~ Sentinels ~ The Lost Crystals

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Messagepar Charlie Krystell » Jeu 29 Mar 2018 - 12:31   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Haha ce sont de bonnes théories :oui:
Il faudra lire la suite pour en savoir plus… :D
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Charlie Krystell
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 02 Avr 2018 - 16:59   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Sélène réfléchissait à une solution pour se sortir de cette situation. Maintenant que le vaisseau avait décollé, quelques heures auparavant d'après elle, elle savait qu'elle serait prise au piège jusqu'à ce qu'ils aient atteins leur destination. Ignorant ce que pouvait bien être le projet des Sentinels, la jeune femme n'avait aucune idée de leur destination. Pour ce qu'elle en savait, ils pouvaient très bien se diriger vers l'autre bout de la galaxie. À ce compte là, elle resterait bloquée pendant des jours.

D'un autre côté, je ne suis pas attachée. Il a fermé la porte mais je suis sûre que je pourrais la déverrouiller avec une épingle si j'essayais. Sauf que je n'ai pas franchement envie de retomber sur ce type, il n'est pas rassurant avec son énorme canon-blaster.

Sélène soupira et se laissa tomber sur le petit lit qui se trouvait là. Outre ce dernier et une table et une chaise, la pièce était vide et froide. Elle espérait vraiment qu'elle n'aurait pas à passer trop de temps dedans.

« Et tu penses qu'elle va nous dire quelque chose ?

- C'est toi qui nous a dit qu'elle pourrait avoir des infos intéressantes.

- Oui mais bon, j'ai dit ça parce qu'apparement c'est la fille d'un type important et une Sénatrice. Si ça se trouve elle ne sait rien du tout et je vais avoir l'air bête.

- Mais non, elle sait forcément quelque chose. Peut-être pas tout mais bon, toute info est bonne à prendre. »

Matylda était assise en tailleur, dos à Cassiopea qui avait pris la même position. Quelques temps après leur départ précipité de Coruscant, Cassiopea avait voulu se retirer dans ses appartements pour réfléchir à la situ ation et elle avait entrainé Matylda avec elle.

« Et donc, pourquoi on est assises comme ça ?, demanda Matylda qui ne comprenait pas vraiment l'intérêt de l'affaire.

- Première règle de ton enseignement de Jedi. En cas de coup dur, il faut se recentrer sur l'essentiel. Pour ça, méditation.

- Méditation ?

- Oui, c'est l'une des premières choses qu'on nous apprend. Tu te souviens de cette histoire de sentiments interdits ?

- Complètement ridicule.

- Voilà, donc quand on arrive au Temple, on nous enseigne le contrôle des émotions. L'idée c'est qu'elles ne prennent pas le dessus sur tes " vraies " priorités.

- Et pour ça on doit méditer ?

- Oui, ce n'est pas de la méditation classique comme tout le monde peut la pratiquer. C'est une véritable communion avec la Force. C'est pour ça que je voulais qu'on commence par là. Comme tu ignores tout de tes capacités, il faut que tu commences par apprendre à sentir la Force. D'abord autour de toi, puis en toi. Ensuite, quand ta signature sera plus marquée, on pourra passer à la manipulation de la Force.

- Et pour ce qui est de la maîtrise des émotions ?

- Ça, c'est accessoire.

- Ça sert à rien tu veux dire…

- Pas à ce point. Dans une situation extrême, par exemple si tu es vraiment furieuse, la méditation va te permettre de te calmer et de ne pas agir sur le coup de l'émotion ce qui va t'éviter de faire des choses que tu regrettera.

- Ah oui, vu comme ça.

- Enfant, j'étais une élève très assidue au cours de méditation de Maître Yoda. J'étais douée, je pouvais même canaliser les autres avec l'énergie que je dégageais pendant les séances. Mais j'ai grandi, je suis devenue Padawan et mon Maître… comment dire, n'était pas très fan de méditation. Donc, il se peut que j'ai un peu perdu la main et que mes cours ne soient pas les plus complets du monde. Mais, pour les premières leçons je devrais bien m'en sortir.

- On va voir si je suis une bonne élève. Qu'est-ce-que je dois faire ?

- Commence par fermer les yeux et essaies de ne penser à rien.

- D'accord, Matylda se concentra.

- Ne pense vraiment pas, comme si tu voulais t'endormir. Une fois que tu y es, concentres-toi sur ton environnement. D'abord représentes-toi la pièce telle que tu l'as vue avant et ensuite, essaies de percevoir l'énergie qui y circule.

- Et comment je fais ça ?

- Imagine que des fils lumineux traversent la pièce dans tous les sens.

- Ah !, Matylda se redressa et rouvrit les yeux.

- Tu les as vus ?

- Je crois, mais c'est assez flou.

- C'est normal, tu débutes. On recommence, restes bien concentrée et ne dit rien. Parler n'aide pas vraiment dans cette situation. »

De longues minutes silencieuses s'écoulèrent. Tandis que Matylda, bonne élève, se concentrait sur les énergies qui l'entouraient et qu'elle avait encore bien du mal à percevoir, Cassiopea était quant à elle déjà plongée dans sa bulle méditative. Elle commença par évacuer toutes les ondes négatives qu'elle avait accumulées au cours des derniers jours. Ce n'est qu'une fois totalement calme qu'elle pourrait chercher des réponses dans la Force.

La Force n'était pas coopérative. Sérieusement ? Rien du tout? Même pas à petit conseil mystérieux et totalement incompréhensible à la Maître Yoda ? Je vais aller loin moi.

Cassiopea poussa un profond soupir. Depuis le massacre des Jedi quatre ans plus tôt, elle avait de plus en plus de mal à percevoir les vibrations de la Force et à les comprendre. Elle la sentait toujours de la même manière mais elle ne l'entendait plus. Avant, la Force se nourrissait des méditations de tous les Jedi de la galaxie et elle transmettait aussi bien leurs doutes que leurs succès. Tous ceux qui communiquaient avec la Force pouvaient donc trouver des réponses à leurs interrogations grâce à leurs semblables. Mais, maintenant que les Jedi avaient presque tous disparus, la Force restait silencieuse. On y détectait encore parfois des bribes de vie mais, ceux qui comme Cassiopea avaient échappé à la purge, avaient plutôt tendance à masquer leur signature pour se protéger.

Et le côté obscur prend de plus en plus d'ampleur.

Avant, les signatures des Jedi envahissaient la Force et il était presque impossible de discerner de l'obscurité dans cet enchevêtrement de puissances lumineuses. Désormais, quand Cassiopea fermait les yeux, elle pouvait voir les ténèbres. Si elle n'entendait plus les voix de ses semblables, elle discernait très nettement celles des serviteurs de l'obscur et cela l'effrayait. Au départ, ce n'était rien. Juste une goutte d'eau dans l'immensité de la Force. Mais, quatre ans plus tard, la goutte d'eau s'était muée en océan et Cassiopea avait peur qu'un jour, elle finisse par s'y noyer.

La jeune femme esquissa un sourire. Matylda devenait impatiente, peu habituée qu'elle était à garder une concentration aussi élevée durant une aussi longue période. Étant donné qu'elle n'arrivait à rien, elle décida d'abréger les souffrances de son amie et de mettre fin à cette session. Elle y reviendrait plus tard, dans la solitude de sa chambre.

« Alors ?, demanda Cassiopea amusée. Tu t'en sors ?

- À vrai dire, pas tellement. Je ne crois pas que j'arrive à sentir quoi que ce soit, je veux dire, je vois les fils dont tu parles mais je ne ressens rien de particulier.

- Apprendre à ressentir la Force est un long processus, Matylda. Ce n'est pas pour rien qu'on ne devient Padawan qu'à l'adolescence, on passe toute notre enfance à travailler sur nous même jusqu'à ce que ça devienne comme une seconde nature. Tu verras qu'au bout d'un moment tu n'auras même plus besoin de te concentrer pour communier dans la Force. Ça viendra tout seul.

- Mais vous avez des années pour vous préparer. Moi je n'ai pas eu tout ça. Peut-être que je n'y arriverais jamais.

- Bien sûr que si, c'est en toi. Peu importe l'âge auquel tu commences, si tu travailles tu y arriveras. Si tu constates que cette méthode ne fonctionne pas, si tu ne vois aucun progrès au bout de plusieurs séances, alors je changerais de technique.

- Comment ça ?

