[CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

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Messagepar Zèd-3 Èt » Lun 31 Juil 2017 - 12:46   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Jagen Eripsa a écrit:Merci Zèd ! :jap:

De rien :jap:

Jagen Eripsa a écrit:Je l'ai sur de vieilles feuilles volantes, faudrait que je le mette au propre... :transpire:
J'en ai bien une autre version, légèrement obsolète mais surtout spoiler, qui traîne quelque part sur le forum... Mais je ne dirai pas où. :whistle:

Ben si tu décides de le mettre au propre, ça m'intéresse.

Jagen Eripsa a écrit:Mais long, trop long ^^

Tu sais que j'ai pas loin d'une cinquantaine de projets de fanfics rien sur SW et Marvel ? Rien n'est trop long quand on a la foi 8)

Jagen Eripsa a écrit:J'avais quand même inventé le VBMF, pour Véhicule Blindé Multi-Fonctions, un genre de Juggernaut ultra-blindé ultra-puissant ! :D

Ah ouais... :perplexe:

Jagen Eripsa a écrit:J'avais envisagé des poils d'ysalamaris dans un premier temps, mais ça me semblait moins efficace. :cute:

Ça aurait pu être sympa aussi...

Jagen Eripsa a écrit:Nous aimons tous deux les punchlines de qualité. :siffle:

:D
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 31 Juil 2017 - 12:56   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Zèd-3 Èt a écrit:Ben si tu décides de le mettre au propre, ça m'intéresse.


Je verrai ce que je peux faire. :jap:

Zèd-3 Èt a écrit:Ah ouais... :perplexe:


En même temps, j'avais treize ans... J'en ai presque vingt-trois à présent. :cute:

Zèd-3 Èt a écrit:Tu sais que j'ai pas loin d'une cinquantaine de projets de fanfics rien sur SW et Marvel ? Rien n'est trop long quand on a la foi 8)

J'ai deux séries déjà bien longues à écrire, et des projets extra-SW bien intéressants... Je vais me limiter à ça. :D
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Messagepar Zèd-3 Èt » Lun 31 Juil 2017 - 13:05   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Jagen Eripsa a écrit:En même temps, j'avais treize ans... J'en ai presque vingt-trois à présent. :cute:

Un jour, je publierai ce à quoi j'avais pensé quand j'avais 13 ans. Ce jour-là, je perdrai toute crédibilité :transpire:
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Messagepar Jagen Eripsa » Mar 17 Oct 2017 - 1:03   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

C'est aussi l'heure de la reprise pour les Chroniques ! Et il va y avoir du sport ! :D



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Chapitre 13

Knight’s Blade, en orbite de Cademimu, cent cinquante-neuf jours AK.
 
Je passai deux semaines supplémentaires sur Bespin, à en apprendre davantage sur mes origines et mon héritage. Ce n’était pas un apprentissage facile. Bon nombre de mes ancêtres avaient connu une fin prématurée dans l’exercice de leur devoir ; mon grand-père Tarsus n’était que le dernier en date.
Je ne savais pas encore quoi penser de ces découvertes. J’étais toujours sous le choc. Dans un sens, la ligne de conduite de ma famille épousait celle que je m’étais fixée par instinct. Cela renforçait ma résolution à accomplir ce que je pensais être le Bien, quel qu’en soit le prix. D’un autre côté… Ce prix pouvait être bien lourd à payer.
Pendant que je me plongeais dans les méandres du passé, la Galaxie subissait les tourments du présent. En l’espace de quelques jours, la situation empira dramatiquement. D’aucuns y virent les effets immédiats du désastre de Denon ; d’autres penchèrent au contraire pour une stratégie au long cours de la Brigade Stellaire. Un plan qui semblait aujourd’hui lancé à pleine allure.
Les escarmouches occasionnelles étaient sur le point de devenir des batailles rangées. Les chantiers de Kuat avaient été frappés par une série de sabotages retardant de plusieurs semaines l’achèvement des deux futurs destroyers de classe Arrow qui devaient être mis en service. Les installations de Fondor avaient été pillées ; la Brigade Stellaire disposait donc à présent de pièces de rechange en quantité.
Plus grave encore, les pirates s’étaient emparés d’une frégate Hammerhead neuve, le Champion de Rendili. Le vaisseau appartenait à l’escorte de l’amiral Willspawn ; lors de la traversée de la nébuleuse de Hyarsom, il s’était évaporé à la surprise générale. Son sort n’avait été résolu que quelques jours plus tard, lorsque le même vaisseau avait été aperçu lors du pillage d’un convoi de ravitaillement sur Seduros VII.
Et à présent, je me retrouvais aux commandes de mon vaisseau, subissant continuellement le feu ennemi.
— Augmentez la puissance des déflecteurs bâbord ! hurlai-je à mes subordonnés après qu’une nouvelle bordée ait atteint la coque.
— Nous risquons d’être vulnérables à tribord ! répondit Vandrast sur le même ton pour couvrir le bruit des alarmes.
— Les relais de communication sont en surchauffe ! cria Syal Rodan. Nous n’avons plus de liaison avec le reste de notre groupe de combat.
J’abattis ma main de dépit sur une des parties les moins fragiles de mon siège. La douleur m’atteignit aussitôt, prouvant que j’étais bien éveillé et pas dans un cauchemar tordu digne de mon imagination.
Dire que la journée avait si bien commencé…
 
*  * 
  Je m’étais levé ce matin-là avec l’envie de vaincre. Nous avions appris la veille qu’une flotte de la Brigade Stellaire était entrée dans le système Cademimu pour en faire le blocus. Leur cible ? Cademimu V, principale planète du secteur, et l’un des grands arsenaux de la Bordure.
Ce monde avait connu son heure de gloire des siècles plus tôt, avant les réformes de Ruusan et le retour à la Pax Galactica que nous tentions tant bien que mal de préserver depuis lors. Cademimu abritait de nombreuses usines appartenant aux grands noms de l’armement que sont BlasTech, Merr-Sonn ou Czerka. Pour les pirates, c’était une cible alléchante malgré ses défenses planétaires renommées.
Après m’être rapidement rafraîchi et habillé, je gagnai la passerelle de commandement où nous nous préparions à la sortie de l’hyperespace. Mes officiers étaient déjà sur le pied de guerre ; depuis que nous avions reçu l’appel à l’aide du gouverneur Carpj, deux jours plus tôt, ils se préparaient à l’imminence du combat.
— Nous sortirons de l’hyperespace dans quatre minutes, m’annonça Jonk Yuri.
— Parfait. Les batteries sont-elles armées ?
— Absolument, confirma Gurian Quémelda.
Le Chagrien releva la tête de ses écrans de contrôle.
— Toutes les vérifications ont été effectuées. Il n’y aura aucun problème, m’assura-t-il.
— Excellent.
Ce fut alors au tour de Vanya d’intervenir.
— Nos troupes sont prêtes à être déployées, m’indiqua-t-elle, databloc en main. Le capitaine Salussa n’attend que notre signal.
— Nous lui transmettrons dès notre sortie de l’hyperespace, promis-je aussitôt.
Rivad Salussa était un jeune officier de terrain que j’avais personnellement recruté sur Carida. Il commandait la première unité d’intervention au sol assignée à ma flotte, qui ne comportait pour l’heure que quatre cents hommes sur les cinq mille promis par le chancelier Kalpana.
Lors des préparatifs de l’opération, en concertation avec le gouverneur Carpj, représentant de l’autorité légale dans le secteur Cademimu, nous avions convenu de l’envoi de troupes au sol pour protéger les usines d’armement et leurs entrepôts des pilleurs affiliés à la Brigade Stellaire. Car c’était là ce que nous craignions le plus : une vaste opération de récupération qui fournirait à nos adversaires les munitions pour intensifier le combat contre nos forces. À nos yeux, la Brigade Stellaire n’avait aucun objectif d’occupation.
La sirène de l’ordinateur de bord retentit sur le pont, annonçant notre arrivée imminente dans le système Cademimu.
— Tous à vos postes ! ordonnai-je en m’installant dans mon fauteuil de commandement.
De tous, Yuri était le plus concentré. Ses yeux rouges, plissés, étaient fixés sur les écrans devant lui. Il inspectait toutes les données à sa disposition pour s’assurer que la sortie de la vitesse lumière se ferait sans encombre.
Il abaissa soudainement un levier, et le kaléidoscope que nous pouvions admirer de l’autre côté de la verrière d’observation disparut, révélant un monde grisâtre où la surface disparaissait par endroit sous d’immenses nuages brumeux.
Mais ce qui nous intéressait ne se trouvait pas au sol. Entre nous et la planète, une flotte entière de petits vaisseaux de combat – corvettes, frégates et même quelques croiseurs légers – semblait nous attendre. 
— Nous y sommes, constatai-je simplement en examinant du regard l’ennemi.
Un groupe de vaisseaux plus petits s’agitait, remarquai-je alors. Apercevant quelques traces lumineuses de ce côté-là, je compris de quoi il s’agissait.
— Des transports… On dirait qu’ils se préparent pour l’atterrissage.
Je me tournai vers Vanya.
— Passez-moi le capitaine Salussa.
Elle prit l’holoprojecteur à sa ceinture et y connecta une puce d’identification ; quelques instants plus tard, la silhouette solidement bâtie du capitaine apparut.
— Colonel, salua-t-il aussitôt. Nous avons quitté l’hyperespace ?
— À l’instant. Plusieurs navires se sont détachés de la formation ennemie et semblent se diriger vers la surface de Cademimu. Il faudra s’attendre à un assaut en force du côté des entrepôts…
— Nous y sommes préparés, m’assura-t-il avec une apparente confiance. Je donne l’ordre à nos pilotes d’y aller.
— Que la Force soit avec vous, capitaine…
— Avec vous aussi, colonel. 
Je reportai mon attention sur nos vaisseaux.
— Eshaan, envoyez nos chasseurs en couverture des transports, indiquai-je alors. Au moins jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’atmosphère… Syal, ordonnez au groupe de combat de se calquer sur notre progression. Jonk, c’est vous qui allez donner le tempo… Je veux que nous nous approchions. Gurian, vous lui direz quand nous serons à portée de tir de leur première ligne.
J’eus droit à toutes les variantes de l’acquiescement. Je me sentis ragaillardi. Même si je ne sautais pas de joie à l’idée de foncer dans un nouveau combat, j’étais ravi de pouvoir compter sur une équipe aussi talentueuse.
Pendant les premières minutes de ce face-à-face, les deux camps ne firent que se toiser. Je voulais agir avec prudence et je sentais que mon adversaire souhaitait faire de même.
J’étais en liaison permanente avec les autres navires de ma petite flotte, auxquels je transmettais les ordres via un canal commun.
— Galieet, je veux que le Forte Tête couvre notre flanc droit… Ait, positionne ton navire à deux klicks à tribord de celui de Jaim.
— Nous sommes en position, annonça Quémelda.
— Alors c’est parti ! Ouvrez le feu !
Je sentis aussitôt le sol trembler sous mes pieds, et je fus un instant aveuglé par les premières salves lancées par nos batteries lourdes. Le feu s’abattit sur les premières lignes de la flotte adverse, provoquant une multitude de petites explosions – dont peu avaient un véritable effet, si ce n’est sur la puissance de leurs boucliers.
— Nos transports ont atteint la surface, annonça Vanya un peu plus tard.
— Je rappelle les chasseurs, dit aussitôt Vandrast.
Il eut une brève discussion via comlink, puis ajouta :
— Ils seront là d’ici dix minutes.
— Quelle est la résistance ? demandai-je en me tournant vers lui.
— Plutôt faible. Leurs chasseurs restent concentrés derrière leurs lignes.
— Je n’aime pas ça… marmonnai-je en revenant vers la flotte adverse, toujours immobile.
D’ordinaire, les chasseurs intervenaient en avant-garde, surtout lorsque l’adversaire disposait de vaisseaux plus imposants – ce qui était notre cas. La Brigade Stellaire avait fait preuve jusque-là de compétences stratégiques plutôt bonnes, ce qui me laissait penser que cette nouvelle tactique cachait quelque chose.
Mes craintes se confirmèrent trois minutes plus tard.
— Nouveaux contacts en approche, dit Syal.
— Depuis la planète ?
— Non, colonel, en provenance de l’hyperespace.
— Resserrez la formation, ordonnai-je avec résignation en guettant ces renforts.
Je m’attendais à l’arrivée de renforts – après tout, j’avais moi-même gardé un petit détachement en attente sur notre position de repli pour ce genre de situations.
Je ne m’attendais pas, en revanche, à l’arrivée de ce genre de renforts.
— Par la Force, mumura Jonk Yuri, qu’est-ce que c’est que ça ?
Les nouveaux signaux positionnés sur l’écran tactique étaient grands… Plus grands même que la représentation du Knight’s Blade à la même échelle.
— Des croiseurs de combat lourds de classe Invincible, lui répondis-je en m’efforçant de contenir mon énervement.
Des pirates ! De simples, de foutus pirates ! Ils n’auraient pas dû pouvoir mettre la main sur des vaisseaux pareils, ni même avoir suffisamment d’hommes pour les manœuvrer !
—  Je n’arrive pas à croire que la Brigade Stellaire dispose de navires de cette taille, remarqua alors Syal.
— Ils ont dû s’en emparer lors de cet incident aux chantiers de Bonadan, supposa Vandrast.
Je me tournai alors vers lui.
— C’était il y a quatre mois, lui rappelai-je aussitôt. Et selon le rapport, il n’y a eu que des vaisseaux détruits, aucun capturés…
— L’Autorité du Secteur Corporatif a sans doute maquillé la vérité pour éviter une enquête trop poussée ou des représailles, supposa Vanya.
Le regard dur, elle ajouta :
— Ce ne serait pas la première fois.
— Ils avancent vers nous, signala Yuri.
— Alors replions-nous, ordonnai-je aussitôt. Barre à bâbord. Nous restons à proximité de la planète.
— Je peux les avoir, intervint Quémelda. Ces navires sont des antiquités… Leur blindage est daté et l’armement complètement dépassé.
Je jetai un coup d’œil à mon second.
— Eshaan ?
— Je suis du même avis que vous, capitaine, m’assura-t-il aussitôt. Tant que nous ne savons pas ce qu’ils préparent, gardons-les à distance…
J’acquiesçai. Vandrast n’avait pas encore achevé sa phrase que le Knight’s Blade pivotait déjà sous l’impulsion de notre navigateur duro. Je revins vers Gurian.
— Utilisez les batteries de poupe pour jauger leur résistance.
Il haussa les épaules.
— La puissance de feu risque d’être insuffisante pour venir à bout de leurs boucliers.
Il s’attela néanmoins à sa tâche, transmettant les ordres aux servants des deux pièces lourdes qui pouvaient encore cibler la flotte adverse.
— Envoyons les chasseurs les harceler, dis-je à Vandrast. Nous utiliserons les corvettes pour tenir à distance leurs appareils de soutien.
— Je pensais les utiliser pour autre chose, me répondit-il.
— Quoi donc ?
— Les prendre à revers. Ils ont orienté tous leurs déflecteurs vers la proue, ils auront sans doute du mal à se défendre face à une attaque sur leur poupe.
— Ils verront nos corvettes approcher.
— Pas si elles sont masquées par autre chose.
Il jeta un coup d’œil en direction de Cademimu.
— La planète ? demandai-je, étonné.
— Elles en feraient le tour… Et pourraient gagner en vitesse grâce à l’effet centrifuge. Ils ne verraient rien venir.
Je jaugeais en pensées le potentiel de cette idée ; et je devais admettre qu’elle me plaisait.
— Allez-y.
Il me salua en souriant et rejoignit son poste pour y transmettre les ordres nécessaires au bon déroulement de l’opération. Au milieu de sa conversation, il me fit un signe et leva deux mains totalement ouvertes.
Dix minutes avant que les corvettes ne soient en position.
Dix minutes qui s’annonçaient comme les plus longues de nos vies.
Pour que les corvettes puissent aisément nous rattraper, nous devions stopper notre repli et enfin répondre pleinement à nos adversaires. Je donnais aussitôt les ordres de positionnement, directement à nos vaisseaux de soutien.
Nous allions présenter notre flanc bâbord à nos adversaires. Un choix arbitraire, mais qui correspondait aux habitudes des officiers formés à Anaxes. « Bâbord puis tribord, pour battre tous ceux qui ne sont pas de notre bord. »
Et éviter des incidents malencontreux aussi problématiques qu’humiliants.
Quand nous fûmes enfin en position, nous ouvrîmes le feu sur l’adversaire – avec toutes les batteries en mesure de l’atteindre.
La Brigade Stellaire riposta avec ses propres armes : une bordée de projectiles ioniques vint frapper notre flanc, provoquant des baisses de tension sur certains postes. Mais nos boucliers tenaient le coup.
— Nouvelle salve de tirs ! ordonna Quémelda sur son communicateur.  
Il est difficile pour le commun des mortels d’imaginer ce qu’on ressent au milieu d’une bataille spatiale. Vous vous tenez dans ce qui n’est en fait qu’une misérable boîte de métal vaguement technologique, entouré par l’infinité du vide spatial – et quelques astres plus ou moins éloignés. Ce blindage est tout ce qui sépare la vie de la mort. Et votre adversaire déchaîne une puissance terrifiante pour en venir à bout. Les éclairs électriques que craignent encore les peuples primitifs ? Une broutille, comparé à une salve à pleine charge d’une tourelle turbolaser Taim & Bak modèle G-27 !
Autour de moi, le vaisseau tremblait. Il trembla pendant de longues minutes, tandis que j’observais la formation ennemie subir notre propre feu. Nous faisions des ravages parmi eux, incitant leurs capitaines à davantage de prudence. Nous n’avions pas encore perdu le moindre vaisseau, et ils ne pouvaient pas en dire autant.
Mais les croiseurs lourds avançaient toujours vers nos positions, entourés par de plus petits vaisseaux. Mais les frégates qui le précédaient ne représentaient pas de menace conséquente pour nos forces ; il s’agissait de vieux modèles de classe Xactus-IX, d’antiques cargos corelliens reconvertis pour l’occasion. Les pirates utilisaient une technique bien connue où des navires de moindre importance servaient d’écran aux autres. Mais nos artilleurs étaient suffisamment doués pour atteindre nos objectifs. Les « Invincibles » n’allaient pas faire honneur à leur nom.
Je les observais quand la porte donnant sur les turboélévateurs s’ouvrit soudainement. Un homme entra en courant et se dirigea vers moi ; mais une secousse plus forte que les autres le fit trébucher et il s’écroula tout du long. Je me portai à son secours.
— Bon sang, Ternesi, qu’est-ce qu’il vous arrive ?
Je l’aidai à se relever. Le professeur Yalgos Ternesi – doctorant de l’Université Quantique de Lianna, élève du célèbre chercheur Gal Daremeinis et titulaire du prix des Jeunes Espoirs de la Bordure – était un esprit brillant, mais d’une telle maladresse par moments… Il était le premier membre du tout récent Département Scientifique que je comptais installer dans ma future base de Centax. Mais, pour l’heure, je l’avais embarqué à bord du Knight’s Blade où il disposait d’un labo improvisé dans une des soutes.
— Je voulais… vous prévenir… haleta-t-il tout en massant son menton glabre, qui avait violemment heurté le sol. Mais… les salves ioniques… ont coupé… le réseau…
— Que se passe-t-il ? insistai-je.
— Mes instruments, dit-il en se reprenant, connectés aux senseurs du croiseur ont détecté une légère variation des flux électromagnétiques…
— De grâce, abrégez !
— Un vaisseau approche vers nous avec une cargaison de tibanna isotope 49.
Je fronçais les sourcils.
— Mais le tibanna 49 n’est pas un carburant. C’est un…
Un frisson descendit le long de ma colonne vertébrale. Je me tournai vers la baie d’observation.
— C’est un…
L’écran de frégates s’était dissous. Ne restaient plus que quelques vaisseaux épars… Dont l’un, à l’écart de ses congénères, fonçait droit sur notre flotte.
— DÉTRUISEZ CE NAVIRE ! hurlai-je aussitôt à Vandrast.
Quémelda comprit aussitôt le problème et donna les ordres nécessaires. Je vis plusieurs salves jaillir de nos batteries et frapper la coque relativement fragile de la frégate.
Elle explosa.
Mais ce n’était pas une explosion classique. C’était un véritable maëlstrom énergétique.
Le tibanna, dans sa forme classique, représentait le nirvana des gaz naturels, puisqu’il était quatre fois plus performant que les meilleurs d’entre eux. C’était le produit phare qui avait fait la renommée de Bespin dans la galaxie entière… Et la fortune de ma famille au passage, puisque TibannaCorp était le principal acteur sur ce marché. Mais certaines poches de gaz présentaient d’infimes variations au niveau de leur structure moléculaire. Ces isotopes pouvaient avoir des propriétés radicalement différentes : le 37, par exemple, présentait une stabilité accrue qui permettait de l’utiliser à l’air libre, par exemple pour les flammes mémorielles. Le 29, très rare, était aussi surnommé « TibannaX » grâce à sa capacité à brûler sans laisser de traces.
La première tentative d’exploitation du 49 nous avait coûté trois transporteurs, une plateforme minière… Et les vingt mineurs qui y travaillaient.
C’était un explosif absolument redoutable.
La vague de flammes nous atteignit et nous dépassa aussitôt. Malgré la protection de la coque, je sentis la chaleur monter d’un coup ; la coque devait être chauffée à blanc.
La Brigade Stellaire profita de notre vulnérabilité. Les croiseurs lourds ouvrirent le feu.
— Impact imminent ! criai-je.
  — Augmentez la puissance des déflecteurs bâbord ! hurlai-je à mes subordonnés quand une nouvelle bordée atteignit la coque.
— Nous risquons d’être vulnérables à tribord ! répondit Vandrast sur le même ton pour couvrir le bruit des alarmes.
— Les relais de communication sont en surchauffe ! cria Syal Rodan. Nous n’avons plus de liaison avec le reste de notre groupe de combat.
J’abattis ma main de dépit sur une des parties les moins fragiles de mon siège. La douleur m’atteignit aussitôt, prouvant que j’étais bien éveillé et pas dans un cauchemar tordu digne de mon imagination.
— Boucliers bâbord rétablis ! indiqua alors Vandrast.
— Enfin une bonne nouvelle ! Rapport sur les pertes ?
— Trois batteries sur le flanc bâbord… Et leurs artilleurs.
Je me mordis les joues et expirait lentement.
— Nous allons envoyer ces kaths pouilleux rôtir dans les Neuf Enfers, dis-je alors d’une voix aussi dure que possible. Envoyons-leur tout ce que nous avons. Tirez à vue. Abattez les vaisseaux endommagés.
Je regardai plus précisément Quémelda.
— Pas de pitié.
Il m’approuva d’un signe de tête.
— Nos corvettes sont en position, annonça alors Vandrast.
J’eus un mince sourire.
— Alors, en avant.
Pendant les minutes qui suivirent, la confusion fut à son comble. Très vite, la Brigade Stellaire comprit qu’elle avait été prise au piège ; mais pour ce qui était de s’en défaire, l’histoire était toute autre ! Nous les prenions en étau. Comme nous l’avions prévu, leurs écrans-boucliers étaient tournés vers notre flotte, ce qui laissait leur poupe vulnérable aux attaques des corvettes. Grâce au rétablissement de nos systèmes de communication, Syal put coordonner notre action avec le reste de la flotte, de façon à nous concentrer sur un navire à la fois. Nos chasseurs s’attaquaient aux appareils tentant de s’extirper de la nasse, avec beaucoup de succès. Mais il y en eut malgré tout quelques-uns pour forcer notre blocus et s’enfuir.   
Les croiseurs de classe-Invincible, eux, étaient immobilisés.
J’éprouvais une forme de satisfaction malsaine en voyant le plus proche des trois se fendre en deux morceaux distincts. Les pirates payaient là le prix de leur affront à la République.
Quémelda se leva et vint vers moi.
— Colonel, des capsules de sauvetage s’éjectent de leurs navires.
— Je l’avais remarqué, lieutenant.
— Si vous le souhaitez, nous pouvons les détruire.
Je haussai un sourcil.
— Vraiment ?
— Nous ferions passer cela pour des tirs perdus…
La proposition était tentante, en effet. La Convention d’Aldera interdisait l’attaque ciblée de capsules de sauvetage, mais dans le chaos de la bataille tout pouvait arriver…
— Nous allons plutôt les récupérer, dis-je finalement, presque à contrecœur. Les Renseignements auront quelques questions à leur poser…
Gurian eut un petit grognement de dédain.
— Ensuite, ils finiront leurs jours à Oovo IV, lui assurai-je immédiatement.
L’idée parut le rassurer. Il salua et rejoignit son poste.
Je passai le reste de la bataille à cette place, devant la baie d’observation, à contempler le spectacle de mort qui s’offrait à mes yeux. J’analysai chaque mouvement de l’ennemi, qui semblait avoir perdu son commandement central. À croire que le vaisseau explosif avait emporté tout leur génie tactique avec lui…
Enfin, ce qui restait de la flotte ennemie se regroupa pour forcer le barrage les séparant de la limite de l’hyperespace. Nous les laissâmes passer ; nos vaisseaux aussi étaient endommagés et je ne voulais pas risquer davantage de pertes à ce moment du combat.
Ils disparurent dans un flash de lumière, nous laissant seuls au-dessus de Cademimu.
Nous avions gagné.
 
