Allez comme promis, voici le chapitre IX qui est assez long et qui pose les bases pour la Grande Bataille Finale Qui Termine et Achève le Tome III.
Bref, je vous laisse découvrir tout cela. Bonne lecture!
Chapitre IX : Déclaration de Guerre
Wellan Bossel entra avec force et fracas dans la grande salle de réunion du Palais Gouvernemental Ferlusien. Suivi par Sanders, Deylla et bien sûr Nills, il s’effondra dans un fauteuil en cuir et tapa avec rage sur la table en bois précieux :
-Bon sang ! Pourquoi faut-il toujours que nous nous découvrions de nouveaux ennemis ?
Sanders vînt se positionner en face du Premier Conseiller et répondit :
-Dreq n’est pas un nouvel ennemi, il l’a toujours été. Seulement, nous avons été trop naïfs pour le voir.
Ce fut au tour de Dick de s’avancer prudemment :
-Premier Conseiller, je vous demande de réfléchir à la vidéo que nous venons de voir. Elle ne doit pas être à l’origine d’une guerre. Je veux dire, nous n’avons aucune autre preuve de la trahison de Dreq.
-Cella là suffit, cingla Sanders.
-Pardonnez-moi général mais peut-être que Dreq a changé d’idées depuis tout ce temps. La défaite de l’Empire, notre alliance avec la République et notre victoire sur Neylan auront peut-être convaincu Dreq de rester tranquille.
-Foutaises ! Nous connaissons tous ici le caractère des Kotorns ! Quand ils ont une idée derrière la tête, ils n’abandonnent jamais.
Sanders dirigea de nouveau son regard vers Bossel et ajouta :
-Premier Conseiller, c’est à vous de décider la marche à suivre, mais je vous conjure de ne pas ignorer la menace que représente Dreq. Qui sait s’il n’est pas à l’origine du groupe Supplice et de ses exactions. C’était peut-être pour lui un moyen détourné de nous attaquer.
-J’espère avoir rapidement des certitudes sur le groupe Supplice grâce aux
Anges Noirs.
-Ils réussiront, je peux vous le garantir, assura Deylla en s’asseyant à son tour.
-J’espère que votre confiance dans ces cinq rigolos n’est pas mal placée commandant, rétorqua Sanders.
-Ces cinq « rigolos » comme vous dîtes, ont sauvé Ferlus au moins deux fois. Alors même si leurs méthodes ne sont pas très académiques, ils méritent au moins notre gratitude, si ce n’est notre respect.
-Je ne le nie pas commandant. J’espère juste qu’ils auront l’intelligence de ne pas se faire capturer par les Kotorns alors que la guerre contre eux est inévitable.
-A l’époque où nous avons décidé de les envoyer sur Kotorn, la situation n’était pas celle d’aujourd’hui.
-Oui mais les temps changent commandant. Et soyez assurez que je ne laisserai pas Dreq se servir des
Anges Noirs comme des objets de chantage. S’ils viennent à être capturés en pleine mission, nous devrons les considérer comme sacrifiables.
-Je n’aime pas la tournure des événements, marmonna Nills en regardant avec insistance Sanders.
C’est alors que Bossel se redressa de son siège et fit :
-De toute façon, il nous faut être fixé sur les intentions de Cel Dreq. Et le plus tôt sera le mieux. Général, établissez-moi une communication urgente avec Dreq.
-A vos ordres.
L’image parfaitement nette de Cel Dreq apparut sur l’écran géant de la salle de réunion. Debout face à ce dernier, Wellan Bossel, les mains croisées dans le dos, commença d’une voix grave :
-Dirigeant Dreq, j’espère ne pas vous déranger.
-Non, bien sûr que non. Toutefois je vous avoue que l’urgence de la communication m’a quelque peu…surpris. Qu’y a t-il de si important qui ne saurait souffrir d’aucun retard ?
Bossel inspira longuement avant de déclamer :
-Je n’irai pas par quatre chemins Dreq. Je suis au courant du pacte que vous aviez conclu avec Adam Kariban avant même l’invasion impériale.
