La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

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Messagepar harnis29 » Ven 07 Avr 2017 - 9:01   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 18 : L'attaque du Robot

La Révolte des Poussières

Chapitre 20
La bataille de Cachin (1ère partie)


C'était le petit jour et il pleuvait des cordes. Il n'avait pas plu pendant des mois et voilà que le jour où le destin de Cachin allait se jouer, il pleuvait des cordes. Et ce n'était pas une gentille petite averse de printemps non, c'était un déluge d'eau qui s’abattait sur la cité. Toph y voyait un mauvais signe. Et avec toute l’électricité qu'il y avait dans l'air, dans la terre et dans les esprits, mener une bataille ce jour-là était peut-être une fausse une bonne idée. Toute la nuit, les Cadiens s'étaient préparé à la guerre. L’imminence et l'inéluctable bataille de Cachin était en marche. A présent il n'était plus possible de faire machine arrière. On ne négociait pas avec un tel ennemi. Les semeurs de douleurs ne comprenaient que les coups et Darth Myseris n'accepterait jamais le moindre pourparler. Pour elle, c'était la victoire dans le sang ou la mort. Toph le savait. Alors il fallait se battre et sûrement mourir pour gagner. Quand les Poussières avaient mis la main sur les armures aux couleurs de Cachin, quand ils avaient admiré les reflets d'or scintillant des boucliers alimentés par le Cinium, quand ils avaient vu les sigles de Cachin briller, alors ils étaient redevenus des Cadiens. Ils avaient retrouvé leur identité. Le millier de Cadiens présent dans l'arsenal de Cachi-Mee se congratulaient et s’interpellaient en bombant le torse. Les uns s’entraînaient à manier les lances, les autres les arbalètes et tous sentaient la fièvre monter. Toutes les armes bourdonnaient et grésillaient d'impatience. En une nuit tout avait changé. La soumission passive s'en était allée. Elle avait disparu avec le torrent d'eau qui lavait les rues de Cachi-Mee. Cette nuit et le jour suivant resteraient dans les mémoires, ils marquaient d'une date historique le second âge de Cachin. Et ce second âge de Cachin débuterait par une bataille de la dernière chance. Gagner et vivre ou perdre et disparaître à tout jamais.
Runh Rapuhn qui n'avait jamais montré le moindre allant pour la violence, avait pourtant hâte de tester cet énorme canon sur lequel il était assis. Il était, lui aussi, fait de Cinium et avait un curieux air de bourgeon floral, tout en courbes et orné de feuilles lovées sur toute sa longueur. Comme pour les arbalètes, il n'y avait pas besoin de munition. Il suffisait d'appuyer sur le bouton, du moins en théorie comme l'indiquait le schéma plaqué sur le siège, et ensuite : « visez, tirez ». Rien de plus.
Jiin avait réussi à faire voler un chasseur dans l'enceinte. Et sa maniabilité était tout aussi élémentaire :Appuyer sur un bouton pour le faire léviter. Une pédale pour accélérer, une pour activer les rétro-freins. Un manche pour la direction et un gros bouton pour tirer. Rien de plus simple.
Toph retrouva Anakin qui se tenait debout sous la pluie, capuche sur la tête, les yeux rivés sur la tour du dôme.
— Nous devrions attendre que cesse la pluie avant de lancer l’assaut contre la tour. Suggéra Toph.
— Non. Au contraire. Répondit Anakin. Chaque seconde passée est une seconde de perdu au profit de Darth Myseris.
— Mais la fin l'ultimatum n'est que ce soir. Nous devons tester les armes avant.
— Non. Nous devons attaquer maintenant. À l'heure qu'il est, sa machine a eu largement le temps de se reconstruire.
— Mais nous n'avons pas de plan, pas de stratégie.
— Pas la peine. Dès que Jiin aura fini de préparer la bombe, on attaque sur tous les bords, tous en même temps. Si nous détruisons la tour, nous rompons le lien avec la créature. Sans son robot, Darth Myseris ne pourra pas gagner cette guerre. Elle le sait. C'est pour cela qu'elle vient de redéployer toute son armée de droïdes et de Cyclattes tout autour du dôme. Elle protège son point faible. La tour est son point faible. Il faut frapper fort et sans pitié.
Anakin regarda encore une fois le tram fantôme qui serpentait nonchalamment autour de la ville. Il passait par des tunnels, traversait des rues, replongeait sous des immeubles et son circuit le faisait passer par la tour du dôme. C'est à ce moment-là que la bombe devait exploser. Dans la tour du dôme.
— Anakin. Reprit Toph. Avec cette pluie c'est trop dangereux. L'électricité et l'eau ne font pas bon ménage.
— Ce n'est pas de l'électricité. Répondit Anakin. C'est de l'énergie. Cela ressemble à de l'électricité mais cela n'en n'est pas.
— Comment peux-tu en être sûr ?
— Mon intuition… Je suis un Jedi. Je dois me fier à mon intuition. Et toi aussi. Vous tous ici. Vous devez vous fier à moi.
— Runh dit que tu n'es pas encore un Jedi. Mais simplement un apprenti.
Et Anakin en fut piqué au vif. Toph mettait en doute sa capacité de soldat de la Force. Il voulut lui montrer sur le champ qu'il était tout fait capable de l'étriller, là, maintenant, sans le toucher, rien qu'avec le pouvoir de la Force. Mais il n'en fit rien. La colère et la souffrance d'avoir perdu Shauska lui faisait perdre la raison. Il le savait. Il devait se ressaisir au plus vite. Se calmer et retrouver la sérénité propre au Jedi.
— Tu as raison. Finit-il par admettre. Je ne suis qu'un Padawan. Mais je peux te jurer que cette sorcière paiera. Elle doit payer. Il le faut.
— C'est ce que nous voulons tous ici. Pourquoi crois-tu que nous te suivons dans cette future bataille ? Parce que nous devons la chasser et retrouver notre liberté.
— Je veux qu'elle meure. Dit Anakin en serrant les dents. Si Obi-Wan m'entendait, il m'exclurait de l'ordre Jedi. Mais je m'en fiche. Elle doit payer. Et rien ne peut me faire changer d'avis.
Anakin ne laissa pas Toph argumenter, il lui donna son comlink que Toph s'empressa dans glisser dans une poche de son pantalon.
— Tu en auras besoin quand Obi-Wan sera revenu. Suis bien ses ordres.
— Et toi ? Comment vas-tu faire sans cet appareil ?
— Je n'ai pas besoin de comlink pour communiquer avec Obi-Wan.
Anakin tourna les talons et retourna dans l'arsenal. Il traversa la foule de Cadiens fébriles et se planta devant Jiin qui inspectait avec minutie le mécanisme de la bombe de Cinium.
— Quand est-ce qu'elle sera prête ?
— Elle n'a pas besoin d'être préparée. Répondit Jiin. Elle est prête à l'emploi. Ce qui me chiffonne par contre c'est son minuteur. Impossible de le régler. Donc impossible de savoir quand elle explosera. Il n'y a que deux fonctions : Marche et arrêt. Impossible non plus de savoir qu'elle est sa puissance.
— Les grenades que tu as jetées sur le robot n'étaient pas très grosses. Et pourtant elles ont été assez puissantes pour détruire la moitié de sa tête. Imagine un peu si cette bombe venait à exploser. Elle fera des dégâts gigantesques…
— C'est bien cela qui m'inquiète. Elle est peut-être trop puissante justement. Il faudrait la tester. Loin d'ici.
— Nous n'avons pas le temps. Prépare la bombe. Il faut la placer dans le tram. Nous attaquons maintenant.
— Je ne suis pas certain que cela soit une bonne idée, Anakin. Je suis un spécialiste en armement mais je n'ai jamais vu une telle technologie. C'est imprudent.
— Imprudent. De la part d'un Saboteur, voilà qui est surprenant. Fais ce que je t'ordonne Jiin.
— Je ne reçois d'ordre que de mon Seigneur. S'emporta Jiin. Lui et lui seul, Haïn le valeureux, peut m'ordonner. Pas toi, jeune blanc-bec.
Anakin posa la main sur l'épaule de Jiin et usa de la Force :
— Tu vas placer cette bombe immédiatement dans un wagon du tram. Et quand tu atteindras la tour, tu la fais sauter.
— Je vais placer cette bombe dans le tram et quand j'atteindrais la tour je la fais sauter. Répéta Jiin sur un ton monocorde.
— Bien. Fit Anakin.
— Mais pas avant que mon Seigneur me l'ai ordonné. Tu crois que tu peux me manipuler jeune Padawan ? Hé bien tu te trompes. Seul le seigneur des Saboteurs peut m'ordonner… je te l'ai déjà dit. Tu n’es pas attentif…
Pendant un instant, Anakin crut avoir réussi à convaincre Jiin. A l'évidence, ce n'était pas du tout le cas.
— Je croyais que c'était toi le Seigneur.
— Plus maintenant. Haïn le mirifique, Seigneur des Saboteurs est sur le chemin du retour. Il ne va plus tarder maintenant.
Soudain une crête se dressa sur la tête de Jiin. Elle était cendrée comme le reste de son corps mais constellée de veines rouge sang et de taches violacées. Elle donnait un air vraiment menaçant au Saboteur. Anakin recula d'un pas.
— Il sent le vent de la guerre. Il arrive.
— Obi-Wan est-il avec lui ? Demanda Anakin.
— Comment veux-tu que je le sache ? Je ne suis pas un Jedi.
Anakin s'adressa alors à tout le monde.
— Cadiens ! Aux armes ! Cria-t-il. La première ligne avec moi.


L'armée était en marche. Anakin à sa tête. Il ne voulait pas attendre le retour d'Obi-Wan. Il savait qu'il allait à l'encontre de l'éthique Jedi. Il était en train de mener une guerre qui sèmerait le feu de la mort et des larmes de souffrance. Plus d'une centaine de Cadiens armés de lances lui emboîtèrent le pas. Ils s’éparpillèrent dans plusieurs rues et prirent tous la direction du dôme. La pluie ne s'était pas calmée. Des trombes d'eau dégoulinaient du ciel en ruisselant sur les immeubles et les trottoirs. Anakin, toujours capuche sur la tête, les pieds dans l'eau, avançait droit vers le dôme.
Il avait du mal à distinguer les Cyclattes qui s'étaient positionnées au fond de la rue. Lorsque deux d'entre-elles fixèrent de leur laser la silhouette d'Anakin, elles ouvrirent le feu. Anakin dévia les tirs avec son sabre et explosa les deux premières Cyclattes juste devant lui. L'armée de Droïdes, blaster en main se mit à tirer dans le tas que formait la première ligne de Cadiens.
L'assaut n'avait commencé que depuis quelques secondes, que déjà les premiers morts tombaient. Mais il fallait avancer. Avancer au plus près. Et laisser du temps à Jiin. La seule tactique en œuvre ce jour-là, était vieille comme l'univers : Faire diversion. Attaquer de plein fouet la tour du Dôme, orienter l'armée de Droïdes contre la ligne d'Anakin et bluffer Darth Myseris en attendant que Jiin fasse sauter la bombe dans la tour.
Anakin était sûr de lui. C'était la seule tactique à avoir dans cette situation. Et au fur et à mesure qu'il avançait au mépris du danger, il abattait les Cyclattes de son arme de Jedi et découpait les droïdes avec une facilité déconcertante.
L'armée de Cadiens avançait elle aussi avec une grande facilité. Les lances projetaient des éclairs d'énergie qui désactivait les droïdes et les boucliers renvoyaient les tirs de Cyclattes dans toutes les directions. Si bien qu'après seulement quelques minutes de combat, le chaos de la guerre enflammait Cachi-Mee.

La navette de Saboteurs survola les faubourgs de Cachi-Mee à toute vitesse, les gouttes de pluie s'écrasaient sur le pare-brise et Haïn ronchonnait. La crête qui s'était dressé sur le crane de Haïn était encore plus vive que celle de Jiin. Les petits pics hérissés étaient d'un orange sanguin éclatant et les veines qui couraient sur toute la surface de la crête, étaient d'un rouge presque noir.
— J'ai un mauvais pressentiment. Déclara Obi-Wan dans sa barbe.
— Oh vous n’avez donc qu’une seule phrase à votre répertoire ? Vous les Jedis, vous voyez le mal partout. Fit Haïn. Le vent de la guerre souffle. Respirez bon sang, c'est exaltant !
La navette se posa aux abords de l'arsenal. Obi-Wan en sorti en trombe et tomba nez à nez sur Runh qui poussait son énorme canon en direction de la tour. La bataille avait déjà commencé dans un vacarme assourdissant.
— Que se passe-t-il et où est Anakin ? Cria Obi-Wan.
— Il est en première ligne. Répondit Runh. Nous prenons d'assaut la tour du dôme, nous allons faire tomber la sorcière Sith !
— Qui a pris cette décision ! Fulmina Obi-Wan. Pourquoi Anakin est-il en première ligne ?
— C'est le peuple de Cachin qui se soulève. C'est la décision du peuple. Mentit Runh. Nous avons trouvé l'arsenal de Cachin, toutes les armes sont alimentées par le pouvoir de la Fontaine. Le peuple veut la guerre Obi-Wan. Nous ne pouvons nous opposer à son désir de révolte.
— Je n'aime pas ça. Ajouta Obi-Wan.
Quand Haïn retrouva Jiin, ils tombèrent dans les bras de l'autre.
— Oh mon seigneur ! Que je suis heureux de vous voir en vie ! Sanglota Jiin.
— Cesse de te comporter en pleurnichard. Tu nous fais honte ! Pesta Haïn.
— Mon seigneur, venez avec moi, je dois vous montrer quelque chose. Quelque chose de grand, de magnifique, de monumental, vous aller voir. Elle est sublime.
Les deux saboteurs disparurent du champ de vision d'Obi-Wan.
— Où est Shauska ? Demanda Obi-Wan à Runh.
— La sorcière Sith l'a assassiné sous nos yeux.
— Ce n'est pas un Sith.
Obi-Wan savait que Shauska n'était plus de ce monde. Aussi il avait posé cette question que pour avoir une confirmation de son ressenti. Il avait malgré tout espéré s’être trompé. Mais ce n'était pas le cas. Il venait aussi d'affirmer une information essentielle. Darth Myseris n'était pas ce qu'elle prétendait être. Elle n'était pas un Sith. Du moins, pas encore. Obi-Wan savait écouter son instinct. Il avait des années de pratique de la Force derrière lui. Il savait aussi que rien n'était blanc ou noir, clair ou obscur, mais que tout était en équilibre. Tout n'est que symbiose. Si l'équilibre est rompu, alors la Force s'efforce de le rétablir. Anakin en était le fruit. Obi-Wan avait foi en lui. Si son Padawan se battait aujourd'hui pour le peuple de Cachin s'était pour rétablir l'équilibre et la justice. Et si il avait une chance contre Darth Myseris c'était pour la simple et bonne raison, qu'elle n'avait pas encore passée l'épreuve finale ; terrasser un Jedi. Et c'est cette unique condition qui ferait d'elle une guerrière Sith. Anakin aurait une chance. Une petite chance mais une chance quand même.
Obi-Wan se tourna vers Aross Talphar.
— Nous prenons la tour du dôme, rassemblez vos hommes, prenez vos chasseurs et pilonnez le dôme autant que vous pouvez. Il faut à tout prix couvrir Anakin.
— Non ! L’interpella Runh. Anakin a un plan !
— Un plan ? Quel plan ?
— Jiin doit déposer la bombe dans le tram, attendre qu'elle atteigne le tunnel qui passe sous le dôme et la faire exploser à ce moment-là. C'est pour faire diversion que nous attaquons la tour.
— La bombe ! Quelle bombe ? Cria Obi-Wan.
— Celle-ci ! brailla Haïn. Regardez donc ceci ! Une merveille de l'univers. L'instrument du chaos ultime ! La bombe de Cachin !
Les deux saboteurs avaient posé la bombe sur un char de fortune construit à la hâte avec ce qui leur était tombé sous la main. Le char sur roulettes ne roulait pas vraiment et ployait dangereusement sous le poids de la bombe.
— A-t-on une idée de la puissance de… cette chose ? Demanda Obi-Wan.
— Cette chose !? Non mais vous en avez de bonnes vous ! Je n'ai aucune idée de la puissance de cette bombe, mais figurez-vous, que mon bon valet, Monsieur Jiin en personne, a quelques informations sur sa supposée puissance dévastatrice. Et croyez-moi, tout porte à croire, que ça va envoyer de la caillasse, ça c'est certain. Encore plus avec les modifications que nous allons lui apporter.
— Pourquoi la modifier. C'est une arme de mort. Elle est assez puissante pour faire sauter la tour, j'en suis convaincu. Mais il est hors de question de faire exploser cette bombe sous aucun prétexte. Vous m'avez compris Seigneur Saboteur ? Obi-Wan s'approcha de Haïn, l'index menaçant. Me suis-je bien fait comprendre ?
— C'est là que vous vous trompez. Ignorant ! Jiin, dis-lui ce que tu m'as dis.
— Lui dire quoi ?
— Ce que tu viens de me dire nigaud !
— Et qu'est que je vous ai dit ?
— La bombe Jiin, crétin de Saboteur, la bombe !
— Et bien elle est là la bombe, vous la voyez non ?! Elle est là sous votre nez mon Seigneur !
— Jiin Le Demeuré ! Voilà quel sera ton nom à présent ! Dis à Obi-Wan comment vous avez affronté la créature !
Jiin écarquilla des yeux, cogita quelques instants et s'approcha du Chevalier Jedi. Il tortilla un peu sa crête et finit par dire :
— Maître Obi-Wan, Maître Anakin et moi-même avons dû affronter le robot et vous voyez ces deux grenades que j'ai ici ? Jiin sortit deux grenades de son gilet qu'il agita ensuite sous le nez d'Obi-Wan. Trois d'entre-elles ont réussi à détruire presque entièrement la tête du robot. Mais comme vous le savez, il se reconstruit à une vitesse folle. Ce qui le rend indestructible. Cependant, nous pensons, Maître Anakin et moi-même, qu'une bombe suffisamment puissante pourrait le réduire en poussière. Une bonne fois pour toute. C'est pour cela que nous allons, non pas faire sauter une bombe dans le tunnel. Mais trois.
— Je refuse d'entendre de telles inepties ! S'emporta Obi-Wan. Vous deux, remettez tout de suite à sa place cette arme absurde. Nouveau plan. Haïn et Jiin vous piloterez les chasseurs Cadiens. Vous serez en renfort de l'équipe d'Aross. En avant. Runh, tu me couvres, je dois à tout prix venir en aide à Anakin. Il est en danger, comme nous tous maintenant.
— Aux armes ! Cria Haïn, surexcité et survolté !
Les deux saboteurs filèrent en direction des chasseurs Cadiens. En deux temps, trois mouvements, une petite flotte d'une dizaine de vaisseaux Cadien accompagnés par les trois navettes de combat que commandait Aroos, quittait l'arsenal et prenait la direction du dôme.

Darth Myseris suivait le déroulement de la bataille depuis la salle de contrôle. En voyant son armée de Droïde reculer, elle ordonna le déploiement des chasseurs droïdes : une escouade d'une dizaine de vaisseaux drones, qui s'était illustrés lors de la Bataille de Naboo, décolèrent des sous-sols du dôme. En quelques secondes la flotte fondit sur la première ligne et la perfora de centaines de tirs de lasers. Les boucliers des Cadiens étaient tout juste assez puissant pour contrer les tirs des vaisseaux.
Ensuite Darth Myseris fonça tout droit vers la vitre cassée qui donnait sur l'intérieur du dôme. Sa créature avait presque complètement retrouvé sa forme d'origine. Le Cinium s'élevait du fond de la terre et flottait en flocons pour s’agglutiner sur la tête du robot.
Elle souriait. Elle savait qu'elle tenait entre ses mains l'arme la plus redoutable jamais inventée. Elle ne pouvait pas perdre. Et c'est donc avec un excès de confiance et une conviction effrénée qu'elle dévala les escaliers pour retrouver son héritier. Elle manqua plusieurs fois de perdre l'équilibre avec sa jambe boiteuse mais elle s'en fichait éperdument. La douleur du métal sur sa mâchoire combinée à celle de son bras la rongeait de l'intérieur mais ce n'était qu'un détail. A peine avait-elle fait quelques pas dans le dôme, que la main de son robot la saisit pour la déposer au creux de son épaule. Son comlink grésilla et elle entendit la voix de son second.
— Votre altesse, nous venons de capter la présence du vaisseau amiral du Roi Zaharcha en orbite de Cachin. Ainsi qu'une flotte non identifiée d'une trentaine de vaisseaux faisant route vers Cachi-Mee.
Darth Myseris en eut le souffle coupé. Son père l'avait retrouvée. Il fallait agir sans pitié.
— Ordonnez le déploiement complet de la flotte de drones. Qu'ils se positionnent en bouclier autour de moi.
Elle coupa son comlink et s'adressa à son fils.
— Es-tu prêt ?
La créature tourna la tête et lui fit signe que oui.
— Fais comme je t'ai appris. Détruit tout ce qui ce met sur notre chemin. Il faut à tout prix s'emparer de la Fontaine. Quand elle sera entre nos mains. Nous serons indestructibles.
Le robot se redressa entièrement et d'un coup de poing fit tomber le dernier pan de mur branlant encore debout du dôme. Quand Darth Myseris vit le chaos sous ses yeux, un frisson lui parcourut le corps. Elle était dans son élément. Elle sut à cet instant qu'il n'y avait rien de plus beau, de plus grisant et de plus enivrant que le cataclysme d'un champ de bataille. Le bruit des explosions, les cris de douleur, les cris de rage, les couleurs des lasers rouges qui percutaient les boucliers des Cadiens étaient renvoyés et dispersés en une multitude d'éclairs multicolores. La pluie qui s’abattait sans discontinuer transformait la poussière en une boue épaisse et glaireuse. L'armée Cadienne était embourbée jusqu'au-dessus de la cheville. Ils n'avançaient plus. Ils étaient pris au piège. Les lances des Cadiens tiraient des éclairs violets mais la plupart du temps ils manquaient leur cible.
La flotte de drones ne cessait de faire des vas-et-viens en tournoyant dans le ciel gorgé d'eau et à chaque passage, ils mitraillaient la première et la seconde ligne Cadienne sans discernement, si bien, qu'ils massacraient autant de Cadiens, que de Cyclattes et de droïdes.
Dans la cohue et la confusion de la prétendue armée Cadienne, elle aperçut le sabre laser bleu du bâtard qui démembrait toutes les cyclattes et les droïdes de combat qui lui tombaient dessus. Il était bien seul au milieu de la mêlée. A cet instant, elle n'eut qu'une envie : sauter et l'affronter en face à face. Elle voulait le transpercer, l'ouvrir en deux et expier sa fureur. Elle allait s'élancer quand elle vit l'armada de vaisseaux Cadiens foncer droit sur elle. Elle saisit son comlink et hurla ses ordres :
— Vaisseaux ennemis en approche. Abattez-les sur le champ !
Toute la flotte de drones de combat pris de l'altitude en formation échelon synchronisée sur plusieurs niveaux.
Le comlink grésilla à nouveau.
— Vaisseaux inconnus sur le flanc Est.
— Combien sont-ils ? Cria Darth Myseris le visage ruisselant d'eau.
— Une trentaine votre altesse.