*  * 
  
— Nous avons été roulés, lâchai-je avec amertume en retournant le cadavre d’un des assaillants du bout de ma botte. Mon interlocuteur confirma mes propos, l’air sombre.
— Leur plan n’a jamais été de s’emparer de nos stocks d’armement.
C’était un humain au teint pâle et à la chevelure d’un blond-roux tirant sur le doré. Il occupait le poste de chef de la sécurité planétaire – un exploit si l’on considérait son âge, puisqu’il n’avait qu’une poignée d’années de plus que moi.
— Quand l’avez-vous compris ? lui demandai-je alors.
— Au cours du combat. L’assaut sur les usines n’était pas aussi violent que ce qu’il aurait pu être, compte tenu du nombre de vaisseaux de débarquement. Alors que le palais…
Il secoua la tête de dépit.
— Ils ont peut-être bien réussi leur coup. Le secteur va être déstabilisé pendant plusieurs mois, des années peut-être. Carpj était un homme apprécié et le remplacer sera difficile.
J’acquiesçai tristement, mon regard se tournant vers le cadavre du gouverneur. Il était avachi dans son fauteuil, derrière son impressionnant bureau. Au-delà, je pouvais apercevoir une plaine couverte d’industries ; un spectacle qui me rappelait les quartiers du chancelier Kalpana sur Coruscant.
— Comment cela va-t-il se passer ? demandai-je ensuite.
— L’élection du gouverneur est l’affaire d’un compromis entre les districts planétaires de Cademimu V et les représentants des autres mondes du secteur. Carpj occupait ce poste depuis trois ans et il aurait pu y rester encore sept.
— Il n’avait donc pas de successeur désigné.
— Personne ne pourra se réclamer de lui sans être contesté.
Il m’invita à sortir, pour laisser le champ libre aux experts qui allaient examiner les dépouilles des assaillants pour nous fournir des informations à leur sujet.
— Quel était l’intérêt de la Brigade Stellaire dans cette affaire ?
— Les discussions ne sont jamais paisibles, me répondit-il. La corruption… Les trafics d’influence, voire les trafics tout courts… Nous sommes un monde de marchands d’armes.
— Je vois ça, fis-je avec sévérité.
Un tel archaïsme me laissait toujours pantois. Comment la République pouvait-elle tolérer que des comportements de ce genre perdurent ? Il n’y avait rien de démocratique sur Cademimu, et pourtant ce secteur avait droit à son sénateur – doté d’une voix de même poids que ses nombreux autres collègues.
— Je vous souhaite un bon courage pour surmonter ces difficultés, dis-je alors à mon interlocuteur.
— Nous y parviendrons, me répondit-il avec une moue résignée mais confiante.
Il me tendit une main ferme.
— J’en suis certain, répondis-je.
Et je serrai la main à ce jeune et brillant capitaine nommé Iaco Stark. 
“La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute.” - Confucius
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Messagepar L2-D2 » Mar 17 Oct 2017 - 7:26   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

(C'est une heure pour poster un nouveau Chapitre, ça ? :lol: )

Chapitre 13 lu !

Ouh, cette dernière phrase !!! :love:

Excellent Chapitre, rythmé, dynamique, reprenant le concept du début en pleine action, le flash-back expliquant le tout jusqu'au retour à la scène initiale. C'est très bien fait, on le sent venir et pourtant, on se laisse prendre. Les pirates sont de fins stratèges ! Mais quelque chose me dit qu'ils ont eu droit à un peu d'aide sur Cademinu... :siffle:

Vivement la suite, je suis impatient !

Allez, une coquille, la seule que j'ai vue en fait :
Jagen Eripsa a écrit:Il n’y avait rien de démocratique sur Cademimu, et pourtant ce secteur avait droit à son sénateur – doté d’une voix de même poix que ses nombreux autres collègues.

poids ?
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Messagepar Darth Eluar » Mar 17 Oct 2017 - 7:50   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Enfin un nouveau chapitre ! :love: Excellent extrait, je trouve que tu retranscris à la perfection l'atmosphère de la bataille :oui:

J'ai relevé ma faute syndicale :paf:

Jagen Eripsa a écrit:après qu’une nouvelle bordée ait atteint

Contrairement à "avant que", "après que" est toujours suivi de l'indicatif

L2-D2 a écrit:
Allez, une coquille, la seule que j'ai vue en fait :
Jagen Eripsa a écrit:Il n’y avait rien de démocratique sur Cademimu, et pourtant ce secteur avait droit à son sénateur – doté d’une voix de même poix que ses nombreux autres collègues.

poids ?

Mais je rêve tu me voles mon travail :paf:
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Messagepar Jagen Eripsa » Mar 17 Oct 2017 - 8:31   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Merci à tous les deux ! Ravi que ce chapitre vous ait plu. :jap:

Ceci...
L2-D2 a écrit:(C'est une heure pour poster un nouveau Chapitre, ça ? :lol: )


...explique cela :
L2-D2 a écrit:poids ?


:transpire:

Darth Eluar a écrit:Contrairement à "avant que", "après que" est toujours suivi de l'indicatif


Effectivement. Et comme c'est absolument affreux à entendre, j'ai complètement changé ma formulation - et je pense que je ne suis pas près de réutiliser "après que". :D
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mar 17 Oct 2017 - 12:16   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Ah, on joue à relever des fautes ? Je peux participer ? Paske, voyez, j'ai trouvé cette répétition : Grâce au rétablissement de nos systèmes de coordination, Syal put coordonner notre action, et je ne savais pas quoi en faire :transpire: :D :paf:

Sinon, très bon chapitre ! Je me demande si on reverra Iaco Stark... :sournois:
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar mat-vador » Mar 17 Oct 2017 - 20:27   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Iaco Stark? The Iaco Stark :love: ? Permettez-moi de sauter au plafonds pour exprimer mon bonheur :paf: !
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Messagepar Jagen Eripsa » Mar 17 Oct 2017 - 20:52   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Merci messieurs ! :jap:

Zèd-3 Èt a écrit:Ah, on joue à relever des fautes ? Je peux participer ? Paske, voyez, j'ai trouvé cette répétition : Grâce au rétablissement de nos systèmes de coordination, Syal put coordonner notre action, et je ne savais pas quoi en faire :transpire: :D :paf:


C'était "systèmes de communication", évidemment. :cute:

Je vois que Iaco Stark électrise les foules... Pas mécontent de mon effet, dans la précédente mouture je l'introduisais beaucoup plus tôt dans le chapitre et c'était moins marquant. :sournois:
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 30 Oct 2017 - 15:35   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Début de l'arc Opah Settis, qui va apporter son lot de nouveaux personnages et de rebondissements ! :sournois:



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Chapitre 14

Opah Settis, Bordure Médiane, deux cent trois jours AK, 16h34.
 
— Une fois de plus, nous ne sommes là que pour veiller au respect des conventions galactiques. Nous ne cherchons en aucun cas à imposer nos intérêts ou ceux de la République.
La voix mélodieuse des calibops avait un effet que l’on qualifiait généralement d’apaisant, à cause de sa musicalité intrinsèque et de ces sons suaves qui jalonnaient l’intonation de leurs phrases. Ces capacités naturelles, auxquelles s’ajoutaient les dons d’influence mentale des Jedi, rendaient habituellement maître Pomvaliou apte à calmer les négociations les plus difficiles.
— Notre seul désir est le retour de la paix, appuya l’ambassadrice Brenn’TOR.
La caamasi avait elle aussi un don pour apaiser ses interlocuteurs ; elle dégageait une aura de sérénité dont j’avais déjà largement profité sur Korda.
Pourtant, aujourd’hui, cela ne semblait guère suffisant.
— Mais quelle paix voulez-vous qu’il y ait ? demanda le délégué Hagas. Nous autres Tyrenos ne sommes pas idiots.
Première nouvelle de la journée.
— Nous savons que la République a davantage à y gagner en soutenant les Proteras. Les droits sur nos exploitations locales de bois précieux, par exemple !
Et, pour la cinquantième fois sans doute, cette diatribe lui valut une réplique cinglante de la part de son adversaire.
— Vous vous méprenez, Hagas, répondit l’ambassadeur Fierruj. Nous n’avons jamais rien promis de tel. Vous devez sans doute confondre avec vos propres plans pour nos mines de pierres précieuses…
— Vous refusez d’admettre vos propres déviances, et vous les masquez sous un monceau de calomnies.
— Je peux vous retourner ce compliment…
— Messieurs, messieurs, je vous en prie ! intervint le député Polyge, représentant des maigres forces civiles contrôlant encore le cœur de la capitale d’Opah Settis. Comment voulez-vous parvenir à un accord si vous sombrez dans l’invective ?
— Même le plus décérébré des Chtons ne croirait plus à un accord… marmonnai-je en rongeant mon frein.
Ma réplique me valut un regard désapprobateur de Pomvaliou, que ces chers « diplomates » remarquèrent aussitôt.
— Vous montrez beaucoup de dédain pour des questions qui ont beaucoup d’importance aux yeux des Settiens, me lança Fierruj, agacé.
— C’est même irresponsable de faire montre de tant de désinvolture à notre égard ! ajouta Hagas, furieux.
Et voilà, ils parvenaient enfin à se mettre d’accord ! Pour me tomber dessus, évidemment… Mais n’était-ce pas l’une des nombreuses joies des missions au service de la République ?
Sauf que cette mission n’aurait pas dû relever de mon service. Les Renseignements soupçonnaient une implication de la Brigade Stellaire dans une guerre planétaire ? D’accord, pourquoi pas. Ils voulaient se servir de négociations comme couverture pour enquêter ? Aucun problème !
Mais la couverture diplomatique ne suffisait pas, visiblement. Il avait fallu quelqu’un capable d’attirer l’attention, qui se fasse remarquer et attise les tensions – moi, en somme.
— Je ne faisais qu’exprimer mon point de vue… En des termes triviaux, certes, leur accordai-je de bonne grâce. Le Département Judiciaire que je représente ici a bien pris note de votre impossibilité à parvenir à un accord.
— Et en quoi cela concerne-t-il le Département Judiciaire ? demanda Fierruj.
— Notre mission est d’assurer la sécurité des citoyens de la République.
— Et vous croyez que vos provocations vont les aider ? intervint Hagas. Vous ne faites que tendre la situation !
— Ce que je pense, délégué Hagas, c’est que vous êtes pour une fois sur la même longueur d’onde que votre adversaire !
— Messieurs, messieurs, répéta une fois encore le député Polyge. Ne laissons pas les mauvais mots fuser. Nous sommes tous énervés après ces longues discussions… Passons à un autre point.
— Je voudrais quand même comprendre quelque chose, reprit Hagas. Pourquoi la République s’est-elle décidée à intervenir seulement maintenant ? Ce n’est pas comme si ce conflit datait d’hier.
— Malgré l’importance que vous lui accordez, aux yeux de la République, Opah Settis n’est qu’une petite planète à vingt parsecs de la voie commerciale la plus proche, lui répondis-je en m’efforçant de ne rien laisser paraître de ma tension. L’information a mis du temps à remonter jusqu’à nos services.
C’était un euphémisme. La guerre civile entre les Proteras et les Tyrenos – deux quartiers de la capitale planétaire d’où étaient originaires les leaders de chaque camp – avait débuté à la suite de l’assassinat du monarque légitime d’Opah Settis, Johun IV Ulvrades, vingt-trois ans auparavant. La mort du souverain légitime sans héritier reconnu avait ouvert la voie à une confrontation entre les deux corporations les plus puissantes de la planète, les menuisiers de Tyrenos et les joailliers de Proteras, qui s’étaient d’abord livrés à une lutte d’influence avant de prendre les armes. Lorsque l’artillerie était entrée en action, on était passé d’un simple affrontement entre gangs – Certes puissants, mais utilisant les méthodes habituelles de la pègre – à un conflit fratricide toujours plus sanglant.
Opah Settis était une planète majoritairement sauvage, à l’exception de sa capitale éponyme, qui occupait une immense vallée dont les pentes raides abritaient les quartiers périphériques, chacun étant dominé par une corporation de métiers. La majorité de la ville était aujourd’hui détruite, à l’exception des bastions de chaque camp, lourdement protégés, et du District Central – ici représenté par le député Polyge – où il régnait toujours un semblant d’ordre, malgré l’afflux de réfugiés venant des autres zones. Un tel déchaînement de violence pouvait paraître incompréhensible aux yeux des Coruscantiens et de leurs homologues de l’ensemble du Noyau, mais cette situation était malheureusement de plus en plus courante à mesure que l’on se rapprochait des limites de l’Espace Connu.
Ce qui l’était moins, en revanche, c’était le délai énorme qu’avaient mis les observateurs de la République à détecter cette guerre. Qu’une telle affaire ait échappée à la vigilance du Sénat pendant tout ce temps était extrêmement inquiétant. Y avait-il eu une raison officieuse, ou s’agissait-il d’un cas de corruption ? Quelle était donc l’ampleur de la tromperie ? Qui était donc impliqué dans les hautes sphères de l’administration galactique ?
Toutes ces questions, auxquelles s’ajoutaient les inquiétantes rumeurs que le SIS – le Service d’Information Stratégique, une autre branche du Département Judiciaire dédiée aux opérations de renseignement – avait rapportées au Chancelier, expliquaient que Kalpana ait choisi de me dépêcher sur place pour ce qui ne semblait être qu’une banale – Tragique peut-être, mais banale – affaire planétaire.
Et ça ne me plaisait guère. Je n’avais pas l’âme d’un négociateur.
— Pour revenir sur vos sociétés respectives, repris-je en me dotant d’accents plus techniques, vous n’avez aucune peur à avoir. La dernière compagnie que le Sénat a rendue publique était la Corporation Technique Républicaine, et cela fait bientôt sept cents ans qu’elle a été dissoute. Nous n’avons pas la moindre envie de renouer avec ces vieilles pratiques, d’autant que cela nous fâcherait avec vos actionnaires. Vos actifs sont gérés par un fonds d’investissement, je suppose ?
— Damask Holdings, répondirent simultanément les deux ambassadeurs.
Ce fut comme si une chape de duracier s’abattait sur nous. Les deux rivaux se toisèrent pendant quelques instants, tandis que je frissonnais au souvenir de ma rencontre avec le sinistre investisseur muun, le jour du lancement de la Flotte Katana.
Un détail me revint alors à l’esprit. Ce jour-là, c’était Damask qui avait suggéré le premier ce funeste voyage sur Vjun…
— Enfin, c’était Damask Holdings jusqu’à l’absorption récente de la majorité de ses actifs par le Clan Bancaire Galactique, expliqua Fierruj, en brisant le silence par la même occasion.
— J’en ai vaguement entendu parler, répondis-je machinalement.
— Une transaction en préparation depuis la tentative d’assassinat sur leur Magister il y a six ans, si je me souviens bien, ajouta Hagas.
— Et Hego Damask a-t-il été informé de la situation ? demanda maître Pomvaliou en haussant ostensiblement les sourcils.
— Il n’a jamais mis les pieds sur la planète. Vous savez, ces financiers, tant que leurs revenus parviennent à bon port…
Il se tut, manifestement conscient d’en avoir trop dit. Et il avait raison. La première chose que j’aurais fait à leur place aurait été de neutraliser toute la chaine d’approvisionnement ennemi. Et cela impliquait de détruire toutes les sources de revenus… Or, manifestement, cela n’avait pas été fait. Il y avait trois explications possibles : la première étant la nullité de leurs tacticiens, une hypothèse tout sauf négligeable vu le niveau des ambassadeurs. La deuxième était évidemment l’envie de récupérer les ressources de l’autre. Et la troisième…
La troisième supposait que quelqu’un voulait tout faire pour que cette guerre dure.
Et je croisais les doigts pour que cela ne soit pas la véritable raison.
— Pourtant… commença le Jedi calibop.
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Le sol s’était brusquement mis à trembler, renversant de leurs sièges les conférenciers. Je m’accrochais comme possible à la table centrale, sans succès. Sur les murs de la salle de réunion, les tableaux voltigèrent et tombèrent en se brisant par la même occasion. La magnifique peinture écarlate et dorée des lieux se craquela et laissa apparaître de larges fissures.
— Colonel Eripsa, vous allez bien ? me demanda Hagas en me voyant à terre.
— J’ai connu mieux, répondis-je en me relevant et en époussetant mon uniforme. Comment diable a-t-on pu vous bombarder ? Vous avez décidé de mener une attaque pour arrêter les négociations ?
— Je vous demande pardon ?
— Délégué Fierruj, vous m’avez très bien compris : c’est un bombardement.
— J’ai ressenti autre chose que cette secousse, intervint Pomvaliou. De la douleur. Des brûlures. L’étouffement.
— Les Rebelles, murmura Hagas. La trêve n’a pas été rompue.
— Nous sommes désolés pour le dérangement, indiqua l’autre ambassadeur. Mais un troisième camp est entré en jeu il y a quelques mois. Des terroristes et des pilleurs, voilà ce qu’ils sont.
Cette affaire devenait décidément de plus en plus compliquée.
— Des poseurs de bombes ?
— Et ils agissent de plus en plus souvent, confirma Fierruj.
J’échangeai un regard avec maître Pomvaliou et la négociatrice Brenn’TOR. Eux aussi semblaient inquiets.
— Bien, soupirai-je alors. Je suppose que nous ne parviendrons à rien de plus aujourd’hui.
— Vous avez sans doute raison, colonel, répondit Hagas avec une lueur de soulagement dans le regard. La nuit portera conseil.
 
