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Le règne de Grievous - Livre I [FIN]

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Messagepar L2-D2 » Lun 13 Aoû 2018 - 19:39   Sujet: Re: Le règne de Grievous [Chapitre 15]

Chapitre 15 lu!

C'est le retour du "Règne de Grievous"!!! :)

Bon petit Chapitre, avec le retour du Général et uneclarification sur les différentes intrigues, du coup le Chapitre est très accessible malgré le long hiatus de publication.

Vivement la suite! Mais qu'à donc prévu Grievous?
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar Niobi » Lun 13 Aoû 2018 - 21:15   Sujet: Re: Le règne de Grievous [Chapitre 15]

darkCedric a écrit:Et oui, je suis de nouveau motivé ! Car il y a une autre fanfic qui est sortie et qui vient marcher sur mes plates-bandes avec une infinity post-épisode 3

Et oui... Et ils se débouillent plutôt bien. 8) [Stat "Motivation" augmente de 1000].

Un retour du Règne de Grievous va permettre d'avoir double contenu prélogique avec des protagonistes connus. Je ne dis pas non.
J'avais oublié le coup des noms de forumeurs dans la fic, 'me suis laissée surprendre de nouveau.

Bravo, continue comme ça ! :) Et comme dirait le vieux Kamaji "Commence par finir ce que tu commences !"
Brave is the man who has no fears. Braver is the man who faces his fears...

// Let's smash ! [NJ S@L ♥] // "Make something better today than you did yesterday" - S. Miyamoto.
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Messagepar LL-8 » Ven 17 Aoû 2018 - 13:06   Sujet: Re: Le règne de Grievous [Chapitre 15]

Lu (et oublié de commenter :transpire: ) !

Alors déjà, très bonne idée le résumé au début, ça m'a replongée dans l'histoire sans avoir à relire les 14 chapitres.
Ensuite, très bon chapitre! Franchement, le style est toujours aussi bon, et l'histoire prenante. J'espère que la suite viendra bientôt !

Seul bémol pour moi: l'orthographe et la grammaire. Je sais qu'on t'en a déjà parlé et je vais pas te lister les fautes, mais par moment, ça m'a sortie du récit. Donc, 'tention avec les fautes, et hésite pas à te faire relire ;)

darkCedric a écrit:Et oui, je suis de nouveau motivé ! Car il y a une autre fanfic qui est sortie et qui vient marcher sur mes plates-bandes avec une infinity post-épisode 3

Je vois pas de quoi tu parles :siffle:

Niobi a écrit:J'avais oublié le coup des noms de forumeurs dans la fic, 'me suis laissée surprendre de nouveau.

J'avais zappé aussi, ça m'a fait bizarre :lol:
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Messagepar darkCedric » Dim 02 Fév 2020 - 0:08   Sujet: Re: Le règne de Grievous [Chapitre 16]

Bientôt, le chapitre 16, avec le destin de Besna et la fin du projet inquisiteur. Après, je pense qu'on adoptera un rythme mensuel.


Un an, un mois, c'est un peu près la même chose, non ? :paf:

Je pense que tout le monde ou presque avait oublié l'existence de cette fan-fic. Il faut dire que je m'en étais pas mal lassé : le Règne de Grievous avait ainsi dégringolé à la fin de la liste des fan-fics, juste au bord du gouffre des Récits Inachevés. Ça faisait de la peine de le voir là.

Et puis, il y a quelques temps, j'ai a nouveau eu envie de me pencher sur cette histoire. Je vais pas faire la connerie d'annoncer un rythme comme la dernière fois. Je compte écrire les prochains chapitres quand l'envie viendra. Ainsi, même si le rythme est chaotique et franchement casse-bonbons, vous serez sûr d'avoir un récit écrit avec passion et amour. C'est également l'occasion pour moi de brosser mon intrigue, de la réfléchir, et de faire évoluer mon style.

Bref, comme dit il y a plus d'un an, ce chapitre 16 nous contera les suites des péripéties de Besna, jedi capturée par l'Empire, et de son rôle dans le projet Inquisitorius.

Bonne lecture, et que la Force soit avec vous !




Sommaire
<<Chapitre précédent
Chapitre suivant>>

Chapitre 16 :
Balade Nocturne





Besna était réveillée depuis un long moment déjà lorsque les clones vinrent la trouver dans sa cellule. A vrai dire, elle n’avait pas fermé l'œil de la nuit. Les quelques fois où elles s’étaient endormis, ces rêves avaient été peuplés de cauchemars où elle se revoyait tuer la jeune Tia. Elle se réveillait alors, le corps couvert de sueur. Où vont-ils m'emmener cette-fois ci ? Se demanda-t-elle. Allaient-ils encore la contraindre à exécuter un de ses frères ou sœurs jedi ? Elle serra machinalement les poings.

Les cinq clones étaient postés devant la cellule : l'un d'entre eux s'avança jusqu'à la porte énergétique.
– Reculez dans le fond, dos tourné, jedi.
Besna se leva. Vont-ils m’exécuter ? Elle ne sentait pas chez eux cette sensation qu'éprouvait d'ordinaire les êtres conscients avant de commettre un meurtre. Il s'écoula quelques secondes avant qu'elle n'entende la porte de sa cellule se désactiver, et des bruits de bottes descendre les marches dans son dos. Un seul, d'après ce qu'elle avait entendu. Mais elle savait qu'au moindre écart, les quatre autres pourraient la tuer à vu depuis l'entrée.

– Déshabillez-vous, lança la voix à quelques mètres derrière elle, à moitié étouffé par le casque.
La falleen haussa un sourcil. C'est une habitude dans cette prison... Elle saisit tout de même le bas de la tunique dont on l'avait vêtue et la passa au-dessus de sa tête avant de la jeter dédaigneusement dans un coin. Elle sentit un léger courant d'air sur ses écailles nues, sans que cela la gêne. Elle demeura immobile, les mains tendus le long du corps.

– Mettez-vous dos au mur, les mains en évidence.
Elle s'exécuta en fixant le mur. Elle entendit des pas s'approcher : une main gantée lui saisit le bras avant qu'une épaisse paire de menottes ne vienne lui emprisonner les poignets. Le clone lui saisit l'épaule et la fit tourner vers l'entrée.
– Maintenant avance, traîtresse ! Lui intima-t-il en lui agrippant l'épaule.
Elle sentit également un objet métallique se coller entre ses omoplates et qu'elle devina être le canon d'un blaster. A l'extérieur de sa cellule, le reste des clones l'attendait, deux de chaque côté de la porte. Elle sentit une pointe de stress particulière chez eux disposés à gauche.

– Où est-ce que vous m'emmenez ? Demanda-t-elle tout en grimpant les marches.
– Ça ne te regarde pas.
– Pourquoi est-ce que j'ai besoin d'être nue ?
– Ça, c'est pour notre petit plaisir !
Le petit rire qu'il émit lui fit pousser un soupir d'exaspération. Elle entendit la porte de sa cellule se refermer.
– Tu te souviens peut-être pas, mais tu nous as mis au tapis lors de notre premier jour ici, jedi.
– Faut dire qu'elle est plutôt musclée, commenta l'un des deux clones de droite.
Besna se souvenait parfaitement de cet épisode. Le clone qui la tenait par le bras et semblait prendre plaisir à son entreprise devait être celui dont elle avait déboîté la mâchoire.

On lui fit signe d'avancer vers la droite. Les deux clones qui se trouvaient de ce côté ouvrirent la marche quelques pas devant elle, et les trois autres la suivaient. Besna sentit le poids du blaster s'évanouir de son dos tandis que son géôlier mettait quelques pas entre elle et lui. Elle tâcha toutefois de garder une allure lente, et d'éviter les longues enjambées pour rester près de lui.

– En tout cas, les gars de la 7e avaient raison ! Intervint une voix dans son dos.
– Ils l'ont vu ? Demanda un autre devant elle au moment où ils prenaient un embranchement.
– Ouais, ils étaient allés la voir se doucher pendant leur pause. Il paraît que le commodore Cerid était là aussi.
– Coeur de Glace ? Elle a réussi à le réchauffer ?

Plusieurs d'entre eux s'esclaffèrent. Besna se contenta de serrer les poings : la simple mention de ce nom lui avait provoquer un frisson glacial dans la nuque.
– En tout cas, on a du bol, commenta un autre avec ironie, ceux de la septième l'ont vu que de dos.
– On devrait peut-être passer dans leur secteur alors...
Elle entendit la voix de « Machoire » à proximité de son oreille
– Je vous savais pas aussi partageur, les gars. De toute façon, on a des ordres. Pas de détour.

Les clones émirent des grognements de déception, mais ne discutèrent pas. La falleen ne leur prêta pas attention, regardant discrètement autour d'elle. Ils n'avaient croisés aucune autre patrouille pour l'instant. Depuis sa cellule, ils étaient partis sur la droite, avant de tourner à gauche, deux fois à droite, tout droit, puis à droite. Tous les couloirs se ressemblaient, avec leurs lignes droites et leur teinte grisâtre ; la structure presque labyrinthique semblait faite pour égarer les éventuels fuyards. Ils prirent de nouveau à droite, dans un petit couloir exigu. Besna sentit la Force lui murmurer. Elle détendit ses cervicales dans un craquement parfaitement perceptible.
– On s'étire, jedi ? Ricana un clone à l'avant en tournant la tête vers elle.

Pour toute réponse, elle projeta brusquement sa tête en arrière. Derrière elle, il y eut un bruit de verre brisé suivit d'un bref cri. Le clone qui riait un instant auparavant réagi au quart de tour et leva son blaster dans sa direction, avant que sa jambe ne frappe son tibia et que son genou trouve le point faible entre son casque et sa plaque pectorale. Son collègue fut plus lent à réagir : Besna lança la Force dans sa direction, le projetant violemment contre le mur gauche dans un bruit d'os brisés.

– Prenez- la vivante ! Hurla Mâchoire derrière elle.
Besna sentit son poids dans son dos : d'une poussée sur ses jambes, elle se propulsa dans les airs. La falleen aperçut le clone en-dessous d'elle, tête en bas, avant de retomber dans son dos, ses mains entravés lui emprisonnant le cou. Elle tira violemment en arrière tout en fléchissant ses jambes. Il y eut un horrible bruit de craquement et le clone s'écroula. D'un mouvement agile, elle pivota sur elle-même pour éviter les tirs paralysants que lui destinaient les deux clones restants et projeta le corps dans leur direction. Celui lui laissa assez de répits pour s'élancer vers eux : deux coups et elle fut débarrassé d'eux.

Elle ne jeta qu'un bref regard aux cinq corps et s'agenouilla près de celui qui lui avait passé les menottes et qui gisait devant elle, la nuque brisée. Elle prit la légère carte d'un bleu-gris et la passa dans la fente des menottes : il y eut comme une légère pulsion électrique et elles tombèrent au sol Elle se massa un instant les poignets avant de lui palper le corps. Il n'y avait pas de plans du bâtiment dans les couloirs : pour ce repérer, les clones devaient... Ah voilà ! L'objet de forme ronde tenait dans la paume de sa main. Sur son écran, elle pouvait voir un plan en deux dimension de la prison. Je dois retrouver les autres, mais je vais avoir besoin de mon sabre, réfléchit-elle. Il devait y avoir une armurerie à proximité : c'était sans doute là-bas qu'ils garderaient son arme. Ses doigts commencèrent à détacher l'armure du clone avec habilité. Il serait plus simple d'y accéder sans se faire remarquer...

Elle tourna brusquement la tête : seul ses réflexes de jedi lui permirent de survivre. Le tir de blaster passa à côté de son crâne et vint éclater contre le mur.
– Tuez-là ! Cria l'un des clones qui venait de surgir de l'angle du couloir.

Besna se releva brusquement et tendit la main. Un blaster vola jusqu'à sa paume. D'un habile mouvement, elle se retourna et ouvrit le feu : deux clones tombèrent au sol. Elle courût dans la direction opposée. Elle se retourna à moitié dans sa fuite, tirant dans la mélée. Ses tirs tuèrent un troisième clone. Les autres disparurent de son champ de vision alors qu'elle tournait. La falleen pouvait sentit son pouls tendit qu'elle courait à grande enjambée. Derrière elle, elle entendit les pas de ses poursuivants. Elle jeta un regard dans son dos, juste à temps pour voir un casque blanc apparaître à l'angle, bientôt suivit d'une paire de jambes. Elle tira dans sa direction, le toucha au thorax. Mais déjà, il disparaissait de son champ de vision.

