[FI] Trahison Intime

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Jagen Eripsa
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[FI] Trahison Intime

Message par Jagen Eripsa »

Ça faisait un petit moment que je n'avais pas publié de nouvelles ! Mais comme celle-ci s'annonce bien longue, et se trouve en plus être la suite d'Au nom des siens, un autre de mes textes, je vais innover... Et feuilletonner un peu ! La suite arrivera très vite !

Trahison intime


Partie 1

Avec délicatesse, il fit jouer la paume de sa main le long de la colonne vertébrale dénudée de sa compagne ; puis, arrivant au creux des reins, il le caressa doucement de la pointe de ses doigts.
— Et ça, tu aimes ? lui chuchota-t-il doucement dans l’oreille.
— C’est terriblement excitant, lui répondit-elle de sa voix la plus sensuelle.
Il déposa alors un baiser sur la zone érogène, arrachant un frisson de plaisir à sa partenaire.
— Tu crois que j’aurai droit à un autre round ? demanda-t-il en prenant un ton presque suppliant.
Elle se retourna lentement, un sourire complice sur le visage.
— Cette nuit ne t’a pas suffi ?
— Non.
— Quel appétit…
Il approcha son visage du sien, doucement, et posa ses lèvres sur les siennes pour lui donner un baiser passionné.
— Quand je suis avec toi, lui dit-il, je voudrais que les nuits ne s’arrêtent jamais. Elles pourraient durer des mois que je serais encore en quête de ton étreinte…
— Quel poète, s’amusa-t-elle avec un petit rire.
Elle le repoussa légèrement ; comprenant le message, il la libéra et s’avachit sur un espace libre du matelas.
— Mais je crois qu’il est temps d’y aller, poursuivit-elle. J’ai du travail… Et toi aussi, si je me souviens bien.
Il leva les yeux au ciel.
— Oui, mais ce n’est pas comme si nous avions… Tu vois, des horaires.
Moi, j’en ai. Et Thalas t’attend.
Carth soupira ostensiblement.
— Pourquoi est-ce toujours toi la voix de la sagesse ?
Athalée se rapprocha et déposa un baiser timide sur ses lèvres.
— Parce que tu es un amant trop passionné pour être raisonnable.
— Touché.
Elle se leva pour aller se recoiffer devant le grand miroir de la chambre, son corps entièrement nu s’offrant au regard de son amant, qui ne détourna pas les yeux. L’apercevant, elle lui lança un regard faussement vexé.
— Tu es vraiment incorrigible.
— Je suis amoureux, contra-t-il avec un sérieux ostensiblement exagéré.
Il se leva à son tour, dans le plus simple appareil, et s’approcha d’elle pour l’enlacer une fois encore.
— J’avais remarqué.
Il sourit en entendant ces mots et l’embrassa doucement dans le cou.
— Je dois y aller, Carth, dit-elle sur un ton plus tranchant.
Il comprit que l’heure n’était plus aux badinages et adapta son discours en conséquence.
— D’accord. Est-ce que tu sais quand est-ce que nous pourrons nous revoir ?
— Pas encore, admit-elle. Peut-être dans deux nuits si tout se passe bien… Sinon, ça attendra la semaine prochaine.
Il tenta de masquer son agacement, mais elle perçut son trouble quand même.
— Ça te déplaît, n’est-ce pas ? demanda-t-elle de façon moins abrupte, tandis qu’elle s’habillait.
— Si au moins je savais où tu allais…
— Moins il y aura de gens informés, plus je serai en sécurité – et tout le groupe par la même occasion.
— Mais je suis…
— Thalas est le seul à qui je réponde, trancha-t-elle aussitôt. Et Lyn est aussi informée parce que c’est mon amie…
— …et celle de Thalas, acheva Carth avec un sourire entendu.
Athalée eut une moue gênée.
— D’accord, ce n’est pas très réglementaire, mais de toute façon elle était dans la confidence depuis le début. Et elle ne se déplace pas sur le terrain sans arrêt, elle.
— C’est bas, ça.
— C’est la vérité.
Il s’approcha du placard et sortit des vêtements propres. Il s’habilla tout en continuant de parler.
— Officiellement, je suis mort, rappela-t-il. Les autorités m’ont inscrit sur la liste des victimes des « Événements de l’avenue de Malrinn »… Et Thalas s’est arrangé pour que mes informations biométriques soient trafiquées dans les registres. Les caméras de surveillance ne peuvent pas m’identifier.
— N’empêche que tu passes ton temps à circuler d’une cellule à l’autre… C’est risqué. Tu pourrais tomber dans un piège.
— C’est vrai. Je pourrais arrêter…
— Mais ton rôle est essentiel, le coupa-t-elle aussitôt. Thalas est le symbole du mouvement, Lyn en est l’âme, mais c’est toi le ciment. Tu ne peux pas lâcher l’affaire, Carth Poldrei, pas maintenant.
— Et tu sais que je ne le veux pas.
Son regard s’assombrit. Elle savait parfaitement ce qui le motivait. Elle avait été présente sur l’avenue, et aussi un peu plus tard, dans le quartier Nadomei.
Elle avait vu les corps…
— Prends soin de toi, lui dit-elle, le regard brillant, alors qu’elle se dirigeait vers la porte.
— Toi aussi, Thalie, répondit-il avec un sourire un peu tendu. Toi aussi.
Quand elle sortit, il s’assit sur le lit, histoire d’attendre quelques minutes. C’était l’une des règles de leur petit nid d’amour secret : on ne devait pas les y surprendre ensemble. Athalée l’avait autorisé à y déposer ses vêtements – ceux qu’il avait récupérés dans sa maison détruite, plus quelques habits glanés ici et là – et lui avait laissé une clé, mais elle préférait garder un peu de secret. C’était sans doute préférable, étant donné les circonstances…
L’image de sa compagne semblait toujours flotter dans l’air, comme gravée sur ses pupilles. Puis il battit des paupières, et ce fut comme si elle s’évanouissait. Avec un soupir, il s’affala sur la couche encore tiède.
Leur relation était l’un des rares piliers de sa nouvelle existence. Fils d’un commerçant de la classe moyenne, élève attentif et étudiant studieux, Carth n’avait jamais pensé qu’il ferait un jour partie de la classe des parias de Polcaphran. Pourtant, c’était le cas depuis un an ; depuis le jour de la Marche Sanglante, le jour où sa famille toute entière était morte.
Il avait compris ce jour-là que sa vie avait basculé, et les faits lui avaient donné raison. Sa nouvelle existence était clandestine. Il travaillait avec les différentes cellules de résistance qui avaient émergé dans les semaines qui avaient suivi le massacre. Les communications entre groupes étaient difficiles, car les autorités séparatistes et les collaborateurs de Palder Jaderan traquaient ceux qui se dressaient contre elles. Mais cela n’avait pas empêché la Résistance de les frapper dès que possible… Et Carth était souvent là où l’on se battait.
Il y avait toutefois un point sur lequel il s’était trompé. Il avait cru qu’il ne pourrait jamais plus être heureux après la disparition des siens, mais il avait eu tort. En Thalas Garind et Lyn Tallato, il avait trouvé des amis sincères. Lui avait sept ans de plus que Carth, tandis qu’elle en avait cinq de moins ; mais malgré la différence d’âge, ils formaient un couple uni. En tant qu’ancien commandant des forces de sécurité gouvernementales, Thalas était le chef de la Résistance, même si dans les faits il associait beaucoup les personnes qui l’entouraient dans ses prises de décisions. Quant à Lyn, elle se chargeait de la logistique, s’assurait que tous les commandos aient les armes nécessaires à leur disposition, et distribuait aux estomacs vides quelques rabs de nourriture si le besoin s’en faisait sentir. Quand il se retrouvait avec eux autour d’un verre, entre deux expéditions, Carth se sentait heureux.
Mais avec Athalée Sehni, il se sentait vivant.
Ce qui était né entre eux allait bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.
Il ne pensait presque plus à Siveline. Parfois, il avait honte d’avoir remplacé si vite sa défunte petite-amie ; puis il se disait qu’elle n’aurait sans doute pas voulu le voir dépérir. Surtout, il comprenait à présent que les deux relations n’avaient pas grand-chose en commun. Il éprouvait envers Siveline de l’affection… Pas la passion furieuse qu’il partageait avec Athalée.
Parfois, même la guerre a du bon, tenta-t-il de se convaincre.
Il pleurait toujours ses morts, mais au moins avait-il maintenant l’espoir d’un avenir.
Une fois que Polcaphran serait libérée.
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L2-D2
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par L2-D2 »

Première partie lue !

Quel bonheur que de lire une autre de tes nouvelles ! En plus, elle est sur Carth Poldrei ! :love:

Bon, il m'a fallu un instant pour me dire que le Thalas de cette nouvelle n'est pas celui de ton récit principal, et que cette Siveline n'est pas la future fille de Poldrei et Athalée (elle s'est compréhensive sur ce coup Athalée, tout le monde n'accepterait pas de donner le prénom du premier grand amour de son compagnon à sa fille.. mais bon, vu le tragique de ce qu'elle a subi, j'imagine que ça change la donne :( ).

Toujours est-il que, comme toujours (désolé pour cette répétition), c'est passionnant à lire. J'ai eu un peu peur que tu nous fasses une mat au début (ne le prends pas mal, mat ! :jap: ) mais publier cette nouvelle maintenant, alors que nous lisons le devenir des personnages 30 ans plus tard dans le récit principal rend vraiment tout cela triste ! Ils sont jeunes, ils sont amoureux, ils sont plein d'espoir pour eux, pour leur monde et pour leur couple. S'ils savaient... :cry:

Et une innovation, un aspect feuilletonnant ! Je ne vais pas m'en plaindre !

Vivement la suite donc ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Jagen Eripsa
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par Jagen Eripsa »

Merci L2 ! Ravi que cette première partie t'ait plu ! :jap:
L2-D2 a écrit :Bon, il m'a fallu un instant pour me dire que le Thalas de cette nouvelle n'est pas celui de ton récit principal, et que cette Siveline n'est pas la future fille de Poldrei et Athalée (elle s'est compréhensive sur ce coup Athalée, tout le monde n'accepterait pas de donner le prénom du premier grand amour de son compagnon à sa fille.. mais bon, vu le tragique de ce qu'elle a subi, j'imagine que ça change la donne :( ).
C'est exactement cela, pour Siveline... C'est un hommage auquel Athalée a consenti sans hésitation, sachant que cela aiderait Carth à faire son deuil.
L2-D2 a écrit :Toujours est-il que, comme toujours (désolé pour cette répétition), c'est passionnant à lire. J'ai eu un peu peur que tu nous fasses une mat au début (ne le prends pas mal, mat ! :jap: ) mais publier cette nouvelle maintenant, alors que nous lisons le devenir des personnages 30 ans plus tard dans le récit principal rend vraiment tout cela triste ! Ils sont jeunes, ils sont amoureux, ils sont plein d'espoir pour eux, pour leur monde et pour leur couple. S'ils savaient... :cry:
J'ai écrit cette partie de la nouvelle il y a au moins deux ou trois ans, donc ce n'était pas prévu que les deux textes sortent en même temps à la base... :transpire: Mais c'est vrai que c'est une coïncidence heureuse, et qui fonctionne bien.
L2-D2 a écrit :Et une innovation, un aspect feuilletonnant ! Je ne vais pas m'en plaindre !
La suite arrivera normalement demain ! :jap:
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mat-vador
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par mat-vador »

Lu !
L2-D2 a écrit : J'ai eu un peu peur que tu nous fasses une mat au début (ne le prends pas mal, mat ! :jap: )
:whistle: :paf:

C'est vraiment cool de retrouver Carth ! J'ai compris assez vite que c'était un flash back quand tu as mentionné que c'était la suite de ton précédent OS :wink: !

