Mon nom est Jinn

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Messagepar Kléber Valéra » Mer 27 Fév 2013 - 21:23   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Hiivsha a écrit:Elle se doutait bien que si elle était suivie il y avait de forte chances qu'on ait un peu regardé ses antécédents, non ?

Oui. Mais cela veut-il dire qu’elle n’a pas le droit d'en être courroucée ?


* * *



Plein de fragments ce soir...

XXXIII



La main de l’ancien jedi farfouilla sur le mur près de la porte, dans le but de trouver un interrupteur. Sa lampe était bien suffisante pour se repérer dans des couloirs rectilignes et vides, mais il préférait pouvoir explorer cette pièce-ci sans avoir à plisser les yeux toutes les cinq minutes. A supposer, évidemment, que le système d’éclairage d’une base abandonnée depuis probablement pas mal de temps fonctionne encore aujourd’hui.
Il se demanda pour quelles raisons il n’avait pas tenté de faire la même chose la première fois, à savoir chercher un simple commutateur dans le but d’éclairer son chemin. Puis, se rappelant de son état léthargique la dernière fois qu’il était ici, il vit comme une évidence que son cerveau était alors bien trop endormi pour penser à une chose aussi simple « qu’allumer la lumière ». Cette fois-ci en revanche, il trouva vite le bouton, juste à côté de celui qui contrôlait la porte, et le pressa.
Par chance pour lui, la base disposait de plusieurs systèmes énergétiques indépendants. Aussi, avec un ronronnement grave et plutôt inquiétant, l’éclairage se remit quand même en marche, des néons plafonniers venant soudain baigner la pièce d’une lumière aveuglante.
Jinn balaya la salle du regard. Les premiers mots qui lui vinrent à l’esprit furent « Poussière » et « Foutoir ». Il y avait devant lui le plus monstrueux amas d’objets hétéroclites et incongrus qu’il ait jamais vu, le tout recouvert de tellement de saleté que les couleurs d’origine de certains objets était presque invisibles. D’ailleurs, il trouva très étonnant d’en trouver autant dans une pièce visiblement hermétiquement fermée, à plus forte raison se situant tout au fond d’une base elle-aussi coupée du monde extérieur.
Il avança entre les rangées d’objets divers. La plupart lui étaient totalement inconnus. Certains évoquaient des œuvres d’art complexes, quelques autres des expériences scientifiques comme celles qui avaient fait partie de son éducation de jedi, au temple. Tous les matériaux, toutes les formes se mélangeaient, semblant ne pas vouloir vraiment s’accorder. Il décida sans grande conviction que les objets connus étant pour la plupart ce qu’il pouvait qualifier de « scientifique », ceci était probablement plus le laboratoire d’un savant fou que la réserve d’une galerie d’art. Il passa devant ce qui était sans doute une paillasse, évita les morceaux de verre brisés au sol, scrutant sans trop savoir quoi chercher. Il s’était dit initialement que revenir ici opérerait un déclic, lui indiquant pourquoi et comment il y était arrivé. Visiblement le déclic se faisait attendre. Aussi, espérait-il plus, en cet instant, pouvoir reconstituer son passé par une enquête minutieuse. Et les indices qui la résoudraient ne pouvaient se trouver que dans cette pièce.

Pendant que le jedi de jadis tournait dans la salle, commençait à ramasser prudemment les objets les plus évocateurs pour chercher à les lier à des choses appartenant au passé qui lui restait encore, Kints s’était approché à pas de loup. Il avait depuis longtemps éteint la lampe qui lui avait permis de parcourir le labyrinthe de couloirs à la suite de Jinn, mais un moment d’inattention, un son indésirable, et sa mission aurait été un échec. Il était collé contre le mur, suffisamment éloigné de la porte pour pouvoir avoir le temps de rebrousser chemin en vitesse et se cacher, dans l’hypothèse envisageable où Skywalker serait sorti précipitamment de la pièce. Il plongea sa main dans sa poche et en retira un minuscule objet translucide. On aurait dit une sorte de petit scarabée étrange. Il pressa un point blanc sur le dessus, l’appareil s’activa. Puis il posa délicatement la petite chose frêle au sol, et se tourna vers une mini-tablette qu’il sortit de son autre poche.
Matériel d’espionnage impérial expérimental, issu d’une technologie plus ou moins légalement « empruntée » aux bothans. Il alluma la tablette et la vision retransmise de la micro-caméra apparut. L’image avait perdu en netteté et le transmetteur en portée ce que la caméra mobile avait gagné en petitesse et en silence. Bref, l’outil d’espionnage parfait.
Le « scarabée » se plaça juste devant la porte. D’une pression de l’écran tactile, Kints fit s’incliner la caméra. L’image certes floue, permettait de voir une silhouette fouiller les recoins de la pièce, toucher les objets, sans trop savoir quoi chercher. Pour le major, il était une fois de plus clair que soit Jinn croyait à ses histoires, soit il simulait si bien qu’il ferait ce qu’un amnésique dans son cas ferait pour retrouver sa mémoire. A savoir fouiller de fond en comble tous les endroits accessibles de cette base, qui était de toute évidence cet « endroit dans la forêt jusqu’où remontaient ses souvenirs » décrit plus tôt au général Coff. Il décida donc de le devancer.
Douglaz se rapprocha lentement de la porte, le dos collé au mur, veillant bien à ne toujours faire aucun bruit. Sur son écran, Jinn était à l’autre bout de la pièce : pas de risque dans l’immédiat. Mais il jouait risqué, il le savait. Il se baissa très lentement. Il fit une dernière vérification sur sa tablette, Jinn avait le dos tourné. Il passa la porte à toute vitesse, récupérant le mini-droïde au passage, en ne faisant pas le moindre bruit. Son entraînement n’était, après tout, pas si loin derrière lui…
Il s’éloigna dans l’autre sens, cette fois. Il prit soin de vérifier à nouveau que la fonction mémorisation du tracé était activée (il aurait été fâcheux de se perdre dans un tel labyrinthe), et commença à explorer lui-même le reste de la base.





XXXIV



Il était passé devant une bonne dizaine de fois depuis qu’il était entré, mais n’ayant que de vagues souvenirs de la journée d’hier, il n’y prêta pas attention. Et puis, c’est alors qu’il regardait une série de cylindres de transparacier contenant chacun le même exemplaire d’une main gauche d’enfant, que son cerveau le replongea la veille.
Il avait alors rapidement constaté qu’il était allongé, mais pour une raison qu’il n’avait pas comprise tout de suite, il était coincé de part et d’autre. Il avait promené ses mains de droite à gauche, hésitant, pour tenter de comprendre. Il s’était accroché, difficilement, aux rebords de chaque côté. Quels rebords ? Les rebords de ce caisson-là.
Jinn s’approcha lentement de la machine. En apparence, rien de plus qu’une grande cuve cubique, une cuve à taille humaine. Une cuve dans laquelle, il en était certain à présent, il s’était réveillé.
Il glissa ses doigts fins le long de la paroi. Le cube était pratiquement lisse et, n’étaient les tuyaux métalliques et les pompes qui se dessinaient par en-dessous, il n’aurait pas cru à autre chose qu’à un simple bloc de métal taillé en un cube parfait. En un sens, cela faisait un peu penser à une baignoire. Mais il aurait été très étonnant que ce le fut : une baignoire, là, au milieu de ce bric-à-brac scientifique… Il songea à sa théorie de tantôt, quand il croyait encore avoir fait un bond dans le futur : ce cube métallique faisait plus facilement penser à un caisson de stase qu’à un appareil à voyager entre les dimensions. Ou peut-être que le maintien d’un corps dans un état statique était la condition sine qua non pour son passage d’un monde à l’autre ?
Non mais, tu t’entends penser un peu Jinn ? Ce que tu dis est grotesque !
Grotesque ? Pas plus que de se retrouver perdu dans un autre univers. Que je sache, que cette chose informe soit un appareil issu des plus grands récits de Science-Fiction est la théorie la moins stupide que j’ai eue jusque là…

Il regarda à l’intérieur, constatant des micro-ouvertures qui pouvaient facilement aspirer du liquide. Mais rien qui soit de nature à lui faire revenir la mémoire. Et le mutisme définitif de la Force ne semblait guère l’aider dans cette tâche. Il regarda les tuyaux qui entouraient le cul de la cuve. Rien de particulier, si ce n’étaient les quelques inscriptions légales du fabricant : des numéros d’identification, des numéros de normes de sécurité, et la marque, Rictov Engineerings écrite en lettres rouges. En en faisant le tour, il nota que la même marque et les mêmes normes étaient inscrites sur la cuve elle-même. Cette base appartenait-elle à cette entreprise ? Possible. Mais alors, pourquoi l’abandonner ?
Faute de trouver plus d’éléments concernant le caisson, il décida de vérifier qu’il ne s’était pas trompé. Il continua d’examiner le reste la pièce, et tout spécifiquement les objets qui faisaient moins « prototypes artisanaux » que produits manufacturés. Cette recherche sembla échouer dans un premier temps : les objets farfelus ne portaient aucune inscription. Et puis, il prit ce qui ressemblait à un prototype de transmetteur, et lut en plusieurs endroits de l’objet : « Semher, inc. ». Quelques doutes naquirent en lui. C’est quand il eut en main un nouveau prototype conçu par une certaine entreprise « Cehlian », qu’il décida d’abandonner son hypothèse. La base mystérieuse n’appartenait pas à Rictov Engineerings –mauvaise piste !- mais plus probablement à un scientifique du dimanche qui avait réuni ici des produits de haute technologie, dans le but de les utiliser (un fana de Science ?), de les copier (de l’espionnage indutriel ?), ou de… la Force savait quoi. Vu la taille de la base, la thèse de l’espionnage était possible. Et ça pouvait expliquer le fait qu’elle ait un jour été abandonnée à la hâte. Une société qui aurait fait faillite par exemple. Ou une dont les petits secrets un peu louches auraient été menacés, et dont il aurait fallu évacuer en urgence le site incriminé.
En revanche, ça n’expliquait toujours pas comment il s’y était retrouvé enfermé.
Après s’être assuré qu’il avait vraiment exploré cette salle de fond en comble –en vain, soit dit en passant- il décida de poursuivre son exploration du bâtiment souterrain.





XXXV



Kints n’avait plus trouvé que des portes closes. Mais quelque part, c’était aussi une chance. En effet, cela avait grandement accéléré son exploration, ce qui lui avait permis de mémoriser dans sa tablette presque tout le dédale. Et sans cela, il n’aurait pas pu se cacher d’un Jinn repartit en vadrouille, en empruntant rapidement un couloir parallèle dans lequel il pouvait éviter Skywalker quelle que soit la direction prise ensuite par celui-ci.
Il le suivit sur son bio-scanner. Le « jedi » était confronté au même souci que lui un peu plus tôt, et il ne passait pas longtemps devant chaque porte. Puis, après qu’il eut presque essayé toutes les portes disponibles, Skywalker fit demi-tour dans la direction approximative de l’entrée du tunnel –et donc de la sortie. Le major nota l’excellente mémoire de Jinn (comme quoi, il lui en restait encore !), car lui-même, pourtant d’usuel doué pour le pistage, aurait été bien en peine de retrouver son chemin dans ces couloirs noirs et identiques sans sa tablette.

Jinn respira un grand bol d’air frais. Il s’était mis à pleuvoir dru, mais peu lui importait. Car sans être spécialement claustrophobe, il n’était pas mécontent de sortir de ce terrier obscur pour la seconde fois. Et comme la première fois, la même sensation de renaître.
Là, légèrement abrité sous un arbre au feuillage dense, collé contre son tronc, il songea à la prochaine étape.
Cette visite ne lui avait rapporté aucun indice exploitable. Et même en admettant qu’il existe une autorité quelconque sur Koboc sachant quelle était la nature exacte de cette base secrète et enterrée, elle n’aurait eu aucune raison de l’aider lui. Faute d’avoir une meilleure trace à suivre, il pouvait toujours aller faire un tour sur Cato Neimoidia. Certes, la Cato Neimoidia d’ici n’était pas celle qu’il connaissait, pas celle où il s’était retrouvé un jour à protéger un politicien dans son rôle de jedi. Mais peut-être trouverait-il là quelque indice. Après tout, c’est là-bas que s’arrêtait le fil de ses pensées. Peut-être aussi que c’était là-bas –ou en tout cas dans la version positive de ce là-bas- qu’on l’avait capturé pour le transférer ici. Et donc, peut-être qu’avant de se retrouver dans un caisson de stase au fin fond d’une base souterraine, il avait fait un séjour inconscient sur la Cato Neimoidia locale, la version négative (car un univers gouverné par un sith ne pouvait être que négatif).
C’était un peu une piste désespérée, une folle lubie ; mais ce serait faute de mieux…
Et puis une autre idée lui vint, cette fois un peu plus matérielle que la quête de son passé. Il songea que malgré sa grande générosité, Lyona ne lui avait pas laissé beaucoup d’argent. Trop peu pour survivre longtemps. Mais on pouvait encore l’aider. Son ami sur Malastare –dont il ne parvenait toujours pas à se rappeler le nom- y était probablement encore. Connaissant le bonhomme, il en était certain à présent. Et puis surtout dans son début de désespoir, il refusait de penser qu’il n’en fut pas ainsi.
Alors : Cato Neimoidia ou Malastare ?
Même s’il aurait volontiers poursuivi ses recherches, il fallait toujours, dans la mesure du possible, faire le choix raisonnable. Pas besoin d’être un jedi pour le comprendre. Et puisque la raison affirmait que, sans savoir comment repartir, il ne savait pas non plus combien de temps il allait rester dans cette dimension parallèle, il était indispensable de s’occuper d’abord de sa survie. Et franchement, ce ne serait pas sur Cato Neimoidia qu’on lui proposerait des offres aussi généreuses que celle de Lyona : il n’y avait pas grand chose à attendre des neimoidiens. Sur Malastare au moins, c’était encore possible.

Quelques heures plus tard, arrivé à l’astroport de Sonimagin, il prit un ticket pour Malastare. La carte d’identité fournie par Lyona fonctionna à merveille : il était passé sans être inquiété le moins du monde. Il espérait que ce serait toujours le cas…
Il s’envola sur un long-courrier. Avec le repas pourtant sommaire qu’il fit juste avant le décollage, quand il monta dans le véhicule spatial, il ne lui restait déjà presque rien de ce que la Kobocoise lui avait donné.
Il s’installa à l’arrière, sans rien dire. Il ne remarqua même pas l’officier impérial en civil qui était monté avec lui.
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Ven 01 Mar 2013 - 0:45, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Jeu 28 Fév 2013 - 0:04   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Lu. On progresse donc un peu dans le flou total :paf:
J'attends la suite. ;)

Le problème des phrases courtes, construites sur le schéma "sujet+verbe+complément" que tu affectionnes (pas toujours, je te l'accorde), c'est la répétition extrême des "Il..... . Il...... . Il...... . Il.... . etc.", qui donne parfois un rythme un peu lassant qu'il te faudrait couper, soit par des phrases plus longues, soit par des inversions de compléments. Varier aussi entre "il", "Jinn", "le Jedi", "le jeune homme" (si ça s'applique à lui en fonction de son âge <30ans) etc.

Pour illustrer ce propos, j'ai comparé le nombre de "il" dans ton dernier post avec mon dernier chapitre sur Hiivsha qui traite donc d'un homme comme pour toi.
Sur l'équivalent de 3 pages 1/3 dans Word, l’occurrence "il" en "mot entier" est de 100 pour toi, soit 30/page
Sur l'équivalent de 14 pages dans Word, la même occurrence en mot entier est de 148 pour moi, soit 10/page. :wink:
Je pense que tu pourrais en supprimer en changeant tes constructions de phrases. :)

Quelques fautes à corriger mélangées à des remarques :

juste à côté de celui qui contrôlait la porte en fait, et le pressa. => le "en fait" passe mal, a fortiori rejeté à la fin... ça fait très "oral"

des néons plafonniers => on se doute un peu qu'ils sont au plafond si tu ne précises rien de plus

Il avança entre les rangées d’objets diverses => c'est pas plutôt les "objets" qui sont "divers" ? (si tu veux le rapporter à "rangées" il vaudrait mieux écrire : "entre diverses rangées d'objets")

que le nombre d’objets connus étant pour la plupart ce qu’il pouvait qualifier de « scientifique » => à mon avis "le" est de trop au début, sinon la phrase ne veut plus rien dire. En plus, si tu dis "nombre d'objets connus" ce qui signifie "pas tout mais la plupart", c'est redondant avec "pour la plupart".

suffisamment éloignée => éloigné

L’image avait perdue => perdu

un bon dans le futur => bond

que de ce retrouver perdu => se

la théorie la moins stupide que j’ai eu jusque là => eue... jusque-là

si ce n’était les quelques inscriptions légales du fabricant => à priori et après recherche sur le net, ce serait plutôt : "si ce n'étaient les quelques inscriptions..." (expression synonyme de "n'eût été"/"n'eussent été" qui s'accordent avec le sujet postérieur.)

confronté au même soucis que lui => souci

lui même => lui-même

Cette visite de courtoisie => pour un endroit ??? Ça se dit pour une personne oui, mais là...
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Messagepar Kléber Valéra » Ven 01 Mar 2013 - 0:47   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Il est vrai que mes phrases restent très courtes (ma correctrice habituelle m’a un jour fait comprendre que ma tendance aux phrases trop longues et qui ne s’arrêtent pas risquaient fort de m’aliéner une bonne partie du public. Peut-être l’ai-je un peu trop écoutée !).

Néons plafonniers… Néons muraux, ça existe aussi ?

Le reste est corrigé. Pour la plupart des fautes d’inattention. En revanche, j’ai sincèrement toujours été convaincu que souci était invariable…



* * *




XXXVI



Lyona regarda le chrono antique suspendu au mur, très étonnée qu’on vienne la déranger à une heure pareille. Mais elle se leva sans sourciller ni pester. Avec un peu de chance, ce serait son charmant hôte jedi qui revenait. Il est vrai qu’elle aurait pu lui donner un peu plus d’argent : elle-même n’en manquait pas et ça aurait été un sacré service à rendre à ce pauvre égaré. D’ailleurs, le matin où il était parti, trois jours plus tôt, elle s’en était voulu de sa radinerie injustifiée.
C’est donc en espérant pouvoir se racheter qu’elle ouvrit la porte de sa maison. Elle déchanta bien vite.
« Vous ? Vous plaisantez ? Je croyais que vous aviez juré de me foutre la paix ?
-J’ai juré que mes hommes ne vous nuiraient plus en aucune façon, et qu’ils ne vous surveilleraient plus. Et, de fait, j’ai tenu cette promesse : ils ne le font plus.
-Mais vous, vous n’êtes pas un de vos hommes… !
-Chère Mme Eiznekcam, comme vous pouvez le constater, je ne suis pas en uniforme. Je ne suis pas de service, et ce n’est pas en temps que général ni commissaire de police que je viens vous voir, mais en temps que Halaser Coff, citoyen de l’Empire.
-Ah…
-Vous n’avez rien contre l’Empire au moins ?
-Vous savez très bien que si… Ce qui ne veut toujours pas dire que je soutiens l’autre camp dans cette guerre, notez.
-Toujours pas… Ne vous en faites pas, j’avais bien compris votre position.
-Bon.
-Puis-je entrer ? »
Lyona ne sut que répondre. Si tout cela était une manœuvre impériale quelconque, ça n’y ressemblait pas. Coff se présentait vraiment comme un civil s’adressant à son égal, et elle n’avait pas de raison de lui refuser le passage. Ou plutôt, elle en avait beaucoup. Mais aucune ne justifiait de manquer de respect à la courtoisie dont il faisait preuve à son égard.
« Allez-y, entrez.
-Merci, Madame. »
Coff pénétra dans le vestibule. Bien qu’en civil et donc légèrement relâché, on sentait clairement dans sa démarche le militaire de carrière, marchant au pas même lorsqu’il ne le voulait pas. Lyona l’invita poliment dans le séjour et le fit asseoir en face d’elle, exactement à l’emplacement où se trouvait Jinn quatre jours auparavant.
« Peut-être auriez-vous quelque chose à m’offrir à boire ?
-Est-ce un ordre ?
-Pas le moins du monde. Simplement… une demande. J’ai réellement soif. Mais je ne voudrais pas vous indisposer si cela pose problème. »
La quadrumane ne dit rien. Elle sortit vers la cuisine, puis revint quelques secondes plus tard avec un verre rempli d’eau. Coff ne fit pas de commentaire et le but d’une traite –il n’avait pas menti sur sa soif. Il reposa son verre comme Lyona s’asseyait en face de lui.
« Ma visite impromptue, particulièrement à une heure aussi tardive, vous paraît sans doute quelque peu incongrue.
-C’est-à-dire, je ne peux pas m’empêcher de me demander ce que vous foutez là, si je puis m’exprimer ainsi. Vous venez m’annoncer que l’empire a finalement pris la décision de me mettre en cage ? »
Coff soupira, avec une pointe de colère.
« Hhhhh… Cessez donc de me voir comme votre némésis, Mme Eiznekcam. C’est pour parler que je suis venu, ni plus ni moins. Et si vous ne voulez pas me parler comme à un ami –ce qui serait dans le cas présent tout à fait déplacé, acceptez au moins de bien vouloir me parler sans voir dans chacun de mes mots et chacune de mes actions une chose qui vise à vous nuire.
-Je veux bien. Mais ça risque d’être difficile. Les officiers impériaux ne sont pas connus pour leur franchise, lorsqu’ils s’adressent à des gens qui ne sont clairement pas des pro-impériaux. Spécialement lorsqu’il s’agit de non-humains. En outre, votre influence vous a presque changé en politicien, sur Koboc. Et c’est bien connu, les politiciens sont toujours très francs…
-Touché. Il est vrai que mes discours holovisés n’ont rien de très honnêtes : je m’aperçois bien malgré moi que je suis devenu expert en maniement de la langue de bois. Mais que voulez-vous, on doit toujours faire son devoir. Quant à la xénophobie de l’Empire, croyez-bien que je la regrette. Je ne la partage pas.
-Ce n’est pas ce qui ressort de vos interventions publiques. Ni des méthodes que vos hommes mettent en pratique.
-Tout est une histoire de compromis. J’essaie de faire en sorte que tout se passe pour le mieux avec les cartes que j’ai en main.
-En d’autres termes, vous cautionnez les exactions racistes parce que votre chef les soutient. »
Coff pencha la tête quelques secondes, puis se redressa.
« Dites-moi, franchement, que pensez-vous de l’Empire ?
-Je crois que vous êtes suffisamment intelligent pour le deviner. Pour commencer, je vous ai déjà dit que je ne comptais pas parmi les pro-impériaux.
-Ça, je l’avais compris la première fois sans que vous n’ayez besoin de me le répéter. Mais entre un je-m’en-foutiste et un rebelle, il y a une nuance.
-Donc, puisque je ne suis pas une rebelle, je suis une je-m’en-foutiste ?
-Ce n’est pas ce que je dis. Je dis qu’il y a non-impérialiste et non-impérialiste. Autant de façon de penser que de gens dans cette galaxie. Et je dis aussi que j’aimerais juste connaître VOTRE opinion. »
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Ven 01 Mar 2013 - 22:49, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Ven 01 Mar 2013 - 12:26   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

C'est bien mieux écrit et plus agréable à la lecture que ton post précédent. Là, ça coule tout seul sans accrocher la lecture. ;)
Mais qu'est-ce qu'il veut le Coff ? :perplexe:


"Mme." ne prend pas de point (contrairement à M. ou Mad. qui n'est plus usité). Tu as fait l'erreur aussi au post précédent, mais j'avais pensé à une coquille et je n'avais pas relevé. « les abréviations obtenues par retranchement médian ne prennent pas de point abréviatif » Jean-Pierre Lacroux, Orthotypo : Orthographe & Typographie françaises [archive], 2008, ISBN 978-2868501479.

