La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

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Messagepar harnis29 » Ven 23 Déc 2016 - 13:25   Sujet: La Révolte des Poussières - [Roman/Terminé]

Bonjour,
j'ai écris une fan-fiction un peu longue.
Si jamais quelqu'un réussit à lire en entier, j'aimerais bien un retour.
Pour ceux (on ne sait jamais) qui voudraient lire toute l'histoire d'un coup, vous pouvez télécharger les 2 pièces jointes et les décompresser.
Le fichier Pdf fait 1.2Mo
Vous pouvez aussi lire cette histoire ici : https://www.wattpad.com/story/96596834- ... re_myworks.
L'histoire est bien plus facile à lire sur smartphone ou tablette depuis le site wattpad.

Je suis débutant... c'est la 1ère fois que j'écris une histoire et que je la termine. J'espère que vous serez indulgent.
Il y a 22 chapitres en tout. Voici les 4 premiers dans les posts suivants.

Merci.
A +
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La Révolte des Poussières-3.1.pdf.part2.rar
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La Révolte des Poussières-3.1.pdf.part1.rar
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Messagepar Delerane » Ven 23 Déc 2016 - 18:38   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Bonjour :) !

Peux-tu nous en dire plus :) ?
Quelle époque, quels personnages, un petit résumé de l'histoire etc. :jap: ?

A bientôt.
Toutes ces croyances à la noix et ces armes démodées ça vaut pas un bon blaster.
Delerane
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Messagepar Jagen Eripsa » Ven 23 Déc 2016 - 18:45   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Bienvenue dans la section Fan-Fictions !

Pourrais-tu s'il te plaît poster ton récit directement dans des messages ? La lecture des fan-fictions du forum doit pouvoir se faire sans télécharger de documents, c'est plus simple et plus sûr pour les visiteurs. ;)
“La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute.” - Confucius
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Messagepar harnis29 » Ven 23 Déc 2016 - 20:13   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Voici le synopsis.
L'histoire se déroule entre l'épisode un et deux.

Anakin poursuit sa formation de Jedi auprès de son mentor : Obi-Wan Kenobi.
Après la découverte du tombeau d’un antique Sith, les deux Jedis sont diligentés par le Conseil Jedi afin d'enquêter sur le meurtre de la fille du Roi Zaharcha.
Des bas-fonds de la cité planète, de l’horizon des éventements d’un trou noir, d’un navire pirate jusqu’au désert du système de Cachin, nos deux héros vont être confrontés à la pire aberration du côté obscur. Accompagnés d’une équipe improvisée, les deux Jedis vont débusquer une menace encore plus grande.
En Jeune Padawan qu’il est, Anakin va sortir de l’enfance par la porte sombre et
entraîner avec lui tout un peuple vers une issue fatale : la guerre.
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Messagepar harnis29 » Ven 23 Déc 2016 - 20:17   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Delerane a écrit:Bonjour :) !

Peux-tu nous en dire plus :) ?
Quelle époque, quels personnages, un petit résumé de l'histoire etc. :jap: ?

A bientôt.


Je peux publier chapitre après chapitre.
Modifié en dernier par harnis29 le Dim 25 Déc 2016 - 11:41, modifié 2 fois.
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 9:26   Sujet: La Révolte des Poussières - Prologue et Chapitre 1

La Révolte des Poussières

Prologue et chapitre 1




Prologue


Il y a bien longtemps, dans une galaxie très lointaine.


Il a réussi.
Il est le seul à avoir accomplit cet exploit et il le sait.
Il est sauf. Il a survécu. C'est un survivant.
Peu importe qu'il soit blessé, peu importe ses vêtements déchirés et le goût de son propre sang dans la bouche. Peu importe qu'il ait perdu son sabre laser. Il a réussi l'impossible. Il a bravé la destinée. Il a trahi son ordre et son Maître.
Peu importe. Tout en valait la peine. Plus que ça même. Puisqu'il a trouvé la source. Il a volé la source d'espoir.
Depuis l'aube et jusqu’à la fin des temps, chaque être vivant doué d'intelligence n'a et n'aura qu'une obsession, un seul mirage de l'ultime chimère : l'immortalité.
Et lui. Il l'a trouvé.
Alors peu importe qu'il se soit crashé au milieu de nulle part. Peu importe qu'il soit en train de mourir. Il respire, il est encore en vie. Et bientôt il sera immortel.
La navette n'était plus qu'une épave déchirée et fumante qui s'enfonçait inexorablement dans le sable. Aidé de son fidèle droïde, il eut juste le temps d'extirper son sarcophage, sa promesse d'éternité, avant que la navette ne disparaisse complètement, avalée par la dune et fossilisée pour toujours.
Le droïde grinçait de toutes pièces. Il était vieux, usé et fatigué.
Pour une machine cela ne veut rien dire, cela n'a aucun sens. Mais lui était particulier. Ce n'était pas un robot comme les autres. Il avait traversé moultes batailles et situations désespérées. Il avait vécu mille vies. Chacune des pièces qui le composait avait été changée des dizaines de fois. Alors il avançait lentement. Péniblement. Chaque mouvement était un effort de la dernière chance.
Le Sith, le troisième, n'avait que peu de temps. Il savait que son corps pouvait le trahir à tout moment. Non pas qu'il était pas mal en point. Ça il l'était, c'était certain. Mais son corps pouvait trahir sa présence. Des confins de la galaxie, son ancien mentor pouvait entendre son cœur battre et il saurait le retrouver, peu importe le trou le plus perdu dans lequel il pourrait se terrer. Il lui fallait donc quitter au plus vite le seul corps qu'il ait connu.
Mais il avait la foi. Il savait que ce sarcophage était la clé.
Il ordonna à CLL-8, son droïde, de placer le cercueil à la verticale.
Et quand cela fut fait, il entra à l'intérieur.
La scène était crépusculaire, digne d'un requiem solitaire : un homme et un robot, seuls, dans le désert.
Un homme qui va affronter sa propre existence, qui va accomplir ce que personne n'a jamais fait auparavant.
Le Sith ne voulut pas attendre plus longtemps. Il ordonna alors à CLL-8 d'engager la procédure. Il s'exécuta machinalement en tapant un code sur le sarcophage.
Ensuite le droïde recula de quelques pas, lentement, péniblement.
l'homme fit un clin d’œil et un dernier sourire à CLL-8 mais celui-ci ne le remarqua pas.
Le moment était arrivé.
Le sarcophage se mit à trembler et fut secoué par des éclairs violets de plus en plus intenses. Au bout de quelques secondes, une immense boule d'énergie pure gonfla tout autour du celui-ci.
Et ce fut l'explosion.
Un tonnerre de lumières vertes illuminé par des milliers d'étincelles dorées embrasa le ciel bleu.
De cette explosion gigantesque il ne resta plus rien ni sarcophage, ni corps. Tout avait été vaporisé.
CLL-8 regarda les étincelles, elles volaient dans le ciel et cherchaient à s'agglutiner les unes aux autres pour former une boule jaune plus grosse, ressemblant à un mini soleil. Et quand la boule fut assez puissante, elle s'envola et disparue dans le ciel.
Sur le sable, une boule noire.
De petits éclairs sur sa surface pendant quelques instants et puis plus rien. La boule resta noire. Inerte.
CLL-8 sut ce qu'il avait à faire.
Il se mit en position de veille; assis sur le sol et coupa tous ses systèmes.
Plus rien et personne ne l'éveillerait à nouveau.
Seul dans ce désert, le droïde était comme mort.
Les jours passèrent. Et puis les semaines, les mois et les années.
Trente ans plus tard il ne resta du droïde qu'une carcasse de métal rouillé et éventrée, puis cent ans plus tard, il ne resta plus rien.
Aucun témoin n'avait assisté à ce miracle.
Seul le désert et son silence.




Chapitre 1
La Dernière Demeure

An - 28 (2 ans avant l’Attaque des Clones…)

Le vaisseau sorti de l’hyperespace dans un énorme fracas de lumière déchirant la ceinture d’astéroïdes de Plana 79. La planète était entourée d’un disque de petits rochers pas plus gros qu’une pièce de monnaie, et traverser ce champ n’était pas dangereux tant que le bouclier magnétique du vaisseau d’exercice était en marche.
Obi-Wan Kenobi jeta un regard vers la planète pour en admirer les couleurs pastelles. Plana 79 bien que magnifique par son aspect, était une boule de gaz animée par des vents démoniaques qui parcouraient sa surface à des vitesse qui dépassait l’entendement. Obi-Wan se retourna et examina l’écran de contrôle.
- Aucun signal sur les radars, nous avons sûrement fait une erreur de calcul ! L’objet devrait se trouver juste ici. Il posa son doigt sur un point de la carte affichée à l’écran. « C’est-à-dire juste en face de nous ! » Obi-Wan leva les yeux vers l'énorme hublot sur sa droite et tout ce qu'il pouvait voir, c'était le noir de l'espace.
- Sans signal nous le trouverons jamais ! Autant chercher un grain de sable sur Tatooine ! répondit Anakin Skywalker.
-  Ne sois pas défaitiste jeune Padawan, la Force peut nous guider jusqu'à lui. Prends les commande du vaisseau, je vais contacter le Conseil Jedi. 
Après des mois d’entraînement physique sur Dagobah, Anakin éprouvait un certain plaisir à manier de nouveau les commandes d’un engin à hyperpropulsion. Le vague souvenir de la course de Pod de la Bounta remontait à sa mémoire.
Depuis qu’il suivait son maître Jedi et il sentait maintenant la Force couler dans ses veines. Il pouvait la contrôler et en user. Chaque jour était pour lui un nouveau défi et en aucun cas il ne fallait décevoir son maître. La confiance qui s’était établie entre les deux compagnons au fil des années était d’une solidité à toute épreuve. Anakin suivait sa formation avec discipline et dévouement, ce qui faisait de lui un apprenti des plus sérieux. Chose à laquelle Obi-Wan n’était pas insensible. Anakin ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine fierté. Depuis des années il donnait le meilleur de lui-même, et le résultat de son courage et de sa volonté était matérialisé par le sabre laser attaché à sa ceinture. Son sabre. Dans les moments comme celui-là, il aurait fait n’importe quoi pour que sa mère soit à ses côtés. Pour qu’elle soit fière de lui. Il se concentra et laissa la Force l’envahir. Depuis quelque temps déjà il essayait de contacter sa mère ou du moins de voir son image par le biais de la Force. Mais trop éloigné de sa planète natale, même avec la Force comme alliée, il ne pouvait voir quoique ce soit. Il se concentra encore plus et ferma les yeux.
L’hologramme de Yoda tremblait dans la pénombre du module de communication. Le vaisseau d’entraînement pour chevalier Jedi avait été conçu par le Conseil Jedi lui-même. Il devait permettre au Jedi et à son Padawan de continuer un entraînement physique intensif tout en naviguant de planète en planète, de système en système pour les missions de maintien de l’ordre. Malgré la puissance de la République, des centaines, voire des milliers de mercenaires et autres créatures obscures parcouraient la galaxie en pillant et massacrant des peuples entiers.
Obi-Wan fit encore quelques réglages et l’hologramme de Yoda se stabilisa.
-  Maître Yoda, nous n’avons aucun signal sur les radars. Peut-être avons-nous fait une erreur de calcul ou…
- Pas d’erreur il y a Obi-Wan. Très précise fut ma vision et toutes formes peut avoir l’objet.
-  Mais que cherchons-nous au juste maître ?
Yoda ferma les yeux et pris une inspiration.
-  Une singularité…
-  Une singularité ! Vous voulez dire un trou noir ou…
- Un objet… animé par la Force, il doit être.
Sur ces mots, Anakin ouvrit les yeux juste au moment où une masse gigantesque allait les percuter de plein fouet. Sans même réfléchir, Anakin fit une embardée sur la gauche afin d’éviter la collision. Il redressa le vaisseau mais pour aussitôt repartir en vrille dans l'autre sens. La masse n’étant pas plane mais faite de centaines de pics pointus de plusieurs dizaines de mètres chacun. Malheureusement un des pics vint déchirer l’acier du vaisseau sur plusieurs mètres dans un bruit atroce. Le vide envahit un des modules qu’Anakin dû condamner en abaissant les lourdes portes étanches.
Obi-Wan pénétra en trombe dans le cockpit.
-  Qu’est-ce que c’est ?! 
-  Je ne sais pas maître… Je ne l’avais pas vu. 
Ses mains moites glissaient sur les commandes et il avait toutes les peines du monde à redresser correctement le vaisseau déséquilibré. Il avait fermé les yeux un instant et par sa faute la masse les avait percutés. Les conséquences auraient pu être autrement plus dramatiques. Le vaisseau aurait pu imploser. Anakin resta concentré au maximum, tous ses sens en éveil et le souffle court. Le vaisseau s’éloigna de l’objet et Obi-Wan pu en apprécier la grandeur et l’aspect.
-   On dirait une comète carbonisée. La lumière ne se reflète pas dessus. Elle semble être comme absorbée… Anakin ! fais-en le tour complet ! 
Le jeune Padawan entama un looping pour faire le tour de la masse. Passant au-dessus ils remarquèrent une surface sans pic, assez grande pour pouvoir s’y poser.
-   Posons-nous ici.  Ordonna Obi-Wan.
Anakin enclencha les réacteurs d'apoint et quand le vaisseau entra en contact tous les appareils de mesure s’affolèrent.
-  Il y a une grande intensité magnétique. Coupe tous les moteurs et les sources d’énergie ! 
Anakin s’exécuta et le silence envahit le cockpit. Obi-Wan remarqua un léger tremblement dans la Force. Anakin le remarqua également. Sans échanger la moindre parole ils comprenaient la même chose : La Force habitait cette masse.
- Maître ! tout ceci est de ma faute. J’aurais pu l’éviter si… 
-  Tes réflexes nous ont permis de nous en sortir vivant… C’est le plus important. Fais-moi un rapport sur les dégâts. 
- Le module de réserve est déchiré sur plusieurs mètres, un des trois moteurs est hors service et …
Il ralluma un instant l’écran de contrôle. « la déchirure a aussi endommagé les circuits de refroidissement. Peut-être que R4 pourra faire quelque chose ». 
Obi-Wan scrutait l’horizon noir de la masse.
- Très bien, pendant que R4 fera son travail nous ferons le nôtre. 
-  et… ? 
-  Hé bien nous allons visiter. Je te propose une petite excursion au cœur du mystère. Qu’en dis-tu Anakin ? 

Pendant que le petit robot s’affairait, les deux jedi revêtirent leur scaphandre et sortirent du vaisseau.
Après quelques centaines de pas sur la surface charbonneuse et dans le silence du vide, les deux hommes s’arrêtèrent en face d’une immense pic noir.
-   Je ressens quelque chose d’inhabituel maître. Comme un battement. Il me semble que… 
-  Elle respire. 
-  Pardon ?! 
Obi-Wan mit un genou à terre et toucha le sol. Il caressa longuement la surface et le sable de carbone qui la recouvrait. Il saisit son comlink et ordonna à R4 de détecter tout signal d’être vivant sur ou dans la masse.
Pendant ce temps Anakin s’approcha du pic pour l’inspecter. Après quelques instants, R4 répondit qu’il ne trouvait pas la moindre cellule vivante. Obi-Wan se releva et continua son inspection. Que venait-il chercher ici ? Nul ne pouvait le savoir. A part peut-être Yoda, et encore. Obi-Wan savait que les prédictions de Yoda ne décrivaient jamais la vérité mais plutôt une interprétation. Une singularité. Qu’avait-il voulu dire par là ?
Anakin se figea net lorsque qu’il sentit une vibration. Il posa son gant sur la paroi du pic en fermant les yeux et se concentra un moment. Soudain il ouvrit un œil, se redressa et donna un grand coup de poing sur la paroi. Un bang résonna et se perdit dans un écho.
-  Maître c’est creux ! 
-  Anakin vient voir par ici ! 
A quelques mètres du jeune apprenti, Obi-Wan contournait un autre pic en inspectant la paroi. La circonférence de la base du pic représentait environ une trentaine de pas. Anakin s’approcha.
-  Il y a des inscriptions sur la paroi. Un langage apparemment technique. Comme une formule. Malheureusement effacées. Mais une chose est sûre. Ce n’est pas une comète carbonisée ou je ne sais quoi…  Affirma Obi-Wan.
Anakin frotta la paroi et mis à jour un levier, il s’en saisit et tira de toutes ses forces mais impossible de l’actionner. Même en utilisant la Force, impossible de le faire bouger ne serait-ce que de quelques millimètres. Obi-Wan posa la main sur l’épaule de son apprenti pour calmer son ardeur. Pendant qu’Anakin reculait, il détacha son sabre. La lame lumineuse éclaira la paroi juste un instant. Quelques secondes plus tard les ténèbres recouvraient de nouveau la masse.
- Elle absorbe réellement la lumière.  fit Anakin déconcerté.
D’un coup sec Obi-Wan planta son sabre laser dans la paroi. Il en découpa un morceau suffisamment grand qu’il fit tomber d’un coup de pied. Un trou béant de plus d’un mètre leur faisait maintenant face. Obi-Wan alluma une petite lampe sur le haut de son casque et Anakin l’imita. Une fois à l’intérieur ils découvrirent tout un réseau de câbles et de tuyaux, ainsi qu’une échelle s’enfonçant dans l’obscurité. Les deux hommes eurent la même pensée au même moment : « C’est un vaisseau. »
R4 émis quelques bips dans les écouteurs pour leur signaler la fin de sa mission. Le refroidissement était à nouveau opérationnel. Anakin s’en réjouit, à mesure que les minutes passaient, il avait de plus en plus envie, lui aussi, d’en finir.
Ils descendirent tous les deux le long de l’échelle. Au bout d’une vingtaine de mètres ils arrivèrent devant une porte en acier. Un hublot ovale en son centre. Sur le côté, un panneau de contrôle.
-  Cette porte doit être un sas. Je suis sûr qu’il sera très simple de trouver le bon code.  Dit Obi-Wan. Il s’approcha du panneau de contrôle en levant la main. Il se concentra un long moment. Anakin tourna les yeux et vit une manette qu’il tira d’un coup sec.
La porte s’ouvrit ainsi que les yeux du chevalier. L’apprenti lui répondit avec un sourire.
Une fois à l’intérieur du sas la porte se referma toute seule d’un coup sec. Les lumières du vaisseau s’allumèrent et une ventilation se mit en branle.
Une pointe d’inquiétude vint hanter les pensées d’Anakin. Un sentiment étrange le parcourait. Obi-Wan lui tournait le dos, occupé à analyser la situation. Il se surprit la main posée sur son sabre.
Toute une machinerie venait de s’activer. Les deux chevaliers de la Force sentirent une vibration qui se changea en ronronnement et la deuxième porte du sas s’ouvrit sur ce qui semblait être un vestiaire. Obi-Wan testa l’air ambiant quelques instants et retira son masque à oxygène. L’air était respirable. Des vêtements, des combinaisons et des casques étaient dispersés dans toute la pièce. Obi-Wan bascula un casque avec le bout de sa botte. Mais le casque n’était pas vide. A l’intérieur, le crâne d’une créature semblait l’accuser du regard qu’elle n’avait plus. Anakin retira lui aussi son masque et fit la même et détestable découverte. L’odeur rance et moisie du vaisseau lui sauta au nez. Dans tous les vêtements, sous tous les tissus, des membres, des corps calcinés et décharnés. Il ne restait plus que les os.
Le Jeune Padawan ne pu maîtriser son émotion ;
-  Un massacre. Que s’est-il passé ?!! Comment est-ce possible ? 
-  C’est ce que nous devons découvrir! Yoda m’a parlé d’une singularité. De toute évidence ce vaisseau est en osmose avec la Force. Et nous devons découvrir pourquoi.
A mesure qu’ils parcouraient le vaisseau en prenant soins de ne pas marcher sur les restes des victimes, ils pouvaient voir sur tous les murs, coursives, et cloisons des inscriptions , mais indéchiffrables même pour un chevalier Jedi. Obi-Wan s’arrêta devant une cloison. Les inscriptions faisaient place cette fois-ci à des dessins. Anakin qui le suivait comme son ombre s’approcha.
-  On dirait des dessins rupestres. Ils sont très vieux. Des dizaines de milliers d'années. C’est très curieux de les trouver ici. En principe ils sont destinés aux monuments funéraires. Regarde ! 
Sur la paroi des silhouettes plus ou moins humaines décrivaient des scènes de culte rendues à des divinités. Les silhouettes exécutaient des danses rituelles ainsi que des sacrifices. En suivant le cheminement des saynètes ils s’arrêtèrent devant un dessin plus explicite. On pouvait y voir un sarcophage a l’intérieur d’une boule recouverte de pics.
Un peu plus loin ils arrivèrent dans une grande salle à l’architecture austère. Quatre colonnes grisâtres entouraient ce qui semblait être le cercueil du dessin. Autour de lui des dizaines de boules étaient enfoncées sur des pics de quelques centimètres. Les deux hommes s’approchèrent prudemment et découvrirent les mêmes dessins rupestres arborant le pourtour du sarcophage. Les dessins représentaient des tubes semblant distiller un gaz envahissant des centaines de silhouettes qui se battaient les unes contre les autres. Des têtes tranchées, des membres arrachés. Obi-Wan s’approcha encore du sarcophage. Une inscription à peine lisible ornait le devant du cercueil.
« SITH »
- Un tombeau SITH ! Nous sommes à l’intérieur d’un tombeau. Ce vaisseau est la dernière demeure d’un seigneur noir des Sith. 
Obi-Wan leva la tête et observa les même tubes parsemés de petits trous, entrelacés et réparti sur tout le plafond.
- Un Sith ? 
Anakin recula de quelques pas. La bataille de Naboo, 4 ans plus tôt lui restait en mémoire. Il savait qu’un Sith était à l’origine de la mort de Qui Gon Jinn.
-  Ce tombeau est piégé Anakin, il ne faut pas rester là ! Les tubes doivent répandre une substance toxique qui fait perdre l’esprit. Ce qui rend toute profanation impossible. Nous devons quitter cette tombe au plus vite ! 
Un ronronnement se déclencha au-dessus d’eux, les boules s’allumèrent et la grande porte d’entrée de la salle commença à se refermer.
Anakin se rua vers la sortie. En se retournant il vit le gaz se répandre dans le haut de la pièce. Obi-Wan activa son sabre laser et resta immobile un instant tout en examinant les boules de lumières. Il finit par en détacher une à l’aide de son sabre et la glissa dans sa poche.
-  Vite Maître ! 
Obi-Wan se rua a son tour et réussi in-extremis à passer sous la porte. Anakin l’aida à se relever.
-  Cette boule est une source d’énergie qui m’est inconnu, nous devons la ramener sur Coruscant et la faire examiner par le Conseil Jedi. 
Il toussa une fois et regarda Anakin droit dans les yeux. « Sortons d’ici ! »
- Avec plaisir !
Anakin ouvrit le chemin en courant, suivi de près par Obi-Wan. Ils devaient emprunter exactement l’itinéraire inverse, et se repérer dans le dédale de coursives et autres couloirs n’était pas chose facile. A plusieurs reprises Anakin du marquer un temps d’arrêt nécessaire à une réflexion éclair pour retrouver leur chemin. Enfin arrivés dans la première salle, Il enclencha directement le levier du sas.
La Force lui traversa l’esprit comme une aiguille, il activa son sabre laser et se retourna juste à temps pour éviter un coup de sabre porté par Obi-Wan. Le chevalier, le visage déformé par la douleur et la haine assénait coups sur coups contre son apprenti. Anakin se défendait tant bien que mal replié dans un coin de la pièce.
-  Maître c’est moi !!! Non !! 
Obi-Wan était envoûté, incapable du moindre jugement, complètement soumis et à la merci du gaz toxique. Dans son entêtement à vouloir récupérer la boule d’énergie il en avait inspiré une bouffée.
Anakin, grâce à une parade réussit à se débattre et à faire plier pendant une seconde la garde de son Maître. Profitant de l’occasion, il fit un saut en avant et passa derrière lui. Mais celui-ci ne fut pas surpris, il fit une roulade et repartit à la charge. Le jeune Padawan ne pouvait attaquer ou du moins il s’y refusait. Obi-Wan exploitant ce handicap inespéré se jeta à nouveau sur lui. Anakin se défendait du mieux qu’il pouvait, mais le Jedi avait décuplé ses forces. Il eut alors une vision. Tout à coup il voyait le vrai visage du côté obscure. Et ce visage était celui de son Maître, de son ami et instructeur. Il n’était que l’expression de la douleur, de la souffrance. Pendant une seconde il perdit de sa vigilance et Obi-Wan en profita pour lui asséner un coup qui lui fit perdre son sabre.
Anakin n’eut d’autres choix alors que de faire un saut gigantesque d’une dizaine de mètres pour s’accrocher aux câbles du vaisseau. Une fois en haut il analysa sa situation. Il lui fallait absolument trouver une solution. Obi-Wan sauta à son tour jusqu’au plafond et s’accrocha d’une main à un câble. De l’autre il essayait d’atteindre le jeune apprenti. La lame de son sabre laser passa au ras de son cou à plusieurs reprises. Anakin baissa la tête et se lâcha dans le vide.
Aussitôt en bas, il fila vers le sas mais Obi-Wan s’interposa une nouvelle fois.
D’un geste réflexe, Anakin usa de la Force et projeta sur la tête d’Obi-Wan leur première découverte sur ce vaisseau ; le casque de la créature. Pendant une seconde il resta bouche bée puis s’effondra, assommé.
Voyant le gaz pénétrer dans la salle, Anakin remis aussitôt son masque à oxygène. Il fit de même avec Obi-Wan. Une fois le masque posé, il tira son corps inerte jusque dans le sas. Il récupéra son sabre laser avant d’actionner le levier. La porte se referma sur eux et la décompression commença. Quelques secondes plus tard la deuxième porte derrière eux s’ouvrait.
Anakin était trempé de sueur et haletait bruyamment. Il leva la tête vers l’ouverture 20 mètres plus haut. Il lui fallait maintenant transporter son maître jusqu’au vaisseau d’entraînement. Obi-Wan toujours inconscient respirait péniblement. Anakin tourna la tête et vit à travers le hublot le gaz qui se faufilait dans le sas. Le gaz parvenait à les suivre, il utilisait la moindre entaille microscopique dans l’acier du vaisseau et s’y engouffrait comme un fleuve en crue.
Anakin s’était déjà retrouvé dans des situations difficiles pendant son entraînement. Mais aujourd’hui dans ce puits noir, en fermant les yeux, il sut voir en lui la lumière que lui apportait la Force.
Il saisit son comlink.
-  R4 !! R4 ! Prends tout de suite les commandes et viens nous chercher !! Vite ! Tu m’entends !!R4 ! 
R4 répondit instantanément par l’affirmative. Il fonça jusqu’au panneau de contrôle le plus proche et y planta directement son bras articulé.
Dans les profondeurs, Anakin entendait le gaz se débattre et gronder à l’intérieur du sas. Il saisit son maître par les épaules et utilisa la Force pour s’élever dans les airs. Tout n’était que lumière pour le jeune Padawan. Les yeux rivés sur le halo qui déchirait la pénombre, il focalisa son esprit sur le vaisseau d’entraînement et prit de la vitesse.
le gaz trouva une faille dans l’épaisseur du hublot et s’y précipita.
Le vaisseau se positionna au plus près de l’ouverture et R4 fit basculer une passerelle pour les accueillir.
En un clin d’œil les deux hommes sortirent du pic éventré et s’infiltrèrent dans le vaisseau qui décolla aussitôt. Le Gaz s’évaporant dans le vide de l’espace.

Une fois à bord, Anakin coucha Obi-Wan sur une banquette et lui retira son masque. Il posa la main sur son front et se concentra à nouveau. En quelques secondes le Jedi ouvrit les yeux et murmura trois mots :
-  Merci mon jeune Padawan. 

Un peu plus tard Anakin faisait face à l’hologramme du Conseil Jedi dans le module de communication. Il tenait dans sa main la boule d’énergie.
-  Ceci est l’objet !  affirma Yoda.
-  Combien de boules entourait le sarcophage ?  lui demanda Mace Windu.
-   Une trentaine… Peut-être un peu plus. 
-  Beaucoup de risque, vous avez pris. Ajouta Yoda.
Mace Windu croisa les mains et continua :
-  Ces boules sont peut-être le fameux trésor des Sith, mais en aucun cas elles ne méritaient une telle prise de risque. Nous allons envoyer un cargo laboratoire pour analyser le vaisseau. Anakin ! Prenez-soins d’Obi-Wan et rentrez au plus vite pour nous faire votre rapport.
Mace Windu coupa l’hologramme et Anakin poussa un soupir de soulagement.

Une minute plus tard, il était assis devant les commandes du vaisseau et lançait le calcul pour passer en Hyperespace.
Modifié en dernier par harnis29 le Dim 25 Déc 2016 - 12:02, modifié 6 fois.
harnis29
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 9:28   Sujet: La Révolte des Poussières - Chapitre 2

La Révolte des Poussières

Chapitre 2
Duel à Coruscant


La nuit sur Coruscant était fantastique. Anakin ne trouvait pas le sommeil, et accoudé au garde-fou sur la terrasse de ses appartements, il se délectait du spectacle qui s’offrait à lui. Un festival de lumières défilant devant ses yeux, le tohu-bohu des vaisseaux traversant le ciel, les écrans géants diffusant une course de Pods sur Malastar…Coruscant portait bien son nom : une fanfare de lumières clignotantes.
Le jeune Padawan était épuisé. La course illégale de Pods de ce soir avait été dantesque. Depuis quelques mois, quand il séjournait sur Coruscant, Anakin faisait le mur. Parfois plusieurs fois dans la même semaine. Grimé d'un simple foulard pour cacher sa tresse de Padawan, il avait mis la main sur un vieux Pod déglingué. Et après des heures d'effort, il en avait fait une machine à gagner.
Et il gagnait. Il battait tous les concurrents à plate couture. Ce qui lui avait valu plusieurs échauffourées. Heureusement, il n'avait jamais eu à sortir son arme. Son sabre laser qu'il cachait sous sa veste. Ce qui l'aurait trahi. Si jamais Obi-Wan ou le Conseil Jedi avait vent de ses courses folles, c'en était finit. Il serait renvoyé. Mais il s'en fichait. Non il ne s'en fichait pas. Mais participer à des courses de Pods à l'insu du Conseil Jedi et dans les bas-fonds de Coruscant, l'exaltait au plus haut point.
Anakin était accroc à l'adrénaline. C'était sa faiblesse mais il ne le savait pas encore.
Le Conseil Jedi l’avait encore une fois sermonné, même Obi-Wan s’y était mis. Pourtant et pour la énième fois il lui avait sauvé la vie. Conscient de sa maladresse, plus ou moins excusable, lors du contact avec le vaisseau/tombeau Sith, il n’avait pas discuté les ordres du conseil mais gardait en lui une certaine rancœur. Cette fois il n’avait pas pris d’initiatives, se contentant simplement de suivre son maître et voilà que retombait sur lui la responsabilité de ce qui s’était passé dans le tombeau. Les dégâts sur le vaisseau étaient importants, plus que ce qu’il avait imaginé et quand il en fit le tour dans le hangar sur Coruscant, sa surprise fut de taille : 2 modules complètement déchirés.
Les multiples griefs émis par le Conseil Jedi portaient surtout sur le risque encouru par les deux chevaliers pendant leur mission. Reproches vites oubliés quand Obi-Wan sortit la boule de liquide vert de sa poche. Évidemment tous les honneurs lui revenaient et Anakin pensait qu’après tout, sans sa maladresse ils n’auraient peut-être jamais trouvé le vaisseau. Après analyse, il s’était avéré que le « fameux » vaisseau abritait un sarcophage vide et des indices laissant penser qu’il pouvait s’agir de la tombe profanée d’un antique Sith. Le fameux troisième. Mais Anakin n’avait pas écouté la suite. Préférant de loin perdre son regard sur l’architecture gigantesque de la ville planète.
Un léger vent frais agita sa tresse de Padawan. Il sortit de la torpeur, regagna sa chambre et s’allongea sur son lit. Il joua quelques instants avec son sabre, mima quelques parades et coups portés à un être imaginaire et ferma les yeux en espérant enfin trouver le sommeil. Un profond sommeil réparateur, voilà ce qu’il voulait. Depuis des mois, des cauchemars abominables le hantaient lorsqu’il se retrouvait dans ses appartements; fait de visions d’horreur et de souffrance indescriptible. Du sang, des cris, l’odeur amère et nauséabonde d’éclats de chair carbonisée. Des rêves sans queue ni tête, aux situations les plus grotesques, faisant de lui tour à tour bourreau et victime de crimes d’une brutalité effroyable. Tout cela se terminait toujours de la même façon : une vieille femme, qu’il ne connaissait pas lui attrapait la main, essayait de lui dire quelque chose mais s’étouffait dans un sanglot et mourrait dans ses bras, le visage couvert de larmes.
Il se réveillait alors en sueur, haletant et quelques secondes lui étaient nécessaires pour reprendre ses esprits. Ses rêves l’inquiétaient. Il avait fait part de ses troubles à Obi-Wan qui l’écouta longuement et pris la chose très au sérieux.
— Tu maîtrises de mieux en mieux la Force Anakin, ces rêves expriment peut-être ton anxiété vis-à-vis de tes pouvoirs. Focalise ton esprit sur leur signification tout de suite au réveil et essaie de ne plus y penser durant la journée.
Facile à dire. L’angoisse de faire à nouveaux ces cauchemars le maintenait dans un état de demi-sommeil qui finissait par l’épuiser. Sa seule échappatoire lorsqu’il n’était pas en mission était les courses illégales de Pods dans les bas-fonds de la ville géante. C'était la seule solution pour trouver le sommeil ensuite. Personne n’était au courant de ses activités nocturnes (bien qu’il soupçonnait Obi-Wan d’être au parfum) et l’ivresse de la vitesse lui donnait une charge d’adrénaline suffisante pour venir à bout de n’importe quel monstre gluant et autre créature infecte qui pourraient croiser son chemin durant un songe. « Deux ou trois coups de sabre et terminé !»
Anakin finit par s’endormir et toute la chambre fut enveloppée d’un silence et d’une quiétude propice au sommeil.
Ce n’est qu’au milieu de la nuit qu’il ouvrit les yeux. Le front trempé, les mains tremblantes. Il resta quelques instants sans bouger et se redressa. Il se concentra et saisi son sabre. Il se sentait observé. Lentement il tourna la tête et parcourra du regard les murs de sa chambre.
Rien.
Au bout d’un moment il sentit une légère brise dans son cou et un frisson le traversa. La fenêtre qui donnait sur la terrasse était ouverte. Avait-il oublié de la fermer ? Il s’assit au bord du lit et regarda dehors. Quelque chose n’allait pas. De nouveau cette sensation : il se sentait observé.
Il se leva, tenant son sabre et s’avança jusqu ‘à la fenêtre et c'est pieds nus qu'il se retrouva sur la terrasse. Il resta sans bouger et actionna son sabre. Fît un pas en avant et tourna la tête vers la droite.
Là, caché dans l’ombre, une silhouette. Anakin sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Il pointa son sabre en direction de la silhouette, la Force bouillonnant dans tout son corps.
La lame projetait un faible halo de lumière mais assez puissant pour mieux distinguer la silhouette qui se tenait à 5 mètres de lui. C’était un homme, de petite carrure, muni d’une capuche qui lui cachait le visage ne laissant qu’entrevoir un menton rond.
Anakin saisit son sabre à deux mains.
— Qui êtes-vous ?
Aucune réponse. Autour d’eux les vaisseaux continuaient leur manège. L’homme gardait les mains cachées dans ses manches et tourna la tête vers les tours qui s’élevaient dans le ciel nocturne, semblant chercher quelque chose du regard. Anakin ne distinguait toujours pas son visage.
— Qui êtes-vous et que voulez-vous ? Répéta Anakin
L’homme lui fît à nouveau face. Il sortit les mains de ses manches et alluma un sabre laser à la lame rouge qu’il tenait dans sa main droite. Anakin se mit en position d’attaque.
— Je ne sais pas ce que tu comptes faire étranger, mais tu risques d’être désagréablement surpris. Je suis plutôt de mauvaise humeur. Clama haut et fort Anakin.
L’homme leva sa main gauche et la fenêtre se referma, les cloisonnant tous les deux sur la terrasse. Apparemment l’homme voulait en découdre et il maîtrisait la Force. Anakin restait concentré. La silhouette fît quelques pas de côté en levant les bras, et pris lui aussi une position d’attaque, les deux mains sur le sabre.
Anakin se mordit la lèvre, prit une grande inspiration et se rua sur son adversaire. Ils échangèrent quelques coups de sabre, avant de reprendre chacun un peu de souffle. Un premier constat s’imposait : l’homme connaissait l’art Jedi et maîtrisait la Force avec facilité.
Anakin essayait de percer le mystère qui se cachait sous la capuche. Cet homme n’était pas un Jedi ou du moins ne faisait plus parti des chevaliers. Un Sith ? Probablement pensait-il. Il se remémora à nouveau la furtive vision qu’il avait eu d’un Sith quatre ans plus tôt lorsque Qui-Gon et Obi-Wan avaient dû combattre Darth Maul sur Naboo. Il savait également que les Sith maîtrisaient parfaitement la Force et que le combat risquait d’être à son désavantage. Anakin n'était qu'un apprenti. Affronter un Sith à ce stade de sa formation relevait du suicide.
Cette fois l’homme attaqua avec détermination. Anakin en défense reculait et se trouva plaqué contre la rambarde de la terrasse. Les coups de sabre fusaient. Anakin se défendait tant bien que mal en essayant de faire fléchir la garde de son adversaire. L’homme recula de deux pas et Anakin en profita pour bondir sur la rambarde, fît un saut en avant et passa au-dessus de l’homme en lui assénant deux coups de sabre. Anakin maîtrisait maintenant parfaitement cette technique et il s’en félicita. La silhouette se retourna et repartit à la charge, faisant à nouveau reculer le Padawan. Anakin tendit la main gauche pour essayer d’ouvrir la fenêtre mais rien n’y fît. L’homme bloquait par la Force le système d’ouverture électronique. Anakin sentit sa confiance en lui baisser. La Force qui émanait de son rival était très puissante et le chevalier voulait s’économiser.
Le combat repris. Bien que les coups de sabre fussent d’une grande puissance, Anakin sentait pourtant que la silhouette ou cette ombre de mystère ne déployait pas toutes ses connaissances pour vaincre. Au contraire, l’homme semblait finalement ne pas vouloir ou ne pas pouvoir terrasser le jeune Padawan.
L’homme tourna la tête vers l’intérieur des appartements d’Anakin.
De violents coups étaient assénés contre la porte d’entrée.
— Anakin ! Anakin !
Contre la porte de l'appartement, Obi-Wan donnait des grands coups de poing. Il essaya un instant d’utiliser la Force pour l'ouvrir mais sans succès. Il alluma son sabre et la perfora.
Anakin senti un énervement et une sorte de petit grognement venant de l’homme.
La silhouette sauta sur le garde-fou de la terrasse, regarda en direction de l’intérieur de l’appartement tout en parant les coups d’Anakin. Obi-Wan fît éruption dans la chambre et se trouva à nouveau bloqué devant la fenêtre. D’un coup de sabre elle explosa. Au même moment la silhouette plongeait dans le vide. Anakin bondi sur la rambarde.
— Anakin ! Attends ! Le supplia Obi-Wan.
— Pas le temps maître !
Anakin sauta à son tour dans le vide.
Obi-Wan posa les deux mains sur la balustrade et plissa les yeux. Mais la seule chose qu’il put apercevoir, c’était Anakin tombant dans le vide à la poursuite de son agresseur.
La silhouette avait déployé sa cape et planait dans le ciel surchargé de vaisseaux de Coruscant. L’homme en évita quelques-uns uns mais ne put éviter le bus volant et le heurta. Anakin le suivait de près et atterrit à son tour sur le vaisseau long d’une trentaine de mètres.
La silhouette ouvrit un vasistas et s’engouffra à l’intérieur. Anakin en fît autant et alluma son sabre. Des cris de souffrance se firent entendre, une créature avait la jambe sectionnée. Tous les passagers ou presque, hurlaient et gesticulaient dans tous les sens. Anakin ne pouvait voir son assaillant. Il le cherchait des yeux mais ne voyait qu’un charabia de gens paniqués.
Une petite explosion et un nuage de fumée se répandit dans le bus volant.
Une petite créature, un Guccï-livreur, courait autour des jambes d’Anakin en poussant des petits cris. Il sautillait dans tous les sens et s’agrippa aux jambes du chevalier. Pendant qu’il essayait, en remuant la jambe, de se débarrasser de son nouvel admirateur, Anakin eu une vision d’effroi : la lame rouge apparaissant dans la tourmente de fumée et s’abattant sur une épaule, une tête, semant la mort à bout de bras.
D’un coup sec Anakin fît voler le Guccï à travers le vaisseau et il s’étala de toute sa face sur la vitre, sa trompe collée faisant office de ventouse, il resta scotché en agitant ses quatre bras.
Tout à coup la proue du vaisseau bascula vers le bas. Anakin se laissa glisser, tenant toujours fermement son sabre prêt à toute éventualité. La fumée commençait à se dissiper. La porte du poste de pilotage était entre-ouverte et Anakin eu juste le temps d’entrer à l’intérieur pour voir la silhouette s’échapper en sautant a nouveau dans le vide par la fenêtre brisée. Anakin allait se jeter à sa poursuite mais ne sauta pas. Dans sa chute, la capuche de l’homme tomba. Il tourna la tête en direction d’Anakin pour le regarder. Il put enfin voir son visage. Un éclair explosa dans la tête du Padawan. Ce visage il le connaissait. Oh Oui il le connaissait.
Le pilote, tranché en deux, ne pouvant plus faire grand-chose, Anakin prît les commandes et redressa le vaisseau. Il trouva une aire d’atterrissage et posa le bus tant bien que mal.

Le ciel devenait pourpre, le soleil allait bientôt apparaître.
Anakin assit sur un parapet regardait d’un œil vide les secours s’occuper des blessés. Plongé dans ses pensées il ne remarqua pas l’arrivée d’Obi-Wan. Celui-ci s’assit aux côtés de son apprenti.
— Que s’est-il passé Anakin ?
Anakin se retourna et vit son Maître le regarder droit dans les yeux.
— J’ai échoué Maître… encore une fois.
— Non, tu as sauvé au bas-mot une cinquantaine de personnes… Regarde ce Guccï-livreur, il est très heureux d’avoir la vie sauve.
Le Guccï-livreur sautait encore dans tous les sens, ramassant les paquets par-ci par-là qu'il faisait tomber et les accrochait à son dos pour le refaire tomber au prochain saut. Titubant sous le poids des colis, il n’arrêtait pas de clamer sa joie auprès des secours qui essayaient tant bien que mal de l’attraper pour lui prodiguer quelques soins.
Obi-Wan continua :
— Je n’ai jamais compris comment les Guccï pouvaient transporter autant de marchandise. Ils sont d’une robustesse et d’un optimisme à toute épreuve…
Obi-Wan souriait à la vue du Guccï-Livreur qui voulait embrasser avec sa trompe le droïde-médecin. Il regarda ensuite les pieds nus d’Anakin. Celui-ci tenta vainement de les cacher en les rabattant en arrière.
— Qui était cet homme ?
— Je ne sais pas Maître…
— Je te sens nerveux Anakin. Maîtrise tes pensées…
Anakin regarda Obi-Wan tout en essayant de se concentrer pour qu’il ne perce pas le secret qu’il avait dans la tête, et il reprit la parole :
— La Force est puissante en lui et il domine parfaitement l’art de combat Jedi. Je pense que c’était un Sith. Mais je n’en suis pas certain.
— Que voulait-il ?
— En découdre… J’ai une certaine réputation maintenant et de plus en plus d’individus veulent tenter leur chance et accrocher ma tête à leur palmarès.
— Tu ne me dis pas tout Anakin. Tu es troublé.
Anakin regarda le Guccï-Livreur se débattre entre les bras d’un secouriste qui riait. Il réussit à le maitriser et pouvait enfin examiner de plus près la blessure qu’il avait à une patte.
— Mes rêves sont de plus en plus violents Maître. Et…
A nouveau, le Padawan fut submergé par l’image du visage de son agresseur inscrit au fer rouge dans son cerveau. Il fut pris d’un tremblement qui ne dura qu’une seconde et se concentra une nouvelle fois.
Obi-Wan l’interrogea du regard. Anakin savait que son Maître venait de lire dans ses pensées.
— Maître, c’est impossible cela ne pouvait être elle…
— Oui, c’est impossible. Maîtrise-toi Anakin, ne te laisse pas envahir pas tes émotions. Tu as eu une vision ou une hallucination. As-tu retrouvé le sommeil ?
— Ce n’était pas une hallucination, maître, je l’ai vue comme je vous vois. C’était Padmé. Et non je n’ai pas retrouvé le sommeil, loin de là.
— Quelqu’un essaye de te manipuler Anakin. Le côté obscur est passé maître dans cette discipline. Les faux-semblants, les illusions, la trahison, le mensonge sont ses armes. Concentre-toi, ne laisse pas tes sentiments prendre le dessus. Nous en parlerons au Conseil Jedi. On nous a confié une nouvelle mission jeune Padawan, et nous devons nous y atteler dès maintenant.
— Déjà ! Mais nous venons à peine d’arriver !

Les quartiers du Chancelier Suprême Palpatine étaient très bien protégés : des gardes postés dans tous les couloirs, rigides, impassibles. Anakin fut surpris par leur nombre. Les gardes étaient présents partout, pas moyen de faire un pas sans que l’un d’eux ne vous fusillent du regard.
Obi-Wan et son Padawan arpentaient les couloirs d’un pas ferme et décidé.
Une marche avec du style…, un style de Jedi pensait Anakin.
Avant d’arriver dans le hall attenant aux bureaux de Palpatine, Anakin se décida à en savoir un peu plus sur cette soi-disant mission qui l’empêchait d’avoir enfin sa revanche sur Markata et son formidaaaaaable et incroyaaaable airspeeder doté du turbo dernière génération. La course de la revanche devait avoir lieu la nuit prochaine. Et Anakin ne voulait rater ça pour rien au monde.
— Maître, en quoi consiste cette nouvelle mission ? Nous ne devions pas aller sur le système d’Ankoba ?!
Obi-Wan sourit.
— Anakin, la forêt d’Ankoba t’attendra encore un petit moment. Je sais que tu as hâte de la traverser mais se sera pour la prochaine fois. Pour ce qui est de cette mission, je n’ai pas d’autre indication si ce n’est que ce sera de la protection.
Anakin attendait depuis des mois cette fameuse expédition sur Ankoba. La planète était dotée d’une des plus grandes forêt de la galaxie. Cette forêt était bien évidemment peuplée de créatures les plus féroces les unes que les autres et Anakin avait vraiment hâte de la traverser. D’autant que cette expédition fait partie de l’enseignement Jedi et c’est une étape importante pour un Padawan. C'était une épreuve essentielle.
Dans le hall, deux gardes rouges se tenaient de part et d’autre de la porte du chancelier. Elle s’ouvrit et on les invita à entrer.
A l’intérieur, Mace Windu, accompagné de Yoda, se retourna et présenta les deux nouveaux arrivants.
— Chancelier, voici les deux Chevaliers Jedis qui vont assurer la protection du Roi. Obi-Wan Kenobi et Anakin Skywalker.
— Ha ! Très bien Maître Windu. Répondit le Chancelier.
Palpatine jeta un rapide coup d’œil vers les chevaliers et reprit la parole :
— Le Roi Zaharcha doit arriver dans la journée. Les négociations doivent débuter demain au sénat. Le roi m’a fait part de son vif intérêt à rejoindre la république et tout doit se passer dans les meilleures conditions. Son royaume s’étend sur quatre systèmes et il serait un allié de grande qualité pour la République. Bien entendu il sera accompagné de toute sa délégation, qui compte pas moins d’une cinquantaine de personnes. Sa protection et celle de sa famille doivent être sans faille. Il est plutôt d’un caractère difficile mais je pense que tout se déroulera comme il se doit.
— Nous faisons entièrement confiance à Obi-Wan, chancelier. Il sera le faire-valoir de nos traditions et l’incarnation de notre philosophie. Il accomplira sa mission avec excellence comme à son habitude. Ajouta Mace Windu.
— J’en suis sûr Maître Windu. Le Chancelier se tourna alors vers Obi-Wan. Cependant d’après les échos de votre dernière mission chevalier, il s’est avéré que vous avez rencontré quelques problèmes de maîtrise.
— Ce n’était qu’un incident mineur dû à un gaz toxique, Anakin, mon Padawan, à su prendre les choses en mains.
— Oui, je sais…
Palpatine regarda Anakin et un léger rictus amical égailla son visage passablement fatigué par des années de règne sur la République. Il ajouta :
— Je compte sur vous chevaliers. Le Roi est très susceptible et je tiens absolument à votre entier dévouement pour cette mission. Vous ne devriez pas rencontrer de problèmes, cependant restez aux aguets car un mouvement séparatiste semble se former. Je n’ai pas plus d’informations à ce sujet, mais je crains des actions terroristes qui seraient un véritable camouflé pour la République.
— Un séparatiste mouvement dites-vous ? Fit Yoda.
Yoda venait de sortir du silence et son visage montra une inquiétude. Attitude quotidienne pour le Maître Jedi qui semblait s’inquiéter dès le moindre tremblement dans la Force.
— Ce n’est qu’une rumeur Maître Yoda. Des informateurs m’ont indiqué qu’un groupement de pirates fomente des actions à l’encontre de la Fédération du Commerce. Cela ne concerne que quelques familles qui s’estiment lésées par celle-ci. Cependant un Cargo a été pillé, il y a de ça quelques semaines. Du braconnage, du trafic, voilà les seules opérations qu’ils ont pu mener pour l’instant. Ce que je redoute c’est l’amplification du phénomène qui pourrait mettre à mal le système de la république. Le royaume de Zaharcha est très riche, il est de part ce fait une cible parfaite pour les pirates qui voudraient en tirer un bon prix.
Sur ces mots le chancelier se leva et invita Maître Windu et Maître Yoda à en faire de même.
— Maître Windu, où en sont les analyses du tombeau ? Demanda Palpatine.
— Nous avons eu de grandes difficultés à entrer dans la salle du sarcophage. Le gaz employé pour sa protection est extrêmement volatile et s’immisce dans nos combinaisons. Cependant, après de multiples effort, nous avons réussi à entrer. Si tous les indices concordent, il se pourrait que cette tombe soit bien celle du Troisième Sith. Nous n’avons pas encore la confirmation. Mais c’est une possibilité crédible. En ce qui concerne la boule d’énergie, cela dépasse tout ce que l’on pouvait imaginer. La puissance est incroyable. Sa maîtrise est indispensable.
— Faites en sorte qu’elle ne tombe pas entre de mauvaises mains.
Palpatine raccompagna les chevaliers vers la sortie. Pendant que Yoda et Mace Windu s’entretenaient avec Obi-Wan, le chancelier s’approcha d’Anakin.
— Comment se déroule ton apprentissage Anakin ?
— Bien, chancelier.
— J’avais de grands espoirs en tes compétences, et après avoir lu le rapport de la précédente mission, je n’ai plus aucun doute. Continue comme cela Anakin, tu seras un grand chevalier, peut-être le plus grand. Fie-toi à ton instinct !
— Merci chancelier, je ferais de mon mieux.
— Je sais…
Il donna une petite tape sur l’épaule d’Anakin et le laissa partir. Pendant qu’il s’éloignait, le chancelier ne le quitta pas des yeux.
Anakin était fier de la relation qu’il entretenait avec le Chancelier Suprême. Ce n’était pas donné à tout le monde d’avoir le Chancelier Palpatine comme ami. Qui plus est un chancelier qui règne sur une galaxie faite de milliards d’étoiles. Des milliards de mondes à explorer, abritant des peuples tous différents. Anakin écoutait toujours ses conseils avec beaucoup d’attention. Il l’admirait.
Voilà un homme bon, prêt à donner sa vie pour la République et ce qu’elle symbolise.
Un homme à qui l’on doit le respect.
Modifié en dernier par harnis29 le Dim 25 Déc 2016 - 11:44, modifié 3 fois.
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 9:29   Sujet: La Révolte des Poussières - Chapitre 3

Chapitre 3

Le trésor du Roi Zaharcha

Une ambiance lourde, chargée d'électricité, résonnait dans le sénat. Le Roi Hern Zaharcha avait fait une entrée triomphale, accueilli par les cris des centaines de délégués siégeant au sénat. Le brouhaha intense qui régnait à l'intérieur du dôme empêchait toute discussion constructive et la plupart des sénateurs parlaient dans le vide.
Anakin parcourra du regard l’ensemble de la délégation du Roi qui comptait sa femme, la reine Ishtara, des gardes royaux, des serviteurs et s’attarda sur sa fille, la Princesse Sajura. Celle-ci se tenait légèrement en retrait, debout les bras croisés et semblait perdue dans ses pensées. Elle était d'une maigreur maladive. Le visage anguleux et blanc. Un magnifique pendentif doré accroché à son cou, rehaussait de quelques couleurs chaudes son aspect si âpre et austère. Sa longue chevelure noire flottait aux rythmes des ventilateurs qui distillaient un air plus ou moins frais. Et enfin, ses yeux : deux énormes bulles oculaires déformaient ses traits lui donnant un air triste.
Alors que l’on tentait tant bien que mal de faire revenir le calme, Le chancelier prît la parole :
— Chers compatriotes... Merci. J'ai l'immense honneur de vous présenter son altesse sérénissime le Roi Zaharcha. !
Un tonnerre d'applaudissement et la passerelle volante sur laquelle se tenait Zaharcha, se décrocha et vint se placer au centre du dôme.
Zaharcha était un humain d’origine, mais il avait subi une mutation génétique telle, qu’il s’était éloigné de l’apparence humaine. Comme sa fille, ses yeux étaient devenus énormes, mais contrairement à elle, il était plutôt bien portant et une grosse bedaine gonflait largement ses vêtements.
Le Roi commença son discours d'ouverture des négocations au sein du Sénat de la République et les cris devinrent murmures.
Zaharcha parlait avec passion. Joignant le geste à la parole, il gesticulait dans tous les sens, son ventre remuant et ballottant. Parfois quand il haussait la voix, celle-ci redevenait aussitôt grave et autoritaire. Son visage changeait radicalement d’expression : ses énormes paupières lisses fermaient à demi ses yeux et son double-menton était tellement proéminent qu'il venait presque toucher son nez quand il baissait la tête. Il tapait du poing, levait les bras et pointait en l’air un doigt accusateur. Ensuite il exprimait sa joie de faire bientôt partie de la République, tout en faisant bien remarquer à son auditoire, que sa richesse personnelle et celle de son royaume était un atout majeur et allait faire des heureux. Le Roi Zaharcha était un numéro à lui tout seul. Il était expansif et en faisait des tonnes.
Le sénat vivait pleinement son discours et l’agrémentait de rumeurs, de frémissements et de petits cris comme une véritable ruche qui vibrait à ses expressions.
Anakin n’écoutait pas. Les cérémonies et tout le protocole qui s’en suivait l’avaient toujours profondément ennuyé. Et il se demandait comment Obi-Wan pouvait garder un tel flegme devant ces interminables discours…
Obi-Wan restait le visage fermé, les bras croisés, les sourcils plissés… en pleine concentration.
Anakin sentit la présence de Yoda et Mace Windu qui assistaient au discours tout en haut du dôme.
Après un moment interminable, un serviteur du Roi vint parler à l’oreille de Sajura. Celle-ci l’écouta avec attention. Elle leva les yeux et croisa ceux d’Anakin. Elle quitta tout de suite son regard et replongea dans ses pensées. Après de longues minutes, elle fît appeler un de ses sujets, chuchota quelques instants avec lui et ils quittèrent le dôme, suivit de près par deux gardes royaux.
Obi-Wan d’un mouvement du menton fît comprendre à Anakin de la suivre.
Sans réfléchir et en pensant plus ou moins à autre chose, le Jedi suivit son ordre et déboucha dans le couloir. La silhouette de Sajura était déjà loin. Anakin en fut surpris et accéléra un peu le pas.
Au moment de la rattraper, elle bifurqua et s’engouffra dans une pièce, la porte coulissante s’abaissant aussitôt. Les deux gardes se retournèrent et lui firent face.
— Tout va bien ? Je peux faire quelque chose ? Demanda Anakin.
— La princesse a eu un léger malaise. Je doute que vous puissiez lui venir en aide. Lui affirma son serviteur.
— Très bien. Je…
La porte s’ouvra et, sans un regard pour le Jedi, la Princesse reprit sa course effrénée. Le serviteur reprit :
— La princesse se rend au vaisseau du Roi en orbite afin de passer quelques examens médicaux.
— Nous avons tout un complexe médical à quelques minutes d’ici, l'un des plus perfectionnés de toute la galaxie. je peux vous y emmener si…
Mais personne ne lui répondit et tous lui tournèrent le dos. Légèrement vexé, il laissa quelques mètres d’avance à la princesse et ses sbires mal lunés et saisit son comlink :
— Maître, la Princesse Sajura semble avoir eu disons… un malaise… Elle compte maintenant vouloir quitter le sénat pour se rendre au vaisseau du Roi en orbite. Apparemment elle n’est pas disposée à ce que je lui vienne en aide…
— Très bien Anakin, continu de la suivre et veille sur elle… de loin. Il faut à tout pris éviter l’incident diplomatique. Surtout pas maintenant. Je peux compter sur toi ?
— Oui Maître… De toute façon c’est ce que je comptais faire, il y a quelque chose qui me gêne dans son comportement… Je ne saurais trop quoi, mais…
— Ne prends pas d’initiative sans me consulter auparavant ! Compris Jeune Padawan ?!
— Bien Maître.
« Ne prends pas d’initiative !» S’il y a quelque chose que se doit de faire un apprenti Jedi, c’est bien de prendre des initiatives. Anakin aurait voulu dire à son maître de ne pas s’inquiéter. Que comme d’habitude il maîtrisait la situation. Mais Obi-Wan avait cette fâcheuse tendance à être inquiet. L’enseignement de Yoda en était sûrement pour quelque chose. Et le manque de confiance que son maître avait en lui l’exaspérait de plus en plus. Cela faisait maintenant des années qu’ils parcouraient la galaxie et Anakin avait su par maintes fois les sortir des situations les plus périlleuses…
En prenant des initiatives !
La princesse Sajura, accompagnée des deux gardes royaux, se précipita dans un turbo élévateur afin de rejoindre l’aire d’embarquement des vaisseaux du sénat. Anakin attendit le prochain, tout en suivant des yeux la montée de la princesse.
En arrivant sur l’aire d’embarquement, Anakin sentit la brise fraîche de Coruscant sur son front. Il pensait à autre chose. La nuit dernière avait été tellement marquante pour son esprit qu’il était sans cesse troublé par cette vision. Le visage de Padme lui revenait. Mais était-ce vraiment elle ? Cela faisait tellement longtemps qu’il ne l’avait vu. Dans son souvenir, Padme était un ange. Une beauté difficilement explicable. Une beauté du cœur qui l’avait marqué à jamais. Il se demandait de temps en temps si elle avait gardé le petit bijou qu’il lui avait offert alors qu’il venait de quitter Tatooine et les jupons de sa mère. Elle avait sûrement changé physiquement. Comme lui, elle avait dû grandir, s’épanouir, et le souvenir du visage qu’il avait d’elle était sans doute un visage fantasmé, idéalisé. Se souvenait-elle simplement de lui ? Il en doutait. Non ! Il n’en doutait pas. C’était grâce à lui que la bataille de Naboo avait pris une tournure favorable tout de même.
En voyant Sajura monter à bord d’une navette, Anakin reprit son comlink :
— Maître ! La princesse Sajura vient de monter à bord du vaisseau.
— Prends un chasseur Jedi et suis-là jusqu'à l’orbite basse. Ensuite tu attends et tu me préviens s’il se passe quoique se soit.
— Reçu Maître. C’est toujours un plaisir de faire équipe avec vous.
— Je sais Anakin. Patience. Un Jedi est un gardien de la paix. Surveille et rend moi compte.
— Bien Maître.
Anakin avait reçu le message cinq sur cinq. Son envie d’action, de prise de risque était tout le temps tempéré par Obi-Wan. Il savait pourtant qu’un Jedi ne cherchait pas l’excitation mais la sagesse, la plénitude et la contemplation. Faire un avec la Force. Voilà le but qu’il s’était fixé, alors il se devait d’être prêt à tout pour cela, même jouer au garde du corps de seconde zone.
Alors que la navette de la princesse s’élevait dans les airs, Anakin se dirigea vers le chasseur Jedi.
R4 émit quelques sons à son arrivée.
— Salut R4 ! Bien dormi ?
Un sifflement et des cliquetis de protestation.
— Oui je sais, un astromech ne dort jamais… ou que d’un œil…Surtout toi.
Prends les commandes s’il te plaît et contente toi de suivre la navette de cette princesse… Et n’essaye pas de m’impressionner, tu sais que cela ne marche plus.
Le vaisseau de Sajura attendit que le trafic se fasse moins dense et s’engagea. Le chasseur suivait. Anakin n’était pas à ce qu’il faisait et rêvassait en admirant les courbes sensuelles du vaisseau, sur lesquelles venaient se fondre les rayons du soleil de Corsucant. Bien que moins esthétique et pur que le vaisseau royal Naboo, l’engin avait un aspect très similaire et majestueux, fait d’un métal noble aux reflets mauves et arborait fièrement les couleurs du Royaume de Zaharcha. Les deux énormes réacteurs à l’arrière devaient propulser cette forme oblongue à une vitesse incroyable, pensa-t-il.
Le chasseur volait à gauche du vaisseau. Anakin put apercevoir les pilotes et leur fît un signe de la main. En guise de réponse, le vaisseau pris une dizaine de mètres de hauteur. Voyant cela, il fît la moue en soufflant, s’enfonça dans son siège et croisa les mains au-dessus de sa tête.
Sous le vaisseau, quelques lumières clignotaient et d’autres affichaient des symboles géométriques. L’une d’elles montrait une spirale qui se consumait de son extrémité jusqu’au centre pour réapparaître d’une autre couleur et ainsi de suite.
Anakin l’observa un moment tout en fronçant les sourcils.
— R4 ! Redonne-moi les commandes !
Il se positionna bien en dessous de l’engin quelques instants afin de l’examiner de plus près et remonta sur la droite, frôlant le réacteur. Au même moment un petit flash de vapeur blanche s’échappa par le flanc du vaisseau à travers l’emblème du Royaume. Pris d’un doute sérieux, Anakin s’adressa aux pilotes du vaisseau de Zaharcha :
— Ici Anakin Skywalker, Chevalier Jedi chargé de la protection du Roi Zaharcha, mandaté par le Chancelier Suprême Palpatine. Je viens de constater une fuite sur le flanc droit du vaisseau, il me semble que…
— Cher Jedi… Anakin reconnu aussitôt la voix du servant de Sajura. La princesse doit suivre des soins en urgence sur le vaisseau de son altesse Zaharcha en orbite. Des soins techniques d’une grande complexité.
Le servant prit un ton mielleux et continua :
— Votre planète ne possède ni les moyens, ni les connaissances nécessaires pour réaliser une telle opération. Notre temps est précieux Jedi. Veuillez ne plus nous importuner et gardez vos distances. Fin de la communication.
Anakin laissa le vaisseau reprendre de l’altitude et regarda de nouveau la spirale. Elle devenait de plus en plus grosse. Il se concentra un moment et tout à coup, tout devint clair. Pourquoi n’y avait-il pas pensé avant ? Il essaya une nouvelle fois d’entrer en contact avec le vaisseau de la Princesse, mais sans succès. Il lui fallait prendre les choses en main. Ce n’était qu’une question de minutes, voire de secondes.
— R4, reprend les commandes et place nous juste en dessous de la spirale lumineuse. Et fait vite !
Anakin, ouvrit la cabine et se détacha.
— Plus Près R4.
Il monta sur le nez du chasseur et s’agrippa au boîtier qui affichait la spirale. Il l’examina quelques secondes et entreprit de l’ouvrir. Se faisant, la boite émis un bip des plus inquiétants et de mauvaise augure. En effet, la spirale se mit à se consumer plus vite, accompagnée d’un son de plus en plus strident. « Bon sang c’est pas vrai !!! »
La lame bleutée de son sabre foudroya le boîtier qui se détacha et tomba dans le vide. Malheureusement, une dizaine d’autres boîtiers s’allumèrent sur toute la surface en dessous de l’engin. Affichant tous une spirale rouge. Voyant cela Anakin sauta dans la cabine et tenta de reprendre contact avec la navette.
— Attention, des détonateurs sont placés sur tout le vaisseau. C’est une urgence. Vous devez évacuer la navette au plus vite. Ici Anakin Slywalker. Chevalier Jedi. Écoutez-moi !!!
Deux trappes s’ouvrirent sur le vaisseau du Roi. Il en sorti deux canons laser pointant directement sur le chasseur d’Anakin. Trois salves tirées, Anakin bascule le chasseur sur le côté. Évitées.
« Quelle bande d’empotés... » ! Anakin exécuta une vrille et remonta par la gauche à la hauteur du vaisseau. A plusieurs reprises il tenta d’établir un contact toujours sans succès. Par un des hublots parsemés sur toute la coque du vaisseau il aperçut Sajura. Elle le regardait avec ses grands yeux. Un regard de peur. Des larmes coulant sur son visage. Elle posa sa main décharnée sur la vitre du hublot, ouvrit la bouche et …
Anakin alors submergé par la force, releva le manche, s’éleva dans les airs.
Le vaisseau du Roi Zaharcha explosa.
Les flammes, les projections de métal, la fumée.
Le soleil de Coruscant, les nuages au loin, l’effroi, la fin de vie.

Anakin réussit à poser le chasseur sans dommage. Il était choqué mais refusait de laisser couler la moindre larme. Toujours cloîtré dans la cabine du chasseur Jedi, il se mit à trembler un instant, prit d’un frisson.
Sur la coque, quelques débris du vaisseau, des taches de sang, peut-être même un morceau de chair.
Il savait que la situation dans laquelle il s’était fourré allait avoir des répercussions difficiles. De toute façon, une chose était sûre : il s’était fait berner. Il voyait déjà le regard sévère de Mace Windu, l’inquiétude lassante de Yoda et l’air dubitatif d’Obi-Wan ; désemparé, déçu par son élève. Il s’en voulait. Et le pétrin dans lequel il était maintenant venait directement de ce que Obi-Wan lui avait interdit de prendre: des initiatives.
R4 émit quelques cliquetis annonçant l’arrivée d’Obi-Wan sur l’aire d’atterrissage. Anakin ouvrit la cabine et sauta mollement à terre. La tête baissée, le regard perdu. Il se massa un peu la tempe, passa sa main dans les cheveux et prît une grande inspiration en se redressant.
Obi-Wan était devant lui.
Pas un mot…
Anakin brisa la glace :
— Je me suis fait avoir Maître, c’était un piège, une mascarade. Il y avait des détonateurs partout. Ils ne m’ont pas cru… dit-il en s’essuyant les mains nerveusement.
— Je te crois Anakin, mais j’ai bien peur d’être le seul. Alors pour le moment nous dirons que c’était un accident. Mais nous allons devoir mener notre propre enquête. Dans un geste paternel Obi-Wan posa sa main sur l’épaule du Padawan.
— C’était un attentat. J’étais au mauvais endroit, au mauvais moment… ça tombe toujours sur moi !
— C’est justement ce qui m’inquiète.
— Je suis désolé Maître.

Un petit bout de chaîne. Cinq ou six maillons enchevêtrés trouvés sur le sol. Et le Roi Zaharcha, accroupit, les mains sur le sol, vidant des litres de larmes…
Toute circulation étant interdite sur plusieurs blocs, un silence macabre régnait sur l’aire d’atterrissage.
Anakin sentit sa vision se perturber et une sensation floue s’emparer de son esprit. Il essaya de déglutir mais en vain. Sa gorge était sèche et le brûlait.
Le Chancelier Suprême Palpatine observait la scène en retrait, Mace Windu à ses côtés.
Les sanglots du Roi se faisaient de plus en plus larmoyants et il ne cessait de répéter : « Mon trésor, mon trésor, on m’a volé mon trésor ».
Anakin pouvait sentir sa douleur jusqu’au cœur. La scène pathétique qui se déroulait maintenant submergeait le Padawan. Oh Oui il s’en voulait. Et ce sentiment allait croître. Mais jusqu’où ?
Le Roi Zaharcha se redressa tenant dans sa main les restes du collier de sa fille Sajura. Ses deux énormes yeux à demi fermés, le visage transformé par la souffrance, il eut toutes les peines du monde à faire quelques pas, ses genoux menaçant de rompre à tout moment. Un serviteur tenta de lui venir en aide mais le Roi refusa avec véhémence, et d’un geste le fit tomber.
Palpatine alla à sa rencontre.
— Sire. Je suis navré de ce qui vient de se passer. C’est un accident des plus malheureux et je voudrais partager avec vous votre douleur. Au non de la République veuillez accepter mes condoléances les plus sincères.
Le Roi leva le menton et lui répondit :
— Chancelier. La République a failli à sa parole. Je vous tiens personnellement responsable de cette ataque. A partir d’aujourd’hui toute négociation est proscrite. Je rentre sur-le-champ. Vous venez de perdre un précieux allié, Chancelier. Veuillez donc dès à présent vous retirer de mon chemin, nous ne sommes pas amis et nous ne le serons jamais. Aucune escorte pour m’accompagner. Je prendrais ceci pour une agression. Tenez-vous sur vos gardes. La République le paiera. Je vous en fait la promesse. Elle me le paiera.
Le roi serra très fort contre lui le dernier bijou que portait sa fille et cria :
— La République est finit. Je vous jure qu’elle se meurt déjà.
Juste avant de monter dans sa navette, Zaharcha, se retourna et pointa du doigt Anakin. Il resta un instant dans cette position et s’engouffra dans le vaisseau.
Anakin sentit ce geste jusqu’au plus profond de lui-même. Ce geste montrait aux yeux de tous le responsable de cette terrible catastrophe.
Palpatine s’adressa à Mace Windu :
— Tirez-moi ça au clair. Je veux des explications et pas des suppositions.
— Bien Chancelier. Répondit le Maître Jedi.

Anakin s’était enfermé dans sa chambre. Il fulminait. Le choc passé, il ressassait sans cesse les images de l’explosion du vaisseau, le regard de Sajura juste avant de mourir, les spirales... Quelque chose ne tournait pas rond, il en avait l’intime conviction. Tout s’était enchaîné sans qu’il puisse y faire quoique se soit. Le doute maintenant n’était plus possible. C’était bien attentat. Il avait tout expliqué en détail à Obi-Wan et au conseil Jedi. S’attendant à des réprimandes plus prononcées que d’habitude, voire même une exclusion de l’ordre, Anakin fût surpris de constater que les Maîtres l’avaient dans l’ensemble cru. Même Yoda.
Obi-Wan frappa à sa porte et entra.
— Les archives sont formelles. D’après tes indications, les détonateurs sont de type Atharien.
Anakin assis sur son lit, leva les yeux et Obi-Wan continua :
— Exclusivement fabriqué pour les Saboteurs de la planète Jahista.
— Des Saboteurs !?
— Oui. Eux seuls utilisent ce type de détonateurs. Et cela explique pourquoi tu n’as rien pu faire.
— Comment ça ?
— Les saboteurs comme on les appelle ici, sont des habitants de Jahista. Un peuple parmi la longue liste, décimé par les sith, il y a de cela 20 000 ans. Il n’en reste que très peu et ils se sont tous éparpillés dans la galaxie. Ils maîtrisent parfaitement toutes les techniques de sabotage et leur réputation dans ce domaine n’est plus à prouver. Jamais repéré, jamais attrapé. Voilà leur devise.
— Personne ne les a jamais attrapés ?!
— Jamais sur le fait, jamais avec des preuves. Enfin pas que je sache.
Anakin se leva et ferma sa ceinture.
— Qu’est-ce que tu fais ? Lui demanda Obi-Wan.
— Je m’habille !! Nous partons à leur recherche non ?!
— Ce n’est pas si simple Anakin. Le chancelier Palpatine est furieux et nous n’avons plus de mission pour l’instant.
— Quoi !! Ce n'est pas possible !?
— Le Conseil Jedi est prêt à nous couvrir. Tu as réussi à convaincre Yoda. Et lui aussi veut tirer les conclusions qui s’imposent. Il m’a donné un indice. Nous allons devoir faire preuve de beaucoup de discrétion. Le Conseil Jedi travaille avec la République mais il est autonome quand il s’agit de mener une enquête interne.
— Quel indice vous a donné Maître Yoda ?
— Les Saboteurs ont une grande faiblesse. L’ivresse. Nous allons commencer nos recherches par les bas-fonds de Coruscant. Avec un peu de chance, ils sont toujours ici.
— Je ne comprends pas. Pourquoi avoir fait sauter le vaisseau de la princesse ?
— Pour se venger, pour semer le trouble au sein de la République ou que sais-je encore. Une chose est sûre. Ce sont des saboteurs, et les saboteurs ne font pas sauter un vaisseau sans une bonne raison. Et cette raison c’est la fortune.
— Nous allons les trouver, j’en suis certain. Et nous trouverons qui est derrière cet attentat. Ajouta Anakin.
— Ne t’emballe pas Jeune Padawan. Reste stoïque, réfléchi, ne laisse pas tes émotions prendre le dessus. Garde en toi l’objectif que nous devons atteindre. Chaque chose en son temps.
Ivresse et fortune, les deux mamelles du vice. Il faut absolument les retrouver, les débusquer et se laver de tout soupçon.
Les deux chevaliers Jedi quittèrent les appartements. Anakin se demandant ce que pouvait bien penser de lui à présent le chancelier. Il ne veut plus le décevoir. Plus jamais.
Modifié en dernier par harnis29 le Dim 25 Déc 2016 - 11:48, modifié 4 fois.
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 9:30   Sujet: La Révolte des Poussières - Chapitre 4

Chapitre 4
Dans le piège des saboteurs


La ruelle dégoulinait d’humidité. Tout n’était que moisissures, flaques et odeurs écœurantes: entre putréfactions et déjections.
Depuis plusieurs jours les nuages s’étaient accumulés et formaient un manteau très épais qui se crevait en quelques trous et déversait une pluie fine sans discontinuer. Vivre à Coruscant à cette période n’était pas chose agréable, et les mines blafardes des passants vaquant à leurs occupations habituelles, témoignaient de l’état d’esprit moribond qui régnait sur la ville-planète.
Deux silhouettes dans l’ombre, les bras croisés, capuche sur le nez.
Depuis trois jours Obi-Wan Kenobi et Anakin Skywalker n’avaient pas fermé l’œil. Toute leur concentration, toute leur énergie était vouée à la recherche des Saboteurs. Ils étaient maintenant tout près du but. Les néons qui clignotaient en face d’eux, dans un son cassé, annonçaient la couleur : le nom d’un club ultra réservé, secret et particulièrement douteux.
« Un vrai trou à malfrats » avait pensé Anakin.
C’était à cet endroit que leur recherche avait abouti. Les saboteurs y avaient élus domicile. Yoda avait vu juste. Leur faiblesse était bien l’ivresse et tous ses excès. Et aux dires de la jeune femelle twi'lek employée au club, questionnée une heure avant, cela faisait donc bien trois jours qu’ils n’avaient pas quitté leurs fauteuils avalant le maximum de boisson enivrante possible.
— Allons-y Anakin !
— Je vous suis maître.
— Tu te souviens de tout ?
— Nous sommes simplement deux braconniers, humiliés par la fédération du commerce, à la recherche de quelqu'un qui pourrait porter atteinte au vaisseau en orbite autour de notre planète natale. Un jeu d’enfant.
— Il va falloir jouer serré Anakin. Ils sont toujours très intelligents. Reste concentré et rappelle-toi, rien ne doit te faire perdre ton sang froid. C’est la clef pour réussir cette mission et toutes les autres. Conclu Obi-Wan.
Les deux chevaliers s’avancèrent vers le bâtiment. Ils arrivèrent devant l’entrée, la porte coulissa et un mastodonte poilu deux fois plus grand qu’eux les inspecta de la tête aux pieds un instant puis il les fit entrer.
Ils parcoururent un long couloir sombre, simplement éclairé par deux ou trois lueurs aux accents rougeâtres.
A mesure qu’ils avançaient, la musique était de plus en plus forte. Une sorte de rythmique hypnotique, ponctuée par des voix langoureuses et sensuelles. En accédant à la salle principale, bordée de projecteurs, d’écrans géants et de danseuses sexy, les deux chevaliers furent surpris de voir autant de monde. De l’extérieur rien ne pouvait laisser croire que derrière une si petite porte se cachait un club de cette taille. Il devait y avoir au moins de deux cents personnes : humains, non-humains. La salle était bondée de longs canapés, des coussins à foison, des miroirs sur tous les murs et une fumée lourde, opaque stagnait au plafond.
Une population disparate faite d'aliens de tous horizons remplissait aisément l'espace, et tout le monde se bousculait.
Danser, parler très fort, boire… Voilà les distractions qu'offrait le club.
C'était le genre d'endroit que rêvait de voir le jeune Padawan. Anakin grandissait tous les jours, il devenait adulte. Il le savait. Mais est-ce qu’Obi-Wan s'en rendait compte ?
Anakin suivait son maître, une légère boule au ventre. Il se concentra et la fit disparaître. Il devait à tout prix maîtriser ses émotions. Il fit le vide en lui quelques instants tout en marchant.
Obi-Wan s’accouda au comptoir entre deux Bullkans, et entreprit de commander un verre au mollusque à 20 bras qui servait. Anakin quant à lui parcourait du regard la piste de danse et les tables plus ou moins cachées par les colonnes disséminées dans toute la salle. Il essayait de voir s’il pouvait repérer les Saboteurs. Mais à vrai dire, il ne savait pas trop à quoi ils pouvaient bien ressembler. Obi-Wan interrogea ensuite une serveuse utilisant un geste de la main.
Anakin le remarqua et sourit : il aimait voir son Maître faire usage de la Force.
Du doigt elle lui indiqua une table où se trouvaient deux créatures plutôt bizarres entourées de deux belles danseuses.
Obi-Wan montra la table d'un mouvement du menton à Anakin et Le jeune Padawan s’approcha ensuite de son maître.
— C’est ça les saboteurs ? Demanda Anakin.
— Je crois que oui. Répondit Obi-Wan.
— Mais ce sont des nains !
Obi-Wan sourit à son tour mais leva l’index.
— Oui, je sais… Il ne faut jamais se fier aux apparences, n’empêche que ce sont des nains ! Pesta Anakin.
Les deux créatures passablement éméchées, riaient à gorges déployées et tripotaient tant qu’ils pouvaient les deux danseuses. Pendant qu’ils leur pinçaient les cuisses, chacun vidait un verre entier d’un liquide jaunâtre. De petite taille, debout ils ne devaient à peine dépasser la ceinture d’Anakin. La peau faite d’écailles argentées, de tout petits yeux qu’ils avaient du mal à ouvrir et une sorte de couronne en cuir faite de lanières leur retombant sur le front. Leurs petits bras maigrelets étaient pourtant tout en muscle et un gilet parsemé de poches laissait entrevoir plusieurs armes qu’ils gardaient bien précieusement.
Une chose était certaine, les Saboteurs ne se cachaient pas.
Anakin restait méfiant.
Obi-Wan lui fît signe de le suivre. Ils avancèrent jusqu'à la table et Obi-Wan s’assit sur un des fauteuils sans se soucier de la politesse, ni d’un quelconque protocole qui voulait qu’au moins il demande la permission. Anakin resta debout derrière lui.
De toute façon aucun des deux Saboteurs ne le remarqua sur le moment, continuant de parler très fort et d’enlacer les danseuses qui en avaient plus qu’assez.
Obi-Wan mis le poing devant la bouche et toussa deux fois.
Un des saboteurs sorti tout de suite un blaster et le pointa directement vers le Maître Jedi. Les danseuses s’enfuirent. Anakin cru un instant qu’il n’y avait plus personne dans la salle. Il ne semblait y avoir que le silence. Ce n’était pas du tout le cas, seulement un jeu d’observation.
Pendant que le plus petit des deux saboteurs pointait son arme sur Obi-Wan, l’autre s’enfonça dans son siège, croisa les bras dans un grognement et regarda fixement son nouvel invité.
Obi-wan prit la parole :
— Excusez mon insolence… nous avons besoin d’aide et vous seul pouvez faire quelque chose… Nous paierons…
Le saboteur s’adressa à son acolyte au blaster :
— Ejna keïchi vloutjou…
— Veuillez vous adresser à moi. C’est à moi qu’il vous faut parler maintenant. Vous ne pouvez parler au souverain sans son consentement. Dit celui au blaster.
— Puis-je m’adresser au souverain ? Demanda alors Obi-Wan.
— Kuhli vocht gazahif ?
Le saboteur parla à l’oreille de l’autre. Celui-ci baissa son arme et quitta la table.
— Je me nomme Haïn Le Sublime, seigneur des saboteurs à Coruscant. Et mon valet Jiin. Que puis-je faire pour vous … Monsieur ???
— Capitaine Nalin voici mon second : Sergent Rhalink. Nous avons besoin de vos services, notre peuple à besoin de vos compétences dans le domaine qui a fait votre réputation, seigneur Haïn. Notre peuple est opprimé depuis bien trop longtemps par la Fédération du Commerce, et…
— Combien ?
— Votre prix sera le nôtre.
Jiin, toujours la main sur la crosse de son blaster, revint s’asseoir avec eux. Nerveux, il se frottait les lèvres sur son épaule tout en jetant des regards autour de lui.
— En quoi consiste le projet ?
— Nous voulons faire sauter le vaisseau en orbite autour de notre planète. Répondit Anakin.
— Rien que ça. Et qu’est-ce que nous pouvons y faire ?
— Vous êtes des saboteurs n’est-ce pas ? Vos qualités ne sont plus à démontrer, seigneur Haïn Le Sublime, vous seul pouvez piéger le vaisseau de la Fédération. Argumenta Obi-Wan.
— Nous ne portons pas la Fédération dans notre cœur Capitaine, mais de là à faire exploser un navire de cette taille… Et puis il nous faut du matériel, et…
Obi-Wan fit de nouveau le fameux geste de la main.
— Nous avons tout ce qu’il vous faut, et nous vous paierons bien au-delà de vos espérances.
Haïn eu un petit mouvement de recul. Il pencha la tête en arrière et se gratta longuement le cou avec ses griffes noires.
— Très bien. Seulement… Vous n’avez pas tout prévu Jedi !
Haïn croisa le regard de Jiin. Celui-ci compris le signal et posa une boule sur la table.
Anakin passa la main à l’intérieur de sa cape et caressa la poignée de son sabre.
Haïn reprit la parole :
— Ceci est le détonateur d’une bombe que vient de placer mon fidèle serviteur. Dans 5 minutes elle explosera et le club aussi par la même occasion. Nous n’aimons pas la Fédération du Commerce mais encore moins l’ordre des lâches et soi-disant chevaliers Jedi. Vos petits pouvoirs n’ont aucun effet sur nous Jedi ! Retirez-vous!! Il sauta de la chaise et continua : Nous allons quitter la place. Un geste de trop et c’en est fini de vos petites vies de moines pèlerins. Vous ne pouvez pas tout prévoir, hein ? jeune Padawan!? Karicha Ashta !!
Alors que Haïn dégaina un blaster, d’un geste Anakin alluma son sabre et le pointa sous le menton du saboteur. La lame grilla les quelques poils qui parsemaient encore le menton de la créature.
— Baisse ton arme Anakin, la discussion s'arrête ici. Lui ordonna Obi-Wan.
Au même moment, Jiin tira sur Anakin. Il du parer le tir d'un coup de lame.
La panique envahit la salle et se propagea comme une onde de choc.
Dans un fracas dévastateur la Garde Républicaine investit les lieux et sans sommations commença à tirer aux lances blaster dans tous les sens. Au même moment, une déflagration et un nuage de fumée inondèrent le club. Le Capitaine Darko, chef de la Garde Républicaine menait l'assaut.
Obi-Wan se leva et alluma son sabre lui aussi.
A cet instant, Anakin voyait les événements se dérouler au fil du ralentit. Tous ses propres gestes et ceux des autres, étaient d'une lenteur incroyable. Tout ce passait comme si le temps laissait le temps à Anakin de bien percevoir les informations qui entraient dans son cerveau.
Etait-ce là le pouvoir du Jedi ? Un Jedi pouvait-il ralentir le temps… Faire de ce qui n'a ni début, ni fin, faire de ce qui est inexorable, un allié, plus que ça même… Une arme.
"Je dois garder mon sang froid… du calme, calme-toi…"
Le seigneur Haïn sauta sur la table, sortit un deuxième blaster, et arrosa la salle de salves en hurlant.
Dans un grondement de terreur les portes du club s'ouvrirent et un flot de panique évacua par la sortie.
Obi-Wan et Anakin étaient submergés de tirs provenant de toutes parts.
Après avoir paré plusieurs tirs, Anakin renversa une table et sauta par dessus pour se protéger.
— Maitre, C'est la Garde Républicaine nous devons nous signaler.
Anakin se leva et tenta sa chance :
— Jedi en mission au service de la Répu... il n'eut pas le temps de finir sa phrase, et dut détourner le rayon d'un blaster. Cela tua d'un coup sec un des Gardes Républicains.
Obi-Wan restait sur place, économisant ses mouvements au possible, d'un simple geste du bras il détournait les tirs provenant des saboteurs.
Au milieu du fracas, Obi-Wan prit la parole :
— Seigneurs Haïn ! Nous avons besoin de vous. Nous ne sommes pas là pour vous arrêter. Vous seul pouvez nous aider. Vous seul avez les connaissances, le pouvoir de réussir.
— De réussir quoi, Jedi ?
— A retrouver les auteurs de l’attentat contre la Princesse Sajura Zaharcha.
Haïn et Jiin arrosèrent de nouveau la salle en direction des gardes. La fumée des explosions était intense et compacte. A vrai dire on n'y voyait pas à 2 mètres. Obi-Wan fit signe à Anakin de le suivre. Ils sautèrent par-dessus la table qui les protégeaient et passèrent derrière les saboteurs. Haïn et Jiin marmonnaient. La panique dans les yeux de Jiin ne rassurait pas du tout son seigneur qui ne cessait de lui donner des coups sur la nuque pour qu'il continu à tirer.
— On ne s'en sortira pas Seigneur… cette fois-ci c'est la fin… je ne veux pas mourir…
— Tais-toi et tire imbécile!!! Personne n'attrape les saboteurs! Tu devrais le savoir andouille!
— Nous vous sortons d'ici si vous nous aidez ! lança Obi-Wan
Haïn et Jiin se retournèrent.
— La princesse Zaharcha est morte dans un attentat et tout porte à croire que vous êtes les auteurs de cette infamie.
— Nous sommes en rien responsable. Répondit Haïn
— Je le sais Seigneur. Aidez-nous dans notre enquête et nous vous sortons de ce traquenard. Faites-moi confiance.
— Faire confiance à un Jedi ! Autant mourir ici avec les honneurs.
— Seigneur !! Maître c'est une bonne idée. S'il vous plait suivons-les… Personne n'attrape les saboteurs…Implora Jiin. Il sanglotait et sa voix était vraiment tremblante.
La Garde s'approchait et Anakin sut dévier les tirs provenant de celle-ci afin des les protéger.
— Nous n'avons que peu de temps Seigneur Haïn !
Haïn jeta un regard vers Jiin qui tremblait de peur.
— Très bien. Haïn pointa son blaster sur Obi-Wan. Mais un geste déplacé, une remarque et je vous explose votre cerveau perverti de Jedi.
Obi-Wan leva la tête et aperçu une bouche d'aération à moitié déchirée par l'explosion. Elle se situait pile au-dessus d'eux. Il la montra à Anakin.
— Nous allons passer par là ! Seigneur auriez-vous l'amabilité de bien vouloir vous accrocher à mes épaules.
Encore suspicieux, Haïn finit par poser ses mains sur les épaules du chevalier. Obi-Wan d'un bond gigantesque s'engouffra dans la bouche d'aération.
Anakin s'approcha de Jiin.
— Allez viens petit nain! Accroche-toi à ton pantalon !
— Je ne vous aime pas vous. Répondit Jiin.
— Tant mieux!
Dans un sourire Anakin prit Jiin sur le dos et sauta vers la bouche d'aération.


La pluie tombait en trombe. Abrité sous une toile de verre Obi-Wan s'entretenait avec Haïn, le seigneur des saboteurs. Anakin, lui regardait tomber la pluie. Il ne participait pas à la conversation. Les palabres, la diplomatie ce n'était pas son truc. Lui il préférait l'action. Et puis il connaissait par cœur tous les cours d'Obi-Wan sur les manières de faire accepter une idée à une créature ou un humain. Perdu à nouveau dans ses pensées, Anakin, les bras croisés derrière le dos, faisait le guet tout en observant les vaisseaux patrouilleur de la Garde Républicaine qui volaient entre les édifices immenses de la ville-planète. Il espérait qu'une seule chose : ne pas se faire repérer.
Jiin s'approcha de lui à pas de loup, il inspecta longuement le sabre laser accroché à la ceinture d'Anakin, fit un signe dédaigneux et repartit s'asseoir à côté du seigneur Haïn.
— Nous ne sommes en rien responsables de l'attentat contre la princesse Zaharcha. C'est un scandale.
— Oui je sais Seigneur Haïn, mais j'ai bien peur d'être le seul à vous croire. Le chancelier Palpatine vient de perdre un sérieux allié. La république est fragile. Il suffit parfois d'un détail (fâcheux j'en conviens) pour faire basculer les opinions. Mais avant toute chose je dois prendre contact avec le conseil Jedi pour les informer de l'incident que nous avons rencontré avec la garde républicaine.

