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[Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

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Messagepar Notsil » Mar 19 Nov 2013 - 19:51   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Mine de rien le correcteur automatique fait un boulot énorme ^^ Je le passe toujours en premier quand je ne corrige pas sur le forum, car on peut en rater facilement avec la fatigue.

On avance bien dans ce chapitre, pauvre Jarval :'( Bon il leur aura fait gagner du temps, j'ai pas trop compris pourquoi la Sith passait autant de temps sur lui alors qu'elle aurait pu l'achever rapidement et aller massacrer le reste de la troupe :)

Un duel Dolmie - Isil s'annonce donc, apparemment :)
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Messagepar Hiivsha » Mar 19 Nov 2013 - 22:00   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Notsil a écrit:Mine de rien le correcteur automatique fait un boulot énorme ^^ Je le passe toujours en premier quand je ne corrige pas sur le forum, car on peut en rater facilement avec la fatigue.

On avance bien dans ce chapitre, pauvre Jarval :'( Bon il leur aura fait gagner du temps, j'ai pas trop compris pourquoi la Sith passait autant de temps sur lui alors qu'elle aurait pu l'achever rapidement et aller massacrer le reste de la troupe :)

Un duel Dolmie - Isil s'annonce donc, apparemment :)


On peut penser que la Sith joue au chat et à la souris sans trop savoir ce qui se passe en parallèle dans le Palais.
Par ailleurs, comme dans tous les livres, il faut discerner le temps qui passe. Un chapitre d'un livre peut parfois décrire une journée, c'est le cas par exemple dans l'ancien Temple des Mille Eaux, et un chapitre d'action peut ne représenter que quelques heures voire quelques minutes.

Dans le chapitre présent, tout se joue en parallèle en quelques minutes etl'affrontement Jarval-Diva/Dolmie ne représente pas grand chose :
- la surprise et l'élimination du commando : 1 mn
- le duel Jarval-Dolmie : 2/3 minutes avant qu'Isil n'arrive

Grosso-modo, Diva perd 4 mn le temps de "s'amuser" avec son beau Capitaine... ce n'est pas vraiment une "grosse" perte de temps.
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Messagepar Notsil » Mer 20 Nov 2013 - 11:54   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

C'est pas faux ;) Bon en plus j'ai du faire des pauses dans ma lecture ça n'a pas du aider à la fluidité de l'ensemble :)
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Messagepar Hiivsha » Jeu 21 Nov 2013 - 22:19   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

La cadence est revenue... je croise les doigts pour que ça reste ops dans ma tête jusqu'à la fin qui ne saurait tarder.
Donc voici la suite... Mitth rattrapera après ses partiels ;)
Et j'interdis pas à d'autres de s'y mettre ! :paf:
________________________

Calameo, PDF et EPUB mis à jour évidemment, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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35 - Crime et châtiment


Isil comprit instantanément qu’elle accourait trop tard. Alors qu’elle arrivait sur le lieu du duel, un cri d’impuissance s’échappa de sa gorge.
— Jarval ! Noooon !

Dès que la Padawan pénétra dans le grand salon, Diva propulsa sa victime vers elle comme un vulgaire fétu de paille, à travers toute la longueur de la pièce. Isil, surprise, n’eut que le temps de lâcher son sabre pour recevoir dans ses bras le corps inerte, s’aidant in extremis de la Force pour amortir le choc qui la fit reculer de deux bons mètres.
S’agenouillant, elle laissa glisser doucement son ami sur le sol, maintenant précautionneusement sa tête d’une main sous la nuque. Atrocement pâle, Jarval avait posé la main droite sur sa blessure qui saignait abondamment au niveau du cœur. Une mousse pourpre s’immisça à la commissure de ses lèvres et se mit à couler lentement le long de son menton. Avec effort, il leva son autre main pour la poser sur la joue de la Padawan.
— Isil… murmura-t-il.
— Jarval, non… non, ne meurs pas, je vais te guérir… balbutia la jeune Jedi les larmes au bord des yeux.
— Tu… ne peux… pas toujours… faire des miracles, parvint-il à articuler en esquissant un triste sourire. Je savais que… je n’avais aucune… chance contre elle…
— C’est ma faute, j’aurais dû le sentir plus tôt… je suis arrivée trop tard, se morfondit Isil en posant sa main gauche sur la poitrine de son ami. Mais ça va aller, je vais te guérir.

Une quinte de toux secoua le corps du blessé dont la bouche était à présent remplie de sang. Il fit non très légèrement de la tête.
— Tu n’es pas… Édin… gargouilla-t-il, même avec… ta… Force…
— Oh, Jarval… pardon.

Les yeux du mourant papillotaient comme s’il avait du mal à les tenir ouverts.
— Tiens bon, Jarval, tiens bon, le temps que je puisse arrêter l’hémorragie, supplia la Padawan qui à travers la Force cherchait vainement un moyen d’intervenir à l’intérieur de son corps.

Mais sa vision ne lui ramenait que de vagues formes rouges noyées dans une mer de sang. Pour une fois, elle ne savait plus quoi faire.
Elle sentit les doigts de son ami se crisper sur sa joue et retira la main ensanglantée avec laquelle elle tentait en vain de stopper l’hémorragie pour prendre celle qui lui caressait le visage. Elle la serra de toutes ses forces comme si elle avait voulu avec ce geste insuffler de la vie à celui qui la perdait.
— Isil… murmura encore le capitaine, je veux… tu saches… sentiments… pour toi…

Ses paupières s’abaissèrent, vaincues. Il murmura encore quelque chose d’inaudible puis les traits de son visage se relâchèrent ne laissant qu’un sourire apaisé sur ses lèvres.
— Jarval, non… sanglota la Padawan en embrassant la paume de la main du mort, non…

Elle déposa doucement la tête inerte sur le sol puis joignit les mains de son ami sur sa poitrine ensanglantée avant de se relever lentement, le regard sombre.
À l’autre bout de la pièce, Diva n’avait pas bougé d’un iota, mais dès que la Padawan se fut redressée, elle ricana.
— Très touchante, la scène des adieux. J’ai toujours su que ce pauvre Jarval en pinçait pour toi, même lorsque tu faisais encore figure de promise à Calem. Qu’il ait rendu son dernier souffle dans tes bras a dû être pour lui une douce consolation. Dommage que tu ne sois pas arrivée quelques secondes plus tôt, peut-être aurais-tu pu le sauver ?

Une vague de colère envahit la Jedi dont les mains se serrèrent au point que les articulations de ses doigts devinrent toutes blanches. Les dents serrés, les muscles du visage tétanisés, elle sentit une onde de violence obscure s’emparer de son esprit et dévorer son corps tout entier. Prête à déverser sur la Sith toute la puissance de sa haine en une vague déferlante et meurtrière, elle se mit à repenser au sentiment de puissance qu’elle avait éprouvé quelques mois plus tôt, lorsqu’elle avait enfermé un terroriste et la bombe qu’il venait de déclencher dans une bulle de Force à l’intérieur de laquelle il s’était entièrement consumé. Un sentiment d’invincibilité, de domination, de pouvoir absolu, d’orgueil qui lui avait fait peur. Peur, comme lorsqu’on se trouve tout au bord d’un abîme sous l’emprise d’un vertige incontrôlable. Le Côté Obscur, selon Maître Satele Shan. Des sentiments qui dénaturent l’être humain, lui avait enseigné Maître Beno Mahr, et dont elle devait absolument se garder sa vie durant.

La Padawan ferma les yeux et inspira profondément. L’onde de colère passa pour laisser place à une grande sérénité, à l’instar du beau temps qui suit une tempête. En un instant, elle retrouva une paix intérieure et l’abîme sombre disparut. Ses paupières se relevèrent et son sabre laser s’éleva du sol où il était tombé pour venir rejoindre la paume de sa main. La lame verte s’alluma. Isil se mit à avancer vers son adversaire qui l’attendait, plus loin, parfaitement immobile.
— J’ai senti en toi une forte colère qui m’a emplie de joie, railla Diva en se mettant en garde, mais ça n’a pas duré. Il faut dire qu’autant que je sache, vous n’êtes pas très adeptes de la vengeance chez vous.
— Je n’ai pas besoin d’être en colère pour te battre, répondit Isil tout en approchant calmement. En te mettant hors d’état de nuire, je ne ferai que mon devoir de Jedi.
— Ton devoir, ricana la Sith, quel devoir ?
— Celui de protéger les habitants de cette planète contre tes manigances et celles de ton Maître… car tu es bien l’apprentie de Dark Zarek, n’est-ce pas ?

La Theelin s’inclina.
— Diva Shaquila, pour le servir… et pour te tuer !

Le sabre vert se leva et engagea le combat. Un échange rapide dans lequel les deux lames tournoyèrent si vite que leurs contours devinrent informes. Diva recula devant la précision des coups de la Padawan, cherchant une échappatoire pour rompre et tenter de reprendre l’avantage d’une autre façon. Isil enchaînait les coups méthodiquement, comme son Maître lui avait appris à le faire, en résistant à la tentation d’aller trop vite au risque de commettre une erreur. Diva était sur une position défensive qui lui interdisait d’attaquer à son tour. Les dents serrées, elle s’appliquait à contrer les coups précis que son adversaire lui assénait. Rassemblant ses esprits, elle trouva cependant le moyen de se concentrer pour amalgamer la Force autour d’elle et lança une vague d’énergie qui, à défaut de briller par sa puissance, repoussa la Jedi de plusieurs mètres.
Profitant de ce répit, elle virevolta à travers la pièce en passant au-dessus Isil, pour atterrir une bonne dizaine de mètres plus loin, au centre du salon.
— Tu es meilleure combattante que je ne croyais, compliments, laissa-t-elle échapper presque involontairement. Mais je vais te montrer comment perdre la partie.

Elle écarta les bras en effectuant un tour sur elle-même. Lentement, tous les fauteuils soigneusement rangés le long des murs entre les vitrines, se mirent à léviter en tanguant maladroitement. Puis sur de légers gestes de sa part, ils se précipitèrent, les uns après les autres, vers Isil. La jeune fille évita le premier d’un écart tout en souplesse, puis le deuxième en se penchant en arrière. Elle dévia le troisième en faisant appel à la Force. Les suivants se mirent à arriver de plus en plus vite, l’obligeant à se concentrer de son mieux pour les détourner de leur trajectoire.
— Isil ?

L’appel lui fit perdre sa concentration et un fauteuil la heurta à l’épaule, la projetant au sol. Les mains en avant, elle bloqua les deux derniers qui se figèrent en l’air, puis elle les propulsa à son tour vers leur expéditrice. Profitant de ce que cette dernière se baissait pour les éviter, Isil se releva en regardant derrière elle.
À l’entrée de la pièce se trouvait Calem dont le regard était à présent fixé tout à l’autre bout, sur le corps étendu gisant derrière la Sith.
— Jarval, non !

Il s’avança pour parvenir à la hauteur de la Padawan.
— Est-ce qu’il est… demanda-t-il sans achever sa phrase.

Le visage décomposé de la jeune fille fut suffisamment éloquent pour qu’il comprenne de lui-même l’amère vérité. Une bouffée de rage monta à son visage et il leva son fusil pour lâcher plusieurs rafales en direction de Diva. Cela n’eut aucun effet. Cette dernière, comme Isil, était suffisamment habile au sabre laser pour s’en servir comme d’un véritable bouclier.
— Tu te sens mieux ? lança la Theelin lorsque Calem s’arrêta de tirer. Faut pas m’en vouloir, c’était lui ou moi.
— Il n’avait aucune chance contre toi ! s’écria le roi.
— Ce n’est pas ma faute, plaida Diva d’un ton faussement ingénu, nous nous battions à la loyale lorsque ton ex-dulcinée est arrivée à la rescousse… j’ai dû improviser. Mais je le regrette, si c’est ce que tu veux entendre.

Puis, après s’être frotté ses cheveux rouges, elle se ravisa avec un sourire sadique et rangea son sabre à la ceinture.
— En réalité et tout bien réfléchi… non, tout compte fait, je ne regrette rien.

L’instant d’après, de puissants éclairs jaillissant de ses doigts tendus fauchèrent le monarque en le projetant au sol. Calem poussa un hurlement de douleur. Aussitôt, le sabre d’Isil se ralluma et sa lame vint s’interposer entre la nuée électrique et le roi. Tenant son arme à deux mains, les bras tendus, la Padawan fit face à son adversaire en grimaçant sous l’effort intense qui lui était nécessaire pour contenir et canaliser le flux mortel. Les deux apprenties restèrent un long moment ainsi à se défier, puisant un maximum d’énergie dans la Force, sans se quitter des yeux. Calem toujours au sol, observait ce spectacle inédit, complètement fasciné par la puissance qui se dégageait de ces deux êtres hors normes. Diva intensifia la puissance de ses éclairs, les traits de son visage crispés sous la concentration et l’effort physique. Isil laissa échapper un gémissement car des arcs électriques parvenaient à passer outre le bouclier que constituait la lame de son sabre pour lui transpercer le corps. Elle sentait ses muscles se tétaniser douloureusement. Puisant au plus profond d’elle-même les dernières ressources qui s’y trouvaient encore, la Padawan fit appel à la Force de façon encore plus intense pour trouver le moyen de contrer le flux d’énergie. Soudain, une énorme boule bleuté jaillit de la lame verte et remonta les éclairs jusqu’à la Sith qui fut projetée plusieurs mètres en arrière en poussant un grand cri.

La tempête électrique disparut. Isil se retourna vers Calem.
— Ça va ? demanda la Jedi au roi en l’aidant à se relever malgré ses propres jambes qui la portaient avec difficulté tant l’effort qu’elle venait de faire avait été intense.
— Je crois oui. Merci Isil, ces éclairs sont très douloureux…

Calem massa sa nuque raide avant d’ajouter.
— C’est un pouvoir de Sith ?
— Pas vraiment, un Jedi peut le maîtriser… mais c’est un pouvoir du Côté Obscur qui fait appel à de sombres sentiments qu’il vaut mieux éviter d’appeler.
— En tout cas, je sais à présent ce que tu as enduré dans la prison du donjon de ce fou, murmura Calem en posant une main sur l’épaule de la jeune fille.

Une voix s’éleva derrière eux, à l’autre bout de la salle.
— Ne sont-ils pas trop mignons tous les deux, les anciens amoureux royaux !

Diva s’était elle aussi relevée, les mains sur les hanches dans une posture de défi et se mit à rire.
— Allons, il est temps d’en finir. Autant que tout ce qui se trouve ici serve à quelque chose.

D’un seul coup, toutes les vitrines encore intactes explosèrent, projetant des débris de verre à travers tout le salon. Diva tendit les mains qu’elle éleva vers le plafond avant de les retourner puis de les abaisser vers ses deux adversaires. En même temps qu’elle effectuait ces gestes théâtraux, toutes les armes se trouvant dans les vitrines en sortirent, s’élevèrent dans les airs, tournèrent leur pointe ou leur tranchant vers Isil et Calem, puis s’élancèrent vers eux à une vitesse prodigieuse.


Quelques minutes auparavant, un frisson d’exaltation avait parcouru l’échine du commandant Tour’Mira lorsque son œil exercé avait aperçu de loin les lourdes portes de blindacier scellant la Cité Royale qui commençaient à s’entrouvrir.
— Première compagnie, en avant ! avait-il tonné, à l’assaut, à l’assaut !

Sous l’effort conjugué des quatre corinals protégés par des boucliers énergétiques, son char s’était aussitôt ébranlé. L’œil vigilant, ses mitrailleurs scrutaient les remparts désertés par l’ennemi cependant que les hommes montaient vers les portes en courant, l’œil rivé sur la ligne de mire de leur arme. Selon le plan établi, la deuxième compagnie couvrait l’assaut, mais aucun tir en provenance des murailles n’avait contrarié la course effrénée des militaires qui s’étaient sitôt engouffrés entre les deux battants non encore complètement ouverts.
Le lieutenant Rigo et ses hommes qui contenaient l’ennemi sur les remparts et à l’intérieur même de la Cité pour protéger les portes, vécut avec excitation ce moment où les renforts pénétrèrent dans le fief du gouvernement royal. Le sergent Jalo qui avait bloqué le passage de droite descendant des murailles, s’était alors retourné vers son groupe.
— Allons-y, il faut les déloger de là-haut !

Et il s’était élancé dans les escaliers qui grimpaient en haut des murs.
Il déboucha sur le chemin de ronde le doigt enfoncé sur le bouton de tir de son arme, dirigeant un flux nourri d’énergie vers les hommes-serpents qui reculaient à un peu plus de trente mètres de lui.
— Avancez, chassez-moi cette vermine des remparts ! hurla-t-il en avançant.

Un tir l’atteignit en haut de l’épaule à un endroit que ne protégeait pas son armure d’assaut et sous l’impact, il s’écroula aussitôt relevé par le soldat qui le suivait. La douleur le fit grimacer.
— Ne vous arrêtez pas, continua-t-il de crier en s’aplatissant un instant dans une encoignure du mur, repoussez-les vers la tour sud-ouest !

Lui-même se réinséra dans le groupe d’hommes pour reprendre l’assaut. L’ennemi reflua vers la tour qui se trouvait derrière eux et en dévala les escaliers. Mal lui en prit car les premiers éléments de la première compagnie venaient d’en atteindre le bas. Il y eut une succession de lancers de grenades provenant du haut et du bas de la construction puis, quelques minutes plus tard, une cohorte d’hommes-serpents rescapés en sortait les bras en l’air en signe de reddition.
— Allez, nettoyez-moi la Cité de cette racaille, hurla Tour’Mira dans son communicateur en saluant Rigo avec une admiration non feinte. Bien joué lieutenant ! lui lança-t-il du haut de son char, je commençais à m’ennuyer ferme à l’extérieur !
— Ce fut un plaisir, commandant, répondit l’officier subalterne en rendant le salut à son supérieur avant d’entraîner sa section vers le Palais.
*
* *

— Il ne suffit pas d’avoir des pouvoirs et de bien maîtriser la Force, expliquait Maître Beno à sa disciple qui l’observait attentivement de ses grands yeux bleus remplis de curiosité. En situation de combat, c’est la rapidité avec laquelle tu parviendras à La solliciter qui fera la différence et qui te sauvera la vie… ou qui sauvera la vie de quelqu’un. Un Chevalier Jedi doit être prêt en permanence à réagir à la moindre menace.
La jeune fille qui venait de fêter ses quatorze ans hocha la tête.
— C’est pas vraiment facile de vivre constamment sur le qui-vive, objecta-t-elle.

Beno Mahr continua à marcher un moment sur l’étroit sentier longeant les montagnes qui entouraient le Temple de Tython avant de répondre.
— Je n’ai pas dit, tout le temps, Isil, si tu m’as bien écouté… j’ai dit, en situation de combat. Je conçois parfaitement que même un Jedi a besoin de temps de repos pour son corps et son esprit. Mais imagine-toi pour l’instant que nous sommes ici en territoire hostile, ajouta-t-il en se mettant à marcher à pas feutrés, les mains relevées et les jambes pliées en regardant furtivement à droite et à gauche.

Isil s’arrêta et éclata de rire. Maître Mahr se retourna l’air sévère.
— Est-ce comme ça que tu prends au sérieux mes leçons, jeune Padawan, ou crois-tu déjà tout savoir que tu puisses te passer de moi ?

Confuse, la jeune fille baissa le front.
— Pardon, Maître, c’est que vous aviez l’air si comique…

Un sourire récalcitrant qu’elle eut du mal à maîtriser effleura ses lèvres. Beno Mahr fit une moue.
— Au lieu de te moquer de ton Maître, tu ferais mieux de regarder vers le haut… attention !

Il effectua un bond en arrière pendant que son élève levait la tête. Une énorme pierre qui s’était sans doute détachée de la falaise fondait sur elle.
— Stoppe-là ! intima Beno Mahr.

Isil leva les mains et hésita entre invoquer un bouclier de Force pour se protéger, dévier le rocher ou tenter de le faire léviter.
Il est bien trop gros, je n’y arriverai pas, pensa-t-elle.
Hélas, avant même qu’elle n’ait eu le temps d’invoquer la Force, le roc la percuta de tout son poids.
— Aaaah ! eut-elle le temps de crier en croisant les mains devant ses yeux dans un ultime geste de protection illusoire avant d’être renversée par l’énorme bloc.

Celui-ci rebondit sur son torse comme un gros ballon avant de rouler un peu plus loin sur le chemin où il s’immobilisa maladroitement.
Maître Beno laissa échapper un rire à la fois satisfait et sarcastique qui fit s’empourprer les joues de sa disciple.
— Mais… mais… c’est quoi ce truc ? s’écria-t-elle en arrondissant les yeux.
— Un faux rocher, répondit son Maître tout sourire, que les Maîtres du Temple font tomber sur les Padawan irrespectueux qui croient tout connaître de la Force. C’est fait avec un matériau très léger, du plastyrène… on l’utilise comme isolant mais également pour protéger les marchandises lors des transports. Bien imité non ?

Isil ne put contenir une grimace dépitée tout en se relevant.
— S’il s’était s’agit d’un véritable rocher, continua impitoyablement son Maître dont le visage était toujours imprégné d’un large sourire moqueur, tu serais à présent aplatie comme une crêpe au milieu de ce chemin — il claqua des mains d’un geste évocateur — les os broyés baignant dans une flaque de sang visqueuse… et moi je devrais me chercher un nouveau disciple plus prompt à se servir de la Force.
— J’ai échoué à votre test, Maître, conclut la jeune fille avec une profonde affliction. Je n’étais pas prête à affronter l’imprévisible.
— C’est exactement cela, Isil. C’est bien de le reconnaître. Comme je te le disais, il y a des moments où il te faudra être capable d’invoquer la Force en une fraction de seconde pour survivre ou sauver quelqu’un. À toi de t’entraîner pour acquérir cette rapidité.
— Oui, Maître Beno.
— Prenons l’exemple de ce rocher… une simple déviation instinctive à l’aide de la Force aurait pu te sauver. Ainsi sans chercher à le stopper, tu modifiais légèrement sa course en utilisant sa vitesse… tout simplement.
— Tout simplement, répéta l’enfant avec humilité.
— Naturellement, face à une avalanche de roches, un bouclier de Force bien solide peut se révéler plus efficace. Mais la décision doit être prise aussi vivement que l’éclair.
*
* *

Considérant la masse d’armes en tout genre qui se précipitait vers eux, Isil se plaça devant Calem dans un élan protecteur, les mains en avant, invoqua le bouclier de Force le plus puissant qu’elle pouvait créer dans un laps de temps aussi bref. Elle y parvint au moment même où les lames arrivaient sur eux. Mais la plus proche fondit sur la Padawan avant que le bouclier ne soit formé et perfora son flanc en lui causant une vive douleur.
Isil laissa échapper un cri, mais ne perdit pas sa concentration et les projectiles rebondirent sur quelque chose d’invisible aux yeux du roi. Dans un grand fracas, toutes les armes retombèrent sur le sol, chaos anarchique des millénaires passés.
La jeune fille baissa les yeux vers le stylet fiché dans sa chair un peu au dessus de sa hanche gauche. Une petite tache de sang apparut sur sa tunique blanche, visible par l’ouverture de sa bure dont les pans flottaient librement de chaque côté de son corps. Calem avait suivi son regard et la fit pivoter sur elle-même pour l’examiner.
— Ce n’est rien, annonça posément la Jedi, la lame n’a touché aucun organe.
— Laisse-moi te l’enlever, proposa le roi.

Et sans attendre de réponse, il tira sur le manche pour extraire l’arme.
De l’autre côté de la pièce, la voix railleuse de Diva Shaquila résonna.
— Pas assez rapide à ce que je vois, l’entraînement des Jedi ne vaut pas celui des Sith !

Isil plongea ses yeux dans ceux de Calem.
— Diva est très dangereuse, je ne pourrai pas l’affronter et te protéger en même temps.
— À nous deux nous pouvons la vaincre ! répliqua le monarque plein de détermination tout en appuyant sur la blessure de la jeune fille pour l’empêcher de saigner.

Isil prit délicatement sa main qu’elle ôta de son côté.
— Je m’en charge, Calem, ce n’est qu’une égratignure que je vais refermer. Par contre, je te demande pardon par avance.
— Pardon de quoi ?
— De ce que je vais faire.

Joignant le geste à la parole, elle tendit la main vers lui et le propulsa plusieurs mètres en arrière, atténuant de son mieux sa chute avant de le laisser glisser sur le sol jusqu’à ce qu’il ait franchi le seuil du salon. Elle en referma alors toutes les issues, verrouillant les portes à clefs avant d’en briser les serrures pour qu’on ne puisse pas les rouvrir.
— À nous deux, murmura-t-elle en se retournant vers la Sith.
— Juste toi et moi ? Quel honneur, princesse, gouailla Diva en rallumant son sabre rouge. Mais quelle grossière erreur, ma grande !

Pirouettant dans l’air, elle bondit jusqu’à Isil et engagea de nouveau le combat. Les sabres se heurtèrent de plus en plus violemment, la Padawan glissant lentement mais sûrement de la forme Soresu vers celle du Djem So plus apte à son avis à venir à bout de la Sith et de ses acrobaties. Celle-ci était en effet excessivement mobile et semblait danser dans les airs tout autour de la Padawan plus statique. Isil observait attentivement sa façon de combattre afin de tenter d’anticiper le moment le plus opportun pour reprendre l’avantage.
La Theelin se révélait être un bien dangereux adversaire. Sa souplesse et sa rapidité la rendaient difficile à cibler. D’un bond puissant, elle effectua plusieurs pirouettes au-dessus de la Jedi et la lame de son sabre laissa au passage une marque brunâtre au niveau de l’épaule droite de cette dernière.
— Touchée ! lança Diva en atterrissant sur une table, les jambes pliées tel un fauve ramassé sur lui-même.

Isil serra les dents. Cette nouvelle douleur l’avait renseignée avant même que Diva ne s’en vante. D’un salto de biais, la Padawan se propulsa à son tour sur la table, face à son adversaire et frappa plusieurs fois avec son sabre en variant les coups. La Sith contra chaque assaut et conclut l’échange par une vague de Force qui projeta Isil à une dizaine de mètres d’elle, contre un mur qu’elle heurta violemment de la tête. Diva sauta de sa table au milieu de la salle et éteignit son sabre.
— Vainqueur par KO ! lança-t-elle à la Padawan qui avait du mal à se relever. Décidément, tu es un bien piètre adversaire, Isil.

Cette dernière se redressa lentement, le dos appuyé au mur. D’un geste elle propulsa vers la Theelin le meuble d’une des vitrines brisées l’obligeant à faire vivement un pas de côté pour l’éviter.
— Il va t’en falloir plus pour me surprendre, ma grande, lança Diva goguenarde.

Comme elle disait ces mots, le grand lustre central lui dégringola dessus, la tige sectionnée par Isil. Diva cria et s’écroula au sol sous le fracas des pampilles et des pendants en cristal qui en ornaient l’armature métallique.
— Un partout, annonça calmement la Padawan en reprenant son souffle coupé par sa récente projection contre le mur.

Il y eut un moment de silence dans la pièce durant lequel le temps sembla s’être arrêté. Puis les pendeloques du lustre se mirent à trembloter en tintant. L’instant d’après le luminaire s’envolait jusqu’au plafond contre lequel il explosa violemment avant de retomber en mille morceaux sur le sol. Diva se releva. De multiples coupures laissaient couler des filets de sang sur son visage crispé.
— Et voilà, grinça-t-elle entre ses dents, à présent, je suis très en colère !

Les poings serrés, elle toisa son ennemie un long moment sans rien dire avant de lancer un grand cri tout en élevant ses bras. Simultanément, répondant à son geste, tout ce qui pouvait bouger dans la pièce, les armes, les armures, les meubles : chaises, tables, fauteuils, canapés… les lustres, les tableaux, ainsi que les milliers de débris en tous genre provenant des vitrines brisées, se mit à léviter puis à tourner autour de la Sith pareil à un dantesque maelström d’objets hétéroclites. Seul le corps de Jarval était resté inerte à terre.
— Tiens, attrape ça si tu le peux ! hurla Diva apparemment hors d’elle en abaissant brusquement les bras vers Isil.

Le flot en suspension stoppa sa ronde apocalyptique puis déferla vers cette dernière pour l’anéantir et l’engloutir sous des tonnes de matériaux. Mais, puissante dans la Force et puisant en Elle des ressources insoupçonnées, la Padawan canalisa le formidable nuage d’objets et les propulsa tous dans un angle du salon où ils s’entassèrent dans un fracas épouvantable, comme dans le pire des capharnaüms.

Il ne subsistait plus rien dans le reste de la pièce complètement désert, hormis un corps allongé et deux silhouettes immobiles qui se défiaient, sabre au poing, à une dizaine de mètres l’une de l’autre. Tout à coup, Diva tendit son bras libre vers Isil qui sentit aussitôt sa gorge se serrer sous l’effet d’un étau invisible et ses pieds quitter le sol.
— Argh, gargouilla-t-elle en portant la main gauche à son cou dans l’espoir illusoire de le libérer de l’étranglement de Force initié par la Sith qui ricana avec mépris.
— Je savais que tu n’étais pas à la hauteur, Padawan. Sens-tu à présent la vie qui te quitte lentement ?

Isil sentait ses jambes remuer dans le vide, incapable de briser l’écrasement qui menaçait de lui broyer le larynx. Déjà l’air ne s’écoulait plus dans ses poumons et son cerveau commençait à s’embrumer. Une minute de plus dans cette situation et c’était la mort assurée. Elle tenta de desserrer l’étreinte mortelle en sollicitant la Force, mais la puissance développée par la Sith était telle qu’elle n’y parvenait pas. Elle peinait à contenir l’enserrement qui l’asphyxiait petit à petit et lui faisait perdre ses moyens. Ses yeux se fermèrent comme vaincus. Diva jubilait.
— Ne lutte pas, petite princesse, c’est fini, abandonne-toi à ton sort !

Dans un dernier sursaut, Isil lança son sabre laser qui tournoya dans l’air en direction de son adversaire. Tout en souplesse, la Theelin s’écarta au moment précis où l’arme arrivait à sa hauteur pour la laisser passer avec un rictus de mépris. Un rire s’échappa de sa gorge.
— Décidément, ton Maître t’a vraiment mal form…

Son dernier mot se transforma en un gargouillis qui s’échappa de sa bouche béante et elle baissa un regard de surprise vers le bout de lame verte qui venait d’apparaître au centre de son abdomen.

La Theelin tomba à genoux avec des yeux écarquillés remplis d’incrédulité qui fixaient la Padawan. Isil qui avait parfaitement maîtrisé son lancer de sabre laser de bout en bout, qui l’avait fait revenir après qu’il eut décrit un large arc de cercle dans la pièce pour frapper son adversaire dans le milieu du dos, sentit l’étranglement de Force s’estomper et elle retomba lestement sur ses jambes. Quelques pas suffirent à la porter au niveau de Diva dont le sabre venait de s’échapper de sa main. Saisissant la garde du sien, Isil éteignit la lame verte qui disparut, ne laissant au niveau du ventre de sa victime qu’un trou noirâtre et fumant d’où se dégageait une odeur âcre de chairs atrocement brûlées.
Toujours à genoux, la Sith tourna la tête vers la Jedi et bafouilla.
— Tout compte… fait, ton… M… Maître… t’a bi… bien for… mée…

Puis elle tomba en avant comme une masse.
Isil la regarda un moment avec compassion, ne pouvant s’empêcher de penser que si elle avait connu un autre Maître, un Maître comme Beno Mahr, Diva Shaquila n’aurait sans doute pas été allongée à ses pieds, morte, à cet instant précis. Machinalement, elle passa la main sur sa blessure qui saignait toujours et cela raviva sa douleur ainsi que celle de son épaule.
Des coups frappés aux deux portes du salon la tirèrent de sa rêverie et, d’une poussée de la Force, elle en libéra les vantaux qui s’ouvrirent.
Des hommes armés, Rigo en tête, pénétrèrent vivement dans la pièce pour s’arrêter presqu’aussitôt, l’air hébété devant le spectacle de désolation qui s’offrait à leurs yeux. L’instant d’après, le lieutenant aperçut le corps de son capitaine et laissa échapper un cri de désespoir avant de se jeter à genoux contre lui. Par l’autre côté, Calem entra à son tour et courut jusqu’à la Padawan dont le visage blême révélait toute la violence des instants qui venaient de s’écouler. Difficilement, Isil esquissa un sourire.
— Je crois qu’on a quelque peu abîmé le mobilier, laissa-t-elle échapper avec un air désolé tout en rangeant son arme à sa ceinture.

Calem balaya la pièce vide du regard, s’arrêtant devant la montagne de débris entassés dans un coin comme poussés là par un balai géant et fit oui machinalement de la tête. Puis, considérant les blessures de la jeune fille, il la prit par un bras.
— Tu as besoin de soins, je fais faire appeler un docteur.

Il fit signe à deux soldats de venir à lui puis donna au premier des ordres en ce sens en ajoutant à l’adresse de l’autre.
— Qu’on amène mon frère ici, immédiatement.
— Jarval… murmura la Padawan, l’air désespéré, je suis arrivée trop tard… pardon Calem…

Le roi la prit contre lui et lui caressa les cheveux.
— Non, souffla-t-il, pas pardon… ce n’est pas ta faute, tu n’y peux rien… tu ne peux pas sauver tout le monde à toi toute seule.

Tout en la serrant par son épaule valide, il s’avança vers le corps inerte de son ami d’enfance. Rigo leva vers eux un visage rageur puis désigna du doigt le cadavre de la Theelin.
— Celle-ci a payé, grimaça-t-il, mais Zarek aussi doit être puni pour cela.

Calem hocha la tête.
— Oui, nous allons lui régler son compte. Mon frère, Pardo et le général commandant les troupes ennemis ont été arrêtés. Dès que Édéna aura été purgée de ce fléau, nous irons mettre en pièce la Forteresse du Désert de Sang une fois pour toute.

Comme il disait ces mots, un cri déchira l’air et les conversations s’arrêtèrent.
Livide, la bouche tremblante, Taimi s’était arrêté sur le seuil de ce qui avait été le grand salon des armes et des armures, et ses yeux exorbités fixaient le cadavre de la Sith.
— Dolmie ! cria-t-il en se précipitant à travers la pièce.

Son frère abandonna le bras d’Isil pour tenter d’intercepter le prince mais celui-ci le repoussa pour se jeter au cou de sa bien-aimée.
— Dolmie ! hurla-t-il de nouveau, non, je t’interdis de mourir !

C’est un visage ravagé par la haine qu’il leva d’abord vers son frère, puis vers la Padawan, comprenant que seule cette dernière avait été capable de tuer celle qu’il aimait.
— Tu l’as assassinée, monstre venu d’ailleurs, éructa-t-il les traits déformés par la colère. Je te tuerai pour ça !

Calem s’interposa.
— Ça suffit, Taimi, cette Sith a tué Jarval et Isil n’a fait que se défendre contre elle. Mais bon sang, ouvre les yeux et vois comment elle t’a manipulé !
— C’est l’apprentie de Dark Zarek, Taimi, ajouta Isil, elle me l’a dit. Elle s’appelait en réalité Diva Shaquila et elle aussi vient de la galaxie. Elle obéissait à son Maître et ne t’a vraisemblablement jamais aimé.
— Tu mens, cracha Taimi pressant toujours le visage de la Theelin contre sa poitrine, elle m’aimait, je le sais !

La Padawan ne répondit pas et Calem secoua la tête de gauche à droite en silence.
— Je vous hais ! Je vous hais tous !

Le Prince s’était relevé. Les soldats le mirent en joue tant son visage transpirait ses envies de meurtre.
— Écoute-moi, dit le roi, tu sais que nous avons raison. Cette Diva Shaquila t’a monté contre moi, pour que tu serves les desseins de son Maître et crois-moi, elle t’aurait tué une fois son objectif rempli.

Taimi secoua sa tête avec obstination.
— Je ne vous crois pas, elle m’aimait ! Elle voulait que je sois roi, un grand roi et elle aurait été ma reine ! Mais vous étiez jaloux d’elle et de ses pouvoirs alors vous l’avez tuée, soyez maudits, tous autant que vous êtes !

D’un bond il s’élança à travers la pièce, bousculant son aîné qui n’eut pas le temps de le retenir.
Calem cria.
— Taimi… non…

Impuissant, il ne put que regarder son jeune frère atteindre une fenêtre avant de se propulser à travers en la faisant éclater sous son poids. Il n’y eut pas un cri. Le corps du prince bascula dans le vide et décrivit une parabole avant d’aller s’écraser sur le marbre de la cour d’honneur sous l’œil hébété des militaires présents.
Presqu’immédiatement, Calem se rua vers l’endroit où son cadet venait de disparaître et aperçut le corps sous la tête duquel une mare de sang venait d’apparaître. Un officier était penché sur lui, les doigts posés sur sa carotide. Levant les yeux, il fit non de la tête à l’adresse du roi qui recula de deux pas dans la pièce, pâle comme un mort.
— Ça aussi, Zarek va devoir le payer ! maugréa-t-il les dents serrées.

Isil posa une main sur l’épaule du souverain.
— Je vais t’y aider, murmura-t-elle.

Au même instant, un sous-officier hors d’haleine accourut.
— Sire, Sire, le colonel Qulos signale que les portes d’Amina et du Baron Ghausma ainsi que la porte sud sont sur le point de céder. L’ennemi les bombarde avec des canons à énergie qui sont en train de les faire fondre.
— Qu’on détruise ces canons alors, intervint Rigo.
— Impossible, lieutenant, les hommes-serpents ont déployé plusieurs boucliers énergétiques lourds qui les protègent des tirs provenant des murailles et les générateurs sont hors d’atteinte dans la plaine d’Amar. Le colonel Qulos vous fait dire que plusieurs tentatives de raids menés par des dragonnaux ont également échoué.
— Qu’on rassemble toutes les forces disponibles à ces portes. Si elles cèdent, il ne faut pas laisser l’ennemi entrer de nouveau dans la ville, transmettez mes ordres au colonel Qulos et ajoutez que…

Calem marqua une courte hésitation, puis acheva sa phrase sur un ton décidé, le visage grave.
— … que le Capitaine-Général Rigo remplacera désormais feu le Capitaine-Général Jarval Hor’Gardi comme commandant de la Garde Royale.

