Eh bien voilà, six ans jour pour jour après le lancement de ce topic... Voilà la fin de ce premier tome !
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Épilogue
Le claquement des bottes frappant le sol résonnait dans les coulisses désertes du Théâtre des Fondateurs d'Orinda.
Carth avançait seul dans l'édifice, voisin du palace où il avait établi son quartier général après le coup d'État qui l'avait porté au pouvoir quelques semaines plus tôt. Il savait que son isolement était factice ; entre lui et la vie civile qui se poursuivait, dehors, un important contingent de sécurité était déployé. Mais l'impression de solitude était suffisante ; c'était un répit bienvenu, un moment de réflexion où il pouvait brièvement reprendre son souffle avant de replonger dans le bassin de la politique galactique.
Dix jours s'étaient écoulées depuis les victoires de Kuat et Bilbringi, dix journées fiévreuses où les heures de sommeil s'étaient faites plus rares que les espaces naturels sur Coruscant. Obtenir la soumission formelle, en plus de la planète conquise, d'une poignée de gouvernements dissidents dont les chefs venaient d'être exécutés, cela n'avait rien d'une mince affaire. Des annonces de ralliement, dont la plus marquante était celle de Disra, avaient été faites. Néanmoins, Carth savait qu'il allait encore y avoir du travail, beaucoup de travail, et de longues discussions avant que la réunification des anciennes régions impériales devienne réalité. Mais il était prêt à s'y atteler.
Il savait que Thrawn, de son côté, n'avait pas chômé non plus. Sitôt la situation stabilisée sur Bilbringi, il était reparti vers Tangrene pour contrer l'attaque que semblait vouloir mener l'amiral Sovv. L'affrontement n'avait pas eu lieu, car les forces de la Nouvelle République avaient été rappelées pour protéger le Noyau.
Carth suivait l'avancée de la situation, bien sûr, mais il s'était résigné à ne plus y intervenir. Il avait formellement renoncé à son rang de Moff quelques heures plus tôt, signant du même coup son retrait définitif des affaires militaires. C'était, réalisait-il à présent, la fin de plus de trente années de service débutées dans la clandestinité de la Résistance Polcaphréenne. À présent, pour la première fois depuis la journée la plus sombre de son existence, il était de nouveau un civil... Du moins, en principe. Il demeurait, pour quelques minutes encore, le Lieutenant-général de l'Empire - son gouverneur en titre.
Comment aurais-je pu imaginer où cette route allait me mener ? songea-t-il alors qu'il avançait dans les coulisses du théâtre.
Comment aurais-je pu me douter qu'une simple manifestation était en mesure de bouleverser ma vie ? Il y pensait, en cet instant, à cette Marche Sanglante qui lui avait fait tout perdre. Le calme de la foule, son humeur bon enfant, puis le basculement, le massacre, le cri et les hurlements... Même s'il était vite tombé inconscient, ces instants terribles restaient gravés dans son esprit et l'habitaient depuis lors, y compris lors de ce moment si calme, si différent, où il gravissait seul les marches de la scène.
Les conversations s'assourdirent lorsqu'il fit son apparition. Le soleil de midi éclairait les gradins de cet hémicycle de plein air, un lieu de rassemblement érigé par des exilés tioneses qu'il avait choisi comme lieu de son discours parce qu'il tranchait radicalement avec l'esthétique impériale traditionnelle. Ici, il n'y avait que de la pierre blanche, chauffée et rendue lumineuse par le soleil d'Orinda, pas un métal froid et sombre comme l'espace. Le message subliminal était clair : le moment de la rupture était arrivé.
Comme pour le souligner davantage, il avait revêtu non pas son uniforme - auquel, techniquement, il n'avait plus droit - mais une tenue qui, si elle en était inspirée, n'avait plus de grades affichés ni d'insignes de rang. La toile blanche rappelait toutefois le costume qu'arborait Thrawn, ce qui n'était pas pour lui déplaire.
Un unique pupitre, immaculé, se trouvait au centre de la scène. Il le rejoignit d'un pas mesuré, solennel, et prit place face à la foule de dignitaires et de journalistes qui avaient été conviés pour ce moment si particulier.
Là, au cœur du théâtre, il sentit plus fort que jamais le trac qui l'habitait depuis qu'il avait décidé de faire son annonce. Pourtant, il se lança calmement, sereinement.
— Mesdames et Messieurs, individus pensants et entités collectives de notre Galaxie…
L’intitulé était solennel et un peu trop long à son goût, mais dans un univers si divers, il fallait voir large. Il enchaîna aussitôt sur le cœur de son propos.
— …Je suis ici devant vous parce que l'Empire a perdu une bataille.