*  * 
 
Opah Settis, District Central, Restaurant Les Diamants du Goût, 21h12.
 
Repérant ma table dans la grande salle de réception, je m’en approchai aussitôt.
— Veuillez m’excuser pour le retard, saluai-je en s’asseyant. J’ai perdu beaucoup de temps avec mon rapport.
— Nous venons d’arriver, répondit Brenn’TOR.
— Vous êtes tout excusé, répondit chaleureusement maître Pomvaliou.
Le Jedi calibop avait l’air soucieux, comme plus tôt dans la journée. Pourtant, outre l’ambassadrice, il était assis en charmante compagnie. Sa voisine de gauche était une charmante jeune femme au visage fin et dont les cheveux d’un noir cendré tombaient sur les épaules, à l’exception d’une fine tresse à l’arrière de la tête.
— Je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître, lançai-je en tendant la main vers elle avec un sourire enjôleur.
Il faut dire que j’avais revêtu un uniforme immaculé, et j’étais assez sûr de mon effet.
— Voici ma padawan, Melena Nash, déclara Pomvaliou. Melena, je te présente le colonel Eripsa.
— Je suis ravie de faire votre connaissance, colonel, déclara-t-elle cordialement en échangeant une poignée de mains avec moi. J’ai beaucoup entendu parler de vous.
— En bien, j’espère.
— Vous n’avez pas à vous inquiéter pour cela.
Il y avait dans ses yeux – qui étaient d’un bleu clair me rappelant les plus belles nuances de l’aube sur la Cité des Nuages – une lueur d’intérêt, de convoitise même, que je ne pus m’empêcher de remarquer. Éprouvions-nous une attirance mutuelle ? Difficile à savoir, mais physiquement, elle me plaisait, et je ne semblais pas la révulser… Hélas, les Jedi avaient choisi le célibat.
— Vous venez donc d’arriver sur Opah Settis ?
— À vrai dire, non, répondit-elle en jetant un regard à son maître qui hocha la tête. Je suis arrivée en même temps que vous sur Opah Settis, mais je suis restée camouflée jusqu’à maintenant, ajouta-t-elle en faisant la moue.
Pomvaliou eut un petit rire.
— Ma chère padawan pense et parle avec la fougue d’un poussin à peine sorti de l’œuf, déclara-t-il avec un sourire – ou quelque chose qui s’y apparentait, les becs n’aidant pas au déchiffrage des expressions faciales. Elle n’a pas encore appris à se laisser porter par les vents de la Force.
— Je n’ai pas tout saisi, avouai-je avec un sourire gêné.
— Maître Pomvaliou estime que mon existence ne doit pas parvenir aux oreilles des deux camps, résuma Nash.
— Cela me semble sage, en effet, dit Brenn’TOR. Le député Polyge en est-il informé ?
— J’ai préféré ne pas aborder cette question avec lui, éluda le Calibop.
Je me massai le menton avec la main.
— Je vois que vous avez la même confiance que moi envers nos hôtes.
— Il me semble difficile de faire autrement, avoua le Jedi. Ils ont dégagé une impression très bizarre, jusqu’à présent.
— Vraiment ?
C’était peut-être là l’origine du malaise que je ressentais en leur présence.
— On aurait dit deux vents l’un chaud, l’autre froid, se faisant face. Mais au lieu de déclencher une tempête, ils fusionnent jusqu’à ne plus former qu’un seul et unique vent.
Sur ces mots, un des serveurs du restaurant – un humain, fait suffisamment rare pour le signaler à cette époque où les droïdes monopolisaient ce genre de postes – s’approcha de nous pour prendre nos commandes. Je laissai le Jedi choisir un menu adapté à son régime alimentaire en premier, puis, après un rapide examen de la carte, se décida pour un filet de verosteram (les fameux poissons-fusées de Chandrila) sur lit de patates douces d’Anaxes. Quelques saveurs familières du Noyau me feraient le plus grand bien.
— Ces négociations s’annoncent mal, lançai-je une fois le serveur reparti avec nos commandes. Je pense que nous n’arriverons pas à les mettre d’accord. Je n’ai même pas l’impression qu’ils souhaitent l’être. La situation actuelle semble leur convenir parfaitement…
— C’est exactement ce que Melena me disait avant votre arrivée, répondit Pomvaliou.
— La population est heureuse de ce cessez-le-feu temporaire, mais elle ne croit pas en une paix durable, expliqua la jeune femme. Les habitants font des réserves, réparent leurs refuges… Mais pour eux, l’avenir est aussi sombre que le passé.
— Il n’y a pas d’espoir, résumai-je avec amertume.
— Il y a toujours de l’espoir ! corrigea Pomvaliou. Et c’est à nous de le concrétiser.
— Notre présence peut servir de catalyseur à une évolution de la situation, confirma Brenn’TOR. À l’instar de ce qui s’est produit sur Korda.
— Peut-être, admis-je malgré mon scepticisme. Mais ça ne veut pas dire que nous y arriverons.
— Cela va être difficile, déclara Melena. Ni les Proteras ni les Tyrenos ne veulent la paix.
— Classique, répondis-je en posant mon verre d’eau sur la table. Chacun souhaite se débarrasser de son adversaire pour ramasser la totalité du magot.
— C’est là que vous vous trompez, colonel, dit le calibop.
Je pris quelques instants pour réfléchir à ce pavé dans la mare lancé par le Jedi.
— Vous étiez plutôt silencieux, cet après-midi, sortit-il enfin. Disons, plus que d’habitude.
— En effet.
— Vous avez senti quelque chose ?
— De l’hostilité. Des envies de victoire, de revanche.
— Mais pas l’un contre l’autre.
— Oui.
— Contre nous.
— Oui.
J’accordai une attention inhabituelle à ma fourchette en arganium travaillé, l’esprit empli de pensées.
— Vous pensez que c’est un piège ? demandai-je enfin.
— Comme dit mon peuple, « lorsque deux vents ne s’opposent pas, c’est qu’ils soufflent ensemble ».
— Cela n’a aucun sens ! Les pertes…
— Il n’y en a pas beaucoup dans chaque camp, intervint Melena. J’ai discuté avec des réfugiés venant des quatre coins de la ville. Ils disent tous la même chose : les combattants sont relativement épargnés, avec des pertes quasi-nulles depuis deux ans. C’est naturel ; il y a trois boucliers de zone, sur cette planète, dont celui du District Central. Les deux autres protègent les bunkers et les usines de chaque camp.
— Et les lasers retombent…
— Sur les civils.
— Combien de morts ?
— Beaucoup moins que de blessés.
— À ce point ?
— Il n’y a pas de chiffres officiels. Toutefois, on peut affirmer sans difficulté qu’une bonne partie d’entre eux disparaissent.
Ces derniers mots m’alertèrent particulièrement. J’allais poser une nouvelle question quand le serveur revint, chargé de ses plats. Il nous servit tour à tour, moi en dernier. Je savourai alors ma première bouchée et m’intéressai pour la première fois au décor autour de moi.
Les Diamants du Goût était un restaurant huppé du District Central d’Opah Settis, mais il aurait aussi bien pu appartenir à n’importe quelle planète du Noyau, y compris Coruscant. Il offrait à ses clients un décor somptueux, aux couleurs rouges et or, avec une vue splendide sur les hautes montagnes – couvertes d’immeubles en ruines, c’est vrai – qui entouraient la vallée. Dehors, le soleil couchant descendait sur l’horizon. Tout en mangeant, je le suivis des yeux un moment, jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’un îlot incandescent dans une mer céleste écarlate aux reflets de sang. Puis il disparut, et le ciel devint bleu nuit derrière lui. Le spectacle, d’une beauté à couper le souffle, m’avait permis pendant un moment de chasser mes sombres pensées.
Pas pour longtemps, malheureusement.
— Avez-vous une idée de ce qui arrive aux blessés ? demanda soudainement Melena. J’ai senti de l’appréhension en vous quand je les ai évoqués…
— Oui, répondis-je doucement. J’ai quelques soupçons. Mais si cela ne vous dérange pas, je préférerais changer de sujet.
Avec la bénédiction de Pomvaliou, nous passâmes le reste du repas à évoquer des souvenirs d’autres missions ou de voyages exotiques. Je leur racontai ainsi une plongée à haut risque faite avec mon ami d’enfance Kenth sur Manaan – le souvenir était d’ailleurs délicat, car il prenait place avant les évènements de Tatooine et notre éloignement. Le Jedi parla pour sa part de son maître iktotchi, qui avait autrefois été pourchassé par une dizaine de chasseurs de primes dans tout l’espace Hutt et avait réussi à finalement les capturer. Brenn’TOR narra une visite méditative qu’elle avait faite sur Aldérande et compara le joyau du Noyau aux beautés de sa planète natale Caamas. Il y eut un moment délicat quand Melena raconta la façon dont sa mère, une Jedi elle aussi – les Nash semblaient être une dynastie de Jedi, à la façon des Sunrider/Da-Boda – trouva la mort dans une embuscade spatiale. Mais dans l’ensemble, nous vécûmes un bon moment, bien loin des soucis de la journée.
Ce ne fut qu’au moment du dessert que le sujet du jour revint sur la table, en même temps qu’une délicieuse crème glacée aux shuuras.
— Fierruj et Hagas ont évoqué un tout à l’heure un troisième camp, rappelai-je aux autres. Vous avez une idée de ce dont il s’agit ?
— J’en ai entendu parler, déclara Melena. Il s’agirait de partisans d’un retour à l’époque des UIvrades.
— Les anciens dirigeants d’Opah Settis ?
— C’est ce que j’ai cru comprendre.
— Ils pourraient faire une bonne alternative aux Tyrenos et aux Proteras, songea Pomvaliou.
— Pas s’ils sont réellement des terroristes, fis-je remarquer. La République a des principes.
— Bien entendu. Mais je doute qu’ils le soient.
— J’ai marché dans les rues après la secousse de tout à l’heure. À part une vague odeur de soufre, il n’y a pas de trace de bombe, expliqua Melena. Pas d’hostilité des poseurs comme on peut en sentir habituellement. Si bombe il y a vraiment eu, alors le Chancelier devrait virer son SIS et le remplacer par ces gars-là. Eux au moins sauraient faire le boulot !
La remarque provoqua quelques rires, y compris de ma part. Mais je le faisais par convenance. Le SIS pour l’heure, avait hélas vu juste.
— Les Loyalistes – c’est ainsi qu’ils se font appeler – ont un chef, surnommé « le Commandant », continua la jeune femme. Apparemment, ce type fout les jetons aux deux camps comme un toiletteur à une couvée de Hutts.
— Une vraie terreur, commentai-je en souriant tandis que Melena recevait un regard désapprobateur de la part de son maître.
— Y-a-t-il des rumeurs d’exactions ? demanda Pomvaliou.
— Pas la moindre… À part ces fameuses bombes.
Le calibop ne répondit rien.
Une fois le repas terminé, nous nous levâmes et prîmes le chemin de la sortie. Melena nous salua et partit en direction des cuisines.
— J’ai pris mes précautions, expliqua Pomvaliou à Jagen alors qu’elle s’éloignait. Ni caméra ni micro ne fonctionnaient ce soir, et personne dans le restaurant ne se souviendra d’elle. C’est comme si elle n’existait pas.
— Vous avez bien fait, commentai-je aussitôt.
L’ambassadrice Brenn’TOR avait plus de réserve à ce sujet, mais elle n’en fit pas part.
Nous arrivâmes à l’extérieur du restaurant, où nous vîmes les traces des dommages subis plus tôt dans la journée. Le plâtre était lézardé par endroits, la peinture irrégulière ; les droïdes ouvriers avaient visiblement réparé les dégâts hâtivement. L’ascenseur en revanche était en excellent état.
— Un bon point pour le service, déclarai-je alors. Je me serais mal vu redescendre les soixante-dix étages après un tel repas. Sauf en roulant, peut-être.
Pomvaliou ne répondit rien. Il était visiblement ailleurs. Les plumes surplombant ses yeux étaient froncées, lui donnant un air inquiet peu avenant.
À l’issue de la descente, les portes s’ouvrirent sur le hall de l’immeuble, que nous traversâmes pour parvenir sur le parvis. Le contact de l’air frais était revigorant ; je me sentais suffisamment en forme pour marcher jusqu’à l’hôtel.
La température rafraîchie sembla jouer également sur le moral de Pomvaliou. Il semblait tout à coup plus vif, comme s’il avait trouvé la réponse à ses questions.
— Je crois que… commença-t-il.
Il s’interrompit brusquement.
Tout devint alors flou.
Je vis le calibop se tourner pour regarder vers le sommet de l’immeuble ; et, au même instant, j’entendis une détonation. Ce n’était pas un de ces bruits électroniques de blasters, mais bien une compression d’air, ce son si fort et si redoutable qu’émettait une carabine à projectiles. Un objet minuscule à la pointe perçante fila dans notre direction. Avant que je puisse réagir, il avait percé de part en part le crâne de maître Pomvaliou, et quelques fragments mêlés de plume et de sang en jaillirent pour retomber sur mon uniforme blanc.
Le Jedi s’effondra.
Le tireur était de toute façon trop loin pour que je puisse tenter quoi que ce soit, et trop bien placé pour pouvoir me mettre à couvert. Je me fiais alors à ce qui arrivait en troisième position dans mes réflexes de soldat, mais en première dans mon cœur.
Je me penchai sur le corps du Jedi, pour voir s’il y avait un espoir de le sauver. L’ambassadrice Brenn’TOR, doucement, sous le choc, vint se placer à mes côtés.
Je dus bien vite me rendre à l’évidence : bien que les calibops ne soient pas à proprement parler des proche-humains, ils avaient une constitution assez proche de la nôtre. Le cerveau, notamment, était placé sous la protection de l’os crânien.
Ce même os qui venait d’être transpercé.
Le Jedi était à l’agonie. N’importe qui d’autre aurait déjà succombé, mais lui s’accrochait : il semblait vouloir dire quelque chose.
J’approchai mon visage de celui de Pomvaliou, et entendis son murmure presque inaudible.
— La solution… dit-il simplement.
Puis il n’y eut plus rien.
Je sentis une vague de tristesse monter en moi. Des images m’assaillaient… Je revis un autre corps, portant lui aussi la marque d’une atroce blessure. Et la voix de Kenth me lançait des mots qui me frappaient chacun comme un coup de poignard…
— C’est ta faute s’il est mort ! Ta faute si nous avons été capturés ! C’est toi qui voulais ce voyage !
L’horreur me nouait la gorge, autrefois comme maintenant.
Cherchant à tout prix à ne plus voir le visage ensanglanté du calibop, je cherchai un autre centre d’intérêt. Mon regard se posa sur la main-aile du Jedi.
L’index semblait délibérément tourné vers le sol.
La solution…
Les premières sirènes des speeders de police retentissaient au loin, leur vacarme s’accroissant à mesure que les secondes passaient. Je vis un mouvement dans une des ruelles sombres proches ; une fine ombre qui disparaissait à toute vitesse. En pensée, je souhaitais bonne chance à Melena, une nouvelle fois orpheline.
Quant à moi, je me préparai à ce qui m’attendait.
Mon vrai travail allait sans doute commencer.
 