Le gradé salua et tourna les talons pour repartir en courant. Rigo dévisagea Calem d’un air embarrassé.
— Sire, sauf votre respect… vous êtes devenu fou ?

Le monarque tapota l’épaule de son subordonné.
— Pas du tout, Rigo, je sais parfaitement ce que je fais. Vous avez été le bras droit de Jarval pendant des années, vous saurez bien le remplacer… et j’ai besoin d’un chef apprécié par ses hommes…

Rigo se mit au garde-à-vous et salua.
— Je comprends, Sire, je ferai de mon mieux pour honorer la mémoire du Capitaine Jarval.
— J’en suis certain. Maintenant, capitaine, assurez-vous que le Palais et la Cité Royale sont bien débarrassés de toute vermine avant d’aller prêter main forte à nos régiments aux portes de la ville.
— Oui, Sire ! répondit Rigo en saluant de nouveau avant de se retirer pour donner ses ordres.

Calem se retourna vers Isil puis baissa les yeux vers le corps de Jarval que des soldats emmenaient silencieusement.
— Nous pleurerons les morts le moment venu, d’ici là, il nous reste du travail à accomplir.

La Padawan approuva sans rien ajouter et emboîta le pas du monarque qui sortit du salon dévasté.


(à suivre…
prévisions d’achèvement : 40 chapitres - 600 pages - fin 2013)


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Modifié en dernier par Hiivsha le Lun 02 Déc 2013 - 12:36, modifié 2 fois.
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Messagepar Hiivsha » Jeu 28 Nov 2013 - 22:12   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Pas de récit non plus aujourd'hui... j'ai pas eu le temps de relire le prochain chapitre mais sans doute la suite demain ou ce week-end ! :siffle:
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Messagepar Notsil » Ven 29 Nov 2013 - 17:26   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Cool ça me permet de rattraper mon retard ;)

Très sympa le combat entre les 2 miss, tu exploites bien tous les filons du combat de Force.

Spécialement pour tes questions sur les adjectifs possessifs ^^

Jarval avait posé la main droite sur sa blessure

se morfondit Isil en posant sa main gauche sur la poitrine de son ami.


Moralité, ça semble se faire au feeling ^^
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Messagepar Hiivsha » Ven 29 Nov 2013 - 22:09   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Tout à fait, au feeling... c'est pour cela que j'aurais aimé avoir une règle grammaticale à me mettre sous la dent, car chaque fois que j'ai deux possessifs engageant 2 personnes différentes dont le sujet, ben, j'hésite ! :neutre:

Enfin, l'essentiel c'est qu'on soit compris. :wink:
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Messagepar Notsil » Ven 29 Nov 2013 - 22:31   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Je pense que toutes les propositions sont correctes, et que ça dépend de la personne sur qui on veut mettre l'accent.
Dans ce chapitre, tu utilises principalement les "le /la" quand tu vas préciser par la suite le nom qu'ils accompagnent ; et tu es plutôt "son / sa" quand tu te réfères au sujet principal.
En tout cas je n'ai rien trouvé de précis à ce sujet... mais je n'ai pas non plus de bouquin spécialisé sur le sujet :)
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Messagepar Joysstar » Dim 01 Déc 2013 - 18:12   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

J'aime toujours autant : tu es vraiment un excellent auteur. ^^
Rien de tel qu'une bouffée d'air frais, un cahier et un stylo à côté, un livre à portée de main, et de la musique... pour un moment de paix.

Une quatrième tentative ? ;)
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Messagepar Hiivsha » Dim 01 Déc 2013 - 23:43   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Merci :jap:
Bon, les corrections du chapitre suivant venant de finir et comme il est tard, je posterai la suite demain tranquillement. :wink:
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Messagepar Hiivsha » Lun 02 Déc 2013 - 12:35   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Voici la fin de la bataille d'Édinu...
Si ma boule de cristal est bonne, il devrait rester 5 chapitres pour achever ce qui est désormais le plus long roman que j'ai écrit et qui devrait effectivement atteindre ou légèrement dépasser les 600 pages. :x

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36 - Assaut


Chauffée à blanc par les canons à énergie, la porte Sud menaçait de se rompre. Sur les remparts, les effectifs encore disponibles du troisième Régiment Royal faisaient feu désespérément sur la masse grouillant à leurs pieds, rassemblée pour l’hallali. Mais des boucliers invisibles absorbaient inexorablement l’énergie de leurs armes.
Du haut des murailles, Rigo criait dans son communicateur pour surmonter la rumeur.
— Je suis surpris que les hommes-serpents possèdent ce type de protection… à se demander comment ils ont pu se les procurer... c’est théoriquement du matériel réservé aux états souverains !

Le nouveau Capitaine-Général était venu avec une bonne partie des effectifs de la Garde Royale renforcer la défense de la porte la plus vulnérable de la capitale.
— Avez-vous localisé les générateurs de ces boucliers ? demanda Calem depuis le Palais.
— Oui, Sire, ils sont hors de notre portée dans la plaine d’Amar mais hélas, ils sont bien gardés.
— Et si nous envisagions un mouvement tournant pour les prendre à revers ? proposa le roi.

Cette fois, ce fut le général Qulos, tout fraîchement nommé à ce grade par le roi en remplacement du général Pardo, qui intervint sur la fréquence depuis son quartier général opérationnel où il centralisait toutes les informations sur la bataille en cours.
— Pardonnez-moi, Sire, mais avec quels effectifs ? fit sa voix.
— Faites-moi un rapport de situation, général.
— Les deux premières compagnies du troisième régiment assiègent toujours l’Ecole Militaire… ses troisième et quatrième ont pris position à la porte d’Amina. Quant à sa cinquième elle patrouille en ville avec la police pour réduire les derniers ilots de résistance et protéger les bâtiments publics. Quant au second régiment, j’ai deux compagnies à la porte Sud épaulées par une partie de votre Garde Royale, et trois autres qui défendent la porte du Baron Ghausma. Enfin, le colonel Xuon a consenti à envoyer ses Dragons au stade pour y contrer une avancée ennemie conséquente et protéger le flanc ouest de la capitale.
— Une avancée vers le stade, dans quel but ? De quelle importance ?
— Difficile à dire, Sire, à mon avis il s’agit d’une diversion à moins que l’ennemi ne cherche vraiment à ouvrir un nouveau front. Toujours est-il qu’un bon millier de saurocéphales se dirige vers cet objectif et qu’il fallait bien réagir… en espérant que les Dragons ne retourneront pas de nouveau leur veste… Et il nous faut espérer que l’ennemi restera concentré sur ces points car sinon, nous devrons diviser nos forces encore un peu plus.
— Je vois.
— Pour conclure, toutes nos troupes disponibles sont engagées pour défendre la capitale, Votre Majesté, difficile pour le moment d’organiser une sortie d’envergure.
— Dans ce cas, il nous faudra résister quand les portes seront tombées et battre l’adversaire au corps à corps en l’empêchant coûte que coûte de reprendre pied dans la ville, conclut le monarque d’un ton décidé.
— Compris, Sire, fit la voix de Rigo avant que la transmission ne cesse.

Au pied de la porte Sud, comme à celui des deux autres portes attaquées, les hommes s’étaient regroupés en rangs compacts, derrière des barricades qu’ils avaient dressées hâtivement avec tout ce qui leur était tombé sous la main.
Dans la salle de commandement jouxtant le bureau du roi, Isil qu’un médecin venait d’achever de soigner, s’adressa à Calem.
— Je dois me rendre à la porte Sud. Si celle-ci cède, je peux repousser la horde des hommes-serpents hors des murs pour permettre à nos troupes de combattre à l’extérieur de l’enceinte de la ville.

Le monarque soupira, son regard rivé sur celui de l’étrangère venue d’un autre monde dont le visage pourtant lui était si familier.
— Tu en as déjà fait beaucoup pour nous, Isil, tu n’es pas obligée de remettre ta vie en danger. Notre problème ne te regarde plus. Pourquoi ne repartirais-tu pas avec ton ami tant qu’il en est temps ?

Très touchée par la sincère sollicitude du jeune roi, Isil baissa un instant les yeux, presqu’embarrassée.
Oui, repartir avec Hiivsha… tous les deux dans son vaisseau et se perdre dans l’infini à jamais… rien que lui et moi…
À son tour sa poitrine se souleva et elle expira bruyamment avant que ses paupières ne se relèvent vers le souverain.
— Je suis un Jedi, souffla-t-elle l’air grave, ça veut dire que je me bats pour la justice, contre le mal, partout où il se trouve… même à des milliers de parsecs de ma galaxie… et je ne dois pas laisser mes sentiments personnels me dicter mon devoir.
— Ça me fait peur lorsque tu dis ça, Isil. Je crois au contraire qu’il est très important d’écouter ses sentiments personnels… ou alors ça veut dire que j’ai eu tort d’avoir cherché à sauver Sali au lieu de rester à Édinu pour me battre.

La Padawan se mordit doucement les lèvres dans une grimace d’hésitation. Que devait-elle répondre au souverain, elle qui comprenait parfaitement pourquoi il avait agit ainsi ?
— Je n’ai pas réponse à tout, Calem et il ne sert à rien de revenir sur ce qui a été fait. Mais les sentiments nous affaiblissent, tu en as la preuve aujourd’hui… que tu aies eu tort ou raison n’est pas la question. Ton choix a fragilisé ton royaume et mon devoir est de t’aider à le relever.
— Ce que tu penses honore le chevalier qui est en toi… les Jedi sont vraiment des personnes remarquables, même si je ne suis pas tout à fait d’accord sur la façon dont vous traitez les sentiments qui font de nous ce que nous sommes. Fais attention à toi, Isil.

Dans un élan spontané, il prit la Padawan dans ses bras et la serra longuement avant de l’embrasser sur le front avec une émotion non feinte.
— On se retrouve après la bataille, murmura-t-il.
— Que la Force soit avec nous, répondit simplement Isil avant de prendre congé.


Le jour était à présent complètement levé et le soleil du matin irisait un ciel que la tempête des dernières heures avait purgé de toute impureté. Les nuages se déchiraient en laissant de grandes langues bleutées qui allaient en s’agrandissant. Les rues de la ville avaient été désertées par la population et on n’y voyait plus que des uniformes pressés se déplaçant en courant d’un objectif à un autre. Les gens s’attendant au pire, s’étaient barricadés chez eux après le bref message que les autorités avaient diffusé sur les écrans domestiques : le roi était de retour et l’armée combattait désormais les hommes-serpents… ces mêmes créatures qui s’étaient pavanées dans la capitale tout au long des derniers jours comme en terrain conquis !
Dans les faubourgs extérieurs, directement exposés à la vindicte ennemie, toutes les habitations avaient été calfeutrées et personne n’osait même regarder par une fenêtre de peur d’attirer l’attention des saurocéphales.

Isil traversa le quart sud-est de la capitale intra-muros au grand galop, la capuche de sa bure rabattue en arrière laissant ses longs cheveux flotter dans l’air matinal comme un étendard doré. Elle atteignit bientôt la porte Sud autour de laquelle presque un millier d’hommes attendait avec un mélange d’angoisse et d’impatience, le moment où les lourds vantaux allaient céder sous les coups de l’artillerie adverse. Derrière les visières baissées des casques de combat, il était bien difficile de dire qui était une femme et qui était un homme. Tous se ressemblaient dans leur uniforme. Aussi, Isil ne passa pas inaperçue lorsqu’elle sauta au bas de sa monture pour fendre d’autorité les rangs serrés des soldats qui occupaient presque toute la place sur laquelle donnaient les portes.
Le capitaine Rigo la vit arriver et dévala les escaliers des remparts pour se porter au-devant d’elle.
— Isil, que faites-vous ici ? Les portes vont céder d’un instant à l’autre et l’assaut va être donné. Le choc va être rude. Vous ne devez pas rester !
— Je suis là pour vous aider, répliqua la Padawan avec une simplicité étonnante.

Un sourire se devina derrière les casques des hommes qui avaient entendu sa réponse. Leurs yeux curieux détaillaient cette jeune femme blonde, d’apparence si fragile dans sa courte tunique blanche, et lorgnaient vers ses deux longues jambes enserrés dans des bottes de cuir, tenue qui selon eux n’avait pas du tout sa place dans le combat qui se préparait. Et ce n’était certes pas cette sorte de bure brune qui couvrait ses épaules qui allait la protéger des faisceaux d’énergie tirés par les armes de l’ennemi !
S’avançant jusqu’au milieu de la place, dans le vide laissé par les militaires, elle marcha d’un pas décidé vers les deux hauts battants clos rougis à blanc devant lesquels elle paraissait si petite. Rigo la suivit, entouré de quelques officiers. De là où ils se trouvaient, on pouvait sentir la chaleur irradier du blindacier chauffé par l’énergie des canons.
— Quand ces portes cèderont, l’ennemi va entrer comme le flot dans un port, observa Rigo d’un ton grave. Isil, vous allez vous faire tuer si vous restez là et les hommes n’oseront pas tirer de peur de vous toucher.
— Nous n’allons pas attendre que les portes cèdent, autant les ouvrir maintenant et laisser l’acier refroidir… cela nous permettra de les refermer plus tard si besoin.
— Mais les canons…
— Ceux-ci ont été positionnés dans l’axe de l’avenue qui mène ici. Ils sont sur la plaine. Ils visent le centre des portes et ne pourront pas tirer plus bas sur les hommes sans risquer de balayer leurs propres troupes. Dès que les battants s’ouvriront, les canons cesseront.

L’exposé avait été énoncé avec une telle autorité que le capitaine ne sut quoi répondre.
— Voilà le plan, reprit la Padawan, ouvrez les portes, je vais contenir le flot, comme vous dites, et le repousser au fond de la partie extérieure de la place. Vos hommes pourront alors sortir et prendre position au pied des remparts.
— Mais madame, les boucliers empêchent les hommes situés en haut des murailles de tirer sur cette racaille, objecta un lieutenant.

La jeune Jedi leva son visage face au léger vent tiède qui balayait la région et inspira profondément en fermant les yeux sous le regard quelque peu étonné des officiers qui l’entouraient.
— Peut-être ces boucliers n’en ont-ils plus pour longtemps ? laissa-t-elle échapper. Capitaine Rigo, ordonnez qu’on ouvre les portes.

Le capitaine de la Garde donna un ordre bref dans son communicateur. Une voix répondit aussitôt quelque chose qu’il traduisit immédiatement.
— Le mécanisme d’ouverture ne répond plus… sans doute est-ce dû à la chaleur provoquée par le bombardement d’énergie.
— On devrait pouvoir y remédier, assura la jeune fille toujours observée avec beaucoup d’incrédulité par les militaires.

Isil fit quelques pas en avant pour se détacher du petit groupe et là, toute seule au milieu de la place, elle ferma les yeux et étendit les bras, le visage parfaitement serein. Un murmure parcourut les troupes lorsque soudain, dans un crissement, les deux vantaux commencèrent à s’ouvrir après que les serrures se furent déverrouillées. La rumeur provenant de l’extérieur de la cité baissa d’intensité jusqu’à provoquer un silence déconcertant et pesant. Pour finir, on n’entendit plus que le bruit des portes qui achevaient de pivoter à quatre-vingt-dix degrés, laissant dans l’expectative les deux armées séparées par une centaine de mètres qui s’observaient étrangement immobiles.
Soudain une longue clameur s’échappa des rangs des saurocéphales et leur masse compacte se mit en branle, d’abord lentement puis de plus en plus vite.
— Venez, cria Rigo en tirant Isil par le bras, mettez-vous à l’abri !
— Non, répondit la jeune fille en se débattant pour le faire lâcher prise, laissez-moi faire !

Les troupes en première ligne brandirent le bouclier qui était assujetti à leur bras gauche pour offrir un barrage de protection à ceux qui se trouvaient derrière eux, attendant l’ordre de bouger, les armes en joue.
Face à la horde sauvage qui se rapprochait, la Padawan paraissait insignifiante et fragile. Quand elle tendit les bras vers la marée déferlante, on aurait presque dit le geste d’un sacrifice suprême vain et inutile. Mais aussitôt, une puissante vague de Force balaya l’espace devant elle. Le choc invisible stoppa net l’élan de l’ennemi avant de le repousser. Les corps des hommes-serpents s’envolèrent anarchiquement comme des fétus de paille emportés par une tornade qui leur fit refranchir la porte Sud, mais cette fois en sens inverse. En un instant, la place fut nettoyée de l’envahisseur. Une nouvelle clameur aux accents d’incrédulité s’éleva de nouveau des troupes présentes. Isil se mit à courir jusqu’au seuil des portes sous le regard toujours hébété de ses alliés puis de nouveau étendit ses bras pour lancer une nouvelle et puissante vague de Force qui balaya encore les rangs ennemis, les repoussant à une bonne centaine de mètres des murailles. Entassés les uns sur les autres, les saurocéphales étaient en proie au plus vif désordre, ne sachant ni quoi faire, ni ce qui se passait réellement.

Soudain un cri retentit depuis le milieu de la place intérieure.
— En avant ! En avant ! hurla la capitaine Rigo en effectuant de grands gestes avec son bras gauche. Balayez-moi toute cette racaille !

Il s’élança à son tour. Dans une longue clameur, l’ensemble des troupes royales se mit en mouvement pour se ruer vers la fine silhouette qu’ils apercevaient à la sortie du court tunnel qui transperçait les murs de la ville.
Au même moment, dans un grand vacarme, un gros engin passa en rase-motte au-dessus de leur tête. Tout en courant, les soldats regardèrent l’énorme oiseau de métal qui arrivait du nord pour fondre sur la plaine d’Amar. Une machine volante !
Une voix railla dans les communicateurs.
— Je vous ai manqué j’espère ?

Ce fut un Rigo en pleine course qui répondit le souffle court.
— Capitaine Inolmo, les générateurs de boucliers… dans la plaine…

Hiivsha répondit sobrement.
— Compris !

Les hommes du deuxième Régiment et tous ceux de la Garde Royale avaient à présent déboulé sur la partie extérieure de la place du Sud et un feu nourri déferla aussitôt sur l’ennemi qui cherchait toujours à se réorganiser. Au centre du dispositif, Isil tenait dans sa main son sabre laser et commença à intercepter habilement tous les tirs ennemis parvenant jusqu’à elle.
Quelques secondes plus tard, on entendit plusieurs explosions provenant de la plaine d’Amar et quelqu’un cria dans les communications.
— Les générateurs ont sauté, ils n’ont plus de boucliers !

Sans attendre d’ordre, les troupes massées sur les murailles ouvrirent le feu à leur tour sur les hommes-serpents en contrebas. Privés de leur protection, ceux-ci devinrent des cibles faciles et durent chercher refuge derrière les maisons des faubourgs, évacuant la zone découverte qui ceignait le périmètre des remparts. Depuis son QG, Qulos donna l’ordre général d’attaque et toutes les forces militaires disponibles se ruèrent à l’extérieur des murs de la capitale.
À l’horizon, apparurent soudain de nombreux points dans le ciel, qui allèrent en grossissant.
Les sourcils froncés, le capitaine Rigo appela dans son communicateur.
— Il y a une arrivée aérienne massive dans le quatre-vingt-dix, quelqu’un peut me dire si ce sont des amis ou des ennemis ?
— Je vais voir, annonça Hiivsha depuis le Choupy IV qu’il dévia de sa route pour s’approcher des nouveaux venus.

Quelques secondes plus tard, sa voix reprenait.
— Je vois une formation serrée d’une cinquantaine d’énormes créatures volantes transportant des cabines bourrées d’hommes armés… celle de tête porte des armoiries représentant une sorte de dragon blanc crachant du feu… elles sont escortées par une centaine de dragonnaux… et à leur tête je crois distinguer… oui, c’est la princesse Sali sur Kro’Moo qui me fait de grands gestes…
— C’est l’emblème de mon oncle, s’écria la voix du roi dans l’intercom, le Duc Nathil d’Aretia arrive avec des renforts… Hiivsha, couvrez leur arrivée je vous prie.
— Bien reçu.

Au sol, la bataille faisait rage, chaque camp ayant pris position derrière des abris improvisés. Isil, entourée de plusieurs centaines de soldats, avançait toujours vers le cœur du dispositif ennemi de la porte Sud, son sabre lui servant de bouclier sous les tirs adverses. Les fusils d’assaut portaient un long couteau fixé au canon pour le combat rapproché. Bientôt, ce fut l’empoignade générale, au corps à corps. Isil combattait entièrement plongée dans la Force et sa vision des choses était bien différente de celle qu’avaient les autres autour d’elle. Dans la Force, elle percevait distinctement chaque mouvement, chaque bruit, chaque battement de cœur et voyait arriver vers elle chaque projectile d’énergie trouant la mêlée qu’elle renvoyait posément à qui l’avait tiré. Vue de l’extérieur, elle était pareille à une guerrière animée du feu sacré et son sabre laser qui virevoltait à une incroyable vitesse était un repère pour chacun des soldats. La redoutable lame verte taillait en pièce l’ennemi sans compter et semait sur son passage des cadavres à n’en plus finir dans les cris et les hurlements de rage ou de terreur. Un vent de folie semblait souffler sur la place mais l’armée des saurocéphales commençait à reculer malgré le surnombre initial qui aurait dû jouer en sa faveur. Les créatures étaient principalement armées de lances redoutables par leur double utilisation, tir d’énergie et pointe tranchante qui s’opposait à la baïonnette du fusil d’assaut des militaires. Dans cette cohue indescriptible, Isil cria soudain.
— Rigo, derrière vous !

Le capitaine, occupé à se défendre contre deux ennemis, n’avait pas vu arriver le grand homme-serpent isolé qui avait percé le cordon des troupes du roi et fondait sur lui dans son dos. L’arme de Rigo fit feu sur le premier adversaire puis son couteau s’enfonça dans la gorge du second. À ce moment précis, il entendit la mise en garde de la Jedi et tourna la tête juste à temps pour apercevoir un éclat vert tournoyant décapiter le saurocéphale dont la pointe de l’arme s’arrêta à deux centimètres de sa nuque. Le sabre laser survola la mêlée et revint dans la main tendue de la Padawan. Rigo adressa à la jeune fille un geste reconnaissant avant de se replonger dans la mêlée.

À présent, les breeay mantas survolaient à basse altitude la plaine d’Amar et aussitôt, de chacune d’elles des chapelets de petits points noirs s’en déversèrent. Les hommes, équipés de bottes anti-grav qui permettaient d’amortir une chute mais non de s’envoler, sautèrent des cabines et foncèrent vers le sol comme des pierres pour ralentir à son approche et se poser en douceur comme des plumes, se rassemblant immédiatement en sections ordonnées avec une discipline et une efficacité redoutables. L’ennemi était pris à revers par près de mille cinq cents hommes.
Ce que voyant, les officiers saurocéphales débordés, manquant d’instructions venant d’en haut depuis l’arrestation de leur général, lancèrent de manière débridée des ordres de retraite. Des trompes résonnèrent un peu partout dans les faubourgs. L’armée de Zarek rompait le combat.

Pourchassés par les troupes au sol, harcelés par une centaine de dragonnaux — Kro’Moo en tête — crachant sur eux un déluge de feu énergétique, découragés par les tirs des batteries lasers du Choupy IV, cette énorme machine volante inconnue, les hommes-serpents cédèrent bientôt à la panique. Ce fut une débandade générale qui grouilla dans les faubourgs en direction de l’ouest, seule porte de sortie de cet immense piège qui menaçait de se refermer sur eux. En effet les Dragons Noirs manœuvraient vers le sud depuis les faubourgs nord-ouest de la capitale. Ils poursuivant à présent les saurocéphales qui avaient un instant menacé le stade que le régiment avait reçu l’ordre de protéger… après avoir été mis en place pour y garder prisonniers les opposants au régime. De la Cité Royale, d’autres dragonnaux s’envolèrent pour se joindre à l’hallali qui allait définitivement repousser l’ennemi vers le désert dans une retraite coûteuse pour lui.


À l’intérieur des murs d’Édinu, les hommes-serpents pris au piège, se rendaient par centaines et bientôt, ils remplaçaient dans le grand stade, les civils libérés. Progressivement, les rues de la capitale retrouvaient de l’animation, les citoyens sortaient de chez eux pour venir aux nouvelles, des cris de victoire se répandaient comme une traînée de poudre.
Laissant les unités aériennes légères poursuivre l’ennemi pour en accentuer la déroute, Calem se rendit en hâte sur l’immense terrain d’atterrissage de la plaine d’Amar sur lequel se posaient avec ordre les dizaines de breeay mantas venues d’Aretia et d’autres états voisins proches, sous le commandement du duc Nathil.

Comme le monarque arrivait, entouré d’une partie de son État-major, un dragonnal noir se posa tout près de la manta ducale et une jeune fille blonde en sauta lestement avant de se précipiter vers le roi.
— Sali ! s’exclama ce dernier en lui ouvrant les bras.

Sans cérémonie aucune, la princesse se jeta contre son futur fiancé et l’enserra fortement avant de l’embrasser avec une fougue toute juvénile, arrachant des sourires convenus aux officiels qui accompagnaient le monarque. Dans le même temps, le duc arrivait avec un immense sourire.
— Bon, bon, laissa-t-il échapper en observant le couple enlacé, je dois admettre que j’ai eu un peu de mal à accepter cette histoire de sosie… et je ne suis pas certain d’avoir tout compris, ajouta-t-il en adressant un clin d’œil à son royal neveu. Mais de vous voir ainsi me réchauffe le cœur. Alors, Calem, je croyais en avoir fini à jamais des grandes batailles !

Sali glissa des bras de son fiancé à son côté pour le laisser étreindre Nathil avec chaleur.
— Votre arrivée tombe à pic, mon oncle, vous venez d’épargner de nombreuses vies en semant la confusion chez l’ennemi. Merci mon amour, ajouta-t-il à l’adresse de la princesse d’Austra toute rayonnante.

Tous tournèrent la tête lorsque le cargo YT1100 se mit en approche et se posa bruyamment sur une aire herbeuse dégagée, un peu en retrait des paisibles mammifères volants qui l’observèrent avec une curiosité toute passive.
— Quelle étrange machine, s’exclama le vieux duc, je croyais qu’il n’en existait plus sur Édéna.
— Et tu as bien raison, mon oncle, ce vaisseau vient d’une proche galaxie.
— Tu m’en diras tant, répondit le duc maîtrisant brillamment un légitime étonnement. Il semble que tu aies beaucoup de choses à me raconter… au fait, ta tante t’embrasse très fort.
— Tu l’embrasseras en retour de ma part, dès que tu la reverras.

Du cargo, la rampe s’était abaissée et un homme, suivi d’un petit droïde, en descendit avant de se rapprocher d’eux.
— Quel curieux robot, de mieux en mieux, marmonna joyeusement Nathil. Tu as des alliés extraordinaires, Calem. Et où est la jeune fille que tu m’as présentée comme ta fiancée la dernière fois que je t’ai vu ? Celle à qui j’avais donné Kro’Moo en cadeau de fiançailles ?

Le souverain ne manqua pas de relever la petite pointe de reproche qui perçait sous la bonhommie de son parent qui ajouta, l’air espiègle.
— Car vois-tu, fiancée ou pas fiancée, j’ai beaucoup apprécié cette… comment tu m’as dit déjà, ma petite Sali ?
— Isil, mon cousin.
— Eh bien, j’ai beaucoup d’affection pour cette Isil… vous me pardonnerez, n’est-ce pas. Cela ne m’empêchera pas d’en avoir aussi pour vous deux !

Il émit un petit rire. Calem pointa son doigt en direction des murs de la ville qui s’élevaient au-dessus des faubourgs sud.
— Voici venir une troupe de cavaliers… je pense qu’Isil doit être avec eux.
— Ah oui, la jeune femme en blanc, ajouta le duc qui avait de meilleurs yeux qu’il ne se plaisait à le dire.

En effet, la Padawan chevauchait, sa bure grande ouverte au vent, aux côtés du capitaine Rigo et des autres officiers définitivement conquis par l’audace et le courage de la jeune fille.
— Quelle fière allure ! observa Nathil.

Hiivsha arriva sur ces entrefaites et prit la main que le roi lui tendait chaleureusement.
— Hiivsha, votre intervention a été précieuse… à point nommée, devrais-je dire. Avec ces boucliers actifs, nous n’aurions jamais remporté la victoire.
— Je suis sûr que si, répondit le contrebandier avec un sourire.

Le roi fit les présentations le temps que la petite troupe de cavaliers parvienne jusqu’à eux. Tranquillement, la Padawan s’avança, Rigo à ses côtés.
— On m’a dit que tu avais encore fait une brillante démonstration de ton courage et de tes pouvoirs, commenta Calem, et aussi que tu avais conquis le cœur de mes troupes !

Sa réflexion fit naître quelques rires reconnaissants autour du roi.
— Je n’oublierai jamais ce que tu as fait pour nous.
— Ce n’est pas fini, Calem, il faut régler définitivement son compte à ce Dark Zarek et crois-moi, cette dernière partie va être beaucoup plus difficile. Zarek est un Sith, et il peut tenir tête à toute une armée… il est plus puissant que moi.
— C’est difficile à croire, répondit le roi avec une moue, mais si tu le dis, ce n’est guère rassurant. Que devons-nous faire à ton avis ?
— Il faut faire tomber la forteresse du Désert de Sang sans plus attendre, tant que nous avons l’avantage tactique et tous les moyens adéquats à notre disposition.
— Mais comment forcer son accès ? Le pont donne directement sur des portes qu’il faudra peut-être des jours pour enfoncer.

Pour la première fois depuis qu’elle était arrivée, Isil jeta un regard vers Hiivsha qui lui renvoya une imperceptible grimace de dépit. Comme il aurait aimé être à la place du roi qui tenait serrée contre lui une Sali rayonnante et visiblement très amoureuse !
— Le vaisseau d’Hiivsha est équipé de deux tourelles de turbolasers lourds devant lesquelles les portes de Zarek ne feront pas le poids. Par contre, oui, le pont sera un obstacle coûteux à passer…
— Pas vraiment, nous mettrons en œuvre des générateurs de boucliers pour cela, ainsi nos troupes pourront investir la forteresse sans dommage.

Au même moment un officier s’approcha du roi.
— Sire, j’ai des nouvelles toutes fraîches à propos des Kiathes… mais je ne sais pas si le moment est bien choisi.
— Je vous écoute, commandant Kalker, après tout, autant régler tous les problèmes d’un seul coup.
— Eh bien, Sire, nous avons fini par trouver leur refuge, sur les indications de la princesse Sali. Et je suis formel, le gibier est dans son repère… mais peut-être n’y restera-t-il pas longtemps.

Calem se frotta les mains en fronçant les sourcils.
— Parfait, nous allons faire d’une pierre deux coups. Mon oncle, ajouta-t-il en se tournant vers le duc qui échangeait quelques mots avec Hiivsha, pouvez-vous encore me prêter main-forte ?

Le duc haussa les épaules.
— Bien sûr, Calem, je ne suis pas venu jusqu’ici avec autant d’hommes rien que pour me tourner les pouces. C’est toi le commandant en chef. Tu décides, on suit. Et ma foi, je demanderais bien à notre ami, le capitaine Inolmo, de me faire faire un tour sur son vaisseau… par exemple, jusqu’à la forteresse du Désert de Sang !

Le roi sourit d’un air entendu en regardant le cargo.
Choupy fera un très bon poste de commandement… si Hiivsha veut bien de nous à son bord.
— Mon vaisseau est le vôtre, Majesté, répondit le contrebandier en s’inclinant tout en désignant la rampe d’accès de la main.
— Bien, fit Calem en reprenant son sérieux. Messieurs, venez autour de moi.

Bientôt, une réunion informelle se tint de façon totalement improvisée au plus haut du Royaume, sur l’herbe grasse du terrain d’atterrissage. Le roi traça en quelques phrases les grandes lignes du plan de bataille qu’il entendait mener. Et cela signifiait, mener deux opérations distinctes de front.
— Général Qulos, je vous laisse le deuxième Régiment Royal pour rétablir complètement l’ordre en ville et assurer sa sécurité. Vous commanderez par intérim. Je vous charge de rassembler le Haut Conseil et d’informer ainsi les autorités civiles de ce qui se passe. Je veux que toutes les dispositions soient prises pour normaliser la situation au plus vite et que les institutions reprennent leur fonctionnement normal.
— Oui, Sire.
— Colonel Roc’Hart, vous prendrez le commandement du corps expéditionnaire chargé d’investir la forteresse de Dark Zarek avec le « un » et le « trois » ainsi que les troupes arrivées ce matin. Lancez immédiatement les rotations nécessaires avec toutes les breeay mantas disponibles pour acheminer nos forces là-bas. Vous conserverez une couverture aérienne minimale de quarante dragonnaux. Le capitaine Rigo secondé par le commandant Kalker, disposera du reste des unités aériennes légères et de cinq mantas pour projeter la Garde Royale au grand complet chez les Kiathes. Je veux que vous les arrêtiez tous, morts ou vifs.

Sali intervint en posant sa main sur le bras de son futur fiancé.
— Je veux y aller aussi, Calem, j’ai un compte à régler avec ce Jazor Arato, leur chef… et n’oublie pas que moi seule connait leur repaire de l’intérieur. Je serai plus utile là-bas qu’auprès de toi.

Le roi, pris de court, hésita un moment, cherchant un argument valable pour garder l’élue de son cœur près de lui, mais n’en trouva pas. Il s’était promis de ne pas l’enfermer dans un carcan contraignant et de respecter ses désirs et ses décisions. Aussi, finit-il par hocher la tête.
— C’est d’accord, tu pars avec la Garde. Rigo, je vous la confie une nouvelle fois.

Ce dernier se mit au garde-à-vous.
— Ne vous inquiétez pas, Sire, je veillerai sur elle comme sur ma propre vie !

Calem pinça les lèvres.
— J’en suis certain.

Déjà, Rigo et « Rocco-tête-de-bois » avaient rassemblé tous les officiers pour donner les ordres et distribuer les tâches. Une heure plus tard, les premières breeay mantas s’élevaient dans le ciel, chargées d’hommes et de matériel qui allaient former l’avant-garde de la force expéditionnaire destinée à faire tomber la forteresse du Désert de Sang.
— Il nous faut les rejoindre le plus rapidement possible, annonça Isil. Il ne faut pas prendre le risque de laisser Dark Zarek les affronter sans que nous y soyons.

Calem sourit et corrigea.
— Tu veux dire, sans que « tu » y sois ?
— C’est un Sith, rappela la Padawan, je ne sais même pas si je peux l’affronter et en sortir indemne, mais si quelqu’un doit se mesure à lui, il faudra que ce soit moi.
— Mais cette fois, nous resterons à tes côtés, répondirent d’une seule voix Hiivsha et Calem avant de se mettre à rire, surpris.
— Les grands esprits se rencontrent, ajouta le contrebandier. Allons, le moment est venu de vous faire visiter mon appareil.

Lorsqu’il fut à ses pieds, le roi considéra le cargo dont il mesurait à présent toute l’envergure.
— Il est quand même impressionnant ! Belle maison pour un homme seul.

Une série de bips outragés lui fit écho. Le contrebandier traduisit.
— P2-A2 tient à rectifier : un homme « et » un droïde…

Puis se penchant vers son compagnon électronique il ajouta comme s’il cherchait à lui faire une confidence.
— … parce que pour « la femme », comme tu dis, je ne sais pas si elle serait d’accord…

P2-A2 laissa échapper une longue plainte modulée qui attira l’attention d’Isil arrivant sur ces entrefaites.
— Que fais-tu à mon droïde pour le désespérer à ce point ? lança-t-elle.

Hiivsha qui avait mis le pied sur la rampe d’accès se retourna et croisa les mains sur son torse en prenant un air faussement outragé.
— Faire ? À t’entendre on dirait que je le martyrise… Notre petit ami est juste… comment dire… disons simplement que tu lui manques.

La Padawan tordit sa bouche en fermant un œil.
— Tu es bien certain que c’est à « lui » que je manque ?
— Bien entendu… à qui d’autre pourrais-tu manquer ?

Il leva les yeux au ciel.
— On se le demande bien, ajouta-t-il.

Isil tapota le dôme du petit droïde.
— Toi aussi, tu m’as manqué, P2-A2. Tes bips charmeurs surtout, lâcha-t-elle comme elle passait devant Hiivsha tout en regardant ce dernier du coin de l’œil avec un sourire entendu.

Le roi la contempla monter la rampe du vaisseau et commenta.
— Quel dommage que son Code lui interdise les sentiments… vous feriez un très beau couple.
— Surtout ne remuez pas le couteau dans la plaie, hein ? grimaça le contrebandier en invitant le roi suivi du duc à monter à bord.

Le monarque posa au passage sa main sur l’épaule d’Hiivsha.
— Pardon, mon ami, je ne voulais pas titiller la corde sensible. Je vous souhaite quand même d’être heureux tous les deux.

Hiivsha inclina la tête en guise de remerciement et ferma la marche.
Les visiteurs jetèrent un œil ébahi sur l’intérieur du cargo comme s’ils découvraient mille merveilles, en caressant les parois de la main.
— Saurions-nous reconstruire pareille machine si nous le souhaitions ? demanda Nathil.
— Je pense que oui… si nous le souhaitions, répondit Calem en visitant la coursive circulaire, il y a tous les plans qu’il faut dans la bibliothèque du royaume… mais cela nécessiterait d’adapter nos industries.
— Pourquoi ne le faites-vous pas ? questionna Hiivsha. Maintenant que vous savez où vous mène la surpollution, vous pourriez peut-être développer une industrie mécanique responsable et mesurée ?

