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Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

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Messagepar mat-vador » Mar 16 Nov 2021 - 20:51   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :jap: !

L2-D2 a écrit:Gaarba a tout intérêt à quitter les lieux fissa avant que les fanatiques ne reviennent s'agiter sous ses fenêtres... Et dans ses murs! Si ça n'est pas une preuve de l'imminence de la guerre, je ne sais pas ce qu'il leur faut!


Ah, encore faut-il pouvoir quitter la capitale :diable: ! Les Contispex vont maintenir la pression et ne vont pas laisser ce cher Gaarba aller et venir à sa guise. J'ai bien peur qu'il ne soit irrémédiablement assiégé en plein territoire ennemi :sournois: !

à la prochaine :hello: !
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Messagepar Dark GaGa » Jeu 18 Nov 2021 - 14:50   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Je découvre enfin le début du tome 3 et c'est pas pour dire, mais ça tape un bon coup dans la gueule dès l'intro. Le Pius Dea, toujours aussi gerbant, les Jedi toujours aussi inutiles et Constipex de plus en plus puissant.

Enfin des vilains écrits correctement, où on aimerait tellement que ça s'arrête tellement ils sont immondes, ça prend aux tripes, chaque lueur d'espoir semble être vouée à être écrasée. Un SW noir, adulte et d'une très belle qualité. On ne peut que louer notre lessiveur twilekophile pour sa productivité constante.
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Messagepar mat-vador » Jeu 18 Nov 2021 - 21:47   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Hey Gaga :hello: :hello: !!!


Merci pour le retour :sournois: ! J'ai fini le tome 3 d'ailleurs, je peux te passer le lien vers le PDF si tu veux :diable: .

Vapodouche, lessive et twi'lek font bon ménage pour l'inspiration :oui: ! Tu verras à quel point les Contispex peuvent être terribles en famille :sournois: !
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Messagepar mat-vador » Sam 20 Nov 2021 - 22:03   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Retour chez les Contispex avec leurs manigances :diable: ... enfin la routine, quoi :whistle: !



Cité Galactique, résidence des Contispex

Contispex Ier et sa femme visionnaient les enregistrements des émeutes qui avaient frappé l’ambassade Hutt tout à l’heure. Ils étudiaient les images, analysant notamment le dispositif de sécurité de l’ambassade qui avait contenu les débordements.
Finalement Linza se pencha pour éteindre l’hologramme posé sur la table basse devant eux. Elle se serra contre son mari, assis sur le divan.
- Finalement Leli fait preuve d’une grande utilité, commenta-t-elle.
- Je reconnais que son discours à nos fidèles était charismatique. Sa foi envers la Déesse est bien plus probante que nous le pensions.
- Et si ce n’était qu’une comédie ? Suggéra-t-elle.
Un sourire froid étira les lèvres du Chef d’État.
- Alors elle est vraiment dangereuse. Ce qui la rend encore plus utile.
Leurs lèvres fusionnèrent un instant.
- Si nous nous préparons bien, nous n’aurons aucun mal à nous emparer de leur ambassade. Leurs effectifs sont plutôt limités, ajouta-t-elle.
Il partageait sa confiance.
- Nous les balaierons aisément, grâce à la Déesse.
- Sauf si les Hutt ont le soutien d’alliés puissants, l’attaque de l’ambassade pourrait avoir des conséquences indésirables.
Il se pinça les lèvres, le visage grave.
- Je suppose que nous avons reçu des nouvelles des fugitifs alsakanis, fulmina-t-il en souvenir de la tentative de défi de Tina Ap Token à son encontre.
En effet, Hassan Kalad et Carmina Delinki qui avaient trempé dans la Conspiration des Cent, s’étaient enfuis d’Alsakan, avec la complicité des autorités locales et sans doute même du Premier Régent en personne.
Sa femme tenait maintenant un datapad dans la main.
- Nous avons reçu un rapport des Gardiens de la Pureté postés à Celegia, sur la Station Veilleur. Ils les ont aperçu en train d’embarquer sur un vaisseau bothan.
- Sont-ils certains de les avoir identifiés ? Insista-t-il.
- Ils ont capturé un des deux bothans qu’ils sont en train d’interroger. Et les holocaméras sont formelles. Un cuirassé Gilagimar de la Troisième Flotte a tenté de les intercepter, mais sans succès. La station a été mise sous quarantaine et fouillée dans les moindres recoins.
- La Station Veilleur est composée principalement de réservistes, observa-t-il.
- C’est exact et cela explique que les protocoles de sécurité soient si défaillants.
- Alors, il est temps d’y remédier, martela-t-il. Contacte le commandant de la station et annonce-lui qu’il est relevé de ses fonctions. Les Gardiens de la Pureté en prendront le contrôle au nom du Sénat et interdiront tout spectacle de débauche et de luxure. Les réservistes apprendront de nouveau la discipline et seront rééduqués par les Disciples de Hapos, s’il le faut.
- Et si le commandant refuse de nous obéir, il subira la Cérémonie d’Expiation.
Il sourit, ravi qu’ils se comprennent si bien tous les deux.
- Puisque ce problème-là est résolu, passons à autre chose, proposa-t-il.
Il lova son bras autour de la taille de sa femme, histoire de ponctuer le sous-entendu qu’il avait dissimulé à moitié. Elle le laissa faire avant de lancer :
- Et les corelliens ?
Il soupira, un peu déçu.
- Personne ne peut plus rien contre nous, ma chérie. Nous devrions essayer de nous détendre un peu, la Déesse nous protège.
- Pas tant que nos ennemis pensent qu’ils ont encore une chance de nous nuire. N’oublie pas si vite, les bothans et les lanniks.
- Je ne les oublie pas mais je ne vois pas comment on pourrait exercer des pressions autre que militaires.
- En accentuant leurs peurs et leurs dissensions, tout simplement.
Il arqua un sourcil perplexe devant l’assurance de sa tendre moitié.
- Très bien, commençons par les bothans. Qu’as-tu en tête ?
- Avant de devenir Chancelier Suprême, Pers’lya avait des ennemis sur Bothawui au sein du Conseil des Clans. Nous pouvons supposer que sa nièce Naite’fya doit faire face à ces mêmes opposants.
- Nous connaissons le goût des bothans pour l’intrigue et les manigances. Naite’fya en a peut-être rallié certains à sa cause, depuis le temps.
- Je n’en serais pas si certaine, répondit-elle calmement. J’ai entendu dire que son intransigeance contre nous avait froissé leur pragmatisme naturel.
Il acquiesça finalement.
- Donc, tu sais qui nous devons contacter.
- Tout à fait.
- Les lanniks ? Fit-il.
Elle savoura l’étreinte de son mari avant de consulter son datapad.
- Le sénateur Iyulk est solidement installé à la tête du pouvoir. Il sera difficile de l’en faire chuter, le prévint-elle. Même ses opposants le respectent et l’estiment.
- La solution militaire, trancha-t-il.
Elle secoua la tête de dénégation.
- Ce serait contre-productif d’occuper Lannik, surtout que les deux Flottes seront occupées à envahir l’Espace Hutt. Je pensais à quelque chose d’intermédiaire.
- Tu veux recruter des assassins ?
- Une solution à moindre coût et qui ne permettra à personne de remonter jusqu’à nous.
- Ce genre de solution ne suffira jamais contre les corelliens, surtout les Ripsan. La moindre ingérence directe pourrait les unir contre nous, fit-il remarquer.
- C’est pour cela que nous encouragerons les Croyants locaux de notre culte à agir.
- Les Ripsan ne seront pas dupes et nous ne sommes pas certains des réactions des autres familles, déclara-t-il.
- S’ils ne sont pas dupes, ils auront compris notre message.
Les yeux de sa femme étaient semblables à ceux des rapaces, certains de tenir entre leurs serres, la victime qu’ils ne laisseraient point échapper.
- Tu ne doutes jamais, lança-t-il.
- C’est pour cela que tu m’as épousée, rétorqua-t-elle.
Elle l’enlaça fermement et leur effusion vigoureuse s’intensifia jusqu’à ce qu’une Disciple de Hapos ne les interrompit.
- Pardonnez-moi, Sage Suprême.
- Que se passe-t-il?
- Un message enregistré vient de nous être communiqué par la Station Veilleur, au large de Celegia.
Ils se redressèrent intrigués tandis que l’adepte chauve posa un disque sur la table, avant de se retirer.
Contispex Ier se pencha pour l’activer. L’hologramme d’un humaine borgne à l’air sournois, flotta devant leurs figures concentrées.
- Salutations, Chancelier Suprême.
Les maîtres de la République exprimèrent une moue de dédain devant la familiarité de ce parvenu aux manières de forban et à la moralité douteuse. Enfin, sans doute était-ce la Volonté de la Déesse de leur envoyer ce détritus de l’humanité pour l’accomplissement de ses divins desseins. Ce qui ne rendait pas le message particulièrement plaisant à écouter.
- Je m’appelle Defal Thillon et je suis spécialisé dans la facilitation de transaction de biens et de personnes dans des endroits exotiques, si vous me passez le terme.
Ce Defal Thillon laissait poindre une certaine malice. En tout cas, les Contispex avaient saisi sa véritable profession.
Un malfaiteur, peu soucieux de la Vertu et des lois de la République. Un homme indigne de leur Foi et de leur culte, qu’il faudrait penser à remercier pour ses services, d’une manière particulièrement douloureuse.
- Je suis parfaitement au fait de la manière dont votre culte procède pour résoudre ses problèmes et combattre ses ennemis. J’ai entendu dire qu’il pourrait être très avantageux de travailler pour des gens comme vous.
Les Contispex ne manquèrent de se sourire l’un à l’autre lorsqu’ils songèrent au sort de l’infortuné Skanor lors de la Lune Pourpre. Un sakiyan qui leur avait servi d’agent contre la résistance du ghetto trois, pendant la Conspiration des Cent, et qu’ils avaient fait éliminer pour se débarrasser de son inutilité.
- Je sais que le blocus contre les Hutt vise à les isoler du reste de la galaxie et à les priver de tout soutien ou approvisionnement qui leur parviendrait. Vous serez peut-être intéressés de savoir qu’un Jedi vient de solliciter mes services, comme l’a fait un de ses coreligionnaires quelques temps auparavant. Il s’agit de Bekan Kalad.
Contispex Ier serra les poings, sous le coup de la fureur. Cette fois, l’Ordre Jedi paraissait décidé à lui mettre des bâtons dans les roues.
- Les traîtres, siffla-t-il.
Elle lui prit la main, pour marquer son soutien.
- Je peux vous le livrer, contre une forte récompense. Il me suffit de me contacter sur la fréquence du comlink qui est joint à la fin de ce message. Sachez que je vais guider un groupe de vaisseaux, le long de la Nébuleuse d’Oktos, pour contourner le blocus. Si nous sommes d’accord sur le prix du service que je vous rends, je vous fournirai les coordonnées du point de rendez-vous. Moyennant un acompte préalable, bien sûr.
Le message en resta là, alors que Defal Thillon affichait un rictus arrogant entendu.
- Un acompte préalable… cette racaille ne manque pas de toupet.
- Voyons cela plutôt comme un investissement qui en vaut la peine, le consola-t-elle.
Il accepta d’un geste las de la main.
- Je crois savoir que Ord Wylan est le monde le plus proche de la Nébuleuse d’Oktos, là où est basée la Quatrième Flotte.
- Donc l’amiral Hisku sera certainement heureux de se charger de ce Jedi encombrant, ainsi que de la vermine qui l’accompagne. Il œuvrera pour la Déesse, dit-elle avec ferveur.
- La Déesse le veut.
- Reste le problème des Jedi, qui pensent qu’ils peuvent nous défier.
- Je vais appeler le Colonel Hosan et lui demander de déployer ses Gardiens de la Pureté autour du Temple Jedi. Il est temps d’accentuer la pression. Nous les soumettrons à un blocus plus sévère que celui des Hutt.
- C’est une idée splendide, mon chéri.
Peu de temps après, ils s’abandonnèrent totalement à des effusions intimes et ardentes.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

à plus :hello: !

Prochaine escale : Corellia :love: :love: :love: !!!! Sisi :oui: :oui: :oui: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 22 Nov 2021 - 16:35   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu!

Les Contispex sont de retour au premier plan! Et ils sont toujours aussi détestables et certains de leur bon droit!

Par contre, ça ne sent pas bon pour Bekan, tout ça. Ni pour les Jedi, d'ailleurs. Un blocus, carrément! :shock:

Vivement la suite! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Jeu 25 Nov 2021 - 22:07   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Les Contispex sont de retour au premier plan! Et ils sont toujours aussi détestables et certains de leur bon droit!


fidèles à eux-mêmes :D !

L2-D2 a écrit:Par contre, ça ne sent pas bon pour Bekan, tout ça. Ni pour les Jedi, d'ailleurs. Un blocus, carrément! :shock:


Ce sera tendu :oui: !
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Messagepar mat-vador » Sam 27 Nov 2021 - 21:58   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Tout d'abord, je tiens à remercier Jagen Eripsa, le créateur de la Fédération Impériale, sans lequel ce chapitre n'aurait jamais pu voir le jour :jap: !

Car ce chapitre va se dérouler sur Corellia :diable: ! Pour les corelliens, il est temps de décider s'il faut entrer en guerre ou non contre la République / Pius Dea et les Contispex :sournois: !! Auront-ils cette détermination ? Découvrez-le sans plus tarder dans ce chapitre massif :oui: !!!



Domaine de l’Hégémonie Corellienne
Corellia, siège du pouvoir du Roi de Corellia et des Grandes Familles Baronniales