Je ne suis pas de service => usuellement on dit plutôt : "je ne suis pas en service" (action en cours) alors que oui, on dit "je suis de service tel jour".

"Puis-je rentrer ?" / "Allez-y, rentrez " => comme il n'est jamais venu chez elle, "entrer" me paraîtrait plus juste

Mais aucune de justifiait => ne

marchant au pas => il est difficile de marcher au pas sans un référentiel : autres soldats pour marcher au même pas ou musique qui donne le pas. Mais tout seul... j'aurais plutôt mis "marcher martialement" ou qq chose comme ça.

quelque chose à m’offrir à boire => "quelque chose à boire à m'offrir" me paraît sonner mieux

"Ma visite, particulièrement à une heure aussi tardive, vous paraît sans doute quelque peu impromptue" => pas "impromptue" qui veut dire "sur-le-champ" ou "improvisée"... (encore que cette dernière définition...) mais je me demande si tu veux pas dire : incongrue ou déplacée ou inconvenante (encore que...) ... à cause de l'argument "heure tardive"
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Messagepar Kléber Valéra » Ven 01 Mar 2013 - 22:59   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Hiivsha a écrit:Jean-Pierre Lacroux, Orthotypo : Orthographe & Typographie françaises [archive], 2008, ISBN 978-2868501479

Whooo! C'est précis. Bon sinon, c'est effectivement "Mme". Mais en fait, c'est encore pire, parce que j'ai écrit systématiquement "Mr." pour les hommes, ça veut dire "Mister". Et même si aujourd'hui ça commence apparemment à être admis (peut-être parce que tout le monde fait l'erreur?), en fait c'est bien "M.".
Je change à partir de maintenant, mais pour le début je laisse tel quel si ça ne vous fait rien...

Hiivsha a écrit:Mais aucune de justifiait => ne

C'est parce que j'étais enrhumé quand j'ai écrit cette phrase.



*****************************************




XXXVII




« Et moi, la question que je me pose, c’est : pourquoi ?
-Ah… ça… Je pense que je n’ai pas encore la réponse. Mais je vous la fournirai dès que je saurai.
-C’est vague tout ça.
-Oui.
-Et vous, dites-moi d’abord ce que VOUS pensez de l’empire.
-L’Empire… »
Coff s’éclaircit la gorge.
« Si vous voulez vraiment savoir, je pense que l’Empire est arrivé à point nommé. Même sans évoquer les rebelles, certains –comme vous- semblent considérer que c’est un mauvais gouvernement, mais que c’est notre passivité qui l’a laissé s’installer. Une position compréhensible, quand on voit l’agressivité avec laquelle Palpatine a débuté son règne.
-Vous vous fourvoyez sur moi, Coff. J’aurais tendance à penser que c’était de l’efficacité, plutôt que de l’agressivité. C’est aujourd’hui qu’il me paraît des plus… agressifs !
-Peut-être… Toujours est-il que je ne considère pas le peuple qui aujourd’hui se plaint comme « passif ». Il ne l’a pas élu, mais il a soutenu activement son accession au pouvoir. Et à une époque où il n’y avait pas vraiment de propagande –hormis peut-être la propagande de guerre évidemment. Je dis ceci : quand Palpatine est arrivé sur le trône, c’est parce qu’il était devenu nécessaire. Point.
-Et aujourd’hui, vous le croyez toujours nécessaire ? Quand vous voyez les camps de concentration pour wookies –pour ne citer que les plus… connus ; quand vous voyez la répression abusive sur certaines planètes, la punition ultime par la destruction d’une planète, avec les milliards de « dommages collatéraux » que cela comporte ; la xénophobie que vous ne semblez pas revendiquer mais que vous ne pouvez nier. Et la liste n’est pas exhaustive ! Vous croyez toujours Palpy nécessaire ?
-C’est vrai… J’en viens parfois à regretter mon engagement. Nous avons peut-être troqué un mal pour un autre. Mais il vous manque des éléments pour pouvoir juger pleinement…
-De quoi parlez-vous ?
-Vous serez d’accord avec moi pour dire qu’actuellement, la seule alternative viable à notre empereur serait de laisser la Rébellion gagner, et installer son propre gouvernement.
-Oui. Encore que la solution me semble douteuse : les révoltes de ce genre se sont souvent soldées par des régimes encore plus dangereux ; des républiques bananières par exemple.
-Dans le cas de ces rebelles-ci, détrompez-vous. Mais encore une fois, cela dépend de votre point de vue, auquel il manque certaines données.
-Ah… »
Coff réfléchit. Avait-il l’autorisation de révéler pareil secret ? Evidemment non. Même dans toute l’armée impériale, seuls quelques officiers triés sur le volet avaient eu accès à l’information. Donc, parler de ça était catégoriquement interdit. Le ferait-il quand même ?
« Ce que je vais vous dire est strictement confidentiel, hormis pour quelques très rares officiers et pour les rebelles eux-mêmes, évidemment. Aussi, je vous conseille de ne jamais parler de cela à qui que ce soit, sans quoi vous vous mettriez en danger, ainsi que la personne à qui vous révéleriez ces informations. »
Et vous aussi… pensa la Kobocoise.
« Bien que nous l’appelons la Rébellion et qu’elle-même se nomme le plus souvent « Alliance rebelle », le véritable nom de cette organisation clandestine est « Alliance pour la Restauration de la République ».
-Je ne le savais pas, effectivement. Ceci dit je ne vois pas en quoi c’est confidentiel. Après tout, n’avons-nous pas convenus il y a cinq minutes que si un tel groupe gagnait la guerre, sa première action serait de mettre en place une république ?
-Attendez, je n’ai pas fini. Les fondateurs et actuels leaders de cette alliance sont d’anciens sénateurs républicains.
-Des politiciens qui osent se mouiller ? Ben… Ce serait plutôt étonnant. Mais je ne vois pas en quoi cela est particulièrement exceptionnel pour un homme de pouvoir de vouloir retrouver celui qu’il a perdu.
-J’ai fait des recherches, que croyez-vous ? Avant l’Empire et leur accusation de trahison, ceux-là étaient plutôt considérés comme des idéalistes. Des véritables, pas de ceux qui n’en ont que l’apparence. »
Lyona recula dans son fauteuil, sincèrement étonnée.
« Vous croyez que ce sont des idéalistes ? Les derniers qui restaient dans une république corrompue jusqu’à la moelle ?
-J’en suis même certain.
-En ce cas, excusez du peu, mais je ne comprends pas pourquoi vous restez du côté de Palpatine. Parce que depuis tout à l’heure, plus vous parlez et plus j’ai l’impression que vous vous êtes trompé de camp, général.
-Ça m’arrive de le penser, en effet. Cela répond-il à votre question de tout à l’heure ?
-Moui, je crois.
-Ceci dit, la plupart du temps, je reste convaincu d’avoir fait le bon choix.
-Par orgueil ?
-Non. Réfléchissez. Supposons que ces sénateurs idéalistes renversent l’empereur, ils mettront en place une république du type de celle qui existait avant lui. Ce gouvernement n’aura rien –a priori- d’une république bananière.
-S’ils sont réellement aussi « bons » que vous semblez les voir, c’est probable. J’irai même jusqu’à dire que de telles personnes pourraient reconstruire la défunte république d’une manière encore meilleure que la précédente, sans les défauts qui ont causé sa perte.
-Bien, jusqu’ici je vois que nous sommes d’accord. Mais que se passerait-il ensuite ? Une république fondée par des idéalistes peut le rester quelques temps. Mais elle n’est pas assez forte –surtout pas une comme celle d’il y a vingt ans- pour résister aux assauts des arrivistes ou même de la stupidité du peuple, qui peut être tout aussi problématique. Les idéalistes ne peuvent pas gagner. Ou trop rarement.
-En somme, ce que vous me dites, c’est qu’il est utopique d’être idéaliste dans un monde pourri à la base ?
-Je n’aurais pas pu mieux résumer ma pensée. »
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Lun 04 Mar 2013 - 19:57, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Ven 01 Mar 2013 - 23:25   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Lu. Pas grand chose à dire. Ça se lit toujours bien, sans accroc.
Dialogue intéressant pour cerner Coff.

"J’en viens parfois à regretter mon engagement. Nous avons peut-être troqué un mal pour un autre" : hé hé, voilà qui est bien subversif de la part d'un colonel de l'Empire ! :paf:

dans un république corrompue => une

Ceci-dit => ceci dit
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Messagepar Kléber Valéra » Dim 03 Mar 2013 - 0:48   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Désolé Hiivsha, pas le temps de corriger le passage précédent. Je le ferai demain.



XXXVIII



« Et bien, c’est assez pessimiste comme façon de voir les choses.
-Non, c’est lucide au contraire.
-Mais ne croyez-vous pas qu’on a tous besoin d’être un peu… utopiste ? Que c’est en tentant d’atteindre un idéal qu’on parvient au moins à le toucher du doigt ?
-A quoi bon. La réalité nous rappelle toujours à elle.
-Vous êtes bien triste, pour un général droit dans ses bottes, dont chaque intervention holovisée laisse entendre que jamais il ne doute de quoi que ce soit, et qui sait toujours là où il va.
-Peut-être suis-je plus complexe que je n’y parais : mon image publique n’est pas mon image privée.
-Je comprends. Mais si vous cherchez un psy, je ne suis probablement pas la mieux placée pour jouer ce rôle.
-Je ne cherchais rien de plus que de parler d’un sujet qui me rend perplexe.
-Je le vois bien. Finalement, vous ne saviez rien de moi il y a peu, mais j’étais un peu la personne que vous attendiez. En fait, je me dis de plus en plus que ce M. Skywalker doit avoir quelque chose de providentiel, pour vous. Vu qu’il vous a mené à moi.
-Il y a de ça, peut-être. Maintenant, dites-moi ce que vous pensez de l’Empire.
-C’est légitime, vous avez parlé, je parlerez : donnant donnant. »
Lyona se releva brusquement. Le général crut un instant qu’elle avait menti et qu’elle ne se confierait pas comme lui l’avait fait. Mais la raison de ce geste soudain lui apparut bien vite :
« Avant cela, vous voulez boire quelque chose ? Brandy, whisky, t’ssolok ?
-Un whisky, pourquoi pas. »
Lyona revint quelques secondes plus tard avec un nouveau verre. Mais il était cette fois rempli d’un vieux whisky délicieux. Elle lui tendit, et posa sur la table du living le second verre qu’elle tenait, pour elle, lui aussi rempli de whisky.
« L’empire galactique. C’est une vaste question.
-N’est-ce pas.
-Koboc a été relativement protégée de son engeance, en tout cas jusqu’à il y a quatre ans. Mais ça, vous le savez. Je dois dire que je reconnais l’utilité qu’il a eu sur le reste de la galaxie dans la résolution de nombreux conflits séculaires entre peuples. Même si je ne reconnais pas les méthodes extrêmes, je dois bien admetttre qu’il a su faire le bien de son peuple, au début. Et même si ici, il est arrivé avec du retard, je lui suis reconnaissante d’avoir mis fin aux émeutes dantesques d’il y a quatre ans. Mais je considère que le prix à payer pour avoir la paix était bien trop fort. Je parle du prix que j’ai personnellement payé. »
La voix de la femme était extrêmement dure. On sentait clairement la difficulté de parler, comme si la résignation ne parvenait pas à panser la blessure. Coff tendit la main vers une holo-image posée sur le meuble à sa droite. Il prit le portrait tridimensionnel et le regarda longuement. Le Kobocois qu’il représentait était très âgé, par rapport à Lyona, et arborait une moustache impressionnante.
« C’était lui ?
-Oui.
-Toutes mes condoléances. Et toutes mes excuses, répéta-t-il avec à nouveau de l’empathie. »
Mais cette fois, Lyona y fut plus réceptive.
« C’est moi qui m’excuse de m’être mise en colère l’autre jour. Je n’aurais pas dû. Le responsable direct est l’empire lui-même, ou l’empereur, pas le simple maillon que vous êtes. Ou alors ce serait un autre maillon. En l’occurrence le général Rohmer, plutôt que vous.
-Oui. Je crois que c’est un personnage d’un genre un peu particulier. Il ne fait aucun doute que lui soutient toutes les thèses impériales sans avoir besoin de se forcer. En tout cas si j’en juge par ce que l’on m’a dit de lui.
-Quand notre gouvernement à fait appel à Coruscant, c’est un homme comme vous qu’ils auraient dû envoyer. Un homme capable d’agir, mais qui ne soit pas une ordure finie.
-Je suis flatté. Je suppose…
-Il n’a pas mis longtemps à rétablir l’ordre. La puissance de feu qu’il a déchaînée contre les révoltés en a calmé plus d’un. En soit, ça n’est pas un mal. Même si ce sont des méthodes radicales, je ne peux m’empêcher de penser que les émeutes auraient causé bien plus de morts si elles avaient continué.
-Mais ?
-Il n’y a pas de « mais ». C’est seulement après cela que ça a dégénéré. »
Lyona regarda dans ses mains. Il n’y avait rien à voir. Elle but une gorgée de whisky, Coff la suivit.
« Bien sûr, vous n’étiez pas encore là, vous n’avez pas pu savoir. Du moins vous n’avez pas vécu la suite comme nous l’avons vécue. Pour finir le travail avec les émeutiers, Rohmer a demandé aux Kobocois de l’aider, de rejoindre les rangs impériaux pour combler le déficit numérique de son contingent de soldats. Pas en temps que soldat évidemment –déjà que l’armée impériale est misogyne, alors elle saurait encore moins accepter un non-humain chez les stormtroopers ! Il proposait aux Kobocois de former une sorte de milice légalement constituée, un soutien, une sorte de police de circonstance ayant un statut officieux dans son armée de système. Mon mari ne supportait plus la situation de notre planète. Il s’est donc porté volontaire.
-Il n’y a rien de déshonorant à faire partie de l’armée impériale, même si c’est à titre officieux.
-Je ne parle pas de déshonneur. Mais vous savez ce qui s’est passé ensuite… Rohmer a installé son gouvernement pro-impérial, et a renforcé le pouvoir de la police qui était son armée –la vôtre à présent. Seulement, contrairement à ce qu’il avait promis, le petit groupe de Kobocois n’a pas été dissout. Le contingent enrôlé de manière exceptionnelle a été envoyé combattre les rebelles sur Muunilinst. Envoyé de force.
-Je croyais que le contingent en question s’était porté volontaire pour continuer à servir l’Empire, en remerciement de ses services ?
-Ma foi… C’est peut-être ce que vous a dit Rohmer quand il vous a passé le bâton. C’est peut-être aussi ce qu’il a écrit dans ses rapports à ses supérieurs, mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Le groupe aurait dû être démantelé après cessation des émeutes et formation du nouveau gouvernement mixte kobocois-impérial. Ces soldats de fortune auraient dû pouvoir rentrer à la maison. Résultat, ils se sont tous faits massacrés sur Muunilinst, alors qu’ils ne s’étaient jamais vraiment engagés. Et sachez que ce n’est pas aux rebelles que je peux reprocher cela.
-Mais, c’est la guerre. Ce genre de choses est nécessaire.
-Ce genre de choses ?
-L’enrôlement forcé, le fait de devoir prendre les armes pour défendre sa patrie. Et vous reconnaissez bien que l’empire qui vous a sauvé de l’autodestruction EST votre patrie.
-Mais quand on est enrôlé de force, on le sait. On ne vient pas nous promettre dans un premier temps que l’enrôlement sera temporaire, pour ensuite nous envoyer mourir au champ d’honneur. Et puis, notez que les humains, eux, ne sont pas des conscrits. Cela pose moins de problème de faire des conscrits quand il s’agit d’une milice entièrement composée de non-humains. D’exotiques, comme nous appellent certains de vos collègues… »
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Messagepar Hiivsha » Dim 03 Mar 2013 - 14:14   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Lu.
Un long dialogue intéressant... une scène de pièce de théâtre en quelque sorte ;)
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Messagepar Kléber Valéra » Dim 03 Mar 2013 - 22:20   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

XXXIX





« Ne croyez pas que je veuille vous vexer, et je ne saurais atténuer votre souffrance ; mais pour le côté xénophobe, cela n’a rien à voir. Ça n’est pas lié. Je connais personnellement des chirurgiens humains qui sont des conscrits dans la marine impériale…
-Oui, bien sûr… Savez-vous ce qui s’est vraiment passé sur Muunilinst ?
-Au vue de l’authenticité des rapports de Rohmer, je dirais : non.
-C’était une bataille terrestre. Les troupes impériales n’étaient pas prêtes et manquaient de munitions. Mais apparemment, l’adversaire était plutôt mal fourni, lui aussi. Rohmer a envoyé les Kobocois en première ligne, sans arme ni protection, dans le seul but d’épuiser les cartouches énergétiques de l’ennemi. Il en a fait des boucliers vivants. »
Un silence mortel se fit. Puis…
« Vous allez peut-être me dire que la guerre, c’est la guerre ? Que cela arrive ?
-Je vais vous dire que les gens comme Rohmer arrivent. Et que l’Empire dans son ensemble ne peut être tenu pour responsable de sa conduite honteuse.
-Mais c’est l’empire qui a laissé un homme comme lui accéder à de si hautes responsabilités !
-Une telle erreur ne me semble pas être l’apanage des régimes impériaux… Une république peut tout aussi efficacement commettre cette erreur.
-Je n’en suis pas vraiment sûre. En tout cas je vois mal une république progressiste valoriser un infâme comme l’a fait l’empire. Mais même en l’admettant, je n’ai jamais prétendu que j’étais républicaine non plus…
-Alors quoi ?
-Alors, rien. Je pleure chaque jour la mort affreuse de mon époux, parce que je ne peux pas m’en empêcher. Je ne peux vivre comme autrefois, ne pas penser à la mort. Et accueillir le temps d’une soirée un parfait étranger est un des seuls moyens que j’ai pu trouver pour tenter d’oublier un peu. Mais foncièrement, je ne hais ni n’adule ni empire, ni rébellion, ni république, ni quelque régime que ce soit. Ma réponse vous convient-elle ?
-Pour l’instant, oui. Mais cette conversation n’est pas terminée, en tout cas si vous acceptez de me recevoir à nouveau.
-Ce sera avec plaisir, mon général. »
Coff finit son verre, plus par décence : il n’allait pas gâcher un si bon whisky. Il salua son hôtesse et repartit dans la nuit. Lyona le regarda s’éloigner, longtemps, ne pensant plus à rien du tout.
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Messagepar Hiivsha » Lun 04 Mar 2013 - 14:26   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Fin de la première conversation donc... on a un peu oublié Jinn... mais peut-être ce qu'on a appris sur les deux se révèlera-t-il important un peu plus tard dans :wink: l'histoire ?

Rien à relever sur la forme... on sent que tu étais à l'aise dans ce morceau. :)
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Messagepar Kléber Valéra » Lun 04 Mar 2013 - 20:00   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Effectivement, j’en oublie un peu Jinn. C’est un peu l’inconvénient de ce format découpée : les scènes longues finissent par s’éterniser et par éloigner de l’esprit les autres personnages. Mais bon… Je n’allais pas ciseler ce dialogue non plus en venant mettre des scènes de Jinn entre…





*******************************************




XL




Jinn se releva lentement de sa couchette. Quelque chose le tracassait, mais il n’aurait su dire quoi. Peut-être était-ce thé bizarre qu’il avait goûté un peu plus tôt dans la soirée ? Il fit le tour de son compartiment. C’était la troisième classe, pas forcément très propre ni joli donc, mais les passagers avaient pas mal d’espace. Il nota une chose étrange : les passagers avaient l’air différents de ceux de la veille. Un peu… flous.
Une voix métallique résonna, indiquant qu’il était arrivé à destination. Curieux, il n’avait pas senti le vaisseau se poser. Et à en juger par les quelques passagers qui dormaient encore sur leur couchette, il n’était pas le seul.
Quand il débarqua sur la planète, il remarqua une chose des plus étranges. Il ne se trouvait pas sur Malastare, mais sur Cato Neimoidia. L’architecture, le paysage, aucun doute à avoir. Il parcourut les terminaux de l’astroport sans rencontrer âme qui vive. Curieusement, il ne semblait pas y avoir de sécurité non plus : les bâtiments étaient vraiment vides. En sortant du hall d’entrée, il vit une chose à laquelle il ne s’attendait pas, pour avoir déjà emprunté la sortie de ce même astroport il n’y avait pas si longtemps. Juste en face, là où aurait dû se trouver la grande esplanade de la grâce, derrière laquelle il y avait encore un parking pour speeders ; il y avait à présent un immense bâtiment. Une tour de plusieurs centaines de mètres de haut, qu’il lui semblait avoir déjà vu quelque part.
Son esprit fit le lien : c’était la Tour Arkeo, la tour où il se rendait avec son politicien lorsque sa mémoire avait cessé de fonctionner. Elle était bien d’ici, de Cato Neimoidia. Mais elle n’aurait pas dû se trouver face à la sortie de l’astroport général.
Alors qu’il regardait de loin les marches du perron qui étaient l’un de ses derniers souvenirs, des cris commencèrent à se faire entendre. Il se retourna : des gens affolés, hurlant, sortaient en trombe des grandes portes du spatioport. Ils criaient comme des damnés, fuyaient quelque chose, mais quoi ? La majorité était des neimoidiens, et quelques touristes d’autres espèces. Dans la panique, une femme humaine ne fit pas attention et se jeta sur lui, les renversant tous les deux.
Ses yeux… Ils étaient exorbités. Elle avait l’air d’une démente. Mais curieusement, malgré son affolement, son regard perçant plongea dans celui de Jinn, et il avait presque l’impression qu’elle le sondait de l’intérieur. Et puis c’est sa peur panique de… quoi ?… qui reprit le dessus. Elle se releva prestement et sans un regard de plus pour Jinn, reprit sa fuite effrénée. Jinn se releva à son tour et marcha calmement en direction de l’astroport. Il n’était pas de nature curieuse, mais il ne céderait pas à la panique en suivant le troupeau.
Plus personne ne sortait du bâtiment qui devait s’être totalement vidé à présent. Jinn continua vers les grandes portes qu’il avait franchies un peu plus tôt. Mais un nouvel élément vint troubler ses intentions : derrière lui, le silence qu’il entendait après le passage des derniers fuyards était remplacé par une sorte de petit gémissement. Il se retourna, pour constater qu’il y avait un neimoidien blessé, assis sur une des marches de la Tour Arkeo. L’homme se tenait visiblement la jambe et avait l’air de souffrir, aussi décida-t-il que ce dernier devenait sa priorité.
Il s’approcha de lui. Et là encore, il eut une curieuse impression de déjà vu. Puis un nouvel éclair de lucidité survint : c’était Tyme Haako, le politicien dont il avait eu la charge. Il saignait à la tête et à la jambe. La première blessure était très superficielle, mais la seconde coulait abondamment, en dépit de ses efforts pour stopper l’épanchement avec ses deux mains plaquées dessus. S’était-il fait cela dans sa fuite ? Peut-être. Jinn creuserait la question quand le bonhomme serait en sécurité. Il s’approcha un peu plus, dans le but de l’aider.
« Laissez-moi faire. Je sais quoi faire, lui dit-il. »
Mais les mots semblaient résonner dans le vide.
Oubliant qu’il n’avait plus la Force, il voulut poser ses mains sur la blessure dans le but de la réduire grâce à Elle. Au moins suffisamment pour éviter qu’il ne se vide complètement de son sang, et pouvoir le transporter pour permettre à un médecin de prendre le relais. Le neimoidien, reconnaissant peut-être son protecteur, ôta ses mains pour le laisser faire. Mais au moment où celles de Jinn touchèrent la cuisse de l’homme politique, ce dernier disparut d’un coup, laissant derrière lui un nuage de fumées reprenant les mêmes couleurs que sa « version solide ».
Etonné, puis paniqué, Jinn plongea les mains dans cet incompréhensible brouillard pour tenter d’attraper l'alien. Mais le politicien s’était bel et bien envolé, comme par magie.
Puis un cri aigu, très aigu. Et un rire, un rire éclatant, effrayant.
Enfin, une douleur atroce en plein milieu du dos.
« AAAaaaa…

…aaahhhh !! hurla le jedi, réveillé en sursaut par la douleur. »
Il regarda autour de lui. Il n’était pas du tout sur la planète neimoidienne, mais toujours sur le long-courrier qui devait l’emmener sur Malastare. Les autres passagers, tous déjà levés dans sa section, le fixaient avec de grands yeux. La femme la plus proche lui fit : « un cauchemar ? » Jinn hocha la tête. « Ça arrive » répondit-elle simplement.
Quelques minutes plus tard, Jinn était debout et en pleine forme, et il avait presque oublié son rêve intrigant. La voie métallique résonna, annonçant que le vaisseau se posait dans quelques minutes. Et par chance, ce n’était pas sur Cato Neimoidia mais bien sur Malastare.
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Jeu 07 Mar 2013 - 0:09, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Lun 04 Mar 2013 - 21:50   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Lu. Tu distilles tout ça au compte-gouttes, hein ? :paf:
Plus qu'à attendre la suite mercredi.