Ses yeux se portèrent sur sa carte : l'armurerie était seulement à quelques intersections de là. Le hurlement strident d'une alarme ne tarda pas à résonner tout autour d'elle. La falleen força le pas. Elle continuait à jeter des regards derrière elle, même si ces poursuivants semblaient l'avoir perdue.

Elle arriva bientôt jusqu'à une intersection. Devant elle, le couloir continuait en ligne courbée. A sa droite, un autre plus court s'ouvrait, débouchant sur un troisième qui le coupait perpendiculairement. L'armurerie devrait ensuite se trouver un peu plus loin à gauche. Elle se figea : des bruits de pas, provenant de ce troisième couloir. Une patrouille.

Elle se colla vivement contre le mur, juste à côté du couloir de droite. Sa main tenait solidement son arme, le bras tendu près de son visage. Prudemment, elle jeta un coup d’œil. A l'autre bout du couloir, elle vit passer la patrouille. Ils devaient être une bonne vingtaine, marchant deux par deux. Aucun ne jeta un simple regard au couloir qui s'ouvrait à leur droite. Par chance, ils revenaient de l'armurerie.

Elle les vit rapidement disparaître. Elle s'engagea d'un pas léger dans le corridor, et passa sa tête dans l'angle. Elle regarda la patrouille de dos : lorsqu'ils furent suffisamment éloigné, elle s'élança dans la direction opposée. La Force se fondit dans ses jambes, la propulsant encore plus rapidement et rendant son environnement presque flou autour d'elle. L'alarme sifflait toujours à ses oreilles. Du coin de l’œil, elle aperçut une caméra de sécurité, qui disparût rapidement derrière elle. Les surveillants derrière leur écran n'avaient du voire d'elle qu'une forme verte et floue, s'ils l'avaient vu...

La porte de l'armurerie apparut bientôt devant ses yeux. Elle n'était pas gardée. La falleen se tourna vers le panneau de contrôle. Au-dessus des principaux boutons se trouvait un mécanisme prenant la forme du symbole de la République. La falleen sentit la joie montée en elle : ce nouvel Empire n'avait pas encore effacé toutes traces de la République et des jedi. Elle leva la main et utilisa la Force : le mécanisme sembla s'extraire du tableau, tourna plusieurs fois sur lui-même avant de reprendre sa place. Une lumière verte clignota et la porte s'ouvrit. La falleen se glissa à l'intérieur...

Cinq clones l'attendaient, leurs blasters pointés sur elle. Ils n'étaient pas seuls : un garde rouge semblable à ceux qui gardaient auparavant le chancelier était parmi eux, une pique de force à la main. Un piège !

Besna n'eut pas le temps de réfléchir : elle sauta sur le côté derrière une étagère remplie de blaster, et profondément enfoncée au sol.
Les tirs qui lui étaient destinés touchèrent la porte dans un bruit de tonnerre. A quatre pattes, elle se déplaça rapidement à couvert, tirant à l'aveuglette derrière elle. Les décharges de blasters sifflaient au-dessus de sa tête. Elle se remit debout et d'un bond, sauta par-dessus l'obstacle pour se réceptionner au milieu d'une autre rangée d'étagères.

Son blaster cracha une décharge en direction d'un clone qui n'avait pas eu le temps de se mettre à couvert, le touchant à la jambe. Mais déjà, les autres resserraient leur prises autour d'elle. Une décharge la toucha à l'épaule, là même où se trouvait son tatouage qui prouvait son appartenance aux gardiens du Temple. La douleur la fit grincer des dents, mais elle ne s'en soucia pas longtemps.Elle jeta un coup d’œil scandalisé à son épaule blessée, et à la trace noirâtre qui avait souillé le symbole. Elle tourna vivement la tête, se souvenant que le moment était mal choisi. Trop tard.

Une décharge lui vrilla la main, et son blaster tomba au sol. La falleen analysa rapidement la situation, se jeta dans un rayons de l'étagère : elle sentit le fatras d'armes et d'objets métalliques lui griffer les écailles du dos, avant qu'elle ne tombe de l'autre côté. Elle entendit les pas autour d'elle, et aperçut deux soldats déboucher devant elle. Je suis perdu, pensa-t-elle.

Soudain, elle ressentit une émanation à proximité. Une énergie familière. La sienne. Elle sentit son corps se détendre, et la Force lui murmurer paisiblement à l'oreille. Elle tendit la main. Il y eut un bruit à proximité, avant qu'un objet de forme cylindrique ne vienne rejoindre sa paume. D'un saut, la falleen se redressa. Ses doigts trouvèrent le bouton d'activation d'eux même et la lame jaune de son sabre surgit devant son visage. Elle était redevenu maître du combat.

Les clones ouvrirent immédiatement le feu : la falleen leur renvoya leur tir dans la poitrine. D'un pas vif, elle pivota vers deux autres clones qui s'avançaient dans son dos. Elle décapita le premier et enfonça sa lame dans le torse du second.

Le garde écarlate ne tarda pas à surgir d'une rangée d'étagère, sa pique de Force pointée vers le torse de la falleen. La surface de ces armes étaient parcourus d'énergie, infligeant des décharges électriques, et leur permettant également de ne pas être coupée au contact d'un sabre laser. La plupart des piques de force étaient incapacitantes, mais Besna pouvait sentir qu'une décharge de cette pique là pouvait la tuer.

Elle esquiva son premier coup, puis visa la tête. Le garde intercepta l'attaque. Celui là n'est pas du même moule que les autres. Besna recula légèrement : l'autre s'avança vers elle, la pique en avant. D'un mouvement de l'avant bras, la falleen fit tourner son sabre. Le garde l'intercepta au niveau de sa poitrine, mais ne put bloquer la seconde lame. Il y eut un grand bruit de métal froissé et son adversaire lâcha sa pique qui roula au sol. Il demeura un instant figé ; puis son buste se sépara de son bassin et les deux morceaux s'effondrèrent.

Besna regarda un instant les corps autour d'elle et désactiva son sabre. Elle jeta un coup d'oeil à son épaule brûlée. Elle la toucha de la main, émit un petit bruit. Un grand fracas lui fit tourner la tête. Le clone qu'elle avait touché à la jambe tentait en vain de ramper jusqu'à un blaster. D'un geste de la main, elle envoya l'arme à l'autre bout de la pièce et s'agenouilla devant lui.
– Où sont les autres jedi ? Lui demanda-t-elle avec un geste de la main.
– Je...Je...
Elle refit le même geste, en puisant d'avantage dans la Force pour augmenter la suggestion mental. Le clone hésita un instant :
– Dans...Dans une cellule, lâcha-t-il d'une voix pâteuse.
– Où se trouve cette cellule ?
– Secteur 11, section 38.

La falleen baissa un instant les yeux sur la carte qu'elle tenait toujours fermement dans sa main et consulta la section indiquée.
– C'est un cul-de-sac.
– O...oui. La cellule forme le cul-de-sac.
La falleen pouvait sentir qu'il ne mentait pas.
– Très bien, merci.
D'un geste sec, elle lui asséna la garde de son sabre sur le crâne, l'assommant. Puis, d'un pas rapide, elle sortit de la pièce.


L'endroit indiqué se trouvait presque à l'extrémité opposée de la prison. Besna s'attendait à tomber sur d'autres patrouilles, mais il n'en fut rien. Tout cela n'est pas normal... Elle secoua légèrement la tête, chassant la pointe d'inquiétude. Le couloir n'était ni trop large ni trop petit, mais particulièrement long. A son extrémité, Besna aperçut la cellule et son bouclier énergétique rougeâtre. A l'intérieur, elle sentit une présence qu'elle connaissait bien. Son cœur fit un bond dans sa poitrine et elle s'élança à pleine vitesse. La forme sombre, dos au mur de la cellule, se leva vivement.

– Besna ! S'exclama Bant Eerin. Tu es vivante ! Et... Qu'est-ce que tu fais dans cette tenue ?
– Je t'expliquerai plus tard, répondit la falleen en riant de soulagement.
La mon-calamari semblait épuisée et une solide paire de menottes semblable à celles que Besna portait auparavant lui emprisonnait les mains devant elle. Mais - la Force soit louée - elle était vivante !

– Où sont les autres ? l'interrogea Besna.
– Ils les ont emmené il y a un moment déjà. Du moins, ceux d'entre nous qui étaient encore vivants.
Besna sentit sa poitrine se serrer. Elle repensa à la jeune Tai qu'elle avait été contrainte de tuer pour abréger les souffrances. Ainsi, ces camarades avaient eu à faire le même choix.
– Je vais te sortir de là, lui promit Besna en posant la main sur le bouclier.
Son regard parcourut le plafond et les parois autour, cherchant un détail.
– L'énergie de ce bouclier doit provenir de quelque part. Si je peux couper le transmetteur d'én... Bant !

La mon-calamari se retourna vivement. Un cercle venait de s'ouvrir du plafond, révélant une tourelle. Celle-ci se mit immédiatement à cracher ses rayons ardents. Besna vit avec horreur les tirs pourfendre son amie et s'écraser contre le bouclier. La mon-calamari poussa un bref râle, les yeux écarquillés, avant de s'effondrer contre la barrière d'énergie. Besna s'entendit pousser un cri. ses genoux cédèrent sous elle et elle tomba en avant. Ses lèvres s'ouvrirent sur un murmure, sa main toujours posée contre le bouclier.
– Bant...
– Tu devrais plutôt t'intéresser à ton sort, plutôt que de pleurer sur cette misérable créature, ricana une voix derrière elle.

La falleen se redressa vivement. Elle connaissait cette voix... Elle sentit un grand froid l'envahir, qui n'était pas dû à sa température corporelle. Elle se retourna. Var avançait vers elle, les mains dans le dos. Le pau'an ne portait plus sa tunique de gardien du Temple, ni même la tunique de prisonnier qu'il avait la dernière fois qu'elle l'avait vu, mais un uniforme gris renforcé à la poitrine, aux épaules et aux jambes par une armure nuit. Le rougeâtre de certaines zones de son visage notamment sous ses paupières, et qui tranchait avec sa couleur grisâtre, ressemblait plus que jamais à du sang. Il souriait, dévoilant ses dents pointus. Mais ce n'était pas ce qui effrayait Besna : elle pouvait sentir le côté obscur émaner de lui.

Le pau'an s'arrêta à quelques mètres d'elle, et la détailla des pieds à la tête.
– Tu t'es vraiment échappée comme ça ? Quel courage...
La falleen alluma son sabre et les deux lames illuminèrent le couloir de leur éclat jaunâtre.
– C'est toi qui l'a tué, n'est-ce pas ?

Le pau'an se contenta de rire.
– C'est pour ça qu'elle était restée là : pour que tu la voie mourir. Elle ne méritait pas de s'élever.
– Et j'imagine que c'est aussi toi qui m'a facilité l'accès jusqu'ici, en ne mettant pas de patrouilles sur mon chemin. De même que tu savais que j'irai à l'armurerie.
Un test, encore, songea-t-elle amèrement.

– Je te connais depuis tes années, Besna. Je sais comment tu fonctionnes : ça n'a pas été compliqué de prévoir tes mouvements. Malgré tout ce qui c'est passé, tu restes fidèle aux idéaux jedi.
La falleen s'avança de quelques pas et lui fit fièrement face, le sabre tendu vers le bas. Ses yeux plongèrent dans ceux maintenant jaunâtres de celui qui était auparavant un des siens.
– Contrairement à toi, lui jeta-t-elle d'un ton de mépris. Tu as préféré rejoindre l'Empire pour sauver ton existence, rejoindre ceux là même qui ont tué tes frères et sœurs, ta famille...

– Ce n'est pas qu'une question de survie, lui répondit-il en faisant les cent pas devant elle. L'Empereur m'a montré ce qu'était le véritable pouvoir. La colère, la haine, le plaisir de tuer... Toutes ces émotions que les jedi nous ont appris à contenir. Cette puissance pure et libératrice !
Tout en parlant, sa main gauche effectuait de lents gestes circulaires, comme ceux d'un orateur récitant un discours appris par cœur.

– Le côté obscur n'apporte pas le pouvoir, seulement l'illusion de la puissance. Var, je t'en prie...
– Tu ne sais pas de quoi tu parles Besna. Mais tu le découvrira bientôt.
Sans avertissement, il se jeta sur elle. Il lui fallu juste un bond pour couvrir la distance entre eux. Besna leva son sabre juste à temps pour parer. Elle se courba pour éviter son prochain coup, sentit la lame de plasma jaune frôler son dos.

Elle se jeta sur le côté pour atterrir, accroupie, dans son dos. Mais Var avait déjà pivoté pour intercepter son sabre. La falleen fixa le visage de son adversaire derrière leurs deux sabres entrechoqués. Il semblait tirer un vrai plaisir de cet affrontement. D'un brusque mouvement de son arme, le pau'an la repoussa en arrière. Besna mit quelques pas de plus entre eux, le souffle court. Il a toujours été rapide...