L’ambassadeur Jholan e Ripsan, neveu de la matriarche Melila e Ripsan, s’appuya sur la banquette arrière de son airspeeder qui le conduisait au palais royal au coeur de Coronet, la fierté du peuple corellien.
Alors que le véhicule flottait dans un couloir de circulation aérienne, il se pencha pour apercevoir l’activité urbaine qui grouillait en bas. Le système corellien était certes majoritairement peuplé d’humains mais les dralls et les séloniens possédaient des enclaves qu’ils gardaient jalousement depuis ces dernières années.
En apparence, rien depuis sa position n’indiquait que Corellia était agitée par les conflits communautaires qui déchiraient la République et l’avaient fait tombée entre les mains de ce culte extrémiste Pius Dea.
La secte parvenait à faire sentir son influence jusque sur Coronet même, sous le nez du Roi Korol. Les agitateurs humanocentristes défiaient son autorité, le jugeant trop amical avec les communautés non humaines qui peuplaient pourtant ce système bien avant l’instauration de la République. Ils inondaient les avenues de Cornet, de leurs insultes et de leur haine xénophobe, clamant que les Contispex régneraient un jour sur ce système.
Une provocation pour bon nombre de citoyens corelliens attachés à leur indépendance vis-à-vis de l’opulente Coruscant, selon la clause Contemplanys Hermi.
- Passez-moi les jumelles, demanda-t-il en vieux corellien à son garde du corps assis à sa droite.
Celui-ci les lui offrit vivement, et il s’empressa d’aligner ses yeux contre les verres grossissants. Au milieu d’une des avenues marchandes de la capitale, une masse compacte sombre naissait. Un nouveau rassemblement hostile contre le Roi se préparait.
Encore un, soupira intérieurement Jholan.
Son chauffeur lui signala qu’ils étaient bien arrivés au palais. Il se redressa pour observer la grande nef conique renversée, qui trônait au centre de la ville, surmontée de neuf tours. Chacune de ces tours conservait les installations et les intérêts des Neuf Grandes Familles Baronniales de Corellia. Les Ripsan étaient l’une de ces prestigieuses familles.
L’airspeeder, nouveauté élégante des Chantiers Navals de Coronet, ralentit sa vitesse et s’engouffra dans le grand hangar. Tout au long de la procédure d’atterrissage, Jholan ne pouvait s’empêcher de penser que les neuf tours étaient une allusion aux Neufs Enfers, une allégorie des neuf péchés capitaux dans la culture corellienne.
Il chassa cette pensée de son esprit, il devait se concentrer sur la réunion du Conseil des Barons pendant lesquels plusieurs sujets devaient être abordés.
Il descendait à peine du véhicule qu’il fut abordé par une jeune agent de sécurité, travaillant pour sa famille. Elle le salua en claquant des talons, lui demandant s’il avait fait bon voyage.
- Très fatiguant, répondit-il brièvement dans leur dialecte natal.
- Ils ont commencé la session sans vous, Excellence.
- Quoi ? s’écria-t-il, outré. Depuis quand ?
- Quelques minutes, répondit-elle.
D’un geste de la main, elle l’invita à la suivre.
- Tout le monde est présent ?
- Pas le roi, répondit-elle.
- Qui le représente ?
- Valin Helder.
Jhola secoua la tête, satisfait. Ils empruntèrent un turbo ascenseur qui les amena au cœur de la nef, dans un grand corridor empli de nombreux gardes royaux aux uniformes représentant la Maison Royale des Korol.
Les soldats lui paraissaient plus alertes que d’habitude, signe de la tension qui rongeait la société corellienne, à cause des nombreux incidents récents provoqués par les partisans du culte. Ils lui donnaient l’impression qu’ils s’attendaient à une attaque contre le palais royal.
Cela expliquait sans doute l’absence du roi.
Jholan trouvait la menace exagérée. C’était faire le jeu de leurs ennemis que de leur accorder plus d’importance qu’ils n’en avaient. C’était la première leçon que sa tante Melila e Ripsan, leur matriarche, lui avait enseignée.
Grandis un ver de terre et il devient Panthère des Sables, lui répétait-elle.
- Quel est le premier sujet qu’ils ont l’intention d’aborder ?
- La colonisation du système de Mastaria, ambassadeur.
Jholan se détendit. Mastaria désignait un monde rude, situé dans la Bordure Médiane, non loin de la Route Commerciale Perlemienne, hors de l’espace républicain.
- Mastaria, ce monde qui ne contient que sable, jungle et poussière ?
- Le transfert des colons de Lysto One vers Mastaria ne se déroule pas comme prévu, d’après ce que j’ai pu saisir, expliqua-t-elle.
- Et les Rilranol n’ont pas trouvé mieux que de remettre le couvert.
- La colonisation coûte cher pour des gains dérisoires. Je suis curieuse de voir comment les Rilranol vont persuader les autres Maisons de les suivre dans cette farce.
- Je ne me ferais aucune illusion à leur place.
Ils arrivèrent devant la grande porte du Conseil, d’où leur parvenaient de grands éclats, preuve que les débats étaient très animés.
La corellienne s’écarta de l’ambassadeur, avec un sourire narquois.
- Eh bien, bonne réunion monsieur, lança-t-elle avec une pointe de sarcasme.
- Merci, Korila, fit-il en lui rendant son sourire. À tout à l’heure.
Jholan se résigna à avancer au milieu de la tempête verbale qui déchirait le Conseil des Barons. Une trentaine de convives étaient réunies autour de la grande table, au milieu desquelles se querellaient deux aristocrates.
À droite gesticulait Halcyr e Rilranol, un homme mince mais aux traits énergiques dont la barbe grisonnante semblait se hérisser à la vue de son antagoniste, Reiviem e Koldyr, une femme trapue au regard de braise que bon nombre ne pouvaient soutenir bien longtemps.
Au centre de la table, flottait l’hologramme d’une planète coloriée de vert et de jaune. Le nom en vieux corellien affichait celui de Mastaria, qui cristallisait les tensions ambiantes. Aucun des deux ne remarqua l’entrée de Jholan qui choisit la discrétion, au risque de se faire foudroyer par les deux nobles.
Il salua en vieux corellien, ceux et celles qui daignaient se tourner vers lui pour lui accorder leur considération. Au moment où il prit place à l’autre bout de la salle, Halcyr pointait de l’index la sphère transparente.
- Je vous assure que cette planète renferme des métaux précieux. Relisez donc le dernier rapport de l’expédition que je vous ai remis. Un métal dont les propriétés sont identiques, voire supérieures au cortosis…
La flamme dont il faisait preuve ne séduisait pas tout le monde, à commencer par Reiviem qui rétorqua d’un ton cassant.
- Et ce métal, en avez-vous rapporté ?
- Hum, malheureusement, nous avons perdu le contact avec l’expédition. Et si j’aborde ce sujet, c’est parce que j’ai l’intention d’en envoyer une nouvelle. Le soutien de ce Conseil est plus que bienvenu.
Jholan devina le peu d’enthousiasme des nobles corelliens réunis. Une réserve qu’ils manifestaient ouvertement dans un silence pesant.
- J’imagine que cela coûtera cher, intervint Galva e Qallian.
- L’enjeu en vaut la peine.
Galva de la Maison Qallian esquissa une grimace peu engageante.
- Je rejoins la position de la Maison Koldyr. Nous ne voyons pas l’intérêt de financer en pure perte une expédition qui n’apportera que d’autres chimères.
- Vous ne pouvez pas laisser passer une telle opportunité ! Vociféra Halcyr. Chaque Maison aura sa part du butin si nous dénichons ce filon ! Et nous gagnerons tous à terme une puissance qui nous permettra de défier la République d’égale à égale !
Ses paroles n’eurent pas plus de portée. L’homme qui représentait le Roi de Corellia, le chambellan Valin e Helder, se leva finalement de sa place, se tenant face à Jholan à l’autre extrémité de la table.
- Je suis navré, Baron e Rilranol mais le Conseil ne vous soutiendra pas. Nous devons passer au point suivant.
Halcyr se rassit par dépit.
- Bande d’imbéciles ! Avez-vous idée de ce que vous négligez ?
- Nous avons surtout une idée de l’argent que nous venons d’économiser, lança avec ironie la Baronne Kaviya e Halkyon, une femme très âgée, tenant dans sa main une canne en bois précieux.
Sur cette pique assassine, Halcyr se mura dans un profond mutisme tandis que Valin e Helder reprit :
- Le point suivant concerne les résultats du dernier trimestre des Chantiers Navals.
Le chambellan du Roi Korol fit défiler toute une série d’hologrammes illustrant des graphiques, des courbes et des histogrammes, montrant l’évolution des ventes d’un mois sur l’autre ainsi que les bénéfices engrangés.
En résumé, ces schémas rapportaient que les tensions actuelles entre la République et les Hutt déstabilisaient le marché des vaisseaux civils au profit des vaisseaux de guerre.
- Il est évident que nous devrions donner la priorité à la vente de navires de combat, puisque le contexte actuel s’y prête bien.
Le Baron Qallian venait d’exprimer le sentiment de tous. La militarisation progressive des Chantiers Navals fut votée à l’unanimité, hormis le Baron Rilranol qui s’abstint. D’autres thèmes plus secondaires furent abordés comme la répartition des parts détenues par ces grandes familles dans les conglomérats du système. Ou bien le traitement des réfugiés politiques qui fuyaient la persécution du Pius Dea.
Ces deux sujets soulevèrent des différents entre les Maisons, arbitrés avec diplomatie par Valin e Helder. Le point le plus délicat restant cependant la question des exilés.
- Nous commettons une erreur en gardant nos frontières ouvertes ! Plaidait avec force Reiviem e Koldyr. Qui ne nous garantit pas que certains de ces réfugiés sont des agents dormants du culte ?
- Le Pius Dea recrutait déjà des adeptes dans notre système bien avant que Contispex n’arrive au pouvoir sur Coruscant, rappela Kaviya e Halcyon. C’était peut-être à ce moment-là que cette question aurait dû être posée.
- Nous ne savions pas que les Contispex prendraient le pouvoir à la fin de la Crise Alsakan, déclara le Baron Rilranol.
- Ils n’ont jamais caché leur ambition, pourtant. Nous avons commis une erreur en ne le prévoyant pas.
- Nous nous écartons du sujet, Vos Excellences, trancha Helder. Devons-nous fermer les frontières ou continuer d’accueillir les réfugiés républicains ?
- Puis-je prendre la parole ? Intervint Jholan, resté discret jusque-là.
- Je vous en prie, ambassadeur.
Le jeune dignitaire se leva, attirant l’attention des autres membres.
- La Contemplanys Hermi nous a permis de rester à l’écart depuis la Première Guerre Alsakan, de la République et des jeux de pouvoirs sur Coruscant. Cette clause que nous avons négocié quelques millénaires auparavant, nous a certes protégé de toute ingérence mais elle nous a aveuglé sur la montée en puissance du culte Pius Dea et son accession au pouvoir.
- Pardonnez-moi, seigneur Ripsan, intervint le Baron Aelthes e Velinis, mais suggérez-vous que nous aurions dû nous ingérer dans les affaires de la République pour empêcher l’ascension de ce culte ?
- Peut-être pas jusque-là, Baron Velinis. Mais nous nous sommes montrés naïfs en laissant ce culte s’implanter sur Corellia et continuer à se développer, après l’élection de Contispex comme Chancelier Suprême. Sans quoi, notre situation ne serait pas si critique.
- Quel rapport avec les réfugiés, ambassadeur ? S’impatienta Helder.
Jholan soutint chaque regard qui le fixait avec ardeur et frustration.
- Tous ces réfugiés ont en commun d’avoir contrarié le Pius Dea et d’être suspectés comme complices de la Conspiration des Cent. Ce qui signifie qu’ayant eu affaire aux adeptes ou à leurs sympathisants, ils en possèdent une connaissance plus ou moins essentielle. Des noms, des lieux de culte ou de rassemblement… en laissant les frontières ouvertes, nous leur accordons notre confiance qu’ils nous rendront en fournissant des informations à nos services de renseignements sur le fonctionnement de ce culte et de la République gouvernée par ses fanatiques.
- Ces réfugiés constituent donc des sources d’informations. Je vous aurai cru bien plus désintéressé, ambassadeur.
- Je sais me montrer pragmatique, Baron Velinis.
Pragmatique pour vous convaincre, pensa Jholan.
- Nous devrions soumettre la question à un vote à mains levées, proposa Kaviya e Halkyon.
- Ce n’est pas légal, s’opposa le Baron Rilranol. Le Roi Korol ne nous a pas donné son aval pour cette initiative, n’est-ce pas, chambellan Helder ?
- C’est exact, répondit le chambellan.
- Le Roi n’est pas présent à ce Conseil et il est temps d’accélérer les prises de décisions importantes, insista Reiviem. Chaque jour qui passe renforce le pouvoir et l’emprise des Contispex, que nous sentons jusqu’ici, sur Corellia. Nous ne pouvons pas nous laisser affaiblir une fois de trop par nos hésitations. La stabilité de l’Hégémonie Corellienne est en jeu, mes amis.
Chacun hocha la tête avec gravité et le vote à mains levées commença. Il fut bref, permettant cependant à Jholan de remarquer que la décision de continuer à accueillir les réfugiés, l’emporta de très peu.
Une décision avait été prise mais les nobles étaient divisés. Contispex pourrait tôt ou tard, essayer d’en tirer parti
- Il est temps de passer au dernier point, annonça Helder. Ambassadeur ?
Jholan se pencha sur la table, les traits crispés. La suite de la réunion promettait d’être difficile, après le précédent vote serré.
Il choisit ses mots avec soin, comme sa tante lui avait conseillé de le faire.
Les mots sont comme les mets raffinés et exotiques. Ils doivent être maniés avec délicatesse pour influencer et dissimuler au mieux nos intentions. Certains des nobles te traiteront en amis mais il te haïront si tu les froisses. Les autres te mépriseront mais tu gagneras leur respect et leur estime si tu affirmes tes positions, avait-elle insisté lourdement.
- Le sujet que je vais aborder est suffisamment sensible pour que je vous demande à tous d’activer vos brouilleurs. À partir de maintenant, tout ce qui sera dit, ne devra pas quitter cette pièce dans notre intérêt à tous.
Les nobles échangèrent des regards surpris avant d’obtempérer, y compris le chambellan Helder.
- Nous vous écoutons, ambassadeur.
Jholan inspira un grand coup. Même si sa tante était restée dans leur fief de Tralus, ses exigences envers lui semblaient le suivre jusque sur Corellia.
- Peu avant mon départ d’Alsakan, commença-t-il, j’ai été invité au palais du Premier Régent de Xenvaer par Tina Ap Token en personne. Une réunion tout à fait officieuse, cela va de soi. Je vous ai remis mon dernier rapport sur les tensions croissantes entre l’Archaiad et elle.
- Il semblerait que Tina Ap Token marche sur les traces de son père, commenta Reiviem.
- C’est ce que cette convocation m’a confirmé, reconnut-il. Elle semble bien décidée à défier ouvertement la République en envoyant une flotte au secours des Hutt et je n’ai aucun doute qu’elle ait fait libérer le sénateur Kalad et l’amirale Delinki pour les envoyer convaincre les bothans et les lanniks de s’impliquer contre Coruscant.
- L’Archaiad ne souhaite pas entrer en guerre ? S’enquit le Baron Qallian.
- C’est la raison de leur mécontentement actuel.
- Que vous a-t-elle proposé ? Insista Helder.
Jholan sut que le moment crucial était arrivé. Il ne pouvait plus se dérober.
- Le Premier Régent a demandé notre soutien militaire total en échange de la signature de contrats sur la fabrication de leurs vaisseaux de guerre par nos chantiers navals, qui auraient l’exclusivité de cette production.
Cette annonce fit l’effet d’une bombe parmi le Conseil. Jholan e Ripsan surprit l’échange de regards saccadés traduisant la terreur mais aussi l’ambition. Il était curieux de savoir qui l’emporterait… la terreur ou l’ambition ?
Il ne tarda pas à avoir quelques éléments de réponse.
- C’est de la folie d’avoir accepté son invitation ! Lui reprocha la Baronne Reiviem e Koldyr. Vous auriez dû deviner ses intentions, ambassadeur !
- Je me doutais qu’elle nous demanderait son soutien, concéda-t-il en tentant de rester calme.
- Imaginez que Contispex ait eu vent de votre réunion, nous nous retrouverons sous peu avec un blocus de la République à nos frontières !
- Pour l’instant, nous avons l’avantage que les Flottes de la République concentrent leurs forces vers les Hutt.
- Pour combien de temps ? Et même si nous n’avions rien à craindre de leur Marine de guerre, il reste toujours ces adeptes fanatiques sur Corellia. Ces fichus prêtres qui haranguent la foule et convertissent à tour de bras ! Les dernières émeutes et les rassemblements qu’ils orchestrent montrent bien la puissance qu’ils ont acquise ! Et nous savons parfaitement, à qui bénéficie ce pouvoir de nuisance, mes pairs !
Cette fois, Jholan marqua le silence. Il comprenait tout comme le reste de ce Conseil, les arguments de la Baronne Koldyr. Oui, leur situation était bien plus délicate plus qu’ils ne voulaient l’admettre. Même s’ils acceptaient cette alliance avec Alsakan au mépris de la Contemplanys Hermi qui assurait leur intégrité vis-à-vis de la République, Contispex aurait ici le bras suffisamment long pour exercer une forte pression.
- Nous devons refuser cette alliance avec Alsakan. La Contemplanys Hermi doit prévaloir !
Ses mots eurent un impact sur les autres membres. Plusieurs avaient acquiescé d’un hochement de tête et Jholan savait qu’il devait reprendre l’initiative.
- En d’autres circonstances, je serais d’accord avec la Baronne Koldyr. Mais je demande à ce Conseil de réaliser qui est notre véritable ennemi. Ce n’est pas la République mais ce culte extrémiste qui en a pris le contrôle pour répandre son idéologie nauséabonde. Les événements de la Lune Pourpre l’ont démontré. Ces fanatiques n’auront aucune pitié envers quiconque, leur but est de dominer cette galaxie sans partage. Ils se sont emparés de la République et nous serons bientôt les prochains !
Il soutint ensuite le regard de la Baronne.
- Certains invoquent la Contemplanys Hermi mais croyez-vous que le Pius Dea en ait cure ? Bien sûr que non ! Cette clause de neutralité ne peut s’appliquer qu’à une République avec laquelle nous pouvons négocier d’égal à égal. Pas à un Sénat de pantins bénis qui passe son temps à se courber devant ses tyrans !
Jholan sentit le vent tourner en sa faveur lorsque les mêmes qui avaient approuvé la prudence de la Baronne Koldyr, paraissaient cette fois apprécier mieux sa hardiesse.
- La Contemplanys Hermi est caduque, le péril qui nous menace est grand ! Si nous voulons la paix, nous devons nous préparer à la guerre !
- Non ! S’insurgea la Baronne. C’est de la folie, nous ne pouvons pas nous attaquer à la République !
Cette perspective la terrifiait, trahie par ses gestes vifs de la main.
- Nous n’avons plus le choix, asséna l’ambassadeur. En outre, pensez aux bénéfices que nous procurera la fabrication de vaisseaux de guerre alsakanis. Songez à l’influence durable dont nous bénéficierons et qui feront de notre peuple, le centre de la galaxie.
La partie était gagnée et les nobles se levèrent un à un, convergeant leur attention vers Jholan e Ripsan qui avait emporté leur adhésion.
- Je soutiens la proposition de l’ambassadeur Ripsan. Nous devons nous allier à Alsakan et secourir les Hutt.
Tous répétèrent la même approbation et Helder s’apprêtait à clore la session.
- Dans ce cas, je doute qu’un vote soit utile. Il ne me reste plus qu’à informer le Roi de la décision de ce Conseil et attendre sa promulgation…
Brusquement, de fortes détonations firent trembler les vitres du palais royal, suivis de grondements sourds et inquiétants. Le sol vacilla sous leurs pieds, ce qui les plongea dans une grande confusion. Ils murmurèrent lorsqu’ils surprirent avec effroi, de sinistres fumées noires s’élevant à l’horizon, depuis différents quartiers de Coronet.
Le palais fut secoué par de nouvelles explosions plus proches.
- Que se passe-t-il ? Glapit Reiviem.
- Nous sommes attaqués !
Les alarmes percèrent leurs tympans, leur faisant prendre conscience de la gravité de la situation dont ils ignoraient beaucoup.
Jholan fut le premier à réagir, saisissant son comlink pour contacter sa garde du corps.
- Korila ? Répondez !
- Votre Excellence, vous allez bien ?
- Je suis toujours dans la salle du Conseil. Que se passe-t-il, dehors ?
Il était certain de connaître la réponse avant qu’elle ne lui la donna.
- Les émeutiers ont érigé des barricades et ont incendié des bâtiments publics. Les Forces de Sécurité ont été déployées mais la situation est tendue.
Il serra les dents, tentant de l’écouter distinctement malgré les alarmes qui continuaient de hurler. D’autres explosions éclatèrent au pied du palais.
- Ne quittez pas, fit Korila.
Jholan patienta avec fébrilité.
- Ils attaquent le palais ! S’écria-t-elle dans son oreille.
- Qui ?
- Le Pius Dea ! Je vous rejoins pour vous évacuer, à tout de suite.
Peu après, des gardes royaux pénétrèrent dans la salle, augmentant encore la tension de plusieurs crans.
- Par ordre de sa majesté, le palais doit être évacué. Dépêchez-vous !
Les émeutiers avaient coupé le courant, ce qui avait causé la panne des turbo asenseurs, des néons dans les couloirs et des centres de communication.
Jholan étudia les expressions de ses pairs, malgré la pénombre dans laquelle ils progressaient en direction des sommets du palais. La peur déformait leurs traits livides et il devina que ces émeutes qui dégénéraient en chaos, n’étaient pas le fruit du hasard.
Les Contispex leur envoyaient un message.
Si vous nous défiez, nous vous le ferons payer cher.


[… les Forces de Sécurité royales mirent plusieurs jours pour rétablir l’ordre sur Corellia. Prises au dépourvu, elles n’avaient pu empêcher le pire de se réaliser. Si le palais royal fut épargné par les destructions, ce ne fut pas le cas de plusieurs quartiers qui furent mis à sac, tout comme les enclaves dralls et séloniennes, ce qui provoqua l’exode massif des indigènes non humains vers leurs mondes originels dans le système corellien. Les émeutes, pilotées par les Contispex au moment où les corelliens semblaient déterminés à les défier, écornèrent gravement le crédit des Grandes Familles Baronniales ainsi que celui du Roi Korol. Au prix de la peur, la République dissuada les corelliens d’intervenir lors des Premières Croisades du Pius Dea contre les Hutt.
La dynastie Korol s’effondra finalement plusieurs décennies plus tard lorsque la secte déclencha une insurrection qui renversa le pouvoir en place au profit des adeptes du culte, forçant l’exil des Familles Nobles à l’exception des Koldyr qui jurèrent allégeance à Coruscant. Le système corellien sombra dans la guerre civile lorsque les Ripsan reprirent victorieusement leur fief de Tralus. Une guerre civile qui se prolongea pendant plus d’un millénaire, jusqu’à la chute de Contispex XIX
…]


Extrait de Apogée et Chute des dynasties galactiques de Anthois Fyol, paru des années après la Chute de Dark Krayt.



Voilà, j'espère que ce gros chapitre vous aura plu ! N'hésitez pas à me faire part de vos retours :wink: ! J'y ai glissé quelques références notamment à un certain RP ( Mastaria et les Rilranols qui deviendront les Ranols mastariens :sournois: !)

Allez, ciao a presto :hello: !!
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Messagepar L2-D2 » Lun 29 Nov 2021 - 21:14   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Alors là, c'est quelque chose qui me plaît. Au-delà de l'extrait en lui-même, réussi et prenant, avec une focalisation bienvenue sur un point de vue relativement extérieur à la croisade à venir du Pius Dea, ce qui me plaît le plus, c'est de voir des clins d'œil d'un auteur à l'autre. Tout ça me donne l'impression que sur SWU, finalement, on est une grande famille d'auteurs, et entre ceux qui collaborent, ceux qui reprennent un nom, ceux qui créent des ancêtres, le tout dans une bonne ambiance, je trouve ça génial. ça me met en joie ! :cute:

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Jeu 02 Déc 2021 - 21:25   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :) !

L2-D2 a écrit:Alors là, c'est quelque chose qui me plaît. Au-delà de l'extrait en lui-même, réussi et prenant, avec une focalisation bienvenue sur un point de vue relativement extérieur à la croisade à venir du Pius Dea, ce qui me plaît le plus, c'est de voir des clins d'œil d'un auteur à l'autre. Tout ça me donne l'impression que sur SWU, finalement, on est une grande famille d'auteurs, et entre ceux qui collaborent, ceux qui reprennent un nom, ceux qui créent des ancêtres, le tout dans une bonne ambiance, je trouve ça génial. ça me met en joie ! :cute:


L'amitié, c'est de toute beauté :love: :love: :love: !!! C'est la raison qui me pousse à aller à la convention de Cusset pour la première fois de ma vie :oui: :oui: !!!

Tu y vas, aussi ?

Allez, à samedi :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 04 Déc 2021 - 22:22   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite !

Il est temps de retrouver notre chère twi'lek Lethan ( twi'lek à la peau rouge :P ! ), notre charmante et courageuse Naha ! Bonne lecture !



Planète Nar Kreeta, au nord de l’Espace Hutt, trois jours plus tard

Naha resserra son capuchon sur sa tête, pour masquer un peu plus ses lekkus. Une habitude tenace qu’elle avait conservé depuis sa vie dans les ghettos de Coruscant, lorsqu’il lui fallait traverser incognito les quartiers de la Cité Galactique, tenus par les extrémistes de Contispex.
- Tu n’as aucune raison de te cacher comme ça, il n’y a pas de Pius Dea ici.
À côté d’elle, le zabrak Sadec remua sa chevelure argentée lorsqu’il se tourna vers la jeune twi’lek Lethan.
- Et les humains qui sont ici, s’occupent de leurs affaires, ponctua-t-il avec malice.
Tous les deux se tenaient debout, appuyés contre le mur d’une échoppe, dans la principale rue marchande de la capitale de Nar Kreeta. La foule dense se pressait devant les étals, la diversité des espèces servait en effet l’anonymat des jeunes gens. D’un geste raide, Naha écarta finalement son capuchon, laissant ses appendices craniens flotter sur ses épaules. Elle s’assura que la tiare offerte par Maathra tenait bien en place sur son front.
Puis elle guetta chaque individu qui passait devant elle. Comme le zabrak l’insinuait, personne ne faisait attention à eux. Elle se sentait bien plus dans son élément, bien plus anonyme dans un lieu où personne ne lui demanderait des comptes sur son espèce non humaine.
C’était vivifiant.
Elle ne répondit à Sadec que par un silence pesant. Elle n’avait pas oublié leur duel lors du Qualteza, notamment les insultes dont il l’avait gratifiée. Sadec vérifia que sa zhaboka était bien accrochée à son dos.
Le mutisme de la twi’lek le mettait mal à l’aise.
- Écoute, à propos de ce qui s’est passé lors du Qualteza… voilà, ça fait partie du jeu d’essayer de déstabiliser son adversaire.
Lorsque Naha demanda à Ilmi pourquoi il les accompagnait, l’ancienne pilote de chasse de la Marine Républicaine avait répondu que cela faisait partie de sa pénitence. À bord du vaisseau de ce devaronnien du nom de Mulkar, ils s’étaient soigneusement évités jusque-là.
Maintenant ils attendaient le retour d’Ilmi et de Maathra, parties interroger quelque part dans la cité marchande, une connaissance de la zabrak. Elles ne leur avaient rien de plus à ce sujet.
- Tu m’as traitée d’esclave, cracha-t-elle de dégoût entre ses dents.
- Je t’ai dit…
- Je sais ce que tu as dit.
Elle le fusillait du regard, l’obligeant à détourner les yeux par intermittence.
- J’ai été l’esclave de sales ordures d’humains, j’ai été leur chose. Exactement les mots que tu as employés à mon propos.
Sadec n’en menait pas large, à cet instant.
- Je te demande pardon…
- Je n’ai pas besoin de tes excuses. J’ai seulement besoin de retrouver ma famille, pour me sentir de nouveau entière.
Sadec bomba le torse, pour reprendre une contenance.
- Nous les retrouverons.
- Tant mieux, comme ça je n’aurai pas besoin de tuer quelqu’un.
Le zabrak comprit au venin de ses mots qu’elle le visait.
- C’est très mal parti entre nous, on dirait.
- Tu l’as dit, souffla-t-elle.
Il fixa de nouveau la foule, préférant se concentrer pour oublier leur conversation glaciale. La twi’lek l’ignora pour marquer son dédain. Ils ne s’adressèrent plus la parole jusqu’au retour des deux femmes.
Ilmi et Maathra émergèrent de la foule, sur leur droite. Naha se pencha, intriguée par leur mine fermée qui ne laissait transparaître la moindre émotion. La twi’lek fut interpellée par les taches sombres qui souillaient la tunique de combat de l’echani.
- Maathra, tout va bien ?
- Ce n’est pas mon sang, répondit l’échani.
Naha se détendit tandis que Sadec demanda à sa congénère.
- Vous avez trouvé qui vous cherchiez ?
- Oui, mais il a mis plus de temps à parler. Maathra et moi avons dû… le brusquer.
Ilmi épongeant la garde sa vibrolame avec nonchalance, pas du tout perturbée par la dureté de l’interrogatoire qu’elles avaient fait subir à leur contact. Naha et Sadec préféraient ne pas savoir ce qui s’était exactement passé.
- Je vois. Vous avez obtenu quelque chose ?
- Un nom. Un lieutenant du kadijic Besadii sur Rorak IV, notre prochaine destination, annonça Ilmi.
- Alors, partons d’ici. Cet endroit me porte déjà sur les nerfs, fit Maathra.
Naha la dévisageait intensément mais elle semblait fuyante comme si elle avait honte de quelque chose.
Ils regagnèrent le statioport où les attendait Mulkar, pilote et propriétaire devaronnien de L’étoile de l’Audacieux. L’ancien membre des Nimbus était assis sur un conteneur vide sous le cargo, en bas de la rampe d’accès.
Il manipulait son blaster qu’il s’amusait à faire jongler entre ses doigts avant de se redresser au retour du quatuor. Il rangea son arme à la ceinture avant de leur lancer d’un ton railleur :
- Pas trop tôt, j’ai failli attendre.
Personne ne répondit à sa saillie. Ilmi et Maathra le contournèrent sans lui accorder la moindre attention. Sadec haussa les épaules avec une expression gênée et le devaronnien finit par demander à Naha qui fermait la marche :
- Eh, gamine. Tout va bien ?
- Visiblement, non, se borna-t-elle à répondre.
Mulkar soupira et rentra à leur suite. Il regagna le poste de pilotage et enclencha les moteurs qui firent trembler la coque.
Il remarqua peu après que la jeune twi’lek l’avait suivi.
- Mulkar, je voulais remercier de nous aider.
Il accueillit cette reconnaissance avec un sourire franc.
- Ce n’est rien. Je ne suis pas marié et je n’ai pas d’enfants mais je sais ce que c’est d’avoir une famille.


