Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (13/20)

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Messagepar Tenebrae » Mar 29 Mar 2016 - 13:09   Sujet: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (13/20)

Bonjour (ou bonsoir ^^) à toutes et à tous!

Petit teasing pour le nouvel opus de la série Dans les Ombres, La nuit des Rakghouls. Cette nouvelle histoire sera composée de 20 chapitres (c'est la plus longue du cycle) et commencera sa publication ce dimanche soir.
Je posterais sur une base hebdomadaire (ce rythme pourra être plus soutenu d'ici à la fin avril voire début mai; cela dépendra de mon taf, je risque d’être particulièrement occupé dans les semaines à venir professionnellement parlant :( ).

Pour rappel:
Le recueil SW et l'épouvante m'a beaucoup inspiré. J'ai écrit plusieurs textes en rapport avec le sujet.
Je les ai retravaillés pour qu'ils forment un tout unique à la manière d'un cycle intitulé Dans les Ombres se déroulant dans l'Univers Legends. Chaque histoire est indépendante (et de fait aura son propre topic à mesure que nous avancerons). Elles peuvent donc être lues de façon autonome. Des personnages seront récurrents, des événements se répondront entre eux mais, selon vos envies, il ne sera pas nécessaire de lire toutes les histoires (même si je préférerais :wink: ).

La publication des textes composant la série ne respectera pas un ordre chronologique, j'entends par là la chrono interne de la série Dans les Ombres. En clair, un texte peut se dérouler avant ou après un autre. J'ai instillé suffisamment de repères temporels cependant pour que quiconque entame la lecture complète du cycle sache quand se déroule l'histoire qu'il est en train de lire (à la fois dans la chrono interne que dans la chrono "officielle" de Star Wars). Cela a un sens, je précise.

Tout comme je tiens à préciser que les textes sont tous déjà terminés (si le besoin se fait sentir par vos commentaires, je les retravaillerais évidemment).
Ce qui devrait vous garantir le fait de lire une histoire avec une fin et un rythme de publication régulier.

Dans les Ombres n°1 - Cauchemar est disponible ici, n'hésitez pas à poster vos commentaires (c'est le seul moyen pour les auteurs de fan-fictions de s'améliorer).

Sur ce, je vous laisse et vous dis à dimanche soir! :)

PS: Ce post servira de sommaire (j'éditerais au fur et à mesure de la publication)

[spoiler="Sommaire"]Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13[/spoiler]
Modifié en dernier par Tenebrae le Lun 19 Juin 2017 - 21:22, modifié 20 fois.
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Messagepar L2-D2 » Mar 29 Mar 2016 - 18:11   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls

20 Chapitres ? Mazette, voilà un récit qui s'annonce ambitieux ! S'ils sont aussi réussis que ceux de Cauchemar, j'achète ! :D
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mar 29 Mar 2016 - 18:48   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls

Et moi aussi ! Bonne chance pour ta publication.
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
Victor Hugo
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Messagepar Tenebrae » Mar 29 Mar 2016 - 19:58   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls

L2-D2 a écrit:20 Chapitres ? Mazette, voilà un récit qui s'annonce ambitieux !

Ambitieux ? Oui, dans une certaine mesure :sournois:
Ambitieux surtout pour moi en fait. :lol: Cela a été une véritable tannée de l'écrire; entre le début de la création et la version finale (qui compte environ 40 000 mots) que vous vous apprêtez à découvrir dans quatre jours, j'ai dû mettre quasiment 2 ans (:shock:) entrecoupés de grosses périodes de pages blanches...

L2-D2 a écrit:S'ils sont aussi réussis que ceux de Cauchemar, j'achète !
Zèd-3 Èt a écrit:Et moi aussi !

Bon, payes ta pression! :D
J’espère que cela vous plaira!

À dimanche! :wink:
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Messagepar Tenebrae » Dim 03 Avr 2016 - 19:34   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

Bonsoir à toutes et à tous!

Voici donc, comme promis, le chapitre 1.
J’espère que cela vous plaira.
Bonne lecture!


La Nuit des Rakghouls


Chapitre 1


De toutes les cantinas présentes sur Taris, celle de la Basse-Ville était la préférée d’Almine. D’aspect tout aussi miteux que le reste du quartier où il se trouvait, l’établissement avait toujours su offrir réconfort et abri au jeune contrebandier. Almine ne se faisait guère d’illusions sur la réputation de l’auberge constamment enfumée, systématiquement bruyante, invariablement odorante, mais c’était entre ses murs qu’il avait perdu sa virginité dans les bras d’une Zeltronne particulièrement entreprenante ; c’était là qu’il avait vécu sa première – et pas la dernière – cuite ; le bar l’avait vu y faire ses meilleures affaires et ses premiers duels de blaster sous la table. Pour Almine l’endroit regorgeait d’agréables souvenirs, des mauvais aussi cependant le jeune humain aux cheveux d’or ne prêtait pas d’attention à ces derniers. Après tout, n’était-ce pas là le lot de tout foyer ? Etre un joyeux bazar de bonnes et de mauvaises choses où les bonnes finissaient par toujours prendre le dessus afin qu’on s’y sente chez soi.

Après sa dernière mission, Almine ressentait le besoin de se ressourcer, de prendre du recul et de profiter d’un peu de bon temps. Tout ne s’était pas déroulé comme il l’avait prévu. D’ordinaire, l’imprévisible ne figurait pas dans la liste de ses contrariétés à partir du moment où il s’y attendait mais là, l’opération avait rapidement tourné au vinaigre. Tout avait pourtant bien commencé. La mission elle-même était simple. Une habituelle livraison de caisses d’épices pour le compte d’un caïd Hutt local à destination d’Eriadu. Alors qu’il venait de terminer la transaction, lui et son contact, un Duro dénommé Namoru, avait été balancé à la police locale. En lui-même, l’incident ne possédait rien de notable – un lieu commun dans le domaine d’activité d’Almine, un risque plus que potentiel – à l’exception près que les autorités disposaient d’un renfort peu courant : un Chevalier Jedi. Celui là se trouvait particulièrement peu courant. Le Jedi appartenait à une espèce qu’Almine avait prise pour habitude d’éviter de croiser : un Wookie. Mesurant près d’un mètre quatre-vingt dix, le corps couvert de long poils bruns avec une épaisse ligne de fourrure noire qui partait de son sourcil gauche pour mourir dans le dos en passant par le sommet du crane, le représentant du peuple de Kashyyyk plus mince que la plupart de ses congénères se révéla un atout non négligeable pour les forces de l’ordre éridianes. Almine sentait encore l’odeur acre de l’ozone quand le Wookie avait allumé son sabre-laser et promptement découpé le bras de Namoru qui avait eu l’improbable idée de dégainer son blaster. Les hommes de main du Duro résistèrent plus longtemps. Ce qui avait offert au contrebandier une fenêtre pour s’enfuir. Semer le Jedi fut ardu. Sur ce coup, il avait eu chaud, très chaud.

Et le voilà, après de nombreux détours afin de tromper son poursuivant Jedi, enfin de retour chez lui. Il l’avait bien mérité. À son arrivée, il avait envoyé un message rapide exposant la situation à Djarik, son commanditaire. Il lui expliquera plus tard – une fois quelques verres de brandy corellien engloutis, après à une bonne nuit de sommeil – comment il avait perdu son agent sur Eriadu.
Almine poussa les doubles portes battantes de la cantina, esquiva un client qu’un bedonnant Gran – pas tout fait saoul mais presque – venait de jeter dehors avec fracas. L’atmosphère si familière de l’endroit le frappa. Il sourit. Il était chez lui.

L’agencement intérieur de la cantina était des plus classiques ; un gigantesque comptoir oblong occupait le centre de la salle où deux barmans hirsutes et mal rasés servaient des clients amorphes, utilisant pour cela une gigantesque machinerie formée de tubes, de pompes et d’alambics assemblés dans un enchevêtrement complexe. Tout autour des tables rondes et crasseuses, faiblement éclairées par des lampes jaunes cylindriques. Quelques anfractuosités avaient été aménagées dans des murs couverts de fissures suintants de moisissures, afin d’offrir un semblant d’intimité aux clients désireux de passer inaperçus. Et il y en avait beaucoup de ce genre là dans les cantinas à travers la galaxie.
Ce soir-là, il n’y avait pas foule. Parmi la clientèle clairsemée, Almine n’eut aucun mal à trouver de la place. Un droïde WA-7 monocycle s’approcha en grésillant. Almine passa commande et en attendant le retour du robot observa la salle. Etrangement, le contrebandier ne se sentait pas à l’aise. Quelque chose clochait. Un petit rien, imperceptible sur lequel il n’arrivait pas mettre le doigt. Il regarda autour de lui.

Derrière le comptoir central, Jorge, le vénérable tenancier, tenait une conversation animée avec deux Arconas aux têtes en Y à qu’il servait verres sur verres. Almine se doutait que les deux aliens n’allaient pas finir la soirée dans le meilleur des états. Au fond de la salle, dans une niche obscure, trois humains en combinaisons de vol et un Besalik buvaient tranquillement. Prés de l‘entrée, un groupe de jeunes – membres d’un gang de fonceurs au vu de leurs blousons – tentaient tant bien que mal de faire fonctionner le jukebox décrépi. L’appareil semblait jouer en boucle un vieux morceau démodé du Max Rebo Band au grand désespoir des jeunes délinquants. Avachi dans un fauteuil décrépi, un Rodien roulait des yeux hagards sous l’emprise d’une drogue quelconque. Les autres tables, parmi les rares occupées, n’avaient rien de bien particulières. Quelques zonards habituels venus noyer la vacuité de leurs pitoyables existences dans l’alcool, des ouvriers revenants de leurs journées de travail peu pressés de retourner à leur famille et à leurs baraquements délabrés. Almine porta un temps son attention sur un trio d’Aqualishs embarqués dans une intense partie de sabbac. La droïde serveuse revint. Elle lui tendit son verre. Négligemment, Almine lança quelques crédits sur plateau. Les pièces rebondirent avec un tintement sonore qui fit sursauter un Chandra-fan éméché qui passait à ce moment. L’alien fut prit d’un fou rire nerveux et s’en alla rejoindre un vieil homme dépenaillé qui l’attendait prés de la porte. Les deux comparses sortirent en entamant un chant grivois en huttais sous le regard amusé des Fonceurs.

Pris d’une impulsion soudaine, Almine interpella le WA-7 qui retournait crachotant à son bar.
— Dis-moi chérie, je n’ai pas vu Yoabesin Granax. Il est là ?

La serveuse robotique fit demi-tour sur son unique roue émettant quelques étincelles de mauvais augure pour la pérennité fonctionnelle du robot. Ses yeux mécaniques, ronds et brillants d’une lueur étonnamment lasse, se posèrent sur le contrebandier. Le robot le détailla de haut en bas puis avec une voix emplie de parasites statiques lui répondit :
— Cela fait environ une semaine qu’on ne l’a pas vu.
— Vraiment ?
— Oui, Jorge dit que ce n’est pas normal. continua, mécaniquement, la droïde.
— Et la Patronne, elle en dit quoi elle ?
— La Patronne, elle dit qu’elle aimerait bien savoir où il se terre. Elle aimerait bien que Granax règle son ardoise. intervint une grosse voix de baryton aux accents pourtant définitivement féminins.

Almine pivota sur sa chaise; le siège grinça méchamment. Devant lui, une imposante femme, se dressait, maintenue en position debout par la grâce d’une ceinture de micro-répulseurs soumis à rude épreuve. La Patronne ; la véritable dirigeante de la cantina dont Jorge n’était que le cinquième époux ; celle qui, dans l’arrière boutique, tenait les comptes. Le droïde s’éclipsa promptement en direction des Fonceurs qui venaient de la héler. Almine regarda l’hybride improbable entre un Hutt et une humaine qui le dévisageait en retour avec une lubricité dérangeante. Almine afficha un sourire de circonstance, évitant de croiser les petits yeux porcins de la Patronne. Le contrebandier n’eut aucun mal à deviner pourquoi elle avait usé et enterré autant de maris. Il envoya mentalement des acclamations à Jorge. L’immense gérante éructa bruyamment avant d’enchainer :
— Alors Boucle d’or, tu cherches ce pouilleux de Yoabesin ?
— Pas spécialement.
— Peut-être que tu veux régler sa dette ?
— Je suis passeur. lui rappela Almine. Pas philanthrope.
— Alors qu’est-ce que cela peut te faire qu’il soit là ou pas ? grogna la Patronne.
— Depuis que je fréquente ce bouge, j’y ai toujours vu Yaobesin. Il fait parti des meubles. J’oserais même dire qu’il participe à améliorer le décor. voulut plaisanter Almine avec gouaille.
— Ecoute, Almine, je t’aime bien. fit la Patronne sur un ton dur et tranchant. T’es un client régulier, qui paye en temps et en heures. Je te connais depuis tes – quoi ? – treize ans. Quand tu t’es tiré du bidonville de Terrasse Valley pour traîner tes misérables guêtres ici. Je t’ai vu passer de pauvre cave à contrebandier, un pas trop mauvais en plus. Mais n’oublie pas qui est la Patronne et à qui tu dois le respect. Suis-je claire ?
— Aussi limpide que l’eau du robinet de Naboo, Madame.

Des éclats de voix retentirent alors suivi par le bruit d’un verre qui se brise. La Patronne fit geindre ses micro-répulseurs en se retournant vivement en direction du bruit. Son visage affiche une moue de dépit. Almine suivit son regard vers la table des Aqualishs. Le plus jeune des trois joueurs de sabbac, désormais debout, gesticulait férocement. Face à lui, le plus vieux ne disait rien, se contentant de rapprocher de grosses piles de jetons de son côté. Le jeune vociférait de plus en plus fort. Il devait avoir perdu une grosse somme, une trop grosse somme et d’une façon qui ne lui plaisait visiblement pas. Le plus âgé haussa des épaules puis se leva à son tour. Le silence se fit dans la salle. Même les fonceurs – avides de sang – s’étaient tus et commençaient à se rapprocher de la scène. L’ambiance devint littéralement électrique lorsque le premier Aqualish dégaina son blaster. Le troisième compère jusque là muet entra à son tour dans la danse. Plus petit que les autres, jetant des regards désolés à l’assistance qui avait désormais arrêté toutes autres formes d’activités, il tenta d’apaiser le jeu. Peine perdue, le vieux Aqualish dégaina à son tour. Almine entendit le pauvre Jorge hurler « Pas de blasters ! Pas de blasters ! ». La Patronne était devenue rouge de colère avant de blêmir de rage. Almine souffla de découragement quand il vit le troisième alien pointant sa propre arme successivement sur deux compagnons, hésitant à prendre parti. Les trois Aqualishs se retrouvèrent en situation d’impasse corellienne.

De longues secondes s’écoulèrent en une éternité de mort. La Patronne, bouillonnante mais silencieuse, commença à lever à un bras obèse ; ce genre de situation finissait rarement bien pour les participants comme pour les spectateurs. Almine sourit en son for intérieur, hormis l’absence étrange de Yoabesin Granax, rien n’avait finalement changé ici. Il ne poussa pas plus loin sa réflexion ; trois détonations lasers pratiquement simultanées claquèrent. Le contrebandier vit le petit Aqualish s’écrouler sur la table renversant verres, jetons et cartes sur le sol poussiéreux, de la fumée grise s’éleva d’un trou à l’arrière de son crâne. Le vieux s’effondra sur son siège, sa tête retomba, flasque, sur son torse en un angle impossible. Son arme glissa sur le sol en un bruit terne. Le plus jeune trébucha en arrière, il porta une main tremblante sur son torse, jeta des regards paniqués alentour pour finalement tomber, lui aussi, sans vie. L’odeur infecte des chairs carbonisées emplit l’air, se mêlant aux effluves nauséabonds de la salle. Une soirée comme une autre dans la cantina de la Basse-Ville.

La Patronne poussa un juron puis aboya des ordres. De l’arrière-salle, deux silhouettes fatiguées surgirent. Almine reconnut Balan, le cuisinier d’aspect malingre et malade, vêtu d’une blouse tachée de gras, accompagné par un droïde protocolaire, dépourvu de son revêtement extérieur, portant dans leurss mains serpillières et seau. Les deux employés entreprirent de faire le nettoyage tandis que la salle retourna à ses affaires ; Jorge reprit sa conversation avec les Arconas, les Fonceurs, repus de violence, s’en retournèrent à leur jukebox et Almine avala cul-sec son verre. La Patronne, quant à elle, flottant à quelques centimètres au dessus du sol, s’en alla dans son bureau non sans faire au préalable un détour vers la table de sabbac pour ramasser les jetons mis en jeu dans cette partie de cartes fatale. Il n’y avait pas de petits profits.

L’absence de Yoabesin Granax ne cessait de triturer l’esprit d’Almine. Le vieil homme était une institution dans la cantina ; de nuit comme de jour, qu’il pleut, qu’il vente, l’épave humaine était toujours là. Un pilier de comptoir comme on en faisait plus. Sans lui, la cantina perdait un peu de son âme. Cela tracassait le contrebandier, il ressentait comme un vague malaise, une inquiétude pour le vieil alcoolique qu’il n’arrivait pas à définir. Depuis son adolescence fugueuse, Almine adorait Yoabesin. Ce dernier passait pour une loque aux yeux des autres habitués des lieux mais Almine appréciait sa compagnie. Granax tenait l’alcool comme personne, il possédait des histoires incroyables, plus fausses les unes que les autres, et adorait par-dessus tout les raconter. Il avait un talent certain pour ça pour peu qu’on lui offrait une tournée de tord-boyaux.