Suite à cette déclaration, les yeux de Cel Dreq s’agrandirent de stupeur mais celui ci se ressaisit rapidement car il rétorqua au bout de quelques secondes :
-Je ne vous demande pas comment vous avez découvert cela. De toute façon, cela ne m’intéresse guère.
-Vous vous rendez compte que vous êtes un…traître !
Un rictus mauvais s’afficha sur le visage de Dreq qui s’écria tout à coup :
-Ne m’insultez pas ! Vous êtes bien pitoyables de croire que mon comportement n’était motivé que par la lâcheté. Fech Helm était un lâche, moi, je suis un visionnaire. J’ai compris depuis bien longtemps que la présence de Ferlus dans le système ne pouvait mener qu’à la guerre.
-Si je comprends bien, vous ne cherchez même pas à vous défendre.
-Me défendre de quoi ? Je n’ai pas à justifier mes actes. Mon alliance avec l’Empire a échoué mais ma détermination à vous anéantir est toujours aussi grande. La présence de la Nouvelle République n’a fait que retarder l’échéance. Elle aura bien du mal à prendre parti entre deux planètes qui font partie de la Nouvelle République, je vous le rappelle. J’ai autant ma place au sein du sénat de Coruscant que vous, Bossel !
-Vous avez signé votre intégration à la Nouvelle République pour protéger vos intérêts.
-Que voulez-vous, il faut savoir mener à bien ses plans jusqu’au bout. Mais j’avoue que l’histoire semble favoriser mes desseins. Après tout, les guerres successives contre l’Empire et Neylan vous ont affaiblis. Je n’aurai donc aucun mal à vous anéantir.
-C’est une déclaration de guerre ! s’écria Bossel
-N’est ce pas ce que vous recherchiez, vous et votre imbécile de général des armées ?
Bossel jeta un coup d’œil à Sanders qui serrait les poings de rage.
-Nous ne voulons jamais encourager la naissance des conflits, ce qui à l’évidence n’est pas votre cas. Ne nous sous estimez pas Dreq. Si nous avons pu vaincre l’Empire et Neylan, nous pourrons très bien vous balayer comme une vulgaire marionnette.
Cel Dreq se mit à rire avant de répondre :
-Vous avez toujours été très doué pour les paroles.
Le regard de Bossel s’assombrit encore d’avantage :
-J’aurai dû vous laisser crever à bord du
Perle des Ténèbres.
-Mais vous n’aviez pas la moindre raison de le faire, vu que je jouais à merveille mon rôle d’allié dévoué. Mais aujourd’hui la comédie est terminée et nous allons enfin pouvoir en découdre. Une fois que je vous aurai balayé, la fragile nation Neylanaise ne me résistera pas longtemps et je pourrai alors fêter ma victoire.
-Nous verrons. En attendant Dreq, puis je vous suggérer quelque chose ?
Le dirigeant Kotorn ne répondit rien alors Bossel fit :
-Si jamais vous êtes faits prisonniers, il n’y aura pas de justice pour vous et je vous tuerai personnellement…avec un grand plaisir.
Le Premier Conseiller coupa alors la communication. Puis il se retourna vers les trois personnes qui étaient présentes dans la salle et lança d’une voix puissante :
-Général Sanders, commandant Deylla, mobilisez toutes nos forces armées. Celles de l’air comme celle de terre. Je veux qu’elles soient prêtes à se diriger vers Kotorn le plus rapidement possible. Quant à moi, je dois prévenir la Nouvelle République de ce qu’il se trame. Visiblement, Dreq s’attend à ce que la République ne prenne pas partie dans ce conflit naissant mais il ignore probablement que je possède une vidéo de sa trahison. Je pense que Coruscant ne sera pas enchantée de le voir pactiser avec un Moff Impérial.
Il y eut un silence puis Bossel termina :
-Messieurs dame, nous partons pour ce qui sera probablement la plus grande bataille de l’histoire du système des Trois Planètes. Faisons en sorte qu’elle soit synonyme de victoire pour nous.
En cet instant déterminant pour l’avenir de Ferlus, le capitaine Tel Hoke regardait droit dans les yeux le régisseur Orion Manar. Et il y vit de la folie et de la haine, ce qui ne le rassura pas du tout.