Le vaisseau regagna la froideur de l’espace avant de plonger en hyperespace, pour se diriger vers le cœur de l’Espace Hutt. Mulkar enclencha le pilote automatique et alluma un hologramme au-dessus du tableau de bord.
Plusieurs silhouettes étaient matérialisées devant la jeune femme, qui reconnut Mulkar plus jeune et svelte en combinaison de vol aux cotés de d’autres pilotes. Ils étaient au total douze, hommes et femmes, humains et non humains. Tous affichaient un grand sourire, prenant la pose pour immortaliser un moment de communion.
- C’était le groupe de chasse dans lequel vous serviez ? Demanda-t-elle.
- L’escadron Nimbus a été ma famille jusqu’à l’élection de Contispex, expliqua-t-il. Du temps où nous servions la République… quand la République avait encore un sens. Nous avons versé le sang ensemble lors de la Crise Alsakan, quand les alsakanis ont attaqué la Flotte du Noyau. Riyan Lix était notre boss.
De l’index, il montrait l’humain au milieu des pilotes, qui se tenait légèrement en retrait, avec une jolie humanoïde, une zeltronne qui lui tenait le coude.
- C’était notre grand frère, il veillait toujours à ce que chaque pilote de son escadron revienne vivant avec son chasseur. Il n’aimait pas les têtes brûlées, alors que lui-même en était une. Il a pris du galon dans la Marine, après la Crise Alsakan. La plupart d’entre nous ne l’ont pas fait.
- Il a adhéré au Pius Dea ?
Il la fixa, choqué par sa question.
- Quoi ? Jamais de la vie ! Il est resté intègre.
Son index se braqua ensuite sur la zeltronne de l’escadron.
- Sinon, Zeya ne serait jamais devenue sa compagne, avoua-t-il non sans fierté.
- Ils ne peuvent pas vivre ensemble au grand jour, fit-elle remarquer. Surtout s’il est resté officier dans la Marine.
- J’ai entendu dire qu’elle vivait cachée sur Corellia. Quant à Riyan, il a participé à la Conspiration des Cent et s’est réfugié avec sa flotte dans l’Espace Hutt.
La jeune twi’lek s’écarta un peu du pilote.
- Alors, il sert les Hutt. Ceux qui ont asservi ma sœur et mon petit frère.
Le devaronnien grimaça.
- Vous ne devriez pas le juger hâtivement, il ne doit pas faire ça de gaieté de cœur.
- Vous le défendez parce que vous le connaissez.
- Je le connais mieux que vous, répliqua-t-il. Tous les humains ne sont pas des ordures.
Il éteignit l’hologramme et étendit ses jambes sur le tableau de bord avant de croiser les doigts derrière sa nuque. Le voyage serait long et elle comprit son intention de faire un somme. Elle recula pour le laisser.
- Au fait, la rappela-t-il.
- Oui ? Fit-elle en la tête par-dessus l’épaule.
- Vous devriez parler au zabrak, il en pince pour vous.
- Il risque d’attendre longtemps, vu que ce n’est pas réciproque.
Elle s’éloigna en entendant son ricanement résonner derrière elle. Elle arpenta le couloir d’accès principal, longea la cuisine et la salle d’armes aménagée. Puis elle descendit l’échelle qui menait à leurs chambres respectives.
Elle s’arrêta devant celle de Maathra. Après une brève hésitation, elle frappa doucement à la porte qui s’écarta sur le côté dans un chuintement doux.
La guerrière echanie était assise en tailleur sur le sol, à côté de son lit. La vibro épée reposait étendue devant elle, rangée dans son fourreau. Maathra ne tourna pas dans la tête vers elle, plongée dans sa méditation, les paupières closes.
Elle les rouvrit quand Naha signala sa présence d’une toux minime.
- Il n’y aura pas d’entraînement aujourd’hui, Naha.
La twi’lek soupira devant son ton distant.
- Je voulais savoir comment tu allais, dit-elle timidement. Après ce qui s’est passé là-bas, ce dont je n’ai aucune idée d’ailleurs. Tu te sentirais mieux si tu me racontais.
- Je peux gérer ça moi-même, lui assura l’amazone.
- Tu es ma professeure.
- C’est pour ça que je dois le faire.
À regret, Naha laissa la porte se refermer sous son nez. Désemparée, la twi’lek remonta finalement l’échelle pour se diriger vers la salle d’armes. Elle ôta sa veste qu’elle laissa à terre puis s’avança au centre.
Après tout, c’était peut-être d’essayer de se changer les idées.
Elle écarta les chevilles, l’une derrière l’autre en posture de combat puis enchaîna à un rythme lent les mouvements appris auprès de Maathra. Concentrée, elle ne remarqua pas Sadec qui se demandait s’il pouvait la déranger.
Il se tenait sur le seuil lorsqu’elle fit une pause.
- Je me demandais qui respirait aussi fort, le tança-t-elle.
- Cela te dérange si je m’entraîne avec toi ?
Elle croisa son regard.
- D’accord, si tu gardes le silence.
Il posa sa zhaboka contre le mur et la rejoignit avec un fin sourire.


Maathra reprit sa respiration régulière lorsqu’elle émergea de sa méditation. Elle s’appuya sur ses appuis et regarda le sang séché qui souillait sa tunique de combat, au niveau de la poitrine. Elle jura entre ses dents dans son dialecte natal puis entreprit de l’enlever pour la remplacer par une autre combinaison moulante.
Elle dénoua ses longs cheveux immaculés, les laissant flotter sur ses épaules. Puis elle s’assit sur le lit, regardant sa tunique trempée de sang qu’elle tenait entre ses doigts. Elle resta ainsi immobile, le regard perdu, ressassant ce qu’elle avait fait à ce contact qu’elle avait rencontré avec Ilmi Kliss.
Il s’agissait d’un marchand todayrien itinérant, une créature non humaine flottante à l’apparence d’étron grossier.
Sous cette couverture de commerçant sans histoire, refourguant des babioles de toutes origines, ce todayrien alimentait des combats sanglants de gladiateurs en rachetant des esclaves forts et vigoureux sur le grand marché de Rorak IV et en pariant sur leur survie… ou leur mort inéluctable. Ilmi Kliss avait travaillé pour son compte après son départ de la Marine, avant de découvrir sa véritable nature et de démissionner.
Le todayrien du nom de Salluste comprit tard que les deux femmes n’étaient pas venues pour acheter. Ilmi le paralysa avant qu’elles ne l’emmenèrent à l’arrière boutique pour discuter plus tranquillement. Là, elles le torturèrent.
Maathra revit très clairement Ilmi arracher avec une patience effrayante, ses ongles crochus un à un avec une puissante tenaille. Elle lui avait demandé sans cesse :
- Donne-moi un nom.
Le todayrien les suppliait, répétant qu’il s’exposait à des représailles encore plus cruelles que ce qu’elles lui infligeaient. Maathra le revit pleurer, geindre et gémir à mesure que Ilmi le délestait douloureusement de ses ongles.
Pour ne pas craquer, la guerrière echanie demeurait concentrée sur l’objectif. Retrouver la famille de Naha. Ce todayrien et ces tortures n’étaient qu’un moyen pour y parvenir plus rapidement. Ilmi avait ensuite appuyé sur les plaies fraîches avec la pointe de sa vibrolame pour accentuer la souffrance de sa victime.
Ce n’était que lorsque Maathra lui trancha la main avec son épée que le todayrien réalisa qu’il n’avait plus d’autre issue que de parler. Il leur cracha ce nom puis Ilmi abrégea son calvaire d’un tir de blaster en pleine tête.
Elle tenta d’interrompre le flot de ses pensées mais elle ne pouvait pas empêcher ce torrent de tourner en boucle. Encore et encore.
De dépit, elle jeta la tunique sale et se prit la tête entre les mains, accablée par le remords. Elle entendit à peine la porte s’ouvrir. Elle ne releva pas la tête, tout de suite.
- Je t’ai dit que je voulais être seule, Naha.
Ce ne fut pas la twi’lek qui répondit.
- Ce n’est pas une bonne idée, crois-moi.
Ilmi Kliss se tenait dans l’encadrement de la porte, sans sa zhaboka. Après une brève hésitation, Maathra l’autorisa à entrer, laissant la porte se refermer derrière la zabrak.
- Je vais bien, assura l’echanie avant que la question ne soit posée.
- Tu n’aurais pas l’air si bouleversée si c’était vrai.
L’ancienne pilote des Nimbus vint la rejoindre, s’asseyant sur le lit à côté d’elle.
- Ce que nous avons fait subir à ce todayrien, c’était…
La guerrière d’Eshan n’acheva pas sa pensée.
- C’était nécessaire, insista la zabrak sans ciller. Je connais ce fils de kath depuis des années, je t’ai dit ce qu’il faisait. C’est une ordure au même titre que ces suprémacistes humains qui ont asservi la République.
Elle lui prit la main mais Maathra retira ses doigts.
- Nous n’aurions pas dû en arriver là. Cela me rappelle trop les atrocités que j’ai vues pendant la Lune Pourpre.
- Ne nous compare pas à ces fanatiques. Nous faisons tout pour les gens que nous aimons, tu n’es pas d’accord ?
Ilmi reprit sa main et cette fois l’echanie ne la rejeta pas.
- Oserais-tu dire à Naha que tu n’es pas prête à tout pour sauver sa famille ?
La guerrière éprouva l’envie de protester mais elle redressa finalement la tête pour regarder en direction de la chambre de la twi’lek. Celle-ci lui faisait confiance car elle lui avait promis de l’aider à retrouver sa famille.
Naha lui faisait confiance.
- Elle m’insulterait dans tous les dialectes, si je le lui disais.
- Ce todayrien a récolté ce qu’il méritait et je dirais même, bien moins que ce qu’il méritait, insista la zabrak.
- Tu es sûre que ce n’était pas personnel ?
Ilmi ne se laissa pas démonter par sa remarque acide.
- Rechercher la famille de Naha rend cette quête très personnelle.
- Il m’en faudra plus pour m’aider à dormir.
À ces mots, l’echanie tourna la tête pour plonger son regard dans le sien. Quelque part, au fonds de ses prunelles sauvages baignées de l’aridité d’Iridonia, elle lisait cette passion qui lui rappelait une de ses plus proches congénères d’Eshan.
Mekali.
Elle soupira en se souvenant de la mort de cette guerrière, tombée en protégeant la sénatrice de Manaan, B’lsak. Son corps avait été souillé par ces porcs immondes de Contispex Juniors, ce tandem infernal auquel elle avait échappé de peu. Mekali avait été proche d’elle lors de leur jeunesse sur Eshan.
Très proche.
- Si tu as du mal à dormir, je peux t’aider pour ça.
Le visage d’Ilmi était proche du sien. Finalement, ses petites cornes sur le haut de son front ne lui déplaisaient pas. Maathra, prise d’une impulsion subite, colla ses lèvres sur les siennes. Ilmi lui rendit son baiser avec plus de fougue.
Elle s’étreignirent fiévreusement avant de s’arracher réciproquement leurs vêtements puis de basculer sur le lit, tout à leurs effusions.


Voilà, j'espère que cela vous a intéressé !

Allez, a presto :hello: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar L2-D2 » Mar 07 Déc 2021 - 17:54   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Intéressant ! C'est plutôt bien vu de nous laisser dans l'ignorance de ce qu'il s'est réellement passé avec Maathra, et qu'on le devine avec ce que tu nous apprends ! :jap:

Et nos héroïnes reprennent des forces, flirtent, se détendent. Qu'elles en profitent, cela risque de ne pas durer ! :paf:

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Mer 08 Déc 2021 - 21:49   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour, L2 :wink: !

L2-D2 a écrit:Intéressant ! C'est plutôt bien vu de nous laisser dans l'ignorance de ce qu'il s'est réellement passé avec Maathra, et qu'on le devine avec ce que tu nous apprends ! :jap:


C'était moins compliqué à écrire et j'économisais au moins un chapitre :D !

L2-D2 a écrit:Et nos héroïnes reprennent des forces, flirtent, se détendent. Qu'elles en profitent, cela risque de ne pas durer ! :paf:


La quête va devenir ardue :oui: !
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Messagepar mat-vador » Sam 11 Déc 2021 - 21:57   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonjour à tous, comment ça va ?

Allez, c'est l'heure de la suite ! Il est temps de retrouver Bekan :sournois: !



Nébuleuse d’Oktos, à la frontière de l’Espace Hutt

Bekan Kalad attrapa la manette de l’hyperpropulseur à la fin du compte à rebours. Les étoiles reprirent leur position figée, et le Jedi eut le loisir d’étudier à quelques centaines de kilomètres d’eux, l’impressionnante nébuleuse d’Oktos.
Au temps de l’Empire Hutt, bien avant la Première Guerre Alsakan, un seigneur de guerre local à l’origine incertaine se lança à l’attaque des territoires Hutt pour s’en attribuer le contrôle. Oktos était le nom de la planète dont il se servait comme avant-poste, pour lancer ses raids qui perçaient jusqu’à Varl, leur berceau.
Ne tolérant plus ces affronts, l’impitoyable Mogul Suprême unifia les siens autour de lui et lança une grande offensivie contre Oktos qui concentrait les forces de son ennemi. Une bataille titanesque s’engagea et une arme de destruction massive conservée sous la surface provoqua la destruction d’Oktos. L’onde de choc fut si dévastatrice qu’elle oblitéra le cœur de la planète, entraînant dans la mort, la majorité des combattants des deux camps, irradiés par les nuages de gaz radioactifs expulsés dans le cosmos.
Des nuages de gaz qui s’étendaient encore sur des parsecs, comme un manteau infini qui reflétait et contractait la lumière des étoiles en une guirlande clignotante. Un spectacle mortel et dangereux pour qui s’en approchait. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il était possible de s’installer à l’intérieur de cette nébuleuse.
Du moins, Bekan avait entendu parler de pionniers qui s’étaient lancés dans l’aventure mais rares étaient ceux qui en revenaient.
Le Jedi réduisit la vitesse de son vaisseau, restant en queue de formation, derrière les quatre autres esquifs, dont celui du passeur Defal Thillon. Il se connecta sur le canal général pour suivre les échanges et faire part de ses suggestions, si nécessaire. Et pourquoi pas démasquer les intentions de ses compagnons de route.
Un malaise issu des flux de la Force, ne cessait de le tourmenter. Cette désagréable sensation que la Nébuleuse d’Oktos renfermait un piège mortel. En tant que concentration de gaz radioactifs, c’était peut-être déjà le cas.
Mais il y avait autre chose à l’œuvre. Il se rappela encore une fois des avertissements de son ancienne instructrice Ri’ila Terka.
Méfie-toi de cet homme.
Il projeta sa conscience dans son environnement proche et perçut que la perturbation provenait de Thillon. Il fronça les sourcils, passant les doigts dans sa barbe. Ce voyage ne serait pas de tout repos, comme il le craignait.
Un des passagers clandestins brailla tout à coup sur le canal ouvert :
- Êtes-vous certain que c’est une bonne idée, de s’approcher ainsi de la Nébuleuse ? Demandait l’elomin qui s’était remarquer par ses doutes, au départ de Celegia.
Defal Thillon conserva à son égard, une voix cassante comme d’habitude.
- On en restera suffisamment loin pour rester à l’abri des radiations et suffisamment proches, pour brouiller les senseurs de la Marine Républicaine.
- Euh, d’accord, fit l’elomin qui n’insista pas.
Des cris d’enfants se firent entendre sur le canal, suivis d’un chant maternel qui les apaisa aussitôt. Bekan sentit les petites étincelles de vie qui brillaient près de lui. Il les localisa bientôt sur le vaisseau qui se mouvait à sa droite, à deux cents mètres du sien.
Ce ne devait pas être la seule famille qui tenterait une République devenue si peu attractive et absolument véhémente. Ce ne devait pas être la seule que Defal Thillon avait conduit jusqu’à l’Espace Hutt, moyennant un prix exorbitant qui les dépouillait de toutes les ressources et les rendait vulnérables aux appétits des kadijics.
Il soupira, en réalisant qu’il était vain de fuir l’injustice. Tous devaient y faire face, quelque soit la forme qu’elle prenait.
Thillon envoya à ses clients encombrants la copie de l’itinéraire qui devait contourner la Nébuleuse d’Oktos. Une décision qui semblait raisonnable et sensée, eu égard aux concentrations de troupes importantes de la Républiques sur Ord Yndar et Ord Wylan, à l’ouest de la masse gazeuse dense qui les obligeait à couper par le nord, pour atteindre plus facilement le cœur névralgique de l’Espace Hutt.
Aux questions pressantes et récurrentes des passagers clandestins, le passeur répétait que la République visait la Station Kwenn, le pivot de la défense des territoires Hutt. La Passe de Kaaga et les systèmes environnants la Nébuleuse, seraient vierges de toute présence militaire républicaine. En théorie.
Car il n’avait pas échappé au Jedi, que les territoires bothans et lanniks longeaient ceux des kadijics par le sud et il doutait fortement que les Contispex aient négligé de les surveiller. Malgré les affirmations de Thillon. Bekan n’était pas convaincu que ce dernier jouait franc jeu.
Il enregistra l’itinéraire de Thillon dans l’ordinateur de navigation puis laissa le pilotage automatique, maître de la destination finale. Enfin, il s’enfonça dans son siège de pilote, desserrant le harnais qui oppressait sa poitrine avant d’entrer dans une transe méditative pour récupérer ses forces et se tenir prêt à l’imprévu.
Les flux de la Force le transportèrent en d’autres lieux et d’autres temps. Des images traversèrent son esprit, des illuminations de lumière et de couleurs vives éclaboussaient ses sens somnolents. Il sonda ainsi à la fois, le passé et l’avenir de cette galaxie. Mêlés étroitement sans se mélanger, si proches et lointains.
Il vit les étoiles et les mondes s’embraser à cause des guerres, d’étranges vaisseaux coniques ressemblant à des édifices religieux flottant dans l’espace, tournant en orbite autour des planètes pour les encercler, les isoler.
Les étouffer dans un étau qui les priverait de toute lumière et de toute liberté. Voilà ce que la République régie par le Pius Dea et les Contispex, leur promettait. Bekan chassa ces sombres présages de mondes irradiés, de populations exterminés par le feu nucléaire des missiles de barradium, de conversions de masse pratiqués par les prêtres zélés du culte sinistre.
Il y a forcément de l’espoir, il y a forcément une issue !
En tant que Jedi, il ne pouvait se résoudre l’instauration d’un tel futur. La Force ne pouvait se montrer si cruelle.
Une nouvelle image s’imposa alors à lui. Quelque part, au milieu d’une jungle inconnue, il affrontait un ennemi redoutable au sabre laser. Il maniait son épée à lame dorée contre un puissant draethos qui possédait une lame sanglante.
Un ennemi qui empestait le Coté Obscur de la Force et lui clamait :
- Vous avez échoué, Bekan.
Cette familiarité étrange… et la vérité lui fut limpide comme un tir de blaster dans les tripes. Oriko !
Bekan ouvrit subitement les paupières, émergeant de sa transe comme un nageur surgissant de profondes abysses dans lesquelles ils avaient manqué de se noyer à jamais. Il porta la main à son front, perclus de sueur.
Il respira, calmant les battements de son cœur et tenta de se souvenir de ses leçons de padawan concernant les Visions de Force.
Tu ne dois pas te soucier des visions elles-mêmes, lui avait recommandé Ri’ila Terka. Seulement de la peur qu’elles engendrent en toi.
- Nous avons besoin d’aide ! Glapit une voix de femme.
Le Jedi ne s’était pas débranché du canal général mais il n’en avait pas besoin pour détecter la détresse qui émanait de l’un des vaisseaux en difficulté, sur la droite. Il s’agissait d’un cargo corellien modeste dont les moteurs ioniques montraient d’inquiétants signes de faiblesse.
La lueur des réacteurs clignotait, s’apprêtant à rendre l’âme.
Le Jedi réagit aussitôt, disposé à aider du mieux qu’il pourrait. Des cris d’enfants résonnaient dans le poste de pilotage.
- Je vais me rapprocher de vous. Vérifiez le niveau de carburant et les autres paramètres de votre vaisseau, indiqua-t-il à la femme.
Il décala son navire pour contourner les réfugiés en détresse et se ranger à leur hauteur, sur leur gauche.
- Le carburant est normal, fit la femme. Mais les autres indicateurs sont rouges, je ne sais pas ce que ça signifie…
Tout à coup, les moteurs se fracturèrent et se détachèrent du vaisseau en difficulté le clouant sur place. Des glapissements trahirent la terreur des enfants, qu’il ressentit dans la Force. La perturbation latente s’intensifia.
Ce fut au tour de l’elomin de s’écrier :
- Mes moteurs ne répondent plus !
Bekan pivota son vaisseau dans sa direction et surprit le deuxième esquif partir à la dérive, loin de la Nébuleuse, amputé de ses propulseurs. Pris d’une inspiration empreinte d’un malaise angoissant, il s’enquit des nouvelles du troisième vaisseau.
Les bégaiements de ses occupants prouvèrent qu’eux aussi avaient subi le même sort. Le Jedi alsakani contacta alors le passeur qui poursuivait sa route, sans paraître se rendre compte de quoi que ce soit.
- Thillon, nous avons un problème sérieux.
Bekan vérifia ses écrans tactiques, s’apercevant que le vaisseau de leur guide avait subitement accéléré.
- Thillon ? Répondez !
Ce dernier daigna enfin rompre le silence.
- Vous m’avez proposé cent trente milles crédits pour vous conduire à bon port, Jedi. Les Contispex m’en ont offert plus, beaucoup plus.
- Vous avez saboté ces vaisseaux ! S’indigna l’alsakani.
- Ils auraient dû me payer plus, se justifia le passeur sans aucune compassion.
- Ils vous ont donné tout ce qu’ils avaient et vous venez de les condamner à mort ! Les crédits de Contispex justifient-ils ça ?
Thillon ne ralentit pas, adoptant un ton cassant.
- Les Jedi donnent beaucoup de leçons alors qu’ils n’ont rien fait pour empêcher la Lune Pourpre. Vous êtes tellement arrogants, vous vous croyez tellement au-dessus de tout.
- Je ne vais pas vous laisser vous en tirer comme ça !
- C’est déjà fait, ricana le passeur qui les avait trahis. À moins que vous ne préféreriez les abandonner à leur sort ? Non ? Bon dans ce cas, nous ne nous reverrons pas de sitôt. Je ferai un très bon usage de vos cinquante mille crédits déjà versés. Et les Contispex vont bientôt vous envoyer de la visite.
Bekan se figea en comprenant l’ampleur du piège dans lequel ils venait de tomber.
- Saluez-les de ma part quand vous les verrez. Ah, comment vous dites déjà ? Ah oui, que la Force soit avec vous.
Defal Thillon rompit la communication au moment où les alarmes de proximité hurlaient pour prévenir Bekan de l’irruption d’intrus dans les environs.
Sur leurs flancs, un cuirassé Gilagimar de la Quatrième Flotte venait de surgir pour les bloquer contre la Nébuleuse d’Oktos. L’alsakani releva ses boucliers et prépara ses armes pour se préparer à un combat inégal. Puis il activa sa balise de détresse.
Lui et les autres infortunés étaient livrés à eux-mêmes.