Calem regarda le contrebandier pensivement.
— Peut-être en serions-nous capable à présent que nous avons unifié toute la planète dans le même Conseil… mais qui dit que l’envie de certains d’en profiter n’entraînera pas de nouveau la planète dans la course à la technologie et la surenchère ?
— Là… je ne sais pas… il vous faudrait peut-être un gouvernement sage et fort pour maîtriser tout cela.
— Hum, fit le roi, un despote éclairé qui règnerait sur toute la planète…

Il secoua la tête en regardant ses pieds.
— Je ne vais quand même pas donner raison à mon pauvre frère en vous approuvant, ajouta-t-il tristement.

Le contrebandier tapota le dos du monarque.
— Allons, nous avons d’autres choses à pensez vous et moi… venez dans mon cockpit, nous allons décoller pour rejoindre votre avant-poste, au pied de la Forteresse du Désert de Sang.

Puis, s’adressant à Isil qui s’était déjà glissée dans le siège du copilote.
— J’ai eu quelques soucis avec le circuit primaire des moteurs subliminiques, sans doute un effet de mon passage dans la nébuleuse ce qui explique mon léger retard tout à l’heure… j’espère que nous n’aurons pas d’autres surprises désagréables…

Il se laissa tomber dans son fauteuil tandis que le duc et le roi prenaient place sur des strapontins, et manœuvra une série d’interrupteurs pour lancer les moteurs.
— J’ai toujours pensé que ce vaisseau était une casserole volante, répondit la jeune fille juste histoire d’énerver un peu son compagnon qui haussa immédiatement les épaules.
Choupy est le meilleur vaisseau de la toute galaxie, maintenant que je l’ai modifié. Simplement, la nébuleuse qui entoure cette planète est un peu comme un redoutable cyclone que traverserait un voilier… pas moyen d’arriver intact de l’autre côté. Avant de repartir, il faudra que je checke tous les circuits.

Lentement, le cargo s’éleva sur place et pivota pour pointer son nez en direction du sud-ouest. Tout autour d’eux des dizaines de dragonnaux et quelques breeay mantas prenaient également leur essor mais en direction du sud-est, vers les montagnes qui servaient de refuge aux Kiathes.
— Sali me manque déjà, soupira le jeune monarque, j’espère que j’ai bien fait en la laissant partir.
— Rigo est à la hauteur de sa tâche, observa Isil tranquillement, il s’en sortira… quant à Sali, vous ne pourrez pas toujours décider à sa place de ce qu’elle veut faire.

Calem sourit et laissa échapper avec une pointe de nostalgie.
— Oui, je sais bien…


(à suivre…
prévisions d’achèvement : 40 chapitres - 600 pages - fin 2013)


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Modifié en dernier par Hiivsha le Lun 09 Déc 2013 - 20:46, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Lun 09 Déc 2013 - 20:43   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Comme Notsil a dit qu'elle lirai peut-être tout d'un bloc mes derniers "pavés", je poste... cela m'obligera à continuer le chapitre suivant :whistle:

On approche de la fin ! :oui:

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Calameo, PDF et EPUB mis à jour évidemment, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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37 - Veillée d'armes


Les deux expéditions ne débutèrent pas de la même façon. Rigo avait décidé d’approcher le repaire des Kiathes de nuit pour lancer l’attaque au petit matin afin de maximiser l’effet de surprise. Aussi, la Garde Royale qui avait volé en rase-motte, ce qui représentait un exploit pour des animaux aussi gros que les breeay mantas, s’était-elle arrêtée dans une vallée à plusieurs kilomètres du canyon qui menait à la cache des bandits. Puis, après que le camp eut été installé pour la nuit, il avait fait son briefing à l’ensemble des hommes pour expliquer son plan. Ce fut la princesse d’Austra qui le remit en question en intervenant à l’improviste.
— Si vous attaquez le repaire de l’extérieur, vous aurez de nombreux morts, expliqua Sali. Les murailles sont à pic et lisses. Même moi je ne saurais les grimper.
— Et par le tunnel du nord-est, par lequel vous êtes sortis Arato et vous ? demanda le capitaine.
— Il est fermé par une porte puissamment blindée… je ne suis pas spécialiste en explosifs, mais si vous voulez la faire sauter, c’est tout le tunnel qui risque de s’effondrer sur vos têtes… à supposer qu’il ne soit pas piégé d’office.
— Je sens que vous avez une idée derrière la tête, princesse, suggéra alors le commandant Kalker.

Cette dernière sourit en repoussant ses cheveux en arrière.
— Absolument. Le mieux, c’est que je vous ouvre de l’intérieur.

Les deux officiers la regardèrent avec étonnement.
— Je sens que ça ne va pas plaire au roi, murmura Rigo entre ses dents, et à moi non plus…
— Écoutez, je connais leur repaire par cœur. Je suis donc la plus apte à m’y glisser et à m’y déplacer. Commandant, vous m’avez dit qu’il y avait plein de prisonniers et de prisonnières avec eux ?
— En effet.
— Dans ce cas, si je m’y introduis en fin de nuit, j’ai toutes les chances de pouvoir me faire passer pour l’une des jeunes femmes qu’ils ont l’habitude d’avoir à leur service et qui vont et viennent à peu près librement dans leur repère. Je suis certaine qu’ils ne prêtent pas forcément attention à chacune d’elles et qu’ils n’y verront que du feu.
— Et comment comptez-vous vous y introduire, vous avez dit vous-même que la paroi est trop lisse pour une ascension.
— Si on ne peut pas monter on pourra descendre. Voilà mon idée. Si vous descendez à plusieurs depuis le sommet, il y a de fortes chances que vous soyez repérés et même, ne connaissant pas leur repaire quelque peu labyrinthique, vos hommes risquent d’avoir le dessous rapidement. Tandis que moi toute seule, je peux facilement me glisser par l’une des ouvertures en descendant en rappel. Une fois à l’intérieur, me faisant passer pour une captive, je m’introduis dans la salle de contrôle et j’ouvre simultanément la porte du tunnel nord-est ainsi que le sas principal et vous investissez la place.
— Il y a plusieurs sentinelles sur les sommets, remarqua Kalker.
— Il faudra une approche au lever du jour depuis l’est, marmonna Rigo en réfléchissant rapidement, ils auront le soleil dans les yeux. Quelques commandos équipés de bottes anti-grav pourront sauter simultanément de plusieurs dragonnaux et neutraliser les gardes de façon synchronisée.
— C’est risqué, s’obstina Kalker, je doute que le roi cautionnerait ce plan… la princesse a déjà été captive de ces sauvages, il ne faudrait pas que l’histoire se renouvelle.
— Je sais parfaitement ce que je fais, répliqua Sali. Il y a une différence entre être captive et attaquer un ennemi, armée et préparée pour cela. Faites-moi confiance, commandant.

Ce dernier haussa les épaules.
— Ce n’est pas moi qui décide de toute façon, mais le capitaine Rigo.
— C’est d’accord pour moi, soupira l’intéressé sur un ton qui fleurait plus la capitulation que la conviction. Mais les commandos qui investiront les hauteurs se tiendront prêts à intervenir par la force si jamais quelque chose allait de travers, compris ?

Sali sourit.
— Oui, chef.
*
* *

La bataille aérienne faisait rage lorsque l’YT1100 de Hiivsha survola la plaine rocheuse où les troupes avaient déjà commencé leur débarquement. De la forteresse s’étaient aussitôt envolés des dizaines de dragonnaux immédiatement pris en chasse par la couverture aérienne disposée par le colonel Roc’Hart. Les hommes-serpents tentaient désespérément d’empêcher le dispositif ennemi de prendre pied sur le plateau et un impressionnant ballet commença ses évolutions dans le ciel azur. Depuis les tours de la forteresse, de puissants canons faisaient parler leu feu énergétique sur les escadrilles ennemies.
— Il faut museler leur défense anti-aérienne ! s’exclama le roi sitôt le tour de repérage du cargo achevé.
— C’est sans problème, opina Hiivsha en poussant les moteurs qui se mirent à rugir. Isil, mets les boucliers déflecteurs au maximum, ce n’est pas le moment de casser ce tas de ferraille comme tu le surnommes si gentiment… nous en aurons besoin pour rentrer chez nous.

Choupy fit une large évolution circulaire autour de la plaine pour revenir vers la forteresse.
— Je vais à la tourelle ventrale, s’exclama Isil en se levant. En manuel, nous aurons plus de chance de les détruire.

Le roi souleva ses sourcils et posant une main sur l’épaule du pilote, s’approcha de lui pour murmurer à son oreille.
— D’habitude, ce n’est pas en automatique que ça fonctionne le mieux ?
— Pas si vous remplacez le calculateur par un Jedi, Calem ! répondit Hiivsha avec un large sourire presque moqueur. Et attachez-vous bien, ça va secouer un peu !

Le roi se rencogna dans son siège et boucla sa ceinture, imité par un duc Nathil rayonnant à l’idée d’être aux premières loges d’une attaque aérienne exécutée depuis un vaisseau extraterrestre.
L’ensemble des défenses de la forteresse avait à présent pris pour cible la silhouette de l’YT1100 qui se rapprochait tel un grand oiseau de proie menaçant. Le vaisseau tangua sous les impacts mais ne modifia pas son cap, tenu de main de maître par un Hiivsha aux anges de participer à un peu d’action.
Dès les premières rafales de la tourelle ventrale, le canon le plus proche explosa en une longue langue de flammes.
— Et d’un, compta Hiivsha posément en redressant l’appareil à une vingtaine de mètres seulement au-dessus de la forteresse.
Concentrée sur ses manettes, Isil tournoyait dans la bulle de transparacier pour ajuster ses cibles, secouée comme un prunier par les à-coups brutaux de la tourelle. Plusieurs autres canons explosèrent à leur tour.
— Les boucliers tiennent ? demanda la Jedi dans l’intercom.

Le petit astromécano lâcha une bordée de modulations sonores que le contrebandier traduisit aussitôt.
— P2-A2 dit que oui… il précise également que ces canons n’ont pas la puissance des turbolasers d’un cuirassé impérial.
— Une chance pour nous, répliqua la voix de la jeune fille, tu refais un passage, je n’ai pas fini le travail.
— Bien sûr ma ché… ma chère Isil, à tes ordres mon commandant !

Calem se rapprocha de nouveau de l’oreille du contrebandier.
— « Ma chérie », c’était bien aussi… susurra-t-il en souriant, surtout ne vous gênez pas pour nous. Mais pourquoi l’avoir appelé « commandant » ?
— Parce que dans l’armée de la République Galactique, les Padawan engagés sur le champ de bataille ont grade de commandant et les Chevalier Jedi celui de général.
— Ah ? J’ignorais ce détail.

Le cargo fit de nouveau un large trois-cent-soixante degrés pour se représenter face aux murailles. Déjà le feu défensif était moins intense. Le second passage eut raison des dernières pièces anti-aériennes.
— À présent, allons aider nos dragonnaux à nettoyer le ciel, s’exclama le pilote dans son micro. Vu l’agilité de ces sauriens volants, tu vas pouvoir t’en donner à cœur joie dans la Force, Isil !

Ce qui attira immédiatement une réplique en demi-teinte de la Padawan.
— Je ne crois pas que le terme « joie » soit approprié lorsqu’on tire sur des êtres vivants, Hiivsha !

Le contrebandier ne répondit rien et se retourna pour échanger un regard avec Calem qui lui adressa une grimace évocatrice.
— Elle a du punch, murmura ce dernier.
— Et la réplique cinglante, confirma Hiivsha sur le même ton.

Choupy s’invita dans le gigantesque ballet aérien qui tournoyait au-dessus du plateau rocheux, pareil à un géant parmi les nains. Pourtant, malgré sa silhouette massive, le vaisseau se révéla particulièrement maniable et précis dans ses manœuvres. Avec Isil aux commandes des turbolasers, il s’imposa naturellement comme le meilleur atout d’un jeu de carte.
— Voyez, là-bas ! s’écria le roi en désignant du doigt un point du cockpit, à deux heures, l’un des nôtres est en mauvaise posture.

En effet, un dragonnal serré de près par trois ennemis tentait des manœuvres désespérées pour échapper à ses poursuivants. D’un coup de poignet, Hiivsha entraîna Choupy vers la droite et mit le cap sur l’endroit désigné par le roi.
— Je les vois, annonça Isil dans l’intercom, reste comme ça, je peux les avoir.

La tourelle cracha son feu meurtrier emportant les deux derniers hommes-serpents. Le cargo tangua lorsque Hiivsha rectifia sa trajectoire dans un demi-looping serré qui vint le placer derrière sa cible. Ajustant au mieux sa visée pour ne pas toucher la mauvaise cible, Isil lâcha une très courte rafale qui toucha l’animal du saurocéphale. Ce dernier partit en vrille vers le sol.
— Tu les as eus ! s’exclama Hiivsha en faisant un geste de la main au chevaucheur du dragonnal à qui la Padawan venait de sauver la mise.

La voix de la jeune fille répondit dans l’intercom.
— Pas de quoi pavoiser… nous n’avons aucun mérite à combattre à bord d’un vaisseau de plusieurs milliers de tonnes de duracier blindé et lourdement armé quand nos adversaires évoluent sur des montures vivantes sans protections adéquates. Si ce n’avait pas été pour sauver la vie d’un des nôtres, je n’aurais jamais pu tirer.

Un silence tomba dans le cockpit. Ce fut le duc qui le rompit.
— Il est vrai que ces créatures ne font qu’obéir à leur chef, probablement sans savoir pourquoi.
— Eh bien, tâchons de trouver leur chef au plus vite pour en finir avec ce carnage, conclut Calem le regard sévère.


La maîtrise des airs appartenait désormais aux forces royales et le cargo se posa dans un nuage de poussière à une centaine de mètres du campement hâtivement monté pour la nuit alors que la ronde des breeay mantas dans le ciel se poursuivait pour acheminer les troupes depuis la plaine d’Amar.
— Nous attaquerons demain dès l’aube, exposa le roi, le soir venu, sous sa tente. Le capitaine Inolmo fera sauter les portes blindées avec ses turbolasers et nos troupes, protégées par des boucliers énergétiques dont les générateurs seront installés ici et là — il montra les emplacements sur une carte à l’aide de son index — avanceront en formation de combat. L’artillerie pilonnera l’entrée de la forteresse pour empêcher toute sortie de l’ennemi jusqu’à ce que nos forces soient devant les murailles. La couverture aérienne attaquera les troupes adverses déployées sur les remparts. Si vous entrez en contact avec ce Sith, évitez l’affrontement direct et signalez sa position. La Jedi Isil que nous épaulerons de notre mieux se chargera de lui. Maintenez l’état d’alerte maximum toute la nuit, je ne tiens pas à être surpris par une éventuelle sortie nocturne de l’ennemi.

Un capitaine des transmissions prit la parole.
— Nous surveillons la progression des troupes mises en déroute ce matin et toutes les garnisons du pays sont sur le pied de guerre et prêtes à intervenir en cas de problème… mais pour l’essentiel, l’ennemi s’est plus ou moins regroupé et semble rejoindre la forteresse. Cependant, les créatures ne seront pas ici avant quarante-huit heures au train où elles se déplacent.
— Bien, il faut que la forteresse soit entre nos mains d’ici là. Ensuite seulement, nous parlementeront avec ces hommes-serpents pour tenter de les renvoyer paisiblement dans leurs foyers.

La conférence étant finie, chacun déserta la tente du roi pour vaquer à ses nombreuses occupations. Comme Hiivsha sortait à son tour, le roi le retint par le bras.
— Une chance que vous soyez des nôtres, Hiivsha… sans la puissance de feu de vos turbolasers, j’ai bien peur que la prise de la forteresse aurait été, sinon impossible, du moins très coûteuse en hommes.
— Une chance pour vous que Dark Zarek n’ai pu utiliser le vaisseau qui l’a amené sur votre planète et qu’il soit resté passif jusqu’à maintenant. Croyez-moi, si nous avons une chance de l’arrêter avec Isil à nos côtés, vous n’en auriez eu aucune face à lui et son apprentie… soit dit sans vouloir vous offenser.
— J’ai la faiblesse de croise que nous aurions pu y arriver par nous-mêmes… mais cela aurait été sûrement beaucoup plus compliqué.
— Il est des exemples de Sith qui ont réussi à asservir à eux tout seuls des systèmes planétaires entiers. Ne sous-estimez pas leur capacité de nuisance ni leur puissance.
— J’ai du mal à croire que Zarek pourrait… aurait pu asservir l’intégralité d’Édéna…
— Votre frère Taimi était pourtant prêt à l’y aider non ?

Calem baissa les yeux.
— C’est vrai… j’avais hélas déjà oublié ce détail… mon jeune frère a manqué de discernement…
— Désolé, je ne voulais pas être cruel…
— Ce n’est pas votre faute, Hiivsha, si Taimi a fait ce qu’il a fait… et c’est en partie de la mienne.

Ils sortirent de la tente en silence. Dehors, le plateau fourmillait de soldats qui s’agitaient comme des abeilles dans une ruche. Le roi laissa son regard errer en silence vers un soleil rougeoyant qui déclinait à présent entre les pics inquiétants des monts du Désert de Sang.
Comme ils faisaient quelques pas, le duc Nathil vint à leur rencontre.
— Vivement demain, s’exclama-t-il. Je n’ai jamais apprécié les veillées de combat.

Calem ne répondit rien mais Hiivsha demanda au vieil homme après avoir lancé un regard circulaire.
— Savez-vous où est Isil ?

Le duc pointa du doigt le sud du plateau.
— Elle est partie par là après la réunion.

Le contrebandier remercia et s’éloigna dans la direction indiquée.
— Ils forment un joli couple, remarqua Nathil, comme toi et Sali en fin de compte.

Calem fit oui de la tête puis ajouta.
— Mais pour eux, ça va être plus compliqué, je le crains.
— Et pourquoi ?

Le monarque prit son oncle par le bras et l’entraîna vers une grande tente.
— Allons boire quelque chose, proposa-t-il, je vais t'expliquer.


Loin à l’écart du campement, assise au bord d’un précipice, Isil contemplait les jambes ballantes, le feu de fin du monde qui embrasait l’horizon. L’astre semblait à présent se précipiter vers sa mort. Les ombres tourmentées des pics acérés de ce décor hostile dansaient sur les terres crevassées en ondulant au gré des irrégularités du sol. La luminosité décroissait rapidement au profit de ténèbres envahissantes désireuses de tout avaler.
Le contrebandier s’était approché sans bruit dans son dos. Quand il ne fut plus qu’à deux ou trois mètres, Isil dit sans se retourner.
— Je savais que tu ne tarderais pas à me rejoindre.
— Et moi je savais que je n’avais aucune chance de te surprendre, répondit Hiivsha en s’asseyant tout contre elle avant de passer un bras protecteur autour de ses épaules. Tu médites ?
— Je cherche l’équilibre dans l’univers, murmura la jeune fille les yeux rivés sur l’horizon.

Le vent tiède qui soufflait souleva ses cheveux qui ondulèrent de façon anarchique découvrant son cou long et fin que le contrebandier se retint d’embrasser.
— Et tu l’as trouvé ? demanda-t-il ingénument.
— Tant qu’il y aura des hommes ou toutes races lui ressemblant, l’équilibre ne pourra exister.
— Tu veux dire que c’est l’homme ou assimilé qui le met en péril ?
— C’est ça.
— Alors pourquoi rechercher l’introuvable, ma chérie ?

Isil soupira profondément et, se voûtant légèrement, inclina sa tête pour la poser au creux de l’épaule de son compagnon puis ferma les yeux.
— Une façon de méditer, murmura-t-elle. J’ai plus que jamais besoin de méditer lorsque tu es près de moi…
— Je ne sais pas si je dois en être désolé ou pas…

Un oiseau du désert passa au-dessus d’eux en lançant un cri rauque puis Isil répondit dans un chuchotement.
— Ne le sois pas.
*
* *

— Vous n’êtes pas obligée de vous exposer ainsi, princesse… et ce n’est pas le fait que le roi risque de me couper la tête s’il vous arrive quelque chose qui me fait vous dire ça.

Sali observa le capitaine avec des yeux rieurs légèrement plissés dans le coin, un sourire sur ses lèvres.
— Calem ne fera jamais tomber la tête de la personne qu’il a choisie comme Capitaine-Général de sa Garde. Et, si ça ne vous dérange pas, je préfèrerais que vous m’appeliez Sali… comme le faisait Jarval…

À cette évocation son regard se rembrunit et tout sourire disparut de son visage. Rigo hocha la tête.
— Je vais essayer, princesse… quant à moi, si vous m’appeliez Mani au lieu de « capitaine Rigo », j’en serais fort honoré… À la limite, « Rigo »… mes camarades m’ont toujours appelé par ce qui est pourtant mon patronyme… je ne sais pas pourquoi. Mais mes proches amis, m’appellent « Mani ».
— Entendu, Mani, je tâcherai de m’en souvenir… et je suis certaine que le roi aussi vous appellera aussi comme ça un jour prochain.

Rigo esquissa un sourire contrit à la pensée qu’il devait sa nouvelle position éminemment importante dans le royaume à la disparition de son supérieur et ami.
— Ça ira, vous en êtes certaine ? insista-t-il ne sachant trop comment interpréter l’air soudain absent de la jeune femme.
— Oui, ne vous en faites pas. J’ai une revanche à prendre sur ces Kiathes. Je pensais juste à Calem… il me manque ce soir… même si votre compagnie est des plus agréable, ajouta-t-elle en lui posant amicalement la main sur le poignet un court instant.
— Je comprends, prin… Sali, d’autant mieux que partout où je vais sans mon épouse, Jallie, elle me manque. La vie d’un soldat sans doute... Je tiens à vous dire que vous faites un très beau couple, le roi et vous… et je suis absolument convaincu que vous allez être une reine merveilleuse et que tout votre peuple va vous adorer.

Un peu de rose monta aux joues de la princesse sous l’effet du compliment implicite, et son regard se détourna l’espace d’un instant autour d’elle, pour regarder sans vraiment le voir le campement improvisé plongé dans l’obscurité. Les consignes étaient claires : pas de feu afin de ne pas risquer de donner l’alerte aux sentinelles sur les falaises qui auraient peut-être pu apercevoir sa lueur de loin. En conséquence, tout le monde mangea froides ce soir-là, les rations de combat. Les hommes étaient pour la plupart silencieux, perdus dans leurs songes ou se préparant mentalement pour l’assaut du lendemain. L’opération n’était pas sans risque. Les bandits évoluaient sur leur terrain dont ils devaient probablement connaître le moindre recoin. Ce ne serait pas une partie de plaisir que de débusquer le gibier. Mais pour la plupart des membres de la Garde Royale, élite des soldats du royaume, c’était plutôt pour lutter contre une dangereuse exaltation que chacun essayait de rester le plus concentré possible.
— Et pourtant, je n’étais pas préparée à cette vie, continua Sali à mi-voix un long moment plus tard. Je veux dire… être reine. J’ai toujours été un garçon manqué qui n’avait jamais assez d’aise et de liberté de mouvements…

Elle émit un petit rire.
— Je crois bien que j’ai dû rendre fou mon père plus d’une fois. Plus une activité était risquée et plus j’aimais la pratiquer en dépit de toutes les convenances inhérentes à mon rang. Quand mes parents ont commencé à s’éloigner l’un de l’autre, je me suis lancé dans la varappe à corps perdu pour tenter de ne pas voir ce qui se passait. Et puis ma mère a quitté mon père et s’est faite passer pour morte afin que ce dernier ne cherche pas à la retrouver… je fus la seule à savoir qu’elle était entrée au Temple comme prêtresse à Meriik. Et là, je n’ai plus pensé qu’à une chose : échapper aux contraintes de la cour et devenir moi aussi prêtresse… et puis, il y a eu Isil…

Sali se tenait la tête baissée, le dos voûté comme si tout le poids du monde reposait sur ses épaules. Rigo intervint d’une voix douce.
— Je suis persuadé qu’en tant que reine vous avez un rôle à jouer aussi important, sinon plus, qu’en étant prêtresse d’Édin. D’ailleurs je me demande…

Il s’interrompit. Sali releva son visage d’un air interrogateur.
— Oui ? fit-elle.
— Vous n’avez jamais pensé que votre père se serait sans doute aperçu de la supercherie le jour de votre mariage voire de vos fiançailles… enfin je veux dire, de celle d’Isil et du roi ?

La princesse grimaça des lèvres.
— Je me suis posé la question, mais ces dernières années, je voyais peu mon père… je crois qu’avec tout le tralala officiel et une certaine distance, il se serait laissé convaincre par les événements… il y avait aussi Namina qui cautionnait ma supercherie. Comment aurait-il pu prétendre que la fiancée n’était pas sa fille quand tout le monde en aurait été convaincu… y compris Isil elle-même ?

Rigo paraissait sceptique mais n’ajouta rien sur le sujet. Quelques secondes plus tard un sergent s’approcha d’eux portant un sac de couchage dans les bras. Il avait ôté son casque et ne portait pas sa tenue d’assaut mais un simple tee-shirt sans manches qui dégageait ses bras musclés. À la grande surprise de Sali, c’était une jeune femme, plutôt grande, d’une trentaine d’année au teint légèrement coloré.
— Tenez, Votre Altesse, de quoi dormir au chaud… même si la nuit promet d’être douce.
— Merci… vous vous appelez comment ?
— Rita, Votre Altesse.

Sali ne put s’empêcher de demander.
— Il y a beaucoup de femmes dans la Garde Royale, Rita ?
— Une bonne trentaine, répondit le sergent en souriant, mais le plus souvent, sous leur casque, on ne peut les distinguer… faut dire que la tenue de combat est plutôt massive et cache plutôt efficacement nos formes.

Sali la regarda attentivement et ne put s’empêcher de noter que ses formes, bien que sculptées en force, étaient joliment féminines.
— Je vous accorde qu’il y a plus seyant, plaisanta la princesse, mais ce qu’on lui demande c’est d’être efficace non ?

La militaire passa une main dans ses cheveux bruns, courts et frisés en souriant.
— Vous avez raison… et pour être efficace, elle l’est. Sans cette tenue, nous aurions laissé beaucoup plus de monde sur le carreau ce matin… hommes et femmes.
— En tout cas, merci pour le sac de couchage, fit Sali.

La femme salua et repartit dans l’obscurité.
— Sacré brin de fille, commenta Rigo. J’ai supervisé personnellement son entraînement. Rita peut briser la nuque de n’importe quel homme d’un simple geste. Elle bosse actuellement son concours pour passer officier et je parie qu’elle réussira.
— Je le lui souhaite, répondit Sali en frissonnant malgré elle, plus à l’idée que le capitaine venait de décrire la parfaite tueuse qu’à cause de l’air de la nuit.

Puis quelques secondes plus tard Rigo conclut.
— Nous ferions mieux d’essayer de dormir un peu… nous devons nous mettre en mouvement tôt ce matin.

Donnant l’exemple, il s’étendit sur l’herbe rase et se couvrit de son duvet, son arme à côté de lui. Sali en fit autant et quelques instant plus tard, bercée par la stridulation continue des insectes nocturnes, elle s’endormit.
*
* *

Le regard d’Isil errait au loin sur d’invisibles horizons chargés d’incertitude et dans lesquels elle ne trouvait qu’une forme de détresse inexplicable. À présent, le soleil se couchait en toute hâte en jetant de l’or dans l’océan de ses yeux. Le contact chaud du corps d’Hiivsha contre lequel elle s’était réfugiée ne faisait qu’ajouter à l’irrésolution dans laquelle elle baignait.
Lui, se taisait, sachant que le moindre bruit pouvait briser la porcelaine de ce moment magique. À peine osait-il respirer de peur de troubler cet instant si fragile.
— Crois-tu qu’un jour nous connaîtrons un monde en paix ? murmura la Padawan comme l’astre d’Édéna percutait l’horizon.

Le contrebandier baissa les yeux vers elle pour contempler son minois illuminé par les derniers feux du jour. Elle avait le regard perdu dans le vague improbable d’un avenir sans nul doute utopique, et ses iris céruléens scintillaient comme des étoiles annonciatrices de la nuit.
— Ce jour-là, chuchota Hiivsha dans un souffle tiède, les Jedi seront au chômage.

Un sourire se dessina sur leur visage et Isil, abandonnant son insaisissable contemplation, leva sa figure vers lui.
— Ce ne serait peut-être pas plus mal… peut-être pourrons-nous alors nous adonner à d’autres tâches comme l’agriculture ou l’élevage…
— Ou même fonder des familles pour faire tout plein de petits Jedi ?
— Pourquoi pas, susurra la Padawan.
— Avec moi, ça te dirait ce jour-là ?

Elle ne répondit rien, mais allongea le cou pour rapprocher lentement sa bouche humide de celle de son amant. Ses paupières capitulèrent et ses yeux se fermèrent au moment où leurs lèvres se scellaient dans un vibrant mais délicat baiser auquel elle s’abandonna tout entière.
Le temps qui s’écoula donna à l’obscurité le temps de s’étendre sur la région et la nuit eut tôt fait de les envelopper de ses ailes protectrices.
— Je n’avais jamais embrassé une femme assis au bord d’un précipice, plaisanta Hiivsha en reprenant son souffle.
— L’endroit idéal pour se débarrasser d’un amant encombrant, répliqua la Padawan dans un petit rire. Attention en te relevant…
— Mais je ne suis pas encombrant, protesta le contrebandier… tu passes dans mon existence comme une étoile filante dans le ciel : à peine ai-je le bonheur de te voir, que tu as déjà disparu je ne sais où.

Isil desserra doucement l’étreinte de son compagnon.
— Il ne fallait pas tomber amoureux d’un Jedi.

Elle s’appuya sur son épaule pour se relever en toute sécurité puis lui tendit la main afin de l’aider à en faire autant.
— Je crois qu’on ne choisit pas quand cela doit arriver ni avec qui, protesta le contrebandier en se redressant. J’ai fini par l’admettre.

Isil laissa échapper un marmonnement inaudible. Hiivsha reprit.
— Que veut dire ce « mmm » ?

La Padawan reprit le chemin du campement en haussant les épaules.
— Il est dommage que tu estimes ne pas avoir le choix.

Le contrebandier s’arrêta de marcher et écarta les bras.
— Ah oui bien sûr, parce que toi tu as ce choix… c’est vrai j’avais oublié. C’est l’Ordre ou moi. Un choix facile ! J’aimerais tant que ce soit aussi simple pour moi !

Il avait sans le vouloir haussé le ton de manière significative. À son tour, la jeune fille s’arrêta et se retourna.
— Parce que tu crois sincèrement que c’est facile pour moi ?

Sa voix était grave et retenue. Hiivsha fit une pause pour éviter de hausser de nouveau le ton et prendre un peu de recul dans sa réponse. Il n’y parvint qu’à moitié.
— Je ne sais pas, à vrai dire… bégaya-t-il presque en écarta les bras en un geste qui trahissait toute son impuissance, tu es souvent si… impénétrable plongée dans ta Force, protégée par ton Code… Dis-moi donc combien de fois m’as-tu dis que tu m’aimais ?

Comme elle baissait la tête, il s’en voulut de sa dernière réplique et fit deux pas en avant pour l’attraper par les épaules.
— Excuse-moi, ma chérie… tu n’as pas besoin de me le dire, je le sais, c’est suffisant pour moi.

D’un doigt passé sous son menton, il lui releva la figure et l’embrassa.
— C’est idiot… je savais à quoi je m’exposais en aimant un Jedi.
— Et moi, je savais à quoi je m’exposais en me laissant aimer par un homme, murmura-t-elle à son tour.

J’aime à croire que tu ne fais pas que « te laisser aimer », pensa Hiivsha en passant le bras autour de sa taille.
Ils firent le reste du chemin qui les ramenait au campement en silence. En les apercevant, Calem leur fit un signe afin qu’ils se joignent à lui pour le repas. Ils retrouvèrent sous la tente le duc Nathil, le colonel Roc’Hart et tout l’état-major de campagne de l’opération « Nettoyage » comme elle avait été baptisée par les militaires. Ces derniers bombardèrent Isil et Hiivsha de questions sur « les mondes d’ailleurs », ce qui était somme toute bien compréhensible car ce n’était pas tous les jours qu’ils pouvaient dîner avec des extraterrestres.
L’heure de l’assaut ayant été fixé au lever du jour, le repas fut de courte durée et chacun s’éclipsa pour donner d’ultimes ordres avant de prendre un peu de repos.
La confidentialité nocturne retrouvée, Hiivsha montra à Isil de la main la silhouette sombre du cargo qui se découpait sur le ciel étoilé.
— Ta chambre est prête…

La Padawan secoua la tête.
— Calem m’a fait très aimablement dresser une tente tout contre la sienne… je… j’ai besoin de me retrouver un peu seule pour méditer et me préparer à affronter Dark Zarek… tu comprends ?

Le contrebandier soupira.
— Je comprends… dans ce cas, je vais aller retrouver P2-A2… je n’ai jamais vraiment aimé dormir sous la tente… surtout lorsque j’avais le choix.

Isil lui adressa un sourire contrit avant de s’éloigner dans la pénombre. Réitérant son soupir, Hiivsha grimpa la rampe de son vaisseau.



(à suivre…
prévisions d’achèvement : 40 chapitres - 600 pages - fin 2013/début 2014)


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Modifié en dernier par Hiivsha le Ven 20 Déc 2013 - 23:07, modifié 5 fois.
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Messagepar Notsil » Mar 10 Déc 2013 - 16:21   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Héhé par la force des choses j'ai pu avoir le temps de lire ces 2 chapitres :)

Y'a quelques fautes qui trainent, notamment dans le dernier, mais je peux pas les relever ^^

Bref, j'ai bien aimé les petits dialogues ente Calem, Hiivsha et Isil. Les scènes entre la Jedi et le contrebandier sont toujours aussi touchantes.

Hâte de voir comment tu vas nous mettre en scène ce combat final.
"Qui se soumet n'est pas toujours faible." Kushiel.
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Messagepar Hiivsha » Ven 20 Déc 2013 - 23:05   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Voici donc l'antépénultième chapitre de mon roman. Il en reste donc deux.
Ce chapitre est un peu long, à dire vrai, c'est le plus long du livre : 22 pages format A5. Il est intense et essentiellement composé d'action pure et dure et d'un beau duel.
Il reste donc un dernier chapitre de dénouement, le prochain puis un chapitre en forme d'épilogues au pluriel pour conclure.
Mitth a décroché à l'occasion de ses partiels... j'espère qu'ils se sont bien passés et qu'il trouvera à l'occasion de vacances bien méritées le temps de raccrocher à sa lecture...
... sinon, il me reste Notsil comme fidèle lectrice :wink:
S'il y en a d'autres qui lisent "silencieusement", qu'ils n'hésitent pas à poster un petit mot ici, ça fait toujours plaisir.
Pour information, ce tome 2 a été téléchargé 56 fois (EPUB et PDF) sur mon site contre 80 fois pour le tome 1.
Néanmoins, je n'ai pas de retour des lecteurs (hormis 2 commentaires sur le site et 1 sur Calameo) et cela m'attriste un peu... dommage.
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Calameo, PDF et EPUB mis à jour évidemment, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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38 - Le grand nettoyage


Rita, aplatie sur le sol comme si elle avait voulu ne plus faire qu’un avec lui, consulta pour la énième fois son databracelet. Elle releva ensuite les yeux vers la silhouette sombre qui se détachait sur le ciel encore étoilé qui virait du noir au gris sombre. À cinq ou six mètres de sa position, la sentinelle, assise les jambes croisées au bord de la pointe rocheuse qui surplombait le défilé, paraissait sombrer dans une douce mais puissante somnolence. La nuit avait dû être longue. Elle voyait l’homme dodeliner régulièrement du chef jusqu’à ce que son menton s’affaisse sur sa poitrine. Alors, dans un sursaut, sa tête se redressait et il massait longuement sa nuque enraidie par la fatigue. Parfois, le guetteur se relevait et faisait les cent pas sur l’étroit aplat rocheux afin de dompter tant bien que mal l’engourdissement qui le taraudait, observant désespérément vers l’est en quête des premières lueurs du soleil, symbole de la prochaine relève. Enfin il se rasseyait et le manège recommençait sous le dictat de l’endormissement.
Une nouvelle fois, le sergent consulta l’heure. Ni trop tôt, ni trop tard : l’attaque devait être menée simultanément sur tous les points de surveillance patiemment relevés par les éclaireurs qui avaient passé plusieurs jours à espionner les Kiathes.
Plus que quelques secondes.

Rita extirpa en silence le couteau du fourreau aménagé dans la jambe de sa tenue de combat et le glissa entre ses dents. Le moment était venu de sortir des fourrés qui la dissimulaient à la vue du bandit. Comme un serpent se faufilant dans l’herbe, elle se tortilla pour ramper dans sa direction, en prenant bien soin de ne froisser aucune brindille et de ne faire rouler aucun caillou. Le visage noirci par son maquillage de commando, on ne voyait que ses prunelles émeraude qui luisaient sous la lune.
Centimètre après centimètre elle glissa, aplatie sur le sol, poussant alternativement sur ses jambes, les mains à plat sur la roche, les yeux rivés sur sa proie. Le décompte final s’achevait dans sa tête de façon automatique avec une rigueur toute professionnelle. Plus que dix secondes et tout autour de la zone montagneuse, le même scénario allait se reproduire pour neutraliser les vigies des Kiathes. Il lui fallait grignoter encore quelques centimètres avant de pouvoir bondir sur l’homme.
Sans que rien ne puisse le laisser prévoir, la sentinelle se releva à cet instant précis, pivotant le torse pour s’aider d’une main. Dans sa vision périphérique elle entrevit instantanément le danger représenté par la masse sombre incongrue. Avec la rapidité d’un diable sortant de sa boite, l’homme se remit sur pied. Ses doigts cherchèrent fébrilement la détente pendant que ses mains relevaient le fusil vers l’agresseur.

