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La planète maudite (terminée)

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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 09 Aoû 2020 - 12:11   Sujet: La planète maudite (terminée)

Bonjour!
Voici une nouvelle inédite et encore en cours d'écriture ( Voir le topic "présentation des récits" ).
Je m'efforce de faire des chapitres courts pour une courte nouvelle. Pour les deux premiers, j'ai réussi! Pour les suivants... :perplexe:


La planète maudite


édit du 10/08/20

15 800 ans avant la bataille de Yavin
En ce temps-là, les hyperdrives étaient assez peu performants et au-delà du Noyau et des territoires proches, les cartes de navigation manquaient de fiabilité.
On ignore comment le Casallar, un immense vaisseau colonisateur emportant cinquante mille colons en stase, trouva un monde accueillant aux confins de ce qu'on appellerait plus tard la bordure médiane (quadrant Nord-Est).
Seule certitude : Dix sept mille ans avant Yavin, les navigateurs avaient emprunté sans le savoir des tronçons de ce qui deviendrait, des millénaires plus tard, la voie Hydienne.
Les colons n'avaient pas prévu de s'exiler aussi loin de la République, mais le monde qu'ils découvrirent était parfait pour une colonisation. Ils le baptisèrent Casallara, que les siècles transformèrent en Csallar. Leur petite colonie grandit et prospéra pendant plus d'un millénaire.
Les Csallari, lointains descendants de colons corelliens, étaient comme leurs ancêtres de hardis explorateurs. Ils se sentirent vite un peu à l'étroit dans leur système.
Quinze mille cinq cents ans avant Yavin, ils furent les premiers humains à explorer la Bordure médiane, le long de ce qui deviendrait la branche nord-est de la voie Hydienne.
Toutes les conditions étaient réunies pour que Csallar devienne le point de départ d'une nouvelle colonisation…. Pourtant, la brillante "culture Csallari" s'effondra et tomba dans l'oubli pour plusieurs millénaires.
Ceci est l' histoire de sa chute.




1 : Harm Mogran, feu et glace


Septième expédition Csallari, à bord du Découverte, 15 830 av Yavin

Tantôt brûlant, tantôt grelottant, il titubait le long des couloirs assombris et déserts. Le Découverte, jadis pimpant et surpeuplé ressemblait à un vaisseau fantôme, un vaisseau hanté.
Il n’avait croisé personne depuis qu’il avait réussi à quitter l’infirmerie désertée. Où étaient-ils tous passés ? Les morts reposaient dans la chambre froide, mais les autres ?
Il se traînait, parfois contraint de s’appuyer contre la cloison, yeux fermés, en attendant que le monde cesse de tourner, que sa respiration redevienne régulière, que ses jambes cessent de trembler et consentent à reprendre leur progression. Quelques mètres, quelques mètres encore.
Était-ce la fièvre qui brouillait sa vue ? Il avait le sentiment que l’obscurité suintait littéralement des cloisons.
Étaient-ce des hallucinations engendrées par le mal qui le rongeait ? Des Voix lui parlaient :
* ta résistance est futile, renonce
* retourne à l’infirmerie, les secours arrivent, ils viendront te chercher.
Elles jouaient sur ses peurs, ses désirs.
* elle est la-haut, sur la passerelle, elle t’attend, elle t’aime…
* Ce monde est maudit, n’y retourne pas ! Renonce !
Il crispa sa main sur l’objet caché sous sa tunique et les voix se turent un instant. Il ne savait pas comment il avait trouvé la force d’aller le chercher dans sa cabine.
Quelques mètres de plus…
Son objectif, pourtant si proche dans ses souvenirs, lui semblait inaccessible. Pourtant il avançait, un pas hésitant après l’autre, comme poussé par une volonté inconnue.
Soudain, au détour d’un couloir…
- c’est là, oui c’est là, croassa-t-il à travers ses lèvres crevassées. Hangar 4
Si seulement il avait pu boire. Juste quelques gorgées d’eau bien fraîche.
Oui, là, de l’autre côté de ce hangar obscur, ces petites lumières familières.… Un désert à traverser. Un désert sans paroi où s’appuyer, avec pour seuls guides ces petits points clignotants. Dans son état ? Il en aurait pleuré, s’il l’avait pu.
Avec le désespoir revinrent les voix.
* Ce caillou te tue à petit feu. Abandonne-le.
* elle t’attend, elle porte ton enfant !

Il s’arrêta net !
- Vous mentez, c’est impossible !
Tous les membres de l’expédition avaient accepté, par contrat, un implant contraceptif. Pour un si long voyage, pouvant durer des années, c’était du simple bon sens. Il en avait un, Lyria aussi.
Un détail de sa formation de sécurité lui revint
- De l’eau… Oui, une réserve d’eau.
Toutes les capsules de sauvetage en avaient une ! Une bonne raison d’avancer à découvert, d’avancer dans ce gouffre tourbillonnant.
- Un pas… Après l’autre. Un… Foutu pas…après…
Un pas, deux pas… Maintenant qu’il s’était engagé…
- la meilleure …Façon… De … Marcher… c’est…
Une chansonnette de sa jeunesse lui revenait. Il s’accrocha au refrain et entama sa traversée. Un pied devant l’autre… on recommence !
Qu ‘elle était loin, cette capsule de sauvetage ! Par la baie du hangar, il apercevait ce monde vert et bleu qu’il avait longtemps considéré comme un paradis.
- Le monde du Fléau ! La... Planète maudite !
* Alors, fait demi-tour ; elle t’attend, elle t’aime, elle te désire, elle…
- Fous-moi… La paix ! T’es… Juste… Un délire… causé par… La fièvre !
Un délire qui avait poussé nombre de ses collègues à commettre des atrocités ! Un délire qui semblait avoir sa propre volonté. En bon exobiologiste, il connaissait des dizaines de parasites agissant sur le comportement de leur hôte, mais là…
- La solution… La solution.
Son intuition lui soufflait qu’il la trouverait en bas, sur le monde où tout avait commencé.


Septième expédition Csallari, Système Luma, cinq mois plus tôt.
La rumeur avait circulé dans tout le Découverte. Ils étaient une bonne quinzaine d’individus excités par la nouvelle, qui s’ agglutinaient devant la baie vitrée surplombant le hangar 4. Harm Mogran réussit à se faire une place parmi eux en usant de sourires, mais aussi de sa carrure imposante.
Une navette approchait. À son bord, un groupe d’éclaireurs et de négociateurs, des experts du « premier contact » revenaient faire leur rapport : selon les informations glanées par l’exobiologiste, les indigènes avaient enfin accepté le principe d’une une mission scientifique de longue durée
Il en ferait partie. Il devait en faire partie, coûte que coûte : c’était l’occasion pour le jeune scientifique de se faire enfin un nom et une réputation.
- Les sondes ont ramené des échantillons fascinants, affirma-t-il à son ami Yan Trackad. Cette forêt accueille Une biodiversité incroyable ! Cinq ans de publications assurées, au bas mot !
- De quoi obtenir une chaire prestigieuse à Corolei ou à Derba, approuva son compagnon, Mais méfie-toi : Sordeg est sur le coup, lui aussi.
- Peuh ! Sordeg n’aime pas quitter son labo et les forêts tropicales ne lui réussissent pas. Je lui laisse le continent nord, ses landes et ses steppes.
- Tu sembles résolu. Il parait le professeur Topol et ses étudiants seront de la partie, insinua-t-il avec un sourire narquois.
Une étudiante, surtout, l’inaccessible Lyria Hogges, fille du richissime Marval Hogges, le plus gros investisseur de l’expédition
- Avoue, t’as le béguin pour elle, poursuivit le chef mécanicien.
- Mmmhhh… Mais elle est quasi intouchable, regretta Morgran.
- un conseil : admire-la, mais de loin !
Morgran poussa un soupir résigné :
- T’as raison, comme toujours.

Le Découverte était l'un des vaisseaux de la flotte d’exploration affrétée par le gouvernement et des investisseurs privés. Celle-ci avait pour but d'explorer les systèmes situés au sud-est de Csallar, dont les routes avaient été défrichées par la sixième expédition. La recherche scientifique était l’un des objectifs officiels de la mission, l’autre étant de prendre contact avec les peuples rencontrés et si possible, de nouer de fructueuses relations commerciales.

L'autre but non avoué était de trouver des ressources exploitables et des mondes favorables à la colonisation.
Rançon du succès, la population csallari croissait trop vite et quelques colonies seraient les bienvenues pour absorber le trop plein démographique.
Cette jolie planète très peu peuplée, par exemple, était la candidate idéale  : quasiment aucun terrain cultivé, d'immenses forêts, des prairies et des landes. Les habitants, des philosophes contemplatifs, n'occupaient que quelques villes fort anciennes, délabrée et envahies par la forêt. Ils ne semblaient utiliser aucune technologie et refusaient de couper ces arbres immenses qui détruisaient peu à peu leurs modestes demeures et leurs cités jadis majestueuses !
Une race ancienne qui semblait marcher volontairement sur la voie de l'extinction ; des humanoïdes, des gens très bizarres qui semblaient émettre leur propre lumière !
À tel point que, faute de connaître le nom de leur race, ils avaient été consignés dans le Journal de Bord sous l’appellation de : « Ceux Qui Brillent ».
Ils ne parlaient pas le basic évidemment, ni bien sûr le Corellien ou le Csallan qui en était dérivé. Ils ne pratiquaient aucune langue connue et, sans références, les machines de traduction peinaient parfois à déchiffrer leurs paroles. Les linguistes travaillaient sur le problème, bien aidés par les Lumineux qui, eux, semblaient fort bien les comprendre.