Defal Thillon sourit, satisfait de son petit effet quant au dépit que le Jedi venait de lui avouer lors de leur dernière conversation. Si tout se passait bien, il aurait bien gagné sa journée. En attendant, la Quatrième Flotte avait confirmé qu’ils le paierait pour ses bons services.
C’était important de bien choisir ses clients, dans ce business. Surtout si leur générosité dépassait toutes ses espérances.
Il avait parvenu à échapper à la méfiance du Jedi, il ne lui restait plus qu’à toucher la récompense promise par les Contispex.
Il étudia le signal qui indiquait l’arrivée du cuirassé républicain sur les lieux de son larcin si bien gagné. Il doutait que le vaisseau de guerre épargne les réfugiés et le Jedi, ces fanatiques du Pius Dea n’étaient pas pourvus de la moindre intention humanitaire. Ils l’avaient montré de manière éclatante lors de la Lune Pourpre.
Ce n’était pas son problème et ce le serait encore moins lorsqu’il aura quitté les lieux. Il accéléra pour s’éloigner de la Nébuleuse d’Oktos et du funeste spectacle qui ne manquerait pas de suivre. Il n’en était pas spécialement friand.
La coque gémit lorsque son vaisseau fut brusquement stoppé par une force invisible. Il poussa les manettes sans d’autre effet que de faire rugir ses propulseurs. Il comprit aussitôt qu’il était piégé par un rayon tracteur.
Il ouvrit le canal de communication d’un index rageur.
- Cuirassé de la République, que signifie cette manœuvre ?
Le contrôle répondit avec neutralité :
- Êtes-vous Defal Thillon ?
- En personne.
- Nous tenons à vous remercier de façon plus formelle, dans le hangar principal. Le genre d’invitation que vous ne pouvez pas refuser. Le capitaine Ethol vous accueillera avec une garde d’honneur.
- Vous vous donnez beaucoup de mal pour rien. Virez les crédits sur mon compte et nous serons bons amis.
- Le Chancelier Suprême a insisté pour que cela se déroule ainsi.
La communication en resta là, laissant un Defal Thillon décontenancé. Il réduisit ses moteurs au silence, qu’il ne pouvait pas solliciter pour échapper au rayon tracteur. Il se laissa remarquer jusqu’à la piste d’appontage où l’attendait le comité d’accueil.
Le capitaine Ethol l’attendait au pied de la rampe d’accès, accompagné d’un peloton de soldats d’infanterie de marine lourdement armés et protégés.
- Qu’est-ce que ce cirque ? Cracha le passeur, mécontent.
Ethol s’avança avec un sourire peu engageant, ce qui troubla la sérénité du passeur un peu plus.
- Vous vous nommez Defal Thillon ?
L’officier républicain venait de tirer de son uniforme un dossier en flimsi, qu’il consultait d’un œil distrait.
- À votre avis ?
Ethol sourcilla à peine devant son hostilité.
- Avez-vous servi comme caporal à bord de la frégate Aiglon de Corusca, avant la Crise Alsakan ?
Les traits de Thillon se décolorèrent sous le coup de la panique, lorsqu’il sentit l’étau se refermer sur lui.
- Ouais, peut-être, balbutia-t-il. Ça rime à quoi, cet interrogatoire ?
- Vous avez déserté avant la fin de votre service militaire dans la Marine lors d’une escale à Foerost et avez été condamné à perpétuité sur une colonie pénitentiaire dans le Noyau Profond. Vous confirmez ?
- Oui, mais j’ai été gracié par le Chancelier Pers’lya !
Thillon tira nerveusement sur son col.
- Vous n’êtes pas au courant du dernier décret promulgué par le Sénat et le Chancelier Contispex ? Demanda abruptement Ethol.
Le sourire de celui-ci venait de s’élargir un peu plus. Une alarme résonna dans le cerveau de l’ancien déserteur.
Je n’aime pas ça du tout !
- Quel décret ?
- Le Sénat a décidé que Pers’lya étant un impur, toutes ses décisions en tant que Chef d’État sont réputées nulles et non avenues, avec effet rétroactif.
- Quoi ?
- En conséquence, votre grâce est réputée n’avoir jamais existé. Soldats, arrêtez cet homme.
Thillon voulut battre en retraite en remontant la rampe d’accès mais trois soldats se jetèrent pour lui agripper et les tirer dans son dos. Il sentit le claquement des menottes de duracier se refermer sur ses poignets.
Les soldats l’éloignèrent de force de son vaisseau, vers un coin du hangar. Ils le plaquèrent contre le mur et le reste du peloton les rejoignit rapidement, s’alignant devant lui et attendant les ordres, le fusil blaster présenté en travers de la poitrine.
Cela ne ressemblait plus du tout à une garde d’honneur mais plutôt à quelque chose de sinistre. Il se voyait cerné, sans aucune issue.
- Mais qu’est-ce que ça veut dire, capitaine ?
Ethol avait effacé son sourire, l’observant froidement comme s’il ne représentait plus rien. Un autre humain fit alors son apparition. Vêtu élégamment de façon luxueuse, ses joues gonflées et son léger embonpoint indiquaient qu’il appartenait à la haute société galactique, certainement issu d’une famille influente.
Un blondinet plutôt jeune, dans la trentaine, selon Thillon. Qui pouvait être ce morveux bedonnant qui le fixait avec un étrange sourire inquiétant ?
- C’est donc lui, Defal Thillon ? Demanda Ethan Contispex qui s’était rangé aux côtés du capitaine.
- Oui, votre Excellence. Le peloton est prêt.
- Quoi ? Glapit Thillon, qui se sentait défaillir. Vous ne pouvez pas me condamner pour quelque chose dont j’ai déjà été jugé !
Ethol haussa les épaules.
- Le décret prévoit l’application immédiate de la peine capitale contre tous ceux qui ont commis des actes d’insubordination, de mutinerie ou de rébellion contre l’Armée et la Marine de la République. Soldats, épaulez !
Thillon ferma les paupières.
- Attendez, capitaine.
Ethan Contispex s’avança, se conférant une expression solennelle.
- Cet homme ne mérite pas de mourir si vite. Le spectacle ne serait pas du tout amusant.
- Très bien, Excellence. Soldats, visez l’abdomen et les jambes !
Il leva la main tandis que Ethan savourait la panique de Thillon dont les cris de protestation restaient bloqués au fonds de sa gorge. Les rafales de blaster trouèrent les genoux, les mollets et le ventre du prisonnier qui s’écroula, ventre à terre.
L’odeur d’ozone se mélange à cette horrible haleine de chair brûlée, perturbée par les gémissements du passeur amoché.
Ethan Contispex affichait son bonheur, jouissant de son calvaire.
- Laissez-nous, capitaine. Détruisez tous les vaisseaux que nous avons interceptés.
Ethol le salua d’un hochement de tête.
- Soldats, retournez à vos postes.
Les fantassins se dispersèrent sans un mot. Ethan les guetta, jusqu’à ce qu’il soient hors de portée de voix.
Puis il vint se pencher au-dessus de sa victime, riant légèrement.
- Hum, c’est douloureux, n’est-ce pas ? Je vais vous aider.
- Me touchez pas ! Parvint à grogner Thillon dans un élan d’orgueil.
Ignorant ses paroles, Ethan le souleva par les aisselles pour le redresser assis, dos au mur. Thillon palissait, se vidant de son sang par les plaies à moitié brûlées.
- J’ai fait tout ce que votre père attendait de moi…
- Mon père vous en est absolument reconnaissant. C’est pourquoi il vous permet d’arpenter le Chemin de Pureté afin que vous découvriez lors de vos derniers instants, à quel point la Déesse est miséricordieuse avec ceux qui se sont égarés hors de la Vertu.
- Parce que vous croyez que je vais me convertir à votre culte de cinglés pendant que j’agonise ? Erreur, petit morveux… tu ferais mieux de me tuer, cela nous fera gagner du temps.
Ethan s’accroupit face à lui.
- En fait, je trouve distrayant de vous voir mourir lentement. Mais si vous me suppliez, Thillon, je pourrais accélérer le processus, qu’en dites-vous ?
En guise de réponse, le passeur lui cracha tout le sang accumulé entre ses dents, dans sa figure de poupon.
- Et ça, t’en dis quoi ? Tu fais bien meilleure figure, je trouve.
La fureur contracta les traits bouffis du fils du Sage Suprême, qui dégaina une vibrolame.
- Très bien, ce sera plus douloureux que ce que vous croyez, fit-il dans un souffle sinistre. En fait, j’espérais que vous feriez ça. Pour commencer, je vais trancher votre langue perfide bien pendue et ensuite je m’occuperai de tout ce qui vous reste de superflu.
Il introduisit une pince à l’intérieur de la bouche du passeur mourant, pour coincer le muscle rose et pulpeux entre les tenailles avant de tirer l’outil vers lui. Thillon brailla de terreur étranglée lorsque la lame s’éleva au-dessus de l’épaule de son tourmenteur.
Aucun soldat ni technicien ne se retourna lorsqu’ils entendirent le long mugissement rauque d’un homme qui fut privé de sa langue, sans douceur. Ils ne virent pas le sourire fier de Ethan Contispex qui regrettait seulement que Leli ne soit pas là pour profiter du spectacle avec lui.
Oui, quel dommage qu’il soit le seul à s’amuser alors qu’il continuait d’élaguer sa victime avec lenteur, ses traits cruels éclaboussés par le sang.


Voilà, j'espère que cela vous aura plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 13 Déc 2021 - 13:12   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Ouh la belle enflure que voilà ! Mais à qui ce charmant qualificatif se destine-t-il : Defal Thillon, qui trahit les siens pour des crédits (encore que, la réplique qu'il balance à Bekan est bien fichue et mériterait de faire davantage réfléchir les Jedi) ou Contispex Juniro, qui lui inflige un sort bien pire que le peloton d’exécution ?

Et tu en profites pour faire un joli lien avec ta nouvelle série de Chroniques du Pius Dea via la vision/rêve de Bekan : bien joué !

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Mer 15 Déc 2021 - 22:18   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour, L2 :wink: !

L2-D2 a écrit:Et tu en profites pour faire un joli lien avec ta nouvelle série de Chroniques du Pius Dea via la vision/rêve de Bekan : bien joué !


Tout est lié, toujours :diable: !
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Messagepar mat-vador » Ven 17 Déc 2021 - 14:28   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Nous avons atteint les dix mille lues :D :love: :( !!!!!

Gg à vous, merci pour votre fidélité !!!!! Ça fait plaisir :oui: :oui: :love: !!!

On se retrouve demain pour la suite :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 18 Déc 2021 - 22:39   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

On continue avec Kalad junior empêtré dans les ennuis :transpire: !!



Bekan décida qu’il lui fallait rester près des naufragés en attendant que le cuirassé républicain amorce son attaque. Il guetta les manœuvres du vaisseau de guerre qui arraisonnait le navire du passeur déloyal, qui les avait entraînés dans ce piège.
Le Jedi alsakani éprouva le plaisir qu’il existait encore une forme de justice, bien qu’imparfaite. La capture de Thillon ne serait pas une diversion assez longue pour les préserver, cependant.
- Dirigez-vous vers vos capsules de sauvetage, je vais vous récupérer à mon bord.
Il ferma le canal, priant la Force de bénéficier d’assez de temps pour mener le sauvetage à son terme.
Il comprit que ce n’était qu’un vœu pieux lorsque le cuirassé accéléra pour rattraper les épaves en perdition. Dans quelques minutes, les réfugiés se retrouveraient à portée de tir. Bekan projeta ses perceptions vers les intrus.
Il ressentait une détermination implacable, ce cuirassé n’avait pas prévu de faire le moindre prisonnier. Les marins et soldats à bord avaient certainement reçu des consignes claires et inflexibles de leur hiéarchie.
Il fut contacté par un des vaisseaux de réfugiés, en panne.
- Je n’arrive pas à accéder à la capsule de sauvetage, le panneau de commande ne répond pas ! Glapissait l’elomin.
Bekan n’avait plus le choix, désormais, s’il voulait sauver qui que ce soit. Il devait gagner du temps en espérant que quelqu’un aurait répéré le signal de sa balise de détresse. Après tout, ils se trouvaient à proximité de la Passe de Kaaga, au sud de l’Espace Hutt. Les kadijics avaient bien dû poster des vaisseaux en sentinelle pour garder cette frontière…
Il poussa les moteurs et fonça droit sur le vaisseau capital qui présenta son flanc, afin de pouvoir se servir de ses batteries latérales. Il espérait détourner leyr attention suffisamment, pour qu’ils ignorent les réfugiés sans défense.
Allez, essayez de m’abattre !
Il ne fut pas déçu par les premières salves de turbolasers qui se mirent à encadrer son vaisseau de près. Les décharges frôlaient ses boucliers déflecteurs et il se lança dans des acrobaties périlleuses pour esquiver et ne pas donner prise à la moindre anticipation des artilleurs.
Il passa sous le ventre du mastodonte et remonta en flèche, continuant de filer à pleine vitesse pour éviter leurs tirs de barrage. Les républicains prirent peu à peu la mesure de leur antagoniste et les tirs devinrent plus précis et plus dangereux pour le Jedi.
Il éteignit les alarmes stridentes lorsqu’une salve effleura ses boucliers, manquant de les faire tomber. Il ne pourrait pas tenir indéfiniment dans cette position même s’il gardait une longueur d’avance sur les artilleurs, grâce à ses dons et à l’instruction de Maître Terka.
Il ouvrit un canal général, sur une fréquence qui lui permettrait d’être entendu dans les systèmes voisins.
- Ici le Jedi Bekan Kalad. Le groupe de réfugiés que j’escortais en direction de l’Espace Hutt, est attaqué par un cuirassé de la République. Envoyez toute l’aide et l’assistance que vous pourrez, s’il vous plaît !
Une batterie arracha son antenne de transmission, coupant son appel. Le Jedi alsakani espérait que son message avait été entendu… et écouté. Sinon, il serait seul avec la Force comme seul soutien. Nul doute que les républicains ont intercepté son message et le transmettront aux Contispex.
Ce qui mettrait l’Ordre Jedi en délicate position.
Ce qui aurait fini par se produire tôt ou tard.
Après s’être écarté du cuirassé, il revint à la charge. Il décida cette fois d’utiliser les armes de son vaisseau. Il connecta au système de défense puis alimenta les canons avant. Ceux-ci flamboyèrent peu après, ricochant sur les écrans de protection sans beaucoup d’effet.
Il répéta les manœuvres d’évasion et ses attaques.
Bekan demeurait concentré mais il ne pouvait revenir ce doute qui revenait à la charge. Il ne pouvait pas réussir, d’autant que le cuirassé continuait de s’approcher des réfugiés toujours désemparés. Dédaignant le Jedi, comme s’il ne s’agissait que d’un vulgaire moustique.
Bekan le sentit tout à coup avant que cela n’arrive.
La Force se convulsa en un trou noir dépourvu d’éclat lorsque le cuirassé se positionna pour frapper les vaisseaux naufragés.
- Non ! S’écria-t-il.
Son cri précéda les flash lumineux qui illuminèrent l’horizon lointain. Les canons du cuirassé ouvrirent le feu.
Dans le silence glacé et froid de l’espace, les réfugiés furent réduits à néant, vaporisés par les puissantes décharges ionisées, leur essence effacée des perceptions du Jedi qui frappa son tableau de bord, de colère et de peine.
- Non…
Il avait échoué mais il pouvait leur rendre justice. Oui, il le devait !
Impulsif, il tira les manettes pour faire demi-tour et foncer vers l’arrogant cuirassé qui avait commis sous ses yeux ce crime gratuit. Détruit l’espoir de ces exilés qui espéraient un meilleur avenir, plus clément que ce que leur réservait le culte Pius Dea.
Ses canons laser frappèrent la coque du cuirassé tandis que les batteries ennemies le suivaient de près, tentant d’anticiper sa trajectoire.
C’était de la folie furieuse mais sa colère était telle qu’il n’en prenait pas conscience. Ri’ila Terka l’avait pourtant mis en garde contre ce genre d’émotions. Si tu laisses la passion prendre le dessus, tu t’engageras sur un chemin sans retour.
Il se souvenait de cet avertissement mais il n’en avait cure. C’est alors qu’une voix entra en contact avec son esprit alors qu’il commençait à perdre pied dans les ténèbres de la fureur.
Bekan… Bekan…
Il se redressa, émergeant de cet état second.
- Je vous entends, maître, murmura-t-il entre ses lèvres.
Il écarta les mains de ses commandes, lâchant prise sur le destin qu’il tentait de combattre. Des larmes coulèrent sur ses joues lorsqu’il songeait à Oriko, son padawan draethos qu’il avait laissé sur Coruscant.
Non, ce n’était pas l’exemple qu’il souhaitait lui laisser.
Il avait à peine recouvré sa sérénité habituelle qu’un tir du cuirassé le frappa à l’arrière, détruisant ses moteurs et endommageant ses systèmes vitaux. Un autre tir traversa les boucliers défaillants, perçant la coque et créant une décompression.
Bekan fut heureusement assez rapide pour isoler le poste de pilotage. Il s’empressa de mettre son masque à oxygène puis se concentra sur les commandes du vaisseau, surmontant le vacarme infernal des alarmes qui meuglaient de toutes parts.
Les avaries étaient irréversibles, cette bataille était finie. Il avait fait tout ce qu’il avait pu pour sauver les réfugiés et avait échoué. Il sonda encore une fois les esprits des républicains à bord du cuirassé triomphant et sentit leur absence de pitié.
L’heure de rejoindre la Force était sans doute venue.


Ethan Contispex avait rejoint le capitaine Ethol sur la passerelle du cuirassé de classe Gilagimar, le Vorace. L’officier se tourna vers lui, pour constater le sang séché qui recouvrait en partie ses vêtements.
Le fils du Sage Suprême n’avait pas encore pris le temps de se changer. Car un spectacle ravissant s’offrait à lui. Des éclairs lumineux brillaient dans l’horizon que leur conférait la grande baie de transparacier.
Les décharges de turbolaser encadraient une navette qui s’était lancée dans des manœuvres impossibles à réaliser pour les pilotes les plus chevronnés. Ethan renifla avec dédain, en questionnant Ethol :
- Vous avez besoin d’autant de temps pour abattre un seul vaisseau ?
Ethol ne daigna pas se retourner pour marquer son agacement.
- Le pilote est un Jedi, se contenta-t-il de répondre.
- Et alors ? Vous ne devriez pas les surestimer, je ne les trouve pas si impressionnants que ça, fit Ethan fanfaron.
- J’ai servi aux côtés des Jedi pendant la Crise Alsakan et la Bataille de la Flotte du Noyau. Croyez-moi, Excellence, vous n’avez aucune idée des prouesses qu’ils sont capables d’accomplir.
Après quelques minutes d’un combat acharné mais inégal, la navette du Jedi fut mise hors de combat par quelques tirs bien placés.
Ethol donna ensuite l’ordre d’envoyer un escadron de chasseurs Typhon. Il fallait en finir maintenant et se replier loin de la Nébuleuse d’Oktos, afin que leur présence reste inaperçue par les Hutt.
Les Typhon jaillirent du hangar principal et se portèrent à la rencontre du vaisseau Jedi neutralisé.
- N’oubliez pas que mon père souhaite récupérer le corps du Jedi intact, rappela Ethan d’une voix sifflante.
- Soyez tranquille, je connais les ordres.
À cet instants, les alarmes de la passerelle principale retentirent subitement, agitant l’équipage autour des deux hommes.
Ethol demanda ce qu’il se passait.
- Intrusion dans le système ! Lui répondit-on.
Puis l’hologramme d’un autre cuirassé Gilagimar apparut au centre du pont, alors que les autres marins s’affairaient sur les consoles de navigation, subitement tendus.
- Je n’ai pas demandé de renforts à la Quatrième Flotte, s’agaça le capitaine. Demandez-leur de s’identifier immédiatement !
Au bout d’une minute, il obtint une réponse mais pas celle qu’il espérait.
- Monsieur, répondit un de ses subalternes, nous avons identifié le transpondeur du Défenseur.
Ethol jura entre ses dents, observé par Ethan qui l’interrogeait du regard.
- Skyrim…
- Qu’est-ce que ça veut dire ? L’interpella Ethan.
- Ce sont les renégats !
Le fils du Chancelier Suprême se figea sur le coup de la confusion alors que le cuirassé, passé dans le camp des Hutt, émergea de l’hyperespace, à deux kilomètres du Vorace.
- Rappelez l’escadron, ce Jedi ne perd rien pour attendre ! Tout le monde à son poste de combat !
- Capitaine, vous devez d’abord détruire ce Jedi, le coupa Ethan. Mon père…
Ethol répliqua sèchement alors que le cuirassé passé à l’ennemi s’approchait à grande vitesse :
- Votre père n’est pas ici et vous n’avez pas d’autorité sur moi, Excellence.
Il l’ignora ensuite, envoyant des instructions à l’ensemble de ses équipages. Le cuirassé de Skyrim lâcha ses premières bordées sur le Vorace, faisant tanguer légèrement le pont principal. Ethan conserva son équilibre puis se dirigea vers les consoles tactiques, désœuvré. Grâce aux hologrammes, il pouvait suivre le déroulement de la bataille.
Le Défenseur se plaçait à la limite de portée de tir des turbolasers du Vorace, tout en présentant le moins de surface possible aux répliques des loyalistes républicains. Ethol compensa ce désavantage en envoyant des chasseurs Typhons assaillir ses boucliers déflecteurs mais le duro avait anticipant en déployant le fameux escadron Nimbus, aux faits d’armes célèbres durant la Crise Alsakan.
Les salves furent échangées de part et d’autre, mettant à rude épreuve les systèmes vitaux des deux grands vaisseaux de guerre, engagés dans cette intense bataille.
Ethan Contispex était tiraillé par des sentiments contradictoires. Il était à la fois excité de participer à un engagement de cette envergure mais déconcerté que des impurs qu’ils avaient chassé lors de la Lune Pourpre, continuent à vouloir défier les Enfants de la Déesse.
D’où leur venait cette détermination ?
La conquête de l’Espace Hutt ne serait sans doute pas aussi facile qu’espérée. Ces renégats allaient protéger les intérêts d’une race parmi l’une des plus haïes de toute la galaxie, y compris par bon nombre d’impurs.
Ses parents semblaient très confiants avant qu’il ne les quitte pour rejoindre la Quatrième Flotte sur Ord Wylan. Depuis qu’ils avaient conquis le pouvoir, à la tête de la République, ils ne s’étaient que rarement trompés et leurs ennemis n’avaient pu profiter de la moindre de leurs erreurs.
Personne n’empêcherait la Croisade des Enfants de la Déesse de se réaliser.
- Capitaine, d’autres vaisseaux viennent d’entrer dans l’espace réel !
- Identification ? Interrogea l’officier.
- Nous ne reconnaissons pas leur transpondeur. Ils ont rejoint le Défenseur et se mettent en position de tir !
La situation apparut clairement à Ethol. Les renégats avaient obtenu des renforts et le combat devenait déséquilibré. Les deux intrus surchargeaient les boucliers du Vorace qui commençaient à flancher sous leur artillerie.
- Retirons-nous, nous devons rentrer à Ord Wylan et remettre notre rapport à l’amiral Hisku. Les traîtres ont gagné cette manche.
- Détruisez ce vaisseau Jedi et récupérez ce qu’il en restera ! Aboya subitement Ethan. C’est maintenant ou jamais !
Une frappe du Défenseur fit vaciller le Vorace, et les lumières du pont de commandement faiblirent quelques instants avant de reprendre leur éclat originel.
- Nos boucliers faiblissent, capitaine !
Ethol indiqua qu’il avait entendu la remarque de son subordonné avant de fusiller Ethan Contispex d’un regard noir.
- Je suis responsable de mon équipage et de votre sécurité. Je ne prendrais aucun risque inutile, pour aujourd’hui.
- Vous devrez expliquer votre échec à mon père, le menaça son encombrant passager.
- Je ne doute pas que le Chancelier Suprême se montrera compréhensif lorsqu’il apprendra que je vous ai préservé du danger.
Sous les salves croisées des renégats au service des Hutt, le Vorace se désengagea hors de portée de tir, accélérant loin de la Nébuleuse d’Oktos, dédaignant les épaves brisées des réfugiés massacrés et la navette Jedi désemparée.
Les renégats de Skyrim restèrent les seuls maîtres des lieux.


