FF: Venom, le destin d'un pirate [Terminée]

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Messagepar Ve'ssshhh » Lun 15 Fév 2016 - 22:48   Sujet: FF: Venom, le destin d'un pirate [Terminée]

Bonsoir!
J'ai écrit plusieurs fan-fics se déroulant dans l'univers étendu (Legends) que j'ai publiées sur un autre forum et sur starwars inventions. j'en suis à cinq, toutes faisant partie d'un même cycle et La sixième est en cours de rédaction. Récemment, j'ai décidé de reprendre et corriger la première du cycle en tenant compte des remarques que j'ai reçues: elle comportait pas mal de maladresses et de fautes. j'espère l'avoir améliorée, et je vous en propose le début afin de recueillir vos opinions.


Période: 30/31 ap BY, juste après la fin de la guerre des Vong.
Localisation: l'essentiel de l'action se déroule dans la Bordure Extérieure, à proximité de la route commerciale Perlémienne.
Les protagonistes principaux:
Les Pirates
Jango Hyx, alias HX-J4C, alias Venom;
Markrr, son frère de sang.
Quyymaen (clone de qui vous savez), son maitre d'équipage;
Ses jeunes pilotes, commandos et espions.
Marek, un contrebandier très ( trop) protecteur

Amber Star:
Un homme d'affaires: Markus Herrion, richissime armateur, dirigeant de l'Amber Star.
Alcor Procyon an-Herrion, explorateur et aventurier, son demi-frère.
Stian Mereel, Mandalorien proche de la famille.

Les antagonistes
Bokkor Hekken, un ancien dirigeant des brigades de la paix. Signe particulier: hait les Herrion.
Malthus Verryn: Un industriel mégalomane et manipulateur
Magnus, ancien inquisiteur: Un sorcier du côté obscur (et ses séides)

Quelques célébrités:
Mara Jade Skywalker, Talon Kaarde, Wedge Antilles…
Luke Skywalker et Jaîna solo feront une très courte apparition.


Edit 16/06/17:
Suivant les suggestions de membres du Forum, j'avais déjà apporté certaines corrections, en particulier au premier chapitre, qui ne me satisfaisait toujours pas. Le revoici dans une nouvelle version, avec un petit prologue. j'espère que ces quelques changements rendront la lecture plus agréable




Partie 1 : Retour sur Arvea


Prologue.


Un lourd cargo surgit de l'hyper-espace, suivi de près par un petit vaisseau douanier. Encore un transport arraisonné pour inspection ? Dans un autre système, peut-être, c’est ce qu’auraient supposé d’éventuels témoins. Mais quelques détails les auraient alertés.
Avec son design utilitaire, le transport ventru et poussif, long d'environ 200 mètres, ne sortait manifestement pas des chantiers d'un grand constructeur, mais les entreprises capables de construire un tel rafiot se comptaient par milliers. Il se hâta lentement vers un monde aux dominantes blanches et bleues, toujours escorté par son vigilant ange gardien.
Mais était-il vraiment la victime de douaniers trop zélés ?
Deux navettes d'assaut de classe Gamma étaient arrimées à des docks sur chacun de ses flancs. Avaient-elles servi à sa capture ? Peu probable : ces docks étaient manifestement conçus pour les recevoir.
Et que dire de l'armement ? Passe encore pour les six postes quad-laser de défense rapprochée : en ces temps troublés, la galaxie n'était pas sûre et on trouvait les mêmes sur de modestes YT 1300. Mais quid du turbo-laser déployé à l'avant, sur la partie supérieure de la structure? Ou des trappes qui permettaient de l'escamoter dans la coque ? Et du canon ionique encore plus puissant monté sous la face inférieure ?
Plutôt qu'un transport intercepté, il s'agissait plus probablement d'un Q-ship, un de ces cargos pièges utilisés par les militaires ou les Rangers sectoriels pour appâter et neutraliser les pirates.

Sur la passerelle, ils étaient neuf, plus trois droïdes astromech dernier modèle. Bien plus qu'il n'était nécessaire sur un modeste caboteur ; six humains en combinaison gris perle et à la coupe militaire s'affairaient sur leurs consoles disposées dans une fosse en fer à cheval. Deux superviseurs circulaient derrière eux.
De la partie supérieure, assis sur un confortable fauteuil, un humain vêtu d'un uniforme plus recherché, mais de même couleur, veillait au bon déroulement des manœuvres.
Un équipage militaire rendant plausible l'hypothèse du Q-ship ? Dans ce cas, quelque chose clochait : l'extrême jeunesse du personnel ! Le capitaine, qui semblait le plus âgé, n'avait guère plus de vingt ans ! Les timoniers à l'avant avaient treize ou quatorze ans !

Un Q-ship ? Non, définitivement non, car le monde qui emplissait la verrière de la passerelle s'appelait Arvea. Aucun douanier ne l'avait approchée depuis près de 30 ans. Aucun douanier encore en vie. Arvea était le repaire des Frères de Belvan, une flotte pirate née de l'éclatement du Consortium de Zann. Des pirates et des esclavagistes qui s'étaient fait une spécialité de l'enrôlement forcé d'enfants soldats, poussant à l'extrême limite les méthodes cruelles de Tyber Zann (1).
Le capitaine, visage impassible et yeux vigilants, donnait l'impression de vouloir veiller au moindre détail. Contrairement à son équipage, il avait des cheveux longs et noirs couvrant sa nuque et ses épaules. Ils avaient tendance à boucler sur le front et les côtés.
D'aucuns se seraient laissés pousser une barbe pour se vieillir un peu, mais il s'était refusé à de tels artifices et ses joues et son menton volontaire étaient toujours soigneusement épilés : il avait une haute idée de ce que devait être un chef, et il veillait à être impeccable en toutes circonstances.
Des gens âgés qui avaient vécu les derniers jours de l'ancienne république auraient pu le confondre avec l'un des millions de soldats clones de la Grande Armée, s'il n'y avait eu ce nez impérieux et ces yeux d'un bleu profond, pièces maîtresses d'un regard qui semblait pouvoir, à volonté, séduire ou fusiller sur place .
- contact établi, capitaine, annonça la responsable des communications, une jeune fille à la peau sombre.
- Passez-les sur ma console , Uhura!
Le jeune homme se leva ; il n'était pas très grand, mais semblait solidement bâti. Les superviseurs montèrent le rejoindre, restant un pas derrière.
Cinq têtes apparurent sur le plateau holo :
- Navette Aurek parée, capitaine, annonça un être dont le visage était caché par un casque typique des pilotes impériaux.
- Navette Besh parée, capitaine, confirma son quasi jumeau.
- « Halte ! Douanes ! » attend tes ordres, capitaine, fit un nautolan souriant. Penses-tu que nous aurons longtemps à attendre ?
- Deux bonnes heures au minimum, Capitaine Sky ! Nos collègues sont du genre bavard !

Sky savoura son titre récemment acquis, mais une pensée assombrit son plaisir :
- Deux heures, si tout se passe bien, répliqua-t-il, redevenu sérieux. Et si…
- … tout se déroulera selon mes plans, asséna le capitaine. Hyx, terminé !
Il ne restait plus qu'un portrait sur la holo : une jeune fille qui annonça :
- Escadron rouge prêt au combat, capitaine. Selon vos ordres, les flight B et C sont dans leurs chasseurs, prêts à décoller. Le flight A en grande tenue et moi-même vous attendons devant votre navette .
- Le Maître Quyymaen (2) et moi-même vous rejoignons immédiatement, Red 1
Le Kaleesh ainsi nommé – l'un des deux superviseurs- parut surpris et se pencha pour murmurer :
- Jango, tu es sûr, pour l'escorte ? Un peloton de Reapers…
- Ce n'est qu'une garde d'honneur, Quyym' ! Même les Reapers au complet ne nous tireraient pas du guêpier si ça tournait mal ! Mais j'ai tout prévu !

L'autre superviseur faisait une drôle de tête : le jeune humain n'avait guère plus de 17 ans et ne remplaçait le Nautolan que depuis un mois. Le dénommé Jango s'en aperçut :
- Oui, Tykk ?
- Quyymaen vient avec toi, Venom? Qui va commander le…
- Toi, Tykk : tu es le second lieutenant du bord, non ? Tu crois que j'aurais nommé un incapable ?
- Oui, Capitaine ! Euh, je veux dire : non, capitaine. Mais si…
- Ah, vous commencez à me barber avec vos « et si… » !
La colère fut courte, et le jeune capitaine retrouva le sourire pour annoncer :
- si les choses tournent mal, tu deviendras capitaine d'un vieux et gros cargo méchamment bricolé. Promotion rapide pour un chef de groupe prometteur ! À condition d'être assez fort et malin pour le garder, bien sur .
Ce mélange de remontrances et de flatteries eut l'effet escompté.
- Oui, capitaine ! Mais vous avez tout prévu : l'échec est impossible !

Le Capitaine quitta la passerelle et pressa le pas pour rejoindre sa navette.
Les six pilotes qui l'attendaient, respectueusement alignés près de la navette, n'avaient vraiment pas l'air d'en être. Ou alors des pilotes d' holo-console, s'affrontant, manettes à la main, dans des parties endiablées de X-Wing Commander. On les aurait plutôt imaginés jouant avec des blaster en plast – ceux avec bruitages et éclairs- dans une cour de récré, ou rentrant à la maison après l'école, juchés sur leurs over-boards.
Pourtant, ils avaient déjà connu maints combats et s'y étaient fort bien comportés. Et les blasters à leurs ceintures étaient des vrais !
La jeune fille de la holo, portant les insignes de squadron leader, se tenait deux pas en avant.
Le capitaine lui adressa un signe de tête et embarqua en premier avec le kaleesh, suivi par les pilotes de sa « garde d'honneur. ». La navette quitta un hangar rempli de ce qui ressemblait à des mini chasseurs TIE .
Le capitaine Hyx, dissimulant un sourire, défia la planète du regard.
- Arvea, je suis de retour ! Tu seras bientôt mienne ! Et ensuite…

Mais d'abord, il avait de vieux comptes à régler ! Il avait été un enfant-soldat, lui aussi, mais ce n'était pas la raison de sa colère. Quelqu'un était mort, peu de temps avant son départ. Assassiné. Quelqu'un qu'il admirait, qu'il vénérait. La vengeance est un plat qui se mange froid, disait-on. Il avait attendu un an, mais maintenant il avait hâte de passer à table.




Chapitre1a : Les frères de Belvan



Un repaire de pirates.
Les Frères de Belvan portaient bien mal leur nom: la fraternité n'étant pas la principale qualité des membres de l'organisation. La longévité, si !
Cela faisait plus de 20 ans que Tyber Zann avait disparu. Son Consortium criminel ne lui avait pas survécu longtemps, dépecé par des lieutenants ambitieux et des chefs locaux soucieux de leur indépendance.
La petite flotte pirate, épargnée par ces conflits, s'était maintenue et avait prospéré sous l'autorité d'un chef charismatique, Kendall Horbin.
Les timides efforts de la Nouvelle République pour éradiquer la piraterie avaient échoué dans ce secteur trop proche de l'Espace Hutt. Même les incursions des extra-galactiques Yuuzan Vong s'étaient heurtées à une résistance farouche. Les pirates s'étaient battus vaillamment, nouant même des alliances de circonstance avec les hutt ou des forces pro-républicaines isolées. Mais Horbin était mort il y a un an. Vaincu lors d'un duel loyal, clamaient certains. Assassiné selon d'autres, qui préféraient garder pour eux leur opinion. Depuis, l'organisation glissait sur une mauvaise pente.



Règlements de comptes à la Plume Noire

La navette se posa : Jango Hyx était enfin de retour après un an d'absence ! Il était satisfait de constater que tous se montraient amicaux. Le jeune humain n'avait guère plus de vingt ans, mais il était déjà l'un des capitaines les plus en vue, très apprécié par les plus jeunes. Avant son départ, pendant six ans, il avait fait de son mieux pour cultiver sa popularité : toujours joyeux, toujours prêt à rendre service à un « ami ».
La route avait été pavée d’embûches depuis qu'il avait rejoint, à son corps défendant, l'Organisation. C'était un garçon farouche et violent, fuyant on ne savait quoi, quand il avait été capturé et enrôlé de force par les pirates. Ayant approximativement treize ou quatorze ans, il était un peu trop vieux selon les critères des malfrats, mais ses talents exceptionnels de pilote et de combattant lui avaient valu d'être pris en main par le défunt commandeur suprême. Après des débuts difficiles, celui-ci avait réussi à gagner la confiance – et l'affection- du petit sauvage et à en faire un pilote d'élite, puis un chef. Un chef qui s'apprêtait à défier son supérieur.

La ville avait poussé de bric et de broc autour de l'astroport improvisé. Des bâtiments préfabriqués, quelques immeubles en dur, des bidonvilles ou des containers reconvertis s'alignaient le long de ruelles étroites et tortueuses. Sa petite phalange marchait devant, en formation défensive, chacun des pions vigilant et tendu, comme il se doit. Non que le danger soit grand, mais ce déploiement soulignait ses statuts de «Frère », synonyme d'homme libre, et de capitaine. Des privilèges acquis à la dure. Son tatouage, sur le cou, était noir et bordé de vert, celui de ses pions était du rouge sang des esclaves combattants. Un jour, peut-être, s'ils survivaient, ils deviendraient des Frères, comme lui. Une belle théorie, car il y avait bien peu d’élus. Certains étaient effectivement affranchis et devenaient contrôleurs ou chefs de groupe, mais les grades supérieurs étaient quasi inaccessibles alors que certains êtres intégraient l'organisation directement à un haut rang : ils avaient des vaisseaux puissants, une grande expérience ou tout simplement les bonnes relations.
Lui s'était hissé au sommet par la force de sa volonté, grâce à ses talents et à son intelligence.
Et aussi quelques meurtres, reconnut-il.
En marchant, il saluait d'un sourire ou petit signe de la main les Frères rencontrés, salut qui lui était amicalement rendu, non sans un certain malaise. Il souffla à son compagnon :
- Ta présence les surprend. La plupart n'ont jamais vu un Kaleesh.
- Peut-être. Mais je dirais que c'est ton épée qui les perturbe. Un blaster est plus efficace.
- Oui, mais si peu civilisé !
- Ne fais pas ton Jedi : ce n’est pas un sabre laser, tout de même !
- ça tombe bien : la Force n’est pas avec moi !
Le jeune humain arborait ce sourire suffisant qui donnait l’envie irrésistible de le frapper. 

Quelques-uns lui firent la même remarque en le croisant :
- T'as oublié ton blaster ? Pas prudent, ça ! Vraiment pas prudent! Prévint un jeune humain accompagné d'un Twilek tout aussi jeune.
- Tu devrais attendre, Vrerck est de mauvais poil, avertit un rodien.
- J'aime le risque, répondait-il à chaque fois, avec un large sourire.
L’épée jouait son rôle à merveille : laisser planer le doute sur ses intentions. Un doute, une légère hésitation, c'était une fraction de seconde vitale gagné au combat

La cantina «la Plume Noire» était depuis sa création le point de ralliement des Frères. Elle était aussi devenue, sous l'autorité du nouveau commandeur, gros mangeur et gros buveur, le QG de l'organisation. Les pions s'arrêtèrent net: ils n'avaient pas le droit d'entrer.
Seul leur leader et l' humanoïde reptilien, suivirent leur Capitaine. Toute la salle retint son souffle et la musique cessa quand Hyx parut sur le seuil ; les gens formaient comme un couloir, dégageant un large passage menant à un énorme humanoïde à peau grise, un colosse aux mains larges comme des battoirs.
L’actuel commandeur suprême de la flotte, Vrerck !
Agressif, violent, mais il manque d'assurance. Il va tergiverser. Se souvint l'humain.
C'était la clé de son plan : Vrerck ne l'aimait pas, mais le craignait. Hyx sourit à la cantonade et s'avança tranquillement, les mains bien en vue. Il ne voulait surtout pas donner à son public le moindre signe d'agressivité. Il n'allait pas briser les usages en attaquant le premier. C 'était pour cette raison qu'il avait laissé son blaster dans sa navette. Il n'en avait d'ailleurs pas besoin, il avait mieux :
Pas besoin d'armes, je suis une arme, se dit-il.
- Commandeur, je vous présente mes respects !
- Des respects, morveux ?
Le commandeur se tourna vers sa petite cour de sycophantes et plaisanta :
- le chiot d'Horbin veut me présenter ses respects ! Ne devrait-il pas ramper jusqu'à mes pieds pour les lécher ?
Quelques rires serviles accueillirent ses propos. Le jeune humain se contenta d'un sourire peu respectueux en guise de réponse, tout en avançant vers le Grorg. Le « Gros » s'en aperçut, mais il hésita. Comme prévu !
Vreck n'était pas impliqué dans la mort d'Horbin, contrairement à son '“conseiller”'. Mais Hyx savait, grâce à ses espions, que Desman Sasten, sachant sa vie menacée, avait suggéré au Rorgr la conduite à tenir.

Celui-ci hésita encore, puis commit sa première et dernière faute en dégainant enfin son blaster. Trop tard, trop près, face à un adversaire tel que Hyx.
L'accélération brutale du jeune humain lui évita un tir direct; néanmoins, son bras gauche encaissa.
Brûlure grave, constata-t-il, mais il n'aura pas le temps de recommencer!
Hyx se déplaça à une vitesse stupéfiante, si rapide que ses gestes semblaient flous. La lame surgie d'un étui sur son avant-bras gauche (pourtant brûlé) frappa la main portant le blaster, alors que l’épée maniée de la droite s'enfonçait déjà dans l'énorme bide !
Le futur ex-commandeur suprême regarda incrédule la lame, puis l'escrimeur qui la faisait tourner lentement dans ses entrailles, tenta de saisir son adversaire… Mais déjà ses forces le quittaient. Avec un bon médic, même sans cuve bacta, cette blessure n’était pas suffisante pour tuer, mais le géant ventru transpirait déjà à grosses gouttes et des spasmes parcouraient son corps. Spasmes qui se transformèrent en convulsions, de plus en plus violentes.
– J’espère que tu vas apprécier la fin que je t'ai réservée. Ah tiens, tes lèche-bottes sont déjà partis se terrer dans leurs trous à rats. Tu vas crever tout seul, le Gros , conclut tristement le jeune pirate.

Si l'élimination du pantin de Sasten était nécessaire, il n'en tirait aucun plaisir. Hyx aurait préféré s'occuper de celui-ci, mais il avait choisi de privilégier l'efficacité à la vengeance. Le poison  sur la lame? Juste un avertissement pour ses autres ennemis !
Derrière Hyx, le Kaleesh qui se faisait appeler Quyymaen et sa jeune leader n'étaient pas restés inactifs :
Red One avait proprement égorgé cette fouine malfaisante de Desman Sasten. L’éminence grise du Gros s'était cachée en attendant que sa marionnette élimine le jeune importun, mais cela n'avait pas trompé la gamine. À l’évidence, elle savait où le trouver et avait accompli sa sinistre tache sans ciller. Quant au reptilien, il riait devant les trois cadavres qu’il avait étripés de ses lames !
Pas très loin, un garde du corps se relevait lentement, mains bien en vue: en s'avançant pour prêter main forte à son patron, il avait percuté un petit esclave portant un plateau – que venait-il faire sur sa route ?
Il se sentait bien seul : ses trois collègues n’avaient pas levé le petit doigt !
- Bande de lâches, marmonna-t-il.

Il se trompait : ses collègues étaient incapables de bouger ou même de respirer, paralysés par des aiguilles Bronash. Ils mourraient bientôt sans l'antidote approprié. Il aurait subi le même sort s'il n'était allé faire un tour aux toilettes. Il talocha pour la forme le gamin qui s'excusait tête basse, puis sortit en hâte. Il venait de perdre son patron et son job, mais il pouvait encore sauver sa peau. Personne ne fit mine de l'en empêcher. il quitta la cantina dans l'indifférence générale.
Resté seul, le petit esclave vérifia que son lance-aiguilles était bien dissimulé sous ses haillons, jeta un coup d’œil indifférent à ses victimes mourantes, puis entreprit de ramasser le plateau et son contenu. Il risquait une bonne correction pour la casse, mais il avait dû improviser en vitesse.

Au comptoir, les barmen avaient sorti l'artillerie et tenaient en respect un petit groupe de mercenaires ; le patron annonça:
- Querelle privée ! Restez assis, c’est la maison qui offre la prochaine tournée !
Il y avait déjà suffisamment de morts dans son établissement ! Il avait repéré les trois gardes paralysés, deviné qui avait fait le job, et choisi son camp. Jovius choisissait toujours le camp du vainqueur. Ce qui ne l'empêcha pas de gifler -- le petit esclave maladroit . Pour le principe, car il aurait pu sortir le fouet !




Nouvelle donne

La garde rapprochée de Vreck n’était plus, mais pour le Grorg, cela allait prendre du temps. Personne ne s'inquiéta de son sort : sa cote de popularité avait sérieusement chuté ces derniers mois. Maintenant, elle était au plus bas, mais il n'aurait pas l'occasion de présenter sa démission :
– Quinze minutes, l'informa aimablement Hyx, en nettoyant soigneusement sa lame empoisonnée, peut être un peu plus. Douloureux, hein ? Je suppose que tu avais oublié pourquoi on m’a surnommé Venom.

Maintenant, tous s'en souviendraient. Ils l'entouraient à distance respectueuse, encore ébahis par sa victoire éclair. Certains qui l'avaient cru terrassé par le coup de blaster, n'en croyaient toujours pas leurs yeux ! Une Falleen belle et élégamment vêtue, surgit de l'arrière salle et commença à scander son nom.
- Ve-nom ! Ve-nom !
La salle entière l'imita, de plus en plus fort. Hyx avait passé beaucoup de temps à créer son personnage: bon camarade certes, mais plus venimeux qu'une vipère kodashi quand on le cherchait.
C'est beau, la popularité ! Pensa le jeune humain, souriant .

Assis au milieu du tumulte, il laissa sa pion Red One nettoyer sa blessure et y apposer un patch que le petit esclave avait apporté sur ordre du patron. Personne ne remarqua que Red1 et le gamin avaient comme un air de famille.
On ne fait pas assez attention aux esclaves…
Avec ou sans patch, les blessures de Hyx guérissaient vite, très vite. Une de ses particularités, avec sa force et sa vitesse peu communes. Néanmoins, la fille, concentrée et soucieuse, s'affairait comme si la vie de son Capitaine en dépendait. La théorie de Hyx, c'était : « il n’y a pas que le système conditionnement/ punition/récompense pour tenir ses esclaves: l'affectif compte aussi. »
Dans le cas de Red1, cette affection allait un peu trop loin. Il faisait de son mieux pour ne pas l'encourager dans cette voie.
Certains prétendaient qu'il était trop tolérant avec les pions. Ils n'avaient pas tort, mais il laissait dire : ses petits guerriers étaient les meilleurs, les plus dévoués qui soient.
Il observa plus attentivement la gamine: son crâne rasé laissait libres les trois prises neurales, une au-dessus de chaque oreille, la dernière sur la nuque ; pour une pilote, quelques millisecondes gagnées au combat. Contrairement aux autres esclaves, une étroite bande de cheveux très courts, teintée de rouge courait du front à la nuque. La marque des « phalanges de Venom », celle de l'escadron rouge. Cela entretenait, selon Hyx, l'esprit de groupe. Red One n' était pas seulement une pilote exceptionnelle, elle était née pour commander. Si ses projets réussissaient, il ne tarderait pas à lui confier des fonctions plus importantes.
Elle était plutôt jolie. Il constata que les deux bosses qui déformaient sa combinaison au niveau de la poitrine avaient encore pris de l'ampleur et que l’aspect androgyne de l’enfance avait laissé place à des formes plus féminines. Les pirates retardaient volontairement la croissance et la puberté de leurs petits soldats, pensant les rendre plus dociles. Venom avait décidé d'abandonner cette pratique juste après son départ. Le résultait était là : une jeune fille, presque une jeune femme. Il n'était guère plus âgé. Un jour, s’ils survivent aux combats, les enfants-soldats deviennent… Des soldats. Et peut-être, qui sait, des Frères ou des Sœurs.

En parlant de Sœur: il releva les yeux, sentant une présence; elle était devant lui, dans ses soies de Ganzi. Toujours élégante et armée de ce pouvoir de séduction propre à sa race. Naali Trang, la Falleen. Chef de la division Drogues et produits médicaux, avec le rang de commandeur (3). D’après les rumeurs qu’il avait recueillies avant de venir, c'était une division en pleine croissance sous l'impulsion de Sasten .
- Naali! Toujours aussi belle !
- Jango! Tu n'as pas changé: la flatterie ne te coûte rien.
- Mais c'est la vérité, répondit-il avec un sourire canaille.Tu es plutôt bien conservée pour une vieille de trente ans!
Il évitait de mentir à moins que ce ne fut indispensable.

Un âge vénérable chez un pirate, que bien peu atteignaient. Elle avait un peu vieilli depuis l'époque où avait pris sous son aile le jeune Jango Hyx (qui venait juste de choisir ce patronyme), mais avait conservé tous ses charmes. Elle l’avait initié à des techniques et des plaisirs que ses droïdes précepteurs avaient négligé dans sa formation. En échange de ses services (forcés, du moins au début), la maîtresse vénéfice lui avait aussi enseigné l’art du poison.
Elle déployait tout son talent, mais le jeune homme s’était immunisé contre ses puissantes phéromones de séduction. Il n’en laissa rien paraître et lui sourit béatement. La petite esclave, elle, ne souriait pas et tête humblement baissée, elle dardait sur la Falleen un regard noir.
Jalouse? On ne fait jamais assez attention aux esclaves !
– Alors, jeune vagabond, as-tu trouvé les réponses que tu cherchais?
- Quelques-unes. Peu de réponses et encore plus de questions qu'avant… J’ai aussi prospecté de nouveaux secteurs potentiellement juteux.
Il avait élevé la voix pour la dernière phrase.
– Réunion du comité directeur ! Beugla un duro arborant l'insigne de commandeur sur son armure légère.
– Commandeurs et capitaines uniquement! Ajouta-t-il. Dans l'arrière salle!
Son autorité suffit à disperser la foule. Il était le plus respecté des officiers supérieurs présents. Il n'en restait plus beaucoup.



1 Oui, le Y est volontairement doublé.
2 Très jeunes pour pouvoir les conditionner mais aussi à cause des caractéristiques de leurs chasseurs.
3 Dans l'ordre hiérarchique croissant : capitaine, commandeur, haut commandeur et Commandeur Suprême (un titre prétentieux pour le chef d' une simple bande de pirates)

J'espère que cet extrait vous plaira.
Modifié en dernier par Ve'ssshhh le Dim 27 Oct 2019 - 20:38, modifié 26 fois.
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Ana Kin » Mar 16 Fév 2016 - 8:42   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Perso je suis entrain de lire Sasha et l'escadron rouge et j'aime beaucoup.
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Messagepar Jagen Eripsa » Mar 16 Fév 2016 - 11:31   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Bienvenue dans la Section Fan-Fictions !

Voilà une histoire qui a l'air ambitieuse ! J'ai vu qu'il y avait une référence à Tyber Zann... Tu comptes t'inspirer de l'univers d''Empire At War ? :cute:
“La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute.” - Confucius
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Messagepar Tenebrae » Mar 16 Fév 2016 - 18:29   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Lu! :)

Globalement bien apprécié.
Il y a quelques clichés certes mais la lecture est fluide et les personnages bien brossés (un peu rapidement à mon gout peut-être :neutre: ).
Quelques maladresses dans le style mais rien qui gênent d'autant que ce que tu déploies comment histoire, celaa l'air plus qu'intéressant et cela donne envie de lire la suite. Et ça c'est déjà plus que pas mal! :)
Tous mes textes passés, à présent et à venir sont dédiés à ma fille Sharleen.
Puisses-tu être heureuse où que tu sois désormais...
Tenebrae
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Messagepar Ve'ssshhh » Mar 16 Fév 2016 - 18:43   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Jagen Eripa a écrit:
Bienvenue dans la Section Fan-Fictions !


Merci!

Voilà une histoire qui a l'air ambitieuse !


:oui: elle fait une bonne centaine de pages :)

J'ai vu qu'il y avait une référence à Tyber Zann... Tu comptes t'inspirer de l'univers d''Empire At War ?


En fait, je ne connais le jeu que par les fiches encyclopédiques :oops:
Je m'en suis inspiré pour introduire quelques vaisseaux sympas ( comme la frégate Interceptor) ou des droïdeka Mk2 et j'ai bien aimé le personnage de Tybe Zann .
Mais son rôle dans l'histoire est assez limité: c'est le modèle idéal pour un jeune pirate ambitieux déterminé à égaler ou surpasser ses exploits!
S'il y a quelques batailles spatiales et des combats au sol, mon idée quand j'ai commencé cette 'histoire était de décrire l'évolution d'un personnage qui, tant par son hérédité ( ce sera dans la deuxième moitié du chapitre 1) que son éducation a tout pour devenir un grand méchant conquérant.
Mais la vie d'un pirate n'est pas un long fleuve tranquille et certaines rencontres sont déterminantes. Celle de Mara Jade Skywalker, par
exemple...


Ana Kin a écrit: Perso je suis entrain de lire Sasha et l'escadron rouge et j'aime beaucoup.


Cela me fait plaisir :D
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
Ve'ssshhh
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mer 17 Fév 2016 - 8:05   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Si tu me poursuis jusque sur SWU, je vais être obligé de te lire...

Bon, plus sérieusement, j'aime bien Venom grâce à son caractère, mais tu dois faire très attention à son traitement : il est jeune, beau, fort, riche, a un passé mystérieux... C'est la description parfaite de Mary Sue (enfin de Gary Stu, puisque c'est un mec) et ça peut vite saouler les lecteurs. Beaucoup de fics avec un bon potentiel ont été gâchées de cette manière.
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Ve'ssshhh » Mer 17 Fév 2016 - 12:46   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

@zèd:
En fait, j'ai suivi un jawa qui est tombé dans la potion magique ( ou plutôt les midi chlorians) quand il était petit :D

C'est la description parfaite de Mary Sue (enfin de Gary Stu, puisque c'est un mec.


J'ignorais le concept jusqu'à ce que tu en parles.
Mais ce n'est pas faux, à quelques détails près. Cela doit venir de mon côté adolescent attardé: :wink:
Il a tout de même quelques défauts: il est sournois, arrogant, manipulateur, dissimulateur, déteste perdre et encore plus ne pas contrôler la situation. Et au final, c'est souvent lui qui se fait manipuler!

autres détails?
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D'abord, physiquement, il ne me ressemble pas, mais alors pas du tout! (Je suis bien plus beau, riche et célèbre que lui! :x )
ensuite: pour les compétences hors normes, OK! Mais il fallait bien ça pour qu'il puisse égaler, au moins partiellement, les êtres sensibles à la Force. Pour la pureté... Euh...

En fait, si je me suis projeté dans un personnage, ce serait plutôt Sasha ou même Ve'ssshhh ( pour le côté vieux sage qui sait tout :ange: )
Enfin, s'il y a un personnage à qui tout réussit, il apparait dans le chapitre 2: il est toujours présent, même en coulisses, tire partie même de ses échecs et ne renonce jamais.

plus sérieusement, il est difficile de se détacher des personnages qu'on a créés. C'est pourquoi j'ai décidé qu'après le sixième opus, je changerai d'univers et de personnages. J'ai déjà commencé la rédaction.
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mer 17 Fév 2016 - 13:28   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

J'ai dit qu'il en avait des traits, pas qu'il en était un. Les défauts que tu as souligné ont un double emploi : ils l'empêchent de devenir un Gary Stu et ils le rendent extrêmement attachant.
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Ve'ssshhh » Mer 17 Fév 2016 - 19:29   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

@ zèd Je venais de lire l'article sur Wikipédia quand je t'ai répondu: je l'ai trouvé très intéressant! Et inquiétant: en listant les symptômes... heu ça, j'ai; ça aussi, et ça, et ça? Ahhh, je vais mouuuriiiir! J'ai le cancer de Stu! D'ailleurs, il y a d'autres symptômes reconnaissables dans le paragraphe qui suit!
Sérieusement, j'espère avoir suffisamment brouillé les pistes :siffle: :wink:

@ Tenebrae: je suis en train de réviser et corriger cette fan-fic : si tu as des suggestions pour les maladresses, n'hésite pas à donner des détails, je peux encore corriger.
P.S, une certaine "Tenebrae" est évoquée par un des personnages du chapitre deux. Pure coïncidence! D'ailleurs, elle n'est pas si méchante, contrairement à sa fille.

En attendant, voici la deuxième moitié du chapitre 1 (il fait sept pages au total: serait-il passé en une seule fois?)
Peu d'action, mais des informations sur les origines et les projets de Venom.


chapitre 1b


La Réunion du comité directeur.
Venom jaugea le «  comité » d'un regard circulaire, leva un sourcil étonné :
- Seulement deux commandeurs et six capitaines ? Pardon, sept avec moi. Je croyais que le quorum était à quinze ? 
Doom, le commandeur duro répondit :
- Les commandeurs ? Ton ami le sabreur en a éliminé deux, ta ‘pion’ surdouée nous a privé de la douteuse compagnie de Sasten …   Personne ne les regrettera ! Bron et Ohare sont en chasse. Kordoch est sur Nar Shaddaa. Tous les autres capitaines sont présents, sauf Markrrr qui déprime. Tu le connais…

Markrr déprimait souvent, ces derniers temps. Il en avait vu de dures certes, mais le problème était ailleurs : il aurait eu besoin du soutien de sa meute, mais il en était le dernier survivant. Le seul qu'Horbin avait retrouvé – et adopté- dans les ruines d'un village dévasté par l'empire.
Il ira mieux quand nous partirons à la chasse aux cargos, se dit le jeune homme, qui se concentra sur la discussion :
– C’est moins du quart de l'effectif… Que s’est-il passé ? Je ne suis pourtant parti qu’un an.
Venom s’était renseigné : il avait deux très bons agents et quelques informateurs sur place, mais il voulait entendre leur version.
C’est Ponda Bara, l'agressif aqualish, qui répondit :
–  Il s’en passe des choses en un an. Krell et ses gars ont attrapé une saloperie juste après ton départ : tous morts ! Lui, il a mis trois jours à crever. Une intoxication alimentaire, selon Naali.
Silence : tout le monde savait qui la falleen voulait couvrir avec cette fiction. Venom fit le naïf :
- Intoxication alimentaire ? Avec des brochettes de Traladon frites ? Impossible ! À moins que… La sauce ? Une sauce, ça tourne vite, si elle est mal conservée.

Court silence, le jeune homme montrant les signes d'une intense réflexion :
- Ce ne peut être cet excellent Brandy Corellien qu'ils avaient pillé dans les réserves de Kendal : j'en ai bu, moi aussi ! Krell a tenu à ce que je trinque avec eux. Il a insisté assez lourdement, d'ailleurs, vous vous en souvenez ?

Doom le duro accepta d'un hochement de tête cet aveu implicite et poursuivit le récit des malheurs des Frères. Hyx n'écouta que d'une oreille. Il savait déjà tout ou presque: le départ de Soonjay avec sa frégate et ses cargos, la défection en masse des trandoshans après l'assassinat – commandité par Sasten- de leur leader le haut commandeur Roosk…
Des mois d'ennui et de relâchement, puis ce désastreux raid sur Corrida V : une flotte de l'Alliance galactique attendait les pirates, probablement trahis. Le vaisseau amiral Sabertooth, croiseur de classe Tartan, était toujours en cale sèche. Venom intervint :
- Encore en réparation après cinq mois ? Il a dégusté ?
Beeloo, le capitaine rodien, corrigea :
- Oui, il a dégusté, mais le problème c'est que les chantiers manquent de pièces de rechange : on a perdu une de nos filières d'approvisionnement ! Sasten a tout misé sur la production de Narren. Une bonne idée, mais il a négligé le reste. Après ce fiasco, beaucoup ont décidé de reprendre leur indépendance. Je suis resté !
Normal, le trafic de drogue te rapporte beaucoup plus que la piraterie.

- Aux dernières nouvelles, ils ont rejoint les « Dépeceurs de Brakin. », reprit Beeloo qui avait probablement gardé des contacts avec ses camarades.

Les Dépeceurs ! Ce groupe concurrent opérait au sud du secteur Blamba. Malgré leur appellation intimidante, ils se contentaient de rançonner riches exploitations minières, compagnies de transport et mondes habités. Selon leur jargon, ils «  prélevaient une dîme » en échange de leur « protection ». Selon leurs concurrents plus aventureux, c'étaient presque des rentiers ! Mais les Dépeceurs, à l’inverse des Frères, étaient en pleine croissance.
–   J'en ai entendu parler : on prétend qu'ils ont triplé leur puissance et doublé leur territoire. Et que leur nouveau chef est un Jedi noir, remarqua Venom qui n'avait pu recueillir que des rumeurs.
Son informateur dans le gang concurrent était mort brutalement et il n'en avait pas d'autre, ce qui l'agaçait prodigieusement.
–  Jedi, c'est vite dit. Mais il empeste le côté obscur, à ce qu'on m'a dit. Quand je suis rentré avec Bratak d'un raid sur la voie hydienne, il y a deux mois, j’ai trouvé ce foutoir. Je m’apprêtais à repartir. Pour de bon, cette fois, conclut le duro.
-  Mais il semblerait que nous ayons un nouveau candidat au poste de Commandeur suprême, suggéra le capitaine Beeloo qui appréciait le jeune humain.
- Commandeur suprême ? Est-ce bien nécessaire ? Que reste-t-il ? Une frégate Interceptor ? Un croiseur en piteux état ? ? Quelques patrouilleurs, une poignée de canonnières Hawk ? Quelques cargos vaguement armés ? Deux corvettes crusaders ? Et les chasseurs ? Combien de bombardiers Corsair II ? Combien reste-t-il de pions pour piloter nos mini-TIE ?

Le coup porta : tous étaient conscients du déclin rapide de l'organisation.
Voilà ce qui arrive quand on se laisse baratiner et qu'on élit un incapable ! Horbin valait cent fois mieux que vous tous !
Hyx refréna la colère qui montait en lui. La haine ne servait à rien. Elle menait à… Calme, froid, calculateur. C'est ainsi qu'il devait être. C'est ainsi qu'était Horbin.
Il reprit d'un air grave :
- il ne reste pas le cinquième de la flotte. Un Haut commandeur devrait suffire et nous avons déjà deux candidats possibles. Par contre, j’espérais trouver quelques Frères aventureux prêts à tenter leur chance sur la Voie de Dolus : on peut y faire beaucoup de cash vite fait, bien fait !
Ah, tant que j'y suis : compte tenu du succès de mon expédition, je revendique le grade de commandeur !

Venom avait bien l'intention de devenir un jour Commandeur Suprême : il avait besoin de la flotte -de ce qu'il en restait-, du petit chantier stellaire, des centres de conditionnement d'esclaves, des réseaux tissés par l'organisation. Un outil précieux qu'il pourrait amener à la hauteur de ses ambitions.
Et ce n'est que la première étape !
Il savait cependant qu'il devrait d’abord faire ses preuves. En retrait, il laissa les autres discuter, et discuter encore, ne parlant que lorsqu’on l’en priait, donna des détails – le minimum- sur ses projets.
Comme souvent, il eut l'impression que tout autour de lui s'était ralenti, presque arrêté : ces êtres étaient si lents…
En réalité, c'était lui qui était trop rapide pour le commun des mortels (1) ! Tout en restant attentif aux propos tenus, il laissa une partie de son esprit vagabonder, revenir là où tout avait commencé…


Aux origines.
Lors de son expédition, il avait retrouvé le labo secret où le clone expérimental HX-J4C, surnommé N°9, était sorti d'une cuve de clonage à l'age apparent de sept ans. Six années d'entraînements épuisants, de tests impitoyables, d'expérimentations douloureuses sous la férule de droïdes dirigés par « les voix ». Le petit clone s'était endurci au combat et à la douleur, avait assimilé sans peine les connaissances qu'on lui faisait ingurgiter, en avait secrètement recherché d'autres.
Il avait très vite appris à ruser, à dissimuler, à tromper, cachant aussi bien ses sentiments que ses actes et recherches interdits. Il n'avait pas mis longtemps à comprendre que ses prédécesseurs, pourtant très performants, avaient été éliminés après leur échec. Il avait commencé à préparer sa fuite. L'occasion s'était présentée quand il avait découvert qu'une navette viendrait le chercher pour l'ultime test.
Il avait agi avant qu'on le mette en stase. Il avait réussi, par ruse, à réinitialiser tout le système pour couvrir sa fuite, mais en avait trop fait : il avait failli périr dans l'explosion du réacteur qu'il avait déstabilisé. Il voulait provoquer un arrêt d'urgence, raté !
Un saut en aveugle dans l'hyper-espace l'avait tiré d'affaire (2), mais il lui avait fallu des années pour reconstituer sa trajectoire et retrouver le labo : il avait trouvé un complexe éventré, ses frères clones détruits lors de l'explosion.
Mais tout de même, il avait glané dans les quelques salles intactes, des banques mémoires, des richesses, des trésors technologiques, des indices, une piste à suivre. Au bout de la piste, le jackpot ! Un énorme jackpot !
De quoi peut-être, pour quelqu'un d'aussi déterminé que lui, plier un jour la galaxie à sa volonté. Comme l'avait fait le Gabarit.
Mais si peu d'informations sur ce qui lui tenait vraiment à cœur.



Campagne électorale

Doom posa enfin la question tant attendue, ramenant au présent le jeune humain.
- Alors, si tu nous parlais de ce que tu as ramené de ton voyage ? Pour être reconnu commandeur, il faut diriger ou posséder plusieurs vaisseaux – des vaisseaux de guerre, et tu n'as que ton cargo !

Le Viper n'avait pour seule qualité que sa capacité de transport de chasseurs. Il n’avait rien d’impressionnant face aux coursiers surarmés de ses collègues. Venom lui sourit en réponse et envoya le signal par comlink :
- J'attendais cette question. Oui, j'ai fait quelques petites acquisitions. Vous voulez les voir ? Il va falloir sortir d'ici et se rendre sur la piste !
Le comité le suivit, ainsi que pas mal de curieux.
- et voici ma première surprise ! Deux navettes d’assaut de classe Gamma, des machines spécialement conçues pour s’emparer des vaisseaux les mieux défendus !
Le débarquement des space-troopers dans leur impressionnante armure fit grosse impression, au point de faire oublier qu'elles n'étaient pas conçues pour opérer à terre.
- très utile, apprécia Doom. Ces navettes sont assez puissantes pour qu'on les considère comme des vaisseaux de guerre à part entière, qu'en pensez vous ?
- Il a parlé de première surprise, j'attends les autres, susurra la falleen avec un sourire crispé.
Elle semblait un peu perturbée : avait-elle remarqué que Venom n'était plus aussi sensible à ses phéromones que par le passé ?
- ah, la voila ! S’exclama le jeune humain en indiquant un point dans le ciel. Je l'ai appelée : « Halte ! Douanes ! » et j'en ai confié le commandement à Kid Sky, mon ancien maître d'équipage.

Le petit vaisseau douanier était un modèle fréquemment employé par les gouvernements locaux.
- là, tu as fait fort, commenta le rodien ! J'ai essayé d'en faucher une, une fois… Je n'ai pas eu de chance, ce jour-là : un croiseur impérial rôdait dans le coin.
Tous savaient que la meilleure méthode pour capturer un cargo intact était de convaincre l'équipage de laisser rentrer les assaillants. Pour une inspection, par exemple.
Venom se pavanait, affichant à nouveau son sourire suffisant :
- J'ai aussi ramené quelques babioles ! Des souvenirs pour la famille et les copains !

Le butin débarqué de sa navette ne pouvait être qualifié de « babioles ». Ses « petits cadeaux » non plus.
Sa promotion emporta donc les suffrages d'une large majorité, comme il l'avait prévu. Il ne s'agissait pas vraiment de corruption : se montrer généreux était un signe de réussite. En agissant ainsi, il marquait aussi des points pour l'avenir : dans leur monde où le prestige était la clé du pouvoir, un chef devait aussi savoir partager. Une règle que Vrerck avait négligée .

Pendant ces mois de recherches et de découvertes sur ses origines, il avait eu le temps de réfléchir sur lui-même, sur ce qu'il était, sur le potentiel qu'il sentait en lui.
D'abord, je leur rendrai le prestige et la puissance perdues depuis la mort de Kendall. Ensuite…
Il s'était imposé d'impitoyables règles de conduite, avait su refréner ses ambitions et s'était fixé des objectifs qu'il jugeait raisonnables : pour commencer, se tailler un petit empire, trois ou quatre secteurs maxi, avec un bon chantier stellaire et des ressources. Ensuite, si tout allait bien… Qui sait ? Empereur de la galaxie ? Après tout, il avait de qui tenir !
Mais tout projet avait un début, même modeste. Il ne devait pas brûler les étapes.
Il se garda bien de proposer sa candidature au poste de Haut Commandeur, et vota pour le Duro Doom. Doom était suffisamment compétent, il était respecté de tous mais n'avait pas l'ambition nécessaire pour s'accaparer le pouvoir. Contrairement à Naali, dont il fallait se méfier. Autre avantage, Doom et Naali bloqués ici par leurs fonctions respectives, Venom restait seul en lice pour commander l'expédition qu'il projetait.
Naali eut finalement la sagesse de ne pas offrir sa candidature. Comme Sasteen, mais avec bien plus de classe, elle préférait tirer les ficelles en coulisse. Les duros étaient beaucoup moins sensibles à son pouvoir que les humains, mais elle saurait « conseiller » Doom, Hyx n'en doutait pas.
Cela ne le dérangeait aucunement : contrairement au défunt confident de Vrerck, elle était le plus souvent de bon conseil.


Entretien avec une falleen
La réunion terminée, Naali tira le jeune humain à part.
- Alors, qu'as-tu découvert exactement, mon petit vagabond ?
Hyx sourit en entendant le surnom affectueux qu'elle lui donnait jadis. Il n'était plus aussi sensible à son charme et à ses phéromones de séduction, mais la falleen avait été pour lui bien plus qu'un professeur.
- Pas grand-chose : le labo était éventré par l'explosion, mes fr… les autres clones, détruit ! Aucun indice sur le commanditaire. Néanmoins, j'ai appris d'où me venaient mes capacités exceptionnelles.
- Sais-tu qui était l'original ?
- Pas avec certitude ; très probablement Jango Fett, comme je le pensais déjà. Tout mène à lui !
- et ces capacités comprennent un moyen de résister à mes phéromones ?
Il faillit se laisser piéger, se reprit de justesse :
- Résister ? Mais je suis totalement soumis à ton charme ! Si tu le demandais, je grimperais à un balcon pour te chanter une sérénade, mentit-il effrontément.
Elle s'en aperçut et éclata de rire.
- Tu n'es qu' un horrible garnement !
- c'est pour ça qu'on m'aime !

Elle n'en tenta pas moins de lui tirer les vers du nez. Pour un humain, il était très difficile de résister à une Falleen. Mais il n'était pas un humain normal : son système immunitaire renforcé neutralisait la majorité des phéromones de la non-humaine : il ne lui livra que ce qu'il voulait bien.
ll lui mentit avec d'autant plus d'aisance, que la vérité le dérangeait : s’il avait cru être un clone très amélioré du célèbre Jango Fett, comme ses prédécesseurs, il avait découvert que cette fois, le complexe génétique responsable de ses talents hors normes avait été greffé sur un autre gabarit (3).
Bizarrement, la révélation de ses origines avait provoqué en lui un sentiment de rejet, presque de dégoût. Pourtant le Gabarit, qui avait atteint des sommets,  était à la hauteur de ses ambitions!
Il ne s'expliquait pas ce malaise qu'il ressentait chaque fois qu'il évoquait son original. Peut-être parce qu’ il s'était fait à l'idée d'être une sorte de frère de Boba Fett ?
Il lui ressemblait d'ailleurs un peu. Pas comme un clone ou un jumeau, plutôt comme un parent proche, un cousin. Du vrai gabarit, que restait-il ? Les yeux bleus, le nez peut-être ? Il avait trouvé des enregistrements du jeune politicien quand ils avaient le même age.
Pas assez pour qu'on nous confonde, avait-il pensé, soulagé.
Peu importe, le passé n'avait pas d'importance. Il aurait tout de même aimé savoir qui avait poursuivi le projet si longtemps après la mort du Gabarit. Et pourquoi, surtout ! Un jour, il trouverait. Un jour…
Même si c'est désagréable, Il ne faut pas que j'oublie qui je suis, ni d'où je viens ! Et trouver qui m'a créé : celui-là a des comptes à me rendre !

