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Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

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Messagepar mat-vador » Sam 24 Juin 2023 - 21:13   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

On poursuit et on termine l'arc sur Raxus Prime :sournois: !

Chapitre 24 (2/2)

Les photorécepteurs de Cinta repérèrent la silhouette d’une jeune femme blonde en tenue verte de Jedi qui venait de surgir derrière le mirialan. Celui-ci sursauta lorsque la voix s’éleva en même temps que le chant d’un sabre-laser activé.
- Restez où vous êtes.
Gwasor tourna la tête par-dessus son épaule pour la dévisager. Sa main droite glissa vers la ceinture où était rangé son blaster.
- Je peux vous aider ?
- Nous cherchons un ferrailleur indépendant nommé Gwasor. Un mirialan.
Le fugitif ôta discrètement le cran de sécurité sans quitter la Jedi du regard. L’intruse le fixait en brandissant son épée lumineuse verte émeraude sans le menacer directement.
- Il y a beaucoup de ferrailleurs sur Raxus Prime, madame.
- Sont-ils tous mirialan ?
Il dégagea le blaster de sa ceinture et se contorsionna pour le faire passer sous son aisselle. Il pressa la détente, espérant prendre la Jedi au dépourvu. Mais celle-ci fouetta l’air de sa lame ardente, bloquant plusieurs tirs.
- Va-t-en Gwasor !
Le cri du droïde détourna l’attention du mirialan qui se figea en surprenant la silhouette d’un autre Jedi, un homme barbu plus âgé que la femme, qui levait la crosse d’une épée lumineuse. Il s’était glissé derrière l’automate qu’il trancha en deux moitiés d’un puissant coup latéral.
- Cinta !
Pris d’un accès de rage, il retourna son blaster contre l’humain, l’arrosant de tirs nourris tout en propulsant son véhicule pour s’échapper. Sans cesser d’ouvrir le feu, il fonça vers le Jedi qu’il espérait renverser violemment pour venger son ami tombé.
- Papa, attention !
Valena Tissan hurla pour prévenir son père Alan de l’impact imminent. Celui-ci para les traits ardents avec sa lame énergétique avant de s’écarter au dernier moment de la trajectoire de la motospeeder. Gwasor surprit la lame verte s’abattre sur l’arrière de sa monture, au niveau des propulseurs.
Désemparé, ce qu’il restait de sa motospeeder s’affaissa sur le sol, le projetant en l’air. Il rebondit durement à plusieurs mètres de là, roulant sur lui-même à moitié sonné. Par chance, il n’avait pas lâché son blaster qu’il serrait toujours dans ses doigts. Respirant malgré lui la poussière, il évacua ses bronches de plusieurs quintes de toux. Confus pendant quelques instants, l’urgence de la situation le frappa de nouveau à l’esprit.
Les Jedi étaient là pour le ramener sur Coruscant, répondre de la mort de la sénatrice Cesima. Les kuati avaient certainement imaginé pour lui des châtiments inventifs et cruels, à la hauteur des sévices qu’il avait subis de la part de la sénatrice. Il ne leur ferait pas ce plaisir.
Grognant à travers son vocodeur, il se força à se lever. Une voix avait traversé ses pensées pour l’encourager à faire face : bats-toi. La silhouette du Jedi corellien se dessina à travers la brume qui tardait à se dissiper.
Il allongea le poignet pour le viser mais un filet invisible l’enserra subitement, comprimant ses bras et ses jambes. Son blaster tomba à ses pieds, alors qu’il était réduit à l‘impuissance par Alan qui l’avait enfermé dans une Étreinte de Force. Valena avait rejoint son géniteur. Elle semblait à la fois soulagée que l’affrontement ait pris fin si rapidement mais soucieuse de la suite.
- Papa, nous devons être certains de ne pas nous être trompés.
- C’est lui, je le sens.
Alan arbora une mine farouche effrayante, qui trahissait son inflexible détermination. La jeune corellienne le sentait dans la Force, pendant que Gwasor tentait vainement de se libérer de cet étau impossible à briser.
Sa peine perçait à travers sa voix mécanique.
- Vous avez tué mon ami.
- Le droïde ne nous intéresse pas, martela froidement Alan. Vous si. Racontez-nous ce qui s’est passé la nuit de la mort de la sénatrice Cesima.
Valena surprit l’étincelle de fierté qui brillait dans le regard du mirialan.
- Je l’ai tuée de mes propres mains parce qu’elle le méritait. C’est cela que vous vouliez entendre, Jedi ?
Le corellien plissa les yeux.
- Je veux savoir qui vous a aidé à la tuer et à vous échapper dans les Bas-Fonds.
- Papa, on devrait le ramener sur Coruscant, tu ne crois pas ? Tenta encore une fois sa fille qui posait la main sur son épaule. Ce n’est pas le bon endroit…
- Non, je n’ai pas de temps à perdre !
L’éclat de colère fit alors comprendre à Valena que son père glissait peu à peu hors du chemin des Jedi. Des émotions bouillonnaient en lui, si emmêlées et contradictoires. De la crainte et de la colère.
- Je ne me souviens pas de ce qui s’est passé après avoir tué la sénatrice. De toute manière, ajouta le prisonnier avec insolence, même si je le savais, je ne vous le dirais pas.
Il ponctua sa saillie en crachant au sol avec mépris. Alan demeura d’une impassibilité effrayante devant sa provocation.
- Dans ce cas, je vous aiderai à retrouver la mémoire.
Toujours le poing droit levé en direction du mirialan, le Jedi corellien s’immergea davantage dans la Force et resserra graduellement le filet invisible qui l’emprisonnait, accentuant les souffrances de Gwasor.
- Papa, qu’est-ce que tu fais ? Arrête !
- Ne t’en mêle pas !
Une vague invisible tracta la jeune femme en arrière, après que Alan ait pointé sa paume gauche vers elle. Valena vit les traits du jeune mirialan déformés par la douleur causée par l’Étreinte de Douleur que son père comprimait de plus en plus autour de son corps. Elle ignorait ce qui la bouleversait le plus à cet instant.
Les beuglements mécaniques du fugitif vomis à travers son vocodeur ou que son père était sur le point de trahir tous les enseignements Jedi qui lui avaient été inculpés depuis son plus jeune âge. Que devait-elle faire ?
Elle serra entre ses mains la poignée du sabre-laser, hésitant sur la conduite à tenir. L’Étreinte de Force brisa le vocodeur du mirialan, le rendant de nouveau muet. Elle sentit la vie le quitter peu à peu.
À l’aide de la Force, elle bondit sur son père, le pied haut. Elle le frappa du talon à l’arrière de la tête, le faisant chuter. L’Étreinte de Force disparut et le mirialan se retrouva au sol, choqué mais vivant. En un battement de cils, Alan Tissan s’était relevé, sabre-laser au poing. Ses yeux exprimaient de l’incompréhension et de la fureur. Valena se raidit instinctivement, rabattant sa lame verte émeraude en posture défensive.
Les épées ardentes s’entrechoquèrent violemment, la jeune corellienne céda du terrain rapidement devant son adversaire qui tentait de la déborder par des frappes agressives. Déséquilibrée, elle trébucha en arrière mais parvint à le garder à distance d’une puissante savate dans la poitrine. Grognant de rage, il lui cria :
- Pourquoi veux-tu le sauver ?
- C’est toi que j’essaie de sauver ! Se défendit-elle.
Alan cligna des yeux et baissa son arme, emplis de confusion et de honte. Les mots de sa fille l’avaient touché en plein cœur et avaient ramené le Alan bon, vertueux et dévoué des tréfonds de l’obscurité où il s’était perdu.
- Valena… je suis désolé…
Une détonation précéda le flash d’un trait ionisé qui toucha la jeune femme à l’épaule. Sous le coup de la douleur, elle lâcha son sabre-laser. Alan eut l’impression de voir son monde s’effondrer et sans s’en rendre compte, il se retourna vers la menace.
Gwasor se tenait debout, le menaçant avec son blaster fumant. De nouveau privé de la parole, son regard en disait long sur le choix qu’il avait accepté.
- Non, souffla Alan.
Sa fille n’était pas mortellement touchée mais il l’entendait gémir. Cela lui était insupportable. Le corellien laissa la colère l’envahir, embrumer ses pensées, sa raison. Une mer de nuages sombres qui engloutissait toute lumière.
Le mirialan crispa l’index sur la détente, à plusieurs reprises. Mais tous ses tirs furent absorbés par la lame verte émeraude qui se mouvait avec une nonchalance méprisante. À travers lui, le Jedi corellien voyait un obstacle à la sécurité du Chu’unthor, à la pérennité de la République, au bonheur de sa famille restée sur Corellia. Ce mirialan était la clé de la survie des Sith et de la chute des Jedi.
Il devait le détruire, l’empêcher de faire du mal.
- Non !! Hurla-t-il.
Il courut vers le non humain, agitant sa lame avec frénésie pour en finir avec cet ennemi qui ne représentait rien d’autre pour lui, qu’une menace. Gwasor recula, ne cessant de tirer avec le blaster qu’il tenait à deux mains. Les derniers salves n’atteignirent pas le Jedi avant que ce dernier ne parvint à portée de sabre.
Gwasor agrandit les yeux sous le coup d’une douleur fulgurante au niveau des poignets lorsque Alan lui trancha les deux mains d’un coup oblique. Son cerveau avait à peine enregistré la souffrance qu’il sentit quelque chose de chaud lui transpercer l’estomac.
Il baissa les yeux vers le néon vert qui était enfoncé de moitié dans son abdomen. Il se sentit engourdi, alors qu’il s’écroula à genoux, alors que le monde s’effaçait dans un brouillard de plus en plus opaque. Alan s’écarta de lui et lorsque Gwasor tourna la tête vers la droite, le mirialan crut apercevoir une fine silhouette sombre perchée sur un monticule. Des cheveux bleus encadraient un visage juvénile d’une zeltronne encapuchonnée, qui le fixait avec intensité.
Tout à coup, le non humain se rappela d’elle. Celle qui l’avait libéré de sa servitude, qui l’avait aidé à tuer la sénatrice Cesima, à s’échapper. Allait-elle l’aider une fois encore ?
Il avait rejoint le néant avant d’avoir obtenu la réponse.


Yanila était arrivée sur les lieux, à la suite des deux Jedi corelliens qui l’avaient précédé de peu en débusquant sa cible. Elle était arrivée à temps pour assister à la brève échauffourée qui avait entraîné la destruction du droïde qui était l’ami du mirialan. Celui-ci avait tenté de s’échapper mais Alan avait détruit sa motospeeder d’un coup de sabre-laser bien placé qui avait permis aux Tissan de le capturer.
Depuis le monticule de déchets qui lui servait de poste d’observation au sommet, elle se raidit, prête à intervenir pour éviter qu’il ne parle. Mais elle n’eut pas besoin de se salir les mains et de risquer d’affronter deux Jedi. L’un d’eux, Alan Tissan, l’immobilisa à l’aide de la Force après l’avoir désarmé. Sa fille intervint pour s’assurer que la situation demeurait sous contrôle. Car son père laissait prise à l’obscurité, que Yanila ressentait par intermittence. Involontairement, elle s’en nourrissait comme d’une drogue.
Ce Jedi était fascinant… le surprendre en train de torturer le jeune mirialan comme le ferait un adepte du Côté Obscur, était un spectacle plaisant. Elle se réjouissait moins des souffrances de Gwasor que de la déchéance d’un de ces serviteurs pathétiques d’une République décadente. Finalement Valena intervint pour faire cesser ce calvaire et un combat au sabre-laser s’engagea avec son propre père. Il ne dura pas aussi longtemps que la jeune Sith l’avait espéré.
Mais ce fut suffisant pour secréter des phéromones et toucher l’esprit du mirialan sonné qu’elle convainquit par télépathie de ramasser son blaster pour tuer les Jedi. Venger son ami Cinta. Alors que Alan émergea des ténèbres, Gwasor fit feu sur Valena.
Yanila retint un cri de joie lorsque la corellienne chuta au sol sous les yeux de son géniteur qui s’engouffra de nouveau dans les sombres abysses qu’il avait à peine quitté. La jeune zeltronne assistait au déferlement de haine qui guida son sabre-laser quand il amputa les mains du mirialan avant de le transpercer mortellement.
- Papa !
Le cri de Valena déchira l’air quand elle vit l’exécution violente du fugitif non humain des mains de son propre père. Celui-ci s’était écarté du cadavre et avait rangé son arme à la ceinture sous sa cape. Lorsqu’il se retourna vers elle, la Sith ne manquait rien de sa mine sombre avant que la corellienne ne se releva en titubant, en tenant son épaule blessée.
Alan courut vers sa fille pour l’étreindre avec émotion.
- Tu vas bien ?
De son bras valide, elle le repoussa fermement.
- Je l’ai senti dans la Force… tu l’as tué par colère ! Lui reprocha-t-elle.
La tension qui l’animait électrisait les perceptions de Yanila.
- Je n’avais pas le choix, tenta-t-il pour se justifier. Je devais te protéger !
Elle se détourna de lui mais il la rattrapa.
- Fais-moi voir ta blessure.
Valena lui accorda à peine un regard.
- Je peux m’en occuper toute seule.
- Valena, pour ce qui vient de se passer… tu dois comprendre…
Yanila ne perdait rien de leur conversation alors qu’ils s’éloignaient des lieux, pour rentrer au statioport.
- Au contraire, j’ai parfaitement compris. Le Chu’unthor est plus important pour toi que tout le reste, asséna-t-elle. Que ta propre famille.
- Je ne peux pas te laisser dire ça, protesta-t-il. Ta mère, toi et les enfants, vous comptez énormément pour moi !
- Alors prouve-le. Quand n’est-tu pas rentré sur Corellia la dernière fois ?
Alan garda le silence mais Yanila n’eut aucun mal à deviner son malaise alors qu’ils disparaissaient à l’horizon. Elle patienta quelques minutes avant de descendre du monticule pour s’approcher du cadavre de Gwasor. Elle retira son capuchon puis se pencha pour retourner le corps affaissé. La figure du mirialan s’était figé en un étrange sourire apaisé.
Sa liberté n’avait pas duré longtemps mais il en avait profité tant qu’il le pouvait.
La mission avait été un succès complet. Le témoin avait emporté ses précieux secrets avec lui et Alan Tissan avait été exposé au Côté Obscur sans que Yanila n’ait couru le risque de révéler sa présence. Dark Mungol serait plus que satisfaite.
Désolée, Gwasor, pensa-t-elle.
Agitée par un vague remords, elle ferma les yeux, réfléchissant à ce qu’elle aurait ressenti si elle avait dû l’éliminer de ses propres mains. Rien de plus qu’un vague remords… elle rouvrit les paupières, convaincue que les Sith poursuivaient un but plus noble, plus précieux que l’existence précaire d’un individu.
Les Sith les élèveraient tous.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello:
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Messagepar L2-D2 » Lun 26 Juin 2023 - 13:14   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 24 lu (les deux parties) !

Et bien et bien et bien... Alan me semble bien colérique ! Alors oui, le Chu'unthor est omniprésent dans sa tête, n'empêche qu'il me parait presque soupe-au-lait. Au point que cela soit exagéré ? Même en présence de sa fille, il ne parvient pas à se contrôler, au point d'en commettre un acte irréparable, et ce n'est pas la maigre justification de la menace envers sa fille, parfaitement apte à se défendre, qui justifie cela... J'ai un peu l'impression que le bon Alan se dirige vers le Côté Osbcur parce que... c'est son destin, tout simplement.

Et bien sûr, Yanila est présente sur place, sans pour autant être détectable.

Vivement la suite ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar mat-vador » Mar 27 Juin 2023 - 20:48   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit: J'ai un peu l'impression que le bon Alan se dirige vers le Côté Osbcur parce que... c'est son destin, tout simplement.


J'ai pourtant l'impression de tout faire pour que ce ne soit pas trop exagéré, justement :neutre: .

L2-D2 a écrit:Et bien sûr, Yanila est présente sur place, sans pour autant être détectable.


Mission accomplie en restant spectatrice :sournois: !
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Messagepar mat-vador » Sam 01 Juil 2023 - 21:30   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Allez hop, retour sur Coruscant avec un rendez-vous entre Jedi et Sith à ne pas manquer :diable: !


Chapitre 25

Coruscant, siège du Clan Bancaire
Cinq mois plus tard

Dark Mungol tourna autour de la table, traversant les hologrammes allumés dans son bureau. Postée près de la baie de transparacier plongée dans la nuit qui tombait sur la Cité Galactique, son apprentie zeltronne observait la Sith muun en train de réfléchir, avant de faire défiler à l’aide de l’index, les schémas des résultats semestriels de plusieurs entreprises dont le Clan Bancaire détenait des parts en tant que actionnaires importants voire majoritaires.
Et ces résultats s’annonçaient mitigés. Yanila jeta un coup d’œil à l’ysalamiri qui trottait dans la pièce, dans le sillage de la muun grimaçant d’une expression soucieuse. Vêtue de son uniforme d’assistante du Clan Bancaire, la jeune fille s’avança au milieu des hologrammes pour suggérer :
- Nous devrions nous séparer des entreprises qui nous ne seront guère profitables, maître.
Son intervention tira Mungol hors de ses pensées. À cause de l’ysalamiri, Yanila n’était pas en mesure d’évaluer ses émotions.
- J’écoute tes suggestions.
Le ronronnement de 2-B-1 lui indiqua que son droïde sonde flottait autour de sa tête avant qu’il ne lui tendit au bout de ses appendices un datapad dont elle s’empara pour étudier la liste noire des firmes déficientes.
- Voici celles dont nous devrions revendre les actions lors de l’ouverture de la Bourse de Coruscant demain, suggéra la jeune zeltronne.
Elle mettait ainsi à profit les études d’économie dont elle bénéficiait à l’Université, à la grande satisfaction de Mungol satisfaite de l’investissement du Clan Bancaire dans son avenir.
- Devrions-nous revendre toutes ces actions ?
Encore un test de plus, comme le devina la jeune Sith.
- Pas en même temps. Dans le cas contraire, nous provoquerions un krach boursier qui entraînerait le Clan Bancaire.
La muun hocha la tête, satisfaite. Elle prit le datapad des mains de son apprentie pour sélectionner quelques entreprises qu’elle jugeait prioritaires.
- Planifie les rendez-vous pour les prochains jours, lui ordonna-t-elle.
- Bien madame.
Dark Mungol éteignit les hologrammes après s’être assise à son bureau.
- Es-tu satisfaite de Yemi ? Demanda-t-elle.
Yanila demeura impassible lorsque le nom de l’esclave twi’lek entrée à son service fut prononcé. Elle ne marqua aucune hésitation.
- Entièrement.
La présence de l’ysalamiri qui grimpa sur la table et fut nourrie à l’aide de pâtes nutritives, masqua l’approbation de la Dame Sith.
- Elle est donc d’une grande utilité pour tes études. Quand passes-tu tes examens semestriels ?
- Le mois prochain, répondit la zeltronne. Yemi et moi redoublerons d’efforts pour que je sois prête, maître.
- As-tu noué des liens avec des étudiants ?
- Non, reconnut Yanila.
- C’est important d’avoir des relations, insista Mungol d’un ton pesant. Certains d’entre eux pourraient nous être utiles s’ils parviennent à de hautes positions. N’hésite pas à les mettre dans ton lit si besoin, tu pourrais apprendre leurs secrets les mieux gardés et t’en servir pour exercer des pressions.
Son élève reconnut la justesse de ses paroles.
- Je redoublerai d’efforts aussi dans ce domaine, madame.
La muun prit l’ysalamiri dans ses bras pour lui prodiguer quelques caresses. Ce fut l’occasion pour la jeune fille de changer de sujet.
- Les kuati ont accepté votre offre ?
- Pas encore mais je suis confiante.
Peu de temps après son retour de Raxus Prime, Dark Mungol avait proposé à Kuat Drive Yards de venir actionnaire de Republic Fleet Systems et de participer activement à la construction du Chu’unthor. Après tout, la mort de la sénatrice Cesima avait été soldée par l’élimination de son meurtrier par les Jedi Tissan et la muun s’était arrangée pour que les kuati connaissent leur contribution.
Les Sith se plaisaient à imaginer la tête du Haut Conseil Jedi et de Maître Yoda lorsque la délégation kuati s’était empressée de leur adresser des félicitations officielles pour la résolution de cette affaire. Les Maîtres n’avaient pas dû apprécier que Alan Tissan ait fait cavalier seul sans leur demander la permission ni les informer. Ils auraient été sans doute été bien fâchés s’ils avaient su ce qui s’était réellement passé sur Raxus Prime.
Si seulement les autres Jedi avaient vu à quel point Alan Tissan était disposé à manier le Côté Obscur. Pour le moment, le secret encombrant avait été préservé mais quand il éclaterait… l’Ordre Jedi tremblerait sur ses fondations et la République perdrait ses certitudes. Ils prendraient tous conscience qu’ils ne seraient pas intouchables.
C’est pourquoi Mungol avait salué la bonne décision de son apprentie d’avoir laissé le Jedi régler le compte du mirialan de manière radicale.
Un employé appela la sous-directrice pour l’informer d’une visite impromptue. Celle de deux Jedi corelliens devenus si familiers aux Sith. Si Mungol demeura d’un calme impressionnant, Yanila commença à montrer une certaine nervosité. Craignait-elle que les Jedi s’intéressent à elle de trop près ?
- Je vais me retirer, fit-elle.
Elle s’avança de quelques pas vers la sortie lorsque la muun l’arrêta.
- Non, restes.
L’ordre ne souffrait d’aucune contestation possible. La zeltronne avait compris quand il lui était nécessaire d’obéir.
- Comme vous voudrez, maître.
Elle se demandait si Mungol avait appris à développer une prescience malgré la présence de l’ysalamiri qui bloquait leur connexion à la Force. Elle se rangea derrière la Sith inflexible, en espérant se faire discrète. Elle eut recours à des techniques de relaxation qu’elle avait perfectionnés lors de ses entraînements intensifs.
- 2-B-1, tiens-toi prêt à enregistrer.
- Oui, madame Damask.
Le droïde vint léviter à côté de la tête de Yanila, manœuvrant ses photorécepteurs pour une transmission optimale. Alan et Valena Tissan entrèrent dans le bureau et s’inclinèrent devant les Sith infiltrés en guise de salut respectueux. Ces derniers notaient que les corelliens entretenaient un comportement distant l’un envers l’autre.
La mission sur Raxus Prime continuait d’alimenter les frictions. Yanila secréta des phéromones dans leur direction pour étudier les émotions. Puisqu’elle était privée de la Force comme Mungol et les Jedi, il lui fallait user d’un autre moyen pour observer son environnement.
La zeltronne sentait les visiteurs décontenancés et fébriles. Elle comprit qu’ils étaient déstabilisés par le fait de ne plus pouvoir sentir la Force qui fourmillait en eux. Ce qui les rendait sourds et aveugles. Mais les Sith y étaient habitués et savouraient l’inconfort de ceux qu’ils considéraient comme des ennemis jurés.
- Bienvenue maître Tissan, à vous et à votre fille. Installez-vous. Souhaitez-vous des rafraîchissements ?
- Non merci, déclina Alan à l’intention de la muun. Nous ne nous attarderons pas plus longtemps que nécessaire.
Néanmoins, les corelliens acceptèrent de s’asseoir face à la sous-directrice et à son assistante zeltronne. Alan jeta un coup d’œil vers le droïde sonde qui le scrutait avec ses photorécepteurs avant de l’ignorer.
- En quoi puis-je vous aider ? Fit Dark Mungol qui caressait l’ysalamiri assoupi.
- Est-il possible que ma fille et moi puissions nous entretenir en privé avec vous, madame Damask ?
Celle-ci laissa flotter un sourire sur son visage allongé, lisse et terne.
- Soyez sans crainte, mon assistante Zeviya est capable de garder un secret, n’est-ce pas ?
- Tout à fait, madame la sous-directrice, confirma la zeltronne.
Valena s’agita alors sur son siège.
- Dans ce cas, je vous laisse. Je rentre au Temple.
Son père la freina en la retenant par le coude.
- Je t’en prie.
La jeune Jedi croisa le regard soucieux de son géniteur et accepta finalement de rester à ses côtés. Yanila était cependant prête à parier qu’elle souhaitait se trouver ailleurs qu’ici.
- Je vous écoute, maître Tissan.
- Tout d’abord, je tenais à vous remercier de l’aide que vous m’avez apporté, à propos de la traque du meurtrier de la sénatrice Cesima. Bien que je regrette de n’avoir pu ramener le criminel en vie sur Coruscant.
- Tout ce qui compte est que justice soit faite, maître Tissan. Les kuati sont heureux de l’issue de cette affaire.
- C’est ce qui m’a contrarié, madame Damask. Ils se sont empressés d’adresser leurs félicitations à l’ensemble de l’Ordre, ce qui m’a mis en position délicate vis-à-vis du Haut Conseil.
Les deux Sith masquaient leur jubilation à l’idée d’avoir provoqué un début de discorde entre Alan et le reste des Jedi.
- Je suis désolée d’apprendre que les Jedi ne reconnaissent pas vos mérites, maître Tissan. Ont-ils remis en cause votre participation au projet Chu’unthor ?
- Pas encore et j’espère qu’ils ne le feront pas de sitôt, avoua-t-il.
- Je suis heureuse que vous puissiez contribuer à ce projet, accorda-t-elle. Vous savez à quel point le Clan Bancaire tient ses intérêts à cœur.
- Alors vous accepterez de me soutenir dans ma démarche.
La muun se pencha vers l’avant.
- Le défaut principal du Chu’unthor est son absence de protection rapprochée de type militaire. Je l’avais déjà soulevé lors d’une réunion avec le Haut Conseil, avant que le Sénat ne vote la construction du vaisseau. Mais personne n’a retenu cet argument.
- Vous souhaitez modifier la structure du Chu’unthor pour installer des dispositifs défensifs ou renforcer les boucliers déflecteurs, avança Mungol. Cela risquerait d’engendrer des surcoûts et des retards importants.
- J’y ai réfléchi et j’ai écarté cette option.
Yanila ne put se retenir de s’approcher d’un pas.
- Parallèlement à la finalisation du Chu’unthor, je souhaiterais la création d’une escorte qui la protégerait lors des incursions dans les systèmes inexplorés de la galaxie. Voyez cela comme une façon de protéger votre investissement, insista le corellien.
- Quel genre d’escorte ? Demanda la zeltronne.
- Une petite flotte de vaisseaux de guerre, à la fois discrète et efficace pour assurer une protection rapprochée et des missions de reconnaissance pour prévenir toute menace.
La muun garda le silence avant de s’éclaircir la gorge.
- Les Réformes de Ruusan interdisent toute armée et flotte de guerre à la République et aux Jedi depuis la fin des Guerres Sith, maître Tissan. Comment comptez-vous le faire valider auprès du Sénat et du Chancelier ?
- En fait, je ne comptais pas leur en parler. Je pensais que vous pourriez m’aider à développer ce projet parallèle en secret.
La muun se renfonça dans son siège. À travers les phéromones émis, son apprentie percevait son intérêt grandissant… ainsi que le malaise de la jeune Jedi corellienne qui bouillait d’impatience d’en finir.
- Si jamais cela se savait, objecta Mungol.
- Nous mettrons tout le monde devant le fait accompli comme lors de la création des Rangers Antariens, assura Alan avec un sourire malicieux.
Yanila fronça les sourcils lorsque fut mentionné le nom de cette milice au service de la République depuis trois siècles. Fondée par Maître Marus Timpel avec l’assistance du gotal Kaskutal, cette organisation tirait son nom d’Antar IV. Ils assistaient le gouvernement de Coruscant dans la résolution des crises locales les plus sérieuses, bien qu’ils étaient l’objet de mépris et d’indifférence de la part du Conseil Jedi qui ne reconnaissait pas leur existence officielle.
Néanmoins beaucoup de Jedi avaient travaillé avec enthousiasme à leurs côtés, car ces gens vouaient un grand respect aux Jedi qu’ils assistaient volontiers dans les missions les plus délicates. Le fait que Alan les ait mentionnés avec passion, n’était pas le fruit du hasard. Les deux Sith devinaient maintenant que le corellien avait visiblement bien réfléchi à la question avant cette entrevue.
- Puisque vous parlez des Rangers Antariens, maître Tissan, je suppose qu’ils joueront un rôle important.
- Ravi que vous me compreniez si bien, madame Damask. Ils constitueraient exclusivement les équipages pour limiter les risques d’infiltration et de sabotage.
- Pardonnez-moi d’insister mais les Rangers Antariens sont des fantassins qui n’ont aucune notion de la navigation spatiale ou de l’hyperespace. Je ne les vois pas diriger efficacement une flotte au combat.
Encore une fois, Alan ne se laissa pas démonter par la remarque de la sous-directrice.
- Vous sous-estimez leur dévouement envers l’Ordre Jedi. Si nous leur demandons de mener une flotte, ils apprendront à le faire.
Mungol ne trouva rien à redire.
- Combien faudrait-il de vaisseaux de guerre affectés à la protection du Chu’unthor ?
- Une demi-douzaine, répondit sans hésiter le Jedi corellien.
- Quelle catégorie de vaisseaux ?
Pour appuyer ses arguments, il exhiba de sous sa cape verte marécage, un disque holographique qui représenta peu après l’image tridimensionnelle d’un navire antique dont la poupe arborait une forme de marteau.
- Ceci est l’illustration d’un croiseur lourd Hammerhead qui a équipé la Flotte Républicaine pendant les Guerres Sith. Je pensais qu’il serait possible de fabriquer des frégates de moindre tonnage et bien plus manœuvrables, en reprenant les plans détenus par Republic Fleet Systems. Des plans que nous n’aurions aucun mal à nous procurer pour lancer la construction.
- Ces frégates ne pourront pas être construites dans les chantiers de Abhean puisque toutes les infrastructures sont mobilisées par le Chu’unthor, lui fit remarquer la muun.
- Je pensais aux chantiers navals de Yaga Minor, avança le corellien. Il restera la question du financement et du personnel ouvrier à recruter.
Le corellien reprit le disque holographique après l’avoir éteint et guetta la réaction de la sous-directrice dont il attendait beaucoup. Celle-ci demeura figée comme une statue durant de longs instants.
- J’ai besoin de réfléchir à ce que vous m’avez révélé, maître Tissan. Il me faut du temps pour mesurer les implications et les conséquences d’un tel projet parallèle sur l’investissement du Chu’unthor.
- Pardonnez-moi d’insister, mais j’ai besoin de votre réponse tout de suite.
La muun fixa le Jedi qui ne baissa pas les yeux, preuve de sa détermination. Yanila assista à ce duel silencieux tout comme Valena Tissan.
- J’entends vos arguments et je compte vous soutenir, maître Tissan. Mais vous devez comprendre que je ne peux m’engager au nom du Clan Bancaire si le Directeur Vainken ne voit pas l’intérêt d’un tel projet, à l’insu du Sénat, du Chancelier et des Jedi.
- J’espère que le Directeur Vainken se décidera vite. Ce serait plus simple si vous étiez aux commandes du Clan Bancaire, madame Damask.
Mungol sourit devant la suggestion osée de Alan.
- J’en prends note, appuya-t-elle avec malice. Où puis-je vous joindre si j’ai besoin de vous contacter rapidement ?
- Nous partirons demain pour Toprawa, là où est installé le quartier général des Rangers Antariens, indiqua le corellien. Je parlerai aux Jedi qui y sont stationnés et je les rallierai à notre cause.
Les Tissan se levèrent de leurs sièges pour prendre congé mais la muun les arrêta d’un geste de la main.
- Un instant.
Les deux Jedi se figèrent avant qu’elle ne reprit :
- Vous m’avez demandé deux services, maître Tissan. Le premier concernait la résolution du meurtre de la sénatrice Cesima et le second, le soutien du Clan Bancaire au projet d’une flotte que vous venez de nous soumettre. Il est peut-être temps de nous accorder une faveur réciproque, ne croyez-vous pas ?
Grâce à ses phéromones, Yanila sut que les mots avaient subitement braqué les utilisateurs de la Force, qui se tenaient sur la défensive.
- Que demandez-vous ?
La voix de Alan trahissait la sourde appréhension de celui qui n’accepterait peut-être pas de se compromettre à n’importe quel prix.
- Rien d’inacceptable, je vous rassure. Mon assistante Zeviya est fascinée par les Jedi et aimerait que votre fille Valena passe la soirée avec elle. Elle souhaiterait en savoir plus sur vos semblables et elle travaille si bien à mon service qu’elle mérite ce plaisir.
Les Tissan échangèrent un regard surpris, ne s’attendant pas à une pareille demande. Yanila prévoyait qu’ils protesteraient énergiquement mais ce ne fut pas le cas. Elle fut stupéfaite lorsque le corellien glissa d’un ton résigné :
- Je te laisse la décision, Valena.
Sa fille le foudroya d’indignation, refusant d’être réduite à un simple objet de troc.
- Ne me dis pas que tu peux accepter ce marché !
Alan n’osa pas croiser son regard ulcéré.
- Avons-nous vraiment le choix ? Nous ne pouvons plus reculer, Valena.
La zeltronne choisit d’intervenir.
- Comme madame Damask vous l’a annoncé, nous ne vous demandons rien d’immoral. Je n’ai pas beaucoup d’amis sur Coruscant et c’est pesant. Je voudrais une amie avec qui je pourrais sortir ce soir, faire du shopping ou manger dans un snack.
Elle émit discrètement quelques phéromones, pour faire croire à sa sincérité. Ce qui était le cas, en partie du moins. Valena la considéra avec distance, se demandant si elle pouvait lui accorder sa confiance.
- Tout ira bien, la rassura son père.
- Je gérerai mieux la situation que tu ne l’as fait sur Raxus Prime, fit-elle sèchement. J’accepte, ajouta-t-elle en direction des deux Sith.
Dark Mungol se leva à son tour pour rejoindre les deux Jedi et leur serrer la main avec un grand sourire triomphant.
- Excellent, leur accorda-t-elle.


Voilà, j'espère que cela vous a plu ! Ce cher Alan adore les doubles jeux :sournois: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mer 05 Juil 2023 - 14:04   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 25 lu !

Yanila avec la fille Tissan ? J'ai peur de ce que cela va donner...

Tu établis bien les liens, si ce n'est de confiance du moins d'intérêt entre Alan Tissan et Dark Mungol. C'est toujours étonnant de voir les Jedi ne pas reconnaître les ysalamiris, mais pourquoi pas ? Après, j'aime bien le fait qu'Alan renâcle à rendre service à la Sith, alors que tu rappelles bien qu'elle-même n'hésite pas à lui apporter son aide... :think:

Vivement la suite ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar mat-vador » Jeu 06 Juil 2023 - 20:44   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Yanila avec la fille Tissan ? J'ai peur de ce que cela va donner...


Réponse au prochain chapitre :sournois: !

L2-D2 a écrit: C'est toujours étonnant de voir les Jedi ne pas reconnaître les ysalamiris, mais pourquoi pas ?


Peut-être parce que les Jedi ne les connaissaient pas :sournois: ... je suis parti du principe que les Jedi ne les ont véritablement découvert qu'au moment de la Croisade Noire du Jedi Fou.

L2-D2 a écrit:Tu établis bien les liens, si ce n'est de confiance du moins d'intérêt entre Alan Tissan et Dark Mungol. Après, j'aime bien le fait qu'Alan renâcle à rendre service à la Sith, alors que tu rappelles bien qu'elle-même n'hésite pas à lui apporter son aide... :think:


C'est là toute l'ambiguité de leur relation :diable: !
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Messagepar mat-vador » Sam 08 Juil 2023 - 21:22   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir, comment allez-vous ?

Allez, c'est l'heure de la suite avec notre petite Jedi et notre zeltronne Sith :sournois: !