Bekan Kalad fut recueilli par le cuirassé du commandant duro qui l’accueillit dans ses quartiers. En souvenir du bon vieux temps, ils s’accordèrent une accolade respectueuse. Ils ne s’étaient plus revu depuis la Crise Alsakan et la Bataille de la Flotte du Noyau.
- J’ai appris pour Ekia Helder, commença l’alsakani en s’asseyant face au non humain. C’était quelqu’un d’honorable.
Le duro hocha la tête avant de chercher une bouteille d’alcool corellien qu’il versa dans deux verres. Il en offrit un au Jedi avant de saisir le sien dans une poigne crispée. Ils gardèrent le silence pendant deux minutes alors que les trois cuirassés renégats remontaient la Passe de Kaaga vers le cœur des territoires Hutt, Nal Hutta.
Bekan remarqua sa mine fermée, maussade, son uniforme défraîchi. Le destin ne semblait pas laisser le moindre répit à ceux et celles qui avaient pris le risque de participer à la Conspiration des Cent.
- C’était une amie et une grande commandante, reconnut le non humain. Elle ne méritait pas de mourir sous la vibrolame d’un fanatique.
- Beaucoup de gens ne méritaient pas de mourir sous la Lune Pourpre.
- Je suis navré que nous n’ayons pas réussi à sauver les réfugiés que vous accompagniez. Vous avez eu de la chance que nous patrouillions à quelques parsecs d’ici, sans quoi nous n’aurions pas pu détecter votre balise de détresse.
- Vous ne m’avez pas demandé ce que je faisais ici.
Le duro vida en partie son verre et le Jedi en fit autant, laissant le liquide piquat adoucir son amertume.
- Je devine que les Jedi ont décidé de s’impliquer enfin.
- Le Haut Conseil m’a envoyé rejoindre Kotil Marek.
La suspicion se lisait dans les yeux sans facette du duro.
- Pour l’aider ou le surveiller ?
- Y a-t-il des choses dont vous devriez m’informer, commandant ?
Lyram Skyrim se courba sous le poids du souci, les épaules plus affaissées encore..
- Il se trouve que le commandant Lix et moi-même avons discuté très récemment du cas de votre ami Marek. Nous avons de moins en moins de raisons de continuer à lui faire confiance.
- Que se passe-t-il ?
- Êtes-vous au courant des derniers évènements survenus chez les Hutt ?
- Avec le blocus, c’est difficile d’obtenir des informations complètes. Mais j’ai entendu dire que la situation devenait instable. Est-il vrai que les esclaves se sont révoltés dans le système de Rorak ? Demanda l’alsakani.
- C’est exact, le commandant Lix a mené la répression. Sans gaieté de cœur, si cela peut vous consoler.
- C’est bien maigre, si des esclaves qui aspirent à la liberté et à la reconnaissance de leur dignité, sont tombés.
Il sentit l’embarras du duro.
- Croyez moi, Jedi Kalad, il y aura bien d’autres massacres quand la République lancera son offensive. Ou plutôt devrais-je dire, sa croisade.
Tous deux frissonnèrent lorsque ce mot fatidique fut lâché, comme l’évidence des sombres évènements qui se produiraient bientôt. La guerre qui menaçait, ne ressemblerait à aucune autre. Il ne s’agissait pas d’une guerre politique où il s’agissait d’arracher des territoires, d’exercer des pressions pour du pouvoir, du prestige, de la gloire.
Non, ce serait une expédition pour écraser une culture et la remplacer par une autre. Imposer une idéologie qui façonnerait la galaxie.
Une Guerre Sainte.
- Nous pensons que Marek a une part de responsabilité dans le soulèvement de Rorak IV.
- Quoi ? S’étrangla Bekan. Qu’est-ce qui vous fait penser cela ?
- Il se trouvait sur place.
Le Jedi repoussa son verre, en fronçant les sourcils.
- En soi, cela ne prouve rien.
- Il est parti peu après que les émeutes aient éclaté.
L’alsakani cessa de respirer une fraction de seconde. Un Jedi comme Marek serait resté sur place pour calmer les agitateurs et éviter toute escalade, écoutant leurs revendications tout en les raisonnant.
Mais Marek avait déserté. Et par sa faute, les Hutt étaient assis sur un baril de détonite tout en faisant face à une République xénophobe, aux mains du culte Pius Dea.
- Il aurait rejoint Nal Hutta et se serait ensuite entretenu avec le Mogul Suprême en privé. Il lui aurait assuré qu’il n’avait rien à craindre des émeutes de Rorak IV.
- Il lui aurait menti ?
- En admettant que cela soit avéré, le Mogul Suprême ne le reconnaîtra pas ouvertement. Cela écornerait son prestige et l’affaiblirait aux yeux des autres kadijics. Tout au plus, a-t-il blâmé Marek pour son manque d’implication.
- Et que pensent les autres Hutt ?
- Même les plus réticents à une guerre déclarée à la République pensent que Marek leur est utile. Ils ne le désapprouveront pas, tout en le laissant libre de ses faits et gestes.
- Il doit leur faire forte impression pour le ménager autant.
- Tout le monde lui reconnaît un certain charisme.
- Et après Nal Hutta ?
- Il aurait atterri sur la lune de Nar Shaddaa. Le commandant Lix l’a d’ailleurs interrogé à ce sujet sans obtenir de réponse satisfaisante.
Bekan hésita avant de reprendre son verre.
- Que devient-il aux dernières nouvelles ?
- Le commandant Lix n’en est pas certain mais il est peut-être retourné sur Nar Shaddaa. Nous voulons être certains que nous n’avons rien à craindre de ses plans.
- Voilà pourquoi nous avons cette conversation.
- Cela me gêne de vous demander cela, je vous considère comme un ami. Mais vous nous rendriez un grand service.
Bekan acquiesça, comprenant sans mal les attentes du duro qui devait certainement préparer la défense de l’Espace Hutt.
- Très bien, je pars pour Nar Shaddaa quand vous m’aurez fourni un vaisseau. J’aimerais vous être utile ensuite quand la République lancera son attaque. Où pourrais-je vous rejoindre pour vous aider ?
Le duro se pencha en avant pour activer un mécanisme sous sa table, ce qui fit apparaître l’hologramme d’une structure spatiale en trois dimensions.
- Avec le commandant Lix, nous pensons que la République concentrera ses forces contre la Station Kwenn. Car elle alimente les mines anti gravitiques qui longent les principales voies d’accès vers Nal Hutta.
- Sa chute signerait votre défaite.
Le dura grimaça avec gravité, tout en se levant de sa chaise.
- Je vais vous accompagner jusqu’au hangar principal, à la maintenance. Vous pourrez y choisir le vaisseau de votre choix.
- Merci, commandant.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

La MOITIE de l'histoire a donc été postée :oui: :oui: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 19 Déc 2021 - 16:26   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu!

C'est la moitié du récit... Et cela se ressent à la lecture tant l'intrigue semble nettement progresser dans cet extrait! La flotte Républicaine qui abat des navettes de réfugiés me rappelle un passage du film Les Derniers Jedi, et l'arrivée du Jedi Kalad auprès des mutins Républicains annonce le début de la Croisade... j'ai hâte de lire ça!

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar mat-vador » Lun 20 Déc 2021 - 21:04   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour, L2 !

Les enjeux seront exclusivement centrés sur l'Espace Hutt avec les Kalad, les Hutt, Naha et ses amis, les rebelles républicains, le Pius Dea avide d'expansion... ce sera du joli :diable: !

Allez, à samedi :wink: !
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Messagepar mat-vador » Sam 25 Déc 2021 - 21:46   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Après Kalad Junior, il est temps d'avoir des nouvelles de Kalad senior :sournois: !! Escale sur Bothawui avec une alliée politique locale :oui: !



Espace Bothan, planète Bothawui, capitale Drev’starn

La sénatrice Naite’fya arpentait les jardins de son domaine, qui avait autrefois appartenu à son oncle Pers’lya, le Chancelier Suprême de la République avant l’accession de Contispex au pouvoir. Vêtu d’une longue tunique mauve qui laissait à l’air libre ses bras et jambes, la bothane accompagnée de son escorte personnelle, prenait le temps de se ressourcer.
Le ciel brillait, sous la bénédiction d’un soleil généreux qui illuminait les roses et autres merveilles qui fleurissaient autour d’elle. Elle profitait de sa chaleur, se souvenant des moments intimes passés avec son oncle.
Elle n’avait pas oublié sa sagesse ni ses conseils en matière de politique. Elle regrettait son absence, la réputation de sa famile et de son peuple avaient souillés dans la boue des diatribes des Contispex et de leurs partisans extrémistes de ce culte Pius Dea. C’est pour cela qu’elle avait accepté de participer à la Conspiration des Cent. Elle est la première encore, à en regretter l’échec cuisant et sanglant.
Maintenant, l’ombre de cette République tyrannique s’étendait au-delà de ses frontières. Une guerre éclaterait bientôt contre les Hutt et les pressions qui s’exerçaient sur elle, n’étaient pas disposées à lui accorder le moindre répit.
Elle avisa un banc de pierre, à côté duquel trônait le buste de son oncle et de nombreux ascendants de la famille. Elle caressa les tresses qui entouraient sa tête et retombaient sur ses épaules fermes et tendues. Ses oreilles équines se couchèrent sous l’effet de la nostalgie qui la prirent malgré elle, en songeant à tous les sacrifices qu’elle avait consentis.
Tous ces sacrifices qui lui avaient paru tellement vains.
Ces Contispex paraissaient si indéboulonnables qu’il lui paraissait impossible de les faire chuter de leur piédestal. Hassan Kalad l’avait persuadé du contraire, lorsque la Conspiration des Cent s’enclencha… pour finalement aboutir à un désastre complet.
Toute opposition organisée sur Coruscant et dans le reste de la République avait été démantelée ou était en passe de l’être bientôt. Son allié proche, le dernier qui lui restait sur Lannik, était lui-même dans une position difficile.
La perspective d’une guerre proche de leurs territoires ne rassurait pas grand-monde.
L’un des gardes empoigna son comlink, avant de s’approcher de la bothane et de lui glisser près de l’oreille.
- Av’stin est arrivé, madame.
- Très bien, laissez-le entrer, fit-elle.
Elle détacha ses yeux du buste de son oncle Pers’lya pour se concentrer sur la venue du visiteur qu’elle attendait avec impatience. Celui-ci était dans le sillage de Av’stin, le visage dissimulé par un masque intégral mortuaire tribal, du temps où les bothans étaient de sauvages créatures féroces, défendant leur monde natal avec ténacité.
Le bothan freina devant sa congénère qui l’accueillit d’une inclinaison du menton avant d’ordonner à ses gardes du corps :
- Laissez-nous.
Naite’fya guetta leur départ puis demanda à son acolyte dévoué :
- Tout s’est bien passé ?
- Pas tout à fait mais l’objectif a été atteint. Par contre, je ne suis pas certain que le secret de sa présence soit conservé bien longtemps.
Av’stin lui narra l’escarmouche de Celegia. Elle apprit ainsi la perte du copilote de Av’stin, tombé entre les griffes des suprémacistes de Contispex.
- Je vois, fit-elle avec résignation. Le temps joue contre nous, encore une fois.
Le bothan s’écarta pour autoriser l’étranger au masque à s’approcher. Naite’fya se redressa pour l’étudier en silence.
- Bienvenue sur Bothawui, sénateur Kalad. J’espère que le voyage n’a pas été difficile.
- La compagnie d’Av’stin a atténué cette difficulté, répondit le vieil alsakani sous son masque mortuaire.
Le bothan s’inclina légèrement, appréciant ce compliment.
- Vous êtes en sécurité ici, vous pouvez retirer votre masque, Hassan, l’invita la dignitaire locale.
Le père de Bekan ôta son artifice, respirant beaucoup plus vigoureusement tandis qu’il découvrit son visage strié de rides régulières.
- C’est le domaine de votre oncle.
- C’est notre domaine familial. Un endroit paisible, n’est-ce pas ? Plus jeune, nous nous promenions souvent ici. Il m’apprenait la politique.
- Je regrette de ne pas l’avoir connu plus intimement, je ne suis devenu sénateur qu’après l’élection de Contispex Ier.
- Contispex Ier ? S’exclama-t-elle, étonnée.
- Vous n’êtes pas au courant ? C’est comme cela que la propagande officielle l’appelle désormais, déclara-t-il avec un sourire résigné.
- Je n’aime pas du tout ce que cela implique.
- Le Sénat a offert le trône de Chancelier Suprême à la famille Contispex jusqu’à ce que la lignée soit éteinte.
- Ou jusqu’à ce qu’ils soient renversés.
En prononçant ces mots, Naite’fya sentit une énergie nouvelle la requinquer. D’une certaine façon, la perspective de savoir la République gouvernée de façon héréditaire, simplifiait les choses. Les ennemis des Contispex n’avaient plus beaucoup d’options, désormais.
Les manigances, les conspirations ou même les tentatives d’attentat ne suffiraient plus à déloger cette infâme famille.
- Renverser ? Nous avons essayé de le faire, lui rappela l’alsakani avec amertume. Il y a beaucoup de monde à qui cela n’a pas réussi.
- Il ne nous reste plus que la guerre.
Elle se leva du banc de pierre et empoigna le coude du vieux dignitaire pour l’entraîner avec elle sur le sentier central. Autour d’eux, les gardes bothans longeaient l’enceinte, constitué de murs de marbre à l’épreuve d’un siège en règle. Ils se tenaient sur le qui-vive par groupes de six, empoignant leur ceinture de laquelle blasters et vibrolames.
Av’stin se tenait à quelques mètres d’eux, couvrant leurs arrières. Hassan Kalad, en jetant des regards par-dessus son épaule, constatait qu’il surveillait plus la nièce de Pers’lya que lui, le nouveau venu.
À l’intensité de son regard, il se demandait s’il ne faisait pas un excès de zèle en se laissant déborder par des sentiments très intimes. Pour un simple pilote ou intendant, il lui semblait très dévoué.
- Si nous pensons tous les deux à la guerre à venir, j’ai bien peur que les pronostics ne soient pas à notre avantage, confia-t-il.
Ils s’arrêtèrent au milieu du sentier et elle se baissa pour arracher une rose bleue, humant son parfum.
- C’était la fleur préférée de mon oncle, indiqua-t-elle. Quand j’étais petite, il en cueillait et m’en faisait des couronnes.
Kalad arqua les sourcils, perplexe.
- Nous devons savoir profiter des moments simples, continuait-elle.
- Je crains que cela ne devienne bientôt un luxe. J’ai des nouvelles de mon amie Carmina Delinki, elle est arrivée sur Lannik à bon port et a été accueillie par Iyulk. Mais sa position est critique, des rumeurs de destitution se précisent.
La bothane reprit son sérieux.
- Ma situation n’est guère meilleure mais je suis tout de même prête à agir.
- Vraiment ? Malgré la trahison dont les Hutt nous ont gratifiés ?
- Je sais ce qu’ils ont fait, répondit-elle avec patience. Si nous choisissons de les aider, ce ne sera pas pour eux, mais pour tous ceux et celles qui n’ont rien à se reprocher et dont les Hutt exploitent les misères.
- Ils vous ont contacté ?
- Ils m’ont envoyé un émissaire, confirma-t-elle. Un ami commun qui était présent à notre réunion, la nuit de la mort de la sénatrice B’lsak.
Un éclair brilla dans les yeux sombres de Kalad.
- Y’selk Barus.
Il se souvenait du klatooinien qui avait engagé la parole et le soutien des kadijics de Nal Hutta, la nuit de la Danse du Vautour Multak, au début de la Conspiration des Cent. Un soutien qui avait fait défaut au moment décisif et provoqué l’écroulement du complot.
Peut-être était-ce l’occasion de mettre les choses au point avec celui qui représentait ces traîtres de Hutt, qui étaient aux abois, prêts à supplier toute l’aide possible contre la République.
- Je m’étonne que vous ne l’ayez pas chassé, fit remarquer le visiteur.
- Nous ne l’avons pas accueilli à bras ouverts mais nous ne l’avons pas expulsé de Bothawui, en effet. Nous faisons face à un ennemi bien trop terrible pour ignorer leur appui.
- Les Hutt pourraient nous trahir encore une fois.
- Ils n’ont plus ce luxe car ils sont maintenant devenus une cible directe, au même titre que nous et les lanniks.
- Je refuse une alliance sans condition. Les Hutt doivent comprendre que nous ne pouvons tolérer l’hypocrisie.
La bothane retroussa ses babines pour exhiber un sourire carnassier.
- Nous sommes en mesure de leur imposer toutes les conditions que nous voulons, ils ne pourront pas se permettre de refuser dans leur position.
À ce moment-là, Av’stin arracha son comlink de la ceinture, recevant un appel. Du coin de l’eil, Hassan le surprit en train de s’agiter. Il rangea son appareil et revint vers les deux dignitaires, l’expression soucieuse.
- Madame, le Conseiller Ga’sul souhaite vous parler.
L’alsakani n’était pas très au fait des mimiques faciales des bothan et de leur pelage mais il restait assez perspicace pour déceler l’inquiétude de son amie.
- Voilà qui tombe mal, fit-elle. Dites-lui que je le recevrai plus tard et faites-le attendre dans le pavillon.
- Vous ne comprenez pas, il souhaite vous parler immédiatement. Il vient d’entrer.
- Les gardes l’ont laissé passer ? S’étonna-t-elle.
- Il leur a montré un laissez-passer, portant le sceau du Conseil des Clans.
Naite’fya feula entre ses dents et se tourna vivement vers l’alsakani fugitif. Elle lui désigna d’un index impérieux, un bosquet épais situé à cinq mètres d’eux, le long du sentier, sur leur sentier.
- Cachez-vous derrière, lui intima-t-elle.
Hassan témoigna très peu d’enthousiasme à cette requête.
- Naite’fya, j’ai passé l’âge de ces jeux pour enfants…
- Il ne doit pas vous voir ni vous entendre, ou nous serons démasqués. Vous n’êtes pas censés vous trouver sur Bothawui !
Il se rangea à ses arguments et se dépêcha du mieux qu’il pouvait. Il s’accroupit derrière le feuillage, prenant une position plus confortable, entendant ensuite la bothane demander à son acolyte :
- Av’stin, faites fermer les portes du domaine. Je ne veux plus d’autres visites impromptues pour aujourd’hui.
- Je comprends, madame.
- Rejoignez-moi ensuite au plus vite, j’aurais besoin de votre soutien car je pressens que la conversation avec le Conseiller Ga’sul ne sera pas des plus courtoises.
Hassan Kalad percevait le crissement des graviers à mesure que le serviteur de Naite’fya s’éloignait pour exécuter ses ordres. Puis il écoutait les pas de cette dernière, qui ruminait et redoutait à la fois la rencontre à venir.
Le vieil alsakani se redressa sur les genoux, écartant les feuilles pour observer tout ce qui allait se passer. Naite’fya semblait craindre la venue de ce Ga’sul, il était curieux de savoir pourquoi. Certainement un ennemi politique au sein du Conseil des Clans.
Le nouveau venu se présenta peu après à la sénatrice exilée de Coruscant, dans un pourpoint bleu azur, représentant les écussons de son clan. Sa fourrure était colore d’argent luisant tandis que son allure respirait le dynamisme et l’arrogance.
Hassan Kalad ressentit instinctivement de l’antipathie pour ce personnage. Naite’fya se tenait droite, prête à la confrontation. Elle souhaitait se montrer digne de l’héritage de son oncle, de son tempérament.
- Je ne vous attendais pas Ga’sul, commença-t-elle d’un ton acerbe. J’espère que vous n’avez pas l’intention de profaner ce lieu paisible.
Le dignitaire rival ricana gravement.
- Je me doutais que votre accueil serait à la mesure de votre animosité envers ma personne et ce que je représente. Quel dommage que vous n’ayez pas le souci de sauver les apparences, tout comme votre oncle.
- Je vous prie de rester mesuré quand vous évoquez la mémoire de ma famille. Je ne permettrais à quiconque de la souiller.
Avec sagesse, Ga’sul changea de sujet.
- Très bien, abordons le sujet de ma visite. Le Conseil des Clans m’a demandé de vous remettre ceci, que vous devez lire sans tarder.
Il lui tendit alors le rouleau serré dans son poing et elle le déplia pour en déchiffrer les termes. Hassan remarqua que ses oreilles équines se couchaient sous le coup de la confusion. Il ne rata pas non plus, le sourire sournois de Ga’sul qui semblait ravi de son désarroi.
- Qu’est-ce que ça veut dire ?
- Vous ne devriez pas rater cette convocation devant le Conseil des Clans, sous peine d’être destituée de vos fonctions de Conseillère et de Sénatrice. Et par respect pour votre oncle qui a représenté notre espèce au plus haut sommet de la République, je peux vous révéler le motif de cette convocation. Mais peut-être, le savez-vous déjà.
- Ne prenez pas cette peine, j’ai une petite idée sur la question.
- Bien, à demain dans ce cas. Passez une bonne fin de journée, Naite’fya.
Il lui tourna le dos, sans masquer une posture triomphante. Hassan jugea que la nouvelle de cette convocation était un rude coup pour son amie. Elle lui paraissait abattue comme foudroyée et il s’empressa de la rejoindre pour la réconforter.
- Que se passe-t-il ? Que signifie cette convocation ?
Elle prit le coude à nouveau tandis que Av’stin revenait à grandes enjambées vers eux.
- Je viens de croiser Ga’sul, tout va bien ?
- Pas du tout, trancha-t-elle avec dépit.
Ils rejoignirent quelques instants plus tard, le banc de pierre qu’ils avaient fraîchement quitté. Cette fois, Naite’fya insista pour que Av’stin prenne une plus grande part à leur échange. La bothane avait retrouvé sa contenance.
- Hassan, vous vous souvenez de ces miliciens que je devais envoyer sur Coruscant pour assurer le maintien de l’ordre après la chute de Contispex ?
- Je me souviens de cette partie du plan.
- J’avais donné l’ordre à Av’stin d’annuler leur départ.
L’alsakani croisa son regard désolé.
- J’aurais pris la même décision que vous, lui assura-t-il. Vous auriez subi la fureur des Contispex en poursuivant le projet.
- Les miliciens n’ont pas été démobilisés, déclara tout à coup Av’stin.
L’alsakani se figea, pétrifié. Il tentait de comprendre ce que cela impliquait.
- Où se trouvent-ils ?
- Sur Kothlis, ils nous attendent notre signal pour passer à l’action.
Avec un zeste d’impatience, l’humain se dressa pour dévisager le bothan.
- Expliquez-vous.
- Nous comptons aider les Hutt, même si Barus ne le sait pas encore. Pour cela, nous devons faire en sorte que les forces de sécurité ne s’opposent pas à leur départ. Et arracher au Conseil des Clans, son approbation.
Naite’fya déclamait tout cela avec calme et résolution.
- Je soupçonne Ga’sul d’être affilié aux intérêts des Contispex et d’avoir une certaine implication dans la disparition de plusieurs des nôtres, lors de la Lune Pourpre.
- Pouvez-vous le mettre en défaut devant les Clans ?
- Seulement si j’ai des preuves de ce que j’avance, avoua-t-elle.
Av’stin montra alors un disque holographique qu’il activa d’une simple pression de l’index. Un pavillon se matérialisa sous leurs yeux.
- Nous pouvons trouver ces preuves dans le domaine privé de Ga’sul sur Kothlis. La sécurité y est minimale car le Conseil des Clans a garanti à toutes les factions, l’inviolabilité de leur propriété. Un bothan ne peut enfreindre cette loi fondamentale, appuya le serviteur de Naite’fya avec un sous entendu peu dissimulé.
Hassan avait saisi la perche qu’on lui tendait.
- Mais un étranger, oui.
Les deux bothans acquiescèrent sans un mot tandis que l’alsakani laissa paraître le doute sur ses rides.
- J’ai passé l’âge, je doute de pouvoir infiltrer quelque forteresse que ce soit.
- Ce sera moins difficile que vous ne le pensez, expliqua Av’stin. Ga’sul n’est pas très populaire parmi son propre personnel et ses alliés le méprisent beaucoup. Ils ne le suivent que parce qu’il se montre protectionniste et neutraliste.
- Nous pouvons faire pencher la balance en notre faveur mais nous n’avons pas beaucoup de temps. Hassan, nos destins sont liés. Nous savons ce qui doit être fait.
Le père de Bekan inspira un grand coup et écarta peu après, toute hésitation qui était sur le point de le saisir. Il remit finalement le masque mortuaire sur le visage.
- Alors, je pars pour Kothlis tout de suite.
- Aussitôt que vous vous serez emparés de ces documents, vous les donnerez à Av’stin qui me les remettra en mains propres, avant la session du Conseil des Clans.
- Nous nous reverrons ? S’enquit le vieux dignitaire.
- Quand vous en aurez terminé sur Kothlis, vous mènerez les miliciens au combat dans l’Espace Hutt. Donc nous ne nous reverrons pas, je le crains.
Elle serra avec émotion le poignet de l’alsakani, masqué. Ce qui permit à celui-ci de cacher ses propres sentiments.
- Bonne chance, Naite’fya.
- Soyez guidés par la fortune, Hassan. Et merci.
Av’stin indiqua à l’humain de le suivre et la bothane les regarda s’éloigner sur le sentier. Elle fixa une dernière fois, le buste impassible de son oncle défunt.
Je ferai votre fierté.
Puis elle retourna à l’intérieur de sa villa, pour parler à l’ambassadeur Barus.