Yoabesin Granax fut, dans sa prime jeunesse, officier impérial, lieutenant de vaisseau sur un croiseur de classe Broadside. L’appareil faisait partie de la flottille d’escorte d’un vieux Venator dans le Secteur Tapani. Yaobesin montrait volontiers les holos-photos de cette époque à quiconque osait prétendre qu’il affabulait comme à son habitude. Puis, après la destruction d’Aldéraan, il déserta, choqué comme tant d’autres de ses camarades. Mais à l’inverse de certains, il ne se précipita pas dans les rangs de la Rébellion. Il fuit, purement et simplement, laissant femme et enfants derrière lui dans une course effrénée. Il erra de planètes en planètes, sombrant dans la boisson et la paranoïa, persuadé de voir à chaque coin de rue un agent du BSI à ses trousses. Nul ne savait – pas même lui – comment il avait fini par atterrir sur Taris. Depuis lors, il vivotait de menus boulots et de la maigre charité des habitants du coin, dépensant ses faibles revenus à la cantina de Jorge et la Patronne, dispensant ses récits improbables à la clientèle quand bien même cette dernière s’en fichait.
Ce soir-là, au bout du septième verre de prisée – une bière tarisienne – Almine finit lui aussi par s’en ficher de Yoabesin Granax.

******

Sommaire, Chapitre suivant
Modifié en dernier par Tenebrae le Mar 12 Avr 2016 - 18:39, modifié 2 fois.
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Messagepar TienVogh » Lun 04 Avr 2016 - 14:40   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls

Premier chapitre lu !
C'est donc un chapitre d'introduction, qui nous présente celui qui sera sans doute le personnage principal, le contrebandier Almine.
Pas grand chose de bien flippant dans ce chapitre, sinon la disparition mystérieuse d'une loque humaine, ancien officier impérial, et une patronne de cantina obèse montée sur répulseurs, une sorte de version féminine du baron Harkonnen. :wink:
Pas d'indication de date, mais la référence à un ancien officier impérial et à un Jedi Wookie (il ne s'appellerait pas Lowbacca par hasard ? ) fait supposer qu'on est sous la nouvelle république avant l'invasion des Vong.

Sinon, j'ai remarqué que tu parlais de la police d'Ériadu comme des forces de l’ordre éridianes. Ne faudrait-il pas plutôt dire ériadanes ?
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Messagepar L2-D2 » Lun 04 Avr 2016 - 15:30   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls

Chapitre 1 lu !

Effectivement, s'il s'agit bien de Lowbacca, nous devons être très peu de temps avant la Guerre contre les Yuuzhan Vongs... à moins que nous ne soyons après ?

En tout cas, voilà un début prometteur et efficace. On se représente parfaitement la scène sous les yeux, les petites anecdotes sur le passé récent du personnage ou bien la description du bar, on s'y croirait presque. Je suis curieux de voir où tu vas nous emmener pour la suite ! :)
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Messagepar Tenebrae » Lun 04 Avr 2016 - 18:59   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls

Merci TienVogh et L2-D2 pour votre lecture et vos commentaires.

TienVogh a écrit:C'est donc un chapitre d'introduction, qui nous présente celui qui sera sans doute le personnage principal, le contrebandier Almine.
Pas grand chose de bien flippant dans ce chapitre

Almine sera en effet l'un des personnages principaux.
Comme tu le dis, c'est un chapitre d’introduction d'une histoire qui va s’inscrire dans un temps long en terme de narration.
L’horreur sera différente cette fois; la progression vers l'épouvante sera plus lente, plus insidieuse. Avec de vrais morceaux de mystère (enfin j'ai essayé :D )
L'horreur aura un autre visage que dans Cauchemar (tout en vous ouvrant de nouvelles perspectives sur ce dernier... En aurais-je trop dit :sournois: ).

TienVogh a écrit: à un Jedi Wookie (il ne s'appellerait pas Lowbacca par hasard ? )

Et la réponse est :
L2-D2 a écrit:il s'agit bien de Lowbacca

Pour ce qui est de la datation, le prochain chapitre vous donnera la réponse. :wink:
Disons que nous sommes - quasi littéralement - à la veille d'un événement marquant pour le neveu de Chewie...

L2-D2 a écrit:En tout cas, voilà un début prometteur et efficace. On se représente parfaitement la scène sous les yeux, les petites anecdotes sur le passé récent du personnage ou bien la description du bar, on s'y croirait presque.

Merci beaucoup. :)

TienVogh a écrit:t une patronne de cantina obèse montée sur répulseurs, une sorte de version féminine du baron Harkonnen.

Et le vainqueur de l'easter egg le plus rapidement trouvé est TienVogh!
Chaque chapitre en contiendra un (mais pas férocement de tiré Dune hein sinon cela serait trop facile)

TienVogh a écrit:inon, j'ai remarqué que tu parlais de la police d'Ériadu comme des forces de l’ordre éridianes. Ne faudrait-il pas plutôt dire ériadanes ?
.
Yep... Je changerais peut-être. C'est juste mais je trouve cela pas beau.. :neutre:

L2-D2 a écrit:Je suis curieux de voir où tu vas nous emmener pour la suite !

Quant à moi, je suis curieux de voir si cela continue à vous plaire, vous intriguer...

A dimanche (plutôt en début de soirée d'ailleurs)!
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Messagepar Dark Sheep » Mar 05 Avr 2016 - 14:42   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (01/20)

Ça commence bien, je trouve. Tu décris ton bouge avec un tel plaisir que ça en est plaisant à lire :wink:
L'endroit est bien caractérisé, avec sa crasse et son atmosphère.
Tes quelques personnages important sont également bien identifiés, et je dois dire que tu m'as donné envie de découvrir le vieux Yoabesin… même si je redoute que nous ne le croisions jamais vraiment :transpire:
En tout cas, ton héros Almine commence assez mal l'aventure, puisqu'il n'a pas l'argent de son commanditaire… j'ai hâte de voir comment tu vas développer cette histoire.
Je guette la suite :jap:
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Messagepar Tenebrae » Dim 10 Avr 2016 - 17:59   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

Bonsoir tout le monde,

Comme promis voici le nouveau chapitre.

Mais avant de commencer, je voulais tout d'abord remercier Dark Sheep pour sa lecture et son commentaire.
Dark Sheep a écrit:Tes quelques personnages important sont également bien identifiés, et je dois dire que tu m'as donné envie de découvrir le vieux Yoabesin… même si je redoute que nous ne le croisions jamais vraiment

Merci et... Je ne parierais pas dessus! :sournois: Enfin... Tout dépend de ce qu'on entend par "croiser"...
Dark Sheep a écrit:En tout cas, ton héros Almine commence assez mal l'aventure, puisqu'il n'a pas l'argent de son commanditaire… j'ai hâte de voir comment tu vas développer cette histoire.

La réponse dans ce chapitre 2!
Dark Sheep a écrit:Je guette la suite

Let's go! :)

**********************************


Sommaire ; Chapitre 1

Chapitre 2


À minuit passé, les membres d’un autre gang de Fonceurs entrèrent dans la cantina. Sur leurs blousons de cuir figurait un emblème jaune très vif qu’Almine, en proie à une belle ivresse, ne reconnaissait pas. Le pictogramme ressemblait à trois points d’interrogation biscornus et dissemblables s’organisant autour d’un point central sans qu’on puisse y déceler la moindre logique.
L’entrée de ses nouveaux arrivants perturba les autres Fonceurs qui commençaient à s’agiter nerveusement. Almine avait assez donné en bagarres et estima qu’il était venu le temps de rentrer dans ses appartements. Il n’avait plus qu’une chose en tête : retrouver son lit. Il régla l’addition, échangea rapidement quelques banalités avec Jorge et s’en alla titubant. Tandis qu’il sortait de la taverne, lui parvenaient des éclats de voix de plus en plus forts. La tension montait entre les deux gangs, il espérait que tout irait pour le mieux pour Jorge et la Patronne. Eux qui n’avaient jamais voulu de vigiles.

Il marcha de longues minutes, les rues silencieuses défilaient sous ses pas maladroits. Il croisa un clochard habillé de guenilles puant les excréments et la pourriture, minuscule – le pauvre hère ne devait pas dépasser les hanches d’Almine – le visage en forme d’un fruit sec orange où se devinaient, entre deux rides, des petits yeux bridés. La créature s’approcha tendant une main agitée de soubresauts. Almine plissa le nez de dégout, fouilla dans ses poches et lui jeta une poignée de pièces. Le clochard marmonna des remerciements pour ramper, sans dignité aucune, sur le sol humide pour récupérer l’argent.
Almine s’éloignait aussi prestement que le pouvait un homme ivre ; le contrebandier, à travers les brumes de l’alcool, entendit le mendiant prononcer, dans une insondable langue archaïque :
— Knaht uoy ris! Knaht uoy ris! Retsam lliw nruter ti ot uoy. Ni sih ypeels lessev, eht Tseirphcra smaerd tuotba sih gninekawa. Taht si ton daed hcihw nac lanrete eil dna hguorht seirutnec nac ied neve eht htaed. Ecaps si krad, krad dna lluf fo srorret.

Les mots incompréhensibles se perdirent dans les grondements d’un moteur. Almine leva les yeux, qu’il gardait fixés sur le sol afin de garder un semblant de cap. Un taxair en maraude descendait doucement au niveau du sol, juste devant lui. La vitre du véhicule s’ouvrit sur le visage faussement, commercialement amical d’un Dug.
— Je vous emmène quelque part ? Vu votre état, z’auriez p’t-être besoin d’aide pour rentrer chez vous. Vous ne croyez pas blondinet ?

Le contrebandier acquiesça, prit place sur la banquette arrière, faisant attention à dégrafer l’attache de son holster, prêt à sortir son arme au cas où. Le chauffeur le regarda faire dans son rétroviseur, levant les yeux au ciel avec un air amusé. Le taxair s’éleva doucement et prit s’envol sans le moindre tressautement.
Sous ses yeux embrumés, bataillant contre une douce torpeur éthylique, défila un paysage de néons criards, d’enseignes d’un fluo agressif bordant de grandes artères de circulation crasseuses, où se bousculait une foule bigarrée.

*


Le lendemain matin fut brutal pour Almine. La sensation d’avoir le cerveau enchâssé dans un étau s’avérait particulièrement désagréable.
Lorsqu’il émergea enfin du brouillard, prostré devant une tasse fumante de caf, ce fut pour entendre des coups lourds tonner contre sa porte. Il se secoua la tête, regrettant aussitôt son geste. On frappa de nouveau, plus fort encore. Almine se traina jusqu’au hall d’entrée, tâtonna dans le noir pour enfin mettre la main sur son blaster. Il désengagea le cran de sureté, pointa le canon vers le judas tout appuyant sur le bouton de l’interphone.
— Qui c’est ? demanda-t-il d’une voix éraillée.
— C’est moi ! Buu ! Djarik m’envoie. s'énerva une voix masculine derrière la porte.
— Merde, merde et re-merde derrière ! marmonna Almine.
— Ouvres Almine ! Maintenant !

Buu ponctua son injonction par de nouveaux coups lourds sur la porte. Almine enclencha l’ouverture en basculant sur le coté du vestibule tout autant pour éviter l’éblouissement – forcément douloureux vu sa cuite – que pour esquiver tout trait de laser malencontreux. Il n’en eut aucun, au grand soulagement du jeune homme.
Dans l’embrasure de la porte se tenait un Arkanien, entre deux âges, portant lunettes de soleil, catogan et balafre. Derrière lui, Almine devina les silhouettes des jumelles Tazz et Jazz ; elles portaient leurs armures customisées de la CorSec. Leurs fusils blaster pendant loin de leurs mains, Almine s’autorisa à respirer. Mais le jeune homme se doutait que ce n’était pas une visite de courtoisie.
— C’est pas dommage ! l’invectiva Buu.
— Allez-y, rentrez. Faites comme chez vous.

Les trois sbires du caïd Hutt pénétrèrent sans un mot. Jazz lui fit un clin d’œil coquin. Almine les conduisit dans la seule pièce propre et en ordre de son appartement, la cuisine. Buu s’installa sans se faire prier. Sans gêne, l’Arkanien posa les deux pieds sur la table. Almine en ricana. Tazz et Jazz se postèrent de part et d’autre de la porte. Almine ricana moins. Il offrit des tasses de caf à tout le monde, seule Tazz refusa. Buu, tout en sirotant son breuvage, fut le premier à parler :
— Djarik a eu ton message plutôt succinct d’hier soir. Tu peux développer ?
— Cela s’est mal passé. Voilà. Ça arrive. expliqua simplement Almine.
— Ça arrive ? T’es sérieux, mec ? Namoru est en taule et pas en bon état apparemment. Toute la filière d’Eriadu est tombée, putain ! Qu’est-ce qui s’est passé bordel ? s’agita Buu.
— On nous a donné.
— Comment ça on vous a donné ? s’interloqua l’homme de main Arkanien.
— Je ne vois comment je peux te le dire autrement. Quelqu’un nous a balancé. C’est tout.
— C’est tout ? s’indigna l’Arkanien.
— Buu, que veux-tu que je te dise de plus ? souffla Almine en fixant les Jumelles immobiles.
— Almine, Almine… Je vais jouer carte sur table avec toi, bonhomme. Je crois que tu ne te rends pas bien compte de la quantité de fric sur laquelle doit s’asseoir le boss là. Il veut juste comprendre. Il t’a confié une mission simple, basique, que n’importe quel gagne-petit de cette fichue planète est capable d’accomplir et hop, en un claquement de doigts, plus de business sur Eriadu.
— E’chu’ta Buu ! s’emporta Almine. Faudrait pas à me coller cette affaire sur le dos. Moi, j’ai fait le taf. J’ai fait la livraison.

Almine passa une main nerveuse dans sa tignasse décoiffée. La discussion – comme il le craignait – prenait une tournure délicate. Même si Buu, en bon messager, ne laissait rien transparaître de ses intentions évidentes au vu des ses dernières paroles, il en était autrement pour ses deux gardes du corps. Jazz, la plus musculeuse des jumelles – seul les traits de son visage la différenciaient d’un homme – avait posé sa tasse et se tenait maintenant ferment sur ses jambes entre Almine et la porte. Tazz, la taciturne du duo, agita sa tresse et se glissa innocemment derrière Almine. Ce dernier commençait à avoir des sueurs froides. Il pouvait gérer l’Arkanien ; Buu avait connu son heure de gloire dans les duels de vibrolames où Djarik l’avait recruté mais c’était une époque révolue. Par contre, la présence des jumelles posait un problème. Un problème potentiellement mortel. Mortel avec souffrance. Il les avait déjà vus à l’œuvre les deux anciennes agentes de la Sureté Corellienne. Cela se finissait toujours salement, très salement aussi adorables puissent-elles être en dehors du boulot.
— J’ai fait la livraison. répéta Almine avec insistance.

Le ton plaintif d’Almine n’eut aucun effet sur le trio. Buu œuvrait depuis trop longtemps comme recouvreur de dettes pour se laisser attendrir par les plaidoyers geignards qu’on lui servait chaque jour. Le contrebandier sentit que les Jumelles s’agacèrent profondément de son ton. Il se mit à réfléchir à toute allure.
La situation demandait du tac. S’il jouait finement – encore plus finement que d’habitude – il pouvait sortir de cette affaire sans trop de dégâts corporels. De toute évidence, Buu et les jumelles ne s’étaient pas déplacé pour le tuer. Sinon Tazz et Jazz auraient déjà fait leur office sous le regard amusé et complaisant de l’Arkanien. Le trio venait transmettre un message ; Almine devait faire en sorte de le recevoir sans qu’il y ait, au préalable, passage à tabac ou torture. Il jeta un coup d’œil à ses « invités » : Buu continuait de boire silencieusement son caf, les lunettes de soleil rendaient son expression de visage indéchiffrable. Jazz avait posé sa tasse et commençait à jouer avec son fusil blaster. Tazz, elle, ne bougeait pas ce qui la rendait plus terrifiante encore aux yeux du jeune contrebandier.
Tout à coup, une idée lui traversa l’esprit. Lors d’un précédent voyage sur Utapau, il avait acquis, fortuitement d’ailleurs, de la marchandise qui pouvait présentement lui sauver la mise. Almine prévoyait de les refourguer un jour ; jusqu’à maintenant, le passeur n’avait pas trouvé de revendeur. Il gardait le tout dans une valise dans sa chambre en attendant de trouver le bon acquéreur au bon prix. Il y avait là une possibilité d’éviter le pire.
— Écoutes Buu ; j’ai peut-être quelque chose à donner à Djarik. bredouilla-t-il.
— Vraiment ? douta l’Arkanien ponctuant sa phrase avec un clin d’œil à destination des Jumelles. Seule Jazz lui répondit par un petit sourire entendu.
— Yep. Un truc qui pourra lui faire regagner un peu de son pognon. affirma Almine, avec un peu trop de bravade qu’il regretta aussitôt.
— Mais bien sur. lui répondit sarcastiquement Buu en relevant sur son front ses lunettes noires, dévoilant ainsi les yeux blancs typiques de son espèce.
— Je vais vous montrer !