En tout cas, Morgran avait obtenu ce qu’il voulait : une place au sein de la mission scientifique.
Il le regrettait amèrement
Modifié en dernier par Ve'ssshhh le Sam 12 Juin 2021 - 15:51, modifié 2 fois.
Il y a deux réponses à cette question, comme à toute les questions : celle du poète et celle du savant. Laquelle veux-tu en premier ?
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Messagepar darksoutofar » Lun 10 Aoû 2020 - 3:09   Sujet: Re: La planète maudite

Salut !
Je viens de te lire, alors c'est très cryptique pour le moment. Je t'avoue que si je n'avais pas lu la présentation du récit dans l'autre topic, j'aurais été pas mal largué. Mais du coup, l'ayant lu, je suis curieux, que se passe-t-il ? Qui sont ces gens, qu'est-ce qui les attend ?
Purement sur la forme je dirai qu'il y a peut-être un poil trop d'infos (j'entends noms, persos, lieux, organisations...) de présentée d'un coup, maintenant je suis curieux de voir comment tout ça va s'organiser :)
"Au nom du roi Arthur de Bretagne, je vous adresse le message de paix suivant : coucou."
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Messagepar Ve'ssshhh » Lun 10 Aoû 2020 - 13:36   Sujet: Re: La planète maudite

Hello!
Merci tout d'abord de lire et surtout, de commenter ce premier chapitre!

darksoutofar a écrit:
Je viens de te lire, alors c'est très cryptique pour le moment. Je t'avoue que si je n'avais pas lu la présentation du récit dans l'autre topic, j'aurais été pas mal largué.


j'ai hésité à remettre cette introduction en début de récit, ne voulant pas faire double emploi. Mais ta remarque me montre qu'elle rend le chapitre plus clair. Comme tout le monde n'ira pas, comme toi, lire cette présentation, je pense que je vais éditer le message et la rajouter,


.
Mais du coup, l'ayant lu, je suis curieux, que se passe-t-il ? Qui sont ces gens, qu'est-ce qui les attend ?
Purement sur la forme je dirai qu'il y a peut-être un poil trop d'infos (j'entends noms, persos, lieux, organisations...) t jde présentée d'un coup, maintenant je suis curieux de voir comment tout ça va s'organiser :)

J'ai pris le parti de commencer "in media res" avec des flashbacks pour poser les enjeux et le contexte. Je voulais installer une ambiance, jouer sur les contrastes entre "avant" et "après". J'espère y être parvenu ?
Mais cela a des inconvénients: avec un demi chapitre, par ailleurs assez court, cela fait effectivement beaucoup d'informations d'un coup.
à reconsidérer, donc.

Cela dépendra de la façon dont sera perçu le prochain chapitre, qui sera placé du point de vue d'un autre personnage, avec le même système de flashbacks pour développer le contexte et donner d'autres indices sur cette mystérieuse "maladie".
Ce complément d'information sera-t-il suffisant pour amener de la cohérence à l'ensemble?
Je compte sur toi (et d'autres) pour me le dire.
En fonction de vos remarques, je remanierai en profondeur ces deux chapitres.

Mais ce ne sera pas pour tout de suite, je vais rester éloigné de mon ordi pendant quelques temps :)
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Messagepar Ve'ssshhh » Ven 28 Aoû 2020 - 21:36   Sujet: Re: La planète maudite

Voici le chapitre 2. Le reste avance, très lentement. Je n'ai repris qu'il y a peu. Le prochain chapitre devrait nous emmener enfin sur ce monde mystérieux.



Chapitre 2 : Agram Seltzner et les ténèbres



Passerelle du Découverte
Horrifié, tétanisé, il ne pouvait se détourner de l’étrange phénomène : de grosses gouttes squameuses de ténèbre suintaient des parois. Un ichor visqueux s’en écoulait, souillant le revêtement jadis doux et brillant, maintenant lépreux, comme s’il avait vieilli en quelques jours. Des larmes d’obscurité qui maintenant se redressaient, s’agitaient, se tendaient vers lui.
Agram Seltzner secoua la tête, s’arrachant difficilement à l’hallucination. Il devait se reprendre, montrer l’exemple à son équipage, du moins à ce qu’il en restait. Ils n’étaient plus que quatre– non, cinq-, barricadés dans la passerelle de navigation.
Il leva la main pour essuyer la sueur perlant sur son front et ne rencontra que la visière de son scaphandre.

Il comprit soudain: Évidemment ! Quel imbécile, je l’avais oublié !
Voila trois jours qu’ils marinaient dans leurs tenues pressurisées, qui n’étaient pas prévues pour un usage si prolongé. Sa visière était couverte de grosses gouttes de condensation. Des gouttes qui, la fatigue et la peur aidant, s’étaient transformées en ce cauchemar éveillé. L’obscurité ? La passerelle était sombre, évidemment : il avait lui-même coupé l’éclairage et désactivé la majorité des consoles pour économiser l’énergie. Depuis qu’ils avaient perdu le contact avec la salle des machines, les rares appareils encore opérationnels étaient alimentés par le générateur de secours et les systèmes de maintien de la vie étaient prioritaires.
Rassuré par cette explication logique, il consulta son écran de poignet : plusieurs paramètres étaient passés au jaune, dont le taux de CO2. Rien d’alarmant, pour l’instant. Seule sa température était trop élevée, mais c’était normal quand on restait aussi longtemps sous cloche. Il régla la climatisation pour se rafraîchir et chasser la condensation.
Juste un peu de fièvre, pensa-t-il en maudissant Koegran, le médecin-chef qui lui avait assuré que les combinaisons suffiraient à les protéger du Parasite.
Cette saloperie avait pourtant franchi toutes les barrières, contaminé sans discrimination scientifiques, spationautes et officiers.
Les écrans biologiques ? Inopérants. La fermeture des portes anti dépressurisation ? Inefficace !
Et comment lutter quand les hommes censés appliquer le Protocole de Sécurité Sanitaire n’en faisaient qu’à leur tête ?
Qu’à leur tête ? Le Parasite qui s’y était incrusté pensait pour eux : les jours qui avaient précédé avaient été un cauchemar : crises de folie meurtrière, viols, sabotages…

Le capitaine Seltzner scruta l’horizon étoilé d’où surgiraient les secours, du moins il l’espérait. De toutes façons, il n’avait rien d’autre à faire. Il avait alerté la flotte et réclamé l’assistance de la corvette médicale. Mais le message était-il passé ? Le doute s’insinuait lentement et, alors que s’amenuisait l’énergie de réserve,
le désespoir gagnait peu à peu la partie. Mais il devait rester serein, froid et professionnel : il le devait à son équipage

Les personnels médicaux de la corvette étaient entraînés à ce genre de situation, du moins il l’espérait pour les rares survivants, enchâssés dans la carbonite : moins d’un quart de son équipage d’élite.
Les autres étaient morts. Presque tous les autres. Quelques-uns avaient échappé à toute surveillance et erraient dans les coursives, malades ou fous. Combien ? Impossible de le savoir, les senseurs internes ne fonctionnaient plus. Peut-être s’étaient-ils tous entre-tués ?
- Il n’y a plus grand-chose qui fonctionne à bord, marmonna-t-il tout bas, avant d’éclater :
- L’entraînement ! Les exercices ! J’en ai réalisé des dizaines, mais je n’aurais jamais cru devoir vivre une vraie Crise Z. Et surtout, ne pas être capable de la juguler, confia-t-il amèrement au médecin chef.
- C’est un risque auquel les explorateurs, malgré toutes nos précautions, devraient se préparer, répondit sereinement celui-ci. La galaxie regorge de dangers.
Comment fait-il pour rester aussi froid, après ce qu’il a vécu, s’irrita le Capitaine, qui renonça à toute discussion. Koegran ne semblait même pas souffrir de son enfermement prolongé dans ce maudit scaphandre !
Il fit mine de reprendre sa veille et ne vit pas le sourire mauvais de l’autre, ni les yeux emplis d’obscurité. Un sourire qui devint presque tendre quand les yeux intégralement noirs se posèrent sur le sarcophage où dormait une belle jeune femme. Puis la créature tapie dans le médecin regagna sa tanière.
- Capitaine, nous venons de perdre une capsule de sauvetage ! Hangar C , alerta l’enseigne Oldeson.
- Encore un court circuit ?
- Non, monsieur : selon les senseurs, il y a un organique à bord.
Le capitaine fronça les sourcils : quelqu’un - probablement un des malades encore en liberté  - tentait de se soustraire à la quarantaine.
- Vers où se dirige-t-elle ?
- La planète, Capitaine ! Elle est déjà dans l’atmosphère.
- Alors, nous n’y pouvons plus rien !
Le vaisseau était armé, mais les canons étaient inutilisables.
- s’il s’agit d’un de ces enragés qui massacrent tout ce qu’ils rencontrent, bon débarras , murmura Oldeson.
- enseigne, n’oubliez pas que…
- Capitaine, fit le lieutenant Strone depuis la console comm’, je capte quelque chose… Le signal est faible, mais répété.
Agram Seltzner, se précipita. À force de répétitions, le message prit un sens.
- ils arrivent, capitaine ! Les secours seront bientôt là, cria joyeusement le lieutenant.
- Il était temps !
Quand la flotte les avait laissés pour explorer les mondes voisins, le monde qui emplissait la baie était plein de promesses. Et c’était à lui et à son équipage qu’avait été confiée la mission de l’explorer et d’en recenser les ressources. Pour l’officier, c’était le couronnement d’une brillante carrière.
Que restait-il de ses ambitions, maintenant ?



cinq mois plus tôt
C’est avec un secret plaisir que le capitaine du Découverte avait reçu son supérieur, le Commandeur Tarrick, dans ses quartiers tous neufs, bien plus spacieux et confortables que ceux de l’Éclaireur, le vaisseau amiral.
Il avait lutté pour obtenir le commandement du dernier-né des chantiers Hogges, spécialement conçu pour cette mission. Il avait dû se montrer le meilleur, faire jouer quelques pistons également. Mais après tout, ses concurrents en avaient fait autant.
Bien que plus petit que l’Éclaireur, le Bâtiment d’Exploration Scientifique de Deuxième Génération disposait d’automatismes performants et des générateurs compacts au curtarium. Avec, à la clé, un équipage réduit et beaucoup d’espace disponible. Les scientifiques disposaient de cabines confortables, de labos spacieux et bien équipés et même les hommes du rang n’étaient plus contraints de pratiquer la « couchette chaude »*.
Une merveille !