Chapitre 26

Alan raccompagna les deux jeunes filles, prévenant ensuite Valena qu’il l’attendrait à l’hôtel en lui recommandant de l’appeler dans la nuit pour donner de ses nouvelles. La corellienne lui répondit en acquiesçant les dents serrées.
Lorsqu’ils sortirent du bâtiment, le Jedi rentra en aérotaxi sous leurs yeux. Un silence pesant s’ensuivit après son départ, Yanila caressa l’ysalamiri perché sur son épaule avant qu’elle n’invita la corellienne à la suivre. Elles déambulèrent ainsi à pied dans les niveaux supérieurs, à travers la foule des dandys éclairés par les nanoréverbères. La jeune zeltronne offrit une pâte nutritive à son animal de compagnie avant de briser la glace.
- Je suis contente que tu m’accompagnes, commença-t-elle. Je me sens moins seule.
Valena évita de croiser ses yeux mauves, toujours de mauvaise humeur. Elle ne semblait pas disposée à fournir le moindre effort de sociabilité. La jeune Sith ressentait son irritabilité latente, malgré l’absence de connexion à la Force due à l’ysalamiri. Lorsque des courants ascendants balayèrent les rues et les passerelles entre les gigantesques buildings de la Cité Galactique, elle resserra son manteau autour de son corps.
- J’étudie à l’université mais j’ai du mal à me faire des amis.
- Pas étonnant, grogna la corellienne. Si tu passes autant de temps avec cette espèce de… chose.
- C’est un ysalamiri. Une espèce arboricole qui vient de Myrkrr, très fragile quand on les éloigne de leur habitat naturel.
Vanela n’avait aucune intention de se montrer aimable.
- Dans ce cas, il fallait le laisser là où il se sentait le mieux.
La zeltronne se retint de soupirer.
- Je suis consciente que tu ne m’aimes pas beaucoup ou du moins ce que je représente pour toi. Mais on ne pourrait pas un effort, juste pour ce soir ?
La corellienne tourna la tête dans toutes les directions, surveillant brièvement la foule qui circulait autour d’elles. Elle ne profitait pas de la soirée car elle ne percevait plus les flux de la Force qui lui permettait de percevoir son environnement immédiat.
Elle s’agaçait de ne plus être aussi omnisciente qu’elle l’était. Yanila souffrait de la même carence mais elle possédait l’avantage de s’y être habituée. Voilà pourquoi la zeltronne se savait supérieure à la Jedi mais elle n’en montra rien.
- Tu sais très bien pour qui tu travailles, n’est-ce pas ? Ne va pas me prétendre que le Clan Bancaire sont une bande de philanthropes désintéressés. Je suis étonnée qu’une zeltronne soit entrée à leur service.
Valena regretta ses derniers mots mais la jeune Sith n’en prit pas ombrage. Le droïde 2-B-1 qui les suivait à quelques mètres, les rattrapa en lançant comme commentaire :
- Voilà des propos qui me semblent éthiquement douteux, voire discriminatoires. Je vous assure, jeune dame Jedi, que madame Zeviya s’est très bien intégrée dans cette corporation et se montre tout à fait capable d’effectuer les tâches que lui soumet madame Damask.
- Ce n’est pas ce que je voulais dire…
Embarrassée d’avoir eu la langue trop prompte et acerbe, la jeune Tissan ne savait comment rattraper sa bourde. Yanila la laissa mariner quelques instants avant de lui faire grâce. Elle fit basculer l’ysalamiri sur l’autre épaule puis déclara posément :
- Je sais ce que tu voulais dire. Les gens de mon espèce sont hédonistes et ne pensent à rien d’autre que de faire la fête tous les jours. Par conséquent, nous passons pour des gens superficiels ou manipulateurs.
- Reconnais que la plupart des zeltrons aiment faire la fête, insista la Jedi.
- Si ta question sous-entendait que je suis passée sous plusieurs bureaux ou que j’ai mis des dignitaires haut placés dans mon lit, pour décrocher ce travail, je puis t’assurer que ce n’est pas le cas. Comme l’a expliqué 2-B-1, j’ai mérité ma place.
Le regard de la Jedi passa de 2-B-1 à la zeltronne puis elle soupira de nouveau, mal à l’aise à cause de l’assurance de Yanila.
- D’accord, toutes mes excuses.
- Pas de quoi.
Elles reprirent leur promenade, tout en discutant alors que les reflets de la lune au-dessus du monde capital illuminaient les coques des aéronefs qui traversaient les couloirs aériens de la Cité Galactique. L’oecuménopole ne dormait pas, bien au contraire. Elle semblait davantage animée la nuit plutôt que le jour, aux yeux de Valena.
Les lueurs des néons des enseignes prestigieuses, telles que restaurants, hôtels ou casinos, resplendissaient, pouvant s’exprimer pleinement dans l’obscurité. Visiblement Yanila avait déjà une idée sur le déroulement de la soirée lorsqu’elle jeta son dévolu en direction d’une boîte de nuit dont l’entrée était gardée par deux houks patibulaires.
- Hé, si on allait se détendre ?
- Je préférerais qu’on reste dans les limites du raisonnable, tempéra la corellienne.
La zeltronne fit la moue.
- Je ne pensais pas que les Jedi étaient si sérieux. Vous ne vous amusez jamais ?
- Dans les limites du raisonnable, répéta Valena.
La Sith fixa les deux houks alors que les brides de musique populaire et juvénile leur parvenaient depuis l’intérieur de l’établissement. La Jedi la vit caresser son ysalamiri tout en affichant une expression innocente.
- Bon, alors allons-y.
Elle se dirigea d’un pas décidé vers l’entrée de la boîte de nuit, au grand dam de la Jedi qui protestait. Faisant mine de ne pas l’entendre, la zeltronne se plaça face aux deux houks qui lui barraient le chemin, les bras croisés.
- Salut, les gars ! Belle soirée, hein ?
Les deux humanoïdes aussi massifs que des armoires de glace ne bronchèrent pas, faisant preuve d’une impassibilité intimidante.
- C’est un club privé.
- Pas de souci, figurez-vous que j’ai la permission de madame Damask…
Elle n’acheva pas sa phrase, laissant apparaître deux tickets dans sa main. Valena fut impressionnée de constater que sa compagne bénéficiait de beaucoup de privilèges pour une simple secrétaire du Clan Bancaire. Les gardiens inflexibles ne causèrent pas plus de difficultés et les autorisèrent à entrer.
Sauf 2-B-1… les machines étaient prohibées au sein de cet établissement comme dans beaucoup d’autres de la Cité Galactique. Le droide de Yanila se proposa avec enthousiasme de signaler toutes les incivilités sur la voie publique aux forces de sécurité, pour passer le temps.
- Alors tu viens ?
La corellienne accepta à contrecœur de suivre la Proche-Humaine à l’intérieur et furent accueillies par un réceptionniste togruta qui les débarrassa respectivement de leur manteau et de leur bure. Il fit remarquer au passage :
- Une Jedi ? C’est plutôt rare comme clientèle.
Yanila vint au secours de sa camarade gênée.
- C’est la preuve que tout le monde peut s’amuser, lança-t-elle.
Vanela se laissa guider par la zeltronne jusqu’au bar bondé de jeunes coruscantis de leur génération. L’expression de la plupart d’entre eux affichait l’insouciance juvénile de ceux et celles qui souhaitaient profiter pleinement de la vie. Une piste de danse avait été aménagée au centre et quelques-uns des clients s’y déhanchaient, fortement éméchés.
La musique et les cris débridés de joie assourdissaient les tympans de la Jedi qui fut prise par la main, par Yanila qui s’installa avec elle au comptoir sur des tabourets hauts avant de passer commande au barman feorin.
Le grand humanoïde secoua la dizaine de tentacules crâniens sur ses larges épaules en se penchant vers eux :
- Bonsoir, qu’est-ce que ce sera ?
- Une bière polaris, répondit Yanila. Que prendras-tu, Valena ?
La corellienne n’arrivait pas à se faire à l’idée que la non humaine lui parlait comme si elle était une vieille amie.
- Juste une limonade, Zeviya.
- D’accord, c’est moi qui offre.
Sans lui laisser le luxe de protester contre sa courtoisie, la Sith aligna une poignée de crédits qui disparut sous la paume du barman feorin. Puis toutes les deux tournèrent leur attention vers les fêtards déchaînés et enjoués.
La majorité étaient des humains de la haute classe même si quelques étudiants non humains étaient présents à cette soirée.
Toujours à l’initiative, Yanila demanda :
- Il y a des garçons qui te plaisent ?
La Jedi vérifia le fonds de son verre puis accomplit l’effort de sauver les apparences en dévisageant rapidement les invités puis esquissa une grimace déçue.
- Non, aucun. Ils ont tous des têtes de nerfs ahuris.
- Tu es difficile, commenta Yanila en croisant les jambes avec nonchalance. Ou tu dis ça parce que tu n’es jamais sorti avec un garçon.
- Je n’ai jamais trouvé le temps pour ça. Et toi ?
La zeltronne but une gorgée de sa bière tout en nourrissant l’ysalamiri perché sur son épaule.
- Pas encore, reconnut-elle. Mais je prospecte. Tiens, je vais m’y mettre ce soir.
Sous le nez de la Jedi toujours déconcertée par sa spontanéité, la malice imprégnait ses traits tandis qu’elle posait son verre et aérait ses cheveux bleus derrière la nuque avant de déposer l’ysalamiri sur le comptoir. Puis elle bondit du tabouret pour s’incruster sur la piste de danse. Elle se lança sans prévenir dans une série de mouvements endiablés au milieu de tous.
Personne ne prit d’abord attention à elle mais ce ballet étrange attira peu à peu le regard de tous. Un disc jokey givin entama alors une musique sur fonds d’électronique moderne pour accompagner son rythme. Valena qui voulait s’en détourner, fut elle-même bluffée par la grâce, l’élégance, la souplesse de la zeltronne qui se contorsionnait dans tous les sens. Elle agitait les bras, se déhanchait jusqu’à s’en déboîter les vertèbres comme si elle était possédée.
Bientôt, tout le monde autour d’elle fut contaminé par la même énergie fougueuse, comme s’ils étaient envoûtés par son aura. Y compris la corellienne qui ne put se retenir d’éprouver une attirance de plus en plus grande pour sa camarade.
Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Réalisa-t-elle. Elle secoua la tête, comprenant que son esprit était embrumé par les phéromones secrétés dans toute la pièce. Malgré l’absence de la Force avec laquelle elle était déconnectée à cause de l’ysalamiri, elle se concentra sur sa respiration pour reprendre le contrôle.
- On peut dire que votre amie sait mettre l’ambiance, lui fit remarquer le barman feorin qui nettoyait les verres.
- Elle a du talent, reconnut la Jedi.
Valena Tissan se demandait jusqu’à quel point Zeviya possédait du talent et dans quels domaines. Elle la connaissait à peine, même si elle ne manquait pas de charme. La Jedi prit sa limonade pour apprécier de goûter les bulles pétillantes mais elle ne parvenait à détacher son regard de la zeltronne immergée dans ce ballet fougueux.
Peu après, celle-ci quitta la piste de danse sous les applaudissements des autres clients qui lancèrent des huées, des sifflets d’admiration. La corellienne constatait la joie qui illuminait sa figure.
- Tu as vu ? Ils ont adoré ! S’exclamait Yanila.
La fille de Alan hocha la tête.
- Tu sais te faire apprécier.
La corellienne remarqua les coups d’œil intéressés de quelques jeunes hommes de leur âge qui hésitaient cependant à se lancer dans l’eau. Cela n’échappa pas à Yanila qui glissa avec intérêt :
- Tu es sûre de ne pas être tentée par un prétendant ?
- Non, je ne crois pas qu’ils tiendraient la comparaison.
Yanila reprit l’ysalamiri qu’elle câlina avant de le remettre sur son épaule.
- Il y a un restaurant à l’étage, indiqua-t-elle à la Jedi. Ce sera plus calme.
- Volontiers.
Elles se levèrent de leurs tabourets, traversèrent les rangs des fêtards puis empruntèrent le turboascenseur. Elles en descendirent, observèrent les tables circulaires qui commençaient peu à peu, à se remplir de clients de la haute classe, assistés par des serveurs organiques qui entretenaient la bonne réputation de l’établissement huppé.
Au fonds de la salle, un croupier sakiyan permettait à quelques clients de se divertir avec une variété de sabacc. Il y a avait en effet beaucoup d’argent à investir et à gaspiller dans ces futilités que méprisait Yanila au fonds d’elle-même.
Cette dernière montra une table libre près de la baie de transparacier qui leur permettait d’admirer le l’horizon lointain de la Cité Galactique plongée dans l’encre sombre. Assises face à face, elles commandèrent un dîner léger à un serveur aleema en costume de soirée.
Après qu’il se soit éclipsé, Valena décida d’en savoir plus sur la zeltronne. Celle-ci se prêta au jeu, tout en se montrant prudente.
- Alors, en quoi consiste ton travail au Clan Bancaire ?
- C’est assez élémentaire, commença Yanila. Auprès de madame Damask, je l’aide à classer ses dossiers et à organiser ses rendez-vous, parallèlement à mes études de comptabilité et d’économie à l’Université que le Clan Bancaire finance.
- Tu étudies en plus de travailler avec madame Damask ? Tu dois être débordée.
- Moins que tu ne le crois. Je suis mes cours par holoconférence, sauf les travaux dirigés qui nécessitent de manipuler des progiciels sur place. Cela me laisse un peu de temps libre pour m’entretenir physiquement.
- Quel sport pratiques-tu ?
- L’escrime.
La réponse fit arquer davantage les sourcils de Valena.
- Vraiment ? Je serai curieuse de te voir à l’œuvre.
Yanila se pencha légèrement en avant, avec un sourire étrange qui flottait sur ses lèvres joliment sculptés.
- J’ai aménagé une salle d’entraînement dans l’enceinte du Clan Bancaire, expliqua-t-elle. Si tu y tiens, je serai heureuse de t’y ramener pour qu’on puisse s’exercer amicalement.
La corellienne intriguée, acquiesça en silence. À cet instant, les yeux mauves plongeaient dans les siens pour atteindre le fonds de son âme. Elle voulut se détourner vers le paysage urbain de la Cité Galactique mais elle fut si magnétisée qu’elle ne le fit pas.
Yanila émettait quelques phéromones pour engourdir son esprit et influencer ses émotions. La Sith fut satisfaite de constater qu’elle commençait à y être réceptive.
- Je… j’en serai ravie, balbutia la jeune corellienne troublée.
Elle sursauta lorsque Yanila posa la main sur la sienne sans la quitter des yeux. Elle l’avait retirée ensuite avant que Valena ne puisse réagir. Elle reprit ses esprits, chassant tant que bien que mal les secrétions chimiques qui sapaient sa concentration.
- Comment es-tu entrée au service du Clan Bancaire ?
Yanila lui raconta alors son histoire, en tout cas une partie de la vérité. Sur la mort de ses parents, son enlèvement et sa détention par les pirates du capitaine Tifal. Elle ne cacha rien des sévices qu’elle avait subi dans sa vie d’esclave, suscitant un fort émoi chez la Jedi. Le visage de celle-ci se décolora, horrifiée par le récit d’une existence cruelle.
La jeune Sith modifia néanmoins les détails qui précisaient les circonstances de sa rencontre avec Dark Sakar et Dark Mungol et le fait que la muun l’ait acceptée comme apprentie.
- Donc madame Damask t’a rachetée aux esclavagistes ?
- Pour un bon prix, répondit la zeltronne.
- Mais pourquoi ? Qu’a-t-elle trouvé de si particulier chez toi ?
Yanila remarqua que sa camarade ne lui avait pas demandé pourquoi la muun se trouvait sur Nar Shaddaa. Quoiqu’il en soit, elle tenait sa réponse prête au cas où.
- Elle avait besoin d’un guide en qui elle pouvait avoir confiance.
- Elle n’a pas essayé de se débarrasser de toi, après t’avoir utilisé ? Insista la corellienne. Connaissant la nature des muuns du Clan Bancaire.
- Bien sûr que si, mais je me suis montrée tenace. Elle a finalement accepté de m’emmener lorsque je l’ai convaincue que je pouvais lui être utile.
Les plats commandés arrivèrent, déposés par le serveur aleema. Le petit alien leur souhaita bon appétit avant de s’occuper du bien être de d’autres clients. Le dîner se composait d’une modeste mais rafraîchissante salade jabiimienne, accompagnée d’un steak de nargalon saignant dégoulinant de sauce.
Cela n’empêcha pas la conversation de se poursuivre.
- En quoi consiste la vie d’un Jedi ? Interrogea la Proche Humaine.
- Cela risque de ne pas t’intéresser.
- Dis toujours.
En guise d’apéritif, Valena avait accepté de prendre une bière corellienne. Après une gorgée, elle toussa légèrement.
- Nous nous entraînons au sabre-laser, à pratiquer la Force, à tenter de la comprendre. Ensuite, nous nous spécialisons selon nos affinités. Certains choisissent l’archéologie, la littérature, la philosophie, la xénobiologie pour compléter ensuite les Archives avec leurs connaissances. D’autres préfèrent se spécialiser dans l’apprentissage du combat pour devenir des Gardiens, ou dans la diplomatie pour devenir consulaires. Au passage, le Haut Conseil a commencé à sélectionner les différents profils pour choisir ceux ou celles qui monteront à bord du Chu’unthor.
- Et toi, quelle est ta spécialité ?
- Je n’en ai pas choisi, confia la Jedi. Je suis attachée à mon monde natal et à ma famille et j’ai décidé depuis longtemps de travailler pour la CorSec, comme tous les Jedi corelliens.
- Et ton père approuve ton choix ?
Yanila comprit au soupir que poussa la jeune femme qu’elle abordait un sujet délicat.
- Pas vraiment. Il me voyait voyager à bord du Chu’unthor avec lui mais rester éloignée de ma famille ne me plaît pas comme perspective.
- Pardonne-moi si je me mêle de ton intimité mais j’ai remarqué tout à l’heure que vos rapports semblaient glacials, appuya la Sith avec toute la diplomatie dont elle était capable.
Agacée par cette intrusion, la corellienne s’apprêtait à lui répliquer que cela ne la regardait mais les phéromones émis à son intention l’apaisèrent rapidement. En fait, elle ne voulait pas réprimander la jeune Proche Humaine car elle lui semblait être la seule amie viable.
De nouveau Yanila posa la main sur son poignet pour lui témoigner son empathie.
- Je suis désolée, j’imagine que ce doit être difficile pour toi.
Cette fois, elle garda sa position et Valena ne fit rien pour l’en dissuader. Elles sourirent mutuellement et de nouveau, l’attirance qu’elle éprouvait pour la zeltronne devint irrésistible, à un seuil bien plus élevé cette fois.
- Je supporte de moins en moins l’obsession de mon père pour les Sith. Il est fermement persuadé qu’ils ont survécu depuis les Réformes de Ruusan et qu’ils menacent le Chu’unthor pour déstabiliser la République et les Jedi.
- D’autres personnes pensent la même chose ?
- Non, il est bien le seul. C’est la raison pour laquelle il est considéré comme un illuminé et même un fou. Le Haut Conseil ne lui fait pas vraiment confiance. Je le soutiens encore pour le Chu’unthor mais je ne sais pas encore pour combien de temps. Surtout depuis le meurtre de la sénatrice Cesima.
La Sith demeura impassible, réfléchissant rapidement. Elle était satisfaite d’avoir abattu la méfiance de la corellienne à son égard, pour l’amener à se confier. Grâce à ses phéromones, elle bénéficiait de sa sympathie et peut-être même plus.
Qu’elle se soit confiée à ce point était révélateur des fragilités dans la famille Tissan et elle comptait bien en tirer profit pour briser les liens entre le père et la fille. Elle possédait sa petite idée sur la question, elle devait continuer à se montrer entreprenante à son égard.
- Je ne voudrais pas t’embêter avec ça, se reprit la Jedi qui éprouvait un peu de honte à s’être dévoilée trop intimement.
- Cela ne me dérange pas, Valena. Je t’ai parlé de mes malheurs, tu m’as confié les tiens. C’est une réciprocité que je trouve tout à fait naturelle.
Sans lâcher la main de la Jedi, la zeltronne remua le pouce en guise de câlin, ce qui fit frémir la corellienne qui retira prestement ses doigts de cette étreinte qui la faisait rougir malgré elle. Elle était agitée de sentiments très contradictoires, à la fois gênée par les avances de la zeltronne et prise de fascination mêlée d’admiration pour sa personnalité.
- Nous sommes faites pour nous entendre et même pour devenir amies.
- Euh, nous nous connaissons à peine.
Sa protestation molle ne démonta pas Yanila.
- Après ce que tu m’as dit, j’ai l’impression de tellement te connaître, Valena.
- Pardon, Zeviya, mais tu présumes beaucoup.
- Je présume ce que je veux.
La Jedi la trouvait si déroutante, qu’elle ne trouva rien d’autre à déclarer :
- Tu es dingue !
- C’est un synonyme de génie en ce qui me concerne.
Valena éclata d’un fou rire qu’elle réprima à grand peine. La Sith lui emboîta le pas et elles attirèrent sans mal, l’attention de tous les clients qui les dévisagèrent, exaspérés, ce qui rameuta le serveur aleema qui leur réclama le silence.
- Tu es incroyable, souffla Valena après qu’elles se soient excusées.
- Dans ce cas, tu ne vois pas d’inconvénients à ce que nous soyons amies.
- Non, plus maintenant.
Yanila avait atteint son objectif. Les dernières barrières étaient brisées.
- On porte un toast ?
Elles levèrent ensemble leurs verres qui tintèrent peu après, à une concorde naissante. Elles échangèrent sur des sujets un peu plus anodins avant que Yanila ne suggéra :
- Au fait, tu te souviens quand je t’ai parlé de mes cours d’escrime ?
- J’espère que ta proposition tient toujours. Je suis impatiente de voir tes talents à l’œuvre.
- Bien sûr, on rentre ?
La corellienne acquiesça, laissant la zeltronne demander l’addition.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mar 11 Juil 2023 - 11:17   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 26 lu!

Je craignais le pire et en fait ça va! Voir la Tissan junior papoter sur les états d'âme de son paternel avec une Sith donne au lecteur envie de lui hurler "Mais tais-toi!!!!"... mais bon, elle ne m'a pas entendu. Dommage! :transpire:

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar mat-vador » Jeu 13 Juil 2023 - 20:10   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour, L2 :wink: !

L2-D2 a écrit:Je craignais le pire et en fait ça va!


Et pourtant avec une Sith, y avait de quoi :sournois: !

L2-D2 a écrit: Voir la Tissan junior papoter sur les états d'âme de son paternel avec une Sith donne au lecteur envie de lui hurler "Mais tais-toi!!!!"... mais bon, elle ne m'a pas entendu. Dommage! :transpire:


Elles sont devenues intimes :diable: ! Est-ce que cela durera ? Réponse prochainement :diable: !
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Messagepar mat-vador » Sam 15 Juil 2023 - 21:23   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Allez on continue dans la droite lignée de l'extrait où la fille Tissan et la Sith sont devenues les meilleures copines du monde :sournois: !


Chapitre 27 (1/2)

De nouveau dehors, elles reprirent le chemin du retour, retrouvant au passage 2-B-1 qui avait provoqué l’intervention des forces de sécurité, suite à des signalements à propos d’incivilités. Ce qui avait provoqué une certaine confusion sur la voie publique avec des contrôles pointilleux des agents envers les suspects désignés par le droïde.
Cette fois, l’ambiance détendue et amicale leur permit de profiter davantage de leur promenade. Elles se comportaient comme les meilleures amies du monde, échangeant quelques blagues anodines tandis que Yanila montra son ysalamari en le nourrissant. La corellienne saisit alors son comlink et constata que son père lui avait laissé un message, lui demandant de l’informer régulièrement de sa situation. Elle lui renvoya un message pour lui signifier que tout allait bien.
- Eh, je peux te demander un service ? Demanda tout à coup la zeltronne.
- Dis toujours.
Elles avaient freiné devant la terrasse d’une brasserie commenorienne, où étaient attablés plusieurs clients dont un arcona qui s’était installé à l’écart, plongé dans la lecture d’un datapad qui lui permettait de consulter les bulletins officiels de l’holonet. Le non humain ignorait la bière mousseuse qui reposait sur la table, sous son nez.
- Tu peux renverser son verre sur lui ? Réclama Yanila avec un sourire malicieux.
- Pourquoi, que t’a-t-il fait ? Réagit la corellienne, surprise par sa requête.
- Rien, justement.
2-B-1 vint flotter au-dessus de leur tête, pour réprimander la zeltronne.
- Maîtresse, votre initiative est discourtoise et déplacée. Surtout envers un très beau spécimen d’arcona qui ne serait pas insensible à votre charme si vous lui faisiez des avances appropriées.
- Justement, je travaille mes techniques d’approche, le tança Yanila.
Elle retourna un regard suppliant vers la Jedi qui n’était pas emballée par l’idée.
- Allez, s’il te plaît !
Valena se mordit la lèvre, indécise, avant de s’incliner.
- D’accord, mais c’est parce que c’est toi.
- Super !
La jeune corellienne tendit la main vers le verre avant de se rappeler d’un détail qui lui avait brièvement échappé.
- Si tu pouvais éloigner ta bestiole…
Elle faisait allusion à l’ysalamiri assoupi contre l’épaule de la jeune Sith qui avait compris ce qu’elle demandait.
- Ah oui, désolée.
La zeltronne s’éclipsa rapidement, à bonne distance, gagnant l’autre côté de la chaussée. La Jedi fut extirpée de la bulle de Force, crée par la créature arboricole et sentit de nouveau cette énergie familière submerger ses perceptions. Elle n’avait pas anticipé d’en avoir été privée pendant si longtemps, et elle vacilla malgré elle pendant quelques instants. Elle reprit cependant le contrôle et se massa instinctivement les poignets, le cœur battant.
Elle pensa que c’était ce que devaient ressentir les consommateurs de bâtons de la mort lorsqu’ils étaient en manque. Elle tendit son esprit vers le verre de l’arcona, épiée par la zeltronne qui attendait fébrilement qu’elle passe à l’action.
À l’insu du non humain, le verre glissa peu à peu vers le bord de la table, avant de se renverser et de répandre le contenu sur ses cuisses. L’arcona glapit de surprise, repoussant sa chaise en arrière pour constater l’étendue des dégâts.
Peu après, Yanila la rejoignit, se retenant à grand-peine de rire.
- C’était génial !
- J’aimerais éviter de le refaire, rappela sévèrement la corellienne qui souriait pleinement bien que peinée pour le pauvre arcona qui n’avait rien demandé.
- En effet, appuya 2-B-1. Ce n’est pas très éthique, maîtresse..
- J’ai trouvé ça amusant ! Renchérit la Proche-Humaine.
Elles reprirent le chemin vers la tour du Clan Bancaire qui se dressait à quelques centaines de mètres devant elles.
La Sith enroula son bras autour de celui de la Jedi.
- On a quand même passé un bon moment, non ?
- C’est vrai, reconnut Valena. C’était sympa.
- Figurez-vous, jeunes dames, que votre dévoué serviteur a aussi passé un agréable moment. Loin de votre compagnie, certes… mais c’était plaisant de signaler aux forces de sécurité tous les comportements déviants constatés sur la voie publique. Après tout, les lois sont faites pour être respectées, tout comme le savoir-vivre.
Elles dédaignèrent 2-B-1 qui paraissait très fier d’avoir contribué au bon maintien de l’ordre public, à sa modeste échelle.
- Je parie que les Jedi ne profitent pas de ces moments, je me trompe ?
Valena le reconnut d’un hochement de tête, devant l’insistance de sa nouvelle amie.
- Autant que je me souvienne, nous n’en avons pas l’habitude. Car nous sommes astreints à l’exécution de nos devoirs envers l’Ordre et la République.
Elles revinrent sur ces mots au siège du Clan Bancaire. La zeltronne la conduisit au turbo ascenseur qui les emmena quelques étages plus haut à la salle d’armes, là où elle avait l’habitude de s’entraîner.
Valena fut impressionnée par l’immensité de la pièce, au milieu de laquelle était dressé un établis rempli d’armes blanches et de sabres d’entraînement ainsi que des tenues adéquates telles que armures légères et combinaisons. Par-dessus ses vêtements civils confortables, Yanila revêtit une armure phrik qui la protégeait au niveau du torse, des épaules, des cuisses, des jambes et des parties intimes.
Elle invita la corellienne à faire de même, après que celle-ci eut déposé sa bure verte marécage. Ainsi recouvertes, 2-B-1 saisit deux sabres d’entraînement en duracier à l’aide de ses appendices et les offrit aux duellistes. Les jeunes filles les saisirent, chacune faisant danser la poignée dans la main pour s’assurer de leur prise.
Puis elles se placèrent face à face, après avoir enveloppé leur tête d’un casque avec visière grillagée. L’ysalamiri avait quitté l’épaule de la zeltronne pour venir se blottir paresseusement entre les appendices de 2-B-1 qui l’avait récupéré au sol, avant de s’élever en hauteur au-dessus d’elles.
- Dois-je ramener l’ysalamiri à la serre ?
- Non, fit Yanila avec fermeté. Il est important que le combat soit égal, n’est-ce pas ?
- Je comprends, approuva la corellienne.
Quelque chose dans le ton de sa camarade mit Valena sur ses gardes. Sous ses airs de gamine effrontée, elle affichait une expression teintée de gravité, signe qu’elle prenait ce duel très au sérieux.
Par respect et par amitié, la Jedi en fit autant bien qu’elle fut handicapée de ne pas pouvoir ressentir la Force à cause de l’ysalamiri assoupi. Elle devra prendre garde à ne pas céder à certains réflexes hérités de son apprentissage auprès de maître Tal’etha sur Corellia. Elle se raidit en position de combat, prévoyant que la Proche-Humaine ferait de même. Mais cette dernière conservait une posture nonchalante.
- On commence ?
Son affabilité avait disparu au profit d’une calme détermination, ce qui déroutait la jeune femme.
- À toi l’honneur, l’encouragea Valena.
- Non, j’insiste pour que cet honneur te revienne.
La corellienne inspira profondément puis bondit sur elle, l’arme haute. Elle avait prévu de viser son épaule droite mais elle fut prise au dépourvu par la vivacité de la zeltronne, qui se présentait comme la secrétaire de madame Damask. Avec souplesse, elle s’était écartée pour la laisser passer devant elle avant de lui asséner un coup de sabre sur le casque et de la faire trébucher avec un croc-en-jambe.
Perdant l’équilibre, la corellienne se laissa tomber en avant en roulé-boulé avant de se redresser sur ses appuis. Elle serra les dents, maudissant son manque de vigilance et sa trop grande confiance en elle. Voilà qui lui servirait d’avertissement. Elle avança de nouveau et fouetta subitement l’air avec sa lame de duracier. Elle avait débuté deux frappes de taille obliques avant d’enchaîner avec des frappes d’estoc au niveau de la poitrine et de l’abdomen. Avec une expertise qui étonna la Jedi, la zeltronne para et dévia successivement sans être touchée.
Lorsque Valena se dégagea pour reprendre sa garde, la Proche-Humaine contre-attaqua sans prévenir, lui assénant à l’identique les coups précédents, assaisonnés de quelques savates fulgurantes. La dernière fit vaciller la corellienne avant qu’elle ne tomba rudement sur le dos, ses chevilles balayées par le talon de Yanila.
Valena allongée, tendit la main pour la tracter en arrière à l’aide de la Force mais l’énergie qu’elle tentait d’invoquer n’existait plus à cause de l’ysalamiri qui bloquait sa connexion à la Force et la privait d’un sérieux avantage. Elle jura en vieux corellien, réalisant que ce duel se révélait bien plus ardu qu’elle ne l’espérait.
Yanila la laissa se relever avant de la harceler mais cette fois Valena se tenait prête. Lorsque la zeltronne se fendit en avant, elle lui agrippa les avant-bras, se contorsionna pour la tirer en avant puis la fit basculer par-dessus son épaule. Aussitôt sur le flanc, la zeltronne détendit ses jambes comme un ressort, pour les enfoncer dans l’estomac de la corellienne. Le souffle coupé, la Jedi dut la relâcher.
En deux mouvements, la zeltronne se releva avant de fondre sur elle, faisant pleuvoir sa lame de duracier à de multiples reprises, pour la déborder. Son adversaire recula précipitamment, prise au dépourvu mais parvint à se reprendre en bloquant sa lame et en s’appuyant dessus pour la tenir à distance. Yanila se baissa et parvint à glisser son sabre sous sa garde pour lui faire sauter l’arme des mains. Valena répliqua avec une nouvelle prise martiale qui fit chuter de nouveau la jeune Sith au tapis et celle-ci parvint une fois encore à se dégager de cette mauvaise posture, tout en devant renoncer à son tour, à son sabre.
Elles restèrent immobiles, concentrées et se défiant du regard sous la visière de leur casque. Valena était sincèrement impressionnée par la maîtrise inattendue de celle qu’elle pensait réduite à un animal domestique au service du Clan Bancaire. De son côté, Yanila était déçue que la présence de l’ysalamiri ne lui ait pas procuré un avantage aussi décisif qu’elle espérait. Elle pensait que cela déstabiliserait la Jedi corellienne mais celle-ci l’avait étonnée en s’y adaptant et en intégrant cette nouvelle donnée.
Preuve que les Jedi étaient bien formés à l’art du combat et n’étaient pas des ennemis à sous-estimer. Elle était néanmoins curieuse de voir jusqu’à quel point, elle pouvait pousser ce duel sans éveiller les soupçons sur sa véritable nature.
Bandant ses muscles, elle s’élança et entama des séquences basées sur des pieds sautés et des mouvements tournoyants de la jambe destinés à l’atteindre à la tête. Des coudes et des bras, Valena tint sa position et riposta par des coups de poings à bases de crochets. Elle sentait la puissance des attaques de la zeltronne qui sollicitaient son armure. De même, Yanila percevait la férocité des contre-parades de la Jedi.
Comme l’une ni l’autre ne parvenait à prendre le dessus, la Sith décida qu’elle en avait assez vu. Elle se désengagea puis leva les deux mains pour signifier que le combat était terminé. La Jedi acquiesça d’un hochement de tête puis retira son casque en même temps que la zeltronne.
- Tu es très forte, la félicita la corellienne. Je me demande où tu as appris tout ça.
- L’ysalamiri ne t’a pas si dérangée que ça, finalement, lui fit remarquer la Proche-Humaine avec un sourire franc.
Elles ramassèrent les sabres d’entraînement, ôtèrent leurs armures puis rangèrent tout ce matériel à l’établis.
- C’était plutôt sympa, lança la Jedi.
- En effet, j’ai trouvé ça amusant.
Yanila reprit l’ysalamiri dans ses bras.
- Tu veux voir mes cours d’économie et de comptabilité ? Proposa-t-elle.
- J’ai bien peur que ce ne soit pas si amusant, répondit la corellienne avec une moue très explicite. Mais je vais faire l’effort d’y comprendre quelque chose.
2-B-1 les guida jusqu’aux vapodouches à côté de la salle d’armes puis elles gagnèrent la chambre de Yanila après que celle-ci eut appelé Yemi pour que la twi’lek leur apporte des rafraîchissements.
L’esclave les attendait dans la chambre en posture d’attente servile, lorsqu’elles entrèrent dans le sanctuaire de la jeune Sith.
- Maîtresse, je vous ai apporté des rafraîchissements comme vous l’avez demandé.
- Merci Yemi.
La Jedi corellienne se figea lorsqu’elle remarqua le collier qui ceignait le cou de la twi’lek.
- Le Clan Bancaire pratique l’esclavage sans complexe.
Yanila crispa la mâchoire lorsqu’elle sentit la froideur qui émanait du ton de Valena dont elle était pourtant parvenue à gagner la sympathie. Et voilà que ce détail allait réduire ses efforts à néant, elle aurait dû le prévoir… elle avait manqué de jugement.
- Je vous assure que je suis traitée correctement, insista la twi’lek. En tout cas bien plus que mes affectations précédentes et mon travail n’a rien de dégradant.
La Sith conserva son calme, satisfaite que Yemi prenne sa défense contre toute attente. Bien évidemment, la Jedi n’était pas convaincue de sa sincérité car c’était une manœuvre de son point de vue, pour satisfaire ses maîtres et éviter un châtiment sévère.
- Peut-être bien mais cela reste une cage dorée au mieux. Ce n’est pas aussi satisfaisant qu’une liberté pleine et entière.
- L’esclavage est une situation déplorable. C’est pourquoi j’ai décidé que Yemi serait bientôt affranchie, déclara la Sith.
- Pour me faire plaisir ? Réagit la Jedi déconcertée.
- Non, parce qu’elle le mérite.
D’un coup d’œil, elle savoura la surprise de la jeune twi’lek qui parvint cependant à se maîtriser.
- Je vous remercie pour votre générosité.
- Tu peux nous laisser, Yemi, lui dit Yanila. Tiens tu peux même aller t’amuser dans le quartier, ajouta-t-elle en lui glissa quelques crédits dans la main. Si un garçon te plaît, n’hésite pas à me demander mon avis pour juger s’il est convenable pour toi.
- Merci !
La twi’lek qui rayonnait de félicité, sortit vivement de la pièce pour laisser les deux jeunes filles seules.
- Tu as l’intention de choisir les prétendants pour elle ? Interrogea Valena avec sarcasme.
- Pas du tout. J’ai seulement l’intention de la conseiller, comme une amie le ferait pour elle.
Elle caressa l’ysalamiri qu’elle posa sur sa table de travail, à côté des gobelets qu’elle saisit avant d’en tendre un à la corellienne.
- Comment puis-je te faire confiance ? Insista la corellienne.
La zeltronne alluma son ordinateur de travail puis ouvrit un fichier dans lequel était rédigé un acte officiel d’affranchissement qu’elle s’empressa de montrer à la Jedi. Elle secréta en même temps des phéromones pour la persuader du bien-fondé de ses intentions.
La corellienne, concentrée sur la lecture du document, parut ne pas le remarquer.
- Pourquoi n’est-ce pas déjà fait ?
- Yemi est officiellement la propriété du Clan Bancaire, j’ai besoin de la signature de madame Damask pour lui rendre sa liberté. J’attends seulement le moment où elle sera moins débordée par les dossiers en cours.
La Jedi redevint plus aimable.
- D’accord, je te crois.
Elle laissa ensuite la zeltronne lui montrer ses cours universitaires, lui montrant des hologrammes de formules, de définitions et de schémas graphiques. La corellienne tenta d’emmagasiner autant de données mais finit par décrocher pendant de longues minutes. Son regard finissait par errer au loin, même si elle donnait l’impression d’être intéressée.
Yanila ne fut pas dupe.
- Cela doit être très utile dans ton travail avec madame Damask, Zeviya.
- Je l’aide à faire des projections sur la rentabilité des investissements et l’achat d’actions en bourse dans des entreprises solides. C’est encore trop technique pour moi mais madame Damask estime que je m’en sors plutôt bien.
- Le Clan Bancaire a-t-il joué un rôle important dans la genèse du Chu’unthor ?
La jeune Sith avait flairé le piège dans cette question apparemment innocente. Grâce à l’ysalamiri endormi devant elle, la Jedi ne pourrait pas percevoir le moindre mensonge de sa part. Mais elle souhaitait rester honnête, en partie.
- Nous avons financé le projet avec d’autres partenaires importants, dans le respect des règles édictées par la commission sénatoriale et nous avons fourni une aide technique au Trésor Galactique dans le calcul de leurs projections sur le coût du chantier et ses retombées économiques.
Valena ne trouva rien à y redire, observant sa camarade en train d’éteindre les hologrammes. Elles entamèrent le jus de fruit laissé à leur disposition, ce qui leur permit de récupérer de leurs efforts physiques précédents.
- Après tes études, tu envisages de travailler à plein temps pour le Clan Bancaire ?
- En fait, non. Je voudrais m’en détacher et voler de mes propres ailes. Je voudrais diriger ma propre entreprise.
- Dans quel domaine ?
- Un établissement festif, sur le modèle de ce que l’on peut trouver sur mon monde natal.
La Jedi sourit, évitant cette fois tout commentaire impertinent sur l’espèce de la Sith.
- Tu veux retourner sur Zeltros ?
- Il y a beaucoup trop de concurrence dans ce domaine, je vais rester sur Coruscant. Je sens qu’il y a un énorme potentiel. Je proposerai à Yemi de travailler pour moi.
La Jedi semblait de nouveau bien disposée à son égard.
- Désolée d’avoir réagi aussi abruptement.
- Ce n’est rien, la rassura la zeltronne. Valena, tu sais…
Yanila laissa sa phrase en suspense pour rendre ce moment plus solennel. Elle se mit à nouveau à secréter des phéromones.
- Je ressens une connexion entre nous. Malgré nos différences, j’ai l’impression que tu me comprends mieux que quiconque. Tu es la personne à qui j’ai autant confié sur moi-même. Ni Yemi, ni madame Damask n’en savent autant sur mon passé ou mes projets.
De nouveau, la jeune Jedi était troublée par ces yeux mauves qui la scrutaient intensément. Elle ne put prononcer le moindre mot ni esquisser le moindre mouvement tant elle était hypnotisée.
- Je me sens si seule parfois, confia la Proche-Humaine. J’ai besoin de quelqu’un qui comble cette solitude, ne serait-ce que pour une nuit. Quelqu’un comme toi. Tu ressens ce même besoin, Valena. Je le sais.
La jeune femme pensa alors à sa famille restée sur Corellia. Voilà des années qu’elle ne voyait plus sa mère et ses petits frères si fréquemment, au point que cet éloignement la rongeait lentement comme un poison. Elle se tenait aux côtés de son père qui l’avait marqué par son instabilité et son obsession maladive pour les Sith disparus, jusqu’à le voir franchir des limites qu’un Jedi s’interdisait de dépasser.
Elle l’avait vu torturer ce fugitif mirialan, brisant l’image de ce père qu’elle avait tant admiré pendant longtemps. Si elle ne pouvait se fier à son propre père, à qui pouvait-elle faire confiance ? Elle qui s’était montrée si méfiante envers cette zeltronne, elle la considérait maintenant comme une amie proche.
Plus qu’une amie ?
- Zeviya, Je… dois rejoindre mon père, balbutia-t-elle.
Oui, retrouver un père qui l’avait tant effrayé lorsqu’il s’était laissé aveugler par l’obscurité sur Raxus Prime. Auprès de qui, elle ne se sentait plus tellement en sécurité.
- Le veux-tu vraiment ? Insista la zeltronne.
Non, ce n’était pas ce que Valena souhaitait le plus. Un désir plus ardent et plus enraciné s’éveillait de plus en plus, en elle à mesure que Yanila se penchait vers elle pour l’embrasser sur les lèvres. Une énergie traversa la Jedi et abattit ses dernières réticences. Elle s’abandonna totalement à ce moment, rejetant son père de son esprit, de ses pensées. Elle n’était plus freinée par ses obligations de Jedi dévouée à la République.
Les mains de la zeltronne saisirent son visage, pour le presser davantage contre le sien. Leurs langues se lièrent l’une à l’autre, d’’une bouche à l’autre, entre les dents. Elles se levèrent ensuite toutes les deux, repoussant leur chaise, s’étreignant avec plus de ferveur et de passion. Avec fièvre, elles se déshabillèrent puis s’allongèrent dans le lit, pour poursuivre leur labeur.
Yanila la plaqua sur le dos, s’étendant sur elle, ondulant son corps comme une vague mourant sur le début de la plage. Elle donna le rythme, l’embrassant partout, accompagnant par des câlins ses baisers.
Les soupirs de Valena montraient sa satisfaction lorsque leurs corps nus se frottèrent, entrejambe contre entrejambe, les faisant jouir dans l’obscurité de la nuit mielleuse transpercée par les lumières de la Cité Galactique.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mer 19 Juil 2023 - 18:27   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 27 (1/2) lu!

