La Fédération Impériale

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Quels personnages principaux de La Fédération Impériale préférez-vous ? (Deux choix possibles)

Carth Poldrei
9
36%
Gilad Pellaeon
8
32%
Celric Tavill
6
24%
Derth Beny'lya
0
Aucun vote
Grodin Tierce
1
4%
Corran Horn
1
4%
 
Nombre total de votes : 25

Messagepar L2-D2 » Dim 09 Sep 2018 - 15:01   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Chapitre 120 lu !

Quel plaisir de retrouve La Fédération Impériale ! :love:

Toujours aussi bon, toujours aussi prenant, toujours aussi riche en révélations (la République sait désormais que l'Empire fabrique des clones), en théories (hey, ils ont plutôt bien vu pour la tentative d'assassinat sur Thrawn) et en caméos qui font plaisir (la présence de Traest Kre'Fey) !

Là, pour le coup, j'ai encore plus hâte que d'habitude de lire la suite ! :oui:
"Les histoires que nous aimons ne rentrent peut-être pas toutes dans une seule ligne de temps, mais elles compteront toujours à nos yeux." - JJ Miller

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Messagepar Zèd-3 Èt » Dim 09 Sep 2018 - 18:02   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Jagen Eripsa a écrit:Tu sors. :P

Tu me dis tout le temps ça, en ce moment... Déjà Alzheimer ? :ange:
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar kamikaze7233 » Mar 11 Sep 2018 - 18:10   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Lu !

Un nouveau chapitre tout à fait intéressant, autant dans les nouvelles (comme l'avancement des renseignements républicains) que dans les insatiables ambitions nourries par le général bothan... :sournois:
"You have failed me for the last time, admiral." - Dark Vador
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 12 Sep 2018 - 20:27   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci à tous ! La suite va nous permettre d'en apprendre davantage sur ce qui s'est produit... Et ça commence dès maintenant ! :jap:



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 121

C’était la cinquième fois que Grodin achevait de compter les rivets sur les murs de la cellule d’interrogatoire, et il venait d’arriver une fois encore au même compte. L’exercice était répétitif, abrutissant, mais il lui permettait de se concentrer sur autre chose que sa situation actuelle.
Il envisageait de se lancer dans un sixième comptage quand le panneau bloquant la pièce se souleva, laissant entrer un rayon de lumière.
— …peut-être dangereux… fit une voix d’homme assez grave.
— Je ne pense pas, répondit une autre. Je suis même sûr que non. Restez ici.
— Oui, capitaine.
Un officier apparut alors dans l’encadrement : grand, solidement bâti, avec sa moustache grise proéminente, Gilad Pellaeon fit son entrée. Par réflexe, Grodin se leva – avant d’être ramené sur son siège par ses menottes à faisceau. Pellaeon serra les dents et tourna la tête vers la gauche.
— Lieutenant Ardiff, coupez les sécurités.
— Oui, capitaine.
Aussitôt, Grodin sentit ses entraves disparaître, tandis que l’officier s’approchait de lui.
— Colonel, dit alors Pellaeon, je tiens à m’excuser pour ce traitement ingrat…
— Ce n’est pas l’important, l’interrompit l’ex-Garde.
Théoriquement, en tant que colonel, Grodin était le supérieur de Pellaeon ; mais son rôle symbolique de bras droit de Thrawn lui accordait à présent un rang particulier, en-dehors de la hiérarchie officielle – celui qu’avait Vador aux côtés de l’Empereur à une époque.
— Le Grand Amiral est-il vivant ?
Le capitaine ne répondit pas immédiatement ; il s’installa sur le siège en face de Grodin, de l’autre côté de la table sur laquelle il s’était reposé pendant ses longues heures de captivité.
— Oui, dit enfin Pellaeon. Pour l’instant. Il n’est pas tiré d’affaire.
Grodin acquiesça en baissant les yeux. Pendant toutes ces heures, il avait craint que son geste se soit révélé trop tardif et inutile… Et ce n’était pas le cas.
Pas encore.
— Nos médecins l’ont examiné pendant plusieurs heures sans être certains de la procédure à suivre. Le… sacrifice… de Rukh lui a indéniablement sauvé la vie. Mais il a quand même été gravement touché, et son métabolisme…
Il hocha la tête de dépit.
— Il n’a jamais donné de détails sur son espèce, ce qui nous a contraints à procéder à des examens approfondis pour comprendre son métabolisme. Fort heureusement, il ne semble pas allergique au bacta.
Il tapota nerveusement sur la table.
— Dans la confusion, les officiers de sécurité du Chimaera ont suivi les procédures, ce qui explique votre captivité.
— Je le comprends parfaitement, répondit Grodin. Vous avez donc pu vérifier mon identité…
— Grâce à notre banque de données biométrique, confirma Pellaeon. Nous avons pu vous retirer de la liste des tombés au combat… À mon grand plaisir, je dois l’avouer. Nous avons besoin d’hommes comme vous, et plus encore après les derniers événements.
— Vous ne parlez pas que de l’attentat, comprit Tierce.
— Non, en effet, dit tristement le capitaine. Nous venons d’apprendre que la Nouvelle République a capturé la flotte Katana.
Grodin écarquilla les yeux.
— La flotte Katana ?
— Et ce n’est pas le pire… Nous avions un corps expéditionnaire sur place, sans doute plus puissant que celui des Rebelles, mais le Moff Poldrei semble avoir décidé unilatéralement de la retraite, sans que nous sachions encore pourquoi. Je ne vous cache pas qu’entre ça, et la tentative d’assassinat sur le Grand Amiral Thrawn…
— Je suis prêt à vous apporter toute l’aide nécessaire, promit Grodin.
— Pour l’heure, il s’agit surtout de nous permettre de comprendre ce qui s’est produit. Je vous écoute.
Tierce rassembla ses souvenirs avant de répondre.
— J’attendais votre arrivée devant mon vaisseau, dans le hangar du Chimaera, quand j’ai repéré la silhouette familière d’un ancien collègue. J’ai voulu le saluer, mais il n’a pas réagi et a fait comme s’il ne me voyait pas.
Il marqua une pause.
— Je crois que j’ai senti que quelque chose n’allait pas, et c’est ce qui m’a décidé à le suivre. Mais il m’a pris de vitesse dans le couloir menant aux ascenseurs, et j’ai dû attendre une autre cabine… Quand je suis sorti, je l’ai vu en train de tirer sur le Grand Amiral et le Noghri. Je n’ai pas hésité.
— Vous avez pu déterminer son identité ?
— Oui, bien sûr, répondit Grodin, étonné par la question. Je n’ai pas côtoyé Osvalt pendant très longtemps, mais il était assez reconnaissable…
— Où l’avez-vous rencontré ?
— Quand j’étais affecté au projet du mont Tantiss.
Grodin hésita à en dire plus ; mais, de ce qu’il savait, Pellaeon était le plus proche collaborateur du Grand Amiral Thrawn, et il paraissait improbable qu’il n’ait pas été informé de cette opération.
— Au centre de clonage…
— Le centre de clonage… répéta doucement le capitaine.
— Mais il a été affecté ailleurs avant mon départ, se rappela Tierce. Peut-être savez-vous où… ?
Le regard de Pellaeon se durcit.
— Oui. Mais cette information est sensible… Et confidentielle, précisa-t-il aussitôt.
Puis, sur un ton plus conciliant, il ajouta :
— Je suis désolé, colonel Tierce, mais il n’y a que le Grand Amiral Thrawn et le Moff Poldrei qui seraient en droit de vous en dire davantage. Sachez juste que cet attentat semble indiquer que quelque chose a très mal tourné…
— « Quelque chose » qui l’a transformé, peut-être ?
— Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?
— Cette attaque était le fait d’un amateur, pas d’un stormcommando aguerri, expliqua Grodin. S’il avait voulu infiltrer le navire pour tuer le Grand Amiral, Narghom se serait montré bien plus malin… Il ne m’aurait pas ignoré, pour éviter d’éveiller mes soupçons. Il aurait agi de manière plus radicale, avec des armes plus puissantes, de sorte que le Noghri n’ait pas le temps de réagir. La menace, c’était lui… Et il aurait gardé un peu de concentration pour prévoir les menaces immédiates, au moins tant que sa mission n’était pas accomplie. Ce n’était pas Narghom Osvalt, le cerveau de cette opération… Il n’en était que l’exécutant, et un exécutant à peine plus autonome qu’un droïde ménager. On lui a fait subir quelque chose.
Pellaeon le contempla silencieusement pendant tout ce discours, puis pendant une poignée de secondes après qu’il eut terminé.
— Je vois que la réputation des Gardes Impériaux n’est pas usurpée, conclut-il. Oui, vous avez raison. Tout ce que vous venez de dire recoupe mes informations – et mes craintes. Seulement, je dois vous ordonner de taire cela… Au moins jusqu’à ce que le Grand Amiral ou le Moff Poldrei ne vous autorisent à en parler.
— Je comprends, dit-il, résigné.
— Pour l’heure, je propose que vous restiez à bord du Chimaera, en tant qu’officier des forces de sécurité. Un poste qui sera sans doute temporaire… Mais tant que le Grand Amiral ne sera pas rétabli, je préfère mettre tous les atouts de notre côté. Cette attaque n’était peut-être pas la dernière.
— Je suis d’accord, acquiesça Grodin.
— Alors, colonel, qu’en dites-vous ?
Tierce dut se retenir de sourire : enfin, il retrouvait un rôle familier.
— Prêt à reprendre du service.
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Messagepar mat-vador » Jeu 13 Sep 2018 - 12:01   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Lu!

Grodin Tierce monte en grade, voilà sa carrière relancée :wink: ! Et Pellaeon qui ne manque pas de trouver l'attitude de Poldrei déroutante :sournois: après le fiasco de la Flotte Katana.

La suite!
place au seigneur des vapodouches, infâmes misérables!

fan fiction: fan-fictions-hdf-f17/jedi-corellien-la-trilogie-post-legacy-t17338.html, Les Origines de Jedi corellienl, Chroniques
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Messagepar L2-D2 » Jeu 13 Sep 2018 - 13:47   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Chapitre 121 !

Thrawn est donc loin d'être tiré d'affaire, et la Nouvelle République vient de remporter un grand coup avec la flotte Katana... mais nul doute que lorsque le Chiss se remettra, sa vengeance sera terrible, et que Poldrei aura à répondre de ses actes ! Et qu'est-ce que tout cela à voir avec le projet de clonage de Wayland ?

A moins que la tentative d'assassinat n'ait été organisé par Joruus C'Baoth ! :idea:

On sent qu'on approche de la fin de ce Tome I ! Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Alfred M. » Jeu 13 Sep 2018 - 15:24   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Excellent, des petites infos distillés par-ci par là. Pellaeon va-t-il défendre les intérêts de Thrawn suffisamment le temps qu'il se remette ou se ranger temporairement derrière quelqu'un d'autre ? On attends avec impatience la suite :sournois: .
"[Luke] talked [...], trying to capture in words how it felt to watch everything he had loved slip away—not just the government he’d helped form from the ashes of the Empire, but also the principles on which it had been based."
Alfred M.
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Messagepar Dark Palgueïss » Ven 14 Sep 2018 - 16:46   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Yes la suite de la Fédération Impériale !

On retrouve en plus Derth, qui, au risque de passer pour un monstre, me plaît de plus en plus. :whistle: Avec la Flotte Katana, la Nouvelle République semble avoir un avantage décisif sur l'Empire, et Derth se laisse même aller à des rêves de conquêtes plus vastes, et d'une gloire bien méritée, et on souhaite tous qu'il l'obtienne ! :lol:

Sinon, question "bête" qu'est ce que la Flotte Katana a de si puissant ? Parce que, si j'ai bien suivi, ok c'est 200 cuirassés, mais ils sont vieux, non ? J'imagine qu'ils ne valent pas un Star Destroyer ?

Le chapitre sur Tierce est très bon aussi, on saluera la reconnaissance des officiers impériaux : "il a sauvé le Grand Amiral, jetez le au cachot !"

Thrawn toujours entre la vie et la mort, Poldreï qui soulève quelques interrogations, la Nouvelle République qui semble avoir l'avantage... que de suspens !

