Attention : Cette histoire peut choquer et n’est pas destinée à un jeune public.

(Compatible Legends)

Avant-proposDepuis mon premier visionnage de la prélogie Star Wars, la ville-planète Coruscant m’a ébloui par son immensité et sa complexité. Mais si quelque chose m’a davantage interpellé que ses gratte-ciels vertigineux et son trafic aérien incessant, ce sont ces avenues abyssales qui s’enfoncent à perte de vue sous la surface, recelant des quartiers sombres et malfamés où, en dépit du niveau de civilisation avancé de la planète, le crime et la pauvreté restent inévitablement présents comme ce peut être le cas dans de grandes villes telles que Los Angeles, New York ou Detroit. En effet, si les quartiers de la surface de Coruscant sont des lieux de confort et de luxe absolu, les entrailles de la capitale nous présentent un tableau bien différent. On a pu en avoir un bref aperçu dans l’Attaque des Clones ainsi que dans certains épisodes de The Clone Wars, mais on ne sait finalement que très peu de choses sur les niveaux les plus bas de la ville, ceux réputés invivables et oubliés de la surface. Des projets tels que Star Wars Underworld ou Star Wars 1313 m’avaient donné l’espoir d’en apprendre davantage sur cette partie dangereuse et inexplorée de la galaxie, mais si vous avez déjà entendu parler de ces projets, vous savez hélas comme moi qu’ils n’ont jamais vu la lumière du jour.
Ainsi, certaines questions laissées en suspens n’ont jamais quitté mon esprit : Que reste-t-il à découvrir sur ces lieux abandonnés, au plus profond de la planète-cité ? S’ils sont invivables et dangereux, à quel point le sont-ils ? Reste-t-il des gens assez téméraires ou désespérés pour les arpenter ? Si oui, de quoi est fait leur quotidien ? À quels dangers s’exposent-ils exactement ? Quelles reliques du passé, quels secrets interdits pourraient-ils y débusquer ? Jusqu’où des gens aussi désespérés seraient-ils prêts à aller pour obtenir ce qu’ils veulent ? Sont-ils réellement maîtres de leurs choix, ou est-ce que tout ça n’est qu’une vaste machination au service de puissances plus occultes ? Ce récit tentera de répondre à toutes ces questions, dans la mesure des idées que j’ai pu rassembler. Au-delà d’une simple fresque de ces milieux urbains et de leur décadence, je vous propose un voyage horrifique et philosophique aux frontières du réel qui vous emmènera dans les recoins les plus sombres de la capitale, dans des lieux dont vous ne soupçonniez probablement pas l’existence, mais qui n’attendaient peut-être que votre attention pour exister. Au lecteur distrait, j’adresse un ultime avertissement : Cette histoire n’a rien d’une histoire joyeuse. C’est une histoire de violence, de haine, de cruauté et d’espoir perdu. Alors si vous êtes de nature sensible ou facilement impressionnable, passez votre chemin. Si vous êtes toujours là et souhaitez malgré tout vous engager dans ce sombre récit, j’espère que vous apprécierez le voyage.
-Boldard
Sommaire :« Il y a sous la construction sociale, des excavations de toute sorte. Il y a la mine religieuse, la mine philosophique, la mine politique, la mine économique, la mine révolutionnaire. Tel pioche avec l’idée, tel pioche avec le chiffre, tel pioche avec la colère. On s’appelle et on se répond d’une catacombe à l’autre. Les utopies cheminent sous terre dans les conduits. Elles s’y ramifient en tous sens. Elles s’y rencontrent parfois, et y fraternisent. Quelquefois elles s’y combattent. Mais rien n’arrête ni n’interrompt la tension de toutes ces énergies vers le but et la vaste activité simultanée, qui va et vient, monte, descend et remonte dans ces obscurités, et qui transforme lentement le dessus par le dessous et le dehors par le dedans ; immense fourmillement inconnu. La société se doute à peine de ce creusement qui lui laisse sa surface et lui change les entrailles. Autant d’étages souterrains, autant de travaux différents, autant d’extractions diverses. Que sort-il de toutes ces fouilles profondes ?