Moui.... j'ai toujours un peu de mal avec Yanila, qui semble n'avoir pour unique rôle que de tuer et/ou coucher avec toutes les jeunes femmes à sa disposition... j'attends de voir ce que tu vas faire de tout cela. Je trouve cependant que l'intrigue, à mon sens, traîne un peu en longueur tant on a envie d'en savoir plus sur le Chu'unthor en lui-meme et ce qu'il va advenir d'Alan. Peut être dans la suite?
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Messagepar mat-vador » Jeu 20 Juil 2023 - 20:41   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour, L2 :wink: !

L2-D2 a écrit:j'attends de voir ce que tu vas faire de tout cela. Je trouve cependant que l'intrigue, à mon sens, traîne un peu en longueur tant on a envie d'en savoir plus sur le Chu'unthor en lui-meme et ce qu'il va advenir d'Alan. Peut être dans la suite?


Ce qui vient de se passer va avoir des conséquences sur la relation entre Valena et son père, qui a été mise à mal après le drame de Raxus Prime. et sur son implication dans le projet Chu'unthor :sournois: .

Dans le chapitre 29, Alan agira en solitaire.


Maintenant passons à quelques annonces, chers lecteurs et lectrices ! Sachez que 145 pages ont été postées jusque là à propos de ce tome 3, qui compte en terme d'écriture 217 PAGES :sournois: et un peu plus de 133 000 mots :oui: :oui: :oui: !!!!! Je suis plutôt satisfait de l'avancement où je vais aborder bientôt des passages décisifs sur l'épopée du Chu'unthor, un enchaînements d'évènements qui vont le conduire au naufrage sur Dathomir ( Et Yanila justement tiendra un rôle essentiel :diable: ! ).
Sans trop spoiler, tout ça va se terminer en carnage pour les Jedi :diable: .

Ensuite que va-t-il se passer après l'achèvement de ce tome 3 ? Eh bien, je réfléchis à plusieurs choses. D'abord, reprendre l'écriture des Chroniques de Pius Dea et de la famille Contispex... ca vous avait manqué ? Continuer et terminer ces chroniques du Pius Dea, pour finir en apothèose sur un tom 4 final, qui va relater la chute des Tyrans.

Concernant la longue saga Jedi corellien... j'envisage d'écrire une chronique, une petite nouvelle sur un Jedi de la dynastie des Tissan mentionné deux fois dans ce tome 3 des Origines : Hedel Tissan, dit Griffe-de-Serpent :sournois: (avouez que ça claque comme nom, hein :D ! ) dont l'aventure se déroulerait au lendemain des Nouvelles Guerres Sith Sisisisi :oui: :oui: !!


Mais par-dessus tout, je l'ai d'ailleurs confié lors de la convention de Cusset, j'aimerais écrire une longue nouvelle inédite sur La Tribu Perdue des SIth ! Oui vous avez bien lu :transpire: :whistle: :whistle: :shock: :shock: !!! Plus précisément, c'est une histoire qui se déroulerait entre les écrits de John Jackson Miller et la prélogie. J'ai l'intention de raconter les origines de la famille Khai ( Vestara Khai de Fate of The Jedi et Sethnah Khai qui est la nana de liars dans la trilogie Jedi corellien... lisez cette trilogie, elle est trop bien :o :P :oui: :oui: !!!


Voilà, voilà, voilà, c'était tout !

Je vous dis, à samedi :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 22 Juil 2023 - 21:12   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Au programme, suite et fin du chapitre 27, et début du chapitre 28 avec l'apparition des Rangers Antariens qui vont se retrouver impliqués dans le projet Chu'unthor :sournois: !

Chapitre 27 (2/2)

Lorsque la Jedi se réveilla au milieu de la nuit, elle se demanda d’abord ce qu’elle faisait là. Pressée contre la zeltronne endormie dont les cheveux bleus libérés lui chatouillaient le nez et le cou, elle se redressa, consciente de sa nudité sous les draps en désordre. Elle remit de l’ordre dans ses idées, se rappelant ce qui s’est passé récemment. Elle avait l’impression étrange d’avoir trop bue alors qu’elle savait que ce n’était pas le cas.
La vérité lui explosa à la figure comme un missile au baradium. Elle avait été manipulée par cette garce zeltronne, elle n’avait cessé de se servir d’elle comme d’une marionnette. La corellienne n’avait été rien d’autre qu’un jouet que la Proche-Humaine avait maniée de ses doigts, sur tout son corps. Elle ressentait encore l’écho de sa satisfaction lorsqu’elle avait pénétré son intimité sans pouvoir le lui rendre.
Cette Zeviya l’avait maintenu dans le lit sans lui laisser la possibilité de se libérer. La zeltronne avait fait d’elle ce qu’elle voulait jusqu’à ce qu’elle s’endorme. À cet instant, Valena laissa libre cours à sa frustration tandis qu’elle se rhabillait avec des gestes énervés. Si seulement ce fichu ysalamiri qui dormait sur la table, ne coupait pas en permanence sa connexion à la Force chaque fois qu’il était proche d’elle…
Elle pensa à cette twi’lek réduite à sa condition d’esclave qui semblait satisfaite de son traitement alors qu’elle n’était pas l’égale de la zeltronne qui l’employait à son service. Qui ne représentait rien pour le Clan Bancaire qu’un simple meuble. Pas plus que Valena, lorsque la zeltronne aavait gardé l’ascendant sur elle pour la soumettre à ses désirs.
Ses bottes étaient de nouveau enfilées à ses pieds lorsque la voie suave de Yanila s’éleva dans son dos :
- Tu ne veux pas rester encore un peu ?
- Non, j’ai assez abusé de ton hospitalité, répondit-elle d’un ton cassant.
Elle ne jeta pas un regard dans sa direction, preuve de la colère méprisante qui l’animait.
- En quoi t’ai-je contrarié ? Demanda la Proche-Humaine qui se redressa sous les draps.
Elle tenta d’user de ses phéromones pour la calmer mais cette fois, Valena n’y laissa aucune prise.
- Arrête ça ou je te mets mon poing dans la figure, la menaça la corellienne.
- Je croyais que tu avais aimé.
- Tu as confirmé ce que je pensais des gens de ton espèce, Zeviya. Vous avez un don pour manipuler les émotions des gens et force est de reconnaître que le Clan Bancaire a dû t’engager pour cette qualité.
Elle croisa le regard la zeltronne pour observer sa réaction et elle ne fut pas déçue lorsque les traits de la Proche-Humaine furent déformés par la consternation.
- Je voulais te soulager, Valena. J’ai pensé que c’est ce qu’il te fallait, tes émotions bouillonnaient comme une tempête. Tu en avais besoin.
- Non. C’est toi qui le voulait, je l’ai sentie quand tu m’as prise. Tu voulais me dominer comme si j’étais cette esclave twi’lek.
- Je ne t’ai fait aucun mal, protesta la Sith.
La corellienne rajusta son pantalon puis sa tunique Jedi.
- Que je ne te revoie plus jamais ! S’écria-t-elle avant de quitter la pièce.
Yanila laissa un sourire flotter sur ses lèvres. Elle savait ensuite vers quelle personne se tournerait la colère de la jeune Jedi. Son propre père. Leur relation serait brisée, et celui-ci se retrouverait seul sur Coruscant, loin de Corellia et de sa famille et des Jedi qui lui accordaient si peu de crédit.
Ainsi fragilisé, le Côté Obscur renforcerait son emprise sur son âme. Dark Mungol serait satisfaite du résultat. Tout allait pour le mieux, mais la nuit n’était pas encore terminée. Toujours au lit, elle aéra ses cheveux bleus autour de la tête avant que 2-B-1 n’entra dans sa chambre.
- J’ai repéré la Jedi qui quittait le bâtiment, expliqua-t-il de sa voix impersonnelle. Sa tension artérielle et sa foulée sont un indice de sa contrariété.
- Ne t’inquiète pas d’elle, 2-B-1. J’ai obtenu ce que je voulais. Il se fait tard, tu as localisé Yemi ?
- Elle vient de rentrer avec un prétendant, comme vous le lui avez autorisé. Si vous me permettez un commentaire objectif, maîtresse… le mâle qu’elle a ramené est certes fertile mais ne remplit pas les conditions adéquates pour être qualifié de « parfait ».
- Amène-la ici avec son petit ami, j’en jugerais moi-même. Remets l’ysalamiri d’abord dans sa serre.
Le droïde sphérique s’éloigna dans un ronronnement mécanique, emportant l’animal de compagnie docile qui fut nourri avec une pâte nutritive lors de son réveil. La Force afflua de nouveau en elle, lui permettant de détecter la présence de Yemi, accompagné d’un jeune humain à l’allure chétive. La jeune twi’lek rentra dans la chambre de sa propriétaire, en tenant son compagnon par la main, un étudiant à l’attitude timide.
À en juger par leur sourire complice, tous les deux semblaient bien s’entendre. Puis il remarquèrent la présence de la zeltronne dont ils devinèrent la nudité sous les draps sans le remarquer.
- Hum, je croyais qu’il n’y avait personne, fit remarquer l’étudiant.
- J’espère que vous vous êtes bien amusés, lança la Sith qui ne semblait pas du tout gênée.
La twi’lek s’éclaircit la gorge.
- Tobi, je te présente Zeviya, ma meilleure amie.
- Enchanté Tobi. Laisse-nous Yemi, je dois vérifier s’il est… convenable.
Le ton doux mais impérieux de la Sith brisa le bonheur de la twi’lek qui comprit qu’elle était réduite de nouveau à son rôle d’esclave. Tout ce qu’elle possédait, appartenait entièrement à Yanila qui en disposait à sa guise.
- Je… bien sûr.
- Repose-toi, lui conseilla la Proche-Humaine.
Yemi quitta la pièce, cruellement remise à sa place, l’air penaud. Des larmes embuèrent ses yeux et elle attendit d’avoir quitté la pièce pour éclater en sanglots. Elle avait été congédiée sous les yeux de l’étudiant qui ne paraissait pas comprendre ce que signifiait la position de la zeltronne vis-à-vis de la twi’lek.
À vrai dire, Tobi commençait à avoir des doutes et il trouvait cela inconfortable.
- Euh, je devrais peut-être retrouver Yemi.
- Non.
Elle secréta des phéromones, ne doutant pas rapidement que cet étudiant frêle n’y résisterait pas longtemps. Il cligna des yeux, comme chloroformé, sa conscience brouillée par un puissant désir qui montait en lui. Il eut du mal à respirer, son cœur battant de plus en plus fort, ne parvenant pas à réfréner cette pulsion qui le poussait vers cette jolie zeltronne aux splendides cheveux bleus et aux yeux mauves qui le magnétisaient.
Il s’approcha mais ses jambes ne lui appartenaient plus sans qu’il en prenne conscience. Arrivé à sa hauteur, elle écarta vivement le drap qui lui recouvrait pour lui faire admirer la peau rose aussi douce que le miel de son corps nu.
Elle l’agrippa par le col pour le renverser de l’autre côté du lit, puis l’enfourcha solidement pour l’empêcher de remuer, calant ses genoux contre ses hanches. Il ne protesta pas, subjugué par les phéromones qui lui engourdissaient l’esprit.
Pas tout à fait encore au goût de Yanila, quand elle l’entendit :
- Je ne devrais pas laisser Yemi.
Elle commença à onduler sur lui pour le mettre en transe et augmenter son excitation. Elle chassa ainsi de ses pensées, la moindre affection qu’il éprouvait pour la twi’lek. Car celle-ci ne comptait pas. Elle fit en sorte que les sentiments de Tobi se tournent exclusivement vers elle, seule.
- Sache que Yemi m’appartient, lui déclara-t-elle d’une voix à la fois envoûtante et despotique. Et toi, pour le reste de cette nuit, tu m’appartiendras aussi.
Elle lui baissa le pantalon, attrapa son membre pour l’introduire en elle. Elle le soumit à sa volonté comme elle l’avait fait pour Yemi, pour Valena. Car c’était cela, être Sith.


Alan Tissan faisait les cent pas dans sa chambre d’hôtel, inquiet que sa fille ne lui ait pas donné de ses nouvelles depuis quatre heures. Son dernier message indiquait qu’elle sortait d’un établissement festif huppé avant de rentrer au Clan Bancaire. Depuis, plus aucune nouvelle.
Le Jedi ne réussissait pas à percevoir sa présence dans la Force à cause de l’ysalamiri de la zeltronne qui devait l’accompagner partout où elle allait. Il ignorait ainsi si elle allait vraiment bien, il détestait l’incertitude qui en découlait.
Il avait remplacé son pyjama par ses habits verts marécages habituels, attachant son sabre-laser à la ceinture, paré à en découdre avec le Clan Bancaire tout entier s’il le fallait pour récupérer sa fille. L’heure n’était pas à la sérénité.
Jusqu’à ce que la présence de Valena ressurgisse brusquement dans la Force, un phare que l’on venait de rallumer à plein éclat. Rassuré, il décida de s’asseoir sur le lit, pour l’attendre avec impatience. La jeune femme entra sans cérémonie et Alan se leva d’un bond pour la réprimander.
- J’étais très inquiet, Valena. Pourquoi ne m’as-tu rappelé ?
Il perçut tout de suite que quelque chose n’allait pas. La colère de la corellienne brillait d’une aura si négative qu’il comprit qu’il en était la cible.
- Valena ?
Il s’apprêtait à la saisir par les épaules pour attirer son attention, quand elle invoqua la Force pour le repousser.
- Ne t’approche pas de moi !
- Valena, que s’est-il passé ? Que t’ont-ils fait ?
Elle pointa un index accusateur vers lui.
- Rien que tu n’aies déjà fait, Alan.
Elle l’avait appelé par son prénom, preuve que ce n’était pas de la simple contrariété. Le Jedi prit conscience de l’abysse qui les séparait plus profondément..
- Parle-moi, Valena. Que t’ont-ils fait ?
- Sache seulement que c’est toi qui l’a permis. Tu m’as livré à eux comme si je n’étais que de la marchandise à troquer ! Tout ça pour ton précieux Chu’unthor !
- Rien ne sera plus précieux que toi, pour moi.
- Tu mens !
Alan devint désemparé devant cette situation qu’il n’avait pas su anticiper. Sa confusion n’apaisa pas Valena, bien au contraire. Depuis Raxus Prime, depuis que son père avait trahi les enseignements Jedi en s’abandonnant à l’obscurité, un abcès avait gonflé et il était temps pour la jeune corellienne de le crever.
Elle ne pouvait plus le suivre aveuglément.
- J’en ai assez de tout ça, reprit-elle d’une voix plus maîtrisée. Ton obsession des Sith et de la sécurité du Chu’unthor t’ont fait oublier le sens des priorités, papa. Tu t’es éloigné de la voie des Jedi et de ta famille. Je pensais qu’en restant avec toi malgré ce qui s’est passé sur Raxus Prime, je pourrais te guider. Mais tu viens de me donner tort, ce soir.
- Valena, je t’en prie.
Son géniteur voulut la prendre dans ses bras mais elle le contourna pour gagner la sortie.
- Puisque ta famille a moins d’importance pour toi que le Chu’unthor, je rentre sur Corellia. Il est temps pour moi de remplir mes devoirs de Jedi là où je serai indispensable. J’honorerai ce qui a le mieux représenté notre lignée, Hedel Griffe-de-Serpent Tissan.
La mention d’un des Jedi corelliens les plus prestigieux qui avait marqué le retour de la paix après les Réformes de Ruusan, résonna comme une semonce pour Alan.
- Alors tu vas m’abandonner ? Tu vas me laisser affronter seul l’avenir incertain d’une expédition dont dépend le salut de la République.
- Je t’abandonne parce que tu l’as choisi, répliqua-t-elle avec amertume.
Ces mots composaient un adieu irréversible et il ne chercha pas à la retenir. Lorsque le battant referma derrière elle, il revint hébété vers le lit et s’effondra la tête entre les genoux, en pleurant. Le silence n’était plus troublé que par les sanglots étouffés d’un homme abandonné, qui ressentait en cet instant le poids d’une immense solitude.
Quant à Valena Tissan, elle freina devant l’entrée du turboascenseur, respirant pour évacuer le poids de la tension qui l’oppressait. Elle ne pardonnait pas à cette sorcière de zeltronne, encore moins à son propre père qui l’avait laissé, livrée à elle-même. Comment avait-il pu oser ? Tout ce qu’elle espérait, était qu’il ne revienne pas sur Corellia avant longtemps.

Chapitre 28 (1/2)

Deux semaines plus tard, Toprawa, quartier général des Rangers Antariens

Nerelas Timpel émergea de sa transe méditative lorsqu’il perçut la présence des quatre Rangers qui venaient d’entrer dans le dojo. Deux hommes et deux femmes, vêtus d’armure légère intégrale qui tenaient entre leurs mains des électrolances.
Le Jedi humain à la peau sombre, plissa sa moustache fournie avec un sourire entendu. Il se redressa d’un mouvement souple de sa position de tailleur en passant la main sur son crâne chauve. Nerelas dansa doucement sur ses pieds, se préparant sereinement pour leur faire face. Les quatre Rangers l’entourèrent après l’avoir salué.
Il en fit de même avant de les inviter :
- Quand vous voulez.
Certains des Rangers Antariens auraient pu devenir des Jedi comme Nerelas, car ils en avaient le cœur et l’esprit. Mais la Force s’est soit révélée trop tardivement, soit insuffisamment pour leur faire bénéficier des faveurs du Conseil de Coruscant. Intégrer les Rangers Antariens devenait logiquement une alternative pour ceux qui souhaitaient servir les Jedi et la République de leur mieux.
Même si le Haut Conseil ne lui accordait aucune attention depuis Coruscant, Nerelas Timpel et quelques condisciples jugeaient que cela valait la peine de servir à leurs côtés. C’était la plus belle mission qui soit.
Il se raidit lorsqu’il perçut leur détermination croître dans la Force, qui brillait chez au moins deux d’entre eux. Une zabrak et un sullustain qui s’étaient placés devant lui tandis que les deux autres avaient pris position dans son dos. Cette disposition tactique était logique car cela l’obligeait à se concentrer sur les ennemis les plus redoutables pour offrir plus de marge à ceux qui ne bénéficiaient pas d’une quelconque sensibilité à la Force.
La zabrak esquissa un pas en avant mais Nerelas savait qu’elle n’attaquerait pas la première. Ce fut le sullustain qui se lança à l’assaut, balayant l’espace qui le séparait du Jedi. Ce dernier se contorsionna en arrière, évitant la pointe de l’électrolance qui frôla son menton, picotant ses lèvres et sa moustache. Il surmonta sa gêne, ses sens aiguisés l’avertissant que ses deux adversaires derrière lui, s’apprêtaient à le surprendre.
Pivotant à demi sur son pied d’appui droit, il agrippa le manche de l’électrolance de la nautolan avant de détendre sa jambe gauche dont le talon percuta la poitrine de la créature. La non humaine grogna, rejetée en arrière avant qu’un balosar n’intervint à sa place. Il se fendit en avant, mais le Jedi l’agrippa par le col et le fit trébucher en avant, l’envoyant percuter la zabrak. Celle-ci évita la collision avec son camarade alors que le sullustain frappa Nerelas de haut en bas.
Le marbre fut marqué par l’impact de l’électrolance au sol, puis le Jedi passa dans le dos du sullustain avant d’enrouler ses bras autour du cou. Avec vigueur, il lui fit perdre l’équilibre et l’envoya au tapis. La zabrak le confronta à son tour mais il parvint à attraper le manche de son arme avant d’invoquer la Force pour la repousser. La Proche-Humaine culbuta le mur et retomba à moitié sonnée, malgré la protection de son armure. Nerelas lui avait arrachée son électrolance et la fit danser dans ses mains.
Le balosar s’avança, alternant frappes obliques et horizontales, qui n’atteignirent pas le Jedi. Celui-ci passa sous sa garde et le frappa au niveau de l’aisselle avec la pointe de l’électrolance. Le balosar perdit toute sensation au bras gauche, le forçant à lâcher son arme et à reculer précipitamment. Nerelas savait que ce n’était que temporaire.
Il fut pris de court lorsque la nautolan l’agrippa par son kimono au niveau du torse. Elle tenta une prise martiale, glissant son talon derrière son pied d’appui pour le faire chuter sur le flanc. Mais il se montra plus prompt en retirant son pied et en calant son genou contre son abdomen. Il se laissa tomber en arrière, entraînant la nautolan qui passa au-dessus de lui. Le sullustain tenta de profiter de sa position délicate pour le frapper avec son arme d’hast mais Nerelas l’écarta d’un coup de botte avant de se relever en se cambrant.
À l’aide de la Force, il augmenta la puissance de son coup de pied qui brisa net l’électrolance en deux par le milieu. Il balaya ensuite les chevilles du sullustain. À cet instant, il pensait bénéficier d’un répit mais ce n’était pas le cas.
La zabrak fonça sur lui, bien décidée à lui faire mordre la poussière. Elle enchaîna coups de poing et coups de coude, pour affaiblir sa garde mais elle ne parvint pas à le prendre en défaut. Il intercepta son poignet puis se retourna pour la faire basculer par-dessus son épaule. Au bout de quelques minutes intenses, les quatre Rangers devaient se rendre à l’évidence. Nerelas Timpel avait remporté cette manche haut la main.
Il s’inclina devant eux :
- J’ai été honoré.
Les quatre participants s’alignèrent devant lui pour le saluer :
- Nous le sommes, firent-il en chœur.
Ils quittèrent le dojo et il s’assit de nouveau en tailleur après ce court mais intense exercice. Les Rangers qu’il avait affronté, étaient de nouvelles recrues intégrées dans la milice depuis deux mois, après avoir passé des épreuves sélectives qu’ils avaient réussies. En plus d’un entraînement militaire classique, ils s’efforçaient d’affronter Nerelas ou d’autres Jedi affectés à Toprawa, pour devenir l’une des élites les plus respectées de la galaxie.
Ces petits nouveaux possédaient encore une marge de progression importante mais ils apprenaient à travailler en équipe de mieux en mieux.
Il s’apprêtait à s’immerger dans la Force mais un appel sur son comlink l’interrompit.
- Timpel, j’écoute.
- Un Jedi a demandé l’autorisation de se poser au hangar principal, l’avertit un des officiers du contrôle.
- Il arrive de Coruscant ?
- Oui, maître Timpel.
Nerelas ne montra aucun signe d’agacement apparent. De son point de vue, l’arrivée d’un condisciple de Coruscant se révélait être d’une totale hypocrisie. Le Haut Conseil avait toujours fait preuve de mépris ou de déni envers ces volontaires qui désiraient sincèrement servir l’Ordre.
- Un maître du Conseil ?
- Il ne s’est pas présenté ainsi. Devons-nous refuser l’accès ?
Nerelas projeta ses perceptions autour de lui, détectant la présence d’un Jedi qui patientait en orbite géostationnaire de Toprawa. Elle brillait d’une aura singulière qui l’intrigua.
- Maître Timpel ?
- Autorisez-le à atterrir, je vais l’accueillir moi-même.
- Vous désirez une escorte ?
- Minimale, rien qui puisse perturber le fonctionnement classique de la base.
- Très bien.
Nerelas Timpel éteignit son comlink, curieux de rencontrer ce Jedi. Il sentait dans la Force que cette rencontre marquerait une nouvelle étape de son existence.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mer 26 Juil 2023 - 19:42   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Fin du Chapitre 27 et début du 28 lus!

Bon, enfin, les actes de Yanila ont des conséquences! Je trouve ça un peu facile, mais bon, cela permet de davantage isoler Alan de sa famille. Et Yanila refait sa Yanila dans la foulée... :neutre:

Du coup j'ai largement préféré le début du 28 en fait!

Vivement la suite! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar mat-vador » Jeu 27 Juil 2023 - 21:19   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour :wink: !

Et à samedi pour la suite du chapitre 28 :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 29 Juil 2023 - 21:43   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

D'abord, quelques images :

Image

Image

On continue donc de découvrir les Rangers Antariens :sournois: !


Chapitre 28 (2/2)

Le quartier général des Rangers Antariens avait été bâti, trois siècles auparavant, dans les chaînes montagneuses dans l’hémisphère nord de Toprawa. Supervisé par Marus Timpel, l’ancêtre de Nerelas, un complexe avait été installé sur un col, comprenant dortoirs, champs de tirs et de manœuvre, salle d’armes permettant de faire des Rangers Antariens des guerriers dignes de l’Ordre. Un statioport avait été installé de l’autre côté de la vallée, permettant un accès depuis l’extérieur. Une liaison par train aérien avait été établie entre les deux cols, et c’était le moyen de transport que Nerelas utilisait maintenait pour rallier le statioport et accueillir le Jedi qui attisait sa curiosité.
Il avait revêtu ses habits traditionnels, recouverts d’un épais manteau qui le protégeait du froid. À travers les vitres, la tempête de neige faisait entendre ses hurlements tandis que le vent fouettait la rame, sollicitant la fiabilité du rail et des mécanismes qui y étaient greffés. En-dessous de lui, s’enfonçait un gouffre de plusieurs centaines de mètres dont le fonds n’était pas visible à cause de la tempête.
L’horizon disparut brutalement lorsque le train s’engouffra dans un tunnel pour freiner devant un quai où étaient parqués plusieurs containers, des recrues qui venaient d’arriver sur Toprawa pour être formés et quelques soldats revenant de permission.
Nerelas se leva de son siège puis quitta le train. Les marchandises furent chargées par des droïdes à l’intérieur et les recrues les accompagnèrent, encadrés par les permissionnaires. Le Jedi les salua de quelques gestes avant de se diriger vers le hangar principal. Sur le seuil, l’attendait une caporale et cinq Rangers Antariens recouverts de leur uniforme bleu marine. La femme – une falleen – rajusta son képi et s’avança pour l’accueillir au garde-à-vous.
- Maître Timpel.
- Bonjour, caporale Cinith. Rien à signaler ?
La Proche-Humaine à la peau verte assombrie, esquissa un sourire malicieux.
- Une jambe cassée lors d’une course de ski, hier.
Il hocha la tête, jaugeant l’escouade qui l’accompagnait.
- Nous accueillons un grand ponte, monsieur ? Demanda la caporale.
- Nous savons qu’il arrive de Coruscant mais qu’il n’est pas membre du Haut Conseil. Pas besoin de cérémonial pompeux et ronflant. Montrez-lui seulement le respect qui lui est dû.
- Bien, monsieur.
Cinith se tourna vers ses hommes pour s’assurer qu’ils avaient entendu et compris. Puis le groupe entra dans le hangar. Devant eux, s’alignaient plusieurs navettes de transport et de fret qui ravitaillaient la base et servaient de patrouilles aériennes. Deux d’entre elles venaient de décoller de la plate-forme d’appontage, encombrée de personnel et de droïdes de maintenance qui s’occupaient de sécuriser l’arrivée imminente de nouveaux vaisseaux.
L’un d’eux amenait le visiteur attendu. Le souffle des moteurs ioniques balaya leur silhouette lorsque le navire sidéral termina ses manœuvres d’approche avant que l’écoutille ne fut déverrouillée pour laisser sortir, un humain blond barbu. Le premier aspect qui frappa Nerelas, était la couleur verte marécage de ses habits traditionnels de l’Ordre.
La venue d’un Jedi corellien sur Toprawa était certes inattendue mais cela restait mieux que de supporter un de ces dandys de Coruscant, donneur de leçons et imbus de leur personne. Dans la Force, Nerelas sentit son escorte se détendre autant que lui, car ils avaient compris la nature de leur visiteur.
Le Jedi corellien tendit une main amicale que Nerelas s’empressa de serrer vigoureusement entre ses mains.
- Je suis Alan Tissan, se présenta le visiteur.
- Bienvenue sur Toprawa, maître Tissan. Je suis Nerelas Timpel, un des Jedi affectés à la garde du système auprès des Rangers Antariens.
Il s’écarta pour présenter la caporale Cinith au corellien, ainsi que l’ensemble de la garde. Après ces préliminaires, Alan demanda d’un air de conspirateur :
- Peut-on parler en privé, maître Timpel ?
Nerelas croisa son regard avec perplexité. Ce n’était pas une visite de courtoisie, en fin de compte. Il avait cependant pressenti quelques instants auparavant que le corellien en viendrait au motif principal de sa visite.
- Puis-je vous faire visiter la base avant ? Proposa-t-il. Nous pourrons commencer à parler pendant le trajet.
Alan se dérida, prenant conscience de sa rudesse ordinaire.
- Ce serait un plaisir, accepta-t-il.
Ils retournèrent au train qui les ramena à la base en quelques minutes. Alan se rendit compte rapidement de l’étendue du complexe construit plusieurs décennies auparavant, lorsqu’ils arpentèrent une large passerelle qui lui permettait de surplomber les différentes sections du quartier général.
Ce qui permit au corellien de découvrir les activités des soldats, composées de séquences d’exercice physiques exigeants, de séances martiales ou d’exercice de manœuvre sur des champs de bataille reproduits fidèlement à la réalité des terrains difficiles en complément d’éléments climatiques difficiles. Comme le lui expliqua la caporale Cinith, cet entraînement sévère permettait aux Rangers Antariens de faire partie de l’élite de la galaxie. Une escouade affrontait des droides massifs dans une plaine enneigée inspirée du monde glacial de Hoth. Munis de fusils blaster lourds émettant des pulsations électromagnétiques, ils progressaient en parfaite coordination, prenant peu à peu le dessus sur les automates rigides.
Nerelas constatait à quel point son hôte était fasciné par cet exercice.
- J’ai hâte de les voir à l’œuvre, confia le corellien.
- Espérons que cela n’arrivera pas trop souvent, répondit la falleen.
- Je suis d’accord avec Cinith, appuya Nerelas. Les meilleurs éléments mettent du temps à être formés et nous préférons éviter de gaspiller nos ressources.
- Partent-ils souvent en mission ?
- Parfois, rectifia Cinith. Il s’agit de contenir des insurrections locales ou de nettoyer certains secteurs d’activités pirates à la demande de la République.
Alan grimaça à ses derniers mots.
- Vous parlez du gouvernement ou de d’autres intérêts privés ?
La saillie surprit Nerelas mais il garda sa contenance.
- Les Rangers Antariens sont au service de l’Ordre et de la République, maître Tissan. Cela comprend aussi bien les simples citoyens qui ont besoin de notre protection que les corporations comme le Clan Bancaire, qui soutient le projet Chu’unthor. Dont vous êtes l’un des parrains, si ma mémoire est bonne.
Alan soutint alors son regard assuré. L’autre Jedi ne parvint à pas déceler dans ses yeux, la moindre intention au sujet de sa visite.
- Est-il arrivé que les Rangers soutiennent directement les corporations contre les citoyens ?
Cette fois, la falleen réagit abruptement.
- Nous ne nous abaissons jamais à cela. Et nous le faisons comprendre à chaque banquier muun véreux et chaque larve de neimodien qui l’oublierait.
- C’est bon à savoir.
Le corellien paraissait satisfait de l’intégrité affichée par la caporale, qui traduisait l’état d’esprit de tous ses camarades.
- Vous ne possédez pas de flotte, fit-il remarquer.
- Si c’était le cas, nous attirerions la colère du Sénat sur nous car cela violerait la démilitarisation votée après les Réformes de Ruusan, appuya le Jedi de Toprawa..
- Si vous dites vrai, insista Alan, la République ne posséderait pas d’armée non plus. Et pourtant vous êtes là.
- Nous sommes plus un groupe de soutien de la République qu’une armée. Au cas où la diplomatie ne suffirait pas à démêler certains conflits, dit la caporale. C’est pourquoi le Haut Conseil Jedi nous tolère, à défaut de nous accepter.
Nerelas décida à cet instant que le temps des non dits était passé.
- Peut-être est-il temps de révéler la véritable raison de votre venue sur Toprawa, maître Tissan.
- Je préférerais que nous poursuivions cette conversation en privé, maître Timpel.
- Si votre requête concerne directement les Rangers Antariens, vous devez rencontrer le général Emana.
Alan comprit aisément que ce vœu de Nerelas ne souffrit d’aucune discussion. La caporale Cinith et l’escorte qu’elle dirigeait, prirent congé pour laisser les deux Jedi rencontrer le commandant des Rangers Antariens.