Buu et lui se regardèrent droit dans les yeux. L’Arkanien finit par céder et d’un revers de la main lui fit signe d’aller chercher cette fameuse marchandise. Almine se leva, doucement. Avec précaution, évitant tous gestes brusques pouvant être mal interprétés, suivi comme son ombre par Tazz, il alla chercher dans sa chambre une valise carrée. Il la posa sur la table. D’un mouvement de menton, il indiqua à Buu de l’ouvrir. L’Arkanien ne bougea pas. Le bandit claqua des doigts et Jazz qui s’exécuta.
La valise s’ouvrit en un bruit sec. Jazz se détendit avec un sourire entendu à l’attention du contrebandier. Buu s’étira pour regarder le contenu : un lot complet de puces informatiques dédiées à la falsification d’ID. Pour qui avait le bon réseau, le contenu de la mallette pouvait rapporter un tas de crédits. Pas autant que qu’un deal d’épices mais suffisamment pour que Djarik se remboursa un peu. Et tant pis pour la gratte que comptait se faire Almine. À son tour, le non-humain à la peau laiteuse sourit. Tazz abandonna son rôle nouvellement acquis d’ombre d’Almine.
— Je te l’avais dit Buu. Ça, c’est du cash sans bobos pour le boss !
— T’as eu ça comment ? interrogea Buu dont le timbre de voix laissait transparaitre de la suspicion.
— Sur Utapau. Par chance mais ce n’est pas important pour le moment. J’espérais me faire un peu de thunes avec. continua Almine ignorant le reniflement dédaigneux de Jazz. Mais je les donne gracieusement à Djarik. Un signe de bonne foi.
— Ok. fit Buu. Et on peut savoir, par contre, pourquoi, tu ne nous as pas donné ça directement ? Ou mieux à Djarik, hier à ton retour ?
— Disons qu’après tout cette galère, j’ai eu envie de me poser. Reprendre mon souffle. Décompresser quoi ! Tu sais que c’est, Buu. plaida Almine.
— Mouais… répondit, peu convaincu, l’Arkanien.
— J’avais prévu de lui apporter aujourd’hui, à la première heure. mentit Almine.
— C’est quoi pour toi « à la première heure » ? Non parce que là, il est presque midi… lui rétorqua Buu avec un rictus révélateur.
— J’ai un peu abusé sur la boisson hier. Et puis, franchement, si j’avais vraiment l’idée d’endormir Djarik, je ne serais tout simplement pas revenu.
— Pour te saouler à la Cantina de la Basse-Ville, Boucle d’or ? intervint, moqueuse, Jazz.
— On va dire qu’on te croit Almine. enchaîna Buu.
— Le contraire m’aurait déplu. Si je dois jouer avec Tazz et Jazz, je préférais un jeu plus tactile et moins douloureux.
— Cela peut quand même l’être, tu sais Blondin. minauda la deuxième jumelle, Tazz, à l’agréable surprise d’Almine.
— Plus tard ! coupa Buu. Revenons au business. Tu disais qu’on vous a donné ?
— Oui. La bande de Namoru comptait deux nouvelles têtes que je n’avais jamais vues lors de mes précédents passages.
— Tu penses que l’un d’eux est la poucave ? demanda l’Arkanien.
— Cela serait logique. glissa Tazz, visiblement devenu affable et détendue.
— Dis-m’en plus. insista l’Arkanien.
— Je ne sais pas grand chose. L’un était un Toydarien…
— Cela doit être lui. Les Toydariens sont des pourritures ! siffla Jazz.
— Possible. poursuivit Almine. Mais si je devais mettre une pièce, cela serait sur le deuxième. Je ne l’ai pas senti.
— Pourquoi ? demanda Buu qui regardait, déçu, sa tasse vide.
— Le gars était un ancien de la Brigade de la Paix.
— Salopard de traitres ! ragea l’Arkanien. Buu jeta un œil à son main cybernétique qu’il avait perdu durant la guerre contre les Yuuzhan Vongs. Salopard de traitres ! Je les buterais tous ces raclures, écorchées en place publique ! Pas de mort rapide pour ces enfants de pu…
— Buu. Buu ! Tranquille. dit Jazz en posant une main apaisante sur l’épaule de l’Arkanien.

Jazz dressa un signe muet à sa sœur qui lui répondit par un hochement de tête. Tazz se pencha par-dessus Almine pour récupérer la tasse du Buu afin de lui resservir du caf bien chaud. L’Arkanien les remercia avec un sourire forcé. Il tremblait encore d’une rage profonde. Almine, lui, ne pipait mot. Tout comme Buu, il avait perdu de nombreux compagnons durant l’Invasion Vong. Taris, en elle-même, n’avait pas subi de plein fouet la guerre mais les effets furent dévastateurs partout ailleurs dans la galaxie. En cette période sombre, le gamin qu’il était, débutant tout juste, expérimenta et goûta plus intensément qu’il aurait cru à la violence, à la haine et au désespoir. Il se souviendrait toujours de la fois où il transportait des réfugiés, de l’odeur de la peur. Mais c’était sans aucune mesure comparable à ce qu’avait vécu Buu. Le monde natal de ce dernier, réputé pour son ingénierie génétique et sa biotechnologie, attira l’attention des extragalactiques et de leurs alliés de la Brigade de la Paix. La bataille – largement ignorée des livres d’histoire – fit rage des mois durant. Il fallut une flotte complète, combinaison de forces Hutts, Bothanes couplées à celles des résistants arkaniens, pour regagner la planète. Au prix d’incroyables pertes. Dont celle de toute la lignée de Buu qui, lui, n’avait perdu que sa main droite. Après cela, le retour à une vie normale s’avéra plus que compliqué. Six ans après, la blessure ne guérissait pas. Les souvenirs de ces jours agissaient comme autant de tisons brûlants sur une plaie béante encore à vif.
— T’aurais pas un truc plus fort ? questionna Jazz tirant le contrebandier hors de ses pensées macabres.
— Possiblement. Regarde dans le placard derrière toi.

La mercenaire s’exécuta. Après quelques secondes, elle tomba sur une bouteille de prisée. Pas fraiche mais c’était bien suffisant. Elle servit à tout le monde sauf, bien évidemment, à sa sœur jumelle qui préféra simplement s’assoir. Tazz se mit à jouer avec la pointe de son vibrocouteau.
— Retour au business les enfants. reprit Buu après un deuxième verre. T’as leurs noms à ces deux gars ?
— J’suis pas certain mais je crois que le Toydarien s’appelait Fatoo. L’autre... Il avait un nom comme Rusev ou Benamrev. Un truc en « ev »… répondit, hésitant, Almine
— On va mener notre petite enquête. Si l’un des deux mecs est pas en prison, c’est lui l’indic.
— Logique. acquiescèrent en cœur les jumelles.
— Et toi comment tu t’en es sorti ? questionna Buu.
— Comme d’hab. Avec un poil de chance. Mais cela n’a pas été de la tarte, je vous l’dis. Les flics avaient un Jedi…
— Un Jedi ! Et c’est que maintenant que tu le dis ! hurla Buu.

Un éclair d’inquiétude traversa simultanément les trois invités d’Almine. L’Arkanien bondit sur ces deux jambes ; dans le même mouvement, il claqua le couvercle de la valise et dégaina une vibrolame. Jazz abaissa la visière de son casque de combat puis se précipita vers l’entrée, fusil au poing. Tazz, d’un coup de pied, renversa la table sous les protestations outrées d’Almine, plongea derrière cette couverture de fortune en tenant fermement son arme. Le contrebandier entendit l’arme se mettre en charge. Toujours assis, admiratif devant les reflexes de ses compagnons, Almine éclata de rire.
— Vous êtes impressionnants, y’a pas à dire, les gars. Niveau son et lumières au top ! Sinon sérieusement, réfléchissez un peu. A l’heure qu’il est, le Jedi nous serait déjà tombé dessus !
— On ne sait pas avec ces machins-là ! cracha un Buu particulièrement tendu.
— Je l’ai semé, je vous dis !
— Comment tu peux en être sûr ?
— Parce qu’on est là à papoter tranquillement comme des cons standards. Enfin « tranquillement » c’est une façon de parler. Non mais vous avez vu ce bazar !
— Comment tu peux en être sûr ? répéta Jazz, la voix étouffée par son casque.
— J’en suis certain ! Cela m’a assez couté en carburant. Mon navordinateur même failli rendre l’âme tellement j’ai fait des détours dans l’hyperespace !

Tazz fut la première à se détendre. Elle se releva puis désactiva son fusil-blaster. Visiblement honteuse, elle adressa un sourire désolé à Almine. Elle redressa la table et entreprit de faire un nettoyage succinct et superficiel. A son tour, Buu se décontracta et reprit sa place, pieds sur la table compris. Jazz, elle, resta à son poste prés de la porte d’entrée à la différence près qu’elle avait relevé la visière dévoilant un visage encore un peu fermé.
— Bon maintenant on fait quoi ? demanda-t-elle à l’attention de Buu.
— On se casse les filles ! répondit-il après quelques secondes de réflexions, tiraillé entre une certaine angoisse de tomber sur un Jedi et l’envie d’enchainer un autre verre de prisée. De toute façon, Djarik nous attend. Allez, salut gamin ! Bien sûr, Almine, tu restes joignable et dans le coin.

En un battement de paupières, le trio sortit de l’appartement laissant un Almine, décontenancé, seul au milieu de sa cuisine dévastée. Il lui fallut quelques secondes pour s’apercevoir que Tazz attendait quelque chose sur le pas de la porte.
— Tu veux me dire quelque chose, Tazz ?
— Je t’aime bien Almine, c’est pour ça qu’il faudrait que… hésita la mercenaire, Almine jura que Tazz avait rougi. Faudrait que tu arrêtes de fréquenter la Cantina de la Basse-Ville. Pour ton propre bien.
— Hein ? Pourquoi ?
— Y a des gens louches qui trainent là-bas en ce moment.

Tazz tourna sur ses talons et rejoignit Buu et sa sœur qui l’attendaient, impatients, un peu plus loin dans le couloir. Pourquoi l’avait-elle mis en garde contre la Cantina ? Venant de la part d’une mercenaire, travaillant pour un parrain de la pègre, parler de gens louches avait quelque chose de déplacé. Il haussa les épaules et se mit, dépité, au ménage.


Chapitre suivant
Modifié en dernier par Tenebrae le Ven 15 Avr 2016 - 20:37, modifié 1 fois.
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Messagepar L2-D2 » Lun 11 Avr 2016 - 12:05   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

Chapitre 2 lu !

Il semble donc que nous soyons après la guerre contre les Yuuzhan Vong...

C'est intéressant tout ça ! Voilà donc quelques nouveaux personnages introduits, rapidement caractérisés mais parfaitement identifiables par le lecteur. On continue au passage de se familiariser avec Almine, vaurien au grand coeur qui fait un peu penser à un Han Solo sans Chewbacca !

Et puis, cette mention, mystérieuse, "de gens louches" dans la cantina fréquentée par Almine dans le précédent Chapitre ! Alors, "louches" dans le genre "peu recommandables", ou "louches" dans le sens "Rakghouls" ? :sournois: On verra bien par la suite !
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Messagepar TienVogh » Lun 11 Avr 2016 - 13:59   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

Chapitre lu également !

L2-D2 a écrit:C'est intéressant tout ça ! Voilà donc quelques nouveaux personnages introduits, rapidement caractérisés mais parfaitement identifiables par le lecteur. On continue au passage de se familiariser avec Almine, vaurien au grand coeur qui fait un peu penser à un Han Solo sans Chewbacca !

Oui, très intéressant ! Et on dirait qu'Almine a un ticket avec une des jumelles ! :wink:

L2-D2 a écrit:Et puis, cette mention, mystérieuse, "de gens louches" dans la cantina fréquentée par Almine dans le précédent Chapitre ! Alors, "louches" dans le genre "peu recommandables", ou "louches" dans le sens "Rakghouls" ? :sournois: On verra bien par la suite !

Quelque chose me dit que ces "gens louches" pourraient bien être les membres du nouveau gang à l'emblème jaune.

Et les paroles du clochard sont aussi très intéressantes lorsqu'on les décode ! :wink:
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Thank you sir! Thank you sir! Master will return it to you. In his sleepy vessel, the Archpriest dreams about his awakening. That is not dead which can eternal lie and through centuries can die even the death. Space is dark, dark and full of terrors.

On retrouve donc un ambiance lovecraftienne avec la célèbre citation du Necronomicon. Curieux de savoir qui sont ce maître et cet archiprêtre auquels le clochard fait référence.
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Messagepar Ve'ssshhh » Lun 11 Avr 2016 - 21:08   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

J'ai (enfin) lu les deux chapitres.

J'ai beaucoup aimé l'ambiance de la cantina et Almine a vraiment le profil du voyou sympathique. Il y a du Han Solo en lui, mais il semblerait qu'il soit un peu plus prévoyant, puisqu'il a une monnaie d'échange.

Bravo à TienVogh pour son décodage, je n'y aurai jamais pensé. Un message intriguant, mais je me garderai bien de toute hypothèse: je n'ai aucune culture lovecraftienne!
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Dark Sheep » Mar 12 Avr 2016 - 11:19   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

Chapitre 2 :)
C'est un bon chapitre, j'aime l'ambiance chez Almine quand les "hommes" de mains viennent le taquiner.
Par contre, il aurait pu parler du jedi dès le début, c'était l'excuse ultime quand-même :transpire:

L'indication de la diablesse de Tasmanie laisse songeur… et étant donné la manière dont tu as décrit le logo sur les tenues Guess du nouveau gang de fonceurs, j'imagine qu'il y a un lien :siffle:

Quant au vieux bonhomme qui annonce la fin du monde en version SW de l'étoile mystérieuse, ça sent pas bon :lol:
Toujours pas de trace de la loque humaine, que j'attends en version zombifiée :diable:

En tout cas, tu parvient une nouvelle fois à produire une ambiance, et ça s'est chouette :jap:


(Question, lors de l'arrivée des jumelles : "Leurs fusils blaster pendant loin de leurs mains", ne serait-ce pas "NON loin" ?)
Mouton déjanté scénariste et chorégraphe...

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Messagepar Zèd-3 Èt » Mar 12 Avr 2016 - 14:33   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

Lu ! Chapitre sympa, on dirait qu'Almine aimerait bien faire connaissance de manière plus approfondie avec les jumelles.
Oh, et on dit navordinateur, pas navi-computer.
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Tenebrae » Mar 12 Avr 2016 - 19:22   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

Bonsoir!

Merci pour votre lecture et vos commentaires! Ça fait plaisir! :jap:
Bravo à TienVogh pou son décodage! :)
Les propos du clochard auront une importance pour la suite.

L2-D2 a écrit:On continue au passage de se familiariser avec Almine, vaurien au grand coeur qui fait un peu penser à un Han Solo sans Chewbacca !

Ravi de voir que le personnage d'Almine vous plaise autant.

Tout comme je suis content que mes efforts pour retranscrire une ambiance semblent payer auprès de vous. :oops:

TienVogh a écrit:Et on dirait qu'Almine a un ticket avec une des jumelles !
Zèd-3 Èt a écrit: Chapitre sympa, on dirait qu'Almine aimerait bien faire connaissance de manière plus approfondie avec les jumelles.

Et vous êtes pas au bout de vos surprises :wink:

TienVogh a écrit:Quelque chose me dit que ces "gens louches" pourraient bien être les membres du nouveau gang à l'emblème jaune.
Dark Sheep a écrit:L'indication de la diablesse de Tasmanie laisse songeur… et étant donné la manière dont tu as décrit le logo sur les tenues Guess du nouveau gang de fonceurs, j'imagine qu'il y a un lien

En effet. Mais lequel ?

Ve'ssshhh a écrit:ais je me garderai bien de toute hypothèse: je n'ai aucune culture lovecraftienne!

Ce n'est pas grave tu sais. Et à la limite, c'est même mieux car ainsi que tu seras surpris (et agréablement... Enfin je l’espère :transpire: )

TienVogh a écrit:On retrouve donc un ambiance lovecraftienne avec la célèbre citation du Necronomicon. Curieux de savoir qui sont ce maître et cet archiprêtre auquels le clochard fait référence.

La réponse éclaira les mystéres qui vont continuer à augmenter dans les chapitres suivants.

Dark Sheep a écrit:Par contre, il aurait pu parler du jedi dès le début, c'était l'excuse ultime quand-même

C'est vrai mais sur le coup, il ne pensait pas que l'excuse allait marcher.

Dark Sheep a écrit:Toujours pas de trace de la loque humaine, que j'attends en version zombifiée

C'est pas pour tout de suite... Sans vous spoiler, lorsque vous le verrez enfin, vous serez étonnés... :sournois:

Merci Zèd-3 Èt pour navordinateur, je corrigerais (et j'en profiterais pour corriger aussi les quelques coquilles que j'ai pu noter en relisant l'orignal hier soir).

Dark Sheep a écrit:Question, lors de l'arrivée des jumelles : "Leurs fusils blaster pendant loin de leurs mains", ne serait-ce pas "NON loin" ?)

Non, c'est correct. Almine se détend parce qu'il voit leurs mains loin des fusils. Peut-être que ma formulation est maladroite... :neutre:

Petite information au passage:
N'étant pas présent ce WE chez moi, je posterais le chapitre 3 vendredi soir.
Chapitre qui verra l'introduction d'un "nouveau" personnage.
Pourquoi nouveau entre guillemets ? À vos spéculations ! :diable:
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Messagepar Dark Sheep » Mar 12 Avr 2016 - 19:31   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

Tenebrae a écrit: Dark Sheep a écrit:
Question, lors de l'arrivée des jumelles : "Leurs fusils blaster pendant loin de leurs mains", ne serait-ce pas "NON loin" ?)

Non, c'est correct. Almine se détend parce qu'il voit leurs mains loin des fusils. Peut-être que ma formulation est maladroite... :neutre:

-> Pas de souci ! Je me suis juste posé la question au départ, trop habitué (effectivement) à l'utilisation plus classique de la tournure :wink:

Je ne connais rien non plus au monde de Lovecraft, et c'est avec plaisir que je te lis. Ça me sert d'introduction, et qui sait… tu vas peut-être me faire me tourner vers cet auteur :)
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Messagepar Tenebrae » Mar 12 Avr 2016 - 19:53   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

Dark Sheep a écrit:Je ne connais rien non plus au monde de Lovecraft, et c'est avec plaisir que je te lis.

:oops: :oops:

Dark Sheep a écrit:Ça me sert d'introduction, et qui sait… tu vas peut-être me faire me tourner vers cet auteur

Je ne peux que t'y encourager! Et franchement si je réussis à t’intéresser à Lovecraft, je serais comblé!
HP Lovecraft est probablement l'un des auteurs américains les plus influents du siècle dernier (clairement, sans lui, pas de Stephen King!). Il a inventé un genre à lui tout seul, son style est inimitable (parfois daté il est vrai mais cela reste très lisible) et son imagination incroyable!