- On n'est pas tous faits pareil. La méditation a très bien marché sur moi durant mon apprentissage mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Mon meilleur ami par exemple, et bien il était incapable de rester assis plus de deux minutes. Autant dire que la méditation c'était pas trop son truc. Mais il a appris autrement, et toi aussi tu trouveras la méthode qui te convient le mieux.

- Je suppose qu'une séance ne peut pas produire de résultats prodigieux.

- De toute façon il va falloir réitérer l'expérience plusieurs fois pour avoir une idée de l'effet que ça a sur toi. Mais je trouve que c'est déjà pas mal pour une première fois.

- À bon ?

- Mais oui, tu as pris conscience de l'énergie qui t'entoure. Maintenant il va falloir travailler sur cette conscience et tu verras, tu feras vite des progrès.

- D'accord, peut-être qu'il faut aussi un environnement plus calme.

- Évidemment, les plus jeunes pratiquaient dans les jardins du Temple qui sont complètement isolés du reste de la cité. On n'y perçoit aucun bruit, aucune onde en provenance de la ville. Pour moi, c'était l'endroit le plus paisible du monde.

- Ça à l'air génial.

- On a quelque chose de similaire à la base. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai choisi Kidron, cette planète dégage des ondes de calme et de positivité qui aident à maintenir le moral des troupes à flot. On y est très bien pour méditer.

- J'ai hâte de voir à quoi ressemble la base.

- On te fera visiter, Cassiopea se releva. Et je te présenterai aux autres aussi, les nouveaux membres sont toujours accueillis en grande pompe. Valdez est le pro des fêtes d'intégration.

- Valdez ?, les deux jeunes femmes se dirigeaient à nouveau vers le cockpit.

- Wolf Valdez, c'est l'un de mes meilleurs pilotes, Cassiopea lui fit un clin d'oeil. Je dirais bien le meilleur mais Sor le prendrait probablement mal.

- C'est vrai qu'il est plutôt susceptible, Matylda pouffa de rire. Et donc ce Valdez organise des soirées ?

- Oui, il s'est auto-proclamé le roi de la fiesta, ses mots pas les miens. Autant que je te prévienne tout de suite, tu ne couperas pas à la soirée d'intégration. Et il mettra le paquet parce que ça fait un moment qu'on n'a pas accueilli de nouveau membre et qu'il désespère d'en organiser une.

- Pourquoi pas, ça peut être sympa. Ça change des combats contre les troopers.

- C'est pour ça que tout le monde adore Wolf. Déjà parce que c'est un excellent chef d'escadron qui prend soin de ses hommes mais aussi parce qu'il arrive toujours à transmettre des émotions positives aux autres. C'est un type génial, tu vas l'adorer.

- Elle va adorer qui ?, elles avaient atteint le cockpit et Sor se mêla à la conversation.

- Valdez, lui répondit Cassiopea en se perchant à nouveau sur l'accoudoir de son fauteuil.

- Ah Wolf ! J'adore ce mec, c'est le roi de la fiesta ! Et le seul qui puisse rivaliser avec moi derrière les commandes d'un vaisseau. Me regarde pas comme ça Cass, toi tu comptes pas tu voles carrément dans une autre catégorie.

- Comprendre, reprit Cassiopea ravie. Que je suis imbattable et qu'il ne s'en remet pas.

- Dis plutôt que t'es une folle du volant !

- N'importe quoi ! C'est toi qui est trop lent.

- Lent ?! Comment oses-tu… »

Tandis que les deux amis continuaient de se chamailler, Matylda les observait en se demandant qu'elle histoire se cachait derrière cette amitié. Elle ne savait rien sur Sor, ou sur les autres Sentinels qui les accompagnaient. Tout ce que Cassiopea lui avait dit c'était qu'elle les avait rencontrés dans des situations particulières et qu'ils avaient formé les Sentinels ensemble, tous les quatre. La jeune femme aurait bien aimé connaître les détails de ces rencontres et les aventures qui y étaient liées.

Revenant du poste de contrôle, Navo lui posa la main sur l'épaule.

« Nous avons tous des histoires compliquées, c'est ce qui fait les Sentinels.

- Comment ça ?

- Comme Cassiopea, on a tous eu une vie avant de rejoindre le groupe et en devenant des Sentinels, on a décidé d'en changer. D'oublier un passé souvent dur et douloureux pour se concentrer sur un avenir qu'on aimerait meilleur. Cass a su rassembler autour d'elle des gens qui, d'une manière ou d'une autre, lui ressemblent énormément. Même toi d'ailleurs, tu veux aussi changer de vie en devenant une Sentinel.

- Oui mais, je n'ai pas eu d'aventure terrifiante ou quoi que ce soit du genre…

- Ça n'a rien à voir, la nature de ton passé compte peu et d'ailleurs, on n'en parle pas vraiment. Ce qui compte c'est que tu sois prête à le laisser derrière toi pour te tourner vers un autre futur. C'est ce qui fait l'âme des Sentinels.

- J'aimerais bien connaître vos histoires.

- Je te raconterai la mienne si tu veux, ça ne me dérange pas, je suis en paix avec mon passé. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde et tu rencontreras de nombreuses personnes qui ne te parleront jamais de leur ancienne vie.

- Je comprends, Cassiopea ne m'a pas tout dit non plus.

- Personne ne sait vraiment ce qu'il s'est passé pour qu'elle décide de tout abandonner.

- Vous non plus ?, Matylda était vraiment surprise. Je veux dire, vous êtes visiblement très proches et je pensais qu'elle vous en avait parlé.

- Elle n'en parle presque pas et, quand elle le fait, c'est pour raconter le strict minimum. Je pense que c'est pour ça que cette mission la préoccupe autant, parce que c'est en rapport avec son passé.

- Tu penses que des choses vont ressurgir ?

- J'en suis certaine, mais on n'en sait pas encore assez pour savoir quoi. En tout cas, tu en sauras plus sur nous quand on arrivera à la base. On a tous pris l'habitude de nous raconter des anecdotes pendant les soirées de Wolf et je sais que Sor adore parler de son glorieux passé de pirate.

- Pardon, de quoi ?

- Je lui laisse le plaisir de te raconter, lui répondit Navo en riant. On arrivera dans deux jours, d'ci là je te laisse imaginer. »

*****


Pourquoi est-ce-qu'ils rigolent comme ça ? Depuis la pièce qui lui servait de prison, Sélène percevait des bribes de conversation en provenance de l'avant du vaisseau. Peut-être qu'ils célèbrent leur victoire et qu'ils se moquent de moi. Après tout c'est vrai, ma capture était plutôt ridicule. Quelle personne censée va se diriger consciemment dans la direction que des dizaines d'autres sont clairement entrain de fuir ? À part moi, je ne vois pas.

Plus le temps passait, plus la jeune femme perdait espoir. Elle pensait sincèrement que son père ignorerait les avertissements des Sentinels et qu'il les prendrait quand même en chasse pour la secourir. Mais visiblement, il n'avait rien fait de tel, il les aurait déjà rattrapés sinon. Maintenant qu'elle y réfléchissait, Sélène ne savait pas grand chose des Sentinels. Depuis plusieurs mois, des avis de recherche aux noms de certains membres avaient été placardés partout dans Coruscant et c'est à ce moment là qu'elle avait commencé à s'intéresser un peu à cette bande de rebelles. Elle était au courant de leur existence depuis plus longtemps mais elle n'avait jamais daigné leur accorder une attention particulière. Après tout, ils n'étaient rien d'autre qu'une bande de renégats, de parjures traîtres à l'Empire. Ils ne valaient pas la peine que l'on s'intéresse à eux. Pour faire bonne figure au Sénat, les Sénateurs adoraient ramener le sujet des Sentinels sur le tapis à chaque session, elle s'était un peu penchée sur les avis de recherche dont ils disposaient et cela n'avait fait que la conforter dans ses certitudes. Ces gens étaient des ennemis qu'il fallait éliminer à tout prix afin de ramener le calme et la paix dans la galaxie.

J'aurais peut-être du étudier ce dossier finalement. Ça aurait pu m'être utile. La jeune femme commençait à regretter de ne pas s'être penchée avec plus d'attention sur le cas des Sentinels. Elle aurait peut-être une idée de l'endroit où ils l'emmenaient. De toute évidence, son père était bien plus au courant qu'elle. S'il avait pris les demandes de Cassiopea El-Solar au sérieux, c'est qu'il savait qu'elle risquait de mettre ses menaces à exécution. Cette femme doit être terrifiante. Sélène se demandait combien de temps ils lui laisseraient la vie sauve. Elle n'avait aucune confiance en eux et savait très bien qu'ils avaient garanti sa sécurité uniquement pour que son père ne lance pas d'escadron à leur poursuite. Une fois qu'ils seraient hors de danger d'une éventuelle attaque, ils se débarrasseraient d'elle sans l'ombre d'un remord. Elle ne représentait rien d'autre qu'un poids mort pour eux et ils devaient sûrement déjà se demander de quelle façon ils mettraient un terme à son existence. Sélène n'avait aucun espoir, elle était tombée entre les mains des pires terroristes de la galaxie et elle savait comment ses barbares fonctionnaient.