était ce => était-ce

il n’y a pas si longtemps => avait

Par contre, je mettrais pas "sa proie" en parlant de l'homme qu'il pensait essayer de sauver. :wink:
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Messagepar Kléber Valéra » Jeu 07 Mar 2013 - 0:14   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

XLI



Contrairement à la version rêvée de l’astroport général de Cato Neimoidia, celui de Pixelito –la ville-lumière- était bourré de monde. Et c’est à grand-peine et avec quelques coups de coude occasionnels que Jinn put enfin s’extraire de la foule, et finalement du spatioport lui-même. Au passage, il croisa nombre de stormtroopers faisant office de gardes de sécurité, et une quantité non négligeable de portails de contrôles. Fort heureusement, il n’avait rien à se reprocher, ou du moins n’était-ce pas visible. Ceci dit, il nota que les contrôles en question étaient drastiques et que les impériaux ne rigolaient pas avec la sécurité. Possible que la guerre avec les rebelles ne les aient rendus bien plus méfiants qu’avant. Ou alors, ils avaient toujours été ainsi… Difficile de savoir pour un étranger comme Jinn.
En tout cas, il constata qu’une fois encore, son pass fonctionnait parfaitement, ce qui le réjouit quelque peu. Restait maintenant à retrouver son « ami ».
Son nom lui échappait toujours –amnésie, quand tu nous tiens…- mais il se souvenait à peu près du quartier où il aurait dû habiter. Et par chance, ça n’était pas très loin de l’astroport, il pouvait s’y rendre à pied. Le cas échéant, il lui aurait fallu prendre un taxi –Pixelito était une si grande ville- et l’argent qui lui restait ne s’en épuiserait que plus vite.

Alors qu’il suivait Skywalker dans les rues de l’agglomération gran, Kints jeta un œil discret à sa mini-tablette, qui en plus de servir de télécommande pour scarabée-espion, pouvait aussi faire datapad. Pendant le saut en hyperespace, il avait envoyé à ses contacts une série de questions concernant la base secrète. Et les-dits contacts avaient eu tout le temps de son voyage en vaisseau spatial pour chercher à y répondre. Il avait reçu des données dès lors qu’il avait quitté l’hyperespace, et il pouvait à présent les consulter.
Et ce qu’il lisait le laissait perplexe. Car en trois jours à étudier le complexe souterrain de fond en comble, aucun de ses hommes sur Koboc n’avait découvert quoi que ce soit de significatif sur cet endroit. Mais comme l’indiquait le rédacteur du document : « nous poursuivons donc nos recherches ». Tout espoir n’était pas perdu.
C’était quand même plutôt mal parti.

Ça devrait être dans ce coin-là, songea Jinn alors qu’il pensait être arrivé à destination.
Pourtant, il ne reconnaissait pas tout à fait les maisons. Elles paraissaient correspondre à peu près à ses souvenirs, mais ça n’était pas exactement pareil. Se rendant compte que le quartier avait évolué de manière différente pendant près de vingt ans, il était aisé de comprendre l’origine de ces différences constatées. De mémoire, il suffisait à présent de tourner à l’angle de la rue et… La rue était cette fois complètement différente. Et les bâtiments étaient vraiment très anciens, probablement là depuis plus de vingt ans. Se pouvait-il que dans son univers « positif », les bâtiments de la même rue aient été tous démolis puis reconstruits ? Non, les siens aussi, ceux qu’il connaissait, qu’il visualisait, étaient très anciens. Mais ils n’avaient décidément rien à voir avec ceux qu’il avait sous les yeux. Là, c’était de plus en plus bizarre.
Sans grande conviction, il s’approcha de la porte d’un petit pavillon, totalement différent de celui qu’il connaissait, mais visiblement au même endroit que celui de son ami. Il lut l’écriteau affiché sur la porte : « Yuli Traoan ».
Ce fut comme un déclic. Ce nom n’était pas celui qu’il cherchait. Mais il lui rappela celui de son ami dans l’instant.
Il sonna, on ouvrit.
« [Oui ? Que puis-je faire pour vous ?] »
C’était un gran mâle de taille impressionnante. Il ne parlait que son langage natal –ce qui fort heureusement, ne posait pas de problème à un jedi polyglotte.
« Bonjour Monsieur. Voilà, c’est un peu compliqué à expliquer, mais il faut que je vous parle. De choses importantes. Puis-je entrer ? »
Le gran, jusqu’à présent courtois et aimable dans le ton, se braqua d’un coup.
« [Non ! Vous rigolez ? Je ne sais même pas qui vous êtes !]
-Oui, vous avez raison. Excusez mon impolitesse, je comprend tout à fait. Dans l’ordre, donc. Je m’appelle Jinn (ce nom, tout le monde l’a oublié de toute façon, non ?) Skywalker. Je recherche un homme qui s’appelle Nourta Lyia. Quelqu’un qui aurait habité ici, il y a vingt ans.
-[Nourta Lyia ? Drôle de nom. Jamais entendu parler. Et vous dites qu’il aurait habité ici il y a vingt ans ?]
-Et peut-être jusqu’à plus récemment. Mais je suis presque certain qu’il vivait là il y a vingt ans.
-[Ben, ça m’étonnerait. Parce que ça doit bien faire vingt ans que moi je vis là. Et l’ancien proprio s’appelait Deirc. Pas Nourta je-sais-pas-quoi.]
-Après… Je ne reconnais pas les maisons du quartier. Peut-être que ce n’était pas là exactement. Mais c’était dans le coin, ça c’est sûr.
-[Je veux pas vous décevoir, l’ami, mais je connais très bien tous les gens qui vivent dans ce quartier. Y’en a pas un seul parmi ceux-là qui s’appelle… Nourta. A part peut-être le vieux con. Lui, j’ai jamais su comment il s’appelait. Mais les autres, c’est sûr, aucun d’eux ne s’appelle comme ça.]
-Et cet ancien ?
-[Un vieux dug, un vieux bougon…]
-Un dug ?
-[Oui.]
-Non, non, mais mon ami était un gran.
-[Alors non, je ne vois pas. Ni parmi les actuels résidents, ni parmi tous ceux que j’ai vu défiler depuis le temps. Désolé.]
-Bon… Tant pis, merci quand même.
-[Quoi, c’est tout ?]
-Comment ça : « c’est tout » ?
-[Je croyais que vous vouliez me dire un truc compliqué, ou je sais pas quoi.]
-Bah, du coup, non. Plus vraiment.
-[Ah…] »
Devant la mine dépitée de l’humain, le gran renchérit.
« [Sinon, vous pouvez toujours demander aux autres, ça ne mange pas de pain. Mais hormis la vieille Isner, je suis le plus vieux dans le quartier. Alors, si elle, ne sait pas, y’a plus grand chose à faire pour vous.]
-Et où puis-je trouver cette Madame Isner ? »
Sans un mot, le grand gran pointa du doigt une des maisons d’en face, une vieille bicoque aux murs littéralement rongés par les ans.
« Merci.
-[Pas de quoi.] »
Le gran le laissa planté là. Jinn suivit donc son conseil, espérant trouver auprès de cette chère Madame Isner quelques informations sur le gran disparu.





XLII



Il sonna à la porte qui indiquait « Mattra Isner ». Et cette fois, le temps de réponse fut beaucoup plus long.
« Ah, c’est toi Tortus, lui fit la vieille gran dans un basic sans accent mais difficilement intelligible. Allez, viens, rentre. Je t’ai préparé ton chocolat chaud.
-Vous vous méprenez, Madame. Je ne suis pas ce Tortus, je suis… »
Mais la vieillarde n’en avait que faire. Elle avait déjà fait demi-tour, laissant la porte ouverte derrière elle pour que Jinn puisse rentrer.
La seule solution convenable était de rentrer pour dissiper le quiproquo, plutôt que de repartir en fermant la porte, et en laissant la vieille dame se morfondre dans l’attente. Il entra.
Arrivé dans le salon, la femme était debout, lui indiquant un fauteuil qui semblait bien moelleux.
« Assieds-toi mon petit, je reviens. »
Plus les espèces étaient éloignées des humains, et moins Jinn était physionomiste. Pour les gran, il aurait eu du mal à les distinguer facilement les uns des autres. Pourtant, les rides de cette gran-ci étaient très profondes, très marquées, et il n’aurait eu aucun mal à la reconnaître par rapport à n’importe quel autre gran. Quel âge pouvait-elle avoir ? Difficile à estimer, mais elle n’était vraiment plus de première jeunesse.
Encore une fois, la vieille lui échappa en se rendant dans ce qui devait être une kitchenette. Comme proposé, Jinn s’assit pour patienter.
En revenant, elle déposa devant lui une grande tasse remplie de chocolat chaud.
« Alors, mon p’tit Tortus, tu n’as pas une histoire à raconter à ta vieille mamie ? »
Sa… mamie ? Cette femme le prenait-il pour son petit-fils, donc pour un gran ? Alors en plus d’avoir perdu la boule, elle était visiblement complètement aveugle.
« En fait, je…
-Rien à me raconter donc. C’est pas grave. Bois ton chocolat avant qu’il ne refroidisse. Moi, je vais te raconter une histoire, une de celle que tu aimes tant. Il y a bien longtemps… »
Jinn la laissa parler, sans l’interrompre. De toute façon, pour ce que ça servirait… Il but son chocolat sans broncher, appréciant le réconfort du breuvage. Vers ce qu’il supposait être le milieu des mésaventures de la vieille –du moins espérait-il- il se fit la réflexion que le véritable Tortus devait être bien à plaindre, pour supporter régulièrement les histoires d’une pareille grand-mère. A moins qu’il ne fut masochiste…
« …Et donc, les quatre géants repartirent ; et le petit pantin ne fut plus jamais seul. Fin.
-Merveilleux, c’était une très belle histoire.
-C’était une belle histoire, hein ?
-Euh… oui. »

Bon dieu, mais qu’est-ce qu’ils foutent ? pesta Kints, agenouillé près d’une flaque d’eau, le doigt posé sur son oreillette.
Il avait entendu toute la conversation avec le grand gran, mais pour la vieille, il avait été pris de court. Sa micro-caméra espion n’avait pas pu filer le jedi à l’intérieur de la maison, et il n’avait pas trouvé d’autre passage à lui faire emprunter, une fois la porte refermée, pour pouvoir rentrer. Le petit appareil était donc collé à une fenêtre, essayant de capter les sons. Mais malgré l’amplification au maximum, la conversation (ou plutôt le monologue de la femme) était coupé et manquait de clarté.
Un « bip » très léger se fit entendre. Il tira sa tablette de sa poche et le consulta. Apparemment, certaines des recherches effectuées avaient abouti. Il avait de plus amples informations sur le dénommé Nourta Lyia. Et ces informations étaient que le gran en question n’avait jamais existé ! Aucun gran, d’où que ce soit sur Malastare où d’ailleurs, n’avait porté ce nom les cent dernières années. Et les bases de données impériales confidentielles auxquelles il avait accès n’auraient su se tromper.
De deux choses l’une : soit Nourta Lyia était un surnom, un pseudonyme inconnu du système ; ou un nom d’emprunt pour désigner un être aussi éloigné de la société que l’était ce curieux Jinn Skywalker. Un rebelle, par exemple. Soit sa cible était à la recherche d’un homme qui n’existait tout simplement pas.
La seconde solution était la plus susceptible d’être vraie. Car si Nourta Lyia était un surnom entre le gran et l’humain, ce dernier s’en serait-il servi, plutôt que son véritable patronyme, pour le retrouver en questionnant des inconnus ?
Ou encore, autre possibilité, on pouvait imaginer que Jinn connaissait bien moins ce gran que ce que lui-même imaginait, et qu’il ignorait son véritable prénom sans même savoir que celui de « Nourta » était un faux.





XLIII



« Ecoutez, je ne voudrais pas vous paraître désobligeant, mais je suis forcé de constater que depuis tout à l’heure, vous me prenez pour quelqu’un d’autre.
-Ah ? Vous n’êtes pas Tortus alors ?
-Malheureusement, non. Je ne suis pas Tortus.
-Boh… C’est pas grave, vous êtes gentil quand même, je trouve. Et puis, vous écoutez une vieille dame comme moi. Le respect des anciens… C’est le signe que vous avez été bien éduqué. Vous êtes un bon petit gran, c’est bien.
-Hum… Merci… je suppose. En fait, j’ai une question à vous poser.
-Vous voulez entendre une autre histoire ?
-Non, merci. »
La grand-mère fit la moue. Jinn s’empressa d’ajouter :
« Mais vos histoires sont passionnantes ! Je pourrais passer la nuit à vous écouter, je vous assure. Simplement, je suis assez pressé. »
Une phrase d’un ancien de ses maîtres revint à Jinn : « il y a des mensonges utiles ». Une leçon peut-être un peu étrange, de la part d’un jedi…
« Bon. Et vous voulez savoir quoi ?
-On m’a dit que vous habitiez dans le quartier depuis très longtemps, c’est vrai ?
-Oh, oui… J’y ai toujours vécu même ! Depuis que je suis toute petite. Mes parents sont venus s’installer là quand ils étaient un jeune couple. A l’époque, mon père tenait une petite épicerie du côté de Sahhaï. Et puis, le magasin a brûlé, il avait tout perdu. Mais mon père n’était pas du genre à se laisser abattre. Il est venu vivre dans le quar…
-Je suis désolé de vous interrompre mais…
-Ah, oui oui, pardon, vous êtes pressé. Dites-moi tout.
-Hum… Donc, vous avez toujours vécu là, si je comprends bien.
-Oh, oui… Depuis que je suis toute petite. Mes parents sont venus s’installer là quand ils étaient…
-Très bien. Ma question est : connaissez-vous, ou avez-vous connu un gran du nom de Nourta Lyia ?
-Comment dites-vous ?
-Nourta : N-O-U-R-T-A ; Lyia : L-Y-I-A.
-Non, ça ne me dit rien du tout.
-Rien, rien ?
-Absolument rien. »
Jinn souffla de dépit.
« Bon.
-Mais vous savez, je suis une vieille femme, et je commence parfois à perdre la mémoire… Vous devriez allez voir mon voisin d’en face. Lui aussi habite le quartier depuis longtemps. Comme moi d’ailleurs. J’y ai toujours vécu, vous savez ? Depuis que je suis toute petite. Mes parents sont venus s’installer quand ils étaient un jeune…
-Votre voisin, ce ne serait pas M. Traoan ?
-Si, c’est tout à fait ça ! »
Bien que l’envie fut grande, Jinn se retint de soupirer une seconde fois.
« Bon. Très bien. Merci beaucoup, Madame. Je n’abuserais pas plus de votre temps, ni de votre hospitalité. Merci pour le chocolat, et… prenez soin de vous.
-Merci Tortus. Toi aussi, prends soin de toi. »
La grand-mère s’enfonça encore plus, si c’était possible, dans la mollesse de son fauteuil. Elle se mit à marmonner dans sa barbe, ce que Jinn prit pour le signe qu’il était temps de plier bagages.





XLIV



Quelle possibilité lui restait-il ? se questionna Jinn devant la porte de mamie Isner, sur le trottoir. Le seul ami qu’il pensait encore avoir dans cet autre univers semblait n’avoir jamais existé. Ou peut-être n’était-il pas aussi casanier qu’il l’avait imaginé. Mais en ce cas, il n’avait aucun moyen de le retrouver dans une galaxie aussi vaste.
Il songea à son appel de tantôt aux services de renseignements de Malastare. Il pouvait toujours retenter sa chance… Il se dirigea vers un holo-émetteur public, inséra quelques crédits et composa le numéro des renseignements.
« Bonjour, centre de renseignements de Malastare. Que puis-je faire pour votre service ?
-Je recherche quelqu’un du nom de Nourta Lyia.
-Oui monsieur, et dans quelle ville habite ce monsieur Lyia ?
-A vrai dire, il me semblait que c’était Pixelito. Mais me trouvant dans le quartier où je pensais qu’il habitait et ayant été incapable de retrouver sa maison, je dirais que je n’en suis plus sûr du tout.
-Ne quittez pas. […] Je suis désolé Monsieur, mais il semblerait que votre ami ne soit inscrit nulle part, dans aucun annuaire de Malastare.
-Ah…
-Mais peut-être est-il sur liste rouge ?
-C’est bizarre quand même.
-Quoi donc, Monsieur ?
-Vous me dites qu’il n’y a pas un seul gran vivant sur Malastare qui s’appelle Nourta Lyia ?
-Aucun, Monsieur. Pas un seul. Si je puis me permettre, Monsieur, vous ne semblez pas bien connaître la planète. De là, j’en déduis, peut-être un peu hâtivement, que vous êtes un touriste. Ai-je raison ?
-Si on veut.
-Etes-vous un gran, Monsieur ?
-Non. Humain.
-Cela ne m’étonne pas vraiment, sans vouloir vous offusquer. Vous devez savoir que « Nourta » n’est pas un prénom très répandu. Et j’euphémise. Je n’ai même, de toute ma vie, jamais entendu un pareil prénom sur Malastare. Aussi, je ne vois rien d’étonnant à ce que votre recherche n’ait pas abouti. Etes-vous certain que votre ami est un gran ? »
La question paraissait idiote. Mais en cet instant, Jinn n’était plus certain de rien.
« Ça ne fait rien. Merci quand même. »
Au moment où il raccrocha, les crédits non consommés par la machine, retombèrent. Il s’étonna que si peu se retrouvèrent dans le petit bac prévu à cet effet. C’est qu’il avait oublié le prix excessif des services de renseignements malastari.

Tout en marchant, il fit le point. Rien n’indiquait si oui ou non, son ami existait vraiment, bien qu’il en doutait de plus en plus. Car, après tout, s’il avait oublié une partie de sa mémoire pendant son transfert interdimensionnel, on pouvait aussi imaginer qu’une partie était fausse.
Mais il ne préférait pas envisager cette hypothèse. Son ami n’était juste pas là, c’est tout.
Une chose indéniable cependant, était ce qu’avait dit le premier gran. Il vivait là depuis vingt ans, et ne connaissait aucun type portant le nom de Nourta Lyia. Or, même s’il avait pu déménager entre temps, Nourta aurait dû être ici vingt ans plus tôt. En effet, c’était bien dans ce quartier qu’il aurait dû se trouver dans l’univers de Jinn. Et ça n’était visiblement pas le cas ici.
Une possibilité logique aurait été de dire que les changements entre les deux univers s’étaient produits bien plus tôt que ce qu’il n’avait imaginé. Après tout, le moment où il fixait le début de ces « changements » –soit à peu près la proclamation de l’empire galactique- se trouvait être lié aux livres qu’il avait lus à la bibliothèque de Koboc. Mais les livres d’Histoire ne parlaient que d’Histoire, et s’attachaient généralement peu aux détails. On pouvait très bien supposer que des changements antérieurs mineurs s’étaient produits, ici, sur Pixelito, et dont la conséquence plus éloignée (mais enfin visible pour des historiens) aurait été la proclamation ou non de l’empire. Oui, à partir du moment où l’on admettait le système « causes-conséquences », c’était même la chose la plus normale qui soit. Se dire que le destin d’un univers puisse être intégralement changé par une action unique et a priori négligeable. Et dans le cas présent, les changements les plus lointains se trouvant sur Malastare, et le reste de la galaxie n’ayant a priori pas été modifiée à cette époque, on pouvait encore supposer que le moment-clef qui avait fait basculer la galaxie dans le chaos s’était déroulé ici, sur la planète des dugs.
Mais pour toute crédible qu’était cette vision, elle n’en était pas moins effrayante. Car dans le cas personnel de Jinn, cela voulait dire une chose : à présent, il était vraiment seul au monde.

Finalement, il revint sur ce qu’il s’était dit sur Koboc, lorsqu’il s’était agi de sélectionner sa prochaine destination : Cato Neimoidia n’avait à présent plus rien d’un choix impulsif… Je n’ai nulle part d’autre où aller de toutes façons
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Jeu 07 Mar 2013 - 21:18, modifié 1 fois.
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Messagepar Kléber Valéra » Jeu 07 Mar 2013 - 0:16   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

MESSAGE IMPORTANT AUX LECTEURS DE « MON NOM EST JINN »




Bonjour à tous,

Comme vous le savez si vous avez lu ce topic depuis le tout début, le format de publication haché que j’utilise pour « Mon nom est Jinn » servait surtout à me forcer à écrire régulièrement.

Mais, bien que je me sois toujours garder de l’avouer (jusqu’à présent), il m’arrivait souvent d’écrire plusieurs fragments d’affilée. Aussi, j’avais pas mal d’avance (et donc au final, je pouvais tout à fait me permettre de ne pas écrire un jour ou deux. Donc je ne suis pas certain que mon but initial est rempli ! Mais qu’importe).

Hier, donc, j’ai terminé la rédaction du dernier fragment : « Mon nom est Jinn » est terminé !
Certes, les fragments étant vraiment corrigés de manière journalière, il y aura toujours quelque chose à faire chaque soir avant de publier : la relecture habituelle. Mais disons que l’histoire elle-même, sans correction, est finie.

Ceci est une premier point.



Je n’ai pas pu m’empêcher de relever le nombre de « vues » quotidien de ce topic. Et en faisant quelques hypothèses pour supprimer le cas des impatients qui y viennent 5 fois par jour pour voir s’il y a un nouveau morceau à se mettre sous la dent, vous êtes environ une vingtaine à suivre plus ou moins régulièrement les aventures de Jinn Skywalker.

Avant tout, je voudrais vous en remerciez, tous autant que vous êtes. Certes, je ne peux pas m’empêcher dans ce remerciement de favoriser particulièrement les deux ou trois commentateurs réguliers qui ont fait vivre le topic et m’ont permis de corriger au fur et à mesure, Hiivsha et Notsil en tête. Mais je remercie tout le monde de m’avoir suivi jusque là, et même jusqu’à la fin je l’espère.

Et justement, pour vous « récompenser » (si toutefois on peut le considérer comme tel) et en conséquence de mon premier point, je vous propose à partir de maintenant d’augmenter le rythme de publication.
Ne croyez pas que je veuille me débarrasser de cette histoire maintenant qu’elle est écrite : si c’était le cas, je balancerais tout le reste d’un coup sur le forum sans rien dire à personne ! Mais il me semble qu’il est plus que temps que chacun soit un peu plus « libre » de son rythme de lecture, là où jusqu’à présent il était presque imposé (disons que vous pouviez aller plus lentement que la publication, mais pas plus rapidement, pas au-delà du fragment par jour).

Mais évidemment, ce changement ne se fera pas sans votre accord à tous. Alors avant que je ne prenne une décision, dites-moi ce que vous en pensez, et j’essaierai de tenir compte de la majorité des avis. Soit sur ce topic, soit par MP, soit sur mon adresse perso pour ceux qui viennent ici en utilisateurs anonymes et qui n’ont pas accès aux outils du forum (dans ce dernier cas de figure, merci de mettre un titre clair à votre e-mail : je filtre souvent un peu hâtivement tous les messages qui me paraissent suspects…).
Faites-le, sinon les autres prendront cette décision (je reconnais pas capitale non plus… !) à votre place.