Rita n’avait plus le choix. Elle était encore à presque trois mètres de sa cible, trop loin pour un combat au corps à corps. Malgré sa surprise, le Kiathe lui faisait face et allait donner l’alerte. Le sergent lança son couteau qui fila à toute vitesse pour s’enfoncer silencieusement dans la gorge de la vigie, stoppant net le cri qui venait de naître sur ses lèvres. Sous le choc, cette dernière laissa tomber son arme et porta les mains à son cou. Le fusil rebondit sur le sol avec un bruit qui parut résonner comme le tonnerre dans l’esprit de Rita. Il glissa sur la pente raide pour tomber en contrebas dans une rainure de la falaise, fort heureusement moussue, où sa course s’arrêta en silence.

Puissant, le Kiathe venait d’arracher le couteau de sa gorge, laissant un flot de sang se déverser de la blessure béante. Comme une bête aux abois, il se jeta sur son agresseur l’arme en avant avec une rage muette que quelques gargouillis sinistres accompagnèrent. Rita reçut le choc de son mieux et roula à terre avec le bandit, tentant de maîtriser par le poignet la main qui tenait le poignard. L’homme était lourd, mais la femme avait reçu l’entraînement adéquat pour ce type d’affrontement. Avec souplesse, elle parvint à se glisser dans le dos de son adversaire et le ceignit à la taille à l’aide de ses jambes qu’elle referma sur lui. En même temps, elle lui immobilisait le cou par une clé à l’aide de ses bras, exerçant une torsion vers la gauche. Instinctivement, l’homme fit un effort surhumain pour contrer la prise et banda ses muscles pour tourner la tête de toutes ses forces en sens inverse. Une fraction de seconde plus tard, Rita mettait toute sa puissance pour accentuer le mouvement d’auto-défense de sa victime dans un mouvement de gauche à droite. Sous les deux forces conjuguées, les vertèbres cervicales du Kiathe cédèrent dans un craquement lugubre. Elle sentit le corps de l’homme se raidit puis devenir tout mou. Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’elle ne lâche prise et se dégage du poids inerte que sa victime était devenue. Deux doigts posés sur sa veine jugulaire lui permirent de vérifier qu’elle était bien morte. Alors elle passa les bras sous ses aisselles et la traîna jusqu’à la position initiale dans laquelle elle l’avait trouvée montant la garde. Puis elle s’éloigna à la recherche d’une branche qu’elle trouva rapidement et passa dans le dos des vêtements du mort après l’avoir assis.
Son travail accompli, elle se recula de quelques pas pour s’assurer que l’homme tenait la position tout seul. Cela ferait illusion un certain temps si nécessaire… du moins jusqu’à ce que la relève n’arrive. Pressant le bouton de son communicateur, elle chuchota.
— Alpha zéro de bravo trois, nettoyage terminé.

Dans la foulée, d’autres messages signalèrent à leur tour le succès de la phase d’élimination des sentinelles. Rigo se frotta les mains.
— Allons-y, fit-il aux officiers qui se trouvaient rassemblés autour de lui.

Un détachement s’éloigna vers les dragonnaux et les mantas alors qu’une grosse partie de la colonne s’était déjà mise en marche vers le défilé qui menait au repaire des Kiathes. Le premier avait pour mission d’anticiper l’assaut en se posant sur la plaine forestière où débouchait le tunnel de repli des Kiathes… ce même tunnel qu’avait emprunté leur chef et Iella. Le groupe devait y pénétrer et se tenir prêt à envahir le repaire par cet accès dès que la porte s’ouvrirait. Le reste de l’expédition devait investir la place par l’entrée principale, au fond du défilé, dès que Sali en aurait abaissé le sas. Cette dernière avait pris place sur Kro’Moo accompagnée de trois autres dragonnaux et de quelques commandos chargés de la couvrir dans son infiltration.
Vers l’est, les premières lueurs de l’aube n’allaient pas tarder à faire leur apparition. Il fallait à présent agir vite !
*
* *

Plus de trois mille hommes avançaient en rangs serrés sur le plateau rocheux en direction de l’arche de pierre qui traversait le précipice gardien de la forteresse. Vu depuis l’YT-1100 d’Hiivsha, c’était un très beau spectacle. Les tous premiers rayons du soleil donnaient à celui-ci un contraste particulier presque féérique. Assis dans le siège du copilote, le vieux duc, qui avait promis de ne toucher à aucune commande de vol, n’en perdait pas une miette. Calem, monté sur Galinthorn était à la tête d’une cinquantaine de dragonnaux qui tournoyaient dans un ciel purifié et libre de tout ennemi, tandis qu’Isil marchait en tête de cette marée humaine aux côtés du commandant Roc’Hart.
Des démineurs s’étaient assurés durant la nuit que le pont naturel n’avait pas été piégé, risque minime vu la grosseur de l’arche que les millénaires avaient sculptée dans le granite le plus dur. Dans la forteresse, les hommes-serpents étaient en état de siège, rassemblés sur les murailles et dans la cour principale.
— Capitaine Inolmo, appela la voix du roi dans l’intercom du Choupy IV, vous avez carte blanche pour abattre ces fichues portes !
— Bien reçu, répondit le pilote de l’YT-1100, nous y allons.

Le cargo effectua un large virage pour une présentation en très basse altitude et en face des lourds battants de blindacier puis à l’aide de ses stabilisateurs anti-gravité, s’immobilisa maladroitement à une trentaine de mètres du sol, de l’autre côté du ravin. La cible étant fixe, il n’y avait aucune contre-indication à utiliser le contrôle automatique des tourelles et Hiivsha appuya sur le bouton de tir. Des traits rougeoyants s’échappèrent des turbolasers et allèrent s’écraser sur les portes qui tremblèrent sous l’impact, mais tinrent bon.
— Elles sont plus épaisses que je ne le supposais, grogna le contrebandier dans son micro.
— C’est un ancien blindage, répondit la voix du roi, comme on n’en fait plus sur Édéna. Vous avez de la puissance en réserve ?
— Inutile de s’acharner sur les battants. Ce qui fait qu’une porte résiste, c’est aussi son chambranle.

Hiivsha modifia le réglage de son viseur et recommença à tirer sur le pourtour des lourds vantaux. Les pierres volèrent en éclat sous les impacts en produisant d’épaisses volutes de débris. Les tourelles crachaient leur feu sans discontinuer provoquant l’éclatement de la muraille au niveau des puissants gonds. Petit à petit, le mur se lézardait et s’effritait. Enfin le tir s’arrêta. Les portes étaient toujours debout. Une trappe s’ouvrit sous le ventre du cargo et une sorte de rampe métallique se déploya vers le bas portant de courts objets oblongs à empennage. Une pression du doigt sur un bouton et le premier missile s’envolait dans un sifflement pour exploser dans une boule de feu éblouissante contre les battants récalcitrants. Le tonnerre de la déflagration roula entre les montagnes tandis que dans un fracas épouvantable, les lourdes portes quittaient leur logement pour s’effondrer d’un seul tenant à l’intérieur de la forteresse.


Aussitôt, à travers l’épais nuage de poussière soulevé par l’impact des panneaux d’acier sur le sol, une rumeur monta de la forteresse, alors même que les premiers éléments des troupes royales s’engageaient sur le pont naturel qui traversait le précipice. Hiivsha reprit de l’altitude. De son cockpit, il put voir une sorte de marée noire se déverser du trou béant que les portes vaincues avaient laissé dans les remparts. Une foule anarchique de créatures effectuait une sortie pour aller à la rencontre de son adversaire à l’intérieur même de son bouclier de protection. Aussitôt, les dragonnaux cessèrent de décrire des cercles dans les airs et se rassemblèrent en groupes d’attaque de cinq animaux chacun, piquant successivement vers l’entrée nord du pont. Depuis Choupy IV, le duc Nathil observait le spectacle complètement subjugué.
D’en haut en effet, les deux masses compactes faisaient penser à des vagues allant à la rencontre l’une de l’autre. Calem et les autres dragonnaux entrèrent en lice avant que les hommes-serpents n’atteignent le milieu de l’arche et leur feu décima les premiers rangs sans parvenir pour autant à arrêter le déferlement des créatures. Au même moment, les troupes royales parvenaient elles-aussi au centre du pont naturel.

Jouant du sabre-laser, Isil interceptait tous les tirs venant en sa direction pour les renvoyer vers l’ennemi. Autour d’elle, une myriade d’éclairs bleutés allait et venait dans le plus pur désordre. Des cris retentirent poussés par des hommes et des reptiles bipèdes blessés qui s’effondraient sur le sol quand ils ne basculaient pas dans le vide pour ceux qui se trouvaient au plus près du bord.
Un instant plus tard, les deux masses noires effectuaient leur jonction dans une grande clameur et le centre de la puissante passerelle de roche devint le théâtre d’un combat acharné.

Isil, en tête des troupes, lança une première vague de Force qui repoussa l’ennemi sur une trentaine de mètres par le centre, provoquant la chute d’un grand nombre d’hommes-serpents dans le précipice. Profitant de l’espace ainsi creusé dans les rangs adverses, elle s’y engouffra, suivie par le colonel Roc’Hart, bien décidé à demeurer en première ligne afin de galvaniser les hommes comme il l’avait toujours fait par le passé. De ce fait, les troupes royales pénétrèrent dans la masse ennemie comme un coin dans une bûche de bois, divisant les forces adverses en deux en les repoussant sur les bordures dangereuses du pont.
Bientôt, l’air fut saturé de cris stridents de combattants chutant dans le ravin. La bataille faisait rage et le sabre d’Isil merveille. L’élan de l’ennemi avait été stoppé et celui-ci piétinait, agglutiné sur une position de recul. Intelligemment, les forces royales occupaient le centre de la passerelle et progressaient lentement au fur et à mesure que les hommes-serpents tombaient sur le sol ou dans le vide. Dépassée par les hommes du régiment des Dragons Noirs — le lieutenant-colonel Xuon en tête — dont l’enthousiasme cachait peut-être le désir de racheter la conduite de leur ancien chef de corps, Isil ne pouvait lancer une deuxième vague de Force qui aurait balayé amis et ennemis indistinctement. Pour résoudre son problème, la Padawan effectua au-dessus de la mêlée un grand saut, tournant plusieurs fois en boule sur elle-même, afin de retomber plus avant que les éléments de tête du premier régiment. Entourée d’ennemis, elle combattit sur tous les fronts, à grands coups de sabre, tournoyant comme une tornade, évitant souplement les coups de lance et les tirs à bout portant. Puis, lorsqu’elle eut enfin une seconde de répit, Isil étendit la main pour lancer une nouvelle vague de Force qui creusa de nouveau les rangs adverses jusqu’à la bordure nord du ravin. Ce que voyant, l’ennemi décida de rebrousser chemin. Les rangs qui se trouvaient encore à l’abri de la mêlée mais harcelés par les piqués meurtriers des dragonnaux, firent volte-face pour retourner se mettre à l’abri de la forteresse, suivis par ceux qui combattaient sur le pont et qui le purent.
Le rouleau-compresseur royal se remit en route, éliminant les derniers résistants demeurés sur le pont avant de s’avancer vers l’entrée de la citadelle.


À l’intérieur de celle-ci, les créatures semblaient à présent avoir adopté une autre stratégie plus défensive en prenant position à l’abri des murs, des bâtiments munis de meurtrières et de nombreuses barricades constituées à la hâte. Il était évident que l’ennemi avait l’intention de vendre chèrement sa peau.
Les attaques venant du ciel devenaient plus hasardeuses, moins efficaces sur des cibles dissimulées qu’en terrain plat et dégagé. Déjà, quelques dragonnaux touchés avaient dû regagner leur base ou s’étaient écrasés sur les flancs des pics rocheux qui entouraient l’immense ouvrage fortifié.

À peine l’avant-garde de l’armée royale eut-elle atteint l’entrée béante de la muraille, qu’un déluge de tirs s’abattit sur elle rendant mortel le passage des anciennes portes.
— Ça va être compliqué d’entrer là-dedans, cria Roc’Hart dans son communicateur. Les créatures se sont retranchées, bien à l’abri des fortifications. Nous n’avons pas assez d’hommes équipés de boucliers individuels pour forcer le passage correctement. Beaucoup d’entre eux étaient en première ligne sur le pont et un certain nombre sont tombés avec leur équipement dans le précipice.

Hiivsha qui écoutait attentivement les communications, haussa un sourcil interrogateur. Le duc prévint sa question.
— Les boucliers anti-énergie, expliqua Nathil, ne font pas partie de l’équipement standard des militaires et sont réservés aux forces spéciales antiémeutes. Ce sont des protections complexes qui sont produites en petites quantités par les rares industries de guerre encore actives sur Édéna. Évidemment, il eut été plus pratique de pouvoir en doter chaque homme… au lieu de cela, ils n’ont que leur tenue de combat. Celle-ci peut absorber une certaine quantité d’énergie… mais elle devient vite inefficace dans une bataille de cette ampleur.

Le contrebandier hocha silencieusement la tête pour indiquer qu’il avait compris le problème.
— Mais le bouclier ? hasarda-t-il au bout de quelques secondes.
— Il s’arrête aux murailles… On ne peut l’avancer à l’intérieur de la forteresse car il placerait de fait les hommes-serpents qui se trouvent sur les remparts à l’intérieur de celui-ci. Ces derniers pourraient alors tirer sur les troupes situées aux pieds des murs et faire un carnage.
— Alors, comment entrer dans la citadelle et minimiser les pertes ?
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* *

Après avoir posé leurs dragonnaux en bas de la vallée au nord-est du repaire des Kiathes, les hommes du commandant Kalker évoluèrent à travers les méléacés qui occupaient l’essentiel du plateau menant au tunnel par lequel Sali avait quitté le repaire des bandits un mois auparavant. Les deux pics jumeaux qui dominaient la forêt ressemblaient à quelques géantes sentinelles pétrifiées. Chaque tronc offrait une cachette pour les hommes qui progressaient par bonds, invisibles dans l’obscurité des sous-bois. Une analyse minutieuse effectuée à l’aide de détecteurs sophistiqués, avait permis de localiser cinq hommes qui montaient la garde au niveau de la caverne de sortie, là où paissaient quelques dragonnaux. Entre la lisière de la forêt et la grotte, s’étendait une pente d’herbe rase et de bruyères parsemée de blocs de pierre détachés des flancs de la montagne qui avaient roulé au hasard du terrain. Il était évident que le groupe se ferait repérer sur cette lande, aussi, le commandant Kalker avait-il stoppé son détachement à l’abri des derniers arbres. De plusieurs gestes sobres, il venait de désigner cinq gardes royaux à qui il avait montré l’entrée de la caverne. Silencieusement, les soldats s’allongèrent dans l’herbe et se mirent à ramper vers les pierres les plus proches puis vers d’autres rochers en direction de leur objectif.

Parvenus à une centaine de mètres de la grotte deux d’entre eux se postèrent, chacun dans l’ombre d’un gros bloc de pierre, saisissant le fusil de précision qu’ils portaient sur leur dos. Allongés, immobiles, l’œil rivé à leur lunette de tir, ils patientèrent le temps que les trois autres achèvent leur reptation entre les touffes de bruyère en direction des vigies. L’assaut ne dura que quelques secondes soigneusement coordonnées, chacun avec sa technique. Une main sur la bouche pendant que le poignard s’enfonçait dans le dos au niveau du cœur ou sectionnait la carotide en ouvrant une horrible plaie béante autour de la gorge, ou encore un simple tir de précision dans la tête d’un bandit… au bout de ce court laps de temps, Kalker put ordonner à ses hommes de s’élancer vers la caverne pendant que les éclaireurs s’assuraient de l’absence d’autres ennemis dans les environs.


Dans le même temps où le groupe Kalker évoluait, le capitaine Rigo avait progressé par le sud-ouest à travers le défilé nettoyé des sentinelles postées par les Kiathes. Avec d’infinies précautions ils investirent le petit cirque rocheux qui s’étalait au pied de la tanière de Jazor Arato. Il restait encore une sentinelle tout en haut de la falaise, dans un endroit inaccessible, hormis par la voie des airs.
À l’horizon, à l’est, l’extrême pâleur de l’aurore laissait présager l’arrivée imminente de l’astre du jour. La vigie bailla à s’en décrocher la mâchoire en étirant ses bras ankylosés par la fatigue.
Dans une heure la relève, se dit-il in petto en pensant déjà au matelas sur lequel il allait pouvoir se reposer.
Une minute plus tard, le premier rayon de soleil venait le frapper en pleine rétine et il cligna des yeux en détournant son regard puis se retourna vers le cirque dont les formes commençaient à réapparaître dans le jour levant.
Haut dans le ciel, une forme noire tournoyait, mais il ne la voyait pas. Regardant en contrebas vers le défilé qui permettait d’accéder au repaire, il lui sembla apercevoir une ombre se mouvoir derrière un rocher. Clignant des yeux, il se pencha pour s’en assurer mais ne put en voir plus.
Sans doute un animal, songea-t-il.
Il souffla dans ses mains. La fraîcheur du petit matin se faisait ressentir jusqu’au bout de ses doigts. Lentement, il fit demi-tour et leva une main devant ses yeux pour atténuer la clarté du soleil dont le disque apparaissait à présent intégralement au-dessus de l’horizon. Qu’est-ce qui se mouvait donc dans le ciel ainsi ? La tête légèrement en biais pour éviter un total éblouissement, il chercha à identifier les trois points noirs qui arrivaient en face de lui.
Au moment où il comprit, il perçut en même temps une présence incongrue au-dessus de lui et leva les yeux, juste à temps pour apercevoir une paire de bottes qui percutèrent violemment son visage. La seconde d’après, Sali effectuait un roulé-boulé sur le sol rocheux pour se réceptionner pendant que l’homme s’affaissait, plongé dans l’inconscience. Les points noirs s’amplifièrent jusqu’à ce que les trois dragonnaux ne se posent sur le haut de la falaise. Neuf soldats en descendirent sous l’œil attentif de Kro’Moo qui continuait sa ronde de surveillance dans les airs.

Avec des gestes précis, l’adjudant-chef Fagor enfonça dans l’oreille de la princesse un minuscule appareil.
— Avec ça, Votre Altesse, vous nous entendrez sans porter de communicateur. Vous appuyez légèrement dessus pour parler. Une autre pression coupe le micro.
— Compris, fit Sali en testant l’oreillette.

Le sous-officier enfonça ensuite un piton dans le roc et déroula une corde le long de l’à-pic encore plongé dans l’ombre la plus vive. Selon les indications fournies par Sali, l’ouverture dans la falaise la plus proche de la cascade donnait dans une remise qui contenait des tonneaux de vin et d’alcool. C’est vers elle que la princesse se mit aussitôt à descendre en rappel avec l’aisance d’une alpiniste chevronnée. Les huit autres militaires plantèrent également leur piton et y accrochèrent leur corde en se répartissant sur toute la largeur de la façade du repaire, prêts à se lancer à leur tour dans le vide à la première alerte.
En quelques secondes, Sali parvint au niveau d’une des trouées qui servait de fenêtre et risqua une tête pour s’assurer que la remise était déserte. Enjambant la paroi, elle se laissa glisser à l’intérieur de la pièce creusée dans la montagne, le cœur battant. Une fois dans la place, elle posa à terre un petit sac, enleva ses bottes et défit la fermeture de sa combinaison intégrale noire qu’elle ôta rapidement. Du sac elle sortit une tunique défraîchie comme en portaient certaines prisonnières « favorites » lors de sa captivité et l’enfila. Puis elle fixa un petit pistolet entre ses cuisses et secoua vigoureusement ses cheveux avec les mains pour les désordonner un peu. Du bout d’un doigt, elle alluma le micro de son oreillette.
— Je suis dans la place, rien à signaler. Je vais tâcher de gagner la salle de contrôle au plus vite, tenez-vous prêts à entrer.

Puis elle coupa son micro.
Après avoir dissimulé ses affaires derrière un tonneau, elle tourna précautionneusement la poignée de la porte de la remise et traversa une cuisine qui donnait sur la grande salle de banquet dans laquelle elle s’était battue.
La pièce sentait le vin et la transpiration et sur les côtés, quelques bandits affalés sur le sol ronflaient encore, certain tenant dans leurs bras une ou plusieurs compagnes « forcées », pour la plupart dépenaillées lorsqu’elles n’étaient pas purement et simplement nues.
Sali retint une grimace évocatrice à la pensée de sa courte captivité dans ces lieux.
Soudain, alors qu’elle quittait la grande salle pour s’aventurer dans l’un des nombreux couloirs du refuge, une main puissante s’abattit sur son bras.
— Hé là, toi, qu’est-ce que tu fabriques ?
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* *

À la forteresse du Désert de Sang, la bataille entrait dans une nouvelle phase. La voix de Calem venait de retentir dans les communicateurs.
— À tous les dragonnaux, concentrez vos tirs sur les remparts… Choupy IV, votre aide sera également la bienvenue.

Plusieurs « reçus » répondirent au monarque et les formations aériennes se remirent en ordre pour organiser le mitraillage des murailles. Les turbos-lasers destructeurs de l’YT-1100 se remirent à aboyer.
L’enfer s’installa sur les hauteurs de l’enceinte cependant que l’entrée de la place-forte restait interdite pour les troupes au sol à cause d’un tir nourri qui ne faiblissait pas. Tant bien que mal, les hommes-serpents essayaient de se faire tout petits contre les créneaux, mais les chemins de ronde n’offraient que peu de protection au feu venu du ciel.


Au terme d’un long pilonnage systématique, les remparts étaient devenus déserts. Les créatures s’étaient mises à l’abri dans les fortifications. Venues du sud, une cohorte de breeay mantas s’invita soudain à la fête, bravant le feu ennemi, pour déverser des grappes de soldats munis de bottes anti-gravité qui prirent rapidement position sur l’enceinte abandonnée par l’ennemi. Depuis le cargo, on les voyait courir sur les chemins de ronde comme des fourmis aux abords d’une fourmilière, se précipitant dans les tours qui ponctuaient les murailles à intervalles réguliers pour en déloger l’adversaire. Le combat était âpre et s’achevait souvent au corps à corps. Juchées sur les créneaux, les forces royales pouvaient à présent tirer en contrebas sur les hommes-serpents planqués derrière les barricades de la vaste place d’armes de la citadelle. L’ennemi était pris en tenaille.
Le colonel Roc'Hart donna l’ordre de faire avancer le générateur de bouclier situé à l’arrière sur le plateau rocheux puisque les hommes-serpents ne tenaient plus les remparts. Ainsi, une première vague de gardes royaux put enfin pénétrer dans la citadelle pour déloger les ennemis les plus proches. Pour appuyer les hommes, Isil fit appel à la Force afin de détruire les obstacles derrière lesquels les créatures se protégeaient, semant le désarroi dans les rangs adverses. Les survivants battirent en retraite vers les bâtiments annexes et le château central, édifice de cinq étages abritant sans aucun doute les appartements de Dark Zarek qui brillait par son absence.
— Je me demande où est notre ami Sith, railla Roc'Hart sans cesser de tirer.
— Je ne peux pas sentir sa présence, observa la Padawan et cela ne cesse de m’inquiéter. Où qu’il se cache, il faut le trouver.
— Sans doute dans le bâtiment principal, suggéra le colonel.
— Peut-être… le meilleur moyen de le savoir est d’y aller…
— Dans ce cas, je vous donne la première compagnie des Dragons.

Dans son communicateur, Roc’Hart lança quelques ordres brefs et quelques cent soixante-dix hommes rescapés de ladite compagnie qui avait souffert sur le pont vinrent se regrouper autour de la Jedi cependant que progressivement, la place d’arme prenait une coloration résolument royaliste. Différents groupes de combats furent constitués pour investir les nombreux édifices de la citadelle. Isil s’élança à la tête du sien vers le château, protégeant de son mieux les hommes rassemblés derrière elle à partir du moment où ils quittèrent l’abri du bouclier d’énergie.
À l’arrière, une file de mantas sanitaires venues du royaume d’Austra décollaient en direction d’Édinu pour rapatrier les blessés qui transitaient par l’hôpital de campagne déployé sur le plateau, ainsi que les cadavres des soldats tombés au champ d’honneur. Des renforts avaient également été envoyés par le roi Tyendal, le père de Sali, pour faire face à toute éventualité mais ils étaient basés sur la plaine d’Amar au sud de la capitale et tenus en réserve.
*
* *

La main de la brute semblait vouloir broyer le bras de Sali qui grimaça sous la douleur. C’était un colosse de deux mètres de haut, au crâne entièrement rasé et tatoué à l’image de celui de son chef, et dont le visage ne reflétait pas l’intelligence.
— Je… je cherche les toilettes, gémit la princesse en faisant profil bas.
— T’es déjà debout ? continua l’homme en la secouant comme un prunier, je t’ai pas remarquée hier soir… un brin de fille comme toi j’aurais dû… t’es tout à fait à mon goût.

De l’autre main, il la saisit par la gorge et la plaqua contre le mur en approchant son visage hideux du sien.
— Tu te rends compte ? On a failli ne pas se trouver toi et moi, lança-t-il d’une voix rauque en esquissant ce qui devait correspondre à un sourire mais qui n’était qu’une horrible grimace.

Il essaya de l’embrasser mais Sali détourna instinctivement la tête d’un mouvement de dégoût. Du bout des doigts, elle essaya de desserrer l’étreinte qui commençait à l’empêcher de respirer. De l’autre main, le géant s’insinua dans l’échancrure de sa robe et se mit à écraser douloureusement sa poitrine avec un feulement de plaisir.
— Vous me faites mal, se plaignit la princesse le cœur emballé par la peur et l’aversion que lui inspirait le bandit. Et si nous allions plutôt dans un endroit tranquille, vous et moi, hein ? Je saurais me montrer très gentille… je ferai tout ce que vous voudrez… je suis sûre que vous voulez faire plein de choses avec moi...
— Tu veux aller où ?

Sali tendit la main vers un couloir annexe.
— Par là… il y a un magasin à provision… on y sera seuls…

Elle sentit à son grand soulagement l’étreinte se desserrer.
— Bonne idée, s’exclama le Kiathe avec l’air d’un parfait imbécile. Viens donc poupée, j’ai plein d’idées pour jouer avec toi.
Il posa sa grosse main sur la nuque de Sali obligée de marcher légèrement courbée sous la pression jusqu’à la porte d’une remise dans laquelle le colosse la poussa avant de s’y enfermer avec elle. La porte était épaisse, si elle criait, il y avait peu de chance que quelqu’un l’entende.

Le colosse sourit de tous ses chicots et posa brutalement sa bouche sur celle de la jeune fille qui se débattit avec répugnance.
— Eh… doucement, gros lourdaud… si tu me veux, va falloir me mériter… une femme, ça se fait attendre.

Il gratta son crâne lisse.
— Ah ? Moi j’ai l’habitude de les prendre tout de suite… tiens, regarde… sur cette table, ce sera parfait. Déshabille-toi ou j’arrache tes vêtements.
— Mais attends, je te dis, répéta Sali en le repoussant par le torse, laisse-moi d’abord te montrer de quoi je suis capable dans les préliminaires…

Ce faisant, cachant son écœurement, elle lui donna en une caresse un aperçu de ce dont elle parlait.
— Aaah… gémit le géant en pesant sur les épaules de la princesse pour la forcer à s’accroupir… ce qu’elle attendait impatiemment.

Tandis qu’elle lui donnait le change de la main gauche, elle s’empara de l’autre du petit pistolet fixé contre l’intérieur de sa cuisse. Le géant sentit quelque chose de dur s’enfoncer au bas de sa précieuse anatomie puis Sali tira et souplement se déplaça afin de ne pas rester dans la trajectoire de l’imposante masse qui s’écroulait.
— Et ça… ça te plaît, gros porc ? maugréa-t-elle en lui crachant dessus. Tiens, j’espère que c’était la dernière fois que t’envisageais de violer quelqu’un !

Comme s’il l’avait entendu, l’homme bougea en grognant. Il reprenait déjà ses esprits. Sali hésita. Le temps lui était compté. Elle devait au plus vite gagner la salle de contrôle d’où elle pourrait faire descendre les plateformes du sas d’entrée et déverrouiller la porte du tunnel arrière. Prenant une grande inspiration, elle tira dans la tête du colosse avec une pointe de regrets.
— Désolée, laissa-t-elle tomber pour toute oraison avant de ressortir de la remise avec précaution.

Elle avait de nouveau dissimulé son arme entre ses cuisses et progressa rapidement dans les couloirs. Les quelques Kiathes qu’elle croisa ne prêtèrent pas attention à elle. Parvenue devant la salle de contrôle, elle prit soin de bien écarter le corsage de sa tunique, dégageant de façon provocante la naissance de ses seins, armes suprêmes de la femme songea-t-elle, puis frappa à la porte qui s’entrouvrit.
— Qu’est-ce que tu veux ? grogna un petit homme aussi malingre et petit que son agresseur précédent était grand.

Elle se pencha légèrement pour faire bailler sa robe. Le petit homme ouvrit de grands yeux ronds en louchant.
— Jazor a pensé que vous deviez vous ennuyer tout seul ici et m’a chargée de venir vous distraire… autant que vous le souhaitez.

Le bandit ricana.
— Je suis pas tout seul, y’a aussi Erz avec moi… mais tu peux entrer ma jolie… si le capitaine veut qu’on s’amuse… on va s’amuser un peu.

Il s’effaça pour la laisser entrer puis referma la porte derrière lui.
En fait de salle de contrôle, c’était une petite pièce minable dans laquelle deux vieux écrans renvoyaient les images parasitées de deux caméras, l’une pointée vers la porte du couloir du nord-est, l’autre vers le sas des plateformes d’accès au repaire.
Erz était un gros barbu rouquin de taille moyenne affalé dans un vieux fauteuil tout disloqué, les pieds sur une table en ruine. Quand il vit entrer Sali, son visage s’éclaira d’un sourire concupiscent.
— Comment tu t’appelles, belle plante ? demanda-t-il en la dévorant des yeux.
— Sali, répondit la princesse en se penchant en avant pour récupérer son arme.

Lorsqu’elle se redressa, elle tenait fermement le pistolet dans ses deux mains les bras tendus, braqué sur l’homme assis. Elle tira une fois. Le fauteuil recula de deux mètres et le menton d’Erz s’affaissa sur sa poitrine.
— Qu’est-ce que… eut le temps de s’exclamer le petit homme juste avant le second tir de Sali.

Il s’écroula sur le sol et la princesse se précipita sur le tableau de commande à vrai dire fort simple de la pièce. Outre un micro qui devait fonctionner sur une boucle interne, deux interrupteurs trônaient. L’un marqué « entrée », l’autre « tunnel ».
La princesse enclencha son oreillette.
— J’ouvre les issues, annonça-t-elle sobrement, il faudra envoyer immédiatement du monde à la salle de contrôle si vous voulez redescendre les plateformes, car depuis celles-ci, vous ne pouvez que les remonter.
— Restez où vous êtes, Sali, s’exclama la voix du capitaine Rigo, on vient vous rejoindre.

Mais déjà la princesse avait coupé son micro. Aussitôt, elle actionna les interrupteurs. Par les caméras elle entrevit la porte nord-est qui s’ouvrait poussée par le commandant Kalker et ses commandos ainsi que les plateformes de la grotte du défilé qui s’enfonçaient dans le vide.
Sans ajouter un mot, elle ressortit de la salle dont elle repoussa la porte après en avoir bloqué la serrure en position ouverte. Puis elle tourna à gauche dans le couloir. Quelques Kiathes commençaient à aller et venir dans les galeries, la tête visiblement embrumée par une veillée plus qu’alcoolisée et personne ne s’occupa d’elle. Quelques secondes plus tard, après avoir tourné et retourné dans les galeries, elle montait les étroits escaliers isolés qui menaient vers les quartiers de Jazor Arato.
*
* *

La partie certainement la plus difficile commençait à la forteresse du Désert de Sang. Celle du grand nettoyage comme l’avait annoncé le colonel Roc’Hart. Les édifices de la citadelle étaient autant d’abris pour des hommes-serpents submergés et sur une défensive désespérée. Chaque bâtiment, chaque étage, devait être pris de force et purgé méticuleusement de ces créatures qui, malgré tout, commençaient à se rendre par-ci, par-là, lorsqu’elles se sentaient poussées dans leurs derniers retranchements.

Isil avait réussi à forcer l’entrée du château central de la place-forte et le grand hall leur appartenait désormais. Le combat faisait fureur dans les étages, mais l’ennemi subissait des pertes irrémédiables. De plus il reculait dans ce qui était forcément un cul-de-sac.
Rien ne pouvait arrêter l’ascension de la Padawan qui s’avançait témérairement dans l’espace confiné des escaliers, jouant du sabre-laser en experte pour s’en servir de bouclier. Alors qu’elle parvenait sur le palier du quatrième étage, deux hommes-serpents émergèrent d’un placard juste derrière elle. Au moment où elle se retournait, deux traits rougeoyants leur trouèrent le cerveau. Isil se mit à sourire.
— Qu’est-ce que tu fais ici, toi ? dit-elle d’une voix qui résonna dans la cage d’escalier.
— Comment tu m’as reconnu ? demanda Hiivsha caché derrière un pilier un peu plus bas d’un ton faussement ingénu.
— Ton blaster n’a pas vraiment la même couleur énergétique que les armes des édéniens. Ça se remarque comme le nez sur la figure !
— Je suis démasqué alors, conclut-il en arrivant à sa hauteur. Tu as trouvé Dark Zarek ?
— Non, et ça commence vraiment à m’inquiéter. Sa présence aurait tout aussi bien pu faire basculer l’issue de la bataille alors que sans lui, ces reptiles bipèdes ne font évidemment pas le poids. Ça ne me dit pas ce que tu fais ici…

Hiivsha sourit.
— Je m’ennuyais à bord de Choupy, alors j’ai atterri et j’ai suivi la piste des plus gros tas de cadavres d’hommes-serpents pour te retrouver… tu me manquais un peu.
— C’est gentil, admit malgré elle la Padawan dont le visage s’éclaira un instant. Mais prends garde à toi, ce n’est pas tout à fait fini… si nous tombons sur Zarek… laisse-moi faire.
— On verra…

Il lui adressa un clin d’œil et la suivit dans la montée du dernier étage, en faisant feu sur chaque ennemi qui se montrait. L’un des groupes de la première compagnie des Dragons les suivait, les autres étaient disséminés dans tout le château pour en chasser les indésirables récalcitrants.
Après avoir tranché les bras de deux hommes-serpents qui tentaient de l’empêcher de prendre pied sur le palier du dernier étage, Isil se retourna vers les Dragons.
— Fouillez chaque pièce et si vous trouvez Dark Zarek, prévenez-moi aussitôt !

Elle-même s’engagea dans un long couloir, suivie d’Hiivsha et de quelques hommes. Parvenus au milieu, ils débouchèrent dans une sorte de vestibule circulaire sur lequel donnait deux portes, l’une étroite, l’autre à l’opposée du cercle, double. Derrière la première, un étroit escalier de pierre descendait en colimaçon. La Padawan considéra la seconde.
— Les appartements de Zarek je suppose, dit-elle en donnant ordre par geste aux soldats présents de se répartir de chaque côté de l’entrée.
— Le moment de vérité ? laissa tomber Hiivsha en levant son blaster.
— Nous allons bien voir.

Elle tourna la poignée mais la porte était fermée à clé. D’une poussée maîtrisée de la Force, Isil força le ventail qui s’entrouvrit dans un craquement de chambranle arraché.
— Tenez-vous prêts, murmura-t-elle en posa la main sur le battant qu’elle fit pivoter sur ses gonds.

Ils entrèrent dans une vaste pièce au centre de laquelle trônait une belle table de bois massif entourée de chaises. Visiblement, une salle à manger. Au fond, dans une grande cheminée, un feu crépitait paisiblement à l’abri des rumeurs atténuées qui montaient du reste de la Citadelle où les hommes-serpents continuaient à se rendre par petits groupes. De cette pièce, ils passèrent dans un bureau désert puis s’engagèrent dans un court couloir qui donnait sur deux autres portes. La première était ouverte et débouchait sur une immense chambre à coucher somptueusement décorée et meublée qui ne pouvait être que celle du maître des lieux. Il n’y avait personne. La seconde était fermée à clé.
— Laisse-moi faire pour changer, suggéra le contrebandier en pointant son blaster vers la poignée.

Plusieurs coups partirent de son arme et la serrure céda. Il poussa le battant du pied en entra en même temps que la Padawan qui se tenait sabre allumé prête à toute éventualité.
Ils se retrouvèrent dans une chambre, plus modeste certes que la précédente, mais agréablement parée et équipée de jolis meubles fins. Au fond, à l’opposé des fenêtres se trouvait un grand lit surmonté d’un baldaquin de soieries rosées vers lequel ils s’avancèrent.
Isil, bouche bée, ne put retenir une exclamation.
— Par tous les Sith cornus, que fais-tu ici ?
*
* *

Sali ne répondant plus aux appels lancés dans son oreillette, l’adjudant-chef Fagor donna l‘ordre à son commando de descendre en rappel le long de la falaise et une poignée de secondes plus tard, il pénétrait avec ses hommes dans la grande salle commune du repaire des Kiathes en ouvrant le feu sur chaque ennemi présent trouvé les armes à la main.
Tandis que des rumeurs envahissaient le labyrinthique refuge troglodytique, faites de cris et de bruits de tirs mélangés, Sali poussait la porte non verrouillée des appartements du capitaine Arato.
Ce dernier, debout à l’autre bout de la pièce, ne put cacher sa surprise en la voyant ainsi sur le seuil de la pièce arme au poing.
— Corne de brama ! Iella, ma belle, par tous les diables, que viens-tu faire ici ? Et comment es-tu… mais que se passe-t-il dehors ?