************ 
  
Opah Settis, District Central, résidence diplomatique, cent soixante jours AK, 4h29.  
Au moment où je poussai la porte en bois laqué – une de ces essences précieuses produises par les Tyrenos –, j’accusais déjà plusieurs heures de sommeil de retard et je n’aspirais plus qu’à trouver l’oubli dans le sommeil.
La séquence avait été difficile. Les policiers du District Central nous avaient interrogés, l’ambassadrice et moi, sur les circonstances du meurtre. Pourquoi n’avoir visé que le Jedi ? Pouvait-on vraiment écarter la possibilité d’une vengeance personnelle ?
Et j’étais toujours sous le choc. Une fois encore, la mort était passée si près de moi… Avais-je vraiment les épaules pour vivre ainsi, entouré par les risques ? Paradoxalement, cette fin me semblait plus terrible encore qu’au combat, où la mort, je devais l’admettre, semblait bien plus acceptable parce qu’elle sévissait massivement.
J’aurais pu être la cible de l’assassin, sans rien ni personne en mesure de me sauver.
Et il y avait ce pauvre Pomvaliou… Nous n’avions fait connaissance que trois jours plus tôt, à notre arrivée sur Opah Settis, mais je l’appréciais déjà. Sa mort, d’une façon aussi brutale et indigne de l’être d’exception qu’il était, ne pouvait que m’attrister.
C’est à lui que je pensais quand un court blaster apparut devant moi, brandi par un homme resté dans l’ombre.
Ma première pensée – la seule qui pouvait atteindre mon cerveau fatigué – fut que l’assassin venait finir son œuvre.
— Vous devriez être plus prudent, dit-il à voix basse.
Sa voix était dure mais elle ne comportait aucune menace immédiate. D’un signe de la main, il m’ordonna de refermer la porte. Je le fis délicatement et la verrouillai aussitôt.
— Si vous voulez me tuer, dites-le tout de suite, histoire qu’on en finisse, grommelai-je alors. Je suis fatigué et j’ai besoin de dormir quelques heures avant l’aube.
— Vous avez beaucoup trop confiance en vous. Qui vous dit que je ne vais pas vous tuer, en effet ?
Je me déplaçai sur le côté, en direction de l’armoire où j’avais dissimulé une arme de poing. Je n’avais aucune chance de l’attraper à temps dans ce face-à-face, mais s’il était distrait par quelqu’un… Oui, peut-être qu’alors…
— Vous êtes l’assassin de Pomvaliou, dis-je en mentant éhontément, parce que je sentais que ce n’était pas la vérité.
Mes sens étaient en éveil ; il émanait de mon mystérieux visiteur une certaine assurance, accompagnée par une colère intense et d’autres émotions fortes… Mais qui n’étaient pas dirigées contre moi.
— Je ne suis pas là pour vous tuer, colonel, mais pour vous aider. Inutile d’essayer de récupérer votre C-12, je m’en suis déjà chargé.
Quelque chose atterrit à mes pieds ; baissant les yeux, je vis mon blaster, ses cartouches d’énergie en moins.
— Vous prenez de grandes précautions, pour un ami, commentai-je en soulignant ce dernier mot.
— C’est pour vous éviter de vous faire mal. Vous savez peut-être vous battre, mais j’ai grandi avec un blaster entre les mains.
Il avança alors, et la lueur d’une fenêtre donnant sur l’extérieur révéla ses traits.
Il n’était pas bien grand ; il m’arrivait en-dessous de l’épaule. Mais il semblait solidement charpenté. Et cette carrure s’accompagnait d’un physique agressif ; on aurait cru qu’il s’agissait d’un prédateur, du genre impitoyable, ne lâchant jamais sa proie. Sa posture et ses mouvements extrêmement minutieux indiquaient bien qu’il s’agissait d’un professionnel, un de ceux qui ne lâchaient jamais l’affaire.
— Bien, vous avez l’avantage, admis-je à regret. Je vous écoute.
— Je viens de la part d’un ami commun, déclara-t-il. Il a un conseil à vous faire parvenir. Fuyez.
— Si cet « ami » me connaît, pourquoi ne vient-il pas me le dire en face ?
— Écoutez-moi bien attentivement si vous voulez sauver votre shebs, s’énerva l’autre – et ce dernier mot m’incita à tendre l’oreille. La véritable cible du meurtre de ce soir, c’est vous.
— Dans ce cas, le tireur a une très mauvaise vue. Confondre un calibop avec un humain…
— Il a réussi son tir. Le Jedi pouvait vous protéger de ce qui se prépare. À présent, pour vos ennemis, vous êtes seul.
Je sentis une vague de lassitude l’envahir et tirai une chaise pour s’asseoir dessus. Je me sentais plus las que jamais.
— Alors, c’est à cause de moi… Voilà pourquoi le Chancelier ne voulait pas impliquer les Jedi.
— J’imagine que leurs pouvoirs représentent un danger pour vos ennemis, et qu’ils étaient, jusqu’à présent, votre seule protection.
— Vous ne comprenez pas. Le plan était conçu pour fonctionner sans l’aide des Jedi. À présent, j’ai peur que nous leur ayons donné une arme en plus dont ils peuvent se servir…
— Vous vous attendiez à cela ?
— J’ai décidé de participer à cette mission en sachant que je risquais d’y rester, avouai-je, acerbe. En sachant aussi que les bénéfices probables étaient importants. C’est un piège. Un piège pour toute la Brigade Stellaire. Et à présent, tout est remis en cause.
— Dans ce cas, fuyez. Nous pouvons vous trouver un transport qui…
— Qu’est-ce qui vous fait penser que je vais m’enfuir ?
Je me redressai pleinement, une rage nouvelle au cœur.
— J’ai été mandaté par le Chancelier en personne pour mettre un terme à un trafic d’esclaves dont nous pensons qu’il trouve ses origines ici, et qu’il aide à financer la Brigade Stellaire. À présent, le meurtre de Pomvaliou est la preuve qu’Opah Settis est impliquée dans ce marché ignoble ! Et vous voulez que j’insulte sa mémoire en tentant de protéger ma propre vie ? Que j’abandonne ces pauvres gens à un sort funeste ? Non, je suis bien trop impliqué dans toute cette affaire, à présent. Je n’ai plus que deux choix : vaincre ou mourir.
— Vous parlez avec courage, mais votre raisonnement est idiot. Dites-moi quel est votre plan.
Je levai les yeux au ciel, énervé par cette témérité.
— D’accord. En raison des termes des réformes de Ruusan, les pouvoirs du Département Judiciaire sont limités. Nous pouvons intervenir contre les contrevenants à l’ordre galactique… Mais pas lors d’un conflit entre acteurs institutionnels. Pas sans qu’une tentative de conciliation ait eu lieu.
— Ouais, donc en fait vous êtes juste ici pour attendre que les négociations plantent ?
— Bien sûr. Elles doivent échouer pour que nous puissions intervenir ouvertement.
— Vous n’y parviendrez pas. La Brigade Stellaire ne profite pas seulement du trafic d’esclaves. Elle manipule les deux camps pour les utiliser à sa guise.
Les métaphores sur les vents de Pomvaliou me revinrent à l’esprit.
— Je commençais à le deviner, oui.
— Bien. En apprenant votre venue, la Brigade Stellaire a fait appel à des alliés… Les Death Watch, notamment.  
— Dois-je comprendre que notre ami aux cheveux bouclés est ici pour régler ses vieux comptes ?
— Il attend de savoir ce qu’il en est de Vizsla avant de se révéler. Mais ce n’est pas votre problème.
— Si je peux aider…
— Qu’est-ce que vous avez à disposition ?
— Une flotte.
— Sur Ord Mantell.
— Non, ce n’est qu’un leurre. J’ai trois destroyers en attente dans la nébuleuse du Bouclier, accompagnés de vaisseaux de soutien. Avec tout un bataillon de troupes d’intervention… Ils peuvent être là en cinq heures.
— Et vous comptez les prévenir comment ?
— J’ai un communicateur. Il y a un vaisseau-sentinelle aux confins de ce système… Prêt à assurer le relai.
— Où est-il, cet appareil ?
Je remontai ma manche et lui montrai le boîtier, plat, que je gardais plaqué contre mon bras.
— Ils ne l’ont pas encore détecté…
— S’ils vous capturent, comme notre contact suppose qu’ils vont tenter de le faire, ils ne tarderont pas à le découvrir…
Mon regard se posa sur le communicateur, si essentiel à ce plan. Je savais que je risquais d’être interrogé une fois encore sur le meurtre de Pomvaliou dès le début de la journée. S’ils décidaient de me fouiller…
Je pris une décision, avec l’instinct de faire le bon choix.
— Prenez-le, dis-je en détachant l’appareil de mon bras. Prenez-le. S’il m’arrive quelque chose, vous enverrez le signal.
L’autre me regarda d’un œil étrange.
— Je vais le confier à notre ami commun. C’est lui qui décidera de faire appel ou non à la République.
— Entendu.
— Nous avons un agent infiltré auprès de la Brigade Stellaire. S’ils parviennent à vous capturer, nous vous ferons évader.
— Merci.
Il répondit d’un signe de tête et se dirigea vers la porte de la chambre. Avant de l’ouvrir, hésitant, il se retourna.
— Vous êtes certain de vouloir vous exposer ?
— Oh que oui, répondis-je avec un sourire las. Nos ennemis vont découvrir qu’il est plus facile de capturer un Corellien que de le garder enfermé… 
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Messagepar mat-vador » Lun 30 Oct 2017 - 20:03   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Dommage pour le Jedi :whistle: ! Mais La revanche de Jagen n'en sera plus que terrible! et il pourrait bien compter sur l'aide des Vrais Mandaloriens :sournois:
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar Darth Eluar » Lun 30 Oct 2017 - 20:12   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Très bon chapitre, très prenant et agréable à lire :oui:
Les mandos :love:

La faute syndicale, comme toujours :P :

leur refuges


La suite ! :jap:
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mar 31 Oct 2017 - 0:52   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Très bon chapitre, très prenant et agréable à lire :oui: Oui j'ai dit la même chose qu'Eluar, mais j'ai pas d'idées :whistle: :paf:

Petite faute :
Mais dans l’ensemble, ils passèrent un bon moment

Nous passâmes, non ?
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 01 Nov 2017 - 10:48   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Merci à tous ! :jap:

J'ai corrigé les fautes signalées (la deuxième étant due au fait qu'une bonne partie de ce chapitre provient de la version précédente de l'histoire), merci pour le signalement. ;)

Pour la petite histoire, j'ai dessiné maître Pomvaliou dans le cadre du premier concours de fan-arts, il y a bien longtemps :

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Image


(Avec l'ensemble de mes talents pour le dessin, ce qui explique le résultat pas terrible :paf: )
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Messagepar L2-D2 » Mer 01 Nov 2017 - 12:24   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Chapitre 14 lu!

Un Chapitre bien long comme il faut et qui lance effectivement une nouvelle intrigue! :love: Je n'ai pas vu venir le sort de Pomvaliou, et encore moins le fait que le Colonel soit la véritable cible... mais Eripsa à su prouver par le passé qu'il pouvait être teigneux, nul doute que des ennemis l'apprendront à leurs dépens très vite! :sournois:

La suite! :cute:
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 19 Nov 2017 - 13:22   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Merci L2 ! Je te répondrai un peu plus bas. :jap:



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Chapitre 15

Opah Settis, District Central, résidence diplomatique, cent soixante jours AK, 7h01.

Ayant changé ma veste tâchée par le sang du maître Jedi, je dormis tout habillé, une précaution qui se révéla utile lorsqu’à l’aube on vint toquer à ma porte.
Les coups brisèrent le silence pesant de la pièce. Trois sons brefs et sourds qui annonçaient le début d’une journée dont je sentais qu’elle serait éprouvante.
— J’arrive, annonçai-je d’une voix forte en ouvrant les yeux.
J’étais encore épuisé, bien sûr – deux malheureuses heures de sommeil n’avaient évidemment pas suffit à me remettre sur pied – mais cette courte sieste m’avait permis de remettre de l’ordre dans mes idées. Peu importait la détermination de mes ennemis, la mienne était intacte, et peut-être même renforcée par le crime dont j’avais été témoin.
Mais je pris quand même un stimulant pour me donner un léger regain d’énergie.
Finalement, j’ouvris la porte et découvris derrière deux officiers de sécurité qui m’attendaient.
— Bonjour, messieurs, dis-je d’une voix forte. Que puis-je pour vous ?
— Le député Polyge souhaite vous voir de toute urgence, annonça celui qui semblait être le plus gradé des deux.
— Je vous suis, répondis-je aussitôt.
Ils me conduisirent à l’extérieur de la résidence ; lorsque j’en franchis la porte, je me trouvai momentanément aveuglé par les rayons de l’astre solaire autour duquel orbitait Opah Settis. Plissant les yeux, je vis qu’un long speeder m’attendait sur le parvis. Un garde s’avança pour m’en ouvrir la porte.
— Monsieur le député, saluai-je en m’installant dans le speeder.
— Colonel Eripsa, répondit Polyge en me rendant mon salut.
— Vous avez été informé des derniers développements ? De la mort de maître Pomvaliou ?
— Oui, dit-il simplement.
Et il n’ajouta rien.
L’appareil démarra et s’éleva dans les cieux de la capitale. J’observais le paysage, restant silencieux comme mon hôte. Puis, n’y tenant plus, je demandais :
— Combien ?
La question surprit Polyge.
— Combien ?
— Oui. Combien la Brigade Stellaire a-t-elle acheté votre intégrité ?
Il ne chercha même pas à nier sa trahison.
— Ce n’est pas une question d’argent, avoua-t-il. Ils m’ont promis de quoi quitter cette planète avec ma famille pour recommencer notre vie ailleurs.
— Et vous les avez crus, dis-je sur un ton qui se voulait moqueur.
— Vous auriez fait la même chose pour faire sortir les vôtres d’un tel enfer, lança-t-il simplement.
J’aurais voulu le nier, mais, en vérité, je ne pouvais rien répondre à cela. J’étais seul, sans personne sur qui veiller – sauf mon équipage.
Je vis bien vite que nous ne nous dirigions pas vers le cœur de la cité, comme nous le faisions d’habitude, mais vers la proche périphérie, encore plongée dans l’ombre des hautes murailles de cette gigantesque vallée.
— Ce sont des collecteurs d’humidité ? demandai-je en remarquant des structures cylindriques hérissées de capteurs.
Ma question prit Polyge au dépourvu.
— Euh… Eh bien, oui, exactement.
— C’est plutôt utilisé pour les planètes désertiques. Et Opah Settis a pourtant une magnifique végétation…
— Il n’y a pas de source d’eau dans la vallée. C’est d’ailleurs pour ça que la ville a été construite ici : on n’empiétait pas sur les forêts où l’on extraits les essences rares.
Il y avait quelque chose d’incongru à avoir une discussion aussi anodine dans de telles circonstances ; mais malgré ma situation précaire, je tentais de rester serein.
Enfin le speeder amorça sa descente vers un bâtiment à moitié ruiné, où un hangar restait accessible. Quand le véhicule s’immobilisa, j’aperçus ceux qui m’attendaient là : une vingtaine de personnes, en tenue de combat.
— On dirait que je vous fais vraiment peur, commentai-je avant d’ouvrir la portière.
Je sortis du speeder et fis face à cette équipe, armée de pied en cap, sauf pour deux hommes qui se portèrent à mon encontre.
— Comme c’est touchant, dis-je en fixant successivement Hagas et Fierruj. Les deux camps se sont réconciliés pour l’occasion ?
Voyant que Hagas allait répondre, j’ajoutai aussitôt :
— Ah, non, bien sûr. Il ne faudrait pas qu’ils apprennent qu’ils se battent pour rien depuis des années. J’imagine que vous avez emprunté quelques mercenaires à la Brigade Stellaire, ajoutai-je en désignant d’un coup de menton ceux qui se tenaient derrière eux. À moins qu’il ne s’agisse de votre troupe théâtrale ? Parce qu’avec la comédie que vous m’avez joué ces derniers jours, vous méritez sans conteste un prix.
Fierruj semblait foudroyé ; Hagas, lui, demanda acerbement :
— Mais pour qui vous prenez-vous pour nous parler ainsi ?
Je fis mine de réfléchir.
— Pour Jagen Tarsus Eripsa, colonel de la Marine Républicaine, commandant du Knight’s Blade, second officier de la Flotte, agent du Département Judiciaire en mission commandée par le Chancelier Suprême Kalpana, fils d’un sénateur et héritier d’une des premières corporations d’énergie de la Galaxie. Il y a pire, vous ne trouvez pas ?
L’un des soldats étouffa un rire, et fut immédiatement foudroyé du regard par Hagas.
— Vous pouvez toujours fanfaronner, colonel, mais cette fois-ci nous avons l’avantage, asséna le délégué. Polyge, nous ne vous retenons pas…
Le député me lança un dernier regard, puis ferma la portière de son speeder qui démarra aussitôt. Hagas attendit qu’il se soit éloigné pour repartir à la charge :
— Pas de destroyer, cette fois, pas de Mandaloriens ou d’autres surprises de ce genre. Un véritable face-à-face. Les négociations vont vraiment commencer.
— Laissez-moi deviner : vous allez tenter de marchander ma libération auprès du Chancelier, contre des monnaies sonnantes et trébuchantes.
— Vous vous trompez, me répondit-il, un sourire en coin. Quand je parle de négociations, c’est avec l’Informateur, pour m’assurer qu’il nous donnera bien ce qu’il a promis. Vous, votre rôle dans cette affaire est bientôt terminé. Dans quelques jours, vous serez mort.
— Vous comptez me tuer ? demandai-je, moins assuré qu’auparavant.
— Oh, nous n’aurons même pas besoin d’appuyer sur la détente. Vos forces dans la nébuleuse du Bouclier le feront pour nous.
Puis, sans prévenir, alors que je tentais de digérer cette information sans paniquer, il leva son arme et tira. Des rayons paralysants en jaillirent ; je sentis un arc électrique parcourir mon corps, juste avant de sombrer dans l’inconscience.

* *
*
— Hmpfff…
Ce fut le seul son que je parvins à produire en reprenant conscience, dans une petite cellule à peine éclairée par une lumière artificielle.
— Vous faites moins le fier, à présent ?
Je reconnus la voix de Fierruj. Tournant la tête, je l’aperçus, assis sur ce qui semblait être une couchette de fortune. Il me contemplait d’un air amusé, presque jubilatoire. Il se gaussait sans doute de la tenue informe que l’on m’avait passé sur le corps pendant mon sommeil forcé, en lieu et place de mon uniforme. Grâce à la Force, je ne sentais aucun dommage physique.
— Peut-être que vos vantardises de tout à l’heure n’étaient que des mots, et que vous êtes juste un homme, comme tout le monde.
Je me redressai tant bien que mal, le dos appuyé contre la paroi froide, pour faire face à « l’ambassadeur ».
— Je n’ai jamais prétendu le contraire, répondis-je en étirant doucement mes membres ankylosés. Mais face au tableau de dépravation que la Brigade Stellaire représente, difficile de ne pas se sentir supérieur.
— Au contraire, vous pourriez bien être inférieur, me lança-t-il avec un regard méchant. Je redoutais que vous ayez caché sur vous des communicateurs ou des pièges qui vous permettraient de nous échapper, alors j’ai ordonné qu’on procède à un examen médical complet. Et le résultat a été… Intéressant.
Je haussais les sourcils.
— Vraiment ? Je suis curieux de savoir ce que vous avez bien pu trouver…
— Une petite boursouflure où une puce à esclaves a été jadis implantée, m’annonça-t-il, presque triomphant. Et, plus amusant encore, les traces d’un ancien tatouage, invisible pour l’œil humain car soigneusement effacé… Un poing, avec quelques lignes entrelacées.
Je serrais les dents pour contenir ma colère.
— Vous avez été l’un de nos esclaves, jubila-t-il. Un produit du Bloody Angel. C’est pour ça que vous nous détestez tant ! Vous étiez un enfant-esclave, jusqu’à ce que votre richissime « paternel » s’achète un fils ! Au final, vous ne valez pas mieux que la vermine que vous combattez !
La remarque acheva de m’énerver.
— Si je vaux mieux que vous, Fierruj, ce n’est pas par ma naissance mais par mes actes, assénai-je avec toute la force qui me restait. Vous avez de l’imagination, je dois l’admettre. Oui, j’ai été esclave – brièvement. Mais mon histoire est bien éloignée de la fable que vous venez de me servir. Ce n’est rien de plus que cette limace de Gardulla qui s’est autorisée à capturer deux voyageurs exténués pour les vendre à une bande d’esclavagistes sans scrupules.
La remarque eut l’effet d’une douche froide sur mon interlocuteur. Mais sa réponse me déconcerta.
— Gardulla ? répéta-t-il. Vous avez été capturé par Gardulla ?
— Oui.
— Et quand vous étiez sur notre vaisseau… Vous avez été acheté, ou…
— Je me suis enfui pendant qu’il explosait.
Cette fois, il semblait tout bonnement tétanisé, et posait sur moi un regard neuf. Jamais je n’avais vu un homme changer d’attitude aussi brusquement.
J’allais le questionner, mais Hagas choisit ce moment pour entrer dans ma cellule.
— Eh bien ? dit-il en regardant son compère. Tu es encore là ? Nous devons préparer l’évacuation.
Fierruj mit quelques instants à répondre.
— On a un problème, lança-t-il finalement.
— Quoi donc ? soupira le « délégué ». Ne me dis pas que tu t’es pris d’affection pour cette engeance ? demanda-t-il en me désignant du pouce. Il sera mort bientôt.
— On ne peut pas le tuer.
Mon cœur s’accéléra.
— Et pourquoi donc ? s’agaça Hagas. Il a causé assez d’ennuis comme ça.
— On ne peut pas, répéta Fierruj. Il était là quand le Bloody Angel a explosé. Il était là quand Trenik est mort.
Alors, lentement, Hagas se tourna vers moi. Je levai les yeux, et vit son air choqué.
Je tenais peut-être une carte décisive pour ma survie.