Voici les nouvelles méthodes de publication que je propose (liste non exhaustive) :

- Tout le reste d’un coup (notez que ça risque d’être TRES long, car de tous les fragments restants, aucun n’a été relu. Et tout faire en une fois peut prendre du temps !).
- Un par jour, comme aujourd’hui. Et on ne change rien.
- Un par jour, mais on augmentera un peu à la toute fin.
- Deux, trois ou quatre par jour.
- Toujours sous forme fragmentaire (de toute façon, toute l’histoire a été écrite ainsi) mais en publiant simultanément les fragments qui se suivent directement (parce qu’ils appartiennent à la même scène). Cela ferait 1 à 3 fragments par jour, selon l’histoire.
- Autre ?

Voilà. Dites-moi tout.

KV.
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Messagepar Hiivsha » Jeu 07 Mar 2013 - 0:25   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

T'as oublié de dire combien il y a de fragments au total dans ton histoire.
Sinon, autant je peux lire un peu tous les jours, autant le temps me manquera si ça devient trop long chaque jour. Alors forcément, il y aura par la suite un flagrant décalage entre publication et commentaires.
Par ailleurs, je n'aime pas lire longuement au format forum sur écran... c'est d'ailleurs pour cela que je maintiens à jour une édition PDF de ma propre fiction au fur et à mesure de mes publications hebdomadaires pour ceux qui préfèrent lire sur tablette ou liseuse.
Une solution serait que tu publies toute ta fic d'un seul coup en y joignant en PJ le PDF ou mieux le format Word qui permet de mettre des commentaires et des corrections en utilisant le mode "suivi des modifications" de Word... fichier qu'on peut ensuite te renvoyer pour que tu puisses l'exploiter. :wink:

PS : Je lirai ton post demain :)
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Messagepar Hiivsha » Jeu 07 Mar 2013 - 17:19   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

C'était plaisant... pauvre Jinn, il n'est pas au bout de ses peines ! :lol:
Et c'était bien écrit... bien allant et plutôt amusant, notamment le passage chez la vieille gan. :)


Chapitre XLIV

se trouvait être lié aux livres qu’il avait lu à la bibliothèque de Koboc => lus
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Messagepar Kléber Valéra » Jeu 07 Mar 2013 - 21:32   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Ton idée n’est pas bête. Sauf qu’encore une fois, c’est écrit mais pas corrigé… Donc tout publier en PDF d’un coup me semble difficile. Pour l’instant en tout cas.



*************************************************************************



XLV



Trois jours plus tard…
« Rafraîchissez-moi la mémoire. Où en étions-nous restés ? »
Le général était à nouveau reçu par la Kobocoise. Mais cette fois, c’était sans aucune réticence de sa part.
« Vous me disiez que vous n’appréciez ni ne détestiez aucun régime politique, dans l’absolu.
-Un peu comme vous il me semble. A ceci près que j’ai assez de recul pour voir ce que cet empire-là a à présent de malfaisant et de destructeur.
-Du… recul ? Sans vouloir vous blesser, Mme Eiznekcam, j’aurai plutôt dit que votre opinion était basée sur un ressenti négatif plutôt que sur un jugement neutre et sain. Je le comprends, mais pour autant je ne soutiens pas.
-Mon désamour pour Palpatine et ses séides date d’avant la mort de mon mari, vous savez. Je prends un exemple, le premier qui me vient sur le moment ; le premier qui me vient à chaque fois, parce qu’il est de taille à mon sens. Même sans être vous-même xénophobe, vous parlez de l’humanitarisme impérial comme d’un mal nécessaire. Je ne sais pas… Je suppose que vous devez vous dire : l’armée est raciste, mais c’est nécessaire pour avoir un souverain puissant qui évite des troubles politiques plus importants. Et vous justifiez encore en disant que, « il ne faut pas exagérer, à part les wookies et les pronahrs, les autres espèces ne subissent pas trop ce racisme ». Et enfin que « de toute façon, ceux-là l’avaient mérité, puisqu’ils se sont rebellés dès le départ contre le pouvoir en place ».
-Je ne cherche pas à me justifier.
-Mais vous le faites quand même. Maintenant, général, laissez-moi vous poser une question simple, à laquelle je voudrais que vous répondiez avec franchise.
-Je suis tout ouïe.
-Je ne parle pas d’il y a vingt ans, quand l’empire était nécessaire. Ni de la situation dans dix ans, parce que ça me semble plus douteux de réfléchir à aussi long terme. Mais aujourd’hui, maintenant, là, tout de suite, croyez-vous que les gens sont globalement plus heureux avec votre empire galactique ? Ou croyez-vous qu’ils le seraient plus sous la tutelle d’une république nouvelle mise en place par des rebelles idéalistes ?
-Je… Il ne suffit pas de ne penser qu’au bonheur. Il faut voir à plus long…
-Bien sûr, qu’il faut réfléchir à plus long terme. Mais vous n’êtes qu’humain, et moi que kobocoise. C’est triste à dire mais c’est ainsi. Nous sommes tous limités : même nos gouvernants. Il y a forcément un moment où notre cerveau trop simple ne peut plus présager de l’avenir. Un moment où cela devient impossible de dire si rechercher le bonheur ce jour-là va aussi causer notre bonheur futur, ou si au contraire il va causer notre malheur. Nous ne pouvons agir qu’à l’aune de nos propres limites. Donc, je parle du bonheur immédiat. Au moins tant qu’il est accessible évidemment, compréhensible et à notre portée…
-C’est vrai qu’on ne peut prédire l’avenir trop lointain avec assurance. Mais même sans ça, croyez-vous que tout le monde cherche forcément à être heureux ? Il n’y a pas…
-Pas que ça ? Bien sûr qu’il n’y a que ça ! Même un politicien avide de pouvoir, va chercher à combler suffisamment son peuple pour éviter la révolte et conserver son pouvoir. S’il se laisse aveugler par ses appétits colossaux et délaisse son peuple, s’il perd la foi en le peu d’idéal qu’il a, croyez-vous qu’il puisse continuer à régner ? Et, débouté, croyez-vous qu’il puisse être heureux ? Tous, nous cherchons le bonheur. Même si cela peut prendre de nombreuses formes, très diverses selon les gens. Et puisque nous parlons politique, il s’agit du bonheur du plus grand nombre. De toute façon, il ne faut pas rêver, tout le monde ne peut atteindre simultanément le bonheur. C’est impossible.
-Vous semblez avoir beaucoup réfléchi à la question.
-Pas tant que ça… Sinon, je repose celle de tout à l’heure : au regard de ce que je viens de vous dire, et en essayant de raisonner sans a priori qui peuvent naître de votre fonction, croyez-vous qu’à l’échelle du prédictible, les gens seraient globalement plus heureux sous l’empire ou sous la république ? »
Coff baissa la tête. Rarement dans sa vie, on lui avait posé des questions aussi complexes, de par les implications de tout cela.
« Ma foi, ce n’est pas simple.
-Je ne dis pas le contraire. Encore une fois, votre réponse signifie peut-être que vous-même risquiez d’échouer à trouver le bonheur. Mais vous devez considérer la majorité des espèces pensantes de la galaxie, incluant aussi wookies et pronhars. Et encore, le « pensantes » est peut-être une restriction superflue.
-Franchement, je ne sais pas. Il me faudrait des jours entiers pour pouvoir répondre sans me tromper.
-Je comprends. Mais le bonheur, c’est maintenant. »
Coff baissa la tête à nouveau, plus longuement. Et puis :
« Oui… Je crois –et j’ai bien dit je crois, pas « j’en suis sûr »… Je crois, et je le déplore, que l’empire dont je fais partie est devenu décadent, et qu’il n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été. Je crois qu’aucun régime politique constitué par des êtres limités ne peut être parfait, mais au moins au départ, la xénophobie et le contrôle militaire n’étaient pas excessifs et c’était un moindre mal pour permettre au gouvernement de rétablir l’ordre et d’annihiler le chaos qui pourrissait la vie de 90% des citoyens républicains. Et je crois enfin que maintenant, c’est devenu un outil uniquement répressif qui a perdu ses valeurs, et que l’oppression a rendu la majorité secrètement malheureuse. Mais qu’importe. Parce que je crois de toute façon que cet empire à l’agonie n’en a plus pour longtemps, et que cette rébellion ou une autre viendra le balayer tôt ou tard. Et je pense que ce sera une bonne chose pour les décennies à venir les plus proches de nous. »
Lyona referma sa main autour de son menton proéminent de Kobocoise, pensive.
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Messagepar Hiivsha » Jeu 07 Mar 2013 - 21:45   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Coff progresserait-il dans les pensées subversives miné par un travail de sape que mène la Kobocoise ?
Vu comment tu insistes là-dessus, je pense que c'est très important pour le reste de l'intrigue qui, tu l'avoueras, est particulièrement mince pour l'instant ! :wink:
Modifié en dernier par Hiivsha le Ven 08 Mar 2013 - 22:46, modifié 1 fois.
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Messagepar Kléber Valéra » Ven 08 Mar 2013 - 21:55   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Hiivsha a écrit:un travail de sape que même la Kobocoise

Tiens, c'est marrant, c'est comme ça que tu le vois toi?
Après tout, le lecteur se fait sa propre opinion...

Hiivsha a écrit:comment tu insistes là-dessus

Je n'ai pas l'impression d'insister spécifiquement là-dessus... C'est peut-être la façon dont tu le perçois étant donné qu'à cause du découpage, leur dialogue a été publié sur plusieurs soirs de suite. Mais au fond, si tu regardes bien, ce n'est jamais que la deuxième scène "Coff VS Lyona"...
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Messagepar Kléber Valéra » Ven 08 Mar 2013 - 21:59   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

XLVI



« A ce que j’entends, vous aussi, vous avez pas mal réfléchi à la question… Bien plus que vous ne voulez l’affirmer.
-Croyez-vous que je sois venu chez vous deux soirs de la semaine par hasard ?
-Jamais je ne l’ai pensé. Je me souviens que vous m’aviez accusée d’être une rebelle, le premier soir. Peut-être qu’au fond de vous, vous l’espériez sincèrement ? Peut-être même que vous aviez envie de rejoindre la rébellion ?
-Je ne crois pas, non. Je ne peux pas. Je ne peux pas quitter l’empire. Je ne peux pas abandonner mon camp. J’ai encore de l’honneur.
-Ha ! L’honneur… Très surfait.
-Je ne vous demande pas de comprendre cela. Mais admettez que quitter l’empire, ce serait de la trahison.
-Non ! C’est l’empire, qui a trahi les idéaux qu’il défendait au départ. C’est lui le traître, pas vous. Tout est toujours une histoire de contexte : en le quittant à l’époque, ç’aurait été vous, le félon. En le quittant maintenant, vous ne feriez que respecter vos idéaux de noblesse, ni plus ni moins.
-Et rejoindre la rébellion ?
-Pas forcément. Sauf si vous êtes vraiment motivé, évidemment. Parce que mine de rien, ça joue quand même ! Mais vous pourriez… je ne sais pas moi, améliorer les choses dans le bon sens.
-C’est-à-dire ?
-Et bien, par exemple, vous dites vous-mêmes que la rébellion risque de triompher.
-C’est probable, oui. Et alors ?
-Alors vous pourriez faire en sorte que la transition se fasse sans heurt.
-Un putsch ? Sans heurt ? C’est un non-sens !
-Ou disons, atténuer les atrocités qui pourraient se produire au moment du changement.
-Pour cela, il faudrait avoir un minimum de contrôle sur les évènements.
-Ah… ça… Il est vrai qu’un général influent, qui a toujours su agir sans trop tenir compte de Coruscant, et ayant la mainmise sur une planète entière via sa police-armée, n’a que peu de contrôle sur les évènements…
-Je parlais surtout du moment de la victoire rebelle. J’ai l’assurance qu’elle se produira. Pour autant, ça ne date pas l’événement en question.
-Alors, anticipez-là.
-Pardon ?
-Vous avez beaucoup de pouvoir. Et malgré tout, il me semble que vous êtes resté suffisamment droit dans vos bottes pour ne pas vous laisser griser par lui et en perdre la boule. Continuez, usez de lui de manière à ne pas aller contre Coruscant –la date de la victoire rebelle étant effectivement très hypothétique. Mais faites en sorte que quand elle se produira, Koboc soit prête.
-Vous attendez de moi que j’organise une révolution de velours ?
-Je n’attends strictement rien de vous. Si vous ne l’avez toujours pas compris, moi, je m’en fous à présent. Je ne suis là que pour être la voix de votre conscience, apparemment. N’était-ce pas ce que vous étiez venu chercher ici ? »
Halaser ne répondit rien. Il n’allait pas affirmer que c’était le cas, étant donné qu’il n’en savait rien. Ceci dit, c’est effectivement ce qu’il avait trouvé ici : la voie de sa conscience. Venue lui rappeler qu’il ne pouvait plus se voiler la face, et feindre plus longtemps de ne pas comprendre le rôle qu’il avait à jouer. Il était presque le chef d’Etat officieux de Koboc. C’était donc à lui, et à personne d’autre, de mettre en place cette transition pacifique. Et même si la tâche était ardue, il n’aurait à présent de repos que lorsque ce serait fait.
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Sam 09 Mar 2013 - 21:37, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Ven 08 Mar 2013 - 22:52   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

J'ai trouvé ! :idea:
La Kobocoise c'est Gemini Cricket qui a été transporté dans un monde parallèle et qui a changé d'apparence ! :paf:

Sinon, oui je trouve qu'elle fait un travail de sape chez ce magnifique général Coff... qui du coup, paraît bien fragile sur ses fondements, si deux conversations suffisent à le convaincre que l'Empire céylemal. :diable:

Venu lui rappeler qu’il ne pouvait plus se voiler la face, => si le sujet de "venu" est la "conscience", il faut un "e". :wink:
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Messagepar Kléber Valéra » Sam 09 Mar 2013 - 21:53   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Ou peut-être en était-il convaincu depuis longtemps et qu'il refusait de le reconnaître. Et que mis devant le fait accompli, il va enfin agir selon ses convictions refoulées... Serait-ce si étonnant? Après, je ne nie pas que la Kobocoise de son côté à aussi sa petite opinion sur l'empire (bien qu'elle prétende se foutre de tout). Mais pour moi (mais encore une fois, la vision que l'auteur a de ses personnages peut tout à fait être différente de celle des lecteurs), Coff était déjà secrètement anti-impérialiste. Ou en tout cas anti-"excès impériaux"...




**********************************************************





XLVII



Au même moment, ailleurs dans la Voie Atomique, un vaisseau de transport filait à toute allure dans l’hyperespace. L’engin se nommait le Métro Galactique. Car, comme un métro urbain, il se déplaçait à peu près en ligne droite sur une voie rapide (en l’occurrence la voie hydienne), et il s’arrêtait à peu près à toutes les « stations » possibles. De Malastare, il avait fait escale à M’Haeli, Tynna, Denon et Tralus. Certes le temps qu’il gagnait à emprunter une route-raccourci comme la voie hydienne, il le perdait pendant ses escales parfois très longues sur les planètes qu’il desservait. Mais pour Jinn, cet inconvénient était largement compensé par le fait que, contrairement à un véritable métro, le MG était normalement uniquement prévu pour le transport de marchandises. Du coup, les quelques places réservées pour les passagers étaient si inconfortables que les billets ne valaient rien du tout. Et cela incluait en plus les nuits dans le dortoir du vaisseau, et quelques collations frugales mais largement suffisantes.
C’était idéal pour le voyageur de fortune qu’il était.
Dans quelques minutes, le MG arriverait sur Cato Neimoidia. Il repensa au rêve qu’il avait fait cette nuit. Encore un de ces rêves horribles et étranges, plus vrais que nature. C’était bizarre. Les jedi étaient censés ne pas rêver. La Kobocoise avait peut-être raison : on a besoin de ses rêves pour vivre. Il n’empêche, le contrôle de soi qu’il aurait dû avoir en tant que jedi était lié à sa formation philosophique et non à sa pratique de la Force. Même s’il n’avait plus aucun pouvoir, son moi était fondamentalement le même et, comme un bon chevalier expérimenté qu’il était, il n’aurait pas dû rêver. Du moins pas plus que dans son univers d’origine.
Alors comment expliquer ces rêves à répétition ? Son isolement récemment admis pouvait-il en être la cause ?
« Ça va mon vieux ? Vous n’avez pas l’air dans votre assiette, lui fit un humain au visage bouffi juste à sa droite, avec un sourire enjoué.
-Comment ?
-Je vous demandais si ça allait.
-Ah… Oui, oui, je vous remercie. Je… réfléchissais juste.
-Ah. Ben… C’est bien ça ! »
Il se tût. Préférant arrêter de penser dans le vide, Jinn eut envie de badiner un peu.
« Excusez-moi, vous allez sur Cato Neimoidia aussi ?
-Oui, c’est là que je descends. Pour affaires.
-Quel genre, si ce n’est pas indiscret ?
-Oh… C’est long à expliquer. Et compliqué. Je doute que ça vous intéresse des masses.
-Dites-toujours.
-Et bien, pour faire simple, je fais dans l’import-export d’objets rares.
-D’objets rares ? Des antiquités ?
-Non non, pas du tout. Des objets normaux, qui ne coûtent pas forcément une petite fortune. Mais qui ne sont pas des objets courants, disons.
-Je ne suis pas sûr de vous suivre.
-Et bien… Prenez un exemple. Un comlink, tout le monde sait ce que c’est ?
-Oui.
-Sur toutes les planètes civilisées, chacun à son comlink, ou presque. C’est un produit du quotidien, fréquent, et qui se vend assez facilement dans le commerce.
-Moui.
-Supposons maintenant qu’une entreprise lance un produit très élaboré et pratique, quelque chose de révolutionnaire, mais totalement nouveau et donc inconnu. Si l’entreprise veut le vendre, il faudra bien qu’elle fasse connaître son produit.
-Vous êtes dans la publicité ?
-Oui. Et non. Supposez maintenant que ce produit ne rende service qu’à une catégorie bien particulière de la population, ou à un secteur spécifique de l’industrie. En bref, un produit novateur qui peut concerner des millions de clients potentiels, mais qui sont trop éloignés géographiquement pour permettre de vendre facilement le produit. Même si les coûts de revient sont raisonnables… Et bien moi, c’est ça que je fais. Je mets en relation des entreprises créatrices d’objets du quotidien très… spécifiques, dirais-je ; avec d’autres entreprises ou des clients particuliers qui sont très éloignés. C’est pour ça qu’on fait appel à moi. Ou généralement, c’est moi qui dégotte les trucs nouveaux et qui propose mes services. »
Jinn ne fit aucun commentaire. Un si long discours juste pour dire « je suis commercial » ? Difficile à croire.
« Et… ça marche ?
-Couci-couça. En ce moment, c’est un peu dur. Depuis que l’empire a augmenté la taxe sur les marchandises à base de polycryane, c’est pas génial. Avec ça, je dois faire des choix : comme voyager en quatrième classe (il balaya l’intérieur du vaisseau du regard). Mais globalement, je m’y retrouve. Et mes clients ne se sont jamais plaints de mes services.
-Je suppose qu’il faut aimer voyager ?
-Ah, ça, oui ! Mais j’adore voyager, donc c’est nickel !
-Et sans indiscrétion, quel objet incroyable vous venez présenter aux neimoidiens ? »
L’homme joufflu se pencha à l’oreille de Jinn.
« Ça, c’est un secret. Si je vous le disais, il faudrait que je vous tue. »
Il finit par un clin d’œil entendu.
« Et vous, qu’est-ce vous allez faire sur Cato ? »
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Dim 10 Mar 2013 - 21:43, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Sam 09 Mar 2013 - 23:25   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Lu

et quelques collations peu frugales mais largement suffisantes => je décèle un petit contre-sens ici. En effet, "frugal" signifie déjà "peu abondant". Alors "peu frugales" signifieraient plutôt le contraire, c'est à dire que ça voudrait dire "abondant" ce qui ne me semble pas ce que tu souhaitais exprimer. ;)

Un si long discours juste pour dire « je suis commercial » ? Difficile à croire. => c'est Edouard Baer ? :paf:
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Messagepar Kléber Valéra » Dim 10 Mar 2013 - 21:53   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Hiivsha a écrit:"frugal" signifie déjà "peu abondant"

Exact. Je fais toujours la confusion (c'est pas la première fois que je fais l'erreur). C'est corrigé.
Hiivsha a écrit:c'est Edouard Baer ?

C'est par rapport à sa réplique dans Astérix 2?

*************************************************

XLVIII



« Je vais voir un ami.
-Ah… Un neimoidien ?
-Un politicien.
-Ha… Monsieur connaît du monde, fit-il pour plaisanter.
-Si on veut. Enfin… ça ne m’empêche pas de voyager en « quatrième classe », comme vous dites. Disons juste que c’est une lointaine connaissance qui pourra peut-être m’éclairer sur certaines questions que je me pose.
-Du genre ?
-C’est un secret aussi, il faudrait que je vous tue, touça… »
Le vendeur éclata d’un rire franc et profond. Quand il eut fini, il ajouta :
« Ecoutez, moi c’est Hess. Voici ma carte. (Jinn la lui prit) Si vous avez besoin, n’hésitez pas à me contacter, Monsieur… Monsieur ?
-Skywalker.
-C’est ça, Monsieur le marcheur du ciel. Et en passant, n’hésitez pas à glisser un mot ou deux à mon sujet à votre ami politicien. Je n’ai pas de machine-pour-se-faire-adorer-de-son-peuple à vendre, mais c’est toujours bien d’avoir quelques relations.
-Ok. Je n’y manquerai pas, assura le jedi en pensant tout l’inverse. »

Une heure plus tard, les hauts parleurs annonçaient aux quelques passagers que le Métro Galactique allait se poser bientôt. Et quand il en sortit, Jinn constata qu’il n’était pas là où il aurait dû être. Dehors, c’était bien Zarra, capitale de Cato Neimoidia, que l’on voyait. Mais il n’était pas à l’astroport général.
« Excusez-moi, hêla-t-il le personnel du MG qui commençait déjà à vider les cales, nous ne devions pas nous poser à l’astroport général ?
-Non, m’sieur.
-Mais, c’était ce qui était prévu dès le départ, non ?
-Non, m’sieur. Y’a eu un truc pas clair au général, y’a que’ques jours. On a été r’passé sur l’astroport d’Esmo. Depuis l’début c’est là qu’on d’vait s’poser.
-Un truc pas clair ? Quoi comme truc pas clair ?
-Qu’j’en sais, moi, m’sieur. J’décharge, moi m’sieur. Mais c’est b’zarre qu’ils vous l’aient pas dit. Les aut’passagers, ça a pas l’air d’les gêner qu’on soye là. »
Jinn constata qu’effectivement, personne parmi ceux qui sortaient encore, ne semblait choqué d’être à un autre astroport que le général. Pas même Hess, qui devait probablement être déjà venu ici. Se pouvait-il que l’hôtesse d’accueil qui avait réservé son billet ait oublié de le prévenir de ce changement de dernière minute ?
« J’peux faire que’que chose pour vous, m’sieur ?
-Non non, merci, ça ne fait rien.
-Bon… »
Le manutentionnaire retourna à sa tâche.
Un truc pas clair, hein ? Quoi comme truc pas clair ? Un truc du genre, panique, fuite et bousculade ? Cato Neimoidia était effectivement la bonne destination, même si son instinct l’y avait plus guidé que sa raison. Il se passait des choses étranges ici.
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Lun 11 Mar 2013 - 22:22, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Dim 10 Mar 2013 - 22:18   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Lu. Mystère, pourquoi arrive-t-il dans un autre astroport ? Est-ce important ? Vous le saurez en lisant la suite des aventures de Jinn ! :D

Kehor Nabaag a écrit:
Hiivsha a écrit:c'est Edouard Baer ?