Tev Vanth II était impatient d'en découdre. Il tapotait nerveusement sur l'accoudoir de son fauteuil. L'imminence du combat faisait bouillir son sang et un chant intérieur, une petite mélodie lyrique qu'il marmonnait entre ses lèvres l'aidait à garder son calme et sa sérénité. C'était cette petite mélodie qu'il chantait lorsqu'il torturait un traite. Il la connaissait par cœur.
— Mon Commandant ! L’interpella le pilote. Nous avons repéré les trois navettes de la Cantine. Ils viennent d'engager le combat contre une flotte de droïdes au centre de la ville.
— Comment ça une flotte de droïde ? Vous voulez dire des chasseurs drone de combat ?
— Affirmatif mon commandant. Ce sont des chasseurs droïde de classe Vautour.
— Des vaisseaux de la Fédération du Commerce ?! Mais que fait la Fédération du Commerce ici ?
— Aucune idée mon Commandant. Devons-nous nous replier ?
— Négatif. Connectez-moi en ligne de diffusion générale sur l'ensemble de ma flotte. Je veux que Aross m'entende.
Le pilote s'exécuta et fit signe à Tev Vanth II qu'il pouvait parler.
— A tous les pilotes de ma flotte. Et toi, plus particulièrement, Aross Talphar. Mon ami. C'est ta dernière chance de revenir à la raison. Rejoins le camp de tes frères d'arme et je saurais me montrer clément envers toi. Ne m'oblige pas à ouvrir le feu contre toi. Tu as exactement dix secondes pour te décider. Passé ce délai, je n'aurais aucune pitié. Tu le sais. Tu me connais.
Tev Vanth II compta cinq secondes dans sa tête tout en continuant de taper de son index l'accoudoir. A la sixième seconde, il reprit :
— A tous les vaisseaux de combat de la Cantine Solitaire. Engagez le feu contre les renégats de la Cantine. J'offre trois unités de temps à celui qui explosera le vaisseau d'Aross Talphar. Et six unités de temps à celui qui me ramènera sa tête.
L'ensemble de la flotte de Tev Vanth II s'organisa en formation de combat de type Battle Spread : Les uns à côtés des autres, sur la même ligne. En quelques secondes ils étaient tous dans le ciel de Cachi-Mee.
Modifié en dernier par harnis29 le Sam 15 Avr 2017 - 13:15, modifié 4 fois.
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Messagepar harnis29 » Ven 14 Avr 2017 - 8:41   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 19 : Rage

La Révolte des Poussières

La bataille de Cachin (2ème partie)

La bataille aérienne de Cachin venait véritablement de commencer. Les drones de combat de Darth Myseris était scindé en deux bataillons. l'un tournait autour du dôme pour le protéger et surtout pour éviter que la tour ne soit touchée. L'autre bataillon était parti en chasse contre les vaisseaux Cadiens. Les tirs de laser traversaient le ciel de Cachi-Mee. Plusieurs Chasseurs Cadiens furent détruits en explosant dans la pluie.
Quand la flotte de Tev Vanth II engagea le combat, les drones étaient incapables de prendre une décision. Ne sachant pas s'ils étaient des ennemis ou des alliés, ils étaient complètement déroutés. Dans le doute, ils tiraient sur tout le monde. Aussi bien sur les vaisseaux Cadien que sur ceux de la flotte de Tev Vanth II.
Quand Darth Myseris se rendit compte que la flotte étrangère ouvrait le feu sur les chasseurs Cadiens, elle saisit à nouveau son comlink pour donner ses nouvelles instructions.
— A tous les vaisseaux. Nous avons un allié inconnu parmi nous. Cessez immédiatement le combat contre eux. Concentrez-vous uniquement sur les chasseurs des Poussières.
Darth Myseris avait peine à croire ce qui se déroulait sous ses yeux. Un allié inconnu venait de faire surface dans le maelström de la bataille. Elle y vit encore une fois un signe du destin. L'ordre de l'univers tournait en sa faveur. Elle pouvait laisser le ciel entre les mains de sa flotte. A présent, elle pouvait se concentrer entièrement sur la vermine qui rampait au sol.
— Mon fils. Dit-elle à sa créature. Protège-moi.
Des flocons de Cinium se détachèrent de la structure du robot pour former une bulle protectrice tout autour de Darth Myseris. Les flocons étaient si fins, qu'ils étaient quasiment transparents.
Au sol, toute l'armée Cadienne avait été déployée. Les Cadiens progressaient par toutes les avenues qui menait vers le dôme soutenu par une deuxième ligne de canons. La plupart des Cyclattes robotisées et les droïdes de combat étaient basés sur le flanc ouest. Il fallait maintenant couvrir les autres avenues.
— Mon fils, disperse-toi. Ordonna Darth Myseris.
Et là quelque chose d'inouï se produisit.
Le robot qui avait jusqu’à présent une silhouette humaine gigantesque changea de forme. La boule transparente qui protégeait Darth Myseris vint se placer à quelques mètres du sol, posée sur deux pattes de Cinium articulées. Tout autour de la boule, des bras tentaculaires se formèrent. Si bien que le robot avait maintenant l'apparence d'une araignée monumentale, Darth Myseris en son centre. Les tentacules de la créature transpercèrent encore une fois les lignes de Cadiens submergés. Le robot ne s'encombrait pas de précision, ses tentacules balayaient aussi bien les Cadiens et emportaient dans leurs élans les Cyclattes et les droïdes. Anakin dut faire un bond de Jedi pour éviter un tentacule qui l'aurait écrasé contre la façade d'un immeuble.
Le robot défonçait tout ce qui était à sa portée. Ses bras s'allongeaient, traversaient des murs, s'enfonçaient dans la terre et ressortaient pour abattre des pans entiers de l'armée Cadienne. Une multitude de bras tentaculaires qui semblait pouvoir s'allonger et grandir indéfiniment. Ils mordaient les hommes, étouffaient les âmes en s'enroulant d'un coup sec et en brisant les os. L'arme effroyable de Darth Myseris était invincible. Les tirs de lasers n'avaient aucun effet. Dans la seconde où un bras était transpercé, il se reconstruisait.
La fumée des explosions, les tirs de lasers venant des droïdes et des Cyclattes, les décharges d'électricité des lances, le sabre laser bleu d'Anakin moulinant dans les airs, les vaisseaux qui se poursuivaient dans le ciel à renfort de tirs embrasant le ciel, tout œuvrait à une furie destructrice comme Anakin n'en n'avait jamais vu. Même la bataille de Naboo semblait dérisoire face au chaos qui régnait sur Cachi-Mee.
Anakin luttait de toutes ses forces mais tout s'écroulait autour de lui. Il devait sauter, contrer les tirs de laser, découper et transpercer l'ennemi.
Tout cela en évitant les tentacules de la créature qui surgissaient de nulle-part pour l’abattre. Il en évita une, trois fois de suite. Mais la quatrième fois, le tentacule le percuta de plein fouet, l'envoyant valdinguer des dizaines de mètres derrière la seconde ligne, celle de Runh, qui faisait sonner les canons de Cinium dans une véritable fanfare d'orgue d'apocalypse.
Quand Anakin se releva, il s’aperçut que son pantalon était déchiré, que sa tenue de Jedi était en lambeaux et il cracha un filet de sang qui s'écrasa dans la poussière.
— Anakin ! Qu'est-ce que tu as fait ? Cria Obi-Wan.
Anakin tourna la tête comme s'il avait entendu un fantôme.
— Maître, vous êtes revenu ?!
— Qu'est-ce que tout ceci ? Peux tu m'expliquer ?! Fit Obi-Wan, le visage fermé, la mine sévère et les yeux débordant de désarrois.
— C'est la guerre Maître…répondit le Padawan en se relevant péniblement.
— Je le vois bien, Anakin, je ne suis pas idiot. Et toi, tu t'es jeté dedans sans réfléchir encore une fois. Regarde ce que fait la guerre, regarde ! Vois-tu déjà tous ces morts, tous ces corps chassés de la vie ?
— Elle a tué Shauska sous mes yeux. Dit Anakin en serrant les dents.
— Je sais. C'est malheureux. Dis-moi que tu n'es pas responsable de tout ceci. Dis-moi que tu as fait tout ton possible pour ne pas enclencher une guerre. Rien ne justifie la guerre.
— Ce n'est pas ma décision, mais celle des Poussières. Ce sont les Cadiens qui ont voulu cette bataille. Mentit Anakin.
Obi-Wan eut un mouvement de recul. Il sonda son apprenti pour en avoir le cœur net.
— Je sens ta colère Anakin.
— Elle a tué Shauska ! S'énerva Anakin. Elle doit payer.
— Et tu estimes avoir le pouvoir de juger. Tu estimes que tu peux être à la fois juge et bourreau ? C'est bien ça ?
— Ce sont les Cadiens qui se révoltent ! Cria Anakin. Devais-je les dissuadez ? Devais-je les laisser encore se soumettre un jour de plus ? Est-ce qu'un Jedi doit toujours rester impassible ? Devais-je rester là à ne rien faire ? Je m'y refuse. C'est une Sith qui est à l’œuvre ici. Les Jedis ne doivent-ils pas se battre contre les Sith ? Ai-je tort ?
— Oui tu as tort. Ce n'est pas une Sith. Du moins, pas encore, pas tout à fait. Et oui tu devais les dissuader, faire tout ce qu'il t'était possible pour éviter ce désastre.
— Qu'est-ce que vous voulez dire Maître ?
— Qu'elle t'a simplement tendu un piège et toi, tu as foncé dedans.
— Je ne comprends pas…
— Bien sur que tu ne comprends pas. C'est pour ça que tu n'es encore qu'un Padawan. Elle n'a qu'un seul objectif : t'affronter. Ce n'est qu'une fois que tu seras mort qu'elle pourra embrasser définitivement le côté obscur. Mais je ne la laisserai pas faire. Elle a utilisé ton affection pour Shauska afin de te manipuler. Et toi, mon apprenti, tu as succombé. Encore une fois.
Anakin bouillonnait de rage.
— Shauska mérite d'être vengée ! S'emporta Anakin. Et vous ne m'empêcherez pas de tuer Darth Myseris. Je lui ai promis que justice serait faite. Je lui ai promis alors qu'elle mourrait dans mes bras. Et savez-vous ce qu'elle m'a dit Maître ? Savez-vous quels ont été ses derniers mots juste avant son dernier souffle ? Ils étaient pour vous, Obi-Wan. Pourquoi ? Parce qu'elle vous aimait.
— Je l'aimais aussi, Anakin. Tout le monde aimait Shauska.
— Non Maître. Vous vous trompez. Vous dites que vous l'aimiez comme on aime un animal de compagnie, comme on aime un ami ou un frère d'arme, une plante ou comme on aime un rayon de soleil. Vous vous trompez. Shauska était amoureuse de vous. Elle brûlait d'amour pour vous. Mais vous n'en n'avez que faire ! Vous vous cachez derrière votre cape de Jedi pour ne rien ressentir. Si être un Jedi signifie de ne jamais connaître le véritable amour, la passion, alors je n'ai rien à faire de cet accoutrement.
Anakin déchira sa cape et le jeta au sol.
— Je n'ai que faire de ce sabre laser, et de toutes vos traditions. Anakin jeta à terre son sabre laser. Vous parlez de compassion, d'union avec la Force, de justice. Mais la vie est injuste Obi-Wan. Alors chassez-moi de l'ordre s'il le faut. Je m'en fiche. Mais je peux vous jurer une chose.
Il s'approcha d'Obi-Wan. L'air menaçant.
— Je vais la tuer Obi-Wan. Je vous jure que je vais la tuer.
— Non Anakin. Tu n'en feras rien. Je m'en chargerai en dernier recours. Et uniquement si j'y suis contraint. Chaque vie est précieuse Anakin. Tu le sais bien. N'as-tu donc rien retenu de mon enseignement ? Ne t'ai-je donc rien appris ? Il y a encore un espoir que Sajura Zaharcha retrouve le chemin de la lumière.
— Elle tue, elle massacre, elle soumet, elle torture tout un peuple et vous voulez encore la sauver ? Je ne comprends pas !
— La rédemption Anakin, la rédemption. Chaque être humain à droit à la rédemption. C'est notre rôle, celui des Jedis, d'offrir une chance, la dernière en ce qui la concerne, de retrouver le chemin de la raison. Alors reprends ton sabre laser, renoue avec la Force, ne laisse plus la colère guider tes pas. Nous allons, toi et moi, mettre un terme à tout ceci. Maintenant, suis-moi.
Obi-Wan tourna les talons, alluma son sabre laser et commença à courir en direction de la machine infernale qui décimait tout ce qui l'entourait.
Anakin ne savait plus quoi penser. Ses convictions venaient d'être dispersées, bazardées et dissipées par la sagesse de son maître. En le voyant se jeter à corps perdu dans la mêlée, dans la folie furieuse de destruction, alors qu'il voyait son Maître se déchaîner, sabre laser à la main, contre les bras de serpents démoniaques du robot, il comprit enfin quel était le rôle des Jedis, la véritable essence de l'esprit de la Force. Le côté lumineux l'éblouissait.
Il se baissa et ramassa son sabre qui était déjà recouvert de poussière.
Il fut submergé par la Force. En un instant il se sentit tellement puissant et tellement fort qu'il savait dès à présent que rien ne pourrait l'arrêter. Il fit un bond de Jedi gigantesque et en une seconde il avait déjà dépassé Obi-Wan. Son objectif était limpide : transpercer la bulle de Cinium qui protégeait Darth Myseris.


— Votre altesse, votre altesse ! S’excitait Tig-Mus. Les sondes sont formelles ! Votre fille, Sajura est en vie. Venez voir, approchez-vous. Elle est ici !
Tig-mus posa son doigt sur l'écran radar.
— Es-tu certain de ce que tu avances Tig-Mus ? Demanda le Roi Zaharcha alors qu'il était penché au-dessus de l'écran. Examinant un point vert auquel était attaché le prénom de la princesse et qui clignotait au milieu de dizaines de points rouge.
— Certain mon Roi.
— Et que sont toutes ses lumières rouges tout autour d'elle ?
— Malheureusement, mon Roi, je crains qu'elle soit en fâcheuse posture. Apparemment, elle est au centre d'un conflit armé. Elle est au beau milieu d'une bataille féroce. Ça tire dans tous les sens. Nos sondes attestent aussi de la présence d'une… d'un… On dirait un droïde. Mais il est trop gros pour être un simple robot. On dirait une machine. Elle est gigantesque.
Le sang du Roi ne fit qu'un tour.
— Tig-Mus, préparez et lancez la flotte de chasseurs sur le champ ! Je veux que toute la flotte de combat soit dans le ciel de Cachin pour protéger la princesse dans moins de trois minutes. Préparez mon vaisseau. Je vais la chercher.
— A vos ordres !
Le Roi Zaharcha quitta le centre de commandement à toutes jambes malgré son embonpoint. Seul la reine resta en retrait, presque cachée, toujours invisible. La reine avait la mine impassible. C'était une habitude chez elle. Elle n'exprimait pas ses émotions. Et pourtant, à cet instant, ses sentiments étaient contradictoires. Évidemment, si on lui posait la question elle dirait qu'elle voudrait que tout soit fait pour sauver sa fille. Cependant, dans son for intérieur, elle ne le voulait pas. Pourquoi ? Parce qu'elle connaissait la véritable nature de Sajura. Elle savait que sa propre fille, son propre sang, n'était pas, et de loin, ce que pouvait croire son ahuri de mari. Elle savait qu'elle avait enfanté d'un démon. Oui, elle seule, savait que sa fille était un monstre de cruauté. Elle n'en n'avait jamais parlé à qui que se soit. Surtout pas au propre père de Sajura, car il ne l'aurait jamais cru. Depuis des années, elle vivait dans l'humiliation imposée par son Roi de mari au quotidien et dans la terreur et l'ignominie de ce que pouvait faire sa fille en cachette. Elle était prise entre le marteau et l'enclume. Alors elle ne disait jamais rien. Elle s'était enfermé dans un mutisme permanent, et le Roi en avait conclu qu'il était la manifestation d'un esprit un brin demeuré. Elle recula encore de quelques pas et cala son dos contre le mur du centre de commandement. Et elle fut prise d'une mauvaise pensée. Elle se mit alors à prier au fond d'elle-même que le Roi meurt dans cette prochaine bataille et qu'il emporte avec lui le cœur mauvais de leur héritière. Elle n'avait eu qu'un seul enfant et ce n'était qu'une hideuse créature perverse. Une psychotique en puissance qui ne voulait que du mal à tout le monde. La reine se remémora le douloureux souvenir d'un épisode de l'enfance de sa fille. Cet épisode où elles étaient parties toutes les deux se promener dans les rues de la ville, grimées d'une simple cape pour rester anonyme. Sajura avait lâché la main de sa mère et s'était précipité sur un pauvre mendiant et avait déchiré sa jambe de haut en bas. La Reine qui l'avait perdue de vue pendant quelques secondes, l'avait ensuite surprise alors qu'elle s'évertuait à torturer la jambe de ce mendiant avec une fourchette, dans une ruelle à l'abri des regards. Le pauvre homme avait tout de suite reconnu la princesse et mordait à pleines dents ses doigts pour ne pas hurler. La reine s'était précipitée, avait arraché Sajura de son objet de torture et l'avait durement grondée.
Sajura avait cinq ans.
Le soir même, le Roi était entré dans une colère noire lorsque sa petite fille chérie s'était plaint auprès de lui ; que sa maman chérie lui avait tiré les cheveux sans raison. Sajura avait pleuré toutes les larmes de son corps à grand renfort de plaintes lancinantes. Les colères du Roi Zaharcha n'étaient pas une légende. Elles étaient nombreuses et surgissaient parfois de nulle part.
Il y a parfois des mariages forcé heureux. Parfois.
Alors oui la reine, cachée dans l'ombre, frissonnante contre la paroi glacée dans son dos, souhaitait qu'ils meurent tous les deux.
Mais il y avait une chose que la reine ne savait pas et qu'elle ne saurait jamais. C'est que sa fille, cette immonde bête de sadisme et de barbarie n'avait en fait au final qu'un seul objectif, une seule motivation, hormis celle de servir ses propres intérêts et ses rêves de puissance sans égal : libérer sa mère, lui redonnez un honneur qu'elle n'avait de toute façon jamais voulu.
Les drames de la vie sont parfois la simple conséquence de non-dit.
Quel aurait-été le destin de Sajura, si sa mère lui avait dit qu'elle se fichait pas mal de ce pouvait bien dire ou faire son père ? Qu'elle se fichait pas mal des brimades, des quolibets, des rumeurs, de la honte. Que même le fait d'être trompée sous les yeux de tout le royaume, n'avait au final aucune espèce d'importance à ses yeux. Cela aurait-il changé les choses ?
Nul ne le saura jamais.
Le Roi Zaharcha avait enfilé sa tenue d'apparat, son uniforme de chef des armées, orné d'une dizaine d'insignes prouvant sa valeur d'officier suprême, alors qu'il n'avait jamais mené serait-ce qu'un seul combat armé.
Son ventre proéminent le gênait un peu mais malgré tout, il empoigna fermement les commandes de son chasseur royal et quitta le vaisseau amiral pour rejoindre sa flotte qui entrait dans l'espace aérien de Cachi-Mee. Sous ses yeux, il vit qu'un énorme nuage noir grondait au-dessus de la capitale. Il percevait les échos rouges, verts, bleus et violets qui se perdaient dans les boursouflures gorgées d'eau du nuage. Il entra dans celui-ci à pleine vitesse, laissant derrière lui le soleil jaune de Cachin.
La pluie s'amoncelait sur la vitre du cockpit en énormes gouttes qui le gênait pour bien voir. Une fois le nuage passé, il vit. Il vit le spectacle d'apocalypse qui se déroulait à la surface de Cachi-Mee. Un déluge de tirs de lasers qui partait dans tous les sens. Des dizaines et dizaines de chasseurs se pourchassaient dans le ciel. Et au sol, des éclairs d’électricité violet surgissaient de partout et avait tous le même objectif : une énorme machine en forme d'araignée qui cassait et brisait ses ennemis. Le Roi en eut le souffle coupé. Il n'avait jamais vu pareil machine infernale. Une sorte de Léviathan torturé et incontrôlable, une abomination technologique et tentaculaire que rien ne pouvait arrêter. En tournant son regard vers les rues de Cachi-Mee, il vit des lignes entières d'artillerie qui pilonnaient sans cesse la machine et l'immense tour qui dominait le dôme. Tout ça sous une pluie battante. Le Roi appuya sur l'intercom.
— A tous les chasseurs, formez un cercle autour… autour de la machine. Et détruisez tout ce qui essaye de s'en approcher.
En quelques instants, toute la flotte se mit en ordre de bataille et tournait autour du quartier. La flotte du Roi se mit à tirer à son tour sur les Chasseurs Cadiens.
Alors qu'il faisait une manœuvre, le vaisseau du Roi bascula sur le côté et d'un coup d’œil il aperçut sa fille au milieu de la bulle protectrice.
Sa fille était là. Elle était vivante.