Anéantie, elle en était là de ses sombres réflexions quand elle entendit soudain le bruit du déverrouillage de la serrure. L'instant d'après, la porte s'ouvrait laissant entrer Cassiopea El-Solar.

Ça y est, c'est la fin. Sélène ferma les yeux. Elle entendit le bruit d'une chaise que l'on tire puis plus rien. Elle rouvrit alors lentement les yeux. En face d'elle, la jeune femme avait retourné la chaise et s'était assise à califourchon dessus. Elle la fixait les sourcils froncés, l'air inquiète.

« Je ne prends jamais de prisonnier, dit-elle soudain. Ça va contre tous mes principes et je déteste ça.

- Je…, Sélène ne savait pas vraiment quoi répondre.

- On ne vous fera aucun mal, vous savez. Je n'ai pas pour habitude de m'en prendre aux innocents et, aux dernières nouvelles, vous n'êtes coupable de rien.

- Alors, qu'est-ce-que vous allez faire de moi ?

- On vous garde avec nous, le temps de résoudre quelques problèmes liés à notre dernière mission et on vous rendra à votre père.

- C'est tout ?, Sélène ne pouvait y croire.

- Bien sûr, je suis désolée que ça soit tombé sur vous. Comme dit, je ne prends pas d'otage mais là je n'avais pas le choix.

- Vous auriez pu vous rendre, lui répondit sèchement Sélène.

- Je l'aurais fait, dit Cassiopea avec aplomb. Si j'avais été seule je l'aurais fait sans hésitation. Mais tout le problème est là, je n'étais pas seule. Et je ne mettrai jamais la vie de mes amis en danger. Je ne sais pas ce que vous vous imaginez, mais ils nous auraient tués. Pas devant tous les Sénateurs sur les marches du perron, mais quelques kilomètres plus loin dans un coin tranquille.

- C'est faux. Vous seriez allés en prison pour y attendre votre procès. Vous auriez été traités selon les règles de la justice pénale impériale et votre jugement aurait été des plus équitable.

- Bien sûr, Cassiopea sourit tristement. L'Empire est bon et juste. »

Cassiopea se leva et se dirigea vers la porte sous le regard interrogatif de Sélène. Mais qu'est-ce-qu'elle veut dire par là ? Évidemment qu'il l'est ! La peine de mort est une sanction barbare appliquée par les anciens républicains, nous sommes bien plus justes qu'ils ne l'étaient.

Cassiopea s'arrêta sur le pas de la porte.

« Je suppose que cette toge ne doit pas être très confortable. Si vous voulez vous changer et vous rafraîchir un peu, la salle de douche est au bout du couloir. Vous y trouverez des vêtements de rechange. Et si vous avez faim, le garde-manger se trouve juste à côté. Nous serons tous dans le cockpit si vous deviez avoir un problème.

- Vous… vous me laissez circuler dans le vaisseau ?, Sélène ne comprenait plus rien.

- Ce n'est pas comme si vous pouviez vous enfuir. Et je vous l'ai dit, je ne prends pas d'otage alors il n'y a aucune raison pour que je vous traite comme si vous en étiez une. »

Sur ces mots, elle quitta définitivement la pièce, laissant la porte grande ouverte derrière elle. Sélène resta un moment sans bouger à fixer la porte, sans vraiment comprendre ce qu'il venait de se passer. Finalement, elle décida de se lever. On lui donnait la possibilité d'explorer un peu le vaisseau, elle n'allait pas sans priver. De plus, si par un quelconque miracle Cassiopea El-Solar lui avait dit la vérité, elle finirait par retourner sur Coruscant et elle y récupérerait ses fonctions. Elle pouvait toujours essayer de trouver quelque chose à bord qui aurait de la valeur pour les enquêteurs. Aider à faire arrêter et juger ces criminels serait pour elle extrêmement gratifiant.

Le couloir était désert. Plusieurs portes, toutes fermées par des codes, se trouvaient de part et d'autre et tout au bout elle trouva la salle de douche et le garde-manger. C'est vrai que cette toge est lourde et je commence à avoir chaud. Il y avait des casiers à l'entrée de la salle de douche et elle y trouva des vêtements féminins visiblement à sa taille. Je n'ai aucune envie de porter les vêtements de cette femme, mais je ne peux pas rester comme ça. Finalement, elle se décida à enfiler une tenue plus confortable. Elle fit un rapide tour dans le garde-manger pour grignoter, puis elle reprit ses explorations.

Le vaisseau était grand, vraiment très grand. Leur départ de Coruscant avait été tellement précipité et ils l'avaient fait monter tellement vite qu'elle n'avait pas eu le temps de voir le genre d'appareil dans lequel elle embarquait. Après avoir tourné plusieurs fois, elle du se rendre à l'évidence. Elle s'était perdue. Elle se décida à revenir sur ses pas quand elle entendit une voix, elle se dirigea dans cette direction. Rapidement, elle se retrouva à l'avant du vaisseau, à quelques pas du cockpit où il semblait régner une étrange agitation. Curieuse, elle s'approcha.

« Cassiopea, Navo pianotait à toute vitesse sur ses claviers. On capte un signal.

- Quel genre ?, elle se pencha derrière Navo.

- Aucune idée, je n'ai jamais rien vu de pareil. Ça ne vient pas d'un vaisseau, j'en suis sûre.

- Ivan, demanda Cassiopea. Lances un scan des environs, il y a peut-être quelque chose dans le coin.

- Oh non.

- Quoi ?

- Un Destroyer et pas un petit. Il est tout près d'ici mais, il n'a pas l'air d'être en mouvement attends. Oui, c'est bien ce que je pensais. On approche d'un système et il est clairement stationné au-dessus. Il est en stand-by mais ils ne le restent jamais bien longtemps.

- L'Empire prépare une attaque ?, s'interrogea Sor. S'ils envoient un seul Destroyer ce n'est sûrement pas une opération officielle. Normalement, ils envoient toute une armada.

- Mais il est énorme !, s'exclama Matylda en observant les radars. Qu'est-ce-qu'un truc aussi gros fait là ?

- Quel système Ivan ?, demanda Cassiopea.

- Cirius. Je lance une recherche, il se passe peut-être quelque chose ici.

- Je connais ce système, dit Sor. On y était passés avec l'équipage à l'époque. C'est Caamas la planète mère, membre de la Guilde du commerce et…

- Et grand soutien de la République, termina Cassiopea. Je sais, j'y suis allée aussi pendant la Guerre des Clones. Tu tires quelque chose de ce signal, Navo ?

- C'est une fréquence cryptée. Très astucieux, celui qui la mise au point est vraiment doué. Je pense qu'elle a été inventée pour passer inaperçue sur certains scanners.

- Des scanners impériaux par exemple ?

- Si tu me dis que le Destroyer est en stand-by au-dessus d'un ex-soutien de la République alors oui, c'est tout à fait possible.

- Oh mon… Cassiopea, intervint Ivan. J'ai lancé une recherche sur Caamas dans les bases de données impériales, la planète a été violemment attaquée par l'Empire il y a quelques années et depuis plus rien. Dans leurs fichiers c'est comme s'ils étaient morts.

- On ne peut pas s'arrêter Cass, dit doucement Sor qui lisait presque dans les pensées de son amie. Pas après ce qu'il s'est passé sur Coruscant. Et tu oublies les Archives, on a une mission à remplir.

- Mais on ne peut pas juste passer à côté, dit Matylda. Il y a peut-être des gens en danger et c'est ce que vous faites n'est-ce-pas ? Vous aidez les populations victimes de l'Empire.

- Matylda a raison, confirma Navo. Il faut au moins qu'on se rapproche pour voir de quoi il retourne plus précisément.