Il resta dans le vague pour expliquer l'origine de ses trésors et cacha leur valeur réelle :
- … de quelqu'un qui s'était préparé à avoir des ennuis, à mon avis : dans les réserves, il y avait du fric, du matos, des technologies secrètes - ça vient des impériaux-, et les coordonnées de plusieurs caches. C'est dans l'une d'elle que j'ai trouvé les vaisseaux.
Il fit mine de réfléchir, avant de conclure :
- Je me demande si c'était pas un coup de ce bon vieux Tyber Zann. Tu l'a connu, toi ?
- Je ne l'ai vu qu'une fois. J'étais bien jeune alors, j'accompagnais mon père. Quand Xizor l'a fait assassiner, Zann m'a trouvé un travail dans le Consortium. J'étais déjà très douée avec les poisons.

L'humain comprit qu'elle ne désirait pas s'attarder sur ces souvenirs et ne posa pas la question qui lui brûlait les lèvres. Elle reprit d'elle-même, après avoir étudié l'hypothèse du jeune homme :
- … Mais oui, il était prévoyant et avait la volonté et les moyens de mettre en place un tel système : nous savons tous qu'il avait pillé des secrets du vieux tyran. Lesquels ? Je l'ignore. Mais je pense que sa disparition était préméditée. S'il n'a pas utilisé les caches que tu a découvertes, c'est qu'Il devait en avoir d'autres ailleurs.
- Je finirai par trouver, je te le jure.
- je te le souhaite de tout mon cœur !

Elle l'embrassa et partit à regrets. Il en éprouva aussi, comme si une partie de lui s'en allait avec la Falleen.
En tous cas, j'ai réussi l'épreuve, songea-t-il, pas aussi satisfait qu'il l'aurait cru.
Mais je vais trouver. Trouver qui je suis !

Plus tard ! À défaut d’avoir un vrai nom, il espérait s’en faire un : Venom le Conquérant, ça sonnait plutôt bien, non ? Il avait deux modèles : le commandeur Horbin, presque un père pour lui malgré sa dureté, le criminel Tyber Zann, qui avait réussi à faire trembler l'empire de Palpatine.
Belle revanche pour un jeune clone qualifié d'expérimental !
Un clone ambitieux et extrêmement doué, mais qui manquait d'expérience et de maturité, comme il allait l’apprendre à ses dépens.



Notes:
1 À l'exceptions de quelques espèces.
2 Pas vraiment : lire « Marek et le Destin » sur Starwars inventions
3 Mais en conservant des gènes de Fett! Un bricolage : Venom n'est qu'un prototype !




Le chapitre 2 laissera nos pirates à leurs préparatifs pour aller à la rencontre des autres protagonistes de cette histoire.

Bonne lecture!
Modifié en dernier par Ve'ssshhh le Sam 17 Juin 2017 - 22:01, modifié 2 fois.
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Messagepar Tenebrae » Mer 17 Fév 2016 - 20:15   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Olà!

J'ai préféré cette deuxième partie à la première. Je la trouve mieux écrite même si on retrouve les mêmes maladresses.
Puisque tu le demandes, j'essayerais de t'en faire un récap détaillé d'ici la fin de la semaine en MP pour ne pas polluer ton topic. Après cela ne sera que mon opinion, tu restes le seul maître de ton oeuvre (et je peux me tromper) :) .

Les dialogues sont un peu laborieux à suivre, certains ne sonnent pas trop naturels (moi-même j'ai du mal les faire sonner justes, le dialogue est un art délicat). Ceci dit, ils passent.
Ce que tu racontes se révèle intéressant à lire. Il y a une belle ambition et ton personnage principal intriguant. Tu mets d'ailleurs la barre très haut en termes d'ambitions. les révélations (que j'aurais plutôt vu distillées au cours de l'oeuvre mais bon tu abats tes cartes et tu donnes envie de lire la suite donc bon mon avis...) je disais quoi moi déjà ? (note à moi-même: arrêter de faire des parenthèses à rallonge). Oui! les révélations sont surprenantes et inattendues. Sans pour autant qu’elles arrivent comme tombant de nulle part. Bon point.

Je rejoins Zèd-3 Èt (Vive les ctrl-v et ctrl-c :D). Venom a un beau potentiel mais il parait too much. Et trop de much tue le much :lol: . Vu ses origines (supposées, je pressens un twist :sournois: ), il est logique d'y voir un surhomme mais sans faille, le surhomme va vite être moins attachant à suivre.
Tous mes textes passés, à présent et à venir sont dédiés à ma fille Sharleen.
Puisses-tu être heureuse où que tu sois désormais...
Tenebrae
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mer 17 Fév 2016 - 22:25   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Une fois, j'avais lu le tome un (presque) en entier, et c'est exactement ce que je me suis dis : quelques maladresses de style et pas vraiment de faiblesse significative pour Venom. Mais ça reste très sympa à lire, hein ; qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit.
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Messagepar Ve'ssshhh » Sam 20 Fév 2016 - 0:02   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

il est logique d'y voir un surhomme mais sans faille, le surhomme va vite être moins attachant à suivre.


Bon, pour le côté surhomme, il n'a pas fait exprès: il est censé correspondre au cahier des charges établi dans Dark Empire ( l'empire des ténèbres) avec une option super-soldat basée sur l'éternel gabarit: Jango Fet. Mais oui, il y a un twist. :wink:
Pour les faiblesses, euh... Je sais, je sais! On va dire qu'il est très vulnérable à une substance rare... j'sais pas, moi: un cristal? Rouge? Non, vert, c'est plus joli! Et je pourrais l'appeler: Euuuuh... Kryptonite? :lol:
Plus sérieusement, il n'a pas vraiment de faiblesse visible... pour le moment. Dans une construction neuve, Les criques, les failles , les fissures mettent du temps à apparaitre. Et beaucoup sont réparables, avec de bons ouvriers. Ou beaucoup d'affection.

Tout ça pour dire que je devrais poster le chapitre 2 samedi ou dimanche,
Celui-ci introduit quelques personnages importants et offre aussi quelques indices.

-- Edit (Sam 20 Fév 2016 - 20:16) :
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 21 Fév 2016 - 12:47   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Chapitre 2 : Ailleurs, dans la vaste galaxie



état d'urgence
Le Hun était un splendide croiseur Soroosub que l'on aurait pu croire voué au transport de richissimes passagers lors de luxueuses croisières. Il aurait aussi pu être un vaisseau de guerre avec ses nombreux turbo-lasers en sabords. Il y avait bien un richissime passager à bord : le propriétaire de la compagnie Amber Star, qui tenait à se faire appeler Capitaine. Le Hun était son vaisseau amiral. Un vaisseau qui, pour l'heure, était sur le pied de guerre.
L'accès à la suite de l'armateur était gardé par une petite armée. Les gardes de la sécurité du Hun étaient casqués, bottés et sanglés dans leurs semi-armures. Leurs armes de guerre contrastaient avec leurs habituels blasters paralysants. D'ailleurs, tout le Hun était passé en alerte combat.
Le Commandant Axler Denn (1), chef de la sécurité, faisait son rapport à Markus Herrion :
- Ils ont accédé aux hangars à bord de la navette de ravitaillement HS 55. Ils avaient les bons codes, ont suivi la procédure : l'équipage n'est pas sorti de la navette pendant le déchargement. Nous les avons trouvés à leur place dans le cockpit. Morts. Probablement peu après le décollage de la navette.
Le Capitaine ne semblait pas spécialement ému après cette troisième tentative d'assassinat, ni par les trois cadavres à ses pieds, mais il exprima de la tristesse pour ses deux employés.
C'était un homme au port altier, pour ne pas dire royal. Bien qu'il eut près de soixante-quinze ans, il semblait vigoureux, la taille fine (à peine empâtée en réalité), le buste et les épaules bien droits. Cheveux à la coupe impeccable et moustache fine soigneusement taillée étaient blancs, teintés de gris. Il avait renoncé depuis peu à les teindre, acceptant la vieillesse, mais restait coquet. Son visage pas trop ridé gardait en permanence une expression sévère, un peu hautaine, sauf quand il souriait. Un aristocrate conscient de son rang. Un autocrate !
Sa tristesse ne dura pas, il était aussi en colère :
- ils sont pourtant arrivés jusqu'à ce pont, commandant, passant au travers de votre dispositif. Ma question est simple : comment ?
Il n'avait pas élevé la voix, mais tous les témoins sentirent la menace implicite. Déjà, il n'avait pas appelé l'officier par son prénom comme à son habitude. Le commandant resta impavide :
- Ils ont découpé le fond de soute de la navette et fait de même pour le plancher du hangar 4 ; ils se sont ensuite glissés dans les conduits d'aération jusqu'à un puits d'élévateur qu'ils n'ont eu qu'à escalader jusqu’aux conduits du pont A. La procédure de sécurité maximum prévoit l'arrêt total des élévateurs pendant le transbordement.
- nos propres mesures de sécurité leur ont facilité la tâche ! Mmmmmhhh... J'ai des amis qui ont joué à ça à bord d'un destroyer impérial. Mais c'étaient des Jedi, ou tout comme : Ils avaient des sabres laser pour découper le métal.
- Justement, monsieur…
le Commandant tendit un objet facilement identifiable
- Un sabre laser ? Mais comment…
Cette fois, le vieil homme laissait transparaître son émotion. Le Capitaine n'était pas le plus honnête des hommes d'affaires de la galaxie – un doux euphémisme- , mais il avait aidé, aidait et aiderait l'ordre Jedi, y compris dans les moments difficiles. Et il avait des amis haut placés dans l'Ordre. Imaginer que l'un d'eux…
- Ce n'est pas un Jedi, capitaine : quand il a compris qu'il a perdu, un Jedi ne se transperce pas le crâne avec sa propre lame.
- co... Comment ?
Le commandant mima le geste, tenant une garde simulée tout contre son menton. Il suffisait d'activer la lame pour…
- Et les autres ?
- Poison ! Une capsule dans la bouche : fausse dent !
- Des assassins armés de sabres laser… Quelle couleur, la lame ?
- Blanche, Capitaine. Blanche… Il n'était pas très fort à ce jeu : un apprenti Jedi aurait fait mieux ! Nous n'avons pas eu trop de difficultés à le tenir en échec, termina-t-il avec une moue méprisante
- six blessés, tout de même, rappela le vieil homme
- Rien de nien grave, le rassura l'officier ; Mes gars ont été à la hauteur, conclut-il fièrement.
Markus Herrion considéra le sabre d'un œil suspicieux. Une lame blanche ? Il aurait parié sur du rouge .
Il était sur le point de prendre une décision importante, mais comme toujours, il se donna le temps de réfléchir en changeant de sujet.
- Les pilotes de la navette : que savez vous d'eux ?
Le commandant s'était renseigné et savait à quoi pensait son patron:
- Embauchés sur Amber 17 il y a un an et demi, en contrat court. Vivent sur la station. Bonnes références, bonnes recommandations. Bien notés par leurs supérieurs. Ils avaient toutes les chances de se voir proposer un contrat long. Un couple, en fait, avec une enfant en bas age. L'homme a aussi un jeune frère à sa charge. Pas du tout le profil de traîtres.
- Sauf si on menace leurs proches, Axler ! Vous vérifierez ! Ces assassins n'ont pu passer au travers des mesures de sécurité et embarquer sans complicités.
- Le directeur Marmun …
- … Se fait du fric sur mon dos avec ses magouilles et ferme les yeux sur pas mal de trafics. Je m'occuperai de lui plus tard. Personnellement !
Il réfléchit un instant, se tourna vers son intendant.
- Quoi qu'il en soit, ces enfants sont pupilles de la compagnie : Bourse d'éducation, prise en charge des soins, etc. Et tachez de leur trouver une famille. Sur Herrion, par exemple : ils adoptent en masse et il n'y a pas meilleur endroit pour élever des enfants.
Même s'il l'avait quittée il y a longtemps, l'armateur avait grandi sur la planète qui portait son nom. Après avoir jeté un œil suspicieux aux assassins, il ajouta, beaucoup plus bas :
- Enfin, s'ils sont encore en vie.
Il avait pris sa décision :
- Au moins, nous savons qu'il est inutile de jouer à cache-cache. J'en ai plus qu'assez de me cacher ! Alcor a beau dire, sa tâche sera plus facile si je joue les appâts.
- Votre frère et le Mandalorien Mereel pensaient à votre sécurité. Vous n'êtes plus seulement le capitaine de l'Amber Star, vous êtes le vice-roi des mondes du Chariot, dirigeant du secteur He'ran.
- Ah, non, pas vous aussi, Axler ! Je suis douloureusement conscient d'être le dernier des Herrion. Mais Alcor oublie qu'il est aussi un Herrion (2) . Demi-frère ou pas, ma mère l'a légalement adopté !
Ma décision est irrévocable : cap sur Amber 17 !


1 Il s'apelait Renn dans la première version. Et puis un gars avec un drôle de sabre laser a débarqué en décembre...
2 leur père s'appelait Alcor Procyon senior, capitaine de la flotte républicaine, mort en service commandé.


rendez-vous d'affaires
C'était un monde crépusculaire, couvert en permanence d'une épaisse couche de nuages. Le transport massif qui s'était posé deux heures plus tôt sur la piste de l'astroport ressemblait à une forteresse volante : lignes anguleuses, blindages épais, nombreuses tourelles laser ou turbo laser. Aucune fioriture dans le style : sûreté, efficacité étaient les mots qui le définissaient le mieux.
L'intérieur contrastait avec ces lignes rébarbatives ; même les couloirs de services témoignaient d'un luxe discret, sans ostentation. Le grand salon à l'avant était un témoignage d'une élégance surannée, dans un style qui rappelait les derniers temps de l'ancienne république avant qu'elle ne décline. Un humain, posté près de la baie vitrée observait au loin le chargement d'un transport minéralier. Les mines et les esclaves qui y trimaient étaient à lui. Une goutte d'eau dans le fleuve de ses affaires. Non loin de lui, une silhouette cachée sous plusieurs épaisseurs de voiles diaphanes semblait en méditation. Le serviteur s'arrêta à trois pas et attendit l'autorisation de parler. Son maître, un homme de belle prestance lui fit un petit signe de la tête
- Monseigneur ? Ils arrivent.
- Bien ! Je vais aller les accueillir. Tout est prêt ?
- Les tireurs sont en place. Ils attendent le signal.
L'homme consulta du regard l'être caché sous les voiles :
- Il reste dangereux, remarqua celle-ci d'une voix mélodieuse, reprenant la discussion interrompue par le serviteur.
Une voix ? Non, cela ressemblait plutôt à un chœur de voix féminines…

L'humain considéra un instant la réponse. L'Oracle était son atout le plus précieux mais ses propos pouvaient être mal interprétés.
Les visions étaient utiles, mais pas toujours fiables ; aucun adepte de la Force ne pouvait véritablement prédire l'avenir à long terme, ni même à moyen terme.
L'être sous les voiles devait reconnaître que son « maître » savait en tirer le meilleur parti. Mais ce n'étaient pas les visions qui le rendaient précieux aux yeux de Verryn.
- Je peux le garder sous contrôle . Mais vous avez raison, on n'est jamais trop prudent, avec ce genre d'individu. J'ai quelque chose qui devrait l'amadouer. Sinon…
Sinon, ce monde serait le tombeau du visiteur.
Il se retourna dans un retroussis de sa cape et l'homme, la cinquantaine aristocratique partit d'un pas décidé. Les plus fins observateurs lui auraient trouvé un petit air de famille avec Markus Herrion. Des cousins? Cela n'avait rien d'impossible: les rejetons des grands familles avaient tendance à rechercher leurs conjoints parmi leurs pairs...
Au moment où il sortit du hangar, empruntant la rampe de chargement, d' énormes droïdes lui emboîtèrent le pas. Des machines conçues pour le combat, à l'évidence.
Trois silhouettes en manteau noir et encapuchonnées sortaient d'une navette.
- Ils ont débarqué d'un croiseur Kaloth escorté par deux canonnières, lui transmit le capitaine du transport par son comlink intégré. Rien dont votre escorte ne puisse venir à bout.
L'encapuchonné qui marchait en tête prit l'initiative, d'un ton impatient :
- Vous voilà enfin, Verryn !
- Je suis moi aussi très heureux de vous rencontrer à nouveau, seigneur Magnus.
Son interlocuteur semblait enveloppé d'obscurité. Ses mains cachées dans les longues manches, le visage invisible, seules deux lueurs rouges brillaient sous la capuche. Verryn se serait attendu à y voir des reflets jaunes : le jeune inquisiteur qu'il avait connu jadis avait beaucoup changé, ces dernières années. En pire !
À l'époque, l'ironie cachée sous le discours amical n'aurait pas échappé à Magnus qui reprit d'un ton plus amène :
- Il y a des choses qu'on ne peut transmettre par un émissaire !
- Je vous écoute, seigneur Magnus, répondit l'industriel d'un ton qui avait toute l'apparence du respect.
- J'ai besoin de fonds supplémentaires. Et vous allez me livrer 10 000 esclaves.
- De plus ? Vous semblez les user très rapidement …
Cette fois, Magnus sentit l'ironie et le ton monta :
- Cela n'appelle aucune excuse, Verryn ! Je veux 10 000 esclaves et 60 millions et vous allez me les fournir !
- Sinon ?
L'adepte du côté obscur sembla interloqué
- Ce genre d'ordre est généralement suivi d'une menace : Vous allez me les livrer, sinon…
La silhouette obscure sembla soudain environnée d'éclairs tandis que montait la rage du sorcier… Qui sitôt après se plia en deux dans une quinte de toux.
- Vous vous sentez mal, seigneur Magnus ? Vous devriez vous montrer prudent : vous n'êtes plus un jeune homme. Vieillesse et colère ne font pas bon ménage.
Verryn semblait plein de – fausse- sollicitude. Il poursuivit :
- Je vais accéder à votre requête, bien sur, mais je vous prierai à l'avenir, de vous souvenir que je ne suis pas un de vos serviteurs mais un associé. Un associé puissant et influent, bien au-delà de ce que vous pouvez imaginer.
- Je sais bien que les dirigeants de l'ASC et de quelques-unes des plus grandes corpos de la galaxie vous mangent dans la main. Oui, vous avez un grand pouvoir. Une forme de pouvoir. Mais ne sous-estimez pas la puissance de la Tenebrae.
- Je m'en garde bien, cher associé ! Ceci dit, j'aimerais bien que vous cessiez de fournir des assassins à Hekken. Non seulement ils échouent, mais personne, je dis bien PERSONNE ne doit toucher à Markus Herrion : les Herrion, c'est mon affaire exclusive. N'oubliez pas notre objectif final : voudriez vous échouer pour un meurtre de trop ?
Il laissa ses mots faire leur chemin dans l'esprit du sorcier puis reprit plus doucement :
- Hekken... Il était utile, il devient gênant : il serait temps que vous le remettiez au pas ! Définitivement si nécessaire.
- J'ai besoin d'Hekken, pour l'instant ! Mais je lui interdirai de poursuivre ses tentatives. Tout cela ne serait pas nécessaire si vous m'aviez procuré ce que vous m'aviez promis.
- Parfois, des imprévus viennent gâcher les meilleurs plans. Même moi, je ne peux tout prévoir: qui aurait pu penser que la greffe ne prendrait pas sur votre génome ? D'après mes scientifiques, il manque quelque chose. Mais ils sont incapables de définir ce qui manque. Ils pensent à un facteur épigénétique ou aux midi chlorians.

Cette fois, le sorcier semblait décidé à rester calme. Peut-être savait-il ce qui manquait ?
- Nous avons perdu beaucoup de données il y a sept ans, insinua l'industriel.
- Les plans les mieux conçus ont parfois leur lot de surprises, admit le sorcier.
- Il y a parfois de bonnes surprises. Je ne m'avoue pas vaincu.
Le sorcier ne cacha pas son avidité.
- Vous l'avez retrouvé ? Vous avez retrouvé le Modèle ?
- Il y a des rumeurs : l'un des individus aurait survécu. Plusieurs, peut-être. Mes agents enquêtent. Si c'est le cas, ils le retrouveront. En attendant, mes scientifiques poursuivent leurs travaux sur les échantillons que nous avions préservés. Je ne peux en dire plus pour l'instant, mais vous serez informé de leurs progrès en même temps que moi.
L'espoir remplaça l'avidité.
- Vraiment ?
- Vraiment !
Malthus Verryn nota le changement d'attitude du sorcier. Il se garda bien de montrer la moindre satisfaction.
Il avait passé plus de vingt ans au service d'un être plus exigeant, plus subtil et infiniment plus dangereux que ce sorcier mourant : il savait comment traiter avec les Sith ou tout autre adepte du côté obscur. Celui-là n'était qu'un instrument de plus dans son vaste dessein. Tout se déroulait selon ses plans.
- C'est un beau cadeau que vous me faites là, cher associé. Une de ces délicates attentions dont vous avez le secret.
Le sorcier semblait avoir ré-appris les règles du savoir vivre, mais cela ne dura pas. Il fit mine de s’intéresser à son environnement :
- ce crépuscule permanent a quelque chose de romantique, n'est-ce pas ? Et ces plantes aux feuilles noires, quelle élégance… mais vous n'avez pas investi ce monde pour son esthétique, n'est-ce pas ? Les mines… Elles sont très rentables, je crois.
On sentait revenir l'avidité. Un avidité insatiable : ces adeptes du côté obscur en voulaient toujours plus ! Verryn ne se laissa pas impressionner. Un geste discret et les quatre droïdes qui l'accompagnaient se redressèrent d'un coup, attirant l'attention du sorcier, qui les jaugea et se contenta d'un geste méprisant.
- Des droïdes de combats ! Impressionnants… pour vos relations d'affaires habituelles, par pour… Ah, je vois : ce ne sont pas des droïdes… Ou plutôt… La Force ? La Force coule en eux ?
Ce n'était pas de l'inquiétude, mais un cri indigné. Une indignation particulièrement visible sur le visage de ses acolytes.
- Amusant, n'est-ce pas ? Le meilleur de la machine et l'intelligence d'un être sensible à la Force.
Les parties organiques – ce qu'il en reste- auraient pu faire des Jedi -ou des Sith- acceptables. Dommage , je n'ai trouvé que ces quatre-là. Tant pis : les exemplaires normaux ne sont pas mauvais non plus. Mes ingénieurs les ont créés pour nous débarrasser des visiteurs importuns.
Il poursuivit en souriant, comme un commercial vantant sa marchandise à un client important :
- Pour la machine, ils se sont inspirés des Magna-Gardes de Grievous. Et de Grievous lui-même, d'ailleurs. C'est un de mes laboratoires qui avait conçu ses systèmes, à l'époque. Ceux de Vador également. Parfaits contre les Jedi ! Ou les adeptes du côté obscur…
Sentant le doute, mais aussi la colère revenir chez le sorcier, il précisa aimablement :
- Les Sith n'ont pas totalement disparu, vous comprenez…
Le sorcier comprit le message et décida de réduire ses exigences. Pour le moment.
Verryn n'était peut-être pas sensible à la Force, mais il savait user de son pouvoir. En plus de cent vingt ans d'existence – il ne les paraissait pas- il n'avait connu qu'un seul être capable de lui imposer le respect. Un seul qu'il avait reconnu comme supérieur. Mais Palpatine était mort et lui, toujours vivant !

Dans sa navette, le sorcier consulta ses acolytes.
- Eh bien ?
- Quelle arrogance ! Ce mépris de la Force est une atteinte à nos croyances. Transformer un être sacré, fut-il un égaré en, en... Machine ! Ils auraient pu recevoir le Don Obscur. Un blasphème !
- Un blasphémateur bien utile. Et il m'a donné, sans le savoir, un indice capital. Il ignore tout du Don.
- Et ses moqueries ? Devrons nous supporter longtemps les insultes de ce mécréant, maître ?
- La Tenebrae est patiente, elle a toute l’éternité, Inquisiteur. Il est encore indispensable à notre grand dessein, mais… Bientôt, je prendrai grand plaisir à lui faire ravaler son insolence. Il expiera longuement ses péchés envers la Tenebrae... Très longuement…
- Pourrons-nous vous assister, maître ?
- Avec grand plaisir.

Au retour de Verryn, l'être choral se montra circonspect :
- Son pouvoir s'est encore accru. Il atteint des niveaux que je/nous n'avions ressenti depuis…
- Darth Sidious ? Oui, il devient très fort. Des niveaux qui deviennent trop élevés pour son vieux corps usé.
- Ce serait vrai pour un simple adepte du côté obscur. Mais il y a cette chose en lui. En ses compagnons aussi. Il est un danger pour vous.
- Elle est probablement en tous ceux de son peuple. C'est ce que pensait Palpatine. Il a joué à un jeu très élaboré avec eux, Il les a flattés, favorisés, mais il craignait cette… entité. Il craignait que, grâce à elle, cet Ordre obscur – dans les deux sens du terme- ne finisse par égaler, voire surpasser les Sith.
Il le craignait au début : il a longtemps cherché et a fini par trouver un moyen d'en tirer parti, je suppose… Il y a près de trente ans, j'ai commandé une expédition qui… Enfin ! J'ai trouvé une partie de ce qu'il recherchait. Il avait déjà le reste, j'en suis certain ! Il a fait en sorte que personne d'autre ne l'ait. Mais il a sous-estimé mon intelligence.
Il resta silencieux un long moment, regardant s'élever la navette du sorcier, qui disparut rapidement dans les nuages.
L'Oracle respecta son silence, gardant pour lui (ou elle?) ses réflexions. L'empereur avait-il vraiment sous-estimé l'intelligence de cet humain ? Palpatine avait lui aussi des visions du futur. Les devins ne manquaient pas ; Mais l'être sous les voiles avait un avantage sur les autres: si tous les futurs étaient possibles, il existait de rares moments où tous les possibles semblaient converger avant de diverger à nouveau. L'oracle savait voir ces moments clés où les prédictions étaient fiables, mais ne voyait rien au-delà. L'un de ces points de convergence était proche et justement…
Verryn livra le fruit de ses réflexions.
- Mais vous avez raison, l'os que je lui ai donné à ronger ne contentera pas longtemps ce vieil arrogant. Il est temps de lui trouver un remplaçant: il y a dans le Cercle des jeunes sorciers puissants, très ambitieux… Et plus influençables.
- Et s'il se procure cet être dont vous lui avez parlé ?
Il y avait peu de risques : le sorcier ou l'objet de sa convoitise n’apparaissaient dans aucune des visions précédant la Convergence.
- S'il le trouve ? C'est fort probable. Car il existe ! Oui, cela risque d'être passionnant. Vraiment passionnant !
L'Oracle connaissait ce petit sourire en coin et garda le silence sur ses doutes .

Bonne lecture!
Modifié en dernier par Ve'ssshhh le Sam 24 Mar 2018 - 21:26, modifié 1 fois.
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
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Messagepar Tenebrae » Dim 21 Fév 2016 - 13:21   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Salut Ve'ssshhh!

Lu et apprécié encore une fois. Je suis occupé aujourd'hui donc je vais aller à l'essentiel.

Ve'ssshhh a écrit:Aucune fioriture dans le style : sûreté, efficacité étaient les mots qui le définissaient le mieux.

Marrant. Marrant parce que cela pourrait définir ton écriture. Entre le ^premier post et celui-à il y a une belle évolution d’écriture.
Ce chapitre était très plaisant à lire. Et plein de promesses :)
Vivement la suite!

Ve'ssshhh a écrit:la puissance de la Tenebrae.

Yipee!! Je suis dans une FF! :D :P

PS: je t'enverrais la liste dans la journée de demain (J'avais oublié que ce WE c’est l'anniv de mon épouse... :chut: donc je n'ai pas eu le temps de m'y pencher. Promis demain cela sera bon :wink: )
Tous mes textes passés, à présent et à venir sont dédiés à ma fille Sharleen.
Puisses-tu être heureuse où que tu sois désormais...
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Messagepar Ve'ssshhh » Lun 22 Fév 2016 - 23:56   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

PS: je t'enverrais la liste dans la journée de demain (J'avais oublié que ce WE c’est l'anniv de mon épouse...)


Un événement qu'il ne fallait surtout pas oublier, en effet! :D
J'ai bien lu ton MP (et répondu). Je rééditerai prochainement les premiers posts en tenant compte de tes conseils.

La révision du chapitre 3 est presque achevée, je le posterai le WE prochain.
Il s'appelle Recrutements ( oui, au pluriel). Markus Herrion rencontre des chasseurs de primes, tandis que Venom rassemble une flotte: un exercice plus difficile qu'il ne le croyait.
J'ai essayé de tenir compte des commentaires de Zèd et des tiens pour mieux mettre en valeur son manque d'expérience et ses maladresses.
J'espère que je ne suis pas allé trop loin .
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Messagepar Tenebrae » Mer 24 Fév 2016 - 11:46   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Ve'ssshhh a écrit:La révision du chapitre 3 est presque achevée, je le posterai le WE prochain.

Vivement alors! :)

Ve'ssshhh a écrit:J'ai essayé de tenir compte des commentaires de Zèd et des tiens pour mieux mettre en valeur son manque d'expérience et ses maladresses.
J'espère que je ne suis pas allé trop loin .

Tout dépendra de la façon dont tu les amènes... Tu sembles maitrisier ton sujet donc, pour ma part, je te fais confiance. :wink:
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Puisses-tu être heureuse où que tu sois désormais...
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 28 Fév 2016 - 19:36   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate

Chapitre 3 : Recrutements



Chasse au pirate sur Arvea
Tout ne se passait pas exactement comme il l'avait prévu.
Avec quatre vaisseaux, autant d’équipages ralliés au cours de sa tournée et des soutes pleines de butin, il n'avait eu aucun mal à obtenir son nouveau grade, mais recruter des volontaires s'avérait plus difficile qu'il ne l'avait imaginé.
Venom avait réussi à coincer Dorsa dans un recoin sombre de la Cantina. L'humain possédait une canonnière corellienne, une unité de choix pour la flotte que le jeune homme rassemblait. Autre qualité précieuse, il s'était plusieurs fois tiré in extremis de pièges soigneusement préparés. Le flair, disait-il. La Force, estimait le jeune homme.
Dorsa l'écouta avec une attention polie. Il était très lié au nouveau haut commandeur, mais cela valait le coup d'essayer.
- … Et j'ai pris des contacts tout le long de la Voie, j'ai déjà des informateurs sur place  et…
- Tu es prévoyant, tu ne laisses rien au hasard, c'est très bien tout cela ! Je connais le coin: avec toutes ces anomalies gravitationnelles qui obligent les transports à multiplier les sauts, c'est l'endroit idéal pour tendre des embuscades. Mais il n'y a pas grand-chose à gagner sur la Voie de Dolus , à part des ennuis ! Ils sont tous fous, là-bas !
Venom avait bien repassé son argumentaire :
- Détrompe-toi ! Maintenant que la guerre contre les extra galactiques est finie, les Mondes Délaissés au bout de la voie ont pris une importance énorme : il y a des milliards de réfugiés à recaser. Et tout ça a démarré sans aucune organisation, de manière anarchique : il y a une bonne douzaine d'associations, des entreprises privées qui se tirent la bourre. Des vaisseaux qui arrivent de partout, des marchandises, et encore aucune autorité pour reprendre tout ça en main. Penses-y : le chaos total, des milliers, non des millions d’esclaves potentiels à rafler !

Le discours sembla ébranler l'humain, qui objecta cependant :  
-   ça ne durera pas ! 
-   Justement, profitons-en tant que c’est possible !
Venom crut un instant que son plaidoyer passionné avait convaincu son aîné. La réponse de Dorsa le prit de court :
- C'est tentant. Très tentant ! Mais Doom a besoin de moi. Il veut que j'aille fureter dans le secteur Blamba.
Tu sais pourquoi !
- Ah ! Les Dépeceurs!  Il a raison, il faut les tenir à l’œil ! Merci de m'avoir écouté, fit-il, cachant sa déception.
Il salua et partit chercher une autre proie. Sitôt qu'il eut le dos tourné, Dorsa poussa un discret soupir de soulagement. Venom avait gobé son demi-mensonge : il valait mieux rester en bons termes avec cet empoisonneur patenté.

Le nouveau commandeur effaça Dorsa de sa liste. Convaincre ses collègues n’était pas si facile : les vétérans trouvaient toujours un bon prétexte pour refuser. Il avait fondé beaucoup d'espoirs sur Beeloo. Mais le rodien avait trop d’intérêts dans le trafic de drogues pour oser s'en éloigner. Venom n'avait obtenu que sa sympathie et ses encouragements.
Qui restait-il ?
Bratak ? Aucune chance  : c'était le bras droit de Doom !
Pondia Bara ? L'aqualish était vraiment trop agressif !
Markrr  restait son dernier espoir.
Seul point positif, il avait tout de même obtenu l’allégeance d’un Maître des esclaves et de ses troupes pour renforcer ses équipages. Un bataillon de choc au complet et assez de pions pour équiper chaque cargo d'une escadrille de mini chasseurs. Restait à trouver les cargos.

Hyx se rabattit sur les plus jeunes : il devait retrouver Jegor à bord de la petite station orbitale, où ils évalueraient les performances du nouvel escadron du Viper.
Ce jeune duro très doué était un maître d'équipage commandant une flottille de bombardiers Corsair II. S'il n'y avait eu les pertes causées par le raid désastreux, il aurait sans doute reçu le commandement d'un Hawk ou même d'une canonnière. Depuis le coup d'éclat de Venom, ses pilotes, ses vaisseaux et lui-même étaient libres de tout engagement.
Comme prévu, Jegor accepta :
- Bien sûr que je marche avec toi ! Tu as sérieusement élagué l'organigramme, commandeur ! Une bonne taille, y a rien de mieux pour favoriser la croissance des jeunes pousses.

Le duro parlait en expert : petit esclave, il avait travaillé à l'entretien du jardin du Commandeur suprême. Celui-ci avait fini par tester ses capacités et Jegor était passé en un jour du statut d'apprenti jardinier à celui d'apprenti pilote. Un bon camarade selon l'humain.
L'ancien jardinier l'avait aidé à former la dernière fournée de recrues qui virevoltaient autour de la station à bord de leurs mini-TIE.
À son départ, faute de temps et de moyens, Venom n'avait pu embarquer qu'un seul escadron, laissant sur place une partie de ses pilotes. Jegor s'était bien occupé d'eux, comme son camarade le constata :
- Très disciplinés, méthodiques, précis et beaucoup moins bavards que les rouges !
Le portrait craché de Jegor !

L'exercice comportait une mission d'escorte de bombardiers. Les Corsair II étaient une version améliorée et construite sous licence des mal-nommés « croiseurs » Corsair de Soorosub. Plus rapides, mieux défendus, mais aussi peu maniables que leurs prédécesseurs, ils avaient bien besoin d'une escorte  face à des intercepteurs! L'opposition consistait en une douzaine de Z95 de la défense planétaire, la cible étant la station elle-même. À quelques pas du duo d'observateurs, des artilleurs se préparaient à « repousser l'assaut ».
- tu es toujours aussi fort pour concocter des exercices, hein ? Dit l'humain au jeune Duro.
- Vrerck ou plutôt Sasten m'avait plus ou moins chargé de ça… Vrerck ne se préoccupait guère de l'entraînement.
- il ne se préoccupait que de son prochain repas.
- Tu fais erreur : Il portait un soin méticuleux à l'approvisionnement de la brasserie et testait en personne tout ce qui en sortait ! Un expert reconnu !

Autour de la station, les mini-TIE de l'escadron vert tenaient les défenseurs en respect sans lâcher un seul instant leurs protégés. Dans les mêmes circonstances, les Rouges auraient déjà descendu plus de la moitié des Z95, mais probablement perdu un des trois bombardiers. Ou les trois !
- Va falloir que j'adapte l’entraînement de mes Rouges. Ils sont trop…
- Ils sont trop… Comme toi !
Ils éclatèrent de rire en même temps. Si Hyx obtenait un jour le pouvoir qu'il convoitait, il nommerait Jegor commandeur ou même haut commandeur. Chargé de l'entraînement, par exemple.

Les Corsair passèrent au ras de la station, histoire de bien marquer leur victoire. Ils s'éloignèrent, escortés par leurs mini-chasseurs jusqu'au point de sortie. Puis les drôles de TIE revinrent pour un second tour : cette fois, ce serait chasseur contre chasseur !
- Pas une seule perte ! Les défenseurs n'ont servi à rien ! Bravo !
- Ils ne sont pas mauvais lors des dogfigths, tu vas voir !
- je vois ça ! Tiens, qu'est-ce que tu penses de Jars et Steele ? Tu les connais mieux que moi. Ils devraient pouvoir s’approprier les Hawk qu'ils commandaient pour compte du Gros, non ?
- ça ne fait pas un pli !
- Comment ils sont, sinon ?
- Jars est très bon au combat et son équipage le suivrait dans un trou noir. Quant à Steele, tu sais pourquoi elle a hérité de ce surnom. Mais ils n'ont pas le truc pour la Chasse. Pas en solo ou même en duo; Vrerck leur avait confié ses Hawk, mais il les cantonnait à des opérations de patrouille et d'escorte. Je pense qu'il avait raison. Pour une fois !
- D'après ce que tu me dis, ils ont surtout besoin d'un chef qui réfléchisse pour eux.
- tu as un candidat ?
- P't'être bien…
- Personnellement, je ne vois pas à qui tu penses.
Nouveaux éclats de rire. Qui a dit que les duros étaient des gens trop sérieux ?
Les verts « perdirent » trois des leurs contre huit Z95 « descendus ».
- Pas mal ! Pas mal du tout ! Admira Venom, qui ne put s'empêcher de penser :
Pas mal, mais mes rouges auraient fait 12 à zéro!



Le lendemain, le comité confirma « l'héritage » de Jars et Steele et les promut au rang de capitaines. Leur fonction avait rendu légitime leur revendication et il n'y avait plus de prétendant : le dernier était mort, blaster à la main. Son cadavre avait fini dans la Fosse. Steele avait réglé le problème en finesse: elle avait tiré la première. Tous avaient applaudi son sens pratique. Une femelle twilek capable de s'imposer dans un monde de brutes méritait le respect !
C'était un bel héritage que ces rapides coursiers de cinquante mètres, possédant un bon rayon d'action et bien armés : lasers, puissant canon ionique et lance-torpilles à proton.
Soucieux de faire leurs preuves, Jars et Steele acceptèrent l'offre du nouveau commandeur.

En attendant, sa flotte restait squelettique. Il réussit à recruter quatre capitaines indépendants (1) possédant des cargos armés. Trois étaient des esclavagistes. Pas l'idéal, mais il aurait besoin d'eux ! Il leur fit beaucoup de promesses. Certaines seraient difficiles à tenir.
Il y avait aussi Marek. Comme toujours, le Berel savait flairer les bons coups, mais il avait probablement d'autres raisons pour participer à l'expédition. Où qu'aille Hyx, le contrebandier n'était jamais très loin. Sa sollicitude excessive avait quelque chose d'exaspérant. Tout ça parce qu'un jour, le Berel avait capturé – non sans mal- un petit sauvage débarqué d'une navette volée. S'en voulait-il d'avoir confié le jeune HX-J4C (qui n'avait pas encore eu l'idée de s'inventer un nom) à Kendall Horbin ? Ce n'était pourtant pas un mauvais choix !
Marek était un vrai boulet que le jeune humain tolérait cependant avec patience : dans son domaine, le contrebandier était le meilleur et il connaissait parfaitement le futur secteur d'opération.

Il restait un vétéran sur la liste de Venom : Markrrr, son « grand-frère ». Celui- ci avait bien besoin de se refaire après le désastre de Corrida V, mais il devait d'abord surmonter ses craintes d'un nouvel échec. Markrrr était en pleine déprime : déjà choqué d'apprendre la mort de Horbin, qui l'avait élevé, il avait perdu des amis lors de ce fiasco imputable à Vrerck. Il avait perdu sa meute ! Sa meute de substitution : la sienne n'existait plus depuis longtemps.
Le caractère cyclique de sa race, les Garougs, lui jouait parfois des tours : pour l’instant, sous sa forme quasi humaine, il était tout en bas du cycle ; presque une loque !
Il sera plus facile à manipuler dans cet état, se raisonna un Venom quelque peu découragé par ses échecs.
Le garoug lui posait un sacré problème !
Ce qu'il lui faudrait, à défaut de meute, c'est une femelle et quelques petits. Pas le temps de déprimer avec eux ! D'ailleurs, il serait bon qu'il soit trop occupé au moment où je briguerai le poste de commandeur suprême. Il est mon seul vrai concurrent, mais ce serait dommage de l'éliminer !
Et si je mettais du personnel dessus ? L'empereur a tout fait pour les exterminer, mais il doit bien en rester, planqués quelque part. Ils sont doués pour se fondre dans la masse.


Une idée à creuser, mais qui pouvait attendre :
C'est maintenant que j'ai besoin de ses vaisseaux.
Après tout, s’il n’avait pas le métamorphe, il pourrait avoir sa flottille. Deux YT 2000 très modifiés et une redoutable canonnière – ou corvette- de 110 mètres pouvaient faire la différence. Avec ça, Markrr aurait dû être commandeur. Mais il avait été trop proche d'Horbin au goût de la nouvelle direction.
De l'ancienne direction, corrigea Venom. Jegor a raison, j'ai sérieusement élagué l'organigramme.
S'il était hors circuit, ses équipiers se montrèrent intéressés : Mackie et Stan étaient deux des rares esclaves à avoir acquis le grade de chef de groupe. Venom était prêt à leur offrir une promotion. Il ne prenait pas trop de risques: les deux étaient suffisamment capables, ils feraient de bons capitaines. À condition de leur trouver des vaisseaux.
Bah, une promesse de plus ou de moins…
Ils commandaient les YT de Markrrr mais n'en étaient pas propriétaires. Ils connaissaient bien leur ancien maître, un des rares avec le défunt Horbin à pratiquer réellement l'affranchissement et la promotion des esclaves.
-  Il a besoin d’être un peu secoué. On le pratique depuis longtemps, alors on sait comment faire.  Assura Mackie, l'humain, qui proposa un plan d'action.

L'idée était simple, mais risquée : provoquer la métamorphose du canin en le mettant en colère.
-  après, je te conseille de ne pas rester sur mon chemin, parce que je vais courir très vite, avertit le jeune Stan, le Twilek . 
-   Ouais, et on te serait reconnaissant de l’intercepter au passage. Parce qu’on ne te sera d’aucune utilité planqués dans une cave ou bien à l’infirmerie.  compléta Mackie
-   ou pire, en cuve bacta  sourit Stan 

Venom fit donc en sorte de se retrouver sur la route du monstre poilu (2). Sous cette forme, le prédateur dominait en Markrrr, mais il n’oubliait pas son rang et ses devoirs. Et puis gamins, ils avaient même mêlé leurs sangs. Le métamorphe prit le temps de saluer son “frère” et se calma assez pour écouter sa proposition. Les poils régressèrent quelque peu et sa gueule aux crocs impressionnants reprit une forme un peu plus humaine.
-   tes  mondes délaissés, ils ont une bonne raison pour l'être ? Et d’abord, de quoi on parle exactement ? 
–  De neuf mondes de première catégorie, convenant à un grand nombre d’espèces intelligentes. Jadis fortement peuplés, mais vides depuis le second empire Sith. Sans parler de quelques autres un peu moins sympas, mais habitables, d’importantes ressources minières connues et recensées. Oubliées depuis des millénaires…
- S'ils sont si bien, pourquoi sont-ils vides ? Où est le piège ? 
- Le piège ? C’était la passe de Dolus qui donnait directement sur la route Perlémienne, effondrée pendant la guerre froide  à cause d'une anomalie gravifique. C’est aussi la faute des seigneurs Sith du secteur qui, pendant leurs guéguerres ont déporté ou massacré les populations. Bref, un endroit difficile d’accès et de sinistre réputation. Mais la Passe a été rouverte récemment et des milliards de réfugiés de guerre lorgnent vers ce nouvel Eldorado. Je ne vois pas pourquoi on ne prendrait pas notre part du gâteau.
- C'est assez loin d'ici : où comptes-tu t'installer ? Et ou ravitailler ?
- J'ai repéré une installation minière abandonnée dans un système proche de la Passe. Pour ravitailler, il y a Amber 17. Si on fait profil bas et avec la caution de Marek, aucun souci : d'après lui, le directeur ou le patron de l'Amber Star n'ont rien contre les pirates tant qu'ils restent discrets, dépensent leur fric dans la station ou ont des trucs intéressants à vendre.
- Tu parles : l'Amber Star, c'était le vaisseau de Zellin, le gentleman-pirate.
- Ah, c'est pour ça ? Il y en a un autre qui a repris le flambeau, il paraît. Quant à l'Amber Star, on n'est vraiment pas de taille face à ses croiseurs. Donc, on reste sage et on ne touche à rien! À moins qu'une belle occasion se présente. Je me verrais bien rentrer aux commandes d'un de ces vaisseaux légendaires, par exemple  : voilà qui redorerait le blason des Frères !
- Ouais, ne rêve pas trop ! On peut s'attendre à une opposition ?
- Je suppose qu'après quelques disparitions inexpliquées, même les indépendants voyageront en convois escortés. Il y en a déjà.
- Ça ne semble pas trop t'inquiéter !
- On a l'habitude. C'est pour ça qu'on chasse en meute, non ?
Parler de meute faisait toujours son petit effet sur Markrr, mais il ne se laissait pas endormir si facilement.
- Parle-moi plutôt des forces de la République. Enfin, de cette nouvelle Alliance machin truc. Y en a forcément !
- Dans le coin, l'Alliance est surtout représentée par un monde. Il s'appelle Mondor. Marrant, non ? Monde, Mondor…
- N'essaie pas de brouiller les pistes ! Quand tu plaisantes, c'est qu'il y a un os ! J'te connais trop bien ! Accouche !
- Dans le cas de ton peuple, on devrait pas parler de « mettre bas ? »
- Grrrhhh !
Les mains redevenues presque humaines se couvraient de poils à vue d’œil. Dans ce qu'on ne pouvait plus appeler une bouche, les crocs…
- OK, OK, OK ! Ils ont une flotte, des chantiers, des chasseurs. Du lourd ! Mais ils sont trop occupés.


Stan et Mackie lui avaient rappelé qu'il ne fallait pas irriter un garoug. Venom le savait déjà : il avait joué à ce petit jeu bien avant eux. Markrr monta encore en pression :
- C'est de toi que je vais m'occuper ! Et tout de suite ! Ça va SAIGNER !
- Cool, grand-frère ! J'te taquinais ! Y a un autre monde : Dolor. Ils sont encore mieux équipés, aux frais de l'empire. Ils ont même des croiseurs lourds, il paraît. Ce qui est bien, c'est que ces braves gens, Mondor, Dolor, se haïssent ! Là-bas, la guerre froide ne s'est jamais arrêtée. Depuis des milliers d'années ! Et de temps en temps, elle a des bouffés de chaleur. T'imagines ça ?
- J'imagine… J'imagine que tu veux en profiter !
- t'as tout compris ! On va se faire des millions !

Pas vraiment convaincu, le garoug ! Lui aussi allait refuser !
Pourtant, après une courte réflexion, celui-ci annonça:
- Bon, pourquoi pas, après tout ? Un peu d'action me ferait du bien. Et je dois bien ça au frère qui nous a débarrassé de Vrerck et de ses sbires. Bon, on se retrouve à la cantina pour tout mettre au point, j’ai deux garnements qui m’attendent quelque part…
-   ne sois pas trop sévère avec eux, ils voulaient te remonter le moral 
Sourire de carnivore :
-  je sais ! Mais il faut régulièrement rappeler aux chiots qui est le chef de la meute ! Et quelles sont les limites à ne pas franchir !
Puis aucune trace de mal-être ne subsistait dans ce prédateur arrogant et sûr de lui !
Je me demande si je ne préfère pas la version pleurnicharde, pensa le jeune homme, surpris par son succès inattendu.
Mackie et Stan vont déguster ! Les adolescents comme les chiots ont besoin de savoir jusqu’où ils peuvent aller trop loin !
Des limites qu'il venait lui-même de franchir. Du haut de ses 20 ans (apparents, il était probablement bien plus jeune), il oubliait qu’il sortait à peine de l’adolescence et que Markrr le considérait encore comme un chiot. Un chiot qui s'apprêtait à se jeter sur une proie trop grosse pour lui, selon le Garoug. Ou à provoquer une catastrophe d'envergure galactique?

