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La Fédération Impériale

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1
4%
Corran Horn
2
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Messagepar Jagen Eripsa » Mar 04 Fév 2020 - 23:07   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci à tous ! Non, je ne suis pas parti en exil sur une planète lointaine... Mais une conjoncture compliquée entre boulots, vie personnelle et manque d'inspiration m'ont sacrément retardé. Ce chapitre avait été commencé il y a près de trois mois, mais j'ai mis longtemps à le finaliser (et je le trouve maladroit par moments, mais j'y reviendrai plus bas). La bonne nouvelle, c'est que j'ai quand même écrit d'autres passages ultérieurs entretemps, donc il ne devrait plus y avoir d'aussi longues attentes entre deux chapitres d'ici à la fin du premier tome. :cute:



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 151

— Restez au sol, ne bougez pas !
L’ordre tira aussitôt Grodin du sommeil. Sans ouvrir les yeux, il avait instantanément reconnu cette déformation sonore caractéristique des casques impériaux ; il ne fut donc pas surpris en découvrant un éclaireur impérial qui les tenait tous en joue, très vite rejoint par d’autres hommes revêtus d’armures impériales.
Dans son subconscient, il avait toujours associé cette vision à un soutien bienvenu. Mais la situation dans laquelle il se trouvait lui revint très vite, et il comprit aussitôt à quel point sa situation était périlleuse.
Il ne pouvait attraper aucune de ses armes sans se faire repérer. Et les Jedi avaient leurs pouvoirs neutralisés par ces étranges créatures qu’ils avaient amenés avec eux. Ils étaient à la merci de leurs assaillants.
Il examinait toutes les options encore à sa disposition quand une voix s’éleva du groupe de stormtroopers.
— Baissez vos armes !
L’ordre ne s’adressait pas aux dormeurs, mais bien à ceux qui venaient de faire irruption dans la grotte ; les rangs des soldats s’écartèrent et un homme arborant une barbe fournie mais mal entretenue, qui jurait avec son uniforme d’officier impérial, approcha d’eux.
— Par la Nébuleuse d’Oséon ! lança-t-il alors d’une voix qui parut familière au général. Grodin, c’est bien toi !
Il s’approcha et, à la faveur de la lumière émise par les éclaireurs, à laquelle ses pupilles s’adaptaient tant bien que mal, l’ex-Garde reconnut le nouveau venu.
— Daiven ! s’exclama-t-il. Toi !
— Moi, confirma son vieil ami en s’agenouillant.
C’était bien Daiven Carson, son ancien second dans la cellule impériale de Brentaal, qu’il avait vu pour la dernière fois sur cette même planète, avant son départ pour Sluis Van. Grodin avait vécu quelques moments difficiles depuis lors, mais ils semblaient n’être rien face à ce que Daiven avait semble-t-il enduré ; son visage était creusé et son costume, qu’il voyait maintenant de près, semblait rapiécé en de multiples endroits.
— Daiven ! s’exclama à son tour Celric Tavill en le reconnaissant.
Le colonel se tourna vers lui et découvrit avec plaisir la présence de son ancien protégé.
— Eh bien, on dirait que tu as le don pour te retrouver dans les endroits les plus dangereux de la galaxie, Celric ! Wayland est encore moins accueillante que les prisons bothanes, ces temps-ci…
— C’est ce qu’il semblerait, fit alors une troisième voix.
Daiven se tourna vers lui et pâlit en le reconnaissant. Sans un mot, il se tourna vers Grodin qui répondit, gêné :
— Ouais, la situation est… compliquée.
Luke Skywalker – car c’était évidemment lui – se redressa sans craindre les blasters impériaux qui s’étaient à nouveau levés.
— Nous sommes dans la même équipe, annonça aussitôt le général.
Son ami examina la scène du regard ; les sabres-lasers étaient clairement visibles. Ils étaient six, un pour chaque membre du commando – à l’exception de Grodin.
— C’est ce qu’on dirait, murmura-t-il.

* *
*
Une demi-heure plus tard, ils étaient tous assis autour d’une lampe : simili-Jedi et stormtroopers, réunis pour un conseil de guerre improvisé. Flynn s’occupait de servir à boire à tous ces hommes – et aux rares femmes – réunis dans cette grotte sombre.
— Du caf’, soupira Daiven avec un frisson de contentement. Du mauvais caf’, mais du caf’ quand même… Ça devait bien faire un mois que je n’y avais pas eu droit.
— Trente-neuf jours, en fait, Colonel, corrigea un des soldats.
— Si tu le dis, Patch ! Au bout d’un moment, j’ai arrêté de compter les jours.
Grodin était stupéfait.
— Ça fait trente-neuf jours que vous êtes en patrouille ?
— Une patrouille, si on veut ! répondit son ami.
Il s’efforçait de sourire, mais avec son visage mangé par la barbe, l’expression qu’il arborait était plutôt sinistre.
— Nous sommes plutôt « en fuite », si tu veux tout savoir. Le Mont n’est plus sous contrôle impérial.
— Les autochtones ?
— Racontez-nous tout depuis le début, intervint Skywalker.
Il avait parlé doucement, mais d’un ton ferme qui arracha un nouveau soupir à Daiven.
— Je suis le colonel Daiven Carson, affecté à l’entraînement des nouvelles recrues du mont Tantiss sur ordre direct du Grand Amiral Thrawn. J’ai avec moi des collègues entraîneurs, du personnel technique, et des bleus – des clones, si vous préférez.
Il jeta un regard en biais à Grodin.
— J’en suis moi-même un, mais avec pas mal d’heures de vol au compteur. Cela explique en partie ma position d’instructeur exclusif au sein de cette base, alors que la plupart des non-clones sont – excusez du terme – des « géniteurs ». J’ai été affecté à ce projet dès que le Grand Amiral a commencé à le mettre en place, tout comme le colonel – pardon, général – Tierce ici présent, qui nous a quittés par la suite. Mon supérieur était le colonel Selid, en charge de la supervision de l’ensemble de la base. L’opération était placée sous le sceau du secret, comme vous le savez sans doute déjà, et cela fonctionnait dans les deux sens : pour éviter d’attirer l’attention sur ce secteur, peu de transmissions nous ont été envoyées par le Haut Commandement. Les dernières informations que nous avons reçues avant que cette histoire ne commence concernaient une situation inquiétante, sur le Chimaera, endommagé après des combats sur Pantolomin.
Grodin acquiesça, resituant parfaitement l’évènement dans sa tête.
— Nous débattions entre officiers de ces nouvelles inquiétantes quand le Contrôle nous a prévenus de l’arrivée d’une navette. Elle avait tous les codes nécessaires et transportait à son bord une poignée d’officiers. Cela n’avait rien de surprenant ; le Grand Amiral nous envoyait régulièrement de nouveaux « modèles » pour diversifier la production de clones. Nous avons donc accueilli les nouveaux venus, et notamment leur commandant, le colonel Jovan Colmiss.
Du coin de l’œil, le général vit que le nom avait fait réagir ses « camarades » Jedi. La piste était donc bonne…
— Pendant les premiers jours, Colmiss n’a rien fait de suspect, précisa Daiven. Du moins, rien que nous ayons remarqué. Mais cette montagne est truffée de multiples cavernes, et en-dehors des casernes et du centre de clonage, il est facile de trouver des espaces discrets… Qu’avec un peu de chance, personne ne viendra inspecter.
Il but une nouvelle gorgée de caf’.
— C’est le capitaine Lankuro qui a découvert ce qui se passait. Un homme discret et solitaire, dans la fleur de l’âge, qui aimait parfois se promener dans les couloirs inoccupés… Et dans l’un d’eux, il est tombé sur de petits animaux morts. Récemment morts. Il en a récupéré un et est venu l’apporter au colonel Selid. J’étais en conversation avec lui à ce moment-là, et je me souviens très clairement l’avoir vu pâlir sur-le-champ. Selid était plutôt jeune, mais Thrawn lui avait accordé une certaine confiance pour gérer l’opération Tantiss et il faisait le travail avec beaucoup de zèle. Il m’a rapidement expliqué ce qu’étaient ces ysalamiris et pourquoi leur présence était indispensable. Puis il est aussitôt parti avec Lankuro pour voir le charnier de ses yeux.
Daiven ferma brièvement les yeux.
— Je suppose que les responsables avaient découvert cette intrusion et les attendaient. Tout s’est ensuite passé très vite. Dix minutes plus tard, les alarmes du Mont sonnaient et moi, dans le centre de contrôle, j’observais via les holocams un spectacle que je ne m’attendais pas à voir : des officiers impériaux armés de sabres lasers qui découpaient mes camarades et mes élèves. Il y avait avec eux un homme, que je n’avais encore jamais vu… Il ressemblait à un Jedi. Pas un dans votre genre, Skywalker, ajouta-t-il à l’intention du Rebelle, un de ceux de notre chère propagande impériale : une sorte de vieux sorcier, avec ses robes et sa barbe. Il balançait des éclairs à tout va. La situation était désespérée, alors j’ai fait ce qui me semblait être le mieux : j’ai ordonné l’évacuation et nous avons quitté la base par la grande porte pour nous réfugier dans la forêt. Et nous voici…
— Au moins, nous sommes sûrs qu’ils sont bien là, commenta alors Gladys avec un soupir.
Elle s’appuya contre Flynn qui lui enserra l’épaule d’une main ferme et rassurante.
— Il faut qu’on entre dans cette base, Daiven, annonça alors Celric.
Avec sa tenue de survie noire et ses cheveux coupés courts, il ressemblait beaucoup à Skywalker, et plus encore en cet instant où il affichait une gravité non feinte.
— Nous devons neutraliser ce vieil homme – Joruus C’Baoth – et tous ses disciples. C’est notre mission. Peux-tu nous y aider ?
— Ça fait plus d’un mois que j’attends une mission de secours, répondit le colonel. J’espérais qu’elle soit un peu plus conséquente, mais si vous êtes motivés… Entrer dans la montagne, ce sera facile. Même si notre fuite a été précipitée, nous avons pris quelques précautions. Rubek ?
Un stormtrooper se pencha légèrement en avant.
— En fait, c’est assez simple, commença-t-il.
Il avait ôté son casque, révélant le visage juvénile d’un cadet fraîchement émoulu de l’Académie. Grodin était persuadé qu’il aurait pu apercevoir, à la lumière du jour, quelques traces d’acné sur ses joues imberbes.
— Le colonel savait que nous n’avions aucune chance d’accéder aux hangars sans attirer l’attention de ces Jedi Noirs, alors il a ordonné que nous empruntions une autre sortie ; l’aération. Mais comme il voulait que nous puissions y entrer à notre guise, il m’a demandé de créer une porte cachée. Le système d’assainissement environnemental était la meilleure option.
— En somme, vous avez bricolé un accès à partir du système de gestion des égouts, résuma Mara.
— Nos ennemis sont persuadés que la mise à jour des codes de sécurité de la ventilation nous a rendus impuissants, confirma Daiven. Mais à chaque fois que les égouts sont purgés – et cela va vite, avec toutes ces cuves de clonage –, notre accès est dégagé et nous pouvons entrer… Ou recevoir des informations sur l’intérieur. Nous avons encore accès à une partie des caméras de surveillance du complexe, sans qu’ils s’en aperçoivent.
— Nous avons donc la solution au premier obstacle, lança Tierce avec une confiance renouvelée.
C’était l’étape qu’il craignait le plus, car il savait que l’entrée principale de la Montagne était lourdement gardée. Même avec une poignée de Jedi, il doutait sérieusement d’être capable d’en venir à bout…
— Une fois à l’intérieur, il nous suffira de gagner la salle du trône et nous trouverons ce C’Baoth.
— Je doute qu’il y soit, intervint son ami. Il n’y a plus rien dans ces salles. Tu étais déjà parti quand nous avons reçu les ordres… Poldrei a tout fait démonter. L’hologramme géant, les archives privées de l’Empereur… Il ne reste plus rien sur Wayland.
— Il suffit à C’Baoth d’un trône, comme sur Jomark… rappela Flynn.
— Il n’y est plus non plus. Et je doute que quiconque soit au sommet du Mont, en ce moment.
Il se redressa légèrement.
— Depuis que nous nous sommes échappés, nous changeons de position chaque jour, plusieurs fois par jour même, mais personne n’a tenté de nous poursuivre.
— Ils ne se sont pas aperçus de votre fuite ? s’étonna Skywalker.
— Je crois plutôt que ça ne les intéressait pas. Nous nous sommes connectés plusieurs fois au réseau interne du Mont, pour garder un œil sur leurs activités… Et nous avons découvert que ce n’est pas le sommet qui les intéresse, mais la base. C’est là qu’ils envoient tous leurs hommes et concentrent tous leurs efforts.
Du coin de l’œil, Grodin aperçut une expression choquée sur le visage de Mara Jade.
— Mais il n’y a que des salles condamnées, n’est-ce pas ? s’inquiéta-t-il.
— Non, répondit la jeune femme d’une voix ferme. J’ignore précisément ce qui peut se trouver à cet endroit…
Elle échangea un regard avec le Jedi assis à ses côtés.
— Ce dont je suis certaine, en revanche, c’est que ça ne signifie rien de bon pour nous.