Voilà, j'espère que cela vous aura plu ! Ces bothans et leurs petites manigances ne vous rappellent pas un certain Borsk fel'lya du Legends :diable: ?

Allez, à la prochaine et encore joyeux Noël :hello: !
Modifié en dernier par mat-vador le Jeu 30 Déc 2021 - 22:31, modifié 1 fois.
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Messagepar L2-D2 » Dim 26 Déc 2021 - 20:28   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

"Il est passé par ici, il repassera par là..." :lol:

Kalad Senior n'a pas le temps de se poser qu'il est déjà temps d'y aller ! Je ne pensais pas que les choses s'accélèreraient autant pour le sénateur mais tant mieux, les lecteurs que nous sommes n'auront pas le temps de s'ennuyer !

Vivement la suite ! :oui:

PS : petite répétition ici ! :wink:

mat-vador a écrit:Ces Contispex paraissaient si indéboulonnables qu’il lui paraissait impossible de leur faire chuter de leur piédestal.

Joyeux Noël à toi aussi l'ami ! :hello:
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Messagepar mat-vador » Jeu 30 Déc 2021 - 22:31   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:"Il est passé par ici, il repassera par là..." :lol:

Kalad Senior n'a pas le temps de se poser qu'il est déjà temps d'y aller ! Je ne pensais pas que les choses s'accélèreraient autant pour le sénateur mais tant mieux, les lecteurs que nous sommes n'auront pas le temps de s'ennuyer !


Le voici de retour aux affaires et bien impliqué :wink: !

L2-D2 a écrit:PS : petite répétition ici ! :wink:

mat-vador a écrit:Ces Contispex paraissaient si indéboulonnables qu’il lui paraissait impossible de leur faire chuter de leur piédestal.

Joyeux Noël à toi aussi l'ami ! :hello:


C'est corrigé :jap: !
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Messagepar mat-vador » Sam 01 Jan 2022 - 22:45   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir, à tous !! Comment allez-vous :) ?

Nous commençons cette nouvelle année 2022 par la suite de votre série du samedi soir :sournois: ! Il est temps de retrouver Naha et ses amis :oui: :oui: !!



Le lendemain, Espace Hutt, Système de Rorak
Planète Rorak IV, Secteur des Esclaves

L’hémisphère nord de la quatrième planète du système de Rorak était illuminé par l’astre généreux autour duquel ce monde sous la domination des kadijics gravitait. Cette ville qui ressemblait à une ruche chaotique, aux avenues encombrées de vaisseaux spatiaux et de calèches primitives, déplaisait beaucoup à Naha.
Car la jeune twi’lek Lethan se trouvait avec ses compagnons dans la partie la moins attractive de la cité planétaire. Dans le sillage de Maathra et de Ilmi qui paraissaient savoir où aller, elle tentait de maîtriser sa répulsion instinctive devant ce qui faisait la fortune de ce système et sans doute d’une partie de l’Espace Hutt.
L’esclavage.
Au milieu des cris et des transactions insignifiantes devant les échoppes bondées, elle avait repéré ces êtres brisés, soumis, traînés par des propriétaires sans remords ni compassion. Certains de ces seigneurs n’étaient autres que les Hutt eux-mêmes, pour montrer qu’ils demeuraient les souverains de tout ce qui vivait dans leur Espace.
Le groupe de la jeune twi’lek accablée et révoltée par tant de misère et d’oppression, s’écartait du chemin de ces limaces rampantes aux écailles luisantes, qui dardaient la foule environnante de leurs yeux reptiliens méprisants à la pupille fendue.
Naha voyait des Hutt pour la première fois de sa vie, tout comme ses compagnons. Ils possédaient une apparence repoussante, et leur âme l’était bien plus. Les Contispex junior l’avaient réduite à l’état d’esclave sexuelle, à une chose qu’ils humiliaient, rabaissaient et… souillaient. Elle ne cesserait jamais de les haïr pour ça.
Elle commençait à ressentir la même haine à l’égard des Hutt. Les expressions de ses compagnons Sadec, Ilmi et Maathra montraient qu’elles éprouvaient le même dégoût devant ces injustices.
Des glapissements s’élevèrent d’une caravane imposante, qu’ils s’apprêtaient à croiser. Sur une barge trônait un Hutt malingre, vêtu d’une tiare incrustée de rubis et brandissant un sceptre, enveloppé d’une cape de fourrure.
On pouvait le résumer à un étron malodorant sur un coussin soyeux.
Le Hutt, certain de son importance, sur toutes les autres larves qu’il considérait comme un inférieur, traînait derrière lui, une troupe d’esclaves enchaînés les uns aux autres, provenant de différentes espèces issues de divers mondes de l’Espace Hutt et parfois d’ailleurs.
Des gardes weequays et trandoshans les entouraient, les invectivant pour les faire avancer et les frappant à coups de fouet électrique. Surtout une adolescente togruta, particulièrement récalcitrante, que Naha voyait serrer les dents.
La jeune esclave tirait sur ses chaînes qui martyrisaient ses poignets, ses chevilles, et son cou. Un basolar à sa droite, Proche Humain de petite taille disposant d’antennes frontales, tentait de la convaincre de ne pas résister.
En vain.
Elle perturba tant la progression du cortège qu’elle le força à s’arrêter, au grand désappointement du Hutt qui laissa éclater sa fureur en un long chapelet d’injures rauques.
- Qui ose me défier ? Beugla-t-il dans son dialecte guttural.
Peu après, quelques uns de ses gardes amenèrent la togruta au pied de sa barge. Naha et les autres qui avaient atteint la colonne imposante, freinèrent malgré eux pour assister au spectacle.
Le Hutt la toisa froidement et beugla une injonction à ses hommes. Ils la projetèrent sur les genoux et lui cinglèrent le dos de coups de fouet, entre les omoplates. L’esclave ne lâcha que des râles bas, ce qui ne prouvait qu’une chose à Naha.
Les coups ne la soumettraient pas.
La jeune twi’lek l’admirait, elle semblait si forte. Maathra elle-même ressentit un élan pour cette jeune fille enfoncée dans la misère mais qui n’avait pas encore sombré. Les yeux de Sadec et d’Ilmi brillèrent d’une lueur farouche.
Ils brûlaient de s’en mêler mais ils ne le devaient pas.
Le Hutt leva une main impérieuse et les coups cessèrent. La togruta se dressa sur ses genoux, le dos ardent de douleurs.
- Te soumets-tu, esclave ?
Pour toute réponse, elle cracha par terre. Un mercenaire weequay s’avança et lui flanqua un coup de pied dans les côtes, lui arrachant un hennissement.
- Tu apprécies si peu ma compagnie ? Demanda le Hutt dans un basic torturé. Quel dommage, je commençais à apprécier la tienne. Tu es une belle esclave et tu feras partie de mon harem, ce serait dommage d’abîmer ton minois.
Les grandes lèvres de l’esclavagiste s’étendirent pour dévoiler un sourire fourbe.
- Nous pouvons peut-être arranger cela, ma mignonne. Si tu n’apprécies pas ma considération pour toi, peut-être apprécieras-tu celle de mes mignons pour ta charmante personne. Qu’en penses-tu ?
Les gardes s’esclaffèrent tandis que la togruta trahissait son trouble, se demandant où son propriétaire voulait en venir. Jusqu’à ce que les mercenaires la saisissent par les aisselles pour la remettre debout.
Et la pauvre malheureuse ne commença à réaliser la vérité que lorsqu’elle fut relevée de force et que l’on tira sur ses habits en lambeaux pour les arracher, dévoilant son corps nu. Elle se mit à ruer de toutes ses forces, comprenant ce qu’ils lui allaient faire.
Horrifiée, Naha vit ces ordures baisser leur pantalon et la forcer à écarter les jambes, pour introduire leur membre en elle.
- Allons, qui veut venir en profiter ? J’offre cette créature à tous les mâles qui souhaitent satisfaire leurs besoins ! Proclama le Hutt avec un ricanement.
Si beaucoup dans la foule, s’écartèrent, choqués par cette scène terrible, ce ne fut pas le cas de quelques passants douteux qui s’approchèrent, une lueur de cruauté dans leur regard. C’était une aubaine pour eux de pouvoir profiter de ce cadeau du seigneur Hutt.
- Allons, venez donc assouvir ces appétits ! Cette esclave le mérite !
Alors qu’elle subissait des sévices innommables, la togruta poussait des mugissements de désespoir, disparaissant derrière l’attroupement de profiteurs bestiaux qui allaient abuser de sa faiblesse. C’en fut trop pour Naha qui agrippa son blaster sous son manteau.
Les doigts de duracier de Maathra serrèrent son poignet alors qu’elle brandissait l’arme vers le Hutt.
- Non.
Elle la força à ranger son arme, pendant que Ilmi empêchait Sadec de saisir sa zhaboka.
- On ne peut pas les laisser faire !
- Si, trancha la guerrière echanie. Nous le devons, pour sauver ta famille.
Ilmi Kliss usa du même argument envers son congénère, et le quatuor s’éloigna. Naha écoutait encore ces cris qui la poursuivaient, qui réveillaient en elle d’anciens cauchemars qu’elle tentait de contenir.
Tout le mal que les Contispex lui avait infligé.
Les pleurs de la togruta s’estompaient à mesure qu’ils s’éloignaient mais la jeune twi’lek n’était pas prête à oublier. Les larmes qui ruisselaient sur ses joues, le prouvaient.


Non loin de là, une humaine jeune et chauve aux traits indéchiffrables, attendait près d’un nanoréverbère défectueux. Elle assista indifférente et sans émotion, au calvaire de la jeune togruta qui se prolongea pendant de longues minutes, avant que le Hutt ne donna l’ordre de la remettre dans la file d’esclaves.
Camouflée sous son capuchon, personne ne lui prêtait la moindre attention. Elle attendait simplement, figée comme une statue. d’autres silhouettes d’humains chauves la rejoignirent peu après et l’entourèrent.
Ils semblaient attendre ses ordres.
- Quelle est la volonté de la Déesse, Soeur ? Lui demanda l’un d’eux.
Elle se tourna vers lui.
- Les charges sont prêtes, Frère ?
- Nous sommes prêts à répandre le feu purificateur, la lumière de notre Mère sur ces infidèles impurs.
Elle hocha la tête, satisfaite.
- La Déesse le veut, lâcha-t-elle.
La Croyante du Pius Dea était certaine d’œuvrer pour le bien universel, même si ces mécréants ne le savaient pas encore. Ces impies Hutt et ceux qu’ils avaient réduits en esclavage le découvriraient inévitablement.
Elle étudia la togruta qui avait été enchaînée de nouveau avec les autres. Cette fois, toute fierté avait disparu d’elle. Ce qu’elle avait subi de la part des sbires de l’esclavagiste Hutt, l’avait remis à sa place.
Elle serait cependant libérée de sa condition, car la Déesse était miséricordieuse. Tous ses semblables seraient libres.
- Tenez-vous prêts et guettez mon signal, intima-t-elle à ses coreligionnaires. Je vais me rendre au Grand Marché, Hapos nous donnera la force de frapper les hérétiques en plein cœur. La Déesse est grande.
- La Déesse le veut, psalmodièrent-ils.
Enfin, ils se dispersèrent, prêts à mettre à exécution leur projet.


Voilà, j'espère que cela aura intéressé :cute: !

a la prochaine :hello: !!! Et bonne année :jap: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 03 Jan 2022 - 10:50   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

C'es rude, quand même, et j'admets que ce genre d'extraits n'a pas forcément ma préférence tant cela me semble gratuit, même d'un point de vue narratif : on pourrait imaginer le Hutt envoyer son esclave dans une ruelle adjacente, et tenir le même discours aux passants, cela aurait pu éviter de nous décrire la scène tout en faisant en sorte que les événements se déroulent tout de même. :neutre:

J'ai été nettement plus intéressé par la deuxième partie, qui semble annoncer un attentat mené par le Pius Dea ! Et ce qui m'intrigue le plus, c'est les conséquences qu'il va avoir sur certains protagonistes présents dans le système Hutt... :think:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 05 Jan 2022 - 18:30   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :) !

L2-D2 a écrit:C'est rude, quand même, et j'admets que ce genre d'extraits n'a pas forcément ma préférence tant cela me semble gratuit, même d'un point de vue narratif : on pourrait imaginer le Hutt envoyer son esclave dans une ruelle adjacente, et tenir le même discours aux passants, cela aurait pu éviter de nous décrire la scène tout en faisant en sorte que les événements se déroulent tout de même. :neutre:


Je voulais montrer que si les Hutt étaient dans le camp des gentils, ils ne l'étaient pas forcément :neutre: ... Bon je ne l'ai peut-être pas fait de la meilleure des manières, cela dit...

[quote="L2-D2"]J'ai été nettement plus intéressé par la deuxième partie, qui semble annoncer un attentat mené par le Pius Dea ! Et ce qui m'intrigue le plus, c'est les conséquences qu'il va avoir sur certains protagonistes présents dans le système Hutt... :think: [./quote]

Quel meilleur moyen de déstabiliser l'ennemi que l'on veut abattre... C'est certain que ça va mettre un beau bordel :diable: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 08 Jan 2022 - 22:09   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite :wink: !

Il est temps de retrouver Bekan Kalad et... les Contispex :diable: ! L'heure est venue de passer à la vitesse supérieure :sournois: !