Si Manar donnait l’ordre à ses gardes de tirer, ce serait un massacre car à cette distance, les tirs atteindraient obligatoirement leurs cibles. Tel balaya du regard l’espace autour de lui, à la recherche d’une improbable issue de secours. Mais, il n’y en avait aucune, l’affrontement était inévitable. C’est alors qu’Orion Manar hurla :
-On dirait bien que c’est la fin du voyage pour vous !Jamais vous ne pourrez raconter ce que vous avez pu voir sur cette planète.
-Oh ne vous inquiétez pas, on n’avait pas l’intention de vous faire de la pub, rétorqua Mak.
Zook le regarda et s’exclama :
-Mais…mais il ne veut pas que l’on fasse venir des touristes, il veut nous empêcher de parler de la
Ville Enfouie.
Mak rougit subitement :
-Ah !Oups, je me suis emporté.
Tel ne prit même pas le temps de réprimander Mak pour ses bêtises, il n’avait pas le cœur à cela. De toute façon, dans quelques instants, les péripéties des
Anges Noirs se termineraient dans un bain de sang.
-J’ai peut-être un plan, suggéra Corran.
-Ah bon ! s’exclama Tel en pivotant quelque peu.
-Oui, vous allez voir, j’espère que cela va marcher. En attendant, déclenchez les hostilités.
Les yeux de Tel s’agrandirent de surprise :
-C’est ça le plan ? Et bah mon vieux…
-Oui je t’ai connu plus inspiré Corran, murmura Wedge à ses côtés.
-Faîtes ce que je vous dis et vous verrez bien.
-Très bien, au point où nous en sommes.
Tel observa de nouveau Manar et lança alors :
-Dis donc mon gros, on t’a déjà dit que toi et ton peuple étiez des rigolos !
Manar parut surpris par cette insulte des plus inhabituelles.
-C’est tout ce que vous avez trouvé ? Vous n’êtes pas bien doué pour les insultes capitaine, s’exclama Wes Janson
-Ouais bah, je n’aime pas que l’on me force la main, je suis meilleur en improvisation, essaya d’expliquer Hoke.
-Bon allez, on ne va pas y passer la nuit. Alors tu nous tues ou quoi ? hurla Corran à l’encontre de Manar
-C’est demandé avec tant d’empressement que je ne peux qu’accepter. Gardes, abattez les comme des chiens !
Aussitôt les soldats Kotorns obtempérèrent et un déluge de feu se dirigea vers les
Rogues et les
Anges Noirs. Tel crut sa dernière heure arrivée quand il vit fondre les lasers sur lui. Mais, brusquement ces derniers semblèrent heurter un mur invisible car ils ne purent jamais atteindre leurs cibles. Tel se retourna, éberlué par ce miracle, et vit que Corran était en pleine concentration, la main tendue devant lui.
-Il a crée un mur de Force, observa Gavin tout heureux.
-Et ce n’est pas fini, ajouta Corran qui commençait à suer à grosses gouttes.
Soudain, une déferlante de Force frappa de plein fouet Manar et ses hommes, les catapultant en arrière sur plusieurs mètres.
-C’est le moment ! A l’attaque ! s’époumona Wedge
Corran fit disparaître le mur de Force, permettant à ses amis d’ouvrir le feu. Bon nombre de Kotorns furent tués alors qu’ils venaient à peine de se relever. Les lasers leurs transpercèrent la poitrine ou les membres, laissant échapper de minces filets de sang. Mais certains, dont Orion Manar parvinrent à riposter habilement, forçant les
Rogues et les
Anges Noirs à trouver des endroits pour se dissimuler. C’est pourquoi Zook et Wes bondirent la tête la première derrière une cuve d’essence qui permettait de réapprovisionner les chasseurs en carburant. Zook loucha sur la cuve quand il se rendit compte qu’elle recevait de nombreux impacts de tirs.
-Ce n’est pas une bonne idée de rester planqué là !
Tout en se relevant, Zook et Wes tirèrent à tout va, abattant un des gardes qui se trouvaient juste à côté de Manar. Celui ci ne s’en soucia guère et continua de faire feu, manquant de très peu de toucher Zook.