* *
*
Après leur départ en catimini, on m’apporta un repas que je mangeais sans trop avoir faim. Je me couchais sur mon lit de fortune et tentais de trouver le sommeil. Mais la visite de ces deux criminels avait ramené un douloureux passé à la surface, et mon repos devait en être affecté.
Je me trouvais sur Tatooine, dans la Mer de Dunes. Devant moi, le désert ; derrière moi, le désert ; tout autour de moi, le désert. Sous mes pieds, le sable crissait et s’enfonçait. Chaque pas était un peu plus difficile que le précédent. Je me retournai un bref instant pour repérer notre position ; au loin, une fumée s’élevait encore de notre speeder achevant de se consumer.
— Nous aurions dû rester là-bas, murmura Kenth d’une voix sifflante.
Il était avec moi, dans cet enfer lumineux, un linge noué sur la tête pour se protéger tant bien que mal de la lueur cuisante des deux soleils.
— Impossible, répondis-je aussitôt, catégorique. Cela risquerait d’attirer les Hommes des Sables… Ou pire. De toute façon, nous sommes presque à l’endroit indiqué.
— Cela fait une heure que tu répètes la même chose.
— Le temps et les distances, dans le désert… C’est très relatif, tu sais. Ce n’est pas la même chose que sur Télos.
— Tu penses que nous en approchons vraiment ? De la grotte ?
— Si on en croit les indications du guide, ouais.
Je sortis mon datapad de la sacoche où je l’avais rangé, à l’abri du soleil. L’appareil affichait la carte fournie par notre contact ; d’un coup de doigt, je fis basculer l’affichage sur l’antique fichier que j’avais retrouvé dans la bibliothèque de Telos. Le journal de Carth Onasi… Et le récit de la quête de la Forge Stellaire.
Sur Manaan et Kashyyyk, nous n’avions fait qu’effleurer la surface du monde. Cette fois, nous allions pouvoir admirer ces vestiges de près !
Nous marchâmes encore quelques minutes en silence. Puis, soudain, nous la vîmes.
Bouche béante dans l’immensité jaune du désert, la grotte rocheuse s’ouvrait à la verticale dans une paroi ocre recouverte par endroits de sable. Même de loin, elle était impressionnante, et je n’aurais pas été surpris de découvrir que des prédateurs y habitaient encore.
Si seulement notre speeder n’avait pas lâché… Nous étions à quelques kilomètres d’Anachore, une vingtaine tout au plus, mais vingt kilomètres dans le désert étaient bien plus difficiles à parcourir que cinquante kilomètres sur Corellia… Nous avions des réserves d’eau, mais…
Un grognement me détourna de mes pensées. Je fis volte-face immédiatement, juste à temps pour voir Kenth s’effondrer sur le sol brûlant, mais trop tard pour me protéger de la matraque paralysante qui s’abattit sur mon crâne.
Avant de sombrer dans l’inconscience, je n’eus que le temps de voir que les agresseurs venaient d’en-dessous… Visiblement, le cuir des Gamorréens suffisait à les protéger de la chaleur du sable…
Je grognais dans mon sommeil. Sept ans plus tard, la douleur que j’avais pu ressentir à cet instant semblait toujours aussi vive…
J’écarquillai les yeux. La clarté éblouissante du désert avait été remplacée par le crépuscule d’un sombre cachot aux parois de sable solidifié. Une lourde porte en duracier barrait l’entrée. Assis sur ce qui semblait être un lit, Kenth me regardait, avec un soupçon de peur dans les yeux.
— On fait quoi, maintenant ?
Qu’est-ce que j’aurais pu faire ? Nous n’avions plus aucun moyen de communication, aucune arme… Nous étions à la merci de nos ravisseurs ! Même avec le recul des années, je ne voyais aucune autre échappatoire que celui que nous avions emprunté – à mon grand regret.
Nous étions à présent dans la salle du trône de Gardulla la Hutt, la matriarche d’Anachore. La « cour » de la criminelle, accompagnée de ses laquais, nous lançait des jurons et des quolibets. Du coin de l’œil, j’aperçus notre « guide »… Et je compris aussitôt qu’il nous avait vendus.
Un weequay s’avança vers Gardulla, puis approcha de nous, une lueur d’avidité dans les yeux. Son visage respirait la cruauté, la malveillance. Il tendit la main vers mon visage et écarta mes lèvres du bout du doigt, examinant mes dents comme il l’aurait fait pour une bête de somme. Satisfait, il me donna deux tapes sur la joue ; des relents d’alcool frelaté et de sueur ancienne parvinrent à mes narines, manquant de me faire vomir.
— Je les veux, dit-il simplement.
Oui, il nous avait voulus. Et il nous avait eus. Je me souvenais encore de la sensation de colère que j’avais ressenti en le voyant poser quelques barres de crédits dans la main du majordome de Gardulla. Ainsi, c’était tout ce que nous valions ?
Nous étions à nouveau seuls, dans la soute de ce vaisseau qu’on appelait Bloody Angel. Seuls dans l’obscurité, enchaînés à la coque de duracier. Kenth ne disait rien, et moi non plus d’ailleurs. Nous souffrions en silence, l’épaule endolorie par le fer à marquer des pirates. L’odeur de mort qui régnait dans les lieux était bien trop présente, et pesait sur nos esprits.
Soudain, la porte s’ouvrit, et un homme portant une tenue de navigateur spatial entra. Il s’approcha sans un mot et déverrouilla les liens de Kenth, puis les miens. Stupéfait, je reconnus Thyrs Onasi.
— Il faut y aller, nous annonça-t-il, pressant. J’ai amarré mon vai…
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase ; tout autour de nous, les parois se mirent à trembler. J’entendis des cris, puis une alarme ; on attaquait le navire des pirates.
— Par ici, vite !
Nous nous échappâmes dans la précipitation. Les pirates couraient dans tous les sens ; Trenik Fehn, leur chef, cet immonde weequay, s’était aperçu de notre fuite. Il avait des soucis plus urgents, mais son instinct de chasseur était le plus fort : il ne voulait pas laisser ses proies s’échapper. La fusillade éclata alors que nous n’étions qu’à quelques mètres du sas. La porte anti-explosion se refermait, mais lentement, trop lentement… Alors qu’elle était sur le point de se clore entièrement, un dernier tir la franchit. Il frappa Thyrs en pleine poitrine.
J’entendis son hoquet de stupeur. Suivi aussitôt du cri de Kenth, qui hurlait en voyant son frère basculer.
Je l’aidai à le porter à l’intérieur du vaisseau, puis me précipitai vers les commandes. Je détachai aussitôt le petit appareil du Bloody Angel. Des tirs jaillirent dans notre direction. Je manœuvrai comme possible pour atteindre la limite de l’hyperespace ; enfin, je programmai un saut vers le système le plus proche.
Alors que les étoiles s’étiraient, je vis le navire de nos assaillants. Il portait les couleurs de la République.
Me désanglant, je retournai à l’arrière du vaisseau pour porter assistance. Mais il était déjà trop tard.
Kenth sanglotait sur le cadavre de son frère.
Me voyant arriver, il leva la tête.
Et je vis, dans ses yeux embués par les larmes, un véritable dégoût.
Tout était de ma faute.
Je me réveillai, le souffle court. Je n’avais pas fait un simple cauchemar ; tout était tellement réaliste, tellement prégnant…
Sept ans. Sept ans étaient passés depuis ce funeste épisode, et pourtant ses conséquences me pourchassaient encore. Arriverais-je un jour à y échapper ? Et, plus important encore, parviendrais-je à me pardonner ?
Ces questions me hantaient. Mais, pour l’heure, je ne pouvais plus rien y faire.
Je me retournai sur ma couchette et sombrai à nouveau dans le sommeil.

* *
*
Une soudaine lueur me réveilla douloureusement. Ébloui, je vis une silhouette indistincte se tenir dans l’embrasure de la porte. C’était un homme, et il parla d’une voix forte.
— Je vais vérifier ce prisonnier, lança-t-il dans le couloir.
Puis il se tourna vers moi et dit, d’une voix beaucoup plus basse :
— Criez.
Je le regardai sans comprendre.
— Oh, il a l’air dans un sale état celui-là ! dit-il, à nouveau d’une voix forte.
Puis, aussitôt, plus bas :
— Criez, bon sang !
Je décidai d’obéir et hurlait comme si j’avais réellement mal.
— Une inflammation du foie, à coup sûr, indiqua l’homme en se penchant vers moi avant de me chuchoter :
— Faites exactement tout ce que je dis.
J’acquiesçai discrètement avant de hurler une nouvelle fois en simulant la douleur.
Un autre homme apparut dans l’embrasure de la porte.
— Il a dégueulé ? demanda le nouveau venu en me voyant, le visage tordu en une grimace de souffrance.
— Pas encore, et c’est plutôt inquiétant, répondit le premier. Si la bile reste coincée à l’intérieur, on peut s’attendre à des dommages plus importants sur l’estomac. Il pourrait bien ne pas passer la journée.
Je n’avais rien, je le sentais, mais le diagnostic posé me fit quand même frémir.
— On n’a pas le matériel adéquat ici. Il faut que je l’emmène au quartier général.
L’autre parut bien embêté.
— Tous nos prisonniers ici…
— Ceux qui étaient atteints ont vomi, et avec le traitement que je leur ai administré ils devraient aller rapidement mieux. Celui-là, on risque de le perdre. Il faut qu’on l’évacue, qu’on l’emmène au Q.G. pour que je lui fasse une ponction biliaire. Vous avez un fourgon ?
— Il ne doit pas bouger. Ordre des chefs.
— Ils ont demandé de le laisser mourir ? J’imagine que si c’était le cas, ils se seraient chargés de l’exécuter par eux-mêmes, non ? Tu sais, un corps vaut beaucoup moins cher qu’un otage vivant. Alors, à moins que tu veuilles payer la différence de ta poche… Ou de ton sang…
Le garde blêmit à cette suggestion.
— C’est bon, Doc, c’est bon ! Vous me signez une décharge, et vous pouvez l’emmener. Ce s’ra votre responsabilité ensuite.
— Vous avez un fourgon ?
— Non, non, on n’a plus rien ici ! Y paraît qu’ils préparent une évacuation, où je n’sais quoi encore !
— D’accord, va pour mon speeder. Vous pouvez le porter jusque-là ?
Deux mains me soulevèrent, sans la moindre délicatesse, et me sortirent de la cellule.
— Pourvu qu’il me fasse pas dessus… grommela le geôlier alors que nous traversions le couloir.
— Ça devrait aller, le rassura le médecin.
Tout à ma comédie, je ne vis que peu de choses du trajet, jusqu’à ce que mon porteur me dépose sur la banquette d’un speeder. Ma tête heurta légèrement un montant de l’engin, sans trop de dommages heureusement.
— V’là le boulot.
— Merci, informa le médecin. Je vous le ramènerai dès qu’il sera hors de danger.
J’entendis une porte claquer ; puis, aussitôt, je perçus les vibrations d’un moteur qui se mettait en route.
— Vous pouvez vous redresser, colonel, m’annonça mon sauveur au bout d’une minute. Ils ne peuvent plus nous voir.
— Merci, répondis-je en ouvrant les yeux.
Il faisait nuit, à l’extérieur, et la seule lueur que je voyais provenait du tableau de bord du speeder. Il éclairait faiblement le visage du médecin, un homme d’apparence plutôt juvénile : cheveux sombres, yeux gris et traits tendus par la concentration.
— C’est pas moi que vous devez remercier, me lança-t-il avec aigreur. Gardez ça pour les pauvres bougres qui ont été empoisonnés pour rendre cette mascarade plus réaliste.
— Je suis désolé, répondis-je sincèrement. J’ignorais tout de ce plan d’évasion…
— Je le sais bien. C’est moi qui l’ai mis en place.
— Oh.
— Il y a une arme dans la pochette derrière mon siège. Et quelques vêtements de rechange sous le siège passager. Vous devriez vous changer avant qu’on arrive.
— D’accord, dis-je en ôtant l’horrible tenue dont on m’avait affublé. Je pose ça où ?
— Laissez tout sur le sol ; de toute façon, ce speeder sera brûlé avant l’aube.
J’enfilai une chemise de toile, un peu rugueuse mais solide, avant de passer mes jambes dans un.
— Alors, on va où ?
— Eh bien… Je suppose qu’on va voir les Rebelles.
— Vous supposez ?
— Je… Eh bien, disons que je pense que mes intermédiaires travaillent pour eux. Les Fils et Filles de la Liberté, c’est le nom qu’ils se donnent.
— Jamais entendu parler.
— Ce sont eux qui m’ont demandé de mettre ça en place. Je ne faisais que leur donner des infos, jusqu’à présent… Maintenant, ce sera plus difficile.
— Vous êtes originaire d’ici ?
— Du District Central, me confirma l’homme. Mais j’ai fait des études de médecine sur Eriadu, avant de revenir par ici…
— Pour qui travaillez-vous ?
Il eut un rire sans joie.
— Je crois que ça n’a plus d’importance, ces derniers temps. Proteras et Tyrenos sont main dans la main, à croire qu’il n’y a jamais eu de conflit entre eux. Quant à ce qu’il reste des institutions, ça ne vaut plus grand-chose…
— C’est Polyge qui m’a vendu.
— Ouais, c’est ce que je disais.
Je ne pus m’empêcher de compatir avec cet homme, qui risquait de perdre tout ce qu’il possédait – toute sa vie – pour me venir en aide.
— Si je peux faire quelque chose pour vous, une fois sorti d’ici…
— Ne vous faites pas de bile – et je parle de vraie bile, cette fois. Je voulais m’enfuir depuis quelques mois déjà. Mais j’ai eu le malheur de tomber raide dingue d’une mauvaise fille, qui avait besoin que je reste là où j’étais. Alors voilà.
Il activa plusieurs commandes, puis annonça :
— Nous y sommes.
Je sentis le véhicule descendre progressivement avant de s’arrêter. Autour de nous, tout était encore plongé dans l’obscurité nocturne, mais je parvins à distinguer malgré tout quelques formes humanoïdes se mouvant sous la faible lueur d’une des lunes d’Opah Settis.
Ouvrant la porte, je reconnus le visage de l’homme de tête et ne put m’empêcher de sourire.
— Tu es carrément venu en personne ! m’exclamai-je en lui posant la main sur l’épaule. Mais qu’ai-je fais pour mériter un tel honneur ?
— Eh bien, Jag’ika, il semblerait que je doive te sauver la mise chaque fois que tu tentes de parlementer.
C’était bien Jango Fett, mais il ne portait pas son armure de combat. Il avait bien deux blasters à la ceinture, mais son accoutrement était bien plus banal que d’ordinaire. Il avait une veste sombre passée sur une chemise claire, et un pantalon de toile sur des bottes de pilote.
— Cette fois, cependant, ce n’est pas moi qu’il faut remercier, me dit-il sur un ton amusé, mais elle.
Je suivis du regard la direction qu’il m’indiquait et vit, à ma plus grande stupéfaction, son visage. J’étais à la fois ravi et choqué.
— Tu… Vous êtes là ? demandai-je, incrédule.
— Je ne suis pas seule, répondit Vanya, et je reconnus alors Rivad Salussa.
— Ravi de vous voir entier, colonel, me salua-t-il.
— Moi de même, capitaine, répondis-je en leur serrant la main.
C’était un homme de bonne constitution, aux yeux sombres et à la peau ambrée. Il semblait toujours serein, et c’était l’une des raisons pour lesquelles je l’avais recruté. En un sens, il me rassurait.
— Je suis juste surpris de vous voir là, lançai-je en souriant.
— C’est moi qui ai informé Vanya que je me trouvais ici, indiqua Jango. Je lui transmets souvent ce genre d’infos, au cas où.
— Et quand j’ai appris la nature de notre mission, je me suis dis que ça risquait de mal tourner, poursuivit-elle. J’ai demandé à Rivad de rassembler une centaine d’hommes et nous sommes venus pour attendre le moment où ça tournerait mal.
— Sans prévenir personne ?
— Vandrast est au courant, mais c’est bien le seul. Officiellement, Rivad et moi avons été touchés par une épidémie de grippe liborienne lors de la dernière escale.
— Et personne n’a été capturé ? insistai-je, inquiet.
— Non, personne.
Je me mordis les lèvres, car mes soupçons se faisaient de plus en plus pressant ; malgré le peu de lumière, elle s’en aperçut.
— Qu’y a-t-il ?
— La Brigade Stellaire est au courant pour la flotte ; en fait, elle compte même sur son intervention. On a peut-être un espion dans nos rangs.
— C’est probable, intervint Jango ; mais ce n’est pas notre priorité, pour le moment. Il faut régler la situation ici. Et vite.
— Faudrait d’ailleurs penser à se dépêcher, lança une voix nouvelle dans le dos de Jango.
Le Mand’alor s’écarta avec un sourire, et je reconnus l’homme qui m’avait surpris dans ma chambre après la mort de Pomvaliou. Il était plus petit que mon ami, et je ne l’avais pas vu jusque-là.
— Tu connais déjà Kal, je crois…
— En effet, dis-je en lui serrant la main. Merci.
— Pas de quoi, répondit-il en haussant les épaules.
— Et j’ai aussi avec moi Tani…
Il tourna la tête, mais ne vit personne. Je tentais de fouiller les ombres à mon tour, mais il avait le regard plus perçant que moi et il la repéra en premier.
— Je disais donc, Tani, lança-t-il d’un ton joyeux en s’adressant à une jeune femme de l’âge de Vanya.
Celle-ci se défit de son étreinte avec mon sauveur.
N'eparavu takisit, Mand’alor, répondit-elle, un peu gênée.
— Euh, oui, napaparu takitisi, tenta le médecin. La nuit a été longue.
— Et voilà notre dernière recrue, Mij, indiqua Jango. Mando’a par alliance… Et avec quelques efforts à faire en grammaire, visiblement.
— Mon domaine, c’est la médecine, pas les langues étrangères.
Il reçut un coup de coude amical de Tani dans le bas-ventre et ajouta, avec un fin sourire :
— Sauf une langue, peut-être…
— Belle équipe, complimentai-je Jango. Et maintenant ? Que fait-on ?
— Ça ne va pas te plaire, me prévint-il aussitôt.
— Après ce que je viens de vivre, tout me conviendra. Alors ?
Je vis une étincelle d’amusement briller dans son regard. Cette fois, je m’étais rangé sous sa bannière sans la moindre hésitation.
— On se rebelle.



L2-D2 a écrit:Chapitre 14 lu!

Un Chapitre bien long comme il faut et qui lance effectivement une nouvelle intrigue! :love: Je n'ai pas vu venir le sort de Pomvaliou, et encore moins le fait que le Colonel soit la véritable cible... mais Eripsa à su prouver par le passé qu'il pouvait être teigneux, nul doute que des ennemis l'apprendront à leurs dépens très vite! :sournois:

La suite! :cute:


Du coup, j'espère que tu as apprécié cette suite... et les caméos que j'ai pu y glisser ! :D
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Messagepar L2-D2 » Lun 20 Nov 2017 - 15:35   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Chapitre 15 lu !

Rah, mais il ne fallait pas encore le libérer, le Jagen ! Il aurait pu en apprendre davantage sur son passé... là c'est loupé (jusqu'à une prochaine occasion ? :sournois: ) ! En tout cas, la vérité se rapproche...

Et c'est finalement assez agréable de voir Jango Fett en personnage amical ! C'est une facette assez méconnue du personnage que tu nous dévoiles là, plus jeune, plus "sociable" (à défaut d'un autre terme) et le voir interagir avec Jagen est plutôt cool ! Jagen, d'ailleurs, a droit à son beau moment de gloire :
Jagen Eripsa a écrit: — Pour Jagen Tarsus Eripsa, colonel de la Marine Républicaine, commandant du Knight’s Blade, second officier de la Flotte, agent du Département Judiciaire en mission commandée par le Chancelier Suprême Kalpana, fils d’un sénateur et héritier d’une des premières corporations d’énergie de la Galaxie. Il y a pire, vous ne trouvez pas ?

Ça envoie du lourd ! :love: J'en viens à espérer que ton récit s'étalera jusqu'à la Guerre des Clones et l'avènement de l'Empire, je suis curieux de voir le colonel Eripsa dans ce contexte ! :oui:

Ah, et concernant les caméos : je suis une bille là-dedans, je n'en ai donc repéré aucun ! :paf:
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 20 Nov 2017 - 15:59   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Merci pour la lecture et le comm' ! :jap:

L2-D2 a écrit:Rah, mais il ne fallait pas encore le libérer, le Jagen ! Il aurait pu en apprendre davantage sur son passé... là c'est loupé (jusqu'à une prochaine occasion ? :sournois: ) ! En tout cas, la vérité se rapproche...


Je vais distiller ça petit à petit... :sournois:

L2-D2 a écrit:Et c'est finalement assez agréable de voir Jango Fett en personnage amical ! C'est une facette assez méconnue du personnage que tu nous dévoiles là, plus jeune, plus "sociable" (à défaut d'un autre terme) et le voir interagir avec Jagen est plutôt cool !


En fait, mon développement du personnage de Jango Fett est assez inspiré de la lecture que j'en ai dans le comics Open Seasons. Il a déjà subi des drames (Ses parents, Jaster Mereel) mais il lui reste encore sa "bande", vu qu'on est avant Galidraan.