Espace Hutt, Système Y’toub, Nar Shaddaa

Bekan Kalad sonda la Force autour de lui et de son vaisseau, alors qu’il approchait de la surface de Nar Shaddaa. Il avait cru bon de faire escale à Nal Hutta pour y rencontrer le Mogul Suprême et s’y présenter, pour préserver les rapports diplomatiques avec les kadijics.
Azba l’avait alors pressé de questions avant de le présenter au Conseil des Anciens, composés de l’intégralité des barons des clans locaux. Bien que les maléfiques créature se révélaient naturellement imperméables aux suggestions mentales et aux pouvoirs télépathiques des Jedi, le Chevalier percevait leur malaise et leur méfiance.
Certains chefs des kadijics lui témoignèrent même de l’hostilité ouverte et il devint clair que c’était en rapport avec les activités suspectes de Kotil Marek sur la lune en orbite de leur planète-mère. Un endroit où s’étaient exilés les premiers natifs de Nal Hutte, les evocii, qui s’en étaient fait évincer plusieurs siècles auparavant.
Ils n’avaient pas eu le choix après que les Hutt, exilés de Varl, aient transformé leur monde pour l’adapter à leurs besoins.
Au moment où Contispex Ier accéda à la tête de la République, les Hutt convoitaient la lune qui orbitait autour de Nal Hutta pour en faire un nouveau joyau. Ils avaient commencé à prospecter sur le satellite, négociant avec les evocii crédules pour leur arracher un à un leurs territoires de la façon la plus légale possible.
Les Contispex n’avaient pas le monopole de la perfidie, en la matière.
Mais depuis la Lune Pourpre et la reprise des tensions avec la République dominée par le culte Pius Dea, la situation avait basculé lorsque plusieurs chefs de tribu d’evocii comprirent la duplicité des Hutt et entrèrent ouvertement en rébellion.
La guérilla s’était en quelques semaines propagée sur toute la surface de la lune, multipliant les actes violents contre les installations des kadijics. Bien que sous-armés, les rebelles faisaient preuve d’abgnégation et d’une détermination presque suicidaire. Le Mogul Suprême lui avait remis des rapports de leurs attaques qui précisaient qu’ils se jetaient sur les armes des gardes et sur les champs d’énergie qui entouraient les installations.
Kotil Marek avait proposé sa médiation dès son arrivée, pour résoudre cette crise locale, ce que les Hutt avaient accepté vivement. Mais il devint évident que la médation traînait et que le Jedi passait beaucoup de temps parmi les indigènes rétifs.
Beaucoup trop de temps ?
C’était ce que Bekan devait déterminer. Et confirmer que Marek se battait bien dans le bon camp, pour la guerre à venir.
As-tu perdu ton chemin, Kotil ? Comme lorsque tu as voulu participer à la Conspiration des Cent, au risque d’entraîner l’Ordre tout entier, dans ta folie passionnelle ?
Il traversa les couches nuageuses et étudia les taches de gris qui parsemaient le manteau vert et impénétrable de la jungle de Nar Shaddaa. Ça et là, les Hutt s’installaient pour marquer leur territoire.
Ce que certains evocii avaient décidé de ne plus tolérer.
Le Jedi distingua alors ce qui ressemblait à un statioport de fortune. Au cœur d’une vaste clairière, les mercenaires des kadijics gardaient sévèrement le périmètre, prêtant à peine attention au vaisseau qui s’immobilisa au-dessus de leurs têtes, avant de sortir le train d’atterrissage et d’apponter dans un ronronnement de moteurs ioniques.
Bekan ouvrit l’écoutille et dévala la rampe d’accès d’un pas pressé. Un officier klatoiinien l’attendait, les bras croisés dans le dos. La créature humanoïde à l’apparence de canidé, retroussa ses babines en un sourire peu avenant.
- Bienvenue sur Nar Shaddaa, Jedi.
- Merci, vous a-t-on prévenu de mon arrivée ?
Le non humain renifla bruyamment.
- Oui, mais je ne crois pas que ce soit une bonne nouvelle. Un Jedi est déjà présent ici et les attaques ne font que redoubler.
L’alsakani retint un soupir.
- Très bien, résumez-moi la situation.
- Suivez-moi, répondit-il.
Le klatoiinien l’emmena vers la tour de contrôle au milieu du statioport rustique, un bâtiment de duracier qui portait sur les murs, des traces d’impacts sombres liés aux dernières attaques des evocii.
Il croisa sur leur chemin, les soldats aux ordres du klatoiinien, qui le dévisageaient avec défiance. Leurs traits étaient tirés, sans à cause de la fatigue consécutive aux attaques. Les indigènes devaient leur mener la vie dure. Quelques robots de combat, remontant au temps des conquêtes de Xim le Despote, soutenaient leur défense.
Le mercenaire referma la porte derrière lui avant de se diriger vers une console tactique. Des hologrammes flottèrent peu après, entre eux. Le plus imposant montrait les installations des kadijic sur toute la surface du satellite.
Des points rouges indiquaient les lieux des attaques les plus récentes, ce qui donna une idée d’une possible localisation des rebelles.
- Nous avons fait des projections pour anticiper leurs mouvements, expliquait l’officier.
Il zooma et des tracés relièrent les points écarlates, permettant au Jedi alsakani d’étudier la progression des evocii renégats. Le quart de l’atmosphère échappait au contrôle des forces Hutt.
- Depuis l’arrivée de l’autre Jedi, leur avance s’est accélérée.
- Êtes-vous en train de me dire que ce Jedi participerait aux combats à leurs côtés ? Insista Bekan d’un ton lourd de sens.
Le klatoiinien paraissait mal à l’aise, craignant de contrarier le Jedi.
- Eh bien, aucun de mes hommes ayant participé aux combats ne m’a rapporté sa présence. Mais je ne crois pas aux coïncidences.
- Vous avez demandé des renforts à Nal Hutta ?
Le non humain émit un ricanement railleur.
- On voit que vous venez de débarquer, Jedi. Cette guérilla passe inaperçue en comparaison de ce que prépare la République. Toutes les forces ont été déroutées vers la Station Kwenn et il est possible que nous soyons forcés de battre en retraite de Nar Shaddaa, si nous ne trouvons pas un moyen d’endiguer ces agitateurs.
- Il existe peut-être un moyen.
L’alsakani se décala pour se placer face à lui, pointant son index sur le lieu du dernier raid, qui se situait à plus de deux cents kilomètres du statioport.
- Je dois y parvenir rapidement, crut-il bon de préciser. Je me débrouillerai pour les trouver et si la Force est avec nous, j’éviterai que la situation empire.
- Quel est votre plan ? Fit le klatoiinien avec espérance.
- Trouver mon frère Jedi, convaincre les evocii de déposer les armes ou du moins de déclarer une trève avec vous. Je ramènerai Marek pour qu’il ne vous cause plus le moindre problème. Mais en échange, vous ne mènerez aucune représaille contre eux et les kadijics devront leur rendre les territoires volés. Les Hutt leur ont dérobé leur monde natal, ce qui constitue déjà une souffrance bien suffisante.
Les traits de l’humanoïde se crispèrent un instant, avant qu’il ne se détendit finalement.
- Je doute que les kadijics acceptent facilement de renoncer à cette lune. Mais les circonstances sont exceptionnelles. Si vous ramenez l’autre Jedi et que les attaques cessent, j’empêcherai mes hommes de se venger. Je vais vous fournir un véhicule pour vous faire gagner du temps.
- Merci, répondit le Jedi avant qu’ils ne quittèrent la salle.
Guidé par l’officier mercenaire, il appréhendait sa rencontre avec Kotil. Les rancœurs liées à la Conspiration des Cent et à la répression de la Lune Pourpre devaient rester vivaces entre les deux hommes.


Coruscant, Sénat Galactique

Contispex Ier fut rejoint par son épouse Linza, qui l’embrassa avec pudeur. Les Disciples de Hapos quadrillaient les gradins de la Grande Salle, attendant les délégués qui n’étaient pas encore arrivés. Le Sage Suprême attendit qu’elle soit assise dans la chaire au milieu de la pièce immense et silencieuse, avant de lui demander dans son oreille :
- Alors ?
- Le Jedi en a réchappé.
Contispex Ier grimaça de dépit.
- Dommage. Enfin, cela ne change pas grand-chose dans l’immédiat. Où en est le blocus du Temple Jedi ?
- Les Jedi n’ont tenté aucune sortie et se sont barricadés. Ils se terrent comme des rats au fond d’une caverne, jubila Linza. Le Haut Conseil tente de nous contacter sans qu’ils aient de réponses de notre part.
- Laissons-les mariner un peu, ensuite nous leur ferons part de nos conditions. Le blocus sera levé à condition qu’ils prêtent serment non seulement à la République mais aussi à notre famille, notre culte. En gage de leur bonne foi, tous les infidèles et impurs ayant échappé à la punition divine de la Lune Pourpre, devront nous être remis.
Elle l’approuva sans restriction.
- Il est temps qu’ils rejoignent les Enfants de la Déesse. Si notre Mère le veut, les Jedi ouvriront un jour leurs esprits à nos croyances.
- Je pense que nous fondons un peu trop d’espoir là-dessus. Qu’ils se contentent de nous servir avec zèle, ce sera bien suffisant, ponctua-t-il avec dédain.
- Espérons pour eux qu’ils comprendront que c’est dans leur intérêt de coopérer plus étroitement avec nous.
- Si ce n’est pas le cas, nous prendrons les mesures les plus extrêmes. Mais je fais confiance en leur sagesse et en celle de la Déesse.
Ils se prirent par la main.
- Leli est en position ? Lui demanda-t-il.
- Elle attend l’autorisation du Sénat et du Chancelier Suprême, glissa-t-elle avec malice.
Son mari inspira profondément. Leur belle-fille avait réuni des milliers de leurs partisans, des adeptes du culte groupés avec les suprémacistes de Hosan, devant l’ambassade Hutt. La destruction de celle-ci constituerait le premier acte de la croisade purificatrice contre ces impurs, le début de la guerre consacrée au nom de la Sainte Déesse.
- Ce jour marquera la fin de notre patience envers les Hutt et le début de leur chute. La Déesse le veut, ajouta-t-il avec ferveur.
- La Déesse est grande, récita sa femme. Et les Quatre Prophètes guideront les infidèles vers le droit chemin de notre civilisation.
Contispex Ier héla finalement un des Disciples de Hapos et lui commanda de faire entrer les sénateurs qui étaient retenus dans les corridors avoisinants. Les grandes portes furent écartés par les adeptes les plus robustes et les dignitaires entrèrent les uns après les autres, dans un silence respectueux.
La majorité de ces sénateurs appartenait ouvertement au culte Pius Dea, exprimant leur affiliation par des tenues austères et discrètes, et des crânes luisants, dépourvus de cheveux, considérés comme une vile tentation de la Prophétesse de la Débauche, Amaleth. Les Défenseurs de la Vertu, la faction loyaliste aux Contispex, s’inclinèrent devant le couple, paumes jointes devant la poitrine pour les saluer.
Les quelques députés démocrates entrèrent les derniers et eurent assez de dignité pour refuser de s’humilier. Contispex Ier n’avait, heureusement pour lui, rien à craindre de ces opposants isolés et impuissants. Il ne leur accorda pas le moindre regard.
Ceux-là s’installèrent au fonds des gradins tandis que les Défenseurs de la Vertu s’agglutinaient sur les gradins du centre et du bas, braillant exagérément pour montrer qu’ils étaient les seigneurs de ces lieux. Ces murs et ces gradins taillés dans le marbre, qui avaient vu la naissance de la République, plusieurs millénaires auparavant, subissaient maintenant leur cacophonie avec stoïcisme.
Le chambellan apparut pour ordonner la fermeture des portes. Il intima ensuite le calme aux dignitaires tumultueux avant de s’effacer discrètement pour laisser le Chancelier Suprême prendre la parole.
- Mes Frères, mes Sœurs. Comme le savez, les deux flottes que nous avons mobilisées à la périphérie de la République, surveillent étroitement les frontières avec l’Espace Hutt pour maintenir l’ordre. Mais nous avons sous-estimé la perfidie de ces immondes larves que sont les Hutt. Nous leur proposons la paix et la lumière de la Déesse, et ces infidèles nous répondent par la tempête.
Il leva la main pour apaiser les murmures hostiles contre les kadijics de Nal Hutta.
- Nous avons reçu récemment les images d’une embuscade tendue par des renégats au service des Hutt alors qu’un de nos cuirassés tentait d’aborder des fugitifs liés aux terroristes qui sévissent dans la République. Mon fils sert à bord de ce vaisseau de guerre, le Vorace.
Les lumières baissèrent d’un cran tandis que les hologrammes montraient l’apparition du Défenseur qui harcelait le cuirassé loyaliste. Des cris s’élevèrent pour conspuer les rebelles qui avaient trempé dans la Conspiration des Cent.
- Il faut retrouver et châtier ces traîtres ! Proclama le sénateur Daresh. Il est temps que justice soit rendue pour leurs crimes !
Et les autres Défenseurs de la Vertu se levèrent de leurs gradins.
- Il faut décréter la mobilisation générale !
- Allons, silence ! Laissez parler le Sage Suprême ! S’écriait le chambellan.
Les Contispex savouraient ensemble cette ferveur et cette colère qui allaient dans le sens de leurs intérêts. Ils tenaient la République entre leurs mains et leur culte en était le premier bénéficiaire. Il était temps de répandre les paroles de la Déesse.
- Lors de notre entretien avec l’ambassadeur Gaarba, nous lui avons adressé nos propositions de paix. En toute bonne foi, nous leur avons accordé un délai pour s’amender et se repentir. Nous pensions qu’ils ouvriraient les yeux mais ces créatures sournoises nous ont prouvé qu’ils étaient les rejetons d’Amaleth, la Prophétesse de la Débauche. Leur âme souillée est irrécupérable, à moins que nous n’employions la force.
- Assez de paix ! La guerre ! l’interrompit Daresh.
Linza Contispex s’avança à son tour puis demanda le silence, faisant mine de réprimander le sénateur de Denon pour son enthousiasme débordant. Celui-ci ne faisait cependant qu’exciter les Défenseurs de la Vertu pour la guerre prenne l’apparence d’une nécessité absolue.
Oui, la République était mûre pour la Croisade contre les impurs Hutt.
- Souvenez-vous de tout ce que nous avons accompli jusque-là, de tous les sacrifices que nous avons accepté au nom de la Déesse miséricordieuse. Nous devons poursuivre notre chemin et surmonter les embûches. Quand le moment sera venu, la galaxie sera purifiée du vice et la civilisation aura triomphé !
Des hourras la saluèrent longuement.
- La Déesse le veut !
Contispex Ier prit sa main et l’éleva vers le ciel, sous les clameurs encore plus vivaces.
- Cette lâche embuscade contre le Vorace, contre la vie de mon fils, ne peut rester sans conséquences. La Déesse sait mieux que les autres que nous ne souhaitions pas la guerre mais les Hutt veulent la guerre !
- Qu’ils récoltent ce qu’ils ont semé ! Lança Linza. Les Hutt ont transgressé la paix et mettent notre dévotion à l’épreuve ! Que devons-nous faire ?
À cette question, les Défenseurs de la Vertu hurlèrent à pleins poumons :
- Proclamons la Guerre Sainte !
Contispex Ier ferma les paupières, pour maîtriser ses jubilations. Il attendait ce moment depuis si longtemps !
- Est-ce la volonté du Sénat ?
- C’est la volonté de la Déesse ! Exultèrent ses partisans déchaînés.
Alors il ouvrit ses bras à l’horizontale, prêt à les étreindre tous.
- Yahad ! Prononça-t-il par-dessus les clameurs.
Le silence revint lorsque ce mot ancien en aurebesh résonna longuement entre ces murs, du haut des gradins jusqu’à la chaire du Sage Suprême.
Yahad.
Autrefois, lorsque Coruscant n’était qu’une immense jungle étouffante, abritant des sociétés tribales primitives, la planète était déchirée par les conflits incessants entre les aliens Taungs et les Treize Nations de Zhells. Pour vaincre ces terribles ennemis qui donnèrent naissance aux redoutés mandaloriens, les proto-humains unirent leurs forces derrière un panthéon commun, tombé dans l’oubli et lancèrent une guerre sacrée au nom de la foi. Une guerre qu’ils appelaient Yahad, dans leurs chants martiaux.
Les Contispex étudiaient fiévreusement les expressions de ceux ou celles, peu familiarisés avec ce passé reculé. Les plus avertis se penchèrent à l‘oreille de leurs collègues, pour leur raconter l’histoire de leurs ancêtres Zhells.
Et peu après, le mot antique enfla de plus en plus.
- Yahad ! Yahad !
L’heure n’était plus à la négociation et au compromis. Le culte Pius Dea allait revendiquer ouvertement son héritage et son idéologie.
- Coruscant est devenu le berceau de l’humanité après le triomphe des Zhells. Si la Déesse le veut, il en sera de même pour la galaxie toute entière ! Car nous sommes les fils et les filles des Zhells ! Que la Croisade sonne l’heure de vérité !
Au cœur même de la République, là où la constitution inscrivit sur du flimsi et de vieux parchemins, les principes de démocratie, d’égalité et de fraternité entre les peuples, des fanatiques xénophobes piétinèrent l’âme d’un régime plurimillénaire.
Bientôt les prêches et les processions publiques se multiplieraient pour recruter des volontaires avides de gloire et de repentir.
Ainsi fut déclarée la Première Croisade du Pius Dea. Dans le sillon des Croyants, le feu et le sang en jailliraient telles des fontaines abondantes. L’ère des Tyrans commençait véritablement.
Et les Hutt vaniteux seraient leurs premières victimes.


Et voilà, j'espère que cela vous a plu ! Ca y est, c'est fait... la Croisade est officiellement déclarée sur le marbre du Sénat :diable: :diable: !

Allez, à bientôt :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 10 Jan 2022 - 12:51   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

On se croirait sur Chérie25 : "votre saga du samedi soir" ! :lol: Bon, sauf que Chérie25, l'ambiance est un peu plus légère que des histoires de croisade galactiques basés sur un régime dirigé par des fanatiques religieux face à des esclavagistes ! :paf:

Bon, le moment tant attendu est arrivé : la croisade démarre. C'est assez horrible à lire et à imaginer, tout de même, avec un Sénat qui vocifère des "enfants de la Déesse et tutti quanti. Finalement, la domination de Palpatine semblera presque gentillette en comparaison !

Et le cri final Yahad répété est plutôt bien trouvé. C'est de ton invention ou ça existait déjà ? Dans tous les cas, c'est une bonne idée que d'avoir utilisé ça ici !

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 12 Jan 2022 - 21:04   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :cute: !

L2-D2 a écrit:On se croirait sur Chérie25 : "votre saga du samedi soir" ! :lol: Bon, sauf que Chérie25, l'ambiance est un peu plus légère que des histoires de croisade galactiques basés sur un régime dirigé par des fanatiques religieux face à des esclavagistes ! :paf:


:D

L2-D2 a écrit:Bon, le moment tant attendu est arrivé : la croisade démarre. C'est assez horrible à lire et à imaginer, tout de même, avec un Sénat qui vocifère des "enfants de la Déesse et tutti quanti. Finalement, la domination de Palpatine semblera presque gentillette en comparaison !


Je vais le faire passer pour un démocrate acharné si je continue comme ça :diable: ! C'est Gaga qui sera contente :lol: !

L2-D2 a écrit:Et le cri final Yahad répété est plutôt bien trouvé. C'est de ton invention ou ça existait déjà ? Dans tous les cas, c'est une bonne idée que d'avoir utilisé ça ici !


Je l'ai inventé :wink: et je t'avoue que je suis fier de cette trouvaille :oui: !

On se retrouve à samedi, pour les conséquences immédiates de la déclaration officielle de cette croisade :diable: !
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Messagepar mat-vador » Sam 15 Jan 2022 - 22:27   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Allez, après la déclaration officielle de la Croisade au Sénat, il est temps pour le Pius Dea de passer aux actes :diable: !


Cité Galactique, quartier diplomatique, ambassade Hutt

Gaarba avait chassé de ses appartements, les danseuses exotiques et les musiciens, pour tenter de trouver un peu de quiétude, ordonner ses pensées et mettre fin à son angoisse. Mais l’ambassadeur Hutt, engoncé dans sa ridicule cape rouge, comprit que ce n’était pas la meilleure idée qui ait germé dans son esprit sournois.
Le silence qui l’entourait, ne faisait qu’amplifier les cris de ces démons humains suprémacistes, ces vers de terre qui encerclaient l’ambassade par centaines, par milliers… ils ne cessaient de le maudire, lui et son ascendance.
Au temps de Kossak le Hutt, le vainqueur de Xim le Despote, il était persuadé que ces persécutions lui auraient été épargnées. Agité par le tumulte incessant, oppressé par la solitude, il convoqua finalement le capitaine de sa garde.
Kaful se présenta à lui, peu après, revêtu de son armure anti-émeute tout comme l’ensemble de ses hommes. Le klatooiinien maîtrisait son inquiétude, en se montrant exagérément serein pour ne pas angoisser son maître.
- Capitaine, où en est l’effacement de nos archives ?
Kaful doutait fortement que cela change quoique ce soit, si les fanatiques excités forçaient l’enceinte de l’ambassade, comme ils l’avaient déjà fait. Leurs effectifs restreints ne suffiraient pas à les contenir durablement, même avec l’aide du bouclier de protection.
En admettant que les traces compromettantes des trafics dans les ghettos s’évanouissent à jamais, le Pius Dea n’aurait aucun problème à retourner la société de la République contre eux. Personne ne viendrait les aider.
Pas même les Jedi, assiégé par le blocus des Gardiens de la Pureté.
- Toujours en cours, répondit-il. Yeskel supervise l’opération selon vos instructions, seigneur Gaarba.
- Qu’il se dépêche ! Mon oncle m’a bien spécifié que…
De fortes détonations claquèrent au-dehors, les figeant dans un silence pesant alors que les beuglements des suprémacistes montaient d’un cran. Kaful ajusta son casque sur la tête et plongea son regard dans ses grandes pupilles reptiliennes fendues, agrandies sous le coup de la peur.
- Je vais rejoindre mes hommes. Restez ici en sécurité.
Gaarba le vit partir d’un pas pressé alors qu’à travers le transparacier des grandes fenêtres, les appels aux meurtres étaient scandés avec une détermination implacable. Le Hutt demeurait paralysé, n’osant pas s’approcher des vitres, de crainte d’être aperçu.
Puis il serra les poings, sachant ce qui s’était passé pendant la Lune Pourpre, les innombrables exactions commises par les partisans de Contispex Ier. Il était probable qu’ils lui feraient subir le même sort.
Mais il ne se laisserait pas faire ! Il ferait la fierté de son oncle dans cet ultime combat, et de tous ses ancêtres du glorieux Empire Hutt. Il montrerait à ces insectes humains pourquoi Xim le Despote avait pu être vaincu.
Il rampa vers le mur à sa gauche et apposa sa paume sur la surface lisse. Le mur s’écarta en silence, glissant sur le côté et il contempla la grande double hache fixée sur un grand crochet, qui faisait partie de son patrimoine familial, maniée autrefois par son arrière grand-père. Il en caressa les lames polies et immaculées, fasciné par ses reflets étincelants.
Le grand manche avait été taillé dans du bois de wroshyyr, provenant de Kashyyyk, ce qui lui conférait solidité et légèreté. Il la prit dans ses deux mains, qui semblaient si minuscules par rapport à son grand corps de ver.
Puis il recula pour exécuter quelques mouvements basiques, et sa double hache dansa en fendant l’air. Il esquissa un sourire carnassier.
Bien… ces petits humains auraient une mauvaise surprise avant qu’ils ne le précipitent dans la tombe déjà creusée.