La suite, vite ! (sans commander).
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Messagepar Jagen Eripsa » Ven 14 Sep 2018 - 21:27   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci à tous ! J'apporterai la réponse à une question en-dessous de ce chapitre... Qui, je l'espère, va vous intéresser. :sournois:



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 122

— Par les Neuf Enfers, Wedge ! C’est insupportable ! s’exclama Corran.
L’interpellation eut l’effet désiré : le commandant s’arrêta net dans sa ronde infernale.
— Tant que ça ?
— Qrygg trouve votre comportement inquiétant, répondit Ooryl d’un ton hésitant.
— Ça l’est, confirma Asyr. Et c’est stressant, aussi…
Tycho, le seul autre pilote n’appartenant pas au Vol Trois présent ici, en sa qualité de commandant en second de l’escadron, se contenta de hocher la tête.
Seule Siveline ne réagit pas.
Elle devait avoir senti les regards hostiles que Wedge avait dardé sur elle à plusieurs reprises depuis qu’ils attendaient ensemble, dans cette petite salle de réunion du Sewell. Tous les cinq tours, ou presque, le commandant ralentissait légèrement pour lui jeter un coup d’œil pas franchement amical.
Depuis la bataille, Wedge n’était plus tout à fait le même. Le si pragmatique commandant de l’escadron Rogue semblait perpétuellement en colère, et il n’était pas difficile d’en comprendre la raison.
Corran ignorait encore pourquoi, mais il avait compris que l’étrange numéro de Siveline – la simulation de détresse, puis l’appel à l’aide sur une fréquence ouverte – avait un rapport avec la retraite des forces impériales. Comme Wedge l’avait pressenti quelques semaines plus tôt, la jeune femme n’avait pas été tout à fait franche avec eux ; et, même si la surprise leur avait été favorable, il ne se faisait pas d’illusions.
Dans d’autres circonstances, ces cachotteries auraient pu leur coûter la vie.
Mais le sujet n’avait pas encore été abordé. À leur retour sur le pont d’envol du Sewell, Wedge avait consigné Siveline dans ses quartiers avant de demander à tout l’escadron de taire ce qui s’était passé. Ils avaient obéi et, depuis deux jours, la jeune femme était restée mutique et isolée, jusqu’à manger dans sa chambre les plateaux qu’Asyr lui apportait.
Et elle était restée là jusqu’à cette fameuse convocation, survenue une heure plus tôt.
À présent, elle attendait là, avec son groupe et deux officiers muets et nerveux. Wedge ne tarda pas à reprendre ses cent-pas, au grand dam de Corran.
La situation perdura ainsi jusqu’à ce que l’une des portes de la salle coulisse, laissant entrer un homme d’âge mur en combinaison de vol. Il retira son casque et, avec surprise, le jeune Corellien reconnut en lui le général Cracken.
— Navré pour le retard, dit d’emblée l’officier en posant son couvre-chef sur une table. Beny’lya m’a retenu plus longtemps que je ne l’aurais cru.
— Vous êtes venu, c’est le principal, répondit Antilles.
— Pash m’a fait comprendre que c’était assez urgent.
Wedge avait sans doute contacté le fils du général, ancien pilote de l’escadron, dès leur retour à bord du Sewell. Corran avait entendu dire que ses As faisaient partie du groupe de combat rassemblé à la hâte pour l’expédition de la flotte Katana.
— Vous vouliez donc me parler, Commandant…
Il jeta un coup d’œil circulaire dans la pièce, son regard s’arrêtant l’espace d’un instant – très révélateur – sur Siveline.
— Je suppose que vous avez déjà deviné ? dit alors Wedge d’une voix froide, où perçait une dureté qui ne lui était guère familière.
Le général se tourna vers lui.
— Et je pense que vous avez oublié à qui vous parlez.
— Je m’en souviens très bien. Mais vous devriez également vous rappeler de notre passif. Chaque fois que je me suis impliqué pour vous soutenir, vous n’avez pu que vous en féliciter. Mon montage parallèle pour la prise de Coruscant… Et l’intervention des Spectres pour déjouer l’opération Funérailles. Mais quand l’inverse s’est produit – quand vous, et le Haut Conseil, êtes intervenus dans le fonctionnement de l’escadron – les résultats n’ont jamais été bons. Que ce soit avec Erisi Dlarit ou lors de la Guerre du Bacta.
— Cette fois, les choses ont été différentes, dit Cracken avec un calme surprenant.
— Elles auraient pu très mal tourner ! s’emporta Wedge. Vous avez mis mes hommes en danger !
— Tous les risques étaient calculés.
— De quoi parlez-vous ? intervint Corran.
Il se doutait bien des contours de l’affaire, mais il voulait recevoir des explications claires de la part des deux officiers. Il n’aurait sans doute pas été convoqué si Wedge avait l’intention de garder l’affaire secrète.
Ce fut d’ailleurs Antilles qui prit la parole, en regardant la jeune femme mutique et stoïque dans le fond des yeux.
— J’ai demandé à un contact…
— Vous voulez dire Winter, intervint Cracken en jetant un coup d’œil à Tycho qui leva les mains comme pour se protéger.
— Tout comme vous, je protège mes sources, répliqua Wedge. J’ai donc demandé de faire quelques recherches au sujet de Siveline pour vérifier sa relation avec l’amiral Barton. Je m’attendais à beaucoup de choses, mais ce que j’ai découvert est bien au-delà.
Il fit un signe de tête à son second, qui sortit alors un holodisque pour afficher une projection. Quatre silhouettes, deux hommes et deux femmes, apparurent alors au milieu d’eux. Ils s’animaient, semblaient saluer une foule invisible. On aurait presque cru qu’il s’agissait de salutations royales, adressées depuis un balcon à une foule éperdue d’admiration ; pourtant, leurs vêtements tenaient davantage de la tenue de combat classique que du manteau de cérémonie. Le plus grand était un homme de solide carrure, aux cheveux clairs et au maintien assuré, qui avait passé son bras autour de la taille d’une jeune femme dotée d’une grande chevelure de même couleur. Le second couple se tenait un peu en retrait, main dans la main. Ils affichaient une expression étrange ; l’homme, de taille moyenne, semblait pris par l’émotion et tremblait légèrement, presque imperceptiblement, tandis que sa compagne semblait presque vouloir se cacher derrière les deux autres. Elle souriait, mais, aux yeux de Corran, sa joie apparaissait presque feinte.
Il avait l’impression de l’avoir déjà vue. Il jeta un coup d’œil à Siveline et se souvint alors.
C’était sa mère.
— Les héros de Polcaphran, commenta Tycho. Les chefs de la Résistance qui chassa les Séparatistes de la planète à la fin de la Guerre des Clones.
— Y-a-t-il besoin qu’on en dise davantage ? demanda Wedge.
Corran comprit qu’il s’adressait à la fois à Cracken et à Siveline. Et ce fut cette dernière qui répondit la première. Elle avait semblé tétanisée, presque hypnotisée par l’image ; mais la réaction de son commandant la tira de cette transe.
— Que faut-il que je vous dise, commandant ? dit-elle d’un ton vif, agressif. Que Carth Poldrei est mon père ? Voilà, c’est fait.
Corran eut un mouvement de recul et se tourna vers l’holoimage pour détailler l’homme qui se tenait à côté de la mère de son équipière. Avec stupeur, il reconnut les traits plus jeunes du Moff. Son regard en particulier attira l’attention du pilote ; c’était le même que celui de Siveline Jaderan.
Non, corrigea-t-il mentalement. Siveline Poldrei.
Wedge se tourna vers Cracken.
— J’attends vos explications, général.
— Je ne suis pas tenu de vous en donner, commandant, répliqua le natif de Contruum.
Ils se jaugèrent du regard pendant quelques secondes, qui parurent interminables, avant qu’il ne reprenne :
— Néanmoins, compte tenu de vos états de service… Et de la situation actuelle… Je vais vous éclairer. En premier lieu, oui, mademoiselle Jaderan a été placée dans votre escadron à dessein. Nous espérions que sa présence dans une formation emblématique la rendrait plus repérable pour les agents impériaux, et que l’information parviendrait jusqu’à Carth Poldrei lui-même. Ce qui s’est produit – même si les circonstances étaient bien différentes de ce que nous supposions. En deuxième lieu, je ne suis pas à l’origine de ce plan.
— Qui, alors ?
— Moi, intervint Siveline.
Elle semblait s’être ressaisie ; son regard s’était fait aussi tranchant que le duracier de ses yeux gris. Avec cette expression, elle ressemblait plus encore à son père.
— L’idée est de moi, insista-t-elle.
— C’est plus compliqué que cela, corrigea Cracken. Lorsque nous nous sommes intéressés de près au Moff Poldrei, après la bataille d’Ord Mantell, nous avons découvert des rapports disciplinaires classés, inscrits dans son dossier des Archives impériales. Lors de l’examen de ces éléments, il est apparu que le principal témoin des événements était un ancien officier impérial, passé à la Rébellion – un certain Leight Barton.
Wedge et Tycho échangèrent un regard entendu.
— Nous avons posé quelques questions à l’amiral, suffisamment pour qu’il soit intrigué et découvre la raison de notre intérêt pour Poldrei. Il nous a alors appelés à bord de son vaisseau où il nous a présentés Siveline, et leur plan pour déstabiliser Poldrei.
— Mais pourquoi trahir son propre père ? demanda alors Asyr, interloquée.
De ce que Corran connaissait de la société bothane, le lien filial avait un sens particulier, très différent des autres relations familiales. Dans un monde où le double-jeu régnait, parents et enfants ne pouvaient agir l’un contre l’autre. Le parricide et l’infanticide étaient, sur Bothawui, les deux seuls crimes encore punis de la peine capitale.
— Parce que c’est un salaud ! siffla Siveline. Une ordure, une vraie, un Impérial pur jus. Vous n’imaginez pas ce que j’ai vécu par sa faute… Je n’étais qu’une enfant quand ma mère a été obligée de fuir sa planète pour se protéger de lui. J’ai grandi en la voyant souffrir à cause de son passé, isolée de tous ses amis… Et lui gravissait les échelons de l’Empire… Jusqu’au sommet. Je ne pouvais pas le supporter. Alors, quand j’ai compris qu’il y avait moyen d’agir contre lui, je n’ai pas hésité. Leight – mon beau-père – pensait que ma présence pourrait le déstabiliser. Moi, j’en doutais sérieusement... Mais on dirait qu’il a eu raison, non ?
Elle semblait être à la limite de l’hystérie, mais cela n’impressionna pas Wedge, qui demanda à Cracken :
— Qui d’autre est au courant ?
— Peu de personnes, répondit le général. Les proches de mademoiselle Jaderan... L’amiral Barton, bien sûr... Et moi.
— Le Conseil Provisoire ?
— La princesse Leia semble avoir deviné ce qui se passait, admit Cracken. Elle l’a sous-entendu à son retour de Sluis Van...
Il fit une petite grimace.
— Et elle n’a pas caché ce qu’elle en pensait.
— Au sein de la flotte, sinon ? L’amiral Ackbar, peut-être ? Ou Beny’lya ?
— L’amiral était sous séquestre jusqu’à peu, rappela le général. Quant à Derth Beny’lya...
Il posa un regard inquiet sur Siveline.
— Il ne doit jamais apprendre votre identité, mademoiselle Jaderan.
— Pourquoi s’intéresserait-il à moi ? répondit-elle, bravache.
— Il faut que vous compreniez une chose : il n’a aucun scrupule, et il voue une haine toute particulière à votre géniteur depuis cette affaire de Polcaphran qui a failli lui être fatale. S’il venait à prendre connaissance de votre filiation, il n’hésiterait pas un seul instant à vous utiliser… À vous faire du mal. Personne ne doit l’apprendre. Pas avant le bon moment.
Wedge releva la tête.
— Vous aussi, vous avez prévu de l’utiliser. Encore une fois.
— Je n’ai pas de leçon à recevoir, répliqua Cracken. Ce stratagème a marché au-delà de nos espérances. Nous avons la flotte Katana ! Poldrei est vulnérable et Thrawn est peut-être mort, alors je ne laisserai pas vos scrupules nous priver d’une possibilité de victoire.
Là-dessus, il se leva, attrapa son casque et se dirigea vers la porte. Avant qu’elle ne s’ouvre, il se retourna et pointa un doigt incisif vers Siveline.
— Souvenez-vous : Beny’lya ne doit pas le savoir.
Il enfila alors son déguisement et disparut dans la foulée. Le panneau coulissa derrière lui, laissant les Rogues seuls entre eux.
— C’était instructif, commenta Asyr.
Elle se tourna vers son équipière.
— Pourquoi ne rien nous avoir dit ?
— Ce n’est pas le genre de secrets qu’on peut révéler comme ça, répondit la jeune humaine. Grandir en étant la fille d’un officier impérial est déjà compliqué… Mais quand ce… monstre… devient proéminent dans ce qui reste de l’Empire…
Ses yeux gris brillaient ; elle essuya un embryon de larmes avant de poursuivre :
— Et je suis une Rebelle. Je ne voulais pas que vous remettiez ma loyauté en cause.
— Ooryl a… J’ai du mal à comprendre, dit le Gand, hésitant. Les humains attachent-ils tant d’importance au lien filial ?
— C’est un lien affectif, un lien fondateur, confirma Corran.
Comme d’habitude, son cœur fut balancé entre plusieurs sentiments, tandis qu’il s’égarait vers le souvenir de Hal Horn. La nostalgie d’abord, celle de ces années passées côte-à-côte, puis la tristesse et la colère face à cette mort évitable. Une pointe de ressentiment, aussi, pour les secrets que ce père modèle lui avait caché : son héritage Jedi, ce nom, Valin Halcyon, qu’il avait camouflé. Et tant de respect, d’admiration, pour avoir gardé le silence pendant si longtemps, pour lui avoir permis de grandir sans inquiétudes dans une époque terriblement hostile.
Tycho soupira.
— Ce qui est fait est fait, dit l’Aldéranien. Wedge, tu as poussé Cracken dans ses retranchements, cette fois…
— Je n’avais pas le choix, répliqua Antilles en haussant les sourcils. Ose dire que ça t’a déplu !
Celchu eut un petit rire.
— D’accord, c’était plutôt bien joué. Surtout à la fin. Il a presque avoué qu’il comptait utiliser Siveline encore une fois...
— À la base, dit-elle, Cracken comptait révéler mon existence au grand public après quelques missions. Histoire de montrer que même les enfants des « héros » de l’Empire se battent contre lui… Mais Leight avait d’autres idées. Il connaissait… Enfin, il l’a connu, Lui. Et il prétendait que… qu’Il perdrait pied s’Il apprenait ma présence face à Lui. Visiblement, c’est ce qui s’est produit.
— Alors, tu es une otage, comprit Asyr. Une otage volontaire, mais une otage quand même.
— Je n’aime pas ça, fit Wedge en secouant légèrement la tête. Ce sont des méthodes d’Impériaux, pas les nôtres.
— Ce rôle, je l’ai choisi, Commandant, intervint Siveline.
Corran sentit qu’elle rassemblait ses forces pour reprendre pied émotionnellement parlant. Il ne subsistait, dans son esprit, qu’une ombre diffuse de doute, un fantôme méritant à peine d’être mentionné.
— Je veux être l’instrument de Sa chute.



