Bon, comme promis, voilà le chapitre V du Tome III qui est un peu plus long que d'habitude. Beaucoup de surprises dans ce chapitre que j'ai beaucoup aimé écrire surtout que cela me forçait à faire de nombreuses descriptions donc j'espère qu'elles vous plaîront.
Chapitre V :La Quête
Kern Alle déambulait dans les rues pavées de Nackiros, la magnifique capitale de Kotorn. Le jeune Ferlusien passa sous un vaste arche en pierre blanche et se retrouva sur une grande place, au milieu duquel trônait une impressionnante fontaine. Celle ci crachait trois puissants jets d’eau qui semblaient vouloir défier le ciel.
Un nombre important de civils Kotorn circulaient sur la place, certains ne prêtant guère attention à Kern, les autres s’arrêtant pour le dévisager avec insistance. Mais Kern n’en avait rien à faire, il voulait juste comprendre ce qu’il était arrivé à ses parents, un point c’est tout. Le reste n’avait pas beaucoup d’importance, et il ne laisserait personne se mettre en travers de son chemin.
Kern vit que le bâtiment qu’il recherchait était de l’autre côté de la place. Imposante structure avec des colonnes magnifiquement sculptées, le Centre Administratif de Nackiros était le lieu idéal pour commencer les recherches. Si ses parents étaient arrivés sur Kotorn, alors cela devait être répertorié dans les archives. Il fallait qu’il mette la main sur cette preuve.
D’un pas pressé, le jeune homme franchit la place, ralentissant juste pour laisser passer une patrouille de militaires lourdement armés qui le regardèrent à peine. Il gravit enfin les grandes marches du Centre Administratif et déboula dans un hall immense, au plafond somptueusement décoré. Des civils discutaient à voix basse un peu partout mais malgré cela, une impression de quiétude régnait dans le bâtiment.
Kern vit sur sa droite une grande statue de pierre et de marbre qui représentait le dirigeant en place, à savoir Cel Dreq. Kern ne put s’empêcher d’afficher un petit sourire :
-J’ai toujours pensé que ce type avait la folie des grandeurs !
Puis le Ferlusien se dirigea vers l’accueil, derrière lequel une Kotorn s’activait. Elle releva les yeux quand Kern approcha et ne parvînt pas à dissimuler sa surprise de se retrouver face à un humain :
-Monsieur…que…que puis je pour vous ?
-Je cherche un renseignement ?
-Quel genre ?
-J’aimerai consulter les archives qui répertorient l’arrivé des vaisseaux sur Kotorn.
-Oui, sur quelle période voulez vous établir votre recherche ?
-Il y a vingt ans !
La Kotorn sursauta de surprise :
-Vingt ans ! Puis je savoir précisément ce que vous cherchez ?
Kern sembla agacer par toutes ces questions :
-J’aimerai trouver la trace d’un vaisseau en provenance de Ferlus qui a disparu par la suite.
-Ah, très bien.
La Kotorn tapota sur un écran et dit au bout de quelques instants :
-Section 4, rangée 12, étagère 25. Dossier A 102.
-Très bien, merci madame !
Kern s’éloigna alors rapidement vers la section 4.
Quand il eut disparu de son champ de vision, la Kotorn se tourna vers un projecteur holographique et tapa fébrilement un numéro. Au bout de quelques instants, un Kotorn très grand, aux traits émaciés, à la carrure impressionnante et à la voix grave, apparut :
-Qu’y a t-il ?
-Désolé de vous déranger monsieur Manar mais ce que j’ai à vous dire est de la plus haute importance.
-Je vous écoute mais dépêchez-vous, je dois retourner à mes activités.
-Un jeune Ferlusien s’est présenté à moi. Apparemment il fait des recherches sur un vaisseau venant de Ferlus qui a disparu il y a près de 20 ans, soit au moment ou le projet
Ville Enfouie a été mis en…
-J’ai compris !Pas la peine de vous perdre dans des explications inutiles.
Le grand Kotorn sembla réfléchir un court instant avant de déclarer :
-Ce Ferlusien peut représenter un danger. Je vais m’assurer pour que cela ne soit pas le cas.
Puis il coupa la communication.
Kern eut enfin le dossier tant convoité entre les mains. Il s’assit à une vétuste table en bois et se mit à le feuilleter. La conversion des données sur des écrans tactiles était en cours de réalisation mais cela n’avait pas encore été fait pour les dossiers de plus de 20 ans. Le papier était jauni et dégageait une légère odeur de pourriture.
Mais Kern n’en avait que faire. Car il venait de trouver quelque chose de capital. Ses yeux s’écarquillèrent quand il vit les quelques lignes qui allaient peut-être bouleverser son existence. En effet, un rapport faisait état de l’arrivée d’un cargo d’affaire Ferlusien qui s’était posé, il y a exactement 21 ans et 6 mois, sur l’astroport de Nackiros. Le propriétaire du vaisseau répondait au nom de Nathan Alle.