Pendant ce temps là, Mak, Eljy et Kern s’étaient dissimulés derrière un chasseur en piteux état. Autant dire que la fusillade intense n’arrangea pas son état. Des lasers vinrent réduire en miettes le cockpit, propulsant des débris de verre sur les trois Ferlusiens. Mak se redressa quelque peu, visa et tira, touchant à l’épaule un des Kotorns. Celui ci poussa un cri proche du rugissement avant de s’affaler par terre.
Kern regarda alors son père qui était caché juste à côté de lui et qui avait les bras croisés sur la poitrine :
-Bah pourquoi tu ne tires pas ? demanda Kern d’un air circonspect
-Encore faudrait-il un blaster pour cela ! s’écria Nathan en retour.
Kern ne trouva rien de mieux que de sourire bêtement devant la réponse évidente de son père.
Tel et le reste des
Rogues étaient pour leur part à l’abri derrière un petit engin de déchargement de matériel. Celui ci, bien qu’en acier, supportait de moins en moins bien les tirs de Manar et de ses hommes. Alors qu’une pluie d’étincelles voltigeait en tout sens, Tel regarda Wedge et lui fit :
-Je crois que j’ai un plan !
-Décidément, c’est la journée. Mais bon, on ne va pas s’en plaindre non plus.
-J’espère qu’il va être rapidement mis en place ce plan, s’exclama Gavin Darklighter en tapotant sur l’épaule de Wedge.
-Et bien pourquoi cela ?
-Regardez qui pointe le bout de son nez !
Wedge jeta un coup d’œil au loin et vit une escouade de gardes Kotorns qui arrivaient en renfort.
-Moi qui croyais que la journée allait être calme. Je me suis trompé.
Tel observa pendant quelques instants la situation et constata que sous les tirs de ses amis, Manar et ses soldats reculaient de plus en plus vers la cuve à essence.
-Bon, et bien on passe au plan B.
-Mais quel plan B ? s’étonna Wedge
-Moi tout ce que je demande, c’est que l’on ne me laisse pas en plan ici !ajouta Corran en riant
-Oh ça va les jeux de mots à deux crédits, rétorqua Wedge.
-Préparez-vous à courir vers vos chasseurs, fit Tel tout en visant la cuve d’essence.
-Entendu !
Tel tira cinq salves successives pour obtenir l’effet escompté. Brutalement et dans un boucan incroyable, la cuve explosa avec force et fracas. Une immense boule de feu se propagea avalant les gardes de Manar et propulsant celui ci dans les airs comme un vulgaire pantin.
-Allez, on y va ! hurla Tel
Les
Rogues et les
Anges Noirs, accompagné de Nathan, se précipitèrent vers les chasseurs posés sur la piste. Le père de Kern s’écria alors, tout essoufflé :
-Ce n’est plus…de…mon âge…ces trucs là !
A ce moment là, Mak le doubla en faisant :
-Pour une fois que ce n’est pas moi qui cours le moins vite, cela me rassure.
Nathan monta dans le chasseur de Kern et parvînt à se couler juste derrière le siège de son fils, dans une position certes inconfortable mais qui avait le mérite de lui permettre de fuir cette maudite planète. Voilà pourquoi Nathan n’eut même pas l’idée de se plaindre.
Alors que tous les chasseurs s’envolaient les uns après les autres, les renforts Kotorns arrivaient sur le lieu de l’affrontement. Deux gardes se précipitèrent vers Orion Manar, qui bien que sonné, était encore en vie. Il regarda les vaisseaux s’éloigner dans le ciel bleu et marmonna :
-Ce n’est pas encore terminé.
Quand Tel Hoke entra en communication avec Ferlus alors que son chasseur se dirigeait vers la haute atmosphère de Kotorn, il n’en revînt pas de ce qu’on lui apprit. Pas plus que Bossel ne se remit de ce que le leader des
Anges Noirs lui révéla.
La guerre était imminente et alors que Tel Hoke craignait de la déclencher avec ses révélations sur la
Ville Enfouie, il ne faisait qu’apporter une nouvelle pierre à l’édifice.
-Nous sommes prêts à partir pour Kotorn, lui assura la voix de Bossel qui était quelque peu couverte par les parasites.