L2-D2 a écrit:Jagen, d'ailleurs, a droit à son beau moment de gloire :

Je me suis bien amusé avec cette réplique ! :lol:

L2-D2 a écrit:J'en viens à espérer que ton récit s'étalera jusqu'à la Guerre des Clones et l'avènement de l'Empire, je suis curieux de voir le colonel Eripsa dans ce contexte ! :oui:


C'est prévu ! J'ai trois autres tomes en tête (avec chacun quelques brouillons déjà prêts, sans compter les anciennes versions), Les Ombres de Coruscant, Opération Léviathan et un dernier qui s'intitulait La Guerre Noire (Traduction française powaa !), mais qui sera sans doute renommé pour trouver un titre plus percutant. :cute:

L2-D2 a écrit:Ah, et concernant les caméos : je suis une bille là-dedans, je n'en ai donc repéré aucun ! :paf:


T'as pas lu la série Republic Commando ? :shock:
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Messagepar L2-D2 » Lun 20 Nov 2017 - 16:17   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Je suis resté bloqué sur les fautes d'orthographe du second tome ! :oops:

Jagen Eripsa a écrit:C'est prévu ! J'ai trois autres tomes en tête (avec chacun quelques brouillons déjà prêts, sans compter les anciennes versions), Les Ombres de Coruscant, Opération Léviathan et un dernier qui s'intitulait La Guerre Noire (Traduction française powaa !), mais qui sera sans doute renommé pour trouver un titre plus percutant. :cute:

Je suis plus hypé que pour Les Derniers Jedi d'un coup, c'est normal ? :paf:
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Messagepar mat-vador » Lun 20 Nov 2017 - 19:48   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Jango un jour, Jango toujours :D !

Jagen emprisonné, Jagen martyrisé! mais Jagen libéré :diable: ! Et il est bien parti pour se venger :cute: .

Bref la suite :jap:

Je suis plus hypé que pour Les Derniers Jedi d'un coup, c'est normal ? :paf:


T'es pas le seul L2 :oui:
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 20 Nov 2017 - 20:22   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Content que ça t'ait plu Mat ! :jap:

mat-vador a écrit:
Je suis plus hypé que pour Les Derniers Jedi d'un coup, c'est normal ? :paf:


T'es pas le seul L2 :oui:


Bon, ben va falloir que je publie le prochain chapitre avant que Rian Johnson ne sorte son film... :D
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Messagepar Darth Eluar » Sam 25 Nov 2017 - 20:57   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Enfin lu :cute:

Encore du très bon, pas grand chose à dire de plus que les copains ^^
J'ai vu quelques petites fautes mais pour une fois j'ai la flemme de les relever, profites-en :paf:

Jagen Eripsa a écrit:et un dernier qui s'intitulait La Guerre Noire

Mais-euh copieur ! :non: :paf:
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Messagepar Zèd-3 Èt » Dim 26 Nov 2017 - 1:14   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Très bon chapitre, j'ai particulièrement aimé les flashbacks. Flemme de chercher des fautes, rien ne m'a sauté aux yeux (j'aime autant, d'ailleurs, paske pour enlever un truc accroché à ton œil, bon courage :paf: ). Vivement la suite !

Jagen Eripsa a écrit:— Pour Jagen Tarsus Eripsa, colonel de la Marine Républicaine, commandant du Knight’s Blade, second officier de la Flotte, agent du Département Judiciaire en mission commandée par le Chancelier Suprême Kalpana, fils d’un sénateur et héritier d’une des premières corporations d’énergie de la Galaxie. Il y a pire, vous ne trouvez pas ?

Il a oublié "Descendant de Revan". Ça aurait fait son petit effet, ça aussi :D
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 26 Nov 2017 - 23:26   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Merci Messieurs ! :jap:

Darth Eluar a écrit:Mais-euh copieur ! :non: :paf:

En fait, c'est déjà sorti en 2012... Donc... :whistle:

Zèd-3 Èt a écrit:Il a oublié "Descendant de Revan". Ça aurait fait son petit effet, ça aussi :D


Sauf que c'est un secret. :sournois:
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Messagepar Darth Eluar » Dim 26 Nov 2017 - 23:44   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Jagen Eripsa a écrit:
Darth Eluar a écrit:Mais-euh copieur ! :non: :paf:

En fait, c'est déjà sorti en 2012... Donc... :whistle:

M'en fiche t'as copié l'idée hyper originale que personne n'a jamais eu avant moi et que j'ai presque pas teasée jusqu'à maintenant :paf:
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Messagepar Zèd-3 Èt » Lun 11 Déc 2017 - 11:12   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Jagen Eripsa a écrit:Bon, ben va falloir que je publie le prochain chapitre avant que Rian Johnson ne sorte son film... :D

Va falloir se dépêcher, non ? :siffle:
Allez, tous en chœur : La suite ! La suite ! La suite ! La suite ! :lol:
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 20 Déc 2017 - 0:46   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Serais-je en retard ? Mais non. Rian Johnson n'a pas encore sorti son film... En Chine.
J'avais pas précisé où.
Comment, j'utilise cette excuse à chaque fois ? Même pas vrai d'abord !


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Chapitre 16

Dans le champ de ruines immense qui s’étendait autour du District Central et entre les bastions des Proteras et des Tyrenos, il n’était pas rare de voir des bâtiments à moitié détruits et des caves éventrées donnant sur les ténèbres. Aussi, lorsque Jango activa une vieille porte en duracier et que celle-ci coulissa en grinçant, je crus que nous allions nous entrer dans une petite planque à moitié ruinée ou que nous empruntions un simple raccourci.
Il n’en était rien.
La base des Rebelles se trouvait dans les tréfonds de la ville ravagée, camouflée par un paysage de ruines qui lui permettait d’exister sans se faire repérer. La porte donnait sur une sorte de petit bunker lourdement défendu par une poignée de gardes, cachés derrière des parois en béton. Ils vérifièrent notre identité avant de nous laisser entrer.
— J’ai oublié de te préciser quelque chose, chuchota Jango. Notre identité doit rester secrète.
— Les « Fils et Filles de la Liberté » ? demandai-je en haussant un sourcil.
— Exactement. Je n’étais pas très inspiré… commenta-t-il avec un petit rire.
— Tu m’étonnes ! Pourquoi tant de mystère ?
— Les Death Watch. Vizsla a réussi – sans doute avec quelques pots-de-vin, si tu veux mon avis – à me coller sur le dos une paire d’avis de recherche.
— Je peux toujours m’arranger pour nettoyer ça à mon retour sur Coruscant.
— Tu ne peux pas influencer les Hutts – pas comme ça. Même vos Jetiise sont sans effet sur eux. Et ils réclament de la viande froide…
— Donc, une couverture ?
— Exactement. Officiellement, je m’appelle Jan Antilles, et nous sommes des mercenaires commenoréens révoltés contre le laisser-aller de la République.
— Merci pour le beau rôle.
— Pas de quoi.
Après avoir traversé un grand hall à moitié rempli de caisses de matériel, nous arrivâmes à l’endroit où se réunissaient les officiers rebelles. C’était une salle assez basse de plafond, avec un hologramme montrant la grande vallée d’Opah Settis où flottaient des informations sur les forces en présence et leur position. Ceux qui étaient déjà présents étaient absorbés dans une grande discussion ; je profitai de ces quelques instants où nous passâmes inaperçus pour les examiner. Il y avait là un duro au regard ardent où couvait la rage du combat, avec un visage buriné marqué de plusieurs cicatrices, dont certaines semblaient fraîches. Deux humains, un homme et une femme, d’une quarantaine d’années sans doute, mais dont les cheveux étaient déjà blancs, étaient penchés sur l’holoprojecteur en compagnie d’un troisième, sortant à peine de l’adolescence, qui devait être leur assistant.
Jango s’éclaircit la gorge et ils se tournèrent vers lui.
— Nous sommes de retour, annonça-t-il. Tout s’est déroulé selon le plan.
— Parfait, répondit le duro.
— Vous êtes le colonel Eripsa ? me demanda le quadragénaire.
Il avait des yeux vairons, l’un bleu et l’autre gris, et dégageait une certaine autorité.
— En effet, confirmai-je avec un signe de tête. Et je suppose que vous êtes le fameux Commandant ?
— C’est moi, fit une autre voix.
À ma grande stupeur, elle provenait du jeune homme que j’avais pris pour un assistant. Je ne pus contenir mon étonnement.
— Un gamin ? C’est un gamin qui contrôle les Rebelles ?
Il s’approcha et je le vis alors plus distinctement. Sa barbe naissante et ses cheveux étaient noirs de jais, et encadraient un visage assez long et pâle. Une fine cicatrice montait en diagonale au-dessus de son sourcil droit et barrait son front, tandis qu’un rictus sévère barrait sa bouche.
Mais le plus impressionnant, c’étaient ses yeux, où des iris d’un brun-vert particulier brillaient de détermination. Il avait un de ces regards durs explorant plus l’âme d’une personne que son apparence
Un regard de combattant.
— Je me bats sans doute depuis plus longtemps que vous, dit-il d’une voix glaciale, et je connais mon travail. Je sais comment faire pour que mes hommes restent en vie.
— Très bien, très bien, admis-je avec un geste d’apaisement. Mais j’ai le droit de me poser des questions… Au sein de la République, on a rarement des chefs de quinze ans.
— Dix-huit. Je me fiche de ce qu’il y a au sein de la République ; je fais ce que j’ai à faire, c’est tout.
— Et est-ce que vous le faites sans débordements ? Sans exactions ?
L’autre serra les dents, puis répondit.
— Si nous procédions ainsi, nous ne vaudrions pas mieux que nos ennemis.
Il soupira.
— Cela fait neuf ans que je me bats ici contre des tyrans, et le premier représentant de la République que je rencontre ne me considère pas mieux qu’un vulgaire terroriste…
— Calme-toi, Rahm, intervint l’homme aux yeux vairons. Personne ici ne remet ton rôle en question. Le colonel est juste surpris…
— Nous avons choisi Kota comme commandant parce qu’il a fait la preuve de ses capacités, expliqua la femme à ses côtés. Depuis la formation de la Rébellion, il y a sept ans, nous élisons chaque année notre chef parmi nos meilleurs meneurs. Aucun d’entre nous n’a jamais suivi de formation stratégique ; tout s’apprend sur le terrain, ici…
— Mes parents sont morts quand j’avais cinq ans, et j’ai dû me débrouiller dans un monde en guerre depuis lors, dit amèrement Kota. Ça forge le caractère.
— On peut dire ça… marmonna une autre voix, que j’identifiai comme étant celle de Kal.
Je me sentais mal à l’aise. Moi, j’avais bénéficié d’une jeunesse relativement heureuse et épargnée par rapport à ceux qui m’entouraient. Si j’étais ici, c’était suite à mes choix, et non pas contraint et forcé.
— Je suis navré de vous avoir vexés, m’excusai-je en les regardant tour à tour. Ce n’était pas intentionnel. Mais il faut que vous compreniez que je me pose des questions… Les explosions de ces derniers jours…
— De ces derniers mois, corrigea le duro. Ouis, nous savons, mais pour ce qui est de les provoquer… Nous n’y sommes pour rien.
— Alors, qui, quoi, comment, où, pourquoi ?
Personne ne répondit, et les échanges de regards se firent lourds de sous-entendus.
— Écoutez, la situation est plus grave que vous ne le croyez ! m’emportai-je alors. Fierruj et Hagas ont au moins deux coups d’avance sur nous. J’ignore comment, mais ils ont été informés de la présence de mon groupe de combat dans la nébuleuse du Bouclier. Et ils comptent sur son intervention.
— Ça n’a aucun sens, répondit Vanya. Tout ce que la flotte fera, c’est un blocus planétaire.
— Il pense peut-être que vous bombarderez la planète, suggéra Kota.
— Nous ne procédons pas ainsi, assurai-je aussitôt. Pas sur un monde habité. La procédure Base Delta Zéro n’est utilisée que pour les astres n’abritant que des installations illégales. Nous préférons éviter les dommages collatéraux…
Je secouai la tête de dépit.
— Quelque chose m’échappe. Kal, vous avez contacté le vaisseau-sentinelle ?
— Dès que j’ai appris votre arrestation, confirma-t-il.
— Et j’y ai aussi joint un message, ajouta Vanya.
— Nous pourrons les contacter dès l’entrée dans le système. Sauf s’il y a un brouillage des communications. Mais ça n’explique toujours pas pourquoi ces deux salopards pensaient que ma propre flotte allait me tuer !
— Et si ce n’était pas le cas ? demanda Jango.
Je me tournai brusquement vers lui.
— Vas au bout de ta pensée.
— J’essaie de réfléchir aux buts de la Brigade Stellaire, nous expliqua-t-il. Et je pense que ce qui pourrait lui bénéficier le plus, ce serait un affaiblissement durable de l’autorité de la République.
— Tu parles de détruire la flotte ?
— Les vaisseaux, ça se remplace. Le moral, par contre…
— Donc…
— La Brigade Stellaire n’a pas besoin de pousser la République à détruire Opah Settis. Il suffit que le reste de la galaxie pense qu’elle l’a fait. Si la planète est anéantie et sa population décimée, peu importe les indices, ça retombera sur le dos du Sénat.
Je sentis un frisson le long de mon échine dorsale. Cette explication faisait sens, malheureusement…
— Je pense que vous avez visé juste, Antilles, dit Kota.
— Si cette « Brigade Stellaire » a réussi à placer les Proteras et les Tyrenos dans un même camp, elle est bien capable de s’en prendre à tous les civils de ce monde, dit sombrement le jeune « Commandant ». Il ne reste plus qu’à trouver comment.
— Un bombardement ? suggéra Salussa.
— Il y a plus efficace, répondit Vanya.
— Les Tyrenos et les Proteras ont fait fortune avec nos ressources naturelles, rappela le duro. Ils n’ont aucun intérêt à détruire leurs propres installations.
— Bien vu, Besh, répondit la femme dont j’ignorais toujours le nom. Ils pourraient se servir de gaz…
— Il y a des moyens plus efficaces pour éliminer la population en évitant les dégâts matériels, dit Yeux-Vairons.
— Les radiations.
Les mots étaient sortis de ma bouche, pressés par un mauvais pressentiment.
— C’est possible, en effet, approuva Vanya après un court moment de silence. Le marché noir de l’espace Hutt aurait pu leur fournir les matières fissibles nécessaires.
— Je ne comprends pas, avoua Kota. De quoi parlez-vous ?
— Une vieille technologie énergétique, datant de l’ère pré-hyperspatiale. C’est l’inverse de la fusion des réacteurs modernes : plutôt que de regrouper de petits atomes, on en détruit des gros… La réaction est plus facile à obtenir, mais elle est aussi plus instable. Si on en perd le contrôle, la fission peut devenir dévastatrice… Et, quoi qu’il arrive, elle émet des radiations qui peuvent varier de mortelles à simplement très graves… L’arme idéale pour qui ne soucie pas des dommages collatéraux, ou veut même en provoquer !
— Quelle puissance ? me demanda Kota.
— Tout dépend de la quantité de matière fissible. Le plus grand missile de la sorte a été produit par l’Ancien Empire à la fin de la Guerre Froide. Il mesurait plus de trois mille mètres de long avec un diamètre qui en faisait cent. Il devait ravager Aldérande…
— Visiblement, ça n’a pas marché, lança Yeux-Vairons.
— Non, en effet ! répondis-je avec une grimace. Parce qu’il n’a jamais atteint sa cible.
— Donc il faut l’intercepter, déduisit Kota.
— Cette fois-là, il a fallu sacrifier toute la Cinquième Flotte, grommelai-je un peu énervé. Cinq cent mille hommes avec leur commandant...
Je me retins de préciser qu’il s’appelait Heiran Eripsa.
— De toute façon, arme chimique, radioactive ou classique, ça n’a que peu d’importance, déclara Vanya. Elle doit être stockée quelque part.
— Elle peut se trouver n’importe où, rappela Kota. Dans la ville, mais aussi dans les régions boisées, sous les mers ou même dans l’espace ! Par où commencer ? Comment la trouver à temps ? C’est un problème qui n’a pas de solution !
La solution. Le mot rappela à mon esprit le souvenir des derniers instants de maître Pomvaliou. Et cet index tourné vers le sol…
— Elle est enterrée, dis-je alors d’une voix ferme.
Le jeune Commandant me jeta un regard perplexe.
— Comment le savez-vous ?
— Avant de mourir, le négociateur Jedi qui m’accompagnait a prononcé quelques paroles, qui m’ont semblé sans le moindre sens sur le moment… Et il désignait le sol. L’arme est enfouie sous la surface.
Yeux-Vairons et Besh échangèrent un regard entendu.
— Qu’y a-t-il ? demandai-je aussitôt.
— Le sous-sol de la vieille ville est truffé de vieilles grottes, expliqua Besh. Mais elles sont difficilement vivables. Si nos adversaires sont quand même parvenus à y installer une base… C’est peut-être le quartier général que nous recherchions.
— Nous pouvons y accéder ? demandai-je, le cœur battant.
— Il existe de vieux plans, indiqua Yeux-Vairons. Sur flimsiplast. Pas à jour.
— On s’en contentera, assura Jango.
— Il faut former deux équipes, indiqua Kota. Une qui infiltrera la base par en-dessous et l’autre qui se tiendra prête en soutien.
Le Mand’alor se tourna vers moi.
— Je vais passer par les grottes. Tu viens ?

