Merci Sam ! Je te réponds plus bas, place tout d'abord à la dernière partie de cette nouvelle.
Partie 5
Carth eut l’impression que le monde s’effondrait autour de lui.
Athalée… Jaderan… Pas Sehni. Athalée Jaderan.
Il resta figé, une expression de douleur intense sur son visage… et pas seulement à cause de sa blessure lancinante. Il se sentait trahi. La femme qu’il aimait n’était pas celle qu’il croyait être…
Athalée le trouva comme ça en revenant dans la salle de bains, quelques instants plus tard. Elle ne manifesta aucune forme de surprise en le voyant ainsi.
— Je t’expliquerai plus tard, promit-elle.
— Comment…
— Plus tard, répéta-t-elle. Pour l’heure, l’urgence est de te faire sortir d’ici en vie. Tu as entendu ; ils cherchent des fuyards.
Elle ferma les yeux pour réfléchir. Carth espérait des réponses, mais il devait admettre que la situation s’y prêtait mal. Il la laissa méditer en silence.
— Bon, voilà ce qu’on va faire, reprit-elle après quelques secondes. On va prétendre que tu as été blessé par l’un de ces fuyards et que tu as besoin d’être évacué de toute urgence. On ne sera pas si loin de la vérité…
— Ils sauront que tu m’as fait sortir dès qu’ils examineront les holocams de surveillance…. Elles ne sont pas toutes neutralisées…
— Je ne compte pas revenir. Ma couverture sautera, quoi qu’il arrive à présent.
Elle soupira.
— Thalas espérait que je puisse rester ici encore quelques temps, pour fournir le maximum d’informations possibles sur ce qui se passe, mais je ne peux pas te laisser mourir.
Carth acquiesça et la suivit avec difficulté dans la chambre.
— Comment va-t-on faire avec le garde ?
Elle se dirigea vers un placard et l’ouvrit. Farfouillant quelques instants, elle en sortit un uniforme semblable à celui que le jeune homme portait.
— C’est ce qui me permet de sortir quand je le veux, expliqua-t-elle. Nous allons passer par l’appartement de mon oncle. Il a un accès direct à son hangar à speeders personnel. Les appareils sont équipés de tous les accès nécessaires.
Elle se débarrassa rapidement de ses vêtements pour enfiler la tenue. Dans d’autres circonstances, Carth aurait pu trouver cette séance affriolante ; mais entre la douleur de ses blessures, l’horreur éprouvée face à Ollie, la perte de ses équipiers et la révélation qu’il venait d’avoir, son esprit était à mille parsecs de là.
Athalée Jaderan.
Elle serra sa ceinture et y inséra un blaster de poing, enfila un casque d’intervention masquant ses traits, puis attrapa Carth par l’épaule.
— Viens. On y va.
Lorsqu’ils sortirent, le couloir était désert. Le garde avait dû entrer dans une autre chambre ; il fallait faire vite. Athalée avança d’un pas vif sur sa droite sur quelques mètres ; Carth, qui s’appuyait sur elle pour avancer, fit en sorte de ne pas la ralentir, même si ce rythme l’élançait terriblement.
Elle s’arrêta devant une porte richement ornée et apposa son empreinte sur un lecteur optique. Le panneau s’ouvrit.
— Par ici.
Elle franchit le seuil… Et se retrouva nez-à-nez avec un autre homme en uniforme. Lui aussi portait un casque, mais la voix qui s’en échappait sembla familière à Carth ; il devait s’agir de l’homme qui avait fait irruption dans le logement d’Athalée, quelques minutes plus tôt, et qui s’apprêtait à sortir de celui-ci.
— Qu’est-ce que vous faites ici ? demanda-t-il. Vous n’avez rien à faire là…
Son regard dût se poser sur le jeune homme blessé, car il se tendit brusquement et leva son arme.
— Je ne sais pas comment…
— Non, attendez !
Athalée fit mine de se rendre et porta les mains à sa tête, comme pour retirer son casque ; mais ce geste déséquilibra Carth qui, mal préparé, s’affaissa sur le flanc en travers de la porte. Ce mouvement involontaire surprit le garde, qui réorienta son arme vers le jeune homme ; sans le vouloir, il offrit ainsi à Athalée une fenêtre de tir qu’elle ne gaspilla pas.