-Alors la guerre est inévitable.
-Je le crains. J’ai donné l’ordre à tous nos chasseurs de décoller et de s’apprêter à sauter dans l’hyperespace. Mais cette bataille ne se mènera pas uniquement dans les airs, il faudra capturer Dreq ce qui impose que nous débarquions des troupes au sol.
-Vous pensez que nos soldats sont parés pour cela ? Et surtout qu’ils sont assez nombreux ? interrogea Tel
-Je l’espère. De toute façon, nous n’avons pas réellement le choix. Nous ne pouvons attendre l’arrivée des forces Républicaines. Il nous faut frapper les premiers et c’est ce que nous allons faire. Sanders et moi avons également décidés d’envoyer nos deux corvettes d’assaut toutes neuves.
-Attendez ! Celles qui n’ont jamais servi au combat ?
-Elles mêmes.
-Et bien, elles vont avoir un sacré baptême du feu.
Il y eut un silence de quelques instants jusqu’à ce que Wellan Bossel poursuive :
-J’aimerai que vous restiez sur place en attendant les renforts. Vous êtes les mieux placés pour nous informer des intentions de l’ennemi et de ses positions stratégiques.
-Attendez ! Vous savez que nous sommes à présent en plein territoire ennemi?
-Je le sais. Mais nos forces vous rejoindront dans à peine trois heures. D’ici là, vous devez tenir.
-Charmant !
-Capitaine ?
-Oui qu’y a t-il Premier Conseiller ?
-Je ne suis pas certain que nous remportions cette bataille. C’est peut-être celle de trop. Et je pense que Dreq compte sur cet élément. Mais promettez-moi une chose.
-Tout ce que vous voulez.
-Avant éventuellement de vous rendre ou de…mourir, montrez-leur qui sont les Ferlusiens.
-Je vous le promets. Tant qu’il restera un souffle de vie au sein de mon escadron, nous nous battrons.
-Merci capitaine.
-Vous savez, je crois que je commence à en avoir ras le bol de toutes ces batailles, assura Tel.
-Il y n’a encore même pas un an, vous ne désiriez qu’une seule chose : vous battre.
-Les temps changent Premier Conseiller.
-A qui le dîtes vous. Bonne chance…mon ami !
La communication fut coupée et Tel resta pendant quelques instants silencieux. Ainsi donc, Cel Dreq était le responsable de toutes les mésaventures qui avaient pu arriver à Ferlus et aux
Anges Noirs. C’était lui qui avait permis aux Impériaux de découvrir le système des Trois Planètes et de l’envahir. Mais c’était également de sa faute si Konn Keveers était parvenu à prendre le pouvoir sur Neylan et à déclencher une nouvelle guerre. Et bien puisque Dreq voulait la guerre, il allait l’avoir et il ferait partie des victimes.
Tel bascula la fréquence de communication sur celle de son escadron et fit d’une voix pleine de confiance :
-Vous avez entendu ce qui nous attend ?
-Quelle horreur ! s’exclama Zook
-Oui je sais que les guerres ne sont jamais…
-Ah non, je ne parlais pas de cela, je voulais juste dire que patienter trois heures avant de pouvoir en découdre, c’est vraiment long.
Tel secoua la tête de dépit avant de continuer :
-Messieurs, nous sommes à l’aube d’une grande bataille. Ce sera peut-être la dernière pour nous mais en tout cas, je veux que vous sachiez que ce fut un honneur que de servir à vos côtés.
-Tout le plaisir fut pour nous capitaine, rétorqua Kern.
-Je n’en doute pas.
Puis le capitaine Ferlusien s’adressa aux Rogues :
-Messieurs, je ne peux vous forcer à participer à l’affrontement qui se prépare même si des pilotes comme vous représenteraient un atout formidable.
Ce fut Wedge Antilles qui répondit :
-Nous avons entendu le Premier Conseiller Bossel. Si Dreq est un traître alors il doit être jugé pour cela. Surtout s’il est responsable de l’arrivée des Impériaux dans ce système. Nous restons, capitaine, et nous allons prouver à ces foutus Kotorns que l’on ne se moque pas impunément de la Nouvelle République.