* *
*
La marche vers le Mont repartit plusieurs heures plus tard, une fois le jour levé.
Grodin marchait à nouveau en tête, plus apaisé qu’auparavant. Il louait la chance qui les avait mis sur la route du groupe de Daiven. Son ami lui avait confié que cette caverne avait été l’un de leurs premiers refuges, mais que ses hommes et lui n’y étaient pas revenus depuis deux semaines… C’était une coïncidence heureuse qui les avait amenés à s’y retrouver au même moment.
Lorsqu’il avait fait cette remarque, Skywalker avait souri. Il n’y a pas de coïncidence, il n’y a que la Force.
Le général n’appréciait guère cette façon de voir les choses, qui d’ordinaire l’inquiétait plus qu’elle ne le rassurait. Mais il était prêt à laisser sa chance à la Force, si elle parvenait à le tirer vivant de ce merdier.
Ce qui n’était pas gagné. Si Mara Jade avait vu juste, la menace C’Baoth devait être réévaluée une fois encore – à la hausse.
La progression sur les contreforts du Mont était parfois difficile. Bientôt, la forêt se fit plus clairsemée, et l’inquiétude gagna le général ; dans ces conditions, un ennemi attentif n’aurait aucun mal à les repérer. Mais les Jedi Noirs qui entouraient C’Baoth ne semblaient pas plus rigoureux que leur maître quant à la protection de la base.
Ils approchaient de leur destination quand Daiven rejoignit le général à l’avant-garde.
— Je ne t’ai pas remercié d’être venu pour me sortir de là, dit-il à voix basse.
— On n’est pas encore tirés d’affaire, rappela Grodin, arrachant du même coup un sourire à son ami.
— Au moins, nous avons un espoir de nous sortir. Je voulais y croire, ne serait-ce que pour mes hommes, mais j’avais de plus en plus de mal à ne pas m’effondrer. J’espérais que quelqu’un s’apercevrait de la situation et que l’armée impériale débarquerait. Mais même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais pu imaginer que ce serait toi…
La formulation de la remarque surprit Grodin ; pris au dépourvu, il préféra changer de sujet.
— Daiven… Pendant que je tentais de rejoindre l’Empire, j’ai rencontré ton modèle.
— Mon modèle ? Tu veux dire…
— Ouais, le gars à partir de qui on t’a… Enfin, tu as compris.
— Et ? Tu as pu en savoir plus ?
— Il s’appelle Erv Lekauf. C’est un ponte de la sécurité chez Sienar, sur Corulag. Marié, avec un fils adulte… Et retraité de l’armée impériale. C’était un lieutenant de Vador.
— Il n’y a pas vraiment de points en commun, dans ce que tu dis, grinça Daiven. C’est bien la preuve que le clonage ne fait pas tout…
— Les Lekauf m’ont sauvé la vie et m’ont aidé à regagner l’Empire. Quand j’y repense, c’est grâce à eux que j’ai pu sauver Thrawn, et le vaisseau qu’ils m’ont offert nous a permis d’arriver sur Wayland…
Daiven ne répondit rien pendant un long moment, se contentant d’avancer en silence.
— Ce sont sans doute des gens bien, lança-t-il finalement.
Il n’en dit pas davantage, car ils avaient atteint leur objectif : une immense grille, au maillage serré, qui faisait l’effet d’une muraille infranchissable.
C’était leur entrée vers les profondeurs du Mont Tantiss.
L’ensemble du groupe se rassembla au pied de l’entrée. Le lieutenant Rubek faisait partie des derniers.
— Je peux déclencher une purge des égouts immédiatement, annonça-t-il, mais l’ordinateur central risque de détecter un dysfonctionnement. Rien de très grave, mais ça pourrait mettre la puce à l’oreille de nos ennemis…
S’il avait été seul, Grodin aurait sans doute fait le choix d’attendre. Mais il voyait bien l’inquiétude dans les rangs des Jedi.
Il n’y avait pas un instant à perdre.
— Lancez le processus, ordonna-t-il.
Pendant de longues minutes, rien ne se produisit, au point qu’il craignit un moment que l’opération ait avorté. Puis un claquement se fit entendre, et la grille se désolidarisa légèrement de la paroi, libérant un accès suffisant pour que des hommes puissent se glisser par-dessous et pénètrent dans le système d’aération du complexe.
La canalisation principale était large, mais elle rétrécissait à mesure que des embranchements secondaires conduisaient l’air dans les différents secteurs de la montagne. Mais Daiven connaissait l’endroit, et il les conduisit à un bon point de sortie avant que le conduit ne devienne impraticable.
C’était une salle de repos, qui disposait pour leur plus grand plaisir d’un accès au réseau de turboascenseurs du mont Tantiss.
Avant que les Jedi ne partent de leur côté, Grodin les prit à part.
— Comme convenu, nous allons poser les charges. Nous ne les activerons que si la situation a vraiment échappé à tout contrôle… Et vous n’aurez que dix minutes pour vous enfuir dans ce cas-là.
— Espérons que personne n’aura appuyé sur tous les boutons de l’ascenseur pour nous retarder, lâcha Piotr Paveller.
Celric Tavill lui asséna un coup de coude amical.
— Ne vous inquiétez pas, Général, nous remplirons notre part de la mission.
— Je l’espère, ajouta Mara Jade.
Elle semblait beaucoup moins enthousiaste que les deux garçons. Flynn et Gladys, eux, restaient impassibles.
Quant à sixième membre de la petite équipe… Il affichait toujours une sérénité déconcertante, malgré sa fatigue apparente – l’ysalamiri qu’il portait toujours l’empêchait de se soutenir avec la Force, comme il en avait l’habitude.
— Je croise les doigts pour vous, lança Grodin alors qu’ils entraient dans l’ascenseur. Et pour nous… Bonne chance à tous !
Skywalker fut le dernier à monter dans la cabine. Avant que les portes ne se referment, il se retourna et lança :
— Que la Force soit avec vous !
Les panneaux coulissèrent, escamotant son visage et laissant Grodin face à son propre reflet, déformé par le métal courbé. Ces quelques mots avaient fait rejaillir en lui des souvenirs qu’il pensait oubliés.
Il les avait déjà entendus. Il les avait même prononcés…
C’était à l’époque où il servait Ysanne Isard, quand il avait infiltré une des cellules rebelles de Coruscant.
La mission qui avait provoqué la mort des parents de Celric Tavill.
Mais cette fois, il est bien dans le même camp qu’un Jedi – et pas n’importe lequel : Luke Skywalker, l’assassin de l’Empereur.
Il frissonna, moins à cause de la fraîche température qui régnait à l’intérieur du Mont qu’en raison de son trouble interne.
Comment ai-je fait pour en arriver là ?




L2-D2 a écrit:Un Chapitre court mais qui est bien stressant, tant la discussion entre les deux bothans est tendue ! :shock: Beny'lya et Fey'lya ne passeront plus leurs vacances ensembles... :transpire:

Comme quoi, la famille... :transpire:

Alfred M. a écrit:Ce chapitre nous amene à voir à plus long terme que la bataille qui se prépare. Il est établi que Fey'lya ne tentera jamais un coup d'état militaire, ce n'est pas dans sa façon de faire. Mais ne nous façonerais-tu pas un personnage comparable capable de le faire :diable: .

Beny'lya n'a pas ce genre de scrupules, c'est certain. :D

* *
*


Petites précisions concernant la suite de la série : je n'ai pas du tout l'intention de laisser tomber la rédaction de cette saga, parce que j'y ai pris - j'y prends un véritable plaisir. Toutefois, je pense que je vais revoir mon mode d'écriture, pour faciliter la publication de chapitres et favoriser leur fluidité. Le rythme très cadré que je me suis imposé avec six personnages intervenant alternativement dans l'histoire avait des avantages, notamment celui de m'obliger à ne négliger aucun point de vue. Mais c'est aussi un inconvénient ; un Carth Poldrei aura toujours plus de choses à dire qu'un Grodin Tierce... Aussi, je penche pour un fonctionnement beaucoup plus fluide dans les prochains tomes. Il y aura plus de six points de vue, c'est certain - même si je conserverai six personnages "principaux" - mais il me restera d'autres détails à élaborer au fur et à mesure de l'écriture. :)
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Messagepar Darkliser » Mer 05 Fév 2020 - 10:14   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Si un jour, je me mets à lire les 151 chapitres, je crois que je mériterais la médaille du courage :ange:.
ça fait quand même plaisir de te voir retrouver le temps et l'inspiration pour écrire.

Bon courage !
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 05 Fév 2020 - 10:44   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci Darkliser ! Peut-être vaut-il mieux attendre que la version mise en page sorte dans ce cas, ça sera plus agréable pour une découverte long format. :cute:
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Messagepar Alfred M. » Mer 05 Fév 2020 - 10:45   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Après tout ces efforts je trouve le résultat très concluant, qui me fait grandement douter vers quel direction on se dirige et donc donne encore plus envie de savoir la suite :lol: .

Pour l'alternance c'est assez impressionnant que t'ai pu rédiger tout ça avec un tel "handicap".
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 05 Fév 2020 - 11:32   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci Alfred ! Disons que c'est pour beaucoup dans les longs délais qu'il peut parfois y avoir entre deux chapitres... Et qui m'ont amené à prendre un an et demi de retard sur mon "planning" initial. Je devrais déjà être à la moitié du tome 2... :(
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Messagepar L2-D2 » Mer 05 Fév 2020 - 19:20   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Chapitre 151 lu !

Jagen Eripsa a écrit:mais j'ai mis longtemps à le finaliser (et je le trouve maladroit par moments, mais j'y reviendrai plus bas)

Et bien, sincèrement, ça ne se ressent pas à la lecture. J'ai trouvé ça passionnant du début à la fin, tu résous finement le cliffhanger du dernier Chapitre de la team Tierce, et lorsque Daiven raconte la prise du Mon Tantiss par C'Baoth et ses ouailles, on a vraiment l'impression d'être là, assis face à lui, et de voir et d'entendre ce qu'il a vu et entendu. On serait dans un film qu'on entendrait les bruitages en arrière, et qu'on verrait peut-être des images éparses nous dévoiler le tout. C'est franchement super ! :oui:

Et le reste du Chapitre est au diapason. C'est franchement génial, et on sent bien toute la tension existante alors que les personnages se séparent, et qu'au vu des formulations, on en vient à se dire qu'il s'agit d'adieu... Mais pour qui ? :sournois:

Vivement la suite ! :oui:

Jagen Eripsa a écrit: Quant à sixième membre de la petite équipe… Il affichait toujours une sérénité déconcertante, malgré sa fatigue apparente – l’ysalamiri qu’il portait toujours l’empêchait de se soutenir avec la Force, comme il en avait l’habitude.

Donc on a Piotr Paveller, Celric Tavill, Flynn, Gladys, Mara Jade et Luke Skywalker, c'est bien ça ? Hmmm... d'ici à ce qu'il y ait un traître là-dedans, hein...
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Messagepar Jagen Eripsa » Jeu 06 Fév 2020 - 21:15   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci L2 ! Réponse plus bas. :cute:



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 152

À cet instant, les hangars du Sewell ressemblaient à une immense fourmilière emplie de bruits de moteurs et d’odeurs d’huile en surchauffe. Sept escadrons au grand complet se préparaient pour un décollage prévu dès que le destroyer regagnerait l’espace réel. Les pilotes étaient donc sur le départ, et les mécaniciens s’affairaient autour de leurs appareils.
Les Rogues étaient installés dans le hangar le plus proche de la passerelle de commandement, au fond de cette tranchée centrale couverte par deux immenses panneaux métalliques qui se déployaient pour que les vaisseaux puissent sortir. La classe-Venator était réputée pour cette grande capacité d’accueil, mais elle constituait aussi une faiblesse critique : cette tranchée dorsale pouvait facilement être ciblée par les turbolasers ennemis.
D’où cet arrêt de la flotte, au milieu du vide sidéral, à quelques encablures de Bilbringi. C’était là que la flotte, et en particulier le Sewell, allait déployer ses escadrons. Les pilotes allaient accomplir la dernière heure de vol depuis leurs cockpits et fondre sur les chantiers dès leur sortie d’hyperespace.
Au pied de son X-Wing, peint aux couleurs des Rogues, Corran observait la technicienne qui procédait aux dernières vérifications de l’habitacle. La Rodienne consultait son pad à la recherche d’informations dissonantes.
— Alors ? demanda impatiemment le jeune Corellien, depuis le bas de l’échelle.
— On dirait que c’est bon, répondit-elle sans lever les yeux de son écran. Juste les stabilisateurs… Non, c’est bon, je n’ai rien dit. Votre appareil a été très bien entretenu.
— J’ai un très bon astromech, dit-il avec un signe de tête en direction de Whistler, qui bipa de contentement.
La Rodienne sourit – ou, du moins, fit le geste qui s’y apparentait pour son espèce.
— C’est Zraii qui s’occupait de votre escadron, avant, n’est-ce pas ? Les Verpines ont toujours eu un don avec la mécanique.
— Ça explique sans doute pourquoi il travaille avec FreiTek pour la conception de leurs nouveaux chasseurs !
Elle se releva et descendit la petite échelle à reculons, jusqu’à toucher le sol du hangar.
— Il paraît que ça s’annonce difficile, murmura-t-elle quand elle fut à côté de lui.
— C’est du sabacc, philosopha Corran. Soit nous arrivons avec une meilleure donne que l’adversaire… Soit il a le dessus.
— Alors croisons les doigts pour que la Force soit de notre côté…
Corran avait cet espoir, lui aussi. Le plan était risqué, il le savait, mais Ackbar s’était fait un nom en participant à ce genre de batailles – et en les remportant. Il savait comment se sortir des situations les plus risquées. Pourtant, le Mon Calamari avait été déstabilisé ces derniers mois, par l’irruption de Thrawn et ces grotesques accusations d’espionnage – moins crédibles encore que celles qui avaient touché Tycho.
Allait-il faire preuve de son génie habituel ? Corran ne pouvait que l’espérer.
Il grimpa dans son chasseur et initia aussitôt la procédure de démarrage des réacteurs. Whistler, déjà installé dans son logement, le salua d’un bip enthousiaste.
— T’as raison, moi aussi j’ai hâte d’en finir ! répondit le Corellien en s’installant à son aise.
Il effectua les vérifications habituelles et attendit que tous les pilotes soient installés dans leurs vaisseaux.
Contrôle, fit finalement la voix de Wedge sur l’intercom, ici Leader Rogue. En attente du lancement de mon escadron.
Bien reçu, Leader Rogue, répondit aussitôt Contrôle. Vous avez le feu vert. Bonne chasse !
Merci, Contrôle. Rogues, avec moi !
Corran attendit que les appareils devant lui aient décollé pour les suivre ; puis il lança son chasseur hors du hangar, gagnant la travée centrale du Sewell où il mit les pleins gaz pour jaillir hors du croiseur à la suite de ses coéquipiers.
Rogues, ici Leader, lança Wedge alors qu’ils se positionnaient. À vous !
Rogue Deux, tout est paré.
Tycho Celchu avait répondu immédiatement aux sollicitations de son commandant. Corran et lui avaient échangé, quelques heures plus tôt, sur leurs inquiétudes respectives concernant Coruscant. Leurs compagnes, Winter et Mirax, y étaient à cette heure. Elles étaient bien assez douées pour se sortir de n’importe quel pétrin – plus, sans doute, que leurs hommes – mais la menace que faisait peser Thrawn sur eux avait de quoi alarmer n’importe qui.
Rogue Trois en position.
Lyyr Zatoq, une Quarren nouvellement venue au sein des Rogues, avait pris la place de Pedna Scotian ; après sa convalescence, suite à la bataille de la flotte Katana, la Chev avait été transférée au sein d’un escadron d’essai détaché par la Nouvelle République auprès des ingénieurs de FreiTek, pour la mise au point du projet E-Wing. Corran n’avait pas encore échangé avec sa remplaçante.
Rogue Quatre, en attente.
Hobbie Klivian avait à peine prononcé ces mots avec son habituel ton mélancolique qu’une autre voix, beaucoup plus enjouée, prit le relais.
Rogue Cinq, paré au combat !
Wes Janson manifestait souvent, dans ses conditions, un enthousiasme revigorant pour ses camarades. Au début, Corran avait été désarçonné par le caractère infantile de son coéquipier, mais il avait appris à l’apprécier. Et il se souvenait quelquefois que Wes et Hobbie avaient été les premiers des Rogues actuels qu’il ait connus…
Rogue Six, paré.
Gavin avait beau demeurer le plus jeune de l’escadron, il était considéré comme un vétéran, à présent, surtout face aux Rogues plus récents. Trois ans de service l’avaient transformé en un pilote reconnu par ses pairs et un homme comblé par sa relation épanouie avec Asyr Sei’lar.
Rogue Sept, à vos ordres.
Myn Donos – le troisième Corellien de l’Escadron. Corran avait appris à l’apprécier davantage ces derniers mois. L’homme s’était montré bien plus fiable qu’il ne s’y était attendu.
Rogue Huit, quatre moteurs à plein régime.
Knysso Jooler, l’Iridonienne, avait aussi fait ses preuves. Elle s’était montrée courageuse et pleine de ressources, à la hauteur de la réputation des pilotes de l’escadron.
Rogue Neuf, conditions optimales, signala Corran à son tour.
Son ailier enchaîna immédiatement.
Rogue Dix, prêt.
Ooryl Qrygg, toujours aussi méthodique, volait légèrement en arrière du Corellien pour assurer sa couverture. Le jeune homme comptait beaucoup sur lui lors des combats, et le Gand ne l’avait jamais déçu.
Rogue Onze, prête à en découdre.
Au contraire d’Ooryl, Asyr Sei’lar privilégiait une agressivité toute bothane. Corran appréciait qu’elle la déchaîne contre ses ennemis plutôt que contre ses alliés – ce que ses congénères, comme Borsk Fey’lya ou Derth Beny’lya, avaient parfois tendance à oublier.
Rogue Douze, nous attendons le combat.
Khe-Jeen Slee était le pilote le plus récemment transféré au sein de l’escadron, après le départ de Siveline Jaderan. L’Issorien avait apporté avec lui une touche d’exotisme qui déroutait parfois Corran, mais dans le bon sens, en lui rappelant ses premiers temps en compagnie d’Ooryl.
Passage en hyperespace à mon signal, indiqua Wedge.
Seuls des clics accusèrent réception de l’ordre. L’heure était à la concentration pour les douze pilotes, installés aux commandes de leurs minuscules vaisseaux, au cœur d’une flotte comportant plusieurs dizaines d’escadrons et de nombreux vaisseaux lourds. Une impressionnante démonstration de force.
C’est du sabacc, se répéta Corran. Soit nous arrivons avec une meilleure donne que l’adversaire…
Soit il a le dessus.
Il n’eut pas le temps d’y penser davantage ; un voyant venait de s’allumer sur sa console. Il activa son commutateur au même instant que les autres pilotes. Les étoiles s’allongèrent, et il passa en vitesse lumière.




L2-D2 a écrit:Et bien, sincèrement, ça ne se ressent pas à la lecture. J'ai trouvé ça passionnant du début à la fin, tu résous finement le cliffhanger du dernier Chapitre de la team Tierce, et lorsque Daiven raconte la prise du Mon Tantiss par C'Baoth et ses ouailles, on a vraiment l'impression d'être là, assis face à lui, et de voir et d'entendre ce qu'il a vu et entendu. On serait dans un film qu'on entendrait les bruitages en arrière, et qu'on verrait peut-être des images éparses nous dévoiler le tout. C'est franchement super ! :oui:


Je suis vraiment ravi que ça passe bien, j'étais loin d'en être certain :transpire: Le récit de Daiven a été réécrit au moins une fois, et le chapitre a été un peu étendu lorsque je l'ai finalisé ; à l'origine, il devait s'achever devant l'entrée du Mont, mais les derniers paragraphes me sont venus à l'esprit pendant la rédaction et j'ai vraiment voulu les intégrer. :cute:

L2-D2 a écrit:Et le reste du Chapitre est au diapason. C'est franchement génial, et on sent bien toute la tension existante alors que les personnages se séparent, et qu'au vu des formulations, on en vient à se dire qu'il s'agit d'adieu... Mais pour qui ? :sournois:
:siffle:

L2-D2 a écrit:Donc on a Piotr Paveller, Celric Tavill, Flynn, Gladys, Mara Jade et Luke Skywalker, c'est bien ça ? Hmmm... d'ici à ce qu'il y ait un traître là-dedans, hein...

On parle des six qui se sont déjà dressés contre C'Baoth, quand même... :transpire:
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Messagepar L2-D2 » Ven 07 Fév 2020 - 7:52   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Chapitre 152 lu !

Raaaaaaah, je m'attendais à ce que ce Chapitre finisse ainsi, mais ça ne change rien : on a envie d'en savoir plus ! :grrr:

En tout cas, ce rappel de la composition de l'Escadron Rogue est le bienvenu ! Avec le grand nombre de personnages dans ton récit, ça permet de faire un point sans aucun doute nécessaire. Mais d'ici à ce que tu aies prévu que tous ne survivent pas à la bataille de Bilbringi qui s'annonce, il n'y a qu'un pas ! :sournois:

(Comment ça, je vois des traîtres ou des morts en sursis partout ? :transpire:)
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Messagepar Alfred M. » Ven 07 Fév 2020 - 8:54   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Que de teasing pour le E-Wing :love: ...et pour la bataille à venir :D .

Mais c'est toujours un plaisir de retrouver les Rogues en attendant :cute: .
"Luke, vous êtes là ?"
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 09 Fév 2020 - 22:19   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci à vous deux ! On enchaîne ! :cute:



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 153

Au même instant, le Chimaera émergea de l’hyperespace aux abords des chantiers de Bilbringi.
Thrawn et Pellaeon étaient tous deux face à la baie d’observation qui ouvrait la passerelle de commandement sur l’espace, d’où ils pouvaient apprécier le dispositif de sécurité des chantiers navals. Douze destroyers étaient déjà en position ; ils étaient arrivés au cours de l’heure précédente et avaient déjà pris place.
Quatre croiseurs interdicteurs faisaient également partie de l’escadre de protection ; ils étaient positionnés à l’arrière de la flotte, près de la destination actuelle du Chimaera.
— C’est un rassemblement conséquent, commenta le commodore à l’intention de son supérieur.
Il avait toujours quelques doutes quant aux prévisions de Thrawn, car tous les indices concordaient pour indiquer que les Rebelles préparaient la défense de Coruscant et se contentait d’une petite contre-attaque de l’amiral Sovv en direction du Secteur Corporatif… Bien loin de Bilbringi.
Mais le Grand Amiral n’avait-il pas fait preuve, jusque-là, d’un instinct supérieur à celui de n’importe quel humain ?
Gilad n’avait jamais été un spéciste convaincu, comme tant de ses homologues impériaux, mais il avait baigné dans un milieu où la supériorité humaine était exaltée et revendiquée. Pourtant, depuis qu’il connaissait Thrawn, il avait dû admettre qu’un être non-humain pouvait se montrer plus intelligent, plus cultivé, plus charismatique – en somme, meilleur officier – que n’importe quel humain.
— Tous ces vaisseaux seront le mur sur lequel s’écrasera la vague rebelle, expliqua Thrawn. Après ce que nous avons fait sur Alsakan, nos ennemis sont sur la défensive. Leur attaque sera brutale, avec des forces en nombre. Nous aurons deux avantages. Le premier, d’ordre tactique, c’est notre position. Nous sommes les défenseurs ; nos vaisseaux seront déjà en place, prêts à bombarder leur vecteur d’approche. Le second est psychologique : ils pensent que leurs petites diversions ont fait leur effet, alors qu’il n’en est rien. Le doute est bien souvent le principal obstacle sur le chemin de la victoire.
Gilad jeta un coup d’œil à son supérieur, toujours aussi droit, les mains se rejoignant dans son dos. Il respirait la confiance en lui.
Avait-il seulement connu le doute au cours de sa mystérieuse existence ? C’était là une question à laquelle le commodore aurait aimé avoir une réponse.
Pourtant, Thrawn avait failli mourir. Ici-même, sur Bilbringi.
Le commodore frissonna en repensant à cet instant où ils avaient failli tout perdre. Il s’en était fallu d’un cheveu…
Un lieutenant s’avança vers eux.
— Le général Drost vient de nous contacter, Amiral, annonça-t-il à Thrawn. Il attend vos instructions.
Le non-humain acquiesça.
— Nous lui parlerons dans la salle stratégique, annonça-t-il. Venez, Commodore, ajouta-t-il à l’intention de Gilad.
Ils gagnèrent la petite pièce, située à l’arrière du pont, qui était complètement plongée dans l’obscurité. Lorsqu’ils y pénétrèrent, la table tactique installée au centre s’illumina, et la silhouette d’un officier impérial se matérialisa.
Mes respects, Amiral, Commodore, salua-t-il avec une raideur très militaire.
— Général Drost, répondit Thrawn avec un bref signe de la tête. Quelle est la situation ?
Les défenses de Bilbringi sont sur le pied de guerre, Amiral, comme vous me l’aviez ordonné. Mes vaisseaux-remorqueurs sont en train d’acheminer la dernière plateforme Golan à l’emplacement que vous aviez décidé ; elle sera prête d’ici douze minutes.
— Bien.
Amiral, je me permets d’attirer votre attention sur le fait que cette nouvelle configuration va laisser nos chantiers sans protection, ajouta Drost.
Le général avait pris un air contrit, tant il rechignait à remettre en cause les décisions de Thrawn. Mais il est de son devoir, en tant que commandant de cette garnison, de signaler ce genre de problèmes, comprit Gilad.
— Je prends bonne note de votre remarque, Général, répondit le non-humain. Soyez sans crainte ; vos installations principales ne seront pas la cible prioritaire des Rebelles. Ils auront d’autres problèmes à traiter en premier…
Mais un complément de vaisseaux pourrait…
— Vous en avez déjà un, le coupa Thrawn sans masquer son agacement. Le colonel Phennir et ses pilotes du 181[sup]ème[/sup] Escadron se chargeront d’abattre tous les chasseurs téméraires qui parviendraient à franchir notre première ligne. Nous n’avons qu’un seul escadron de Défenseurs, mais il est entre les mains de nos meilleurs pilotes. Vos installations ne courent aucun danger.
Drost ne chercha pas à le contredire.
Je vais ordonner à tous mes hommes de se tenir prêts à décoller à votre signal, dit-il en s’inclinant.
— Disposez.
Le général acquiesça, fit un geste et sa silhouette disparut. Thrawn se reporta alors sur la vue du futur champ de bataille qu’offrait la table tactique. Gilad l’observa également, analysant les positions des différents destroyers avec intérêt.
Il n’avait plus géré de véritable groupe de combat depuis la Guerre des Clones, à l’époque où il était le jeune et prometteur commandant du Leveler. Et il ne s’agissait alors que de croiseurs Acclamators, qui apparaissaient aujourd’hui comme de véritables antiquités à peine capables de transporter des troupes…
Sous le règne de Palpatine, Gilad avait refusé de participer aux jeux d’influence de la Cour et aux intrigues de l’État-Major. Il s’était contenté de commander son propre vaisseau… Et de le faire bien.
Mais Thrawn avait tout changé. Celui qui s’était longtemps satisfait du grade de capitaine avait retrouvé l’envie de faire mieux. Si une nouvelle opportunité de commandement s’offrait à lui… Cette fois, il l’accepterait.
Les destroyers représentés sous ses yeux étaient disposés en arc de cercle, pour encercler le vecteur d’approche que le Grand Amiral avait déterminé comme étant le plus probablement choisi par les Rebelles. Quatre stations Golan étaient également intégrées à ce dispositif défensif. Les chantiers de Bilbringi n’étaient pas visibles, mais Gilad savait qu’ils se situaient à une centaine de kilomètres derrière la ligne de front – ce qui, bien qu’étant relativement proche dans l’échelle des distances spatiales, devrait les mettre à l’abri des tirs perdus.
Les quatre croiseurs de classe Immobilizer étaient abrités derrière les stations spatiales, suffisamment détachés du reste de la flotte pour que les générateurs de gravité puissent fonctionner sans perturbations. Le Grand Amiral, comprit Gilad, avait tendu un filet dans lequel la flotte rebelle allait s’échouer avant d’atteindre sa cible.
Quant au dispositif PCG qui était selon Thrawn l’objectif principal de l’opération, il était lui aussi invisible, et pour cause : il avait été acheminé au cœur des chantiers, sous la garde du 181[sup]ème[/sup] Escadron qui se tenait prêt à décourager toutes les tentatives de vol.
— Le capitaine Brandei est-il en position ? demanda le Grand Amiral.
Gilad consulta son datapad avant de répondre.
— Oui, Amiral, ainsi que tout son groupe de combat.
— Parfait. Nous leur transmettrons le signal dès que le moment sera opportun…
Il se tut et resta immobile, l’air contemplatif.
— Savez-vous pourquoi je vous ai choisi, Commodore ? reprit-il finalement.
L’intéressé se tourna vers son supérieur, surpris par la question.
— Je vous demande pardon, Amiral ?
— Quand je suis revenu des Régions Inconnues, vous êtes le seul capitaine que j’aie contacté. Savez-vous pourquoi ?
— Non, Monsieur, avoua Gilad, intrigué.
— C’est à cause d’Endor. J’ai longuement étudié les rapports de la bataille. Quand l’amiral Strage a été tué, vous avez compris que le combat se transformait en déroute. Plutôt que de continuer à sacrifier des vaisseaux dans une bataille où vous n’aviez plus de chefs – une bataille que vous aviez déjà perdue –, vous avez fait le choix d’ordonner le repli. Un choix sage et humble, deux qualités trop rares au sein de l’Empire. Vous saviez que votre nom serait associé à cet acte, mais vous avez transmis l’ordre quand même.
— Avec une efficacité toute relative, rappela le commodore. Les grands amiraux présents ne m’ont pas suivi ; Teshik est resté de son côté, Takel et Makati sont retournés directement à Coruscant… Et dès notre arrivée à Annaj, la flotte s’est divisée. Blitzer Harrsk s’est proclamé Seigneur de Guerre, Adye Prittick a rejoint Sander Delvardus…
— Mais vous êtes resté, vous avez accompli votre devoir. Où sont-ils, tous, maintenant ? Ils sont morts, Commodore, ou ils vivotent dans les mondes obscurs du Noyau Profond. Et vous êtes là.
Il désigna la table tactique d’un geste de la main.
— Aujourd’hui, Commodore Pellaeon, nous avons l’occasion de venger l’humiliation d’Endor.
Gilad sentit sa gorge se serrer sous le coup de l’émotion.
— Merci, Amiral.
Thrawn ne répondit rien, retournant en silence vers la passerelle de commandement. Son second lui emboîta le pas.
Tous les officiers étaient à leur poste, effectuant soigneusement les dernières vérifications. Un véritable équipage de destroyer impérial, au meilleur de sa forme, se dit Gilad avec optimisme.
Que de chemin parcouru…
Arrivé à son poste de combat favori, face à la baie d’observation, le non-humain se saisit de son comlink.
— Ici le Grand Amiral Thrawn, annonça-t-il alors. Activez les interdicteurs.