Lyseth Emana examina la carte des systèmes stellaires traversés par la Route Commerciale de Rimma, dans le quadrant sud de la galaxie. Plus précisément, les frontières du système Dagobah bien au-delà de la planète Eriadu qui représentait la frontière de la République sur cette voie stratégique.
Le gouverneur Tarkin avait demandé que soit éradiquée la menace d’un groupe de pirates qui sévissait non loin de son domaine. Il avait déposé sa requête devant le Sénat et le Chancelier Suprême quelques semaines auparavant, sollicitant toute l’aide disponible qui pouvait lui être accordé. Malgré les réticences de l’ensemble de l’Ordre Jedi, le Haut Conseil intervint auprès du congrès pour proposer l’appui des Rangers Antariens qui bénéficieraient d’un soutien logistique pour débusquer et détruire la base pirate.
La commandante chagrienne avait reçu la semaine dernière, le rapport des pertes suite au succès de la mission de pacification. Elle s’entretenait à cet instant dans la salle de guerre du quartier général, contigu à ses quartiers au sommet de la base, avec les officiers et deux Jedi affectés avec Nerelas Timpel sur Toprawa. Lyseth s’assurait que les morts avaient été rapatriés à leur famille ou que ceux qui n’en possédaient point seraient inhumés sur Toprawa même. Les blessés étaient pris en charge au centre médical et des psychologues les accompagnaient pour gérer les syndromes de stress post traumatique.
Elle mettait un point d’honneur à être digne des hommes et des femmes qu’elle menait depuis cinq ans. Les deux Jedi encapuchonnés se tenaient à l’écart, ne perdant cependant rien des échanges entre la générale Emana et ses officiers. Ces derniers confirmaient la pacification d’une partie de la Route Commerciale de Rimma tout en informant la chagrienne de l’émergence de nouveaux foyers de tension dans les systèmes périphériques de la République comme les querelles sniviennes sur Cadomai ou les menaces de représailles des peuples aquatiques de Mon Calamari contre les pillards de Munto Codru qui empiétaient régulièrement sur leurs frontières stellaires. Autant de point chauds que les Rangers Antariens devaient contenir en servant de force d’interposition, ce qui convenait parfaitement à leur rôle de gardiens de la paix au même titre que les Jedi, qui leur servaient d’exemple.
La non humaine de quarante ans appuya ses mains sur la table, ruminant les rapports qui lui étaient remis. Il lui faudrait planifier de nouvelles interventions avec la permission du Chancelier Suprême, des Jedi et des parties concernées. Elle remua ses épais lekkus charnus et cornés qui descendaient sur ses épaules avant de relever la tête vers Nerelas Timpel et un visiteur en habits verts marécages. Ceux-ci venaient d’entrer discrètement, attendant la fin de la réunion.
Au bout d’une minute, Lyseth leva une main pour interrompre la réunion.
- Nous reprendrons plus tard, fit-elle à ses officiers.
Les cartes furent éteintes et ses officiers ramassèrent leurs datapads en silence avant de quitter la salle de guerre. Nerelas et Alan patientèrent avant de s’approcher de la chagrienne qui les accueillit d’un hochement de tête.
- Générale Emana, permettez-moi de vous présenter le Jedi corellien Alan Tissan.
- Générale, c’est un honneur, répondit l’ancien apprenti de Keiran Halcyon en s’inclinant devant elle.
- Enchantée, maître Tissan. Bienvenue sur Toprawa, chez les Rangers Antariens.
- Je m’excuse de ne pas vous avoir prévenu de mon arrivée mais je tenais à ce que le Conseil de Coruscant ignore que je suis venu ici pour le moment.
Lyseth croisa les bras en fronçant imperceptiblement les sourcils. Elle connaissait Alan Tissan de réputation et elle se demandait si elle pouvait l’accueillir comme un vieil ami. Bien que éloignée de la capitale galactique, la chagrienne se tenait informée sur les bulletins officiels et des rapports plus officieux de certaines sources.
Elle savait par exemple qu’il n’était pas en odeur de sainteté auprès de l’ensemble de l’Ordre Jedi.
- J’espère que ce ne posera pas de problèmes quand ils le sauront, maître Tissan.
Alan comprit le message. La chagrienne n’accepterait pas d’être placée dans une posture gênante qui la mettrait en porte-à-faux.
- Maître Timpel m’a fait visiter votre base. L’entraînement des Rangers Antariens est impressionnant, complimenta-t-il.
Elle daigna sourire pour la forme.
- Vous n’avez pas pris la peine de voyager jusqu’ici pour mesurer la qualité de nos Rangers, insinua-t-elle.
- C’est vrai. En fait, j’ai pensé qu’ils seraient importants pour assurer la sécurité du Chu’unthor, le projet que je soutiens depuis des années.
Alan perçut leur surprise avant que Nerelas ne réagit.
- Il n’a jamais été question que nos troupes se chargent de sa protection. Qu’est-ce qui a changé ?
- Officiellement, rien, répondit le corellien.
La chagrienne se pencha avec une grimace sans équivoque.
- Les investisseurs ont peur de ne plus retrouver leur capital, lança-t-elle avec un dédain à peine dissimulé.
- Certains souhaitent bénéficier de certaines garanties, quitte à poser plus de crédits sur la table de sabacc qu’ils n’en ont déjà posé. Je suis leur porte-parole, un rôle que j’ai accepté de jouer bien que ce ne soit pas officiel.
- Le projet Chu’unthor a déjà coûté bien assez cher, nous sommes au courant des dernières difficultés qui ont émaillé le vote sur la poursuite du financement. Je ne suis pas certain que le Sénat et le Chancelier acceptent d’accroître les frais, fit remarquer Nerelas.
- C’est pour cela qu’ils ne sont pas mis dans le secret, appuya Alan. Comme vous l’avez rappelé, il n’a pas été facile de convaincre les sénateurs de continuer le chantier du Chu’unthor.
- J’imagine le scandale si cela se sait, je ne suis pas motivée à l’idée de participer à cette farce, maître Tissan. Vous engageriez votre réputation, celle de vos mystérieux investisseurs… et la nôtre, insista la générale. C’est un gros risque que vous prenez.
- Cela en vaut la peine, martela le corellien. L’Ordre Jedi ne tient pas à ce que les passagers se perdent dans un trou noir ou soient victimes d’une attaque.
- Je croyais que les Jedi suffisaient à leur propre sécurité, se moqua-t-elle.
- C’est un risque que personne ne voudrait courir.
Il montra une datapuce dans la main et l’inséra dans la table de guerre. Tous trois examinèrent les silhouettes holographiques des frégates de classe militaire en forme de marteau, que Alan avait déjà présentées à la sous-directrice Setcha Damask.
- Le Chu’unthor ne disposant pas de défenses militaires, expliqua-t-il, une flottille modeste mais dissuasive l’escortera. Les investisseurs soucieux s’engagent à financer sa construction dans un chantier spatial éloigné mais discret, qui n’attirera l’attention de personne. Les ouvriers ont déjà été recrutés et seront bientôt envoyés, il ne restera plus qu’à former les équipages.
- Maintenant, je comprends les raisons de votre venue, soupira Nerelas.
La chagrienne croisa le regard de Alan.
- Je devine que la demande en hommes sera importante.
- Je l’ai évalué à plusieurs centaines, sans compter les droïdes qui s’occuperont de l’entretien et de la manutention.
- Vous vous rendez compte, maître Tissan, que cela représente une part non négligeable de nos effectifs. Quelqu’un finira par s’en apercevoir, et il faudra que je justifie un transfert aussi important, déclara la non humaine.
- Si vous transférez le personnel en une seule vague, cela se remarquera en effet, suggéra le corellien avec un sourire confiant.
Elle s’apprêtait à répliquer que la gestion du personnel de la base ne le regardait en rien mais elle se retint.
- Combien de vagues seront nécessaires ? Demande Nerelas.
- Autant qu’il le faudra, la discrétion reste de mise. Quelques dizaine de Rangers doivent être envoyés à Yaga Minor dans deux semaines et il faudra maintenir ce rythme jusqu’à ce que suffisamment d’équipages soient constitués et formés à la navigation sur ces vaisseaux.
- Je n’aime pas être obligée de jouer un double jeu, même si vos raisons sont valables. Offrez-moi des garanties.
Alan demeura serein devant l’ultimatum de la générale Emana.
- Ceux qui permettront de construire cette flotte secrète, s’engagent aux côtés des Rangers Antariens pour améliorer leur recrutement, leurs moyens et leur rayon d’action.
- Devons-nous leur faire confiance ? Insista la chagrienne, suspicieuse.
Sa question s’adressait à Nerelas Timpel dont le silence en disait long sur son indécision.
- Entendons-nous, maître Tissan. Un point me paraît essentiel sur la loyauté des Rangers Antariens, lança l’humain à la peau sombre. Quelque soit l’engagement de ceux qui vous ont envoyé ici, ils ne serviront que la République, les citoyens et l’Ordre Jedi. C’est pour cela qu’ils ont été constitués et nous n’accepterons jamais que cette allégeance soit dévoyée au nom des millions de crédits qui seront versés.
- Je suis d’accord, approuva le corellien en reprenant la datapuce après avoir éteint les schémas holographiques des frégates Hammerhead. Je ne manquerai pas de le leur rappeler.
Nerelas usa de la Force pour sonder sa sincérité. Une aura mystérieuse émanait de leur visiteur mais elle ne contenait rien concernant des intentions dissimulées sur l’implication des Rangers Antariens au profit du Chu’unthor.
Il hocha la tête en direction de Lyseth qui se détendit.
- Maître Tissan, les Rangers Antariens participeront à l’épopée du Chu’unthor, annonça-t-elle. Tout bien réfléchi, l’idée de jouer un petit tour à ces membres arrogants du Conseil Jedi est plaisante.
Alan s’inclina pour la remercier puis quitta la salle de guerre. Depuis son comlink, il envoya peu après le message convenu à madame Damask pour transmettre la bonne nouvelle. Il n’était pas à l’aise de trahir la confiance de Ivixa Delbaeth et Fin So Rowan, qu’il avait conservés dans l’ignorance. Leur réaction promettait d’être virulente quand le secret serait éventé.
Mais il accomplissait tout cela pour de bonnes raisons, il en était convaincu. Le Chu’unthor était la clé du destin de la République et de la galaxie, il devait être protégé contre ses ennemis. La vision du naufrage de ce grand vaisseau ne le quittait jamais. S’il le fallait, il était prêt à subir l’opprobre de tous.
Il espérait seulement que tous ceux qui comptaient pour lui, le comprendraient finalement. Il priait que sa fille Valena le comprenne un jour.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mar 01 Aoû 2023 - 22:08   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Deuxième partie du Chapitre 28 lue !

Aaaaah, là, je retrouve mon mat ! Celui qui nous crée de nouvelles factions, qui élabore de nouvelles alliances, celui qui nous propose un Conseil Jedi aux pâquerettes, bref, celui qui nous donne envie d'être à samedi prochain pour avoir la suite, tout de suite ! :oui: Et l'idée de nous proposer le look des Rangers Antariens via les deux images est bonne, n'hésite pas à renouveler cela ! :wink:

Donc, comme je le disais plus haut : vivement la suite ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar mat-vador » Jeu 03 Aoû 2023 - 20:29   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour, L2 !

L2-D2 a écrit: :oui: Et l'idée de nous proposer le look des Rangers Antariens via les deux images est bonne, n'hésite pas à renouveler cela ! :wink:


J'essaierai :wink: !

L2-D2 a écrit:Celui qui nous crée de nouvelles factions, qui élabore de nouvelles alliances, celui qui nous propose un Conseil Jedi aux pâquerettes, bref, celui qui nous donne envie d'être à samedi prochain pour avoir la suite, tout de suite !


Ça c'est un com qui fait vraiment plaisir :whistle: ! Nouvelles factions et nouvelles alliances, y en aura :wink: !
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Messagepar mat-vador » Sam 05 Aoû 2023 - 20:40   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Plus que deux ans avant l'inauguration du Chu'unthor et le début du grand voyage ! Mais avant, il reste quelques détails à régler :sournois: !



Chapitre 29

Coruscant, Cité Galactique, 352 années avant la bataille de Yavin IV
deux ans avant l’inauguration du Chu’unthor

Dans les niveaux supérieurs de la Cité Galactique, des centaines de clients se pressaient devant l’entrée d’un établissement huppé, répondant aux exigences de la haute classe qui peuplait ce quartier nanti. Les vigiles baraqués qui gardaient l’entrée du Plaisir de l’Ambre, s’employaient à maintenir inviolé l’accès aux lieux jusqu’à l’heure d’ouverture. Le moment venu, les portes furent ouvertes et les clients en possession d’un précieux sésame, rigoureusement contrôlé, emplirent peu à peu les étages de l’immeuble de plus de cinquante étages.
Contenant restaurants, cabarets et d’autres endroits répondant à des demandes… particulières, le Plaisir de l’Ambre s’apprêtait comme tous les autres soirs, à engranger des profits colossaux à sa tenancière qui était la gérante et la propriétaire de ces lieux. Celle-ci avait installé son bureau au dernier étage de l’établissement pour plus de confort et de discrétion.
Yanila, assise à sa table ovale en transparacier, surveillait ce flux ininterrompu qui déferlait via les holocaméras qu’elle avait fait installer dans tous les étages. La jeune zeltronne de dix huit ans, en chemisier blanc et en minijupe sombre, avait repris depuis plusieurs mois cet immeuble qui était une résidence. Grâce à l’appui du Clan Bancaire et avec la compréhension grassement rémunérée des autorités, les résidents furent encouragés à déménager de leur plein gré vers d’autres horizons et les travaux permirent de modifier totalement la structure des lieux assez rapidement. Elle avait inaugurée l’établissement deux mois auparavant, et le succès devint immédiat. Tout le gratin de Coruscant et de la République souhaitait s’amuser ici ou du moins y être vu, par prestige.
Des dignitaires plus ou moins influents, des entrepreneurs plus ou moins fortunés venaient de mondes très éloignés pour profiter du Plaisir de l’Ambre qui répondait à tous les désirs.
C’était en fonction de cela que Yanila avait fait recruter son personnel parmi ses congénères de Zeltros notamment pour les étages répondant aux demandes… particulières des clients. Pour ces derniers, des chambres avec hôtes ou hôtesses ainsi que des donjons avaient été aménagés pour satisfaire leurs désirs inavoués en toute discrétion.
Discrétion toute relative puisque des holocaméras et des micros étaient installés dans toutes les chambres, enregistrant à la fois les images de leurs… prestations en galante compagnie et les informations qu’ils pouvaient laisser échapper sur l’oreiller, mêmes minimes. Ces données étaient collectées dans des datapads et des ordinateurs par Yemi qu’elle avait fait affranchir et qu’elle employait maintenant à son service, avec un salaire respectable, bien au-dessus du niveau de vie moyen de la Cité Galactique.
La jeune twi’lek en robe de soirée élégante se tenait debout à ses côtés, savourant la liberté qui lui avait été rendue. Les rapports avec la zeltronne s’étaient formalisés en relation patron-employée et non plus maître-esclave.
Yemi examinait les listes des clients de la soirée sur les datapads pour identifier ceux ou celles qui nécessitaient une attention plus spécifique, en fonction de leur position politique ou économique avantageuse. Grâce à des algorithmes mis en place, elle sélectionna rapidement les plus prometteurs qu’elle montra à sa patronne.
Cette dernière se détourna des images retransmises par les holocaméras. Les yeux mauves balayèrent les noms en aurebesh de haut en bas.
- Tiens, fit-elle subitement. Le fils du banquier Patleyn nous honore de sa visite ce soir.
- Il est venu au restaurant du premier étage, la semaine dernière avec sa fiancée, madame Zeviya.
Elle l’appelait « madame », comme pour continuer à perpétuer ce rapport de vassalité entre elles. Ce qui convenait parfaitement à la zeltronne, qui reconnaissait les mérites de Yemi sans pour autant accepter qu’elle se hisse à son niveau.
Yemi n’était pas Sith et ne saurait jamais ce que cela impliquait. C’était ainsi.
- Pour officialiser leur relation et préparer leur mariage si j’en crois les derniers enregistrements, affirma la twi’lek qui pianota sur son datapad.
- Il est encore venu accompagné ?
- Pas cette fois.
Yanila se pencha vers les hologrammes, intriguée. Elle se mit à le chercher fébrilement, alors que son ysalamiri trottait paresseusement sur sa table de transparacier pour venir se frotter contre elle. Elle le caressa au cou, avant de retrouver sur ses écrans un jeune humain bedonné et joufflu qui entra une des chambres.
- Il a décidé de monter en gamme, lâcha la twi’lek.
Malgré l’absence de la Force dont elle était privée à cause de l’ysalamiri, la jeune Sith avait perçu le sarcasme dans sa voix. Le fils du banquier avait en effet jeté son dévolu sur un donjon du Plaisir de l’Ambre, pris en charge par une dominatrice zeltronne en combinaison moulante de cuir.
Elle sourit, en y voyant une opportunité à ne pas manquer.
- Yemi, je tiens à ce que sa séance soit enregistrée.
- Dois-je le stocker dans les archives de l’établissement ?
- Tu me laisseras d’abord une copie que je transmettrai aux bons intermédiaires. Comme d’habitude.
- Très bien, madame Zeviya.
Les deux jeunes femmes s’attardèrent sur d’autres noms, qui n’étaient rien d’autres que des cibles à compromettre. Tout ce qui était soigneusement enregistré et compilé, constituait en effet des moyens de pression visant à accroître l’influence des Sith à plus ou moins long terme. En coordination avec Dark Mungol, des concurrents étaient neutralisés ou réduits à l’impuissance grâce au chantage.
Il leur suffisait de jouer sur la peur de perdre une réputation flatteuse. Le banquier Patleyn en ferait les frais, grâce aux frasques de son rejeton et héritier. Celui-ci plierait sous le joug, comme tant d’autres. Cela l’obligerait à céder des actions boursières à bas prix au Clan Bancaire et à ses partenaires, ou des relations politiques locales ou interstellaires que les Sith récupéreraient à leur profit, pour mettre en œuvre leurs autres plans. La toile se tissait et se densifiait, lentement mais sûrement.
Yanila demanda à son droïde sonde 2-B-1 qui ronronnait dans un coin de la pièce, près de la porte, d’apporter des rafraîchissements. Elle tinta peu après son verre contre celui de Yemi, s’offrant toutes deux un moment de détente. La twi’lek se mit à caresser l’ysalamiri qui s’étira les pattes courtes et accepta en outre une pâte nutritive. L’ancienne esclave éprouvait maintenant de l’affection pour l’animal de compagnie qu’elle appelait Tikki.
La jeune Sith avait adopté ce nom qu’elle trouvait mignon.
Elle surprit alors le regard étrangement intense de la twi’lek qui avait rivé ses yeux sur les holos. Malgré l’absence de la Force, les phéromones qu’elle avait secrétés dans la Force lui transmirent sa peur.
- Yemi ?
- Ils sont ici, madame.
À travers son ton tremblant, la zeltronne sut quels visiteurs indésirables elle mentionnait. Les holoimages visionnaient un groupe de cinq individus qui avait réussi à franchir l’entrée de l’établissement sans éveiller les soupçons de la sécurité. Ils s’étaient engouffrés dans le turboascenseur lorsque la Sith déclara :
- Je peux gérer ça seule. Emmène Tikki avec toi.
- Je devrai appeler les Forces de Sécurité, suggéra 2-B-1.
- Ne les appelle que lorsque je te le dirai.
La Force afflua de nouveau en elle lorsque la twi’lek se retira avec 2-B-1, en serrant l’ysalamiri contre sa poitrine. La zeltronne se préparait à la confrontation, ôtant ses escarpins des pieds pour ne pas handicaper sa liberté de mouvement. Elle fit craquer les articulations de ses doigts, serrant puis desserrant les poings.
Elle pouvait ressentir leur présence emplie de détermination et de cruauté avant qu’ils ne surgissent dans son bureau, certains de leur force. Quatre trandoshans, robustes créatures humanoïdes à l’apparence de lézards féroces escortaient un anzati qui marchait à leur tête. Ce dernier possédait une apparence proche des humains, si ce n’est des yeux dépourvus de toute étincelle de bonté, des traits grossiers et creusés et un nez épais, sous lequel étaient logés d’étranges appendices crochus. Yanila s’était laissée déstabiliser lors de leur première rencontre mais cette fois, elle avait retenu la leçon. Une semaine s’était écoulée et elle se sentait beaucoup plus sereine, d’autant plus qu’elle avait éloigné Tikki et Yemi.
L’anzati du nom de Ef’tah avait menacé la twi’lek devant Yanila, ce qui avait rendu l’entretien infernal. L’enjeu n’était ni plus ni moins que le reversement d’une partie des bénéfices de l’établissement envers le syndicat du crime qu’ils représentaient. Le Soleil Noir.
La Sith avait été contrariée de découvrir qu’elle avait attiré leur intérêt, sans doute par le biais d’un des pontes de ce milieu criminel qui avait apprécié le Plaisir de l’Ambre. Un ponte qui désirait l’acquérir pour son propre compte.
Les cinq malandrins travaillaient en effet pour le Vigo du Soleil Noir, Yufil et ils revenaient pour convaincre une nouvelle fois, la jeune zeltronne d’accepter l’offre généreuse du Vigo. Ou de plier bagage en cas de refus.
Aucune de ces options n’était admissible et elle comptait le leur faire comprendre à sa façon. Les trandoshans se déployèrent derrière l’anzati, bloquant la seule issue qui permettait d’entrer et de sortir de la pièce. Bien, la teneur de la discussion s’annonçait clairement. Les prochaines paroles seraient tout sauf amicales, avec de possibles conséquences collatérales. L’anzati s’avança de quelques pas.
- Madame Zeviya, avez-vous réfléchi à notre offre ?
- Non, je n’ai pas pris cette peine. Ma réponse sera la même que la dernière fois.
L’anzati passa la main sur son menton, lissant le bouc fourni qui chutait.
- Comme c’est dommage que vous le pensiez ainsi, jeune fille. Au fait, où est passée cette délicate secrétaire twi’lek ? J’aimerais lui rendre une petite visite très prochainement. Une petite visite où je lui prodiguerais toute l’attention qu’elle mérite.
Le ton suave qu’il employait masquait le sinistre projet qu’il nourrissait à l’encontre de Yemi. Un frisson désagréable parcourut l’échine de la zeltronne qui ressentait depuis le temps, une affection sincère et amicale à l’encontre de l’ancienne esclave.
- Inutile de perdre votre temps à la chercher, asséna sèchement Yanila. Je lui ai donné un congé et elle n’a pas précisé où elle l’utiliserait.
Ef’tah poussa un soupir résigné.
- Quel dommage, sa soupe aurait été si nourrissante.
- Vous ne la méritez pas.
L’un des trandoshans grogna vers l’anzati.
- Arrêtons de perdre du temps, Ef’tah. Le boss veut qu’on en finisse !
Le non humain arbora un étrange sourire funeste.
- On se détend, j’en ai presque fini. Le vigo Yufil est très intéressé de reprendre cet établissement et je lui donnerai satisfaction.
La garde d’une vibrolame apparut tout à coup dans sa main droite. Il fixait maintenait Yanila avec une inquiétante avidité.
- Je m’attendais à ce qu’une zeltronne soit plus effrayée par notre venue, madame Zeviya. C’est en tout cas l’impression que vous m’avez donné lors de notre première conversation. Mais vous possédez plus de courage et de conviction que je ne le pensais. Votre soupe sera divine. Considérez cela comme un honneur.
La jeune Sith se raidit instinctivement lorsque les quatre trandoshans s’approchèrent à leur tour.
- Emparez-vous d’elle, glissa l’anzati. Je commence à avoir faim.
D’un coup d’œil vers le bas, l’adepte du Côté Obscur s’assura d’avoir retiré ses escarpins des pieds avant de passer à l’action. Elle repoussa sa chaise en arrière en se levant puis bondit d’un saut acrobatique par-dessus la table.
Ses jambes détendues écartées repoussèrent simultanément les deux trandoshans restés derrière. Leurs autres congénères rugirent en dégainant leur blaster.
- Ne la tuez pas ! Ordonna l’anzati qui restait en retrait. Je veux sa soupe !
Yanila désarma le trandoshan sur sa droite d’un coup de pied sauté. Puis elle se laissa tomber au sol pour frapper l’autre créature reptiloide à la rotule. Bien que robuste, la créature hennit en sifflant, se mettant à boiter, avant que la zeltronne ne s’empara de son blaster d’une prise martiale instantanée. Elle le retourna immédiatement contre lui, le foudroyant au front d’un tir bien placé. L’expression du mercenaire se figea à jamais de stupéfaction avant que ses congénères ne subissent le même sort. Leurs cadavres avaient à peine refroidi que l’anzati se confronta à elle.
Elle comprit rapidement que l’anzati était un adversaire d’un calibre supérieur lorsqu’il passa sous sa garde pour tenter de la poignarder au sternum. Elle se décala avec souplesse mais pas assez rapidement pour éviter la lame qui l’atteignit au triceps gauche.
Elle se connecta davantage au Côté Obscur sous le coup de la douleur qu’elle canalisa en surplus d’énergie. Cela excita l’anzati dont les yeux luisaient d’une lueur blafarde alors que des appendices crochus se détachaient de ses joues pour s’agiter follement, pris de frénésie. Yanila savait que c’était par ce biais que les anzatis aspiraient le cerveau de leur victime pour alimenter ce qu’ils appelaient, « la mer de la mémoire ». Dans leurs croyances, l’esprit de leurs victimes permettait d’accroître leur conscience. Une nourriture particulière qui devenait une drogue pour les plus dangereux d’entre eux, ce qui en faisait des tueurs redoutables.
Bien évidemment, la jeune Sith ne tenait pas à partager sa soupe.
- Votre soupe est enivrante, lui glissa Ef’tah qui agitait sa vibrolame avec une grâce mortelle. Ce serait dommage que je vous tue avant que je ne la goûte.
- La seule chose que tu goûteras, anzati, c’est la mort que je t’accorderai.
Il fronça les sourcils.
- Quelle présomption, je ne crois pas que vous ayez les talents requis.
Elle tendit la main vers un de ses escarpins qui vola vers sa paume, sous le regard surpris de l’assassin.
- Jedi ? S’exclama-t-il.
La zeltronne laissa flotter un sourire triomphant, Ef’tah paraissant déconcerté par ce paramètre qu’il n’avait pas prévu.
- Je suis prête à te laisser partir pour que tu annonces ton échec à ton vigo.
- J’ai une réputation à défendre.
Il bougea subitement à une vitesse surhumaine, faisant passer sa vibrolame d’une main à l’autre avec dextérité pour la submerger sous une vague d’attaque dévastatrices. Un adversaire autre que Yanila aurait été déchiqueté à la poitrine, à la gorge et à l’abdomen. Mais il n’avait frappé que le vide, la Sith ayant gardé deux coups d’avance sur lui.
Celle-ci contre attaqua avec son escarpin, le visant aux endroits sensibles avec le talon effilé. Pris de court, il recula en tentant de se protéger le visage et le corps avec les bras. Elle lui planta peu après le talon en-dessous du coude, le forçant à lâcher sa vibrolame qui claqua au sol. La panique le gagna, alors que l’issue devenait de plus en plus certaine.
Au bout de quelques instants de confrontation intense, elle lui enfonça la pointe de l’escarpin dans la trachée, lui coupant la respiration. Elle lui balaya les chevilles avec son mollet et l’acheva finalement par une prise d’étranglement avec ses bras, lui brisant la nuque.
Elle se redressa, reprenant le contrôle de sa respiration, contemplant les cinq cadavres à ses pieds. 2-B-1 et Yemi revinrent peu après. La twi’lek qui tenait l’ysalamiri dans ses bras, plaqua une main devant sa bouche, choquée par la scène.
- Madame Zeviya, vous êtes blessée ?
La zeltronne vit le sang qui tachait la manche de son chemisier.
- Ce n’est rien, juste une entaille.
- Vous devriez aller au centre médical, vous faire soigner.
Yanila s’avança pour lui caresser la joue et secréta des phéromones pour l’apaiser.
- Chut, ce n’est rien du tout, Yemi. Tu veux bien m’apporter la trousse de secours ?
- Euh oui, madame Zeviya.
- Il est inconsidéré tactiquement de votre part d’avoir mené ce combat seul, commenta le droïde. Dois-je appeler les Forces de Sécurité ?
- Réflexion faite, non. Cela ferait fuir la clientèle, ce ne serait pas bon pour les affaires. Contacte madame Damask, qu’elle nous envoie des nettoyeurs.
Ils obéirent tous deux sans opposer plus de difficultés. La twi’lek posa l’ysalamiri sur la table, le laissant trotter sur la surface avant de s’absenter et de faire le nécessaire. Elle revint quelques minutes plus tard avec la trousse médicale, rejoignit sa patronne qui avait retiré son chemisier à la manche déchirée et trempée d’une teinte écarlate. Elle aida Yanila à désinfecter sa plaie puis à la suturer avant de recouvrer le tout d’un bandage bacta.
La jeune Sith en profita pour troquer son chemisier et ses escarpins contre d’autres vêtements semblables. Elle s’aéra les cheveux bleus derrière la nuque, tout en demandant à la twi’lek de fouiller le corps de l’assassin anzati.
Yemi récupéra un disque holographique qu’elle lui tendit. La zeltronne le posa au milieu de la table puis l’activa. Le buste du vigo Yufil se matérialisa, dévoilant l’expression fermée d’un sakiyan à l’apparat austère. L’humanoïde à la peau noire cuivrée plissa les yeux en la dévisageant.
- Madame Zeviya ?
Elle savoura sa surprise.
- Bonsoir, vigo Yufil.
Il demeura silencieux pendant quelques secondes avant de commenter sèchement :
- Je croyais que Ef’tah avait réglé le problème que vous représentiez pour moi.
- J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer à ce sujet, répondit-elle d’une voix sans chaleur. Ef’tah ne travaillera plus pour vous ni pour qui que ce soit d’autre. Disons… qu’il a pris sa retraite pour une durée indéterminée.
- Alors, pourquoi cet appel, à part claironner votre triomphe sans lendemain ?
Il était blessé dans sa fierté et elle le devinait prêt à poursuivre les hostilités. De son côté, la jeune Sith n’était pas effrayée à l’idée de se débarrasser du vigo et de son armée privée, de manière définitive bien qu’elle risquait de se mettre à dos le reste du puissant syndicat du crime.
- Le Plaisir de l’Ambre ne vous appartient pas et il ne vous appartiendra jamais. Vous vous vantez sans doute de bénéficier de relations haut placées et c’est aussi mon cas. Je sais que vous détenez des actions dans plusieurs entreprises qui servent à blanchir vos transactions illégales. Je sais exactement lesquelles pourraient intéresser mes amis influents et je sais qu’une passation fâcherait grandement les autres vigos ainsi que votre maître qui ne pourra pas tolérer que votre humiliation déteigne sur l’ensemble de votre syndicat.
L’incertitude et la peur déformaient les traits du sakiyan.
- Le Soleil Noir ne vous laissera pas faire ça ! Clama-t-il. Vous n’avez pas idée des représailles que nous lancerons contre vous, madame Zeviya !
Yemi fut impressionnée par le calme de sa camarade qui ne broncha pas à cette vindicte.
- Je suis prête à courir ce risque si je suis certaine que cela entraînera votre chute. Et vous, vigo, jusqu’où êtes-vous prêt à aller ?
Yufil serrait les dents, il n’avait pas l’habitude qu’on le défie aussi ouvertement. Puis il jugea sans doute que cela ne valait pas la peine d’aller jusqu’à l’affrontement.
- Que proposez-vous, madame Zeviya ?
- Restez en dehors de mes affaires et je ne me mêlerai pas des vôtres, vigo.
Le sakiyan continuait de la fixer avec une haine palpable malgré la communication holographique.
- C’est parfaitement limpide, grogna-t-il.
- Bonne soirée, vigo.
À cet instant, un groupe de muuns vêtus de combinaisons blanches entra dans le bureau et se déploya pour s’occuper des cadavres en train de refroidir. Ils déballèrent et ouvrirent des sacs mortuaires pour les y enfouir. Ils firent de même pour les armes et nettoyèrent l’ensemble de la pièce avec des scanners automatisés qui effacèrent les plus infimes particules pouvant trahir la moindre ombre d’une confrontation mortelle.
Cela ne prit que dix minutes avant qu’ils ne repartent aussi simplement qu’ils étaient venus, sans prononcer un seul mot. Efficacité et discrétion qui témoignaient de l’intervention de Dark Mungol dans cette délicate affaire.
Une heure supplémentaire s’écoula avant que 2-B-1 ne la prévint que la Sith muun la contactait par hologramme. Yanila ordonna à Yemi de sortir et d’en profiter pour continuer à surveiller les affaires courantes. La twi’lek s’inclina de nouveau avant de la laisser seule.
- Comment tu t’en sors ? S’enquit Mungol.
Yanila fixa son mentor dont la figure étirée flottait au-dessus de la table de transparacier.
- J’ai géré la situation.
Malgré l’échauffourée toute fraîche, la zeltronne avait pris une pose détendue, s’enfonçant dans son fauteuil, les jambes croisées sous sa minijupe moulante.
- Ta tenue suggestive t’est utile dans ton travail ? Demanda la muun à qui cela n’avait pas échappé.
- Bien plus que vous ne le croyez, maître. La plupart des mâles y est très sensible et cela me permet de prendre l’avantage lors des négociations sans avoir à recourir à la Force.
- Astucieux, reconnut Mungol qui se permit de sourire. Pour revenir à notre affaire, je me suis renseigné sur le vigo Yufil.
La zeltronne se redressa, les traits concentrés, bien qu’elle ait anticipé ce qu’elle allait apprendre.
- Je vous écoute.
- Il est réputé pour être rancunier, il n’aime pas qu’on le défie, commença la muun. Tu viens de te faire un ennemi mortel, Yanila.
- Je ne le crains pas, asséna son apprentie.
- Ce n’est pas ce qui m’inquiète. La réussite du Grand Plan repose sur la discrétion qui entoure nos manœuvres et nous permet de préparer la chute des Jedi et de la République. Nous ne pouvons pas nous permettre de fouler aux pieds, des nids de gundark qui nous obligeraient à trahir notre véritable nature tôt ou tard.
La semonce résonna comme une vérité dans l’esprit de la jeune femme. La discrétion était en effet le bouclier qui leur permettait d’agir dans l’ombre pour affaiblir durablement et gangrener la République de l’intérieur. Tous ces efforts seraient réduits à néant si elles laissaient des ennemis s’en prendre ouvertement à eux, les poussant à se découvrir au grand jour.
- Je n’ai fait que défendre ma position, madame.
- Je sais, Yanila. Tu as fait ce que j’attendais de toi, tu progresses peu à peu sur la voie du pouvoir même s’il te reste bien plus à apprendre.
Bien que flegmatique, la zeltronne accepta le compliment comme une reconnaissance de ce qu’elle était devenue depuis que Mungol l’avait prise sous son aile, huit ans avant. Une reconnaissance de ce qu’elle deviendrait plus tard.
2-B-1 flotta autour de la table, ayant activé le brouillage permettant de rendre la conversation inaudible pour d’éventuels espions.
- Si Yufil reste une menace potentielle, il doit être éliminé.
- Je suis d’accord sur le résultat, confirma Mungol. Mais le Soleil Noir ne tolérera pas la disparition d’un des leurs, même si Yufil avait beaucoup d’ennemis au sein de l’organisation. Je dois d’abord préparer le terrain.
- Vous voulez rendre sa mort plus acceptable pour le Soleil Noir.
- Je parlerai à leur chef à qui tous les vigo doivent rendre compte. Je raconterai ce qui s’est passé ici et je rappellerai les secrets que le Clan Bancaire détiens sur chacun d’eux et qui s’ébruiteront s’ils nous causent des ennuis. Ensuite nous trouverons un compromis et renouvellerons ainsi un pacte de non agression entre nous, tu auras finalement le champ libre pour agir. Je te donnerai le feu vert quand ce sera fait.
- Très bien, maître. J’attends votre permission.
L’hologramme de Dark Mungol disparut dans un flash, laissant Yanila méditer sur la suite de la soirée qui promettait d’être occupée. Elle convoqua 2-B-1 pour qu’il lui prépare des affaires destinées à une excursion nocturne dans la Cité Galactique, qui lui rappelait la mission d’assassinat de Valahi et de la sénatrice Cesima.
C’est alors que la twi’lek fit irruption dans le bureau, visiblement fébrile. Yanila repoussa l’ysalamiri.
- Que se passe-t-il, Yemi ?
- Quelqu’un demande à vous voir, madame Zeviya.
- Dis-lui que je suis occupée, Yemi. Il est possible que je me rende ailleurs cette nuit, quelque part dans la Cité Galactique.
- C’est un Jedi.
La zeltronne se figea. Bien que ne ressentant pas la Force, elle avait deviné que ce Jedi invité surprise n’était pas ordinaire.
- 2-B-1, les holocaméras.
- Tout de suite, madame Zeviya.
Les images défilèrent à la vitesse d’un battement de cils, ce qui s’avéra être une épreuve pour la jeune Sith, privée de son lien avec la Force.
- Où est-il installé ? Demanda-t-elle finalement à la twi’lek.
- Au bar du 13ème étage.
L’une des images fut alors agrandie sur un Jedi barbu blond en habits verts marécages. Assis au comptoir, il paraissait plongé dans ses pensées en tenant dans ses mains, une bière corellienne. Alan Tissan était donc entré dans l’antre de Yanila.
- Amène-le moi, s’il te plaît. Ensuite, tu pourras rentrer chez toi.
- Oui, madame Zeviya.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Donc à suivre, un entretien entre une Sith et un Jedi corellien ! Où il sera question affaires mais pas seulement :diable: !

A la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 06 Aoû 2023 - 18:58   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 29 lu!

Petit saut temporel avec une Yanila désormais femme d'affaires (oserais-je dire accomplie, quand même pas! :transpire: ), toujours fidèle à elle-même mais qui a affranchi son esclave, comme quoi...

Ce Chapitre sert manifestement à introduire le nouveau statu-quo la concernant, mais c'est surtout le prochain Chapitre qui sera susceptible d'être intéressant, avec Alan qui vient à sa rencontre... j'ose espérer qu'elle ne fera pas avec le père ce qu'elle a fait avec la fille! :paf:

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar Den » Mar 08 Aoû 2023 - 5:21   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Salut l’ami !!!

Afin de me remettre en tête la première partie du prologue de ton histoire, j’ai décidé de la relire. Me revoilà donc frais et dispo pour poursuivre avec la seconde partie de ton prologue. Mais avant cela, je te (re)fais part de mon avis.

Eh bien, je maintiens ce que j’ai dit la première fois, c’est très bien écrit. L’ambiance que j’ai ressentie m’a fait penser à un souk, je n’ai jamais pu m’enlever cette idée de la tête. Je ne sais pas si c’était voulu, mais en tout cas, c’est ce qu’il s’en dégageait comme image.

