Salut à toutes et à tous,
Je continue mon rituel bi-hebdomadaire. En parallèle, je poursuis la réécriture des autres arcs, et bien que ça n’avance pas très vite, j’essaie tout de même de m’appliquer du mieux possible afin de rendre le tout le plus qualitatif et agréable à lire (ou, au minimum, le moins désagréable possible), et ce, malgré que j’ai bien conscience d’avoir atteint un plafond de verre que je n’arriverai jamais à briser.
Quoi qu’il en soit, j’arrive tout de même à me satisfaire de petites choses, comme le fait d’avoir dépassé un pic de difficulté dans l’une des scènes qui me turlupinée.
Enfin bref, voici donc le chapitre 6, intitulé : Confrontation nocturne.
Nous retrouvons donc Céléria après une petite ellipse temporelle, toujours sous la tonnelle à admirer d'un air pensif la beauté du paysage de cette planète tropicale. Les montagnes luxuriantes et les forêts denses offrant un contraste saisissant avec la dureté de son devoir. Les gouttes de pluie scintillaient sous la lumière des lunes, créant une scène presque apaisante malgré la tempête émotionnelle qui grondait en elle.
Solanya était également plongée dans ses pensées depuis sa rencontre inopinée avec le lieutenant-colonel dans les couloirs, rongée par le doute, et face à cet aléa moral, elle décida de sortir de sa chambre en pleine nuit, et de se rendre à la salle d'interrogatoire afin de se confronter au prisonnier, car en se confrontant à ce dernier, elle espérer potentiellement y trouver un monstre dangereux qui pourrait justifier moralement, et après coup, les méthodes borderline utilisées par Céléria.
D'une certaine manière, si le prisonnier s'avérait être une ordure, cela permettrait à Solanya de se dédouaner, et donc de se sentir moins coupable face à une éventualité qui lui était totalement insupportable : c'est-à-dire, le massacre de ces pauvres villageois et, plus généralement, le rôle central que joua sa grande sœur dans tout cela.
Solanya se dirigea donc vers la salle d'interrogatoire, et elle sorta discrètement de sa chambre afin de ne pas croiser Céléria qui lui aurait (à juste titre) interdit d'entrer en contact avec le prisonnier. Elle se déplaça donc aussi silencieusement que possible dans les couloirs sombres de la base. Mais, alors qu'elle était presque arrivée à la salle d'interrogatoire, Solanya se fit interpeller par une voix :
- « Eh bah, alors gamine ?! Où est-ce que tu vas, comme ça ? On t'a jamais dit que c'était pas très sûr de sortir à cette heure-ci ? » lâcha l'un des soldats qui interpella Solanya
- « Nulle part, j'avais juste besoin de prendre l'air... » répondit-elle avant de reprendre sa route, évitant soigneusement tout contact visuel avec la meute de soldats qui l'avait interpellée.
En effet, pour atteindre la salle d'interrogatoire depuis sa chambre, Solanya devait passer devant une cantine/self-bar/cafétéria, un lieu de vie animé où les soldats se retrouvaient pour boire et jouer aux cartes. Elle se retrouva donc face à une dizaine de soldats totalement ivres, parmi lesquels se trouvaient le lieutenant-colonel, mais également, le soldat censé surveiller la salle d'interrogatoire.
- « Si tu veux, je peux te ramener dans ta chambre pour te border et te réconforter, tu verras, je serais aussi délicat à caresser qu'une peluche ! » ajouta l'un des soldats totalement ivre.
Face à cette réflexion, tous les soldats éclatèrent de rire, chacun ajoutant son commentaire graveleux. Quant à Solanya, elle sentit son dégoût grandir à chaque insulte et rire moqueur qui lui était adressé, et elle décida donc de continuer son chemin en ignorant les remarques grossières des soldats :
- « bah , alors petite ?! Reviens, n'est pas peur ! On veux pas te manger , on veux juste lécher ton jolie petit minou ! » rajouta l'un des soldats alors que Solanya était encore une pré-ado de 13-14 ans et que le soldat devait avoir une bonne trentaine d'années ...
quoi qu'il en soit, elle arriva enfin à la salle d'interrogatoire, ouvrit la porte et resta quelques instants sur le seuil, observant l'endroit où elle s'apprêtait à entrer. La pièce baignait dans une obscurité sordide, cette fois-ci, c'est Solanya qui regarda dans l'abîme et non l'inverser, comme avec Céléria.