C'est par rapport à sa réplique dans Astérix 2?

Oui ;) => - Vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres. Des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée... Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ça n’est pas mon cas, comme je disais là, puisque moi au contraire, j’ai pu : et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie... je ne suis qu’amour ! Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd’hui me disent « Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ? », et bien je leur réponds très simplement, je leur dis que c’est ce goût de l’amour ce goût donc qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain qui sait ? Peut-être simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi... :diable:

-Ok. Je n’y manquerai pas, annonça le jedi en pensant tout l’inverse. » => l'emploi du verbe "annoncer" est ici un peu surprenant, et compte tenu que tu réutilises le même verbe dans la phrase suivante, à ta place, je changerai.
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Messagepar Kléber Valéra » Lun 11 Mar 2013 - 22:24   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

XLIX



Sans trop avoir réfléchi à un ordre des priorités particulier, Jinn se dirigea directement vers le spatioport où il aurait dû atterrir. Le politicien attendrait qu’il ait fini sa petite enquête.
La plupart des villes d’ici reposaient sur des arches inversées artificielles, coincées entre deux des gigantissimes pitons rocheux qui pullulaient sur la planète. De loin, on aurait dit un peu des hamacs géants. Selon Jinn, il y avait probablement à l’origine de ce fait une raison pratique plutôt qu’esthétique. Le procédé consistant à faire reposer une ville entière sur des fondations construites de toutes pièces était bien trop complexe pour n’être motivé que par des raisons purement architecturales. Pourtant, il fallait reconnaître que… « ça en jetait ». Zarra, la capitale où il se trouvait, avait elle-aussi était bâtie sur ce modèle. Mais à la différence des autres villes qui pouvaient encore s’étendre dans leur hamac rigide, Zarra avait été limitée lors de son expansion. Et après avoir construit trois nouvelles arches juste à côté, totalement couvertes de bâtiments à présent, la ville avait décidé de s’étendre sur la terre ferme, descendant progressivement les pentes autour des pitons rocheux comme une créature vorace dévorant lentement tout sur son passage.
Ainsi, la ville était extrêmement dénivelée par endroit. Et, par exemple, le chemin qui menait de l’astroport d’Esmo à l’astroport général, était en pente ascendante d’un bout à l’autre.
Jinn était complètement épuisé au bout d’une heure de marche. Aussi, même s’il apercevait déjà au loin le dôme de transparacier du spatioport, il dut s’arrêter pour faire une petite pause.
En cet instant précis, la Force, concentrée comme il fallait, aurait remonté son niveau d’énergie en un rien de temps. Mais en l’occurrence, seul un grand verre d’eau aurait cette faculté : il entra dans un bar juste à côté de là où il s’était arrêté.

Kints quant à lui, vit Jinn rentrer dans l’estancot. Il s’arrêta dans la rue, s’asseyant sur un banc, ressortant sa caméra-espion de sa poche. Il songea au chemin déjà parcouru : l’homme qu’il suivait semblait arpenter un parcours des plus chaotiques, moins basé sur la logique que sur son instinct. Il faisait mine de rechercher les lambeaux de son passé perdu, mais il s’y prenait d’une manière curieuse.
Bah ! Peu importait.
Pendant que son micro-espion se dirigeait lentement mais sûrement vers la bouche d’aération du bar neimoidien, le major eut le temps de penser à son parcours à lui. Depuis près d’une semaine qu’il le suivait, il n’avait pu obtenir aucun indice potable. Ce Jinn Skywalker était soit un fantôme, soit un acteur des plus doués qui, se sachant suivi, le menait en bateau depuis le début. Peut-être qu’il le faisait tourner en bourrique sciemment ?
Quoique… Dans le Métro Galactique, Kints n’avait pas eu particulièrement l’impression d’avoir été repéré. Au contraire, Skywalker avait eu l’air de marcher à fond, de rentrer dans son petit manège sans s’apercevoir de la supercherie.
Il faut dire que le personnage de l’importateur-exportateur de produits excentriques était un rôle qui était rodé depuis longtemps. Il l’avait tellement utilisé, du temps du BSI, qu’il faisait presque partie de lui, comme un fragment irréel de sa vie réelle. Ce personnage était en outre très avantageux. Il était à la fois très crédible, sans avoir besoin de tout recréer pour autant. Par exemple, quand l’espionné demandait –comme Jinn- quel était l’objet qu’il transportait en ce moment, Kints pouvait toujours répondre « c’est un secret » plutôt que de devoir inventer à chaque fois un nouvel objet incongru. C’était pratique, en somme, et parfaitement cohérent avec ce rôle.
Non, il n’avait pas répondu « c’est un secret », cette fois-ci. Il avait dit exactement « je devrais vous tuer si je vous le disais ». Quelle amusante coïncidence : le nombre de fois où il avait répété cette même phrase mais en le pensant vraiment !
En tout cas, l’importateur était définitivement un de ses personnages préférés. Evidemment, un personnage qui ne pouvait fonctionner face à Jinn que grâce au recours d’un masque de qualité. L’amnésique avait déjà vu Douglaz Kints à l’hôtel de police : il aurait été fâcheux qu’il le reconnaisse. Par chance, les « accessoiristes » du BSI étaient aussi doués que ceux qui travaillaient pour l’holociné. Le faux visage qu’il portait en ce moment même faisait parfaitement illusion.
Trêve de commentaires, Doug’. Concentre-toi sur ta mission, se dit-il finalement en revenant au pilotage du petit insecte de métal.
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Mer 13 Mar 2013 - 21:02, modifié 1 fois.
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Messagepar Kléber Valéra » Lun 11 Mar 2013 - 22:25   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Strictement rien à voir mais...
Si tu aimes Edouard Baer, et que tu ne l'as pas déjà vu, je te conseille vraiment de regarder "J'ai toujours rêvé d'être un gangster". Excellent film.
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Messagepar Hiivsha » Lun 11 Mar 2013 - 23:27   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Je connaissais pas... la critique sur allô-ciné a l'air bonne, je vais voir ça... quand ma femme va rentrer de sa veille demain matin, faut que je lui demande si elle l'a déjà vu... c'est elle la spécialiste des films français à la maison... moi je suis plutôt films ricains ! :paf:

Rien de particulier à dire sur ce chapitre. Petite surprise que je n'avais pas vue venir. :D

"estancot" => c'est de l'argot, ça fait bizarre dans un texte qui n'est pas signé San Antonio :paf:

moment-même => pas de tiret
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Messagepar Yorkman » Mar 12 Mar 2013 - 0:51   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

J'ai eu la chance de voir Edouard Baer en vrai au théâtre Marigny à Paris, dans une comédie un peu absurde et rocambolesque mais bien sympathique appelée "Miam Miam", et je peux vous dire qu'à côté de ses répliques, son envolée lyrique sur les CSP dans Asterix c'est du texte d'amateur, et je pèse mes mots :oui:

Ce type est un génie!
"Luke, we are what they grow beyond. That is the true burden of all masters."
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Messagepar Kléber Valéra » Mer 13 Mar 2013 - 21:14   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Ha ! Mais… Etre fan des films ricains n’empêche pas d’apprécier les français… ! Bon, je reconnais que parmi les plus récents, on trouve un nombre malheureusement important de « comédies sentimentales à l’eau de rose à la fin ultra-prévisible ». Mais il y a aussi un bon paquet de chefs d’œuvre du 7e art qui sont des trucs bien de chez nous (cocorico !).

La surprise que tu n’avais pas vu venir ? Quoi ? Kints en touriste ?

Pour "estancot" : exact. Mais personnellement, je l’utilise quotidiennement comme un mot courant (de même qu’il y a un peu plus d’un siècle, le mot « bistrot » était lui-aussi familier). Donc, je garde…

Yorkman : oui mais tu sais, il y en a beaucoup, des acteurs/humoristes qui gagnent à être connus. Même des qu’on oublie de plus en plus… (personnellement, dans un autre style, je suis un fan absolu de Desproges)
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Messagepar Kléber Valéra » Mer 13 Mar 2013 - 21:16   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

L



L’atmosphère puante du lieu rappela vaguement à Jinn les cantinas crasseuses et peu recommandables comme on pouvait en trouver sur Ryloth ou Mandalore. Ça sentait les vapeurs d’alcool et de cigare, avec de sérieux relents d’égouts venus d’on ne savait où. La clientèle semblait s’accommoder à la perfection avec l’odeur ambiante : sale et visiblement pas très fréquentable. Cependant, Jinn ne put s’empêcher de s’étonner qu’une telle clientèle puisse se trouver au milieu de ce qui ressemblait plus à un quartier petit-bourgeois qu’à une zone de non-droit type Nar Shadaa où le crime organisé pouvait prospérer. Mais compte tenu que peu de ces loustics étaient des neimoidiens, peut-être aussi qu’ils étaient tout simplement des transporteurs de marchandises en transit, bloqués ici par l’incident de l’astroport général, venus dans ce rade pour patienter. Quant à leurs oripeaux maculés, ils n’avaient probablement pas prévu de rester bloquer plusieurs jours de suite, et n’avaient peut-être pas de quoi se changer. Cela voulait-il dire qu’ils n’avaient plus accès à leurs vaisseaux ? Peut-être bien. Si c’était le cas –et Jinn ne doutait pas un instant de son raisonnement- lui-même aurait du mal à atteindre le spatioport.
Mais peut-être que ces types pourraient lui dire ce qui s’était passé ?
Jinn balaya à nouveau la pièce du regard, cherchant une place où s’asseoir. Il n’avait que l’embarras du choix, la clientèle étant nombreuse mais le bar aussi extrêmement spacieux. Il jeta son dévolu sur une table de simili-marbre où il y avait encore une tasse de stimcaf vide d’un précédent client, et qui lui semblait bien placée pour observer tout le monde d’un coup d’œil. Arrivé à son niveau, il fit mine de s’asseoir, quand une voix de femme juste à côté lui lança un « hey ! » sympathique.
« Pourquoi vous v’nez pas vous asseoir ici ? »
Jinn haussa les épaules, se disant qu’après tout, pourquoi pas ? Il pensa que décidément, il avait vraiment la cote avec la gente féminine depuis qu’il avait changé d’univers. Après Lyona, cette femme-là… Une humaine, cette fois. Une brune aux cheveux courts. Et plutôt mignonne. Un visage qui l’inspirait. Elle portait une clé en pendentif et des boucles d’oreille dorées en forme de croissant. Mais c’est surtout sa généreuse poitrine qu’il ne put s’empêcher de remarquer en premier.
« Ma foi, okay. »
Jinn s’assit juste à côté d’elle.
« Après, il ne faut pas que ça vous gêne. Je veux dire… Si vous voulez rester seul, je comprendrai.
-Non non, mais, ça me va. Merci de votre invitation.
-Je m’appelle Call. Et vous ?
-Jinn.
-Enchanté, Jinn. Touriste ?
-Si on veut.
-Moi, oui. J’étais venue en voyage organisé. Mais avec l’astroport général fermé, l’interdiction de décoller, on ne peut pas reprendre notre vaisseau. (première confirmation, songea Jinn) Et l’agence de voyages s’est débrouillée n’importe comment, donc je suis coincée-là. Je suis assignée à résidence à l’hôtel Sorco.
-Et du coup, vous venez faire du tourisme dans un bar comme celui-là ?
-Ben… Je m’suis dit que quitte à rester, autant continuer à voir du pays. Je suis venue ici sur un coup de tête, il y a une heure. Histoire de m’encanailler un peu, vous voyez ? Mais en fait, c’est pas génial. Il ne se passe rien ici.
-Ah… Et vous êtes restée, donc.
-J’attendais de voir quelque chose, de voir si ça allait devenir moins… mou. »
Jinn dévisagea Call, un sourire au coin des lèvres.
« Bon, en fait c’n’est pas tout à fait vrai. Je suis rentrée sur un coup de tête, mais après j’ai pas osé aborder un de ces messieurs aux gros bras. J’pense qu’ils sont tous transporteurs, et bloqués comme moi. (deuxième confirmation) Et puis quand je vous ai vu arriver, je me suis dit : lui, il a l’air moins bourru et effrayant que les autres. Une chance pour moi que vous vous soyez approché de ma table. Et puis ensuite, voilà, je vous ai invité. Mais encore une fois, si ça vous gêne, faut le dire…
-Non non, je vous dis qu’il n’y a aucun problème.
-Impecc’ alors. »
Un long silence s’installa. Le barman neimoidien vint jusqu’à eux, et Jinn commanda une boisson sans alcool, et Call une nouvelle boisson alcoolisée. Il revint quelques minutes plus tard avec les verres, Jinn et Call n’avaient toujours pas échangé un mot de plus. Le visage de Call semblait suggérer qu’elle commençait à se dire qu’elle avait mal fait d’inviter un parfait inconnu, et qu’il la mettait progressivement mal à l’aise par son silence. Celui de Jinn demeurait impassible ; mais il eut le sentiment d’avoir déjà rencontré cette femme quelque part. Peut-être dans son univers positif ?





LI



Call brisa le silence :
« Et vous, sinon ? Vous me disiez que vous faisiez aussi du tourisme… Ou « si on veut ».
-Oui. En fait, pardonnez-moi, mais je vous ai menti là-dessus. Parce que ça allait plus vite à répondre.
-Ah.
-Pour tout vous dire, je ne fais pas de tourisme du tout. Sans rentrer dans les détails, je suis ici pour enquêter sur ce qui s’est passé à l’astroport, justement.
-Vous êtes enquêteur ? Policier ?
-Pas vraiment. Enfin, pardon : non. Je m’y intéresse, c’est tout.
-Personnellement, je ne pourrais pas trop vous aider. Je n’étais pas là quand l’alerte a été déclenchée. Et on ne nous a pas donné beaucoup d’infos. Enfin, pardon : aucune. Mais vous êtes quand même au bon endroit pour votre enquête : je suis sûre que de tous ces pilotes, il y en a au moins un qui était là il y a six jours, quand ça s’est passé.
-Effectivement, il semble bien que je sois là où il faut être. Pourtant, c’est le hasard qui m’a amené dans ce bar. Comme quoi…
-Le hasard ? Je n’y crois pas trop. Mais après, chacun sa façon de voir les choses… (elle plongea à son tour le nez dans son verre) Et sans indiscrétion, pour quelle raison vous enquêtez sur l’incident d’il y a quelques jours ?
-C’est… compliqué. Et je suis presque sûr que vous allez me prendre pour un dingue.
-Allez-y quand même. De toute façon, on ne se reverra probablement plus jamais, alors ça ne vous coûte pas grand chose.
-Bon… Initialement, je n’étais pas venu ici pour enquêter, mais pour retrouver quelqu’un que j’avais perdu de vue il y a longtemps. Mais pendant le voyage en hyperespace, j’ai fait un rêve étrange. J’ai rêvé que l’astroport général était en alerte, que c’était la panique, et tout. Et quand notre vaisseau s’est posé à l’astroport d’Esmo, et que j’ai vite compris que c’était parce qu’il s’était passé quelque chose au général, je me suis mis en tête d’enquêter, pour savoir si mon rêve était vraiment prémonitoire ou si ce n’était qu’une bête coïncidence. »
Jinn se tut. Il s’attendait à ce que son interlocutrice se mette à rire à s’en faire éclater les cordes vocales. Mais elle n’en fit rien.
« Quoi ? Vous pensiez vraiment que j’allais vous prendre pour un dingue ?
-C’est-à-dire que… les rêves prémonitoires, moi-même je n’y ai jamais cru.
-C’est un tort, vous savez. On ne doit pas sous-estimer le pouvoir des rêves : c’est quelque chose de très, très puissant. C’est ce qu’on dit en tout cas. Une théorie du fameux Professeur Dal’Freud, probablement. »
Elle n’avait pas tort. Il ne fallait pas sous-estimer ses rêves, surtout quand ils paraissaient prémonitoires, et surtout quand on était un jedi. Mais voilà : il n’était plus un jedi. Ou alors, cet étrange rêve était-il une résurgence de la Force ?
« Donc, vous me croyez si je comprends bien.
-Je ne crois rien. Je ne sais rien. Ou je ne crois que ce que je vois. Je n’ai jamais vu d’atome, je ne peux pas être certaine que ça existe. »
Jinn but une nouvelle gorgée, plus mesurée. La quête de son passé nécessitait-elle vraiment de lui faire rencontrer des personnages toujours de plus en plus excentriques ? Entre le général sec mais affable, la nymphomane au grand cœur, la vieille siphonnée, le marchand de bibelots bizarres et cette touriste aux idées particulières, ces derniers n’avaient constitué rien de moins qu’un défilé ininterrompu de personnalités pour le moins marquantes.
« En tout cas, si vous voulez savoir ce qu’il s’est passé, je répète que vous devriez interroger un de ces gars-là. Ils me semblent tout à fait appropriés. »
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Ven 15 Mar 2013 - 21:47, modifié 2 fois.
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Messagepar Hiivsha » Mer 13 Mar 2013 - 22:52   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Mais peut-être qui lui-même fait un rêve ! :x
Lu. Rien à signaler de particulier. C'est marrant comme il va effectivement de personnages en personnages plutôt particuliers !
Mais au final, va-t-il trouvé ce qui lui est arrivé ???


bloqué ici => bloqués

venu dans ce rade => venus ... et tu peux me donner la définition de "un rade" au sens où tu l'emploies ? :shock: Parce que là, mon Larousse sèche et j'ai l'impression que je vais apprendre quelque chose ! (peut-être) :idea:

Si vous voulez rester seul, je comprendrais. => comprendrai (c'est une certitude qu'elle énonce)

Une théorie du fameux Professeur Dal’Freud, probablement => mééééééé ! :lol: Bien vu ! :jap:
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Messagepar Kléber Valéra » Jeu 14 Mar 2013 - 22:41   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Hiivsha a écrit:va-t-il trouvé ce qui lui est arrivé ???

J'ose espérer que oui, quand même!!
Hiivsha a écrit:la définition de "un rade" au sens où tu l'emploies

Pour moi, un rade est (dans le cas présent) un mot familier pour désigner un bar ou d'une manière plus générale un endroit pour désigner un lieu un peu louche. Effectivement, je n'ai pas pu retrouver cette définition sur le net. Mais je l'ai toujours entendu dire... (par contre je serai incapable de te dire où je l'ai entendu la première fois) J'ai toujours pensé que c'était un dérivé par synecdoque du mot "rade" originel, en l'occurrence les lieux de mouillage pour bateaux. Le rade désignant alors les bars à marins que l'on trouvait dans les rades...
Hiivsha a écrit:comprendrai (c'est une certitude qu'elle énonce)

Euh... T'es sûr pour le coup? Moi, j'aurais plutôt mis un conditionnel :
"SI ceci, alors je comprendraiS"
Non?
Hiivsha a écrit:fameux Professeur Dal’Freud

Ah oui, vraiment, je me demande bien d'où ça vient, ça...
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Messagepar Kléber Valéra » Jeu 14 Mar 2013 - 23:06   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

LII



Call changea vite de sujet et commença à ne plus parler que d’elle. Elle raconta ses petites vacances neimoidiennes, qui avaient semblé merveilleuses, si l’on oubliait qu’elle ne pouvait plus en sortir. Jinn de son côté, écouta poliment et avec beaucoup d’attention son hôte, en dépit du fait que ses pensées se seraient volontiers échappées pour se concentrer sur un sujet autrement plus important à ses yeux. Il répondait parfois, quand c’était son tour de dire quelque chose dans le monologue de l’humaine. Mais il veillait bien à être bref et vague, afin d’éviter de devoir parler de lui-même. Non qu’il n’en ait pas envie : Call était une femme charmante et sympathique, et il n’aurait pas voulu l’indisposer. Mais il voulait surtout éviter d’être interrogé sur des questions auxquelles il ne pouvait pas répondre. Comme par exemple le métier qu’il exerçait. Après tout, on lui avait bien conseillé de bannir le mot « jedi » de son vocabulaire, s’il pouvait éviter de le prononcer. Et en même temps, il préférait rester honnête tant qu’il le pouvait…
Une heure plus tard, à leur quatrième verre respectif -Call avait cessé l’alcool après le deuxième- cette dernière décida qu’il était temps pour elle de laisser Jinn poursuivre son enquête. Aussi, elle quitta le bar en prenant soin de le laisser payer ses consommations.
Puis Jinn se leva à son tour et se dirigea vers le bar.
« Vous me réglez ? demanda le plus poliment possible le tenancier. »
Ses yeux rouges vitreux semblaient vouloir dire que c’était presque un ordre.
« Pas tout de suite. Je ne suis pas encore parti ! En fait, j’aurais aimé savoir si vous connaissiez votre clientèle. Notamment, savez-vous à qui je pourrais m’adresser si je veux en savoir plus sur ce qui s’est passé à l’astroport il y a six jours ?
-Pas de problème. Vous pouvez interroger tout ces types, ils sont presque tous maintenus à quai à cause de cette histoire d’alerte. Tenez, vous voyez le type assis, là-bas ? (il hocha la tête en direction d’un pacithhip particulièrement volumineux) Ça va faire six jours de suite qu’il vient là en attendant que ça se passe, cette histoire. En six jours il a eu le temps de me raconter son histoire quinze mille fois. Vous pouvez y aller, lui, c’est certain qu’il était là quand ça s’est passé. Et je suis sûr qu’il n’aura rien contre le raconter une quinze mille et unième fois.
-Bon… Merci.
-De rien. »
En le voyant approcher, le pacithhip remua sa tête d’avant en arrière, sa trompe et ses bajoues s’agitant frénétiquement. Jinn n’avait pas la moindre idée de la signification d’un tel geste, aussi ne se sentit-il pas agressé d’une quelconque manière, si toutefois c’était le but.
« Excusez-moi, puis-je vous prendre un peu de votre temps ?
-[Allez-y. Le temps, c’est pas ça qui me manque, répondit-il en shimiese, la langue de ceux de son espèce. Asseyez-vous.] »
Jinn s’exécuta.
« [J’vous ai vu me dévisager avec le neimoidien. Dites-moi donc en quoi je peux vous aider.]
-Vous êtes marchand, c’est ça ?
-[Je préfères convoyeur de denrées. Mais c’est ça. Un convoyeur à qui l’on refuse l’accès à son vaisseau.]
-Pour quelle raison ?
-[Ils veulent laisser accéder personne tant qu’ils auront pas découvert l’origine du bordel de la semaine dernière.]
-On m’a dit que vous l’avez vécu, ce bordel…
-[Pour sûr. J’étais d’dans, quand tous les pélos se sont mis à courir comme des dératés.]
-A cause de ?
-[Qu’j’en sais moi ! J’ai suivi le rythme, comme tout le monde. Apparemment, ça aurait commencé par une bonne femme qui serait sortie en courant des chiottes. Elle s’est mise à hurler que quelque chose, un monstre, la poursuivait. Une vraie furie, je l’entendais depuis le quai de chargement. Et puis, faut croire qu’elle avait raison, vu que tout le monde s’est mise à la suivre.]
-Une mythomane ? Peut-être qu’elle mentait ? Peut-être qu’elle a vu des choses qui n’existaient pas ?
-[Ecoute mon gars, je suis pas fin psychologue, ch’uis que transporteur intergalactique. Mais j’ai pas mal bourlingué, suffisamment pour pouvoir affirmer une chose : un petit groupe peut créer un mouvement de panique assez facilement, surtout s’il y a des trouillards autour d’eux. Genre, des neimoidiens… Mais pas une femme seule. Encore une fois, je me répète, je n’ai rien vu du tout. Et pourtant, Dieu sait si j’étais près des évènements –bien plus près que tous ces loustics autour de nous, je peux te l’assurer. Mais, sans vouloir défendre la santé mentale de cette femme que je ne connais ni de Boga ni d’Ashla, s’il y a eu panique, c’est qu’il y avait quelque chose.] »
Jinn restait sceptique. Tout le monde semblait avoir entendu parler de l’événement, mais personne ne savait quoi que ce soit. Pas même ceux qui se trouvaient dans les lieux au moment du drame. C’était louche, très louche. Pour lui, soit la femme était une mythomane, soit le silence des autorités signifiait qu’il y avait exogorth sous astéroïde. Il s’agissait peut-être de quelque chose de top secret, ou de sensible. Un acte terroriste ? En temps de guerre, pourquoi pas.
Devant son air pensif, le pacithhip comprit que Jinn ne croyait pas à sa thèse du monstre sanguinaire. Et comme le bonhomme détestait avoir tort, il ajouta une énormité :
« [Ecoutez, c’est certain qu’il y avait quelque chose. Sûr de sûr. Parce que j’ai peut-être rien vu de là où j’étais, mais j’ai bien entendu par contre !]
-Entendu ? Entendu quoi ?
-[Bah, le truc, le monstre quoi. Une espèce de grognement immonde, sorti des enfers. Vous avez déjà entendu hurler un gundark ?]
-Non.
-[Un ben c’était pareil, mais en pire.] »
Le « convoyeur de denrées » arbora un sourire des plus satisfaits alors que la mine de Jinn se faisait plus renfrognée encore. Car pour lui, cela signifiait qu’il avait été assez convaincant pour l’avoir fait douter de sa théorie de la mythomane : c’était donc une victoire.
Jinn ne savait effectivement plus que croire. Mais il avait au moins la confirmation définitive d’une chose : ses rêves étaient bien prémonitoires… !