L2-D2 a écrit:En tout cas, ce rappel de la composition de l'Escadron Rogue est le bienvenu ! Avec le grand nombre de personnages dans ton récit, ça permet de faire un point sans aucun doute nécessaire.

Il y a aussi le fait que le premier chapitre montrant l'escadron tout entier comportait déjà cet "appel". J'ai trouvé que ça faisait un écho sympathique. :cute:

Alfred M. a écrit:Que de teasing pour le E-Wing :love:

J'ai toujours adoré ce chasseur... :D

Je ne dirai rien sur la bataille, de peur de trahir des détails ! Mais j'espère que les prochains chapitres montreront que je peux toujours surprendre mes très chers lecteurs... :sournois:
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Messagepar L2-D2 » Mer 12 Fév 2020 - 11:49   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Chapitre 153 lu!

Après la préparation néo-Républicaine, voilà une scène assez similaire du point de vue Impérial! Tout cela augure d'une bataille dantesque que j'ai hâte de lire!

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar Alfred M. » Mer 12 Fév 2020 - 13:25   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Je trouve sympa que tu fasses se rapprocher ainsi Thrawn et Pellaeon, ce qui est à la fois logique au vu de la façon dont il a été "buffé" par la suite (comme ont pu l'être Drayson ou Zsinj) et montre l'évolution de ton Thrawn, contrairement à l'original de Zahn qui méprise la plupart de ses subbordonés (sans parler des contrebandiers et Noghri).

Mais sinon globalement, je pense la même chose que L2... vivement la suite :transpire: .
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 12 Fév 2020 - 19:13   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci à vous deux ! Et puisque vous l'appelez si ardemment... La suite ! :D



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 154

Un léger sifflement d’air accompagna l’ouverture de la porte, incitant Carth à lever la tête du dossier qu’il examinait, assis à son bureau. Il vit alors Anthara avancer vers lui, un nouveau morceau de flimsiplast à la main.
— Cinq nouvelles unités ! annonça-t-elle vivement. Et pas des moindres.
— Dites-moi tout.
— Des destroyers.
— De classe Impériale ?
— Classe République, selon leurs identifiants.
Le Moff acquiesça doucement.
— Le nouveau bijou de Walex Blissex, indiqua-t-il. Les Renseignements m’ont fait parvenir une note à ce sujet.
— Doit-on s’en inquiéter ?
— Je vous le dirai quand je les verrai, lança-t-il en se levant de son fauteuil.
Il jeta un dernier coup d’œil à ses notes et quitta la pièce, suivant Anthara jusqu’à la passerelle de commandement du Gatherer. L’ambiance qui y régnait était plus pesante encore qu’à son départ : les techniciens ne levaient plus le nez de leur écran et les opérateurs ne soufflaient mot. Rogriss lui-même semblait perdu dans la contemplation de la flotte adverse.
— Eh bien, Teren ? demanda Poldrei en s’approchant de lui.
— La situation n’est pas à notre avantage, répondit l’amiral en se tournant vers le Moff. La puissance de feu de leur flotte dépasse la nôtre, à présent. Et ils contrôlent toujours la planète.
— Et en ce qui concerne l’avancée de nos troupes ?
— Elle est lente. Nous sécurisons chaque position capturée, aux dépens de la vitesse d’exécution du plan. La situation est plus problématique au sol, comme vous le savez. Nous ne pourrons pas compter sur cet atout-là.
Carth ne put qu’agréer.
— Nous ferons sans, alors. Selon Anthara, la Nouvelle République a déployé ses premiers destroyers de nouvelle génération.
— Effectivement.
Rogriss entra quelques commandes dans son datapad et la baie d’observation devant eux se transforma, affichant une vue agrandie d’un des secteurs qu’ils avaient en visuel.
— Ils sont encore dans un périmètre protégé, escortés par douze cuirassés d’ancienne génération.
— Ceux de la flotte Katana ?
— Possible. Ou des unités des forces de défense de Rendili.
— Ce serait logique.
Carth examina les appareils qu’il avait sous les yeux. S’ils reprenaient la structure approximative des destroyers de l’Ancienne République puis de l’Empire, cette lame triangulaire si caractéristique surplombée par une tour de commandement, les nouveaux vaisseaux de classe-République arboraient un aspect bien plus organique. Ils ne présentaient pas d’angles coupants, mais des arrondis trahissant une inspiration d’origine mon calamari. Ils présentaient toutefois un armement saillant, capable sans doute de rivaliser avec celui des destroyers de classe-Impériale pourtant plus imposants.
— Blissex a toujours eu beaucoup de talent, commenta-t-il en lisant les données sur les vaisseaux rapportées par les Renseignements et les batteries de senseurs du Gatherer. Bien plus que sa fille.
Il eut un léger rire.
— Vous savez combien les Rebelles comptent d’erreurs de conception sur nos destroyers de classe-Impériale ? Cent soixante-quatorze mille ! Et ce n’est sans doute pas loin de la vérité. Lira Wessex a toujours eu de l’ambition, mais pas le talent qui allait avec. Alors que son père... ! La classe-Victoire était absolument révolutionnaire, et fiable, avec ça. J’ai eu la chance d’en commander un, l’Eddicus, pendant de nombreuses années. Un vaisseau magnifique.
Carth resta quelques instants immobile, contemplant le vaisseau qui semblait suspendu dans l’espace.
— Je veux que nous en arraisonnions un, ordonna-t-il finalement.
— En arraisonner un ? répéta Anthara, désarçonnée.
— Quand nous aurions gagné la bataille, précisa le Moff. Je ne veux pas qu'ils soient tous détruits. Il faut au moins que nous en capturions un exemplaire... Nos ingénieurs pourront peut-être s'en inspirer.
Au regard que lui jeta la jeune femme, Carth se demanda un bref instant si des cornes de dévaronien venaient de lui sortir du crâne.
— Faites-moi confiance, lui dit-il en masquant à grand peine un sourire. Nous gagnerons cette bataille.
Carth avait conscience qu'il manipulait son aide de camp, et cela lui faisait éprouver un léger sentiment de remords. Anthara pouvait légitimement croire qu'il avait perdu le sens des réalités ; après tout, elle avait été le témoin privilégié de son coup de folie lors de la bataille de la flotte Katana. Et il l'avait menacée avec une arme.
L'équipage devait avoir de sérieux doutes, lui aussi. Les rapports alarmistes sur les adversaires plus nombreux que prévus et la bonne résistance des forces de sécurité locales encombraient les fréquences depuis plusieurs jours. L'ambiance à bord du Gatherer était au mieux morose, au pire... catastrophiste. Un observateur extérieur aurait pu croire que la bataille était déjà perdue.
Mais ce n'était pas le cas. Pas encore.
Et, si tout se passait bien...
Mais j’ai encore une tâche à accomplir pour que ce soit le cas.
— Quels sont vos ordres, Excellence ? l'interrogea Rogriss.
- Nous arrivons face à la flotte de la Nouvelle République, n'est-ce-pas ?
- Elle sera dans notre axe d'ici une heure.
- Parfait. Allons lancer les manœuvres. Ce sera une belle bataille !