Au même moment, le vaisseau du Conseil Jedi sortit de l'hyperespace dans un fracas de lumière. Il frôla le vaisseau amiral du Roi Zaharcha et continua sa course en direction de Cachi-Mee.
Yoda sentit tout de suite l'urgence de la situation. Son âme fut comme embrochée quand il sentit le côté obscur de Darth Myseris qui se déchaînait contre les Cadiens. Le côté obscur n'était pas caché, ni dissimulé, non, il brillait, il brûlait, il était clair comme une vérité.
— Nous concentrer sur la machine nous devons. Ordonna Yoda.
Mace Windu s'adressa à Ki-Adi-Mundi qui pilotait le vaisseau de sauvetage.
— Débarque-nous au cœur de la bataille. Il tourna ensuite la tête vers l'équipe de sauvetage de chevalier Jedi, rangés en rang d'oignons, concentrés et prêts à combattre. Nous allons former une ligne de protection. Notre objectif est le suivant : Protéger au maximum les habitants de Cachin et nous concentrer sur le droïde géant.
Yoda ferma les yeux. Il sonda la situation. Il fut rassuré sur un point : Anakin n'était plus en colère. Il était animé par la Force. Il ne faisait qu'un avec elle. Il pouvait sentir le cœur du Padawan battre, il sentait sa respiration, il sentait ses mouvements et la puissance de sa volonté. Il était indéfectible. Ce n'était pas le cas pour Obi-Wan. Il sentit qu'il peinait. Il était en danger.
— Mace Windu, Obi-Wan vous devez assister !
— Bien maître. Lui répondit Mace Windu.
Le vaisseau Jedi ne se positionna en lévitation au-dessus de la première ligne de Cadiens qui luttait à mort contre les Cyclattes, les Droïdes et l'arme de destruction de Darth Myseris. Une escouade d'une trentaine de Jedis sautèrent au sol, sabre laser allumés. Le vaisseau commençait à subir des tirs venant de toutes parts. Plusieurs fois, Ki-Adi-Mundi fut obligé de faire des manœuvres d'évitement. Les Jedis se jetèrent dans la bataille. Les uns renvoyaient les tirs de lasers de l'armée de Darth Myseris, pendant que les autres s'acharnaient sur les tentacules du robot. Il fallait plusieurs coups de sabre pour en sectionner un.
Et quand ils finissaient par l'amputer, le bras se reformait aussitôt.
Le vaisseau Jedi passa au-dessus du robot et afin d'éviter de se faire cogner par un tentacule, le pilote fut obligé de refaire une embardée hasardeuse. Mace Windu en profita pour sauter au sol. Il tomba à quelques mètres à peine d'Obi-Wan qui se démenait comme il le pouvait. Il était submergé par les Cyclattes, les droïdes et les bras du monstre qui essayait de le percuter. Il aperçut Mace Windu.
— Content de vous voir Maître ! Dit-il, ruisselant de sueur et dégoulinant de pluie.
— Tout le plaisir est pour moi. Répondit Mace Windu. Nous ne serons pas trop de deux pour venir à bout de cette chose. Comment s'en sort le petit ?
— Oh lui, très bien. Regardez-le, il ne saute pas, il vole…
En effet, Anakin faisait des bonds de Jedi dans tous les sens. Il évitait les tentacules, il paraît les tirs et s'approchait inexorablement de la capsule de protection de Darth Myseris.
Anakin n'avait qu'une idée en tête : transpercer cette bulle de lâcheté.
Darth Myseris regardait le jeune garçon se battre. Il était en avance sur chaque coup. Il découpait les droïdes et les pattes de Cyclattes comme un jeu d'enfant. Elle sentit le pouvoir de la Force qui l'animait. A chaque seconde qui passait, elle le voyait s'approcher un peu plus d'elle. Et à chaque fois qu'un bras tentait de l'écrabouiller, il l'évitait et lui donnait des coups de sabre. Elle se sentait en danger en restant là.
— Mon fils ! Cria-t-elle. Dirige-toi vers le temple de la Fontaine.
L'énorme monstre de Cinium se détacha de l'immeuble sur lequel il était arrimé et sauta au sol en écrasant tout ce qui pouvait se trouver en dessous, sans jamais aucun discernement. Avec ses huit énormes pattes tentaculaires, le robot pris la direction Ouest, en direction du temple. Les canons de la ligne de Runh le bombardait sans relâche. Mais cela n'avait aucun effet ou presque sur lui.
Une nouvelle vague de droïdes et de Cyclattes sortit des profondeurs de la tour qui jouxtait le dôme. Les lignes de Cadiens commençaient à reculer. Et dans le ciel s'était la même chose. Les vaisseaux Cadiens étaient eux aussi submergés par le nombre d'ennemis.
Dans le vaisseau Jedi, Yoda demanda expressément à Ki-Adi-Mundi de prendre contact avec le Roi Zaharcha afin qu'il se retire au plus vite du champ de bataille.
— Votre altesse, vous êtes en violation du décret intergalactique du maintien de paix et de l'ordre Républicain. Le Conseil Jedi, vous ordonne de quitter immédiatement la zone. Je répète vous devez quitter le combat sur le champ. Dit Ki-Adi-Mundi au micro.
La réponse du Roi Zaharcha fut cinglante :
— Les lois de la République n'ont aucune autorité ici. Ne vous mettez pas en travers de mon chemin. Je viens récupérer ma fille. Et personne ne pourra m'en empêcher.
— Votre altesse, votre altesse. Répéta Ki-Adi-Mundi. Si vous n'obtempérer pas immédiatement, les conséquences en seront extrêmement dommageable pour votre Royaume. Votre altesse ?
Ki-Adi-Mundi patienta quelques secondes et se tourna vers Yoda.
— Il a coupé la communication Maître.
La mine de Yoda se renfrogna. Si on suivait à la lettre le décret de paix et de maintien de l'ordre, le Royaume du Roi Zaharcha était maintenant un ennemi de la République. Un de plus.
Yoda analysa encore une fois la situation. Aussi bien au sol que dans le ciel, les Jedis et les Cadiens étaient submergés. L'ennemi était trop puissant aussi bien en nombre, qu'en force de frappe. Il n'y avait pas d'alternative.
— Le repli ordonnez sans délais. Fit le Maître Jedi.
Ki-Adi-Mudi s'exécuta.
Au sol, Mace Windu posa son index sur l'oreille.
— Obi-Wan, dit-il. Ordonnez la retraite.
— Il faut laisser plus de temps à Anakin ! Répondit-il en criant et en découpant un droïde.
— C'est un ordre Obi-Wan. Ne discutez pas !
Obi-Wan finit par obtempérer et saisit son comlink pour communiquer avec toute l'armée Cadienne.
— Que tout le monde se replie en urgence.
— Vous rigolez ?! Hors de question ! Option refusée ! Aboya Haïn à bord de son chasseur Cadien.
Il venait tout juste détruire son quinzième drone de combat. Et il adorait la maniabilité exceptionnelle de son chasseur. Il pouvait faire ça toute la journée sans montrer le moindre bout de fatigue.
— Mon Seigneur. Enchéri Jiin depuis son chasseur. Je crois que le Jedi à raison. Replions-nous. Cela nous laissera le temps de nous occuper de notre petite affaire…
Et soudain, le visage d'Haïn s'illumina.
— Haïn ! Cria Obi-Wan dans son comlink. Repliez-vous sur l'arsenal dès à présent. C'est un ordre !
— A vos ordres ! Beugla Haïn.
Haïn bascula le manche de son vaisseau et prit la direction de l'arsenal en tournoyant et en vrillant dans le ciel, suivit de près par le chasseur de Jiin.
Obi-Wan regarda passer les deux vaisseaux Cadien au-dessus de sa tête. Mais il était pris d'un léger doute. Le Saboteur avait obtempéré un peu trop vite à son goût. Quelque chose clochait.
Les premières lignes Cadiennes commencèrent à se replier au moment même où la pluie sembla s'arrêter. Les gouttes ne tombaient plus, elles restaient suspendues en l'air. De toute façon il n'y avait rien d'autre à faire. Les droïdes et les Cyclattes étaient bien trop nombreux. Et dans le ciel de Cachi-Mee, entre les drones de classe Vautour, la flotte de Tev Vanth II et celle du Roi Zaharcha, il était impossible de gagner la bataille.
Le robot de Darth Myseris avançait à grand pas. C'était le moins que l'on puisse dire. Il enjambait les rues avec une facilité et une rapidité déconcertante. Mais c'était sans compter sur l'obsession d'Anakin.
Alors que le Robot était à une centaine de mètres du Temple, Anakin, accroché à un tentacule choisit le bon moment pour sauter. Et juste avant d'atteindre la bulle de protection, il brandit son sabre laser en avant et la transperça d'un coup sec.
La bulle éclata comme si elle avait été faite de verre.
Darth Myseris eut à peine le temps d'allumer son sabre avant d'atteindre le sol.
Anakin se jeta à son tour. Le duel était imminent.
A l'intérieur de la tour, du fond de sa capsule, Darko ne savait plus ce qu'il devait faire. Protéger sa mère ou foncer tout droit sur le temple ? Il fit ce que lui guidait son instinct. Il se plaça derrière Darth Myseris qui se relevait à l'aide de son bras de Cinium. En face d'elle, Anakin, sabre laser pointé vers le bas, la toisait du regard. Il était temps. Il était grand temps d'en finir. Il aurait droit à sa première victoire contre un Sith. Il était convaincu d'être à la hauteur. Elle n'était pas si forte. Loin de là. Même avec un monstre de métal en renfort, il pouvait la battre. Oui il le pouvait.
La scène était spectaculaire : deux silhouettes silencieuses se faisaient face au beau milieu d'une avenue de Cachi-Mee en ruine.
Anakin regarda longuement son adversaire. Elle faisait peur. Avec sa mâchoire en métal et sa prothèse qui remplaçait son bras, elle n'avait plus grand-chose d'humain. Elle fit quelques pas dans sa direction et Anakin remarqua tout de suite sa jambe claudicante.
Darth Myseris observait elle aussi son adversaire. Du coin de l'oeil, elle vit dans le ciel le chasseur de combat de son père qui faisait des ronds au-dessus d'elle. Elle se tourna vers sa machine.
— Mon fils, détruit ce vaisseau.
Le Robot changea encore une fois de forme. Il reprit un aspect plus ou moins humain. A la différence près que son bras droit prit la forme d'un canon. Il le pointa en direction du chasseur du Roi et tira.
Une énorme boule d'énergie sortit tout droit de son bras et le Roi eut juste le temps de s'éjecter avant que son vaisseau n’explose.
Quand elle vit le vaisseau de son père s'écraser au sol, elle n'eut aucune émotion. Elle était déterminée. Le duel final allait pouvoir enfin commencer. Elle pointa son sabre en direction du Padawan, à une dizaine de mètres d'elle.
Elle s'adressa à sa créature :
— Celui-là, tu me le laisses. Je vais lui arracher la peau.
Elle allait s'élancer quand des gouttes d'eau commencèrent à s'élever du sol et à flotter dans les airs.

En orbite autour de Cachin, à l'intérieur du vaisseau Amiral du Roi, toutes les alarmes de sécurité se mirent sonner. Le vaisseau était en train de subir une défaillance majeure.
Tig-Mus se mit à crier à tout l'équipage dans le centre de contrôle :
— Que se passe-t-il ?
— Nous perdons de l'altitude. Il semblerait que nous ayons un problème au niveau du moteur principal. Déclara un technicien.
— Nous avons aussi un problème avec le système de gravité. Enchérit un autre membre d'équipage.
Tig-Mus n'avait jamais vu ça. Tous les systèmes du vaisseau étaient en alarme. Plus rien ne fonctionnait. Et tout à coup, le vaisseau commença à basculer.
La reine eut juste le temps de s'accrocher à un fauteuil et de s'attacher avec une ceinture de sécurité.
— Plus aucune commande ne répond ! Le vaisseau est hors de contrôle ! Hurla le pilote principal. Nous allons nous écraser sur la planète !
— Lancez un signal de détresse, activez les boucliers et poussez au maximum les contre-fusées ! Hurla Tig-Mus.
Le pilote poussa la manette des moteurs à fond, le vaisseau se redressa mais il était toujours pris dans l'attraction soudainement gargantuesque de Cachin.
Tig-Mus qui s'accrochait à son fauteuil cria un dernier ordre.
— Évacuez le vaisseau ! Lancer la procédure d'urgence ! Ma Reine, je vous en pris, venez avec moi. Il lui tendit la main. Votre capsule de sauvetage est juste à quelques mètres. Venez !
— Non Tig-Mus ! Lui répondit la Reine. Personne ne quittera ce navire. Je vous l'ordonne.
— Ma Reine, nous sommes en perdition. Nous allons nous écraser sur le sol de Cachin.
— Peu m'importe. Je suis votre supérieur, vous devez suivre mes ordres.
— Mais ma Reine… la capsule est juste là. Il pointa du doigt la porte coulissante juste derrière la Reine. Nous n'avons que quelques mètres à faire.
La Reine s'adressa au pilote principal.
— A quelle vitesse chutons-nous ?
— Les moteurs de rétraction sont à fond ma Reine. Mais nous continuons malgré tout à descendre. Nous sommes attirés par la planète de façon anormale.
— Allons-nous nous écraser ?
— Pas forcément. Si j'arrive à maintenir l'assiette et que les moteurs tiennent, nous nous poserons sans nous cracher.
— Est-ce que la structure du vaisseau peut l'encaisser ?
— A priori, je dirais oui votre Altesse. Mais je ne peux en être certain à cent pour cent.
— Faites au mieux. Tig-Mus lancez immédiatement le contre-ordre d'évacuation.
La petite créature mit plus d'une seconde à se faire à l'idée. Et il fallut que la Reine insiste une seconde fois pour qu'il réagisse.
— Tig-Mus ! Maintenant !
— Contre-ordre. Cria Tig-Mus dans le micro. L'évacuation est annulée. Que tout le monde retourne à son poste immédiatement.
La Reine posa un regard sévère sur Tig-Mus. Si elle venait un jour à prendre le commandement du Royaume, il en ferait les frais. Il était évident que ce petit protégé du Roi ne pourrait plus occuper un si haut poste de responsabilités. Et elle n'éprouverait aucune culpabilité à faire son devoir. A faire ce qui lui semblait juste et important pour le Royaume.
harnis29
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Messagepar harnis29 » Ven 21 Avr 2017 - 8:29   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 20: La Bataille de Cachin

La Révolte des Poussières

La Bataille de Cachin (3ème partie )

La rumeur résonnait comme un écho. Et Toph pouvait maintenant entendre distinctement les mots qu'il n'avait entendus que sous la forme d'un récit. D'une histoire, d'un mythe devenu légende.
— Deux lunes. Le jour des deux lunes...
La phrase se propagea dans toute l'armée Cadienne en pleine retraite. Chacun la répétait à celui qui était le plus proche et ainsi de suite, si bien, que cela devint un chœur repris en canon au milieu des explosions et des tirs de la guerre.
Le jour des deux lunes était arrivé.
Au plus mauvais moment. Pour ne pas changer.
Toph regarda le ciel. Il ne voyait que le nuage noir qui avait déversé son eau toute la matinée. Il y avait encore des courses poursuites entre les chasseurs Cadien et l'alliance improvisée ennemie. Et puis, il baissa les yeux en direction de l'Est. Et là, il la vit, surgissant de l'horizon, l'énorme boule d'un jaune pastel, Hecott, la lune de Cachin, qui gonflait. Elle était énorme. Bien plus grosse que d'habitude. Et tout de suite, en plissant les yeux, il vit sa grande sœur. Celle qu'il n'avait jamais vu. Celle qui n'était qu'une légende. Elle était juste derrière la lune de Cachin. Encore plus massive et sombre dans l'ombre projetée. Gorgatt. La grande sœur de Hecott.
La catastrophe était en marche.
Immédiatement, Toph fit pivoter l'embout de sa lance afin d'en faire sortir le crochet. En chef de guerre qu'il était devenu en quelques heures, il se mit à crier de toute ses forces :
— Accroche ! Accroche !
Et à l'unisson, toute le ligne de fantassins qu'il menait, reprit en cœur le mot prononcé par Toph. Et tous firent sortir le crochet de leur lance. Les droïdes de combat en profitèrent pour tirer encore plus sur les Cadiens qui se protégeaient maladroitement avec leurs boucliers. Pour ceux qui en avaient. Pour les autres, ils tombaient comme des mouches.
Le crochet était indispensable pour tout Cadiens depuis des milliers d'années. Mais il ne servait à rien sans anneau, sans accroche. Toph se mit à inspecter le sol. Il fallait à tout prix trouver un anneau d'accroche dans les minutes, sinon c'était la mort assurée. Sur toute la terre de Cachin, il y avait des anneaux. Partout. Aussi bien dans le désert que dans chaque rue de Cachi-Mee. Mais là, au milieu des gravats, au milieu des corps et des droïdes en pièces, il n'arrivait pas à en dénicher un seul. Et à son grand désarroi, il vit que les gouttes d'eau commençaient à décoller du sol. Dans quelques minutes, même pas, s'il ne trouvait pas d'anneau, il mourrait dans le ciel, privé d'oxygène. C'est à ce moment qu'il entendit l'ordre de la retraite crié par Obi-Wan dans le comlink qui grésillait à l'intérieur de la poche de son pantalon. Toph essaya de repérer l'arsenal et quand il vit le bâtiment au milieu de la fumée, il sut qu'il n'aurait jamais le temps de le rejoindre avant qu'il ne soit happé, lui et les siens dans l'atmosphère. Ni lui, ni ses hommes qui se battaient avec lui ne pourraient atteindre l'arsenal. Donc sa seule priorité après celle de ne pas se faire tuer par un coup de blaster de droïde ou un coup de laser de Cyclatte, était de trouver un anneau. Il commença à soulever des corps de Cadiens, à pousser du pied une carcasse de droïde ou un bout de Cyclatte. Rien. Aucun anneau, aucune accroche. Dans les rangs de son armée, la panique commença à éclore. Si bien qu'au bout de quelques minutes, plus personne ne faisait attention à l'ennemi qui s'approchait de plus en plus.
— Protégez-vous avec le bouclier ! Cria Toph.
Mais personne ne l'écoutait.
Plus les secondes passait et plus il s'agaçait de ne trouver aucun anneau. Plusieurs fois il regarda autour de lui et vit que toute la ligne de fantassins explorait le sol à la recherche d'une accroche. Avec un certain soulagement il vit que plusieurs Cadiens avaient finit par en trouver. Ils s'attachaient les uns avec les autres. Utilisant parfois un bout de tissu, parfois un bout de corde, une ceinture, certains même se tenaient simplement la main.
Toph reprit sa recherche de plus belle. Il avançait au lieu de reculer. Et il ne vit pas le droïde B1 qui était juste à quelques mètres de lui en train de le pointer de son blaster. Au moment où il allait faire feu, les pieds du droïde quittèrent le sol. Il tira malgré tout, loupant de peu la tête de Toph.
Le jeune Cadien, promu chef bien malgré lui, se sentit tout à coup plus léger. Il savait ce qui était en train de se passer. Toutes les histoires qu'on lui avait raconté durant son enfance étaient vraies. Ses pieds décollèrent du sol à son tour. Par réflexe il bascula en avant. Il farfouilla parmi les décombres avec le bout de sa lance et finit par trouver un anneau. Comme s'il l'avait attendu depuis le début, ce facétieux anneau était pourtant bien là, dissimulé sous le corps d'un Cadien ensanglanté. Et cela faisait des centaines d'années qu'il n'avait pas bougé. Toph accrocha le bout de sa lance à l'anneau juste au moment où il sentit que la force de gravité l'attirait vers le ciel. Il releva la tête et vit le B1 affolé, s'agitant de tous ses membres et en tirant dans toutes les directions.
L'eau remontait en grappe vers le ciel. Les carcasses de droïdes, les pierres et les graviers, les détritus et les lances perdues, celles qui avaient été lâchées par les corps morts des Cadiens, s'élevaient dans le ciel de Cachin.
Tout ce qui était léger flottait déjà dans l'air. Et quelques minutes plus tard c'était au tour des Cyclattes de s'élever, bien plus lourdes qu'un droïde, elles commencèrent à s'agiter de panique. Leur œil rouge balayait toutes les directions. Leurs pattes s'affolaient et il arrivait qu'elles se heurtent entres-elles. Elles finissaient par se détruire l'une et l'autre à grands coups de laser.
Le chaos s'était emparé de la terre une heure plus tôt. Maintenant il avait même gangrené le ciel.
Toph bien arrimé à l'anneau, accrocha le bout de sa lance à sa ceinture, lui laissant les deux mains libres. Il lança son bouclier contre un droïde qui flottait vers lui. Le bouclier le percuta de plein fouet, l’entraînant vers un amas de ferraille qui dansait dans le ciel. Il sortit son comlink et tenta de prendre contact avec quelqu'un… n'importe qui.
— ici Toph, Le jour des deux Lunes est arrivé. Votre seule chance de survie est de vous accrocher à quelque chose de bien arrimé au sol. Est-ce que quelqu'un m'entend ? Allo ? Allo ?
Il attendit cinq secondes avant de renouveler son alerte, mais alors qu'il s’apprêtait à parler de nouveau, son comlink grésilla.
— Toph ? Est-ce bien toi ?
— Oui c'est moi. Qui que vous soyez, vous devez vous accrocher immédiatement.
— Ici Obi-Wan, nous sommes à l'intérieur de l'Arsenal. Il n'y a absolument rien à quoi s'accrocher ici. Nous flottons déjà dans l'air.
— Si vous êtes à l'intérieur de l'arsenal, vous ne risquez rien. Tous les bâtiments stratégiques ont tous été conçus pour supporter le jour des deux lunes. Il faut absolument prévenir tous ceux qui sont dehors… La force de gravité va encore augmenter pendant une bonne trentaine de minutes avant de s'atténuer.