Drisil est vraiment un personnage qu’on ne peut qu’apprécier au premier abord. J’ai été sensible au chagrin du Drall et je n’ai pu m’empêcher d’espérer le retrouver dans une autre histoire peut-être ? Ou alors dans la suite de celle-ci, bien que je pense que ça soit compromis.

Keiran est égal à sa réputation. Il semble même imperturbable dans cette première partie. Mais ses sens sont aussi affutés que ceux d’un Nexu et il repère vite ses futurs agresseurs.

Sinon, j’ai trouvé l’histoire très intéressante, j’ai même redécouvert certaines choses en relisant cette première partie du prologue. J’ai donc bien fait de le faire, n’est-ce pas ? C’est donc avec grande hâte que je me plongerai dans la suite. Probablement cet après-midi !

Je précise d’ailleurs que d’ici deux jours, je serais à nouveau absent pour une durée indéterminée. Mais je finirais la lecture de cette histoire. Le Chu’unthor promet bien trop de bonnes choses pour que je laisse s’échapper cette aventure !

Je te dis donc à cet après-midi pour la suite de mes impressions sur la seconde partie du prologue… et peut-être bien la troisième et la quatrième tant qu’à faire ! XD

Enfin, je te laisse sur cette note positive, l’ami !

A tout à l’heure !



EDIT1 : Ah ! Je n’ai pas pu résister à la tentation de lire la suite tout de suite. C’est donc parti pour mon avis sur la seconde partie du prologue. Go !

Alors, une chose est sûre, tu bien potassé ton sujet. J’ai appris plein de chose sur l’histoire Corellienne, sur le Roi Vanek II, sur l’origine des Afarathu, sur la guerre contre les planètes jumelles Talus et Tralus. Vraiment, ta fic est une mine d’informations ! C’est vraiment un plaisir de lire une histoire aussi documentée sur un sujet qu’on ne maîtrise pas.

On découvre aussi un tout jeune Alan Tissan qui n’a pas encore goûté au Côté Obscur (car oui, je suis sûr qu’il y goûtera un jour^^). Au passage, j’ai beaucoup apprécié le combat contre les deux Séloniens. C’est qu’il est astucieux, notre Keiran Halcyon !

Sinon, tu l’auras sans doute compris, j’ai une fois de plus passé un très bon moment. Mais j’ai hâte de voir Alan à l’œuvre !! Cependant, je comprends que ce prologue était nécessaire pour comprendre la mentalité du héros. Et puis, une petite leçon d’histoire StarWarsienne, ça ne se refuse pas !

Je te dis donc à bientôt pour un avis sur la suite du prologue !
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Messagepar mat-vador » Mar 08 Aoû 2023 - 12:03   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

L2 : Merci pour le retour :) ! Petite conversation à venir entre Alan et Yanila :sournois: !

Den : Hey ça faisait longtemps :D !

Oui pour moi Keiran Halcyon respire la classe et c'était normal que Alan soit son padawan ! Pour la partie Historique Stéphane Bern, je me suis fait un petit plaisir, j'avoue :sournois: !

Allez à bientôt :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 12 Aoû 2023 - 21:19   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Allez hop, c'est l'heure de la conservation entre un Jedi corellien et une Sith sous couverture :sournois: !


Chapitre 30

Alan s’était assis au comptoir, avait commandé une bière corellienne au droïde serveur, lui avait versé quelques crédits. Il avait ensuite demandé à rencontrer la propriétaire et gérante de l’établissement pour affaire. Une jeune twi’lek à la peau verte, en robe de soirée, nommée Yemi, se présenta face à lui pour lui expliquer qu’il lui fallait prendre rendez-vous et que la patronne était une personne très occupée.
Le Jedi corellien ne voulut rien entendre et répondit sèchement qu’il la verrait ce soir, en se passant d’une quelconque permission. Yemi le tempéra en lui assurant qu’elle verrait ce qu’elle pouvait faire.
Cela calma Alan qui se concentra sur son verre sans échanger avec qui que soit d’autre. Il n’était pas d’humeur à nouer de nouvelles relations amicales parmi tous ces gens issus de l’élite républicaine. Il ne sentait pas à sa place. S’il avait le choix, il n’aurait jamais mis les pieds dans cet établissement. Mais il avait besoin de réponses sur l’avancement de son projet secret parallèle au chantier du Chu’unthor et… sur d’autres questions plus personnelles. Concernant ce dernier point, il tenait à ce que la zeltronne qui se faisait appeler par le personnel, madame Zeviya, se montre particulièrement convaincante.
Il repensait à sa dernière conversation avec sa fille Valena, qui avait marqué leur rupture depuis trois ans. Il n’avait jamais réussi à la retrouver après ses séjours sur Corellia pour rendre visite à sa femme et à ses fils. Il s’était heurté à leur silence et à celui de son ancien maître Keiran Halcyon lorsqu’il avait demandé à la voir.
Valena ne le verrait qu’après lui avoir pardonné ses manquements. Il ne comprenait pas ce qui s’était passé, pourquoi lui en voulait-elle à ce point ? Il se souvenait de ses derniers mots qui traversaient son esprit : « je t’abandonne parce que tu l’as choisi ». Il savait seulement que cela avait un rapport avec cette zeltronne.
Il n’en pouvait plus d’être rongé par le poison du remords. Il devait savoir et il était pour cela prêt à user de violence. À s’écarter une nouvelle fois du chemin des Jedi, des leçons de Maître Halcyon, comme il l’avait fait sur Raxus Prime. À se compromettre dans le secret, lorsqu’il s’était rendu sur Toprawa pour solliciter à l’insu des Jedi et de la République, le soutien des Rangers Antariens suite à l’accord passé avec le Clan Bancaire.
Il devait savoir. Pour le moment, il profita pour ouvrir son comlink en usant de la Force pour s’isoler des clients les plus proches.
- Valena c’est papa, commença-t-il d’une voix hésitante. Je voulais savoir comme tu allais, comment ton travail avec la CorSec se passait.
Il attendait un accusé réception mais il n’obtint rien d’autre que des parasites éloquents. Alors il projeta sa conscience vers son monde natal de Corellia, s’appuyant sur le lien qui l’unissait à sa fille pour établir le contact psychique avec sa présence. Il s’immergea dans la Force pour qu’elle ressente son esprit.
Il perçut la lumière de son essence pendant quelques instants, qui laissa paraître de la surprise chez la jeune femme puis… de l’irritation. Tout à coup, la présence de Valena s’effaça du flux de la Force, laissant son père désappointé. Celui-ci comprit qu’elle refuserait de lui répondre, comme à chaque fois qu’il tentait de la voir ou de lui parler par holonet.
Il ne restait plus qu’à lui laisser un message.
- Je sais malgré le temps qui a passé, que tu ne me pardonnes pas ce qui t’est arrivé. Même si j’ignore ce qui t’est arrivé pour que tu sois aussi remontée contre moi. Tout le monde me donne de tes nouvelles lorsque je rentre sur Corellia. Ta mère, tes frères, maître Halcyon… mais j’aurais aimé tellement te revoir. Tu es ma fille bien que tu préfères oublier que je suis ton père. Je ne peux plus supporter cette situation.
Les larmes guettaient au coin de ses yeux mais il refusait de les laisser couler, par fierté.
- Nous sommes des Tissan, nous sommes des Jedi corelliens. La famille compte pour nous, j’ai fini par le comprendre. Je voudrais que nous reprenions le contact, accorde-moi une seconde chance. Rappelle-moi. Papa qui t’aime très fort.
Il s’assura que le message avait été bien enregistré avant de l’envoyer vers Corellia. Puis il laissa discrètement quelques larmes couler sur ses joues jusque dans sa barbe. Il déversa tout ce torrent de frustration, de désespoir qui l’accompagnait dans sa solitude forcée depuis que sa fille l’avait reniée. Les retrouvailles raréfiées avec sa famille sur Corellia ne changeaient pas grand-chose et lui rappelaient les manquements à ses devoirs. Il choisissait de s’accrocher à l’espoir que sa contribution au Chu’unthor servait une grande cause mais il en était de moins en moins certain.
- Valena, fit-il entre deux sanglots.
Yemi le retrouva en état de prostration lorsqu’elle redescendit le voir, couché sur le comptoir après avoir délaissé son verre.
- Monsieur ? Madame Zeviya accepte de vous recevoir.
En un battement de cils, il se redressa, de nouveau combatif. Du moins, c’était l’illusion qu’il souhaitait donner. Il vida sa bière en une gorgée puis se leva du comptoir pour lui faire face.
- Je vous suis, indiqua-t-il d’un ton neutre.
Il lui emboîta le pas, se frayant un passage à travers le bar et les clients avant de monter avec elle dans le turboascenseur. La twi’lek se tourna vers lui, espérant engager un début de conversation mais la mine fermée et son regard durci la dissuadèrent d’aller plus loin. Ce fut donc en silence, que se passa l’ascension jusqu’au bureau de Yanila.
La jeune Sith zeltronne laissa flotter un sourire éclatant sur les lèvres, pour l’accueillir.
- Maître Tissan, quelle agréable surprise ! Je vous en prie, installez-vous, l’invita-t-elle en lui montrant le siège face à elle. Souhaitez-vous un rafraîchissement ? Le Plaisir de l’Ambre a engagé les meilleurs brasseurs du Noyau.
- Merci, j’ai déjà consommé, déclina-t-il sans chaleur.
Par réflexe, il invoqua la Force pour accroître sa concentration puis comprit qu’il n’y avait plus accès du tout. Il jeta un regard perplexe vers l’ysalamiri qui dormait sur la table de transparacier. Sous celle-ci, la zeltronne prenait plaisir à croiser les jambes, mise à son avantage par des habits plus que suggestifs. Elle commença à secréter des phéromones tout en glissant discrètement un index dans le creux de son décolleté, pour dégager un peu plus sa poitrine.
Alan se souvint pourquoi il était là. Grâce à la colère, il parvint à résister à ses substances chimiques et à ses avances qu’il voyait venir à dix parsecs.
- Je ne vous imaginais pas en train de diriger un pareil endroit, confia-t-il.
Grâce à ses phéromones, aucune de ses émotions n’échappait à la Proche-Humaine. Elle le sentait clairement sur la défensive.
- C’est un établissement de plaisir comme on en trouve sur Zeltros, monsieur Tissan. À quoi d’autre vous attendiez-vous ?
- Puisque vous le mentionnez, cela ne me surprend pas.
- Vous paraissez déçu. Mais je puis vous assurer qu’aucun de nos clients ne s’est plaint d’avoir été mal reçu par notre personnel. Yemi et moi avons sélectionné les meilleurs sur Zeltros et je suis certain qu’un homme de votre envergure pourrait être enchanté par les services que nous mettons à votre disposition. La gamme que nous vous offrons est plus que complète et vous pourriez être agréablement surpris.
Le timbre soyeux de sa voix soutenu par des phéromones émis plus intensément, commença à troubler le corellien. Celui-ci serra les dents pour ne pas se laisser perturber.
- Ma visite n’a rien de courtois, madame Zeviya.
Yanila ne changea pas d’attitude pour autant, du moins en apparence. La présence de l’ysalamiri et l’absence de la Force qui en résultait, lui conféraient clairement un avantage sur le Jedi. Elle croisa les jambes dans l’autre sens, avec toute la lenteur possible afin qu’il ne perde rien de ce petit manège.
- Avez-vous besoin de moi ? Demanda la twi’lek.
- Non Yemi, tu peux rentrer. Bonne soirée.
La non humaine s’inclina puis se retira avant que la zeltronne n’ordonna à son droïde.
- 2-B-1, tu peux te mettre en veille.
- Merci, maîtresse.
Les photorécepteurs de l’automate sphérique calé en lévitation, à côté de son bureau, étincelèrent plus faiblement. Ses appendices se relâchèrent, pendant mollement. Mais Yanila ne doutait pas que la suite de la conversation continuerait d’être enregistrée. Une précaution qui pourrait s’avérer utile plus tard.
- Nous sommes maintenant seuls, maître Tissan. Je vous écoute avec la plus grande attention, fit la jeune Sith dont les yeux mauves fixaient le Jedi avec plus de magnétisme.
Elle se penchait plus en avant, les coudes posés sur la table, le menton soutenu par les poignets. Sans qu’elle ne cessa de sourire avec affabilité.
- Je voudrais des nouvelles de notre projet parallèle dans les chantiers de Yaga Minor, interrogea-t-il.
- Dans ce cas, vous serez satisfait que je vous annonce que nous respectons pour l’instant les délais impartis. Trois frégates Hammerhead sont terminées et les tests ont commencé pour corriger les éventuels défauts techniques. Les trois derniers vaisseaux seront bientôt finalisés dans les prochaines semaines, ainsi les Rangers Antariens pourront se familiariser à leur maniabilité. Madame Damask voudrait vous faire savoir d’autre part que les escadrons de chasseurs Aurek ont terminé la phase de recrutement et seront complétés sous peu. Pour le projet Chu’unthor…
- Il sera terminé lui aussi dans les temps, promit le corellien. Bien que la construction soit plus complexe qu’une simple frégate.
- En travaillant main dans la main, nous surmonterons toutes les difficultés. Madame Damask et l’ensemble du Clan Bancaire sont très heureux de notre collaboration mutuellement formidable.
- N’oubliez pas que j’œuvre pour la République, pas pour vous, jugea-t-il bon de rappeler.
- C’est pour cela que votre dévouement est d’autant plus appréciable. Néanmoins, j’aimerais que vous m’ôtiez d’un doute.
Pendant quelques instants, son expression redevint plus sérieuse.
- Comment réagiront le Conseil Jedi et le Sénat lorsqu’ils découvriront que cette flotte de combat a été construite à leur insu ?
- Ils seront furieux, répondit-il, mais ils n’auront pas d’autre choix que d’accepter cette escorte s’ils ne veulent pas se ridiculiser devant la République toute entière.
Elle acquiesça d’une inclinaison du menton.
- Nous nous efforcerons de limiter l’impact de leur mécontentement, fit la zeltronne avec assurance.
- Cela vaut mieux.
Quelque chose de subtil venait de s’insérer dans la voix du corellien. Yanila devina qu’il était venu pour une autre raison.
- Vous avez une autre requête, monsieur Tissan.
- En effet.
Le reflet d’une crosse de sabre-laser brilla tout à coup sous la table de transparacier, entre les doigts de Alan qui avait dégagé son arme de sous sa bure.
- C’est à propos de ma fille Valena, expliqua-t-il.
Ses yeux bleus la fusillaient avec une dureté inflexible et il donnait l’impression de vouloir s’abaisser aux dernières extrémités.
- Il lui est arrivé quelque chose, la dernière fois que nous sommes parlés. Elle était sortie avec vous et je veux savoir ce que vous lui avez fait.
Les phéromones lui firent ressentir une émotion négative qui ne collait pas avec la philosophie désintéressée des Jedi ingénus. Cet homme était maintenant empli de haine, une soif qui ne demandait qu’à être étanchée. Ses intentions étaient claires et Yanila qui n’était pas armée, n’était pas certaine de l’issue de la confrontation.
Elle allait devoir jouer serré.
- Monsieur Tissan, je vous assure que je n’ai fait aucun mal à votre fille, répondit-elle avec autant de calme qu’elle le pouvait.
- Ce n’est pas l’impression qu’elle m’a laissé, répliqua-t-il d’un ton aussi tranchant que le sabre-laser qu’il brûlait d’activer.
La zeltronne délaissa alors la posture sensuelle qu’elle avait d’abord privilégié, comprenant que cela ne ferait que provoquer davantage son hôte. Elle se leva de sa chaise, ses escarpins claquant sur le marbre, pour contourner la table et le rejoindre. Pour lui montrer qu’elle ne se laisserait pas intimider, bien qu’elle ne voyait pas comment le combattre s’il se décidait à la tuer. L’absence de la Force causée par l’ysalamiri, ne l’aiderait pas à être clairvoyante si elle perdait le contrôle de la situation.
- Monsieur Tissan, j’aime Valena.
Ses yeux mauves fixèrent sans sourciller les iris azur du Jedi corellien qui la dévisageait pour y déceler la moindre ombre qui trahirait sa perfidie. Alan ressentit à cause des phéromones de la zeltronne, les émotions de Yanila qui suintaient de remords et de tristesse.
Il était étonné de sa sincérité.
- C’est un peu léger, grinça-t-il. Parce que cela n’explique pas pourquoi elle me déteste.
- Vous voulez plus de détail ? Très bien, je vais vous en donner.
Il ne fut pas rassuré par son sourire triomphant.
- Valena a partagé mon lit et nous nous sommes… vraiment aimées.
Cet aveu eut l’effet de l’explosion d’un missile de baradium à la figure du Jedi dont les paupières s’écartèrent démesurément sous le choc.
- Que… qu’est-ce que vous dites ?
- Vous avez très bien entendu. Nous hum, nous avons passé une partie de la nuit ensemble.
L’instant de stupéfaction passé, les traits du corellien se durcirent.
- N’essayez pas de me tromper, menaça-t-il.
- Je ne tenterai jamais de vous mentir sur un sujet aussi important pour vous que pour moi.
Alan, privé de son lien avec la Force, tenta de percer la vérité à travers la confession de la zeltronne. Celle-ci transmit via ses phéromones, les émotions qu’elle éprouvait lorsqu’elle pensait à Valena. Du moins ce qu’elle élaborait pour donner le change. Du remords et de la tristesse.
Elle parvint à désamorcer la situation, à éloigner le détonateur de la détonite prête à exploser. Le Jedi n’exprima plus que de la confusion et de l’hébétude.
- Alors pourquoi m’a-t-elle maudit ? Balbutia-t-il.
Je te tiens, jubila intérieurement la Sith.
- Ce n’est pas à cause de moi qu’elle vous déteste, monsieur Tissan. Vous devriez chercher la réponse en vous, en vos motivations.
Un éclat de compréhension traversa les prunelles bleues du corellien.
- Je vois.
Il avait rangé son sabre-laser sous sa bure, au grand soulagement de la jeune femme. Le Jedi paraissait pensif.
- Le Chu’unthor m’a éloigné d’elle, de ma famille et aussi de la voie des Jedi.
- Ne soyez pas si dur avec vous, Alan, le réconforta-t-elle. Vous avez compris comme beaucoup l’importance de ce projet, et lorsque les objectifs seront atteints, votre famille elle-même sera fière de ce que vous avez accompli pour le bien de tous.
Elle sut que ses mots avaient fait mouche.
- De votre part, ce n’est pas un mince compliment, avoua-t-il en souriant.
Elle se réjouissait d’avoir réussi à le retourner. Peut-être que le moment était venu de mettre en œuvre l’idée qui venait de lui venir à l’esprit. Elle secréta des phéromones où elle y instillait de nouvelles émotions qu’il pourrait ressentir.
Alan ne pouvait détacher son regard d’elle, hypnotisé par ses magnifiques yeux mauves qui le happaient. Un irrésistible sentiment de désir montait peu à peu en lui, pour cette jeune fille qui était une merveilleuse déesse pour laquelle il avait nourri du ressentiment pendant tout ce temps, depuis sa rupture avec sa propre fille.
Mais elle l’avait convaincu qu’il s’agissait d’un malentendu, il avait été injuste envers elle. Elle devait certainement lui en vouloir. Il constatait que ce n’était pas le cas. Elle se montrait à son égard, bien plus qu’avenante. Elle souhaitait se rapprocher de lui, fusionner avec lui de tout son cœur, il le ressentait dans chacune de ses cellules.
Un frisson parcourut son échine lorsqu’elle se pencha vers lui.
- Je ressens votre solitude, monsieur Tissan. Vous pourriez passer encore un moment avec moi, je peux soulager cette douleur qui vous ronge, qui vous fait dépérir, douter de vos propres capacités.
Alan ne sut que répondre, engourdi par le désir de la prendre dans ses bras, de la serrer contre lui.
- Je pourrais vous rendre heureux juste pour cette nuit.
- Je… j’ai des responsabilités…, tenta-t-il de faire remarquer.
- Je vous promets que personne n’en saura rien.
Sa voix n’était plus qu’un murmure tentateur.
- Ce sera notre petit secret.
Elle s’assit sur ses cuisses, pressant sa poitrine contre la sienne. Elle enlaça ses bras autour de sa nuque tout en commençant à onduler contre ses hanches. Elle l’embrassa sur les lèvres et le corellien se relâcha complètement. Il se retrouva sans défenses, les sens et la raison brouillées par le bouillonnement qui le traversait.
Yanila fit passer sa langue à travers les lèvres fusionnées pour s’enrouler autour de celle de Alan, qui se laissait faire. Elle se demanda à cet instant jusqu’où elle pouvait aller et jusqu’à quel point ce Jedi accepterait ses… sollicitations. Elle aspira la langue du corellien dans sa bouche avant de la mordre légèrement avec ses dents.
Surpris, le Jedi grogna et voulut se retirer mais elle le maintint fermement contre elle. Elle s’était emparée de lui, prenant possession de son âme et n’était pas prête à le libérer de sitôt. Ce Jedi lui appartenait et c’était un trophée de choix.
De son côté, Alan ne s’était jamais trouvé si vulnérable devant une femme, même auprès de son épouse Mingrid. Depuis combien de temps, n’avait-il pas éprouvé une telle sensation ? Il ne s’en souvenait plus, à moins que cela ne soit une première fois. Il n’arrivait plus à penser avec clairvoyance car il était privé de son lien avec la Force. En fait, rien d’autre n’avait de l’importance hormis elle.
Sa famille, le Chu’unthor… tout cela ne comptait plus. Il ne restait plus que cette Proche Humaine à la peau rose qui lui prodiguait toute son attention. Son parfum enivrant, ses cheveux bleus libérés qui lui caressaient la figure, le sucre de sa salive. Elle avait rempli tout son univers qui lui avait paru si vide, si terne pendant longtemps.
Non, plus rien ne comptait. Tout paraissait si insignifiant, à côté de cette femme. Y compris sa propre famille… le visage de son épouse, de ses enfants lui apparut à travers ses pensées et il réalisa ensuite la situation. Sa conscience émergea du brouillard des phéromones.
- Arrière !
Yanila fut repoussée sans ménagement lorsqu’il bondit de la chaise, pour reculer au milieu de la pièce, le sabre-laser au poing. La jeune Sith se raidit instinctivement, pensant d’abord qu’il allait l’agresser mais elle comprit vite qu’il ne le ferait pas.
Certes il était furieux mais surtout mal à l’aise. Il s’était mis dans une situation embarrassante et aurait souhaité ne jamais mettre les pieds ici.
- Qu’est-ce que vous venez de faire ?
Ses traits s’étaient décolorés, la zeltronne remarqua qu’il tremblait. De rage, de peur ? Privée de la Force, elle ne saurait le préciser.
- Monsieur Tissan, je vous assure que mes intentions étaient louables.
- Tout ça n’est qu’un jeu pour vous, n’est-ce pas ? Rugit-il. Si vous recommencez ça, je vous tuerais de mes propres mains !
Elle se garda de lui répliquer que ce ne serait pas digne d’un Jedi, car elle ne gagnerait qu’à le provoquer davantage.
- Je pensais que cela vous aiderait, plaida-t-elle encore.
- Vous avez travaillé pour le Clan Bancaire, vous ne servez que vos propres intérêts, madame Zeviya.
Il avait retrouvé toute sa maîtrise et sa contenance, bien qu’il pointa un index menaçant dans sa direction.
- Restez loin de moi et de ma famille.
Il s’assura que le message avait été bien reçu puis quitta le bureau d’un pas vif. Elle se rapprocha de son droïde qui s’anima de nouveau, émergeant de son état de veille.
- Tu as tout enregistré, 2-B-1 ?
- Mes systèmes n’ont rien manqué de tout ce qui s’est passé, maîtresse Yanila. Je suis cependant étonné que vous n’ayez pas davantage tenté de copuler avec ce Jedi que mes scanners ont jugé comme tout à fait fécond.
- C’était un peu tôt pour ça. Montre-moi l’enregistrement.
L’automate s’exécuta et la jeune Sith observa attentivement les passages les plus intéressants. Notamment les instants de sa tentative de rapprochement avec le corellien.
- Stocke-le dans les archives, je réfléchirai à l’usage que nous pourrions en faire, ordonna-t-elle à son majordome.
- Songeriez-vous à faire du chantage envers ce Jedi corellien ?
- Contente-toi d’obéir, trancha-t-elle.
Il recula, ses photorécepteurs clignotant momentanément lorsqu’il se connecta au serveur du Plaisir de l’Ambre pour y transférer le fichier précieux, détenteur d’un secret qui ne manquerait pas d’avoir des conséquences s’il venait à s’ébruiter.
- Vous avez un appel en attente, lui signala-t-il peu après.
Elle s’assit à son bureau, faisant face de nouveau à l’hologramme de Dark Mungol.
- J’ai conclu comme prévu un accord avec le Soleil Noir. Tu peux en finir avec Yufil cette nuit, il sera relevé par quelqu’un qui se montrera dorénavant plus conciliant avec nos intérêts, expliqua la Sith muun.
- J’ai donc votre accord pour passer à l’action ?
- Supprime-le et ne laisse aucune trace de ton passage.
L’intonation mortelle dans la voix de Mungol fit comprendre à Yanila que la réussite de cette mission était dans son intérêt. En huit ans, elle avait beaucoup appris et comme depuis le début, l’échec ne serait jamais une option.
- C’est compris, maître. En attendant, si vous le permettez, je vais transférer de nouveaux éléments concernant le fils du banquier Patleyn. Je ne doute pas que cela vous conférera une position avantageuse dans vos négociations.
La muun laissa paraître un sourire cruel sur sa figure sans relief lorsqu’elle vérifia l’authenticité et la qualité de l’holofilm transmis par son apprentie, qui montrait les performances du fils du banquier en compagnie très désirable.
- Bon travail, Yanila. À partir de maintenant, le banquier Patleyn sera plus enclin à revoir ses prétentions à la baisse. Tiens-toi moi au courant de l’issue de ta mission.
La jeune aspirante du Côté Obscur rompit la communication et prit un instant pour réfléchir à sa rencontre avec Alan. Comme elle l’espérait, celui-ci ne s’était pas montré insensible à ses charmes mais il n’avait pas oublié sa famille. Il possédait encore le sens du devoir qui l’empêchait de tomber sous son emprise.
Mais elle était patiente. Un jour viendrait où elle tiendrait le père comme elle avait possédé sa fille. La plus éclatante des victoires.
En attendant, il lui restait un vigo déchu à faire disparaître. Enfin, elle passerait le reste de la nuit en compagnie de Yemi.


Alan respira beaucoup mieux dans le turboascenseur, surtout lorsqu’il émergea de la bulle crée par l’ysalamiri qui lui permit de recouvrer son lien avec la Force. Celle-ci submergea ses perceptions et il perçut de nouveau le fourmillement des essences d’êtres vivants qui peuplaient la Cité Galactique et le Plaisir de l’Ambre. Il ne percevait pas évidemment celle de la zeltronne qui avait tenté de le séduire.
Il se demanda s’il n’aurait pas mieux fait d’avoir cette conversation par l’holonet, il aurait été préservé de ses phéromones. Il éprouvait cette désagréable impression de s’être jeté sans réfléchir dans la gueule du sarlacc. Comment avait-il pu se montrer si naïf ? Mais il tenait tant à arracher certaines réponses qu’il s’était persuadé de ne pas avoir le choix. Il n’aurait pas pu agir autrement, même si son ancien maître, Keiran Halcyon, aurait soutenu un avis divergent.
Il sortit du turboascenseur en coup de vent, manquant de bousculer deux clients qui se rendaient aux étages supérieurs pour profiter de plaisirs d’un calibre supérieur. La mine farouche et distante qu’il affichait maintenant, permettait de tenir en respect tous ceux qui tentaient de l’approcher. Comme cette hôtesse zeltronne vêtue de habits moulants en couleurs criardes qui l’aborda :
- Êtes-vous satisfait de votre soirée, monsieur ?
Elle perdit son sourire lorsqu’elle croisa son regard dur. Alan sentit sa peur imprégner la Force avant d’abaisser ses yeux vers le sabre-laser qu’il serrait toujours dans son poing. Il le rangea précipitamment à la ceinture et tenta de paraître naturel.
- Très satisfait. Si vous voulez bien m’excuser…
Il la contourna et gagna la sortie. Il héla un aérotaxi pour rentrer à l’hôtel. Il jeta un dernier regard vers l’établissement qui étincelait de mille reflets. Il en avait terminé ici et n’y retournerait pas. Lorsque le véhicule rejoignit un couloir aérien, il tenta de laisser errer son esprit vers le Chu’unthor qui était le combat de sa vie. Vers sa famille dans ce château de Corellia, qui vivait en paix loin des turpitudes de la Cité Galactique, des intrigues du Sénat, des appétits des corporations. Il priait d’être toujours fidèle à l’Ordre, à la République, à son épouse Mingrid, à ses enfants Lelas, Docun et Deneth qui devenaient peu à peu des hommes.
À sa fille Valena devenue Chevalier, qu’il avait tant déçue. Mais pendant qu’il s’accrochait à ce qu’il sacrifiait pour un idéal de sécurité et de prospérité, le visage de cette zeltronne aux yeux mauves si magnétiques ne cessait de traverser ses pensées. Il ne parvenait pas à chasser cette image de la tête.
Il ne parvenait pas à l’oublier, malgré tous ses efforts et il craignait de savoir pourquoi. Elle l’obsédait, au point que cela l’empêcherait de trouver le sommeil.


Voilà, j'espère que cela vous aura plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 14 Aoû 2023 - 11:44   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 30 lu!

Alan a résiste à Yanila... oui, mais pour combien de temps encore? Je me demande d'ailleurs si les jedi savent ce que sont les ysamalaris et pourquoi certaines personnes en ont en guise d'animaux de compagnie... :think:

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 16 Aoû 2023 - 20:39   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour, L2 :) !

L2-D2 a écrit:Alan a résiste à Yanila... oui, mais pour combien de temps encore?


Oui, pour combien de temps :sournois: ?

L2-D2 a écrit:Je me demande d'ailleurs si les jedi savent ce que sont les ysamalaris


Non, c'est une nouveauté pour les Jedi :wink: ! Et c'est plutôt déstabilisant pour eux, les Sith aiment jouer là-dessus :diable: ...

L2-D2 a écrit: pourquoi certaines personnes en ont en guise d'animaux de compagnie... :think:


Les Sith en ont le monopole et les Jedi ne pourront pas deviner leurs faits et gestes. CQFD :transpire: .
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Messagepar mat-vador » Sam 19 Aoû 2023 - 21:31   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir, comment allez-vous ?

Allez hop, nouveau saut dans le temps :sournois: !


Chapitre 31 (1/2)

Deux ans plus tard, 350 années avant la bataille de Yavin IV, Bordure Médiane
Chantiers d’Abhean, jour de l’inauguration du Chu’unthor

Ivixa Delbaeth et Fin So Rowan contemplaient avec fébrilité, le fruit de leurs efforts conjoints, qui avait concrétisé l’idéal de Maître Sunburris, à l’aube des Réformes de Ruusan qui avait précédé le début d’un âge d’or pour la République. Les deux Jedi espéraient que l’épopée du Chu’unthor le perpétuerait.
Depuis la barge personnelle du gouverneur d’Abhean qui avait été affrétée au personnel diplomatique de la République, les deux Jedi observaient par la baie d’observation du pont principal, le grand vaisseau en forme de Y, tenu de la proue à la poupe par de gigantesques pinces qui le maintenaient fermement dans la cale des Chantiers spatiaux, en orbite de la planète Abhean. Le chantier était enfin arrivé à son terme après dix ans de travaux acharnés, hachés par différents pépins d’ordre technique, politique voire criminel. Mais toutes les difficultés avaient été surmontées et le Chu’unthor pouvait être inauguré en grande pompe.
À leurs côtés se tenaient maître Yoda, le sénateur Organa, la Baronne Pelagia et les deux représentants officiels du Clan Bancaire et des autres corporations qui avaient investi des fonds dans le projet. Setcha Damask et sa jeune secrétaire Zeviya qui n’étaient autre que Dark Mungol et son apprentie Yanila.
Les deux Sith se tenaient légèrement en retrait, remarquant à peine l’agitation de l’équipage qui préparait les manœuvres d’approche afin d’aborder le grand navire sidéral immobilisé, sur lequel les ingénieurs et les ouvriers connectaient les générateurs principaux aux systèmes de navigation et ordinateurs de la passerelle principale.
Néanmoins l’absence d’un invité de marque ne passa inaperçue aux yeux de personne. Alan Tissan. Yanila caressa Tikkie blottie contre sa poitrine, dans ses bras. L’ysalamiri se vit offrir une pâte nutritive pendant qu’elle projeta quelques phéromones pour saisir l’ambiance et les émotions des autres protagonistes. Même si elle ne bénéficiait pas de la prescience de la Force, les doutes des Jedi concernant la présence de leur coreligionnaire étaient palpables. La zeltronne, âgée de vingt ans, jeta un coup d’œil vers le petit gnome vert aux oreilles pointues. Yoda lui-même, ne semblait guère apprécier le retard du Jedi corellien, à la réputation si controversée au sein de l’Ordre.
Il émettait par intermittence des grognements bas désapprobateurs avant que la muun ne s’éclaircit la gorge.
- Peut-être devrions-nous attendre encore un peu, suggéra-t-elle.
Elle n’était pas inquiète, tout comme son apprentie. Toutes deux savaient ce qu’il en était vraiment et cela les amusait de voir leurs ennemis héréditaires piaffer d’impatience, pour peu de choses. Après tout, cela faisait plusieurs siècles que les Sith attendaient leur heure. Et il était ironique de constater que les prêcheurs de la patience comme mantra de leur Code, avaient du mal à appliquer ce précepte pour l’un des leurs.
- Nous avons suffisamment attendu, trancha la Baronne Pelagia. J’ai des devoirs envers ma Maison qu’il me faut assumer.
Elle fut approuvée par le sénateur Organa qui devait rentrer sur Alderaan en tant que Vice-Roi.
Ivixa et Fin échangèrent eux aussi un regard entendu avant de guetter la réaction de Maître Yoda. Ce dernier qui s’appuyait sur sa canne, l’utilisa pour en frapper sévèrement le sol.
- Préjudiciable pour nous, le retard de Alan Tissan est. Continuer comme prévu, nous devons. Madame Damask ?
- Je suis d’accord, fit la muun. Il est temps de rejoindre le Chancelier Praji sur le Chu’unthor.
La barge s’avança vers le gigantesque vaisseau d’exploration qui servirait d’académie Jedi ambulante, après avoir eu confirmation que les ingénieurs avaient terminé les derniers préparatifs. Le vaisseau plénipotentiaire pénétra dans l’immense hangar principal qui pouvait contenir à lui seul, deux frégates.
Les gardes sénatoriaux accueillirent la délégation au pied de la barge. L’un de leurs officiers signala que le Chef d’État les attendait sur le pont principal. Les gardes du Chancelier Suprême les escortèrent à travers le hangar, au milieu des droïdes qui convoyaient des conteneurs, supervisés par des contremaîtres. Ils entrèrent dans le turbo ascenseur qui menait directement à la passerelle principale.
Le Chancelier Suprême se tenait au milieu du pont, en discussion avec Vassili Gunray et Janos Amedda. Autour d’eux, s’activaient les ingénieurs qui s’affairaient sur les systèmes et les ordinateurs de navigation. Des hologrammes flottaient, représentant la position du Chu’unthor sur la carte du système de Abhean ou le Chancelier Suprême lui-même dont l’image était retransmise en direct sur l’holonet officiel de la République. Vanekroj Praji surprit l’arrivée de la délégation et se tourna pour accueillir les visiteurs avec un grand sourire.
- Vous arrivez à temps, nous pouvons bientôt commencer.
Après les salutations d’usage ponctuées d’hommages et de compliments, le Chancelier s’attarda avec les trois Jedi.
- Où est maître Tissan ? Je comptais sur sa présence.
Yanila cala Tikkie sur son épaule, tout en ressentant la gêne des Jedi grâce à ses phéromones.
- Sur sa présence, nous comptons tous, votre Excellence. Mais sa propre volonté, la Force suit, répondit Yoda d’un ton sybillin.
Dark Mungol intervint à propos.
- Je suis optimiste quant à la venue de maître Tissan, il nous rejoindra quand il le pourra.
Tous se tournèrent vers la muun à l’exception de Yanila qui masquait sa satisfaction comme elle le pouvait. Ivixa fit remarquer d’un air sceptique :
- Qu’est-ce qui vous rend si sûr de vous ?
- Vous le découvrirez bientôt, répondit la muun à la Jedi à la peau sombre.
- Nous sommes au courant des rumeurs de fréquentes visites de maître Tissan au siège du Clan Bancaire, ces derniers mois, releva le céréen.
- Pourquoi refuserions-nous de recevoir un partenaire commercial ? Rétorqua la jeune zeltronne.
- Je ne me souviens pas que nous ayons pu bénéficier d’un semblable traitement de faveur récemment, lança sèchement la Baronne Pelagia.
La dignitaire du Secteur Tapani ne prenait pas la peine de retenir son hostilité, ce qui renforça la défiance du reste de l’assistance à l’égard des deux femmes. Celles-ci gardaient leur calme, peu inquiètes de la suite des évènements.
- Alan Tissan accomplira ses devoirs en temps voulu, promit la muun.
Le Chancelier Praji décida que cela suffisait pour le moment. Le Chef d’État s’avança vers l’ingénieur en chef, une duro, qui lui confirma que le Chu’unthor était opérationnel grâce aux derniers essais qui s’étaient révélés positifs. La duro s’installa debout devant les écrans de contrôle, prenant en main le grand vaisseau, prêt à voler de ses propres ailes. Se connectant sur une fréquence, elle ordonna :
- Allumage des moteurs.
Quelques secondes après, un grondement se fit entendre depuis l’arrière du Chu’unthor tandis que la passerelle sous leurs pieds, se mit à vibrer. La duro contacta ensuite les chantiers orbitaux pour libérer le vaisseau de la cale.
Les grandes pinces qui emprisonnaient le Chu’unthor s’ouvrirent et s’écartèrent de la coque pour laisser glisser le grand navire sidéral hors de sa coquille. La baie d’observation depuis le pont principal leur offrait une vue imprenable sur 360 degrés. À vitesse réduite, le Chu’unthor s’élança vers l’horizon glacé de l’espace.
Tous devaient être amenés dans le ciel de Coruscant pour l’inauguration officielle qui serait diffusée dans toute la République. La duro entra les coordonnées du monde capital dans l’ordinateur et les verrouilla.
- Connexion de l’hyperpropulsion ? Demanda-t-elle sur la fréquence générale.
- Confirmé, lui répondit-on peu après.
Vanekroj Praji s’approcha.
- Quel trajet avez-vous programmé ?
- Le chemin le plus court vers la Route Commerciale Perlemienne, affirma la duro. Il faudra compter deux heures et six heures supplémentaires pour rallier Coruscant. Nous sommes prêts à passer en hyperespace, sur votre ordre, Excellence.
Le Chancelier Suprême fixa en silence, le vide nimbé de constellations devant lui. Il avait pris conscience d’un moment historique pour la République qu’il dirigeait depuis plusieurs années. Celui d’un renouveau.
Tous en mesuraient l’importance, à bord du plus grand navire qui avait été bâti dans l’histoire de la galaxie, depuis plusieurs générations. Praji accorda finalement sa permission et ils retinrent leur respiration lorsque les étoiles inaccessibles s’étirèrent subitement en de longs filaments infinis.
Le Chu’unthor avait pris son envol.