Dark Palgueïss a écrit:Sinon, question "bête" qu'est ce que la Flotte Katana a de si puissant ? Parce que, si j'ai bien suivi, ok c'est 200 cuirassés, mais ils sont vieux, non ? J'imagine qu'ils ne valent pas un Star Destroyer ?


Ils sont vieux d'un demi-siècle environ (ce qui n'est pas si élevé dans la galaxie SW, ils sont plus récents que le Faucon par exemple), même si leur conception est antérieure. Mais ils ont surtout un immense aspect symbolique : ils incarnent le dernier sursaut de l'Ancienne République avant la Guerre des Clones, une dernière démonstration de puissance qui finit en catastrophe.

L'enjeu, ce que cherchent à obtenir les deux camps, c'est une sorte de filiation spirituelle avec cet ancien régime.

Pour le reste, je ne vais pas trop vous en dire, pas avant de vous avoir livré les deux prochains chapitres qui seront aussi les derniers de cette partie 3. ^^
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Messagepar Alfred M. » Ven 14 Sep 2018 - 23:16   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Bon comme je m'en doutais, l'ami Wedge ne se laisse pas encore berner par une jolie jeune femme dans son escadron. Mais bon après Shira, Erisi et Gara, il est un peu échaudé :transpire: . D'ailleurs notre charmante reine du bacta est citée :love: . Le coup est plus organisée que je ne l'imaginait, l'ami Cracken ayant toujours quelques coups d'avances. J'ai quand même du mal à imaginer qu'il puisse ressortir la carte Siveline avec autant d'impact que la première fois mais nous verrons... bientôt ? :oops: Allez, la suite :transpire: .

Jagen Eripsa a écrit:Corran avait entendu dire que ses As faisaient partie du groupe de combat rassemblé à la hâte pour l’expédition de la flotte Katana.


Finalement l'ami Carth a peut-être bien fait de se replier, Varth et le fougueux Cracken Junior auraient fait beaucoup de dégâts :lol:

Jagen Eripsa a écrit:Et je suis une Rebelle.


Ma petite si tu t'es pas engagé avant la Bataille d'Endor, tu n'en es pas une :o . Mais y a pas de honte, Corran n'en est pas un non plus :whistle: .
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Messagepar L2-D2 » Sam 15 Sep 2018 - 18:58   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Chapitre 122 lu !

Waouh, sacrée révélation ! Ce Chapitre est extrêmement bien écrit (oui, encore plus que les autres, ce qui n'est pas peu dire) et la discussion/confrontation qui nous est narrée ici est prenante et très stressante !

Vivement la suite, là je suis tenu en haleine ! Tu finis très bien cette troisième partie ! :oui:
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Messagepar Dark Palgueïss » Dim 16 Sep 2018 - 9:54   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Quel chapitre ! Enormes révélations ! Je ne dirai rien de plus pour ne pas spoiler, mais quel plaisir cette fic !
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Messagepar Jagen Eripsa » Sam 29 Sep 2018 - 14:16   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci à tous pour votre fidélité ! Allez, c'est parti pour l'avant-dernier chapitre de cette troisième partie ! :cute:



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 123

La couleur azurée du bacta haute qualité – l’un des meilleurs lots subsistant dans les réserves de l’Empire – assombrissait la peau nue du Grand Amiral Thrawn, qui flottait inconscient dans la cuve réparatrice. Dans la pénombre de la salle de soins, le capitaine Pellaeon l’observait avec inquiétude, comme il l’avait fait si souvent ces dernières heures.
Nous sommes passés si près de la catastrophe… Cette phrase, il se la répétait sans cesse depuis que les médics avaient livré leur dernier diagnostic.
Thrawn allait s’en tirer.
Il n’y avait aucune certitude dans ce genre de cas, et c’était plus vrai encore dans un gars aussi particulier que celui-ci – Ils ignoraient encore beaucoup de choses au sujet de la physionomie du Grand Amiral. Mais tous les signes étaient encourageants. Il allait rester une semaine en traitement intensif, pour se prémunir de toute complication, puis deux autres en convalescence, pour s’assurer de sa bonne forme. Des jours, des heures perdues à un moment où le temps comptait plus que tout pour l’Empire.
Mais le Grand Amiral avait survécu. C’était déjà une chance en soi.
Pellaeon sentit soudainement une présence à ses côtés. Il se tourna et le vit ; c’était le Moff Poldrei. Il s’était sans doute approché doucement, sans faire le moindre bruit, pour contempler cet étrange spectacle.
— Ainsi, c’est donc vrai, dit-il dans un murmure.
Le capitaine acquiesça.
— Hélas…
— J’ai reçu votre message dès que nous avons réintégré l’espace normal, poursuivit le Moff. Dites-moi, Gilad : comment va-t-il ?
— Aussi bien que possible, compte tenu des circonstances. Les brûlures ont été conséquentes, et le traitement cryothérapeutique ne s’est pas révélé très efficace.
— Vraiment ?
— Nos spécialistes pensent que cela est dû aux caractéristiques de son espèce. Ils ont analysé son génome ; il est d’origine humaine, mais avec des signes d’adaptation qu’ils attribuent à un milieu hostile, sans doute une atmosphère glacée.
— D’où la résistance au froid.
— Exactement.
Poldrei fit un pas pour se rapprocher de son interlocuteur, puis demanda, doucement :
— Que s’est-il passé ?
Pellaeon baissa la tête et ferma les yeux.
— Ce que nous craignions depuis le début.
— C’Baoth, comprit le Polcaphréen.
— C’Baoth, confirma le capitaine.
Il tendit la main pour effleurer la surface de verre de la cuve ; c’était un geste qu’il avait souvent eu pour s’assurer de la réalité de la situation. Avec ses nuances de bleu, la cuve lui faisait trop penser à un hologramme.
— Le colonel Tierce a identifié l’assaillant. Il s’agissait d’un ancien commando que le Grand Amiral avait affecté à l’opération Jomark.
— Est-on sûrs qu’il agissait sous l’ordre de ce clone fou ?
— J’en suis certain. Après avoir vérifié son identité, j’ai visionné à plusieurs reprises les vidéos de l’attaque pour comparer avec les indications fournies par Tierce. Narghom Osvalt était un professionnel… Mais cette attaque n’a pas été préparée. C’est totalement incohérent. Alors, j’ai remarqué un détail qui m’avait échappé. Juste avant que le colonel n’intervienne, Osvalt s’est arrêté.
— Arrêté ?
— Vous vous souvenez des vieux droïdes de combat de la Fédération ? Ceux qui étaient soumis à un ordinateur central ?
— Je préférerais les oublier, répondit Poldrei avec une moue dégoûtée.
— Eh bien, il s’est comporté de la même façon qu’eux en cas de panne. Il s’est arrêté, comme s’il était incapable d’aller plus loin.
— C’est étrange…
— Il l’a fait à la limite du champ émis par l’ysalamir que portait le Grand Amiral.
Une étincelle de compréhension brilla dans les yeux de Poldrei.
— Il était… « télécommandé ».
— Oui.
— Je crains que la rupture de son isolement forcé n’ait pas arrangé l’état mental de C’Baoth, murmura le Moff. Mais ce… S’il est vraiment capable…
— C’est effrayant.
— Très.
Le capitaine sentit que le moment était venu de parler avec franchise. Thrawn inconscient, il devait assumer son rôle par intérim – et parler avec Poldrei d’égal à égal.
— Carth, nous devons agir.
— Je suis d’accord. Malheureusement, je n’ai aucune idée de l’endroit où il peut se cacher.
Il soupira.
— Je gardais un… agent… sur place.
— Nous le soupçonnions. Le Grand Amiral avait aussi envoyé quelqu’un.
— Je le sais, répondit le Moff, légèrement amusé. Il se trouve que Celric – c’est son nom – m’a contacté juste après notre dernier entretien. Il craignait que les choses ne dégénèrent et prévoyait de passer à l’action pour neutraliser C’Baoth – avec l’aide de Skywalker.
Gilad fut vaguement agacé à l’idée que Poldrei avait agi seul, sans concertation avec le Grand Amiral ; puis il se souvint qu’on parlait du Jedi Fou, et son ressentiment s’évapora aussitôt.
— Vous pensez qu’il y est parvenu ?
— Non. C’Baoth a survécu et cette attaque de représailles le prouve.
Il serra les dents.
— J’ignore ce qu’il est advenu de Celric et des autres étudiants. Je n’ai pas reçu la moindre nouvelle. J’ose espérer que Skywalker était en mesure de tenir tête à ce Jedi cloné… Malheureusement, si ce que nous soupçonnons au sujet d’Osvalt est vrai, le danger était plus grand encore que nous ne l’avions estimé.
— Une vraie catastrophe…
— Oui.
Le Moff fit quelques pas, et soudain son visage émergea de la pénombre pour être éclairé par les systèmes de survie de la cuve bacta. Gilad remarqua alors ses grands cernes et le teint terne de sa peau. Il semblait ne pas avoir fermé l’œil depuis plusieurs jours.
— À présent, nous pouvons seulement attendre son prochain mouvement, et tenter de le débusquer à ce moment-là. Je pense que sa pensée n’est pas très cohérente. Il n’a pas de connaissances stratégiques, aucune intelligence stratégique. Sans la Force, il serait incapable de survivre. Malheureusement…
— Je vois ce que vous voulez dire. Ce n’est pas le genre d’adversaires que nous avons l’habitude d’affronter.
— Pas vraiment, non.
— Les hommes et les vaisseaux ne suffisent pas, reprit Gilad.
Les vaisseaux. Concentré sur Thrawn, il avait presque oublié l’autre sujet qu’il devait aborder avec le Moff.
— Même la flotte Katana n’aurait rien pu y changer, ajouta-t-il d’un ton lourd de sous-entendus.
Le visage de Poldrei s’affaissa davantage ; des années entières de lassitude se firent jour sur ses traits.
— J’ai tout donné à l’Empire, dit-il avec douceur, mais sans pouvoir occulter une petite pointe d’amertume. Tout. Vous savez ce que c’est : vous vous engagez en pensant retrouver votre liberté à la fin de la guerre, puis les actions continuent, et vous vous retrouvez pris dans un engrenage infernal dont vous ne pouvez plus vous extirper.
— J’étais volontaire dès avant la Guerre des Clones, indiqua Gilad. La Marine était une vocation chez moi, dès l’enfance.
— Moi, j’aspirais à retrouver la vie civile… Mais je ne voulais pas que la guerre revienne sur ma planète. Alors je n’ai pas rangé mon uniforme… J’ai donné trente ans de ma vie à l’Empire. Sans permissions ou presque. Je n’ai pas à me plaindre : contrairement à beaucoup d’autres – à mes amis Thalas et Lyn, par exemple – je suis toujours en vie. Mais il y a une chose que je ne sacrifierai jamais.
Il s’interrompit quelques instants, les yeux brillants.
— La vie de mes enfants.
Il se tourna vers le capitaine, qui vit clairement les larmes cette fois.
Carth Poldrei pleurait.
— Elle était là, Gilad. Ma fille, Siveline… Dans le camp de nos ennemis. Je savais qu’ils n’allaient pas se rendre. J’ai tout de suite compris que si je persistais… Elle mourrait. Et je n’ai pas pu le supporter.
— J’ignorais que vous aviez une fille, répondit doucement Pellaeon.
Il n’avait jamais vu le Moff dans cet état émotionnel. Quelle différence avec l’homme si sûr de lui qui s’était affiché sur les canaux Holonet de la Nouvelle République quelques jours plus tôt !
— C’est une histoire douloureuse, avoua Poldrei en tentant de se ressaisir. J’ai rencontré mon épouse pendant la Guerre des Clones… Et notre relation a été assez intense.
Malgré la situation, cette évocation lui arracha un mince sourire, qui disparut aussitôt.
— Intense jusqu’au chaos, en fait. Notre situation était assez… compliquée. Et je n’étais… Mes cicatrices avaient beaucoup de mal à se refermer.
Il se tut quelques instants, avant de reprendre :
— Un jour, il y a presque vingt-cinq ans, à mon retour sur Polcaphran, j’ai découvert notre maison vide, sans le moindre mot d’explication. Elle était partie en emportant nos deux enfants.
— Vous n’avez jamais su ce qu’elle était devenue ? s’étonna Pellaeon.
— Si. Quelques jours plus tard, j’ai découvert que mon mariage avait été effacé des registres. J’ai été… divorcé… sans mon consentement.
— J’ignorais que c’était possible.
Poldrei eut un petit rire sans joie.
— Quand on a le bras aussi long que Leight Barton, on peut faire ce qu’on veut de l’administration.
Pellaeon fronça les sourcils.
— Barton ? Vous voulez dire…
— Oui. Il avait rencontré ma femme et s’était mis en tête de l’épouser, cracha Poldrei. Et elle a accepté. Je l’ai appris à mon retour en service. Nous nous connaissions déjà, Barton et moi… Et nous n’étions pas vraiment en bons termes. Après ça, évidemment, j’aurais été capable de le tuer à mains nues.
— Puis Barton a rejoint la Rébellion…
— Non, c’était plus tard, beaucoup plus tard. Sa trahison n’a eu lieu qu’il y a onze ou douze ans… Et à ce moment-là, il s’était déjà lassé d’Athalée, et elle s’était réfugiée loin de la guerre.
Il soupira.
— Je les espérais à l’abri, elle, Thalas et Siveline… Et j’ignore totalement comment ma fille a pu se retrouver engluée dans ce bourbier. Mais j’ai réfléchi à ce qui s’est passé.
Il releva la tête.
— Siveline était membre de l’escadron Rogue. Je doute que ce soit un hasard. Les pilotes d’Antilles sont les meilleurs de la Nouvelle République – peut-être même de la galaxie. Même si j’aimerais croire qu’elle a obtenu cette place par son talent, je soupçonne une manœuvre beaucoup moins avouable… Et qui me surprend de la part de nos ennemis. J’imagine que Barton est impliqué, d’une façon ou d’une autre. Il me le paiera.
Il avait retrouvé une certaine distance, une froideur bien différente de l’état qu’il affichait quelques instants plus tôt.
— Mais ce ne sont pas eux qui m’inquiètent. Les Néo-Républicains, j’en fais mon affaire… Non, le problème, ce sont nos « alliés ». La mort de Derran Fahl nous place dans une situation délicate ; nul doute que le Conseil Intérimaire tentera d’imposer un de ses hommes de paille à la tête des Renseignements.
Il s’assit sur le banc, face à la cuve où flottait Thrawn, et Gilad fit de même.
— S’ils découvrent la vérité sur Siveline, et sur ce qui vient de se produire, je devrai quitter mon poste. Tout ce que nous avons bâti jusqu’ici s’effondrera du même coup. Cela ne doit pas se produire.
— Je suis d’accord.
— Je sais ce qu’il faut que je fasse… Mais je vais avoir besoin de votre aide, avoua le Moff.
Le capitaine l’observa, évaluant ce qu’il venait de voir, ce qu’il savait de Poldrei… Et mesurant tout cela à l’aune de ses propres sentiments vis-à-vis de ses fils, Mynar et Vitor, qu’il n’avait pourtant jamais vus.
Aurais-je sacrifié la flotte Katana pour eux ? se demanda-t-il alors en son for intérieur. La réponse fusa aussitôt. Oui. Sans hésiter.
Ce ne sont que des vaisseaux…
— Entendu, répondit-il finalement. Dites-moi tout.
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Messagepar Alfred M. » Sam 29 Sep 2018 - 15:23   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Encore beaucoup de révélations :sournois: . Bien joué à ceux qui penchaient pour la piste C'Baoth, moi j'ai toujours du mal à comprendre son intérêt là-dedans.