Super timing de publier cette nouvelle après la dernière publication de la Fédé Impériale ! Ca donne encore plus de profondeur à notre polcaphréen préféré :oui: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Jagen Eripsa
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par Jagen Eripsa »

Merci Mat ! :jap: Ravi que le texte t'ait plu, j'espère que la suite ci-dessous te convaincra aussi ! :cute:

Partie 2

Le fait d’être officiellement décédé avait ses avantages. Carth pouvait marcher à visage découvert dans les rues d’Heduris, sans craindre que des caméras ne puissent le repérer. Bien sûr, il existait toujours la possibilité que quelqu’un le dénonce ; mais il ne s’en souciait guère. Beaucoup de ceux qui l’avaient bien connu dans sa vie d’avant n’étaient plus de ce monde… Ses amis avaient disparu lors de la Marche, et ses voisins lors du massacre de Nadomei qui avait suivi. Et, de toute façon, les partisans des Séparatistes ne courraient pas les rues sur Polcaphran… Pas après ce qui s’était passé.
Carth pouvait donc se promener en toute quiétude, même s’il n’appréciait guère cela. Voir la planète vivre comme si de rien était le dérangeait profondément. Il avait parfois l’impression que la plupart de ses concitoyens étaient aveugles, pire, qu’ils fermaient volontairement les yeux sur ce qui les dérangeait, qu’ils taisaient leurs opinions et se contentaient de faire semblant que tout allait bien.
Mais il pouvait aussi comprendre cette apathie. Beaucoup avaient des familles à protéger et à nourrir, tandis que lui… Lui n’avait plus rien à perdre.
Ou presque.
L’appartement d’Athalée était situé dans un quartier proche de l’université d’Heduris, sur le plateau nord de la ville. Les activités de la Résistance y étaient rarement violentes ; l’endroit était davantage propice aux échanges d’informations. Une mission qui échouait à d’autres que Carth. Lui prit le réseau d’aérobus pour rejoindre le quartier de la Faille – le plus étendu de la capitale polcaphréenne.
Cette curiosité géologique datant de bien avant l’arrivée des premiers colons avait rapidement été investie par les compagnies minières à la recherche de métaux précieux. La plupart avaient aujourd’hui cessé leurs activités, les gisements étant épuisés, mais leurs installations avaient été reconverties dans la production de biens de consommation.
Des logements y avaient aussi été créés. C’était le quartier le plus pauvre d’Heduris, même si la vie y était mille fois plus agréable que dans les bas-fonds coruscantis. L’endroit avait été particulièrement investi par les Séparatistes, qui y faisaient défiler leurs patrouilles de droïdes… Lesquelles disparaissaient souvent sans le moindre bruit.
Carth sourit à cette pensée. Le commandement ennemi n’avait pas encore compris la raison de cette inefficacité de ses machines de guerre. C’était, en réalité, un effet des rayonnements lumineux du soleil bleu de Polcaphran, Kuphran. La plupart du temps, il brillait simultanément avec son « grand frère », Anafan le rouge… Mais il demeurait visible quelques dizaines de minutes de plus au crépuscule, et la lumière qui franchissait l’atmosphère de Polcaphran à cette heure-là handicapait les capteurs infrarouges des droïdes. Un problème connu de longue date des opérateurs locaux, mais aucun ne s’était visiblement donné la peine de renseigner les Séparatistes.
Ces opérations coup-de-poing tendaient malgré tout à se raréfier. Certaines patrouilles de droïdes avaient été remplacées par des troupes de mercenaires bien vivants. Pas forcément plus futés, d’ailleurs, mais qui n’avaient pas les mêmes faiblesses. Les leurs tenaient plutôt à l’alcool et au jeu. Il s’agissait pour beaucoup d’Aqualishs, même si le Clan Bancaire Intergalactique avait aussi dépêché quelques-uns de ses redoutables Gardes Iotréens. La Résistance évitait de se frotter à ceux-là.
Après avoir changé trois fois de ligne – un moyen de s’assurer que personne ne le pouvait le suivre, ainsi que le lui avait conseillé Thalas –, Carth marcha quelques minutes dans les rues sous l’aube pointante jusqu’à atteindre une usine à protéines. Le complexe fabriquait, à partir de cultures de cellules, des barres alimentaires bon marché qui constituaient l’une des bases de l’alimentation des classes désargentées. L’odeur qui régnait là était immonde, mais l’endroit avait l’avantage de comporter des dispositifs thermiques de chaleur et de réfrigération très puissants, qui camouflaient aisément la présence d’occupants aux éventuels capteurs séparatistes.
Le jeune homme entra et salua d’un signe de tête les deux « ouvriers » qui montaient nonchalamment la garde. Il passa le hangar de stockage des produits de l’usine et descendit les escaliers menant aux souterrains. Quelques résistants y attendaient déjà, dont deux combattants qu’il reconnut sans peine. Ardin et Edwin semblaient bien jeunes à côté des autres personnes présentes… Mais ils n’avaient pas d’autre choix que de se cacher. En filmant le défilé puis le massacre de l’avenue de Malrinn, ils avaient permis à la vérité d’être diffusée, aux dépens de leur sécurité puisque leurs têtes avaient été mises à prix. Il échangea un sourire triste avec eux. Carth les appréciait, mais ils avaient du mal à discuter ensemble. Ce n’était pas qu’une question d’âge ; c’était plutôt le fantôme de Jeyran qui flottait entre eux. Ardin et Edwin avaient convaincu le frère de Carth d’y venir. Eux aussi devaient ressentir une certaine culpabilité…
— Ils sont déjà à l’intérieur, indiqua Edwin avec un signe de tête en direction d’une des portes donnant sur le mess improvisé.
Carth le remercia d’un geste de la main et entra dans le bureau de fortune, où attendaient Thalas, Lyn et quelques autres responsables de la Résistance, assis autour d’une table presque vide, où dénotait seulement un holoprojecteur.
— Désolé pour le retard, dit Carth en serrant les mains les unes après les autres. Il y avait de la circulation sur les voies d’aérobus…
Il aperçut un fugace sourire sur les lèvres de Lyn ; elle devait se douter des réelles raisons de son arrivée tardive, mais elle ne fit aucune remarque. Elle appréciait trop Athalée pour cela.
— Ce n’est pas grave, assura Thalas. Nous venions à peine de commencer. Assieds-toi, je t’en prie.
— J’étais en train de rapporter les dernières nouvelles, expliqua Wald Tormmel, qui comme Carth était l’un des agents coordinateurs de la Résistance.
— Bonnes ou mauvaises ? demanda le jeune homme en s’installant.
Très mauvaises. Les Séparatistes ont pris Duro.
Carth grimaça, mais il vit très vite que les autres, autour de lui, avaient la mine encore plus sombre.
— Et il y a autre chose, n’est-ce pas ?
— Oui… Ils ont bombardé la planète.
— La surface est devenue complètement inhabitable, précisa Lyn, la voix serrée.
Il devina qu’elle éprouvait la même sensation d’horreur que lui, à cet instant. Duro… Il n’y avait jamais voyagé, mais il connaissait le monde de réputation. Ce n’est pas un joyau comme Aldérande, ou même une planète agréable à l’instar de Polcaphran ; mais ce monde avait tout de même été le siège d’une des plus anciennes civilisations de la République. Il ne méritait pas de subir un tel sort.
— On sait qui a fait le coup ?
— Grievous, évidemment.
— On entend bien trop parler de lui ces derniers temps, soupira Thalas. Dooku a trouvé le sbire idéal pour faire régner la terreur d’un bout à l’autre de la galaxie.
— Personnellement, intervint Givin Croff, ce qui me chagrine le plus, c’est qu’un concepteur de droïdes ait pu programmer une machine pareille.
Si la situation n’était pas aussi dramatique, Carth aurait pu sourire. Givin – ce n’était pas son prénom, mais son surnom – Croff était l’un des conseillers de Thalas. Il était l’un des rares professeurs de l’université à avoir rejoint la Résistance. Hélas, sa thèse de mathématiques abstraites appliquées était de peu d’utilité sur le terrain. Carth soupçonnait Thalas de lui avoir accordé cette place rien que pour obtenir un avis décalé sur les questions abordées.
— Si j’en crois les canaux de la République, ce n’est pas un droïde mais un cyborg, corrigea Thalas. Un Kaleesh. Comme ce « cher » Qarrshoyk…
Carth serra le poing en entendant ce nom. C’était celui du colonel qui avait personnellement orchestré le massacre de la Marche Sanglante, le commandant de la garnison séparatiste, le bras armé de Palder Jaderan. Il n’avait pas de mots assez durs pour qualifier ce qu’il pensait de ce monstre.
Thalas secoua la tête.
— De toute façon, l’important n’est pas là, déclara-t-il. La prise de Duro est apparemment le premier acte d’une offensive séparatiste sur le Noyau… Le cœur de la République. Elle rappellera ses vaisseaux et ses armées pour défendre ses mondes-clés. L’offensive sur Muunilinst n’aura sans doute pas de lendemain.
Les visages s’assombrirent. La planète, place-forte financière réputée depuis des millénaires, était le siège du Clan Bancaire Intergalactique, et c’était donc là qu’avait été décidée la mise au pas de Polcaphran. La Grande Armée de la République, sous le commandement du général Kenobi, s’en était emparée quelques mois après le début du conflit, forçant les instances dirigeantes muuns à se replier sur leur refuge de Mygeeto. Mais aucune autre attaque d’ampleur n’avait eu lieu depuis lors, et le CBI reprenait peu à peu des forces.
— Nous avons toujours su que nous ne pourrions compter que sur nous-mêmes pour libérer Polcaphran, rappela Carth.
— Tant qu’il ne s’agit que de patrouilles de droïdes, contra Thalas. Les Seps ont deux frégates en orbite, et plusieurs chars d’assaut dans leur garnison de la banlieue sud. Le rapport de forces est clairement en leur faveur.
— Mais le peuple est à notre côté.
— Et combien se soulèveront, sans l’assurance de la victoire ?
— Tous ceux qui ont perdu des proches à la Marche Sanglante et à Nadomei, affirma le jeune homme.
— Non. Et tu le sais. Qarrshoyk a choisi de frapper fort ce jour-là pour s’assurer que les habitants y réfléchiraient à deux fois avant de se soulever contre son autorité. Nous avons des sympathisants, ça, oui… Mais combien de partisans prêts à prendre les armes, parmi eux ? Une poignée, au mieux.
Lyn approuva d’un signe de tête les assertions de son compagnon.
— Le fait que les Séparatistes ne nous aient pas encore écrasés ne signifie pas qu’ils ne sont pas en capacité de le faire, fit-elle remarquer.
Carth la regarda d’un air perplexe.
— Et pourquoi nous laisseraient-ils agir ? Par amusement, peut-être ?
— Plutôt pour ne pas attirer l’attention.
Elle échangea un regard avec Thalas, qui acquiesça discrètement.
— L’une de nos sources nous a appris que Palder Jaderan et le colonel Qarrshoyk avaient reçu une réprimande du Conseil Séparatiste pour leur action de répression contre notre peuple. Ils n’ont rien annoncé officiellement, bien sûr, mais notre contact pense que les Seps veulent à tout prix éviter d’attirer l’attention sur Polcaphran.
— Et nous avons un début de piste pour expliquer pourquoi, ajouta Thalas. Giv… Pardon, Gavin, répète donc ce que tu nous as raconté, à Lyn et moi.
— Plusieurs laboratoires de recherche de l’Université ont été dépeuplés, expliqua Givin Croff. Cela s’est fait de manière très progressive, mais le phénomène est bien réel. L’unité de cybernétique a été la première à être touchée, mais d’autres départements ont connu le même phénomène dernièrement… Il n’y a plus le moindre chercheur dans le laboratoire de physique optique et énergétique, par exemple. Même le professeur Dellani a disparu.
— Qui ? demanda Wald Tormmel.
— Tu ne connais pas Rodol Dellani ? fit Givin, interloqué. C’est un spécialiste universellement reconnu de la théorie sur la convergence vectorielle de l’énergie plasmo-magnétique…
— Et en basic ? demanda un autre indicateur nommé Dar Lomspen, que Carth n’avait que peu croisé jusque-là.
Ce fut Thalas qui répondit.
— Dellani est l’homme-clé pour tout projet de conception de lasers d’une puissance jamais vue jusqu’ici.
Carth se redressa sur son siège.
— On parle de quelle puissance, exactement ?
— L’application pratique de cette théorie visait à créer des systèmes de prévention contre les méga-astéroïdes et autres objets cosmiques pouvant potentiellement mettre en danger des populations sentientes…
— Quelle puissance, Givin ? insista-t-il.
Le scientifique déglutit.
— Sans doute assez pour détruire un vaisseau de guerre d’un seul coup, même avec des boucliers de dernière génération…
Lomspen et Tormmel échangèrent un regard effaré, tandis que Lyn et Thalas semblaient plus graves que jamais.
Mais Carth, lui, se mit à sourire.
— C’est peut-être la solution à tous nos problèmes… murmura-t-il, l’esprit perdu en conjonctures.
— Une telle arme demande une quantité fantastique d’énergie et serait aussi dangereuse pour celui qui l’utilise que pour sa cible, jugea Thalas. Hors de question de nous en emparer. Si un projet de ce genre existe vraiment, il doit être détruit.
— Je suis d’accord, répondit précipitamment Carth. Mais je ne pensais pas à m’en servir. En vérité, le mieux serait sans doute d’informer la République de son existence…
Il inclina la tête en direction de ses amis, dont le visage s’éclaira aussitôt sous l’effet de la compréhension.
— Ça pourrait marcher, estima Lyn.
— Oui, effectivement, approuva Thalas. Et nous avons peut-être une occasion à saisir dès ce soir.
Il se pencha sur la table pour activer l’holoprojecteur, révélant une vue grand angle d’Heduris qui avait préalablement été annotée.
— Suite aux informations rapportées par Gavin, nous pensions déjà mettre au point une action de reconnaissance à l’endroit où nous soupçonnons que les scientifiques disparus sont enfermés.
Il pointa un secteur de la ville que Carth reconnut aussitôt.
— Le Palais Gouvernemental ? Sérieusement ?
— Plutôt la nouvelle annexe, précisa Thalas. Celle dont nous pensions qu’elle devait accueillir les bureaux de la représentation séparatiste, tant l’endroit semblait fortifié… Nous soupçonnons que du matériel de pointe y a été acheminé, le genre de matériel dont pourraient avoir besoin des chercheurs.
Carth se demanda d’où Thalas et Lyn tiraient des informations si confidentielles sur ce qui se produisait à l’intérieur du palais. Était-ce Athalée qui se chargeait de ce travail ? Ou échouait-il plutôt à un autre contact qu’il ne connaissait pas ? Il l’espérait. La simple idée que sa petite amie se trouve à la portée d’un monstre comme Jaderan le faisait frissonner.
— Nous pouvons entrer dans le bâtiment grâce à une voie d’accès de service qui sera ouverte ce soir. La sécurité sera réduite, même si l’annexe sera sans doute toujours sous surveillance renforcée…
— Et Jaderan ? demanda Carth.
— Nous ne pourrons pas le tuer, si c’est ta question, répondit Thalas avec un regard en coin. C’est parce qu’il ne sera pas là que la sécurité sera justement un peu relâchée. Il doit passer la soirée avec sa maîtresse dans sa résidence de campagne, à une demi-heure de navette au sud d’Heduris.
Carth se renfrogna, agacé à l’idée d’avoir perdu une occasion de régler ses comptes avec le tyran.
— Pour nous assurer que l’équipe qui s’infiltrera dans le palais aura la voie libre, nous pensions créer une diversion, poursuivit Thalas. Et l’idée de Carth nous en fournit une idéale.
Il pointa un autre secteur de la ville, à une dizaine de kilomètres au nord de la position où ils se trouvaient actuellement.
— L’ancienne usine Czerka du quartier Sovareen possède encore la plus puissante antenne non-militaire de la planète. L’installation a été investie par la Guilde du Commerce qui en a fait le terminal de débarquement de ses cargos, mais sa protection reste largement inférieure à celle de tous les autres relais de communication de la ville. Une force d’intervention déterminée, d’une trentaine de combattants, pourrait organiser un coup de force pour dépêcher un message crypté en direction de Coruscant.
— Les droïdes ne risquent-ils pas de rappliquer vite fait ? s’inquiéta Tormmel.
— La caserne séparatiste est à soixante-quatre kilomètres de là, et il leur faudra traverser la Faille, rappela l’ancien commandant de la Garde Gouvernementale. Toutefois, le risque existe, en effet. Je ne forcerai personne à participer à cette opération. Mais j’en serai.
— Je croyais que tu prendrais la direction des opérations dans le palais, s’étonna Carth.
— Je suis trop connu, là-bas, grimaça son ami. Et la diversion fonctionnera mieux si l’on m’aperçoit loin de là. Je pense que les procédures de sécurité n’ont pas fondamentalement évolué depuis ma désertion ; en cas d’alerte de sécurité de niveau trois ou supérieur, les officiers doivent prendre part aux opérations sur le terrain ou depuis la salle de guerre, dans le sous-sol de l’aile est du palais – assez loin de l’annexe pour agir en toute tranquillité.
Carth acquiesça. Le plan se tenait…
Et, avec un peu de chance, Jaderan allait peut-être remettre sa visite galante à plus tard.
— Je suis volontaire pour mener les opérations dans le palais, se proposa-t-il alors.
Thalas consulta une nouvelle fois Lyn du regard. Celle-ci contempla Carth pendant quelques longues secondes, puis acquiesça.
— C’est d’accord, trancha le chef de la Résistance. Au travail, alors ; nous avons des détails à mettre au point.
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par L2-D2 »