Si tu le souhaites, je serais plus que ravi de t'indiquer quelques textes de Lovecraft; au hasard, tout le recueil Les Contrées du Rêve
aux éditions Mnémos (récemment réédité en poche chez J'ai Lu). Voir la critique suivante qui résume parfaitement mon propre avis (en moins fan boy quand même :D ).
Pour découvrir l’univers et l'écrivain, je te conseille le n°73 de la revue Bifrost spécial Lovecarft (avec un excellent dossier) ou les nombreuses vies de Cthulhu chez l'éditeur Les Moutons électriques.
Tous mes textes passés, à présent et à venir sont dédiés à ma fille Sharleen.
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Messagepar Dark Sheep » Mar 12 Avr 2016 - 20:34   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (02/20)

Haha :D
On sent vraiment que tu aimes cet auteur !
Je pense que je vais faire l'acquisition de l'un des ouvrages du sieur, parmi les trois titres que tu viens de me citer, et je le lirai quand j'en aurai l'occasion :wink:
Mouton déjanté scénariste et chorégraphe...

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Messagepar Tenebrae » Ven 15 Avr 2016 - 20:35   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Bonsoir à toutes et tous!

Comme annoncé, voici le chapitre 3 qui voit donc l'introduction d'un nouveau protagoniste dans l'histoire de La Nuit des Rakghouls et une pause dans l’intrigue "Almine".

mais avant:
Dark Sheep a écrit:On sent vraiment que tu aimes cet auteur !
Je pense que je vais faire l'acquisition de l'un des ouvrages du sieur, parmi les trois titres que tu viens de me citer, et je le lirai quand j'en aurai l'occasion
Clairement. Il fait parti de mon Top 3 de mes écrivains préférés aux cotés de Frank HERBERT et Greg EGAN (et j'ai aussi un petit faible pour Neil GAIMAN comme le prouve ma signature^^) auxquels on peut joindre DICK, POE et le français Serge LEHMAN pour son fantastique fix-up Le livre des Ombres. Sinon je te conseille vivement la première de mes propositions mais assez parlé de LOVECRAFT place au chapitre 3 ! En espérant que cela continue à vous plaire... :)

********************


Sommaire ; Chapitre 2

Chapitre 3


De la baie vitrée de son appartement luxueux de la Haute-Ville, Maître Faulace – notaire, avocat et vitrine respectable de son mafieux d’employeur – possédait une vue imprenable sur Taris, planète-cité couverte d’une carapace de métal morte. Entièrement urbanisée, des bâtiments flamboyant de mille feux à perte de vue, à l’architecture baroque et arrogante lancés à l’assaut des cieux, Taris dissimulait en son sein de biens sombres secrets. La réalité de la planète n’avait rien de commun avec les atours grandiloquents de la Haute-Ville. Sous elle, pulsait, malsaine et abandonnée des nantis insouciants, la Basse-Ville et ses sordides marchés de dupes, ses miséreux luttant contre une morne existence, entre guerres de gangs, routine accablante, et trafic. Là où la vie vibrait paradoxalement. Maître Faulace se contentait bien de la superficialité, de l’apparat fastueux de la Haute-Ville ; pour rien au monde – même un travail honnête si cela existait sur Taris – il échangerait sa place. Il surprit dans son reflet, ses cheveux blancs qui formaient une manière de couronne argentée sur son crâne dégarni et tacheté de tâches de vieillesse. A son âge, il était, de toute façon, trop tard pour changer d’orientation professionnelle. Maître Faulace, outre son goût prononcé pour l’opulence aussi factice qu’elle puisse être, était un homme d’habitudes. Il s’était habitué à son train de vie. Il l’avait mérité comme il aimait à se le répéter. Train de vie maintenant menacé, il le savait. Il existait une dernière couche sur Taris, les souterrains innommables et les bannis, là où il risquait de se perdre s’il acceptait la proposition de son étrange invité.

Maître Faulace entendit le raclement de gorge agacé dans son dos. Il se retourna avec grâce, espérait-il, pour faire face à un Chiss au nom imprononçable qui avait pris place sur l’un des fauteuils du salon. L’humanoïde à la peau bleu le regardait avec ses yeux rouges sang. Il en émanait une arrogance qui resta en travers de la gorge du notable. Affichant un petit sourire pincé, Maitre Faulace, vint s’asseoir sur le sofa faisant face à son invité. A contrecœur, il reprit la conversation :
— Votre offre est très généreuse mais elle comporte des risques, de très gros risques.
— N’est-ce pas là le fond de commerce de votre employeur, Maitre Faulace ? rétorqua le Chiss avec un accent précieux dans la voix.
— Des risques calculés. Des risques calculés pour être minimes. Il me paye, entre autres, pour cela.
— De là d’où je viens, trafiquer de l’épice ou tenir des troquets illégaux de jeux, cela ne fait pas partie des risques minimes. A moins que vous parliez de risques minimes pour vous ?
— Pardon ? s’étrangla l’avocat.
— J’aurais cru que, disposant de votre niveau d’études, vous seriez un homme suffisamment intelligent pour comprendre le sous-entendu. Enfin… Je vais donc être plus clair : vous craignez que cette affaire que je vous propose, peu commune je vous l’accorde, risquée il est vrai je vous le concède, ne se retourne contre vous. Se faisant, vous pourriez perdre bien plus que votre vie, votre statut social. Statut social que vous pouvez perdre tout aussi simplement par dénonciation, non ? Vos activités, les vraies j’entends, intéresseraient surement les autorités locales. Je pourrais acter votre refus et m’en aller. Sur le chemin, je pourrais tout aussi bien me confier à un officier de police, un de ceux que vous n’avez pas corrompu.
— C’est une menace ? s’offusqua Faulace.
— Oui. Que j’exécuterais sans hésiter si vous continuez à me prendre pour un imbécile ! Présentez mon offre à votre parton, c’est tout ce que je vous demande. S’il la refuse, soit. J’en m’irais trouver une autre solution et vous n’entendrez plus parler de moi, Maître Faulace. Est-ce clair ?
— Oui. déglutit l’avocat.
— Bien. Par contre, vous pouvez arrêter de transpirer ?

L’avocat s’épongea le front avec un mouchoir. Il observa plus en détail son interlocuteur. Vêtu d’un pantalon sombre et d’une chemise noire à col droit, recouverte d’une tunique blanche assortie à ses bottes impeccablement cirées, le Chiss dégageait une aura aristocratique. Faulace décela dans l’attitude générale de son invité ce sentiment de suffisance de ces gens biens nés ou trop au fait de leur supériorité intellectuelle. Le visage du Chiss ne trahissait aucunes émotions ; imperturbable, le non-humain le fixait droit dans les yeux. Maitre Faulace sentit une boule naître au fond de sa gorge. Les pensées, confuses, se bousculaient dans sa tête. Puis il se calma car il venait de visualiser mentalement ce qui se cachait dans sa poche, cette petite bosse discrète qui déformait légèrement sa veste. Il se rendit compte qu’il avait une solution au problème que posait son invité. Brutale, sanglante certes mais une solution quand même. Cela faisait un certain temps maintenant qu’il n’avait pas fait preuve de violence. Mais quel choix avait-il ? Ce à quoi le Chiss répondit :
— Votre arme est inutile.
— J’ai appris, au fil des ans, qu’un bon blaster était toujours utile. riposta Faulace, en essayant de dissimuler tout à la fois son embarras et sa surprise.
— Dicton…?
— Corellien.
— Bien sûr. soupira le Chiss, hautainement amusé. Toujours est-il que ce pistolet vous est inutile. Je ne vous veux aucun mal. Et puis vous ne me tuerez pas de toute façon.
— Et pourquoi donc ? répliqua Faulace en se redressant avec maladresse sur le sofa.
— Outre le fait que je suis plus jeune et plus vif que vous, ce qui me donne un avantage certain si nous devions en arriver à de telles fâcheuses extrémités, je doute que vous ayez prévu de vous en servir.
— On prévoit rarement de s’en servir. De part les gens que je suis appelé à côtoyer dans mon métier, je possède une certaine expérience, hélas, dans ce vil domaine qu’est la violence. fit Faulace en dégainant, non sans mal, un minuscule pistolaser.
— Certes, certes.
— Un avantage non négligeable, n’est-ce pas ? Alors la question de mon âge est parfaitement déplacée. persiffla l’avocat.
— Votre Q-2s5 MOA est une arme tout à fait appropriée pour un combat rapproché.
— Connaisseur.
— Disons que j’ai côtoyé suffisamment de scout-troopers pour reconnaitre le modèle.
— Vous ! Un ancien soldat impérial ? s’étonna l’homme de loi.
— Non, non, rien d’aussi honteux. Une vilaine histoire impliquant des oursons anthropophages, les survivants d’une bande de Maraudeurs Sanyasian et un oiseau qui fut une humaine. raconta distraitement le Chiss. J’étais à la recherche d’une bague pour le compte d’un client fasciné par les Sœurs de la Nuit. Pas très intéressante affaire ceci-dit. Décevante même à plus d’un titre.
— Ce qui ne me dit pas pourquoi vous êtes si affirmatif sur le fait que je ne vous tirerais pas dessus ! s’agaça son interlocuteur.
— En effet. Pour faire court, il faut une cartouche de gaz tibanna pour que votre arme fonctionne, non ?
— Évidemment ! Et ?
— Et votre blaster n’en a pas.
— Quoi ? coassa Faulace.
— Le loquet de charge est ouvert et j’ai vu votre cartouche prendre la poussière sur l’une des étagères au fond de la pièce. Autant pour votre « expérience » ! railla le Chiss.
— Vous êtes fort. Très fort. dût admettre l’avocat, en constatant la véracité des dires du Chiss : son blaster était inutilisable ; il soupira vaincu et désespéré.
— Je sais. Un peu de challenge de temps à autre serait stimulant. Les défis se font si rares. continua le Chiss d’un ton affecté.
— Je n’en suis donc pas un ?
— Vous voulez vraiment que je réponde à ça ? Alors que nous avions une conversation si polie jusqu’à présent ? Comme je vous l’ai déjà dit – je déteste devoir me répéter – je ne vous veux aucun mal.
— Prétend l’homme avec un disrupteur. ironisa Faulace en désignant la propre arme de son opposant, un imposant blaster qui pendait à la ceinture.
— Ça ? répliqua le Chiss en caressant du bout des doigts l’arme à sa hanche. Un simple souvenir pourrait-on dire, une relique à vrai dire. Je l’ai acheté il y a quelques années maintenant. En réalité, je ne saurais m’en servir correctement.
— Ce blaster est un modèle peut-être dépassé mais particulièrement létal. Nul besoin de savoir s’en servir pour faire de sérieux dégâts.
— Ainsi que me l’a notifié le Jawa misérable qui me l’a vendu sur un marché de Tatooine; pour presque rien je précise. Baragouin de marchand à mon avis.
— Tatooine, hein ? Mos Eisley ?
— Mos Espa. A la sortie d’une cantina aux abords de la ville.
— Si ce que vous dites est vrai alors vous n’êtes pas aussi fort que vous le croyez. ricana Maitre Faulace légèrement plus détendu.
— Voilà une prétentieuse assertion.
— Prétentieuse ? s’étrangla le notaire crapuleux. Prétentieuse ! L’hôpital qui se fout de la charité.
— Épargnez-moi vos commentaires s’il vous plait.
— Au tout début de ma carrière, après mon diplôme, j’ai un temps travaillé sur Tatooine. À Mos Espa surtout. J’adorais les courses de modules. Ah la Boonta Eve ! Ça c’était une course ! Bien plus palpitante que ces courses de landspeeders que les gamins du coin se mirent à organiser aux alentours d’Anachore, si vous voulez mon avis.
— Je ne vous le demande pas. piqua le Chiss. Venez-en aux faits. Ce moment de votre pitoyable vie ne revêt que peu d’intérêt à mes yeux.
— Ben tiens… Vous avez le don pour mettre à l’aise votre interlocuteur et discuter sainement.
— Pardonnez-moi mon inconvenance. Ce n’est pas ainsi que l’on se doit de parler à son hôte mais : votre babillage sénile a-t-il un minimum de sens ?
— Je ne suis pas encore complètement sénile ! s’empourpra Maitre Faulace.
— C’est bien imité alors. Poursuivez, je vous en prie.
— Le Jawa qui vous a vendu ce pistolet, je pense savoir qui il est. reprit Faulace en faisant en sorte d’oublier l'échange précédent. Il s’appelle Chunt’a, n’est-ce pas ?
— Exact. confirma le Chiss avec circonspection.
— Je le connais bien. Un escroc de la plus belle des espèces. Spécialisé dans l’armement « vintage » à prix discount. Enfin c’est ce qu’il prétend. Ah pour sûr il en a arnaqué. Des crédules évidemment mais aussi des futés dans votre genre. Il n’a pas son pareil pour faire passer la plus minable des ferrailles que n’aurait pas voulu le plus bourrin des Gamorréens pour une rareté digne du plus farouche Mandalorien.
— Peu recommandable si on veut survivre longtemps. commenta l’invité du notaire.
— Je ne vous le fais pas dire. Etonnamment, Chunt’a a toujours su esquiver les inévitables retours de bâtons. Pour ça aussi, il est sacrément doué. Il faut dire que pendant un certain moment il s’était emmanché avec un gang de swoop-bikers. De sacrés salopards, ces gars-là. Une pareille protection en échange de vraies armes, ça vous aide un arnaqueur. Alors vous voyez, si vous lui avez véritablement acheté cette arme, elle risque plus de vous exploser à la figure qu’à me désintégrer.
— Ah mais j’en suis persuadé moi aussi. avoua le Chiss avec un grand sourire.
— Quoi ?
— Je suis parfaitement au fait de la réputation de votre camarade Chunt’a. Comme je vous le disais, ce blaster est une relique. Ce pistolet laser a une histoire et c’est tout ce qui m’intéresse en elle.
— Son histoire ? fit Faulace ne comprenant pas où l’humanoïde bleuté voulait en venir.
— Oui. Puisque nous en sommes aux confidences ; pour votre information, ce dirsrupteur appartenait à Sharad Hett, Jedi et Tusken. Ce qui, à mes yeux, est bien plus intéressant que le potentiel mortel de la dite arme dont, de toute façon encore une fois, je ne saurais me servir correctement. Je ne suis pas attiré, en aucunes manières, par quelque forme de violence que ce soit. Cela est à la fois dégradant et non civilisé.
— Pourquoi la porter alors ? interrogea le notaire ne parvenant pas à dissimuler sa curiosité.
— J’abhorre qu’on puisse attenter à mon intégrité physique. Avoir ce disrupteur a un effet psychologique dissuadant sur certains faibles d’esprit que sont nombre de criminels et autres malhonnêtes. Vous en êtes la preuve vivante. Détendez vous, s’il vous plait, Maître Faulace ; il n’est pas dans mes intentions de m’en servir contre vous. Et vous me l’avez-vous-même fait remarquer, il est fort probable que je ne puisse pas m’en servir de toute façon.

Faulace continuait de transpirer à grosses gouttes. Sans presque s’en rendre compte, il déboutonna quelques boutons de sa chemise, tellement il avait du mal à respirer. De par le passé, dans un tribunal, dans un bureau ou dans un cloaque quelconque de la Basse-Ville, l’avocat avait déjà eu fort à faire ; des négociations tendues, potentiellement mortelles, qu’il menait toujours à son avantage. Face au Chiss, il se retrouvait dépourvu de gouaille salvatrice, de réparties saillantes, d’idées tout bêtement. Il se faisait vieux et ne savait pas présentement quoi faire. Le Chiss affichait toujours une expression figée de statue. Il ne disait mot, ses yeux rouges, intenses comme des braises, braqués sur Faulace. L’avocat sursauta lorsque le Chiss se leva de son fauteuil.
— Bien. Maître, je crois que nous avons un accord. Je vais donc me retirer. Inutile que je vous embarrasse de trop ; vous avez surement beaucoup de choses à faire. Contactez-moi dès que vous aurez la réponse du Seigneur Djarik. Pas la peine d’appeler votre droïde de protocole, je connais le chemin. La bonne journée, Maître Faulace.

Le Chiss, du bout des doigts, tendit une puce de contact. Faulace la récupéra d’une main tremblotante, maugréant un acquiescement contrit. Le Chiss le salua d’un hochement de tête quasiment dédaigneux.
En regardant partir l’humanoïde bleuté, Faulace eut une irrépressible envie d’appeler tous les chasseurs de primes, tous les assassins contenus dans son carnet d’adresses et mettre un terme à l’existence du Chiss. Aussi instantanément, il évalua que cela était une très mauvaise idée.
À son robot serviteur qui venait d’entrer, il commanda un grand verre de whisky. Il but d’une traite, assis à son bureau, tournant le dos à Taris, puis composa le numéro de son parton. Faulace pria, fortement, pour que Djarik fut de bonne humeur aujourd’hui. Dans le cas contraire, l’avocat ne donnait pas cher de sa peau.

******


Chapitre suivant
Modifié en dernier par Tenebrae le Ven 22 Avr 2016 - 21:36, modifié 3 fois.
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Messagepar TienVogh » Sam 16 Avr 2016 - 21:16   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Chapitre lu !

Nouveaux personnages donc, en effet, avec un vieux notaire/avocat véreux et un mystérieux Chiss qui me rappelle vaguement quelqu'un. Ne serait-ce pas celui qui apparaît à la fin de Cauchemar ? :idea:

Et un easter egg interne à l'UE Légendes dans ce chapitre il me semble :
Non, non, rien d’aussi honteux. Une vilaine histoire impliquant des oursons cannibales, les survivants d’une bande de Maraudeurs Sanyasian et un oiseau qui fut une humaine. raconta distraitement le Chiss. J’étais à la recherche d’une bague pour le compte d’un client fasciné par les Sœurs de la Nuit. Pas très intéressante affaire ceci-dit. Décevante même à plus d’un titre.