Côté Poldrei, s'il y a bien une personne qui peut l'écouter sur ce sujet là, c'est Pellaeon... mais il s'est peut-être renseigné avant de s'engager sur cette voie :sournois: . Je viens d'ailleurs de (re)lire la première apparition de Vitor Reige dans l'UEL :) .

Allez la suite et fin :lol: .
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Messagepar L2-D2 » Dim 30 Sep 2018 - 18:30   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Chapitre 123 lu !

Avant-dernier de cette partie, donc... et cela se ressent dans l'intensité du dialogue entre Poldrei et Pellaeon. Les choses sont dites, assumées, expliquées des deux côtés. Et on s'en prend plein la figure ! Thalas ! La flotte Katana ! C'Baoth qui attente à la vie de Thrawn ! :shock:

Et on sent qu'une alliance et un respect nouveaux se sont établis entre les deux hommes... Est-ce bientôt l'heure de la Fédération Impériale qui donne son titre à ton récit ? :sournois:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Dark Palgueïss » Lun 01 Oct 2018 - 14:36   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Encore un très bon chapitre ! On a le droit à un gros soulagement en apprenant que Thrawn ne décedera pas, puis à une belle scène entre Poldrëi et Pellaeon.

Tout ça est très bien, et nous donne envie de voir la suite :D
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Messagepar Dark Palgueïss » Lun 01 Oct 2018 - 16:40   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Ah et sinon : aujourd'hui je suis tombé sur cet article : https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d% ... C3%A9riale

Y-a-t-il un rapport avec TA fédération impériale, ou aucun ? :transpire:
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Messagepar Jagen Eripsa » Ven 05 Oct 2018 - 18:03   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci à tous ! Comme d'habitude, j'ai envie de vous répondre dès que je vous vois poster les messages... Et comme d'habitude, je me retiens en me disant que ça m'incitera à poster le chapitre plus vite. Donc si je ne réponds à pas vos questions et vos remarques tout de suite, dites-vous que c'est parce que j'essaie de vous livrer un nouveau chapitre au plus vite... :transpire:

Allez, c'est parti !