* *

*


Au terme des préparatifs, Carth se sentit obligé de réviser son opinion : la bataille ne s'annonçait pas belle, mais sublime.
La perspective du combat l'excitait. Elle l'exaltait, même. Il n'avait pas connu un pareil engouement depuis le jour glorieux où les Séparatistes avaient été chassés de Polcaphran.
Il était bien le seul ou presque, sur la passerelle du Gatherer, à marquer un quelconque enthousiasme. Les visages étaient inquiets, les traits tirés, et les hommes plutôt silencieux. Les ordres étaient donnés à voix basse, sans entrain. Tout espoir semblait s'être envolé de ces faces grises, à peine plus colorées que les uniformes couleur cendre qui habillaient tous les opérateurs.
Seul Teren Rogriss affichait une impassible tranquillité ; mais il était après tout le seul, avec Carth, à avoir connaissance de l'intégralité de l'opération.
Aussi est-ce d'une voix parfaitement égale et maîtrisée qu'il lança l'ordre attendu :
— Coupez l'alimentation des amarres magnétiques.
Une secousse ébranla à l'instant même le cuirassé, qui se désolidarisa des chantiers navals pour se positionner avec les autres vaisseaux déjà en formation : une vingtaine de destroyers et autant de plus petits vaisseaux, qui seraient bientôt rejoints par une dizaine d'autres appareils qui étaient jusque lors amarrés derrière le Gatherer.
— À toute la flotte, ici l'amiral Rogriss, annonça alors le commandant à son groupe de combat. Calculez une trajectoire vers le cœur de la formation rebelle. Lancez vos réacteurs dès que les derniers vaisseaux seront en position, à vitesse minimale.
Il échangea un rapide regard avec le Moff, qui hocha doucement la tête.
— Concentrez toute votre puissance sur les écrans déflecteurs de proue et les défenses laser rapprochées.
Carth aperçut du coin de l'œil les visages stupéfaits des opérateurs assis derrière leurs consoles, dans la fosse de l'équipage.
— Stoppez la progression dès que l'ennemi ouvrira le feu, acheva Rogriss.
À côté de lui, Anthara tentait de masquer sa nervosité, mais elle y parvenait mal. Elle tenta de chasser une mèche rebelle en la casant derrière son oreille droite. Carth se tourna vers la console des senseurs.
— Prévenez-nous dès que les Rebelles commenceront leur progression, ordonna-t-il au lieutenant qui occupait le poste.
— À vos ordres, répondit l'homme sans quitter son écran des yeux.
— Vous croyez que le piège va fonctionner ? demanda doucement l'amiral.
— Il suffit qu'ils avancent un tout petit peu, répondit Carth. Ils sont vraiment à la limite...
— Le piège a échoué, signala alors Anthara.
— Vraiment ?
— Nous n'avons capturé qu'un seul canon à hypervélocité - et ils en ont coupé l'alimentation, comme pour les autres.
— Ils se sont donc privés de l'ensemble de leurs défenses sol-espace...
— Mais leur flotte est plus imposante que la nôtre. Et vous ne pourrez pas la bombarder, comme vous l’aviez prévu. Ils savent qu’ils ne craignent rien de ce côté-là s’ils approchent.
— Ils comptent donc uniquement sur leur supériorité numérique. C'est une faiblesse.
Ils se jaugèrent du regard un bref instant : le vétéran s'amusait de l'ignorance de son aide de camp, qui jugeait son supérieur incapable d'évaluer correctement la situation.
— Excellence, annonça alors l'opérateur des senseurs, la flotte rebelle vient à notre rencontre.
— Parfait ! répondit Carth en se tournant vers lui. Sont-ils entrés dans l’ombre hypespatiale de Kuat ?
— Ils y sont presque... Ça y est, les premiers vaisseaux ont franchi la limite.
Le Moff hocha la tête, son cœur s'accélérant soudainement. Un léger vertige le prit. L'instant de vérité...
Il appuya discrètement sur le commutateur du petit comlink qu'il avait attaché, des jours plus tôt, autour de son bras, directement au contact de la peau, et attendit.
Trois secondes s'écoulèrent avant qu'il ne ressente la secousse qu'il attendait.
Gardant l'air impassible, il s'efforça de croiser le regard de Rogriss, qui distribuait de nouveaux ordres. Quand il y parvint, il hocha légèrement la tête.
Quelques instants plus tard, une nouvelle secousse parcourut la passerelle : le Gatherer venait de s'arrêter, tout comme le reste de la flotte, car les vaisseaux d'avant-garde de Beny'lya avaient lancé l'assaut.
Les batteries longue portée n'avaient pas une grande puissance, mais elles suffisaient pour faire perdre en précision aux multiples détecteurs des croiseurs. Les chasseurs rebelles pouvaient donc se faufiler bien mieux dans les rangs de la flotte impériale, pour infliger des dégâts sur les zones moins protégées par les écrans déflecteurs.
Mais Teren Rogriss était formé à ce genre de tactiques, et il savait comment y répondre.
— Déployez immédiatement les chasseurs. Qu'ils couvrent nos arrières !
En lançant tardivement les escadrons, il espérait limiter les pertes dans les rangs des pilotes. Les combats allaient se concentrer sur des zones d'arrière-garde, où les TIEs seraient les seuls à recevoir un soutien de la part des artilleurs. D'ordinaire, les Rebelles compensaient cette situation par l'équipement supérieur de leurs appareils.
Mais les chasseurs embarqués du Gatherer et de sa flotte faisaient jeu égal avec les X-Wings et B-Wings si dévastateurs de la Nouvelle République. Les Traqueurs TIE, conçus à l'imitation des premiers, disposaient de boucliers déflecteurs et de torpilles à protons capables de faire des ravages dans les rangs ennemis. Carth avait ordonné que toute la production de ces appareils soit réservée à sa flotte, en prévision de cette attaque. Après tout, n'était-ce pas lui qui avait obtenu ces plans du Grand Moff Kaine, qui se les était appropriés ?
Les Défenseurs TIE possédaient le même armement, mais jouaient dans la catégorie supérieure. Ces appareils redoutables laissaient derrière eux un sillage sanglant, décimant les pilotes rebelles les uns après les autres. Leur présence suffisait généralement à faire renoncer les assaillants. Ils étaient chers, mais Carth avait mobilisé toute la production de l’usine de Polcaphran en vue de cette bataille. Il n’avait laissé qu’une poignée d’appareils au Grand Amiral Thrawn, qui bénéficiait sur Bilbringi d’une situation moins périlleuse qu’ici, sur Kuat, où un véritable déséquilibre s’était installé.
— Et les bombardiers, Amiral ? l’interrogea l’officier coordinateur.
— Qu’ils restent en attente, ordonna Rogriss.
Puis il s’approcha du Moff et chuchota :
— Le moment serait idéal…
— Patience, répondit Carth sur le même ton.
Mais il sentait lui aussi l’excitation le gagner.
— Bombardier dans le secteur D-9 ! signala alors un opérateur.
L’amiral réagit aussitôt.
— Abattez-les sur le champ !
Mais Poldrei repéra une file d’explosions sur la coque du Gatherer.
— Ils ont déjà commencé leur assaut, signala-t-il. Il n’y a pourtant pas d’objectifs dans ce…
Il jura en comprenant l’objectif des ennemis.
— Teren, dit-il en se tournant vers celui-ci, ces bombardiers n’essaient pas de détruire un objectif en particulier, mais de faire céder nos boucliers de proue !
— Vous avez raison, confirma Rogriss avant de se tourner vers un lieutenant. Augmentez l’alimentation des boucliers de proue.
— Nous risquons de perdre nos lasers de défense rapprochée, rappela l’homme.
— Peu importe ! Si ces Y-Wings parviennent à faire tomber nos protections, les lasers de la flotte rebelle nous infligeront des dommages considérables.
— Les batteries légères ne peuvent pas les abattre ? s’inquiéta Anthara.
— Ils volent trop près, soupira l’amiral.
Carth aperçut une explosion plus vive que les précédentes, qui avait éclaté loin au-dessus de la coque du vaisseau.
— Je crois que les Traqueurs sont arrivés, indiqua-t-il au reste de l’équipage. Avec un peu de chance…
De nouvelles gerbes de flammes vinrent renforcer ses espoirs.
— Nos pilotes les abattent un à un, confirma l’officier coordinateur. Nous les massacrons !
— Beny’lya gaspille ses pilotes, grommela le Moff. Il ne pouvait pas croire que nous ne réagirions pas !
— Mais nous avons perdu trois Défenseurs, lui confia Rogriss en regardant son datapad. Privés du soutien des Traqueurs, ils se sont retrouvés en infériorité numérique.
— Il faut que…
Un cri vif de l’opérateur des senseurs l’interrompit alors.
— Amiral, Excellence, nous avons un problème ! cria l’homme d’une voix où suintait la peur.
— Que se passe-t-il, lieutenant ? l’interrogea Rogriss.
— Les senseurs longue portée détectent des vaisseaux lourds en approche. De multiples vaisseaux, Monsieur. Les Rebelles reçoivent de nouveaux renforts !
Cette fois, la consternation se fit clairement entendre sur le pont. Le désarroi se lisait clairement sur certains visages, le désespoir sur d’autre. Anthara ferma les yeux, son abattement visible sur ses traits. En bon officier, Teren Rogriss demeura impassible.
Mais Carth, lui, se fendit d’un mince sourire.



Voilà un chapitre que je voulais livrer depuis un sacré bout de temps. J'ai commencé l'écriture de la première partie alors que je travaillais à la fin de la Partie 2, au point que le Gatherer n'avait pas encore son nom actuel ! :D

Alfred M. a écrit:Je trouve sympa que tu fasses se rapprocher ainsi Thrawn et Pellaeon, ce qui est à la fois logique au vu de la façon dont il a été "buffé" par la suite (comme ont pu l'être Drayson ou Zsinj) et montre l'évolution de ton Thrawn, contrairement à l'original de Zahn qui méprise la plupart de ses subbordonés (sans parler des contrebandiers et Noghri).

Je n'ai pas le sentiment que Thrawn soit particulièrement méprisant... Il est cassant, ça, oui, mais à part cela... Après, j'ai effectivement été influencé par les écrits ultérieurs de Zahn pour le portrait que je fais du Grand Amiral. :cute:
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Messagepar Alfred M. » Mer 12 Fév 2020 - 20:32   Sujet: Re: La Fédération Impériale

A voir maintenant qui va se battre en infériorité numérique :transpire: . Jusqu'à la prochaine vague de renforts :paf: .

Jagen Eripsa a écrit:Je n'ai pas le sentiment que Thrawn soit particulièrement méprisant... Il est cassant, ça, oui, mais à part cela... Après, j'ai effectivement été influencé par les écrits ultérieurs de Zahn pour le portrait que je fais du Grand Amiral. :cute:


Je veux dire dans la façon ou il traite tout le monde sans penser à les ménager. Les Noghri principalement mais aussi Pellaeon quand il lui dit "Vous avez perdu à Endor parce que vous étiez nuls". Mais il a toujours tendance à se concentrer sur un truc qu'il considère décisif et négliger les trucs aléatoires, les petits échelons.
"Luke, vous êtes là ?"
"Il est parti à la cantina."
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Messagepar Jagen Eripsa » Jeu 13 Fév 2020 - 22:52   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci Alfred ! À présent, la suite... Et quelle suite ! Un chapitre imaginé de longue, très longue date, que je rêvais de sortir depuis longtemps... :cute:



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Chapitre 155

Quelques jours plus tôt.