Deuxième partie lue !

Ça fait tout de même quelque chose de lire cette nouvelle flash-back. Carth y est jeune, presque impulsif (non pas qu'il ne le soit plus par la suite, mais là, il a la fougue de la jeunesse) et c'est l'occasion de te voir jouer avec des concepts comme Grievous, Dooku ou encore l’Étoile de la Mort ! :shock: Et il n'y a pas à dire : voir certains événements ou protagonistes de la Guerre des Clones être mentionnés dans un de tes projets me donne une furieuse envie de lire la suite des Chroniques de la Marine Républicaine ! :siffle:

(Voilà, ça c'est un appel du pied ! :lol: )

Pour le reste, c'est une très belle description de la capitale que tu nous livres dans la première partie, avant que Carth rejoint les insurgés. Je trouve peut-être même cette nouvelle mieux écrite que le reste de la Fédération Impériale, ce qui n'est pas peu dire.

Et j'ai hâte de lire la suite ! Vivement ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Jagen Eripsa
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par Jagen Eripsa »

Merci L2 ! :jap:
L2-D2 a écrit :Pour le reste, c'est une très belle description de la capitale que tu nous livres dans la première partie, avant que Carth rejoint les insurgés. Je trouve peut-être même cette nouvelle mieux écrite que le reste de la Fédération Impériale, ce qui n'est pas peu dire.
Disons que j'ai un peu plus l'occasion de m'attarder sur certains détails, alors qu'avec la Fédé, je dois tenir un certain rythme... :cute:
L2-D2 a écrit :Ça fait tout de même quelque chose de lire cette nouvelle flash-back. Carth y est jeune, presque impulsif (non pas qu'il ne le soit plus par la suite, mais là, il a la fougue de la jeunesse) et c'est l'occasion de te voir jouer avec des concepts comme Grievous, Dooku ou encore l’Étoile de la Mort ! :shock:
C'était l'effet recherché, ravi de voir qu'il est atteint ! :jap:
L2-D2 a écrit :Et il n'y a pas à dire : voir certains événements ou protagonistes de la Guerre des Clones être mentionnés dans un de tes projets me donne une furieuse envie de lire la suite des Chroniques de la Marine Républicaine ! :siffle:
Il paraît que le lancement de la première mouture de l'histoire a eu lieu un 13 février 2012, et ça fera donc dix ans dimanche... :ange:
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par Jagen Eripsa »

Allez, le premier texte de la journée ! :cute:

Partie 3

Le regard du garde de faction passa de la tablette qu’il tenait en main au visage de Carth, une fois, puis deux. Au troisième froncement de sourcils, le jeune résistant fit mine de s’agacer.
— Nos papiers ne vous plaisent pas ?
L’autre ne se départit pas de son air suspicieux, mais parut gêné.
— Sauf vot’respect, marmonna-t-il, j’ai pas entendu parler d’un nouveau r’crutement.
— Et vous êtes, bien sûr, tenu informé de tout ce qui se passe au sein du palais…
— De c’qui compte.
C’était de l’esbrouffe, bien sûr, et Carth le savait.
— Le commandant Pelasz m’avait indiqué que nous serions accueillis avec gratitude et respect, mais il ne devait pas se souvenir que vous étiez de faction ce soir, lieutenant Vermok.
L’autre s’empourpra.
— D’où qu’vous connaissez m’nom ?
— Si vous m’aviez écouté, vous sauriez que mes hommes et moi venons des forces gouvernementales stationnées à Lagvi, la ville natale de Pelasz. Le commandant est un vieil ami de mes parents et nous parle souvent de son travail. Et, pardonnez-moi, mais vous êtes assez reconnaissable.
Ce n’était pas vraiment un compliment. Âgé d’une quarantaine d’années, le lieutenant en faisait dix de plus, avec sa barbe hirsute taillée en deux pointes. Ses cheveux étaient blonds courts mais sales, et il louchait légèrement.
De toute évidence, Thalas a pris les meilleurs gardes avec lui quand il a déserté…
C’était grâce aux informations transmises par son ami que Carth pouvait parfaitement se fondre dans la peau de l’aspirant Guyran, jeune blanc-bec un peu arrogant venu renforcer les effectifs de la garnison du palais. Thalas, ayant pris connaissance de l’organisation des gardes du palais ce soir-là – sans dire à Carth de quelle façon il l’avait obtenu – lui avait aussi détaillé tout ce qu’il savait du profil de Kosh Vermok, et notamment le peu de considération que lui portaient ses collègues.
— J’devrais demander au commandant de v’nir pour voir c’qu’il en dit.
— Vous pourriez, mais il est à Lagvi ce soir, non ? Tout comme le gouverneur Jaderan. Il est discret, mais on sait généralement quand il vient dans notre secteur… Ce sont les soirs où madame Desviiron ne donne pas de réception.
Il se demanda s’il n’en faisait pas un peu trop. À la place de Vermok, il aurait été méfiant…
Mais le garde semblait plus perdu qu’autre chose. Il observa une fois encore Carth et son groupe, puis fit un geste de la main.
— ‘llez, c’est bon. Z’allez voir l’capitaine pour vot’ affection. C’est d’l’aut’ côté du bâtiment, d’rière l’ail’est.
— Nous devrions trouver, fit Carth avec une amabilité forcée. Ne vous donnez pas la peine de nous accompagner.
— C’est qu’j’peux pas, v’voyez…
— Oui, oui, bien sûr. Bonne soirée, lieutenant Vermok.
Le petit groupe s’éloigna sous le regard un peu dérouté de l’homme de faction, s’éloignant du hangar ouest du palais pour se rapprocher du bâtiment principal.
— Ce pauvre homme semble souffrir d’importants troubles cognitifs, chuchota une voix à son oreille quand ils se furent éloignés du garde.
— Même les imbéciles ont leur utilité, Givin, chuchota Carth. Surtout quand ils sont dans le camp adverse.
Le scientifique était l’autre membre-clé du groupe. C’était le seul à pouvoir identifier Rodol Dellani si jamais ils venaient à le retrouver. Mais c’était aussi l’élément qui inquiétait le plus Carth. Givin Croff n’avait pas l’habitude du terrain. Il se battait mal et mentait encore moins bien.
Fort heureusement, la chance était de leur côté, pour le moment.
C’était la première fois que Carth menait un tel groupe de combat dans une opération aussi importante, et malgré le stress qu’il ressentait, il prit le soin d’observer les pièces qu’il traversait. Il connaissait bien l’aspect extérieur du palais, avec ses façades finement ciselées en pierre noire volcanique et ses décors en métal clair ouvragé, mais c’était la première fois qu’il entrait dans le bâtiment. Il fut surpris de constater que le bois – un bois si peu sombre qu’il en était presque beige, mais néanmoins chaleureux – était omniprésent. Les couloirs, assez larges pour que cinq ou six personnes passent de front, étaient peu meublés, mais ici ou là un guéridon agrémenté d’un vase ou d’une petite sculpture venait rompre l’alignement un peu monotone des portes.
Dans d’autres conditions, il aurait sans doute apprécié la visite.
Ils finirent par arriver dans une pièce que le jeune résistant reconnut sans peine : le hall d’honneur, l’endroit où étaient accueillis tous les invités officiels. C’était le lieu des cérémonies, des événements importants de la vie politique polcaphréenne de l’avant-guerre. Il jeta un coup d’œil vers le plafond, occupé par une immense verrière ; mais celle-ci ne donnait que sur la nuit, et les étoiles n’étaient pas visibles, du fait de la présence de lustres en cristal aldéranien, aux belles formes élégantes.
— Alors, on va où ? demanda l’un de ses hommes.
Carth vérifia rapidement qu’il n’y avait personne à portée avant de se retourner pour répondre.
— On va s’en tenir au plan. Lomspen, tu prends tes trois agents avec toi et vous allez en direction du centre de commandement. Il faut que quelqu’un se présente auprès du capitaine Yrvon, au cas où Vermok l’aurait prévenu…
— Il va sans doute s’inquiéter s’il ne voit que la moitié des hommes promis arriver.
— Je ne suis pas sûr que Vermok sache compter jusqu’à dix, répliqua Carth en levant les yeux au ciel. Et même si c’est le cas, vous rejetterez la faute sur lui. Vous direz qu’il a bu et qu’il devait voir double ou triple.
Il tira de la poche son comlink pour vérifier l’heure.
— De toute façon, Yrvon aura sans doute d’autres préoccupations au moment où vous arriverez là-bas, ajouta-t-il. Le feu d’artifice doit commencer dans cinq minutes…
— Entendu, répondit Dar Lomspen.
Il sélectionna son équipe et salua Carth d’un signe de tête avant de s’éloigner.
— Givin, Dyna, Meill, Jarbo, vous êtes avec moi. Direction l’annexe.
Il suivit le chemin emprunté par Lomspen, le temps de gagner les escaliers centraux qui permettaient d’accéder à l’étage. L’annexe, tout comme le centre de commandement et le bâtiment des quartiers privés du gouverneur, avait été construite sur un plateau surplombant les rues avoisinantes. D’après les plans récupérés par Thalas, il était possible d’y accéder depuis l’intérieur du palais, grâce à une porte communicante située à l’extrémité nord de l’aile ouest. Mais l’endroit était, selon leurs informations, plutôt bien gardé…
L’aile ouest, qui accueillait des bureaux et une poignée de logements, était décorée dans un style assez proche de celui du bâtiment de service par lequel ils étaient entrés, avec peut-être un peu plus de soin apporté aux détails. Des tapis écarlates habillaient le dallage de marbre blanc du couloir qu’ils parcoururent, mais ils semblaient avoir été abîmés par endroits.
Avant qu’ils n’arrivent au bout de l’aile, Carth repéra la statue de la gouverneure Larouass – une des dirigeantes les plus célèbres de l’histoire de Polcaphran – installée dans une niche, ainsi qu’on la lui avait décrite. Il retint Givin qui continuait à avancer, n’ayant rien remarqué.
— C’est là, dit-il simplement à voix basse. Installons le brouilleur…
Comme l’avait indiqué Thalas lors des préparatifs, il y avait assez de place derrière le socle de la statue pour y installer le petit appareil qu’ils avaient embarqué avec eux. De la taille d’un comlink, il devait perturber toutes les holocams de surveillance sur un périmètre restreint. Il ne s’agissait pas de couper l’affichage, mais plutôt de le figer, afin de ne pas attirer l’attention des opérateurs qui devaient superviser la sécurité du palais depuis leur poste de contrôle.
Givin le positionna au sol sous le regard scrutateur de ses équipiers et l’activa. Il n’y eut aucun voyant pour indiquer que l’appareil avait commencé son travail, mais en posant sa paume dessus, Carth sentit quelques infimes vibrations.
Il hocha la tête en signe d’approbation, se releva, sortit son databloc et reprit son avancée.
Quelques mètres plus loin, le couloir se divisait en deux embranchements partant à gauche et à droite. Ils prirent le premier et virent, un peu plus loin, l’obstacle que Carth redoutait tout particulièrement.
— Halte ! Qui va là ? Identité requise !
Il se retint de grimacer en entendant la voix métallique du droïde de combat B1. Il y en avait cinq en tout, en faction devant une porte à haute sécurité, leurs blasters dressés en direction des nouveaux arrivants. Carth et ses hommes levèrent les mains, et le jeune commandant prit la parole.
— Aspirant Guyran, se présenta-t-il en avançant un peu plus doucement. Mes hommes et moi venons pour la maintenance du bloc sanitaire du deuxième niveau. On nous a signalé une fuite, et le commandant Pelasz nous a demandé de nous en charger…
— Aucun ordre dans nos bases de données, je répète, aucun ordre dans nos bases de données. Cessez d’avancer ou nous ouvrons le feu.
— SI je cesse d’avancer, je ne pourrai pas vous donner mon ordre de mission, contra Carth.
Le droïde ne semblait pas s’attendre à un tel dilemme. Il resta figé, l’armée pointée vers les Polcaphréens, pendant quelques instants ; puis il avança vers le commandant du groupe, et ses congénères firent de même avec les autres hommes et femmes présents.
— Tenez.
Le commandant de l’escouade droïde attrapa le databloc que lui tendit Carth et consulta l’écran.
— Je ne vois rien d’écrit… Hé !
S’il protestait, c’était parce que sa cible venait de lui arracher son blaster. Comme un seul être, les autres membres du commando firent de même avec les autres droïdes. Carth prit le canon de l’arme, puis, avant que la machine ne puisse réagir, il abattit la crosse sur son plastron qui se fissura sous l’impact. Le droïde tomba à la renverse.
Un deuxième coup sur le cou, et l’engin décapité cessa de bouger. Le jeune homme se reporta alors sur celui que Givin tenait en respect, visiblement sans trop savoir comment procéder. Carth soupira intérieurement. C’est déjà un miracle qu’il ait pu prendre l’arme et ne se soit pas évanoui…
Quelques instants plus tard, c’était fini… et beaucoup plus silencieusement que s’ils avaient fait usage des blasters.
— Je les croyais plus solides, dit Givin, en sueur, en contemplant les carcasses métalliques au sol.
— Ouais, moi aussi, mais c’était avant d’en détruire quelques-uns, répondit Carth en vérifiant que l’arme dont il s’était emparé n’avait pas subi de dégâts. Thalas pense que la République s’est arrangée pour saboter l’alliage dont se servent les Seps… Tant mieux pour nous.
Il se mordit les lèvres, puis ajouta :
— C’était pas trop mal. Au moins, tu as évité d’être blessé.
Après tout, c’était la première fois que Givin était directement confronté à l’infanterie mécanoïde de la Confédération ; tous les autres membres du groupe avaient déjà pratiqué ce genre d’affrontements pour se débarrasser des patrouilles qui infestaient quelques mois plus tôt les rues d’Heduris.
Dyna et Meill étaient déjà au travail sur le panneau de contrôle de la porte, veillant à déconnecter toutes les mesures de sécurité pour pouvoir ouvrir l’accès sans déclencher l’alarme.
Le cœur de Carth faillit s’arrêter quand il entendit une sirène se déclencher. Il échangea un regard avec Jarbo qui semblait aussi surpris que lui. Mais un coup d’œil en direction des deux femmes, qui poursuivaient avec application leur tâche, leur apprit que la cause de l’alerte était toute autre.
Sans doute Thalas, jugea Carth. Il doit être passé à l’action. Pas question de traîner ici…
Un claquement métallique lui indiqua qu’ils allaient pouvoir poursuivre leur avancée.
L’obscurité régnait dans le couloir de l’autre côté de la porte sécurisée. Mais plus encore que la luminosité, c’était le décor qui tranchait avec le couloir où ils se trouvaient. Si l’annexe apparaissait déjà plutôt grossière dans sa conception par rapport au reste du complexe qu’elle agrandissait, ce n’était rien en comparaison avec ce que Carth voyait là : des couloirs nus, mal finis, où les murs étaient couverts de tuyaux et de gaines mal ajustées qui laissaient voir les enchevêtrements de câbles qu’elles étaient censées cacher.
— Eh bien, au moins, nous sommes certains que ce n’est pas un bâtiment d’agrément… marmonna-t-il.
Il activa la lampe de son comlink et passa le premier dans le couloir. Désormais, ils étaient en terrain inconnu ; même le ou les contacts si bien informés de Thalas n’avaient pu lui fournir de plan des lieux.
Les premières portes qu’ils trouvèrent ne donnaient que sur des réserves de matériel quasiment vides. Dans la quatrième, Carth trouva une pièce métallique semi-circulaire et la montra à Givin.
— Qu’est-ce que c’est ? La gaine d’un laser ?
Le scientifique prit son temps avant de répondre.
— Non, je ne crois pas. Ça ressemble plus à un implant crânien, vous savez, ceux dont se servent les interfacés…
— Les systèmes de simulation neurale pour ceux qui ont été victimes de séquelles, suite à un accident vasculaire cérébral ou un autre trouble du genre ?
— Ils ne sont pas utilisés qu’à des fins thérapeutiques, le renseigna Givin. Certains choisissent volontairement d’être équipés d’une interface neurale pour augmenter leurs capacités cérébrales, ou pour pouvoir travailler en synergie avec des machines ou des droïdes. Il peut s’agir de techniciens informatiques, de chercheurs, de certains opérateurs financiers…
Carth fit une moue dégoûtée.
— Qu’est-ce que les Seps peuvent bien faire avec ça ?
— Nous créer des ennuis, suggéra Dyna en jetant un coup d’œil à l’appareil. Imaginez qu’ils en équipent des soldats vivants pour leur donner le pouvoir de coordonner une escouade entière de droïdes…
Avec un frisson, Carth accrocha la pièce à sa ceinture.
— Vérifions qu’il n’y a pas d’autres informations ici et passons à la pièce suivante. La diversion créée par Thalas ne durera pas éternellement.
Les deux salles suivantes ne leur apportèrent aucun autre élément. Ils se résolurent alors à gagner l’étage, en espérant y trouver de quoi ne pas repartir bredouilles…
Il leur fallut parcourir plusieurs mètres avant d’atteindre la première porte. Dès qu’elle fut ouverte, Carth comprit que l’endroit était très différent des réserves qu’ils avaient pu explorer en-dessous. L’obscurité y régnait, mais il y avait bel et bien du matériel, et le plafond n’était pas repérable depuis le seuil où ils se tenaient…
Il fit un pas pour entrer, et les lumières s’allumèrent.
— Au nom de la Force, qu’est-ce que c’est que ce bordel… ? murmura-t-il
La table d’opération, les cuves remplies de liquide verdâtre et les pièces de matériel qui traînaient un peu partout faisaient penser au laboratoire d’un scientifique dérangé, mais les droïdes présents – bien que désactivés – étaient des modèles médicaux, et les parois étaient recouvertes de revêtements étanches permettant de créer un environnement stérile, comme dans les meilleurs complexes hospitaliers de la galaxie…
— Vous croyez que c’est ici que…
Il n’acheva pas sa phrase.
Il s’était retourné vers son équipe pour parler, et venait de voir la silhouette d’un être – Humain ? Il n’aurait pu le certifier – qui fonçait sur eux. Il leva aussitôt son arme.
— Attention !
Il aurait voulu tirer, mais Meill et Jarbo étaient dans sa ligne de tir. Ils se retournèrent, eux aussi, mais il était trop tard ; l’attaquant venait de donner un coup latéral avec sa main tendue, touchant d’un même geste l’arrière de leurs deux crânes. Ils s’écroulèrent, et leurs sangs se mélangèrent sur le sol.
Tout s’était passé très vite. Trop vite. Beaucoup trop vite.
Il vit que la créature avait des ongles anormalement longs, à présent tachés de rouge…
Il tira, mais loupa son coup. Dyna avait aussi ouvert le feu, mais Givin était resté hébété, comme paralysé par ce qu’il venait de voir. Ce fut pourtant vers la femme que l’assaillant se dirigea, les mains en avant. Elle hoqueta de douleur tandis qu’il la transperçait de ses larmes digitales et la soulevait, sous le regard horrifié de Carth. Il la contempla, le temps d’une fraction de secondes, puis la balança vers le jeune homme.
Il fut trop lent pour s’écarter et fut heurté sur le flanc. Il tomba au sol. Il entendit Gavin Croff lancer un grand cri qui s’acheva en gargouillements.
Quand le scientifique s’effondra au sol, une grande marque sanguinolente en travers du cou, Carth comprit qu’il était le dernier homme de son escouade à pouvoir encore respirer.
L’attaquant avait récupéré l’arme inutilisée de Givin. Il la tendit vers le survivant, prêt à tirer. Il avança doucement, et le jeune homme le regarda arriver comme s’il voyait la Mort elle-même s’avancer vers lui.
L’assaut avait été si rapide qu’il n’avait pas pu voir très clairement l’être qui l’attaquait. Mais, cette fois, il repéra les quelques servomoteurs apparents le long des membres, jusqu’aux longs appendices qui avaient été fatals à son équipe et étaient à présent rétractés pour pouvoir manier l’arme ; il vit la combinaison de vol grise, désormais couverte de sang et même, comprit-il, d’un peu de cervelle ; et la tête, surtout, la tête dont la majeure partie de la moitié gauche était couverte par une coque rappelant les crânes des droïdes de protocole, capteur optique compris.
Quant à l’autre moitié du visage… Ce n’était plus que les vestiges des traits d’un homme. La barbe était plus ou moins rasée, mais les cheveux restants, d’un brun terne avec des notes de gris, semblaient sales et gras et tombaient sur l’épaule droite. Au milieu de ce triste spectacle, un œil, un œil vert qui posait un regard désorienté sur sa prochaine victime.
Je connais ce regard, songea Carth sans trop comprendre pourquoi.
Alors, stimulé par l’adrénaline qui semblait parcourir toutes les cellules de son corps, il rassembla ses souvenirs et son imagination, essayant de se représenter à quoi avait pu ressembler l’être avant de se trouver si horriblement défiguré.
La réponse le choqua autant que la mort de ses équipiers.
— Ollie… murmura-t-il. Ollie Fexmond…
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par darkCedric »