– Je sens que je vais vraiment prendre plaisir à ça, rit l'ancien jedi en faisant jouer son sabre à deux lames.
Son arme de garde du Temple. Besna chassa cette pensée de sa tête. Elle devait se concentrer sur le combat. Il est dos au bouclier à présent. Il faut que j’arrive à l'acculer. Elle suivit des yeux le pau'an qui marchait en demi-cercle devant elle. Le couloir était suffisamment large pour qu'il essaye de la contourner. Il souriait toujours, les yeux en proie à une flamme qui ne semblait pouvoir s'éteindre.

– Var, il n'est pas encore trop tard.
Le pau'an se dirigeait maintenant vers son flanc gauche, un sourire de prédateur sur le visage.
– Tu n'y crois pas, n'est-ce pas ?
Non, je n'y crois pas.
Elle sauta dans sa direction, tout en projetant une vague de Force vers lui. Le pau'an fut projeter en arrière : il se réceptionna presque à l'horizontal, les jambes fléchies et le torse près du sol, tandis que sa main gauche griffait le sol. Il se redressa, juste à temps pour réceptionner avec son sabre la lame que Besna lui destinait, avant de contre-attaquer.

La falleen para ses coups, tout en essayant de le faire reculer. Le pau'an sauta sur le côté, en visant son flanc droit. Besna bloqua l'attaque, juste à temps pour voir le pied de son adversaire pivoter vers elle. Elle n'eut pas le temps de l'esquiver et sentit le coup la frapper en dessous des côtes. Le choc la fit reculer de quelques pas, et son dos heurta le sol. Elle vit Var fondre sur elle dans un mouvement circulaire de son arme. Ses jambes se remirent aussitôt en action : elle fit un salto arrière, esquivant la lame de Var qui fendit le duracier du sol. Sans attendre, le pau'an repassa à l'attaque en faisant tournoyer son sabre.

D'un mouvement agile, la falleen dévia le coup d'une lame et, se glissant sur son flanc, fit pivoter son sabre. Sa deuxième lame le toucha à l'épaule, imprimant une entaille de métal fondu sur sa plaque d'armure. La falleen se retourna, prête à porter le dernier coup. D'un seul coup, le pau'an pivota , la posture courbée, tel un prédateur. Toute trace de plaisir avait quitté son visage maintenant crispé par la rage. Dans un cri, il plongea sur elle, visant sa poitrine.

Besna intercepta sa lame de peu, sentit la chaleur du plasma sur sa peau. La tactique de var avait complètement changé, comme si la colère l'avait rendu plus rapide. Besna recula vivement en direction du couloir sous son avalanche de coup. Elle bloqua un nouveau coup d'un mouvement en avant. Elle sentit son pied faillir, perdit légèrement l'équilibre. Ce fut assez.

Elle vit brièvement la deuxième lame de var remonter vers elle, puis un éclair jaunâtre. Un cri de douleur franchit brièvement ses lèvres. Ses yeux écarquillés se portèrent un instant sur le moignon fumant de son bras gauche. Son avant bras était tombé à ses pieds, ses doigts serrant toujours son sabre.

Elle fut violemment projeté en arrière : sa tête heurta le mur dans un grand bruit. Elle vit des mouches voler devant ses yeux, le sol se ruer à sa rencontre. Puis, le noir.


***


Son univers était toujours sombre. Je suis vivante, pensa-t-elle. Elle avait conscience de son corps, même s'il lui semblait lointain, et de la Force qui coulait en elle. Elle n'arrivait pas à bouger, pour le moment. Elle perçut des bribes voix, confuses, qui parlaient.
– Dizaine de clones... Impressionnant... Nox... Pression cardiaque...Pas tardé...
– Forte... Sera parfaite...

Je connais cette voix, se rendit-elle compte. C'était celle de Var. Les souvenirs de leur affrontement lui revinrent en mémoire. Le pau'an devait la tenir prisonnier. La première voix lui était inconnue.

Elle sentit le sang remonter vers son visage. Lentement, sa conscience sembla reprendre des forces. Au prix d'un grand effort, elle battit des paupières. La lumière lui brûla les yeux. Elle ne distinguait rien d'autre qu'un grand brouillard luminescent.
– Elle commence à se réveiller, déclara une grande forme floue devant elle. Vous aviez raison, seigneur, elle est forte.
– Ne vous l'avais-je pas dit, conseiller ? Intervint la deuxième forme qui devait être Var. Elle est la seule d'entre eux à s'être échappée.
– Nous allons nous occuper d'elle. L'Empereur reçoit ces congénères en ce moment même.

Sa vue commença à s'éclaircir et elle put bientôt contempler son environnement. Elle se trouvait dans une pièce sombre, dont la seule lumière provenait d'un projecteur quelque part au-dessus d'elle. D'après ce qu'elle pouvait ressentir, elle était attachée à ce qui ressemblait à un fauteuil médical. Var se tenait à quelques mètres d'elle, et la fixait en souriant. A côté de lui se trouvait l'humain le plus étrange que Besna ait jamais vu. Sa peau pâle laissait voir les nombreuses veines bleuâtres qui lui parcourait le cou et le visage. Son aspect dégingandé était particulièrement grotesque.

Une légère douleur lui fit baisser les yeux vers son bras gauche. Mon bras gauche. Une équipe de petits droides chirurgiens étaient occupés à rattachés son bras sectionné. Leurs petites aiguilles et lasers de précision rattachaient les nerfs et la chair, ne laissant comme souvenir de son amputation qu'une balafre zébrée et dépourvue d'écailles qui faisait le tour de son bras.

– Bienvenue parmi nous, Besna Winsum, se présenta l'humain en prenant compte de son réveil. J'espère que votre sommeil a été réparateur.
– Vous auriez pu me rhabiller, commenta la falleen d'un ton railleur.
– Nous avions d'autres priorités sur le moment, comme sauver votre bras, répondit-il en s'approchant près d'elle.

Besna ne répondit pas, examinant son corps d'un bref coup d'oeil. Soudain, elle se figea. Son regard se déporta vers son épaule gauche. Il n'y avait aucune blessure, aucune marque. Rien que ses écailles vertes. Besna écarquilla les yeux d'horreur et sentit la colère montée en elle.
– Mon tatouage ! Vous l'avez effacé !
– Vous n'en aurez plus besoin à l'avenir, lui dit-il d'une voix calme.

– Qu'est-ce que vous voulez de moi ?
– L'Empire a besoin de serviteurs maîtrisant la Force et d'une loyauté certaine pour assurer sa sécurité. C'est dans ce but que notre bien aimé Empereur a lancé le projet Inquisitorius.

Besna se contenta d'un rire amer.
– Vous croyez vraiment que je vais servir Palpatine ?
– Pourquoi croyez-vous avoir survécu à la purge, là où tant de jedi ont péri ? Lui lança-t-il L'Empereur vous a étudié et vous a personnellement choisi bien avant ces événements, parce qu'il savait que vous seriez parfaits.
Sa main saisit la falleen à la mâchoire, se retira vivement lorsqu'elle faillit lui sectionné un doigt d'un coup de dents.

– Plutôt mourir, cracha-t-elle.
L'humain la fixa un moment.
– Ils disent tous cela au début, sourit-il.
Ses doigts pianotèrent sur une console à proximité. Besna vit aussitôt des pattes munies d'aiguilles et de faisceaux électriques surgir du fauteuil et se refermer sur elle.

Une violente décharge lui traversa le corps, la faisant sursauter et trembler. Puis, vint la douleur. C'était comme si des miliers d'aiguilles lui transperçait le corps. En même temps, elle avait l'impression de brûler, et de se faire mordre par le froid. Ses doigts s'agitaient, griffant les accoudoirs. Ses dents s'entrechoquaient. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle luttait. Quelques secondes ? Quelques minutes ? Quelques heures ?

Puis soudain, ce fut comme si un mur en elle tombait. Son corps entier se tendit, sa poitrine bascula vers l'avant et elle hurla à pleins poumons.








Spoiler: Afficher
Notes :

1. Var n'est autre que le Grand Inquisiteur de Rebels. Il est déjà apparu dans les chapitres 6 et 13.

2. Le grand humain est Shilaeb Redun, un personnage original. L'Empereur l'a nommé à la tête du projet Inquisitorius durant le chapitre 15.

3. Bant Eerin était déjà apparue dans les chapitre 12 et 13. Dans l'UEL, c'était une amie de jeunesse d'Obi-Wan Kenobi.
Modifié en dernier par darkCedric le Ven 28 Aoû 2020 - 10:37, modifié 5 fois.
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Messagepar darkCedric » Mer 05 Fév 2020 - 20:08   Sujet: Re: Le règne de Grievous [Chapitre 16]

J'ai pris soin de modifier les chapitres précédents de la fic. Cela concerne certains dialogues et descriptions, mais j'ai surtout apporté du changement dans la forme. Il y a d'avantage d'espaces entre les paragraphes, ce qui rend à mon sens la lecture beaucoup plus sympathique, là où les gros pavés que je faisais auparavant avaient cet aspect peu séduisant :transpire:

D'autres modifications restent toutefois à venir, notamment en ce qui concerne les dialogues et interactions entre l'infâme commodore Cerid et la farouche Besna. Je ne peux que ressentir une certaine honte en relisant ces scènes aujourd'hui :transpire:
Modifié en dernier par darkCedric le Sam 24 Oct 2020 - 20:06, modifié 1 fois.
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Messagepar mat-vador » Mer 05 Fév 2020 - 21:12   Sujet: Re: Le règne de Grievous [Chapitre 16]

Chapitres 15 et 16 lus!

Alors Grievous prépare son offensive, Yoda demande à Padmé de préserver ses deux marmots et Besna essaie de s'échapper sans succès.
cèdera-t-elle à l'appel?

Vivement la suite :oui: !
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Messagepar darkCedric » Jeu 27 Fév 2020 - 0:47   Sujet: Re: Le règne de Grievous [Chapitre 16]

Merci pour ton commentaire Mat !

Hé oui, la suite... Mais quand arrivera-t-elle ? :paf:
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Messagepar darkCedric » Mar 25 Aoû 2020 - 21:05   Sujet: Re: Le règne de Grievous [Chapitre 17]

Après une petite pause, la suite !

Vu que cela fait longtemps, un petit résumé : Grievous avait prévu de porter sa contre-attaque contre le monde de Taris afin de disposer d'une base solide pour de futurs incursions en territoire impérial. Néanmoins, les services de renseignements de Palpatine avait été mis au courant. Et là, coup de théâtre : Grievous lui même leur a permis d'avoir accès à ses informations, pour les prendre à leur propre jeu. Est-ce que cela va fonctionner ? :sournois:




Sommaire
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Chapitre 17
Purification




– Au rapport enseigne.
– La flotte est prête à recevoir vos ordres, amiral. Rien à signaler du côté de Taris, ajouta l'officier depuis la fosse destinée à l'équipage.
– Parfait.
L'amiral Tarkin lissant d'un geste mécanique le col olivâtre de son uniforme, tandis que ses yeux vifs observaient la large vitre donnant sur l'espace. Une cinquantaine de vaisseaux - mélanges de croiseurs et de frégates plus petites - se découpait devant l'horizon grisâtre d'une lune désolée. C'était une image magnifique, l'illustration de la puissance de l'Empire.

Les hommes à la tête de ses navires étaient la crème du commandement militaire, issus des meilleurs académies et ayant faits leurs preuves durant la guerre. Tarkin en connaissait la plupart personnellement : le contre amiral Nils Tenant par exemple, dont il apercevait le croiseur venator La Foudre. Nils et lui s'étaient connu durant leurs jeunes années à l'académie et Tarkin connaissait sa valeur. Grievous serait impuissant face à cette armada.

La planète Taris se trouvait à un système solaire de leur position. D'après les Renseignements, les séparatistes comptaient s'emparer de la planète pour en faire une tête de pont en territoire impérial. Grievous ne reproduisait là qu'une tactique qu'il avait déjà mis en œuvre plus d'un mois auparavant, en portant l'assaut sur Coruscant. Mais là où l'attaque sur la capitale avait été un coup audacieux, la marque d'un génie tactique qui avait bien failli signer la victoire de la confédération, cet assaut sur Taris n'était qu'une pâle copie, la tentative désespérée de repousser une défaite imminente. En bon chasseur, Tarkin comptait en tirer profit pour prendre le général séparatiste au piège.