Mais Tarrick n’était pas venu pour s’extasier, il était immédiatement passé à l’essentiel :
- Cette planète est mûre pour la colonisation : nous laisserons ces braves gens vivre et disparaître en paix dans leur forêt : avez-vous vu un seul enfant parmi eux ? Ils sont manifestement sur la voie de l’extinction !D’ici quelques décennies, un ou deux siècles tout au plus, ils ne seront plus un problème. Pour commencer, nous coloniserons le continent Nord, où ils ne vivent pas.
- ils pourraient s'y opposer, protester, avait suggéré Seltzner.
- Et avec quoi ? Aucune technologie ! Le sauront-ils seulement ?
- Certains de nos scientifiques estiment que ces gens possèdent d’étranges pouvoirs !
- Parleriez-vous de Horn, le jeddite ? C’est un excellent psychologue, un négociateur hors pair, mais il ferait mieux de ne pas mêler science et religion. Quels pouvoirs ? La Force ? Ce n’est qu’un mythe, vous le savez bien !
Un mythe auquel Seltzner croyait en secret, mais il avait préféré se taire. La propagation de ce genre de « superstition rétrograde » était vivement combattue par les autorités. L’air du temps était aux Lumières du Progrès, à la Modernité, comme le répétait dans chacun de ses discours le ministre de l’Instruction.
Le commandeur avait repris:
- Puisqu’ils nous ont autorisé à prospecter et à cartographier ce monde , j'aimerais que vos équipes scientifiques s'en chargent pendant que l’Éclaireur et le reste de la flotte explorent les systèmes voisins.

Le capitaine Seltzner avait déjà quelques doutes sur ces « inoffensifs » philosophes, mais un ordre était un ordre !
Il avait donc chargé le professeur Topol du commandement scientifique de l’opération.
Au sein du contingent scientifique, il n’était pas tout à fait le plus élevé dans la hiérarchie universitaire, mais il était certainement le plus expérimenté : il avait participé à la sixième expédition.
Et, comme le capitaine l’avait confié à son second, Corren Molton:
- et puis Topol est un proche de Marval Hogges, il connaît les enjeux. Vous n’aurez aucun problème avec lui.
- Et Horn ? Vous le laissez repartir avec nous ? À en croire le commandeur, c'est lui qui pourrait poser problème
- Dans ce cas, il n’avait qu’à l’embarquer avec lui à bord de l’Éclaireur de Coronei. Mais c’est vous qui commanderez à terre. Si vous pensez que sa présence pourrait nuire à l’expédition…
L’officier avait ruminé sa réponse un instant :
- Je peux le gérer… Nous avons besoin de ses compétences : qui connaît nos hôtes mieux que lui ?
- il a un très bon contact avec eux, c’est vrai.
La voix de l’officier s’était faite murmure :
- Et puis il a le Don.
Seltzner n’avait rien dit, se contentant d’un signe de tête.
Il y avait des choses dont un officier ne parlait pas, ou seulement en privé, s’il tenait à sa carrière.
Décriée, en recul devant la science triomphante, la vieille religion avait encore des adeptes.
La Force…
Certains prétendaient que les navigateurs du Casallar étaient des Jedi, ces mages légendaires aux pouvoirs surnaturels. D’autres qu’ils venaient d’un monde mythique nommé Jeddha, résidence des mystérieux Whills.
La Force…
Selon Horn, elle était puissante sur cette planète.
La Force.
Toujours selon Horn, elle était également en lui, Agram Seltzner.
Peut-être le capitaine aurait-il dû tenir compte de ses pressentiments. De mauvais pressentiments.


Passerelle du Découverte
Deux vaisseaux surgirent de l’hyper-espace : la corvette médicale et…
- L’Éclaireur nous contacte, monsieur… Le commandeur Tarrick sur votre console, capitaine.
C’était la dernière personne à qui il souhaitait parler. Ses ordres les avaient menés à la catastrophe.
Pourtant, il rejoignit son poste de commandement.
Une sourde colère l’envahissait. De la colère ? Non, de la rage !
Il avait toujours respecté la hiérarchie, mais cette fois…
* Attends… Attends encore ! Cache-lui tes sentiments… Tu auras ta revanche… Il souffrira mille morts.
Dans ses yeux, le gris laissa place, un bref instant, à l’obscurité. Un vilain sourire déforma ses traits, alors que d’horribles images se formaient dans son esprit. Du moins aurait-il dû les juger horribles et non plaisantes.
* Oui… Laisse parler ta colère… Elle te rendra puissant.
Il comprit soudain: fatigue, désespoir, colère avaient ouvert la porte de son esprit à l’Entité. Oui, elle était en lui, bien avant qu’il n'enfile son scaphandre.
La fièvre, bien sûr !
Son système immunitaire avait réagi, sans succès. Mais ELLE lui avait épargné la folie, les douleurs. : elle avait trouvé ce qu’elle cherchait.
La Force
Il aurait dû s’en effrayer, Il s’en réjouit : il le sentait, l’entité le lui souffla, il était l’un des rares élus. Non, il ne mourrait pas dans d’atroces souffrances.
* Oui… Oui… Ce sont les autres qui mourront ! Ce chef détesté… Ce hautain Marval Hogges… Tous ces imbéciles qui ne croient pas en la Force, en son Côté Obscur… En la Tenebrae

Il avait retrouvé son masque habituel de commandant quand la communication s’établit.
C’est d’un ton très professionnel qu’il entama son rapport.
Il y a deux réponses à cette question, comme à toute les questions : celle du poète et celle du savant. Laquelle veux-tu en premier ?
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Messagepar Ve'ssshhh » Jeu 08 Oct 2020 - 21:07   Sujet: Re: La planète maudite

Après une assez longue pause, revoilà Harm Morgran, cette fois à la surface de cette mystérieuse planète.
Certains de mes fidèles lecteurs pourraient la trouver familière :sournois:
Je continue avec le système de flash-back. J'espère qu'il n'est pas trop déroutant?



Chapitre 3 : Jegel Horn, le Jeddite



Capsule de sauvetage

Quand Morgran reprit connaissance, il reposait, adossé aux parois de sa capsule, sur la mousse bleutée. Il aperçut non loin la carcasse endommagée du Rase-Mottes - c'est ainsi que les mécaniciens surnommaient la la navette "Flèche d'Hirsan", affligée de soucis techniques récurrents -, qu’ils avaient dû abandonner lors de l’évacuation. Il avait bien atteint son but : l’Aire d’atterrissage N°2.
Son dernier acte conscient avait été d’aligner le pilote automatique sur la balise toujours active du petit engin ; par contre, il ne se souvenait pas avoir évacué son fragile refuge.
- Peu importe, je me sens mieux, marmonna-t-il en essayant de se lever.
Ce simple fait le renforça dans sa résolution : ce qu’il faisait était juste.
La seconde tentative fur la bonne et il constata que, si des courbatures rendaient ses mouvements douloureux, sa vision était claire et les vertiges avaient disparu.
Une sensation, comme une pulsation près de son cœur lui rappela le but qu’il s’était fixé : il sortit de sa combinaison un petit paquet, une forme sphérique grosse comme un poing d’enfant enveloppée dans l’une de ses chemises. Il la déballa précautionneusement, libérant une pierre lisse, grisâtre, comme une grosse perle.


Cinq mois plus tôt
Lorsque les exobiologistes s’étaient répartis les différents écosystèmes de ce monde, Harm Mogran avait tiré le gros lot : on lui avait attribué le secteur le plus riche, la grande forêt du continent équatorial. Ce n’était pas vraiment de la chance : il avait fait le forcing, joué du piston, fait quelques promesses qu’il lui serait difficile de tenir.
Il avait surtout bénéficié du soutien inattendu de Jegel Horn. L’affable et habile négociateur savait à l’occasion se montrer particulièrement persuasif et Sordeg, son principal concurrent, n’avait pas insisté.

Pour un exobiologiste la Forêt, malgré ses dangers, était un vrai paradis.
Il avait découvert une flore fascinante, comme ces arbres titanesques aux troncs luminescents qui avaient développé des rejets sur des milliers de kilomètres carrés  Il n'aurait jamais cru sans ses échantillons génétiques, qu'un même arbre puisse croître du bord de l'océan Occidental jusqu'à la grande chaîne de montagnes à deux mille kilomètres à l'est !!
Les hautes et épaisses frondaisons ne laissaient passer que peu de lumière, mais leur luminescence aux couleurs de l'arc-en-ciel était propice à la méditation. L'activité favorite de leurs hôtes tout aussi lumineux pour qui ils semblaient être sacrés. Combien de fois avait-il aperçu l’un d’entre eux, immobile des heures durant face à l’énorme tronc, tandis que sa lumière pulsait et changeait au rythme du végétal.
Plus ennuyeux, il avait même surpris Horn dans cette posture. Non, le Jeddite ne brillait pas, mais son comportement laissait croire qu’il s’était converti à la religion des Lumineux.
L’endroit était isolé, peu fréquenté par les scientifiques, et Harm Morgran avait choisi de garder le secret, du moins jusqu’à ce qu’il ait eu une petite explication avec le négociateur.

Il est vrai que les talents de celui-ci et sa relation particulière avec leurs hôtes s’étaient révélés d’un grand secours : sans son intervention, plusieurs explorateurs imprudents auraient fini dans les sucs digestifs d’un prédateur. Il avait également réussi, à plusieurs reprises, à arracher à ses hôtes l’autorisation d’explorer des zones jusque-là interdites. Une interdiction le plus souvent justifiée : après quelques expériences douloureuses et une attaque de lianes qui avaient failli emporter deux imprudents, tous les membres de l’expédition avaient compris que : « Kanoda es » ne signifiait pas : « sacré » ou « tabou », mais bel et bien : « très dangereux » ou « mortel »

Harm Morgran avait adapté en conséquence ses procédures d’approche et découvert une multitude de plantes prédatrices, toutes plus dangereuses les unes que les autres. Sur le monde des Lumineux, la frontière entre faune et flore était ténue, très ténue
Certains animaux semblaient étroitement liés à un végétal et, ce matin-là, il était parti sur la piste de l’un d’entre eux.
La chance -ou la Force comme, en bon jeddite, il aimait à le croire- lui avait souri !
Avant de relever ses pièges génétiques, il se camoufla à quelque distance d’un bosquet de fougères arborescentes puis observa soigneusement le site en quête de dangers potentiels : ici, il ne craignait pas ces accueillantes clairières moussues dissimulant des fosses remplies de pieux pointus - les racines d’un arbre carnivore- , tous prêts à empaler l’imprudent qui s’y aventurait, mais il pouvait tomber sur une meute de lianes carnivores en maraude !
Un endroit magnifique, passionnant pour un exobiologiste, mais d’une beauté mortelle qui invitait à la plus grande prudence !
Mais le spectacle auquel il assista valait bien le risque encouru.