La décharge frappa l’homme au cou ; il voulut répliquer, mais un coup de pied l’envoya promptement vers l’arrière. Il trébucha sur une table et tomba à la renverse ; Athalée ne le laissa pas se relever et lui balança deux autres salves. Puis, après s’être assurée qu’il ne se relevait plus, elle revint vers Carth qui était toujours au sol.
— Tu… Tu… tenta-t-il de dire, le souffle court.
— Pas le temps, lui intima-t-elle.
S’ils étaient réellement dans l’appartement privé de Palder Jaderan, les murs étaient sans doute conçus pour offrir la meilleure isolation phonique qui soit sur Polcaphran ; mais la porte était restée ouverte pendant la brève altercation, et le panneau ne se referma qu’une fois Carth relevé.
Le jeune résistant aurait voulu regarder autour de lui pour en apprendre davantage sur son ennemi. Ses goûts, ses habitudes de vie étaient autant d’éléments qui pourraient, un jour, servir à le piéger… Et à le tuer. Mais Athalée ne lui laissa pas ce loisir. Elle le traîna de l’autre côté d’un élégant salon, désormais orné d’un cadavre encore fumant, pour gagner un turboascenseur très étroit. L’appareil était lui aussi équipé d’un lecteur à empreintes.
— Ils vont… savoir que c’est toi…, souffla Carth une fois les portes refermées.
— Ce n’est plus notre problème prioritaire, désormais, répondit-elle en haussant les épaules.
Elle a tué pour me protéger, pensa le jeune homme en entrant dans l’élévateur. La cabine s’ébranla ; l’appareil était conçu pour éviter de déstabiliser ses occupants, mais l’état de Carth était tel qu’il faillit perdre l’équilibre et chuter. Athalée le rattrapa de justesse.
— Tiens le coup, lui intima-t-elle.
Il acquiesça silencieusement et s’accrocha de plus belle à elle en sentant la cabine ralentir. Le panneau disparut très vite, révélant un hangar de quelques centaines de mètres carrés où étaient disposés des engins rutilants. Certains arboraient les couleurs du gouvernement de Polcaphran, mais il y avait aussi des appareils sans marquages distinctifs. Athalée le traîna jusqu’au speeder le plus proche et l’installa avec difficulté sur le siège passager. Elle lui jeta un regard inquiet.
— J’ai l’impression que tu réagis mal au traitement…
Carth n’eut pas le temps de confirmer oralement ; lorsqu’il tenta d’ouvrir la bouche, ce fut pour dégobiller copieusement. À peine eut-il le temps de viser le sol du hangar, plutôt que le tapis du speeder ou les jambes de sa compagne.
— Bon sang ! s’exclama-t-elle alors. On va devoir faire vite… Très vite.
Elle lui repoussa la porte du speeder, et il s’affala aussitôt dessus, tandis qu’elle faisait le tour de l’appareil à toute vitesse. Dès qu’elle fut installée au poste de conduite, elle entra quelques commandes sur l’écran tactile du tableau de bord et la porte ouvrant le garage sur l’extérieur commença à s’élever.
— Pourvu qu’ils n’aient pas trop renforcé la sécurité… marmonna-t-elle en allumant les moteurs.
Carth ne répondit rien. Il se sentait haleter et voyait le monde osciller autour de lui. Tandis que le véhicule remontait l’allée menant au portail de sécurité, il regarda au-dehors. L’aube était encore loin ; combien de temps s’était-il écoulé depuis son arrivée ici, aux côtés d’une équipe dont il était sans doute le seul survivant ? Une heure ? Deux, peut-être ?
Dans son état actuel, ç’aurait pu être une éternité.
Enfin, au détour d’un tournant, la barrière par laquelle il était entré apparut, adossée au hangar ouest. Il y avait quelques hommes de faction, et l’un d’eux se détacha et leva le bras pour faire signe à Athalée de s’arrêter. Malgré ses vertiges, Carth reconnut la silhouette maladroite du lieutenant Vermok, l’homme qui les avait fait entrer.
Il tourna la tête pour observer la réaction de sa compagne… Et sentit une brusque poussée d’accélération.