Le masque de la folie était devenu une seconde peau pour Ardus Kaine.
Assis derrière son bureau, dans la suite qu’il occupait à bord du Reaper, le Grand Moff ruminait les événements survenus depuis Endor. Cela lui arrivait souvent, ces derniers temps. Il tentait de déceler, dans ses souvenirs, le moment précis où la situation lui avait échappé.
Tout avait pourtant si bien commencé…
Ardus Kaine se targuait d’être le seul Seigneur de Guerre ayant réussi à vraiment résister à la Nouvelle République. Deux termes qu’il se refusait à employer, d’ailleurs. L’Empire était le seul héritier légitime de l’Ancienne République, et lui, Ardus Kaine, demeurait un Grand Moff, le plus haut de tous les dignitaires ayant survécu à ces années troublées.
L’Ordre Nouveau n’est pas mort, songea-t-il. Seulement l’Empereur…
Mais la survie du régime était en péril, à présent. L’Alignement de Pentastar était en danger de mort, et, Ardus Kaine le savait, c’était probablement de sa faute.
Sa première erreur avait été de traiter avec un Jedi Noir. Il savait pourtant, pour avoir côtoyé Vador et l’Empereur, que les utilisateurs de la Force étaient à manier avec précaution. Mais il s’était quand même compromis avec ce Jerec, et l’avait laissé se retourner contre lui.
L’attaque lui avait laissé des séquelles, physiques et morales, bien difficiles à résorber.
Kaine avait parfois des problèmes de mémoire, il le savait, mais son intelligence était redevenue similaire à ce qu’elle était autrefois. Le flair qui lui avait permis d’accéder au rang de Grand Moff demeurait intact.
C’est ce qui l’avait incité à refuser l’alliance offerte par Carth Poldrei.
S’il avait feint la cordialité lors de son premier entretien avec le Moff, c’était pour endormir sa méfiance. Il savait de longue date que le Polcaphréen était un libéral, mais il avait reçu sa défense de Thrawn – ce non-humain de malheur, qui avait déshonoré le grade Grand Amiral – comme une véritable trahison de l’Ordre Nouveau.
Puis ses Services Secrets avaient découvert que la fille de Poldrei, Siveline, avait intégré l’Escadron Rogue. Ardus Kaine vénérait le souvenir de son propre père, et regrettait souvent de n’avoir pas eu d’enfants pour poursuivre sa lignée. Que penser d’un homme dont la progéniture s’était jointe à l’ennemi ?
Il avait préféré s’en tenir à son plan initial, et il ne le regrettait pas. Il savait que l’Alignement pouvait se renforcer d’ici à une éventuelle guerre… Et qu’il pouvait la remporter.
Mais c’était à condition qu’il corrige ses erreurs, et notamment la pire de toutes.
Vilim Disra.
L’homme était un serpent, et le Grand Moff l’avait compris dès leur première rencontre. Mais c’était aussi un administrateur talentueux, et Kaine avait accepté cet état de fait jusqu’à ce qu’il comprenne que son subordonné n’avait qu’un seul maître.
Lui-même.
C’était après l’incident Jerec, pendant sa convalescence forcée. Le Grand Moff avait été la cible de deux tentatives d’assassinat. La première, grossière, avait été facilement déjouée ; mais ses services de sécurité avaient tellement pris confiance en eux qu’ils avaient négligé les indices menant à un second complot, qui avait failli réussir. Plusieurs hommes de confiance étaient morts, ce jour-là, dont son aide de camp de l’époque.
Il avait fallu les remplacer – et c’était le Moff de Sartinaynian qui lui avait proposé du personnel.
Avec le temps, Kaine avait compris que la manœuvre était parfaitement préméditée. Disra avait parfaitement prévu son coup. Le nouvel infirmier personnel du Grand Moff (le précédant faisait opportunément partie des victimes de l’attaque) avait ajouté à son traitement initial des produits psychotropes et des sédatifs.
Affligé d’un état de plus en plus précaire, Ardus Kaine avait ordonné de nouvelles analyses – et découvert le pot aux roses. L’infirmier avait été promptement exécuté.
Mais aucune preuve ne remontait à Disra.
Le Moff avait ensuite agi avec toujours plus de discrétion. Il avait fallu à Ardus Kaine une grande ingéniosité pour déceler la trahison qui avait caractérisé tous ses aides de camp depuis lors. C’était comme un éternel recommencement : il recrutait un nouvel officier pour le servir et découvrait, quelques jours, semaines ou mois plus tard, que l’homme était en contact avec de mystérieux intermédiaires pour le surveiller ou agir contre ses intérêts.
Et aucune preuve ne remontait jamais jusqu’à Disra.
Sous l’Empire, il aurait pu intriguer auprès de l’Empereur pour obtenir l’exécution immédiate du Moff scélérat. Mais l’Alignement de Pentastar reposait sur un équilibre plus fragile. S’il agissait ainsi contre le plus puissant de ses subordonnés, ses partenaires risquaient de craindre pour leur vie et d’intriguer contre lui.
La toile d’intrigues tissées par Disra menaçait de faire s’écrouler l’édifice auquel le Grand Moff avait consacré tant d’énergie.
Et il avait parfois l’impression de ne rien pouvoir y faire.
Un signal sonore le tira de sa méditation maussade. On tentait de le joindre sur sa ligne holocom privée.
Il l’activa d’un geste impatient.
— Ici Kaine, j’écoute.
Une silhouette se matérialisa face à lui, et il eut un hoquet de surprise. L’homme était vêtu d’un uniforme blanc pimpant où étaient fièrement accrochés ses galons de Grand Amiral, il portait haut ses épaulettes dorées, mais ce n’était pas Thrawn.
Il connaissait ce visage, et cette voix.
Bonjour, Ardus, mon vieil ami.
— Octavian ! s’exclama le Grand Moff.
C’était bien le Grand Amiral Grant, celui que les Rebelles avaient longtemps cru être, à tort, le « dernier Grand Amiral ».
Vous êtes surpris de me voir ?
— Je croyais que vous étiez toujours sur Rathalay, entre les mains de nos ennemis, répondit Kaine, suspicieux.
C’est ce qu’ils pensent, en effet, répondit l’homme de son habituel ton guindé. Mais il faut croire que les non-humains peuvent avoir leur utilité, après tout. Surtout ce mercenaire clawdite grassement rémunéré pour prendre mon apparence et vivre dans mes quartiers privés…
— Vous êtes parvenu à vous enfuir ?
— Dans des circonstances que je garderai secrètes, si vous le voulez bien. Nous pourrons peut-être en discuter plus tard, autour d’un bon verre de vert d’Aldérande, s’il vous reste encore de ce Palais-Aldera de l’an 4.
Le Grand Moff saisit la référence : Grant lui avait offert, peu de temps avant sa défection, une caisse de ce grand cru extrêmement prisé des connaisseurs.
— Cela peut s’arranger, promit-il, si vous me fournissez quelques explications.
Sur mon retour, je présume.
— Vous n’avez pas été capturé ; vous vous êtes constitué prisonnier, avec votre vaisseau.
Le Grand Amiral ne se laissa pas démonter par l’accusation.
C’est exact.
— Et vous souhaitez revenir maintenant.
Je me suis rendu aux Rebelles parce que j’avais perdu tout espoir. Ironiquement, cette campagne lancée par Thrawn et Poldrei m’a rendu des raisons de croire à une possible victoire. Il existe une fenêtre de tir – mince, certes, mais néanmoins présente – qui nous permettrait de réaliser notre devoir envers l’Ordre Nouveau. Comme vous l’avez sans doute déjà compris, la guerre va s’intensifier et laisser les deux camps exsangues. Je pense qu’en conjuguant nos efforts, nous pourrions être en mesure d’attaquer au moment opportun. Mais il faudra faire attention, car vous êtes en grand danger.
— En danger ? répéta Kaine.
J’ai mes propres sources au sein de l’Empire. Poldrei se méfie de vous. Il n’a pas digéré son incapacité à vous rallier à sa cause, pas plus que le fait que vous ayez débauché son aide de camp. Il vous fait surveiller et guette lui aussi la moindre opportunité qui pourrait se présenter. J’ai des détails supplémentaires, des noms à vous donner, mais je ne veux vous les remettre qu’en mains propres. Je crains que nos ennemis ne parviennent à les intercepter sans cela.
— Vous pourriez me rejoindre sur Sartinaynian.
Pas tant que vous n’aurez purgé votre entourage. Sans cela, je serais mort dès mon arrivée. La seule solution, Ardus, c’est que nous rencontrions discrètement. Avez-vous des pilotes de confiance ?
— J’en ai un, confirma Kaine. Cela suffit pour ma navette.
Excellent. Retrouvons-nous demain à l’emplacement de notre première rencontre. J’ai un vaisseau et des agents fiables qui pourront nous aider à vous protéger.
— Je l’espère.
La silhouette du Grand Amiral le salua, puis l’homme disparut et le silence revint dans la suite. Puis le Grand Moff se leva d’un coup et frappa son bureau du plat de la main.
Encore des trahisons ! Encore des traîtres ! tempêta-t-il intérieurement. Cela n’en finira-t-il donc jamais ?
Fort heureusement, s’il disait vrai, Grant était en mesure de l’aider. Peut-être même pouvait-il démasquer Disra – qui, supposait Kaine, était une fois de plus l’instigateur de ce complot.
Il ne mit guère longtemps avant de se décider et de sortir son comlink.
— Garind, je veux que l’on prépare ma navette sur le champ, ordonna-t-il aussitôt. Prévenez seulement Paldr, nous partirons seuls.
Oui, Excellence, répondit aussitôt son aide de camp. Où dois-je vous contacter si des affaires urgentes surviennent ?
— Nulle part. C’est un voyage privé.
Même s’il ne lui faisait pas totalement confiance, il appréciait Garind. C’était un garçon droit, travailleur et intelligent, un parfait représentant de la Haute Culture Humaine que le Grand Moff tentait de perpétuer. Kaine espérait sincèrement qu’il ne figurait pas sur la liste de Grant.
Sinon… Eh bien, il le ferait exécuter, lui aussi.

* *
*
À des parsecs de là, debout dans son luxueux bureau, le Prince-Amiral autoproclamé Delak Krennel observait l’horizon de Daplona, la capitale de Ciutric, le cœur du royaume dont il s’était emparé près de cinq ans plus tôt.
C’était une belle prise, mais il n’était pas vraiment satisfait de la façon dont il l’avait acquise. Le meurtre de Sate Pestage – ce vieillard débilitant, ce traître prêt à livrer Coruscant aux Rebelles – n’avait rien eu de glorieux. Tenir tête à Ysanne Isard était plus à son honneur, mais la Directrice des Renseignements Impériaux n’avait en réalité jamais agi contre lui. Non, vraiment, il manquait à Delak Krennel un coup d’éclat pour asseoir sa légitimité.
Il aurait rêvé de s’emparer de nouveaux mondes grâce à ses seules capacités stratégiques, et aux destroyers qui répondaient à ses ordres, mais sa position était trop précaire pour qu’il s’engage dans une telle aventure.
Ses yeux bleus s’étrécirent et il serra son poing de métal. Cette impuissance le mettait hors de lui !
Il aurait pu choisir de s’allier aux autres Impériaux et de profiter des récentes évolutions de la situation pour consolider son territoire. Ç’aurait été un choix logique, celui que ses hommes attendaient de lui. Mais un problème l’en empêchait.
Un problème à la peau bleue et aux yeux rouges.
Un problème nommé Thrawn.
Thrawn. Il avait envie de cracher à chaque fois qu’il entendait ce nom. Il avait servi le « Grand Amiral » dans les Régions Inconnues, et cette expérience le dégoûtait encore. L’être avait du talent, c’était indéniable. Mais il était non-humain, et se reposait bien trop sur ses prétendues « œuvres » d’art. Un non-sens pour Krennel, qui ne s’intéressait qu’au métal et aux hommes pour mesurer les forces de l’ennemi.
Leur « différent » stratégique avait dégénéré, et Krennel avait menacé de détruire l’une des œuvres avec une vibrolame. Thrawn n’avait eu qu’un geste à faire pour que son garde du corps noghri, Rukh, réagisse aussitôt.
Le Prince-Amiral massa l’extrémité de son bras mutilé, à l’endroit où la chair rencontrait le métal. Oui, il avait payé bien cher cette leçon…
Mais les choses avaient plutôt bien tourné pour lui, et il avait tiré de cette altercation des leçons intéressantes. Il n’était plus cet homme impulsif ; à présent, il songeait aux situations à plus long terme.
C’était ce qui l’avait incité à soutenir officieusement Thrawn, alors que son cœur brûlait d’envie de serrer cette main de métal autour du cou du Grand Amiral.
Bien sûr, il s’était contenté d’envoyer le strict minimum au non-humain et à son comparse Moff, mais il pensait s’être attiré, sinon leurs bonnes grâces, une indulgence appréciable. Toutefois, sa position était une fois encore précaire ; si la campagne tournait en leur faveur, Thrawn et Poldrei seraient en position de force pour exiger l’annexion de l’Hégémonie de Ciutric par l’Empire. S’ils échouaient, la Nouvelle République aurait le champ libre pour nettoyer la Galaxie des seigneurs de guerre subsistants – lui compris.
Je dois trouver le moyen de renforcer mes défenses, songea-t-il. Je dois faire de l’Hégémonie un gâteau trop gros pour qu’on l’avale – même avec le plus grand des appétits.
La tâche n’était pas simple, mais il la pensait réalisable si la guerre entre l’Empire et la Nouvelle République se poursuivait ainsi pendant quelques années. Les deux protagonistes s’affaibliraient, pendant que lui, au contraire, ne ferait que se renforcer…
La porte de son bureau siffla et l’homme qu’il attendait entra.
— Eh bien, Vict ? demanda-t-il en se retournant.
Le capitaine Darron était le commandant du Direption, un des destroyers de l’Hégémonie, mais c’était surtout son ancien aide de camp. Quand Krennel avait exécuté le capitaine Rensen, l’ancien commandant du Direption, pour insubordination, il avait choisi d’y nommer cet homme de confiance.
— Les nouvelles sont bonnes, dit-il en montrant la bouteille qu’il apportait.
Du rubis de Maléa, lut Krennel avec plaisir. Il était particulièrement friand de ce vin de la couleur du sang.
Et des yeux de Thrawn… Il chassa vite cette pensée malheureuse de son esprit.
Sans succès, hélas.
— Les Rebelles sont en panique, expliqua-t-il. Apparemment, Rogriss et Poldrei ont attaqué Kuat, et Thrawn menace directement Coruscant. Ils sont en train de perdre en quelques mois ce qu’ils ont mis des années à conquérir !
— Et c’est pour cela que vous amenez une si bonne bouteille ? répondit Krennel, perplexe. Si ce que vous dites se confirme, c’est assez inquiétant pour nous. Je n’imaginais pas que l’Empire pourrait se reprendre si facilement. Avec quelques victoires, ils pourraient revoir les termes de notre accord…
— En fait, c’est pour fêter un heureux événement, expliqua le capitaine. La famille Darron comptera bientôt un nouveau petit humain !
Le Prince-Amiral sourit face à l’enthousiasme de son ex-second.
— C’est assurément une bonne nouvelle.
— La meilleure qui soit. Cet enfant pourra grandir au sein d’un monde où il ne sera pas confronté perpétuellement aux non-humains, grâce à votre politique. Cela mérite bien un bon verre, n’est-ce-pas ?
Krennel fit un geste pour l’inviter à s’asseoir.
— Alors prenons-en un.

* *
*
Gaen Drommel n’avait aucun monde à contempler, pourtant il observait également des tours et des canyons de métal. Un spectacle qu’il avait aimé dès le premier jour, dès l’instant où il avait pris le commandement du Guardian.
C’était un cuirassé stellaire, semblable à l’Executor et au Reaper, l’un des rares vaisseaux de cette classe encore en service dans la galaxie, et il faisait la fierté de son commandant.
Drommel était un homme grand, au visage sévère à peine adouci par une barbe en collier aussi noire que ses cheveux courts. Partisan de longue date de l’Ordre Nouveau, il avait eu l’intelligence de se placer dans le sillage d’une des figures les plus en vues de l’Empire : le Grand Moff Tarkin en personne.
Avec son mentor, il partageait une conception de la Galaxie et une foi totale dans cette politique de la peur à outrance qui était passée à la postérité sous le nom de Doctrine Tarkin. Cette proximité avait permis au jeune Drommel de monter un à un les échelons de la flotte, malgré un talent qui ne sortait guère de l’ordinaire.
Même l’explosion de l’Étoile Noire au-dessus de Yavin n’était pas parvenue à entraver sa progression. Du moins, pas autant que celle de l’Étoile de la Mort en orbite d’Endor, quelques années plus tard.
C’était trop tôt, voilà tout. Gaen avait alors déjà dépassé la cinquantaine, mais il avait encore quelques échelons à gravir pour transformer ce beau commandement qu’était le Guardian en un véritable levier de pouvoir, comme pouvait l’être le Reaper pour Kaine.
Moff, Grand Moff… C’étaient là des positions dont Drommel s’estimait tout à fait digne, pour peu qu’il s’en donne les moyens.
Quand l’Empereur était mort, il n’y avait plus eu qu’un seul moyen pour progresser dans la hiérarchie impériale : devenir le chef de son propre Empire. N’était-ce pas, après tout, ce qu’avait fait Kaine ?
Dès que la nouvelle avait été rendue publique, il était retourné sur son monde natal, Oplovis, et il s’était proclamé seigneur de guerre. C’était, peu ou prou, le même cheminement que celui qu’empruntait Kaine au même moment.
Mais Drommel avait alors échoué.
La bataille de Tantive V avait été une catastrophe. Il avait perdu ses trois destroyers de soutien et son bijou, le Guardian, avait subi de graves dommages. Si bien que, depuis plus de cinq ans, le cuirassé stellaire était au repos dans le système de Soullex, au fin fond de l’Espace Sauvage.
Mais, bientôt… se prit à espérer Drommel.
Il n’avait jamais cessé de croire qu’il regagnerait un jour le devant de la scène galactique. Mais les dégâts du Guardian étaient tels qu’il aurait été trop vulnérable lors de nouveaux affrontements. Si bien que le Seigneur de Guerre avait choisi la patience. Il n’avait pas eu vraiment le choix, d’ailleurs ; le vaisseau était arraisonné à des installations de fortune, ce qui limitait la vitesse de réparation.
Le principal problème, c’étaient les pièces détachées. Bon nombre d’éléments du vaisseau avaient été irrémédiablement endommagés, et ils devaient absolument être remplacés avant de reprendre le combat. Les achats se faisaient via le marché noir, au compte-goutte pour ne pas attirer l’attention d’ennemis potentiels.
Mais le second de Drommel, le colonel Niovi, avait déniché deux mois plus tôt une nouvelle source d’approvisionnement, beaucoup plus prolifique ; et le Guardian serait, d’ici quelques heures, prêt au départ.
Enfin.
L’amiral vit justement Niovi arriver sur la passerelle.
— Alors, quand serons-nous prêts, Gastos ? l’interrogea-t-il.
— Dans trois heures, tout au plus, répondit le colonel. Les dernières soudures sont en cours d’achèvement… Il faudra quelques tests, bien sûr, mais nous devrions pouvoir partir d’ici à la prochaine rotation.
— Formidable… murmura le Seigneur de Guerre.
Il embrassa une nouvelle fois du regard cette puissante coque qui se déployait devant lui. Le Guardian avait été trop longtemps sa prison ; il allait redevenir sa fierté… et le symbole de sa puissance.
— C’est une chance que vous ayez découvert ce stock de pièces…
— En fait, ce n’est pas un véritable stock, corrigea Niovi. Il se trouve qu’à ma dernière expédition, j’ai repris contact avec un ami officier. Il travaille dans l’intendance au sein de l’Alignement de Pentastar, mais il aspire à mieux… Je l’ai « convaincu » que si certaines pièces destinées au Reaper nous parvenaient, il pourrait finir gouverneur d’une planète entière.
— Ou même d’un système ! Je suis d’humeur généreuse, Gastos. Et d’humeur belliqueuse aussi.
Il serra le poing.
— Alors… Qui subira le premier mon courroux ? La Nouvelle République… ou l’Empire ?
Niovi sourit en sortant son arme.
— En fait, j’avais une autre idée.