À leur retour aux côtés de leur supérieur, les deux jeunes êtres semblaient un peu raides et marchaient "comme si on leur avait planté un balai dans le cul", comme Markrr aimait à le dire (3). Mais celui-ci était trop fin pour ajouter l'humiliation à la correction.
- vous êtes blessés ?  s’inquiéta Venom.
- Seulement dans notre amour propre  répliqua sèchement Mackie.
Le rire rauque et sifflant du métamorphe retentit :
- Je me suis rappelé qu’ils n’étaient plus tout à fait des chiots. Alors je les ai traités comme des grands !
Sa bourrade amicale faillit renverser les deux jeunes gens. Markrr était un peu brut de décoffrage, mais il se serait jeté dans la fosse aux rancors pour sauver un de ses gars. Ou son étrange et ambitieux "petit frère".

Venom aimait bien le Garoug. Une vraie complicité s'était forgée entre eux. Markrr était le seul contre qui il pouvait se battre sans retenue : le métamorphe était aussi fort et guérissait encore plus vite !
Et la règle N°2, t'en fais quoi ? Ne s'attacher à personne, tu te souviens ? Tu dois garder le contrôle de tes émotions ! Calme, froid, calculateur !





Réception à bord du Hun
Le Majordome conservait une impassibilité de commande tandis qu'il supervisait le travail des pages et des droïdes, et sa réprobation était toute intérieure. Tout au plus s'autorisa-t-il un froncement de sourcil en voyant l'un des « invités » du Capitaine saisir par le goulot un flacon de cognac bleu d'Abrax et le vider en quelques gorgées. Un flacon de la Vieille Réserve ! Trois cents ans d'age ! Indigné, songeant à démissionner, il se plongea dans des souvenirs plus heureux.
En des temps plus civilisés, le grand salon de réception situé à la proue du vaisseau avait reçu l'élite, la fine fleur de la société galactique. C'est ici, face à la grande baie vitrée que le sénateur Bail Organa et le moff Tarkin s'étaient une nouvelle fois affrontés -à fleurets mouchetés- au sujet de la politique impériale. Des ennemis irréductibles qui avaient pourtant su faire preuve de la plus parfaite courtoisie!
Là, dans ce canapé, Luke Skywalker, héros et Jedi, avait demandé l'aide du Capitaine pour la création de la Grande Rivière. Le livre d'Or témoignait de la qualité des hôtes de ces lieux (4).
Mais avec leurs tenues vestimentaires négligées, la quinzaine d'individus qui patientaient en attendant le Capitaine ne faisaient absolument pas partie de cette élite. Certes les armures en Beskar de trois des invités témoignaient d'une élégance guerrière de bon aloi, mais que dire des combinaisons spatiales rapiécées de certains ? Ils auraient pu faire un effort, tout de même !
Honte suprême, les hôtes du jour clamaient haut et fort leur indignation  et les liqueurs rares, les mets raffinés que les pages en livrée faisaient circuler sur des plateaux n'y changeaient rien : les invités portaient nerveusement leur main (ou tentacule) aux étuis orphelins de leurs blasters. Ils devaient se sentir tous nus. Plusieurs avaient protesté contre la fouille en règle qu'ils avaient subi, tous estimaient qu'on aurait dû leur faire confiance.
Confiance ? En ces… va-nu pieds ?
Pourtant le Majordome se trompait : Markus Herrion avait bel et bien convié une élite à sa petite sauterie.
La fine fleur des chasseurs de prime de la galaxie : les meilleurs, c'est à dire les pires !

À quelques mètres de là, dans un salon plus intime, Axler Denn faisait son rapport au maître des lieux.
Le chef de la sécurité avait déjà fait un premier tri parmi les rares nouveaux de la troupe:
-… ces trois-là ont donc des raisons personnelles de traquer Hekken, Capitaine. Nous avons vérifié leurs références, elles sont excellentes !
- Je vais les recevoir, Axler ! Faites savoir à nos vieux amis que je les rejoindrai sous peu. Et rendez-leur leurs armes !
- Mais, Capitaine !
- Inutile de les froisser. Allons, Axler, pensez-vous qu'ils vont tenter de m'assassiner ? Je ne crains rien ! Si l'un d'eux essayait, il n'irait pas loin : les autres seraient trop heureux d'éliminer un concurrent ! Et gratuitement ! De plus, je suis un très bon client, je paie cash et sans discuter et ils le savent depuis longtemps. Faites entrer le trio.
L'officier hésitait…
- Oui, Axler ?
- C'est sans doute un détail, mais… Ils se prétendent frères et sœur…
- Où est le problème ?
- Vous verrez bien, fit Denn avec un drôle de sourire.
Les trois chasseurs de prime se perchèrent, un peu intimidés, au bord du canapé qu'on leur désigna. Herrion, imperturbable, les salua aimablement et avec un de ces sourires qui métamorphosaient son visage sévère, entra immédiatement dans le vif du sujet:
- Mes amis, nous avons un ennemi commun : beaucoup trop de mes proches sont tombés sous les coups du Boucher. Mon peuple a payé au prix fort la haine qu'il porte à ma famille !
Et pour finir, ce monstre a tué votre père… Adoptif !

L'hypothèse allait de soi : l'armateur avait en face de lui un kiffar, un humain et une togruta.
Pas de quoi choquer le vieil homme : l'un de ses ancêtres, désespérant de trouver dans sa famille un successeur valable, n'avait pas hésité à adopter puis à nommer vice-roi son fidèle assistant. Un drall !
L'adoption était une tradition chez les Herrion et la valeur comptait plus que l'origine ou la race.
En quelques minutes d'entretien, il fut convaincu de la valeur de cette famille-là.

- Je suis prêt à doubler la prime si vous le ramenez… Vivant !
Le kiffar exprima son désaccord, la colère déformant son visage
- Allez dire ça à ceux qui l'ont traqué et n'en sont pas revenus. Allez dire ça à l'escouade des SpecForces qu'il a massacrée. Ce… ce monstre est capable de saisir la moindre occasion ! Notre père…
Il ne put terminer, sa sœur compléta :
- notre père l'avait capturé… Il… Cette brute était entravée, enfermée… Père nous avait informé de son succès et annoncé qu'il le ramenait. Mais il a réussi à se libérer. Il l'a tué avec son propre…

La togruta – Lorna (5)- serrait convulsivement le fouet métallique qu'elle portait à la ceinture.
Comment l'avaient-ils su ?
L'humain répondit à la question muette :
- Bobbi a le Don, fit il en désignant le Kiffar.

Le don de revivre un événement en touchant un objet présent sur la scène, devina l'armateur.
C'est d'une voix radoucie et pleine de compassion qu'il leur expliqua pourquoi il voulait le Boucher vivant et ce qu'il comptait en faire.
- Ce ne serait que justice, reconnut Lorna.
- C'est assez primitif comme méthode, objecta l'humain… Jake.
- Moi, ça me plaît bien, rêva Bobbi en imaginant la scène. Vous êtes sérieux ?
- Mortellement sérieux, mes enfants ! Si nous allions rejoindre vos collègues ?



1 Ce sont des relations d'affaires, des associés, mais ils ne font pas partie de l'organisation.
2 Une bonne histoire sans Loup-Garou ? Impensable! :wink: Par contre, je n'ai pas réussi à caser un vampire :(
3 Un qualificatif qu'il réserve habituellement aux officiers (surtout aux rigides impériaux), qu'il a côtoyés bien malgré lui lors de l'invasion des vongs. La guerre entraine parfois d''étranges alliances.
4 Entre autres signatures prestigieuses, on y trouve celle d'un sénateur natif de Naboo précédée par ce petit mot «  Missa très content d'être invité »
5 Ce nom lui a été donné il y a longtemps. Mais ceci est une autre histoire.



Le prochain chapitre verra enfin nos pirates à pied d’œuvre, la Passe de Dolus n'attend plus qu'eux.

P.S J'ai apporté quelques corrections au premier chapitre en suivant les suggestions recueillies.
Modifié en dernier par Ve'ssshhh le Dim 20 Mar 2016 - 18:43, modifié 2 fois.
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Ve'ssshhh » Ven 04 Mar 2016 - 20:52   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chap. 4

Chapitre 4 : Razzia dans la Passe



premier succès
Le système n’avait même pas de nom : SC 4427 D sur les cartes, une naine rouge, trois planètes gazeuses. D'anciennes installations minières encore en bon état sur l'une des lunes feraient un utile camp de base: l'endroit était désert et commodément proche de l'entrée de la voie de Dolus.
L'idéal pour rassembler la petite flotte et préparer un premier raid. Venom avait déjà une cible :
– D'après mes informateurs, c'est un T-VI bien armé. Deux turbo-lasers légers, deux paires de canons lasers à tir rapide, défense rapproché de quad lasers légers. Pas de convoi, mais trois Skipray d'escorte. Officiellement, il transporte de la nourriture, des vêtements et des abris préfabriqués !!
–   Un tel déploiement de force pour ça ?  S'interrogea Jegor.
–  C'est ce que je me suis dit… Surtout qu’il est affrété par les Doloriens, qui ne sont pas du genre à accueillir des réfugiés. Sauf pour renouveler leur stock d'esclaves. Pour l'instant, ils modernisent leurs défenses. J’ai mené ma petite enquête…
- Et alors ?  
- alors, il sera notre première prise 
- C'est toi le chef  fit Markrrr.

Il avait décidé de laisser sa chance à son “petit frère”. Celui-ci savait qu’en cas d'échec, l'autre l'abandonnerait ou pire, reprendrait le commandement.
-  Bon, on n’a pas besoin de toute la flotte pour cela. Les skipray qui escortent le cargo resteront à l'écart de Mollishnor : les Doloriens sont en conflit avec Mondor depuis des millénaires, mais ils évitent les provocations pour l'instant. On va agir ici !
Il pointa du doigt un système sur la carte.
- C'est toujours sous le contrôle théorique de Mondor et, vu sa destination, le commandant du cargo doit bien se douter qu’il sera contrôlé. On va utiliser le vaisseau des douanes et les navettes d’assaut. J’ai des identifiants. Tes YT seront tout près, avec le Viper, comme s'ils attendaient d’être inspectés. Les deux Hawk se tiendront à distance en surveillant tout ce petit monde.  Genre ‘chiens de garde’. Mondor en a 4 dans ses forces de défense .
- Malin, fit Steele, en admiration devant le génie de son commandeur, ce qui lui valut un regard furibond de Jars.
Le garoug, plus expérimenté, voyait la faille :
- Et si un vrai vaisseau douanier se pointait ? Tu y a pensé ?
Venom balaya l'objection d'un geste méprisant et répliqua d'un ton un rien suffisant :
- Bien sur, que j'y ai pensé ! Autre question ?
- Et puis on est là, nous ! S'ils viennent, ces douaniers, on les vaporise ! Assura Jars.
Venom couva le bon élève d'un regard approbateur puis se tourna vers Markrr avec un sourire suffisant :
- Rassuré , mmmh?
Le garoug ravala une réplique cinglante et préféra demander:
- Passons ! Et moi ? 
-  soit tu attends les Skipray – ou une hypothétique corvette douanière- avec ta canonnière et les chasseurs, soit tu confies le commandement à ton second et tu deviens inspecteur des douanes. Je fais trop jeune pour le poste.
- qu'est-ce que tu fais des cargos ? 
-   pas besoin d'eux ici : Marek ira renifler du côté de la station A17, Dorok ira sur Mondor et j'ai confié un petit boulot à Joss et Bork... 
- un boulot ? 
- Tout a fait dans leurs cordes.
Les deux étaient spécialistes des missions clandestines : extorsion, chantages, enlèvements etc.


Le gros transport sortit de l'hyper-espace au moment prévu. La situation que découvrit son capitaine ne lui plaisait probablement pas, mais il prit patiemment son tour. Quand les Skipray viendraient aux nouvelles, il y aurait peut-être du grabuge. Il en profiterait alors pour s’éclipser. En attendant, il faisait profil bas.
- Cargo arrivant sur le 211, ici la corvette des douanes MV666 de la fédération de Mondor, sous l'autorité de l’Alliance Galactique. Identifiez-vous ! 
-   Ici le Braga, port d'attache Coronet. Affrété par le comité galactique pour les réfugiés. Transport de matériel d'assistance  
-  et le comité envoie un cargo armé pour cela ?
Markrrr laissa transparaître son scepticisme.
- Je crois que nous allons monter à bord !

La conversation sur ligne ouverte entraîna un concert de protestations de la part des cargos qui attendaient :
- Occupez-vous de nous d'abord, J’étais là avant ! Fit la voix caractéristique de Quyymaen.
L’inspecteur traita ces appels par le mépris et se contenta de passer sur une ligne directe avec le cargo :
-   Préparez-vous pour l'inspection ! 8 à bord dans une minute. Et restez sages, sinon vous serez littéralement envahis.

Les navettes gamma quittèrent leur position derrière la corvette et « montrèrent les dents ».
La démonstration fut assez convaincante pour le capitaine du T-VI qui coupa les réacteurs et attendit ses visiteurs. Quatre marines dans leur impressionnante armure précédèrent les « inspecteurs » et trois droïdes .
Pendant ce temps, les spacetroopers se déployaient, prêts à faire sauter les écoutilles.
Le jeune lieutenant fut chargé d’inspecter le manifeste tandis que l'inspecteur entraînait le capitaine et son second vers les soutes. Sur le comlink, le jeune homme entendait son « supérieur » grommeler :
-  De la nourriture… Des baraquements démontables… Encore de la nourriture !
On sentait monter comme de l'irritation. Prenant à témoin le capitaine :
-  ah ces jeunes ! Ils croient toujours avoir déniché le contrebandier du siècle, et puis … 

Il était sur le point de s'excuser quand Venom trouva ce qu'il cherchait, retint un soupir de soulagement, et annonça dans son comlink :
- excusez-moi, sir ! Peut-être pourriez vous inspecter le 572-bc ? Sur votre droite, deuxième niveau. 
On entendit un grand bruit, puis deux coups de blaster.
-  restez avec moi, capitaine !
  Markrrr avait sa voix «  pleine de dents » et le capitaine semblait chercher sa respiration, sans la trouver.
- nous y voilà ! Oh ! Joli ! Lieutenant ?
- oui, monsieur ? 
- Veuillez placer l'équipage en état d'arrestation ! Et… Félicitations ! 

Les Spacetroopers n'attendaient que le signal pour agir. Compte tenu de leur puissance de feu et de leurs protections, même les gardes armés préférèrent se rendre.
Markrrr, revint, serrant toujours la gorge du capitaine entre ses griffes:
- Des boucliers de classe militaire, des SC 200. Des ordinateurs tactiques de dernière génération. Et des Fabritech, eux aussi de première classe. Vaut cher, tout ça ! Très cher !
- je te l'ai dit ! Les Doloriens modernisent leurs forces. Au fait, tu sais, quand les humains sont tout bleus et que la langue ressort comme ça, c'est qu'ils sont morts 
- oh, pardon !  fit le Garoug qui lâcha sa victime. 
- Et le second ? 
-   Il m'a raté, SG6 l'a eu, fit le monstre en regardant vers le marine casqué.

Venom se connecta au réseau comm interne :
- Ici le commandeur Hyx. Je m’adresse à l'équipage du Braga. La Flotte de Belvar contrôle maintenant ce vaisseau. Vous êtes nos prisonniers. Toute tentative de rébellion sera noyée dans le sang. 
- Tu veux garder l'équipage ? S'étonna le métamorphe.
-   On peut pas le relâcher alors qu'on arrive à peine.
- On a prévu de rester au moins trois mois. Tu veux les garder aussi longtemps ? Ça risque de poser des problèmes. On peut toujours…

Le garoug, redevenu ‘humain’ passa un doigt au travers de son cou.
-  il paraît que les hutt paient très cher pour des équipages expérimentés. Pour le reste, t'inquiètes ! Je vais refroidir leurs ardeurs.

Compte tenu des forces déployées, les trois Skipray qui venaient de surgir firent sagement demi-tour. Ça risquait de chauffer entre Mondor et Dolor.
Markrrr comprit quand il découvrit l'installation cryogénique du Viper. Le sifflement rauque qui passait pour un rire chez ceux de sa race retentit :
- Je comprends ! Tu vas les garder au frais ! 
Il adorait l'humour à froid (encore!) du jeune homme. Sauf quand il en était la victime.

Première attaque, premier succès. Maintenant, il fallait confirmer. Le plus dur était de trouver, dans le flot de vaisseaux, ceux qui présentaient une véritable valeur marchande.
Marek revint de A17 avec quelques pistes. Un cargo de combat de classe Solo devait y faire escale dans deux jours et décharger une cargaison en provenance de Coruscant. Quelle cargaison ? On parlait de rétablir le réseau Holonet, au moins pour le bénéfice de la flotte. Une cible difficile.
Une antenne médicale était en construction sur A17, le matériel commençait à arriver. Décidément, la station valait une visite !

Attaque en meute
Mais d'abord, il y avait le convoi D 432 (montant). De vieux Gallofree peu défendus, mais bien escortés : un croiseur de fret Quasar Fire gréé en transport de chasse, une bonne quarantaine de chasseurs et quelques patrouilleurs. La cargaison ? Du matériel minier, une usine complète de droïdes. De quoi faciliter la colonisation des Mondes Délaissés, qui bientôt, ne pourraient plus porter ce nom. Marek avait déjà un client pour la marchandise.
Venom fit confiance à Quyymaen pour organiser et diriger l'attaque. En son temps, que ce soit sur son monde natal ou plus tard, au cours de la guerre des clones, il avait montré ses talents de tacticien. On avait oublié le terrible Grievous. Mais le cyborg n’était qu’une caricature du vrai Quymaen. Et cet exemplaire-là n'était ni l'un ni l'autre. Le plan du Kaleesh prévoyait d' attirer au loin les chasseurs et patrouilleurs. La première phase reposait sur les mini-chasseurs, en particulier sur l'escadron favori de Venom.
Celui-ci descendit aux hangars pour assister à la préparation de ses jeunes pilotes. Avec la bande rouge vif qui striait leur crane rasé, on les reconnaissait de loin. Les gamins étaient en train d'enfiler leur lourde combinaison spatiale, leur seule protection contre les dangers de l’espace. Les Pions le virent arriver avec des regards qui ressemblaient à de l'adoration : le fameux lien affectif. Le problème, avait constaté Venom, c’était que cela marchait dans les deux sens : il s’était un peu trop attaché à eux. Déjà, il connaissait et employait leurs prénoms plutôt que leurs indicatifs. Sans compter qu'il avait couvert plusieurs fois leurs farces et gamineries, au grand dam d'autres membres d'équipage.
Pas vraiment pro, ça ! Faut que je me reprenne !
Il leur fit un petit discours qu’il espérait motivant, digne de celui d’un coach de Corr-ball.:
- … c'est notre terrain, nos balles ! L’équipe adverse, on va la mener en bateau jusqu’à ce qu’on puisse l'écraser. Et n’oubliez pas, la technique c'est bien, le collectif c’est mieux ! N'est-ce pas, red 5 ?

Tous les Pions aimaient le Corr-ball ; Il revint à un registre plus sérieux :
-  J’ai choisi chacun de vous, vous êtes des pilotes d’élite. Vous avez bénéficié, au cours de l'année passée, d’un bien meilleur entraînement que tous les autres pions réunis : Vous êtes la Phalange de Venom. Aujourd’hui, votre job, c’est de faire diversion. Ils seront à deux contre un, au minimum. Mais vous devez juste les écarter. Alors je vous interdis de vous faire tuer sans mon autorisation expresse !

Il avait tenté une blague, mais à leur regard, il devina qu'ils le prenaient très au sérieux.
Il aida personnellement Red one – Thalia- à s'installer dans son mini-chasseur. Il n'y a pas si longtemps, c'est lui qui se serait installé aux commandes, Horbin à ses côtés vérifiant personnellement les branchements tout en lui prodiguant ses derniers conseils.
L’appareil ressemblait à une version réduite du célèbre intercepteur TIE. C’était d'ailleurs le cas. Un modèle réduit qui semblait conçu par un amateur n’ayant pas le sens des proportions. Les canons lasers semblaient démesurés tout comme les moteurs. Et, au centre, on ne pouvait parler de cockpit. Juste un harnais ressemblant à un siège, réservé à des êtres ne dépassant pas 1,5 m. Une simple bulle de plast séparait le pilote du vide extérieur.
Toutes les commandes, tous les senseurs passaient par les manettes du siège et les connections neurales. Pas cher, facile à stocker, très rapide, très maniable, sa petite taille en faisait une cible difficile. En contrepartie, le moindre coup au but condamnait le pilote. Condamnait le Pion. Un élément sacrifiable, comme l'engin. Jetable.

Sauf que les pions du nouvel escadron, les verts, avaient déjà peint d’une bande verte leurs crânes rasés et leurs casques. Il les avait sélectionnés lui-même, comme les Rouges, mais ils n’avaient pas la même expérience. Ils n’étaient pas censés prendre de telles initiatives ; pas des pions, jetables !
Pour ses rouges, il avait pris quelques précautions. Dans les cuves d’une base secrète, leurs clones prenaient forme. Avec leur expérience et leurs particularités. Leurs clones, pas EUX !
Venom chassa ces idées ridicules de son esprit et monta en salle de commandement. Il avait en tête une autre solution pour armer les mini-chasseurs et réduire le gaspillage. Une technologie découverte dans une banque mémoire de l'Entrepôt. Des gens travaillaient dessus pour lui.

Le matos installé dans ce vieux cargo équipait d'habitude des frégates ou des croiseurs. D'ici, on pouvait contrôler toute une flotte. Mais il resta en retrait : il avait choisi les cibles dans le convoi et la méthode pour les détourner. Il avait choisi la place de chacun ; la tactique, c'était pour son maître d'équipage Kaleesh. Quyymaen était un clone, lui aussi. Un clone conditionné pour lui être fidèle, fidèle à l'original en réalité.
Venom s'en était fait un ami. Même pas par calcul, s’était-il rendu compte, étonné  de déroger une fois de plus à ses impitoyables plans!

Quand le convoi surgit de l'hyper-espace, Quyymaen lança les hostilités :
- Viper à Rouges : engagez le combat !
Vu d'ici, la bataille semblait si irréelle… Le commandeur suivait sur la holo tactique le combat de ses pilotes. Il aurait préféré être avec eux, mais ce n'était pas la place d'un chef. Les points rouges semblaient noyés sous une nuée de triangles bleus, mais ils s'en sortaient bien. Une surprise attendait les bleus dans la ceinture d'astéroïdes. Il vit le moment où les rouges lancèrent la contre-attaque, renforcés par les oranges (1), les jaunes et la canonnière de Markrrr.
- Viper à Force D : engagez !

Les Hawks harcelaient les patrouilleurs ; les bombardiers Corsair et les YT, protégés par les verts attaquaient le Quasar Fire : encore des diversions !
Pendant ce temps, le détournement avait commencé. Les Spacetroopers s'en occupaient : neutraliser la passerelle de commandement, utiliser un nœud de dérivation pour prendre les commandes, ce n'était que de la routine pour eux. Trois transports quittaient déjà le convoi. Pas moyen de faire mieux.
Les rapports arrivaient :
- ici Black un : dans le sac !
- Black deux, dans le sac !
- Black trois, dans le sac !
- Viper à tous Repli immédiat, je répète, repli immédiat ! Ordonna Venom

Le Viper récupéra ses chasseurs avant le saut. Il manquait trois verts. Et deux rouges, constata Venom
Dont red one. Merde !
Au rendez-vous sur 4427, on fit les comptes. 10 pions perdus, un Corsair endommagé mais réparable. Pour les rouges, finalement, seul red 12 manquait à l'appel. Red One avait réussi à embarquer in extremis sur le Dodger de Marek avec vert 8 et les jaunes survivants. Venom garda pour lui son soulagement.
Pour le butin, ils avaient capturé les deux transports emportant l’usine. Le troisième transportait des pièces détachées. Faciles à négocier. Pas si mal, finalement.



Partie de pêche

En attendant le prochain gros coup, la petite flotte reprit ses activités d' « inspection douanières », pêchant quelques petits poissons et un plus gros. Du ravitaillement, toujours utile pour la flotte, des marchandises sans grande valeur mais très faciles à écouler, un YT 2000 bien équipé et surtout un porte-containers bourré de marchandises destinées à Mondor. Juste de quoi passer le temps.
Venom attendait toujours des nouvelles de ses deux capitaines, mais il les avait envoyés assez loin.
Il jugea le moment propice à un petit voyage sur A17. Sa couverture d'homme d'affaires était parfaite , il avait des rendez-vous, des contacts à renouveler.
Avant son départ, il laissa à ses deux lieutenants la possibilité d'engager une partie de la flotte si une belle occasion se présentait.
- Ah, Markrrr, je crois qu’il est temps de t'informer que le Viper a été équipé de quelques petits gadgets fort utiles. Accompagne-moi donc à la soute C, je vais te montrer un petit bijou de technologie.

La sphère montée sur un support rétractable ressemblait à une version miniature de l'étoile de la mort.
-  Un super laser ?  gronda le Garoug sceptique.
-   Non, bien sur ! Toute l'énergie du Viper n'y suffirait pas. Cet engin, en fonction, pousse déjà les générateurs à leur limite 
-  Alors, quoi ? Un canon ionique ?
-  Encore perdu ! C'est un générateur d'ondes gravifiques… Directionnel ! Tu vises ta cible, et ses systèmes de sécurité coupent l'hyper propulsion. Évidemment, les générateurs du Viper lâchent au bout de 53 secondes : donc tir limité à 45 secondes 
-  pas très utile, sauf peut-être pour gagner quelques minutes sur un vaisseau prêt à s’enfuir. Juste le temps de réinitialiser ses systèmes 
-  Exact, mais j'ai une parade : il peut aussi servir de détecteur de remous Hyper Spatiaux. Grâce à une autre technologie, je peux marquer un vaisseau ou un individu, le suivre dans l'hyper espace, tandis que ce joujou peut le repérer et l'en sortir au moment choisi.
- il faut un minutage hyper précis. Mais ouais, ça peut le faire ! 
Le garoug gratifia le jeune homme d'un de ses effrayants sourires pseudo humains qui se voulaient amicaux.
… …
Venom s'apprêtant à embarquer sur le cargo de Marek, donnait ses dernières instructions :
-… Par ailleurs,  A 17 est assez près pour que les communications sub-spatiales fonctionnent. Nous placerons un relais en chemin pour les rendre plus sures. Vous pourrez réagir rapidement si je vous signale une opportunité : inutile d'aller jusqu' à la passe, il vous suffira d’attendre près de la station.


1 4 chasseurs embarqués sur le cargo de Marek, 6 (les oranges), sur la canonnière

Le chapitre 5 se déroule sur la station Amber 17, l'occasion de faire de bonnes affaires et quelques rencontres.
En attendant, bonne lecture!
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Ve'ssshhh » Jeu 10 Mar 2016 - 19:32   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 5

Bonsoir!
Venom n'est pas parti seul sur Amber 17. Ce chapitre sera l'occasion de présenter des personnages importants, à peine esquissés dans les précédents chapitres. Une rencontre capitale était également prévue, mais j'ai décidé d'en faire un chapitre à part entière. Ce sera pour la prochaine fois.
Voici donc le:
Chapitre 5 : Mission sur Amber 17



Une station très fréquentée

L'espace autour d' A17 grouillait de vaisseaux de toutes tailles. La station appartenant au conglomérat Amber Star était à la jonction de la route Perlémienne et de deux voies commerciales secondaires. Ce n'était pas qu'un simple relais : avec ses 30 000 résidents permanents et près de 150 000 voyageurs en transit chaque jour, la capacité d'accueillir des Liners et même des croiseurs lourds, elle était l'un des joyaux de la couronne pour l'Amber Star.
La redécouverte de la passe de Dolus avait fait exploser un trafic déjà important, et des files d'attentes se formaient. Le cargo de Marek fit une approche directe, les contrôleurs lui ayant octroyé une priorité maximale.
Le contrebandier était toujours attendu avec impatience, un peu partout dans la galaxie : il avait le chic pour dénicher des trucs introuvables mais indispensables. Cette fois, il ramenait, en retard à cause de sa participation à l'attaque, des équipements nécessaires à la gestion de ce trafic accru : il obtint sans problème un accès immédiat à l'un des docks principaux.
Il savait aussi gagner la confiance des gens. Pour son retard, l'immense Berel avait une explication toute prête:
- quand j'ai appris l'attaque d'un convoi à l'entrée de la passe, j'ai préféré faire un détour, déclara-t-il à l'officier portuaire qui l'accueillit.
Un bon mensonge contient toujours une part de vérité. Celui-ci passa sans peine :
- Une bonne idée : je préfère recevoir mes marchandises en retard plutôt que jamais ! Approuva le duro.

La nouvelle circulait déjà sur la Voie, et les rumeurs allaient bon train. L’hypothèse dominante était aussi la préférée de l’officier  :
- Ces  corpos se livrent à une concurrence acharnée pour être les premières à s’implanter de l’autre côté de la passe ; on dirait que tous les coups sont permis ! Heureusement, le Capitaine a préféré investir ailleurs.

Le Duro fit un signe en direction d’un immense et élégant Liner amarré au dock le plus proche. Venom ne manqua pas d’exprimer son admiration, tout en cachant sa convoitise :
- On dirait l'un de ces vaisseaux de luxe que la rébellion – enfin, la République- avait transformé en croiseurs de bataille. La classe Dauntless, je crois. Un SooroSub ? 
- C'est ça, mais le Hun est plus petit : 600 mètres. C’est un vieux monsieur, comme son Capitaine, qui sort tout juste d'une cure de jouvence. - le vaisseau, pas le capitaine. Toujours bon pied bon œil et des crocs aiguisés. Et là, je parle des deux , termina fièrement l'officier.

Marek avait déjà rencontré le puissant patron de l'Amber Star – qui tenait à se faire appeler Capitaine et non Directeur, Président ou même Amiral- et fait des affaires avec sa compagnie. Il fit un résumé pour son passager, le jeune et élégant monsieur Hyx, accompagné de ses neveux et nièce.
Celui-ci l'écouta avec une inattention polie : il s'était déjà documenté sur l'armateur.
À ses côtés Red One, -Thalia Hyx sur sa nouvelle ID- pourvue de longs et soyeux cheveux noirs, faisait une belle impression dans son élégante tenue à la dernière mode. Son jeune frère, un gamin blond de 9 ou 10 ans observait l’agitation de la station avec de grands yeux écarquillés. Il était aussi à l'aise dans sa tenue sport et chic que dans ses loques d'esclave de service, à la cantina de la Plume Noire. Personne ne soupçonnerait les deux d’être ses gardes du corps et espions. Marek finit son laïus avec une recommandation :
- Et ne les perds pas encore, petit ! Je ne serai pas toujours là pour les ramener à la maison !

Venom s'était fait copieusement engueuler parce qu'il avait  « oublié » Red1 lors de la dernière opération. Marek le prenait encore pour un petit garçon, et trouvait toujours moyen de le mettre publiquement dans l'embarras. Venom faillit répondre instinctivement : « oui, m'sieur Marek », mais réussit à garder sa dignité :
- Je les empêcherai de faire des bêtises, promis !
J'aime bien Marek, mais de quoi il se mêle ?

Le Duro, amusé par l'échange, leur indiqua aimablement un excellent hôtel dans les étages chics de la station et s'éclipsa avec le contrebandier.
Venom devait rencontrer ses informateurs, mais il prit le temps de s'installer et de déjeuner en compagnie des enfants. Le restaurant était chic et recevait une clientèle raffinée, comme le prouvait le nombre de couverts disposés autour des assiettes. Sasha en usa avec un grand naturel. Le garçon, formé comme infiltrateur, avait reçu une éducation galactique. Pour son travail, il était équipé d'un système espion dernier cri, totalement invisible, mais c'étaient son sens de l'observation et ses talents d'imitateur qui en faisaient un agent précieux. Ce n'était pas le cas de sa « sœur », qui s'en sortit pourtant avec les honneurs (1).
En les imitant, Venom réussit à ne pas se ridiculiser en public. Il avait pourtant potassé à fond le « Manuel du savoir-vivre » et fait quelques simulations !

Puis ils prirent l'élévateur vers des niveaux plus plébéiens. La station étant un important nœud de communication, les niveaux inférieurs grouillaient de passagers en transit. Même si la guerre avait causé des dégâts considérables, nombre de mondes aisés avaient échappé à l'envahisseur. Les affaires sont les affaires et le tourisme repartait de plus belle. Il y avait aussi des réfugiés:
en attendant son contact, l'attention de Venom fut attirée par un important groupe d'enfants – une bonne centaine - piaillant et gesticulant, qui se distinguaient du flot de voyageurs par des combinaisons identiques et des brassards de couleur. Tous des humains. L’œil exercé du pirate nota le calme et l'allure militaire des «  moniteurs », qui contrastait avec l'agitation d'un petit homme qui tachait d'organiser le chaos. Des impériaux.
Quelques garçonnets jouaient à l'écart, avec une balle. Corr-ball, pensèrent les trois en même temps. Un des rares loisirs que les pirates accordaient à leurs esclaves : pas cher, cela entretenait la forme physique et le travail d'équipe. Venom avait été un joueur assidu avant d'être affranchi et d'exercer des responsabilités.
Un coup d’œil à Sasha suffit. Celui-ci comprit : Il jeta un regard implorant, marmonna «  Je peux ? » à son « oncle » qui lui donna l'autorisation :
-  tu peux aller jouer. Mais reste à portée de vue.
Le contact arriva juste à ce moment.
- Monsieur Hyx ! Bienvenue sur notre station !

Quel culot de la part de quelqu’un qui n’y résidait que depuis sept mois ! Mais Himron était comme ça. La plupart de ses collègues des services administratifs auraient juré qu'il était là depuis toujours. Dans sa précédente incarnation, il avait été l'un des meilleurs agents de l'intelligence impériale. À son poste relativement subalterne, Himron voyait passer bien des informations que sa prodigieuse mémoire et son sens analytique lui permettaient de traiter, d’autant qu’il était devenu le confident attitré du directeur général.
L'une de ses fonctions était de renseigner les éventuels investisseurs sur les opportunités offertes par la station ; il parla abondamment du nouveau centre médical – de classe galactique- en construction, et des contrats de communication signés avec l'Alliance.
- Pensez donc ! L'holonet sera bientôt rétabli partout, pour les civils aussi. Bien sur, les militaires auront la priorité, mais il y a bien assez de bande passante pour les entreprises privées. Pour un groupe de divertissement comme le vôtre, c’est une opportunité ! 

Les data cartes qu’il fournissait pour appuyer ses propos et que Venom consultait rapidement contenaient bien plus que des offres promotionnelles.
L'employé parla longuement pour ne rien dire, histoire de déjouer une éventuelle surveillance. Il répondait avec empressement aux questions de son hôte, y compris sur des sujets secondaires.
- Ah, ces enfants ? Monsieur Melkor est le représentant d'une association caritative. Les Anges de Cardhu, vous devez connaître. Ils récoltent des fonds sur l'holonet. Une belle pub, d’ailleurs, très émouvante. Quant à monsieur Melkor, Il tache de trouver un foyer à de pauvres jeunes êtres qui ont perdu le leur. Un foyer ou du travail. Une bien honorable reconversion pour un ancien homme d’affaires aux pratiques… Douteuses.  Monsieur Melkor faisait des affaires avec des proches du Président Fey'la. Il se trouve que l'un d'eux était un espion Vong. La chute de Coruscant et la révélation de l'identité de l’espion lui ont été très préjudiciables. Il semble avoir retrouvé depuis une certaine aisance. 

Venom avait entendu parler des Anges. Leurs actions étaient reconnues, même s'il y avait eu quelques doutes concernant l’usage d’une partie des fonds récoltés. Mais ce Melkor méritait qu'on s'y intéresse. Himron le comprit sans peine et promit un dossier complet en partant.
Les enfants enfin organisés, la petite troupe s’ébranla et Sasha revint, comme à regret. Il n'en fit pas moins son rapport avec un sérieux d'un autre age.
-  Ils sont tous de Coruscant. Ils n’ont plus de famille, mais ils m'ont montré des holos de leurs parents d'adoption . Et leurs certificats. Avec leur nouveau nom ! 
- Où ils vont ? Ils ne savent pas trop, mais ils embarquent dans le Liner du quai 8 

Une courte recherche sur les banques de données publiques… Destination Ombron ? Rien d’intéressant là-bas. Sinon une voie peu fréquentée menant vers les Vestiges.
Tiens donc ! Bastion avait souffert de l'invasion. Les impériaux cherchaient-ils à repeupler leur capitale ?
Que des humains dans les différents groupes qui avaient transité sur la station.
C'était un chemin détourné, mais bien plus discret que les voies principales. Trois, quatre transits par semaine, depuis six mois. C'était peu, finalement. Mais il y avait peut-être d'autres points de rassemblement.
-  Bien, rentrons ! Thalia, tu iras seule au rendez-vous suivant. Sasha, on va peaufiner ton personnage et tu iras rôder près des bureaux de ce monsieur Melkor. 


La vie de Palace de Sasha et Thalia 
Venom n'avait jamais goûté au confort ni au luxe d'un hôtel de cette classe.
Pas plus que ses pupilles, d'ailleurs (2). L'immense bain bouillonnant contenait assez d'eau pour laver tout un équipage de pirates pendant un mois. Au bout de quelques minutes, il commença à apprécier le massage des jets d'eau. Il y avait même une option antigrav, et un champ de contention pour transformer la salle de bains en immense bulle. Une option à réserver aux amphibies.
Ses deux pions le regardaient bouche bée, laissant transparaître un peu d'envie sous leur masque d'obéissance. Il se laissa attendrir : il est vrai que ces deux-là avaient été ses premières acquisitions, alors qu 'il n'était lui-même qu'un affranchi de fraîche date. Le jour même de sa promotion au rang de chef de groupe, son ancien maître l'avait accompagné chez le marchand Gord. Celui-ci venait de recevoir un nouveau lot d'esclaves. Venom ne savait pas pourquoi, négligeant les conseils de son chef et de l'esclavagiste, il avait choisi ces enfants passant pour frère et sœur. Une intuition ? Elle s'était révélée payante, car il y avait gagné une pilote exceptionnelle et un espion surdoué.
Bizarrement, il avait parfois l'impression que c'étaient eux qui l'avaient choisi.
- Allez, venez, il y a bien assez de place !

 Les Pions, comme tous les esclaves, n'avaient rien à cacher à leur maître ; en trente secondes, ils se dévêtirent, et entrèrent dans l'eau avec de petit cris.
Encore une fois, Venom put constater que Red One, Thalia, devenait vraiment une belle jeune femme. Une jeune femme qui remarqua sa réaction et se permit un discret et timide sourire. Un sourire de vierge effarouchée. Bien sur, un maître pouvait disposer de ses esclaves comme il l'entendait. Surtout quand l'esclave est consentante.
Il se reprit : il se souvenait de la façon dont Naali lui avait fait ‘payer’ ses leçons.
Et puis c'est pas le moment  se raisonna-t-il. Il avait -ils avaient- du travail.
Ils s'y attelèrent devant un somptueux repas. Thalia avait ramené de ses rendez-vous un listing de vaisseaux, avec cargaison et destination. Le slicer qui avait piraté les données avait aussi fait un remarquable travail d'analyse. Il y avait plusieurs cibles potentielles, la flottille serait informée. Mais l’attention de Venom fut attirée par un détail :
-  On dirait qu'une partie du matériel médical repart aussitôt. Mmmmh... « l'étoile variable » un YT 1300. Il est présent à chaque arrivage, et repart peu après. Il charge demain. Intéressant ! Thalia, nous irons le taguer et tu feras passer le mot à nos amis.
Red One acquiesça.

-  Sasha, comment s'est passée ta petite balade ? 
- J'ai fait connaissance d’une petite bande de réfugiés qui viennent d’être débarqués. On a pas mal discuté, et ils m'ont appris que Melkor recrute. Il paraît qu'il place des jeunes et leur trouve de bons jobs, que des gars du niveau C se sont fait engager comme mousses à bord de cargos de la Starwinds ou de l'Amber star. Même des très jeunes ! Trop beau pour être vrai, non ? J’ai fini par convaincre les autres qu’on pouvait y faire un saut. On a regardé les holos et pris des prospectus. Il m’a remarqué, m’a même parlé, comme vous l'aviez dit. J'ai fait des tests : facile ! Il m’a donné une carte avec son code comlink. Il y a beaucoup de monde qui passe à son agence. J'ai pris des holos, mais j'ai surtout remarqué deux hommes de l’équipage du grand vaisseau, celui qu’on a vu en arrivant, le… Le…
- le Hun… continue !
-  J’étais pas loin, j’ai tout entendu. Ils sont même venus me voir et l’un des hommes a dit : « oui pas mal, mais pas son genre ». Pffft ! C’est quoi son genre ?
- cheveux noirs, plus grand, plus baraqué, genre beau ténébreux !
– c’est vous tout craché, ça ! Osa Sasha.
- Ma foi… C’est pas faux : je suis pile poil dans la bonne tranche d'age ! Mais un peu trop vieux pour être un de ses pages ! Tu sais, ils reçoivent une excellente formation, l’une des meilleures, et beaucoup font par la suite une belle carrière dans la compagnie !

Aucun ne remarqua le regard noir de Thalia. Jalouse, la jeune pilote ?
Sasha reprit :
- Ah oui ! Melkor a un rendez-vous à 21.00. Près du quai 3, mais ils n’ont pas dit où. Je l’a tagué, bien sûr. Ah, et il y a des pièces à l'arrière, occupées je pense : un livreur de Biscuit Baron est venu avec des menus Galaxy Size, des biscuits Bear, des bulles de Splash. Y en a au moins pour huit, je dirais.
Compte tenu de l'appétit de Sasha, on pouvait dire pour dix.
- nous irons voir qui l'accompagne au rendez-vous. J'ai ma petite idée. Le capitaine Herrion doit avoir largement passé les 70 ans, mais si j'en crois mes informateurs, il recrute toujours des pages.
- Genre beau ténébreux baraqué ?
- S'ils ne le sont pas, ils le deviennent assez rapidement : l'exercice physique fait partie de la formation.

Venom était plus cool et familier avec ces deux-là qu’avec n’importe lequel de ses pions. Question d'affinités, peut-être ?
-  Sasha, notre ami Himron nous a ouvert un accès aux banques de données de la station. Lance une comparaison avec tes enregistrements. Rejoins-nous ensuite au quai 3, mais reste à l'écart. Quelle heure  est il? 20 :30 ! Thalia, prépare-toi, une promenade digestive nous fera du bien.

Le capitaine Herrion, aristocrate jusqu’au bout des ongles, avait toujours bon pied bon œil. Même s’il était chez lui sur sa station, on sentait bien que ses gardes étaient nerveux. Vigilants, méfiants, ils gardaient le doigt sur la détente.
Il n'était pas revenu depuis longtemps : la rumeur favorite des équipages disait que le Hun et son capitaine étaient si liés qu'ils ne pouvaient longtemps s’éloigner l’un de l'autre. D’autres parlaient plus prosaïquement de trois tentatives d’assassinat, mais ils n'étaient guère écoutés. Avec quelques exagérations, deux ou trois bons conteurs et donc forcément bon menteurs, naîtrait un jour une nouvelle variante de la légende du vaisseau errant et de son capitaine maudit !
Venom et sa jeune compagne le virent passer, accompagné de quatre gardes du corps. Venom avait déjà repéré les deux éclaireurs, il attendit que l'arrière-garde les ait dépassés. Grâce au tag, il avait pu se positionner pour voir arriver Melkor, une de ses employées, et quatre jeunes humains. Jeunes, mais grands, bruns et musclés, tiens donc ! D’après Himron, les autorités de la station savaient que l’homme était mêlé à des affaires louches, mais il était «  protégé ». Pas difficile de deviner comment il payait son protecteur. Melkor ressortit une heure plus tard, avec les garçons. Affaire manquée ?
Ni le vieil armateur ni les autres ne reparurent. Par contre, il y avait dans la foule des gens qui… Des observateurs, scrutant les passants, les fenêtres.
Noon, il ne jouerait pas les appâts, des fois ? C'est peut-être un aristo, mais il en a, ce vieux !
Mais je ne suis pas là pour ça.

Venom s’arrangea pour que Melkor voie le riche (ou supposé tel) jeune homme peloter sa jeune compagne. Leurs regards se croisèrent. Venom mit morgue et défi dans le sien. Le message était clair :
« je fais ce que je veux ! Si tu n'es pas d'accord, garde-le pour toi ».

En rentrant, ils prirent la promenade annulaire et passèrent assez près d'un vieil YT 1300 .
Le discours pontifiant du jeune homme sur le modèle et sur le plus célèbre de ses représentants, le Millénium Condor, semblait fasciner sa jeune compagne. Même les deux membres d'équipage présents lui prêtèrent une grande attention. Pas pour les mêmes raisons : l’approche de curieux les mettait mal à l'aise. Ils ne remarquèrent même pas la petite silhouette qui se faufila sous l'appareil. Juste un gamin qui voulait voir de plus près ou  toucher la tourelle laser ? Il laissa un discret souvenir de son passage : par rapport aux balises et aux traceurs standards, les tags étaient minuscules et pouvaient être déposés n'importe où. Une nouvelle technologie Spaarti, exclusive, jamais diffusée : le Graal des espions.
et c'est moi qui l'ai récupérée  se félicita Venom !
Le vaisseau tagué serait suivi et Venom saurait où il livrait son matos médical hors de prix.
En attendant, avec un peu de persuasion ou des méthodes plus directes, Venom comptait bien s'approprier la combine de Melkor et établir un flux régulier d'esclaves à son profit.
Il restait les transducteurs holonet ; pas question de les voler, trop bien protégés, difficiles à revendre. Techniciens incorruptibles, disait-on. Mais si on pouvait placer un mouchard dans l'installation même ? Au pire, il était toujours possible de pirater le dispositif de liaison avec les relais sub-spatiaux. Avoir un accès aux données locales pouvait se révéler précieux. L’information est une bonne marchandise.
Il trouva un tech prêt à accepter un bonus
Une bonne journée, constata le jeune homme en se couchant dans l'immense lit de la chambre principale. Sasha dormait déjà sur l'épais tapis, Thalia veillait assise sur une chaise design mais inconfortable, un blaster à portée de main. Ils allaient se relayer jusqu’au réveil de leur maître.
Un peu dur, mais même pas pour une nuit; en trois heures, il serait frais et dispos, prêt à se remettre au boulot et ils pourraient se reposer. Il n’avait pas besoin de dormir beaucoup. Et demain, des renforts arrivaient.


Les affaires sont les affaires

Venom avait loué des locaux pour traiter ses affaires et recevoir ses hôtes. Deux bureaux, un petit salon de réception.
Son premier visiteur avait ses bureaux juste à côté : Xrin Xii était un petit humanoïde à la peau verdâtre qui faisait irrésistiblement penser à une grenouille. Pas faux : c'était un amphibien, représentant officiel du peu connu conglomérat industriel Xii shipyards. Peu connu du public, mais bien introduit dans les milieux de la Frange. Un groupe souvent innovant, sans complexe ni scrupule. X.S produisait, le plus souvent sans licence, de très bonnes copies de matériels à succès, comme le célèbre moteur Twin Ion Engine de Sienar, celui qui équipait la grande famille des chasseurs TIE Elle construisait également sous licence les Corsair II, mais savait aussi innover : la société avait conçu les mini-chasseurs et avait d'autres projets.
Le rendez vous était prévu de longue date. Venom voulait court-circuiter le réseau habituel des Frères et obtenir un accès direct aux chasseurs, missiles, implants et autres équipement fournis par le conglomérat.
Dans l'Entrepôt, il avait trouvé les plans et données techniques de plusieurs projets de l'Empire. Les chantiers X.S avaient les capacités requises pour en mener quelques-uns à terme. Xrin se montra très réceptif aux pots de vin et à l’offre de son jeune client et futur partenaire. Un fructueux accord fut scellé.