A l'intérieur de l'arsenal, Obi-Wan regarda Haïn et Jiin qui s'amusaient à se rentrer dedans dans une gravité zéro. Même la bombe de Cinium flottait dans l'air, bien loin de son chariot. Et tout le monde s'agitait dans tous les sens quand elle s'approchait.
Tous les Jedis présents sur Cachin étaient dans l'arsenal. Les autres étaient dans le vaisseau commandé par Yoda. Ils étaient donc tous bien là. Sauf un.
Mace Windu et Obi-Wan avaient organisé la retraite avec une grande efficacité. Si bien, que presque la moitié de l'armée Cadienne était présente dans l'arsenal. Et tous flottaient dans l'air.
Mace Windu s'aida de la Force et s'approcha d'Obi-Wan.
— Anakin n'est pas ici. Dit-il à Obi-Wan.
— Je sais Maître. Il est dehors.
— Je contacte Yoda, pour qu'il essaye de le retrouver.
Après avoir terminé sa conversation avec le Maître Jedi, il se tourna vers Obi-Wan.
— Yoda va tout mettre en œuvre pour le retrouver. N'ayez crainte. Votre Padawan va s'en sortir.
Soudain, Haïn se mit à beugler.
— Obi-Wan, Obi-Wan, regardez ! Moi aussi je maîtrise la Force.
Il tendit les deux mains en direction de Jiin qui s'avançait comme par magie vers lui.
— Vous avez vu ça ?! Je suis un Jedi. Je veux un sabre laser !
— Je ne suis pas d'humeur à plaisanter Haïn.
— De toute façon vous n’êtes jamais d'humeur à rien. Maugréa Haïn. Vous avez perdu quelque chose ?
Haïn parcourut du regard l'intérieur de l'arsenal de Cachi-Mee.
— Où est le petit ? Demanda-t-il.
— Il est dehors. Siffla Obi-Wan.
— Et où est Runh Rapuhn ? Demanda Jiin.

Dans l'atmosphère de Cachin, il régnait une pagaille incroyable. Les drones étaient complètements déréglés et tiraient dans toutes les directions. Seul les vaisseaux pilotés par des êtres vivants arrivaient péniblement à garder un semblant de maîtrise dans ce chaos infernal. Et quand ils arrivaient à dompter leur engin, ils devaient éviter ce qui flottait dans le ciel.
Yoda ordonna à Ki-Adi-Mundi d'orienter le vaisseau dans la direction du robot, vers le Temple de la Fontaine. Ki-Adi-Mundi avait toutes les peines du monde à maintenir un semblant de stabilité et quand il y arrivait, le vaisseau subissait des tirs provenant d'un chasseur inconnu. Le pilote Jedi entreprit d'entrer en communication avec le vaisseau qui le pourchassait.
— Ici Vaisseau de l'Ordre Jedi, cessez immédiatement le feu contre nous.
Dans le vaisseau inconnu, Tev Vanth II blêmit d'un seul coup. Il ordonna le cessez-le-feu et décrocha pour se diriger dans la direction opposée à celle du vaisseau Jedi. Tev Vanth II était un guerrier mais il n'était pas suicidaire. S'attaquer aux Jedis n'était pas une option envisageable si on voulait rester en vie. Et même s'il ne portait pas dans son cœur les Jedis, ces bandits auréolés de mysticisme, ils n'étaient pas ennemis. Du moins pas encore. Non. Son ennemi était ici, dans la bataille de Cachin. Il était ici, il en était certain. Mais il ne l'avait pas encore repéré. Tev Vanth II reprit son souffle et toute son obsession remplit ses poumons. Il voulait la tête d'Aross Talphar. Il la voulait maintenant, à ses pieds. Il pensa même à la conserver dans un bocal comme un trophée. Il se voyait déjà la brandir devant la foule hystérique de la Cantine Solitaire.
Mais ce traître ne s'était toujours pas montré. Où pouvait-il bien se cacher ?


Aross Talphar s'était entendu avec Ish Atam. Ils avaient convenu d'ignorer le message de retraite ordonné par Obi-Wan. Ils étaient trop prêt du but, hors de question de faire machine arrière maintenant. Ish Atam était aux commandes d'un chasseur Cadien qu'il maîtrisait à peine. Il s'évertuait à mitrailler la tour du dôme qui commençait à se disloquer, pendant qu'Aross, à bord de sa navette, le couvrait comme il le pouvait. Mais l'arrivée de Gorgatt avait tout changé. Le nuage noir au-dessus de la capitale s'étirait et se déchirait. Ish Atam jeta un œil au travers du nuage en décomposition et il vit la grande sœur de Hecatt déjà haut dans le ciel. Elle était immense. C'était la seconde fois, qu'il la regardait. La première fois, c'était pendant de la cérémonie de glorification dans son village Cendres, il devait avoir une huitaine d'années. Son père, le roi Hysakpacha, le tenait fermement entre ses bras et Ish Atam se souvint que sa seule peur était que son père le lâche ou qu'un maillon de la chaîne qui les maintenaient accrochés à la terre, finisse par rompre, les entraînants alors vers la bouche béante qui voulait les engloutir. Il avait encore en mémoire cette sensation de flotter dans l'air, à une dizaine de mètres du sol, la chaîne s'orientant et suivant la course folle de la lune gigantesque. Il revoyait encore le sable du désert s'envoler en essaim opaque, entraînant les cailloux et d’immenses rochers. Il revoyait aussi Shauska, à peine plus âgée que lui, dans les bras solides de sa mère. Comme lui, elle était accrochée à une longue chaîne métallique. Il se souvint de ses yeux émerveillés. De sa longue chevelure noire qui flottait et dansait dans l'air.
Ish Atam, pour en avoir fait l'expérience, savait que Gorgatt filait à toute allure. Et que la force de gravité ne durait pas si longtemps. Et heureusement. Car Ish Atam connaissait très bien les ravages que pouvait faire Gorgatt sur Cachin. Si la course de Gorgatt avait été plus longue, aucune vie n'eut été possible sur le sol de Cachin. Car à son passage, la terre tremblait, elle se cassait et se disloquait. Même parfois, les vieux arbres desséchés, ceux qui mourraient paisiblement, se voyait alors arraché de la terre et envoyé dans le ciel. Tous les animaux qui peuplaient Cachin avaient eu des centaines de milliers d'années pour s'adapter et trouver une parade à cette malédiction et quand le jour des deux lunes arrivait, ils se cachaient, ils s'enterraient. L'évolution avait modifié leur génétique, ils étaient conditionnés et instinctivement préparés à cet événement cyclique qui revenait tous les quinze ans. Si bien, que la première espèce d'humains intelligents avait finit par apprendre les signes avant coureur. Quand plus aucun oiseau ne volait dans le ciel, quand le silence régnait dans la jungle, alors il était temps de s'accrocher.
Il plongea son regard vers la base de la tour et vit la seconde vague de droïdes et de cyclattes qui s'échappait du sous-sol pour se retrouver directement happé par la gravitation. Quelques minutes auparavant, il était certain de perdre la bataille. Mais là, avec ce monstre au-dessus de leur tête, le combat pris une autre tournure. Les drones Vautour passaient le plus clair de leur temps à faire n'importe quoi. Ils percutaient des immeubles, volaient à l'envers, parfois ils fonçaient tout droit directement en piqué pour s'écraser lamentablement au sol. Et sinon ils se détruisaient les uns les autres. Une aubaine. Il entendit alors la voix d'Aross sortant des hauts parleurs de son cockpit.
— Ish Atam ! Vaisseaux ennemis à quatre heures.
— Des drones Vautour ?
— Négatif. Je les connais. Ce sont des vaisseaux de la Cantine Solitaire. Ils en ont après nous.
Ish Atam n'avait aucune idée de ce que pouvait bien être cette Cantine Solitaire. Pendant une seconde, il eut l'image d'une table posée dans le désert avec des mets gourmands et fastueux sans personne pour les manger.
— Ici Ish Atam, j'en appelle aux chasseurs Cadiens. Nous avons besoin d'assistance en urgence.
Mais il n'eut aucune réponse.
Il bascula le manche sur la droite et entreprit de faire un tour d'horizon complet du ciel de Cachi-Mee. Et à son grand désespoir, il ne vit que des vaisseaux ennemis et plus aucun chasseur Cadien. Il aperçut la créature de Darth Myseris qui traversait la ville à grandes enjambées, ses tentacules détruisant tout sur son passage.
Aross Talphar commençait sérieusement à transpirer. Il savait que Tev Vanth II était ici. Il avait entendu son appel et l'avait ignoré non sans crainte. Il jouait sa vie, sa peau. Il avait trahi le tyran de la Cantine Solitaire. Il n'avait plus aucune échappatoire. C'était lui ou lui.
Et pour combler le tout, dompter sa navette relevait plus d'un enchaînement aléatoire de manœuvres improvisées que d'une réelle tactique de combat. Il se rassura en voyant les vaisseaux du Roi Zaharcha qui étaient dans le même pétrin. Cela n'avait rien d'un jeu d'enfant.
Tout à coup, il fut percuté par un tir de laser provenant de l'arrière. Un rapide coup d’œil sur son écran de contrôle lui confirma sa provenance.
Tev Vanth II l'avait pris en chasse.
— Ish Atam ! Cria Aross. Je ne peux plus te couvrir. Je décroche pour l'attirer avec moi. Continu de bombarder la tour. Bonne chance mon ami.
Aross bascula son manche sur la gauche et entrepris une vrille descendante. Le vaisseau de Tev Vanth II fit de même.
Ish Atam n'hésita pas plus de deux secondes. La tour, bien que trouée de toute part était loin d'être détruite mais il ne laisserait pas seul Aross. Aucune chance. Il bascula le manche en arrière et vers la droite pour prendre de l'altitude. Quand il eut repéré la navette d'Aross poursuivit par un vaisseau de la Cantine Solitaire, il s'engagea alors à leur poursuite. Mais il était bien seul. Derrière lui il y avait toute une flotte de vaisseaux inconnus et quelques appareils de la flotte de Zaharcha. Et tous n'avaient qu'une idée en tête : le détruire.
La poursuite était engagée.
La navette d'Aross zigzaguait entre les immeubles de Cachi-Mee, mitraillée sans relâche par Tev Vanth II. Heureusement il ne faisait mouche que de rares fois. Car entreprendre une telle course poursuite dans un enchevêtrement de bâtiments, dans des ruelles assez étroites, n'était pas déjà en soit chose facile. Mais là, il fallait en plus prendre en compte le phénomène gravitationnel de Gorgatt. A la moindre erreur de trajectoire, au moindre ralentissement de la navette, Gorgatt reprenait de l'appétit est attirait tout ce beau monde vers sa mâchoire avide.
Dès que le vaisseau de Tev Vanth II apparut au centre de sa cible, Ish Atam commença à le canarder. Mais lui aussi était pris en chasse par une flotte de chasseurs bigarrés. Il ne tiendrait pas longtemps. Il fallait se rendre à l'évidence.
Tout en continuant à bombarder le vaisseau en face de lui, sur la droite, il vit arriver le vaisseau Jedi, commandé par Yoda. Le vaisseau Jedi traversa sa trajectoire juste derrière lui et en profita pour détruire les trois quarts de ses poursuivants. Ish Atam jeta un rapide coup d’œil sur sa gauche et vit que le vaisseau Jedi continuait sa route. Mais c'était déjà ça. Sur son radar, il n'y avait plus que trois chasseurs qui le poursuivait. Deux de la flotte de Tev Vanth II et un de celle du Roi Zaharcha.
Il poussa la manette des gaz à fond et s'approcha au plus près du poursuivant d'Aross.
— Aross ! Dit Ish Atam. Reprends de l'altitude. Dès que tu as dépassé le gros bâtiment, celui qui est juste en face de toi, dès que tu passes au-dessus, on se synchronise. A trois tu vires à droite d'un coup sec à 45°. Tu es prêt ?
— Reçu Ish.
Mais Aross plongea vers le sol.
— Qu'est-ce que tu fais ? Cria Ish Atam.
— J'ai une idée. Répondit Aross.
— ll est juste derrière toi, fais ce que je t'ai dis bon sang !
— Je n'ai pas assez de puissance. Il faut que je prenne de la vitesse.
L'énorme bâtiment s'approchait à toute vitesse, et Ish Atam doutait qu'Aross puisse l'éviter. S'il continuait comme ça, il fonçait droit dedans. Mais Aross connaissait bien cette navette. Il l'avait déjà piloté pendant de nombreuses heures autour du vaisseau de la Cantine Solitaire. Il s'était entraîné pendant des jours et des jours dans des combats aériens épiques. Cette navette avait un petit secret. Un petit propulseur ionique fait maison. Il ne pouvait fonctionner que pendant deux ou trois secondes. Mais cela suffisait. Cela suffirait pour lui donner un bon coup de boost. Aross consulta le tableau de bord, vérifia que le propulseur était prêt à décharger sa puissance et se prépara à la manœuvre.
— Je suis prêt Ish.
— Dès que tu as dépassé le bâtiment, tu lances le décompte.
— Reçu.
Aross releva le manche et au même moment il déclencha le propulseur ionique. La navette bondit et frôla le bâtiment. Dès qu'il fut au-dessus, Aross procéda au décompte.
— Trois, deux…
A deux, Ish Atam vira à droite d'un coup sec. Si bien que quand Aross vira à son tour, poursuivit par Tev Vanth II, le chasseur d'Ish Atam fonçait droit sur Tev Vanth II.
Ish Atam mitrailla la cabine du vaisseau de Tev Vanth II.
Au même moment, surgissant dans le ciel, le vaisseau Amiral du Roi Zaharcha était en perdition et allait s'écraser. Le vaisseau était immense. Un navire de guerre démesuré. Et il était en train d'effectuer une manœuvre de la dernière chance. Il pivotait sur lui-même. Le but était de placer les réacteurs surpuissants du navire face à Gorgatt. De le stabiliser et d'enclencher la poussée au maximum. Là, ils avaient une chance de contrer la force de gravité et ils seraient alors sortis d'affaire.
Ce n'était pas le cas pour Aross Talphar et Ish Atam. Le vaisseau tombait droit sur eux. Et vu sa taille, même en poussant les manettes à fond, ils n'auraient jamais le temps de s'échapper, ils allaient se retrouver écrasés par le mastodonte. Mais c'est Ish Atam qui comprit le premier la manœuvre du navire.
— Aross, Pique à 45° Ouest.
— Je n'aurai jamais le temps… s'alarma Aross.
— C'est ordre ! Cria Ish.
Aross bascula sa navette en direction de l'Ouest, Ish Atam sur ses talons.
Tev Vanth II était parti dans la direction inverse, la cabine de son vaisseau explosée par les tirs d'Ish Atam. Il était concentré sur la stabilité de son chasseur et ce n'est qu'au dernier moment qu'il vit les énormes réacteurs du destroyer tomber droit sur lui. Il poussa les moteurs à fond afin de les éviter. Mais au moment où il pensa que le danger était écarté, les réacteurs s'allumèrent, dégageant une puissance phénoménale. En une seconde, le vaisseau de Tev Vanth II fut purement et simplement carbonisé. Tev Vanth II eut juste le temps d'appuyer sur le bouton d'urgence. Une trappe s'ouvrit en dessous de son siège et il tomba dans une capsule de protection qui fut éjectée du vaisseau au moment même où le feu intense du navire du Roi Zaharcha atomisait l'air et sa navette. La capsule contenant Tev Vanth II fut projetée au loin par le souffle, s’écrasa sur le sol pour tout aussitôt s’élever dans le ciel, à la merci de Gorgath.
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Messagepar harnis29 » Ven 28 Avr 2017 - 8:39   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 20: La Bataille de Cachin

La Révolte des Poussières.

la Bataille de Cachin (4ème partie)