Prenant une grande inspiration, elle entra dans la salle afin de confronter le prisonnier et clarifier tous les doutes qui la hantaient. Cependant, alors qu'elle venait tout juste de franchir le seuil, elle fut interpellée par le prisonnier :
- « ... c'est encore vous ? » demanda le prisonnier qui confondit Solanya avec Céléria.
- « ... qui je suis n'a pas vraiment d'importance. Contentez-vous seulement de répondre à mes questions... » répondit Solanya, restant dans le dos du prisonnier.
- « ... je reconnais votre voix... vous étiez présente lors de mon arrestation... »
- « Je viens pourtant de vous le dire : qui je suis n'a pas d'importance. Contentez-vous seulement de répondre à mes questions, » répéta Solanya, sa voix calme et sans animosité, marquant sa quête sincère de réponses.
Le prisonnier, face à la réponse de Solanya, préféra rester silencieux plutôt que de se lancer dans un concours d'ego comme il l'avait pu le faire avec Céléria. Mais le silence n'étant pas une option pour Solanya, elle décida donc de prendre les devants :
- « ... et si... et si je vous disais que... que si je suis venue ici, c'était, afin de vous libérer ? »
- « ... me libérer ?! » demanda Ungern qui n'en croyait pas ses oreilles.
- « Oui, je suis prête à le faire, mais seulement à une condition... » confirma Solanya.
- « ... une condition ?! Et quelle serai cette condition ?! » demanda t-il intrigué mais sceptique.
- « ... que vous me promettiez de ne plus jamais vous en prendre à qui que ce soit, et que vous abandonniez à tout jamais vos activités ! » demanda Solanya, presque candide dans sa proposition.
- « ... vous n'êtes pas sérieuse, là ?! » demanda le prisonnier d'un ton presque amusé, sans pour autant se laisser prendre au jeu de Solanya. Pour lui, tout cela n'était qu'un moyen de le déstabiliser et de lui soutirer des informations. Céléria jouait le rôle du méchant flic, et Solanya, celui du gentil flic.
- « ... je suis tout à fait sérieuse et prête à le faire. Tout ce que je demande, c'est que vous m'en fassiez la promesse ! »
- «... » Ungern resta silencieux, perdu dans ses réflexions, incapable de trouver une réponse adéquate dans une telle situation.
- « ... alors qu'en dites-vous ? » demanda Solanya, son regard cherchant une réaction chez lui.
- « ... je vous dirais qu'un serment dans telles conditions n'ont absolument aucune valeur... et par conséquent, qu'il m'est totalement impossible d'accepter votre proposition... »
- « Mais enfin, qu'est-ce qui vous empêche réellement de le faire ? Avez-vous seulement conscience de ce qui vous attend ?! » demanda Solanya, sa voix trahissant une colère grandissante face au refus d'Ungern.
- « ... et vous, qu'est-ce qui vous pousse à vouloir me libérer à tout prix ?! » répliqua le prisonnier.
- « ... et vous, pourquoi vous vous êtes laissé capturer aussi facilement ? Alors que si vous étiez resté caché, vous auriez peut-être pu vous en sortir, et passer entre les mailles du filet ?! » répondit Solanya du tac au tac.
- « Et vous, qu'auriez-vous fait à ces pauvres gens, si je ne m'étais pas montré à temps !? » rétorqua le prisonnier, inversant à nouveau les rôles.
- « Rien, absolument rien, car contrairement à vous, nous ne sommes pas des criminels ! »
- « ... ah mais, qu'est-ce qu'il faut pas entendre... »
Ungern laissa échapper un rire rauque, teinté de douleur autant que de sarcasme.
« ...et si je vous disais qu'à l'heure actuelle, ces pauvres gens sont soit morts, soit dans le même état que moi... »
- « eh bien, moi je vous dirais que vous n'êtes qu'un menteur ! » répondit aussitôt Solanya, presque machinalement, ses mots se précipitant hors de sa bouche avant même qu'elle ne puisse les retenir.
- « Ah oui !? Eh bien, dans ce cas-là, si vous en êtes si sûre, expliquez-moi ce que vous faites ici au beau milieu de la nuit ? » riposta le prisonnier qui cherchait à lire les véritables intentions de Solanya.