Tout se déroula en une poignée de secondes. L’homme n’eut pas le temps de s’écarter ; le répulseur frontal du speeder le fit basculer en avant. Il heurta le pare-brise, mais le transparacier tint le choc. Il passa par-dessus l’appareil et disparut du champ de vision de Carth. S’il y eut des cris, ils avaient été étouffés par le rugissement des réacteurs et l’épaisseur du blindage ; atouts qu’Athalée exploita aussitôt pour forcer le passage. Bien que renforcé pour éviter les intrusions, le portail était à l’origine un équipement civil… Et il n’avait pas été envisagé qu’il soit attaqué depuis l’intérieur du domaine du gouverneur. Les battants volèrent sous le choc, et le speeder jaillit sur l’esplanade du Souvenir.
Nous devions y manifester, ce jour-là, se souvint fugitivement Carth. Ses pensées le ramenèrent vers son ami Ollie et ce qui lui était arrivé. L’horreur le disputait à la douleur.
Au-dehors, des gyrophares s’allumèrent, et Athalée poussa encore davantage les réacteurs. Les bâtiments défilaient, vaguement familiers, mais peu à peu, Carth se sentit glisser dans l’inconscience.
— Reste avec moi !
La voix d’Athalée avait perdu en force ; elle commençait à se faire suppliante. Mais le jeune homme ne parvenait plus à distinguer ces nuances.
— Reste avec moi !
* *
*
Carth ouvrit les yeux en sursautant. Était-ce sous l’effet d’un rêve ? D’un cauchemar, plutôt ? Il l’ignorait. La confusion régnait dans son esprit et sa mémoire immédiate semblait en panne. Il battit des paupières et réalisa qu’il était ébloui et ne voyait rien de son environnement. Puis ses pupilles s’adaptèrent à ce nouveau cadre.
Il était dans une chambre médicale de fortune ; pas celle aménagée sous l’usine à protéines. Celle-ci semblait plus sommaire encore, mais l’odeur qui y régnait était moins agressive. Il était allongé dans un lit auquel avaient été fixées des potences ; des perfusions y étaient pendues, certaines branchées sur ses bras.
On l’avait soigné, mais de quoi ?
La bonne nouvelle était qu’il n’était sans doute pas chez ses ennemis. D’une, il n’aurait pas bénéficié de soins si on l’avait arrêté, hormis peut-être pour le faire tenir assez longtemps pour être interrogé. Mais si cela avait été le cas, on l’aurait placé sous surveillance, n’est-ce pas ? Or, il ne semblait y avoir personne dans la pièce, et pas de caméras non plus.
De plus, les centres de soins gouvernementaux étaient en meilleur état que celui-ci. Même les installations secrètes. Il le savait. Il le savait depuis… Depuis…
Les souvenirs jaillirent d’un coup.
Ollie. Il se redressa et passa la main sous le drap pour palper son flanc gauche, manquant d’arracher les perfusions au passage. L’appareil émit une petite alarme de protestation, mais il n’y prêta pas attention. Il ne ressentit pas de douleur en touchant la chair, mais les sensations étaient différentes de ce qu’elles avaient pu être autrefois. Il sentait que la peau était plus sensible, moins lisse également. Il devait avoir d’importantes cicatrices ; mais elles n’étaient que le reflet de ses blessures mentales, encore à vif.
Ils sont morts. Tous. Et Athalée…
Athalée Jaderan.
Il entendit le son de pas vifs, et
Lyn Tallato entra dans la chambre, le regard tourné vers lui.
— Thalas ! Il est réveillé ! appela-t-elle.
Puis elle s’approcha aussitôt du blessé.
— Doucement, Carth, lui ordonna-t-elle en l’accompagnant de ses mains pour qu’il s’allonge à nouveau. Il faut que tu sois délicat.
— Tu… Tu le savais ? souffla-t-il à son amie.
Elle n’eut même pas besoin qu’il lui précise de quoi il parlait.
— Je le savais avant la guerre, répondit-elle d’un trait. Thalie est et restera toujours mon amie. Elle n’est pas responsable de ce qu’est son oncle.
— Mais…
— Elle a choisi la Résistance, Carth. Elle nous a tous choisi… Et elle t’a choisi,
toi, en particulier.
Elle passa une main dans ses cheveux blonds pour repousser la mèche qui était retombée sur son visage, puis reprit :
— Il faudra que vous en discutiez, mais rappelle-toi de cela avant tout. Ce qu’elle a fait pour toi, elle ne l’aurait fait pour personne d’autre.
— Si cela avait été toi, ou…
— Elle serait restée sous couverture, trancha Lyn. Elle aurait fait en sorte de nous sauver, mais elle n’aurait pas pris autant de risques.