Un grand sourire s’afficha sur le visage de Tel qui s’écria alors :
-Bien !En attendant les renforts et le déclenchement des hostilités, je vous propose de survoler Kotorn pour tenter d’y glaner quelques informations à caractère militaire.
Aussitôt, les chasseurs Ferlusiens et ceux de la Nouvelle République se dirigèrent de nouveau vers la planète qui se trouvait en dessous d’eux.
Sur Ferlus, dans un immeuble désaffecté, les deux derniers membres du groupe Supplice, Enton Doll et Alek Solan, regardaient nerveusement tout autour d’eux . Ils attendaient la visite de leur chef qui semblait en retard.
Enfin, une porte métallique rouillée coulissa sur elle-même, laissant la place à l’homme qui était à l’origine de la constitution du groupe terroriste Kotorn. Enton Doll, le regard froid et dur, s’approcha de l’homme et fit d’une voix désagréable :
-Quand vous nous donnez des rendez-vous, vous pourriez faire en sorte d’être à l’heure. Nous risquons gros en nous montrant à découvert.
-D’autant plus depuis que la guerre entre Kotorn et Ferlus a été déclarée, ajouta Alek Solan qui vînt se positionner aux côtés de son acolyte.
Leur chef répondit alors :
-Vous n’aurez bientôt plus à vous dissimuler. J’ai décidé d’annuler votre dernière mission.
-Quoi ! s’étonna Solan
-Cela il n’en est pas question, rugit Doll.
-Et pourquoi cela ?
-Nous ne revenons jamais en arrière, quels que soient les événements qui peuvent se produire. Nous ne parvenons plus à contacter les membres de notre groupe qui attendent sur Kotorn, mais malgré cela nous sommes déterminés à finir ce que nous avons commencé. Car même si Kellya, Rech et les autres ont été capturés ou tués, nous nous faisons un devoir de finir leur œuvre.
-Et d’ailleurs, pourquoi voulez-vous tout annuler soudainement ? demanda Solan
-J’ai obtenu ce que je désirais.
-Mais pas nous !Nous ne reculerons devant rien, je vous le répète, martela Doll.
-Je vous ordonne de rentrer chez vous ! s’écria le chef du groupe Supplice
-Vous ne nous contrôlez pas !hurla en retour Doll
-Je vous ai « crée ». Sans moi, vous n’auriez jamais eu les moyens de perpétrer l’attentat du Centre Commercial. Sans moi, vous n’êtes rien !
Doll et Solan regardèrent dans les yeux leur interlocuteur puis Enton lança :
-Avec ou sans vous, nous réussirons. Avec ou sans vous, demain, nous tuerons Wellan Bossel.
Sur ces mots, les deux terroristes s’éloignèrent à pas rapides, laissant derrière eux leur ancien chef.
Cel Dreq faisait les cents pas dans son grand bureau, cherchant apparemment la meilleure stratégie à adopter. Il s’arrêta brusquement et dévisagea Dyk Men, son conseiller, qui restait immobile dans un coin de la pièce :
-Il n’y a plus de temps à perdre, nous devons nous préparer à la guerre.
-Ce n’est pas vraiment de cette façon que nous avions envisagé les choses, glissa Men.
Dreq s’emporta :
-Qu’importe ! Nous voulions la guerre, nous l’avons. La question est maintenant de savoir comment la gagner ?
-Nous disposons des forces nécessaires. Je peux vous assurer que nous balayerons les Ferlusiens.
-Ne les sous estimez pas Dyk. Ils sont pleins de ressources.
Dreq reprit ses allées et venues dans son bureau avant de déclarer brusquement :
-Mais nous aussi, nous pouvons être imprévisibles. Je vais donner l’ordre à ce que tous nos soldats soient mobilisés. Si Bossel veut ma peau, il devra débarquer des troupes au sol. Et là, nous serons prêts pour l’affronter. Et nous vaincrons, même si je dois massacrer tous les soldats Ferlusiens pour cela !
A ce moment là, Orion Manar pénétra dans le bureau. Certains de ses habits étaient brûlés et il avait à présent une balafre sur le visage. Dreq l’observa pendant quelques secondes avant de demander :
-Que t’est-il arrivé ?