Une fois Grievous éliminé, nous n'aurons aucun mal à balayer ce qu'il reste des séparatistes. Alors, l'idéal de l'Empereur sera accompli. La Galaxie toute entière, dans la main d'un seul individu : une vision que Tarkin n'aurait jamais cru voir se réaliser.

– Amiral, intervint un officier des communication, un message des forces de défenses de Taris : la flotte séparatiste vient d'arriver sur place.
– Comme prévu. Donnez le signal pour le passage en hyperespace, ordonna-t-il en tournant la tête.
L'ordre fut transmis immédiatement. L'amiral put observer avec fierté les navires disposés devant eux disparaître dans la noirceur de l'espace avant que, dans un léger sursaut, le Souverain ne passe à son tour en vitesse lumière.

– Les pilotes sont-ils en position ?
– Prêts à décoller dès que vous en donnerez l'ordre, amiral.
– Il ne devrait guère tarder. Nous allons les surprendre en plein attaque.
Le tunnel d'énergie bleu disparut soudainement et les étoiles semblèrent s'étirer avant de reprendre leur aspect initial.

Taris n'était qu'une sous-Coruscant à l'atmosphère verdâtre et à la surface recouverte de bâtiments en ruines - ce qui renforçait la comparaison qu'il avait imaginé entre les deux assauts menés par Grievous. De la face visible, seule la partie ouest du globe était éclairée.
La planète avait été dévastée plusieurs millénaires auparavant lors d'une guerre galactique : ses immeubles en ruines avaient été laissés en état, ses plateformes qui accueillaient jadis de prestigieux navires livrés aux marécages. La reconstruction avait finalement commencé vingt ans auparavant sous la chancelière Kirames Kaj et le projet n'était pas encore arrivé à son tiers.

Comme prévu, ils arrivaient en plein milieu du combat. Les deux forces en présence s'étalaient juste sous ses yeux. La flotte de défense de Taris se résumait à trois vaisseaux civils convertis maladroitement en appareils de combats, pour le moment en mauvaise posture. Mais Tarkin devait reconnaître qu'ils livraient un combat acharné.

La flotte séparatiste ouvrait le feu, à demi-caché au-dessus de la face obscure.
–Rapport des forces ennemies ? Lança Tarkin à l'équipage.
– Trente-et-un navires, amiral. Trois hardcell, une dizaine de frégates Munificent, diverses vaisseaux de soutiens et un croiseur Providence, au centre de leur dispositif.
Probablement le vaisseau-amiral de Grievous. Vu depuis leur position, tous ses vaisseaux avaient l'air particulièrement usés, éprouvés par les combats. C'est donc tout ce qu'ils peuvent nous opposer ? Ces vermines sont tombés plus bas que je ne pensais

Un mince sourire au visage, Tarkin donna le signal.

L'armada séparatiste ne s'attendait manifestement pas à une attaque sur son flanc et ses arrières. Les droides n'avaient placés aucun vaisseau pour protéger ces angles. Toujours engagées avec les forces Tarisiennes, plusieurs frégates Munificent pivotèrent tant bien que mal pour faire face à leurs nouveaux adversaires. Mais déjà, les chasseurs impériaux jaillissaient des entrailles des cinquante croiseurs, comme autant d'insectes. Tarkin capta la réaction inquiète d'une officier chargée de la liaison : une main sur la poitrine, les yeux rouges, elle fixait les chasseurs engager le combat avec les droides vautours. L'amiral savait que son fiancé était à la tête de l'escadron du Fureur de Polcaphran, le vaisseau du contre-amiral Jagen.
– Restez avec nous, mademoiselle Hardin lui dit-il d'un ton doux en passant à sa hauteur. La bataille n'est pas encore finie.
– Oui amiral, acquiesça-t-elle en baissant les yeux.

Placé au centre du dispositif impérial , le Souverain était relativement à l'abri, tout en offrant à Tarkin une vue parfaite sur les opérations. Ses croiseurs executaient les instructions qu'ils leur avaient donné juste avant l'assaut, pilonnant les séparatistes avec une précision chirurgical. La flotte droide était à présent en formation serrée et circulaire : seul les vaisseaux placés à l'extérieur pouvait encore ouvrir le feu sans risquer d'abattre un des leurs. L'armada impériale continuait son avancée, réduisant peu à peu leur périmètre.

– Amiral, le commodore Dowlay nous informe que deux croiseurs de classe recusant tentent de s'enfuir.
– Que son Nuit de Coruscant leur barre le chemin.
Les séparatistes se savaient pris au piège. Grievous ressent-il de la terreur alors que les mailles du filet se referment sur lui ? songea Tarkin.

Sous ses yeux, une frégate munificent se changea en boule de feu. Tout se passait comme à la manœuvre.
– Amiral, les trois hardcell se préparent à passer en hyperespace, annonça un officier, le nez sur les senseurs.
– Leur vecteur est fixé sur nous, ajouta un autre.
Tarkin pouvait en effet voir les vaisseaux à la forme conique s'élancer vers l'avant, droit sur les vaisseaux impériaux.
– Ils vont sans doute tenter une manœuvre suicide : ils sont encore plus désespérés que je ne le pensais.

La tactique aurait pu se révéler payante si Tarkin avait placé ses vaisseaux les uns derrière les autres : lancés en hyperespace, les hardcell les auraient tous pourfendus. Mais seul un imbécile aurait organisé ses vaisseaux dans une position qui leur donnait aussi peu de liberté de mouvement. Ils n'arriveront qu'à détruire trois vaisseaux. Ou plus vraisemblablement, à les endommager. Grievous a-t-il perdu l'esprit ?

– Amiral !
Le cri venait encore une fois de l'officier des senseurs.
– Ces navires sont surchargés de rhydonium !
Une sueur froide lui coula le long du dos. Il se rappelait la tentative autour de Carida deux ans auparavant. La République avait organisée une conférence réunissant ses principaux généraux dans une station en orbite autour de la planète. Les séparatistes avaient détournés un croiseur venator et l'avaient chargés de cette substance hautement explosive. La tentative avait échoué de peu, mais les dégâts avaient été sérieux.
– Que la flotte s'éloigne ! Concentrez le feu sur ces navires !

Sous ses yeux, le premier hardcell disparut.

Une ligne argentée parcourut l'espace et vint pourfendre le Fureur de Polcaphran. Le fier croiseur s'ouvrit en deux et pendant un infime instant, la tour de commandement flotta paisiblement dans l'espace.

Puis, vint l'explosion.

Une détonation de couleurs jaillit des entrailles du croiseur qu'elle réduisit en cendre, balaya les croiseurs alentours comme de vulgaires insectes et envahit l'horizon.

Le vaisseau tout entier fit une brusque embardée. Tarkin n'eut pas le temps de saisir la barre de sécurité : il tomba en arrière et son crâne heurta violemment la passerelle. Le monde se mit à tourner autour de lui et seul un sifflement aigu demeura audible à ses oreilles.
– Monsieur, ça va ?
La voix était celle de son officier en second qui lui tendit une main secourable.
– Ça va, grogna-t-il en se relevant.

Une alarme stridente résonnait à présent et les lumières du pont clignotait d'une lueur rougeâtre. Plusieurs officiers et membres d'équipages se relevaient également ; plusieurs saignaient. Dans l'une des fosses d'équipages, un officier était étendu sur une console couverte de sang. Plusieurs de ces collègues semblaient sur le point de vomir. C'est une catastrophe...
– Quels sont les dégâts ? lança Tarkin d'une voix forte, de manière à ramener le calme.
– Boucliers et réacteurs hors-services, annonça un jeune enseigne. L'armement est dans le même état. Nous avons perdu toute la partie bâbord du vaisseau et les sections attenantes sont ouvertes au vide. Plusieurs incendies dans les sections 3 et 8.
– Et le reste de la flotte ?
– Nos senseurs détectent plusieurs vaisseaux encore en état, mais nous ne parvenons pas à les contacter. L'explosion a dû endommager nos systèmes de communication.
– Ne vous occupez pas de ça pour le moment. Que nos techniciens se concentrent sur la propulsion.

Il détourna le regard de l'équipage. Une large fissure s'étalait à présent tout du long de la vitre d'observation, qui à part ça avait tenu le choc. Au-delà par contre...

L'armada impériale avait disparu. Il ne restait plus qu'une mer de carcasses entre lesquelles volaient encore des étincelles bleutées et, deci delà, quelques croiseurs encore « relativement entier », mais apparemment incapable de se mouvoir. L'explosion n'avait pas épargné non plus les séparatistes, désormais réduit à moins d'une dizaine de navires...

Qui ouvraient à présent le feu sur les survivants.

Sous ses yeux, la Foudre - ou ce qu'il en restait - explosa en une multitude de débris qui vinrent se mêler à ceux déjà présents. Et voilà que les séparatistes se rapprochaient d'eux, sans cesser de tirer.

Tarkin était vaguement conscient que le chaos s'était emparé de la passerelle. Des officiers sortaient en courant, d'autres se battaient, une jeune femme hurlait un nom. Tarkin n'en avait que faire. Il fixait l'espace de ce regard morbide, celui du chasseur vaincu par sa proie.
Grievous avait appris de Coruscant au final. Ou plutôt, c'est lui qui n'avait pas sû en tirer les leçons. Car l'assaut sur Coruscant n'avait été qu'une diversion.
Ces vieux vaisseaux, cette flotte réduite, les informations des Renseignements. Rien qu'une diversion, se dit-il en regardant l'éclat rougeoyant d'un tir de turbolaser.

Mais une diversion pour quoi ?

***


Base Sentinelle, en orbite de Géonosis.


Orson Krennic fit brutalement irruption dans la station comm, d'humeur volcanique. Il prenait un peu de repos dans ses quartiers quand son comlink avait brutalement sonné.
Les derniers mois avaient été éprouvants pour lui: les ouvriers géonosiens étaient entrés en révolte pour permettre à l'Archiduc Poggel de s'échapper de sa captivité, provoquant de nombreux retards. Krennic avait depuis appris qu'il était mort avec bon nombres de dignitaires séparatistes, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

Et puis, il y avait Galen Erso. Galen Erso, l'ami de jeunesse, le génie scientifique, mais surtout le pacifiste convaincu. La République - non, l'Empire - avait réussi de justesse à l'exfiltrer de Lokori, en pleine contre-attaque séparatiste. Un investissement précieux, mais qui n'était pas du genre à le convaincre de travailler pour l'armée. Krennic allait devoir le travailler avec minutie. Sans Galen Erso, il ne voyait pas comment le superlaser pourrait devenir réalité. Et sans superlaser, le projet n'était rien d'autre qu'une station spatiale gigantesque et fort coûteuse.

Tant de sujes d'inquiétude qui faisaient d'une bonne nuit de sommeil un luxe indispensable.
– Qu'est-ce qui neccessite ma présence, lieutenant ?lâcha-t-il d'un ton revêche.
– Le commandant Frist semble avoir détecté plusieurs vaisseaux aux confins du système, lieutenant commandant, annonça nerveusement Oyanta.
– Et alors ? Frist connait les ordres, non ? Géonosis est un système fermé : tout navire - même marchand - pénétrant à l'intérieur doit être détruit.
– Le commandant a pensé que vous voudriez en être informé au cas où... il faudrait procéder à l'évacuation de la base.

Krennic plissa les yeux.
– Passez-le moi. Immédiatement.
– Oui, monsieur.
Le lieutenant se pencha vers le tableau de commandes, avant de se tourner vers Krennic d'un air médusé.
– Je suis désolé, lieutenant commandant. Je n'arrive pas à le joindre.
– C'est impossible ! Contactez un autre vaisseau.
– C'est ce que j'essaye de faire, mais ils semblent tous indisponibles.
– Une attaque, siffla Krennic. Essayez de voir si vous pouvez...

Un signal électronique strident le coupa net dans ses paroles. Il baissa brièvement les yeux sur le détecteur de proximité. et il crut que sa mâchoire allait se décrocher. Il était couvert d'éméteurs rouges.
– Par la Galaxie, murmura Oyanta d'une voix blanche.
– Ne restez pas là ! Hurla Krennic. Déclenchez l'alarme !

Son assistant trésaillit légèrement et se mit aussitôt à manipuler quelques boutons. Dès que l'alarme se mit à résonner, Krennic sortit en courant, son assistant sur les talons.
– Capitaine, cria-t-il en saisissant son comlink, préparez immédiatement ma navette au décollage !
La plus grande agitation régnait à présent dans le complexe. Des soldats clones couraient en direction des défenses de la base tandis que les officiers et scientifiques se frayaient un chemin en sens inverse - vers le hangar.