Yeskel surveillait le brasier qui restait ardent dans le sous-sol des archives. Le weequay fixait le ballet des flammes qui se tordaient dans les nuances de jaune et d’orange, broyant flimsi et datapads qui contenaient les preuves des liens que les Hutt avaient entretenu avec la résistance des ghettos pendant la Conspiration des Cent.
Les étagères et les bases de données avaient été entièrement vidés. Les employés avaient déversé les réserves de gaz tibanna entreposées dans le bâtiment. L’opération était terminée, les preuves étaient entièrement détruites.
- Partez, fit Yeskel. Trouvez-vous une cachette et n’en sortez pas jusqu’à ce que ce soit terminé. Je ferai mon rapport moi-même à Maître Gaarba.
Ses camarades le fixèrent avant de se disperser, sans broncher. Yeskel observait un calme étrange, voire contre-nature. Il affichait une dignité que personne ne lui avait connue jusque-là, lui qui avait toujours montré à tous une grande terreur face au Hutt.
Sa première intention n’était pas de faire son rapport à l’ambassadeur. Bien au contraire, il allait mettre à exécution son propre projet. Il quitta la salle des archives mais prit le chemin de la salle des générateurs au lieu d’emprunter le turbo ascenseur.
Un blaster était serré dans son poing.
Il tapa le code sur le panneau de commande puis entra sans s’annoncer. Une créature à l’allure hideuse examinait les paramètres, à la silhouette si tordue qu’il se déplaçait sur les mains et que ses pieds servaient à manier les outils quotidiens.
Il s’agissait d’un dug nommé Opset. Sa tête de lévrier grisé se tourna vers le weequay, interloqué.
- C’est Gaarba qui t’envoie, Yeskel ?
Celui-ci gardait les traits fermés alors qu’il le braquait sur le dug pétrifié.
- J’ai bien peur que non, Opset. Désolé, ça n’a rien de personnel.
Il crispa l’index sur la détente plusieurs fois et le dug s’écroula, les plaies fumantes, les yeux figés dans l’incompréhension.
Le weequay écarta son cadavre d’un coup de pied et prit sa place aux commandes. Il repéra immédiatement celles qui contrôlaient l’énergie du bouclier et les holocaméras. Les images à l’extérieur lui montraient les loyalistes de Contispex Ier, se bousculant pour franchir les grilles inoffensives.
Les gardes de l’ambassade se pressaient face à eux, leurs boucliers anti émeute, levés devant leur figure casquée. Le dôme du bouclier énergétique les protégeait de tout projectile mais n’empêcherait pas les émeutiers d’avancer au contact.
Yeskel avait pitié d’eux, ce qui leur arriverait bientôt ne serait pas juste. C’était la leçon qu’il avait appris lors de la Lune Pourpre, lorsqu’il avait pu revenir dans les ruines du ghetto trois dévasté, serrer les corps calcinés de toute sa famille contre lui. Il ignorait combien de temps, il les avait pleurés mais toutes les larmes qu’il avait versées ne suffiraient pas à combler ce gouffre béant. Gaarba avait promis sa protection mais il les avait sciemment abandonnés à la furie des fanatiques du Pius Dea.
Ce Hutt l’avait trompé, trahi. Yeskel avait longtemps ruminé cette pensée avant que la vengeance ne fit son propre chemin pour devenir l’évidence même. Gaarba devait payer. Quel dommage que cela cause des dommages collatéraux.
Mais justice devait être rendue. Il désactiva en toute conscience le champ de protection, sachant que cela précipiterait la chute de l’ambassade. Il se détourna des images transmises par les holocaméras pour ne pas voir les gardes repoussés jusqu’à l’intérieur, piétinés et massacrés sans pitié. Il verrouilla les sous-sol, pour ne pas être dérangé.
Il sortit ensuite de la pièce et rejoignit les archives. Le brasier avait à peine faibli, le combustible qui l’alimentait demeurait encore suffisant. Il fixa, perdu dans ses pensées, les flammes qui rugissaient et l’appelaient dans ses crépitements.
Elles l’invitaient à les rejoindre, à fusionner. Elles lui parlaient et il crut voir les reflets, les images des membres de sa famille disparue… sa femme et ses enfants qui tendaient leurs mains vers lui.
Viens nous rejoindre.
Les rejoindre ? Il sourit à ce souhait qui lui tenait à cœur… oui, il voulait les revoir, les serrer dans ses bras, leur exprimer tout son amour. Une dernière fois, et pour toujours.
Au-dessus de sa tête, les hurlements des fanatiques retentissaient. Ils étaient entrés dans l’ambassade, l’investissant et la mettant à sac. Yeskel refusait l’éventualité de tomber entre leurs mains impitoyables.
Il avait choisi sa propre fin.
Il vérifia rapidement son blaster et colla l’affût contre son crâne. L’arme émit un cliquetis ridicule, la cellule d’énergie était déchargée.
Il avisa le dernier bidon plein de gaz tibanna et le soulevant au-dessus de lui, renversa le liquide inflammable sur son corps, de la tête aux pieds. Il jeta au loin le jerrican, qui rebondit avec des gémissements de plastacier.
Les flammes semblaient si chaleureuses, lui permettant d’ignorer les picotements sur sa peau provoqués par le liquide acide.
Viens nous rejoindre… viens nous rejoindre.
Il se jeta dans le bûcher en souriant et les flammes grandirent comme pour l’introniser. Personne n’entendit ses cris étranglés car le chaos régnait au-dessus de tout.


Voilà, j'espère que cela vous a intéressé :cute: ! Quel dommage que le blaster était déchargé :whistle: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 16 Jan 2022 - 19:38   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Ouh ! Voilà un sort pour le garde weequay bien peu enviable ! :shock: Comme tu dis, il aurait mieux valu que le blaster ne soit pas déchargé ! N'empêche que la scène est bien écrite.

Pour le reste, ce qui s'annonce ne sera sans doute pas joli-joli. Gaarba est armé et s'en servira, sans doute, mais il ne tiendra pas longtemps face à des fanatiques armés de blasters. En tout cas, c'est une sous-intrigue savamment menée, entre un extrait précédent concernant le "blocus" de l'ambassade, la déclaration de Contispex Ier dans le précédent extrait et la référence à la situation sur place, et ce qu'il se déroule ici : bien joué ! :jap:

Vivement la suite ! :oui: Allons-nous rester dans l'ambassade, ou l'intrigue va-t-elle se diriger ailleurs ?
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Messagepar mat-vador » Mar 18 Jan 2022 - 21:51   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Vivement la suite ! :oui: Allons-nous rester dans l'ambassade, ou l'intrigue va-t-elle se diriger ailleurs ?


On va rester dans l'ambassade :diable: !
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Messagepar mat-vador » Sam 22 Jan 2022 - 22:03   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite :whistle: !

On reste sur l'attaque de l'ambassade Hutt sur Coruscant par les fanatiques du Pius Dea qui promet d'être sanglante :diable: !


Kaful rallia ses hommes à l’extérieur du bâtiment, au moment où les premiers suprémacistes escaladèrent les grilles. Cette fois, ils ne perdirent pas de temps à les desceller et foncèrent sur les gardes retranchés derrière leurs boucliers.
- Restez en position ! Ordonna le klatooinien.
Il se doutait que cette fois, c’était du sérieux. Les suprémacistes étaient mieux préparés et organisés. Ils brandissaient des blasters et même des armes militaires, des fusils fournis par l’arsenal de l’Armée de la République et des Forces de Sécurité.
Cela ne faisait plus l’ombre d’un doute… l’attaque était menée au nom de la République.
Des Disciples de Hapos étaient mêlés aux Gardiens de la Pureté, auxquels s’étaient agglomérés des sympathisants opportunistes qui n’appartenaient pas à ces deux factions. Ceux-là furent les premiers à se précipiter sur les gardes de l’ambassade.
Des barres de duracier étaient brandies dans leurs poings furieux, leur visage tordu d’excitation débridée.
- Lacrymogènes !
Les assaillants s’arrêtèrent net pour enfiler des masques, pour ne pas être incommodés par les vapeurs irritantes. Puis ils jaillirent à travers la fumée opaque pour porter les premiers coups. Certains restés en arrière, bombardaient les défenseurs de projectiles qui se brisèrent sur le bouclier. Une humaine trapue se jeta sur le bouclier de Kaful pour lui asséner des coups de barre. Il parvint à ne pas reculer d’un pas et répliqua avec sa matraque. Un cri de douleur retentit lorsqu’il lui fracassa le nez et l’arcade sourcilière.
Elle battit en retraite, le visage en sang.
D’autres continuaient de franchir les grilles et des traits ardents passèrent au-dessus d’eux, absorbés par le bouclier de protection. Les assaillants se relayaient sans répit, remplaçant en priorité ceux et celles qui avaient essuyé les ripostes douloureuses des gardes. Plusieurs s’avançaient pour balancer des pieds sautés dans les boucliers, en les menaçant :
- Nous vous tuerons tous, bâtards d’aliens !
Les Disciples de Hapos les encourageaient, en scandant :
- La Déesse le veut !
Lorsque les suprémacistes furent suffisamment nombreux à l’intérieur de l’enceinte, ils se groupèrent en pelotons qui convergèrent de nouveau vers les gardes. Ils semblaient attendre quelque chose…
- Capitaine ! Le bouclier !
Kaful leva la tête et fixa le ciel de la Cité Galactique. Sa vision des nuages sombres qui galopaient, aurait dû être troublée par un miroir froissé. Et ce n’était plus le cas.
Le bouclier avait été abaissé !
Panne ? Sabotage ? Toutes les hypothèses qui fourmillaient dans son esprit, n’aboutissaient qu’à une fatale et unique conclusion.
Ils venaient de perdre leur plus grand avantage défensif. Il hurla dans le comlink intégré dans son casque.
- Ici, le capitaine Kaful ! Pourquoi le bouclier ne fonctionne-t-il plus ?
- Ils vont charger ! Hurla le rodien à sa droite.
Le klatooinien jura entre ses dents.
- Tenez bon !
Les tirs de blaster se fracassèrent contre les boucliers individuels, ricochant sans toucher leurs détenteurs. Voyant la vanité de leurs tirs, les suprémacistes foncèrent sur eux et les bousculèrent, s’appuyant sur les boucliers pour les déséquilibrer.
Kaful surprit deux d’entre eux agripper le sien pour le lui arracher. Il employa sa matraque pour les en empêcher tout en intimant à ses hommes.
- Ne les laissez pas prendre votre bouclier ! Grenades soniques !
Des claquements puissants retentirent, étourdissant les humanocentristes les plus proche mais ce ne fut qu’un palliatif éphémère. Leurs rangs devinrent plus compacts, ce qui comprima peu à peu les défenseurs vers le bâtiment.
Kaful et ses hommes défendaient la grande entrée principale, dont les grandes portes en duracier demeuraient ouvertes. S’ils cédaient… il ne voulait pas l’envisager, il s’y refusait. Près de lui, deux gardes iktotchi perdirent leur bouclier, arrachés par les émeutiers et se retrouvèrent exposés à leurs coups.
Ils furent percés à coups de vibrolame, suivis de quelques uns de leurs camarades. Leur mort galvanisa les fanatiques.
- La Déesse le veut !
La position devenait intenable. S’ils restaient sur place, ils seraient piétinés sous les sabots de ces banthas fous.
- Reculez ! Tout le monde à l’intérieur !
Ils obéirent sans discuter alors que les pertes s’accumulaient. Ils manœuvrèrent vers le palais sans se désunir, abandonnant ceux dont les fanatiques s’étaient emparés et dont le sort fut réglé à coups de blaster et de poignard.
Les partisans de Contispex les serraient de près et Kaful comprit rapidement que tous ceux encore vivants ne seraient pas s’abriter à temps. La décision qu’il avait prise, était difficile et injuste. Il se rua à l’intérieur et cria :
- Fermez les portes ! Vite !
Une weequay le fixa, effarée.
- Capitaine ! Il reste encore des nôtres…
- Tant pis pour eux !
Ils se mirent à plusieurs pour rabattre les lourds et épais battants, piégeant ceux qui n’étaient pas rentrés à temps. Kaful serra les dents, résigné à les sacrifier. L’instinct de conservation était bien plus puissant que la loyauté.
L’entrée fut condamnée par de puissants verrous et les fenêtres du rez de chaussée, par des volets en duracier renforcé qui s’abattirent au sol dans un craquement. Les rescapés entendirent les appels au secours de leurs camarades livrés à eux-mêmes.
- Laissez-nous entrer ! Lai… Aaarghhh !
Les cris triomphants de leurs assassins étouffèrent leurs supplications puis leurs râles d’agonie. Kaful vit les regards converger vers lui. Des regards l’implorant de les sauver.
- Capitaine, qu’est-ce qu’on fait ? Ne devrait-on pas se rendre ? Suggéra un farghul, une créature félinoide.
- Se rendre ? S’indigna le klatooinien. Quelqu’un a oublié ce qui s’est passé lors de la Lune Pourpre ?
Personne ne répondit.
Puis les portes en duracier gémirent lorsque quelque chose d’imposant cogna dessus au rythme d’un tambour. Les gonds craquaient de façon sinistre, de plus en plus distinctement.
- Ils vont enfoncer les portes !
- Alignez-vous, vite ! Mettez-vous en position de tir !
Il ne restait plus que quelques dizaines de gardes en état de se battre. La plupart se répartirent sur deux rangs, les tireurs debout couverts par les boucliers de ceux qui avaient mis un genou à terre. Kaful donna l’exemple en dégainant son blaster.
Le reste de ses hommes se postait au-dessus d’eux, au premier étage, appuyant leur fusil sur la balustrade, prêts à mettre à terre leurs ennemis sous des salves croisées. La tension augmenta à mesure que les portes se pliaient sous la force des coups assénés avec hargne.
- Tenez-vous prêts à mon commandement.
Ils retenaient leur respiration, terrifiés mais concentrés. Peu après, les gonds furent arrachés et les battants titubèrent avant de s’effondrer pour libérer un passage béant. Kaful entrevit le landspeeder réquisitionné qui avait servi de bélier, avant que son champ de vision ne soit obstrué par les premiers fanatiques qui franchirent le seuil.
- Mort aux impurs ! La Déesse le veut !
Kaful donna l’ordre à ses hommes.
- Feu à volonté !
Les rafales de blaster les fauchèrent, mais les suivants escaladèrent les cadavres fumants pour se porter à l’assaut. La mort ne signifiait rien pour ces Disciples de Hapos car ils étaient assurés d’accéder au paradis promis par la Déesse.
Leurs pertes leur importaient peu, car celui qui tombait était immédiatement remplacé par deux autres coreligionnaires. Une hydre nourrie par la résistance des impies qui gardaient ce lieu profané de leur souillure.
Les munitions et les cellules d’énergie ne tardèrent pas à s’épuiser et la marée qui s’engouffrait par la brèche devenait irrésistible.
- Dans les escaliers ! Il faut protéger l’ambassadeur !
Les gardes rompirent les rangs pour grimper les marches à reculons, mais cela servit les fanatiques qui les serraient de près. Les hommes de Kaful furent agrippés, renversés, piétines puis poignardés avec une frénésie meurtrière.
Le klatooinien se précipita derrière ses soldats qui prirent position, s’arc-boutèrent au milieu du grand escalier qui menait aux appartements de Gaarba. Avec son blaster, il visa une des Disciples de Hapos à la tête, qui s’affaissa avec un trou fumant au milieu du front. Il en abattit deux autres alors que les gardes contenaient difficilement les fanatiques au milieu de l’escalier. Beaucoup les avaient contournés pour investir le rez-de-chaussée et les sous-sol et les mettre à sac.
Kaful et les siens entendaient confusément les cris de joie alors qu’ils pillaient et fracassaient les plus beaux joyaux du palais. Datant des premiers temps de la République, les premiers chef d’État galactique les avaient offert aux Hutt en signe d’amitié.
Ces vandales, persuadés de défendre la République contre l’immoralité, ne prirent pas conscience qu’ils détruisaient en fait… leur propre histoire. Il était trop tard pour leur faire entendre raison. Trop tard pour Kaful et ses derniers fidèles.
À la suite des adeptes du culte Pius Dea, les suprémacistes du Colonel Hosan entrèrent à leur tour dans la citadelle. Armés de fusil blaster, ils braquèrent leurs armes puissantes sur les tireurs embusqués du premier étage.
L’échange de tirs de barrage fut intense mais bref.
Kaful réalisa trop tard qu’un des suprémaciste l’avait identifié comme cible. Il voulut se baisser mais un trait lumineux lui troua la gorge. Le klatooinien porta la main à son cou sans lâcher son blaster, tentant de reprendre sa respiration.
Il mourut étouffé par l’hémorragie qui encombrait ses poumons et la conscience de son environnement devint floue. Sa fin démoralisa les défenseurs qui se laissèrent submerger et massacrer jusqu’au dernier.
L’ambassade Hutt était tombée entre les mains du Pius Dea. Un acte de guerre qui en appellerait d’autres.


Gaarba savait ce que signifiait les cris qui se rapprochaient de lui. Sa fin avait sonné, il ne reverrait jamais Nal Hutta. Il espérait seulement que les archives avaient été détruites à temps, pour ne pas qu’elles servent à justifier les exactions.
Sa mort et la destruction de l’ambassade donnerait sûrement aux kadijics le courage qu’il leur manquait pour s’opposer à la République. Dans ce cas, il ne regretterait pas son propre sacrifice.
Mais cela ne l’empêchait pas d’éprouver des remords.
Les fêtes locales et les orgies des kadijics lui manqueraient… le son des musiques jouées par des orchestres recrutés à prix d’or, les ballets sensuels des danseuses vendues par les clans patriarcaux de Ryloth ou de d’autres mondes en marge de la civilisation.
Oui, il ne pourrait plus se divertir. Mais il pouvait s’amuser une dernière fois.
Il serra plus fermement le manche de sa double hache puis se raidit lorsque quelqu’un enfonça la porte pour entrer.
Sur le seuil se tenait un de ses gardes, un feorin. Son armure était fendue en plusieurs endroits, son casque avait été perdu et du sang coulait de ses plaies sous ses côtes.
- Am… bassadeur.
Il s’écroula aux pieds du Hutt, qui poussa un soupir rauque. Celui-ci perçut les bruit de pas précipités qui annonçaient l’arrivée de la tempête.
Nous y voilà.
Une vingtaine de Disciples de Hapos investirent les lieux, vibrolame ensanglantée à la main. Gaarba brandit sa double hache dans une posture de défi.
- Mon peuple a toujours été les élus des dieux, rugit-il dans un basic approximatif, pour se faire comprendre de ces créatures inférieures à sa magnificence. Bien plus que vous ne le serez jamais avec votre Déesse maudite !
- Sacrilège ! Tuons ce blasphémateur !
Gaarba retint un ricanement arrogant. Ces adeptes du culte irrationnels étaient tellement prévisibles. Il attendit qu’ils soient à sa portée avant de fendre l’air de son arme imposante. Trois Croyants eurent la poitrine déchiquetée, quatre autres se firent trancher les bras au niveau des coudes avant qu’il ne les écrasa en se roulant dessus.
Tout cela en l’espace de quelques battements de cils.
Les treize derniers survivants s’écartèrent précipitamment de lui, hésitants et craintifs. Ils se déployèrent autour de son corps vermiforme. Gaarba décida de les encourager un peu.
- Que se passe-t-il ? Vous n’avez plus la foi ?
Une adepte rugit en levant sa vibrolame derrière lui. Avec une agilité surprenante, il se décala puis la balaya avec sa puissante queue pour la propulser contre la fenêtre. Le bruit de transparacier brisé lui assura qu’elle était en chute libre jusqu’en contrebas. Avec les os et les organes liquéfiés, certainement.
Sa défenestration excita ses camarades qui se jetèrent sur le Hutt à l’unisson. Ceux qui n’avaient pas été aplatis ou démembrés, parvinrent à l’approcher assez près pour entailler son épaisse peau écailleuse. Gaarba les sentit comme des piqûres irritantes, tout au plus inconfortables. Ce qui intensifia sa fureur.
Cela lui prit à peine une minute pour en finir avec ces fanatiques du culte. Il rampa, prenant de la marge pour contempler son œuvre. Voilà un spectacle qui lui plaisait : des morceaux de corps, des bras et des jambes dispersées aux quatre coins de la pièce. Sans compter les cervelles et les organes éclatés qui se répandaient sur le marbre, le rendant glissant avec cette peinture rouge de ton sanglant.
Gaarba se demandait pourquoi il n’avait pas eu l’idée d’aménager dans son ambassade, une pièce dédiée à ce genre de thème.
Des Gardiens de la Pureté firent irruption à leur tour, fusil blaster à la main. Quelques secondes s’écoulèrent lorsqu’ils mirent du temps à évaluer la menace que représentait le Hutt face à eux.
- Ah, de nouveaux invités. Vos amis sont déjà là, la petite fête promet d’être mortelle.
Les miliciens du Colonel Hosan épaulèrent leurs armes et ouvrirent le feu. Les impacts laissèrent de minuscules cratères fumants sur la surface écailleuse. Même si cela ne constituait pas en soi des blessures mortelles, la douleur est telle qu’elle lui fit perdre toute sagesse.
Les Gardiens de la Pureté agrandirent les yeux de stupeur lorsqu’il les chargea avec toute sa hargne bestiale.
- Attention ! Écartez…
Le suprémaciste fut réduit au silence d’un puissant coup de queue qui lui désossa les vertèbres tandis que ses camarades se dispersèrent sans cesser de vider leur blaster. L’air se remplit d’une odeur écœurante à mesure que la peau se trouva de plus en plus constellée de trous noircis qui se répartissaient sur sa poitrine et sa queue.
Mais cela handicapait à peine Gaarba. Il fit le vide autour de lui avec sa double hache, ce qui ajouta d’autres restes humains au décor.
- On a besoin de renforts ! Hurlait un suprémaciste dans son comlink.
Gaarba le lui arracha en même temps qu’une bonne partie de son corps, des doigts jusqu’à la cage thoracique. Les trois derniers suprémacistes battirent en retraite vers la sortie, sous le mépris de l’ambassadeur.
Derrière eux, d’autres partisans de Contispex Ier se regroupaient. Mais personne n’osa s’avancer, pour le défier.
- Vous vous dites Enfants de la Déesse mais vous n’êtes rien ! Les provoqua-t-il encore. Lancez donc votre croisade mais vous ne serez jamais des conquérants dignes de nous !
Leurs regards traduisaient leur haine et leur crainte. Gaarba pourrait trouver cela divertissant s’il ne s’agissait pas de son dernier jour.
À travers la fenêtre brisée, le mugissement de moteurs ioniques lui parvint. Il pivota sur son énorme corps et fixa la navette d’assaut qui venait de s’élever à sa hauteur, depuis l’extérieur. Les canons laser avant étaient pointés droit sur lui.
Gaarba se retint de respirer, une fraction de seconde avant que les traits ionisés ne le pourfendirent de part en part. Il ne ressentit la souffrance que furtivement puis plongea définitivement dans le chaos.
Il avait succombé pour avoir fait preuve d’honneur, une seule fois dans sa vie.
Les suprémacistes investirent ses quartiers lorsque son corps vermiforme cessa de remuer. Certains crachèrent sur le cadavre tandis que d’autres s’adonnèrent au pillage dans des cris de joie. L’un des Disciples de Hapos lança :
- Apportez la grande scie !


Voilà, j'espère que cela vous a plu ! Au fait, à quoi va servir la grande scie :sournois: ... ?

Allez, à plus :hello: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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