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1. Dans les coulisses du rachat
 
Le 7 mars 2013, le magazine Business Week publiait sur son site internet un long et passionant article sur les dessous du rachat de LucasFilm par Disney. Voici un résumé des informations qui y étaient délivrées.

Le 30 octobre 2012, Robert A. Iger, le PDG de la Walt Disney Company, est accompagné de George Lucas, le créateur de Star Wars, et également fondateur et PDG de LucasFilm Ltd., pour annoncer publiquement le rachat de LucasFilm par Disney, le tout pour la somme de 4,05 milliards de dollars. En prime, une nouvelle trilogie Star Wars est annoncée, la sortie de l'Episode VII étant prévue pour 2015. Bien que l'accord semble être avant tout une bonne affaire pour les deux parties, il n'aurait certainement pas vu le jour sans la relation de confiance qui s'était nouée entre Bob Iger et George Lucas.

Les deux hommes se connaissent depuis plus de vingt ans. Au début des années 1990, Bob Iger était président de la chaîne ABC, propriété de Disney, au moment où y était diffusée la série Les Aventures du jeune Indiana Jones, créée par George Lucas et produite par LucasFilm.

C'est en mai 2011 qu'Iger et Lucas ont abordé pour la première fois le sujet de l'avenir de LucasFilm, lors d'un déjeuner à l'occasion de l'inauguration de l'attraction "Star Tours : The Adventure Continues" au parc Disney World de Floride.   

Bob Iger est alors PDG de Disney depuis six ans. Dès ses débuts à ce poste en 2005, il s'est forgé une certitude : en ces temps où les consommateurs sont assaillis par d'innombrables produits de divertissement, ce sont les personnages et les univers durables qui font la force de Disney, de Mickey Mouse à Pirates des Caraïbes. De là va naître une nouvelle stratégie : racheter des compagnies comparables à des "mini-Disney" et acquérir du même coup leurs propres licences emblématiques. Ainsi Disney fit l'acquisition de Pixar Animation Studios en 2006 et de Marvel Entertainment en 2009. Dans les deux cas, Bob Iger s'engagea à laisser les équipes de création travailler de manière autonome, choix qui s'avéra judicieux au vu des succès de films comme Là-Haut, Toy Story 3 (Pixar) ou encore Avengers (Marvel). Ces réussites poussèrent Bob Iger à continuer dans sa lancée : il commença alors à viser rien moins que LucasFilm et sa fameuse franchise Star Wars.    

Bob Iger profita donc de son déjeuner avec George Lucas pour lui demander s'il envisageait la vente de LucasFilm dans un futur proche. Lucas, qui venait de fêter ses soixante-sept ans, admit à Bob Iger qu'il pensait à se retirer et à laisser la compagnie en d'autres mains. Presque quarante ans après la création de Star Wars, il pourrait alors enfin prendre du recul et se consacrer à ses projets de petits films expérimentaux. Mais en ce mois de mai 2011, Lucas n'est pas encore prêt à franchir le pas : "Je ne suis pas prêt à faire ça maintenant" dit-il à Bob Iger. "Mais quand je le serai, j'adorerais en discuter." Content de cette ouverture, Iger lui répond simplement : "Appelez-moi quand vous serez prêt."

                                 Bob Iger

Pour George Lucas, l'idée de vendre LucasFilm à Disney est vite devenue une éventualité très intéressante. Il a examiné attentativement comment Disney avait géré le rachat de Pixar, compagnie qu'il connaissait bien pour l'avoir lui-même créé en 1979, sous le nom de LucasFilm Computer Division, avant de la revendre à Steve Jobs six ans plus tard. Il a ainsi constaté que le studio avait pu garder son identité et ses méthodes de travail.

Lucas devint alors convaincu qu'à la condition de confier la présidence de LucasFilm à la bonne personne, la société serait capable de garder sa spécificité au sein du groupe Disney, et ce même après son départ. Il proposa donc à sa vieille amie Kathleen Kennedy, productrice de nombreux blockbusters tels que E.T. l'Extraterrestre ou Jurassic Park, de prendre la tête de LucasFilm. Bien que prise de court, elle accepta immédiatement la proposition.

Mais George Lucas ne comptait pas se retirer sans avoir mené à bien un dernier projet : la conception d'une troisième trilogie Star Wars : "Quand Kathy est venue, nous avons commencé à parler du relancement de la franchise. J'étais sur le point de me retirer, et j'ai dit "Bon, je dois renforcer cette compagnie pour qu'elle fonctionne sans moi, et nous devons faire quelque chose pour la rendre attrayante." Alors j'ai dit, "Bien, faisons ces films.""

Lucas et Kennedy décident alors d'engager le scénariste Michael Arndt, qui a remporté un Oscar pour le film Little Miss Sunshine, et le chargent de travailler sur le scénario de l'Episode VII. Pour l'aider dans sa tâche, ils font également appel à Lawrence Kasdan, qui avait coécrit avec George Lucas les scénarios de l'Empire Contre-Attaque et du Retour du Jedi, et qui tiendra un rôle de consultant pour l'Episode VII. Lucas commence également à discuter avec Mark Hamill, Harrison Ford et Carrie Fisher de la reprise de leurs rôles dans la nouvelle trilogie.