- « Ce que je suis venue faire ici ne regarde que moi et personne d'autre. D'ailleurs, celle qui pose les questions, ici, c'est moi ! » répondit Solanya en éludant la question.
- « Ah oui ? Eh bien, moi, je pense que si vous êtes la, c'est uniquement dans l''espoir d'y trouver quelque chose, quelque chose qui pourrait soulager votre conscience, n'est-ce pas ? » répliqua Ungern avec perspicacité
- « ... »Solanya resta silencieuse
- « Malheureusement, vous êtes déçue, voire même en colère, car je ne suis pas le monstre que vous espériez tant trouver, et tout cela va à l'encontre de votre petit narratif derrière lequel vous auriez tant aimez vous cacher ! »
- « C'est faux, vous mentez ! » accusa Solanya, balayant d'un revers de main cette possibilité.
- « Ayez au moins l'honnêteté de le reconnaître ! D'ailleurs, vous n'aviez aucune intention de me libérer, et tout ça n'était qu'un petit test pour me jauger ! »
- « C'est faux, tout ce que vous dites est absolument faux ! » Solanya nia en bloc les accusations d'Ungern, sans pour autant être capable d'y répondre de manière convaincante.
- « Non, tout ce que je dis n'est pas faux, et vous le savez aussi bien que moi. C'est même pour ça que vous êtes là, car en réalité, vous avez une part de responsabilité dans ce qui est arrivé à ces pauvres gens... et ça, vous ne pouvez pas le supporter. »
- « Vous mentez, je n'y suis absolument pour rien !!!! Vous m'entendez ?! Je n'y suis absolument pour rien dans ce qui leur est arrivé. D'ailleurs, il ne leur est strictement rien arrivé, vous m'entendez ?! Absolument rien ! » hurla presque Solanya, la voix tremblante de rage et de déni.
Solanya, dans son éclat de colère, avoua presque à demi-mot ce qui était arrivé aux villageois. Cependant, à ce stade, elle était encore dans le déni, n'ayant que des soupçons, aucune preuve.
L'échange entre Ungern et Solanya avait atteint son paroxysme, et malgré sa victoire rhétorique, Ungern ne chercha pas à pousser son avantage.
« ... » Ungern resta donc silencieux, laissant la salle plongée dans un silence lourd de sens.
Finalement, Solanya reprit la parole, envahie par la dissonance cognitive et la difficulté d'accepter la vérité.
- « Décidément, j'aurais mieux fait de ne jamais essayer d'entrer en contact avec vous... » lança-t-elle avec beaucoup d'émotion et de rancœur dans sa voix.
- « ... Vous avez probablement raison. Cependant, la personne qui vous doit des explications, ce n'est pas moi. Et ça, vous le savez tout aussi bien que moi, malheureusement, jamais vous n'aurez le courage de les réclamer ! » répondit Ungern, jetant une dernière pique, presque par réflexe de défense après tant de souffrances.
Solanya fut déstabilisée par les paroles d'Ungern. Elle quitta brusquement la salle sans même prendre la peine de répondre, sentant au plus profond d'elle-même qu'il avait raison. Elle s'éclipsa donc rapidement, craignant de perdre la face et de craquer devant lui.
Solanya quitta la salle d'interrogatoire, et se dirigea d'un pas décidé vers les appartements de sa sœur, situés sur les toits de la base. Bien décidée à confronter Céléria au sujet des villageois et, plus généralement, sur la véritable nature de ses missions. Car pour l'instant, Céléria n'avait fait que mentir à Solanya sur quasiment tous les sujets, et ce, afin de la maintenir dans une sorte de pieux mensonge et ainsi gagner un peu de temps, le tout, en espérant que la capture d'Ungern puisse mettre un terme à la guerre, ou du moins accélérer grandement sa fin.