- Bon, Sor n'avait pas l'air emballé. Mais juste un tour alors, s'il n'y a rien de concluant on repart fissa. »

Sor désactiva les capteurs du vaisseau et entra dans le système. Rapidement, ils se retrouvèrent en orbite de Caamas et purent constater que le Destroyer était très nettement stationné en position d'attaque au-dessus de la planète. Les radars de Navo ne détectaient rien d'autre que les signalements du Croiseur, comme si la planète était en sommeil. En temps normal, une planète aussi vaste que l'était Caamas aurait dû émettre des milliers de signaux différents mais celle-ci demeurait silencieuse. Sor s'approcha d'avantage, en prenant soin d'éviter les détecteurs du Croiseur jusqu'à ce que Navo l'arrête.

« Stop !, s'écria-t-elle en se levant. Je l'ai, le signal crypté provient bien de Caamas. Je ne peux pas le tracer avec précision mais je suis sûre de moi. Je pense que c'est un appel à l'aide, je détecte quelques fréquences en morse mais elles sont éparses. Ce sont les signaux de détresse habituels, mais ils sont incomplets.

- C'est normal, conclut Ivan. S'ils en mettent trop, le signal ne pourra pas rester crypté.

- Bon, soupira Sor. Je suppose qu'on peut faire une croix sur notre projet de rentrer chez nous.

- Désolé mon pote, Ivan lui tapa sur l'épaule. Mais le devoir nous appelle.

- Entre les coordonnées de Navo, Sor. Il faut qu'on se pose le plus près possible de la source du signal.

- À tes ordres boss. »

Tandis que les Sentinels s'équipaient pour une éventuelle intervention, Sélène était retournée vers le fond du vaisseau. À travers un sas, elle voyait le sol de la planète se rapprocher. À l'école, elle avait appris que Caamas était la planète la plus verte du Noyau mais sous ses yeux, il n'y avait que de la poussière. Mon dieu, qu'est-ce-qu'il s'est passé ici ?
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Messagepar Notsil » Lun 02 Avr 2018 - 21:24   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Oh, ça sent les illusions qui volent en éclat ça :) J’aurais bien dit tentative de fuite aussi, mais je doute de l’interet sur une planète dans cet état :)
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Messagepar darkCedric » Lun 02 Avr 2018 - 21:25   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Et bien, tu as pas mal avancé :cute:

Je n'ai pas encore eu le temps de lire tout ça, mais je vais m'y mettre ^^
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 09 Avr 2018 - 16:58   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

~ Ossus, Bordure extérieure ~

Le vent soufflait dans ses cheveux blancs. Du haut de son poste d'observation au sommet d'une montagne surplombant l'océan, Darth Hell tentait vainement de méditer. Ils avaient mis pied à terre il y a déjà plusieurs heures et pour le moment ils piétinaient. Il faut dire que ses hommes n'étaient pas des plus arrangeants, Hell avait découvert en cours de route que ces derniers ignoraient tout de la mission qui leur avait été confiée. Il n'y avait que lui qui connaissait la véritable raison de leur présence ici, il n'en avait même pas parlé à Ténébris. D'ordinaire, il lui aurait tout raconté dans les moindres détails, après tout il devait la former, mais quelque chose l'en empêchait dans cette affaire. Il connaissait son apprentie et il savait qu'elle vivrait très mal le fait d'être mise à l'écart, c'est pourquoi il avait choisi de lui servir une version édulcorée de la vérité. Hors de question de mentionner les Archives, alors il s'était contenté de lui parler des cristaux Kyber dont l'Empire avait besoin pour achever son Grand Oeuvre. Il lui avait raconté qu'ils avaient été envoyés en mission de reconnaissance pour retrouver des traces de mines de Kyber. C'était la vérité mais il n'était pas stupide, il savait que l'Empereur ne voulait pas les Archives juste parce qu'elles pourraient le mener vers plus de cristaux. Non, il y avait quelque chose de plus, quelque chose que même lui ignorait et qui était lié au fameux projet de l'Empire.

Le Grand Oeuvre. Cette chose dont tous les officiels suffisamment hauts placés parlaient sans arrêt alors qu'ils ignoraient complètement de quoi il était question. Toi non plus tu n'en sais rien, alors évite de te vanter. Mis à part l'Empereur, il se demandait si qui que ce soit était réellement au courant de la nature de ce Grand Oeuvre. Tout ce qu'on leur avait dit, aux autres comme à lui, c'était qu'avec cette nouvelle technologie, l'Empire deviendrait la forme de gouvernement la plus puissante que la galaxie ait connue. Il avait beau tourner la question dans tous les sens, il ne voyait pas ce que cette technologie pouvait bien renfermer. Forcément du Kyber mais il ne s'y connaissait pas assez pour deviner à quoi il servirait. C'est pour cela qu'il avait décidé de ne pas mentionner les Archives à Ténébris, sa jeune apprentie était entièrement dévouée à l'Empire et elle ne chercherait même pas à comprendre le pourquoi qui se cachait derrière cette mission. Elle se contenterait d'informer l'Empereur à l'instant où ils auraient découvert les Archives. Lui ne voyait pas les choses de cette manière. Même s'il était fidèle à l'Empire, il restait un Sith de sang pur qui ne pouvait s'empêcher de considérer Palpatine et Vador comme des imposteurs.

Il avait grandi sur Korriban où les Anciens lui avaient enseigné tout ce qu'il y avait à savoir sur l'Ordre des Sith. Autrefois, durant l'âge d'or de la Force, l'Ordre était puissant et s'imposait dans la galaxie face à l'Ordre Jedi. S'ils avaient toujours été rivaux, il savait qu'ils n'avaient pas toujours été ennemis. Quand les puissants Sith s'étaient effondrés ils avaient tenu les Jedi pour responsables. De nombreux représentants du côté lumineux de la Force avaient été tentés par l'Obscur et ils étaient devenus des Jedi noirs. Ces mêmes Jedi qui avaient mis en déroute l'Ordre des Sith et avaient fini par tout leur prendre. Leur nom et leurs pouvoirs. Et pendant ce temps, les autres sont restés les bras croisés à nous regarder mourir.

Hell haïssait les Jedi, comme tous les Sith, mais il détestait encore plus les Jedi noirs qui se faisaient désormais appeler Sith. Quand Sidious et Tyrannus étaient venus pour lui, personne n'avait rien pu faire. Les Sith, les vrais, étaient devenus trop faibles pour se défendre et ils avaient eu le choix entre les laisser repartir avec lui ou faire face à la colère de Sidious. Il entendait encore les cris de désespoir de sa mère et les sanglots de sa petite sœur.

Alors, même s'il respectait Palpatine pour avoir réussi à reconstituer un véritable Ordre du côté Obscur et s'il ne remettait absolument pas en cause les capacités de ces nouveaux Sith, il ne pouvait pas leur être entièrement dévoué. Il n'avait confiance qu'en lui même et il comptait bien découvrir ce que manigançait l'Empereur. Une fois les Archives entre ses mains, il mènerait d'abord sa propre enquête avant de les remettre à Sidious.

Sauf que là, on n'avance pas et en plus je suis entouré d'incapables.

Ils avaient mis pied à terre dans la nuit. Très vite, Hell avait réalisé, à cause du climat changeant d'Ossus, ils ne pourraient rien faire avant le lever du jour. Ils avaient donc perdu plusieurs heures précieuses et quand, enfin, ils avaient pu lever le camp pour partir en exploration il s'était rendu compte que les pseudos-scientifiques mis à sa disposition étaient en fait des incapables. Hell savait qu'Ossus avait abrité le premier quartier général des Jedi et donc leur première Grande Bibliothèque. Il ne savait rien sur les Archives mais, comme elles abritaient les connaissances ancestrales des Jedi, il en avait déduit qu'elles devaient forcément avoir un lien avec la Bibliothèque. Des siècles s'étaient écoulés depuis que les derniers Jedi avaient délaissé Ossus mais les traces de leur passage étaient encore là et Hell avait bien l'intention de les explorer.

C'est pour cela qu'il s'était séparé de son encombrante escorte, laissée sous le commandement de Ténébris. Il voulait enquêter de son côté tandis que son apprentie mènerait les troupes sur le chemin initialement prévu. Ainsi, tous resteraient persuadés d'être à la recherche de Kyber et il pourrait tranquillement s'atteler à sa véritable tâche. Il était donc au sommet d'une falaise se détachant de la montagne, entrain de réfléchir à la meilleure façon de traverser l'océan qui s'étendait sous ses pieds. Au loin, sur un île semblant flotter au-dessus de l'onde, se dressaient les ruines des Temples au beau milieu des jardins de Talla, considérés comme l'une des merveilles de l'univers. Autrefois, un immense pont suspendu permettait le passage jusqu'à l'île, aujourd'hui il n'en restait rien et Hell ne savait pas comment procéder. Il avait épluché tous les documents qu'il avait pu trouver sur la planète, tous provenant de la bibliothèque du Temple Jedi sur Coruscant. Les représentations d'Ossus qu'il avait trouvées étaient toutes plus belles les unes que les autres mais, les siècles et les civilisations passant, la planète avait perdu de sa superbe et elle ne ressemblait plus au paradis qu'elle avait été autrefois. Seule l'île et ses jardins semblaient avoir échappé aux ravages du temps. D'après les textes, la planète n'abritait plus aucune forme de vie intelligente, ils étaient donc tranquilles pour effectuer leurs recherches.