Plus on s’enfonce, plus les travailleurs sont mystérieux. Jusqu’à un degré que le philosophe social sait reconnaître, le travail est bon ; au delà de ce degré, il est douteux et mixte ; plus bas, il devient terrible. À une certaine profondeur, les excavations ne sont plus pénétrables à l’esprit de civilisation, la limite respirable à l’homme est dépassée ; un commencement de monstres est possible.
L’échelle descendante est étrange ; et chacun de ces échelons correspond à un étage où la philosophie peut prendre pied, et où l’on rencontre un de ses ouvriers, quelquefois divins, quelquefois difformes. Devant qui n’a pas de regard, songez et tremblez. L’ordre social a ses mineurs noirs. Il y a un point où l’approfondissement est de l’ensevelissement, et où la lumière s’éteint.
Au-dessous de toutes ces mines, au-dessous de toutes ces galeries, au-dessous de tout cet immense système veineux souterrain du progrès et de l’utopie, bien plus avant dans la terre, plus bas, beaucoup plus bas, et sans relation aucune avec les étages supérieurs, il y a la dernière sape. Lieu formidable. C’est ce que nous avons nommé le troisième dessous. C’est la fosse des ténèbres. C’est la cave des aveugles. Inferi.
Ceci communique aux abîmes. Là le désintéressement s’évanouit. Le démon s’ébauche vaguement ; chacun pour soi. Le moi sans yeux hurle, cherche, tâtonne et ronge. Les silhouettes farouches qui rôdent dans cette fosse, presque bêtes, presque fantômes, ne s’occupent pas du progrès universel, elles ignorent l’idée et le mot, elles n’ont souci que de l’assouvissement individuel. Elles sont presque inconscientes, et il y a au dedans d’elles une sorte d’effacement effrayant. Elles ont deux mères, l’ignorance et la misère. Elles ont un guide, le besoin ; et, pour toutes les formes de la satisfaction, l’appétit. Elles sont brutalement voraces, c’est-à-dire féroces, non à la façon du tyran, mais à la façon du tigre. De la souffrance ces larves passent au crime ; filiation fatale, engendrement vertigineux, logique de l’ombre. Ce qui rampe dans le troisième dessous social, ce n’est plus la réclamation étouffée de l’absolu ; c’est la protestation de la matière. L’homme y devient dragon. Avoir faim, avoir soif, c’est le point de départ ; être Satan, c’est le point d’arrivée.
Cette cave est au-dessous de toutes et est l’ennemie de toutes. C’est la haine sans exception. Cette cave ne connaît pas de philosophes. Son poignard n’a jamais taillé de plume. Sa noirceur n’a aucun rapport avec la noirceur sublime de l’écritoire. Jamais les doigts de la nuit qui se crispent sous ce plafond asphyxiant n’ont feuilleté un livre ni déplié un journal. Cette cave a pour but l’effondrement de tout.
Elle ne mine pas seulement, dans son fourmillement hideux, l’ordre social actuel ; elle mine la philosophie, elle mine la science, elle mine le droit, elle mine la pensée humaine, elle mine la civilisation, elle mine la révolution, elle mine le progrès. Elle s’appelle tout simplement vol, prostitution, meurtre et assassinat. Elle est ténèbres, et elle veut le chaos. Sa voûte est faite d’ignorance.
Tous les hommes sont la même argile. Même ombre avant, même chair pendant, même cendre après. Mais l’ignorance mêlée à la pâte humaine, la noircit. Cette incurable noirceur gagne le dedans de l’homme et y devient le Mal. »
- Victor Hugo, Les Misérables
Chapitre 1 – Mythes et réalité
Chapitre 2 - Sales répercussions
Chapitre 3 - L'ordre avant tout
Chapitre 4 – Vaincre ou mourir
Chapitre 5 – L'appel du profit
Chapitre 6 – Les abysses
Chapitre 7 – Quand les destins se croisent
Chapitre 8 – Purgatoire au coin de la rue
Chapitre 9 – Étranger
Chapitre 10 – La bonne intuition
Chapitre 11 – Là où le bas blesse
Chapitre 12 – La crypte
Chapitre 13 – Épilogue
Adaptation comics :