Solanya marcha donc d'un pas rapide dans les couloirs, ces pensées tourbillonnant dans son esprit. Et des fragments de la discussion entre Céléria et le général lui revinrent en mémoire :
- « ... décidément, vous êtes bien notre meilleur élément. Avec vous, il n'y a jamais d'hésitation ou même de demi-mesure, et les objectifs sont toujours remplis ! »
Cette phrase prit un tout nouveau sens pour Solanya. Chaque mot semblait désormais chargé de sous-entendus sinistres, renforçant ses doutes et ses peurs. Malheureusement, ses réflexions furent interrompues par les braillements des soldats totalement ivres. Curieusement , Solanya décida de s'rn approcher discrètement afin d'écouter leur conversation, et ce, dans l'espoir d' y entendre quelque chose qui pourrait invalider et/ou contredire les propos d'Ungern, et ainsi lui éviter d'avoir a confronter Céléria.
Elle s'approcha donc silencieusement près de la cafétéria, où les soldats riaient et parlaient bruyamment, insouciants des conséquences de leurs actes, son cœur battait la chamade, et elle tendit l'oreille dans l'espoir d'y entendre quelque chose qui pourrait apaiser son tourment intérieur.
( voici un schéma nul , fait en 5 minutes sur paint afin de mieux comprendre la scène )
Solanya se colla contre le mur, tandis que les soldats, visiblement ivres, continuaient leurs débauches verbales sans se soucier de qui pouvait les entendre
Solanya se colla contre le mur, tandis que les soldats, visiblement ivres, continuaient leurs débauches verbales sans se soucier de qui pouvait les entendre.
- « ... Allez faites pas vos tapettes, aujourd'hui, on se lâche ! » vociféra le lieutenant en servant une nouvelle série de shots.
- « ... Je suis désolé, chef, mais je crois que je vais pas pouvoir vous suivre... » répondit un soldat, blanc comme un linge.
- « Ah bon, et pourquoi ? »
- « ... oagh, j'suis trop mort, chef... » répondit le soldat avant d'ajouter, « Et puis, faudrait peut-être que je retourne garder la salle d'interrogatoire, car si je me fais griller par... »
« OH, c'est bon, fais pas ta flipette, il va pas s'envoler l'autre enculé ! Et puis de toute façon, on l'emmerde cette sale pute! » rétorqua le lieutenant, coupant la parole à son subalterne.
- « Hahahaha, ça c'est bien vrai, chef ! » ajouta un autre soldat, suivi par d'autres qui se mirent à brailler des insanités.
- « Ouais, qu'elle retourne donc sucer des bites à la capitale cette sale pute ! Ici, ce sont les vrais mecs qui font la loi ! » rajouta un autre soldat, tandis que le reste des soldats approuvaient bruyamment.
Face à la pression du groupe, le soldat accepta finalement de boire son verre.
- « Ah bah, voilà, j'aime mieux ça, » ajouta le lieutenant avant de poursuivre, « on va tout de même pas se laisser emmerder par cette salope qui se croit tout permis ! »
Sur ce, le lieutenant porta un toast, et tous les soldats vidèrent leurs verres d'un coup. :
- « ... à la capture de l'autre enculé ... » déclara t-il tout en buvant son verre tout en rejoutant:
- « ... même si c'est cette connasse qui sera dans les réceptions à bouffer des petits fours, pendant que nous, on sera toujours coincés sur cette planète avec ces putain de sauvages ! » se lamenta le lieutenant qui termina son verre.
- « En même temps, ça étonne qui ? Ses parents étaient sénateurs ! Et puis, vu la vitesse à laquelle elle a prix du gallon, elle a dû sucer toutes les bites de l'état-major ! » ajouta un soldat.
- « Le pire dans tout ça, c'est que c'est nous qu'avons fait tout le sale boulot ! » se lamenta un autre.
- « Moi, j'dis que cette salope devrait venir nous faire des gorges profondes et bien baveuses en guise de dédommagement ! » rajouta l'un des soldat sur un ton digne des plus grands piliers de bar.
cette réflexion fit rire tout les soldats , et l'un d'un d'entre eux en profita pour prendre la parole :
- « en parlant de petite chatte , quitte a choisir , je préférais plutôt remplir celle de sa petite sœur, elle au moins , elle s'est pas fait passer dessus par tout le haut commandement ! »
cette réflexion de gros beauf fit de nouveau rire l'ensemble des soldats, cependant , le soldat continua en nous détaillant précisément ce qu'il ferais à cette pauvre Solanya :
- « je l'attraperai par les cheveux c'te pute , et que ce soit avec ou sans son consentement , je lui déglinguerais sa petite chatte bien serrée ! »
face à ces propos , les autres soldats étaient amusés, et ils en rigolèrent à gorge déployée, mais ils étaient aussi « fasciner » voir même un peu excités par l'idée de s'en prendre à quelqu'un de vulnérable, et ainsi, de pouvoir se « venger » de leur vie de merde en avilissant, et en souillant une personne qui les domines socialement, moralement mais aussi symboliquement.