Le visiteur suivant fut un Munn, courtier en informations de son état, qui avait des infos à vendre. Mais Venom avait d'autres raisons de le rencontrer: les Munns étaient souvent des surdoués de la finance. D'après les informations recueillies par le pirate, celui-là avait tout pour réussir. Sauf les fonds nécessaires pour débuter. Il portait un nom célèbre, mais il ne roulait pas sur l'or, c'est le moins qu'on puisse dire.
- Bar Damask, je vais vous faire une proposition que vous ne pourrez pas refuser!
Le jeune humain pensait qu'il était temps que son petit, correction, son gros trésor, disons-le carrément : son immense fortune pillée dans les labos et caches de l'empereur commence à rapporter. Il fallait penser à l'avenir : il avait peut-être les moyens de se payer des croiseurs lourds, mais un destroyer stellaire, c'est hors de prix !


Chantage
Dans la journée, Venom obtint enfin de Damask et d'Himron les infos dont il avait besoin ; il en savait assez sur le sieur Melkor, Hiram Melkor, et ses turpitudes. Il joua le riche et arrogant nobliau et sollicita un rendez-vous pour le lendemain. Il aurait aimé régler l'affaire sur le champ, mais il avait encore un repas d'affaires sur son agenda.
Melkor accueillit son visiteur avec une courbette obséquieuse.
- Monsieur Melkor, enchanté. Nous nous sommes récemment croisés, je crois ! Permettez-moi de me présenter : Jango Hyx, de Corulan (3). Directeur exécutif de Bright Star Entertainment. Mais c'est à titre mmm h personnel que je souhaitais vous rencontrer. Certaines personnes, que je crois bien informées, prétendent que vous pourriez fournir certains… Mmm h … articles de qualité à des personnes disposant de ressources mmm h, conséquentes. 
- Monsieur Hyx ! Oui, je me souviens vous avoir vu avant- hier sur la Promenade, près du quai trois. Enchanté de faire votre connaissance. Veuillez prendre un siège, nous pourrons converser plus confortablement. Un verre de stimcaf ? Du thé, peut être ? Du vrai, pas un de ces ersatz bas de gamme.
-  je vous remercie. Du… Mmm h… Vrai thé fera l'affaire.
- Si vous le permettez, monsieur Hyx, j'aimerais en savoir plus sur le type d'articles que vous souhaiteriez acquérir 
- Eh bien, mmmmh, c'est un peu embarrassant… Ce thé est délicieux. Sri Kanlai, peut être ?
- Vous êtes un connaisseur, je vois. Je m’approvisionne directement auprès d’un petit producteur des Monts brumeux. Quant aux articles que vous recherchez, laissez-moi deviner… Peut-être sont-ils de même nature que celui que vous mmmh... manipuliez hier ?

Melkor s'était mis au diapason de son client. Cela faisait beaucoup de Mmmmhh ! Et beaucoup de « … »
- Vous avez pris la peine de vous mmmh informer, je vois. 
- En toute discrétion, et dans l'unique but d'améliorer la qualité de mes services, il va sans dire.
-  Bien entendu. Vous avez donc compris que les articles que je recherche sont bien plus récents que celui qui m'accompagnait hier.
- Je comprends. Renouvellement des stocks, pourrait-on dire ; monsieur Hyx, nous sommes entre nous. Ce bureau est protégé de tout système d'écoute. Il me serait plus facile de traiter votre demande si vous pouviez me faire une description précise : nombre, race, age, sexe, apparence… 
-  je suis heureux de l'entendre : eh bien, je dirais donc 50, humains, de 8 à 11 ans, sexe indifférent, apparence également. 
-  cinquante ? C'est un nombre important, mais je pourrai certainement vous satisfaire dans un délai de… 
-  par mois !
- Pardonnez-moi, monsieur, mais… 
- Peut-être aurais-je du m'adresser à Himar Kolmer, qui parvenait à fournir 20 000 esclaves par semaine aux envahisseurs extra-galactiques ? Un bon moyen de se refaire une santé financière, mais choisir une simple anagramme comme pseudo était une grossière erreur. Il y a sur cette station une bonne douzaine de chasseurs de prime qui seraient heureux d'apprendre qu'une des plus grosses primes de la galaxie réside tout près. Oh, inutile ! Vos hommes ne viendront pas.

La porte s'ouvrit brutalement et Melkor/Kolmer aperçut deux de ses gardes à terre, surveillés par la gamine de l'avant-veille qui tenait un paralyseur d'une main experte. Il reconnut aussi le garçonnet qui entra faire son rapport.
-  l'équipe alpha au rapport, monsieur. Nous tenons le périmètre, les communications sont sous contrôle. Mais nous somme peu nombreux : en cas d'intrusion, nous…
Venom l'interrompit d'un geste.
- Merci, Sasha. Nous discutions justement avec ce cher monsieur Melkor des moyens de vous trouver de nouveaux compagnons de jeu. Veille à ce que personne n'interfère ! 
- Euh… oh… à vos ordres.
Il sortit, le front plissé.
- Eh oui, Hiram ! Permettez que je vous appelle Hiram ? Mon organisation recrute et elle a des besoins somme toute modestes. Vous allez me les fournir ; pas tout à fait gratuitement, je vous rassure. En échange de vos services, vous bénéficierez d'informations de première qualité, de nouveaux marchés et, il va sans dire, de ma discrétion et de ma protection. Je pourrai déjà faire en sorte que vos « anciens » amis cessent de vous rançonner. Une offre impossible à refuser. Délicieux, ce thé.
Il finit sa tasse.
- Ah, je préfère de loin la qualité à la quantité, contrairement à vos précédents clients. Ou aux impériaux ; vous leur en trouvez bien 1500 par mois, non ? Allons, allons, Hiram ! Remettez-vous ! Reprenez donc une tasse de cet excellent thé des Monts Brumeux !

Le pirate eut la délicatesse d'attendre que son nouveau recruteur se soit un peu remis de ses émotions pour lui demander :
- Oserai-je encore abuser de votre patience ?
Le trafiquant blêmit et déglutit bruyamment, s'attendant au pire.
- Vous seriez bien aimable de me confier les coordonnées de votre producteur des Monts Brumeux. C'est le meilleur Sri Kanlaï que j'aie jamais dégusté.(4)

1 Il ignore que la famille de Thalia et Sasha possédait des palaces
2 Il se trompe.
3 Melkor a probablement entendu : Corulag, l'accent est celui de Corulag. Qui connaît Corulan ? Personne ! :wink:
4 c'est probablement la première fois qu'il en boit.


Il y a dans ce chapitre beaucoup de détails qui pourraient apparaitre superflus. Ils seront utiles plus tard.
En attendant, bonne lecture! N'hésitez pas à commenter où à me signaler des erreurs.
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Ve'ssshhh » Mer 16 Mar 2016 - 20:46   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 6

Chapitre 6 : entretien avec un mandalorien


Nouvelles proies
La liaison subspatiale établie, Quyymaen commença son rapport.
- ton YT 1300 a emprunté la route M66 jusqu’à l'entrée de la passe de Dolus ; nous l'avons perdu là à cause des anomalies qui en marquent l'entrée. Mais il n'a pas reparu de l'autre côté. Compte tenu de sa trajectoire, ça nous laisse une dizaine de systèmes à inspecter. Je n'ai que deux sondes et la navigation est difficile dans ce coin. Tu es sûr que ça vaut le coup ? 
- De plus en plus, Quyymaen, la valeur du matériel médical détourné dépasse les quatre millions et ce n'est pas fini ! Qui peut avoir besoin d'un tel matos haut de gamme ? ? Il est plus adapté pour soigner les blessures de guerre qu'un petit rhume ! Le directeur général de la station est mouillé, mon slicer a relevé le versement de sommes énormes sur son compte. Il y a beaucoup de fric derrière tout ça et si on la joue fine, une grosse partie peu aller dans nos poches. Sans compter qu’on pourrait tomber sur de possibles concurrents.
- C'est comme tu veux. Il y a un monde habité par là, d'après les cartes. Je vais le mettre en tête de liste. Ah, on a eu des nouvelles de Mondor. Eux aussi réarment. Ils sont justement en train de moderniser quelques corvettes '‘Assassin’'. Markrrr va t’appeler ; il veut tenter un raid pour en faucher une.
-  Qu'est-ce que tu en penses, toi ? 
-  c'est faisable, mais il faut faire vite : on aura un créneau de deux jours maxi. Une des corvettes doit revenir au chantier après essais, pour les finitions.
- et ?
- Et c'est une belle proie : les défenses sont plutôt faiblardes, ils ont déplacé leurs forces vers la frontière avec Dolor. On a un plan tout en finesse, Markrr et moi !
- Bref, je dois dire oui quand Markrr m'appellera ?
- Ne lui dis pas que je t'en ai parlé : Il voulait te faire la surprise.
- Je jouerai les candides, promis !

Le kaleesh semblait surpris : il s'attendait probablement à devoir argumenter ou au moins, à quelques questions sur son plan. Venom voulait toujours tout savoir, tout contrôler!
- Merci ! Ça vaut le coup, vraiment !
- Je sais : je vous connais ! Ah, nous avons tagué deux nouveaux cargos qui vont emprunter la voie, je t'envoie les données. De jolies cargaisons : Marek va adorer !


Des goûts et des parfums
L'Étoile Variable était de retour. Venom avait mis en place une équipe de surveillance, mais le cargo et ses voyages avaient attiré l'attention d'autres personnes.
- On n'est pas seuls, confirma Sasha alors qu'ils suivaient le capitaine de l'YT 1300 le long de la Grande Promenade. Il y a deux types qui leur filent le train. Et quelques agents de la station bossent pour eux. Enfin, ils portent des uniformes de la station. Et…
Il se tut, profitant du reflet d'une vitrine pour surveiller ses arrières.
- Aïe, je crois qu’ils nous ont repéré. Ne regardez pas tout de suite : le grand type élégant, aux cheveux gris, habillé en bleu . L'autre est plus jeune. Un peu plus petit, mais plus costaud. 
-   je les vois. Ils nous suivent ? 
- Euh. j'crois même qu'ils essaient de nous rattraper 
- On dit ; je crois, corrigea automatiquement Venom, qui poursuivit :
- Hostiles ?
- j'crois... Je ne crois pas.

Le gamin avait un don pour flairer les ennuis.
- Dans ce cas, attendons-les. Ton restaurant favori fera l'affaire, il est tout près. Rameute deux ou trois des nôtres, au cas où. Et… restez cool. On se promène, on ne fait rien de mal.

Les deux hommes, surpris, s'arrêtèrent devant le restaurant. Confortablement installé à l' une des meilleures tables avec ses enfants, Venom leur fit de grands signes, un sourire éclatant, puis ayant attiré leur attention, leur fit un petit geste d'invitation. Le plus jeune fronçait les sourcils, mais l'autre joua le jeu, imitant l'attitude décontractée du jeune humain.
- Franchement, c'est un excellent choix, Stian, ils servent les meilleurs sorbets de la station ! Tu es devenu trop vieux pour une glace au chocolat ? 
-   bof, leur chocolat n'est pas génial, moi je vais prendre un double Blue Ice, avec des billes de gellies , rétorqua Sasha qui, en bon infiltrateur, savait s'adapter rapidement.

Venom profita de la seconde de flottement pour prendre le relais.
- Jango Hyx, de Corulan! Le fin gourmet est mon neveu Sasha. Et voici Thalia. Qui prendra ? 
- Juste une Jax pétillante, sans glucide ajouté  fit-elle comme à regrets, en rosissant délicatement.
-   Thalia arrive à l'age où l'on fait attention à sa ligne. Pour moi, ce sera un thé Salvien. Quant à ces messieurs ? 
-   Va pour le double Ice , fit le dénommé Stian qui sourit à Sasha.

Celui- ci lui décocha en retour son sourire le plus innocent tout en l'étudiant de près. C’était un très bel homme, la quarantaine bien avancée. Un beau brun ténébreux, coïncidence ? Les trois remarquèrent les cals sur ses mains. Ceux d'un homme rompu au combat corps à corps. Un guerrier.
Son compagnon, la soixantaine, avait quelque chose d'aristocratique. Il commanda une bière de Forvish avant de se présenter :
- Alcor Procyon an-Herrion, de Hunnia, Capitaine de l'Esmeralda. Et voici Stian Mereel, de Concord Dawn.

Venom perçut la surprise dans le regard du dénommé Stian quand son compagnon dévoila son nom complet.
-   je suis honoré de rencontrer en chair et en os le légendaire capitaine de la non moins légendaire Esmeralda ; j'avoue que j'ignorais votre parenté avec le Capitaine Herrion. 
-  Il ne la proclame habituellement pas devant un inconnu, rouspéta le guerrier.
- Je voulais que monsieur Hyx comprenne bien que j'agis ici en plein accord avec mon frère ; à sa demande, pour être plus précis.
-  Un noble et un Mandalorien. Curieuse association ! 
C'est Stian qui, validant implicitement l'hypothèse, répondit :
-  pas plus que celle que vous formez avec vos jeunes compagnons…  

Il s'interrompit alors que le serveur (pas un droïde, prestige oblige) déposait les commandes.
Il ne s'attarda pas, sentant la tension dans l'air. Thalia se tenait raide sur sa chaise, les mains dissimulées sous la table, ne quittant pas le guerrier des yeux. Sasha observa un court instant les deux hommes, lorgna plus longtemps sur son dessert, puis se décida: il saisit sa cuillère et attaqua sa collation. Cela détendit quelque peu l'atmosphère. Le capitaine Procyon salua l'assistance de son flacon de bière et avala une gorgée, Venom goûta son thé. Le guerrier et la jeune fille se fusillèrent du regard, puis l'homme se détendit et entama à son tour son dessert.
Il prit une cuillerée qu'il garda longuement en bouche, hocha la tête d'un air appréciateur, reprit de sa glace et termina enfin sa phrase :
-   Une demoiselle qui joue les jeunes filles effarouchées avec un blaster dans la main et un garçonnet, finalement le plus dangereux des deux si l'on considère sa gestion habile de la situation. C'est quoi ton arme ? Vibro-lame ? Injecteur ? 

Le gamin, comprenant que sa soudaine passion pour son dessert n'avait pas trompé l'homme, jeta un regard interrogateur à son maître, qui hocha imperceptiblement la tête.
- lance aiguilles Bronash , concéda-t-il avec une pointe de fierté professionnelle, entre deux bouchées.
-  Il nous reste donc monsieur Hyx, directeur exécutif d'une compagnie dont les activités ont cessé suite à l'invasion de Coruscant.
Venom sourit.
-   c'est inexact: nous détenons toujours les droits de diffusion du Corr-ball dans les secteurs Juvex et Senex. -pas beaucoup de fans là-bas, je l'avoue-, ainsi que sur plusieurs mondes malheureusement ravagés par les Vongs. Ce doit être pour cela que j'ai pu racheter la compagnie et ses rares actifs pour trois fois rien.  Mais j'ai bon espoir pour l'avenir.
Il avala une gorgée de thé, savourant l'arôme épicé, puis poursuivit :
- et si nous mettions cartes sur table ? 
- C'est assez simple : l’Étoile Variable. Nous aimerions savoir les raisons de votre soudain intérêt pour ce vaisseau. 
- Je peux vous assurer que, mon but n'étant pas de m'opposer à l'Amber Star, cet intérêt diminuera considérablement si ce cargo agit avec la bénédiction de votre frère.
Nouvelle gorgée de thé, il supposa :
- Ce dont je doute fort.
–  Qu’est-ce qui vous laisse supposer cela ? 
- Peut-être les liens de l'équipage avec un certains nombre de gens qui se sont compromis avec l'ennemi.
À contrario, Je crois me souvenir que l'Amber Star a largement soutenu l'Alliance. Vous aussi, d'ailleurs. 
- Des membres des Brigades de la Paix ?  demanda Stian.
Son ton ne laissait aucun doute sur ses sentiments.
-  Il semblerait ; ou d'une organisation qui les a soutenus et armés. Montre-lui les portraits. 

Sasha qui avait fini sa glace sortit son projecteur Holo.
- Grack Combern, recherché pour collaboration avec l'ennemi, 200 000 crédits . Une fortune ! comme vous le voyez, il est assis avec deux des membres d'équipage. Briett Sanger, condamné à une peine de travaux forcés pour le même motif sur Kuat ; gracié suite à l'intervention de personnes haut placées
Il en montra trois autres, tous compromis et recherchés.
-   seriez vous chasseur de primes, monsieur Hyx ? 
- je m'efforce de guetter les occasions lucratives. Mais je suis ici en mission d'information et ces gens-là et leurs trafics m’intéressent beaucoup. 
- J'aimerais savoir… 
- permettez-moi de vous interrompre : serait-ce un interrogatoire ?  Ou un échange ? 
- Cela pourrait se poursuivre dans les bureaux de la sécurité , menaça le mandalorien.
– Et le directeur général s'empressera d'alerter ses complices ? Restons sérieux ! 
-  Donnant donnant, hein? Fit Procyon.  D'accord ! Nous savons que le directeur est corrompu. Il laisse passer toutes sortes de cargaisons  illicites ou non; mais mon frère s’occupera de lui plus tard. Nous recherchons Bokkor Hekken! 
-  Le Boucher d'Herrion? je le croyais mort sur Coruscant ! 
- nous le croyions nous aussi. Jusqu’à ce que mon frère apprenne qu’il s'était installé dans les parages, avec plusieurs milliers de ses affiliés. D'après nos informations, il a rassemblé une petite armée. Son but ? Nous n'avons que des conjectures. 
-  les Mondes Délaissés ? 
-  c'est la première hypothèse qui nous est venue à l'esprit. D'autant plus qu'il disposerait d'une arme capable de fermer la Passe.  
-   Pas bête : il laisse entrer les poissons dans la nasse, puis, quand il estime que la pêche est bonne, il la referme. Il pourrait se retrouver à la tête d'un petit empire. Non, c'est trop simple.  C’est vous qu'il déteste. Les Herrion!
-  Je suis seulement un Herrion par adoption, en réalité. Mais je partage votre opinion. 
-   C'est bien beau, tout ça, mais le mieux serait de trouver sa planque , coupa Stian.
-   L'organisation pour qui je travaille pourrait vous aider à circonscrire les recherches, avança Venom.
-  quelle organisation ? 
- une organisation capable de tracer un vaisseau dans l'espace. Et disposant de moyens militaires non négligeables . 
- Des pirates !  
- nous préférons en général travailler avec l'aval d'un gouvernement ou… d'une grosse corpo.
- En général ?  releva le Mandalorien
Venom se contenta d'un sourire carnassier .
-  Messieurs, j'ai fait une offre! Désolé de vous abandonner, mais j'ai un important rendez vous. Je vais également m'absenter pour quelques jours. Vous pouvez vous adresser à mon secrétariat, ils sauront me contacter.

Il s'en fut avec ses petits soldats. Les deux hommes, restés seuls, se consultèrent. Ils n'avaient pas besoin de parler. Navigateur, resté sur l’Esméralda, avait assisté à la discussion grâce à ses pouvoirs télépathiques et pouvait relier tout l'équipage en un réseau.
L'irritation de Procyon était telle qu'il explosa pourtant dès que le trio se fut éloigné :
- Les frères de Belvan ! un pirate et un esclavagiste, voilà ce qu'il est ! Qui plus est, un ambitieux sans expérience et qui se croit très malin !
Mereel eut un geste apaisant :
- Il l'est ! Malin, je veux dire. Mais sans grande expérience, je le concède. En tout cas, il t'admire. C'est sans doute pourquoi il a essayé de t'impressionner.
- ça n'a pas marché, je te le garantis !
- Il s'y est mal pris, mais il ignorait que nous sondions ses pensées. il est très jeune, il en fait des tonnes !
# Ce n'est même pas un très jeune homme ; c'est un gamin qui joue un rôle d'adulte. Il est en quête de reconnaissance et d'approbation, fût-elle de ses anciens maîtres.# Transmit Nav.
- et en quête de légitimité, vous avez remarqué ça, vous aussi ?
- Quoi, toi aussi, tu le défends, s'étonna Procyon, furibond.
- moi aussi, j'ai été esclave. J'ai réagi comme lui, tu te souviens ?
- Mais tu a fait les bons choix.
- Parce que tu es entré dans ma vie! Qui sait ce que j'aurais pu devenir, sans toi|
- Qui sait ce que moi, je serais devenu sans toi !

Ils échangèrent un regard complice. Mereel ne faisait plus partie de l'équipage de l'Esmeralda, il avait repris son indépendance depuis longtemps, mais le lien qui les unissait était toujours solide.
Le capitaine de l'Esmeralda reprit :
- n'empêche qu'il sait où chercher ; tu pourrais fouiller plus profond, Nav ?
# Il se protège bien, et tu sais que c'est contraire à mes principes. De plus, ce sont ses associés qui savent où chercher.#
- Excuse-moi. Ce gamin et ses enfants-soldats m'ont mis mal à l'aise. Tu as senti la vénération qu’ils lui vouent ? Prêts à se faire tuer pour lui. P**** de conditionnement!
# Pas seulement du conditionnement. Ils le considèrent comme un modèle, une sorte de grand frère qui a su sortir de sa condition. Et c'est comme cela qu'il se considère pour eux. Un gamin, je te dis.#

Nav fréquentait les humains et des individus d'autres races depuis plus de 40 ans.
#À ce propos, je crois que le petit… Sasha a senti ma présence. #
- ça, c'est fort ! c'est lui qui nous a repéré, tout à l'heure !
-Tu avais raison de dire qu'il était dangereux, admit Procyon
- Il l'est ! Mais je lui ai menti, tout à l'heure. Je savais que le plus dangereux des trois, c'était Hyx! Il cache bien son jeu, mais je sais reconnaître un combattant aguerri.
Navigateur était d'accord :
#Encore plus que tu ne le crois : il m'a donné l'impression de… ralentir ses mouvements. Volontairement. Il était concentré sur l'idée de paraître normal. Il m’a laissé une sensation bizarre. #
- tu prêches un convaincu : il ne les aurait pas laissés se battre seuls ! Il aurait été mon adversaire et leur aurait laissé le plus facile !
Procyon sourit :
- Moi ? Je suis plus coriace qu'il le croit
- Et encore plus que tu ne le crois. Mais il l'ignore. Bon, qu'est-ce qu'on fait? Cela ne te plaira pas, mais on a besoin de ses infos. Et de sa flottille, Markus est à court de vaisseaux.
Procyon n'était pas du genre à s'entêter. Il avait son idée :
- Il veut de la reconnaissance et de la légitimité ? On va lui en offrir sur un plateau d'aurodium!
# Il est temps d'organiser un rendez-vous avec ton frère !#
- Il saura jouer de tout son charme et de tout son prestige. Contrebandiers, chasseurs de prime, ils succombent tous. Pourquoi pas un pirate ?
Stian s'esclaffa:
- Reste à savoir qui séduira l'autre! J'aimerais assister à la scène !
- Moi aussi ! Au fait, que pensez vous de la « petite sœur »?
#Il n’y a que lui qui l'imagine ainsi. Elle a d’autres projets : quand elle vous menaçait de son blaster, elle n’avait qu’une idée en tête#
- Quoi donc ? Tirer la première?
# Plus basique. Quelque chose du genre : Touche pas à mon homme!#



Non loin de là.

Ils avaient repris la traque du capitaine de l'Étoile Variable que l'équipe de surveillance n'avait pas lâché d'une semelle. Lors de la rencontre, Sasha avait remarqué quelque chose :
- comment ça, ils étaient trois ? S'étonna le pirate.
- Il y en avait un autre, pas à côté, mais en contact permanent. Ils lui parlaient. J’avais presque l'impression… De les entendre.
- peut-être un réseau neural. Un système de comm intégré comme les nôtres, suggéra Venom.

Il ne lui serait même pas venu à l'idée de douter des déclarations de son petit espion. Le garçon et ses « intuitions » lui avaient déjà sauvé la mise dans le passé.
- Peut-être.
Sasha n'était pas convaincu :
- Je crois qu'ils en savent beaucoup sur nous. Vraiment beaucoup, insista-t-il.

Venom eut un sourire suffisant, fit un geste désinvolte et reporta son attention sur leur proie.
Le garçon comprit que son grand-fr… Son maître n'était pas près d'accepter cette idée.


Bonne lecture!
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Tenebrae » Jeu 17 Mar 2016 - 18:47   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 6

Bonjour Ve'ssshhh!

Oulà entre le boulot, ma propre FF, la famille et la trilogie Mass Effect que je me suis refaite, que de retard pour ma part sur la lecture de ta Fic! :chut:
M'enfin, voilà tout est rattrapé. :wink:

Alors que dire? Toujours plaisant à lire. Ton style s'est étoffé, c'est très agréable à lire; les dialogues sonnent plutôt biens.
Ta narration reste un peu alambiquée parfois; j'ai encore du mal à percuter entre tes changements de scènes même si l'ajout (qui n'en est pas vraiment un puisqu'ils sont là depuis le début :transpire: ) des titres des sous-chapitres est un plus indéniable. Cela rajoute du charme à l'ensemble. :jap:

Le chapitre mettant en scène les actions de piraterie était cool.
Le développement de l'intrigue, son foisonnement est très intéressant. Que de choses intrigantes et nouvelles qui pimentent encore plus le récit.
Bon pour la suite qui s'annonce pleines de surprises!

Par contre, j'ai tiqué sur ça: "comme si on leur avait planté un balai dans le cul". pour le coup, on comprend le sens que tu as voulu faire passer, mais cela m'a fait sortir de l'histoire. Y a quelque chose qui me gêne dans cette expression... :neutre:

Sinon toujours le même reproche. Venom, il est trop badass! Alors oui tu le mets en difficulté mais le personnage est tellement balaise dans la façon dont tu l'écris que c'en est trop. On sent que tu essaies de l’amoindrir dans ta manière de raconter ton histoire mais c'est pas encore tout à fait ça...
Exception faite du dernier chapitre où tu rajoutes une nuance plus que bienvenue: l'écart entre l’arrogance folle de Hyx (trait de caractère que tu réussis formidablement bien à retranscrire d'ailleurs) et ce qu'en pense véritablement les autres (en indiquant en plus que ces derniers n'ont pas forcement tort à c sujet) est habilement amené et écrite. Le point fort de ce dernier chapitre.


Bref, LA SUITE!!! :D
Tous mes textes passés, à présent et à venir sont dédiés à ma fille Sharleen.
Puisses-tu être heureuse où que tu sois désormais...
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Messagepar Ve'ssshhh » Ven 18 Mar 2016 - 22:46   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 6

Le chapitre mettant en scène les actions de piraterie était cool.


dans le chapitre suivant, nos pirates s'attaquent à un gros morceau! Trop gros?

Par contre, j'ai tiqué sur ça: "comme si on leur avait planté un balai dans le cul".


Encore une fois, j'ai confondu le discours du narrateur et celui du personnage: cette expression est du pur Markrr, qui est un peu brut de décoffrage ( il fait de son mieux pour le laisser croire). Bref, il aurait fallu que ce soit une pensée de Venom évoquant une des expressions de son "frère". Difficile à expliquer et encore plus difficile à mettre en œuvre! Je crois que je vais faire plus simple et supprimer l'expression.


Sinon toujours le même reproche. Venom, il est trop badass! Alors oui tu le mets en difficulté mais le personnage est tellement balaise dans la façon dont tu l'écris que c'en est trop. On sent que tu essaies de l’amoindrir dans ta manière de raconter ton histoire mais c'est pas encore tout à fait ça...


Mon problème n'est pas de l'amoindrir, mais de ne pas dévoiler trop vite ses faiblesses. Celles qu'il cache sous son arrogance, par exemple. Dans la première version, elles me paraissaient si évidentes que je n'ai pas assez développé cet aspect. Dans cette version, J'essaie de le faire ressortir grâce à son entourage, mais c'est difficile à doser; :transpire: .

Entretemps, j'ai écrit plusieurs histoires où il apparait et les principaux traits de son caractère se sont précisés dans mon esprit.
D'où certains ajouts que j'ai effectués sur ce texte.
Je crois que c'est Nav le télépathe qui a le mieux décrit le personnage tel que je le vois. C'est un être qui se cherche, qui essaie de se conformer aux modèles qu'il connait ou qu'il croit être les bons, mais il est beaucoup plus malléable qu'il ne le croit.
Sasha et Thalia ont aussi leur mot à dire, mais c'est encore trop tôt à ce stade de l'histoire.

Pour l'aspect badass et "invincible" du personnage, je le revendique: s'il était quelconque, ce ne serait pas amusant :D
(il était encore pire dans les premières versions! :wink: )
Il ne faut pas oublier qu'il est le clone d'un personnage trop badass lui-même: Sheev Palpatine au même age, haïssait son père. il l'a trahi, a trahi son clan et a fini par massacrer toute sa famille en usant du Côté Obscur! Et d'une certaine façon, il s'est cherché un père de substitution. il a trouvé Plagueis, pas le père idéal! Venom n'a pas le côté Obscur pour l'aider, mais il a un côté surhomme pour compenser.

Merci pour ces remarques qui m'obligent à exprimer le plus clairement possible des pensées ou des concepts que je n'avais jamais pris la peine de formuler clairement. Cela profite à ce récit qui avait bien besoin d'une réécriture.
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
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Messagepar Tenebrae » Sam 19 Mar 2016 - 11:23   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 6

Ve'ssshhh a écrit:Je crois que je vais faire plus simple et supprimer l'expression.

Pas forcément. L'idée que tu as exprimé est intéressante pour la caractérisation de Markrr et le développement de Venom (qui est, de ce que je comprends de lui, quelqu’un qui se crée sans cesse par rapport à ce que les autres lui apporte au delà et en dépit de ce qu'il pense vouloir devenir...).
Travaille juste ce passage. A mon avis (et ce n'est que mon avis ;)):
"À leur retour aux côtés de leur supérieur, les deux jeunes êtres semblaient un peu raides. Venom ne pouvait décrire leur démarche singulière qu'avec une des expressions favorites de Markrr, son "Frére", comme si on leur avait planté un balai dans le cul.
- vous êtes blessés ? s’inquiéta Venom.

Ve'ssshhh a écrit:Pour l'aspect badass et "invincible" du personnage, je le revendique: s'il était quelconque, ce ne serait pas amusant
(il était encore pire dans les premières versions! )
Il ne faut pas oublier qu'il est le clone d'un personnage trop badass lui-même: Sheev Palpatine au même age, haïssait son père. il l'a trahi, a trahi son clan et a fini par massacrer toute sa famille en usant du Côté Obscur! Et d'une certaine façon, il s'est cherché un père de substitution. il a trouvé Plagueis, pas le père idéal! Venom n'a pas le côté Obscur pour l'aider, mais il a un côté surhomme pour compenser.

Ok, je vois où tu veux en venir.
Je pense que cela serait pas mal que tu accentues cet axe dans les chapitre à venir. Pas systématiquement mais des réflexions distillées ici ou là comme tu l'as fait via Nav par exemple.
Venom en sortirait humanisé sans pour autant amoindri.

Ve'ssshhh a écrit:Merci pour ces remarques qui m'obligent à exprimer le plus clairement possible des pensées ou des concepts que je n'avais jamais pris la peine de formuler clairement. Cela profite à ce récit qui avait bien besoin d'une réécriture.

N'est-ce pas la raison pour laquelle nous sommes tous là ? Progresser (et partager) :)
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Messagepar Ve'ssshhh » Mar 22 Mar 2016 - 21:06   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 7

Chapitre 7 : Une coûteuse victoire


La flotte s'agrandit.
De retour d'A 17, Venom inspectait la nouvelle acquisition de sa petite flotte. De manière surprenante, Markrrr n'en avait pas réclamé le commandement. Il est vrai que sa canonnière était presque aussi bien armée et plus moderne.
Jegor, maître d'équipage pressenti pour la commander, commentait :
- C'est un concept ancien qui remonte à la bonne vieille CR90, mais comme tu le vois, mêmes les systèmes que la refonte a conservé sont récents et choisis parmi les meilleurs. Elle vient de recevoir un écran anti-particules et de nouveaux boucliers. De nouveaux ordinateurs de visée pour l'armement anti chasseur. Des systèmes auto pour fonctionner avec un équipage réduit de 25 %
- ça tombe bien : pour les effectifs, on est un peu juste !

En tant que chef de l'expédition, le jeune pirate se devait d'inspecter le vaisseau de fond en comble. Il fut vite convaincu de la valeur de la prise : certes, cette corvette Assassin était un peu ancienne, mais elle constituerait un atout de choix face à la prochaine cible. Un gros, un très gros morceau !
Si dangereux qu'il avait été tenté de renoncer. Plus maintenant !
Il restait un détail à régler :
- Tu as un nom pour elle ? 
-  Ouais… avec ton approbation, les gars et moi, on aimerait bien : Black Widow 
-  Encore une petite bête venimeuse, hein , sourit Venom qui poursuivit :
-   ça tombe bien, On a un gros coup dans quatre jours. Je viens d'embaucher quelques techniciens, et le maître d'esclaves Jans nous a ramené une nouvelle cargaison de Pions avec leurs contrôleurs ; serez vous prêt , capitaine? 
- Tout sera prêt, commandeur ! Fit le Duro en se mettant au garde à vous.


Un plan parfait
Dans la salle de commandement, Venom détaillait la mission.
- Les Doloriens n'ont pas lésiné, cette fois : huit gros cargos, trois plus petits, tous armés et fortement escortés. Six Skiprays, une canonnière DP20 et… Une frégate Corona et ses deux escadrons de chasse!
- C'est un gros morceau, même avec la corvette, fit remarquer le nouveau capitaine. Quels sont les cargos visés ? 
- aucun : notre cible, c’est la frégate ! 
- Tu es sur de ne pas voir trop grand, cette fois ?  S'inquiéta Markrrr, qui après son exploit de Mondor s'était auto promu Commandeur. Un titre que personne ne lui contestait.
- Quyymaen a un plan.

Le plan était simple, basé sur les capacités du projecteur hypergrav : les vaisseaux les plus puissants, le Black Widow, le Jaws de Markrrr et deux des cargos simuleraient une attaque sur le convoi ; logiquement, les vaisseaux de guerre n'auraient qu’à montrer les dents face à cette force somme toute réduite, le temps que les cargos filent en hyper espace, avant de sauter à leur tour. Selon le plan, le saut de la frégate serait… un saut de puce ! Une fois isolée, les navettes d'assaut pourraient l'investir.
Encore une fois, Venom dut suivre le combat de ses pilotes et de ses camarades depuis la salle tactique du Viper. L'envie le démangeait de laisser là son stratège kaleesh pour rejoindre son chasseur. Mais il était le chef : Il conserva sur son visage le masque impassible et sévère qui semblait de rigueur dans ces cas-là.


L'escadron de la mort.

Cela ne se passa pas tout à fait comme prévu. Tout avait bien commencé, pourtant : l'attaque de la flottille avait semé la panique parmi les cargos. Les mini-chasseurs de l'escadron orange, pourtant formé de novices, avaient réussit à se frayer un chemin jusqu’à eux, causant quelques dégâts sur les deux derniers de la file. C'est alors qu'un escadron d'ailes A surgit de l'hyper espace. L'arrière-garde, comprit trop tard Quyymaen. Après un trop court moment de flottement, les chasseurs entreprirent les Oranges.
Sur la holo du Viper, Venom vit les points oranges s'éteindre les uns après les autres. Les gosses inexpérimentés n'avaient aucune chance contre de tels experts.
-  on continue !  Rugit le maître d'équipage.  Escadron pourpre, revenez en soutien d'Alpha Strike ; escadron bleu, formation défensive delta. Markrrr, méfie-toi : ils doivent être à court de carburant, mais ils sont rapides, ils attaqueront dès qu'ils auront terminé les oranges . Corsairs, assaut annulé, restez derrière les corvettes !

Les Corsair n'étaient pas réputés pour leur maniabilité et malgré leurs solides boucliers et leurs tourelles anti-chasseurs, ils ne tiendraient pas longtemps contre des A-wings
Pour tout arranger, le capitaine de la frégate se montra plus agressif que prévu : lançant son deuxième escadron (de vieux Y-wings, dame chance en soit louée), il prit une trajectoire d'interception, laissant les skipray et la canonnière couvrir les cargos qui sautèrent l'un après l'autre dans l'hyper-espace.
Dans la bataille qui suivit, les nouveaux escadrons subirent de grosses pertes. Même l'escadron bleu, pourtant plus expérimenté, souffrit ! Un Corsair fut gravement endommagé ainsi que l'un des cargos, celui de Dorok constata Venom.
Les corvettes, plus solides, encaissèrent également le feu nourri des turbo-lasers de la frégate ; fort heureusement, celle-ci tirait de loin et les boucliers firent leur office. Si la frégate s'était approchée plus…
-   C'est ça ! Il veut juste récupérer ses chasseurs !  Devina Quyymaen.

Couverts par les Y-wings, les petits chasseurs aile-A à court de carburant trouvèrent refuge dans les baies de la frégate ; en quelques minutes, ils avaient massacré les escadrons pirates. Enfin, le vaisseau sauta, suivi de ses chasseurs, qui furent sûrement surpris de ne trouver personne au rendez-vous.
Quyymaen ne pouvait s'empêcher d'analyser les actions de son adversaire :
- pas très futé, comme tactique ! À sa place, j'aurais gardé les ailes A en réserve dans les hangars et utilisé les Y-wings pour fermer la marche : ils ont beaucoup plus d'autonomie.
- Je bien suis content qu'il ne l'ait pas fait : s'ils n'avaient pas été à court de carburant on se serait fait massacrer, on a déjà beaucoup de pertes, rétorqua amèrement Venom.
Ses sources ne l'avaient pas informé de la présence des redoutables petits chasseurs .

Depuis sa position à l'écart, Le Viper avait eu le temps d'ajuster son tir. Le générateur d'hyper-ondes cueillit la frégate une micro seconde après son saut. Le retour brutal dans l'espace normal la laissa désemparée quelques minutes. Heureusement, car elle émergea tout près du cargo dont les générateurs ne pouvaient alimenter à la fois boucliers et projecteur d'ondes gravifiques. Viper, avec ou sans bouclier, n'aurait d'ailleurs pas résisté longtemps : malgré les améliorations apportées par son propriétaire, il n'avait rien d'un vaisseau de guerre.
-  vite, il ne faut pas leur laisser le temps de ravitailler les chasseurs, ordonna Quyymaen ! 

La corvette douanière, les YT 2000, les patrouilleurs Hawk et les navettes gamma, couverts par les rouges et les verts, lancèrent l'assaut.
Quyymaen comptait sur les puissants canons à ion des YT (pas le modèle d'origine, pour sûr) et des patrouilleurs pour affaiblir la frégate et faire passer les navettes . Il fallait agir avant que les artilleurs ennemis n'aient le temps de se reprendre et d'ajuster les nouveaux assaillants;
Jars conduisait le raid ; il divisa ses forces en trois groupes : la corvette, son Hawk et les rouges menacèrent le flanc tribord, tandis le groupe de sa compagne attaquait à bâbord. La ruse fonctionna et, sous le feu des canons ioniques, de larges portions de la frégate cessèrent de fonctionner.
- l'armement bâbord est neutralisé, transmit Steele, envoyez les navettes !

Les navettes d'assaut bondirent depuis leurs positions d'attente. Elles étaient assez solides pour encaisser quelques tirs de turbo-lasers mais ne rencontrèrent aucune opposition.
Néanmoins, même avec des SpaceTroopers à son bord, l’équipage livra une bataille acharnée ; deux des quatre transports de troupe envoyés en renfort furent réduits en poussière - avec près de soixante Pions- avant d'atteindre leur cible. Il fallut le renfort des deux corvettes, revenues grâce à un micro-saut bien calculé pour emporter le morceau.

Une fois à bord, Markrr comprit vite les raisons de la résistance surprenante de l'équipage :
-  Des doloriens ! Tous les officiers, sous-officiers et pilotes ! Fit-il, écœuré. Et ils ont préféré se suicider plutôt que de se rendre !
Il coupa son comlink, le temps de recevoir un rapport, et reprit :
- Il reste trois jeunes officiers qui se sont« ratés ». Je te les envoie !

Ils furent conduits sous bonne garde à l'infirmerie du Viper. 
-  Du sel de Kardan périmé,  constata Venom, identifiant le poison.  Minable ! 
Il donna des indications sur le traitement à fournir puis reprit contact avec le garoug, qui haranguait
le reste de l'équipage, par ailleurs assez réduit ; celui-ci était constitué d'esclaves et de droïdes.
.-Vous êtes libres, leur annonça Markrrr , mais si vous cherchez du boulot, nous recrutons !
-   Libres ? Fit l'un des esclaves sans comprendre…  Êtes vous les nouveaux maîtres ? 

Les doloriens avaient des habitudes répugnantes. Ils étaient des adeptes de la souffrance qu'ils s'infligeaient en guise d'épreuve. Mais ce n'était rien comparé à ce que subissaient leurs esclaves et leurs prisonniers. En comparaison, les méthodes des pirates paraissaient douces. Le résultat était là.
- Rien à en tirer, va falloir trouver un nouvel équipage, marmonna le Garoug avant d'élever la voix :
- Retournez à vos postes et obéissez, vous serez bien traités.
-  Bon, si tu veux mon avis, on ferait mieux de filer d'ici, et vite! L'avertit Venom.   Ces crétins de pilotes d'Y-wings sont fichus de revenir et de se battre, même à cinq contre un !
-  Mais l' Hyperdrive est toujours HS 
-  utilisez celui de secours, c'est tout de même un x3 !
Markrrr considéra un instant les cadavres entassés, les visages livides, les bouches couvertes d'écume verdâtre.
- t'as p't'et bien raison ! vous avez entendu ? On se tire ! 



Débriefing
20 années lumière plus loin, les pirates firent le bilan dans la salle d'état-major de leur nouvelle acquisition.
-  Une victoire qui coûte cher, fit remarquer le maître d'esclave Jans, mais belle prise !
-  encore plus que tu ne le penses, abonda Venom, car tu n'as pas vu la cargaison ! 

Elle consistait en canons ioniques, turbo lasers, missiles à concussion, lance-torpilles à protons… De quoi armer une petite flotte ! Et 18 ailes A, intactes ! Quand il avait débarqué de sa navette, seule sa dignité de commandeur l'avait empêché de se précipiter dans l'un des cockpits, comme l'avait fait Red one avec de petits gloussements de plaisir. Tout le monde avait remarqué que la gamine le suivait partout. Mais les yeux du jeune pirate et de sa Squadron Leader brillaient d'un même feu devant leurs nouveaux jouets.
-   tu crois qu'on pourrait les équiper d'une interface neurale ?  Avait-il demandé, rêveur.

Il revint au bilan :
-  On a perdu cent dix-huit pions, dont la totalité  des oranges et la moitie des pourpres ; les bleus ont perdu cinq pilotes.
-  pour les frères : Branek, Plallios, Morgan, Teach, Sandokan, Sparrow, Danos et son frère. On a perdu des bons, rappela Markrr.
Un court silence à leur mémoire que Venom, impatient, finit par briser :
-   le cargo de Dorok est fichu ! Je propose de lui donner le T-VI (1) en compensation. 
Il s'adressa au Twilek :
- Il est bien armé, plus gros que ton Nabab, et on a de quoi le ré-équiper complètement 
Dorok se contenta d'acquiescer, comme les autres. Il n'était pas du genre bavard.
- on a besoin d'un endroit tranquille pour réparer, panser les plaies. Il va falloir recruter, aussi !
Suggéra Jegor qui se sentait de plus en plus à l'aise dans ses nouveaux galons ; sa corvette s'était bien comportée au feu.

Venom avait déjà un plan :
- Je peux nous trouver ce coin tranquille. Pour le personnel, je sais où recruter d'excellents artilleurs, c'est notre poste le plus faible. Et quelques spécialistes aussi, je pense. De plus, nous allons bientôt récupérer une cinquantaine de pions présélectionnés.
On en aura bientôt d'autres, Jans, beaucoup d'autres ! Joss et Bork sont rentrés avec ce que je leur avais demandé : on va pouvoir commencer à moissonner. Tu vois, je tiens toujours mes promesses !

L'esclavagiste acquiesça d'un signe de tête. Le commandeur comprit qu'il attendait d'en savoir plus et reprit :
- Tout ce qu'il nous faut, ce sont de meilleures installations. Je sais à qui m'adresser. Je retourne sur A17, termina-t-il d'un ton sans appel.

Personne ne contesta ni ne posa de question. Il valait mieux : seul Marek était au courant de ses contacts avec Markus Herrion. Ils avaient tous attaqué, à un moment ou un autre, des vaisseaux de l'Amber Star et l''armateur était connu pour ne jamais laisser une offense impunie. En plus, il était devenu un peu trop « honorable » au goût des pirates et contrebandiers depuis qu'il était Chef d'État.
Pas de quoi inquiéter le jeune homme.
Je n'en ferai qu'une bouchée, du vieux bouc ! Je vais lui en donner du beau brun ténébreux baraqué, moi ! Il va me manger dans la main ! Déjà que j'ai réussi à entourlouper son frère !
Qui sait ? En la jouant fine, je pourrais peut-être me faire offrir un de ses beaux croiseurs ?

C'est le cœur rempli de grandes espérances que Venom embarqua sur le cargo de Marek.


1 Il s'agit probablement d'un cargo de classe VI de la CTC, lointain dérivé de la frégate Praetorian.



Ce chapitre marque la fin de la première partie; le glorieux destin de notre pirate semble tout tracé, mais qui sait ce que lui réserve l'avenir? :? Son horoscope prédit des rencontres déterminantes au cours de la partie 2, mais bon, les horoscopes et les devins... :transpire:

Bonne lecture!
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Tenebrae » Jeu 24 Mar 2016 - 12:08   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 7

Salutations distingués Ve'ssshhh!

Chapitre 7 lu! Et apprécié. :)

Plus court que les précédents qui fonctionne - en tout cas c'est comme ça que je l’interprète - comme une pause avant une suite qui promet d'être mouvementée.

L’écriture est bonne, fluide. Tu reprends le concept du chapitre 4 sans sans faire pourtant dans la redite, dans le fond comme dans la forme; bien vu!

Donc fin de cette partie 1, vivement la partie 2!! :D

j'en profite pour te dire une des raisons qui fait que je suis ton histoire: j'adore l’univers que tu y déploies. Il est foisonnant, extrêmement dense; on y sent la vie et tout un background complexe bien développé tout à la fois inscrit dans l’univers de Star Wars mais qui a aussi une existence à elle (celle voulue, imaginée par Ve'ssshhh, toi donc :wink:). Et ça j’aime beaucoup. Tout comme , dans des styles et des intentions différents, Jagen avec la Fédération Impériale ou Minos avec les tribulations.

La suite c'est quand tu veux! En tout cas, moi je serais au Rendez-Vous!
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Messagepar Ve'ssshhh » Lun 28 Mar 2016 - 20:13   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 8

Tenebrae a écrit:
Tout comme , dans des styles et des intentions différents, Jagen avec la Fédération Impériale ou Minos avec les tribulations.

J'aime beaucoup aussi! :wink:


Il est foisonnant, extrêmement dense; on y sent la vie et tout un background complexe bien développé tout à la fois inscrit dans l’univers de Star Wars mais qui a aussi une existence à elle.

Merci!
C'est un des éléments qui m'a attiré vers star Wars: chaque personnage, même s'il n'est présent que quelques secondes, chaque monde a son histoire.
C'est aussi pour cela que j'adore des auteurs comme Frank Herbert, Asimov, Jack Vance, Loïs McMasters Bujold, et tant d'autres que j'oublie: Ce sont des créateurs d'univers!

La suite c'est quand tu veux! En tout cas, moi je serais au Rendez-Vous!


ça tombe bien, Venom a un rendez-vous important! Avec Markus Herrion! Qui va gagner le duel? je vous laisse en juger!


Partie 2 : Bokkor Hekken, l'ennemi public N°1



Chapitre 8 : Marchandages



Négociations à bord du Hun

Malgré son masque d'indifférence blasée, Venom était ébloui par le luxe et le raffinement du navire amiral de l'Amber-Star. Même le pont-promenade du Hun soutenait la comparaison avec celui du très luxueux paquebot qu'il avait un jour emprunté (en seconde classe) lors d'une mission avec Horbin. Le jeune homme jouait les aristocrates avec aisance- il s'était beaucoup entraîné- , mais le capitaine Herrion, malgré son age, était l'archétype de l'aristocrate aventurier. Et sa famille existait depuis 25 000 ans!