Les quelques réactions choquées qu'il aperçut dans les premiers rangs l'amusèrent brièvement ; mais il recentra très vite son attention, visa au hasard du regard une journaliste chagrienne qui l'observait depuis le douzième rang et reprit :
— Cette bataille, vous la connaissez : c'est celle d'Endor. Tant et plus a déjà été dit ou écrit à ce sujet, mais ce qu'il faut retenir de ce jour-là, c'est le choc qu'il a provoqué dans nos consciences. Pour la plus jeune génération, la mort de l'empereur Palpatine signifiait la fin du seul monde qu'elle avait connu. Pour ceux qui, comme moi, ont vécu la guerre des Clones et les tourments qui l'avaient précédée, c'était aussi la fin d'une époque qui, rétrospectivement, a été la plus étrange, la plus dure et, osons le dire, la plus meurtrière de l'histoire connue de la Galaxie. Sous le règne de l’Empereur, nous étions passés d'une République déclinante à un Empire triomphant, bien qu'ébranlé par la Rébellion. Sous son règne, nous avions connu la trahison des corporations, le défilé des droïdes de combat et le sacrifice valeureux des soldats clones. Sous son règne, Aldérande, Caamas et sans doute d'autres mondes peuplés d'innombrables êtres avaient été réduits en cendres.
Ses yeux se posèrent sur un jeune humain en tenue civile - sans doute un cadre novice de l'administration impériale - qui l'écoutait avec gravité.
— Ce règne, les Rebelles y ont mis un terme au-dessus d’Endor. Les années qui ont suivi se sont révélées difficiles, sanglantes et plus chargées en mauvais moments qu’en bons. Plusieurs options sont apparues. La voie du pacifisme consistait à admettre la victoire de la Rébellion, devenue Nouvelle République ; celle du bellicisme à continuer le combat, coûte que coûte, pour redonner à l’Empire sa grandeur.
Il fit une pause calculée de quelques secondes.
— Aucune de ces voies ne me semble convenir. La Nouvelle République, construite comme une antithèse de l’Empire, a déjà montré ses premières faiblesses. Elle en dévoilera d’autres. Sans pouvoir central fort, sans autorité garantissant l’unité, elle est vouée à s’effondrer. La seule chose qui la maintient unie, c’est son rejet de l’Empire… Et on ne construit pas une société sur un simple rejet.
Il changea légèrement de position.
— Pour autant, l’Empire n’est pas la réponse qui convient. Le régime a aussi exposé ses limites. La doctrine Tarkin, la loi de la force et de la peur, s’est révélée aussi cruelle qu’inefficace. Elle a montré, par effet miroir, l’importance d’un équilibre des pouvoirs, d’institutions représentatives et d’une certaine déontologie qui, hélas, n’a été que trop peu partagée par les élites impériales. La période qui s’achève a mis en lumière toutes les faiblesses du système pensé par Palpatine, un système qu’il a construit pour des gens à son image : ambitieux, sans scrupules ni remords, sans aucune vision de l’avenir.
Il s’interrompit une nouvelle fois.
— Aujourd’hui, nous avons enfin la possibilité de changer cela.
* *
*
À des années-lumière de là, une navette fendait les couches supérieures de l’atmosphère de Byss.
L’obscurité régnant sur ce monde était telle que se le rappelait Ars Dangor. Les reflets verts des rayons de l'astre solaire du système, Beshqek, sur les nuages, semblaient presque insignifiants à cette heure du jour. Bien qu’habitable, le monde n’avait rien du paradis qu’on avait vanté à une partie de la haute bourgeoisie impériale. Les inconscients qui s’y étaient établis, deux décennies plus tôt, n’avaient jamais vraiment compris où ils mettaient les pieds.
Ce n’était pas l’air, l’eau ou la terre ; rien de tout cela, et pourtant un peu des trois à la fois. Ce qui était si particulier, sur Byss, c’était la Force. Les trois Empires qui s’y étaient succédés avaient corrompu de façon irrémédiable les énergies naturelles du monde, désormais entièrement voué au Côté Obscur. L’Empire Infini des Rakatas avait lancé le processus, trente mille ans plus tôt. Le monde était ensuite tombé dans l’oubli, jusqu’à ce que des équipes d’exploration le redécouvrent par hasard, vers la fin de l’Ancienne République. Byss était devenu l’une des planètes les plus importantes de l’Empire Galactique.
À présent, c’était la capitale d’une nouvelle puissance galactique...
L’Empire des Ténèbres.
Dangor glissa un regard en direction de son comparse. Sarcev Quest était concentré sur son pilotage, mais il émanait de lui une « présence » plus importante qu’auparavant. Il se sentait dans son élément, comme tous les adeptes du Côté Obscur. Byss n’était-elle pas leur monde ? Une expérimentation du futur, de ce que la galaxie pouvait devenir : un système où le lien avec la Force compterait davantage que la richesse ou les réseaux d’influence.