Je n'ai pas vu le téléfilm en question, mais il me semble reconnaître une référence à La bataille d'Endor avec la Sœur de la Nuit Charal qui pouvait se transformer en oiseau grâce à une bague magique. :wink:
Et pour les Ewoks, le terme d'anthropophages (mangeur d'humains) conviendrait mieux que cannibales (qui mange des membres de sa propre espèce).

Curieux en tout cas de savoir ce que notre mystérieux Chiss veut proposer comme affaire au caïd Hutt local. :sournois:
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Messagepar Dark Sheep » Sam 16 Avr 2016 - 21:53   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

J'ai beaucoup aimé le début de dialogue du chiss, qui apparait comme vraiment supérieur.
Le retournement qui intervient quand Faulace parle de l'arme acheté sur Tatooine, et reprend de la vigueur et de l'assurance, est très bien mené !
Et, cerise sur le flamby, tu retournes encore la chose alors qu'on pouvait envisager le chiss battu :whistle:

TienVogh a écrit:et un mystérieux Chiss qui me rappelle vaguement quelqu'un. Ne serait-ce pas celui qui apparaît à la fin de Cauchemar ? :idea:

-> Bien vu ouais, ça serait un super lien !
En tout cas, j'aime beaucoup ce personnage. Il en impose et ses dialogues sont travaillés. Le fait que Faulace soit plutôt bon aussi permet la mise en valeur.
Tenebrae, je trouve que tu as particulièrement bien réussi ta mise en scène ! Chapeau de cuir et bottes de cuir aussi !

Quoi qu'il en soit, j'ai hâte de découvrir la suite !

En lisant, j'ai noté ça :
"Un escroc de la plus belle des espèces. Spécialisé dans l’armement « vintage » à prix discount."
-> Tu m'as fait rire :D
Je trouve que la phrase est vraiment bien ! Je ne saurais dire si c'est sa sonorité, ou autre… mais elle me plait :lol:

"Il n’a pas son pareil pour faire passer la plus minable des ferrailles que n’aurait pas voulu le plus bourrin des Gamorréens pour une rareté digne du plus farouche Mandalorien."
-> Pas mal non plus !

Bon ben voilà, la suite quoi…
Enfin, avec patience… :transpire:
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Messagepar Tenebrae » Sam 16 Avr 2016 - 22:18   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Merci de ta lecture et de ton commentaire TienVogh.

TienVogh a écrit:Ne serait-ce pas celui qui apparaît à la fin de Cauchemar ?

Tutafé! ;)

Et encore une fois, tu as trouvé l'easter egg ! Et vu la réputation douteuse de l'oeuvre originale, je ne pensais pas que cela allait être découvert aussi rapidement...

Toutefois, ce chapitre a un deuxième clin d’œil... Indice: cela a une rapport avec un film culte du cinéma français... Et par ailleurs, personne ne semble avoir trouver l'easter egg du chapitre 2.
Allez petit jeu concours! Le premier à me citer ces 2 œufs de Pâques gagnera euh.. déjà mon estime et je lui enverrais par MP, en avant première, le chapitre 4.

TienVogh a écrit:Et pour les Ewoks, le terme d'anthropophages (mangeur d'humains) conviendrait mieux

En effet. Merci de cette précision. J'ai fait le changement.

TienVogh a écrit:Curieux en tout cas de savoir ce que notre mystérieux Chiss veut proposer comme affaire au caïd Hutt local.

Tout ce que je peux dire c'est qu'Almine va en ressentir les répercussions...

EDIT suite au post du Mouton déjanté scénariste et chorégraphe et publicitaire fou spécialisé dans le teasing halluciné de nouvelles ( :D ) (n’empêche faudrait que j'apprenne à taper plus vite...)

Merci pour ton commentaire et la lecture. Ravi de voir que ce chapitre t'ai autant plu.
Dark Sheep a écrit: Bien vu ouais, ça serait un super lien !

Voir plus haut :lol:

Dark Sheep a écrit:En tout cas, j'aime beaucoup ce personnage. Il en impose et ses dialogues sont travaillés.

Ce fut un vrai challenge à écrire. Je voulais absolument retranscrire, par les dialogues, toute la personnalité arrogante (en partie justifiée par son intellect supérieur) de ce Chiss dont je me garderais bien de révéler le nom pour l'instant :diable: .

Dark Sheep a écrit:En lisant, j'ai noté ça :
"Un escroc de la plus belle des espèces. Spécialisé dans l’armement « vintage » à prix discount."
-> Tu m'as fait rire
Je trouve que la phrase est vraiment bien ! Je ne saurais dire si c'est sa sonorité, ou autre… mais elle me plait

"Il n’a pas son pareil pour faire passer la plus minable des ferrailles que n’aurait pas voulu le plus bourrin des Gamorréens pour une rareté digne du plus farouche Mandalorien."
-> Pas mal non plus !

Merci. :oops:
C'est marrant parce que la deuxième phrase est l'une des premières que j'ai imaginé pour ce dialogue alors que l'autre est probablement l'une des dernières modifications que j'ai faites et je ne comptais pas la garder d'ailleurs (comme quoi.. :) )

Prochain chapitre très certainement samedi soir prochain voire vendredi (fonction de mon emploi du temps). See ya!
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Messagepar TienVogh » Sam 16 Avr 2016 - 23:30   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Tenebrae a écrit:Ce fut un vrai challenge à écrire. Je voulais absolument retranscrire, par les dialogues, toute la personnalité arrogante (en partie justifiée par son intellect supérieur) de ce Chiss dont je me garderais bien de révéler le nom pour l'instant :diable: .

Ahah ! Ce n'est donc pas un personnage original ! Voyons voir... Un Chiss particulièrement arroguant et imbus de lui-même après la guerre contre les Yuuzhan Vong... ne serait-ce pas un certain Chaf'orm'bintrano, Formbi de son petit nom ? :D
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Messagepar Dark Sheep » Dim 17 Avr 2016 - 10:33   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Tenebrae a écrit: TienVogh a écrit:
Ne serait-ce pas celui qui apparaît à la fin de Cauchemar ?

Tutafé! ;)

-> Bon lien entre les deux !

Tenebrae a écrit:Et vu la réputation douteuse de l'oeuvre originale, je ne pensais pas que cela allait être découvert aussi rapidement...

-> "Cauchemar" aurait donc une réputation douteuse… :(

Tenebrae a écrit:Toutefois, ce chapitre a un deuxième clin d’œil... Indice: cela a une rapport avec un film culte du cinéma français... Et par ailleurs, personne ne semble avoir trouvé l'easter egg du chapitre 2.

-> J'ai peur de n'être pas à la hauteur pour ce jeu… mais ça m'intéresse ! Et tu as incorporé un bon élément pour donner envie à tes lecteurs de relire les chapitres ! (riplèye valu, ils disent, les joueurs angloponistes)

Tenebrae a écrit:EDIT suite au post du Mouton déjanté ( … ) (n’empêche faudrait que j'apprenne à taper plus vite...)

-> Pourquoi ? J'ai envie de dire "pas taper", moi… :paf:

Tenebrae a écrit:Ravi de voir que ce chapitre t'ai autant plu.

-> J'aime bien les dialogues agréables à lire (subjectif, c'est vrai). Et ce chapitre, après une sympa intro descriptive, devient un bon dialogue sous forme de joute verbale agréable, et qui m'a fait sourire. Bref : ouais :whistle:

Tenebrae a écrit:Ce fut un vrai challenge à écrire. Je voulais absolument retranscrire, par les dialogues, toute la personnalité arrogante (en partie justifiée par son intellect supérieur) de ce Chiss dont je me garderais bien de révéler le nom pour l'instant :diable: .

-> Ah donc ! Personnage "officiel", enfin "légendaire" ? Je ne peux juger de la cohérence avec sa version "officielle", mais le personnage tel que tu le présentes est bon.
(Je reconnais mes lacunes en ce qui concerne tout ça…)

TienVogh a écrit:Ahah ! Ce n'est donc pas un personnage original ! Voyons voir... Un Chiss particulièrement arroguant et imbus de lui-même après la guerre contre les Yuuzhan Vong... ne serait-ce pas un certain Chaf'orm'bintrano, Formbi de son petit nom ? :D

-> Heureusement, le public possède un atout majeur dans sa manche, en la personne de TienVogh :lol:

Tenebrae a écrit:C'est marrant parce que la deuxième phrase est l'une des premières que j'ai imaginé pour ce dialogue alors que l'autre est probablement l'une des dernières modifications que j'ai faites et je ne comptais pas la garder d'ailleurs (comme quoi.. :) )

-> Fuyez, pauvres fous ! :shock:
Elle a tout à fait sa place ici à mes yeux ! J'ai vraiment eu la sensation que Faulace reprenait du poil de la bête à ce moment, et de l'arrogance ! Ça collait au top, dans ma lecture du moins. J'avais l'impression de voir un "vieux jeune" un peu fou et capable de parler aussi bien de manière soutenue qu'avec des expressions djeunz :transpire:
(j'avais peut-être bu un peu trop de sirop de cassis…)

Quoi qu'il en soit, sans chercher à imposer mon point de vue sur ton histoire : tu dois te sentir absolument libre de garder ou non cette phrase suivant que tu penses qu'elle colle ou non à l'âme de ton texte !

Tenebrae a écrit:Prochain chapitre très certainement samedi soir prochain voire vendredi (fonction de mon emploi du temps). See ya!

-> Quand tu pourras, nous serons là (pluriel, de toute façon on est plusieurs ici, devant l'écran… derrière mes yeux) :jap:
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Messagepar Tenebrae » Dim 17 Avr 2016 - 11:49   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Salutations distinguées du dimanche midi avant que je m'en aille pour mon repas de famille (Anniv' du neveu tout ça tout ça)!

Dark Sheep a écrit:Tenebrae a écrit:
Et vu la réputation douteuse de l'oeuvre originale, je ne pensais pas que cela allait être découvert aussi rapidement...

-> "Cauchemar" aurait donc une réputation douteuse…

Oulà j’espère que non !
Je parlais du téléfilm des Ewoks auquel je fais un clin d’œil dans le dialogue cité par TienVogh... My bad, j'aurais dû faire une quote pour éviter toute confusion.

En parlant de confusion, je pense vous avoir enduit euh induit d'erreurs concernant le personnage du Chiss. Il s'agit bien d'une création originale.

Tenebrae a écrit: toute la personnalité arrogante (en partie justifiée par son intellect supérieur) de ce Chiss dont je me garderais bien de révéler le nom pour l'instant :diable: .

Quand je dis ça, il s'agit juste de vous indiquer que le nom du perso est important et que je ne vais pas vous le dire parce que cela amoindrirait l'impact lors de sa découverte mais pas qu'il s'agit d'un perso dont je vous réserve la surprise... Je sais pas si je suis clair.
Comme quoi, les mots et leurs tournures ont un sens...

Alors oui, Formbi a été une source d'inspiration pour le personnage mais cela ne va pas plus loin.
Petite anecdote making of: à l'origine, le perso n'était pas un Chiss. Il l'est devenu quand je me suis rendu compte, entre autres choses, que sa personnalité correspondait aux stéréotypes du Chiss (dont Formbi est un bon exemple). Ce qui le rendait plus exotique, plus intéressant et au final plus mystérieux... :wink:

Dark Sheep a écrit:Quoi qu'il en soit, sans chercher à imposer mon point de vue sur ton histoire : tu dois te sentir absolument libre de garder ou non cette phrase suivant que tu penses qu'elle colle ou non à l'âme de ton texte !

Je suis bien d'accord.
La phrase, elle colle. Je ne souhaitais pas la garder parce que je trouvais que cela rallongeait inutilement le dialogue. Mais au final, elle va rester parce que, je le répète, elle colle.

Bon je vous laisse, ma femme me regarde bizarrement. Elle a son regard "On est en retard" donc à plus!
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Messagepar Dark Sheep » Dim 17 Avr 2016 - 12:22   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Tenebrae a écrit:Salutations distinguées du dimanche midi avant que je m'en aille pour mon repas de famille (Anniv' du neveu tout ça tout ça)!

-> Oh… eh bien, grud à toi, donc.

Tenebrae a écrit:Oulà j’espère que non !
Je parlais du téléfilm des Ewoks auquel je fais un clin d’œil dans le dialogue cité par TienVogh... My bad, j'aurais dû faire une quote pour éviter toute confusion.

-> Haha les films sur les ewoks :transpire:
Je me rappelle les avoir vus, mais je préférais les dessins-animés, et pas pour le générique ! (j'ai toujours les VHS… sauf qu'il m'en manque une sur les cinq je crois…)

Tenebrae a écrit:En parlant de confusion, je pense vous avoir enduit euh induit d'erreurs concernant le personnage du Chiss. Il s'agit bien d'une création originale.

-> Ok, bien noté !
Alors ton perso est bien créé :wink:

Tenebrae a écrit:Quand je dis ça, il s'agit juste de vous indiquer que le nom du perso est important et que je ne vais pas vous le dire parce que cela amoindrirait l'impact lors de sa découverte mais pas qu'il s'agit d'un perso dont je vous réserve la surprise... Je sais pas si je suis clair.
Comme quoi, les mots et leurs tournures ont un sens...

-> Euh… oui. (ça me paraissait la réponse appropriée, sur le moment)

Tenebrae a écrit:Bon je vous laisse, ma femme me regarde bizarrement. Elle a son regard "On est en retard" donc à plus!

-> À ce moment précis de ce qui fut sa vie, cet homme n'aurait pas dû se trouver devant son ordinateur… RIP
(Regard Intérieur Prononcé)
Tant pis pour la suite de "la nuit des rakghoules"… ça avait pourtant bien commencé, mais on n'aura probablement pas la suite, sans l'auteur… sauf si la Force est avec lui.
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 17 Avr 2016 - 13:47   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Maître Faulace? j'aurais pensé qu'il était le notaire d'un seigneur de la pègre surnommé le Mexicain! Il veillerait sur sa fille, s'occuperait du grisbi, tout ça, tout ça... :lol:

En tout cas, le vieux notaire a trouvé son maître.
Ce Chiss - qui ne se prend pas pour de la m****- est un personnage vraiment intriguant: aventurier? scientifique? Chasseur de trésors? Difficile de le dire avec deux histoires seulement, mais il a une belle tête de personnage récurrent.
En tout cas, tu as fort bien esquissé ce personnage au riche passé;
Je me demande bien quelle offre il a faite au notaire. Compte tenu du titre de la nouvelle, rechercherait-il Un certain Talisman? Non, ce serait trop facile...
je présume qu'il me faudra attendre pour savoir. :?
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Messagepar TienVogh » Dim 17 Avr 2016 - 13:54   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Tenebrae a écrit:Bon je vous laisse, ma femme me regarde bizarrement. Elle a son regard "On est en retard" donc à plus!

Elle a un petit côté Dame Sith, ta femme, avec des yeux qui virent au jaune ? :D
Je te rassure, la mienne aussi (non chérie, j'ai rien dit, arrête de me serrer la gorge avec la Force ! ) :lol:
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Messagepar Tenebrae » Mar 19 Avr 2016 - 11:39   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

TienVogh a écrit:Je te rassure, la mienne aussi (non chérie, j'ai rien dit, arrête de me serrer la gorge avec la Force ! ) :lol:

La mienne est plus adepte des éclairs de Force... :lol:

TienVogh a écrit:Elle a un petit côté Dame Sith, ta femme, avec des yeux qui virent au jaune ?

Pourtant quand nous nous sommes mariés, c'est moi qui avait le costume de Dark Vador! :transpire: Elle a succombé au Côté Obscur...

Ve'ssshhh a écrit:Maître Faulace? j'aurais pensé qu'il était le notaire d'un seigneur de la pègre surnommé le Mexicain! Il veillerait sur sa fille, s'occuperait du grisbi, tout ça, tout ça...

Il te reste plus qu'à trouver l'easter egg du chapitre 2 et tu seras le grand gagnant du concours !

Ve'ssshhh a écrit:Ce Chiss - qui ne se prend pas pour de la m****- est un personnage vraiment intriguant: aventurier? scientifique? Chasseur de trésors? Difficile de le dire avec deux histoires seulement, mais il a une belle tête de personnage récurrent.
En tout cas, tu as fort bien esquissé ce personnage au riche passé

Merci. C'est un personnage (secondaire dans cette histoire précise) plein de surprises, comme vous le constaterez dans les chapitres suivants...
Ve'ssshhh a écrit:Je me demande bien quelle offre il a faite au notaire. Compte tenu du titre de la nouvelle, rechercherait-il Un certain Talisman? Non, ce serait trop facile...
je présume qu'il me faudra attendre pour savoir.

Tu présumes bien... :D
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Messagepar Ve'ssshhh » Mer 20 Avr 2016 - 18:02   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Il te reste plus qu'à trouver l'easter egg du chapitre 2 et tu seras le grand gagnant du concours !

Cela aurait-il quelque chose à voir avec l'insigne du gang de fonceurs? Encore le roi jaune?


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Messagepar Tenebrae » Mer 20 Avr 2016 - 18:52   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Ve'ssshhh a écrit:Cela aurait-il quelque chose à voir avec l'insigne du gang de fonceurs?

Hélas non ce n'est pas ça l'easter egg du chapitre deux...
Pour autant, tu as mis le doigt sur un élément important de l’histoire (globale) du cycle.
Gardez bien en tête ce signe, il reviendra souvent (merci d'avoir mis l'image, cela permettra aux lecteurs de bien le visualiser)

Ve'ssshhh a écrit:Encore le roi jaune?

Non et un peu oui...
Je m'auto-quote:
Tenebrae a écrit:L'horreur aura un autre visage que dans Cauchemar (tout en vous ouvrant de nouvelles perspectives sur ce dernier

Je fais effectivement une nouvelle allusion au "Roi Jaune" mais la nuit des Rakghouls sert, entre autres choses, à densifier le mystère autour de la créature de Cauchemar; tout en vous offrant une nouvelle perspective qui vous permettra de voir la fin de de Cauchemar différemment (mais pas forcément de la comprendre... :sournois: ).