Le halo bleu tremblotant de l'image de Yoda apparu.
— Des plus facheux est cet incident. Avec le chancelier nous devons nous entretenir sur le champ.
— Mon Padawan a tenté de les avertir... Un garde à été mortellement touché.
L'image de Mace Windu pris la place de celle de Yoda.
— Avant que nous ayons résolu ce problème je vous conseille de rester caché. Si votre intuition est la bonne alors nous n'avons pas encore découvert les véritables responsables de l'attentat contre la fille du roi Zaharcha. Nous vous recontactons dès que possible.
L'hologramme disparu laissant place à un silence pesant pendant que la pluie continuait à grelotter sur la toile de verre.
— Rester caché ! Impossible, nous devons laver notre honneur au plus vite. Jiin, va chercher la navette. Nous devons quitter cette planète au plus vite.
— Non, répondit Obi-Wan. Nos ordres sont de rester invisible aux yeux de tous, je ne vous laisserai pas prendre la poudre d’escampette alors que vous êtes sous ma responsabilité.
— Et la mienne, rajouta Anakin.
— Jiin, fais ce que ton seigneur ordonne. Cria Haïn.
Alors qu'il était assis à côté de Haïn, Jiin sauta sur ses deux jambes et commença à composer un numéro sur son bracelet électronique.
La lame d'Anakin caressa alors sa gorge. Jiin déglutit dans un signe d'appréhension certain. Le doigt levé, il ne savait plus trop quoi faire, il chercha du regard son seigneur, qui lui, resta circonspect.
Obi-Wan prit la parole.
— Seigneur Haïn, écoutez la voix de la raison et restez sous notre protection. La fuite serait pour la République un aveu de culpabilité.
— Rester sous votre protection !!! Vous voulez dire plutôt être prisonnier d'un infâme Jedi et de son valet. Hors de question. Nous préférons mourir au combat que d'être traité comme des renégats. Jiin...
D'un signe de la tête il lui ordonna de continuer. Jiin appuya une dernière fois sur un bouton de son bracelet pendant que la lame d'Anakin grillait les derniers poils qui lui restaient sur le menton.
Le seigneur Haïn reprit la parole.
— Dans quelques minutes, « l'étoile des Saboteurs », fleuron de notre arsenal naval de combat, digne représentant de notre peuple de guerriers sans fois ni loi, le navire offensif le plus puissant ayant jamais été conçu viendra nous chercher. Vous devrez alors faire face à plus de 12 canons à protons pointés sur vous, infâme Jedi. Je doute qu'avec toute la force de l'univers vous puissiez nous ordonner quoi que se soit.
Obi-Wan fit un signe de la main.
— Vous n'en ferez rien Seigneur.
Haïn se mit à rire.
— Jedi, voyez les casques que nous portons, ils nous protègent contre votre vaine tentative de nous influencer. Votre petit jeu de sorcier puéril ne marche pas sur nous. Fuyez pendant qu'il en est encore temps.
Anakin de sa lame menaçait toujours Jiin. Mais il se sentait perplexe et attendait une décision de son maître. Et il valait mieux prendre une décision rapide quant à l'issue de cette situation. Il se voyait mal devoir faire face à 12 canons à proton. Il jeta quelques coups d’œil sur les immeubles alentours, cherchant une solution de repli. Un bâtiment au toit plat se situait à quelques dizaines de mètres sous leur position actuelle. Un saut leur permettrait de se mettre à l’abri. Un deuxième bâtiment encore plus bas, au toit pentu pouvait les protéger d'un tir. Mais que d'un seul. Anakin se voyait déjà sauter d'un bâtiment à un autre, pour lui s'était un peu comme voler pendant un cours instant. Il adorait ça au grand dam de son maître qui lui ne faisait ce genre d'exploit que lorsqu'il n'avait plus aucun autre choix possible. La tension montait en lui. Il savait que quelque chose allait se passer. Autant il aimait l'action, autant l'attente pouvait le rendre fou. Le statu-quo était pour lui une épreuve difficile à supporter.
Mais Obi-Wan ne montrait aucun signe d'énervement. Il restait calme, fidèle à lui-même. Il regardait Haïn sans détourner des yeux, ce qui, au bout d'un moment commença à le mettre mal à l'aise. Haïn leva la tête et scruta le ciel tout en tapant légèrement des pieds.
Jiin, quant à lui, ne pouvait pas bouger, la lame bleue lumineuse d'Anakin l'en empêchait. Tant bien que mal, Jiin voulu prendre son blaster dans un geste tout en lenteur calculé, mais Anakin ne lui laissait aucune marge de manœuvre et lui grilla encore quelques poils du menton.
Soudain, un bourdonnement grave et lourd se fit entendre. Son écho retentissait contre tous les immeubles environnants jusqu'à les faire trembler. Le bruit ressemblait à celui que font les pales d'un hélicoptère au ralenti. Quand Anakin y pensa, il lui sembla que ce son devait être celui d'un gigantesque engin. La fameuse « Étoile des Saboteurs » était sur le point de faire son entrée. Anakin jetait des regards furtifs dans le ciel, derrière lui, vers le bas tout en maintenant Jiin en garde.
Le seigneur Haïn se mit debout et bomba le torse tout en confiance.
— Jedis, Affrontez la mort et le courroux de ma fidèle Étoile ou fuyez tant qu'il en est encore temps.
Une masse informe et illuminée se souleva du vide et leur fit face. Le vrombissement de ses moteurs était quasiment insupportable. Obi-Wan se retourna et fit face à « L'Étoile des Saboteurs » son visage balayé par le vent des moteurs et éclairé par les projecteurs. Pendant un instant il voulut prendre son sabre mais se ravisa. Haïn leva le bras et cria :
— Feu à volonté sur ces mécréants !!!
Le navire vira de bord afin de mettre en joue les Jedis. On entendit des grincements et le son des canons s'armant, prêt à balayer toute forme de vie ennemie. Alors qu'Anakin fit face, son sabre comme seul bouclier de survie, il savait par avance qu'il ne pourrait rien faire contre un tir d'un canon à proton, encore moins contre douze.
C'est alors qu'un grain de sable s’immisça dans la procédure. Toutes les lumières s'éteignirent et le moteur principal cala. Une seconde plus tard et le moteur redémarra mais il était déjà trop tard. Au lieu de faire face à un navire de guerre tout puissant il s'avéra que la fameuse « Étoile des Saboteurs » n'était en réalité qu'une vulgaire navette d'annexe de 3ème catégorie, dans un piteux état. Et le vrombissement lourd et assourdissant n'était que le résultat d'une coque à moitié défoncée qui vibrait dans une fréquence insupportable. Ce vaisseau pouvait tomber en pièce à n'importe quel moment.
Obi-wan eut un large sourire.
Anakin ne put s’empêcher d'éclater de rire et d'ajouter.
— Mais... c'est une pétoire bonne pour la casse ! C'est une navette Sheathipede en ruine et à moitié refaite... Attendez... oui, avec des pièces de speeder CK-2. Ne me dite pas que vous êtes venu jusqu'ici avec ça personne ne vous croirait.
Anakin n'arrêtait pas de rire.
Haïn s'énerva et cria encore une fois :
— Feu à volonté !!!
Le moteur cala encore et mis plus de 5 secondes avant de redémarrer.
Obi-Wan fit face au seigneur Haïn et ordonna :
— Maintenant faites poser votre engin sur la nacelle juste ici, il pointa du doigt une nacelle héliportée qui servait pour les engins médicaux située à quelques encablures de leur propre emplacement. Faite le maintenant. Je ne vous laisse aucun choix.
Dans le ton de sa voix, Haïn reconnu l'autorité légitime du Jedi. Il fit un signe à Jiin pour qu'il s'exécute. Il tapota plusieurs fois sur son bracelet et le vaisseau prit la direction tant bien que mal de la nacelle afin de s'y poser.
— Dites à votre Padawan d'arrêter de rire, c'est un affront injustifiable.
— Anakin, cesse tes enfantillages, tu vas finir par vexer notre seigneur, répondit Obi-Wan toujours en souriant.
Jiin ne pu s’empêcher d'apporter une précision.
— Peut-être qu'elle n'est plus toute jeune, mais sachez jeune homme, que j'ai moi même installé dessus un moteur d'hyperpropulsion de 1ère génération légué par feu mon aïel le Seigneur Glouhak des Saboteurs.
— Vous voulez dire que cet engin peut voyager en hyperespace ? Demanda Anakin
— Tout à fait, répondit Jiin. Et pas qu'un peu. Nous avons déjà parcouru des dizaines de parsecs dans la galaxie sans le moindre problème... sauf une fois mais cela n'a pas d'importance.
— Voyager dans cet engin à vitesse supraluminique me fait froid dans le dos. Vous êtes un peuple courageux Jiin.
— Merci Monsieur Anakin, vous me flattez.
— Maître, pouvons nous aller voir à quoi ressemble cet engin de l'intérieur je suis curieux de savoir de quoi il retourne d'un point de vue technique ? Demanda Anakin.
— Pourquoi pas, je pense que c'est un bon endroit pour se mettre à l'abri de la pluie et de la Garde Républicaine, allons-y tous ensemble. Seigneur Haïn veuillez nous précéder, un geste de travers et vous n'aurez plus jamais l'occasion de vanter les mérites de votre si grandiose navire de guerre impitoyable.
Anakin ricana encore une fois et Haïn grommela dans une langue inconnue.
Il fit le tour de l'appareil tout en passant sa main sur les pans les plus amochés. De la tôle tordue, enfoncée, déchirée. Il se demandait comment un vaisseau pareil pouvait voler et encore moins passer la barrière de l'hyperespace. Il savait, pour en avoir entendu parler, que les saboteurs n'étaient pas connus pour leur finesse et leur raffinement mais de là à s'envoler dans cette poubelle le dépassait. De quelle planète pouvait bien venir les saboteurs ? Personne ne pourrait répondre à cette question. Ils ne représentaient qu'une partie tellement infime de l'univers, qu'ils n'avaient même pas de représentant au sénat. Tandis qu'il examina le canon soi-disant à proton, il essayait de se remémorer les cours d’ethnologie galactique, mais mis à par leur propension à tout faire exploser les Saboteurs ne s'étaient jamais distingué dans l'histoire. Aucun fait d'arme, aucune invention majeure, ils n'étaient connus dans la galaxie que pour cette lubie de la déflagration fulgurante qu'ils maîtrisaient apparemment parfaitement. Anakin, lui, ne voyait en eux, qu'une race de petits êtres très énervé, passablement susceptibles et enclin aux vices les plus farfelus.
Jiin fit ouvrir la rampe d'accès de la navette dans un grincement aigu.
Obi-Wan inspecta rapidement l'entrée et les alentours.
— Très bien, nous allons nous abriter à l'intérieur en attendant que les choses se calment.
— Impossible ! Répondit Haïn. Il n'y a que trois places à l'intérieur de l'Étoile et croyez-le ou non, mais nous somme quatre.
— Hé bien nous allons nous serrer. Affirma Obi-Wan.
Haïn grommela encore une fois.
Obi-Wan gravit la rampe d'accès en premier, suivit par Haïn et Jiin. Anakin ne pu s'empêcher de rajouter :
— Trois places adultes. Je suis sur que vous tiendrez à deux sur un seul siège.
Une fois à l'intérieur de la navette, Anakin fut époustouflé par le capharnaüm de détritus, par la saleté, par les instruments de navigation rafistolés et « bricolés ».

La bruine passagère avait fait place maintenant à un torrent de grosses gouttes qui martelaient la coque de la navette des Saboteurs. Les deux fauteuils de pilotages côtes à côtes étaient déchirés et à moitié crevés. Anakin avait pris la place du pilote et s'imaginait manœuvrer cet engin rocambolesque. Obi-Wan regardait les éclairs balafrer les nuages. Haïn était sur les épaules de Jiin, sur le siège arrière. Il ne cessait de râler.
— C'est un scandale. Vous vous croyez tout permis vous les Jedis. Cette position est une ignominie à notre condition.
— Seigneur c'est moi qui suis en dessous de vous. Lui répondit Jiin.
— Peu m'importe laquais. Il suffirait d'une grenade, une simple grenade et nous pourrions mourir avec les honneurs, emportant avec nous ces deux méprisables et prétendus chevaliers. Ils n'ont de chevaliers que le titre. Votre comportement est indigne, vous profitez de cette situation pour nous avilir. Méprisable... Mé-pri-sable.
— Calmez-vous Seigneur Haïn. Lui répondit Obi-Wan, tout en continuant de regarder le ciel au travers du pare-brise. Nous pouvons tout aussi bien, sortir, nous signaler à la Garde Républicaine et votre sort en serait joué.
— Et peut-être que le notre aussi. Rajouta Anakin.
— Vous ne pouvez pas adresser la parole directement au Seigneur des Saboteurs, vous devez passer par moi auparavant. Rappela Jiin.
Anakin lui demanda alors :
— Jiin, où se trouve la commande des gaz ?
— La commande est juste devant à droite de la barre.
— Cette sorte de bouchon moisi ?
— Oui tout à fait.
— Et la commande pour passer en hyperespace ? Elle est... ?
— Entre les deux sièges, ici. Dit Jiin en pointant du doigt un levier surmonté d'un bouton. Il faut appuyer sur le bouton pour baisser le levier.
— Donnez lui aussi les commandes d'autodestruction aussi pendant que vous y êtes. Protesta Haïn.
— La commande d'autodestruction est une combinaison qu'on enclenche en…
— MAIS TAISEZ VOUS DONC IMBÉCILE ! Hurla Haïn.
— Mais seigneur nous pourrions justement utiliser cette commande et mourir avec les honneurs.
— TAISEZ VOUS IMBÉCILE !
Haïn se tortillait sur les épaules de Jiin. Il ne tenait pas en place et Jiin avait toutes les peines du monde à le maintenir en équilibre sur ses omoplates, et il commençait à trouver le temps long. On le voyait à la peine et le pauvre Saboteur soutenait son seigneur vaille que vaille.
Tout à coup, Anakin stoppa son inspection de la centrale de pilotage. Il tourna la tête et regarda longuement Obi-Wan qui ne cessait de jeter des regards anxieux au travers du pare-brise. Les lumières de ville-planète ne s'éteignaient jamais, ainsi que le flux constant des vaisseaux transporteurs mêlés aux éclairs qui griffaient le ciel. Il semblait vraiment soucieux.
— J'ai comme un mauvais pressentiment. Déclara Obi-Wan.
Anakin redoutait cette phrase. Obi-Wan ne se trompait jamais et quand il avait un mauvais pressentiment, les ennuis débarquaient tout aussitôt.
Dans une fulgurance, Anakin démarra le navette. Haïn stoppa net son agitation et Jiin écarquilla les yeux qu'il avait déjà énormes.
— Non mais qui vous autorise à démarrer mon vai... Commença Haïn.
— La Garde Républicaine ! S'écria Obi-Wan.
Les projecteurs du vaisseau patrouilleur de la Garde Républicaine balayèrent la navette et sans aucune somation un premier tir de canon l'aurait transpercée si Anakin n'avait pas mis les gaz à fond évitant par la même occasion une rafale de lasers.
La navette bascula en avant et entama une chute vertigineuse vers les tréfonds de la mégalopole. Les corruscations qui défilaient au travers des hublots de la navette reflétaient parfois son ombre sur les immeubles. Anakin pouvait la voir ainsi que l'ombre du vaisseau qui les pourchassait. Anakin était dans un tel état de concentration que la Force l'avait déjà envahi. Il devait éviter les couloirs de circulation, les rafales de laser, les immeubles, les annexes de gros vaisseaux, tout en essayant de manœuvrer cette maudite navette qui ne répondait pas aussi vite qu'il le souhaitait . Obi-Wan était calé dans son siège, les mains crispées sur les accoudoirs tandis que Haïn ne cessait de hurler.
— Je le savais, je le SAVAIS, Maudit Jedis, nous allons mourir par votre faute. MOURIR en fuyant alors que nous sommes totalement innocents. Posez ma navette Jedis !!!
Alors qu'un tir de laser toucha la navette, Anakin ne put empêcher que celle-ci parte en vrille. Jiin tenait les pieds de son Seigneur en faisant fis des lois de l’apesanteur mais Haïn continuait de hurler et de vociférer dans sa langue natale.
— Anakin, est-ce que tu sais ce que tu fais ? Lui demanda Obi-Wan.
— Maître, je m’évertue à nous maintenir en vie. Mais j'ai besoin de me concentrer, ce serait plus facile si je n'avais pas un nain qui me grogne dans les oreilles.
Obi-Wan se retourna vers Haïn et fit appel à la Force.
— Qu'est-ce que vous me voulez Jedi ? Ce n'est pas la peine de me regarder ainsi, vous savez bien que vous ne pouvez utiliser votre Force sur moi...
Obi-Wan posa deux doigts sur le cou de Haïn qui s’endormit aussitôt.
Jiin s'inquiéta.
— Mais qu'avez vous fait à mon Seigneur ? Comment cela est-il possible ?
Alors que la navette tournoyait dans tous les sens et que Haïn semblait n'être qu'un simple pantin tenu par les pieds.
— Le pouvoir de persuasion ne fonctionne pas sur les Saboteurs, mais la Force à quand même une influence sur tout être vivant.
Anakin était ravi, mais il devait à tous prix les sortir de cette situation. Alors que la navette retrouva une certaine stabilité, elle dut encaisser un nouveau tir de laser. Un voyant se mit à clignoter. Jiin s'en aperçu aussitôt.
— Nous sommes verrouillés. C'est la fin. Nous allons mourir...
— Anakin ? Commença Obi-Wan.
— Je fais ce que je peux Maître. Nous sommes verrouillés par le canon à Proton. Je ne vois pas d'autre solution. Il faut que je le lève le nez de la navette et enclencher l'hyperpropulsion.
— Anakin, c'est totalement interdit par la loi tant que nous sommes dans l'atmosphère de Coruscant.
— Je n'ai pas le choix.
Jiin s’écria.
— NOOOON. Ne faites pas ça. Surtout pas.
Alors que le nez de la navette pointa vers le ciel, Anakin saisit le manche de l'hyperpropulsion et l'enclencha. La navette se mit à vrombir et le son du moteur à hyperpropulsion bien connu par tous, se mit à résonner. Alors que les premiers éclairs blancs commencèrent à scintiller devant leurs yeux. Obi-Wan aperçu alors que le tir du canon à Proton avait bien manqué sa cible, mais pas l'étage entier d'un immeuble faisant par la même occasion des dizaines de victimes. Anakin répondit.
— C'est trop tard, Monsieur le Saboteur.
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 9:31   Sujet: La Révolte des Poussières - Chapitre 5

Chapitre 5
La sentence du Juge

Un peu plus tard, dans le bureau de la Chancellerie l'ambiance était véritablement tendue. Mace Windu et Yoda faisait face au Chancelier. Celui-ci semblait perdu dans ses pensées. Il croisait et décroisait ses mains. Après un long silence il finit par déclarer :
— Chers Amis, tout ceci est de ma propre faute et j'en porte l'entière responsabilité.
Un nouveau silence. Puis il reprit.
— Nous savons tous combien il est difficile de maintenir la paix et l'ordre au sein de la république. Je tiens à vous confirmez une nouvelle fois mon entière confiance à l'égard du Conseil Jedi... Mais l'attentat contre la fille du Roi Zaharcha m'a touché personnellement. J'ai donné ma parole au Roi que nous retrouverions les responsables de cette ignominie. Et j'ai commis, je dois l'avouer, une lourde faute. J'ai moi-même diligenté le Capitaine Darko de la Garde Républicaine pour mener sa propre enquête en toute discrétion et sans interférer avec celle du Conseil, afin de résoudre au plus vite cet incident. Il m'a semblé que toutes nos forces devaient s'unir afin de mettre la main sur les Saboteurs. Constatant le retard qu'ont prit les Jedis sur cette affaire, il m'a semblé judicieux d'intervenir.
— Il aurait été encore plus judicieux d'en informer le Conseil Jedi. Coupa Mace Windu. La Garde Républicaine ne peut s'ingérer dans les affaires du Conseil. Cela n'est pas dans ses attributions et surtout contre la loi que vous avez vous-même proclamé. Il va s'en dire que cela a été plutôt contre productif.
— Comme je vous l'ai dis, j'en porte l'entière responsabilité et j'en informerai le Sénat lors de la prochaine session plénière. Le Capitaine Darko avait pour ordre de rester discret. Ce qu'il n'a pas été capable de faire et il sera sévèrement puni pour cet acte fou : ouvrir le feu dans un lieu public... Bombarder un immeuble... Nous devons coûte que coûte mettre la main sur ces Saboteurs, or j'ai oui-dire, de la bouche même du Capitaine de la Garde, qu'il a semblé qu'un de vos Jedis, ait comment dire... paru protéger un des Saboteurs contre les tirs de la Garde. Ce qui serait, si cela se révélait vrai, une injure envers la loi.
— Aucune preuve matérielle, nous avons, que les Saboteurs soient, de cet attentat, les responsables. Ajouta Yoda.
— Aucune preuve vous dites ? Mais Maître Yoda, toutes les preuves mènent aux Saboteurs. Et leur résistance est un acte de culpabilité manifeste.
— C'est au Conseil Jedi d'en décider Chancelier. Le coupa une nouvelle fois Mace Windu. Nous allons au plus vite reprendre contact avec Obi-Wan afin d'en avoir le cœur net. Je vous prie de nous excuser.
Mace Windu et Yoda se levèrent et le Chancelier fit de même. Alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie, le Chancelier conclu :
— J'ai une entière confiance quant à la décision que prendra le Conseil. La République et moi-même vous remercions par avance. Il faut juste en finir au plus vite avec ce fâcheux incident. Que la Force soit avec vous chers amis.
Yoda se retourna et opina de la tête.
— Avec vous aussi, que la Force soit.
Puis il reprit sa marche lente.

Alors qu'ils marchaient tous les deux dans le couloir de la Chancellerie, Mace Windu, les mains croisées derrière le dos, pris la parole :
— Maître Yoda, je crois Anakin. Tout ceci ressemble trop à une mise en scène.
— Des informations complémentaires avons-nous de Ki-Adi-Mundi ?
— Il suit toujours le vaisseau Amiral du Roi Zaharcha. Dans son dernier rapport il fait état qu'une dizaine de navettes auraient quitté le vaisseau trois heures après l'attentat.
Mace Windu retroussa sa manche et activa son bracelet dont sorti une image sous forme d'hologramme. Sur cette image tremblotante on pouvait lire le rapport de Ki-Adi-Mundi.
— D'après le rapport, 4 navettes sont partis en direction d'Aldebaraan. 2 en direction du système Corellien, une vers la planète Cachin, 2 vers le système Hoth et enfin la dernière vers la planète Plogba.
— Plus d'information sur Cachin avons-nous ?
Mace Windu fit quelques manipulations sur son bracelet et reprit :
— Cachin est une petite planète du secteur Arkanis sur la route Corellienne. Très peu d'habitant, environ 6 millions. La planète à intégré la République il y a une vingtaine d'année. Son représentant au Sénat est le Sénateur Orlov' DeCachin. Pas ou peu de ressource... Cependant la Fédération du Commerce a déclarée une exploitation modeste de minerai. Une extraction de Méthanique-Carbonée aussi appelé Cinium : un métal précieux extrêmement résistant. Un seul continent entouré d'eau, un désert et une jungle...
— Le conseil nous devons encore réunir. Une menace importante je ressens. Et en direction de Cachin, nous devrions envoyer Obi-Wan.
— Bien maître. Le Chancelier Palpatine semble nerveux, sa remise en cause du bien fondé des actions du Conseil Jedi m'a troublé.
— Un politicien, il est. Toujours le contraire de ce qu'il dit, il pense.

Quelques heures plus tard, le capitaine Darko était enchaîné, debout, les chevilles rivées au sol et les bras écartelés par menottes reliées à des chaînes laser. Ses cheveux noirs encore mouillés par la transpiration et la douleur, retombaient sur son front. Son visage de baroudeur au teint mate était crispé. De lourdes cernes entouraient ses yeux brillants. A première vue, il devait avoir dans la quarantaine. On sentait sur son visage et dans son allure générale que même enchaîné et réduit à l'état de rien, l'homme était un grand guerrier. Il savait qu'il était en très mauvaise posture.
Pas un bruit ne sortait des cellules attenantes. La seule chose qu'il pouvait voir quand il avait la force de lever la tête, était les barreaux laser de sa prison.
Le son d'une porte hydraulique décompressée, celui de pas venant vers lui et enfin la voix. Celle du Juge.
— Veuillez couper les barreaux laser. Ordonna le Juge.
Un droïde administratif s'en chargea en appuyant sur un gros bouton rouge.
Le capitaine Darko releva la tête et il put voir en personne le Juge.
Le Juge était assis sur un fauteuil anti-gravité qui se tenait à un mètre du sol. Derrière lui suivait la cours de justice. Sûrement des procureurs, des greffiers droïde et enfin la cours de la chancellerie et le chancelier en personne.
Le Juge était une sorte de gros mollusque mi-humain mi-machine. Il transpirait lui aussi mais cela n'était en aucun cas à cause du stress mais plutôt à cause de l’embonpoint. Son bras droit robotisé était occupé à lui gratter le sommet du crâne. Il regarda longuement le Capitaine Darko et ensuite vérifia derrière lui.
— Hum...hum... je crois que tout le monde est là... nous pouvons commencer.
Un droïde greffier vint alors se placer juste à côté de lui pour prendre des notes sur un écran. Le chancelier Palpatine se plaça juste derrière le Juge.
— Capitaine, voici les faits. Vous êtes accusé de haute trahison, d'abus de pouvoir, de rébellion à la haute autorité, de manquement graves à l'obligation de votre fonction et enfin de meurtres au 1er degré. Étant Capitaine de la Garde Républicaine vous n'avez pas droit à un procès, mais vous êtes soumis à la réglementation stricte du droit inhérent aux Gardiens de la République. C'est pour cela, que moi-même et aussi Monsieur le Chancelier avons décidé qu'il était nécessaire d'appliquer la loi et de former aujourd'hui et maintenant un conventicule qui statuera sur votre cas. Chancelier Palpatine avez vous une déclaration à faire ?
Le Juge se tourna vers le Chancelier qui prit la parole.
— Capitaine Darko, vous aviez ma confiance. Non seulement vous avez échoué dans la mission qui était la vôtre, mais vous avez aussi bafoué la réputation de la Garde Républicaine. Vous avez provoqué la mort de centaines de citoyens. Vous êtes impardonnable.
— Si cela ne tenait qu'a moi, Capitaine, vous seriez condamné à mort mais les lois de la république m'en empêche. Rajouta le Juge. Avez-vous quelques chose à dire pour votre défense Capitaine Darko ?
L'homme qui se tenait devant l'assemblée était un homme fini. Darko le savait, il était fini. Jamais plus il ne porterait le casque de la Garde. Jamais plus il ne commanderait de contingent. Jamais plus il pourrait se venter d'être le dernier rempart de sécurité du Chancelier. Son sort était scellé. Mais il avait une dernière chose à dire. Il prit une inspiration et finit par dire, dans une voix tremblotante…
— Monsieur le Juge, Monsieur le Chancelier, Mesdames et Messieurs de la Cours, je... (il se racla la gorge) Je... (il regarda alors le Chancelier droit dans les yeux) Je n'ai fais que suivre vo.... oooo...
Soudain le Capitaine Darko senti sa gorge se serrer. Se serrer tellement fort que plus un mot ne pouvait sortir de sa bouche. Il essaya de toutes ses forces mais il ne pouvait rien faire. C'était comme une main qui l'étranglait. Une main d'une force surpuissante qui maintenant bloquait aussi sa respiration. Il commença à se débattre. Il convulsait dans tous les sens devant la cour médusée.
— Que se passe-t-il ? Demanda le Juge.
— Il semble faire une crise... dit quelqu'un.
— Vite, un droïde médecin !
Darko était au plus mal. De la bave dégoulinait de sa bouche ouverte en quête d'air. Ses yeux étaient injectés de sang. Un climat de panique s'était emparé de l'assemblée. Tout le monde cherchait des yeux le droïde médecin qui réussi à se frayer un passage parmi l'assistance. Le droïde sorti plusieurs bras articulés et tandis qu'un faisait un scanner de la gorge, un autre planta une aiguille afin de faire un prélèvement sanguin. Après plusieurs secondes de test, le droïde fit son analyse et dans un son bien articulé et métallique il dit :
— Monsieur le Juge, le patient s'étouffe et pourtant rien n'obstrue le passage de l’oxygène. Son corps ne contient aucun virus pathogène, ni bactérie létale.
Toute l’assistance était aux abois. Personne ne comprenait vraiment ce qu'il se passait. Seul le Capitaine Darko qui, au seuil de la mort, lança encore quelques regards d'effroi vers le Juge et ensuite vers le Chancelier, qui lui, savait ce qu'il se passait. Il allait mourir dans le déshonneur le plus absolu. Pendant un instant ses chevilles décollèrent du sol mais personne n'y fit attention. On entendit un craquement répugnant ; celui de son cou.
La tête du capitaine Darko tomba en avant. Plus aucun mouvement. La crise était terminée... ainsi que la vie du Gardien de la République.
Le silence du trépas fit place à la confusion.
Le droïde médecin s'approcha une nouvelle fois du Capitaine et finit par déclarer.
— Monsieur le Juge, Monsieur le Chancelier. Le Capitaine de la Garde Républicaine s'est éteint.
Cet épisode allait pour longtemps marquer les esprits des personnes présentes ce jour-là. Assister à la mort d'un homme est toujours une épreuve mais dans ce cas ci, cette mort était inexplicable. Cela allait infester le sommeil de beaucoup durant d'interminables nuits, mais pas tous.
Le cercueil dans lequel gisait le corps du Capitaine Darko lévitait vers la passerelle d'embarquement, gardés par quatre droïdes. Au moment où celui-ci glissa dans la navette, à l'intérieur, le Capitaine Darko ouvrit les yeux.
Modifié en dernier par harnis29 le Mar 03 Jan 2017 - 15:44, modifié 3 fois.
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 9:33   Sujet: La Révolte des Poussières - Chapitre 6

Chapitre 6
Un périlleux périple



— STOOOOOOP !!! Stop Stop Stop !!! Hurlait Jiin. Vous devez absolument tout arrêter !!! Stop !
Pris de panique, Jiin essayait de réveiller Haïn en le secouant de toutes des forces.
— Mais enfin Jiin ! Qu'il y a t'il ? Demanda Obi-Wan.
Jiin hésita à lui répondre. Il se mit encore à secouer son Seigneur. Il balbutiait. Il bégayait. Voyant que Haïn dormait toujours à point fermé, il finit par se ressaisir et réussit à prononcer quelques mots.
— Disons que... heu... comment dire ? Le calculateur de trajectoire et disons, heu... Défaillant.
Les yeux exorbités il tenait par les cheveux la tête de Haïn.
— Nous pouvons à tout moment traverser le cœur d'une étoile ou une mer d'astéroïdes. Si nous continuons comme ça, c'est la mort assurée.
— Très bien. Conclu Obi-Wan. Anakin arrête l'hyperpropulsion.
Anakin s'exécuta et la navette se projeta dans le vide de l'univers. Au même moment, un astéroïde gros comme une lune se précipita sur l'avant de la navette.
Anakin, dans un geste reflex, dut faire une embardée et plongea le navette vers le bas tout en vrillant à bâbord. A mesure que la navette frôlait l'astéroïde, celui-ci semblait grossir indéfiniment. Anakin, les mains crispées sur les commandes, serrait les dents. Il pencha la tête sur le côté gauche, espérant de cette manière éviter le pire. Mais cela était vain. Un énorme fragment se décrocha de l'astéroïde et vint heurter de plein fouet l'arrière de la navette. Un fracas ahurissant. Le son strident de la tôle broyée. Des alarmes qui s'allument et hurlent sur le tableau de bord. Haïn ouvrit les yeux et se mit tout de suite à grogner tout en marmonnant malgré la cacophonie. Il eu juste le temps de se mettre debout lorsqu'un jet de gaz provenant de la tuyauterie explosa devant ses yeux. Il retomba aussi sec dans un profond sommeil qui en l’occurrence, vu la situation, ressemblait plus à un coma.
Une mer d'Astéroïdes, Jiin avait vu juste. Voilà ce qu'ils devaient traverser.
C'était dans ce genre de conditions que tous les talents d'Anakin se mettaient en œuvre. Il était comme hypnotisé par l'action, sa concentration et son intinct étaient à leur paroxysme. La navette tremblait à tout rompre et tournait dans tous les sens, un coup à droite, un coup vers le haut, vers le bas, et même à l'envers. La pesanteur étant une loi immuable, Haïn fut projeté vers le plafond et retomba comme une masse sur les genoux de Jiin qui s'accrochait à son fauteuil.
Une myriade de météorites éclatait devant leurs yeux. Obi-Wan, contracté sur son fauteuil, ne cessait de jeter des regards presque apeurés.
— Anakin ! Sors-nous de là !
— Je fais de mon mieux Maître ! Mais ce n'est pas fa... cile. Cette boite de conserve se manie aussi bien qu'une... qu'une boite de conserve !
Haïn était bringuebalé dans tous les sens, se cognant la tête contre toutes les parois de la navette. Il s'affalait parfois sur les genoux de Jiin et vint même se vautrer devant Anakin, entre les commandes et le pare-brise, lui obstruant la vue. Sans même réfléchir Anakin, l'attrapa par une jambe et le lança comme un chiffon sur la tête de Jiin, qui s'en débarrassa illico.
Après quelques minutes de cet incessant manège, et alors que l'horizon du vide semblait se rapprocher, le tremblement de la navette cessa. Une comète qui s'allongeait, s’étirait comme un fil, les frôla à bâbord. Bien que tous la virent, personne ne s'en émut. Encore quelques ersatz d'aérolithes vinrent percuter les hublots de la navette et en un instant, la mer de tous les danger fit place au vide de l'espace. Anakin redressa l'assiette de la navette et souffla un « ouf » de soulagement. Le silence aurait du investir le cockpit mais c'était sans compter les tintements infernaux des alarmes qui clignotaient. L'ordinateur central de la navette faisait simplement son travail et s'il avait été un humain il aurait hurlé à ses passagers que la situation était critique. Tellement grave, que préserver la pression atmosphérique du cockpit qui les maintenait en vie tenait du miracle, et que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il n'implose. Le son strident des alarmes était tellement fort qu'Anakin plissait les yeux comme pour s'en protéger.
Jiin était amorphe. Pétrifié. Obi-Wan se tourna vers lui et lui demanda :
— Jiin pouvons-nous faire cesser ce bruit insupportable ?
Il ne répondit pas. Ses yeux toujours exorbités voulaient sûrement s'échapper pour aller on ne sait où. Sa bouche entre-ouverte laisser couler un mince filet de bave qui ne voulait pas tomber. Obi-Wan répéta alors sa question, mais cette fois-ci en y mettant un plus de conviction.
— JIIN POUVONS-NOUS FAIRE CESSER CE BRUIT !
Jiin sursauta. Il se dressa sur ces deux jambes, fit le salut militaire et hurla :
— A vos ordres mon général !
Il sauta sur le tableau de bord et tapa du poing aussi fort qu'il put sur un gros bouton rouge clignotant. Il dut s'y reprendre à plusieurs fois avant que les alarmes ne se tuent. Quand le calme s'imposa enfin dans la navette, tous les passagers eurent une sensation de bien-être sommaire. Ils leur fallu un long moment avant de reprendre leurs esprits. Haïn était accroché par une de ses lanières à un levier de tel sorte que sa tête pendouillait dans le vide, perpétuellement inconscient. Jiin était toujours sur le tableau de bord, a demi assis, les yeux perdus dans l'espace. Obi-Wan se remettait doucement. Il remit sa cape en ordre correctement sur ses épaules. Anakin s'enfonça dans son siège, le visage perlé de sueur. La sérénité et l'accalmie s'imposa à l'intérieur de la navette.
C'est Anakin qui rompit le mutisme en premier.
— Peut-on savoir où sommes-nous ?
Obi-Wan commença à inspecter les instruments de bord.
Jiin sans se retourner répondit :
— Impossible à savoir. Cela fait des années que le système cartographique de la galaxie est en panne.
— Jiin, vous voulez dire que... Hésita Anakin.
— Que nous sommes perdu, oui.
— Bon sang mais il n'y a vraiment rien qui fonctionne dans cette satanée navette.
Passablement énervé, Anakin se détacha de son siège et se mis à inspecter lui aussi le tableau de bord. Obi-Wan se renfrogna. Il était perplexe.
— Perdu, nous somme perdu. Répéta Jiin.
C'est alors que Haïn se décida à reprendre connaissance. Il ouvrit un œil et se mit aussitôt à paniquer, ses bras battant dans le vide. Sans un mot, Anakin le décrocha et le mis sur ses pieds.
— Perdus, Perdus... ne cessait de répéter Jiin.
— Comment ça on est perdu ? S'exclama Haïn. Qu'est-ce que vous racontez encore valet de pacotille ?!
Jiin se retourna et vit Haïn, droit comme un I, le visage encore boursouflé par les chocs, les mains sur les hanches et le regard sévère.
— Ho mon Seigneur, Si vous saviez !
Il se jeta dans ses bras.
— Ils nous ont perdus ces méchants Jedis. Comme vous aviez raison Ho mon seigneur. Tout ceci est de ma faute. J'aurais du vous écoutez mon seigneur, voix de la sagesse des Saboteurs. Ho grand parmi les grands. Pardon, pardon.
Jiin s'inclina en signe de dévouement et se mit à ses pieds.
Haïn s'agaça et se détacha de l'emprise de Jiin. En colère, il répondit :
— Impossible vilain valet ! Il suffit de consulter la carte.
Il enjamba Jiin et se rua sur un écran bleuté qui oscillait entre la netteté et le flou. Il tapa deux fois dessus et s'exclama :
— Maudit Jedis !
— Nous ne sommes en rien responsable concernant le piteux état de votre navette. Lui répondit Obi-Wan tout en caressant sa moustache.
— Je vous interdis d'insulter mon étoile ! Hurla Haïn. Elle est tout ce que nous avons mon valet et moi. C'est notre maison, notre astronef, le bijou emblématique de toute une nation...
Anakin explosa :
— Ça ! Un bijou ? Non mais vous plaisantez ! C'est une poubelle ambulante ! Il n'y a rien qui fonctionne dans ce résidu de tas de ferraille. C'est un miracle si nous ne sommes pas encore morts.
— La faute à qui ?! Lui rétorqua Haïn. Vous débarquez de on ne sait où, vous nous kidnappez, vous volez notre vaisseau et vous vous permettez d’injurier mon Étoile…
Haïn parcourrut du regard l'ensemble de la cabine et fut effaré par les dégâts.
— Maudits Jedis !
— Anakin, voyons si nous pouvons réparer quelque chose. Quant à vous, Saboteurs, tenez-vous tranquille ou sinon je vous replonge dans le sommeil. Fit Obi-Wan tout en se levant.
Anakin sauta sur ses pieds et invita Jiin à en faire autant en l'empoignant par les bretelles de son gilet en cuir.
— Allez petit nain, je suis curieux de voir ce que cette « étoile » à dans le ventre.
— Il est indécent de me parler de la sorte Mr le Jedi, et j'ajouterai qu'il…
— Mais oui mais oui. Allez !
— Je ne vous aime pas vous !
Tandis que Jiin soulevait la trappe qui allait les mener au cœur de la machinerie, Obi-Wan inspectait les voyants d'un air dubitatif. Anakin et Jiin disparurent et Haïn se cala dans un coin, les bras croisés, toujours passablement renfrogné. Obi-Wan essaya alors de détendre l'atmosphère.
— En tout cas Monsieur le Seigneur des Saboteurs, votre « étoile » tient encore le coup et malgré son aspect, disons, curieux, elle est toujours en un seul morceau. Enfin presque.
Haïn se contenta de grogner. Obi-Wan se mit à tapoter sur un cadran, dont l'aiguille tournait sans arrêt.
D'un coup d'un seul, Haïn était à côté de lui.
— Ne touchez pas à mon « étoile » scélérat. De toute façon personne, mis à part moi et mon fidèle serviteur, ne peut comprendre la philosophie et le fonctionnement de mon navire. Donc bas les pattes ! Laissez-moi faire !
Haïn appuya simultanément sur deux boutons et l'aiguille du cadran s'arrêta de tourner. Il rajouta :
— Allez donc vous rasseoir.
— Bien Seigneur.
Tout en retournant à son siège Obi-Wan se mit à sourire alors qu'une comète s'effilait et semblait frôler la navette. Il se permit quand même de vanter les mérites de son Padawan pendant que Haïn s'affairait à y voir un peu plus clair devant le mur de boutons face à lui.
— Si il y a bien une personne dans cette galaxie capable de comprendre les machines, c'est Anakin.
— Pfouha ! Un humain ! Un humain ne peut comprendre les méandres et la complexité de la mécanique robotique comme le peut un Saboteur. Impossible !
— Il a construit de ses propres mains un droïde de protocole alors qu'il n'avait pas neuf ans.
Haïn s'arrêta un instant. Et sans se retourner il haussa les épaules.
Obi-Wan continua :
— Il l'a construit de ses propres mains et en partant de zéro. Et il est tout à fait opérationnel.
— Facile. Répondit Haïn. Les modèles A sont à la portée de n'importe quel demeuré.
— C'est un modèle C.
Haïn resta perplexe pendant un instant.
— Un modèle C vous dites ?
— Parfaitement. Et je vous le répète en parfait état de marche. Ainsi qu'un Pod Racer qui lui a permis de gagner la Bounta sur Tatooine.
Cette fois-ci Haïn se retourna.
— Jamais, jamais aucun humain n'a gagné la Bounta Race. Tout ce que vous racontez n'est que pure invention !
Haïn se tut un instant et reprit.
— C’est le grand Sebulba qui a remporté la Bounta, c'était il y a presque 2 ans maintenant et je peux vous dire que c'est un excellent pilote, peut-être le meilleur, je le sais, j'y étais.
— Vous vous trompez Seigneur Haïn. Connaissez-vous le nom de mon Padawan, mon Seigneur ?
— Anakin, vous ne cessez de le répéter.
— Son nom est Anakin Skywalker : vainqueur de la Bounta Race sur Tatooine.
Haïn fit demi-tour et, interloqué, il fusillait du regard le maître Jedi.
— Lui ?! Vous voulez dire que le jeune qui vous sert de domestique, c'est le vainqueur de la Bounta Race ?!! Calomnie ! Cessez de m'importuner, j'ai une navette à remettre en fonction. Aucun humain ne peut battre le grand Sebulba. Vous ne racontez que des balivernes.
Sur quoi, Haïn recommença son manège à faire semblant de réparer quelque chose, manipulant boutons, leviers sans jamais admettre ouvertement qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il faisait.
Tout à coup toutes les lumières s'éteignirent. Plus aucun son non plus.
La navette était comme morte.
On entendit alors une voix qui cria, celle d'Anakin, qui venait du fond du vaisseau.
— Ne vous inquiétez pas Maître. C'est tout à fait normal.
On entendit alors quelques coups, des raclements et brusquement, la navette se ralluma et tout se remit en état de marche.
Haïn resta pantois. Obi-Wan, quant à lui, était très satisfait. Anakin reprit alors la parole , toujours en criant pour se faire entendre.
— Maître ! D'ici cinq petites minutes le cartographe devrait refonctionner ainsi que le systèmes de communication. Et Dans une heure, l'hyperpropulsion !
Haïn n'osait plus toucher à rien. A chaque fois qu'il voulait appuyer sur un bouton, il se ravisait. Il hésitait. En fait il faisait semblant de réfléchir. Et pour ne pas perdre la face devant le regard insistant d'Obi-Wan dans son dos, il finit par se retourner, croisa les bras et dit :
— Bien, laissons faire les techniciens, après tout, ils sont là pour ça. La Bounta Race… J'y étais. Pas vous.
Il prit place sur le siège du pilote et plongea son regard dans le vide interstellaire.
Le sourire d'Obi-Wan se muât et soudain l'expression de son visage se fit plus terne. Assis à côté de lui Haïn avait les pieds posés sur le tableau de bord. Il replia ses bras derrière la tête et ferma les yeux.
Obi-Wan n'aimait pas douter. Et pourtant, tout à coup, le doute l'avait enveloppé. Son intuition de Jedi s'était réveillée. Le chevalier était à l'écoute de la Force. Il était en phase avec la Force. Il l'écoutait, la ressentait, la laisser couler dans ses veines. Il pouvait la contrôler, en user et à chaque fois, lorsque le doute se profilait, il laissait alors son esprit entrer en symbiose avec le Force. Il savait que quand le doute s’insinuait, quelque chose de néfaste se profilait. Il pensait à son Padawan. L'élu. Qui-Gon en était convaincu. Maître Yoda semblait l'être aussi, même si il était plus nuancé lorsqu'il évoquait l'avenir d'Anakin. Seul Mace Windu avait de sérieux doutes. Ce n'était pas qu'Obi-Wan contestait les capacités d'Anakin, il avait déjà fait ses preuves. Son sentiment envers Anakin n'était pas clair. Et c'est justement ce flou qui le faisait douter. Pourquoi n'en n'était-il pas clairement convaincu comme son ancien maître ?
Anakin était animé par des sentiments forts. Cela le rendait plus vulnérable à la colère. Il le savait. Toute l'éducation d'Anakin allait être de lui apprendre à gérer ses émotions. Atténuer la passion au profit de l'empathie. Anakin est un impatient. Obi-Wan le sait aussi. Il veut tout et tout de suite. Il est généreux mais arrogant. C'est le plus habile des pilotes qu'il n'ait jamais connu mais sa prétention cache peut-être un désir de tout contrôler qui va bien au-delà de ses ambitions. Ses capacités innées sont immenses, mais le talent ne fait pas tout. Il fera un très grand chevalier Jedi. De cela, il en était certain. Mais l'ombre du côté obscur plane sur la galaxie, elle revêt ses plus beaux atouts et attire vers elle comme un aimant ceux qui sont rongés par les remords ou les regrets, par la haine et la souffrance, par l'ivresse du pouvoir. Ceux qui n'ont plus rien à perdre et qui deviennent par la force des choses, les déchets de la République : Ceux qui sont laissés pour compte. Qui n'ont plus rien. Aucun espoir.
Un chevalier Jedi doit toujours rester en équilibre.
Et c'est cet équilibre qui est fragile. Il suffit parfois d'une pichenette pour sombrer.
Obi-Wan savait en son for intérieur que la fragilité d'Anakin était justement cet ambivalence entre équilibre et passion.
— Maître ! La communication est rétablie ! Cria Anakin, toujours en fond de cale.
Obi-Wan émergea de sa fausse atonie et entreprit d'entrer en contact avec le Conseil Jedi. Au bout de quelques instants l'image fantomatique de Yoda tremblait sur le tableau de bord.
— Obi-Wan, dans une mauvaise posture vous êtes et sur Cachin vous devez vous rendre.
L'image du maître Jedi était parasitée, le son de sa voix était sans cesse coupé et grésillant.
— Anakin, la communication ne fonctionne pas correctement ! Peux-tu faire quelque chose ?
— J'essaie maître... j'essaie.
Yoda continuait pourtant à essayer de se faire comprendre.
— Parasite.... en danger vous êtes... Partir vous devez, au plus vite... Mauvaise position... Tr...
Obi-Wan s'adressa alors à Haïn.
— Seigneur, avez-vous une idée sur notre position ?
Haïn fut surpris qu'on lui pose une question. Il ouvra grand les yeux et sonda l'espace environnant. Plusieurs fois Obi-Wan crut percevoir chez Haïn une révélation mais elle ne vint jamais. Haïn finit par s'affaler à nouveau sur son fauteuil en soupirant.
— Aucune idée Monsieur le Jedi et c'est bien le cadet de mes soucis. Vous avez ruiné ma navette, je ne vous le pardonnerai jamais. Jamais.
Anakin de son côté s'affairait avec toujours autant d'enthousiasme à revisser une gaine câblée. Jiin suivait du regard chaque mouvement du corps tordu et tendu d'Anakin. Il n'avait lui aussi aucune idée de ce que pouvait manigancer l'apprenti Jedi et se contentait de passer les outils qu'Anakin réclamait. Après avoir vissé de toute ses forces la gaine, Anakin s'extirpa de la cavité bordée de câbles et remonta vers le poste de pilotage, suivi de près par Jiin. L'hyperpropulsion n'était pas encore en état de marche mais au moins ils pouvaient relancer la navette.
— Maitre, nous devrions pouvoir relancer l'ordinateur central et...
C'est a ce moment qu'il vu le visage de son mentor. Livide. Comme à chaque fois que la Force le traversait, c'était une décharge électrique. La symbiose entre l'apprenti et son maître était telle qu'aucune parole n'était nécessaire. Anakin comprit tout de suite qu'un danger imminent et effroyable les guettait. Sans réfléchir il s'approcha du tableau de bord, relança l'ordinateur central et toute la navette se mit en branle. Il souleva Haïn, pris sa place et attrapa les commandes de pilotage. Alors qu'une nouvelle comète s'effilochait et s'allongeait pour disparaître, Anakin fit pivoter la navette. Là, enfin, tous découvrirent de quoi il retournait. Face à eux, dans sa majesté, dans toute sa splendeur se tenait un élément de l'univers presque grotesque tant sa taille dépassait l'imagination. La gueule béante, le monstre avalait comme des pastilles toutes les comètes qui s'approchaient un peu trop près de ses lèvres. De tous les dangers disproportionnés de l'univers il n'y en avait un qui n'avait aucune concurrence. Le simple fait de le voir à l’œil nu signifiait la mort. C'est Jiin qui prononça alors son nom.
— Un... Un trou noir !
Le silence ambiant signifiait qu'aucune objection n'était envisageable. C'était un fait. Une fatalité. Voir la mort sans aucun espoir de secours ni solution de sauvetage était une première pour l'équipe. Les Jedis étaient rompus au danger mais il y avait toujours un espoir et Anakin avait pris l'habitude de ne pas vraiment s'en faire car après tout, il s'en sortait a chaque fois. Haïn et Jiin était hypnotisés par le spectacle.
— Avons-nous une chance ? Demanda Jiin.
— Si nous avons franchi la ligne d'horizon non, nous n'avons aucune chance d'en sortir. Répondit Obi-Wan. Anakin, lance un message de détresse !
— Je vous maudis Jedi ! Lança Haïn tandis qu'il replaçait ses bretelles, Je vous maudis sur cent générations !
— Seigneur Haïn, Les Jedis n'ont pas d'enfants. Lui répondit Obi-Wan. Anakin, demi-tour, machine avant toute.
La navette entama sa manœuvre et Anakin poussa les moteurs à fond.
La navette tressauta plusieurs fois et le tableau de bord vibrait à tout rompre. Les deux réacteurs arrières soufflaient au maximum de leurs capacités. Le tout était de savoir si la navette avait franchi la ligne d'horizon. Si c'était le cas, même avec toute la puissance possible ils ne pourraient jamais sortir de l'étreinte mortelle du trou noir. La seule solution était l'hyperpropulsion. Et quand bien même. Anakin n'était pas certain de pouvoir la réparer et de plus il lui faudrait du temps. Et du temps, il n'en n'avait pas tellement. Tout à coup l'écran de contrôle afficha un des réacteurs en rouge. La conséquence ne se fit pas attendre et celui-ci toussa avant de s'arrêter complètement.
— Maître, nous venons de perdre un réacteur.
Obi-Wan se retourna vers Haïn.
— Seigneur Haïn, pouvez-vous faire quelque chose ?
— Ha mais ne regardez pas comme ça ! Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ? C'est vous qui nous avez mis dans ce pétrin. Il y a bien une capsule de secours mais d'une ; elle est trop petite et de deux, une fois lancée elle n'aura jamais assez de puissance pour s'extirper de l'attraction gravitationnelle du trou noir. Je crois bien que nous sommes perdus pour de bon cette fois-ci.
Jiin, dont les yeux avaient pris la fâcheuse habitude de vouloir sortir de leur orbites, suait et claquait des dents.
— Jiin, reprit Haïn. Je crois qu'il est temps d’étrenner le rituel funèbre.
— Bien mon seigneur.
Jiin recula et machinalement il sortit une petite boite circulaire de son gilet. Il s’assît en tailleur et posa la boite sur le sol. Il l'ouvra délicatement et en sorti une houppe qu'il fit glisser tout autour tout en entonnant une complainte rituelle. Haïn fit de même, accompagnant le rituel de quelques gestes plus ou moins désordonnés, qui n'avaient pas vraiment de sens et semblaient tout simplement improvisés.
C'était un ballet aberrant. Le son sifflant et aigu produit par les deux Saboteurs mêlé aux bruits assourdissant exaspérait Anakin. Obi-Wan pouvait le sentir. Et même s'il ne pouvait pas faire grand-chose il posa sa main sur l'épaule de son apprenti. Anakin tourna la tête et il put voir le visage bienveillant de son Maître. Il se calma mais par pour longtemps. La navette ronflait et parfois Anakin devait éviter les comètes lactées en déportant le vaisseau d'un côté et de l'autre. Jiin ne cessait de replacer la boite circulaire qui basculait et se renversait. Ce qui excédait Haïn. Tout ce cirque ressemblait a une épopée déglinguée. Ils étaient aux frontières de la mort. Anakin s'échinait à piloter une épave prise entre les griffes invisibles d'un trou noir, les deux Saboteurs n'étaient d'aucune utilité, occupés dans leur cérémonial de condamnés qui frisait le ridicule.
C'est alors que contre tout attente, un hologramme pris forme sur le tableau de bord. L'image d'un Quarren pris la parole.
— Navette B35 en perdition. Ici le lieutenant Aross Talphar. Officier de quart du navire PQ-4. Avons reçu message de détresse...
Haïn sursauta et se rua sur le tableau de bord abandonnant le rituel funèbre laissant en plan Jiin qui ne savait plus si il devait continuer.
— Ici, Navette B35, Commandant Haïn. Sortez-nous de ce guépier !
— Reçu, Commandant Haïn. Préparez-vous pour l'harponnage.
Après une seconde de réflexion Haïn reprit.
— Pardon ? Ici navette B35, pouvez-vous répéter ?
— Navette B35, Préparez-vous à l'harponnage par bâbord. Calez-vous à tribord et préparez-vous à l’impact imminent.
— Négatif ! Négatif ! Hurlait Haïn.
— Impact dans 10,9,8...
Les deux chevaliers Jedi su ruèrent côté tribord, le dos collé à la paroi.
— 7,6,5...
Jiin, comme par reflexe agrippait déjà la main d'Anakin.
— Ho non, ho non. Gémissait Haïn tout en serpentant entre les sièges pour rejoindre les autres.
— 4,3,2,1. Impact !
Deux crochets à la taille démesurée percèrent la coque de la navette à bâbord dans une déflagration tonitruante.
— Accrochage !
Les deux crochets s'ouvrirent par le milieu pour former une étoile et s'arrimèrent à la coque par l'intérieur de la navette.
— Remorquage en cours.
Haïn était furieux.
— Non mais ce n'est pas vrai, c'est un cauchemar. Je suis maudit.
Haïn s'avança alors vers le hublot bâbord. Il posa ses deux mains autours et s'exclama :
— Non d'un sang ! Incroyable ! Stupéfiant !
Modifié en dernier par harnis29 le Lun 09 Jan 2017 - 10:32, modifié 3 fois.
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 9:34   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre 7

Chapitre 7
La Cantine Solitaire


— Une Cantine Solitaire ! S'écria Haïn.
— Une quoi ? Demanda Anakin alors qu'il s'approchait du hublot.
— Une Cantine Solitaire ! Lavez vos oreilles vilain valet ! Une cantine solitaire, bon sang, c'est la première fois... Vaisseaux amiral de liberté. Arche dans la nuit. Elle est magnifique. Regardez !
Obi-Wan, suivit par Jiin, s'approchèrent à leur tour du le hublot. Et maintenant, tous pouvaient voir le vaisseau qui les remorquait. On aurait dit un cube étiré. Une sorte parallélépipède rectangle tout simplement titanesque. A l'arrière de l'appareil, les réacteurs étaient collés les uns aux autres mais il y avait aussi toute une myriade d'antennes arrimées sur les côtés et qui pointaient toutes vers l'avant. Quelques paraboles étaient disséminées le long de la coque. Et enfin à l'avant, dans un arc de lumière il avait le poste de pilotage. Anakin se dit en le regardant que le Quarrens devait sûrement encore y traîner ses tentacules. Mais l’œil aiguisé d'Anakin avait aussi remarqué les canons éparpillés sur toute la longueur du bâtiment. Deux pièces d'artillerie retinrent son attention. Situées en poupe, les deux doubles canons semblaient en piteux état. L'un des canons était tout simplement déchiré sur son fuselage et par conséquent hors d'état de nuire. Mais l'autre était en parfait état de marche et, Anakin en était certain ; les canons les suivait du regard à mesure que la navette s'approchait de la Cantine Solitaire.
— Nous sortons d'un piège pour tomber dans un autre. Déclara Obi-Wan.
— Cessez donc de dire des idioties Jedi. C'est un vaisseau de la providence. Nous avons une chance inouïe. Bon sang de Balosar ! Nous allons pouvoir réparer « l'étoile » en toute quiétude, boire et manger à en perdre la raison et.. oui, Jiin ! Prépare les caisses de crédit. Nous allons jouer ! Dit Haïn en tapant des mains.
— Je ne voudrais pas calmer votre enthousiasme seigneur Haïn, mais je doute qu'on nous fasse bon accueil.
— Ha bon et pourquoi ça ?
— Cela me parait assez simple Seigneur Haïn. Une Cantine Solitaire est un vaisseau dissident. Qui ne suit aucune règle de la République et dont le principe même est le camouflage. C'est un repère de bandits, de braconniers, de chasseurs de prime, même de Saboteurs. Quelle va être leur réaction quand ils apprendront que deux Saboteurs ont partie liée avec deux Chevaliers Jedi ?
Haïn éclata à nouveau :
— Quoi ? Pardon ? Non mais vous plaisantez ! C'est un scandale ! Nous ne sommes que les victimes d'un complot et d'un rapt ignoble. Haha ! La roue tourne Jedi. Une fois sur place, c'est vous, maudit Jedi, qui serez en fâcheuse posture. Et j'ai bien peur que ni vos sabres laser, ni votre pseudo religion ne vous soit d'aucune utilité. Ceci (Haïn pointa du doigt le vaisseau) est un bâtiment neutre synonyme de liberté. Jiin ! Prépare aussi mon costume d'apparat, nous allons festoyer !
— Seigneur, rappelez-moi la devise des Saboteurs ? Demanda alors Obi-Wan.
C'est Jiin qui répondit tout en se grattant le fond de l'oreille :
— « Dans la guerre, comme dans la paix, ne jamais faire confiance aux saboteurs, vous devez ! »
— Non non non, s'écria Haïn. Alors ça non ! C'est trop facile.
Haïn recula, dégaina et pointa son blaster en direction d'Obi-Wan.
— Vous ne vous en tirerez pas comme ça. Vous êtes nos prisonniers à partir de maintenant. Jiin ! Prépare les chaînes, nous avons deux trophées à négocier.
La pauvre Jiin, une caisse de crédit accrochée à une main et le costume d'apparat dans l'autre, resta indécis.
— Seigneur Haïn, qui croyez-vous berner avec cette arme ? L'interrogea Obi-Wan. Nous sommes des Chevaliers Jedi, vous pensez vraiment qu'un Saboteur même armé d'un blaster pourrait avoir le dessus ? Vraiment Seigneur ?
— En attendant, vous êtes nos prisonniers j'ai dit !
— Anakin...
Ce fut le signe pour Anakin de passer à l'action. En une seconde il avait dégainé son sabre et coupé en deux le blaster.
— Bien. Reprit Obi-Wan. Maintenant nous devons trouver un stratagème pour nous sortir de cette situation. Anakin, à partir de maintenant tu es mon fils, nous sommes des clandestins qui avons profité de l'oisiveté des Saboteurs pour s'introduire dans la navette et fuir de Coruscant.
— L'oisiveté… n'importe quoi ! Ce plan est voué à l'échec... Maugréa Haïn. Vous n'abuserez personne sur ce vaisseau.
— Nous sommes dans la même galère Seigneur Haïn. Jouez le jeu et vous repartirez avec une navette en état de marche. Sinon... et bien...
— Nous improviserons. Reprit Anakin.
Obi-Wan sourit, et pendant qu'il ajustait son sabre pour le dissimuler au mieux dans les pans de sa veste, il conclut :
— Je te reconnais bien là mon jeune Padawan.
— Vous êtes une bande de dégénérés. Repris Haïn.

La navette était un amas de ferraille déguenillée tirée par deux câbles vers la Cantine Solitaire. Dans quelques minutes ils allaient devoir s'expliquer sur la raison de leur présence si loin de tout. Obi-Wan avait parfaitement conscience de la situation. Il savait aussi qu'il ne pouvait en aucun cas compter sur les deux Saboteurs.
Les deux chevaliers Jedi avaient troqué leur cape contre un bout de tissus trouvé dans les cales de la navette. Anakin avait caché son sabre à l'arrière de son pantalon. Ils allaient devoir faire illusion le plus longtemps possible. Du moins jusqu'à ce qu'ils trouvent un moyen de sortir de ce nouveau traquenard.
— Maître, pourquoi appelle-t-on ce vaisseau une Cantine Solitaire ?
— Les Cantines solitaires sont des vaisseaux de guerre du système Hokba. Engagés dans un conflit désastreux il y a de cela une centaine d'années. Quatre capitaines pour quatre vaisseaux. Les quatre capitaines se sont entendu et ont décidé de faire sécession. Ils ont quitté le système Hokba pour militer contre la guerre et devenir un havre de paix…
— Une oasis de liberté. Repris Jiin. Ces quatre vaisseaux ne sont plus des armes de guerre, Jedi, mais des sanctuaires pour tous ceux qui veulent vivre libre et contre les dictas de la République. Les Cantines Solitaire sont des refuges pour ceux qui sont dans le besoin. La tradition veut que quiconque monte a bord d'une Cantine Solitaire pourra manger à sa faim.
— Au début peut-être. Repris Obi-Wan. Plus aujourd'hui.
— Mais pourquoi Solitaire ?
— Les quatre navires ne sont pas équipé de propulsion hyperespace. En cas de guerre ces vaisseaux ne peuvent fuir. Les Cantines Solitaire sont donc condamnées à errer dans galaxie sans jamais entrer en contact avec qui que-se-soit. La dissimulation est leur seule arme. La coque est équipée de panneaux réflecteur. Une fois enclenché, le vaisseau devient furtif. Et donc très difficile à repérer. Il y a quelques années avec Maître Qui-Gon Jinn nous avons cru en apercevoir une dans une poche de gaz près du système de Togoria. Il semble qu'une des Cantines Solitaire ait réussi à s'équiper de l'hyperpropulsion. Du moins une sur les quatre. Celle-ci semble en être dépourvue. Avec le temps, ces vaisseaux sont entrés dans la légende.
Anakin continuait l'observation de la Cantine Solitaire. Il était assez impressionné par la taille gigantesque du vaisseau. Il se demandait comment un tel navire pouvait passer inaperçu. Il repensa à la bataille de Naboo. Les vaisseaux de la Fédération du Commerce étaient déjà très imposants. Mais celui-ci les dépassait largement. Combien de membres d'équipage il fallait pour faire avancer ce mastodonte ? Il allait vite le savoir. La navette allait dans quelques minutes rejoindre le ventre de la Cantine Solitaire. Ils venaient d'échapper à l’appétit féroce et insatiable d'un trou noir pour finir dans la bedaine d'un monstre d'acier.
Jiin s'approcha des deux Jedis qui présentèrent leurs poignets pour qu'il puisse y passer les menottes. Haïn fulminait tout en rechargeant les multiples poches de son gilet en munition.
— Une bande de dégénérés... Marmona-t-il.
Ils étaient tous prêts.


Sur le pont de la Cantine Solitaire, l'amiral Tev Vanth II, enfoncé dans son siège, observait depuis l'écran de contrôle la navette qui entrait dans la baie d'embarquement. Tev Vanth II était l'archétype du tyran. Premier officier de la Cantine Solitaire, il régnait d'une main de fer sur son vaisseau. Né et élevé dans la Cantine Solitaire, fils du Capitaine Tev Vanth 1er, il prit le commandement du vaisseau à la mort de son père. Légèrement bedonnant, Une cicatrice boursouflée lui déchirait le visage : surgissant de sa tempe gauche, lui lacérant l’œil au passage, elle disparaissait ensuite dans sa barbe. Ses longs cheveux bruns grisonnant rebondissaient sur l'énorme col plat de sa gabardine en cuir qui laissait entrevoir ses galons de Commandant. Sa place de Premier officier n'était pas l'héritage aristocratique échu de son père. Non, sa place, il avait conquit par la force et au prix d'une douleur qui ne le quittait jamais. Son œil. Son œil pleurait des larmes d'une souffrance éternelle qu'il épongeait à l'aide d'une petite étoffe blanche qu'il gardait constamment à la main. Sensible à la lumière, il passait le plus clair de son temps dans la pénombre à contempler l'aquarium bleuté qu'il avait fait installer dans la cabine de pilotage.
Cet humain n'avait qu'une obsession : retrouver les autres Cantines Solitaires et reprendre Hokba. Rien, ni personne, depuis des années, n'avait pu le détourner de son objectif. Et même si son navire errait depuis des décennies dans le vide de l'univers, même si Tev Vanth II n'avait pu mettre la main sur les autres Cantines, il gardait espoir. Et chaque prise était bonne à prendre. A chaque fois qu'il arraisonnait un vaisseau, il avait l'espoir d'y trouver un système d'hyperpropulsion assez puissant pour la Cantine. Pourtant il fallait se rendre à l'évidence ; la Cantine Solitaire était trop imposante. Mais cette évidence il la refusait. Il la niait. Le commandant de la Cantine PQ-3 y était arrivé. Il ne voyait aucune raison de désespérer. Alors chaque navette, chaque vaisseau attrapé serait réparé et surtout préparé au combat. Tev Vanth II était persuadé que son heure viendrait et qu'un beau jour il devrait mener le combat de sa vie et chaque navire, chaque navette, serait transformé en arme. Quoiqu'il en coûte.
Une fois la navette posée, une horde de droïdes de maintenance s'occupèrent pour les uns, de décrocher les harpons, pour les autres de faire un premier diagnostique. Ils ne savaient pas où donner de la tête, tant la navette était dans un état pitoyable. Dans la frénésie, plusieurs droïdes se percutèrent et s'insultaient par de véhéments cliquetis.
— Comment peux-t-on embarquer dans une telle ruine ? Pensa Tev Vanth II.
Le lieutenant Aross Talphar se tenait aux côtés du Commandant. Il regardait d'un air dubitatif la navette, ses longues tentacules au bas de son visage s'agitaient mollement. TC-18, un droïde protocolaire s'avança :
— Commandant, le vaisseau B35 est en position.
— Bien. Faites sortir l'équipage.
Dans un jet de vapeur la passerelle de la navette commença à descendre lentement. A mi-course elle se bloqua. TC-18, légèrement penché sur le côté, accompagné de deux droïdes gardiens, se tenait perplexe face à la passerelle. De là où il était il pouvait entendre Haïn vitupérer, et sans le voir, il l’entendait frapper de toutes ses forces contre les vérins hydrauliques. La passerelle finit par céder mais au lieu de continuer sa course, les vérins se brisèrent et la passerelle se fracassa sur le sol.
Les deux saboteurs bondirent de la navette accompagnés les deux Jedis menottés. La première chose qui sauta au nez d'Anakin, fut l'odeur pestilentielle qui flottait dans l'air. Son premier réflexe fut de poser sa main sur son nez. Il n'avait jamais senti une odeur pareil. Un savant mélange de rouille, de sueur et de pieds sales mijotant depuis des années dans des bottes.
TC-18 s'avança vers eux.
— Bonjour je suis TC-18, Droïde de protocole. Au nom du commandant Tev Vanth II je vous souhaite la bienvenue à bord de la Cantine Solitaire numéro 4. Comme le veut la tradition vous êtes invité à partager le repas sacré de la Cantine en salle 28.
— Ha merci, vous êtes bien aimable petit robot ! Quelle chance nous avons eu !Veuillez remercier l'amiral de nous avoir secouru ! S'exclama Haïn. Je suis Haïn et voici Jiin mon fidèle compagnon. Les deux humains derrière nous sont nos prisonniers, des clandestins qui ont honteusement profité d'un moment d’inattention pour s'infiltrer dans notre navette. Auriez-vous l'amabilité de bien vouloir leur trouver un cachot. Ils ont l'air inoffensif au premier abord mais croyez-moi, ils ont plus d'un tour dans leur sac.
— Bien messire Haïn. Veuillez me suivre.
TC-18 fit signe aux deux droïdes gardiens qui s'avancèrent vers les Jedis. Pendant qu'Obi-Wan regardait les deux Saboteurs s'éloigner Anakin ne pu s’empêcher de toiser du regard les deux gardiens. L'un d'eux donna un léger coup sur la hanche d'Anakin avec son bâton dont l'extrémité produisait une petite décharge électrique. Anakin aurait voulu les détruire sur-le-champ, mais il s'en garda bien. Tout en suivant les deux gardiens Obi-Wan leur demanda :
— Messieurs, croyez-vous qu'il serait possible de manger quelque chose ? Mon fils et moi n'avons pas mangé depuis des jours et…
— Taisez-vous prisonniers ! Lui répondit dans une voix métallique l'un des gardiens. Vous êtes considéré comme prisonnier, nous n'aimons pas les clandestins par ici. vous êtes donc soumis au régime carcéral. Vous mangerez quand il sera l'heure.
— Vous n'êtes pas très aimable, nous sommes des clandestins, certes, mais nous n'avons rien fait de mal…
— Taisez-vous cafards !
Obi-Wan garda son sang froid et les deux Jedis suivirent les gardiens jusqu'au cachot. Une fois seul dans la cellule, Obi-Wan se mit en tailleur sur le sol et ferma les yeux. Anakin n'était pas tranquille et cherchait déjà un moyen de s'évader en inspectant les lasers qui servaient de barreaux du cachot.
— Anakin je te propose un moment de méditation. D'ici quelques heures la navette sera réparée, nous pourrons alors... improviser... dit-il dans un sourire sans ouvrir les yeux.
— Je n'aime pas ça maître.
— Je sais, mon jeune Padawan. Mais nous n'avons, pour l'instant, pas vraiment le choix. Patience...
— Et puis je commence à avoir faim...
Anakin se résolu à s’asseoir sur le banc métallique et engloutit une barre d'énergie qu'il avait sorti de sa ceinture. Son sabre caché le gênait et il avait du mal à trouver une position confortable. Et puis il ne savait pas si il devait admirer ou dénigrer l’attitude de son maître. Obi-Wan avait cette façon de faire... comme une sorte de nonchalance, comme si jamais rien ne le perturbait vraiment. Il fallait avoir un vrai sang froid pour réagir de la sorte. C'était sûrement le résultat d'années de méditation et de maîtrise de soi. Anakin n'était pas comme ça. Il allait devoir apprendre à devenir plus sage. Il le savait.

La porte blindée de la salle 28 coulissa et les deux Saboteurs n'en crurent par leurs yeux. La salle était bondée. Un brouhaha intense résonnait contre les parois. Il y avait des humains, des droïdes et tout un maelström de créatures plus bizarre les unes que les autres. Une horde de droïdes serpentait entre les tables dressées pour déverser une bouillie étrangement verdâtre dans les bols que les convives leur présentaient. D'autres se disputaient pour n'importe quelle raison et en venait parfois aux mains. Au fond de la salle, un comptoir installé sur quasiment toute la largeur de la salle était assailli de toutes parts. Les trois serveurs humains étaient débordés. Haïn et Jiin arboraient un grand sourire. Ils étaient dans leur élément. Alors qu'ils se frayaient un chemin vers le comptoir, Haïn remarqua une créature assise devant une petite table un peu à l'écart. Une créature gargantuesque, à la peau d'un orange vif qui sirotait un liquide suspect. Un galorien. Il devait bien faire trois mètres de haut. Sa silhouette était impressionnante ; tout en muscle saillant rehaussée d'une tête entièrement chauve. La couleur de sa peau détonnait, en fait, on ne voyait que lui. Jiin tapota l'épaule de son Seigneur et désigna du menton le galorien qui se parlait à lui-même.
— Seigneur, vous le voyez ? On dirait…
— Runh Rapuhn ! C'est impossible !!!
Runh Rapuhn se retourna, les yeux débordant de larmes, vers les deux Saboteurs. Il but encore une gorgée en penchant la tête en arrière et les regarda longuement.
— Ronnie !? C'est nous ! Haïn et Jiin !
Il mit un certain temps avant de percuter. Mais quand cela fut fait son visage changea complètement d'expression et il s'exclama :
— Haïn et Jiin Môche ! Dans mes bras misérables Saboteurs !
Haïn aurait préféré qu'il évite de les désigner par leur sobriquet mais il n’eut pas le temps de s'en soucier. Runh les attrapa comme des poupées et les embrassa longuement en les serrant très fort contre lui. Les Saboteurs se tortillaient dans ses bras.
— Ronnie, Ronnie, ça suffit ! Gronda Haïn
Après une longue étreinte Runh finit par les lâcher. Il les inspecta un instant des pieds à la tête.
— Vous n'avez pas grandi mes amis. Ce n'est pas croyable... Haïn et Jiin Môche en personne ! Les deux plus grandes crapules de la galaxie. Les deux Sab…
— Runh ! Chut ! Grogna Haïn en joignant le geste à la parole. Nous ne sommes plus des Sa... nous avons changé, enfin... presque.
Runh compris et se tue.
— Ronnie, repris Haïn, mais qu'est-ce que tu fiches ici ?
— Ce que je fiche ici ?
Ruhn se renfrogna et continua :
— Je bois pour oublier. Et je crois que bien que cela à finit par porter ses fruits, car voyez-vous, j'ai oublié... Mais je dois vous remercier car c'est grâce à vous deux. Oui c'est bien cela. Je crois que je me souviens finalement... ha non... je ne sais plus.... Ha si ! C'est a cause de vous, oui ! bande de misérable vermine ! Qui m'a abandonné lors de l'opération contre la fédération du commerce ? Qui m'a laissé en plan alors qu'on était à deux doigts de réussir ? Qui ? Vous deux ! Oui vous deux là !Mes amis! Santé !
Runh vida son verre cul-sec. Ensuite il attrapa au passage la bouteille en métal d'un serveur et bu au goulot. Il proposa ensuite la bouteille à Jiin qui ne se fit pas prier pour y boire à son tour.
— Mais enfin Ronnie, lui répondit Haïn, N'allons pas réveiller quelques vieilles querelles, c'était il y a plus de cinq ans maintenant…
— Cinq ans ? Cela fait vraiment cinq ans ? Oh mon...
Il reprit des mains de Jiin la bouteille et la porta à la bouche. C'est alors que Runh éclata en sanglot. Ses yeux débordaient de larmes et il cacha alors son visage dans ses bras. Plusieurs créatures les scrutèrent du regard. Jiin s'approcha et lui tapota l'épaule tout en tirant sur la bouteille mais Runh la gardait bien serrée.
— Allons, allons Ronnie, ça va passer.... Dit Jiin, sans quitter des yeux le goulot de la bouteille.
— Non non non ! Ça ne passera pas... Cinq ans, cinq ans. Ce n'est pas possible... j'ai l'impression que cela fait une éternité que je suis enfermé ici... Que cinq ans... Que cinq ans ! ce n'est pas possible.
— Comment ça, tu es enfermé ici ? Qu'est-ce que tu racontes ? Demanda, soudain soucieux, Haïn.
Runh, encore pris par des soubresauts de larmes finit par reprendre un semblant de calme.
— Hé bien figurez-vous messieurs les sab... mes amis, que tout ce joli monde, ainsi que vous deux, nous sommes tous prisonniers de la Cantine Solitaire. Oui oui. Prisonniers. Personne ne s’échappe de la Cantine Solitaire. Personne.
— Qu'est-ce que tu racontes, stupide animal ?
A ce moment-là, au-dessus du comptoir, une immense baie vitrée s'alluma tandis que les lumières de la salle 28 s'estompèrent. Le brouhaha fit place au silence.
Haïn et Jiin regardaient dans tous les sens. C'est alors que derrière la baie vitrée, on put voir la silhouette connue de TC-18 et juste derrière lui, légèrement en retrait la forme massive du commandant Tev Vanth II. TC-18 appuya sur un bouton et commença son discours :
— Cher Cantiniers ! Soyez tous bénis. A tous, je vous souhaite le bonjour. Aujourd'hui est un jour spécial pour nous. Aujourd'hui le commandant va parler.
Un frisson parcourra l'assistance. Quelques « bravo » fusèrent et une vague d'applaudissements émergea.
TC-18 recula et laissa sa place à Tev Vanth II. Il parcourut du regard la foule d'un air bienveillant. Cependant son expression changea lorsqu'il posa ses yeux sur Haïn et Jiin. Son esquisse de sourire disparue lorsqu'il vu Jiin lécher le goulot de la bouteille. Haïn s'en aperçu et lui colla une baffe.
— Cantiniers ! Je me tiens devant vous en ce jour mémorable pour vous annoncer que nous venons d'entrer dans la bordure intérieure. Dans quelques minutes nous allons profiter du champ gravitationnel du trou noir de Korda pour lancer à plein régime les réacteurs de la Cantine Solitaire. Cantiniers ! Chaque jour nous nous rapprochons un peu plus du monde du noyau. Chaque jour nous avançons vers notre quête ultime. Cantiniers ! Je vous l'annonce dès maintenant, ce n'est qu'une question de temps... Nous allons enfin pouvoir doter la Cantine Solitaire d'un moteur hyperespace !
La foule hurla sous un tonnerre d'applaudissement. Le commandant Tev Vanth II leva la main pour calmer l'auditoire.
— Cantiniers ! Aujourd'hui nous accueillons deux nouveaux soldats : Haïn et Jiin.
Tev Vanth II pointa du doigt les deux Saboteurs.
— Ces deux créatures nous offrent en échange de notre protection et pour la cause, un vaisseau d'attaque B35. Au nom du peuple de la Cantine Solitaire, je vous remercie.
Jiin était paralysé, la bouche ouverte. Le sang de Haïn ne fit qu'un tour et il sauta sur la table et dégaina son blaster.
— Calomnies ! Mensonges ! Hurla Haïn. Personne ne touche à mon « étoile » et je tuerai le premier qui s'en approche...
Runh faisait tout son possible pour dissuader Haïn de dire un mot de plus, en agitant les mains devant son visage.
— Haïn, mon ami, je t'en supplie tais-toi, tu vas nous faire tuer.
— Me taire moi ?!! Stupide animal orange ! Tu veux goûter de ce joujou ? Demanda Haïn tandis qu'il secouait son blaster devant le nez de Runh. Haïn s'adressa ensuite a l'amiral.
— Officier de pacotille ! Je suis le Seigneur Haïn des Saboteurs et je vous défie de toucher un seul cheveu de mon « étoile » !
Un murmure parcourut la foule. Derrière la baie vitrée, TC-18 ne put s'empêcher d'ajouter :
— Commandant ! Des Saboteurs ! Dans la cantine !
— Je ne suis guère surpris Saboteur ! Sachez qu'aucune menace n'est tolérée ici. Cantiniers ! Saisissez-vous d'eux ! Ordonna Tev Vanth II.
La foule entière dégaina, et en moins d'une seconde, quelques deux cent blasters étaient pointé sur Haïn et Jiin. Runh, qui n'avait pas d'arme, se contenta de faire comme si il en avait une et les pointa avec les doigts de sa main.
— Crétin de crustacé ! Maugréa Haïn.


— Maître ! Regardez qui voila !
Obi-Wan, toujours en tailleur, ouvra les yeux tandis que Haïn et Jiin, menottés, entraient dans le cachot qui leur faisait face. Une fois les droïdes gardiens disparus, Anakin ajouta :
— On peut dire que vous ne perdez pas de temps Saboteurs !
— Ferme-la gamin ! Proféra Haïn. Nous n'avons plus rien. Plus de navette, plus d'arme, même notre honneur est bafoué, outragé. Maudite Cantine, maudite République, maudit Jedis ! Je vous hais !
— Oui oui on sait Seigneur Haïn. Tout est de notre faute... Anakin souriait. En fait il était assez content de les voir. Même si Haïn était aussi aimable qu'une porte de prison.
— Savez-vous si la navette est réparée ? Demanda Obi-Wan pendant qu'il se relevait.
— A quoi bon. Répondit Jiin. Elle est entre les mains du flibustier Tev Vanth II maintenant. Le voleur ! On ne s'évadera jamais de cette forteresse... C'est un désastre. Tout ce malheur qui s'acharne sur nous. Pauvres de nous…
— Jiin ! Cesse donc ces lamentations puériles. Ils ne nous ont pas tout pris. Regarde-moi Jiin. Haïn prit la tête de Jiin et la serra entre ses mains. Suis-je un bon Seigneur ?
— Oh oui mon Seigneur, le plus grand et le plus valeureux de tous, mon seigneur.
— Suis-je un bon Saboteur Jiin ?
— Oh oui mon Seigneur, le plus habile des saboteurs…
— Vous êtes vraiment navrant... souffla Anakin.
— Vous ! On ne vous a pas sonné ! Cracha Haïn. Je suis donc le plus grand des Seigneurs Saboteurs, n'est-ce pas Jiin ?
— Cela ne fait aucun doute mon Seigneur, et celui qui dira le contraire, j'en fais le serment, je l'étranglerai de mes propres mains.
Haïn s'adressa alors au Jedis :
— Hé ! Les pantins ! Regardez et apprenez !
Haïn farfouilla dans son pantalon et en sortit un dispositif assez bizarre qu'il présenta aux Jedis depuis leur cellule.
— Un détonateur en permacrète ! S'exclama Jiin. Oh fortune et gloire mon Seigneur ! Votre splendeur est éternelle mon Seigneur.
— Vous ne comptez pas utiliser cette arme ici Seigneur Haïn ? s'inquiéta Obi-Wan.
— Bien sur que si. Répondit Haïn.
— Vous ferez exploser la moitié de ce vaisseau et nous avec. Vous en avez bien conscience ?
— Oh que oui Jedis ! Jiin ! Nous risquons de perdre la vie dans cette dernière bataille mais sache que je te considère comme le meilleur des domestiques.
Les deux saboteurs avaient chacun les mains de l'autre posées sur les épaules. C'était un moment solennel.
— Vous me faites trop d'honneur mon Seigneur... C'est vrai que je suis excellent dans mon domaine et c'est aussi vrai que l'on ne fera jamais meilleur serviteur que moi. Vous avez tout le temps raison mon Seigneur, même quand vous avez tort.
Obi-Wan leva la main gauche et en deux secondes le détonateur en permacrète s'envola des mains de Haïn pour tomber dans celles du Jedi.
— Jedis ! Rendez-moi tout de suite ce détonateur. C'est du vol. Alors vous aussi, caché derrière votre philosophie de quincaillier vous n’êtes que de simple voleur, kidnappeur, menteur.
— Seigneur Haïn, écoutez-moi bien. Mon Padawan et moi-même sommes en mission pour la République. Nous devons résoudre le mystère de la mort Sajura Zaharcha et nous devons nous rendre au plus vite sur la planète Cachin. Il y a de sérieux éléments qui prouve votre complicité dans l'attentat commis à l'encontre de la fille du Roi Zaharcha et c'est pourquoi je ne laisserai rien n'y personne nous dévier notre de route. Je vous tiens sous la main et je n'aurai aucune clémence ni faiblesse en ce qui vous concerne. A partir de maintenant vous allez devoir vous pliez à mes exigences…
— Parlez, parlez Jedis. Un seigneur Saboteur n'écoute que son courage.
Obi-Wan, excédé, d'un geste de la main projeta Haïn contre le fond de la cellule. Anakin fut surpris par le geste de son maître, mais après tout. Haïn avait une fâcheuse tendance à se rendre insupportable, et la projection de Haïn contre le mur n'était pas si violente que ça après tout.
— Anakin, c'est le moment, nous devons trouver un moyen de sortir d'ici en toute discrétion, récupérer la navette et filer vers Cachin. Penses-tu pouvoir réparer l'hyperpropulsion dans un temps limité ?
— Je ne sais pas trop Maître. Il faut que j'examine ce qu'ont fait les droïdes mécaniciens. Une fois que j'en saurais un peu plus je pourrais vous donner une estimation.
— Bien. Évitons pour le moment de nous faire remarquer. Jiin ! Trouvez-nous une solution pour sortir d'ici.
— Bien maître. Répondit Jiin.
— Non Jiin ! Aboya Haïn. Je t'interdis formellement de parler a ces scélérats !
Obi-Wan fit un geste de la main et tout de suite Haïn s'amadoua.
— Bien, bien... j'ai compris...
Obi-Wan s'approcha du système de contrôle de la serrure du cachot.
— Il doit y avoir un moyen de court-circuiter cette serrure. Dit-il.
Il se pencha et examina le boîtier qui était relié au verrou, rejoint par Anakin qui ne voulait pas manquer une miette de la technique de son Maître.
— Ce serait quand même vraiment plus simple si nous pouvions taper le code directement. Fini par dire Anakin.
— Je ne connais pas le code Anakin... et toi ?
— Je n'ai pas eu le temps de le voir lorsque les gardiens l'ont tapé.
— Moi je le connais. Ajouta Jiin qui était à côté d'eux.
Anakin sursauta.
— Mais... Jiin comment as-tu ?…
— Hé bien quoi Maître ? Je suis passé entre les barreaux !
Les deux Jedis se redressèrent, éberlués.
— Et tu connais le code ? Demanda Obi-Wan.
— Oui bien sur.
— Et qu'est-ce que tu attends alors ?
— Et bien, j'attends de vous voir court-circuiter le verrou.
— Ouvre-moi cette cellule et tout de suite Jiin.
— A vos ordres, Maître.
Jiin se faufila à nouveau entre les barreaux en faisant bien attention de ne pas les effleurer et tapa le code qui les coupa. Les deux Jedis s'élancèrent alors dans le couloir avec Jiin. Anakin s'arrêta un instant devant la cellule de Haïn.
— Vous comptez rester là ? Venez avec nous Seigneur Haïn.
— Non je ne bougerai pas d'un pouce.
— Si vous voulez récupérer votre « étoile » vous allez devoir nous suivre.
— Vous n'avez aucune chance de sortir vivant de la Cantine. C'est une tanière à vauriens sous les ordres d'un cancrelat. Ils vont nous faire la peau dès que vous aurez mis un pied dans la baie d'embarquement.
— Haïn…
— Seigneur Haïn. Corrigea-t-il.
— Seigneur Haïn, Ce n'est pas le moment de bouder. Je suis un Jedi et je vous garantis que nous allons sortir d'ici, avec ou sans vous.
Haïn soupira de dépit et sortit de la cellule.
— Vous n’êtes qu'un Padawan... Vous ne serez jamais un Jedi, je vous aurais tué bien avant. Mais jusqu'à ce que ce jour arrive, qu'il en soit ainsi. Mais c'est moi qui pilote la navette. Dit Haïn.
— Non mon bon seigneur. C'est moi.
Les deux comparses rejoignirent Obi-Wan et Jiin devant la porte blindée.
— Jiin ! Le code.
Jiin tapa le même code sur le panneau de contrôle mais cela n’eut aucun effet.
— Anakin, je crois que nous allons devoir utiliser la manière forte. Dit Obi-Wan, alors qu'il sortait son sabre laser, la lame bleutée éclairant son visage, prêt à l'enfoncer directement dans la porte blindée, comme l'avait fait Qui-Gon il y a quelques années. Anakin en fit autant.
Mais au même moment, la porte blindée coulissa et ce ne sont pas deux droïdes gardiens qui se présentèrent devant eux.
— Ronnie ! S'exclama Jiin.
— Mes amis ! Je viens vous délivrer ! Dit Runh en écartant les bras.
Pendant une seconde Obi-Wan et Anakin étaient sur le qui-vive, tant Runh était impressionnant.
— Nous n'avons pas besoin de toi Ronnie, tu es inutile. Nous avons deux chevaliers Jedi à notre service, tu vois ? Grogna comme toujours Haïn.
Hain passa devant lui en l'ignorant. Les deux chevaliers en firent de même tout en éteignant leur sabre. Alors qu'ils s'éloignaient, Runh Rapuhn ne put s'empêcher de rajouter ;
— Emmenez-moi avec vous les amis !
Sans même se retourner et tout en continuant son chemin Haïn cria :
— Nous n'avons pas besoin de toi !
— Mais je peux vous aidez ! J'ai vos armes. Implora Runh qui brandissait les deux blasters des Saboteurs.
— Tu es trop grand et trop gros. Lui dit Jiin. Nous n'avons pas assez de place dans la navette pour ta carcasse.
Jiin, tout en parlant, lui pris les armes des mains et s'éloigna.
Malgré sa masse imposante, Runh faisait pitié et toute sa peau changea alors de couleur, passant de l'orange au rose pale. Mais il ne perdit pas espoir et dans une dernière tentative il courut vers eux, chacun de ses pas faisait résonner toute la structure.
— Je peux me faire tout petit regardez !
Runh s’accroupit en plaquant ses coudes contre sa poitrine et pendant un instant Anakin pensa qu'effectivement il paraissait plus petit. Et ce n'était pas qu'une impression, mais après quelques secondes le corps de Runh diminua de moitié.
— Tu es ridicule. Lui dit Haïn.
Runh n'eut pas le temps de plaider sa cause. De l'autre côté de la salle, une porte blindée glissa et deux droïdes gardiens surgirent.
— Halte là ! Cria l'un d’eux de sa voix métallique.
Haïn ne chercha pas a comprendre. Il dégaina son blaster et tira par deux fois directement dans les têtes robotisées, les faisant éclater en morceaux.
— Voyez jeune Padawan. Tout l’intérêt d'un blaster... vos armes préhistoriques sont complètement dépassées aujourd'hui. Il suffit, comme moi, d'être attentif, rapide et percutant pour être efficace...
L'alarme de la Cantine Solitaire se mit à hurler. Les lumières de la Cantine Solitaire passèrent du bleu glaciale au rouge.
— Ronnie ! Saurais-tu nous guider jusqu'à la baie d'embarquement ? Demanda Haïn.
— Oui. Je connais les moindres recoins de ce vaisseau Seigneur Haïn. Laissez-moi vous accompagner.
Runh Rapuhn se dirigea vers la grille d'une bouche d'aération située dans le sol.
— Nous devons passer par là. Les couloirs de la Cantine ne serons plus fréquentables d'ici quelques secondes.
Runh arracha la grille de ses mains.
— Tu es sûr de ton coup ? Demanda Haïn.
— Oui Seigneur ! Suivez-moi!
— Non stop ! Fit Obi-Wan. C'est le premier endroit où ils vont nous chercher. Nous devons faire autrement. Pouvons-nous trouver des combinaisons spatiales ?
Runh réfléchi quelques instants et répondit :
— Oui. Je sais où en trouver.
— Parfait ! Nous allons rejoindre la baie d'embarquement en passant par l'extérieur de la Cantine.
— Vous êtes stupides ! Il est bien plus simple et sécurisé de passer par les conduits d'aération ! S'emporta Haïn.
— Faites comme bon vous semble. Répondit Obi-Wan. Nous, nous passons par l'extérieur. En avant !
Runh Rapuhn pris les devants et rebroussant chemin suivit par les deux Jedis et Jiin. Quand Haïn se retrouva tout seul, il n'eut d'autre choix que de suivre les autres bien malgré lui.
Toute l'équipe repassa par l'étage des cellules en sens inverse. Ils traversèrent des couloirs, des salles et finirent par atteindre les vestiaires dans lesquels se trouvaient les combinaisons spatiales. Les Jedis s'équipèrent en quelques secondes. Mais ce fut un brin plus compliqué pour les deux Saboteurs. En effet aucune combinaison n'étaient à leur taille. Les deux Saboteurs nageaient littéralement dans les combinaisons bien trop grandes pour eux. Et quand ils posèrent leur casques, Anakin éclata de rire. Ils étaient ridicules. Haïn brandit encore une fois son blaster et il fallut tout le talent de Jiin pour calmer son Seigneur.
Ils arrivèrent ensuite devant un sas qui donnait directement sur les nacelles de maintenance du vaisseau. Ils s'entassèrent tous sur une seule nacelle qui n'était prévue que pour deux ou trois passagers. Runh Rapuhn, qui n'avait pas besoin de combinaison, fut obligé de diminuer sa taille pour qu'ils puissent tous tenir dessus. Anakin s'occupa des manettes et la nacelle fila vers la poupe du vaisseau. La Cantine Solitaire était vraiment immense et il fallut de longues minutes avant d'atteindre leur destination.
Un vaisseau de cette taille était un chantier perpétuel. Ils croisèrent d'autres nacelles sur lesquelles se tenaient des droïdes qui réparaient la coque du vaisseau. Quand ils virent passer la nacelle bondée, ils informèrent le commandement de leur présence. Et quelques secondes plus tard, une armada de chasseurs bigarrés prenait son envol.
— Nous avons de la visite. Fit Anakin.
Trois chasseurs foncèrent droit sur eux en les mitraillant de coup de laser. Obi-Wan et Anakin dévièrent les tirs et Haïn tira un coup de blaster sur le chasseur le plus proche. Celui-ci parti en vrille et s'écrasa contre la coque de la Cantine.
— Nous ne pouvons pas rester ici ! Cria Obi-Wan. Il faut retourner tout de suite à l'intérieur du vaisseau.
— Qu'est-ce que je vous avais dit ! Mais moi évidemment, on ne m'écoute jamais. S'énerva Haïn. Il aurait été plus sage et plus bien plus sûr de passer par la conduite d'aération. Mais non ! Faut toujours suivre l’apôtre barbu et son disciple. Avec leur sabre et la Force et blablabla…
— Haïn ! Vous avez vu la taille de ce vaisseau, il nous aurait fallut des jours pour atteindre la baie d'embarquement. Au moins, nous nous somme bien rapproché ! Runh ? C'est bien votre nom ?
— Oui.
— Faites-nous rentrer avant que les chasseurs ne nous pulvérisent !
Runh pris les commandes des mains d'Anakin et fit pivoter la nacelle pendant que les Jedis paraient encore des coups de laser. Haïn et Jiin bombardaient les vaisseaux ennemis avec une grande précision. Ils faisaient du très bon travail.
Runh finit par trouver une entrée à l’intérieure de la Cantine et la nacelle s’engouffra. Ils sautèrent tous de la nacelle pour se retrouver dans une salle quelconque, éclairée par des néons rouges.
Une fois débarrassé de leur combinaison, Runh saisit la première grille d'aération et sauta, suivi des deux Saboteurs. Anakin jeta un coup d'œil vers son maître, attendant son aval. Obi-Wan lui fit un signe du menton et Anakin sauta à l'intérieur. Tandis qu'Obi-Wan repositionnait la grille sur la bouche d'aération, trois portes blindée coulissèrent à l'unisson tout autour de la salle et une horde de droïdes gardiens déboulèrent, lance à la main, accompagnés par quatre droïdekas aux couleurs de la Cantine Solitaire.
Runh et les Saboteurs avaient pris de l'avance. Anakin attendit quelques secondes qu' Obi-Wan le rejoigne mais ne le voyant pas bouger il revint sur ses pas. Tous les deux accroupis, ils écoutaient les échanges entre les droïdes.
— Ils ne sont plus ici. Dit l'un d'eux.
— Verrouillez tous les sas d'embarquement. Tout le monde à son poste ! Exécution !
Anakin reconnu tout de suite la voix du lieutenant Aross Talphar.
Un écran s'alluma dans la salle et Tev Vanth II pris la parole, s'adressant au lieutenant.
— Aross, retrouvez-moi ces fugitifs au plus vite. Il en va de votre vie.
— Oui mon commandant.
— Personne ne s'est jamais évadé de la Cantine. Nous ne pouvons nous permettre une telle catastrophe. La Cantine est infaillible, vous saisissez Lieutenant ?
— Parfaitement. Je pense qu'ils se dirigent vers la baie d'embarquement…
— Empêchez-les ! Quoi qu'il en coûte ! Vous m'avez compris Lieutenant Talphar ?
— Oui mon commandant.
L'écran s'éteignit et le Lieutenant Aross Talphar poussa un souffle de soulagement.
— En avant Droïdes ! Une prime de vidange pour le premier à les capturer, mort ou vifs !
Les droïdes se séparèrent en petits groupes et chacun parti dans une direction différente. Au moment où Aross Talphar allait quitter la salle, un droïde gardien s'approcha de lui.
— Lieutenant ! Les cellules sont vides. Les deux humains ont eux aussi disparu.
— Ils sont sûrement de mèches avec les Saboteurs. Montrez- moi les images des caméras de surveillance.
Le droïde gardien tapa un code sur l'écran de contrôle et les images s'affichèrent, montrant deux humains, sabre laser à la main, au moment où la porte blindée des cachots s'ouvrait devant Runh Rapuhn.
— Des Jedis ! S'exclama Aross Talphar, stupéfait.
Un éclair de crainte transforma son visage tentaculaire.
— C'est un complot. L'intégrité de la Cantine Solitaire est menacé. Se dit-il à lui-même.
Aroos Talphar fut tenté d'avertir Tev Vanth II mais il se ravisa. Si jamais la nouvelle de la présence de Jedis au sein de la Cantine Solitaire se propageait cela aurait des répercussions insoupçonnées sur le moral de l'équipage. Il fallait éteindre la moindre étincelle de mutinerie avant qu'elle ne se s'élève et embrase la Cantine. L'espoir est un poison qu'il faut noyer à la naissance. Après quelques secondes d'atermoiements le Lieutenant Aross Talphar attrapa par le cou le droïde qui lui avait apporté la nouvelle.
— Effacez-moi ces images sur le champ. C'est un ordre.
— Tout de suite Lieutenant...
Aroos Talphar sorti un blaster de son manteau et quitta la salle.