Les petits animaux qu’il avait découverts quelque temps plus tôt et qui imitaient si bien les feuilles des immenses fougères où ils vivaient, étaient présents en abondance et particulièrement agités
Une activité inhabituelle en plein jour, où leur immobilité était gage de survie.
Étudiant, il avait lu un ouvrage corellien sur des insectes appelés phasmes, qui peuplaient les forêts d’un monde dont il avait oublié le nom.
Soudain, comme s’ils avaient perçu un signal, les êtres mimétiques se mirent en mouvement, par centaines, quittant l’abri de leur fougère pour s’aventurer au sol. Des dizaines de prédateurs n’attendaient que cela : Des oiseaux jacasseur et querelleurs au plumage flamboyant cessèrent leurs disputes et fondirent sur cette manne, bientôt concurrencés par d’assez grands reptiles édentés et pourvus de six pattes.
D’autres s’invitèrent bientôt au festin et bien peu de migrants parvinrent à rejoindre sur une autre fougère, de petites « plantes parasites » qui semblaient être leur objectif final.
Le premier « phasme » s’engouffra dans l’entonnoir d’un végétal aux « pétales » pourpres, qui se refermèrent sur lui.
Morgran fut un peu déçu :
- Tout ça pour finir dévoré par…
La « fleur » pourpre se décrocha de sa plante hôte et ses feuilles en rosette la firent tournoyer alors qu’elle chutait. Un coup de vent, et elle remonta,portée par son « hélice ».
- C’est ça ! Une « graine volante » !
Une « graine » qu’il savait déjà être une plantule de fougère!
- Des gamétophytes mobiles ressemblant à des insectes ! Une «  plante parasite » qui est sa contrepartie femelle ! Décidément, ici, les végétaux n’ont rien de végétatif ! Avec ça, c’est le prix Bonel assuré , jubila-t-il !
Il partit collecter ses pièges à gènes qui, il n’en doutait pas, corroboreraient son hypothèse.

Des surprises comme celle-ci, il en pressentait d'autres ! De quoi s'assurer vingt ans -au bas mot- de recherches et de publications ! Quelques ouvrages de vulgarisation pourraient même lui assurer une renommée planétaire !
Ce monde qui n'avait pas encore de nom était bien l'équivalent du paradis pour un exobiologiste.
Mogran imaginait aussi pouvoir s'y établir un jour -devenu riche et célèbre-, pourquoi pas avec la désirable mais inaccessible Lyria Hogges, sa collègue géographe et accessoirement fille du richissime Marval Hogges, le mécène de l'expédition.
- Alors, satisfait de vos recherches, fit une voix connue.
Horn !
L’exobiologiste se retourna : fasciné par ses découvertes, il ne l’avait pas entendu approcher ! Ce n’était pas la première fois que le négociateur le surprenait ainsi. Le biologiste se reprit assez vite et annonça fièrement :
- Je viens de résoudre une énigme qui me turlupinait depuis quelques semaines. Et la réponse est encore plus fantastique que je ne l’imaginais.
- Ce monde est assez surprenant, n’est-ce pas ? Les Jardiniers ont bien travaillé !
- Les jardiniers ?
- Nos hôtes. C’est ainsi qu’ils se nomment, ai-je récemment appris. Enfin, ce n’est qu’une interprétation très limitée du terme qu’ils emploient. On pourrait tout aussi bien le traduire par « architecte », « concepteur » ou même, je crois, « ingénieur ».
Le jeddite arbora soudain, comme cela lui arrivait un peu trop souvent ces derniers temps, une expression lointaine, comme égarée. Quand ses yeux revinrent à la vie, son interlocuteur en profita :
- et comment avancent vos propres recherches ? Sur ces arbres luminescents ? Je vous ai vu, l’autre jour.
Le négociateur ne sembla pas surpris :
- Ah ! C’est donc votre présence que j’ai sentie… Hummm. Plutôt bien, très bien, même ! Je progresse de jour en jour. Ils sont bien plus que des arbres, vous savez…
Changeant brusquement d’humeur, il fit un tour d’horizon, puis annonça d’une voix tendue :
- Ce monde est baigné de la lumière de la Force, mais en certains lieux règne l’obscurité. Je pressens…
Soyez prudent, très prudent, Harm !

Un craquement dans la forêt attira l’attention du biologiste, alarmé par ces propos. Quand il se retourna, il était seul.
- Fichu jeddite ! Il me flanque une frousse bleue et puis…
Morgran s’interrompit soudain : il n’y avait aucune trace de Horn. Avait-il rêvé ? Pourtant l’avertissement avait éveillé comme un malaise en lui. Ce danger imminent, il le ressentait dans toutes les fibres de son être.
- Pfft ! Reprends-toi : tout ça, c’est des fadaises !
Haussant les épaules, il n’en décida pas moins de retourner immédiatement au camp.


Capsule de sauvetage.
Adossé à la capsule, Harm Morgran s’aperçut qu’il n’était pas seul. Là, à la lisière de la Forêt, des silhouettes luminescentes, immobiles, l’observaient.
La pierre aussi les avait sentis… Une pulsation dans sa main, comme un cœur battant paisiblement. Puis vint la lumière, blanche, pure, glacée… Remplacée par un abyme de ténèbres brûlantes. De nouveau la lumière, l’obscurité… Changeant au rythme des pulsations.
Il tendit le cœur qui palpitait dans sa main et croassa d’une voix éraillée, douloureuse !
- La voici ! Je vous l’ai ramenée ! Pardonnez-moi, pardonnez-nous.
Les silhouettes ne bougèrent pas d’un iota.
- Je vous en prie, sanglota-t-il, libérez-nous de la malédiction.
L’un des êtres fit un pas en avant, s’interrompit net, comme à regret, puis secoua tristement la tête. Il se tourna vers un nouveau-venu, dont la lumière bleutée semblait bien pâle en comparaison. Pale et quasi transparente. La voix familière, douloureusement familière, résonna dans son esprit :
- Suivez-moi, Harm, je vous guiderai jusqu’à votre destination.
- Jegel ? Mais vous êtes…
- Mort ? Souvenez-vous de ce que je vous ai dit un jour : il n’y a pas de mort, il n’y a que la Force.
Résigné, Morgran suivit le fantôme.
Il savait exactement où ils se rendaient.
Là où le cauchemar avait commencé.
Modifié en dernier par Ve'ssshhh le Mar 15 Juin 2021 - 14:29, modifié 1 fois.
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Messagepar Ve'ssshhh » Ven 18 Déc 2020 - 22:19   Sujet: Re: La planète maudite

Comme la tortue, cette histoire se hâte lentement.
Pas tout à fait satisfait de ce chapitre, mais il fallait bien qu'à un moment j'arrête de le bidouiller...
Il a au moins une qualité: il est court.


Chapitre 4 : Lyria Hogges, l’héritière




la forêt
Alors qu’il suivait dans la forêt le pâle reflet d’un négociateur qu’il avait vu mourir, ses doutes revenaient et, avec eux, la fièvre.
Et la Voix:
* à quoi bon t’obstiner à suivre une hallucination ? Je peux t’aider, je peux te guider
Il eut un ricanement douloureux :
- Et c’est vous qui parlez d’hallucination ?
La riposte fut immédiate, une douleur intense comme si une aiguille lui avait transpercé la tête ! Soudain, elle reflua.
Il devina plus qu’il ne vit la présence éthérée de son ami défunt.
- Allez-vous mieux ?
- Il semblerait. Seriez-vous devenu guérisseur ?
- Moi ? Non. Le pouvoir venait de vous, je n’ai fait que vous aider… Vous l’avez repoussée, encore une fois. Sentez-vous sa peur ? Son désespoir ? Elle aussi est emplie de doutes.
- C’est moi qui doute. De cette voix dans ma tête…
- Ils l’appellent : «  La fille de deux univers » et elle est bien réelle. Un parasite, en quelque sorte. Ou un symbiote pour ceux qui l’acceptent, de gré ou de force. Votre résistance est remarquable, selon eux. Vous pouvez la chasser, avec l’aide de l’artefact
- Je doute aussi de la réalité de cette conversation : je suis probablement en train de délirer dans l’une des baies médicales de l’infirmerie.
Le « délire » émit un petit rire :
- dans ce cas, votre cauchemar est remarquablement réaliste !
L’apparition pointa un doigt vers le bas et les yeux de Morgran le suivirent.
Il le regretta immédiatement : il avait écrasé quelque chose de mou et une odeur pestilentielle assaillit ses narines.
- C’est le genre de souvenir que laissent ces reptiles édentés. Je me demande ce qu’ils mangent pour…
- Des insectes, principalement, répondit instinctivement le biologiste. Mais ils marquent leurs territoires avec leurs excréments. Il semblerait que cela leur serve également à trouver des partenaires pour la reproduction. Nous savons que leur odorat n’est pas particulièrement développé, mais reconnaissez qu’ils y vont un peu fort.
Nouveau ricanement du spectre :
- Oh, ce doit être très désagréable, mais au moins ce genre de mésaventure ne risque plus de m’arriver .
Plus que n’importe quel argument, cela le convainquit qu’il ne rêvait pas et il reprit sa progression, frottant sa chaussure contre tout caillou ou touffe d’herbe qu’il rencontrait dans le vain espoir d’éliminer l’atroce parfum.
Il reconnut les lieux : ils approchaient de l’étrange autel que Lyria et lui avaient découvert, pour le plus grand malheur de l’expédition.