LIII



En quittant le bar (et en payant le prix fort pour les consommations), il se rendit par principe jusqu’à l’astroport général. Il aurait été dommage de parcourir un si long chemin dans les rues fatigantes de Zarra, pour craquer si près du but. Mais comme il l’avait supposé entre-temps, cela ne lui serait d’aucune utilité. La police et un bon nombre de stormtroopers faisaient le pied de grue devant le bâtiment, empêchant quiconque de pénétrer à l’intérieur. Evidemment, la Force lui aurait peut-être permis de se lancer dans l’infiltration, mais en l’occurrence, le mieux qu’il pouvait faire était de questionner ces sentinelles policières. Et en ce cas, il faisait face à un autre problème : quelle légitimité aurait-il eu de les interroger ? Et que répondrait-il si on lui demandait pourquoi il s’intéressait tant au sujet ? Et que ferait-il si son insistance le conduisait à nouveau à être arrêté ? Comment s’en sortirait-il si on s’apercevait alors que sa carte d’identité était une fausse ?
Il rebroussa chemin et repartit en sens inverse, vers les beaux quartiers de la ville. En une heure, il avait atteint la résidence Haako.
« Bonjour, dit-il au majordome dès lors que ce dernier lui ouvrit la porte.
-Bonjour Monsieur. Que puis-je faire pour vous ?
-J’aurais souhaité rencontré Monsieur Haako. Monsieur Tyme Haako. Serait-ce possible ?
-Ma foi, Monsieur, je crois que vous vous trompez de lieu. Ce manoir n’est pas la propriété de la famille Haako.
-Mais… Et le « H » au dessus de la porte ?
-Et bien, il se trouve que Monsieur Roth Haihki a racheté ce manoir aux Haako il y a des années. Et qu’il a cru bon de ne pas faire changer la lettre au-dessus de la porte. Mais cette maison n’appartient plus aux Haako depuis fort longtemps.
-Oh… Je vois. Et, savez-vous où je pourrais les trouver ?
-Ma foi, monsieur, c’est une famille noble qui est vaste ; les Haako sont présents un peu partout sur les planètes du secteur. »
Jinn fit la moue.
« Mais si vous cherchez ceux qui vivaient ici avant Monsieur Haihki, ils n’ont pas déménagé bien loin. Vous les trouverez juste dans la rue parallèle à celle-ci.
-Ah. Très bien. Merci.
-De rien, Monsieur. »
Et suivant les indications du majordome, Jinn n’eut aucune difficulté à dénicher la nouvelle maison des Haako. Mais contrairement au manoir luxueux, spectaculaire de tantôt, cette maison était de taille moyenne, et bien qu’on sentait un certain niveau d’aisance, il était évident que la fortune familiale n’était plus celle qu’il lui avait connue.
Se remémorant l’histoire de son ancien protégé, cela ne l’étonnait guère. Sans être de la même lignée, Tyme Haako n’était pas si éloigné de la famille de Rune Haako, le conseiller de Nute Gunray, leader de la Confédération des Systèmes Indépendants. On pouvait très bien imaginer que dans cet univers où l’empire avait régné après la guerre des clones, la famille de Tyme Haako ait suivi la défection probable de la famille de Rune, qui ne s’était pas produite de la même manière dans l’univers positif…
« C’est pour ? lui fit une neimoidienne, poliment mais avec clairement moins de « charme » que le majordome des Haihki.
-Je voulais savoir s’il était possible de parler à Tyme Haako ?
-A qui ?
-Tyme Haako, si c’est possible évidemment. »
La neimoidienne cligna ses yeux globuleux avec incompréhension.
« Je crois que vous vous êtes trompé, mon bon Monsieur. Il n’y a personne ici du nom de… comment vous dites déjà ?
-Tyme Haako.
-C’est ça.
-Mais… c’est impossible. Je suis allé au manoir Haihki, et l’on m’a affirmé qu’il vivait ici.
-Ah bon ? Parce qu’effectivement, nous habitions jadis la résidence Haako, ce grand manoir pas très loin. (on avait l’impression qu’un nexu lui grattait la gorge comme elle disait cela) Mais il n’y a personne dans notre famille qui se nomme Tyme, ni rien d’approchant.
-Vous… vous êtes sûre ?
-Ah ben, quand même ! Dites que je mens tant que vous y êtes ! Je connais toute ma famille, depuis Jupe Ier jusqu’à Sarc Haako le Grand. Je peux vous assurer qu’il n’y a pas de « Tyme » chez nous. Et soit dit en passant, je n’ai même jamais entendu de neimoidien de ce nom-là.
-Sûre sûre ? Un politicien, cousin éloigné de Rune Haako, il aurait commencé sa carrière comme chef du canton de Cato-Sora…
-Non c’est non, n’insistez pas !
-Bon. Merci quand même.
-Timbré, l’entendit-elle murmurer alors qu’elle refermait la porte. »





LIV



Jinn se retrouvait donc Gros-Jean comme devant.
Pas d’ami sur Malastare, pas de politicien neimoidien. Sa mémoire lui jouait-elle des tours au point de lui rappeler des noms qui ne correspondaient pas à ceux qu’il avait rencontrés ? En tout cas, il se retrouvait à présent comme deux ronds de flan, sans trop savoir quoi faire.
Il lui restait encore un maigre espoir de comprendre. C’était que la neimoidienne ait, pour une quelconque raison, menti à propos de Tyme. Auquel cas, il pouvait peut-être encore le trouver. Mais qui était à même de lui dire où chercher ?
Deux heures plus tard, il attendait devant la Tour Arkeo.

Comme toujours, Douglaz Kints n’était jamais bien loin. Il attendait aussi, à distance suffisante pour ne pas être repéré, mais aussi pour ne pas perdre de vue sa cible.
Vu sa tête de loin, Skywalker avait clairement envie de rentrer à l’intérieur du bâtiment. Mais il hésitait. Peut-être que la présence de quatre stormtroopers armés, juste en haut des escaliers, ne l’enjoignait pas vraiment à pénétrer dans le building.
Il regarda à droite, puis à gauche. N’ayant pas pu renouveler son déguisement, se sachant un peu trop proche de Jinn, et ne voulant surtout pas être reconnu de lui, Kints se précipita dans la ruelle perpendiculaire où personne ne pouvait le voir.
Une ruelle somme toute assez classique. Des poubelles attendant d’être ramassées. La différence étant qu’elles étaient plutôt bien rangées et alignées –et oui, parce que dans le quartier des affaires, même les poubelles ont quelque chose de classe… !
Il colla son dos à l’un des conteneurs, quand il sentit quelque chose passer sur son épaule.
Il baissa les yeux, pour voir ce qui serpentait ainsi sur lui, et…
Vvvvzzioouutt !
Kints disparut.

Jinn se décida. Il prenait des risques, évidemment. Mais il était jedi après tout. Et les risques, il devait savoir en prendre. En outre, il devait savoir pour Tyme.
Il traversa la rue et monta les escaliers. C’est drôle, se dit-il. C’était bien la troisième fois qu’il grimpait ces marches en une semaine. Sauf que la première fois, c’était dans un autre univers, et la seconde dans un rêve. Comme s’il partageait avec ces escaliers pourtant tout à fait normaux une sorte de lien spécifique. Absurde, n’était-il pas ?
Arrivé en haut, les quatre gardes ne firent pas un mouvement pour l’arrêter. Ils étaient sans doute là pour le spectacle, pour l’image de l’empire. Jinn poussa la porte d’entrée. Il se retrouva dans un vaste hall d’entrée plutôt chic, avec une voûte de marbre noir très élevée : le lieu était comme dans ses souvenirs. En revanche, dans sa mémoire, il était rempli d’hommes d’affaires et de politiciens neimoidiens. Pas de soldats et d’officiers impériaux en uniforme.
Peut-être n’était-ce pas une si bonne idée que ça, finalement…
Il songea un instant à rebrousser chemin. Pour sa propre survie, c’était de toute évidence le choix le plus logique. Mais s’il faisait demi-tour, là, au beau milieu d’un hall grouillant de militaires, non seulement il ne parviendrait jamais à passer inaperçu, mais même si c’était le cas, une holocam de surveillance était probablement déjà en train de le filmer en ce moment-même, de filmer son visage effrayé de ce qu’il avait devant lui et auquel il ne s’attendait vraiment pas. Le seul choix restant était de faire semblant de savoir ce qu’il faisait ici, même si concrètement ce n’était pas du tout le cas.
Il se dirigea vers le bureau qui ressemblait vaguement à l’accueil, derrière lequel un humain au front dégarni consultait un datapad.
Jinn s’éclaircit la gorge. L’homme ne releva pas la tête, faisant mine de ne pas avoir entendu. L’ancien jedi recommença une seconde fois, un peu plus bruyamment. Le type décrocha son regard de son écran.
« Ouiiii… laissa-t-il traîner sa phrase. »
Jinn ne se laissa pas décontenancer. Il lui sortit la première excuse qui lui passa par la tête.
« Je voudrais porter plainte.
-Ah oui ? Tant mieux. Franchement, est-ce que vous trouvez que ce bureau ressemble à un commissariat ?
-Ce n’est pas un commissariat ?
-je vous préviens que si c’est des ennuis que vous venez chercher, c’est des ennuis de vous trouverez.
-Oh… Loin de moi cette idée. Excusez-moi mais, je suis originaire de Koboc. Et chez nous, la police est contrôlée par notre glorieuse armée impériale. Alors, vous comprenez, vu qu’il n’y a aucune inscription sur la devanture, que j’ai vu rentrer des soldats impériaux, et que j’ai l’habitude que la police et l’armée soient confondues, je me suis dit que peut-être… »
Jinn se fustigea intérieurement de ce qu’il était en train de dire. Même si c’était en grande partie la vérité, ça n’était pas crédible une seule seconde pour quelqu’un d’autre qu’un kobocois.
« Ben vous avez mal pensé. J’ai même jamais entendu parlé de cette Koboc.
-Ça ne m’étonne pas.
-QUOI ? Vous voulez dire par là que je suis un imbécile, c’est ça ?
-OH, non non ! Pas du tout ! Mais je veux dire qu’il n’y a pas grand monde qui connaisse Koboc. On est un peu paumé, loin de tout…
-Mouais… En tout cas, c’est pas l’hôtel de police, ici. Du balai le touriste.
-Sincèrement, excusez-moi pour le dérangement. Au revoir. »
Jinn pensait s’en être tiré avec les honneurs.
« Hep, hep, hep, attendez, vous ! »
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Ven 15 Mar 2013 - 21:48, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Jeu 14 Mar 2013 - 23:42   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Kehor Nabaag a écrit:Pour moi, un rade est (dans le cas présent) un mot familier pour désigner un bar ou d'une manière plus générale un endroit pour désigner un lieu un peu louche. Effectivement, je n'ai pas pu retrouver cette définition sur le net. Mais je l'ai toujours entendu dire... (par contre je serai incapable de te dire où je l'ai entendu la première fois) J'ai toujours pensé que c'était un dérivé par synecdoque du mot "rade" originel, en l'occurrence les lieux de mouillage pour bateaux. Le rade désignant alors les bars à marins


Oui mais "rade" est un nom féminin ! :neutre:

Kehor Nabaag a écrit:Euh... T'es sûr pour le coup? Moi, j'aurais plutôt mis un conditionnel :
"SI ceci, alors je comprendraiS"


Tous les "si" ne donnent pas un conditionnel :neutre:
S'il veut une bière, alors tu lui en serviras => futur (il y a certitude de l'action si la condition est réalisée)
Si tu veux être seul, alors il comprendra. (c'est sûr)

En fait c'est le fait qu'elle soit sûre de comprendre qui induit le futur.
Si on met le conditionnel, cela veut dire qu'elle n'est pas sûre de comprendre.
"S'il veut une bière, alors tu lui en servirais ?" => c'est pas sûr
"Si vous voulez être seul, alors je comprendrais." => peut-être ou peut-être pas

Tout dépend si la femme est sûre d'elle ou pas. ;)

PS : trop long à lire ce soir... si je suis encore en vie, je verrai (futur) ça demain. (c'est une certitude si la condition est réalisée !) :D
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Messagepar Hiivsha » Ven 15 Mar 2013 - 14:57   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Lu. Y'a quoi dans cette tour ? :)


CHAPITRE L (Jinn vient de s'asseoir à la table de la femme)
"Un long silence s’installa. Le barman neimoidien vint jusqu’à eux, et Jinn commanda une boisson sans alcool"
CHAPITRE LII
"Une heure plus tard, à leur quatrième verre respectif -Call avait cessé l’alcool après le deuxième- " :siffle:

Une heure plus tard, à leur quatrième verre respectif -Call avait cessé l’alcool après le deuxième- => s'est mis

une petit groupe => un

je me répètes, => répète

entre temps => entre-temps

au dessus de la porte ? => au-dessus
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Messagepar Kléber Valéra » Ven 15 Mar 2013 - 21:46   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Hiivsha a écrit:Oui mais "rade" est un nom féminin

Effectivement. Mais pour le bar, je suis convaincu que c'est "un" rade et pas "une" rade. Du coup, tu voudrais dire que ça ne pourrait pas venir d'une rade pour les bateaux? Peut-être pas, effectivement...
Hiivsha a écrit:Si vous voulez être seul, alors je comprendrais

Ok je corrige.
Hiivsha a écrit:CHAPITRE L (Jinn vient de s'asseoir à la table de la femme)
"Un long silence s’installa. Le barman neimoidien vint jusqu’à eux, et Jinn commanda une boisson sans alcool"
CHAPITRE LII
"Une heure plus tard, à leur quatrième verre respectif -Call avait cessé l’alcool après le deuxième

Je ne vois pas le problème... Call a pris 4 verres dont 2 avec alcool. Jinn en a pris 4 dont aucun avec alcool...
Hiivsha a écrit:-Call avait cessé l’alcool après le deuxième- => s'est mis

Queu-wa?

Pour le reste, corrigé dans le texte...
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Messagepar Kléber Valéra » Ven 15 Mar 2013 - 21:59   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

LV



Jinn gela sur place.
« Oui ? fit-il en se retournant (l’homme était enfin entièrement concentré sur lui, et le fixait d’un œil torve).
-Vous m’avez vraiment pris pour un con.
-Pardon ? Mais, je… pourquoi ? Non !
-Votre histoire d’armée-police, c’est la pire connerie que j’ai jamais entendue. Depuis quand les impériaux jouent-ils les policiers ?
-Sur ma planète, ça fait presque…
-Fermez-là. C’est louche, tout ça. Montrez-moi votre carte d’identité, d’abord. »
L’échange avait commencé à attirer l’attention des gratte-papiers qui travaillaient aux bureaux adjacents. Jinn voulant à tout prix éviter les éclats, il obéit sans discuter, et tout en sachant qu’il prenait presque plus de risques. Après tout, c’était plus par miracle qu’autre chose que les douanes de trois planètes n’avaient pas été, jusqu’ici, très regardantes. Mais ce petit lieutenant de bureau l’avait pris en grippe.
Ce dernier lorgna la carte électronique pendant un bon moment. Son visage suggérait qu’il n’avait rien à y redire, mais qu’il cherchait quand même un prétexte pour accuser Jinn.
« Elle m’a l’air aussi louche que vous, cette carte.
-Pourtant, c’est bien ma…
-Je vous ai autorisé à parler ?
-Non, pardonnez-m…
-Restez-là, je reviens. »
L’homme partait avec sa carte. Cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : il comptait la vérifier dans les règles, avec un lecteur dédié. Un lecteur qui pouvait fonctionner aussi mal que ceux des astroports précédemment visités. Ou pas.
Jinn se morigéna intérieurement. Lyona n’avait visiblement rien eu d’une experte-pirate informatique. Elle avait dû lui donner une carte bidouillée à la hâte, récupérée il ne savait comment. Alors que lui-même avait toujours été un as en informatique : combien de temps cela lui aurait pris de vérifier que cette petite carte de rien du tout était 100% fiable ? Probablement aucun. Mais il ne l’avait pas fait.
Il trépigna d’impatience, tenta de ne pas le montrer, histoire de ne pas se rendre encore plus coupable devant les militaires autour de lui qui le regardaient toujours, du haut de leur bureau respectif. Deux minutes plus tard, chrono en main, l’impérial revint avec la carte dans la main, totalement impassible.
Il la lui tendit, Jinn la prit mais ne bougea pas. L’homme semblait moins énervé que quand il était parti.
« Votre carte d’identité a été contrôlée. Tout est en ordre. »
Jinn souffla intérieurement. Il était prêt à partir, quand :
« En tout cas, une vérification par un scanner ancien modèle n’aurait rien montré d’anormal. Cependant, nous avons ici la chance d’avoir des machines plus récentes, reliées à la base UPA. Et il y a quelque chose de curieux avec votre carte d’identité. Tout semble indiquer qu’elle correspond à un dénommé Jinn Skywalker. Mais l’identifiant holosec, en revanche, est notifié dans la base UPA comme étant celui de Tionne Saless. »
Jinn n’avait aucune idée de ce dont il parlait, avec sa base UPA ou son numéro holosec. Probablement des systèmes mis en place par l’empire. Mais il en comprenait suffisamment pour entrevoir tout le danger de la situation.
« Or, sans être expert en linguistique, il me semble que Tionne est un prénom féminin. Et vous me semblez avoir un peu trop de poils sur le torse et pas assez de seins pour pouvoir prétendre porter le nom de « Tionne ». De là, j’en déduis que, peut-être, votre carte est une fausse. »
Il était à présent complètement calmé. Mais son regard froid et terrifiant ne le rendait pas moins effrayant que lorsqu’il était en colère. Il dévisagea Jinn, qui ne savait plus quoi répondre. Ce dernier ne pensait plus qu’à deux choses à présent. La première, était que bien malgré lui, il s’était jeté dans la gueule du loup. La seconde était qu’il n’allait pas avoir d’autres choix que de fuir en courant. Parce que rencontrer un général extravagant qui le laisserait partir quand il devrait le faire enfermer, ça lui arriverait une fois mais pas deux.
L’officier fit un signe discret de la tête.
Pour Jinn, pas besoin de la Force pour comprendre que deux stormtroopers s’étaient approchés dans son dos et qu’ils allaient lui bloquer la sortie s’il ne réagissait pas très vite.





LVI



Il se baissa d’un coup rapide, sachant que les gardes derrière lui tenteraient sans doute de l’attraper par la taille ou les bras. Son stratagème fut payant : les mains des deux hommes crochetèrent le vide qu’il avait laissé. Tu n’as pas la Force pour te guider. Laisse ton instinct le faire… se dit-il.
Accroupi, il poussa sur ses jambes pour bondir en arrière, et passer entre les deux hommes en uniforme blanc. Il frôla leur bras refermés sur le néant, puis se retrouva à deux mètres derrière eux.
N’ayant pas anticipé cette fuite, aucun des deux ne réagit très vite. Mais les gratte-papiers alentour étaient eux aussi des militaires de formation, avant d’être des bureaucrates. Ils se jetèrent par-dessus leurs bureaux pour écraser de leur poids le fuyard. Jinn roula sur le côté, les évitant ainsi et les forçant à s’aplatir les uns sur les autres. Le jedi bondit une nouvelle fois, pour se remettre debout cette fois. Il fit volte-face : la porte d’entrée était déjà bloquée. Les types avaient sorti leurs blasters. Plus pour impressionner qu’autre chose : ils ne prendraient pas le risque de tirer sur leurs collègues. Jinn se retourna encore. Face à lui, un escalier. Libre. Il marcha sur le tas d’impériaux et bondit sur les premières marches.
Premier étage : y entrer ? Evidemment. Plus il grimperait, plus ceux du bas auraient eu le temps de prévenir tout l’immeuble.
Ici, des bureaux, encore. Et des impériaux, également. Visiblement pas encore au courant des évènements qui s’étaient déroulés juste sous leurs pieds.
Les hauts-parleurs se mirent à crier.
« Attention, attention ! Un individu tente de s’enfuir. Il vient de grimper aux étages. Stoppez-le immédiatement ! »
Jinn ne leur laissa pas le temps de réfléchir. Il courut comme un dératé vers la fenêtre qui était la plus proche de lui, malheureusement à l’autre bout de la grande salle. Dans sa course, il mit sa paume en avant, afin d’invoquer une poussée de Force et faire voler le transparacier en éclats.
Ah merde, oui ! C’est vrai ! pesta-t-il alors qu’il était déjà sur la fenêtre.
Par chance pour lui, l’entretien du bâtiment coûtait tellement cher que les fenêtres des étages les plus bas étaient très rudimentaires. L’épaisseur de transparacier était si ridicule qu’il n’eut aucun mal à la traverser avec tout l’élan qu’il avait pris. Il n’empêche que le choc fut extrêmement brutal, d’autant plus qu’il n’avait pas eu le temps de s’y préparer, convaincu que la vitre serait déjà détruite quand il passerait.
Tentant d’oublier la douleur fulgurante qui traversait son épaule droite, il contrôla tant bien que mal sa chute de dix bons mètres. Cette fois, il était pleinement conscient que la Force ne lui permettrait pas d’atterrir en douceur. Aussi, se mit-il en position pour accueillir le nouveau choc du mieux qu’il put.
En arrivant en bas, il retomba miraculeusement sur ses pattes, de manière suffisamment souple pour ne pas trop subir de dégâts. Il entendit un bruit étrange dans sa jambe gauche mais fit mine de ne pas l’avoir perçu : les types du rez-de-chaussée avaient fait chemin inverse, étaient sortis de la Tour Arkeo, et étaient déjà prêts à le canarder.
L’ancien jedi sprinta le long de la rue de la Tour, puis le long d’une autre, puis d’une autre. Personne n’était parvenu ni à le toucher, ni à le suivre. Mais il était à présent un fugitif.
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Dim 17 Mar 2013 - 0:38, modifié 2 fois.
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Messagepar Hiivsha » Ven 15 Mar 2013 - 23:30   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Oulà, j'étais pas dans mon assiette quand j'ai posté...
Ok, pour les verres, j'avais lu Jinn au lieu de Call

c’est la pire connerie que j’ai jamais entendu => entendue

du haut de leurs bureaux respectifs. => là si tu mets "respectifs" ça veut dire "chacun le sien". Du coup, moi je mettrais au singulier l'expression, considérant que chacun n'a qu'un bureau respectivement. ;)

pour ne pas trop subire => subir

Sauter de 10 mètres sans la Force... quand on sait qu'autrefois (1940) un saut en parachute équivalait à une chute libre d'une hauteur de 5 mètres (bien préparée, pas à travers une vitre !) et que les blessures étaient fréquentes... j'espère qu'il s'est au moins cassé la jambe d'où le bruit ? :paf: Ou alors, sans la Force c'est quand même un homme extraordinaire ! :diable:
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Messagepar Kléber Valéra » Dim 17 Mar 2013 - 0:39   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Hiivsha a écrit:Sauter de 10 mètres sans la Force... quand on sait qu'autrefois (1940) un saut en parachute équivalait à une chute libre d'une hauteur de 5 mètres (bien préparée, pas à travers une vitre !) et que les blessures étaient fréquentes... j'espère qu'il s'est au moins cassé la jambe d'où le bruit ? Ou alors, sans la Force c'est quand même un homme extraordinaire !