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 124

L’ombre s’étendait sur Orinda.
À travers les fenêtres du large couloir où il avançait désormais, Carth pouvait apercevoir les dernières lueurs de la couronne solaire briller à l’horizon, projetant une lueur rougeoyante sur les tours qui hérissaient la capitale planétaire.
La couleur du sang, songea le Moff avec une pointe de lassitude. Combien de temps encore vais-je devoir encore le faire couler ? Est-ce que j’aurai enfin droit à la paix ?
Il cacha sa détresse à son entourage. Les deux stormtroopers derrière lui ne l’inquiétaient pas ; mais il ne voulait pas alarmer Anthara, qui le gardait à l’œil depuis les événements de la flotte Katana.
Rien d’étonnant à cela, après tout. J’ai levé mon arme sur elle…
Il aperçut le reflet de la jeune femme dans une des vitres. Pour l’heure, elle avançait d’un pas réglementaire, son uniforme tiré à quatre épingles, tenant dans sa main droite une mallette essentielle pour la bonne exécution du plan du jour. Une parfaite aide de camp, en somme.
— Restez à moins de trois mètres de moi, lui ordonna-t-il.
— Je n’y manquerai pas, assura-t-elle avec aplomb.
L’assurance toute militaire qu’elle affichait avait un effet apaisant sur Carth, qui commençait à vraiment l’apprécier. Elle était douée, et efficace. Certes, il préférait toujours Ahris, très doué pour comprendre les rouages de la politique, quand Anthara était avant tout une militaire ; mais les circonstances étant ce qu’elles étaient, il était ravi d’avoir déniché une jeune femme aussi compétente – en suivant, bien sûr, les conseils de son ancien aide de camp.
Elle a l’âge de Siveline, se souvint-il alors.
Une fois encore, ses pensées se tournèrent vers sa fille, vers Thalas, et vers Athalée. Il n’y avait qu’elle qu’il parvenait à imaginer. Son fils avait trois ans la dernière fois qu’il l’avait vu, et sa fille venait à peine de naître. Aujourd’hui, ils étaient adultes… Mais Athalée, elle, avait quelques années de moins que lui. Elle doit être magnifique, se dit-il avec un vague à l’âme. Je suis sûr que les années n’ont en rien altéré sa beauté. Les soucis, peut-être un peu…
Quel sombre crétin je suis.
Il déglutit discrètement.
Non. Il ne faut plus y penser. Pas maintenant. Il faut se concentrer sur le reste. Ce que j’ai accompli sur Polcaphran. La nouvelle dynamique que je suis parvenu à créer, avec Thrawn. Ce que je peux apporter à la galaxie.
Dans les couloirs, son petit groupe ne croisa personne. Il y avait veillé. La réunion devait avoir commencer une demi-heure plus tôt, à l’horaire qu’il avait lui-même fixé – et auquel il ne s’était volontairement pas tenu. Les conseillers et leur entourage étaient déjà réunis dans la salle principale du complexe – réaménagée en espace de réunion, sur son ordre, depuis sa dernière visite dans cet ancien hôtel huppé. Personne ne le verrait arriver.
Et, mieux encore, personne ne verrait arriver sa garde.
Ils arrivèrent finalement en vue de leur destination ; deux grandes portes en transparacier fumé, laissant à peine passer la clarté mourante du jour qui s’achevait.
— Nous y sommes, dit-il avec solennité.
Il jeta un coup d’œil à Anthara, qui acquiesça aussitôt.
— Il est temps d’en finir, ajouta-t-il alors.
Et, sans plus attendre, il avança ; les panneaux coulissèrent devant lui, et il put finalement entrer dans la salle de réunion.
Ils étaient déjà tous installés, et en discussions, autour d’une grande table qui semblait minuscule en raison de l’immensité de la salle. À une distance raisonnable, des serviteurs et des officiers attendaient de nouvelles instructions. Au-delà de la grande baie vitrée en face de lui, le ciel virait à l’orange, et les collines sombraient dans le sommeil.
Le moment parfait, songea-t-il alors, le cœur serré par l’émotion.
Le voyant entrer, Firmus Dowes se tut et se leva, aussitôt imité par Jan Stefside ; puis ce fut au tour de Gavrius Gavrescu. En quelques instants, tous les conseillers furent debout, ou presque, car Ars Dangor et Sarcev Quest n’avaient pas bougé. Assis face à l’entrée – et donc à Carth –, ils avaient le visage plongé dans l’ombre.
— Vous voilà donc, lâcha finalement le chef du Conseil Intérimaire, brisant du même coup le silence inconfortable qui s’était installé.
— Exactement, répondit Carth en avançant.
Il prit garde à ne pas s’éloigner trop d’Anthara, mais la jeune femme avait bien compris ses instructions. Elle le suivit aussitôt et vint se placer derrière lui tandis qu’il s’asseyait dans un fauteuil libre, face à Dangor et Quest.
— Me voilà devant vous, ajouta-t-il en promenant son regard à gauche et à droite pour observer les autres participants.
— J’imagine que vous avez requis ce rassemblement pour répondre à certaines rumeurs qui nous sont parvenues… ? poursuivit calmement Dangor.
— Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
— La flotte Katana, grinça Quest en le foudroyant du regard.
— Je n’ai pas entendu de rumeurs à ce sujet. Il n’y a que des faits.
— Peut-être pourrez-vous nous les rappeler ? suggéra alors Xandel Carivus d’un ton conciliant.
— Mais certainement, dit Carth en inclinant légèrement la tête pour saluer la proposition. La Nouvelle République vient de prendre le contrôle des cuirassés de la flotte Katana.
— Une flotte impériale était bien présente ? demanda Dangor.
— Oui.
— Vous l’étiez également ?
— Tout à fait.
— Et vous avez ordonné le retrait.
— De toute évidence.
Carth prenait un certain plaisir avec cette joute verbale, déconcertante pour ses adversaires.
— C’est une trahison, gronda Sarcev Quest en prenant un air menaçant.
Poldrei acquiesça lentement.
— Oui… Oui, effectivement, il y a eu trahison. Mais elle n’est pas de mon fait.
Sa voix se durcit alors, et il y insuffla toute la froideur dont il se sentait capable.
— La flotte Katana ? Deux cents cuirassés obsolètes, symboles d’un des derniers échecs de la République. J’ai choisi de ne pas sacrifier la flotte capturée sur Sluis Van pour les récupérer. Ils n’en valaient pas la peine.
— Nos forces étaient supérieures ! tonna alors le général Wessel.
Il se leva, les mains appuyées sur la table.
— C’est scandaleux ! Proprement scandaleux ! Vous avez fui comme un lâche !
Carth tourna doucement la tête vers lui.
— Moi, un lâche ? Taisez-vous donc, général. Je n’accepterai ce mot que de la part de ceux qui ont risqué leur vie pour défendre une cause. Pas des fils de Moffs arrivés ici à cause de leur nom.
Wessel devint écarlate, mais Dangor lui fit signe de se rasseoir et de se calmer.
— Alors ? demanda le chef du Conseil. Où est la trahison ?
— Moi, j’ai ai vu une, gronda soudainement Sarcev Quest. Votre léchage de bottes en direct sur l’Holonet… Vous avez souillé la mémoire de de l’Empereur.
Le rire qui s’échappa alors de la bouche de Poldrei ressemblait davantage à un grincement qu’à un signe de joie.
— Souiller la mémoire de Palpatine ! s’exclama-t-il en surjouant son amusement. Mon pauvre Sarcev… J’en serais bien incapable. Elle est déjà suffisamment noire comme ça.
— Blasphème !
— Réalisme, contra Carth. Votre précieux Empereur n’était rien d’autre qu’un tyran ivre de pouvoir.
Les mains posées à plat sur la table, il inclina légèrement la tête, sans quitter Quest des yeux.
— J’ai commandé un inventaire de ses archives personnelles. À mesure qu’il progresse, je découvre un homme qui était bien loin de l’image de protecteur de la paix qu’il a voulu se forger. Il a peut-être mis un terme à la guerre des Clones, mais ce qu’il a fait ensuite était bien du niveau des atrocités de Dooku ou Grievous. La destruction d’Aldérande ? Il l’a assumée. Tarkin ? Son pouvoir était bien moindre qu’on a voulu le croire. Ses méthodes pour asservir de nouveaux mondes, pour réduire en esclavage des peuples entiers ? Manipulations, chantage, trahisons. Plus je creuse, plus mon dégoût s’accentue... J’ai le sentiment d’avoir servi un homme qui ne le méritait pas. Alors ne venez pas me parler de souillure. La seule qui me préoccupe, c’est celle qui risque de tâcher à jamais l’histoire de l’Empire si nous ne nous détachons pas à jamais de l’ombre méphitique de cette vieille crapule avide de puissance.
À l’issue de son discours, tous les conseillers le regardaient avec ébahissement. Aucun n’osa bouger, si ce n’est Quest.
— Vous êtes allé trop loin, souffla-t-il avant de lever la main, les doigts tendus vers le Moff.
Le cœur de Carth s’accéléra. C’était l’instant décisif.
Le Jedi Noir resserra doucement le poing ; mais l’exaltation sur ses traits laissa place à la panique quand il constata que ses pouvoirs restaient sans effet sur sa cible.
— Effectivement, répondit Poldrei. Je suis allé trop loin, bien trop loin pour vous.
Il dut se retenir pour ne pas regarder la mallette apportée par Anthara, qui contenait le support nutritif d’un jeune ysalamir que lui avait remis Pellaeon à l’issue de leur entrevue – en compagnie d’une poignée d’autres. Ces créatures fascinantes étaient décidément bien utiles…
Il joignit les mains devant son visage, tandis que Quest restait hagard, basculant peu à peu dans la panique.
— La trahison que je mentionnais plus tôt concerne le Grand Amiral Thrawn, reprit Carth comme si de rien n’était. Il a été victime d’une tentative d’assassinat.
Il balaya une nouvelle fois du regard la petite assemblée.
— Cette embuscade a été préparée soigneusement. Le tueur avait accès à des informations sensibles, et il n’a pu agir seul. J’ai la conviction que l’un d’entre vous est impliqué.
Il eut du mal à ne pas sourire en voyant la consternation apparaissant sur leurs visages. Ils étaient si prévisibles… Oh, la plupart avaient sans doute rêvé de se débarrasser du brillant Grand Amiral. C’était un sport courant, au Conseil : les complots et autres luttes internes particulièrement coûteuses en ressources. Toutes sortes de choses que Carth voulait voir disparaître. À présent, il allait en avoir la possibilité.
— Ces actes sont trop graves pour être ignorés, poursuivit-il d’une voix toujours égale. Une enquête va être menée pour déterminer quelles sont les responsabilités.
Il les connaissait, bien sûr. Il les avait partiellement devinées.
Il avait parlé à Celric Tavill avant la rupture de contact avec Jomark, et il lui avait donné le feu vert pour neutraliser C’Baoth… Et il lui avait parlé de Thrawn, en route vers Bilbringi. Si embuscade il y avait eu, c’était sans doute à cause de cet échange, probablement intercepté. C’était en tout cas l’hypothèse que privilégiait Carth. L’autre – qui impliquait que Celric avait révélé ces informations contre son gré – lui faisait froid dans le dos.
Quoi qu’il en soit, la responsabilité était sans doute sienne. Mais il était le seul à le savoir, pour l’heure, et il comptait bien s’en servir. Thrawn avait survécu, après tout… Rien n’empêcher de faire fructifier cette… « péripétie ».
— Vous ne pouvez pas enquêter sur les autres conseillers, rappela alors Carivus.
— C’est exact, confirma Carth. C’est pour cela que je dissous le Conseil sur-le-champ.
La nouvelle ne paralysa pas très longtemps les autres membres de la réunion, qui basculèrent aussitôt dans les interpellations et l’invective. Peu étaient ceux capables de garder leur calme ; en cela, ils imitaient Poldrei, qui ne se laissa pas démonter par l’hostilité qui s’abattait soudainement sur lui. Ceux qui gardaient leur calme échangeaient des regards nerveux.
Après quelques secondes surréalistes, Carth leva la main droite.
C’était le signal.
Toutes les portes de la salle, de l’accès principal aux issues de secours en passant par les entrées de service, s’ouvrirent alors pour laisser passer une nuée de stormtroopers. Plusieurs d’entre eux portaient sur leurs épaules un ysalamir, à la façon de Thrawn ; c’était une mesure imposée par Poldrei pour les protéger des pouvoirs de Quest. Ils fondirent sur lui et le neutralisèrent sans ménagement.
— Vous n’avez pas le droit ! glapit Dangor tandis que d’autres mains se saisissaient de lui.
— Peu importe, répondit Carth. Je le fais.
Plusieurs conseillers tentèrent de s’enfuir, et les hommes de Carth durent user de leurs armes. Des rayons bleus paralysants en jaillirent ; sitôt neutralisées, les cibles furent emportées avec une célérité surprenante.
— Vous nous conduisez en prison ? demanda Carivus en se levant de lui-même.
Deux stormtroopers s’approchèrent de lui et l’encadrèrent, mais sans l’entraver.
— Vous allez être conduits dans vos quartiers, où vous serez consignés jusqu’à la fin de l’enquête, expliqua le Moff en saluant d’un signe de tête sa coopération. Vous n’aurez pas le droit de communiquer avec l’extérieur, mais vous pourrez regarder autant d’holovids et consulter autant de datalivres que vous le souhaiterez.
— Une prison dorée reste une prison, lâcha un autre conseiller, sans que Poldrei parvienne à voir de qui il s’agissait.
— Vous êtes toujours en vie, répondit-il avec un sourire diffus.
Il fallut quelques minutes pour vider la salle de ses occupants indésirables. Une fois la tâche achevée, les stormtroopers disparurent à leur tour, aussi vite qu’ils étaient entrés, laissant Carth seul avec Anthara et leurs quelques alliés.
— À présent, notre collusion ne sera plus un secret pour quiconque, remarqua Firmus Dowes en haussant un sourcil.
— Je crois bien que le moment était venu, répondit Carth avec une gravité nouvelle. Beaucoup d’éléments ont été occultés du rapport transmis par le capitaine Pellaeon au Conseil…
— Volontairement ? demanda Gavrius Gavrescu, intrigué.
— Sur mon ordre. L’attaque a bien fait une victime : Derran Fahl.
Dowes et le baron échangèrent un regard entendu, tandis que Jan Stefside se contenta de lâcher un soupir.
— Cela explique donc son absence ici, dit Gavrescu. Il avait toujours été si ponctuel que je m’étonnais de ne pas l’avoir vu.
— Oui, hélas. C’est une lourde perte pour nous… Et pour l’Empire. Sa disparition nous place dans une situation dangereuse.
— Le Conseil aurait dû choisir le nouveau chef des Renseignements, devina Stefside. Et il n’aurait sans doute pas épousé nos vues sur l’avenir… Nous risquions d’échanger un allié contre un danger. N’est-ce pas ?
— C’est exactement mon analyse, confirma Carth.
— Donc vous avez choisi d’agir le premier pour garder l’avantage.
Le sourire de Poldrei s’élargit légèrement.
— En effet.
— Et cette histoire d’enquête ? Un simple prétexte ?
— Disons qu’elle risque à terme de partir dans une toute autre direction… C’est un problème que nous règlerons en temps utile. Pour l’heure, j’ai voulu sécuriser nos arrières.
— C’était risqué… Une manœuvre très corellienne, en fait. Vous êtes sûr d’être de Polcaphran ?
— Vous n’avez pas le monopole de l’audace ! s’amusa Carth. Bien ! À présent, nous allons pouvoir entamer les choses sérieuses. Tout ce qui doit nous préoccuper, à présent, c’est le futur, et rien d’autre. Puis-je compter sur vous ?
Ses trois interlocuteurs acquiescèrent.
— Excellent. Nous allons devoir mettre toutes nos compétences au service de l’avenir.
Il se tourna d’abord vers le représentant du Diktat corellien.
— Jan, votre double-allégeance est problématique… Accepterez-vous de rester ambassadeur ?
— Sans problème, répondit Stefside. Je pense que je vais avoir du travail pour rassurer le Diktat, après votre coup de force du jour…
Carth se retint à grand-peine de rire. S’il savait… !
— Parfait, répondit-il simplement, avant de se tourner vers Dowes et Gavrescu. Pour vous deux, nous aurons moins de problèmes. Gavrius, je compte vous confier les clés de notre reconstruction économique.
— Quels sont les objectifs ? demanda le baron.
— Relancer le commerce interne, réorganiser notre production de vivres, de biens de consommation… Et d’armes. Les informations des archives personnelles de l’Empereur nous ont permis de découvrir d’immenses fonds cachés. Une partie d’entre eux ont déjà été employés pour l’acquisition de vaisseaux auprès de l’Alignement de Pentastar, mais il en reste. Beaucoup. Je compte sur vous pour les faire fructifier. Montrez que nos mondes sont bien vivants, et que le régime qui émerge a l’intention de les développer davantage !
— C’est un défi intéressant… J’accepte votre proposition.
— Et pour vous, Firmus, j’ai gardé un rôle spécial.
— Je vous écoute, lui dit le gouverneur de Cademimu, intéressé.
— Je souhaite faire appel à vos compétences de légiste pour concevoir notre avenir. Vous aurez le contrôle de ce qui reste de l’administration impériale pour vous aider.
— Vous voulez dire… Une révision de la Constitution impériale ?
— Je pensais même repartir de zéro.
Le Moff se redressa alors dans son fauteuil, l’air solennel.
— Comprenez-moi bien : ce que j’ai déclenché aujourd’hui ne peut être arrêté. En écartant les derniers conseillers de Palpatine du pouvoir, j’ai signé la mort de l’Empire. Une mort définitive. Peu importe que nous en gardions encore le nom : dans les faits, les derniers liens avec ce qu’il était il y a seulement cinq ans viennent d’être coupés. L’Empire agonise, et il disparaîtra bientôt. La question qui se pose, c’est celle de son héritage. Je pensais chacun des mots que j’ai prononcés au sujet de Palpatine. Son ombre est encore présente, et elle ne nous laisse pas beaucoup d’options. Si nous échouons – et il y a une probabilité non-négligeable pour que ce soit le cas –, la galaxie reviendra toute entière à la Nouvelle République, un régime instable qui ne tardera pas à basculer dans une nouvelle guerre civile. Si nous parvenons à triompher des épreuves… Alors, et seulement alors, nous pourrons proposer à tous une troisième voix, entre la faiblesse des ex-Rebelles et la tyrannie de l’ancien Empire.
— Mais comment y parviendrons-nous ? demanda alors Dowes.
— En mettant de côté nos ambitions personnelles, répondit Carth. Nous aurons besoin d’un Empereur… Un jour. Mais ce ne sera pas l’un d’entre nous.
— Thrawn, alors ? demanda Gavrescu.
— Non plus. Je pense que la monocéphalie de l’Empire a accéléré sa chute. À mon avis, nous devrions avoir un chef politique issu d’une chambre législative – comme le Chancelier de jadis – en cohabitation avec un chef militaire – tel que le Grand Amiral Thrawn – et un chef symbolique : l’Empereur, un empereur apprécié et non craint. Un triumvirat, en somme, un régime bien plus stable et équilibré qu’autrefois.
— C’est une vision intéressante, admit Dowes, et dans la continuité de ce que vous nous aviez déjà exposé.
— J’affine mes idées à mesure que le temps passe, confia Poldrei avec un petit rire. Et cette bonification a du bon. Je suis désormais convaincu que mon offensive sur Kuat sera la clé de la victoire. La puissance de la planète n’est plus ce qu’elle fut, mais elle demeure un symbole puissant.
— Quand lancerez-vous votre attaque ?
— Une fois que le Grand Amiral sera remis de ses blessures, c’est-à-dire dans un mois.
Il hocha la tête avec gravité.
— Un mois, mes amis… Un mois, et nous pourrons entamer le dernier acte de notre plan. Alors…
Sa bouche laissa apparaître un rictus dans joie.
— …Il sera temps d’en finir pour de bon avec l’Empire.