De la journée ? Tiens tiens tiens... :sournois: :ange:
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Amara débarque en section fanfic !
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par Jagen Eripsa »

Oui, je m'étais dit un moment que j'allais en sortir trois, mais je suis un peu à plat, là, donc la Fédé devra malheureusement patienter un peu. :transpire:
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par L2-D2 »

Troisième partie lue !

Passée une excellente introduction, on suit la mission de Carth et de son escouade d'agents infiltrés, mission qui se déroule sans accrocs véritables... du moins jusqu'aux dernières lignes, qui se révèlent être un véritable bain de sang ! :shock: Et on a beau savoir que l'ami Carth va survivre, on se demande bien comment il va y arriver... :think:

Au niveau du nom de l'assaillant, en revanche, il ne me dit rien. L'as-tu déjà glissé dans un de tes écrits ?

Vivement la suite ! :oui:
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par Jagen Eripsa »

L2-D2 a écrit : lun. 14 févr. 2022 - 12:46 Vivement la suite ! :oui:
Eh bien, la voilà ! :transpire:

J'avais entamé cette histoire à l'occasion de mes 10 ans sur SWU... Cela en fait 14 aujourd'hui, et donc 4 ans où elle est restée inachevée. Mais elle était toujours bien présente dans un coin de ma tête ! Et comme j'ai décidé d'achever certains récits en suspens, je reprends celui-ci là où je l'avais arrêté. Bien sûr, pour comprendre le texte, mieux vaut tout relire depuis le début... Je l'ai fait moi-même pour être certain d'éviter des incohérences. :transpire:

Pour les personnes qui n'auraient pas encore exploré ce topic, il s'agit donc d'une histoire liée à La Fédération Impériale et qui s'apprécie donc davantage en connaissant cette série, mais qui peut néanmoins être lue sans. :cute:

Partie 4

Il avait connu Olliger Fexmond sur les bancs de l’université. Lui suivait une formation politique, tandis que Carth ne s’y intéressait qu’à la marge, préférant son cursus d’apprenti archiviste qui le divertissait bien en attendant de rejoindre l’affaire familiale. Ils avaient très vite sympathisé, malgré leurs tempéraments différents. Si Carth était un peu réservé sur les bords, cultivé mais discret, Ollie, lui, ne cachait pas être un élève brillant. C’était aussi un véritable charmeur, accumulant les conquêtes, masculines ou féminines, humaines ou non, pendant les quelques années où Carth et lui s’étaient fréquentés. Avec ses cheveux bouclés et son regard vif, il avait toujours su attirer à lui les partenaires qu’il convoitait.
Quel contraste avec l’être décharné qui se trouvait à présent là…
— Carth.
C’était bien sa voix, mais elle semblait complètement détachée du contexte. Le ton paraissait bien morne, au milieu de la scène de carnage, au milieu des corps des résistants tués en un clin d’œil…
Mais le massacre s’était interrompu, et Carth décida de jouer son va-tout.
— Oui, Ollie, c’est moi…
— Carth…
L’interpellé se demanda ce qu’il pouvait faire. Une part de lui avait envie de s’approcher de son ami et de le réconforter, mais l’autre, celle qui se battait pour rester en vie, souhaitait l’emmener le plus loin possible de cette salle, le plus loin possible des terribles griffes qui avaient mis un terme aux vies de Dyna, Meill, Jarbo et Givin…
Sauf que la fuite n’est pas une option. Il est rapide, et imprévisible. Je vais sans doute y rester, mais quitte à ce que soit le cas… Autant ne pas le faire en me comportant comme un lâche.
— Tu n’aurais pas dû venir, déclara le cyborg.
Une phrase froide, un jugement sans appel. Mais il a sans doute raison…
— J’ignorais que tu étais encore en vie.
L’œil subsistant d’Ollie se couvrit fugacement d’un voile de tristesse.
— Je préférerais être mort.
Carth déglutit. Son ami l’avait dit d’un ton si morne, presque désincarné…
Dis quelque chose.
— Et Stam ? Est-elle… Comme toi ?
Stamarie Lisbey avait été l’autre membre de leur petit groupe de meneurs, à l’origine du rassemblement qui était devenu malgré lui la Marche Sanglante. Carth se souvenait parfaitement, à présent, de la dernière fois qu’il l’avait vue ; elle venait de se faire paralyser par le colonel Qarrshoyk, quelques instants à peine avant qu’Ollie ne subisse le même sort, et que lui-même ne soit assommé par un droïde et laissé pour mort…
— Elle n’a pas survécu au protocole.
Il semblait un peu plus désorienté. Carth s’était demandé, à l’époque… avant que tout cela n’arrive… s’il y avait eu une histoire entre ses deux amis. Ollie avait semblé tenir beaucoup à Stam, et réciproquement. La mention de cette relation passée semblait avoir ramené davantage de l’Ollie original.
Il n’est pas entièrement perdu. Il a toujours des sentiments en lui…
Comme pour doucher ses espoirs, Ollie se raidit.
— Les directives sont claires, dit-il d’une voix semblable à celle d’un droïde. Je dois tuer les intr…
Il s’interrompit, sous l’effet de ce qui devait être une intense douleur. Carth se demanda s’il devait attaquer tant qu’Ollie semblait un peu affaibli, mais le combattant cyborg se redressa avant qu’il n’ait pu faire le moindre mouvement.
Sur le côté gauche de son visage, un appendice se mit en mouvement. Carth comprit qu’il s’agissait d’un projecteur holographique quand une image apparut entre lui et son ami brisé.
C’était une silhouette haute, massive, qu’il connaissait bien. Il sentit la rage affluer en lui en la reconnaissant.
— EPC-022, au rapport, ordonna le colonel Qarrshoyk. Vous avez signalé une intrusion dans le complexe sécurisé…
Ollie ne répondit pas, se contenant de regarder Carth avec son œil valide. Comprenant que quelque chose clochait, le Kaleesh se retourna.
— Il y avait donc bien un intrus, constata le non-humain, apparemment plutôt satisfait. Beau travail, EPC-022.
Le jeune résistant sentit la rage affluer en lui. Le responsable de ce désastre, l’exécuteur de tous ces massacres était là, il semblait si proche de lui…
— C’est donc votre œuvre, Qarrshoyk ? cracha Carth.
Le Séparatiste ne sembla pas se sentir insulté. Sa gueule hideuse se fendit même d’un sourire.
— Je croyais que Thalas Garind serait celui qui viendrait attaquer un jour le palais, avoua-t-il, mais je constate que je me suis trompé. Il était ici et c’est vous qui vous êtes frotté à mon expérimentation à sa place.
Qarrshoyk est toujours au complexe Czerka¸ comprit Carth. Et Thalas s’est échappé. Deux bonnes nouvelles.
Mais je doute que ce soit suffisant pour me tirer de là…
— Thalas est plus intelligent que je ne le suis. Il n’est pas tombé dans votre piège.
— C’est un adversaire redoutable, convint Qarrshoyk, mais vous n’êtes pas à prendre à la légère non plus si vous êtes parvenu jusqu’au laboratoire principal. EPC-022, pouvez-vous l’identifier ?
C’en est fini de ma couverture, songea le jeune homme avec une pointe de regret, vite étouffée par sa colère. Il décida de répondre avant que son ami ne le fasse.
— Je m’appelle Carth Poldrei, Qarrshoyk. Retenez bien ce nom, car vous en entendrez encore parler.
— Bientôt, je ne connaîtrai plus que votre matricule.
Les émotions du Kaleesh n’étaient pas simples à identifier pour un humain, mais il semblait clairement amusé par la promesse bravache de l’intrus. Il jeta un coup d’œil à Ollie.
— Regardez-le. Il était faible, et le voilà devenu une machine à tuer. La cybernétique est l’avenir des êtres vivants. J’ai servi Qymaen jai Sheelal quand il n’était qu’un guerrier fait de chair et d’os, et il était redoutable ; maintenant que ses membres sont en duracier et que ses muscles ont laissé place à des servomoteurs de pointe, c’est un tueur de Jedi. Une arme bien plus efficace que n’importe quel droïde de combat. L’alliage parfait entre la chair et le métal.
Il se tourna à nouveau vers son serviteur en attente d’instructions.
— Immobilisez-le, ordonna-t-il d’un ton ferme. Peu importent les blessures qu’il subira, du moment que vous le neutralisez le temps que nos renforts arrivent.
— Bien reçu, colonel, répondit Ollie.
L’holoprojection disparut, et Carth se retrouva seul face à son vis-à-vis.
— Je t’en prie. Ne fais pas ça…
Il vit alors son attaquant vaciller à nouveau, et se demanda si l’holoprojecteur allait à nouveau s’allumer ; mais il aperçut alors une larme, coulant au coin de l’œil d’Ollie.
— Tue-moi, Carth…
Il eut l’impression de sentir le sol disparaître sous ses pieds. Cette voix… Pour la première fois, c’était belle et bien celle du véritable Ollie, celle dont il se souvenait.
— Tue-moi, répéta-t-il. Les programmes de loyauté des processeurs greffés à mon cerveau vont m’obliger à obéir… Je les sens déjà… Je ne veux pas… Je n’ai pas envie de te faire du mal, mais je… dois… obéir…
— On peut faire quelque chose, lâcha Carth, il doit y avoir une sol…
Ollie tira.
Carth ne sut pas ce qu’il avait visé. Tout ce qu’il sentit, ce fut une douleur absolument atroce sur la plus grande partie de son flanc gauche, à une quinzaine de centimètres en dessous du cœur. Son bras avait également été touché par le même tir.
Ollie visa à nouveau, et cette fois, malgré son état, Carth n’hésita pas. Il leva son bras encore valide.
Son premier tir brûla la main tenant l’arme. Avant que son ami n’ait pu réagir, il lui expédia une deuxième salve sur le côté gauche de la tête, emportant la plus grande partie des circuits qui lui avait été greffés. Un troisième tir le cueillit au cœur. Puis d’autres à l’estomac.
Couvert de carbone, percé de part en part, Ollie s’effondra au sol.
Un léger sourire flottait sur la partie encore humaine de son visage.
Il aurait pu tirer plus vite, songea Carth. Il aurait pu me vaincre, mais il m’a laissé le tuer…
L’adrénaline du combat l’aidait à tenir encore un peu, mais il se sentait faiblir d’instant en instant. Il se traîna comme possible jusqu’aux plans de travail où les opérateurs du centre avaient rangé des produits médicaux.
Il doit bien y avoir quelque chose là-dedans… Quelque chose pour me soulager…
Il chercha, chercha et chercha encore, jusqu’à mettre la main sur une dose de stimulants d’adrénaline. Il se l’injecta aussitôt dans le flanc droit et sentit immédiatement ses fonctions vitales s’améliorer un peu. Mais il n’était pas sûr que ce soit assez pour s’enfuir du palais.
Il fit quelques pas en direction de la porte, mais ne parvint pas à l’atteindre et s’effondra tout du long. Il avait l’impression que la douleur engouffrait son corps tout entier.
Je ne peux pas mourir là…
Plus encore que la mort, c’était l’inconscience qui le terrorisait. Il redoutait plus que tout de s’effondrer sur le sol pour se découvrir, à son réveil, soumis au même traitement que le pauvre Ollie. Un trépas soudain lui semblait tellement plus clément…
Mais ses options se réduisaient seconde après seconde. Il entendit un bruit de pas précipités, dans le couloir. Peut-être pouvait-il venir à bout de ce nouvel assaillant… Mais, s’il n’y parvenait pas, il avait peut-être un autre moyen d’échapper au sort de son ami.
Les pas étaient de plus en plus proches… Il leva la tête, prêt à viser… Mais n’aperçut que les jambes du nouvel arrivant.
Ou plutôt, de la nouvelle arrivante.
— Carth !
Entendre la voix d’Athalée, dans ces circonstances, le troubla presque autant que les terribles retrouvailles qu’il avait vécues quelques instants plus tôt. Il se doutait depuis un moment qu’elle était l’une des sources de la Résistance au sein du palais, mais la retrouver ici… Savait-elle seulement ce qui s’y tramait ?
— Oh, par la Force, cette blessure… dit-elle en se penchant pour l’examiner.
— Thalie…
— Chut, Carth, je suis là.
Elle se releva, alla en direction des plans de travail et en revint avec un produit qui lui avait échappé. Il remarqua à peine la piqûre de l’aiguille.
— Tout va bien se passer, lui dit-elle. Tout va bien se passer…
— Ils sont tous morts… lâcha-t-il. Tous… Ollie… Il faut prévenir Thalas…
— On va aller le trouver, promit Athalée. Mais d’abord…
Elle s’approcha d’un des terminaux et en examina l’écran.
— Ce qu’il y a là-dedans… Si seulement on pouvait tout récupérer…
Elle fit défiler plusieurs images, puis sortit de sa poche un petit cylindre qu’elle plaça devant le terminal. Elle afficha à nouveau les images, puis se détourna quelques secondes plus tard.
— Pas le temps de faire plus, décida-t-elle. Il faut que je te fasse sortir d’ici. Le palais est en alerte ; des combats ont éclaté dans l’aile Est.
Lomspen. L’autre équipe n’avait apparemment pas eu plus de chance que la sienne.
— Je ne pouvais pas m’en mêler, alors j’ai voulu vérifier qu’il n’était rien arrivé ici. J’ai trouvé les droïdes, puis j’ai suivi les traces… Je ne pensais pas…
Son regard se posa sur les corps ensanglantés de l’équipe d’infiltration.
— Thalie… Il faut partir. Qarrshoyk sait.
Elle attrapa les bras de Carth et le souleva, avec une force surprenante pour son gabarit. Quand il fut debout, elle s’arrangea aussitôt pour qu’il repose à moitié sur elle.
— Je ne te lâcherai pas, promit-elle. Suis-moi.
Il ne pouvait qu’obéir et se laissa traîner, d’abord hors de la salle puis hors de l’annexe. Par chance, ils ne croisèrent personne. Athalée était à l’affût, guettant le moindre signe d’approche. Une fois revenus dans l’aile ouest, elle lui fit gravir deux étages pour l’emmener dans un couloir un peu moins richement décoré que celui du rez-de-chaussée, mais qui semblait quand même plutôt cossu.
Elle s’arrêta finalement devant une porte close et appuya son pouce sur le lecteur digital qui en verrouillait l’accès. Le panneau s’écarta et elle le tira dans une pièce sombre.
Carth s’attendait à un bureau ou une réserve quelconque, mais lorsque la porte se referma, il distingua dans la pénombre un lit et quelques meubles. C’était un petit studio, et les holocadres et livres disposés sur des étagères indiquaient clairement qu’il était habité. Son esprit était brouillé, mais il lui sembla reconnaître son amie sur certaines images projetées.
Elle le traîna jusqu’à une salle d’eau et le força à s’asseoir sur un meuble pendant qu’elle ouvrait une trousse de secours.
— Ce n’est pas grand-chose, dit-elle en sortant une seringue, mais cela permettra de parer au plus pressé.
Elle s’interrompit avant de plonger son aiguille dans la chair de Carth.
— Tu as déjà pris quelque chose, là-bas ? En plus de ce que je t’ai donné ?
Il fallut quelques secondes au jeune homme pour se souvenir.
— Un stim d’adrénaline.
Elle contempla le produit qu’elle avait en main.
— Et avec ce que je t’ai déjà injecté… Blast, si seulement Lyn était avec moi ! Je ne suis pas sûr que je puisse te le donner sans risques.
— L’alternative… ?
— Il n’y en a pas, trancha-t-elle. Tu es mal en point.
Il acquiesça. La douleur était difficile à supporter.
— Vas-y.
Elle le regarda plus intensément que jamais, et, pour la seconde fois en quelques minutes, lui planta une aiguille dans le bras. Il grommela en ressentant la piqûre, mais ce ne fut qu’une sensation passagère, vite remplacée par le soulagement en sentant la douleur de son flanc blessé s’estomper un peu.
— Dommage que tu n’aies pas pu abattre cette chose avant qu’elle ne te fasse aussi mal, glissa-t-elle en commençant à nettoyer délicatement la blessure.
Elle ouvrit le robinet pour faire couler un peu d’eau.
— Ce n’était pas une chose, répondit Carth à voix basse. C’était… C’était Ollie… Mon ami.
Elle se redressa et le contempla d’un air horrifié.
— Ton ami ?
— Je pense que nous avons découvert… (Il grogna sous l’effet de la douleur) Découvert pourquoi Qarrshoyk a isolé le département cybernétique de l’université. Il travaille sur…
Le bruit de la porte de l’appartement se fit de nouveau entendre. Écarquillant les yeux, Athalée lui plaqua une main sur la bouche pour lui faire signe de se taire. Elle coupa le robinet qui, espérait Carth, avait sans doute couvert les dernières secondes de paroles.
— Qui va là ? demanda-t-elle à voix haute. Pourquoi vous êtes-vous permis d’entrer ?
Après avoir jeté un regard intimant à son petit ami de se taire, elle sortit de la salle d’eau – qui, fort heureusement, n’était pas visible depuis l’accès à la chambre.
— Désolé, Mademoiselle, répondit une voix masculine comme elle approchait d’eux.
— De quel droit avez-vous ouvert cette porte ? insista-t-elle avec un ton impérieux que Carth n’avait jamais entendu chez elle jusque lors.
— Les ordres… Nous avons neutralisé des infiltrés dans le palais. La situation est normalement sous contrôle, mais les holocams ont un problème et on nous a demandé de vérifier…
— Vous croyez que quelqu’un serait venu se cacher dans ma chambre ? lança Athalée avec sévérité.
— Mais…
— J’aurais pu être en train de dormir, ou de me laver. Comment auriez-vous pu justifier cela auprès de vos supérieurs ?
— Ce sont eux qui ont demandé…
— Faut-il que j’en réfère à mon oncle ? Vous savez à quel point il déteste être dérangé les soirs comme celui-ci.
Il y eut alors un bref silence.
— Je suis navré. Vous avez raison. Je vais en référer à ma hiérarchie.
— J’espère bien. Veillez à ne plus me déranger.
— Naturellement. Bonne soirée, mademoiselle Jaderan.
Jaderan. Le nom résonna dans l’esprit de Carth comme le tir de blaster d’Ollie l’avait fait, un peu plus tôt. Et l’impact était aussi douloureux.
Athalée Jaderan.

Pour répondre à la question que tu m'adressais dans le précédent message, L2 :
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sam sanglebuc
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par sam sanglebuc »

Mais c'est très très bon tout ça !
Carth et Athalée en plus !
Et source d'inspiration pour ma campagne JDR qui démarre juste après l'ordre 66...
Merci et vivement les suites
Ben: "Tu n'es pas seule"
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Jagen Eripsa
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par Jagen Eripsa »

Merci Sam ! Je te réponds plus bas, place tout d'abord à la dernière partie de cette nouvelle. :cute:

Partie 5

Carth eut l’impression que le monde s’effondrait autour de lui.
Athalée… Jaderan… Pas Sehni. Athalée Jaderan.
Il resta figé, une expression de douleur intense sur son visage… et pas seulement à cause de sa blessure lancinante. Il se sentait trahi. La femme qu’il aimait n’était pas celle qu’il croyait être…
Athalée le trouva comme ça en revenant dans la salle de bains, quelques instants plus tard. Elle ne manifesta aucune forme de surprise en le voyant ainsi.
— Je t’expliquerai plus tard, promit-elle.
— Comment…
— Plus tard, répéta-t-elle. Pour l’heure, l’urgence est de te faire sortir d’ici en vie. Tu as entendu ; ils cherchent des fuyards.
Elle ferma les yeux pour réfléchir. Carth espérait des réponses, mais il devait admettre que la situation s’y prêtait mal. Il la laissa méditer en silence.
— Bon, voilà ce qu’on va faire, reprit-elle après quelques secondes. On va prétendre que tu as été blessé par l’un de ces fuyards et que tu as besoin d’être évacué de toute urgence. On ne sera pas si loin de la vérité…
— Ils sauront que tu m’as fait sortir dès qu’ils examineront les holocams de surveillance…. Elles ne sont pas toutes neutralisées…
— Je ne compte pas revenir. Ma couverture sautera, quoi qu’il arrive à présent.
Elle soupira.
— Thalas espérait que je puisse rester ici encore quelques temps, pour fournir le maximum d’informations possibles sur ce qui se passe, mais je ne peux pas te laisser mourir.   
Carth acquiesça et la suivit avec difficulté dans la chambre.
— Comment va-t-on faire avec le garde ?
Elle se dirigea vers un placard et l’ouvrit. Farfouillant quelques instants, elle en sortit un uniforme semblable à celui que le jeune homme portait.
— C’est ce qui me permet de sortir quand je le veux, expliqua-t-elle. Nous allons passer par l’appartement de mon oncle. Il a un accès direct à son hangar à speeders personnel. Les appareils sont équipés de tous les accès nécessaires.
Elle se débarrassa rapidement de ses vêtements pour enfiler la tenue. Dans d’autres circonstances, Carth aurait pu trouver cette séance affriolante ; mais entre la douleur de ses blessures, l’horreur éprouvée face à Ollie, la perte de ses équipiers et la révélation qu’il venait d’avoir, son esprit était à mille parsecs de là.
Athalée Jaderan.
Elle serra sa ceinture et y inséra un blaster de poing, enfila un casque d’intervention masquant ses traits, puis attrapa Carth par l’épaule.
— Viens. On y va.
Lorsqu’ils sortirent, le couloir était désert. Le garde avait dû entrer dans une autre chambre ; il fallait faire vite. Athalée avança d’un pas vif sur sa droite sur quelques mètres ; Carth, qui s’appuyait sur elle pour avancer, fit en sorte de ne pas la ralentir, même si ce rythme l’élançait terriblement.
Elle s’arrêta devant une porte richement ornée et apposa son empreinte sur un lecteur optique. Le panneau s’ouvrit.
— Par ici.
Elle franchit le seuil… Et se retrouva nez-à-nez avec un autre homme en uniforme. Lui aussi portait un casque, mais la voix qui s’en échappait sembla familière à Carth ; il devait s’agir de l’homme qui avait fait irruption dans le logement d’Athalée, quelques minutes plus tôt, et qui s’apprêtait à sortir de celui-ci.
— Qu’est-ce que vous faites ici ? demanda-t-il. Vous n’avez rien à faire là…
Son regard dût se poser sur le jeune homme blessé, car il se tendit brusquement et leva son arme.
— Je ne sais pas comment…
— Non, attendez !
Athalée fit mine de se rendre et porta les mains à sa tête, comme pour retirer son casque ; mais ce geste déséquilibra Carth qui, mal préparé, s’affaissa sur le flanc en travers de la porte. Ce mouvement involontaire surprit le garde, qui réorienta son arme vers le jeune homme ; sans le vouloir, il offrit ainsi à Athalée une fenêtre de tir qu’elle ne gaspilla pas.
La décharge frappa l’homme au cou ; il voulut répliquer, mais un coup de pied l’envoya promptement vers l’arrière. Il trébucha sur une table et tomba à la renverse ; Athalée ne le laissa pas se relever et lui balança deux autres salves. Puis, après s’être assurée qu’il ne se relevait plus, elle revint vers Carth qui était toujours au sol.
— Tu… Tu… tenta-t-il de dire, le souffle court.
— Pas le temps, lui intima-t-elle.
S’ils étaient réellement dans l’appartement privé de Palder Jaderan, les murs étaient sans doute conçus pour offrir la meilleure isolation phonique qui soit sur Polcaphran ; mais la porte était restée ouverte pendant la brève altercation, et le panneau ne se referma qu’une fois Carth relevé.
Le jeune résistant aurait voulu regarder autour de lui pour en apprendre davantage sur son ennemi. Ses goûts, ses habitudes de vie étaient autant d’éléments qui pourraient, un jour, servir à le piéger… Et à le tuer. Mais Athalée ne lui laissa pas ce loisir. Elle le traîna de l’autre côté d’un élégant salon, désormais orné d’un cadavre encore fumant, pour gagner un turboascenseur très étroit. L’appareil était lui aussi équipé d’un lecteur à empreintes.
— Ils vont… savoir que c’est toi…, souffla Carth une fois les portes refermées.
— Ce n’est plus notre problème prioritaire, désormais, répondit-elle en haussant les épaules.
Elle a tué pour me protéger, pensa le jeune homme en entrant dans l’élévateur. La cabine s’ébranla ; l’appareil était conçu pour éviter de déstabiliser ses occupants, mais l’état de Carth était tel qu’il faillit perdre l’équilibre et chuter. Athalée le rattrapa de justesse.
— Tiens le coup, lui intima-t-elle.
Il acquiesça silencieusement et s’accrocha de plus belle à elle en sentant la cabine ralentir. Le panneau disparut très vite, révélant un hangar de quelques centaines de mètres carrés où étaient disposés des engins rutilants. Certains arboraient les couleurs du gouvernement de Polcaphran, mais il y avait aussi des appareils sans marquages distinctifs. Athalée le traîna jusqu’au speeder le plus proche et l’installa avec difficulté sur le siège passager. Elle lui jeta un regard inquiet.
— J’ai l’impression que tu réagis mal au traitement…
Carth n’eut pas le temps de confirmer oralement ; lorsqu’il tenta d’ouvrir la bouche, ce fut pour dégobiller copieusement. À peine eut-il le temps de viser le sol du hangar, plutôt que le tapis du speeder ou les jambes de sa compagne.
— Bon sang ! s’exclama-t-elle alors. On va devoir faire vite… Très vite.
Elle lui repoussa la porte du speeder, et il s’affala aussitôt dessus, tandis qu’elle faisait le tour de l’appareil à toute vitesse. Dès qu’elle fut installée au poste de conduite, elle entra quelques commandes sur l’écran tactile du tableau de bord et la porte ouvrant le garage sur l’extérieur commença à s’élever.
— Pourvu qu’ils n’aient pas trop renforcé la sécurité… marmonna-t-elle en allumant les moteurs.
Carth ne répondit rien. Il se sentait haleter et voyait le monde osciller autour de lui. Tandis que le véhicule remontait l’allée menant au portail de sécurité, il regarda au-dehors. L’aube était encore loin ; combien de temps s’était-il écoulé depuis son arrivée ici, aux côtés d’une équipe dont il était sans doute le seul survivant ? Une heure ? Deux, peut-être ?
Dans son état actuel, ç’aurait pu être une éternité.
Enfin, au détour d’un tournant, la barrière par laquelle il était entré apparut, adossée au hangar ouest. Il y avait quelques hommes de faction, et l’un d’eux se détacha et leva le bras pour faire signe à Athalée de s’arrêter. Malgré ses vertiges, Carth reconnut la silhouette maladroite du lieutenant Vermok, l’homme qui les avait fait entrer.
Il tourna la tête pour observer la réaction de sa compagne… Et sentit une brusque poussée d’accélération.
Tout se déroula en une poignée de secondes. L’homme n’eut pas le temps de s’écarter ; le répulseur frontal du speeder le fit basculer en avant. Il heurta le pare-brise, mais le transparacier tint le choc. Il passa par-dessus l’appareil et disparut du champ de vision de Carth. S’il y eut des cris, ils avaient été étouffés par le rugissement des réacteurs et l’épaisseur du blindage ; atouts qu’Athalée exploita aussitôt pour forcer le passage. Bien que renforcé pour éviter les intrusions, le portail était à l’origine un équipement civil… Et il n’avait pas été envisagé qu’il soit attaqué depuis l’intérieur du domaine du gouverneur. Les battants volèrent sous le choc, et le speeder jaillit sur l’esplanade du Souvenir. Nous devions y manifester, ce jour-là, se souvint fugitivement Carth. Ses pensées le ramenèrent vers son ami Ollie et ce qui lui était arrivé. L’horreur le disputait à la douleur.
Au-dehors, des gyrophares s’allumèrent, et Athalée poussa encore davantage les réacteurs. Les bâtiments défilaient, vaguement familiers, mais peu à peu, Carth se sentit glisser dans l’inconscience.
— Reste avec moi !
La voix d’Athalée avait perdu en force ; elle commençait à se faire suppliante. Mais le jeune homme ne parvenait plus à distinguer ces nuances.
— Reste avec moi !
 