Trois mois plus tôt, camp de base
Intrigué par l’ invitation - quasiment une convocation - qu’il avait reçue , il pénétra dans la tente qui servait de QG à l'équipe « Géo »
Le professeur Isdan Topol, qui dirigeait - en plus de l’expédition- l'équipe de géologues l'interpella :
- Ah, Docteur Morgran, venez dont nous rejoindre ! Il faut que vous voyiez ça !
Son équipe examinait les derniers relevés pris depuis la navette de ravitaillement. Celle-ci faisait maints détours inutiles lors du réapprovisionnement ou des changements d'équipes, mais ces divagations palliaient à l'interdiction d'utiliser une plate-forme antigrav instrumentée. Heureusement, les autochtones qui avaient opposé leur veto à la plate-forme, ne semblaient pas s'en offusquer.
Les images et relevés pris depuis l'orbite étaient bien utiles mais manquaient un peu de précision pour une étude exhaustive. Les «  lumineux » ne toléraient que des mini-drones à ailes battantes, fragiles et bien trop souvent victimes des prédateurs.
Le hautain et autoritaire Topol tenait habituellement à maintenir les distances entre son équipe et les autres scientifiques. Et il veillait jalousement sur son étudiante favorite.
Pourtant, il sollicitait sa présence ?
Mogran ne se fit pas prier et se glissa – est-ce un hasard- entre le vieux mais sémillant professeur et son étudiante Lyria. Celle-ci était penchée sur la table et sa tunique échancrée offrait un vertigineux décolleté. C'est qu'il faisait chaud, dans cette jungle, très chaud !
Des bandes photographiques et un stéréoscope étaient posées sur la table de travail, à côté de relevés de densité et de magnétisme.
- Les relevés de ce matin nous ont amené une surprise. Nous avons pensé que vos connaissances botaniques pourraient nous éclairer. Regardez donc ici, près de ce relief.
Mogran, qui lorgnait en catimini vers deux reliefs bien plus proches s'arracha à leur contemplation pour se concentrer sur sa mission.
- Effectivement, les feuilles de ces « toujours-verts » présentent une décoloration surprenante. Et non, je ne crois pas qu'il s'agisse d'une espèce différente. Intriguant ! Une maladie, peut-être ? Ou une carence ? Oh, attendez ! Mais… ces feuilles jaunâtres forment un cercle presque parfait !
- Voilà ce qui nous a intrigués, Harm !
Lyria s'adressait à lui ! Et ce sourire… Grâce à un effort surhumain, le biologiste revint à son travail. Ils voulaient son expertise ? Eh bien ils allaient avoir son expertise. Une occasion de briller auprès de… 
- Il ne s’agit pas de vieux arbres, et… Regardez celui-ci : près d'un tiers des feuilles ont la couleur vert foncé normale ! Le tiers HORS du cercle ! Et ici…
Pour mieux regarder, Lyria s'était approchée… Tout près, si près. Harn ravala sa salive et poursuivit :
- N'est-ce pas une faille ? Un ravin, peut-être ? Une source ?
Le vieux professeur à l'air renfrogné acquiesça et fit un geste de la main : poursuivez.
- Une maladie, ou alors… Une substance émettant un rayonnement… Du curtarium, vous pensez à du curtarium ! Oui, il pourrait avoir cet effet-là… Dans ce cas le relevé magnéto devrait trancher.
- Du curtarium, c'est cela ! Une faille dans la croûte terrestre, probablement. Le champ magnétique est bizarre, pas tout à fait ce que j'attendais, mais… Il y a bien une masse de forte densité là-dessous.

La recherche de ce métal radioactif faisait partie des objectifs prioritaires : un métal si utile à l'industrie de leur planète. Utile ? Non : indispensable !
Tous eurent la même pensée : Jackpot ! Il n'y avait qu'un léger problème :
- Mais c'est en territoire tabou ! Les indigènes n'aiment guère nous voir approcher de leurs lieux sacrés , objecta Lyria.
- Encore ces fichues superstitions, pesta le professeur !
Harm n'était pas d'accord :
- Cette fois, l'interdit est justifié : la zone est extrêmement dangereuse, elle regorge de végétaux prédateurs et de pièges ! Je vous ai parlé, Lyria, de ces trous d'eau capables de dissoudre les chairs et même le métal ou de ces clairières cachant des racines affûtées comme des rasoirs ! En général, ces prédateurs sont assez dispersés, mais dans ce secteur, ils pullulent ! C'est surprenant, d'ailleurs : comment trouvent-ils assez de nourriture avec une telle concurrence ? C’est peut-être un couloir de migration… Mes pièges à gènes me donneront peut-être une réponse. Grâce à l’intercession de Jegel Horn, j’ai été autorisé à en installer

Pour Morgran, c'était le moment de briller auprès de sa voisine. Il laissa ses paroles faire leur chemin avant de déclarer :
- Mmmmmh… Je comptais aller relever mes collecteurs après-demain. Je pense avoir cartographié tous les pièges, suffisamment pour trouver un itinéraire sûr ! Peut-être bien que…
- Que quoi ? Aboya le vieil homme qui avait percé son jeu.
- Que quelqu'un pourrait m'accompagner, par sécurité, vous voyez. Et nous pourrions alors pousser jusqu'à…
Le Professeur fulmina : était-il jaloux ?

- Jeune homme, si vous croyez que je ne vous vois pas venir avec…
- J'irai, l'interrompit fermement la jeune femme !
Morgran réussit à dissimuler sa satisfaction et hasarda, pour enfoncer le clou :
- hum, cela reste dangereux, peut-être que le Professeur pourrait m’accompagner ?
Celui-ci était agé, présentait un surpoids bien marqué et n’avait rien d’un baroudeur.
Alors que Lyria était une athlète accomplie.
Elle trancha :
- J’irai !
Comment dire non à l’héritière des Hogges ?


Dans la clairière
Il reconnut immédiatement les lieux : le vallon étroit et escarpé, la source, les frondaisons des « toujours verts » formant comme un toit…
Pourtant, quelque chose avait changé. La lumière ? La première fois, Ils avaient eu, Lyria et lui, l’impression de pénétrer dans une cave obscure, humide et sinistre, tapissée de moisissures, jonchée de squelettes d’animaux.
Il ne ressentait plus ce sentiment d’oppression qui les avait alors saisis, ni cette odeur tenace de putréfaction.
Cet endroit est malade, avait-il pensé alors. Il semblait maintenant guéri.
Il leva la tête : les feuilles jaunâtres et sanieuses avaient laissé la place à de vertes frondaisons, la source coulait, claire et joyeuse.
Une chose n’avait pas changé : le rocher oblong qu’ils avaient pris, à l’époque, pour un autel où se pratiquaient de sinistres sacrifices. Sa surface plane, veinée de blanc brillant et d’un noir d’obsidienne était maintenant dégagée et resplendissait sous un rayon de soleil perçant les frondaisons.
Il sentit à nouveau une pulsation dans sa tunique. : l’artefact devait sentir la proximité de l'autel.
- Oui, je te ramène à la maison.


C'est tout pour aujourd'hui.
Ben ouais, c'est court :oops:
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 18 Avr 2021 - 18:47   Sujet: Re: La planète maudite

Eh oui, cette histoire avance à une lenteur désespérante.

Mais comprenez-moi: les manuscrits que j'ai retrouvés dans un recoin oublié d'une bibliothèque poussiéreuse sont très endommagés et la traduction du csallar, quoique proche du corellien ancien, est pleine d'embuches. Néanmoins, mes recherches touchent à leur fin et...

Bon, pas d'échappatoire: tous ces mois, ce n'est pas l'inspiration qui m'a manqué, mais l'envie.
L'envie même de rouvrir le ficher, de relire, de compléter, de corriger... L'ENVIE, quoi!
Et puis hier, dans l'après midi, le miracle. Et une constatation: le chapitre 5 était bien avancé, finalement. Plus qu'un paragraphe à pondre.

Pour le six... Eh bien, évitons les promesses.


Chapitre 5 : Lassen, Jedi Corellien



deux mois plus tôt
Randonnée en forêt.
Finalement, d’imprévu en imprévu, et après des jours, des semaines de déluge qui avaient paralysé toute activité, il avait fallu attendre près d’un mois avant d’organiser la visite au « cercle jaune ».
Ils s’étaient équipés pour une longue marche. Lyria avait toute la panoplie de la randonneuse expérimentée : sac à dos pour les provisions, l’eau, et aussi pour cacher certains des instruments qu’elle emportait ; non, ce n’était pas une simple balade en forêt, se souvint Morgran. Chaussures hautes lacées serrées, pantalon de toile assez épais pour décourager les insectes piqueurs, assez lâche pour supporter la chaleur. Au grand regret de son compagnon, elle avait renoncé, pour les mêmes raisons, aux manches courtes et au décolleté vertigineux. Un chapeau de brousse muni d’un voile complétait sa tenue.
Elle s’étonna de l’accoutrement de son compagnon de route, qui avait opté pour du court.
- Ne craignez-vous donc pas la morsure de ces minuscules bestioles qui s’acharnent sur le moindre carré de peau nue ?
Le biologiste sourit :
- les dards de feu ? Pas vraiment : j’ai découvert une plante dont les feuilles, frottées sur la peau, les repoussent. Il y a bien une petite odeur, mais...
Elle se pencha, renifla, sourit :
- Oui, je la sens… Pas désagréable.
Lui avait bien senti au passage l’odeur enivrante de la fleur de Cath. Il en fut tout retourné, incapable de sortir un mot, un compliment. Tout juste un sourire béat et -probablement niais.
Lyria, même en pleine jungle, restait coquette. Encore un détail qu’il rajouta à la -très – longue liste des qualités de celle qu’il aimait en secret.
Évidemment, elle avait les moyens de s’offrir les parfums les plus coûteux.