Ainsi s'achève la partie 3 de ce premier tome.



Alfred M. a écrit:Encore beaucoup de révélations :sournois: . Bien joué à ceux qui penchaient pour la piste C'Baoth, moi j'ai toujours du mal à comprendre son intérêt là-dedans.

Un être psychologiquement instable agit-il toujours selon ses intérêts ? :cute:
Cependant, le sieur C'Baoth, s'il peut agir instinctivement, a aussi quelques ambitions que nous découvrirons bientôt. :sournois:

Alfred M. a écrit:Je viens d'ailleurs de (re)lire la première apparition de Vitor Reige dans l'UEL :) .

Ah, la bataille de Bastion... :cute:

L2-D2 a écrit:Est-ce bientôt l'heure de la Fédération Impériale qui donne son titre à ton récit ? :sournois:

Disons qu'on s'en rapproche. Mais je sais exactement à quel moment elle naîtra... J'ai imaginé cette scène depuis le début. :sournois:

Dark Palgueïss a écrit:Ah et sinon : aujourd'hui je suis tombé sur cet article : https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d% ... C3%A9riale

Y-a-t-il un rapport avec TA fédération impériale, ou aucun ? :transpire:

À la base, aucun, mais j'ai moi aussi découvert l'existence de ce projet pendant mes recherches préliminaires (j'en avais d'ailleurs parlé sur la page 1 de ce topic ^^). Donc ce n'est pas ce qui m'a donné l'idée, mais je trouve le concept fichtrement intéressant. :oui:
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Messagepar L2-D2 » Ven 05 Oct 2018 - 18:27   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Chapitre 124 lu !

On a l'impression de voir une fin de saison de série télévisée tant les choses se précipitent... et promettent du bon, du très bon même ! :oui:

Là, Poldrei a réalisé un mini coup d'état tout de même... mais il est si artistiquement fait ! :lol:

C'est toujours aussi bon de lire La Fédération Impériale ! Vivement la suite, et le début de la quatrième partie de ce premier tome ! :oui:
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Messagepar Alfred M. » Ven 05 Oct 2018 - 19:29   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Jagen Eripsa a écrit:Un être psychologiquement instable agit-il toujours selon ses intérêts ? :cute:
Cependant, le sieur C'Baoth, s'il peut agir instinctivement, a aussi quelques ambitions que nous découvrirons bientôt. :sournois:


Il est pas si instable qu'on aime bien à le dire et agit toujours de façon relativement logique, sinon Thrawn n'aurait pas pu le cerber et travailler avec lui :wink: .

Bon sinon un très bon final qui je sens va avoir une grosse importance pour la suite. Nos guignols de services ne sont pas à sous-estimer :cute: .
"[Luke] talked [...], trying to capture in words how it felt to watch everything he had loved slip away—not just the government he’d helped form from the ashes of the Empire, but also the principles on which it had been based."
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Messagepar mat-vador » Ven 05 Oct 2018 - 20:29   Sujet: Re: La Fédération Impériale

J'ai lu les derniers extraits et mon impression pour résumer: whaouh!

Dans les derniers dialogues, le plan de Poldrei est en marche! un triumvirat :love: !
place au seigneur des vapodouches, infâmes misérables!

fan fiction: fan-fictions-hdf-f17/jedi-corellien-la-trilogie-post-legacy-t17338.html, Les Origines de Jedi corellienl, Chroniques
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Messagepar Dark Palgueïss » Sam 06 Oct 2018 - 19:44   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Jagen Eripsa a écrit: — Moi, un lâche ? Taisez-vous donc, général. Je n’accepterai ce mot que de la part de ceux qui ont risqué leur vie pour défendre une cause. Pas des fils de Moffs arrivés ici à cause de leur nom.


Ouch... y a des oreilles qui ont dû siffler...




Jagen Eripsa a écrit:— Souiller la mémoire de Palpatine ! s’exclama-t-il en surjouant son amusement. Mon pauvre Sarcev… J’en serais bien incapable. Elle est déjà suffisamment noire comme ça.
— Blasphème !
— Réalisme, contra Carth. Votre précieux Empereur n’était rien d’autre qu’un tyran ivre de pouvoir.
Les mains posées à plat sur la table, il inclina légèrement la tête, sans quitter Quest des yeux.
— J’ai commandé un inventaire de ses archives personnelles. À mesure qu’il progresse, je découvre un homme qui était bien loin de l’image de protecteur de la paix qu’il a voulu se forger. Il a peut-être mis un terme à la guerre des Clones, mais ce qu’il a fait ensuite était bien du niveau des atrocités de Dooku ou Grievous. La destruction d’Aldérande ? Il l’a assumée. Tarkin ? Son pouvoir était bien moindre qu’on a voulu le croire. Ses méthodes pour asservir de nouveaux mondes, pour réduire en esclavage des peuples entiers ? Manipulations, chantage, trahisons. Plus je creuse, plus mon dégoût s’accentue... J’ai le sentiment d’avoir servi un homme qui ne le méritait pas. Alors ne venez pas me parler de souillure. La seule qui me préoccupe, c’est celle qui risque de tâcher à jamais l’histoire de l’Empire si nous ne nous détachons pas à jamais de l’ombre méphitique de cette vieille crapule avide de puissance.


Euh... personne ne l'a prévenu que Palpatine était encore vivant en fait ? :transpire: :transpire: :transpire: :transpire:


Pour le reste, le chapitre est excellent. Il est assez jouissif de voir Carth s'imposer ainsi, et mettre au pas ces ordures du conseil.

Je suis cependant un peu dubitatif sur son projet : l'idée d'un triumvirat, ça sonne pas mal, mais je vois d'ici toutes les possibilités de trahisons et coups bas entre les trois détenteurs du pouvoir. :whistle:

Ceci dit, c'est toujours mieux qu'un Empire dirigé exclusivement par Palpatine. :transpire:
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 07 Nov 2018 - 22:40   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci à tous pour vos retours ! Le moment est venu d'entamer la quatrième partie, la dernière de ce premier tome... Et même si l'on s'achemine vers le dénouement, elle comportera encore son lot de surprises. :sournois:

Bien sûr, la Fédération Impériale ne s'achèvera pas pour autant ; le récit se poursuivra, mais différemment. Tout n'est pas encore fixé, mais je devrais normalement ne garder que la moitié des "points de vue" actuels... Tout en gardant six. Trois hommes, et trois femmes ! La parité donc, et je vous assure que la façon dont ce sera amené ne sera pas du tout artificielle. :D

Et ces révélations ne présagent en rien du sort des personnages que nous suivons actuellement... Je conserve une totale marge de manoeuvre. :sournois:

Allez, sans plus tarder, entrons dans le vif du sujet !



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Partie 4 - L'Ultime Commandement


Chapitre 125

À la vitesse de la lumière, le destroyer Chimaera fendait l’hyperespace en direction de sa cible.
La passerelle d’observation du vaisseau était presque vide. C’était une zone isolée, située entre les deux générateurs de boucliers, qui permettait de manœuvrer le navire en cas de panne des senseurs. Quelques terminaux y étaient installés, mais ils restaient en sommeil la quasi-totalité du temps, en-dehors d’une poignée d’exercices au scénario catastrophe. En situation de combat, deux officiers venaient s’y installer, mais la salle était généralement vide.
L’endroit idéal pour un entraînement improvisé, en toute discrétion.
— Tu peux toujours déclarer forfait, si tu veux, lança Celric en observant son adversaire.
La proposition fit sourire Piotr Paveller.
— Déjà fatigué ? L’âge, peut-être ?
— Ce n’est pas parce que je suis sorti de l’adolescence que je ne suis plus bon à rien, s’amusa le Polcaphréen, qui venait tout juste de fêter ses vingt ans. Au contraire, même…
Ils avançaient chacun de leur côté, sans quitter l’autre du regard, délimitant ainsi une arène circulaire de cinq ou six mètres de diamètre.
Ils tournèrent et tournèrent encore, les sens en alerte. Sans quitter des yeux Piotr, Celric le sondait via la Force. Il savait que le jeune garçon faisait la même chose, de son côté. C’était de bonne guerre.
Mais Paveller était impatient. Il allait passer à l’action le premier… Comme à chaque fois.
Soudain, il sentit une brève pression mentale – exactement le signe qu’il attendait. Aussitôt, il plongea sa main droite sur son flanc gauche et décrocha son sabre laser, et, tout se mettant en garde, il activa l’arme, prêt à contrer la frappe.
Qui ne vint jamais.
Voyant le sourire de Piotr s’élargir, il ressentit un frisson le long de son dos. C’était une feinte ! Il est parvenu à me faire croire qu’il allait attaquer !
— Un peu tendu ? demanda son jeune adversaire, narquois.
— On n’a pas la journée, Piotr…
— Comme tu voudras.
D’un geste fulgurant, il dégaina à son tour et passa à l’action.
La frappe diagonale fulgurante aurait pu couper Celric en deux, mais il parvint à la dévier au prix d’un effort conséquent. Mais son adversaire revint aussitôt à la charge avec la grâce d’un duelliste aguerri. Il avait fait des progrès incroyables depuis leur retour dans l’espace impérial, un mois plus tôt, après le désastre de Jomark. Ses talents croissaient à une vitesse peu commune.
Ils avaient d’abord craint de ne pas pouvoir progresser dans l’art du duel sans l’aide de Luke Skywalker… Mais en apprenant qu’ils avaient survécu à la confrontation avec C’Baoth, le Moff Poldrei s’était personnellement investi dans leur entraînement.
Nous ne pouvons pas ignorer la menace que ce Jedi fou représente, avait-il confié lorsqu’il les avait reçus dans son bureau de Polcaphran. Il n’a donné aucun signe de vie depuis l’attaque d’Osvalt contre Thrawn, mais je crains que ce ne soit que le calme avant la tempête…
Entre les instructeurs spécialisés dans le corps-à-corps et les enregistrements holographiques exhumés par les archivistes personnels du Moff, ils avaient eu tout le nécessaire pour améliorer leur maîtrise du sabre. L’entraînement était éprouvant, mais terriblement enrichissant. Peu à peu, ils avaient identifié leurs capacités respectives et les affinités qu’ils entretenaient l’un et l’autre avec les différents styles de maniement de l’arme. Celric, plutôt axé sur la défensive, se débrouillait plutôt bien avec la Forme III, le Soresu, qui lui permettait de se protéger de toutes les attaques ou presque. Elle lui était particulièrement utile face à un adversaire aussi agressif que Piotr, au style fluide et offensif. Il variait de technique selon les moments ; à certains moments, il privilégiait les acrobaties de l’Ataru, à d’autres il préférait l’élégance du Makashi. Et, non content de s’essayer à ces formes – respectivement IV et II –, il tentait lors de certains exercices d’avoir recours au Jar’Kai, une variante à deux sabres.
Elle m’a été très utile sur Jomark, avait-il expliqué. Manier deux armes m’a sans doute sauvé la vie, mais sur le coup j’aurais préféré y être mieux préparé. Maintenant, je vais pouvoir l’être.
Pour l’heure, il ne brandissait qu’une seule lame, écarlate – le sabre qui était le sien depuis le début de son entraînement. Elle fondait sur Celric, qui parait avec la sienne, émeraude.
Les enchainements se suivaient et se ressemblaient, les coups latéraux laissant place aux coups verticaux, et inversement. C’était un combat acharné, entre deux duellistes qui commençaient à bien se connaître.
Soudain, Celric sentit des vibrations à son poignet ; la distraction lui coûta cher, puisqu’il abaissa sa garde une fraction de secondes, un laps de temps suffisant pour que Piotr puisse effectuer un Cho Mai. Tavill sentit la décharge irradier dans son avant-bras droit et poussa un cri où se mêlaient surprise et douleur. Il lâcha son arme, et la lame verte disparut.
— Désolé ! s’exclama aussitôt le jeune Galidréen, qui éteignit son arme sur-le-champ. Je pensais…
— Ça va, le rassura Celric. Tout va bien.
De fait, tout n’allait pas bien. À puissance minimale, les sabres ne provoquaient qu’un petit choc sans gravité ; mais dans un combat en conditions réelles, il aurait tout simplement perdu sa main. Il devait apprendre à ne pas se laisser distraire aussi facilement.
De nouvelles vibrations, à son poignet, le ramenèrent à la réalité ; il accepta alors la communication entrante, et la silhouette miniature de la lieutenante Brenko apparut en suspension au-dessus de l’appareil.
— Au rapport, annonça-t-il.
Il était temps, lâcha-t-elle avec froideur.
Dès son arrivée à bord du Chimaera, il avait compris que Brenko ne l’appréciait pas. Elle devait sans doute encore lui en vouloir de son petit mensonge destiné à parler directement au Moff Poldrei, à la veille du combat contre C’Baoth sur Jomark. Pour une militaire aussi portée sur les règlements, c’était une ruse impardonnable…
À moins qu’elle n’appartienne tout simplement à ces Impériaux méfiants envers tout ce qui rappelait de près ou de loin l’ancien Ordre Jedi.
— Nous sommes en entraînement, expliqua-t-il.
Vous y étiez. Nous sortirons de l’hyperespace dans vingt minutes. Votre présence est donc requise sur la passerelle de commandement.
Celric sentit sa gorge se serrer.
— Nous arrivons.
Il éteignit son communicateur et regarda Piotr, qui acquiesça doucement. Ils se dirigèrent vers le coin où ils entreposaient leurs affaires, s’épongèrent soigneusement le visage avec des serviettes. Bien que courte, leur séance d’entraînement avait été intense.
Sans un mot, ils quittèrent la passerelle d’observation et prirent le chemin de la passerelle. Ils ne parlèrent pas pendant le trajet. La tension était trop présente pour qu’ils soient d’humeur à bavarder.
Ils n’étaient pas les seuls à être tendus. Le Chimaera était un vaisseau bien tenu, avec un équipage discipliné, mais l’ambiance qui régnait aujourd’hui allait bien au-delà. Pour un apprenti Jedi comme Celric, il était facile de ressentir cette excitation froide, diffuse et troublante.
Piotr et lui arrivèrent sur le pont bien avant la sortie de l’hyperespace. Le capitaine Ardiff était en poste, s’entretenant avec l’un des artilleurs. Les voyant entrer, il les salua d’un signe de tête.
Ils attendirent quelques minutes avant que le Haut Commandement ne fasse son entrée. Le commodore Pellaeon arriva le premier pour prendre le relai d’Ardiff, qui officiait comme commandant suppléant du navire. Les deux hommes échangèrent quelques mots avant que le second ne regagne ses quartiers pour se reposer – ou du moins tenter de le faire.
Puis vinrent Thrawn et Poldrei, côte-à-côte, en pleine discussion.
Le Grand Amiral avait revêtu son habituel uniforme blanc. Sa peau était peut-être plus pâle qu’autrefois, et il paraissait légèrement amaigri ; mais c’était bien peu de choses au final quand on pensait qu’il avait frôlé la mort. Il portait sur l’épaule cette étrange créature, cet ysalamir si mystérieux que lui avaient décrit Luke et Mara.
À ses côtés, Poldrei, bien que plus petit, n’affichait que force et confiance en soi. Celric s’était entretenu plusieurs fois avec le Moff depuis qu’il était devenu Lieutenant-Général de l’Empire, notamment pour lui relater les événements survenus sur Jomark. Mais il n’avait rien ressenti à son sujet, et pour cause ; il ne se déplaçait jamais sans être protégé par un ysalamir. C’Baoth faisait planer sur le Haut Commandement une terreur immatérielle, insaisissable.
Derrière eux, à quelques pas, la lieutenant Brenko tenait une mallette équipée de répulseurs. C’était, soupçonnait Celric, la tanière de l’ysalamir de Poldrei. En entrant sur la passerelle, elle l’inspecta avec attention, et foudroya Tavill du regard lorsqu’elle l’aperçut.
— Nous sommes presque en position, annonça Pellaeon. Nous émergerons au niveau du point de rendez-vous dans une minute.
Et, comme pour souligner ces paroles, les sirènes d’avertissement se déclenchèrent, appelant chaque navigateur à son poste.
— Voyons donc cela, déclara Poldrei en approchant de la baie d’observation.