Sinon plus que trois jours pour découvrir l'easter egg du chapitre 2 et recevoir en avant-première mondiale ( :D ) le chapitre 4 !
Modifié en dernier par Tenebrae le Ven 22 Avr 2016 - 20:51, modifié 1 fois.
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Messagepar Dark Sheep » Mer 20 Avr 2016 - 19:16   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Tenebrae a écrit:Je fais effectivement une nouvelle allusion au "Roi Jaune" mais la nuit des Rakghouls sert, entre autres choses, à densifier le mystère autour de la créature de Cauchemar tout vous offrant une nouvelle perspective qui vous permettra de voir la fin de de Cauchemar différemment (mais pas forcément de la comprendre... :sournois: ).

-> Belle phrase :transpire:
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Messagepar Tenebrae » Mer 20 Avr 2016 - 19:28   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (03/20)

Oui je pense qu'elle mériterait une ou deux virgules de plus... :transpire:
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Messagepar Tenebrae » Ven 22 Avr 2016 - 21:33   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Bonsoir à toutes et à tous !

Avant de vous livrer ce chapitre 4 que vous attendez tous avec impatience (ou pas :transpire: ), je vais vous livrer la réponse au concours (que personne n'a gagné :( ): quel est l'easter egg du chapitre 2 ? Il est du même type que celui relevé par Ve'ssshhh. Soit le nom d'un personnage tiré d'une autre oeuvre de fiction. En l'occurrence il s'agit du nom de l'homme de main arkanien qui toque à la porte d'Almine, Buu. Nom original d'un perso de DragonBall (Z) connu dans notre belle contrée sous l'appelation Bubu ou Boubou (si vous voulez la version "phonétique")... :wink:

Je réitère le challenge. Le premier qui trouve l'easter egg de ce chapitre aura droit de lire en avant-première le chapitre 5. :)

Sinon voila la suite. Bonne lecture!

**************

Sommaire ; Chapitre 3

Chapitre 4


Une bonne partie de l’après-midi, Almine réfléchit aux paroles, étranges, presque cryptiques de Tazz. Il ne comprenait pas le sens de cette mise en garde. Il l‘estimait particulièrement farfelue. Depuis ses treize ans, il fréquentait la Cantina de la Basse-Ville sur une base plus que régulière. Il en connaissait chaque recoin. Le contrebandier aux cheveux blonds n’avait rien noté de différent lors de son dernier passage, la veille au soir. Tazz devait délirer. Puis le train de réflexion d’Almine s’arrêta sur un détail. Un petit point qui lui était sorti de l’esprit : Yoabesin Granax. L’absence du pilier de comptoir grattait mentalement Almine. Quelque chose clochait. Quelque chose n’allait pas dans cette histoire. Il devait tirer cela au clair. Parce que, sans mettre le doigt sur la raison, cela l’angoissait. Et il n’aimait pas ça.

Le contrebandier expédia le reste des affaires de la journée, décidant même de repousser la révision de son navordinateur. Empruntant le speeder-bike de son voisin junkie contre la promesse – qu’il savait ne pas avoir envie de tenir – d’une dose d’épices, Almine prit la route de la Cantina de la Basse-Ville. Un quart d’heure plus tard, l’établissement apparut dans toute sa décadence miteuse au détour d’un virage.
Le bar était rempli. La fin de journée y amenait tous les ouvriers et travailleurs fourbus de la zone. Sur une estrade improvisée, une Zeltronne et une Twi’lek, toutes deux court vêtues, toutes deux de peau grenat, dansaient pour un groupe de Fonceurs, membres du même gang inconnu d’Almine, passablement abrutis aux bâtons de la mort. Le contrebandier fit un signe de la main à la Zeltronne. Elle lui répondit par un sourire mutin. Malgré son âge, elle avait de beaux restes pensa Almine. S’apercevant des regards mauvais que les voyous lui lançaient, il préféra poursuivre son chemin.

Derrière le comptoir, deux barmans s’affaireraient frénétiquement sous le regard constamment vide de Geordi, l’ainé de Jorge et de la Patronne. Accoudé prés de lui, Almine fut surpris de découvrir Brett, le benjamin de la famille. Le jeune homme, âgé de vingt-sept ans comme Almine, venait rarement rendre visite. D’ordinaire, Brett limitait ses venues dans le bar de ses parents au strict minimum; leurs relations conflictuelles, résultant en partie de son refus de servir dans la taverne, étaient secrets de polichinelles pour les habitués. Son nez tordu, cassé bien des années auparavant lorsqu’il avait annoncé avoir trouvé un travail à l’astroport de la Haute-Ville, en était un stigmate sensiblement voyant. Mal rasé, cheveux gras, exsudant l’épuisement, le jeune homme portait encore sa tenue de technicien d’appontage. Il fixait, dégouté, une série de verres vides. Les siens.
Esquivant la foule bruyante, chahuteuse, Almine se glissa jusqu’à Brett. Le jeune homme ne leva pas la tête. Tout juste jeta-t-il un coup d’œil furtif en marmonnant un salut pâteux d’alcool.
— Dure journée, hein ? lui fit Almine, en désignant les shoots qui s’étalaient sur le comptoir sale.
— Ouais. répondit le jeune homme, sa voix terne trahissant une profonde fatigue.
— Ah ouais ?
— Y a beaucoup d’absents ces derniers temps au taf.
— J’ai remarqué ça. répondit Almine, en se souvenant qu’effectivement, lors de son retour, il avait eu du mal à trouver du personnel pour s’occuper du plein de son appareil.
— Et bien sûr la direction ne veut pas embaucher d’intérims… Donc on fait double journée pour compenser.
— Les heures supp’ ça rapportent ! plaisanta Almine.

Brett lui balança un regard noir. Almine sut aussitôt que sa blague était inopportune. Le contrebandier se tut. Le technicien retourna dans son mutisme. Geordi, totalement indifférent de l’état de son frère, demanda d’un coup de menton à Almine ce qu’il voulait boire. Almine regarda l’ainé, si physiquement pareil à sa mère, avec un soupçon de colère dans les yeux. Il eut une soudaine envie de l’insulter, voire même de lui coller une baffe pour le secouer puis se ravisa commandant un cocktail maison.
Brett pesta, en des murmures presque inintelligibles, contre l’avarice de ses chefs. Almine lui tapota amicalement dans le dos et entreprit de chercher du regard Yoabesin Granax. Le vieil homme n’était nulle part. Il apostropha Geordi qui le considéra avec des yeux bovins dénués du moindre éclat d’intelligence ou de malice.
— Dis Geordi, c’est quand la dernière fois que t’as vu Granax ?
— J’sais pas. Six jours. Peut-être huit.

Ce n’était décidemment pas bon signe. Jamais l’ancien impérial ne s’était si longtemps absenté. À l’évocation de Yoabesin, Brett reprit soudainement vie.
— Le vieux a disparu depuis aussi longtemps ? s’étonna le benjamin de Geordi, avec une pointe d’anxiété dans le timbre de la voix. Ce n’est pas normal.
— Ouaiep, Papa dit la même chose. Mais qu’est ce que cela peut te foutre, frérot ?
— Je me fous de ce que je veux, Geordi ! gronda Brett, piqué au vif.
— Ne joues pas au malin avec moi. T’as déjà de la chance que M’man te laisse picoler au frais de la princesse…

Almine sentit l’animosité grandir entre les deux frères. Il n’avait pas besoin de ça maintenant. D’une main ferme, il appuya sur l’épaule de Brett qui se raidit. Le jeune homme résista un instant avant de se calmer ou, tout du moins, à contenir l’accès de rage qui venait de porter son goût acide sur le bout de ses lèvres. À Geordi qui reniflait, méchant, Almine tendit une main pleine de crédits.
— Pas aux frais de la princesse, aux miens. intervient-il diplomatiquement.
— Je ne veux pas de ta charité, Almine. protesta un Brett, déconcerté par le geste du contrebandier.
— La charité, ce n’est pas mon genre. Je te paye un coup à boire. En souvenir de notre jeunesse…

Geordi, ne laissa pas la conversation se poursuivre ; d’une main pataude, il se saisit de l’argent pour disparaitre promptement derrière les tuyaux alambiqués du distributeur de boissons. Almine secoua la tête. Brett le remercia puis se leva en un équilibre précaire instable.
— Et tu vas où comme ça, mon pote ? interrogea Almine qui dut le soutenir prestement alors que Brett semblait plus qu’instable sur ses jambes.
— Ben chercher Yoabesin ! énonça Brett comme une évidence. Faut d’abord regarder chez lui.
— Ok mais c’est moi qui conduis mon grand.

Brett retint un renvoi gastrique, approuvant silencieusement la décision du contrebandier. Almine n’y prêta guère d’attention, il se maudissait surtout intérieurement de pas avoir pensé plus tôt à vérifier le taudis où logeait le pauvre Yoabesin. Se dirigeant non sans mal vers la sortie, tant Brett vacillait sous l’emprise de l’alcool, Almine surprit du coin de l’œil deux Muuns donnant un dessous de table à un humain, dont l’allure bourgeoise dénotait fortement avec le reste de la population de la Cantina. Almine sourit ; dès qu’ils auraient retrouvé le vieux Granax, le tableau serait de nouveau complet.

Soutenant Brett sur ses épaules, Almine poussa péniblement de sa main libre le battant de la double-porte, la fraicheur de la soirée tombante les cueillit de plein fouet. Almine frissonna légèrement tandis que Brett sembla ragaillardi par cette bouffée d’air frais, si éloigné de la pestilence étouffante régnant dans le bar.
Peu à peu, le compagnon d’Almine reprit un peu de couleur. La pâleur de son teint s’estompa. Il cessa de s’appuyer sur le contrebandier ; bien que toujours chancelant, il paraissait capable de se mouvoir sans aucune aide. Soulagé de ne plus avoir à porter le poids mort de Brett, Almine étira ses muscles endoloris. Laissant le brouhaha étouffé de la taverne derrière eux, les deux compères se dirigèrent vers le landspeeder de Brett. A la vue de l’appareil – un modèle XP-41 reprenant le design à trois turbines de son ancêtre le XP-34 si populaire en son temps sur Tatooine – Almine estima que le jeune homme, qui oscillait d’ivresse à ses cotés, avait eu raison de tenir tête à ses parents. Sa volonté de s’émanciper, en dépit d’un travail harassant, avait porté ses fruits. Le contrebandier resta un moment devant le véhicule, admirant à la fois le speeder en lui-même et la réussite de Brett. Une pensée fugace lui traversa l’esprit : l’honnêteté avait, elle aussi, ses mérites. Almine balaya cette idée saugrenue comme on chasse un insecte, insignifiant et agaçant.
Une voix, rendue enrouée par des années à respirer l’atmosphère poisseuse de la Cantina, retentit derrière eux. Jorge, flanqué de son ersatz de droïde de protocole, approchait d’un pas lent. Inconsciemment, instinctivement, Brett se toucha le nez. Le jeune homme se contracta. Almine salua le tenancier mais l’homme n’avait d’yeux que pour son dernier né :
— Tu t’en vas déjà, fils ? Sans dire au revoir ? C’est bien toi ça !
— Almine et moi souhaitons rendre visite à Yoabesin, prendre de ses nouvelles. répondit penaud, Brett. Almine le regarda, stupéfié, tant le jeune homme paraissait maintenant n’être qu’un enfant terrifié.
— Ah… Ben tu vois que tu peux faire quelque chose de ta vie.

Almine, tout en pensant au landspeeder, trouva que la sentence de Jorge était particulièrement injustifiée. Cependant, il se garda, une fois encore de tous commentaires, ayant appris au fil des ans à ne pas se mêler des affaires familiales et encore plus de celles de la Patronne et de Jorge. Ce dernier reprit sa route, difficilement suivi par le robot qui ployait sous de lourdes caisses de métal.
— On y va ? Je n’ai pas envie de traîner plus longtemps dans ce coin. murmura Brett.

Almine approuva d’un hochement de tête, ne pouvant s’empêcher de jeter un regard compatissant à son camarade. Il comprenait. Il savait tout ce qui se bousculait dans la tête du jeune technicien. En cet instant, en cette seconde, brièvement, les deux hommes étaient si semblables, partageant une même expérience, une même souffrance. Et ce fut tout. Almine avait fait le choix, dès le début de son adolescence de fuir mais Brett, lui, était resté. Qui des deux était le plus courageux ? Si tant est que cela avait un sens de se poser cette question.
Le contrebandier prit place au poste de pilotage tandis que Brett, avec maladresse, se glissa sur le siège passager. Le trajet se fit en silence.

*


Approchant de leur destination, Almine alluma le poste de radio. Un entrainant air de jizz bith résonna dans l’habitacle. Brett, assoupi, dodelinait de la tête.
L’appartement, le taudis plus justement, de Yoabesin Granax se situait en bordure de la zone des docks de la Basse-Ville. Le quartier était crade, crasseux. Les rebus inutilisables des docks s’amoncelaient entre les palettes abandonnées que les ouvriers et les gens du coin utilisaient comme meubles de fortune. Les détritus s’entassaient dans les caniveaux de rues défoncées. L’endroit était aussi sale que sa réputation.
La zone était telle que Darth Malak et ses bombardements l’avaient laissée des siècles auparavant. Elle n’avait jamais connue la moindre réhabilitation. Qui s’en souciait en vérité ?

Almine se gara dans un recoin sombre. Le contrebandier trembla en contemplant les baraquements en ruines pour la plupart, certains bâtiments tenaient debout par une grâce miraculeuse, vétustes et complètement recouverts de tags. La puanteur des déchets en décomposition le prit à la gorge et le renvoya au bidonville de sa jeunesse.
La main crispée sur la crosse de son blaster, Almine s’avança dans la rue principale, éclairée par la lumière vacillante de quelques réverbères. Brett le suivait de près, plus vif qu’à leur départ. L’immeuble où logeait le vieil homme se trouvait un peu loin. Almine remarqua, sur le long des murs dégradés, un signe dessiné se répétant sans cesse, recouvrant de sa couleur jaune les tags plus anciens. Le contrebandier se souvenait d’avoir déjà vu les motifs de ce graffiti. Il fouilla dans sa mémoire. Finalement, il reconnut l’emblème du gang des Fonceurs. Il ne se sentit pas très à l‘aise ; ce genre de dégradation, dans le coin, signifiait qu’un nouveau gang prenait le pouvoir dans le quartier. Il pressa le pas, très vite imité par Brett.

Dans le hall délabré, ils ne croisèrent personne. Tout juste entendirent-ils, assourdi dans le lointain, le râle d’un camé en manque.
Almine sortit, d’une ses bottes, un petit blaster qu’il tendit à Brett. Le technicien envisagea l’arme avec circonspection. Un droïde gonk, abandonné dans un coin, se réveilla soudainement, les faisant sursauter. Le robot se trémoussa bruyamment avant de replonger dans sa léthargie. Brett arracha des mains d’Almine le pistolet. Le contrebandier étouffa un petit rire et se remit en route.
Ils attendirent, vaguement anxieux, devant la porte défraîchie du turbolift. Almine sentait des regards invisibles, curieux et avides, les scrutant lui et Brett. Le technicien d’appontage ne cessait de jeter des coups d’œil en arrière. Le contrebandier commençait à se demander si avoir confié à son compagnon une arme était, en fait, une si bonne idée. L’ascenseur arriva finalement. Un homme doté d’une belle moustache, vêtu d’un long pardessus de cuir brun, sortit du turbolift. L’homme marqua un temps d’arrêt surpris de voir des visiteurs dans cet immeuble. Il salua Brett et Almine d’un bref coup de tête. Ils répondirent de la même façon. L’homme continua alors son chemin et finit par quitter le bâtiment. Juste avant de partir, il déposa la réplique d’un oiseau, faite en papier plié, sur le rebord d’une fenêtre du hall.
Almine et Brett échangèrent un haussement d’épaules. Après tout, vu la zone où ils se trouvaient, rien ne devait les étonner. Il n’était pas rare de croiser des gens – humains ou aliens – aux comportements parfois singulièrement curieux. Ne s’attardant pas plus de que de raisons, ils entrèrent dans l‘ascenseur.

La porte de l’appartement de Yaobesin n’était pas verrouillée. Almine dégaina son arme. Un mauvais pressentiment lui taquinait la nuque. Alors qu’ils s’apprêtaient à pénétrer, une porte voisine s’ouvrit en couinant. Almine et Bret firent volte-face. Un homme, la quarantaine passée, sortit dans le couloir. Il sursauta puis rougissant, s’en alla prestement la tête basse. À sa suite, le visage d’une Togruta, maquillée comme un camion speeder volé, apparut dans l‘encadrement de la porte. Les deux compères cachèrent leurs armes dans leurs dos. Almine observa l’alien ; elle paraissait bien jeune, trop jeune pour son métier. La Togruta les dévisagea avec suspicion. Almine rompu à ce genre d’exercice engagea la conversation.
— Salut…
— Je ne prends plus de clients. le coupa la non-humaine.
— Pas grave. Je ne paye pas pour ce genre de choses de toute façon.
— Oh l’irrésistible ! railla la Togruta.
— Nous sommes à la recherche de Granax. continua le contrebandier sans se sentir vexé de la pique.
— Qui ?
— Votre voisin. Le vieux qui habite ici. intervint Brett, quasiment dessoûlé, en pointant du doigt l’appartement de Yaobesin.
— Ah… Lui… Vous lui voulez quoi ?
— Nous sommes de vielles connaissances. enchaîna Almine, ignorant par la même occasion le soupçon qu’il entendait dans la voix de la jeune prostituée.
— Ah ouais ?
— Ouais. Cela fait un bail qu’on ne l’a pas vu.
— On s’inquiète, c’est tout. enchérit Brett. Je suis le fils de la Patronne ; la Cantina de la Basse-Ville, vous connaissez sûrement.
— Ouais. Cette garce ne veut pas que je bosse dans son bouge. Sans vouloir te vexer bonhomme. s’empressa-t-elle d’ajouter à l’adresse de Brett.
— Pas de problème. lui répondit le jeune homme ave un sourire en coin. Alors ?
— J’évite de me mêler de la vie de mes voisins et ils en font de même. C’est ce qui a de mieux pour tout le monde dans le coin.
— Bien sûr mais ? fit Almine en agitant une poignée de crédits devant le visage de la Togruta.
— Votre « ami » est rentré un soir, il y a une semaine je dirais, plus agité et bourré que d’habitude. Il a même fait flipper un de mes réguliers. Il est reparti aussi sec. Il avait l’air paniqué. Il n’arrêtait pas de baragouiner: « Dakgul ! Dakgul !» ou un truc dans le style.

