Après un premier tome d'échauffement, tout s'accélère dans ce deuxième volet puisque l'Escadron Rogue se voit confier la mission de s'infiltrer sur Coruscant pour abaisser le bouclier planétaire afin de permettre à l'Alliance de conquérir la capitale. Rien que ça !
En dépit d'un postulat de départ prometteur, le début du roman a pourtant de quoi inquiéter. La conclusion du premier tome voyait Ysanne Isard ordonner la capture de Bror Jace. Son destin sera finalement tout autre... sans que personne, du côté Impérial ou Rebelle ne semble s'en émouvoir particulièrement. Dans la foulée, les Rogues sont envoyés libérer certains prisonniers de Kessel afin de semer la zizanie sur Coruscant. Curieux choix, tant in que out-universe, surtout quand on voit l'exploitation faite par ces prisonniers ; seul Zekka Thyne tire (un peu) son épingle du jeu, et encore, c'est tout juste s'il n'a pas tatoué sur le front "attention Corran, je vais te la mettre à l'envers". Pas grave, ils sont quand même surpris lorsqu'il le fait... Et je ne suis pas sur que la côte de popularité de l'Alliance sorte renforcée par cette libération (bien que là encore, dans le roman, tout le monde trouve cela fort logique
A côté de ça, ouf, certains ajouts dans le casting sont prometteurs : Iella Wessiri, Winter, Asyr Sei'Lar (bien que l'introduction de cette dernière soit particulièrement maladroite et d'une lourdeur étonnante). Et on se prend à suivre les pérégrinations de nos Rogues dans le Centre Impérial, bien que la planète semble minuscule par moments (pas vrai Corran ? Sacré bol de tomber sur tout tes potes alors que tu fuis les Impériaux...), dans l'attente de ce qu'on nous promet pendant 300 pages : la bataille de Coruscant
Et là, c'est le drame.
Alors oui, il y a une bataille de Coruscant. Mais il faut bien la chercher, vraiment, parce qu'elle est bien cachée. Prenez les 30 dernières pages du roman, sélectionnez-en une dizaine : boum, vous y êtes. Et elle est d'une grande finesse stratégique : "on pilonne jusqu'à ce que l'ennemi se rende et on l'aborde". Cool, deux superdestroyers défendent Coruscant, bien joué Isard tu es trop forte. Tous deux tombent aux mains de l'Alliance mais pas grave pour l'Empire, hein, que sont deux superdestroyers face à son plan machiavélique d'empoisonner les réserves d'eau ?
J'ai refermé le roman avec un grand sentiment de frustration, due à cette bataille mais pas seulement. OK, tout ça fait partie du plan de la terrifiante Ysanne Isard et du stratège Kirtan Loor, celui-là même qui, pour tendre une embuscade aux Rogues envoie 20 stormtroopers et, quoi, un demi-escadron de TIE ? Je sais pas, moi j'enverrais carrément 4 escadrons entiers, à un moment si les Rogues sont si doués, il faut prendre les bonnes décisions... Quand à l'idée du siècle d'Isard d'abandonner Coruscant, dans le genre plan débile, ça se pose là. C'est un non-sens total. On perd des hommes pour donner l'illusion de défendre la planète, on en perdra forcément pour la reconquérir, mais là aussi, c'est pas grave.
Franchement, après ces deux tomes, à la place de l'Alliance, vous la craindriez Isard ?
Au niveau du style, les petits effets "cliffhangers" ou les "phrases qui en jettent" sont sympathiques en fin de chapitres. Seulement les chapitres sont bien trop courts et le changement incessant de personnages casse le rythme du roman. Cette impression est renforcée par des maladresses, voire même une certaine confusion, dans le déroulement des actions. Est-ce un choix de l'auteur, ou bien la traduction laisse-t-elle à désirer, je l'ignore ; toujours est-il qu'à plusieurs reprises, je me suis demandé si je n'avais pas loupé un paragraphe.
Globalement, ce n'est donc pas vraiment la joie. J'ai nettement préféré le premier tome. La fin donne toutefois envie de se plonger dans le troisième tome, Un piège nommé Krytos.
Note : 60 %