Krennic repéra sa navette au milieu du tumulte, lorsque le complexe tout entier se mit à trembler. Krennic avait participé à assez de combats pour reconnaître l'impact d'un tir de turbolaser.
Il accéléra son rythme, bouscula quelques savants et se rua sur la rampe d'accès.
– Décollez immédiatement !
Le pilote ne se fit pas prier et la rampe était à peine rentrée que déjà la navette fonçait hors du hangar. Quelques instants plus tard, elle passait en hyperespace.

Krennic se laissa tomber sur l'un des siège et se permit de souffler. En face de lui, son assistant était encore sous le choc apparemment.
– La station...dit-il dans un souffle.
– Elle est aux mains des séparatistes. Pour le moment.

Krennic s'était demandé pourquoi Dooku n'avait pas lancé d'offensive pour tenter d'arrêter les travaux. Manifestement, Grievous s'était posé la même question. Il porta ses mains à ses tempes. Il allait lui falloir trouver les mots juste pour son rapport.

Ou l'Empereur aurait sa tête.



Maintenant, je peux vous dire qu'il ne reste plus que deux chapitres avant la fin de ce premier tome ! Et que le prochain chapitre est déjà dans les tuyaux et devrait - avec un peu de chance, arriver rapidement :D
Modifié en dernier par darkCedric le Ven 18 Sep 2020 - 20:15, modifié 2 fois.
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Messagepar darkCedric » Dim 30 Aoû 2020 - 18:52   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Sur les Ruines de la CSI [Ch.18]

Oui oui, déjà un nouveau chapitre ! :D

Il est temps d'aller voir comment les événements de Taris sont perçus du côté de l'Empire :sournois:





Sommaire



Chapitre 18
Purge



– Alors, ils sont tous morts ? lança le conseiller Shilaeb Redun d'un ton nonchalant.

Les deux hommes marchaient dans un des principaux corridors du Palais Impérial, aux murs duquel s'affichait à présent de toutes nouvelles œuvres d'art spécialement exécutées - et finalisées en un tant record - pour faire l'apologie du nouveau régime. Une foule de hauts fonctionnaires et administrateurs en tous genres encombraient les couloirs. Mais le brouhaha des discussions était altéré. L'agitation qui régnait dans le lieu semblait être devenu nerveuse : la plupart des cadres étaient pressés en petits groupes, s'échangeant des paroles à un débit rapide. Leurs visages étaient lugubres, rongés par l'inquiétude.

– Pas tous, le corrigea Isard. Le Nuit de Coruscant, le Ver des Sables et la Tempête Palpatine ont réussi à s'échapper. Ils devraient être en chemin pour rejoindre les chantiers navals les plus proches.
Il devait forcer le pas pour rester à hauteur du conseiller, dont les longues enjambés faisaient danser le bas de sa tunique écarlate filée d'or qui contrastait avec l'uniforme rouge terne et dénué d'ornements d'Isard. Deux éléments qui aurait pu le faire se sentir humilié ou rabaissé, mais il n'en était rien. Il n'avait pas besoin de porter le dernier des vêtements à la mode pour être respecté : il avait ses compétences pour ça.

– Une triste consolation. Sa Majesté sera peinée de la perte de l'amiral Tarkin, se lamenta modestement le conseiller. Voilà un homme que nous aurons du mal à remplacer.
Ça, c'est vous qui le dîtes. A ses yeux, Tarkin n'était rien d'autre qu'une brute, quelqu'un qui pensait qu'un turbolaser pouvait régler tous les problèmes. Quand on bossait dans les Renseignements, on savait qu'il y avait des moyens bien plus efficaces d'arriver à ses fins. Et que la violence était bien souvent le dernier refuge de l'incompétence.
– Il n'est malheureusement pas le seul officier talentueux que nous ayons perdu dans cet offensive.
– Heureusement, nous avons d'autres atouts dans notre manche, confia-t-il avec un sourire en se penchant vers lui.
– Vous songez au projet Inquisitorius ? Je sais que l'Empereur supervise lui-même les derniers sujets.
– Tout juste. Le seigneur Nox l'assiste dans sa tâche pour convertir ses anciens camarades. Ce qui ne me laisse rien à faire, dit-il d'un ton qui se voulait blasé.

Armand Isard sentit un frisson le parcourir à la mention de Dark Nox. Le pau'an était en permanence aux côtés de l'Empereur à présent. Son efficacité et sa loyauté ne faisaient aucun doute, néanmoins il se dégageait de sa personne une sensation de malaise auquel même Isard était sensible. Il suffisait d'être en sa présence pour avoir le poil qui se hérisse et les genoux qui flagellent.
L'armée ne connaissait son existence que depuis une semaine - lorsqu'il était apparu aux côtés de Palpatine lors d'une réunion réunissant le gratin de l'état-major - mais les plus folles rumeurs couraient déjà à son propos.

– Vous pensez les placez à la tête de vaisseaux plus rapidement que prévu ?
– En coopération avec les officiers sélectionnés, bien sûr. Ces derniers se trouvaient sur Coruscant jusque là, mais étant donné l'évolution de la situation, nous allons les renvoyer sur le front en attendant la conclusion du projet.
Isard hocha la tête. Il n'était toujours pas emballé par l'idée : mettre d'anciens jedi à la tête d'une flotte lui semblait trop risqué. C'est sans doute pour cette raison que l'Empereur l'avait écarté du projet au profit de Shilaeb, qui lui était un convaincu.

– Il n'empêche, continua le conseiller d'un ton plus grave, je me demande comment les séparatistes ont pu leur infliger une telle défaite à nos forces autour de Taris. Les détails que j'ai eus était quelque peu flous.
– Apparemment, ils auraient piégé plusieurs de leurs vaisseaux avec du rhydonium et les auraient envoyé sur notre flotte. Le coup a été calculé pour que le maximum de nos croiseurs soient détruits dans la manœuvre.
– Je ne suis pas un expert, mais cela me semble un gachis incroyable de moyens pour une victoire certes importantes, mais sans suite.
– Mais l'impact psychologique sera fort sur nos concitoyens.
Grievous n'avait certes pas pris la peine de s'emparer de la planète - sachant sans doute qu'il n'aurait pas pu la conserver. Mais une grande partie du rhydonium était retombée dans l'atmosphère. D'après les premières estimations, près de trente pourcent de la population Tarisienne allait mourir de problèmes pulmonaires, et la vie du pourcentage restant ne serait pas idyllyque. Voilà qui allait sans doute marquer un arrêt définitif à la reconstruction de ce monde.

– Bah ! Je suis sûr que le COMPORN trouvera une fable à raconter, balaya le conseiller d'un geste de la main. Je vois la chose d'ici : l'amiral Tarkin, sacrifiant sa flotte et sa vie dans un geste héroïque pour empêcher les séparatistes de s'emparer de Taris. On lui construira une statue sur Monument Plaza et l'affaire sera réglée.
Armand se contenta de hocher la tête. Il ne partageait pas l'optimisme de l'homme. La rumeur de ce qui s'était passée en orbite de Taris semblait déjà s'être répandue parmi les contrebandiers et autres vermines, et les mondes séparatistes n'avaient pas tardé à diffuser l'information. On dénombrait déjà plusieurs révoltes sur d'anciens mondes confédérés: Umbarra, Raxus et Falleen en tête. Et puis, bien sûr, il y avait eu l'autre attaque...

Les deux hommes arrivèrent devant la porte d'un turbo-ascenseur. Shilaeb fut le premier à rentrée, suivit d'Isard, avant que la cabine ne commence son ascension.
– Mais cette attaque me semble également conçu pour en dissimuler une seconde : celle qui a eu lieu sur Géonosis, lâcha Isard.

Sa mâchoire se serra rien qu'à prononcer le nom de la planète. Sa prise - et surtout celle de la station spatiale - par Grievous avait plongé l'Empereur dans une fureur jamais vue. Isard plaignait le responsable de la base sentinelle : l'homme ne ferait pas de vieux os.

– C'est plus que probable, répondit Shilaeb d'un ton neutre. Mais, pour que cette diversion fonctionne, il fallait que nous soyons informés que Grievous comptait attaquer Taris. Ou, pour prendre le problème à l'envers, que Grievous soit prévenu que les Renseignements étaient au courant de son attaque. Ce qui signifie qu'il y a possiblement un traître parmi les hauts placés de nos services.
– Qu'est-ce que vous insinuez ? l'attaqua Isard en lui jetant un regard assassin.

Le conseiller baissa sur lui des yeux froid.
– Je n'insinue rien, directeur. Je connais votre loyauté envers Sa Majesté. Toutefois, certains n'ont pas mes scrupules pourrait souffler de fausses accusations envers vous. Gardez un œil sur vos arrières.
Isard desserra les dents et - pour la première fois depuis le début de leur conversation - sourit.

– Je suis dans les Renseignements. C'est une seconde nature chez moi.


***


Krennic avait l'impression d'avoir un poids au creux de l'estomac. A vrai dire, le poids était là depuis deux jours - depuis qu'on l'avait placé en résidence surveillée après son retour de la base sentinelle. Mais à présent, il semblait s'alourdir.

Il chassa aussi discrètement que possible une goutte de sueur qui perlait sur son front. Le turbo-ascenseur ne faisait que rajouter à son malaise. Il savait qu'il montait jusqu'au sommet de la plus haute tour du Palais Impérial, vers les quartiers de l'Empereur.

L'Empereur !
Plusieurs mois auparavant, une telle convocation aurait été l'apothéose de sa carrière. A présent, elle sonnait comme l'annonce de sa mort. Il détailla d'un bref coup d'oeil les deux gardes écarlates qui l'encadraient. Ils n'avaient pas prononcé une seule parole depuis qu'ils étaient venus le chercher pour le mener jusqu'à leur maître. Krennic ne se faisait pas d'illusions : un simple geste de l'Empereur et ils le tueraient sans hésitation.

Sa main se serra en un poing. Non. Je ne mourrai pas. Il s'était trop démené pour grimper les échelons pour être exécuter comme le dernier des grattes-papiers. Il allait survivre, et montrer à la Galaxie se dont il était capable.

L'ascenseur s'arrêta, le sortant de ses pensées. L'heure était arrivée. Les portes s'ouvrirent sur une grande pièce à l'aspect sombre. De larges fenêtres donnaient néanmoins un aperçu du trafic aérien de Coruscant. Un imposant bureau trônait au bout d'un long tapis : Mas Ammeda en occupait la droite. Le chagrien était vêtu de son riche costume et de son bâton de grand vizir, ce qui lui conférait une aura de puissance et d'autorité. Son camarade, installé à la gauche, n'était pas aussi impressionnant. C'était un pau'an, à qui ses tatouages semblables à des larmes de sang, donnait un aspect morbide. Il ne portait qu'un pantalon sombre et un juste-corps noir. Le col ouvert lui remontait jusqu'au cou et plusieurs plaques d'armures protégeaient ses épaules et son torse.

Et entre eux d'eux, assis dans un fauteuil au dossier rond...
Krennic se jeta aussitôt à terre.
– Mon empereur.
Il tenait obstinément son regard braqué sur le tapis rouge écarlate. La réponse lui parvint, sèche et impérieux.
– Relevez-vous, je ne suis pas d'humeur pour des génuflexions. Vous avez à répondre de votre échec.

Orson obtempéra. Un frisson lui parcourait à présent la nuque. Il avait l'impression d'avoir pénétré dans une chambre froide. Avec difficulté, il leva la tête et dévisagea l'homme le plus puissant de la galaxie. Il n'avait rien à voir avec l'image souriante du chancelier Palpatine : c'était un homme autoritaire, sans pitié, irradiant la puissance. Et son regard... Par la Galaxie, depuis quand avait-il les yeux jaunes ?

– Lieutenant-commandant Krennic, votre défaite sur Géonosis a mis en péril tous nos projets concernant la station de combat.
Krennic avala sa salive. Il fallait qu'il réponde à ces accusations, mais étape par étape. C'était une véritable partie de sabaac qui se jouait ; et la mise était sa vie.
– Votre Altesse, les forces séparatistes étaient supérieures en nombre...
– Silence ! Ses forces étaient sous votre responsabilité. Ce n'est pas la première fois que votre manque de clairvoyance se montre coûteux. De tels échecs ne peuvent rester impunis.
Krennic sentit aussitôt une pression autour de sa gorge. Ses mains se portèrent mécaniquement à son cou, alors qu'il tentait en vain d'aspirer un peu d'air. Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Une sorte de gaz ? Un poison ? Il remarqua alors que le pau'an avait tendu le bras dans sa direction et que sa main pâle s'était refermé en un poing. Est-ce lui qui me fait ça ? Est-il une espèce de jedi ?
La panique l'envahit. Il ne pouvait pas mourir comme ça : il devait essayer de parlementer, faire quelque chose pour retarder l'exécution. Gagner du temps ! Il devait gagner du temps.