Et, comme prévu, quelques instants plus tard, le Chimaera émergea de l’hyperespace au cœur d’une imposante flotte impériale.
Il y avait là une centaine de vaisseaux en tout, dont quinze destroyers de classe Impériale qui allaient être le fer de lance de l’attaque imminente. Les navires étaient rassemblés dans l’espace profond, hors de portée des détecteurs néo-républicains – mais à cinq minutes-lumière à peine de leurs cibles.
Le spectacle qu’ils offraient avait de quoi couper le souffle. Celric ressentit un frisson le long de son échine ; même s’il s’était attendu à le contempler, le voir de ses yeux même était une toute autre affaire.
Il était tellement captivé qu’il ne remarqua pas tout de suite que Poldrei s’était arraché à sa contemplation pour se tourner vers lui.
— Magnifique, n’est-ce pas ? lui dit le Moff avec un mince sourire.
— Impressionnant, Monsieur, répondit le jeune homme en se ressaisissant.
— C’est un beau rassemblement, commenta Thrawn en venant vers eux, Pellaeon à ses côtés.
Le commodore semblait prêt à le rattraper, au cas où il serait victime de quelque faiblesse.
— Mais il reste minime par rapport à ce que l’Empire pouvait faire autrefois, acheva le Grand Amiral. Ce seul secteur disposait de cinq fois plus de destroyers pour assurer sa sécurité, à une époque où la Rébellion n’était rien de plus qu’une rumeur. Notre puissance reste très relative.
— La Nouvelle République n’a guère plus dans notre zone, rappela Poldrei.
— Je sais. Mais elle est sur son terrain, à présent. Elle dispose de défenses solides.
— Votre plan…
— Mon plan requiert une minutie absolue.
Il plongea son regard ardent dans ceux des deux simili-Jedi.
— Établissez la connexion.
Un vocabulaire tellement banal, pour l’acte qu’ils s’apprêtaient à faire… Mais Celric se contenta d’obéir, gardant par-devers lui ses pensées.
— À vos ordres.
Piotr répondit la même chose. Simultanément, ils s’installèrent en tailleur sur le sol glacé de la passerelle. C’était une position enseignée par Luke, qui n’imaginait sans doute pas alors ce qu’ils allaient en faire…
Chasse ces pensées de ton esprit, s’ordonna-t-il mentalement. Si tu fais bien ton travail, les pertes seront limitées et cette guerre finira au plus vite.
C’était ce mantra qu’il se répétait mentalement chaque fois que ses doutes revenaient. Que ce soit par conviction, à cause de son histoire personnelle ou de son amitié pour Luke, il n’avait pas envie de s’en prendre aux Rebelles. Ou du moins, plus envie. Mais avait-il le choix ? Polcaphran était son foyer, et la planète demeurait impériale. Une situation qui, si l’on se fiait aux derniers développements, n’était pas près de changer…
Il ferma les yeux et projeta son esprit dans la Force. Comme à chaque fois, l’immensité des possibilités offertes par cette énergie cosmique le dérouta. Comme il était facile de céder aux tentations d’un tel pouvoir ! Il comprenait mieux, à présent, les contes que lui racontait sa mère sur les héros déchus. Il comprenait aussi pourquoi tant d’étudiants de C’Baoth s’étaient laissé séduire. Il comprenait, certes, mais il n’acceptait pas.
Il dériva mentalement dans le vide cosmique, à la recherche d’une présence familière. Il finit par en sentir deux : Flynn Tharon et Gladys Sarn. Aidé par Piotr, qui joignit ses forces aux siennes, il parvint à entrer en contact avec eux.
— C’est fait, annonça-t-il alors sans ouvrir les yeux, pour conserver toute sa concentration. Ils sont déjà en position.
— Bien, répondit la voix suave du non-humain. Lieutenant, communication pour l’ensemble du commandement.
Toujours plongé dans l’obscurité, Celric imagina Thrawn s’éloigner de quelques pas – qu’il distingua à peine, tant il était concentré – pour descendre dans la fosse bâbord, jusqu’au poste du responsable des liaisons.
— Ici le Grand Amiral Thrawn, annonça-t-il au bout de quelques instants. Messieurs, préparez-vous et synchronisez vos chronos. Le Bellicose… Capitaine Aban : trois minutes.
À vos ordres.
— Le Judicator, capitaine Brandei. Quatre minutes cinquante.
Oui, Excellence.
— Le Right to Rule, capitaine Garrol. Deux minutes.
Nous sommes parés.
— Le Stormhawk…
Il inventoria ainsi une dizaine d’autres vaisseaux avant de s’adresser à nouveau à Celric.
— Envoyez le signal. Maintenant.
Le jeune homme obéit, faisant jaillir cette impulsion mentale si particulière de lui à destination de ses amis. Il sentit presque aussitôt une autre décharge d’énergie spirituelle – la réponse qu’il attendait.
— C’est fait.
— Opération déclenchée, ordonna alors Thrawn.
Celric aurait donné cher pour observer les manœuvres du passage en hyperespace, et la tension grandissante sur les visages des membres d’équipage. Il ne pouvait qu’en percevoir l’écho au sein de la Force, une aura de plus en plus oppressante, à mesure qu’ils approchaient de leur cible.
Il lutta pour ne pas être déconcentré lorsque les alarmes retentirent à nouveau. C’était à lui, et à Piotr, qu’incombait le maintien du lien mental ; de leur côté, Flynn et Gladys avaient déjà fort à faire. Le destroyer émergea de l’hyperespace
— Maintenant, nous allons voir quelle sera leur réaction… marmonna Poldrei.
— La réponse ne devrait guère se faire attendre, estima Pellaeon.
Soudain, le lien se brisa, et Celric rouvrit les yeux.
— Je ne les sens plus !
— Nos senseurs ont-ils détecté quelque chose ? demanda le commodore en se tournant vers la fosse de l’équipage.
— Des échanges paniqués, mais aucune explosion à la surface, répondit un opérateur.
— Ils doivent être en pleine phase d’approche, devina Thrawn. Vous ne feriez plus que les déconcentrer, à présent.
Tavill acquiesça et se releva, doucement. L’exercice, bref mais intense, lui avait beaucoup coûté en énergie ; il comprenait à présent la fatigue intense qu’avait manifesté C’Baoth à l’issue de certains de leurs entraînements.
Les jambes chancelantes, il s’appuya contre la baie panoramique, et contempla pour la première fois Anaxes.
La Défenseure du Noyau.
Ce monde servait déjà de forteresse inébranlable à l’Empire d’Azure avant même que la République ne soit fondée. Il s’y était ensuite rallié, devenant au fil des millénaires le monde de prédilection des hauts gradés navals.
— Moi aussi, j’étais impressionné la première fois que je suis venu ici, confia alors Poldrei, qui avait une nouvelle fois remarqué l’air contemplatif de Celric.
— La première fois seulement ? demanda Piotr, oubliant toute retenue.
— Oui, confirma le Moff. Ensuite, j’ai rencontré des Anaxsis.
Il eut une grimace peu agréable.
— Quand la Marine Impériale a été organisée, la moitié environ des officiers étaient des natifs des collines de Sirpar ou d’anciens élèves de la Citadelle. Des commandants compétents, sans doute, mais qui ne voyaient pas d’un très bon œil les parvenus dans mon genre.
— Nous avons un premier contact, annonça Pellaeon. Le Right to Rule a engagé le combat avec la flotte de défense d’Axum.
— Quels effectifs ? demanda aussitôt Thrawn.
— Trois croiseurs reconvertis et une dizaine de vaisseaux plus légers. Douze, très précisément. Cinq frégates et sept corvettes, classes diverses.
— Exactement les chiffres que nous avions, commenta Poldrei d’un air entendu.
Thrawn darda sur lui un regard ardent.
— Nous en avons déjà discuté, lança-t-il. La fiabilité de certaines informations n’implique pas que nous pouvons faire confiance à votre contact.
— Je le sais, répondit le Moff. Mais ajoutez cela aux codes qu’il dit détenir de la part de Derran Fahl lui-même… C’est un faisceau d’éléments qui m’incitent à croire ce qu’il dit.
— Vous allez bien vite en besogne.
— Peut-être. Mais nous avons besoin de quelqu’un pour tenir les Renseignements avant qu’ils se retournent contre nous.
Le Grand Amiral se mordit les lèvres, avant de lâcher :
— Entendu.
Poldrei salua sa petite victoire d’un signe de tête.
— Je pense que nous ne le regretterons pas.
Deux étincelles apparurent alors au loin, signe de la sortie d’hyperespace de nouveaux navires.
— Au rapport, ordonna Pellaeon à son équipage.
— Deux frégates, classe MC-30, annonça le responsable des senseurs. En approche vers notre position.
— Les renforts de la Nouvelle République, commenta Poldrei. C’est généralement à ce moment-là que les choses deviennent dangeureuses…
Celric se souvenait suffisamment bien du briefing pour deviner pourquoi. Anaxes était réputée pour la puissance de ses défenses sol-espace, des canons capables d’infliger d’importants dégâts aux vaisseaux capitaux. Mais leur utilisation était plus que parcimonieuse : immobiles, attachés au sol, ils représentaient une cible idéale pour les destroyers ennemis. De plus, leur utilisation imposait une désactivation au moins partielle du bouclier planétaire. Ils n’étaient donc, le plus souvent, que des soutiens lors de combats spatiaux, quand les forces de défense pouvaient attirer l’attention de l’adversaire.
— Ils devaient être de l’autre côté de la planète, acheva le Moff.
— Ils ne sont pas de taille contre notre groupe, assura Thrawn.
Il consulta le chrono à son poignet.
— D’autant qu’Anaxes ne devrait pas tarder à capituler…
Son regard dériva vers son allié.
— …si votre analyse de la situation était exacte.
— Elle l’est, l’assura Poldrei sans trembler.
Les deux chefs de l’Empire se jaugèrent du regard ; même s’ils étaient imperceptibles au sein de la Force, Celric sentait la tension qui émanait de cette confrontation. Ce n’était pas de la haine, de la détestation ou tout autre sentiment hostile ; leur comportement était plutôt l’héritage de trente ans de survie en milieu impérial, un environnement où la confiance était un luxe que les ambitieux ne pouvaient se permettre.
— Commandant ! intervint alors un enseigne, brisant ce duel silencieux.
Il s’adressait à Pellaeon, mais Poldrei et Thrawn se tournèrent également vers lui, ce qui diminua considérablement son assurance.
— Nous… Nous sommes parvenus à nous connecter à des satellites de sécurité… Nous pouvons avoir des images de la Citadelle.
— Diffusez-les sur les écrans de la passerelle, ordonna le commodore. Et surveillez l’approche de ces frégates !
— À vos ordres.
Les vues apparurent très vite sur différentes parois autour d’eux. Elles montraient un imposant complexe, de conception ancienne mais qui comportait malgré tout des détails rappelant l’esthétique impériale. En recoupant les angles, Celric comprit qu’il observait une structure en forme de U, enserrant une très large place sur plusieurs niveaux où l’on pouvait distinguer de grandes allées bordées de statues et de colonnes.
C’était la puissante Citadelle d’Anaxes, un complexe dont les origines remontaient à l’Empire d’Azure et qui accueillait les principales institutions de la planète. Ses tours les plus élevées, de plusieurs centaines de mètres de haut, étaient bien plus récentes : l’ensemble avait su évoluer au fil des siècles, servant l’Ancienne République de ses origines à son déclin, et passant sous domination impériale dès les débuts de l’Ordre Nouveau.
Aujourd’hui, la Citadelle allait connaître une nouvelle page de son histoire.
Et quelle page !
Le Grand Amiral consulta une nouvelle fois son chrono.
— Ils ne devraient plus tarder, à présent, estima-t-il.
Ils patientèrent en silence. Sur le pont, tout le monde retenait son souffle ; ceux qui ne guettaient pas l’avancée des ennemis ou n’étaient pas occupés à une tâche essentielle observaient ce théâtre improvisé où rien ne semblait encore bouger.
Puis les images semblèrent devenir floues, et, soudainement, des taches grises apparurent, plus nombreuses à chaque seconde. Elles devinrent plus précises, laissant apparaître des nuances, des formes bien déterminées, des lignes dures et élégantes.
En quelques instants, un destroyer était surgi du néant.
— Maintenant, nous allons savoir… murmura Pellaeon.
Poldrei sourit.
— Ils ne le détruiront pas, assura-t-il.
— C’est ce que vous pensez, rappela Thrawn.
— J’en suis convaincu, assura le Moff. Aucun Anaxsi ne voudrait détruire un destroyer de classe Victoire, et encore moins l’Arlionne.
Il désigna l’écran qui montrait le mieux le vaisseau d’un coup de menton.
— C’était le destroyer de Terrinald Screed au cours de sa traque de la flotte Bulwark… Une traque qui s’est achevée ici même ! De toute l’histoire récente de ce monde, c’est l’épisode le plus glorieux, celui dont les Anaxsis sont le plus fiers !
Celric espérait de tout cœur que le Moff avait raison, car Flynn et Gladys étaient à bord de ce navire – et ils devaient être épuisés par la prouesse qu’ils venaient de réaliser.
Le Grand Amiral Thrawn avait exhumé – Celric ignorait d’où – des prototypes de manteaux-boucliers, capables de rendre des objets invisibles pour l’œil et les senseurs. Une technologie de pointe, plus perfectionnée que les manteaux de camouflage traditionnels, qui pouvaient encore être détectés par les meilleurs équipements… Mais qui souffrait d’un défaut majeur. Le manteau-bouclier pouvait rendre invisible son utilisateur, mais il le laissait aussi aveugle sur tous les plans. Il était impossible de guider un vaisseau équipé de cette technologie.
Heureusement, la Force n’était pas soumise à ce genre de limites.
Le plan était collectif. Thrawn avait imaginé l’utilisation des « Jedi Impériaux » pour pallier les handicaps induits par les manteaux-boucliers, afin d’utiliser ces derniers pour infiltrer un navire sur la cible ennemie, avant la levée des défenses ennemies. Poldrei était intervenu sur le choix de la cible, et du navire à équiper pour l’occasion.
Ils allaient maintenant savoir si cette association était judicieuse.
— Contact dans quatre minutes, annonça Pellaeon.
Sur les écrans, le destroyer ne bougeait pas. Les répulseurs additionnels, ajoutés en même temps que les manteaux-boucliers, fonctionnaient à plein régime, faisant vibrer l’air autour d’eux.
— Trois minutes.
— Nous avons une demande de liaison, annonça alors un enseigne.
— Qui donc ? dit aussitôt Poldrei en se tournant vers lui.
— Un membre du gouvernement d’Anaxes. Il souhaite s’adresser directement au Grand Amiral Thrawn.
L’appelé échangea un regard avec le Moff, qui cachait à peine son triomphe. Celric n’avait même pas besoin de la Force pour sentir son enthousiasme orgueilleux.
— Félicitations, amiral, lança-t-il avec aplomb. L’Empire d’Azure est à nous.