Il lançait des regards inquiets par-dessus l’épaule de l’intruse.
— Jazor, vous êtes en état d’arrestation au nom du roi ! Le moment de payer pour tous les crimes que vous avez commis est arrivé !
— En état d’arres… le diable m’emporte, comment…

Sa surprise était grande et visiblement, il avait du mal à comprendre ce qui était en train de se passer.
— La Garde Royale a investi votre repaire, Jazor, expliqua Sali, c’en est fini des Kiathes, vous comprenez ? Aussi, je vous demande de vous rendre et de ne rien…

Les yeux du bandit se portèrent de nouveau derrière elle et il cria en tendant une main dans un geste de prévention.
— Marco, non !

La princesse se retourna et tira d’instinct. Le lieutenant d’Arato se figea sur place, le poignard qu’il tenait dans une main levé, les yeux tout ronds et la bouche ouverte, puis il tomba en arrière et dévala les escaliers.
Mettant à profit cette interruption, Jazor avait décroché du mur l’une des nombreuses armes blanches qu’il collectionnait, une rapière, et avait fait trois pas vers Sali. Lorsqu’elle se retourna vers lui, la fine lame fouetta l’air et arracha le pistolet des mains de la jeune fille, l’envoyant s’écraser sur le mur à l’autre extrémité des lieux. La pointe effilée s’approcha du menton de Sali qui fut obligée d’effectuer deux pas de côté pour s’éloigner du seuil de la pièce et reculer. Jazor en profita pour refermer la lourde porte et en pousser le verrou.
— Nous voilà seuls, fit-il d’une voix calme, presque enjouée, comme au bon vieux temps.

Sali regarda autour d’elle et avisa une épée en tous points similaire à celle dont le bandit s’était emparé. Elle tendit le bras et, comme Jazor ne réagissait pas, s’en saisit à son tour puis recula de nouveau pour prendre du champ.
— Pour une surprise… reprit le bandit l’arme toujours pointée vers la jeune fille, j’imagine que c’est à toi que les forces royales doivent d’avoir trouvé mon repaire ?
— Absolument… j’avais tellement envie de vous revoir…

Arato se mit à sourire sans arrière-pensée.
— Si seulement c’était vrai… tu aurais pu venir toute seule jusqu’ici, on ne t’aurait fait aucun mal, je t’en donne ma parole.

Sali sourit à son tour.
— Je ne sais pas trop pourquoi… mais je vous crois volontiers.
— La place que je t’avais trouvée ne t’a pas plu ?

La jeune fille dodelina de la tête sans arrêter de sourire.
— Il y a eu… disons… des complications. Mais sinon, ça aurait fini par être une place que beaucoup d’autres femmes auraient pu m’envier.
— Alors pourquoi me trahir ?
— Pour trahir, il faut être « avec » quelqu’un… je n’ai jamais été avec vous.
— Et toutes ces journées passées à bavarder ensemble… ces nuits si proches l’un de l’autre…
— Je n’ai pas eu le choix.
— Et maintenant, tu vas me tuer si je refuse de me rendre ?
— Je ne sais pas pourquoi… j’en serais désolée, mais… oui.
— Ah, tu vois ? Je sais qu’au fond de toi tu m’aimes bien. Voyons comment tu te sers d’une épée, même si j’ai vu comment tu as tenu tête au pauvre Marco… dommage, c’était un bon lieutenant, obéissant sans jamais poser de questions.
— Pourquoi ne pas l’avoir laissé me tuer ?
— Une femme comme toi ? Tu mérites bien des choses mais pas de mourir un coup de poignard en traître dans le dos. Bien trop intelligente… bien trop douce… bien trop jolie… et puis, Marco n’a-t-il pas tué ta mère ? Je t’ai permis de la venger… tu m’es donc redevable !

Il se mit en garde tout en parlant et Sali en fit autant. Les pointes des deux lames se frôlèrent, se touchèrent délicatement comme pour se tâter. Les épées étaient fines et les lames paraissaient trembler au bout de leur garde. Jazor engagea la première passe avec des mouvements rapides, subtils, cherchant la faille dans la défense de son adversaire. Il effectua un pas chassé pour frapper d’estoc mais la jeune fille effectua une parade élégante en bloquant la lame de son adversaire qu’elle repoussa à l’aide d’un mouvement circulaire de la sienne. Le tintement des fers se heurtant emplit la pièce. Jazor feinta puis se fendit en détendant la jambe arrière tout en projetant l’autre vers l’avant. De nouveau, Sali contra et riposta en obligeant le bandit à rompre de plusieurs pas.
— Tu te bats bien pour une femme, admit Jazor en reprenant son souffle.
— J’ai commencé l’escrime toute petite, expliqua Sali sans chercher à reprendre le combat.

Elle se contenta de tourner autour du bandit, lentement, sans le quitter des yeux.
— J’ai eu les meilleurs maîtres d’armes du royaume d’Austra, mon père y a veillé malgré sa réticence à ce que j’apprenne le maniement des armes… mais comme il n’avait pas de fils, il m’a laissé faire tout ce que je voulais.
— Un bon père alors ?
— Pas vraiment… j’ai été libre… mais il n’a jamais été là pour moi.

Jazor eut un geste de tête compréhensif.
— Ah… difficile de tout avoir… il me semble que si j’avais eu une fille, j’aurais été là pour elle… à chaque instant de sa vie.

La princesse marqua son étonnement.
— Vous n’avez pas eu d’enfant ?
— Non… ma femme est morte en même temps que le premier… en le mettant au monde…
— J’en suis navrée.
— Elle te ressemblait… de traits et de caractère…

Sali ne répondit rien et Jazor en profita pour reprendre l’assaut. De nouveau les fers cliquetèrent, patiemment, cherchant l’ouverture. Désespéré, Jazor fouetta l’air vivement plusieurs fois pour essayer de déstabiliser la jeune fille et écarter sa défense pour mieux la frapper au centre. Mais les parades de cette dernière restaient étanches. Alors que le duel se prolongeait, des coups résonnèrent contre la lourde porte.
— On dirait qu’on vient vous chercher, railla Sali.

Le bandit lança un regard inquiet vers le battant de bois massif.
— Il peut tenir… il faudra autre chose que des tirs d’énergie pour faire céder un verrou comme ça ! Plus c’est rustique, plus c’est solide…

Son arme coula sur celle de Sali en exerçant une puissante pression tout en glissant vers le fort de la lame pour l’écarter. Ce faisant, il se rapprocha d’elle.
— Sais-tu que j’ai eu un faible pour toi dès la première fois où je t’ai vue tenir tête à Marco… puis à mes hommes ? souffla-t-il.
— Alors, rendez-vous à moi, je veillerai à ce que vous ayez un procès équitable, lança-t-elle dans un violent effort pour le repousser et reprendre ses distances.
— Tu aurais été une compagne merveilleuse à mes côtés…
— Dans ce cas, pourquoi m’avoir vendue ?
— Je l’ai regretté aussitôt fait… ton absence…

Le combat reprit, désespérément équilibré. Pour chaque attaque une parade. Sali détourna la lame d’Arato d’un mouvement circulaire effectué tout en souplesse.
— Il y a un passage secret dans la pièce d’à-côté, lâcha le bandit. Laisse-moi m’enfuir, Iella.
— Je ne m’appelle pas Iella mais Sali.
— En vérité ?

Jazor rompit de nouveau le combat cependant que les coups redoublaient contre la porte.
— Sali, hein ? Comme la princesse d’Austra ?
— C’est moi, la fille du roi Tyendal, la vraie princesse d’Austra.

Jazor se frotta vigoureusement le crâne de sa main libre et grimaça.
— Je commence à comprendre pourquoi la Garde Royale est chez moi. Mauvaise pioche en quelque sorte.
— En quelque sorte, répéta Sali. Une dernière fois, Jazor, je ne veux pas votre mort, mais juste votre reddition.
— La seconde ne va pas sans la première… à la seule différence que ce sera une corde ou la lame d’un bourreau à la place de ton épée.
— Je tâcherai de vous éviter ça…
— Laisse-moi prendre ce passage secret et donne-moi cinq minutes d’avance sur les soldats… juste cinq minutes… tu me dois bien ça.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez.
— Mes hommes ne t’ont jamais souillée ! Jamais tu n’as été choisie dans les chariots pour leur donner du plaisir durant le voyage… à qui crois-tu que tu le doives, à ta chance ou à mes ordres ? T’ai-je jamais outragée ?
— Vous voulez dire… à part me vendre à un vieil infirme ?

Le capitaine souffla de désespoir.
— Je te demande pardon, Iel… Sali.
— Cela ne ramènera pas tous ceux que vous avez tués, vous et votre bande de criminels… cela ne consolera pas toutes les femmes que vous avez violées !

Cette fois, ce fut Sali qui reprit l’assaut, plus violemment qu’auparavant, avec plus de rage et de force dans le poignet.
— Vous savez, j’ai eu un Maître d’escrime nommé Arebus le Balafré.
— Je connais, répondit Jazor en essayant de contenir tant bien que mal les attaques répétées de la jeune fille. Sa réputation est planétaire. Tu as eu bien de la chance de l’avoir pour professeur… cela explique certainement ton niveau. Je suppose qu’il t’a appris quelques bottes secrètes de sa création ?

Sali sourit.
— Plusieurs… des élégantes, des… plus pragmatiques… à l’instar de celle-ci.

Comme elle finissait de parler, elle effectua une parade de prime sur une violente attaque du capitaine, ce qui la rapprocha du corps de son adversaire. Dans un brusque geste rapide comme l’éclair, elle asséna sur son menton un grand coup sec avec la garde de son épée puis, profitant de la déconcentration momentanée du bandit, elle effectua un demi-tour dans le sens antihoraire ce qui la plaça littéralement entre ses bras en écartant vers l’extérieur la lame de son arme d’un froissement de la sienne. De son talon, elle frappa de toutes ses forces sur la pointe d’un des pieds d’Arato qui lâcha un cri de douleur tandis qu’elle pivotait de nouveau de trois-quarts de cercle pour frapper un grand coup vertical de haut en bas avec la lame de son épée tout près de la garde de l’arme de Jazor. Celle-ci lui échappa de la main et tomba lourdement sur le sol. L’enchaînement n’avait duré que trois ou quatre secondes et déjà, la pointe de la rapière de Sali relevait le menton du vaincu.
— Il l’appelait, la botte de la paume et du pied… Allons, c’est fini, annonça-t-elle, vous avez perdu, rendez-vous à moi, ne faites pas l’imbécile.

Les coups résonnaient toujours contre la porte de la pièce. Se plaçant devant Sali, Jazor posa son index sur la pointe de l’épée qu’il abaissa devant son cœur.
— Enfonce-la ici, fermement et rapidement.

La jeune fille le regarda dans les yeux.
— Ne faites pas l’imbécile…

Il avança lentement en augmentant la pression de son torse contre l’arme. La princesse recula dans le même temps.
— Je vous en prie, Jazor, rendez-vous…

Il continua d’avancer jusqu’à ce qu’elle soit dos au mur, puis toujours du bout du doigt, il écarta de nouveau la lame qui s’abaissa vaincue à son tour. Arato se rapprocha de Sali, tout près d’elle et avant qu’elle puisse esquisser un mouvement, posa ses lèvres sur les siennes.
— Cinq minutes, souffla-t-il après l’avoir embrassée. J’aurais pu t’aimer, tu sais… je te promets de ne plus jamais faire du mal à quiconque… je vais partir loin et devenir un honnête commerçant… laisse-moi une chance… qui sait, peut-être je pourrai avoir des enfants… une jolie petite fille à qui j’apprendrai l’escrime ?

Il posa sa main sur la joue de la princesse immobile puis tourna les talons, traversa la salle et ouvrit la porte d’une autre pièce contigüe que Sali savait être sa chambre. En soupirant profondément, la jeune femme glissa contre le mur en deux pas latéraux pour arriver à hauteur de la porte d’entrée contre laquelle retentissaient toujours de violents coups et ouvrit le verrou.
Le capitaine Rigo, suivi de Rita et de nombreux soldats s’engouffrèrent dans les lieux. Sali désigna l’autre porte du doigt.
— Par-là, il essaye de prendre un passage secret.

Le Capitaine-Général se rua dans l’autre pièce avec ses hommes. On entendit un bref remue-ménage, quelques cris puis plus rien. Sali, toujours contre le mur, n’avait pas bougé d’un pouce. Quelques secondes plus tard, Jazor Arato réapparaissait, les mains entravées dans le dos, poussé par une Rita au regard farouche. En passant, le capitaine des Kiathes s’arrêta un instant tout près de Sali et murmura.
— Tu feras une grande reine, Sali, droite et juste… et belle à en mourir. Ton peuple t’adorera…
— Allez, avance ! l’interrompit Rita en le poussant par les épaules pour le faire sortir de la pièce.

En descendant l’escalier il ajouta à voix haute.
— … mais tu aurais fait une merveilleuse Iella !

Le capitaine Rigo s’approcha de la princesse dont le visage pâle paraîssait rêveur.
— Comment vous sentez-vous, Votre Majesté ?
— Sali, Mani… rectifia la jeune fille en souriant, et je vais bien.

Une fouille minutieuse du repaire permit de capturer tous les Kiathes qui avaient préféré se rendre plutôt que de mourir. En traversant la grande salle, Sali passa entre des rangées de bandits dont elle reconnut certains qui lui lancèrent des regards étonnés. Puis avec un pincement au cœur, elle assista à la délivrance de nombreux captifs entassés dans les sordides geôles du refuge.

Quelques heures plus tard, à l’aide de renforts en breeay mantas acheminés depuis Édinu, l’expédition reprenait la route de la capitale.
*
* *

Isil regardait d’un air incrédule les deux personnes qui se trouvaient sur le lit, assises l’une contre l’autre. L’une lui était familière et l’autre lui était inconnue, mais d’instinct elle sentit ce qui se passait et ses craintes s’amplifièrent.
— Gil ! s’exclama-t-elle au comble de la surprise.

L’adolescent tenait serré dans ses bras une jeune fille de son âge qui pointait vers les nouveaux venus un visage anxieux parsemé de tâches de rousseur.
— Isil ? s’étonna à son tour le jeune homme.

Les soldats qui avaient envahi la chambre tenaient les deux enfants en joue. Hiivsha prit les devant.
— Je crois qu’on peut baisser nos armes, suggéra-t-il en faisant un geste apaisant de la main, ils ne me paraissent pas bien dangereux.

Les militaires s’exécutèrent en silence. Isil rangea son sabre et s’approcha du jeune couple éperdu pour venir s’asseoir tout près de l’adolescent.
— Gil ? demanda-t-elle doucement, que fais-tu ici ? Qui est cette jeune fille ?

L’enfant leva vers la Jedi un regard empreint d’une tristesse fautive.
— C’est mon amie, avoua-t-il en baissant la tête comme une personne coupable de quelque chose. Elle s’appelle Selen.
— Et… que fais-tu ici ? Sais-tu qu’on te cherche partout depuis des jours ?
— C’est Zarek… ou plutôt Diva… elle avait enlevé Selen.
— Mais pourquoi ?

Gil fondit en larmes et délaissa les épaules de son amie pour se jeter au cou d’Isil.
— Pardon, se mit-il à pleurer, pardon Isil… je ne voulais pas qu’on lui fasse du mal !
— De quoi parles-tu, Gil ? Pardon de quoi ?

Au fond d’elle-même la vérité se fit jour et en une fraction de seconde elle eut une vision du futur. Une vision d’horreur et de catastrophe.
Prenant l’enfant par les épaules, elle le secoua.
— Qu’as-tu fait, Gil ? Allons, réponds vite !

Les yeux baignés de larmes qui coulaient en grosses cascades sur ses joues, l’adolescent hoqueta.
— j’ai révélé à Zarek l’entrée de la vallée du Temple d’Édin !



(à suivre…
prévisions d’achèvement : 40 chapitres - 620 pages - fin 2013/tout début 2014)


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Modifié en dernier par Hiivsha le Dim 05 Jan 2014 - 14:07, modifié 1 fois.
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Ven 27 Déc 2013 - 18:57   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Mitth a décroché à l'occasion de ses partiels... j'espère qu'ils se sont bien passés et qu'il trouvera à l'occasion de vacances bien méritées le temps de raccrocher à sa lecture...


En réalité, les partiels sont en janvier, je suis en révisions, mais, pour des raisons complexes mêlant mémoire de recherche, relations franco-marocaines, détournement de mineure, Frédéric Sawicki, extraction des dents de sagesse et rencontre avec les dirigeants niçois du Front de Gauche et du Parti Socialiste, je ne sais pas trop quand je reviens aux affaires :x Mais je ne vous oublie pas !
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Messagepar Hiivsha » Dim 05 Jan 2014 - 0:06   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Bon, finalement je viens d'achever le dernier chapitre de mon livre, hors épilogue qu'il me reste à faire.
L'avant dernier chapitre était dense et s'est révélé être le plus long du livre avec 23 pages... un gros pavé.
Ce dernier chapitre a tenu sur 27 pages... j'ai donc décidé de le couper en 2 parties logiques. Il y aura donc encore deux chapitres à poster, plus l'épilogue qui lui-même doit être plutôt conséquent.

Je corrige la première partie de ce "dernier" chapitre, et demain je le poste sous le n° 39. Suivra dans quelques jours la seconde partie sous le n°40, le temps pour moi d'écrire l'épilogue et le roman sera fini...

... je touche au but !

Cela fera quand même dans les 620 pages "utiles" soit un roman de 640 pages tout compris.
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Messagepar Red Monkey » Dim 05 Jan 2014 - 0:45   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Et moi je dis facile :D

Je lirais tout ça quand tu auras posté la fin.
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Messagepar Hiivsha » Dim 05 Jan 2014 - 14:06   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Voici donc venir le dernier chapitre. Sauf que, vu sa longueur, je l'ai scindé en deux.
Ici le chapitre 39 qui sera suivi d'un quarantième puis de l'épilogue.
____________________

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39 - Tempête sur le Temple


Le poids du monde parut soudain peser sur les épaules de la Padawan dont le dos se voûta. Le « pourquoi » lui paraissant évident, elle demanda.
— Comment as-tu trouvé l’entrée de la vallée ?
— C’est Dolmie… enfin, Diva, l’apprentie de Dark Zarek… quand Iella… enfin, Sali, a été empoisonnée et que Calem a dit qu’il allait l’emmener au Temple, Diva m’a donné un émetteur que j’ai caché sur Galinthorn avant que vous partiez. Je voulais le poser sur Kro’Moo mais j’ai eu peur qu’il ne comprenne ce que je faisais… il est très intelligent… Ensuite, j’ai pris un dragonnal et je vous ai suivis de très loin. J’ai retrouvé vos montures gardées par des hommes en blanc, alors j’ai attendu caché. Ça a été très long… cinq jours… j’ai dû me nourrir de racines en attendant… et puis un soir vous êtes réapparus et Sali était guérie. Quand vous avez été partis, j’ai suivi les hommes jusqu’à les voir disparaître dans la montagne. Là, j’ai vraiment été bluffé. J’ai traversé et vu la vallée et au loin, le Temple.

Il s’arrêta, repris par quelques sanglots qui le firent hoqueter. Isil lui prit la main.
— Pourquoi l’avoir dit à Zarek ? À cause de Selen ?
— Elle a dit qu’elle la ferait souffrir avec raffinement si je ne vous espionnais pas pour son compte…
— Tu parles de Diva ?
— Oui… la duchesse de Tamburu, Dolmie. Un jour que j’allais voir Selen dans les faubourgs de la ville, dans une vieille maison abandonnée, elle m’a suivi. Ensuite, elle m’a rapporté son foulard en me disant que Selen avait été emmenée à la forteresse, ici… et qu’elle serait bien traitée auprès de son Maître tant que je les aiderais à obtenir le secret du Temple d’Édin. Dans le cas contraire, elle serait torturée longuement avant d’être mise à mort.

À ces mots, la jeune fille aux très longs cheveux châtains tombant jusque dans le bas du dos, se blottit pathétiquement contre le garçon en se mettant à pleurer elle aussi.
— Je t’aime, Gil, murmura-t-elle dans un sanglot.

Isil échangea un coup d’œil navré avec Hiivsha.
— Il faut prévenir Calem.
— Je m’en occupe, répondit le contrebandier en se reculant dans le couloir pour communiquer.

Isil regarda les deux enfants amoureux et songea que la passion pouvait ordonner de faire des choix personnels qui allaient à l’encontre de l’intérêt du plus grand nombre. Une seule vie en échange de tant d’autres !
Le côté Obscur est une voie plus facile, plus rapide, lui avait souvent dit Beno Mahr, son Maître, mais dangereux pour soi.

Comme c’est facile d’être un Sith ! pensa la Padawan avec amertume.
— Quand Zarek est-il parti pour le Temple ? interrogea-t-elle.

L’adolescent réfléchit une seconde.
— Hier matin… en toute fin de matinée, avec une escorte de dragonnaux. Il m’a dit que son apprentie avait été tuée, qu’il l’avait ressenti dans la Force et qu’il allait achever son œuvre tout seul. Puis il m’a enfermé dans cette chambre avec Selen.

Il hésitait à poser la question suivante.
— Tu… qu’est-ce que tu crois qu’il va faire au Temple d’Édin ?

Isil pinça ses lèvres. Devait-elle expliquer à l’adolescent le pouvoir qu’il avait sans doute mis entre les mains du Sith ? Comment lui dire que peut-être des milliards de personnes allaient mourir à cause de lui et de son désir de sauver son amie ?
— Rien de bon, parvint-elle à articuler.
— J’ai fait ça pour Selen… je vous ai trahis… toi, Sali, Calem…

De nouveau son menton plongea sur sa poitrine.
— On va essayer de l’arrêter… et je comprends le choix que tu as dû faire. Ce n’est pas toujours facile de mettre dans la balance ceux qu’on aime et d’autres personnes qu’on ne connaît pas… alors, quand on n’a pas la réponse à la question, c’est encore plus dur de bien discerner ce qu’on doit faire.

Il leva des yeux tristes vers elle.
— Mais quelle était la question ?
— Qu’est-ce que Dark Zarek va vraiment pouvoir faire avec l’artéfact ?


Quelques minutes plus tard, Calem entrait à son tour dans la pièce. Il lança un œil sévère aux deux adolescents désespérés, qui semblaient tout ratatinés au milieu du grand lit, serrés l’un contre l’autre. Les mâchoires crispées, le roi regarda ensuite Isil dont l’air préoccupé sautait aux yeux.
La Padawan résuma en quelques mots la situation. Le monarque parut comprendre le dilemme qui s’était posé au garçon et ses traits se détendirent un peu. Isil ajouta.
— Zarek est parti hier vers midi, sans doute juste un peu avant que notre avant-garde n’arrive ici. Il lui a fallu plusieurs heures pour arriver à la vallée. Avec Choupy, nous y serons en quelques minutes. Il a donc environ dix-huit heures d’avance sur nous. Il lui aura fallu réduire la garnison des gardes blancs au silence… je pense qu’avec sa puissance et ses créatures, cela n’aura pas été trop long. Reste à savoir combien de temps il lui faudra pour comprendre à quoi sert l’artéfact et comment s’en servir… s’il parvient à s’en servir.
— Il nous faut espérer que non, marmonna Hiivsha.
— Je ne parierais pas trop là-dessus si j’étais toi, rétorqua lugubrement la Jedi. Zarek est un scientifique et un Sith… si l’artéfact peut fonctionner, il y arrivera fatalement à un moment ou à un autre. Il nous faut faire vite.

Comme elle achevait sa phrase, le colonel Roc’Hart arrivait à son tour accompagné du duc Nathil et du lieutenant-colonel Xuon.
— Que se passe-t-il ?

À son tour Calem fit rapidement le point.
— Nous partons pour la vallée du Temple à bord du vaisseau du capitaine Inolmo. Vous, colonel Roc’Hart, vous restez ici pour achever le nettoyage. Ensuite, je veux que vous preniez des dispositions pour que cette forteresse soit démolie.
— Que faisons-nous des prisonniers, Sire ?
— Qu’on les désarme. Que leurs officiers soient ramenés à Édinu pour être jugés ; quant aux autres, qu’ils rejoignent leurs villages du désert après avoir juré obéissance à ma personne.
— Compris, Votre Majesté.
— J’ai besoin de douze hommes parmi les meilleurs commandos que nous avons. Rassemblement au cargo d’ici dix minutes. Parmi eux, je veux deux tireurs d’élite… des très bons !
— Je m’en occupe, Sire !

Le colonel rompit et partit donner des ordres.
— Mon oncle, continua le roi en se tournant vers le duc Nathil, vous êtes désormais mon plus proche parent et le premier Pair du Royaume. S’il m’arrive quelque chose, je veux que vous assuriez ma succession.
— Allons, allons, Calen, protesta le vieil homme, tu vas tâcher de revenir sain et sauf pour épouser Sali, qu’elle puisse donner au royaume des héritiers plus jeunes que je ne le suis !
— On ne sait jamais… reprit le souverain d’une voix grave, d’ailleurs j’aurais dû l’épouser sans attendre afin qu’elle puisse régner au cas où… le protocole… bah, dès demain je fixe la date du mariage, tant pis pour les fiançailles, nous n’en avons pas besoin.

Les personnes autour de lui se mirent à sourire. Il était évident que le jeune roi avait hâte de prendre épouse. De nouveau ce dernier s’adressa au duc.
— Mon oncle, je vais vous demander de rentrer à Édinu pour convoquer le Conseil Royal élargi que je vous charge de présider… non pas que je n’aie pas confiance dans le général Qulos, mais c’est un militaire… j’ai besoin de rassembler toutes les forces politiques, militaires et civiles, autour du trône. Je veux que vous fassiez le point détaillé de la situation dans la capitale et que vous vous assuriez que la vie civile reprend correctement. Je veux aussi qu’une enquête soit immédiatement ouverte sur les victimes de ces derniers jours et sur l’appui que certaines autorités ont apporté à mon frère Taimi. S’il le faut, chargez le Procureur Général d’Aretia de venir diriger les investigations pour plus d’impartialité.

Le duc posa une main sur l’épaule de son neveu.
— Compte sur moi, Calem.

Le roi se retourna ensuite vers la Padawan.
— Isil, tu penses pouvoir arrêter Dark Zarek ?

La jeune fille haussa les épaules.
— Si je n’y arrive pas… qui le fera ?

Calem se tourna enfin vers les soldats présents et désigna Gil et Selen qui n’avaient pas bougé.
— Ramenez-les au palais et placez-les dans les appartements de la princesse d’Austra sous bonne garde. Je verrai plus tard quoi faire d’eux.

Isil sentait le jeune monarque contrarié de la trahison de Gil, compréhensible mais difficilement pardonnable. Elle percevait en lui le conflit qui se jouait mais ne dit rien. Le propre d’un roi est de prendre ses décisions par lui-même et la Jedi décida qu’elle n’avait pas à s’en mêler. Elle se contenta de suggérer.
— Allons-y, ne perdons pas de temps.


Dix minutes plus tard, l’YT-1100 s’envolait dans le ciel bleu délaissant des lieux presqu’entièrement pacifiés et grouillant de monde. Seuls quelques groupes d’irréductibles créatures s’étaient barricadées dans des recoins d’édifices d’où la mort ou la reddition ne serait que leur seule issue.
Hiivsha fit monter Choupy en altitude afin de minimiser le temps de parcours. Depuis la stratosphère, au plus haut de la parabole qu’il fit décrire à son vaisseau, la vue embrassait tout le royaume. Calem s’enthousiasma.
— Ah, si nous pouvions relancer les programmes technologiques ! Vous vous rendez-compte, si nous pouvions un jour venir dans votre galaxie ?
— Cette galaxie qui est aussi la vôtre, suggéra Isil, même si par un caprice des choses, il semble que vous en ayez été rejetés… à moins qu’à l’inverse elle ne soit finalement en train de vous absorber petit à petit. Il serait intéressant de mesurer l’évolution de la distance qui vous sépare de l’extrême bordure galactique.
— Il faudrait des sondes capables de traverser la nébuleuse.
— Un sacré gardien que vous avez là, commenta Hiivsha, je ne voudrais pas la traverser tous les jours. Je ne sais même si je vais parvenir à la retraverser sans casse pour repartir.
— Vous savez ce que je vous ai proposé… fit Calem.
— Oui… si ça ne tenait qu’à moi… laissa tomber le contrebandier.

Isil ne releva pas l’allusion. Son esprit avait déjà pris de l’avance sur eux et essayait de sonder la Force pour découvrir ce qui les attendait.
Le vol fut de courte durée et déjà le cargo plongeait dans l’atmosphère basse de la planète beaucoup plus nuageuse sur les montagnes du nord que sur le Désert de Sang.
— On dirait bien que nous avons rattrapé notre tempête, grogna Hiivsha en manœuvrant quelques interrupteurs. Si j’en crois mes instruments, elle n’a rien perdu de sa puissance au contact du relief de la région. Accrochez-vous, ça risque de secouer un peu.

Le vaisseau s’approchait de la cime d’énormes cumulonimbus sombres et éclairés sporadiquement de l’intérieur.
— Ces super cellules sont vraiment monstrueuses, observa le pilote en mettant en route le radar de sol, je pense qu’elles doivent avoir près de vingt kilomètres d’épaisseur et mes sondes mesurent des rafales de plus de deux cents kilomètres heure à l’intérieur.
— C’est fascinant, murmura Calem comme le vaisseau passait entre deux gigantesques formations nuageuses. Nous sommes minuscules à côté d’eux.
— Et il va falloir plonger dedans, ajouta Hiivsha. Je tiens à préciser que mon Choupy est un vaisseau spatial… sa force ne réside pas forcément dans le vol atmosphérique… surtout en plein ouragan… car vu les chiffres alignés par les instruments, notre tempête d’Édinu est devenue une grande demoiselle… je dirais même une vraie femme. Une femme qui semble avoir du caractère !

Sa remarque arracha un sourire aux occupants du cockpit.
— Jolie métaphore, Hiivsha, fit le roi.
— Il y a des ouragans qui portent des noms d’hommes, objecta la Padawan mi-figue mi-raisin. Pourquoi vouloir toujours ramener l’apocalypse au genre féminin ?

Hiivsha échangea un regard complice avec le souverain puis tourna la tête vers Isil.
— Je ne sais pas… l’expérience peut-être ?

Pour toute réponse, la jeune fille lui donna une grande bourrade sur l’épaule.
— Aïe, s’exclama le contrebandier en se mettant à rire.
— Je crois que vous l’avez bien cherché, commenta Calem en riant à son tour.

Le pilote décrocha le micro du circuit interne et annonça à l’intention des hommes assis sur les strapontins du sas d’entrée.
— La zone d’atterrissage se trouve au cœur d’un ouragan… par conséquent nous n’avons pas d’autre choix que de faire le grand plongeon au milieu de cette… si vous voyez ce que je veux dire… Alors, assurez-vous d’être correctement attachés.

Le vaisseau, minuscule entre les nuages, flirta un moment avec la bordure d’un cumulonimbus particulièrement torturé et noir en son centre, puis Hiivsha poussa les commandes vers l’avant.
— Bon… allons-y franchement si nous ne voulons pas dépasser notre objectif. Au revoir beau ciel bleu…

Une légère fredaine s’éleva de ses lèvres, chose qui ne lui arrivait que lorsqu’il était crispé et qu’il ne voulait pas le montrer. Isil posa quelques secondes sa main sur celle qu’il avait placée sur la manette des gaz.
— Tout va bien se passer. Choupy est un bon vaisseau…
— Je croyais que c’était un tas de ferraille…
— Mais non, je plaisantais.

Hiivsha caressa le tableau de commande du haut du cockpit du bout des doigts.
— Tu entends mon gros, elle plaisantait… alors, faut pas prendre ce qu’elle a dit au pied de la lettre, hein ?
Puis plus fort.
— P2-A2, surveille les stabilisateurs. Un vaisseau spatial se comporte vraiment très mal en atmosphère tourmentée et plane comme un fer à repasser, alors surveille bien les moteurs, les stabilisateurs, les aérofreins et tuti quanti !

Le petit droïde émit une série de modulations en guise de réponse. Le ciel avait disparu et autour d’eux, la lumière diminuait sévèrement. Isil, assise dans le siège du copilote, alluma les lumières intérieures qui diffusèrent une légère atmosphère rougeâtre plutôt feutrée dans le cockpit. Déjà le cargo était balloté dans tous les sens comme un fétu de paille dans le vent. Hiivsha crispa ses mains sur les commandes.
— Isil, mon trésor, tu vas gérer les gaz et les volets, je vais me concentrer sur le manche.
— Reçu… chéri, ajouta-t-elle après un laps de temps d’hésitation en fronçant son nez et en appuyant bien sur le mot.

Hiivsha se retourna vers le roi et lui adressa un clin d’œil.
— C’est une première, Votre Majesté, finalement, ça valait le coup de se jeter dans une gueule d’ouragan… rien que pour entendre ce mot dans la bouche de ma Jedi préférée !

Le sourire qui irradiait de son visage faisait plaisir à voir. Calem tapota amicalement l’épaule du pilote. Isil fit semblant de maugréer.
— Profites-en, ce n’est pas tous les jours que tu m’entendras le dire !

Au même instant, plusieurs éclairs éclatèrent autour d’eux, faisant scintiller les lumières du tableau de bord. Tout un pan de celui-ci, entre les deux sièges s’éteignit. Le vaisseau accusa une folle embardée qui les secoua vivement.
— Je crois qu’on a été touchés, annonça Hiivsha en donnant plusieurs coups de poing contre le tableau éteint dont une partie se ralluma avec hésitation. Et je pense qu’on vient de perdre une partie des communications.

P2-A2 se fit de nouveau entendre. Les éclairs continuaient à émettre leurs flashes à un rythme tel qu’on se serait cru dans un stroboscope géant.
— On a perdu les communications subspatiales ainsi que le transceiver HoloNet, traduisit la Jedi. J’espère que tu as de quoi les changer.

Hiivsha fit une grimace éloquente.
— J’ai déjà changé pas mal de circuits après le passage dans la nébuleuse et ceux-ci étaient du nombre… je n’avais pas prévu qu’on devrait affronter un orage de cette intensité. Il doit me rester de quoi réparer les premières si le circuit de secours n’a pas grillé à l’aller. Cette nébuleuse est vraiment une saloperie.
— Oui, j’ai lu dans les archives qu’elle avait toujours posé un défi à nos ancêtres lorsque ceux-ci effectuaient des voyages spatiaux, répondit Calem d’un air soucieux.

Balloté de droite et de gauche, le cargo fonçait vers le sol en aveugle, soutenu uniquement par le radar de proximité que le contrebandier ne quittait pratiquement pas des yeux. De nouveau plusieurs éclairs frappèrent la carlingue du vaisseau provoquant le clignotement des lumières du tableau de bord et un court-circuit dans une armoire électrique qui déclencha un début d’incendie vite éteint par P2-A2.
— Tant que le radar tient, c’est bon… maugréa Hiivsha le front plissé. On se croirait dans un shaker… je vais finir par me prendre pour un petit glaçon !
— N’oublie pas qu’on a besoin de Choupy pour repartir d’ici, remarqua la Padawan en regardant le pilote du coin de l’œil.
— C’est ça… un peu de pression supplémentaire ne me fera pas de mal, maugréa ce dernier. D’autant que si on se crashe, tu vas m’accuser d’avoir fait exprès pour rester avec toi sur cette planète…
— Ça se pourrait.
— Que cela ne vous donne pas des idées, intervint Calem, je tiens quand même à pouvoir revenir entier à Édinu. D‘autant que si vous voulez rester, il y a d’autres moyens !

Il sentit plus qu’il ne le vit le regard pesant de la Padawan se poser sur lui et décida de ne plus revenir sur le sujet.
— On approche de la vallée… commenta Hiivsha, enfin, j’espère que le radar ne s’est pas décalibré avec les multiples impacts de foudre qu’on a subis.

Soudain Isil qui sondait activement la Force cria.
— Redresse, redresse !

Alarmé par son ton impérieux, Hiivsha tira sur le manche tandis que la Padawan poussait sur la manette des gaz. Les moteurs rugirent, cependant qu’une masse sombre fonçait vers eux à toute allure. Le nez de l’YT-1100 se redressa et l’appareil parut escalader le sommet du pic qui se dessinait à travers les nuages. Le pilote dévia sur la gauche pour éviter l’ultime pointe rocheuse qui passa à quelques mètres de leur flanc tribord.
— Moins une, souffla Hiivsha. Ce satané radar a un décalage… il va falloir le recalibrer.
— Pas le temps, laisse-moi faire, proposa Isil en fermant les yeux.
— D’accord ma chérie, inversons, à toi les commandes.

Plongée dans la Force, elle stabilisa l’appareil du mieux qu’elle le put. Dehors, il était impossible de voir quoi que ce soit. Des trombes d’eau s’abattaient sur la verrière du cockpit, qui s’évacuaient en longues traces symétriques disposées en éventail. Subitement, la Padawan annonça.
— Accrochez-vous.

Elle poussa sur le manche et ils sentirent leur estomac remonter.
— Coupe les gaz, sors les volets à fond ! ordonna-t-elle, les yeux toujours fermés dans une attitude inquiétante pour ceux qui ne possédaient pas le même don qu’elle.

L’appareil dévala la pente du massif en plongeant vers une vallée fantôme que nul ne voyait mais qu’elle sentait à travers la Force. Ne rien distinguer au-dehors était pire que tout. Calem avait l’impression qu’à tout moment ils allaient percuter le sol. Il s’attendait à chaque seconde à voir une masse noire écrabouiller le transparacier de la verrière du vaisseau et eux avec.
— Allume les répulseurs !

Hiivsha s’exécuta pendant qu’elle redressait le nez de Choupy. On entendit le cri strident des turbines poussées à fond et l’appareil se mit à trembler comme s’il allait se disloquer.
— Sors les patins !