– Mon empereur... articula-t-il.
Palpatine leva la main : le pau'an dessera aussitôt le poing.
Krennic sentit la pression s'évanouir d'un seul coup. Il tomba à quatre pattes sur le tapis, la respiration encore sifflante. Sa main vint toucher sa gorge encore endolorie. Il lui fallut quelques instants de plus pour se relever.

– Voilà le sort que je réserve aux incapables. Toutefois, vous conservez encore à mes yeux une once d'utilité, détailla l'Empereur. Alors parlez, avant que ma patience ne s'épuise.
– Votre Altesse, je suis prêt à assumer la responsabilité de cet échec, dit-il d'une voix encore rauque. Mais la chûte de la station était inévitable tant le rapport de forces était disproportionné. J'ai préféré organisé la fuite de nos scientifiques plutôt que de mourir inutilement.
– Vous proclamez donc votre lâcheté, lâcha le pau'an.
C'était la première fois que Krennic l'entendait parler. Il avait une voix suave, mais qui produisit chez lui un frisson désagréable.

– Ce n'est pas la lâcheté qui a motivé mon acte, mais la volonté de sauver les hommes qui se trouvaient là pour qu'ils puissent continuer de contribuer à la gloire de l'Empire.
– Si la gloire de mon Empire vous tient tant à cœur, expliquez-moi quelle sentiment ressentez vous en sachant que notre projet se trouve entre les mains de séditieux ?
– C'est sans importance, votre Altesse.

L'heure n'était plus à la prudence : il lui fallait jouer ses dernières cartes.
– Les séparatistes disposent certes de la station, continua-t-il précipitamment en voyant le regard de l'Empereur s'acérer, mais nous sommes les seuls en mesure d'en concevoir l'arme. Sans cela, la station leur est inutile.
– Vous pensez qu'ils seraient incapables de bâtir cette arme ?
– Assurément : ils n'ont aucune idée de par où commencer. À ma connaissance, il n'y a qu'un homme capable de construire cette arme, et il ne ralliera jamais l'ennemi.
– Mais la station de combat reste essentielle au projet. Que devriez-nous faire d'après-vous ?

Krennic hésita un instant. « D'après-vous ? »... Cela sonnait comme un piège. Mais il n'avait pas le choix : il était déjà aller trop loin. Autant sortir ce qu'il avait encore dans sa manche.

– Pourquoi ne laisserions-nous pas les séparatistes la construire pour nous ? Nous savons que les plans venaient des géonosiens : si Grievous connait son potentiel, il voudra s'en servir. Hors, sans le superlaser, elle ne représente aucun danger pour nous. Qu'il use les ressources de la Confédération pour l'achever : lorsque le moment sera venu, nous n'aurons plus qu'à nous en emparer.
Un silence s'abattit sur la pièce. Puis, un sourire fendit le visage de l'Empereur. Mais ce n'était pas un sourire agréable, et Krennic en conçut encore plus de peur que des paroles qu'il avait prononcé auparavant.

– Vous m'avez parlé d'un homme, le seul d'après vous à pouvoir construire ce superlaser...
– Galen Erso, Votre Majesté. Un spécialiste de la transmission d'énergie, qui est fasciné par les cristaux kybers, les cristaux...
– ...servant à la construction de sabre-laser, termina l'Empereur un jetant un coup d'oeil à sa droite.
Ce n'est qu'alors que Krennic remarqua le cylindre qui pendait à la ceinture du dénommé Nox. Le pau'an capta son regard et lui adressa un sourire qui lui fit froid dans le dos. Par la Galaxie, qui était cette créature ?

– Ce Galen Erso ne m'est pas inconnu : n'est-ce pas lui qui a été sauvé des griffes des séparatistes sur Lokori ?
– Lui-même, Votre Altesse.
– J'ai cru comprendre qu'il n'était pas encore associé au projet...
– C'est exact, mais je le connais depuis longtemps. Je pense pouvoir le manoeuvrer pour le rendre coopératif. Évidemment, si j'avais plus d'autorité, je pourrai rendre sa coopération plus simple et plus fructueuse.

Le sourire de l'Empereur se fit encore plus acérer et Krennic vit de l'amusement briller dans ses yeux surnaturels. Il tourna la tête vers le chagrien :
– Qu'en pensez-vous, mon cher ?
– Je suis d'avis de laisser agir le lieutenant-commandant, Votre Altesse.

Krennic poussa un discret soupir de soulagement. Il faudrait qu'il trouve un moyen de remercier le grand vizir prochainement.
– Seigneur Nox ?
– Il est plus utile vivant que mort, maitre.
– Voilà qui règle la question, lieutenant commandant, conclut l'Empereur en agitant la main dans sa direction.

Orson comprit qu'il s'agissait là de son congédiement.
– Merci, mon empereur. Je ne vous décevrai pas.
Il posa un genou à terre, inclina la tête, puis tourna les talons, sans rien montrer de son soulagement intérieur.

Alors que l'ascenseur redescendait, il sourit. Il était toujours en vie, et toujours à la tête du projet. Ne restait plus qu'à motiver Galen pour que ce dernier travaille activement. Et ensuite, il pourrait véritablement montrer à l'Empereur ce dont il était capable.



Plus qu'un chapitre pour ce premier tome ! J'espère pouvoir vous le proposer vers le 29 septembre, date des 4 ans de la fic :jap:
Modifié en dernier par darkCedric le Dim 27 Sep 2020 - 17:50, modifié 3 fois.
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Messagepar L2-D2 » Dim 30 Aoû 2020 - 19:31   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Sur les Ruines de la CSI [Ch.18]

C'est un plaisir de te voir reprendre ton récit ! :)

Et j'ai déjà deux Chapitres de retard, donc... Mais si j'ai jusqu'au 29/09, ça devrait aller ! Bon courage pour sa rédaction ! :jap:
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Messagepar mat-vador » Lun 31 Aoû 2020 - 13:14   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Sur les Ruines de la CSI [Ch.18]

C'est lu !

Grievous s'est donc emparé d'une certaine station :sournois: ... Krennic garde finalement sa tête après ce cinglant camouflet :P .

La suite :oui: !!
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Messagepar darkCedric » Lun 31 Aoû 2020 - 13:51   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Sur les Ruines de la CSI [Ch.18]

Merci L2 ! Au plaisir de te revoir par ici :cute:


mat-vador a écrit: Grievous s'est donc emparé d'une certaine station :sournois:


Reste à savoir ce qu'il compte en faire :sournois:
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Messagepar darkCedric » Ven 18 Sep 2020 - 20:15   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Sur les Ruines de la CSI [Ch.19]

Et voilà le dernier chapitre de ce premier tome ! Vous reprendrez bien une touche d'épique ? :D

Le chapitre a été écrit d'une traite. Notre bon Grievous est décidemment mon personnage fétiche. Et je m'attache de plus en plus à l'amirale Misiatr :sournois:




Sommaire
<<Chapitre précédent
Chapitre suivant>>
Chapitre 19
Un cri



Géonosis offrait une vue médiocre depuis l'espace. Debout sur la passerelle de l'Indomptable, Grievous fixait la sphère brunâtre, sans parvenir à masquer son impatience. D'après le général Kolari, le nouvel archiduc préparait une cérémonie pour l'arrivée du libérateur de Géonosis. Dans ces circonstances, il était impensable qu'il vienne à la surface avant que tout ne soit en ordre. Maudits insectes. Il avait hâte que tout cela prenne fin et qu'il puisse quitter le système pour retourner à ce en quoi il excellait : le combat.

Toutefois, ce contretemps n'arrivait à éclipser le sentiment de puissance qui lui parcourait le corps. C'était sur Géonosis que la guerre avait débuté. N'était-il pas logique qu'elle marque le commencement de son triomphe ?

La diversion sur Taris avait porté ses fruits, au delà de toute espérance. Il avait eu raison de parier sur l'orgueil et l'ambition des officiers impériaux. Il avait prévu qu'un grand nombre d'entre eux se rueraient pour participer à cette bataille qu'ils croyaient avoir déjà gagné, et en retirer une partie de la gloire. Mais il n'avait pas imaginé qu'autant viendrait se jeter dans la gueule du rancor. Grievous avait ainsi pu les éliminer - tout en détournant l'attention de Géonosis. Des imbéciles. Sans les jedi, ils ne vallent plus rien.

Maintenant, il avait toutes les cartes en main. Les drones géonosiens constituaient la main d'oeuvre parfait : le travail était leur seul existence, leur seul plaisir celui de se tuer à la tâche. Les usines de droides seraient remises en marche, et alors ils disposeraient à nouveau de l'armée la plus puissante de la galaxie.

Ses yeux reptiliens parcoururent la flotte séparatiste forte qui s'étendait entre la planète et ses nombreuses lunes. Puis son regard engloba le gigantesque chantier en orbite. Le squelette de la station spatiale était cerné par de gigantesque anneaux métalliques qui lui donnaient l'aspect d'une petite lune. Une récompense supplémentaire qu'il n'avait pas prévu, mais dont la prise le remplissait de joie. Êtes-vous effrayé Sidious ? Tremblez-vous de peur en sachant que votre jouet est entre mes mains ?
– Nous devrions la faire fondre, général, intervint une voix féminine. Il y a assez de métal sur cette structure pour construire plusieurs flottes.

Le cyborg tourna la tête. L'amirale Misiatr se tenait à côté de lui sur la passerelle : ses yeux écarlates étaient fixés sur la sphère métallique.
– Vous voulez que je détruise l'arme qui nous permettrait de gagner la guerre et de réduire Palpatine en cendres ?
– Je préfère encore me coller un blaster contre la tempe que d'assister à une telle victoire, lâcha-t-elle d'un ton où transparait le dégoût.
La chiss se tourna vers lui et Grievous put alors voir à quelle point son visage était préocupé. C'était un sentiment qu'il n'avait encore jamais vu transparaître chez elle. Il n'aurait peut-être pas dû lui parler de ce projet auquel il avait indirectement participé, via l'acquisition d'un cristal sur Utapau.

Mais elle avait raison : Il n'y aurait aucune fierté à tirer d'une telle victoire. Ces ennemis, Grievous les combattait face à face : il usait de la force, de la ruse et de tous les éléments que devait maitrisé un guerrier. Si Sidious doit mourir, alors ce sera de ma main.
Et pourtant, détruire des planètes...
– Je ne m'en servirai pas, lui confia-t-il, mais elle peut encore servir. J'ai dans l'idée que nos ennemis voudront la récupérer.
– Un autre de vos pièges. Inutile de vous rappeler à quel point le dernier à déplu à l'état-major. D'après eux, il s'agissait d'un « gaspillage de ressources et de matériels ».
– Leur avis ne m'intéresse pas, chassa-t-il d'un geste de la main. La plupart ne sont que des incapables que je ne placerais même pas à la tête d'un cargo de transport. Qu'ils se contentent de m'obéir, ou j'aurai leur tête.

La chiss se contenta d'hocher la tête, avant de continuer.
– Et à présent, que comptez-vous faire ?
– Pacifier la ligne de front et récupérez certaines des planètes de la Bordure que la République nous avait arrachée. Avec ces principaux officiers morts, Palpatine va devoir cesser ses grandes offensives pour restructurez son état-major. Cela nous laissera assez de temps pour reprendre des forces.
– Avec le soutien des usines de Géonosis. En somme, vous avez instauré un nouvel équilibre plus durable que celle obtenue après l'éradication des jedi, analysa-t-elle calmement.
Grievous laissa échapper un petit rire de gorge.
– J'ai bien fait de vous choisir.

Un officier de l'Indomptable s'avança alors vers la chiss, mettant fin à leur discussion.
– Amirale, nous venons de recevoir un message du général Kolari, annonça le twi'lek en lui tendant son datapad. Les géonosiens sont près à vous recevoir, général.
– Merci Graf, lui dit l'amirale avec un sourire et une tape sur l'épaule.
– Dîtes à votre équipage de se tenir prêt amiral, ordonna-t-il en se détournant de la baie d'observation. Nous quitterons le système dès que la cérémonie sera terminée.
– Bien général. Je vais affrêter une navette à votre intention.

Son visage jusqu'ici sérieux se fendit d'un léger sourire.
– Bonne chance avec les géonosiens.


***


Pullulaient. C'était le mot qui lui venait à l'esprit tandis qu'il contemplait l'arène Petranaki depuis la loge de l'archiduc, là où s'était jadis tenu le comte Dooku pour assister à l'exécution de Kenobi et Skywalker. Les géonosiens pullulaient dans les gradins, masse grouillante qui s'agitaient de manière euphoriques, hurlant dans leur dialecte insectoïde. L'air empestait le charnier.