Ivixa Delbaeth et Fin So Rowan proposèrent à leurs compagnons d’entamer la visite complète du Chu’unthor, histoire de tromper l’ennui d’un long voyage monotone vers leur destination finale. Tout ce petit monde accepta de se prêter au jeu, empli de curiosité pour cette grande prouesse technologique.
Ils commencèrent d’abord par l’arrière du vaisseau, c’est-à-dire la machinerie et l’hyperpropulsion. Ils admirèrent ainsi les gigantesques turbines qui alimentaient les moteurs et les systèmes vitaux de l’académie ambulante. D’autres ingénieurs surveillaient leur fonctionnement, envoyant des rapports réguliers à la passerelle. Les Sith y accordaient évidemment une attention poussée, car si le Chu’unthor pouvait être saboté, ils commenceraient par là. Et pourquoi pas, par les commandes des deux puissants rayons tracteurs. Yanila et Mungol échangeaient quelques regards entendus à l’insu de tous, avant que les deux Jedi ne se dirigèrent vers le centre du Chu’unthor.
Ils ne s’attardèrent pas sur les docks et les hangars principaux, car le centre médical monopolisa leur enthousiasme devant les dernières technologies présentes et les nombreux lits qui permettaient de soigner des dizaines de patients en simultané. Le personnel se constituait principalement de droïdes médicaux aux fichiers garnis, renforcés par quelques docteurs spécialisés qui seraient appuyés plus tard par des Jedi guérisseurs. Le Chancelier Suprême, Gunray, madame Damask, Pelagia, Organa interrogèrent deux médecins givins sur leur motivation à servir à bord du Chu’unthor.
Yanila s’était écartée pour étudier avec intérêt les instruments médicaux, caressant l’ysalamiri blotti entre ses bras. Elle ne prêta aucune attention à la réponse convenue des givins, qui se disaient fiers de participer à une mission humanitaire, ayant pour objectif d’aider les populations en détresse sur le plan médical. La zeltronne entrevoyait de nouvelles options pour écorner davantage la réputation de l’Ordre Jedi dans l’opinion publique.
Alors qu’elle se faufilait entre les lits, elle entendit le bruit de la canne utilisée par Yoda juste dans son dos. Elle pivota pour croiser son regard espiègle et malicieux.
- Intéressée par la médecine moderne, vous êtes ? Demanda-t-il.
Privée de la Force, elle ne percevait aucunement ses intentions tout comme lui ne pouvait deviner les siennes. Elle donna une pâte nutritive à Tikkie puis répondit :
- Je m’efforce de garder l’esprit ouvert.
Il grogna positivement.
- Important de garder l’esprit ouvert, il est.
- J’espère que la présence de mon ysalamiri ne vous dérange pas, s’excusa-t-elle.
Il leva la main pour lui indiquer qu’il n’était contrarié en rien.
- Se fier à leurs sens autre que la Force, les Jedi doivent s’efforcer. Sinon leur horizon restreint, demeure.
Elle admirait son détachement, malgré elle. Un immense respect pour ce Grand Maître apparaissait chez elle, comprenant qu’elle avait tort de le juger à sa petite taille.
- Vous êtes d’une grande sagesse. Et moins démodé que je ne le pensais, glissa-t-elle avec ironie.
Il gloussa.
- Plus amusante que la majorité des Jedi, je vous trouve.
- J’espère que vous n’êtes pas en train de me séduire, fit-elle en prenant un air effronté.
- Pas mon genre, vous êtes, jeune demoiselle.
Prise de court par sa répartie, elle éclata de rire, attirant l’attention de la muun qui les étudia tous les deux. Yoda gloussa de concert avec la jeune zeltronne.
- Beaucoup de réussite au Chu’unthor, je souhaite. Ainsi qu’à vous.
- Merci, maître Yoda. Cette conversation était plaisante.
Ils rejoignirent le groupe, la zeltronne se plaçant de nouveau aux côtés de sa supérieure qui la réprimanda d’une voix basse :
- Évites de sympathiser trop facilement avec les Jedi.
- C’est toujours intéressant d’apprendre à mieux les connaître, se défendit Yanila.
- Ce n’était pas une demande mais un ordre, trancha sèchement Mungol.
Bien que demeurant impassible, la jeune Sith bouillonnait intérieurement. La subordination à la muun commençait à lui peser au-delà du supportable. Elle rêvait de l’anéantir, de faire disparaître ce qu’elle représentait mais l’heure n’était pas venue.
Pas encore.
- Entendu, maître.
- Tu comptes garder ce médaillon encore combien de temps ?
La zeltronne attarda sa main sur le dos de Tikkie, pour s’assurer de garder le contrôle de ses émotions.
- Je m’en débarrasserai le moment venu.
- J’espère pour toi que ce moment ne sera pas trop tardif.
Yanila se retint de répondre et Mungol s’abstint d’ajouter quoique ce soit. Ces derniers mois, leurs prises de bec mesquines s’accroissaient et la jeune zeltronne devinait pourquoi. Elle cherchait à s’émanciper, à acquérir plus d’autonomie et la muun craignait de perdre le contrôle.
Après cette dernière pique acérée, la jeune femme de vingt ans prit le médaillon attaché au cou, pour l’enfouir sous le col. Elle avait toujours gardé le bijou de Belva, le dernier vestige qui la reliait au passé.
Avait-elle eu tort ? Était-ce une faiblesse qui pouvait être retournée contre elle ? Sa simple mention par son maître n’était-elle qu’un simple avertissement, une semonce, voire… une menace ? Quoiqu’il en soit, Yanila se jurait d’être prête à confronter son mentor, conformément à la Règle des Deux. Bien qu’elle n’ait pas oublié Belva, cette contrebandière devaronnienne qui l’avait aidé jadis à s’échapper de Nar Shaddaa, elle se sentait capable d’assumer le lourd héritage de l’Ordre Sith. Elle ne doutait pas d’en être digne.
Ils quittèrent l’hôpital de bord pour se rapprocher de l’avant du vaisseau. Ils arpentèrent les ailes larges du Chu’unthor, baptisées la Port Training Wind et la Starboard Training Wing. Celles-ci comprenaient des salles de classe, des salles de méditation ou encore des dortoirs, qui servaient de quartiers d’équipages ou de chambres aux étudiants que les Jedi recueilleraient après les avoir testés. Les padawans itinérants accéderaient de même aux bibliothèques où seraient entreposées les copies des Archives Jedi. Ainsi, les visiteurs marchaient lentement entre les étagères où s’entassaient des banques de données dont certaines restaient vierges, dans l’attente de nouvelles connaissances qui seraient récoltées au cours de leur épopée.
Les deux Sith étaient curieuses de découvrir ce que les Jedi avaient conservé sur l’histoire de la confrérie du Côté Obscur mais elles n’en avaient pas l’opportunité car Maître Yoda les suivaient de près sans cesser d’afficher une affabilité déconcertante.
Enfin, ils parvinrent à l’avant du vaisseau, dans la zone de l’Instruction Wing qui disposait de très nombreux dispositifs de communication et d'observation ainsi que de nombreuses batteries de senseurs. Elle serait principalement utilisée par les scientifiques, les chercheurs et les Jedi qui cherchaient à étudier de nouveaux mondes découverts ou des phénomènes cosmiques rares. Alors que tous leurs compagnons s’attardaient autour d’un télescope qui permettait d’observer le cosmos au-delà des étoiles, les Sith avaient décidé qu’elles en avaient assez vu.
- Suis-moi, fit Mungol à son apprentie.
Elles s’éloignèrent discrètement, remontant vers le centre dans la Port Training Wind, se dissimulant entre des étagères d’une des bibliothèques du vaisseau. Après s’être assurée que personne ne les dérangerait, la muun se plaça face à la zeltronne.
- À genoux, intima-t-elle.
Yanila déposa Tikkie au sol et obéit, pressentant d’après la solennité de la voix de sa supérieure, que cette phase marquerait une étape importante dans sa vie.
- Tout ce que je suis, vous appartient, maître.
La muun approuva la réaffirmation de son allégeance, la poignée de son sabre-laser glissa dans son poing. La lame écarlate prit vie, sous les yeux de la jeune Sith qui ferma les paupières.
- En effet, Yanila. Tu m’appartiens quand tu as accepté d’entrer à mon service, d’apprendre la véritable voie de la compréhension, de la sagesse. De la quête d’un plus grand pouvoir. J’ai commencé à te forger avant que tu ne le fasses toi-même. Tu as beaucoup contribué à la cause des Sith qui renverront les Jedi dans les limbes de l’histoire. Il est temps de reconnaître tes mérites.
Elle releva la lame vers le haut puis l’abaissa pour effleurer ses épaules l’une après l’autre en guise d’adoubement.
- Je t’accorde le titre de Dark. Relèves-toi, Dame Noire des Sith.
La zeltronne intronisée se redressa, grisée par un sentiment de fierté. Oui, elle était enfin reconnue à sa juste valeur même si elle n’était pas encore l’égale de Mungol. Dark Yanila… cela sonnait plutôt bien.
- Des nouvelles du Sénat ?
- Oui, et les nouvelles s’avèrent excellentes, répondit la muun avec un grand sourire. La motion a été votée et le Chancelier a dû s’y plier. Le conglomérat Gunray va fusionner avec d’autres corporations de transport pour devenir la Fédération du Commerce. À terme, nous nous assurerons que tous les leviers de commande leur reviennent.
Dark Yanila médita pendant quelques instants.
- Les neimodiens ne sont pas dignes de confiance. Je me demande si nous ne commettons pas une imprudence en leur conférant trop de pouvoir.
- Bien moins que tu ne le crois, assura Mungol. Je me suis aperçue que leur cupidité les rend faciles à manipuler.
- Mais cela les rendra aussi imprudents. Il faudra donc les surveiller et anticiper leurs faux pas.
Aucune des deux Sith n’avait oublié la lâcheté opportuniste de leurs encombrants partenaires lorsque Hanthur Valahi s’était élevé contre le Chu’unthor.
- Ce sera ma mission sur Coruscant, expliqua la muun. La tienne, Dark Yanila, …
- … concerne le Chu’unthor.
La zeltronne inspira profondément. Le sentiment de se voir confier la mission la plus importante de sa vie, ne l’aveuglait cependant pas sur la nature de son maître. La distance qui résulterait de leur séparation, leur conférerait l’opportunité à chacune d’entre elle de poursuivre leurs propres projets, parallèlement au Grand Plan.
Après sa remarque sur le médaillon, Mungol tenterait-elle de l’évincer si elle la jugeait indigne ? Yanila ne pouvait écarter le risque qu’elle recherche un nouvel apprenti pour la remplacer. Elle se jurait de l’en empêcher.
- Il est temps de briser les illusions des Jedi, renchérit la zeltronne.
- Sois consciente que cela ne suffira pas à renverser la République. Mais la chute du Chu’unthor sera le premier coup au cœur que nous porterons aux Jedi.
- Ce vaisseau sera peuplé de ces usurpateurs de la Force. Il y en aura probablement des centaines, une bonne partie de l’Ordre Jedi sera rassemblée ici, ce ne sera pas facile de tromper leur vigilance. Il me faudra du temps pour étudier leurs faiblesses et en tirer profit.
La jeune femme tourna ses pensées vers le Jedi Alan Tissan. Ce corellien en proie au Côté Obscur pourra devenir la clé de leur succès.
- C’est une excellente opportunité, reconnut la muun. Je suis d’accord que cela te demandera du temps et une préparation minutieuse. Mais tu seras capable de réussir. Surveiller nos partenaires commerciaux au Sénat sera très prenant pour moi mais je m’appuierai sur les recherches de Dark Sakar, mon ancien maître, pour t’aider de mon mieux.
- De mon côté, je fouillerai les Archives Jedi du Chu’unthor pour augmenter nos chances. Qui reprendra la gestion du Plaisir de l’Ambre ?
- La twi’lek que tu as affranchie fera-t-elle l’affaire ?
- Yemi est compétente, elle m’a donné entière satisfaction.
Mungol hocha la tête.
- Parfait.
Leur absence prolongée risquait d’attirer l’attention. Elles décidèrent alors de revenir auprès de leurs compagnons. À l’entrée de la salle qui contenait l’avant du vaisseau, maître Yoda les attendait, appuyé sur sa canne.
- Ennuyée par la visite, vous êtes, madame Damask ?
Il conservait son affabilité mais la muun ne s’y laissa pas prendre.
- Aucunement, Maître Yoda. Mais mon assistante et moi, estimions avoir fait le tour du Chu’unthor et souhaitions l’admirer un peu plus intimement.
À vingt mètres de là, Delbaeth et son compère céréen se tenaient devant les senseurs et expliquaient leur fonctionnement au Chancelier Suprême et aux autres dignitaires. Yanila s’assura que ceux-là ne pouvaient entendre leur conversation avec le gnome Jedi.
- Les remerciements du Conseil Jedi pour votre contribution à ce chantier, je souhaite vous adresser.
- Le Directeur Vainken s’en réjouira quand je lui transmettrai votre message, Yoda. Nous espérons tous que le voyage du Chu’unthor dans les contrées inexplorées de la galaxie permettront de rapprocher l’Ordre et le Clan Bancaire. Il en sera de même pour la Fédération du Commerce, j’en suis certaine.
Le chef de l’Ordre Jedi remua ses oreilles pointues et s’inclina en guise d’approbation. Tous trois rejoignirent finalement leurs camarades.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello:
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar mat-vador » Sam 26 Aoû 2023 - 21:12   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir, comment allez-vous ?

C'est la suite du chapitre 31, et la venue du Chu'unthor sur Coruscant pourrait provoquer quelques remous :sournois: !


Chapitre 31 (2/2)

Les autorités de la République avaient préparé soigneusement l’arrivée du Chu’unthor dans le système de Coruscant, en régulant le trafic spatial et l’approche en orbite du monde capital. Lorsque le gigantesque navire aplati émergea de l’hyperespace au large de la planète, le Chancelier Praji prit une grande inspiration sur le pont principal, s’installant devant le pupitre aménagé au milieu de la passerelle principale.
Des holocaméras flottaient autour de lui, dédaignant tous les autres protagonistes qui se tenaient à distance respectueuse. La Baronne Pelagia, le sénateur Organa, les Jedi, Gunray et les deux Sith infiltrés. Tous l’observaient dans un recueillement respectueux, prêts à s’abreuver d’un discours préparé et flatteur.
- Vous êtes connecté à l’holonet, lui confirma l’ingénieure en chef duro.
Il la remercia d’une inclinaison raide alors que les holocaméras ralentirent pour retranscrire l’expression solennelle de son visage, sur toutes les fréquences au réseau galactique officiel. Il posa le datapad où était enregistré son discours, sur le pupitre puis releva les yeux vers le prompteur tridimensionnel qui faisait défiler des phrases en aurebesh.
- Citoyens de la République, commença-t-il. Nous vivons un moment historique qui va ouvrir une nouvelle page de notre République, plusieurs fois millénaire. Je me trouve actuellement à bord d’un vaisseau prestigieux, le Chu’unthor, avec tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce chantier grandiose.
Les holocaméras patrouillèrent sur tout le pont, pour visionner les figures des participants à travers l’holonet.
- Je vous annonce aujourd’hui l’inauguration du Chu’unthor, le plus grand vaisseau qui ait jamais été bâti de l’histoire de la galaxie. Ce ne sera pas seulement une académie Jedi mais une vision qui permettra l’expansion de la République au-delà de la Bordure Extérieure. La mission du Chu’unthor ne sera pas seulement de former de nouveaux apprentis à la Force, mais aussi de venir en aide aux populations en besoin, de résoudre des conflits entre systèmes membres de la République et d’ouvrir d’autres mondes inconnus à la colonisation et à l’exploitation économique de précieuses ressources. Chers concitoyens, c’est l’idéal de la République que nous répandrons sur toute la galaxie !
Yanila songea que les derniers mots auraient fait bondir Alan Tissan qui avait été pendant longtemps, réticent à l’idée de rassasier les appétits des grandes corporations comme la toute nouvelle Fédération du Commerce.
- Tous ceux qui se sont sentis abandonnés et spoliés, ne le seront plus ! Jadis, ces populations avaient rallié les Sith par désespoir et colère ! Mais ces temps sombres sont définitivement révolus ! Que l’épopée du Chu’unthor marque l’avènement d’un nouvel âge d’or pour nous tous ! Longue vie et prospérité à la République ! Proclama le Chancelier Suprême.
Son discours clos fut vigoureusement applaudi par toutes les personnes présentes, y compris les ingénieurs et les ouvriers qui avaient travaillé sans relâche à la concrétisation de cet idéal. Après avoir atteint l’orbite géostationnaire de Coruscant, le contrôle du pont entra en contact avec les autorités portuaires de Westport, le plus grand statioport de la Cité Galactique, auquel le vaisseau devait s’amarrer.
Alors que le Chu’unthor entamait la descente vers la stratosphère, les alarmes retentirent subitement sur le pont.
- Que se passe-t-il ? Demanda le Chancelier Suprême à l’ingénieure duro.
- Signaux entrants détectés, répondit-elle. Des vaisseaux viennent d’émerger de l’hyperespace, au large de Coruscant.
- Mais je croyais que le trafic avait été détourné !
La présence de l’ysalamiri choyé par la zeltronne, empêchait les Jedi de ressentir la Force et par conséquent de détecter d’éventuelles menaces. Mais les Sith demeuraient sereins car ils savaient ce que cette irruption signifiait.
- Alertez les forces de sécurité !
Alors que les Jedi demeuraient confus, y compris Yoda, le Chef d’État se laissait gagner par la panique, entouré par la Baronne Pelagia et le Sénateur Organa. Ivixa Delbaeth ordonna à cet instant de montrer les hologrammes des six vaisseaux étrangers. La Jedi à la peau sombre, accompagné de son acolyte céréen, fut immédiatement intriguée par leur silhouette.
- Ils ressemblent aux croiseurs Hammerhead des Guerres Sith.
Tous deux avaient étudié l’histoire militaire de la République pendant leurs études avant de travailler ensemble sur le Chu’unthor.
- L’arrivée de cette flotte était prévue.
La voix de Mungol plana au-dessus de tous, ramenant un silence lourd de sens. Praji fut le plus prompt à réagir.
- Expliquez-vous, madame Damask.
- Le Clan Bancaire a pourvu à la plus grande carence du Chu’unthor, mes amis. Son absence totale de protection rapprochée.
- Construire et armer une flotte de guerre, transgresse les Réformes de Ruusan, fit remarquer Organa. Le Sénat ne reconnaîtra jamais son existence.
- Et il se peut que cette flotte soit démantelée, appuya Pelagia. J’ose espérer au passage que l’argent des citoyens n’a pas été gaspillée.
La Tapani s’approcha de la muun avec une posture de défi.
- Ce n’est pas le cas, cette flotte a été financée par des fonds privés. Il serait dommage de l’envoyer à la casse. Si le Sénat y est résolu, nous nous assurerons en retour que le Chu’unthor reste à quai, ajouta la Sith.
- Vous n’êtes pas sérieuse ! S’indigna Ivixa.
- Nous avons assez de pouvoir pour en arriver jusque-là. Le Chancelier Suprême lui-même le comprend.
Elle s’était tourné vers Vanekroj Praji, qui la fixait en crispant la mâchoire. Ce dernier n’avait pas d’autre choix que se plier à ses exigences, ne serait-ce que pour sa survie politique. Il savait pertinemment qu’il devait son ascension au sommet, au soutien des corporations et pas seulement à la Banque du Noyau que sa famille détenait. L’affaire Valahi avait laissé des traces dans la conscience des citoyens.
Cette affaire serait un nouveau scandale auquel il devrait faire face. Il devrait faire croire au Sénat que cette idée de flotte secrète était la sienne, afin de ne pas passer pour un imbécile. Cela ferait évidemment grincer quelques dents, mais il n’y aurait pas d’autres remous. Maître Yoda le comprit également.
- Accepter les exigences de madame Damask et du Clan Bancaire, nous devons.
- Je suis curieux de savoir qui est à bord de ces vaisseaux, suggéra le Jedi céréen. Pouvons-nous entrer en contact avec eux ?
La duro acquiesça, ouvrant un canal de communication avec la flotte surprise. Le Chu’unthor regagna l’orbite pour assurer une meilleure liaison. L’hologramme d’un Jedi corellien fort bien connu de Yanila, flotta au milieu du pont principal.
- Maître Tissan, grinça le Chancelier Praji. Je suppose que c’est à vous que nous devons cette surprise.
- Mes respects, votre Excellence. Madame Damask, j’espère que nous ne sommes pas en retard, s’excusa le corellien auprès de la muun.
- Au contraire, vous êtes arrivés dans les délais impartis. Nous sommes impatients de vous accueillir sur le Chu’unthor afin d’éclaircir… quelques malentendus.
La zeltronne savourait d’avance l’embarras de Tissan qui ne manquerait pas de faire face à l’hostilité de ses pairs.
- Impatient d’entendre Maître Tissan, nous sommes, renchérit Yoda.
Les traits du corellien demeuraient insondables, rien ne laissait penser qu’il craignait une quelconque joute verbale. Une heure plus tard, les six frégates Hammerhead entouraient le Chu’unthor en orbite géostationnaire pendant que Alan Tissan se présentait face à toute la délégation.
Inutile de préciser que l’ambiance était tout sauf chaleureuse. Le corellien l’avait perçu avant de perdre sa connexion à la Force à cause de l’ysalamiri qui reposait dans les bras de la zeltronne, légèrement en retrait. Il attarda son regard sur elle, restant de marbre devant le sourire enjôleur qu’elle lui décochait puis s’en détourna.
- J’ai promis d’être présent à l’inauguration et je tiens toujours parole, commença-t-il.
- Nous vous sommes reconnaissants de votre ponctualité, monsieur Tissan, répondit la muun.
- Grand bien vous fasse, rétorqua sèchement le sénateur Organa. Comment avez-vous pu accepter de participer à cette farce ?
- Parce que j’en suis à l’origine. Je le confesse.
- De quoi sont constitués les équipages ? Demanda la Baronne Pelagia.
Il marqua une pause.
- Exclusivement de Rangers Antariens.
- Défié l’autorité du Sénat et notre autorité, vous avez, maître Tissan, martela Yoda.
Le petit non humain frappa le sol de sa canne.
- Les conséquences vous devrez assumer.
- Je les assumerai en participant au voyage. Après tous les efforts que j’ai consentis pour assurer la sécurité du Chu’unthor, vous ne pouvez pas me refuser cette faveur, insista le Jedi corellien.
Sans surprise, il s’attira l’animosité de Fin So Rowan.
- Vous avez suffisamment contribué à ce projet, Alan. Ivixa et moi nous passerons de vous, pour être certains que vous ne ferez plus cavalier seul. Il serait temps de retourner à vos devoirs de Jedi que vous avez trop longtemps négligés.
- Il plairait au contraire aux investisseurs que maître Tissan protège nos intérêts et participe au voyage, intervint Mungol.
- Sinon le Chu’unthor restera à quai si cet autre vœu n’est pas satisfait, madame Damask ? Maugréa le Chancelier Praji.
- Ce serait fâcheux pour notre amitié, votre Excellence.
À court d’arguments, Praji se tourna vers le Grand Maître Jedi qui dévisageait la muun avec sévérité.
- Maître Yoda ?
- À la participation des Rangers Antariens et de Alan Tissan, le Conseil ne s’opposera pas. Mais très hasardeux, le chemin choisi est.
Le Jedi corellien enregistra l’avertissement. Ivixa et Fin croisèrent son regard inflexible avant de se détourner de lui. Plus jamais, il ne lui accorderaient leur confiance.
- Peut-être vaut-il mieux que vous voyagiez à bord d’une de ces frégates, lui suggéra la Jedi à la peau sombre.
- Je vais y réfléchir, Ivixa.
Ces mots marquèrent le terme de l’essentiel de la discussion tendue.
- Nous allons amarrer le Chu’unthor à Westport, annonça l’ingénieure duro. Nous commencerons ensuite l’embarquement des voyageurs sélectionnés par le Conseil, des vivres et du matériel nécessaire au bon fonctionnement du vaisseau.
- Comment de temps cela prendra-t-il ? Interrogea le sénateur Organa.
- Trois jours, peut-être plus. Nous ferons au plus vite.
Les six frégates stationnaient dans l’espace, laissant le Chu’unthor atterrir au milieu de la Cité Galactique, au statioport de Westport. Une foule dense et curieuse s’était massée sur les quais, encadrée rigoureusement par les Forces de Sécurité. Une vague d’applaudissements salua l’apparition du Chancelier Suprême et de sa suite, qui émergèrent des entrailles du vaisseau. Le Chef d’État s’approcha pour bénéficier de leur ovation tandis que des droides commençaient à charger des conteneurs à bord.
Des groupes de Jedi investirent le statioport, accueillis par Ivixa, Fin et Yoda. Des coreligionnaires spécialisés dans la médecine, la biologie, l’histoire… assistés de chevaliers expérimentés et de padawans désireux d’aventure. Vassili Gunray se retira à l’écart de cette activité, en compagnie des deux Sith et de… Alan Tissan.
Le neimodien fit face au Jedi corellien.
- Je serai rassuré si vous étiez à bord même du Chu’unthor, Jedi.
Alan se raidit devant le ton péremptoire du représentant de la toute nouvelle Fédération du Commerce.
- Cela provoquera des tensions, directeur Gunray. Par ailleurs, personne n’a à me dicter ma conduite, pas après tous les sacrifices que j’ai consentis.
- Je suis d’accord avec Vassili, appuya la muun. Nous avons une confiance absolue en vous, Alan. Vous savez ce qui doit être fait pour protéger la République, le Chu’unthor… et nos intérêts. Vous êtes l’homme de la situation.
Elle posa la main sur son épaule, pour lui instiller la confiance. Une lueur lointaine brilla au fonds des prunelles de l’expérimenté Jedi corellien, alors que la foule continuait d’acclamer le Chancelier, ce dernier se pliant de bonne grâce à leurs sollicitations.
Yanila s’approcha à son tour et il croisa son regard, malgré lui. Il ne pouvait ressentir la Force à cause de l’ysalamiri qu’elle tenait dans ses bras mais il se força à éprouver de la colère envers elle, après ce qui s’était passé entre eux deux. Elle avait tenté de le séduire, de lui faire oublier ses devoirs.
Mais ses yeux mauves l’hypnotisaient au point qu’il ne parvenait pas à la détester. De nouveau, le désir pour cette zeltronne monta de nouveau en lui, insidieusement. Il frissonna de tout son être, se rendant compte qu’elle était si proche et inaccessible à la fois. D’un simple sourire et d’un battement de cils, elle l’encourageait tacitement à l’étreindre mais il savait très bien qu’il ne pouvait se le permettre.
Pouvait-il se perdre à ce point-là ?
Yanila était satisfaite de l’effet qu’elle produisait sur le Jedi corellien, au point de le faire errer hors du cours de ses pensées.
- Alan ? Intervint Mungol.
- Je ferai ce qu’il faut, trancha le corellien qui s’éclaircit la gorge avant de s’éloigner abruptement.
Les deux Sith retournèrent finalement avec le neimodien en direction de la délégation pour prendre leur part du triomphe que leur offrait la plèbe de la Cité Galactique.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 27 Aoû 2023 - 18:01   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 31 lu en entier!!!

Mais que d'événements!!! Adoubement, menaces entre Sith à peine voilées, Yoda, lancement du Chu'unthor, Alan Tissan qui dévoile sa flotte... ah la ça y est, on sent bien que l'intrigue est définitivement lancée!!!

Vivement la suite! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar mat-vador » Mer 30 Aoû 2023 - 20:39   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour :wink: !

Et oui, que d'évènements :sournois: !

A samedi :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 02 Sep 2023 - 20:52   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Allez, c'est l'heure de la suite ! Derniers préparatifs avant le départ du Chu'unthor :diable: !


Chapitre 32

Coruscant, deux jours plus tard

Keiran Halcyon pénétra dans l’une des salles de méditation du Temple Jedi guidé par une Jedi mon calamari qui s’inclina avant de se retirer. Le corellien d’une soixantaine d’années retira lentement sa bure avant de s’asseoir en tailleur au milieu de la pièce. Les brides de conversation lointaine de padawans agités lui parvenaient avant qu’il ne s’immergea dans la Force. Il ralentit graduellement son rythme cardiaque pour s’engouffrer dans une transe parfaite. Son esprit parcourut les flux de la Force, tentant de discerner des morceaux épars d’avenir qui pouvaient l’éclairer sur la voie à suivre.
Des lieux qu’il ne connaissait pas, des silhouettes qu’il visualisait à peine accompagnées de murmures inaudibles traversaient sa mémoire.
Jusqu’à ce que la Force lui parle clairement.
Des créatures avaient envahi les entrailles d’un vaisseau en perdition. Des sphères sombres de plus d’un mètre de diamètre, auréolées d’éclairs blafards qui assaillaient des Jedi, lévitant au-dessus de leur tête pour frapper leur esprit. Affaiblir leur résistance, dévorer leurs souvenirs… des créatures emplies d’obscurité glaciale, dont le but ultime était la destruction des âmes de leur victime. Les Jedi fouettaient l’air de leur sabre, usaient de la Force pour les repousser et les tenir à distance mais cela ne paraissait pas être efficace.
Keiran s’arracha à cette vision cauchemardesque et fut expulsé par la même, de sa transe méditative. Le vétéran corellien battit des paupières, agité, tentant de remettre de l’ordre dans ses idées. Voilà plusieurs semaines, que ces visions le poursuivaient. Ces créatures maléfiques qui étaient le produit du Côté Obscur, l’obsédaient, jugeant qu’elles étaient potentiellement un danger sérieux pour l’Ordre Jedi.
Il se demanda un instant s’il devait en faire part à son ancien padawan, Alan Tissan. Il écarta finalement cette idée pour les mêmes raisons qui poussaient l’Ordre à se défier de son ancien protégé. Mais l’aide de la sélonienne Tal’etha lui serait précieuse.
- Vous avez demandé à me voir, maître Halcyon ?
La voix de Alan qui s’était élevée derrière lui, mit fin à sa séance. Il se remit lentement debout sur ses appuis puis pivota pour lui faire face.
- J’ai eu vent de ce qui s’est passé lors de l’inauguration du Chu’unthor. L’apparition de cette flotte venue de nulle part a laissé une forte impression sur le public.
Alan devina le reproche savamment distillé dans la voix posée de son mentor.
- Je suis conscient d’avoir contrarié le Conseil.
- Contrarié ? Le mot est faible, Alan.
Ne supportant pas d’être mis en cause, celui-ci tenta de se justifier.
- La Force ne peut pas mentir sur l’avenir, maître. Je le sens, votre instinct doit le sentir !
Keiran ne lui avait pas encore confié ses prémonitions mais était-il possible que son compatriote ait lu dans ses pensées ?
- Je te connais depuis de longues années, Alan. Autant qu’un père connaît son fils. Et je ne cesse de douter de tes choix. Ce qui vient de se passer sur Coruscant m’afflige. T’es-tu égaré au point d’avoir oublié ce que signifie être un Jedi ? Penses-tu vraiment qu’un retour des Sith, avéré soit-il, justifie tout ce que tu as fait ?
- De quoi parlez-vous, maître ?
Alan percevait la colère de Keiran, une colère froide qui le surprenait de sa part.
- Raxus Prime. Valena m’a avoué ce qui s’était passé là-bas.
Un astéroïde roula dans les tripes de Alan, lorsqu’il se souvint de ce mirialan fugitif qu’il avait abattu. Le regard de sa fille lorsqu’elle avait aperçu les ténèbres qui s’étaient emparées de lui, le hantait. Il soupira en réalisant qu’il ne pouvait pas lui reprocher de s’être éloignée de lui pour cette raison.
- Il avait tiré sur elle, je devais protéger ma famille.
- Tu as agi en père, pas en Jedi, lui fit observer Keiran. Si tu continues sur ce chemin, tu pourrais mettre ta propre famille en danger. Tu as changé au point que cela me terrifie. Je commençais à le sentir quand je suis venu te chercher sur Korriban.
- Je ne suis pas fier de ce qui s’est passé, maître. Mais cela restait nécessaire, je recommencerai s’il le faut.
Les traits ridés teintés de détermination inflexible, Keiran s’approcha de son ancien padawan.
- Tu dois cesser cela, maintenant. Alan, ta place est sur Corellia, auprès des tiens. Même encore après toutes ces années, je me sens responsable de toi.
- Vous me demandez cela, maître ?
- Non papa, je te le demande.
La présence de sa fille brilla tout à coup dans la Force lorsqu’elle les rejoignit dans la Salle de méditation, dans ses habits verts marécages de Jedi, tout comme les deux corelliens. Elle ôta son capuchon, et Alan qui l’avait perdue de vue depuis des années, fut frappée par la maturité qui émanait de sa personne.
La jeune femme était devenue pleinement un Chevalier Jedi accompli. Il ressentit de la fierté pour elle, en même temps que ce sentiment se mêlait à la honte de l’avoir négligée pendant si longtemps.
- Valena.
Le père et la fille se firent face, Keiran s’écartant pour leur laisser de l’intimité. Ils hésitèrent avant de se jeter dans les bras l’un de l’autre. Ils demeurèrent ainsi pendant de longues secondes, versant quelques larmes de joie après une trop longue séparation.
- Tu… tu m’as manqué, avoua-t-il, la voix étranglée par l’émotion.
- Toi aussi, papa.
Il remarqua le Cœur de Feu qu’elle portait au cou, dont elle s’était séparée d’une moitié. Il en comprit la signification.
- Tu as trouvé quelqu’un qui comptait pour toi, lui fit-il remarquer.
- Il s’appelle Vequenn Karath, il travaille à la CorSec. J’ai fait confiance à mon cœur, ajouta-t-elle en prenant la moitié de son Cœur de Feu entre ses phalanges. Cela me permet de penser à lui et lui de penser à moi.
- C’est pour cela que je te l’ai offert, Valena. Je suis si heureux pour toi, je ne douterai jamais de tes choix. Comment vont tes frères et ta mère ?
- Tu leur manques aussi. Maman ne va pas très bien, elle ne supporte pas ton absence prolongée. Cela fait dix mois que tu n’es pas revenu.
Alan hocha la tête, soulagé qu’une partie de son âme lui ait été rendue. Il avait commencé à croire que les liens familiaux avaient été irrémédiablement rompus. Il devenait peut-être possible de concilier son intérêt pour le Chu’unthor avec le bien être des siens.
- Je vous ai beaucoup négligé mais cela va changer. Je profiterai de certaines étapes du Chu’unthor pour passer sur Corellia et vous aider du mieux que je pourrais…
- Papa, tu n’as pas compris. Maître Halcyon et moi te demandons de choisir entre le Chu’unthor et la famille. Tu ne t’en tireras pas avec un compromis.
Alan fut déconcerté par l’ultimatum. Valena affichait un sérieux qui tranchait avec la complicité intime qu’elle lui avait accordé auparavant.
- Maître Halcyon ?
- Si ta fille a pris la peine de venir, c’est que c’est très important. De ta décision dépendra l’avenir de ta famille. J’espère que tu choisiras bien.
- Je dois… je dois réfléchir, concéda-t-il.
- Nous te laissons jusqu’à demain, lui proposa sa fille. C’est le temps que nous te donnons pour tu réfléchisses à tes véritables devoirs.
- À demain, Alan.
Le corellien vit sa fille et son ancien maître quitter la salle de méditation, l’abandonnant au dilemme qui le tenaillait.