- « ... et puis , je l'attacherais à une laisse et je lui baisserais sa gorge jusqu'à qu'elle s'étouffe avec ma bite et que je me décharge dans sa bouche de petite soumise !» ponctua le soldat tout en imitant les gestes d'une fellation forcée.
Solanya ressentit un profond écœurement, cependant, elle n'était pas vraiment surprise. Après tout, elle n'avait jamais eu une grande estime pour ces hommes, qu'elle considérait comme des individus grossiers et vulgaires, bien loin de la noblesse et de la dignité de sa lignée patricienne.
Face à ces paroles ignobles, Solanya décida qu'elle en avait entendu assez, et que les soldats n'avaient finalement rien d'important à dire.
Cependant ,alors qu'elle était sur le point de partir, une phrase s'éleva au-dessus des rires gras et attira de nouveau son attention.
- « le mec , dit ça , mais pour le moment ,le seul truc qu'il a réussis à faire , c'est de violer à la chaîne ses putain de sauvageonnes ! » répondit l'un des soldats qui tacla son collègue devant tout les autres soldats qui explosèrent de rire , tant le timing de la punchline était parfait !
Solanya, qui s'apprêtait à quitter discrètement les lieux, pressentait que ce qui allait suivre serait crucial, le cœur battant, elle se força à rester immobile, chaque fibre de son être étant tendues vers cette vérité brutale qui se dévoilait lentement, tandis que le soldat tenta de se justifier devant ses camarades hilares, son ton oscillant entre l'excuse et la vantardise.
- « eh , mais les gars , moi j'vous l'ai toujours dis , les sauvageonnes c'est bien plus agréable de leur cracher dedans que de leur cracher dessus, en particulier lorsqu'elles essayent de se débattre ! » répondit le soldat. Face à cette réponse , les soldats explosèrent encore plus de rire
- « oh , putain , il me tue ce con ! » ajouta l'un des soldats, hilare .
- « ok, d'accord, mais t'étais peut-être pas obliger de te farcir la grand-mère, non !? » face à cette remarque tout les soldats explosèrent de nouveau de rire
- « putain , le mec a carrément fait de la spéléologie ! » rajouta un autre soldats
- « non, mais écouter le celui-la ! Le mec ôse me dire ça , alors qu'il a balancé un gamin dans un putain de puits et qui l'a achever en y balançant une putain de grenade ! le tout, sous le regards de sa pauvre mère ! » répondit le Soldat , tandis que tout les autres soldats étaient hilare .
- « alors, déjà, premièrement, c'était pas sa mère, mais sa tante, deuxièmement, ce petit enculé n'avait qu'a agonir en silence, et enfin, troisièmement, cette salope n'avait tout simplement qu'a répondre à mes questions ! » répondit avec cynisme l'autre soldat .
Face à de tels propos, Solanya se sentit anéantie. Ce qu'elle venait d'entendre la submergea instantanément, plongeant son esprit dans un tourbillon de pensées contradictoires et chaotiques.
Une vague de stress, aussi violente qu'inattendue, se déchargea dans tout son corps, amorçant une crise d'angoisse paralysante. Ses mains tremblaient, et une sueur glacée perlait sur son front, chaque battement de son cœur résonnait douloureusement dans sa poitrine, tandis qu'elle était en proie à des bouffées de chaleur
Le sol semblait se dérober sous ses pieds, sa vision se troubla, et le monde autour d'elle prit une teinte irréelle, vidée de tout sens. Dans ce moment de panique absolue, Solanya s'efforça de se contenir, consciente que se faire repérer par les soldats pourrait déclencher une réaction imprévue, voire violente.
Elle tenta désespérément de reprendre ses esprits, de retrouver un semblant de contrôle sur elle-même, mais l'état de choc et la quasi-catatonie la tenaient fermement. Néanmoins, elle trouva tout de même la force de continuer d'écouter les soldats qui surenchérissaient dans l'horreur et l'abject. Chaque mot qu'ils prononçaient étant comme une lame s'enfonçant toujours plus profondément dans son âme déjà meurtrie.