Hell sauta et atterri gracieusement plusieurs mètres plus bas. S'avançant sur la plage, il observa longuement l'île se détachant au loin. C'est bien joli tout ça mais je ne vois toujours pas comment arriver là bas. Nager c'est hors de question, la mer est bien trop déchainée, et sauter ce n'est même pas la peine d'essayer la Force ne me porterait jamais aussi loin. Il doit bien rester quelque chose…

Il se mit à parcourir la plage à la recherche d'une solution quand il se remit à penser au pont qui permettait l'accès à l'île. Comme il n'en restait rien, Hell en avait déduit qu'il s'était écroulé avec le reste des monuments de la planète. Sauf qu'il reste des vestiges de tout, alors pourquoi est-ce qu'on ne voit même plus où ce maudit pont commençait ? Il devrait quand même rester quelques ruines. À moins que… Hell revint sur ses pas. La falaise sur laquelle il se tenait précédemment surplombait la baie et semblait convenir à la perfection à un éventuel point d'ancrage pour un pont. Depuis la plage, il fit le tour tentant de déceler le moindre indice. Finalement, il prit son élan et sauta pour retourner sur la falaise. Là, il ferma les yeux et se détendit. Il laissa sa respiration se calmer tandis qu'il puisait dans la Force. Au bout d'un court instant, un sourire se dessina sur ses lèvres. Oh, ces Jedi. Il rouvrit les yeux et se dirigea d'un pas décidé droit devant lui, vers le vide surplombant les flots. Il ne ralentit pas à l'approche de l'extrémité de la falaise et il posa fermement le pied dans le vide. Comme il s'y attendait, une surface dure et solide se trouvait sous lui et il s'y engagea sans hésitation.

Quiconque se serait trouvé là à observer la scène aurait probablement cru être victime d'une hallucination car il aurait vu un homme marchant dans le vide, plusieurs mètres au-dessus de l'océan. En réalité, il marchait sur le pont suspendu habilement caché par une illusion de la Force. Il lui avait fallu un moment pour comprendre mais, en y réfléchissant, c'était d'une logique imparable. Les Jedi avaient bâti leurs édifices sur une île isolée, loin de la côte et difficilement accessible. Seul le pont permettait l'accès et il ne faisait aucun doute que cet accès était strictement contrôlé. En quittant Ossus, ils avaient emmené leurs biens les plus précieux tout en s'assurant que les traces de leur passage soient protégées pour l'éternité. Quand la planète avait été ravagée par des guerres incessantes entre les espèces voulant y asseoir leur domination, l'île avait été épargnée. Comment ? Deux possibilités étaient envisageables. Soit les Jedi avaient eux-mêmes abattu le pont en prenant soin de ne laisser aucune trace, soit ils s'étaient arrangés pour que tous pensent l'île inaccessible. Hell connaissait les Jedi et leur façon de penser. Jamais ils n'auraient détruit l'une de leurs créations, ils accordaient bien trop d'importance à l'héritage qu'ils laisseraient à la galaxie, et si le pont avait été détruit lors d'une guerre il aurait dû en rester des traces. Or, il n'y avait rien.

Rien. C'est ce qu'ils ont tous vu en arrivant ici. Une île magnifique dressée au milieu de flots bien trop turbulents pour être traversés et aucun moyen sûr de les franchir. Ils ont tous fait demi-tour.

Sauf que le pont était toujours là, masqué derrière une distorsion de la Force. Les Chevaliers s'étaient assurés de pouvoir revenir un jour s'il le fallait.

Il lui fallut de longues minutes pour traverser, les bourrasques de vent lui fouettaient le visage, mais il finit par atteindre l'île. Il réalisa que ce qu'il pensait être une illusion d'optique était en fait bien réel. L'île de touchait pas l'océan, elle flottait au-dessus des vagues qui venaient de temps à autre frapper ses côtes. Encore un miracle de la Force. Le temps avait laissé ses traces sur l'île. La végétation y était affreusement dense et Hell ne parvenait même pas à distinguer le Temple ou le dôme de la bibliothèque alors qu'il les voyait nettement depuis la falaise sur la côte. Il allait devoir se diriger à l'aveugle. Le soleil était à son zénith quand il arriva enfin sur les marches du Temple. Il était immense et semblait sortir tout droit d'un livre d'images, on aurait dit le palais royal d'une ancienne civilisation oubliée. La bibliothèque, tout aussi gigantesque, se trouvait juste derrière.

Lentement, Hell se mit à gravir les marches de l'escalier majestueux qui menait au Temple. Il avait beau être un Sith et détester les Jedi, il n'en restait pas moins un être de la Force et ce lieu avait été bâti pour honorer cette dernière, il entrait dans un lieu saint et il savait se montrer respectueux. Une fois sur le porche, il put jeter un regard à l'intérieur. Comme le bâtiment extérieur, l'intérieur avait subi les ravages du temps. Aucune guerre n'avait jamais atteint le sanctuaire mais il avait été laissé à l'abandon si longtemps qu'il tombait malheureusement en ruines. Hell avait repéré le passage menant du Temple à la bibliothèque et il avait l'intention de commencer ses recherches par là. Il fit à peine quelques pas dans l'enceinte du bâtiment avant de se figer. Il percevait une présence, une signature de Force. Prudent, il saisit son sabre laser et, sans l'allumer, il se tint prêt à une éventuelle attaque. Le sanctuaire avait été occupé par des Jedi pendant des siècles et, même si cela faisait une éternité qu'il avait été déserté, leur présence était encore nettement décelable. Il était possible que la présence qu'il ressentait relevait simplement du reste de leurs signatures encore ancrées dans les murs mais il valait mieux rester sur ses gardes. Il continua son chemin en restant le plus discret possible et finit par se retrouver devant les grandes doubles portes de la bibliothèque. Il se retourna une dernière fois pour s'assurer qu'il n'était pas suivi et il entra.

Comme il le pensait, les rayonnages étaient vides à l'exception de quelques gros manuscrits laissés là. Il s'empara d'un gros volume et le feuilleta, le même exemplaire se trouvait sur les étagères de la bibliothèque de Coruscant et il en allait de même pour les autres ouvrages. Aucun intérêt. J'espère que la Force est suffisamment maniable ici pour que je puisse me projeter dans les souvenirs de cette pièce.

La projection était un autre procédé complexe et dangereux que le Seigneur Sith avait dû apprendre au cours de sa formation. De la même façon qu'il parvenait à se projeter dans le lieu de son choix, il pouvait également choisir une époque. S'il se trouvait dans un lieu profondément marqué par la Force, il pouvait se projeter dans son histoire. La bibliothèque avait abrité des milliers d'ouvrages que les Jedi avaient rédigé avec passion dans le but de transmettre leur savoir et ces connaissances reposeraient à jamais entre ces murs. Il ne lui restait qu'à tendre la main pour les toucher.