La marche d’approche était sans danger. Il en profita pour se reprendre et tenter de soutenir une conversation sur des sujets futiles, passe-partout.
La jeune femme le testait, mais il n’était pas en état de s’en rendre compte.
Lui, le beau parleur, le joli cœur de la fac, aux répliques pleines d’esprit, semblait avoir oublié tous ses trucs! Néanmoins, quand ils parvinrent enfin dans la zone dangereuse, il avait tout de même réussi à la faire rire. Trois fois !
Les faire rire, ça paie toujours, se souvint-il, mais maintenant fini de jouer!
- Nous y sommes ! À partir d’ici, il va falloir redoubler de prudence. Cet endroit regorge de pièges et même si j’ai repéré les plus dangereux, nous pouvons être surpris par un parti de lianes prédatrices en maraude ou même par un prédateur inédit. Cette jungle regorge de surprises, le plus souvent mauvaises. Toujours partante ?
Lyria était déterminée à remplir sa mission.
- Prête !
- ah, regardez ce tronc jaune : vous voyez le ruban ?
- On ne peut pas le rater !
- Au cas où nous serions séparés, sachez que j’ai balisé le chemin : tronc jaune, ruban violet, c’est tout bon. Nous passerons à leur gauche. Si vous devez rentrer seule, veillez à les avoir à votre droite. Et si vous voyez du noir et rouge…
- Danger ?
- Oui, danger : restez au large.
- Sympa, la vie de biologiste. Il vous a fallu beaucoup de temps pour mettre ça en place ?
- plusieurs semaines. Surtout avec cette pluie incessante qui m’a contraint à tout recommencer. Restez bien derrière moi, vos pas dans mes pas. On y va ?
Sourire éblouissant :
- on y va !




L’autel.
Quand Morgran rouvrit les yeux, il pensa un instant être mort et arrivé dans ce «  monde meilleur »  que promettaient nombre de religions. Mais la lumière était un peu trop vive et la « couche » de pierre sur lequel il reposait, vraiment trop dure et inconfortable. Sans oublier les courbatures quand il se redressa. Mais où était-il donc ?
La mémoire lui revint : Cette fièvre qui le dévorait, la folie qui frappait aux portes de son esprit, la capsule de sauvetage, le monde qui grandissait par le hublot … La randonnée avec un fantôme…
L’autel ? Il ne se souvenait pas s’y être allongé
Levant les yeux, il reconnut les lieux. Mais il n’était pas seul.
Une sensation, comme un murmure :
[Bienvenue dans la Lumière]
Il se rendit compte que la pierre reposait au creux de ses mains jointes sur sa poitrine. Une sphère gris perle, presque banale, de la grosseur d’une balle d’enfant. Il l’avait vue il y a peu, passant de la lumière à l’obscurité, de la glace au feu, dans un cycle sans cesse renouvelé.
- Elle m’a guéri !
[ c’est inexact : vous avez vaincu le mal seul, ou presque. Nous n’avons pu que vous apporter nos forces et préserver votre enveloppe charnelle pendant que vous luttiez. Bienvenue dans la lumière !]
- Qui ? Qui me parle ?
La silhouette d’un humain barbu apparut à ses côtés. Non, ce n’était pas le fantôme éthéré de Jegel Horn : celui-là semblait plus… Consistant, même s’il pouvait voir au travers de l’apparition. Entre deux âges, il affichait une expression sereine et était vêtu de robes vertes qui semblaient familières au csallan.
[J’étais maître Lassen, Jedi de Corellia. Je suis maintenant l’un des gardiens du Cœur]
- Un Jeedaï… Comme dans les légendes ?
- J’ignore quelles sont vos légendes. Je suis retourné à la Lumière il y a bien longtemps.
- Un fantôme ! Mais… Vous semblez plus réel que…
- Horn ? Oui, grâce à votre pouvoir et à celui du Cœur, il m’a été permis de revenir dans le Monde pour vous instruire. Saviez-vous que vous étiez sensible à la Force ?
- La Force ? Une légende, un conte pour enfants m’a-t-on appris à l’école. Horn y croyait pourtant. Ma mère également. C’était une guérisseuse, non reconnue par les autorités, mais très respectée.
- Elle avait raison de croire : elle vous a transmis son talent. C’est cette Force en vous que la Vaporeuse a convoitée, et c’est cette Force qui vous a aidé à la vaincre.
- Je savais… Je savais que la solution était ici.
- Elle était surtout en vous. La lumière. La Voleuse d’âmes a tenté de vous attirer vers le Côté Obscur, mais la Lumière en vous a été la plus forte.
- La Vaporeuse ? Le côté obscur ? Je crains de ne pas…

Si, il comprenait : il se souvenait de ces horribles cauchemars pendant lesquels il frappait, dominait, massacrait des êtres inférieurs tout juste dignes de ramper à ses pieds. Il se souvenait de la tentation, d’ avoir voulu les faire souffrir rien que pour savourer leur peur et leur détresse. Il se souvenait aussi cette noirceur impalpable qui s’était échappée de la bête difforme et mourante… Non, ce n’était pas un virus, mais un être intelligent et maléfique. Terriblement maléfique. Une « vapeur » qu’ils avaient inhalée, lui et…
- Lyria ! Elle en a respiré, elle est en danger… Il faut que…
- votre vaisseau est parti depuis longtemps. D’autres sont venus à son secours.
- ils m’ont abandonné ? Non ! Ils m’ont cru mort. Ils ont évacué les survivants.

Morgran ne savait pas pourquoi, mais il en avait la certitude. Tout comme il savait que le Jeedaï disait la vérité.
- Mais qu’est-il arrivé à Lyria ?
- Le Cœur peut vous le dire. Lui et vous êtes liés. Mais êtes-vous certain d’avoir envie de savoir ?
Un mauvais pressentiment lui glaça le sang. Pourtant…
- Oui ! Non ! Mais il le faut, n’est-ce pas ? Il faut que je voie. Comment dois-je faire ?
- Je vais vous montrer. C’est assez simple, mais vous devriez peut-être vous asseoir avant de commencer. Votre peuple…
- Quoi, mon peuple ? Ils n'ont tout de même pas ramené le virus – enfin cette chose - sur Csallar ? Cela va à l'encontre de tous les protocoles de sécurité !
Le Jeedaï - non, Jedi, corrigea mentalement le biologiste - ne répondit pas immédiatement, mais sa mine parlait pour lui.
- ce n'était pas un virus. La Fille des Ténèbres a sa propre volonté. Voyez par vous-même.
Il ne put s’empêcher de suivre la suggestion et plongea son regard dans la pierre…
Bientôt, l’horreur déforma ses traits.




deux mois plus tôt
L’autel
Une obscurité presque palpable, une atmosphère étouffante, suffocante, et pas seulement à cause des charognes qui pourrissaient là. Même les plantes semblaient déformées, malades, hostiles. Il y avait dans l’air comme un sentiment d’oppression, de corruption. Comme un de ces lieux hantés, maudits des romans et vids d’horreur qu’adolescent, il avait ingurgité à la chaîne avec les copains. Sauf que là, c’était en vrai !
- Des sacrifices, fit-elle, dégoûtée.
L’autel, un massif cylindre de pierre noire et blanche, les carcasses d’animaux, tout menait à cette conclusion.
Lyria se serra contre lui et il lui offrit la protection de son bras. Il avait une autre théorie :
- Non… ces animaux n’ont pas été tués… Ils se sont traînés ici pour y mourir. Regardez celui-ci, il est encore frais… Ces lésions, ces plaies… Radioactivité ? Ça y ressemble, en tous cas.
Avant d’embarquer pour l’expédition, ils avaient eu tous deux une formation sur les dégâts des radiations.
La jeune femme retrouva son professionnalisme pour consulter son multi-senseur.
- Pas de radioactivité. Même du curtarium pur ne pourrait dégrader l’environnement à ce point ! Aucun des signaux ne correspond.

Ce n’était pas du tout ce qu’ils espéraient. Pas de trésor, juste un lieu de mort.
- On ferait mieux de partir. L’air est peut-être corrompu par quelque chose, suggéra-t-elle.
- Attendez… Il y a quelque chose, là, au centre de l’autel.
- J’ai un mauvais pressentiment. Partons, vite !
Négligeant le conseil, il s’avança vers ce qui ressemblait à une grosse perle, tendit la main.
Craquements, bruissement des feuilles, bruit de bottes, quelqu’un arrivait… En courant !
Lyria hurla !
- attention à la bête ! Cria une voix familière.
Jegel Horn !
Et il n’était pas seul !


N.B
Je me suis dépêché de poster ce chapitre, de peur de l'enterrer et de l'oublier six mois de plus. J'espère que je n'ai pas laissé de fautes ou de coquilles. Sinon, n''hésitez pas à me les signaler.
Merci :)
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 30 Mai 2021 - 21:05   Sujet: Re: La planète maudite

Voici le chapitre 6. Il ne me satisfait pas tout à fait - j'ai un peu de mal à doser correctement ces va et-vient temporels - , mais j'y travaille si rarement que s'y j'essaie encore de le modifier, il ne sortira que dans six mois, au mieux. :paf:

Chapitre 6 : la Vaporeuse, enfant de la Tenebrae



Boule de cristal,
Il vit.
Il vit Csalla, ce qu’elle était devenue.
Des visions de chaos s’enchaînant en un tourbillon de scènes. La peur, la folie, la mort. Partout !
Il connaissait l’endroit. Le Lac Randell et ses chemins ombragés, le «  poumon vert » de Derba, sa ville natale. Une colonne de réfugiés avançant vers Derba, une embuscade… La violence et le sadisme des assaillants ne le surprit pas. Il n’en détourna pas moins les yeux des scènes insoutenables qui suivirent
- Non… Ils n’ont pas pu… Pas si vite. La quarantaine… Ce n’est pas réel. Impossible, ça ne colle pas !
- Ce pourrait être le futur. Un des futurs possibles : toujours en mouvement est l'avenir, disait mon maître. Mais vous êtes resté longtemps endormi… Très longtemps. Que vous dit votre cœur ?