— Des droïdekas ! Chuchota Anakin. Comment des droïdes de la Fédération du Commerce ont pu tomber aux mains de ces brigands ?
— Je n'en ai aucune idée Anakin. Peu importe. Viens, nous devons retrouver les Saboteurs au plus vite. Avant qu'ils nous filent entre les doigts.
Les deux Jedis, sans faire de bruits commencèrent à marcher, le dos courbé, pendant que les alarmes hurlaient à tue-tête.
Après quelques secondes ils finirent par rejoindre les Saboteurs. Runh ouvrait la marche et à chaque intersection il hésitait longuement sur la voie à prendre, ce qui agaçait copieusement Haïn. Il hésita de nouveau lorsqu'ils débouchèrent sur une énorme cage d'ascenseur. Des câbles de toutes les tailles attachés et entremêlés sur tous les murs plongeaient dans l'obscurité. Obscurité à peine éclairée par des néons faiblards. En face d'eux et a peu près huit ou neuf mètres de hauteur, une autre conduite d'aération. Runh se retourna vers les Saboteurs et se passa nerveusement la main sur son crâne orange.
— Nous allons devoir passer par la conduite la-haut. Enfin je crois... Dans quelle baie d'embarquement est arrimée la navette ? La dix-huit c'est ça ?
Runh s'était soudain mis à suer à grosses gouttes qui glissaient sur la peau de son cou à toute vitesse.
— Tu es nerveux Ronnie ! Déclara Haïn. Je n'aime pas ça. N'essaie pas de nous piéger. Jiin, quel est le numéro de la baie d'embarquement ?
— Aucune idée Seigneur. C'est peut-être la dix-huit, ou la vingt-quatre ou la trente-deux.
— Et vous messieurs ? Une idée ?
Obi-Wan regarda son Padawan.
— Qu'est-ce que tu en penses ? Que te dis ton instinct ?
Anakin se pencha en avant afin d'avoir une vue d'ensemble de l’immense cage d'ascenseur. Il regarda longuement la conduite située plus haut et posa enfin son regard sur Runh. A ce moment, un ascenseur descendit à toute vitesse et passa à quelques centimètres d'eux provocant une bourrasque.
— Je crois que... quel est votre nom ? Demanda Anakin.
— Runh Rapuhn.
— Je crois que nous devrions faire confiance à Runh, Maître.
— Bien. On vous suit Runh Rapuhn. Dit Obi-Wan.
— C'est à dire que... nous allons devoir nous hisser jusqu'à la conduite en haut.. et...
Anakin s'imagina déjà prendre un des saboteurs sur son dos et sauter directement vers la conduite, mais si cela semblait dans ses cordes, il était évident qu'il ne pourrait pas en faire de même avec le corpulent Runh Rapuhn.
— Nous n'avons qu'a prendre l’ascenseur. Dit Jiin.
— C'est risqué. Ajouta Obi-Wan. Mais faisable.
Un autre ascenseur passa devant eux en montant cette fois-ci. Quand Jiin vu à quelle vitesse passait l'ascenseur il se dit à lui-même que son idée n'était pas la meilleure. Loin de là. A vrai dire, chacun hésitait maintenant. Et c'est Runh Rapuhn qui pris de court le groupe. Alors qu'un nouvel ascenseur montait en grondant, il sauta dans le vide et tomba sur le plafond de celui-ci. Une seconde plus tard Anakin et les autres le virent repasser devant eux pendant qu'il leur faisait un signe de la main. Une autre seconde plus tard et il sautait directement dans la conduite d'aération située plus haut. A vrai dire, ils étaient tous stupéfait par l'agilité de Runh Rapuhn. Comment pouvait-il se mouvoir avec une telle habilité, une telle aisance avec un corps si massif ? D'en haut il leur cria :
— Venez les amis, c'est facile. Venez ! Je vous attends !
Haïn poussa Jiin dans le vide qui se mit a hurler tandis qu'il tombait dans la pénombre. Haïn le traita d'imbécile et sauta à son tour. Anakin et Obi-Wan les virent disparaître.
— Ils sont complètement azimuté ! S'écria Anakin.
Après quelques secondes d'attente Obi-Wan et Anakin les virent remonter sur le toit d'un ascenseur et sauter de nouveau vers la conduite.
— Ne perdons pas de temps. Déclara Obi-Wan.
Le Chevalier Jedi se jeta dans le vide, suivit par Anakin complément effrayé.
Quelques secondes plus tard ils étaient à nouveau tous réunis dans la conduite d'aération.
— Mon Seigneur ! Sans votre détermination je n'aurai jamais pu avoir le courage de sauter dans le vide... comme ça. Je vous remercie mon bon Seigneur.
— Tais-toi Jiin. Runh ! En avant.
Ruhn s'excusa et repris sa marche mais cette fois-ci il dû se mettre à quatre pattes, la conduite était bien plus étroite que la précédente. Alors qu'ils se suivaient les uns et les autres, le plus discrètement possible, Anakin ne cessait de penser à la voix du commandant Tev Vanth II ; Quelque chose l’intriguait. Il ne savait pas trop quoi mais il y avait quelque chose dans le timbre de voix du commandant qui lui glaçait le sang.
Il chassa cette impression de son esprit et se concentra à nouveau sur le moment présent. Être en fâcheuse posture était devenu une sorte d'habitude pour lui. Il savait que c'était le lot de tout chevalier Jedi. Et il trouvait cela terriblement excitant et il aimait ça plus que de raison. Ce qui n'était pas vraiment le cas d'Obi-Wan. Son maître ne cessait de lui rappeler combien la méditation et la sagesse étaient primordiales à l'élévation de l'esprit. Et que l'action et l'aventure, bien que grisants, détournaient toujours un Jedi de la vraie nature de la Force. Anakin n'en était pas complètement convaincu mais il se gardait bien de remettre en question les convictions d'Obi-Wan. Pour lui c'était même le contraire. Il avait l'impression de comprendre encore mieux la Force justement quand il était en pleine action.
Lorsque tous ces sens étaient en éveil, lorsque son instinct lui dictait la marche à suivre, il avait l'impression alors d'être totalement en phase et en symbiose avec la Force. La Force ; cette énergie qui est dans tout à chaque instant. Quand il était plus petit, il n'avait jamais eu vraiment conscience d'être animé par la Force. Parfois il se doutait bien que quelque chose le guidait, l'aidait dans les moments importants, dans les moments intenses : notamment lors des courses de pod-racer. Il avait toujours mis ses exploits sur le compte d'une extrême préparation mécanique et d'une minutie acérée des réglages de son pod-racer. Et à l'époque, même si il n'avait jamais gagné de course, le simple fait de piloter un pod-racer était un tour de force en soi. Son goût immodéré pour les machines, sa passion pour la robotique était tellement forte que cela l'avait amené à réaliser des exploits : que cela soit en terme d'assemblage aussi bien qu'en élaboration de réglages mécanique ultime. Pour lui, ses propres réflexes et son habileté étaient non seulement innés mais aussi tout à fait normal.
Il se souviendrait toute sa vie que ce fut Qui-Gon Jinn qui lui donna sa première leçon : « Ne pense pas, suis ton instinct ». Et comme par enchantement il gagnait dans la foulée sa première course de pod-racer. Ne pas réfléchir et laisser son instinct guider ses actions.
Pendant qu'Anakin se remémorait ses souvenirs il ne remarqua pas que tout le monde s'était arrêté, il bouscula alors Haïn qui se retourna, le regard noir, en posant l'index sur ses lèvres afin de rester le plus discret possible. En effet, au-dessus d'eux une grille donnait sur un corridor qui était martelée par les pas des droïdes gardiens. Quand le son des pas s’atténua, Runh Rapuhn se risqua à soulever délicatement la grille. Il jeta un œil furtif vers l'avant et vers l'arrière. Il reposa ensuite la grille sans faire de bruit.
— Je pense que nous pouvons passer. La porte blindée de la baie d'embarquement numéro dix-huit est juste à quelques pas. Nous devons tenter notre chance.
— Avec l'armée de droïdes gardiens qui vient de passer ? Non mais tu plaisantes ! Vociféra Haïn.
— La conduite d'aération s'arrête à quelques mètres de la porte blindée. Continua Runh Rapuhn. Nous n'avons pas d'autre solution. Le passage en force est notre seul chance. Nous avons, en plus, deux Jedis avec nous. Cela va être du gâteau. Et puis je pense que je peux faire diversion pendant que vous prenez les commandes de la navette.
— Si la navette est réparé. Ajouta Jiin.
— Ne vous inquiétez pas pour ça. Rétorqua Runh. Les droïdes mécaniciens font des prouesses en un temps ultra limité. Je suis convaincu que la navette est maintenant en parfait état de marche.
Anakin en avait plus qu'assez et ne pensait qu'a une seule chose : quitter ce bâtiment au plus vite. Si cela ne tenait qu'a lui, il se serait déjà jeté à l'assaut de la porte blindée, sabre laser à la main. Il n'avait absolument pas peur des droïdes gardiens et cela serait un jeu d'enfant que de les découper en morceaux. Autant il n'était aucunement effrayé par les droïdes, autant l'idée d'affronter le Capitaine Tev Vanth II était une autre paire de manches. Ce n'était pas un hasard si Tev Vanth II était devenu Capitaine de la Cantine Solitaire et Anakin le soupçonnait de cacher une botte secrète ; une habileté mystérieuse. Et c'est à ce moment là que lui traversait l'idée de la vraie nature de Capitaine.
— Maître... Je crois que le Capitaine est un Sith !
— Un quoi ? Demanda Haïn.
— Un chevalier Sith du coté obscur... Répéta Anakin.
Obi-Wan souriait.
— Tes sens ne sont pas encore assez aiguisés mon Padawan. Si le Capitaine Tev Vanth II avait été un Sith, je l'aurais senti.
— Mais Maître, la qualité principale d'un Sith est d'évoluer dans l'ombre, caché... n'est-ce pas ? Ce peut-il qu'il sache se dissimuler à nos propres sens ?
— Anakin, ne t'inquiète pas. Je sais reconnaître un Sith quand j'en vois un. Et je suis parfaitement convaincu que Tev Vanth II n'est qu'un simple humain.
— C'est un tyran obsessionnel. Ajouta Runh. Il est tout sauf un Sith
— Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qu'est un Sith ? Demanda encore une fois Jiin.
— Sith ou Jedi, c'est la même chose. Grommela Haïn. Des voleurs, des assassins ou des illuminés à qui ils manquent une case. Ronnie, tu passes devant !
— A une condition Seigneur Haïn. Je viens avec vous !
Haïn leva les yeux au ciel.
— Très bien. Fit Haïn en soupirant.
Runh Rapuhn souleva une nouvelle fois la grille et se hissa dans le couloir attenant à la porte de la baie d'embarquement numéro dix-huit. Haïn et Jiin en firent de même, suivi des deux Jedis. Les deux Saboteurs tenaient fermement leur blaster tandis qu'Obi-Wan et Anakin allumèrent leur sabre laser. Juste avant d'entrer, Runh Rapuhn reprit sa forme normale ; gargantuesque. Il se tourna une dernière fois vers les Saboteurs.
— Ai-je votre parole Seigneur Haïn ?
En guise de réponse, Haïn se contenta de hocher la tête. Runh déglutit et se décida. Il s'approcha de la porte blindée et celle-ci coulissa.
Avant même d'analyser la situation, Runh Rapuhn saisi le premier droïde gardien qui se présentait, le brisa en deux et attrapa la lance qu'il tenait. Ils étaient maintenant tous armé. Et c'était mieux ainsi car une armada de droïdes montait la garde devant la navette. Le regard de Haïn s'illumina quand il vit son « étoile ». Des droïdes mécaniciens étaient encore à l’œuvre dans et tout autour de la navette. Et on peut dire qu'ils avaient fais du beau travail ; bien qu'ayant un aspect encore étrange, il n'y avait plus aucune trace des trous béant fait par les harpons.
Aross Talphar qui se tenait au milieu d'un groupe resserré de droïdes les vit et cria :
— Ce sont eux ! Saisissez-les !
Alors que tous les droïdes convergeaient vers eux, trois droïdekass roulèrent et se redressèrent en position d'attaque à quelques mètres des Jedis. Pendant un instant ce fut comme si le temps s'était arrêté. Runh Rapuhn agrippait fermement sa lance, le regard noir et la mâchoire crispée. Les deux Saboteurs, blaster à la main, se tenaient côte à côte, complètement solidaire, prêt à faire feu. Obi-Wan et Anakin maintenaient leur sabre laser en position verticale, prêt à contrer le moindre tir ennemi. Mais il ne fallut pas attendre longtemps. Haïn tira le premier et dégomma trois droïdes gardiens.
— Tuez-les, tuez-les tous ! Cria Aross Talphar.
A partir de ce moment un déluge de rayon laser explosa dans la baie d'embarquement. Les Jedis coupaient les droïdes en deux. Les Saboteurs ne rataient jamais leur cible et faisaient exploser tous les droïdes qui s'approchaient. Runh fracassait sa lance sur les crânes métalliques des droïdes et balançait des baffes monumentales projetant à plusieurs mètres des carcasses de robot. Obi-Wan et Anakin s'occupèrent des droïdekass en parant les tirs de laser de ceux-ci. En quelques secondes la moitié des droïdes étaient déjà à terre et bon pour la casse. Runh Rapuhn attrapa un droïdes gardiens le déchira en deux et lança les deux parties du corps démembré sur un droïdekass qui tentait de s'approcher d'Anakin. Anakin fit un signe de la tête pour le remercier. Mais Runh n'eut pas le temps de le voir car il avait déjà jeté son dévolu sur un autre groupe de droïdes et il leur tapait dessus comme un forcené à grands coups de poings. Un droïde eut le réflexe d'éviter une baffe, ce qui eut le dont de le mettre hors de lui, il sauta alors sur lui et lui arracha la tête. Obi-Wan et Anakin, de concert, coupèrent en même temps les pattes arachnéennes de deux droïdekass. Il s'écroulèrent alors sur le sol.
— Anakin ! Prends les commandes de la navette ! Cria Obi-Wan.
Le jeune Padawan se faufila entre les jambes des derniers droïdes gardiens qui osaient encore s'approcher, s'en omettre de sectionner les jambes au passage. Il se fraya ainsi un passage jusqu'à l'entrée de la navette et se rua à l'intérieur. Une fois dedans, il découvrit un capharnaüm de droïdes mécaniciens encore plus petit que les Saboteurs, qui s'affairaient entre autre à réparer l'ordinateur de bord. Il y en avait partout. Sur le tableau de bord à visser des panneaux de commandes, dans le plancher à ressouder des câbles et jusque dans les coursives et dans la salle des machines.
— Sortez tous d'ici ! Hurla Anakin !
Les droïdes mécaniciens se mirent à émettre des cliquetis aigus et commencèrent à quitter la navette. Mais une fois arrivé sur la passerelle ils hésitaient à descendre car la bataille dans la baie d'embarquement n'était pas terminée. Apparemment un droïde accroupi sur le tableau de bord n'avait pas entendu la consigne extrêmement précise d'Anakin et il continuait à visser un écran de contrôle. Anakin s'approcha de lui et le dévisagea. Le droïde s'arrêta un instant, regarda Anakin, émis quelques cliquetis et repris son travail.
— Tu as peut-être besoin d'un coup de main ? Demanda ironiquement Anakin.
Le droïde émis un petit son larmoyant, pencha la tête sur le côté et dès qu'il eut fini son travail, sauta du tableau de bord sans demander son reste et fila jusqu'à la passerelle. Anakin entrepris aussitôt de mettre en route l'ordinateur central et de faire un premier diagnostique à chaud, en vérifiant les niveaux d'énergie et le bon fonctionnement de tous les éléments de la navette.
Dans la baie d'embarquement, une autre porte blindée coulissa et une horde de droïdes de combat B1 de la Fédération du Commerce, fusil-blaster à la main, se précipitèrent dans la bataille. Obi-Wan ne fut pas vraiment surpris de les voir. Il était maintenant clair que la Cantine Solitaire avait un lien avec la Fédération du Commerce. Les Saboteurs et Obi-Wan se retrouvaient encerclés et en mauvaise posture. Les Saboteurs bien qu'efficaces n'étaient pas très adroits et Haïn en particulier, se cognait souvent contre Obi-Wan lorsqu'il s'obstinait à faire des cabrioles, tout en tirant sur les droïdes gardiens et en hurlant des insanités. C'était sans compter sur Runh Rapuhn qui réussit à prendre en otage Aross Talphar et pointait son arme sur sa tempe. A ce moment-là, les tirs cessèrent.
— S'il vous plaît ne me tuez pas, je vous en supplie ! Geignait Aroos Talphar.
Haïn ne put s’empêcher de dégommer encore quelques droïdes.
— Cessez le feu Seigneur Haïn ! Gronda Obi-Wan. Lieutenant, nous allons maintenant quitter ce vaisseau…
— Et tout de suite ! Renchéri Haïn.
Il sortit de son gilet le détonateur en permacrète dont il avait soulagé Obi-Wan et le lança en direction de Ruhn Rapuhn. Obi-Wan pendant une seconde, pensa que Haïn devait en avoir caché un autre mais après avoir vérifié dans les pans de sa veste il du admettre que Haïn lui avait bel et bien volé. Jiin était déjà sur la passerelle de la navette quand Haïn le rejoignit. Une fois la main bien accrochée à la poignée il se retourna en direction d'Aroos Talphar.
— Personne ne trompe un Saboteur ! Cria-t-il. Vous mourrez tous ici.
Il s'adressa ensuite à Anakin :
— On dégage, machine en avant toute.
— Reçu Monseigneur. Répondit Anakin qui poussa alors les réacteurs a fond.
Dans la baie d'embarquement, Obi-Wan s'élança de toutes ses forces en direction de la passerelle de la navette. Au moment où la navette quitta le quai, Obi-Wan sauta et plongea, tête la première pour atterrir dans une roulade dans les pieds de Jiin.
Runh Rapuhn était tétanisé. Il regardait d'un œil vide le détonateur en permacrète qui clignotait. Le compte à rebours était lancé et dans quelques secondes tout allait exploser et rien ne pouvait l’empêcher. Arros Talphar se tortillait dans tous les sens afin d'échapper à l'étreinte de son bourreau. Ruhn finit par le lâcher. Il comprit alors que c'était maintenant ou jamais. Il devait absolument rejoindre la navette des Saboteurs. Mais c'était peine perdu. « L'étoile » des Saboteurs allait sortir de la baie d'embarquement dans quelques secondes. Il se mit alors à courir, lui aussi de toute ses forces.
Dans la navette, Obi-Wan était furieux. Il saisit Haïn par le col de son gilet, le souleva et le plaqua contre le mur.
— Misérable vermine rampante, je devrais vous jeter directement dans le vide ordure de la Cantine Solitaire.
Anakin, déconcerté par le ton de la voix de son maître se retourna un instant pour le regarder. Il crut pendant un éclair qu'Obi-Wan faisait une rechute ou qu'il était de nouveau sous l'emprise du gaz toxique qu'ils avaient découvert quelques jours plus tôt dans la dernière demeure d'un Sith. Quand il vu qu'il manquait Ruhn Rapuhn, Anakin fit demi-tour sur le champ. Obi-Wan s'en rendit compte et lâcha Haïn.
— Anakin ! Qu'est-ce que tu fais bon-sang ! Cria Obi-Wan.
— Ruhn, il manque Runh nous devons aller le chercher !
— Non Anakin, nous n'avons pas le temps. Je t'ordonne de faire demi-tour maintenant. Tu m'entends Anakin !?
Anakin, dans un réflexe, repositionna la navette en direction de l'espace. Il tourna la tête vers le hublot qui donnait sur le quai d'embarquement et pu apercevoir Runh qui courait à toute jambes, sautant au-dessus des caisses qui pouvaient lui barrer le chemin, balançant des baffes aux droïdes qui se trouvaient devant lui. Il avait les larmes aux yeux.
— Désolé Ronnie, mais tu es vraiment trop gros. Hurla Jiin alors que la passerelle se refermait.
Runh Rapuhn stoppa sa course pendant un instant tout en suivant du regard la navette qui s'éloignait. Obi-Wan s'approcha d'Anakin et poussa d'un coup la manette des gaz à fond. Les réacteurs passèrent du bleu pale au rouge vif juste au moment où Runh Rapuhn sauta vers la navette.
Deux ou trois secondes plus tard une énorme explosion souffla dans la baie d'embarquement. Le feu se déployait sur la surface de la Cantine Solitaire entraînant d'autres explosions. L'explosion du détonateur en permacrète fut si violent et dévastatrice qu'au moins un quart de la Cantine Solitaire fut détruit.
Haïn et Jiin regardaient le spectacle au travers d'un hublot. Ils étaient fascinés. Ils jubilaient presque mais en silence. Obi-Wan restait debout dans le cockpit, les deux mains agrippées au dossier du siège passager. Il avait le regard noir. Anakin ne l'avait jamais vu comme ça. Il savait que son maître était en colère, il le sentait.
Anakin pouvait lire les sentiments d'Obi-Wan comme dans un livre ouvert, mais son esprit se focalisa sur l'abandon de Runh Rapuhn à une mort certaine. Anakin était en train de se convaincre qu'ils auraient eu largement le temps de venir au secours de Runh. Et sa conviction se renforçait de secondes en secondes. Alors que n'importe qui aurait blâmé l'attitude pitoyable des Saboteurs, Anakin en voulait surtout à Obi-Wan.
Quelque choses d’inattendu se produisit alors : Anakin pour la première fois de sa vie, éprouvait une sorte de déception à l'encontre d'Obi-Wan. Pour la première fois de sa vie, Anakin se rendit compte qu'un Jedi, en l’occurrence son maître avait failli. Quelques jours plus tôt il aura nié une telle possibilité. Mais ce n'était plus le cas aujourd'hui. Et dans son cœur, Anakin pouvait entendre les cris et les plaintes de souffrance de Runh Rapuhn, sacrifié sur l'autel des Saboteurs. Obi-Wan avait privilégié la vie des Saboteurs au détriment de Runh Rapuhn et tout ça pour quoi ? Pour mener à bien la mission que lui avait confié le Conseil Jedi. Tout ça pour ça !
Le lien qui unissait le maître et l'apprenti était peut-être en train de s'effilocher.
L'écran de communication s'alluma sur le tableau de bord et le visage furibond de Tev Vanth II apparut :
— Assassins ! Où que vous soyez je vous retrouverai et je vous ferai payer pour cette infamie ! Vous m'entendez ? Vous ne serez en sécurité nulle part et je n'aurai de cesse que de vous traquer comme des rats que vous êtes !
— Anakin, coupe la communication. Ordonna Obi-Wan.
Anakin s'exécuta et l'image du Capitaine s'évanouit. Obi-Wan caressa sa barbe, le visage tourmenté.
— Est-ce que l'hyperpropulsion est fonctionnelle ? Demanda Obi-Wan.
— Je crois que oui.
— Bien, tape les coordonnées du système de Cachin et déclenche l'hyperpropulsion.
Anakin suivit les ordres et quelques secondes plus tard la navette franchi la barrière de l'hyperespace.
Tout au fond de la navette, dans la salle des machines, deux petits droïdes mécanicien échangeaient des cliquetis tandis que l'un d'eux retirait son doigt et se déconnectait du réseau de communication droïde. Le dernier message du commandant Tev Vanth II « Sabotez la navette » finit par disparaître.
Le petit vaisseau bringuebalant filait à toute allure vers Cachin, la carapace de Runh collée sur l'un de ses flancs.
Modifié en dernier par harnis29 le Sam 14 Jan 2017 - 11:20, modifié 2 fois.
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 9:35   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Chapitre 8

Destination Infernale


L'ambiance était plombée dans un silence imposé par Obi-Wan. Personne ne parlait. Haïn et Jiin communiquaient par signes, tout à fait conscient, qu'un seul mot prononcé pouvait déclencher le courroux du maître Jedi. Anakin s'affairait à vérifier le bon fonctionnement de l'ensemble de l'ordinateur de la navette. Il essayait encore de faire tenir en un seul morceau cette maudite embarcation, qui, bien que plus ou moins réparée, ne répondait pas au doigt et à l’œil du jeune chevalier. Ce qui était pour lui une source d'agacement constant. Il profitait aussi de cette aubaine pour éviter le regard de son Maître. Il éprouvait un sentiment étrange : comme si l'espace d'un instant Obi-Wan n'était plus Obi-Wan.
Il pensait aussi à Ruhn et a son triste sort. Il s'en voulait. Mais il en voulait aussi à son maître.
Haïn et Jiin continuaient leur conversation par signe jusqu'à ce que Haïn s'emporte.
— Il n'avait pas à sa place dans la navette Jiin ! Maintenant ça suffit. Va donc préparer quelque chose à manger... avec tout ça... j'ai faim. Allez !
Pendant que Jiin faisait un bruit de tous les diables en farfouillant dans les placards, Anakin jeta un œil vers son maître. Il allait dire quelque chose quand celui-ci le coupa.
— Je sais à quoi tu penses.
Pendant quelques secondes il resta silencieux. Puis Obi-Wan continua.
— La mission. Le plus important c'est la mission. Rien ne doit jamais te dévier du but que tu dois accomplir. Cela sera ta leçon d'aujourd'hui : Certains sacrifices sont indispensables.
— Nous aurions pu le sauver.
— Nous n'avions pas le temps Anakin. Au fond de toi tu le sais très bien.
Le jeune Jedi ne savait plus quoi penser. Après tout, Obi-Wan avait sûrement raison. Si Anakin écoutait véritablement son cœur, il n'entendait aucune plainte, ni douleurs. Le sort de Ruhn Rapuhn s’étiolait doucement dans son esprit. Il ne voulait plus penser à lui. Il se concentra à nouveau sur ces maudits écrans de contrôle qui passaient leur temps à afficher des informations aberrantes. Il tapa plusieurs fois du bout du doigt sur un écran, en vain.
Au fond de la navette, les deux droïdes mécaniciens, après quelques échanges de cliquetis incompréhensibles, décidèrent de passer à l'action. Ils s'enfoncèrent donc tous les deux avec précaution dans les méandres de la navette, entre les gaines qui pendaient et quelques éruptions d'étincelles. Au bout de quelques secondes, l'un des droïdes fit tomber un objet, alors qu'ils étaient juste au-dessus de la cabine de pilotage.
Jiin fut le seul à entendre quelque chose, ce qui l’arrêta instantanément dans sa quête de nourriture, et par reflexe, il déploya une de ses grandes oreilles en mode radar.
— Seigneur ? Vous avez entendu ? Demanda Jiin.
— Ha ! C'est prêt ?
Haïn se dressa d'un coup sur ses pieds et martela son ventre.
— Non mon Seigneur. Le bruit juste au-dessus, vous l'avez entendu ?
— Jiin... mon tout petit, les entrailles de l'étoile forment un orchestre dont le concert et une douce mélopée à mes oreilles. Cesse donc de papillonner et CONCENTRE TOI ! J'AI FAIM !
— Oui oui mon Seigneur ! Je m'y emploie.
Jiin se remit au travail en farfouillant dans les boites métalliques à la recherche de victuailles pour son Seigneur et le capharnaüm mêlé à l'orchestre de la navette reprit de plus belle. Dans ce genre de situation le Saboteur se trouve très vite débordé et par conséquent d'une extrême maladresse. Il renversa des bouteilles, balança quelques objets par dessus son épaule et à la fois frénétique et hystérique il finit par trouver l'objet de ses recherches. Il se retourna vers Haïn, triomphant :
— Seigneur ! Je l'ai trouvé ! La bouteille des Astarides !
Il brandit la bouteille sous le nez de Haïn.
— Jiin ! Comment cela est-il possible ? La bouteille des Astarides ? C'est bien celle-ci ?
— Tout à fait mon Seigneur ! La véritable bouteille enchantée des Astarides !
Anakin, qui était toujours appliqué à vérifier les voyants et écrans de contrôle de la navette pouffa de rire. Il jeta à un œil vers son maître mais Obi-Wan restait de marbre. Malgré tout, Anakin senti qu'Obi-Wan souriait. Pas de façon physique mais de l'intérieur. Oui Obi-wan souriait.
« Une bouteille enchantée... » il pouffa à nouveau de rire.
— Jiin ! Petit avorton mal dégrossi, peux-tu m'expliquer comment et par quel moyen tu as mis la main sur cette bouteille ? Et... Attends un peu... Elle était ici, cachée dans la navette depuis tout ce temps ? JIIN !!!
Haïn l'attrapa par le col et colla son visage devant le sien.
— JIIN ! Dis-moi que ce n'est pas ce que je crois ! Servile renégat répond à ton Seigneur !
— Oui c'est bien celle-là. Balbutia Jiin. Celle que nous avons échangée contre « l'étoile ».
— Infâme myrmidon ! Jiin ! Tu as volé la bouteille après l'échange !
Haïn lâcha son emprise sur Jiin et posa ses mains sur les épaules de celui-ci.
— Jiin ! Tu es le plus habile et le plus vilain des Saboteurs !
Haïn s'adressa ensuite aux Jedis.
— Messieurs, nous avons à bord le plus vil et le plus le malveillant des Saboteurs. Jiin Môche, mon frère. Celui qui a volé la bouteille enchantée. Dans mes bras !
— Nous filons à travers l'hyperespace avec deux Môches et une bouteille d'alcool... ajouta Anakin moqueur. C'est grotesque.
— Sachez jeune cadet, qu'une gorgé de cette bouteille vous transforme instantanément en guerrier sanguinaire. Cette bouteille magique change n'importe quel crétin en soldat d'élite et décuple votre courage et votre puissance. C'est grâce à cette bouteille que le géant orange Ruhn Rapuhn est ce qu'il est aujourd'hui. Il est passé du stade de crustacé à celui de colosse grâce au pouvoir exceptionnel de cette bouteille magique ! Il suffit d'une gorgée et...
Haïn porta la bouteille vers sa bouche. Il allait s'enfiler le reste du contenu de la bouteille quand Jiin le stoppa dans son élan.
— Mon Seigneur, non pas ici, pas maintenant. Les conséquences de votre transformation pourraient être désastreuse.
« deux Môches et une bouteille... » Anakin s’esclaffa à nouveau.
— Petit insolant ! Vous allez voir ce que vous allez voir ! Ce n'est pas un gringalet de votre espèce qui va se moquer plus longtemps d'un Saboteur.
Haïn allait porter la flasque à ses lèvres lorsqu'au même moment, dans les conduites de la navette, l'un des droïdes mécanicien s’apprêtait à débrancher un câble d'une importance capitale pour le bon fonctionnement du vaisseau.
Obi-Wan fit mine de se lever ce qui mit un terme à l'empressement de Haïn, qui ne demanda pas son reste et alla s’asseoir directement sur son fauteuil. Haïn lança la bouteille dans les bras de Jiin qui la rangea soigneusement dans son sac à dos, bien calée entre un blaster et une grenade à paillettes.
Mais alors que Jiin refermait délicatement et avec précaution son sac à dos, ses deux oreilles se dressèrent à l’affût du moindre bruit suspect dans le brouhaha constant. Jiin se mit à renifler en ouvrant grandes ses narines. Ne sentant rien de spécial, il se remit à chercher quelque chose à manger et ouvrit placards sur placards sans jamais rien trouver à se mettre sous la dent.
— Anakin, dans combien de temps nous devrions atteindre Cachin ? Demanda Obi-Wan.
Anakin consulta l'écran de contrôle.
— D'ici trois ou quatre heures Maître.
— Bien. Passe en pilotage automatique et tache d'en profiter pour te reposer un peu.
Anakin s'allongea alors dans son fauteuil et posa ses pieds précautionneusement sur le tableau de bord. Après quelques minutes passées à regarder longuement les stries de lumières blanches de l'hyperespace il finit par s'endormir, plongé dans un rêve d'éclairs, d'explosions et d'un monstre orange aspiré par un trou noir.
Obi-Wan avait retrouvé la sérénité. Il dut pour cela faire appel à toute la compassion qui l'animait. Ce qui c'était passé a bord de la Cantine Solitaire et l'abandon de Runh Rapuhn le tiraillait. Il se sentait responsable de la situation actuelle. D'une certaine manière il avait failli à sa mission. Il avait, après tout, mal jugé les Saboteurs. Même si il avait l'intime conviction, maintenant, que leur responsabilité dans l'attentat contre la princesse Sajura était négligeable. Par contre, laisser les Saboteurs prendre la direction de leur destin dans la Cantine Solitaire avait été une erreur. Une grossière erreur même. Il n'avait qu'une envie : attraper Haïn et Jiin, les fourrer dans un sac et les enfermer jusqu'à ce qu'il puisse enfin tirer cette histoire au clair. Il voyait bien l'image du sac en toile animé par des soubresauts avec deux Saboteurs à l'intérieur, geignants. Il chassa cette idée de sa tête comme on chasse une mouche qui vous tiraille pendant un repas tout en se demandant si les effets secondaires du gaz respiré quelques jours plus tôt, n'avaient pas entamés son bon caractère. Le gaz l'avait-il changé à tout jamais ?
Et puis cette manie de vouloir passer son temps à manger, boire, faire exploser des trucs... mais après tout ils n'étaient pas de la même espèce. Pour juger il faut comprendre se dit-il. Mais comprendre le comportement d'un Saboteur restait hors de portée à ses yeux.
Pendant ce temps, Haïn qui avait profité de l’inattention aussi bien des Jedis que de Jiin, furtivement, plongea sa main dans le sac à dos de Jiin. Il allait boire à la bouteille quand Jiin le remarqua.
— Mon Seigneur, je vous en supplie non ! Implora Jiin.
— Jiin, tu n'es qu'un pleutre tremblant ! Regarde ce que doit faire un seigneur pour le bien de son peuple tout entier !
Il avala d'un trait tout le contenu de la bouteille.
— Dans quelques secondes, fidèle compagnon, tu vas être le témoin d'une transformation extraordinaire ! Ainsi nous reprendrons notre destinée en main. Nous ne serons plus les serviteurs, les esclaves de ces couards Jedis ! Regarde bien Jiin !
Obi-Wan, qui avait entendu le cours de la conversation, ouvrit un œil en direction de Haïn. Il le regarda avec attention pendant un moment, expira avec satisfaction et replongea son regard dans les zébrures de l'hyperespace, préoccupé par son propre esprit.
— Mon Seigneur, sentez-vous quelque chose ? Demanda Jiin apeuré.
Haïn, debout et droit comme un i ne répondit pas tout de suite. Il malaxait lentement son abdomen.
— Je… Je crois que oui. Je sens quelques chose. Comme une transformation dans mon ventre.
Jiin restait ébahi, les genoux sur le sol. Aucun mot ne sortait de sa bouche. Haïn était bien le Seigneur des Saboteurs, prêt à risquer sa vie pour le bien de sa lignée. Jiin éprouvait plus que de la fierté envers son Seigneur. Il l’idolâtrait. Voilà un noble et courageux Saboteur.
Le ventre de Haïn gargouilla.
— Ça commence… dit-il dans un rictus. Je commence à sentir les effets de la transformation Jiin. Cela va être phénoménale. Te rends-tu comptes ?…
Haïn pencha la tête en arrière et se mit à rire d'un rire démoniaque. Une succession de Hahaha qu'il appuyait délibérément pour insister sur ce qu'il allait lui arriver. Pour Haïn c'était l'heure de la délivrance. Enfin il aurait une taille convenable et une force Herculéenne. Il imposerait le respect et même la crainte. Les moqueries, les sarcasmes seraient bientôt du passé. Il se félicitait, après tout il méritait tout cela.
Son ventre se mit à durcir et il pouvait claquer sa panse de ses poings sans ressentir la moindre douleur. Il se voyait déjà pourfendre de ses propres mains ce félon d'Obi-Wan qui n'avait pour lui qu'un sentiment de dédain humiliant. Il allait montrer à cette galaxie que les Jedis ne représentaient plus rien si ce n'est qu'un petit groupe de bon à rien, mauvais en tout.
Une bande de pacifistes éberlués ou illuminés totalement insignifiants. Bientôt c'est tout l'ordre Jedi qui disparaîtra. Viendra alors enfin l'age d'or de la galaxie, qui pourquoi pas, serait gouvernée d'un main habile et juste. De la main d'un Saboteur. Oh oui il s'y voyait déjà, siégeant au centre du Sénat, la main gauche posée sur le ventre, en costume d'apparat clinquant.
Oui il sera Chancelier. Imposant sa volonté sans faire usage de sa force, rien que par sa ténacité et la déférence unanime des sénateurs. Jiin pourra lui servir de second. Il ferait un bon vice-chancelier, même si il est peu faible. Oui, il fera en sorte que Jiin soit relégué au second plan sans véritable pouvoir tout en lui faisant croire qu'il a une influence.
C'était son plan pour l'avenir. Il éprouvait malgré tout de la sympathie pour son sous-fifre et souffre douleur. Il l'avait bien servi pendant des années, et Haïn se montrerai généreux envers lui.
Alors que Haïn était perdu dans ses pensées, Jiin commença à trouver le temps long. Il étudiait le ventre rond et ferme de son Seigneur. Mais les minutes passaient et il fallait se rendre encore une fois à l'évidence : Le temps passait et il ne se produisait finalement rien. Jiin avait déjà compris qu'il y avait un problème. Un sentiment de culpabilité remonta de ses reins et incendia sa colonne vertébrale. Il s'était peut-être trompé en volant la bouteille des Astarides. Peut-être que cette bouteille n'était plus aussi enchantée.
Il essaya de se remémorer l'instant où il l'avait volée. S'était-il trompé ? Avait-il été dupé lui aussi ? Non ! Impossible !
Au bout de trois heures, Tandis que Jiin tentait de se donner bonne conscience, la douleur explosa dans le corps de Haïn. Il tomba en avant sur le sol. Il essaya de se relever un peu s'aidant de ses bras mais ne put en faire plus et resta à quatre pattes, sa bedaine frottant sur le sol froid de la navette. Un gargouillement trembla dans ton son abdomen et Haïn poussa un cri qui se transforma en lamentation.
— Jiin… c'est atroce...
Obi-Wan qui écoutait tout ce qui se passait d'une oreille attentive allait intervenir pour soulager les souffrances du Saboteur quand il se produisit un événement ubuesque : Haïn relâcha dans l'air un vent mauvais qui se colporta de narine en narine à la vitesse de l'éclair. Une turpitude atroce, une anomalie contre-nature, un désastre olfactif dans un orage fulgurant.
Le bruit fut si fort qu'Anakin se réveilla d'un coup, survolté et paniqué. L'onde sonore percuta les parois de la navette dans un grondement si intense et si fort que plusieurs objets tombèrent et que pendant un instant, même les jauges des écrans de contrôle s'affolèrent.
Après cet incident pour le moins cocasse, Haïn tomba dans les bras de Jiin qui s'occupait de son seigneur en lui caressant la tête. Il n'arrêtait pas de lui chanter la chanson douce des maladies du peuple des Saboteurs. Une petite litanie formée d'une kyrielle de sons imprononçables par le commun des mortels et dont Jiin répétait sans cesse les mêmes passages, comme pour conjurer le mauvais sort qui s'était abattu sur Haïn. Et celui-ci, à la fois hagard et prosterné, en pleurs, ne cessait de répéter les mêmes mots : « Jiin… la douleur… la douleur… Jiin... ».
L'alarme sonna.
Anakin tapota l'écran de contrôle.
— Maître, nous approchons du système de Cachin.
Anakin désactiva l'hyperpropulsion et les tonnerres d'éclairs s'estompèrent pour laisser place à une petite planète pâle et orangée, flottant dans le noir de l'espace. Haïn, délivré soudainement de la moindre souffrance se rua vers le tableau de bord pour admirer le spectacle, laissant en plan Jiin, qui, du coup, ne savait plus quoi faire de ses mains.
— Anakin, essaye de nous poser à côté d'un endroit disons… civilisé. Lui demanda Obi-Wan.
Anakin s'exécuta en prenant les commandes de la navette. Alors qu'ils approchaient de l'atmosphère de Cachin, les deux droïdes mécaniciens cachés dans les dédales du vaisseau, se concertèrent quelques secondes par cliquetis et arrachèrent en même temps deux câbles dans un déluge d'étincelles. Une seconde plus tard, l'ordinateur central se mit a rugir de toutes parts.
— Qu'est-ce que c'est encore… Pesta Anakin.
— Que se passe-t-il ? Demanda Obi-Wan.
— Nous venons de perdre un réacteur et… et les aérofreins sont en panne.
Anakin testa quelques manipulations sur les commandes de l'ordinateur central. Il se leva d'un bond et fouilla dans un coffret dont il venait d'arracher le couvercle. Il essaya de faire une dérivation dans les branchements mais cela ne fut suivit d'aucun effet.
— Satanée navette ! C'est un cercueil ambulant ! S'emporta Anakin.
— Je vous prie de garder vos insanités pour vous. Vous parlez de mon étoile alors je vous demande du respect ! Grogna Haïn. Elle marchait très bien jusqu’à ce que vous arriviez !
La surface de Cachin se rapprochait à vitesse démesurée. Anakin avait encore une fois toutes les peines du monde à piloter la navette.
— Maître, attachez votre ceinture, je crois que nous allons nous écraser.
Obi-Wan ne se fit pas prier. Les deux Saboteurs non plus. Anakin s'accrocha lui aussi. Il savait que la situation était critique. Il enrageait intérieurement. Il ne supportait pas de ne pas avoir la maîtrise totale de cet engin.

Et Cachin s'approchait trop vite. L’objectif d'Anakin était de modifier l'angle de chute de la navette, il voulait glisser sur l'atmosphère de Cachin. Tout en espérant arriver à ses fins, Anakin se demandait si toute sa vie serait faite d'atterrissages catastrophiques, de combats périlleux et d'aventures rocambolesques. En devenant apprenti Jedi, il espérait trouver l'aventure. Il pouvait se dire aujourd'hui qu'il avait trouvé ce qu'il cherchait. Ses mains glissaient encore sur les commandes de pilotage. La coque de la navette commençait à rougir et des flammes léchaient le nez de « l'étoile ».
Ils étaient maintenant entré dans l'atmosphère de Cachin. Dans le silence de l'espace, l'étoile des Saboteurs vrombissait déjà à tout rompre. Mais une fois dans l'atmosphère oxygénée de Cachin le vrombissement se mua en un tintamarre insupportable. Pour se parler, les Jedis devaient hurler.
— Anakin, Anakin, essaye de trouver une surface plane… Cria Obi-Wan qui voyait déjà une des plus haute montagne de Cachin s'avancer droit vers eux.
— Je fais ce que je peux Maître !
La navette frôla une falaise et Anakin eu juste le temps de redresser l’assiette avant d'être percuté par un rocher. Anakin ne maîtrisait plus rien. Dans un tourbillon l'Étoile des Saboteurs alla s'écraser dans une dune de sable.
Il fallut plusieurs minutes avant que tout le monde reprenne ses esprits. Haïn et Jiin s'auscultait l'un l'autre à la recherche de blessure. Mais Haïn était ailleurs. Il savait que cette fois-ci son vaisseau était devenu une épave, bonne pour la casse. Anakin souffla. Encore une fois ils étaient passé tout près de la catastrophe.
— Bon boulot Anakin. Lui dit Obi-Wan. Par contre il ne faudrait pas que cela devienne une habitude. Je préfère les atterrissages… disons moins périlleux.
— Merci Maître, mais je n'y suis pour rien. Nous avons eu de la chance.
— Ce n'est plus de la chance ou du hasard Anakin. A ce niveau là c'est un…
— MIRACLE ! Hurla Jiin. Miracle ! Seigneur, la bouteille n'a rien ! Jiin arborait un sourire de victoire en louchant sur la bouteille qu'il tenait fermement dans sa main.
— Jette-moi ça ! Gronda Haïn.
Haïn lui arracha la bouteille des mains qu'il jeta ensuite dehors par un hublot brisé. Anakin se détacha complètement et entrepris de passer par-dessus les deux saboteurs qui eux n'en n'avait pas encore fini.
— Non mais pour qui vous vous prenez ! Grommela Haïn. Vous avez de drôles de manières apprentis !
— C'est parce que j'ai été mal élevé. Lui rétorqua Anakin avec un sourire narquois.
Anakin se faufila dehors.
Là ce fut le choc. Le choc de la chaleur. Sur sa planète natale, la chaleur était omniprésente et il avait toujours su s'en accommoder. Il y avait, ici, sur cette planète, quelque chose en plus de la chaleur. Quelque chose en plus qu'il n'arrivait pas pour l'instant à déterminer. Il resta quelques instants sous le soleil martelant de Cachin et puis entra de nouveau dans la navette. A l'intérieur, Haïn et Jiin s'occupaient à rassembler un maximum d'affaires et d'outils. Anakin ne le remarqua pas tout de suite mais Obi-Wan n'avait pas bougé de son fauteuil. Il s'approcha alors de son mentor.
— Maître ? Tout va bien ?
Obi-Wan sourit.
— Pas tout à fait bien je dirais.
Dans un mouvement prudent, Obi-Wan remonta légèrement le pan droit de sa cape, et juste au-dessus du genou, une plaque en métal du tableau de bord s'était déchirée et s'était plantée dans la jambe du Maître Jedi.
— Maître ! Que dois-je faire ? S'inquiéta Anakin.
Avant qu'Obi-Wan puisse répondre. Les deux Saboteurs, sac à dos sur le dos, blaster accrochés aux ceintures, toisèrent les deux Jedis dans la cabine de pilotage. C'est Haïn qui prit la parole :
— Le destin change de chemin Jedis ! Nous vous laissons à votre propre sort. Vous avez brisé notre vaisseau mais vous ne briserez jamais… heu…
— Notre liberté. Conclut Jiin.
— Oui voilà. Bien dit. N'essayer pas de nous suivre sinon nous n'hésiterons pas à faire usage de ceci. Il tapota plusieurs fois sur son blaster. Sur ce…
Anakin était prêt à intervenir. Mais Obi-Wan dans un clignement d’œil lui fit mine de ne pas s'en préoccuper. Les deux Saboteurs quittèrent donc la navette laissant les deux Jedis en fâcheuse posture.
— Laisse les partir Anakin. Nous les retrouverons. Il faut commencer par faire un garrot. Vois si tu peux trouver un morceau de tissus qui puisse faire l'affaire.
Anakin fouilla dans le bric-à-brac d'objets de toutes sortes qui jonchaient le sol de la navette. Il finit par mettre la main sur un bout de tissus écru qu'il déchira en deux et s'efforça ensuite de faire un garrot sur la cuisse d'Obi-Wan.
— Bien. Finit par dire Obi-Wan. Maintenant on passe à l'étape suivante. Tu vas retirer le bout de métal et dès que cela sera fait, utilise la poudre de désinfection que tu as sur ta ceinture. Tu en badigeonnes partout autours de la plaie. Ensuite tu vas devoir faire appel à la Force pour me soulager de la douleur. Et enfin tu dois appliquer la pommade cicatrisante. Je compte sur toi mon jeune Padawan.
Le garrot était bien serré. Anakin pouvait voir le bout de métal planté dans la jambe de son Maître. Il hésitait. Il ne savait pas si il devait retirer d'un coup sec le bout de métal ou si il devait le retirer délicatement et tout en douceur. Obi-Wan qui le voyait hésiter, posa une main sur l'épaule d'Anakin.
— Vas-y d'un coup sec.
Anakin pris la petite boite accrochée à sa ceinture et sans réfléchir, arracha d'un coup le bout de métal. Il répandit ensuite la poudre de désinfection sur la plaie. En arrachant le bout de métal, Anakin se rendit compte qu'il était bien plus enfoncé qu'il ne le pensait. La douleur pour Obi-Wan fut atroce mais aucune plainte, ni cri ne sortirent de sa bouche. Anakin prit le deuxième bout de tissus pour en faire un bandage qu'il serra autour de la jambe.
— Voilà… Finit par dire Obi-Wan. Maintenant concentre-toi. Fais le vide et applique ce que je t'ai appris.
Anakin ferma les yeux. Il lui fallait trouver la sérénité, faire le vide. Cela lui pris quand même quelques secondes. Une fois la paix de l'esprit trouvée, il passa sa main au-dessus de la blessure et récita dans sa tête un mantra qu'il utilisait pour faire usage de la Force dans ce genre de circonstance.
Ce n'était pas la 1ère fois qu'il se servait de son don pour soulager une douleur. Il l'avait déjà utilisé sur lui quand il était petit mais sans jamais véritablement s'en rendre compte, il n'avait pas conscience qu'il pouvait utiliser la Force. Mais il s'était rendu compte, à sa grande satisfaction, qu'il avait la capacité de soigner.
Il était alors persuadé qu'il deviendrait un guérisseur, un sorcier de la médecine, offrant ses services aux plus démunis de Tatooine. Mais le destin en avait autrement. Aujourd'hui il était un apprenti Jedi et un des plus doués selon Obi-Wan.
Il s’enorgueillit de cette pensée et il sentit tout à coup, comme une sorte de fluide invisible qui sortait de sa main pour s'étaler sur la blessure de son Maître.
Quelques secondes plus tard, Obi-Wan était debout, revigoré et plein d'entrain.
— Bravo Anakin, tu as fait un travail remarquable. Obi-Wan passa sa main sur sa jambe. Je ne sens plus aucune douleur. Merci.
— De rien Maître, je ne fais que mon devoir.
— Bon sortons d'ici.
Alors qu'ils allaient tous les deux sortir de la navette, Anakin fut saisi d'une intuition. Il sauta directement au plafond de la navette, arracha un panneau de tôle, plongea sa main et en sorti un droïde mécanicien qu'il jeta directement sur le sol.
— Et de un.
Il plongea à nouveau sa main.
— Et de deux. Dit-il en jetant le deuxième droïde mécanicien. Je le savais, je le sentais, j'en était sur. Ils ont saboté la navette des Saboteurs. C'est un comble.
Les deux droïdes mécaniciens se tenaient debout sans savoir où donner de la tête, comme deux enfants que l'on vient de surprendre entrain de faire une bêtise.
— Ha donc voici la cause de tous nos soucis. Anakin reprogramme ces deux droïdes afin qu'ils réparent ce vaisseau. J'ai bien peur que « l'étoile des Saboteurs » soit notre seule chance de quitter cette planète le moment venu.
— Je ne suis pas certain que cette machine soit un jour capable de redécoller…
— Fais quand même ce que je te dis. La priorité, c'est le système de communication. Nous devons contacter le Conseil Jedi dès que possible. Je vais examiner les dégâts depuis l’extérieur.
— Bien Maître.
Anakin attrapa par le cou un des droïdes mécanicien qui se débattait dans tous les sens. Il passa quelques secondes à essayer de le maîtriser mais du se résoudre à employer la manière forte, il finit par l'éteindre tout simplement en appuyant sur le bouton qui se cachait sur la nuque du petit robot. Une fois cela fait il était temps de passer au deuxième. Mais celui-ci n'était pas du tout décidé à se laisser faire comme son acolyte.
Démarra alors une course poursuite effrénée dans la cabine de la navette. Le petit droïde sautait partout et Anakin avait bien du mal à l'attraper. Il lui donnait bien plus de fil à retordre que le premier. Ce manège dura quelques secondes jusqu’à ce qu'Anakin en ait assez. Le droïde mécanicien allait se faufiler dans une gaine d'aération quand Anakin se décida enfin à faire usage de la Force. Il pointa sa main en direction du droïde et comme par magie, le petit robot s’éleva dans l'air et fut aussitôt attiré dans les bras du Jedi. Anakin s'empressa d'éteindre le droïde et le positionna à côté de son compagnon.
Il prit quelques secondes pour reprendre son souffle et tira deux câbles qui sortaient de l'ordinateur central qu'il brancha directement sur les deux robots. Il tapota ensuite sur l'écran de contrôle de l'ordinateur central et la programmation démarra. Pendant le processus de reprogrammation les deux droïdes étaient animés par des soubresauts un peu inquiétant.
Pour Anakin ce n'était pas une chose agréable. Il devait faire un effort pour se souvenir que ce n'était que de simples machines et qui donc ne ressentent pas de douleur. Mais, les voir se déhancher dans une telle frénésie de mouvements bizarres le rendait mal à l'aise. Il y avait quelque chose qui le dérangeait. Au bout de quelques secondes l'opération était arrivée à son terme. Anakin, soulagé, débrancha les deux droïdes et les ralluma.
— Maintenant vous allez être bien gentils et vous aller réparer cette navette des pieds jusqu’à la tête ! Vous avez compris ?
Les deux droïdes répondirent par cliquetis. Anakin fit mine de comprendre et avant de les laisser et de sortir, il les pointa du doigt :
— Et je vous ai à l’œil vous deux ! Alors faites ça bien.
Les deux droïdes debout, saluèrent Anakin d'un geste de la main et aussitôt ils commencèrent leur travail. Le jeune Jedi satisfait, remit sa cape bien en place, vérifia que son sabre était toujours là, accroché à son ceinturon, et positionna sa capuche pour affronter le soleil de Cachin.
Une fois dehors la même sensation l'envahit. Il y avait quelque chose en plus de la chaleur. Cela, il en était plus que convaincu. Il fit quelques pas dans le sable quand il vit Obi-Wan qui inspectait une des ailes de la navette. Anakin s'approcha.
— Maître, les deux droïdes mécaniciens ont été reprogrammés et ils ont débutés les réparations. Mais je doute qu'ils ne puissent faire grand-chose. J'ai aussi vérifié l'hollocom, il est en panne mais ils devraient pouvoir le faire fonctionner d'ici quelques jours si, bien évidemment, ils arrivent à remplacer les pièces manquantes avec ce qu'ils trouveront dans la navette, mais je suis d'avis de trouver une autre solution.
— Tu as raison Anakin. Ce vaisseau ne redécollera sûrement jamais de cette planète, raison de plus pour contacter le Conseil Jedi. Tiens regarde ceci.
Obi-Wan pointa du doigt une des ailes de la navette à moitié déchirée. Collée à sa base, une carapace orange cramoisie pas plus grosse qu'un ballon. Anakin était ébahi.
— Je crois que nous avons encore un passager clandestin avec nous.
— Ce n'est pas possible. Ajouta Anakin. Ruhn ?
Anakin s'approcha de la carapace apparemment inerte. Il la toucha mais celle-ci, encore fiévreuse, lui brûla le doigt.
— Ruhn ? Ruhn Rapuhn ! C'est bien toi ? Demanda Anakin alors qu'il avait son doigt dans la bouche.
Au bout de quelques instants, la carapace se mit à craquer et elle tomba à terre. Elle était soudain animée par de petits tremblements et se fissura complètement. De cette petite carapace finit par sortir un Ruhn Rapuhn démesuré. Il tenait à peine debout et Anakin dut le soutenir pour ne pas qu'il s'effondre.
— Ruhn gentil. Runh a sauté sur « l'étoile ». Ruhn a tenu. Ruhn fort.
— Oui, répondit Anakin. Runh est très fort. Mais tu devrais t’asseoir.
Anakin accompagna du geste Ruhn pour l'aider à s'asseoir. Et reprit :
— Maître, vous vous rendez compte ? Il a fait tout le voyage sur le dos de la navette dans l'hyperespace…
— Je suis très surpris qu'il soit encore en vie. A ma connaissance personne ne peut survivre à un tel périple. Ajouta Obi-Wan.
Obi-Wan examina un peu Runh sous toutes les coutures.
— Il a l'air en bonne santé.
Runh suait déjà à grosses gouttes, les mains plantées dans le sable. Il avait le regard halluciné, il n'avait pas l'air de comprendre la réalité. Il jetait des coups d’œil succint tout autour de lui.
— Où est Ruhn ? Ruhn gentil. Runh pas méchant.
Anakin s'agenouilla à côté de lui.
— Ruhn tu es avec nous maintenant. Tout va bien.
— Où est Runh ?
— Tu es ici avec nous. Tu comprends ?
— Sous le merveilleux soleil de Cachin. Indiqua un Obi-Wan sarcastique.
— Runh ne veut pas retourner dans la Cantine. La Cantine est méchante…
— Je crois qu'il n'a plus toute sa tête. Dit Anakin. Runh écoute-moi. Tu n'es plus dans la Cantine. Tu es ici, avec nous sur Cachin. Je suis Anakin, tu te souviens de moi ? Et Obi-Wan est là aussi. Même Haïn et Jiin sont ici…
A ce moment-là un éclair passa dans les yeux de Ruhn et sa mine changea.
— Haïn et Jiin. Murmura Runh. Les méchants Saboteurs.
Runh se leva alors d'un seul coup en faisant tomber Anakin. Il venait tout à coups de reprendre enfin ses esprits.
— Où sont-ils ? Où sont Haïn et Jiin Môche ?
— Ils sont partis. Répondit Obi-Wan. Mais a mon avis, ils ne sont sûrement pas très loin. Nous allions les rejoindre quand nous t'avons trouvé collé sur l'aile de la navette.
Anakin se leva et frotta le sable qui collait sur sa cape.
— Cela fait un petit moment maintenant qu'ils sont partis. Nous devrions les rejoindre maintenant. Tu sens d'attaque, Runh, pour marcher un peu ? Demanda Anakin.
— Si je suis d'attaque ? Rétorqua Ruhn Rapuhn. Je suis en pleine forme et j'ai deux mots à leur dire.
— Bien. Ajouta Obi-Wan. Alors en route !
Les deux Jedis, accompagnés de Ruhn Rapuhn commencèrent à gravir le sommet de la dune dans les traces de pas laissées par les Saboteurs. Une fois au sommet, ils eurent un large panorama sur la mer de dunes qui animait en vague bosselées le paysage.
Cachin avait cela de particulier : à sa surface il n'y avait qu'un seul continent entouré d'océan. Un super continent. Mais dont la moitié était un désert sans vie. Obi-Wan essayait de se souvenir des cours de l'école Jedi. Notamment ceux de géopolitique. Le nom : Cachin, lui disait quelque chose, mais il n'arrivait pas à se souvenir précisément. Anakin parcourut du regard le paysage tout autour de lui. Derrière eux, la grande montagne qu'ils avaient évité juste avant le crash. Son sommet était couvert de neiges éternelles cendrées tandis que sa base était directement rongée par les dunes de sable, et aucun arbre, aucune herbe ne poussaient. Tout n'était que roche, poussières et sable. Et devant eux, tout n'était que dunes balayées par le vent. La montagne était leur seul point de repère. Anakin se dit qu'après tout, ils pourraient retrouver la navette sans problème. Le souci maintenant était de trouver un semblant de civilisation. Et rien devant leurs yeux ne semblait confirmer la présence d'une quelconque société évoluée.
— Anakin, que savons-nous sur le système de Cachin ?
Anakin, surpris par la question d'Obi-Wan, fit semblant de se concentrer et hésita à répondre.
— Pas grand-chose Maître. Finit-il par lâcher.
— Pourtant c'est au programme de l’académie Jedi cette année non ? Je me trompe ?
— C'est à dire que…
— Tu n'as pas révisé tes cours Anakin.
— Disons que… j'ai eu beaucoup de travail de terrain cette année et… Que devons-nous savoir sur Cachin Maître ?
Obi-Wan se détourna d'Anakin et questionna Runh.
— Runh, que savez-vous sur le système de Cachin ?
Runh, hypnotisé par les vagues de sable, balaya la question d'un geste de la main.
— Jamais entendu parler. Se contenta-t-il de répondre.
— Bien… fit Obi-Wan. Première étape dans un environnement inconnu et sûrement hostile : S'orienter. La montagne derrière nous est notre point de repère. Anakin, pendant la descente, as-tu pu apercevoir quelque chose qui ressemblerait à une ville ?
Anakin hésita un peu.
— Il me semble avoir vu un grand panache de fumée s'élever depuis la côte, mais je n'ai pas eu le temps…
— Bien, bien. Obi-Wan inspecta encore une fois du regard le panorama mais ne put voir aucun panache de fumée, ni rien qui puisse lui indiquer la présence d'un monde intelligent.
Runh se pencha en avant. En contre-bas, dans une dépression de la dune, deux petites créatures se chamaillaient.
— Ils sont là. Grogna Runh.
Runh se mit à courir à pas de géant dans la descente de la dune. Suivit de près par Anakin. Obi-Wan, lui, se contenta de descendre tranquillement.
— On peut dire que vous en avez fait du chemin. Ironisa Anakin, les mains sur les hanches.
Haïn se tourna d'un coup sec vers Anakin.
— Je me suis fait mal, JE ME SUIS TORDU LA CHEVILLE !!! Hurla-t-il en colère.
C'est alors que Haïn remarqua Runh qui le dévisageait, les yeux rougis par l'animosité.
— Oh tiens Runh ! Alors comme ça tu n'es pas mort… Ce n'est pas que je sois vraiment surpris de te voir et…
— Je vais arracher chacune des dents de ta mâchoire, une par une, traître!
Runh saisit Haïn par le cou, il était sur le point de l'étrangler quand Jiin le calma.
— Runh ! Runh ! Non. Ce n'est pas sa faute. C'est la mienne… je t'en prie ne fait pas de mal au grand Haïn, mon seigneur. Implora Jiin.
— Il est tout sauf grand ! Rétorqua Runh. Il s'adressa alors à Haïn dont il tenait le visage tout près du sien. Tu n'es qu'une déjection de la nature. La galaxie peut très bien se passer de toi. Maudit Saboteur. Traître-nain !
Obi-Wan, qui venait d'arriver à leur hauteur, posa sa main sur le bras de Runh.
— Runh. Ce n'est pas la peine d'en arriver là. Tu vas te calmer. Tu vas poser tout de suite Haïn et on va tous reprendre nos esprits.
Anakin contemplait son maître qui faisait usage de la Force pour calmer les envies de meurtres de Runh.
— Nous sommes dans une situation compliquée. Nous devons absolument nous entendre et mettre nos querelles de côtés.
Obi-Wan attendit que Runh pose Haïn à terre et reprit :
— Je ne tolérerais plus aucune menace proférée à l'encontre de qui que ce soit. A partir de maintenant et jusqu’à nouvel ordre, vous ferez tout ce que je vous dis, sans rechigner et sans discuter. Suis-je clair ? Demanda Obi-Wan.
— Jiin, aide-moi à me relever. Ordonna Haïn.
Jiin pris le bras de Haïn sur son épaule et le souleva tout doucement. Haïn grimaçait. La douleur dans la cheville était sûrement intense.
— Et maintenant ? Que fait-on ? Demanda Haïn.
— Nous allons marcher. Répondit Obi-Wan qui positionna sa capuche sur sa tête.
Lentement, l'équipée se mit en branle en avançant nonchalamment dans le sable. Obi-Wan jeta un œil vers le soleil et sa position dans le ciel. Il était au zénith. Donc, ils étaient eu milieu de la journée, pile au moment où il fait le plus chaud. L'inconnue étant de savoir combien de temps pouvait durer une journée. Si ce n'était qu'une question d'heure avant la nuit, cela pourrait aller. Mais par contre, si la durée des journées sur Cachin étaient plus longues… beaucoup plus longue, alors ils étaient tous en danger. C'est une chose de tenir quelques heures en plein soleil sans l'ombre d'un arbre, c’en est une autre de tenir sans eau, sans nourriture et sans abris pendant un temps indéfini.
Obi-Wan était inquiet. Anakin, qui ouvrait la marche, était toujours plein d'entrain. Parfois il quittait le groupe pour prendre de l'avance et montait au sommet d'une dune en espérant repérer quelque chose. Mais à chaque fois, c'était le néant et la déception devant cet horizon qui n'était qu'une succession de vallées d'ennui. Les pieds s'enfonçaient dans le sable et Jiin peinait vraiment à avancer tant le poids de Haïn pesait. Au bout de quelques heures, alors que le soleil ne semblait pas amorcer sa descente, Haïn invectiva Runh.
— Ruhn, vraiment tu me déçois. Tu pourrais me prendre sur ton dos, je ne pèse rien par rapport à toi. Je ne serais qu'une brindille sur ton épaule.
Runh fit semblant de ne pas l'entendre et continua sa route.
— Bon. Puisque c'est ainsi. Continua Haïn. Jiin ! Porte-moi sur tes épaules.
— Oui mon Seigneur.
Jiin s'accroupit et Haïn monta sur ses épaules. Jiin eu toutes les peines du monde pour soulever son Seigneur et quand il arriva enfin à se relever complètement, il mit un moment à se stabiliser et manqua plusieurs fois de perdre l'équilibre pendant que Haïn agitait les bras de façon désordonné.
— Non de… Jiin ! Si j'avais une branche pleine d'épines je n'hésiterais pas à te fouetter avec !
— Pardon mon Seigneur mais le sable n'est pas stable et…
— C'est le principe même du sable. Le sable ça n'est JAMAIS stable, alors sois attentif, tu m'agaces ! Si jamais tu me fais me tomber, je jure devant les Dieux que tu n'échappera pas à mon Blaster.
Anakin laissa passer les deux Saboteurs et Runh. Il continua sa marche auprès d'Obi-Wan.
— Ne devons-nous pas faire quelque chose pour la cheville de Haïn ? Demanda Anakin. Jiin me fait de la peine…
— Il n'a absolument rien. Quant à Jiin, j'éprouve de la peine aussi. Mais si j'ai un conseil à te donner aujourd'hui Anakin ; c'est de ne jamais te mêler des coutumes, ni des mœurs et traditions parfois injustes des peuples que tu seras amené à rencontrer. Observe, apprends, mais reste en retrait.
— Bien Maître.
Les heures s'écoulèrent lentement, au même rythme que la marche et peu à peu le soleil de Cachin entama sa descente. Anakin se retournait de temps en temps pour se situer par rapport à la montagne ; et son piton était maintenant enveloppé de quelques nuages éparses. Pour Jiin, chaque pas était une épreuve et Haïn prenait un malin plaisir à se tortiller sur ses épaules. La soif taraudait le gosier de Jiin, ses pieds brûlaient dans le sable et à chaque dune il fallait gravir jusqu'au sommet et ensuite redescendre sans perdre l'équilibre.
Runh s'enfermait dans son mutisme. Il se contentait de suivre Haïn et Jiin sans jamais les perdre du regard. Progressivement le jaune éclatant du sable vira à l'orange pâle tandis que le soleil rejoignait sa couche. Le paysage aussi changea. Peu à peu les dunes laissèrent la place à des excroissances rocheuses balayées par les vents de sable.
Parfois un petit arbuste sortait de nulle part et quelques broussailles s'étiraient sur une pierre. Mais la nature n'était pas foisonnante, bien au contraire. La vie était bien frêle ici. Au détour d'un rocher immense qui reposait sur une arrête, un nouveau paysage s'offrait enfin à eux. Les dunes avaient disparues.
Face à eux, une grande plaine désertique. L'équipe s’arrêta quelques instants. Le temps pour Obi-Wan de sortir ses lunettes de vision et d'inspecter les environs. Après quelques secondes d'observation, il tendit les lunettes à Anakin.
— Il y a une chaîne de montagnes après la plaine vers l'ouest. Dit Obi-Wan. Par contre, je pense qu'il nous faudra a peu près deux jours pour l'atteindre.
— Et comment sommes-nous sûr que c'est la direction à prendre ? Demanda Anakin.
— Que te dit ton instinct ?
Anakin réfléchit une seconde et répondit :
— Que c'est la bonne direction Maître.
— Runh, Haïn et Jiin, nous allons devoir traverser cette plaine désertique pour atteindre la chaîne de montagne qui la borde à l'ouest.
— Mais vous êtes fou ! Aboya Haïn. Il nous faudra des jours pour l'atteindre et nous n'avons presque pas de vivres !
— Nous allons devoir nous économiser. Et je préfère traverser cette plaine de nuit que de jour. Ne perdons pas de temps. En avant ! Ordonna Obi-Wan.
— Oh oui c'est sur c'est facile pour vous. Mais regardez mon pauvre Jiin, il n'en peux déjà plus. Et vous voulez marcher de nuit ?!
— Vous pouvez rester là si cela vous chante. Nous, nous avançons.
Obi-Wan ouvrait la marche suivit d'Anakin et de Runh. Jiin tremblait sur ses jambes. Il se passa plusieurs fois la langue sur les lèvres, déglutit et interrogea son Seigneur.
— Devons-nous les suivre mon Seigneur ?
— Évidemment crétin. Tu crois qu'on va rester planté là ? En avant !
Haïn remua sur les épaules de Jiin, comme le ferait un cavalier pour signifier à sa monture d'avancer.
— Vous me faites mal mon Seigneur…
— C'est parce que tu n'es pas encore habitué. Tais-toi et marche !

Bien entendu les nuits de Cachin étaient d'un froid extrême. Après avoir marché pendant encore quelques heures, Obi-Wan décréta qu'il était temps de se reposer et personne ne le contre-dit. La plaine ressemblait à un lac desséché. Ils s'abritèrent tous du vent en se calant derrière un rocher assez gros. Anakin en profita pour arracher à la terre un arbuste pétrifié. Il brisa les branches et en fit un tas. Jiin qui pouvait enfin souffler se massait les épaules. Haïn plongea une main dans une poche de son gilet, il en sorti un peu de poudre grise qu'il mélangea avec une once de salive. Il cracha donc dans sa main et malaxa pendant quelques secondes cet agrégat avant de le jeter dans le tas de branche. Aussitôt une étincelle explosa et l'arbuste pris feu.
Anakin fut surpris et voulu en savoir plus sur cette poudre grise, il allait interroger Haïn lorsqu'il se ravisa. En fait il n'avait pas vraiment envie de palabrer avec Haïn. Ouvrir une discussion avec Haïn était : soit de l'inconscience, soit de l'imprudence et de toute façon, le simple fait d'y penser était déjà en soit une erreur. Il se contenta alors de s’asseoir près du feu, de plonger son regard dans les flammes et de rêvasser. Runh resta debout pendant quelques minutes arpentant du regard les étoiles qui scintillaient dans le ciel. Il finit par s'asseoir un peu à l'écart du groupe. Jiin était visiblement exténué.
— Mon Seigneur, puis-je me reposer un peu ? Mendia Jiin.
— Oui mon bon valet. Je crois que tu as mérité un peu de repos. Répondit, tout sourire, Haïn.
Jiin s'écroula d'un seul coup. Trois secondes plus tard, il dormait à poing fermé. La fatigue était omniprésente et tout le groupe, mis à part Jiin, ne rêvait que d'une seule chose : dormir.
— Anakin, je vais prendre le premier tour de garde. Essaye de dormir un peu. Dit Obi-Wan.
Anakin ne se fit pas prier. Il se cala bien comme il faut contre le rocher et ferma les yeux. Haïn fit de même.
— Runh, vous devriez en profiter pour vous reposer aussi.
— Je ne dors jamais Monsieur Jedi.
— Tu peux m'appeler Obi-Wan…
— Je ne dors jamais Monsieur Obi-Wan.
— Bien… alors parlons. Comment avez-vous connu ces deux saboteurs ?
— Je n'aime pas parler Monsieur Obi-Wan.
— Bon très bien. Donc nous ne parlerons pas.
Le silence de la nuit était émaillé par les craquements du feu de bois. Le ventre de Haïn gargouilla quelquefois mais pas assez fort pour le réveiller. Obi-Wan passa alors les quatre premières heures de sa garde impassible. Runh parfois se mettait à renifler un peu fort pendant quelques instants comme si il avait repéré l'odeur de quelque chose, mais à chaque fois il s'arrêtait et restait paisible. Quand la lune apparu dans la nuit, il se passa quelque chose d'assez inhabituelle : le sable et la poussière s'élevèrent, comme attiré par la lune. Tant est si bien qu'Obi-Wan avait du mal à respirer. Cela ne dura pas très longtemps. Mais le Jedi trouva ce phénomène assez curieux et intéressant.

Au cœur de la nuit la bête rodait. Elle rampait sous le vent, zigzaguait entre les pierres et s'approchait inexorablement de sa cible. Cette nuit était particulière, elle le savait. Son festin était descendu du ciel, envoyé par les Dieux pour la contenter. Elle les avait suivi. Depuis le Mont Goth, dans la mer des dunes et enfin jusqu’à la plaine du Four. Là elle avait attendu son heure. Et l'heure était enfin arrivée. En relevant la tête, elle apercevait le feu qui agonisait tranquillement. Elle renifla et l'odeur qui traversait ses naseaux était exquise. Oui c'était comme de la magie. Cela sentait si bon. Tous ses sens étaient aux aguets. Elle distinguait les formes de ses futures proies. Dans quelques secondes elle allait tous les dévorer sans autre forme de procès. Manger. Les manger. Oh oui, elle allait bientôt tous les manger. Elle n'était maintenant qu'à quelques mètres de son objectif. La forme orangée qui ne semblait plus bouger allait peut-être lui donner du fil à retordre, elle décida alors qu'elle l'attaquerait en premier. Ensuite elle ne fera qu'une bouchée des autres. Il ne pouvait en être autrement. Il était temps. La bête enfonça ses griffes dans le sol, ses six pattes arquées, elle était prête à bondir. Elle renifla une dernière fois cette douce fragrance, ouvrit la gueule, laissant apparaître ses rangées de dents acérées et tout simplement démesurées. Et enfin, elle bondit.
Le temps s'allongea. A l'amorce du saut, elle aperçut les formes endormies. Celle de Haïn et Jiin, celle d'Anakin, celle de Runh et enfin celle d'Obi-Wan. En un quart de seconde tout changea. À l’apogée du saut, Obi-Wan était debout, sabre laser en main. Et quand débuta la descente vers Runh, qu'elle voulait déchiqueter en premier, au moment même où sa griffe allait l'éventrer, un éclair de lumière transperça son abdomen. Elle rata alors sa proie de peu, tenta une manœuvre pour se retourner et l'attaquer de nouveau. Mais c'était peine perdue. Elle eut juste le temps d’apercevoir les deux Saboteurs faire feux de leur Blaster. Une seconde plus tard, elle sentit le sabre laser d'Anakin lui couper une patte. Une dernière pensée lui vint avant de fermer les yeux à jamais. Runh n'avait pas bougé. La grosse forme orangée n'avait pas remué le petit doigt. Il se contentait d'admirer le spectacle sans montrer aucune émotion. Elle faisait face à son destin, elle avait commis une erreur fatale. Dans un dernier râle, elle rendit son âme aux Dieux et s'écroula au sol, terrassée.

— C'était moins une. S'exclama Haïn. Non mais vous avez vu ça ! Là ! Blam ! Un bon coup de Blaster et elle est morte la pitite bébette. Tu as vu ça Jiin, tu as vu ? Je faisais semblant de dormir, je l'ai attendue jusqu’à la dernière seconde et là, Boum ! Un seul coup de mon Blaster et voilà. Elle est morte ?
Obi-Wan secoua la bête du bout de son pied.
— On dirait bien.
— Non mais tu as vu Jiin ? Ha elle aurait du se méfier d'un Saboteur qui dort. Elle est bien morte ? Et c'est quoi au juste ? Demanda Haïn qui s'approcha un peu plus.
Runh qui était resté à l'écart s'approcha de la bête. Il l'examina une seconde.
— C'est une Cyclatte.
La Cyclatte eut un dernier soubresaut ce qui eut pour conséquence de faire sauter Haïn en arrière.
— Jamais entendu parler. Mais en tout cas j'ai tué une Cyclatte Jiin ! Ça se mange ? Tu as vu Jiin ?
— Oui mon Seigneur.
— Oui. Répondit Runh. Comestible.
Le visage de Haïn s'illumina. Il replongea sa main dans son gilet. Cracha plusieurs fois dans ses mains et jeta les petites boules explosive dans le feu qui se transforma en brasier. Il posa fièrement ses poings sur ses hanches.
— Alors si elle est comestible. Mangeons-la !)
Modifié en dernier par harnis29 le Ven 20 Jan 2017 - 9:58, modifié 3 fois.
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 9:36   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Chapitre 9
La Plaine du Four

L'aube grignota la nuit. Les étoiles disparaissaient peu à peu derrière les rayons rosés du matin. La carcasse de la Cyclatte fumait encore vaguement. Haïn était complément allongé sur le sol et Anakin pouvait voir son ventre se soulever au rythme de sa respiration. Il ronflait le bougre. Parfois il gigotait, sûrement en plein action dans un rêve. Il agitait alors ses deux jambes comme si il était poursuivi par un monstre effroyable.
Anakin avait passé le reste de sa garde a essayé d'établir un contact amical avec Runh. Mais celui-ci l'avait éconduit avec politesse. Apparemment Runh n'aimait pas trop parler. Pourtant, dans la Cantine Solitaire il s'était montré beaucoup plus volubile. Là, il était debout et encore une fois à l'écart du groupe. Anakin se demandait à quoi il pouvait bien penser. Runh restait impassible. Même lors de l'attaque de la Cyclatte pendant la nuit, Runh avait à peine bougé. A peine s'était-il senti concerné. Là, il scrutait la plaine du Four de Cachin. Un paysage plane de désolation. Du sable sale et grêlé de gravier qui s'étend sur des kilomètres à perte de vue. Pas un arbre, aucune verdure, juste une plaine immense parfois perturbée par un rocher qui crèvait sa surface.
Obi-Wan ouvra un œil lorsque le soleil de Cachin pointa le bout de son nez. Il se leva et s'étira. Ensuite il colla ses lunettes de vision sur ses yeux et dirigea son regard vers l'ouest. La chaîne de montagne vue la veille semblait toujours aussi lointaine et floue. Obi-Wan savait déjà que la journée allait être longue. Très longue.
— Anakin, réveille les deux zouaves. Nous devons nous mettre en route dès maintenant.
— Vous savez ce qu'il vous dit le zouave ?! Grommela Haïn, tandis qu'il essayait péniblement de se relever.
— J'aurais préféré faire le chemin de nuit. Mais nous devions tous nous reposer. Il va faire chaud. Très chaud. Continua Obi-Wan.
Jiin, lui, au réveil, semblait ne pas comprendre où il était. Il jeta quelques regards apeurés mais quand il vit Haïn se gratter les fesses, il fut tout de suite rassuré. A le voir comme ça au réveil, avec son sourire niais, il l'avait l'air d'un nigaud plus que débile. Pourtant, Jiin était quelqu'un de bien ou alors il avait un bon fond. Anakin voyait du bien en lui. Il en avait la conviction.
Haïn prit quelques morceaux de viandes qui frissonnaient encore alors que les braises étaient devenues du charbon. Il les rangea délicatement dans son sac à dos.
— Runh ? Vous êtes avec nous ? Demanda Obi-Wan.
Runh fit un signe de la tête et s'approcha du groupe.
— Où allons-nous ? Demanda-t-il à Obi-Wan.
— Vers l'ouest. Vers la chaîne de montagne.
— Et qu'est-ce qui nous attends la-bas ? S'enquit Haïn.
— L'espoir. Peut-être de la vie intelligente. Peut-être une civilisation et surtout peut-être un moyen de réparer la navette ou de trouver un autre vaisseau. Et puis nous avons une mission à accomplir.
— Ça fait beaucoup de suppositions… qu'est-ce qui vous dis que nous allons trouver quelqu'un ou quelque chose ? Grogna Hain.
— Mon instinct. Seigneur Haïn. Répondit Obi-Wan dans un demi sourire.
— Votre instinct !! Et bien on n'est pas arrivé !!! Tu entends ça valet ?! Hain donna un coup de pied à Jiin et imita Obi-Wan en se caressant sa barbe invisible : Mon instinct me dit que tu es un abruti... Allons ! Il faut vite que je m'assoie et que je médite...
La petite troupe se mit en ordre de marche. Comme la veille c'est Runh qui prit la tête de l'équipée, suivit de près par Haïn et Jiin. Anakin resta auprès de son mentor. Ils avançaient d'un pas décidé. Haïn avait retrouvé l'usage entier de sa cheville et ne semblait pas le moins de monde gêné par quoique se soit. Anakin en fit la remarque d'un signe de la tête pour Obi-Wan.
— Tu vois ? Je te l'avais dit. Il n'a absolument rien. Confirma Obi-Wan.
— Vous pensez vraiment qu'on va s'en sortir cette fois-ci ? Demanda Anakin.
— Pourquoi ? Tu en doutes ?
— Je ne sais pas. Depuis que nous avons échoué sur cette planète j'ai une curieuse sensation. Je ne saurais la décrire. Mais quelque chose me turlupine. Il y a quelque chose ou quelqu'un sur cette planète…
— Je l'ai senti aussi. C'est forcément en lien avec notre présence ici. C'est l'objet de notre mission. Yoda a vu juste. Il savait ce qu'il faisait en nous envoyant sur Cachin.
— Vous voulez dire qu'on enquête encore sur l'attentat contre Sajura Zaharcha ?
— Bien sur Anakin. Nous n'avons pas encore résolu ce mystère.
— Et les Saboteurs ?
— Ce sont des êtres malfaisants, stupides, arrogants… Sur qui il ne faudra jamais compter. Mais j'ai la certitude qu'ils se sont fait avoir et qu'ils ont encore un rôle à jouer ici.
— Vous avez raison. Ils sont trop crétins pour avoir fomenté d'eux même cet attentat. Quelqu'un se sert d'eux pour leur faire porter le chapeau.
— C'est aussi mon avis. Et je compte bien savoir qui est derrière tout ça.
— Et pourquoi cette planète alors ?
— L'intuition de Yoda. Si il nous envoie ici c'est qu'il y a une raison. Nous en aurons bientôt le cœur net.

