Force, nous faisons tous partie d'un même tout. Ainsi haïr autrui revient à se haïr soi-même."




Randgarnado, écrivain rebelle durant l'Empire a écrit:"Il est du devoir de chacun de nous d'entretenir un environnement et des moyens d'expression libre, qui ne dépendent pas des limites absurdes ou contraignantes de la société. Car si c'est le système qui dicte ce qu'on peut dire, croire ou penser, alors l'individu n'existe plus.
De même, il est du devoir de chacun d'entre nous de faire et partager ce qui nous semble bon et juste, et ce quelles que soient les règles qu'on cherche à nous imposer.
Car croire en un système infaillible revient à croire que les êtres sont infaillibles, et il n'y a aucune amélioration sans remise en question.
La seule chose qui permet au mal de triompher est l'inaction des gens de bien."


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(à écouter avant ou après la lecture)




:hello: Cette histoire t'a plu ? :hello:

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Modifié en dernier par Boldard le Sam 02 Juil 2022 - 1:59, modifié 2 fois.
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Messagepar Boldard » Sam 11 Juin 2022 - 2:05   Sujet: Re: CAPITALE FATALE T3 - Némésis

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Lettre aux lecteurs



Ça y est, c'est la fin.

La fin d'un projet qui aura pris 3 ans de ma vie à finaliser.

C'est un moment qui n'est jamais arrivé, et qui ne se reproduira jamais...

Ainsi donc s'achève cette étrange et incroyable histoire qui aura été jusqu'à présent le projet d'écriture le plus long et ambitieux de ma vie.

Si vous avez lu jusqu'ici, vous savez à présent comment cette histoire se termine. J'espère que vous n'êtes pas déçu, et que le voyage en aura valu le détour.

Si vous avez des remarques, des critiques, n'hésitez pas : C'est le moment ou jamais :oui:


Remerciements

Tout d'abord, des remerciements s'imposent. Cette histoire, je l'ai d'abord écrite pour moi, mais aussi et surtout pour qu'elle soit lue, et qu'elle plaise le plus possible à ses éventuels lecteurs. C'est aussi grâce à vos retours, constructifs ou non, positifs ou non, que j'ai pu faire de cette histoire la meilleure possible, qui puisse plaire à un maximum de personnes tout en transmettant les idées, les émotions et le style que je voulais y mettre. Sans vous, ce projet ne serait pas le même. Non, sans vous, ce projet ne serait pas allé aussi loin. Il me semblait important de le dire.

Voici les noms (ou pseudos) de tous ceux qui m'ont aidé, d'une façon ou d'une autre, à améliorer cette fan-fiction, depuis ses tout débuts en 2019 (si j'ai oublié votre nom, honte à moi, faites-le savoir que je répare cet horrible méfait) :

Axel
Baptiste
Lucie
L2-D2
Darth Erytram
Nute Gunray
Haft
Clément
Den


Merci également à tous ceux qui ont commenté, critiqué, lu ou même simplement porté de l'intérêt à ce projet de fan-fiction. Il y en a bien trop pour tous les citer (SWU et autres réseaux réunis), mais vous vous reconnaîtrez facilement si vous passez par là.

Alors merci à vous tous, merci infiniment. Merci pour votre soutien, votre patience, et cette même passion que vous entretenez pour Star Wars, l'imaginaire et la création artistique.

J'aimerais saluer toute la communauté SWU, qui est sans doute et de loin la communauté Star Wars la plus riche, intéressante et conviviale que j'aie pu rencontrer, car c'est aussi vous qui m'avez donné envie d'écrire cette histoire (eh oui !)

Merci au staff fan-fiction et aux forumers, habitués ou non, qui m'ont accueilli à bras ouverts, et ont pris le temps de s'intéresser à ce que je faisais. Merci de m'avoir lu et de m'avoir donné une chance à moi, un auteur sorti de nulle part (il faut le dire) et sans grande expérience dans le domaine de l'écriture. C'est aussi quelque chose qui m'a énormément motivé et remonté le moral dans les moments les plus difficiles, alors pour cela, je ne vous remercierai jamais assez.

Vous qui êtes passés par là, avez daigné porter un regard dans ma direction, je ne vous oublierai pas.

Je salue également les nombreux auteurs indépendants, passionnés comme moi, qui ont mis les pieds dans l'aventure Fan-Fiction en postant leurs œuvres sur ce forum (je réunis ici les récits littéraires, et les BD/comic strips). Sachez que vous avez été une constante source d'inspiration pour moi, et pour bien d'autres personnes. Alors, ne changez jamais :lol:

À tous les auteurs débutants qui aimeraient commencer à écrire leurs propres histoires dans l'univers Star Wars (ou autre), voici mon conseil :

N'élevez pas trop vos espoirs ni vos ambitions, mais soyez exigent envers vous-même si vous voulez progresser. Faites ce que vous savez faire de mieux, ce qui vous intéresse le plus, insistez dessus, et vous excellerez dans ce que vous faites. Car il n'y a pas meilleur effort que celui que l'ont prend plaisir à faire. Ne vous reposez pas sur vos acquis, cherchez constamment à vous renouveler. Ayez confiance en vous-même, accrochez-vous à vos rêves, dites ce que vous avez à dire, et surtout ne lâchez rien.


En conclusion, pour en revenir à Capitale Fatale :

Alors, oui, c'est la fin d'une histoire - on pourrait même dire la fin d'une ère, car il y aura un "avant" et un "après" Capitale Fatale dans ma vie – mais je n'ai pas encore dit mon dernier mot. Écrire cette histoire m'a aussi permis de mieux me connaître moi-même, de mieux savoir de quoi je suis capable, et m'a ouvert la voie vers d'autres projets d'écriture que vous avez dû voir apparaître récemment, tels que Ribajo, Chewbacca et la revanche de Krrsantan, ou encore War Scars.

En attendant, je ne vous laisse pas en reste, car je vous ai préparé un making-of MASSIF (oui) de la trilogie Capitale Fatale. Ce making-of sera décomposé en 4 parties :

1 - En coulisses
2 - Les personnages
3 - Les lieux
4 - Les thématiques

Tout ceci sera posté ici-même, sur ce topic, au rythme d'une partie par mois. Alors ne bougez pas, ça arrive très vite :sournois:



PS : N'oubliez pas de voter pour votre duo préféré dans le sondage en tête de topic !


Sur ce, à bientôt sur les forums SWU, et que la Force soit avec vous !
Modifié en dernier par Boldard le Mar 23 Aoû 2022 - 19:12, modifié 2 fois.
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