Une nouvelle fois le contrebandier bascula plusieurs interrupteurs et annonça lorsque les voyants virèrent au vert.
— Train sorti.
— On se pose, prévint Isil toujours concentrée.

Effectivement, le sol leur apparut soudain en crevant le plafond des nuages. Les arbres penchés par le vent laissaient s’échapper de grosses branches qui tombaient et roulaient sur la prairie comme des brindilles, rebondissant sur les rochers avant de s’encastrer dans une crevasse ou un autre arbre. Un choc plutôt rude leur annonça qu’ils venaient d’atterrir. Aussitôt après, les pilotes s’activèrent pour couper les gaz, rentrer les volets, puis les moteurs ralentirent et leur rugissement s’éteignit pour laisser la place au sifflement rageur des rafales de vent.
— Bel atterrissage, compte-tenu des conditions météorologiques, conclut Hiivsha en se levant.
— Bien, fit le roi, ne perdons pas de temps.

Il s’élança dans la coursive pour rejoindre les hommes qui déjà se tenaient prêts à sortir de l’appareil.
— Je suggère que vous emmeniez Isil sur votre machine, proposa-t-il afin de rallier le temple au plus vite. Nous vous suivrons au pas de course… je sais où trouver des corinals… juste en bas du col il y a un relais caché dans la montagne que Zarek n’aura probablement pas trouvé.
— Soit, répondit le contrebandier en se dirigeant vers la soute pendant qu’Isil ouvrait le sas et déployait la rampe d’accès au cargo.

Dehors le vent mugissait dans la vallée en faisant rouler les nuages à une vitesse impressionnante. Malgré l’heure, on se serait presque cru en pleine nuit, une nuit bombardée d’éclairs sauvages qui crépitaient dans le ciel.
Quelques minutes plus tard, la motojet d’Hiivsha s’élançait à travers l’étroit défilé suivie de Calem et de son escorte au pas de gymnastique, armes au poing.
Ils atteignirent rapidement l’entrée de la vallée puis le col plongé dans les nuages avant de s’engager avec précaution dans les virages serrés et ruisselant d’eau de la longue descente qui menait vers la jungle. Au passage du col, ils purent voir les corps de trois gardes blancs sauvagement tués et jetés sur les rochers. Il n’y avait en revanche aucune trace de leurs montures. Sans doute, Dark Zarek se les était-il appropriées pour aller plus vite.
Conscient que ce n’était là que les premiers cadavres qu’ils découvraient, Hiivsha accéléra autant qu’il le put dès qu’ils atteignirent le pied des montagnes. Mais la violence de l’ouragan était telle qu’il avait du mal à conserver le contrôle de sa machine sans cesse déportée à droite ou à gauche, et plus d’une fois, ils durent contourner avec difficulté les arbres déracinés tombés en travers de la piste.

Dans la jungle, il faisait encore plus sombre mais la végétation les protégeait un peu des rafales et il put accélérer légèrement, plein phares. Le froissement des arbres et des plantes agitées par la tempête faisait un bruit épouvantable qui ne connaissait pas de pause. Tout à coup, Hiivsha ressentit un choc violent au niveau de la poitrine. Le souffle coupé, il vit la motojet passer sous lui et s’éloigner toute seule, tandis que le corps d’Isil s’écrasait dans son dos contre le sien. Complètement étourdi, il tomba rudement sur le sol, sur la Padawan. Aussitôt, provenant des fourrés sur sa droite, il aperçut un éclair bleuté. Au même instant, une puissance invisible le soulevait dans les airs et le projetait vers la gauche dans les herbes, à plusieurs mètres de là, lui évitant miraculeusement la décharge d’énergie. Il effectua plusieurs roulés-boulés amortis par la végétation et dégaina d’instinct son blaster avant de se mettre à genoux. Là-bas, de l’autre côté de la piste, il aperçut deux silhouettes noires à la faveur d’un éclair. Il tira plusieurs fois et les traits rouges de son arme déchirèrent l’obscurité ambiante. Un cri se fit entendre. Un nouvel éclat bleuté apparut. Il se jeta au sol pour éviter l’impact en roulant à la lisière du chemin d’où il tira plusieurs fois en direction de l’agresseur. Un nouveau cri retentit. Le pistolet toujours en alerte, il attendit une minute sans rien déceler de plus. Tous ses sens aux aguets, il rampa jusqu’au corps de la Padawan étendue sur le sentier. Elle ne bougeait plus.
— Isil ? appela-t-il lorsqu’il fut tout contre, Isil, ça va bien ?

Un gémissement lui apprit qu’elle n’était pas morte. Toujours en épiant les alentours, il étendit un bras vers elle pour lui secouer le visage.
— Isil ! cria-t-il plus fort.

Elle leva un bras en gémissant de nouveau et porta la main à son front.
— Houlà, fit-elle, j’ai pas dû avoir le temps de générer un bouclier de Force assez puissant… j’ai pris une de ces décharges…
— Merci du voyage dans les airs, lâcha le contrebandier en lui embrassant le bout du nez, tu m’as sauvé la vie. Quels réflexes !

La Padawan se remit sur ses fesses avec difficulté.
— Pas entièrement au point quand même, tu as vu nos agresseurs ?

Hiivsha se releva précautionneusement et aida la jeune fille à en faire autant puis marcha en direction de l’endroit où il avait distingué les silhouettes. Là, il trouva deux corps d’hommes-serpents, morts.
— Hé, hé, je sais encore viser ! s’exclama-t-il tout seul en revenant vers sa compagne qui examinait quelque chose en travers du chemin.
— Une corde, expliqua-t-elle comme il arrivait près d’elle, une simple corde tendue en travers de la piste. Simple mais efficace. Vu la hauteur, elle était prévue pour entraver les pattes d’éventuels corinals. Heureusement qu’elle n’avait pas été tendue un peu plus haut, ajouta-t-elle en la tranchant d’un coup de sabre laser.

Hiivsha se caressa la gorge d’un geste éloquent.
— C’est pas faux, admit-il avec une grimace.

Un peu plus loin, il releva la motojet et relança les turbines. Isil vint s’asseoir derrière lui et le ceintura de ses bras.
— Si tu veux, tu peux conduire, proposa-t-il.
— Je sais pourquoi tu dis ça, glissa-t-elle à son oreille avec un sourire pincé.
— Tu vas sûrement me prêter des intentions…
— Que tu as probablement… j’ai déjà expérimenté la façon dont tu me tiens dans tes bras sur une moto… continue à piloter… j’ai besoin de toute ma concentration pour détecter d’autres pièges éventuels.
— Comme tu voudras… chérie !

Il appuya sur le mot de la même façon qu’elle l’avait fait à bord de Choupy. Il démarra et reprit la route du Temple.
Lorsqu’ils émergèrent de la jungle, la pluie les saisit tout d’un coup, violemment. Une pluie épaisse, formée d’énormes gouttes tropicales. En un rien de temps, ils furent trempés jusqu’aux os. Le pilote dut ralentir sa machine, n’y voyant presque plus rien à travers l’épais rideau presque solide qui se dressait devant eux.
— Attention ! cria subitement Isil en se crispant contre lui.

Il freina tout en inversant brutalement les manettes et évita de justesse une forme humaine qui titubait sur le chemin. La motojet s’arrêta et ils descendirent de la machine. Une femme, visiblement mal en point, s’approcha et tendit les bras vers eux en s’écroulant. Isil eut juste le temps de se précipiter vers elle pour la retenir et la prendre par dessous les bras.
— Aidez-moi… parvint-elle à articuler. Là…

Son visage était tuméfié et ses vêtements déchirés. Elle pointait un doigt tremblant dans une direction un peu à l’écart de la route. La pluie avait baissé d’intensité et on pouvait distinguer un peu plus loin la forme d’une habitation comme celles des petites fermes qu’Hiivsha avait pu visiter dans la vallée.
Pendant qu’Isil suivait la femme tout en la soutenant, le contrebandier était remonté sur la motojet et les suivit. Parvenu près de la ferme, il descendit blaster en main puis poussa du pied la porte entrouverte et entra. À l’intérieur, il y avait cinq corps, trois hommes et deux femmes. Des prêtres et des prêtresses d’Édin. Isil entra à son tour et assit la femme sur un banc.
— Ils sont morts pour la plupart, conclut le contrebandier après avoir examiné les cadavres, il y a plus de douze heures, ajouta-t-il en appuyant plusieurs fois sur le bras de l’un d’entre eux, les lividités ne disparaissent plus. Celui-ci est encore en vie, ajouta-t-il en s’agenouillant contre un homme étendu au pied d’un escalier.

La Padawan se rendit auprès du prêtre pour l’examiner. Ses yeux étaient clos mais quelques gémissements s’échappaient de temps en temps de sa gorge. Il respirait avec difficulté. Elle écarta les pans du vêtement du blessé pour dégager une tâche noirâtre au niveau de sa poitrine, puis posa les mains autour. Une lumière émana doucement à travers ses paumes. Elle ferma les yeux et resta ainsi cinq bonnes minutes sans bouger. Personne ne parla durant tout ce temps. À la fin, la Jedi regarda Hiivsha.
— Nous ne pouvons pas perdre plus de temps, fit-elle l’air navré. J’espère lui avoir insufflé de quoi attendre qu’on vienne le secourir. Il faut qu’on y aille.

Isil tourna ensuite son regard vers la femme qui paraissait dans un état second.
— Je sais que c’est dur pour vous, mais il vous faut rester à l’abri. Nous nous rendons au Temple et nous vous ferons envoyer du secours le plus rapidement possible. Surtout ne bougez pas d’ici, vous m’avez bien comprise ?

La prêtresse hocha la tête.
— D’accord, dit Isil en se levant, viens, Hiivsha, on doit continuer. Je pense que Dark Zarek a semé la mort et la destruction un peu partout sur son passage. Je crains le pire pour les habitants du Temple.

Laissant à contrecœur la prêtresse à sa détresse, ils reprirent la route dans la tempête. Bientôt ils furent en vue du complexe qui abritait le Temple et l’artéfact. Hiivsha stoppa sa machine dans la plaine, cinq cents mètres avant la bordure blanche et, profitant de ce que la pluie s’était momentanément arrêtée, sortit ses jumelles.
— Je vois cinq créatures postées à l’entrée de chacun des bâtiments que je peux distinguer d’ici.
Isil hésitait comme si elle avait quelque chose à dire sans savoir si elle devait le faire ou non.
— Hiivsha, il faut que je te dise…

Devant ses hésitations, il l’enserra par la taille.
— Oui, ma chérie, je t’écoute.

Le repoussant gentiment, elle continua.
— Reste sérieux veux-tu, le moment est mal choisi pour un câlin… C’est à propos de l’Artéfact…
— Que tu n’as pas encore vu, oui… que veux-tu savoir ?
— J’ai l’impression qu’il… qu’il me parle… enfin je veux dire, je l’entends à travers la Force et je le vois… enfin, presque…
— Tu le vois ? Tu en as de la chance, à quoi ressemble-t-il ?

Isil secoua la tête.
— Quand je dis « je le vois », je veux plutôt dire que je le « ressens »… c’est comme si c’était un objet de la Force qui fonctionnerait à travers Elle… ou par Elle… Ce qui expliquerait pourquoi les habitants d’ici n’ont jamais pu le faire réagir. Seul quelqu’un de puissant dans la Force peut selon moi parvenir à s’en servir…
— Ça, ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle, grimaça le contrebandier, car cela veut dire que Zarek peut le faire !

Pour ponctuer la sinistre prévision d’Hiivsha, une série d’éclairs violents éclata au-dessus de leur tête, accompagnée de puissants claquements secs. La lueur électrique se refléta dans les prunelles bleues de la Padawan qui s’illuminèrent tandis que ses cheveux encore mouillés, battaient sous le vent à travers son visage. À cet instant précis, il la trouva plus belle que jamais.
— Oui… mais il lui reste à trouver dans la Force le chemin qui le mènera à cette… chose. Et apparemment, il ne l’a pas encore trou…

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase. Un formidable bruit qui surmonta le raffut de la tempête éclata soudain. Isil et Hiivsha tournèrent leur tête en direction du temple. Un cylindre de lumière venait de jaillir du centre du complexe, puissant, aveuglant, pour aller frapper dans le ciel la voûte compacte des nuages. Le diamètre de la colonne éblouissante se mit à grandir tandis que le son se répétait. C’était comme une note de musique métallique jouée par d’innombrables cymbales, dont l’onde sonore envahit la vallée tout entière en résonnant longuement.
— À mon avis, il vient de le faire ! cria Hiivsha dans le vent pour surmonter le vacarme.
— Non ! gémit la Padawan qui se mit à courir, attrapant la main de son compagnon pour l’entraîner vers la dalle circulaire. Viens, il n’est peut-être pas trop tard !



(à suivre…
prévisions d’achèvement : 40 chapitres + épilogue - 620 pages - tout début 2014)


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Modifié en dernier par Hiivsha le Lun 06 Jan 2014 - 18:54, modifié 2 fois.
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Messagepar Hiivsha » Lun 06 Jan 2014 - 0:28   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Revan Bane a écrit:Je lirais tout ça quand tu auras posté la fin.


Prépare-toi, je viens d'écrire les lettres : "F", "I", "N" au bas de la page 625 de mon document Word A5. :hello:

Au fait, tu lis sur forum, en PDF ou en EPUB ?
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Messagepar Darkantus » Lun 06 Jan 2014 - 2:13   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

yop moi aussi je vais m’atteler a ton histoire :) j'ai lu le prologue déjà

Vu tout le bien que les gens en pensent ça doit vraiment sympa :)
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Messagepar Red Monkey » Lun 06 Jan 2014 - 6:51   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Hiivsha a écrit:Au fait, tu lis sur forum, en PDF ou en EPUB ?


Comme toujours, sur le forum. Je préfère.

D'ailleurs, j'ai une méthode sympa ici, que j'ai utilisée pour Piejs, c'est de mettre en marque page chaque chapitre et hop ! On passe de l'un à l'autre sans interruption, et je sais toujours où j'en suis. :D

Sinon, donne la fin avant la semaine du 20 au 24, parce que j'ai mes bacs blancs à cette période, et tu comprendras aisément que même moi je ne pourrais pas lire.
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Messagepar Hiivsha » Lun 06 Jan 2014 - 11:56   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Bah au point où j'en suis et vu que même Notsil attend la fin pour lire la fin, je prends un ou deux jours pour les corrections et je poste ça. Après, je décompresse, jusqu'au prochain ! :D
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Messagepar Hiivsha » Lun 06 Jan 2014 - 18:53   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Donc, dernier chapitre qui clôt l'histoire sur Edena.
Reste à poster l'Epilogue dès qu'il est corrigé ! :D
____________________

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40 - Le rayon


Tandis qu’ils se précipitaient, la colonne blanche continuait de s’élargir sans vouloir s’arrêter.
Lorsqu’ils ne furent plus qu’à une centaine de mètres de la bordure du complexe, les hommes-serpents qui gardaient le bâtiment le plus proche les aperçurent. Celui qui les commandait aboya des ordres brefs et gutturaux. Aussitôt, des éclairs bleutés bien connus désormais du contrebandier et de sa compagne éclatèrent, traçant des lignes lumineuses qui convergèrent vers eux. Isil avait déjà lâché la main d’Hiivsha et sorti son sabre laser dont la lame verte s’éleva immédiatement, percutant les premiers tirs pour les renvoyer à leurs expéditeurs. Le contrebandier s’était jeté dans l’herbe pour ouvrir le feu à son tour. Deux créatures s’effondrèrent, les autres se mirent à l’abri de l’arrondi des murs de l’édifice. Isil continua d’avancer vers eux, sa lame fouettant vigoureusement l’air pour contrer chaque flux d’énergie, l’air farouche et déterminé. Profitant de ce que les tirs étaient concentrés sur la Jedi, Hiivsha, courbé en deux, s’éloigna pour ouvrir son angle de visée. Dès qu’il le put, il se jeta de nouveau dans l’herbe et fit usage de son pistolet pour mettre hors d’état de nuire un autre ennemi. Isil était à présent tout près des deux derniers saurocéphales. D’une violente poussée de Force elle en propulsa un contre le bâtiment pendant que son sabre tournoyait vers le second pour se planter dans son abdomen. Puis, d’un geste sec, elle rappela son arme à elle. Hiivsha arriva en courant juste à temps pour en terminer d’un coup de blaster avec l’homme-serpent à terre qui se relevait.
Ils coururent vers le centre de la plateforme, jusqu’à la lisière de la colonne lumineuse avant de se mettre à reculer précipitamment. Tout autour du dôme, le sol se rétractait, laissant échapper le soleil de milliers de projecteurs sans doute encastrés dans la paroi de l’immense tube sur lequel reposait la sphère. Les dalles blanches s’effaçaient les unes sous les autres et disparaissaient, agrandissant le trou ainsi formé à chaque seconde. La lumière aveuglante leur interdisait de regarder vers le bas.
Enfin, le sol sembla se stabiliser, et l’ouverture cessa de croître. Il était évident qu’elle faisait à présent le diamètre de la sphère. Soudain, un grondement sourd venu directement des entrailles de la planète se fit entendre et le sol trembla sous leurs pieds. Lentement, la boule blanche s’ébranla et se mit à monter vers le ciel, énorme, d’un blanc immaculé éclatant sous le feu des projecteurs qui semblaient la porter sur leur aura de lumière.
Les mains devant les yeux pour se protéger de l’éblouissante clarté, Isil cria.
— Il faut l’arrêter à tout prix !

Elle repartait en arrière vers le bâtiment qu’ils avaient laissé un moment auparavant lorsqu’une troupe de cavaliers fondit vers eux au grand galop. Calem sauta de son corinal sans même attendre son arrêt, les yeux rivés sur l’artéfact qui continuait à grimper majestueusement vers les nuages au bout d’une fine tige invisible au centre de la colonne de lumière.
— Que se passe-t-il ? cria-t-il dans le vent violent qui lui cinglait le visage.
— Dark Zarek… il a dû trouver comment l’artéfact fonctionnait ! répondit Isil de la même façon.

Le roi se retourna vers ses hommes.
— Chargez-vous des hommes-serpents… tâchez de trouver les personnels du Temple pour les libérer s’ils sont encore vivants. Moi, je vais à la salle de contrôle enterrée avec Isil et Hiivsha… il n’y a que de là qu’il peut commander l’artéfact !

Sans plus attendre, il se rua vers le hall d’entrée du proche bâtiment. La Jedi et le contrebandier lui emboitèrent le pas jusqu’à une batterie d’ascenseurs.
— Un petit tour dans les entrailles de la terre ? marmonna Hiivsha lorsque la cabine se mit à descendre.

Chaque seconde qui s’égrena leur parut une éternité. Puis la porte s’ouvrit de nouveau. Ils se mirent à courir dans la galerie qui s’enfonçait vers le centre du complexe jusqu’à parvenir devant un sas fermé. Calem posa sa main sur un lecteur pour dégager la voie et recommença un peu plus loin pour pénétrer enfin dans la grande salle de contrôle circulaire.
La première chose que remarqua Hiivsha à travers les baies vitrées, c’était l’absence de la sphère. Elle avait disparu. À sa place, au centre, il y avait un tube, de quelques mètres de diamètre qui semblait provenir du centre de la planète et se perdait vers le haut.
Autour du mur opposé, les consoles, disposées tous les cent mètres, étaient illuminées et une myriade de voyants multicolores aux formes les plus variés clignotaient furieusement. Au centre de chaque console, un hologramme du complexe était projeté, vu de l’extérieur, comme une maquette. On pouvait y voir en son centre la sphère qui devait dominer à présent la vallée tout entière de plusieurs centaines de mètres, maintenue en équilibre sur le mince tube qui la soutenait. Le grondement sourd s’était arrêté au profit d’une forme de mugissement continu provenant sans doute des générateurs d’énergie positionnés tout le long de la construction tubulaire qui s’enfonçait au centre de la planète.
— Où est Zarek ? s’inquiéta le roi.

Dans leur champ de vision de la salle circulaire, devant ou derrière eux, ils ne voyaient âme qui vive.
— Séparons-nous, proposa Isil, je vais d’un côté et vous deux de l’autre. Si vous voyez notre Sith, prévenez-moi et évitez d’engager un combat qui pourrait vous être fatal.
— Sois prudente aussi, lâcha Hiivsha avant de l’éloigner d’un pas rapide, blaster au poing, à la suite du monarque.

Ils avaient fait le tour de presque la moitié de la salle, lorsque devant eux, ils aperçurent Isil en arrêt devant l’un des nombreux tubes qui étaient disposés entre chaque paire de consoles.
— Il est à l’intérieur, commenta Isil. C’est de là qu’il commande l’artéfact… il communique avec lui grâce à la Force et à l’aide de ce caisson.
— Alors, arrêtons-le ! s’exclama Hiivsha en tirant avec son arme sur la partie vitrée qui se trouvait devant lui.
— Non ! cria Isil cependant que le jet de plasma rebondissait contre la paroi du tube puis tout autour d’eux sur les murs de la pièce.

Le trait rougeoyant finit par disparaître.
— Arrête ! intima Isil visiblement mécontente de la réaction de son compagnon. Tu vas finir par nous faire tuer ! Le caisson est protégé par une sorte de bouclier de Force naturel, et la matière dont est faite cette pièce semble invulnérable au laser ou à d’autres formes d’énergie concentrée.

Le contrebandier rangea son arme en bougonnant.
— Je ne pouvais pas savoir…
— Comment l’interrompre alors ? demanda Calem, comment le faire sortir de là ?
— J’ai essayé de forcer le tube avec mon sabre laser mais sans succès. Je suppose que les consoles de commande résisteront également.
— Mais alors, que faire ? Nous ne pouvons rester là, à le regarder… au fait, que veut-il faire de cette machine ?

Comme le roi posait cette question, les hologrammes s’animèrent de nouveau. Là-haut, au centre de l’esplanade désormais béante, tout en haut de sa tige, la boule blanche commençait à s’entrouvrir, lentement, comme une fleur qui ouvre sa corolle au jour naissant. De grands quartiers montés sur d’invisibles pivots, s’écartaient les uns des autres dans une parfaite symétrie, pareils à d’immenses pétales, partageant l’hémisphère supérieur de la sphère en douze parties identiques.
— Elle s’ouvre ! s’exclama Calem incrédule.
— Je suppose que c’est pas bon du tout ? lâcha Hiivsha envahi par un sentiment d’impuissance.
— Mais que cherche-t-il à faire ? répéta le roi.

Soudain, une voix, sortie de nulle part, sans doute de haut-parleurs dissimulés dans le mur, se fit entendre en leur arrachant un sursaut de surprise.
— Je me sers d’une œuvre créatrice pour faire ce que l’Empereur n’a pas réussi à faire !
— L’empereur ? Quel empereur ? demanda Calem en interrogeant Isil du regard.

Celle-ci expliqua.
— Il doit parler de l’Empereur des Sith, celui qui a essayé de conquérir la galaxie… vainement jusqu’à présent.

La voix de Dark Zarek, parfaitement reconnaissable, reprit, sarcastique.
— L’Empereur tenait la République à genoux lorsque Coruscant fut prise. Au lieu de ça, il a préféré pour d’obscures raisons négocier un Traité avec elle ! Il est temps que cela change. Je vais faire ce que mon Maître n’a pas osé : je vais détruire Coruscant !

Isil se retourna vivement malgré elle vers la vitre fumée, presque opaque, du caisson. Dark Zarek était invisible à ses yeux. La voyait-il, lui, de l’intérieur de son abri inaccessible ?
— Non ! cria-t-elle, une once de colère perceptible dans sa voix, vous ne pouvez pas faire cela ! Vous ne pouvez pas anéantir ainsi des centaines de milliards d’habitants !
— Je vais diriger le faisceau de cet artéfact sur la capitale de votre misérable République, continua Zarek imperturbable. Selon mes calculs, l’énergie créatrice de cette machine projetée sur un corps astral préexistant, devrait le faire exploser comme une misérable baudruche. Une fois Coruscant disparue, la République sombrera d’elle-même ! D’ici, je contrôlerai l’Empire Sith avec une puissance capable d’effacer n’importe quelle planète. Tous devront obéir. Même l’Empereur sera bien obligé de plier le genou devant moi sous peine de voir la même sanction tomber sur Dromund Kaas et sur le sanctuaire de Korriban !

Hiivsha grogna d’une voix presque inaudible.
— Pourquoi faut-il que ces damnés Sith aient tous la folie des grandeurs dès lors qu’ils disposent d’un quelconque pouvoir ?

On se le demande, songea la Padawan.
À présent, à la surface, la sphère paraissait complètement déployée. Ainsi, elle ressemblait à une monstrueuse fleur. De l’extrémité de chacun des quartiers s’étiraient à présent de longues antennes de plusieurs dizaines de mètres. Isil et ses compagnons purent suivre cette évolution sur les hologrammes répétés tout autour de la salle de contrôle au centre de chacune des consoles ainsi que sur les pupitres qui encerclaient chacun des caissons.
Soudain, la Jedi s’agita et saisit le bras du contrebandier.
— Je crois savoir comment combattre Zarek, s’écria-t-elle en se ruant vers le cylindre voisin, distant d’une centaine de mètres de celui dans lequel Dark Zarek s’était enfermé.

Hiivsha et Calem la suivirent. La jeune fille s’était arrêtée devant le pupitre qui entourait le tube et appuya sur un bouton. Rien ne se passa. Elle ferma les yeux, et se plongea dans la Force puis réessaya. Silencieusement, la paroi fumée coulissa dégageant un passage haut de deux mètres cinquante. Isil commenta en s’approchant du cylindre.
— J’ai l’impression que les Édins étaient plus grands que nous.
— Tu ne vas pas entrer là-dedans ? interrogea Hiivsha au comble de l’inquiétude.
— Il n’y a que comme ça que je peux combattre Zarek.
— Mais tu ne connais pas cette technologie… cela peut te tuer ou te griller… je ne sais pas moi… le cerveau !
— Zarek est dans un tube similaire ! objecta Isil.
— Oui, mais il a disposé de dix-huit heures pour s’y préparer… toi, tu… tu viens juste d’arriver…

La Padawan posa une main sur la joue de son compagnon, la mine grave.
— Tout va bien se passer…

Se retournant, elle s’enfonça en reculant dans le tube, un peu petite dans une moulure prévue pour recevoir un corps effectivement plus grand et plus large.
— Hiivsha ?
— Oui ?
— Si jamais… ça tourne mal… essaye de prévenir le Conseil et dis-leur que j’ai échoué à protéger cette planète.
— Non, mais… je… Isil… ma chérie… bégaya le contrebandier.

Subitement, au moment où Calem ouvrait la bouche pour dire quelque chose à son tour, la vitre se referma et la Padawan disparut à leurs yeux.
— Isil ? Isil, tu vas bien ? demanda Hiivsha d’une voix anxieuse.

Une nouvelle voix se fit entendre de nulle part, calme et tranquille.
— Je vais bien. Je sens la Force de l’artéfact m’étreindre… je plonge dedans…

Au même moment, du centre de cette étrange fleur formée par la sphère, s’étira à son tour une sorte de trépied très allongé, long de deux cents mètres, pointé vers le ciel. Comme l’antenne achevait de se déployer, l’intensité du ronronnement des générateurs s’intensifia nettement et les lumières de la salle se mirent à briller plus fort.
— Regardez ! s’exclama Calem en montrant du doigt l’hologramme qui flottait au centre du pupitre entourant le caisson.

La sphère s’était mise à bouger lentement, comme si elle s’efforçait de s’orienter, pivotant légèrement autour de son axe en s’inclinant avec hésitation, revenant parfois sur sa dernière position pour en prendre une nouvelle.
— Isil, s’écria Hiivsha, Zarek paraît chercher des coordonnées… un alignement !

Mais la Padawan ne lui répondit pas. Le visage de marbre, comme celui d’une morte, son esprit cherchait à fusionner avec un monde invisible déconcertant, fait tout d’abord d’une multitudes de couleurs qui filaient en lignes parallèles puis en courbes et enfin en cercles formant un tunnel dans lequel elle se déplaçait à une vitesse vertigineuse. Elle ne ressentait aucune douleur, aucune sensation. Juste l’impression d’avoir quitté son corps et de se mouvoir dans un nouvel espace, une nouvelle dimension. Le tunnel avait une sortie, minuscule tout d’abord mais qui s’agrandit avec une rapidité prodigieuse et à travers laquelle elle fut projetée dans le vide spatial. Soudain tout autour d’elle, des milliards de points lumineux se mirent à scintiller, certains gros, d’autres presque invisibles, des soleils, des planètes et des nébuleuses multicolores, des corps astraux informes ; elle se trouvait au cœur de la galaxie qu’elle embrassait du regard. Il y avait ce trait rouge qui se déplaçait devant elle puis elle se sentit comme prisonnière d’un corps solide et devant elle, devant ses yeux, se dressa la pointe d’une antenne qui fuyait vers l’infini. Elle comprit. Elle était dans l’artéfact. Elle pouvait le sentir, le faire bouger. Mais il ne suivait pas les mouvements de son corps. C’était lui qui lui imposait son mouvement. Dark Zarek ! C’était lui qui le faisait se déplacer et elle pouvait voir l’antenne qui cherchait à s’aligner sur le trait rouge. Au bout de ce trait écarlate, elle en était certaine, il y avait Coruscant. La Padawan cherchait à se débattre, mais elle se sentait comme emmurée.

Calem et Hiivsha fixaient l’hologramme comme hypnotisés. D’un seul coup, celui-ci se mit à rétrécir, la maquette devint un point sur une planète, Édora, et de cette planète émanait un trait rouge qui traversait la pièce. Puis Édora elle-même se mit à rétrécir pour ne plus former à son tour qu’un tout petit point et autour d’eux se dessina peu à peu la galaxie, d’abord immense, occupant tout l’espace alentour puis elle-même se réduisant à une projection de seulement quelques mètres de diamètre. Le trait rouge était toujours bien visible. Il traversait à présent une partie de la galaxie jusqu’à peu près son centre. Le Monde du Noyau. Là, il s’arrêtait subitement, sur un autre petit point lumineux qui brillait un peu plus que ses voisins.
— Coruscant, murmura Hiivsha, pétrifié.

Il comprit que le Sith achevait d’aligner l’artéfact en direction de la ville-planète, capitale de la République Galactique. Et dans quelques minutes, quelques secondes peut-être, celui-ci puiserait au plus profond d’Édora une énergie incommensurable que la Force amplifierait pour envoyer un rayon qui drainerait sans doute une partie de la matière de la nébuleuse et du cosmos afin de créer un nouveau monde… sur une planète déjà habitée !
Le bruit des générateurs d’énergie était maintenant à son paroxysme. Un vacarme insoutenable qui pénétrait chaque personne présente dans la vallée pour la faire vibrer de l’intérieur. Dans la salle de contrôle, sur les pupitres, sur les consoles, toutes les lumières brillaient à présent comme des lampes prêtes à exploser. Elles clignotaient de plus en plus vite tandis qu’un son suraigu venait de s’ajouter au vacarme ambiant.
L’hologramme de la galaxie disparut soudain pour être remplacé par le précédent, celui du Temple, comme si on avait changé de caméra dans la retransmission d’un quelconque événement sur l’holonet. Sous leurs yeux impuissants se forma, entre chaque pointe dépassant des quartiers ouverts de la sphère et le bout de l’antenne centrale, un rayon vert, d’abord hésitant puis épais, presque blanc en son milieu. Tous ces rayons convergeaient vers la flèche du trépied central.
À l’extérieur, les nuages se mirent à tournoyer au-dessus du Temple, à une vitesse effarante, formant au centre de ce tourbillon apocalyptique un œil azur qui s’élargit rapidement pour dégager en quelques instants la vallée de la tempête qui jusque-là n’avait pas faibli. Le soleil se mit à briller jalousement face à l’éblouissante colonne de lumière qui s’élevait à présent vers l’infini.
— Non… pensa le contrebandier, non… Isil !

Mais il ne put qu’assister impuissant au final triomphant du Sith.
De la pointe de l’immense antenne naquit enfin un gigantesque rayon vert qui transperça l’atmosphère de la planète et se perdit dans le cosmos. Le bruit fut tel qu’Hiivsha et Calem tombèrent à genoux, les mains pressées sur leurs oreilles pensant que leur crâne allait éclater. Cela durant de longues secondes puis, soudain, tout s’arrêta. Le contrebandier crut que ses tympans avaient cédé et qu’il était devenu sourd. Il décolla ses mains et frappa du poing contre le pupitre du cylindre. Le bruit le rassura. L’air hébété, il se releva.
À cent mètres d’eux, la porte fumée du tube dans lequel s’était enfermé Dark Zarek coulissa en silence. Le Sith sortit de son caisson.
— C’est un triomphe ! s’exclama-t-il comme au théâtre en écartant les bras.

Instinctivement, Hiivsha porta la main à son blaster et l’extirpa de son étui pour le pointer vers son ennemi. Aussitôt, il sentit une main invisible mais irrésistible lui ôter son arme qui décrivit une courbe dans l’air pour retomber lourdement un peu plus loin.
— Allons, capitaine Inolmo, vous venez vous aussi de notre galaxie… vous savez pertinemment que vous ne pouvez pas vous mesurer avec moi ! Ni vous, ni celui qu’on appelle le Roi d’Édéna mais qui bientôt ne sera plus rien, sinon un pantin à mes ordres.

Au même moment, la porte vitrée du caisson d’Isil s’ouvrit et la Padawan titubant, effectua deux pas avant de s’écrouler sur le sol comme une poupée sans vie.
— Isil ! cria Hiivsha en se précipitant sur elle.
— Voyez, reprit le Sith, mon seul adversaire digne de ce nom n’a pas résisté à l’artéfact de la Création ! Dommage. Peut-être nous affronterons-nous une autre fois. Je dois vous laisser, il faut que je voie cette machine de mes propres yeux !

Et sans rien ajouter, il leur tourna tranquillement le dos pour disparaître par l’une des portes donnant sur la salle de contrôle.
— Isil ! appela le contrebandier en donnant de petites tapes sur les joues livides de la Padawan.

Calem s’était lui aussi agenouillé et avait saisi le poignet de la jeune fille pour lui prendre le pouls.
— Elle est vivante, conclut-il.

En effet, ses paupières battirent accompagnées d’un gémissement, et sa tête se souleva lourdement. Hiivsha retrouva le sourire.
— Te revoilà ma chérie, comme te sens-tu ? Tu sais au moins quel est ton nom, hein ?

Isil s’assit sur son postérieur et tourna puis retourna la tête.
— Où est Dark Zarek ?

Hiivsha opina du chef.
— On va considérer ça comme un oui. Quant à notre ami Sith, il s’en est tranquillement allé pour rejoindre les spectateurs à la surface.
— Il faut l’arrêter, grimaça la Padawan avec effort tout en tirant sur le bras du contrebandier pour se relever.

Ce dernier hésita puis lâcha.
— C’est trop tard, Isil, à l’heure qu’il est Coruscant doit être détruite.

La jeune fille baissa la tête.
— Je ne suis pas parvenue à dévier le rayon… Zarek bloquait l’artéfact… j’étais dedans, mais je n’ai pas pu le faire bouger… Quoiqu’il en soit, il doit payer et surtout, ne plus pouvoir recommencer.

Dans la grande salle, les lumières ambiantes avaient retrouvé un éclat normal, presque faible après ce qui avait été comme une longue et puissante surtension. Sur les consoles et les pupitres des tubes, les hologrammes s’étaient éteints ainsi que les voyants qui ne clignotaient plus. La Padawan s’arrêta un instant devant l’une des consoles et l’observa longuement. Peut-être cherchait-elle à comprendre quelque chose face aux rares voyants qui recommençaient à s’animer.
— Isil ? interpela Hiivsha.

La Jedi sortit de son apparente rêverie et rejoignit les deux hommes prêts à quitter la salle, en courant.
D’un pas rapide, ils traversèrent la galerie qui menait vers les ascenseurs puis subirent avec impatience la longue remontée beaucoup trop lente à leur goût.
Enfin à la surface, ils retrouvèrent l’éclat d’une journée paradoxalement ensoleillée.
— On dirait que la tempête s’en est allée ? observa le contrebandier.

Calem se dirigea vers l’une des sorties du bâtiment en apercevant l’un de ses hommes qui accourait.
— Sire, s’écria le sous-officier, le Sith… ce Zarek… il est au centre du complexe, au bord de la grande ouverture par laquelle est sortie la grosse boule… vous auriez dû voir ça !

L’homme était visiblement surexcité. Il ajouta.
— J’ai deux tireurs embusqués sur le toit de deux bâtiments, dois-je leur donner l’ordre de l’abattre ?
— Où en êtes-vous avec les hommes-serpents, sergent ?
— Situation sous contrôle, Sire, il n’en reste apparemment plus… ou alors ils se planquent drôlement bien. Deux blessés chez nous. Le caporal Darmi est salement touché mais les prêtres sont en train de le soigner… et le soldat Vamil’Hi… mais lui, ça ira. On a trouvé le personnel du Temple… pour ceux qui ne sont pas morts, enfermés dans l’un des bâtiments. On les a regroupés sous la surveillance de l’escouade une. Moi je vous cherchais…
— Parfait, sergent, suivez-nous.

Le monarque sortit sur l’esplanade parsemée de branches, de feuilles et de terre, apportées par l’ouragan. Malgré cela, elle resplendissait de blancheur sous le soleil. Au centre, à presque deux cents mètres de leur groupe, se détachait la silhouette noire du Sith, enveloppé dans sa cape, minuscule au pied de la formidable machine déployée dans le ciel.
Calem prit son transmetteur.
— À tous, encerclez le Sith et ouvrez le feu sur mon ordre.

Hiivsha nota les soldats qui arrivaient de plusieurs bâtiments pour converger vers eux. Il s’assura que son blaster était chargé à la puissance maximale cependant qu’Isil avait tiré son sabre laser dont la lame verte s’étira.
Lorsqu’ils ne furent plus qu’à une cinquantaine de mètres de leur cible, Calem cria dans son communicateur.
— Feu !