Le soleil incendiait la surface de Cachin. La plaine stérile et désertique portait bien son nom : Le Four de la plaine tournait à plein régime. La température ne cessait d'augmenter et la petite troupe était assommée par le poids de la chaleur. Chaque pas était une épreuve. Et c'est bien évidemment à ce moment-là que Haïn fut soudain pris de douleur à la cheville. Tout à coup il ne pouvait plus faire un pas de plus. Il se lamenta si bien que quelques secondes plus tard il était de nouveau sur les épaules de Jiin. Là, il retrouva alors sa verve. Les insultes, les remontrances et le dénigrement pleuvait sur le dos de Jiin qui titubait.
Parfois ils passaient à côté d'un rocher un peu plus gros, assez grand en tout cas pour qu'ils puissent s’asseoir dans son ombre. Là ils soufflaient tous un peu. Ils en profitaient alors pour s'hydrater, reprendre leur respiration et se reposer quelques minutes. Seul Runh ne semblait être aucunement affecté par la chaleur. Il restait en plein soleil, fixant du regard la chaîne de montagne qui se faisait de plus en plus net a mesure qu'ils avançaient.
Cette chaîne de montagnes semblait irréelle. Elle s'élevait d'un coup en bordure de la plaine. Il n'y avait pas de doux dénivelé. Juste des falaises de roches abruptes comme posées sur le sol. En tout cas, elle n'avait pas l'air naturelle. Runh s'en fit la remarque. Il trouvait cela assez étrange. Runh n'était pas certain d'avoir fait le bon choix. La Cantine Solitaire était une prison où il menait une vie d'esclave. Mais au moins il avait de quoi manger. Il vivait une vie misérable mais il vivait. Il n'était pas du tout convaincu par son avenir sur cette planète étrange. Il s'imaginait mourir et dessécher lentement sur le sable. Bientôt il ne resterait de lui qu'une carapace vide de toute vie balayée par les vents.
Il était perdu dans ses pensées quand Haïn lui tapota le bras avec un morceau de branche.
— Pousse-toi Runh, tu es trop lent, nous devons passer !
Runh fit un pas de côté et laissa passer les deux saboteurs qui n'en faisait qu'un. Haïn tapotait maintenant les jambes de Jiin pour qu'il avance plus vite. Runh leur emboîta le pas. Pendant plusieurs heures le silence régna tout juste entre-coupé du son des pas sur le sol. Parfois Jiin ralentissait et se laissait dépasser par le reste de la troupe. C'était sans compter les grognements et les coups de branches de Haïn. Sur les épaules de Jiin, Haïn était presque de la même taille qu'Anakin. Obi-Wan se rendit compte assez vite finalement qu'ils ne pouvaient continuer ainsi.
Il choisit un gros rocher qui ressemblait à un astéroïde posé sur le sol et invita l'équipe à se reposer de nouveau. Le soleil était au zénith et malgré sa taille, le rocher n'offrait qu'une toute petite partie d'ombre dans laquelle ils s'étaient tous réfugié. Mis à part le vent qui soufflait de temps en temps en petite bourrasque, il n'y avait aucun bruit.
Haïn sortit un morceau de viande qu'il engloutit immédiatement sans même vraiment le mâcher, sous le regard envieux de Jiin. Pris d'un faux remord et pensant surtout à sa propre survit, Haïn autorisa Jiin à en faire de même.
A cette heure de la journée, marcher était impossible sans risque. Il n'y avait qu'une seule chose à faire : attendre.
C'est ce qu'ils firent tous pendant des heures sans se parler ou à peine. Et quand l'ombre du rocher s'allongea, la moitié de l'après-midi était passé.
La marche reprit.
Personne ne parlait. Tous étaient plus ou moins hypnotisé par la succession de pas qui aurait pu durer une éternité. Anakin regardait ses pieds s'enfoncer dans le sable sans réfléchir. Sa capuche sur la tête, le protégeait du vent et de la chaleur mais diminuait sa vision sur les côtés. Alors qu'il tournait la tête pour avoir une meilleure vision de ce qui l'entourait, il sursauta quand il vit le visage de Jiin à sa hauteur.
Jiin était sur les épaules de Haïn, triomphant.
— Vous m'avez fait peur Jiin. Dit Anakin déjà soulagé.
— Vous ne pouvez vous adresser directement au Seigneur des Saboteurs. Maugréa Haïn. Vous devez passer par moi si vous voulez vous adresser à Jiin, le magnifique, Seigneur des Saboteurs.
— Je croyais que c'était vous, Haïn, le Seigneur des Saboteurs
— Non ! Jiin est le Seigneur.
— Nous fonctionnons par cycle. Lui répondit Jiin dans un ton posé, presque délicat. Quand le cycle de gouvernance est complet, nous échangeons nos rôles et la couronne de cuir. Je suis donc maintenant le Seigneur Jiin, le Sage. Et voici Haïn, mon audacieux et fidèle serviteur.
— Mon seigneur. Vous ne devez pas leur parler. Laissez-moi faire. Ce ne sont que de simples humains. Ils n'auront jamais conscience de l'honneur que vous leur faites. Et puis nous ne pouvons nous permettre de faire confiance à des Jedis. Vous le savez bien mon Seigneur. Un seul mot, un tout petit ordre de votre part et je les pulvérise sur le champ. Cela serait très facile pour moi vous savez !
— Voyons voyons Haïn. Je pense que nous n'avons rien à craindre d'eux. Ai-je bien raison, Monsieur Anakin ? Demanda Jiin qui ne cessait de remettre en place sa couronne de cuir trop grande pour lui.
— Tout à fait. Répondit Obi-Wan. Cela va sans dire. Mais vous savez, parfois, un geste malencontreux… Mais je suis curieux. Combien de temps dure un cycle de gouvernance ?
— Personne ne le sait. Dit Jiin. Quand le cycle touche à sa fin, nous le sentons et nous savons alors que nous devons changer de rôle. Il en a toujours été ainsi et ce, depuis la nuit des temps.
— Vous avez de curieuses coutumes Seigneur Jiin. Ajouta Obi-Wan.
— Cessez d'importuner mon Seigneur… Haïn n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il trébucha et les deux Saboteurs se retrouvèrent le nez dans le sable.
Runh qui avait observé la scène se mit à rire à gorge déployée.
Haïn fulminait tandis que Jiin essayait de se remettre debout. Mais c'est comme si les deux saboteurs étaient emmêlés. Un des pieds de Jiin était coincé dans la lanière du sac à dos de Haïn. Le cirque dura quelques secondes mais cela était suffisant pour que Runh éclate de rire à nouveau. Même Obi-Wan et Anakin se retenaient de rire. Finalement Haïn réussit à se mettre debout, suivi de Jiin.
— Runh ! Espèce de mollusque décérébré ! Cria Hain. Si je t'entends rire encore une seule fois, je jure que tu te le regretteras.
Haïn furieux, empoigna son blaster qu'il pointa en direction de Runh.
— Tu m'entends ? Runh Rapuhn !
— Allons calmons-nous. Tempéra Obi-Wan au bord de la crise de rire.
Anakin se cachait dans sa capuche pour glousser en essayant de faire le moins de bruit possible.
C'est alors qu'Obi-Wan remarqua quelque chose dans le sable. Haïn n'était pas tombé tout seul. En balayant le sable avec sa botte, il mit au jour un élément important.
Là, bien planté dans le sol, il y avait un anneau métallique accroché à un piton de fixation de métal enfoncé dans le sol.
— Anakin ! Fit Obi-Wan. Je crois que nous venons de trouver une civilisation.
Le jeune apprenti s'approcha et regarda longuement l'anneau de métal planté au milieu de nulle part.
— Cela suffit-il comme preuve d'une civilisation ? Demanda Anakin.
— Ce qui est sur, mon cher apprenti, c'est que l'on maîtrise le métal sur cette planète. C'est un bon début. J'en suis presque soulagé.
Runh regarda l'anneau de métal planté dans le sol et reparti en direction des Montagnes.
Une fois que tout le monde reprit la marche, Jiin remonta sur les épaules de Haïn et l'équipe se remit en route. Quelques minutes passèrent et Runh se laissa pour une fois distancer. Il était au moins à une cinquantaine de mètres du groupe quand il éclata à nouveau de rire.
Haïn qui supportait le poids de Jiin s'arrêta net.
— Je vais le tuer. Je veux le tuer…
— Ne l'écoute pas Haïn. Fais comme s'il n'était pas là. Lui conseilla Jiin.
Il fallut presque une heure avant que l'incident soit clos. Une heure de marche en plein soleil avait eu raison de l'envie de rire aussi bien de Runh que des deux Jedis. Une heure encore passée et c'était oublié.
La première journée dans le Four arrivait à son terme. Quand le soleil s'allongea vers l'horizon il était temps de bivouaquer. Comme la veille, Haïn lança une boule de farine spéciale dans les branches desséchées qui allaient servir pour le feu. Quand Haïn vit Jiin fouiller dans son sac à dos, il faillit lui hurler dessus, mais il se ravisa, pendant une seconde il avait oublié son statut de serviteur. Jiin posa quelques morceaux de viande près du feu pour les réchauffer. Runh, pour une fois, consenti à s'asseoir près d'eux. Jiin pria Haïn de servir à chacun un morceau de viande. Même Runh s'autorisa à avaler une bouchée. Mais ce fut tout. Cette fois-ci, il n'y avait pas de rocher pour s'abriter du vent. Ils étaient au centre du Four de la plaine et la nuit n'était pas encore tombée. Obi-Wan se leva au bout d'un moment pour se dégourdir les jambes et examina la chaîne de montagne à l'aide de ses lunettes de vision.
— Demain nous aurons atteint les montagnes à la tombée de la nuit. Anakin, je te propose une petite leçon. Qu'en penses-tu ?
Anakin fut surpris. Il ne s'attendait vraiment pas à ça.
— Heu… oui Maître.
Obi-Wan recula de quelques pas, fit deux petits trous avec les talons de ses bottes, se cala bien dedans et lança le premier défi.
— Mon cher Padawan. Que vois-tu autour de toi ?
Anakin fit le tour de la situation.
— Du sable et des cailloux. Deux petits énervés et une sentinelle orange…
— Hé oh ! Brailla Haïn. Non mais vous avez entendu mon Seigneur ? Voulez-vous que le dessoude sur le champ ?
Jiin fit signe à Haïn de se taire. Il voulait voir ce qu'il se tramait devant ses yeux.
— Du sable et des cailloux… renchérit Obi-Wan. Que peux-tu faire de cela Anakin ?
— Maître… du sable, des cailloux… On ne peut rien faire de tout cela.
— Ha bon ? Fit Obi-Wan. Moi je peux faire ceci.
Obi-Wan leva les mains et d'un geste, fit s'élever une mince langue de sable et la projeta grâce à la Force directement sur le visage de son apprenti.
Anakin se prit une pleine poignée de sable dans les yeux.
— Vous trichez sale Jedi ! Cria Haïn.
— J'ai compris. Fit Anakin.
D'un geste le Padawan souleva une grosse pierre à une dizaine de mètres et la projeta en direction d'Obi-Wan qui se servit d'une autre langue de sable pour former un bouclier de protection.
— Tu vois. Ajouta Obi-Wan tandis que la pierre tombait à terre. Tu dois te servir de tout ce qui t’entoure car la Force est en tout.
Anakin souleva cette fois deux grosses pierres et les envoya encore plus fort en direction de son Maître. Mais avant qu'elles ne l'atteignent, Obi-Wan les avait brisées en million de petits grains. Il forma alors une grosse boule de sable qui devint dur comme une pierre et la projeta vers Anakin qui n'eut que d'autre solution que de la stopper grâce à la Force. Il tenait ses deux bras en avant, les paumes relevées et maintenait la boule de sable en lévitation.
— Anakin, tu peux faire ce que tu veux de cette boule.
Le jeune Jedi se concentra au maximum de ses capacités. Et projeta à nouveau la boule de matière sableuse vers son Maître.
Et Obi-Wan l'éclata rien que par la pensée.
— Ce n'est pas ce que je te demande Anakin ! S'emporta Obi-Wan. Tu dois pouvoir terrasser n'importe quel être vivant dans cette galaxie d'un simple geste ! J'attends plus de toi ! Lâche-toi ! Appelle la Force depuis le fond de ton être. Tout part du corps et du cœur. Ton esprit est là où se niche la raison. Ton cœur est le moteur de tes émotions. Tu dois canaliser tes émotions et les relier à ta raison. Tout est une question d’équilibre, tu le sais bien. Contrôle cet équilibre et tu auras une parfaite maîtrise de la Force. Envoi tout ce que tu as !
— Je ne veux pas Maître ! Cria Anakin.
— Et pourquoi donc ? Tu ne veux pas réviser tes leçons ?
— Non ce n'est pas ça Maître. Je ne veux pas vous faire du mal.
— Parce que tu penses que tu peux réellement me blesser ? Anakin ! Tu as beaucoup de chemin à parcourir avant de devenir mon égal. Peut-être qu'un jour tu seras meilleur que moi. Mais rassure-toi, ce n'est pas pour aujourd'hui. Je peux parer toutes tes attaques et peu en importe la puissance. Vas-y maintenant ! Cesse de t'apitoyer et de trouver de fausses excuses ! Grandi un peu ! Donne tout ce que tu as !
Anakin fonctionnait de cette manière et Obi-Wan l'avait bien compris. Son Padawan ne donnait le meilleur de lui-même que lorsqu'il était forcé et contraint.
Le Padawan fit tomber sa cape. Sa petite natte de cheveux balançait au gré du vent.
L'ambiance s’alourdissait. Même les deux Saboteurs et Runh se levèrent. Quelque chose allait se passer.
L'assistance composée de deux petits êtres enfiévrés et d'une statue de vigilance orange était dans un état de fébrilité avancée. Ils buvaient des yeux le spectacle qui se jouait à la nuit tombée au milieu de nulle part.
Anakin fit s'élever deux immenses langues de sables et les fit se rejoindre dans un ballet évoquant curieusement celui de nuée d'oiseaux virevoltant dans le ciel. Sauf que là, ce n'était que du sable. Mais du sable armé par la Force et la volonté d'un jeune Jedi au destin prometteur.
Il projeta violemment les deux langues de sable sur Obi-Wan qui n’esquissa aucun geste pour la parer. Après tout, ce n'était que du sable.
— Je suis un bête Féroce Anakin, tu n'as que du sable sous la main. Bloque-moi !
Obi-Wan s'élança ensuite en direction d'Anakin, prêt à se ruer sur lui et à le combattre à mains nues. Et encore une fois, il semblait au Padawan que son maître n'était plus le même.
Anakin fit converger les deux langues de sable pour en faire un dôme de protection sur lequel se cogna Obi-Wan.
Anakin fut satisfait de son initiative.
Mais Obi-Wan ne lui laissa aucun répit.
— Et si cette bête féroce s'attaque à des innocents ?!
Obi-Wan se retourna et s'élança en direction des deux Saboteurs, bien décidé à les massacrer.
Anakin fit alors voler sa nuée de sable autour du Chevalier Jedi avant que celui-ci n'ait pu atteindre les Saboteurs. La nuée enveloppa Obi-Wan et le projeta à plusieurs dizaines de mètres.
Obi-Wan se releva non sans difficulté. Le Padawan l'avait projeté avec force.
— C'est bien Anakin. Mais cela ne suffit pas. Regarde !
Cette fois, Obi-Wan ne plaisantait plus. Il fit s'élever une immense mer de sable dans l'air.
— Tu n'as qu'une seule limite : ton imagination.
On entendit un énorme bang. D'un coup, Obi-Wan venait de comprimer toute la mer de sable en une énorme boule. Il comprimait si fort le sable grâce à la Force que les atomes de matière commençaient à fusionner dégageant une énergie phénoménale.
— Celle-la tu ne pourras pas la retenir. Elle est trop puissante. Alors que vas-tu faire ?
Obi-Wan maintenait l'énorme boule de sable comprimé en lévitation.
— Si je la lâche, elle vous tuera tous. Alors ? Que fais-tu ?
Anakin s'empara d'un petit caillou qu'il tenait fermement dans sa main. Il fit ensuite un bond de Jedi, le plus loin possible des Saboteurs et de Runh. Obi-Wan ne le quittait pas des yeux.
— Je vous attends Maître ! Cria Anakin.
Obi-Wan décida de ne plus se retenir. Il projeta alors l'énorme boule de sable sur son Padawan.
Mais avant que la boule explose sur lui, Anakin projeta le petit caillou de toutes ses forces et de toute sa volonté. Et ce petit caillou atteignit sa cible à la perfection : Il frappa Obi-Wan en pleine tête. Ce qui le fit tomber en arrière. La boule de sable se désagrégea et s'éparpilla sur le sol.
Pendant une seconde, Anakin cru avoir tué son Maître.
Mais ce ne fut heureusement pas le cas. Obi-Wan se releva, le front en sang et le visage plein de colère. Il projeta Anakin au sol grâce à la Force.
— C'est bien Anakin. Mais ce n'est pas encore assez. Maintenant, utilise ton arme de Jedi.
Anakin se leva pendant qu'Obi-Wan activait son sabre laser. Quelques secondes plus tard les deux Jedis s'affrontaient à coup de sabre laser dans un maelström d'éclairs. Jiin était fasciné par le spectacle qu'offrait les deux Chevaliers Jedi. Anakin était à la peine devant les assauts de son Maître. Il ne cessait de reculer, parant chaque coup de sabre sans vraiment attaquer à son tour. Obi-Wan le dominait largement.
— Accélère ton jeu de jambes Anakin. Ordonna Obi-Wan.
Anakin tournait autour de son assaillant en serrant de toutes ses forces le sabre laser. Il ne voulait en aucun cas desserrer son étreinte et que se reproduise l'erreur qu'il avait commise quelques semaines auparavant, lorsque Obi-Wan avait réussit à le désarmer. S'en était suivi une longue remontrance moralisatrice de la part de son maître. Et Anakin n'avait vraiment pas envie que cela se reproduise.
— Tu dois être plus agile. Ton corps doit presque flotter au-dessus du sol. Si tu ne fais pas ce que je te dis, tu vas au-devant de la catastrophe.
Anakin était tout à fait en âge de comprendre et d'accepter les critiques, surtout quand elles viennent de la part d'un homme qu'il admire plus que tout. Mais cette fois-ci il avait du mal à l'accepter. Là, ils n'étaient pas seuls dans le confinement de la capsule d’entraînement de leur vaisseau habituel.
Là, ils s'affrontaient devant un public. Un sentiment de honte le piqua au vif. Perdre la face, devant Runh et les deux Saboteurs, était inacceptable aujourd’hui. Alors qu'il commençait à haleter, Anakin du se résoudre à mettre fin au combat. Il baissa les bras et la garde.
— Anakin ! Qu'est-ce que tu fais ? Cria Obi-Wan.
— Je ne peux vous vaincre Maître.
— C'est sûr qu'avec cette attitude tu n'y arriveras jamais. Enlève tes bottes !
— Pardon Maître ?
— Enlève tes bottes. Tu vas te battre pieds nus sur le sol.
Les trois comparses qui assistaient au spectacle se mirent à murmurer. A les voir comme ça, ils avaient tous l'air d'être des supporters assistant à un combat truqué dans un bouge malfamé de Coruscant. Runh était très intéressé par la tournure que prenait cet entraînement et machinalement il piqua un morceau de viande des mains de Haïn et l’engloutit sans quitter du regard Anakin qui retirait ses bottes.
Une fois pieds nus sur le sol, Anakin sautillait.
— Maître, le sable me brûle les pieds !
— Cesse de geindre, c'est justement l’intérêt Anakin. Maintenant bats-toi !
Anakin cette fois sautait dans tous les sens. A chaque fois que ses pieds touchaient le sol il bondissait de plus belle.
Le combat repris avec intensité. Anakin se sentait un peu vexé par la situation et il était maintenant bien décidé à en découdre face à Obi-Wan.
— C'est de la torture ! De la maltraitance ! Hurla Haïn. Vas-y petit, ne te laisse pas faire. Tous les coups sont permis.
Jiin fit signe à Haïn de se taire. Le combat devenait plus rude. Les coups portés par Obi-Wan se faisaient plus fort. Le Maître Jedi retenait de moins en moins sa force. Anakin le sentait. Le sable lui brûlait les pieds, ses bras s'enflammaient de douleurs. Après un coup plus fort que tous les autres, Anakin perdit l'équilibre et se retrouva les fesses à terre. Obi-Wan pointa son sabre sous le nez d'Anakin.
— Tu as perdu apprentis ! Je t'ai connu plus combatif Anakin. Tu baisses les bras trop facilement.
Il aurait bien voulu répondre quelque chose, mais il était exténué. Il se contenta alors de baisser les yeux vers le sol happé par la honte.
— Tu peux remettre tes bottes. Lui dit un Obi-Wan déçu.
— C'était un combat inégal. Enchéris Haïn. Je suis certain que si le petit avait gardé ses bottes il vous aurait terrassé… Non mais vous avez vu son jeu de jambes, sa dextérité et sa rapidité. Ce petit est incroyable.
— C'était le but Haïn. J'attends avec impatience le jour où je serais terrassé par mon Padawan. Mais ce jour n'est pas encore arrivé. Et ce jour ne viendra jamais si tu ne fais pas plus d'efforts Anakin ! Tu entends ?
— Oui Maître.
Anakin, encore une fois, se sentait humilié. Il avait tout à fait conscience qu'il n'avait pas encore le niveau en combat de sabre mais il avait quand même confiance en ses capacités. Mais là, alors qu'il se relevait péniblement, il prenait cet échec comme un déroute. Une déroute qui pouvait le faire vaciller dans sa foi. Il est l'élu. Mais comment encore y croire quand tout semble confirmer sa propre faiblesse : voilà à quoi il pensait alors qu'il enfilait ses bottes. Il était irrité.
Sans dire un mot il se cala à côté de Runh qui reprenait pour la troisième fois un morceau de viande. Runh en proposa un morceau à Anakin, mais celui-ci le refusa poliment d'un geste de la tête. Depuis l'épisode de la tombe du Sith, Anakin ne comprenait plus vraiment son mentor. Quelque chose chez Obi-Wan avait changé. Il ne savait pas trop quoi mais quelque chose dans son comportement était différent. Anakin se surprit à ressentir de la rancœur envers son maître.
La nuit finit par tomber et quelques bourrasques ranimèrent de temps en temps le feu sans le laisser mourir paisiblement.
Anakin s'endormit la tête encapuchonnée et posée sur le bras orange de Runh. Mais cela ne fut pas pour autant une nuit calme pour Anakin. Il fut, durant toute la nuit, submergé par des rêves cauchemardesques dans lesquels il se noyait inexorablement et ce malgré d'intenses efforts pour remonter à la surface. Mais à chaque fois, il s'enfonçait, perdait sa respiration, paniquait et finissait par se réveiller en sursaut.
Et dès qu'il retrouvait le sommeil, le cauchemar reprenait au même moment. Il se débattait, il luttait de toutes ses forces et lâchait prise pour mourir étouffé dans les abysses. Depuis quelque temps les rêves d'Anakin prenait toujours une tournure virant à la terreur. Quand il ne se noyait pas, il était coincé entre quatre murs, ne pouvant faire aucun mouvement. Les murs suintaient de rouille qui dégoulinait sur son visage et dans sa bouche. Il savait qu'il ne sortirait jamais de ce pétrin et peu à peu l'oxygène venait à manquer et tout cela se terminait tout le temps de la même manière : il s'étouffait.
Jiin fut témoin des réveils en sursaut pendant qu'il tenait son tour de garde. Plus le temps passait et plus un sentiment étrange l'envahissait : il était en train de se prendre d'affection pour ce jeune Padawan.
Parfois il jetait des coups d’œil apeurés sur les alentours, s'attendant à voir charger une cyclate à tout moment. Mais cela n'arriva pas. Quand son tour de garde toucha à sa fin, il essaya de réveiller Haïn. Mais celui-ci se contenta d'insulter le mécréant qui tentait de le secouer. Jiin dut se résoudre à abandonner. Il ne voulait pas user de son pouvoir de Seigneur sur Haïn. Du moins pas pour le moment. Il prit donc un deuxième tour de garde et attendit patiemment que vienne celui d'Obi-Wan. Runh, lui comme à son habitude, faisait semblant de dormir.
En fait pour Ruhn, le sommeil était une perte de temps considérable. Lui et toute son espèce avait cette capacité étonnante de ne manger et de ne dormir que lorsque ils en avaient envie. Ce qui n'arrivait pas souvent. Il essaya de se rappeler la dernière fois où il s'était véritablement endormit. Il chercha dans ses souvenirs pendant un moment avant de retrouver sa dernière nuit de sommeil. Cela avait dû se passer il y a une dizaine d'année. Avant sa rencontre fortuite et fort malheureuse qui allait bouleverser son existence. La rencontre deux êtres exécrables, malveillants, fourbes, qui allaient l’entraîner vers sa perte. Savoir qu'aujourd'hui après des années de rancœur, ils étaient tous les deux ici, à porté de baffes, aurait du le réjouir plus que de raison. Mais non. En fait cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Bien sur qu'évidemment dès que l'occasion se présenterait il ne manquera pas son coup. Mais pour le moment il devait se montrer sage. Faire fuir sa rage, garder son calme et tout faire pour rester placide mais sur le qui-vive. Son heure viendra et ils payeront pour leur trahison.
Quand Anakin ouvrit un œil, il avait la gorge desséchée. Il fouilla dans ses poches et en sortit une petite capsule d'eau qu'il fit éclater dans sa bouche avec bonheur. L'eau lui remplit instantanément la bouche et il put avaler deux bonnes gorgées. Tout de suite il se sentit mieux. Les courbatures brûlaient ses muscles et il eut un peu de mal à se lever. Il prit une grande inspiration et s'étira de toutes ses forces.
Comme il avait mal partout il décida de s'appliquer à lui-même la technique Jedi pour soigner le mal. Il fit le vide en lui et laissa la Force nourrir son corps. Il commença par se concentrer sur ses pieds endoloris. Continua sur ses jambes et enfin sur le reste du corps pour terminer par la tête. Cette technique était d'une grande efficacité. Il avait eu l'occasion de l'utiliser plusieurs fois mais jamais sur sa propre personne. Quelques secondes plus tard il était requinqué.
Le fil de la journée se déroula comme la veille à la différence près qu'ils approchaient vraiment de leur destination. Pendant la journée, Runh se mit à renifler plusieurs fois, la tête relevée, comme s’il avait repéré quelque chose mais sans véritable certitude.
Quand le soleil flirta avec l’horizon et que sa couleur vira au rouge ils étaient aux pieds des montagnes. La particularité de cette chaîne de montagnes était vraiment unique. D'immenses falaises lisses se dressaient instantanément à plus de cents mètres de hauteurs, quelques rampes de fortification comme posées et de manière régulière et qui semblait naturel courraient sur toute la longueur. En fait elles n'avaient rien de naturelle ces montagnes. Comme si elles avaient été érigées par une force phénoménale d'un coup d'un seul. Runh tapa du poing la roche qui s'effrita instantanément.
— Ce n'est pas très solide. Dit-il.
Les deux saboteurs imitèrent son geste mais ne réussirent qu'a se faire mal aux mains.
Même Anakin répéta le geste et confirma cette impression.
Obi-Wan recula de quelques pas pour avoir une meilleure analyse de la situation. Il regarda longuement de gauche à droite pour arriver à la conclusion qui s'imposait.
— Nos grappins ne sont pas assez long. Nous allons devoir escalader. Finit-il par admettre non sans appréhension. Nous ferons cela demain. Je pense que nous somme trop épuisé pour tenter l'ascension cette nuit.
— J'ai faim. Se lamenta Haïn dont le ventre se mit à gargouiller. Il s’adossa à la falaise et se laissa glisser jusqu'au sol. J'ai faim, j'ai faim.
Runh se mit de nouveau à renifler l'air.
— Je crois avoir senti l'odeur d'une cyclatte. Finit-il par déclarer.
Haïn sauta sur ses pieds.
— Tu en es sur Runh ?
— Je crois bien que oui. J'ai senti son odeur plusieurs fois dans la journée. Comme si elle nous suivait.
— Ha ! Parfait ! S'écria Haïn. Mon seigneur Jiin, puis-je suggérer à votre magnificence de partir en chasse ?
— C'est une bonne idée mon second. Prenez donc le dernier morceau de viande, celui-ci vous donnera des forces. Et revenez vite, nous avons tous faim.
— Quoi ? Vous voulez dire que vous ne m'accompagnez pas ? Dois-je y aller tout seul ?
Jiin hésita. Il n'avait pas vraiment envie de se retrouver nez à nez avec une Cyclatte. Sentant que son seigneur tergiversait, Haïn ajouta :
— Avec moi vous ne craignez rien mon seigneur. Je vous le promets. Je ferais barrage de mon corps s'il le faut. Vous pouvez en avoir la certitude.
Pour se faire il joignit le geste à la parole et cracha dans sa main avant de se la plaquer contre le front.
— Vous avez ma parole. Répéta-t-il.
— Et la parole d'un saboteur est sacrée. Ironisa Runh.
— Bon très bien. Je t'accompagne. Admis Jiin. Nous ne serons pas trop de deux pour venir à bout d'une telle bestiole.
Jiin se tourna ensuite vers les deux Jedis et Runh espérant vaguement le soutien de l'un d'eux. Obi-Wan demanda à Runh s'il voulait bien les accompagner mais celui-ci refusa catégoriquement. « hors de question ! ». Obi-Wan ne chercha pas à le convaincre. Les deux saboteurs partirent droit devant, en prenant le chemin inverse qu'ils avaient suivit toute la journée. Runh leva les yeux au ciel. Il finit par déclarer :
— L'odeur ne vient pas de la plaine ! Mais plutôt de la gauche.
Les deux saboteurs se retournèrent et partir en direction de la droite.
— Non pas votre gauche ! Notre gauche ! Vers l'Est.
Les deux saboteurs prirent la direction de l'est. Ils finirent par disparaître derrière un amas de roche de soutènement de la falaise.
La chaleur baissait d'intensité. Obi-Wan finit par s’asseoir en tailleur le dos calé contre la falaise, imité quelques secondes après par Anakin. Les deux Jedis méditaient. Runh lui, telle une sentinelle, passait son temps à guetter le retour des saboteurs.
Il n'eut pas a attendre trop longtemps. Une demi-heure plus tard, loin vers l'Est, il vit une ombre et puis deux qui s'approchaient à vive allure. En fait ils étaient en train de courir à toutes jambes. Jiin arriva le premier, essoufflé, il haletait.
— C'était quoi déjà le nom de l’espèce que l'on a mangé ?
— Une Cyclatte Jiin… Répondit Runh inquiet.
— Hé bien, je crois qu'on a énervé toute sa famille !
La confirmation fut soudaine. Une armada de cyclattes fonçait droit sur eux.
— Bon sang ! S'exclama Obi-Wan. Vite nous devons escalader la falaise tout de suite.
— Maître, aucune prise n'est assez profonde pour espérer grimper bien haut. Dit Anakin.
— Ce n'est pas un problème. Ajouta Runh.
Runh Rapunh fit quelques pas en arrière, prit son élan et bondit d'un saut contre la falaise gigantesque. Avec ses deux pieds et ses deux mains il s'enfonça dans la roche. Créant ainsi quatre trous assez grand pour servir de prises. Ensuite il grimpa sur la falaise avec une grande aisance. A chaque fois il perforait la roche pour en faire des trous avec ses poings et gravit la falaise de cette façon jusqu’au sommet en moins de quelques minutes.
Les autres le regardaient depuis le sol, éberlués. Mais pas longtemps. Ils se servirent tous des prises faites par Runh pour grimper le plus rapidement possible. Obi-Wan restant à l'arrière. Les cyclattes fondirent sur lui dans un tonnerre de poussière. Anakin stoppa son ascension afin d'être sur que son maître les suivaient. Ce n'était pas le cas. Obi-Wan, dont le sabre laser tournoyait dans tous les sens, était submergé par le nombre effrayant de cyclattes qui essayait de le déchiqueter. Il ne pouvait pas le laisser seul. Sans réfléchir il sauta et plongea dans la masse tourbillonnante de pattes, de têtes et de corps déchirés. Obi-Wan était à la peine. Il s'était laissé submergé. A eux deux, maintenant ils pouvaient tenir en respect les cyclattes encore vivante qui voulaient les dévorer. Les deux Jedis, dos à dos, s'employaient à découper avec acharnement celles qui s'approchaient de trop près. Ils ne tiendraient pas une éternité à ce rythme-là. Une cyclatte réussi à griffer le bras gauche d'Obi-Wan avant que celui-ci ne la découpe en plusieurs morceaux.
Au bout de quelques secondes le nombre de cyclatte en furie avait diminué, laissant quelques précieux instants de répit aux deux Jedis.
— Maître, nous devons y aller maintenant. Supplia Anakin.
— Je sais. Monte le premier. Je te suis.
— Non maître. Vous êtes blessé. Passez devant.
Obi-Wan dut admettre que son Padawan était dans le vrai. Il hésita mais pas longtemps. Une seconde vague titanesque de cyclattes commençait à grimper sur les carcasses et au loin ce n'était pas des dizaines de cyclattes qui fonçaient sur eux, mais des milliers. Des centaines de milliers de ces monstres étaient en routes et se précipitaient sur eux comme une mer démontée. La vague de cyclattes bouchait l'horizon. Rester ici était du suicide. Obi-Wan cria :
— Anakin ! Allons-y maintenant avant qu'il ne soit trop tard.
Obi-Wan fit un bond de Jedi et grimpa le plus rapidement possible jusqu'au sommet de la falaise. Il se retourna de temps en temps pour être sur que son Padawan le suivait bien. C'était le cas. Anakin était juste derrière lui. Ils arrivèrent enfin au sommet en sécurité et sains et saufs. Des dizaines de milliers de cyclattes se heurtaient contre le falaise. Il arrivait même qu'elles se dévoraient entres-elles. Les deux Jedis étaient stupéfaits par le nombre hallucinant de la horde. Elles se montaient les unes sur les autres dans une confusion totale et dans un mélange de cris à vous glacer le sang.
— On l'a échappé belle. Merci Anakin.
— Je suis bien content de ne pas avoir servi de repas.
Ils allaient se retourner quand une des cyclattes commença à utiliser les prises faites pas Runh pour tenter de grimper sur la falaise. Ces monstres n'étaient pas de simples et stupides insectes de 100 kilos. Non. Elles possédaient une forme d'intelligence. Et c'est avec effroi que les deux Jedis comprirent qu'elles avaient trouvé une solution pour grimper à leur tour.
— Ne restons pas là. Suggéra Obi-Wan.
Ils se retournèrent enfin pour tomber nez à nez avec Runh, Haïn et Jiin, ligotés et maintenu en respect par une dizaine d'habitants de Cachin à l'aspect presque humain. Leurs peaux grises et leurs silhouettes filiformes les maintenaient de force. Celui qui semblait être leur chef se mit à parler dans une langue inconnue et visiblement il n'était pas content. Il vociféra une diatribe d'insultes à l'encontre d'Obi-Wan.
D'une mauvaise posture les Jedis étaient passé à une autre. Obi-Wan se dit intérieurement que cela était devenu une habitude. Leur chef s'approcha d'Obi-Wan. Il avait un grand bâton en bois dont les bouts était fait de métal à la main et il tapa avec sur le sabre laser accroché à la ceinture d'Obi-Wan. Il ne cessait d'aboyer. Il s'arrêta lorsque un autre se mit à crier en pointant du doigt les premières cyclattes qui avaient trouvé le moyen de grimper sur la falaise. Le chef se mit tout de suite à crier des ordres sur ces hommes.
A ce moment-là, notre fine équipe se rendit compte que les Peaux Grises étaient des centaines sur toutes la longueur du haut de la falaise. Chacun d'eux se saisit d'une sorte de gourdes qu'ils avaient attachées sur leur ceinture. Chaque gourde était muni d'une petite mèche. Ils enflammèrent tous les mèches et lancèrent les gourdes sur les cyclattes qui explosèrent en fontaine de feu. En quelques secondes un énorme brasier s'éleva dans le ciel crépusculaire. C'en était trop pour les cyclattes et elle entamèrent alors leur repli. En quelques minutes les milliers de cyclattes disparurent dans la nuit.
Dès que le calme revint, une dizaine de peaux grises s'équipèrent en cordage pour descendre en rappel le long de la falaise. Avec une sorte de tourbe bien pâteuse ils s'efforcèrent de boucher les trous creusés par Runh. C'est à cette occasion qu'Obi-Wan comprit que la falaise n'avait rien de naturelle. Que cette montagne avait été érigée manuellement. Ce n'était donc ni une montagne, ni une falaise mais un mur de protection : épais à sa base d'une dizaine de mètres et d'à peu près cinq mètres au sommet.
Haïn essaya de se libérer de l'étreinte que lui imposait deux Peaux Grise. Mais le chef ne l'entendait pas de cette oreille et lui flanqua un grand coup de bâton dans le ventre. Anakin, dans un sursaut voulu se saisir de son sabre mais Obi-Wan ,d'un geste, le pria de s’abstenir.
— Anakin, nous ne sommes pas chez nous ici. Le mieux pour l'instant est de voir ce qui va suivre.
Obi-Wan tendit ses poignets face au chef en signe de soumission. Le chef cria encore une fois et plusieurs peaux grises lui ligotèrent les mains. Anakin en fit autant mais avec un air contraint et renfrogné.
Une fois qu'ils furent tous ligotés, le chef lança un ordre et tous s'engagèrent alors dans un escalier de pierres. Tandis que la majeure partie des peaux grises restaient sur place, un petit groupe se forma autour des captifs et se mirent en route. Alors qu'ils descendaient, Obi-Wan et Anakin regardaient droit devant eux. Bien que la nuit fut noire ils se rendirent compte malgré tout que le paysage serait bien différent de celui qu'ils avaient connu jusqu’à présent.
Modifié en dernier par harnis29 le Ven 27 Jan 2017 - 8:14, modifié 4 fois.
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Messagepar Darkliser » Sam 24 Déc 2016 - 11:42   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Salut et bienvenue à toi sur le forum. ça fait plaisir de voir du sang neuf.
J'ai lu... ton synopsis :lol: et l'histoire me paraît intéressante à lire.

Vu que tu es nouveau, tu dois savoir que poster des packs de ton histoire en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire est l'exemple type de ce qui rebute un lecteur, moi compris. Je te conseille de poster tes chapitres un par un dans un intervalle d'une semaine, ce qui est beaucoup moins long et lourd à lire. La plupart des lecteurs et des écrivains ici ont déjà des histoires sur le feu...

Ah oui et un autre conseil, trouve-toi une autre FF à lire dans la section et tentes de te trouver un lecteur qui pourra te corriger le cas échéant.

Bon courage à toi :wink:
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 12:52   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Ok merci Darkliser.

Donc je supprime la tartine que j'ai envoyé.
Je vais faire comme tu le dis.
Chapitre après chapitre.
Mais je n'arrive pas à supprimer mes posts.
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Messagepar Darkliser » Sam 24 Déc 2016 - 13:16   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

De rien, c'est normal !

Contacte Jagen Eripsa par mp, il supprimera tes posts.

harnis29 a écrit:Je vais faire comme tu le dis.
Chapitre après chapitre.


C'est le mieux car ça te laisse le temps d'avoir des lecteurs, puis si tu as de la chance tu tomberas sur quelqu'un qui repèrera d'éventuelles coquilles. Il n'y a que de cette manière que l'on progresse dans l'écriture. Quel âge as-tu au fait ?
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Messagepar harnis29 » Sam 24 Déc 2016 - 13:47   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Ok merci.
Et je suis plutôt âgé...
J'ai écris cette histoire pour que mon fils la lise.
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Messagepar Darkliser » Dim 25 Déc 2016 - 18:18   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Voilà j'ai lu les deux premiers chapitres :wink:

Je tiens à souligner que je n'avais jamais rien lu sur l'adolescence d'Anakin avant l'épisode II, donc de ce point de vue, ta FF débute bien. L'histoire est mystérieuse à souhait mais je me demande ce que tu entends par "troisième Sith" ?

Pour ce qui est de la forme, je ne suis pas un expert et j'ai toujours des progrès à faire dans ce domaine. Néanmoins, l'histoire se laisse lire, je n'ai pas repéré de fautes d'orthographe, c'est concis et compréhensible pour tout le monde. Donc pour moi, c'est bon :)
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Messagepar harnis29 » Dim 25 Déc 2016 - 18:44   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Merci beaucoup pour tes commentaires et tes remarques.
J'espère juste que tu auras envie de lire la suite.

Encore mille mercis. Et Joyeux Noël ! :wink:
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Messagepar mat-vador » Dim 25 Déc 2016 - 19:40   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Bonsoir Harnis et bienvenue dans la section fan fic :wink: !

Tant sur la forme que sur le fond, ton histoire me plait bien. Le style est agréable à lire et je n'ai a priori pas remarqué de fautes.

Ah juste un détail:
An -28 (deux ans avant l'attaque des Clones), tu voulais dire an -24, non? Car il me semble que L'attaque des Clones se situe en -22
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar harnis29 » Dim 25 Déc 2016 - 21:27   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Salut Mat-vador
Merci pour ton commentaire.
Il doit surement y avoir beaucoup d'incohérences (enfin j'espère pas trop).
Je ne me réfère qu'aux films et pas à l'univers étendu.
Dans mon esprit l'histoire se déroule lorsqu'Anakin à 13 ou 14 ans. Mais je ne sais pas quel âge il a dans les Films. L'an 0 étant la bataille de Yavin (d'après mes souvenirs)... donc je sais pas trop à quel moment précis cela se passe.
Ensuite il y a certains personnage qui arrivent après le chapitre 7 et je crois que je me suis un peu emmêlé les pinceaux. Donc des soucis de cohérence il va y en avoir... moi je ne les vois plus. C'est pour cela aussi que je voudrais qu'on lise ce texte.
Je l'ai écris pour mon faire lire mon fils (pour l'instant sans succès). ;-)
J'ai passé plus d'un an et demi à l'écrire en ne suivant que mon instinct. Il y a surement des réactions ou des attitudes de certain perso (genre obi-wan) qui ne devrait peut-être pas réagir comme il le fait. Mais c'est aussi l'histoire qui veut ça.
Enfin voilà.
Encore merci.
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Messagepar harnis29 » Dim 25 Déc 2016 - 21:32   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

Darkliser a écrit: mais je me demande ce que tu entends par "troisième Sith" ?


Il faut lire pour avoir la réponse. ;-)
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Messagepar Darkliser » Lun 26 Déc 2016 - 16:41   Sujet: Re: La Révolte des Poussières

harnis29 a écrit:
Darkliser a écrit: mais je me demande ce que tu entends par "troisième Sith" ?


Il faut lire pour avoir la réponse. ;-)


Ah, pas de soucis. Je craignais juste avoir loupé quelque chose ou mal compris :D
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Messagepar Darkliser » Sam 31 Déc 2016 - 15:56   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 4

Et bien, on dirait qu'il y a un nouveau mystère dans ce chapitre 3. Je me serais posé des questions sur la clairvoyance du Conseil si celui-ci ne l'avait pas cru. :P
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Messagepar harnis29 » Dim 01 Jan 2017 - 10:51   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 4

Darkliser a écrit:Et bien, on dirait qu'il y a un nouveau mystère dans ce chapitre 3. Je me serais posé des questions sur la clairvoyance du Conseil si celui-ci ne l'avait pas cru. :P



Merci Darkliser.
Je suis trop content que quelqu'un lise mon histoire.
Bonne et heureuse année à toi.

La mise en place de cette histoire prend du temps.
Le récit est à mon sens plus facile à lire à partir du chapitre 8.
J'ai voulu dans cette histoire faire mon épisode 2 comme je l'aurais voulu. J'avais vraiment envie de suivre l'entrainement d'Anakin.
Il va faire l'expérience de l'injustice. Et surtout il va affronter une des pires créatures du coté obscur.
Encore merci.
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Messagepar harnis29 » Sam 14 Jan 2017 - 11:34   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 7

Chapitre 10

Cendres et Poussières (prochainement)
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Messagepar Darkliser » Sam 14 Jan 2017 - 14:12   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 7

Chapitre 7 lu !

Je me demandais si les cantine solitaire existaient dans l'UE ou si c'était une invention de ta part. En tout cas, la fuite est très bien menée. C'est dommage pour Ruhn, il est mort non ?
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Messagepar harnis29 » Sam 14 Jan 2017 - 14:57   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 7

Il y a un pourtant un indice dans la dernière phrase du chapitre 7. ;-)

Je commence à lire ton histoire à partir de lundi matin.
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Messagepar Darkliser » Sam 14 Jan 2017 - 17:26   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 7

Oups... j'ai sans doute omis la dernière ligne. Comme quoi c'était une erreur !
Alors il est en vie :)
Tant mieux !
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Messagepar harnis29 » Ven 20 Jan 2017 - 9:59   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 8

Le chapitre 8 est disponible.
Bon week-end à tous.

Harnis ;-)
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Messagepar Darkliser » Ven 20 Jan 2017 - 23:52   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 8

Chapitre 8 lu !

L'histoire se poursuit, cela dit il ne se passe pas beaucoup de choses dans ce chapitre mais cela ne veut pas dire que c'était ininteressant. Le sabotage du vaisseau de saboteur :lol: arrive comme on le pressentait. Hain est toujours aussi désagréable, ça changera jamais à mon avis.
Comme les Jedi, je me demande comment Ruhn a pu survivre dans l'hyperespace. Quel est son espèce au fait ?
Les leçons d'Obi à Anakin sont sympas.

J'attends de voir où tu veux en venir car pour le moment, on ne voit pas le rapport avec les Sith des premiers chapitres :D et nos héros s'éloignent même de leur mission pour découvrir celui qui en veut au monarque.

La suite !
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Messagepar harnis29 » Sam 21 Jan 2017 - 9:58   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 8

Encore merci Darkliser.
Effectivement il y a moins d'action dans ce chapitre.
En ce qui concerne Runh, c'est un personnage que j'aime beaucoup. On ne sait pas d'où il vient et ni qui sont ses parents. Je m'attarde pas sur ce sujet. Il a des capacités vraiment étonnantes. Je ne sais pas de quelle espèce il est. (Il serait peut-être intéressant d'écrire un jour une histoire rien que sur lui et son ultime transformation quand il a bu le contenu de la bouteille des Astarides).
En ce qui concerne la mission, je considère (peut-être à tort) que c'est la Force qui les guide. Donc même s'il s'éloignent de leur mission en apparence, ce n'est en fait pas du tout le cas.
Il y a un indice dans le chapitre 2 qui explique pourquoi ils sont sur Cachin.
Pour moi les 7 premiers chapitres servent à la mise en place de l'histoire. J'ai essayé d'y mettre beaucoup d'action. Je calme un peu le récit dans les chapitres suivants. Cela me semblait nécessaire pour une question de rythme.
Mais la mission suit son cours. Et tout est lié. Toutes les réponses viendront en temps voulu.

Je continu à lire ton histoire ce week-end.
A+
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Messagepar Darkliser » Sam 21 Jan 2017 - 10:25   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 8

harnis29 a écrit:ncore merci Darkliser.
Effectivement il y a moins d'action dans ce chapitre.


Ce n'est pas un mal. Les touches d'humour que j'ai noté sont tout aussi sympa que des combats.


harnis29 a écrit:En ce qui concerne Runh, c'est un personnage que j'aime beaucoup. On ne sait pas d'où il vient et ni qui sont ses parents. Je m'attarde pas sur ce sujet. Il a des capacités vraiment étonnantes. Je ne sais pas de quelle espèce il est. (Il serait peut-être intéressant d'écrire un jour une histoire rien que sur lui et son ultime transformation quand il a bu le contenu de la bouteille des Astarides).


Je pense que tu devrais approfondir le sujet de Ruhn dans cette FF, pour le rendre plus attachant, à moins que ça ne fasse partie de l'histoire ? Survivre dans l'hyperespace est quand même un exploit que tout Jedi digne de ce nom intéresserait. "il n'y a pas d'ignorance, il y a le savoir :lol: ". Pour la bouteille des Astarides, je pensais qu'il s'agissait d'un fake, d'une lubie des saboteurs mais vu ce que tu me dis, non...


harnis29 a écrit:Il y a un indice dans le chapitre 2 qui explique pourquoi ils sont sur Cachin.


Le Conseil leur a dit d'y aller aussi. Pour l'instant, ils sont bien paumés !


harnis29 a écrit:Pour moi les 7 premiers chapitres servent à la mise en place de l'histoire. J'ai essayé d'y mettre beaucoup d'action. Je calme un peu le récit dans les chapitres suivants. Cela me semblait nécessaire pour une question de rythme.


Pas de soucis, j'ai fais la même chose...

harnis29 a écrit:Mais la mission suit son cours. Et tout est lié. Toutes les réponses viendront en temps voulu.


Wait and see !


harnis29 a écrit:Je continu à lire ton histoire ce week-end.


Bonne nouvelle :wink:
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Messagepar harnis29 » Sam 21 Jan 2017 - 10:48   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 8

Darkliser a écrit:Pour la bouteille des Astarides, je pensais qu'il s'agissait d'un fake, d'une lubie des saboteurs mais vu ce que tu me dis, non....


La bouteille a un vrai pouvoir mais pas de chance pour Haïn, cela ne fonctionne pas sur l'espèce des saboteurs.
Dans la 1ère version du récit ce n'était pas une bouteille mais une saucisse enchantée... Je trouvais ça marrant.
la répilque d'Anakin était "On file à toute allure avec deux Môche et une saucisse !"
Haïn en croquait un morceau et ensuite il pétait... :x
Et puis je me suis dis que c'était trop. Que cela faisait pas vraiment "Star Wars", alors je l'ai remplacé par une bouteille.
C'est juste un détail qui n'a pas d'importance pour la suite de l'histoire.
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Messagepar Darkliser » Sam 21 Jan 2017 - 13:08   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 8

Quand j'ai lu que Hain était torturé par son ventre, j'ai senti venir le "pet" à un km :lol:. Je m'attendais pas à ce que le vaisseau en tremble !
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Messagepar harnis29 » Sam 21 Jan 2017 - 15:52   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 8

Darkliser a écrit:Quand j'ai lu que Hain était torturé par son ventre, j'ai senti venir le "pet" à un km :lol:. Je m'attendais pas à ce que le vaisseau en tremble !


lol oui je sais... Je n'assume pas complètement ce passage. J'ai peur que cela soit grotesque (même si c'était l'intention) et plutôt de mauvais gout. Mais je l'ai laissé.
Je sais c'est un peu débile mais j'ai bien l'image en tête. J'ai essayé de rendre la scène moins, disons moins tarte à la crème.
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Messagepar Darkliser » Sam 21 Jan 2017 - 17:24   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 8

Pourquoi pas ? Il faut savoir sortir des sentiers battus des fois.
Cela dit, il est vrai que faire trembler le vaisseau est exagéré même s'il y avait la "puissance enchantée de l'astaride" :D
T'inquiète pas, nous ne sommes pas des pros hein ?
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Messagepar harnis29 » Sam 21 Jan 2017 - 18:12   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 8

Darkliser a écrit:Pourquoi pas ? Il faut savoir sortir des sentiers battus des fois.
Cela dit, il est vrai que faire trembler le vaisseau est exagéré même s'il y avait la "puissance enchantée de l'astaride" :D
T'inquiète pas, nous ne sommes pas des pros hein ?


Pour l'instant je laisse ce passage. C'est je crois le seul moment vraiment grotesque de l'histoire. :D
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Messagepar harnis29 » Ven 27 Jan 2017 - 8:00   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 9

La Révolte des Poussière

Chapitre 10
Cendres et Poussières

Ils marchèrent toute la nuit. Par de petits sentiers tortueux qui serpentaient entre les montagnes, parfois si minces qu'un pas de travers les auraient précipités dans un ravin vertigineux. Ils marchaient en file indienne dans le silence passant de cols en cols toujours plus étriqués. Plusieurs fois Haïn voulu contester ou tout simplement râler. Mais à chaque fois, une peau grise lui avait flanqué un coup dans le dos. Il avait donc fini par se soumettre et du se résoudre à ne marmonner que quelques onomatopées inaudibles. Sur le chemin, à peu près tous les dix mètres, il y avait un anneau fixé au sol ou parfois sur les parois rocheuses.
La petite lune de Cachin orbitait mollement sur l'horizon et éclairait la nuit tout juste suffisamment pour distinguer son chemin. Et comme la veille, Obi-Wan remarqua que lorsque la lune de Cachin apparaissait, le sable et la poussière s'élevait du sol. Le chef des peaux grises ouvrait la marche suivit de Runh Rapuhn. Celui-ci paraissait moins grand, moins costaud. Sa carcasse orange le jour avait plutôt une teinte grisâtre dans la nuit. Anakin le remarqua et se dit que cela devait être la manifestation d'une sorte de mimétisme. Runh était une créature surprenante et difficile à cerner mais on pouvait compter sur lui et Anakin l’appréciait.
Ils gravirent encore des cols, crapahutèrent sur des sentiers presque verticaux, parfois s'aidant de leurs mains ligotées pour se tenir à une pierre. Ensuite ils dévalaient des pentes raides, leurs pieds glissant temps en temps, frôlant la catastrophe. Jiin manqua de tomber plusieurs fois et une peau grise l'obligea à descendre sur les fesses les parties du sentier les plus dangereuses. Au fur et à mesure, l'air changea. Il sembla moins sec. Ils avaient tous respiré un air asséché pendant plusieurs jours et c'était un petit plaisir de sentir une once d'humidité. Mais vers la fin de la nuit ce fut plutôt le froid qui devint mordant. Après quelques contorsions, Anakin réussit à remettre sa capuche comme venait de le faire son mentor juste devant lui.
Les peaux grises ne parlaient que très peu entre eux. Ils portaient des sandales à lacets qui remontait sur leur mollet jusqu’aux genoux, des tuniques taillées serrées assez courtes sans manches et des bracelets de cuir larges qui couvraient leurs avant-bras décharnés et enfin une ceinture qui maintenait une machette à la lame courbée. Leur chef avait un bout de tissus autour du front comme signe de distinction avec un nœud au-dessus de la nuque ainsi que plusieurs boucles d'oreilles sommaires sûrement en bois, toutes très fines et pointues.
Ils firent deux pauses dans la nuit. Le temps de boire un peu d'eau directement depuis les outres qu'ils portaient sur leur dos. Ils firent boire Haïn et Jiin, mais Runh refusa poliment. Anakin et Obi-Wan déglutirent quelques gorgés d'eau bienvenues. Après encore une heure ou deux ils entrèrent dans un canyon étroit. Au-dessus d'eux, des grandes arches étaient comme posées de part et d'autre du canyon. Obi-Wan fit un signe à Anakin. Ces grandes arches étaient la preuve irréfutable d'une civilisation avancée sur cette planète. Anakin fut un peu rassuré. Si ce peuple des peaux-grises avait pu construire de tel choses, alors, c'était certain, ils trouveraient un moyen de communiquer ou un vaisseau pour quitter Cachin. Enfin, il essayait de s'en convaincre. Mais il n'était pas convaincu. Ces grandes arches de pierres taillées étaient ciselées et recouvertes de motifs ressemblants à des fleurs dont les pétales s'étalaient sur toutes les surfaces. Et bien qu'Anakin les trouvaient relativement belles, cela ne prouvait rien. En effet, elles pouvaient très bien êtres les vestiges d'une civilisation disparue depuis des centaines d'années.
Et alors que l'aube naissait paisiblement, ils découvrirent un paysage radicalement différent : Ils débouchèrent sur une grande plaine vallonnées qui s'étendait de part et d'autre, couvertes de végétation. Des arbres gigantesques pour la plupart tordu et tourmentés. De l'herbe à profusion agrémentée d'un tapis de fleurs aux pétales multicolores. Un petit ruisseau explosait d'une crevasse de la montagne derrière eux en une charmante cascade idyllique pour ensuite nourrir une rivière qui se lovait entre les arbres. D'énorme champignons dont le chapeau extravagant ressemblait a des collerettes inversées poussaient le long de la rivière. Si la plaine du four était un espace sans vie ou presque et sans bruit hormis les vociférations du vent, ici c'était tout le contraire. La vie y était pleine et foisonnante. La nature y était luxuriante et animée par des chants d'oiseaux invisibles. Anakin s'en émerveilla. Lui qui avait depuis toujours vécu sur une planète quasi déserte, ne pouvait s'empêcher d'avoir un sentiment de bien-être quand il arpentait des terres fertiles et généreuses. Le sentier qu'ils empruntaient était toujours bien marqué, preuve qu'il était très fréquenté. Et comme toujours, à peu près tous les cent mètres, il y avait un anneau planté dans le sol.
Ils suivirent donc ce sentier encore pendant un long moment. Une fois arrivé en haut d'une colline, ils virent le sentier se perdre dans l'horizon comme s'il était infini.
Haïn craqua le premier et s'effondra sur le sol, exténué. Les peaux grises tentèrent de le faire se relever à coup de bâton qui se voulaient plus dissuasif que violent.
Le petit Saboteur était à bout de force. Ils avaient marché toute la journée de la veille, ils avaient courus afin d'échapper à la horde de cyclatte, escaladé un mur démesuré et crapahuté toute la nuit. S'en était trop. Obi-Wan s'approcha de lui.
— Haïn, ça va aller ?
— Non. J'en ai assez. il s'adressa ensuite à Jiin. Mon Seigneur, laissez-moi ici. Laissez-moi me sacrifier pour vous. Votre commis se meurt. Prenez mes armes et mes munitions, vous en aurez besoin. Je ne peux continuer ainsi…
Jiin voulut s'approcher de lui mais une peau grise l'en empêcha. Obi-Wan s'adressa alors au chef qui s'était retourné et regardait d'un œil mauvais le Saboteur qui se lamentait.
— Devons-nous encore marcher longtemps ? Nous sommes tous épuisés, nous devons nous reposer.
— Nous ne pouvons continuer comme ça. Ajouta Anakin.
Mais c'était peine perdue. Le chef ne comprenait pas un mot. Obi-Wan essaya d'utiliser une variante plus ancienne du basic, la langue commune à toute la galaxie… ou presque. Mais il était un peu rouillé et avait du mal à trouver ses mots. Cependant le chef sembla comprendre le mot : « longtemps ». Il pointa alors le soleil du doigt vers l'Est et fit un geste jusqu’à l'Ouest plusieurs fois. Et ensuite il fit le signe trois avec ses doigts.
— Trois jours ! S'exclama Haïn. On va devoir marcher trois jours sans manger… Un air d’effroi lui caressa le visage. Trois jours ! Sans manger ! Je ne tiendrai jamais. C'est inconcevable. Mon Seigneur achevez-moi et découpez-moi en morceaux. Comme ça vous pourrez me manger. J'en serais plus qu'honoré mon Seigneur.
Anakin fit une grimace de dégoût et aussitôt Haïn s'en offusqua.
— Figurez-vous jeune Padawan que la chair d'un Saboteur est exquise et très nourrissante. Et le sacrifice digestif pour son Seigneur est l'honneur ultime de la vie d'un Saboteur digne de ce nom.
— Maître, nous pourrions nous défaire de ces liens, faire chanter nos sabres lasers et nous débarrasser d'eux.
— Oui je sais Anakin. Et puis quoi ? Nous ne serions guère plus avancés. Nous devons absolument nous approcher de la civilisation de cette planète. Nous devons réparer le système de communication de la navette si nous voulons un jour repartir d'ici.
— Maître, regardez-les. On ne peut pas dire qu'ils soient vraiment évolués. Nous ne trouverons jamais ici la technologie nécessaire pour réparer le vaisseau. Du bois et du cuir, c'est assez mince.
— Tu as vu comme moi les arches Anakin. Seul une grande civilisation à pu les construire. Il faut garder espoir. Tu t'inquiètes trop vite et trop souvent mon cher Padawan. Regarde-moi, suis-je inquiet ? Non. Je ne le suis pas. Alors suis mon exemple.
Obi-Wan s'adressa une nouvelle fois au chef. Cette fois-ci en mimant le geste à la parole. Il répéta plusieurs fois le mot « nourriture » en basic ancien. Le chef finit par comprendre. Il désigna plusieurs de ses hommes et quatre d'entre eux prirent chacun une direction différente.
— Je pense qu'il a compris. Fit Obi-Wan.
— Hé bien c'est tant mieux. Bougonna Haïn.
— Il doit me rester un ou deux morceaux de viande de cyclatte dans ma besace. Ajouta Jiin. Si on pouvait en sortir un morceau pour Haïn. Je ne supporte pas de voir mon subordonné souffrir ainsi.
Jiin se tourna pour présenter son sac à Obi-Wan afin qu'il puisse y plonger la main mais une peau grise le stoppa net. Obi-Wan prononça encore le mot « nourriture » et pointa du doigt le sac de Jiin. D'un geste le chef autorisa le Jedi à fouiller dans le sac de Jiin. Mais il resta sur ses gardes, la main posée sur son grand bâton, dont la pointe métallique étincelait avec les premiers rayons de soleil. Obi-Wan entrepris lentement d'ouvrir le sac de Jiin, mais avec les poignets ligotés ce n'était pas très aisé. Il finit par sortir tout doucement un morceau de viande qu'il présenta au chef. Celui-ci s'approcha pour le renifler et recula d'un coup avec une expression de franche aversion. Il aboya quelques mots de sa propre langue et toutes les peaux grises exprimèrent leur dégoût. Haïn attrapa le morceau de viande à pleines mains avant de le jeter dans sa bouche. Il le mâcha longuement en poussant des soupirs d'extase. Les peaux grises trouvèrent cela répugnant et plusieurs d'entre-eux détournèrent le regard. Bien que le soleil fut levé, il ne faisait pas encore chaud et l'humidité de l'aube ajoutée au manque de sommeil eurent raison de la vitalité des deux Saboteurs. Haïn s'endormit aussitôt qu'il eut avalé son morceau de viande. Jiin qui était à genoux s’endormit lui aussi la tête penchée en avant dans une position grotesque mais touchante. Et quelques secondes après les deux Saboteurs ronflaient.
Anakin finit par s’asseoir lui aussi sans demander la permission. Quelques peaux grises l'imitèrent, tandis que Runh et le chef des Peaux Grises se toisaient du regard mais sans réelle animosité. Le mimétisme de Runh était stupéfiant. D'une masse orange et imposante, il était maintenant presque gris et beaucoup moins musclé. Sa silhouette était plus émaciée et il se tenait droit comme un i à quelques mètres du chef.
Obi-Wan était soucieux. Si Anakin avait vu juste, les habitants de Cachin n'avaient pas la technologie nécessaire pour réparer la navette. Le Conseil Jedi savait où devait se rendre les Jedis, ils étaient en mission officielle. Sans nouvelles d'eux ils finiraient par envoyer des secours. Le tout était de savoir dans combien de temps. Généralement, si le Conseil Jedi ne pouvait plus contacter ses gardiens de la paix, une opération de sauvetage était lancée dans les semaines suivantes. Ça, c'était en temps normal. Mais la situation de la galaxie était problématique. Tous les Jedis sans exceptions étaient en missions de maintien de l'ordre dans tous les systèmes qui posaient problème.
Depuis l'élection du nouveau Chancelier Palpatine, la République était mise à rude épreuve. Des conflits armés naissaient partout, jusqu'aux points les plus reculés de la galaxie et les Jedis étaient tous débordés. Espérer alors une mission de sauvetage à court terme, c'était se bercer d'illusion.
Même si Obi-Wan parvenait à contacter le Conseil Jedi, ils ne pourraient compter que sur eux-mêmes pour se sortir de pétrin. Pendant sa vie de Padawan, Obi-Wan fut de nombreuses fois confronté à des situations compliquées et avaient dû résoudre de nombreux litiges sous l'égide de son Maître Qui-Gon Jinn. Mais il n'avait jamais connu autant de troubles. La galaxie avait changé. Une crise était en train de s'épanouir en petites métastases et ses conséquences seraient comme un cancer : incontrôlable.
Obi-Wan remarqua que plusieurs fois le chef de Peaux Grises lorgnait sur son sabre laser accroché à sa ceinture. Et il se demandait pourquoi ceux-ci n'avaient pas confisqué leurs armes. Même les Saboteurs étaient encore lourdement armés. Il se dit qu'après-tout cela n'aurait pas servi à grand-chose. Ils étaient perdus dans un monde qu'ils ne connaissaient pas. Et les armes pouvaient les aider à se défendre si un danger les menaçait.
Environs deux heures plus tard, les quatre Peaux Grises les rejoignirent les bras chargés de nourriture. Comme par magie, les deux Saboteurs étaient réveillés et plein d'entrain. Mais ils furent vraiment déçus quand ils virent qu'il n'y avait aucune viande à se mettre sous la dent. Ils croquèrent quelques légumes crus au goût amer.
Ils reprirent la marche quand le soleil fut presque à son zénith et Anakin remarqua que les Peaux Grises scrutaient souvent le ciel et que parfois même un simple nuage pouvait s'avérer suspect.
Si la vie végétale était dense et s'épanouissait à profusion, ce n'était pas le cas de la vie animale. Il y avait, certes, des chants d'oiseaux de temps en temps et quelques insectes qui prenaient un malin plaisir à exaspérer les deux Saboteurs qui se frappaient le visage et les jambes, mais aucun petit animal à chasser.
A la fin de la journée ils atteignirent le Marais Trouble tel qu'il fut nommé par le chef des Peaux Grises. Du moins c'est ce qu'avait compris Obi-Wan. Ils bivouaquèrent à sa lisière près de ce qui devait être autrefois un petit autel en pierres.
Après une journée de marche interminable, les poignets attachés et les incessantes plaintes des Saboteurs, les Peaux Grises s'étaient résolu à les libérer. Runh Rapunh n'eut qu'a écarter les bras pour se défaire de ses liens au grand étonnement de l'un des Peaux Grises.
Jiin fut ravi de montrer sa technique aux Peaux Grises. Ils écarquillèrent les yeux, quand celui-ci lança les petites boules magiques dans un tas de bois et que celui-ci devint un immense brasier réconfortant.
Au fur et à mesure que le temps passa, l'ambiance devint plus légère. Même s'ils avaient beaucoup de mal à se comprendre, les choses essentielles étaient entendues. Il fallait bien-sur expliquer plusieurs fois, mimer, imiter, mais dans l'ensemble ils arrivaient à se comprendre. Jiin fit la narration de leur périple depuis Coruscant jusqu’à Cachin, en parodiant parfaitement le pas claudiquant de Tev Vanth II, ce qui fit beaucoup rire un des Peaux Grises.
Le soleil allait bientôt disparaître derrière les montagnes.
Après un repas plutôt sommaire fait de racine noire crues, le chef des Peaux Grises invita Obi-Wan à le suivre jusqu’à la bordure du marais. Ils échangèrent quelques mots et Obi-Wan comprit qu'ils allaient devoir traverser le marais et que cela ne serait pas de tout repos.
La brume étouffait l'air au-dessus du marécage. Le chef, en substance, insista sur deux points important : Se méfier de l'eau et se méfier du ciel. D'après lui, quelque chose de dangereux pouvait se cacher dans l'eau et quelque chose d'encore plus dangereux pouvait traverser le ciel. Mais que la brume était un atout et il fallait en profiter.
Alors que les deux Saboteurs s’apprêtaient à sombrer enfin dans une vrai nuit de sommeil, Obi-Wan s'approcha et réduit à néant leurs projets roupillons.
— Je suis navré mais nous devons profiter de la brume pour traverser le marécage.
— Oh non ! Se plaignit Jiin. Monsieur le Jedi, vous n'avez donc pas de cœur ? Nous sommes harassés de fatigue. Regardez mon pauvre demeuré de valet, regardez comme il est las. Il est tout rabougri le pauvre. Non mais regardez-le bien. Vous voyez ?
Haïn était en plein désarroi, la bouche à moitié ouverte.
— Ce n'est pas moi qui décide Jiin. Nous devons traverser le marais cette nuit. Il est apparemment très dangereux de le traverser en plein jour. D'après le chef des Peaux Grises, nous devons absolument profiter de la brume. Une petite précision : si l'un d'entre-nous à le malheur de tomber dans l'eau, c'est la mort assurée et personne ne doit intervenir. Et si vous voyez quelque chose qui vole dans le ciel, couchez-vous sur le sol et restez immobile.
Haïn porta alors son regard vers le marécage et tout cela ne présageait rien de bon. Il se releva péniblement mais un de ses blasters tomba dans l'herbe. Il le saisit et le glissa rapidement dans l’étui caché sous son gilet. Quand les Peaux Grises virent le blaster, ils échangèrent des murmures. Ils se méfiaient encore de leurs prisonniers. Quand Haïn se rendit compte de la situation, il leva les bras.
— Ne vous inquiétez pas. Moi gentil.
Ruhn lui jeta un œil sarcastique.
— Toi je t'interdis de faire le moindre commentaire !
— M'interdire ? À moi ? Fais bien attention petit être abject. Tu es en vie parce que j'ai décidé de te laisser vivre. Mais je peux changer d'avis à tout instant. Alors tu ferais mieux de la boucler et de te mettre en marche, parce que si tu traînes la patte, c'est à coups pieds que tu feras un pas devant l'autre, et si tu te rebiffes, c'est à coup de baffes que je te ferais avancer. Compris l'avorton ?!
— Olala oui c'est bon on a compris. Hein mon Seigneur ?
— Ce n'est pas à ton Seigneur que je parle, mais à toi. Allez en route !
Anakin assista à la scène d'un air amusé.
Une fois la situation clarifiée, le chef indiqua qu'a partir de maintenant, le silence serait de mise. La petite troupe se mit en marche et ils s'avancèrent dans la brume, en suivant le sentier. On n'y voyait pas grand-chose et c'est à peine si l'on pouvait distinguer celui qui précédait. Ils marchaient lentement en épousant les méandres du sentier, les uns derrières les autres, presque collés pour ne pas se perdre.
La nuit sera longue et laborieuse. Cette marche silencieuse avait quelque chose d’envoûtant. Bien qu'Anakin fut athlétique et dans une condition physique exceptionnelle, il n'en était pas moins accablé de courbatures. Mais il ne s'en plaignait pas. Si Obi-Wan était dans la même situation, il se gardait bien d'en faire l'étalage. Un souvenir lui revint et un conseil de son Maître, sous la forme d'une remontrance : « Anakin, si tu te plains alors tu auras mal ! ». Décidément, son Maître avait réponse à tout. Il suffisait à Anakin de suivre son enseignement sans sourciller et alors il deviendrait le Jedi que toute le monde attendait. Cependant parfois, Obi-Wan pouvait se montrer obtus et intransigeant.
Anakin n'avait pas apprécié la leçon de combat aux sabres laser dans le désert de l'autre jour. Il en avait gardé une petite amertume qui le tiraillait. Mais Obi-Wan était son mentor. Un grand Jedi. Il devait lui faire confiance. « Obi-Wan sait ce qu'il fait ». Il est parfois dur, parfois hésitant quand il faut entrer en action mais il est sage. Toutefois un jour viendrait où Anakin deviendrait son égal.
Plus que ça. Un jour il sera plus fort que lui. Il s’entraînait dur pour ça. Ce jour finira par arriver. Il en était plus que convaincu. Perdu dans ses pensées, Anakin imaginait comment se déroulerait ce combat d’entraînement. Il se voyait désarmer Obi-Wan après un duel acharné et voir celui-ci abdiquer et déclarer ; « Tu y es arrivé Anakin, tu as dominé tout le combat et j'ai perdu. Bravo ! »
Jiin, entre deux Peaux Grises, n'était pas à son aise. Il se demandait ce qu'il pouvait bien avoir dans l'eau grise qui soit synonyme de mort. Parfois, il sursautait quand il entendait une bulle éclater à la surface.
Haïn, quant à lui, était hagard. La bouche à moitié ouverte, les paupières lourdes, il se traînait et ne cessaient de changer de rythme. Il ralentissait et se voyait obliger d'accélérer le pas pour rattraper son retard. A ce train-là, il se fatiguait deux fois plus vite que les autres. Et quand enfin il arrivait à garder le rythme, ses yeux s'attachaient à suivre la besace de la Peau Grise qui le précédait. La besace bringuebalait de droite à gauche. Et Haïn ne pouvait en détacher son regard, si bien qu'au bout de quelques minutes, il était complément hypnotisé par la cadence. Il manqua plusieurs fois de tomber dans l'eau mais à chaque fois, Jiin avait réussi à le rattraper par son gilet pour le remettre dans le droit chemin.
Au cœur de la nuit, l'éclat de la lune ne pouvait traverser l'épais brouillard du marais. Aussi le chef s’arrêta et donna un ordre à la Peaux Grises qui se trouvait derrière Runh. Il lui fit passer un petit objet qui s'avéra être une lampe que le chef alluma. Un manche surmonté d'une petite boule de verre avec un trou à son sommet. Une petite lumière dans la nuit bien pratique pour ne pas faire un faux pas.
Au petit matin, ils étaient tous assis les uns derrières les autres, somnolant. Même le chef avait du mal à garder un œil ouvert. Et quand le soleil salvateur s'éleva dans le ciel, la brume avait disparut. Le sentier qui partait du mur du four et qu'ils avaient suivit jusqu’à présent, était toujours très étroit. Il l'était dans les montagnes, dans les plaines et ici ; dans le marais, il était juste assez large pour s’asseoir.
Aucun chant d'oiseau. Aucun gazouillis, aucun bruit, si ce n'est les bulles qui éclataient de temps en temps dans le cloaque du marais. Ce n'était pas vraiment de l'eau qui les entouraient. Mais plutôt un mélange de sédiments boueux sûrement alimenté par une source sulfureuse nauséabonde et dont devait se nourrir une mangrove famélique qui luttait de toutes ses forces pour sa survie mais qui ne restait qu'au stade larvaire. Parfois une plus grosse bulle éclatait et l'odeur qui en émanait était insupportable. Le sentier se séparait quelquefois dans des directions différentes pour se rejoindre ensuite un peu plus loin. Il n'y avait aucun arbre ici. Parfois une touffe d'herbe, mais rien qui ne dépasse les quelques centimètres.
Sans un mot le chef se leva et l'équipe entière s'exécuta. Même Haïn qui n'avait plus la force de râler se leva en titubant dangereusement. La traversée du marais continua encore pendant de longues heures silencieuses. Le soleil haut dans le ciel les réchauffa.
Jiin marchait derrière Haïn qui avait le dos courbé et il lui tapota l'épaule pour lui présenter le tout dernier morceau de viande qu'il s'empressa d'avaler sans même le mâcher, ni le remercier. Aussitôt il se redressa plein de vigueur.
C'est à ce moment qu'une nuée traversa le ciel. Le chef se jeta au sol, suivit dans le même instant par toute la troupe. Toutes les Peaux Grises se tenaient la tête entre les mains, face contre terre. Anakin les imita mais ne pu s'empêcher de regarder la nuée qui tournoyait au-dessus d'eux.
C'était un spectacle incroyable. La nuée se contorsionnait, se retournait, se pliait et s'allongeait dans le ciel dans un ballet de cris lugubres. Anakin n'arrivait pas à détacher son regard de la chorégraphie féerique qui s'offrait à lui. La nuée gonflait puis éclatait en milliers d'oiseaux pour se reformer ensuite en une masse compacte qui pris l'allure d'une flèche.
Les Peaux Grises tremblaient de tout leurs membres. Ils étaient visiblement terrorisés par les cris stridents des oiseaux. La nuée tourna au-dessus d'eux pendant quelques secondes et Anakin remarqua que les ailes des oiseaux étincelaient et renvoyaient la lumière du soleil comme de petits miroirs clignotant. La nuée se mit à tourner juste au-dessus d'eux en cercles concentriques. Le manège dura quelques secondes et un cri plus fort donna le signal du départ. La nuée alors reprit sa forme de flèche et s'éloigna vers les montagnes.
Pendant quelques instants, personne n'osa bouger. Puis le chef se retourna lentement pour scruter le ciel. Tandis qu'il regardait la nuée disparaître, Obi-Wan s'adressa à lui en langage basic ancien :
— Qu'est-ce que c'était ?
Sans se retourner le chef lui répondit ;
— Le voile du mal… la misère de Cachin. Très dangereux.
— Nous ont-ils repérés ? Demanda Obi-Wan. Nous ont-ils vus ?
Le chef attendit quelques instants et lui fit signe que non et la marche repris.
Ils finirent par grimper sur un immense rocher qui dominait l'horizon. Et devant leurs yeux, comme creusé directement dans la terre ;
Enfin, au loin, ils aperçurent des arbres. Signe qu'ils allaient bientôt quitter le marais austère. Le sentier s'éleva alors pour pénétrer dans une nature dense et resserrée. Ils quittaient un paysage fantomatique et dépouillé pour un autre radicalement différent.
Cette fois le silence se transforma en concert de chant d'oiseaux et de cris d'animaux. Ils entraient dans une jungle humide et excessive fait d'arbres longilignes suants qui montaient droit vers la lumière à plusieurs dizaines de mètres. Anakin était plutôt content de quitter le marais morbide. Mais son allant fut vite contrarié par les immenses plantes aux feuilles vertes qui lui fouettaient le visage au fur et à mesure qu'ils avançaient. Le sentier disparaissait presque sous la végétation. Il ne restait de lui qu'une petite ligne de terre qui s'insinuait entre les arbres. Ils transpiraient tous maintenant à grosses gouttes.
— On ne quitte un enfer que pour entrer dans un autre ! S'exclama Anakin.
Mais personne ne répondit quoique se soit et la marche continua péniblement à coup de machette.
Runh prenait un malin plaisir à tordre les branches et les feuilles de sorte qu'elles frappent en plein visage Haïn qui maugréait sans pour autant oser l'insulter. En route, certaines Peaux Grises cueillaient des fruits qu'ils partageaient avec plaisir. Obi-Wan croqua à pleines dents dans un fruit qui sembla ferme mais ce fut loin d’être le cas, le fruit éclata et il passa de longue minutes à s'essuyer la barbe avec les mains pour en faire disparaître le liquide jaune.
Quand Runh ne s'amusait pas à faire rager Haïn, il levait les yeux vers la canopée en scrutant les petits mammifères qui sautaient de branches en branches.
Le sentier se mit à longer une grande mare tout aussi saumâtre que celles du marais. Haïn ne put s'empêcher à l'insu de tout le monde d'y tremper son pied furtivement. A sa grande surprise, son pied ne s'enfonça pas dans l'eau. Et avant même qui que ce soit ne s'en rende compte, il marchait littéralement sur l'eau.
Une Peau Grise sursauta dans un cri de stupéfaction. Haïn fit encore quelques pas avant de se retourner vers Jiin, les mains sur les hanches.
— Mon Seigneur ! S'exclama-t-il. C'est un miracle ! Regardez je marche sur l'eau ! Il fit encore quelque pas et leva les bras au ciel. C'est un miracle ! Vous savez ce que ça veut dire mon Seigneur ? C'est un signe de la prophétie, il n'y pas de doute non. Il hésita un instant et finit par déclamer : Je suis l'élu ! Hahaha j'en étais certain depuis ma naissance, je le savais, je le savais, je savais que j'étais différent. C'est moi, le grand ordonnateur de l'univers. Regardez ! Il fit un tour sur lui-même. Mais regardez donc bande de mécréants. Voyez la puissance de…
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'une vague d'eau le souleva brusquement et le projeta dans les arbres. Toutes les Peaux Grises criaient et saisirent leur bâtons ainsi que leur machette.
Un monstre gigantesque surgit de l'eau dans un grognement sourd. Sa peau nacrée ruisselait et on avait du mal a en distinguer la forme. Mais pas bien longtemps car, de cette masse flasque, on put vite voir une large gueule pleine de centaines de dents qui fonçait droit sur les Jedis. Ceux-ci, avaient déjà les sabres laser au poing et moulinaient dans tous les sens. Les Peaux Grises tentaient tant bien que mal d'enfoncer leur bâtons pointus dans la chair de l'animal. Jiin tirait des coups de blaster dans tous les sens, si bien, qu'Anakin du se servir de son sabre pour dévier un tir de blaster contre lui vers le monstre. Même Haïn coincé sur une branche défouraillait à tout-va.
Alors que la mâchoire du monstre allait se refermer sur une Peau Grise, Runh se jeta sans réfléchir dans la bouche de la bête. Il avait repris sa forme habituelle et c'est une force de la nature d'un orange vif qui disparu dans les entrailles de l'animal. Tout le monde piquait, tailladait, tirait. Haïn jeta une grenade et celle-ci explosa sur le dos du monstre assez fort pour le trouer. Une seconde plus tard, Runh s'extirpa par le trou en arrachant avec lui une pleine poignée d'entrailles et de chaires. La bête finit par s'affaler dans un râle et sombra dans l'eau. Runh sauta sur la rive et jeta à terre les restes du monstre. C'était fini. Le combat n'avait duré que quelques secondes.
Runh était immense. Sa carapace et son corps était recouvert d'un liquide visqueux.
Une fois que tout le monde eut repris ses esprits, Haïn se laissa glisser jusqu'au sol, la mine extatique, ravi de son exploit. A peine il avait mis un pied à terre que le chef des Peaux Grises se jeta sur lui. Il lui agrippa l'oreille se mit à l'insulter de toute sa rage. Il le malmena pendant quelques secondes et Haïn dans un geste réflexe se saisit de son blaster. Il allait tirer sur le chef quand Runh d'un bond, lui flanqua une baffe monumentale qui l'envoya quelques mètres plus loin.
Il fallut de longues minutes pour que toute le monde reprenne son souffle et se calme. Jiin releva tant bien que mal un Haïn étourdi. Une fois qu'il fut debout, le chef ordonna qu'on lui retire toute ses armes.
Une fois cela fait, la marche pu reprendre. Mais cette fois-ci Haïn fut contraint de se tenir devant. Runh Rapunh fut chargé de sa surveillance.
— Un pas de travers et tu en prends une autre !
Haïn n'eut pas la force de répondre. Il titubait encore et avait du mal à avancer dans la végétation. La troupe n'avait fait que quelques dizaines de mètres quand ils entendirent un bourdonnement au-dessus de la canopée. Au même instant les Peaux Grises se jetèrent au sol comme lorsqu'ils étaient dans le marais. Les autres les imitèrent et Anakin regarda en direction du ciel.
Une nuée d'insectes tourbillonnait au-dessus des arbres. Comme la nuée d'oiseaux, celle-ci se contorsionnait dans un manège étrange. Parfois elle piquait vers le bas et passait entre les arbres et tous les petits animaux hurlaient et fuyaient comme ils le pouvaient. Anakin piqué par sa curiosité leva franchement la tête et se prit un coup de bâton d'une Peau Grise qui le somma de se tenir tranquille. La nuée se faufila dans la végétation juste au-dessus de la mare où gisait le monstre. Après quelques instants, elle reprit la direction du ciel et disparut.
Anakin avait le cœur qui battait à tout rompre et qui résonnait en frappant fort ses tempes. Ils attendirent encore un peu et tout le monde se releva. La marche interminable pu reprendre.
Plusieurs fois pendant la journée et la nuit suivante, ils furent obligés de se jeter au sol a chaque fois que le bourdonnement de la nuée d'insectes survolait la canopée. Au matin du troisième jour, Anakin à moitié débraillé et dégoulinant de sueur fermait la marche, et tout à coup, il sentit une douleur intense derrière la nuque. Il venait de se faire piquer par un petit insecte. Instantanément il le saisit entre ses doigts et s'occupa de lui régler son compte en l'écrasant méticuleusement et avec une certaine application. L'insecte succomba dans une étincelle et Anakin le jeta par-terre. Il se frotta longuement la nuque avant que la douleur disparaisse complètement. Était-ce un insecte de la nuée ? Anakin n'en n'avait aucune idée et de toute façon cela ne le préoccupa que quelques instants. Il n'avait qu'une idée en tête : quitter cette jungle diabolique. Il en avait plus qu'assez de cette humidité étouffante, de ces odeurs pestilentielles et des fruits sans goût dont il se nourrissait. Quitte à choisir, il préférait largement ramper dans un désert rude et sec, que piétiner cette terre moisie.
A la fin de l'après-midi, ils quittèrent enfin la jungle foisonnante. Et Anakin fut plutôt ravi de retrouver un paysage plus sévère. Le sentier s'effaçait dans une plaine rocailleuse recouverte d'une fine pellicule de sable ocre.
Le chef montra du doigt la direction du village des Peaux Grises.
La limite de la jungle était franchement marquée. Comme une frontière naturelle. Ils passaient d'un paysage, d'une nature à une autre brusquement. Ils venaient de quitter la jungle pour marcher à nouveau sur du sable si fin qu'il ressemblait plus à de la poussière.
Quand ils atteignirent enfin le village il faisait presque nuit et ils furent accueillis par des cris d'enfants venus les entourer. Les Peaux-Grises leur grognaient dessus quand ils s'approchaient d'un peu trop près.
Plus qu'un village, c'était une véritable petite ville qu'ils traversaient. Il y avait des dizaines et des dizaines de petites huttes faites de tourbes avec des toits en paille recouverts d'une sorte de mélasse goudronneuse.
Elles avaient toute la même teinte ocre et certaines d’entre-elles étaient surmontées d'une cheminée qui crachait un petit fil de fumée. Parfois les huttes étaient collées les unes aux autres et formaient une véritable rue. Certaine d'entre-elles communiquaient par des murs assez larges pour qu'on puisse s'y déplacer aisément et le cas échéant y monter la garde.
D'énormes rocher étaient comme posé sur le sol et certain d'entre-eux avaient été creusés pour en faire une demeure. La ville était en ébullition. Il y avait beaucoup d'activités ; des ateliers de fonderie, des petites échoppes misérables qui proposaient des peaux d'animaux et des grands bâtons aux bouts métalliques bien rangés sur des tables en bois.
L'odeur de poissons grillés qui se dégageait du stand d'un marchand venait taquiner l'appétit des deux Saboteurs qui salivaient abondamment. Il salivait tellement que c'était dégouttant. Haïn aurait bien voulu en chiper un. Mais avec Runh sur le dos, c'était peine perdue. Jiin s'émerveilla ensuite devant un stand de bijoux en pierres précieuses tout en remettant en place sa couronne de cuir qui lui tombait sur les yeux.
Le chef des Peaux Grises s'entretint quelques minutes avec deux autres habitants sur la place principale de la ville. Pendant ce temps, les deux Saboteurs analysaient les environs et complotaient en murmurant. A chaque fois que Runh s'approchait pour écouter leur discussion, ils devaient s'arrêter. Ce qui exaspérait Haïn.
Enfin, le chef des Peaux-Grises s'approcha d'Obi-Wan.
— Vous venir dans palais du Roi. Venir.
Obi-Wan, Anakin, les deux Saboteurs et Runh entrèrent dans une hutte plus grande que les autres et qui n'avait absolument rien d'un palais.
A l'intérieur se trouvait quelques vieux habitants assis à même le sol en demi-cercle autour d'un feu. Sûrement un conseil de vieux sages. Certains d'entre-eux étaient tellement vieux qu'ils avaient de la peine à se tenir droit. Le chef des Peaux-Grises invita l'équipe à s’asseoir autour du feu. Les vieux écarquillèrent les yeux en apercevant Runh.
Bien qu'il ait la peau plutôt grise et une silhouette émaciée ressemblant fortement à celle des Peaux-Grises, il n'en n'était pas moins un étranger qui tente de se fondre dans la masse. C'est ce que devait se dire les vieux qui le regardait. Runh en fut gêné et il s'assit finalement en tailleur, la tête baissée. Les deux Saboteurs ne voulaient pas vraiment s'asseoir mais un regard furieux d'Obi-Wan les convaincus sans sourciller. Enfin ce fut le tour des Jedis. Les vieux sages, de l'autre côté du feu parlaient beaucoup. L'un d'eux avait repéré les sabres laser attachés à la ceinture des Jedis ce qui fit réagir le conseil.
Le roi de la ville fit son entrée. Il portait une tenue qui le démarquait des autres. Derrière lui, une femme à la beauté époustouflante lui emboîta le pas. Elle n'était pas comme les autres. Elle n'avait pas la peau grise mais plutôt métisse café au lait. C'était une humaine mais avec quelques traits des Peaux Grises. De longs cheveux d'un noir profond tirés en arrière et attachés. Un visage fin et gracieux, un petit nez pointu relevé et de grands yeux d'un bleu-vert brillant. Elle était vêtue d'une robe à manche courte de la même matière que les tuniques des Peaux-Grises mais parfaitement ajustée et qui embrassait ses courbes à merveille.
Anakin se dit en la voyant que c'était sans nul doute la deuxième plus belle femme qu'il eu jamais vu. Derrière Padmé Amidala évidemment.
Même Obi-Wan fut surpris par sa beauté.
Le roi pris place sur ce qui devait être son trône : une chaise en bois très basse avec un dossier incliné. Le roi n'était pas filiforme comme tous les autres Peaux-Grises mais plutôt bien en chair. Anakin se dit que c'était sûrement l'apanage de ceux qui règnent : Peu importe le pouvoir, il fait grossir. C'est une loi de la nature.
Le chef des Peaux-Grises s'approcha du roi et lui susurra quelques mots à l'oreille. La mine du roi se renfrogna quelque peu. Le chef avait dû lui raconter l'épisode du mur de la Plaine du Four. Une fois que le chef eu terminé son rapport il vint s'asseoir parmi les vieux sages. Le roi réfléchit quelques instants et pris la parole. Il s'exprima dans la langue de Cachin. Après quelques phrases, la jeune femme assise à sa droite fit la traduction :
— Moi, Hysakpasha, Roi des Cendres, je déclare que vous n’êtes pas les bienvenus ici. Par votre faute, le rempart qui nous protège des cyclattes depuis des siècles, la barrière construit par nos aïeux, qui a demandé tant de sacrifice à notre peuple à failli se rompre. Mettre en péril la frontière sacrée est un acte de haute trahison passible de la peine de mort. Aussi, moi, Hysakpasha, Roi des Cendres ordonne votre exécution dès demain matin. Avez-vous quelque chose à dire ?
— Pouvons-nous avoir un peu de poisson grillé ? Demanda Jiin.
Obi-Wan se leva pour prendre la parole.
La jeune femme traduisit la question au Roi qui la balaya d'une main en reposant la même question :
— Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ? Parlez peu, parlez bien. Choisissez vos mots, votre vie en dépend. Dit-elle en regardant Obi-Wan.
— Roi des Cendres. Nous sommes profondément navrés pour l'incident concernant le rempart de vos aïeux. Jamais nous n'aurions eu l'audace de profaner celui-ci si nous avions su qu'il était sacré. Au nom de tous ceux qui nous accompagnent je veux vous remercier pour avoir eu la bonté de nous sauver la vie. Sans l'intervention de…
Obi-Wan se rendit compte qu'il n'avait jamais demandé le nom du chef des Peaux-Grises.
— Ish Atam. Sentinelle de la Plaine du Four. Dit la jeune femme.
— Ish Atam. Nous vous devons la vie et je vous prie de nous excuser pour le tort que nous avons pu vous causer. Il s'adressa ensuite de nouveau au Roi : Votre Altesse, j'en implore votre clémence, pardonner notre ignorance. Notre vaisseau s'est écrasé sur votre planète bien malgré nous. Votre Altesse, je vous en conjure, nous implorons votre indulgence, nous sommes prêts à tout pour racheter notre conduite infamante. Si nous n'avions pas escaladé le mur nous aurions péri sous les griffes des cyclattes. C'était notre seule chance de survie.
— La mère des cyclattes, aussi féroce soit-elle, n'a pu déclencher une déferlante sans raison. Elles n'ont pas approché la barrière depuis des décennies. Qu'avez-vous fait pour la mettre en colère ?
— On a mangé une de ses filles ! Beugla Haïn.
— Tais-toi Haïn ! Cria Obi-Wan.
Et Anakin sursauta encore face à l’éclat de voix de son Maître. Quelque chose ne tournait pas rond.
Quand la jeune femme eut fini de traduire l'intervention de Haïn, toute l'assemblée de sages gémit de dégoût.
— Est-ce vrai ? Demanda la jeune femme à Obi-Wan. Vous avez vraiment mangé une cyclatte ?
— On l'a fait grillé et hop dans le ventre ! Ajouta Haïn avec un grand sourire.
Le roi ne savait pas quelle décision prendre. La profanation du rempart était inexcusable. Et il fallait se montrer ferme et sans pitié. Le respect de la tradition n'était pas seulement du folklore destiné à asseoir sa réputation. C'était une question de survie. Le peuple des Cendres avait survécu grâce à l'existence du mur. Il devait se montrer intraitable, son peuple en dépendait. Seulement il y avait un léger problème. Les deux humains en face de lui portaient quelque chose à la ceinture qu'il ne fallait mésestimer.
— Qui êtes-vous ? Et que venez-vous faire ici ? Demanda alors le Roi.
— Je suis Obi-Wan Kenobi, Chevalier Jedi et voici mon Padawan : Anakin Skywalker. Nous sommes mandatés par la République pour escorter nos deux prisonniers ici présents : Haïn et Jiin, jusqu’à Coruscant, afin qu'ils puissent être jugés pour le meurtre de la Princesse Zaharcha. Et voici, Ruhn Rapuhn, un Gallorien, qui nous apporte une aide bien précieuse. Nous étions en route pour Coruscant quand notre vaisseau a subi une avarie qui nous a obligé à atterrir en catastrophe sur votre planète en plein désert.
A nouveau un murmure parcourut l'assistance. A l'évocation de leurs statuts de Jedi, le Roi n'avait d'autre choix que de prendre une décision moins radicale concernant leur avenir proche. Exécuter deux Jedis ne serait jamais sans conséquences.
— Les Jedis et tous les représentants de la République ne sont pas les bienvenue ici. Ajouta le Roi.
Décidément, les Jedis sont de moins en moins appréciés, se dit Anakin. Ils étaient pourtant des soldats de la paix, et il ne comprenait pas vraiment cette animosité qui semblait prendre de l'ampleur dans toute la galaxie.
— Cependant. Repris le roi. Nous devons admettre que vous ne pouviez savoir que le rempart relève du sacré. Ish Atam m'assure que celui-ci est pleinement opérationnel malgré les outrages causé par ce… Gallorien.
Ruhn paru encore plus abattu. Il n'osait lever les yeux.
— Runh Rapuhn n'avait d'autre choix. Sans son aide, nous ne serions pas ici. Ajouta Obi-Wan.
— Le peuple des Cendres est un peuple de guerriers fier et implacable qui peut se montrer sans pitié s’il est agressé. Mais nous pouvons nous montrer miséricordieux et bienveillant quand la situation le permet. Aussi, voici la sentence : Vos deux fugitifs seront incarcérés dans la prison de la ville pendant une durée indéterminée.
— Non mais ça va pas ! Cria Haïn. Alors ça c'est fort. Croupir en prison ?! C’est hors de question. Nous sommes que de pauvre innocent, pris sous le joug de deux Jedis corrompus ! Nous sommes que d’honnêtes Saboteurs, vous ne pouvez nous enfermer où que se soit. Personne ne le peut de toute façon…
Obi-Wan s'approcha de Haïn, pendant que la jeune femme avait toutes les peines du monde à traduire le débit infernal de Haïn.
— Tiens-toi tranquille. C'est juste temporaire, Anakin et moi nous vous sortirons de là très vite.
— Parce que vous pensez que l'on a besoin de vous ? Non mais vous savez a qui vous parlez ? Haïn se mit à crier très fort : Personne ! Vous entendez ? Personne ne retient un Saboteur. Et…
— Il suffit ! Cria le Roi.
Le roi ordonna ensuite que ses directives soient mis à exécution et plusieurs guerriers Cendres se saisirent des deux Saboteurs pour les jeter en prison. En quittant la hutte on pouvait entendre Haïn qui jurait comme un charretier. Le roi continua la conversation.
— Dites-moi, Chevalier Jedi. Qu'est-ce qu'un Saboteur ?
— C'est difficile à dire votre Altesse. Ils semblent que se soit un peuple dont il ne reste que quelques reliquats. Ce sont des guerriers passés maître dans l'art du sabotage sous toutes ses formes. Leur spécialité première est la confection de bombe avec tout ce qui leur passe entre les mains.
— Intéressant… Sont-ils habiles ?
— Tout à fait votre altesse. Seulement ils ont de gros défaut : Ils ont une fâcheuse tendance à faire sauter tout et n'importe quoi. Et croyez-moi, ils sont très inventifs. Ils sont totalement incontrôlables, vicieux et pernicieux.
— Bien. Le roi regarda longuement Runh qui tremblait de tous ces membres. Et celui-ci ? Pouvons-nous avoir confiance en lui ?
— Tout à fait votre altesse. Il existe dans cet univers une multitude de créatures féroces et sans pitié. Mais ce Gallorien, a toute ma confiance.
— Bien, bien. Malgré tout, au regard de ce qui a été dit ici et maintenant, je vous informe que vous êtes libre. Ma nièce va s'occuper de vous trouver un logement et de quoi vous nourrir. Vous pouvez nous considérer comme vos hôtes. Néanmoins, il y a une chose que vous devez savoir, et le plus tôt sera le mieux et je crains que cela soit définitif.
— Je vous écoute Roi des Cendres.
— Vous ne quitterez jamais cette planète.
Ils sortirent de la hutte du roi accompagné par la femme qui avait traduit toute la conversation. Elle marchait à côté d'Obi-Wan et se présenta :
— Mon nom est Shauska. Dit-elle avec un léger tremblement dans la voix.
C'était la première fois qu'elle rencontrait un Chevalier Jedi et elle était tout simplement éblouie par la prestance d'Obi-Wan.
— Enchanté de vous connaître. Lui répondit Obi-Wan avec un sourire charmeur.
Elle les escorta jusqu’à une petite demeure creusée dans un rocher sans la moindre ouverture sur les côtés, hormis celle de l'entrée gardée par un rideau. Le rocher avait été creusé à son sommet pour y faire une cheminée. Le confort y était spartiate ; un foyer en pierre en son centre et quelques nattes de paille posées à même le sol et c'était à peu près tout. La jeune femme s'occupa d'allumer le feu en y jetant quelques morceaux de bois. Une fois que le feu fut bien vaillant, elle se redressa en ajustant sa robe et ses cheveux.
— J'espère que cela vous convient. Dit Shauska. Je vais chercher de la nourriture… je reviens.
— C'est parfait. Merci pour tout. Lui répondit Obi-Wan.
Elle allait quitter la masure quand elle se retourna et ajouta ;
— Vous avez beaucoup de chance. Le roi a été très clément. Les Jedis sont plutôt mal vu par ici.
Obi-Wan aurait voulu en savoir plus mais Shauska s'était déjà volatilisée. Les deux Jedis choisirent une natte et enlevèrent leurs capes qu'ils posèrent dessus. Obi-Wan s'étira et Anakin l'imita d'un coin de l’œil. Runh hésita un moment. Il restait deux nattes de libre et ne savait pas trop laquelle choisir. Il ne ressemblait plus du tout au Runh rencontré dans la Cantine Solitaire. Il était vraiment devenu un être svelte à la peau grise. La carapace sur son dos avait presque totalement disparu et avec une tunique, il pourrait presque se faire passer pour un Cendre sans problème. Il finit par se résoudre à s’asseoir sur la natte la plus éloignée du foyer, un peu dans l'ombre.
— Maître, le roi a-t-il bien dit que nous ne quitterions jamais cette planète ?
— Ne t'inquiète pas Anakin.
— Je ne m'inquiète pas. C'est simplement que disons que… cela me fait réfléchir. Je crains que nous trouvions rien sur Cachin pour réparer la navette ou au moins son système de communication. Encore moins un vaisseau prêt à partir. Ils ne sont pas très évolué.
Quelques minutes plus tard, Shauska revenait avec des victuailles sur un grand plateau qu'elle posa à côté du feu. Il y avait des fruits, des légumes crus, des racines noires, trois petits pains à la croûte cramoisie et même quatre gros poissons grillés. Anakin se jeta sur un poisson en les dévorant à pleines dents. Obi-Wan le regardait avec de gros yeux. Quand Anakin s'en aperçu, il comprit le message. Il s'essuya la bouche avec sa manche et entrepris de finir son repas avec toute la bienséance possible quand on a un appétit d'ogre.
— Shauska, puis-je vous poser une question. Demanda Obi-Wan alors qu'elle s'asseyait avec eux.
— Bien sûr. Allez-y, je vous écoute.
— Excusez-moi si je peux vous paraître impertinent mais vous semblez différente... physiquement…
— C'est normal. Je suis la fille de l'union d'un humain et d'une Cendre, la sœur du Roi Hysakpasha. Quand mes parents sont morts, c'est lui qui m'a élevé. Je suis devenue en quelque sorte sa fille adoptive.
— Un humain ?
— Oui un humain qui comme vous s'est écrasé sur Cachin. C'était un braconnier. Ma mère et lui sont instantanément tombé amoureux. Cela a créé beaucoup de tension au sein de notre communauté.
— J'imagine que cela n'a pas dû être facile pour vous.
— Effectivement. Mais j'ai eu de la chance, le roi étant mon oncle. Je lui dois ma survie. Sans sa protection, je ne serais sûrement pas ici, à parler le basic avec vous. Les choses qui ont été faites ne peuvent se défaire.
— C'est votre père qui vous appris le basic ?
— Oui. Il a eu beaucoup de mal à apprendre le Cachin. Il faut dire que ce n'est pas une langue facile. Mon père m'a toujours parlé en basic, ma mère en Cachin. Et pour la première fois de ma vie, j'ai pu remplir mon rôle de traductrice.
Shauska souriait, mais le cœur n'y était pas. Elle revoyait l'image de ses parents qui se tenaient la main pendant qu'elle courait autour d'eux.
— Tout à l'heure vous m'avez dit que les Jedis n'étaient pas bien vu ici. Puis-je savoir pourquoi ?
— C'est une longue histoire. Cela vient de l'époque de la guerre contre la Fédération du Commerce et l'Union des Banquiers.
— La guerre ? Je n'ai pas souvenir qu'il y ait eu la guerre par ici, sur Cachin.
— C'était il y a plus de vingt ans maintenant. La République ne nous a pas soutenu. Laissant le champ libre à nos envahisseurs pour détruire toute notre civilisation. Autrefois Cachin fût prospère et dotée d'une technologie unique dans toute la galaxie.
Anakin haussa la tête et l'écouta avec attention.
— Une technologie tellement puissante qu'elle finit par attirer la convoitise. La Fédération du Commerce a utilisé un prétexte pour envahir notre planète et massacrer notre peuple. Cachin refusait que la Fédération exploite les mines de Cinium, notre métal si précieux.
— La République n'aurait jamais permis une telle chose. Que s'est-il passé ?
— La Fédération du Commerce voulait s'approprier coûte que coûte notre technologie. Elle réussit à soudoyer notre sénateur qui siégeait au sénat et à lui faire signer un contrat qui autorisait l'exploitation de nos mines par la Fédération. Quelques semaines plus tard le sénateur a été retrouvé mort dans ses appartements. Nous avons tout tenté d'un point de vue diplomatique pour dénoncer ce contrat mais sans succès. La République est restée sourde à nos suppliques. Quand la Fédération a commencé à extraire le Cinium et qu'elle s'est rendu compte qu'il n'avait aucune propriété extraordinaire, si ce n'est sa solidité à toute épreuve, elle a accusé Cachin de l'avoir trompé. Elle a donc utilisé ce prétexte pour lancer son offensive et envahir notre planète.
— Mais pourquoi ? Je ne comprends pas. Pourquoi la Fédération a envahie Cachin ? Et comment la République n'est-elle pas intervenue ? Cela n'a aucun sens.
— Pourquoi la République n'est-elle pas intervenue ? Je n'en sais rien Obi-Wan. C'est à vous que l'on doit poser la question. Pas une seule fois les Jedis ne sont interposés. Pas une. Cachin comptait sur vous, les Jedis pour trouver une solution pacifique. Mais rien. Personne n'est venu à notre aide.
— Mais pourquoi envahir Cachin ? Pour quelle raison la Fédération s'est-elle risquée à commettre un tel acte ? Je ne comprends pas. Si votre histoire est vrai, il est indispensable d'en informer le Conseil Jedi.
— Le Cinium à lui seul, n'est qu'un métal ultra résistant. Mais couplé à la Fontaine de l'Étoile. Il se transforme, il prend vie. C'est grâce à cette association que la civilisation à pu accomplir des miracles de technologie.
Anakin était bouché bée et Obi-Wan écarquillait les yeux. Shauska souriait presque à l'évocation de la Fontaine de l'Étoile, mais c'était un sourire mélancolique. Elle savait qu'elle devait en dire plus.
— La Fontaine de l'Étoile comme nous l'appelons, est un don divin. Il y a plus de mille ans, elle est apparue comme par magie au-dessus d'un lac sous la forme d'une petite boule d'énergie pure et brillante comme un million de soleils. La légende dit qu'un pécheur l'a vue et s'est mis en tête de l'attraper. Mais ce ne fut pas facile. Loin de là. Il eut toutes les peines de monde à s'en emparer, car celle-ci peut se déplacer dans toutes les directions et à des vitesses incroyables. Mais après plusieurs jours de traque au-dessus de l'eau, dans les plaines, dans les rivières, dans la jungle et jusque dans les montagnes, il réussit à la saisir et à l'emprisonner. La légende dit que le pécheur avait finit par comprendre qu'elle s'était laissée prendre. Qu'elle avait une conscience et une pensée. Et qu'elle s'était donnée au pécheur.
— C'est une très jolie histoire. Ajouta Obi-Wan.
— Ce n'est pas tout. De l'autre côté du continent, presque au même moment, un chasseur à découvert dans une grotte une autre boule d'énergie, noire cette fois-ci. Elle était simplement posée sur le sol a attendre qu'on la trouve. Quand le chasseur à voulu la saisir, elle n'a montré aucune résistance. Plus tard, quand le chasseur et le pécheur se sont retrouvés à Cachi-Mee, la capitale, les deux boules ont été réunies et il s'est produit quelque chose de fantastique. Elles se sont en quelque sorte accouplée. Elles se sont mise à tourner l'une autour de l'autre produisant une énergie phénoménale et perpétuelle. Les deux étoiles fonctionnent en système binaire. Une fois placées dans une lanterne, celle-ci à pris le nom de Fontaine de l'Étoile. En quelques dizaines d'années, les habitants de Cachin sont passé d'une civilisation élémentaire à une civilisation très évoluée. Moins de cent ans après la découverte de la Fontaine de l'Étoile, nous pouvions voyager à travers l'espace interstellaire. Le rayonnement de Cachin fut exponentiel et sa capitale Cachi-Mee le reflet d'une civilisation pacifiste, à l'architecture exceptionnelle. Nous vivions en paix et dans l'harmonie. Cachi-Mee était en pointe dans tous les domaines : les arts, la science, la médecine et j'en passe. Nous exploitions le Cinium de manière raisonnée, nous vivions en symbiose, la prospérité était partout. Personne ne souffrait de la faim. Même la mère des Cyclattes s'était résigné et avait fui avec ses filles dans les entrailles de la terre. Elle savait qu'il ne valait mieux pas se frotter aux habitants de Cachin. Nos armes en Cinium alimentées par la Fontaine étaient d'une efficacité redoutable. Ça c'était avant que la Fédération s'en prenne à nous. Quand le premier vaisseau de la Fédération s'est posé pour construire une immense mine d'extraction, la Fontaine nous a lâché.
— Comment ça elle vous a lâché. Elle s'est arrêtée de fonctionner ?
— Non. Enfin si. Les deux étoiles se sont séparées et ont tout simplement disparus de la surface de Cachin. Sans la Fontaine, nos armes étaient inopérantes, nos vaisseaux collés au sol et plus aucun moyen ni système de communication interplanétaire. Nous nous sommes sentis trahis. Trahis par la République, trahis par les Jedis et abandonnés par la Fontaine. La Fédération a vite compris l'importance et la nécessité de la Fontaine pour animer le Cinium. Elle s'est évertuée à la trouver quoi qu'il en coûte. Son armée de droïdes a massacré et a détruit entièrement Cachi-Mee. La capitale n'est aujourd'hui qu'un champ de ruine. Il reste quelques Poussières qui essaient tant bien que mal de résister mais c'est sans issues.
— Des Poussières ?
— Les habitants de Cachi-Mee ont choisi ce nom après la destruction de la capitale. Il est le symbole de ce qui reste de la gloire de Cachin. Il y a deux cents ans, Cachi-Mee comptait presque soixante millions d'habitants. Aujourd'hui ils ne sont que quelques milliers à survivre dans les ruines. A se nourrir comme ils peuvent mais la plupart sont tous simplement enlevés et contraints de travailler dans la mine de Cinium comme des esclaves jusqu’à la mort. Certains d'entre-eux cherche encore les deux étoiles. Ils ont encore l'espoir de les retrouver mais moi je n'y crois plus. Il y a parfois des rumeurs, des Cendres ont raconté avoir aperçu l'étoile brillante dans le désert. D'autres dans un gouffre. Sa présence est devenue un mythe. Je suis convaincue qu'elle nous a quitté parce que nous n'étions plus digne de la posséder. Certains d'entres-nous ont pu s'échapper de la ville et rejoindre le désert, là où la Fédération ne viendrait pas nous chercher. Quand nous avons enfin trouvé un lieu propice, nous avons choisis le nom de Cendres. Aujourd'hui, malheureusement, sur Cachin, il ne reste plus que Cendres et Poussières.
Obi-Wan était effaré par le récit de Shauska. Comment une chose pareil avait pu se produire ? Il n'arrivait pas à croire que la Fédération du Commerce ait pu mener à bien une telle monstruosité en toute impunité. Anakin était furieux. Il avait pu voir de ses yeux, l'armée de la Fédération du Commerce envahir Naboo. Pour lui, c'était simple. La Fédération du Commerce et l'Union des Banquiers représentait le mal absolu.
Il fallait mettre un terme à leurs agissements une bonne fois pour toute. Le Chancelier Palpatine devait être mis au courant le plus tôt possible. Anakin savait qu'il prendrait les bonnes décisions une fois qu'on aurait porté à sa connaissance un tel comportement abjecte et barbare. Anakin se jura intérieurement qu'il ferait tout pour mettre un terme à ce conglomérat arrogant, stupide, sanguinaire et impardonnable.
— Anakin. Je pense que nous allons faire un petit tour du côté de la capitale Cachi-Mee, des demain, qu'en penses-tu ?
— Avec plaisir Maître.
— Vous voulez vous rendre à la capitale ?! S'écria Shauska. A pied ?! Il faut quinze jours de marche pour en atteindre les faubourgs ! Et même si je pense que le roi serait prêt à vous fournir deux Thrabs, je doute qu'il accepte de vous laisser partir pour un voyage si périlleux.
— Ne vous en faite pas Shauska. Nous en avons vu d'autres et c'est notre rôle après tout. Il est grand temps qu'un Jedi fourre son nez dans les affaires de la Fédération du Commerce.
— Mais et les nuées ? Comment allez-vous faire pour les nuées ? Elles surveillent toute la ville. Depuis leur apparition il y a quelques mois, aucun Cendre n'a pu quitter la ville et aucun Poussière n'a réussi à se rendre à la capitale et en revenir.
— Ish Atam nous appris à les éviter. Lui répondit Obi-Wan.
— Se coucher au sol et attendre que ça passe, je n'appelle pas ça une technique d'esquive. Vous avez eu de la chance. Elles sont redoutables. Celles des oiseaux peuvent vous soulevez et vous enlevez et vous disparaîtrez et quant à celles des insectes, une seule piqûre vous condamne à la mort dans d’atroces souffrances.
Anakin passa machinalement sa main sur sa nuque. Il ne sentait plus rien.
— Shauska. Je comprends vos craintes. Mais en tant que Jedi, je suis dans l'obligation de comprendre la situation actuelle. Si la Fédération du Commerce commet de telles atrocités, c'est mon devoir et celui aussi de mon Padawan que d'y mettre un terme. La République vous a abandonnée, les Jedis, nous, vous aiderons. Vous avez ma parole.
— A une seule condition Obi-Wan ! Je viens avec vous ! Ordonna Shauska.
— Moi aussi. Dit Runh dans l'ombre.
Modifié en dernier par harnis29 le Ven 03 Fév 2017 - 8:44, modifié 1 fois.
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Messagepar harnis29 » Dim 29 Jan 2017 - 10:11   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 9