- « mais quel enculé, celui-la ! Vous voyez ce mec n'a aucune éthique ! car moi, contrairement à lui, j'ai encore un certains nombre de principes, et ces pauvres femmes, j'ai au moins eu la décence de leur apporté un peu de douceur et de réconfort avant de devoir leur faire sauter le caisson ! » répondit d'un ton sarcastique le soldat violeur , ce qui fit rire énormément ses collègues
- « tu vois , d'abord ,j'me vide les couilles, et ensuite, je vide mon chargeur ! » rajouta-il alors que les autres soldats étaient hilares.
- « oh , putain , il me fume cette enculé ! » lâcha le lieutenant qui n'en pouvait plus tellement il rigolait : « en tout cas , ils s'en rappelleront pour plusieurs générations ses putains de sauvage ! » ponctua t-il.
l'ambiance était semblable à celle-ci :
https://www.youtube.com/watch?v=VC2_SL4EX1s
Cependant, alors que les soldats riaient comme des hyènes, et que Solanya se trouvait dans un état critique, une voix se distingua du tumulte, et l'un des soldats, le visage empreint de gravité et de désapprobation, prit la parole afin de s'élever contre le comportement inqualifiable de ses camarades.
- «... non , mais vous vous écoutez parler les gars, ou quoi ? » demanda ce soldat d'un ton accusateur, plongeant la pièce dans un silence lourd qui dura plusieurs secondes. L'ambiance festive et cruelle fut instantanément brisée, remplacée par une tension palpable.
- « ... est ce que vous vous rendez seulement compte de la gravité de vos actes ? Car, quand je vous écoutes, j'en ai pas l'impression !? On parle tout de même d'être doté de conscience ; d'une subjectivité qui leur étaient propre. Ces gens la, ils avaient une vie, ils éprouvaient des sentiments, ils avaient peut-être même des rêves ou des regrets, et vous, bande de sauvages, vous avez tout détruit. Mais surtout, je crois que le pire dans tout ça, c'est que personne ne semble se rendre compte DU NOMBRE DE RAPPORT QUE J'AI DU BIDONNER AVANT DE VENIR ME METTRE UNE PUTAIN DE RACE AVEC VOUS !!! » Lâcha le soldat dans le plus grand des calmes.
Cette blague prenant tous les autres soldats à contre-pied, y compris le lieutenant et la chute était si parfaite que tous éclatèrent de rire et se mirent porter des toast, et à chanter à l'unisson des chansons de leur régiment.
Quant à Solanya, elle était totalement écœuré, cette blague cruelle avait fait naître en elle une petite lueur d'espoir, la mince illusion qu'un vestige d'humanité aurait pu exister parmi ces soldats. Mais cette illusion fut brutalement détruite par la chute grotesque de cette blague, entraînant avec elle les dernières traces de respect qu'elle pouvait avoir pour ces hommes.
Les rire débridés des soldats, se moquant de leur propre cruauté et insensibilité, firent ainsi éclater le fragile équilibre émotionnel de Solanya, et la tristesse, se mua rapidement en une colère ardente, non seulement dirigée contre les soldats, contre sa propre sœur, mais également envers elle-même, coupable de n'avoir pas était capable de voir la vérité plus tôt.
À cet instant précis, l'ampoule au-dessus de Solanya, vacillante depuis un moment, s'éteignit définitivement dans un crépitement faible mais symbolique. La lumière mourante incarnant le passage de Solanya vers un point de non-retour. Les clignotements erratiques de l'ampoule ayant parfaitement incarné ses propres hésitations, ses doutes et son désespoir.
Le couloir plongea ainsi dans une pénombre, renforçant le sentiment de désespoir qui envahissait Solanya. Cependant, en dépit de la rage et du dégoût qui la rongeaient, les révélations des soldats avaient corroboré les accusations d'Ungern, et cette vérité indéniable lui était devenue insupportable.
Solanya prit donc une décision radicale, et elle se décida à libérer Ungern afin de saboter le travail de sa sœur et des soldats. elle savait aussi qu'une telle action provoquerait probablement un scandale médiatico-politique, menant à une enquête disciplinaire et, espérait-elle, à des sanctions sévères pour les criminels.