Un feu d'éclairs. Un orchestre d'étincelles jouait sa partition dans les ruines de Cachi-Mee. Anakin et Darth Myseris étaient en plein combat à mort. Ce combat serait le dernier pour l'un des deux protagonistes. Les deux sabres lasers s'entrechoquaient dans un ballet chorégraphié. Aucun des deux ne reculait. Tandis qu'Anakin était mué par la Force, le côté Obscur transcendait Darth Myseris. Ils jouaient d'égal à égal. Jamais Anakin ne s'était senti aussi puissant et jamais la rage de Darth Myseris n'avait été aussi redoutable. Darko, depuis l'intérieur de sa silique au fond de la tour, suivait le combat d'un œil attentif. Prêt à intervenir si sa mère lui ordonnait. Le robot suivait donc sa maîtresse, son bras armé en canon pointait constamment le Padawan. Mais Anakin n'était pas totalement seul. En effet, caché derrière un mur, après la retraite précipitée, Ruhn Rapuhn avait traîné son canon avec lui. Personne ne pouvait le voir. Et lui aussi pointait son adversaire. En l’occurrence Darth Myseris. Si jamais elle prenait le dessus sur le garçon alors il n'hésiterait pas une seconde.
Le combat devenait de plus en plus violent et de plus en plus intense. D'un certain point de vue, le combat était inégal, car à chaque fois que Darth Myseris perdait son ascendant sur Anakin, elle usait de son bras de Cinium pour lui envoyer des décharges de boules d'énergie qu'il devait parer, obligeant le jeune Padawan à reculer. Mais à chaque fois, la détermination d'Anakin devenait plus forte. La Force qui palpitait dans son corps et dans son esprit était traversée par des flux de colère. Et quand une bouffée de colère l'embrasait alors il se jetait sur son adversaire avec une férocité et une rapidité démentielle.
Anakin se sentait de plus en plus léger. A chaque bond, il sautait plus haut et plus loin. Et Darth Myseris le suivait à la trace. Ils se battaient sans relâche, sur la terre comme dans les airs. Aussi bien à l'intérieur d'une construction en ruine que sur des épaves de vaisseaux en flammes. Anakin maîtrisait chacun de ses gestes. Il mettait en œuvre tout ce que lui avait appris Obi-Wan. Il contrait toutes les attaques de Darth Myseris avec une facilité déconcertante. Il pouvait prédire à l'avance chaque mouvement de son adversaire. Anakin se dit à lui-même qu'il maîtrisait parfaitement l'art du combat au sabre laser. Cependant, Darth Myseris arrivait quelquefois à l'atteindre. Elle l'effleurait du bout de sa lame rouge et déchirait sa tenue d'apprenti Jedi. Si bien qu'au bout de quelques minutes, la cape du Padawan était en lambeaux. Et maintenant elle le gênait plus qu'autre chose. Sans réfléchir, il l’arracha et la jeta au sol. Darth Myseris en profita pour se projeter sur lui. Pour l'éviter, il fit un bond de Jedi. Et il sauta si haut et si loin, qu'Anakin finit par atterrir sur le haut d'un immeuble. Et Darth Myseris le suivit. Maintenant ils se battaient au sommet d'un bâtiment de Cachi-Mee. Le robot se mit à grimper à son tour sur l'immeuble, mais il était tellement lourd que le bâtiment commença à s'effondrer.
Voyant que l'édifice allait s'écrouler, Anakin sauta dans le vide et contre toute attente, le choc contre le sol n'en fut pas un. Il se posa lentement, avec légèreté. Quelque chose ne tournait pas rond.
Il regarda autour de lui et vit que la pluie s'élevait du sol. Il pleuvait à l'envers.
Et puis, tout à coup, il sentit la puissance de Gorgatt. L'énorme lune de Cachin aspirait le ciel. En quelques secondes tout changea. Anakin dut user de la Force pour se maintenir au sol. Des blocs de pierre commençaient à s'élever. Runh Rapuhn, lui aussi, était irrésistiblement attiré vers le haut, d'une main il tenait une poignée de son canon et de l'autre il s'agrippait fermement à une prise de fortune d'un mur troué.
Darth Myseris lévitait. Elle se maintenait à quelques centimètres du sol. En usant de la Force, elle s'élança à l'encontre du Padawan. Mais cette fois, Anakin peinait. Se maintenir les pieds rivés au sol lui demandait beaucoup de concentration. Et Darth Myseris en profitait pour lui asséner coups sur coups.
— Tu ne crois quand même pas faire le poids face à moi ! Criat-elle. Aucun Jedi n'est à mon niveau. Encore moins un apprenti.
Anakin reculait. Elle prenait le dessus.
— Vous n’êtes rien face à Maître Yoda. Riposta Anakin.
— Tu parles de la pitoyable créature verte ?! Ce vieux croulant qui n'est même pas capable de se déplacer sans traîner la patte ? Tu te fiches de moi ?
— Je connais une autre créature qui traîne la patte ! Fit Anakin en pointant du menton le pied robotisé de Darth Myseris. Et elle est misérable, je vous l'assure !
— Tais-toi bâtard ! C'est à cause de toi si je souffre le martyr.
— Tout le plaisir est pour moi. Fit Anakin avec un sourire sarcastique.
Pris de rage, Darth Myseris redoubla ses coups contre Anakin.
— Je n'ai pas de leçon à recevoir d'un fils de putain ! Hurla-t-elle.
Mais c'était mal connaître Anakin. Cette insulte le perça en plein cœur, et comme un vase qui déborde, la colère jaillit du plus profond de son âme. Et en deux temps et trois mouvements, il se détacha de l'emprise de Darth Myseris, encore trois coups de sabre et il coupa en deux son bras de cinium.
— Je dois avouer que tu as un certain talent. Fit Darth Myseris tout en regardant son bras se reconstruire.
Anakin haletait. Il aurait dû profiter de cet instant et en finir mais il devait absolument reprendre son souffle. Au même moment un mur entier de l'immeuble qui s'était effondré, grimpait dans le ciel. Malgré tous ses efforts, Anakin ne prenait pas vraiment le dessus. Elle l'avait atteint plusieurs fois et il commençait à ressentir des douleurs un peu partout. Il fit encore un bond de Jedi et sauta en direction du pan de mur qui montait lentement dans les airs.
« Chaque élément qui t'entoure, chaque grain de sable est une arme en puissance, tu dois utiliser tous les composants de la nature. »
Il entendait ces mots prononcés par son Maître. Utiliser chaque élément. C'était pour cette raison qu'il avait sauté en direction du mur. Il fallait changer la donne. D'une certaine manière, il était en train de fuir le combat. Il s'accrocha au mur, son sabre laser toujours allumé et regarda en direction de la sorcière, cette aberration de la nature. Elle ne quittait par du regard le Padawan. Elle attendait. Elle attendait que son bras soit de nouveau entièrement fonctionnel. Quand elle put de nouveau envoyer des boules d'énergie, elle appela sa créature.
— Lance-moi ! Lui dit-elle. Lance-moi sur lui.
Le robot prit Darth Myseris dans sa main gauche et la jeta en direction d'Anakin.
Le Padawan vit une furie foncer droit sur lui, le sabre laser en avant. Une vision cauchemardesque de harpie furieuse qui allait le hanter pendant quelque temps. Juste avant qu'elle ne l'atteigne, il vit le visage déformé de l'ancienne princesse. Dans ses yeux régnait une folie indomptable. Anakin pointa son sabre laser vers elle et ferma les yeux. Il n'avait plus la force de continuer.
C'était sans compter Runh Rapuhn.
Il tira de son canon en plein dans le mile.
Darth Myseris fut emportée au loin.
Le recul du canon projeta ensuite Runh dans les airs.
Quand Anakin ouvrit les yeux, il planait toujours dans le ciel. Il vit au sol, le Robot changer à nouveau de forme. Il reprit l'aspect d'une créature tentaculaire en seulement quelques secondes et traversa un quartier entier de la ville à la recherche de sa génitrice, ses tentacules s’enfonçant dans le sol pour l'empêcher de se faire aspirer par Gorgatt.
Anakin était exténué. Son cœur tapait dans sa poitrine et résonnait dans tout son corps. Il finit par éteindre son sabre et en profita pour trouver une meilleure prise sur ce pan de mur qui ne cessait de monter dans le ciel. Si cela continuait encore comme ça, dans quelques minutes il finirait par manquer d'oxygène. Tout autour de lui, il voyait les décombres de la guerre flotter avec lui. Il voyait des corps décharnés et désarticulés. Des bouts de droïdes et des pattes de Cyclattes. Parfois il entendait les cris de Cadiens qui n'avait pas réussi à s'accrocher. Tout le monde était en train de se faire happer par la gravité de la grande sœur d'Hacott. C'était un spectacle d'apocalypse. Un sentiment de honte et de culpabilité l'envahit. Et puis il vit à quelques mètres de lui, un Cadien, le visage terrorisé, il tendait les bras vers Anakin. Il le suppliait de l'aider. Il criait qu'il ne voulait pas mourir. Anakin usa de la Force pour l'attirer vers lui. Quand il fut assez près, le Cadien lui attrapa la main et il s'agrippa au pan de mur.
Au moins, dans toute cette désolation chaotique il avait peut-être sauvé la vie de quelqu'un. Même si ce n'était que pour quelques minutes. Le Cadien pleurait.
Anakin commençait avoir peur. Plus les secondes passaient et plus il était entraîné, lui et son compagnon d'infortune, vers l'espace. Il contempla longuement Gorgatt qui plombait le ciel. Elle était traversée par des crevasses immenses. Elle était d'un jaune pâle et crachait du soufre par les centaines de petits volcans qui constellait sa face visible. Mais à peine recraché, le soufre était instantanément attiré par la propre gravité de Gorgatt et se retrouvait plaqué avec violence à la surface de la lune.
Et puis Anakin entendit le vaisseau amiral du Roi Zaharcha en perdition. Il le vit traverser le nuage au-dessus de Cachi-Mee et faire un demi-tour complet sur lui-même. Il y avait encore des Chasseurs qui se battaient dans le ciel.
Et il entendit enfin un son connu, rassurant : Celui du vaisseau du Conseil Jedi qui s'approchait de lui. Le vaisseau fit plusieurs fois le tour d'Anakin avant de se stabiliser. Et enfin, il vit la silhouette de Yoda quand la porte latérale s'abaissa. Avec la Force, il attira Anakin et son compagnon jusqu'au vaisseau. Anakin attrapa la main du Cadien et ils sautèrent à l'intérieur de la navette.
— Content de te voir en vie, je suis. Dit Yoda d'une voix sereine.
— Pas plus que moi. Lui répondit Anakin. Maître, Sajura Zaharcha est un seigneur Sith. Anakin pointa du doigt en direction de l'Ouest. Elle est sûrement encore en vie, par là-bas.
— Une Sith, elle n'est pas encore. Et une force plus puissante à l’œuvre est ici.
— Que voulez-vous dire ?
— L'anomalie. La singularité. Ici elle est.
— Je ne comprends pas Maître.
— Sa puissance ne ressens-tu pas, en toi, jeune Padawan ? Te plonger dans la Force tu dois maintenant.
Anakin ferma les yeux quelques instants. Ce que venait de dire Maître Yoda le perturbait. Il fit le vide en lui et sonda la Force. Il lui fallut plusieurs secondes avant de comprendre ce qui se passait. Maître Yoda avait raison. En explorant les confins de la Force, Anakin ressentit la présence de Darth Myseris. Sa présence était claire et sans demi-mesure. Elle était encore en vie et se débattait dans les gravats en appelant sa créature à l'aide. Mais il ressentit quelque chose d'autre. Quelque chose de plus profond. Opaque. Sourd. Mais d'une puissance gigantesque.
— T'ouvrir à tes sens, tu dois. Continua Yoda.
Machinalement et alors que la situation ne s'y prêtait pas, Anakin s'assit en tailleur au milieu du vaisseau. Il plongea encore plus loin dans sa méditation. Il ressentait la présence de tous les Jedis sur Cachin. Il vit Obi-Wan et Mace Windu plaqués contre le plafond de l'arsenal. Il ressentit aussi la présence de Runh Rapunh en danger dans le ciel.
— Il y a un ami que nous devons récupérer. Fit Anakin sans ouvrir les yeux. À Bâbord. Juste à quelques centaines de mètres.
Yoda ordonna à Ki-Adi-Mundi de suivre les ordres d'Anakin. Au bout de quelques secondes, Runh Rapuhn était sauvé et de sa masse énorme, il remerciait à genoux Yoda de l'avoir secouru.
Mais Anakin n'en avait pas finit. Il continua son exploration de la Force. Tout n'était que vibration. Il ressentait la force de gravité de Gorgatt et il comprit rapidement qu'elle s'en allait. Que dans quelques minutes, elle disparaîtrait dans l'espace. Il sonda encore plus profond. Il ressentit une vague noire. Cela lui rappela le gaz meurtrier de la tombe du Sith qu'ils avaient découvert, lui et Obi-Wan quelques semaines plus tôt. Il lui avait semblé que ce gaz était vivant. Il sonda encore plus profondément. Il n'entendait plus rien. Un silence de mort, pesant, caché, dissimulé, se révélait à lui. Là il comprit ce qu'il avait pressenti lors de son arrivée sur Cachin. Depuis le début, il était intimement convaincu que cela était dû à la présence de Darth Myseris et du côté obscur. Mais il se trompait. Ce n'était pas elle qu'il ressentait. C'était quelqu'un d'autre. Darth Myseris n'était qu'une imposture. Elle n'était qu'un écran de fumée. Une diversion. Depuis le début il s'était focalisé sur elle. Et c'était ce que voulait cette autre force. Ce quelqu'un d'autre préférait l'ombre. Il restait caché. Il ne voulait pas être découvert. A chaque fois qu'Anakin était prêt de toucher et de révéler cette présence, celle-ci s'évanouissait encore plus loin, encore plus profond. Toujours les yeux fermés dans une profonde méditation, Anakin s'adressa à Yoda :
— Maître, je la ressens. L'anomalie. La singularité. Elle est là. Mais je n'arrive pas à la cerner. Elle m'échappe.
— Normal, ceci est. Car forme humaine, elle n'est pas. La débusquer, nous devons.
Soudain Anakin ouvrit les yeux et cria :
— Attention ! Darth Myseris ! Elle fonce droit sur nous !
Ki-Adi-Mundi fut lui aussi submergé par la Force. Et heureusement. Car il eut juste le temps de faire pivoter le vaisseau afin d'éviter que la créature de Cinium ne les percute de plein fouet. Le vaisseau Jedi parti en vrille. Et au moment où Ki-Adi-Mundi pensait qu'ils étaient hors de danger, un tentacule s'enroula autour du vaisseau et commença à le broyer et à le briser en deux.
Yoda alluma son sabre laser et sans réfléchir fit un bond de Jedi gigantesque en direction du centre de la créature. Il sautait et virevoltait entre les tentacules. Il s'évertua à découper celui qui était en train de broyer le vaisseau Jedi.
Anakin le suivit. Il monta sur un tentacule, les batteries rechargées à bloc grâce la méditation et se rua à corps perdu en direction de la capsule de sûreté de Darth Myseris. En trois secondes les deux Jedis enfonçait leur sabre laser au cœur de la bête. Et elle finit par céder. Le tentacule qui enserrait le vaisseau lâcha prise, lui redonnant sa liberté.
Darth Myseris n'était que rage et colère. Elle fulminait à l'intérieur de sa capsule transparente. Son visage était déformé. Elle n'avait plus aucune once d'humanité. Cela se voyait dans son regard. Elle était devenue une bête aussi sauvage que sa créature. En voyant Anakin qui essayait de s'approcher pour briser une nouvelle fois son enveloppe de protection, elle somma sa créature de le déchiqueter.
Cette fois-ci, se furent des dizaines et des dizaines de tentacules qui essayairent de l'attraper. Même Yoda dû interrompre sa tentative de percer au cœur le robot s'il ne voulait pas se faire embrocher.
La scène était hallucinante. Toute droite sortie d'un esprit aliéné : à une centaine de mètres du sol, une sorte de pieuvre géante se battait contre elle-même. Les tentacules se cognaient entres-elles. Les deux Jedis sautaient dans tous les sens, leur sabre tourbillonnant. Ils découpaient les tentacules et aussitôt ceux-ci se reformaient. C'était un combat perdu d'avance. Les deux Jedis ne tiendraient pas longtemps. Fatalement ils finiraient par se fatiguer. Et fatalement, le robot les détruirait.
Anakin réussit malgré tout à s'approcher de Darth Myseris au centre du robot. Elle ne le laissa pas crever sa capsule. Elle désactiva la protection et se lança à sa rencontre, sabre laser en avant.
Darko était désorienté. Il risquait de blesser sa mère si un tentacule la percutait.
Pendant que Yoda se battait contre les tentacules, Anakin luttait contre Darth Myseris. Et quoi qu'elle fasse, il paraît tous ses coups. Darth Myseris rageait. Elle n’arrivait pas à prendre le dessus sur le Padawan. Le bâtard lui tenait tête. Encore.
Au fur et mesure du combat. Anakin sentit que Gorgatt s'éloignait de plus en plus vite. Et aussi vite qu'elle était apparue, sa force de gravité s'estompait.
Tout ce qui était dans le ciel commençait à redescendre.
Le vaisseau Jedi finit par réussir à se poser non sans mal. Runh Rapuhn en bondit et sauta sur un tentacule. Il ne pouvait pas faire grand-chose mais il voulait aider le Padawan et la gentille créature verte qui l'avait sauvé. Au moment où un bras tentaculaire aller se saisir d'Anakin, Runh réussit à s'interposer et c'est lui que le bras attrapa. Mais ce n'était pas simple de broyer le géant orange. Il était fort et robuste. Le bras le serrait de plus en plus en fort et Runh n'eut d'autre solution que de se transformer en carapace. Il le fit si vite qu'il s'échappa de l'étreinte mortelle du robot. Sa carapace tomba au sol.
Aussitôt il reprit sa forme normale et tenta de retourner au combat. Mais un tentacule le percuta et l'envoya valdinguer à plusieurs dizaines de mètres.
Ki-Adi-Mundi sorti à son tour du vaisseau Jedi, sabre laser allumé et commença à essayer de découper les bras du robot.
Gorgatt avait disparu de l'horizon. Elle était partie. Sa force de gravitation était encore présente mais beaucoup moins forte. Si bien que presque tout était revenu à la normale.
Darth Myseris luttait encore contre Anakin.
Et soudain son regard fut attiré par quelque chose.
A la périphérie de Cachi-Mee, le tram continuait son manège. Dans quelques minutes il passerait par le sous-sol de la tour du dôme.
Et ce fut comme un signal d'alarme qui lui traversa l'âme. Tout à coup elle se désintéressa totalement de son combat contre le Padawan. Elle n'eut à cet instant qu'une seule idée en tête : atteindre le plus vite ce tram de malheur.
— Mon fils, lance-moi ! Dit-elle à sa créature. Ensuite occupe-toi de retrouver la Fontaine au plus vite. C'est ta mission première. Rien d'autre ne compte. Même pas moi.
Darko fut submergé par une émotion de tristesse. Il se dit à lui-même, que peut-être il ne verrait plus jamais sa mère.
Un tentacule saisit délicatement Darth Myseris et la catapulta en direction du tram.
Toujours vaillant, Runh Rapuhn revenait en courant pour prêter main forte aux Jedis qui affrontaient le robot. Celui-ci, se désintéressa lui aussi du combat contre les Jedis et pris la direction du centre-ville. Bien décidé à s'emparer de la Fontaine de l'Étoile.
En voyant Darth Myseris planer dans le ciel, Anakin ordonna à Runh d'en faire autant avec lui.
— Ruhn, Peux-tu me lancer jusqu'au tram ?
— Maître Anakin. C'est bien trop loin. Répondit Runh, complètement essoufflé.
— T'aider nous allons. Ajouta Yoda qui fit un signe à Ki-Adi-Mundi. Et te souvenir d'une chose, tu dois, jeune Padawan. Un seigneur Sith, elle n'est pas.
Runh attrapa Anakin par le col déchiré d'une main et par le haut de son pantalon de l'autre. Il inspira un grand coup et jeta de toute ses forces le Padawan dans l'air. Yoda et Ki-Adi-Mundi joignirent leur main et en usant de la Force, ils projetèrent le Padawan encore plus loin.
Anakin volait. C'était une sensation fantastique.
Yoda se tourna alors vers Runh Rapuhn.
— Porter secours à Anakin, vous devez. Dit Yoda à Runh. Vous aider nous aussi, nous allons.



A l'intérieur de l'arsenal, tout le monde commençait à redescendre. Et dès que Haïn et Jiin posèrent le pied au sol, ils filèrent en direction du chariot posé de travers dans un couloir. Ils replacèrent la bombe dessus et prirent la direction du tram. On aurait dit deux jeunes garçons qui fuguaient avec la ferme intention de faire des bêtises. Et soudain Jiin s'arrêta net.
— Mon seigneur ! Quel imbécile je fais ! S'exclama Jiin en se tapant le front.
— Oui tu es un imbécile Jiin.
— J'ai oublié le plus important !
— Mais quoi donc ? S'emporta Haïn.
— Comme l'a dit Monsieur Obi-Wan, une seule bombe ne sera jamais suffisante. Il nous faut les deux autres. Ha mais quel imbécile je fais !
— Cours vite les cherchez sombre crétin.
Et Jiin de repartir en courant dans le sens inverse, les mains en l'air et en se traitant lui-même de sombre crétin.
— Et prends aussi des grenades ! Ajouta Haïn en criant. Et des blasters ! Jiin ! Prends des blasters. Ha mais quel abruti ! Tu sais que sans moi, tu ne serais qu'un servile serviteur au fond du trou de Kaseldhinne. Et tu serais sûrement déjà mort !
On entendait au loin la voix de Jiin : « Je sais mon Seigneur, je sais... »
Haïn poirota quelques minutes avant que Jiin ne revienne. Il tirait les deux énormes bombes avec beaucoup de peine. Son gilet était recouvert de grenades et deux blasters étaient accrochés sur son dos.
— Plus vite, plus vite ! Jiin ! Chaque seconde que tu passes à traînailler nous rapproche d'un destin plus funeste. Je devrais te corriger, tu le sais mon frère. Mais tu as de la chance que je sois miséricordieux.
— Oui mon Seigneur. Je le sais.
Et ils repartirent ensemble. Haïn n'aidant aucunement son frère Jiin qui tirait de toutes ses forces le chariot de fortune avec les trois bombes posées dessus.
Quand ils sortirent enfin de l'arsenal, le soleil pointait le bout de son nez entre les trous du nuage déchiré au-dessus de Cachi-Mee. D'énormes puits de lumière éclairaient comme des projecteurs certains points de la ville en ruine.
En tournant le regard vers la gauche, ils virent le titanesque vaisseau Amiral du Roi Zaharcha qui venait de mettre les gaz, carbonisant au passage un chasseur inconnu. Le vaisseau tentait de quitter l'attraction de Cachin et de Gorgatt combinées. Et puis en tournant la tête vers la droite, ils virent l'énorme pieuvre robotisée qui venait à peine de toucher le sol et qui semblait être devenue complètement folle en se battant contre elle-même. En plissant les yeux, Haïn vit deux sabres laser toupiller dans tous les sens au cœur même de la créature.
— Les Jedis ! Fit Haïn. Comme si deux misérables sabres laser étaient en mesure de battre un tel monstre. Je me demande qui sont les plus crétins. Tu le sais toi, Jiin ?
— Oh mon seigneur, ce sont eux les crétins. Ils le sont plus que moi en tout cas.
— Tu as entièrement raison. Tu es un imbécile mon frère, mais à côté d'un Jedi, tu es un génie.
— Oh merci mon Seigneur. Vous êtes vraiment trop bon avec moi.
— Je le sais Jiin. C'est parce que tu es mon frère. Aller en avant. Et tache d'être un peu plus rapide, je ne voudrais pas rater le tram.
Ils firent quelques centaines de pas et entendirent le tram de Cachi-Mee qui arrivait. Depuis que la Fontaine de l'Étoile avait retrouvé sa place, le tram avait repris son travail permanent : Faire le tour de la ville, s'arrêter aux stations habituelles et continuer son cercle perpétuel. Il était programmé pour cela et ne savait rien faire d'autre.
Haïn consentit à aider son frère lorsqu’ils furent obligés d'emprunter l'escalier menant à la station. Une fois sur le quai, alors que Jiin reprenait son souffle, Haïn prépara le chariot.
Une fois le tram arrivé à la station, les portes s'ouvrirent et les deux Saboteurs placèrent le chariot à l'intérieur d'un wagon. Le tram n'avait pas servi depuis des décennies. Si bien, qu'une couche épaisse de poussière s'était accumulée au fil des ans. Les deux Saboteurs toussèrent pendant de longues secondes, jusqu’à ce que Jiin replace son foulard sur son visage. Quand Haïn le vit faire, il en fit de même. Et le tram reparti avec, en son sein, deux Saboteurs bien décidés à saboter.
Les deux Saboteurs placèrent ensuite les trois bombes les unes à côtés des autres. Et tant qu'a faire, ils placèrent aussi toutes les grenades tout autour. Au bout de quelques minutes, ils reculèrent un peu pour admirer leur œuvre. Et ils n'étaient pas peu fier de leur pièce montée.
— Bon alors. Fit Haïn. Comment ça marche ?
— Aucune idée mon Seigneur. Répondit Jiin.
— Comment ça tu n'en a aucune idée ?!
— Oh mais ne vous faite pas de bile ! C’est enfantin ! Regardez. Il y a trois boutons. En supposant que le premier, celui de gauche soit celui de la mise en route. Le second doit être le minuteur et le troisième doit servir à l'activation. Rien de plus simple.
— Et combien de temps dure le minuteur ?
— Aucune idée mon Seigneur.
— Mais bon sang Jiin ! Comment veux-tu qu'on fasse sauter les bombes si nous ne savons pas dans combien de temps elles vont exploser !? C'est un coup à nous faire sauter avec.
— Mon seigneur. Qui pourrait construire une bombe avec un minuteur qui ne lui laisserait pas le temps de s'enfuir ?
— Tu marques un point Jiin. Mets-les en route.
Jiin s'affaira à mettre en route les trois bombes. Quand il appuya sur les premiers boutons, les bombes se mirent à vibrer.
— C'est bon signe. Fit Jiin.
Ensuite il appuya sur ce qui était censé être le bouton des minuteurs. Il n'y eut aucune réaction. Rien ne se passait. Alors il appuya plusieurs fois dessus. Toujours rien. Jiin resta perplexe.
— On s'en fiche. Ajouta Haïn. Appuie sur le dernier bouton pour voir !
Jiin appuya et là, les trois bombes émirent un son un peu plus strident. Et tout à coup, juste au-dessus des boutons, sur chaque bombe, un écran s'alluma. Et le décompte commença.
— Règle le minuteur Jiin !
Jiin appuya encore une fois sur le bouton du milieu et effectivement cela modifiait l'affichage du minuteur. Mais n'ayant aucune connaissance de langue de Cachin, il était impossible de le régler avec précision.
— Alors Jiin ! Tu y arrives ?
— Je crois que oui mon Seigneur. Si c'est logique… alors… voilà. La bombe doit exploser dans une trentaine de secondes.
— Non mais ça va pas ! S'emporta Haïn. Trente secondes c'est trop court !
Jiin appuya encore sur le bouton. Et encore. Et encore.
— Voilà ! Conclu Jiin. Elle est maintenant réglé en tout logique sur cinq minutes. Enfin… je pense.
Le tram filait à toute vitesse. Il passait parfois par des tunnels et remontait ensuite à la surface pour longer la périphérie de Cachi-Mee. Haïn jeta un coup d’œil au travers d'une fenêtre. Dans quelques minutes tout au plus, le tram passerait par le sous-sol de la tour du dôme. Et c'est exactement à ce moment-là que devait exploser en chœur les trois bombes de Cachin.
Le moment de vérité approchait. Bientôt la bataille de Cachin prendrait fin dans un feu d'artifice monstrueux.
— Jiin. Je te félicite. Tu as mené ta mission avec l'ardeur digne d'un Saboteur. Pour te récompenser, je te nomme, Archi-amiral de ma future flotte de combat. Quand nous aurons pris le commandement de la Cantine Solitaire, tu en seras le chef suprême… juste après moi évidemment.
— Oh mon Seigneur, vous êtes trop bon.
— Je sais bien. Tiens voici l'insigne d'Amiral.
Haïn sorti de sa poche le pendentif qu'il avait subtilisé à Shauska pendant une nuit dans le désert. Il le passa autour du cou de Jiin.
— Ne serait-ce pas le bijou de Shauska ? Demanda Jiin.
— Si c'est bien celui-ci. Répondit Haïn. Elle me l'a donné pour nous remercier d'aider son peuple à se débarrasser de la vilaine qui martyrise son peuple.
— J'aimais bien Shauska. Elle était gentille.
— Gentille et généreuse. Ajouta Haïn. Allez maintenant, sautons de ce tram avant qu'il nous explose à la tête.
Mais soudain, un autre cycle débuta.
Jiin redevint Seigneur. Et Haïn son valet.
— Ha bravo ! Fit Haïn. C'est comme ça que tu me remercies ?!
— Haïn, tu sais bien que je n'y suis pour rien.
— Bon sang de bon sang de bon sang ! Tu as intérêt à faire ce qu'il faut !
— Tais-toi Valet ! Cria Jiin. Maintenant, Sortons d'ici !
Les deux Saboteurs entreprirent d'ouvrir les portes du tram en marche. Ils essayèrent pendant un petit moment et voyant qu'ils n'arrivaient à rien, Jiin ordonna à Haïn d'y mettre un bon coup de blaster. Et c'est ce qu'il fit.
Haïn explosa la porte du tram.
Ils allaient sauter quand ils se rendirent compte qu'ils filaient à toute allure sur un pont, à une bonne trentaine de mètres du sol. Sauter de cette hauteur et à cette vitesse, c'était vraiment trop dangereux. Les deux Saboteurs sans se consulter décidèrent d'attendre un peu. Jiin regarda par la porte éventrée.
— Valet ! Regarde. Le tram va passer au-dessus de la rivière dans quelques minutes. Nous pourrons sauter à ce moment-là.
Tout se déroulait à merveille. C'était un plan mené avec brio et qui resterait dans les annales de l'histoire des Saboteurs. Les deux frères souriaient. Ils étaient vraiment impatients de voir les bombes à l’œuvre. Cela serait un grand spectacle, ils en étaient certain.
Tout à coup, un boum retenti sur le toit du tram. Et instantanément, la lame d'un sabre laser rouge découpa le toit en cercle. Haïn et Jiin reculèrent. La seconde d'après, Darth Myseris faisait son entrée.
Les deux Saboteurs pointèrent leur blaster dans sa direction et ouvrirent le feu.
Mais Darth Myseris dévia tous leurs tirs.
Ils cessèrent le feu au bout de quelques secondes. Cela ne servait à rien.
Soudain, une autre explosion.
Anakin venait d’atterrir à son tour sur le toit du tram.
Et de nouveau les deux Saboteurs tirèrent sur Darth Myseris.
Anakin découpa lui aussi un morceau du toit et se glissa à l'intérieur du wagon. Il tomba juste derrière les deux Saboteurs qui arrosaient copieusement la vilaine sorcière.
— Cessez le feu ! Hurla Anakin. Vous allez tous nous faire sauter avec vos bêtises ! Protégez les bombes. Je me charge d'elle.
Les deux Saboteurs laissèrent passer Anakin, qui sauta par-dessus les bombes pour attaquer Darth Myseris. De nouveau ils s'affrontaient. Et de nouveau c'était un combat d'égale à égale.
Encore un boum. Mais bien plus lourd. Cette fois c'était Runh Rapuhn qui venait d'atterrir sur le toit. Il passa sa tête par le trou fait par Anakin. Il repéra instantanément les deux Saboteurs, les bombes et Anakin luttant encore une fois contre la calamité de Cachin. Il se glissa à son tour de son énorme masse orange dans le wagon.
Le tram venait de dépasser la rivière. Bientôt, dans une minute tout au plus, le tram allait passer par la tour du dôme. Sans leur dire quoique se soit, Runh saisit Haïn par son gilet, se cala dans l'embrasure la porte défoncée et l'envoya de toutes ses forces en direction de la rivière. Quand il le vit tomber dans l'eau, il se tourna vers Jiin.
— Non, non, non. Runh ? Non. Geint Jiin en agitant ses bras maigrelets.
Sans se démonter, il le saisit lui aussi par le gilet et le lança. Il vérifia que Jiin tomba bien dans l'eau et aussitôt porta son attention sur Anakin, dévoré par la colère, en train de donner des coups de sabres laser contre Darth Myseris.
— Anakin ! Cria Runh. Nous devons sortir d'ici maintenant, sinon nous allons tous mourir !
— Il n'y en a qu'un seul ici qui va mourir ! Hurla Darth Myseris. Et c'est ce fils de rien. Je vais te crever !
Darth Myseris usa de son bras de Cinium pour tirer une décharge d'énergie en pleine poitrine sur Anakin.
Anakin fut obligé de reculer. Le choc était intense. Il baissa sa garde. Darth Myseris se jeta en avant et en profita pour planter son sabre laser dans le flanc droit du Padawan. Par chance, elle ne put enfoncer sa lame que de quelques centimètres. Trois tout au plus. Maintenant il suffisait qu'elle donne un coup de poignet sur la droite et elle éventrait l'apprenti. Mais elle n'en eut pas le temps.
Runh, sans réfléchir, se jeta de toutes ses forces et flanqua un coup de poing gargantuesque en plein visage de l’horrible femme.
Darth Myseris vola jusqu'au bout du wagon et s'écrasa contre la paroi en se cognant violemment la tête.
Runh pris Anakin entre ses bras, jeta un dernier regard sur Darth Myseris qui peinait à se relever et sauta directement dans le vide.
Runh percuta un pylône et sa carcasse craqua. Mais il tenait toujours Anakin. Ils finirent par tomber en roulé-boulé sur le sol poussiéreux de Cachi-Mee. Runh protégeant au mieux le Padawan blessé.
Dès qu'ils s'arrêtèrent, Runh Rapuhn se releva aussitôt. Il parcourut du regard les environs à la recherche d'un abri. Il vit un conduit qui s'enfonçait dans le sol. Il ne chercha pas plus longtemps. Il n'en avait pas le temps. Il couru jusqu'au conduit et sauta dedans avec Anakin.
Quand Darth Myseris reprit ses esprits, le tram venait d'entrer dans un tunnel. Elle se rua aussi vite qu'elle put pour désactiver les bombes.
Mais elle ne put que constater une dernière chose.
Le compte à rebours égraina sa dernière seconde.
Il est trop tard.
Elle écarquille les yeux, ouvre la bouche et la bombe explose.