Bonjour à tous.
J'ai une question pour ceux qui auraient réussi à lire le chapitre 9.
Est-ce que la leçon d'enseignement de combat et de maîtrise de la Force que donne Obi-Wan à Anakin, est-elle crédible ?

Voilà.
Merci
A+

Harnis
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Messagepar harnis29 » Ven 03 Fév 2017 - 8:45   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chapitre de 1 à 9

La Révolte des Poussières

Chapitre 11
Le reflet de la misère


Les murs étaient crasseux. Ils dégoulinaient de moisissures et s'effritaient par pans entiers qui tombaient et s'écrasaient sur le sol dans de fétides flaques. Le vent s'engouffrait dans les interstices en sifflant un air lugubre et charriait avec lui une odeur putréfiée, faisandée, écœurante. Le martellement de la machine résonnait depuis les profondeurs de la mine et lancinait dans un ronronnement monotone. La chaleur humide remontait par volutes de vapeur et traversait les étages, par les couloirs, par les bouches de ventilation inefficaces et stagnait dans les cellules presque toutes vides. Parfois on entendait un cri, mais il était difficile de savoir si c'était une plainte de douleur ou le gémissement absurde de celui qui avait perdu la raison et qui tentait dans un dernier éclat de voix de la retrouver. La mort avait élu domicile dans ces sous-sols. Elle y régnait en maîtresse froide et implacable. Parfois un rongeur déchirait et arrachait un bout de chair du pied que le prisonnier n'avait plus la force de cacher entre ses jambes. Les cellules étaient si exiguës qu'on ne pouvait ni s'asseoir, ni se coucher, ni se mettre debout. L’espoir s'échappait chaque jour un peu plus par le petit trou d'aération situé au-dessus du prisonnier. Il n'avait même plus la force de relever la tête pour le regarder. Il n'y avait rien à voir de toute façon. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, ni pourquoi. A quoi bon ? L'écuelle de bouillie infâme distribuée chaque matin était vide. Avait-il mangé aujourd'hui ? Cela aussi il ne s'en souvenait plus. La contorsion permanente de son corps imposée par la structure de la cellule était insoutenable. Il vivait un enfer et même l'enfer se devait d'être plus vivable. Du moins il essayait de s'en convaincre. Viendrait-elle le tourmenter aujourd'hui ? Il espérait que non. Tout en elle le révulsait. Elle incarnait le sadisme absolu. Quand il entendait le son de ses bottes, il se recroquevillait de toute ses forces en fermant les yeux et en suppliant « Pas moi, pas aujourd'hui ! ». Les supplices qu'elle lui infligeait parfois dépassait l'entendement. Elle lui plantait des aiguilles électrifiés, elle enfonçait des tubes dans les plaies qui trouaient son ventre et ne cicatrisaient jamais. Comment pouvait-il être encore en vie ? Il souhaitait ardemment la mort.
Quand il entendit la mélodie macabre qu'elle avait l'habitude de marmonner en entrant dans le couloir qui menait aux cellules, son souhait fut exaucé. Son cœur bondit une dernière fois dans sa poitrine comme s’il voulait s'arracher de son corps et il poussa un dernier soupir de délivrance. Il était mort.
Elle donna quelques coups de pieds contre les barreaux de la cellule jusqu’à ce que le droïde qui l'accompagnait lui fit comprendre que c'était terminé. Elle ne pourrait plus jouer avec lui. Elle finit par se résigner.
Tant pis ! On en trouvera un autre.
Elle s'avança jusqu'au bout du couloir pour constater que toutes les autres cellules étaient bien vides. Elle s'arrêta devant la dernière, dans laquelle gisait un autre et dernier corps sans vie. Elle s'adressa au droïde qui la suivait.
Videz les deux cellules et nettoyez-les.
Bien madame. Fit le droïde. Un modèle B1, identique à ceux qu'utilisait la Fédération du Commerce lors de l'invasion de Naboo.
Elle gravit ensuite les escaliers jusqu’à la chambre qu'elle s'était réservée. Elle consulta pendant de longues minutes l'écran de contrôle qui renvoyait toutes les informations provenant des capteurs disséminés un peu partout dans la mine. Les travaux avançaient. Tous les jours, les prisonniers, ainsi que les robots excavaient plus de Cinium. Elle fut satisfaite. Le projet avançait maintenant à pas de géant. Pourtant il manquait quelque chose d'essentiel : L'élément contrôleur. Le projet ne pourrait jamais arriver à son terme sans lui. Il lui fallait à tout prix l'hôte idéal. Elle le savait et n'avait d'autre choix que d'attendre.
La chambre n'était pas vraiment décorée. Elle n'y voyait pas l’intérêt.
Rien ne devait la détourner de sa mission. Mais sa coquetterie l'avait quand même amené à exiger le minimum et c'est ainsi qu'elle avait obtenu qu'on lui installa un grand miroir entouré de spots à la lumière d'un blanc éclatant. Elle jeta sa cape sur ce qui lui servait de lit et déposa sur un coussin le sabre laser qu'elle avait gagné quelques mois auparavant.
Elle s'assit sur la chaise face au miroir. Elle put contempler son reflet.
Elle n'avait plus l'air d'une gamine. Non, le reflet que lui renvoyait le miroir était celui d'une femme promis a un avenir flamboyant. Son visage était strié de petites rides qui en suivaient les courbures osseuses et anguleuses. Elle n'avait plus que de la peau sur les os. Mais cela n'avait aucune importance parce qu'il lui avait dit : « Je vous aime ». Et elle était éperdument amoureuse de son mentor. Cependant quelque chose la tracassait. Elle n'était pas encore son apprentie officielle. Il lui avait appris les bases de la maîtrise de la force et celles du combat au sabre laser. Mais il avait promis. Il lui avait promis que le temps venu, elle serait son apprentie et ensuite son égal. Et elle savait que quand il faisait une promesse, il s'y tenait. Très bientôt elle changerait de nom. Et cela changerait tout. Elle ne porterait plus le nom de sa naissance, synonyme de déchéance, synonyme de faiblesse, de couardise, de corruption, de dépravation. Oh oui, bientôt elle pourrait cracher sur cet héritage qui la gangrènait depuis si longtemps. Elle deviendrait son apprentie et ensuite sa femme. Il l'avait promis. Un avenir fantastique et incroyable s'ouvrait devant elle. Jamais elle n'aurait pu imaginer une telle chose il y a encore un an. Et aujourd'hui, elle marchait dans ses pas, suivait ses consignes à la lettre et tout se déroulait à merveille. Surtout depuis qu'elle avait mis la main sur la boule noire que quelques Poussières cachaient piteusement dans les ruines d'un bâtiment de la capitale ; Cachi-Mee. Les Poussières étaient des êtres stupides et lâches. Pouvaient-ils imaginer un seul instant qu'ils s'en tireraient à bon compte ? C'était mal la connaître. Elle les avait découpés sans une once de culpabilité. Et grâce à elle, le projet avait pris un virage radical à une vitesse phénoménale. Bien sûr, il avait fallut s'adapter mais elle avait réussi à dompter la boule noire et à canaliser sa fabuleuse énergie. Et c'est grâce à son intelligence et à son habileté, que bientôt elle allait posséder l'arme la plus effroyable de toute la galaxie. Alors son mentor devrait admettre qu'elle était la plus extraordinaire des femmes. Ils régneraient ensemble sur la galaxie, en tant que mari et femme. L'ordre, la droiture, la morale contre le chaos, les déviances et la perversion. Bientôt ils dégageraient de leur piédestal ce Conseil Jedi insensé qui ne faisait que discourir de manière lénifiante et qui était incapable de passer à l'action. Ce n'était qu'un ramassis de dégonflés insignifiants et paresseux qui refusaient d’admettre la supériorité indiscutable du côté obscur de la Force. C'était entièrement de leur faute si la République se délitait et perdait de son influence. Il fallait y remédier, les écraser comme de vulgaires parasites afin qu'un nouvel ordre puisse étinceler de toute sa splendeur. Elle avait hâte.
Elle souriait devant son reflet. Elle savait depuis toute petite qu'elle était différente. Elle avait quelque chose en plus, que les autres n'avaient pas. Elle n'était encore qu'une petite fille quand la Force s'éveilla à l’intérieur de son corps. Parfois elle s'amusait à tordre de petits objets en métal sans les toucher. Elle s'était exercée sur des pièces de monnaie, sur des couteaux et même sur des boucles d'oreilles. Elle s'était aussi beaucoup amusé, tandis qu'elle observait des oiseaux dans le ciel. Elle avait vérifié qu'elle était bien seule et que personne ne pouvait l’apercevoir pour ensuite faire en sorte que deux d'entre-eux se percutent de plein fouet pendant leur parade amoureuse débile et ils étaient tombés raides mort dans l'herbe. Plus grande, elle avait réprimandé une servante qui avait renversé un verre plein sur sa jolie robe. La servante portait un collier, elle avait alors serré par la pensée et de toute ses forces et pleine de colère ce collier. La servante aurait dû mourir étouffée sans l'intervention de son demeuré de père qui avait entendu du bruit et s'était précipité dans sa chambre. Elle ne revit plus jamais cette crétine de servante et c'était bien mieux comme ça. Plusieurs fois dans son enfance elle avait vu des Chevaliers Jedi qui parcouraient, selon son père, la galaxie à la recherche d'apprentis. Quand elle les voyait débarquer, elle tremblait de peur à l'idée qu'ils la démasquent et l'arrachent à sa famille, surtout à sa mère, qui la pauvre, était constamment humiliée par le comportement honteux de son père. Il la trompait ouvertement et passait son temps à festoyer, à profiter de son statut de Roi comme bon lui semblait. Alors elle se concentrait de toute ses forces pour que les Jedis ne la remarque pas. Et cela fonctionnait à merveille. Si elle détestait son père ? Pour sur elle le détestait. Quand elle arriva à l'age de dix-sept ans, il avait prévu de la marier de force à cet idiot de Prince du système de Rodia. Elle le supplia, fit des crises de nerfs, mais son père ne voulait rien entendre. Il décidait et elle devait obéir. Elle refusait ce mariage, elle refusait de vivre ce qu'avait vécu sa mère, la malheureuse. Et quand enfin et contre toute attente le Chancelier Palpatine rendit une visite de courtoisie au Roi, ce fut le coup de foudre immédiat. C'était un homme droit, puissant et déterminé. Le Chancelier avait profité d'un moment d’inattention du Roi après le dîner protocolaire, pour prendre la main de la Princesse et s’éclipser avec elle.
Ils avaient flâné sur la promenade du palais au coucher du soleil. Pour elle c'était d'un romantisme absolu. Après quelques échanges conventionnels sur la beauté du ciel et des montagnes, il s'était révélé à elle sans fioritures. Il n'était pas celui qu'il prétendait être. Il était bien plus. Il lui révéla sa véritable identité et surtout il lui confessa qu'il avait senti chez elle une puissance colossale. Il l'avait percé à jour sans effort. Il lui avait alors promis de lui apprendre tous les secrets de la Force sans exception, et dit qu'il voyait en elle la femme qu'il avait toujours cherchée et que leur destin était étroitement lié.
Quand le Chancelier dû repartir vers Coruscant, il demanda au Roi si celui-ci accepterait que sa fille fasse quelques séjours au sein de la République afin d'y apprendre la diplomatie et les ficelles de la fonction de Sénatrice. Le Roi refusa, prétextant que ce n'était pas le rôle d'une Princesse de son rang et qu'elle n'était en aucun cas destinée à devenir Sénatrice. Le Chancelier insista, sa fille le supplia, cria, pleura et il finit par céder à la condition non négociable qu'a chaque fois qu'elle se rendrait à Coruscant, elle devrait faire halte dans le système de Rodia, afin de parfaire son entente avec le Prince héritier. Halte qu'elle ne fit pas une seule fois. Pendant toute cette période, elle changea. Elle était moins capricieuse, moins hostile envers son père et celui-ci s'en réjouissait. Pour son père, elle devenait enfin adulte. Il n'était plus inquiet pour sa fille et il put reprendre son activité principale en tout quiétude ; se saouler, chasser, manger, roter, tripoter et ergoter contre la politique du Chancelier.
C'est durant ces séjours sur Coruscant qu'elle apprit à se servir d'un sabre laser et à maîtriser avec plus de puissance la Force qui coulait dans ses veines. Il lui avait alors dit un soir, après des heures d'un entraînement intense, qu'il l'aimait. Et cela l'avait touché en plein cœur.
Pour prouver son amour, Darth Sidious lui avait offert un sabre laser. Celui d'un antique Sith, disparu depuis des siècles. Elle l'avait pris dans ses mains et l'avait reçu comme un présent exemplaire. Pour elle c'était la bague qui symbolisait leur union à la vie, à la mort.
Elle avait alors répondu qu'elle l'aimait aussi et qu'elle voulait être sa femme. Elle avait voulu qu'il l'embrasse mais il s'était retenu et c'était tout à son honneur. Un homme de cette trempe ne se laissait pas dominer par ses pulsions. Il avait alors promis de l'épouser à une condition : elle devait mener à bien une mission de la plus haute importance. Si elle passait avec succès cette épreuve, elle deviendrait son apprentie officielle, changerait de nom et deviendrait sa femme. Il en avait fait la promesse solennelle.
Ce jour allait arriver et plus vite que prévu.
Son sourire devant le miroir devient plus carnassier. Sajura Zaharcha exultait de bonheur. Elle était perdue dans ses pensées fantasmagoriques quand un droïde B1 se présenta à la porte de sa chambre.
— Madame. Le colis est arrivé.
— Ha ! Excellent. Conduisez-le sur le champ au laboratoire. Ordonna-t-elle.
Elle quitta sa chambre en empoignant son sabre qu'elle cacha sous sa cape, accroché à sa ceinture. Elle dévala les marches pour se rendre directement au laboratoire. Elle était impatiente. Cette fois-ci, elle était convaincue que ça allait fonctionner. Jusqu’à présent les hôtes s'étaient montré faibles et incapables. Mais maintenant c'était différent. Darth Sidious avait pris contact avec elle la veille et lui avait signifié qu'il lui envoyait quelqu'un qui remplirait son rôle d'hôte à la perfection. Il en était persuadé. S'il en était persuadé, alors elle aussi.
Elle attendit quelques instants en piaffant d'impatience au milieu du laboratoire entouré de machines plus bizarres les unes que les autres et ordonna aux droïdes présents de se préparer à une nouvelle tentative. Ils s'excitèrent tous en même temps et dans une grande cacophonie.
— En silence ! Hurla-t-elle.
Une table d'opération trônait au centre de la pièce entourée par une armée de consoles. Il y avait des harnais pour maintenir le corps de l'hôte sans qu'il puisse vraiment bouger. Tout autour, une multitude d'écrans clignotait. Et au-dessus, enfermée dans une boite transparente et percée de multiple aiguilles, la boule noire d'énergie. De l'autre côté du laboratoire une immense vitre donnait sur le dôme gigantesque et dans lequel, en son centre, gisait une masse imposante et informe de Cinium. Cette masse aussi, était trouée par des tuyaux, par des aiguilles démesurées, de la taille d'une lance. Le sommet du dôme n'était pas fermé mais coupé par un espace de deux mètres de large qui partait pratiquement de sa base jusqu’à l'autre extrémité. Il était quasiment coupé en deux. Et c'était voulu.
La porte du laboratoire coulissa et quatre droïdes entrèrent, traînant avec eux un sarcophage qui lévitait. Ils placèrent le sarcophage à côté de la table d'opération, l'ouvrèrent, se saisirent du corps du Capitaine Darko qui se débattait comme il pouvait et l'attachèrent fermement à la table. Aussitôt fait ils quittèrent le laboratoire en emportant le sarcophage vide.
Le Capitaine Darko n'avait aucune idée de ce qui lui arrivait. Quelques heures auparavant il s'était senti mourir. Mais il était bel et bien vivant. Il voulait crier mais sa gorge était tellement traumatisée qu'aucun son ne sortait de sa bouche, si ce n'est un râle guttural et glaireux. Il avait les yeux exorbités et ne cessait de tourner la tête d'un côté à l'autre pour essayer de comprendre ce qui se passait.
Sajura Zaharcha s'approcha de lui tel un fantôme. Sur le moment il ne la reconnut pas. Mais quand elle se mit à lui parler, tout devint plus clair et il en fut encore plus pétrifié.
— Te voici enfin. Lui susurra-t-elle. Le fidèle et serviable Capitaine de la Garde Républicaine.
Il tira de toutes ses forces sur les liens qui le maintenait prisonnier mais c'était en vain. Elle posa sa main tordue et décharnée sur son torse animé de soubresauts.
— Calme-toi soldat. Tu devrais te réjouir de la deuxième chance qui t'es donnée. Ici, avec moi, tu vas accomplir de grandes choses. Tu vas retrouver ton honneur et reprendre la place qui est la tienne. Le Chancelier t’apprécie et, tu vois, il te donne une occasion de prouver ta véritable valeur. Alors ne le déçois pas. Et surtout ne me déçois pas. Mais avant toute chose il faut te remettre d'aplomb. On va débuter par une première petite piqûre. Tu vas voir. Dans quelques minutes tu te sentiras beaucoup mieux.
Sajura sortit une énorme aiguille reliée par un tuyau à une machine posée sur une petite table roulante. Elle lui planta dans l'avant-bras et appuya sur un bouton de la machine. Darko sentit tout de suite une brûlure. La brûlure remonta jusqu’à son cœur et se déversa ensuite dans tout le corps. C'était intolérable. Mais après quelques secondes, la brûlure s'adoucit. Son corps lui fit moins mal et sa gorge se desserra. Il allait dire quelque chose quand soudain il sentit comme un halo brumeux s'emparer de son esprit. Il voyait flou, était incapable d'articuler le moindre mot, contre toute attente il n'avait plus mal. La douleur avait disparu.
— Alors ? On se sent mieux ? Lui demanda-t-elle avec un sourire. Tu sais, je ne suis pas méchante et je suis sûr que l'on va très bien s'entendre tous les deux. Mais tu vas devoir m'écouter attentivement et faire bien tout ce que je te dis. Tu comprends ?
Darko fit signe que oui avec les yeux.
— Parce que si tu ne m'écoutes pas, si tu décides de faire la forte tête, alors je serais moins gentille, tu comprends ?
Soudain et sans prévenir, Sajura lui planta deux aiguilles dans le ventre et se mit à les remuer dans sa chair. Darko hurla de douleur. Le manège ne dura quelques secondes mais assez longtemps pour être certaine qu'il ait bien tout compris. Elle s’arrêta et vient poser son menton sur son torse, à quelques centimètres de son visage.
— Parce que si tu ne m'écoutes pas, si tu n'es pas sage, je vais te faire souffrir comme jamais. Et crois-moi, j'en connais un rayon, j'ai beaucoup pratiqué, je me suis bien exercée, j'ai beaucoup appris et j'ai plein de petites manies très désagréables.
Elle lui souriait pendant qu'elle lui parlait et son haleine avait une forte odeur de charogne.
— Toi et moi, nous allons faire de grandes choses. Mais tu devras suivre aveuglément mes ordres. Si tu fais bien tout ce que je dis alors tout se passera bien pour toi. Sinon… Sinon... Mais je m'en fiche tu vois. Tu sais pourquoi ? Non ! Évidemment, tu ne peux pas le savoir ! Je m'en fiche parce que j'ai déjà un amoureux. Il est très beau et noble. Bien plus beau que toi en tout cas. Alors tout ce que tu as à faire, c'est de suivre mes ordres. Tu as bien compris mon petit soldat ? Si tu travailles bien alors je te promets la gloire et la puissance.
Darko gémit et fit signe que oui, terrifié.
— Bien. Je crois que nous nous sommes compris.
Elle se releva et tandis qu'elle cherchait encore quelques instruments de torture, Darko jetaient des regards affolés dans tous les sens. Il cherchait désespérément quelque chose qui puisse le sortir de là. Mais il n'y avait rien. Et de toute façon il ne pouvait pas bouger. Elle mit enfin la main sur ce qu'elle cherchait et revint vers lui avec deux pinces. Elle lui enleva ses bottes et accrocha les pinces à ses orteils.
— Une étape après l'autre. On va voir comment tu résistes à l'énergie de cette toute mignonne petite boule noir au-dessus de toi. Ne bouge pas la tête, ça ne sert à rien, tu ne peux pas la voir d'où tu es ! Ha ne fais pas l'imbécile hein ? Alors on commence par les pieds, il faut bien faire les choses et dans le bon ordre.
Sajura vient ensuite avec d'autre pinces.
— Ensuite les mains. Et enfin pour terminer, on branche la tête. Voilà. C'est bien mon petit soldat.
Elle s'adressa ensuite à un petit droïde qui portait des écouteurs et qui surveillait un écran de contrôle.
— Rappelle les nuées. Ordonna-t-elle.
Le droïde s'exécuta et dans le ciel de Cachin, au-dessus du désert, une nuée d'oiseaux changea de cap et prit la direction de Cachi-Mee. Quelques secondes plus tard, ce fut le tour d'une nuée d'insecte qui s'extirpa de la canopée pour prendre la même direction.
Sajura revint ensuite vers Darko.
— Alors, petit soldat je vais t'expliquer ce qui va se passer. Dans quelques secondes, je vais appuyer sur un petit bouton. Tu vois ? C'est celui-là ! Et ensuite tu vas te sentir comme électrifié. Tu auras plein d'énergie. Tu vas te sentir très fort et très puissant. Comme si plus rien ne pouvait te résister. C'est normal, cela fait partie du processus. Et quand tu seras bien fort et viril (elle mima le geste en gonflant ces biceps) comme ça ! Là, à ce moment-là, je vais te raccorder a une autre machine un peu spéciale. Ça va te faire bizarre dans la tête. Tu vas sentir comme si des petites bestioles voulaient te ronger le cerveau. C'est normal. Tu dois les laisser faire. Si tu résistes, si tu les empêches de grignoter ta cervelle, tu vas m'énerver. Et si tu m'énerves, je vais me mettre en colère. Et personne ne veut de ça. Hein ? Personne. Pas toi, pas moi et pas non plus les petits robots qui sont ici avec nous. Personne. Et surtout pas le Chancelier. Il compte sur toi tu sais. Il attend beaucoup de toi. Et moi aussi. Alors accepte ta destinée. Laisse les petites bébêtes te grappiller le ciboulot. Et surtout écoute bien ma voix et fais tout ce que je te dis. Tu es prêt ?
Darko n'était absolument pas prêt. Il n'avait aucune envie de se faire électrifier et encore moins de se faire bouffer le cerveau. Il tremblait. Et il faisait non de la tête. Il réussit quand même à prononcer un semblant de phrase.
— Non. Non. Je ne veux pas…
Sajura empoigna les aiguilles plantées dans son ventre et les remua comme une furie. Darko hurla encore une fois de douleur. Son cri résonna dans le laboratoire et fut si fort qu'on pu en entendre l'écho dans les profondeurs de la mine. Plusieurs Poussières qui peinaient à la tache au fond des galeries poisseuses, relevèrent la tête avec inquiétude et compassion. Quand le cri cessa, ils retournèrent au travail dans la chaleur suffocante.
— Ne m'énerve pas je t'ai dit ! Cria Sajura. Je ne me laisserai pas faire par un humain de ton espèce. Elle lui cracha au visage. C'est moi qui commande, tu entends ?!
Elle remua encore les aiguilles et à nouveau la plainte de Darko résonna dans toute la mine. Sans lui laisser le temps de répondre, Sajura appuya sur un bouton et un courant électrique très intense se déchargea dans son corps. La douleur était insupportable et il tirait de toutes ses forces sur les liens qui le maintenait attaché. Sajura se retourna vers un autre petit droïde.
— Donne-moi le casque. Hurla-t-elle.
Elle saisit le casque que lui présentait le droïde dans un geste brusque et le plaça délicatement sur la tête du Capitaine Darko. L'intérieur du casque était d'un noir profond. Darko ne voyait rien mais il sentait les parois du casque sur son visage. Celles-ci se mirent à chauffer et à brûler. Et bientôt il sentit que la peau de son visage se liquéfiait.
Il sut à cet instant que le reste de sa vie, même la plus courte, il la passerait avec ce casque sur la tête. Il ne voyait rien mais il entendait. Un grouillement d'insecte semblait s'enfoncer par les oreilles. Sajura avait raison. Des petites bêtes allaient bientôt lui ronger l'esprit. Il voulait lutter mais du se résoudre. Il était condamné. Il abandonna la lutte et se laissa submerger. Quelques instants plus tard il perdait connaissance.
La nuée d'oiseaux survola Cachi-Mee à pleine vitesse et quelques instants plus tard elle s’engouffra dans le dôme, suivit par la nuée d'insectes, pour se fondre dans la masse de Cinium.
Une fois le casque bien en place, Sajura se précipita sur une console de contrôle. Elle posa sa main sur une manette très sensible qu'il fallait manipuler avec doigté. Il y avait trois écrans collés les uns à côté des autres. Sur le premier écran, une courbe ondulatoire faisait des va-et-viens et affichait l'activité cérébrale du Capitaine. L'écran tout à fait à droite, affichait une courbe beaucoup plus calme et correspondait avec la masse de Cinium à l'intérieur du dôme. L'écran du milieu était celui sur lequel Sajura porta toute son attention.
L'étape la plus importante du processus pouvait démarrer. Sajura devait se concentrer. A chaque fois qu'elle avait tenté la connexion, cela s'était soldé par un échec. Elle ne voulait pas que ça se reproduise. Et puis elle avait une bonne intuition. Quelque chose lui disait, que cette fois-ci, elle allait réussir. Sur l'écran principal les deux courbes ondulaient de manière parallèle. Le but était qu'elles se synchronisent.
L'expérience avait appris à Sajura qu'il fallait s'y prendre avec dextérité. Elle poussa la manette lentement jusqu’à ce que les courbes se croisent. A ce moment-là, le corps du Capitaine Darko se tétanisa et il fut secoué par de terribles convulsions. Il fallait trouver le geste juste. Ni trop brusque, ni trop lent. La connexion avait déjà réussi mais elle n'avait jamais réussi à la maintenir de façon stable. La masse de cadavre de Poussières, le visage arraché, qui gisait à l’extérieur du dôme en était la preuve incontestable.
Après quelques manœuvres infructueuses, elle réussit à synchroniser les deux courbes. Le corps du Capitaine tressaillit encore une fois et s'affaissa. Les deux courbes ondulaient avec la même amplitude. Elles étaient synchronisées. Maintenant c'était l'avant-dernière étape. Il fallait établir la connexion. Sajura hésita. Elle avait échoué de nombreuses fois. Il fallait que cela fonctionne. Elle en avait besoin. Son avenir était en jeu.
— Préparez-vous pour la connexion.
Les droïdes se positionnèrent devant des machines, le doigt au-dessus de boutons, les mains agrippant des leviers. Quand tous furent prêts, elle lança le décompte.
— Trois, deux, un… Connexion !
Tout le laboratoire se mit à vibrer. La boule noire d'énergie se mit à vrombir et des éclairs blanc caressaient sa surface. Deux secondes plus tard un gros spot de lumière verte s'alluma au plafond. Dans le dôme, un autre spot vert s'alluma lui aussi.
La connexion était établie.
Dans le dôme, la masse de Cinium était bombardée d’électricité par des éclairs violets et bleus que lui transmettait les lances qui y étaient plantées.
Sajura se précipita vers la vitre qui donnait sur le dôme. Elle pu voir la masse de Cinium s'animer. Elle se mit à gonfler, à enfler de toute part. La masse de Cinium informe commençait à prendre une allure bizarre. Un visage commençait à se dessiner à sa surface. Il ressemblait étrangement à celui du Capitaine darko. Après le visage, ce fut le corps d'un humain qui prit forme. Le métal prenait vie. Quelques secondes plus tard, on pouvait nettement distinguer la forme d'un homme à quatre pattes, la tête relevée dans une expression de douleur. Ses mains, ses genoux et ses pieds étaient encore englués dans la masse restante de métal. Le corps de la créature ne pouvait se détacher de sa base.
C'est alors que Sajura pris conscience d'une chose essentielle. Sans réfléchir, elle se précipita vers le corps de Darko attaché sur la table et se mit à défaire les liens qui l'entravait. Dès qu'il fut complètement détaché, elle hurla.
— Ouvrez la capsule !
Sous la table, une trappe coulissa et Sajura fit basculer le corps du Capitaine à l'intérieur d'un liquide visqueux.
Darko lévitait à l'intérieur d'une énorme capsule transparente rempli d'un liquide verdâtre, simplement maintenu par les tuyaux plantés dans son ventre et par le casque qui était relié par des membranes souples lui injectant de l'oxygène pour le maintenir en vie.
Sajura retourna devant la console. Tous les voyant étaient au vert. Le sol tremblait et grondait. Elle s'approcha ensuite de la vitre et le spectacle fut total.
Dans le dôme, le Cinium avait pris la forme d'un être humain de taille monumentale. Il devait faire dans les cent mètres de hauteur. Il se tenait debout, les bras le long du corps. Sajura était extatique. Le colosse qu'elle avait devant les yeux dépassait toutes ses espérances. Un trait de lumière du jour lui éclairait le visage. Elle resta comme pétrifiée. Mais elle se ressaisit très vite. Elle retourna sur la console de contrôle, appuya sur un bouton et prit la parole.
— Soldat. Dit-elle. M'entends-tu ?
A l'intérieur de la capsule, Darko reprit conscience et il ouvrit les yeux. Il n'était plus plongé dans les ténèbres. Il voyait des formes toutes petites qui s'agitaient. Au même moment, le colosse, la créature de métal, ouvra luiitaussi les yeux. Il faillit perdre l'équilibre mais se stabilisa très vite.
— Soldat, répéta-t-elle. Est-ce que tu m'entends.
Le colosse pencha la tête sur la droite et ensuite sur la gauche.
— Soldat, si tu m'entends, essaye de bouger.
Dans la capsule, Darko leva la main droite et la tourna pour en voir la paume.
Le colosse fit de même.
« Ça y est » se dit Sajura. Elle avait les yeux rivés sur le colosse et ne pouvait en détacher le regard.
— Ça fonctionne. Dit-elle à haute voix. J'ai réussi… (elle cherchait ses mots). Je viens de le mettre au monde.

Quelques minutes plus tard, surexcitée, elle déboula dans sa chambre et actionna l'holocom. Le visage de Darth Sidious apparut.
— Monsieur. C'est fait. C'est formidable ! L'expérience fonctionne. Je viens de finir tous les tests de liaisons. J'ai vérifié tous les protocoles. La créature est viable. Elle répond à mes questions et suis mes ordres. C'est une réussite.
— Je vous félicite Sajura. Vous avez mené votre mission à bien.
— Je suis tellement heureuse, si vous saviez. Nous devons encore mener des tests de comportement, mais le sujet est dans un état stable, il réagit parfaitement comme vous l'aviez prévu. Dans quelques jours nous pourrons mener des exercices en grandeur nature. Nous possédons enfin l'arme la plus redoutable jamais construite.
— Encore une fois je vous félicite. Et comme je vous en ai fait la promesse, vous êtes dorénavant mon apprentie. Serez-vous digne de mon enseignement ?
Sajura se prosterna et posa un genou à terre.
— Je le serai mon maître.
— Bien, je vous enseignerai tous les secrets du côté obscur de la Force. Vous deviendrez, j'en suis certain, un Sith très puissant, à présent et pour toujours, vous répondrez au nom de Darth Myseris.
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Messagepar harnis29 » Ven 10 Fév 2017 - 10:53   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chap 10 : Cendres et Poussiè

Chapitre 12
Ruines et Malédiction


Obi-Wan et Anakin se réveillèrent en sursaut. Ils sautèrent dans leurs bottes et bondirent hors de la hutte. Il faisait jour et un quartier entier venait de partir en fumée. Le panache de boursouflures anthracites s'élevait déjà haut dans le ciel. Personne ne comprenait ce qui venait de se passer. La moitié des habitants qui préparait leur stand et allait ouvrir leur échoppes, les marchands, les pêcheurs, les artisans, couraient dans tous les sens et ils étaient tous choqués et sidérés. L'explosion avait dévasté plusieurs huttes et il ne restait plus qu'un tas de gravats. Les Cendres criaient, certains pleuraient et d'autres scrutaient le ciel, guettant une nuée. Ils ne comprenaient pas ce qui venait de se passer. Personne ne comprenait. Sauf Obi-Wan et Anakin. Ils se frayèrent un chemin au travers de la foule affolée vers le lieu de l'explosion et ils tombèrent sur un Ish Atam furibond. Il fulminait et donnait des ordres aux Cendres apeurés. Quand il aperçut les deux Jedis, il se rua vers eux.
— Je sais Ish Atam, les saboteurs ont fait sauter la prison. Lui dit Obi-Wan.
— Saboteurs ! Meurtriers, Assassins ! Finit-il par bredouiller en basic.
Une expression d’effroi traversa le visage d'Obi-Wan. S'il y avait des morts, il en porterait la responsabilité pour le restant de ses jours.
— Combien de victimes ? Demanda-t-il à Ish Atam.
Shauska réussit à rejoindre les Jedis. Elle avait passé la nuit entière à parler avec Obi-Wan, tandis qu'Anakin s'était endormi. Elle avait rejoint sa hutte avec les premières lueurs de l'aube. Elle avait les cheveux en bataille et elle était complètement bouleversée. Elle reposa la même question à Ish Atam. S’ensuivit une dispute animée par des gros mots et des grands gestes. Apparemment Ish Atam et Shauska n'était pas les meilleurs amis du monde. Après quelques échanges musclés et des cris d'indignations, Shauska arracha des mains d'Ish Atam les vêtements des Saboteurs, notamment leurs gilets et leurs blasters. Ensuite elle entraîna les deux Jedis en dehors du tumulte.
— Ne vous inquiétez pas Obi-Wan. Il n'y a pas de morts, juste des dégâts matériels. Ish Atam est furieux mais il est né furieux et il en sera toujours ainsi. Tenez, voici les affaires de vos fugitifs. Je crois que je viens d'user de mon statut de nièce du Roi pour la dernière fois. Il n'ose pas s'en prendre à moi, mais cela ne durera pas. Venez, ne restons pas là. Ne devons mettre la main sur les Saboteurs avant lui. Il n'a pas l'intention de les laisser en vie après ça.
— Il n'y a aucun mort ? Juste des dégâts matériels ? Aucun blessé non plus ?Vous en êtes certaine ? Demanda un Obi-Wan très inquiet.
— Oui. Ils ont fait sauter la prison et personne ne comprend comment ils ont pu s'y prendre. Ish Atam a confirmé qu'ils ne portaient que leur pantalon dans la cellule et qu'ils n'avaient aucune arme, ni explosif de quelque nature que ce soit entre leurs mains. Une chose est certaine, ils sont vraiment très doués quand il s'agit de faire exploser quelque chose. Mais ils ne sont pas malins car ils n'ont aucune chance de s'en tirer comme ça. Tout le monde part à leur recherche et s'ils nous filent entre les doigts et arrivent à quitter la ville, ils n'auront que le désert pour tombeau. Ish Atam veut leur peau. Et croyez-moi, il est borné et très persévérant. Il est prêt à tout. Et puis… non avons un contentieux lui et moi.
— Ce ne sont peut-être pas des génies mais ils ont quand même assez de lucidité quant aux conséquences de leurs actions impétueuses. Continua Obi-Wan. Aucun blessé, aucun mort. J'avoue qu'ils m'épatent. Ils remontent un peu dans mon estime.
— Nous devons nous mettre à leur recherche au plus vite Obi-Wan.
— Vous avez raison Shauska. Anakin tu t'occupes du flanc ouest, passe par les murs et les toits, essaye de les repérer. Si tu les aperçois, tu ne tentes rien, tu m'appelles et on avise ensuite.
— Bien maître. Répondit Anakin. Et il se faufila tout de suite dans la foule.
— Shauska, essayez si vous le pouvez, de suivre les Cendres dans leur recherche. Ne vous mettez pas en danger. S'ils se font attraper n'intervenez pas. Je m'occupe du flanc est.
Shauska attacha ses cheveux en arrière et allait partir quand elle interpella Obi-Wan.
— Mais où est passé Runh ?
— Bonne question. Aucune idée. Nous ferons sans lui.

Anakin sauta sur une caisse en bois quand soudain un petit animal s'agrippa à sa jambe en lui montrant beaucoup d'affection. Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait et il se demandait vraiment pourquoi des petits animaux venait se coller à lui quand il n'avait jamais le temps pour s'en occuper. Une petite caresse et la plupart d'entre-eux le laissait ensuite tranquille. Mais là, il était pressé et occupé. Il avait donc dû secouer son pied jusqu’à ce que le petit animal lâche prise. Il se hissa ensuite sur un mur. De cette hauteur, il avait une bonne vue sur l'ensemble du quartier. Il fit un tour d'horizon et repéra un rocher plus haut que les autres, dans lequel avait été creusé une maison. Il prit son élan et sauta sur le toit d'une hutte, monta jusqu'au sommet, pris son élan et recommença l'opération. Il sautait, il glissait, escaladait, courait et cela l'amusait beaucoup. Quand il arriva enfin sur la plus grande hauteur possible de la ville, il se mit à inspecter les rues. Les Cendres couraient encore. Derrière lui, le panache de fumée avait laissé place à un nuage de poussières.
Maintenant il fallait mettre la main sur ces deux crétins de Saboteurs avant que la population ne les découpe en pièce détachées. Il voulait les attraper avant les autres car il avait une question à leur poser. « Comment avez-vous fait pour faire tout ce raffut ? » Les Saboteurs avaient plus d'un tour dans leur sac. Mais en l’occurrence, ils n'avaient pas de sac sur eux. Donc comment diable, avaient-ils réussi à faire exploser trois huttes ?
Le soleil commençait à lui chauffer le visage et des rafales de vent houspillait les cheveux. Il n'attendit pas très longtemps. Il vit quelque chose bouger. C'était Jiin qui traversait une rue de manière furtive en courant. D'une main il maintenait la couronne de cuir sur la tête et de l'autre son pantalon. Il vit ensuite Haïn qui lui faisait des signes, caché derrière un petit muret. Jiin apparemment ne comprenait pas ce que lui disait Haïn. Il lâcha son pantalon qui lui tomba instantanément sur les chevilles. Il le remonta avec hâte et fila pour se cacher avec son complice. Ils étaient vraiment ridicules.
Anakin se laissa glisser du sommet du rocher jusqu'au sol tout en gardant un œil rivé sur les deux Saboteurs. Une fois à terre, il remonta la rue, fit quelques bifurcations et se cala ensuite juste de l'autre côté du muret. Il voulait les surprendre. Il sauta d'un coup de l'autre côté mais les Saboteurs avaient déjà disparus. Il les chercha du regard pendant un petit moment. Il scruta la rue poussiéreuse afin d'y détecter des éventuelles traces de pas. Certaines d'entre-elles pouvaient être celles des Saboteurs. Il se mit donc à suivre les traces. Il traversa encore une rue et finit par déboucher dans une voie sans-issue baignée dans l'ombre. Il fut agréablement surpris de voir Runh Rapunh en colosse orange assis sur deux tonneaux en bois. Il allait lui adresser la parole quand Runh lui fit chut avec le doigt. Il tapa ensuite deux fois sur les tonneaux. Anakin comprit le message tout de suite.
— Runh. Lui dit Anakin. Vous êtes incroyable !
Anakin saisit son communicateur et appela Obi-Wan.
— Maître. Nous les tenons. Runh s'est occupé de les mettre en boite.
— Ha ! Très bien Anakin. On se retrouve à la sortie de la ville, par là où nous sommes arrivés hier soir. Restez discret. On va essayer de trouver un moyen de quitter la cité sans éveiller le moindre soupçon.
Quelques minutes plus tard, Runh prenait un malin plaisir à faire rouler les tonneaux, n'hésitant pas à passer parfois sur un gros caillou. Petit à petit il reprenait sa forme effilée et grise. Une fois arrivé sur place, ils attendirent Obi-Wan. Ils restèrent ainsi pendant un long moment, en plein soleil. Il devait faire une chaleur intense à l'intérieur des tonneaux dont s'échappait de temps en temps une petite plainte que Runh stoppait net en tapant dessus. Ils furent enfin rejoints par Obi-Wan et Shauska.
— Ils sont vivants ? Demanda Obi-Wan.
— Vivant et en bonne santé. Confirma Anakin sans élever la voix afin de rester le plus discret possible.
— Shauska, nous devons partir au plus vite.
— Je vais aller voir le Roi pour essayer de négocier des vivres et des montures. Je ne suis pas certaine qu'il vous laisse partir surtout après ce qu'il vient de se passer. Je vais faire mon possible. La route pour Cachi-Mee est rude. Nous avons absolument besoin de nourriture et de Thrabs.
Shauska laissa les Jedis et prit la direction du palais. Obi-Wan s'adressa alors aux deux Saboteurs qui mijotaient dans les barriques.
— J'espère que vous avez conscience des efforts qui sont les nôtres pour vous maintenir en vie. Alors j'ai un conseil à vous donner. Tenez-vous tranquille sinon je vous jure, j'en fais le serment, que je n'hésiterais pas à vous charcuter au sable laser. C'était votre dernière chance et vous l'avez gâchée. J'en ai plus qu'assez…
— Pigé les nabots ? Ajouta Anakin en tapant doucement sur le tonneau.
— Oui c'est promis. Dit la petite voix de Jiin.
Haïn se contenta de grommeler comme d'habitude.
— Je prends ça pour oui. Commenta Obi-Wan. Maintenant il faut espérer qu'on nous laisse partir.
Une heure plus tard, la délégation du Roi, accompagnée par toute sa cour ainsi que Shauska et Ish Atam s'approchèrent des Jedis. Shauska tenait les rennes de quatres Thrabs qui la suivaient. A priori c'était bon signe. Des Cendres portaient deux gros tonneaux en bois. Le roi s'approcha d'Obi-Wan et se mit à lui parler. Shauska repris son rôle d'interprète tandis que Ish Atam reluquait d'un air suspicieux Runh Rapuhn.
— Je viens d'avoir une longue discussion avec ma nièce. Suite à l'attentat perpétré ce matin je n'avais aucunement l'intention de vous laisser partir. Surtout que nous n'avons pas retrouvé vos prisonniers. Il va s'en dire que je ne pourrai laisser ces deux renégats s'en tirer à bon compte. Ils seront condamnés à mort et sans possibilité de recours. Mais pour l'instant et malgré nos recherches ils restent introuvables. J'estime que vous, Jedi, êtes responsable de cette situation. C'est à cause de vous que tout ceci est arrivé. Pourtant je sais que s'en prendre à des Jedis, ne sera jamais sans conséquence pour mon peuple. Aussi nous avons débattu et trouvé une solution. Nous vous bannissons à tout jamais de notre cité. Shauska, ma nièce, m'a fait part de votre volonté d'atteindre les ruines de Cachi-Mee. J'espère que vous trouverez là-bas, l'occasion de prouver que les Jedis ne sont pas des lâches et que vous pourrez leur apporter votre aide. Même si je doute fortement qu'un ou deux Jedis puissent faire le poids face aux malheurs qu'endure le peuple des Poussières. Voici quatre Thrabs qui vous accompagneront durant votre voyage. Ce sont de bonnes bêtes, je vous prie d'en prendre le plus grand soin. Nous avons aussi un tonneau d'eau et un autre de nourriture. Shauska m'a fait par de son intention de vous suivre pour vous indiquer la route de Cachi-Mee. J'étais contre. Mais quand elle a quelque chose dans la tête... Aussi, je vous le demande, prenez soin d'elle quoiqu'il arrive. Je veux qu'elle revienne en un seul morceau. Vous comprenez ?
— Oui tout à fait, Roi des Cendres. Répondit Obi-Wan. J'en fais le serment.
— Hum… Je ne crois pas aux serments des Jedis. Je veux votre promesse en tant qu'homme.
— Vous l'avez.
— Bien. Vous pouvez prendre la route de Cachi-Mee. Mais si je vous revois, je n'hésiterais pas à vous faire tuer et peu m'en importe les répercussions.
Il s'adressa ensuite à Shauska. Il lui parla longuement et elle hocha la tête plusieurs fois. Il l'a pris ensuite dans ses bras. Pendant ce temps Ish Atam s'approcha de Runh, il s'adressa à lui en langue Cachin et pointa du doigt les deux barriques sur lesquelles il était assis. Shauska se desserra de l'étreinte de son oncle. Elle parla avec Ish Atam et lui fit comprendre que deux tonneaux de plus de nourriture étaient nécessaire si on prenait en compte l'appétit insatiable du Galorien.
Après avoir chargé les quatre tonneaux sur les Thrabs, Obi-Wan, Anakin et Shauska enfourchèrent leur monture. Runh, indécis, fit plusieurs fois le tour de son Thrab avant de se résoudre à simplement le tenir par les rennes et à marcher à ses côtés.
Ish Atam resta planté là à les regarder s'éloigner pendant que le Roi et sa cours quittaient les lieux. Il avait le regard mauvais et l'impression de s'être fait berner. Après une centaine de mètres, alors qu'ils quittaient la périphérie de la ville et que personne n'aurait pu entendre leur conversation, Anakin interrogea son Mentor.
— Maître, je ne sais pas vous, mais je trouve qu'on s'en sort encore une fois un peu trop facilement.
— Anakin, tu apprendras avec le temps à manipuler les esprits. C'est une pratique Jedi essentielle pour se sortir de situations délicates.
— Vous voulez dire que vous les avez manipulés pour qu'ils nous laisse partir sans contester ?
— Évidemment. Depuis notre entrée dans le palais du Roi et jusqu’à maintenant.
— Mais… Maître. A aucun moment je ne vous ai vu faire le geste.
— Le geste ne sert qu'a se convaincre soi-même. On l'utilise plus canaliser sa propre volonté. Mais à vrai dire, nous n'en avons la plupart du temps pas besoin.
— Vous voulez dire que vous avez manipulé tout le monde à leurs insus ? Demanda Shauska. Même moi ?
— Oui et Non. Oui pour votre oncle et pour vous…. Je n'en avais pas l'utilité.
— Cela ne me rassure pas vraiment. Je me demande si je vous suis de mon plein gré ou malgré moi.
Shauska était troublée. Elle avait le sentiment, elle aussi, de se faire abuser par un beau parleur.
— Shauska. Reprit Obi-Wan. Cette technique ne fonctionne que sur les esprits faibles. Je peux vous assurez que même si je le voulais, cela ne fonctionnerait pas sur vous. Et j'ai eu beaucoup de mal à l'appliquer sur Ish Atam.
— Et comment puis-je en être certaine ?
— Vous ne le pouvez pas. Mais je peux vous assurez que jamais je ne ferai ce genre de chose en ce qui vous concerne. Je peux simplement vous dire que vous pouvez me faire confiance. Vous avez ma parole et vous devrez vous en contenter.
— Que mon oncle soit un esprit faible je peux le concevoir. Mais en ce qui concerne Ish Atam, je suis surprise. Je pensais qu'il était bien plus coriace.
— C'est le cas. Je ne suis pas certain d'avoir pu le manipuler. Mais il nous a laissé partir. Alors on peut en conclure que la Force est avec nous.
— On peut sortir maintenant ? Brailla Haïn.
Et tous sans exception répondirent.
— NON !

Ils cheminèrent toute la journée, s’arrêtant parfois pour tirer un peu d'eau. Haïn avait part de son impatience à de multiples reprises mais Runh n'avait aucunement l'intention de le laisser sortir. Anakin se laissait bercer par le balancement du Thrab. Mais il commençait à en avoir assez de perdre du temps. Il aurait bien voulu piloter un speeder. Il avait envie de foncer, de fendre l'air à pleine vitesse, d'être concentré au maximum, et d'éviter les rochers au dernier moment en prenant des risques insensés. Il se voyait bien aux commandes d'un Pod filant à plein gaz vers Cachi-Mee, mais non, depuis le crash de la navette, ils n'avaient fait que se traîner.
En fin d'après-midi pendant qu'ils descendaient une douce colline sableuse en silence, on entendit une petite déflagration. Jiin venait de faire sauter le couvercle de son tonneau et en deux temps trois mouvements, il plaça une décharge sur celui de Haïn. Quand le couvercle sauta, ce n'est pas Haïn qui en sorti mais simplement le contenu entier de nourriture qui se vida sur le sable. Runh éclata de rire.
— Mon Seigneur bien aimé. Que se passe-t-il ? Gémis Haïn depuis l’intérieur de son tonneau accroché sur un des flancs du Thrab de Runh.
— Pardonnez-moi valet. J'ai, par mégarde, fait exploser le mauvais fût. Oh quel imbécile je fais !
Les deux Jedis raccrochèrent leur sabre à leur ceinture sous le regard séduit et admiratif de Shauska.
— Runh. Fit Obi-Wan. Faite le sortir de là.
Runh donna un coup et le couvercle tomba. Haïn s'extirpa et s'étala par-terre. Obi-Wan saisit les affaires des Saboteurs et leur jeta au visage.
— Habillez-vous et ranger moi tout ça. Je ne veux pas voir un seul grain de sable sur la nourriture.
Haïn agrippa une sorte de courge couverte de sable et la secoua de toute ses forces. Après plusieurs secondes d'effort, elle était toujours couverte de sable collé.
— Comment voulez-vous qu'on s'y prenne. C'est impossible.
— Vous n'avez qu'à souffler dessus ignare ! Pesta Obi-Wan. Pas un seul grain de sable, Suis-je assez clair ?
Haïn maugréa et Jiin se mit à souffler sur une racine. A ce train-là, ils en avaient pour la nuit ; se dit Anakin.
— Bon. Ça suffit pour aujourd'hui. Déclara Obi-Wan. Nous allons bivouaquer ici.
Anakin s'approcha de Jiin pour lui poser la question qui le taraudait depuis le matin.
— Jiin. Comment avez-vous fait pour faire sauter la prison sans explosif ?
— Sans explosif ? Mais sans explosifs c'est impossible. Alors c'est très simple, il m'a suffit de prendre…
— Stop ! Aboya Haïn. Mon Seigneur, vous n'allez quand même pas livrer tous nos secrets à cet enfant !? Nos secrets doivent le rester. Il en va de notre avenir. Je vous en prie…
Jiin réfléchit en grattant le crâne et finit par admettre que son valet était dans le vrai. Il se contenta alors de répondre par un simple ; « Désolé... » et se remit à souffler sur la racine qu'il avait dans les mains.
Ils s'installèrent donc au pied de la colline. Anakin et Runh partirent à la recherche d'un peu de bois pour le feu. Anakin revint les bras chargés de broussailles et quelques branches malingres complètement desséchées. Runh avec un buisson entier qu'il avait arraché à la terre. Ils firent un feu pendant le crépuscule. Ils étaient tous assis autour de celui-ci et pendant que les deux Saboteurs s'évertuaient encore à souffler sur des légumes, Runh renifla l'air.
— Oui Runh. Dit Obi-Wan. Ish Atam nous a suivit. Il est juste derrière la colline.
Une lueur d’inquiétude balaya le visage de Shauska. Ses grands yeux scrutaient le haut de la colline.
— Shauska. Vous m'avez parlé tout à l'heure d'un contentieux entre vous et Ish Atam…
— C'est peu de le dire. Répondit-elle, le visage crispé. Nous ne nous sommes jamais entendu tous les deux. En tant que protégée du Roi, j'ai disons, un peu abusé de mes prérogatives. Ish Atam est son fils issu d'une liaison extra-conjugale. Tout le monde le sait, mais mon oncle n'a jamais voulu l'avouer ni l'admettre publiquement. Nous avons été élevés ensemble dès la mort de mes parents. On s'est souvent disputé durant notre enfance. Et le roi a toujours pris mon parti. On ne s'est jamais appréciés et on a donc fini par ne plus s'adresser la parole. Et puis un beau jour, il y a deux ans. Je ne sais pas ce qu'il lui a pris. Il s'est mis à me faire la cour. Je l'ai éconduit plusieurs fois. On n'a jamais pu se supporter l'un et l'autre et voilà qu'il se met à me courtiser. J'ai trouvé cela pour le moins inapproprié. Mais comme je suis têtue et lui, borné, nous avons finit par en venir aux mains. Il a eu un geste déplacé, je lui ai mis une claque. Tout ça sous les yeux du Roi. Mon oncle s'en est pris vertement à lui. Et moi profondément excédée, j'ai réclamé qu'il soit envoyé sur le champ a la barrière en tant que sentinelle du Four de la plaine. Le Roi a suivi à la lettre ma requête. Trop même. Et il l'a envoyé la-bas sans même lui laisser le temps de se défendre ou de s'expliquer. Depuis ce temps, il m'en veut et c'est normal. J'ai vraiment eu tort d'exiger une telle punition. Tout de même, Je ne comprends pas ce qui lui a prit.
— Je crois que c'est normal Shauska. Il a simplement succombé à vos charmes. Lui dit Obi-Wan.
Le visage de Shauska s'empourpra. Elle était flattée mais aussi très gênée. Elle aurait bien voulu répondre à Obi-Wan que lui aussi était très charmant mais s'en garda bien. Elle ne voulait en aucun cas confesser qu'elle n'était pas insensible à son beau visage et à son allure de Jedi. Non seulement c'était totalement déplacé mais en plus elle ne voulait pas se faire éconduire. Comment un Jedi pouvait-il s'éprendre d'une métisse, moitié Cendre, moitié humaine, qui ne connaissait pas grand-chose à la vie ? Qui n'avait jamais quitté le cercle familial, si ce n'est pour aller admirer de loin les ruines de Cachi-Mee, qui n'avait aucune compétence pour le combat, ni la moindre idée du pouvoir de la Force ?
Et puis, les Jedis étaient dévoués à leur cause et rien ne devait les détourner de leur mission. Surtout pas une femme. Ça, elle le savait.
Donc ce n'était même pas la peine d'espérer quoique se soit.
— Qu'allons-nous faire ? Demanda-t-elle. S'il s’aperçoit qu'on l'a mené en bateau et que les Saboteurs sont avec nous. Il va rameuter toute l'armée du Roi pour nous pourchasser.
— Ne craignez rien. Dit Anakin. Même toute une armée de Cendres ne pourrait venir à bout de deux Jedis de notre trempe.
— Je te trouve bien présomptueux Anakin. Ajouta Obi-Wan. Mais tu n'as pas tort pour autant. Shauska. Je vous l'ai dit, vous ne craignez rien tant que vous êtes avec moi. J'ai fait une promesse à votre oncle et je tiens toujours parole.
— Que faisons-nous alors ? Rien ?
— Laissons-le venir. S'il pense que nous cachons avec nous les deux imbéciles qui ont fait sauter la moitié de la ville, il viendra jusqu’à nous pour en avoir le cœur net. Le moment venu, nous aviserons.
— Bon très bien. Je ne suis quand même pas trop rassurée. Mais je dois vous faire confiance. Puis-je vous poser une question Obi-Wan ? Pouvez-vous m'en dire un peu plus sur la Force ?
Obi-Wan se tourna vers Anakin qui comprit qu'il devait répondre à sa place. Cela ressemblait à une sorte d'examen. Obi-Wan devait se demander s'il avait bien appris ses leçons.
— La Force. Commença Anakin un peu hésitant en cherchant ses mots. La Force est une énergie universelle qui se trouve partout dans l'univers. Elle est dans les étoiles, dans les roches et dans la terre, dans tous les êtres vivants. Elle maintient l'unité de l'univers en un tout. Certains y sont plus sensibles que d'autres et certains peuvent la maîtriser. Notamment les Jedis. Il existe deux côtés ou plutôt deux faces dans cette énergie. Une face claire qui illumine et une face sombre qui détruit. Ces deux faces coexistent. L'une ne peut exister sans l'autre. L'important est de maintenir l'équilibre et l’harmonie entre les deux côtés de la Force.
Obi-Wan continua :
— Une prophétie raconte que l'équilibre à été rompu et qu'un homme, un jour, un élu, viendra pour rétablir l'équilibre de la Force. Beaucoup pensent que cet homme est arrivé. Et qu'il est ici, parmi nous ce soir.
— Comme une sorte de messie ? Demanda Shauska.
— En quelque sorte. Répondit Obi-Wan.
— Est-ce vous ?
— Non certainement pas, non. Mais mon ancien Mentor, Qui-Gon Jinn, pense l'avoir trouvé en la personne de ce jeune enfant. Il pointa du menton Anakin.
— Vous voulez dire qu'Anakin est celui dont parle la prophétie ?
— C'est possible. Le Grand Maître Yoda lui-même pense que c'est une possibilité.
— Balivernes ! S'exclama Haïn. C'est une histoire à dormir debout pour les crédules et les faibles d'esprit. La Force est une invention de sorcier charlatans pour faire parler d'eux et exclusivement réservée aux membres d'une confrérie pathétique qui complote en secret. C'est complètement stupide. La Force n'existe pas ! Point !
— Dites-moi Haïn, ce n'est pas vous que j'ai entendu, il y a quelques jours déclarer devant tout le monde que vous étiez l'élu, le grand ordonnateur de l'univers ?
— Cela n'a rien à voir. Je me suis laissé emporté par l'excitation de l'instant. J'ai eu un moment d’égarement… quoi ? Cela ne vous arrive-t-il jamais ?
— Tu es donc l'élu dont parle la prophétie ? Reprit Shauska en s'adressant à Anakin.
— Ça se pourrait. Finit-il par admettre.
— Une chose est certaine. Ajouta Obi-Wan. La Force est très puissante en lui. Plus puissante que chez n'importe quel Jedi à ce jour. Il a d'énormes capacités et une grande habilité. Je m'efforce de lui enseigner du mieux que je peux, l'art de la maîtrise de la Force. Et je dois bien avouer qu'il dépasse de loin toutes mes espérances surtout en si peu de temps. Si nous t'avions repéré plus tôt, nous pourrions en être sur, mais pour l'instant nous devons être patients et voir jusqu'où tu iras. Tu as encore beaucoup de progrès à faire, notamment en ce qui concerne l'art du combat au sabre laser.
Anakin croisa les jambes en tailleur et se renfrogna un peu en se remémorant l'épisode de la Plaine du Four.
Le reste de la soirée se passa paisiblement. Obi-Wan et Shauska parlaient beaucoup. Elle lui raconta encore l'histoire de la gloire passée de Cachin et des formidables miracles de la Fontaine de l'Étoile et Obi-Wan lui parla de ses aventures à l'époque où il était le Padawan de Qui-Gon. Haïn et Jiin finirent leur tâche et s'écroulèrent de fatigue.
Anakin regardait le ciel parsemé d'étoiles et Runh vint s’asseoir à côté de lui. Il avait repris sa forme originelle tout en muscle et en reflet orange. Après ce qu'il venait d'apprendre à propos d'Anakin, Runh lui confirma qu'il avait senti chez lui une grande puissance et qu'il ne devait pas douter de sa destinée. Qu'il était l'élu et qu'il fallait s'en montrer digne. Anakin n'était pas totalement convaincu. Cela faisait plusieurs années maintenant que tout le monde lui rabâchait sans cesse le même discours. Lui tout ce qu'il voulait, c'était être un Jedi. Il voulait parcourir la galaxie à toute allure, maîtriser la puissance de La Force à la perfection, mener des combats justes et peut-être qu'un jour, une fois sa formation terminée, il pourrait retourner sur Tatooine et donner à sa mère la possibilité d'une vie meilleure.
Il pensait aussi très souvent à Padmé ; cet ange tombé du ciel. C'était grâce elle s'il était devenu Padawan. En quelques secondes, elle avait changé sa vie et avait fait de lui une personne différente : il s'était surpassé pendant la course de pod et pendant la bataille de Naboo. D'une certaine manière il lui devait ce qu'il était maintenant. Il se demandait ce qu'elle pouvait faire à ce moment précis. Lui, ici sur Cachin et elle sur Naboo ou à Coruscant. Avait-elle obtenu le poste de Sénatrice ? Il aurait bien voulu le savoir. Car si elle était Sénatrice, forcément, un jour ils finiraient par se recroiser. Et ça, il le souhaitait ardemment.
Il était perdu dans ses pensées quand Runh lui donna un coup de coude. Runh pointa du menton Obi-Wan et Shauska. Ils riaient tous les deux. Et pour la première fois, Anakin vit son mentor sous un autre jour. Ses yeux brillaient quand il regardait Shauska. Et elle ne cessait de se recoiffer et de vérifier que sa tenue était toujours bien en place. Il était clair que ces deux-là se plaisaient. Cela ne faisait aucun doute. Shauska pouffait de rire quand Obi-Wan racontait une anecdote. Et Obi-Wan louchait sur les mains délicates de Shauska quand elle triturait sa mèche de cheveux noir.
Runh fit un clin d’œil à Anakin. Et le jeune Padawan était ravi pour son mentor. Obi-Wan n'était plus qu'un simple instructeur obtus de la Force. Il était un être humain sensible. Et pendant un instant Anakin pu lire en lui. Obi-Wan avait un cœur et cela le rassura.
Et puis Anakin se concentra sur Shauska. Il sentit son cœur battre. Il s'emballait quand Obi-Wan la regardait. Shauska rayonnait. Elle était belle. Très belle. Et totalement charmée.
Anakin et Runh furent les premiers témoins d'un émoi partagé.

Au milieu de la nuit, éclairé par la lune, Ish Atam, allongé, observait le campement de fortune depuis le haut de la colline. Il s'était placé face au vent et prenait toutes les précautions nécessaires pour être le plus discret possible. Il devait en avoir le cœur net.
Ces maudits Jedi l'avait trompé, il en était convaincu. Son Thrab situé à quelques mètres derrière lui en contre-bas, s'évertuait à brouter les quelques rares touffes d'herbe qu'il pouvait trouver tout en suivant son cavalier. Ish Atam aurait bien voulu l'attacher, mais à quoi ? S'il le suivait il risquait de se faire repérer. Il fallait prendre une décision et vite.
Il se décida. Il se leva et commença à descendre la colline à pas de loup.
À quelques mètres du bivouac, il se mit à ramper très lentement. Il ne devait faire aucun bruit tout en essayant de discerner la silhouette de ces maudits Saboteurs. Il finit par repérer deux formes allongées, bien plus petite que les autres. Il n'eut plus de doute. Les quatre Thrabs étaient attachés les uns avec les autres à une grosse pierre. Il regretta de ne pas en avoir fait autant. Il aurait dû attacher le sien dans la plaine, même à un simple buisson ou à un anneau, cela aurait fait l'affaire.
Il se retourna et vit son Thrab juste derrière lui. Il s’ébroua et les quatre autres Thrabs en firent de même. Il fallait agir maintenant. Il empoigna sa lance et se rua sur la petite silhouette qui semblait dormir à poings fermés. Au moment où il allait planter sa lance dans le corps du Saboteur le plus proche, il essuya un tir de blaster. Ish Atam n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait. Il eut juste le temps de voir, Haïn qui tirait dans sa direction, de voir s'allumer dans la nuit les deux sabres laser des Jedis et il reçut un grand coup de poing provenant d'une ombre aux reflets orange. Ensuite ce fut le néant.
— Haha en plein dans le mile ! S'exclama Haïn. Vous avez vu ça ?!
— Oh non ! S'écria Shauska. Vous l'avez tué ?!
— Et pas qu'un peu. Tout est dans la précision vous savez, il faut beaucoup d’entraînement et de persévérance. Ajouta Haïn.
Obi-Wan fonça vers le corps d'Ish Atam. Il l'examina un moment et se tourna en direction de Shauska.
— Ne craignez rien Shauska. Il n'a rien.
Il s'adressa ensuite au mastodonte orange.
— Runh. S'il te plaît, la prochaine fois, vas-y moins fort.
Plus loin, le Thrab d'Ish Atam s'effondra sur le sol, raide mort, tué d’un coup de blaster.

Quelques heures plus tard quand le jour pointa, Ish Atam reprit connaissance. Il était allongé sur le sol, les pieds et les poings liés. Shauska était près de lui. Elle avait roulé en boule une petite couverture qu'elle avait placé sous sa tête. Son visage s'éclaira quand elle vit Ish Atam ouvrir les yeux. Il mit un moment avant de remettre les choses en ordre et de se souvenir de la chronologie des derniers événements. Il aperçut les deux Saboteurs qui reniflaient la fourrure des Thrabs avec dégoût et se releva d'un coup. Trop rapidement. Il eut des vertiges, son crâne lui faisait affreusement mal. Shauska le soutenait comme elle le pouvait. Il la regarda d'un air mauvais.
— Tu as trahi. Finit-il par bredouiller.
— Je suis désolée Ish. Je ne voulais pas ça.
— Tu as trahi ton Roi et ton peuple pour ça ? Il pointa du menton les deux Saboteurs qui farfouillaient dans les poils d'un Thrab à la recherche d'on ne sait quoi.
— Ils n'ont fait de mal à personne. Pourquoi nous as-tu suivi ? Qu'est-ce que tu voulais prouver ?
— Rien fait de mal ?! Ils ont détruit la moitié de la ville et pour toi ce n'est rien ? Ce sont des fugitifs, le Roi les veut morts. Et toi tu les aides. Je ne comprends pas.
— Tu exagères… et je ne les aide pas Ish. J'aide les Jedis à se rendre à Cachi-Mee. Ils font parti du lot. C'est tout.
Runh s'approcha d'eux, il se mit à genoux.
— Je vous prie de m'excuser. J'ai eu la main un peu lourde.
Sans attendre de réponse de la part d'Ish Atam, il se releva pour laisser la place à Obi-Wan.
— Ish Atam, je suis navré pour votre tête et pour votre Thrab. Dit Obi-Wan.
— Vous les Jedis, vous n’êtes que des trompeurs et des êtres malveillants. Depuis que vous êtes arrivé vous n'avez causé que des malheurs.
— Ish Atam, croyez-bien que cela n'a jamais été mon intention, ni celle de mon Padawan. Nous sommes en mission et ne devons à tout prix garder en vie ces deux créatures malfaisantes qui nous cause bien des soucis. Je ne peux vous laisser repartir et prévenir votre père. Nous devons nous rendre à Cachi-Mee. Il y a la-bas, je le pense, les réponses que nous devons trouver. Vous allez donc venir avec nous. Je pourrais je l'espère vous prouver alors que nous sommes pas si mauvais que ça. Maintenant je vais vous poser une question : Voulez-vous vous joindre à nous en tant que prisonnier ou en tant qu'allié ?
Ish Atam fit le point. Son Thrab était mort. Il était attaché. Il avait un mal de crâne carabiné et ne savait pas quelle décision prendre.
— Viens avec nous. Implora Shauska. Nous devons venir en aide aux Poussières. Les Jedis sont notre seule chance de changer les choses. Rappelle-toi le discours que tu as tenu à ton père. Quand tu l'exhortais à rejoindre la résistance au lieu de se terrer ici. Dans ce trou perdu.
— Ce trou perdu comme tu dis, nous a protégé des nuées depuis des mois. Il nous permet de survivre.
— N'en n'as tu pas assez de vivre dans la peur. Si ce ne sont pas les nuées, ce sont les cyclattes. Si ce ne sont pas les cyclattes, ce sont les brûlures pendant la saison de la pluie ardente. Et que dire de la famine quand le brouillard étouffe nos troupeaux. On ne peut continuer ainsi. Nous devons libérer Cachi-Mee, nous devons reconstruire notre civilisation. Tu es un guerrier Ish Atam, alors vient te battre avec nous.
— Je ne suis plus un guerrier. Mais une sentinelle incapable de défendre et de protéger ma cité.
— Excuse-moi. Je n'aurais jamais dû exiger ton départ.
— Non tu n'aurais jamais du.
— Décidez-vous. Interrompit Obi-Wan.
— Pourquoi êtes-vous ici et pourquoi protégez- vous ces scélérats ? Demanda Ish Atam.
— Nous sommes en mission. Je vous l'ai déjà dit. Ces deux scélérats comme vous les appelez, et je suis bien de votre avis, sont accusé d'avoir fomenté un attentat qui à coûté la vie à la fille du Roi Zaharcha, un précieux allié de la République. Le Conseil Jedi nous a donné l'ordre de les retrouver et de les ramener à Coruscant, afin qu'ils soient jugés. Sauf que nous sommes convaincus qu'ils n'ont rien à voir avec ce dont on les accuse. Le commanditaire, la personne qui tire les ficelles de cet imbroglio est ici, sur Cachin. C'est pourquoi nous sommes là.
— Je croyais que vous vous étiez écrasé. S'écria Shauska.
— C'est le cas. Nous nous sommes bien écrasés sur votre planète.
— Pourtant devant mon oncle vous avez déclaré vous rendre sur Coruscant. Vous lui avez menti ?!
— C'est une question de point de vue. Notre destination finale est bien Coruscant. Une fois que nous aurons trouvé qui se sert des Saboteurs pour semer le trouble au sein de la République. Une fois que nous aurons mis la main dessus, nous quitterons votre planète. Je vous le promets.
— Tu vois Shauska. Tu te fies aux mauvaises personnes. Ce sont des Jedis. Ils ne servent que leur intérêt et ils se servent de toi. Ajouta Ish Atam.
— Obi-Wan, déclara Shauska. Pouvez-vous me faire la promesse de mettre un terme aux souffrances du peuple des Poussières ?
— Ma mission est de démasquer le commanditaire du meurtre de la princesse Zaharcha. Si ce que vous m'avez appris sur la présence de la Fédération du Commerce est un fait avéré et qu'elle exploite la mine de Cinium en martyrisant les habitants de Cachi-Mee, vous pouvez être certaine que j'en ferais le rapport au Conseil Jedi. Le Conseil, saura, je n'ai aucun doute, prendre les bonnes décisions pour mettre un terme à ces exactions.
— Vous voulez dire que vous ne ferez rien tant que le Conseil n'aura pris de décision ?
— Dans un premier temps je dois avoir la preuve de ce que vous avancez. Je dois me faire ma propre opinion. Ensuite j'en aviserai le Conseil Jedi.
— Et comment ? Nous n'avons aucun moyen de communication ?
— Si ce que vous dites est vrai, nous utiliserons ceux de la Fédération.
— Et si ils vous en interdisent l'accès ?
— Shauska. La Fédération est dans l'obligation de se soumettre aux exigences des Jedis. C'est une loi constitutionnelle de la République. Croyez-moi, elle ne prendra jamais le risque d'aller à l'encontre d'un Jedi.
Shauska ne savait plus quoi penser. Son oncle et Ish Atam avaient bien raison. Les Jedis n'étaient pas dignes de confiance. Ils n’utilisent leur pouvoir que pour servir leur mission. Et à part cela, rien ne compte pour eux. Elle se sentait désemparée, sans aucune solution satisfaisante : si elle faisait demi-tour avec Ish Atam, elle était condamnée à l’opprobre et vouée à un destin mortel. Le Roi avait toujours passé ses caprices et ses desiderata, mais là, elle était allée trop loin. Il ne pourra pas la soutenir et elle ne le voulait pas non plus. Il en avait assez fait. Si elle suivait et aidait les Jedis dans leur mission, ils ne résoudraient rien et ne ferait qu'empirer les choses. D'un côté comme de l'autre elle était prise au piège.
Quand elle avait croisé le regard d'Obi-Wan dans le palais du Roi, elle avait été subjuguée par son élégance, sa façon de parler, et son maintien. Maintenant ses sentiments envers lui étaient beaucoup plus contrastés. Les Jedis étaient censés être des guerriers exceptionnels que rien ne pouvait arrêter. Son admiration s'était transformée en doute et puis en déception. Elle se demandait s'ils étaient capables d'autre chose que d'agiter leur sabres à la moindre occasion. De toute façon elle le saurait bien vite.
Elle sortit un petit couteau et détacha Ish Atam de ses liens.
— Ish, je suis désolée de t'avoir mis dans cette situation. Tu as sûrement raison en ce qui concerne les Jedis. Je regrette profondément, crois-moi, de t'avoir fait exiler sur un simple coup de tête… Non un caprice. Tu es le Cendre le plus valeureux que je connaisse. Et moi je ne suis qu'une imbécile qui ne mérite ni ton amitié, ni ton indulgence. Quoique je fasse maintenant je me dirige vers la mort. Je vais accompagner les Jedis et rejoindre la résistance de Cachi-Mee. Obi-Wan, je veux que vous le laissiez repartir. Il n'a pas à supporter mes erreurs une fois de plus
Obi-Wan acquiesça.
— Ish. Repris Shauska. Tu es libre. Tu peux aller prévenir le Roi, tu peux nous pourchasser si tu le souhaites. Mais nous irons jusqu’à Cachi-Mee. Et ensuite, puisque c'est mon destin, je donnerai jusqu’à ma dernière goutte de sang à notre peuple. C'est un sacrifice bien mince qui ne changera rien. Je le sais maintenant…
— Je ne laisserai jamais cela se produire. Coupa Obi-Wan.
Haïn et Jiin levèrent les yeux au ciel en poussant de longs soupirs.
— Oh vous taisez-vous ! Éclata Shauska. Vous n’êtes qu'un beau parleur qui manigance comme bon vous semble. Vous utilisez vos pouvoirs de manipulation pour duper les faibles. Je ne vois pas en quoi les Jedis peuvent être utile à la paix et à la justice. J'espère simplement que vous n’êtes pas des couards et des incapables à la réputation désastreuse. Faites chanter vos sabres le moment venu et peut-être alors je changerais d'avis. Et cessez de promettre tout et n'importe quoi. Si vous êtes des gardiens de la Paix, comme vous le prétendez à tout bout de champ, alors faite votre devoir, et apportez la Paix à mon peuple.
— C'est bon. Coupa Ish Atam. Tu as gagné. Je t'accompagne.