Hell rengaina son sabre et se débarrassa de la lourde cape qu'il portait avant de s'asseoir en tailleur à même le sol. Il n'était pas un adepte de la méditation dite classique mais au moins, avec cette méthode, il pourrait concentrer son énergie rapidement. Une fois à l'aise et détendu, il posa les mains sur le grimoire qu'il avait mis devant lui et il plongea dans les souvenirs de ce lieu mythique. Au début, tout était confus et il ne percevait rien de particulier mais, peu à peu, un véritable tableau se dessina sous ses yeux. Il voyait l'effervescence qui avait régné dans ces lieux il y a si longtemps, les Jedi et les jeunes apprentis qui parcouraient les rayonnages en quête de savoir. Il se concentra davantage en dirigeant ses pensées vers les cristaux Kyber. Aussitôt, plusieurs ouvrages se distinguèrent et Hell les attira à lui. Les pages se mirent à tourner et les mots dansèrent derrière ses paupières closes. Tout allait très vite et il ne parvenait pas à comprendre tout ce qu'il voyait mais il tenta d'emmagasiner un maximum d'informations. Soudain, un livre, encore plus gros que les autres, attira son attention. Sa couverture portait l'illustration d'un cristal Kyber pur. Les effets de la projection commençaient à se faire ressentir et Hell savait qu'il ne tiendrait plus très longtemps, dans un dernier effort il força le grimoire à s'ouvrir et il eut juste le temps de survoler quelques pages avant qu'un bruit sourd ne le propulse brutalement hors de sa bulle. En quelques secondes, il se retrouva à nouveau sur le sol de la bibliothèque déserte, à bout de souffle et désorienté. Mais qu'est-ce-que ? À nouveau, le même bruit sourd. Sachant qu'il ne parviendrait pas en apprendre d'avantage, la projection demandait bien trop d'énergie et il ne pouvait espérer retenter l'expérience avant au moins une bonne nuit de sommeil, il se leva encore chancelant et se dirigea dans la direction d'où semblait provenir le bruit. Plus il avançait et plus il commençait à identifier le bruit comme celui d'un gong qui résonne. De retour dans l'enceinte du Temple, il suivit le son jusque dans une belle cour intérieure étrangement bien entretenue. Ici, aucune herbe haute infranchissable, le jardin jurait avec le reste du sanctuaire, une immense fontaine crachait de l'eau en son centre. De l'autre côté de la cour, sous une arche, se trouvait effectivement un gong qui résonna à nouveau frappé par une silhouette encapuchonnée.

À nouveau, Hell dégaina. Il s'approcha lentement de l'inconnu. Ossus est censée être déserte, plus personne ne vit ici depuis des siècles. D'où il sort celui-là?

« Vous pouvez rengainer votre sabre jeune homme, la voix était celle d'un vieillard. Je ne suis plus en âge de me défendre. »

L'homme abaissa sa capuche. C'était un vieillard sans âge, un être humain, et Hell sut en le voyant que la signature qu'il avait perçu en entrant dans le Temple était la sienne. Il baissa son sabre et s'approcha tandis que le vieil homme s'asseyait sur un banc.

« Asseyez-vous, je pense que vous devez avoir des questions.

- Qui êtes vous, Hell rejoignit le vieillard. Et que faites vous ici ?

- Une seule question à la fois, sourit-il. Vous êtes bien pressé. On me nomme Xeo et je vis ici depuis toujours. Et vous, que faites-vous ici ? Les visiteurs se font rares de nos jours.

- Je suis venu chercher des réponses.

- Ah, comme tout ceux qui pénètrent dans ce temple. Il espèrent tous ressortir avec les solutions à leurs problèmes. Alors, vous avez trouvé ce que vous cherchiez ?

- Je pense, Hell restait méfiant. Au moins en partie, pourquoi me dévisagez-vous ainsi ?

- Cela fait bien longtemps que je n'avais pas vu de Sith. Le temps est long par ici, avec vous j'ai l'impression de remonter le temps.

- Que voulez-vous dire ?

- Autrefois, ceux de votre espèce rendaient souvent visite aux miens ici. Ils y tenaient de longues discussion sur la Force et l'avenir de la galaxie.

- Je ne comprends pas, cette planète a été désertée par les Jedi il y a des siècles et cela fait bien longtemps que les miens ne se rendent plus nulle part.

- Oh oui, le temps a passé et je me suis fait à la solitude de ces murs. Les peuples se sont succédés sur Ossus et ils ont tous fini par la déserter en la laissant à feu et à sang. Oui, j'ai vu beaucoup de choses depuis cette belle époque.

- Vous êtes le Gardien, Hell venait de comprendre. J'ai lu quelque chose sur les gens comme vous pendant mon apprentissage. Vous avez été attaché au Temple quand tous les autres sont partis. Vous êtes ici depuis des siècles…

- Je suis immortel, oui. Quand mes semblables ont quitté Ossus, je me suis porté volontaire pour veiller à jamais sur notre héritage.

- Vous savez pourquoi je suis ici.

- Je sais tout. Et je peux vous dire que vous mener une quête dangereuse, ce qui ce trouve au bout de votre chemin pourrait bien ne pas vous plaire.

- Peut-être, mais je dois continuer. J'ai déjà découvert quelque chose et je ne compte pas m'arrêter là.

- La question est, saurez-vous faire le bon choix ?

- Un choix ? Mon chemin est tout tracé, je n'ai aucun choix à faire.

- Alors pourquoi vous obstiner à chercher des réponses ? Vous pourriez obéir aveuglément comme ceux qui vous accompagnent…

- Comment ?…

- Mais au lieu de ça, vous cherchez à comprendre. Pourquoi vous donner ce mal si ce n'est pas pour avoir le choix ?

- Je suppose, Hell hésita. Que j'ai besoin de savoir vraiment quelle est ma mission. Il n'a jamais été question de choix, je connais mes devoirs.

- Vous savez que c'est faux. Vous vous trouvez à la croisée des chemins et il sera bientôt temps pour vous de décider quelle route vous souhaitez emprunter. Quel destin sera vraiment le vôtre.

- Ça suffit, Hell se leva énervé. Vos paroles n'ont aucun sens et j'ai déjà trouvé tout ce qu'il me fallait. Je vais reprendre ma route et vous laisser à vos réflexions incohérentes. »

Sans hésiter, Hell commença à s'éloigner. Il avait déjà atteint la porte de la cour et s'apprêtait à regagner les marches du Temple quand le Gardien l'interpella à nouveau.

« Une dernière chose. Vous avez dit que la planète était déserte mais ce n'est pas tout à fait exact. Ossus a toujours eu tendance à attirer les êtres sensibles à la Force, le dernier peuple qui s'est installé a été chassé par des envahisseurs venus des confins de l'espace. Ils ont tout détruit sur leur passage et sont partis sans demander leur reste. La plupart des habitants ont tenté de fuir par l'espace, beaucoup ont été massacré. Les quelques survivants se sont réfugiés sous terre où ils ont survécu. Malheureusement, il ne sont pas sortis assez rapidement et l'espèce a régressé jusqu'à devenir des êtres primitifs que l'on appelle les Ysannas.

- Les Ysannas ? Hell écoutait attentivement.

- Ils vivent toujours sous terre mais ils sortent pour chasser.

- Laissez-moi deviner. Ils se nourrissent de tout ?

- Ils ne font aucune distinction dans leur nourriture, rien ni personne n'est à l'abri et il y a autre chose. Ils n'ont jamais perdu leur maîtrise de la Force et ils l'ont développée pour leurs besoins naturels.

- Des cannibales armés par la Force, Hell semblait ravi. Il ne manquait plus que ça.

- Soyez prudents, ne vous attardez pas trop sur cette planète. Elle n'est pas porteuse de chance.

- Merci du conseil sur ce, je vais vous laisser. Adieu.

- Attendez ! Je ne vous reverrais jamais alors, pourrais-je connaître votre nom ?

- Darth He…

- Non. J'ai toujours détesté cette manie qu'ont les Sith de se rendre anonymes. Votre vrai nom.

- Au revoir. »
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 16 Avr 2018 - 16:50   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

« C'est ultra glauque cette planète, frissonna Sor'Leku en mettant pied à terre. On dirait presque qu'elle est hantée.

- N'exagère pas, le réprimanda Navo. C'est juste mal entretenu.

- Pour le coup je suis d'accord avec Sor, renchérit Ivan. Ça a l'air hanté, comme si personne n'avait mis les pieds ici depuis des années.

- En tout cas, je ne capte toujours rien, dit Navo les yeux rivés sur son holocran. Normalement, une planète comme ça devrait émettre des centaines de signaux et là c'est le vide sidéral.

- Et la fréquence cryptée de tout à l'heure ?, demanda Cassiopea.

- Je l'ai toujours mais je ne peux pas te dire d'où elle vient exactement. On devrait peut-être aller explorer un peu.

- Ou, suggéra Sor, on peut aussi faire demi-tour et rentrer chez nous.

- Sor…

- D'accord, d'accord. Mais alors vous me dites par où commencer parce que là, vraiment je ne vois pas.

- Une seconde, Navo pianotait toujours. Le signal semble venir de l'ouest alors je propose qu'on aille par là et on avisera ensuite.

- Cassiopea !, cria soudain Matylda qui s'était aventurée un peu plus loin.

- Quoi ?, demanda-t-elle en la rejoignant. Qu'est-ce-qu'il se passe ?

- Je… regarde.