Tout d'abord il y eut un flash de lumière verte.
Ce fut comme s'il n'y eut plus que deux couleurs dans le monde. Le vert du soleil de l'explosion et le noir de la nuit en plein jour. Le noir de l'ombre projetée, le noir des blocs de pierres qui explosaient. Le vert qui se confondait avec le gris du nuage, qui l'absorbait comme un virus. La bombe était une infection et elle mangerait tout dans le souffle de son courroux.
Toph venait de sortir de l'arsenal accompagné par Obi-Wan et Mace Windu.
Ils étaient aux premières loges. Ils seraient les premiers témoins.
La tour se disloqua en premier. Au ralenti.
Et puis, ensuite, le dôme se fit emporter par le souffle.
— A couvert ! Cria Mace Windu.
— Pas la peine ! Ajouta Toph. C'est un bombe Cadienne qui vient d'exploser. C'est une bombe de défense. Le souffle de l'explosion sera uniquement dirigé vers l'atmosphère de Cachin. Ne ne subirons que l'onde de choc.
Et l'onde de choc ne tarda pas.
Tout le monde fut projeté en arrière.
Et effectivement le souffle de l'explosion commença à s’élever dans le ciel. Un immense brasier de lumière verte gonfla comme un ballon de baudruche pour ensuite se déchirer au sommet. Une immense déflagration d'énergie comme personne n'en n'avait jamais vu traversa l'atmosphère pour embraser l'espace. Si le vaisseau amiral du Roi Zaharcha avait été sur la trajectoire de l'explosion, il aurait été instantanément vaporisé. Heureusement pour lui, l'onde de choc le fit s'écraser au sol, emportant avec lui les derniers chasseurs et drones qui se battaient encore dans le ciel.
Le vaisseau Jedi bascula sur le côté. Yoda eut juste le temps de créer un champ de force pour le protéger lui et Ki-Adi-Mundi.
La terre se mit à trembler. L'onde de choc abattait les derniers immeubles encore à moitié debout. Si Cachi-Mee n'était qu'une ruine, après l'explosion, il n'en restera que de la poussière. Seul quelques bâtiments résistèrent à l'onde choc. Notamment le temple, l'arsenal, le palais royal et quelques autres.
Tout le reste fut réduit à l'état de gravats.
La dernière calamité venait d'anéantir Cachi-Mee.

A l'instant où la tour explosa, la créature de Cinium, le robot invincible de Darth Myseris s'effondra. Il redevint une masse informe de métal, visqueuse et poisseuse. Et pourtant il n'était qu'a une centaine de mètres du temple de la Fontaine.
Le capitaine de la Garde Républicaine, Darko, enfermé dans son sarcophage fut projeté au-delà de la cité. Le souffle l'emporta loin. Sa capsule percuta un gros arbre et s'écrasa ensuite dans le sol meuble du désert.
Runh Rapuhn fermait les yeux. Il serrait entre ses bras le jeune Padawan mutilé qui regardait par l'ouverture du conduit le nuage d'énergie vert gonfler dans le ciel. Anakin avait mal. Mais ce n'était pas la blessure infligée par Darth Myseris qui lui faisait le plus mal. Non. Depuis le début de la révolte des Poussières, il était convaincu d'avoir agi pour le bien de tous et pour la justice. Mais en voyant les corps des Cadiens dans le ciel, en voyant toute la souffrance qu'impose la guerre et enfin en voyant cette immense explosion détruire les derniers vestiges de la civilisation Cadienne, il sentit en lui monter une honte et une culpabilité indescriptible. Si tout cela était arrivé, c'était sa faute. Il avait mené une guerre. Il avait brisé le code Jedi sans la moindre hésitation. Il comprenait maintenant les conséquences de ses actions. Il avait pensé qu'une fois Darth Myseris anéantie, il serait soulagé. Mais ce n'était pas le cas. Loin de là. La colère brûlait encore son cœur. Une colère contre lui-même. Il s'en voulait. Il regrettait. Il était consumé de remords. La mort de Shauska. Il en était aussi le grand responsable.
Alors il ferma les yeux. Il voulait partir. Loin d'ici. Il voulait retourner sur Tatooine. Retrouver sa mère, retrouver son travail chez Watoo, réparer des machines oublier tous ses rêves. Il voulait finir son droïde de protocole. Il voulait oublier son sabre laser. Il voulait le perdre. Il voulait oublier tout ce qu'il avait appris. La Force était une malédiction. Les Jedis ; une supercherie. Tout ce chaos, toute cette désolation, il en était l'auteur. Il suffirait qu'il arrête de respirer. Voilà. Il arrêterait de respirer et se laisserait emporter dans le néant. Comme ça, il ne verrait pas le regard deçu d'Obi-Wan sur lui. Comme ça, tout était finit. Il imaginait déjà Obi-Wan annoncer sa mort à sa mère. Elle le pleurait et puis, avec le temps, reprendrait sa vie d'esclave.
Sans s'en rendre compte il plongea dans une profonde méditation. Et après quelques errements dans les limbes de ses songes, il vit la vague noire s'emparer de lui.
Cette présence. Elle était toujours là. Tout autour de lui.
Et soudain, il ouvrit les yeux. Il venait de comprendre.
— Runh ! Emmène-moi tout de suite auprès de Maître Yoda. C'est la Fontaine, Runh, c'est la Fontaine !

Haïn et Jiin avait assistés au spectacle en pataugeant, la tête hors de l'eau. Et ils s'extasiaient. Jamais ils n'avaient vu pareille magie. Les trois bombes de Cachin offraient un enchantement de rayons verts et d'étincelles dorées.
— C'est une merveille ! S'exclama Jiin. Mon bon valet, as-tu déjà vu une telle féerie ?
— Non mon Seigneur. Vous êtes un génie. Vous venez de sauver la planète toute entière.
Haïn était sincère.
— Oui tu as raison Haïn. J'ai sauvé la planète en la faisant sauter !
— Haïn et Jiin Môche. Les Saboteurs de Cachin. On célébrera notre nom pendant des siècles.
— Jiin et Haïn Môche. Ça sonne mieux. Conclu Jiin.
Un cycle passa. Encore une fois.
Jiin enleva sa couronne de cuir et la donna à Haïn. Leurs crêtes avaient disparu.
— Haïn et Jiin Môche. Les Saboteurs de Cachin. Tu entends crétin ?! Ça ! Ça sonne bien.
— Vous avez plus que raison mon Seigneur. Ajouta Jiin.

Aross Talphar et Ish Atam ne purent éviter l'onde de choc. Leur deux vaisseaux se percutèrent et ils s’écrasèrent au sol. Ish Atam réussit à sortir de son épave sans difficultés. Mais ce n'était pas le cas d'Aross. Il eut toutes les peines du monde à se détacher de son siège. Et quand enfin il y parvint, il se traîna jusqu’à la porte, Ish Atam l'attendait. Tous deux regardèrent l'explosion de la bombe. Cet immense champignon vert qui crachait toute son énergie dans l'espace. Ils étaient vivants. Ils étaient des survivants. La bataille Cachin était terminée.
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Messagepar harnis29 » Ven 05 Mai 2017 - 8:56   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 20: La Bataille de Cachin