Dans un premier temps, la répartition des thrabs se fit de la façon suivante : Obi-Wan ouvrait la marche et Anakin le suivait, chacun montant le sien. Shauska et Ish Atam se partageaient la monture derrière les Jedis. Et les deux Saboteurs sur le dernier Thrabs que maintenait Runh.
Mais très vite, il était devenu indispensable de séparer Haïn et Jiin. Ils ne cessaient de s'invectiver l'un et l'autre et cela finissait par exaspérer tout le monde. C'est ainsi que Haïn dû faire le reste du voyage assis devant Obi-Wan, Jiin, lui, se tenait derrière Anakin et le serrait très fort. Le Thrab de Runh fut chargé des deux tonneaux et fermait la marche. Au fur et mesure que les jours passaient, l'ambiance finit par se détendre un peu.
Même si Ish Atam restait la plupart du temps silencieux, il s'autorisait de temps en temps à contredire Shauska sur la direction à prendre. Ils traversèrent des paysages différents, parfois des vallées verdoyantes aux arbres biscornus et des langues de désert qui semblait artificielles. Le quatrième jour, ils franchirent un fleuve peu profond au courant fainéant. Le soir, ils mangeaient en silence autour du feu.
Les premiers jours Anakin restait près de son Maître et celui-ci continuait sa formation en lui parlant de concept de pensée, de techniques compliquées et alambiquées de certaines bottes secrètes de l'art du combat aux sabres. Mais il finit par se lasser de ces discussions qui tournaient en rond. En fait il voulait en savoir plus sur les Saboteurs et leurs secrets jalousement gardés. Donc il s'évertua, tout en finesse, à s'approcher d'eux pour simplement échanger quelques trucs.
C'est ainsi que certains soirs, il passait tout son temps entre Haïn et Jiin à débattre sur la meilleure façon de faire sauter un pont ou une tour de garde Vestiniène du système Bimmisaari. Sur les composants à utiliser avec précaution et sur l'emplacement idéal pour faire exploser à coup sûr une navette commerciale. Ils débâtèrent longuement sur la manière de faire exploser une Cantine Solitaire. Haïn et Jiin n'étaient pas d'accord sur la manière de procéder et cela se termina en dispute. Un soir, Anakin montra ses prouesses en soulevant par La Force des petits cailloux sous l’œil émerveillé de Jiin. Même Shauska qui triturait son pendentif, le dernier cadeau de sa mère, et Ish Atam observèrent la scène, éblouis. Jiin était persuadé que lui aussi pouvait sentir La Force et il s'exerça longtemps sur les cailloux sans succès. Aussi un autre soir, alors que Jiin portait toute sa concentration sur deux petits cailloux, Anakin ne put s'empêcher de lui venir en aide. Et pendant quelques instants Jiin fût persuadé de maîtriser enfin La Force. Mais sa vantardise s'écroula quand Obi-Wan somma Anakin d'arrêter son petit jeu.
Quelques jours plus tard, alors qu'ils étaient au sommet d'une dune. Haïn jura qu'il avait entendu le bruit d'une cascade. Les autres ne prêtèrent pas attention à lui. Mais alors qu'Obi-Wan avait la tête ailleurs, Haïn sauta du Thrabs et couru à toute vitesse vers la cascade.
Obi-Wan grogna, Runh voulu encore une fois lui arracher la tête mais tous finirent par le suivre. Et quand ils arrivèrent derrière lui, ils ne purent que constater qu'il avait bel et bien raison. Enfin pas tout à fait. Car si c'était bien une cascade qui se jetait dans un trou sans fond, ce n'était pas de l'eau qui coulait. Mais du sable.
Une énorme dune se déversait dans un trou sans fond.
— Cela n'a aucun sens. Fit Obi-Wan. Comment cela se peut-il ?
— C'est une cascade de sable éternelle. Répondit Ish Atam.
— Je le vois bien. Mais je ne comprends pas.
— C'est à cause d'Hecott. La lune de Cachin. Chaque nuit, quand elle s'élève dans le ciel, sa gravité attire le sable hors du trou. Et quand elle se couche, la cascade reprend.
— Je veux bien l'admettre. Mais vous ne me ferez pas croire qu'Hecott, votre lune, à la capacité de soulever des dunes entières.
— Oh. C'est parce que vous n'avez pas encore vu sa grande sœur. Gorgatt. Il se dit que le jour des deux lunes est proche. Quand Gorgatt vient, alors c'est tout le sable des déserts qui s'envole dans le ciel. Le désert est comme un océan. Il se gonfle, il gronde et peut se démonter. Si vous êtes présent le jour des deux lunes, alors vous comprendrez.
— J'ai hâte de voir ça. Fit Anakin.
— C'est très impressionnant mais c'est très dangereux. Ajouta Shauska.

Le neuvième jour de marche, ils discernèrent au loin un énorme panache de fumée noire qui s'élevait jusqu’à la stratosphère. Anakin se souvint qu'il l'avait aperçu lors de la descente catastrophique à bord de la navette en perdition.
— Nous approchons de Cachi-Mee. Affirma Shauska. Dans trois jours nous aurons atteins ses faubourgs, et vous pourrez avoir la preuve du désastre que j'ai annoncé. Peut-être qu'elle sera suffisante pour que vous daigniez en faire part à votre Conseil Jedi.
Obi-Wan ne releva pas la pique.
Et effectivement, trois jours plus tard, à la fin de la journée, après avoir traversé une fausse forêt d'arbres stériles, passé une butte recouverte de sables et de quelques touffes d'herbe, ils purent enfin contempler la capitale de Cachin et sa désolation.
La cité s'étalait à perte de vue. En son centre, l'immense colonne de fumée noir gonflait et grimpait dans le ciel en formant un champignon depuis une cheminée aussi large que haute. Bien que le champignon parvenait péniblement à s'élever, certaines boursouflures gonflées et surchargées retombaient sur les ruines de la cité en soufflant dans les rues un remugle gorgé de poussières, de métaux lourds et de gaz. La plupart des immeubles et des grandes tours qui ornaient la cité, étaient en ruine. L'une d'elles s'écroula sous leurs yeux dans un nuage de cendre qui s’entremêla à la pollution ambiante.
Partout où leur regard se posait, ils ne voyaient que ruines et poussières. Autrefois flamboyante, Cachi-Mee n'était plus qu'un interminable no man's land de bâtiments délabrés, déchirés et brisés. Les rares murs encore debout étaient recouverts d'une suie grasse qui devenait mélasse quand elle touchait le sol. Dans ce champ de ruine il y avait un bâtiment qui semblait tenir bon : un dôme monumental plus haut encore que les quelques tours qui tenaient encore debout. Il se noyait dans le bouillon d'air vicié et on avait du mal à en distinguer les contours. Il était assez proche de la cheminé qui crachait son poison dans l'air. Le seul son audible était celui du vent qui se faufilait dans les rues, accompagné par un ronronnement sourd et grave.
Aux abords du Dôme, une nuée flottait dans l'air et tournait dans un sens et puis dans l'autre après une contorsion anormale. Ish Atam la pointa du doigt sans un mot. Obi-Wan et Anakin l'observèrent quelques instants, s’apprêtant à plonger à terre si jamais elle venait dans leur direction. Shauska tira un grand bout de tissus du ballot attaché à la selle du Thrab. Elle le déchira en plusieurs morceaux et offrit ensuite aux autres.
— Couvrez bien le nez et la bouche et faites un nœud très serré. Dit-elle.
Une fois le foulard attaché, les deux Jedis remontèrent leur capuche et s'engagèrent dans la première rue qui s'ouvrait devant eux. Ils avançaient lentement et en silence entrecoupé par les souffles des Thrabs qui avaient du mal à respirer normalement. Tous les édifices à moitié détruits portaient des marques d'impact cramoisis.
Il était clair qu'un intense conflit armé avait eu lieu et que la ville n'avait pas été simplement abandonnée en toute hâte. Des trous protégés par des barricades de pierre étaient creusés aux intersections dans la plupart des quartiers qu'ils traversaient. Anakin fut choqué de voir que certain d'entre-eux exhibaient des cadavres. La plupart n'étaient fait que d'os et de haillons mais dans d'autres de ces cavités de survie il y avait bien des corps qui pourrissaient et dégageaient un relent de pestilence. Ce bout de tissus sur le visage, même s'il ne protégeait pas complètement, était une bénédiction et c'était déjà ça.
Toutes les constructions de la ville étaient la preuve de la gloire passée de Cachin. L'architecture de chaque bâtiment était pour le moins inhabituelle. Les immeubles et les tours n'étaient jamais droits ou simplement verticaux mais toujours courbés et alambiquées, parfois prenant la forme d'un escalier en colimaçon ou celle d'une arcade plantée dans le sol. Rien n'était symétrique mais cela n'était pas choquant à l’œil. C'était harmonieux. Des barres d'immeuble enracinées s'entrecroisaient au-dessus du sol et passaient les unes sous les autres comme des lianes tressées. Toutes les vitres n'étaient pas brisées et quand le soleil parvenait à traverser le nuage de pollution, ses rayons venaient se refléter dans un prisme arc-en-ciel de toute beauté. Chaque construction cachait en son cœur une base de Cinium recouvert de béton.
Ce métal était partout. Il avait servi de fondation et à l'élévation de la ville qui lui donnait un air naturel. Comme si c'était la nature elle-même qui s'était chargée de son édification. Si bien que les tours auraient pu être des arbres, les immeubles, des branches, les passerelles de déchargements, des feuilles et enfin les kiosques, des fleurs aux pétales gigantesques sous lesquels on pouvait se reposer sur des bancs à l'ombre et profiter d'une pause tranquille dans le fourmillement passé de la ville. Il restait aussi des morceaux de ce qui devait être le principal système de transport en commun. De longs tubes métallique métamérisés, dont l'aspect s’apparentait à une sorte de chenille obèse, suivaient des lignes qui surgissaient du sol pour s'enfoncer dans un immeuble et ressortir sur de longs ponts suspendus qui bordaient toute la périphérie de la ville.
Anakin était désolé par le triste spectacle qui l'entourait. Cachi-Mee devait être une splendeur et non un cimetière de décombres. Les Jedis et toute l'équipe étaient recouverts d'une fine couche de poussière blanchâtre. Les Thrabs secouaient souvent leur tête pour s'en débarrasser. Plus ils s'approchaient du Dôme, plus le ronronnement s'intensifiait. Au détour d'une rue, Obi-Wan stoppa sa monture. Il fit signe aux autres de s'arrêter et sauta à terre. Anakin avait lui aussi senti une menace et avait dirigé son Thrab jusque sous un porche. Les autres le suivirent. Il sauta à terre et rejoignit son Mentor qui se tenait caché derrière un angle. Il jeta un rapide coup d’œil histoire de savoir de quoi il retournait. Il ne fut pas déçu. Enfin c'était façon de parler car il se rua immédiatement sous le porche avec les autres, suivit de près par Obi-Wan. Il fit signe aux autres de s'accroupir en silence tout en espérant que les Thrabs allaient se tenir tranquille.
Un instant plus tard, une brigade de Cyclattes traversa la rue dans un fracas de son métallique. Elles n'étaient pas comme celles qu'ils avaient vu auparavant. Elles portaient une armure de métal en Cinium, le haut de leur crânes était engoncé dans une sorte de casque électronique. Leurs yeux n'étaient que deux boules rouge qui projetait un rayon de lumière qui balayait les environs. Sur chaque Cyclatte se tenait un droïde B1 armé d'un blaster. Ils étaient en mission de surveillance. Ils passèrent devant le porche. Une fois arrivé au bout de la rue, ils bifurquèrent vers la droite et disparurent derrière un bâtiment qui autrefois servait de musée.
— Alors Obi-Wan, n'avais-je pas raison ? Ce sont bien des Droïdes de la Fédération du Commerce non ? chuchota Shauska avec une pointe d'ironie.
— Ce sont des modèles B1. Ils sont en vente libre et n'importe qui peut se les procurer s'il en a les moyens. Ce n'est pas une preuve pour moi. Objecta Obi-Wan.
— On aurait dit des Cyclattes robotisées. Ajouta Jiin.
— Une chose est certaine. Continua Obi-Wan pendant qu'il prenait les rennes de son Thrab. Nous avons à faire à une armée. Et j'ai bien l'intention de savoir qui en est le commandant. Il tendit ensuite les rennes à son Padawan. Anakin, tache de trouver un lieu sûr et attends-moi. Je ne serais pas long.
— Où allez-vous Maître ?
— Je vais à la recherche d'une preuve. Anakin je te confie la responsabilité de leur vie. J'ai confiance en toi. Cachez-vous et soyez patients. Prends bien soin de tout le monde et si les Saboteurs te posent des problèmes, tu n'as qu'a les zigouiller…
— Hé ho ! S'écria Haïn. C'est un peu facile…
— Je plaisante Haïn. Je plaisante. Obi-Wan s'approcha de l'oreille d'Anakin et lui susurra : Je ne plaisante qu'a moitié. A la moindre incartade de leur part, demande simplement à Runh de les enfermer à nouveau dans les tonneaux. Il en sera plus que content.
— Compris maître.
— Je viens avec vous. Dit Shauska.
— Non. C'est trop dangereux. Vous êtes plus en sécurité ici.
— Ne discutez pas Jedi. Je viens avec vous un point c'est tout. Je veux m'assurer que vous contacterez bien le Conseil Jedi comme vous l'avez promis. Et puis je peux vous aider à trouver votre chemin.
— Vous n'êtes jamais venu jusqu'ici, je ne vois pas comment vous pourrez m'aider. Je peux me débrouiller tout seul. Ne vous en faites pas.
— Je ne m'en fais pas Obi-Wan. Que vous le vouliez ou non je viens avec vous. Je veux mettre un visage sur la malédiction qui règne sur mon peuple. Et puis vous me devez bien ça…
Voyant qu’Obi-Wan était pour le moins circonspect, elle ajouta :
— Pour m'avoir menti. Et pour tout ce que vous auriez dû faire…
— Qu'il en soit ainsi. Restez près de moi.
Ish Atam qui avait compris la situation, essaya de convaincre Shauska que ce n'était pas une bonne idée. Mais celle-ci le serra fort dans ses bras et l'embrassa sur la joue.
— Ne te fais pas de soucis. Je suis en sécurité avec le Jedi.
Obi-Wan et Shauska prirent la direction du Dôme en longeant les murs de la ville. Shauska, machinalement voulu prendre entre ses doigts le pendentif dont elle ne se séparait jamais. Et à son étonnement, il avait disparu. Elle ne l'avait plus. Elle y vit un mauvais signe.
Anakin les suivit du regard jusqu’à ce qu'il les perde de vue. Ce n'était pas la première fois que son mentor lui donnait des responsabilités mais c'était la première fois qu'il ressentait une légère appréhension. Il avait entre ses mains la vie de deux Saboteurs, d'un Galorien et d'un Cendre dans un environnement clairement hostile.
La première chose à faire était de trouver un endroit plus sécurisé, à l'abri des regards. Son instinct lui dicta qu'il valait mieux s'éloigner du Dôme. Ils prirent donc la direction opposée en empruntant la rue sur laquelle était passé la brigade de Cyclattes mais en tournant à gauche après l'intersection. Eux aussi longeaient les murs de la ville en toute discrétion. Les rues étaient jonchées de morceaux de béton éclaté qu'ils devaient contourner. Il y avait aussi d'anciennes carcasses de véhicules carbonisés, pour la plupart complètement rouillés et cabossés. Anakin restait à l’affût du moindre bruit suspect. Le vacarme des Cyclattes était facilement reconnaissable mais il ne voulait pas se retrouver pris au dépourvu. Il ouvrait donc la marche et s'arrêtait de nombreuses fois en regardant dans toutes les directions. Quand il aperçut un escalier s'enfonçant dans le sol, il décida d'y pénétrer en espérant y trouver une ancienne station désaffectée. Les Thrabs rechignèrent un peu à descendre ces escaliers interminables et Runh les força en tirant sur les rennes.
Dans le sous-sol, ils découvrirent ce qu'Anakin espérait. L'intérieur de la station était gigantesque. Démesuré. De grandes colonnes entortillées et alignées sur toute la longueur du quai supportaient le plafond. Contre les murs, il y avait des bancs entièrement fait de Cinium. Toutes les parois de la station étaient recouvertes d'un carrelage blanc qui reflétait la faible lumière du jour qui descendait des escaliers. C'était la cache parfaite. Du moins pour un temps. Et si jamais une brigade décidait d'envahir les lieux, ils pourraient s'échapper en suivant la ligne qui s'enfonçait dans le tunnel du transport en commun. Les deux Saboteurs s'installèrent sur un banc, les pieds ballants. Ils entreprirent la vérification de leurs armes et de se dépoussiérer l'un l'autre. Runh attacha les Thrabs ensemble et offrit une racine à Ish Atam qu'il s'empressa de dévorer. Anakin retira le foulard qu'il avait sur le visage et vérifia son communicateur. Maintenant il fallait attendre.
Alors qu'il était occupé à brosser ses bottes avec la manche de sa tunique, il eut un petit flash de lumière qui traversa la station de part en part et quelques secondes plus tard ils entendirent des pas précipités qui venait du tunnel. Ils se plaquèrent tous contre les murs. Ish Atam avec sa lance dans les mains, les deux saboteurs et leur blaster prêt à tirer et Anakin paré à dégainer son sabre. Même Runh avait la main sur un tonneau, prêt à le balancer de toute ses forces s'il le fallait. Une troupe d'une dizaine de Poussières surgirent du tunnel à pleine course. Ils passèrent devant Anakin sans remarquer quoique se soit. Ils allaient s'engouffrer dans le tunnel opposé, quand Ish Atam les interpella. Ils s'arrêtèrent net, éberlués. Ish s'adressa à eux en langue Cachin. Sur le coup, ils restèrent silencieux, ne sachant pas comment réagir. L'un d'eux finit par s'approcher. Il tenait dans la main une lance similaire à celle d'Ish Atam, avec un bout métallique.
Ils étaient tous très maigres, leurs vêtements sommaires n'étaient faits que de bout de tissus déchirés et rapiécés. Ils avaient la peau grise, le visage creusé et les yeux enfoncés. Le meneur dit quelques mots et Ish Atam fit les présentations. Quand vint le tour d'Anakin, ils le regardèrent d'un air méfiant. Runh retira le couvercle du tonneau de nourriture et en offrit le contenu. Les Poussières se ruèrent dessus, morts de faim. Le meneur, tout en mâchant se mit à parler et une discussion s'engagea avec Ish Atam. Après quelques phrases Anakin s'approcha d'eux. Ish Atam entreprit alors de traduire en quelques mots maladroits, mais avec le temps son basic s’améliorait.
— Eux… Poussières. Eux très faim. Eux pas contents rencontrer Jedi. Mais eux très faim.
— Pourquoi couraient-ils comme ça ? Demanda Anakin. Qu'est-ce qu'ils fuyaient ?
Anakin fut obligé de faire des gestes pour se faire comprendre par Ish Atam.
— Eux courir. Pourquoi ?
Ish Atam posa la question aux Poussières. Ils échangèrent quelques phrases et le visage d'Ish Atam s'illumina.
— Eux pas fuir. Eux courir pour attraper l'étoile.
harnis29
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Messagepar harnis29 » Ven 17 Fév 2017 - 10:45   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Chap 12 :Ruines et Malédicti

La Révolte des Poussières

Chapitre 13
La Fontaine de l'Étoile

Shauska venait de se faufiler comme une ombre à l'intérieur de la prison des Poussières. Après avoir utilisé le grappin d'Obi-Wan pour se hisser le long de la tour. Elle avait hâte de retirer le foulard qui la gênait pour respirer, mais elle le replaça aussitôt sur son nez quand l'odeur de pourriture lui sauta au visage. L'odeur était atroce et elle poussa un petit cri quand elle aperçut le corps d'un Poussière sans vie dans le fond d'une cellule, tordu, le torse couvert de plaies sèches et croûteuses. Obi-Wan qui venait tout juste de poser un pied sur le sol, préféra détourner le regard, il ne voulait pas en voir plus. Mais Shauska était comme hypnotisée, en état de choc. Obi-Wan la saisit par le bras, ils devaient continuer à avancer.
— Nous ne pouvons plus rien pour lui. Venez Shauska. Ne restons pas là.
Shauska se laissa traîner jusqu’au bout du couloir sans pouvoir quitter des yeux les deux pieds du Poussière mort, torturés et collés aux barreaux rouillés.
Le sol était couvert de détritus. Il y avait de tout : des morceaux de tissus déchirés et ensanglantés, des blocs de béton cassés, des barres de métal rouillées et contorsionnées et de la poussière, des tonnes de poussière grisâtre qui s'organisait en tas et en petits monticules disparates poussés par les courants d'air. Il y avait des traces de pas désordonnées qui partaient dans tous les sens.
Obi-Wan regretta amèrement la présence de Shauska à ses côtés. Il s'en voulait d'avoir cédé. Mais il savait aussi qu'elle l'aurait suivit de toute façon. Elle n'était pas le genre de femme à qui on dit ce qu'elle doit faire. Il aurait préféré être accompagné par Anakin. Deux sabres laser n'aurait pas été du luxe.
L'odeur, les cris étouffés, l'humidité acre et l'obscurité n'étaient que le reflet de la misère qui stagnait en ce lieu mortifère. Tout n'était que souffrance entre ces murs. Obi-Wan n'avait pas besoin de preuve supplémentaire pour mettre un terme à tout ceci. Mais il devait savoir qui était le monstre de cruauté qui avait instauré une telle horreur. Il se fit le serment d'en venir à bout ce jour même. Mais pour l'instant il fallait avancer et descendre encore un peu plus dans les tréfonds de ce cauchemar.
L'escalier en colimaçon s'enfonçait dans les ténèbres et la lumière du jour ne pouvait plus aider personne. Obi-Wan saisit un morceau de bois, enroula quelques bouts de tissus dessus et Shauska enflamma la torche de fortune. A mesure qu'ils descendaient, le son de la machine qui mangeait la terre pour en digérer le Cinium gagnait en puissance. Son ronronnement était agrémenté par des notes criardes : celles des Poussières qui égosillaient leur souffrance. Ils traversèrent plusieurs étages sans s'arrêter, mais Obi-Wan, suivant son intuition, décida de visiter celui sur lequel ils se tenaient. Shauska agrippa cette fois-ci le bras d'Obi-Wan. Elle ne voulait pas le lâcher. Ils traversèrent un long couloir et entrèrent dans ce qui semblait être une chambre.
Il y avait une petite fenêtre qui laissait tant bien que mal pénétrer une lumière blanche au travers des carreaux crasseux. Mais c'était une lumière faiblarde et atone. Obi-Wan et Shauska parcoururent des yeux cette chambre misérable. Il y avait dans un coin, un fatras de coussins et de couvertures qui devaient servir de lit. Une petite table surmonté d'une console de contrôle en veille. Et un contre le mur, posé sur une petite étagère en bois, un miroir tout aussi crasseux et fendillé, entouré de spots éteint. Tout était sale, moisi et sordide. Shauska s'avança vers le miroir et saisit une petite brosse à cheveux collante et la présenta à Obi-Wan.
— Une femme habite ici. Déclara-t-elle. Une femme vit dans ce taudis infâme.
Obi-Wan tira un bout de tissus noir et déchiré posé à même le sol. Il le déplia en le tenant du bout des doigts. Shauska ajouta :
— C'est une robe… ou du moins ce qu'il en reste.
Obi-Wan laissa tomber le tissu sur le sol et se frotta les mains comme s'il voulait se débarrasser de miasmes invisibles. Shauska contempla son reflet dans le miroir. Il renvoyait une image déformée et striée de la jeune Cendre. Elle retira un instant son foulard pour regarder son visage. Elle ne s'était pas vu depuis longtemps. Elle se trouvait maigre et pas franchement jolie. Elle approcha son visage encore plus prés et passa son index sur les cernes gonflés sous ses yeux. Non elle n'était pas une beauté. Loin de là. Et si elle avait du charme, elle se demandait bien où il pouvait être caché. « Il a simplement succombé à vos charmes ». Non elle n'avait aucun charme et cet Obi-Wan n'était qu'un baratineur.
— J'ai un mauvais pressentiment. Dit Obi-Wan. Ne restons pas là. « Elle » pourrait revenir d'un instant à l'autre.
— Vous avez peur d'une femme ? S'amusa un instant Shauska.
— Je ne suis pas certain que se soit réellement une femme. Vous avez vu toute cette crasse ? Comment une femme pourrait-elle vivre dans un tel gourbi ?
— Il en faut pour tous les goûts Obi-Wan. Et puis ce n'est pas parce qu'elle vit dans la souillure et dans la crasse que cela fait d'elle une immonde personne…
— J'ai toujours pensé que l'endroit dans lequel on vit représentait notre véritable nature.
— Cela ne veut rien dire Obi-Wan. Vous pouvez vivre dans la propreté et la décence mais avoir des placards rempli d'immondices. Une femme se soucie toujours de son apparence. Enfin je crois.
— Une brosse à cheveux dégoûtante, un miroir craquelé… des guenilles à même le sol. Je doute qu'elle s'attache vraiment à son aspect.
— Détrompez-vous Jedi. Un miroir est une preuve suffisante. Je n'ai pas l'impression que vous en connaissez un rayon sur les femmes. Ai-je tort ?
— J'avoue que c'est un détail qui est bien en dehors de mon champ de compétences.
— Un détail ? Vous vous fichez de moi ?
— Non.
— Vous voulez dire que vous n'avez jamais connu de femmes ? Enfin je veux dire… vous n’êtes jamais tombé amoureux ?
— La passion amoureuse est proscrite par l'ordre Jedi. C'est l'une des marches qui mène au côté obscur…
— Vous n'avez jamais connu l'amour ? Vous êtes… je n'ose le dire…
— Je ne répondrai pas à cette question Shauska. Répondit Obi-Wan avec un demi sourire forcé. Venez. Sortons d'ici.
Ils descendirent encore deux étages et se positionnèrent à l'entrée d'une grande salle éclairée par de long fils de lumière au plafond. C'était plutôt un hangar de maintenance. Trois B1 armés surveillaient une dizaine Poussières qui réparaient, arrangeaient, rafistolaient la chaîne cloutée de l’excavatrice. Dès qu'un Poussière se montrait un peu lent ou simplement moins docile, il était sévèrement puni par des coups de crosses de blaster dans le dos. Deux Cyclattes armurées montaient la garde à chaque extrémité du hangar. Elles balayaient le hangar de leur rayon rouge à la recherche du moindre mouvement suspect. Obi-Wan et Shauska furent obligés de reculer pour ne pas se faire détecter.
— C'est affreux. Déplora Shauska.
— Je vais y mettre un terme. Mais nous allons devoir agir de concert. Nous devons être rapides et discrets. Il faut à tout prix éviter qu'ils déclenchent l'alerte. Restez bien derrière moi. Je vais m'occuper en premier de la Cyclatte juste là. Dès que vous aurez le blaster en main, il vous faudra faire feux sur le B1 le plus éloigné.
— Le blaster ? Quel Blaster ? Je n'ai pas d'arme !
— Je m'en occupe. Restez concentrée.
Obi-Wan allait se ruer dans le hangar, lorsque Shauska le saisit à nouveau par le bras.
— Attendez. Dit-elle. J'ai peur. Je ne suis pas une guerrière…
— Vous voulez libérer les Poussières ?
— Oui évidemment… mais… 
— Alors vous devez défendre votre peuple. Ne réfléchissez pas. Agissez.
Obi-Wan se détacha de l'étreinte de Shauska et s'élança en direction de la Cyclatte qui inspectait une caisse vide. Il fit trois pas à une vitesse vertigineuse, un saut de Jedi, une cabriole, son laser bleu fendillant l'air et découpa en deux la Cyclatte qui n'avait rien vu venir. Au moment où le B1 le plus proche était en train de se retourner, il utilisa la Force pour faire voler le blaster de ses mains en direction de Shauska juste derrière lui. Shauska saisit le blaster et sans tergiverser tira deux salves de laser rouge en direction des deux B1 qui malmenaient des Poussières en les bousculant. Elle leur tira en pleine tête. Obi-Wan lança alors son sabre laser de toute ses forces vers la Cyclatte au fond du hangar. Il tourna dans l'air comme un couteau, traversa entièrement le hangar pour découper la Cyclatte en deux elle aussi.
En cinq secondes le problème était réglé. Même Obi-Wan en fut surpris. L'habileté réflexe de Shauska fut pour le moins très efficace. Obi-Wan récupéra son sabre laser et coupa les chaînes des Poussières. En quelques mots Shauska les rassura. Ils étaient terrorisés et ne comprenaient pas qu'ils venaient de retrouver la liberté. Après quelques échanges avec eux, elle s'adressa à Obi-Wan :
— Le seul moyen de s’échapper d'ici est de passer par le bassin de refroidissement situé en dessous du Dôme. Heureusement le courant est tellement fort qu'ils devraient pouvoir y arriver sans mal. L'eau est très sale et polluée mais elle se jette ensuite dans le fleuve qui traverse Cachi-Mee. C'est le seul moyen de sortir de cet enfer.
— Très bien Shauska. Dites-leur d'être le plus discret possible.
Shauska leur parla encore une fois et la dizaine de Poussières prit la poudre d'escampette en direction de l'escalier en colimaçon. Elle tenait toujours dans ses mains le blaster et le serrait fort.
— Pour une pacifiste, vous vous défendez plutôt bien. Je dirais même plus. Vous êtes un sacré bon tireur. Vous avez parfaitement atteint vos cibles. Net et précis. Je vous félicite.
— Je n'ai pas réfléchi. J'ai tiré tout simplement.
— Je le sais bien Shauska. Vous avez suivi votre instinct et vous avez fait mouche. La Force vous a aidé.
— La Force ? Mais je ne suis pas un Jedi. Cela est impossible.
— La Force est partout, Anakin vous l'a expliqué. Elle coule en vous comme elle coule en chaque être vivant. Faites-lui confiance, fiez-vous à elle et vous pourrez accomplir de grandes choses.
Shauska en fut la première étonnée. Elle n'avait jamais pu imaginer être en mesure d'utiliser la Force. Mais elle venait de comprendre quelque chose d'essentiel. Obi-Wan avait raison. Si la Force était partout, alors elle était aussi en elle. Elle se sentit ragaillardie. Comme si tout un univers des possibles était maintenant à portée de main. Elle ne le savait pas complètement pour l'instant, mais les quelques secondes de combat venaient de changer sa vie, sa vision des choses et sans en avoir conscience, elle avait pris confiance en elle. Elle était encore plus déterminée à éliminer la malédiction de Cachi-Mee.
Maintenant qu'elle avait une arme et la Force pour allié, alors tout devenait envisageable. Et pendant une seconde elle se surprit à penser qu'elle pourrait devenir l'égale du Jedi. Et pendant une seconde, elle fut submergée d'admiration envers Obi-Wan. Son cœur bondit dans sa poitrine et quelque chose d'indescriptible électrisa tout son corps. Elle ne savait pas encore que la suspicion, la rancœur qu'elle éprouvait envers Obi-Wan était en train de se transformer en admiration. Elle ne savait pas encore qu'elle venait tomber amoureuse du Jedi.

De l'autre côté de la ville, au même moment, Anakin cavalait sur la rampe de lancement de l’astroport. Pendant un instant il avait crut enfin pouvoir mettre la main sur la nano-étoile. Elle était passée devant ses yeux quelques instants plus tôt. Cela faisait des heures maintenant qu'ils étaient partis à sa poursuite. Il savait l'importance qu'avait cette étoile et il était déterminé à l'attraper coûte que coûte. Runh Rapuhn le suivait tant bien que mal mais il n'était pas aussi agile qu'Anakin. Les deux Saboteurs : Haïn et Jiin, accompagnés par Ish Atam et quelques Poussières, avaient décidé de prendre l'étoile à revers. Le seul moyen de l'attraper était de faire en sorte qu'elle soit coincée et n'ait d'autre solution que de repartir en direction d'Anakin. Ils avaient déjà tenté la manœuvre dans l'ancien Colisée en ruine de Cachi-Mee. Ils avaient été à deux doigts de l'attraper, mais ce maudit Jiin l'avait laissé s'échapper. Haïn l'avait alors copieusement arrosé d'un torrent d'insultes. Mais cette fois-ci, elle était bel et bien coincée.
L'étoile tournoyait dans tous les sens dans le sous-sol de l'astroport, elle filait à toute vitesse et se faisait un malin plaisir de narguer ses poursuivants en allant virevolter devant leurs yeux pour mieux s'échapper ensuite. Mais cette fois-ci, il y avait un problème. Le jeune garçon de l'autre côté de l'astroport n'était pas un humain comme les autres. Elle l'avait senti. Il était différent. Elle était décidée à s'offrir à lui mais pas tout de suite. Elle voulait encore jouer avec leurs nerfs car cela l'amusait beaucoup. Quelques instants plus tôt, Runh l'avait attrapé et avait refermé sa main orange sur elle. Mais elle refusa de se laisser prendre par cet énergumène. Elle avait alors entamé une rotation infinie sur elle-même. Dégageant une chaleur telle, que Runh n'eut d'autre solution que d'ouvrir sa main pour qu'elle puisse continuer sa course folle.
— Elle vient vers vous. Hurla Haïn du haut de la passerelle.
Anakin stoppa sa course. Il regardait dans toutes les directions mais aucune trace de lumière.
— Où est-elle ? Hurla-t-il à son tour.
Il aperçut Jiin juste au-dessus de lui qui pointa du doigt l'étoile.
— Elle est là, Monsieur Anakin. Juste devant vous.
L'étoile avait surgi juste là, devant ses yeux. Elle lévitait à sa hauteur. Anakin s'élança alors dans sa direction, les deux bras en avant pour l'attraper. Il allait refermer ses mains sur elle quand elle fila au-dessus de sa tête. Runh essaya de se jeter dessus mais sans succès. Elle emprunta alors la rampe et descendait à toute vitesse dans les profondeurs des cales sèches. Anakin à sa course. Il dévala la rampe en sautant et en courant. Cette fois-ci, elle ne lui échapperait pas. Lui aussi était déterminé. Il la voulait.
Elle s'engouffra alors dans une conduite d'aération. Anakin la suivit. Il était encore assez petit et svelte pour aller la débusquer. L'étoile fila jusqu’à une petite grille qu'elle ne pouvait traverser. Cette fois elle était prise au piège. Elle aurait pu exploser la grille si elle l'avait voulu, mais elle estima qu'il était temps pour elle de se donner au Padawan. Elle s'immobilisa et attendit qu'Anakin la retrouve.
Anakin rampait dans la conduite d'aération. Il s'immobilisa quand il l'a vit juste devant lui. Elle tournait sur elle-même et faisait de petits mouvements de va-et-vien d'avant en arrière.
— Sois gentille. Dit Anakin. Je ne te veux aucun mal. Viens à moi.
Anakin allongé, lui présenta ses deux mains ouvertes.
— Viens. Répéta-t-il. Nous avons besoin de toi.
La nano-étoile émis un son plaintif. Elle s'approcha lentement d'Anakin et vient se positionner entre ses mains. L'étoile ne brûlait pas. Délicatement, Anakin fit demi-tour pour sortir de la conduite d'aération avec toutes les précautions possibles. Une fois debout dans la cale sèche, il leva les yeux pour découvrir que toute l'équipe était là, à l'attendre. Anakin maintenait l'étoile entre ses deux paumes dont on devinait les rayons étincelants entre ses doigts. Les Poussières murmuraient entre eux. Haïn fit un pas en avant.
— Bravo petit enfant ! S'exclama-t-il. Voilà une bonne chose de faite. Pas vrai Runh ?! Haïn claqua le dos de Runh pour le féliciter. Il fit ensuite quelques pas en arrière, soudain conscient qu'il risquait de se prendre une baffe.
Un des Poussière s'avança, tenant dans sa main une lanterne rouillée.
— C'est ça… maison. Déclara Ish Atam.
Anakin se mit à chuchoter entre ses doigts :
— Tu vois. C'est ta maison. Tu es chez toi maintenant.
Il plaça l'étoile à l'intérieur de la lanterne et referma aussitôt la vitre en verre opaque. A cet instant, les Poussières poussèrent des cris de joie. Pour la première fois depuis des décennies, apparaissait une lueur d'espoir. Une lueur faite de rayons d'or qui éclairait la cale sèche.

Obi-Wan et Shauska étaient tapis dans l'ombre. Depuis leur cachette, ils avaient une vue circulaire sur tout ce qui se passait en contrebas. Ils pouvaient voir des dizaines et des dizaines de Poussières enchaînés qui se suivaient les uns et les autres. Ils étaient très maigres et vêtus de haillons. Ils traînaient des pieds en s'engouffrant dans la mine, bousculés et frappés par des B1 qui les tenaient en joue. Obi-Wan remarqua une silhouette qui s'agitait sur un balcon. Elle donnait des ordres, vociférait et s'acharnait sur un B1 qui, apparemment, ne cessait de lui répéter qu'il faisait son maximum. Shauska la pointa du doigt et Obi-Wan acquiesça. Il aurait bien voulu entendre ce que la silhouette criait, mais le vrombissement de l’excavatrice était trop bruyant. La silhouette fit encore de grands gestes d'exaspération et de façon très théâtrale, elle quitta le balcon d'un pas hystérique en maudissant l'incompétence du droïde qui la suivait. Obi-Wan n'avait pu voir sa silhouette mais il savait à qui il avait à faire : La malédiction de Cachin avait une forme humaine. Il ne manquait plus qu’un visage. Obi-Wan décida de quitter la cachette et de la suivre sans se faire repérer.
Obi-Wan et Shauska exploitèrent les moindres recoins sombres de la meilleure des manières. Ils avançaient lentement et dès qu'ils le pouvaient, couraient à toutes jambes pour se faufiler dans une autre encoignure. Avec du temps et de la patience, ils se glissaient au nez et à la barbe des cyclattes qui montaient la garde à chaque intersection de cette interminable dédale de couloirs et d'escaliers. Ils finirent par atteindre l'entrée du laboratoire en longeant un chemin de câbles métalliques qui surplombait la table d'opération.
Dans le laboratoire, ça s'agitait dans tous les sens. Les droïdes se bousculaient et s'invectivaient. Les machines s'exclamaient dans un concert de bips et de plaintes électroniques. Obi-Wan remarqua le Géonisien qui s'affairait sur un ordinateur. Celui-ci dit quelques mots en langage Géonisien qu'il ne comprenait pas.
Soudain le visage de Shauska s'illumina. Elle tira sur le bras d'Obi-Wan et sans dire un mot, pointa du doigt la boule noire striée d'éclair qui se trouvait juste en dessous d'eux. Sans jamais l'avoir vu de ses yeux, Shauska savait qu'elle contemplait l'une des sources de la Fontaine de l'Étoile.
Au même moment, Darth Myseris déboula dans le laboratoire, sa cape déchirée voltigeant au rythme de ses pas. Obi-Wan en eut le souffle coupé. Il reconnut immédiatement Sajura Zaharcha. Elle ne portait pas de coiffe, ni de postiche. Elle était presque chauve et son crâne n'affichait que quelques touffes de cheveux gris éparses qu'elle ne prenait plus la peine de coiffer. L'image de la brosse à cheveux dans la chambre traversa l'esprit du Jedi. Il avait maintenant une image complète de la calamité qui régnait en despote sur Cachin. Non seulement c'était une femme mais c'était une princesse morte. Un sentiment de terreur envahit Shauska. Elle fut prise d'un tremblement intense. Elle ne pouvait contenir ses émotions. Obi-Wan su à cet instant qu'ils allaient se faire repérer, c'était inévitable et imminent. Car si Anakin avait cru voir un Sith dans la Cantine Solitaire, c'était bien un Sith qui faisait les cents pas au centre du laboratoire. C'était maintenant une certitude pour Obi-Wan. Ils ne pourraient rester cacher sans que Darth Myseris ne ressente leur présence.
Obi-Wan pris le visage de Shauska entre les mains.
— Vous devez fuir au plus vite. Sortez d'ici et prévenez Anakin.
— La boule noire. Il faut récupérer la boule noire. Elle est vitale pour Cachin. Je ne repart pas sans elle !
— Je m'en occupe Shauska. Dites à Anakin de contacter au plus vite et par n'importe quel moyen le Conseil Jedi. Dites-lui qu'un Chevalier Sith contrôle la mine. C'est notre seul espoir de mettre un terme à cette infamie. Tenez prenez mon comlink. Dès que vous serez sortie d'ici, contactez-le et dite lui tout ce que vous avez vu. Vous avez toujours le blaster ?
— Oui. Shauska écarta un pan de sa veste et lui montra le bout de la crosse du blaster coincé dans son pantalon.
— Parfait. Surtout n'hésitez pas. Ne pensez pas. Si vous êtes en danger, tirez.
— Obi-Wan, qu'allez-vous faire ?
— Je vais jouer mon rôle de Jedi, faire diversion pendant que vous prenez la fuite. Ensuite je m'occupe de la sorcière noire, je récupère la boule noire et je vous rejoins. Faites-moi confiance. Je sais ce que je fais.
Shauska hésita un instant et prenant son courage à deux mains, elle embrassa Obi-Wan sur la joue. Au moment où Shauska se mit à ramper en direction de la sortie, Darth Myseris fit voler sa cape en se retournant d'un coup sec. Elle jeta un regard rapide vers le haut du laboratoire et alluma son sabre laser.
Sans réfléchir, Obi-Wan en fit de même et sauta au sol. Shauska eut juste le temps de voir le Jedi asséner quelques coups de sabre laser avant qu'il ne soit abattu par un coup de blaster tiré par un B1. Darth Myseris fit voler le sabre laser d'Obi-Wan jusqu’à sa main. Au même moment, le Capitaine Darko fut submergé par des contorsions abominables. Comme si une créature démoniaque voulait sortir de son corps.

Anakin sentit son cœur se tordre. Obi-Wan était en danger. Mais il y avait autre chose. Comme si un cauchemar venait de se réveiller. Une enveloppe noire était en train de lui lacérer l'âme. Une force sortie de nulle part venait de renaître. Il eu un étourdissement et le malaise passa.

Shauska était en nage. Elle suait à grosses gouttes et haletait. Elle venait de descendre plusieurs étages en dégommant quelques B1 et quelques Cyclattes. L'alarme criait à tout rompre et son écho résonnait contre les murs. Elle essayait de ne pas penser, surtout ne pas réfléchir, ne pas ressasser, ne pas ruminer la vision du corps d'Obi-Wan s'étalant sur le sol. Était-il mort ? Elle ne voulait pas savoir. Elle ne voulait pas perdre espoir. Il était tombé… mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'il était mort. Non. Il faut garder espoir. Il n'y pas de vie sans espoir. Elle se ressaisit, chassa ses idées noires qui serpentait dans son esprit, serra très fort son blaster contre sa poitrine et couru de toute ses forces en direction du bassin de refroidissement. Quand elle aperçut la Cyclatte qui lui barrait le passage, elle lui tira une salve en pleine tête et sauta directement dans l'eau. Elle s'enfonça dans le noir et fut aussitôt happé par le courant qui l’entraîna dans la conduite. Elle n'avait aucune idée du temps que cela allait prendre et se demanda si elle n'avait pas pris la mauvaise décision. « Un peu trop tard pour y penser, juste un peu» se dit-elle. Il lui fallait retenir sa respiration le plus longtemps possible. Ensuite, il suffisait de se laisser porter. Elle ferma les yeux en tentant de faire le vide en elle. Maintenant qu'elle était convaincue que La Force était réelle et qu'elle était partout, elle l'appela de toute son âme pour qu'elle lui vienne en aide. Le déferlement d'eau bifurqua plusieurs fois et Shauska se cogna la tête à chaque fois. Tenant toujours fermement son blaster, elle commença à souffler et à expirer par de petites bulles qu'elle essayait de contrôler. Bientôt elle n'aurait plus de souffle. Bientôt elle finirait par ouvrir la bouche dans un reflexe de survie et bientôt elle avalerait de l'eau. Elle devait tenir. Tenir jusqu'au bout. Un élan de volonté de survie électrisa sa colonne vertébrale. Elle voulait survivre coûte que coûte. « La vie veut la vie » se dit-elle. « Je dois tenir ». Mais la volonté ne fait pas tout. Elle devait respirer. Elle ne pouvait pas tenir éternellement comme ça. L'air. Elle voulait de l'air, celui qu'on respire sans plus s'en rendre compte. L'air si nécessaire, si important, si vitale. Tout à coup le courant bifurqua vers le haut. Shauska ouvrit les yeux et aperçut de petits ronds de lumières blanc qui flottait dans l'eau. Elle y était. Elle y était presque. Dans quelques secondes interminables, elle retrouverait la vie et la lumière. Dès qu'elle sortit la tête de l'eau, elle inspira une énorme quantité d'air, le plus possible, ce qui ne manqua pas de la faire tousser et au passage, elle bu la tasse à de multiples reprises. Mais elle respirait. Elle respirait de nouveau et pendant une minute, elle oublia complètement qu'elle inhalait un mauvais air ; l'air vicié de Cachi-Mee.
Une fois qu'elle eut repris quelques forces, elle nagea jusqu’à la rive et s'extirpa de la sentine en rampant. Elle cracha un peu et s'écroula sur le sol. Elle était en vie. Quand elle retrouva ses esprits, elle saisit le comlink et le porta à ses lèvres.
— Anakin ! Anakin est-ce que vous m'entendez ?
Pour toute réponse, elle n'eut que le grésillement parasitaire des ondes radios. Elle renouvela sa question et au bout de la troisième tentative, elle obtenu une réponse :
— Ici Anakin, Obi-Wan ? Maître ?
— Ici Shauska. Anakin vous m'entendez ?
— Je vous entends Shauska. Où est Obi-Wan ?
— Il est tombé.
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Messagepar harnis29 » Ven 24 Fév 2017 - 12:41   Sujet: Re: La Révolte des Poussières -Chap 13 : La Fontaine de l'ét

La Révolte des Poussières
Chapitre 14
Le colosse de Cachi-Mee

La nuit avait fondu sur Cachi-Mee et son chapelet de misère. Le vent s'était levé et s'était transformé en tempête quand le soleil eut disparu de l'horizon bouchée, soulevant et projetant un flot continu de cendres et de poussières contre les murs de la ville. Les accents plaintifs des rafales de vent qui sifflait entre les fenêtres brisées, tourbillonnaient et s’engouffraient jusqu’à l’intérieur du hangar situé en sous-sol qui servait d'abris à des dizaines de Poussières. La plupart étaient déjà d'un âge avancé. Il n'y avait pas ou très peu d'enfants. Il n'y avait que des vieillards, des estropiés ou des malades, trop faibles pour servir à la mine. Parfois les pleurs et les sanglots d'un bébé déchiraient le silence pesant, mais c'était plutôt de manière sporadique. Juste de temps en temps et pendant quelques secondes. Les Poussières s'économisaient. Le hangar faisait office de dortoir, d’hôpital, de nurseries et de garde-manger. Quelques torches allumées, ici et là, dessinaient des ombres au couteau sur les visages éteints, émaciés et creusés. Ceux qui étaient encore valides aidaient comme ils le pouvaient en proposant des cuillères de bouillie aussi bien aux édentés qu'aux nouveau-nés. Le sort s'était acharné sur ce peuple autrefois si nobles et prestigieux. L'âge d'or de Cachin était révolu. La civilisation était retournée à l'âge de pierre.
L'entrée du hangar était gardé par un vieux fossile de Poussière qui peinait à tenir debout et dont l'équilibre précaire était malgré tout maintenu par une lance en bois sur laquelle il s'appuyait. Un énorme pendentif se balançait autour de son cou. Le pauvre homme voûté, tremblait comme une feuille et semblait mâchonner un aliment invisible sans fin. Quand la porte du hangar s'ouvra tout d'un coup, il eut à peine le temps de se redresser. Une dizaine de Poussières couvert de poussières pénétrèrent dans le hangar, suivit de près par Ish Atam et Runh Rapuhn qui soutenait Shauska par les épaules. Anakin était juste derrières eux. Haïn et Jiin fermaient la marche, surveillé de près par deux Poussières qui tenaient fermement leur lances aux bouts métalliques d'un autre âge. Ish Atam et Runh déposèrent Shauska sur un lit de fortune. Encore trempée et grelottante, Shauska protesta quand Ish Atam arracha une couverture à un vieux Poussière qui végétait dans son coin. « Tu devrais avoir honte ! » grogna-t-elle. Elle rejeta la couverture que Runh s'empressa de redonner au vieillard.
— C'était pour te réchauffer… Répondit Ish Atam d'un air penaud.
— Je n'ai pas besoin de ton aide Ish. Ajouta Shauska, glaciale.
— Tu vas attraper la mort.
— Elle nous a déjà tous attrapé. Nous sommes tous condamnés. Ce n'est qu'une question de temps.
Shauska se tourna vers Anakin, les yeux brillants.
— Obi-Wan s'est sacrifié pour moi. Il a donné sa vie pour que je puisse m'échapper. Anakin, je suis désolé.
— Mon maître à plus d'un tour dans son sac.
— Je l'ai vu tomber Anakin. Il est sûrement mort à l'heure qu'il est.
— Je suis certain que non. Je l'aurais senti. Il n'est pas mort. Je le sais. Mais il est en danger.
— Oh Anakin… elle ne lui laissera aucune chance. Elle est sans pitié.
— Elle ?
— La sorcière noire. La malédiction de Cachin.
A l'évocation de la sorcière noire, plusieurs Poussières s'approchèrent et l'un d'eux pris la parole :
— Elle se fait appeler Darth Myseris. C'est son nom à présent.
Un frisson parcourut l'échine d'Anakin. Tout devenait clair à présent. Cette curieuse sensation qui s'était emparée de lui depuis qu'il avait posé le pied sur Cachin avait une origine. Il n'avait pas su expliquer jusqu’à présent avec des mots ce qu'il ressentait. Cette impression diffuse et opaque qui occultait son esprit avait une raison d'être. Et il pouvait à présent désigner verbalement le voile tamisé et nébuleux qui l'entourait : Le côté obscur de la Force gouvernait cette planète.
— Oh Anakin, comme je m'en veux. Nous n'avons plus aucun espoir. Jamais nous ne pourrons nous révolter, ni mettre un terme à cette abomination.
— Nous devons absolument contacter le Conseil Jedi. C'est notre seule chance.
— Mais comment ? Implora Shauska. Nous n'avons plus la technologie. Nous n'avons plus rien.
— Et la navette ? Proposa Jiin. Si les deux droïdes mécaniciens ont fait leur travail, peut-être que nous pouvons utiliser le système de communication de la navette ? Non ?
— Elle est a des jours de marches d'ici. Combien de temps nous faudrait-il pour rejoindre la grande montagne dans le désert ? Demanda Anakin à Ish Atam.
— Le Mont Goth ? S’enquerra Shauska. Vous vous êtes écrasé sur le Mont Goth ?
— Je ne connais pas le nom de cette montagne. Mais la navette est juste à coté d'une grande montagne au pic enneigé.
— Il n'y a qu'un seul mont sur cette planète et c'est le Mont Goth. Il est à une quinzaine de jours de marches.
— Quinze jours… c'est trop long. Si au moins on avait un speeder...
Le poussière qui avait prononcé le nom de la Sorcière Noire repris la parole :
— L'armée de Darth Myseris possèdent de nombreux speeder. Il faudrait réussir à en voler un.
— On va faire d'une pierre deux coups. Dit Anakin. Je ne peux laisser mon maître seul, sans lui venir en aide. Nous allons le libérer, voler un speeder et contacter le Conseil Jedi.
— C'est impossible Anakin. Elle possède une armée de droïdes et de cyclattes. Même si nous étions des milliers, nous n'aurions aucune chance. Et elle à quelque chose que nous avons perdu il y a longtemps. Elle possède la boule noire de la Fontaine de l'étoile. Je l'ai vu de mes propres yeux. Elle l'utilise comme source d'énergie.
— À ce jeu là, nous sommes à égalité.
Anakin se retourna vers les deux Poussières qui tenaient la lanterne sous un drap. Il leur fit signe de s'approcher. Quand ils se trouvèrent devant Shauska, Anakin retira le tissu de la lanterne. A l’intérieur brillait de mille feux, l'étoile jaune.
Shauska en resta bouche bée.
— Alors nous ferons d'une pierre, trois coups. Conclu Anakin. Nous allons libérer Obi-Wan, voler la boule noire et dérober un speeder. C'est tout simple.
Shauska ne pouvait dire un mot. Elle était subjuguée par les rayons de la lanterne.
— Comment ? Comment est-ce possible ? Où l'avez-vous trouvé ?
— C'est moi qui l'ai vu le premier. Répondit Haïn. Nous l'avons pris à revers et elle n'a eu d'autre choix que de se jeter dans les mains du gamin. Hein Gamin ?! Haïn tapota l'épaule d'Anakin.
— Shauska. Reprit Anakin. Nous ne devons jamais perdre espoir.
— Elle est revenue. Elle est revenue à nous. Je ne peux le croire et pourtant la voilà. Tu as raison Anakin. Ne jamais perdre espoir. Il faut aller chercher son compagnon.
Shauska approcha son visage de la lanterne. Elle voulait regarder de plus près cette étoile de légende. Son visage changea d'expression. Elle était illuminée non seulement par les rais de lumières mais aussi par l'espoir. Tout en admirant la lanterne, Shauska continua :
— Ne pas perdre espoir. Non. Shauska se leva et prit Anakin entre ses bras. Sois béni Anakin. Oh jeune garçon, tu es un miracle. J'ai totalement foi en toi. Tu nous sauveras tous, je le sais maintenant. Nous allons faire comme tu as dit : Nous allons libérer ton Maître, reprendre la boule noire afin de les unir à nouveau, voler un speeder, contacter le Conseil Jedi et mener une dernière bataille contre la Sorcière Noire, cette Darth Myseris de malheur. Oui nous allons faire tout ça. Anakin, es-tu sûr qu'Obi-Wan est en vie ?
— J'en suis certain.
— Alors qu'il en soit ainsi. Allons-y maintenant !
Shauska retira la plupart de ses habits, là sur le champ, tant est si bien que tout le monde se retourna tandis qu'elle enlevait un à un les bouts de tissus qui cachait son corps. Elle continuait à parler, totalement transformée, enflammé, ne se souciant guère de la situation. Elle donna la plupart de ses vêtements à un Poussière en échange des siens, qui était ravi de pouvoir contempler une aussi belle jeune femmes à moitié nue. Il lui passait ses propres effets sans la quitter du regard et avec un sourire presque niais. Elle n'arrêtait pas de répéter la même chose :
— Obi-Wan est vivant. L'étoile a été retrouvée. C'est un signe. Oh que oui c'est un signe.
Et enfin elle s'emporta :
— Tu vas voir vieille Sorcière de malheur. Tu vas goûter à la colère de Cachin.
Quand enfin elle fut habillée des pieds à la tête, elle ajouta :
— Je suis prête. Allons-y !
— Non. Répondit Anakin. Shauska, vous avez déjà fait votre part. Vous restez ici.
— Quoi ? Mais non. C’est hors de question. Anakin, tu n'as pas le droit de m'imposer cela.
Anakin s'approcha d'elle et lui pris les mains.
— Shauska. Vous n’êtes pas une guerrière. C'est une mission pour des combattants.
— Si, je suis une guerrière. Regardez ! J'ai même un blaster. Et je suis un bon tireur. Obi-Wan l'a dit.
— Je n'en doute pas. Mais regardez. Voici mon équipe de choc, des soldats, des combattants, des Saboteurs et un briscard orange. Faites-moi confiance.
Soudain Shauska s'affala sur le lit, comme hébétée. Elle chercha un argument, mais son esprit était embrouillé. Après quelques instants elle dû se résoudre à la volonté d'Anakin de la laisser en plan. Elle plongea son regard dans la lanterne.
Anakin s'adressa alors à son équipe.
— Saboteurs êtes-vous prêt au combat ?
— Affirmatif mon général ! S'écria Haïn. Nous sommes toujours prêt.
— Je ne suis pas général Haïn !
— Je le sais mon général. Beugla encore une fois Haïn. Jiin ! Tiens-toi droit devant le général !
— Haïn. Je suis ton Seigneur, tache de ne pas l'oublier.
— Oh oui pardon. Je le sais que trop bien mon Seigneur. Je me suis emporté. C'est l'excitation. Une bataille est proche, vous savez comment je suis quand je sens le combat arriver…
— Runh. Je peux compter sur toi ? S'enquerra Anakin.
— Oui. Je suis avec vous.
— Ish Atam ?
Shauska expliqua la situation à Ish Atam. Ils échangèrent quelques phrases et aussitôt celui-ci, parla fort et l'attention de tous les Poussières présents dans le hangar. Plusieurs Poussières se levèrent, bâton à la main.
— Il est avec vous. Conclu Shauska.
— Très bien. Fit Anakin. Ne perdons pas de temps. Allons-y.
Anakin s'engagea vers la sortie, suivit de près par son équipe. Ish Atam s'avança vers Shauska.
— Tu as été très courageuse Shauska. Je te fais la promesse que nous reviendrons avec la boule noire de la Fontaine. J'en fais le serment.
— Je sais. Répondit Shauska d'un ton neutre.
— Est-ce que tout va bien ?
— Non. Tout ne va pas bien.
— Que se passe-t-il ? Puis-je faire quelque chose ?
— Oui tu peux faire quelque chose. Ramène Obi-Wan vivant.
— Je ferai de mon mieux. Je t'en fais la promesse.
— Oui. Promet le Ish. Promet le.
Et pour Ish Atam, ce fut comme un coup de poignard. Il sut à cet instant que Shauska venait de lui échapper pour toujours. Il sut à cet instant qu'il ne serait jamais celui qui est aimé. La lame de l'amère déception venait de lui transpercer le cœur de part en part. Le cœur de Shauska battait pour quelqu'un d'autre.


A l'intérieur du laboratoire, Obi-Wan repris conscience et fut aussitôt assailli par une douleur provenant de son épaule gauche. Il était attaché de la même manière que le Capitaine Darko lorsqu’il fut soumis à la sentence du Juge sur Coruscant. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre complètement ses esprits et évaluer la situation. Il aperçut son sabre laser posé sur une table de contrôle devant la vitre qui donnait sur le dôme.
Darth Myseris faisait toujours les cents pas au centre du laboratoire et se parlait toute seule à voix basse. Elle venait de capturer un Jedi. Et pas n'importe quel Jedi. Un des plus connus. Un des plus respectés. Le Maître du jeune prodige. Toute la question était de savoir ce qu'elle allait bien en faire. Devait-elle prévenir Darth Sidious ? Elle n'en était pas convaincu. Si le Jedi avait informé le Conseil, s'en était fini de leur opération clandestine et Darth Sidious se montrerait implacable. Cela sonnerait le glas de leur relation privilégiée. D'un autre côté : Obi-Wan était une prise de guerre essentielle. Un fait d'arme dont elle tirait une énorme satisfaction. Elle voulait crier et faire savoir à la galaxie tout entière que, elle, Darth Myseris, était la plus terrible et la plus puissante de tous les Sith. Et que dorénavant, le monde ne serait plus jamais le même.
Après plusieurs minutes de tergiversation, elle réussit à se convaincre elle-même qu'il était trop tôt pour prévenir son Maître Sith. Il fallait absolument qu'elle tire son épingle du jeu dans cette circonstance. Elle devait faire un coup d'éclat spectaculaire. Si Obi-Wan était ici, alors son jeune Padawan ne devait pas être loin. Et si il y avait bien une chose dont elle était sûre et certaine, c'était qu'il ne tarderait pas à montrer le bout de son nez.
Si elle capturait les deux Jedis sans qu'ils aient eut le temps de contacter le Conseil Jedi, alors ce n'était plus simplement un coup d'éclat. Mais une véritable bataille qu'elle gagnerait toute seule. Darth Sidious ne pourrait qu'en être admiratif.
— Princesse Zaharcha, vous êtes vivante. J'en suis heureux.
— Taisez-vous ! Misérable ! Aboya Sajura. Ce nom n'existe plus. Je suis Darth Myseris et vous êtes mon prisonnier
Darth Myseris se rua sur Obi-Wan et lui claqua le visage de toutes ses forces.
— Misérable Jedi. Vous n’êtes qu'un incapable comme toute votre confrérie.
Obi-Wan senti le goût de son propre sang qui coulait dans sa bouche. Il avait déjà pris de nombreux coups dans sa vie, mais cette claque fut d'une force inouïe. Malgré tout il continua :
— Princesse Zaharcha, qu'avez-vous fait ? Votre père vous croit morte. Je l'ai vu pleurer votre disparition de toutes les larmes de son cœur.
Darth Myseris le gifla à nouveau.
— Taisez-vous ! Hurla-t-elle encore une fois. Je n'ai pas de père. Le roi Zaharcha n'est qu'un infâme ventripotent, un être abjecte et corrompu. Il ne représente que la décadence et la sénescence. Il ne mérite aucune compassion. Ni de ma part, ni de qui que se soit. Il pleure vous dites ? Et bien qu'il pleure. Je ne verserai aucune larme pour lui, ni pour personne.
— Sajura, il n'est pas trop tard. Vous pouvez encore changer les choses. Revenez à la raison je vous en prie.
— Parce que vous pensez que j'ai perdu la raison ?! Oh vous faite fausse route, mais cela ne m'étonne pas. Vous, les Jedis, vous êtes englués dans vos certitudes et vos traditions d'un autre âge. Mon esprit n'a jamais été aussi clair, aussi limpide. Ce que j’accomplis ici et maintenant aura des répercussions interstellaires. Retenez bien mon nom. Je suis Darth Myseris et je serais votre calamité.
— Sajura, je vous en supplie…
Darth Myseris le gifla encore. Et encore. Jusqu'a ce qu'Obi-Wan perde connaissance. Elle vient alors parler à son oreille :
— Pauvre minable Jedi. Votre dynastie touche à sa fin, je pourrais vous plaindre mais ce serait encore vous montrez trop d’égards. Tout est de votre faute. Absolument tout. Alors vous en paierez le prix fort, je vous en fait la promesse.
Le Géonosien, qui s'attardait sur son écran de contrôle, s'adressa à Darth Myseris.
— La phase quatre des tests est prête Madame.
— Autrefois j'étais une princesse, alors appelez-moi : « votre altesse ».
— Votre Altesse, tout est prêt.
Darth Myseris regretta un peu d'avoir autant frappé le Jedi. Elle aurait bien voulu guetter sa réaction quand la chose prendrait vie. Elle voulait voir la terreur dans ses yeux. L'arme serait bientôt prête et il lui tardait d'en apprécier tout le potentiel. La galaxie toute entière serait subjuguée et désemparée.
Dans sa capsule, le Capitaine Darko flottait mollement, les bras ballants. Il était maintenant habillé d'une combinaison spécialement faite pour lui, pour le maintenir en vie.
Darth Myseris, comme à son habitude lors des phases de test, se plaça devant la vitre qui donnait sur le dôme. Elle posa sa main sur le sabre laser d'Obi-Wan afin de ne pas être prise au dépourvu s'il venait à se réveiller. Elle plongea son regard assoiffé d'espérance sur la masse informe. Il y avait bien plus de Cinium que pour le premier test. Une véritable petite montagne de métal reposait paisiblement sur le sol humide du dôme. Et plus il y avait de Cinium, mieux c'était. Il fallait voir les choses en grand et dans ce domaine, Darth Myseris était la championne de l'ambition. Elle voyait grand. Très grand. Plus grand que n'importe qui, plus grand que tout.
Le long bip de l'ordinateur central annonça que le synchronisation était effective. Le corps du Capitaine Darko fut soumis à d'intenses convulsions et la masse de Cinium s'anima. Darth Myseris actionna plusieurs leviers tout en ne détachant pas son regard de la masse. Elle était en train de lui donner une forme. Elle était en train de créer une œuvre. C'était comme si elle façonnait un corps à partir d'une boule d'argile. Oubliée forme humaine. Il fallait qu'elle laisse libre cours à son imagination. Hors de question de se laisser limiter par l'aspect reconnaissable d'une silhouette humaine. Elle donnait naissance à un monstre aux griffes acérées et aiguisées. La gueule de la bête pris forme. Son museau s'avança, laissant apparaître des rangés de dents crochetées. Le monstre était d'une taille gigantesque ; ses épaules et son dos recouverts de grandes plaques osseuses et pointues touchaient presque le plafond du dôme. Darth Myseris était une artiste en pleine création.

Anakin stoppa net son avancée. Imité tout de suite par le reste de l'équipe.
— Qu'est-ce que c'était ? S'alarma Jiin. Vous avez senti ?
Anakin posa sa main sur le mur extérieur du dôme. Le mur tremblait.
Soudain ils entendirent tous un cri sourd et caverneux provenant du sommet du dôme. La plainte était si forte qu'elle rebondissait sur les façades d'immeubles encore debout de la capitale.
— Bon sang, qu'est-ce que c'est encore que ce truc ? Grommela Haïn. On dirait le grognement d'un animal féroce.
— J'espère que non. Ajouta Runh. Imaginez la taille de l'animal pour produire un tel cri.
— Allons n'ait pas peur. Toi aussi tu es un animal féroce, et orange de surcroît.
— Je n'ai pas peur Saboteur. Rien ne me fait peur.
— A la bonne heure. Bon que fait-on ? Demanda Haïn.
Anakin en tant que chef de corps expéditionnaire devait prendre des décisions. C'était son rôle. Il devait décider, vite et bien.
— Nous devons nous séparer pour augmenter nos chances. Tout le monde à une arme ?
Les deux Saboteurs exhibèrent fièrement leur blaster. Runh montra ses poings, Ish Atam tenait fermement le blaster de Shauska et les Poussières leurs lances.
— Runh. Je te prête mon grappin. Prends avec toi les deux Saboteurs. Passez par la tour ouest. Essayez de grimper le plus haut possible. Nous avons deux missions à accomplir. Il faut retrouver la boule noire et libérer Obi-Wan. Runh, je veux que tu t'occupes de la boule noire. Ish Atam et moi, nous nous occupons de trouver Obi-Wan. Dès que l'un des objectifs est atteint, trouvez et volez un speeder pour vous échapper au plus vite. Je veux que trois poussières accompagnent Runh et que les trois autres viennent avec nous. Ish Atam, nous allons emprunter le chemin inverse de celui qu'a utilisé Shauska.
Ish Atam resta circonspect. Il n'avait pas tout compris, mais juste quelques mots prononcés par Anakin. Ce qui obligea celui-ci à mimer le fait de nager sous l'eau. Anakin sorti ensuite de sa ceinture une petite boite hermétique qui contenait son respirateur à air comprimé.
— Nous utiliserons ceci à tour de rôle. Cela permet de respirer sous l'eau.
Anakin mima le fait d'inspirer et d'expirer et fit le geste de le passer à un Poussière et puis à un autre.
— Il nous faut une corde. Ajouta Anakin.
Un des Poussière tendit une espèce de cordelette, plutôt une ficelle très fine, à Anakin qui s'empressa de tester sa solidité en tirant dessus.
— Ce n'est pas l'idéal, mais on fera avec. Écoutez-moi tous une dernière fois. Ne jouez pas aux héros. Ne prenez pas de risque inconsidéré, veillez les uns sur les autres. Vous deux : si jamais vous désobéissez aux ordres de Runh, vous aurez à faire à moi.
— Quoi ? C'est le mollusque qui commande ? Non mais vous plaisantez ! S'emporta Haïn. Je ne reçois pas d'ordre d'un crustacé !
Anakin saisit Haïn par le col de son gilet et le souleva pour coller son visage devant le sien.
— Si jamais j'apprends que vous avez mis en péril cette mission, c'est vous que je vais réduire à l'état de gastéropode. Est-ce que je me suis bien fait comprendre Saboteur ?
— Je veillerais sur lui. Répondit Jiin. Je peux vous assurez que nous ferons tout notre possible pour que cette mission soit un succès. Vous verrez qu'avoir deux Saboteurs comme alliés est un atout plus que prépondérant. Nous vous donnerons entière satisfaction. Je vous le garantis.
Anakin reposa Haïn sur le sol.
— Vous suivez les ordres de Runh. Est-ce clair ?
— Tout à fait mon général ! Beugla Haïn en claquant un garde-à-vous
— Bien. Je vous souhaite bonne chance à tous. Allons-y.
— Mon général, Aurons-nous le droit de faire péter le bâtiment ? Essaya Haïn.
— Une fois qu'Obi-Wan sera libéré, sain et sauf ainsi que la boule noire en sécurité, vous pourrez faire sauter tout ce que vous voulez… Enfin. Presque. Non attendez. J'ai changé d'avis…
— Ne craignez rien. Repris Jiin. Je vous laisserai le loisir d'appuyer vous même sur le détonateur.
— Ha voilà. Très bien Jiin. Nous sommes d'accord. En avant.
Anakin fut aussitôt pris d'un doute tandis qu'il regardait Runh et « ses hommes » se diriger tout droit vers la tour ouest. Bien qu'il faisait, aveuglément, confiance à Runh, il ne pouvait s’empêcher d'être anxieux et préoccupé. C'était une chose d'envoyer Runh Rapuhn en mission. C'en était une autre de le laisser prendre le commandement d'une équipe flanquée de deux Saboteurs ingérables. Il ne fallait plus y penser. De toute façon, les dès étaient jetés.
Quand son équipe atteignit la rive sur laquelle ils avaient trouvé Shauska, Anakin déroula la corde et attacha chacun des Poussières, ainsi que Ish Atam par le poignet, en laissant assez de mou pour que tout le monde puisse nager sans trop d'entraves. Quand il eut finit d'enrouler la corde autour de sa propre cheville, il donna ses ultimes instructions :
— Je vais plonger en premier. Cela va être un peu compliqué de remonter le courant et cela va prendre du temps. Pensez bien à vous faire passer le respirateur toutes les trente secondes. Vous inspirez une grande quantité d'air comprimé et vous le passez à celui qui vous succède. Ensuite dans le sens inverse. Compris ?
Ish Atam acquiesça et répéta mot pour mot ce que venait de dire Anakin… du moins c'est ce qu'il espérait.
— Ne perdez pas le respirateur. Tenez votre lance dans la main qui est attachée à la corde. De l'autre vous nagez du mieux que vous pouvez.
Anakin pénétra dans l'eau glaciale jusqu’à à la taille. Suivit de près par Ish Atam et les autres. Il regarda longuement en direction du dôme en essayant d'évaluer la distance qu'ils allaient devoir parcourir sous l'eau.
— Tout le monde est prêt ?
Tous firent signe que oui et Anakin plongea.
Après quelques mètres sous l'eau, il se retourna pour être sûr que tout le monde suivait bien. Maintenant, il fallait nager le plus rapidement possible et à contre courant. Aucun humain « normal » n'aurait pu y arriver dans ces conditions. Mais c'était Anakin. Et pour lui : rien n'était impossible. Pour cela il lui fallait utiliser la Force. Il se concentra sur son objectif et projeta sa volonté en direction de la source du courant. Il projeta si fort sa volonté, la Force fut si forte, qu'ils furent tous tirés vers le fond à une vitesse incroyable. La corde était tendue et prêtre à rompre. Le courant était si puissant qu'ils avaient toutes les peines du monde à se passer le respirateur.
Une fois la conduite atteinte, Anakin réussit à s'agripper aux barreaux qui courait sur le plafond de celle-ci. Ils n'étaient plus obligés de nager à contre courant, ils leur suffisaient de se tenir fermement aux barreaux et d'avancer. Toutes les trente secondes, ils se passaient le respirateur, prenaient une énorme bouffée d'air et continuaient leur avancée. Ish Atam tapota l'épaule d'Anakin et lui tendit le respirateur dont il s'empressa de tirer une grande inspiration. Avec le courant et l’obscurité, ce n'était pas simple, mais à force de patience et de concentration, ils y arrivaient tant bien que mal. Au bout de quelques dizaines de minutes ils finirent par atteindre la conduite verticale.
Maintenant il fallait monter sous des trombes d'eau déchaînées. Ils finirent par atteindre le bassin de refroidissement où le courant était tout d'un coup bien plus faible. Anakin fit signe à Ish Atam de rester sous l'eau. Anakin détacha la corde de sa cheville et se hissa lentement vers la surface. Il sortit la tête de l'eau avec le plus de discrétion possible. Personne à l'horizon, ils pouvaient tous s'extirper du bassin sans faire de bruit. Trempés et tremblants, les trois poussières qui accompagnaient Anakin et Ish Atam, avaient une mine déconfite. Ils prenaient maintenant la mesure de la situation dans laquelle ils s'étaient jeté sans réfléchir. Ils étaient dans la gueule du loup. Ils ne pouvaient plus reculer. Ils savaient tous qu'ils étaient en train de vivre leurs derniers instants.

Au même moment, Runh marchait d'un pas feutré dans le long couloir qui menait au laboratoire. Haïn et Jiin le suivait de près en se chahutant. Les trois Poussières s'étaient arrêté devant le spectacle désolant de deux droïdes B1 avec la tête arrachée. Runh ne faisait pas dans le détail. Dès qu'il apercevait un ennemi, il lui arrachait la tête.
— Seigneur ! Cria Haïn. Venez voir ça !
Runh sursauta, tandis que Jiin se ruait sur la caisse que venait de découvrir Haïn au bout du couloir.
— Une caisse pleine de munitions ! S'exalta Haïn. Regardez, des grenades à impulsion, des cartouches et même un Disrupteur Tenloss DXR-6 !
Haïn agrippa le Disrupteur, examina son aspect général, vérifia qu'il était bien chargé et le pointa en direction de Runh.
— Alors la crevette ! On fait moins le fanfaron devant une arme comme celle-ci hein ?
— Tais-toi Haïn. Tu vas tous nous faire repérer. Grogna Runh.
— Pas de problème. Avec un truc pareil on peut terrasser n'importe quelle armée. Qu'ils viennent je les attends.
Jiin leva les bras, il avait la mine de ceux qui viennent de tomber sur un gisement de pierres précieuses.
— Haïn, regarde ça. Des grenades incendiaires !
— Bon sang, Jiin, qu'est-ce que tu viens de trouver ?! Malheur. Oh Malheurs de malheur, nous allons provoquer un déluge de feu comme vous n’en avez jamais vu, croyez-moi.
— Calmez-vous les deux énervés. S'emporta Runh. Nous avons une mission, vous vous rappelez ? Alors ne restez pas là. Nous devons avancer et retrouver cette fichue boule.
Jiin fourra quelques trucs dans ses poches et empoigna fermement son blaster.
— Vous avez raison Commandant Runh. Allons-y. Allons retrouver cette boule noire et filons d'ici.
Haïn allait ajouter quelque chose, sauf que, malheureusement, il trébucha et s'étala par terre.
Depuis qu'ils étaient entrés par la tour ouest, ils n'avaient croisé que des B1. Mais bientôt, Runh le savait, ils feraient face à des Cyclattes armées jusqu'aux dents. Une ou deux ça pouvait passer, mais une armée entière, c'était une autre paire de manches. Runh n'avait que ses poings pour se battre et jusqu’à présent cela avait suffit. Quand Haïn se releva enfin, Runh lui arracha le Disrupteur des mains.
— Hé oh ! Qu'est-ce que tu fais ? Non mais ça va pas ! Pour qui vous vous prenez Commandant ? Rendez-le-moi tout de suite !
— Non Haïn. Laisser cette arme dans les mains d'un Saboteur est un risque que je ne peux prendre.
— Rendez-le-moi je vous dis !
Runh, de sa main libre, maintenait fermement la tête de Haïn. Le pauvre petit Saboteur se débattait comme il le pouvait.
— Runh ! Maudit sois-tu. Tu n'as pas le droit de me faire ça. Pour une fois que j'ai une arme digne d'un Saboteur. Non tu n'as pas le droit.
— Tais-toi donc. Prends ton blaster et quand j'en aurai fini je te le rendrai.
— Tu le promets ?
Runh fit signe que oui de la tête.
— Promet-le ! Je veux t'entendre le dire !
— Je te le promets Haïn. Ça va maintenant ?
— Maudit monstre orange ! Pesta Haïn.
Et Haïn de se retrouver encore une fois coincé contre le mur, les pieds ballants, tandis que Runh l'avait attrapé par le col.
— Petit Saboteur de pacotille. Traite-moi de monstre encore une fois et je jure devant tous les dieux que je te fais avaler une grenade par la force.
— Commandant Runh, calmez-vous, il ne pensait pas ce qu'il à dit. L'implora Jiin. Haïn, tu vas te tenir tranquille maintenant, c'est ton Seigneur qui te l'ordonne !
— Oui. Oui mon Seigneur.
Runh reposa Haïn sur le sol et sans un regard pour personne, il reprit la direction du laboratoire. Maudits Saboteurs ! À part semer le chaos et la zizanie, ils n'étaient bons à rien.

L'euphorie illuminait le visage de Darth Myseris. Pendant un instant elle aperçut son reflet dans la vitre qui donnait sur le dôme. Et pendant un instant elle vu combien le bonheur la rendait sublime. Donner vie à ce véritable titan cauchemardesque était exaltant. La bête remplissait presque entièrement l'espace du dôme. Il était à l'étroit. Il fallait qu'il sorte, qu'il naisse pour de bon cette fois-ci. Tous ceux présents dans le laboratoire avaient les yeux fixés sur l'abominable aberration maléfique qui gonflait dans son antre. Les quelques B1 assistants eurent un mouvement de recul et même l'ingénieur Géonosien, d'ordinaire imperturbable, émit quelques claquements de langue pour exprimer sa stupéfaction.
— Votre altesse, tous les indicateurs sont au vert. Il est prêt.
Darth Myseris saisit un casque avec micro.
— Soldat, il est temps pour toi de te lever. Sors de ce ventre et montre ta puissance à tous.
Dans sa capsule, le Capitaine Darko n'était plus vraiment lui-même. Ce qu'il voyait au travers des yeux de la bête n'avait rien de normal. Il était grand, très grand. Et fort, très fort. Et puis la rage fourmillait dans ton son corps. Il avait mal. Il devait se mettre debout. Il devait se lever. Au-dessus de sa tête, il pouvait voir le ciel gris de Cachin. Respirer, prendre l'air et inspirer à pleins poumons. Voilà ce qu'il voulait à présent. Avec ses mains qui n'étaient pas les siennes, il commença à briser et élargir l'ouverture du sommet du dôme. En deux coups de pattes la moitié du dôme s'effondra dans un fracas dantesque.
Il se hissa en dehors. La bête de Cinium, le colosse de Cachin sortait de sa coquille et naissait des entrailles de la terre. Il n'y avait rien d'humain dans son aspect, il ressemblait plus à un primate modifié génétiquement avec ses bras très allongés et sa gueule féroce. Il entreprit de s'extirper du dôme en le démolissant presque entièrement. Une fois les deux pattes arrières posées au milieu de la rue, sur un amas de gravats poussiéreux, il se redressa et s'étira de tout son maximum et poussa son premier cri. Le son était rauque comme enroué mais très vite il se mua en un cri stridulant tellement puissant que toute la ville se mit à trembler.
— Voilà mon petit soldat. Un pas après l'autre…
Darth Myseris n'était plus la même. Elle était mère à présent et elle regardait fièrement sa progéniture faire ses premiers pas. Le destin lui souriait. Enfin elle avait accompli quelque chose de gigantesque. La satisfaction devint euphorique. Elle jubilait face au monumental.
C'était son destin. Elle en prenait la pleine mesure à cet instant. Elle était en train de devenir quelqu'un d'important et cela grâce à sa propre volonté et sans l'aide de personne. Non elle ne devait rien à personne. Dans quelque temps elle gouvernerait toute la galaxie. Si elle était importante ? Oh que oui. Elle serait à la seconde place dans la hiérarchie galactique. Juste derrière son futur époux. À condition, bien entendu, qu'il soit toujours en vie. Car s'il venait à disparaître alors elle régnerait sans partage. Il lui tardait qu'on lui fasse la révérence, que l'on se taise à son passage et qu'on baisse les yeux en signe de crainte. Le respect ? Elle s'en fichait éperdument. Ce qu'elle voulait : c'était inspirer la terreur et l'épouvante. Que les enfants pleurent d’effroi, que les belles femmes tremblent de tous leurs os et que les hommes la vénèrent comme il se doit.
Elle repensa à ces crétins de Jedis. Quand ils verraient la bête invincible, ils n'auraient d'autre choix que d'abdiquer. L'ordre Jedi touchait à sa fin. Le nouvel ordre s'éveillait aujourd'hui sur cette misérable planète insignifiante et son bras armé serait sans pitié, sans compassion, froid et implacable. Il fallait que le médiocre et le méprisable Jedi soit aux premières loge de sa futur déliquescence : Obi-Wan devait voir ça.
Darth Myseris se retourna pour forcer le Jedi à contempler son rejeton. Mais quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit Anakin, trempé, d'un coup de sabre laser, couper les chaînes d'Obi-Wan. Et avant qu'elle n'eut le temps, Obi-Wan usa de la Force pour attirer d'un coup sec son sabre laser qui était juste sous la main de Darth Myseris.
— Alerte ! Nous sommes attaqués ! Hurla Darth Myseris. Tout le monde à son poste de combat !
Elle dégaina son sabre laser et se précipita vers les deux Jedis. Au moment où ils allaient pour la première fois croiser le sabre, le plafond s'effondra.
Runh Rapuhn et les deux Saboteurs venaient de faire leur entrée spectaculaire au centre du laboratoire. Mais pas le temps de réfléchir à quoique se soit. Les tirs de blaster partaient dans tous les sens. Les droïdes B1 et une brigade de Cyclattes vinrent participer à ce concert de feux. Obi-Wan et Anakin, dos à dos, paraient les coups de blaster en les redirigeant à la fois sur les B1 et les Cyclattes. Haïn et Jiin s'en donnait à cœur joie aussi bien en direction de Darth Myseris que sur le Géonosien qui se cachait sous sa console. Runh pointa son Disrupteur vers la sorcière pâle comme un linge et elle eut juste le temps d'éviter son tir en sautant. Le tir de Runh explosa la vitre du dôme dans un vacarme du tonnerre. Il savait que son arme était puissante mais il était loin d'imaginer les dégâts qu'il pouvait causer. Soudain Darth Myseris fut prise au dépourvu. Elle n'avait rien vu venir et tout ce fracas de lumière et d'explosion mettait en péril son expérience. Elle fit encore un bond sur le côté en évitant un tir de blaster de Jiin et hurla dans son micro :
— Soldat, nous sommes pris au piège, nous avons besoin de ton appui maintenant !
De l'autre côté du dôme à moitié détruit, le colosse de Cachin fit volte face. Sa mère était en danger. Il fallait à tout prix lui venir en aide. En quelques coups de pattes il détruisit les derniers pans du mur du dôme encore debout et vint approcher sa gueule au plus près de la fenêtre du laboratoire. Ses yeux virent sa mère lutter et parer les tirs de blaster. Sans réfléchir il ouvrit sa main et attrapa Darth Myseris pour la soustraire au danger. Quand elle fut hors de portée des tirs de blaster, contre le cœur du colosse, elle se mit à hurler.
— Tue-les. Tu m'entends soldat ? Tue-les tous !
Suivant à la lettre les ordres, le colosse balaya d'un coup de patte une bonne partie du laboratoire, écrasant au passage plusieurs B1 et deux Cyclattes qui mitraillaient les Jedis.
Obi-Wan, Anakin, Runh et les Saboteurs n'en crurent pas leurs yeux. Ils avaient devant eux, la plus grande et la plus effroyable créature qu'ils eurent jamais vue. Un deuxième coup de patte et s'en était finit pour tout le monde.
— Fuyez ! Cria Obi-Wan. Fuyez Maintenant !
Haïn et Jiin n'eurent pas besoin d'une quelconque confirmation, ils prirent leurs jambes à leur cou et filèrent tout droit vers la sortie la plus proche. Anakin demeura extatique devant le colosse pendant une demi-seconde. Il était fasciné par le colosse. Et c'est uniquement lorsqu'Obi-Wan lui saisit le bras qu'il revient à lui.
— Anakin ! On dégage !
Les deux Jedis détalèrent sur le champ. Il ne restait plus que Runh Rapuhn dans ce capharnaüm. Il allait rejoindre les Jedis quand il se rendit compte qu'il avait encore quelque chose à faire. Il jeta un rapide coup d’œil panoramique tout autour de lui, repéra la boule dans sa cage. Sauta sur une armoire métallique, explosa la cage et arracha la boule. Sans s'attarder, il s'élança ensuite sur les pas des Jedis.
Au même moment, le colosse de Cachin qui allait frapper pour la deuxième fois le laboratoire, s'effondra sur lui-même. En trois secondes il redevint une masse de métal informe et sans vie. Darth Myseris eut juste le temps de faire un bond pour ne pas se faire engloutir par la masse de Cinium.
Darth Myseris avait déjà connu la colère. Elle était née en colère. Mais là, ce n'était plus de la simple colère capricieuse. La rage et la fureur grandissait de seconde en seconde au fur et a mesure qu'elle comprenait ce qui venait de se passer. Des mois et des mois d'effort venaient d'être réduit à néant par une bande de médiocres benêts. Elle ne s'attarda pas longtemps devant la masse de métal sans vie. Elle saisit son comlink et informa l'ensemble de ses troupes. Le temps n'était plus à gagner de petites batailles contre le temps, contre les aléas de la technologie, contre l'impatience et contre elle-même. Le temps de la guerre totale était arrivé.
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Messagepar harnis29 » Ven 03 Mar 2017 - 9:02   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 14 : Le Colosse de Cachi-