Au siège du Clan Bancaire, Mungol et son apprentie Yanila supervisaient les derniers détails du transfert de cette dernière à bord du Chu’unthor. 2-B-1 les aidait à traiter les affaires courantes, tandis que la muun se concertait avec le cabinet du Chancelier Suprême pour s’assurer que la zeltronne serait l’unique ambassadrice de la République et des autres investisseurs, sur le grand vaisseau qui s’envolerait de Coruscant pour voguer vers de nouveaux horizons.
Les bagages de la jeune Sith avaient déjà été transférées et une chambre à part lui avait aménagée à la place d’une section des Archives du Chu’unthor, contre l’avis de Ivixa Delbaeth et de Fin So Rowan qui s’étaient finalement résignés, comprenant que leur projet resterait le jouet d’enjeux politico commerciaux qui les dépassaient.
2-B-1 se connecta ensuite aux systèmes de sécurité du bâtiment et signala l’arrivée d’un Jedi corellien familier aux deux Sith. Celles-ci échangeaient un regard surpris, ne s’attendant pas à cette visite, alors que le Chu’unthor décollait le lendemain.
Yanila serra Tikkie dans ses bras, à l’instant où Alan Tissan entre dans le bureau de la sous directrice du Clan Bancaire. Les phéromones qu’elle secréta à son intention, lui firent sentir que son attitude était différente. Le Jedi semblait particulièrement déterminé, il avait pris une décision importante.
Son expression distante ne rassurait aucune des deux Sith.
- Maître Tissan, votre visite est inattendue, commenta la muun. J’espère que vous êtes prêt au départ de demain.
- C’est justement ce qui m’amène, madame Damask. J’ai réfléchi à ce tout ce qui a été accompli, tout ce que notre collaboration a apporté au Chu’unthor. Je suis satisfait du résultat et c’est pourquoi il est temps pour moi d’honorer certains devoirs que j’ai oubliés. Ma famille sur Corellia… je dois les rejoindre.
Les Sith ne trahirent aucune émotion, mais la décision ne les satisfaisait pas. Alan était le seul Jedi à être convaincu de la survie de l’Ordre Sith, c’était la raison pour laquelle elles l’avaient manipulé et encouragé à participer au Chu’unthor. Il leur servait d’idiot utile mais son obsession des Sith le rendait dangereux.
Son retour sur Corellia aux affaires courantes plus modestes, ne garantissaient pas sa fiabilité. Dark Mungol préférait ne pas laisser de place au doute. Le Chu’unthor devait disparaître et Alan Tissan avec lui.
- J’avoue que je suis surprise, maître Tissan.
- Je voulais vous témoigner toute ma reconnaissance de m’avoir secondé pendant toutes ces années, déclara-t-il.
- Surprise et déçue.
La froideur imprégnait la voix de la muun, le corellien réalisa son irritation. Ce qui le braqua instinctivement sous les yeux de Yanila, qui reculait derrière le siège de Mungol.
- Je suis désolé que vous le preniez ainsi, madame Damask. Mais j’ai rempli plus que ma part du marché et il est temps de penser à mes propres affaires.
- Vous avez oublié l’importance des enjeux, Alan. Nous comptons sur vous pour protéger le Chu’unthor, du moins l’argent que nous y avons investi.
- Vous voulez dire que vous comptiez sur moi. Mais mon rôle dans cette affaire est terminé, madame Damask. Je rentre sur Corellia et je n’en repartirai pas de sitôt.
- Je n’en suis pas si sûre. Zeviya, tu veux bien montrer le reportage à notre cher ami lors de sa dernière visite au Plaisir de l’Ambre ?
- Oui, madame Damask.
La jeune zeltronne demanda à 2-B-1 d’approcher et de lancer l’enregistrement de la conversation intime entre le corellien et la Sith. Le même hologramme montrant leur très grande proximité et leurs effusions se répéta en boucle jusqu’à ce que le Jedi excédé fasse savoir :
- Qu’est-ce que ça signifie ?
- Cela signifie que vous ne rentrerez pas sur Corellia et que vous embarquerez sur le Chu’unthor, demain sans faute, répondit la muun.
Yanila surprit la main du corellien, glisser vers sa ceinture, là où était rangé la crosse de son sabre-laser sous la bure verte sombre. Elle posa Tikkie sur la table de Dark Mungol puis contourna le Jedi pour se placer dans son dos. Au cas où ce dernier tenterait quelques folies, malgré la présence de l’ysalamiri qui bloquait leur connexion à la Force.
- Sinon ? Gronda-t-il.
- Cet enregistrement pourrait accidentellement fuiter sur le réseau holonet, expliqua Mungol. Je vous laisse imaginer les conséquences pour un Jedi aussi intelligent que vous. Beaucoup de Jedi vous ont tourné le dos, vous ne voudriez pas que votre famille sur Corellia fasse de même, si la rumeur courait que vous êtes un père de famille, un peu… trop volage.
La colère embrasait les iris bleus de l’ancien élève de Halcyon.
- Alors vous vous abaissez au chantage ? Vous seriez prête à briser ma famille et à ruiner notre réputation ?
- Nous préférerions éviter d’en arriver là, monsieur Tissan, intervint Yanila qui secréta quelques phéromones pour apaiser son courroux.
Ce dernier lança sèchement par-dessus son épaule :
- Ce n’est pas à vous que je parlais.
- Comme mon assistante vient de le dire, nous vous apprécions beaucoup. C’est pourquoi je répugne de devoir vous forcer la main, déclara la muun. Pensez à votre famille, nous vous demandons seulement de partir avec le Chu’unthor comme cela était prévu. Ce que vous souhaitez d’ailleurs au fonds de vous.
Un silence pesant succéda aux paroles de la Sith avant que Alan n’éloigna finalement la main de son sabre-laser. Il tenta néanmoins :
- Si vous diffusez cet holo, les gens ne se laisseront pas abuser aussi facilement. D’ailleurs, ce n’est qu’une effusion, tout au plus.
- Les gens verront surtout que mes sollicitations vous plaisent, monsieur Tissan. Ils déduiront eux-mêmes ce qu’ils ne peuvent pas voir sur cet holovidéo, susurra la zeltronne à son oreille.
Elle repassa devant lui, profitant de cette occasion pour le frôler intentionnellement. Malgré lui, il se laissa griser par son parfum, par cette envie irrépressible de la saisir et de s’unir à elle. Il sentait que c’était ce qu’elle voulait aussi.
Reprends-toi, Alan. Tu es un Jedi.
- Je dirai la vérité.
- Combien vous croiront ? Lança malicieusement la zeltronne. Cela serait gênant pour vous si vous prétendez que je vous ai… contraint.
Le corellien se trouvait acculé et à court d’arguments. Il n’avait pas d’autre choix que de s’incliner. Ses épaules se voûtèrent sous le coup de l’accablement.
- D’accord, je partirai avec le Chu’unthor. Mais je veux des garanties que ma famille sera préservée sur Corellia. Si jamais il leur arrive un malheur…
- Nous nous assurerons qu’ils seront en sécurité, appuya Mungol.
- Comment puis-je vous faire confiance ?
- Comme nous vous avons fait confiance, monsieur Tissan. Je demanderai à maître Delbaeth et maître Rowan de vous réserver une place à bord du Chu’unthor. Zeviya pourra veiller sur vous et votre bien-être.
- Mon bien-être ne vous regarde pas, madame Damask, répliqua froidement le Jedi. Je ne vous souhaite pas bonne journée.
Sur cette pique digne, il sortit du bureau, le cœur empli de peine et de rage froide. Il avait cédé à ce chantage inique et ne voyait pas comment annoncer la nouvelle à sa fille et à son ancien maître. La discussion promettait d’être orageuse.


Valena nourrissait beaucoup d’espoirs sur le retour de son père parmi les siens, tout comme Keiran Halcyon. Tous les deux patientaient devant l’entrée du Temple Jedi où ils devaient le retrouver pour le ramener sur Corellia, son véritable foyer. Dans les cieux de Coruscant, trônait majestueusement le Chu’unthor avec sa silhouette aplatie caractéristique en forme de Y. Valena tenait à s’en éloigner comme on fuyait la peste candorienne.
Elle voyait cette promesse d’un glorieux avenir pour la République, comme une malédiction prête à s’abattre sur la dynastie des Tissan. Elle sentit la présence de son père qui approchait d’un pas vif. Keiran Halcyon surprit immédiatement la résignation qui tordait les traits de son ancien élève, qui avait tranché un choix définitif.
Valena le perçut aussi mais elle gardait encore un infime espoir jusqu’à ce que Alan n’y mette un terme brutal et sans retour.
- Maître Halcyon, Valena. Corellia et ma famille compteront toujours beaucoup dans mon cœur mais je ne rentrerai pas avec vous.
Keiran sentit la tension s’accroître chez Valena qui laissa exprimer sa frustration. Elle le fusillait d’un regard noir.
- Je vois, siffla-t-elle d’un ton glacial. Dire que maman espérait beaucoup de toi.
- Valena…
- Ne te fatigue pas, j’ai très bien compris cette fois. Va donc rejoindre le Chu’unthor et disparais dans un trou noir avec ! Je te maudis !
- Valena ! Protesta-t-il devant son éclat.
Elle lui tourna le dos pour se diriger vers le statioport, la rupture était cette fois consommée. Il avait laissé passer sa dernière chance.
- Maître, vous devez comprendre.
- C’est inutile, Alan. Tu étais à la croisée des chemins et tu as tranché. Je respecte ta décision mais un grand malheur s’abattra sur toi.
- Vous essayez de m’effrayer ?
- Tu sais ce qui arrive aux Jedi corelliens qui s’exilent loin de Corellia ? Ils finissent par mourir, seuls. Et oubliés, ce qui est pire que la mort. Je prie pour que la Force t’épargne un tel sort.
Ils échangèrent un dernier regard puis Keiran Halcyon prit congé. Alan réalisa que cette conversation était peut-être la dernière. Les derniers liens qui le reliaient à son monde natal avaient été irrémédiablement rompus.
Il leva la tête vers le Chu’unthor, planant dans le ciel de Coruscant. Des feux d’artifice éclataient tout autour, pour saluer son départ imminent. Alan sentait l’appel du destin inexorable qui le liait à partir de maintenant à ce vaisseau.
Il ne reverrait plus les siens.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mar 05 Sep 2023 - 13:49   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 32 lu !

Je dirai bien que je plains Alan Tissan... mais en fait non. Malgré le chantage des Sith, il aurait très bien pu dire qu'il s'en fichait, que sa famille comptait tout de même plus que tout. D'autant plus avec ce que Valena elle-même a vécu autrefois avec Yanila, donc il aurait tout de même pu se dire que sa famille comprendrait. Mais il a choisi que non. Tant pis pour lui !

Ce fut également un plaisir de revoir Keiran Halcyon !

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 06 Sep 2023 - 20:53   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour, L2 :D !

L2-D2 a écrit:Je dirai bien que je plains Alan Tissan... mais en fait non. Malgré le chantage des Sith, il aurait très bien pu dire qu'il s'en fichait, que sa famille comptait tout de même plus que tout. D'autant plus avec ce que Valena elle-même a vécu autrefois avec Yanila, donc il aurait tout de même pu se dire que sa famille comprendrait. Mais il a choisi que non. Tant pis pour lui !


Oui, il a choisi et tout choix a des conséquences :diable: !

L2-D2 a écrit:Ce fut également un plaisir de revoir Keiran Halcyon !


Et tu le reverras dans le prochain chapitre :cute: ! Alors heureux :P ?
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Messagepar mat-vador » Sam 09 Sep 2023 - 21:08   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Nouveau saut temporel en un autre lieu, loin du Chu'unthor :sournois: !



Chapitre 33

348 ans avant la bataille de Yavin IV, huit ans avant le naufrage du Chu’unthor sur Dathomir
Espace Sith, planète Ziost

Le Côté Obscur imprégnait Ziost comme une seconde peau, au point que les Jedi corelliens Keiran Halcyon et Tal’etha eurent l’impression d’étouffer lorsqu’ils posèrent le pied sur ce monde désolé et réduit à l’état sauvage, après avoir été pendant si longtemps la capitale des Rois Sith d’antan. La sélonienne grogna de dépit lorsqu’elle descendit la première, la rampe d’accès. La femme humanoide à l’aspect de marsupial géant, fut rejointe peu après par maître Halcyon qui verrouilla leur navette avant d’étudier sur un hologramme, la cartographie des lieux.
Keiran pointa de l’index une structure creusée à flanc de montagne.
- Voilà le Château de Graush, notre objectif.
- Vous en êtes certains ?
Keiran hocha la tête, éteignit l’hologramme et rangea le disque dans sa poche. Au loin, les Jedi distinguaient les crêtes dentelées des montagnes qui les entouraient. De part et d’autres, ces mâchoires géantes rocheuses semblaient vouloir se refermer sur les intrus, pour les déchiqueter. Ils vérifièrent l’état de leur sabre laser à la ceinture puis se mirent en marche.
Ils suivirent un sentier large qui montait au-dessus de la vallée. Le vent s’engouffra pendant leur ascension, engourdissant leur corps et leur membres par un froid mordant. Ils usèrent de la Force pour en atténuer les effets. Parvenus au sommet d’un col, ils arpentèrent un plateau aménagé pour accueillir les visiteurs de l’antique château du Roi Sith Dathka Graush. La demeure taillée dans la montagne se dressait devant eux apparemment intacte malgré les assauts du temps, malgré son aspect terni par l’érosion qui le rendait plus distant.
Les flèches qui montaient vers le ciel, au sommet des tours de garde, trahissaient la détermination et la férocité du maître des lieux, qui avait rejoint le Chaos et les limbes de l’histoire depuis des millénaires. Sa statue géante à droite des lieux qui représentait un Sith au sang pur en tenue de guerrier, continuait de veiller sur sa demeure. Keiran et Tal’etha ralentirent le pas, faisant preuve de prudence alors qu’ils approchaient de l’entrée.
Les lourds et épais battants qui barraient l’accès, pendaient hors de leurs gonds, éventrés par une attaque dévastatrice qui avait mis fin au règne cruel de Dathka Graush. La cour intérieure de la forteresse portait encore les stigmates des sanglants combats qui avaient éclaté.
Des squelettes entiers ou partiels gisaient, au milieu d’armes antiques tels que épées, boucliers de duraciers, lances et arcs. Le spectacle de cette mort figée par le temps, glaçait le sang des deux Jedi et accentuait leur malaise.
La Force leur renvoyait des échos lointains de la haine qui avait animé les combattants des deux camps, de la volonté de destruction qui les avait aveuglés au point de ne faire aucun prisonnier. Mais était-ce étonnant de la part d’un peuple non humain qui avait toujours étudié les arcanes du Côté Obscur, bien avant l’irruption des Exilés d’Ajunta Pall ?
La sélonienne se pencha en avant, prise de nausées.
- Nous ne devrions pas nous attarder ici, Keiran.
Celui-ci percevait l’accablement de sa compagne devant cette désolation. Il projeta sa perception autour de lui, pour repérer la perturbation à l’origine de ses cauchemars. Ces étranges sphères sombres dotés d’une intelligence maléfique et affamée résidaient dans ce sanctuaire, il en était intimement convaincu.
Une menace qu’il ne pouvait laisser déferler dans la galaxie. S’il ne pouvait les détruire, il devait trouver un moyen de les bloquer sur Ziost, définitivement. Ils entrèrent dans un hall qui était la salle du trône. Là aussi, les stigmates du carnage restaient prégnants et cette fois les uniformes qui habillaient les squelettes étaient cette fois identifiables. Keiran avait fait des recherches aux Archives du Temple Jedi sur le règne de Dathka Graush et il reconnut son emblème sur les épaulières.
En fait, c’était le seul emblème identifié sur ce champ de bataille. Et les uniformes étaient tous semblables.
- Mais que s’est-il passé ici ?
- Ce n’est pas une attaque extérieure, expliqua Keiran à la sélonienne qui avait activé son sabre-laser pour s’éclairer. Ses propres sujets se sont révoltés contre lui pour mettre un terme à son règne sanglant.
- Et où est son cadavre ?
Le corellien montra alors, le squelette assis dans le trône. Il alluma à son tour, son sabre-laser. La lame argentée crépita en se dépliant, illuminant la silhouette de celui qui avait dominé sans partage Ziost et le Royaume Sith dans la Caldeira Stygienne.
Coiffé d’un casque barbare à cornes, son crâne arborait une grimace rieuse, narquoise à l’égard les nouveaux venus. Comme si après sa mort, Dathka Graush se considérait encore comme le souverain incontesté de son domaine. À ses pieds, d’autres squelettes étaient enchevêtrés les uns sur les autres, formant un amas d’os indéfinissable.
Certains avaient des épées ou des lances, en travers de la cage thoracique. Impossible de déterminer à quelle allégeance ils appartenaient. Keiran étendit la main au-dessus des squelettes et s’immergea dans la Force pour lire les échos qui lui étaient renvoyés.
Il comprit ce qui s’était passé.
- Après l’avoir abattu, ils se sont entre-tués pour prendre sa place. Jusqu’au dernier.
- C’est dans la nature des Sith, Keiran. Le Côté Obscur détruit tous ceux qui y succombent, ceux-là ne feront plus de mal à qui que ce soit.
- Je sens que cette forteresse n’est pas pour autant abandonnée, Tal’etha. Je sens une faim… dévorante.
Intrus, intrus.
La voix s’inséra dans leurs pensées, leur donnant l’impression qu’un interlocuteur se tenait à leurs côtés. Puis le murmure leur semblait provenir des murs même de la salle du trône. Où des cadavres décomposés qui commençaient à remuer avec des râles. Une mer d’os qui commençait à s’élever comme une houle mortelle.
- Keiran ?
- On doit partir, vite !
Ils reculèrent rapidement vers la sortie, alors que les squelettes ramenés à la vie commençaient à se redresser, animés par une antique Magie Sith sinistre qui s’était activée à cause de leur présence indésirable.
Keiran devinait que les étranges sphères maléfiques enfermées quelque part dans cette demeure maudite, y étaient pour quelque chose. Assoupies, elles s’étaient éveillées depuis les sous-sols du Château de Graush et leur avidité en disait long sur leur faim. Il savait ce que ces choses leur voulaient en ranimant ces squelettes pour les neutraliser ou les capturer.
Leur mémoire, leurs souvenirs. Ils voulaient en dévorer la moindre pièce, leur nom de Derriphan était mérité. Car cela signifiait Dévoreur dans la langue Sith. Les Jedi ne pouvaient lutter contre cette calamité, ils devaient fuir. Keiran agita sa lame argentée et trancha deux squelettes sur son chemin.
La sélonienne le couvrait, repoussant à l’aide de la Force cinq squelettes. Néanmoins leur présence ne brillant pas clairement dans leurs perceptions, l’un d’eux parvint à se glisser derrière elle et la frappa avec son épée. Elle rugit de douleur lorsque la lame en acier trempé déchira sa tunique au niveau des hanches, pour pénétrer sa fourrure et sa chair. Elle fouetta l’air de sa queue, le réduisant en miettes avant de rejoindre Keiran.
- Tal’etha ?
- Ça ira.
Elle grognait entre ses crocs puis abattit dans une frénésie meurtrière, plusieurs ennemis pour les transformer en un tas d’os. Sans qu’elle n’en prenne conscience, le Côté Obscur commençait à renforcer son emprise sur elle, la transformant au grand dam de son ami en une chose méconnaissable, féroce et sans pitié.
Il fendit trois squelettes avant de lui crier :
- Reprenez-vous ! Ne laissez pas l’obscurité s’emparer de vous !
Ils battirent en retraite dans la cour intérieure pour se retrouver encerclés par d’autres spectres titubants. Ils firent le vide avec leur sabre-laser et émergèrent finalement de la forteresse hostile et inhospitalière. Lorsqu’ils firent volte-face, ils constatèrent que les squelettes ne les poursuivaient pas.
L’un d’eux, plus grand que tous les autres, coiffé d’un casque à cornes, semblait les mener. Ses orbites vides fixaient les Jedi avant qu’il ne pointa un index menaçant dans leur direction. Puis il prononça à leur intention des mots dans une langue rocailleuse qui provenait de l’outre-tombe. La langue Sith qui échappait à la compréhension des profanes.
- Que dit-il ? Demanda Tal’etha.
- Nous ne sommes pas les bienvenus, ici. Si nous revenons, ils nous livreront aux Dévoreurs. Ils en sont les gardiens pour les empêcher de s’échapper.
Les Jedi baissèrent leurs armes, comprenant qu’ils ne seraient pas attaqués tant qu’ils n’essaieraient pas de reprendre pied dans le Château.
- Devons-nous leur faire confiance ? Insista Tal’etha.
- Si vous souhaitez leur faire part de vos doutes, ne vous gênez pas. De la part d’adeptes du Côté Obscur morts depuis des temps immémoriaux, je sais que cela peut paraître étrange mais ils sont sincères.
Ils rangèrent leurs sabre-laser puis la sélonienne tâta sa plaie ensanglantée au niveau des hanches.
- Votre blessure ? S’enquit Keiran.
- Supportable, résuma la non humaine. Je crois que nous en avons fini ici.
- Oui, rentrons.
Keiran jeta un dernier regard vers le sceptre de Dathka Graush avant de proposer à la sélonienne de s’appuyer sur lui. Il nourrissait l’espoir que le secret de cette forteresse ne serait jamais découvert par qui que ce soit.
Le destin de la galaxie dépendait du silence sur ce secret.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
Modifié en dernier par mat-vador le Mar 12 Sep 2023 - 20:02, modifié 2 fois.
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Messagepar L2-D2 » Mar 12 Sep 2023 - 12:22   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 33 lu!

Pas sûr d'avoir compris la mission de nos deux Jedi sur Ziost... comment ont-ils entendu parler de ce qu'il se passait sur la planète? Ce qui ne change rien au fait que le Chapitre en lui-meme est bien fichu, prenant voire même avec un léger soupçon horrifique!

Attention, il me semble que vers la fin, un petit "Alan" s'est glissé à la place de "Kheiran" ! :wink:

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 13 Sep 2023 - 21:05   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Attention, il me semble que vers la fin, un petit "Alan" s'est glissé à la place de "Kheiran" ! :wink:


C'est corrigé, merci :jap: !!

L2-D2 a écrit:Pas sûr d'avoir compris la mission de nos deux Jedi sur Ziost... comment ont-ils entendu parler de ce qu'il se passait sur la planète?


Au début du chapitre 32 ( chapitre précédent, donc ), il est précisé que Keiran a eu des visions funestes d'horribles choses... :whistle:
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Messagepar mat-vador » Sam 16 Sep 2023 - 21:44   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir, comment allez-vous ?

Retour sur Ziost avec cette fois, l'intervention d'une Sith ! l'occasion de voir se déchaîner tous les pouvoirs du Côté Obscur de la Force :diable: !


Chapitre 34 (1/2)

Ziost, 346 années avant la bataille de Yavin IV
6 ans avant le naufrage du Chu’unthor sur Dathomir


Dark Mungol fut rassérénée par la chaleur glaciale du Côté Obscur lorsque sa navette émergea de l’hyperespace en orbite de Ziost. Elle observa pendant quelques instants, l’aspect gris délavé du disque qui lui faisait face, à travers la vitre de transparacier. Ce monde déserté avait été jadis le centre de pouvoir de l’Empire Sith, des Rois d’antan et des Seigneurs Noirs.
Ce qui motivait sa venue dans ce lieu si reculé de la Bordure Extérieure, était sa quête de destruction du Chu’unthor. Comment provoquer la morts des centaines de Jedi qui étaient à bord ? L’héritage de son ancien maître, Dark Sakar, s’était révélé décisif dans ses recherches. Le Sith togorien s’était rendu sur Ziost pour emmagasiner des connaissances et gagner en sagesse.
Il avait accompli une importante découverte qui aurait pu lui coûter la vie. Il avait visité les tréfonds de Ziost pour mettre à jour les Derriphan. Mais il avait sous-estimé leur perversité et leur dangerosité et leur échappa de justesse.
Dark Sakar avait travaillé toute sa vie sur les moyens de les dominer et d’en prendre le contrôle. Il n’avait jamais précisé dans quel but à son apprentie mais celle-ci avait sa petite idée sur leur utilité. Son défunt mentor avait finalement trouvé le moyen de soumettre les Derriphan. Les ysalamiri de Mykrr étaient la clé.
Ou plutôt leur sang.
Entrant dans l’atmosphère, elle survola la surface de ce monde appartenant aux anciens Sith, tout en consultant la carte sur son ordinateur de bord. Sakar avait localisé la source des Derriphan dans le Château de Dathka Graush. L’hologramme de cette forteresse plurimillénaire dansa devant la figure de la muun qui entama les manœuvres d’approche sur le plateau montagneux, qui décorait l’entrée de la bâtisse.
Lorsque Mungol drapée dans des robes sombres Sith se présenta au pied de la rampe d’accès déployée, elle tenait dans ses poings son sabre-laser et un talisman en forme de rubis mauve qui englobait sa paume. Un talisman qu’elle avait fabriquée d’après les instructions de Sakar via les parchemins et l’holocron qu’il lui avait laissés en héritage. L’objet y contenait du sang d’ysalamiri qui l’aiderait dans sa tâche. Elle le rangea dans la poche de sa bure noire lorsque les ennemis surgirent pour lui barrer le passage.
Des dizaines de squelettes étaient alignés devant l’entrée de la forteresse mais ils ne représentaient qu’un piètre obstacle pour la Sith éprouvée. Elle ressentait cependant le pouvoir du Côté Obscur qui les maintenait en vie, des millénaires après leur mort. Le pouvoir dans cette forteresse était puissant, presque enivrant.
Elle se laissa envahir par ce pouvoir, s’y abandonna pleinement tandis que ses yeux luisaient d’une lueur braise, promesse d’une destruction implacable. La lame sanglante se déplia dans un crépitement angoissant puis elle s’avança lentement pour les confronter. L’appel des Derriphan résonna dans son esprit.
Trouvez-nous.
Deux squelettes les plus proches furent éliminés lorsqu’elle les faucha avec son épée lumineuse. Elle étendit la main et des éclairs fourchèrent de ses phalanges en cascades, frappant plusieurs sceptres amaigris qui se transformèrent en torches ambulantes, poussant des cris désincarnés stridents telles des harpies agonisantes. En fin de compte, ces morts demeuraient sensibles à la souffrance et elle s’en abreuvait pour accentuer son lien avec les ténèbres. Comme le jour où elle avait terrassé son mentor Dark Sakar sur Nar Shaddaa pour se libérer de sa tutelle.
Elle traversa leurs rangs d’une démarche lente mais implacable. Un rouleau-compresseur contre lequel se brisait les pathétiques squelettes décharnés desquels pendaient quelques lambeaux de vêtements moisis. Ils brandissaient haches, épées, lances antiques dont certaines étaient baignées d’une antique magie Sith intacte mais cela n’était rien par rapport au chaos que semait Mungol dans son sillage.
Parvenue dans la cour intérieure, la muun prit le temps de jauger la situation alors que d’autres morts vivants se regroupaient, toujours plus nombreux, pour l’empêcher de progresser à l’intérieur de la demeure. C’est alors qu’elle discerna celui qui les menait au combat, une créature de taille plus grande, coiffée d’un casque à cornes qui empoignait une épée Sith datant de l’ère du Roi Adas. La lame saignait d’un halo blafard, le sortilège qui renforçait la puissance demeurait viable comme preuve du savoir immense qui avait bénéficié à Dathka Graush pendant son règne.
Mungol ne doutait pas qu’il n’était plus que le fantôme du terrible Roi Sith dont elle avait forcé le domaine.
Les autres squelettes l’encerclaient, attendant la permission d’attaquer de la part de leur suzerain. Elle s’exprima alors en langue Sith, les mots formant une avalanche de rochers dans sa gorge.
- Écartez-vous, pantins déchus.
Elle s’était attardée sur la prononciation des derniers mots qui devenaient insultants, preuve de la confiance présente en elle. Ils s’écartèrent pour laisser passer Dathka Graush qui se tint peu après au premier rang.
Ses orbites vides étaient rivées sur l’intruse qui soutint son attention. Puis le tyran d’un autre temps répondit à son défi dans le dialecte des Seigneurs Noirs :
- Un terrible mal réside ici depuis l’aube des temps, Noble Dame. Le Seigneur Dreypa nous a jadis ramenés à la vie pour empêcher quiconque d’y pénétrer et de le réveiller. Nous en sommes les gardiens.
Mungol cracha avec mépris :
- Des gardiens ? Je ne vois là que des piètres vassaux, asservis par de la sorcellerie d’un autre âge. Si vous étiez dignes et si ce mal est aussi terrible que vous le prétendez, vous l’auriez anéanti comme tout Sith l’aurait fait.
- On ne peut réduire à néant, le néant.
La muun impatiente fit danser son sabre dans la main.
- La vérité est que vous êtes trop faible pour oser le faire. Il n’y a pas de place pour les faibles dans notre Ordre.
Elle perçut l’irritation du Roi Sith qui tendit son bras décharné, brandissant l’épée runique.
- Détruisez-la ! Qu’elle rejoigne le néant qu’elle est venue troubler !
Ses serviteurs obéirent, se jetant de nouveau dans la mêlée. En réaction, elle laissa glisser l’index sur la crosse, la faisant rallonger et naître une seconde lame opposée. Elle leva la crosse de son double-sabre au-dessus d’elle et se transforma en une tempête mortelle. Les deux lames sanglantes ravagèrent les rangs ennemis, lui permettant de progresser au coeur du domaine, jusque dans la salle du Trône.
Elle remarqua que Dathka Graush temporisait au lieu de l’affronter, laissant ses sous-fifres s’en charger à sa place. Elle fit le ménage sous son regard vide, avant de se présenter face à lui. Le sceptre privé de son armée personnelle, ne semblait pas la craindre.
- Partez tant qu’il est encore temps, Noble Dame. Vous n’avez aucune idée du fléau que vous allez confronter, je ne vous laisserai pas commettre cette erreur.
- Vous avez commis l’erreur de me barrer le chemin, Roi Graush, répliqua-t-elle d’un ton sans pitié. Je prendrai le contrôle de ce fléau sans votre permission.
- Pourquoi ?
Il paraissait la supplier à travers cette vois rauque et désincarnée.
- Votre compréhension est si limitée. Pas si étonnant que vos sujets vous aient renversé. Un Plan est en cours, les Sith reprendront le contrôle de la galaxie. Un nouvel Âge d’or pour un Eden retrouvé dans lequel vous n’aurez pas de place.
Elle tendit le bras et l’assaillit d’éclairs fourchés qui le frappèrent à la cage thoracique. Le sceptre rugit d’un hurlement puissant qui s’étala pendant qu’il était traversé par cette puissante déferlante du Côté Obscur. Mungol crispa la mâchoire lorsqu’elle s’aperçut que son attaque ne l’avait pas annihilé.
En effet, une électricité surnaturelle agita ses perceptions lorsque le sceptre agenouillé pendant plusieurs instants, se redressa indemne puis éleva les bras décharnés à son tour, drainant l’énergie envoyée par la muun.
Celle-ci écarquilla les yeux de stupeur en constatant que ses éclairs étaient peu à peu absorbés.
- Ne reniez pas si vite la sagesse des Anciens Sith, Noble Dame. Car ils ont contribué à ce que vous êtes devenue.
Elle s’écarta d’un bond lorsque les éclairs qui lui avaient été renvoyés, frappèrent le sol, là où elle se trouvait une seconde auparavant. Elle positionna ses lames opposées devant son corps, interceptant une nouvelle volée d’éclairs qu’elle absorba ensuite avec la paume, sans aucun dommage pour elle.
Puis Dathka Graush s’avança vers elle d’un pas pesant et bandit son épée antique pour l’abattre sur la non humaine. Elle sentit le poids de l’arme qui pesait sur sa lame ardente et la fit s’agenouiller malgré elle.
- Je ne suis pas aussi faible que vous le pensez, lui déclara-t-il dans un souffle glacial. Et vous n’êtes pas aussi puissante que vous l’espérez.
La muun banda ses muscles, repoussa lentement son épée puis bondit sur le côté, tandis que la lame de Graush toucha avec fracas le marbre, faisant jaillir des débris dans toutes les directions. Elle repartit à l’assaut, le harcelant par des frappes vives à l’aide de ses lames opposées. Elle fit la différence rapidement grâce à son agilité avant de passer sous sa garde et de lui trancher la colonne vertébrale.
De nouveau, l’électricité familière du Côté Obscur aiguisa ses perceptions lorsque la sorcellerie héritée du Seigneur Dreypa entra de nouveau en action, réparant et ressoudant instantanément les vertèbres endommagées. Les lames opposées dansèrent à nouveau, elle lui sectionna le bras droit et la clavicule gauche. Là aussi, la magie Sith d’antan opéra aussi efficacement. Elle recula, indécise sur la marche à suivre.
- Vous êtes dépassée, lui fit remarquer Graush. Quittez cet endroit maudit et n’y revenez plus.
Elle ricana de mépris.
- Je n’ai pas fait tout ce chemin pour rien, grogna-t-elle.
Elle éleva les bras vers le plafond et invoqua la Force pour le briser. Les débris de rocs écrasèrent le squelette qui avait tenté d’user de ses pouvoirs pour contenir cette avalanche, en vain. Il poussa un beuglement puissant et ce qui restait de Dathka Graush, l’un des plus redoutables souverains de l’époque reculée du Royaume Sith, disparut sous les gravats, broyé. Cette fois, la magie Sith ne le reconstituerait pas de sitôt.
- Votre voie a échoué, accorda Mungol en guise d’oraison funèbre. Les nouveaux Sith ne failliront pas.
Elle projeta ses perceptions, ressentant l’avidité des Derriphan qui l’appelaient.
Venez à nous.
Pour les rejoindre, elle devait descendre dans les profondeurs de la forteresse. Elle consulta le plan, légué par son prédécesseur qui avait séjourné sur Ziost, une carte mise à jour grâce à l’étude des parchemins et de l’holocron de son défunt maître.
- Es-tu digne d’accéder à ce pouvoir ?
Elle fit volte-face vers la voix rugueuse qui provenait d’un Fantôme de Force. Celui d’un Sith togorien bien familier. Ce dernier encapuchonné, la considérait avec un étrange sourire qui dévoilait ses crocs intimidants.
- Seigneur Sakar ?
- Je craignais que tu aies oublié mon existence, Dame Mungol.
- Que faites-vous ici ? Je pensais que vous aviez rejoint le Chaos.
- Ta présence en ces lieux m’en a tiré. Je suis heureux que tu aies tiré profit du savoir que j’ai patiemment emmagasiné.
- Vous m’avez beaucoup apporté, maître, reconnut-elle.
- Regrettes-tu de m’avoir tué sur Nar Shaddaa ?
Il lui décochait un rictus malicieux, destiné à la perturber. Mais elle s’approcha de lui sans en paraître décontenancée.
- Non, car votre utilité touchait à son terme. Mon heure était venue.
- Bien. Tu étais destinée à me rencontrer sur Hoth après le crash de ton vaisseau et la mort de tes parents. Tout comme Yanila était destinée à te rencontrer le jour où tu as retourné ton sabre-laser contre moi.
- Et nous sommes destinés à gouverner la galaxie lorsque nous renverserons la République et les Jedi. C’est pour cela que je suis venue ici. Les Derriphan sont l’un des moyens qui permettront de détruire le Chu’unthor et de faire connaître aux Jedi, la peur.
- Si tu as bien lu mes recherches, tu connais le danger que représentent les Derriphan. Te sens-tu vraiment prête ?
Les entités néfastes du Côté Obscur continuaient de l’appeler par intermittence. Ils lui promettaient de lui offrir tout ce qu’elle désirait, sans préciser la contrepartie. Elle fouilla dans sa bure et montra le talisman au fantôme de son ancien maître.
- Je les dominerai et en userai selon ma volonté.
Il hocha la tête.
- Crains-tu ton apprentie ?
La muun se rappela de la dernière conversation qu’elle avait eu avec la jeune zeltronne, affectée officiellement sur le Chu’unthor pour représenter les intérêts des corporations et surveiller Alan Tissan, qui ne cessait de croire au retour des Sith, contrairement à la croyance commune.
- Non, je ne la crains pas. Elle gagne cependant en pouvoir et en compréhension. Le jour où nous nous affronterons approche et déterminera l’avenir de notre Ordre.
- La penses-tu digne ?
- Si elle réussit à prendre ma place, alors elle le sera. En attendant, elle a une mission à accomplir. Je ne commettrai pas l’erreur d’être trop possessive pour léguer mon pouvoir, comme trop d’imbéciles l’ont fait. L’Ordre Sith doit perdurer jusqu’au moment où nous serons assez puissants pour sortir de l’ombre. J’espère que Yanila ne succombera pas à cette faiblesse.
- La destruction du Chu’unthor et la mort des centaines de Jedi qui sont à bord, précipitera-t-elle la chute de la République ?
Mungol ferma les yeux et s’immergea dans les flux du Côté Obscur à l’aide de l’esprit de son mentor togorien pour discerner l’avenir. Elle voyait une République à la gestion de plus en plus laxiste envers les corporations et de plus en plus oppressante vis-à-vis des peuples. Un gouvernement complètement dépassé par une succession de crises militaro-politiques, jusqu’à son renversement par un sénateur, vu comme un sauveur…
- Non, cela ne suffira jamais. Mais cela demeure une étape importante du Grand Plan. Yanila et moi ne verrons jamais de notre vivant, le triomphe des Sith mais nous jouerons un rôle important dans la clandestinité. C’est ce que vous m’avez enseigné, Seigneur Sakar.
- Tu m’as fait honneur jusque-là.
Elle s’inclina devant ce qui pouvait être considéré comme un compliment.
- Trouve les Derriphan et plie-les à ta volonté. Que l’obscurité guide tes pas, Dark Mungol.
Ils échangèrent un dernier regard avant que le fantôme de Sakar ne s’évanouit à jamais.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

allez, à samedi prochain :hello:
Modifié en dernier par mat-vador le Mar 19 Sep 2023 - 20:52, modifié 1 fois.
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Messagepar L2-D2 » Lun 18 Sep 2023 - 16:22   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 34 lu!