La Révolte des Poussières

Chapitre 21
Le prisonnier


Le brasier de l'explosion dura une petite heure et finit par s'éteindre dans une pluie d'étincelles dorées.
Le soleil de Cachin fit une dernière apparition avant de fondre dans l'horizon.
Runh courait à toutes jambes, Anakin bringuebalant dans ses bras. Et c'est tout essoufflé qu'il arriva devant l'arsenal. Tous les Cadiens étaient à l’œuvre pour prendre soin des blessés. Toph organisait les opérations à grands renfort de cris et de gesticulations. Tous les Jedis présents participaient activement à la prise en charge des blessés qui arrivaient par dizaine. Obi-Wan et Mace Windu s'occupaient d'un maximum de Cadiens à la chaîne, leur prodiguant les premiers soins et en calmant la douleur à l'aide de la Force. Quand Runh s'approcha d'Obi-Wan, celui-ci se retourna d'un seul coup. Anakin senti son regard. Il y vit passer un voile de fâcherie, mais la seconde d'après, quand Obi-Wan se rendit compte de l'état de santé de son Padawan, son regard fut tout à coup soucieux et bienveillant. Runh déposa Anakin sur le sol poussiéreux et Obi-Wan s'occupa de l'ausculter. La blessure n'était pas très étendue. Mais assez profonde tout de même pour s'en inquiéter.
— Tu t'es mis encore dans de beau draps mon jeune Padawan. Fit Obi-Wan avec un léger sourire. As-tu obtenu ce que tu cherchais ?
— Oui maître. Elle est morte dans l'explosion.
— En es-tu certain ? Je sens pourtant toujours sa présence. Répondit machinalement Obi-Wan.
— Vous aviez raison. Ce n'était pas un Sith. Et ce n'est pas elle que vous ressentez. Je dois absolument voir Maître Yoda.
Le vaisseau Jedi se posa à quelques mètres d'eux. En sorti Ki-Adi-Mundi ainsi que quelques Cadiens blessés.
— Le voilà justement qui arrive. Ajouta Obi-Wan.
Yoda se fraya un passage jusqu’à Anakin.
— Te voir toujours en vie, je suis heureux. Murmura Yoda à l'oreille du jeune Jedi.
— Maître. Je l'ai trouvée. L'anomalie. La singularité. Elle était sous nos yeux. C'est la Fontaine de l'Étoile.
— Te soigner nous devons maintenant.
Yoda plaça sa main au-dessus de la blessure d'Anakin. Il ferma les yeux et fit appel à la Force. Pendant ce temps, Obi-Wan sortit d'une des poches de sa ceinture un petit stylet qu'il positionna juste au-dessus de la plaie. Il l'alluma et cautérisa la blessure d'Anakin. Une fois cela fait, Obi-Wan s'adressa à Yoda.
— Que veut dire Anakin ? La Fontaine de l'Étoile est-elle ce que nous cherchons ?
— A son instinct nous devons nous fier. Un esprit fort est à l’œuvre ici. L'esprit du Troisième Sith, je ressens maintenant. Débusqué, il est. Mais envoûté vous êtes. Le mal je ressens en vous.
— Que voulez-vous dire ? S'inquiéta Obi-Wan.
— Par le gaz du Tombeau Sith, infecté, vous êtes.
Anakin fut soulagé. Il savait depuis des jours que quelque chose ne tournait pas rond dans l'esprit de son Maître.
— Vous soignez aussi, je dois.
Yoda s'approcha d'Obi-Wan qui se tenait genoux à terre, la tête baissée. Le grand Maître Jedi prit entre ses mains la tête d'Obi-Wan, ferma les yeux, murmura une incantation pour lui-même et fit appel à la Force pour le soigner.
Au même moment, à quelques centaines de mètres, non loin du temple, on entendit une plainte stridente. Ce n'était pas un cri. C'était un son mécanique et froid.
L'aberration. L'arme ultime de Darth Myseris revenait à la vie.
— L’empêcher de s'emparer de la Fontaine nous devons ! Cria Yoda tandis qu'il lâchait la tête d'Obi-Wan.
Anakin sauta sur ses pieds. La douleur était encore forte mais la bataille n'était pas terminée. A l'appel d'Obi-Wan, tous les Jedis se ruèrent vers le vaisseau. Anakin courait comme si de rien n'était. Suivi à la trace par Runh Rapuhn. Même Toph muni de sa lance se joint à eux. Une fois tous les Jedi à l'intérieur du vaisseau, celui-ci s’éleva dans les airs et fonça directement vers la créature.
La masse de Cinium n'avait pas de forme concrète. Ce n'était encore qu'un amas de matière torturée. Des pics se formaient à sa surface. Et Anakin remarqua tout de suite leurs étranges ressemblance avec ceux du vaisseau antique découvert quelques semaines auparavant.
— Feu à volonté ! Cria Mace Windu à Ki-Adi-Mundi.
Le vaisseau Jedi canarda la créature d'une volée de tirs de laser. Mais cela n'eut aucun effet sur elle. Au contraire, elle absorbait l'énergie et prenait du volume.
— Nous devrions utiliser le gaz de la tombe Sith. Fit Obi-Wan. Je ne vois que cette arme pour en venir à bout.
— Détruire cette chose, rien ne le peut. Le coupa Yoda. Détruire la Fontaine de l'Étoile nous devons.
— Hors de question ! Cria Toph. Je vous interdis de toucher à la Fontaine. C'est l'essence même de la civilisation Cachin. La Fontaine est la source de notre culture. Nous venons à peine de la retrouver et vous voulez la détruire ?! Je m'y oppose. Et jusqu’à mon dernier souffle s'il le faut.
Anakin posa une main sur l'épaule de Toph.
— La Fontaine n'est pas ce que tu crois. Lui dit Anakin. Elle renferme l'esprit d'un Sith très puissant.
— L'esprit du Troisième Sith. Ajouta Obi-Wan.
— Toujours par deux ils vont. Continua Yoda. Ni plus, ni moins.
— Le Troisième Sith, a voulu rompre l'équilibre du côté obscur. Il est parti en quête de l'immortalité. Il a disparu il y a plus de mille ans. Nous avons retrouvé sa tombe Anakin et moi-même. Une tombe vide. Toutefois, tout porte à croire qu'il a trouvé une technologie lui permettant d'éviter la mort. Et cette technologie, c'est la Fontaine. Nous devons la détruire et l’empêcher de trouver un corps. Imaginez l'esprit d’un Sith dans le corps de cette créature. Obi-Wan pointa du doigt le monstre de Cinium qui prenait la forme d'une bête grotesque de démesure tourmentée. Imagine, Toph. Il sera alors invincible. C'est une menace pour la galaxie. Une menace bien trop importante.
Toph était alarmé. Il refusait encore l'idée que l'on détruise ce qui avait fait partie de l'histoire des Cadiens. Comment une telle bénédiction pouvait être synonyme d'une telle malédiction ?
— Si vous faites cela, vous détruisez notre histoire. Vous détruisez… Vous nous détruisez. Est-ce bien cela le rôle des Jedis ? Vous nous abandonnez et puis vous revenez pour semer la guerre et ensuite vous allez disparaître à nouveau ? Est-ce bien cela ? Et maintenant vous voulez faire disparaître la Fontaine. Honte à vous !
— La République ne vous abandonnera pas. Je vous en fais la promesse. Ajouta Obi-Wan.
— Cessez donc vos promesses ! S'emporta Toph. La République est à la solde de corporations cupides et corruptibles. La République s'est-elle souciée de nous lorsque la Fédération du Commerce nous a envahis ? Non ! Nous ne sommes qu'une petite planète insignifiante. Nous ne valons rien.
— Le Conseil Jedi vous garantit la protection de la République. Fit Mace Windu. Vous aurez votre mot à dire et une place au Sénat. J'en fais le serment. Mais notre décision est prise. Nous allons détruire la Fontaine car nous n'avons pas le choix. Mace Windu s'adressa ensuite à Ki-Adi-Mundi. Au temple ! Sur le champ !
Le vaisseau bascula et prit la direction du temple. Dans le même temps, la créature prit la forme d'une bête monstrueuse hérissé de pics acérés et dégoulinant de Cinium liquide. Elle aussi prit la direction du temple en rampant, en s'accrochant, en traînant sa masse par-dessus les rues dévastées de Cachi-Mee.
Toph bouillonnait de l'intérieur. On lui avait dit de se méfier des Jedis. Qu'ils n'étaient que des bonimenteurs, des scélérats, des voyous sous cape. Une espèce d'illuminés ne répandant leur bonne parole que pour profiter, tels des parasites, de l'ignorance de peuples ébahis par leurs prouesses. Toph avait été bien bête de leur faire confiance. Plus que ça même. Il en voulait maintenant au jeune Padawan qui s'était permis de lui tapoter l'épaule. N'avait-il donc aucune empathie lui aussi ? Et Shauska ? Était-elle morte pour rien ou juste pour servir ses propres démons ?
— Toph, nous n'avons pas le choix. Argumenta timidement Anakin.
— Oh tais-toi ! C'est de ta faute tout ça. Je n'aurais jamais dû t'écouter !
Obi-Wan ouvrit une oreille attentive. Yoda aussi.
— Toph, si nous laissons la créature s'emparer de la Fontaine, Le Troisième Sith sera plus puissant que la plus puissante des armées. Fais-moi confiance. C'est un esprit du mal que nous ne pourrons pas combattre.
— Anakin ! Sanglota Toph. Je t'ai suivit. Et regarde le résultat. Cachi-Mee est en ruine. La capitale est rasée !
— Mais vous êtes libres !
— Oh ça oui, tu peux le dire. Nous sommes libres. Libre, la belle affaire ! A quoi pourra bien nous servir notre liberté si nous n'avons plus rien. Anakin, cette terre est stérile ou presque. Seul la Fontaine nous a donné la technologie pour nous développer. C'est elle qui a construit la capitale. C'est elle qui nous a armé. C'est elle qui nous a apporté tant de bienfaits. Nous lui devons tout. Pourquoi crois-tu que nous lui vouons un culte ? C'est un don du ciel. Et vous voulez nous l'enlever. Je n'aurais jamais dû t'écouter.
— C'est une fausse idole. Ajouta Anakin. Vous priez un faux Dieu. La Fontaine n'est pas un Dieu.
— Je t'interdis de dire cela ! Vociféra Toph.
— Anakin ! S'emporta Obi-Wan. Cesse cette discussion.
— Mais Maître…
— Toph est libre de croire en ce qu'il veut. Continua Obi-Wan. Ce n'est ni le moment, ni le lieu pour avoir ce genre de dispute. Et rappelle-toi bien que ce n'est pas notre rôle de commenter ou de discuter les croyances de chacun.
Et tout l'auditoire, c'est à dire l'ensemble des Chevaliers Jedi présent dans le vaisseau, acquiesça dans un murmure de réprobation.
L'ambiance était électrique. Maintenant Anakin, lui aussi, bouillonnait intérieurement. Ce n'était pas la première fois que son Maître lui donnait une leçon de conduite. Mais c'était la première fois qu'il le faisait devant tous les autres Jedis. Anakin eut honte. Encore une fois.
Le vaisseau se posa sur l'esplanade face au temple. Les Jedis en sortirent tous. Runh Rapuhn fit un clin d’œil à Anakin en sortant. Toph, lui, ne lui jeta plus un regard. Il était noir de colère et suivait les Jedis vers l'entrée du Temple. Obi-Wan attendit qu'ils soient tous à bonne distance avant de s'adresser à son Padawan.
— Anakin, tu es encore jeune. Excuse-moi d'avoir été un peu rude avec toi.
— Toph se trompe, Maître.
— Ce n'est pas à nous d'en juger. Allez viens maintenant. Nous avons un adversaire à détruire. Et crois-moi, mon intuition me dit que cela ne va pas être si facile que ça.
Quand Obi-Wan et Anakin pénétrèrent dans le temple, ils furent éblouis par la lumière de la Fontaine. La lanterne dégageait une énergie phénoménale et un halo de lumière verte balayait l'intérieur du temple de façon circulaire, comme le ferait un phare perdu au milieu d’un océan. Ki-Adi-Mundi s'approcha de la lanterne et tenta de la découper en deux à l'aide de son sabre laser. Mais il fut repoussé par un champ de force qui l'envoya plusieurs mètres en arrière.
— En cercle déployez-vous. Ordonna Yoda.
Et les Jedis s'exécutèrent aussitôt. Mais quand Anakin se joignit à eux, Yoda lui ordonna de rester en retrait.
Yoda ferma les yeux et leva ses deux mains, paumes vers l'avant. Les autres Jedis l’imitèrent. Tous les Jedis s'unirent pour faire appel à la Force. Anakin sentit un frisson. Il sentait la Force couler dans ses veines depuis qu'il avait commencé sa formation de Jedi. Il avait appris à en reconnaître ces effets et à en user. Et il adorait ressentir cette Force. Elle lui donnait des ailes et lui permettait de faire des choses incroyables. Mais ce n'était rien en comparaison de ce qu'il percevait à cet instant. Une vague immense de puissance combinée était en train de lui traverser le corps et l'esprit. Quelque chose de gigantesque. L'union des Jedis était en train de créer un champ de contre force pour limiter la puissance de la Fontaine et la contraindre.
Mais elle ne l'accepta pas.
La lanterne balança une décharge électrique violette vers Yoda. Mais celui-ci réussit malgré tout à la parer.
Tous les Jedis firent un pas en avant. Il fallait maintenir la Fontaine sous contrôle. Toph, légèrement en retrait commençait à comprendre. La Fontaine de l'Étoile était en train de se défendre. Et Runh Rapuhn juste derrière Anakin assistait, démuni, au spectacle.
A l'extérieur du temple on entendait les pas lourd et crissant de la bête. Elle s'approchait. Dans quelques secondes elle serait là.
C'était un combat de Force claire contre Force obscure.
La créature était aux portes du temple et commençait à ronger les murs, à les gratter, à enfoncer ces pics dedans.
Les Jedis firent encore un pas en avant. Et la Fontaine répondit en en s'élevant dans les airs et en gonflant encore plus son champ de protection.
Une des fenêtres du temple éclata. Et tout le monde s'attendit à voir entrer un tentacule de la créature. Mais il n'en fut rien.
Haïn et Jiin Môche venait de s'inviter dans la partie. Sans réfléchir ils commencèrent à mitrailler la Fontaine à coups de blaster depuis le rebord de la fenêtre.
La créature défonça ensuite la porte d'entrée du temple.
Ils n'avaient plus de temps. Si la créature s'emparait de la Fontaine, c'était la fin pour tout le monde.
Toph usa de sa lance contre le monstre mais cela ne servit strictement à rien.
Et la Fontaine commença à s'avancer vers la créature. Même uni tous contre elle, les Jedis n'arrivaient pas à la contraindre.
C'est alors que Runh comprit qu'il n'avait qu'une seule chose à faire. Il tapota l'épaule d'Anakin et lui dit ceci :
— Je vais prendre la lanterne et la lancer vers toi. Tu dois la découper en deux d'un coup sec.
— Runh, non attend. Fit Anakin. C'est trop dangereux…
— Nous n'avons pas le choix.
Runh ne laissa pas le temps à Anakin et bondit d'un seul coup vers la lanterne qui lévitait à quelques mètres du sol. La Fontaine ne l'avait pas vu venir, trop concentrée qu'elle était sur les Jedis. Runh saisit la lanterne et la serra dans ses bras et de tout son poids la fit descendre jusqu'au sol. La Fontaine se défendit en déchargeant de toute sa puissance des éclairs qui traversaient le corps de Runh.
Tous les Jedis redoublèrent d'efforts pour contrecarrer la Fontaine mais certains d'entre-eux avaient déjà quitté le cercle. Il fallait se battre aussi contre la créature dégoulinante de rage. Haïn et Jiin ne pouvait plus tirer sur la Fontaine puisque Runh était dessus. Ils pointèrent alors leurs armes sur le monstre.
Il y avait donc d'un côté une bataille rangée contre un titan à l'aspect indéterminé hérissé de lames de Cinium et de l'autre, une confrontation force contre force.
Runh ne tiendrait pas longtemps et il allait devoir user d'un dernier effort avant de mourir. Il réussit à prendre la lanterne d'une main, pivota sur lui-même et l'envoya en direction d'Anakin.
Ce fut un instant qui sembla durer une éternité.
Tous les Jedis virent passer la lanterne au-dessus de leur tête.
Anakin fit un bond de Jedi, une pirouette en avant, alluma son sabre et la découpa en deux dans un fantastique feu d'énergie.
La lame d'Anakin brisa la lanterne et la boule de force des deux étoiles en deux.
Et tout s'arrêta.
Comme si on avait coupé le courant. Comme si tout avait disjoncté au même moment.
Haïn tira une dernière fois sur la créature et celle-ci se disloqua et redevint instantanément une masse de métal visqueuse qui s'étala partout sur le sol du temple.
Tout était finit.
Anakin et Yoda sentirent un voile les traverser et disparaître dans le néant.
Ils avaient réussi. La Fontaine n'était plus.
La Fontaine n'était plus. Mais Anakin et Yoda se regardèrent. Ils avaient senti quelque chose. La vague noire les avaient traversés.
— Non mais tu as vu ça Jiin ! En plein dans le mile ! Tu vois comme quoi un bon coup de blaster bien précis et tu peux venir à bout de n'importe qui ou n'importe quoi.
— Vous êtes vraiment le meilleur mon Seigneur. Mais… Oh bon sang. Regardez ! Runh !
La carapace de Runh gisait sur le sol. Elle était bien plus grosse que d'habitude et des veines sur-gonflées et violacées serpentaient sur toute sa surface. Elle était animée de soubresaut.
Anakin fut le premier sur ce qu'il restait de Runh Rapuhn. Il ne savait pas comment faire ni comment s'y prendre. Yoda, Mace Windu et Obi-Wan se placèrent tout autour de la carapace. Yoda postionna sa main juste au-dessus.
— Encore une chance, il a.
Yoda fit de nouveau appel à la Force. Les trois Jedis et Anakin unirent leurs efforts pour soigner le malheureux. Anakin se transcenda. Il voulait plus que tout que Runh s'en sorte. Le Padawan appela la Force du plus profond de son être. Toute son attention, toute sa volonté était dirigée vers Runh. Il ne le laisserait pas mourir.
Les Jedis s'appliquèrent sur la carapace de Runh pendant de longues minutes. Interminables.
Toph s'approcha à son tour. Suivit des deux Saboteurs.
Plus les minutes passaient et plus la carapace de Runh rétrécissait.
Quand Yoda recula, les autres Jedis firent de même.
La carapace de Runh était redevenue celle qu'elle était quand Anakin l'avait vue tomber de la navette quelques jours plus tôt. Elle était de nouveau dur comme de la pierre.
— Je crois qu'il va s'en sortir. Dit Obi-Wan à Anakin. Allez, viens maintenant. C'est terminé.
Anakin prit la carapace et la cala entre ses bras.
Tous les Jedis quittèrent le temple à moitié dévasté.
Toph resta seul quelques instants. Tout était finit. Bel et bien.
Il ne savait pas quoi penser. Il se dit que plus jamais il ne rentrerait dans ce temple. Que plus jamais il ne verrait la Fontaine couler.
Il quitta le temple et regarda les Jedis se diriger vers le vaisseau. Haïn et Jiin fermaient la marche en se congratulant.
Il faisait nuit maintenant. Toute la ville, ou ce qu'il en restait était plongé dans le noir. Tout ce qui fonctionnait grâce à la puissance de la Fontaine s'étaient éteint.
La ville était morte.
harnis29
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Messagepar harnis29 » Ven 12 Mai 2017 - 7:30   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 20: La Bataille de Cachin

La Révolte des Poussières

Chapitre 22
Célébration

La flotte de Tev Vanth II, ou du moins ce qu'il en restait, avait fui Cachin pendant la nuit oubliant son commandeur suprême sur place.
Tev Vanth II se retrouva seul et il ne lui restait qu'un pauvre blaster, quelques rations de survie de sa capsule de sauvetage et une trousse de premiers soins. Il avait repris connaissance durant la nuit et voyant sa flotte disparaissant sous ses yeux, il avait crié de toute sa haine et maudit ses hommes pour l'éternité. Ses hommes, son équipage, l'avaient trahi. Aross Talphar en était le principal responsable. Se sachant en fâcheuse posture et pas franchement en odeur de sainteté, il préféra quitter la ville au plus vite et rejoindre la clandestinité. Il n'avait plus rien. Il ne jeta pas un regard en arrière, se débarrassa de son lourd manteau de tyran et s'effaça dans l'obscurité en claudiquant. Il vit une crevasse faite par un tir de canon dans le sol et décida de s'y cacher. Au moins pour la nuit. Il devait réfléchir. Et il était las.
Dès le lendemain, des dizaines de vaisseaux de la République se posèrent à la périphérie de Cachi-Mee. Des centaines d'hommes et de droïdes envahirent les lieux pour prêter main forte aux Cadiens. Il fallait dans un premier temps déployer un hôpital d'urgence afin d'y accueillir le plus de Cadiens possible et ensuite reconstruire. Tout reconstruire. Et c'est par centaines que des machines débarquèrent des vaisseaux de la République pour déblayer, aplanir, dégager, désencombrer et nettoyer la Capitale. Il faudrait des mois pour débarrasser la ville de sa poussière et lui rendre un semblant de vie. Trois gros générateurs d'énergie furent placés aux endroits stratégiques de la ville. Dans quelques jours, les turbines tourneraient à nouveau. Dans quelques jours, l'eau coulerait à nouveau. Mais il avait tant à faire encore.
Le Roi Zaharcha se tenait sur les décombres de la tour. Il pleurait sa fille disparue par de longues et pénibles plaintes. La Reine se tenait non loin de lui, le regard sombre, entourée par la cour et ses plus proches conseillers. Le vaisseau amiral du Roi s'était abîmé dans les faubourgs de la ville. Il faudrait plusieurs jours d'un travail acharné pour le faire redécoller.
Au bout d'une heure, la Reine commençait à perdre patience devant le spectacle ridicule que donnait son Roi de mari. Et elle s'impatientait sérieusement. Le Roi, genoux à terre, marmonnait des suppliques pour lui-même entrecoupées de longs sanglots.
— Mon trésor, mon petit trésor. Que t'ont-ils fait ? Ma fille chérie. Comment vais-je pouvoir vivre sans toi ? Sans ta joie de vivre et sans tes rires ? Tu as fais de moi un orphelin. Un Roi sans sa fille, sans son héritière, n'est plus rien. Tu ne me laisses pas le choix Sajura.
Le roi se tourna alors vers la Reine et la cour.
— Moi Roi Zaharcha, en ce jour maudit, déclare mon abdication formelle sur les ruines du cimetière de ma fille bien aimée. Je nomme sur le champ, ma femme, ma Reine, régente de mon royaume. Tig-Mus ! Tig-Mus où es-tu ?
Tig-Mus s'approcha. Quand il fut assez prés du Roi, il s'agenouilla.
— Je suis là oh mon Roi.
— Je ne suis plus Roi. Tig-Mus, je veux que tu m'emmènes jusqu’à la cellule la plus froide et plus sombre du Royaume. Tu m'accompagneras dans mon expiation jusqu’à la mort, qui ne tardera pas, j'en suis certain.
— Mais votre Altesse êtes-vous certain que…
— Tais-toi ! Je ne suis plus Roi. Je ne suis plus rien. Je m’appelle Hern Zaharcha. Tu m'accompagneras, tu seras mon confident, mon ami et mon serviteur jusqu’à la mort. Voici ma dernière décision irrévocable. Qu'il en soit ainsi.
Il s'adressa ensuite directement à la Reine.
— Votre Altesse. Je vous donne les clefs du Royaume. Vous en serez digne, je le sais. Ne pleurez pas mon exil. Ne versez aucune larme pour moi. Prenez-soins de vos Sujets ma Reine. Je vous quitte donc sur ces mots. Tig-Mus, aide-moi à me relever.
Tig-Mus était écœuré. Il aida malgré tout son imbécile de bourreau à se relever.
La Reine se tourna ensuite vers deux officiers de sa flotte.
— Vous deux. Emmenez sur le champ Hern et Tig-Mus à la prison d'Hadeskin.
Quand le Roi entendit le nom de la prison, il eut un mouvement de recul. Hadeskin était la prison la plus dure, la plus froide et la plus sombre du Royaume. Sur le coup, il voulut protester parce que quand même, il était Roi… mais il ne l'était plus.
— C'est un ordre ! Cria la Reine. Jetez-moi ces deux individus au cachot !
Les deux officiers bondirent et attrapèrent le Roi par les épaules qui regrettait déjà sa décision. Tig-Mus, lui, était accablé. Il avait servi de son mieux pendant des années son Roi et ses manies et ses incartades. Il avait supporté ses accès de colère et l'avait consolé quand il cuvait l'alcool qu'il avait trop bu en pleurnichant. Il l'avait servi nuit et jour pendant une bonne partie de sa vie. Et voilà comment il était remercié ! Il finirait ses jours en prison, dans le froid et la solitude. Non pas dans la solitude. On lui avait collé un abject ventripotent larmoyant comme compagnon d'infortune. Le destin était cruel pour cette petite créature.
La Reine, quant à elle, exultait. Le destin lui souriait enfin. Et en quelques secondes toute sa vie venait de basculer. Et du bon côté. Elle était débarrassée de sa fille psychotique et son crétin de Roi venait de lui donner tous les pouvoirs.
Il n'y avait qu'une seule personne vraiment heureuse sur cette planète ce jour-là. Et c'était la Reine Zaharcha.

Aross Talphar et Ish Atam ne se quittaient plus. Une solide amitié venait de naître et ils étaient inséparables. Ils s'évertuaient comme tout le monde à prêter main forte, à apporter, par leurs efforts, une aide bienvenue. Aross Talphar retrouvait peu à peu la sérénité. La flotte de Tev Vanth II avait disparue et il savait qu'il ne pourrait pas le pourchasser ici. Il avait sauvé sa peau et Ish Atam y était pour beaucoup. Et dès qu'ils avaient quelques instants de répits, ils se remémoraient la course poursuite au-dessus de la ville et la manœuvre oh combien périlleuse mais couronnée de succès d'Ish Atam. Aross était soulagé. Il raconta à Ish Atam sa vie depuis sa naissance jusqu’au jour de la Bataille de Cachin. Il lui raconta le calvaire qu'il avait vécu sous les ordres de Tev Vanth II et tous les abordages qu'ils avaient pu commettre en tant que pirates.
Et Ish Atam en fit de même. Et très vite ils décidèrent de parcourir la galaxie ensemble. Ish Atam avait prouvé sa valeur de guerrier. Il était un bon pilote et Aross Talphar avait pour lui une confiance soudaine et aveugle. Ish Atam, quant à lui, désirait lui aussi quitter Cachin. Shauska le hantait encore et plus rien à présent ne le retenait ici. Il avait envie de découvrir le monde. Et il était convaincu que son père le Roi Hysakpasha le laisserait partir.
Le lendemain, ce fut Aross et Ish qui ramenèrent le Roi des Cendres au cœur de la cité. Le Roi avait espéré faire une entrée triomphale pour son retour à Cachi-Mee, mais il n'en fut rien. En fait tout le monde l'avait oublié ou presque. Le Roi fut un peu déçu. Mais il se garda bien de le faire remarquer.
Ish Atam lui fit part de son souhait de quitter la planète avec son nouvel ami. Et le Roi accepta non sans tristesse. Il avait perdu sa fille adoptive et voila que son fils le quittait à son tour.