Même si à ce moment précis, tout ce qu'elle voulait, c'était de se rendre au près de la seule personne qui lui avait dit la vérité.
Elle se dirigea donc vers la salle d'interrogatoire avec une détermination froide. À chaque pas, elle sentait son cœur battre plus fort.
En entrant dans la pièce, ses yeux, encore rougis et gonflés de larmes qu'elle avait séchées à la hâte, trahissaient son état émotionnel, et l'angoisse qu'elle ressentait se lisait clairement sur son visage.
- « Encore vous... mais qu'est-ce que vous faites là ? » demanda Ungern.
Solanya tenta de maintenir une façade de calme, mais sa voix se brisa légèrement sous la pression.
- « Ça ne se voit pas, non ? Je suis en train de vous libérer, voilà ce que je fais ! » répliqua-t-elle, sa voix cachant à péniblement la fragilité de son courage.
- « Mais je vous avais pourtant dit que... » argua Ungern, alors qu'il fut interrompu par la détermination tranchante de Solanya.
- « Eh bien, on va se dire que je vais me passer de votre autorisation ! » répliqua-t-elle, ses mains étaient tremblantes mais résolues à libérer Ungern .
Ungern, perplexe, observait cette femme qui risquait sa vie pour lui.
- « Mais enfin, pourquoi faites-vous ça ? Pourquoi prenez-vous autant de risques pour quelqu'un comme moi ? » demanda-t-il, ses questions trahissant un profond sentiment de gratitude mêlé d'incompréhension.
Solanya, tout en continuant de défaire les étreintes , prit une profonde inspiration et s'arrêta un moment :
- « ... Ils les ont massacrés comme des animaux... tous, jusqu'au dernier : femmes, enfants, vieillards... » Sa voix se brisa, les mots s'échappant d'entre ses lèvres avec une intensité poignante :
- « ... Je les ai entendus en rire, comme si tout cela n'était qu'un vulgaire jeu... »
Elle leva les yeux, rencontrant le regard d'Ungern avec une vulnérabilité intense. Ses paroles, empreintes de désespoir, résonnaient comme un cri de vérité.
- « ... Et au milieu de tout ça, la seule personne qui m'ait dit la vérité, fut celle qui était enchaînée de toutes parts... » ajouta-t-elle.
Ungern, touché par l'émotion brute et la sincérité de Solanya, baissa la tête :
- « Je suis désolé, vraiment... » murmura-t-il, sa voix empreinte de regret sincère.
- « ... Cependant, il est encore temps de ne pas faire ce que vous êtes sur le point de faire... »
- « ... Je viens pourtant de vous le dire, je vous libérerais, et ce, que vous le vouliez ou non ! » répondit Solanya, un léger sourire, empreint de tristesse et de résolution.
Alors qu'elle continuait à retirer les dernières entraves, la résignation d'Ungern se fit sentir.
- « ... Merci » murmura-t-il.
la pièce était remplie d'une tension palpable, accentuée par le silence anxieux qui régnait, et quand enfin les chaînes furent retirées, Ungern s'effondra, sa stature affaiblie le rendant incapable de se maintenir debout.
Il tomba donc lourdement sur Solanya, qui malgré son propre stress et la fatigue accumulée, réussit à encaisser le poids d'Ungern.
- « ... ne vous inquiétez pas, ça va aller ! » murmura Solanya, sa voix emplit d'une chaleur sincère, tandis qu'elle ressentait une profonde empathie en constatant l'état désastreux d'Ungern.
Ungern, à peine capable de se mouvoir, se reposait presque entièrement sur Solanya. Le contact de leurs corps créait une étrange intimité dans ce moment de vulnérabilité. Pour dissiper un peu l'embarras, Ungern tenta une remarque ironique
- « J'crois bien que vous allez devoir me porter... » dit-il, malgré la souffrance qui se lisait sur son visage abîmé.
- « ... Je crois bien aussi. Mais, une fois arrivés au hangar à vaisseaux, nos chemins se sépareront, et vous devrez continuer sans moi. »
- « ... à vrai dire, je ne vous en demandais pas autant... » répondit Ungern, le regard exprimant à la fois gratitude et acceptation.