Kheiran a bien fait de se rendre sur Ziost, tiens, ça a vachement servi!! :paf: C'est intéressant de voir Mungol en mode Sith sur le devant de la scène, en mode pro-active, mais consciente de sa place dans le Grand Plan.

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 20 Sep 2023 - 21:06   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour, mon cher L2 :wink: !

L2-D2 a écrit:Kheiran a bien fait de se rendre sur Ziost, tiens, ça a vachement servi!! :paf:


Il est vrai que son excursion a piteusement fini :transpire: ...

L2-D2 a écrit: C'est intéressant de voir Mungol en mode Sith sur le devant de la scène, en mode pro-active, mais consciente de sa place dans le Grand Plan.


C'est de l'auto-discipline :sournois: !
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Messagepar mat-vador » Sam 23 Sep 2023 - 21:26   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Allez on continue sur Dark Mungol et son escapade sur Ziost à la rencontre des terribles Derriphan :diable: !

Chapitre 34 (2/2)

Elle étudia la salle du Trône qu’elle avait vidé de ses ennemis, le tas de gravats sous lequel elle avait enterré le Roi Graush. Elle se rapprocha des murs et se mit à les longer, toujours pressée par l’écho insistant des Derriphan, qui réclamaient sa présence. Elle se retrouva derrière le trône même, palpant avec ses grandes mains, la surface râpeuse et moisie du mur au-delà résonnaient l’appel des entités qui ne demandaient qu’à être découvertes.
Elle recula et tendit les deux mains devant elle. Elle invoqua la Force pour déchiqueter l’épaisse paroi qui camouflait l’entrée d’un souterrain. Elle activa son sabre-laser pour déchirer les ténèbres et dévoiler les marches d’un escalier qui s’enfonçait dans les sous-sols de la montagne. Au fur et à mesure de sa descente, elle agitait régulièrement son arme pour prévenir toute attaque qui lui tomberait dessus.
Elle se doutait que les Derriphan se montreraient plus perfides que amicaux. Elle se préparait à utiliser le talisman lorsqu’elle leur ferait face. Leur présence étincelait d’une intensité de plus en plus glaciale, pendant qu’elle se rapprochait d’eux. Elle compta mentalement les marches qu’elle piétinait pour se repérer et commença à s’inquiéter de devoir s’enfoncer plus profondément dans les entrailles de Ziost.
Fouler de nouveau un sol horizontal lui procura un grand soulagement, bien qu’elle savait qu’elle n’avait pas encore affronté le plus périlleux. Elle arpentait un étroit corridor alors que les voix des Derriphan se bousculaient de plus en plus dans ses pensées. Elle serra les dents, cette sensation de grains de sable grippant les mécanismes de sa réflexion n’était guère agréable.
Elle parvint devant ce qui ressemblait à un sas rouillé. Elle l’ouvrit à l’aide de la Force, gardant sa concentration malgré les miasmes affamés qui la guettaient. L’électricité familière du Côté Obscur picotait son épiderme pendant qu’elle habituait sa vision à la noirceur des lieux.
C’est alors qu’elle les vit.
Des sphères d’énergie noire, parsemées d’éclairs mauves dont le diamètre avoisinait pour les plus puissants d’entre eux, quatre vingt centimètres. Les plus modestes ne pouvaient se vanter que d’un diamètre bien plus insignifiant, quelques centimètres tout au plus. Ces êtres mystérieux et terriblement dangereux, stagnaient juste au-dessus du sol, immobiles. Dark Sakar avait mis en garde son apprentie et elle se souvenait de ses notes qu’elle avait lu avec beaucoup d’attention.
Personne, y compris le Sith togorien, n’avait déterminé l’origine exacte des Derriphan. Mais ils faisaient certainement des créatures les plus anciennes de la galaxie. S’agissait-il du résultat d’une expérience hasardeuse des premiers chamans Sith au sang pur ? Impossible de le savoir.
Dark Sakar avait pris le temps de les étudier, malgré les risques, dans d’autres souterrains sur Ziost. Quelques spécimens rares qui étaient entrés en conflit les uns avec les autres. Ils étaient si affaiblis que le togorien était parvenu à les approcher, avant d’échanger avec eux par télépathie. En résumé, ces entités intelligentes et perfides n’étaient mues que par un seul objectif : se nourrir lentement et avec délectation des expériences et des souvenirs de leurs victimes.
Après cette première découverte, Dark Sakar décida de passer à l’aspect pratique. Mungol apprit ainsi comment le non humain s’était débarrassé de son ancien professeur. Après l’avoir vaincu, Sakar ne l’avait pas éliminé tout de suite. Il l’avait ramené sur Ziost puis l’avait livré aux Derriphan en guise de nourriture psychique.
Particulièrement friands des êtres sensibles à la Force, les Derriphan s’étaient introduits dans l’esprit de leur proie, pour prendre le contrôle puis ingérer ses souvenirs un à un. Devant la résistance qui leur avait été opposée, le processus avait pris plusieurs semaines. Sakar avait observé son ancien mentor dépérir lentement et perdre la raison. Le togorien avait remarqué que les Derriphan prenaient un certain plaisir à laisser leurs victimes souffrir de ces « vols de mémoire », et réaliser toute l’horreur de leur situation, avant d’effacer leur mémoire en attendant leur prochaine séance.
Sakar prit conscience du sadisme de ces Dévoreurs, qui s’amusaient à observer l’évolution des réactions de leur proie, à mesure que sa personnalité disparaissait. Dans le même temps, chaque séance pour la victime « manipulée » représentait sa première « expérience » en la matière. Les Derriphan restèrent dans leur hôte jusqu’à ce qu’il soit totalement décérébré, condamné à se laisser mourir, priver de toute volonté.
Ce fut à l’instant où il acheva son maître d’un coup de sabre-laser, que les créatures fourbes se retournèrent subitement contre lui. Il tenta de les combattre et de les repousser mais comprit rapidement que ses pouvoirs n’étaient d’aucune utilité contre les Derriphan. Il n’eut d’autre choix que de s’enfuir du tombeau dans lequel ils les étudiaient, apprenant que les sabres-laser, les éclairs de Force ou la télékinésie n’avaient aucun effet sur eux.
Seule la Force en tant qu’énergie primale permettait de les blesser sérieusement, voire de les tuer. Mais cela coûtait un important épuisement physique qui affaiblissait l’utilisateur de la Force qui se défendait. Sakar envisageait de construire un artefact qui permettrait de dominer les Derriphan, par la seule force de la volonté.
Mungol y était parvenue. Aujourd’hui, ces Derriphan, créatures solitaires et indépendantes, serviraient les Sith. De gré ou de Force.
Elle fit quelques pas à l’intérieur de leur sanctuaire, attirant sans tarder leur attention. Illuminées par les éclairs mauves qui les entouraient tels des halos voilés, les sphères lévitèrent pour converger vers sa silhouette effilée, aimantées par la Force qui l’habitait. Voilà bien longtemps qu’elles ne s’étaient pas rassasiées d’un nouveau venu.
Donnez-nous vos souvenirs et vous accéderez à l’ultime connaissance. La vérité absolue et profonde.
Les Derriphan la flattaient pour mieux la piéger. Mais Mungol qui savait à quoi s’en tenir, méprisait cet effort illusoire. Elle exhiba le talisman de sous sa bure et le brandit devant elle. Immédiatement, l’assurance des entités prédatrices laissa place à l’hésitation. Les Derriphan freinèrent brusquement, ignorant à quoi ils faisaient face.
- Je ne suis pas venue pour devenir votre repas mais pour que vous serviez les Sith.
La colère des Derriphan explosa dans ses perceptions, un torrent glacial qui l’étreignit pendant quelques instants.
Pour qui nous prenez-vous ? Nous ne servons personne !
Les éclairs mauves qui entouraient les sphères s’agitaient de plus en plus fiévreusement, les Derriphan s’apprêtaient à l’attaquer. Mais Mungol était parée à toute éventualité, le talisman la protégerait contre leurs incursions psychiques.
- Vous servirez pourtant, leur assura-t-elle.
Elle connecta son esprit au talisman et déversa la Force dans l’artefact pour l’activer. Le rubis se mit à étinceler d’un éclat plus aveuglant et les sphères reculèrent précipitamment. Elles hurlèrent d’un beuglement terrifiant qui provenait de la Force elle-même, lorsque la magie du talisman les paralysa en les emprisonnant dans une nasse invisible.
Le sang des ysalamiri contenu dans le rubis, affaiblissait leur lien avec la Force et les tétanisait. La muun percevait leur terreur, un sentiment qui l’alimentait et accentuait d’autant plus ses pouvoirs. Maintenant, elle pouvait leur dicter sa volonté.
- Soumettez-vous.
Alors les Derriphan qui ressentaient une immense souffrance, la supplièrent de mettre fin à cette torture. Certaine qu’ils ne tenteraient rien, elle retira le talisman, abaissant un peu son emprise pour les laisser se reprendre.
Que voulez-vous ?
- Puisque j’ai toute votre attention, je souhaite faire part d’un projet où vous jouerez un rôle primordial. Vous allez m’aider à faire souffrir les Jedi.
Les luttes de pouvoir entre Jedi et Sith ne nous intéressent pas. Nous ne prenons pas position, vos esprits ne sont que de la nourriture pour nous.
- Je me moque de vos états d’âme, répliqua-t-elle sèchement. Vous me servirez et en échange vous serez récompensés.
Que nous offrez-vous ?
- Des Jedi voyagent à bord d’un gigantesque vaisseau appelé le Chu’unthor. Des centaines de Jedi… imaginez la nourriture que cela représente pour vous. Voilà la récompense que je vous promets.
Elle guetta leur approbation et sentit l’intérêt qui croissait pour sa proposition.
Vous devez nous offrir aussi ce à quoi vous tenez le plus. Ce qui est le plus précieux pour vous, Dark Mungol.
La réponse des Derriphan la dérouta. En tant que Dame Noire des Sith accomplie, elle avait appris à se détacher des choses futiles et à ne revendiquer rien d’autre que le pouvoir. Elle ne possédait donc rien de précieux à part…
Elle soupira lorsqu’elle comprit à quoi faisait référence les perfides Derriphan.
- Vous avez raison. Il existe quelque chose qui m’est précieux. Cela représente pour moi un immense sacrifice mais je suis prête à y consentir à partir du moment où vous m’assurez de la destruction des Jedi et du Chu’unthor.
Nous ferons le nécessaire pour que ce désir soit satisfait. Nous espérons que vous tiendrez parole, vous aussi.
Un accord avait été trouvé. Mungol recula prudemment avant de remonter à la surface puis de regagner son vaisseau. Il lui fallait trouver un moyen de convoyer discrètement les Derriphan sans attirer l’attention et sans que les Jedi ne puissent repérer la présence de ces entités voraces. Mais elle doutait que Yanila lui pardonne, si celle-ci connaissait les termes de l’accord qui avait été scellé.
Si elle le méritait, la jeune zeltronne en réchapperait. Sinon, la muun n’aurait plus qu’à trouver un autre apprenti.


Voilà, j'espère que cela vous a plu ! Perso, je trouve ces Derriphan plus terrifiants que les Sans Nom de la Haute République :diable: :diable: ! Qu'en pensez-vous ? N'hésitez pas à me faire part de vos retours :wink: !


Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar Den » Mer 27 Sep 2023 - 7:20   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Et me revoilà après quelques semaines d’absence forcée pour te donner mon avis sur la troisième partie de ton prologue ! Ouais, j’chuis en retard ! Mais j’avance à mon rythme !^^

Donc, parlons de cette partie :

Eh bien ! Quelle scène remplie d’action ! J’avoue avoir beaucoup apprécié la scène de course-poursuite. Elle est très bien orchestrée. Mais ce sont surtout les batailles qui s’ensuivent qui m’ont scotchées à mon siège ! Je savais que Keira allait s’en sortir, je connais assez mon UE pour ça, et pourtant j’ai cru à sa fin à plusieurs reprises. Surtout lorsqu’il s’interpose entre le détonateur thermique et le jeune Alan Tissan.

Au passage, mansion spéciale à l’apparition de la Jedi Sélonienne Tal’etha. C’était bien vu. Je ne me rappelle plus si tu en avais déjà parlé dans les deux parties précédentes, mais j’ai beaucoup apprécié qu’une Sélonienne place le bien commun avant sa propre espèce.

Sinon, une question : Ghavenn, c’est un mot totalement inventé, ou ça vient de l’UE ? Dans les deux cas, fallait le trouver ! Bravo !

Que dire de plus si ce n’est que j’ai vraiment adoré cette partie. A mesure que ton texte progresse, Keiran est de plus en plus classe et badass. On en oublie presque que ce sera Alan Tissan le héros de cette histoire. Tu as intérêt à nous le montrer sous un jour vraiment surprenant pour nous faire oublier Keiran.^^ (Comment je te mets la pression XD)

En tout cas, j’ai passé un très agréable moment. J’ai essayé de faire une critique plus courte histoire qu’elle soit plus digeste. J’espère que ça t’a plu !^^

Allez, je te dis à très bientôt pour la quatrième partie de ton prologue ! J’ai hâte de voir ce que ça va donner !

Oh ! Si ! J’ai une chose à ajouter : Tu as vraiment le chic pour nous proposer des personnages vraiment bargeots et totalement fanatiques. Ça va devenir ta marque de fabrique ! XD

Allez, je te laisse, l’ami !

A bientôt !
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Messagepar mat-vador » Mer 27 Sep 2023 - 11:48   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Den a écrit:Et me revoilà après quelques semaines d’absence forcée pour te donner mon avis sur la troisième partie de ton prologue ! Ouais, j’chuis en retard ! Mais j’avance à mon rythme !^^


Re :hello: !

Den a écrit:
Eh bien ! Quelle scène remplie d’action ! J’avoue avoir beaucoup apprécié la scène de course-poursuite. Elle est très bien orchestrée. Mais ce sont surtout les batailles qui s’ensuivent qui m’ont scotchées à mon siège ! Je savais que Keira allait s’en sortir, je connais assez mon UE pour ça, et pourtant j’ai cru à sa fin à plusieurs reprises. Surtout lorsqu’il s’interpose entre le détonateur thermique et le jeune Alan Tissan.


Merci :jap: !

Den a écrit:Au passage, mansion spéciale à l’apparition de la Jedi Sélonienne Tal’etha. C’était bien vu. Je ne me rappelle plus si tu en avais déjà parlé dans les deux parties précédentes, mais j’ai beaucoup apprécié qu’une Sélonienne place le bien commun avant sa propre espèce.


Elle rattrape les bêtises de ses congénères sectaires :diable: !

Den a écrit:Sinon, une question : Ghavenn, c’est un mot totalement inventé, ou ça vient de l’UE ? Dans les deux cas, fallait le trouver ! Bravo !


C'est inventé :D !

Den a écrit:Que dire de plus si ce n’est que j’ai vraiment adoré cette partie. A mesure que ton texte progresse, Keiran est de plus en plus classe et badass. On en oublie presque que ce sera Alan Tissan le héros de cette histoire. Tu as intérêt à nous le montrer sous un jour vraiment surprenant pour nous faire oublier Keiran.^^ (Comment je te mets la pression XD)


keiran fera de temps à autre son apparition, il aura même un rôle décisif plus tard dans l'histoire :wink: ! Ca te donnera peut-être une nouvelle idée d'avatar :cute: !

Den a écrit:Oh ! Si ! J’ai une chose à ajouter : Tu as vraiment le chic pour nous proposer des personnages vraiment bargeots et totalement fanatiques. Ça va devenir ta marque de fabrique ! XD


ils tiennent d'un certain constipé :lol: :diable: !

Den a écrit:En tout cas, j’ai passé un très agréable moment. J’ai essayé de faire une critique plus courte histoire qu’elle soit plus digeste. J’espère que ça t’a plu !^^


C'est un plaisir d'avoir eu ton retour :jap: !

Den a écrit:Allez, je te dis à très bientôt pour la quatrième partie de ton prologue ! J’ai hâte de voir ce que ça va donner !

Allez, je te laisse, l’ami !

A bientôt !


A la prochaine :hello: :hello: :hello: !!
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Messagepar L2-D2 » Mer 27 Sep 2023 - 12:16   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Deuxième partie du Chapitre 24 lue !

Ah, les Derriphan sont-ils plus terrifiants que les Sans-Noms ? Bonne question. Ils ont l'air plus lents à éliminer leur victime, prenant plaisir à la voir perdre petit à petit le fil, alors que les Sans-Noms sont plus sauvages, plus brutaux. Et au final, avec lequel vaut-il mieux mourir... ça ferait un sympathique sujet de philo, tiens ! :transpire:

Et Mungol passe donc un accord. Celui-ci implique-t-il le sacrifice de son apprentie ? C'est ce qu'il semble être, c'est la seule chose que je vois susceptible d'être aussi importante pour elle. A moins que tu nous réserves une surprise de derrière ton chapeau ? :think:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 27 Sep 2023 - 21:02   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour, L2 :) !

L2-D2 a écrit:Ah, les Derriphan sont-ils plus terrifiants que les Sans-Noms ? Bonne question. Ils ont l'air plus lents à éliminer leur victime, prenant plaisir à la voir perdre petit à petit le fil, alors que les Sans-Noms sont plus sauvages, plus brutaux. Et au final, avec lequel vaut-il mieux mourir... ça ferait un sympathique sujet de philo, tiens ! :transpire:


Un point supplémentaire pour les Derriphan : les Jedi, les Sith sont leurs proies préférées mais si cette nourriture n'est pas disponible, ils se rabattent sur le premier venu ( même si c'est pas aussi satisfaisant ). Alors que les Sans Nom ne s'attaquent qu'aux êtres sensibles à la Force. :sournois:


L2-D2 a écrit:Et Mungol passe donc un accord. Celui-ci implique-t-il le sacrifice de son apprentie ? C'est ce qu'il semble être, c'est la seule chose que je vois susceptible d'être aussi importante pour elle.


Si son apprentie l'apprend, elle risque de pas apprécier, ça c'est sûr :diable: !
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Messagepar Den » Jeu 28 Sep 2023 - 6:09   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

keiran fera de temps à autre son apparition, il aura même un rôle décisif plus tard dans l'histoire :wink: ! Ca te donnera peut-être une nouvelle idée d'avatar :cute: !


Ah! On ne sait jamais! S'il existe une image classe de Keiran, je suis preneur! :D
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Messagepar mat-vador » Jeu 28 Sep 2023 - 20:24   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

En cherchant son nom dans le moteur de recherche de Google Images :whistle: ...
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Messagepar mat-vador » Sam 30 Sep 2023 - 21:14   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

Allez hop c'est l'heure de la suite avec une escale inattendue :sournois: ! Avec une planète bien connue des Tissan héhé :diable: ...


Chapitre 35

Bordure Extérieure, Secteur Quelii, planète Dathomir
Berceau des Sorcières

Lokia Djo s’éveilla au son des cornes qui annonçaient la fin de la nuit et le lever du soleil qui dansait majestueusement au-dessus des cimes montagneuses. La jeune dathomirienne blonde se dressa dans son lit, étirant ses bras en clignant des yeux. Puis elle bondit vivement sur ses appuis pour traverser sa chambre et écarter les rideaux.
Elle s’offrit ainsi le luxe d’une vue dégagée sur les monts lointains qui barraient l’horizon, alors que les rayons du soleil éclaboussaient sa figure et faisaient resplendir ses étincelants yeux émeraude d’un éclat pur. Elle se pencha depuis le balcon de son palais, pour observer les patrouilles des guerrières du clan auquel elle appartenait fièrement. La Montagne qui Chante.
Armées de lances et constituées en petits groupes, les amazones sillonnaient les ruelles de la forteresse pour en assurer la garde. Elles traversaient quelques groupes d’hommes qui baissaient la tête à leur passage, signe de leur condition inférieure au sein de cette société matriarcale, où ils valaient à peine mieux que des bêtes de somme.
Cette scène émut à peine Lokia qui vivait comme tout ses consœurs, selon les préceptes du Livre de Loi dictée par l’exilée Allya, qui régissait les règles guidant la vie et les décisions des Sorcières de Dathomir.
Les seules dignes de gouverner ce monde primitif grâce à la magie qu’elles maîtrisaient dès l’enfance. Lokia était fière d’y appartenir, tout comme ses aïeules avant elle, dont la première avait aidé Allya à conquérir ce monde à l’écart de la civilisation. Leur Mère avait permis d’asseoir leur domination sur les hommes et de se libérer de leur oppression. Ceci était l’objet de beaucoup de légendes que l’on racontait autour du feu ou de contes aux enfants, pour les aider à s’endormir.
Elle se détourna pour s’habiller de sa longue tunique en peau de reptile puis entra dans le salon où l’attendaient des serviteurs – tous des hommes – qui avaient préparé son petit déjeuner.
Elle prit place et attaqua les plats copieux de fruits frais qui accompagnaient la viande de lézard bleu. Elle appela l’un des serviteurs à l’habit modeste qui lui servait de l’eau, d’aller chercher une des gardes du palais.
Celle-ci se présenta face à elle, dans une posture rigide, la paume posée sur la garde de sa vibroépée qui pendait à la ceinture.
- Au rapport, lui intima Lokia.
- Nos Sœurs des Collines Rouges et des Chutes Brumeuses sont arrivées pour participer à la chasse aux étalons. Devons-nous les faire entrer ?
- Non, nous allons bientôt les retrouver. Nous gagnerons ainsi un temps précieux.
Terminant le repas, elle se leva, ordonna de débarrasser et demanda à ce que l’on apporte ses armes et son armure. Immédiatement, les serviteurs obéirent sans broncher, enlevant les couverts, nettoyant la table.
Peu après, ils amenèrent son épée et la lance blanche, cette dernière servant à couvrir des rencontres diplomatiques de haute importance entre les différents clans. Elle attacha l’épée à la ceinture, revêtit son armure de bronzinium dorée qui lui protégeait le torse, la poitrine, et se coiffa du casque imposant qui lui protégeait la tête.
Elle étudia son reflet dans un miroir, celui d’une jeune humaine à la silhouette athlétique et aux membres musclés qui témoignaient de sa bonne condition physique. Une cape fut attachée au niveau de ses épaules, pour retomber derrière son dos.
Elle quitta ses appartements pour rejoindre ses guerrières qui attendaient à l’entrée du palais. Sa mère, la matriarche de la Montagne Qui Chante, qui drapée dans une toge blanche étincelante, la salua avec affection.
- Je te souhaite bonne chance pour la chasse aux étalons.
- Merci, mère. Les éclaireuses les ont repérées à deux jours de marche d’ici, derrière les montagnes. Nous partons immédiatement.
- Que Allya te protège.
Lokia étudia alors plus attentivement, les traits tirés de sa génitrice.
- Vous êtes fatiguée.
- Je n’ai pas bien dormi, cette nuit. La Grande Prêtresse m’a encore fait part de ces visions… préoccupantes. De grand bouleversements se préparent pour nous, et les Filles d’Allya.
- Quels bouleversements ?
- Nous en reparlerons quand tu seras revenue de la chasse, Lokia.
Celle-ci se dirigea vers les lourds battants qui barraient la sortie principale de la forteresse. Les portes s’écartèrent pour la laisser passer avec ses compagnes. Des rancors avaient été amenées pour leur permettre de voyager rapidement.
Les créatures gigantesques de dix mètres de haut, se tassaient comme des vieillards, ouvrant leur gueule garnie de crocs et leurs bras décharnés, dotées de mains griffues qui faisaient penser à des faux mortelles. Allya avait appris à ses filles, à dompter ces redoutables prédateurs qui leur permettaient de parcourir Dathomir en souveraines incontestées.
Avec agilité, elle grimpa sur l’un d’eux et s’installa sur sa nuque. À l’aide de la magie d’Allya, elle connecta son esprit à celui du monstre, pour entrer en parfaite symbiose. Le rancor gronda doucement, signe qu’il était ravi de sa présence.
Lokia agita sa lance pour donner le signal du départ.
Les guerrières juchées sur leurs rancors, descendirent le sentier sinueux pour rejoindre leurs consœurs des Collines Rouges et des Chutes Brumeuses. Lokia voyait leurs étendards flotter au vent avant d’entamer les présentations d’usage. Dans le dialecte local inspiré de l’Empire Paecien aujourd’hui disparu, elles échangèrent les hommages avant que toutes ne se regroupèrent autour de Lokia qui avait été choisie pour diriger l’expédition.
La jeune dathomirienne pivota à demi sur la nuque de son rancor, en brandissant sa lance.
- Mes Sœurs, que la chasse aux hommes commence !
La proclamation fut saluée par des clameurs martiales.


Litvek se dirigea vers le petit groupe rassemblé au coin du feu, qu’il avait convoqué au milieu de leur camp, dans la forêt de pins qui les cachait de la lumière du soleil à son zénith. Jeune homme à la peau mate et d’allure maigre, sa barbe défraîchie le faisait paraître plus vieux alors qu’il n’était qu’au milieu de la vingtaine.
Il croisa sur son chemin des hommes, des femmes et des enfants qui vivaient en dehors des lois rigoureuses des filles d’Allya. Dans ses habits humbles faits de peaux d’animaux locaux, rien ne le distinguait de ses compagnons, hormis le respect qui lui était accordé lorsque les siens lui adressaient la parole.
À la ceinture de cuir qui serrait son pantalon, il portait un blaster rouillé mais toujours fonctionnel ainsi qu’une vibrolame à moitié brisée qui restait redoutable entre les mains d’un homme, déterminé à survivre et à rester libre. Libre comme n’importe qui d’autre, ici.
Loin des Sorcières, de la magie qu’elle maîtrisait, et de cette fichue société matriarcale basée sur l’exploitation et la soumission du genre masculin. Il s’intégra dans le groupe, près du foyer qui les réchauffait, se faisant voir de quelques hochements de tête.
Litvek échangea un regard anxieux avec l’homme plus âgé, qui se tenait face à lui.
- Nous devons lever le camp, Litvek.
Eval avait l’habitude d’exprimer son point de vue sans craindre de gêner quiconque. Litvek ne répondit pas tout de suite, étudiant les réactions des autres qui restaient passifs, hésitant à intervenir.
- Tout le monde est d’accord avec Eval ?
Une femme s’éclaircit la gorge. Du même âge que lui, un bandeau sale lui barrait l’œil gauche, le résultat d’une confrontation avec une Sorcière qui avait manqué de lui coûter la vie.
- Moi, je serai plutôt d’avis de me battre. Pourquoi aurait-on peur de rendre la pareille aux Sorcières ?
- Elles sont impitoyables quand on les défie Nioba, lui rappela Eval avec amertume.
- Vivre en dehors de leurs lois, c’est déjà les défier. Mais on ne peut pas se contenter de ça ! Piller les ravitaillements n’est pas suffisant.
- Tu sais ce qui arrivera si nous les attaquons ouvertement, lui fit observer Litvek. Elles lanceront des représailles et il y aura beaucoup de victimes. As-tu pensé à tous ces gens qui sont sous notre responsabilité ?
D’un geste de la main, il lui montra tous ceux qui avaient choisi de s’échapper et de les suivre. Malgré la précarité de leur situation, la famine et les maladies qui les décimaient, ils préféraient cette liberté si durement acquise à un esclavage qui les réduisait à de simples outils. Surtout les hommes fertiles, recherchés comme reproducteurs pour perpétuer l’engeance des Sorcières de Dathomir.
- As-tu pensé à ce que nous avons tous perdu à cause des Sorcières, Litvek ?
- Rien ni personne ne pourra ramener tes enfants, Nioba.
La femme borgne afficha pendant quelques instants une grande lassitude avant qu’un éclat de haine ne brilla dans son œil valide. Elle avait perdu son garçon, à cause d’une embuscade tendue par les Sorcières qui de plus, avaient enlevé ses deux filles, qui possédaient la Magie d’Allya. Elle ne possédait plus de famille, hormis celle qu’elle avait trouvé avec Litvek et les autres.
- Non, mais je peux toujours leur rendre justice.
Il savait de quoi elle était capable. C’est ce qui l’effrayait pour l’unité de ce clan de bric et de broc, traversé par le ressentiment et le désespoir. Il observa ses compagnons, qui le fixaient avec fébrilité. Ils se rangeraient derrière lui, même si sa position de leader n’avait jamais été officielle.
- Nous levons le camp, Nioba. Nous sommes beaucoup trop près du territoire de la Montagne Qui Chante et nous nous mettons en danger en restant longtemps ici.
- Alors on se sauve comme des rats womps ? Protesta-t-elle. Tu as peur de te battre, morveux ?
- Assez, coupa alors Eval. Si tu veux mener ta vendetta, tu le feras seule.
La borgne les fusilla d’un regard noir.
- Si vous êtes tous aussi lâches, alors nous sommes condamnés.
- Si tu veux mourir pour rien, tu ne nous entraîneras pas avec toi.
- Laisse tomber, Eval, le calme Litvek. Nous devons préparer le départ.
Il s’interposa alors qu’ils étaient sur le point d’en venir aux mains, se rapprochant visage contre visage. Malgré un physique désavantageux, il parvint à contenir Eval et à le ramener par les épaules vers le foyer.
Nioba s’éloigna en pestant, sous leur regard. Litvek décida que la session était terminée. Ils se dispersèrent pour traverser le camp de part et d’autre, appelant et hélant tout le monde. Les parents tenaient leurs enfants par la main, pendant que ceux qui n’en avaient pas, tâchaient de se rendre utile, en rangeant les ustensiles sur des charriots grossiers, roulant les couvertures de fourrures et de peaux.
Les malades étaient allongés dans des brancards, ce fut l’occasion pour Litvek de s’enquérir auprès des guérisseurs de leur clan. La femme qu’il approcha, lui expliqua que certains d’entre eux étaient raides, n’ayant pas réussi à passer la nuit. Ils manquaient en effet de tout et notamment de médicaments.
Il donna quelques instructions, jugeant bon de ne pas les emmener et même de ne pas les enterrer. Il devait d’abord mettre en sécurité les vivants. Il essuya les protestations de leurs proches, qui le jugeait injuste et sans compassion. Avec beaucoup de patience, Litvek leur expliqua qu’il devait gérer certaines priorités et qu’ils manquaient de temps pour les honorer convenablement. Eval intervint à quelques mètres de lui, pour convaincre une mère de se séparer de son enfant au teint blafard funeste qui ne s’était plus jamais réveillé.
Il détourna la tête pour ne pas observer la détresse de la femme, réconfortée tant bien que mal par Eval qui la prenait dans ses bras. Ils commençaient à se regrouper et à organiser les colonnes en fonction de ceux qui étaient aptes au combat. Litvek empoigna son blaster, vérifia son état de fonctionnement tout comme une vingtaine d’entre eux dont Nioba qui se tenait sur sa gauche. Elle avait récupéré un arc électrique datant de l’Empire Paecien qu’elle avait réparé. Elle avait bricolé des flèches dont la pointe était noyée dans du venin de vipère kodashi.
Elle tenait visiblement à ne pas infliger une mort trop rapide aux ennemis qu’elle ciblerait.
- Ça ira, Nioba ?
- Ne t’occupe pas de moi, lui cracha-t-elle avec mépris.
Il jeta un œil à l’arrière de la colonne, vers Eval qui en assura la garde et lui adressa un geste du bras, rassurant. Des escouades avaient été donc formées, en avant, derrière et sur les flancs pour assurer la protection et la progression des plus fragiles.
Puis le signal du départ fut donné.
La colonne s’étira peu à peu jusqu’à former un long serpent qui se mouvait lentement, loin du territoire de la Montagne Qui Chante. Ils progressaient à travers la forêt, veillant à garder leur cohésion entre les pins qui leur masquait la lumière du soleil.
Litvek avait conscience qu’une attaque sonnerait le glas de leur clan. Il suffisait qu’un petit groupe de Sorcières organisées et déterminées leur tende une embuscade pour que la panique s’empare de leurs rangs et les disloque. Il se concerta avec Nioba, Eval, et d’autres pour à la fois conserver un rythme dynamique et ne pas disloquer la colonne.
Il répéta à plusieurs reprises :
- Nous n’abandonnons personne derrière.
Il craignait que l’instinct de conservation ne l’emporte sur l’intérêt de tous. Ce groupe s’était constitué, agrandi pour former une grande famille imparfaite qui avait tenu malgré les privations, l’hostilité des Filles d’Allya, la férocité de la faune et de la flore de ce monde reculé.
Ils marchèrent toute la journée avant de faire halte le long d’un torrent, grossi par de récentes précipitations. La nuit ne tarda pas à tomber, et tout ce petit monde s’installa, allumant des feux pour s’éclairer et lutter contre la fraîcheur de la nuit.
Puis des volontaires se mirent à pêcher des poissons dans le torrent qui faisait entendre un vacarme assourdissant. Nioba et quelques autres s’enfoncèrent dans la forêt pour ramener du gibier, qui constituerait une part du dîner.
Les guérisseurs sillonnaient le camp, se penchant pour cueillir des plantes qui soulageraient les malades alités dans leurs brancards improvisés. Mais certains étaient si mal en point qu’ils ne survivraient pas si le voyage se prolongeait.
Ce fut d’ailleurs le sujet de conversation de Eval, Nioba et Litvek. Ils furent rapidement l’objet de l’attention de la tribu, qui les écoutait.
- Il faut que nous restions quelques jours, le temps qu’ils se rétablissent, plaidait Eval. Si nous continuons à ce rythme, nous allons les tuer !
- Ils mourront si les Sorcières nous trouvent, trancha Nioba d’un ton inflexible.
- Cela ne change rien pour eux, fit remarquer Litvek.
- Alors laissons-les ici et poursuivons notre route. Les guérisseurs ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour eux et nous ne pouvons pas continuer à nous encombrer de poids morts, suggéra la borgne.
Ces propos soulevèrent des murmures désapprobateurs et l’indignation de Eval.
- Ce sont les nôtres, je refuse de les abandonner !
- Alors reste et crève avec eux !
- Arrêtez ! Intervint Litvek.
De nouveau, la tension était à son comble et touchait Litvek dans ses œuvres vives. Celui-ci sentait que la sécession menaçait les siens et c’était bien la dernière chose dont ils avaient besoin. Nioba prenait de plus en plus d’indépendance et une minorité farouche était prête à la suivre aveuglément. Il suffisait de surprendre à travers le reflet des braises incandescentes, les regards fixes de ceux qui ne demandaient qu’une guerre ouverte avec les magiciennes.
- Nous n’abandonnerons personne. Si nous nous abaissons à ça, nous ne vaudrons pas mieux que les Sorcières que nous détestons. Est-ce que c’est ce que nous voulons devenir ?
Le silence indiqua qu’il gardait le contrôle de la situation.
- Nous devons attendre qu’ils puissent se rétablir.
- Un jour, Eval. Je leur accorde un jour.
- Mais ce ne sera jamais assez ! Ils ne tiendront jamais !
- Alors que tout le monde fasse au mieux pour eux, reprit Litvek. Nous repartirons après-demain matin.
Il soutint le regard désapprobateur de Eval qui ne tarda pas à se résigner. Tous se dispersèrent, ayant accepté la décision de Litvek qui s’était imposé comme leader par la force des choses. Il sentit Nioba approcher dans son dos.
Il pivota vers elle.
- Tu commets une erreur, lui avoua-t-elle.
- Je ne changerai pas d’avis.
- Tu veux sauver tout le monde mais en fin de compte, tu ne sauveras personne. Parce que tu n’as pas le courage de faire ce qui est nécessaire.
Sur ces mots intransigeants, elle le laissa pour ruminer en silence sa rancœur contre les Sorcières, et les injustices qu’elle avait subi de leur part. La mine sombre, il alla se servir un morceau grillé de lézard bleu cuit à la broche, au-dessus d’un feu vif. Il arpenta le camp en suivant le torrent puis en revenant sur ses pas.
Il entendit Eval désigner des sentinelles pour la nuit, qui se relaieraient pour exécuter chacun leur tour de garde. Il se pencha pour ramasser des cailloux plats et les lancer à la surface de l’eau tourmentée pour les faire ricocher. Cependant, il ne parvenait pas à se distraire car les mots de Nioba le poursuivaient-ils.
Avait-elle raison ? Allaient-ils tous mourir par sa faute ?
De dépit, il balança la poignée de cailloux dans le torrent puis revint se coucher près d’un feu. Il ferma les paupières mais il demeura imperméable au sommeil.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 02 Oct 2023 - 13:35   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Chapitre 35 lu !

Dathomir !
Le clan de la Montagne Qui Chante !
Et des femmes qui partent en chasse pour capturer des hommes !

Pas de doutes, nous sommes bien dans une préquelle du Jedi Corellien ! :lol:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Messagepar mat-vador » Mer 04 Oct 2023 - 19:03   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Merci pour le retour, L2 :D !!!

L2-D2 a écrit:Dathomir !
Le clan de la Montagne Qui Chante !
Et des femmes qui partent en chasse pour capturer des hommes !

Pas de doutes, nous sommes bien dans une préquelle du Jedi Corellien ! :lol:


ROHOOUUIIII :x :diable: :lol: !
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Messagepar Den » Jeu 05 Oct 2023 - 7:19   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

mat-vador a écrit:En cherchant son nom dans le moteur de recherche de Google Images :whistle: ...


Oui... A question idiote...^^

As-tu déjà terminé l'écriture de cette histoire? Combien de chapitres comporte-t-elle?

Question purement innocente. :)
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Messagepar mat-vador » Jeu 05 Oct 2023 - 7:30   Sujet: Re: Les Origines de Jedi corellien 3 : Chu'unthor

Den a écrit:As-tu déjà terminé l'écriture de cette histoire? Combien de chapitres comporte-t-elle?

Question purement innocente. :)


Non l'écriture n'est pas encore terminée. J'en suis au 48ème chapitre.
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