Morgran ne répondit pas. Il n’était pas prêt à s’avouer que… Il Lui restait un espoir.
Il se força à replonger dans les visions.
Il vit les morts – des milliers, des millions-, il vit les crises de folie meurtrière. Il vit des gens… Des monstres, prendre plaisir aux souffrances qu’ils infligeaient. Il les vit se rassembler, toujours plus nombreux, toujours plus forts, toujours plus cruels. Il LA vit, Il vit son ventre gonflé d’une nouvelle vie, il vit surtout ses yeux emplis d’obscurité, le sourire mauvais qui défigurait son beau visage.
- Lyria ! Non !
- Celle que vous connaissiez n’est plus. Elle a succombé à l’obscurité ! Quant à l’enfant… Je l’ignore.
- La… Comment avez-vous dit ? Vaporeuse ? Elle était prisonnière, elle voulait s'enfuir de ce monde.
Le Jedi fit la moue :
- Prisonnière, pas vraiment… Plutôt cloîtrée dans sa nursery. Elle devait rester près de l’artefact. Pour se nourrir, pour grandir. Elle a appris à marcher, acquis de l’autonomie. Elle a voulu aller voir comment c’était ailleurs. Une initiative un peu prématurée, mais...
Derrière la compassion, il y avait comme un soupçon de fierté dans les propos de l’humain barbu, devina le biologiste.
Celui-ci retrouva vite ses réflexes professionnels :
- La Vaporeuse ne tuait – ne tue - pas au hasard, elle testait, choisissait, sélectionnait. Elle se trouvait des hôtes. Des hôtes disposés à l’accepter, qu’elle saurait récompenser. Si elle s'est montrée maladroite avec les premiers qu'elle a investis, elle a vite appris de ses erreurs.
- Elle semble avoir su tromper et influencer les responsables de l’expédition.
- Le pouvoir, la domination… Le mal. Ce n’est pas un parasite, mais un symbiote : dès qu’elle se sera constitué un réservoir suffisant…
- Ils partiront, abandonnant un monde dévasté… Pour un autre, et encore un autre…
- Hoggues a toute une flotte dans les systèmes miniers. Ils ont probablement ordre de rester au loin, mais il saura les convaincre. Sinon, ELLE saura : n’est-elle pas son Héritière ?
Il plissa les yeux :
- Notre enfant : un fœtus sans défense immunitaire, un esprit vierge… il est l’hôte parfait !
- Oui, fit simplement le Jeedai, surtout s’il a hérité de la Force. Exactement ce dont elle a besoin pour gouverner ses fidèles. Elle est libre, maintenant, elle va devenir forte, de plus en plus.

Morgran secoua la tête. Il le comprenait maintenant : leur arrivée, leur imprudence et surtout leur avidité, lui avait offert une occasion unique.
- Notre arrogance et notre aveuglement. Nous n’avons pas voulu croire les lumineux, nous les avons rendus responsables de tout. Alors que…
Oui, il se souvenait de tout…

...



deux mois plus tôt
L’ombre et la lumière
La créature à six pattes avait été un de ces insectivores édentés qu’il avait étudiés. Mais les yeux du spectre décharné, à la peau constellée de plaies, n’avait pas ce fascinant éclat doré. Ils n’étaient que ténèbres. Terriblement affaibli, il aurait dû se traîner au sol, mais fila à une vitesse stupéfiante vers Lyria, bondit…
Il y eut un cri de douleur : Horn s’était interposé, couteau de survie au poing. Il avait frappé, mais l’avait payé cher : si aucune morsure n’était à craindre l’animal avait des griffes.
Pas le temps de s’inquiéter pour lui, d’autres créatures hexapodes surgirent : plus grandes, avec des crocs impressionnants. Deux, mais le biologiste soupçonnait un piège ! Elles ne semblaient pas malades, mais , dans leurs yeux… L’obscurité ! Face à eux, Harm n’avait que sa vibrolame.
- des prédateurs, fit-il. Chassent en meute… Dos à dos, ordonna-t-il !
Lyria, soutenant Horn, avait dégainé sa propre lame. Elle obéit.
- Horn, ça va ?
Le Jeddite se redressa, prit sa place
- J’ai connu mieux… Mais je tiendrai. Des secours arrivent. Y en a d’autres, hein ? Par-derrière ?
- Ou les côtés. Ceux-là attirent notre attention et…
L’attaque ne les prit pas tout à fait de court, mais ils n’auraient rien pu faire si…
Un des Lumineux était là. À sa vue, les créatures eurent un mouvement de recul mais, enragées, revinrent à l’assaut.

Surmontant leurs craintes, les créatures attaquèrent. L’autochtone ne broncha pas, tandis que sa lumière s’intensifiait. Il tendit les mains, comme en offrande à ses agresseurs.
Il était perdu, pensa le biologiste !
Mais les crocs acérés ne happèrent que du vide. L’animal qui l’avait contourné bondit à son tour… Et traversa sa proie sans lui faire de mal.
Morgran entendit des coups de blaster.
Le premier officier du vaisseau « Découverte », Corren Molton, était accompagné de trois de ses agents de sécurité. Il leur fallut plusieurs tirs avant que deux autres créatures ne s’effondrent enfin.
Quant à celles qui avaient attaqué le « lumineux »…
Elles n’allaient pas bien, pas bien du tout. Tremblantes, mal assurées sur leurs pattes, elles haletaient, d’une respiration sifflante, douloureuse. L’une des créatures vomit sur le sol un flot de sang d’où émergèrent des crocs déchaussés de leurs gencives ensanglantés .
Et sa peau ? Jadis rêche et brillante, elle pendait maintenant, flasque, terne, grisâtre, autour de muscles en train de fondre.
C’était comme si les créatures étaient victimes d’un vieillissement accéléré. Elles s’effondrèrent l’une après l’autre, épuisées, mourantes, tandis qu’elles exhalaient, avec du dernier souffle, une vapeur sombre.
Glacés d’horreur, les humains assistèrent au processus de putréfaction  , chair et peau transformés en liquides sanieux qui laissèrent bientôt les os à nu. Bientôt, les squelettes eux-mêmes noircirent, redevinrent poussières.
- Comme… Comme si des siècles avaient passé d’un coup, croassa Lyria qui avait trouvé refuge dans les bras protecteurs du biologiste.
Celui-ci, bien que bouleversé par le drame qui venait de se jouer, ressentit un profond sentiment de bonheur. Ses yeux et ceux de la jeune femme se cherchèrent, se trouvèrent…
Ils ne virent pas Molton et ses agents terrifiés pointer, leurs armes sur le lumineux, ni Horn s’interposer
Le coup de blaster qui retentit les ramena à la réalité. Morgran se retourna, juste à temps pour recueillir le corps du négociateur qui s’effondrait. Il s’entendit hurler :
- Rangez vos armes ! Tout de suite, pauvres imbéciles !
Ils n’auraient peut-être pas obéi si Lyria n’avait pris la place du Jeddite, se plaçant entre les armes et l’être qui les avait sauvés.
Dans la confusion, nul ne prêta attention aux vapeurs montant des cadavres.
...


Exil sur planète fantôme
Ils en avaient tous respiré, bien entendu. Et, lors de leur départ précipité, ils avaient ramené le Mal à bord.
Le biologiste se souvenait des derniers mots de Horn :
- Le destin est en marche, et rien ne pourra l’arrêter, a-t-il dit. Il l’avait senti, avant nous tous. Pourquoi ne l’avons-nous pas écouté ?
Le Jedi, de moins en moins fantomatique, intervint :
- Vous aviez perdu la foi, celle qui mena vos ancêtres vers votre monde maintenant perdu. Mais le passé est le passé. Il reste un problème, bien actuel, celui-là : le Cœur renferme la source de Son pouvoir.
- ça ? Fit-il en montrant la grosse perle.
- Oui. Elle le convoitera. Elle pourrait être tentée de revenir ici, malgré sa peur des lumineux. Vous devez partir, l’emmener au loin. Vous êtes maintenant son gardien, tout comme nous sommes les gardiens de ce qu’il emprisonne.
- Partir ? Mais où… Comment ?
- Le où n’est pas de mon ressort. Le comment… Les vôtres ont abandonné une navette défectueuse en fuyant. Les Lumineux, suivant mes conseils, l’ont réparée. Elle vous attend.

Morgran Harn suivit le Jedi vers la navette. Il reconnut la Flèche d’Hirsan qui avait quelques semaines plus tôt, été endommagée à l’atterrissage, entourée de silhouettes lumineuses. Il savait où aller : il ne pouvait abandonner son peuple, sa bien-aimée, son futur enfant. Il les retrouverait, il trouverait un moyen de les guérir. Le Cœur l’aiderait, il en avait la certitude. Au diable ce Jedi !
Il monta dans l’engin, s’installa aux commandes et décolla, sans un regard en arrière. Il avait son diplôme de pilote et la navette avait toutes les cartes de navigation. Ignorant le regard réprobateur du fantôme de Force, il programma un saut pour Csallar. Quand le voyant vira au vert, il tira la manette et les étoiles s’étirèrent.
Alors qu’il entrait dans l’hyperespace, son transport fit une embardée. Ce n’était que le début des ennuis : prise dans une sorte de vortex, la Flèche partit en vrille, ballottant son passager d’une paroi à l’autre.
Morgran perdit conscience.


Cette histoire est presque achevée, il ne reste plus que l'épilogue. Une fois n'est pas coutume, il devrait venir assez rapidement. En principe... :siffle:
Il y a deux réponses à cette question, comme à toute les questions : celle du poète et celle du savant. Laquelle veux-tu en premier ?
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Messagepar Ve'ssshhh » Sam 12 Juin 2021 - 15:24   Sujet: Re: La planète maudite (finie)

Cette histoire s'achève enfin. Une histoire des origines, une préquelle, comme on dit. Tous mes récits précédents prennent leur source dans les mésaventures de ce pauvre Harn Morgran et de son malheureux peuple.
Quant à la Vaporeuse... Laissons la profiter de sa toute nouvelle liberté. Tôt ou tard, elle voudra retourner à la maison. :diable:

Épilogue

Plus tard, bien plus tard


Essoufflé, il acheva son récit, tandis que l’interprète terminait sa traduction dans une langue vaguement familière, dont il saisissait parfois quelques bribes.
Du Basic ! Féru de sciences, il ne s’était guère passionné pour l’étude de ce qu’il considérait comme une langue morte. Il se souvenait néanmoins qu’elle était l’idiome universel de la légendaire République, que son peuple avait abandonnée un millénaire plus tôt.
L’humain assis à sa gauche fronça ses sourcils broussailleux en écoutant la traduction. Il comprenait manifestement le Corellien, mais ce ne devait pas être sa langue natale. Il lui tendit un gobelet que le convalescent accepta avec reconnaissance. L’eau fraîche irrigua sa bouche sèche et pâteuse.
Son hôte, un homme entre deux ages, plutôt trapu, qui arboraii une superbe moustache rejoignant des favoris poivre et sel, l'observait d'un air pensif.