* *
*
Ils étaient quatre. Quatre stormtroopers venus en pleine nuit extraire leurs deux prisonniers des suites qu’ils occupaient au Grand Horizon, l’hôtel le plus prisé d’Orinda – fermé à toute clientèle depuis quelques semaines.
Le trajet s’était fait dans un silence total. Sarcev Quest avait reconnu son condisciple Ars Dangor, mais ils n’avaient pas été autorisés à communiquer par le sergent de l’escouade. L’homme avait menacé de les molester s’ils se faisaient remarquer.
En temps normal, Quest aurait réduit le présomptueux sergent en un petit tas de chair et d’os, mais il en était à présent incapable.
Ces créatures – ces ysalamiris – le privaient de la Force depuis le coup d’État de Poldrei. Sans accès au Côté Obscur, Quest n’était plus qu’un homme, un simple humain, ne faisant pas le poids face à des soldats de choc surentraînés.
Quelle déchéance pour la Main de l’Empereur…
Les deux proches de Palpatine furent conduits à un hangar où attendait une navette de classe Sentinelle, avec deux pilotes en tenue de vol.
— Ils sont à vous, leur annonça le sergent.
— Faites-les monter à bord, demanda l’un des hommes vêtus de noir.
Le sous-officier grommela mais s’exécuta. Dangor et Quest furent promptement poussés sur la rampe du vaisseau pour gagner la soute, équipée comme un transport de troupe. On leur apposa au poignet gauche des bracelets magnétiques, et l’un des pilotes appuya sur un commutateur.
Des liens énergétiques s’allumèrent, retenant les anciens conseillers attachés à leurs chaises.
L’autre pilote gagna la cabine, tandis que les stormtroopers quittaient le vaisseau.
Un seul homme demeura en compagnie des prisonniers. En l’observant, Quest comprit pourquoi ; il avait aperçu la structure nutritive d’un ysalamir.
— Où nous emmenez-vous ? demanda Dangor en entendant le vaisseau allumer ses moteurs.
Le pilote avait un casque, mais Quest devina qu’il souriait.
— Vous savez ce qu’on dit : la destination compte moins que le voyage…
Il entra dans le poste de pilotage ; Dangor se tourna aussitôt vers son condisciple.
— Sarcev, qu’a-t-il voulu dire ?
Le Jedi Noir soupira.
— Si vous n’avez pas compris, je ne peux rien pour vous, Ars.
— J’ai peur d’avoir compris.
— La peur ne vous sauvera pas, grommela Quest.
Lui comptait sur sa colère, mais il ne pouvait pas en faire usage.
Le pilote arrogant revint quelques minutes après le décollage, une fois la navette passée en hyperespace. Il s’installa près de l’ysalamiri et attendit.
Sarcev Quest, en silence, méditait sur les options qui s’offraient à lui, sans succès malheureusement… Jusqu’à ce qu’une vieille sensation lui revienne enfin.
Il ouvrit les yeux, guettant l’ysalamir. Mais la créature avait disparu ; le pilote avait emmené sa cage vers la cabine, dont il avait ouvert la porte.
— Eh, Hal ! s’exclama-t-il. Tu crois qu’il faut nourrir cette chose ?
Le cerveau de Quest se mit à réfléchir à toute vitesse. Il ne devait pas rater son coup. Il aperçut un objet qui convenait à son dessein.
Le pistolaser du pilote, abandonné sur un siège.
Il se saisit télékinétiquement de l’arme, résista à l’idée séduisante d’abattre son geôlier et tourna plutôt le canon en direction de la maudite créature.
Le premier coup de blaster détruisit la cage, le second transperça le petit reptile gisant au sol. Son gardien hurlait de douleur ; le rayon d’énergie l’avait touché à la jambe.
Sarcev ressentit sa douleur avec un double plaisir : celui de voir ce pédant souffrir, et celui d’être désormais assuré de la mort de l’ysalamir.
Le Côté Obscur jaillissait à nouveau en lui, flot bouillonnant qui ne demandait qu’à être déchaîné.
Grâce à lui, il attrapa le commutateur toujours attaché à la ceinture de l’homme et désactiva les entraves. Dangor jaillit de son siège comme s’il craignait que les menottes se réactivent ; mais Quest ne l’imita pas, préférant plutôt détruire définitivement la télécommande.
Puis il se leva et marcha doucement en direction du pilote blessé.
L’homme se tourna difficilement vers lui.
— Pitié… gémit-il.
Le Jedi Noir se saisit de lui grâce à la Force, et lui ôta son casque en usant des mêmes moyens. Ce n’était qu’un gamin humain, un peu vantard, à qui on avait confié une mission trop lourde pour lui.
Autrefois, quand il était à l’Agricorps – et plus encore avant, lorsqu’il aspirait à devenir Jedi –, Sarcev Quest aurait pu éprouver de la pitié envers lui.
Mais le Côté Obscur retenu trop longtemps en lui réclamait son tribut.
Il leva le bras en maintenant son étreinte télékinétique, comme Vador avait l’habitude de le faire. Mais il n’allait pas accorder au garçon une simple gorge écrasée.
Non, ce n’était décidément pas assez.
Avec la Force, il exerça une forte pression sur tous ses organes internes. Avec délectation, Sarcev sentit l’intestin se percer, le foie se dégorger de toute sa bile, les poumons qui cherchaient à sortir de la cage thoracique…
Il a failli à sa tâche par manque de réflexion, se dit-il. Aussi décida-t-il de faire grossir son cerveau. Encore vivant malgré tous les tourments subis, le jeune homme sentit la pression grimper dans sa boîte crânienne, jusqu’à ce que ses yeux sortent de ses orbites.
Puis il expira finalement, accueillant la mort comme une délivrance.
Son meurtrier, haletant, domina le corps supplicié. Ars Dangor vint se placer à ses côtés.
— C’est répugnant, lâcha-t-il d’une voix hautaine.
Quest enjamba la dépouille pour gagner le cockpit. Le pilote restant avait enlevé son casque ; c’était un humain un peu plus âgé que l’autre, aux cheveux blonds et d’une pâleur extrême – sans doute due à ce qu’il venait d’entendre.
— Eh bien, Hal, lui glissa le Jedi Noir d’une voix où perçait une joie mauvaise, on dirait que vos ordres de mission viennent de changer.
L’homme déglutit.
— Dites-moi ce que vous deviez faire et qui vous l’a ordonné, intima Quest.
— C’est un agent des Renseignements Impériaux… Mais je ne connais pas son nom, je vous le promets ! glapit le dénommé Hal. Il a dit qu’on nous amènerait deux prisonniers et qu’il faudrait les balancer dans le vide stellaire une fois dans l’espace profond. Rien d’autre ! Nous ne savions pas…
— Assez !
Dangor profita d’un instant de silence pour les rejoindre.
— À tous les coups, c’est Poldrei qui a essayé de nous faire tuer, lui annonça Quest. Nous étions sans doute trop menaçants pour lui…
— Peut-être est-il temps de le devenir vraiment, répondit le Conseiller Impérial. Cette farce a assez duré. L’Empire doit redevenir ce qu’il aurait toujours dû être.
Les deux hommes échangèrent un regard équivoque. Ils savaient tous deux ce que cela signifiait.
Quest se pencha donc vers le pilote.
— Dites-moi, Hal, si vous voulez vivre…
— Oui, oui, bien sûr !
— Ne m’interrompez pas ! cria le Jedi Noir en frappant sa victime.
Hal se recroquevilla sur son siège.
— Vous allez nous conduire sur Byss, dans le Noyau Profond, reprit Quest. Cette fois, vous servirez vraiment l’Empire.

* *
*
Le Prince-Amiral trinqua avec son ancien aide-de-camp à un futur radieux, pour l’Hégémonie et pour eux. Puis ils savourèrent leur breuvage.
Le rubis de Maléa exhalait un parfum absolument exquis, comme toujours, mais dès qu’il avala la première gorgée, Krennel lui trouva un arrière-goût légèrement amer.
Un deuxième essai avec ce vin d’habitude sucré se révéla pire encore.
Quelque chose ne va pas, comprit-il.
Il sentit soudainement des bouffées de chaleur le gagner, alors que la température ambiante de la pièce, il l’aurait juré, n’avait pas bougé.
La panique le gagna. Il tenta de se lever, mais un vertige l’interrompit dans son geste et il fut obligé de mettre un genou à terre.
Toujours assis à table, Darron contemplait les poussières nobles en suspension dans son verre, sans prêter attention aux déboires de son vis-à-vis.
— Le vin… haleta Krennel.
Le capitaine du Direption le regarda enfin.
Et ses yeux ne montrèrent aucune surprise.
— Ne vous inquiétez pas pour moi, Delak, lâcha-t-il. J’avais évidemment pris l’antidote avant de venir.
Le choc laissa le Prince-Amiral interdit, incapable de comprendre ce qui se passait.
— Je crois même que j’en avalerai une autre dose pour pouvoir savourer cette bouteille jusqu’à la dernière goutte, ajouta Darron.
Alors, Krennel saisit enfin la trahison dont il était victime. Il aurait voulu pousser un cri de rage et étriper le félon, mais tout ce qui sortit de sa gorge fut un horrible gargouillement. Incapable de commander à ses muscles, il retomba en arrière.
Il était mort avant de toucher terre.

* *
*
La cape et l’uniforme noir décoré de motifs or du Seigneur de Guerre avaient été percés par le coup de blaster, de même que sa poitrine désormais fumante.
Le corps s’abattit sur la passerelle, sous le regard stupéfait des membres d’équipage.
Ils se tournèrent vers Gastos Niovi, le colonel qui venait de tuer leur maître.
— Pourquoi ? lâcha l’opérateur des senseurs.
— Parce que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire, Jurgen, lui répondit Niovi. À cause de lui, nous avons passé cinq ans coupés du monde, loin de nos familles. Et tout ce qu’il voulait nous offrir, en remerciement, c’est la poursuite de cette existence de parias, le risque de mort en plus.
Le dénommé Jurgen baissa le regard. C’était un vieil homme, respecté sur la passerelle pour son expérience, mais qui aurait dû regagner son foyer des années plus tôt si la guerre ne l’avait pas retenu.
Il acquiesça en signe d’assentiment.
Désormais commandant de facto du Guardian, le colonel s’approcha de la baie d’observation. L’endroit où Gaen Drommel avait tant aimé se tenir…
Il activa l’intercom du vaisseau.
— Ici Gastos Niovi, annonça-t-il. Notre exil est terminé.