La Révolte des Poussières
Chapitre 15
Le Fils de la Force


Haïn déboula comme un fou dans le hangar à speeder, blaster en main, prêt à canarder. Il ne savait pas comment il était arrivé ici mais il s'en fichait complètement. Ils étaient poursuivis par une armée de droïdes B1, une horde de Cyclattes robotisées et par une sorcière hallucinée qui disposait et asservissait une créature gigantesque. Non il n'avait pas trop envie de s'attarder ici. D'un coup d’œil il repéra un Airspeeder avec deux très gros réacteurs. Les autres étaient plutôt classiques et sans grand intérêt à ses yeux, il n'hésita pas longtemps et sauta donc sur celui-ci, qui, il en était sûr, serait beaucoup plus rapide.
Les autres déboulèrent à leur tour dans le hangar, essoufflés pour les uns, essoufflés et trempés pour les autres. Obi-Wan sauta sur le speeder de Haïn et ordonna à Anakin de s'en choisir un autre. Jiin courru en direction de Haïn mais Obi-Wan l'obligea à monter sur celui d'Anakin. Ish Atam suivit des Poussières choisirent un landspeeder plus grand pour qu'ils puissent tous tenir dessus et juste au moment où ils s’apprêtaient à quitter les lieux, Runh Rapuhn surgit à son tour, l'armée de Darth Myseris à ses trousses. Il eut juste le temps de sauter sur le speeder de Haïn qui, heureusement, était assez puissant pour supporter son poids.
— Haïn ! En avant toute ! Cria Obi-Wan.
— À vos ordres mon général !
Haïn poussa les manettes à fond, le speeder gronda et fila vers la sortie. Anakin attendit que Jiin soit bien installé, aida deux Poussières à s'entasser à l'arrière et poussa lui aussi les manettes à fond. Ish Atam qui devait prendre les commandes du dernier speeder eut bien du mal à s'y retrouver. Il n'avait jamais piloté quoique se soit et regrettait déjà de se retrouver tout seul, ne sachant sur quel bouton appuyer, ni quelle manette il fallait enclencher pour simplement démarrer l'engin. Il était pris de panique pendant qu'il entendait le vacarme des Cyclattes qui allaient bientôt arriver.
Anakin allait quitter le hangar quand il jeta un œil en arrière. Il comprit qu'Ish Atam ne s'en sortirait jamais avec les commandes du speeder, il fit demi-tour sous la mine terrorisée de Jiin qui maudissait intérieurement Obi-Wan.
Une fois à la hauteur de Ish Atam il ordonna à Jiin de sauter sur leur speeder et de prendre les commandes. Jiin s'exécuta et en deux temps, trois mouvements, le landspeeder d'Ish Atam filait droit vers la rampe de lancement de la tour Ouest, Anakin à ses trousses.
L'armée de Cyclattes montées par des B1 envahie le hangar et commença à tirer sur les speeders qui prenaient la fuite.
Darth Myseris sauta sur le premier speeder disponible et ordonna à quelques B1 de faire de même. Elle hurlait ses ordres d'une voix brisée.
— Rattrapez-moi ces fugitifs et tuez-les tous ! C'est un ordre !
Les droïdes opinèrent et quelques instants plus tard, c'est une cohorte de sept speeders qui traversa le hangar, menée par Darth Myseris en personne.
Il était hors de question qu'elle les laisse s'échapper. Non seulement elle les rattraperait mais elle était déterminée à les écraser sans exception et sans aucune compassion. C'était des voleurs et des saboteurs. Elle se jura de les tuer jusqu'au dernier après les avoir torturés pendant des heures, des jours, des mois, peu importe. Les faire souffrir et les tuer. Voilà ce qu'elle voulait plus que tout. De toute façon tout était perdu. Tous ses espoirs et ses fantasmes de grandeur venaient d'être réduit à néant. Elle ne leur pardonnera jamais.
Haïn était complètement focalisé sur le pilotage du speeder dans les rues de Cachi-Mee. Il devait éviter les obstacles qui jonchaient les rues, zigzaguer entre les bâtiments, contourner les amas de gravats, et rejoindre le point de replis.
— Où allons-nous Monsieur le Jedi. Gueula Haïn.
— Bonne question Haïn, criait Obi-Wan. Je n'en ai aucune idée. Contente-toi de fuir le plus vite et le plus loin possible.
— C'est bien la peine d'être un Jedi et de ne pas savoir ce que vous faites !
— Haïn ! Tais-toi et fonce !
Obi-Wan était inquiet. Il voyait bien Jiin piloter le speeder derrière lui mais il avait de mal à savoir où pouvait bien être son protégé. Au détour d'un virage très serré, il put apercevoir au loin, Anakin qui fonçait droit sur eux. Quelques dizaines de mètres derrière lui, Darth Myseris tirait au blaster en direction du Padawan.
— Il faut trouver un coin de replis. Il nous faut un refuge qui soit hors de portée des droïdes. Cria Obi-Wan.
— Dites-moi, vous êtes bien perspicace pour un Jedi. Fit un Haïn sarcastique.
— Haïn, épargne-moi tes commentaires. Trouve-nous une cachette.
— Ha parce que non seulement c'est moi qui fais tout mais en plus je dois vous trouver une planque ?!
— Dès que tu vois quelque chose qui peut nous protéger, tu fonces dedans, compris ?
— Ouais ouais ouais.
Maudits Jedis à la noix. Des incapables. Heureusement qu'il était un pilote de première catégorie, un as de la cabriole, un renégat des courses folles. Heureusement qu'il était aux commandes. Encore une fois, il allait sauver des Jedis et des innocents. Bon. Maintenant il fallait quand même trouver quelque chose. Une cachette ! Facile à dire quand on fonce dans la poussière et le vent entre deux buildings prêt s'effondrer sur sa tête.
Anakin était à la peine. A chaque fois qu'il prenait un peu d'avance sur la furie qui le suivait, il devait esquiver un tir de blaster où une carcasse de véhicule calcinée.
Runh se cala à l'arrière du speeder que pilotait Jiin en évitant les mouvements trop brusques qui pourraient le faire chavirer et essayait de viser tant bien que mal le nuage de poussières qui poursuivait Anakin. Mais il bougeait trop, impossible de viser correctement dans ces conditions. Il se concentra alors sur un immeuble. Il tira un salve du Disrupteur et un batiment entier se brisa sur la moitié de la horde de droïdes. Darth Myseris réussit à éviter la catastrophe. Elle continuait la poursuite accompagnée par encore deux speeders.
— Bien joué ! Cria Obi-Wan à l'attention de Runh. Haïn, conduis-nous hors de la ville.
— Faudrait déjà qu'on arrive à sortir d'ici ! S'exclama-t-il.
A ce moment Obi-Wan compris tout de suite la situation. Sans le vouloir Haïn les avait entraînés dans ce qui semblait être une voie sans issue. La rue s'enfonçait dans le sol. Ils allaient entrer dans un tunnel et il était hors de question de faire demi-tour. C'était tout simplement impossible. Obi-Wan du se résoudre.
— Ralentis Haïn, il faut laisser passer le speeder de Jiin.
L'idée d'Obi-Wan était relativement simple : avec un Ruhn armé du Disrupteur, ils pourraient à la fois, protéger les Poussières et venir en aide à Anakin.
— Runh, tiens-toi prêt ! Dès que tu trouves une fenêtre de tir, tu n'hésites pas.
Jiin passa en tête du convoi. Il était un peu gêné de passer devant son frère et lui lança un rictus contraint quand il croisa le regard de Haïn.
Runh visait du mieux qu'il le pouvait mais il ne tira pas. Anakin zigzaguait pour éviter les tirs des Droïdes lancés à sa poursuite. Il zigzaguait tellement qu'il empêchait Runh de faire feu.
Darth Myseris brûlait de rage et pestait sur son speeder qui n'allait pas assez vite. Elle avait du mal à suivre le Padawan qui avait un talent inné pour éviter les obstacles sur la route. La vitesse et la poussière l'avait obligé à s'enrouler le visage avec le tissu de sa cape qui virevoltait et claquait dans le vent. Sa rage l'animait d'une force impitoyable. Elle continua de hurler sur les droïdes qui l'accompagnaient.
Quand le speeder de Jiin entra enfin dans le tunnel, ce fut une plongée totale dans l'inconnu pour la simple et bonne raison qu'on n'y voyait rien. A tout moment, ils pouvaient percuter quelque chose. Jiin chercha un moyen d'allumer les phares du speeder mais encore fallait-il qu'il en possède et après quelques essais infructueux, en appuyant sur des boutons un peu au bonheur la chance, il dut admettre qu'il serait obligé de continuer dans le noir en priant pour ne pas s'écraser lamentablement. Heureusement, Haïn, royal, trouva lui, le bouton des phares de son speeder et deux halos de lumière vinrent éclairer la route juste au moment où Jiin allait percuter l'avant de la locomotive du tram abandonnée depuis des années. Jiin cabra le speeder et la moitié des Poussières, ainsi que Ish Atam manquèrent de tomber à la renverse.
— Haïn, trouve un moyen de sortir de la ville et allez vous cacher dans la forêt. Ordonna Obi-Wan.
— Nous sommes trop nombreux et trop voyants. Nous ne trouverons jamais un trou assez grand pour nous tous ! Rétorqua Haïn.
— Et bien tu n'auras qu'a le creuser ! Runh je compte sur toi pour protéger tout le monde.
A peine, Obi-Wan avait finit sa phrase, qu'il sauta du speeder en marche. Il attendit qu'Anakin arrive à sa hauteur et bondit sur son speeder.
— Je suis content de vous revoir maître !
— Tu as encore fait des progrès en matière de pilotage Anakin. C'est bien. Maintenant évite de zigzaguer comme ça. Je vais parer les tirs des B1.
Obi-wan alluma son sabre laser et commença à dévier les tirs de blaster des deux speeder qui entourait celui de Darth Myseris. Obi-Wan en maître Jedi, maîtrisait parfaitement la technique qui consistait à parer les tirs de laser et les renvoyer directement à l'envoyeur. Si bien qu'il fit exploser un speeder de droïdes B1.
Darth Myseris brandit à nouveau son blaster qu'elle pointa en direction d'Obi-Wan. Depuis son arrivée sur Cachin, Obi-Wan s'était déjà blessé deux fois. Une fois à la jambe en sortant de la navette après le crash et une fois à l'épaule par un tir de blaster. Obi-Wan détourna deux tirs de blaster des droïdes et un de Darth Myseris. Malheureusement, la guerrière Sith maîtrisait le côté obscur et suivant son instinct elle tira et toucha le bras d'Obi-Wan.
Ce fut le coup de trop pour le maître Jedi. Anakin s'en rendit compte et ordonna à son Maître de prendre les commandes du speeder. Il était déterminé à montrer à Obi-Wan, que lui aussi maîtrisait cette technique. Obi-Wan ne discuta pas. Il prit les commandes et laissa sa place à Anakin qui dégaina aussitôt son sabre laser. Une seconde plus tard, le deuxième speeder de droïdes fut détruit. Il ne restait maintenant plus que Darth Myseris sur les talons.
Et elle commençait à s'approcher dangereusement. Elle prenait de la vitesse et Anakin pouvait deviner sa rage par le faible rayon de lumière qui éclairait son visage masqué. Il pouvait percevoir la colère et la folie qui enflammaient les yeux de Darth Myseris.
— Fais très attention, lui cria Obi-Wan, c'est une apprentie Sith.
Anakin n'en crut pas ses oreilles. Il était en train de dévier les tirs de blaster d'un Sith. Depuis qu'il avait commencé sa formation, tout ce qu'il avait entrepris, tout ce qu'il avait appris, était fait pour qu'un jour, il affronte un Sith. Donc le moment était venu.
— Maître, êtes-vous certain que c'est un Sith ?
— Absolument. C'est Sajura Zaharcha.
— Quoi ?
Anakin ne pouvait croire ce qu'il venait d'entendre.
— C'est impossible Maître, je l'ai vue mourir sous mes yeux.
— Anakin, combien de fois je t'ai dit de ne pas te fier aux apparences ! Les Sith sont des spécialistes de la dissimulation. Ils se cachent et ils sont passés maître dans ce domaine.
Comment était-ce possible ? Il l'avait pourtant bien vu. Il avait vu son visage couvert de larmes juste avant que son vaisseau explose sur Coruscant. Il ne pouvait croire ce que venait de dire Obi-Wan. Il en fut tellement troublé qu'il perdit de sa concentration. Erreur de débutant. Un instant d'égarement et Darth Myseris en avait profité pour lui tirer dessus. Tout à coup une douleur intense lui traversa l'épaule gauche. Elle venait de lui tirer dessus. Elle l'avait touché. Elle allait le regretter.
— Anakin, essaye de dévier les tirs sur son speeder. Nous devons a tout prix laisser aux autres le temps de s'échapper. La fuite est notre seule chance. Si tu arrives à détruire son speeder cela nous donnera assez de temps pour qu'on puisse tous se mettre à l'abri. Nous devons absolument éviter un duel en face à face. Je suis blessé et tu n'as pas encore le niveau pour affronter un Sith. Tu m'entends ? Anakin ?
Obi-Wan se retourna pour constater que son Padawan venait de sauter du speeder.
Anakin fit une roulade sur le côté et quand le speeder de Darth Myseris arriva à son niveau, il le coupa en deux avec son sabre laser. Le speeder, hors de contrôle, s'écrasa contre la paroi du tunnel dans un déluge d'explosion.
Anakin était presque en transe. Le moment était venu. Il tenait fermement son sabre laser, tous ses sens en éveil. Il ne porta pas son attention vers le speeder en flamme, non, il écoutait la Force. Il devait être en symbiose totale avec Elle. Il allait défier un Sith du haut de ses quatorze ans et il n'avait pas peur.
Dans le noir, il vit surgir la lame rouge du sabre de Darth Myseris. Elle retira le tissu qui lui masquait le visage et Anakin pu enfin reconnaître le visage de Sajura Zaharcha.
— Alors petit. Dit-elle. Te revoilà enfin. Le petit prodige dont tout le monde parle. Le soit-disant élu.
Elle tournait autour d'Anakin lentement.
— Si tu crois un seul instant que je vais t'épargner, tu te trompes lourdement. Tu es surpris de me voir non ?
— Pas vraiment. Répondit Anakin. Je vous ai toujours trouvé un air louche. Maintenant je sais à qui j'ai à faire.
— Mon pauvre petit. Si jeune. Si brave. Crois-tu vraiment pouvoir faire le poids face à moi ?
— Je ne le crois pas. J'en suis certain.
— Arrogant ! Je vais t'apprendre le respect petit. Le soit-disant fils de la Force. Quelle bêtise ! Tu n'as pas de père c'est bien cela ?
Anakin ne voulait pas vraiment répondre. Il savait qu'elle essayait de le déstabiliser.
— Réponds petit avorton!
— Non je n'ai pas de père.
— Foutaise ! Bien sûr que tu as un père. Tout le monde a un père et une mère. Inventez une pareille histoire… C'est ta mère qui t'a raconté ces âneries ? Elle a inventé une histoire de naissance virginale pour dissimuler sa perversité. Tu dois être le fils d'un braconnier ou d'un chasseur de prime. Ou qui sait ? Peut-être même que ta mère n'a aucune idée sur l'identité de ton géniteur. Oui c'est sûrement ça, elle s'est fait engrosser par un inconnu. Ta mère est-elle une putain ? Dis-moi, petit ? C'est bien ça ? Ta mère est une putain ?
— Taisez-vous. Cria Anakin.
— Ha c'est bien ça. Le bâtard de la Force a une grosse faiblesse. Ta mère est une putain et mon père un gros porc. On devrait les présenter.
C'en était trop pour Anakin. Il se rua sur Darth Myseris et lui asséna plusieurs coups de sabre qu'elle contra sans trop forcer.
— Oh. Le bâtard s'énerve. Ton maître ne t'a pas appris à contrôler tes émotions ? Pourtant c'est la base de l'enseignement Jedi, non ? Je me trompe ?
Darth Myseris projeta Anakin à plusieurs mètres en usant de la Force.
— Oh. C'est trop facile. Comment peuvent-ils tous croirent en toi ? Un vulgaire esclave, un bâtard qui n'a aucune éducation. Je ne suis pas étonné que cette bande d’arriérés ait foi en toi. Cela fait longtemps que les Jedis font fausse route. Tu n'as aucune idée de la puissance du côté obscur. Je vais te broyer sale misérable adultérin. Voleur et saboteur. Où as-tu caché la boule noire que tu m'as volé ? Réponds !
Anakin réussit après un effort à se relever en titubant. Il venait de se cogner le crane contre le mur du tunnel et c'était comme si des étincelles de lumière dansaient devant ses yeux. Il serra sa main mais ce fut pour se rendre compte qu'il n'avait plus son sabre. Il le chercha du regard mais c'était peine perdue.
Darth Myseris faisait crisser son sabre sur le sol en projetant des éclairs de lumière rouge.
— Où est-elle ! Hurla Darth Myseris. Rends-moi tout de suite cette boule que tu m'as volée.
— Je ne vous ai rien volé. Balbutia Anakin.
— Menteur ! Voleur, Saboteur, menteur ! C'est tout ce que tu es.
Anakin titubait encore. Il n'arrivait pas à chasser les escarbilles qui flottaient devant ses yeux. Sans réfléchir il fit venir jusqu’à lui son sabre laser, l'empoigna fermement et repartit au combat. Son sabre fendait l'air et une fois sur deux il manquait sa cible. Darth Myseris jouait. Anakin n'avait pas la stature, ni la technique pour vaincre son adversaire. Si bien, que Darth Myseris paraît ses coups sans difficultés. Elle aurait pu en finir plus vite. Mais cet imbécile l'amusait à se tortiller dans tous les sens, à taper dans le vide, chancelant à moitié, toujours à deux doigts de tomber tout seul, pris par son élan. Mais il y avait une chose que n'avait pas remarqué l'apprentie Sith. Anakin se rapprochait. Il avait beau taper dans le vide, manquer de tomber, tituber, il se rapprochait inexorablement de son adversaire.
Et ça. Darth Myseris ne s'en rendait pas compte, trop distraite par cet enfant médiocre, à moitié ivre. C'est a ce moment-là qu'Anakin joua son va-tout. Il fit une roulade en avant et se relevant d'un coup sec, il sectionna au niveau de l'épaule le bras gauche entier de Darth Myseris. Il n'attendit pas que le bras tombe au sol pour reculer. Il savait qu'elle tenait toujours son sabre laser à la main droite. Il eut juste le temps de bondir en arrière avant que la lame rouge ne frôle son visage.
Darth Myseris hurla de douleur et tomba à genoux, estomaquée. Et alors qu'Anakin allait se jeter sur elle, elle lâcha son sabre et brandit sa main valide dans l'air. A cet instant, et comme un coup de poignard, Anakin sentit sa gorge se serrer si fort qu'il laissa tomber son propre sabre laser. Elle allait le tuer en l'étouffant. C'était si facile.
— Infâme mécréant ! Comme oses-tu ? Je vais te lacérer, te découper et t'égorger. Darth Myseris ne criait plus. Sa voix était sourde et elle crachait de douleur. C'est ça que tu cherches ? Demanda-t-elle en pointant du menton le sabre laser d'Anakin posé sur le sol. Tu perds tes affaires gamin !
Anakin reculait maintenant. Il n'avait plus aucune arme sous la main et dans quelques secondes il allait se faire occire par un Sith. Darth Myseris s'avança vers Anakin qui s'étouffait. Il finit par trébucher et se retrouva les fesses par terre, les deux mains plantées dans le sable et la poussière du sol.
— Misérable et insignifiant insecte ! Jamais aucun Jedi ne pourra rivaliser avec un Sith. Je suis sûre que tu en es conscient maintenant. Tu as compris c'est ça hein ? Tu te rends compte à présent n'est-ce pas ? Tu as fait le mauvais choix, bâtard de la Force ! Tu t'es trompé de camp. Tu sais que jamais tu n'auras le dessus sur moi. C'est la deuxième fois que je t'affronte petit, et tu perds à nouveau.
Darth Myseris se rendit compte que Anakin commençait à comprendre. Et elle continua :
— Tu as laissé passer ta deuxième chance. Tu te souviens de moi n'est-ce pas ?
Darth Myseris desserra l'étau qui comprimant la gorge d'Anakin, afin qu'il puisse lui répondre :
— Oui. Répondit Anakin. Je me souviens de vous. J'ai failli vous avoir sur Coruscant, vous n’êtes pas très douée pour le combat au sabre laser.
— Tu aurais pu m'avoir si tu n'avais pas décidé de secourir ses pauvres voyageurs dans le bus volant. Tu as fait ton choix. Le choix des Jedis. Mauvais évidemment…
Anakin écouta son instinct. Il projeta en usant de la Force, deux poignées de sable et de poussières droit dans les yeux de Darth Myseris. De toute façon il n'avait aucun moyen de se défendre.
Darth Myseris se mit à rire.
— Du sable et de la poussière. Crois-tu réellement ?… laisse-moi rire. Tu es lamentable petit.
Mais Anakin continua. Avec la Force il fit se soulever plusieurs poignées de sable et de poussière et les projeta vers les yeux de la vipère au visage osseux. Bien que cette technique ne puisse en rien être létale, elle était quand même efficace pour gagner du temps. Anakin puisait dans son inspiration. Il usait de ce qu'il avait sous la main. Et si ce n'était que du sable et de la poussière, alors c'était ainsi. Anakin, debout, tenait ses deux mains en l'air au niveau des hanches et accompagnait le mouvement. Le sable et la poussière se soulevait du sol, tournoyait dans l'air et était ensuite projetés en direction de la vilaine femme. Si bien qu'elle se mit à reculer. Il se concentra encore plus et projeta sur elle une boule sable dur en pleine tête.
Darth Myseris déjà humiliée avec un bras en moins, fut submergée par la haine. C'est à ce moment-là, que la colère et la rage vinrent à son aide. Elle ne laisserait pas plus longtemps ce morveux en vie. Elle allait se jeter sur lui et le découper en morceau lorsqu'Anakin fit soudain un bond de Jedi en arrière. Au même moment, deux halos de lumière déchirèrent la pénombre. Un speeder lancé à plein régime percuta Darth Myseris de plein fouet.
Runh Rapuhn se releva sans mal de son acrobatie. Il venait de jeter un speeder en pleine face de la sorcière. Il n'était pas peu fier de son exploit et c'est avec une mine ravie qu'il aida Anakin à se relever. Ils furent aussitôt rejoints par le speeder que pilotait Jiin.
— Venez ! Dit-il. Montez. Elle ne tardera pas à se relever.
— Se relever ? Tu rigoles ou quoi ? Avec ce qu'elle s'est prit en pleine tête, je doute qu'elle se relève de sitôt. Argumenta Runh.
— C'est une guerrière Sith. Ajouta Anakin. Elle se relèvera et son armée aussi. Filons d'ici. Où est Obi-Wan ?
— Il est en sécurité avec les autres. Répondit Jiin. Montez, il y a assez de place pour nous trois.
Runh aida Anakin à grimper sur le speeder et ils foncèrent ensuite vers la sortie.

Dans les décombres, dans les flammes et dans l'étuve de la carcasse en fusion, Darth Myseris réussit à se hisser et à sortir du piège dans lequel elle allait mourir. Son heure n'était pas encore arrivée. Elle se traîna sur quelques mètres avant de sombrer, inconsciente, le visage dans la poussière. Quelques instants plus tard, l'armée de Darth Myseris pénétra à l’intérieur du tunnel. Deux B1 éteignirent le feu tandis que trois autres s'occupait de la jeune femme. Ils retournèrent son corps et après quelques palpations, l'un d'eux s'exclama :
— Elle est en vie.
Bien sûr qu'elle était en vie. Qu'est-ce qu'ils croyaient ? La moitié de son visage était brûlée au quatrième degré, mais elle était en vie. Elle avait un bras en moins, mais elle était en vie. Tous ses espoirs étaient partis en fumée, mais elle vivait. L'arme ultime qui allait asseoir la gouvernance des Sith sur la galaxie n'était qu'un tas de métal informe et inerte mais elle était en vie. Le côté obscur était implacable et refusait la médiocrité mais c'était grâce à lui qu'elle vivait.
Dans son for intérieur la rage et la colère faisait battre le cœur de Darth Myseris comme un métronome, lent mais sûr.
harnis29
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Messagepar harnis29 » Ven 10 Mar 2017 - 8:44   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 15 : Le Fis de la Force

La Révolte des Poussières

Chapitre 16
Morsure

Toph, jeune Poussière, qui avait passé sa vie à se cacher, se redressa d'un seul coup. Après le raffut et le silence qui s'en était suivit, il n'avait osé relever la tête. Mais là, il n'y tenait plus. Il se redressa donc complètement pour voir ce qu'il se passait en prenant le risque de se faire repérer. C'est alors qu'il aperçut, en contre-bas, le speeder de Jiin filer à toute allure dans les rues de Cachi-Mee. Il le suivit du regard pendant de longues minutes et s'amusait de voir ces inconnus chercher leur chemin dans les ruines, bifurquant dans une rue pour ensuite rebrousser chemin vers une autre direction. Ils devaient être perdus. Il ne savait pas qui était ces gens et d'où ils pouvaient bien venir. Ce qu'il savait, par contre, c'est que depuis leur arrivée, il se passait des choses. C'était comme si un sentiment nouveau flottait dans l'air. Quelque chose était en train de changer.
Toph était en charge de la cueillette des Boumboss, un champignon particulièrement résistant et nourrissant qui poussait dans les anciennes caves de Cachi-Mee, du moins dans celles qui n'avaient pas été complètement détruites. Il s'était naturellement autoproclamé spécialiste de la culture du Boumboss et c'était sa petite fierté. Chaque jour, il parcourait la cité en toute discrétion et faisait le tour de « ses » caves humides à moitiés effondrées en remplissant sa besace. Ensuite, il faisait le tour des caches à Poussières clandestines et distribuait sa précieuse nourriture aux affamés qui le remerciaient parfois d'un regard bienveillant ou d'un coup de menton souriant. Mais aujourd'hui, c'était différent. Aujourd'hui il y avait des étrangers qui s'étaient dissimulés sous un toit presque entièrement détruit. Ce n'était pas des Poussières, ou du moins, pas tous. Il y avait déjà cette énorme créature orange qui faisait le guet et ses deux petits êtres énervés qui ne cessaient de s'agiter. Et puis il y avait enfin un humain blessé et un jeune garçon, et tous s'étaient mis à l'abri sous un énorme auvent de fortune.
Aujourd'hui, Toph n'irait pas distribuer ses champignons. Non. Il voulait en savoir plus. Irrésistible attrait de l’inconnu. Il voulait savoir qui était ces gens, pourquoi ils étaient là et surtout, quel était leur rôle dans les événements de la matinée. Car il fallait bien le dire, c'était le bazar en ville ! Bien plus que d'habitude. Non seulement le dôme s'était à moitié écroulé mais une formidable explosion avait eu lieu dans le tunnel du tram. La sorcière devait être en colère. Oh ça oui ! Il en était certain. Et il se doutait bien que ces inconnus n'y étaient pas pour rien. Comme chaque Poussière encore en liberté, il trimbalait avec lui sa lance traditionnelle avec son bout métallique ; une arme ridicule face au tonnerre de feu des B1 et des Cyclattes. En fait elle le gênait plus qu'autre chose. Il passait son temps à la poser quelque part pour se faufiler ensuite dans un trou rempli de Boumboss, et une fois sur deux, il devait faire demi-tour parce qu'il l'avait oublié en sortant. La lutte, la guerre, la résistance, il ne voulait pas s'en mêler. Ce n'était pas un lâche, non, il était convaincu tout simplement qu'il n'avait pas sa place dans la résistance. Il écoutait avec attention les sermons d'encouragement que pouvait avoir certain Poussière, mais il préférait ne pas se mêler au combat directement. De toute façon, à ses yeux, le combat était déjà perdu. D'après ce qu'il avait pu entendre, cela faisait des décennies que la Fédération du Commerce avait pris le contrôle de sa planète. Il avait vécu toute sa vie dans la discrétion et la misère. Ne pas faire de vague, ne pas se faire remarquer, être invisible. Et puis la Sorcière était arrivée et là : tout s'était accéléré. Les enlèvements, les descentes de droïdes à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Les petites batailles en rang serrés, coincés entre deux murs et qui finissait toujours de la même façon : Les Poussières étaient soit tués, soit enlevés et jetés dans la mine : ce qui revenait au même. Grandir dans un tel environnement n'était pas chose aisée mais après tout, il n'avait rien connu d'autre. Alors il avait fini par s'y faire. Il avait trouvé sa place, son rôle et son truc.
Son truc c'était les champignons et le bonheur qu'il avait à les offrir. Il choisit donc ce prétexte pour aller à la rencontre de ces curieux étrangers. À coup sûr, ils finiraient par avoir faim et quoi de mieux que quelques Boumboss pour faire connaissance.
Il se décida et entreprit de rejoindre la cachette des inconnus en surveillant avec attention les alentours. Il était hors de question de se faire repérer par une Cyclatte ou un droïde. Il trouva un trou à moitié recouvert par un morceau de mur effondré à quelques mètres de la stature imposante du Goliath orange qui montait la garde. Il n'avait pas l'air commode et inspectait de son œil attentif les coins et recoins environnant. Toph hésitait. Il n'était qu'a quelques mètres de la cache mais il fallait qu'il s'approche de façon ostentatoire. S’il essayait de tromper la vigilance du mastodonte, il prenait le risque de se faire écrabouiller purement et simplement. Toph était un peu nerveux. Plus que ça même. Il savait que cela serait quitte ou double. Depuis sa naissance, Toph avait respiré son lot de poussière. Comme tout Poussière encore vivant, il avait eu sa dose de pollution et malgré cela, malgré ses poumons accoutumés des miasmes quotidiens, après une grande inspiration qui était censé lui donner du courage, il se mit à tousser. Aussitôt Runh Rapuhn écarta les bras, prêt à parer n'importe quelle attaque. La sentinelle orange avait le regard vissé sur le trou de Toph et commença à grogner, la mâchoire serrée. Toph sut à cet instant qu'il ne pouvait plus reculer ni s'enfuir. Il dû se résoudre à s'extirper de son trou en levant les mains en l'air dès que cela fut possible. Il tremblait de tout ses membres tandis qu'il s'approchait de Runh. Ensuite, lentement et sous le regard attentif de Runh, Toph plongea sa main dans sa besace et délicatement, il en sortit quelques Boumboss que Runh s'empressa de renifler.
— Bon à manger. Balbutia Toph. Boumboss, bon à manger. Miam.
Toph pris une poignée de champignons et les mâchonna avec exagération en poussant des soupirs de satisfaction. Runh pris un Boumboss du bout des doigts, le renifla encore une fois et l'avala sans autre forme de procès.
— Runh. Obi-Wan veut te parler. Déclara Ish Atam alors qu'il s'approchait. Qui es-tu toi ?
— Je m'appelle Toph, je cueille des champignons. Vous voulez manger ?
— Non. Je n'ai pas faim. Que fais-tu ici ? Tu devrais aller te cacher, c'est dangereux ici.
— J'ai l'habitude. Êtes-vous sûr de ne pas vouloir des Boumboss ? Peut-être que vos amis ont faim.
— Ce ne sont pas mes amis. Grommela Ish. Mais viens, ne reste pas là petit.
Ish Atam accompagna Toph jusqu’à Obi-Wan qui était assis sur le sol et discutait avec Runh Rapunh.
— Runh, je veux que tu prennes Anakin avec toi. Vous devez retrouver la navette et contacter le Conseil Jedi. Haïn, tu les accompagneras.
— Non ! Il est hors de question que je traverse ce maudit désert encore une fois. S'insurgea Haïn.
— Je ne te demande pas ton avis, c'est un ordre.
— Je n'ai pas d'ordre à recevoir de vous. Je n'obéis qu'a mon Seigneur.
Obi-Wan leva les yeux au ciel, l'air exaspéré.
— Jiin, ordonne à ton valet de suivre mes ordres je te prie.
Jiin qui était occupé à soigner l'épaule d'Obi-Wan, ne prit même pas la peine de regarder son valet.
— Haïn, tu pars avec Runh et Anakin. Un point c'est tout.
— Mais il va nous falloir des semaines pour retrouver la navette. Et puis il n'est pas certain que l'hollocom soit réparé… et puis il y a les cyclattes… Mon Seigneur, je vous en prie…
— Soit un bon valet Haïn, ne discute pas mes ordres.
— Vous prendrez un speeder. Vous y serez en deux jours tout au plus. Ajouta Obi-Wan. Anakin ; Tu dois contacter le Conseil Jedi et les informer de la situation. Le Conseil doit absolument envoyer un contingent Jedi et nous exfiltrer au plus vite.
— Quoi ? Cria Ish Atam. Vous allez fuir c'est ça. J'en étais sur !?
— Pas du tout Ish Atam. Je peux vous assurez que je ne partirais d'ici que lorsque Cachin aura retrouvé la paix et sa souveraineté.
— Alors pourquoi vous voulez vous faire exfiltrer ?
— C'est pour forcer le Conseil Jedi à prendre une décision rapidement. Si c'est une mission de sauvetage, le Conseil peut se passer de l'aval du Sénat. Sinon, la décision doit être d'abord débattue et ensuite validé par les Sénateurs. Nous n'avons pas le temps pour ça.
— La bureaucratie est une forme de corruption. Ajouta Ish Atam.
— Je suis tout à fait d'accord. Renchérit Anakin.
— Anakin… tu mélanges tout. Réfléchis avant de parler ! Nous reparlerons de bureaucratie une autre fois. Conclu Obi-Wan.
Au même moment, Shauska faisait son entrée en tenant la lanterne de l’Étoile, suivit par trois Poussières qui l'accompagnaient.
— Vous n’êtes pas difficile à suivre. Nous ne pouvons rester ici. Si je vous ai retrouvé aussi facilement, les droïdes ne tarderons pas nous mettre la main dessus. Mon Dieu… Obi-Wan. Vous êtes toujours en vie.
Shauska s'approcha de lui en toute hâte sous le regard d'Ish Atam. Toph, lui, en une seconde, venait de tomber amoureux pour la première fois de sa vie.
— Si tout se passe bien, continua Obi-Wan, dans moins d'une semaine tout au plus, un vaisseau Jedi se posera sur Cachin et vous serez tous libéré, je vous en fait la promesse.
— Dans une semaine ? Ça serait bien. Dit Toph. Du moment que ce n'est pas pendant le jour des deux lunes.
— Ha oui. Fit Shauska. J'avais oublié ce détail…
— Un détail ?! C'est tout sauf un détail madame. Continua Toph. Le jour des deux lunes est tout sauf un détail.
— Oui oui. Tu as parfaitement raison. Comment t'appelles-tu ?
— Toph. Je suis le cueilleur de Boumboss.
— Ha c'est toi ! J'ai entendu parler de toi.
Si Toph pouvait rougir, il serait tout rouge à cet instant.
— Le jour des deux lunes ? Demanda Anakin.
— Chaque année, la lune de Cachin s'approche un peu trop et en modifie grandement sa gravité. Répondit Shauska. On appelle ça le jour de la lune. Pendant plusieurs heures, la gravité baisse énormément. La poussière envahit le ciel. Tout ce qui est léger s'envole. Mais tous les dix ans environ, la seconde lune de Cachin, qui a une orbite très elliptique, rejoint sa grande sœur et alors c'est le jour des deux lunes. Pendant cette journée tout flotte dans le ciel : du grain de poussière jusqu’au rocher le plus lourd de la planète. Ce n'est pas dangereux si vous prenez vos précautions. C'est pour cela que nous avons des anneaux accrochés au sol partout sur Cachin. C'est pour s'attacher pendant le jour des deux lunes. Sinon vous pouvez vous faire attirer par les lunes et quitter l'orbite de Cachin et là, c'est la mort assurée. Mais sinon vous allez voir, c'est un spectacle fascinant.
— Le phénomène dure un jour entier ? Questionna Obi-Wan.
— Il peut durer une journée entière ou simplement quelques heures. C'est très variable.
— Et ce jour, il est pour quand ?
— Hum… Ce n'est pas certain. Répondit Toph. Nous ne pouvons prévoir exactement quand aura lieu le jour des deux lunes. Les prêcheurs, eux le peuvent. Mais ils ont disparu après l'invasion… enfin pas vraiment. Eux pourraient nous dire quand et quelle puissance il aura. De toute façon, il suffit d'être attentif. Si vous entendez la sirène du temple, c'est que le jour des deux lunes va commencer.
— Bon, hé bien puisque nous ne pouvons ni prévoir ni influer cet événement, nous allons continuer. Anakin, Runh, Haïn partez dès maintenant. Et si vous sentez que vous envolez… et bien accrochez-vous a quelque chose. Anakin ?
— C'est compris Maître, nous partons.
Runh Rapuhn s'approcha de Shauska.
— Shauska, j'ai quelque chose pour vous.
Runh ouvrit sa main et Shauska écarquilla des yeux.
— Vous l'avez retrouvé ! S'exclama-t-elle.
Au même moment la lanterne se mit à trembler si fort qu'il fallut que deux Poussières la maintiennent fermement. La boule noire s'anima et de nouveau des éclairs blanc balayait sa surface. Comme par réflexe inné, Shauska prit la boule noire et la glissa dans une poche de son pantalon. Au même moment la lanterne cessa de trembler.
— Nous devons les réunir. Mais pas ici. Pas maintenant. J'en suis convaincu. Dit Shauska.
Anakin fut un peu déçu, il aurait bien voulu voir le résultat de l'union des deux nano-étoiles. Mais il avait une mission à mener à bien. Il s'adressa alors une dernière fois à son mentor :
— Maître, nous partons. Runh, Haïn, allons-y.
Obi-Wan saisit le bras d'Anakin juste avant qu'il ne parte.
— Anakin, la Force est avec toi.
— Je sais Maître. Je le sais.
Anakin tourna les talons et se dirigea vers le speeder le plus rapide. Il fit quelques pas et s'arrêta net. Et avant même de comprendre ce qu'il se passait, Anakin s'effondra sur le sol. Comme mort.
Shauska se précipita et le retourna. Anakin avait les yeux ouverts. Elle posa son oreille devant son nez.
— Il respire. Dit-elle.
Elle lui donna plusieurs claques mais Anakin ne réagit pas. Soudain Shauska se mit à inspecter sa peau. Elle releva ses manches, releva son pantalon, lui retira ses bottes mais elle ne trouva rien. Elle passa alors sa main le long de la nuque et repéra quelque chose. Elle retourna Anakin comme une crêpe et poussa un petit cri. Sur la nuque d'Anakin, il y avait la marque d'une morsure. Celle des insectes de la nuée. Les yeux pleins de larmes elle se tourna vers Obi-Wan.
— Je suis désolé Obi-Wan… je suis désolé. C'est finit. Il va mourir.


S'il y avait bien une chose dont il était certain, c'est qu'il n'avait jamais connu la maladie. Non, Anakin, de toute sa vie, n'était jamais tombé malade. Il n'avait jamais connu la fièvre, ni la nausée, ni la migraine, ni même une seule crampe d'estomac. Il avait toujours été en forme, en pleine santé et plein d'allants. Mais dans ses souvenirs, il se rappelait pourtant bien que la maladie était une vérité. Il avait déjà vu sa mère fiévreuse souffrir de la chaleur sur Tatooine. Il se souvenait encore de l'inquiétude et du désarroi qu'il avait ressenti à ce moment-là, du haut de ses six ans. La vérité de la maladie était qu'on pouvait être le plus fort des hommes, mais face à l'affliction, le plus fort des hommes n'était plus rien. Et cette vérité l'avait effrayé. Anakin pouvait maîtriser les détails les plus infime de sa vie mais maintenant, il ne maîtrisait plus rien. La seule chose qui était vraie, la seule vérité qui se révélait à lui, c'était la douleur. Cette douleur, il pouvait la ressentir depuis l'intérieur de ses os jusqu’à la surface de ses pupilles. Aucune partie de son corps n'était épargnée. La douleur rongeait son squelette, brûlait ses entrailles et éclatait dans sa tête. Parfois, dans ce faux sommeil, il arrivait péniblement à ouvrir un œil et il voyait alors Obi-Wan qui tentait d’apaiser ses souffrances en usant de la Force pour le remettre sur pied mais sans résultat. D'autre fois, il voyait Shauska, l'air accablé, qui tentait de faire baisser sa fièvre en appliquant un linge mouillé sur son front. Mais rien qu'à son regard, Anakin savait que c'était peine perdue. Shauska n'y croyait pas ou n'y croyait plus. Anakin naviguait en plein cauchemar sans fin. Quand il ne se tordait pas de douleur, il était assommé par une migraine furieuse et quand enfin il avait un instant de répit, c'était les nausées qui se bousculaient et lui enflammaient la gorge. Il n'entendait plus rien, si ce n'est quelques mots prononcés et dont il ne comprenait pas le sens. Les jours passaient dans la chaleur, dans la fièvre, et les nuits interminables dans les sueurs froides, les tremblements et le marteau qui cognait dans sa tête. Heureusement, il avait parfois des moments de lucidité, comme quand il avait compris qu'Obi-Wan était parti. Son Maître lui avait caressé les cheveux, lui avait dit de tenir bon et ensuite il avait disparut. Il avait eu un autre moment de lucidité quand il avait compris que Runh le portait dans la nuit vers un abri plus sûr. Il se souvint alors du parfum de Shauska qui ne le quittait jamais du regard. Quand il fermait les yeux, c'était devant le visage de Shauska et quand il ouvrait les yeux, c'est Shauska qu'il voyait psalmodier et appliquer un mélange écrasé de plantes médicinales sur sa nuque. Les heures et les jours passaient et la douleur ne baissait pas d'intensité. Même Jiin allait et venait, mort d'inquiétude, faisant les cents pas dans la grotte dans laquelle Anakin tentait de reprendre vie. Dans un moment lucide, Anakin vit Shauska chasser Jiin de la grotte. Elle lui criait dessus. Elle disait qu'a part de la farine d'explosion il n'avait rien d'utile et que par conséquent il valait mieux qu'il les laisse tranquille. Shauska n'était plus la même. Elle passait tout son temps au chevet du Padawan. Un moment plus tard, ou peut-être un jour plus tard, Shauska s'excusait et Jiin alors revenait dans la grotte. Parfois c'était même le petit Saboteur qui appliquait la pâte médicinale sur sa nuque. Runh aussi était là, il passait de temps en temps sa tête dans la grotte, regardait Anakin souffrir et il ressortait aussitôt.
Une nuit, Anakin vit Jiin en train de jouer avec son sabre laser éteint. Anakin eu juste la force de dire que c'était son sabre laser et qu'il n'avait pas le droit d'y toucher. Jiin avait cru à ce moment qu'Anakin était sur la voix de la guérison mais ses espoirs furent réduits à néant quand Anakin s'était mis à vomir de la bille sur ses propres habits. Anakin n'était plus un Padawan. Il n'était plus rien. Il était encore vivant certes, mais il glissait lentement sur la rive de la mort et bien qu'il s’efforçait de nager contre le courant, bien qu'il voulut faire mentir la destinée, il s'approchait chaque jour un peu plus du trépas. Quand il trouvait le sommeil, Anakin rêvait. Ses rêves, absurdes, étaient étincelants de couleurs criardes. Il rêvait de rayons lasers, de poursuites dans le ciel lumineux de Coruscant, de sa mère qui l'appelle. Dans un de ses rêves récurrents, il se voyait toujours en train de construire le même robot immense, tellement grand que sa tête passait au-dessus des nuages, là ou l'oxygène se raréfie. Alors son robot avait du mal à respirer. Il avait toutes les peines du monde à trouver son souffle et sa respiration altérée était contrainte et mécanique, froide et monotone. Et puis il vit encore le visage de Padmé. Elle lui parlait mais aucun son ne sortait de sa bouche. Anakin voulait comprendre ce qu'elle disait mais il n'y avait rien à faire, c'était impossible. Alors il sentait la colère monter, il rageait de ne pouvoir l'entendre. Il était certain que Padmé avait quelque chose de très important à lui dire et il ne la comprenait pas. Ses lèvres bougeaient, elle était sérieuse et grave, mais il n'entendait rien. Padmé n'était pas contente qu'Anakin ne l'écoute pas, elle le sermonnait c'est sûr, avec l'index accusateur qu'elle agitait devant son visage. Et puis tout à coup, c'était sa mère qui le blâmait. Mais comme Padmé, aucun son ne sortait de sa bouche. La fureur se réveilla dans le corps d'Anakin. Il n'était pas sourd, alors pourquoi n'entendait-il rien ? Non, ce n'était pas possible, il ne pouvait pas rester comme ça, sans rien faire. Mais que pouvait-il faire ? Hurler ? Crier ? A quoi donc pouvait bien servir la Force ? A rien. La Force n'avait aucun pouvoir. La Force n'était qu'un mirage de la foi. Alors il se mit à crier aussi fort qu'il le pouvait du fond de son rêve. Il cria si fort que le corps d'Anakin se redressa sur le lit de fortune dans la grotte.
— Je ne t'entends pas ! Cria Anakin.
Shauska sursauta et bondit vers le jeune Padawan assis sur sa couchette.
— Anakin ! Je suis là ! Tu m'entends ?
Anakin la regarda droit dans les yeux, hagard, il leva les bras et Shauska s'empressa de lui saisir les mains.
— Mère, je ne vous entends pas ! Cria-t-il à nouveau.
— Je suis là. Anni… je suis là. Répondit Shauska.
Anakin eut soudain le regard lucide.
— Non. Dit-il. Vous n'êtes pas ma ….
Et il s'effondra à nouveau sur sa couchette tout en tenant fermement les mains de Shauska.
Un peu plus tard, alors que le soleil de Cachin allait bientôt rejoindre les ombres, Shauska sortit de la grotte. Dehors Runh Rapuhn avait repris son rôle de sentinelle. De là où ils étaient, dans les hauteurs contre le flanc de la falaise, ils pouvaient voir Cachi-Mee presque entièrement. Shauska s'approcha de Runh.
— Il s'est réveillé et pendant un instant j'ai cru que c'était terminé. Mais non. Il a replongé dans ce sommeil de mort.
— Cet enfant est très fort. Dit Runh. Je suis sûr qu'il va s'en sortir.
— Jamais personne n'a survécu aussi longtemps à ce genre de morsure. Normalement, on meurt dans les deux jours maximums.
— Il faut garder espoir et avoir foi en lui. Il a dû se faire mordre pendant que nous traversions la jungle… c'était il y a une dizaine de jours maintenant. Il est très fort je vous l'assure Shauska.
— Oui il est fort. Mais ce n'est qu'un enfant. Et de là à survivre a une morsure des nuées… J'en doute. Maudite sorcière immonde ! C'est à cause d'elle tout cela… les nuées sont apparues dans le ciel en même temps que cette sorcière. Elles ont chassé tous les oiseaux et les insectes de Cachin. Toute la planète se meurt inexorablement. Cette femme est porteuse de mort...
Toph et Jiin sortirent des fourrés les mains pleines de Boumboss. Et Shauska s'empressa de les jeter dans une gamelle sur le feu à l'intérieur de la grotte. Au moins pendant quelques instants elle penserait peut-être à autre chose. Dehors, Runh continuait ses regards panoramique sur la cité.
— Toujours aucune nouvelle d'Obi-Wan ? Demanda Toph.
— Non. Répondit Runh. Toujours rien. Ça fait maintenant cinq jours qu'ils sont partis avec Haïn et Ish Atam. Ils devraient être revenus maintenant. Ce n'est pas normal.
— Ils sont peut-être tombés en panne de speeder. Dit Jiin. Sans speeder, il leur faut de temps pour traverser le désert et la Plaine du Four. Et comment va le petit ? Pas d'amélioration ?
Runh haussa les épaules en guise de réponse.
— Il n'y arrivera pas. C'est un jeune enfant plein de talents mais j'ai l'intuition pour ce genre de choses… C'est un sens que seul la race des Saboteurs possède. Runh, c'est malheureux mais il ne s'en sortira pas. Il faut se faire une raison. Conclut Jiin.
— Il faut à tout prix, qu'ils soient revenus avant le jour des deux lunes. Dit Toph. Normalement il devrait avoir lieu dans les jours qui viennent.
— Il faudrait pouvoir être certain de la date. Ajouta Runh. N'avons-nous aucun moyen de retrouver ces prêcheurs ?
— Ils se cachent comme tout le monde depuis des décennies. Nous savons que certains d'entre-eux sont toujours en vie car chaque année nous entendons la sirène qui prévient que le jour de la lune est arrivé.
— As-tu déjà vécu le jour des deux lunes  ? Demanda Jiin à Toph.
— Oui, mais j'étais trop petit pour bien m'en souvenir. J'en garde juste une image comme souvenir. Celle du Tram de Cachi-Mee qui flotte dans le ciel.
— Cela doit être un spectacle époustouflant ! Déclara Jiin. J'ai hâte de voir ça.
— Cela doit être surtout très dangereux. Tempéra Runh.
— Pas si on est bien attaché. Répondit Toph. Le jour des deux lunes arrive en douceur. Vous allez voir. D'abord c'est la poussière qui monte dans le ciel. La poussière, le sable, les feuilles des arbres. Et puis au fur et à mesure, les pierres, les branches cassées, les vêtements s'envolent et planent dans l'air. Si vous avez une lance comme la mienne, il suffit de faire pivoter le bout métallique comme ceci.
Toph fit faire un quart de tour sur l'embout de métal et comme par magie, la lance n'était plus un lance, mais un crochet, comme un hameçon.
— Ensuite il suffit de vous accrocher à un des nombreux anneaux disséminés partout sur la planète et vous ne risquez rien. Il faut juste par contre bien regarder ce qu'il y a au-dessus de votre tête. Car si une grosse pierre ou un rocher flotte juste au-dessus de vous, quand la sœur d'Hacott descend, la pierre aussi. Mais ne vous inquiétez pas. Tout se passe lentement.
— C'est prêt ! Cria Shauska du fond de la grotte. Venez manger !
Jiin se précipita à l'intérieur de la grotte, affamé. Toph le suivit, le sourire aux lèvres. Il était bien content de voir que ses Boumboss avaient du succès. Runh regarda le ciel étoilé de Cachin. Il voulait être certain que le jour des deux lunes n'avait pas encore commencé. Il inspecta minutieusement le ciel et du se résoudre à entrer dans la grotte quand Shauska le somma de venir manger. La grotte étant assez exiguë, Runh fut obligé de réduire sa taille.
A l'intérieur de la grotte, Anakin était toujours allongé sur le dos, les yeux fermés, le visage couvert de sueur. Runh s'approcha et lui pris la main. Ensuite il lui murmura quelque chose à l'oreille. Une fois cela fait, il vint s'asseoir auprès des autres. Ils mangèrent en silence. Runh remarqua que Shauska passait son temps à regarder Anakin et la lanterne posée dans un coin.
— Shauska, vous avez dit l'autre jour, qu'il fallait unir les deux étoiles. Que va-t-il se passer quand l'union aura lieu ? Demanda Runh.
— Je n'en sais rien. Répondit-elle. Je n'ose le faire pour le moment. Il nous faut trouver un prêcheur. Ils étaient les Gardiens de la Fontaine. Ils doivent savoir comment procéder.
Deux Poussières, attirés par l'odeur des champignons entrèrent dans la grotte. Shauska les invita à venir s’asseoir avec eux. Tous les convives partagèrent leur repas. Sauf Jiin, qui avait déjà fini sa part.
— Il nous faut donc trouver un prêcheur. Ajouta Runh. Toph ? As-tu une idée ?
— Le plus simple est d'aller directement au Temple. Sauf que j'y passe souvent et je n'ai jamais vu personne à l'intérieur.
— Ils se sont tous fait attraper par la Sorcière. Dit l'un des Poussières.
— Le mieux est d'attendre. Continua Toph. Et de trouver d'où vient le son de la sirène. Si nous trouvons la sirène, nous trouverons un prêcheur. C'est certain.
— Non. Répondit Shauska. Il faut unir les étoiles avant le jour des deux lunes. La Fontaine de l’Étoile est le cœur de notre civilisation. Cachin doit au plus vite retrouver sa force si nous voulons combattre l'armée de la Sorcière.
Anakin se mit à trembler. Shauska se leva et passa la main sur son front.
— Il a froid. Dit-elle. Toph, passe-moi la couverture sur laquelle tu es assis.
Toph s'exécuta et Shauska recouvrit le corps d'Anakin.
— Il a froid. Répéta-t-elle. C'est bon signe. Cela veut dire que la fièvre est en train de tomber. Enfin je l'espère. Pourvu qu'il ne soit rien arrivé à Obi-Wan. Il est notre seule chance.
— Un Jedi ne trahit jamais sa parole. Dit Jiin. Enfin sauf quand ils mentent.
— Les Jedis ne sont d'aucune utilité pour nous. Ajouta le deuxième Poussière entre deux cuillères de Boumboss grillés. Ils nous ont lâchement abandonné depuis belle lurette. Nous ne pouvons pas compter sur eux.
— Obi-Wan est différent. Coupa Shauska. Je suis certaine qu'il fera tout ce qu'il faut pour nous libérer. C'est grâce à lui que nous avons pu récupérer la boule noire.
— Et c'est Anakin qui attrapé l'étoile jaune. Renchéri Runh.
Ce fut la fin de la conversation pour la soirée. La nuit était tombée et les deux Poussières sortirent de la grotte pour dormir à la belle étoile. Runh retourna auprès d'Anakin. Il passa la main sur le front du Padawan et celui-ci ouvrit les yeux. Runh le regardait fixement. Il se pencha et répéta encore la même phrase qu’il avait prononcé au creux de son oreille : « Tu es fort petit, tu es le plus fort de tous les Jedis, ne l'oublie pas. Aie foi en toi. » Anakin aurait voulu répondre, dire quelque chose, mais il n'en eut pas la force et sombra à nouveau dans un sommeil profond sans rêve. Runh sorti de la grotte en faisant un clin d’œil à Shauska.
— Il est sorti d'affaire Shauska. Demain il sera sur pieds.
— Je voudrais bien vous croire.
— J'ai foi en lui. Il est l'élu.
— Je ne crois pas en ce genre de balivernes Runh Rapunh. Ce n'est qu'un enfant comme n'importe quel enfant.
— Pas lui.
Et alors que Jiin allait s'éclipser, Shauska le rattrapa par le col de son gilet.
— Celui qui ne partage pas sa nourriture est de corvée. Va nettoyer la gamelle et les assiettes dans la rivière.
— Je suis un Seigneur Saboteur madame, je ne suis pas votre serviteur et encore moins un domestique. Protesta Jiin.
Shauska agrippa la gamelle et continua :
— Tu la vois celle-là ? Cette gamelle est la preuve de mon autorité en ce lieu. Si tu ne fais pas ce que je dis sur le champ, je peux t'assurer que je connais une créature orange qui se fera un malin plaisir de te chatouiller les côtes. Il a pigé le Saboteur ?
Runh lui fit un grand sourire et croisa les bras sur sa poitrine. Mais voyant que Jiin ne bougeait toujours pas, il usa de sa voix puissante et caverneuse :
— C'est un ordre ! Gronda Runh.
Jiin sursauta, attrapa la gamelle et les assiettes et se rua en dehors de la grotte. Shauska et Runh rirent quand ils entendirent Jiin trébucher et tomber sur le sentier qui menait à la petite rivière.
Quand il eut finit sa corvée, Jiin rangea la gamelle et les assiettes dans un coin de la grotte et partit bouder sur un petit rocher sous les étoiles et balayé par un vent léger.
La nuit glissa lentement. Shauska, toujours aussi inquiète, se coucha auprès d'Anakin et dans un geste maternel, elle le serra entre ses bras et s’endormit.
Aux petites lueurs du matin, Shauska ouvrit les yeux et paniqua quand elle se rendit compte qu'Anakin n'était plus là. Elle se leva prestement et couru vers la sortie de la grotte. Là, elle resta médusée quand elle vit Anakin en pleine discussion avec Runh et Jiin.
— Anakin ! Comment ? Comment est-ce possible ? Comment te sens-tu ?
Anakin tourna la tête et son visage, éclairé par le soleil levant de Cachin, illuminait. Il lui fit un grand sourire et plongea son regard dans les yeux de Shauska. Elle eut l'impression, pendant un instant, qu'il pouvait lire en elle et sonder ses pensées les plus intimes. Sans se démonter, elle s'approcha de lui et avant même qu'il puisse répondre, elle le serra dans ses bras comme le ferait une mère.
— Je vais bien Shauska. Je suis en pleine forme.
Shauska s'écarta, le dévisagea, elle n'en croyait pas ses yeux.
— Comment est-ce possible ? Jamais je n'aurais pu imaginer que… comme ça… as-tu mal ?
— Nulle part. Je n'ai plus mal. Simplement un petit picotement au niveau de la nuque mais sinon tout va bien. Merci.
— N'avais-je pas raison ? Plastronna Runh. Ne vous avais-je pas dit qu'il était sorti d'affaire ?
— Je le savais moi aussi. Ajouta Jiin. Je savais que cet enfant était unique. Bien joué petit !
— Tu es le seul être vivant à survivre après une morsure des nuées. Je n'en crois pas mes yeux. Tu es incroyable. S'extasia Shauska.
— C'est grâce à vous Shauska. Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi.
— J'étais morte d’inquiétude, j'ai cru te perdre… Ne me remercie pas. C'est normal.
— Bon. Si j'ai bien compris, cela fait plusieurs jours maintenant que nous n'avons plus aucune nouvelle d'Obi-Wan ? Et le jour des deux lunes ? Est-il passé ? Demanda Anakin.
— Non, pas encore. Répondit Toph qui remontait le sentier en s'aidant de sa lance comme bâton. Shauska, j'ai bien réfléchi cette nuit et j'ai eu une idée pour trouver un prêcheur. Je suis allé dans une cache et j'ai trouvé une vingtaine de Poussières. Je leur ait dit, que nous avions retrouvé la Fontaine de l'Étoile. Et surtout je leur ai dit de faire passer le mot. Je peux vous assurer que la nouvelle a eu l'effet d'une bombe.
Et soudain, le visage de Jiin resplendissait d'un bonheur certain. Et toph continua :
— La rumeur va s'amplifier et se répandre partout dans Cachi-Mee. Nous cherchons un prêcheur… hé bien je vous le promets ; le prêcheur viendra à nous.
— Bien joué. Lui dit Shauska.
— Ça, c'était la bonne nouvelle… la mauvaise, c'est qu'apparemment la Sorcière n'est pas morte dans le tunnel. Il se dit qu'elle est bel et bien vivante. Certain Poussière m'ont affirmé qu'ils ont entendu ses cris de douleur depuis la tour où elle est confinée.
Un voile d'appréhension traversa le visage d'Anakin. Le rôle de Sajura Zaharcha n'était pas très clair aux yeux du Padawan. Elle s'était vanté d'être une guerrière Sith mais Anakin avait vite compris que Sajura était loin de maîtriser l'art du combat au sabre laser. Il n'était pas convaincu qu'elle soit véritablement un Sith. Quelque chose clochait dans cette histoire.
— Donc, elle est encore en vie. Finit par admettre Anakin. Il va falloir en finir.
harnis29
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Messagepar harnis29 » Ven 17 Mar 2017 - 7:55   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 16 : Morsure

La Révolte des Poussières

Chapitre 17
L’esprit de vengeance

Les deux chasseurs stellaires, des bombardiers d'assaut Hetrinar modifiés et la navette ; une corvette Corellienne CR90 sortirent de l'hyperespace en même temps. À bord de la corvette, Aross Talphar actionna le système de détection et attendit quelques secondes. Lorsque le bip sonna, le pilote, un Velmorien au regard noir, confirma le résultat :
— Nous avons détecté la navette des Saboteurs.
— Parfait ! Contactez le Commandant et passez la communication dans ma cabine.
— Bien mon lieutenant.
Aross Talphar quitta le poste de pilotage et se rendit immédiatement dans la cabine réservée aux officiers. Ses mains tremblaient.
Dès que la porte se referma derrière lui, l'image de l’hologramme du Commandant Tev Vanth II jaillie de l'hollocom.
— Mon Commandant, nous avons trouvé la navette.
— Félicitations Lieutenant Talphar.
— Mais nous avons un petit… disons, un léger problème.
— Je vous écoute. Répondit Tev Vanth II, soudain la mine sévère.
— Le signal n'est pas celui que nous attendions. La navette émet un signal de détresse depuis plusieurs jours.
— Stoppez-le immédiatement. Et faites-moi un rapport complet sur la situation dès que vous le pouvez. Faites bien attention Talphar, c'est votre dernière chance.
— Mon Commandant… le signal utilisé est en holo-fréquence. Plusieurs systèmes ont dû le recevoir maintenant.
— Lieutenant ! Il est hors de question que nous laissions ce crime impuni, Les Saboteurs devront payer pour leur infamie. C'est mon honneur qui est en jeu. Et votre avenir, dois-je aussi le préciser ?
— Non mon Commandant.
— Alors arrêtez-moi ces saboteurs et ramenez-les-moi aussi vite que possible. Le peuple de la Cantine a faim de représailles.
— A vos ordres mon Commandant.
Aross Talphar coupa l'hollocom et croisa les bras en s'enfonçant dans son siège. Aross Talphar avait toujours été loyal et fidèle, ce n'était pas aujourd'hui que les choses allaient changer. Cependant, il savait, ou du moins il avait l'intuition que tout n'allait pas se dérouler sans accroc. Les droïdes n'avaient pas effectué leur mission correctement. Ils étaient censés saboter la navette et communiquer sa position à la Cantine Solitaire et uniquement à celle-ci. Il n'avait plus qu'à espérer qu'aucun système n'ait intercepté le signal de détresse. Il regarda ses mains trembler pendant quelques instants et se ressaisit. Il quitta sa cabine et ordonna à la flottille de se rendre immédiatement sur Cachin.


Au même moment, à des dizaines de parsecs, Tig-Mus, le petit intendant du Roi Zaharcha fut informé de la détection d'un signal de détresse provenant du système de Cachin capté par une vieille sonde d'analyse. Dans un premier temps il n'y prêta pas attention. C'était un signal de détresse commun provenant d'une navette inconnue sans intérêt. Toute l'armée du Roi n'avait qu'une idée en tête : retrouver les Saboteurs et leur faire payer l'assassinat de la princesse Sajura Zaharcha. Le destroyer du Roi naviguait dans le Secteur de Kastolar. Selon quelques espions disséminés un peu partout dans la galaxie, il y avait une chance d'y repérer les Saboteurs. Mais cela faisait plusieurs jours que toute la flotte du Roi Zaharcha frôlait la frontière de l'espace contrôlé par les Hutt. Des dizaines de navettes avaient été envoyées à la recherche des Saboteurs sur les systèmes de Kwenn, Nimban et Saki, au nez et la barbe des Hutt. Pour l'instant aucune navette n'avait été repérée et Tig-Mus s'en félicitait. Mais le Roi perdait patience. Il débarquait plusieurs fois par jour dans le poste de commandement du Destroyer et Tig-Mus avait de plus en plus de mal à contenir son exaspération devant l'absence de résultat. Alors Tig-Mus cherchait. Il cherchait partout le moindre indice. Et puis il se mit à relire les échanges interceptés juste après l'attentat contre la princesse. Et dans cette montagne d'informations, il lut un échange entre le Conseil Jedi et l'un de ses sbires ; un certain Obi-Wan Kenobi. En parcourant les lignes de conversations, Tig-Mus eut un haut le cœur quand il lut le mot Cachin. Tout à coup, tout devenait logique. Il en était certain. Cela ne pouvait être dû au simple hasard. Il en était plus que convaincu. Il sauta de son siège trop grand pour lui et couru le plus vite possible vers les quartiers du Roi. Il glissa plusieurs fois et manqua de tomber à maintes reprises dans sa course folle sous les regards moqueurs des soldats de faction. Il arriva enfin devant la porte du Roi. Il somma les gardes de lui ouvrir et ceux-ci s'exécutèrent sur le champ : la porte coulissa et Tig-Mus s’engouffra tel un forcené. Il bouscula la Reine et se confondit en excuse. Le Roi Zaharcha était en pleine discussion avec l'hologramme du Sénateur du système d'Handooine.
— Mon Roi, Mon Roi ! Cria Tig-Mus en agitant le bout de papier qui allait confirmer ses dires. Je pense avoir trouvé les Saboteurs.
Le Roi Zaharcha lui arracha des mains le bout de papier qu'il lut d'une traite.
— Tig-Mus, qu'est-ce qui vous fait penser que les Saboteurs sont sur cette planète ?
Tig-Mus voulait répondre mais il ne voulait pas que le Sénateur d'Handooine puisse participer à la conversation. Le voyant hésiter, le Roi Zaharcha comprit que le Sénateur était de trop.
— Sénateur, veuillez m'excusez, nous reprendrons cette négociation plus tard.
— Je vous en prie. Répondit le Sénateur.
Le roi coupa l'hollocom et Tig-Mus put reprendre la discussion.
— Votre Altesse, le jour de l'assassinat de la Princesse, les journaux de bords font état de plusieurs départs de navettes quittant le Destroyer. Parmi celles-ci, l'une d'elles serait partie en direction de Cachin. Et il y a quelques heures, nous avons reçu un signal de détresse provenant de ce même système : Cachin. Sur le coup je n'y ai pas prêté attention. Mais en relisant les échanges du Conseil Jedi, je suis tombé sur ces lignes. Celles que vous avez sous les yeux : le Conseil Jedi a ordonné à un certain Obi-Wan Kenobi de se rendre immédiatement sur Cachin. J'y vois une preuve flagrante. Les Jedis se sont joué de nous. Ils savaient que les Saboteurs se trouvaient sur Cachin sinon pourquoi les envoyer là-bas, dans ce trou perdu ?
— Obi-Wan. Répéta le Roi. Le Jedi chargé de ma protection et de celle de la Princesse lors de mon discours au Sénat…
— Votre altesse sérénissime, Oh mon Roi, envoyez une navette sur Cachin. Je vous en conjure. Je suis certain que nous allons y trouver ce que l'on cherche. Les assassins de votre fille s'y trouvent.
— Non. Répondit le Roi.
Le roi Zaharcha se précipita sur l'intercom.
— A toutes les troupes. Ici votre Roi. J'ordonne que tous les vaisseaux, toutes les navettes et que notre Destroyer se rendent immédiatement sur le système de Cachin.
— Bien reçu. A vos ordres mon Roi. Répondit le commandant de bord du Destroyer. Passage en hyperpropulsion dans 5,4,3…
Le roi coupa l'intercom. Et trois secondes plus tard, les éclairs de lumières que l'on pouvait voir au travers des fenêtres des appartements du Roi et de la Reine, prouvaient que le Destroyer venait de passer en hyperespace.
— Tig-Mus, j'espère que vous avez vu juste.
— Je l'espère aussi oh mon Roi.


Le speeder utilisé par Obi-Wan, Haïn et Ish Atam avait définitivement rendu l'âme le deuxième jour. Le premier jour, une avarie dans le système de propulsion avait contraint ses occupants à de lourdes opérations de maintenance que Haîn avait réussit à mener sous un soleil de plomb. Mais le deuxième jour, dans la Plaine du Four, le speeder s'était mis à tousser et avait finit par caler. Après une multitude de vérifications, Haïn avait finit par conclure qu'il était hors d'usage. Obi-Wan qui avait encore mal à la jambe dû se résoudre à faire le reste du chemin à pied. Ish Atam, habitué aux longues marches n'avait pas sourcillé. Mais Haïn râlait et se plaignait sans arrêt. C'était dans sa nature profonde et il avait bien l'intention d'en faire profiter les deux crétins quasi-humain qui l'accompagnaient.
Au quatrième jour de marche, ils aperçurent au loin le pic du Mont Goth qui crevait un nuage. Et enfin le cinquième jour ils atteignirent la navette : l'Étoile des Saboteurs. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les droïdes mécaniciens avaient fait un travail absolument admirable. Ce n'était plus une épave mais une toute nouvelle navette. Les droïdes mécaniciens avaient démonté chaque pièce les unes après les autres. Si Obi-Wan était revenu quelques jours auparavant, c'est un tas de ferraille qu'il aurait trouvé éparpillé dans le sable. Mais aujourd'hui la navette reposait sur ses pieds. Elle ne brillait pas de mille feux non, mais elle semblait totalement fonctionnelle. Le seul problème, si c'était un problème, c'était que la navette avait vu sa taille diminuée de moitié. Et c'est un Haïn inconsolable, criant et vitupérant les deux genoux dans le sable, les larmes coulant sur ses joues huileuses, maudissant les deux droïdes qui avait défiguré son Étoile.
— Soyez tous maudits ! Criait Haïn. Qu'avez-vous fait ? Hein ? Qu'avez-vous fait à mon Étoile chérie ?
Un des deux droïdes mécanicien sortit la tête d'un amas de tôles, de ferraille et de câbles en tout genre. Il émit quelques bips de satisfaction en repérant Obi-Wan et fila tout droit à l'intérieur de la navette en passant par la passerelle toute neuve ou presque. Obi-Wan suivit le petit droïde à l'intérieur de la navette et fut stupéfait par le travail accompli. Effectivement, la navette avait été réduite de moitié mais l'intérieur et notamment le cockpit semblait presque neuf et rutilant. Et le plus important, l'odeur de pourriture avait complètement disparue. Mais Haïn était inconsolable, il tenait la main d'Ish Atam et pleurait à chaudes larmes contre son bras.
— Haïn, cesse un peu tes lamentations. Lui suggéra Obi-Wan. Admire un peu le travail. Regarde. Le tableau de bord a été entièrement refait, elle est comme neuve, ta navette !
— Taisez-vous Jedi à la noix ! Mais taisez-vous donc ! C'est une catastrophe… et… 
Tout à coup, Haïn se figea. Ça devait carburer sec dans son cerveau, car après un temps très court d'une sorte de coma végétatif instantané, il se mit en quête de retrouver quelque chose qui devait être d'une importance capitale. Il se mit donc à farfouiller dans les moindres recoins de la navette. Il cherchait quelque chose. Il ouvrit donc plusieurs placards et autre vide-poches en jetant tout leur contenu à même le sol. Si bien qu'au bout de deux minutes, l’intérieur de la navette était jonchée d'objets en tout genre. Obi-Wan et Ish Atam ne quittèrent pas des yeux le Saboteur survolté qui se mit à crier « Victoire » quand il trouva enfin l'objet de sa quête.
— La voilà ! Oh Bonheur ! La bouteille enchantée !
Il brandit alors la bouteille, la déboucha et l'agita sous le nez d'Ish Atam qui eut un haut le cœur en reniflant son odeur nauséabonde.
— Regardez donc Cendre ! Buvez une goutte et elle vous transformera en bête de guerre incontrôlable et dévastatrice !
Obi-Wan se mit à ricaner dans sa barbe.
— Pourquoi riez-vous mauvais moine illuminé ? Grogna Haïn.
— Haïn. Reprit Obi-Wan entre deux gloussements. Tu as déjà tenté l'expérience et mis à part des maux de ventre, tu es resté le même.
— C'est parce que vous n’êtes qu'un ignare. Vous avez bien vu ce qu'elle à fait de Runh Rapuhn non ? Elle l'a transformé… Je l'ai vu à l’œuvre et croyez-moi. Le colosse orange ne serait encore qu'un vulgaire mollusque tout juste bon à faire des ronds dans un bocal s'il n'avait pas fait l'expérience de la bouteille des Astarides. Runh à fait un bond de géant dans l'évolution. Croyez-moi. Vous l'auriez vu il y a quelques années… c'est bien simple, vous ne l'auriez jamais remarqué. Il était insignifiant et inutile. Et regardez-le aujourd'hui, un grand gaillard à la force démesurée.
— Haïn, Ish Atam, si vous voulez m'excusez, je dois contacter le Conseil Jedi. Fit Obi-Wan.
— Et alors ! Beugla Haïn.
— Et alors ? Je voudrais être seul si tu me le permets Haïn.
— Viens Haïn, laissons Obi-Wan faire ce qu'il à faire. Viens je t'en prie. Pria Ish Atam en prenant Haïn par l'épaule. Explique-moi un peu l'histoire de cette «Étoile » comme tu l'appelles.
— Tu ne sais ce qu'est une « Étoile » ? Rétorqua Haïn tandis qu'il accompagnait Ish Atam vers la sortie. Mais enfin, c'est la fine fleur, le vaisseau amiral de la flotte perdue des Saboteurs. On ne t'apprend rien à l'école ?
— Il n'y a pas d'école de ce genre ici. Ici nous apprenons à survivre contre le vent, la poussière, le soleil et les cyclattes.
Les deux compères quittèrent le cockpit laissant le Jedi prendre soin de contacter le Conseil. Quand Obi-Wan réussit à stabiliser la communication avec le Conseil Jedi, il fit un rapport succinct sur les événements de Cachin et surtout révéla la véritable nature de l'imposture qui se cachait derrière l'attentat contre la Princesse Sajura Zaharcha. Quand il eut finit son rapport à Mace Windu, celui-ci lui confirma qu'une opération d'exfiltration aurait lieu dans les plus brefs délais. Cependant, Obi-Wan devait être informé que dorénavant, toute action menée par le Conseil Jedi se ferait sous le regard de la Chancellerie, car la République venait de faire voter une loi contraignant le Conseil Jedi à révéler de façon transparente devant un comité restreint toute sa politique d'intervention, et ce, quels que soient les circonstances.
Un débat houleux avait eu lieu au Sénat, mais comme toujours dans les moments de crise, un certain nombre de Sénateurs avaient réussis à faire passer cette loi en force sans passer par un décret. Le vote eut lieu et sans surprise la loi était passée. Le Chancelier Palpatine avait clôturé la séance par ces mots : « La République est une démocratie au-dessus des volontés partisanes qui voudrait l'affaiblir. Aucune institution, aucune organisation ne peut se soustraire à l'entité Républicaine. Rappelez-vous chers amis, que la Démocratie l'emporte toujours et que rien ne peut gouverner ou influencer la République, si ce n'est le Sénat et ses représentants. »
Obi-Wan fut grandement troublé par la révélation de Mace Windu. Il y voyait là encore une ingérence flagrante de la République et notamment de la Chancelerie. Jamais dans l'histoire de la galaxie, le Conseil Jedi n'avait eut à répondre et à s'expliquer sur ces actions mise en œuvre. Mace Windu avait finit par admettre que c'était le jeu de la démocratie. Mais Obi-Wan douta de la sincérité du Maître Jedi. Obi-Wan y voyait une déclaration factice contrainte. Il eut la confirmation de son impression lorsqu'au moment de couper la communication, il aperçut le Sénateur Mas Amedda en retrait derrière Mace Windu, attentif et concentré.
Quand Obi-Wan fut seul dans le cockpit, il passa un long moment à réfléchir en caressant sa barbe. Cela faisait quelques années maintenant que les choses étaient en train de changer. Depuis la bataille de Naboo et l'avènement du Chancelier Palpatine, les troubles s'étaient multipliés. Pour l'instant il n'y voyait pas une causalité directe mais un sentiment diffus. Il avait l'impression qu'un voile masquait la réalité de tout à chacun. Et que plus le temps passait, plus le voile s'opacifiait.
Soudain, Obi-Wan fut pris d'une intuition. Un danger était imminent.
Il sortit de la navette en trombe et dès qu'il vit Haïn et Ish Atam, il s'exclama:
— Le Conseil Jedi envoie un contingent chargé de notre exfiltration !
— C'est trop tard. Lui répondit Haïn. Ils sont déjà là !
Quand Obi-Wan se retourna, il vit le Lieutenant Aross Talphar, blaster en main, ainsi que tout un régiment de renégats de la Cantine Solitaire qui les tenaient en joue.

A la grande époque de Cachin, les prêcheurs régnaient sur tout. Ils usaient et abusaient de leur statut. Ils s’enrichissaient et forçaient toute la population à croire en la Fontaine : c’était l’idole ultime et tous devaient la vénérer sinon les prêcheurs les mettaient au banc de Cachi-Mee. Mais ce temps était révolu.
Toph jubilait. Il venait de mettre la main sur un prêcheur. Et pas n'importe lequel : le consul suprême d'après ses dires. Bien qu'ils aient soit-disant disparu depuis des années, en fin de compte, ils n'avaient jamais quitté la capitale. Se faisant passer pour des vieillards inaptes au travail à la mine, ils passaient en fait leur temps à prédire un destin funeste et la fin du monde dans les réunions de la résistance ou dans les rues encore fréquentées, coincés entre une carcasse de véhicule et un arbre de Cinium éteint.
Quand ils ne prêchaient pas, ils volaient de la nourriture au plus nécessiteux. Et c'est Toph, en fin limier, qui avait démasqué celui qui tenait la porte du hangar dans lequel il venait distribuer ses Boumboss.
Cet imbécile de prêcheur portait encore le médaillon représentant la Fontaine de l'Étoile autour du cou. Le bijou bringuebalait d'un côté et de l'autre sans que celui-ci ne s'en rende compte. Et Toph l'avait berné en prétextant avoir besoin d'un coup de main pour porter sa besace pleine de champignon. Il l'avait entraîné à l'abri des regards et quand celui-ci, contraint par la lance de Toph, avait finalement avoué que les prêcheurs par peur de représailles, s'étaient mués en prédicateurs d'aucune utilité et en voleurs de nourriture, Toph s'en était grandement offusqué et s'était montré pour le moins amère. Toph avait ensuite traité le prêcheur de lâche et le vieux couard n'avait pas moufté. Mais maintenant qu'il avait un prêcheur sous la main, il n'était pas prêt de le lâcher.
Il obligea donc le vieux Poussière à l'accompagner jusqu’à la grotte où se cachait Shauska, Anakin, Jiin et Runh Rapuhn dans les hauteurs, à la périphérie de Cachi-Mee. Enfin non, pas Runh, car celui-ci montait la garde en dehors de la grotte, un peu à l'écart, sa silhouette dissimulée derrière les arbres. Toph appréciait Runh Rapuhn. Mais en même temps il s'en méfiait. Runh était bien trop fort, bien trop puissant pour être négligé. Et ce n'était pas parce qu'il ne parlait pour ainsi dire jamais que c'était un simple d'esprit.
Ainsi, Toph donnait des coups de bâton au vieux Poussière pour qu'il avance et celui-ci tomba à genoux au moment même où Shauska sortait de la grotte pour se rendre à la rivière accompagnée par Anakin.
— Toph ! Gronda Shauska. Mais qu'est-ce qu'il te prend de traiter ce vieux monsieur de la sorte ?!
— Ce n'est pas un vieux monsieur… répondit Toph.
— Mais enfin, bien-sur que oui, regarde-le, le pauvre homme.
— Ce n'est pas ce que je voulais dire, pardon, ce vieux monsieur est un prêcheur. Tenez, regardez Shauska, il porte le médaillon de la Fontaine de l'Étoile. C'est un prêcheur, je vous l'assure, il a avoué le bougre !
— Évidemment qu'il a avoué, traité de la sorte, n'importe qui avouerait n'importe quoi !
— Toi ! Cria Toph. Dis-lui ce que tu m'as dit à propos de la Fontaine de l'Étoile ! Allez !
— La Fontaine… commença le vieux Poussière. La Fontaine est un mythe. Elle n'a jamais existé.
— Bon sang ! Pesta Toph. Répète mot pour mot ce que tu m'as dis en chemin, sinon tu aurais à faire à ma lance !
— Très bien, très bien. Abdiqua le vieux prêcheur. La Fontaine à disparue, elle nous a abandonné et personne ne la retrouvera jamais.
— Pas ça ! Cria à nouveau Toph. Dis-lui comment doit-on procéder pour réunir les deux étoiles.
— Oh ça ! C'est très simple il suffit d'approcher les deux étoiles l'une de l'autre à l'intérieur de la lanterne, ensuite il suffit de déposer la lanterne sur son autel et alors la Fontaine coulera à nouveau pour mille ans.
— Et quand aura lieu le jour des deux lunes ? Demanda Toph.
— Demain. Répondit le prêcheur.
Toph lui donna un coup de baton et Shauska explosa :
— Toph ! Je t'ordonne d'arrêter tout de suite sinon je te préviens, Runh t'enfoncera dans le sable jusqu’à la tête !
— Mais il ment. Je vous l'assure Shauska. Se lamenta Toph.
Runh Rapuhn s'approcha de Toph avec un air peu avenant.
— Ohhhhh S'exclama le prêcheur. Le colosse Orange de la prophétie…
Jiin qui avait assisté à la scène, ne put s’empêcher d'ajouter :
— Il est sénile votre vieux là.
Le prêcheur était en totale admiration pour Runh. La mine extatique, il ajouta :
— Le Colosse Orange est arrivé. Où est l'Étoile ? Demanda-t-il à l'assistance. Nous devons réunir les étoiles avant le jour des deux lunes qui aura lieu dans neuf jours.
— Ha vous voyez ! S'exclama Toph.
— Il est sénile je vous dis. Continua Jiin. Il raconte n'importe quoi.
Shauska ne savait plus quoi dire, quoi comprendre et quoi en déduire. La seule chose qu'elle savait, c'est qu'elle avait une envie furieuse d’abattre la gamelle qu'elle tenait dans la main sur la tête du premier venu. Malgré tout elle s'approcha du vieux prêcheur et l'aida à se relever.
— Venez avec moi, Lui dit-elle. Comment vous appelez-vous ? Je dois vous montrer quelque chose.
— Je suis Kao Cacik, consul suprême et je vous suis très reconnaissant… ce jeune Poussière est un effronté et un impertinent.
Elle prit le vieux Poussière par le bras et l'accompagna jusqu’à l'intérieur de la grotte. Les autres suivirent, sauf Runh qui resta dehors. Une fois dedans, elle l'invita à s’asseoir sur une paillasse à même le sol et posa la lanterne couverte par un tissu devant son nez. Elle releva le tissu et tout à coup la lumière jaune de la nano-étoile se mit à étinceler et à éclairer entièrement la grotte.
— Oh ! S'exclama Kao. Vous l'avez attrapé. Vous l'avez trouvé et vous l'avez attrapé ?! Comment est-ce possible ? Qui donc à attrapé l'étoile jaune ?
— C'est ce jeune garçon. Répondit Shauska, en montrant Anakin du doigt.
Le jeune Padawan s'était fait discret et le vieux prêcheur ne l'avait même pas remarqué.
— Dis-moi jeune enfant. Est-ce bien toi qui a attrapé l'étoile jaune ? C'est important. Tu dois me dire la vérité petit. Est-ce bien toi qui l'a attrapé et personne d'autre ?
— Oui. Répondit Anakin. C'est bien moi.
— Ainsi soit-il. Seul l'attrapeur peut réunir les deux étoiles.
— Comment ça ? Demanda Shauska. Expliquez-vous !
— Cela fait partie de la mythologie. Celui qui est choisi par l'étoile, doit être celui qui les lie. Il doit faire pénétrer le noyau au cœur de l'étoile jaune. Tout les oppose, elles ne voudront pas s'unir. Alors seul la Force pourra forcer cette alliance. Mais cela n'a aucune importance… Il nous faudrait posséder son compagnon. C'est la sorcière qui le détient. Elle en tire une énergie et un pouvoir immense.
— Non. Le coupa Shauska. Nous avons la boule noire. Mais que vient faire la Force ici ?
Shauska sorti la boule noire de sa poche et la présenta au prêcheur qui resta interloqué quelques instants.
— Ce n'est pas possible ! S'exclama Kao. La prophétie… elle se réalise. Et j'en suis le témoin.
— Quelle prophétie ? Demanda Shauska.
— De la superstition ! Éclata Jiin. C'est de la superstition, comme pour le Padawan. Vous ne vivez que de mythes et mirages. C'est comme la Force et toutes vos croyances d'un autre âge.
— La Force est réelle. Tu le sais très bien Jiin. Le coupa Shauska.
— Peut-être. Admis Jiin. Mais vous ne me ferez pas croire que Runh Rapuhn est, lui aussi, un élu.
— Jiin. Ce n'est pas toi qui voue un culte à une simple bouteille ? Demanda Anakin.
— Cela n'a rien à voir. Rétorqua Jiin. La bouteille est un preuve scientifique.
Shauska, qui n'avait aucune idée de ce que pouvait raconter Jiin, s'adressa à nouveau à Kao.
— Que dit la prophétie ? Demanda Shauska.
— La prophétie dit que le jour où la Fontaine sera retrouvée, alors un étranger, un géant de la couleur du sable de Cachin sauvera le peuple des Cendres et des Poussières. Alors le deuxième age d'or de Cachin pourra débuter. Nous devons procéder à l'union des deux étoiles le plus rapidement possible. La boule noire est le noyau. Il faut les unir de force. Et c'est à ce Monsieur… en Orange qui est dehors de nous libérer du joug de la Sorcière. Une fois l'accouplement de l'étoile effectué, il doit positionner la lanterne dans son réceptacle, dans l'arène, au cœur même de la cité. Dans son antre. « Des ténèbres, le colosse apportera la lumière, et pour mille ans, la Fontaine coulera. »
— N'importe quoi ! C'est n'importe quoi, je suis entouré d'illuminés. Déplora Jiin.
Le vieux prêcheur essaya de chiper la boule noire des mains de Shauska et celle-ci, sans réfléchir, le gifla.
— Oh pardon ! S'exclama-t-elle pendant que le vieux se frottait la joue. Je suis vraiment désolée, je ne sais pas ce qui m'a prit. Pardonnez-moi… mais ne vous approchez plus de cette boule noire, sinon : dehors ! Runh ! Baffes ! Compris ?
Le vieux prêcheur avait bien compris la leçon et jura de ne plus recommencer.
— Nous devons unir les deux étoiles. C'est le moment. Continua Shauska. Nous devons nous rendre à l'arène avec la lanterne et procéder à l'union le plus vite possible.
— Sous l'arène, vous devez aller sous l'arène, dans le sanctuaire. Et poser la lanterne sur son autel. Seul le géant Orange pourra poser la lanterne. Et lui seul. Ajouta Kao Cacik tandis qu'il glissait sa main dans la besace de Toph pour y voler quelques boumboss.
— Très bien Consul Suprême. Vous venez avec nous.
— Quoi ? Cria le vieux. Hors de question, c'est trop dangereux.
— Je ne crois pas que vous ayez vraiment le choix. Ajouta Shauska. Vous venez avec nous, c'est un ordre.
— Recevoir un ordre d'une Poussière, non mais vous plaisantez ! S'offusqua le vieux prêcheur.
Sur ces mots, on vit le bras de Runh entrer dans la grotte et saisir par le cou le vieux prêcheur pour l'emmener dehors. A partir de ce moment on l'entendit plus se plaindre de quoi que se soit. Une fois tout le monde dehors, Shauska ouvrit la marche et Runh portait la lanterne sous le regard parfois terrifié mais aussi admiratif de Kao Cacik, Consul suprême de Cachin. Au milieu de la nuit, l'équipe traversa les ruines de Cachi-Mee en direction de l'arène. Anakin sympathisa avec Toph et ils échangèrent quelques mots et des boumboss tout en marchant. Jiin fermait la marche, blaster en main, à l’affût.


Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Elle était en vie et se demandait bien pourquoi ? Elle n'avait plus aucune raison de vivre. Son rêve avait brûlé. Il s'était consumé dans les braises du tunnel. Pourquoi vivre un tel désespoir ? Pourquoi n'était-elle pas morte sur le champ de bataille ? Pourquoi avait-il fallut qu'elle s'extirpe de la fournaise ? Non il aurait mieux valu mourir ce jour-là. Le petit bâtard s'était joué d'elle. Il n'avait rien d'exceptionnel et pourtant il lui avait fait mordre la poussière. La honte et l'humiliation mijotaient dans son esprit.
Darth Myseris, allongée, avait les yeux grands ouverts et ne quittait pas du regard le plafond moisi de sa chambre. Des bandages entouraient son corps de son ventre jusqu’au cou, ainsi qu'une partie de son visage. Elle sentait l'odeur de la chair calcinée, de sa propre chair.
Elle avait crié, elle avait hurlé pendant des heures, pendant des jours. Le supplice n'avait pas disparu mais les anti-douleurs injectés dans ses veines par le droïde médecin faisaient effet. Si bien, que par moment, un sentiment irréel d'immortalité l'envahissait. Cela ne durait pas. Et très vite, l'accablante vérité lui tombait dessus et elle plongeait dans un profond marasme. La douleur n'était plus insoutenable mais l'accablement était un manteau trop épais et trop chaud. Plusieurs fois elle avait essayé de se laisser mourir mais cela ne fonctionnait pas. Elle respirait encore. Son cœur battait encore. Sa haine faisait bouillir son âme et elle ne dormait pas. Elle pleurait mais aucune larme ne coulait. Ils avaient tué sa création, ils avaient massacré son aspiration. Tout était finit. L'expérience de Cachin était un échec cuisant.
Il ne le pardonnerait jamais. Elle le savait.
Après des minutes d'effort et de contorsion abominables, elle réussit à s’asseoir, le dos calé contre le mur. C'était une infirme. Son bras gauche avait disparu. Comme par magie. Pourtant son bras lui faisait encore mal et elle pouvait serrer son poing, elle le sentait, il était encore là, mais c'était une douleur fantôme. Ce n'était qu'une illusion. Un mirage de déception.
Illusion, mirage, ambition, pouvoir et gloire… tout était définitivement perdu. Cependant la colère la maintenait en vie.
Et puis, elle aperçut sa silhouette au loin dans le miroir. Mais de là où elle était, assise sur son lit, elle ne se voyait pas entièrement. Elle entreprit alors de se lever. Et elle eut mal. Quand elle posa son pied gauche sur le sol, elle comprit qu'il y avait quelque chose d'anormal. Son pied n'était pas le sien. En y regardant de plus près, en soulevant un peu son pantalon déchiré, elle découvrit alors un pied robotisé. Son pied gauche n'était pas le sien mais après tout elle s'en fichait bien.
Elle réussit à se mettre debout et s'avança, boitillante, traversant un champ miné d'immondices qui jalonnait sa chambre, jusqu'au miroir.
Et là, elle put enfin se voir telle qu'elle était : misérable.
Elle commença par regarder ses pieds, ses jambes, son torse et sa poitrine absente. Et puis, elle regarda son visage. Le choc fut terrible. Son visage était sillonné de rides profondes qui lui grimaçait le visage. Elle retira doucement l'énorme pansement collé à sa joue gauche. Elle était tellement brûlée, la chair avait tellement fondue, qu'elle pouvait apercevoir certain os de sa mâchoire. Il ne restait qu'une petite touffe de cheveux sur le côté de droit de son crâne entre deux cloques purulentes, mais ils étaient cramoisis. Elle avait la peau sur les os. Alors elle se mit à crier. Aussi fort que possible. Et un droïde avait accouru. Elle le somma de l'aider à marcher. Elle s'appuya donc sur lui et quitta la chambre. Elle devait faire son deuil et pour cela elle avait besoin de voir le corps de son enfant.
Elle entra dans le dôme soutenu par le droïde et se traîna jusqu’à la masse de Cinium inerte qui gisait au sol. Darth Myseris se fit la remarque que le dôme était encore trop petit et pas assez fastueux pour une sépulture. Ce n'était pas digne de son fils.
Le droïde l'aida à s’asseoir et quand elle posa sa main qui était vraiment la sienne sur la masse de Cinium, alors les larmes commencèrent à couler.
Darth Myseris pleurait son enfant mort-né. Elle aurait voulu que le reste du dôme s'effondre sur elle et son enfant. Qu'elle soit ensevelie sous des tonnes de gravats et qu'elle disparaisse à jamais dans l’indifférence et l'oubli. Qui se souviendrait d'elle ? Personne. Non personne.
Et il était temps de mourir.
Elle s'allongea sur le métal inerte, pleura encore beaucoup et finit par s’endormir pour l'éternité.