-J’ai tenté d’arrêter les
Anges Noirs. Mais ils se sont enfuis comme des lâches !
-Cela n’a plus d’importance. Ils périront bientôt comme les autres Ferlusiens. Orion Manar ?
-Oui Chef Suprême ?
-Tu prendras la tête de notre armée au sol. Tu seras chargé de repousser les assauts Ferlusiens. Est ce clair ?
-Je me ferais un devoir de vous servir au mieux.
-Au fait, est ce que notre vaisseau de guerre est enfin prêt ?
Un sourire s’afficha sur le visage tuméfié de Manar :
-Il l’est.
L’Anéantisseur sera le fleuron de notre flotte spatiale. Nos vingt ans d’effort vont enfin être couronnés de succès.
-Bien, très bien. Dyk Men, je souhaiterai que vous preniez le commandement de ce vaisseau.
Men parut surpris, voilà pourquoi il s’exclama en balbutiant :
-Moi ? Mais…
-J’ai besoin d’un homme de confiance pour le diriger.
-Bien…je ferai selon vos désirs.
-Parfait. Les dés sont jetés. Il ne nous reste plus qu’à détruire ces Ferlusiens et nous aurons alors atteint notre but ultime.
Les rapides chasseurs Ferlusiens, suivis de près par les agiles Ailes X de la Nouvelle République, volaient à basse altitude au-dessus des immenses plaines Kotorns. Les pilotes expérimentés regardaient le sol avec appréhension, cherchant à détecter toute présence d’activité militaire.
C’est alors qu’un grondement sourd se fit entendre. Un grondement d’abord faible, puis de plus en plus fort.
-Qu’est ce que c’est que ça ? demanda Zook dans son unité com
-Regardez devant vous, s’exclama Mak en réponse.
Tout le monde obtempéra et c’est alors que les membres des escadrons
Anges Noirs et
Rogues purent observer l’apparition incroyable de l
’Anéantisseur.
Devant eux, la terre sembla s’écarter en deux repoussant la végétation et laissant la place à une profonde cheminée qui semblait sans fin. Puis, dans un brouhaha indescriptible, l’immense vaisseau Kotorn sortit lentement de son gigantesque hangar sous terrain. Il s’éleva majestueusement, révélant au soleil ses magnifiques formes.
-Ouah, là je dois dire qu’ils ont fait très fort, s’exclama Kern qui ne pouvait détacher le regard de
l’Anéantisseur.
-Voilà ce que j’ai participé à construire : un monstre de ferraille qui s’apprête à broyer des vies, marmonna Nathan les yeux embués de larmes.
L’Anéantisseur prit de l’altitude et commença à accélérer alors que les énormes portes de la cheminée se refermaient dans un bruit de coulissement métallique. Le vaisseau était très long et ses formes, association étrange de courbes et d’angles pointus, lui conféraient un aspect terrifiant. D’un blanc immaculé, sa coque resplendissait aux rayons du soleil. Son poste de pilotage ressemblait à une immense flèche, pointée vers l’avant, qui semblait parée pour perforer tout ennemi potentiel. Tel Hoke distingua également sur ses flancs d’imposantes batteries lasers ainsi que des portes de hangar, permettant probablement à des chasseurs de pouvoir s’élancer du vaisseau. Sa poupe se distinguait par la présence de quatre énormes propulseurs qui crachaient de géantes flammes bleutées.
Peu à peu,
l’Anéantisseur gagna une orbite haute, subjuguant par sa maniabilité les
Anges Noirs et les
Rogues. Wedge Antilles, les sourcils froncés, lança dans son unité de communication :
-Je pense que ce vaisseau est bien plus imposant que tout ce que la Nouvelle République peut posséder. Les Mon Calamari eux-mêmes n’ont jamais construit de vaisseau aussi majestueux.
Et alors que
l’Anéantisseur s’éloignait, se préparant à affronter les forces Ferlusiennes qui ne tarderaient pas à arriver, Tel ne put dire que ces quelques mots, preuve d’une angoisse grandissante :
-Jamais nous ne survivrons à une telle puissance destructrice !
Le chapitre X sera aussi le premier Acte du Dénouement!