Tirant parti de ce que lui avaient appris son frère et son indiscret navigateur télépathe, Markus Herrion n'eut aucun mal à apprivoiser le jeune pirate.
Alcor l'avait prévenu que Hyx connaissait son attrait pour les jeunes hommes et n'hésiterait pas à en user à son profit. Il ne fut pas déçu : ce petit voyou arrogant mais charmeur était bien séduisant. Il en faisait un peu trop, cependant.
Mais lui aussi savait séduire. Il usa pour cela de tous ses trucs et subterfuges.
Le pirate jouait de son physique ? L'armateur flatta outrageusement son intelligence !
Hyx s'efforçait de cacher son admiration ? Le vieil homme usa de tout son prestige!
Il lui conta l'air de rien, l'histoire du légendaire Corus He'rion, contrebandier et patriote corellien dont les exploits lui valurent un titre de baron, obtenu le jour même de la naissance de la République (1)!
- Un contrebandier ? Votre famille descend d'un contrebandier ?

Le jeune pirate avait le même regard émerveillé et ébahi qu'avait eu le vieil homme quand sa mère lui avait raconté cette histoire. Il avait alors sept ans.
Et bien sûr, Herrion avait ses classiques :
« Si nous marchions un peu ? Puis-je m’appuyer sur votre épaule, jeune homme ? Je ne suis plus aussi robuste ! Ah, vieillesse ! »
« Savez vous qu'à votre age…  »
« Jango, mon jeune ami…  »
Markus Herrion se trouva rapidement en terrain conquis : le garçon, secrètement flatté, buvait ses paroles.
Mais si convaincre le pirate de mettre à sa disposition informations et vaisseaux fut facile, négocier un accord se révéla plus épineux : Venom ne voulut rien lâcher ! Il défendit bec et ongles les intérêts de sa flotte. Et il avait des exigences, heureusement faciles à satisfaire.
Pour emporter le morceau, l'armateur dut aussi employer des arguments sonnants et trébuchants : le hors la loi préférait les matières précieuses comme l'aurodium à un virement par data-pad. Le monceau de lingots étalés sur le bureau du vieil homme eut l'effet escompté.

Quelque peu embarrassé, l'armateur avoua peu après à son frère :
-  Il m'a eu ! 
- Toi ? Perdre dans un marchandage ? Avoue, tu l'as laissé gagner : il t'a fait du charme ! 
Alcor gardait un masque impassible, mais ses yeux riaient pour lui. Vexé, son aîné protesta :
-  Pas du tout ! Enfin si, un peu ! Il est très fort, c'est tout ! Mais c'est vrai, je l'aime bien, ce petit pirate ! 
- Normal ! Comme Stian le répète souvent, il y a un pirate en toi qui ne dort que d'un œil.
- ah, ce cher Stian ! Quel délicieux garçon! Dommage qu'il porte son armure les très rares fois où il monte à bord.
- un garçon qui n'est plus le tien, ne l'oublie pas! Il est père de famille, et son fils aîné a déjà été au combat! 
- Je me fais vieux, que veux tu ! Pour le reste, j'ai cédé plus que prévu, mais j'aurais lâché cent fois plus pour retrouver ce boucher d'Hekken. Et je pense à l'avenir : Regarde !
 
La carte holo de la salle de communication était d'excellente qualité, mais les symboles couleur ambre y étaient bien moins nombreux qu'avant l'invasion.
- La guerre a coûté cher. Très cher. Il ne reste que 321 cargos moyens et lourds, 15 stations majeures, 8 mondes et sites miniers à défendre, Herrion à reconstruire ! J'ai à peine assez pour protéger tout ce petit monde, alors que la galaxie n'a jamais été aussi dangereuse ! Et qu'est-ce que je fais des transports légers et des stations mineures ? 
- Tu es le nouveau chef de la famille. Même affaibli par la guerre, tu contrôles un petit empire.
-  C'est vrai. Beaucoup d'argent, et encore plus de soucis pour moi !

Il revint à sa marotte. Même en ayant repris le contrôle des richesses familiales, l'Amber Star restait son bébé :
- bien sur, j'ai commandé de nouveaux vaisseaux, mais les grands chantiers sont saturés. Soorosub m'a placé en tête de liste - les Sullustains sont de vieux amis- mais eux aussi ont du mal à satisfaire les commandes. J'ai trouvé d'autres chantiers moins prestigieux mais pendant encore 6 à 7 mois, l'Amber Star va être très vulnérable. J'en suis réduit à racheter des canonnières Vigo qui ont fait les beaux jours du Soleil Noir pour protéger mes convois et à ressortir de vieux Gallofree des cimetières pour satisfaire à mes engagements.

Il semblait très fatigué.
- tu devrais souffler un peu, tu ne manques pas de jeunes pour te seconder, suggéra son cadet. 
- Je n'en connais qu'un à qui je pourrais confier mon enfant et il a toujours refusé .
Son regard lourd de reproches pesait sur son frère.
-  Je ne suis plus si jeune non plus ; tu sais bien que j'ai des responsabilités, moi aussi. Enfin, plus pour très longtemps. Encore un peu, juste un peu… 

Un long moment, aucun des deux n'osa rompre le silence, puis l'armateur revint à son propos initial :
- Enfin, ce petit pirate ambitieux et sa flotte m'ont donné une idée. Si notre association se révèle fructueuse, je compte lui confier la défense de R 71. 
-  Une simple station relais ? Ah, Coryndon et ses chantiers !
-   Coryndon ! Selon l'accord que j'ai signé avec eux, je dois leur fournir un appui militaire et des instructeurs pour leurs forces de défense. Sans compter que les sables de Dunelin pourraient attiser les convoitises. Celles de ces chers coryndii en premier, d'ailleurs.
-  Des pirates pour protéger tes trésors ? J'ai comme l'impression que tu n'as pas totalement perdu ton sens des affaires. 
-  Le talent de l'escroc, c'est de savoir perdre un peu pour gagner beaucoup. Et puis je lui rends service, à ce garçon: je lui offre un job honnête et bien payé .
-  mais bien plus dangereux et moins rentable que sa petite affaire. Il t'a vraiment tapé dans l’œil, hein ?
- Ce n'est pas ce que tu penses ; il me rappelle un jeune homme. Un jeune homme riche et ambitieux qui voulait courir l'espace.
- Tu n'avais pas douze ans quand tu es parti courir l'espace !
- Et c'est un chasseur de prime mandalorien qui m'a ramené à la maison par la peau du cou. Il m'a fallu attendre encore dix ans. En tout cas, je le verrai bien bosser pour moi !
-- Mais il n'a pas encore accepté.
- Hummm... Dans notre conversation, j'ai glissé une info, mine de rien. 
- Une info ? Qui pourrait le convaincre d'abandonner son lucratif métier ?
- Pas du tout : tu comprends, je lui ai expliqué que l'Alliance se préparait à envoyer une escadre pour mettre de l'ordre dans la Passe et chasser les pirates. Si votre analyse psychologique est bonne, pas difficile de prévoir comment il va réagir.
- Il pourrait filer à la Corellienne, tout simplement ?
- Pas lui ! Il se croit très malin et n'a peur de rien : il voudra rester dans le coin au contraire, pour voir comment la situation évolue. Ou en profiter.
- Déguisé en honnête mercenaire ?
- Par exemple !




JD 7 : Au bonheur des pirates (2)
De retour à son bureau, Venom résuma devant Himrom l'accord qu'il venait de conclure. Le maître espion était de bon conseil :
- Joli succès, mais méfiez-vous : Herrion est réputé pour ses contrats léonins. Il faut bien lire les petites lignes et faire appel à un juriste expérimenté pour éviter les pièges. Et c'est un excellent joueur de sabacc: un grand bluffeur qui est prêt à perdre une, deux, trois fois pour rafler la mise finale.

Le jeune pirate rumina cette information :
- Dans ce cas, il faudra accepter de gagner petit et de se coucher avant la fin de la partie. Pour l'instant, c'est lui qui est en position difficile : dès qu'il sort de son Hun, il est la cible de tueurs et même son croiseur peut être victime d'une attaque. D’ailleurs, cela pourrait être utile. Ce vieux fou est assez téméraire pour accepter de jouer les appâts.
Venom réfléchit un instant :
- Ah, il paraît que l'Alliance envoie une escadre mettre de l'ordre dans la Passe : vous pouvez vérifier ? Je n'aimerais pas qu'elle nous tombe dessus à l'improviste !
Et tant que vous y êtes, trouvez-moi un expert juridique, aussi ! Non, plusieurs !
L'espion esquissa timidement l'un de ses rares sourires.
- Je crois savoir où m'adresser ! Resterez-vous longtemps sur la station ?
- non, je vais rejoindre la flotte et aller jeter un œil à ce fameux port franc que le Capitaine m'a recommandé. C'est bizarre, il est bien près d'A17 : comment Herrion peut-il tolérer une telle concurrence dans la zone d'activité de sa précieuse station ?
- Selon les rumeurs qui courent dans les services, JD 7 n'a rien d'un concurrent pour notre station, ce serait plutôt son… arrière-boutique ! Le Capitaine entretient d'excellentes relations avec les contrebandiers .
- Vraiment ? Il me plaît de plus en plus, ce vieux!


L'astéroïde JD 7 abritait un port franc qui accueillait toutes sortes de gens en marge : contrebandiers, mercenaires ou hors la loi : les soi-disant corsaires de Venom ne posaient aucun problème moral au directeur Vonco. La recommandation du Capitaine Herrion était un sésame qui valait tous les -faux- documents prouvant la légitimité de la flotte.
Il y avait là une cale sèche mobile capable de remettre à neuf la frégate et les autres vaisseaux endommagés. C'était aussi un bon endroit pour vendre de la marchandise volée, et la flotte avait amené quelques-uns des cargos capturés.

Le représentant de l'Amber Star, un jeune noble -probablement de la famille-, jeta un œil aux Gallofree et au porte containers.
- Que comptez vous en faire ? 
- eh bien, je suppose qu'une fois leur cargaison vendue, nous trouverons preneur pour les pièces détachées.
-  pièces détachées ? Pourquoi ne pas les vendre tels quels ? 
- Le porte-containers est trop caractéristique pour espérer lui trouver une nouvelle ID; ce n'est pas un problème pour les Gallofree, qui ont souvent changé de mains, mais ce sont des pièces de musée. Encore que… Quelqu'un s'est donné la peine de les ressortir de la naphtaline, de changer le générateur, rajouter des moteurs et même de les réarmer. Six quad-lasers, un petit canon ionique, ils n'ont jamais été si bien équipés. Intéressé ?
- peut-être. 
- reste le problème des ID : Si quelqu'un reconnaît le porte-container… 
- … Il fermera sa grande gueule dès qu'il verra le logo de l'Amber Star ! Fit le jeune officier avec un rien de suffisance.
Toi mon petit, tu viens de perdre une occasion de fermer la tienne  pensa Venom qui révisa aussitôt son prix à la hausse!

Pendant ces tractations, les Rouges s’entraînaient assidûment avec leurs nouveaux joujoux. Dans un secteur réservé, les Ailes A et quelques mini-chasseurs virevoltaient dans tous les sens. Venom les rejoignait dès qu'il avait un moment. Il avait aussi concocté un programme spécial pour les Verts, qui s'étaient bien sortis des précédents combats.
Leurs progrès étaient sensibles, comme Jegor et lui purent le constater lors d'un exercice:
- Ils sont bons, hein ? Constata fièrement Jegor.
- Tu t'en es bien occupé en mon absence ! Merci !
Il fronça les sourcils et dégaina son Comlink :
- Red 5 ! tu prends trop de risques : rappelle-toi que tu as des équipiers !
- Ah, celui-là ! Toujours aussi indiscipliné, souffla Jegor.
- Bah, il m'écoute, à moi ! Et quel virtuose : il était fait pour piloter un intercepteur Aile-A! Dis… Tu as entendu parler des mercenaires de Bern ?
- Vaguement. Ils ont une assez bonne réputation.
- Tu devrais te documenter, ça pourrait être utile.

Le reste de la flotte préparait l'opération « moissons du ciel ». La chasse aux esclaves n'était pas le sport favori de Venom – il en avait été lui-même victime-, mais il avait besoin du soutien des capitaines indépendants et des maîtres des esclaves. Il leur avait fait des promesses, il devait les tenir.
Heureusement, il avait repéré quelques proies de choix, et un moyen de les faire tomber sans trop de casse. Pour s'attaquer aux deux cibles prévues, petites mais bien défendues contre les intrusions, il fallait un cheval de Troie (3).
Le « Livreur de rêves», un vieil YT 1930 transportait fréquemment des marchandises vers les deux sites. Il y était bien connu et son capitaine avait tissé là-bas des liens d'amitié. Grâce aux recherches de Venom, Borsk savait où le trouver, et comment convaincre l'équipage de coopérer. Il était un expert en chantage. Il aborda le sujet avec des arguments de poids : son compère Joss détenait les familles du capitaine et de son second. Une petite holo sur les méthodes utilisées par les esclavagistes suffit à faire craquer les deux humains. Il avait été clair :
- Si je n'ai pas ce que je veux, je tacherai de limiter mes pertes en les vendant ; mais avant, je laisserai mes gars s'amuser un peu. À vous de décider qui vous préférez voir réduit en esclavage. Votre famille, ou…

Les YT 1930 avaient de très grandes soutes. Ménager des caches pour quelques droïdes traqueurs et une vingtaine d'enfants soldats -des commandos Reapers (4), les bien nommés- ne demanda que peu de temps.
Le Phénix, nouveau vaisseau de Dorok, accompagnerait l'expédition. Il emportait deux compagnies de soldats de choc. Il n'en fallait pas plus. Les capitaines et le maître des esclaves Jans étaient rodés à ce genre d'assaut, que le « cheval de Troie » rendrait bien plus facile.
Joss laissa, à regrets, le commandement de son transport d'esclaves à son second et embarqua avec deux pelotons de Reapers pour une destination qui n'était connue que de Venom et lui. Il était doué pour les missions d'infiltration et le commandeur lui avait offert une grosse somme.

Marek ne voulait surtout pas se mêler de trafic d'esclaves. Son truc à lui, c'était le recel et la contrebande. Avec les marchandises volées, il était servi.
Ayant réglé les détails, Venom retourna avec lui sur A 17 : Melkor avait signalé que l'équipage de ''l'étoile variable'' recherchait un nouveau garçon de cabine. Pourquoi un garçon de cabine sur un tel rafiot ? Et qu'était devenu l'ancien ? D'après Melkor, il avait fait une douzaine de voyages et n'était pas revenu du dernier. Venom se doutait bien qu'il avait eu une fin brutale.
Il n'en proposa pas moins un candidat : Sasha. C'était l'occasion où jamais d'infiltrer la base principale du Boucher. La sonde et les reconnaissances avaient confirmé l'hypothèse de Quyymaen, mais les pirates n'avaient personne sur place. Le garçon et son système espion feraient l'affaire.
-  Tu vas déguster, prévint le jeune homme : tu peux t'attendre au pire avec eux. Pire que tout ce que tu peux imaginer !
-  ils veulent un esclave ? ça tombe bien, j'en suis déjà un.  répondit bravement le gamin, passablement inquiet ; il se souvenait de la façon dont on l'avait conditionné.
-  N'essaie pas d'entrer dans des lieux interdits, n’essaie pas d'épier les conversations. Contente-toi de voir ce qu'on te montre et d'écouter ce qu'on te laisse entendre. Puis, une semaine exactement après ton arrivée, branche-toi, active la balise puis planque-toi.

Le gamin écouta poliment les recommandations de son maître, mais il n'était pas difficile de deviner ce qu'il pensait :  
« je suis un pro, inutile de me rappeler ce que je sais déjà. » 

Mais les mots suivants le surprirent autant qu'ils surprirent celui qui les prononça :
-   Si ça tourne mal, attends-moi, je viendrai te chercher ! 



Notes:
1 Probablement un conte apocryphe ; le premier baron He'rion n'est attesté qu'en 17 782 avant Yavin ! (Des parvenus, ces Herrion !)
2 Certains prétendent que chaque station « officielle » de l'Amber Star a son pendant dans les ombres.
3 Vieille légende Corellienne ?
4 Moissonneurs

Bonne lecture!
Modifié en dernier par Ve'ssshhh le Jeu 31 Mar 2016 - 21:00, modifié 1 fois.
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
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Messagepar Tenebrae » Mar 29 Mar 2016 - 12:05   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 8

Yo!

Un chapitre de transition où tu te poses un peu, où tu commences à installer les éléments pour la suite.

Moins dense que les précédents, ce qui le rend plus fluide. Le style est bon, ça se lit bien.
Surtout le court échange entre les deux frères.

Il y a eu juste ce moment qui m'a gêné:
Ve'ssshhh a écrit:De retour à son bureau, Venom résuma devant Himrom l'accord qu'il venait de conclure. Le maître espion était de bon conseil. (...) Et tant que vous y êtes, trouvez-moi un expert juridique, aussi ! Non, plusieurs !

Le passage entre les deux scènes est abrupt, on change de contexte, de focal de personnages. Je pense que l'intégrer au début de la partie suivante (JD 7 : Au bonheur des pirates) serait plus clair pour le lecteur.

Sinon:
La suite! :D
Tous mes textes passés, à présent et à venir sont dédiés à ma fille Sharleen.
Puisses-tu être heureuse où que tu sois désormais...
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 03 Avr 2016 - 16:00   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 9

Le passage entre les deux scènes est abrupt, on change de contexte, de focal de personnages. Je pense que l'intégrer au début de la partie suivante (JD 7 : Au bonheur des pirates) serait plus clair pour le lecteur.


Je l'ai modifié, ce qui m'a permis d'introduire quelques infos sur le port franc.



Ce nouveau chapitre est encore une transition. On y apprend néanmoins l'origine de la rivalité entre Mondor et Dolor, que certains mandaloriens savent se tenir dans un dîner de la haute société et que notre héros a décidé de lancer une nouvelle mode. :wink:

Chapitre 9 : Le Hun part au combat




Tenue de soirée exigée.

C'était un coin paumé, hors des sentiers battus . Un bon endroit pour un rendez-vous clandestin. Les ailes-A étaient en approche.
-  Escadron rouge au Hun, Red One appelle le Hun !
-  Contrôle spatial du Hun… Identification… OK, Red One votre Id est confirmée 
-  nous escortons le commandeur Hyx. Demandons vecteurs d'appontage, 12 +1 en approche
-  contrôle Hun pour Red One. Appontage autorisé sur le pont 14. Suivez les balise KRS 77 jusqu'aux rayons tracteurs. 

L'escadron et son leader firent un impeccable atterrissage en formation qui fut fort remarqué. L'officier en second du vaisseau s'était déplacé avec le comité d’accueil. S'il fut surpris par le jeune age des pilotes, il n'en montra rien. Mais il fronça les sourcils quand le « commandeur Hyx » ôta son casque. Celui-ci avait coupé très court ses longs cheveux et arborait une crête rouge identique à celle de ses Pilotes. Ce qui déclencha des murmures enthousiastes chez ses jeunes partenaires. Apparemment, il leur avait fait une surprise.
Il s'adressa tout d'abord à l'officier de pont
-  Mes compliments, Lieutenant. Pourrez vous veiller, je vous prie, à ce que mes pilotes puissent rejoindre leurs quartiers et se restaurer ? 
-  Je m'en occupe personnellement 
-   Je vous en suis reconnaissant, lieutenant 

Puis il s'adressa au Premier Officier, lui donnant du Capitaine -ce qui était le cas- , et le complimenta sur la tenue de son navire.
- bienvenue à bord, commandeur. Le Capitaine Herrion nous attend pour le dîner, mais si je puis abuser un peu de votre patience, d'autres invités viennent de s'annoncer. Consentiriez vous à les attendre avec moi ? 
-   Mais bien sur, fit le jeune homme intrigué.

Les «  invités » ne tardèrent pas. Les quatre vaisseaux se posèrent aussi précisément que les ailes A. Venom remarqua le puissant armement : chasseurs lourds ou petits patrouilleurs ? Le pirate nota aussi les nombreuses antennes et bosses sur la coque, qui indiquaient des senseurs performants et des brouilleurs puissants. Ces machines devaient être conçues pour guider des chasseurs lors d'un raid.
-   Un design Mandalmotors, si je ne me trompe, souffla Venom au second, qui se contenta d'acquiescer.

Hypothèse confirmée par les équipages, quand chaque chasseur libéra 2 pilotes portant l'armure traditionnelle. Deux membres d'équipage ? Voilà qui confirmait son autre hypothèse sur les systèmes de bord, trop complexes pour un seul pilote. Ils approchèrent en formation défensive lâche. Les mandaloriens n'étaient pas du genre à marcher au pas. Ni à baisser leur garde. Ils ôtèrent néanmoins leurs casques pour saluer leurs hôtes. Venom reconnut Stian Meerel. Son copilote était un jeune garçon, dans les 16-17 ans, qui lui ressemblait assez
Le Second s'adressa au mandalorien le plus âgé, qui marchait en tête.
-  Le Capitaine vous adresse ses compliments et vous prie à dîner, si vous n'êtes pas trop fatigué par votre voyage. Le commandeur Hyx et le capitaine Procyon an-Herrion se joindront à nous 
-  Je suis effectivement très éprouvé par ce long voyage, répondit l'homme aux cheveux blancs (qui ne semblait guère épuisé) si cela ne paraît pas trop impoli, je souhaiterais remettre à plus tard notre rencontre avec le Capitaine.
On pouvait appeler cela un refus diplomatique. Pour quelle raison ? se demanda Venom.
Le vétéran se tourna vers Stian, levant un sourcil interrogateur.
-  Je suppose que je dois accepter l'invitation  fit celui-ci l'air résigné.
Il se tourna vers son fils, sûrement pour le congédier, mais celui-ci le regarda droit dans les yeux.
- j'aimerais t'accompagner, si ça ne dérange pas.

Cela dérangeait manifestement son père, mais le garçon était un combattant à part entière, portant l'armure. Pas question de se disputer en public. Un seul des autres guerriers accepta l'offre :
-   Je serais heureux de revoir le capitaine Procyon ; nous avons déjà travaillé ensemble. 
-   Messieurs, ces officiers vont vous guider vers vos quartiers où vous pourrez vous rafraîchir. Le dîner est dans deux heures.

Le capitaine Herrion savait recevoir. Il avait complimenté sans un sourire – il dansait néanmoins dans ses yeux- le jeune commandeur et sa non moins jeune compagne pour leur élégante tenue si bien assortie avec une coiffure originale. Venom, agacé, avait néanmoins réussi à répondu avec un brin d'humour :
- Je ne suis pas l'inventeur de la coupe…
il avait jeté un regard noir à sa jeune compagne qui, décidément, le suivait partout.
- …Mais j'ai bien l'intention d'être leader de tendance sur ce coup-là : imaginez un peu tous ces jeunes gens des colonies et du noyau affublés de crêtes vertes, jaunes, violettes, ou carrément fluorescentes !
Une réponse manifestement préparée mais qui sonnait un peu faux.
- On a vu bien pire, Gamin , avait commenté le vieil armateur qui semblait décidé à taquiner le jeune homme. Passons à table, voulez-vous ?

Le pirate constata avec effroi qu'il y avait encore plus de couverts sur la table que dans les restaurants chics d'Amber 17. À quoi pouvaient bien servir ces baguettes de bois ? Et pourquoi quatre verres? Le pire, c'est que les trois mando'ade semblaient parfaitement à l'aise.
Où ont-ils appris ça, se demanda le jeune homme un peu jaloux.
Ce n'était manifestement pas leur premier dîner à bord. Il comprenait maintenant le refus poli des autres guerriers !
Néanmoins, passé la gêne initiale, il admit que le repas était plutôt agréable. Herrion le taquina quelques fois, mais heureusement, le mandalorien et son fils qui avaient troqué pour l'occasion leurs armures contre des tenues de soirées de très bon goût, accaparèrent vite l'attention de l'armateur ; surtout le garçon, constata Venom.
Le vieil aristocrate était toujours sensible au charme des jeunes hommes. Et le jeune mandalorien était aussi beau que son père avait dû l'être à son age : un beau ténébreux baraqué ?
Celui-ci ne se laissa pas démonter et sut répondre du tac au tac au vieil homme. Quand il ne conversait pas avec le troisième mandalorien, le capitaine Procyon suivait le duel d'un œil amusé. Nul doute qu'il avait soigneusement briefé le garçon qui portait son prénom et l'appelait oncle Alcor. Bref, à par la manie du vieil homme de l’appeler «  Gamin », tout se passait mieux que prévu pour Venom. Il décida de l'appeler «  le vieux » à la prochaine occasion.
Au troisième plat, la conversation était revenue sur des sujets plus graves.
-   ça chauffe de plus en plus entre Mondor et Dolor  commentait Procyon.  Ils s'accusent mutuellement d'attaques et de pillages.

Sur ce coup, Venom était dans ses petits souliers, d'autant plus que tous semblaient savoir qu'il était responsable de la situation . Il tenta de détourner le sujet :
- Les dolorien sont des gens bizarres : sauriez vous, capitaine, d'où leur vient cette inimitié pour leurs voisins? 
- Pas seulement pour leurs voisins. Elle s'étend à la quasi-totalité de la Galaxie. Cette histoire, dit on, remonte à très longtemps. À l'époque du second empire Sith, l'actuelle voie M66 s'appelait voie de Dolus et se prolongeait par la passe du même nom, jusqu'à Korriban. Mondor ayant été colonisée par des républicains, l'empire réagit discrètement en installant des partisans sur Dolor, des membres d'une obscure secte. Ils avaient l'intention de reprendre Korriban et ne voulaient pas que la république contre-attaque trop facilement.
- Une bonne précaution, approuva le pirate !
- Cela dénotait surtout une vision à long terme : la guerre n'éclata que cent cinquante ans plus tard ! Lorsqu'elle éclata, des troupes des deux camps furent envoyées en renfort. La guerre froide laissa les deux camps retranchés sur leur position. Puis la passe s'effondra, les deux mondes perdirent leur importance stratégique. Les Sith abandonnèrent purement et simplement leurs partisans pour lesquels ils n'avaient que peu de considération; la République, qui avait d'autres chats à fouetter, oublia également ses troupes. Après tout, la M66 n'était plus qu'un cul de sac avec Dolor pour terminus.
- elle l'était encore peu avant l'invasion, rappela Markus Herrion.

Son frère acquiesça, puis reprit : 
- La paix revenue, les compagnies de transport prirent l'habitude de s'arrêter à Mondor : les mondes les plus intéressants sont situés avant. La situation changea avec l'avènement de l'empire, auquel Dolor adhéra avec enthousiasme. Il me suffira de rappeler que la planète a fourni pas moins de 5 Inquisiteurs impériaux et quatre Moffs, parmi les plus cruels. Et, surtout après Yavin, ils ont obtenu ce que l'empire faisait de mieux en matière de vaisseaux. Pas des destroyers, bien sur, à part des Gladiator : Croiseurs moyens Loronar, frégates impériale II, croiseurs légers de classe Pursuit, corvettes Vigil... Ils restent la plus grande puissance militaire du secteur. Une puissance qui n'a cessé de s’accroître depuis.

Son aîné prit le relais:
- Puis, vers la fin de la guerre civile, un nouvel itinéraire pour rejoindre la passe fut découvert par un vaisseau explo-astro. Un itinéraire qui contournait Dolor. Vous devinez la colère des Doloriens !
-  Dolor… d'où vient ce nom curieux ? Est-ce du Sith ?  demanda le jeune Alcor Mereel
-   C'est dit-on, un résidu d'une langue bien plus ancienne, qui signifie souffrance, peine. Les noms des destroyers Kuati dérivent de la même langue, parait-il. Quand on y pense, les Doloriens on pas mal de points communs avec les Vongs.
- Leur affection pour le côté obscur de la Force mis à part ! 
- des Sith ? Supposa Venom.  
- N'allons pas jusque-là ! Une sorte de secte, plutôt. Mais je sais de source sûre que plusieurs des étudiants de l'Académie de l'Ombre et quelques-uns des instructeurs venaient de ce monde. Certains sont toujours dans la nature,  expliqua sombrement le capitaine Herrion.

Comparé aux plats sophistiqués qui l'avaient précédé, le dessert semblait bien plébéien : une part de tarte et un gobelet d'une boisson dorée. Mais l'odorat très développé du jeune pirate lui révéla la subtile richesse de ces plats. En bouche, c'était encore meilleur ! Une explosion d’arômes et de parfums subtils harmonieusement mêlés  ! Quant à la boisson…
Venom se rendit compte que tous l'observaient attentivement. Les deux Herrion et les mandaloriens abordaient le même petit sourire. Red One aussi, d'ailleurs.
- Délicieux !
Ce fut tout ce qu'il trouva à répondre à leur muette question. Un mot bien banal comparé à ce qu'il ressentait.
- Tarte aux cinq nectars et jus de Kilao tout frais ! Ce que mon monde natal fait de mieux, annonça fièrement l'armateur. Avez vous aimé, mademoiselle ?

La jeune Red One écoutait beaucoup, avait parfois jeté un regard hostile à l'armateur, mais n'avait pas ouvert la bouche. Elle semblait veiller sur un trésor.
- J'ai toujours aimé le jus de Kilao et les gâteaux aux cinq nectars ! On en servait lors des repas de famille à la Tour des Nuages.
Son visage refléta la tristesse, puis elle reprit son masque vigilant et attaqua sa part de gâteau.
Markus Herrion la considéra un instant, pensif, puis reprit la conversation.



Plans de bataille.

Le lendemain, en réunion de travail, la discussion prit un tour plus technique.
Le thème : comment protéger le Hun d'une attaque que tous savaient inévitable. Et, avança Venom :
- Comment tirer parti de cette attaque pour infliger des pertes insupportables à l'ennemi ?
- J'ai laissé courir quelques bruits, à ce propos , Gamin, sourit malicieusement le vieil armateur
- Comme, par exemple… Le Vieux? Questionna le jeune homme, qui avait été à deux doigts d'oublier.

Il pensait qu' Herrion allait le foudroyer du regard et revenir à des rapports plus distants. Le regard courroucé du second, l'expression choquée des membres d'équipage le laissaient supposer. Il n'en fut rien, l'armateur eut un mince sourire et poursuivit  comme si de rien n'était :
- Que j'ai dû débarquer l'un des deux escadrons du Hun pour défendre la plate-forme Gorek , ou que tous les postes de quad laser n'ont pu être installés à temps. 
- Supposition confirmée, pour un observateur extérieur, par les emplacements vides sur la partie ventrale arrière 
-  Tiens, Tu as remarqué, toi aussi ? Fit Herrion d'un air faussement naïf/
- Bref, fit le second, ils s'attendent à un seul escadron… Et pourraient se retrouver face à trois plus un groupe de combat Mandalorien.
-  Trois ? Les ailes-A sont parmi les chasseurs les plus difficiles à piloter. Que vaudra cet escadron piloté par des gamins ? sourcilla le plus âgé des mandaloriens ; Jad Piluna, avait appris Venom.
- Nous avons tous participé à plus de 10 batailles de grande intensité et à d’innombrables escarmouches à bord de chasseurs bien plus difficiles à piloter. Certes, mes pilotes sont un peu novices sur aile A, mais ils se sont bien entraînés.

Il termina par une petite pique :
- Par ailleurs, un mandalorien étant opérationnel à 7 ans, pourquoi d'autres ne le seraient pas à 12 ?
-   Si ce sont les mêmes que ceux qui ont piégé les chasseurs de l'Altaïr dans la ceinture de Kobash, ils sont largement à la hauteur , pas vrai… Gamin ? Balança Herrion avec un sourire malin.
Venom se garda bien de confirmer, mais répondit au test :
- Ils sont bons… Le Vieux! Je vous le dis ! Je les ai sélectionnés et entraînés moi-même. En tout cas, on peut offrir une petite surprise à vos assaillants !

Test réussi : l'armateur sourit à nouveau, cette fois plus franchement.
-  Mouais, à condition qu'ils n'aient pas éventé la ruse.  Il suffit de quelques espions bien placés.
-   Il y en a. On les connaît. Et on en profite pour balancer un peu d'intox. Mais vous n'avez pas tort: il suffit qu'un seul nous ait échappé, fit pensivement Procyon.
- Ma source m’a assuré qu'on les avait tous et m'a offert des informations de première main sur les forces ennemies. Merci, à propos, Gamin, pour nous avoir aidé à localiser leur base. Cela a été très utile à mes amis. Messieurs, si cela peut vous rassurer, nous ne sommes pas les seuls sur le coup. Même si pour l'instant, nous ne pouvons compter, justement, que sur des informations. 

Le Capitaine Herrion semblait sûr de lui . Pourtant, le rapport de force ne semblait pas si favorable :
- Six skipray, autant de décimateurs VT49 – de vrais vaisseaux de guerre, malgré leur taille- , au moins deux, sinon trois escadrons de chasse et dame chance sait combien de corvettes et de cargos armés ! Et vous voulez qu'on combatte tout ça tous seuls , le Vieux? 
Venom commençait à douter.
- Une ou deux corvettes au maximum, une bonne quinzaine de cargos légers, mais pas les gros. Hekken a trop besoin de ses vaisseaux capitaux là où ils sont. C'est à dire sur ses voies de ravitaillement ou autour de Tschaï. Et puis Gamin, sache que le Hun est bien plus méchant qu'il n'en a l'air.
- Les croiseurs de fret sont des marchands déguisés en soldats. Le Hun est un soldat déguisé en marchand, récita Stian qui se remémorait les maximes de sa jeunesse au service du vieil homme.
- Mais ce n'est pas non plus un vrai croiseur ajouta-t-il. Finalement, jouer les appâts n'est peut-être pas une si bonne idée.
- L’Esméralda sera là. Et quelques-uns de nos vieux amis aussi, assura le capitaine Procyon, qui semblait un peu mélancolique.
- N'empêche, c'est un peu juste, renchérit Piluna qui n'envisageait pas une seconde de reculer. Nous aurons du mal à vous protéger, Capitaine. 
- Comme l'a dit Alcor, nous ne serons pas seuls ! J'ai beaucoup d'amis qui aiment la discrétion mais savent se battre ! 

D'après les informations recueillis par Venom, les croiseurs de l'Amber Star avaient participé à la bataille d'Ebaq IX dans la flotte de l'Alliance des Contrebandiers. L'armateur savait de quoi il parlait. Herrion n'en avait pas fini :
- Et je suis assez vieux pour ne plus craindre la mort. Hekken ne résistera pas à la tentation d'en finir avec moi. Il sera là, j'en suis persuadé. Ce sera une belle occasion de l'éliminer. Sans lui, sa coalition se délitera.
Il se tourna vers son second :
-  J'ai l'intention d'évacuer tout le personnel non indispensable. Par ailleurs, je ne veux que des volontaires, ceux Du Hun, du Goth ou du Vandal, des frégates, corvettes et canonnières. Que des combattants expérimentés. Certains à bord ont des familles : voulez vous y veiller pour moi ?
- à vos ordres, Capitaine … Et… je suis volontaire, il va sans dire 
-  j'en suis heureux. Merci, mon ami !

Il posa une main amicale sur le bras de l'homme qui contenait difficilement son émotion, puis s'adressa aux autres pour lui laisser le temps de reprendre contenance :
-   De plus, nous pouvons équilibrer le rapport de forces, si notre jeune ami demande à ses petits camarades de rejoindre la fête ! Alors, Gamin ? 
- Eh, le Vieux, vous savez bien que la plupart de mes vaisseaux ne seront opérationnels que dans une semaine. Plus le temps de faire quelques essais. Les disponibilités sont limitées et nous aurons besoin d'eux pour attaquer Tschaï. C'est ce qui est prévu au contrat. De plus j'ai promis à quelqu'un à qui je tiens d'aller le récupérer sur Tschaï dans huit jours et demi exactement . Et j'aurai besoin de toute ma puissance de feu pour tenir parole.
- Sasha ? Devina Stian . Vous avez envoyé ce gamin là-bas ? 
- à quel age votre fils a participé à son premier combat ? Personnellement, je me bats pour survivre depuis que j'ai 7 ans. Sasha est costaud  et j'ai confiance en ses talents. Pour le reste, je peux tout de même faire quelque chose pour vous aider. Moyennant une petite rallonge, le Vieux !
-  Va falloir qu'on discute sérieusement, Gamin !
Le vieil armateur semblait bien s'amuser, pour quelqu'un menacé de mort.


J'espère que vous aurez remarqué le clin d’œil à un de mes westerns (spaghetti) préférés;
La bataille, c'est pour bientôt, mais pas pour le chapitre 10: pendant que Venom apprend à utiliser des baguettes et le quatrième verre, certains de ses camarades préparent une sinistre récolte. Non, ce ne sont pas de gentils pirates! Le chapitre 10 s'intitulera: La Moisson.

Bonne Lecture
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Dark Sheep » Ven 08 Avr 2016 - 17:53   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 9

Salut Ve'ssshhh !
(J'avoue, j'ai fait un "copier-coller" pour m'assurer que ton nom soit correctement écrit :siffle: )
Je poste un petit commentaire ici parce que j'ai commencé la lecture de ta fiction. Je ne suis pas encore à jour, je n'ai lu pour l'instant que les cinq premiers chapitres, mais je compte bien rattraper mon retard sur ta publication :wink:
Bon, je pourrais arrêter mon message ici, mais je suis plutôt du genre à commenter :D
Tout d'abord, je précise que je ne connais quasiment rien à l'univers étendu (devenu "légendaire" :) ) post épisode 6, et pire encore en ce qui concerne la période des envahisseurs extra-galactique, etc…
C'est pourquoi, en ce qui me concerne, tu ne cours aucun risque je relève des éléments de ton histoire qui iraient en contradiction avec ce qui est (était) officiel :transpire:
Ceci étant dit, parlons plutôt de l'univers que tu crées !
Tout d'abord, je ne peux que te féliciter pour l'étendue du monde. Entre les pirates, les anciens rebelles, les anciens impériaux, les mandaloriens, les contrebandiers, les anciens inquisiteurs et leur culte de "Tenebrae"… bref, tu as sacrément peuplé le décor :oui:
De la même façon, tu as créé divers personnages appartenant à diverses factions, et j'ai la sensation que tu serais capable de raconter leur vie dans le détail si on te le demandait :lol:
D'un autre côté, toutefois, je dois dire que je me perds parmi la multitude de personnages. J'identifie Venom et ses deux pions favoris, Thalia et Sasha, j'identifie le loup-garou (mais là, tout de suite, je n'ai plus son nom), je me souviens de Naali la falleen… mais sinon, je t'avoue que la profusion de protagonistes a raison de moi :paf:
Ça ne m'empêche pas de poursuivre ma lecture, mais par moment c'est un p'tit poil frustrant :transpire:
Par exemple, dans le chapitre 5, je lisais des noms de personnages avec lesquels ton héros (qui a trois noms, mais que j'arrive tout de même à identifier :x ) discute, et je me demandais lequel est le "Capitaine" du Hun, et lequel est le mec qui est en affaires avec l'ancien inquisiteur. Alors que j'écris ces lignes, je ne suis pas tout à fait convaincu que ce ne soit pas le Capitaine qui soit en affaires avec les sorciers :?
Comprends-moi bien, je ne cherche pas à être négatif, simplement à te donner mon ressenti de lecteur :jap:
D'ailleurs je ne doute pas que, au fil des chapitres à venir, je serai assez familiarisé avec tes héros pour mieux les discerner.

À présent que j'ai abordé la foultitude de détails que tu donnes, qui s'étend jusqu'aux différents types de vaisseaux, je te propose mon avis sur ton héros "autonommé" Jango Hyx :wink:
Jusqu'à présent, je ne ressens pas le syndrome Gary Stu dont parlaient certains (mais c'est peut-être parce que j'avais moi-même écrit un truc avec un personnage ayant des aspects "too much" :paf: ).
Il est vrai qu'il n'a jusqu'ici pas connu d'échec dans ce qu'il a entrepris, mais pour autant je ne m'en suis pas fait une image type "trop beau, trop grand, trop fort, qui sent trop bons, etc…".
À vrai dire, et ça fera un lien avec mon sujet suivant, je trouve même qu'il est moyennement attachant à cause de certains défauts qu'il a. Et j'y reviendrai :wink: (qui a parlé de tirs croisés ???)
Le point suivant, donc, c'est l'atmosphère que tu arrives à créer. Ou du moins, à ME faire ressentir. Dans ton histoire, il y a un petit quelque chose de dérangeant, à mon goût. Attention, ce n'est pas un mal ! C'est même très bien d'arriver à faire ressentir des choses à travers tes écrits.
Ce que je trouve dérangeant c'est toute la partie esclavage, conditionnement, etc, des enfants. Soyons honnêtes : c'est assez malsain :lol:
Mais bravo, tu as crée quelque chose (là, je dis ça sans connaître l'univers étendu).
Et je reviens donc à ton héros ! Je le disais moyennement attachant, et c'est en partie lié au fait qu'il fait partie de ce système malsain. ET d'un autre côté, j'ai la sensation que c'est aussi au travers de ce système qu'il peut devenir attachant, ou du moins CONTRE ce système. Vraisemblablement, sa relation avec Thalia et Sasha peut le rendre plus humain. Et attachant, par extension, je pense. Même si, pour l'instant, il semble s'être fixer pour but de devenir Empereur, plus ou moins :diable:
On en vient donc à l'origine de ton héros. Si j'ai bien saisi, il est une sorte de clone, hybride entre Jango et Palpatine. C'est bien ça ? Si on prend cette base, ainsi que sa "formation", tu as effectivement créé un personnage à très fort potentiel.
Au vu de l'univers que tu poses, et du nombres de factions et personnages, j'ai la sensation que ton histoire va être longue ! Ce qui devrait permettre à ton héros de se heurter à divers obstacles :sournois:

Bon, je vais m'arrêter là, je pense que le commentaire commence à tirer en longueur.
Je lirai la suite, et une fois à jour j'essaierai de faire des petit retours réguliers. En général, quand je commence à lire une fiction, je reste jusqu'au bout, donc tu peux compter un lecteur récurent de plus.
À ce sujet, j'ai constaté que tu avais des retours réguliers de Tenebrae, mais que d'autres étaient moins actifs qu'au départ. Peut-être est-ce lié à la fréquence de tes nouveaux chapitres. Si tu espaçais un peu plus, peut-être aurais-tu davantage de commentaires. Le lecteur peut parfois abandonné s'il se sent noyé. Je dis ça, mais je me trompe peut-être :neutre:

Sur ce, bonne continuation pour ton écriture, c'est un sacré boulot !
:jap:
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Messagepar Ve'ssshhh » Sam 09 Avr 2016 - 21:44   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 9

Tout d'abord, merci pour tes commentaires, c'est toujours sympa d'avoir des retours. Heureux que tu aies apprécié, malgré le foisonnement de personnages, de vaisseaux et de mondes en grande partie issus de mon imagination. C'est génial d'avoir une galaxie entière pour faire joujou, ça fait des centaines de milliers de races, des millions de mondes qui n'ont jamais été cités. j'ai parfois tendance à m'emballer :oops:
Alors oui, j'ai crée mon propre petit Univers étendu à l'intérieur de l'UE argh… Legends ( tousse) et ça fait beaucoup de monde et de mondes:


De la même façon, tu as créé divers personnages appartenant à diverses factions, et j'ai la sensation que tu serais capable de raconter leur vie dans le détail si on te le demandait

J'ai en effet des fiches plus ou moins détaillés sur de nombreux personnages, espèces et mondes que j'ai inventés. Mais pas de tous, loin de là !
Rassure-toi, beaucoup ne sont que des personnages secondaires destinés à enrichir l'environnement des héros. C'est le cas de la majorité des pirates (je ne pouvais me résoudre à les appeler «  eh toi, là ! » ou «  Slim et cinq hommes, vous faites le tour par le canyon » ou le « pirate à la cicatrice »). Certains sombrent vite dans l'oubli total, d'autres sont devenus des personnages récurrents.

D'un autre côté, toutefois, je dois dire que je me perds parmi la multitude de personnages. J'identifie Venom et ses deux pions favoris, Thalia et Sasha, j'identifie le loup-garou (mais là, tout de suite, je n'ai plus son nom), je me souviens de Naali la falleen… mais sinon, je t'avoue que la profusion de protagonistes a raison de moi

Ah, Naali ! En tant qu'initiatrice et mentor (pour les poisons), elle a contribué à forger le personnage de Venom. Leur relation passée explique probablement la retenue du jeune homme vis-à-vis de Thalia, malgré leur attirance mutuelle. La Falleen formait avec le défunt commandeur suprême Kendall Horbin un ersatz de couple parental (totalement dysfonctionnel ). Elle aurait du avoir un rôle plus important, mais au final, il s'est réduit à bien peu. C'est le cas de nombreux pirates.

Voici un petit guide des principaux personnages, j'espère qu'il aidera à y voir plus clair 
:

Les Pirates :
Jango Hyx, alias HX-J4C, alias N°9, alias Venom; Clone (très modifié) de Palpatine
Markrr le Garoug, son frère de sang. (un sélonien dans le projet initial)
Quyymaen, un kaleesh, (clone de Grievous), son maître d'équipage; 
Jegor : jeune Duro ami et « homme » de confiance de Hyx, promis à une belle promotion (s'il survit)
Ses jeunes pilotes, commandos et espions, dont Sasha et Thalia.
Himron est aussi un clone. Son original était un agent impérial.

Marek le Berel est un contrebandier très (trop) protecteur. Une protection qui s'étend à Thalia et Sasha. Pourquoi ? Mystère! ( il faut bien en garder pour les récits suivants)

L'Amber-Star

Un homme d'affaires d'origine noble: Markus Herrion, richissime armateur et dirigeant de l'Amber Star. Ce n'est pas un modèle d'honnêteté, mais il reste un ami des Jedi. ( il fut aussi un ami de Wilhuff Tarkin ou de Bail Organa, il n'est pas à une contradiction près)
Alcor Procyon an-Herrion, explorateur et aventurier, son demi-frère. Son sens moral est sensiblement plus élevé.
Stian Mereel, Mandalorien proche de la famille. Il a une certaine influence auprès de ses camarades en besker' gan.

Les chasseurs de prime :

Bobbi, Jake et Lorna Keren. ('ils ont leur propre récit !)

Les ennemis :
Bokkor Hekken, un ancien dirigeant des brigades de la paix. Signes particuliers: a survécu à tous ceux qui le chassaient et hait les Herrion.
Malthus Verryn: Un industriel mégalomane et manipulateur, jadis conseiller de l'Empereur.
Magnus, ancien inquisiteur: puissant Sorcier du côté obscur (et ses séides), originaire de Dolor et adorateur de la Tenebrae.


Quelques célébrités issues de l'UE ou des films interviendront:
Mara Jade Skywalker aura le rôle le plus important.
Talon Kaarde, Wedge Antilles seront de la partie.
Luke Skywalker et Jaîna solo feront une très courte apparition.

La suite:


Dans ton histoire, il y a un petit quelque chose de dérangeant, à mon goût. Attention, ce n'est pas un mal ! C'est même très bien d'arriver à faire ressentir des choses à travers tes écrits.
Ce que je trouve dérangeant c'est toute la partie esclavage, conditionnement, etc, des enfants. Soyons honnêtes : c'est assez malsain


J'en suis bien conscient, mais je ne voulais pas que l'on prenne mes pirates pour de joyeux et gentils hors-la-loi !
Euh, à propos… Le chapitre 10 va précisément développer cet aspect le plus noir des activités des pirates :transpire: .
Mais Venom, Markrr, Jegor et d'autres en sont absents, faut-il y voir un signe ? :?