* *
*
Krennel et Drommel n’avaient pas été les seuls à connaître la trahison, la douleur et la mort.
Partout, au sein de la Galaxie, les Seigneurs de Guerre et les dissidents impériaux passaient du statut de prédateur à celui de proie. Seuls ceux qui étaient demeurés inaccessibles, à l’abri dans le Noyau Profond, se trouvèrent épargnés.
Des Moffs dissidents comme Bliss Shargael ou Anton Fargger furent mystérieusement abattus par des tireurs d’élite qui semblèrent s’évanouir dans la nature. Leurs successeurs proclamèrent aussitôt le retour de leurs mondes sous le giron de l’Empire.
Les officiers Iolan Gendarr et Arndall Lott périrent ensemble, alors qu’ils discutaient de leurs futures attaques, lorsque la salle de réunion où ils se trouvaient se décompressa subitement. Le Reliance, vaisseau de Gendarr, changea alors de cap.
Le Seigneur de Guerre Ennix Devian
Les pirates ne furent pas épargnés. Le capitaine Lon Donell, qui suscitait la terreur chez les marchants indépendants du secteur Weneen, fut abattu dans le dos par le chasseur de primes Dengar, alors qu’il se trouvait incognito sur un marché de Jussafet IV. Leonia Tavira, qui s’était proclamée amirale et avait dérobé l’Invidious à l’amiral Teradoc, fut exécutée sur la passerelle de son vaisseau par ses hommes, à qui l’on avait promis l’absolution pour leurs crimes… et une substantielle récompense, s’ils remplissaient un autre contrat avant de rendre le destroyer à ses véritables maîtres.
Les spoliateurs de l’Empire payaient enfin le prix de leurs ambitions.

* *
*
Le dernier à périr fut celui qui avait été le premier d’entre eux.
La navette personnelle d’Ardus Kaine émergea à l’endroit prévu, en orbite de Marquarra, l’un des mondes les plus isolés de l’Alignement de Pentastar.
C’était là, à l’extrémité du secteur Prefsbelt, que le Grand Moff avait rencontré pour la première fois Octavian Grant, quelques jours après la bataille d’Endor.
Il se souvenait assez bien du spectacle de ces deux silhouettes massives qu’étaient l’Oriflamme et le bien plus impressionnant Reaper. Deux ombres immenses s’étendant sur ce monde rural. Deux chefs renommés se concertant avant de s’unir.
La reddition de Grant à la Nouvelle République avait porté un sérieux coup au moral de Kaine. Il s’était persuadé, à un moment, que le Grand Amiral avait agi ainsi pour éviter d’attirer l’attention sur l’Alignement, pour apaiser un temps les Rebelles. Qu’il s’était sacrifié pour que l’Ordre Nouveau survive.
C’était faux, bien entendu – mais l’image était belle.
— Paldr, vous voyez un vaisseau ? demanda Kaine à son pilote personnel.
— Il n’y a rien sur les scanneurs, Monsieur…
Le Moff fronça les sourcils. Grant était du genre ponctuel.
— Attendez… reprit Paldr. Il y a bien un vaisseau, mais très petit. Et il fonce droit sur nous !
— Activez les boucliers ! réagit aussitôt le Grand Moff.
Mais le mystérieux appareil ne les attaqua pas pendant qu’il approchait. Il les dépassa en les frôlant et poursuivit sa route à plus grande vitesse que la navette de Kaine. Celui-ci s’étonna du design de l’engin. C’était un vaisseau très étrange, plus haut que large, avec une flopée de réacteurs.
— Je l’aurais cru hostile… murmura-t-il.
Il vit alors le vaisseau lâcher une sorte de débris dans son sillage. Un petit objet lumineux.
Qui explosa dans un assourdissant vacarme. L’onde de choc bleutée fondit en un instant sur la navette, pulvérisant le cockpit et tous ses occupants.

* *
*
Une sonnerie de comlink tira le jeune homme de ses pensées. Son cœur s’accéléra, devinant que c’était l’appel qu’il attendait.
— Garind, répondit-il en activant l’appareil. J’écoute.
C’est fait, dit simplement une voix rauque.
Ahris ferma les yeux, partagé entre le soulagement et la tristesse.
— Merci, Fett, souffla-t-il avant de raccrocher.
L’heure du paiement arriverait plus tard, comme Carth l’avait convenu avec le chasseur de primes en échange de ses services. Les priorités étaient ailleurs, à présent.
Il quitta sa cabine, ruminant ce qui venait de se produire. Avec les mois, il avait appris à respecter Ardus Kaine. Jadis, l’homme avait été un bon officier, un gestionnaire compétent, un visionnaire même. Ahris n’était pas d’accord avec lui sur tout, notamment les questions de spécisme, mais il était forcé de reconnaître à l’homme ses mérites.
C’était le seul Seigneur de Guerre à avoir réussi. Dans une galaxie déchirée par les conflits, les habitants de l’Alignement avaient connu une paix relative au cours des cinq dernières années.
Oui, Kaine n’avait plus toute sa tête… Et Ahris essayait de se consoler en se disant que l’Opération Renaissance avait au moins permis de mettre un terme à ses souffrances – en plus de débarrasser la galaxie d’une poignée d’opportunistes qui ne manqueraient pas à grand-monde.
Mais quelque chose le dérangeait, à propos de cette maladie du Grand Moff. Il soupçonnait qu’il y avait davantage qu’une simple sénilité. Son instinct le lui soufflait.
Arrivé à sa destination, il frappa à la porte devant lui. Quelques instants plus tard, le panneau s’écarta, révélant l’occupant de cette cabine, l’une des plus luxueuses du vaisseau.
— Il est mort, lâcha Ahris.
Vilim Disra hocha doucement la tête.
— Quelle perte tragique pour l’Alignement de Pentastar.
Son visage était resté tout à fait passif. Il sortit de sa suite et emmena Ahris avec lui vers la passerelle de commandement.
Pendant qu’ils marchaient, le Polcaphréen observa le Moff de Sartinaynian. Il affichait une tranquillité que le jeune homme trouva désagréable. Disra avait exprimé trop peu de scrupules lors de la mise en place du plan. D’après ce que lui en avait dit Jahan Cross, qui s’était chargé de recruter plusieurs officiers tels que Darron ou Niovi, tous avaient exprimé une certaine hésitation à l’idée de trahir leur supérieur.
Disra, lui, s’était prêté de bonne grâce à cette affaire. C’était lui qui avait apporté à Ahris les clés de décryptage permettant d’accéder aux fichiers personnels de Kaine – ses enregistrements personnels, notamment. Le jeune homme avait ainsi pu découvrir les liens d’amitié entre le Grand Moff et Octavian Grant à travers leur correspondance archivée. Un masque holographique et une bonne interprétation avaient fait le reste.
Les deux hommes entrèrent sur le pont. L’officier de quart vint les accueillir.
— Excellence, Colonel…
— Le Grand Moff Kaine est mort, annonça de but en blanc Disra.
Il poursuivit, sans se soucier des expressions choquées sur les visages des membres de l’équipage.
— Dès cet instant, le colonel Garind assumera le commandement du Reaper et de toute la flotte de l’Alignement.
— C’est inacceptable ! s’insurgea le capitaine. C’est un officier de terrain, il n’appartient pas à la Marine !
— C’est exact, répondit le Moff en se tournant vers Ahris. Mais je dispose de pouvoirs militaires me permettant de conférer certains grades aux hommes qui en sont dignes. Félicitations, amiral Garind.
Le Polcaphréen salua, sans exprimer la moindre joie à cette nomination.
— Des objections ? demanda Disra au capitaine.
L’homme baissa la tête.
— Aucune, Excellence.
— Disposez.
L’officier s’éloigna honteusement. Ahris le regarda partir.
— C’est à vous de jouer, à présent, dit-il à son allié de circonstance. Souvenez-vous : il faut garder le secret le plus longtemps possible sur ce qui vient de se produire.
— Comme le veut notre plan, confirma Disra.
— Êtes-vous sûr de parvenir à garder les Douze en laisse ?
Le Moff le regarda comme s’il venait de poser une question particulièrement stupide.
— Vous avez bien prévu de laisser la moitié de la flotte à ma disposition ?
— Bien entendu, confirma Ahris avec un certain malaise.
L’ambition à peine masquée de Disra le dérangeait. Il était extrêmement utile pour la mise en place de cette opération, mais Carth va devoir le tenir à l’œil, à présent…
— Alors, faites-moi confiance, Amiral : les négociations ne dureront pas.

* *
*
Rassembler la flotte de l’Alignement sans laisser la nouvelle de la mort de Kaine se répandre n’avait pas été simple, mais Ahris y était parvenu. Il avait aussi déplacé l’imposant groupe de combat à travers l’espace impérial puis néo-républicain sans être repéré, en choisissant des routes plus longues mais moins fréquentées, et en effectuant les sauts depuis les abords des différents systèmes-étapes.
Il était finalement arrivé aux abords du secteur de Kuat quelques heures avant le moment fatidique, pour y trouver un assemblement hétéroclite de vaisseaux déjà en attente dans cette portion de l’espace profond.
Il y avait des destroyers, bien sûr. Ils étaient issus de la flotte de l’Hégémonie de Ciutric, comme le Reckoning et le Direption, ou de propriétaires indépendants, comme le Reliance ou l’Invidious.
Ils étaient accompagnés d’un assemblage hétéroclite de vaisseaux : croiseurs Carracks, Strike, frégates Lancer et autres corvettes en tous genres.
Et il y avait le Guardian, qui aurait été le plus imposant vaisseau de la flotte s’il n’y avait eu face à lui le Reaper, bien mieux entretenu lors de son service au sein de l’Alignement.
C’était une flotte plus puissante encore que celle qui avait assailli Kuat quelques jours plus tôt, et que les Rebelles avaient pensé avoir surpassée.
Leur présomption allait causer leur perte.
Ahris garda son comlink en main, arpentant le pont avec nervosité jusqu’à ce que le signal lui parvienne enfin.
Lâchant un soupir de soulagement, il accusa réception aussitôt et distribua ses ordres à toute la flotte, qui plongea quelques instants plus tard dans l’hyperespace.
Lorsqu’elle en ressortit, une poignée de minutes plus tard, Kuat était en vue. Mais entre la surface de la planète et le Reaper, se dressaient successivement les chantiers navals, le Gatherer, son groupe… et la flotte rebelle, dont Ahris ne voyait à présent que les réacteurs.
Il sourit. Tout s’était passé comme prévu.
Il activa son comlink et positionna l’émetteur sur une fréquence ouverte.
— Ici l’amiral Garind, à l’attention des forces impériales. Puis-je vous prêter assistance ?


Bon, déjà, je suis quasiment certain que c'est le chapitre le plus long que j'aie publié depuis le début de cette histoire. Je vérifierai, mais comme il fait 18 pages sur mon Word, alors que je tourne d'ordinaire entre 4 et 10 pages, je suis quasiment certain d'avoir raison. :transpire:

Ensuite, j'aimerais savoir si quelqu'un décèlera l'inspiration cinématographique aux sources de la construction de ce chapitre... :cute:

Alfred M. a écrit:Je veux dire dans la façon ou il traite tout le monde sans penser à les ménager. Les Noghri principalement mais aussi Pellaeon quand il lui dit "Vous avez perdu à Endor parce que vous étiez nuls". Mais il a toujours tendance à se concentrer sur un truc qu'il considère décisif et négliger les trucs aléatoires, les petits échelons.

Je suis d'accord pour les Noghris, mais concernant Pellaeon je ne l'avais pas vu ainsi... Je percevais plutôt le capitaine, vu son âge, comme un "élève" apprenant de Thrawn - chose que j'ai essayé de retranscrire dans cette histoire. À l'issue de cette quatrième partie, ce parcours initiatique n'a plus tellement lieu d'être, puisque Thrawn a, lui aussi, appris de Pellaeon. :cute:
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Messagepar Alfred M. » Ven 14 Fév 2020 - 10:26   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Jagen Eripsa a écrit:Le Seigneur de Guerre Ennix Devian


Faudra completer ça ;) . Parce que c'est un de ceux cultivant le plus le secret. Pareil pour Tavira qui est passée sous le radar à ce moment là (t'avais pas le droit de la tuer :cry: :grrr: :P ).

Jagen Eripsa a écrit:Ensuite, j'aimerais savoir si quelqu'un décèlera l'inspiration cinématographique aux sources de la construction de ce chapitre... :cute:


Le Parrain :cute: . Ca donne un côté maffieu à Carth, quoiqu'avec Disra il va avoir fort à faire :transpire: .

Bon, on a à faire à un chapitre énorme en plein de points, peut-être même un peu trop :transpire: . J'attends de voir comment la NR va réagir mais aussi Thrawn... (vu qu'il n'est probablement aps au courrant de tout) et notre ami sur Byss :sournois: . On encaisse plein de chose, mais en fait on en veut encore :lol: .
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Messagepar L2-D2 » Ven 14 Fév 2020 - 17:31   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Chapitres 154 et 155 lus !

Pour le 154, début de la bataille de Kuat, avec une marine Néo-Républicaine en position de force et malgré cela, Poldrei est tranquille. Il n'a pas peur, et sait que tout va bien se passer. Tu retranscris bien cette hésitation des officiers sous son commandement, la certitude du Moff et dès le Chapitre suivant, on comprend pourquoi...

Car dans ce Chapitre 155, c'est la Purge ! :shock: Poldrei a pris les devants, et a tout prévu ! On comprend mieux pourquoi il se sent si sûr de lui : il lui suffit de gagner du temps avant que les renforts n'arrivent. Et quels renforts ! Je ne m'y attendais pas, c'est vraiment super à la lecture ! Alors oui, ce Chapitre est long, peut-être un peu trop, mais c'est tellement bien écrit que franchement, cela fonctionne sans problèmes ! Et du coup, comme Alfred, je me demande comment va réagir Thrawn, mais aussi une certaine personne sur Byss, une certaine personne qui va retrouver deux de ses chiens de garde les plus fidèles... :sournois:

Punaise, quel talent dans l'écriture ! Je me suis visualisé les scènes sans problèmes, m'imaginant presque une musique en arrière-fond alors que j'assiste à cette purge, oui décidément, c'est le mot !

Vivement la suite ! :oui:
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