Encore très fatigué, Morgran revenait de loin. Ses sauveteurs l’avaient récupéré en piteux état ; ils l’avaient plongé dans une cuve avant d’injecter ce fluide miraculeux qui avait guéri ses blessures en quelques heures seulement. Comment avait dit l’homme mécanique, déjà ? Bahk-Tah, quelque chose dans ce genre…
La République ? Les Chroniques parlaient bien de ces machines pensantes, mais il n’aurait jamais cru pouvoir en voir une un jour, encore moins pouvoir converser avec elle.
La créature insectoïde qui se tenait à quelques pas de son lit avait écouté la traduction avec beaucoup d’attention. Une tête triangulaire, des yeux composés protubérants , de larges et puissantes mandibules, des pattes ravisseuses cachée sous une robe brune, le biologiste avait reconnu les caractéristiques des Mantoptères. Mais le plus fascinant était sa tenue, proche de celle des jeddites. D’ailleurs, l’interprète mécanique l’avait présentée comme le « Maître Jedi Creeee ».
Un Jedi, un vrai, pas un fantôme. Dans les Chroniques, Jedi et République étaient étroitement associés. Décidément, le vol erratique de sa navette l’avait mené bien au-delà de sa destination !

La créature crissa une question que la machine pensante s’empressa de traduire :
- Le Maître Creee aimerait savoir si…
L’humain l’interrompit, dans son corellien très correct, quoique curieusement accentué :
- Cher ami, bien que partageant votre curiosité, je pense que nous devrions remettre cette conversation à plus tard : notre invité est manifestement épuisé, et un peu de repos lui ferait le plus grand bien.
L’humain entre deux ages s’était exprimé avec une calme autorité. Tout en lui, son regard gris acier, sa posture, son ton assuré, ses vêtements sobres mais de qualité, dénotaient un personnage habitué à commander et à être obéi. D’ailleurs, l’homme mécanique lui donnait du «Vôtre Altesse » à chaque phrase.
- ah, nous avons trouvé ceci dans la navette. Notre ami aux grandes mandibules estime que cet objet vous aidera à trouver le sommeil. Je vous préviens, il est dévoré de curiosité et aura sûrement des dizaines de questions à vous poser à son sujet. Mais cela peut attendre.
Harn Morgran récupéra l’artefact avec un soulagement manifeste. Ils étaient liés tous les deux, d’une manière qu’il aurait été bien en peine d’expliquer. Il s’endormit presque immédiatement.

***


Les deux individus, l’humain et l’insectoïde aux allures de mante géante attendaient à côté de l’étrange et archaïque navette que leur vaisseau venait de secourir. Ils observaient par la baie du hangar, une planète verte et bleue.
- Cela fait bien longtemps que je n’étais revenu chez moi, murmura la créature de sa voix crissante si caractéristique.
- Un bien bel endroit. J’y résiderais bien volontiers, insista l’humain, reprenant une discussion antérieure au sauvetage .
L’insectoïde en robes brunes et blanches se tourna vers son interlocuteur, penchant la tête sur le côté. Une mimique qui, chez ceux de sa race, trahissait l’amusement.
- Et vous pourriez être exaucé plus vite que vous ne le pensez, mon ami. Ah, vos experts en ont terminé.

Un duro et un jeune homme barbu sortirent de la navette et rejoignirent le duo. L’humain demanda, d’une voix bourrue où perçait l’autorité :
- Alors, Gar, Trallen, pouvez-vous nous éclairer sur l’origine de cet appareil ?
- Son origine ? Pas très loin d’ici, Capitaine, annonça Trallen, l’humain : j’ai inspecté son hyperdrive  et le noyau présente une fissure. C’est un miracle que ce rafiot ait pu entrer dans l’hyperespace et un miracle qu’il en soit sorti ! Dans le meilleur des cas, il n’a pu faire qu’un micro saut.
- Une idée du monde d’origine , insista son supérieur.
- Je connais les méthodes de construction en vigueur sur la majorité des mondes de la République et même de certaines entités de la bordure Extérieure. Pourtant, cette technologie ne m’est pas familière. Elle est ancienne, mais a évolué d’une manière différente de la nôtre. C’est très étrange. Je parierais pour un groupe de colons restés longtemps isolés. Gar a une théorie à ce sujet.
- Merci pour votre précieuse aide, chef mécanicien Vega, fit l’insectoïde en s’inclinant.
- Pourriez-vous nous présenter votre théorie, navigateur Basso, ajouta-t-il en s’inclinant en direction du duro, qu’il sentait hésitant.
- Bien entendu, maître Jedi ! En préambule, je dois rappeler que notre galaxie n’a rien d’un système figé : ses étoiles tournent autour du trou noir central et se déplacent les unes par rapport aux autres : certaines s’éloignent, d’autres…
- nous savons tout cela, Gar, l’interrompit l’Humain autoritaire : c’est pour cela que les cartes doivent être régulièrement mises à jour !
- justement : celles-ci ne l’ont pas été depuis longtemps… Très longtemps.
- Très longtemps, répéta l’insectoïde. Cela fait cent-quatre-vingts ans qu’aucun vaisseau n’a approché ce système.
- tant que ça, s’étonna le capitaine.
- C’est à cette époque qu’un étranger est venu et m’a convaincu de le suivre au Temple pour y être formé. Il avait suivi son intuition et utilisé une technique de navigation faisant appel à la Force, confia le Jedi. Quant aux précédents visiteurs… Eh bien, je sais que mon peuple a émigré depuis un système voisin, il y a plusieurs millénaires ; certainement ce monde gelé que vous avez colonisé récemment.
Celui que les officiers appelaient Capitaine se mordit la lèvre :
- Donc, cet engin a au moins deux siècles. Pourriez-vous risquer une estimation à partir de ces cartes, Navigateur Basso ?
- Beaucoup plus de deux siècles, Capitaine. Beaucoup plus . Je n’ai pu faire qu’une estimation grossière : Il me faudrait les étudier plus longtemps, les comparer à…

Voyant son compagnon s’impatienter, la mante encouragea le duro :
- Une approximation nous suffira amplement, rassurez-vous.
- Eh bien, je dirais… Au moins dix mille ans. Probablement plus.
Le Jedi avait encore une question :
- Et avez-vous pu reconstituer la trajectoire de cette navette ?
Gar Basso se tourna vers l’aimable insectoïde :
- Le trajet a été très court, je le confirme, maître Jedi. J’ai pu reconstituer la destination initialement programmée… Elle a changé de place depuis, mais c’est obligatoirement un système assez proche : Xal serait le meilleur candidat. Mais avec cette avarie, aucune chance d’y parvenir.
- Et le monde de départ?
- Je dirais… Un point dans ce système. Enfin, un point de l’endroit où était ce système quand le pilote a initié le saut… Il y a dix mille ans ou plus. Comme l’a dit Trallen, cette navette n’a pu faire qu’un micro saut. Qui a duré longtemps, très longtemps
Il rappela :
- C’est déjà arrivé, vous savez… Qu’un vaisseau pris dans une perturbation de l’hyperespace en ressorte des années, des siècles plus tard.
Le Capitaine, qui ne semblait pas si surpris, mit fin à l’entretien :
- Merci d’avoir éclairé notre lanterne, Trallen, Gar…
Comprenant qu’on leur donnait leur congé, les deux officiers saluèrent avant de s’éloigner.

Les deux êtres restèrent longtemps silencieux et pensifs.
Un silence que l’humain se décida à briser :
- Vos rêves étaient fondés, X’reee. Et l’objet que nous avons trouvé est bien celui que vous recherchiez.
- Oui. Mon peuple en avait connaissance depuis des millénaires. Nous savions qu’il réapparaîtrait un jour.

L’humain resta muet. Ces notions le mettaient mal à l’aise. Il finit par interroger son compagnon :
- Xaleria, hein ? Comment allons-nous annoncer à ce pauvre gars qui se remet à l’infirmerie que tout ce qu’il a connu… Tous ceux qu’il a aimés ont disparu depuis près de quatorze mille ans ?
- Avec tact et délicatesse, mon ami. Tact et délicatesse !
- Mpfff ! Ce ne sont pas mes qualités les plus saillantes, vous le savez bien.
- Vous vous sous-estimez. Vous réussirez à apprivoiser cet humain, comme vous l’avez fait pour les milliers d’êtres que vous avez escro… Humm, disons gentiment plumés au cours de vos marchandages.
- Marchandages ? Je ne suis, semble-t-il, qu’un amateur comparé à votre peuple. Cette Charte que vous voulez m’imposer…
- Elle est assez contraignante, je le reconnais, mais vous en apprécierez les avantages sur le long terme. Charte ou pas, c’est une belle affaire. Pour votre famille, c’est la concrétisation d’un rêve millénaire.
- Mpfff… Oui, je suppose. Qu’est-ce que je vais faire de ce visiteur du passé ? Pauvre gars !
- un pauvre gars sensible à la Force. Et très intelligent, si j’en crois ce que j’ai ressenti à son contact. Qu’en ferez-vous ? L’adopter, ou le faire adopter par un de vos proches ? Je vous connais : vous ne pourrez pas résister à l’idée de recruter un être talentueux. C’est dans vos gènes.
- Vous aviez tout prévu, hein ? Je n’aime pas que l’on me force la main…
Le Jedi tendit une griffe vers la baie de transpacier.
- Songez à ce que vous gagnerez dans l’affaire. Regardez-la : n’est-elle pas belle ?
- Oui…Magnifique !
Comme son compagnon se renfrognait, le Jedi ajouta, tentateur :
- Et vous pourrez même lui donner votre nom !
- Ma foi… Celui que vous lui donnez est imprononçable. Même mon droïde de protocole n’y parvient pas !

Corran Herrion, cinquième vice-roi des Mondes du Chariot, se décida enfin :
- d’accord ! Vous avez gagné ! Je veillerai sur votre dangereux artefact et sur son gardien. Je veillerai sur ce monde et ses habitants. Et mes successeurs en feront autant, aussi longtemps que nécessaire.
De l’autre côté de la baie de transpacier, la quatrième planète du Système Luma – la planète maudite des Csallans -, indifférente à ces tractations, brillait de tous ses feux.
Le Jedi, satisfait d’avoir atteint son but, concéda :
- Oui… Herrion, c’est un joli nom pour une planète.



Fin
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