D’autres bruits de pas se firent entendre et Thalas Garind entra à son tour. Il avait l’air fatigué mais réellement heureux de voir le blessé à nouveau conscient.
— Tu nous as fait une sacrée peur, Carth, assura-t-il en s’approchant pour poser une main sur l’épaule de sa compagne.
— Je…
Le souvenir de la mission qui lui avait été confiée par son ami lui revint.
— J’ai échoué, avoua-t-il dans un souffle. Ils sont morts. Tous. Givin, Meill, Dyna…
— Nous le savons, assura Thalas, sa mine s’assombrissant. Nous avons récupéré tous les rapports sur le sujet depuis des jours.
— Des jours ? Mais…
Il se passa une main sur le visage ; il était toujours rasé de près, comme lorsqu’il était parti en mission.
— Nous t’avons fait un peu de toilette hier, lorsque nous avons vérifié ton état et décidé d’arrêter les sédatifs, lui apprit Lyn. Mais cela fait… Combien, déjà ? Quinze jours ?
— Seize.
Le cœur de Carth s’accéléra en entendant cette voix ; sans qu’il s’en rende compte, Athalée était arrivée. Elle s’approcha de lui avec précaution, et reprit, sous le regard inquiet de ses amis :
— Quand je t’ai ramené à l’usine, tu étais inconscient et dans un sale état. Lyn a fait ce qu’elle pouvait pour te sauver avec les moyens du bord, mais nous devions évacuer au plus vite avant que le speeder de mon oncle ne soit localisé. Nous nous sommes repliés ici avant que les droïdes n’interviennent en te cachant dans un transport frigorifique.
Elle serra les dents.
— C’est ma faute, avoua-t-elle. Entre les produits que je t’ai donnés dans le labo et ceux de ma chambre, il existait une incompatibilité qui a déclenché chez toi un grave choc anaphylactique et une intoxication. Nous avons été à deux doigts de te perdre, et la douleur… La douleur risquait de te tuer.
— Mais… Je suis guéri ? demanda doucement Carth.
Ses amis échangèrent des regards embarrassés.
— Nous manquons de bacta, de kolto ou de toute autre substance qui aurait pu accélérer ta guérison et renforcer ton système immunitaire, lui expliqua Lyn. La seule chose que nous avions sous la main était une épice de synthèse. Tu… Tu risques de sentir des symptômes d’addiction.
Le regard du jeune homme se perdit dans le vide ; il ressentit comme un frisson.
— Bien sûr, c’est un phénomène qui peut se soigner, avec un peu de temps, reprit Lyn. Mais dans l’intervalle…
— Tu as fait ce qui était le mieux, j’en suis sûr, assura Carth d’une voix posée, comme détachée de sa propre situation.
Il enfonça davantage la tête dans son oreiller.
— Le responsable, c’est moi. Cette mission a été un désastre complet. Je n’ai pu ramener aucune donnée, mon équipe a été anéantie, j’ai foutu en l’air la couverture d’Athalée…
Thalas leva la main pour lui faire signe d’arrêter, et l’image du lieutenant Vermok percutant le pare-choc lui revint brièvement à l’esprit. Mais l’ancien capitaine de la Garde savait se faire obéir, lui.
— Toutes les pertes subies sont un drame, mais tu sous-estimes tes résultats. Tu ne t’en es pas rendu compte sur le moment, mais Athalée est parvenue à nous ramener des informations sur les recherches ordonnées par Qarrshoyk. Et le Kaleesh a été imprudent ; il t’a contacté depuis la station Czerka sans vérifier si tous nos dispositifs étaient bien retirés. Nous avons enregistré ta conversation avec lui… Et nous l’avons diffusée dès qu’un avis de recherche te concernant a été émis.
— Tu es devenu l’un des visages de la Résistance, Carth, assura Lyn. Peut-être même
le visage. Thalas faisait figure d’emblème, mais je crois que tu l’as détrôné, ajouta-t-elle avec un petit coup de coude taquin en direction de son compagnon.
Celui-ci sourit en retour.
— Mon passé me plaçait à part, admit-il, alors que la population peut s’identifier à toi grâce aux éléments que nous avons laissé filtrer. Tu es un orphelin de la Marche Sanglante, pas un combattant de longue date ; et tu n’avais qu’un vague engagement politique avant que cette guerre ne commence. Ils t’ont vu tenir tête face au monstre qui a torturé et dénaturé l’un de tes amis ; tu l’as menacé et tu as réussi à lui échapper. Pour le peuple, tu es devenu un héros.