Almine et Brett échangèrent un regard d’incompréhension. Le contrebandier haussa les épaules et fit signe à Brett d’entrer dans l’appartement de Granax. Il tendit l’argent à la Togruta. Elle refusa.
— Garde ton argent, chéri. Trouve le vieux.

Elle referma sa porte d’un claquement brutal. Bientôt, la musique d’une chanson pop aux tonalités électroniques hurla à travers les murs. Almine pénétra à son tour dans l’appartement miteux.
Le studio sentait fort le renfermé. Tout était en vrac. Par la faute du départ précipité de Yoabesin ou par la visite de quelques squatteurs locaux ? Ou pire encore ? Almine fut bien en peine de choisir une option. Brett, visiblement désemparé, fouillait un peu partout.
Ils restèrent là une heure, à la recherche d’un quelconque indice. Mais ne trouvèrent rien. « Evidemment » se dit Almine.
— Dans quoi ce vieux fou a-t-il bien pu s’empêtrer ? se demanda, à haute-voix, Brett.

L’angoisse qui sourdait dans la question était la même qui agitait l’esprit d’Almine. Le terme de dakgul ne cessait de tournoyer dans son cerveau. Cela lui rappelait quelque chose. Il ne se souvenait pas quoi exactement mais le mot lui évoquait une certaine crainte. Tout à coup, son comlink se mit à sonner. Il décrocha, ravi de cette distraction. C’était un appel de Buu.
— Djarik veut nous voir. déclara sans cérémonie l’homme de main du caïd Hutt.
— Y a un problème ? questionna Almine, en espérant qu’il paraissait suffisamment détendu auprès de l’Arkanien.
— Non. répondit Buu, absolument pas dupe. Il a un taf à nous proposer.
— Un taf ? Maintenant ?
— Oui et oui. Donc tu te magnes.
— J’arrive. dit le jeune passeur comprenant qu’il avait intérêt à répondre à cette convocation urgente.
— N’oublies que tu as une dette envers lui. lui rappela l’Arkanien avec un soupçon de menace dans la voix.
— J’arrive. répéta Almine qui n’avait pas oublié la visite de Buu et des Jumelles plus tôt dans la journée.

Le comlink se tut dans un crachotement électrostatique. Brett, qui avait suivi la courte conversion en faisant mine de continuer ses investigations, se retourna vers Almine.
— On continuera plus tard, j’ai compris. Si ça se trouve, le temps que tu fasses ton boulot, le vieux sera de retour.

Almine acquiesça d’un sourire confiant bien qu’en son for intérieur, il soupçonnait fortement le contraire.
« Dakgul ! Dakgul !» Que pouvaient bien signifier ces paroles ? Granax en avait été terrifié. Le contrebandier se doutait qu’il en serait de même pour lui dans un futur proche, sans trop savoir pourquoi.

******


Chapitre suivant
Modifié en dernier par Tenebrae le Mar 03 Mai 2016 - 19:09, modifié 2 fois.
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Messagepar Dark Sheep » Sam 23 Avr 2016 - 11:36   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Tenebrae a écrit:Avant de vous livrer ce chapitre 4 que vous attendez tous avec impatience (ou pas :transpire: ),

-> Si si ! En tout cas, moi, je l'attendais tous avec impatience ! :D

Tenebrae a écrit: je vais vous livrer (…) l'appelation Bubu ou Boubou (si vous voulez la version "phonétique")... :wink:

-> Fichtre… en vérité, bien que le nom m'ait rappelé le Buu de DBZ, je n'ai relevé ce clin d'œil… j'ai un peu honte :pfff:

Tenebrae a écrit:Je réitère le challenge. Le premier qui trouve l'easter egg de ce chapitre aura droit de lire en avant-première le chapitre 5. :)

-> Je vais tout donner ! :evil:

----


Chapitre lu !

Vraiment sympa ! Je suis content de voir Almine affublé d'un coéquipier ! Et le Brett se voit habillé d'un passif assez intéressant, qui en fait un perso à potentiel auquel je me suis attaché :)
Le passage où on le voit avec (face à ?) sa famille Harkonen le rend d'autant plus sympa à mes yeux :transpire:

Toujours ce fameux gang de fonceurs… je sens qu'il y aiguille sous cloche, là :siffle:

Le petit dialogue avec la voisine togruta est chouette, et on dirait que finalement tout le monde apprécie le vieux Yoabesin.
(même les rakghouls… peut-être)

Hâte de découvrir la suite, et notamment la mission dont Almine écope !


Sinon, en vrac, j'ai noté des choses qui me plaisaient ou me donner envie de rebondir :

"deux Muuns donnant un dessous de table à un humain, dont l’allure bourgeoise dénotait fortement avec le reste de la population de la Cantina"
-> Faulace ? :D

XP34 : comme celui de Luke, si je ne m'abuse ?

"Tout juste entendirent-ils, assourdi dans le lointain, le râle d’un camé en manque."
-> Ou d'un rakghoul… en manque :D

"il déposa la réplique d’un oiseau, faite en papier plié, sur le rebord d’une fenêtre du hall."
-> clin d'œil à… prison break ?
Faulace ?? (Ouais… je sais, j'avais déjà envisagé Faulace plus haut, mais bon… m'en veux pas, je cherche les liens alors je le vois partout :x )

"C’était un appel de Buu."
-> Clin d'œil à DBZ !!!
(Ah mince… c'était déjà dans le chapitre d'avant avant… )

Bon… ben je suis franchement une bille niveau clins d'yeux :pfff:
Heureusement, quand TienVogh passer par ici, l'œuf de l'est ( :transpire: ) sera probablement révélé !

Allez, à bientôt pour la suite !
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Messagepar Tenebrae » Sam 23 Avr 2016 - 13:35   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Merci pour la lecture et le commentaire !

Dark Sheep a écrit:> Si si ! En tout cas, moi, je l'attendais tous avec impatience !

Ben, ça fait plaisir ! (^-^)

Dark Sheep a écrit:Vraiment sympa ! Je suis content de voir Almine affublé d'un coéquipier ! Et le Brett se voit habillé d'un passif assez intéressant, qui en fait un perso à potentiel auquel je me suis attaché
Le passage où on le voit avec (face à ?) sa famille Harkonen le rend d'autant plus sympa à mes yeux

Content que cela t'ai plu. Je voulais vraiment mettre en scène des gens "normaux" alors oui il y a des contrebandiers, des mercenaires, on évoque un Jedi mais j'avais envie d’inscrire cette histoire dans la "réalité".
Brett est né de cette envie. Comme la Togruta d'ailleurs. Et il y en aura d'autres. ^^
Parce que ,aussi, cela permettra à l'horreur quand elle surgira d'être plus impactante (Oulà, je suis en WE, faut que j'arrête avec les termes du boulot... :transpire: )

Dark Sheep a écrit:Toujours ce fameux gang de fonceurs… je sens qu'il y aiguille sous cloche, là

Je dirais même baleine (de l'espace) sous gravillon... :wink:

Dark Sheep a écrit:notamment la mission dont Almine écope !

Autant te dire qu'elle ne sera pas piquée des hannetons... :sournois:

Dark Sheep a écrit:"deux Muuns donnant un dessous de table à un humain, dont l’allure bourgeoise dénotait fortement avec le reste de la population de la Cantina"
-> Faulace ?

Raté ! :D Même joueur, joue encore !

Dark Sheep a écrit:XP34 : comme celui de Luke, si je ne m'abuse ?

Yep !

Dark Sheep a écrit:"il déposa la réplique d’un oiseau, faite en papier plié, sur le rebord d’une fenêtre du hall."
-> clin d'œil à… prison break ?
Faulace ?? (Ouais… je sais, j'avais déjà envisagé Faulace plus haut, mais bon… m'en veux pas, je cherche les liens alors je le vois partout )

"C’était un appel de Buu."
-> Clin d'œil à DBZ !!!
(Ah mince… c'était déjà dans le chapitre d'avant avant… )

Bon… ben je suis franchement une bille niveau clins d'yeux

Tu es merveilleusement fou ! :cute:

Dark Sheep a écrit:Allez, à bientôt pour la suite !

Vendredi prochain (ou avant si tu trouves l'easter egg avant TienVogh ^^)
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Messagepar TienVogh » Sam 23 Avr 2016 - 16:15   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Tenebrae a écrit:
Dark Sheep a écrit:Allez, à bientôt pour la suite !

Vendredi prochain (ou avant si tu trouves l'easter egg avant TienVogh ^^)

Non, je n'ai rien repéré cette fois, sans doute un clin d'œil à une œuvre qui m'est inconnue (comme DragonBall Z pour le chapitre 2).

Chapitre sympa, l'intrigue progresse et de nouveaux personnages sont introduits. On apprend aussi qu'il y a des absences (ou des disparitions ?) parmi le personnel du spatioport.
Et on dirait bien qu'Almine a une faible pour les Zeltrones (serait-ce la même avec qui il a déjà eu une aventure ? ). Faudrait lui présenter Zeneb LaChannelle (enfin si elle est toujours vivante en 35 ABY, ce qui n'est pas garanti vu sa propension à fréquenter les Sith de très près :D ).
J'ai bien aimé la jeune prostituée Togruta aussi. Je sais pas pourquoi, mais je n'ai pas pu m'empécher d'imaginer Ahsoka maquillée et fringuée en pute (ce doit être mon esprit tordu habituel :diable: ).

Curieux de voir quel boulot Djarik va confier à Almine (pour le compte du mystérieux Chiss je suppose). Vivement la suite ! :)
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Messagepar Tenebrae » Sam 23 Avr 2016 - 17:35   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

merci tienVogh pour la lecture et le commentaire.

TienVogh a écrit:Non, je n'ai rien repéré cette fois, sans doute un clin d'œil à une œuvre qui m'est inconnue (comme DragonBall Z pour le chapitre 2).

Je pense que cette oeuvre là t'est plutôt connue.
Indice: C'est une oeuvre culte, à la fois, du cinéma et de la littérature, d'abord sous deux noms différents puis sous un seul et même nom... Voilà, voilà! :)

TienVogh a écrit:Chapitre sympa, l'intrigue progresse et de nouveaux personnages sont introduits. On apprend aussi qu'il y a des absences (ou des disparitions ?) parmi le personnel du spatioport.

Merci et... tu as mis le doigt sur quelques chose... :sournois:

TienVogh a écrit:Et on dirait bien qu'Almine a une faible pour les Zeltrones (serait-ce la même avec qui il a déjà eu une aventure ? ).

C'est bien la même.
TienVogh a écrit: Faudrait lui présenter Zeneb LaChannelle (enfin si elle est toujours vivante en 35 ABY, ce qui n'est pas garanti vu sa propension à fréquenter les Sith de très près ).

:lol:

TienVogh a écrit:J'ai bien aimé la jeune prostituée Togruta aussi. Je sais pas pourquoi, mais je n'ai pas pu m'empécher d'imaginer Ahsoka maquillée et fringuée en pute (ce doit être mon esprit tordu habituel ).

Euh on est deux alors... :chut:

TienVogh a écrit:Vivement la suite !

RDV la semaine prochaine!
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Messagepar Dark Sheep » Dim 24 Avr 2016 - 10:56   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Alors pour le clin d'œil, le coup de l'origami m'a turlupiné, et bien que j'ai plaisanté avec prison break, la pensée d'un pliage en papier dans un film me hantait…
Et j'ai fait un lien avec un film, mais sans pouvoir identifier une scène qui valide ma théorie.
Il me semble que dans Le Silence des Agneaux, Hannibal Lecter offre un origami à Clarice Starling… mais bon, faudrait que je revois le film. Quoi qu'il en soit, moustache et pardessus de cuir brun me font fortement douter de cette théorie. :neutre:
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Messagepar Tenebrae » Dim 24 Avr 2016 - 11:03   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Alors non ce n'est pas le Silence des Agneaux...
Tiens le coup, tu es sur la bonne piste.
et n'oublies pas:
Tenebrae a écrit:C'est une oeuvre culte, à la fois, du cinémaet de la littérature, d'abord sous deux noms différents puis sous un seul et même nom...
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Messagepar Dark Sheep » Dim 24 Avr 2016 - 11:57   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Allez, je colle ma théorie aussi bien ici qu'en MP, de toute façon je suis un mouton déjanté :x
Tenebrae a écrit:C'est une oeuvre culte, à la fois, du cinéma et de la littérature, d'abord sous deux noms différents puis sous un seul et même nom...

Littérature : Do androids dream of electronic dark sheeps ?
Adapté au ciné en : Blade Runner (aucune mention du mouton dans ce titre… pfffff )

(La nouvelle a dû être retitrée pour bénéficier du succès du film… )
Bref, comme je suis un mouton déjanté, "je mise le paquet sur ce film là !" (à dire avec la voix de Wattoo)
(en plus je viens de lire Ubik il y a quelques mois, alors je vote pour cette histoire de Dick (c'est sont nom, hein… on ne me fera pas dire ce que je n'ai pas dit…) )
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Messagepar Tenebrae » Dim 24 Avr 2016 - 12:12   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Et nous avons un gagnant!!! :D
Il s'agissait bien d'un clin d’œil à Blade Runner.

Dark Sheep a écrit:(La nouvelle a dû être retitrée pour bénéficier du succès du film… )

:oui:
Même si depuis, on la retrouve sous son titre original. Il existe d'ailleurs une très bonne adaptation en comics (je l'ai plus sous la main mais elle doit avoir moins de cinq ans).

Dark Sheep a écrit:(aucune mention du mouton dans ce titre… pfffff )

je suis d'accord, c'est un gros défaut... :D :lol:

Bon comme promis, je t'envoies le chapitre 5 en AVP!
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Messagepar Dark Sheep » Dim 24 Avr 2016 - 13:15   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

OH MY GOLD :shock: :shock:

Tenebrae a écrit:Et nous avons un gagnant!!! :D
Il s'agissait bien d'un clin d’œil à Blade Runner.

-> Vas-tu inclure des androïdes dans ta fiction, du coup ? :transpire:
Ou était-ce un simple délire ? :whistle:

Tenebrae a écrit: Dark Sheep a écrit:
(aucune mention du mouton dans ce titre… pfffff )

je suis d'accord, c'est un gros défaut... :D :lol:

-> Je veux pas paraître moutono-centrique, alors je n'irai pas jusqu'à dire que toute bonne fiction qui se respecte devrait avoir "mouton" ou dérivé/assimilé dans son titre… mais quand-même, ça devrait être le cas ! :lol:
(Tiens d'ailleurs : "La nuit des Rakghouls moutons", ça te tente pas ? Non ? Ah… ok, je comprends…)

Tenebrae a écrit:Bon comme promis, je t'envoies le chapitre 5 en AVP!

-> Oh chouette ! Je lis ça et, du coup, je viens ici poster un commentaire bourré de spoilers ? :transpire:
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Messagepar Tenebrae » Dim 24 Avr 2016 - 14:28   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Dark Sheep a écrit:h chouette ! Je lis ça et, du coup, je viens ici poster un commentaire bourré de spoilers ? :transpire:

:lol:
Vas-y je t'attends avec une tondeuse le mouton! Allez viens! Viens!

J'en profite aussi pour vous annoncer que je serais très peu présent dans les jours qui viennent sur le forum.
Je souhaites participer à un concours de nouvelles (celui là, si il y a des intéressés). Vu que j'en ai pris connaissance un peu tard vis à vis de la deadline (ce matin via un ami :transpire: ), je vais me concentrer dessus pendant le temps qui nous sépare de la date limite.
Donc désolé par avance si je ne commente pas vos fic ou que je réponds pas à vos messages ici et en MP.

Par contre, la publication du chapitre 5 est toujours prévue pour vendredi soir (voire samedi matin ou dimanche... :paf: ).
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Messagepar TienVogh » Dim 24 Avr 2016 - 15:20   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Tenebrae a écrit:Et nous avons un gagnant!!! :D
Il s'agissait bien d'un clin d’œil à Blade Runner.

Bien vu, je me doutais que c'était l'oiseau en papier le clin d'œil, mais je ne voyais pas trop à quoi le raccrocher.
Ceci dit, il me semble que dans le film Blade Runner, c'est une licorne en papier et non un oiseau. :wink:
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Messagepar Tenebrae » Dim 24 Avr 2016 - 15:34   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

TienVogh a écrit:Ceci dit, il me semble que dans le film Blade Runner, c'est une licorne en papier et non un oiseau. :wink:

Oui c'est possible. J'avoue que mon dernier visionnage remonte à... pff... une demi-douzaine d'années je pense...
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Messagepar L2-D2 » Mar 03 Mai 2016 - 14:47   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (04/20)

Chapitre 3 et 4 lus !

J'aime toujours autant. Le récit prend son temps, introduit de nouveaux personnages, le tout sans qu'on ait l'impression d'en perdre, du temps ! :lol: Nos différents personnages semblent sur le point de se croiser, entre un Chiss qui confie une mission à l'avocat d'un Hutt, et ce même Hutt qui convoque Almine et son nouvel allié... Franchement, voilà une leçon sur l'art de constituer un casting ! On en oublierait presque - presque, seulement ! - qu'on se retrouve dans un récit Star Wars !