- « Eh bien, dans ce cas-là, allons-y avant qu'il ne soit trop tard. » ajouta-t-elle, malgré le stress qui commençait à peser sur elle.
Elle se positionna donc pour soulever Ungern :
- « Vous êtes prêt ? » lui demanda-t-elle
- « ... Oui... » répondit Ungern, serrant les dents pour contenir ses gémissements de douleur.
Solanya souleva donc Ungern, et ensemble, il quittèrent la salle d'interrogatoire et s'engagèrent dans les couloirs sinueux de la base.
Cependant, le destin semblait jouer contre eux, en effet, au détour d'un virage, ils tombèrent nez à nez avec le lieutenant, complètement ivre.
Face à cette rencontre inattendue, un bref moment de flottement s'installa, durant lequel le cerveau engourdi par l'alcool du lieutenant mit un certains temps à traiter la situation, mais aussi durant lequel Solanya tentait de formuler une excuse crédible.
cette dernière s'apprêtant à expliquer qu'elle avait reçu l'ordre d'emmener Ungern à l'infirmerie, mais le lieutenant ne lui en laissa pas le temps, et d'un geste maladroit mais résolu, il dégaina son blaster et tira.
- « Espèce de petite salope, j'en étais sûr ! » beugla le lieutenant, la colère et l'alcool mélangés dans sa voix.
Solanya, dans un réflexe désespéré, dégaina son sabre afin de parer le coup, mais les couloirs étroits offrant peu de marge pour manœuvrer. Elle fut contrainte de renvoyer le tir en direction de son assaillant.
Le lieutenant fut donc touché par son propre tir, et son corps s'effondra en un instant, l'ironie étant que ce tir fut émis par le blaster qu'il avait volé à l'enfant.
la situation venait donc complètement de déraper, et Solanya venait de tuer un officier afin de libérer un fugitif, et donc de commettre un acte de haute trahison qui la mettait en danger de mort. Il n'y n'avait donc plus de retour en arrière possible, et la seule option restante était donc de fuir.
Solanya continua donc son chemin, frôlant le corps du lieutenant agonisant, prenant conscience de la gravité de son acte tandis qu'elle lire la terreur dans les yeux de ce dernier.
Elle Se précipita donc à travers les couloirs avec une urgence désespérée, et atteignit bientôt le hangar à vaisseaux. Malheureusement, alors qu'elle était presque arrivée, le lieutenant trouva la force de se relever et d'activer l'alarme d'urgence, et un signal strident déchira le silence et se mit à résonner dans toute la base.
Solanya avait donc commis une double erreur, car maintenant, que toute la base était en alerte maximale, elle venait de laissé en vie un témoin qui prendra grand plaisir à raconter tout ce qu'il a vu. Toutefois, l'urgence de la situation n'avait pas permis à Solanya de réfléchir à ces conséquences, et elle poursuivit sa fuite avec Ungern, la panique nourrissant ses efforts pour atteindre le hangar à vaisseaux.
L'alarme tira néanmoins Céléria de sa torpeur, et elle se précipita alors vers la salle d'interrogatoire, puis, poussée par une intuition mystique, elle se dirigea vers le hangar à vaisseaux, en chemin, elle croisa le lieutenant étendu sur le sol, une mare de sang s'étalant autour de lui, son visage déformé par la douleur, mais Céléria l'ignora totalement et continua son chemin.
Une fois arrivée au hangar, Céléria vit le vaisseau de Solanya s'élever dans les airs, ses moteurs hurlant alors qu'il prenait de l'altitude.
À travers l'un des hublot du vaisseau, Céléria aperçut le visage de Solanya, déformé par la peur et le regret, un contraste frappant avec la douceur habituelle de ses traits.
Les deux sœurs échangèrent un regard chargé d'émotions, suspendu dans l'immobilité du moment. Celui de Céléria était plein d'incompréhension et de confusion, mélangé à une profonde tristesse. De l'autre côté, le regard de Solanya était une mosaïque d'émotions conflictuelles, marquée par le désespoir et le regret de la situation qu'elle avait elle-même causée.
Le vaisseau s'éloigna progressivement, laissant Céléria seule, figée dans l'obscurité du hangar, tandis que Les sirènes de l'alarme continuaient de hurler à travers toute la base.