Mais ce n'est pas la raison principale, qui remonte à la genèse de cette histoire :
Ce malaise, ce côté malsain, c'est exactement ce que j'ai ressenti après avoir vu un documentaire sur les enfants-soldats. Le moins que je puisse dire, c'est qu'il m'a choqué. Et c'était la réalité, maintes fois répétée dans l'histoire de notre monde pourri, pas une histoire pour faire peur.
En transposant (partiellement) ce que j'ai vu dans une galaxie très lointaine, avec des personnages fictifs, j'ai pratiqué une sorte d'exorcisme.
Paradoxalement, j'y ai trouvé l'inspiration qui m'a permis de sortir de l'impasse où je m'étais fourvoyé et j'ai pu achever cette histoire qui était bien mal partie (comme la majorité de mes écrits à l'époque): je voulais écrire un récit dont le personnage principal était un vrai méchant et que pouvais-je trouver de mieux qu'un clone de Palpatine ? Mais quelque chose n'allait pas.
En introduisant les esclavagistes et les enfants-soldats, je me suis rendu compte que je pouvais enrichir mon personnage, qui devint à la fois victime (il fut lui-même enfant-soldat) et complice du système. Dès lors, comment allait-il évoluer ? Allait-il s'approprier le système (comme l'a fait Palpatine) ou se rebeller contre lui ?
Pourquoi devrait-il répéter le même schéma que son original ? Quelle serait l'influence de gens comme Markus Herrion (recyclé d'un récit inachevé) ou Mara Jade ?
Ce fut le déclic !

PS : Il faut dire que l'univers StarWars se prête bien à cette transposition : Hutts, Zygeriens, Trandoshans, consortium de Zann (dont est issue la flotte pirate), Thalassiens, Karazaks… (Ou des mondes comme Orvax IV), Les esclavagistes et les atrocités ne manquent pas ! Et l'Empire fut le plus actif dans ce domaine !
N'oublions pas non plus que les 6 premiers épisodes racontent l'histoire d'un ancien esclave.



je me demandais lequel est le "Capitaine" du Hun, et lequel est le mec qui est en affaires avec l'ancien inquisiteur. Alors que j'écris ces lignes, je ne suis pas tout à fait convaincu que ce ne soit pas le Capitaine qui soit en affaires avec les sorciers


Je crois (j'espère) que tout va se décanter au fil des chapitres. Certains personnages n'ont vraiment aucun avenir !
Le « capitaine » du Hun est bien Markus Herrion. Il est entièrement responsable de la confusion en revendiquant ce titre de capitaine, alors que celui de Directeur, Amiral ou Armateur lui conviendraient mieux. Qui plus est, il est maintenant Vice-roi !
Mon obsession pour les répétitions me pousse parfois à parler de lui comme : Le vieil homme, l'armateur, le capitaine de l'Amber Star, etc. ( j'ai fait de même pour Venom)
Par contre, il a effectivement un lien avec Malthus Verryn, la « relation d'affaires » du Sorcier ! Mais lequel ? Verryn, qui a fait exterminer les Herrions, refuse qu'on assassine le « dernier des Herrions ». Y a un twist ! ( mais pas de réponse dans cet épisode, tout au plus des indices!)


Si j'ai bien saisi, il est une sorte de clone, hybride entre Jango et Palpatine. C'est bien ça ? Si on prend cette base, ainsi que sa "formation", tu as effectivement créé un personnage à très fort potentiel.


Tu as bien saisi ; pour être plus précis, un complexe génétique très spécial avait été greffé sur le génome (qui avait l'avantage d'être disponible et connu depuis longtemps) de Jango Fett pour créer des « super-soldats ». C'est de là que viennent les capacités exceptionnelles de Venom : vitesse, force, résistance, capacités de régénération. Dans le même temps, Palpatine cherchait à créer des clones plus résistants pour transférer son esprit et son pouvoir : il en usait beaucoup et leur remplacement devenait une urgence vitale. (Remarque : Ceci est inspiré de la série de comics « Empire des ténèbres ».)
On peut donc supposer que, pour gagner du temps, les scientifiques ont fait un « mix » entre la partie du génome de Fett portant le complexe génétique et celui de Sheev Palpatine. Après tout, notre jeune clone était qualifié « d'expérimental » et n'était peut-être pas la version définitive.
Bien sur, il y a (encore) un twist. Les plans de Palpatine étaient toujours très tortueux. Ceux de Malthus Verryn ne le sont pas moins  :wink:


Au vu de l'univers que tu poses, et du nombre de factions et personnages, j'ai la sensation que ton histoire va être longue !

Assez longue, oui : elle fait une bonne centaine de pages A4 (libération serif 11) !
J'en suis à six récits autour des mêmes personnages, sans compter les histoires courtes hors-série ! C'est mon Game of Thrones à moi…
Heu, j'espère bien que non : j'ai déjà la fâcheuse manie d'introduire une foultitude de personnages, alors…
disons plutôt ma saga Vorkosigan à moi.

Si tu espaçais un peu plus, peut-être aurais-tu davantage de commentaires. Le lecteur peut parfois abandonné s'il se sent noyé. Je dis ça, mais je me trompe peut-être

Tu touches un point sensible : comment maintenir un rythme de publication régulier tout en espaçant suffisamment les éditions ? J'avais choisi le format du feuilleton hebdomadaire ( ou plutôt tous les six jours pour les derniers chapitres) , mais devrais-je passer en bi-mensuel ?
J'attends vos avis !

Voilà, j'espère avoir éclairci certains points obscurs. Alors, Ô lectrice, Ô lecteur, n'hésite pas à réagir ou à questionner comme l'a fait Black Sheep !
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Ve'ssshhh » Mer 13 Avr 2016 - 12:41   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 9

Avertissement: Voici un chapitre qui dévoile les activités les plus sombres des Frères de Belvan: Ce ne sont pas que des pirates, ce sont aussi d'impitoyables esclavagistes.


Chapitre 10 : La Moisson



Au même moment, un peu à l'écart de la M66, la moisson commence.

«  le Livreur de Rêves » approchait de Greenhome, ainsi que l'avaient baptisé les colons qui s'y étaient établis. Une colonie secrète dont l'existence n'était connue que d'une poignée de gens en dehors du système. D'après les informations que Venom avait collectées pendant son périple d'un an, la planète avait été redécouverte il y avait une vingtaine d'années ; L'équipe d'explorateurs, financée par une grosse compagnie privée du secteur Virenx, la Gold Coast, avait très vite saisi le potentiel de ce monde redevenu vierge.
Une équipe de scientifiques et de pionniers avaient suivi mais, dans une galaxie en conflit, la colonisation n'avait réellement commencé que plus tard: 800 colons, de jeunes couples pour la plupart avaient rejoint la centaine de pionniers pour fonder la première – et pour l'instant unique- ville Green city. D'autres avaient suivi. Une ville en pleine croissance, un gros bourg de plus de 3000 habitants au dernier recensement. Une vingtaine d'établissements, dont seulement quatre étaient à moins de 100 km, complétaient la colonie.

Des villages de 150 à 500 habitants, choisis pour leur emplacement stratégique étaient répartis sur un territoire d'un million de kilomètres carrés. Le programme de colonisation était bien pensé , l'organisation bien structurée. Nul doute que, sans l'invasion des Vongs, la population eut été bien plus nombreuse et les défenses plus solides. La petite taille des communautés s'expliquait par le type de vaisseaux colonisateurs, deux (ils avaient été quatre) transport d'ensemencement 200 effectuant deux à trois voyages par an. Des colons triés sur le volet, tous originaires du même secteur ; tous humains .
Leur volonté de cacher l'existence de leur monde allait leur jouer un sale tour. Une discrétion compréhensible pour des gens qui s'installaient dans le voisinage de ces cinglés de doloriens, mais leur refus d'inviter d'autres colons témoignait aussi d'un évident égoïsme.
Une cible parfaite pour des esclavagistes aux moyens réduits : les jeunes couples, comme tous colons, s'étaient empressés de faire des enfants, dont la majorité avaient l'age requis pour un service dans la flotte.
La cible était bien défendue, constata Borsk.
-   Eh bien, ils savent comment éloigner les intrus, remarqua-t-il.  Vous n'aviez parlé que d'un seul satellite automatique de défense. J'en vois deux, un lance-missiles et un laser ajouta-t-il d'une voix lourde de menaces
- Nous ne sommes pas revenus depuis quatre mois, se défendit le capitaine. Le dernier convoi d'ensemencement a dû l'amener.

Borsk accepta l'excuse d'un grognement ; Il se concentra sur les données et les transmit par subespace aux autres vaisseaux qui s'étaient camouflés derrière une géante gazeuse .
Le second transmit les codes d'approche. Sa voix ne tremblait pas, contrairement à celle du capitaine.
-   Ah vous voilà enfin, Livreur ! Vous avez fait un petit détour par la Grande Roue, hein, les gars?  taquina leur correspondant.
- On a eu du mal à trouver certains articles, surtout ! En plus, on s'est tapé les embouteillages sur A 17 ! c'est la cohue, là-bas ! Et on a dû recruter, aussi : le coin est de moins en moins sur, mentit aisément le second, qui savait garder son sang froid.
- recruter ? Vous avez des nouveaux à bord ? 
- Pas de soucis ! On les connaît depuis longtemps. Carl nous a lâché pour un job plus tranquille. Il a bien fallu le remplacer. On en a profité pour engager deux canonniers ; deux vétérans de la flotte ; ils sont de chez moi !
-   ah, bon ! Tu réponds d'eux ? 
- Oui , mentit à nouveau le copilote. Il ne pouvait dire plus sans s'étouffer

Le village était bien protégé : fossé, barrière énergétique, pas moins de dix tourelles anti-personnel, deux autres anti-véhicules : de quoi résister à un assaut terrestre ou aérien. Par chance, les villageois avaient trop de tâches pour y maintenir du personnel en permanence et la piste d’atterrissage était à l'intérieur du périmètre de défense. Sitôt posé, l'équipage commença à débarquer les marchandises.
Borsk et ses deux« canonniers » savaient se comporter en société ; ils sympathisèrent vite avec les jeunes gens venus récupérer les colis. Une opération qui prit plus longtemps que prévu. La nuit tombait quand le travail fut terminé et le terrain, sans éclairage ni système d'assistance, empêcha de rembarquer les produits locaux. Il faudrait attendre l'aube. Comme prévu.
L'équipage fut invité à se restaurer et boire un verre dans la cantina locale , avant de rejoindre le vaisseau jusqu'au matin. L'hospitalité des colons n'allait pas plus loin. Le capitaine, que sa conscience travaillait préféra rester à bord, prétextant un malaise. Jak Orian, l'un des canonniers, proposa généreusement de rester avec lui. Il savait que faire si l'autre tentait de donner l'alarme.
...

Les étoiles avaient envahi le ciel. Il se faisait tard et la plupart des villageois s'étaient couchés, mais la fête battait encore son plein dans la cantina. Méfiants ou pas, les habitants n'avaient pas souvent l'occasion de voir des visiteurs, ni de s'amuser. Il n'y avait plus personne à proximité du vieux cargo.
Quelque chose bougea près de l'appareil : lentement, sortant de leur cache, des drones traqueurs s'élevèrent. Chacun portait, en plus de son arsenal, une sphère brumeuse.
Restant très bas pour éviter de déclencher quelques détecteurs, ils se répandirent dans la ville jusqu'à leurs positions d'attente.
Ils furent bientôt suivis par de petites silhouettes furtives. Venom avait recruté ses commandos sur un monde primitif aux fortes traditions guerrières. Un monde où l'on pratiquait razzias, embuscades et vols de bétail. Leur maître avait coutume de dire que les Reapers (1) étaient des guerriers avant même leur naissance.
Ils allaient le prouver cette nuit.
Chaque groupe avait sa cible, la principale était le centre de contrôle et de communication.
Les trois hommes de veille devaient regretter d'être de garde alors qu'on s'amusait à la cantina. Distraits, ils ne virent pas les commandos se répandre dans la ville.
Surpris par un mouvement sur l'écran, l'un d'eux découvrit que quelqu'un se tenait derrière la porte d'entrée. Les caméras révélèrent une fillette (2) en tenue de nuit, pleurant à chaudes larmes. Plus loin, une autre petite silhouette semblait se tordre de douleur en se tenant la jambe. Le chef brancha l'interphone :
-  s'il vous plaît, c'est mon frère ! Il voulait voir les étrangers, alors il a sauté le mur, et…
La fillette éclata en sanglot en le montrant.
- Bon, ne bouge pas, on arrive !  fit l'homme en saisissant son blaster réglementaire.

Il se précipita, mais le garçon semblait aller mieux. Un poids soudain sur son dos, un câble autour de son cou, il mourut avant de comprendre que c'était la fillette qui… Derrière lui, ses deux camarades étaient assaillis par des ombres mortelles. Les bien-nommés Reapers de Venom étaient les meilleurs commandos de la flotte. Les petits guerriers traînèrent difficilement leurs victimes dans le centre, verrouillèrent la porte, et s'affairèrent sur les commandes : désactivation des satellites, des alarmes. Signal aux vaisseaux en attente. Un autre groupe s'était occupé du bâtiment des générateurs, un troisième des rares sentinelles : ils attendirent le dernier moment pour couper la barrière, dans le rugissement des navettes, puis mirent leurs masques à gaz.

Au-dessus des rues, les drones libéraient le contenu de leurs sphères : une brume irritante, qui provoquait désorientations et nausées. La plupart des habitants furent cueillis en petite tenue, fuyant leurs maisons envahies par la brume verdâtre.
Des individus de petite taille casqués, armés et violents – ce ne pouvait être des enfants, n'est-ce pas ?- , des drones lançant des éclairs , d'horrible quadrupèdes au mufle effrayant -des chiens, ça?-, les attendaient dans les rues, canalisant la foule effrayée à coups de d'elec-triques et de neuro-fouets. Voilà comment deux grosses centaines d'esclavagistes pouvaient mater une population quinze fois plus importante
C'est seulement dans la taverne que retentirent quelques coups de blaster. Des hommes et des femmes avinés, les yeux brûlés par le gaz, cessèrent vite toute résistance quand l'un d'eux fut littéralement dépecé par deux des monstrueux chiens qui, eux, semblaient totalement insensibles aux vapeurs irritantes.

Au petit matin, de pauvres hères nus et ligotés, déjà triés selon les rigoureux critères des esclavagistes, commençaient tout juste à réaliser quel serait leur sinistre destin.
Les futurs Pions, les plus précieux pour la flotte, embarquaient déjà dans les navettes du maître des esclaves Jans. Il était satisfait : l'investissement qu'il avait consenti en fournissant Venom et sa flotte serait largement rentabilisé.
Les autres, adolescents ou jeunes et belles femmes se vendraient cher sur les marchés d'Orvax IV ou de Nar shadda. Les femmes moins intéressantes, et les hommes les plus robustes entravés par de lourdes cangues furent mis au travail pour vider les réserves, abattre les constructions préfabriquées et agrandir l'aire d’atterrissage pour la base avancée des chasseurs d'esclaves. Les pirates avaient bien l'intention de leur faire récupérer tout ce qui avait de la valeur : armes, pièces de rechange, objet précieux, crédits… Ils travailleraient jusqu'à épuisement total ; cela les rendrait plus dociles. Ensuite ? Les mines et exploitations agricoles exploitant la main d’œuvre servile ne manquaient pas et payaient bien.

Les plus jeunes enfants et les rares personnes âgées, jugés sans grande valeur furent enfermées dans un entrepôt bien surveillé avec quelques vivres et de l'eau. Borsk comptait vendre le lot au plus offrant. Les transports avaient une capacité limitée  et il n'avait pas été possible d'augmenter celle du grand type VI en si peu de temps: impossible de tout emporter.
Pour rentabiliser au mieux l'opération, Borsk avait fait appel à des connaissances, des marchands d'esclaves peu regardants. Le premier à se poser, le Gallofree de son vieux camarade Droska, un trandoshan comme lui, emmenait un groupe de chasse complet. Sur ce continent, le seul colonisé, il restait au moins 5000 esclaves potentiels à rafler. Ils avaient du pain sur la planche.

Bien avant la fin de l'opération, Borsk avait déjà envoyé les drones et la plupart des meutes pour ratisser les trois villages proches. Les navettes avaient débarqué quatre speeders armés et le Phénix avait largué 8 air speeders dans l’atmosphère. Les premiers prisonniers arrivaient déjà. Pour le reste, une fois tous les moyens technologiques détruits par des raids ciblés, la population serait à la merci des groupes de chasse qu'il avait l'intention de laisser sur place. Ceux-ci devraient lui reverser une part de leurs prises. D'autant plus que les satellites réactivés empêcheraient toute fuite d'un appareil dissimulé. Le secret que les colons s'étaient imposé jouait contre eux
Il escomptait quitter les lieux avec un bon millier d'esclaves premier choix, après avoir revendu les autres pour un bon prix.
L'autre cible prévue était un peu plus cosmopolite, mais ils y trouveraient, en plus de solides travailleurs de toutes races, des pierres et cristaux précieux : que du bénéf !

- Une activité plus rentable et moins risqué que d'attaquer des vaisseaux de guerre, rappela-t-il à ses collègues rassemblés pour faire le point. Bien plus satisfaisante, surtout !
Une remarque typique d'un trandoshan.
- Dommage qu'il n'y ait pas eu de Wookie à rafler, plaisanta quelqu'un.
La satisfaction s'effaça du visage de Borsk.
- Oh, les Wookies…
Le plaisantin anonyme se souvint -un peu tard- que son collègue avait eu bien des déboires avec les Wookies. Droska s'empressa de combler le silence gêné :
- Une belle journée de chasse ! Et les prochaines s'avèrent excitantes ! Ce monde est un paradis !

Il ne l'est plus pour ses habitants, pensèrent les non-trandoshans. Ils savaient que ces dangereux et violents reptiliens considéraient la chasse aux esclaves comme un sport, contrairement au jeune humain qu'ils avaient accepté de suivre. Ils le reconnaissaient : Venom avait tenu ses promesses en leur offrant sur un plateau ce monde juteux. Une victoire éclatante, quasiment sans pertes !
Il n'était peut-être pas un fan de ce commerce, mais il était pragmatique : il avait besoin de troupes fraîches, et sans la promesse de ce genre de raid, Borsk, Joss , Jans et Dorok n'auraient pas fait le voyage à ses côtés. Mais Venom aurait dû être là ! Borsk le rappela à ses camarades :
- Et pendant ce temps, notre commandeur joue les mercenaires de luxe au lieu de diriger le raid !
- je n'aime pas trop ses manigances avec l'Amber-Star. Il n'y a rien de bon à gagner avec les gens « honorables », fit le second de Joss.
- Venom sait ce qu'il fait ! Ce jeune humain flaire les bonnes affaires à cent parsecs à la ronde, riposta Dorok, qui devait au jeune homme son nouveau vaisseau.
- Et il faut reconnaître que le mot « honorable » ne colle pas tout à fait au Capitaine Herrion, renchérit Jans.

Venom, présent ou non, avait tenu ses promesses : avec les bénéfices qu'il allait engranger, c'était tout ce qui comptait pour lui . Venom avait une autre qualité : il avait payé cash, avant même leur départ, la majeure partie des pions que le maître des esclaves lui avait vendus.
- Mouais, il se débrouille bien, admit l'esclavagiste trandoshan. N'empêche…

Les trandoshans étaient du genre obstiné : quand ils avaient une idée, ils ne la lâchaient pas facilement, se souvint Jans qui contre-attaqua :
- Ses commandos étaient là, eux ! Reconnais que ces Reapers méritent bien leur nom !
- Ouais : dangereux et malins, en plus ! Voler des chemises de nuit pour passer pour des enfants du crû… On ne s'attend pas à ça de la part de pions, admira Dorok.
- Ses commandos étaient là, pas lui ! Il a planifié le raid, il aurait dû le superviser, s'obstina Borsk. C'est une question de principes! Et il est beaucoup trop coulant avec ses pions !
- ça c'est vrai. Mais il faut avouer qu'il en a fait des soldats sacrément efficaces! ils lui sont fanatiquement dévoués! Médita Jans qui envisageait de modifier en conséquence ses méthodes de conditionnement.
- Joss n'est pas là non plus, rappela-t-il. Lui aussi est parti avec des Reapers.
- Lui aussi aime l'argent facile, riposta le second de l'absent.
Il n'avait pas de raison de s'en plaindre : agissant en tant que capitaine, sa part des bénéfices serait bien plus grosse
- je me demande où il peut bien être en ce moment…

1 Moissonneurs
2 Elle se nomme Tiger ( nom totémique)


Bonne lecture!
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
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Messagepar Tenebrae » Ven 15 Avr 2016 - 21:58   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 10

Salut Ve'ssshhh!

Chapitres 9 et 10 lus. :jap:
Des chapitres transition, peut-être, mais des chapitres qui viennent enrichir le - déjà dense - univers que tu déploies. Il y a là un vrai désir de donner du corps à ton background. En tout franchise, le monde que tu as imaginé a une belle vie qui lui est propre (et pourtant tu réussis à le maintenir cohérent avec l’univers dont il est issu) . De ce que j'en lis jusqu’à présent, je vois un véritable univers de SF, de la belle et bonne SF... Bravo à ton imagination! :) Une riche création qui nous fait pardonner les quelques maladresses, fautes etc.

J'aime beaucoup.
Ton style s'affine chapitre après chapitre ; la conduite du chapitre 10 est superbement menée, très fluide et très prenante.
Vu le sujet, tu aurais pu verser dans le glauque ou la glorification un peu malsaine mais tu évites l’écueil (et vu ton déclic initial, le contraire m'aurait étonné). La froideur de l’exécution et l'absence d'émotions chez les esclavagistes après est parfaitement rendue et nous renvoie plus durement à la "réalité" de ce que nous venons de lire. Bein joué. Le meilleur chapitre so far! :)
Le fait que tu éloignes Venom de cette sombre entreprise est un bon point pour l’intrigue (vu la fin) et surtout pour la "moralité" de ton héros.

Ah et bien vu le clin soleil à Jack VANCE! :wink:
Tous mes textes passés, à présent et à venir sont dédiés à ma fille Sharleen.
Puisses-tu être heureuse où que tu sois désormais...
Tenebrae
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Messagepar Dark Sheep » Sam 16 Avr 2016 - 19:14   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 10

Avant tout :
Merci pour ta précédente réponse développée, et dans laquelle tu dépeins davantage tes équipes de personnages :jap:


Bon voilà, j'ai rattrapé mon retard ici, chez Venom ! :wink:

Que dire, à présent ?
Ton histoire me plait bien, et j'apprécie de suivre ton héros. J'ai hâte de voir comme il va évoluer, ainsi que ses "pions" favoris.
Je commence à me familiariser avec les personnages principaux, et à m'attacher à certains… ce qui est plutôt bon signe, non ? :D

On sent que tu aimes ton histoire, et ton personnage. Et du coup, ça rend la lecture agréable :)
Je dois avouer qu'hier, lorsque j'ai interrompu ma lecture après le chapitre 8 (il me semble), je me disais "tiens, je lirais bien la suite si j'ai du temps". Bref, je crois que tu as réussi ton pari !
Et, bien entendu, j'attends la suite de l'aventure !

Tenebrae a écrit:Le fait que tu éloignes Venom de cette sombre entreprise est un bon point pour l’intrigue (vu la fin)

-> Quelqu'un aurait-il donc déjà lu la fin ?!? :shock:

Mais…

Ve'ssshhh a écrit:Tu touches un point sensible : comment maintenir un rythme de publication régulier tout en espaçant suffisamment les éditions ?

-> Je suis d'avis que l'hebdomadaire est une valeur sûre. Mais bon, ça dépend de la longueur des chapitres.
Un chapitre d'une dizaine de pages par semaine, ça me parait le max. Après, je ne suis qu'un humble lecteur/écritiviteuriste (vendeur de muguet, en aurebesh mal traduit)
Comment faire pour toucher plus de monde, ça… c'est sûr que le "bouche à oreille" c'est pas facile sur un forum, surtout qu'on ne se fait pas de la pub en allant poster "ma fiction par ici" avec un lien sur les fictions des autres :(
Pour ma part, j'aime bien tenter de nouvelles fictions (comme je l'ai fait avec la tienne). Mais j'ai des moments libres, donc je peux le faire, ce qui n'est pas le cas de tout le monde :pfff: . C'est sûr que quand la fiction est bien avancée, ça peut dissuader un poil.
On pourrait peut-être (si ça n'existe pas) faire une page de forum du type "fictions : présentation", un peu comme pour les nouveaux inscrits… si ça n'existe pas déjà. (je vais vérifier, tiens !)

Quoi qu'il en soit, et après avoir un peu dérivé, je termine :
Ta fiction me plait, je continuerai de la suivre, bon courage pour ton écriture, et à très bientôt sur la page de Venom :jap:
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Messagepar Tenebrae » Sam 16 Avr 2016 - 19:33   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 10

Dark Sheep a écrit:Tenebrae a écrit:
Le fait que tu éloignes Venom de cette sombre entreprise est un bon point pour l’intrigue (vu la fin)

-> Quelqu'un aurait-il donc déjà lu la fin ?!?

Euh, j'aurais dû préciser "vu la fin du chapitre"... :paf: :transpire:

Pour le rythme de publication, je te rejoins: la méthode hebdomadaire me parait le plus simple et la plus pertinente pour le lecteur. D'autant que j'ai pu noter que la plupart des textes - en tout cas sur ce forum - s'inscirvaient dnas une écriture tendant vers le feuilletonnesque.
Ceci étant, je pense que tout dépend aussi de la longueur de la dite fic, de la narration de la fiction et surtout, à mon humble avis, de comment on écrit son histoire. Si elle s'invente au fur et à mesure (pas forcément en" temps réel" s'entend, il peut y avoir des chapitres d'avance.), et que le texte est conséquent genre une grosse novella ou un roman, une publication hebdo (voire même bi-mensuelle) est un bon rythme. Pour des textes plus courts et/ou déjà écrits, l’intérêt est selon moi moindre. Si le lecteur y compris occasionnel, de passage ou qui ne poste pas de commentaires, sait dés l'entame de la fic qu'il n'aura que quatre ou cinq posts à lire, par exemple, je pense que l'on peut poster sur un rythme plus soutenu... :neutre:

Dark Sheep a écrit:On pourrait peut-être (si ça n'existe pas) faire une page de forum du type "fictions : présentation", un peu comme pour les nouveaux inscrits… si ça n'existe pas déjà. (je vais vérifier, tiens !)

:idea: Cela pourrait être une piste à creuser...
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Messagepar Dark Sheep » Sam 16 Avr 2016 - 20:38   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 10

Tenebrae a écrit:Euh, j'aurais dû préciser "vu la fin du chapitre"... :paf: :transpire:

-> Ah ! Dans ce cas, je te rejoins ! On sent bien que le sieur Bornsk a une dent contre Venom… (et c'est trandoshan, alors ses dents…) :transpire:

Tenebrae a écrit::idea: Cela pourrait être une piste à creuser...

-> Je vais proposer la piste à Jagen, voir ce qu'il en pense. :wink:
EDIT : ET C'EST DISPONIBLE ICI
Modifié en dernier par Dark Sheep le Jeu 21 Avr 2016 - 16:19, modifié 1 fois.
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 17 Avr 2016 - 14:22   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 10

@ Tenebrae @Dark Sheep: merci pour vos commentaires et vos encouragements. Toujours très heureux que vous aimiez l'histoire et les personnages!

Je m'efforcerai donc de garder un rythme plus ou moins hebdomadaire



Tenebrae a écrit
Une riche création qui nous fait pardonner les quelques maladresses, fautes etc.


N'hésite pas à me les signaler ( éventuellement par MP)

Le fait que tu éloignes Venom de cette sombre entreprise est un bon point pour l’intrigue (vu la fin) et surtout pour la "moralité" de ton héros

Je ne pense pas qu'à ce stade, il avouerait (ou s'avouerait) avoir volontairement évité l'épreuve: Il n'hésite pas à récupérer ou acheter de nouveaux pions pour compléter ses équipages; Mais ça commence à travailler dans sa petite cervelle.

Ah et bien vu le clin soleil à Jack VANCE!

Ah, tu l'as remarqué? :) Je pensais que ça se verrait mieux dans le chapitre 11! ( là, j'ai peut-être exagéré :oops: )

Dark Sheep a écrit:
Merci pour ta précédente réponse développée, et dans laquelle tu dépeins davantage tes équipes de personnages :jap:

Merci: Je crois que c'était utile à ce stade.

Ps: c'est décidé je t'embaucherai pour la campagne de promotion de mon prochain opus!
tu es vraiment doué pour faire le buzz!
Tu n'as pas encore publié un mot de ta nouvelle, mais tout le monde l'attend avec impatience :lol:


Très prochainement sur vos écrans, le chapitre 11 s'intitulera: Assaut sur le Hun
Au programme, Ailes-A et mandaloriens à la rescousse.
Avec en prime l'apparition de ma première Guest Star: un contrebandier très influent!

Ce chapitre fait huit pages. c'est peut-être un peu long, j'envisage de le scinder en deux parties. Qu"en pensez vous?
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Tenebrae » Lun 18 Avr 2016 - 19:23   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 10

Yo Ve'ssshh!

Ve'ssshhh a écrit:N'hésite pas à me les signaler ( éventuellement par MP)

Ok dès que j'aurais un peu plus de temps, je te ferais un MP récap.

Ve'ssshhh a écrit:Ah, tu l'as remarqué? Je pensais que ça se verrait mieux dans le chapitre 11! ( là, j'ai peut-être exagéré )

En tant que fan de SF, je ne pouvais pas passer à coté... :wink:
Tu m'intrigues pour ton prochain chapitre...

Ve'ssshhh a écrit:Avec en prime l'apparition de ma première Guest Star: un contrebandier très influent!

Talon Karrde?

Ve'ssshhh a écrit:Ce chapitre fait huit pages. c'est peut-être un peu long, j'envisage de le scinder en deux parties. Qu"en pensez vous?

Moi, cela ne dérangerait pas de l'avoir en entier mais je pense que la solution la plus raisonnable serait, effectivement, de couper en deux sa publication sur le forum.
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Messagepar Dark Sheep » Lun 18 Avr 2016 - 21:24   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 10

Tenebrae a écrit: Ve'ssshhh a écrit:
Ce chapitre fait huit pages. c'est peut-être un peu long, j'envisage de le scinder en deux parties. Qu"en pensez vous?

Moi, cela ne dérangerait pas de l'avoir en entier mais je pense que la solution la plus raisonnable serait, effectivement, de couper en deux sa publication sur le forum.

-> Je vise des chapitres d'une dizaine de pages, en écriture. Mais c'est vrai que ça peut faire beaucoup à lire d'un coup… :?
Bonne interrogation. Comme Tenebrae, en entier ça me parait bien. J'ai pris ton chapitre 5 par exemple, il fait aussi dans les 8 pages, donc ça reste cohérent.
Après, on peut se demander ce que ça change de le poster en moité. Si ça te permet de prendre de l'avance, vas-y. :wink:
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 24 Avr 2016 - 18:11   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 11

Voici, avec un peu de retard, le chapitre 11.


Chapitre 11 : Guet-apens dans le système Alastor



Le HUN en danger
Sur Vance, repaire de contrebandiers et de hors-la-loi, on s'attendait à la visite du Hun. Il se murmurait que Herrion allait venir en personne demander un coup de main à ses vieux amis. Certains étaient au rendez-vous, comme Adam Reith ou Kirth Gershen. D'autres attendaient probablement dans un coin de sentir d'où venait le vent, comme ce squelette ambulant d'Anacho, dont certains avaient aperçu le vaisseau.
Il avait peut-être raison d'être prudent, car il y avait de nouvelles têtes en ville. Des gens qui n'étaient pas pressés de se faire des amis. Des gens dont les vaisseaux étaient bien armés.
Il y avait aussi un esclavagiste connu, bien loin de ses bases habituelles. Les Planteurs qui exploitaient la moitié de la planète avaient peut-être besoin de main d’œuvre. Le dénommé Joss se renseignait justement sur ce marché potentiel. Il avait, paraît-il, toute une cargaison à vendre. Il avait amené quelques échantillons. Des enfants. Un spectacle peu apprécié de la majorité des hors-la-loi.
Dans la taverne de Smade, l'ambiance était aussi morose que sombre et enfumée. Un excité ouvrit grand la porte à deux battants, inondant la salle d'une lumière aveuglante et gueula, avant de repartir aussi vite qu'il était venu :
- Le Hun vient de sortir de l'hyper espace !
Ils furent nombreux à sortir, électro-jumelles à la main, pour admirer le spectacle.

Le Hun se plaça sur l'orbite et une navette fortement escortée le quitta bientôt. Elle pénétra seule dans l'atmosphère, mais n'atterrit jamais. Détruite par un assaut violent d'une dizaine de missiles partis du sol qui ne laissèrent aucune chance à ses occupants. Dans le même temps, une bataille s'engageait dans l'espace : un assaut en règle contre le Hun. Des chasseurs et une douzaine de vaisseaux jouant sur l'effet de surprise, découvrirent les observateurs.
Les badauds n'eurent pas le temps de profiter du spectacle, car le temps se couvrait : il se mit à pleuvoir des traits de blasters qui sillonnèrent l'atmosphère dans tous les sens.
Grosse surprise, les petits esclaves miraculeusement libérés de leurs chaînes avaient trouvé des armes et s'en servaient comme des pros. Reith, Gershen et d'autres amis du Vieux entamèrent un repli stratégique vers leurs vaisseaux, couverts par des soldats hauts comme trois pommes. On sentait comme une collusion entre les contrebandiers et leurs nouveaux – petits- amis.
Collusion confirmée quand deux des chasseurs de Gershen larguèrent des filets Conner (1) sur les vaisseaux ennemis, les clouant au sol. Une nouvelle fois, les contrebandiers partaient en guerre.

Dans l'espace, l'escadron rouge et leur leader Gold étaient de sortie. Après un instant de flottement, le centre de commandement du Hun avait repris les choses en main et redéfini les priorités. La voix du contrôleur ne trahissait aucune émotion malgré la destruction de la navette.
Les ailes-A reçurent l'ordre d'escorter les quatre vaisseaux Mandaloriens, laissant aux chasseurs du Hun le soin de couvrir celui-ci. Leur cible: des Vedette GAT 12j Skipray qui montaient de la planète depuis leurs positions camouflées, elles-mêmes poursuivies par les chasseurs des contrebandiers. Très maniables en atmosphère, les vedettes n'auraient que l'avantage de la vitesse une fois dans l'espace. Elles étaient cependant capables d'attaques foudroyantes, et cette version, la mieux armée en torpilles et missiles était capable de détruire des croiseurs lourds. Le Hun était tout près. Il fallait les ralentir et les ailes-A bondirent à leur rencontre ;
- Mando 1, de gold leader, cible engagée, nous attaquons !
- Gold leader de mando 1, Compris ! Rabattez les vers nous !

Les petits chasseurs ailes-A ultra rapides cueillirent les trois premiers skipray au sortir de l'atmosphère. Leur armement manquait un peu de puissance contre les solides boucliers, mais ils en endommagèrent une qui plongea vers la planète et obligèrent les autres à infléchir leur trajectoire pour se défendre.
Les chasseurs mando'a, plus lents mais lourdement armés saisirent l'occasion. Deux des skiprays tombèrent en flèche, un troisième, endommagé, tenta de retrouver l'abri de la planète.
- Plus que deux, fit Mando 1, autrement dit Stian. On se sépare ! 
-  B flight, avec moi ! A flight, vous couvrez mando 2 et 4 , ordonna gold leader (Venom)
-  A flight, compris, fit la voix de Red One, inquiète de devoir lâcher son leader.


De nouveaux vaisseaux surgirent de l'hyper espace, à la grande surprise des assaillants. L'Esmeralda entra dans la bataille, escortée d'une demi-douzaine de vaisseaux hétéroclites.
-Tu vois, ils s'en sortent très bien sans moi, ces petits , constata le vieil armateur dans le cockpit de l'Esmeralda. Kaarde avait raison, encore une fois ! Toujours aussi bien informé, ce brave Talon, et…
- tais-toi ! T'es mort, n'oublie pas!  Répliqua son frère, agacé par les bavardages de son aîné.

Il y avait des ennemis partout. Les six Décimateur annoncés bien sur, mais aussi une nuée de cargos bien armés.
- où sont les corvettes ? S'inquiéta Alcor.
[ En embuscade derrière la troisième lune, mais nos amis s'en occupent] transmit Navigateur depuis sa cuve de contrôle.
- C'est bien pratique d'avoir un télépathe dans notre camp, jubila l'aîné des Herrions. Et nos amis ont tenu parole, tu as entendu !
- Oui, j'ai entendu ! Tais-toi maintenant et rends-toi utile : prends les commande de la tourelle avant, riposta Alcor sans desserrer les dents.
Quand Markus était excité comme ça, il devenait aussi bavard qu'un droïde de protocole. Il savait d'expérience que le seul moyen de s'en sortir, c'était de l'occuper.

Plus loin, les chasseurs ennemis se frottaient aux défenses du Hun. Apparemment, les techs du croiseur avaient réussi à remettre en service les tourelles manquantes, comme trois ailes Y l'apprirent à leur dépens. Le Hun était plein de surprises : le Décimateur VT 49 ennemi le plus avancé encaissa une pleine salve de turbo-lasers qui saturèrent ses boucliers dès le premier tir. Un cargo qui le suivait, moins bien protégé, subit le même sort. Puis les chasseurs du Hun éliminèrent deux adversaires coup sur coup.
Cependant, trois des survivants et plusieurs cargos avaient abandonné l'attaque du Hun pour se porter face à l' Esméralda.
- Un de moins !  Jubila Procyon qui s'attaqua au plus proche des VT 49.

Les Decimateurs avaient peut-être la taille de cargos légers, mais ils étaient armés et protégés comme des vaisseaux de guerre (2). Il concentra son feu sur le plus proche, dans l'espoir d'affaiblir les boucliers .
[ attention, ils préparent un sale coup] Transmit Navigateur.
| Vire à gauche…° Maintenant!]
L' Esméralda esquiva de justesse une salve de torpilles venues d'on ne sait où. L'une d'elles percuta le Décimateur.  
- Bon, s'ils font le boulot à notre place, s'amusa Markus qui ne pouvait s'empêcher de commenter ;
- attention vaisseau furtif dans le quadrant 5,  transmit Procyon -qui venait de comprendre- sur la fréquence générale,
- Ici Viper, on s'en occupe, répondit une voix inconnue. Ils ne sont pas les seuls à savoir se cacher. 

Une nuée de petits chasseurs TIE escortant deux gros bombardiers surgit de nulle part. Le vaisseau furtif, démasqué, avait raté l'occasion d'éliminer le dernier des Herrion (les deux, en fait, mais l'ennemi l'ignorait). Ses piètres défenses ne firent pas le poids face aux torpilles des bombardiers. Furtif, mais pas solide; Herrion suivit les manœuvres, admirant le design et l'efficacité de ses deux sauveurs : un modèle inconnu (3), mais très efficient
-   c'est pas des Corsairs (4), ça  fit l'armateur !
- tire au lieu de causer !
- mais je tire, regarde !
Le Decimateur endommagé s'illumina d'impacts .
- … Pas perdu la main, moi, marmonna le vieil armateur qui arrosait consciencieusement son adversaire.


Les amis de Procyon n'étaient pas en reste : Les deux Firespray de Hessel et Bessel passèrent en trombe de part et d'autre de l'Esméralda et achevèrent d'une salve de torpilles bien placées l'ennemi affaibli !
-   Plus que deux, mais d'autres cargos rappliquent droit sur nous ; je me trompe ou ils nous en veulent particulièrement ? 
- Pour sur ! Toi aussi, tu as le blason des Herrion sur le front ! Tiens, On dirait que le Gamin a tenu parole, fit Herrion en découvrant l'escorte de mini chasseurs.

Souvenirs : Accord privé
Deux jours plus tôt, la négociation - en privé- avait été rude.
- tu veux qu'on relise le contrat, Gamin ?
- pas besoin, le Vieux, j'ai mis trois spécialistes de R.B.L dessus. Ils étaient de passage sur Amber 17 ;
Et, vous savez quoi ? Ils ne m'ont même pas fait payer ! Ils avaient une revanche à prendre, parait-il.
Une histoire de contrat de fret avec la première Flotte de l'Alliance : j'suis sûr que ça vous rappelle quelque chose ! L'affaire leur a coûté très cher, il paraît !
Bref, ces distingués juristes ont épluché l'accord sous toutes les coutureset conclu que ce contrat ne m'engage que pour l'assaut sur Tschaï. J'ai accepté, à titre gracieux, de mettre un escadron à votre disposition ; je peux faire plus, mais j'ai des équipages à payer…
- ça te suffit pas d'avoir arnaqué mon petit cousin avec tes cargos volés ?
- Il s'est piégé lui-même avec ses prétentions et sa suffisance ; Vous voulez savoir ce qu'il a dit quand je lui ai expliqué que l'ID du porte-containers serait difficile à camoufler ? Je cite ; «  quand ils verront le logo de l'Amber Star, ils fermeront leur gueule »

L'armateur se renfrogna :
- tout à fait lui, ça ! Bon, en tout cas, je ne paierai rien avant de savoir ce que j'achète.
- Mon vaisseau, le Viper ; un simple cargo, certes. En plus de ses deux escadrons de chasse, et de deux corsair II, il dispose de tout un tas de gadgets utiles.
- Quoi ? Une assistance juridique intégrée pour les signatures de contrats ?

Le jeune homme claqua des doigts comme s'il venait d'entendre un truc génial.
- j'y penserai. En attendant, un manteau bouclier opérationnel, ça vous plairait ? Et des moyens de voir et entendre malgré tout. Et mieux encore, si votre vaisseau de commandement est équipé d'une liaison de données tactiques.
- Ne me dis surtout pas que tu as, toi aussi un central comm militaire
- Ah, pourquoi ? C'est interdit ?

Le pirate ouvrit de grands yeux étonnés, l'image même de la naïveté !
- t'as un peu trop d'atouts dans ta manche pour jouer les pigeons, gamin. Dis-moi plutôt comment tu peux voir et entendre sous manteau bouclier.
- C'est si simple, le vieux, que je m'étonne que personne n'y ait pas pensé avant : il suffit qu'un bout du vaisseau, un tout petit bout bien camouflé dépasse. Des boules omnisonde au bout de longs mâts , par exemple. Que du passif, bien sur et sous camouflage. Ajoutez un récepteur pour recevoir les transmissions de drones ou d'autres vaisseau amis.
- ça tien pas la route, ton truc : d'après ce que je sais des manteaux- boucliers…
- Oui, la plupart se déchirent dans ces conditions, mais pas le mien ! Un proto jamais sortie en série ! Bon d'accord, il est moins performant que ceux des impériaux, c'est pas de l'invisible à 100 %. Mais c'est quand même bien mieux que tous ces engins soi-disant furtifs qui inondent le marché en ce moment. Je vous défie de le détecter à plus de 100 km !


Alastor, Le combat continue
-  eh, mais ça marche, son truc ! Un gros cargo vient de surgir du néant à moins de 100 km !
 - et le cargo qui nous canarde est à MOINS de cinq kilomètres ! Reste concentré, et flingue-le ! Ah, misère ! T'aurais pas pu rester sur le Hun ?
Heureusement, Alcor n'avait pas besoin de consulter ses instruments pour être tenu au courant de l'évolution des combats.

La bataille en orbite basse était presque terminée. Mando 2 avait démoli une autre vedette Skipray, et les deux survivants -il y en avait sept, finalement- n'avaient rien trouvé de mieux que de plonger vers la surface pour s'échapper..
- Idiot, ça ! les chasseurs d'Anacho n'ont qu'à rester en haut et attendre qu'ils essaient de remonter, commenta Stian.
Le Hun les interrompit
- Mando et Red, attention, objets ennemis en ascension rapide depuis la surface. 
-   Objets ? Où sont… 
- Mando 1 Break, Break 

Stian jeta son appareil dans un virage serré qui se termina par un tonneau. Les missiles passèrent tout près.
-   Alcor, brouilleurs à fond. Dis-moi où ils sont !
-  Un à cinq heures, l'autre… dans nos six heures. Y en a un autre ! Des chasseurs ! dégage à gauche ! 

Le chasseur lourd partit dans une série de manœuvres folles pour esquiver des missiles qui poursuivirent les leurres. Stian, concentré, se basait sur les informations de son fils, mais à un contre trois. .. Deux tirs lasers furent stoppés par les boucliers, qui ne pourraient en encaisser qu'un de plus.
Il y eut un grand éclair sur la droite, et Stian se crut touché. Puis il aperçut un A-Wing , traversant un nuage de débris. Celui de Venom
Un deuxième éclair sur la gauche.
- J'l'ai eu ! Ça fait deux pour moi ! hurla une jeune voix surexcitée .
- on se calme, red 5 ! Très jolis cartons, mais reste en formation !  Gold à mando 1… ils étaient au programme, ceux-là ? 
-  je ne crois pas :un petit cadeau surprise… Merci du coup de main ! 
-  de rien, mais j'aimerais savoir comment ils sont montés si vite .
-  des fusées d'appoint, j'ai vu quand ils les ont largués, fit Mando 3 
- Mando 2, ça va ? 

Le chasseur traînait une gerbe d'étincelles.
- Un moteur HS , stabilisateurs endommagés ! Désolé, mais je vais être en retard à la fête, fit une voix très calme. Il ajouta : sans Red One, on y passait. Merci ! 
-   De rien, mando 2, fit la voix posée de Thalia. Je jette un coup d’œil… Les dégâts ne s'étendent pas au-delà du moteur touché. Pas de fuite visible… Et le feu est éteint, Mando 2 !
- merci de l'information !

Elle, au moins, ne se laissait pas gagner par l’excitation. Stian conclut :
-   On devrait pouvoir finir les restes sans toi. Mando à Hun, besoin d'aide ? 
- Pas de refus… Cap au 123. Si vous pouviez nous débarrasser des derniers Supa, 
-  on s'en occupe ! 

Le combat tournait à l'avantage de l'Amber-star.
Un message d'alerte satura la fréquence générale.
- Viper à tous ! attention, remous dans l'hyper espace quadrant c3. Un vaisseau, c'est un gros ! Il va sortir dans quelques secondes.
[ Ennemi ! Ennemi ! Hekken est à bord]
L'alarme n'avait pas résonné dans la radio, mais dans sa tête, constata Venom stupéfait. Stupéfaction qui se changea en effarement en reconnaissant le profil en dague si caractéristique.
-  Un destroyer impérial !! Mais… Comment ?

Notes
1 Un des gadgets favoris des voleurs de vaisseaux.
2 Un vaisseau de la CTC est toujours multi-usages ;)
3 Des Stingray, c'est nouveau, ça vient de sortir ! ( très bientôt sur ce forum , des révélations sur ce modèle au rapport qualité/pris imbattable fabriqué par les chantiers XII XOO
4 Les « croiseurs » Corsair de Soroosub étaient des chasseurs lourds très bien armés, mais pas assez rapides ou maniables. Les pirates sont équipés d'une version très améliorée construite sous licence par un de leurs fournisseurs qui se trouve être le même que..;

Bonne lecture!



bon, c'est ici que j'avais prévu de terminer la première partie de ce chapitre. Avouez que c'était parfait pour le suspense:
" Un destroyer impérial attaque le Hun! Le fleuron de l'Amber-Star pourra-t-il résister à une avalanche de feu? Les ailes-A pourraient-ils vaincre une horde de TIE Interceptor? Mais où est la flotte de l'Alliance Galactique quand on a besoin d'elle? Vous le saurez au prochain épisode. Et maintenant, une page de pub"

" Les chantiers navals de Kuat sont fier de vous présenter leur dernier né, le Destroyer Hunihilator..."



Mais n'écoutant que mon bon cœur - et aussi parce que j'ai pris pas mal de retard sur mon programme...

Tout de suite, la suite!




… …
Chapitre 11 part.2 : l'attaque des Ailes A


Le monstre de duracier
-  négatif , fit le contrôleur chasse du Hun :  Il fait moins de 600 mètres. 
- Bien assez gros pour moi  maugréa quelqu'un.

Venom réalisa vite la situation : le Hun était en danger, ses chasseurs à l'opposé de la nouvelle menace, tout comme les autres vaisseaux. le Viper n'était pas loin, mais il ne faisait pas le poids.
Stian avait compris lui aussi:
- on ne sera jamais là-bas à temps 
- Nous, si ! Escadron rouge, rassemblement ! Cap au 256 !
 
La légendaire vitesse des ailes A, contre un monstre bardé d'armes lourdes
.- ça a marché à Endor  murmura-t-il.

Mais avec quoi l'attaquer ? Ils avaient utilisé, avec un succès limité, la plupart des missiles contre les vedettes blindées.
Faut vraiment que je trouve des missiles plus performants, nota le jeune homme qui activa son émetteur:
-   Red 5, reste en formation ! 