- Oh mon dieu… »

Cassiopea ne croyait pas ce qu'elle voyait. Là sous ses yeux, s'étendait un immense cratère rempli des débris de ce qui, un jour, avait dû être une cité gigantesque. Les autres Sentinels rejoignirent les deux jeunes femmes et tous contemplèrent, incrédules, le spectacle qu'ils avaient sous les yeux.

Cassiopea avait déjà vu ce genre de dégâts durant la Guerre des Clones. Les Séparatistes avaient annihilé plusieurs villes qui leurs résistaient de cette façon. Elle savait quels canons étaient utilisés et le Destroyer stationné en orbite de Caamas en possédait un.

« Ils sont venus finir le travail, compris-t-elle.

- Quoi ?, demanda Matylda. Comment ça ?

- C'est pour ça que la planète a l'air hantée. On sait que l'Empire a attaqué Caamas il y a quelques années et je pense qu'on a sous les yeux les conséquences de cette attaque.

- Tu penses qu'il y a d'autres villes dans cet état ?

- Je pense qu'elles sont toutes dans cet état. Caamas était l'un des plus grands soutiens de la République durant la Guerre des Clones alors que toutes les autres planètes membres de la Guilde du commerce ont choisi le camp des Séparatistes. L'Empire a voulu faire un exemple.

- Mais, et le signal qu'on a capté ? Il y a forcément des survivants.

- C'est pour ça que je pense que l'Empire vient finir le travail. Vu la fréquence du signal, ils doivent être bien organisés, ils font tout pour passer inaperçus. -Mais ils ont du se trahir d'une manière ou d'une autre.

- Ils vont attaquer alors. Tu penses qu'ils vont descendre ou rester en orbite ?, demanda Ivan.

- Le canon qu'ils ont à bord s'appelle le Ravageur, c'est l'arme la plus destructrice après le canon à ion. Pour l'utiliser, ils doivent rester à une certaine distance de leur cible donc le Destroyer ne devrait pas se rapprocher d'avantage. Je pense qu'ils sont entrain de charger les batteries du canon.

- Sauf qu'il y a des centaines de TIE à bord de ce truc, rajouta Navo.

- Et ils vont les envoyer. Aucun doute là dessus, je pense même qu'ils vont faire descendre quelques cargos de troopers histoire de s'assurer d'avoir bien éradiquer tout ce qu'il reste ici.

- Il faut vite qu'on retrouve les habitants, Matylda était inquiète. Ils nous ont clairement envoyé ce signal, ils ont besoin d'aide.

- D'accord mais qu'est-ce-qu'on fait du Phoenix et de notre prisonnière ?

- Sor a raison, confirma Ivan. On ne peut pas la laisser seule.

- On pourrait survoler les environs, proposa Navo. Mes données sont incomplètes mais si on vole bas on devrait vite les localiser.

- On ne peut pas prendre le risque de se faire repérer par l'armée, objecta Cassiopea. Même si on coupe nos capteurs j'ai peur qu'ils nous détectent.

- Si je vole suffisamment bas, il n'y a pas de risques.

- Navo, tes coordonnées se précisent ?

- Je dirais nord-ouest et j'ai un semblant de chemin mais rien de net.

- D'accord, alors on va faire autrement. Sor, tu prends le Phoenix et tu vas faire un tour. Je veux que tu me quadrilles les environs et que tu voies un peu sur quel genre de terrain on va devoir se battre. On reste en contact, si tu vois quelque chose de suspect tu me préviens.

- Et vous, vous faites quoi ?

- Nous on va suivre la piste de Navo à pied. S'il y a quelqu'un qui nous attend, ils seront plus à l'aise si on arrive par le sol.

- Et on fait quoi de la Sénatrice ? Je la garde avec moi dans le vaisseau ?

- Non, elle vient avec nous.

- Euh, pourquoi ?, demanda Navo. Elle risque d'en profiter pour s'enfuir et il y a des impériaux au-dessus de notre tête. S'ils la repèrent on est foutu.

- Ils ne nous repéreront pas si on marche et tant qu'ils n'ont pas lancé d'attaque avec le Ravageur ils n'enverront pas non plus de troupes ou de chasseurs. Par contre, s'ils repèrent quand même le Phoenix et qu'elle est dedans, là on est mal.

- C'est pas faux, approuva Sor. S'ils m'attrapent ils récupéreront la fille et on perdra notre longueur d'avance. Vénusii-Arcadia lancerait toutes ses troupes à nos trousses.

- Vu comme ça, dit Navo. Je vais la chercher.

- En fait tu veux qu'elle voie, souffla Ivan à Cassiopea. Tu veux qu'elle voit ce que les gens comme son père sont capables de faire au nom de l'Empire.

- Elle est persuadée que l'Empire gouverne avec sagesse et c'est normal, elle n'a jamais rien connu d'autre. Son père était déjà un soutien des Séparatistes quand le mouvement n'avait même pas encore de nom. On a à peu près le même âge donc elle devait avoir sept ans quand ça a commencé. Elle a été éduquée comme ça, mais elle peut encore comprendre ce qu'il se passe réellement.

- Et si elle comprend, dit Matylda qui s'était jointe à la conversation. Elle parlera peut-être plus facilement. Si elle voit à quel point l'Empire est mauvais, elle n'hésitera sûrement pas longtemps avant de nous dire ce qu'elle sait.

- Exactement, sourit Cassiopea.

- Tu es incorrigible, soupira Ivan. Tu ne peux pas faire les choses simplement ? Tu es toujours obligée de monter tout un scénario.

- Peut-être mais ça marche, renchérit Cassiopea. Et c'est bien plus amusant comme ça. »

Quand elle avait senti le vaisseau atterrir, Sélène été retournée dans la cabine. Elle ne savait pas ce que les Sentinels avaient en tête et elle ne voulait pas d'ennuis. Bien évidemment, elle avait pensé à essayer de s'échapper. Elle était sûre qu'elle aurait pu trouver un moyen pour fausser compagnie à ses ravisseurs, mais à quoi bon. Elle ignorait où elle se trouvait et elle n'avait même pas de quoi se défendre, elle se doutait bien qu'un vaisseau comme celui-là devait contenir une cache d'armes mais elle ne pouvait pas prendre le risque de se faire prendre entrain de fouiner.

Depuis sa conversation avec Cassiopea El-Solar elle avait compris que, si elle se tenait tranquille, il ne lui arriverait rien. Ils la laisseraient même se déplacer dans le vaisseau. Alors autant conserver cet avantage, s'ils la surprenaient alors qu'elle tentait de s'enfuir il y avait fort à parier qu'ils deviendraient nettement moins hospitaliers. Elle attendait donc patiemment que quelque chose se passe quand soudain, la porte de la cabine s'ouvrit sur la Miralan. Elle s'arrêta sur le pas de la porte et la fixa silencieusement pendant des minutes qui semblèrent durer une éternité. Finalement, elle soupira.

« Allez viens, ils nous attendent, Navo commença déjà à s'en aller.

- Attendez, où va-t-on et pourquoi je dois venir avec vous ?

- Parce que, Navo s'impatientait. Cassiopea a dit qu'elle voulait que tu viennes alors tu viens et tu ne discutes pas. On n'a pas toute la journée, à moins que tu ne préfère rester ici, enfermée à double tours ?

- Non mais…

- Alors c'est réglé, on y va. »

Sélène n'avait pas vraiment le choix. Après tout, elle pourrait trouver un moyen d'entrer en contact avec son père, il y avait forcément des postes de comm sur cette planète. Elle tenait peut-être sa porte de sortie.

Rapidement, elle rattrapa la Miralan qui se dirigeait vers la sortie du vaisseau. Elle croisèrent le twi'lek qui remontait et qui en profita pour lui lancer un regard mauvais qui la fit frissonner. Dehors, Cassiopea El-Solar et les deux autres les attendaient.

« On peut y aller ?, demanda Ivan.

- Oui, Cassiopea leva les yeux au ciel. La nuit va bientôt tomber et je pense que c'est ce qu'ils attendent pour agir. Il faut absolument trouver l'origine du signal avant.

- Alors c'est parti, Navo avait ressorti sa tablette. Suivez le guide. »

Ils se mirent en marche. Sélène marchait un peu en retrait, inquiète et mal à l'aise, elle ignorait comment se comporter et préférait se faire toute petite. Elle en profitait pour regarder autour d'elle. Comme elle l'avait deviné depuis le vaisseau, Caamas n'avait rien de la planète verte décrite dans les livres de géographie. Au contraire, on aurait presque dit que tout y avait été calciné, le sol était couvert d'une épaisse couche de poussière qui ressemblait fortement à des cendres. Autre chose l'intriguait, Caamas était membre de la Guilde du commerce ce qui en faisait une planète vivante dont le ciel aurait dû être peuplé de dizaines de vaisseaux allant et venant de toutes part. Mais le ciel était vide et froid et il régnait un silence terrifiant. Un silence de mort.