Chacun appuya sur la détente ou le bouton de tir de son arme, y compris les deux tireurs d’élite postés sur les toits.
Au même instant, Dark Zarek avait effectué un bond imposant de côté qui le transporta plus loin à la vitesse d’un éclair, pour faire face à l’ensemble de ses ennemis. Comme pour lui répondre, la Padawan s’envola à son tour dans un impressionnant saut de Force, pirouetta plusieurs fois dans les airs avec une grâce infinie, avant de retomber sur ses bottes, à deux mètres à peine de sa cible. Cette dernière affairée à repousser les tirs de ses assaillants se mit à sourire.
— Padawan Isil, nous avons un compte à régler toi et moi.
— Un seul compte ? grinça la Jedi.

Zarek leva les yeux vers le ciel.
— Si tu veux parler des victimes de Coruscant… je ne les mets pas dans la balance. En ce qui me concerne, seul compte le fait que tu m’as privé de ma chère apprentie, Diva.

Le sabre vert s’abattit sur lui mais la lame rouge vint en opposition afin de le stopper net. Plusieurs échanges de coups par la droite et la gauche prolongèrent le premier assaut, faisant grésiller les deux lames. Pour finir, Isil étendit la main vers son adversaire et le propulsa loin d’elle vers la bordure sud de la plateforme avant de se lancer dans un nouveau et puissant saut qui la ramena tout près de Zarek.
— Tant de Force si rapidement après être sortie de ce caisson ? Tu m’impressionnes jeune fille. Évidemment, je suppose qu’il est inutile de te proposer un partenariat avec moi ?
— C’est très tendance, je le crains, chez les Sith qui se sentent en mauvaise posture que de vouloir débaucher son adversaire… dès lors qu’il s’agit d’un Padawan, ricana Isil qui venait de placer sa lame devant elle à bout de bras pour intercepter les éclairs de Force que Zarek venait de lancer contre elle.

Les éclairs cessèrent rapidement devant l’avancée du reste de ses ennemis qui revenaient vers le lieu du combat.
Isil reprit un assaut classique, maîtrisé sans grande surprise par le Sith qui reculait, sans doute pour chercher une échappatoire, tout en conservant Isil entre lui et les autres qui hésitaient ainsi à tirer.
— Tu es une épine dans mes projets pour cette planète, j’espère que tu t’en rends compte. Si tu n’es pas avec moi, il me faut absolument te tuer.

Isil tournoya rapidement pour tenter de le surprendre, mais une poussée de la Force la projeta plus loin. Alors qu’elle se relevait, elle entendit Hiivsha crier.
— Attention !

Dark Zarek avait lancé vers elle son sabre et elle eut juste le temps de l’esquiver laissant ce dernier déchirer au passage sa bure et sa tunique sur son flanc gauche. La Padawan sentit la morsure du laser dans sa chair et grimaça en étouffant un gémissement. Le temps que le sabre achève sa course dans les airs, le Sith, les deux mains tendues en avant, eut le temps de projeter une très puissante vague de Force sur ses adversaires en les balayant comme des fétus de paille. Tous autant qu’ils étaient se sentirent soulevés dans les airs, décrire une parabole avant de retomber pesamment sur le sol, à moitié assommés. Seule Isil avait réussi à contrer cette poussée et à présent, c’était elle qui courait vers le bord extérieur de la plateforme blanche, comme si, saisie de peur, elle cherchait à s’enfuir.
Le danger représenté par les édéniens et le contrebandier étant momentanément écarté, le Sith décida d’en finir avec cette Padawan si peu courageuse. Il la poursuivit en criant.
— Il n’y a pas d’issue par là, tu ne peux pas m’échapper.

En effet, Isil arriva bientôt tout au bord de la dalle circulaire qui à cet endroit-là surplombait la rivière tumultueuse. Cette dernière grondait en contrebas après avoir contourné le noyau central du complexe tout en passant sous celui-ci. Comme un animal acculé dans un piège, elle se retourna, regardant d’un air affolé à droite et à gauche à la recherche d’une possibilité inexistante.
En signe de reddition, elle éteignit son sabre et le rangea à sa ceinture. Zarek ricana en s’approchant d’elle et tendit sa main gauche en faisant appel à la Force pour étrangler la pauvre Padawan qui ne devait attendre aucune pitié de lui. Les pieds de la jeune fille quittèrent le sol tandis que sa gorge subissait l’impitoyable écrasement de la main invisible.
— Idiote, tu pensais pouvoir t’échapper ? Ton Maître ne t’a-t-il donc pas appris à combattre jusqu’au bout ? Tu as tué Diva, n’attends de moi aucune clémence. Meurs donc !

Il se concentra pour augmenter la pression sur la gorge de son adversaire qui se tenait les yeux fermés, comme privé de vie à l’instar d’un patin. La poitrine de la jeune fille se souleva pourtant et son torse se bomba, ses poings se crispèrent et ses yeux se rouvrirent. Zarek sentit son étranglement faiblir. Il perçut quelque chose d’étrange chez la Padawan, une agitation de la Force qui montait en une vibration qui allait crescendo. Puis, lançant un cri puissant, Isil lui échappa, retomba sur le sol, se mit à genoux les mains à plat sur la dalle qui se mit à vibrer comme secouée par un tremblement de terre.
— Qu’est-ce que… cria-t-il en essayant de conserver son équilibre tandis qu’un pan de la plateforme se détachait de celle-ci, les entrainant avec lui.

Hiivsha qui avait retrouvé ses esprits était en train d’aider Calem à se relever lorsqu’ils virent le Sith et la Jedi disparaître dans la rivière.
— Non, cria le contrebandier en se précipitant vers le bout de la dalle.

En contrebas, dans les remous, debout sur leur frêle esquif, les deux ennemis avaient repris leur duel au sabre. Lumière verte et lumière rouge, créaient un halo lumineux autour d’eux dans des mouvements vifs et rageurs.
Déjà, Hiivsha s’était élancé, suivi de Calem et de ses hommes, pour gagner la rive verdoyante et tenter de revenir à leur hauteur. Sans les perdre de vue, il courait à perdre haleine, ne s’arrêtant une fois que pour viser le Sith de son blaster avant de renoncer à cause du risque de toucher sa bien-aimée.
Ballottés comme un fagot sur un âne, chacun essayait au mieux de conserver son équilibre tout en contrant les coups de l’autre pour essayer de reprendre l’avantage. Isil se battait bien, mais le Sith possédait l’expérience de l’âge s’il n’était pas le meilleur dans l’art du combat au sabre, et semblait prendre l’ascendant sur la Jedi d’autant que les eaux de la rivière se calmaient notablement à cet endroit-là. La situation semblait devoir tourner à son profit lorsque de manière imprévisible, Isil fondit sur lui et les projeta hors de leur radeau de fortune.
De nouveau, un cri s’échappa de la gorge du contrebandier en les voyant disparaître dans les flots.
— Isil !

Il obliqua sa course pour gagner le bord de la rive, à l’endroit où il les avait perdus de vue, et s’arrêta, cherchant avec anxiété un signe de vie. Le silence régnait, rythmé seulement par le bruissement des remous de l’eau. Aucun signe de vie, aucune bulle signalant la position des deux adversaires ne vint crever la surface. Hiivsha était tout aussi perplexe que Calem et ses soldats qui se tenaient les yeux rivés sur l’onde dans l’attente d’un hypothétique changement à sa surface.
Plusieurs minutes s’écoulèrent ainsi mais aucun corps n’était remonté. Les hommes descendirent la rive vers l’aval pour tenter de découvrir des indices, des traces mais les communicateurs ne signalaient rien.
Au bout d’une dizaine de longues minutes, Calem posa une main sur l’épaule du contrebandier en exerçant une pression chargée d’émotion.
— C’est fini, dit-il, personne ne peut rester aussi longtemps sous l’eau sans respirer.

Ses jambes se dérobèrent sous lui, et Hiivsha tomba à genoux sur les galets mouillés, le visage figé vers le milieu de la rivière.
— J’aurais dû y aller, murmura-t-il.
— Avec le courant, vous ne seriez jamais arrivé au bon endroit. Je suis désolé, Hiivsha. Je vais faire venir des hommes pour tenter de retrouver son corps.

Soudain, le contrebandier se releva.
— Non, fit-il, cela ne peut se terminer ainsi. Isil m’a dit un jour qu’un Jedi pouvait rester très longtemps enfermé dans une bulle de Force protectrice. Je suis certain qu’ils sont toujours vivants.

Calem secoua la tête, l’air navré.
— Je vous comprends, capitaine, moi aussi j’ai refusé de croire à la mort de Sali, et si…

Il ne termina jamais sa phrase. Dans une grande gerbe d’éclaboussures, la fine silhouette d’Isil transperça la surface de la rivière come une ondine émergeant d’un lac, à quelques mètres seulement de la rive où ils se tenaient. Elle tenait dans sa main droite la poignée de son sabre laser, et trainait par l’autre main, un gros paquet tout noir, dégoulinant.
— Qu’est-ce que je disais ! s’exclama Hiivsha au comble du bonheur.

Il se précipita dans l’eau pour décharger la Padawan de son fardeau.
Calem montra Zarek du doigt.
— S’est-il noyé ?
— Non, répondit Isil, mais visiblement, il est moins doué que moi pour faire provision d’oxygène dans une bulle de Force… il faut dire que je m’y étais préparée alors que lui a été surpris. Il a simplement bu trop d’eau…
— L’eau de l’oubli ? s’enquit Hiivsha qui connaissait déjà la réponse.
— Il s’en était préservé jusqu’ici, continua Calem, mais il y a un début à tout. Les prêtres se chargeront de lui.
— Que va-t-il devenir ? s’inquiéta le contrebandier en serrant une Isil ruisselante contre lui.
— Il ne sera jamais plus le sinistre personnage qu’il a été. À l’instar d’Isil, il aura perdu l’usage de la Force et Emon’Ho saura lui donner la vocation de servir Édin !

Un nuage passa devant les yeux d’Hiivsha.
— Tout de même, il vient de faire un génocide chez nous.

Isil leva son visage vers le sien.
— Je n’ai ressenti aucun bouleversement dans la Force lorsque l’artéfact a produit son rayon. Il me semble que si Coruscant avait disparu, la Force aurait hurlé à travers toute la galaxie.
— Mais tu as dit que tu n’avais pas pu dévier l’artéfact à cause de Zarek ?
— C’est vrai… alors j’ai essayé de raccourcir le rayon. Regardez !

Elle leva son bras vers le ciel et tendit l’index en direction d’un nouveau point brillant.
— Qu’est-ce que c’est ? demanda Hiivsha alors que tous suivaient du regard la direction indiquée en se protégeant les yeux du soleil avec les mains.
— Un nouvel astre… une nouvelle planète… Édora II, fit Isil en souriant.
— Ainsi, l’artéfact est réellement une machine à… fabriquer des étoiles ? bégaya Calem incrédule.
— C’est possible… même si je ne suis pas certaine d’avoir réussi à raccourcir le rayon vert.
— Comment cela, protesta Hiivsha, mais tu as dis que… Coruscant…
— Peut-être que l’artéfact a besoin de se nourrir des gaz de la nébuleuse pour créer un corps astral. Dans ce cas, il est probable qu’il ne puisse plus guère servir qu’à finaliser le système d’Édora… impossible pour lui de créer plus loin. Au fond, peut-être que Zarek aurait échoué malgré tout sans qu’on ait eu besoin d’intervenir.
— Je préfère ne pas avoir tenté l’expérience, grogna Hiivsha. Mais quand même, d’où vient cette… machine ?

Calem intervint à son tour.
— Qui sait ? Selon que vous aurez la foi, il viendra d’Édin, ou d’une race supérieure… ou simplement de l’homme d’Édora à l’apogée de sa technologie… il y a si longtemps. Saurons-nous un jour la réponse ?

Ils revenaient tranquillement vers le Temple, quand un nouveau bruit attira leur attention. La grande antenne se rétracta pour disparaître dans la sphère qui se referma lentement, majestueusement, avant de redescendre s’enterrer partiellement au centre de la plateforme. Lorsqu’ils parvinrent au bâtiment où les rescapés de cette journée les attendaient, Emon’Ho en tête, le dôme avait repris sa place et la dalle s’était refermée.
— Il ne faudrait pas qu’un autre Zarek atterrisse un jour ici pour recommencer l’expérience, remarqua Hiivsha.
— Ce ne sera pas de sitôt, rétorqua Isil avec une telle conviction que Calem et le grand prêtre prêtèrent l’oreille tandis que la jeune fille continuait. J’ai étudié les voyants d’une des consoles avant de sortir de la salle de contrôle. Certains servent à donner la puissance de recharge de l’artéfact. Au rythme où ils recommencent à s’allumer, il faudra à ce dernier environ… quinze mille ans pour cela. De quoi vous laisser le temps d’aller explorer votre nouvelle planète.
— En effet, répondit Calem, mais… comment peux-tu savoir cela ?

Les yeux de la Padawan se remplirent de malice et pétillèrent de plaisir.
— C’est l’artéfact qui me l’a dit !



(à suivre…
prévisions d’achèvement : 40 chapitres + épilogue - 620 pages - tout début 2014)


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Modifié en dernier par Hiivsha le Lun 06 Jan 2014 - 20:00, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Lun 06 Jan 2014 - 19:58   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Et voilà l'épilogue.

Roman fini, presque dans les temps... au départ c'était pour octobre 2013, mais bon, comparé à certains ici, ce n'est qu'un tout petit décalage ! :diable:

Je vous laisse à votre lecture. :oui:
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Calameo, PDF et EPUB mis à jour évidemment, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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Épilogue


Hiivsha lâcha un juron et frappa d’un grand coup de clé à molette la traverse métallique contre laquelle il venait de se cogner le front. Ces galeries de maintenance étaient très bien pour planquer de la marchandise mais trop petites pour quelqu’un de son gabarit ! Des bips fusèrent des haut-parleurs du petit droïde.
— Non, ça va pas ! fulmina le contrebandier entrainant aussitôt une série de modulations désespérées de l’astromécano. Plus rien ne fonctionne dans ce vaisseau, maudite nébuleuse !

La voix d’Isil se fit entendre dans le système de communication.
— Tu en es où avec la propulsion ?

Hiivsha repoussa la carte électronique qu’il tenait dans sa main pour la replacer dans son logement.
— Les circuits de l’hyperdrive sont morts, c’est ce qui a interrompu notre saut.
— Dis-moi que tu as de quoi les changer ?

Le contrebandier asséna un autre coup de clé sur la paroi de duracier.
— Non, je n’en ai pas ! La prochaine fois, c’est douze exemplaires de chaque circuit de ce maudit rafiot que j’emporterai si jamais je reviens par ici !
— C’est ennuyeux, fit la voix de la Padawan, surtout quand je t’aurai annoncé la suite…

Le pilote expira bruyamment.
— Vas-y, annonce la couleur !
— Le recycleur d’oxygène est hors service et une valve de sécurité s’est déclenchée. Nous perdons l’air du vaisseau. Il faudrait que P2-A2 fasse une sortie pour la fermer de l’extérieur avant que nous n’ayons plus rien à respirer.

Hiivsha passa la tête par la trappe de la galerie de maintenance et cria en direction du droïde qui s’affairait un peu plus loin.
— Tu as entendu, P2 ? File vite retrouver Isil et vois pour colmater cette fuite… dépêche !

L’astromécano partit à toute vitesse en lâchant une bordée de sons électroniques.


Une heure plus tard dans le carré.
— J’ai du mal à croire que tu as réussi à vaincre ce Sith, à sauver Coruscant de la destruction, et que nous sommes là, en plein vide, à dériver sans hyperpropulsion et pratiquement sans oxygène.

Songeuse, Isil acheva sa tasse de thé avant de répondre.
— Cette nébuleuse est un véritable cauchemar et son activité électrique est incroyable. Si un jour nous voulons revenir sur Édéna, il faudra un vaisseau spécialement conçu pour. Où en sont les communications.
— Pas d’holonet ni de liaison longue distance. Il faudrait qu’un vaisseau ne passe pas trop loin pour qu’il nous entende. J’ai allumé la balise de détresse mais je ne sais pas si sa portée lui permettra d’être captée depuis la galaxie. Les moteurs subliminiques fonctionnent.
— Sauf qu’à ce train-là, même avec de l’oxygène et des vivres, nous serons morts de vieillesse avant de gagner un système habité… et nous sommes trop loin d’Édora pour penser faire demi-tour.

Hiivsha soupira.
— Nous n’aurions pas dû partir de là-bas.
— Notre devoir était de rentrer, objecta la Padawan et d’informer le Conseil de ce que nous avions trouvé. Je sais bien que tu aurais souhaité rester dans celle magnifique vallée, avec moi.

Elle leva les yeux vers lui.
— Tu ne crois pas que tu te serais vite lassé d’une vie tranquille à mes côtés ?

Il avala son café fumant sans répondre.
— Une éternité à tes côtés ce serait encore trop court, finit-il par dire en posant la tasse dans l’évier.

La jeune fille se leva et comme il se retournait, passa ses bras autour de sa taille.
— Je crois que tu es sincère quand tu dis ça, murmura-t-elle en tendant son visage vers le sien.
— Quand on aime… commença-t-il avant de l’embrasser longuement.

P2-A2 ne put retenir quelques bips lorsque Hiivsha prit soudainement Isil dans ses bras et s’engagea dans la coursive. Le droïde trépigna sur ses roulettes.
— Non, P2, tu ne peux pas venir avec nous… là où nous allons, c’est une affaire de grandes personnes… de personnes… enfin je veux dire… oh, et puis, reste-là, c’est tout !

Quelques secondes plus tard, la porte d’une cabine claquait, laissant le petit droïde seul. Une légère plainte s’éleva de sa carcasse et le dôme de sa tête tourna plusieurs fois sur lui-même. Lentement, il se dirigea vers l’endroit où ses deux maitres s’étaient enfermés et s’arrêta devant leur porte. Le silence fut progressivement entrecoupé de soupirs et de petits cris, de halètements puis de cris plus intenses. P2-A2 laissa échapper quelques bips modulés et décida de regagner le cockpit pour éviter d’être indiscret plus longtemps.


— Finalement, tu vas peut-être avoir ce que tu cherches, murmura la jeune fille blottie dans les bras de son amant.

Du bout des doigts, il caressait sa colonne vertébrale en comptant machinalement les vertèbres.
— C'est-à-dire ? finit-il par questionner.
— Passer une éternité avec moi.

Il lui releva le visage d’un doigt pour l’embrasser tendrement.
— J’aurais préféré avoir plus de temps pour profiter…
— Profiter de quoi ?
— De nous… de toi, comme maintenant, allongée sur un lit, tout contre moi, nue et vulnérable, les cheveux en bataille après avoir fait l’amour… de l’éclat de tes yeux si bleus, du rose de tes lèvres si pulpeuses…

La Padawan lui posa un doigt sur la bouche.
— Il nous reste encore assez d’oxygène pour recommencer encore et encore…

Hiivsha fit une moue.
— D’après mes calculs, il nous en reste pour cinq ou six jours. La fuite a vidé pratiquement toute les réserves.

La jeune fille se retourna sur le lit pour offrir son dos au torse de son amant et lui prit les bras pour les refermer sur sa poitrine.
— Six jours à s’aimer sans contrainte, sans autre avenir que celui de mourir ensemble… ça me va, murmura-t-elle en fermant les yeux pour se remémorer les quelques jours qui avaient suivi la défaite de Dark Zarek.
*
* *

Le Sith, ou ce qu’il en restait, fut laissé à la garde des prêtres qui entamèrent aussitôt la cérémonie de la restauration de l’âme, le maubra’ama. Désormais, Zarek serait Kol’Ho-Braman, « Celui qui s’est trompé de chemin », serviteur d’Édin, voué à passer sa vie dans la vallée qu’il avait tant cherchée.

Trois jours plus tard, un impressionnant cortège funèbre traversait la capitale, drainant une foule immense et recueillie qui piétinait au son d’une marche lente et majestueuse. Dans cette foule, les plus importantes personnalités de la planète étaient venues rendre hommage au Capitaine-Général de la Garde Royale dont l’imposante urne funéraire qui contenait ses cendres avançait de conserve avec celle du Prince Taimi, toutes deux exposées sur des corinals blancs. Derrière les autorités, suivait une bonne partie de la population d’Édinu qui savait à présent à quoi s’en tenir sur les événements des derniers jours.
Il y eut une première cérémonie au Grand Temple de la ville durant laquelle le roi prononça quelques mots, et sa voix résonna à travers tout Édéna par le biais d’une retransmission vidéo planétaire en direct.
— Comme tous ceux qui ont perdu un être cher durant les événements de ces derniers jours, je pleure aujourd’hui la disparition de mes proches, de mes amis. Dans cette terrible tourmente venue du désert de Sang, j’ai perdu en particulier deux frères. Le premier s’est égaré sur un chemin obscur, sous l’influence sournoise d’une créature maléfique finalement vaincue par un ange du bien venu de très loin pour nous sauver. Mais c’était mon petit frère…

Il y eut un silence pesant, puis le jeune monarque continua d’une voix basse en tournant la tête vers l’urne de son cadet.
— Taimi, pardonne-moi… peut-être n’ai-je pas su te protéger assez pour t’éviter cette fin…

Sa voix se raffermit pour continuer.
— Le second était mon ami, un autre frère comme parfois on en trouve dans la vie. Le Capitaine-Général de la Garde Royale, Jarval Hor’Gardi, était un homme bon et courageux qui a donné sa vie pour la survie du Royaume. Il est tombé en héros face au mal absolu qui avait atterri sur notre planète. Ses précieux conseils et son éternel humour nous manqueront cruellement.

L’hymne édénien s’éleva dans l’imposante bâtisse, relayé à travers toute la capitale par des haut-parleurs et par des écrans géants disposés aux endroits stratégiques de la cité. La vie s’était arrêtée, chacun se tenait immobile, une main sur le cœur ou les deux jointes devant lui, la tête basse dans un geste de recueillement.
Le cortège funèbre reprit ensuite sa longue marche vers les jardins d’Édin, lieu de souvenir par excellence où les cendres funéraires des défunts étaient habituellement éparpillées au sommet d’une colline d’où jaillissait une source claire et vive qui s’égayait à travers les pelouses jonchées de fleurs multicolores. Comme pour beaucoup de personnalités dont les familles préféraient disposer des cendres, celles de Taimi et de Jarval ne furent pas dispersées, mais les urnes furent déposées en grandes pompes à l’intérieur d’un haut bâtiment circulaire entouré de colonnes qui trônait au nord des jardins. Dans ce Panthéon, étaient regroupés les restes des héros du royaume et les membres des familles royales.
Une chorale entonna un hymne à l’espérance qui fit frémir tous les présents puis l’orchestre royal joua une nouvelle fois l’hymne du royaume.


Après cinq jours de deuil national, une nouvelle et fastueuse cérémonie eut lieu, plus festive celle-là, puisqu’elle célébrait le mariage du roi et de la princesse Sali d’Austra plus rayonnante que jamais. Le mariage fut suivi par le couronnement de la nouvelle reine longuement acclamée par ses nouveaux sujets. Ce fut l’une des dernières fois qu’on put admirer les deux sosies, Sali et Isil côte à côte, toutes deux radieuses et magnifiques dans leur longue robe d’apparat.
Ce fut également à cette occasion, que la Padawan fut nommée, à l’unanimité du Conseil Planétaire, grande héroïne d’Édéna et ambassadrice éternelle de la planète pour la proche galaxie. Un message holographique fut enregistré à cette fin et remis à la Jedi bien embarrassée par les témoignages d’admiration voire de dévotion que tout le monde lui prodiguait.
Enfin, un bal fastueux clôtura trois jours de fête, ponctués par de magnifiques feux d’artifices aux quatre coins du royaume.


Dans l’intervalle de temps, entre la cérémonie funèbre et le mariage, Isil et Hiivsha s’efforcèrent de préparer Choupy IV à une nouvelle rencontre avec la dangereuse et énigmatique nébuleuse. Le contrebandier réussit également le tour de force de décider Isil à visiter avec lui la vallée du Temple d’Édin l’espace d’une journée d’évasion absolument paradisiaque. La galaxie lui paraissait loin tout comme la République et l’Empire Sith, autant que ses déboires avec des personnages aussi peu recommandables que Gyps le Hutt. Il put ainsi goûter à quelques moments d’une intimité délicieuse avec la jeune Jedi qui, loin de la guerre et de son Ordre, ressemblait presque à n’importe quelle jeune femme du monde.


Le moment du départ arriva cruellement trop vite. Le quatrième jour après le mariage royal, toute la population de la capitale s’était de nouveau rassemblée, mais cette fois, c’était pour assister au décollage du mystérieux vaisseau spatial venu d’une galaxie qu’on disait toute proche. Ainsi, désormais, les habitants d’Édéna savaient qu’ils n’étaient plus tous seuls… une réalité cachée jusque-là par les autorités civiles et religieuses, pour celles qui avaient déjà eu affaire à des êtres venus d’ailleurs et tombés victimes de l’eau de l’oubli.
Calem se garda bien de proposer de nouveau à ses deux amis une villégiature dorée sur la planète. Il ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie, ayant bien compris les tenants et les aboutissants pour chacun d’eux. Il se contenta d’étreindre l’un et l’autre avec une sincère émotion, imité aussitôt après par Sali qui garda longuement Isil serrée dans ses bras, les larmes aux yeux.
— Promets-nous de revenir nous voir un jour, supplia la jeune reine en s’essuyant les yeux sous les ovations de la foule en liesse.
— J’essaierai, Sali, je vous le promets, répondit la Jedi émue malgré ses efforts pour se détacher de toutes les émotions qui tentaient de la submerger.

Ce furent de longs et déchirants adieux. Le duc et la duchesse d’Austra y prirent part en affirmant l’affection qu’avait su leur inspirer la Padawan lors de sa trop courte visite en qualité de « Sali ». Dans un coin de la tribune spécialement dressée pour l’occasion, son excellence Phileo Gau’Am-Soor dans son fauteuil roulant ne perdit pas une miette du spectacle touchant qui se déroulait devant ses yeux. Sali-Iella avait tenu parole et s’était rendue elle-même quelques jours auparavant dans la grande propriété du vieillard pour l’inviter à ses noces. Elle avait tenu à s’y rendre seule, sans Calem, avec juste l’escorte protocolaire exigée par son rang, pour mieux évoquer quelques souvenirs personnels. Discrètement, madame Xavia tendit plusieurs fois au milliardaire un mouchoir blanc afin qu’il s’essuie les yeux.
Le capitaine Rigo avait longuement bavardé avec Isil des Jedi et de leur Ordre, de leur formation et de leur entraînement, des tactiques de combats terrestres et spatiaux… de tout ce qui avait trait à la guerre. Pour finir, il lui avait offert un vieux sabre édénien qui lui venait de ses aïeuls. Ne pouvant lui offrir son sabre-laser, Isil lui avait en retour donné un pistolet blaster prélevé sur l’armurerie de Choupy.
Calem avait fini par pardonner à Gil et ce dernier avait été autorisé à rester au palais avec sa dulcinée. Debout, légèrement en retrait parmi toutes les autorités qui se pressaient sur l’estrade trop petite autour du roi, l’adolescent fondit en larmes lorsqu’Isil l’entoura de ses bras pour l’embrasser. Selen se colla à lui pour le réconforter tandis que la Padawan prenait le chemin de la rampe d’accès au vaisseau, aux côtés du contrebandier la gorge nouée par le déferlement d’affection dont ils étaient la cible.
Et puis Choupy s’était majestueusement élevé au-dessus de la foule en délire qui agitait des milliers de foulards blancs avant de ne devenir qu’un petit point dans le ciel azur qui disparut rapidement dans la clarté du jour. Edéna elle-même avait rapetissé sur les écrans pour se transformer en souvenir qui semblait presque n’avoir jamais existé sinon en rêve.
*
* *

Isil souleva ses paupières alourdies par les effets de l’appauvrissement en oxygène et bougea dans les bras de son compagnon, s’attirant un grognement de ce dernier. Comme elle se levait pesamment, il lui demanda d’une voix pâteuse.
— Tu vas où princesse ?

Isil enfila sa tunique et ses bottes et laissa son sabre laser sur la table de chevet.
— D’après mes calculs, il ne nous reste que quelques heures… je vais tenter un dernier appel de secours en fréquences courtes.
— Pourquoi tu te rhabilles ?

La jeune fille sourit tristement.
— Disons que si un jour on retrouve la carcasse de ce vaisseau à la dérive, je préfère qu’on me retrouve habillée.
— C’est bête… marmonna Hiivsha, t’auras plus que les os…

La Padawan ne répondit pas.
— Tu reviens ?

Elle se retourna et le regarda longuement. Il n’avait pas bonne mine. Elle non plus sans doute. Elle avait du mal à inspirer profondément et sa tête lui faisait déjà mal.
— Oui, répondit-elle en passant dans la coursive, je ne manquerai pour rien au monde l’occasion de mourir dans tes bras.


Lorsqu’elle revint, quelques minutes plus tard, un sourire éclaira de nouveau son visage.
— Tu t’es habillé toi aussi ? observa-t-elle en s’allongeant à ses côtés.
— Ben oui… j’ai fait comme toi… des fois que…

Sans rien ajouter, il passa ses bras autour de son corps et l’attira tout contre lui.
— Je t’aime… murmura-t-il à ses oreilles.

Il y eu un long silence puis un autre murmure lui répondit.
— Moi aussi…
*
* *

La porte s’ouvrit brutalement et le lieutenant Liam Bump s’engouffra dans le bureau sans même avoir pris le temps de frapper. L’amiral haussa un sourcil et leva les yeux vers son subordonné.
— Est-ce vraiment aussi important que ça, Bump ?

Le chef de la cellule soutien de la CPM paraissait tout excité.
— J’ai repéré un signal, amiral… ok, je vous accorde qu’il est très faible et que d’autres seraient passés sans le détecter… mais, amiral, ma solde du mois qu’il s’agit d’une balise de détresse venant de l’espace intergalactique.

Valin Narcassan referma le rapport qu’il était en train d’étudier et releva sa tête.
— Si vous le dites, je vous crois, Bump. Et de quel vaisseau émane ce signal ?


Deux minutes plus tard, les deux officiers faisaient irruption sur la passerelle de commandement et l’amiral regagna son fauteuil.
— Sortie de l’hyperespace à mon commandement. Allez !

Sur l’écran géant le noir du vide spatial se rematérialisa. L’amiral consulta son écran de données.
— Vecteur d’interception un huit deux quatre quadrant six, machines en avant toutes.

Puis appuyant sur le bouton de l’interface de communication.
— Les officiers de la CPM au rapport sur la passerelle immédiatement.
— Je l’ai, amiral, s’exclama Liam Bump penché sur des détecteurs un écouteur collé à son oreille, je confirme, c’est la balise d’un cargo modèle YT-1100… code d’identification…

Il s’écoula quelques secondes durant lesquelles les doigts de l’amiral tapotèrent impatiemment le bout des accoudoirs puis Bump reprit.
— C’est le Choupy IV, amiral, c’est le capitaine Inolmo, exactement sur le vecteur de retour qu’il avait envisagé de prendre.
— Mais bien loin de son lieu de rendez-vous, compléta Narcassan. Heureusement que nous avions envisagé la probabilité d’une panne de son hyperpropulsion. Scannez le vaisseau et lancez un appel sur toutes les fréquences.

Au même moment, Keraviss Sayyham, Devan Prak et le colonel Vellaryn pénétrèrent sur la passerelle.
— Nous avons retrouvé notre ami le capitaine Inolmo, annonça leur chef. En ce moment nous scannons le vaisseau pour tenter de savoir combien de personnes sont à bord.
— C’est une excellente nouvelle, annonça le chef de la CPM avec sur le visage ce qui devait ressembler chez lui à un sourire.

Le commandant Sayyham s’était déjà emparée d’un senseur en bousculant sans manière le jeune sous-officier qui s’activait devant. Après deux ou trois manipulations elle observa.
— Deux formes de vie humanoïdes…

Quelques exclamations fusèrent. Le capitaine Prak lança.
— Deux formes… se pourrait-il…

Il n’acheva pas sa phrase de peur peut-être de leur porter la poisse. La loordienne reprit d’une voix sèche.
— Signaux vitaux faibles… en diminution…
— En diminution ? s’exclama le colonel Vellaryn, que voulez-vous dire, Sayyham ?
— Rien d’autre que « en diminution »… le signal s’affaiblit à chaque seconde qui passe… comme si les personnes détectées étaient en train de mourir.

Nouveaux murmures sur la passerelle. Bump reprit à son tour.
— Le scanner indique une teneur en oxygène quasi nulle, amiral.

Le regard de Narcassan croisa celui du commandant Sayyham.
— Ceci explique sans doute cela, fit-elle. Pour une raison inconnue, ils sont à court d’oxygène.
— D’accord, prévenez les équipes d’urgence ainsi que l’infirmerie du pont B. On va lancer le rayon tracteur au maximum de sa puissance et les ramener chez nous à pleine vitesse… sinon, nous arriverons trop tard !

Maître Torve venait d’arriver sur la passerelle. L’amiral se tourna vers lui.
— Shalo, supervisez la manœuvre, moi je me rends au pont B !
— Entendu Valin, lui répondit sobrement le Maître Jedi en prenant sa place dans le fauteuil. Énergie de traction au maximum ! Dès que vous avez les coordonnées précises, activez le rayon. Et continuez à essayer d’entrer en contact avec eux.

Les autres officiers de la CPM avaient également quitté le pont sauf le lieutenant Bump qui s’activait toujours sur ses appareils. Un jeune enseigne s’écria.
— J’ai les coordonnées, général !
— Alors, activez le rayon tracteur à pleine puissance.

Au même moment, une série de bips modulés se fit entendre dans les haut-parleurs.
Choupy IV, annonça un opérateur, vous allez être pris en charge par le rayon tracteur du croiseur de la République Defiance… passez en mode automatique !

De nouveau des bips résonnèrent.
— C’est bon, fit Bump en se retournant vers son supérieur, il est passé en automatique. Nous allons nous servir de ses moteurs subliminiques qui ont l’air de fonctionner pour gagner du temps et nous les couperons au dernier moment. Avec sa puissance de propulsion et le rayon tracteur, ce ne devrait pas être long pour le récupérer.
— Je compte sur vous, lieutenant, pour ne pas le réduire en purée lors de l’accostage !

Liam Bump secoua sa tête en souriant.
— Ne vous inquiétez pas, général, je vous promets que ni l’un ni l’autre des deux bâtiments n’aura la moindre rayure !

Le cargo grossissait à présent à vue d’œil sur l’écran de contrôle.
— Il sera à bord dans cinq minutes, confirma Bump en lissant son épaisse moustache noire d’un revers de main.
— Où en sont les signaux des senseurs ? demanda le Maître Jedi.
— Presque plus de signal, général, répondit le sous-officier qui avait repris son poste après le départ de la loordienne. On est en train de les perdre.


Sur le pont B, l’effervescence de l’organisation des secours avait laissé la place à un silence religieux. L’amiral avait fait brancher le son de la passerelle sur les haut-parleurs du hangar. Tous les regards étaient à présent fixés vers l’extérieur, vers l’entrée béante laissée par les portes grandes ouvertes et protégée du vide par un bouclier d’énergie. L’YT-1100 était bien visible et sa silhouette grandissait à chaque seconde. On entendit l’ordre lancé sur la passerelle par le lieutenant Bump.
— Paré à couper les moteurs du Choupy… maintenant !

Le cargo arrivait très vite. À cette allure il allait se désintégrer en arrivant dans le hangar. Les haut-parleurs résonnèrent de nouveau.
— Prêts pour inverser la traction…

Le vaisseau n’était plus qu’à une courte distance du croiseur et filait toujours trop rapidement. Une exclamation parcourut le personnel du pont. La voix claqua sèchement.
— Inverser la traction, maintenant !

On devina le cargo qui tremblait de toute sa carcasse sous l’effort demandé à sa superstructure. Mais à bord, il n’y avait plus personne pour s’en soucier hormis un petit droïde qui gémissait de peur en laissant échapper de longues plaintes modulées. Enfin, Choupy se présenta à l’entrée du hangar et ses patins crissèrent en dérapant sur le sol de duracier jusqu’à ce qu’un immense filet qui venait de se déployer sur sa trajectoire ne finisse par l’immobiliser en craquant de partout.
Des hourras retentirent dans le hangar tandis que les équipes techniques se répartissaient aussitôt autour de l’appareil pour prévenir tout départ d’incendie dû au frottement.
L’amiral se précipita vers la rampe qui s’abaissait, commandée depuis la passerelle du Defiance, suivi des officiers de la CPM présents et s’engouffra dans l’appareil faiblement éclairé par un circuit de veille. Des bips frénétiques les guidèrent dans la coursive circulaire jusqu’à un droïde qui trépignait d’impatience.
— Oui, P2, on est là !

L’amiral ouvrit la porte et s’arrêta sur le seuil. Il contempla un bref instant le doux spectacle qui s’offrait à ses yeux de guerrier fatigué et quelques souvenirs intenses remontèrent en un éclair à la surface de sa mémoire. Sans plus attendre, il se pencha sur le lit, et arracha la Padawan inerte des bras de son compagnon pour la prendre dans les siens. En se retournant, son regard croisa celui du capitaine Prak et du Colonel Vellaryn qui se trouvaient immédiatement derrière lui.
— Je crois qu’il y a certains détails qu’il sera inutile de mettre dans votre rapport, leur dit-il.