Ce gamin, encore plus doué que Red 1, avait un gros défaut : rebelle et indiscipliné, il en faisait voir de toutes les couleurs aux contrôleurs attachés à l'escadron. Et les punitions sévères des pirates n'y faisaient rien. Seul Venom arrivait à l'assagir pour un temps : le gamin lui vouait une admiration sans bornes. Il était un peu trop excité ces derniers temps . Depuis la première fois qu'il avait piloté un aile-A, en y réfléchissant bien. (Prononcer aile-A et Endor dans la même phrase le rendait aussi instable qu'un détonateur thermal, apprit plus tard -trop tard- Venom ).
C'est pourquoi Venom l'avait choisi comme ailier. Pour le calmer un peu. Venom constata du coin de l’œil que le Hun manœuvrait pour faire face.
Bonne idée, pensa-t-il : Il a un gros turbo-laser de chasse et ça couvre le Viper.
La première chose à faire était d'informer le contrôle de la nature de l'ennemi. Non, la seconde, pensa-t-il, constatant que 4 chasseurs avaient rejoint le vaisseau.
Des Z95 ? Ça vole encore, ces trucs?
Les rouges se bousculèrent presque pour les dégommer. Venom put se consacrer tranquillement à sa reconnaissance et décrivit la situation au contrôle chasse du Hun, suivi de mauvaise grâce par un red-5 frustré et enragé d'être privé de cible.

De près, la ressemblance avec un Destroyer Impérial était moins évidente. On voyait nettement les pièces rapportées sur ce qui avait été une frégate impériale II ou un modèle proche: la passerelle et les deux générateurs de boucliers avaient été surélevés, pour laisser de l'espace à deux tourelles de turbo-lasers lourds qu'on ne trouvait que sur des vaisseaux bien plus gros. Un super-destroyer de poche ? Mauvaise nouvelle pour les vaisseaux amis : l'intrus n'aurait qu'à tirer de loin pour saturer même les bouclier du Hun.
Mais bonne nouvelle pour les chasseurs : pour faire de la place, les «  bricoleurs » avaient dû débarquer la majorité des pièces légères et condamner les hangars : aucune autre escorte que les Z95, maintenant transformés en étoiles filantes.
Et quand ils alimentent l'artillerie lourde, il ne doit pas rester grand-chose pour les autres systèmes ! On a une chance !
Il restait tout de même plusieurs batteries anti-chasseurs et elles crachaient de tous leurs feux. Il tira au passage deux missiles, et deux d'entre elles explosèrent
-   red one avec le flight A par en dessous, ils n'ont plus de défense ; visez les générateurs de boucliers, flight B, avec moi. On va détourner leur attention.

Le A plongea, le B feinta, attirant les défenses. Mais le destroyer, comme indifférent, concentrait son artillerie sur le Hun. il lui fallut peu de temps pour ajuster sa cible. Les boucliers du Hun flamboyèrent : la prochaine salve ferait du dégât.
Elle en fit !
Venom fonça avec ses pilotes sur les tourelles, espérant perturber le tir. Cela marcha pour la tourelle B, qu'il réussit à immobiliser d'un coup chanceux ; mais l'autre frappa le Hun de plein fouet. Ouille !
- eh, Hekken, t'es là ?   fit une vieille voix éraillée,  je vais te faire de la peine, mais je suis toujours en vie ! Tes crétins d’acolytes m'ont raté, et j'suis pas sur le Hun. Tu veux jouer aux devinettes ? 

Pas difficile à deviner, l’Esméralda s'avançait pour défier le monstre de duracier.
-  T'as jamais appris à fermer ta gueule et à te planquer, le Vieux ?  gronda Venom,  laisse les jeunes finir le boulot !
Une déclaration qui le fit remonter dans l'estime d'Alcor Procyon.
-  Y a pas d'age pour faire des conneries, Gamin . Je vais pas te laisser le monopole ! 

Le destroyer tira une dernière salve sur le Hun endommagé puis réorienta la seule tourelle qu'il pouvait encore manœuvrer. l'Esmeralda était bien plus petite et agile que le Hun, mais finit tout de même par encaisser. Venom rassembla ses troupes. Tenter de bloquer la dernière tourelle opérationnelle ? Trop blindée, trop aléatoire. Le Viper avait ses missiles, mais il fallait lui offrir une ouverture. Donc :
- Il fait dégommer ces générateurs de boucliers ! Flight A, on y retourne, je vous couvre.  
- compris, Leader ! Red 3 et 4, vous prenez celui de tribord ! Red 2, tu me suis!
- J'suis là, red 1 !

il restait quelques pièces légères anti-chasseurs : Red 2 encaissa un tir direct et son chasseur partit en tonneau.
Red One, rasant la superstructure, fila droit sur sa cible, lui balança tous ses missiles et dégagea au dernier moment ; le générateur explosa une fraction de seconde après l'impact.

Red 3 et 4 ratèrent de peu leur cible, faisant sauter un poste de lasers légers.
6 et 7 n'avaient plus de missile. La plupart des autres non plus ; Red 5, vengeur, avait dégommé la tourelle qui avait touché Red 2 avec son dernier.
- un bouclier en moins , jubila Gold leader !

Mais l'artillerie du Hun n'était plus en mesure d'en profiter. Il décida un nouveau passage avec son escorte.
il ne me reste plus de missile.
- Leader à tous ! Qui a des missiles ?
- Red 8, négatif !
- red 9, j'en ai deux !
- red 10, il m'en reste un, mais il est foireux!
- red 11, négatif !
- red 12, j'en ai un  !
- OK, Jacsyn, tu mènes l'assaut. Wedgie, tu le suis ! Prenez votre temps, je vous couvre ! Les autres, dégommez-moi la dernière batterie !

Red 9 – Jacsyn- entama son approche, ralentissant pour mieux viser. Après tout, il ne restait qu'une batterie anti-chasseurs active et elle aurait du mal à les ajuster.
Enfin, j'espère. Mais que ?
-  Red 5, en formation !  Red 5 !!
- comme à Endor ! 
Hurla le gamin qui filait à toute vitesse au ras de la coque.
-   maman, regarde, j'suis un hér… 

L'aile-A percuta délibérément la passerelle de commandement. Cette fois, le second générateur ne résista pas à la réaction en chaîne.
-  Ouais, t'es un héros, p'tit con, murmura Venom, la voix éraillée.
il ne voyait pas bien ses cadrans, sa vue se brouillait. Il devait avoir les yeux irrités .

- ouais, un héros mort ! Ajouta-t-il avec un sanglot.

Merde ! Il avait parlé sur la fréquence générale, tout le monde avait entendu, quel con !
-   Viper à Red squad, dégagez ! Maintenant! 
C'est à peine si Venom aperçut les traînées ioniques de quatre missiles Blue Ray. Le Viper en transportait six. Chacun de ces engins était capable de mettre une corvette hors de combat. Alors, quatre contre une frégate sans bouclier ni commandement …
Le « super-destroyer  de poche » prit les missiles de plein fouet !
- Cette fois, il est HS , hurla quelqu'un à la radio.

Venom entendait les cris de triomphe, mais il n'avait plus envie de se réjouir ; il rassembla son escadron, à court de missile et de carburant. Combattre si près de la planète coûtait cher en carburant, et la ruée à pleins gaz vers la frégate n'avait rien arrangé.
Pas la peine d'y retourner: des renforts arrivaient. Les mandaloriens, le Viper et ses navettes d'assaut.
Un gros cargo Action VI, d'autres de taille plus modeste mais mieux armés et des chasseurs approchaient en provenance de l'autre face de la planète. Il y avait eu un combat là-bas : comme Venom l'avait supposé, il y avait eu une flottille planquée derrière la troisième lune de Vance, mais les amis du Vieux s'en étaient occupés. Pas n'importe quels amis :
-  Ici le Wilde Kaarde. Nous avons éliminé le troisième groupe. On peut aider ? 
-  Si vous êtes bien qui vous dites !
- Stian? Stian Meerel ? Comment, tu ne te rappelles pas ce voyage que tu as fait à bord du Sabot d'Or avec ton ''papa'' (5)? Je sais que c'était il y a longtemps, mais tout de même. 
- Kaarde ? vous êtes venu en personne ? je croyais que vous aviez des occupations plus importantes depuis que vous fréquentiez les hautes sphères !
- La nostalgie, que veux tu !
-   Bon, les jeunots, si on en finissait avec Hekken 
-  Le destroyer est hors de combat, Markus. Quant à Hekken, je suppose que c'est lui qui a filé très vite, mes chasseurs n'ont pu l'intercepter. Devinez ce qu'il pilotait ? Un corail skipper !  C'est un humain ou un Vong ?


La victoire au goût amer.
Venom intervint, las de tout ce bavardage :
-  Ici gold leader pour escadron rouge. On a un chasseur endommagé quelque part dans la nature. Quelqu'un peut le chercher, s'il vous plaît ? 
Un silence…
- on est à court de carburant, faut qu'on se pose quelque part.

La voix fatiguée et triste avait perdu sa gouaille habituelle. Sur le Viper, l'ouverture des silos à missiles bloquait le minuscule pont d'envol. Il faudrait un moment pour les refermer. Un bricolage de plus sur un vieux cargo. Embêtant. Il n'y avait donc que le Hun pour les recevoir. Ou la planète.
-  Le pont 14 est réparé, vous pouvez vous poser sur le Hun , annonça le contrôleur de chasse
-  On s'occupe  du pilote, fit sobrement Kaarde
-   Merci à tous. Gold à contrôle Hun ! Dix plus un en approche !
 
Tout le monde était trop épuisé pour un atterrissage en formation, d'autant plus qu'une partie des emplacements était toujours en réparation. Techniciens et droïdes s'affairaient à remettre le pont en état. Le Hun avait souffert.
Un mécano de pont vint aider Venom à sortir de son cockpit. Ôtant son casque, il s'appuya contre l'aile de son chasseur. Il avait besoin de souffler un peu, pensa-t-il. Le mécano vit son visage mouillé de larmes, posa une main amicale sur le bras du jeune homme et s'éloigna pudiquement pour donner des instructions à deux droïdes qui savaient parfaitement quoi faire.
Un instant perdu dans ses pensées, il constata soudain qu'il n'était pas seul. Ses pilotes formaient un demi-cercle autour de lui et le regardaient gravement.
Je dois me reprendre, se morigéna-t-il. Quel bel exemple je leur donne !
-   Le grand-père de Jas pilotait un A-wing à Endor. Un de ceux qui ont attaqué l'Executor. Il lui a souvent raconté les exploits de son escadron  La voix calme de Red one
-  Jas a toujours rêvé d'égaler ses exploits, fit un autre. Red 9, Jacsyn.
- Et il se vantait toujours d'être red 5. l'indicatif de Luke Skywalker à Yavin !
-  c'est un héros, maintenant, n'est-ce pas, Commandeur? Demanda Wedgie, le plus jeune des pilotes. 

Ils se pressaient autour de lui, cherchant le réconfort. Il ouvrit les bras :
- Ouais, un sacré héros. 
Il pensa à ce qu'avait dit le gamin. Compte tenu des circonstances, sa déclaration suivante lui parut après coup particulièrement stupide :
- Sa maman a de quoi être fière de lui! 
-   Elle est morte… sur Jerkal… elle a jeté Jas dans un cargo qui allait décoller, juste avant que la lune ne s'écrase sur la planète. Le capitaine l'a vendu au Maître des esclaves Gord , avec les autres enfants.

D'après Gord qui le lui avait revendu, Jas était un peu plus vieux que la moyenne des recrues. Assez vieux pour que le conditionnement ne soit pas totalement efficace. Mais il était trop bon pilote pour être mis à l'écart.
-   Jas disait qu'elle était toujours avec lui, partout. Alors, oui, elle doit être très fière, termina red 4 (Thera).

Il y eut un moment de communion silencieuse. Venom se demanda une seconde comment c'était d'avoir une maman. Mais, il se rendit compte qu'il avait au moins une famille. Et des responsabilités. Il releva le regard. Plusieurs personnes se tenaient à distance. Il reconnut l'officier de pont qui l'avait accueilli il y a… une éternité.
-   Des nouvelles de red 2, lieutenant ? 
-  Ils l'ont trouvé, commandeur. Chasseur détruit. La pilote était encore en vie, mais…
il fit une vague avec sa main .
- … Kaarde l'a fait placer en cuve bacta sur son vaisseau. Son installation est aussi bonne que la nôtre. Elle n'aurait pas tenu jusqu’ici.

Il cherchait à s'excuser de quelque chose. De quoi ? L'infirmerie du Hun devait déjà être saturée de blessés. Pas de quoi s'excuser pour la perte d'un Pion … Sacrifiable !
Venom essuya rageusement les larmes qui revenaient, se redressa et prit son ton le plus autoritaire et le plus assuré.
- Mes pilotes et moi-même allons nous rafraîchir et prendre un peu de repos. Faites-moi savoir l'heure du débriefing, s'il vous plaît 
-   Bien entendu, Commandeur 

Venom s'aperçut que les personnels de pont et les troupes avaient formé une double haie. Les troupes présentèrent les armes.
Idiots ! Honneurs inutiles et vains !
Quoique… Après tout, ses petits pilotes l'avaient bien mérité ! Cela leur ferait du bien. Il les fit passer devant lui, en formation, et salua l'officier dans les règles. Il fut surpris de trouver, en bout de ligne, les huit mandaloriens, armés et casqués qui saluèrent en frappant du poing sur leurs poitrines. Venom les salua aussi, puis passa.
Il lui fallut une très longue douche pour retrouver le contrôle de ses pensées. Il en sortait tout juste, quand la porte bipa. Il s'y rendit, encore enroulé dans sa serviette. Un enseigne salua.
-   Commandeur, mes excuses… Comme vous l'aviez demandé, le Capitaine Tensil vous informe qu'une réunion de l'état-major se tiendra dans quarante minutes. J'attendrai dans la salle au bout du couloir pour vous guider. 
-  Merci, Enseigne… ? 
-  Showolter, Monsieur !
- Showolter, je passe voir mes équipiers et je vous rejoins !
 
Il leur avait dit douche et repos : Ses « équipiers » s'étaient couchés et dormaient. Il y avait quelques packs de gellies ouverts, mais la plupart s'étaient couchés sans manger. Le pilotage d'un chasseur aile-A est très exigeant. Aussi endurant soit-il, il en aurait bien fait autant lui-même. Il les regarda un moment, rajusta la couverture de red 4, passa entre les couchettes superposées. Arrivé à Red One, il saisit un coin de couverture qui avait glissé. Une main sur la sienne. Elle ne dormait pas. Sourire radieux… Il constata qu'elle avait guidé sa main sur son sein. Pas le moment ! Il n'avait pas la force, pas les ressources mentales pour gérer une gamine amoureuse.
C'est vrai, nous avons le même age : on grandit bien plus vite en cuve de clonage. Mais elle mérite mieux qu'un imposteur comme moi. Un vrai pirate ne pleure pas.
Il se pencha, déposa un baiser… sur son front, rajusta la couverture avec un sourire fatigué et sortit.
Il dût faire un effort sur lui-même pour reprendre son masque habituel, mélange d'assurance et d'insolence. Il avait du travail ; il devait défendre au mieux les intérêts de sa flotte. Et il avait une promesse à tenir.

Note:
5 Le premier job de Mereel pour l'armateur fut une opération de contrebande en compagnie de Kaarde. Selon leur couverture, ils étaient père et fils. Il avait 14 ans.



Bonne lecture!
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
Ve'ssshhh
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Messagepar Dark Sheep » Lun 25 Avr 2016 - 12:57   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 11

Alors là, sacré morceau de bravoure que tu nous offres :lol:
Le chapitre est une bonne grosse bataille spatiale dans les règles de l'art, et tu y fais intervenir tout un tas de vaisseaux !

Ve'ssshhh a écrit:bon, c'est ici que j'avais prévu de terminer la première partie de ce chapitre. Avouez que c'était parfait pour le suspense ( … ) Mais n'écoutant que mon bon cœur - et aussi parce que j'ai pris pas mal de retard sur mon programme...
Tout de suite, la suite!

-> :paf:
Merci, en tout cas !
J'avoue que je serais un peu resté sur ma faim si tu nous avais lâchés ici :wink:

Le petit rebondissement que représente l'apparition du simili-destroyer a bien failli porter un coup fatal à tes héros ! Le sacrifice de rouge 5 est bien mis en scène, bien que tu aies pris le parti de le pré-annoncer.
À ce sujet, j'aime bien les petites notes que tu ajoutes, ça renforce ton univers. Et leur côté "pas tout à fait objectif" me plait bien :)

Sur la fin du chapitre, tu donnes un détail que je n'avais pas à l'esprit (ou que tu révèles peut-être seulement à présent) qui est le fait que Venom et sa protégée Red One ont en gros le même âge ! Je pensais qu'elle était plus jeune (bien plus jeune ?).

Concernant Venom, ce chapitre permet de le voir piloter un chasseur à la tête de ses "hommes". C'est bien !
Et tu montres clairement le conflit en lui. Il aimerait être un dur sans émotions, mais au fond il semble avoir bon cœur et la perte de ses p'tit gars l'affecte réellement…

Après cette grosse bataille, j'ai hâte de savoir ce que tu nous réserves ! :jap:
Mouton déjanté scénariste et chorégraphe...

"Cette galaxie a besoin d'un sauveur, pas d'un héros."
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 01 Mai 2016 - 17:20   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 11

Sur la fin du chapitre, tu donnes un détail que je n'avais pas à l'esprit (ou que tu révèles peut-être seulement à présent) qui est le fait que Venom et sa protégée Red One ont en gros le même âge ! Je pensais qu'elle était plus jeune (bien plus jeune ?).


Elle est plus jeune en effet: elle doit avoir 16 ans ou pas loin (elle est née en 14) et c'est la plus âgée de l'escadron, juste devant Masha et Jas ( red 5)
Mais Venom a grandi en cuve jusqu'à l'age apparent de 7 ans et a très certainement subi une croissance accélérée ( au mois X2, comme les clones de Kamino), d'où sa réflexion. Au final, ils doivent avoir 4 ans de différence.

Mais dans le chapitre suivant, l'action se passe se prépare au sol!

Chapitre 12 : Tschaï


Chasseurs de primes ; oui, mais quelle prime ?
Le marchand indépendant Ralkin, un proche humain plus tout jeune, prit soin de faire passer son message :
-  Mon gars, t'es aussi bon pilote que tu l' prétendais ! Considère que t'es titulaire du poste. C' qui' n'change rien au fait que c'est moi qui donne les ordres. Sur cette planète en particulier, t'as intérêt à les respecter. Depuis quek' mois, ici, ce sont de vrais malades qui contrôlent la ville et toute cette fichue planète, je suppose. De toutes façons, y a pus grand-chose à voir ou acheter, alors j' sors même plus de l'astroport. 
Y cause vraiment bien l'basic, l'patron, s'amusa le jeune pilote.
Haussement d'épaules, sourire égrillard. Le marchand avait un ticket avec une des administratrices. Elle avait une suite confortable dans le bâtiment principal : pourquoi sortir ?
- Bien sur, y sont pas du genre à empêcher un honnête coureur d'espace d'aller boire une pinte dans une cantina, ou d'aller satisfaire d'aut' besoins, si tu vois c'que'j'veux dire… Bref, si tu veux une perme pour aller t'amuser, j'te la donne. MAIS y a des points sur lesquels y sont très chatouilleux.
Ils n'aiment pas :
- Les types qui vont fouiner là ou c'est marqué interdit ou qui posent trop de questions.
- Ceux qui se baladent sans le Badge adéquat ou circulent après le couvre-feu.
- les types qui's baladent 'vec un blaster ; tu laisses le tien au vaisseau. Pareil pour les vibro-lames ou les explosifs. Mais tu peux garder ton joli couteau.
- Ah, et ils n'aiment pas aussi les fouteurs de merde : ceusse qui râlent trop fort, déclenchent des bagarres ou des rassemblements.
Ces quatre catégories finissent souvent pendues sous l'arche d'entrée de Dadishe. Jette-y un œil en passant : je serais chagriné de te voir pendu là et encore plus chagriné d'être pendu à tes côtés. J'ai pas la vie rêvée des aventuriers de l'espace, et mon «  Saute-Étoiles » est une vraie poubelle, mais je tiens à l'une comme à l'autre. Compris ? 
Tiens, son basic s'améliore quand il n'y a plus personne qui fouine dans le secteur !

- Je me contenterai d'aller boire un verre. Et peut-être de manger un morceau qui ne soit pas de la bouillie insipide et brûlée d'auto-chef… Sois dit sans vous offenser, Patron ! 
- MMMphhh … Ce maudit chef est déréglé depuis des mois et j'ai pas les moyens de le changer. Mais t 'inquiètes : parfois, pour varier, il fait aussi de la brique dure et mal cuite assaisonnée aux herbes de feu. Essaie donc la Cantina D'Osgard. La bouffe y est pas mal et la serveuse jolie et sympa. En plus, ils ont des chambres si t'es trop saoul pour rentrer.
- Merci du conseil, patron.
La conversation avait eu des témoins, bien entendu. Sur cet astroport, il y avait toujours des oreilles indiscrètes. Nanti de ces recommandations et d'un plan sommaire, le jeune pilote du  ‘Saute Étoiles’ n'eut aucune difficulté à passer les contrôles et à obtenir un badge. Les types au contrôle ne plaisantaient pas avec la sécurité et leurs armes, toujours à portée de main, étaient bien entretenues.
Pas des amateurs, ceux-là !

L'ambiance en ville n'était pas folichonne ; des patrouilles partout, des gens qui circulaient en rasant les murs et en courbant la tête. Même les individus de l'espèce autochtone, de grands insectoïdes élancés à la carapace ivoire, pourtant de redoutables prédateurs, semblaient faire profil bas. Certains des humains leur ressemblaient étrangement, jusqu'à singer leur façon de se déplacer. Ils ressemblaient beaucoup au dénommé Anacho, qu'il avait rencontré à bord du Hun. La plupart des boutiques étaient fermées ou envahies de soldats bruyants et sans gêne qui faisaient fuir les autres clients. Une atmosphère de siège.
Le jeune pilote se hâta de rejoindre la cantina, ne s'arrêtant que pour quelques achats : les locaux avaient une passion pour les armes blanches et fabriquaient des lames de grande qualité. Pas question de passer sur Tschai sans ramener quelques souvenirs ! Sans compter qu'il allait pouvoir les étrenner bientôt.
Dans la rue, la foule grisâtre d'individus se hâtant vers leurs destinations ne se colorait qu'au passage de quelques rares équipages en vadrouille. En contraste, la cantina d'Osgard offrait un cadre chaleureux, mais elle était presque vide :
-  vous devriez venir voir à l'heure de pointe, argumenta le Patron ; Mais l'heure du couvre-feu est proche, alors…  Rassurez-vous, vous avez le temps de boire deux ou trois pintes avant de devoir rentrer. À moins que vous souhaitiez dîner. Ma femme a fait du brualki et elle le réussit bien. Dans ce cas, je vous recommande de prendre une chambre !
Le jeune homme accepta :
- Tout plutôt que de passer une nuit de plus à bord du ‘Saute Étoiles’.
- Le ‘Saute Étoiles ?’ Je connais. Bogoss venait souvent. Et le marchand Ralkin aussi. Mais il n'aime pas l'ambiance qui règne en ville ces temps ci et puis…
Le patron baissa la voix, et, sur le ton de la confidence :
-   Il s'est trouvé une copine qui bosse au niveau administratif, elle a même une chambre la bas !

Confidence suivie d'un clin d’œil. Bref, tout le monde le savait en ville ! Venom soupçonnait son « patron » d'être un agent au service de la République – pardon, de l'Alliance. Il n'allait probablement pas visiter sa belle que pour le plaisir .
La fameuse serveuse, une rouquine aux yeux verts, n'était plus toute jeune mais le jeune homme admit qu'on eut pu la trouver belle sans son air maussade et ses yeux tristes. Elle déposa une chope de bière sur la table avec une telle brusquerie qu'une partie s'étala sur la table. Pas impressionné, le jeune homme la regarda en dessinant du doigt dans la flaque de bière.
- z'avez pas plutôt de la bière de Cath ?  Fit il en tentant un sourire.
-  De la bière de Cath ! On est pas à Calamar (1), ici ! Marmonna-t-elle en essuyant les dégâts avec un torchon douteux.
Elle se radoucit pour dire :
-  Le repas est dans une heure et demie. Si vous aimez faire la conversation, vous serez six à table 
Bien, les autres sont déjà là, songea le jeune homme, sirotant lentement sa bière ; très bonne, au demeurant. Il avait posé la bonne question, obtenu la bonne réponse. Il monta à sa chambre, s'allongea un moment, rêvassant, les yeux dans le vague. Il avait une promesse à tenir : l'agent B007 (2) n'avait pas repris contact – comme prévu- après son dernier message. Mauvais signe ! Mais avant de partir à sa recherche, il avait une autre cible.
Une mission, deux objectifs. Il ne fallait pas se louper, ni pour l'un, ni pour l'autre.


Flash-back : retour sur le Hun
Le lendemain du débriefing, une nouvelle réunion avait rassemblé les protagonistes de l'assaut sur Tschai. Le dénommé Anacho, un squelette humain (effet renforcé par ses maquillages), à l'allure de grand insectoïde avait des nouvelles. Kaarde aussi. Elles n'étaient pas bonnes. Déjà, on avait appris que le Hun ne pourrait pas repartir au combat avant un bon moment.
- L’Esméralda non plus… Ce coup ci, elle va mettre du temps à guérir (3). Et il est grand temps qu'elle et Navigateur rentrent chez eux, expliqua Procyon.
[Nous pouvons encore faire une bataille]
Personne ne s'étonnait plus d'entendre des voix dans sa tête, constata Venom.
- Pas question  que tu t'exposes encore ! 
Les frères Herrion avaient parlé d'une même voix. Mais le Vieux continua, ignorant le coup de coude de son frère.
-   Mais tu pourrais utiliser tes talents de loin… Bien à l'écart… Pour coordonner les équipes, par exemple.
-   Résumons-nous : MA flotte devrait attaquer seule et écraser un croiseur lourd de classe Dreadnaught, deux croiseurs Carrack, une tripotée de corvettes Marauder et corelliennes, des canonnières, des décimateurs et une flopée de chasseurs ? C'est quoi, le plan B ?  s'insurgea Venom .
-  Tu oublies une redoutable station de combat en construction, Gamin. Je crois qu'on peut passer au plan B, en effet ; rien à espérer de l'Alliance ? demanda le vieil armateur à Kaarde .
-  Tschai fait partie des non-alignés… Et ça pose problème, vous le savez ! Néanmoins, on m'a garanti que l'alliance répondrait positivement et très rapidement à l'appel à l'aide d'un gouvernement ami. À condition de libérer les derniers représentants en vie de ce gouvernement. La diplomatie a ses raisons…
-   J'AI demandé de l'aide!
- votre statut n'est pas clairement établi, Anacho. Nous autres contrebandiers ne sommes pas toujours en odeur de sainteté auprès des puissants.
- Si on attend, ils achèveront la station de combat. De là, ils tiendront la planète. Toute révolte serait noyée sous les torpilles et les turbo lasers. Une flotte ennemie paierait très cher une attaque. Et qui sait où ils pourraient envoyer leur flotte à eux, menaça Anacho.
Il pouvait s'inquiéter ; c'était sa planète !

Venom avait potassé la curieuse histoire de Tschai  et de son peuple à deux races. En confrontant légendes locales et fouilles archéologiques, les historiens avaient établi une théorie : 15 à 20 000 ans avant l'avènement de la république, un groupe de colons humains avait débarqué sur la planète. Comment étaient-ils arrivés là ? Vaisseau génération ? Porte stellaire ? Vaisseau Rakata ? En tout cas, les colons avaient trouvé une civilisation à l'ère pré-industrielle. Les premiers contacts avaient été cordiaux, mais peu après, tout avait dégénéré. L'avance technologique des humains n'avait pas suffi à contrebalancer la supériorité numérique dees autochtones. Des millénaires plus tard, la huitième expédition corellienne, avait trouvé un peuple qui avait développé une technologie spatiale à base de voiliers solaires et des humains à l'aspect physique inédit, quasiment réduits à l'état d'animaux de compagnie.
Des millénaires de sélection leur avaient donné l'apparence de leurs maîtres.

-   L'Alliance enverrait des troupes encore plus vite en apprenant que Hekken et ses sbires ont investi la planète, rappela l'armateur. 
- Si nous pouvons prouver que Hekken est bien là , objecta Kaarde!
- Justement, le plan B ! Le principe est simple : on va chercher Hekken sur Tschai et on le ramène par la peau des fesses pour l'exhiber devant tes diplomates. En attendant qu'ils veillent bien se remuer le cul, on fout assez de bordel autour de Tschai et au sol pour que les amis d'Anacho puissent se révolter et envoyer leur appel à l'aide .

Herrion oubliait parfois qu'il était un aristocrate raffiné et hautement civilisé. Ou bien, c'était plus probable, il considérait qu'un aristocrate raffiné et civilisé pouvait s'autoriser n'importe quel écart de langage. Ou alors, qui sait, il était très fier de savoir parler une « langue étrangère ».
-   Et par quel moyen on fout le bordel dans l'espace et au sol ?  Kaarde savait s'adapter très vite.
-   Admettons qu'une bande de pirates déjantés et sans complexe apprenne qu'il y a plus de 6 millions de marchandises faciles à emporter sur cette fameuse station… Un p'tit raid rapide, c'est mieux qu'une bataille rangée, non ? Et puis, je suis sûr que ces pirates placeraient quelques charges explosives dans la station, juste histoire de couvrir leur fuite. Pas vrai Gamin ? 
- Déjantés et sans complexe, le Vieux ? Je ne vois pas de qui vous voulez parler ! Eh, vous avez bien dit six millions ?
- Plus près de 7, Gamin, et c'est confirmé par les images que ton espion nous a envoyées . De quoi doubler, non, tripler la taille de ta flotte.

Il désigna le jeune homme songeur et annonça à la cantonade :
- Vous voyez, messieurs ? C'est pas de la politique, c'est du business.
- J'ai pas encore les moyens de la doubler, ma flotte. Pour foutre le bordel, faudrait qu'elle soit bien plus puissante!
- On devrait pouvoir étoffer ça  garantit Kaarde
- L'Amber Star n'est pas au top de sa forme, mais je devrais pouvoir rassembler quelques forces  renchérit Herrion.
-  Et ma flotte personnelle sera de la partie, rappela Anacho.

Venom soupçonna une collusion entre eux. À tous les coup, ils avaient déjà discuté de la situation. Et trouvé un pigeon.
Moi, se dit-il. C'est l'occasion ou jamais de placer quelques revendications supplémentaires. Et puis, tant qu'à se faire plumer…
-   Et vous avez des candidats pour ramener Hekken par la peau du cul ?
-   J'ai un petit groupe de chasseurs de primes qui ne rêvent que de ça. Raisons personnelles. Mais ils ne sont plus que trois.
-   Non, parce que tant qu'à me faire plumer, autant me laisser rôtir aussi. Bref, je suis volontaire. Et je pense pouvoir convaincre deux-trois de ces pirates déjantés et sans complexe de m'accompagner.
- Ce sont les trois millions de prime qui t'attirent, Gamin ?
-   ça et autre chose, le Vieux. Désolé, mais va encore falloir négocier ; en privé. Pour le reste, il faut que j'aille sur Tschai, de toutes façons. Raisons personnelles.

Depuis son dernier message, Sasha n'avait plus émis son indicatif crypté.
- On n'a pas le temps, Gamin, pour des caprices supplémentaires.
- Pff ! Les caprices, c'est le seul domaine ou j'arrive à vous égaler, le Vieux… Et encore !
[ Cela concerne sa pilote : Red 2... Masha]
- C'est çà, te gêne pas, fouille dans ma tête !

Venom sentit une colère irrationnelle le gagner. Au moins, c'est à lui seul que le télépathe s'adressa cette fois :
[ Dans ce cas, apprends à garder tes pensées pour toi. Tu hurles littéralement son nom. Et celui de ce petit humain, Sasha ! C'est très désagréable. Dis leur ! Ta carapace de pirate impitoyable est déjà bien fissurée, ils ne se moqueront pas de toi !]
La colère retomba aussi vite qu'elle était montée. Le télépathe avait raison, évidemment : il ne dissimulait pas assez bien ses pensées. Et se souciait trop de détails qui au fond, n'auraient dû avoir aucune importance.

Si, ils en ont ! Pour moi ! Tant pis pour ce que pensent les autres !
Le pirate rassembla tout son courage et toute sa morgue pour exiger :
-  Bon, le Vieux, c'est simple ! Masha a des lésions neurales ; d'après votre docteur, elle devrait récupérer l'essentiel de ses capacités mais ça prendra des mois, sinon des années. Et il va lui falloir une prothèse pour sa jambe… 
- Tu veux que je paie tous les frais, gamin ? 
- Les frais, je les paie ! C’est pas ça que je veux ! Ce que je veux, c’est qu'elle puisse recommencer sa deuxième vie avec de vrais parents qui l'aimeront et s'occuperont d'elle. Elle devra tout réapprendre. À l'abri. Avec assez de fric pour lui offrir le meilleur. Comme une princesse ; comme une Herrion.
- De vrais parents, hein ? Accordé ! Je devrais pouvoir trouver un bon foyer pour ta Masha. fit le vieil homme attendri. Ils adoptent en masse sur Herrion et pour élever des enfants, il n'y a pas mieux !
-   Je veux les voir avant ! 

Herrion se contenta d'accepter d'un hochement de tête.
Kaarde osa rompre le silence qui s'était installé.
-   Nous avons deux jours pour mettre l'opération au point. J'y serai, avec quelques vaisseaux ; et j'ai des contacts au sol, qui devraient être utiles.
-   nous y serons aussi , affirma Stian Meerel. Le Capitaine Herrion nous a ré-embauchés. Pour foutre le bordel au sol, entre autres petites choses.
Lui aussi s'y mettait ? Le style de l'armateur était vraiment contagieux !
- ça me rassure ; à vous huit, vous devriez pouvoir occuper quelques dizaines de milliers de soldats,  répliqua Venom, qui avait retrouvé son sourire canaille.
-  Un peu plus, je pense. On a invité quelques potes, répondit le mandalorien sur le même ton 


Un souper chez Osgard
Venom s'éveilla en sursaut dans son lit ; il avait dû s'assoupir. Les souvenirs brouillés d'un rêve bizarre et inquiétant s'estompaient déjà. Il fronça les sourcils : le rêve concernait Arvea, mais… Il se secoua : il était l'heure de descendre.
Dans la salle à manger de la taverne, surprise : il manquait deux personnes.
Méfiant, il dévisagea chacun des présents : un humain, un Kiffar et une Togruta. Il les avait rencontrés à bord du Hun. Jake, Bobbi, Lorna. les trois portaient le nom de Keren, et se prétendaient frères et sœur, ce qui était biologiquement impossible. Apparemment, la donzelle ne leur avait pas encore procuré le matériel demandé . Des chasseurs de prime. Mais quelle prime visaient-ils ? Et ou étaient ses amis ?
Il avait encore des doutes.
Doutes que la serveuse s'efforça de dissiper. Sans son air maussade de commande, elle était bien plus séduisante.
-   J'ai envoyé vos amis récupérer des équipements dont nous aurons besoin.
-  Nous ? Releva-t-il.

Il savait que la femme, son contact, était un agent de la république- enfin, de l'Alliance-, mais il pensait qu'elle n'était là que pour informer et assister l'équipe dans ses préparatifs.
-  Je connais bien les habitudes des Brigadiers. Je vous ferai entrer dans la zone interdite et vous conduirai à votre cible 
-   Et après ? 
- Je suis une professionnelle. Je sais me battre. Je croyais que Kaarde vous avait briefé.
-   Vous bossez pour lui ?
-   Autrefois, oui… Voici les plans !
Elle sortit d'antiques films plastiques :
-  Pas de holo, les occupants recherchent toutes les sources d'énergie high-tech. Je n'aurais pu leur faire traverser la zone interdite.  Ils tolèrent tout juste les comlinks, qui sont très surveillés. La prison qui sert de QG à l'état-major est ici, en pleine zone interdite. La plupart des chefs s'y réunissent le soir, pour… Eh bien, pas pour travailler. Hekken sort tous les soirs, vers 22:30 et rejoint un bâtiment proche qui sert de logement pour ses « hôtes » ; L'immeuble est utilisé pour détenir quelques personnes sans danger pour lui et qu''il faut ménager. Des otages. Lui va voir sa ‘petite amie’, détenue là avec sa famille. Vous devinez le chantage. Ceux qui lui déplaisent n'ont que 50 mètres à peine à parcourir pour se retrouver aux mains des « inquisiteurs ».
Le passage est à l'air libre, mais dans un corridor qu'il a fait construire pour l'occasion. Il arrive avec une escorte réduite – 6 hommes- ; reste environ une demi-heure, puis revient au QG. Il va sans dire que le bâtiment de l'infortunée fiancée et la prison sont fortement gardés. Mais pour le bâtiment, de l’extérieur seulement ; notre homme tient à son intimité. Le cueillir dans le corridor ou dans le bâtiment est donc notre meilleure option.
-   Et on va où, après ? fit le Kiffar, qui semblait dubitatif. Bobbi, se souvint Venom
-   On rejoint la prison ! Il existe une sortie qui mène droit à l'astroport et nous pouvons compter sur des amis à l'intérieur. Autre option : les batteries de défense du bâtiment seront neutralisées. Mon vaisseau ou le vôtre sont équipés de circuits esclaves ; ils pourront nous récupérer sur le toit. Nous profiterons des différentes diversions – et il en aura ! pour nous éclipser 
- On peut compter sur les mandaloriens pour foutre le bordel en ville, c'est sur ! Mais est ce que ce sera suffisant ?  demanda Venom.
- la personne qui accompagne vos amis pourra vous rassurer sur ce point. En attendant, commençons à dîner.

Elle fit le service avant de se mettre à table ; Markrrr et Quyymaen arrivèrent peu après en traînant un gros sac. Anacho le contrebandier les accompagnait. Il avait ôté ses peintures de guerre qui le faisaient ressembler à un squelette humain et arborait les rubans colorés de son peuple.
Qu'il s'habille comme il le souhaite. Il était d'ici, après tout. Il y avait eu des humains sur cette planète bien avant l'avènement de la république ; Volontairement ou non, ils avaient fini par ressembler aux insectoïdes. Mais la serveuse savait que ces couleurs étaient celles d'un chef de guerre. 
Il apporta les précisions nécessaires :
-   Vous avez deviné juste, maîtresse Mara. Des trois chefs de guerre de mon peuple, je suis le seul à pouvoir agir: Darback a été assassiné, et Anarin croupit dans cette infâme prison ! Par chance, étant le chef de l'extérieur… 
Il s'interrompit, puis expliqua :
- vous diriez ministre des relations extérieures, ou de la défense, c'est tout comme. En tout cas, mes activités m'amènent à voyager au loin. J'ai échappé à la rafle et pu organiser la contre-offensive. Mon peuple attend ce moment depuis longtemps. Ce soir, pendant que vous décapiterez l'état-major des brigadiers, et que votre flotte fera diversion dans l'espace, commencera l'insurrection  que nous préparons depuis longtemps. Nous nous sommes entraînés, nous avons les armes et la volonté : nous vaincrons !

Apparemment, Humains et Dreeedr se considéraient comme un seul peuple, les Tshaï Kol
Tu parles, songea Venom ; tu as aussi l'aide de tes amis contrebandiers et l'assistance de l'Alliance, puisque Kaarde et cette nana sont dans le coup.
Il se tourna vers ses amis. Markrr s'était assis et s'empiffrait ;
-   Vous êtes allés faire les courses, je vois.
- La dame nous a demandé de vous trouver des déguisements. 

Quyymaen sortit un casque et une semi-armure du sac qu'il traînait.
- Y en a assez ?
- La p'tite dame a dit cinq. On a fait attention à ne pas les tacher en extrayant les anciens locataires.
-   Cinq ? Mais… 
-   Une patrouille standard, escortant deux prisonniers de marque, expliqua l'espionne. Vous saurez simuler l'ivresse ? 
-  J'simule pas… je suis un acteur né , grommela Markrrr, plus hirsute et poilu que jamais.

Il attrapa une grosse chope de bière et la vida d'un trait. Puis il la remplit seulement à moitié -à son grand regret- au tonnelet vide qu'il secoua, l'air désolé. Il ingurgita les restes puis, voyant la chope à peine entamée de Venom, demanda :
- Je peux ?
Sans attendre de réponse, il la vida d'un trait, concluant d'un rot énorme…
- Voilà, maintenant, je suis dans le rôle , fit il en exhibant un de ses sourires plein de crocs qui laissaient croire qu'il allait vous égorger en guise de dessert.

Dissimulant un sourire, Venom enfila l'uniforme ennemi. Il y avait un blaster avec, mais il veilla à bien dissimuler ses lames. Toute la mission reposait sur l'usage d'armes non-énergétiques.
-  Et vous ? Demanda le Kiffar à Anacho 
-   J'emprunterai un autre itinéraire. On se retrouve dans la prison.

Il laissa du matériel ; les armes blanches fabriquées par les Tschai kol étaient appréciées des connaisseurs de toute la galaxie. Le jeune humain, Jake, inspecta de longs bâtons empennés à une extrémité et munies d'une pointe de métal à une autre. Il sortit de son sac de matelot un curieux objet aux motifs ajourés. D'un geste, il déploya deux lames courbes. Non, pas des lames ; ce truc n'avait rien de tranchant. Venom ne comprit qu'il avait affaire à une arme à projectiles que quand le jeune homme relia les deux extrémités par une corde et encocha un des bâtons.
- Un arc et des flèches !   S'enthousiasma Quyymaen.

Voyant l'air stupéfait de ses collègues, il ajouta :
- enfin, une version high-tech d'une arme primitive 
-   Ces flèches sont parfaites, constata le jeune homme. Il se tourna vers le Kaleesh.
-   Votre peuple en utilisait, dans le temps. Silencieux et bien plus puissant qu'on ne le croit.
-   ça, ouais, je veux !  Et toi, jeune fille, c'est quoi ton truc ?

Venom masqua sa surprise : le clone kaleesh, qui avait reçu -en cuve- une éducation militaire, adoptait en général une attitude austère et guindée, digne d'un officier impérial. Mais il semblait avoir appris à s'adapter au style plus décontracté des pirates. Ou des chasseurs de primes.
Elle se contenta de désigner du doigt le fouet roulé à son côté. Un fouet de métal.
-  Il était à notre père ! 

Elle n'en dit pas plus. Ils avaient affirmé avoir des raisons personnelles pour chasser Hekken. C'est peut-être pour chasser un mauvais souvenir qu'elle demanda :
-   Et vous, c'est quoi, votre spécialité ? 
Le kaleesh sortit ses deux épées lig à une vitesse phénoménale.
-   J'me débrouille pas mal avec ça !

Elle regarda Venom, qui se contenta d'exhiber quelques-uns de ses couteaux .
Markrrr, en pleine métamorphose, ne put s'empêcher de faire une remarque :
-  je sais : à le voir comme çà, il a l'air d'un chiot quémandant une caresse.  Mais il ne craint pas de s'attaquer à un adversaire quatre fois plus gros et costaud que lui. Il est plus rapide qu'une vipère kodashi et dix fois plus venimeux !
Venom, amusé, se contenta de hausser les épaules et fit mine de se concentrer sur son équipement. Il savait garder un visage impassible, mais ses yeux le trahissaient parfois.
Le garoug répondit finalement à la question muette de la togruta :
- Et moi? Moi, Je mords !
Une de ses répliques favorites : avec l'arsenal qui grossissait dans sa bouche, comment ne pas le croire ?

Tous s'étant changés, il ne restait plus qu' à sortir discrètement : l'antique cité recelait bien des surprises, tout comme la cave où étaient entreposés d'énormes tonneaux de bière. L'un de ces tonneaux, en apparence similaire aux autres, donnait accès à un long passage souterrain. Ils émergèrent tout près de la zone interdite, guidée par dame Mara, ou plutôt par le sergent Jaffar, comme l'indiquaient ses galons et le badge de son armure.


1 Capitale d' Esseles, secteur Darpa, dans le Noyau ; un lieu de culture et de raffinement.
2 Également connu sous le nom de Sasha.
3 C'est un vaisseau vivant !


Bonne lecture!
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
Ve'ssshhh
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Messagepar Dark Sheep » Lun 02 Mai 2016 - 13:10   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 12

Sacrée préparation pour un enlèvement de terroriste !
La description de la rousse aux yeux verts la plus connue de la galaxie nous permet d'imaginer que d'autres têtes connues risquent de faire leur apparition :wink:

J'ai bien aimé l'ambiance "auberge" que tu donnes à ce chapitre, ainsi que les détails sur la planète et son histoire.
Le procédé de flashback est intéressant, d'autant plus qu'au début du chapitre on se sent un peu perdu :)
Tu as bien ménagé ton effet !

Le petit passage sentimental de Venom est bien, il continue d'humaniser le personnage.

J'ai hâte de découvrir comme le plan va être mis en œuvre :oui:
Mouton déjanté scénariste et chorégraphe...

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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 08 Mai 2016 - 20:27   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 12

Arghhh!! je décroche le temps d'un week-end prolongé, et il y a déjà des tas de chapitres à lire sur le fofo!


J'ai hâte de découvrir comme le plan va être mis en œuvre :oui:


tiens, quelle coïncidence! voici justement le chapitre 13!


Chapitre 13 : La zone interdite

Bokkor Hekken, qui es-tu ?
Markrr chantait… faux ! Horriblement faux ! Cela ne ressemblait pas à ses hurlements de la pleine lune, c'était pire ! À ses cotés, menotté lui aussi, Quyymaen faisait dans le reptilien : calme et froid. Ce qu'il n'était pas vraiment.
Dame Mara, avec ses marques de sous-officier, ouvrait la route, Venom flanquait la colonne à gauche. Il n'était pas très à l'aise : tout dépendait de l'habileté de cette espionne dont il ne savait rien.
Une espionne qui lui jetait de fréquents coups d’œil, comme s'il était digne de sa curiosité.
Pourtant, les deux patrouilles qu'ils croisèrent se contentèrent d'échanger le salut réglementaire.
Enfin, le poste de contrôle ! Ils étaient nombreux, au moins une quinzaine, commandés par un capitaine qui poussa son coup de gueule dès qu'il les vit:
- Qui sont ces énergumènes ? Pourquoi ne sont-ils pas neutralisés ?

Venom bougea légèrement pour libérer le couteau planqué dans sa manche. Si un seul coup de blaster était tiré, adieu la surprise. Mais le « sergent Jaffar » géra le problème de main de maître.
- Ils seraient trop lourds à porter, capitaine, et surtout, ils avaient ceci !
La femme sergent exhiba deux badges ID noirs : le niveau le plus haut attribué à un non-brigadiste, ce qui radoucit l'officier :
- Ah, je vois… Mercenaires ! Le grand est saoul, mais l'autre ?
- Herbe Shorda, je pense… Et ils ne veulent pas se quitter.

L'Herbe était un narcotique puissant pour un reptile.
Markrr qui oscillait comme sur des bascules, ne se gêna pas pour se soulager contre un mur. La bière ? Ou peut-être était-il vraiment un excellent comédien ?
- Pouah ! Voila qu'il marque son territoire, maintenant ! Amenez les vite en dégrisement avant qu'ils ne fassent un scandale ! Leur officier va entendre parler de moi, je vous le dis !
- C'est moi, le Capitaine, fit Quyymaen d'une voix lente et pâteuse ! Lui c'est le cuisinier !

Il regarda l'homme comme s'il jaugeait un morceau de viande.
- Eh bien, je ne m'inviterai pas chez vous ! Block 3, sergent !
- À vos ordres !

Et voilà comment on passe un contrôle ! Trop facile,
se dit le jeune homme, beaucoup trop!
Déjà, les patrouilles qu'ils avaient croisés n'avaient posé aucune question, même pas sur le grand sac que Jake trimballait. Bien sûr, ils avaient une réponse toute faite : "confisqué aux prisonniers!"
Et là, cet officier n'avait même pas vérifié leur identité. Il y avait pourtant un homme en uniforme noir d'Inquisiteur, assis dans petite guérite mais il semblait s'être assoupi. En s'éloignant, Venom jeta un œil en arrière : l'homme s'était réveillé, mais il semblait désorienté.
- Avancez, ne regardez pas en arrière, marmonna Mara, qui avait l'air un peu tendue.