L2-D2 a écrit:On a l'impression de voir une fin de saison de série télévisée tant les choses se précipitent... et promettent du bon, du très bon même ! :oui:

Je suis amateur de quelques bonnes séries politiques... Mes premières ébauches de Carth Poldrei étaient très inspirées d'un personnage emblématique, que les scénaristes viennent de tuer suite aux graves conneries de son interprète. :transpire:

Alfred M. a écrit:Il est pas si instable qu'on aime bien à le dire et agit toujours de façon relativement logique, sinon Thrawn n'aurait pas pu le cerber et travailler avec lui :wink: .

Dans les livres, son état mental se dégrade à mesure que sa puissance augmente. Je pars du principe que le contact avec de nombreux apprentis accélère sa montée en puissance... C'Baoth est ici une menace plus importante que dans les livres de Zahn, sans doute. :jap:

mat-vador a écrit:Dans les derniers dialogues, le plan de Poldrei est en marche! un triumvirat :love: !

:oui:

Dark Palgueïss a écrit:Je suis cependant un peu dubitatif sur son projet : l'idée d'un triumvirat, ça sonne pas mal, mais je vois d'ici toutes les possibilités de trahisons et coups bas entre les trois détenteurs du pouvoir. :whistle:

Tout dépend des personnes qui occupent la place, j'imagine. Personne n'a encore le tiercé gagnant - enfin, sauf moi, bien sûr. :D
Et s'il y a des péripéties... :sournois:
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Messagepar L2-D2 » Jeu 08 Nov 2018 - 8:49   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Chapitre 125 lu !

Ah ! Après un mois d'absence, on retrouve La fédération Impériale pour un excellent Chapitre, long et riche en enseignements sur le nouveau statut de l'Empire ! La technique du lien mental entre les sensitifs Impériaux à la Force me rappelle ce que les auteurs avaient fait des jeunes Chevaliers Jedi lors de la saga du Nouvel Ordre Jedi... une référence que je valide ! :oui:

En tout cas, ce Chapitre permet à l'Empire de remporter une nouvelle victoire. La République a vraiment du souci à se faire !

Jagen Eripsa a écrit:Tout n'est pas encore fixé, mais je devrais normalement ne garder que la moitié des "points de vue" actuels... Tout en gardant six. Trois hommes, et trois femmes ! La parité donc, et je vous assure que la façon dont ce sera amené ne sera pas du tout artificielle. :D

Allez, je joue : je mise un billet sur Mara Jade, Carth Poldrei et Celric Tavill. Les autres... je ne sais pas encore !
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Messagepar Alfred M. » Jeu 08 Nov 2018 - 9:34   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Sacré conclusion, j'étais sur d'avoir à faire à l'attaque de Kuat mais c'est une cible tout aussi ambitieuse que tu nous proposes là. Les impériaux sont au cœur du Noyau maintenant, en plein espace Néo-Républicain (ce qui laisse plus de liberté à la NR pour gérer le problème). Mais ça leur aura coûté cher en révélant l'un de leur meilleur atout. Vivement la suite :) .

Jagen Eripsa a écrit:Le moment est venu d'entamer la quatrième partie, la dernière de ce premier tome... Et même si l'on s'achemine vers le dénouement, elle comportera encore son lot de surprises. :sournois:


:love:

Jagen Eripsa a écrit:Bien sûr, la Fédération Impériale ne s'achèvera pas pour autant ; le récit se poursuivra, mais différemment. Tout n'est pas encore fixé, mais je devrais normalement ne garder que la moitié des "points de vue" actuels... Tout en gardant six. Trois hommes, et trois femmes ! La parité donc, et je vous assure que la façon dont ce sera amené ne sera pas du tout artificielle. :D


Format comics confirmé :whistle: . Bon ben je peux pas dire que la possibilité de voir Corran remplacé par Siveline me rende jouasse mais, j'attends de voir, surtout pour les autres (rien que si tu tapes dans ce qui existe déjà y a de quoi faire :transpire: ). Carth est indéboulonnable, il faut garder le Bothan (si tu te soucis de la parité faut penser aux non-humains :whistle: ) et Celric semble avoir un destin important... Petit à petit les personnages originaux prennent le pouvoir :lol: .
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Messagepar Jagen Eripsa » Jeu 08 Nov 2018 - 20:19   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Merci messieurs ! :jap:

L2-D2 a écrit:Ah ! Après un mois d'absence, on retrouve La fédération Impériale pour un excellent Chapitre, long et riche en enseignements sur le nouveau statut de l'Empire ! La technique du lien mental entre les sensitifs Impériaux à la Force me rappelle ce que les auteurs avaient fait des jeunes Chevaliers Jedi lors de la saga du Nouvel Ordre Jedi... une référence que je valide ! :oui:

C'est une source d'inspiration, en effet. :jap:

Alfred M. a écrit:Sacré conclusion, j'étais sur d'avoir à faire à l'attaque de Kuat mais c'est une cible tout aussi ambitieuse que tu nous proposes là.

Un de mes mondes préférés. :cute:

Alfred M. a écrit:Mais ça leur aura coûté cher en révélant l'un de leur meilleur atout.

Heu... Là, je te suis pas. Y a rien de nouveau qui soit révélé... :transpire:

L2-D2 a écrit:Allez, je joue : je mise un billet sur Mara Jade, Carth Poldrei et Celric Tavill. Les autres... je ne sais pas encore !


Alfred M. a écrit:Format comics confirmé :whistle: . Bon ben je peux pas dire que la possibilité de voir Corran remplacé par Siveline me rende jouasse mais, j'attends de voir, surtout pour les autres (rien que si tu tapes dans ce qui existe déjà y a de quoi faire :transpire: ). Carth est indéboulonnable, il faut garder le Bothan (si tu te soucis de la parité faut penser aux non-humains :whistle: ) et Celric semble avoir un destin important... Petit à petit les personnages originaux prennent le pouvoir :lol: .


Y a de l'idée... :sournois:
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Messagepar Alfred M. » Jeu 08 Nov 2018 - 21:26   Sujet: Re: La Fédération Impériale

Jagen Eripsa a écrit:Heu... Là, je te suis pas. Y a rien de nouveau qui soit révélé... :transpire:


Ok, je croyais que c'était la première utilisation (si on excepte les taupes, où personne a eu le temps de comprendre) du manteau bouclier, au moins de manière aussi visible et indiscutable.

Dans l'original, Thrawn était bien plus subtil et prudent avec son utilisation (d'abord les taupes, puis les attaques à travers les boucliers planétaires, avant enfin d'utiliser les astéroïdes et ainsi coincer la NR dans une situation d'urgence et la forcer à tomber dans son piège - alors que là, la NR va prendre son temps pour développer des dispositifs anti-cloaking).
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