Au cœur de la principale cité, une immense tour soutenait un dôme massif, dont la silhouette sombre et huileuse semblait absorber toute la lumière subsistante. C’était leur destination, et on les y attendait, à en croire les deux rangs de gardes en position sur la principale plateforme d’atterrissage.
Ce n’est que lorsque la navette se posa que Dangor réalisa que les soldats n’étaient pas des gardes ordinaires. Leur livrée était bien écarlate, mais leur taille – plus de trois mètres de haut – les rangeait définitivement à part. Il s’agissait de Sentinelles Impériales, une unité d’élites longtemps gardée secrète. Le conseiller en avait vu une poignée, une fois ou deux, sur Coruscant, mais guère plus. Jamais autant qu’en cet instant.
Il ignorait tout de ces créatures à la morphologie proche-humaine. Sur quel monde secret étaient-elles nées ? Comment leur Maître avait-il eu vent de leur existence ? Quelles étaient leurs réelles capacités ? Toutes ces questions, il se les posait en descendant la rampe de la navette. Leur présence le perturbait. Connaissant le spécisme inhérent à l’Ordre Nouveau, il était surprenant que son unité la plus puissante soit composée de non-humains.
Alors que les Sentinelles les escortaient sans un mot vers le cœur du complexe, une autre pensée dérangeante lui vint à l’esprit : peut-être n’étaient-ils pas non-humains, mais
plus-
humains. Une phrase qu’il avait entendue jadis lui revint à l’esprit.
Le Côté Obscur de la Force est un moyen d’acquérir de nombreuses facultés considérées par certains comme contraires à la nature.
Il frissonna.
Son pouls s’accéléra lorsqu’ils franchirent les portes de la salle du trône. Ils ne savaient toujours pas ce qui les attendait : un accueil réservé ou une exécution immédiate, voire une sentence plus douloureuse encore. L’échec se payait cher au sein du nouvel Empire, plus encore qu’au sein de l’ancien où les erreurs se soldaient pourtant souvent par la mort. Et l’appréhension que ressentait Dangor s’accrut quand il vit l’immense écran rond derrière le haut siège retourné. Carth Poldrei s’y affichait plus grand que nature, tonnant son message à la face de la Galaxie.
— …
devons admettre que les décisions prises au sommet de la hiérarchie ne conviennent pas à toutes les situations, expliquait-il.
J’estime qu’une juste répartition des pouvoirs doit être envisagée entre les planètes, les secteurs et l’autorité supérieure…
Le son de la projection baissa soudainement, tandis que le trône se mit à pivoter. Voyant apparaître la silhouette d’un homme, plongée dans l’ombre du fait du haut dossier du fauteuil, Quest mit le genou à terre, la tête penchée vers le sol en signe de contrition. Mû par son instinct de survie, Dangor l’imita aussitôt.
— Maître, j’assume l’entière responsabilité de cet échec, annonça le Jedi Noir.
Le cœur du conseiller manqua un bond. Il aurait voulu dire que ce n’était pas sa faute à lui, que leurs ennemis avaient fait preuve d’une astuce inattendue, qu’il manquait de ressources… Mais des mots aussi pathétiques que ceux de son acolyte jaillirent de sa bouche.
— La responsabilité est aussi mienne, Maître.
— Peut-être devrais-je alors vous exécuter tous les deux, lança la silhouette tapie dans l’obscurité.
Le son de cette voix ramena dans l’esprit de Dangor une foule de souvenirs et effacèrent les derniers doutes qui restaient dans son esprit. C’était bel et bien vrai. Son Maître était là, sous ses yeux. Même la Mort n’avait pu avoir emprise sur lui.
— Ou mieux, reprit-il. Je devrais vous ordonner de vous entretuer et profiter du spectacle.
Il fit soudain un mouvement, et la salle du trône s’illumina tandis que jaillissaient de ses mains tendues une puissante foudre de Force. La douleur terrassa aussitôt Dangor, qui tomba au sol et sentit son corps se tordre sous l’effet de l’électricité.
L’attaque ne dura qu’un instant, mais ses effets se faisaient toujours ressentir quand l’Empereur reprit la parole.
— Voilà un aperçu du châtiment qui vous attend si vous cessez de m’être utile, déclara-t-il d’un ton cassant. Vous l’aurez amplement mérité. Votre mission était de préparer l’Empire à mon retour et de tenir la Rébellion occupée jusqu’à ce que mes préparatifs soient achevés. Au lieu de cela, vous avez cédé le commandement d’un tiers de mes forces et de la plupart des mondes qui pouvaient se rallier à ma bannière à un Moff parvenu qui vient de m’insulter devant la galaxie entière.
— Nous l’avons grandement sous-estimé, reconnut Dangor, mais…
Une nouvelle décharge transforma ses dernières paroles en un cri de douleur.