Elle les guida rapidement vers l'antique forteresse crénelée qui servait de prison et de QG, alors que le malaise du jeune pirate allait croissant.
J'aurais mieux fait de tenter le coup tout seul, ni vu ni connu ! Le Vieux n'a pas besoin de tout le bonhomme, après tout ! Sa tête suffirait !
- Je peux vous faire entrer, mais c'est maintenant qu'il va falloir se montrer rapides et silencieux. Et nous allons devoir déposer nos blasters au râtelier, fit-elle en déposant le sien.
Il n'y avait personne, mais l'entrée était surveillée par des holocams :
- Identifiez-vous, tonna une voix tombant des haut-parleurs.
- Patrouille K 12, Sergent Jaffar, nous escortons ces… Humm… Invités jusqu'au block 3, ordre du capitaine Jinox !
Elle exhiba à nouveau les badges noirs ;
-Je vois! Et ce gros sac que vous transportez?
Ah quand même ! Y en a au moins un qui fait son boulot !
Sauf qu'il aurait dû y avoir des gardes sur place plutôt que derrière un projecteur holo!

Mara déroula un bout de tissu, dévoilant les épées lig.
- C'est au Kaleesh, révéla-t-elle. Le reste est au grand poilu !
- hé ! Vous m'causez correct, hein ? j'ai des relations, moi ! Râla le sus-nommé ;
- Vous les laisserez au bureau : J'ai une seule cellule de dégrisement pour héberger ces illustres mercenaires, ce serait dommage qu'ils s'étripaient pendant la nuit, n'est-ce pas ? Ordonna la voix d'un ton ironique
- Vraiment dommage, contrôle ! Répondit l'espionne sur le même ton
- Le commandant réglera ça avec eux demain matin. Une seconde… Vous pouvez vous présenter au portique !
«  Contrôle » avait dû régler le détecteur pour ne repérer que les armes énergétiques, car l'arsenal silencieux du commando passa sans difficultés en même temps que les épées.
- L'entrée du corridor est là-bas. Ensuite…

Ensuite, ce fut à Venom de jouer du couteau. Du moins, il s'en arrogea le droit. Rapide et silencieux, comme l'avait recommandé la rouquine, il élimina les quatre hommes de la salle de garde avant que ses petits camarades n'aient eu le temps de se préparer. Cette action brutale et unilatérale eut le grand mérite de le réconforter. Un peu.
- Rapide, en effet ! Fut le seul commentaire du Kiffar, qui avait sorti deux lames courtes.
Mais il n'avait pas apprécié la surprise, cela se sentait ! Un autre fut plus véhément :
- t'aurais pu nous en laisser, protesta le kaleesh !
- Hé, ho! Quyym, la dame, elle a dit de faire vite, se défendit le jeune pirate.
- vous vous amuserez plus tard, les enfants, les sermonna la rouquine. Bobbi, cette porte !
Markrr, en passant, lui souffla à l'oreille :
- T'avais pas besoin de faire le malin comme ça ! Tu te sens mieux, au moins ?

Le kiffar avait pris la direction des opérations ; il entrouvrit légèrement la porte qui donnait sur la cour intérieure.
- Jake !
Il lui montra deux silhouettes, trop éloignées pour espérer les approcher furtivement.
- Vu ! répondit sobrement l'archer.
- Comment on fait ? Lui demanda Quyymaen, puisque Venom boudait dans son coin.
- Vous avancez rapidement le long du mur ; Ils vous verront, avec vos uniformes, et s'avanceront ; je m'occupe du reste.

Il avait déployé son arc, une flèche encochée, une autre en réserve.
- s'il y en a d'autres ?
- À moins de 10 mètres, c'est pour vous. Au-delà…

Au-delà, il prouva qu'un garde au sommet d'un mirador n'était pas à l'abri de ses traits empennés.
- Je ne pourrai avoir ceux postés sur le toit de l'immeuble : l'angle est mauvais, prévint-il.
- Et si t'étais là-haut, sur le mur ? Demanda le Garoug.
- Oui, mais faut pouvoir y monter.
- pas de problème, j'te porte, gronda doucement MarKrr
- Tu as des ailes ?
- non, j'ai mieux: des griffes !
- il ne va pas tarder à revenir, murmura Mara. Il faut le capturer sur le trajet. Et empêcher les renforts d'arriver par la ! C'est notre sortie, d'ailleurs !
- On se sépare ?
- Oui ! Venom, c'est ça ? … Mmhhhh. Markrr et Jake couvrent le mur et le toit. Jake, voyez si vous pouvez réduire le nombre de gardes du corps. Venom, Bobbi et Lorna s'occupent de Hekken. Quyymaen ? Cela vous dirait de faire le ménage dans ce bâtiment avec moi ?
- Vous voulez que je vous prête une épée ?
- J'ai ce qu'il faut.
- C'est une Jedi, devina enfin Venom, cachant son exaspération : il s'était laissé berner comme un bleu !
- Son sabre est probablement planqué sous son plastron.


Il remarqua du coin de l’œil l'amusement de Markrr. Le garoug l'avait su depuis le début, en déduisit le jeune homme, plein de ressentiment. Les autres la fixèrent, étonnés.
Venom se méfiait des forceux, mais s'obligea à faire bonne figure :
- Maîtresse Jade Skywalker, je suppose ? Suggéra-t-il avec le sourire. Oh, ils arrivent !

La Jedi et lui étaient les seuls à avoir distingué l'infime bruit de serrure.
- Comment avez vous deviné ?
- Je sais qui a travaillé avec Karrde… Et quand ! Bon, on ferait mieux de se mettre en place

Le dispositif de Hekken était simple : deux hommes juste devant, deux autres derrière, un éclaireur, le dernier fermait la marche à quelques pas.
- Celui du fond risque de nous embêter: Si Hekken se couche, il n'aura qu'à tirer dans le tas au Blaster. Et Jake ne peut l'atteindre de là ou il est !
- Je peux m'en occuper, fit Lorna : Moi aussi, je sais grimper aux murs.
- Votre fouet n'est pas un peu bruyant ?
- ça dépend comment on s'en sert…

Elle s'éclipsa sans bruit. L'éclaireur approchait et on distinguait une lourde silhouette bien encadrée :
Hekken était une force de la nature : grand, puissant, arrogant.
- Son odeur est… Bizarre, remarqua Venom.
- Hekken, cracha haineusement Bobbi.
Il était en colère. Trop ! Venom prit une décision, cette fois mûrement réfléchie :
- Il est pour vous ! Je me charge de ses gardes.
- eh, attend…

À l'arrière, le fouet métallique se déroula silencieusement, pendant du mur. Comme vivant, il s'enroula autour du cou de l'homme d'arrière-garde. Lorna se laissa glisser au sol, se servant de l'homme comme contre-poids pour ralentir sa chute. Devant, quelqu'un avait jailli de l'ombre et tué l'éclaireur. Un mouvement de rotation, et l'arme libéra le cou brisé. L'heure n'était plus à la discrétion. L'un des gardes qui protégeaient les arrières d'Hekken s'était avancé pour contrer la menace devant eux, l'autre s'était retourné pour surveiller les arrières : une équipe bien rodée.

Elle frappa dès qu'elle fut à portée, et le fouet claqua : sans énergie pour alimenter les vibro-lames qui venaient de sortir, le fouet s'enroula autour de la main portant le blaster. Les lames taillèrent dans la chair et les tendons, et le blaster tomba au sol. Elle finit le travail par un coup de sa dague qui transperça de bas en haut le menton et le cerveau de sa victime. Une silhouette floue, contournant Hekken, s'attaquait déjà à son quatrième adversaire; Venom ? Hekken, debout dans une posture de combat vit, incrédule, tomber son escorte et ne repéra son véritable adversaire qu'un peu tard . Quand Bobbi était arrivé au niveau de l'éclaireur, celui-ci était mort depuis longtemps, tout comme les autres protecteurs du Boucher, qui semblait concentrer toute son attention. Il donnait l'impression de foncer tête baissée.
Elle comprit qu'il allait faire une connerie et son fouet s'enroula autour de la jambe d'appui du Boucher. Elle tira, Bobbi poussa et le genou d'Hekken se déchira dans un craquement de mauvaise augure. Une fois Hekken au sol, Bobbi, en furie, s'acharna sur son visage.
- Bobbi, arrête ! Il nous le faut vivant ! Pour le pendre, souviens-toi !

Bobbi s'apprêta à placer un dernier coup, mais Venom l’arrêta.
- La colère et la haine peuvent sembler utiles au combat, mais elles sont mauvaises conseillères : regarde.

Il avait cloué au sol, de son pied, la main du Boucher. Dans celle-ci, il ramassa une curieuse lame de nature organique, la renifla.. .
- Une toxine Vong... il allait t'emporter avec lui !
Le jeune Kiffar n'était pas dans son état normal, en proie à une violente émotion.
- J'étais… J'ai vu quand…

Il regardait alternativement, le fouet de sa '“sœur”' et Hekken. Était-il là quand…
Non, il n'y était pas ! Mais certains Kiffars avaient le pouvoir de '‘lire’' des objets et de voir des événements passés, se rappela Venom. L'objet en question devait être le fouet.
- Je sais… Je sais ce que c'est !

Sauf que Venom n'avait pas bougé quand Bragan avait planté Horbin. C'était un duel, soit disant dans les règles. Mensonge, c'était un coup monté ! Il était resté calme et froid, avait poursuivi ses préparatifs de voyage. Kell, Bragan, Hork, et leurs amis n'avaient ressenti les premiers effets du poison que le lendemain de son départ. Même les efforts de Naali n'y avaient rien fait  (elle n'en avait pas fait beaucoup): ils avaient agonisé pendant des jours. Venom s'était vite aperçu qu'il n'avait eu que des sous-fifres.
- La vengeance ne soulage qu'un moment, ai je découvert. Venez, on va offrir celui-là au Vieux. Il y a des millions d’âmes, sur Herrion, qui attendent leur délivrance.
Il lança soudain son bras vers l'arrière. L'homme qui venait de surgir regarda incrédule, la lame vong plantée dans sa main.
- Tu devrais garder ton dernier coup de blaster pour toi, tant que tu le peux encore. Recommanda Venom.

L'homme savait à quoi s'en tenir, car il essaya de suivre la recommandation. Trop tard. Venom n'avait rien contre lui, alors il alla l'achever.
- Cette toxine est une vraie saloperie, se justifia-t-il en revenant.

L'heure n'était vraiment plus à la discrétion. Bientôt, il y aurait des tirs partout, y compris à l'intérieur de la prison. Il y eut un mouvement au-dessus, quelque chose tomba lourdement derrière, mais il ne prit pas la peine de se retourner.
- Markrr ! Bonne balade ?
- Stimulante, répondit Jake, à nouveau passager d'un monstre poilu. Alors, on l'a ?
- Oui ! Il va falloir le traîner un peu, son genou est fichu ! Fit Lorna
- Il va marcher, J'vous le garantis, moi, jura Venom. Aide- moi à le relever, dit-il à Markrr.
Aucun problème pour le garoug, malgré la masse du Boucher. Venom bricola une sorte d’attelle, qu'il serra fortement autour de la jambe de Hekken.
- Voila ! Sois un grand garçon, sinon je te donnerai un petit stimulant à ma façon… De l'Ookama, tu connais ? J'en étais sur ! Ouais, moi aussi, je connais les petits joujoux des Vongs !
Personne n'osa poser la question, mais Hekken semblait maté.
- La porte, là-bas, montra Markrr après avoir reniflé. il suivait la piste de la Jedi.

La petite salle était bien tranquille : ses gardes dormaient dans un coin. Quyymaen se contenta d'écarter les bras en signe d'impuissance.
- Elle est passé par la ! Inutile de chuchoter, tout le monde roupille, ici. Je ne sais pas comment elle a fait, mais… Elle avait à faite au sous-sol. Elle a dit de suivre ce couloir et de monter à l'étage supérieur. Elle nous rejoindra.
- Ils roupillent aussi, là-haut ?
- ça m'étonnerait, ils rigolent trop fort !
- Allons casser l'ambiance.




Feux d'artifice.
L'irruption de quatre énergumènes (Lorna et Jake étaient restés en arrière pour garder Hekken) dans le jeu cruel et malsain de ce qui se révéla être l'état-major des brigadistes, jeta comme un coup de froid.
Venom et ses amis auraient pu s'occuper d'eux tous seuls, mais Bobbi avait besoin de se défouler. Venom élimina rapidement ses deux adversaires et regarda le Kiffar en massacrer trois autres : c'était un excellent combattant quand il n'était pas aveuglé par la colère. Le chasseur de primes, enfin calmé, contempla un instant la scène sanglante puis détourna son regard vers les '‘partenaires’' involontaires des brutes qu'il venait de tuer: de jeunes adultes, mâles et femelles de la variante humaine locale, qui ressemblaient assez aux insectoïdes avec qui ils partageaient la planète. Il farfouilla dans la pièce, trouva un tas de couverture et entreprit de les relever et de les couvrir avec une douceur surprenante et des paroles rassurantes.
- Il a toujours été comme ça, commenta Jake : toujours prêt à recueillir les oisillons tombés du nid.

Venom comprit qu'il avait été un de ces oisillons.
- Et maintenant ?
- Il y a un joli feu d'artifice du côté de l'astroport, fit remarquer Lorna.

Il y eut des bruits sourds, en provenance des oubliettes, de la fumée remonta.
- On dirait qu'ils ont décidé de fêter çà en bas, aussi !
- Eh, les gars, y a tout un arsenal ici : si on lâchait quelques pétards, nous aussi ? Proposa Markrr

Il y en avait pour tous les goûts : pistolets, fusils, fusils d'assaut, blaster lourd, détonateurs thermaux, toute la panoplie des blasters et armes modernes !
La Jedi fit irruption alors qu'ils s'équipaient. Elle jeta un coup d’œil dans la pièce et s'exclama :
- Oh, vous avez fait le ménage, ici ! Les brigadistes ont perdu une bonne partie de leur état-major, semble-t-il.

Elle ne semblait pas particulièrement choquée par ce qu'elle voyait et s'était probablement arrangée pour qu'ils fassent le travail à sa place, soupçonna le pirate : en tant que Jedi, elle se serait sentie obligée d'accepter une éventuelle – et encombrante- reddition.
Elle ajouta :
- L'accès au toit est dégagé et l'artillerie neutralisée: appelons nos vaisseaux et partons !
- Allez-y si vous voulez, moi j'ai à faire à l'astroport, annonça Venom.
- Ce n'est pas le meilleur moment pour faire du tourisme !
- Quoi, les boutiques duty free sont fermées ?

Il n'allait tout de même pas avouer la vérité à une forceuse ? Une Jedi, en plus !
- Il doit récupérer quelqu'un, expliqua Markrr, qui n'avait pas ses scrupules. Et on l'accompagne !
- Vous pouvez y allez, on se débrouillera, renchérit Quyymaen !

Venom, les regarda, stupéfait.
- Nous aussi, on aime bien Sasha ! Et on va pas te laisser faire les boutiques tout seul ! Gronda le Garoug.
- Sasha ? Demanda la Jedi.
- Un de mes espions… J'ai l'impression qu'il est dans de sales draps, sinon il m'aurait contacté. Je vais le récupérer.
- Vous savez où il est ?  Est-il en vie?
- En vie, oui ! Et je peux le localiser, à peu près. Va falloir que je me rapproche pour être plus précis.
- D'accord… Lorna, appelez votre Shades of Darkness ! Je vous accompagne sur le toit pour dégager le terrain.

Puis elle darda ses yeux verts sur le pirate, qui eut la désagréable impression qu'ils lisaient jusqu'aux tréfonds de son âme, avant d'ajouter :
- Ensuite, j'irais voir moi aussi si les boutiques de l'astroport sont ouvertes. Je n'ai pas eu le temps d'acheter des souvenirs.
- Merci ! Bafouilla un Venom éberlué
- De rien , je dois bien ça à Marek! Vous montez nous donner un coup de main, jeune homme ?
- Ma foi… j'aimerais essayer ce joujou, répondit le pirate en exhibant l'arme dont il venait de s'emparer. Vous connaissez Marek ?
Marek, évidemment ! Quand arrêtera-t-il de se mêler de mes affaires ?

- Une vieille connaissance, répondit Mara Jade. J'ai bossé pour Kaarde et l'Alliance des Contrebandiers pendant des années, ne l'oubliez pas ! Et oui, j'ai entendu parler de vos capacités : vous ne vous en souvenez probablement pas, mais nous nous sommes déjà rencontrés, il y a longtemps.
En guise de réponse à la question muette, elle ajouta :
- Non, ce n'est pas le moment (1)! Allons plutôt voir ce que vous valez avec ce… Joujou !

Venom avait récupéré un blaster lourd qu'il portait comme une carabine. Il suivit la Jedi dans l'escalier.
Resté seul avec Markrr, Quyymaen remarqua :
- Notre ami a pris une grande baffe aujourd'hui, tu ne trouves pas ?
- ça lui fera les pieds, faudrait qu'il se décide à comprendre qu'il n'est pas tout seul ! Rétorqua l'impitoyable garoug.
Le kaleesh abandonna le sujet et entreprit de refaire les comptes :
- 200 000, 150 000, 70 000, celui-là 300 000, les deux 80 000 chacun, celui-là…
- ...120 000 ! Te bile pas, j'ai déjà compté : y en a pour un million et demi ! Pfft ! J'ai jamais pu dépasser les 50 000, moi (2)!
- C'est bien dommage de les abandonner ! Le bâtiment pourrait brûler! Ou pire : quelqu'un d'autre pourrait les revendiquer à notre place !
- T'as une holocam, toi ?
- Non, mais… Attends : trouves-nous deux sacs, j'ai une idée !
- on en a déjà un, j't'en déniche un autre!
En attendant, le kaleesh dégaina une de ses épées...

Sur le toit-terrasse de l'antique bâtiment, les trois tourelles laser étaient effectivement hors service. Mais leurs servants avaient des blasters.
La Jedi repoussa les premiers tirs avec son sabre. Venom décida donc d'avancer à découvert, juste derrière elle, ajustant posément ses tirs. Le pesant canon était conçu pour reposer sur un affût bipode ou tripode, le tireur étant allongé ou à genoux , mais il donnait l'impression de manier une légère arme de chasse. Il toucha sa cible à chaque tir, qu'elle se croie à l'abri derrière un mur ou pas : avec un blaster lourd, aucune différence. Bobbi se joignit à la partie avec un blaster de précision et le toit fut bientôt dégagé.
Une ombre approchait par l'ouest, en provenance de l'astroport.
- Le Shades arrive , prévint la rouquine en repoussant un nouveau tir!
Bobbi élimina le dernier gêneur.

D'autres tirs venus du sol ricochaient sur les boucliers du vaisseau. Lorna manipula sa télécommande, un blaster automatique se déploya et commença à riposter.
- Le toit n'est pas assez robuste pour un atterrissage, avertit la Jedi.
- Pas de souci, on a l'habitude, répondit Jake.

Il poussait Hekken, étroitement entravé, qui semblait résigné : il avait également un lourd collier de contention autour du cou. Ce matériel était théoriquement interdit, à cause de ses effets néfastes sur le système nerveux. Les brigadistes en avaient en stock dans leur arsenal et les chasseurs de primes s'étaient servis.
Juste retour des choses: c'est pas moi qui irais les dénoncer, pensa Venom.
Hekken avait plusieurs fois échappé à la capture, le plus souvent en massacrant – il n'y a pas d'autre mot- ses poursuivants. Normal que les chasseurs prennent leurs précautions, cette fois.
Le vaisseau, s'approchant au plus près, déploya une rampe qui, remarqua Venom, était protégée par son propre bouclier.
- Joli p'tit vaisseau, constata-t-il
- Ouais, Ondo en était très fier ! Notre père adoptif. Il avait coincé Hekken, mais…
- Je devine… Vous l 'avez eu, cette fois ! Et le Vieux ne le laissera pas longtemps profiter de la vie, je lui fais confiance ! Bon, on se retrouve en haut ! Mon petit frère m'attend, je lui ai promis d'aller le chercher !

- Votre petit frère … C'était si difficile à reconnaître ? Demanda la Jedi alors que les autres embarquaient.
Il eut la mauvaise idée de croiser à nouveau ces yeux verts si perspicaces et abandonna toute idée de mensonge :
- Assez, oui ! Je m'étais fixé des règles, mais je suis incapable de m'y tenir ! Avoua-t-il, mortifié.
Pour se rattraper, il tenta une remarque perfide :
- Tenez, par exemple, je m'étais juré de ne jamais faire confiance à un manipulateur de la Force.
Le coup passa à côté. Pire, c'est avec un petit sourire que la Jedi répondit :
- Et vous m'avez laissée vous couvrir ? Si vous ne pouvez les respecter, peut-être que ces règles n'étaient pas les bonnes… Votre petit frère, hein?
- Tout comme : quand on n'a pas de famille, on s'en invente une, qu'on s'appelle Kerren, Hyx ou Vega. Et je l'ai mis dans la merde : à moi de l'en tirer !
Mais comment elle fait ? J'suis incapable de lui mentir ! Heureusement que les deux autres mariolles sont restés en bas : de quoi j'aurais l'air, moi ?
Ils rejoignirent les « mariolles » qui, armés jusqu'aux crocs, trimballaient en outre deux sacs tachés de sang. Mais leur ami y prêta à peine attention, totalement concentré sur son nouvel objectif.



Notes:
1 Une rencontre qui fait l'objet d'un court récit : Marek et le Destin.
2 Et il a été amnistié pour sa participation à la guerre contre les extra-galactiques. :transpire:


Bonne lecture!
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
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Messagepar Dark Sheep » Lun 09 Mai 2016 - 17:40   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 13

Eh ben, quand ça démarre ça devient du non-stop ! :D
L'équipe d'infiltration est vraiment constituée de personnages aux capacités variées, c'est chouette ! Le personnage de Mara Jade semble vraiment à un niveau au-dessus des autres, de par sa clairvoyance et ses capacités. Je me demande quel effet aura sa rencontre sur Venom. (A-t-il un petit air de Sidious qu'elle aurait pu remarquer ?)
Lui-même fait preuve de ses talents, et il se montre redoutable.
À présent que Hekken est capturé, j'ai hâte d'assister à l'opération pour sauver Sasha, petit gars que j'apprécie bien :wink:

Ton histoire se lit toujours avec plaisir, tant grâce à ses péripéties que grâce à ton style dynamique et agréable. Je serai là pour le prochain chapitre :jap:
Mouton déjanté scénariste et chorégraphe...

"Cette galaxie a besoin d'un sauveur, pas d'un héros."
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Messagepar Ve'ssshhh » Mar 10 Mai 2016 - 19:00   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 13

Dark Sheep a écrit:
Je me demande quel effet aura sa rencontre sur Venom.


assez important, mais dans quel sens? :chut:


(A-t-il un petit air de Sidious qu'elle aurait pu remarquer ?)


Un indice dans le prochain chapitre!
P.S: Comme elle l'a dit, ils se sont déjà rencontrés. :oui:

Par contre, au risque de décevoir notre Jedi rousse (et mes lecteurs),
Spoiler: Afficher
je crains que les boutiques de l'astroport ne soient fermées en raison des évènements!
Pas possible d'acheter un authentique coupe-papier Tschaï Kol (made in Metallorm ou Eriadu), pas de dôme en plast transparent avec le Castel de Dadishe sous la neige ( quand on l'agite), pas moyen de s'offrir une bouteille détaxée de Brandy Corellien ! Ce n'est vraiment pas le bon moment pour faire du tourisme sur Tschaï! :cry:


Mais notre quatuor fera peut-être quelques rencontres, bonnes ou mauvaises?
Plaignons plutôt les casse-pieds qui se mettront en travers de leur route! Venom ne voudra pas faire attendre son "petit frère"!
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Messagepar Tenebrae » Ven 13 Mai 2016 - 18:56   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 13

Ça y est! J'ai rattrapé mon retard. :wink:
(en fait ta FF gagne vraiment à être lue par gros blocs, elle prend une dimension plus épique qu'avec une lecture à épisodes, je trouve)

Tu nous as offert trois chapitres haletants, foisonnants. Mention spéciale au chapitre 11 qui nous décrit une bien belle bataille spatiale. On est dedans. Globalement, l'écriture est impeccable.
Ve'ssshhh a écrit:Les badauds n'eurent pas le temps de profiter du spectacle, car le temps se couvrait : il se mit à pleuvoir des traits de blasters qui sillonnèrent l'atmosphère dans tous les sens.

GE-Ni-AL! :jap:

L'univers s'enrichit chapitre après chapitre. Le chapitre 2 m'a clairement fait penser à du Vance dans le texte et dans l'esprit(un peu).
L'arrivée de têtes d'affiches connues est un petit plus très appréciable.
De toutes façons, on peut pas se tromper avec Mara (Ah Mara... :love: :love: ).

Venom: le personnage devient au fil du temps un véritable oignon. :x Couche après couche, tu nous dévoiles toute la richesse du personnage bien loin de l'image Gary Stu qu'on (je :transpire: ) craignait au début du récit. C’était malin.Tu t'es habilement joué de nous; j'apprécie encore plus! :D

A (très ?) bientôt pour la suite!
Tous mes textes passés, à présent et à venir sont dédiés à ma fille Sharleen.
Puisses-tu être heureuse où que tu sois désormais...
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Messagepar Ve'ssshhh » Sam 14 Mai 2016 - 15:03   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 13

Tenebrae a écrit:
Venom: le personnage devient au fil du temps un véritable oignon. :x Couche après couche, tu nous dévoiles toute la richesse du personnage bien loin de l'image Gary Stu qu'on (je :transpire: ) craignait au début du récit. C’était malin.Tu t'es habilement joué de nous; j'apprécie encore plus!

Il est vrai que dans la version initiale, trop de traits de son caractère étaient sous-entendus et si évidents pour moi que je ne les avais pas assez développés. Certains n'étaient d'ailleurs que de vagues concepts qui ne se sont révélés à moi que dans mes récits suivants;
Du coup, certains des éléments de sa personnalité étaient (trop) brutalement révélés dans les deuxième et troisième parties.
Mais en postant ici, j'ai bénéficié d'une analyse critique qui m'a obligé à travailler et retravailler encore mes chapitres. merci encore à toi et à tous ceux qui ont bien voulu apporter leur grain de sel.

Tenebrae a écrit:
Mention spéciale au chapitre 11 qui nous décrit une bien belle bataille spatiale. On est dedans. Globalement, l'écriture est impeccable.

Merci: elle m'a donné du mal, celle la! :transpire: Je me demande cependant si je n'ai pas un peu trop "téléphoné" le sacrifice de Red 5 :perplexe:


Tenebrae a écrit
Le chapitre 12 m'a clairement fait penser à du Vance dans le texte et dans l'esprit(un peu).

J'ai toujours été fan de jack vance :love:


Tenebrae a écrit:
en fait ta FF gagne vraiment à être lue par gros blocs, elle prend une dimension plus épique qu'avec une lecture à épisodes, je trouve)


ça tombe bien: je viens de remettre en ligne sur SW inventions la première partie revue et corrigée!
Pour les sept premiers chapitres à dévorer d'un seul trait 8) , c'est ici: http://swinv.com/v2/fanfics/download.php?id_file=217


j'en ai profité pour retravailler ( encore!) ce fichu chapitre 1. je tacherai de ré-éditer mes modifications sur le forum.

Le chapitre 14: "Espion en danger" est pour très bientôt. Mara Jade réserve une surprise à notre pirate!
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 15 Mai 2016 - 19:57   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 13

Récupérer Sasha n'est pas une mince affaire! mais avec l'aide de deux mandos et un peu d'action psychologique, on peut faire des miracles.


Chapitre 14 : Espion en danger

Cueillette sélective à l'astroport :
La confusion la plus totale régnait dans les rangs des brigadistes. Çà et là, quelques officiers compétents avaient réussi à organiser un semblant de résistance, mais leurs appels à l'état-major restaient vains. Du pain béni pour un quatuor qui avait réussi à atteindre, sans trop de difficultés, le passage menant à l'astroport.
Un passage qui n'était plus défendu : quelqu'un était déjà passé par là:
- Les mandaloriens n'ont pas chômé, apprécia Venom.
Les tirs étaient trop précis pour être l’œuvre des milices locales.
- Où est votre espion ?
- Dans ces entrepôts à gauche... Je pense. Fichu brouillage!

La zone semblait plutôt calme, alors que le chaos régnait partout ailleurs. L'équipe comprit en approchant. Deux mandaloriens -Venom reconnut les Mereel père et fils à leurs armures- tenaient en respect deux grosses compagnies de ce qui se révéla être…
- Des jeunots en formation, des tech, des pilotes… Pas très dangereux, mais on les empêche d'aller embêter nos collègues. Nous avons déjà traité toutes nos cibles de la phase 1, expliqua Stian Mereel.

Il ne semblait pas disposé à lancer une attaque. Les quatre nouveaux venus étaient des experts : le manque d'organisation et l'inexpérience de leurs opposants ne pouvaient leur échapper.
- regardez-moi ça ! Ces trois à gauche qui se cachent derrière un pilier qui serait déjà un abri précaire pour un seul ! Et ces imbéciles qui passent la tête par la porte de leur entrepôt rien que pour voir ce qui se passe  dehors! Fit remarquer le Kaleesh. Ils sont combien à s'entasser là-dedans ?
- Au moins 200 et pas très bien armés. Il vaut mieux pour eux : moins d'un sur cinq dispose d'un champ de tir dégagé, confirma Mereel. S'ils ouvrent le feu, certains feront plus de dégâts dans leurs rangs que chez nous Ce serait un massacre, et pour rien : il n'y a rien de stratégique dans ces entrepôts.
- il y en a tout de même quelques-uns qui savent ce qu'ils font, corrigea la Jedi en montrant des positions mieux préparées.
- une bonne quinzaine !
- Ils ont des tenues similaires aux nôtres, pas d'amplificateurs de lumière, donc ! médita Venom qui n'avait pas ôté son déguisement.

Il reprit après un silence pensif :
- Rien de stratégique, sauf Sasha ! Il n'est pas loin, mais il faut que je me rapproche encore. Les baies d'accostage sont juste derrière ces entrepôts, non ? Leur vaisseau doit y être posé. Y a moyen de contourner ?
- Je suppose, mais il faudrait faire un grand détour. Cela reste une bonne option si t'es pas trop pressé.
- je suis pressé !
- Je doute qu'ils te laissent passer, même si tu leur demande poliment. Et Il y a quelques commandos aguerris dans le lot.
- Pourquoi tant de chichis ! On n'a qu'à balancer quelques grenades dans le tas, et ils vont s'égailler dans tous les sens, intervint Markrr
- Je suis un guerrier, pas un assassin !
Le garoug et le Mandalorien se défièrent du regard, prêts à en venir aux mains. La Jedi s'interposa :
- Nous avons plus important à faire. Et je m'opposerai à un massacre, moi aussi.
Markrr, qui avait presque terminé sa métamorphose, sentait déjà l'odeur du sang:
- Ah, ouais ? J'peux vous prendre tous les deux en même temps, si vous voulez!

Venom avait pris sa décision :
- Laisse tomber, Frère ! Je crois que je peux me débrouiller. Si vous pouvez éteindre la lumière, je vais leur apprendre à avoir peur du noir ! Ensuite, ce sera à vous de les retourner.
Il s'était délesté de ses blasters et vérifiait ses innombrables couteaux. Puis il remit son casque d'emprunt ;
- Vous n'allez pas…
-...Aller faire un petit tour dans leurs rangs ? Si ! Je ne promets rien pour les commandos, mais je devrais pouvoir épargner les autres.
- Que veux-tu faire, petit ? Demanda Mereel ?
- Il va faire la cueillette ! Regardez, regardez bien, et apprenez ! Expliqua calmement le Kaleesh.

Le mandalorien, sceptique, consulta la Jedi du regard. Celle-ci jeta un œil circonspect aux préparatifs, médita un instant puis acquiesça d'un petit signe de tête.
Markrr n'était plus en rogne, il souriait et c' était encore plus effrayant. Venom lui rendit son sourire, presque aussi intimidant. Mais chez lui, tout passait par les yeux.
- Laissez-moi deux minutes, puis faites sauter ces projecteurs ! Maîtresse Jade, vous saurez quand rallumer et poser votre ultimatum.

Venom choisit une approche discrète, repéra ses cibles prioritaires : les combattant les plus expérimentés, les leaders, les grandes gueules… Ensuite, il lui faudrait trier rapidement parmi ceux qu'il ne pouvait pas voir de sa position. L'obscurité n'était pas un problème pour lui. Sa stratégie était simple : même une troupe expérimentée peut se muer en une foule paniquée à partir d'un certain taux de pertes. Surtout si les chefs tombent en premier.
Et une autorité calme et résolue peut subjuguer une foule et la retourner si elle s'y prend au bon moment.
Il connaissait quelqu'un qui avait fait le coup à une galaxie toute entière ! Avec ceux-là, ce serait encore plus facile !
La peur est une maladie contagieuse ! Oui, je vais leur donner des raisons d'avoir peur !

Sa tactique, pratiquée depuis toujours par des myriades de peuples primitifs – ou pas-, était encore plus simple : un petit groupe de guerriers résolus profitait de l'obscurité et de la confusion – qu'il comptait bien amplifier-, pour s'infiltrer au milieu du camp adverse et frapper comme l'éclair avant de changer de cible ou de secteur d'opération. La petite variante, c'est qu'il était seul ! Le fait de porter la même armure que ses adversaires compenserait en partie ce petit handicap.
À l'heure dite, la Jedi utilisa ses pouvoirs pour couper la lumière. Moins d'une minute après, les hurlements commencèrent :
- aaaahhhh !
- Ma jambe, ma jambe !
Déjà plus loin :
- J'suis blessé, infirmiers ! Ahhh !

Près des entrepôts :
- Infirmier, quelqu'un, aidez-moi, mon pote est tombé.…
Un peu partout, des tirs en aveugle faisaient des victimes. Quelqu'un hurla :
- Cessez le feu ! Ne tirez que sur mon ordre et rallumez ces fichus proj…
Un autre, près de lui :
- sergent, sergent ça va ? Oh, merde ! Infirmiers !

À l'extrémité du périmètre, un petit groupe de gardes n'osait ouvrir le feu, de peur de blesser des camarades :
- Mais ou sont-ils ? Tu vois quelque chose ?
- Non, et t.... iaaaaahrr
Une voix dans la confusion :
- Les fantômes sont parmi vous…
Plus loin, en apparence :
- Jetez vos armes ou vous mourrez !

L’intrus- les intrus ?- entretenait la panique comme un chef fait monter une sauce. Et la sauce prenait :
- Ils sont des centaines ! Je me rends, je me rends ?
Des armes tombaient à terre, un peu partout. Un jeune pilote tenta de rameuter ses camarades :
- Battez-vous, bande de lâches, ils ne sont que…
- Tu parles trop, mon gars, souffla une voix à son oreille.
Il n'y avait déjà plus personne quand il s'effondra, le jarret tranché.
- Ooooh, ma jambe ! Du sang ! Ils m'ont eu, aidez-moi !

L'esplanade et les entrepôts résonnaient de gémissement et de hurlements assourdissants. La confusion était à son comble. La Jedi jugea le moment opportun, alluma son sabre laser et s'avança :
- Jedi en mission, vous êtes cernés ! Rendez-vous immédiatement ! Il n'y aura pas d'autre avertissement !

Cette fois, ce furent les projecteurs d'en face qui s'allumèrent, aveuglant les recrues affolées. Cinq silhouettes effrayantes se tenaient devant eux : deux en armure, une portant le sabre. Quant aux deux autres… C'était encore pire :
- Celui qui essaie de résister, je le bouffe, hurla Markrr.

Sous l'effet de la panique, le nombre ne comptait pas, il était facile d'imaginer que des centaines de mercenaires les cernaient dans l'ombre. Et les Jedi ! Les Jedi étaient là !
- Des Jedi ! On peut pas se battre contre les Jedi ! J'me rends !
- Moi aussi !
- moi aussi !

Jade annonça d'une voix calme mais qui porta jusqu'aux derniers rangs :
- Le combat est fini ! Votre état-major est neutralisé, la flotte de l'Alliance est là ! Votre sacrifice est inutile. Rendez-vous maintenant, vous serez bien traités !
Elle balaya la foule du regard, puis ordonna :
- Il y a beaucoup de blessés, occupez-vous-en !  Officiers et sous-officiers, approchez !

Miracle d'une voix autoritaire, la panique reflua et les rares galonnés encore indemnes obéirent ; elle leur transmit tranquillement ses ordres que des recrues terrifiées mais soulagées d'avoir enfin des instructions sensées, s'empressèrent de suivre : l'ordre revenait, chassant le chaos et l'horreur.
Il fallut un moment aux jeunes gens pour se rendre compte que leur fléau était derrière eux : tranquillement adossé à un mur, il essuyait ses couteaux.
- Pas de mort, finalement ! Mais les medics feraient mieux de se mettre au boulot.
Il indiqua d'une de ses lames un petit groupe blotti dans un coin.
- Allez, les gars, c'est à votre tour de bosser. Ah, j'ai laissé quelques couteaux au passage : vous me les ramenez ! Et nettoyés, hein ?

Aucun n'osa le contredire.
Le jeune Alcor Mereel passa au mando'a pour confier à son père :
- j'ai des amplificateurs de lumière, mais c'était si rapide… c'est à peine si je l'ai vu bouger. Je n'ai jamais vu quelqu'un se battre comme ça ! Comment peut-il se déplacer aussi vite ? Et sa façon d'utiliser ses couteaux ?
Et dire que je croyais savoir me servir d'une lame !
- Tu aurais tes chances dans un duel contre lui, fils, le corrigea son aîné. Avec un peu d'entraînement pour apprendre à contrer sa rapidité, reconnut-il. Mais il est doué, pas de doute !
Plus que la technique de combat, en réalité assez sommaire, il appréciait les judicieux choix tactiques du pirate.
- 'lek ! Il est bien, notre petit, hein ? Remarqua fièrement Markrr qui avait suivi la conversation.

Avec son faciès peu avenant et son langage cru, on le prenait souvent pour une brute épaisse. On avait du mal à croire qu'il parlait plusieurs langues, par exemple !
La Jedi semblait un îlot de calme au milieu de la pagaille. De temps en temps, un quelconque sergent venait la consulter ou quémander des instructions et elle répondait d'un ton aimable mais qui ne laissait aucune place à la contestation. Ses ‘prisonniers’, abandonnant leurs armes, transportèrent leurs blessés jusqu'à l’entrepôt qui leur servait de dortoir et s'y barricadèrent.
Mereel avait raison : des jeunots inexpérimentés et sans chef, raisonnablement courageux mais terrifiés par ce qu'ils prenaient pour une intervention surnaturelle.
Venom revint d'une petite escapade en solitaire.
- bon, c'est pas tout, ça, mais Sasha m'attend. Il commence à trouver le temps long ! Ah, maîtresse Jade : je vous laisse une chance, une seule, d'obtenir la reddition de ces contrebandiers. Ils lui ont fait du mal, alors si c'est moi qui m'en occupe…
- je vous suis : j'en ai fini ici. Comment savez vous que…
- …Comlink, quoi d'autre ? Le brouillage a cessé il y a quelques minutes. Bon, les gars, faut trouver un vaisseau pour se tirer.

Derrière les entrepôts, il y avait plusieurs baies d’atterrissage. L'une d'elle était occupée par le YT 1300 qu'ils avaient tracé jusque sur ce monde, mais les moyens de transport ne manquaient pas.

- Inutile, je peux appeler le mien, rappela la Jedi en montrant sa télécommande.
- Très bien ! Ils sont derrière cette porte, et ils crèvent de trouille !
- comlink ?
- Non, leur transpiration ! Je fais le tour par-derrière : Qu'ils n'attendent pas trop pour sortir.
- He, hé, hé, son odorat est presque aussi bon que le mien ! S'amusa Markrr, très fier de son '‘petit frère’'. Vous savez, Horbin comptait lui confier sa succession, et moi… Moi aussi, je le verrais bien en commandeur suprême.
- Je vois : vous serez son directeur de campagne lors des élections, sourit la Jedi.
Elle éleva la voix :
- Équipage de ''l'étoile variable'' ! Je suis la maîtresse Jedi Mara Jade Skywalker ! Je vous offre une chance de sortir, sans armes et mains sur la tête. Vos amis ont perdu et sont en déroute.
- Et si on sort pas ? Vous allez attaquer, toute seule ?

Le ton était bravache, mais on sentait la peur derrière.
- Inutile : Je me désintéresserai simplement de votre sort et laisserai mes compagnons vous massacrer. Ils vous en veulent énormément.
- eh, Lacchus, c'est bien toi ? J'savais pas que tu faisais partie de cette bande de bras cassés !
- J'en suis pas, hé, on est juste en affaires ! J'étais là par hasard ! Euh, t'es qui toi ?
- Markrr , tu te rappelles ? Tu sais, Venom est dans le coup et tu as quelque chose auquel il tient !!
- Quoi, Hyx ? Ce morveux toujours dans les basques de Horbin?
- Il a bien grandi, le morveux ! Mais il est toujours aussi doué pour empoisonner les emmerdeurs. Et moi, ben moi, j'ai faim ! Très faim.

Il lui laissa le temps d'assimiler le concept, puis proposa :
- Alors, vous préférez quoi ? Une longue et douloureuse agonie ? Une mort rapide et sans frais d'obsèques ? J'ai vraiment très faim …
- … ou l'offre de la dame?

Markrr s'amusait et fit un clin d'oeil à la Jedi, mais ses arguments avaient porté : il y eut des éclats de voix, une discussion. Puis une autre voix demanda :
- Dame Jedi : Vous nous garantissez votre protection ?
- Oui, mais mon offre expire dans 30 secondes…… 25 secondes…
- On sort, on sort !

Venom, qui avait trouvé un moyen de rentrer, les suivit de près. Il tenait dans ses bras un garçonnet qui semblait en piteux état. Il maîtrisait difficilement sa colère. Dans le regard qu'il jeta aux contrebandiers, il y avait une promesse de mort. Mais il passa devant eux sans rien dire.
- On y va ? Il a besoin de soins !
- j'ai déjà appelé mon vaisseau : par là !
- Ah, les gars ! Votre tas de ferraille appartient maintenant à ce petit : n'essayez pas de le lui voler, avertit Quyymaen.
- Sinon…
Markrr n'en dit pas plus, mais les contrebandiers s'imaginèrent un instant en steaks de Nerf crus…

La navette arrivait. Jade prit le temps de demander :
- Je m'attendais à un éclat de votre part.
- Vous avez donné votre parole. Elle m'engage aussi. Et puis ce n'est pas contre eux que je suis en colère. Pas seulement contre eux.

Encore une fois, malgré l'urgence, la Jedi prit la peine de jauger le pirate : mâchoire crispée, yeux brûlants, - des yeux qui tuent-, pensa-t-elle. Mais sa colère était dirigée vers l'intérieur. Il se jugeait responsable, seul coupable, du sort de son petit espion.
Suivant son intuition, elle le fixa et lui déclara gravement , les yeux dans les yeux:
- Vous savez, vous ne LUI ressemblez pas du tout !
- Ni dehors…
Elle désigna son visage.
- Ni dedans !
Elle posa un doigt sur le cœur du jeune homme.

Celui-ci se figea, en proie à un maelstrom d'émotions qu'il était incapable de maîtriser, encore moins d'identifier. Incapable d'articuler un mot, incapable même de bouger. Paralysé.
Le garçonnet, dont le regard avait volé de l'un à l'autre lors de l'échange, esquissa un sourire. Que savait-il de tout cela ? Que lui avait raconté son « maître » sur ses origines ? La Jedi chercha le regard de l'enfant. Un regard reconnaissant, comme si elle avait officiellement confirmé ce qu'il savait depuis longtemps. Un regard bizarre également, comme si un sage vieillard l'observait par ces jeunes yeux.

Oui, Venom savait très bien de qui elle parlait. Du tyran Sith qui l'avait pour ainsi dire élevée… L'original. Son original ! L'aboiement rauque du Garoug le ramena à la réalité:
- hé petit, t’arrive ? ça commence à sentir le roussi, la-haut ! Faut qu'on s'tire fissa ! !
Il se secoua enfin et embarqua dans la navette, son léger fardeau toujours dans les bras.

Les deux mandaloriens saluèrent et partirent '‘foutre le bordel ailleurs’'. Ils étaient payés pour ça. Ils s'en sortaient très bien.
Dans l'espace comme au sol, la phase 2 de la libération de Tschaï venait de commencer : autour de la planète, les pirates et leurs alliés harcelaient une flotte brigadiste qui n'avait rien perdu de sa cohésion. Il fallait croire qu'elle ne prenait pas ses ordres auprès du défunt état-major de Hekken !
- Ouais, on fait pas le poids contre cette flotte ! J'espère que les croiseurs de l'Alliance galactique ne vont pas trop tarder, marmonna Markrr. Hé, c'est MOI qui ai dit ça ?




Dans le prochain chapitre, quelques Jedi (au moins une) viendront faire un petit coucou et nous ferons la connaissance d'un arrogant officier impérial. Arrogant, mais efficace !
Au départ, J'avais pensé à " la cavalerie arrive" ou à " l'Alliance à la rescousse", pour le chapitre 15.
Mais du coup, je n'ai pas pu résister et... :idea:

En attendant, bonne lecture!
Modifié en dernier par Ve'ssshhh le Jeu 19 Mai 2016 - 20:37, modifié 1 fois.
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
Ve'ssshhh
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Messagepar Dark Sheep » Mer 18 Mai 2016 - 21:17   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 14

Le rattrapeur de retard en chaine à encore frappé !
Ça y est ! J'ai enfin pu me mettre à jour, et Venom a enfin pu récupérer Sasha !

J'ai bien aimé ce chapitre, et le passage ou ton héros se la joue ninja furtif ultra efficace :lol:
Ton style est toujours sympa à lire, avec des petites indications qui font sourire et des dialogues dans lesquels chacun de tes personnages reste fidèle à lui-même… comme Markrr par exemple :transpire:

Le but du chapitre est un peu de sauver l'humanité du héros, et l'idée d'inclure un jedi dans cette affaire est chouette. Qui mieux que l'un de ces fervents défenseurs de la lumière pourrait confirmer que Venom n'est pas une "clone" de Sidious ? :)
Bon, c'est d'autant plus vrai que le jedi en question est Mara Jade :wink:

Même si Sasha semblait un peu "mal en point", il n'a pas l'air à l'agonie non plus. Et j'ai hâte de savoir ce qui lui est arrivé, et de découvrir les retrouvailles réelles entre ton héros et son protégé :oui:
Mouton déjanté scénariste et chorégraphe...

"Cette galaxie a besoin d'un sauveur, pas d'un héros."
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Messagepar Tenebrae » Jeu 19 Mai 2016 - 9:41   Sujet: Re: Venom, le destin d'un pirate chapitre 14

Yo Ve'ssshhh!

Un chapitre tout aussi haletant que les précédents (dans un genre un peu différent). "Voir" Venom en action de cette manière est une petite gourmandise très appréciable. :)
Tu continues à dérouler le fil de ton intrigue animée par des personnages hauts en couleurs et le tout enrobé dans un style agréable. :oui:

Ve'ssshhh a écrit:Il reprit après un silence pensif : (...)
- Ah, ouais ? J'peux vous prendre tous les deux en même temps, si vous voulez!

J'avoue juste que lors de ce dialogue - mais cela vient peut-être de moi (je l'ai lu hier soir vers 1h du mat' et je n'étais plus très frais :transpire: :paf: ) - j'ai eu un peu de mal à savoir qui parlait... Cela mériterait peut-être un peu plus de verbes d'action et de précisions sur les locuteurs :neutre:

En tout cas, c'était bien ! :)

Dark Sheep a écrit:Dans le prochain chapitre, quelques Jedi ( au moins une) viendront faire un petit coucou et nous ferons la connaissance d'un arrogant officier impérial. Arrogant, mais efficace !

Voilà qui titille encore un peu plus mon intérêt pour la suite!
Vivement!
Tous mes textes passés, à présent et à venir sont dédiés à ma fille Sharleen.
Puisses-tu être heureuse où que tu sois désormais...
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