Le jeune homme leva les yeux au ciel.
— J’ai du mal à imaginer que je puisse être un modèle pour quiconque, surtout dans cet état, grimaça-t-il. Enfin… Et de ton côté ? Ton opération au centre de communications ? La République a répondu ?
— En quelque sorte, glissa Thalas.
— Mais elle n’a pas envoyé d’armée, n’est-ce pas ? Une équipe, au moins ?
— Elle a envoyé
quelqu’un, répondit mystérieusement son ami. Attends-moi là deux minutes.
Il s’éloigna, laissant les deux jeunes femmes seules au chevet du blessé. Athalée se rapprocha avec précaution.
Carth prononça à voix basse les trois syllabes de son prénom. Elle baissa le regard.
— J’aurais voulu te le dire depuis longtemps, avoua-t-elle finalement. Mais nous avions convenu, avec Thalas et Lyn, qu’il valait mieux que tout le monde ignore mon identité, hormis eux qui la connaissaient déjà. J’ai gardé le nom de jeune fille de ma mère, Sehni, celui sous lequel j’étais déjà inscrite à l’université, et j’ai limité autant que possible les contacts avec le reste de la Résistance.
— J’aurais gardé le secret, murmura le jeune homme, même si…
— J’avais honte, Carth. Honte et mal à la fois. Palder m’a recueillie à la disparition de mes parents. Ils n’étaient pas vraiment proches, et il aurait pu me confier à un foyer d’accueil, mais il a accepté de me prendre sous sa protection et de financer mes études. Il n’y a pas réellement d’affection entre nous, mais nous sommes du même sang et…
Elle soupira.
— J’éprouve de la reconnaissance pour la façon dont il m’a traitée, admit-elle. Ce qui ne m’empêche pas de condamner absolument sa politique et tout ce qui s’est produit depuis qu’il a invité les Séparatistes à s’installer sur Polcaphran.
Carth ferma les yeux.
— Tu sais que j’ai juré de le tuer, rappela-t-il.
— Oui.
— De mes mains.
— …Oui. Mais tu…
— Pas de justice. Pas de procès. Je veux juste qu’il meure.
Elle ne répondit pas. Carth n’eut pas le temps de poursuivre, car Thalas venait de revenir en compagnie d’un visiteur.
Il se redressa dans son lit, intrigué. L’être qui venait d’entrer était un non-humain, bien qu’il ait la taille et la silhouette d’un homme de bonne stature. Son crâne chauve couleur pêche n’était pas lisse, mais marqué par des excroissances formant des sortes de motifs ; là où auraient dû se trouver les oreilles, des protubérances de grande taille légèrement plus claires avaient pris place. Les yeux étaient cachés par des lunettes sombres, de la même couleur que le masque orné de deux pointes frontales qui cachait le bas du visage. Carth n’en avait jamais rencontré, mais il parvint sans peine à l’identifier comme un Kel Dor. Il doutait qu’il y en ait d’autres sur Polcaphran ; la République n’avait pas expédié l’être le plus discret qui soit comme espion.
Mais il portait une tunique sombre, et un cylindre métallique pendait ostensiblement à sa ceinture. Le jeune homme retint son souffle.
— Carth, je te présente maître Plo Koon, annonça Thalas. Nous lui avons beaucoup parlé de toi… et il avait hâte de te rencontrer.
Voilà pour cette histoire que j'avais en tête depuis longtemps ! J'ai encore une nouvelle de prévue dans ce cycle, mais j'ignore quand je la sortirai.
sam sanglebuc a écrit : ven. 13 févr. 2026 - 17:45
Mais c'est très très bon tout ça !
Carth et Athalée en plus !
Merci ! Effectivement, je voulais en dévoiler plus sur leur histoire commune afin de permettre de mieux comprendre leur relation douce-amère dans la
Fédération Impériale.
sam sanglebuc a écrit : ven. 13 févr. 2026 - 17:45
Et source d'inspiration pour ma campagne JDR qui démarre juste après l'ordre 66...
C'est une période passionnante ! Si tu as de l'inspiration, n'hésite pas à partager ici tes histoires.