* *
*
Un grondement sourd, suivit d’une nouvelle secousse, retentit tout autour de nous.
Une pierre dégringola du plafond et heurta mon casque, me faisant lâcher un grognement de douleur. Je m’appuyai contre la paroi à ma gauche : elle était très saillante et semblait coupée au couteau, comme si rien n’était jamais venu émousser son tranchant.
— C’est la troisième fois depuis que nous sommes descendus, dis-je à Jango qui, juste devant moi, s’était également arrêté. Tu penses qu’ils font les derniers essais ?
— Possible, me répondit-il. J’en étais à espérer qu’ils avaient fini… Il n’y avait rien eu ces dernières heures.
— Le calme avant la tempête, murmurai-je, mal à l’aise.
— Ton casque tient bon ?
— Ouais. Je n’aurais jamais cru que le matos ubese était aussi solide.
Je sentis que mon ami souriait derrière son heaume composite.
— Ceux-là ont été renforcés par mes ingénieurs ! De bons gars, qui manient le blaster aussi bien que le fer à souder.
— Et comment as-tu obtenu le matériel d’origine ?
— Un contrat, il y a deux ans. On est tombés sur un groupe de mercenaires ubeses face à nous. Ils pensaient pouvoir nous arrêter, mais on les a encerclés.
— Et que s’est-il passé ?
— On leur a fait une offre qu’ils ne pouvaient pas refuser.
J’inclinai la tête pour l’inviter à préciser sa parole.
— Soit l’armure, soit la vie. Ils ont vite choisi.
— L’armure ?
— La vie. Donc on les a descendus et on a quand même récupéré les armures. Sans aucune perte de notre côté.
Je me permis un petit rire, tout en me félicitant qu’il n’y ait aucun Jedi dans les parages pour infliger une leçon de morale.
— Où en est-on ? demanda Jango dans son comlink.
Fausse piste, lui répondit-on. Le boyau part dans la mauvaise direction et il est obstrué.
— Bien reçu, Myles. Reviens, on t’attend.
Je laissai échapper un soupir. Encore du temps perdu. La progression devenait de plus en plus difficile, en partie à cause de la lourdeur de l’air, rendu pesant par la chaleur des profondeurs.
Nous étions une trentaine dans ce petit commando, dont une dizaine partis en éclaireurs avec Myles ; j’étais le seul non-mando du lot. Vanya et Rivad étaient restés avec les troupes de Kota pour se préparer au combat en surface dès que le quartier général serait repéré.
Le groupe de Myles ne tarda pas à arriver. Jango fit alors un bref signe de la main, et nous nous remîmes tous en marche. J’appréhendais la descente vers les tréfonds de la planète, mais je savais qu’elle était nécessaire, et urgente.
Nous arrivâmes bientôt à un nouvel obstacle : une paroi de pierre noire, lisse et luisante qui barrait abruptement notre tunnel. Les Mandaloriens se mirent à l’examiner.
— Est-ce que le chemin se poursuit au-delà de ce truc-là ? demanda Jango en appuyant sa main gantée sur la muraille naturelle.
— On dirait, oui, dit l’un de ses hommes. Il y a un mètre d’épaisseur, pas plus.
— Kyvst, tu peux t’en charger ?
— Pas de problème, répondit l’intéressé, qui disposait à sa ceinture d’une panoplie d’outils hétéroclites, allant du tournevis d’appoint au marteau pneumatique de poche. Il sortit une petite vibrolame et attaqua la paroi.
Bien entendu, je ne pouvais pas voir le visage de Jango, masqué par un horrible casque ubese, mais lorsque je l’entendis parler, je ne pus m’empêcher de l’imaginer en train de hausser les sourcils.
— Je pensais à quelque chose de plus rapide.
— C’est du fragile, Mand’alor, répondit le technicien. De l’obsidienne. J’aimerais éviter de faire s’écrouler le plafond de la caverne sur nous, pas vous ?
— Dans ce cas-là, dépêche-toi de travailler.
Il se retira à l’écart, en compagnie de Myles ; je choisis de les suivre.
— …n’aime pas ça, Jango, déclara le lieutenant à voix basse. Si tes soupçons se confirmaient ?
— Je ne vois pas pourquoi Kota ne nous en aurait pas parlé, trancha Fett.
Ces conciliabules ne m’inspiraient rien de bon.
— Que se passe-t-il ?
Les deux hommes attendirent quelques secondes de réflexion avant de me répondre.
— Jag, tu as vu la température de l’environnement ? dit finalement Jango.
La question me sembla hors de propos, puisque les systèmes de survie de l’armure intégraient des cellules de refroidissement, mais je vérifiai mes données malgré tout.
— Soixante-deux degrés standards, finis-je par dire. Mais c’est normal, non ? Tous les endroits souterrains sont chauds...
— Je l’ignore, avoua Jango.
— Cela dépend des planètes, précisa Myles. De leur âge, de leur configuration… Elles ne sont pas toutes semblables, loin de là. Il y en aurait même certaines qui disposeraient d’un noyau creux… Enfin, c’est ce qu’on raconte.
Ses propos me plongèrent dans une profonde réflexion silencieuse sur la nature des astres et la diversité des objets stellaires, qui s’interrompit seulement quand un bruit semblable à celui du verre brisé vint troubler la quiétude pesante des lieux.
— On bouge, dit immédiatement Jango. Vite.
Il n’eut pas besoin de le dire deux fois ; la compagnie s’était déjà relevée et passait aussi vite que possible dans l’ouverture dégagée par Kyvst dans la paroi. Lorsque je m’y faufilai, je sentis le tranchant de la pierre et la chaleur qu’elle laissait passer.
Le tunnel s’infléchissait à présent vers le haut et semblait nous conduire à la surface – ou, au moins, dans une cavité de moindre profondeur.
Nous étions remontés d’une quarantaine de mètres lorsqu’une nouvelle secousse, plus forte que les précédentes, nous jeta à terre. Plusieurs sections du plafond s’écroulèrent ; l’une d’elles, plus imposante que les autres, s’effondra derrière le gros de notre groupe, coupant Kyvst, qui était resté en arrière, du reste de ses congénères.
— Kyvst, tu me reçois ? hurla Jango dans le comlink en se précipitant vers la masse de roche.
Ses efforts pour déplacer les pierres me semblèrent aussitôt vains ; il y en avait trop, et le plafond avait l’air si instable que toute tentative risquait de précipiter le reste de la roche sur nous.
… ais bi… ssage blo…
— Fais demi-tour, ordonna Jango, qui répéta plusieurs fois cette instruction.
Le technicien avait dû acquiescer au bout d’un moment, puisque le Mand’alor revint vers ses autres hommes avec des gestes qui se voulaient apaisants.
— Il va passer par l’autre côté, déclara-t-il pour couper court à toute discussion.
— Si le passage existe encore, marmonna Kal.
— Tu ferais mieux de t’inquiéter pour nous, répliqua Myles. Notre voie d’évacuation est bloquée.
— Tant mieux ! Je préférerais affronter une armée de ces pirates que de replonger une nouvelle fois sous terre.
— En parlant de pirates, nous ne devons plus être loin de leur base, indiqua Jango qui regardait les données transmises par ses capteurs. Ne nous attardons pas ici…
Il jeta un coup d’œil inquiet au plafond.
Les ravages causés par la secousse étaient visibles sur notre chemin, mais fort heureusement aucun obstacle infranchissable n’avait entravé notre voie ; c’eut peut-être été notre mort, puisque Kyvst avait avec lui les meilleurs outils.
Nous arrivâmes finalement à une section plane du tunnel, puis à ce qui semblait être un entassement de rochers, dont le plus gros, sphérique, était suffisamment large pour laisser passer deux hommes de front une fois dégagé.
— On dirait que ce n’est pas un obstacle naturel, remarquai-je aussitôt.
— Ouais, c’est ce qu’il semble, en effet, confirma Myles. Kal, avec moi.
Les deux hommes s’appuyèrent contre la grosse pierre et tentèrent de la bouger. Deux autres Mandos se portèrent à leur aide, mais ils échouèrent quand même.
Jango sortit alors un petit objet sphérique de sa ceinture à sacoches.
— Je gardais ça pour une situation désespérée, et nous y sommes… C’est un détonateur sonique, portée cinq mètres, ajouta-t-il avant que je ne puisse lui poser la question. Je vais le faire glisser de l’autre côté – ou au moins de l’autre côté du rocher –, et nous reculerons dans le boyau.
— On a combien de temps ?
— Dix secondes.
Voyant mon regard, il crut bon de préciser :
— C’est une arme de lancer, à la base, pas un dispositif de sabotage.
Je soupirai ostensiblement ; pourquoi fallait-il que nos timings soient toujours aussi serrés ?
— Vas-y, lâchai-je en reculant prudemment.
Il s’exécuta.
Les dix secondes s’égrenèrent bien plus rapidement que je ne l’aurais espéré. La détonation fut d’autant plus forte qu’elle était basée sur des ondes sonores ; même les filtres auditifs intégrés à mon casque eurent du mal à l’amoindrir. Elle fragilisa un peu le plafond de la cavité, déjà mis à mal par les secousses, et de nouveaux nuages de gravillons s’en dégagèrent et tombèrent sur nous.
Notre état n’avait d’égal que celui des deux militaires Proteras complètement sonnés qui se trouvaient de l’autre côté de la paroi éventrée.
Ils n’eurent pas le temps de lever leurs armes : les Mandaloriens, combattants aguerris, s’étaient bien vite remis de leurs émotions. Ils abattirent les ennemis en visant la tête. Les cadavres fumants n’avaient même pas cessé de bouger que l’alarme de la base se déclencha ; nous étions découverts avant même d’être réellement entrés.
— Pour la discrétion, on repassera, grommela Kal en se massant son épaule droite – un caillou plus gros que les autres l’avait frappé là.
Il se pencha sur les corps des miliciens et examina leurs armes.
— Des Verpines, dit-il en les montrant à Jango. Belles pièces.
— Je me demande qui les finance…
— C’est la question que tout le monde se pose, répondis-je avec vigueur. Mais je peux y répondre en partie. L’attaque de Denon a dû remplir les caisses de la Brigade Stellaire. Alors, gauche ou droite ?
— Si vous voulez mon avis, prenons la gauche, déclara Myles. Les marques indiquent clairement que la sortie est à droite, les ateliers doivent donc être de l’autre côté.
— Logique imparable, fit Jango. Allons-y.
Nous ne rencontrâmes pas d’autre patrouille dans les couloirs, et ce malgré l’alerte, ce qui nous remonta légèrement le moral : la confrontation avait été uniquement le fruit du hasard, et pas un piège. Pour une fois, nous avions une chance de prendre nos ennemis au dépourvu !
Enfin, nous débouchâmes sur une vaste salle, mais ce n’était pas celle que nous espérions. Nous voulions découvrir la base des Proteras et des Tyrenos, le cœur du dispositif de la Brigade Stellaire sur Opah Settis. Mais il n’y avait que peu de matériel ici. Seulement des hommes.
Des centaines, des milliers peut-être, d’hommes, de femmes et d’enfants, entassés dans des conditions insoutenables.
Des esclaves.
— Voilà qui change singulièrement la donne… marmonnai-je avec un frisson dans le dos.
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Messagepar L2-D2 » Mer 20 Déc 2017 - 11:08   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Chapitre 16 lu !

Rahm Kota !!! :love:

Bon, j'ignorais cependant que Kota avait rejoint l'Ordre Jedi adulte... Au vu des jeux Le Pouvoir de la Force, j'imaginais un Jedi ayant été élevé comme les autres. Mais bon, pourquoi pas. Ce passé du personnage est-il une idée originale de ta part ou a-t-il été référencé ailleurs ? :?

Sinon, encore un très bon Chapitre, un peu plus court que les précédents, me semble-t-il, mais qui lance bien la dernière partie (j'imagine !) de l'arc consacré à Opah Settis. L'amitié entre Jango et Jagen est crédible et, comme j'ai déjà pu le dire, éclaire d'un jour nouveau le Mandalorien et son passé. Et la fin du Chapitre me laisse curieux sur le plan final des antagonistes. Que viennent faire des esclaves là-dedans ? Nos héros se sont-ils trompés sur la nature de l'arme ennemie ? En tout cas, que Jagen se retrouve face à des esclaves risque de lui rappeler de biens mauvais souvenirs... et qui sait, peut-être permettre au lecteur d'en apprendre davantage ? :sournois:

La suite !

Jagen Eripsa a écrit:Fausse piste, lui répondit-on. Le boyau par dans la mauvaise direction et il obstrué.

Deux petites coquilles ici : "le boyau part dans la mauvaise direction et il est obstrué". :wink:
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mer 20 Déc 2017 - 11:17   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Un bon chapitre que voici :oui:
J'apprécie particulièrement l'amitié entre Jag et Jan ( :paf: ), qui est cool à suivre

L2-D2 a écrit:Bon, j'ignorais cependant que Kota avait rejoint l'Ordre Jedi adulte... Au vu des jeux Le Pouvoir de la Force, j'imaginais un Jedi ayant été élevé comme les autres. Mais bon, pourquoi pas. Ce passé du personnage est-il une idée originale de ta part ou a-t-il été référencé ailleurs ? :?

Je me suis également posé la question et, après un petit tour sur le Wookiee, il s'avère que c'est une référence. Par contre, je te déconseille de faire comme moi si tu ne veux pas être spoilé sur le prochain guest :transpire:
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 20 Déc 2017 - 12:48   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Merci Messieurs ! :jap:

L2-D2 a écrit:Sinon, encore un très bon Chapitre, un peu plus court que les précédents, me semble-t-il, mais qui lance bien la dernière partie (j'imagine !) de l'arc consacré à Opah Settis. L'amitié entre Jango et Jagen est crédible et, comme j'ai déjà pu le dire, éclaire d'un jour nouveau le Mandalorien et son passé.


Oui oui, dernière partie de l'arc Opah Settis, on va enfin passer à autre chose. ^^

L2-D2 a écrit:Nos héros se sont-ils trompés sur la nature de l'arme ennemie ?

Oui.

La réponse est très simple, j'ai disséminé quelques petits indices. :cute:

L2-D2 a écrit:En tout cas, que Jagen se retrouve face à des esclaves risque de lui rappeler de biens mauvais souvenirs... et qui sait, peut-être permettre au lecteur d'en apprendre davantage ? :sournois:


Pas forcément tout de suite ! :D

Zèd-3 Èt a écrit:Je me suis également posé la question et, après un petit tour sur le Wookiee, il s'avère que c'est une référence. Par contre, je te déconseille de faire comme moi si tu ne veux pas être spoilé sur le prochain guest :transpire:


:siffle: :whistle: :transpire:

Et je corrige de suite pour les coquilles, merci ! :jap:
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 18 Mar 2018 - 23:24   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Bon cette fois-ci pas d'excuse, j'aurai mis un sacré temps à sortir la suite... Désolé pour ceux qui veulent suivre l'histoire. :transpire:
Comme ce chapitre clôture l'arc Opah Settis, je conseille à ceux qui seraient un peu perdus de reprendre à partir du chapitre 14. ^^



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Chapitre 17

— Y-a-t-il un chef parmi vous ? demanda Jango en retirant son casque.
— Moi, fit une voix au cœur de la masse.
Un vieil homme se détacha du groupe. Décharné, les yeux sortant presque des orbites, il semblait être là depuis une éternité. Comment avait-il fait pour supporter une telle existence ? Je l’ignorais. En fait, je ne voulais même pas le savoir. Cet endroit m’oppressait. Il me rappelait, une fois de plus, que j’avais failli finir comme eux – en tant qu’esclave.
— Vous êtes venus pour nous aider ?
Il y avait des traces de suspicion dans sa voix, et je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir pour ça.
— Nous allons le faire, promis-je en retirant mon casque à mon tour. Mais nous avons aussi besoin d’aide. Nous devons localiser les dépôts d’armement… Et toutes les armes de la Brigade Stellaire.
— Aucun de nous ne sort jamais d’ici, répondit le vieillard en hochant tristement la tête. Sauf ceux qui ne reviennent jamais.
J’échangeais un regard avec Jango.
— Qu’est-ce que vous savez sur les explosions ? demanda alors Myles.
— Elles provoquent des éboulements. Une fois, on a même eu de la fumée brûlante… Une quinzaine d’entre nous n’y ont pas survécu…
— Nous allons vous faire sortir de là, promis-je aussitôt. C’est la seule salle de détention ?
— À ma connaissance. Mais il n’y a plus que les moins utiles d’entre nous ici. Les plus valorisants sont déjà partis.
— Quand ?
— Ils nous trient depuis une semaine.
— Ils évacuent ceux qu’ils pourront vendre… commenta Jango entre ses dents.
— Il doit y avoir un moyen de les sortir de là, lui répondis-je aussitôt. Un hangar, ou une plateforme… Quelque chose dans le genre… Si vous parveniez à l’atteindre…
— Mauvaise idée, lança alors une voix grave derrière nous.
Je me retournai si brusquement qu’il me fallut quelques secondes pour que ma tête cesse de tourner. Les autres m’avaient imité, et voyaient à présent la même chose que moi : dans l’encadrement de la porte derrière nous se tenaient deux personnes n’appartenant pas à notre groupe. Celui qui attirait le plus l’attention était un homme massif, vêtu d’une grande toge beige qui contrastait avec sa peau d’ébène et ses longs cheveux noirs noués en chignon. Il éclipsait presque la menue jeune femme à ses côtés, en qui je reconnus aussitôt Melena Nash. Les Mandaloriens levèrent leurs armes, mais je les arrêtai d’un geste de la main.
— Toutes les forces adverses sont concentrées dans les hangars. Vous ne pouvez pas y envoyer des hommes désarmés.
Il avança et j’aperçus le sabre laser accroché à sa ceinture.
— Alors, le Conseil Jedi est déjà informé de ce qui se passe ici ?
— Pas encore, répondit l’homme. Et il risque de ne pas l’être à temps.
Je m’approchai d’eux, saluant d’abord Melena, le cœur serré en voyant la tristesse dans ses yeux.
— Toutes mes condoléances pour votre pauvre maître, lui dis-je alors.
Elle me remercia d’un signe de tête. Je serrai alors la main de l’autre Jedi.
— Je suis le colonel Eripsa, des Forces Armées de la République. Vous êtes… ?
— Mace Windu.
— J’ai entendu parler de vous. Vous dirigiez l’équipe qui a mis un terme à la révolution arkanienne ?
— Je n’étais que l’un des membres, assura-t-il. Nous avons établi le contact avec les insurgés à l’extérieur… Ils nous ont dit où nous pourrions vous rejoindre. Nous sommes venus aussi vite que possible.
— La Brigade Stellaire ne vous a causé aucun problème ?
— Non. Ils évacuent leurs forces et leur matériel.
Je jetai un coup d’œil aux esclaves ; s’ils se dirigeaient vers le hangar seuls et sans armes… Vu leur état physique, en plus…
— On pourrait attaquer le hangar, suggéra Jango.
Il jeta un regard méfiant aux Jedi avant de poursuivre :
— Le groupe extérieur attaquera la baie par l’extérieur et nous surgirons de l’intérieur. Ils seront pris en tenaille…
— Et l’arme ?
— Quelle arme ? Jagen, ces cavernes abritent des esclaves, pas des bombes ! Des armes nucléaires capables de détruire la ville seraient visibles ! Et surtout, nos appareils ne détectent aucune radioactivité !
— C’est peut-être un autre type d’armement…
— Je ne perçois pas d’arme, intervint Windu.
Il s’avança pour se placer entre nous deux.
— Le danger vient des profondeurs de la planète, ajouta-t-il aussitôt, l’air grave.
— Oui, c’est ce que maître Pomvaliou semblait indiquer au moment de sa mort. Mais ça ne m’indique pas pour autant sa nature.
Les deux Jedi échangèrent un regard sombre.
— J’ai un mauvais pressentiment, marmonnai-je pour moi-même.
— Nous sommes dans la cheminée d’un volcan endormi… Et sur le point de se réveiller.
Je fronçais les sourcils.
— Vous voulez parler de ces grands types aux oreilles pointues ? N’est-ce pas ?
— Non…
— Alors, ce sont les montagnes cracheuses de feu…
— En effet.
— Mais nous ne sommes pas sur Sarapin ! Il n’y a pas de montagne, ni même de cratère…
— Si, dit alors Jango. Il y en a un… Celui dans lequel est bâtie la ville.
Je visualisai alors la grande vallée d’Opah Settis, et ses parois abruptes…
— C’est impossible, murmurai-je avec effroi.
— Même un petit bombardement pourrait déclencher une éruption, comprit Jango. C’est ce qu’ils attendent de ta flotte – qu’elle accélère un processus naturel qui allait de toute façon avoir lieu.
— Vous pouvez sentir où en est le danger ? demandai-je à Windu.
— Il approche mais n’est pas imminent. C’est sans doute l’affaire de quelques jours…
— Il y a trois millions d’habitants sur cette planète, rappelai-je d’un ton aigre. Ce n’est pas le genre d’évacuation qu’on peut improviser…
Les chiffres m’effrayaient, mais je décidais de laisser parler mon cœur plutôt que ma raison.
— Mais on y arrivera, si nous ne perdons pas de temps. Aux hangars, vite !
Je me mis aussitôt en marche, et les Mandaloriens comme les Jedi m’imitèrent.
— Si nous attaquons sur les deux flancs, ça devrait le faire. Préviens Rahm que nous arrivons et instruis-le du plan, ordonnai-je à Jango. Il faut que Vanya se tienne prête à contacter la flotte dès qu’elle émergera de l’hyperespace.
Je serrai le poing.
— On va transformer ce piège raté en sauvetage réussi.