Pour la chute, pas d’accord, je ne suis. Certes le plafond du rez-de-chaussée semble plutôt haut. Mais il n’est jamais qu’au premier étage quand il saute… Comprend moi bien : je ne dis pas que je le ferais tous les jours sans qu’il n’y ait aucun danger. Mais statistiquement, il est tout à fait possible de s’en tirer sans problème, surtout pour quelqu’un de souple et musclé (grâce à son entraînement de jedi) comme Jinn.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vesna_Vulovi%C4%87
Certes c’est un cas exceptionnel. Mais si on peut chuter de 10 000 mètres et s’en tirer avec deux jambes cassées et une fracture du crâne, un étage ne me semble pas excessif !!
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Messagepar Kléber Valéra » Dim 17 Mar 2013 - 0:46   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

LVII



Mais qu’avait-il bien pu se passer ? Kints avait la bouche pâteuse et le regard vague. Comme s’il avait eu une bonne cuite. Pourtant, il était parfaitement à jeun. Alors quoi ?
Il regarda autour de lui. Des poubelles, les mêmes que celles derrière lesquelles il s’était caché de Skywalker. En fait, il n’avait pas bougé. Simplement… On l’avait assommé.
Qui ? Dans quel but ? Impossible à savoir pour le moment. Mais il aurait juré que celui qui avait fait cela était un complice de Jinn qui voulait tout simplement le débarrasser de son pot de colle d’espion impérial. En tout cas, Kints devait bien le féliciter, qui qu’il soit. On ne l’avait que rarement pris par surprise, et cet homme mystérieux était drôlement doué.
Il se releva non sans mal, s’appuyant d’abord sur les bacs à ordures puis sur le mur de permabéton bleu-gris. Il sortit de la ruelle.
Comme de bien entendu, Jinn n’était plus en vue. Ça n’avait rien de très étonnant. Mais, chose plus étonnante en revanche, était l’agitation qui semblait régner devant la Tour Arkeo. Il y avait un bataillon entier de stormtroopers, et un gradé en train de lui donner des ordres.
Kints s’approcha.
« … ce fugitif, quadrillez le secteur, retrouvez-le quoiqu’il en coûte ! l’entendit-il prononcer comme il arrivait près d’eux. »
Le groupe de soldats se dispersa à droite et à gauche. Leur chef commençait déjà à remonter les escaliers.
« S’il-vous-plaît ? l’arrêta Kints.
-Oui ? fit l’autre en se retournant.
-Pourriez-vous me dire ce qui se passe ?
-Mêlez-vous de vos oignons, lui lança le militaire. »
Kints n’allait quand même pas se laisser parler comme ça.
« Pardon ? Non mais, vous savez à qui vous parlez ?
-Et vous, civil. Avez-vous bien conscience que vous vous adressez à un…
-…simple capitaine. Un petit capitaine de rien du tout ! Je me présente : major Douglaz Kints, de l’armée du système de Koboc ! Et mon grade est largement supérieur au vôtre. Alors je vous conseille de vous excuser sur le champ si vous ne voulez pas qu’il vous arrive des bricoles, capitaine ! (Il appuya bien sur le dernier mot.)
-Ma…ma…major ?
-Major, oui !
-Je suis vraiment navré, major. Je n’aurais pas pu vous reconnaître, sans uniforme. Vous êtes bien loin du secteur dont vous avez la charge, et…
-Et cela vous autorise-t-il à me parler comme à un dergi ?
-Quoi ? Pardon ?
-Je vous demande si le fait que vous me preniez pour un simple civil vous autorise à me parler comme à un dergi ?
-Non. C’est que…
-Ne savez-vous pas que notre armée se doit d’être respectable en toute circonstance, si elle veut effectivement gagner le respect du peuple ?
-Si, bien sûr, mais…
-Alors maintenant je vais répéter ma question. Soyez assez aimable, ou au moins intelligent, pour me dire ce qui se trame en ce moment. Parce que même si je suis effectivement bien loin de mon secteur de rattachement, je peux vous assurer que je saurai parler à qui de droit quand il s’agira de vous rétrograder. Me suis-je bien fait comprendre ?
-Oui. Pardon, Monsieur, s’excusa l’autre, plus mal à l’aise que jamais. »
Vu son état paniqué, il ne lui serait pas venu à l’esprit de demander à Kints une preuve de son grade, autre que sa parole. Mais ce qui était une faute en soi –après tout, il pouvait bien être civil et bon acteur- l’arrangeait plutôt pour le moment : Kints n’avait pas de temps à perdre.
« Un type s’est présenté à l’accueil il y a quelques minutes. Il avait l’air un peu bizarre. Le lieutenant Dan lui a demandé ses papiers, et il se trouve…
-Qu’ils étaient faux, je sais. Ensuite ?
-Il a pris la poudre d’escampette. Le général Stinell a ordonné qu’on le retrouve. »
Voilà qu’il était beau à présent. Si Stinell et ses hommes mettaient la main sur Skywalker, il l’arrêterait, et son enquête prendrait fin. Autrement dit il aurait échoué.
Evidemment, ce n’était pas vraiment sa faute. Skywalker avait été idiot, dès le début, de se jeter dans les bras de l’armée. A moins qu’il n’ait été complètement stupide –chose tout à fait improbable selon Kints- il aurait dû s’apercevoir que les impériaux ne l’auraient pas libéré deux fois de suite.
Une idée vint soudain à Kints. Skywalker n’arpentait peut-être pas un chemin aussi aléatoire qu’il l’avait imaginé au début… Qu’avait-il entendu, il y a quelques heures à peine ?
Jinn était à la recherche d’un politicien neimoidien, un dénommé Tyme Haako. Or, de ce qu’il savait, cette Tour immense était un bâtiment officiel neimoidien, abritant des politiciens, quelques dizaines d’années plus tôt, avant sa réquisition par l’armée. Peut-être qu’il était venu ici dans le seul but de retrouver ce Tyme-chose ?
Et, Kints n’en doutait pas un instant : s’il voulait avancer dans SON enquête, il fallait que Jinn avance dans la sienne. Qu’il soit libre d’agir. Et pas qu’un autre détachement de l’armée impériale, autre que lui s’entend, ne lui mette des bâtons dans les roues, simplement parce que Jinn se sera rendu chez eux sans y avoir été invité.
Tout ça parce qu’il cherchait un neimoidien.
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Messagepar Hiivsha » Dim 17 Mar 2013 - 1:25   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Kehor Nabaag a écrit:
Hiivsha a écrit:Sauter de 10 mètres sans la Force... quand on sait qu'autrefois (1940) un saut en parachute équivalait à une chute libre d'une hauteur de 5 mètres (bien préparée, pas à travers une vitre !) et que les blessures étaient fréquentes... j'espère qu'il s'est au moins cassé la jambe d'où le bruit ? Ou alors, sans la Force c'est quand même un homme extraordinaire !


Pour la chute, pas d’accord, je ne suis. Certes le plafond du rez-de-chaussée semble plutôt haut. Mais il n’est jamais qu’au premier étage quand il saute… Comprend moi bien : je ne dis pas que je le ferais tous les jours sans qu’il n’y ait aucun danger. Mais statistiquement, il est tout à fait possible de s’en tirer sans problème, surtout pour quelqu’un de souple et musclé (grâce à son entraînement de jedi) comme Jinn.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vesna_Vulovi%C4%87
Certes c’est un cas exceptionnel. Mais si on peut chuter de 10 000 mètres et s’en tirer avec deux jambes cassées et une fracture du crâne, un étage ne me semble pas excessif !!


Ben tu dis 10m c'est 3 étages d'un immeuble chez nous. Essaye de sauter du 3e ;)
Après on connait l'influence des films á la die hard hein :)
Ceci dit tu es l'auteur, tu fais ce que tu veux, moi je ne fais que des réflexions de lecteur :neutre:
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Messagepar Hiivsha » Dim 17 Mar 2013 - 14:14   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Lu. Il ne reste plus à Kints qu'à faire "péter les galons" pour faire cesser les recherches ! :wink:

et cet homme mystérieux était drôlement doué => pourquoi ce serait pas une femme ? :siffle:
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Messagepar Kléber Valéra » Dim 17 Mar 2013 - 23:03   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Hiivsha a écrit:Ben tu dis 10m c'est 3 étages d'un immeuble chez nous. Essaye de sauter du 3e
Après on connait l'influence des films á la die hard hein

Je ne suis pas très Die Hard. Mais a priori, on peut sauter d'aussi haut que l'on veut, du moment qu'on fait une roulade à l'arrivée, on n'est pas blessé...
Sérieusement, j'ai peut-être effectivement un peu sur-évalué la hauteur (plus que ses capacités).




********************************************************




LVIII



« Ecoutez-moi bien, capitaine : vous allez immédiatement rappeler toutes vos troupes sur-le-champ. Cet homme ne vous concerne pas, oubliez-le.
-Je regrette de devoir vous dire ça, major, mais vous n’avez pas, sur cette planète, le pouvoir de donner un tel ordre.
-Vous voulez vraiment vous en assurer ? menaça-t-il.
-Non, je veux dire que même en admettant que votre influence s’étende jusqu’ici, c’est le général qui a ordonné qu’on poursuive ce type. Et il est –et de loin- bien plus gradé que vous. »
Kints tenta de choisir la solution la moins compromettante pour lui et la nature de sa mission. Que ferait Coff à sa place ?
Au diable Coff. Au fond de lui, il n’était pas le major Douglaz Kints, mais « Aster », l’agent spécial du BSI. L’électron libre.
« Emmenez-moi voir le général Stinell. Je dois lui parler immédiatement. »

Quelques minutes plus tard, quelques étages plus haut…
« Général, je suis navré de vous déranger, mais un homme désire vous voir.
-Et vous êtes venu ici pour me dire cela ?
-C’est que… comme vous l’avez ordonné, pratiquement tous nos hommes sont partis sur les traces de ce fugitif. Elle le capitaine Terry n’est plus à son poste. Loin de moi l’idée de contourner la hiérarchie, mais…
-C’est bon, capitaine. Je notais juste que si vous commencez à m’amener tous les passants, ça risque de devenir rapidement une belle pagaille, ici.
-C’est à dire… il s’agit du major Douglaz Kints. Et il insiste pour vous rencontrer. Il dit que c’est important.
-Un major ? Et alors ? Qui est-il, ce major, d’abord ? »
Le capitaine ne sut que dire. Car non content de ne pouvoir répondre à son général, il s’apercevait pour la toute première fois que ce Kints pouvait tout aussi bien être un imposteur.
« Et bien ?
-Je… Je…
-Bon ! Poussez-vous, sinon on en a pour des heures, énonça clairement le major, sortant de derrière la porte et poussant le capitaine de son chemin d’une façon très impolie. Disposez, ajouta-t-il à son adresse. »
Faute de savoir comment réagir, le capitaine s’inclina, sortit, et referma la porte derrière lui.
« Qu’est-ce que c’est que ces manières ! aboya le général. Non mais, où vous croyez-vous ?
-Je suis vraiment navré d’avoir à me présenter ainsi, mon général. Croyez-bien que je ne suis pas habitué à bouleverser ainsi les convenances, mais il me semble qu’il s’agit d’un cas de force majeure. Je ne pouvais pas attendre plus longtemps que votre capitaine m’obtienne une audience.
-Même si vous êtes le major que vous prétendez être, vous n’avez absolument aucun droit de procéder ainsi. Je vous ferai renvoyer dès que…
-Général, laissez-moi au moins vous exposez la situation. Et seulement ensuite vous jugerez de la justesse de mes actions, et même me punirez si elles vous semblent inadéquates.
-Bon… Mais d’où êtes-vous ? Je n’ai pas la prétention de connaître tous mes hommes –il y en a bien trop. Mais je suis certain de ne vous avoir jamais croisé dans ce bâtiment.
-C’est exact. D’ailleurs, je ne suis même pas de ce système, mais de la planète Koboc, Monsieur.
-Koboc ? Ça n’est pas vraiment dans ce coin de la galaxie, ça.
-Encore exact, Monsieur.
-Mmm… Laissez-moi le temps de vérifier votre identité.
-Comme vous voudrez, Monsieur. »
Kints aurait volontiers répondu qu’il n’avait pas le temps pour ça non plus, qu’il fallait arrêter le plus tôt possible la chasse à l’homme dont Skywalker faisait l’objet. Mais il savait aussi où se trouvait la limite de l’insubordination, qu’il avait déjà un peu trop franchie d’ailleurs…
« Numéro de matricule ?
-15-001-AB7-841-25789-CB, Monsieur. »
Tandis que Kints dictait son « nom » de soldat, Stinell tapa sur un clavier le code en question. Une seconde et trois centièmes plus tard, le profil de Kints apparut sur son écran.
« Je lis : major Douglaz Kints, assignation actuelle : garnison permanente de Koboc. Titre administratif : quatrième adjoint du général Halaser Coff, général du Système et ministre de la police impériale.
-C’est bien cela.
-Votre photo laisse à désirer : on aurait peine à vous reconnaître.
-Je sais, général. C’est une vieille photo.
-Bon… Je vous écoute, major. Mais je vous préviens, vous avez intérêt à ne pas me faire perdre mon temps. Vous êtes loin du général Coff, ici, et il pourrait vous arriver des bricoles.
-Alors, je ferai court.
-Je vous le conseille. »





LIX



« Si j’ai bien compris, il y a une ou deux heures de ça, un type étrange s’est présenté à vous, puis a tenté de s’enfuir. C’est bien ça ?
-Oui. Et ?
-Il faut impérativement que vous laissiez cet homme tranquille, et que vous rappeliez toutes vos troupes. »
Stinell ne dit pas un mot. Mais dans son regard apparut de la surprise.
« Ça ne semble pas vous faire réagir, ce que je vous dis.
-C’est que… je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’un major venu du bout du monde peut avoir comme raison de laisser échapper un fugitif. Un homme soupçonné d’être un rebelle, qui plus est. »
Ainsi, ici aussi la paranoïa battait son plein.
« Votre questionnement est légitime.
-Trop aimable de votre part.
-Vous m’aviez dit de faire court… J’ai fait court.
-Effectivement. Alors, laissez-moi reformuler : avant de donner un tel ordre, et si je décide de le faire, je voudrais savoir POURQUOI je devrais dire à mes hommes de rentrer au bercail et de laisser un individu plus que suspect, partir juste comme ça. »
Kints pensa à la meilleure stratégie.
« Hmm… Vous avez fait des recherches sur cet homme ?
-Il s’agirait d’un dénommé Jinn Skywalker, si l’on en croit sa carte d’identité. Une carte qui, d’après le lieutenant Dan, est fausse de toute façon.
-Ce n’est pas la question que je vous ai posée. Avez-vous, oui ou non, recherché son visage dans les bases de données de l’Empire.
-Evidemment. Tout le bâtiment est équipé de caméras. C’est même la première chose que nous avons faite après sa fuite.
-Et avez-vous trouvé une correspondance ? »
Le général regarda son interlocuteur dans le fond des yeux. Il semblait vouloir lire en lui sans y parvenir.
« Absolument aucune. Ni dans les bases criminelles, ni dans les bases des impôts, ni dans celles de l’armée, ni nulle part. Mais je suppose que vous le savez déjà.
-Oui, je le sais.
-Vous suggérez que cet homme est un fantôme ?
-Pas du tout. Après tout, l’Empire ne peut matériellement pas recenser tout le monde non plus.
-Mais son absence totale est quand même curieuse. Surtout si on ajoute la fausse carte.
-Exact. Ecoutez, ce type est mystérieux, je vous l’accorde. Très mystérieux, même. Il s’est présenté à l’hôtel de police de Koboc il y a une semaine. C’est le général Coff qui l’a reçu.
-Un général ? A l’hôtel de police ?
-Oui. Il se trouve que notre armée de système bénéficie d’un statut spécial sur Koboc. L’armée et la police sont liées.
-Et bien… au moins, il n’aura pas menti sur ce point. Hum… C’est ce qu’il a expliqué au lieutenant Dan quand il s’est présenté, ajouta Stinell devant le regard perplexe du major.
-Effectivement, chez nous, les choses sont ainsi faites. Mais il n’en reste pas moins que ce type est louche. Le général a ordonné qu’on le suive, et que l’on mène une enquête sur lui.
-Il le soupçonne de rébellion ?
-Non. Mais ce Jinn Skywalker cache quelque chose, c’est certain.
-Et je suppose que vous êtes celui qui mène cette enquête, major Kints ?
-Tout à fait.
-Pourrais-je savoir pour quelle raison je n’ai pas été informé de votre présence ni de votre mission quand vous vous êtes posé sur Cato-Neimoidia.
-Bien sûr. C’est simple : cette enquête est tout à fait officieuse. Et personne d’autre n’est au courant que le général Coff, moi… et vous, maintenant.
-Officieuse… Ce n’est pas vraiment dans les règles, si je comprends bien.
-Une enquête discrète ne suit pas toujours les règles, Monsieur.
-Hmmm… Et, pourquoi vous venez me le dire à moi, si c’est officieux.
-Je ne devrais sans doute pas vous dire cela, surtout pas comme ça. Mais c’est avant tout parce que je n’ai pas eu le choix. Je comptais rester discret, même des forces impériales. Mais si vos hommes enferment ma cible, comment pourrais-je savoir où il comptait aller, pour élucider le « mystère Skywalker » ? Et comme un minimum de personnes doivent savoir, rapport au côté officieux de cette affaire, j’ai préféré venir vous voir directement.
-Et bien… Vous ne manquez pas de toupet, de m’annoncer ça comme cela ! Très franchement, je ne vois pas pourquoi je vous aiderais. Ni pourquoi j’aiderais ce général Coff, qui est prêt à passer par-dessus la hiérarchie établie pour simplement satisfaire sa curiosité –car c’est bien de ça que l’on parle, sinon il aurait suivi le protocole. Je me trompe ?
-Je n’ai pas la prétention de connaître les stratégies de mon supérieur, mais c’est possible.
-Sans compter qu’en accédant à votre demande, je deviens le même comploteur que vous deux. Je ne serai certes pas forcé de dire à mes hommes pourquoi j’annule la chasse dans laquelle je viens juste de les lancer, mais que répondrai-je à mes supérieurs ?
-Je ne sais pas, Monsieur. Je ne suis pas général, et je ne sais pas quelles sont vos responsabilités, mentit Kints éhontément. Je supposais que vous étiez suffisamment intelligent pour trouver une excuse, une explication…
-Ne soyez pas insultant, Kints. Ce genre de fausse flatterie ironique ne fonctionne pas avec moi.
-Pardon. »
Stinell croisa ses mains, index pointés vers le haut, et leva les yeux au ciel.





LX



« Si je rappelle mes hommes, si je participe à votre petite manigance…
-Investigation, je préfère.
-Si vous voulez. Qu’est-ce que j’y gagne ? Hormis des emmerdes, évidemment.
-Dans l’absolu, rien. Je ne peux rien vous promettre à la place de mon supérieur. Mais je m’engage, à titre personnel, à vous révéler l’identité de cet étrange bonhomme dès que je l’aurai. Après tout, maintenant que j’ai commencé, autant vous dire tout jusqu’au bout. Et puis, comme vous dites, vous ferez un peu partie du… « complot ».
-Et supposez un instant que son identité ne m’intéresse pas du tout. Et que la seule chose qui m’intéresse, en l’occurrence, soit de ne pas passer pour une girouette devant mes hommes… »
Kints baissa la tête pour réfléchir. La manière douce n’avait pas fonctionné ? Parfait.
« Puisque c’est ainsi, vous me voyez contraint de procéder de façon désagréable. Mais s’il doit en être ainsi… Sachez, Stinell, que si je ne suis pour vous qu’un petit major de rien du tout, l’homme que je représente directement n’est pas un simple général. Il est général de surface, ce qui est, il me semble, un grade dans la hiérarchie impériale bien au-dessus du simple général que vous êtes.
-Pas de beaucoup… A mon tour de vous éduquer : sachez, major, que si en théorie la hiérarchie de notre glorieuse armée est indiscutable, en pratique, le « simple général » que je suis, a dix fois plus de pouvoir sur la planète dont il a la charge, qu’un général de surface basé à des millions d’années-lumière. Sachez aussi que je n’aime décidément pas votre ton menaçant, et que je pourrais très bien décider dans pas longtemps de vous faire mettre au trou selon le prétexte qu’il me plaira.
-Et alors mon général en serait vite informé, car il sait où je me trouve et ne mettra pas longtemps à venir s’enquérir de la raison de mon absence de rapport. »
C’était faux, bien sûr. Kints était en roue libre : Coff saurait mais ne viendrait pas le chercher. Mais Stinell ignorait tout de sa relation avec Coff. Alors autant y aller au bluff.
« Oui, c’est peut-être vrai. Mais je répète que votre général de surface ne m’impressionne pas le moins du monde.
-Même s’il a assez de pouvoir entre ses dix petits doigts pour vous faire renvoyer de l’armée comme un vulgaire troufion ? N’oubliez pas qu’il n’est pas que général de surface, mais aussi ministre de Koboc. Et officieusement, certains le considèrent même comme le gouverneur réel de la planète.
-Et moi, j’ai fait mes études avec le neveu de l’Empereur, se gaussa Stinell. »
Kints se renfrogna. Soit le général ne croyait pas en ses menaces, soit il était trop bête pour les considérer réellement. Dans les deux cas, il avait échoué. Et puisqu’il n’avait rien d’autre à offrir à cet officier. A moins que…
« En échange du rappel de vos hommes, je vous offre mes services.
-Vos… services ?
-Exactement. Je suis actuellement sous les ordres du général Halaser Coff, et ce au moins jusqu’à que cette enquête soit terminée. Dès que ce sera le cas, je convaincrai celui-ci de m’assigner à votre service, et j’obéirai aux moindres de vos ordres pendant toute la durée de mon affectation ici. Ne vous inquiétez pas de savoir s’il acceptera : si cela peut me permettre de résoudre son problème de l’homme étrange, il acceptera. Et de mon côté, vous avez ma parole d’honneur que je vous servirez dès lors que j’aurai terminé ma présente mission.
-C’est très gentil à vous de vous proposer, mais j’ai déjà beaucoup d’hommes à mon service. Très franchement, je ne vois pas ce que vous pourriez m’apporter de plus qu’eux. »
Kints se dandina. Pouvait-il révéler ses petits secrets ? Des choses qu’il avait toujours soigneusement cachées à tout le monde –y compris à Coff, en qui il avait bien plus confiance qu’en Stinell ? S’il ne le faisait pas, Skywalker serait attrapé et enfermé. Et, peut-être torturé –cela dépendait des méthodes de Stinell… Après tout, un délit de fuite suite à une sommation d’un officier impérial était un grave crime. Ou même, aurait-il pu décider de le torturer pour se venger des menaces de Kints… Torturé à mort ? Peut-être. Ça se serait déjà vu… On ne lui avait pas demandé de protéger Skywalker, mais de le suivre pour découvrir qui il était. Si cela voulait dire le protéger aussi, il le ferait. Mais était-il prêt à abandonner le secret qui entourait sa personne dans le seul but de réussir une mission ?
Oui.
« Mon général, savez-vous ce qu’est un astéroïde ?
-Si c’est pour me prendre pour un imbécile une fois de plus que vous commencez une démonstration didactique de cette…
-Pas du tout, général. Je ne parle pas d’un rocher dans l’espace. Savez-vous ce que l’on appelle un astéroïde, au BSI ? »
Stinell ne répondit pas. Mais ses sourcils se plièrent, signe qu’il avait déjà entendu ce terme au moins une fois.
« Si Coff m’a envoyé sur cette mission douteuse, c’est parce que jadis, j’étais un astéroïde. Un "agent spécial pour les missions spéciales". Commencez-vous à entrevoir l’atout que je pourrais être pour vous ?
-Hmm… Je comprends mieux votre insubordination de tantôt. Vous devez être entraîné à savoir désobéir quand la situation le nécessite. »
Kints ne répondit pas. C’était rhétorique.
« Vous seriez prêt à vous décommander de votre général de surface, et me servir quelques temps, si je rappelle mes ouailles maintenant ?
-Oui, Monsieur. Je n’ai qu’une parole. »
Stinell se frotta les joues. Il considérait sérieusement la proposition.
« Major Kints, vous m’avez convaincu. Ce… Jinn Skywalker est à vous, je rappelle mes hommes sur le champ. Veillez simplement à tenir vos promesses, car croyez-moi, je ne serai pas tendre le cas échéant.
-Je tiendrai mes promesses, Monsieur. »
La seule chose à laquelle pensait Kints en sortant de la pièce, était qu’il était étonnant de voir à quel point il savait adapter son comportement à une situation donnée et en très peu de temps. Un véritable caméléon. De l’effronterie insubordinatoire, il était passé à la menace passible de cour martiale, pour en arriver finalement à offrir son âme pour trois fois rien.





