Chapitre 29
Refuge de Roche-Noire, Escaliers de service.
Siuw Gatsher esquissa un sourire carnassier en voyant Jolp jeter un coup d'œil nerveux vers l'escalier menant aux balcons du premier étage.
L'officier n'était pas seulement un exécuteur ; c'était un psychologue de combat. Il lisait l'espoir de fuite dans les yeux du contrebandier comme dans un manuel de l'Académie.
— Le premier étage ? murmura Gatsher, sa voix résonnant avec une politesse venimeuse. Vous espérez sans doute que la vue sur les falaises vous inspirera un plan d'évasion spectaculaire par les toits ? Malheureusement pour vous, le grand air ne convient pas aux rats de votre espèce.
Il fit un signe sec à ses gardes, des mercenaires massifs aux armures dépareillées.
— Jetez-les au sous-sol. La cellule de confinement thermique. Elle est humide, sombre et dépourvue de fenêtres. C'est l'endroit idéal pour méditer sur la futilité du vol.
Jolp et Hugue furent traînés sans ménagement vers une lourde trappe en duracier située derrière le comptoir de l'auberge. On les poussa dans un escalier étroit et glissant avant de les projeter sur le sol froid d'une pièce exiguë. Le claquement de la porte blindée et le grincement du verrou électromagnétique scellèrent leur sort.
Le silence retomba, troublé seulement par le goutte-à-goutte d'une canalisation percée.
— Grrr... ce type a fait exprès de nous envoyer ici ! râla Hugue en se relevant avec difficulté, ses mains fermement ligotées dans son dos par des serflex énergétiques. Jolp, tu as vu ça ? On lui demande le haut, il nous jette dans la fosse.
Jolp s'assit contre le mur de pierre suintante, grimaçant alors que la douleur dans sa jambe se rappelait à lui.
— Vu la situation, Hugue, je pense qu'on peut se tutoyer, soupira-t-il. On partage probablement notre dernière cellule.
— Si tu veux, Jolp. Mais ça ne change rien au fait que ce Gatsher prend un plaisir malsain à faire le contraire de ce qu'on attend de lui. On est coincés comme des Womps dans un compacteur.
Hugue se tortilla pour essayer de desserrer ses liens, sans succès. Il tourna son visage vers Jolp, l'air soudainement perplexe.
— Mais au fait... j'ai toujours pas bien compris le fond de l'histoire. Pourquoi on est traités comme des terroristes d'État ? Qu'est-ce que tu as fait pour mériter un accueil aussi... présidentiel ?
Jolp baissa la tête, fixant la pénombre.
— J'ai fait l'erreur de ma vie, Hugue. J'ai confondu deux caisses au hangar de Blefderk. La mienne contenait des rations périmées et quelques Pegats de cuivre. Celle que j'ai emportée appartenait à Sharkal. Il y avait un demi-million de Pegats de Jazuku à l'intérieur. En Beskar et en puces
non traçables.
Hugue laissa échapper un sifflement étouffé, entre l'admiration et l'effroi.
— Par les lunes de Jazuku... 500 000 ? Mon pauvre, tu n'as pas volé un homme, tu as volé une institution. Sharkal est l'être le plus puissant de cette planète. Il est tellement riche qu'il ne prend même plus la peine de chasser lui-même. Il paye des armées pour le faire à sa place. Tu vas passer tes derniers jours dans ce trou avant qu'il ne décide de ta mise à mort...
— Ça n'arrivera pas, trancha Jolp, les yeux brillants d'une lueur de défi. Il veut sa monnaie, mais il veut surtout ma mort pour l'exemple. Siuw Gatsher n'est que le chien de garde qui prépare le terrain.
— Super... murmura Hugue, la voix brisée. Ça craint pour toi. Et par extension, ça craint vraiment pour moi aussi.
Le silence revint, plus pesant. Jolp balaya la pièce du regard. Ses yeux s'habituèrent à l'obscurité. Dans un coin, derrière des débris de vieilles caisses de stockage, il crut apercevoir un reflet métallique.
· Si Jolp et Hugue tentent de ramper vers le tas de débris pour chercher un objet tranchant — un vieux couteau de cantine ou un éclat de métal — afin de trancher leurs liens, allez au
CHAPITRE 9.
· Si Jolp, accablé par la douleur et l'épuisement, décide que toute résistance est inutile et préfère économiser ses forces en attendant l'arrivée inévitable de Sharkal, allez au
CHAPITRE 15.