Depuis l'explosion dans le tunnel, plus aucun Poussière n'avait eu à subir la moindre descente, ni rafles d'escouades de droïdes et leurs absurdes et grotesques montures. Les deux premiers jours, personne n'avait osé braver le danger et tout le monde était resté calfeutré, à l'abri, sans vraiment comprendre la situation. Mais le troisième jour, contre toute attente, c'était un flot continu de plusieurs centaines de Poussières qui quittait la mine en file indienne. Le pouvoir de la sorcière n'était plus. Les droïdes ne savaient comment réagir face à cette mutinerie pacifique, ils n'avaient pas d'ordres à exécuter, ni de capitaine à la barre. Ils laissaient la mine se vider de son essence. Les Poussières quittaient tout simplement les lieux, sans violence et sans un mot. Le seul son qu'on entendait était celui des chaînes de métal qui s'entrechoquaient. Un véritable petit tintamarre de clic, de clang et de bong s'élevait de la rue et résonnait dans la capitale muette. Et c'est depuis une rue qui grimpait vers l'arène qu’Anakin, Shauska et les autres, cachés derrière un parapet, regardaient le manège de cette file interminable qui traversait la ville.
— Les Poussières prennent leur destin en main. Chuchota Shauska. Ils quittent la mine par eux-mêmes. Sans cris, sans bruit, sans fureur, ni terreur… en silence. Je reconnais bien là mon peuple. Les choses changent. C'est un peu grâce à toi Anakin.
— Non, je n'y suis pour rien. Déplora le Padawan.
— Tu redonnes de l'espoir. Ajouta Toph. Malgré toi.
— Anakin, tu es le témoin de la révolte des Poussières. C'est historique. Conclu Shauska.
— Cela n'a rien d'une révolte. Pesta Jiin. Depuis quand une révolte se déroule sans terreur, sans larme et sans gronder ? J’appelle cela plutôt une fuite en avant. Ils sont misérables, c'est tout.
— Quand la Fontaine coulera à flot continu… Le coupa Kao Cacik. Vous verrez, étrange créature, que nous sommes nous aussi de véritables guerriers. Il y a un temps pour tout. Un temps pour se prosterner, un temps pour se soulever et un temps pour briser ses chaînes. Et ce temps est venu. Dites-moi, votre race est-elle civilisée ? quel est votre nom ?
— Je m'appelle Jiin. Jiin Môche. Je suis le Seigneur des Saboteurs et je ne suis pas prêt de vous servir. Croyez-moi !
— Jiin, regardez la lance de Toph. Hé bien dans quelques minutes, vous constaterez par vous-même la puissance inégalée du peuple des Poussières.
— Vous vivez dans l'illusion Monsieur le Consul. Cachin respire encore mais plus pour longtemps. Et si son coeur bat encore, ce n'est plus pour longtemps. Il n'y a plus aucun futur possible ici. Objecta Jiin.
Au loin, alors que la file indienne semble interminable, Anakin aperçu une troupe de droïdes, blaster en main, visiblement désordonnée et désorientée. Ils regardaient les Poussières qui se traînaient dans la rue. Anakin s'attendait à voir débarquer la silhouette familière de Darth Myseris sur le balcon dominant la rue. Il l'imagina s'égosillant et vitupérant des ordres aberrants.
Mais non. Elle n'était pas là. En fait, il aurait bien voulu la voir. Si elle avait été là, il aurait pris l'initiative de l'affronter sur le champ. Il n'avait absolument aucune crainte. Elle ne lui faisait pas peur, au contraire même. Anakin savait qu'elle était une puissante guerrière Sith mais il savait aussi qu'il avait largement les compétences pour la terrasser. Et si Obi-Wan avait été là, il l'en aurait empêché comme d'habitude. Obi-Wan préservait son Padawan et c'était tout à son honneur, mais Anakin en avait assez, il voulait passer à l'action, montrer de quoi il était capable et surtout il voulait avoir son premier et vrai combat.
Celui du tunnel n'avait été qu'une répétition, un entraînement, un préambule rien de plus. Il avait hâte de mettre en pratique toute la technique que lui avait enseigné son mentor. Il voulait faire ses preuves aussi bien pour montrer qu'il était digne d'être un Chevalier Jedi mais aussi pour se prouver à lui-même qu'il en était capable.
L'arène était un immense amphithéâtre couvert d'un toit quadrillé de verre et de Cinium. En son centre il y avait une sorte de scène de spectacle avec un autel de pierre duquel sortait une myriade de gros câbles qui s'enfonçaient ensuite dans le sol. L'intérieur de l'arène était comme toute la ville, recouvert d'une couche conséquente de poussière et de sable.
Comme par enchantement, Kao Cacik avait soudainement retrouvé toute sa vitalité et il dévala les marches jusqu’à l'autel, comme un jeune homme. L'illusion donne des ailes. Et Kao Cacik avait la foi.
La Fontaine allait bientôt couler à nouveau et nourrir sa planète et son peuple de ses bienfaits. Et si c'était lui qui rapportait la Fontaine, alors son avenir était tout tracé. Il serait Grand Consul. L'opportunité d'un tel destin ne se présente pas tous les jours et il savait que cette chance ne se représenterait jamais. Il était donc bien décidé et tapa de la paume plusieurs fois sur l'autel au cas où personne n'aurait compris que c'était bel et bien là qu'il fallait poser la lanterne. En vérité, il exultait et il était bien décidé à saisir sa chance.
Shauska posa la lanterne sur l'autel et s’apprêtait à retirer le tissu lorsque Kao posa sa main sur la sienne. Shauska sursauta et le retira aussitôt. Elle détesta le contact violent de la peau du vieux Poussière sur la sienne. Un frisson d'horreur et de dégoût lui sillonna la colonne vertébrale.
— Attendez. Ordonna Kao Cacik. L'attrapeur et le libérateur ne sont pas encore prêts. L'attrapeur doit unir les deux étoiles et c'est au libérateur de déposer la lanterne sur l'autel. Mais chaque chose en son temps. Jeune enfant ? Es-tu prêt ?
— Que dois-je faire ? Demanda Anakin.
— Tu dois être très attentif mon petit. Shauska va ouvrir la porte de la lanterne et à toi de lui proposer de s'unir avec le noyau. Tu dois forcer cette union petit !
— Forcer ? Mais comment ?
— Tu dois la convaincre de s'accoupler.
Et Anakin d'afficher une mine pour le moins circonspecte.
— La convaincre… je ne vois pas comment ?
— Tu dois lui parler… être doux avec elle. Tu le sais, elle ressent les choses, elle est consciente, elle pense, elle s'exprime, tu le sais, c'est toi qui l'a attrapée.
Pour une fois, Anakin se dit qu'après tout, ce Consul devait savoir de quoi il parlait. Effectivement, Anakin avait ressenti une sensation bizarre quand il avait attrapé l'étoile jaune. Elle s'était donnée à lui. Elle avait accepté de se laisser prendre. Et Anakin avait cru un moment qu'elle lui parlait. Elle lui avait susurré quelque chose mais sans en comprendre la langue. Maintenant, il fallait la convaincre de s'unir avec son opposé.
— Shauska. Auriez-vous l'amabilité de bien vouloir me donner le noyau ? Demanda Kao Cacik.
Shauska hésita. Jusqu’à présent elle avait toujours suivit son instinct. Et son instinct ne lui avait jamais fait défaut. Du moins jusqu’à aujourd’hui. Elle voulait, plus que tout, que la Fontaine coule à nouveau, mais cet énergumène, ce soi-disant Consul ne lui inspirait pas confiance. Il y avait quelque chose chez lui, dans son attitude, qui ne rassurait pas Shauska. Runh s'approcha alors de la jeune Poussière et lui glissa à l'oreille :
— Shauska. Si vous voulez je m'en occupe. S'il fait le moindre geste suspect, je l’aplatis.
Et c'est ce que Shauska voulait entendre. Elle glissa la main dans la poche de son pantalon et en sortit la boule noire. Elle regarda pendant quelques secondes les éclairs blancs qui balayaient sa surface. Elle était fascinée par cette petite boule noire ; l'antithèse parfaite de l'étoile jaune. Tout compte fait, elle déposa la boule noire dans l'énorme paume de Runh.
— Faites attention Runh. Vous tenez entre vos mains tout l'avenir d'un peuple et d'une planète toute entière. S'alarma Shauska.
Kao Cacik s'approcha et alors qu'il allait saisir la boule noire des mains de Runh, celui-ci, le repoussa gentiment mais fermement.
— Je m'en occupe. Lui dit-il avec autorité.
— C'est au Grand Consul qu’incombe l'honneur de donner le noyau à l'attrapeur. C'est la tradition. Il faut respecter le protocole. S'agaça Kao.
— Un protocole ? Demanda Runh. Quel protocole ?
— Heu… c'est a dire que… je dois réciter une incantation. Je dois invoquer l'esprit de la Fontaine.
— Vous êtes un prêtre n'est-ce pas ? Vous êtes un homme de foi et de religion ?
— Oui tout à fait. Je suis Consul de Cachi-Mee. J'ai toutes les compétences pour procéder à la cérémonie du Tison.
— Religion, politique… c'est la même chose. Je n'ai aucune confiance en vous cher prêtre.
— Mais enfin… S'offusqua Kao Cacik. Vous ne pouvez pas aller à l'encontre de la tradition séculaire qui régit nos vies depuis la nuit des temps.
— Hé bien si voyez-vous. Otez-vous de mon chemin, prêtre !
Runh allait rejoindre Anakin qui se tenait devant l'autel, quand Kao Cacik se mit à crier.
— Attention ! Les droïdes de la sorcière nous attaquent !
Tout le monde se retourna en direction du hall d'entrée de l'arène.
Personne.
Kao profita de la seconde de confusion et déroba la boule noire des mains de Runh sans qu'il ait eu le temps de s'en apercevoir. Une fois la boule dans la main, le prêcheur se mit à courir à toutes jambes en direction de la sortie.
— Jiin ! Cria Runh.
Jiin regarda Runh. Il regarda ensuite le prêcheur qui fuyait à toute allure.
— Jiin ! Répéta Runh.
Et Jiin comprit enfin ce qu'il devait faire. Il brandit son blaster et tira en plein dans le dos du prêcheur. Celui-ci tomba sur le coup en laissant s'échapper la boule noire.
Shauska poussa un cri strident tout prêt de Jiin qui sursauta. Elle se rua en direction de Kao et saisit la boule noire qui étincelait d'éclair. Elle secoua le prêcheur et se retourna en direction de Jiin qui se curait l'oreille avec son petit doigt.
— Il est mort. Dit-elle. Jiin qu'as-tu fait ?
— Bin quoi ? Répondit Jiin.
— Tu l'a tué. Jiin tu as tué le prêcheur. Répéta-t-elle.
— Mais il essayait de s'échapper ! Argumenta-t-il. C'est Runh… c'est lui qui m'a dit de… Enfin quoi ?
— Bon sang Jiin. On ne tue pas comme ça…
— Comment ça, comme ça ? Il a volé la boule noire, Runh m'a dit ; Jiin ! Jiin; deux fois. Il fallait bien faire quelque chose non ?
— Oui mais pas le tuer. On ne tue pas les gens comme ça. Ce n'est pas possible Jiin. Mais qu'est-ce qui t'a prit ? Cria Shauska.
— On me dit Jiin ! Jiin, deux fois. Moi je tire.
— Tu aurais pu viser la jambe. Ajouta Runh.
— La jambe, la tête, le dos… peu importe. Moi on me dit ; Jiin… A Jiin, je tire. Je suis un Saboteur pas un enfant de cœur.
Shauska était choquée. Et Anakin, qui avait développé une certaine affection pour le Saboteur, ne savait plus trop quoi penser à présent de lui. Il ne pouvait que condamner son acte abject mais en même temps… Jiin n'était qu'un Saboteur qui n'avait aucun sens de la mesure. Sa véritable nature, sans empathie aucune, ne pouvait pas comprendre qu'on ne tue pas les gens comme ça sans raison. Cela n'excusait pas son geste certes, mais il n'arrivait pas à lui en vouloir véritablement. Non.
En fait Anakin se rendit compte qu'il n'avait pas agi. Il aurait pu projeter par la Force le vieux Poussière et le jeter à terre avant que Jiin ne tire. Mais non. Il n'avait rien fait. Un chevalier Jedi n'aurait jamais permis qu'une telle chose se produise. Et tout à coup, le doute venait d'éclore dans son esprit. Et le doute est un mal puissant. Il pond ses œufs dans votre âme et si on ne prend pas garde alors il se répand en métastases dans la conscience. Anakin n'avait rien fait. Il était resté pantois, sans réaction et cela avait provoqué la mort. Non, il n'en voulait pas à Jiin. Il s'en voulait à lui. Aucun Jedi n'aurait permis un tel désastre. Il le savait. Il avait failli… encore une fois.
Anakin sauta de la scène où se trouvait l'autel et la lanterne et s'approcha de Shauska qui essayait de trouver le pouls de Kao. Anakin palpa le dos du prêcheur à la recherche de la blessure mortelle. Il souleva un bout tissu afin d'en avoir le cœur net et le rabaissa immédiatement. Il invita ensuite Shauska à l'aider pour retourner le corps et posa la paume de sa main sur le front de Kao.
Il se concentra, inspira profondément et usa de la Force pour redonner vie au vieux Poussière. Quelques secondes plus tard, Kao Cacik ouvrait les yeux.
— Ce n'est qu'une blessure superficielle. Déclara Anakin. Heureusement le tir de Jiin n'a touché aucun point vital.
Shauska poussa un soupir de soulagement.
— Et en plus tu vises mal ! Dit Runh.
— C'était totalement intentionnel ! Grogna Jiin. Vous croyez quoi ? Vous pensez que parce que je suis un Saboteur, un Seigneur de guerre impitoyable, je tue comme ça, n'importe qui ? Sans raison ? Tu me déçois Runh… comme d'habitude. Mais si vous voulez je l'achève !
Jiin pointa son blaster en direction de Kao, Anakin et Shauska.
— Poussez-vous de là, je dois abréger ses souffrances, un tir en pleine tête et il rejoindra le paradis des Poussières.
— Arrête ça tout de suite ! Cria Shauska. Jiin, tu ne fais plus un geste et tu te tiens tranquille sinon tu auras à faire à moi, je te préviens.
— Il faudrait savoir ce que vous voulez ! C'est un monde ça. Et je n'ai d'ordre à recevoir de personne. Vous m'entendez ? Personne ! Encore moins d'une misérable Poussière…
Jiin n'eut pas le temps de finir sa phrase. Runh lui colla une baffe assez forte pour le projeter à plusieurs mètres. Shauska qui soutenait la tête de Kao, le lâcha, et la tête de celui-ci cogna contre le sol.
— Ce n'est pas possible. S'énerva Shauska. Vous n'êtes qu'une bande de barbares.
Après s'être ruée vers le prêcheur, la voilà, maintenant qui se ruait sur Jiin évanoui. Elle prit le petit Saboteur dans ses bras et l'aida à s’asseoir tout en lui donnant de petites claques sur le visage pour qu'il reprenne conscience. Jiin se réveilla en sursaut comme s'il sortait d'un cauchemar. Il agita les bras, les yeux écarquillés, en pleine panique.
— Oh là, Doucement petit Jiin. Tout va bien. Tu n'as tué personne et tu es toujours en vie. Lui dit Shauska.
— Je n'ai tué personne ? Demanda Jiin. Vous en êtes certaine ?
— Oui regarde. Tout le monde va bien… ou presque.
Shauska pointa du doigt Anakin qui aidait le prêcheur à se relever. Kao se frottait le crâne.
— Je suis désolé. Déplora Jiin. Je ne suis qu'un incapable. Attendez…
Jiin réussit à se relever mais il fût prit de vertige et chancela. Il saisit tout de même son blaster et le pointa en direction d'Anakin en tremblant. Shauska lui arracha le blaster des mains.
— Plus un mot et plus un geste ! Tu me fatigues Jiin. Tu es une créature… éreintante. Alors maintenant, tu te tais et tu deviens invisible.
Shauska garda en joue le Saboteur, visiblement excédée.
— Kao Cacik ! Je ne sais pas qui vous prétendez être et je m'en fiche. Cria Shauska. Vous avez droit à une deuxième chance, il n'y en aura pas une de plus. Alors pressez-vous et lancez la cérémonie du Tison. Anakin, vient ici!
Anakin s'approcha de Shauska pas vraiment rassuré. Quand il fut assez près, elle lui donna la boule noire.
— Anakin, nous avons perdu assez de temps. Tu dois unir les deux étoiles maintenant.
Kao Cacik avait du mal à garder son équilibre. Bien que la blessure de Jiin fut superficielle, elle était très douloureuse. Le tir de Jiin l'avait transpercé au niveau du flanc. Il devait avoir une côte ou deux de cassées et éprouvait une grande lassitude. Il demanda à Anakin de retirer le tissu de la lanterne et aussitôt l'étoile jaune se mit à briller d'une lumière éclatante et éclaira l'ensemble de l'arène. Au même moment, Anakin senti la boule noire vibrer dans sa main. Les éclairs qui balayaient sa surface s'étaient multipliés.
Kao Cacik se mit à déblatérer un cantique incompréhensible. Il marmonnait et ensuite se mettait à crier pour enfin se mettre à chanter. Même Shauska et Toph trouvaient cela au moins surprenant et plutôt suspect.
— C'est quoi ce charabia ? Demanda Toph à Shauska.
Il n'eut qu'un haussement d'épaule en guise de réponse.
— Jeune enfant. Approchez-vous. Il est temps. Ordonna Kao. Il s'adressa ensuite à Runh : Créature orange, Libérateur, veuillez positionner la lanterne au centre de l'autel et ouvrir la porte. Attendez ! Nous devons faire cela en harmonie… Êtes-vous harmonisés ? Ne me dites pas que vous ne l'êtes pas ?!
Anakin et Runh se regardèrent, perplexes. Ils n'avaient aucune idée de ce que pouvait bien raconter le vieux croulant qui se prétendait Consul.
— Sacrebleu ! S'exclama Kao. Venez ici tous les deux, allez approchez-vous, je vais vous harmoniser.
Anakin et Runh s'avancèrent vers le futur Consul Suprême de Cachin, et celui-ci s'appliqua à toucher du bout du doigt le sommet du crâne d'Anakin, ensuite ses épaules, son torse, et enfin entre ses jambes, ce qui fit sursauter le Padawan. Il déclama ensuite une phrase incompréhensible dans une langue inconnue même par Shauska et Toph. Après il se consacra à Runh mais là, Kao Cacik dut écourter la cérémonie d'harmonisation. Il ne voulait pas descendre plus bas que le torse de Runh.
— Voilà ! S'exclama Kao. Vous êtes harmonisés. Vous pouvez commencer la procédure. Créature Orange, Libérateur, veuillez ouvrir la porte de la lanterne.
Runh s'exécuta, pas franchement rassuré.
A l'ouverture de la porte, l'étoile jaune se mit à siffler. Elle tournait sur elle-même à très grande vitesse, projetant des rayons de lumière jaune d'une très haute intensité.
— Attrapeur ! Unissez les deux étoiles et donnez vie à la Fontaine !
Anakin s'approcha de la lanterne en présentant la boule noire. Il n'avait vraiment aucune idée sur la manière de procéder. Il allait devoir agir d'instinct, ce qui après tout, était une chose devenue habituelle chez lui. Quand il plaça sa main contenant la boule noire à l’intérieur de la lanterne, celle-ci se mit à tressauter. Runh Rapuhn dut user de toute sa force pour maintenir la lanterne sur l'autel. L'étoile jaune ne plaisantait pas. Elle se cala dans un coin supérieur de la lanterne, le plus loin possible de la boule noire. Elle tournait sur elle-même et envoyait des rayons de plus en plus puissants. Anakin ne savait quoi faire. Il ouvrit complètement sa main et la boule noire se mit à léviter et à tourner sur elle-même, elle aussi. Les éclairs qui balayaient sa surface n'étaient plus blancs mais prenaient une couleur violacée. Les éclairs commençaient à provoquer des arcs électriques à l'intérieur de la lanterne.
— Attrapeur ! Qu'attendez-vous ? Unissez les deux étoiles ! Cria Kao Cacik.
Les deux étoiles lévitaient à la même hauteur dans la lanterne. Les arcs électriques étaient de plus en plus nombreux transformant la lanterne en cage de faraday. Et Runh peinait véritablement à la maintenir en place. Anakin devait agir, Runh ne tiendrait pas longtemps comme cela. Anakin se concentra au maximum et s'adressa en pensée à l'étoile jaune :
— Étoile jaune. Pensa Anakin. Nous avons besoin de toi.
Et contre toute attente, l'étoile lui répondit :
— Qui es-tu ? Et que veux-tu ?
Anakin ne pouvait croire ce qu'il venait d'entendre. Il se tourna vers l'assistance et comprit que personne, à part lui, n'avait entendu les propos de l'étoile jaune. Il dût se résoudre à lui répondre par la pensée.
— Mon nom est Anakin Skywalker, je suis un Padawan, et je voudrais que tu acceptes l'union avec ton compagnon. Le peuple de Cachin a besoin de ton énergie pour survivre.
Anakin n'arrivait pas à se faire à l'idée qu'il dialoguait par la pensée avec une nano-étoile. Il trouvait la situation pour le moins ridicule et insensée.
— Fais-vite Anakin. Le pria Runh. Je ne vais pas tenir longtemps.
Runh Rapunh peinait vraiment. La lanterne vibrait tellement fort que le corps entier de Runh était secoué.
— Je t'en prie Étoile jaune. Sans toi nous ne sommes plus rien. Éclaire-nous.
— Qui es-tu ? Et que veux-tu ?
— Je suis Anakin Skywalker et je veux ta lumière !
Sur ces mots, l'étoile jaune se jeta sur la boule noire et l'engloutit d'un seul coup. Et puis plus rien. La lanterne venait de s'éteindre. Runh vérifia qu'elle était posée au bon endroit sur l'autel et recula. Anakin fit de même.
— Hé bien ! Cria Kao. Qu'avez-vous fait ? Que se passe-t-il ? Pourquoi la lanterne s'est-elle éteinte ? Anakin ! Qu'as-tu dis à l'étoile ?
— Elle a demandé mon nom et je lui ai donné. Ensuite elle a demandé ce que je voulais. Je lui ai répondu que je voulais sa lumière, elle a absorbé le noyau et voilà.
— L'union a eu lieu. Reculez-vous tous. Conseilla Kao. Créature Orange, reculez-vous je vous en prie.
Runh s'exécuta. Anakin aussi. Ils descendirent tous deux de la scène et rejoignirent le groupe dans la fosse. La lanterne ne bougeait plus. Il ne se passait rien. Et puis soudain, Anakin senti le choc. Un grand boum et le sol qui se met à trembler. La lanterne brillait faiblement d'une lumière violette. Une grosse boule d'énergie prenait forme à l'intérieur. Et puis un flash de lumière intense embrassa l'arène. Et tout le monde dû se protéger les yeux. Anakin senti quelque chose. Quelque chose d'extraordinaire. Quelque chose de si puissant, de si intense que pendant un instant, il lui sembla que toute la Force de l'univers venait de se concentrer en un seul point. Et soudain la Fontaine de l'étoile se réveilla et tout changea.
Les câbles reliés à la lanterne sur l'autel furent animés de soubresauts. Ils grésillaient.
— Ça y est ! Cria Kao Cacik. C'est un miracle. La Fontaine coule à nouveau !
— Et ça change quoi ? Demanda Jiin.
— Ça va tout changer petit nain. Répondit Kao. Laisse le temps à la Fontaine de couler… Regarde ! Regarde le bâton de Toph !
Effectivement, le bout métallique de la lance de Toph était strié d'éclairs blanc et de petites décharges électrique en émanait. Toph était subjugué. Toute sa vie il avait traîné sa lance, son bâton et jamais il n'avait vu une chose pareille. Le Cinium prenait vie.
— Consul ! Que se passe-t-il ? Demanda un Toph effrayé.
— La Fontaine coule jeune Poussière et plus rien ne sera jamais pareil. Cachin renaît de ses cendres. Le temps de la révolte est arrivé.
Anakin eu le regard attiré par le plafond de l'arène. Les fenêtres de verre semblaient bouger. Anakin eu le sentiment de se trouver dans le cœur physique de Cachin. Et c'était le cas. Ils étaient tous dans le cœur de la planète. L'arène et la lanterne était le cœur de la Fontaine de l'étoile. Anakin comprit alors le rôle de la Fontaine. Elle donnait vie au Cinium. Darth Myseris avait, elle aussi, comprit la véritable nature de la Fontaine. Celui qui maîtrisait la Fontaine possédait quelque chose qui dépassait l'entendement.
— Venez ! Cria Kao. Venez voir le miracle de la Fontaine. Sortons d'ici ! Il s'adressa à Runh : Créature orange, voulez-vous bien m'aider ? Je me sens un peu faible, voyez-vous…
Runh aida Kao à marcher en le soutenant par le bras. Mais celui-ci avait vraiment beaucoup de difficulté à marcher.
— Auriez-vous l'amabilité, l’extrême gentillesse de bien vouloir me porter je vous prie. Je me sens vraiment trop faible.
Runh grogna.
— Bon, bon très bien. Je me débrouillerai tout seul… j'ai l'habitude.
Et voilà un Kao qui retrouve tout de suite un peu d'entrain.
Ils sortirent tous de l'arène et le spectacle qui s'offrait à eux était à peine croyable. Tout le Cinium extrait de la planète prenait vie. Et comme tout ou presque, tout ce qui avait été batit, érigé, fondé et construit sur la planète était fait de Cinium, alors tout prenait vie.
Du banc sur le trottoir en passant par les véhicules détruits, aussi bien que les tours d'immeuble, tout, absolument tout était en vie et s'animait. Si bien que les véhicules se mettaient à fonctionner et à avancer n'importe comment. Les arbres lampadaires s'allumaient. Les immenses kiosques en forme de fleur frétillaient. Même le tram de Cachi-Mee se mit en marche et commença à avancer vers on ne sait où. La capitale n'était plus un cimetière qui tombait en ruine mais redevenait une ville avec ses lumières et ses sons si particuliers. C'est alors que les Fontaines disséminées dans toute la ville commencèrent à cracher de l'eau. Une eau saumâtre et boueuse au début mais clair et limpide ensuite. Certains Poussières sortaient de leur cachette, essayant de comprendre ce qu'il se passait, et tous étaient subjugués par le réveil de Cachi-Mee. Les turbines dans les centrales recommençaient à tourner. Les robots domestiques, oubliés depuis des décennies, reprenaient leur travail là où ils l'avaient laissé et notamment les droïdes nettoyeurs, qui recommençaient à balayer les rues. En quelques minutes certains immeubles se redressèrent complètement.
Toph s'amusait avec sa lance. A chaque fois qu'il la dressait vers le ciel, le bout métallique s'illuminait et étincelait en projetant des décharges d’électricité dans l'air. Shauska avait les larmes aux yeux. Elle n'avait jamais connu une telle émotion. Elle saisit le bras d'Anakin et le serra contre elle. Cet enfant venait de réveiller Cachin. Anakin était un peu gêné mais Shauska s'en fichait éperdument. Et alors qu'elle le serrait fort dans ses bras, Shauska comprit enfin la raison de l'existence de ce garçon. Runh avait vu juste, cela ne faisait aucun doute. Si il devait avoir un élu, alors, elle n'en doutait plus, c'était bien lui.
— Te rends-tu compte Anakin ? Est-ce que tu te rends compte de ce que tu as fais ? Sanglotait Shauska.
A ce moment-là, Toph, Runh et Jiin qui contemplaient les rues de la ville, se tournèrent tous vers Shauska et Anakin. Seul Kao continuait à s'extasier devant la renaissance de sa ville.
— Est-ce que tu te rends compte Anni ?
— Personne ne m'appelle comme cela…
— Anakin. Tu es le plus grand et le plus valeureux des Jedis. Tu le sais j'espère ?
— Je ne suis pas encore un Jedi, Shauska. Mais bientôt, je l'espère oui.
— Je dirai à Obi-Wan tout ce que tu as fait pour nous. Je suis certaine que tu seras récompensé. Et sache que Cachin te sera pour l'éternité redevable. Ton nom sera gravé dans les fondations de la nouvelle Cachi-Mee, j'en fais le serment, et ta gloire sera contée pendant des siècles.
— Oh. non. Non, non. Les Jedis ne cherchent pas la gloire ni les récompenses. Et puis je n'ai rien fait d’exceptionnel.
— Non mais regardez-le, plastronnant sa fausse modestie ! Beugla Jiin. Petit, tu es un bon petit gars, mais ne t’enflamme pas trop.
— J'ai toujours cru en toi Anakin. Continua Runh. Tu seras le plus grand et le plus puissant Jedi de toute la galaxie.
— Non. Obi-Wan est bien plus fort que moi. Et personne n'arrive à la cheville de Maître Yoda. Coupa Anakin.
— Pour l'instant peut-être, mais un jour, tu le surpasseras et de loin. Rétorqua Runh.
— Dès que nous aurons chassé la sorcière, je militerai pour que tu sois notre représentant légal au Sénat. Reprit Shauska. C'est un homme comme toi qui dois présider la destinée de la galaxie. Et tu pourrais très bien devenir Chancelier.
— Quoi ? Interrompu Kao Cacik. Nous mais vous plaisantez là ? Seul un Consul Poussière, moi par exemple, peut prétendre être le représentant de Cachin. Et vous voulez qu'un morveux à peine prépubère, sorti de nulle part, soit notre sénateur ? Non ! Je m'y opposerais jusqu’à mon dernier souffle et…
— Runh ? Lança Shauska à l'attention du géant orange. Baffe !
Et Runh de suivre l'ordre à la lettre. Il colla une baffe si forte que Kao Cacik traversa la rue d'un bout à l'autre.
— Runh… s'alarma Shauska. Je t'en prie, la prochaine fois, moins fort la baffe. J'espère que tu ne l'as pas tué.
— Bah de toute façon, il ne sert à rien. Objecta Jiin.
— Ce n'est pas une raison. Je regrette. Je me suis emportée. Venez. Je suis sur que ce faux prêcheur peut nous être utile.
Shauska et Toph relevèrent Kao sonné. Il n'avait pas perdu connaissance mais semblait complètement désorienté. Il essayait de parler mais sa voix n'était qu'un flot de borborygmes incompréhensible. En d'autres termes, il était tout simplement devenu débile ou sénile ou les deux. Quand il fut enfin debout, aucun moyen de le faire avancer. Runh le prit alors dans ses bras et Jiin ricanait.
— Bon. Fit Shauska. Si nous voulons mettre un terme au régime de terreur de la sorcière, il nous faut des armes.
— Ce n'est pas une sorcière. Rétorqua Anakin. C'est une guerrière Sith et son nom est Darth Myseris.
— Peu importe. Kao ! Kao ? Sais-tu où est l'armurerie centrale ? Demanda Shauska en haussant un peu la voix.
— Bheubleubleu….
— On ne peut pas le laisser comme ça. Se lamenta Jiin. Laissez-moi le finir… s'il vous plaît.
Le tram de Cachi-Mee passa devant eux et pris la direction du Dôme. Et soudain Shauska eu une idée.
— Tais-toi Jiin. Écoute-moi. Je viens d'avoir une idée.
Elle saisit le petit Saboteur par les épaules, s'agenouilla pour être à sa hauteur et ajouta :
— Jiin. Tu vas nous fabriquer la plus grande, la plus grosse et la plus puissante des bombes que tu n'aies jamais faite !
Et c'est un million d'étoiles qui brillaient dans les yeux de Jiin.


Elle sentit quelque chose bouger. Ce n'était pas normal ; quand on est mort, plus rien ne bouge. Et pourtant, une seconde fois, elle sentit que son corps remuait. Elle ne reprit pas pleinement conscience mais elle ouvrit les yeux. Et elle eut un choc : Face à elle, se tenait le Capitaine Darko, toujours coincé à l'intérieur de sa capsule. Il lévitait, toujours branché par les câbles qui le reliait à la synchronisation du colosse. Il pencha sa tête casquée sur le côté.
Darth Myseris s'éveillait de sa mort programmée et elle avait du mal à reprendre ses esprits. Décidément la mort ne voulait pas d'elle. Mais au lieu d'y voir une malédiction, elle y vit, tout de suite, un signe. Une preuve : la consécration à ses yeux du pouvoir omniscient du côté obscur. C'était maintenant une évidence qui martelait l'intérieur de son crâne et à laquelle elle voulait plus que tout se résoudre : elle était immortelle. Que faisait-elle là, face à Darko dans le laboratoire déchiqueté ? Elle n'était plus dans le dôme.
Quand elle avait fermé les yeux, c'était par désespoir. L'expérience de Cachin était un échec et elle avait sombré dans les ténèbres.
Alors que faisait-elle là ? À léviter devant la capsule de son « petit soldat » ? Avait-elle complètement perdu la tête ? Et si finalement elle était bel et bien morte. Et si finalement elle découvrait à présent le secret de la mort. Était-ce donc ceci ? la mort ? Être condamné à revivre pour l'éternité le même cauchemar ? Elle s'aida de son bras droit pour se redresser. Et quelle ne fut pas sa surprise de constater qu'elle était dans la main de son colosse. Il avait repris forme humaine. Il était en vie. Ou plutôt, il avait ressuscité. Le colosse se tenait debout dans le dôme, la main ouverte dans le laboratoire, offrant à sa mère une nouvelle chance. Tout était cassé et brisé dans le laboratoire, sauf la capsule du Capitaine et une ou deux machines qui bipaient de façon monotone.
Darth Myseris caressa le métal de son colosse. Il avait changé d'aspect. Il était toujours sombre et noir de gris, mais était strié d'éclairs blanc et de petits arcs électrique violet se formaient et éclataient sur la surface de sa peau métallique. Et puis, elle se mit à regarder le visage de son enfant. A la place d'une gueule de bête féroce, elle vit se dessiner un visage à l'aspect humain. Il ressemblait étrangement au visage du Capitaine Darko dont il reprenait les principaux traits. Darth Myseris avait du mal à comprendre la réalité du moment, alors elle s'allongea dans la main du colosse et ne le quitta pas du regard. Le colosse sortit sa main du laboratoire et la rapprocha au niveau de sa bouche qui se dessinait au fur et mesure. Alors qu'elle était tout proche de l'immense visage affable du colosse, dans un geste maternel, Darth Myseris caressa de sa main valide les lèvres du Colosse. Elle était dans un rêve. Elle rêvait. Et dans son rêve, le colosse était en vie et prenait soin d'elle. Il la protégeait et il ne laisserait personne faire du mal à sa mère. Non personne. Alors Darth Myseris se mit à lui parler :
— Mon petit. Lui murmura-t-elle. Tu es si gentil. Tu es si sage. Aucune mère dans l'univers n'est plus fière que moi.
Le colosse la regardait avec admiration. Sa bouche s'ouvrait et se refermait. Il aurait bien voulu lui parler et lui dire combien il l'aimait.
— Chut. Lui dit-elle. Tu es encore trop petit pour parler. Mais quand tu seras assez grand, quand tu auras bien grandi, alors tu pourras me parler. Et nous parlerons de tout. Je t'apprendrai plein de choses. Et des secrets… Tu verras.
Avec son autre main, le colosse, pointa du doigt l'épaule déchirée et le bras manquant de sa mère.
— Ho ! Tu vois ! Je suis infirme. Un méchant homme… non un petit bâtard de moutard m'a coupée en deux. Mais tu vois, je suis toujours en vie avec toi. Et regarde ! Même mon pied à été coupé. Et ces crétins de droïdes m'ont collé un pied de robot. A moi ! Te rends-tu comptes ? Un pied de robot ! Des incapables !
Darth Myseris souleva un peu son pantalon pour bien montrer à sa progéniture ce qu'avait fait les droïdes.
— Mais ce n'est pas grave. Reprit-elle. J'ai mal au pied que je n'ai plus et j'ai mal à mon bras qui a disparu. Mais nous sommes ensemble pour l'éternité. Et mon visage, tu as vu ce qu'ils ont fait à mon visage ?
Darth Myseris haussa le menton et afficha la partie de sa joue écorchée.
Le colosse sembla contrarié par la souffrance de sa mère. Il bascula un peu la tête en arrière et soudain une nuée d'insectes de Cinium se détacha de son cou. Darth Myseris regarda la nuée se former et s'élever dans les airs en tourbillonnant. Il n'y pas si longtemps de ça, c'est elle qui maîtrisait les nuées de Cinium. C'est elle qui les commandait et les envoyait parcourir la planète pour traquer les Poussières qui se cachaient. Elle avait envoyé ses nuées dans le désert et jusque dans la jungle. Elle avait adoré débusquer ces pleutres sous-humain. C'était si facile. Mais soudain, la nuée fondit sur elle. Les insectes de Cinium s'aggloméraient les uns contre les autres et reconstruisaient sa joue manquante. Une fois cela fait, la nuée prit la direction de son épaule. Petit à petit, son épaule et son bras n’étaient plus invisibles. Ils étaient là. Pour de vrai. Darth Myseris était fascinée par le nouveau miracle qui se produisait. En quelques minutes elle se retrouva avec un bras en Cinium. Et le bras se mit à bouger. Elle n'en croyait pas ses yeux. Elle pouvait ouvrir et refermer sa main. Elle regarda son fils, les larmes ruisselants sur son visage décharné. Son bras était lui aussi strié d'éclairs blanc. Elle ferma le poing et une petite décharge d'électricité explosa à quelques centimètres devant elle.
Et là. À ce moment-là, Darth Myseris se réveilla.
Ce qu'elle prenait pour un rêve était la réalité. Elle était en vie et son fils aussi. Tout n'était pas perdu. Au contraire même. Ce n'était que le début. Le vent violent de la vengeance venait de fracasser la porte de son cerveau.
Soudain elle se leva et parcourut du regard l’intérieur du dôme à moitié effondré. Elle se tenait debout dans la main du colosse.
— Darko ! Cria-t-elle. Petit soldat ! M'entends-tu ?
La voix criarde et hurlante de Darth Myseris résonnait dans le dôme.
Dans sa capsule, le Capitaine hocha la tête et le colosse aussi.
Non ce n'était pas un miracle. Non, c'était simplement sa destinée. Et rien ne peut empêcher le destin de s’accomplir. Darth Myseris avait foi en elle et la Force qui coulait dans ses veines était le fruit du côté obscur. L'expérience de Cachin pouvait reprendre là ou elle l'avait laissée. Et elle serait sans pitié.
— Prends-moi avec toi, mon fils. Emmène-moi avec toi. Je veux te voir déchaîner la terreur. Nous allons faire un massacre. Je veux que tu les tues tous, tu m'entends ? Tue-les tous ! Je veux les voir crier et hurler d'effroi, je veux les voir pleurer pour ce qu'ils m'ont fait. Sois sans pitié mon fils ! Brise-tout, détruit tout !
Le colosse déposa délicatement sa mère dans le creux de son épaule. Ensuite il changea de forme. Il reprit celle de la bête sanguinaire qui avait détruit le dôme et s'engagea dans la ville en défonçant le mur face à lui. Le colosse était immense. Des dizaines de mètres de haut. Et de là où elle se tenait, Darth Myseris avait une vue imprenable sur la ville qu'elle allait définitivement et pour de bon réduire en poussières.


Aross Talphar n'était pas mécontent. D'une certaine manière il avait réussi à déjouer le sort. Il était sûr de regagner la confiance de Tev Vanth II, il en était certain. A l'intérieur de la Corvette Corélienne C90, impatient, il alluma l'holocom. Et quand le visage du Commandant de la Cantine Solitaire apparut, il déclara :
— Mon Commandant. J'ai de bonnes nouvelles. Nous avons retrouvé la navette des Saboteurs, ainsi que l'un d'entre-eux. Il est à présent notre prisonnier. Nous avons capturé le Jedi qui l'accompagnait et un autochtone qui pourra enrichir notre armée dès qu'il aura finit notre programme de ré-éducation.
— Ha. Enfin une bonne nouvelle. Avez-vous coupé le signal de détresse ?
— Bien sur. Évidemment mon Commandant, c'est la première chose que j'ai faite. Après vérification, il s'avère que le signal n'a émis que pendant quelques heures. Je doute que quiconque ait pu l'intercepter. Mentit Aross.
— Très bien ! Parfait ! Lieutenant Talphar, vous avez fait du bon travail.
— Que devons-nous faire du Saboteur et du Jedi ? Devons-nous les tuer ?
— Non. Attendez que je sois là. Je veux voir ça de mes propres yeux.
— … vous voulez dire que vous venez ici ?
— Oui je suis presque en route Lieutenant. Ma flottille de chasseurs et de bombardiers devrait arriver dans quelques heures tout en plus. Maintenez-les en vie pendant ce temps. Nous exécuterons le Jedi et nous livrerons le Saboteur aux gens de la Cantine. Le moteur à hyperpropulsion de la navette m'a été volé. Je viens reprendre mon dû. Bientôt quand mon navire pourra naviguer dans l'hyperespace, il sera un des destroyers le plus puissant de la galaxie. Et vous verrez Lieutenant ! Vous verrez des empires entiers se prosterner devant notre puissance de frappe. Alors la République sera dans l'obligation de négocier avec moi. Je ne veux rater ce moment sous aucun prétexte.
— A vos ordres mon Commandant.
Aross coupa l'holocom et une vague d’appréhension lui tortilla les intestins. Le Commandant ne quittait jamais la Cantine, sauf exception. Et Aross n'aimait pas les exceptions. Et puis il venait de mentir à son Commandant. Aross savait très bien que le signal avait eu largement le temps de se faire intercepter. Son écho avait voyagé plus vite que la lumière pendant des jours. Il était évident qu'il ne resterait pas sans réponse. Mais il avait voulu tempérer les ardeurs guerrières de son Commandant et il voulait surtout remonter dans son estime. Tev Vanth II était un tyran en proie à des accès de colère qui lui faisait perdre tout sens de la mesure. Si Tev Vanth II était en colère, c'était dangereux pour tout le monde. Malheureusement Aross avait mal calculé son coup. Jamais, il n'aurait pu imaginer que son Commandant quitterait la Cantine. Il ne quittait à aucun prix ses quartiers, trop angoissé qu'une mutinerie éclate et qu'il soit chassé de son fauteuil d'amiral gouvernant d'une main de fer sur ses sujets. La Cantine n'était qu'un prétexte pour assouvir ses pulsions sécessionnistes et son égo grandiloquent. La Cantine ne recueillait les damnés de l'univers que pour mieux les asservir.
Il quitta la Corvette pour rejoindre ses troupes qui maintenait en joue Obi-Wan, Haïn et Ish Atam.
— Jedi ! Vous avez commis une erreur monumentale.
— Je ne crois pas non. Répondit Obi-Wan. Un contingent de Jedi est en route pour Cachin afin de mettre un terme aux exactions commises ici depuis trop longtemps. Vos droïdes mécaniciens ont fait un travail remarquable… après reprogrammation.
Aross Talphar fut glacé par ce qu'il venait d'apprendre. Les Jedis étaient en route pour Cachin. Se retrouver sur leur chemin n'était pas la meilleure des nouvelles. Il fallait qu'il réfléchisse. Dans quelques heures la surface de Cachin serait prise entre deux feux. Les Jedis d'un côté et la flotte de Tev Vanth II de l'autre. Aross devait prendre une décision ; il devait choisir son camp. Et s'il avait appris quelque chose d'important depuis qu'il était en service en tant que le lieutenant au sein de la Cantine Solitaire, c'était que les Jedis, au final, ne perdaient jamais une bataille. Il lui vint alors une idée dangereuse. Une idée qui quand elle survint, devint vite obsessionnelle et élimine toutes les autres solutions. Elle devient alors inévitable. Dans un certain sens, la cruauté et la tyrannie de Tev Vanth II était sa faiblesse. Aross savait que si les choses tournaient mal sur Cachin, il devrait en porter l'entière responsabilité. Et Tev Vanth II serait sans pitié. Aross n'avait aucune envie de finir sa vie dans une cellule humide en fond de cale, oublié et perdu. Il devait choisir son sort. Et il devait choisir sur le champ. Il n'avait pas de temps à perdre. Il s'approcha alors d'Obi-Wan.
— Jedi ! Le Commandant de la Cantine Solitaire arrive. Il veut vous voir mourir devant ses yeux.
— Qu'il vienne ! Grommela Haïn. Votre Commandant ne fait peur à personne. Et si c'est un guerrier alors il acceptera un combat loyal. Moi contre lui. À mains nues.
— Tev Vanth II ne s'abaissera jamais à une telle mascarade. Rétorqua Aross. Il vous fera exécuter par les gens de la Cantine sans l'ombre d'un remord.
— Lieutenant. Coupa Obi-Wan. Je ne laisserai jamais une telle chose se produire. Vous le savez très bien.
— La flotte du Commandant va bientôt arriver. Vous n'avez aucune arme qui puisse le tenir à distance.
— Vous faites erreur. Repris Obi-Wan. La Force est la plus puissante des armes.
Haïn leva les yeux au ciel. Agacé.
— Obi-Wan ! S'écria Haïn. Vous êtes un nigaud. Vous croyez vraiment que vous avez une chance contre une armada prête à fondre sur vous ? Ce n'est pas votre sabre laser misérable qui repoussera les assaillants du Commandant Tev Vanth II. Et cessez un peu d'invoquer la Force à tout bout de champ. Elle ne nous a servi à rien depuis que nous somme ici, sur Cachin. Alors oui vous pouvez tordre une cuillère à distance, mais vous ne pourrez rien contre un canon sonique ou un défoliateur à proton.
Tandis qu'il écoutait la discussion qui venait de s'engager entre le lieutenant Talphar, Haïn et Obi-Wan, Ish Atam senti son bâton vibrer dans sa main. Le bout métallique était pointé vers le bas et des étincelles violettes en jaillissaient. Et plus la lance de Ish Atam vibrait et plus il avait du mal à la garder immobile. Ish Atam n'avait jamais vu sa lance agir de la sorte et il luttait pour maintenir le bout métallique dirigé vers le sol.
Soudain Obi-Wan fut submergé par la précognition que lui soufflait la Force.
— Il se passe quelque chose ! Lança Obi-Wan.
— Oh belle déduction ! S'exclama Haïn. Vraiment, quelles seraient nos vies sans vous élucubrations de moine benêt ? Évidemment qu'il se passe quelque chose, nous allons nous faire broyer par la Flotte de la Cantine !
— Non. Rétorqua Obi-Wan. Il se passe quelque chose à Cachi-Mee. Regardez la lance. Ish Atam, que se passe-t-il ?
— Je n'en sais rien. Lui répondit le Cendre. C'est la première fois que cela se produit. Je n'ai jamais vu ça auparavant.
— Lieutenant ! Repris Obi-Wan. Le temps nous est compté. Laissez-nous partir et je vous fais la promesse de vous laisser en vie.
— Vous savez bien que c'est impossible. Si je vous laisse partir, je suis un homme mort. Je n'ai pas de choix. A moins que…
— Lieutenant, je sens que vous hésitez. Vous n’êtes pas un assassin. Ne laissez pas la peur guider votre destin. Joignez-vous à nous et je vous garantis la protection de l'Ordre de Jedi.
— Ne croyez pas un mot de ce qu'il dit ! Aboya Haïn. C'est un Jedi. Un menteur et un voleur.
Ish Atam ne put se retenir plus longtemps, il leva sa lance et donna un coup sur la tête de Haïn qui cria de douleur sous les regards aux aguets des soldats de la Cantine.
— Crétin de Saboteur. Cria Ish Atam. Ne vois-tu pas qu'il essaye de sauver notre peau ?!
— Depuis quand tu parles si bien le basic toi ? Ish Atam tu me le payeras ! Gémis Haïn.
Haïn voulait déblatérer et inonder Ish Atam de sa diatribe mais il remarqua les arcs électriques qui jaillissaient de la lance.
Obi-Wan s'approcha plus prêt du Lieutenant Talphar sous la menace des soldats qui le tenaient en joue.
— Lieutenant… écoutez votre cœur. Faite le bon choix je vous en conjure.
— Le Commandant sera sans pitié, je vous le garantis.
— Il ne pourra rien contre l'Ordre Jedi. Personne ne le peut et vous le savez. Je vous assure ma protection a vous ainsi qu'a vos hommes. Vous avez ma parole.
Aross avait déjà pris sa décision quand il avait descendu les marches de la passerelle de la corvette. Il était temps que l'idée devienne une réalité. Il parcourut du regard ses hommes, ceux de la Cantine Solitaire, soldats malgré eux. Voulaient-ils vraiment se battre et risquer leur vie pour les caprices d'un autocrate ? Il aurait sa réponse bien vite.
— Soldat de la Cantine Solitaire ! Cria Aross. Le Commandant Tev Vanth II est en route pour Cachin. Il sera là dans quelques heures. Aross empoigna son blaster dans son fourreau. Les ordres sont ceux-ci : Tuer le Jedi et livrer le Saboteur au lynchage du peuple de la Cantine. Soldats ! Je refuse d'appliquer ces ordres absurdes ! Aussi j'appelle à la mutinerie. Soldats, que ceux qui sont avec moi baissent leurs armes. Aux autres je dis ceci : « Tev Vanth II est un tyran dont nous devons nous débarrasser ». Moi Aross Talphar, Lieutenant de la Cantine Solitaire, prend ce jour, le rôle de commandant. Aussi j'ordonne à ceux qui veulent me suivre dans mon combat de baisser les armes et de rejoindre au plus vite le bon côté, celui de la justice et de l'équité. Aux autres, je vous offre la possibilité de rejoindre le Commandant Tev Vanth II et je mets à votre disposition l'un des deux bombardiers Hetrinar. Faite votre choix. Vous êtes libres de décider comme il vous convient.
Les soldats commencèrent à murmurer entre-eux. Et le moins que l'on puisse dire, c'était qu'ils étaient vraiment indécis. Après quelques minutes de débat, l'un des soldats s'approcha du Lieutenant Talphar.
— Lieutenant… vous nous mettez dans une situation complexe qui n'a pas de solution.
— Pourquoi dire cela ? Questionna Aross.
— Soit nous prenons parti pour vous et cela signe notre arrêt de mort. Soit nous rejoignons le Commandant et nous seront aussi condamné pour ne pas vous avoir mis aux arrêts. Donc quel que soit notre choix, nous sommes fichus. Sauf si nous décidons de vous tuer, ici et maintenant. C'est notre seule chance.
— Je vois. Finis par conclure Aross. Vous ne me laissez donc pas le choix.
Aross Talphar brandit son blaster et s'adressa alors à tout son contingent  :
— Soldats de la Cantine. Je vous ordonne de me suivre. Ceux qui refuseront seront exécutés sur le champ.
Obi-Wan s'approcha du lieutenant et posa une main sur son épaule.
— Lieutenant… vous n'avez pas besoin de les menacer.
Et Aross baissa son arme instantanément.
— Vos soldats sont libres. Ils peuvent partir ou rester. Ce sont eux qui décident de leur sort et de leur destin.
— Soldats, vous êtes libre de choisir votre sort et votre destin. Ajouta Aross comme un automate.
— Que ceux qui veulent nous suivre, grimpent dans leur navette, nous partons pour la capitale Cachi-Mee.
— Que ceux qui veulent nous suivre, grimpent dans leur navette, nous partons pour la capitale Cachi-Mee. Répéta Aross.
Obi-Wan retira sa main de l'épaule du Lieutenant et celui-ci repris ses esprits.
— Allons ! Dit Obi-Wan. Nous partons. Haïn, tu pilotes « l'Étoile ». Ish, tu viens avec moi, nous accompagnons le lieutenant dans la corvette. Vous autres, faites comme bon vous semble. Mais si vous vous joignez à nous, sachez que nous partons au combat.
Obi-Wan n'attendit pas de réponse des soldats et s'engagea directement dans la corvette Corelienne, suivit de près par Ish Atam et Aross Talphar.
Les soldats regardèrent la corvette décoller et quand la navette des Saboteurs s'éleva à son tour, plusieurs soldats décidèrent de les suivre. Ils s'engagèrent alors dans un des deux bombardiers restant. Au bout de quelques minutes les derniers soldats hésitants se perdirent en conjectures et en palabres.
Ils finirent par convenir qu'ils étaient de toute façon pris au piège et que quelle que soit leur décision, ils auraient à en payer le prix d'une façon ou d'une autre. C'est alors que l'un des soldats restant pris la parole et mit tout le monde d'accord.
— Écoutez les gars. Nous avons une autre solution. Prenons le bombardier et fuyons. Quittons cette planète infernale. Nous trouverons bien un asile quelque part dans la galaxie. Il doit bien exister un système où règne la paix et la tolérance.
— J'en connais un ! Répondit l'un des soldats, un Balosar. Le système Hoth. C'est un endroit où il fait bon vivre, il paraît.
— Le système Hoth ?
— Oui, dans le secteur douze.
— Jamais entendu parler… Peu importe. Allons-y !
Les soldats furent contents d'avoir trouvé une solution et ils s'engagèrent dans le bombardier, la mine confiante et avec plein d'espoir. Ils quittaient la guerre et les champs de bataille.
Quand leur bombardier quitta l'orbite de Cachin, ils eurent juste le temps d’apercevoir la flotte du Commandant Tev Vanth II qui quittait l'hyperespace et allait envahir Cachin. Ils poussèrent tous un ouf de soulagement quand le bombardier enclencha l'hyperpropulsion. Enfin ils avaient un avenir, enfin ils pouvaient espérer autre chose que la crainte, la peur et la terreur.
Le soldat qui avait pris la parole fut désigné comme leur chef et pris le grade de Caporal. Et tous étaient heureux d'avoir fait ce choix.
— En avant pour le système Hoth. Dit le Caporal. Un endroit où il fait bon vivre. J'espère que tu as raison.
Le Balosar répondit et répéta mot pour mot ce qu'on lui avait dit.
— Hoth, Un endroit où il faut bon vivre.
— Très bien, les dès en sont jetés. J'espère au moins qu'il n'y fait pas trop chaud.
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Messagepar harnis29 » Ven 24 Mar 2017 - 8:37   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 18 : L’attaque du Robot

La Révolte des Poussières
Chapitre 18
L'attaque du robot


Jiin n'en croyait pas ses yeux. Déjà dans les couloirs de la tour du dôme, il avait découvert des caisses de munitions qui l'avait comblé de bonheur et de satisfaction. Mais là, c'était une autre échelle. Quant à Kao Cacik, bien que devenu un demeuré et ne s'exprimant que par onomatopées, il les avait tout de même conduits malgré lui vers l'arsenal de Cachi-Mee : l'armurerie principale de la planète laissée à l'abandon pendant des décennies. Et Jiin était au paradis des Saboteurs. Il y avait de tout dans ce hangar aux dimensions gigantesques. Des canons, des tanks, des vaisseaux spatiaux de guerre, des bombardiers, des chasseurs, des kilomètres d'étagères sur lesquelles reposait des fusils d'assaut, des blasters, des arbalètes d'un nouveau genre et des munitions par million.
De l'autre côté de l'armurerie, sur le mur opposé, des milliers de lances au bout métallique étaient rangées à la verticale les unes contre les autres. Et toutes les lances grésillaient par des petites décharges électrique. Et puis au fond, presque caché, reposait dans d'énormes caisses renforcées, des bombes de Cinium. Jiin tremblait en les regardant. Des bombes, des dizaines de bombes reposaient et attendaient qu'un expert en la matière leur donne une raison d'être. Et l'expert était là. Il s'appelait Jiin et il était un Saboteur.
Shauska, elle non plus, n'en croyait pas ses yeux. A chaque seconde elle découvrait quelque chose de nouveau. Comme si elle était une étrangère dans son propre pays, parmi son propre peuple. Elle avait déjà visité la banlieue de la Capitale, mais jamais de cette façon, en profondeur. Elle n'y avait vu que des silhouettes muettes de ruines, de la désolation, de la calamité et du désespoir. Elle découvrait donc la splendeur passée de Cachin et elle était vraiment émerveillée par la beauté et le faste de la ville qui se reconstruisait grâce au pouvoir de la Fontaine.
La planète avait connu un âge d'or. Un âge où tout était possible. Un âge de la magnificence et de majesté qui avait été forgé et façonné par les Poussières, son peuple, sa famille et bien évidemment par la Fontaine de l'étoile. Elle savait que Cachin avait été autrefois une grande civilisation. Mais c'était devenu une légende, un passé fantasmé qui ne résonnait plus dans le présent. Elle qui n'avait connu que les Cendres et les Poussières, découvrait à présent combien tout ce qu'on avait pu lui raconter était bien loin de la réalité et de la vérité. La vérité balayait ses désirs d'honneur. Tout était plus grand et plus majestueux qu'elle ne l'aurait jamais imaginé. Elle n'avait plus honte de la passivité de son peuple soumis, non, elle était même plus que fière. Cachin était sa planète, son pays et elle le défendrait quoi qu'il en coûte.
Anakin qui avait bien sympathisé avec Toph, examinait les curieuses arbalètes posées contre le mur. Toph, lui, cherchait les flèches qui étaient censées servir de munition mais il n'en trouva aucune parmi les milliers de projectiles en tout genre dans le hangar.
Runh, d'un coin de l’œil, surveillait Kao Cacik qui poussait des oh et des ah à chaque fois qu'il voyait quelque chose.
Anakin ne put résister à la tentation plus longtemps et saisit une arbalète qu'il cala ensuite contre son épaule et visa la porte d'entrée du hangar. L'arbalète se mit à vibrer et des étincelles violettes parcouraient l'arbrier sur toute sa longueur. A cet instant, Anakin, pendant une seconde, était un redevenu un jeune enfant qui allait faire une bêtise. Il ne pouvait pas résister. Il fallait qu'il appuie sur la gâchette. C'était plus fort que lui.
— Vas-y Anakin. Dit Toph. Appui sur la gâchette, de toute façon il n'y a pas de flèche, donc on ne risque rien.
— Ok. Mais pas ici. Sortons. Je ne veux pas que Shauska nous surprenne.
Les deux complices sortirent du hangar en plein jour et Anakin pointa son arbalète en direction d'une tour d'immeuble qui se redressait lentement. Il hésita un moment et Toph l'encouragea d'un clin d’œil.
Anakin pressa sur la détente et tout à coup l'arc et l'arbrier furent parcourus d'une forte tension électrique, une flèche d'électricité se forma sur l'arbrier et elle partit aussitôt d'un coup sec en direction de la tour. Elle frappa durement la tour et provoqua une énorme explosion. Si forte que les deux nigauds se retrouvèrent les fesses parterre à cause du souffle.
Runh Rapunh accouru à leur secours et fut rassuré en voyant la mine extatique et facétieuse des deux vauriens qui venaient de découvrir la puissance dévastatrice des arbalètes.
— Non mais tu as vu ça Runh ! Cria Toph. C'est énorme.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? Cria Shauska en sortant en trombe du hangar.
— Les arbalètes fonctionnent Shauska, s'exclama Toph. Elles n'ont pas besoin de munition, ni de flèches. Elles sont auto-alimentées… comme tout ce qui est fait de Cinium.
En disant cela, ils regardèrent tous l'énorme trou qu'avait fait l'explosion sur la tour. Et effectivement, la tour étant faite de Cinium, elle se reconstruisait lentement mais sûrement.
C'est alors que Jiin sortit à son tour du hangar. Il était chargé comme une mule, les bras pleins de blasters et de grenades. Il tirait et traînait une bombe de Cinium d'une main et tenait une arbalète de l'autre. La bombe raclait le sol poussièreux et laissait derrière elle un profond sillon.
— Que s'est-il passé ? Demanda Jiin. La guerre a-t-elle commencé ?
— Non. Répondit Shauska. Nous venons de découvrir que les arbalètes n'ont pas besoin de flèches…
— Elles sont auto-alimentées! Répéta Toph.
— Par ma crête ! S'exalta Jiin. Voyons.
— Non Jiin ! Cria Shauska.
Il pointa son arbalète en direction de la tour mais au moment où il appuya sur la détente Shauska dévia son tir. Et au lieu d'atteindre la tour, la flèche traversa la moitié de la ville avant d'aller faire exploser un immeuble entier. L'explosion fût gigantesque. Bien plus forte que celle qu'avait provoqué Anakin. Si forte que le bâtiment s'écroula dans un nuage de poussières.
— Ha ! S'exclama Jiin. Ça c'est une arme et une vraie !
Anakin, soudainement s’assombrit. Quelque chose n'allait pas. Il regardait au loin le bâtiment effondré. Il se retourna alors vers Shauska et les autres.
— Ce n'est pas l'arbalète qui a provoqué cette explosion.
— Comment ça ? Demanda Shauska.
— Bien sur que c'est l'arbalète ! Rouspéta Jiin. La flèche est partie directement dans cette direction, je ne vois pas ce que cela peut être d'autre. De toute façon vous n’êtes jamais content. Si c'était le jeune Padawan qui avait tiré, vous seriez tous en train de le féliciter mais non. Puisque que c'est le Saboteur qui a tiré, alors c'est forcément nul. C'est de la discrimination. J'en ai marre, j'en ai marre.
— Tais-toi Jiin. Le coupa Shauska.
— Que se passe-t-il Anakin ? Demanda Runh.
— Regardez ! Répondit Anakin. Regardez au loin, dans le nuage de poussière.
Et tous se mirent à cligner des yeux pour voir. Et tous purent regarder la forme noire qui se découvrait peu à peu au travers du nuage de poussière.
— Darth Myseris est toujours en vie. Dit Anakin. Et sa créature aussi.
Un frisson parcourut Shauska. Elle savait que le Padawan avait raison. Le colosse de Cachin était en train de détruire la ville. Lentement mais avec rage.
Au travers du brouillard de poussière on pouvait distinguer la forme du robot qui cassait, perforait et défonçait avec une détermination implacable tout ce qu'il pouvait. Et il avançait. Il cassait, il brisait et il avançait droit sur eux.
— Il ne fait pas rester là ! Cria Anakin. Elle se dirige vers nous.
— Il faut se cacher. Conseilla Runh.
— C'est ce qu'il y a de mieux à faire, allez vous cacher. Ajouta Anakin. Jiin, tu restes avec moi. Runh, je te confie le groupe. Cachez-vous et cachez-vous bien.
— Hors de question ! Protesta Shauska. Anakin, tu restes avec nous.
— Vous êtes en danger si je reste avec vous. Elle sent ma présence. Mais avec Jiin, j'ai peut-être une chance.
— Non, non, non. Anakin, tu n'as pas le droit de me faire ça. Et s'il t'arrive malheur je ne me le pardonnerais jamais. Et Obi-Wan non plus. Nous devons rester ensemble. Nous serons plus fort si nous restons ensemble. Anakin ? Tu m'écoutes ?
Anakin s'approcha de Shauska et lui prit les mains. Il était bien plus petit qu'elle et elle avait déjà les larmes aux yeux.
— Shauska. Dit-il. Obi-Wan n'est pas ici. Je dois prendre mes décisions, c'est mon rôle. Je n'oublierai jamais ce que tu as fait pour moi. Je te dois la vie. Mais si vous restez avec moi, je ne pourrai pas vous protéger. Partez et allez vous abriter au mieux. Le plus loin possible.
— Anakin, non, je t'en supplie ne fais pas ça.
— Il a raison. Ajouta Jiin. Avec Runh pour vous protéger vous avez une chance. Et faite moi confiance pour une fois, Shauska. Mon corps sera un bouclier pour votre petit protégé. Parole de Saboteur.
Shauska jeta un regard vers la forme diabolique qui saccageait Cachi-Mee. Cette aberration du génie maléfique, cette arme de destruction massive que rien ne semblait pouvoir arrêter.
— Jiin. Je n'ai que faire de la parole d'un Saboteur. Si tu es digne de confiance, jure-moi que tu ne la laisseras pas lui faire du mal.
— Je ne suis pas un Jedi, Shauska. Alors vous pouvez me faire confiance.
— S'il lui arrive quoique se soit, tu auras à faire à moi. Sanglota Shauska.
— Reçu cinq sur cinq. Allez petit. Allons bouter la sorcière hors de cette planète.
Anakin fit un clin d’œil à Shauska et prit la direction du robot accompagné par Jiin qui traînait sa bombe. Au bout de quelques mètres, le Padawan essaya de persuader Jiin de laisser la bombe sur place. Ils palabrèrent pendant quelques instants et Anakin dut se résoudre, il ne pouvait convaincre le Saboteur. Jiin traîna donc la bombe avec lui. Et Shauska les regarda une dernière fois avant que Runh ne passe son bras autour d'elle et l’entraîne vers un endroit plus sûr. Elle avait un mauvais pressentiment. Elle aurait voulu avoir plus de temps pour lui dire au-revoir. Elle ne pouvait pas s'empêcher d'avoir la boule au ventre en voyant cet enfant qui partait au combat. Elle garda en tête cette image de deux petites silhouettes de dos, ces deux petits êtres au courage sans borne qui disparaissaient dans la poussière. Ils partaient défendre une planète qui n'était pas la leur. Ils partaient défendre un peuple qui n'était pas le leur au péril de leur vie. Ils étaient petits mais ils étaient grands.


Darth Myseris, transfigurée, rayonnait d'euphorie. Lovée dans l'épaule du robot, elle criait ses ordres et encourageait sa créature, son petit soldat. Le Chaos. Rien n'était plus jouissif que le chaos et le tumulte. Et son fils, sa créature, était invincible. Il broyait entre ses bras les tours, il cassait les ponts d'un coup de poing, il écrasait et trouait en enfonçant son pied dans les rues de Cachi-Mee. Son maître, Darth Sidious serait plus que satisfait. Il aura son arme qui mettra à genoux la République et la galaxie toute entière. Et s'il émet des réserves alors elle le soumettrait lui aussi. Oui. Après tout elle n'avait plus besoin de lui. Après tout c'était elle et seulement elle qui avait mis en œuvre une telle arme apocalyptique. Les ravages que son petit soldat accablait à cette planète n'était qu'un échauffement. Quand elle imaginait ce qu'il ferait à Coruscant, elle en tremblait de bonheur. Son robot, au cœur de la cité-planète ferait un massacre d'anthologie. Darth Myseris n'avait plus l'utilité de sa garnison de droïdes et de son armée de Cyclattes. Alors quand elle apercevait un groupe de droïdes, elle ordonnait à son fils de les écrabouiller. Et il le faisait bien. Les Cyclattes étaient en perdition, sans ordre, sans contrôle, elles se fracassaient les unes contre les autres dans un tohu-bohu général.
Et puis, au travers d'un rayon de soleil qui trouait la poussière elle vit la silhouette familière du bâtard seul au milieu de la rue. Il se tenait droit devant elle et son robot, le sabre laser allumé, en garde. Elle s'adressa à sa créature.
— Mon petit. Dit-elle. Arrête-toi. Je veux m'en occuper seule. Il est à moi.
Le colosse fit glisser sa mère tout le long de son corps et elle sauta à terre. Ensuite il s'immobilisa. Il se tenait droit derrière sa mère. Darth Myseris alluma son sabre sans quitter du regard Anakin. Le combat à mort allait pouvoir commencer. Elle lui ferait mordre la poussière à ce morveux.
Le vent se leva comme par magie et charriait son lot de cendres, de sables et de poussières dans la rue déserte. Darth Myseris serrait les dents. Elle voulait sa revanche. Elle voulait le tailler en pièce. Ils étaient juste à quelques mètres de distance et elle bouillonnait de rage. Le côté obscur de la Force lui brûlait tout le corps et elle savait d'avance que l'issue du combat lui serrait favorable. Elle était imbattable. Elle se rua sur lui avec toute la férocité possible. En quelques coups de sabre, le Padawan reculait. Darth Myseris était possédée et au sommet de sa puissance. Elle lui assénait coups sur coups sans discontinuer. De la bave coulait de sa bouche en une mousse blanche dégoûtante. Anakin reculait encore. Il avait de plus en plus de mal à parer les coups de la guerrière Sith, si bien, qu'il fut obligé de faire un bond de Jedi en arrière pour reprendre son souffle. La peur saisit Anakin. Darth Myseris était bien plus forte que lors de leur premier combat. Il le sentait. Au fur et à mesure, les deux combattants s'éloignaient peu à peu du robot. Mais Anakin n'avait pas dit son dernier mot, et après une énième parade défensive, il réussit à sectionner le bras robotisé de Darth Myseris qui se coupa en deux. Mais pas pour longtemps, car tout de suite, le bras de cinium se reconstruit en un éclair et de nouveau elle pouvait tenir son sabre à deux mains. Cette fois-ci un sentiment de terreur envahi Anakin. Il ne pourrait pas gagner ce combat. Il en avait la certitude.
Darth Myseris se mit à rire.
— Alors sale morveux. Sens-tu la mort s'approcher ? Sens-tu l'odeur de ta peur ? Parce que je vais te crever.
Anakin reculait encore. Elle lui asséna encore quelques coups et réussit à l'atteindre en déchirant en partie sa tenue de Jedi.
Ils étaient maintenant à une cinquantaine de mètres du robot impassible. Anakin fit encore un bond en arrière et cria :
— Jiin ! Maintenant !
Jiin qui était planqué dans un immeuble au dixième étage juste à côté du robot, arma son arbalète et tira en pleine poitrine. La flèche électrique s'enfonça dans le flanc de la créature mais ne provoqua pas l'effet escompté. Au lieu d'exploser, elle s'enfonça profondément et implosa dans une décharge électrique phénoménale. Le robot fut parcouru de décharges électriques, une partie de son corps se liquéfia et tomba sur le sol. Le colosse tourna la tête et vit le petit Saboteur qui pointa cette fois-ci son blaster. Jiin tira ensuite une salve mais cela ne fit aucun effet ou presque. Le robot tendit le bras et défonça l'immeuble pour se saisir du Saboteur. Mais Jiin avait encore une carte à jouer. Au moment où la main du robot allait se refermer sur lui, il réussit à lui positionner la bombe de Cinium dans la main. Et quand celui-ci approcha sa main vers son visage pour regarder une dernière fois le Saboteur avant de l'écrabouiller, la bombe explosa. Soufflant d'un coup d'un seul, quasiment toute sa tête. Le souffle de la bombe s’éleva dans l’air et cracha de toute sa puissance un rayon vert jusque dans l’espace. Jiin prît ses jambes à son cou et quitta au plus vite l'immeuble qui allait s'effondrer.
Darth Myseris ne put s'empêcher de se retourner. Son enfant venait de perdre la moitié de sa tête. Un sentiment d'effroi l'envahit. Anakin saisit sa chance et fonça droit sur sa cible. Jiin venait de couper la tête ou presque du robot, il allait faire de même avec cette calamité psychotique. C'était sa seule et unique chance d'en venir à bout. Mais sans se retourner, Darth Myseris leva son bras en direction d'Anakin et le projeta par la Force à plusieurs dizaines de mètres dans les décombres d'un autre bâtiment écroulé. Anakin perdit connaissance pendant quelques secondes.
Quand il revint à lui, Darth Myseris et son robot avaient disparu de son champ de vision mais il entendait les pas lourds du colosse qui se déplaçait. Jiin finit par arriver et aida le Padawan à se relever.
— Où sont-ils ? Demanda Anakin.
— Je ne sais pas vraiment. Répondit Jiin. Tout ce que je sais, c'est que la bombe n'a pas servi à grand-chose. Sa tête est à moitié détruite mais je l'ai vue… elle est déjà en train de se reconstruire.
— Bon sang ! S'emporta Anakin. Le combat n'est pas terminé. Il n'y a qu'une seule solution. Il faut la tuer, c'est elle qui contrôle le robot. Si elle meurt, le robot sera inopérant. J'en suis certain.
— Anakin… il faut se rendre à l'évidence. Nous n'avons aucune chance. C'est une arme de guerre inouïe. La plus puissante et la plus effroyable que je n'ai jamais vue.
— Je croyais que rien n'était impossible pour un Saboteur.
— Oui et non. Répondit Jiin. Mais là, c'est différent. Il est indestructible.
— C'est pour ça que nous devons nous concentrer sur elle. Il faut la tuer elle. Nous n'avons pas le choix. Si cette arme quitte cette planète alors nous courons tous au désastre.
Anakin et Jiin se dirigèrent ensuite en écoutant les pas lourds du colosse. Ils traversèrent plusieurs quartiers avant de découvrir le robot et sa maîtresse. Ils étaient sur une des places principales de la Capitale. Le robot avait retrouvé en partie sa tête et il était immobile. Anakin chercha du regard Darth Myseris mais il ne la vit pas tout de suite. Non. Ce qu'il vit en premier fut Shauska à genoux près du corps de Kao Cacik. Elle pleurait. Et puis il vit Runh Rapunh qui tenait dans ses bras Toph, il courait pour le mettre à l'abri. Et puis enfin il vit la sorcière. Elle s'approcha de Shauska, triomphante. Et elle se mit à crier pour que tous ceux qui se cachaient l'entendent.
— Peuple de Cachin. J'ai tué votre consul. Si vous ne voulez pas tous mourir, vous devez retourner à la mine. Si vous refusez alors je vais vous tous vous massacrer jusqu'au dernier.
Les quelques Poussières qui se terraient dans les caves et les trous de la ville, tremblaient de peur. Darth Myseris avait besoin que la mine tourne de nouveau à plein régime. Il lui fallait encore plus de Cinium. D'une part pour reconstruire la tête de son robot et surtout, plus de Cinium encore, pour qu'il soit encore plus grand et encore plus fort.
C'est alors qu'elle vit Anakin et Jiin qui montaient les marches menant au sommet de la place. Darth Myseris senti tout de suite le lien puissant qui unissait Anakin à cette femme. Un lien fort. Un lien qui se lisait facilement. Un lien qu'il fallait rompre dès maintenant.
— Je lis en toi morveux… Oh c’est si facile...
Darth Myseris s'approcha par-derrière et d'un coup, en usant de son bras de Cinium, elle transperça le corps de Shauska. Elle retira son bras et Shauska s'effondra tête la première contre le sol. Et ce fut comme si c'était Anakin qu'elle venait de tuer. C'était son cœur qu'elle venait de perforer à tout jamais. Anakin, à cet instant, quittait l'enfance.
— Je te laisse en vie pour l'instant. Dit-elle à Anakin. Je te charge de convaincre les habitants de retourner à la mine. Si tu fais ce que je dis alors je t'offrirais une mort rapide. Si tu refuses ou si tu échoues, alors je te découperais morceau de chair par morceau de chair. Je te donne un jour. Un jour pour tous les persuader que c'est ce qu'ils ont de mieux à faire pour leur survie.
Darth Myseris tourna les talons, sauta dans la main du robot et ils prirent la direction du dôme. Si elle avait laissé en vie le Padawan c'était pour une raison simple : son soldat était sa priorité. Il était diminué par la perte de la moitié de sa tête et elle savait qu'affronter seule Anakin n'était pas un combat gagné d'avance. Ce bâtard se défendait bien. Trop bien même. Elle l'aurait la prochaine fois. Elle le décapiterait la prochaine fois. Ça c'était sûr.
Anakin courru de toute ses forces vers Shauska. Il la retourna délicatement et bien qu'elle fut encore en vie, il ne put que constater qu'elle était condamnée.
— Pardon Anni. Murmura Shauska dans un dernier effort. Dis à Jiin de fabriquer une bombe. Dis-lui de l'envoyer par le tram jusqu'au cœur du dôme. C'est votre seule chance… Dis à Obi-Wan que… Je t'en prie… qu'il ne m'oublie pas…
Malheureusement, elle n'eut pas la force de finir sa phrase. Un filet de sang coula de ses lèvres, une dernière larme glissa sur sa joue, elle expira une dernière fois et mourut dans ses bras.
Modifié en dernier par harnis29 le Ven 31 Mar 2017 - 7:24, modifié 1 fois.
harnis29
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Messagepar harnis29 » Ven 31 Mar 2017 - 7:23   Sujet: Re: La Révolte des Poussières - Ch 18 : Rage

La Révolte des Poussières

Chapitre 19
Rage

Les flammes du brasier qui consumait le corps de Shauska s'élevaient dans un nuage de fumée noire. Anakin avait les yeux perdus dans le vide.
Toph s'accrochait à l'épaule de Runh Rapunh, sa jambe droite serrée par une atèle de fortune. Un silence pesant régnait. Ils écoutaient tous le crépitement du feu qui emportait l'âme de Shauska vers le repos éternel. Jiin s'essuya plusieurs fois le visage. Lui qui ne pleurait jamais de chagrin, découvrait pour la première fois la douleur de perdre un être cher qui n'était pas de sa propre famille. La mort et la douleur, ils devaient tous s'en accommoder. Cela fait partie de la vie. Y être confronté était le lot de chaque être vivant dans l'univers. Sans dire un mot, Anakin détourna le regard du brasier et quitta le groupe et la cérémonie. Jiin fit mine de l'accompagner mais Runh le saisit par le bras.
— Laisse-le. Lui-dit Runh. Je crois qu'il a besoin d'être un peu seul.
Alors Jiin regarda le Padawan disparaître dans la nuit tombante comme une ombre de tristesse.
Anakin traversa toute la ville et gagna les hauteurs de Cachi-Mee. Il avait besoin de rester seul et de faire le point sur la situation. Il avait le cœur déchiré par la perte de Shauska. C'était en partie grâce à elle s'il était toujours en vie. C'était elle qui lui avait tenu la main quand il avait sombré dans la fièvre. Pourquoi avait-elle tenté de faire quelque chose ? Pourquoi s'était-elle mise en danger ? Pourquoi avait-il fallut qu'elle sorte de sa cachette ? Elle n'avait aucune chance face à la furie destructrice de Darth Myseris. « J'ai failli... ». Voilà la phrase qu'il se cessait d'entendre et qui martelait son esprit. « Non, tu n'as pas failli » voulait lui dire Anakin. « C'est ma faute, je n'ai pas su saisir ma chance et terrasser cette aberration, cette erreur de la nature... ». Mais il était trop tard. Bien trop tard. Anakin tomba à genoux et pris son visage entre les mains. Cette fois-ci il pleurait pour de bon. A quoi bon pouvait bien servir d'être un Jedi si on était pas capable de sauver ceux qui méritent d'être sauvés ? A quoi pouvait bien lui servir, cette arme, ce sabre laser accroché à sa ceinture ? A quoi bon se servir de la Force si ce n'est que pour parader et tergiverser dans débats sans fin ? A rien. Tout cela ne servait à rien.
Quand il était sur Tatooine, il avait écouté les histoires des Chevaliers Jedi qui faisait régner la justice et la paix dans toute la galaxie. Il avait rêvé d'être l'un d'entre-eux et de vivre des aventures incroyables. Et maintenant qu'il était sur la voie, maintenant qu'il suivait l'enseignement Jedi, il était incapable d'user de la Force à bon escient. Haïn et Jiin avaient raison : les Jedis ne servaient à rien. Les habitants de Cachin avaient une dent contre les Jedis qui n'avaient jamais pris fait et cause pour eux. Les Jedis les avaient abandonnés et avait laissé la Fédération du Commerce envahir leur planète. Les Poussières et les Cendres avaient été obligés de fuir dans le désert ou de se cacher dans les ruines de Cachi-Mee, de vivre dans la misère et dans l'indignité. C'était les Jedis qui avaient failli dans leur mission et leur rôle. Et pour la première fois de sa vie, Anakin avait honte. Obi-Wan ne lui apprenait que des choses inutiles. Méditer ne servait à rien. Apprendre à maîtriser la Force pour déplacer des cailloux ridicules ne servait à rien, c'était juste risible. Le côté clair contre le côté obscur n'était qu'un mirage de la pensée unique des Jedis. Et au fur et à mesure qu'Anakin dressait un bilan négatif de sa vie et de la voie qu'il avait choisie ou plutôt qu'il lui avait été imposée, un sentiment de colère s’immisça dans son cœur. Le combat contre l'injustice était une cause noble. Peu importe la voie, réparer l'injustice était le but à atteindre. Pendant un instant, le visage de Shauska qui hantait son esprit fut remplacé par celui de sa mère. Il revoyait le visage mélancolique de celle-ci qui se tuait à la tache pour l'élever sous la fausse égide de ce scélérat de Watto.
Non. L'injustice avait assez duré ici. Il fallait la combattre et lui faire mordre la poussière. Il voulait l'anéantir avec fracas et peu lui importait les conséquences.
C'était décidé. Il était décidé.
Anakin se releva, sécha ses larmes et reprit la direction de Cachi-Mee.
Darth Myseris exigeait de lui qu'il persuade les Poussières de reprendre le chemin de la mine. Alors il allait faire ce qu'elle lui avait ordonné. Il allait les convaincre de reprendre le chemin.
Mais pas celui de la mine. Non. Celui de la guerre.
Il savait qu'Obi-Wan ne lui pardonnerait pas un tel affront à sa doctrine. Mais il s'en fichait pas mal. Il n'avait qu'a être là. Au lieu d'aller quémander de l'aide, il aurait du être là, à l'épauler. A eux deux, il en était certain, ils auraient mis un terme au délire morbide lunatique et maniaque de Sajura Zaharcha, ils l'auraient foudroyé, ils l'auraient achevée pour de bon. Elle ne méritait qu'une seule chose à présent. Il n'y avait aucun espoir de la ramener à la raison. Il fallait la tuer tout simplement.


Anakin grimpa sur l'estrade de fortune montée à la hâte dans l'arsenal de Cachi-Mee. L'ambiance n'était pas encore électrique mais plutôt morne. En revenant de sa parenthèse méditative, Anakin avait persuadé Toph de convoquer le plus de monde possible à l'armurerie. Anakin avait une idée en tête et Toph avait compris où il voulait en venir. Accompagné par Runh qui le soutenait, ils avaient fait le tour des caches à Poussières les plus proches et avaient convié le maximum de volontaires à se rendre à la réunion qui allait se tenir dans la nuit. Et c'était près d'un millier de Poussières qui avaient répondu présent à l'appel du Padawan et qui s'entassait dans l'arsenal.
Toph monta à son tour sur l'estrade et pris la parole. Il tremblait. Il tremblait de colère et était arrivé à la même conclusion qu'Anakin. Il n'y avait pas d'autre alternative. Le peuple de Cachin était un peuple pacifique qui avait enterré la violence au plus profond de leur être. C'était un peuple civilisé qui avait décidé de proscrire la brutalité. Mais les anciens avaient toujours su qu'une guerre hypothétique était toujours possible. Donc pour avoir la paix, ils avaient préparé la guerre. Grâce à la Fontaine de l'Étoile, ils avaient conçu et fabriqué des tonnes d'armes et de vaisseaux de combat. Ils n'avaient jamais eu à s'en servir. Et quand la Fontaine de l'Étoile s'était éteinte, toute leur artillerie, toutes leurs défenses s'étaient éteintes avec elle. Mais à présent que la Fontaine coulait à flot continu, alors tout était de nouveau possible. Le temps de la lutte contrainte et forcée était arrivé.
— Mes amis. Commença Toph avec une voix chevrotante. Aujourd'hui nous avons perdu notre Grand Consul. Et j'ai perdu… nous avons perdu un être chère… Une âme innocente s'en est allé. Une femme mi-humaine, mi-cendre qui a combattu vaillamment pour nous libérer de l'oppression. Et tout le monde ici connaît cette expérience. Cette douleur infinie de voir l'innocence abattue et martyrisée. Peuple de Cachin. Le temps de la révolte est arrivé. Regardez autour de vous. Voyez les armes conçues par nos ancêtres pour défendre notre planète. La Fontaine de l'Étoile coule à nouveau au cœur de Cachi-Mee. Comme vous avez pu tous le voir, la ville se reconstruit. Malgré les blessures infligées par la créature de la Sorcière, Cachi-Mee se relève de ses cendres. Peuple des Poussières, je vous appelle à retrouver votre nom. Le temps des Cendres et des Poussières est, aujourd'hui, révolu. Aujourd'hui je vous appelle pour que nous retrouvions notre nom et notre honneur. Le peuple de Cachin à un nom. Ce nom nous allons le marquer au fer rouge et en lettres de colère. Nous sommes des Cadiens. M'entendez-vous ?
Murmures dans l'assemblée.
Pour la plupart, le nom de Cadien avait disparu de leur mémoire. Mais certains, parmi les plus âgés, avaient entendu ce mot. Ce simple mot. Cadien. Oui c'était cela. C'était leur nom et il avait disparu depuis des générations.
Anakin prit à son tour la parole ;
— Cadiens ! Entendez et écoutez ma voix. Je sais que la peur vous paralyse. Et c’est cette peur que je vous demande de combattre. Il y a ici, des vaisseaux, des lances, des arbalètes, des canons. Ils seront nos armes pour venir à bout de l'infâme criminelle qui vous tue chaque jour un peu plus.
Et Anakin prononça cette phrase qui lui était interdite :
— Cadiens, je vous appelle à la guerre !
Et en quelques secondes le murmure persistant devient une holà. Il suffisait d'un déclic. Un simple mot pouvait changer une destinée.
Jiin s'adressa à Runh en aparté :
— Cet enfant a changé.
— Oui. Répondit Runh. Ce n'est plus un enfant.
Anakin ne pu que constater l'effet qu'il venait de provoquer. Un sentiment étrange l'envahit. Il maîtrisait son destin. Ce dont il n'avait pas conscience, c'était que ce qui le guidait n'était pas la sagesse. C'était la rage. Il venait de franchir une limite invisible. Il avait mis un pied en dehors du chemin tout tracé des Jedis. Sans s'en rendre compte, il venait de briser la ligne du côté clair.
— A l'aube de ce jour, nous allons mener le combat. Vous allez former quatre groupes. Quatre corps d'arme. La première ligne sera l'infanterie sous mon commandement. Que les plus agiles et les plus vaillants, tous ceux qui peuvent courir, prennent une lance, vous m'accompagnerez. La deuxième ligne, les archers, vous prendrez les arbalètes et vous serez sous le commandement de Toph, ici présent avec moi. Votre rôle sera de couvrir la première ligne. La troisième ligne, l'artillerie, vous prendrez les canons et vous serez sous le commandement de Runh Rapunh. Charge à vous de détruire les défenses des droïdes et de vous occuper des Cyclattes.
Runh fut surprit. Il ne s'attendait pas qu'on parle de lui, ni même qu'on lui demande sa contribution. Il n'aimait pas vraiment cette idée. Il dut tout de même s'y résoudre. Il n'avait aucune envie de contrarier le nouveau chef de guerre qui venait de naître sous ses yeux.
— La dernière ligne sera la Force de l'air. Continua Anakin. Sous le commandement de Jiin, vous prendrez les vaisseaux. Jiin s'occupera de vous former au pilotage dans l'heure qui suit. Votre mission sera de harceler la créature. Vous devez la pilonner sans relâche. Enfin pour terminer j'ai besoin d'un volontaire pour une mission suicide.
Cette fois c'en était trop pour Runh.
— Anakin ! Bondis Runh. As-tu conscience de ce que tu viens de dire ?
Le Padawan se tourna vers Runh, le regard noir.
— Évidemment que j'ai conscience de ce que je viens de dire. Que crois-tu Runh ? As-tu déjà vu une guerre se dérouler sans sacrifice ? Shauska s'est sacrifiée. Nous lui devons bien ça. Cela sera peut-être notre seul chance. Runh, la vie est un combat permanent. Refuser de se battre, c'est déjà avoir perdu d'avance. Nous n'avons pas le choix. Au fond de toi, Runh, tu ne le sais que trop bien. Je peux lire en toi, Runh… tu sais que j'ai raison.
— Je refuse de participer à une telle opération. Tu franchis là une limite qui ne te mènera nulle part Anakin. S'emporta Runh. Un suicide ? Tu veux demander à un Cadien de se suicider pour emporter la bataille ? C'est intolérable !
— Hola, hola calmez-vous. Tempéra Jiin. Anakin, en quoi consiste cette mission ?
— Jiin, tu dois construire une bombe assez puissante pour raser le dôme et ses environs. C'est un ordre de Shauska. C'est son idée. Il faut placer la bombe dans le tram et utiliser celui-ci jusqu'au sous-sol du dôme.
— Rien de plus facile. Répondit Jiin. Mais pourquoi serait-ce une mission suicide ? Sommes-nous obligé de mourir ? J’aurais bien voulu voir mon valet de frère une dernière fois…
— Il faut s'assurer que la bombe arrive à bon port. Quoiqu'il en coûte.
— Hum… Je m'en occupe. Finit par accepter Jiin. Mais petit, tu dois rester serein. Tu n'es pas un général. Tu es un Padawan. Ce n'est pas ton rôle de mener une guerre. Tu le sais bien.
— Je refuse que Shauska soit morte pour rien. Je m'y refuse. Darth Myseris doit payer pour tout le mal qu'elle a fait. Ce n'est que justice.
— Je suis d'accord avec Anakin l’Attrapeur. Ajouta Toph. Jiin, Runh, je suis prêt à payer de ma vie pour que Cachin soit libérée. C'est la guerre que nous déclarons à cet instant. Et la guerre sème la mort. Nous devons tous y être prêt et l'accepter. Vous n’êtes pas des Cadiens, aussi cette guerre n'est pas la vôtre.
Toph s'adressa alors à tout l'auditoire.
— Cette guerre est la nôtre ! Cria Toph. Et si nous devons mourir demain, alors qu'il en soit ainsi.
Et contre toute attente, les Cadiens présents cette nuit-là, crièrent leur approbation. L'apathie et le renoncement s'étaient envolé. La rage grondait dans les cœurs. La folie guerrière échauffait les esprits. Les Cadiens se dispersèrent en quatre groupes. Anakin sauta de l'estrade et se dirigea vers le mur sur lequel était disposé les lances. Il se chargea de les distribuer pendant que Runh s'attelait malgré lui à comprendre le fonctionnement de la dizaine de canons dont il avait la charge. Il essayait de se concentrer sur la tache qui était la sienne mais il ne pouvait pas s'empêcher de repenser à Anakin. Et avant que l'aube s'allume et que les flammes de la guerre les consume tous, il ne souhaitait qu'une seule chose : le retour d'Obi-Wan. Il fallait qu'il revienne et vite.


Obi-Wan avait écouté et entendu les arguments d'Ish Atam. Et donc, au lieu de retourner directement vers la capitale, ils avaient fait un détour vers le village des Cendres, allongeant leur route de quelques heures. Ensuite Obi-Wan avait passé le reste de la journée et de la soirée à convaincre le roi Hysakpasha, le roi des Cendres, de venir en aide aux Poussières. Il aurait pu user de la Force mais s'y refusait. Aross Talphar suivait la discussion d'une oreille distraite. Il ne cessait de penser au courroux dévastateur de Tev Vanth II. Il avait trahi et plus le temps passait, plus il commençait à le regretter. Il ne voulait pas être ici dans cette cahute vétuste d'un pseudo roi, à suivre une interminable négociation. Il voulait fuir cette planète au plus vite.
— Votre altesse. Fit Obi-Wan. Le peuple de Cachi-Mee est depuis trop longtemps oppressé. Votre aide et votre soutien sont indispensable.
— Nous ne voulons pas la guerre Jedi. Nous l'avons fuit il y a bien longtemps.
— Je ne vous demande pas de partir en guerre mais de leur venir en aide, de me soutenir. Ce sera une mission de sauvetage. Demain nous nous rendrons à Cachi-Mee. Et je vais mettre un terme au règne de Darth Myseris. Je peux la vaincre seul… mais je ne pourrais pas m'occuper en même temps du peuple de Cachi-Mee. Sans votre aide, il me sera impossible de les faire sortir sains et saufs de la ville. Pas avec une armée de Droïdes et de Cyclattes à nos trousses.
— Demain dites-vous ? C'est impossible. Demain, c'est le jour des Deux Lunes.
Soudain, Obi-Wan fut pris d'une sorte de malaise. La Force venait de gronder à ses oreilles. Il porta la main à son front et Haïn du le soutenir pour ne pas qu'il s'effondre. Un malheur venait d'arriver. Il le savait. Il mit quelques secondes à reprendre ses esprits.
— Oh ! Jedi à la noix ! L’interpella Haïn. Que vous arrive-t-il ? Vous nous faites une crise ? Il va tourner de l’œil ! Ce n'est pas le moment enfin, reprenez-vous !
— Un malheur vient d'arriver. Fini par articuler péniblement Obi-Wan. Roi Hysakpasha, un grand malheur vient d'arriver. C'est une tragédie.
— Que dites-vous ? Fulmina le roi en se levant de son fauteuil. Que dites-vous Jedi !
— Que se passe-t-il ? Demanda un Ish Atam plus qu’inquiet. Obi-Wan ! Regardez-moi et répéter ce que vous venez de dire !
Le regret et le remord colonisèrent l'esprit du Jedi. Il avait commis une erreur monumentale. Il avait laissé la fille adoptive du Roi Hysakpasha entre les mains de son Padawan. Obi-Wan s'était montré trop présomptueux à l'égard d'Anakin.
— Votre altesse… Ish Atam… J'ai failli à ma parole.
— Le contraire aurait été étonnant. Fit Haïn, d'un ton cinglant. Allons, allons Obi-Wan. Ne dites pas de bêtise. Je suis sûr que tout le monde va bien. Jiin est avec eux. ils ne risquent rien.
Sans écouter Haïn, Obi-Wan continua :
— Je suis désolé… Mais il va falloir accepter l'inéluctable vérité. La sorcière a tué.
Ish Atam se rua sur Obi-Wan et l'empoigna avec force.
— Que dites-vous Obi-Wan ?Est-il arrivé quelque chose à Shauska ?
— Je ne le sais pas encore. Je ne sais pas comment.
— Comment pouvez-dire une chose pareil ? S'emporta Haïn.
— Je l'ai senti. La Force m'a parlé.
— Balivernes ! S'enflamma Haïn. Qu'est-ce que vous manigancez ? Ne lui faites pas confiance Roi des Cendres. Il se joue de nous encore une fois.
— Je ne peux croire ce que vous venez de dire… Continua le Roi Hysakpasha. C'est une tragédie. N'essayez pas de me manipuler, n'user pas de votre pouvoir sur moi. Je ne sais que penser.
— Je suis navré votre altesse. J'en porterai la responsabilité.
Le roi s'approcha d'Obi-Wan, la mine sévère et visage bouleversé par ce qu'il venait d'apprendre.
— Jedi. Je vous le demande une dernière fois. Pesez vos mots, soyez clair, votre vie en dépend. Ma fille adoptive, Shauska est-elle toujours en vie ?
— Je ne peux le confirmer pour l'instant. Mais je crains que cela soit effectivement le cas.
— Le peuple des Poussières est-il en grand danger ?
— Oui votre altesse. L'extermination est en marche, il n'y a aucun doute possible. Un peuple entier risque de périr si nous n'agissons pas tout de suite.
Le roi chancela et retourna s'asseoir sur son fauteuil. Il ne pouvait pas croire ce qu'il venait d'entendre.
— Comment cela a-t-il pu arriver ? Je ne peux croire une telle chose.
— Comme je vous l'ai dit. Pour l'instant je ne sais pas. Nous devons nous rendre sur le champ à la capitale.
— Ish Atam, mon fils. Crois-tu en la parole de cet humain ?
Ish Atam hésita quelques instants avant de répondre. La nouvelle qu'il venait d'apprendre l'avait dévasté. L'amour de sa vie était perdu à jamais. Pourtant il avait vu ce dont était capable le Jedi et son Padawan. Il savait aussi, que même si les Jedis traînaient une réputation de malandrin, on pouvait tout de même se fier à leur parole. Ish Atam savait qu'Obi-Wan était un honnête humain.
— Je le crois, père. Si Obi-Wan dit que Shauska n'est plus. Alors… il dit vrai.
Et puis se fut le silence. Un silence rompu par la voix brisée du roi quand il reprit la parole.
— Qu'il en soit ainsi. Ish, mon fils, tu prends le commandement des Cendres. La plaie de Cachin doit être balayée. Et si c'est la mort qui nous attends, alors nous mourrons tous. Mais pas sans combattre. Jedi ! Etes-vous satisfaits ?
— Non roi des Cendres. Je ne me satisfais jamais d'une telle situation. L'ordre Jedi est en route, ils pourront nous épauler dans le combat qui nous attends. Aross Talphar ici présent, commande deux vaisseaux de combat. Il pourra transporter vos troupes jusqu’à la capitale. Plusieurs voyages seront nécessaires.
Le roi se leva.
— Qu'il en soit ainsi. Ish Atam, rassemble les Cendres. Nous partons en guerre.


Quand Tev Vanth II posa le pied sur le sol de Cachin, il ne put que constater que son fidèle lieutenant l'avait trahi. Il faisait les cent pas en fulminant autour du tas de ferraille laissé à l'abandon de la navette des Saboteurs. Son œil lui faisait atrocement mal. Il n’arrêtait pas d’essuyer les larmes maladives qui tombait de son œil. Aross ne répondait pas aux messages et refusait d'accepter les appels d'holocom. Aross Talphar était-il toujours sur cette planète ? Le mouchard qu'avait fait installer Tev Vanth II sur tous les vaisseaux de sa flotte, semblait l'attester mais il n'avait aucune preuve pour l'affirmer.
Que faisait-il toujours ici ? Pourquoi ne répondait-il pas à ses injonctions ?
Et si après tout Aross ne l'avait pas trahit, et si après tout Aross était tombé dans un piège tendu par ces maudits Saboteurs ?
— Mon Capitaine. Lui dit Edel Bar Dane, un Roonien qui lui servait de second à la place d'Aross Talphar. Nous avons détecté une forte activité à quelques milliers de kilomètres d'ici. Une forte concentration énergétique ainsi que beaucoup de mouvements. Sur les trois vaisseaux envoyés ici, il en reste deux. Le troisième a quitté le système de Cachin, nous avons perdu sa trace.
— Bon Sang ! S'écria Tev Vanth II. Aross était-il à bord de ce vaisseau ?
— Impossible à dire mon Capitaine.
— Et la navette des Saboteurs, où est-elle à présent ?
— Il semble qu'elle soit partit dans la direction… à l'opposé du pic d'activité.
— Je refuse de perdre un vaisseau de plus. Allons récupérer ce qui m'appartient.
— Mon Commandant, si je peux me permettre, il serait plus prudent d'envoyer des éclaireurs. Nous ne savons pas sur quoi nous allons tomber. Je n'ai aucune information concernant cette planète et sa civilisation.
— Second ! J'ai ici, avec moi, une trentaine de vaisseaux de combat armé jusqu'au dents. Si nous n'avons aucune information concernant cette planète, c'est pour une raison toute simple, c'est parce qu'elle est insignifiante.
— Cependant… mon Capitaine… il serait plus prudent de ne pas nous jeter dans un guet-apens.
Tev Vanth II se retint d'assommer son second.
Comment osait-il s'opposer à son supérieur ?
Mais Tev Vanth II n'en fit rien. Et pour la première fois depuis longtemps il prit une décision sage.
— Très bien. Concéda-t-il. Edel, prenez trois hommes et allez jouer les éclaireurs.
harnis29
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