Je suis vraiment impatient de lire la suite ! :oui:
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Messagepar Tenebrae » Mar 03 Mai 2016 - 19:08   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (05/20)

Me revoilà!
Déjà: Désolé pour le retard par rapport à la date annoncée. Entre mon taf, l’écriture de la nouvelle(ratée puisque j'e n'ai pas pu finir dans les temps :( ) et des événements d'ordre privé, j'ai pas été super disponible.
Bref, pour me pardonner, je posterais le chapitre 6 (dés ce vendredi matin, Ô joie des ponts) ce qui fait que vous aurez - heureux lecteurs - 2 chapitres cette semaine. Vous êtes joie. Non? Ah... :lol:

Merci L2-D2 pour la lecture et ton commentaire. Ravi de voir que cela continue de te plaire. Pourvu que ça dure! :D

L2-D2 a écrit:Franchement, voilà une leçon sur l'art de constituer un casting !

Merci du compliment, cela me touche beaucoup.

L2-D2 a écrit:Je suis vraiment impatient de lire la suite ! :oui:

Là voilà! En espérant que tu l'apprécierais autant que les chapitres précédents. :)

Et, comme d'habitude, le premier à trouver l'easter egg de ce chapitre aura droit, en AVP, au prochain chapitre. (sauf toi, Sombre mouton des prairies du flood, arpenteur insouciant de la folie :diable: )

**************

Sommaire ; Chapitre 4

Chapitre 5


La nuit était tombée. Après que Brett l’ait déposé à la Cantina, Almine récupéra « son » speeder-bike. Sans tarder, le contrebandier aux cheveux blonds lança la motojet, en un vrombissement sonore, sur la route qui menait à la zone industrielle du Secteur, effrayant au passage un couple de Rodiens s’embrassant sur le bord de la chaussée. Il fonçait sans se soucier des véhicules ou des passants le croisant. On ne faisait pas attendre un Hutt ; surtout pas un Hutt qui avait perdu de beaucoup d’argent, la veille. Sur son passage, un robot massif, probablement un droïde de manutention, l’insulta. Les injures se perdirent dans le vacarme de l’engin et le lointain.
La circulation se fit éparse à mesure qu’Almine s’enfonçait dans la zone industrielle. D’immenses manufactures défilaient, improbables remparts crachant suie et flammes, enserrant son chemin. Il bifurqua vivement sur la droite, la motojet protesta. Almine ralentit en sentant l’engin pris de convulsions. Il était presque arrivé, au bout de la rue, Almine aperçut les murs de la base de Djarik.
Le Hutt, gros et gras même pour ceux de son espèce, gérait ses affaires depuis une ancienne usine désaffectée. D’aspect vétuste, la bâtisse dissimulait, derrière ses cloisons de briques composites, qu’on devinait d’un orange maladif sous le noir de la pollution, le quartier général – opulent et dernier cri – d’un petit caïd ambitieux.

L’employeur du moment d’Almine faisait parti du Kajidic Faljozik, le clan Hutt qui régnait, depuis quarante ans désormais, presque sans partage sur la pègre de Taris. Djarik n’en était pas un membre éminent ; ses affaires, pourtant florissantes, pâtissaient de la compétition féroce que se livrait ceux de sa famille. Cependant, comme tout bon Hutt, Djarik ne désespérait pas de prendre l’ascendant sur ses pairs. Il s’agissait pour lui de faire preuve de patience, de saisir la moindre occasion sans hésiter ou le cas échéant, de faire preuve de rétributions violentes. Son entrée sur les marchés des jeux d’argent changeait, petit à petit, la donne. L’immense limace visqueuse prospérait dans son coin, veillant à ne pas trop faire de l’ombre aux anciens parrains, plus solidement établis dans tout le système tarisien, sous peine de représailles sanguinaires. Les Hutts ne savaient pas faire autrement, dans la majeure partie des cas. Almine en avait été, trop souvent à son goût, témoin.

Il arriva devant deux gardes gamorréens armés jusqu’aux dents; leur chef, un humain de grande taille, véritable cliché sur pattes, bourru jusqu’à la caricature, lui indiqua le portail d’un dépôt. S’y engouffrant, Almine y découvrit, parqués serrés les uns contre les autres, des skiffs de combat autour desquels s’agitait une bande de mécaniciens. Aucun d’eux ne leva la tête. Un Zabrak blafard, occupant très certainement la fonction de contremaitre, surveillait le déchargement par trois droïdes, trapus, en forme d’insectes, d’un cargo corellien YT hors d’âge. Au fond trônait le tape-à-l‘œil yacht nubian de Djarik, rutilant de chrome. Sur la rampe abaissée, qu’astiquait un astromech R3, deux hommes devisaient gaiement. L’un d’eux se retourna à l’approche du passeur. Almine reconnut Halard. Contrebandier lui aussi, le Corellien était celui qui l’avait introduit auprès de Djarik. L’homme, à l’aspect toujours propret et bien mis d’où son surnom de « Minet » lui fit de grands gestes. Almine gara la motojet à proximité. Le hangar sentait fort le cambouis et la sueur. Un entêtant bruit de statique bourdonnait. Halard, dès qu’il fut à portée de voix, salua Almine.
— Hé gamin !
— Salut Halard !
— T’as été convoqué toi aussi ?
— Il semblerait. Tu sais ce que nous veut la loche ?
— Toujours aussi grande gueule, hein Boucle d’or ? J’adore !

Almine ne put s’empêcher de remarquer que son confrère, parfois concurrent, avait pris un coup de vieux. Sa chevelure d’ébène, luisante de laque, s’illuminait d’argent sur les tempes.
— Encore qu’avec cette affaire d’Eriadu, tu ferais mieux de faire profil bas. taquina Halard, en lissant son bouc parfaitement taillé.
— Les nouvelles vont vite. soupira le passeur
— T’inquiètes pas. T’aurais depuis longtemps communié avec le compacteur d’ordures si Djarik t’en tenait rigueur.
— Merci de me rassurer Minet.
— A ton service ! éclata Halard d’un rire aussi bref qu’un coup de fouet.
— Plus sérieusement, tu es au courant de quoi ?
— De rien. Comme toi. Wilhem, le gars avec qui je discutais – son cousin est l’époux du chauffeur de Djarik – n’avait pas l’air au courant de quoi que se soit. Mais il m’a filé deux, trois tuyaux. Pas de quoi se faire de la masse de fric mais en la jouant finement, on peut en tirer quelque chose.
— Tu fais croquer ? lui demanda Almine, avide, car le jeune contrebandier savait que le surnommé Minet avait le don pour sentir les bons coups.
— Peut-être. Ecoute, on voit d’abord ce que le boss nous veut et on discutera plus tard autour d’un verre. Et pas dans ton bouiboui habituel ! Il devient trop mal fréquenté.

Almine tiqua. Aujourd’hui, il s’agissait de la deuxième fois qu’on lui faisait cette remarque. Almine voulut en savoir plus quand Roxas, l’intendant Givin, fit irruption. Doté d’un visage évoquant celui d’un squelette humain en train de fondre, le second de Djarik les entraina dans une série de couloirs ternes qui débouchèrent sur une vaste pièce. Les murs bruts de permabéton – vestige de l’ancienne fonction industrielle des lieux – contrastaient avec la nature festive du salon de jeux qui s’étendait devant le regard d’Almine. Le passeur ne put retenir un sifflement admiratif. Il n’était jamais venu dans les tripots de Djarik ; réglant toujours les deals avec le Hutt dans des coins plus communs du QG. Le jeune contrebandier devait reconnaître que l’organisation criminelle de son employeur actuel prenait visiblement de l’ampleur.

Sa perspective cassée par quatre massifs piliers, le salon, assez grand pour contenir l’entièreté d’un cargo YT corellien, bruissait de vie. Sous un gigantesque lustre de cristal, s’agitait une multitude joyeuse, bruyante, colorée. S’y croisaient joueurs, simples spectateurs et badauds dans un joyeux bazar de cris, de rires et de soupirs tandis qu’à chaque recoin de la salle s’enchainaient sans discontinuer gains et pertes. Au fond de la salle, sur un podium tout en néons criards, accompagnées d’une troupe de danseuses Twi’leks en transe, un groupe de rock local donnait un concert que nul n’écoutait tant tous étaient pris dans une frénésie de jeux et d’adrénaline. Les musiciens, eux-mêmes, avaient pleinement conscience de l’inutilité de leur show mais en dépit de cela, ils y mettaient toutes leurs énergies, leurs forces. Almine se surprit à secouer la tête en cadence.
Des droïdes ressemblant à des pieuvres, dont le bulbe figurant la tête était surmonté d’une couronne d’entonnoirs pointant le sol, lévitaient entre les convives, leur offrant à boire. Halard, marchant derrière l’impavide Roxas, héla un robot serveur. Tentacules ballantes, le droïde flotta délicatement jusqu’à eux. Puis, son verre d’un cocktail à la couleur douteuse en main, le Corellien reprit la suite de l’intendant qui attendait quelques pas plus loin, retenant son exaspération. Almine embraya derrière son camarade, repoussant à contrecœur l’offre du robot. Le jeune passeur savait que le Givin, sous ses airs flegmatiques, pouvait se révéler particulièrement vicieux. Durant ces deux dernières années, Almine avait été le témoin de l’ascension de Roxas au sein de l’organisation de Djarik. La fonction qu’il occupait maintenant cachait bien son statut véritable de numéro 2. Quelqu’un qu’on ne devait pas froisser et prendre à la légère comme venait de faire l’insouciant Minet.
Halard, comme si il avait lu les pensées d’Almine, se retourna vers ce dernier.
— J’adore le taquiner celui-là. Avec son visage, on a toujours l’impression qu’on va se faire écorcher vif dans la seconde qui vient.
— Tu joues avec le feu. le prévint Almine.
— Bien sûr mais le fun, il serait où sinon ? Faut juste savoir s’arrêter à temps. Halard jeta un coup d’œil au Givin fulminant. Et là, c’est le moment de calmer le jeu.

Halard hocha la tête en direction de Roxas, affichant le plus beau sourire faussement contrit disponible dans son arsenal. Le Givin sembla l’accepter et d’un geste ample invita Almine et le Corellien à continuer à le suivre.
Tout en traversant le salon de jeux, guidé par Roxas, Almine reconnut dans la foule compacte, se pressant autours des tables de dejarik, de sabacc et autres jeux d’argent ou de hasard, deux ou trois connaissances professionnelles.
Il distingua Illiam, un Quarren borgne spécialisé dans les braquages de banques, flanqué de son inséparable garde du corps – un droïde IG, d’un gris mat comme du granit, de classe 89 que tout le monde surnommait Équarrisseur – qui s’excitait devant une retransmission holographique d’un match de rugball. Un peu plus loin, il vit Marn le Troisième, un Snivvien réputé pour être l’un des cambrioleurs les plus performants de tout Taris ; ils avaient voyagé ensemble une fois ; Almine convoyait des statues que Marn venait de dérober. Le non-humain, d’une taille n’excédant pas les un mètre trente, à la mâchoire protubérante d’où dépassaient des crocs émoussés, le salua d’une main pleine de jetons et disparut dans la foule.
Almine aperçut une démarche chaloupée familière, glissant d’une table à l’autre. Owen, en dépit de l’exploit peu commun de s’être fait viré de pas moins de cinq différents gangs de fonceurs, se prétendait le meilleur pilote de speeders de tout Taris. Djarik l’embauchait à l’occasion ; il servait de conducteur pour des extractions. Finissant systématiquement par bousiller le véhicule qu’il pilotait.
— Je ne sais pas c’est quoi la mission de Djarik mais s’il engage ce wermo d’Owen, je ne suis pas sûr de vouloir en être finalement. commenta Halard. On n’est jamais certain de rentrer en un seul morceau avec ce débile. Si la connerie avait une masse, Owen serait un putain de trou noir.

Almine, bien au fait de la désastreuse réputation d’Owen, gamin âgé d’à peine d’une vingtaine d’années, acquiesça d’un hochement de tête entendu. Le jeune contrebandier était plus intéressé par l’endroit où les menait Roxas. Ça et là, la salle de jeux abritait des petits salons VIP, enchâssés dans les murs ou en hauteur accessibles par des escaliers férocement gardés par des Gamorréens, ridicules dans leurs costumes de soirée.
Le Givin les conduisit à l’un de ses salons, un cube de verre qui s’enfonçait à moitié dans l’angle du mur du fond. Le brouhaha de la salle de jeux s’estompa lorsqu’ils franchirent le petit sas qui séparait l’alvéole privée du reste de la salle de jeux. A l’intérieur, la pièce se composait d’un ensemble de divans et sofas entourant une table basse projetant, sur sa surface nacrée, une variété de divertissements tactiles; derrière les sièges, Almine aperçut quatre petites tables de jeux. Le mur du fond accueillait un minibar automatisé. Installés sur un grand canapé de cuir à l’aspect particulièrement confortable, Buu et les Jumelles attendaient, fixant un écran posé sur le mur face à eux.
— Tiens, Djarik a fait venir Sark. chuchota Halard dans le creux de l’oreille d’Almine.

Ce dernier suivit le regard de son collègue qui se portait sur un Nikto, à la peau parcheminée, couleur du cuivre, qui jouait sur son databloc, assis sur un fauteuil à l’écart.
— Sark ? Connais pas. lui murmura Almine.
— C’est tant mieux pour toi. C’est l’ancien chef de la sécurité des Frères Yoppa et Yaga.

Almine frémit à la mention des deux terribles frangins Hutts qui, avant leur fatal accident de navette l’année précédente, avaient la mainmise sur tout le Secteur Equatorial. Il n’avait jamais eu à faire avec eux mais les rumeurs sur leur férocité suffisaient à lui provoquer des frissons de dégout. Fort heureusement, Yoppa et Yaga étaient désormais de l’histoire ancienne.
— Quoique nous propose Djarik, ça promet du lourd. Du très, très lourd. souffla un Halard excité.

Almine, lui, ne sentait pas si enthousiaste. Le comlink de Roxas bipa ; le Givin s’excusa et disparut derrière un sas en forme de losange qui donnait sur le reste du complexe. Almine prit place face à Tazz et Jazz qui ne daignèrent pas lui jeter le moindre regard. Sans trop savoir pourquoi, le contrebandier se sentait un peu vexé. Halard alla saluer Sark qui répondit par un raclement de gorge sinistre ; hésitant, le Corellien finit à son tour par s’assoir. Il entama une conversation avec Buu.
Quelques minutes plus tard, l’intendant revint, accompagné par trois nouvelles têtes : Maitre Faulace, marchant en tête, angoissé et fébrile, suivi de Marn et d’un homme d’une quarantaine d’années, cheveux coupés courts, la peau ébène, vêtu d’un uniforme militaire beige, semblable à ceux de feue la Nouvelle République auquel on aurait arraché tous les insignes. L’air maussade, celui qui était visiblement un ancien soldat ignora les autres et s’installa bien à l’écart du groupe. L’avocat salua l’aréopage hétéroclite qui l’accueillit avec un haussement de sourcils. Le Snivvien, la mine enjouée, se dirigea d’un pas décidé vers le bar.
Une sonnerie mélodique, ponctuée de fritures, retentit. Roxas claqua sèchement des mains ; les vitres donnant sur le salon s’opacifièrent. Puis il se rendit, à grandes enjambées, vers un pupitre près du bar. Il appuya sur un bouton clignotant, le meuble s’ouvrit en deux dévoilant un intercom. L’appareil grésilla faiblement lorsqu’il se mit en route ; de l’autre coté du micro, Djarik. Le parrain Hutt s’exprima dans sa langue natale sous la traduction quasi-simultanée de son intendant Givin qui, pour l’occasion, prit un ton obséquieux :
— Le Grand Djarik dit : Bienvenue à tous. Le Grand Djarik est sûr que vous vous demandez tous pourquoi il vous a convoqué. Il s’excuse de ne pas pouvoir vous recevoir tout de suite ; il a des affaires à expédier avant de vous exposer son offre. Mais il vous assure que cela vaut le coup d‘attendre. Ainsi a parlé Djarik.

Dans un crépitement sinistre, le haut-parleur se tut. Un bruissement de chuchotements traversa les convives. Almine se demandait quel genre de travail Djarik avait à proposer ? Quel genre de boulot nécessitait la réunion de tant de personnes aux compétences si variées ?

Plus d’une demi-heure plus tard, les réponses aux questions d’Almine n’étaient toujours pas arrivées. Tout comme Djarik qui tardait à se montrer. À se montrer ou tout simplement à faire état de son offre d’emploi. Travail qu’Almine ne souhaitait pas vraiment accepter. L’assemblée réunie dans le salon de jeux lui indiquait que cette mission revêtait des aspects, si ce n’est dangereux, tout du moins faisant appel à une forme ou autre de violence. Le contrebandier aimait rester prudent, discret, évitant, si possible, les confrontations directes. A priori, il n’en était rien pour ce futur boulot. Toutefois, il se garda bien d’émettre à haute-voix commentaires et doutes.

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Modifié en dernier par Tenebrae le Ven 06 Mai 2016 - 12:39, modifié 1 fois.
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Messagepar L2-D2 » Mer 04 Mai 2016 - 15:12   Sujet: Re: Dans les Ombres n°2 - La nuit des Rakghouls (05/20)

Chapitre 5 lu !

La tension continue de monter crescendo, pendant tout le Chapitre on se dit qu'on va finir par en savoir davantage, par rencontrer Djarik... et bien non ! Ce sera pour la prochaine fois ! Pas grave, tant tu sembles prendre plaisir à nous présenter les différents personnages à travers les regards d'Almine et du nouveau-venu "Minet" ; une belle brochette de cas, qui laisse effectivement présager du pire pour cette mission !

Mais de quoi s'agit-il précisément ? Et comme tout bon film d'horreur, on finit par se demander où, quand et comment un (plusieurs ?) Rakghoule(s) va (vont) finir par débarquer ! :sournois:

La suite, viiiite ! :)
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