Sélène frissonna, elle aurait peut-être dû rester enfermée dans le vaisseau finalement. Pourtant, plus elle y pensait plus elle se disait que quelque chose clochait sur cette planète. Rien n'était comme elle l'avait imaginé et elle voulait savoir pourquoi. Plongée dans ses pensées, elle ne remarqua pas Cassiopea qui avait ralenti pour se mettre à sa hauteur.

« Il ne faut pas que vous restiez en arrière comme ça. Vous risqueriez de vous perdre.

- Ah !, sursauta Sélène.

- Pardon, Cassiopea se retint de rire. Je ne voulais pas vous effrayer. Vous n'avez pas l'habitude de vous promener en terre inconnue, je me trompe ?

- Non, Sélène n'était pas très à l'aise. À part Corulag et Coruscant je ne connais pas vraiment la galaxie.

- On est sur Caamas, normalement on vous parle de cette planète à l'école.

- Oui mais, ça ne ressemble pas à la Caamas des livres…

- C'est vrai, elle y ressemblait avant.

- Vous êtes déjà venue ?

- Pendant la Guerre des Clones. Je ne reconnais rien.

- Mais, qu'est-ce-qu'il s'est passé ?

- Et bien, Cassiopea hésita avant de répondre. Je suppose que les habitants pourront nous le dire quand on les trouvera.

- Il n'y a pas de ville ici, on verrait les gratte-ciel et on entendrait du bruit. Vous pensez trouver quelqu'un ?

- J'en suis sûre, elle pointa Navo. Navo traque un signal qui nous a été envoyé. Il est crypté mais on devrait réussir à le craquer. Sor survole les environs, au cas où il verrait quelque chose avant nous.

- En fait, Sélène tourna sur elle même pour avoir une vue d'ensemble. Il n'y a rien ici. On dirait que c'est…mort.

- Oui, plus que des habitants ce sont sûrement des survivants que l'on va trouver.

- Mais des survivants de quoi ?

- Je les laisserai répondre à cette question, Cassiopea se tut et accéléra le pas pour rejoindre les autres.

- Et, Sélène trottina pour la rattraper. Pourquoi ils nous ont envoyé ce signal ? Ils sont en danger ?

- Sûrement, on en saura bientôt plus. Attention Matylda !, cria-t-elle soudain alors qu'une énorme pierre se détachait de la falaise.

Matylda poussa un cri et recula d'un pas tandis qu'Ivan lui attrapait le bras pour la tirer en arrière. Cassiopea agit rapidement et, d'un geste du bras, elle projeta le rocher des dizaines de mètres plus loin où il s'écrasa brutalement.

Matylda, encore sous le choc, ne voulait pas lâcher Ivan même quand il la fit doucement s'asseoir. Navo s'assit à ses côtés et lui passa un bras autour des épaules.

« Tout va bien ?, lui demanda-t-elle gentiment.

- Je crois, lui répondit-elle encore tremblante. Je ne l'ai pas vue venir.

- C'est bon, elle n'a rien, Ivan l'avait rapidement regardée sous toutes les coutures. Plus de peur que de mal.

- Il faut faire attention, dit Cassiopea en regardant la falaise. Tout tombe en ruine ici.

- Allez, dit brusquement Matylda. On repart, on ne peut pas prendre de retard.

- Tu es sûre ?, lui demanda Ivan en l'aidant à se relever.

- Oui oui, on a une mission à remplir. »

Sur ce, elle planta les autres et se mit en route d'un pas décidé. Navo éclata de rire et la rejoint pour continuer à faire le guide. Les autres ne tardèrent pas à les suivre.

« C'est incroyable comme cette fille est motivée, murmura Cassiopea pour elle même.

- Je ne la connais pas, répondit Sélène. J'ai vu vos avis de recherche à tous les quatre mais elle je ne l'ai jamais vue.

- Elle a rejoint les Sentinels très récemment. On peut dire qu'elle est en apprentissage.

- C'était quoi ?, demanda soudain Sélène après quelques minutes de silence. Cette… chose avec la pierre.

- Oh je vous en prie, se moqua gentiment Cassiopea. Si vous avez vu mon avis de recherche vous avez forcément lu mon dossier. Vous savez très bien qui je suis et ce dont je suis capable. Vous êtes sur Coruscant depuis un moment, vous avez forcément croisé des Jedi quand la République régnait encore.

- Je ne savais pas si c'était vrai. J'ai déjà croisé des avis de recherche mensongers et on raconte beaucoup de choses sur les Sentinels.

- Toutes ne sont sûrement pas vraies en effet, mais celle-ci l'est.

- Alors, vous êtes une traitresse, pourquoi riez-vous ?

- Parce que vous ne me connaissez pas Miss Vénusii-Arcadia. Vous ne savez rien de moi et vous ne pouvez pas affirmer de telles choses.

- Vous m'avez dit que c'était vrai.

- J'ai été une Jedi, c'est vrai. Mais pour le reste, je vous conseille de ne pas trop vous fier aux discours de l'Empire.

- L'Empire ne ment pas. Vous êtes pratiquement l'ennemie publique numéro un, je doute qu'ils puissent se permettre de mener les centaines de soldats à votre recherche sur des fausses pistes vous concernant.

- J'ai vu mon avis de recherche et mon dossier, Navo a hacké tout le système pour qu'on puisse en rire un peu. C'est, comment dire, romanesque. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais, telle que vous me voyiez là devant vous, vous trouvez vraiment que je suis, comment disent-ils déjà ? " Une créature sans aucun sens moral " ou " un monstre de cruauté, un assassin sans scrupules " ?

- Très franchement, Sélène la dévisagea. Vous n'en avez pas l'air. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences et mon père a déjà croisé votre route. Je sais que vous avez commis des atrocités, vous êtes des dangers pour la galaxie et l'Empire finira par vous arrêter.

- Oh, Cassiopea lui adressa un sourire carnassier. Ça, ça m'étonnerait.

- Cass, dit Navo en s'arrêtant brusquement. Je crois qu'on y est presque.

- J'arrive. Un conseil, elle s'adressa une dernière fois à Sélène. Ne donnez pas votre nom, ne dites rien d'ailleurs. Vous portez l'une de mes tenues, ils vous prendront pour l'une des nôtres et c'est tant mieux. Ne gâchez pas tout en clamant haut et fort votre fidélité sans faille à l'Empire. Croyez-moi, ça pourrait mal finir. »

Sans voix et incrédule, Sélène la regardait s'éloigner à grands pas pour rejoindre les autres et se pencher sur la tablette de la Miralan. Décidément, plus elle passait de temps en leur compagnie, moins elle comprenait. Ils n'avaient pas l'air des dangereux criminels décrits dans leurs dossiers mais elle restait méfiante. Cela faisait des mois qu'ils attaquaient l'Empire et s'en prenaient sans vergogne aux soldats de son père et des autres généraux. Des gens comme ça n'avaient aucun droit d'être en liberté, leur place était dans les geôles de l'Empire. Pour le restant de leurs jours. Quand elle retrouverait son père, elle lui transmettrait le plus d'informations possible pour qu'il puisse rapidement les appréhender et mettre un terme à leur règne de terreur.

Déterminée, elle rejoignit les Sentinels qui semblaient prêts à entrer dans une forêt luxuriante, ressemblant bien plus aux représentations de la planète qu'elle avait étudiées que tout ce qu'ils avaient vu jusqu'à présent. Au-dessus d'eux, le vaisseau des rebelles effectuait un dernier tour et entama sa descente pour se poser quelques mètres plus loin. Quand ils furent au complet, le twi'lek arriva accompagné d'un petit droïde astro-mech, ils s'enfoncèrent dans les bois silencieux vers une destination que Sélène n'était pas sûre de vouloir atteindre.
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Messagepar Notsil » Lun 16 Avr 2018 - 22:12   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Très chouette ce petit passage sur Ossus. Et le Sith un peu intelligent qui ne trucide pas le gardien des lieux sur un coup de tête ! Ça change :)

La petite sénatrice va bientôt découvrir une autre réalité, ça lui fera du bien :)
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