En juin 2012, George Lucas appelle Bob Iger et se dit disposé à vendre LucasFilm à Disney : commencent alors cinq mois de négociations. La priorité de Lucas est de convaincre Disney que ses vieux acolytes sont les plus à même de s'occuper de la nouvelle trilogie : "J'avais un groupe de gens très, très talentueux, qui travaillaient pour la compagnie depuis de nombreuses années et qui savaient vraiment comment commercialiser Star Wars, comment s'occuper de la licence et faire les films. J'ai dit "je pense qu'il serait sage de garder un peu de cela intact. Nous avons besoin de quelques personnes pour surveiller la propriété, vous voyez, qui sont entièrement dévoués à cela, de façon à nous assurer que tout va bien."

Bob Iger comprenait les craintes de Lucas, mais il tenait à mettre au clair que même si LucasFilm garderait une certaine autonomie, ce serait Disney qui aurait le dernier mot concernant tous les projets de futurs films Star Wars. George Lucas en était parfaitement conscient, et d'après Kathleen Kennedy, il semblait parfois déchiré à l'idée de perdre définitivement le contrôle sur sa création : "Je suis sûre qu'il s'arrêtait de temps en temps pour se demander s'il était vraiment prêt à s'en aller."

George Lucas était même très réticent à l'idée de dévoiler à Disney les ébauches de scénarios qu'il avait réalisées pour les Episodes VII, VIII et IX : il considérait qu'il fallait tout simplement lui faire confiance. "Finalement je leur ai dit "Ecoutez, je sais ce que je fais. L'achat de mes histoires fait partie du contrat." C'était mon travail depuis 40 ans, et ça avait plutôt bien marché. J'aurais très bien pu leur dire "Bon, très bien, je vais vendre la compagnie à quelqu'un d'autre."" Mais Lucas finit par céder, après s'être fait promettre que les scénarios des Episodes VII, VIII et IX reprendraient ces synopsis, et que seuls Bob Iger, Alan Horn (président de Walt Disney Studios), et Kevin Mayer (vice-président de Disney chargé de la stratégie d'entreprise) seraient autorisés à les lire.

Bob Iger fut très enthousiaste à la lecture des synopsis : "Nous pensions qu'en termes d'histoires à raconter il y avait un gros potentiel". L'accord peut donc être conclu, et à la fin du mois d'octobre George Lucas est invité au siège de Disney à Burbank pour signer le contrat. "Quand il a posé le stylo sur la feuille, je n'ai pas senti la moindre hésitation", témoigne Iger. "Mais j'ai senti beaucoup d'émotion. Il disait adieu."

                                   George Lucas

Le choix de Bob Iger de ne pas s'ingérer dans le fonctionnement de LucasFilm s'avéra rapidement payant : c'est Kathleen Kennedy qui parvint à convaincre J.J. Abrams de réaliser l'Episode VII. Malgré un premier refus poli du réalisateur, la présidente de LucasFilm persista en lui rendant visite au siège de sa société de production Bad Robot, accompagnée des scénaristes Michael Arndt et Lawrence Kasdan : "Le temps que nous finissions, ce qui a pris quelques heures, il avait fait un virage à 180 degrés", dit-elle.

Et si George Lucas s'est désormais officiellement retiré, il a tenu à participer aux réunions concernant le scénario de l'Episode VII. "Je dis surtout "Vous ne pouvez pas faire ceci. Vous ne pouvez pas faire cela." Vous voyez, "Les voitures n'ont pas de roues. Elles volent grâce à l'antigravité." Il y a des millions de petites choses. Ou je peux dire "Il n'a pas le pouvoir de faire ceci, ou bien il doit faire cela". Je connais tous ces trucs."

Interrogé sur ce qu'il en était de la présence de Mark Hamill, Harrison Ford et Carrie Fisher dans l'Episode VII, George Lucas révèle que les négociations étaient déjà bien avancées avant la vente de LucasFilm à Disney : "Nous avions déjà signé Mark et Carrie et Harrison -ou nous étions plus ou moins dans les dernières étapes de la négociation", dit Lucas. "Alors je les ai appelé pour leur dire "Voilà ce qui va se passer."" N'étant plus aux affaires, il refuse néanmoins de confirmer leur présence : "Peut-être que je ne suis pas censé dire ça. Je pense qu'ils veulent annoncer cela avec des gros youpla-boum, mais nous étions bien en négociations avec eux. Je ne dirai pas si les négociations ont abouti ou pas."

Quant à Bob Iger, il est actuellement occupé à préparer l'exploitation des jouets, attractions de parcs et tout ce que Disney juge approprié pour la licence Star Wars, et ce dans le plus de pays possibles. Il espère également que les discussions sur la série live entre la chaîne ABC et LucasFilm, désormais toutes deux filiales de Disney, aboutiront prochainement. Iger assure qu'il ne fera rien qui puisse nuire aux prochains films. "Je ne veux pas sur-commercialiser ou faire un trop gros battage publicitaire. C'est mon travail d'éviter cela."
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