Les deux officiers approuvèrent de la tête en laissant passer leur supérieur avant d’entrer à leur tour pour évacuer l’homme inanimé.
Valin Narcassan déposa délicatement Isil sur une civière et, immédiatement, un médecin lui plongea le visage dans un masque à oxygène pendant qu’un autre posait sur son bras un appareil à diagnostic. Il s’en alla de même pour Hiivsha.
— Ils sont vivants, conclurent presqu’en même temps les deux équipes médicales.

Une nouvelle exclamation de satisfaction résonna dans le hangar dans lequel venaient d’arriver les autres membres de la CPM qui n’en revenaient pas de retrouver leur coéquipière au bout de plus de deux mois de disparition inexpliquée.
*
* *

"… c’est pourquoi le Conseil Planétaire nomme la Jedi Isil Kal’Andil comme son ambassadrice auprès des peuples de votre galaxie et souhaite expressément que tout contact avec le système d’Édéna s’établisse par son intermédiaire. Nous comptons sur la sagesse de l’Ordre Jedi, telle que nous l’a décrite notre Héroïne, pour accepter nos désirs et comprendre nos motivations."

La voix de Calem se tut et l’holoprojection disparut. Un silence se fit dans la grande pièce de l’holonet du Defiance dans laquelle étaient rassemblés, autour d’Isil et d’Hiivsha, les autorités du bâtiment et, par projection depuis Tython, les membres du Conseil Jedi assis en cercle dans leur salle du Conseil. Ces derniers se regroupèrent au centre de cette salle et semblèrent délibérer un instant à voix basse sans qu’on puisse entendre autre chose que des murmures insaisissables. Ce fut enfin le Grand Maître Satele Shan qui rompit ce silence alors que les Jedi reprenaient leur place.
— Le long rapport que tu viens de nous faire fut très précis, Padawan Isil ainsi que celui du capitaine Inolmo que nous remercions sincèrement de t’avoir ramenée parmi les tiens. Et le message du peuple d’Édéna est également fort clair et nous allons l’étudier avec toute notre bienveillance. Le Conseil te félicite de ta conduite qui a fait honneur à ton Ordre. Vaincre un Seigneur Sith et son apprentie est un exploit qui mérite toute notre attention. Aussi, le Conseil a décidé que tes épreuves de Padawan venaient de s’achever avec cette performance dans laquelle ton abnégation et ton courage ont su te protéger du Côté Obscur et te mener à des choix que tu as sagement faits pour le bien de tout un peuple. Nous t’invitons à regagner Tython avec tes amis, si l’amiral Narcassan n’y voit pas d’inconvénient, pour recevoir le titre de Chevalier Jedi au plus tôt.
— Merci Maîtres, murmura Isil en baissant la tête en signe de soumission tandis qu’un pincement étreignait le cœur d’Hiivsha.
— Je donne immédiatement des ordres pour dérouter le Defiance vers Tython, Maître Shan, précisa Valin Narcassan, en vous remerciant de cette invitation.

La communication s’interrompit. Chacun des officiers présents vint féliciter la Padawan. L’amiral passa un bras autour des épaules du contrebandier et l’entraîna dans la pièce contigüe qui était un grand salon de réunion.
— Quelque chose me dit qu’au fond de vous, cette aventure vous laisse comme un petit goût d’amertume, Hiivsha, ou me trompé-je ?

Le contrebandier secoua la tête.
— En effet… vous lisez en moi comme dans un livre ouvert, Valin. Suis-je donc si transparent ?

L’amiral sourit.
— C’est l’amour qui est transparent pour qui connaît bien l’autre. Gardez-vous de bien l’enfouir au fond de vous… là, ajouta-t-il en pointant d’un index le côté gauche de la poitrine d’Hiivsha. Il vous fera souffrir, mon ami.

Le contrebandier soupira.
— Il me fait déjà souffrir, Valin… mais je ne l’abandonnerai pour rien au monde.

L’amiral lui tapota l’épaule.
— Je m’en doute.

Puis jetant un coup d’œil derrière lui.
— Je vous abandonne… nous ne sommes pas encore sur Tython.

Sur ce il s’éloigna un sourire aux lèvres. Isil s’approcha de son compagnon.
— Alors, heureuse, Chevalier ? interrogea ce dernier.

La Padawan hocha la tête.
— C’est un luxe qu’un Jedi ne peut se permettre. Disons que je suis satisfaite d’avoir fini ma formation et d’avoir donné raison à feu Maître Beno.
— Je suis certain que lui, aurait été très heureux de voir combien tu as grandi.

Petit à petit, la salle s’était vidée les laissant en tête à tête.
— Je ne suis pas sûre que Maître Mahr aurait approuvé certains de mes choix, confia-t-elle en se dirigeant également vers la sortie. Quoiqu’il eût certaines idées que le Conseil a toujours préféré ne pas connaître, ajouta-t-elle en souriant.
— Ah bon ? s’étonna Hiivsha, tu ne m’en as jamais parlé.

Elle leva vers lui un visage radieux.
— Je ne t’ai pas vraiment parlé de tout ce qui me concerne… ça viendra avec le temps.

Hiivsha sourit.
— Je n’en demande pas plus.

L’ascenseur les ramena vers le secteur E du pont sept, là où se trouvaient les quartiers de la CPM. Ils s’arrêtèrent devant la cabine de la Padawan.
— Tu sais, je me disais que l’amiral avait raison après tout, glissa-t-elle en ouvrant sa porte.

Elle pénétra à l’intérieur. Il la suivit machinalement en demandant.
— À propos de quoi ?

Isil se retourna avec un grand sourire.
— Nous ne sommes pas encore sur Tython.

Elle eut un petit geste de la main et la porte se referma sur la coursive déserte.


FIN



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Messagepar Red Monkey » Sam 11 Jan 2014 - 19:52   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Exceptionnellement, je poste un truc en milieu de lecture, parce que... Voilà quoi. Pas une partie de ma critique, je la garde pour après. Mais juste une phrase de ton texte :

Si un tel pouvoir existe, l’Empire Sith, la République Galactique et même Mandalore devront plier le genou devant moi.


J'adore comment tu met Mandalore au niveau des deux autres :lol: Tu gagnes mon respect. J'ai déjà d'ailleurs plusieurs fois vu ce genre de choses au cours des chapitres, premier et second tome. Pas forcément avec Mandalore mais avec d'autres trucs qui sont pas assez mis à leur juste place. Pour ça et ta connaissance de l'univers dans lequel tu écris, tu gagnes encore des points ;p
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Messagepar Red Monkey » Dim 12 Jan 2014 - 1:36   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Bon, fini.
Je suis l'un de tes derniers lecteurs, mais le premier à finir :lol:

Alors, ce tome 2...
Différent. Du coup je peux pas comparer et dire lequel est meilleur que l'autre.
Tu nous a plongé dans une tout autre monde là, et tu nous as bien embrouillés :D
Que dire, l'écriture toujours aussi excellente, si ce n'est quand même bien plus que le tome 1.
Une intrigue sympa, des personnages que tu réussis à nous rendre attachants.
Tu fais plus que dans un simple roman SW j'ai remarqué. Tu t'attardes vraiment sur tout, tu développe certains points souvent passés sous silence, tu gère ton récit, tu sais comment bien narrer ton affaire là. Vraiment du bon boulot.
Evidemment, l'inconvénient que j'ai là, c'est que c'est long, et du coup j'ai oublié des trucs que je voulais sortir à certains moments du texte ^^ Parce que je pense à des tas de choses à la fois, et même en lisant ton bouquin d'une traite, je peux pas tout traiter ce qui me vient et encore moins tout retenir.
Mais c'est excellent je t'assure :p
Tu changes l'aspect personnel de ton affaire par une guerre totale à la fin, pourquoi pas, si faut changer autant y aller à fond. Toujours aussi cool quoi.

Bon, je t'ai déjà dit mon ressenti sur le titre de ta saga et le fait de donner des noms aux chapitres donc je me répète pas :sournois:

Allez, à plus pour le tome 3 !
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Messagepar Hiivsha » Dim 12 Jan 2014 - 14:23   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Revan : l'homme qui lit plus vite que son ombre !

En tout cas merci de l'avoir fait, ça me fait bien plaisir tu sais ? :oui: :jap:

Pour le titre, c'est un peu tard à présent, mais par curiosité, tu aurais vu quoi comme titre à la saga au vu des 2 premiers tomes ? :)
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Messagepar Red Monkey » Dim 12 Jan 2014 - 14:30   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Hiivsha a écrit:Revan : l'homme qui lit plus vite que son ombre !

Pour le titre, c'est un peu tard à présent, mais par curiosité, tu aurais vu quoi comme titre à la saga au vu des 2 premiers tomes ? :)


Toujours :lol:

Eh bien... Ton titre actuel fait trop... Simpliste. C'est un peu réducteur, presque enfantin comparé au ton sombre bien que fantasy de tes écrits. Mais il a le mérite d'être vaste.
Après, là où les chapitres n'ont pas besoin forcément de titre, la saga en a besoin donc...
Mais le truc c'est que tu diffère tellement tes tomes que il n'y a pas vraiment de lien logique pour en faire un titre de saga. Du coup, ça convient mais ça plait pas :lol: Après c'est qu'un avis perso.
Parce que là tes livres se suivent mais... Rien d'autre^^ Après, le 3 arrive et au vu du titre, on sent venir le lien qui reliera tout ça. Alors je préfère attendre la fin du 3 avant de me prononcer sur un titre qui aurait pu passer. J'en serais bien incapable avec seulement deux tomes si différents.
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Messagepar LORD DARK FAB » Lun 13 Jan 2014 - 21:28   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Pfffff mais quel idiot, j'avais même pas vu qu'il y avait des réçits de Fan , comme j'ai vu une couv , j'ai cu que le bouquin existé physiquement c'est pour cela que j'ai demander si il y en avait a vendre :x

je vais lire et voir mais quand même chapeau car c'est un boulot monstre et ardus et le talent on l'a ou on l'a pas , je vais commencer a lire le 1
Luke aide moi.
idiote il est trop tard car tu appartiens au sombre seigneur vetu de noir!!!
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Messagepar Notsil » Mar 14 Jan 2014 - 20:13   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Et me revoilou ! Avec une bonne tranche de plage horaire pour assimiler ces derniers pavés :)

J'en profite pour te donner quelques coquilles que j'avais vues dans un chapitre précédent et que je n'avais pu te relever.

37.
Ensuite seulement, nous parlementeront avec ces hommes-serpents pour tenter de les renvoyer paisiblement dans leurs foyers.

-> parlementerons

Une chance pour vous que Dark Zarek n’ai pu utiliser le vaisseau

-> ait

En conséquence, tout le monde mangea froides ce soir-là, les rations de combat.

-> là c'est davantage la tournure de ta phrase qui me semble étrange, j'aurais plutôt vu "tout le monde mangea froid ce soir-là." ou "tout le monde mangea les rations de combat froides ce soir-là."

38.
Elle sentit le corps de l’homme se raidit puis devenir tout mou.

-> se raidir

39.
Pourquoi vouloir toujours ramener l’apocalypse au genre féminin ?

-> héhé elle a bien raison la miss ! :)

les aérofreins et tuti quanti !

-> il me semble bien qu'on l'écrit "tutti"

Ils sont morts pour la plupart, conclut le contrebandier après avoir examiné les cadavres, il y a plus de douze heures, ajouta-t-il en appuyant plusieurs fois sur le bras de l’un d’entre eux, les lividités ne disparaissent plus. Celui-ci est encore en vie, ajouta-t-il en s’agenouillant contre un homme étendu au pied d’un escalier.

-> tu dis "ils sont morts pour la plupart" en parlant de cadavres, qui sont déjà morts par nature. Peut-être parler plutôt de formes ou de corps ?

Epilogue.
Où en sont les communications.

-> Manque le point d'interrogation.

La fuite a vidé pratiquement toute les réserves.

-> toutes

Il y eu un long silence puis un autre murmure lui répondit.

-> eut


Sinon côté impressions, bon vu que le tome 3 était annoncé je me suis doutée que la miss Isil allait survivre ^^ J'ai bien aimé ta gestion de la bataille, pour le Sith bien vu, j'y pensais à moitié à cette eau mais pas de cette façon, elle a bien peaufiné sa stratégie !
L'épilogue est bien chouette, ça augure du bon pour le 3ème tome de ce que j'ai lu de la couverture, on voit que le comportement d'Isil évolue sur la fin après ces quelques jours d'intimité.

Une très chouette histoire plein de rebondissements en tout cas. Vivement le tome 3 !
"Qui se soumet n'est pas toujours faible." Kushiel.
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Messagepar Hiivsha » Dim 19 Jan 2014 - 13:32   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Merci de ton retour Notsil et de façon générale merci tous ceux qui ont et qui m'ont donné un retour quel qu'il soit.
Pour m'encourager, n'hésitez pas à laisser un petit mot "public" dans la page du roman sur mon blog perso :jap:

J'espère que le tome 3 ne vous décevra pas. :oops:
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Dim 26 Jan 2014 - 23:37   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Bon... Quelqu'un se rappelle de moi ? :paf:

J'ai intégralement rattrapé mon retard :wink: Malheureusement, je dois dire que la traditionnelle bataille finale a été en demi-teinte pour moi : après un long piétinement, on en a parlé, j'ai trouvé les combats relatés de manière, comment dire, descriptive, par opposition à "explicative", on en restait souvent à des descriptions trop plates, sans l'impact émotionnel ni fil conducteur ; ça va largement mieux dès qu'on se retrouve avec un personnage seul, je pense notamment à la confrontation entre Jarval, Isil et Dolmie. Mais quand même, je trouve que l'écriture n'était pas au top et c'est dommage après une si belle fan-fic, peut-être est-ce parce que tu as eu du mal à surmonter le blocage survenu pendant la reconquête de la ville.

Sur le fond, tu nous a bien sûr ménagé quelques jolies surprises, Gil, le dernier round surprise au temple, l'étrange attitude du chef des Khiates, la fin de Darth Zarek bien trouvée... Forcément, j'ai apprécié. Mais, franchement, tu n'as pas l'impression que les éléments de la fin ressemblaient légèrement à ceux du I ? Non, parce que quand il se met à parler de détruire Coruscant, j'ai un peu haussé les sourcils :paf:

Donc, bon, la fin n'est clairement pas ce que j'ai préféré dans cette fan-fic :neutre:

Pour récapituler !

L'Intrigue

Littéralement aux antipodes du tome précédent, à se demander si c'est bien l'œuvre du même homme ! Le tome I était aussi classique que celui-ci est innovant et éloigné de Star Wars tel qu'on le connait ! Alors je te félicite pour ce nouveau décor mêlant fantasy et science-fictions dans une formule que je n'avais jamais lue jusque-là, vraiment, c'est excellent, et cette œuvre est ainsi bien plus personnelle et originale que la précédente :) J'ai beaucoup apprécié cet effort de créativité -même si l'intrigue classique du tome I avait ses bons côtés, c'est bien celle-ci qui me touche le plus.

Et puis, le cadre général étant posé, tu t'en tires très bien dans l'ensemble pour faire évoluer ton histoire et tes personnages, tu réussis à merveille à animer tout ce petit monde autour des deux sosies que tout le monde aime tant ! L'histoire est simple sans être simpliste, accrocheuse et durablement prenante, avec la richesse qui fait le charme d'une histoire, ces passages qui évitent au scénario de paraître trop fonctionnel, qui dissimulent les ficelles... C'est bien joué.

Oui, mais. C'est aussi là-dessus que se situe mon reproche principal : il y a une inflation assez dommageable dans l'histoire... Quand je parlais de passages non-fonctionnels, ça fait le charme de l'histoire à condition qu'ils soient suffisamment développés pour avoir leur intérêt propre, un peu comme Frodon débarquant chez Tom Bombadil dans Le Seigneur des Anneaux ; ça arrive dans ton récit et c'est très plaisant, je pense notamment à (la vraie) Sali chez le baron, mais on trouve aussi, je t'en ai fait la remarque, des passages qui sont là sans avoir de rapport avec l'intrigue tout en restant sec parce que tu as peur de trop te détourner de ton objectif... Je pense qu'il vaut mieux faire moins de passages non-fonctionnels mais prendre le temps de bien les développer chacun. Ce n'est pas grave la plupart du temps, mais comme je le disais, ça prend des proportions inquiétantes quand on approche de la bataille finale, la reprise en main de la ville, notamment, ne méritait à mon sens pas de tels développements, et c'est dommage car il y a de bonnes idées, mais elles sont diluées... Ah, et comme je le disais, je regrette un peu la parenté du dernier round avec celui du tome I. Voilà, ça, c'est vraiment ce qu'il te faut améliorer pour avoir une qualité professionnelle, le reste est presque parfait à mes yeux !

Je note au passage que tu évites désormais de déshabiller Isil tous les deux chapitres, tant mieux, point trop n'en faut^^

Le Style

Là aussi, le décalage avec le tome I est choquant, on est passé de phrases courtes à des phrases comme les miennes :paf: Bah j'aime bien, moi, je trouve que ça t'a le plus souvent permis des descriptions plus vivantes, plus unies, moins cassées. Ceci dit, le tome I était déjà très bien écrit pour ce qui est de la narration. Bon, attention quand même, sur la fin, même si ce n'était pas sec à proprement parler, ça devenait quand même moins uni, moins inspiré, on trouvait moins d'idées pour sous-tendre les descriptions.

Mais là où il y a un vrai progrès, et il est immense, c'est sur les dialogues, qui sont beaucoup, beaucoup moins clichés et moins niais que dans le tome précédent, dont c'était le talon d'Achille :oui: Là, les personnages s'expriment bien sans que ça devienne trop oral pour autant, c'est impeccable.

Les Personnages

Je ne reviens pas sur Hiisil, toujours sympathique, mais le duo est étrangement éclipsé par les natifs d'Édinu, qui sont plutôt plaisants :oui: On a donc Sali la courageuse princesse et double d'Isil, Calem un roi très digne et chevaleresque, Jarval son fidèle second, ils ne sont pas ultra-développés, mais ils sont attachants tels quels :)

Concernant les méchants, ce duo de Sith est une bonne idée, ça permet d'avoir un antagoniste stable sans que le grand manitou en personne se déplace. Même si je les ai parfois trouvés un peu clichés, ils rendent bien dans l'ensemble, Zarek est machiavélique comme il faut, le dévouement de son apprentie a son intérêt, et les deux ont des pouvoirs à même de créer le suspense.

Voilà, eh bien c'est sans nul doute l'une des meilleures fan-fictions que j'ai lues ici !
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Messagepar Hiivsha » Lun 27 Jan 2014 - 12:24   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Miiiiith !!! :shock: Quelle superbe dissection de mon roman ! :jap:
Vu le temps que ça a dû te prendre, je t'en remercie humblement. :jap: :jap:
D'autant que tu m'as percé à jour !
Je suis mille fois d'accord avec TOUT ce que tu as écrit... et je n'aurais pas mieux pu l'analyser moi-même.

Alors, oui, oui et oui... cette "bataille d'Édinu", ben voilà ! Elle me reste un peu en travers de la gorge.
Effectivement, comme je vous l'avais dit, je suis resté DEUX MOIS bloqué au retour du Temple après la guérison de Sali et après l'annonce de la chute de la ville. Je ne voyais pas comment écrire la suite. Car jusqu'alors, dans mon roman, la "caméra" était restée au ras du sol, au milieu de mes personnages, attachée à eux. Là, du coup :
- si je continuais, je ne me voyais pas reprendre une ville avec toutes les péripéties liées aux personnages en moins d'un livre rien que pour ça... or j'étais déjà "long" dans mon écriture sur mes prévisions qui au départ étaient de l'ordre de 500 pages grand maximum.
- du coup, j'ai voulu faire un "plan hollywoodien" de la bataille, un plan "large", avec une caméra en hauteur, quitte à la placer sur un hélicoptère. Une sorte de résumé crédible de la reprise d'une ville. Il fallait assez de détails pour que ce soit réalisable, surtout en une nuit, et pas trop pour que ce ne soit pas trop long (ça prend quand même 5 chapitres) ! Je n'ai "plongé" dans mes personnages que deux fois en pratique : dans le Palais et notamment avec le duel Jarval-Dolmie-Isil puis brièvement lorsque Isil vient défendre la porte Sud de la ville. Le reste c'est du plan large et du résumé avec quelques courtes scènes "annexes" juste destinées à montrer que "ça se passe partout dans la ville" (je pense à la prise du bâtiment de la télévision).

Conclusion, ça fait un peu "verrue" dans l'histoire. Et j'avoue que, que ce soit avant de l'écrire, pendant ou à présent, ce serait à refaire, je ne vois pas comment le faire autrement sans rallonger de trop le récit.

Peut-être n'aurait-il pas fallu cette prise de pouvoir sur la ville. Initialement, le roi, Sali et Isil partaient seuls au Temple. Dolmie faisait alors son coup d'état - sans invasion des hommes-serpents à l'extérieur - en convainquant Taimi (amoureux transi d'Isil qui finalement avait accepté d'épouser Jarval en même temps que le roi épousait Sali... ça c'était dans le scénario où Iella était bien Isil et Sali était bien Sali, parce qu'après j'ai inversé) . Dans cette version Jarval était assassiné par Taimi et Hiivsha accusé du meurtre. Puis il devait être pendu sur l'esplanade du Palais avec d'autres personnalités refusant l'autorité du Prince. La "libération" se faisait alors plus "à la Robin des Bois", comme dans les films, avec une invasion du Palais par un commando de fidèles du roi, bataille intra Palais au moment des exécutions qui commencent par une ou deux victimes, puis Isil libère Hiivsha. S'ensuit un duel Hiivsha vs Général Pardo et Isil vs Dolmie pendant que le roi maîtrise de son côté le frère rebelle. Finalement, Taimi avoue publiquement à la foule que c'est lui qui a assassiné Jarval. Le général est tué par Hiivsha et la Sith par Isil. Taimi se rend. Du coup, le roi décide d'en finir avec la forteresse du Désert de Sang, rassemble son armée et va la faire tomber. La fin reste inchangée pour ainsi dire. La seule chose c'est que j'ai parallélisé la forteresse et les Kiathes que je pensais mettre à la fin... mais on m'a déconseillé d'en rajouter encore une fois l'histoire principale finie.

Je n'ai pas opté pour cette optin parce que la prise du pouvoir de Taimi me semblait tomber "comme un cheveu sur la soupe" et pas crédible dans un pays quand même évolué. Cela ne semblait pas "tenir la route".

Peut-être que si je la refaisais, j'essaierais de respecter ce scénario quitte à ce que ce soit pas trop trop crédible... après tout, des fois je me dis que je m'emmerde beaucoup pour conserver de la crédibilité à mes aventures quand souvent dans les livres ou les films on ne s'attarde pas vraiment sur ce détail ! :siffle:

Pour le reste c'est tout bon. J'ai voulu en effet mettre un peu en recul le couple Hiivsha/Isil par rapport à l'histoire, c'est pour cela que cette dernière n'émerge qu'aux 2/3 de l'ouvrage. Mais j'ai bien aimé me plonger dans un mix d'univers SW et d'univers fantasy... Pour le tome 3, je reviens dans du grand classique.

Par contre, à la fin, le méchant qui veut conquérir la Galaxie... comment dire... c'est un trait commun à mes romans pour le moment... mais n'est-ce pas un peu toujours la même rengaine dans les films ou les romans ? "Conquérir le monde !" "J'ai encore sauvé l'univers !"
Du coup une question, qu'eusses-tu voulu qu'il voulût faire à part détruire Coruscant ou un autre monde ?

En tout cas, merci du précieux temps que tu as trouvé pour moi malgré tes lourdes études. J'espère que tes partiels se sont bien passés !
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Mer 29 Jan 2014 - 23:34   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Conclusion, ça fait un peu "verrue" dans l'histoire. Et j'avoue que, que ce soit avant de l'écrire, pendant ou à présent, ce serait à refaire, je ne vois pas comment le faire autrement sans rallonger de trop le récit.

Peut-être n'aurait-il pas fallu cette prise de pouvoir sur la ville. Initialement, le roi, Sali et Isil partaient seuls au Temple. Dolmie faisait alors son coup d'état - sans invasion des hommes-serpents à l'extérieur - en convainquant Taimi (amoureux transi d'Isil qui finalement avait accepté d'épouser Jarval en même temps que le roi épousait Sali... ça c'était dans le scénario où Iella était bien Isil et Sali était bien Sali, parce qu'après j'ai inversé) . Dans cette version Jarval était assassiné par Taimi et Hiivsha accusé du meurtre. Puis il devait être pendu sur l'esplanade du Palais avec d'autres personnalités refusant l'autorité du Prince. La "libération" se faisait alors plus "à la Robin des Bois", comme dans les films, avec une invasion du Palais par un commando de fidèles du roi, bataille intra Palais au moment des exécutions qui commencent par une ou deux victimes, puis Isil libère Hiivsha. S'ensuit un duel Hiivsha vs Général Pardo et Isil vs Dolmie pendant que le roi maîtrise de son côté le frère rebelle. Finalement, Taimi avoue publiquement à la foule que c'est lui qui a assassiné Jarval. Le général est tué par Hiivsha et la Sith par Isil. Taimi se rend. Du coup, le roi décide d'en finir avec la forteresse du Désert de Sang, rassemble son armée et va la faire tomber. La fin reste inchangée pour ainsi dire. La seule chose c'est que j'ai parallélisé la forteresse et les Kiathes que je pensais mettre à la fin... mais on m'a déconseillé d'en rajouter encore une fois l'histoire principale finie.

Je n'ai pas opté pour cette optin parce que la prise du pouvoir de Taimi me semblait tomber "comme un cheveu sur la soupe" et pas crédible dans un pays quand même évolué. Cela ne semblait pas "tenir la route".

Peut-être que si je la refaisais, j'essaierais de respecter ce scénario quitte à ce que ce soit pas trop trop crédible... après tout, des fois je me dis que je m'emmerde beaucoup pour conserver de la crédibilité à mes aventures quand souvent dans les livres ou les films on ne s'attarde pas vraiment sur ce détail ! :siffle:


Moui, je comprends le dilemme... J'ai décrit un paquet de batailles notamment terrestres dans L'Ascension de Sev'rance Tann, plutôt bien de ce qu'on m'a dit, et la solution que je retenais était généralement de me concentrer sur un donneur d'ordres général avec une bonne vue d'ensemble pour pouvoir raconter ce qui se passe un peu partout sans entrer dans les détails ni négliger un ressenti d'ensemble, éventuellement avec le point de vue de son adversaire également ; mais c'était plus compliqué à mettre en place s'agissant de la reprise de cette ville...

Par contre, à la fin, le méchant qui veut conquérir la Galaxie... comment dire... c'est un trait commun à mes romans pour le moment... mais n'est-ce pas un peu toujours la même rengaine dans les films ou les romans ? "Conquérir le monde !" "J'ai encore sauvé l'univers !"
Du coup une question, qu'eusses-tu voulu qu'il voulût faire à part détruire Coruscant ou un autre monde ?


Je ne parle pas tellement de conquête de la Galaxie, non qu'on ne puisse s'écarter de ce grand classique, mais ce serait d'assez mauvaise foi que de le reprocher ; c'est juste le fait de vouloir détruire une planète avec Isil qui doit l'en empêcher à la dernière minute^^ On aurait pu imaginer la machine faire autre chose, comme lui créer de toutes pièces une flotte gigantesque, ou être capable de reconfigurer cette même planète qu'il voulait contrôler suivant ses désirs...

En tout cas, merci du précieux temps que tu as trouvé pour moi malgré tes lourdes études. J'espère que tes partiels se sont bien passés !


De rien, j'en avais envie depuis un moment ! Je ne me fais pas de soucis pour les partiels, j'étais apparemment major de promo l'an dernier, ça a sûrement été cette année aussi. Par contre, je dois rencontrer les dirigeants du Front de Gauche et du PS à Nice pour mon mémoire, c'est plus compliqué", et j'en profite donc pour signaler à ceux qui ne l'auraient pas encore compris que les lectures/écritures, c'est suspendu pour moi en ce moment... Je reviendrais, j'espère, terminer L'Ascension de Sev'rance Tann.
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Messagepar The White Knight » Sam 03 Mai 2014 - 14:56   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

:hello:

Juste pour dire que j'ai commencé la lecture de ce deuxième tome (j'en suis au chapitre 7). :)
C'est toujours aussi bon, je dirai même plus, c'est encore mieux que le Tome 1 que j'avais déjà beaucoup apprécié.

Pour l'instant je dois dire que tu m'as vraiment surpris ! Positivement je veux dire. La tournure des événements, la direction totalement inattendue de l'histoire, par rapport justement au précédent Tome, rend ton histoire d'autant plus intéressante à lire.
Tu as réussi à rendre chacun de tes personnages intéressant, et chaque "petite histoire" que vivent chacun d'eux, est très bien raconté, on s'y croirait. :)
D'ailleurs, j'ai comme l'impression que ton récit est beaucoup plus détaillé que pour le Tome 1, ça apporte à la richesse de ton histoire, bien que parfois, ça fait des phrases un peu longues. Mais on va pas chipoter ! :D

Bon je t'avoue quand ce moment je le lis de façon aléatoire, mais de temps en temps je me fais un petit chapitre ou 2. :wink:
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Messagepar Hiivsha » Sam 03 Mai 2014 - 16:42   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Oui, il y a un changement de style entre le 1 et le 2. Le 1 a un style plus court et pus rapide dans la narration, qui fait suite à "l'Archère des Quatre vallées" que je venais d'écrire. Depuis le 2, j'ai trouvé un rythme de narration plus détaillé qui me permet de mieux développer mes personnages, et mes phrases se sont allongées... et oui, il faut que je veille à ce qu'elles ne soient pas trop longues. Il m'arrive souvent d'en tronçonner à la relecture.
Merci pour ce retour partiel. :jap:
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Messagepar The White Knight » Ven 27 Juin 2014 - 15:23   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Après avoir interrompu ma lecture de ta FF pendant quelques semaines, pour cause de préparation à un concours qui ne me laissait pas trop le temps de lire les FF, j'ai repris ton histoire hier, et j'ai bien avancé puisque j'ai repris au chapitre 7 et je vais entamer le 14ème sous peu ! :D
Mes impressions du début se confirment, tu as élevé ton niveau de narration, de description des personnages et des scènes en général.

Si j'avais une seule minuscule critique à faire, c'est que c'est parfois un peu long dans la description pour moi, mais ce n'est que mon ressenti. :wink:

Tant que j'y suis, j'ai noté qu'au chapitre 13, tu as écris : "Tu as raison, répondit la nounou, moi non plus je n’aime pas danser. La dernière fois que j’ai essayé, mon cavalier m’a tellement écrasé les pieds que j’ai eu mal à mon cor durant plus d’une semaine."
Je crois que tu voulais dire "corps" et non "cor". :wink:

Sinon ton histoire est prenante, et en même temps déroutante, dans le sens où les personnages du 1er tome ont quasi disparus à ce stade de l'histoire, même si j'ai ma petite idée sur ce qu'est devenue notre jeune Jedi Isil ... Mais je suis bien curieux de savoir ce qui lui est arrivé, c'est très intriguant, déroutant quand on prend l'histoire dans son ensemble, mais intriguant. C'est en tout cas une démarche créative que je trouve très intéressante. :jap:

Voilà ! :hello:
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Messagepar Hiivsha » Ven 27 Juin 2014 - 19:54   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Merci de tes impressions. :jap:

" j’ai eu mal à mon cor durant plus d’une semaine" = cor au pied :wink:
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Messagepar The White Knight » Sam 28 Juin 2014 - 9:20   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Hiivsha a écrit:
" j’ai eu mal à mon cor durant plus d’une semaine" = cor au pied :wink:


Ah ok ! :transpire:
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Messagepar The White Knight » Mar 01 Juil 2014 - 13:25   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

:hello:
J'ai lu hier le chapitre qu'il ne faut pas lire tant qu'on a pas lu les chapitres précédent et qui révèle enfin où était passée Tu Sais Qui. :D
Ben tu m'as bien eu ! :D J'étais persuadé que c'était l'autre blonde !

J'ai bien aimé aussi le rôle jouer par Gil dans les chapitres précédent, on aurait pu croire que ce n'était pas un personnage très important, mais pas du tout ! Cela dit je crois que tu nous avais prévenu...
J'ai bien aimé aussi, entre autre, le dialogue entre Hiishva et les vielles dames (si tu vois de quoi je parle), avec beaucoup d'humour. D'ailleurs j'ai l'impression qu'il y a plus d'humour dans ce tome que dans le précédent.
Et le Seigneur Sith est juste excellent ! :D

En tout cas j'aime beaucoup ton roman, c'est une excellent histoire et très bien raconté. Faut avoir le courage de se plonger dedans, mais une fois lancé, c'est tout a fait passionnant.

Bon allez je n'ai pas encore fini, je reprends ma lecture ! :)
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Messagepar Hiivsha » Mar 01 Juil 2014 - 15:18   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Confidence pour confidence : j'ai effectivement pris beaucoup plus de plaisir à écrire ce tome 2 qui m'a beaucoup dépaysé que les 2 autres... non pas que j'en ai pas eu à écrire le 1 ou que je n'en ai pas à écrire le 3... mais effectivement, le 2 a une tonalité plus légère que les autres qui sont plus sombres ! ;)
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Messagepar The White Knight » Ven 11 Juil 2014 - 15:11   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Fini ! Je crois que je mérite une médaille ! :D

Bon, avant tout, bravo pour ton travail. La qualité du roman, est vraiment impressionnante !
Vraiment respect pour le travail que tu as fais, et l'imagination qu'il faut avoir, pour obtenir une telle histoire.
J' en suis arrivé à me demander si tu n'étais pas un écrivain, je veux dire professionnellement ? Non parce que là, on atteint le haut niveau. Tu peux envoyer le roman à Lucasfilm pour qu'ils le publient. :D

Tu as fait plus de 600 pages c'est bien ça ? :shock:

Tu m'as donné envie d'écrire une histoire ! Bon j'ai du boulot, mais je commence à avoir quelques idées. Mais je suis conscient du travail, du talent, et de l'implication qu'il faut pour faire quelque chose de bien. Donc j'en suis d'autant plus impressionner par ton roman qui est plus que bien. :wink: :oui:

Concernant l'histoire elle-même, j'ai bien apprécié ce détour vers une planète inconnue, qui semble même vivre à une autre époque, dans un mélange de différentes époques.
Alors je pensais que le duel entre Isil et le seigneur Sith serait plus long, il m'a semblé même un peu court, ce qui est un peu dommage vu qu'il n'y a en que 2 dans tout le roman.
Je dois aussi dire que j'ai été surpris par la façon dont Isil gagne ce duel. Ce n'est pas une critique c'est juste que je pensais qu'elle le tuerait.
Finalement, ça montre toute l'intelligence d'Isil, ce qui est bien vu de ta par.


J'ai été aussi content de voir qu'Isil devient enfin un Chevalier Jedi ! Elle le mérite !
Le pauvre Hiivsha, à la fois le plus chanceux de la galaxie :) , et le plus malheureux :( ... !

Je suis curieux de voir ce qu'ils vont faire dans le tome 3 (surtout que tu me dis qu'il est plus sombre ... ).

Voilà ! Eh bien on se voit sur le topic du tome 3 bientôt ! :wink: :hello:
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Messagepar Hiivsha » Ven 11 Juil 2014 - 15:38   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Merci de ta patience et de ta persévérance. :jap: ainsi que de tes appréciations.

Non, je ne suis pas écrivain professionnel... comme tu peux le voir sur mon site, je n'ai à mon actif que 4 romans achevés, et deux en cours : le tome 3 (projet ludique) et un projet plus sérieux d'un "vrai" roman SF/Space opera/Fantastique, écrit en collaboration avec mon fils qui en a créé le monde et en fait le scénario. Du coup, ce projet m'a fait ralentir mon débit de sortie du tome 3 des "Aventures d'une jeune Jedi", mais juste ralentir, le tome 3 ira jusqu'à son terme car jamais je ne le laisserai inachevé, d'autant que j'ai le synopsis intégral sur brouillon.
Hélas, les aventures d'Isil étant sous licence Disney ne pourront jamais être publiées qu'au format électronique en tant que Fan Fiction "tolérée" par le grand Manitou.

Mes livres sont téléchargeables sur mon site (aux formats EPUB ou PDF) en plus de pouvoir être lus directement sur CALAMEO et je suis plutôt fier du nombre de leurs téléchargements. Plus de 220 téléchargements pour chaque tome 1 et 2 des aventures d'Isil !
Au total, pour mes 4 livres achevés + le tome 3 en cours, je totalise 916 téléchargements... sans compter les lectures sur CALAMEO.

N'hésitez donc pas à faire de la pub à mon site pour inviter les gens à venir télécharger mes romans...
Ah, mes lecteurs pouvaient laisser leur appréciation sur ce site ce serait un vrai "plus"... mais les lecteurs sont a priori bien timides ! :wink: Dommage. :oops:
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Messagepar Jagen Eripsa » Ven 11 Mar 2016 - 10:27   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

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Messagepar L2-D2 » Ven 11 Mar 2016 - 10:57   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Excellente nouvelle !

Mais encore faudrait-il que je prenne le temps de lire le tome 1 ! :lol:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar Red Monkey » Ven 11 Mar 2016 - 14:58   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Superbe ! Je suis fan de la couverture !

Avis aux intéressés : à lire absolument ! Tout comme le tome 1 d'ailleurs.
C'est de la fan-fiction de très très haut niveau.

Vivement que le tome 3 sorte à son tour ! :love:
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Messagepar Darth Eluar » Ven 11 Mar 2016 - 17:53   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 2

Excellente nouvelle ! :love: J'avais beaucoup aimé le tome 1 et ça fait un certain temps que je remets la lecture de la suite à plus tard. Bon, allez, cette fois, dès que j'ai terminé Riposte, je me mets à ce deuxième tome. :oui:
Les vrais héros n'ont qu'un point commun : ils ne se battent que pour la dignité des faibles.
Fan fiction : La Tourmente de l'Ordre (Tome 1 terminé)
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