Le cyborg laissa éclater une quinte de toux. Le sable rouge de la planète se fixait à son corps, et allait jusqu'à s'infiltrer dans son système respiratoire. Il faudrait des heures de nettoyage pour le purger. Si cette planète n'avait pas tenu un rôle essentiel, jamais il ne s'y serait attardé aussi longtemps.

Sous ses yeux, le combat prenait fin. Le géonosien rampait sur le sol, les deux jambes arrachées, avant qu'un nexus ne lui bondisse dessus sous les cris de déception de la foule.
– Quel spectacle barbare, commenta le général Kolari.
Grievous ne porta qu'un bref regard sur le droide tactique qui se tenait debout à sa droite. Ce spectacle était déjà plus distrayant que la rencontre avec la jeune Karina, dans les souterrains de la ruche. La créature avait - sans surprise - réitéré les serments de fidélité prêtés à l'Alliance Séparatiste par la précédente souverraine, âgée de plusieurs millénaires à sa mort dans l'effondrement du temple de Progate.

Ses pensées orientèrent le regard du cyborg vers leur hôte, qui se tenait légèrement devant eux. Le nouvel archiduc semblait aussi insensible à la passion de son peuple que l'était le droide tactique de Grievous. Il se tenait droit comme une pique et observait le prédateur dévorer le combattant d'un œil détaché.

Sun Fac était auparavant le lieutenant de Poggle le Bref. Issu des castes supérieurs - comme l'attestait ses ailes - il s'était caché dans les entrailles de ce monde avec son maitre suite à la Première Bataille de Géonosis. Emprisonné avec l'archiduc après la Seconde, il avait été libéré par la République en même temps que lui pour travailler sur le projet de Sidious. Lorsque que Poggle avait fui, Sun Fac était demeuré sur la planète : cet hasard du destin lui avait permis d'échappé à la furie de Grievous sur Mustafar.

En débarquant sur la planète, le général s'était attendu à tomber sur un misérable géonosien, un lâche imbécile qui s'était incliné devant l'Empire. Le nouvel archiduc n'était rien de tout ça. Il était plus intelligent que ses congénères et son œil borgne témoignait qu'il n'hésitait pas à se battre lorsque la situation l'exigeait.

On finissait de débarasser l'arène des restes des combattants lorsque l'archiduc frappa ses mains l'une contre l'autre. Sans transition, l'agitation assourdissante laissa place à un silence de mosolé.

L'archiduc écarta les bras et prit la parole. Grievous ne parvenait pas à saisir le sens de ses cliquetis : fort heureusement, Kolari comprenait le géonosien et s'empressa de traduire :
Peuple de Géonosis ! Drônes, ouvriers, soldats : l'heure de votre libération est arrivé ! Grâce à l'aide du général Grievous, la tyrannie de cet Empire a été définitivement chassé. A partir de maintenant, nous reprennons notre place légitime au sein de la Confédération ! De nouveau, les ruches retentirons du vacarme de nos usines et des pas des droides ! De nouveau, le produit de notre savoir faire déferlera sur la Galaxie !Vive Géonosis, vive la Confédération !

Il écarta les bras et ouvrit ses ailes alors que l'arène éclatait en applaudissements. Les géonosiens mugissaient leur approbation. Les drones étaient les plus enthousiastes, sans doute motivés par la perspective de travailler dans les usines, se piétinant les uns les autres dans leur exultation de joie.

Grievous ne capta d'abord qu'un ensemble hétéroclyte de claquements et autres cliquetis typiques de la langue géonosiennes. Pourtant, à mesure que les éclats de joie se prolongeaient pendant de longues minutes sans diminuer, il lui sembla que tous les bruits se fondaient en un seul, identique. Il apparût bientôt que ce n'était pas son imagination : les gradins retentissaient d'une seule voix.
Devant lui, Sun Fac émit un claquement de langue agacé et ses ailes battirent furieusement dans son dos.
– Qu'est-ce qu'ils crient ? Demanda Grievious à voix basse.
Kolari le fixa pendant un instant de ses trois yeux lumineux.
– Votre nom, général.

Grievous cligna des yeux. Impossible ! Ces insectes criaient son nom ? Il porta un regard nouveau sur les gradins. Des miliers de voix hurlant son nom... Cela fit remonter des souvenirs à la surface, des souvenirs dont il ne voulait pas se rappeler. On l'avait acclamé ainsi jadis. J'étais faible à l'époque. Incapable de protéger mon propre peuple !

Pourtant, il sentit quelque chose remuer dans ses entrailles. Ce même sentiment qu'il ressentait lorsqu'il combattait sabre à la main. D'un pas, il s'avança à l'avant du balcon. Sun Fac le regarda un instant d'un œil circonspect avant de s'écarter.

Grievous baissa les yeux vers l'arène encore couverte de sang et sur les milliers de géonosiens qui rugissaient. Puis, il ouvrit les bras comme pour les englober. Les cris se firent encore plus retentissant. Et toujours le même cliquetis qu'ils hurlaient en boucle : Grievous ! Grievous !

La clameur enfla, enfla encore, comme un défi lancé à la face de la Galaxie.

Maintenant, songea Grievous dans un moment d'exultation, qu'est-ce qui peut encore m'arrêter ?






Que de chemin parcourut depuis les débuts de cette fanfic ! Et enfin, un tome de bouclé :D

Je peux déjà vous annoncer le titre du second tome : « L'Ombre du Renouveau ». Un second tome qui devrait arriver... Dans quelques mois, puisque l'écriture n'a pas encore commencé. :paf:

Au plaisir de retrouver d'anciens - et pourquoi pas de nouveaux - lecteurs :cute:
Modifié en dernier par darkCedric le Lun 05 Oct 2020 - 20:35, modifié 1 fois.
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Messagepar mat-vador » Dim 20 Sep 2020 - 21:22   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Sur les Ruines de la CSI [Ch.19]

Eh bien ce tome 1 se finit donc par une ovation :diable: !

Grievous président ! Grievous président ! :transpire:
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar darkCedric » Mar 29 Sep 2020 - 14:41   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Livre I [FIN]

Tiens tiens ? Il ne resterais pas un petit quelque chose pour conclure ce tome ? :sournois:



Sommaire
<<Chapitre précédent


Epilogue



– Oh, Luke... souffla Padmé d'un ton attendri en frottant ses yeux encore embaumés de sommeil.

Un globe luminescent flottait dans la pièce, projetant sur le plafond sur le plafond un paysage stellaire où étoiles et nébuleuses se mêlaient, illuminant la pièce d'une lueur tamisée. L'objet faisait déjà parti du mobilier lorsqu'elle avait emménagé dans l'ancienne résidence des Palpatine. Etait-ce dans cette petite chambre isolée que le futur Empereur avait vu pour la première fois l'immensité de l'Univers ? Cette idée la fit frissonner et elle la chassa immédiatement.

Elle repoussa les mèches qui tombaient devant ses yeux et se leva de son lit. Son petit garçon pleurait à plein poumons en agitant ses bras chétifs. Padmé vint tendrement le cueillir dans son berceau. Ses doigts caressèrent tendrement ses mèches blondes. Au cours de ses presque deux mois, elle s'était peu à peu habitué à son rôle. Elle n'aurait jamais pensé qu'une tâche puisse être aussi harassante qu'une source de joie intense : en comparaison, sa carrière au Sénat lui semblait une expérience anecdotique, presque banale. Elle savait maintenant identifier les différents cris que poussaient ses enfants, et les besoins qui allaient avec.

– Calme-toi, lui murmura-t-elle avec un sourire en le pressant contre elle.
D'un geste, elle fit glisser la bretelle gauche de son vêtement de nuit, puis la deuxième, dévoilant sa poitrine. Le petit Luke cessa aussitôt de pleurer et se mit à téter goulûment. Padmé le regarda faire en souriant.

Un léger grincement lui fit relever la tête. La porte de la chambre s'entrouvrit pour laisser apparaître un visage à demi dissimulé sous des cheveux bruns emmêlés.
– J'ai entendu le petit pleurer, dit-elle d'une voix douce en se recoiffant d'une main. Avez-vous besoin d'aide ?
– Ce n'est rien, répondit-elle à l'aide soignante avec un sourire qui ne laissait rien voir de ces pensées intérieurs, Luke a juste été pris d'une soif nocturne.
La femme franchit le seuil de la porte et sourit à la jeune mère.
– Vous vous en sortez beaucoup mieux, madame, la félicita-t-elle.
– J'ai eu une bonne professeur, plaisanta l'ancienne sénatrice.

Elle n'avait jamais pris soin d'un enfant avant ça. Sa mère ne lui avait jamais appris comment faire. Padmé était devenue reine à quatorze ans, et sa vie ensuite avait été partagée entre sa planète natale et le sénat : dans ses conditions, impossible d'apprendre le métier de mère. Je n'avais jamais envisagé que j'en deviendrais une un jour, qui plus est.

Elle avait donc laissé Niobi s'occuper de ses enfants les premiers jours. Elle avait regardé comment l'aide soignante leur donnait le sein, comment elle les changeait. Puis, lorsqu'elle s'était remise de son accouchement, elle avait mis ses observations en pratique. Les premiers essais avaient été maladroits, mais elle avait fini par y arriver. Et elle n'avait cessé de s'améliorer depuis.

Elle baissa les yeux sur son bambin. Je dois avoir les yeux brillants de tendresse, se dit-elle en caressant le sommet de sa tête. Nul doute que Niobi devait percevoir cet éclat aussi. Padmé avait vu le même regard chez sa soeur, lorsqu'elle avait donné naissance à sa première fille. Et maintenant, me voilà à mon tour avec deux magnifiques bambins.

Elle entendit Leïa remuer dans son berceau. Son frère avait dû la réveiller. Niobi lui adressa un léger signe de la main avant de se diriger vers la sœur de Luke. L'aide soignante avait encore les traits tirés par le sommeil, mais Padmé ne doutait pas qu'elle pourrait faire son travail. Son travail...
Elle ne lui jeta qu'un bref regard tandis qu'elle se penchait au-dessus du berceau de Leïa.

Luke avait cessé de téter. Avec amusement, Padmé se rendit compte qu'il s'était endormi contre sa poitrine. Lentement, elle remonta ses bretelles puis vint poser son fils contre son épaule. Elle attendit quelques minutes, pour être sûr qu'il n'ait pas envie de faire son rot, puis vint le déposer dans son berceau.
– Fais de beaux rêves, mon chéri, souffla-t-elle.
Elle le contempla un instant avec amour avant de faire un pas vers le berceau de sa sœur. La petite chose aux cheveux foncés fixait sa mère et l'aide soignante de ses grandes pupilles brunes, les bras levées vers elles comme pour les toucher, tenant dans sa main son hochet en bois. A son extrémité, le jouet imitait la tête d'un shaak, ces créatures qui vivaient à proximité des marais de Naboo. Anakin avait tenté d'en monter un lorsqu'il avait joué son garde du corps, quelques jours avant le début de la Guerre des Clones.

– Elle a des yeux fascinant, murmura Niobi.
– C'est vrai, souffla Padmé en refoulant sa tristesse.
La petite avait l'habitude de regarder ainsi tout ceux qui s'approchaient d'elle, comme si elle voulait fixer leurs visages dans sa mémoire. Cherche-t-elle le visage de son père ? Est-ce pour cela qu'elle observe ainsi les servantes ? S'attend-t-elle à reconnaître un trait, une expression ? Intérieurement, elle secoua la tête. Voilà que je transpose mes propres démons sur mes enfants.

– Elle ne va pas tarder à s'endormir : vous pouvez allez vous coucher, murmura Padmé en se penchant vers Niobi.
– Merci madame, fit cette dernière avec un signe reconnaissant de la tête.
Padmé l'entendit se diriger vers la sortie alors qu'elle contemplait sa fille. La petite eut un cri de joie et secoua son hochet.

Qui s'éleva soudain au-dessus du berceau !

Padmé écarquilla les yeux lorsque le visage en bois du shaak lui fit face, avec son expression humaine, sa bouche ouverte dans un sourire mignon. Leïa riait aux éclats, les bras battant l'air.
Une main saisit le hochet avec force. La soudaineté de l'action faillit faire tomber Padmé et elle ne réussit à se rattraper de peu.
– Madame ! hurla Niobi d'une voix paniquée.
Le cri détonna dans la pièce comme un coup de blaster. Aussitôt, Luke éclata en sanglots.