Oui je sais, ça faisait beaucoup d'un coup. Mais je ne voulais pas couper cette scène...
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Lun 18 Mar 2013 - 22:01, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Dim 17 Mar 2013 - 23:33   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Et tu as eu raison... d'autant que les dialogues, ça se lit vite. Et c'était très intéressant. Sacré Kints! Faut-il qu'il veuille vraiment connaître le "secret Jinn" ?

ET NOUS AUSSI D'AILLEURS !!! :x


Ce n’est pas la question que je vous ai posé. => posée

C’est même la première chose que nous avons faits => faite

je ne vois pas pourquoi je vous aiderai. Ni pourquoi j’aiderai ce général Coff => le conditionnel me semble ici s'imposer (il ne sait pas encore s'il va aider ou pas... donc incertitude)

car c’est bien de ça que l’on parle => de ça dont on parle

insultent => insultant
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Messagepar Kléber Valéra » Lun 18 Mar 2013 - 22:17   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

LXI



Une heure. C’est le temps incroyable qu’il avait fallu à l’ex-jedi pour atteindre le quartier est de Zarra, celui dans lequel se trouvait l’astroport d’Esmo. Certes, cette fois, son chemin s’était fait plutôt en descente qu’en montée. Mais quand on pensait que l’aller d’Esmo à la Tour Arkeo lui avait pris presque quatre heures, c’était quand même un exploit.
Evidemment, le fait d’avoir toute une armée aux basques était une motivation suffisante…
Il ne s’était pas rendu ici pour pouvoir repartir. Il ne se faisait pas d’illusions : avec ceux qui le suivaient, il n’aurait jamais pu partir facilement.
Il tourna à l’angle de la rue. Les piétons pas plus que les landspeedobilistes ne semblaient agités. Probablement que le remue-ménage provoqué par ses poursuivants n’avait pas encore atteint ce lieu.
Il fit face à un bâtiment cubique, plutôt agréable à l’œil. L’endroit ne respirait pas le grand luxe, mais la façade indiquait clairement aux visiteurs que ce n’était pas non plus un lieu accessible à tous. Au-dessus de la porte d’entrée, un message en lettres d’or flamboyantes : Hôtel Sorco.
Il entra.
A l’image de la devanture, l’hôtel en question n’était pas clinquant et riche, mais la clientèle nombreuse qui y circulait semblait plutôt aisée –la classe moyenne, en somme. Jinn s’approcha du guichetier.
« Eum… Bonjour.
-Bonjour Monsieur, lui fit avec déférence un neimoidien à la peau grise, presque noire. Que puis-je faire pour vous contenter ?
-Je… Une de vos pensionnaires m’a donné rendez-vous ici, mais je ne connais pas son numéro de chambre.
-Bien sûr, Monsieur. Seriez-vous assez aimable pour bien vouloir m’indiquer le nom de cette pensionnaire ? demanda-t-il en faisant une courbette.
-Oui, bien sûr. Elle s’appelle… Attendez voir. Melle Call quelque chose.
-C’est assez vague, Monsieur, lança le neimoidien avec suspicion. Attendez que je regarde. »
Le réceptionniste baissa les yeux vers une liste que Jinn ne pouvait voir. Quelques secondes plus tard, il reprit.
« Effectivement, nous avons bien une mademoiselle Call parmi nous.
-Pourrais-je connaître son numéro de chambre ?
-Eh bien, Monsieur, cela ne fait pas vraiment partie des habitudes de la maison. Mais je peux l’appeler si vous voulez.
-Faites donc cela. »
Le neimoidien posa le doigt sur le comlink privé qui pendait à son oreille.
« Oui, bonjour Melle Birmoboe, ici la réception. Excusez-moi de vous déranger, mais j’ai ici un monsieur qui demande à vous voir. Il dit que vous lui avez donné rendez-vous. »
Jinn n’entendit pas la réponse.
« Eh bien… Un monsieur… Comment vous appelez-vous déjà ?
-Jinn.
-Un certain monsieur Jinn. »
Encore une longue réponse que l’ancien jedi ne put entendre.
« Ah ? Très bien, Mademoiselle. Tout à fait, Mademoiselle. Je lui transmets tout de suite. Au revoir, Mademoiselle. »
Comme si elle avait pu le voir, le neimoidien fit une nouvelle révérence avant d’éteindre son comlink d’une pression du doigt.
« Alors ?
-Alors, Melle Birmoboe vous invite à monter la rejoindre. Vous pouvez y aller. Chambre 544, cinquième étage.
-Merci beaucoup. »





LXII



« Ça pour une surprise, hurla-t-elle lorsqu’ils furent tous deux à l’intérieur de la chambre. Je vous dirais bien que je ne m’attendais pas à vous revoir de si tôt, mais pour être tout à fait honnête, je m’attendais à ne plus vous revoir du tout ! Je vous manquais déjà ? fit-elle avec un sourire espiègle. »
Jinn se frotta les mains, gêné.
« Mais je cause, je cause. Je vous en prie, asseyez-vous. »
Les deux s’assirent en face l’un de l’autre. Jinn sur le lit complètement refait, et Call sur un fauteuil juste à côté.
« Alors, dites-moi, Monsieur Jinn. Quel bon vent vous amène ?
-C’est un mauvais vent qui m’amène. Je le crains.
-Ah…
-On me recherche. L’armée me recherche.
-Pas possible ! s’exclama-t-elle sans perdre son entrain.
-Si. Je suis désolé de devoir vous mettre dans le pétrin. Surtout que je ne suis pour vous qu’un illustre inconnu. Mais je ne connais que vous par ici. Il faut absolument que vous me cachiez, c’est une question de vie ou de mort ! »
Call réfléchit quelques instants.
« Mais enfin… Qu’avez-vous donc fait pour être traqué de la sorte ?
-C’est… compliqué. »
La femme se renfrogna.
« Ecoutez, je comprends que vous vouliez rester discret. Mais si vous voulez que je vous aide, soyez gentil de m’expliquer au moins vaguement la situation. Parce que, pour autant que je sache, vous pourriez très bien être un fou dangereux, genre serial killer ! Et en ce cas, je ne vois aucune raison de risquer ma peau –parce qu’on est d’accord que si c’est bien l’armée de l’empire que vous avez aux fesses, c’est ma peau que je risque, moi.
-Oui. Je dois vous en dire plus, c’est vrai. »
Jinn soupira.
« Bon. Je suis de Koboc. Et sur Koboc, l’armée impériale joue le rôle de « police nationale ».
-Ah bon ? Mais… Comment c’est possible, ça. Je croyais que le statut juridique de…
-Peu importe. C’est une trop longue histoire de toute façon. Toujours est-il que je suis rentré dans la Tour Arkeo dans le but de…
-La Tour Arkeo ? Très beau bâtiment…
-Oui, c’est vrai. Puis-je continuer ?
-Pardon, pardon.
-J’y suis rentré parce que j’y étais déjà venu il y a très longtemps. Et à l’époque, c’était un bâtiment pour politiciens neimoidiens, une sorte de forum si vous voulez.
-Et alors ? Vous n’êtes pas un politicien neimoidien, que je sache…
-Non. Mais j’en cherchais un justement. Un que j’avais connu à l’époque où la Tour était encore aux mains des neimoidiens.
-Oh…
-Mais là, quand je suis rentré, devinez sur quoi je suis tombé.
-Oui, je comprends… Aujourd’hui, le bâtiment entier sert de bureaux officiels à l’Armée planétaire. Et du coup, vous êtes reparti ?
-Non. Je ne voulais pas paraître louche. Vous savez comment sont les militaires de l’empire.
-Oh, ça oui je le sais ! Mon grand oncle avait un animal de compagnie qui…
-Il me fallait une excuse. Je me suis présenté à l’accueil, en expliquant que j’étais venu porter plainte auprès de l’armée.
-Auprès des militaires ? Mais ce n’est pas leur rôle de…
-Pour expliquer que je vienne me plaindre chez eux, j’ai dit au soldat qui m’a reçu que sur ma planète, armée et police ne faisaient qu’une. Mais il ne m’a pas cru.
-Pourquoi ne pas avoir tout simplement dit la véritable raison de votre présence ? »
Jinn lui aurait volontiers dit pourquoi. Que parler du politicien aux militaires serait revenu à parler de la recherche de ses origines, et donc de sa perte de mémoire, qui était encore plus incroyable aux yeux d’un soldat un peu trop carré. Mais à Call non plus, il ne pouvait pas dire tout cela. Du moins, pas s’il pouvait l’éviter. Elle l’aurait assurément pris pour un fou et aurait refusé de l’aider.
Aussi se contenta-t-il de répondre de manière détournée :
« C’est que, vous voyez, j’avais peur de paraître louche. Un type qui se présente comme une fleur des années plus tard, pour rechercher un homme politique… Ça fait bizarre non ?
-Peut-être… Mais pour le coup, c’est moins bizarre que votre excuse à deux crédits six sous…
-Je m’en rends compte à présent. Le type ne m’a pas cru. Et il a surtout cru que je me payais sa tête avec mon histoire abracadabrante.
-Masquer une vérité difficilement crédible par une autre vérité difficilement crédible : vous êtes fortiche, vous !
-En tout cas, ça s’est très mal passé. J’ai dû fuir en courant. »
Call se perdit à nouveau dans ses pensées. Probablement essayait-elle de décortiquer les réactions de son interlocuteur, de le jauger, de vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un dangereux dément.
« Fuir ? Pourquoi fuir ? Vous lui auriez montré votre carte d’identité, simplement ; ils vous auraient gardé là-bas quelques heures seulement, et puis c’est bon. Ils auraient fait les vérifications nécessaires, et puis fini ! Franchement, je ne vois pas ce que vous craigniez… Encore, vous auriez été non-humain, je ne dis pas… Peut-être que les choses auraient pu mal tourner : avec l’empire et sa xénophobie, on ne sait jamais. Mais c’est une question qui ne vous concerne pas il me semble. Vous êtes humain, non ? Ou en tout cas, si vous ne l’êtes pas, vous y ressemblez fortement, et même à un joli humain, fit-elle avec un rictus et un clin d’œil amusé. »
Jinn songea qu’il ne pouvait pas lui dire non plus que sa carte était fausse : la vraie raison de sa fuite. Encore une fois, cela aurait joué en sa défaveur. Et si cette femme semblait être aussi ouverte qu’une Kobocoise de ses connaissances, elle n’était pas forcément aussi encline à prendre de gros risques pour le protéger.
Il allait donc devoir lui mentir un peu plus, même si cela lui coûtait beaucoup.
« Vous avez raison, j’ai agi de manière impulsive. Et stupide. J’ai paniqué, quoi ! J’aurais dû rester et attendre patiemment que la situation s’éclaircisse d’elle-même.
-Heureuse de vous l’entendre dire.
-Cependant, j’ai fui. Et je ne peux pas revenir en arrière. Et maintenant, j’ai peur d’imaginer ce qu’ils me feront s’ils me retrouvent.
-Ah… C’est vrai que les impériaux, c’est pas des câlins ! »
Jinn se mit à claquer des dents de manière très convaincante. C’était maintenant que tout se jouait.
« Ecoutez, voilà ce que je vous propose. Vous ne m’avez pas l’air bien méchant, je ne vois pas quel risque je prendrai à vous emmener avec moi. Je vous aide à vous éclipser discrètement, et vous me suivez jusqu’à Syenyolia. Le temps qu’ils aient oublié cette histoire stupide. Par contre, quoiqu’il arrive, vous me promettez que les prochains impériaux que vous croisez, si on en croise et qu’ils nous arrêtent évidemment, vous leur dites la vérité ; et que vous n’essayez pas de vous attirer des ennuis de manière idiote, ok ? Si en chemin ils nous repèrent, on ne fuit plus en courant. Vous leur expliquez calmement toute la situation.
-D’accord. Aucun problème.
-Juré ?
-Promis.
-Bon. Alors : here we go ! »
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Mar 19 Mar 2013 - 23:54, modifié 2 fois.
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Messagepar Hiivsha » Lun 18 Mar 2013 - 22:48   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Sympa la petite Call... au moins il a une alliée maintenant ! :D


Et bien, Monsieur => même erreur que moi sur le tome 1 des ADJJ jusqu'à ce que Mitth me corrige, on écrit : eh bien ;)

Masquez une vérité => masquer
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Messagepar Kléber Valéra » Mer 20 Mar 2013 - 0:09   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

LXIII



Jinn venait de passer la plus longue heure de toute sa vie. Il avait attendu, seul dans la chambre de l’hôtel, le retour de Call Birmoboe. Avec l’éventualité qu’elle décide de ne pas revenir et de prévenir les autorités. Mais un homme pourchassé et amnésique ne devait pas faire la fine bouche et savoir accorder sa confiance à une inconnue, pour peu qu’elle paraisse honnête, s’il ne voulait pas être totalement seul.
Et Call lui paraissait suffisamment fiable.
Une heure plus tard quand la porte s’ouvrit, il était déjà près de la fenêtre, prêt à prendre l’escalier de service si ç’avait été la police ou l’armée.
Mais c’est bien la jolie brune qui revint, les bras chargés de paquets.
« Voilà tout ce que j’ai trouvé. Des vêtements à votre taille, et quelques déguisements achetés dans un farces et attrapes pour éviter d’être reconnu. Je pense que ça fera l’affaire dans la rue.
-Merci. »
Tandis que Jinn commençait à enfiler les vêtements que Call venait de déposer sur le lit, celle-ci se mit à soupirer.
« Mais qu’est-ce qui m’a pris de vous dire oui…
-Vous pouvez toujours changer d’avis. Je ne veux pas être une responsabilité que vous ne vous sentez pas capable d’assumer. Je peux continuer seul : je ne dirais pas que je vous ai rencontrée. Je vous le promets. Ceci dit, ajouta-t-il pour garder sa seule alliée, je vous signale qu’au départ, c’est vous qui étiez venue dans ce bar pour vous « encanailler » !
-C’est vrai. Mais là, ça va plus loin : je deviens votre complice, même si c’est d’un crime qui n’est pas bien important, et dont vous me semblez faire tout un foin pour pas grand chose.
-Je le répète, vous n’êtes plus obligée de m’aider. Je peux très bien…
-Non, taisez-vous. (elle soupira) J’ai dit que je vous aiderai, c’est donc ce que je ferai. Je n’ai qu’une parole. Et puis quelque part, je crois que j’ai toujours aimé les voyous. »
C’était bien la première fois que Jinn se voyait ainsi. Ses missions de jedi avaient pu le conduire dans des situations étranges parfois, où il était passé pour quelqu’un de peu recommandable. Mais jamais encore on ne l’avait ouvertement traité de voyou…
« Et vous avez une idée de la façon de passer la douane ? Je veux dire, le déguisement c’est bien pour dans la rue. Mais après ?
-Non, répondit sincèrement Call. Je croyais que c’était vous le cerveau.
-Ma foi…
-Je ne vois qu’une seule façon de passer : miser sur notre chance.
-C’est-à-dire ?
-Et bien c’est simple. Ils ne peuvent pas contrôler tout le monde. Ils n’ont pas l’effectif au spatioport. Ni le devoir de le faire –merci les zones de libre-échange ! Mais si on joue de malchance et qu’ils décident de vous tomber dessus…
-Oui. Les douanes sont sans doute déjà au courant qu’il faut arrêter tout individu dont la carte d’identité indique « Jinn Skywalker ».
-C’est exactement ce que je pense. »
Encore une fois, les compétences de Jinn lui auraient largement permis de changer le nom inscrit sur cette carte, à condition qu’elle fut ré-inscriptible (chose dont il était persuadé). Mais cette fois, il n’en avait plus le temps. Il poussa plus loin les suppositions.
« Et si l’armée avait donné l’ordre aux douanes de contrôler tout le monde sans exception ? Et si les militaires leur avaient fourni des hommes supplémentaires pour le faire ? Ça aurait été la première chose à laquelle j’aurais pensé, moi. Si j’étais l’empire, je ne me soucierais pas trop d’indisposer quelques voyageurs pour retrouver un homme présumé criminel. En tout cas, c’est au moins ce que j’aurais fait pour les astroports les plus proches. Ceux de Zarra en l’occurrence.
-Vous voulez qu’on parte d’une autre ville ? Parce que vu le trafic planétaire en ce moment, rapport au trophée Gedh, on risque de ne pas avoir de vol avant des lustres. Et je croyais qu’on avait déjà convenu que rester n’importe où sur cette planète multipliait vos chances d’être pris…
-Votre vol part vraiment aujourd’hui ?
-Ah oui ! Là, il part, c’est sûr cette fois ! Ça fait des jours que je l’attends, alors vous pouvez me croire, je ne me trompe pas !
-Alors il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour qu’ils ne contrôlent pas tout le monde.
-Peut-être aussi qu’après l’incident au général, ils n’oseront pas indisposer plus encore les voyageurs en contrôlant tout le monde ?
-Vous croyez ?
-Je ne crois jamais rien, je vous l’ai déjà dit. Je ne peux qu’espérer.
-Alors, espérons… »





LXIV



Une heure plus tard, Jinn était entré dans la chambre voisine. Il avait réussi à trafiquer la serrure électronique grâce à ses compétences informatiques dûment acquises. Sans bruit, il s’était caché dans la penderie et avait attendu patiemment. Puis, le gros bonhomme était entré dans la pièce : d’après Call, il s’agissait d’un de ses compagnons de voyage. Elle ne lui avait jamais parlé, mais il avait fait la plupart des visites avec son groupe de touristes. Jinn bondit sur lui tel une panthère, l’enserrant dans ses bras, et pressa un endroit précis au niveau du cou avec son pouce. L’homme résista un peu, puis s’affala sur son lit.
Encore une fois il n’était pas fier de ce qu’il faisait. Mais sa survie en dépendait sûrement. Et les conséquences ne seraient pas non plus catastrophiques : un bon gros somme pour le touriste (jusqu’à son arrivée sur Syenyolia si possible, ou au moins jusqu’à ce qu’il soit assez loin de Cato Neimoidia pour qu’on ne puisse lui faire faire demi-tour), et il serait rapatrié aussitôt que l’agence se serait aperçu qu’on l’avait oublié. Il aurait même probablement un dédommagement en prime.
Evidemment, toute l’affaire n’aurait pu fonctionner que si le type était d’un naturel inexistant, et que ses camarades touristes ne pouvaient remarquer qu’il avait été remplacé. Mais d’après Call et en dépit de sa taille imposante, ce type était totalement invisible et ne manquerait à personne. Il était le candidat idéal pour la manœuvre.
Jinn prit sa carte d’identité et retrouva discrètement Call dans la chambre d’à côté.
« C’est fait. Ce que vous me faites faire, quand même…
-C’est pour votre bien, non ?
-Et, je pense à ça, que se passera-t-il une fois chez vous ?
-Et c’est seulement maintenant que vous y pensez ? Vous êtes quand même un sacré évadé de cachot ! lança-t-elle en plaisantant.
-Syenyolia, ça fait aussi partie de l’empire j’imagine. Les impériaux de votre planète, ils risquent de vouloir me prendre, eux aussi…
-Ne vous inquiétez pas tant. Vous êtes vraiment un trouillard, vous ! Franchement, vous croyez que l’armée va poursuivre à travers toute la galaxie un type qui s’est juste foutu de sa poire ? Faut peut-être pas exagérer. L’ego des hommes de Stinell est peut-être démesuré au point qu’il veuille vous pourchasser dans tout Zarra, mais pas au point de vous poursuivre à l’autre bout de l’univers non plus ! »
Poursuivre un mythomane comme le pensait Call, peut-être pas. Mais un individu avec de faux papiers, donc un potentiel rebelle, c’était bien possible. S’il était fiché dans la liste des ennemis d’état, il ne pourrait plus faire un pas sans risquer sa peau, où que ce soit.
Il faudra que tu surveilles tes arrières, Jinn Skywalker. Partout où tu iras. Et bien mieux que la façon dont tu l’as fait pour l’instant.
Le voyant toujours inquiet, Call ajouta :
« Allez, vous en faites pas, Jinn ! Je suis certaine que dès qu’on aura passé la frontière neimoidienne, tout le monde vous aura oublié ! »
Puisse-t-elle dire vrai.
Modifié en dernier par Kléber Valéra le Mer 20 Mar 2013 - 21:44, modifié 1 fois.
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Messagepar Hiivsha » Mer 20 Mar 2013 - 16:02   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Lu. Rien à signaler de particulier.

je ne dirais pas que je vous ai rencontré => rencontrée

Je le répètes, => répète

Mais si on tombe de malchance => si on joue de malchance

à condition qu’elle fut ré-inscriptible (chose dont il était persuadé) => mouais... bien sûr, une carte d'identité réinscriptible :neutre:
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Messagepar Kléber Valéra » Mer 20 Mar 2013 - 22:06   Sujet: Re: Mon nom est Jinn

Hiivsha a écrit:mouais... bien sûr, une carte d'identité réinscriptible

Peut-être aurais-je dû clarifier...
L'on sait qu'il existe des modèles standard de cartes d'identité impériales (puisqu'elles sont évoquées dans l'épisode IV). Mais jamais il n'a été précisé comment elles sont, les informations qu'elles contiennent.
Je pars du principe que nous évoluons dans un univers ultra-futuriste où toutes les infos concernant un individu figurent potentiellement sur cette carte, infos qui seront forcément inscrites numériquement (en bref une carte électronique). Cela rejoint un peu les histoires dystopiques SF où tout est contrôlé... (1984, Minority Report, etc)
Quand on a admis ce côté électronique, deux possibilités: soit la mémoire interne est ré-inscriptible, soit elle ne l'est pas (et Jinn ne connaissant pas le standard impérial, il ne peut que le deviner, faire des hypothèses).
Or on parle d'une carte qui résume TOUTES les infos sur une personne, y compris des infos susceptibles de changer. Financièrement, je pense qu'il est plus judicieux pour l'empire galactique de fournir des cartes ré-inscriptibles (mais avec un haut niveau de cryptage, les rendant inviolables sauf des plus grands experts informatiques), plutôt que de devoir complètement changer une carte dont les infos ne seraient plus valides (et ce pour des trilliards de trilliards d'individus)...

Tu ne penses pas?
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