*  *
*
 
Carth ouvrit les yeux en sursautant. Était-ce sous l’effet d’un rêve ? D’un cauchemar, plutôt ? Il l’ignorait. La confusion régnait dans son esprit et sa mémoire immédiate semblait en panne. Il battit des paupières et réalisa qu’il était ébloui et ne voyait rien de son environnement. Puis ses pupilles s’adaptèrent à ce nouveau cadre.
Il était dans une chambre médicale de fortune ; pas celle aménagée sous l’usine à protéines. Celle-ci semblait plus sommaire encore, mais l’odeur qui y régnait était moins agressive. Il était allongé dans un lit auquel avaient été fixées des potences ; des perfusions y étaient pendues, certaines branchées sur ses bras.
On l’avait soigné, mais de quoi ?
La bonne nouvelle était qu’il n’était sans doute pas chez ses ennemis. D’une, il n’aurait pas bénéficié de soins si on l’avait arrêté, hormis peut-être pour le faire tenir assez longtemps pour être interrogé. Mais si cela avait été le cas, on l’aurait placé sous surveillance, n’est-ce pas ? Or, il ne semblait y avoir personne dans la pièce, et pas de caméras non plus.
De plus, les centres de soins gouvernementaux étaient en meilleur état que celui-ci. Même les installations secrètes. Il le savait. Il le savait depuis… Depuis…
Les souvenirs jaillirent d’un coup. Ollie. Il se redressa et passa la main sous le drap pour palper son flanc gauche, manquant d’arracher les perfusions au passage. L’appareil émit une petite alarme de protestation, mais il n’y prêta pas attention. Il ne ressentit pas de douleur en touchant la chair, mais les sensations étaient différentes de ce qu’elles avaient pu être autrefois. Il sentait que la peau était plus sensible, moins lisse également. Il devait avoir d’importantes cicatrices ; mais elles n’étaient que le reflet de ses blessures mentales, encore à vif.
Ils sont morts. Tous. Et Athalée…
Athalée Jaderan.
Il entendit le son de pas vifs, et Lyn Tallato entra dans la chambre, le regard tourné vers lui.
— Thalas ! Il est réveillé ! appela-t-elle.
Puis elle s’approcha aussitôt du blessé.
— Doucement, Carth, lui ordonna-t-elle en l’accompagnant de ses mains pour qu’il s’allonge à nouveau. Il faut que tu sois délicat.
— Tu… Tu le savais ? souffla-t-il à son amie.
Elle n’eut même pas besoin qu’il lui précise de quoi il parlait.
— Je le savais avant la guerre, répondit-elle d’un trait. Thalie est et restera toujours mon amie. Elle n’est pas responsable de ce qu’est son oncle.
— Mais…
— Elle a choisi la Résistance, Carth. Elle nous a tous choisi… Et elle t’a choisi, toi, en particulier.
Elle passa une main dans ses cheveux blonds pour repousser la mèche qui était retombée sur son visage, puis reprit :
— Il faudra que vous en discutiez, mais rappelle-toi de cela avant tout. Ce qu’elle a fait pour toi, elle ne l’aurait fait pour personne d’autre.
— Si cela avait été toi, ou…
— Elle serait restée sous couverture, trancha Lyn. Elle aurait fait en sorte de nous sauver, mais elle n’aurait pas pris autant de risques.
D’autres bruits de pas se firent entendre et Thalas Garind entra à son tour. Il avait l’air fatigué mais réellement heureux de voir le blessé à nouveau conscient.
— Tu nous as fait une sacrée peur, Carth, assura-t-il en s’approchant pour poser une main sur l’épaule de sa compagne.
— Je…
Le souvenir de la mission qui lui avait été confiée par son ami lui revint.
— J’ai échoué, avoua-t-il dans un souffle. Ils sont morts. Tous. Givin, Meill, Dyna…
— Nous le savons, assura Thalas, sa mine s’assombrissant. Nous avons récupéré tous les rapports sur le sujet depuis des jours.
— Des jours ? Mais…
Il se passa une main sur le visage ; il était toujours rasé de près, comme lorsqu’il était parti en mission.
— Nous t’avons fait un peu de toilette hier, lorsque nous avons vérifié ton état et décidé d’arrêter les sédatifs, lui apprit Lyn. Mais cela fait… Combien, déjà ? Quinze jours ?
— Seize.
Le cœur de Carth s’accéléra en entendant cette voix ; sans qu’il s’en rende compte, Athalée était arrivée. Elle s’approcha de lui avec précaution, et reprit, sous le regard inquiet de ses amis :
— Quand je t’ai ramené à l’usine, tu étais inconscient et dans un sale état. Lyn a fait ce qu’elle pouvait pour te sauver avec les moyens du bord, mais nous devions évacuer au plus vite avant que le speeder de mon oncle ne soit localisé. Nous nous sommes repliés ici avant que les droïdes n’interviennent en te cachant dans un transport frigorifique.
Elle serra les dents.
— C’est ma faute, avoua-t-elle. Entre les produits que je t’ai donnés dans le labo et ceux de ma chambre, il existait une incompatibilité qui a déclenché chez toi un grave choc anaphylactique et une intoxication. Nous avons été à deux doigts de te perdre, et la douleur… La douleur risquait de te tuer.
— Mais… Je suis guéri ? demanda doucement Carth.
Ses amis échangèrent des regards embarrassés.
— Nous manquons de bacta, de kolto ou de toute autre substance qui aurait pu accélérer ta guérison et renforcer ton système immunitaire, lui expliqua Lyn. La seule chose que nous avions sous la main était une épice de synthèse. Tu… Tu risques de sentir des symptômes d’addiction.
Le regard du jeune homme se perdit dans le vide ; il ressentit comme un frisson.
— Bien sûr, c’est un phénomène qui peut se soigner, avec un peu de temps, reprit Lyn. Mais dans l’intervalle…
— Tu as fait ce qui était le mieux, j’en suis sûr, assura Carth d’une voix posée, comme détachée de sa propre situation.
Il enfonça davantage la tête dans son oreiller.
— Le responsable, c’est moi. Cette mission a été un désastre complet. Je n’ai pu ramener aucune donnée, mon équipe a été anéantie, j’ai foutu en l’air la couverture d’Athalée…
Thalas leva la main pour lui faire signe d’arrêter, et l’image du lieutenant Vermok percutant le pare-choc lui revint brièvement à l’esprit. Mais l’ancien capitaine de la Garde savait se faire obéir, lui.
— Toutes les pertes subies sont un drame, mais tu sous-estimes tes résultats. Tu ne t’en es pas rendu compte sur le moment, mais Athalée est parvenue à nous ramener des informations sur les recherches ordonnées par Qarrshoyk. Et le Kaleesh a été imprudent ; il t’a contacté depuis la station Czerka sans vérifier si tous nos dispositifs étaient bien retirés. Nous avons enregistré ta conversation avec lui… Et nous l’avons diffusée dès qu’un avis de recherche te concernant a été émis.
— Tu es devenu l’un des visages de la Résistance, Carth, assura Lyn. Peut-être même le visage. Thalas faisait figure d’emblème, mais je crois que tu l’as détrôné, ajouta-t-elle avec un petit coup de coude taquin en direction de son compagnon.
Celui-ci sourit en retour.
— Mon passé me plaçait à part, admit-il, alors que la population peut s’identifier à toi grâce aux éléments que nous avons laissé filtrer. Tu es un orphelin de la Marche Sanglante, pas un combattant de longue date ; et tu n’avais qu’un vague engagement politique avant que cette guerre ne commence. Ils t’ont vu tenir tête face au monstre qui a torturé et dénaturé l’un de tes amis ; tu l’as menacé et tu as réussi à lui échapper. Pour le peuple, tu es devenu un héros.
Le jeune homme leva les yeux au ciel.
— J’ai du mal à imaginer que je puisse être un modèle pour quiconque, surtout dans cet état, grimaça-t-il. Enfin… Et de ton côté ? Ton opération au centre de communications ? La République a répondu ?
— En quelque sorte, glissa Thalas.
— Mais elle n’a pas envoyé d’armée, n’est-ce pas ? Une équipe, au moins ?
— Elle a envoyé quelqu’un, répondit mystérieusement son ami. Attends-moi là deux minutes.
Il s’éloigna, laissant les deux jeunes femmes seules au chevet du blessé. Athalée se rapprocha avec précaution.
Carth prononça à voix basse les trois syllabes de son prénom. Elle baissa le regard.
— J’aurais voulu te le dire depuis longtemps, avoua-t-elle finalement. Mais nous avions convenu, avec Thalas et Lyn, qu’il valait mieux que tout le monde ignore mon identité, hormis eux qui la connaissaient déjà. J’ai gardé le nom de jeune fille de ma mère, Sehni, celui sous lequel j’étais déjà inscrite à l’université, et j’ai limité autant que possible les contacts avec le reste de la Résistance.
— J’aurais gardé le secret, murmura le jeune homme, même si…
— J’avais honte, Carth. Honte et mal à la fois. Palder m’a recueillie à la disparition de mes parents. Ils n’étaient pas vraiment proches, et il aurait pu me confier à un foyer d’accueil, mais il a accepté de me prendre sous sa protection et de financer mes études. Il n’y a pas réellement d’affection entre nous, mais nous sommes du même sang et…
Elle soupira.
— J’éprouve de la reconnaissance pour la façon dont il m’a traitée, admit-elle. Ce qui ne m’empêche pas de condamner absolument sa politique et tout ce qui s’est produit depuis qu’il a invité les Séparatistes à s’installer sur Polcaphran.  
Carth ferma les yeux.
— Tu sais que j’ai juré de le tuer, rappela-t-il.
— Oui.
— De mes mains.
— …Oui. Mais tu…
— Pas de justice. Pas de procès. Je veux juste qu’il meure.
Elle ne répondit pas. Carth n’eut pas le temps de poursuivre, car Thalas venait de revenir en compagnie d’un visiteur.
Il se redressa dans son lit, intrigué. L’être qui venait d’entrer était un non-humain, bien qu’il ait la taille et la silhouette d’un homme de bonne stature. Son crâne chauve couleur pêche n’était pas lisse, mais marqué par des excroissances formant des sortes de motifs ; là où auraient dû se trouver les oreilles, des protubérances de grande taille légèrement plus claires avaient pris place. Les yeux étaient cachés par des lunettes sombres, de la même couleur que le masque orné de deux pointes frontales qui cachait le bas du visage. Carth n’en avait jamais rencontré, mais il parvint sans peine à l’identifier comme un Kel Dor. Il doutait qu’il y en ait d’autres sur Polcaphran ; la République n’avait pas expédié l’être le plus discret qui soit comme espion.
Mais il portait une tunique sombre, et un cylindre métallique pendait ostensiblement à sa ceinture. Le jeune homme retint son souffle.
— Carth, je te présente maître Plo Koon, annonça Thalas. Nous lui avons beaucoup parlé de toi… et il avait hâte de te rencontrer.

Voilà pour cette histoire que j'avais en tête depuis longtemps ! J'ai encore une nouvelle de prévue dans ce cycle, mais j'ignore quand je la sortirai. :cute:
sam sanglebuc a écrit : ven. 13 févr. 2026 - 17:45 Mais c'est très très bon tout ça !
Carth et Athalée en plus !
Merci ! Effectivement, je voulais en dévoiler plus sur leur histoire commune afin de permettre de mieux comprendre leur relation douce-amère dans la Fédération Impériale. :cute:
sam sanglebuc a écrit : ven. 13 févr. 2026 - 17:45 Et source d'inspiration pour ma campagne JDR qui démarre juste après l'ordre 66...
C'est une période passionnante ! Si tu as de l'inspiration, n'hésite pas à partager ici tes histoires. :D
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par sam sanglebuc »

On t'a administré de l'épice de synthèse...
Ironie du sort, c'est Athalée qui est responsable de l'addiction de Carth, de la violence qu'elle subira.
Leur relation devient de plus en plus riche, pour un plaisir de lecture encore plus grand !
Ces prequel sont inspirés du Legend ? Réécriture ou complète invention ?
Concernant ma campagne, elle a démarré avec deux groupes différents, je rédige des résumés (plus ou moins romancés) de chaque session ; il y aura matière pour beaucoup de matériel, mais ça tombe bien j'ai beaucoup de temps libre (forcé) en ce moment !
Encore merci pour tout ce que tu nous partages !
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par Jagen Eripsa »

Merci Sam ! :jap:
sam sanglebuc a écrit : jeu. 19 févr. 2026 - 7:11 On t'a administré de l'épice de synthèse...
Ironie du sort, c'est Athalée qui est responsable de l'addiction de Carth, de la violence qu'elle subira.
Leur relation devient de plus en plus riche, pour un plaisir de lecture encore plus grand !
Oui, c'est tout le tragique de leur relation.

D'ailleurs, j'en profite pour repréciser un point, vu que le sujet ne revient qu'à quelques reprises, et parfois furtivement, dans La Fédération Impériale :
Spoiler :   Afficher
Ces prequel sont inspirés du Legend ? Réécriture ou complète invention ?
Invention totale ! Hormis maître Koon, il n'y a pas un seul personnage ici qui soit issu de l'Univers Légendes, et Polcaphran elle-même est une invention - ce qui m'a donné énormément de libertés pour jouer avec son histoire. :cute:
Concernant ma campagne, elle a démarré avec deux groupes différents, je rédige des résumés (plus ou moins romancés) de chaque session ; il y aura matière pour beaucoup de matériel, mais ça tombe bien j'ai beaucoup de temps libre (forcé) en ce moment !
Encore merci pour tout ce que tu nous partages !
OK ! Merci à toi :)
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Re: [FI] Trahison Intime

Message par L2-D2 »

Hey, mais je viens de réaliser que je n'avais pas commenté cette cinquième partie, honte sur moi ! :shock:

Partie 5 lue !

Fort heureusement, tu as eu la bonne idée de nous rendre accessible cette nouvelle partie de ton récit dont, je dois bien l'avouer, je ne me souvenais pas de tout, entre ce que j'avais lu ici et ce que tu nous apprenais via des dialogues ou des références ici ou là dans les chapitres de la Fédération Impériale. Toujours est-il qu'on en reprend volontiers pour un tour, que voir un jeune Poldrei et le comparer avec sa "version" trente ans plus tard dans le récit principal est très appréciable, et que le seul défaut de ce récit, finalement, c'est sa fréquence de parution ! :whistle:

Vivement la suite ! :oui:
Que Monsieur m'excuse, mais cette unité D2 est en parfait état. Une affaire en or. C-3PO à Luke Skywalker

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Re: [FI] Trahison Intime

Message par Jagen Eripsa »

Merci L2 ! :D
L2-D2 a écrit : ven. 06 mars 2026 - 19:39Hey, mais je viens de réaliser que je n'avais pas commenté cette cinquième partie, honte sur moi ! :shock:
Je serais bien en peine de te jeter la pierre... :transpire:
Partie 5 lue !

Fort heureusement, tu as eu la bonne idée de nous rendre accessible cette nouvelle partie de ton récit dont, je dois bien l'avouer, je ne me souvenais pas de tout, entre ce que j'avais lu ici et ce que tu nous apprenais via des dialogues ou des références ici ou là dans les chapitres de la Fédération Impériale.
Même pour moi, alors que je gardais l'envie de finir ce récit bien en tête, il m'a fallu me replonger dedans et relire tout le début attentivement pour ne pas écrire de bêtises... :transpire:
Toujours est-il qu'on en reprend volontiers pour un tour, que voir un jeune Poldrei et le comparer avec sa "version" trente ans plus tard dans le récit principal est très appréciable, et que le seul défaut de ce récit, finalement, c'est sa fréquence de parution ! :whistle:
Je plaide coupable ! :paf:
Vivement la suite ! :oui:
Elle n'est pas au programme dans l'immédiat... Mais qui sait, peut-être l'an prochain ? En tout cas, j'ai vraiment envie de finir ce cycle de nouvelles. :cute:
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