– Oh non, se maudit-elle d'un ton affolé en se précipitant vers le berceau. Je suis désolé madame ! Je vous ai vu basculer en avant et...
– C'est ma faute Niobi. J'ai perdu l'équilibre : ça m'apprendra à regarder où je met les pieds.
Sa main gauche était toujours refermé sur le hochet. Un frisson lui parcourait le dos et elle pouvait sentir la chair de poule sur ses bras. Elle espérait que l'aide-soignante n'ait rien vu du phénomène. C'est elle qui a fait ça, songea Padmé en regardant sa fille, qui la fixait de ses yeux ronds.

– Allez-vous coucher, lui conseilla la jeune mère en lui posant une main douce sur l'épaule. Je vais m'occuper d'eux.
– Comme vous voudrez madame, dit-elle d'une voix piteuse. Encore désolé.
– Ce n'est rien. Vous avez réagi instinctivement. Essayez de vous reposer.
La jeune femme hocha la tête et sortit. Padmé reprit Luke contre elle et se mit à le bercer. Son regard restait fixé sur sa fille. Figé entre panique et émerveillement. Entre angoisse et fierté.

***

La chambre de la servante était plongée dans l'obscurité. C'était une pièce ronde, dépourvu d'ornements. Les seuls meubles étaient une commode en bois et un lit fait du même matériau. La chambre était située à un angle, au nord du domaine, dans une section dédiée aux serviteurs. Elle était parfaitement isolée du reste de la bâtisse, la porte d'entrée dissimulée sous un grand escalier. Les volets étaient fermés, laissant la chambre à l'abri des regards indiscrets.

Niobi ferma la porte derrière elle et s'avança. Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, elle n'était pas fatiguée. Ses yeux parcoururent brièvement la pièce pour se poser sur la commode.

Elle tâtonna jusqu'à un tiroir, en sortit un holo-projecteur. D'une pression, elle lança le signal de son côté, puis le posa sur le sol. Elle se laissa tomber à genoux jusqu'à ce que son nez touche le sol, et attendit. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que finalement un léger bruit ne lui signale le début de la communication et qu'une lueur bleue n'envahisse la limite de son champ de vision. Alors seulement, elle releva la tête.

Elle avait déjà eu le privilège de rencontrer l'être suprême en personne, peu de temps auparavant. Depuis, cette rencontre occupait sans cesse ses pensées. Elle ne cessait de la revivre dans ses rêves. Et plus elle se la rappelait, plus elle se rendait compte que la réalité avait été une torture.
Elle s'était tenue à côté de lui sans rien pouvoir trahir, obligée de garder le masque. Elle aurait voulu se jeter à ses pieds, sentir son regard sans pitié s'abattre sur elle, pauvre petite chose dénuée d'intérêt. Voilà ce qui peuplait ses rêves.

– Monseigneur, vous aviez raison. La Force est très puissante chez ces enfants. La fillette est déjà capable de s'en servir.
Un sourire se dessina sur la figure de l'hologramme.
– Je n'en attendais pas moins d'eux : ils sont dignes de leur géniteur.

Ses yeux écarlates croisèrent ceux de la jeune femme. Cette dernière frémit. Elle avait l'impression d'être scrutée jusqu'aux tréfonds de son être.
- Vous avez bien travaillé, ma chère. Le culte du Sith Eternel a montré son utilité.
La jeune servante sentit son cœur battre à la chamade sous cette marque de reconnaissance.
– Merci maître, lâcha-t-elle en retenant du mieux qu'elle pouvait l'exultation dans sa voix. Quels sont vos prochains ordres ?
– Continuez de me tenir au courant des événements. Et ne vous inquiétez pas pour ces enfants : sous peu, ils seront sous ma garde.


***


Décidément, je déteste mon travail, songea amèrement EV-3M1. Tout le personnel la surnommait Joie pour l'application qu'elle mettait à sa tâche, ce qui allait bien mal avec la rancœur qu'elle ressentait à présent.

– Emmenez-moi ça, ordonna-t-elle aux deux droides commandos en leur désignant la table. Et évitez d'en mettre partout.
Elle saisit un chiffon et essuya ses appendices couverts de sang alors que les deux automates jetaient le corps dans la fosse d'incinération. Ces humanoïdes étaient d'une fragilité ! Soit ils ne survivaient pas, soient ils avouaient tout dès les premières amputations. Comment pouvait-elle exercer son art dans ses conditions ?

Et personne d'autre ne semblait prendre au sérieux sa détresse. Elle avait bien fait part de son problème à Notsil Sobeck, le nouveau directeur de la prison, mais même ce dernier l'avait ignoré.
– L'important c'est qu'ils parlent, non ? Lui avait lancé le phindien d'un air ennuyé avant de se replonger dans son datapad, sans plus lui jeter un regard.

Quelle bandes d'incultes ! Personne ici ne comprenait l'art de la torture. Il ne s'agissait pas juste de faire souffrir la victime en lui arrachant des membres. Ça, un minable droide boucher pouvait le faire !

Non, la torture, c'était autre autre chose. Déjà, il fallait procéder par ordre : ne jamais commencer par la tête, au risque d’inhiber la souffrance venant des autres membres. Puis, augmenter petit à petit le seuil de douleur ; changer sa manière de procéder pour rester imprévisible et produire du stress chez la victime. C'était comme une symphonie : prises une à une, les notes n'étaient que des notes ; mais mises ensemble, elles formaient un tout harmonieux. Un mélomane était capable de sentir si un morceau était bien orchestré ou non : de la même manière Joie pouvait sentir dans ses circuits mécaniques lorsqu'elle accomplissait un chef d’œuvre. Malheureusement, elle doutait de plus en plus d'en accomplir ici.

Elle jeta le chiffon imbibé de sang sur la table et saisit le datapad, posé sur une petite table où étaient disposés divers outils. Son œil droit, protubérant, glissa sur le nom du prochain prisonnier. Sans un regard en arrière, elle quitta la salle.

Les couloirs de la Citadelle se ressemblaient tous, avec leurs couloirs sombres et métalliques : c'était un détail volontaire, destiné à égarer les prisonniers qui réussiraient à sortir de leur cellule. Cela n'arrivait presque jamais - même si Joie avait entendu parler d'une évasion à grande échelle deux ans auparavant, qui avait valu au précédent directeur d'être exécuté - mais les précautions étaient de mises. Après tout, la prison abritait les prisonniers les plus tenaces, les plus durs à faire craquer. Du moins, en principe.

Joie connaissait la prison comme ses circuits. Il lui fallut peu de temps pour arriver devant la cellule en question.
– Déjà l'heure des visites ? lança le prisonnier lorsqu'elle entra.
Il était enfermé à l'intérieur d'un champ de force, les bras et les jambes écartés et fixés à des entraves. Ses cheveux tombaient devant ses yeux et collaient à son front ; une barbe brune et fournie occupait ses joues auparavant glabre.

De fraîches cicatrices ornaient son torse nu : un souvenir des quelques incisions qu'avait pratiqué Joie dans un excès de passion, et qui lui avait valu les remontrances du directeur.
– Vous êtes complètement folle ! Lui avait-il hurler en la secouant par les épaules. Nos ordres sont clairs : pas de tortures physique. Il faut qu'il reste en parfait état ! Vous voulez que Grievous ait nos têtes ?

Cette décision l'avait attristé. Devoir se contenter de décharges énergétiques sur un tel spécimen, c'était... de la torture ! Et après, on s'étonnait que le prisonnier en question ne se montre pas très bavard. Il suffirait de laisser à Joie carte blanche, et il s'écoulerait moins d'une semaine avant qu'il ne lui raconte tout.

Son regard électronique erra quelques nanos-secondes sur le torse dénudé et les entailles pratiquées. Au moins, leur vision lui remontait légèrement le moral, en lui rappelant ces quelques instants de joie volés.

– Vous êtes un petit malin, répondit le droide en s'avançant vers le panneau de commandes. Vous ne voyez pas d'inconvénient à ce que nous procédions tout de suite ? J'ai un planning plutôt chargé.
– Je finirai bien par sortir d'ici, boite de conserve. Et là, tu regretteras le jour où tu es sortie de l'usine de montage !
Joie tourna la manette d'un coup. Des éclairs d'énergies pourpres envahirent aussitôt le champ de force. Les provocations du prisonnier disparurent dans des cris de souffrances tandis qu'il se contorsionnait, tentant en vain d'échapper à ses entraves.

– Quel dommage, souffla Joie sous les hurlements. J'attendais tellement mieux d'un seigneur sith...



Hé voilà... Il y a exactement 4 ans, jour pour jour, le Règne de Grievous débarquait sur SWU. Une publication marquée par de longues, très longues pauses et une qualité parfois inégale.

Je voudrai remercier tous mes lecteurs, réguliers ou non : mat-vador, L2-D2, LL-8, Darth Grievous, Enginox,Darth Eluar, Zèd, Super-Bern, Niobi, Graf, Minos, Jigé, et tous les autres dont j'ai pu oublier le nom. Merci à vous pour votre soutien et vos conseils avisés qui m'ont permis d'améliorer mon style d'écriture. :jap:

Un remerciement spécial pour Jagen, dont la lecture de la fanfiction " La Fédération Impériale " m'a motivé à reprendre la mienne. J'espère pouvoir un jour écrire aussi bien que toi !

Au plaisir de vous retrouver, mes fidèles, ainsi que de nouveaux lecteurs, pour la publication du second tome. D'ici là, portez-vous bien, et que la Force soit avec vous :hello:
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Messagepar Den » Ven 09 Oct 2020 - 14:49   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Livre I [FIN]

Félicitations pour avoir terminé cette histoire, darkCedric! :)

Je me souviens t'avoir promis de lire ton histoire, il y a longtemps. Et pourtant, je ne l'ai toujours pas fait, malheureusement... Mais, maintenant que ce texte est terminé, je pense que je vais pouvoir m'y plonger un de ces quatre. Pas tout de suite, mais prochainement... Si tout se passe bien et que je n'ai pas d'imprévu! :whistle:

A quand la prochaine histoire? :paf:
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Messagepar darkCedric » Ven 09 Oct 2020 - 22:29   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Livre I [FIN]

Oh, un futur lecteur ! Bienvenue :hello:


Je comprends ton point de vue, j'ai moi aussi souvent tendance à attendre la fin des fanfics avant de les lire. La mienne a eu de (trop) nombreuses pauses au cours de la publication, donc tu seras sûrement le premier à la découvrir d'une traite. Ça devrait être beaucoup plus agréable à la lecture, et tu pourras te souvenir plus facilement de tous les personnages. :paf:

Au plaisir de voir ton avis sur l'ensemble dans quelques temps. :cute:

Den a écrit: A quand la prochaine histoire? :paf:


Il va falloir s'armer de patience, car cette fois, je tiens à ce que TOUT soit écrit avant de commencer la publication :transpire:

Bon, peut-être pas tout tout, j'exagère, mais au moins trois quarts...
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Messagepar Den » Ven 09 Oct 2020 - 22:47   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Livre I [FIN]

Je serais donc patient!^^

ça me laissera le temps de lire "Le Règne de Grievous"!!! :lol:

A bientôt!

Passe un bon weekend! ;)
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Messagepar Graf Organa » Mar 20 Oct 2020 - 9:38   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Livre I [FIN]

Bravo pour avoir fini ce premier tome Ced :jap: Ca n'a pas été facile, il y a eu des hauts et des bas mais finalement tu as réussi à atteindre tes objectifs :) Curieux de voir ce que la suite va donner ^^

Un pdf est-il prévu ? :)
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Messagepar darkCedric » Mar 20 Oct 2020 - 20:47   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Livre I [FIN]

Merci pour ton commentaire Graf !

Graf Organa a écrit: Un pdf est-il prévu ? :)


Non, pas pour le moment. Pour la simple raison que je souhaite apporter quelques modifications à certains chapitres avant. Et justement...

Une nouvelle version du chapitre 10 est disponible ! Des modifications du même type devraient suivre pour les chapitres 11, 12, 13 & 14. Ou du moins pour les moments mettant en scène Besna. J'espère pouvoir finir ces changements au plus vite, avant que ceux qui veulent se lancer dans cette fanfic ne le fasse (oui Den, je pense à toi ^^ )

L'ancienne version du chapitre 10 est toujours disponible sous balise spoiler, en bas de la version finale. Ainsi, vous pouvez toujours en profiter si l'envie vous en dit. Bien évidemment, je vous le conseille pas :transpire:
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Messagepar Den » Dim 13 Déc 2020 - 23:21   Sujet: Re: Le règne de Grievous - Livre I [FIN]

darkCedric a écrit:oui Den, je pense à toi ^^


Désolé, je n'avais pas vu ton message^^ C'est gentil de penser à moi! :paf: Bon... Maintenant, trouver du temps pour lire... :think:
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