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1. Les bandes originales de la saga
 

Commençons par l’attitude la plus courante : celle qui consiste à réutiliser les bandes originales des différents épisodes de Star Wars. Celle-ci a l’avantage d’être simple et de ne demander qu’un minimum de manipulation. Il y a ainsi toute une panoplie d’ambiances disponible, allant de l’instant romantique à la bataille spectaculaire. De la même manière que les codes visuels de la saga sont parfois repris, réemployer les thèmes musicaux (des véritables « leitmotiv ») bien connus peut être une excellente chose : la marche impériale ou le thème de la force, tout en donnant l’impression qu’on regarde bien du Star Wars, illustrent avec bien plus de force que des mots les idées qu’elles véhiculent.

Cependant, cette approche a d’avantage d’inconvénients que de bénéfices.

Le fan films Star Wars s’adressent avant tout au fan. Or, ce dernier possède en général déjà l’intégralité de la bande originale chez lui et finit inévitablement par la connaître par cœur. Étant capable de se souvenir à quelle scène se rapporte chaque musique, il y a fort à parier qu’il associera l'accompagnement sonore aux films originaux plutôt qu’au fan-film qu’il regarde, comparant instinctivement les deux sur le plan de ce qu’on pourrait appeler "la charge émotionnelle".

Par exemple, prenons le morceau Duel of the fate, tiré de la bande originale de La Menace Fantôme et régulièrement employé dans les productions de fans. Il est rattaché au combat opposant Obi-Wan, Qui-Gon et Dark Maul, trois personnages que l’on a accompagnés, aimés ou haïs durant près de deux heures, et dont les destins se jouent sur ce thème. Une musique d’autant plus marquante qu’elle a représenté l’introduction, presque vingt ans après Le Retour du Jedi, d’un nouveau thème musical dans l’univers Star Wars.

Prenons ensuite un duel pas très original de deux Jedi contre un Sith, avec des acteurs peu talentueux, des personnages sommaires auquels on ne s’attache pas et une mise en scène très basique. La "charge émotionnelle" est alors particulièrement basse, et ne fait pas le poids face au film original.

En revanche, l’emploi de Duel of the fate dans un fan-film comme Knight Quest est beaucoup plus justifié : le jeu d’acteur est convaincant, les personnages sont profonds, la mise en scène est travaillée (toute proportions gardées, bien sûr)... bref, tout le film, judicieusement construit, nous prépare au duel final, constituant ainsi la charge émotionnelle que j'évoquais plus haut, qui se déchaîne finalement dans un duel épique et original. Le spectateur est alors susceptible d’être d’avantage sensible à ce qu’il voit à l’écran, sans constamment songer à ses propres souvenirs des films originaux.

2. L'option Mickey-mousing
 

Si, dans Knight Quest, l’effet néfaste de la réutilisation de la musique de John Williams est limité, il reste tout de même un minimum présent. Le plus gros inconvénient est que le spectateur, connaissant déjà la musique sur le bout des doigts, est capable d'en prévoir la suite, ce qui l'empêche d'être surpris par l'environnement sonore.

Or, John Williams, dans la bande originale de Star Wars, fait ce qu’on appelle du "mickey-mousing" : ainsi nommé par rapport à la musique de cartoon, cette démarche consiste à coller à l’image le plus près possible, identifiant les actions des personnages et leurs sentiments. En faisant la démarche inverse, le réalisateur de fan-film est contraint de monter ses images en fonction de la musique pour un meilleur rendu, ce qui réduit ses possibilités et rend les évènements presque prévisibles.

On peut bien sûr couper des morceaux et les agencer à notre guise, mais on a tous bien senti qu’on ne peut pas altérer aussi facilement des morceaux de musiques symphoniques. Celles-ci sont savamment construites, prenant en compte à la fois le montage des images mais aussi des règles propres à la musique classique : respect des accords, des tempos ... en bref, il s’agit de systèmes complexes qu’il est presque impossible de briser sans créer une disharmonie perturbante.

Dans ces cas-là, plusieurs attitudes sont possibles pour pallier à ces problèmes. On peut tenter, dans ces bricolages, en s'employant à effectuer les coupures aux endroits les plus plausibles : à la fin d’un thème, lorsque les instruments se taisent par exemple, ou encore tâcher de masquer les raccords de la musique par des bruitages biens placés. Tout ceci oblige à réfléchir à l’homogénéité de l’ensemble de la bande son.

3. Parcourir le reste du répertoire de Williams
 

Il existe aussi la possibilité, souvent trop négligée, d’utiliser des bandes originales de John Williams autres que celles de Star Wars, tout en conservant la même tonalité musicale que les films originaux. L’ensemble du répertoire John Williams est à notre disposition : Indiana Jones, E.T. l'extraterrestre ou encore Harry Potter proposent des arrangements très ressemblant à ceux de Star Wars, et potentiellement moins connus. Même si ces musiques nous sont familières, elle provoquent un effet d’étrangeté : on connaît cette musique, mais on n’arrive pas à en identifier sa provenance. Ca ressemble à du Star Wars, mais on ne se souvient pas l’avoir entendu dans un film. Avant que le spectateur n’ait finalement compris (ou non) la provenance de cette musique, celui-ci aura, pendant un temps, apprécié le frisson de l’inconnu et de la jouissive incompréhension.

Le réalisateur de Dogfight (Chrisitan Guldager) a ainsi pris la bande originale de Minority Report pour accompagner son film, qui gagne là un cachet très « StarWarsien » mais en même temps inédit. En allant fouiller dans les œuvres les moins marquantes (et donc moins faciles à dégotter) mais tout aussi talentueuses de Williams, vous augmentez vos chances de surprendre le spectateur et de lui faire écouter quelque chose de nouveau. Si vous trouvez par exemple la bande originale de Fury (Brian de Palma, 1978), jetez-y un oeil : c’est un véritable bijoux d’ambiance sombre et maléfiques, idéal pour accompagner un Seigneur Sith. Revenir à d’anciennes bandes originales permet, en outre, de retourner au style de John Williams des années 70 et 80, soit un esprit musical beaucoup plus proche des anciens épisodes que la bande originale de The Patriot par exemple.

Ecouter un extrait de The Fury



Une fois le répertoire Williams épuisé, il reste les autres grands compositeurs de film à l’approche similaire : Danny Elfman ou James Horner peuvent être de bonnes alternatives à Williams, si vous cherchez les morceaux les moins personnels. Bernard Hermann, qui a beaucoup influencé John Williams, a composé de merveilleux morceaux pour les films d’Alfred Hitchcock, et beaucoup conviendraient parfaitement pour un fan film. Encore plus loin dans temps, on peut fouiner du côté des morceaux classiques. La "vieille" musique de film hollywoodienne, dont Williams est directement issu, a été conçue dans les années 30 par des compositeurs venus pour la plupart d’Europe de l’Est, c’est pourquoi Stravinsky ou Prokoviev semblent évoquer, pour le fan de Star Wars, des batailles spatiales ou des duels au sabre laser. Écouter de temps en temps France Culture permet de trouver, avec un peu de chance, des morceaux très filmiques auquel personne n’aurait pensé.

Ainsi, la musique des bandes annonces du fan-film George est extraite de The Planets : Mars de Gustav Holst, un compositeur du début du siècle qui a visiblement beaucoup inspiré Williams.

Ecouter un extrait de The Planets : Mars de Gustav Holtz
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