— Silence. Ce traître que vous avez sous-estimé, comme vous dites, prétend à présent remodeler l’Empire à sa façon. Nous allons agir de même, mais avec une nouvelle méthode. Plus de tactiques politiques, de conciliabules et de complots. Juste du feu et du sang, des cendres et des os.
À cet instant, un éclair – phénomène naturel ou manifestation d’un trouble de la Force ? – déchira le ciel de Byss et révéla les traits de l’Empereur aux yeux de Dangor. Le visage n’était pas celui de l’homme qui s’était assis sur le trône vingt-trois ans durant, mais bien celui du chancelier, voire du sénateur qu’il était auparavant. Mais il n’y avait plus de houppette naboo, de robes aux fils d’or ou quelques autres ornements pour habiller Palpatine. Sa tunique, bien que richement travaillée et taillée dans des tissus d’aspect précieux, était sombre comme la nuit. Ses cheveux plaqués en arrière dévoilaient son visage, étendant son large front et faisant ressortir d’autant plus ses iris qui avaient pris la couleur du souffre. C’était un mélange étrange, et pourtant, Dangor avait l’impression de voir à présent le visage qui avait réellement été celui de son Maître pendant toutes les années où il était passé pour le bon chancelier de l’Ancienne République.
— Votre incompétence m’oblige à accélérer mes plans. Vous livrerez donc à mes nouveaux conseillers tous les renseignements qu’ils jugeront utiles, ordonna Palpatine. Dès qu’ils seront prêts, nous frapperons, et nos ennemis ne s’en relèveront pas.
Il les congédia de ces mots. Et, tandis que Dangor quittait la salle, ravi au plus profond de lui d’avoir été épargné, l’Empereur se replongea dans la contemplation de son nouveau rival.
* *
*
— Trois piliers, donc, poursuivait Carth, ignorant des complots se tramant à l’instant même au cœur de la Galaxie. Un pouvoir civil issu du peuple, un pouvoir militaire tiré des armes et un pouvoir impérial né du sang.
Le trac initial s’était désormais envolé, laissant place à une adrénaline grisante. Ce discours, il n’y pensait plus : il le déclamait de tout son être, de toute son âme, en pensait chaque mot, chaque syllabe avec une conviction qu’il aurait voulu transmettre à chaque spectateur. Les gradins étaient plongés dans le silence, et tous avaient le regard fixé sur lui.
— Désormais, c’est derrière ce triumvirat que se rangeront les secteurs fédérés pour avancer, unis en dépit leur diversité, pour bénéficier conjointement de l’ordre, de la paix, de la sécurité et de la liberté. Voilà ma vision de l’avenir, d’un avenir non pas lointain mais qui commence dès aujourd’hui, à cet instant. Car, je vous le dis, l’Empire est mort.
Il écarta les bras d’un geste lent, comme pour englober toute l’assemblée – et, au-delà, la Galaxie toute entière.
— Longue vie à la Fédération Impériale !
La fin de la publication de ce tome 1 est pour moi une étape très importante. J'ai commencé à publier cette histoire il y a six ans, mais j'avais commencé à y réfléchir un an plus tôt... C'est un projet qui se voulait moins personnel que les
Chroniques de la Marine Républicaine, et qui a fini par le devenir davantage. Certains personnages sont restés fidèles à l'histoire que j'avais imaginé pour eux, d'autres sont devenus bien plus... Notamment mes deux préférés : Celric, que j'avais imaginé à l'origine comme une sorte d'
Enfant de l'Empereur et qui est devenu le dépositaire d'un héritage Jedi, et surtout Carth, pour lequel j'ai créé un passé que je compte encore explorer à l'avenir.
Mais mes meilleurs compagnons dans cette aventure ont été mes lecteurs. Je ne citerai personne, mais je distingue plusieurs profils : ceux qui sont partis en cours de route, et dont j'espère qu'ils pourront prendre un jour plaisir à redécouvrir cette histoire, ceux qui ont lu d'une traite ou attendaient peut-être que cet épilogue arrive pour se lancer dans l'aventure, les nombreux lecteurs muets bien sûr... Et puis les fidèles des fidèles, toujours présents pour m'aider à avancer, à relancer ma motivation parfois vacillante, à faire part de leur regard sur des chapitres où je manquais parfois de recul. À toutes et à tous, un immense merci.
La suite viendra, comme le laisse entendre cet épilogue... Quand ? Je l'ignore. Sans doute dans quelques mois. Des extraits du tome 2 ont été écrits, certains depuis longtemps, et j'ai une trame déjà bien dessinée qui ne demande qu'à être affinée. En tout cas, je ferai tout pour qu'elle réponde aux promesses de cette dernière partie, entre guerre et espoir, lumière et obscurité, devoirs et ambitions !