* *
*
Quand nous arrivâmes en vue du grand hangar, après avoir traversé la base déserte, il était en grande partie vide.
Mais il restait encore suffisamment d’hommes armés pour me gâcher la journée…
— Mauvaise nouvelle : ils ont un champ statique, annonça Jango.
Je pinçai les lèvres.
— Donc le groupe extérieur ne pourra pas entrer…
Windu avança alors pour examiner l’intérieur du hangar.
— Il y a une grille d’aération, près du générateur de champ, expliqua-t-il après quelques instants de réflexion. Je devrais pouvoir la rejoindre.
Sans un mot de plus, il partit dans un couloir latéral et disparut rapidement.
— Drôle de type, lâchais-je en haussant les épaules.
— Maître Windu est l’un des meilleurs combattants de l’Ordre, malgré son jeune âge, signala Melena d’un ton légèrement réprobateur. C’est une chance pour nous de l’avoir ici.
— Il vous a trouvé par hasard ?
— Il était en route vers Coruscant et faisait étape dans un système voisin quand il a senti que quelque chose se jouait sur Opah Settis. Il est… Disons qu’il a un talent particulier pour repérer les points de rupture.
— Les quoi ?
— Les moments, les lieux, les gens qui influent le destin de la galaxie. Lorsque je l’ai rencontré ici, j’ai tout de suite supposé qu’il avait senti quelque chose… Maintenant, j’en suis sûre.
— Comment l’avez-vous retrouvé ? Grâce à votre sens Jedi ?
— J’ai été idiote, avoua-t-elle. Je me cachais dans les bas-quartiers du District Central quand j’ai entendu des cris… Des brutes qui s’acharnaient sur des enfants. J’ai accouru et j’ai voulu régler la situation…
— Vouloir protéger les autres n’est jamais une idiotie, remarquai-je avec gravité.
Melena me regarda d’un air étonné.
— Merci, chuchota-t-elle. Mais j’ai tout de même compromis ma couverture et celle de maître Windu.
— Je suppose qu’ils ont voulu abuser de vous ?
Devant son silence, je poursuivis :
— Les abrutis sont tous les mêmes.
— Je… Oui, en effet. Au final, j’étais seule contre cinq types faits pour la violence… Il ne me restait plus qu’une seule solution, celle qui gâchait tout. J’ai sorti mon sabre laser.
— Et ensuite ?
— Une autre bande dans une rue adjacente a entendu le bruit, et m’aurait tiré dans le dos… Mais maître Windu est alors arrivé et les a mis hors de combat. Ensuite, nous avons fui les quartiers peuplés et nous nous sommes enfoncés dans les ruines. Il a réussi à apprendre où étaient les esclaves, et nous sommes venus.
— Mais ça n’explique pas…
Je fus interrompu par un assourdissant crépitement, suivi d’une explosion retentissante. Risquant un coup d’œil en direction du hangar, je vis que le champ statique avait disparu.
— On y va ! ordonnai-je aussitôt. Pas un instant à perdre !
Jango transmit l’ordre au groupe extérieur, qui comme nous se précipita dans le hangar en tirant sur tout ce qui semblait suspect.
Comment décrire le chaos qui régna pendant quelques instants ? Les rafales de blasters s’écrasaient partout autour de nous. La Brigade Stellaire, prise par surprise – pour une fois, une glorieuse fois ! – était complètement paniquée et incapable de réagir convenablement. Un vaisseau parvint à décoller, mais les deux restants furent maintenus au sol.
Le combat fut bref mais intense. Et, quelques instants plus tard, émergeant de la fumée qui flottait sur ce champ de bataille éphémère, je toisais de haut l’ambassadeur Fierruj, agenouillé, les mains sur la tête comme pour se protéger le crâne.
— On dirait que les rôles se sont inversés, lui lançai-je sans cacher ma satisfaction.
Du bout de la botte, je fis bouger la tête du cadavre étendu à ses côtés.
— Vous vous en sortez quand même mieux que votre comparse Hagas, ajoutai-je avec un petit rire.
Il releva la tête, le regard empli de haine.
— Vous croyez avoir gagné ?
— Pas encore, reconnus-je sans difficulté, mais j’y travaille. Nous avons rétabli les communications. Dès qu’elle arrivera, ma flotte sera informée de la situation.
Puis, pour enfoncer le clou, je m’approchais de lui pour murmurer :
— Je n’ai pas encore gagné, mais vous, vous avez déjà perdu…
— Vous n’arriverez jamais à évacuer tout le monde.
— Nous verrons !
Observant la cohue qui sécurisait à présent le hangar, je repérai Vanya et lui fit signe de venir.
— Lieutenante Cadera, tout va bien ? m’enquis-je aussitôt.
— La situation est sous contrôle. Vous avez capturé Fierruj… constata-t-elle avec un regard pour l’ambassadeur, toujours à genoux, mis en joue par deux résistants opah settiens.
— Je veux qu’on l’emmène sur Coruscant aussi vite que possible. Les Renseignements auront quelques questions à lui poser…
Elle acquiesça lentement.
— Ça va être difficile de l’extraire. Colonel, nous manquons cruellement de vaisseaux. Les deux que nous avons là sont les derniers des transports Proteras et Tyrenos, et ces deux groupes contrôlaient la majeure partie des appareils spatiaux. Je pense que les civils complèteront, mais pour le reste… Même avec l’aide de la flotte, la situation est très mal engagée.
— Nous devons faire appel à toutes les bonnes volontés. Lancez un appel de détresse sur les fréquences de l’Holonet… Invitez chacun à prendre sa part dans l’évacuation d’Opah Settis. Nous pouvons y arriver.
— À vos ordres.
Je m’éloignais tandis qu’on emmenait Fierruj hors du hangar, sans doute vers une petite salle où il serait plus facile à surveiller. Les médics s’affairaient pour soigner nos blessés – et ceux de l’autre camp, placés sous bonne garde d’une poignée d’Opah Settiens.
J’aidai des mécaniciens à tester les réacteurs d’une des navettes capturées quand on vint m’avertir que la flotte était arrivée.
— J’arrive ! lançai-je aussitôt avant de couper les moteurs.
Je descendis le sas à vive allure et me dirigeai vers l’holoprojecteur portatif amené par Kota. Une silhouette translucide était déjà visible.
— Content de te voir, Ait ! Le voyage s’est bien passé ?
Mais c’est pas vrai… grommela mon ami. Tu ne pourrais pas être en danger, enfermé dans une cellule obscure, pour une fois ?
Surpris, je tressaillai légèrement.
— Eh bien…
S’il te plaît, Jag, sors de l’écran, ou un truc dans le genre…
Ah ! Tu vois ! fit une autre voix, reconnaissable entre toutes.
— Jaim ? dis-je alors, juste avant de voir la silhouette de mon ami apparaître à son tour dans le champ de projection.
C’est bien moi, confirma Helaw. Merci beaucoup, Jag. Ait, tu connais le numéro de compte…
Tu auras tes crédits, bougonna-t-il. Quand j’aurai touché ma solde…
— Vous aviez parié sur mes ennuis ? demandai-je sans y croire.
Et j’ai gagné, confirma Helaw. Mauvaise analyse, Ait. Rien de plus.
Mais il aurait dû être dans une cellule ! Bon sang, Jag, cent crédits quand même !
— Ça t’apprendra à parier contre moi. Bon, nous avons du travail…

* *
*
L’évacuation dura six jours et six heures. Notre appel à l’aide avait été relayé par tout le réseau Holonet et, grâce à la bonne volonté de nombreux civils, l’opération prit une tournure plus favorable que je n’aurais osé l’espérer. Mon cousin Theran avait ordonné à tous les appareils de sa flotte commerciale de modifier leur trajectoire ; la Fédération du Commerce et la Guilde Marchande nous envoyèrent quelques cargos en soutien. Des particuliers, bien plus modestes, firent également route vers le système pour nous donner un coup de main ; je repérais même quelques contrebandiers notoires, fichés par les Douanes et pour lesquels je choisissais de jouer la carte de la bienveillance.
Il ne se passait pas dix minutes sans qu’un vaisseau, petit ou gros, atterrisse dans le cratère d’Opah Settis, le plus souvent pour redécoller dans la foulée avec une poignée de personnes et les maigres possessions que nous les autorisions à prendre avec eux. Je craignais que l’on manque de temps et de place.
Le Blade et le reste de la flotte prirent aussi leur part dans cet effort commun. Mon destroyer accueillait dix fois sa capacité de passagers habituels ; l’Ion Storm de Jaim et le Sharp Knife d’Ait étaient dans la même situation. Mais l’urgence était le maître mot ; nous ignorions combien de temps encore nous avions devant nous. Les détecteurs des destroyers scrutaient avec attention la planète, guettant tant l’évolution de l’activité géologique que la présence d’habitants en-dehors du cratère.
Enfin, alors que nous étions en train d’évacuer une petite colonie à quelques centaines de kilomètres de la ville, l’alarme tant redoutée retentit.
— Plus qu’une heure ! criai-je aussitôt à la volée. Plus le temps de traîner !
La remarque fit l’effet d’un coup de fouet et, vingt minutes plus tard, nous étions en mesure de partir. Pendant l’ascension, je me pris à observer l’une des familles de fermiers que nous avions prises en charge dans la navette de transit. La mère réconfortait ses trois enfants, choqués et en larmes, même pour le plus grand qui devait bien avoir dix ans ; quant au père, son regard se perdait au-delà des hublots, vers la surface d’Opah Settis qui s’éloignait petit à petit… Vers ces terres, ses terres, qu’il avait tant travaillées, qui étaient toute sa vie et qu’il ne reverrait jamais.
Le cœur serré, je gagnais le cockpit du vaisseau et n’en sortit qu’à l’atterrissage dans le hangar du Knight’s Blade.
Le vaisseau s’était posé bien plus près du champ de protection qu’à l’accoutumée. Le fond du hangar était occupé par des installations de fortunes, destinées à l’accueil de tous ces malheureux déracinés que nous accueillions à bord. Je traversais rapidement ce campement de fortune et gagnais un turboélévateur qui m’emmena jusqu’à la passerelle de commandement.
— Me voilà, annonçai-je à mon équipage en rejoignant mon fauteuil. Alors ?
Vanya tourna la tête vers moi, le regard sombre.
— Il en reste une centaine. Quelques fermes isolées, des trappeurs polaires qui pourraient bien survivre à l’explosion… Et une petite dizaine d’irréductibles.
Je pinçai les lèvres avant de répondre.
— J’avais donné un ordre. Quitte à user des rayons paralysants…
— Il faut les avoir en visuel pour pouvoir les toucher, répliqua la lieutenante. Ils se cachent dans la cité, et nous n’avons tout simplement pas le temps de les traquer.
Eshaan approcha, l’air grave.
— J’ai du mal à croire qu’on puisse choisir volontairement de s’exposer à une mort aussi atroce.
— C’est à cause de la désinformation, répondit Syal en nous rejoignant à son tour. J’ai entendu l’un de ces hommes prétendre que la République expulsait les Opah Settiens pour voler leurs richesses.
— Merveilleux, commentai-je d’un ton aigre. J’imagine qu’il faut y voir la signature de la Brigade Stellaire…
— Évidemment, assura Vanya. J’ai eu droit à une variante, selon laquelle vous aviez monté tout cela pour le bénéfice de votre famille, colonel…
Je ne répondis rien, préférant concentrer mon attention sur la planète qui semblait toujours paisible. Yuri m’interpella alors :
— Nous mettons le cap sur Taris, colonel ?
— Attendons encore un peu, lui dis-je sans quitter des yeux Opah Settis. Il faut… Il faut qu’ils voient ça…
— Vous êtes certain ? me demanda doucement Syal. Ce sera peut-être… Moins dur…
— Il faut qu’ils puissent témoigner de ce qui s’est passé. Pour mettre fin à toutes ces rumeurs…
Personne ne contesta plus mon ordre. Les minutes s’écoulèrent ensuite dans le calme absolu. Chacun vaquait à ses occupations, mais sans conviction. Quant à moi… Moi, je restais plongé dans la contemplation de cette sphère verte et bleue, à songer à cette mission si éprouvante et si capitale. J’étais rarement passé aussi près de la mort… Pourtant, j’y avais réchappé. Mieux encore, nous avions capturé l’un des chefs de la Brigade Stellaire, et un autre était mort ! Notre situation était encore meilleure que je n’aurais osé l’espérer avant de me lancer dans ce piège.
Alors, pourquoi n’avais-je pas la conscience en paix ?
La question revenait sans cesse dans mon esprit quand la voix de Syal s’éleva, fluette et presque hésitante.
— C’est commencé.
Elle s’était à peine tue que les premiers signes de l’éruption apparurent. Un grand cercle de lumière et de fumée se forma sous nos yeux, s’étirant rapidement sur la surface de la planète.
Opah Settis se consumait, victime de ses propres forces naturelles.
Victime du feu qui sommeillait en elle.
Je me détournai de ce spectacle et quittai le pont.
Par rapport au reste du navire, les couloirs du secteur de commandement étaient dégagés, et la situation y paraissait presque normale. Mais les cabines des membres d’équipage, y compris des officiers et sous-officiers, étaient partagées avec une partie de nos alliés. Les hommes de Kota côtoyaient les Mandaloriens et échangeaient des souvenirs de la bataille de la semaine passée. Tous avaient pris part à l’opération d’évacuation.
Kota lui-même était installé dans ma propre cabine, en compagnie des Jedi. Lorsque j’y entrais, je le vis assis avec Mace Windu ; ils discutaient mais s’interrompirent en me voyant arriver.
— Nous allons quitter le système, annonçai-je d’emblée. L’éruption a commencé…
Je vis l’émotion sur le visage du jeune homme, si durement marqué par les épreuves. J’imaginais à peine la douleur qu’il devait ressentir en entendant cette nouvelle. Comment aurais-je réagi si Corellia, Bespin ou même Coruscant avaient subi le même sort ?
Mal, bien mal, assurément.
— Nous serons sur Taris dans une trentaine d’heures, ajoutai-je aussitôt. Mon cousin Theran y supervise la réhabilitation de la planète,et il aura bientôt de nombreux logements à proposer. Votre peuple pourra s’y construire une nouvelle vie… Et vous aussi.
— Je n’irai pas avec eux, m’annonça-t-il alors, avant de lancer un regard à Windu.
L’imposant Jedi se redressa tranquillement.
— Rahm a en lui tout le potentiel d’un grand Jedi. Je lui ai proposé d’assurer sa formation sur les voies de la Force, au sein de l’Ordre.
La nouvelle me prit au dépourvu. Je jetai un coup d’œil à Kota, qui bien que pâle et visiblement triste affichait une détermination certaine.
— J’en suis ravi pour vous, dis-je poliment. Mais je croyais que seuls les enfants étaient formés… ?
— Il n’en a pas toujours été ainsi. Autrefois, des adultes pouvaient se joindre à nous. Nous pouvons toujours faire quelques exceptions dans nos règles…
J’acquiesçai en enregistrant bien ces propos.
— Eh bien, je vous souhaite bonne chance. La galaxie n’aura jamais trop de Jedi !
Je les laissai à leur discussion et gagnai ensuite l’un des mess, où j’avais une autre rencontre à effectuer. Jango et ses hommes y étaient installés, toujours revêtus de leurs armures improvisées.
— Alors ? demandai-je en approchant.
— C’était très étrange, comme situation, m’avoua mon ami, un peu embarrassé. Ce n’est pas dans mon habitude de faire de l’humanitaire… Mais au final, nous avons contrarié les Death Watch, et ça, ça me plaît, ajouta-t-il avec un grand sourire.
Il regarda son groupe avec fierté.
— Et nous avons quelques nouvelles recrues !
Mij Gilamar, qui était attablé avec d’autres supercommandos en civil, leva le bras.
— Je plaide coupable !
— Content pour vous, Doc !
— Quelques Opah Settiens parmi les troupes de Kota devraient faire de même, ajouta Jango. Mais assez parlé des comptes !
Il sortit une bouteille qu’il me présenta comme du tihaar, du tord-boyau distillé du côté de Keldabe. Il remplit quelques verres, qu’il servit à la cantonnée, moi y compris.
Su’cuy gar, lança-t-il en portant un toast. Restez en vie !

* *
*
Le Blade était déjà passé en hyperespace depuis quatre heures quand je quittai finalement le mess, bien éméché.
Le tihaar ? Je pouvais y survivre. Un verre, même deux, pas de problème. Mais quand il s’ajoutait à quelques portions bien copieuses de whisky corellien – et un réserve de Whyren s’il vous plaît ! – la situation devenait vite bien plus compliquée.
Bref, j’étais ivre, et c’était la première fois que cela m’arrivait à bord de mon navire. Mais Eshaan avait la situation bien en main, et, après les dix jours que je venais de vivre, j’avais bien droit à une petite pause.
Alors que je tentais de regagner ma cabine, l’envie me prit soudainement d’aller faire un tour du côté de la salle des réacteurs. Une idée bien saugrenue – mais je n’étais plus vraiment en état d’en juger.
Je pénétrais dans les lieux, vides ou presque pendant le transit hyperspatial. Quelques droïdes de maintenance circulaient, sans me prêter attention.
J’étais seul. Ou presque.
Apercevant un mouvement à la limite mon champ de vision, je sursautai. Et faillis chuter dans la foulée, vers les profondeurs de la salle…
Une fin digne d’entrer au panthéon des morts les plus ridicules…
Mais la mystérieuse silhouette leva la main et je sentis une force mystérieuse me maintenir en équilibre puis me stabiliser.
Je m’agenouillais, le cœur battant. Elle se pencha vers moi, et je pus enfin distinguer les traits de son visage.
— Bon sang, vous m’avez fait peur ! lançai-je sur un ton mêlant reproche et soulagement.
— Je suis désolée de vous avoir mis en danger, me dit Melena Nash. Mais je voulais vous parler en toute discrétion…
— Me parler ? répétai-je, l’esprit encore embrumé.
— Je vous ai suggéré mentalement de venir ici pour que nous puissions avoir une petite conversation, m’avoua-t-elle avec un mince sourire.
— Je ne suis pas vraiment en état…
— J’ai demandé à maître Pomvaliou de se proposer pour cette mission, m’annonça-t-elle alors brutalement.
Le nom du Jedi calibop me fit l’effet d’une douche froide.
— Et vous culpabilisez pour ça, devinai-je alors en la regardant droit dans les yeux.
— Oui. C’est la deuxième personne de ma connaissance à mourir en peu de temps… J’ai perdu ma mère le mois dernier.
— J’en suis navré, dis-je avec sincérité.
Puis, hésitant, j’ajoutai :
— Je croyais que les Jedi ne connaissaient pas leurs parents biologiques ?
— J’appartiens à une sorte de « dynastie Jedi »… Ma mère en était une, elle aussi. Elle m’a conseillé de m’adresser à vous si jamais il devait lui arriver quelque chose avant que je ne devienne chevalière… C’est ce qui s’est produit.
— À moi… ?
— Oui. J’ai voulu me porter volontaire pour cette mission parce que vous y participiez.
— Mais… Je ne comprends pas. Je ne pense pas avoir connu votre mère… Alors…
— Peut-être comprendrez-vous mieux en apprenant que Nash n’est pas mon véritable nom.
Je clignai des yeux.
— Alors, quel est le vrai ?
— Je m’appelle Melena Shan.
Alors je me mis à regarder la jeune femme d’une autre façon, sans rien pouvoir répondre. Je n’y parvenais plus.
— Vous comprenez mieux, à présent ?
Je me forçai à déglutir pour laisser quelques mots sortir de ma bouche.
— Oh que oui…
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Messagepar Zèd-3 Èt » Lun 19 Mar 2018 - 11:15   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Mais... Hallucinerais-je ? Mais non, c'est bien vrai ! Un nouveau chapitre des Chroniques !

Une fin d'arc très sympa, avec un beau cliffhanger :sournois:
Flemme de chercher des fautes, par contre :whistle:
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar L2-D2 » Lun 19 Mar 2018 - 19:49   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Chapitre 17 lu !

Alors oui, effectivement, il m'a fallu un peu de temps pour tout resituer ! Jango, Kota, Opah Settis : c'est bon, tout est prêt !

Dure fin d'arc, donc. On sent la sobriété dans ta narration, deux-trois phrases courtes qui renforcent l'horreur pour les autochtones. On se croirait presque devant Pompéi, sauf que Pompéi n'a pas eu la chance d'être évacuée. C'est plutôt bien fait de ta part. :jap:

Et puis, on croit que c'est fini, mais non : Kota va devenir un Jedi (dire qu'une poignée de décennies plus tard, on commencera à objecter à Qui-Gon Jinn qu'Anakin Skywalker est trop vieux pour commencer sa formation... :sournois: ) et surtout, Melena Nash. Pourtant, je te connais depuis le temps, j'aurai du m'en douter, et non, je me suis fait avoir ! :transpire: Intéressant donc, avec une lointaine (mais alors très très lointaine) cousine du Colonel Eripsa qui entre dans la danse ! :sournois:

Et puis bien joué : imaginer Mace Windu avec des cheveux ! :lol:

Vivement la suite !
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 19 Mar 2018 - 20:14   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Merci messieurs ! :jap:

Zèd-3 Èt a écrit:Une fin d'arc très sympa, avec un beau cliffhanger :sournois:

Merci ! :D

L2-D2 a écrit:Dure fin d'arc, donc. On sent la sobriété dans ta narration, deux-trois phrases courtes qui renforcent l'horreur pour les autochtones. On se croirait presque devant Pompéi, sauf que Pompéi n'a pas eu la chance d'être évacuée. C'est plutôt bien fait de ta part. :jap:

C'est une inspiration, en effet. :cute:
D'ailleurs, pour le nom de la planète, je suis plutôt allé chercher du côté grec : "Opah Settis" a été créé à partir du nom de l'équivalent grec du dieu Vulcain, Héphaïstos ! (Avec un "h" qui est devenu un "t" ^^)

L2-D2 a écrit:Et puis bien joué : imaginer Mace Windu avec des cheveux ! :lol:

Pour t'aider à visualiser :D :
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Messagepar L2-D2 » Lun 19 Mar 2018 - 20:35   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Oh purée ! :lol:

Et pas mal du tout le lien Opah Settis/Hephaistos, c'est bien joué ! :jap:
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Messagepar mat-vador » Lun 19 Mar 2018 - 21:17   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Eh bien, ma foi! C'est du très bon, ca! J'en reprendrais bien un morceau, où est la pelle à tarte :whistle: ?

C'est vraiment très plaisant à lire! Je ne boude pas mon plaisir, surtout quand ca sent le legends (Myles est le pote de Jango que l'on voit se faire découper par un Jedi sur Galidraan, c'est bien ça? :idea: ).
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 21 Mar 2018 - 22:04   Sujet: Re: [CdlMR] Tome 1 : L'Avènement de l'Amiral

Merci Mat ! Effectivement, Myles est bien ce malheureux Mando ^^
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