Le vaisseau du Chancelier Palpatine se positionna en orbite de Cachin le troisième jour après la bataille. Le temps de la célébration de la victoire était arrivé.
Une navette déposa le Chancelier et une partie de sa délégation ainsi que quelques Gardes Républicains au cœur de Cachi-Mee et celui-ci s'entretint directement avec Yoda et Mace Windu.
Toph fut invité à rejoindre le conciliabule improvisé. Il fut tétanisé par la prestance du Chancelier. Et quand celui-ci lui proposa le poste de Sénateur de Cachin au sein de la République, il n'hésita pas un seul instant et accepta. Quand la réunion fut terminée, Toph avait retrouvé un léger sourire. Les choses changeaient. Cachin reprenait vie.
Haïn et Jiin réussirent, malgré leur petite taille, à se frayer un passage dans la Garde Républicaine pour interpeller le Chancelier. Ils exigèrent des excuses en bon et due forme du représentant de la République. Et c'est avec un certain amusement que le Chancelier se plia à leur réclamation. Ensuite les deux Saboteurs exigèrent une navette toute neuve, que c'était franchement la moindre des choses au vu de leur sacrifice et de l’opprobre dont ils avaient été victimes. Et leur souhait fut exaucé quelques heures plus tard quand la navette se posa dans un nuage de poussière. Mais ce n'était pas une navette. C'était un Yacht Stellaire de classe Baudo. Et il avait fière allure. Haïn regretta qu'il ne fut pas armé. Mais Jiin en fut enchanté. Et dès qu'il fut posé, les deux Saboteurs s’engouffrèrent à l'intérieur pour en découvrir les moindres recoins.
Pendant les trois jours suivant la bataille, pas un seul instant, Anakin ne s'était séparé de la carapace de Runh Rapuhn qu'il tenait fermement entre ses bras. La carapace était dure comme de la pierre et ne montrait aucun signe de vie. Mais Anakin refusait de s'en séparer ne serait-ce qu'une seconde. Obi-Wan le laissa faire.
Le soir même, le Chancelier ordonna qu'on célèbre la victoire. Mais personne n'avait envie de faire la fête. Les hommes, les femmes, les enfants et les vieillards étaient tous épuisés, blessés, handicapés et d'une humeur morose. Pourtant, on fit brûler un immense feu de joie sur la place même où quelques jours plus tôt, Shauska était assassinée. Le Chancelier fit un discours que personne n'écouta vraiment sauf Toph qui buvait ses paroles.
Le Chancelier ordonna au Roi Hysakpasha de se joindre à lui. Et sans consulter personne, il en fit le souverain incontesté de Cachin. Les Cadiens avaient du mal à rester debout et la plupart chancelaient en tremblotant. La Reine Zaharcha assistait elle aussi à la célébration. Elle avait un visage serein et pas l'ombre d'une larme dans ses yeux. Yoda, Mace Windu, Obi-Wan et Anakin se tenaient juste à côté du Chancelier. Pendant le discours, Anakin fut contraint de déposer la carapace de Runh sur le sol. Il se tenait bien droit et faisait semblant d'écouter le Chancelier parler. Aucun Jedi ne souriait. En fait, mise à part le Chancelier, Toph et le Roi Hysakpasha, personne ne souriait. Yoda avait la mine soucieuse. Mais c'était une habitude chez lui. Anakin était tiraillé. Toute cette aventure ne s'était pas déroulé comme il aurait souhaité, loin de là. La perte de Shauska avait entaillé son cœur. Et puis cette vision des Cadiens tremblants derrière le feu de la célébration avait quelque chose de pathétique. Anakin avait mis fin au règne maléfique de Darth Myseris. Mais à quel prix ? Cachi-Mee n'était même plus une ruine, elle était réduite à l'état de poussière. Des centaines de Cadiens étaient morts pendant la bataille et la Fontaine de l'Étoile avait été détruite. Anakin se demandait quel avenir serait réservé aux Cadiens. Il avait un sentiment d'irrésolu. D'une mission non accomplie. Sa seule satisfaction était de voir le visage serein de son Maître. Obi-Wan était redevenu Obi-Wan.
Les deux crétins de Saboteurs, plein d’allant, firent exploser une bombe de poussière. Une nouvelle invention. Et tout le monde sursauta. Et Obi-Wan les réprimanda vertement.
Une fois la célébration terminée, Palpatine s'entretint quelques minutes avec la Reine Zaharcha. Ils se serrèrent la main et se promirent de se revoir pour finaliser l'entrée du Royaume de Zaharcha au sein de la République et signer un partenariat commercial lucratif pour les deux parties.
Et enfin le Chancelier s'approcha d'Anakin et Obi-Wan.
— Jeune Anakin, je te félicite. Dit Palpatine. Obi-Wan vous devez être fier de votre apprenti.
— Je le suis Chancelier. Répondit Obi-Wan.
— Anakin, il paraît que tu as fait des merveilles ici. Il est malheureux pour le peuple de Cachin d'avoir perdu leur source d'énergie. Mais je suis convaincu que tu as fais ce qu'il fallait.
— Chancelier, puis-je vous poser une question ?
— Je t'en prie Jeune Anakin.
— Comment se fait-il que la Fédération du Commerce ait pu envahir cette planète sans être inquiétée ?
— Je n'ai pas oui-dire que la Fédération du Commerce soit impliquée dans cette affaire.
— Il y avait pourtant une armée entière de B1…
— Les B1 sont un produit comme les autres. Chacun est libre de s'en procurer.
— Donc, celui qui en a les moyens peut s'offrir une armée et en faire usage comme bon lui semble ? Est-ce bien cela ?
— Obi-Wan, votre apprenti est-il toujours si impudent ?
— Il a son caractère Chancelier. Je m'efforce de lui enseigner les nuances de la diplomatie mais il a encore beaucoup a apprendre.
— Anakin, nous vivons dans une galaxie où chacun est libre. Cela s'appelle la démocratie et la liberté. Ce sont les valeurs de la République. Tu devras faire avec.
Le Chancelier ne laissa pas à Anakin le temps de répondre et s'éloigna pour aller serrer fermement la main du Roi Hysakpasha et lui promettre une aide conséquente de la République si toutefois il acceptait de vendre une bonne partie de la production de Cinium. Ce métal si particulier aux propriétés si surprenantes.
Quand le Chancelier Palpatine quitta Cachin, l'ambiance devint plus légère. Quelques sourires se dessinèrent sur les visages. Et le reste de la nuit fût plus festif. Quelques Cadiens se mirent à chanter accompagnés par quelques instruments sommaires : des tambours et des flûtes au son assez criard. Même Ish Atam accompagné Aross Talphar chantèrent une chanson improvisée entrecoupée de fous rires. Quand Haïn et Jiin firent sauter une deuxième bombe de poussière, c'est Toph qui se jeta sur eux pour leur donner des coups de lance sur la tête.
Yoda, Mace Windu et Obi-Wan discutèrent toute la nuit. Et Anakin s’endormit près du feu, tenant dans ses bras la carapace de Runh.
Au petit matin il sentit qu'on lui tapotait gentiment l'épaule. Quand il ouvrit les yeux, il vit Runh Rapuhn accroupit avec un large sourire.
— Runh ! S'écria Anakin. Tu es en vie !
— Je le suis. Dit Runh. Et c'est grâce à toi. Je te remercie.
Anakin voulu prévenir tout le monde. Mais tout le monde était déjà au courant puisque personne n'avait dormi. Obi-Wan souriait. Yoda aussi.
Runh avait changé. Le sommet de son crâne glabre prenait des accents violets. Ainsi que ses avant-bras et ses pieds. Il était toujours d'un orange éclatant éclairé par l'aube mais les extrémités de son corps étaient teintées d'un violet tout aussi rutilant. Et il sembla à Anakin qu'il était encore plus grand et plus massif qu'avant. Anakin se jeta dans ses bras et Runh le lui rendit bien.
Anakin était heureux. Heureux d'avoir pu sauver quelqu'un.
Quand le soleil éclaira de ses premiers rayons la capitale, Yoda décréta qu'il était temps pour le Conseil Jedi de partir.
Ish Atam vint voir son père pour la dernière fois. Ils se serrèrent non sans émotions. Et le Roi fit promettre à Aross de prendre soin de lui.
Le vaisseau d'Aross Talphar et Ish Atam fut le premier à quitter Cachin.
Quelques jours plus tard, cela serait au tour de l'immense navire amiral de la Reine Zaharcha de quitter la planète.
Anakin essaya de convaincre Runh de venir avec lui sur Coruscant. Mais Runh Rapuhn ne voulait pas en entendre parler. Ce que Runh voulait c'était un foyer. Alors lui et Anakin vinrent voir le Roi Hysakpasha. Le Roi accepta que Runh Rapuhn devienne un Cadien à la condition qu'il accepte de travailler. Et Runh accepta sans même savoir en quoi consisterait ce supposé travail. Et c'est Toph qui lui proposa le poste de garde du corps. En effet, maintenant qu'il était un membre du Sénat Galactique, il lui fallait un garde du corps.
Anakin sauta de joie. Si Runh devenait le protecteur de Toph, alors il ferait des vas-et-viens entre Cachin et Coruscant. Et là, ils pourraient se voir, se croiser. C'était parfait. Ruhn n'aimait pas trop l'idée de devoir se rendre sur Coruscant. Une ville planète, des milliards et des milliards d'habitants qui se bousculent dans un fourmillement permanent ne l'enchantait guère. Mais il accepta. Et à partir de ce jour, il devient le protecteur de Toph. Son garde personnel. Sa statue de vigilance.
Haïn et Jiin avant de quitter Cachin à bord de leur superbe yacht, firent un détour par l'arsenal pour y piquer quelques armes et une bonne quantité de Cinium. Les dizaines de grenades qu'ils avaient volées étaient totalement inopérantes sans le pouvoir de la Fontaine de l'Étoile mais ils s'en fichèrent pas mal. Ils trouveraient bien un moyen de les modifier et d'en faire des armes de destruction redoutables.
Les deux Saboteurs vinrent faire leurs adieux à Obi-Wan, Anakin et Runh Rapuhn.
— Jeune Padawan, Fit Haïn. Je te félicite. Tu n'es encore qu'un idiot mais tu te défends. Et sache une chose : un blaster sera toujours une meilleure arme qu'un stupide sabre laser. Écoute mon conseil. Joins-toi à nous. Tu ferais un bon moussaillon. Et je pourrais t'apprendre tout un tas de trucs pour faire sauter tout un tas de trucs. En échange bien évidemment que tu t'occupes d'entretenir notre nouveau et très beau vaisseau. Alors qu'est-ce que tu en dis ?
— Je te remercie Haïn mais je crois que je vais continuer de suivre ma formation.
— Vous ne pouvez pas vous adresser directement au Seigneur des Saboteurs ! Aboya Jiin. Vous devez me parler à moi !
Anakin et Obi-Wan levèrent les yeux au ciel.
— Quant à vous. Reprit Haïn en s'adressant à Obi-Wan. Je ne vous félicite pas. Voyez un peu le bazar que vous avez mis ici. C'est une honte !
Obi-Wan refusa de répondre à l'invective de Haïn.
— Qu'est-ce que vous allez faire maintenant ? Demanda Anakin à Jiin.
— Nous ? Hé bien nous allons tout simplement nous emparer de la Cantine Solitaire.
— Tout simplement… fit Obi-Wan d'un ton sarcastique.
— Runh, tu devrais venir avec nous. Lui dit Haïn.
— Oh que non. J'ai trouvé un travail.
— Un travail ! Quelle horreur ! Si tu changes d'avis, tu sauras nous trouver. Comme au bon vieux temps. Qu'est-ce que tu en dis ? Hein ? Aller Runh…
— Non merci Seigneur Haïn.
— Bon tant pis. Si tu nous cherches et que tu ne nous trouves pas, c'est que nous nous sommes perdus. Jiin, mon petit valet incompétent, es-tu prêt ?
— Toujours !
— Alors, je vous dis au-revoir.
Les deux Saboteurs firent une révérence exagérée et prirent la direction du yacht. Une chose était évidente : ils étaient heureux.
Anakin et Runh regardèrent le yacht des Saboteurs décoller et disparaître dans le ciel.
— Anakin, il est temps. Dit Obi-Wan.
Runh et Anakin se serrèrent la main une dernière fois. Et Anakin s'éloigna.
Anakin savait qu'il le reverrait. Il en avait la conviction. Il en avait la certitude.
Mais avant de se séparer Runh s'approcha d'Obi-Wan.
— Obi-wan, je dois vous dire quelques chose…
— Je t'écoute Runh.
— Je ne sais pas comment le dire…
— Dis le avec tes mots, simplement.
— Anakin est dangereux.
Obi-Wan fut surpris par la remarque de Runh. Et il lui répondit franchement.
— Non il ne l'est pas. Ce n'est qu'un enfant.
— Plus maintenant. Conclua Runh.
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Messagepar harnis29 » Ven 19 Mai 2017 - 7:40   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Épilogue

La Révolte des Poussières

Épilogue

La capsule s'éventra comme par magie.
La silhouette silencieuse et désarticulée du Capitaine Darko s'extirpa du sarcophage et fit quelques pas malhabiles comme un pantin tordu avant de se stabiliser. Elle passa ensuite de longues minutes à regarder ses mains comme si elle les voyait pour la première fois. Sa poitrine se gonflait et se dégonflait comme si elle respirait pour la première fois.
Elle voulut enlever le casque qu'elle avait sur la tête, mais elle compris rapidement qu'elle devrait le garder si elle voulait rester en vie. Passer le reste de sa vie à ne voir qu'au travers d'une vitre fumée n'était pas chose facile à accepter lorsqu'on venait à peine de naître. Alors elle voulut retirer ce casque. Elle tira dessus de toutes ses forces mais son visage était collé à la vitre. Elle ne le supporterait pas. C'était impossible. Mails il fallait se résigner. Elle était en vie. Et si cette vie se déroulerait au travers d'un écran de contrôle, alors il en serait ainsi.
Elle devait l'accepter.
Elle était en vie.
Elle se mit à parler. Et elle entendit une voix métallique qui n'était pas la sienne. Il faudrait s'y habituer aussi.
La combinaison n'était pas à son goût. Elle était d'un gris argenté et les trous disséminés sur son ventre laissaient échapper de minces coulures de sang pâteux.
Elle regarda ses pieds. Ils étaient nus.
Elle marcha pendant quelques minutes en direction de la ville détruite.
Chemin faisant elle vit un grand manteau lourd sur le sol. Elle s'en saisit et le posa sur ses épaules. Elle fit encore quelques pas et sentit une présence.
Là, à quelques mètres, le corps d'un homme ronflait dans un trou.
Elle leva la main, paume vers l'avant, et l'homme se réveilla d'un seul coup. Quand il vit la silhouette casquée du Capitaine Darko face à lui, l'homme fut pris d'une terreur soudaine.
— Qui êtes-vous ? Et que me voulez-vous ? Cria Tev Vanth II comme s'il avait vu un fantôme.
— Ce manteau est-il à toi ? Dit la voix.
— Il l'était. Mais il ne l'est plus.
— Puis-je le garder ?
— Vous pouvez. Répondit Tev Vanth II en se levant.
— Es-tu un soldat ?
— Plus que ça. Je suis un amiral.
— Sais-tu où se cachent les Jedis ?
— Oh mais ils ne se cachent pas. Et oui je sais où ils sont tous. Ils sont sur Coruscant.
— Veux-tu être mon apprenti ?
— Votre apprenti ? Votre apprenti de quoi ? Je suis un commandant. Un chef de guerre. Je n'ai nul besoin d'apprendre quoique ce soit.
La silhouette bascula légèrement la tête vers le bas, la lumière se reflétant sur son casque et aussitôt Tev Vanth II sentit une main invisible lui comprimer la gorge.
— Tu as beaucoup à apprendre. Alors je répète ma question. Veux-tu être mon apprenti ?
Quand il sentit sa gorge se desserrer, Tev Vanth II déglutit et finit par consentir à ce qui lui était imposé.
— J'accepte. Fit Tev Vanth II en retrouvant sa respiration. Il n'avait de toute façon pas le choix. Son énorme œil malade se mit à couler abondamment. Alors iI l’épongea avec délicatesse.
— Très bien. Tu apprends vite. Si tu es déloyal je te tue. Si tu me déçois, je te tue. Si tu ne suis pas mes ordres, je te tue. As-tu compris ?
— J'ai… j'ai compris.
— Je suis ton maître à présent. Et tu es mon apprenti.
— A vos ordres Maître.
— Où sommes-nous ?
— Sur Cachin. La ville en ruine devant vous, se nomme Cachi-Mee.
— Que s'est-il passé ici ?
— Il y a eu une bataille. J'ai perdu.
— Avec moi tu ne perdras plus une seule bataille. Allons. Je dois retrouver quelque chose que j'attendais depuis très longtemps.
— « Maître… » Tev Vanth II n'était pas certain du ton qu'il devait employer pour s'adresser à celui qui venait d'en faire un esclave. « Il est peut-être malvenu de s'exposer ainsi en plein jour. Nous ne pouvons pas aller par là-bas. Il y a trop de monde… »
— Je vais t'apprendre ta première leçon. Fie-toi à moi. Nous serons invisibles.
Les deux silhouettes prirent la direction de Cachi-Mee.
Plusieurs fois, elle sentit que l'esprit du Capitaine tentait de reprendre en main son propre corps. Alors elle le chassa définitivement. Et la voix de Darko disparue dans le néant pour toujours. Et tout en continuant de marcher, elle lança un appel télépathique.
Et cet appel traversa toute la galaxie en un clin d’œil. Cet appel était destiné à une seule personne.
Dans son bureau, le Chancelier Palpatine fut submergé par une étrange sensation. Comme si une vague noire l'enveloppait dans un manteau de couteaux et le perçait de mille trous. Il entendit l'appel. Il comprit instantanément qu'il avait un nouvel ennemi.
« Il n'y a pas de place pour deux Maîtres. Soumets-toi ou tu mourras. »
Et la vague disparut aussi vite qu'elle était apparue.
Le Chancelier n'était pas un homme qui connaissait la peur. Pourtant ce jour-là, elle l'avait envahit l'espace de quelques secondes. Et avant qu'il reprenne complètement ses esprits, l'hologramme du Comte Dooku apparut au-dessus du bureau.
— Comte, j'espère que vous avez de bonnes nouvelles. L'expérience de Cachin à été un échec. Déplora le Chancelier.
— J'en ai Maître. Je viens de faire une découverte intéressante. Les cloneurs de Kamino ont développés une nouvelle technologie.
— Je vous écoute.

Sur Cachin, le nouveau Maître et le nouvel apprenti entraient dans Cachi-Mee.
Et sans qu'ils soient repérés par personnes, ils traversèrent toute la ville jusqu'aux décombres de la tour du dôme. Tev Vanth II était subjugué. Personne ne faisait attention à eux. Ils étaient invisibles. Une armada de droïdes en tout genre commandée par des Cadiens était occupée à débarrasser les rues de la ville des tonnes de gravats et de débris d'épaves rejetés par la guerre. Et aucun d'eux ne leur prêta attention.
Le corps du Capitaine Darko grimpa au sommet d'un éboulis.
Grâce à la Force, la terre se mit à trembler, et des décombres, s’éleva dans l'air le sabre laser de Darth Myseris. Sabre laser en main, le corps du Capitaine Darko rejoint son disciple qui l'attendait sagement en contre-bas. Tev Vanth II savait maintenant à qui il avait à faire.
— Apprenti. Trouve-moi des bottes. Dit le corps de Darko.
— A vos ordres Maître.
Tev Vanth II se mit à farfouiller un peu partout. Il découvrit le cadavre de l'un de ses anciens soldat de la Cantine Solitaire dans les restes d'une épave. Il ne savait pas son nom. Il lui arracha ses bottes et trottina jusqu’à son Maître pour les lui donner.
Le corps du Capitaine Darko les enfila. Elles étaient parfaitement à sa taille.
— Maintenant nous devons trouver un vaisseau. Dit l'homme casqué.
— Cela ne devrait pas être trop difficile puisque que nous sommes invisibles. Regardez, il y a des dizaines de navettes qui décollent et atterrissent. Nous devrions pouvoir en voler une. Maître, puis-je vous poser une question ?
— Pose ta question.
— Qui êtes-vous ?
— Je suis le Troisième Sith.
— Comment dois-je vous appeler ?
— Darth Zeï.
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Messagepar harnis29 » Ven 26 Mai 2017 - 8:09   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Épilogue [Roman/Terminé]

Voila.
Cette histoire est terminée.
Si quelqu'un a réussi à la lire en entier, merci de me le dire.
Je sais qu'elle est très loin d'être parfaite. J'ai fais du mieux que je pouvais.
Cétait un combat, elle vaut ce qu'elle vaut, mais j'ai réussi à la terminer.

Un grand merci à ceux qui m'ont lu.

Peut-etre qu'un jour j'écrirais une suite.

Encore merci.
Harnis
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Messagepar harnis29 » Sam 22 Juil 2017 - 9:15   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

Pour ceux que cela pourrai intéresser
La version révisée et finale (qlq petits changements) est sur le site Wattpad.
ici : https://www.wattpad.com/story/96596834- ... re_myworks

Encore merci.
Harnis.
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Messagepar Darkliser » Lun 24 Juil 2017 - 16:46   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

salut Harnis !

Félicitations d'avoir mené ton projet jusqu'au bout :)

Je voulais te dire que je terminerai ma lecture dès que l'envie de lire des FF me reprendra. Je me rappelle à peu près où j'en suis.
J'espère que tu feras une suite car j'ai toujours aimé les histoires avec Ani et Obi :D. En plus, il y en a trés peu qui relate l'adolescence d'Anakin.
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Messagepar harnis29 » Mar 25 Juil 2017 - 7:53   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

Darkliser a écrit:salut Harnis !

Félicitations d'avoir mené ton projet jusqu'au bout :)

Je voulais te dire que je terminerai ma lecture dès que l'envie de lire des FF me reprendra. Je me rappelle à peu près où j'en suis.
J'espère que tu feras une suite car j'ai toujours aimé les histoires avec Ani et Obi :D. En plus, il y en a trés peu qui relate l'adolescence d'Anakin.


Super. Merci beaucoup Darkliser.
Malheureusement je pense que personne n'a réussi à lire mon histoire en entier.
Elle est surement trop longue.
Pourtant j'y crois encore. Même si elle n'est pas très originale, même si je "n'invente" rien, je sais qu'elle n'est pas trop mauvaise.
Le texte est plus facile à lire à partir du chapitre 8.
En tout cas encore une fois, un grand merci à toi Darkliser. (je me sens un peu moins seul lol)
Je n'ai pas fini ta FF et comme toi, quand l'envie reviendra je retourne sur wattpad pour te lire.
Merci.
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Messagepar Darkliser » Dim 06 Aoû 2017 - 16:24   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

harnis29 a écrit:Malheureusement je pense que personne n'a réussi à lire mon histoire en entier.
Elle est surement trop longue.


Détrompe-toi !
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Messagepar Darkliser » Dim 06 Aoû 2017 - 16:27   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

harnis29 a écrit:Malheureusement je pense que personne n'a réussi à lire mon histoire en entier.
Elle est surement trop longue.


Détrompe-toi ! je suis sûr que des gens lisent jusqu'au bout mais ils ne postent pas, car ils ne sont pas inscrits. Pour la longueur d'une histoire, cela n'a rien à voir si la qualité est au rendez-vous. On voit beaucoup de FF longue être lu jusqu'au bout.


harnis29 a écrit:Je n'ai pas fini ta FF et comme toi, quand l'envie reviendra je retourne sur wattpad pour te lire.


Ok, mais les seuls lecteurs que j'ai sur wattpad sont ceux que j'ai contacté. C'est le seul moyen !
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Messagepar harnis29 » Lun 07 Aoû 2017 - 9:37   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

merci Darkliser pour ton soutient.
J'aime beaucoup certains personnages de cette histoire.
C'est la 1ère fois que j'écris une histoire aussi longue. Et au bout d'un moment, les personnages prennent vie.
C'est difficile à expliquer.
Ani et Obi-Wan on les connait tous. Mais j'aime beaucoup Runh et les deux Saboteurs.
Et surtout j'aime les deux méchants.
Surtout le 2ème qu'on voit à peine.
Il a tout pour mettre un bazar pas possible... et c'est vrai que j'aimerais bien un jour écrire la suite. Mais pour cela il faudrait il faudrait qi'on me supplie (lol).
Encore merci. ;-)
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Messagepar harnis29 » Lun 07 Aoû 2017 - 9:39   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

Parce qu'un affrontement entre Palpatine et le 3ème Sith aurait un fort potentiel. :D
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Messagepar harnis29 » Mer 09 Oct 2019 - 7:26   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

Bonjour à tous, 3 ans après je ne sais toujours pas si quelqu'un à réussi à lire La Révolte des poussières en entier.
A mon avis non. Mais si jamais il y en a un ou une qui à réussit, alors un retour (pas trop dur) serait le bienvenu.

May the Force be with you forever.
;-)
Harnis
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