Kern se laissa tomber dans son siège. Ses parents étaient donc bel et bien arrivés sur Kotorn. Mais pourquoi n’étaient-ils jamais revenus ? Kern attrapa un autre dossier racorni par le temps qui faisait état des départs de Kotorn, le même mois que celui de l’arrivée des parents de Kern sur la planète. Celui ci se souvenait de la lettre écrite par Nathan, qui stipulait qu’il rentrerait rapidement. Pourtant, aucun indice ne prouvait le départ du vaisseau Ferlusien. Il n’était probablement jamais reparti. Ce qui amenait Kern à une seule conclusion : quelque chose ou quelqu’un avait empêché les Alle de retourner vers Ferlus. Mais qui et pourquoi ?
Le jeune pilote en était là de ses réflexions quand un bruit se fit entendre tout proche de lui. Il releva la tête et vit trois Kotorns s’aventurer dans l’allée formée par deux immenses étagères ou étaient entreposés des milliers de dossiers.
-On dirait qu’ils viennent vers moi, murmura Kern en refermant lentement le dossier.
Il repoussa sa chaise et se leva, faisant face aux trois Kotorns qui s’arrêtèrent à deux mètres de lui. Un silence pesant régna pendant quelques instants jusqu’à ce que Kern ne dise avec un grand sourire :
-Alors les filles, qu’est ce qu’il se passe ? On a perdu maman ? On a peur ?
Les trois Kotorns se regardèrent avant que celui du milieu ne vocifère :
-Tu n’es pas vraiment en position de te foutre de nous, étranger !
-Alors sachez que je n’ai peur de rien !
Le Kotorn sourit, dévoilant ses crocs :
-Alors, cela va être ta première fois aujourd’hui.
-C’est ce que l’on va voir.
Kern se campa bien sur ses jambes et fit d’une voix détachée :
-Mesdames, je vous attends !
Soudain, les trois Kotorns bondirent à l’attaque, toutes griffes dehors. A une vitesse stupéfiante, Kern se saisit de la chaise sur laquelle il s’était assise et la propulsa vers le Kotorn le plus proche. Celui ci ne put l’éviter. Le choc fut violent car la chaise se brisa en deux, juste avant que le Kotorn ne s’écroule en arrière. Les deux autres ne reculèrent pas pour autant. Au contraire, ils tentèrent d’encercler Kern. L’un d’eux voulut expédier un coup de poing dévastateur, mais Kern se baissa au dernier moment, évitant ainsi d’avoir le visage labouré par les puissantes griffes Kotorn. Vif comme l’éclair, Kern envoya son pied droit vers l’arrière, balayant un des Kotorns au niveau des chevilles. Puis, il se releva, attrapa le bras de l’autre agresseur et tenta de le tordre. En vain. Evitant un nouveau coup de poing, il administra un coup de genou dans l’estomac de son adversaire qui recula en suffoquant. Aussitôt, Kern bondit sur la table d’étude, lui permettant de décocher un puissant coup de pied dans le cou du Kotorn. Il y eut un craquement sinistre puis l’agresseur bascula vers le sol, le heurtant violemment.
Sentant que le dernier Kotorn s’était relevé et tentait de le ceinturer par derrière, Kern parvînt à faire un salto arrière et à se retrouver derrière son opposant :
-Eh !Je ne savais pas que je pouvais faire cela ! s’exclama le Ferlusien.
-Moi non plus, assura le Kotorn.
-Oui mais ça en même temps c’est normal.
Sur ce, Kern réussit à dégainer son blaster et à le pointer sur son ennemi. Celui ci s’immobilisa et leva les mains en l’air avant de cracher :
-Tu ne peux pas tirer étranger, tu ferais trop de bruit et attirerait l’attention.
-C’est bien pour cela que je ne m’en suis pas servi pour l’instant mais je n’hésiterai pas à le faire si tu refuses de répondre à mes questions.
-Va en enfer, maudit Ferlusien.
-Mauvaise réponse !
Kern fit alors mine de tirer, ce qui fit paniquer le Kotorn :
-Non, attends !
-Bien, je vois que tu es plus raisonnable. Pourquoi deviez vous me tuer ?
-On nous l’a demandé.
-Qui ?
Le Kotorn parut hésiter alors Kern hurla :
-Qui ?
-Orion Manar.
-Et c’est qui ce gars là ?
-Disons qu’il occupe un poste élevé dans l’administration Kotorn.
-Et où puis je le trouver ?
-Dirigez-vous vers l’ancien palais gouvernemental. Celui qui est à l’abandon. Là, je pense que vous comprendrez.
-Et bah tu vois quand tu veux !
-Je suis un homme mort, marmonna le Kotorn.
Kern s’approcha et asséna un puissant coup de crosse sur la tempe du Kotorn qui s’effondra.
-Je m’en fiche mais par contre, je n’aime pas trop que l’on s’en prenne à ma vie.
Puis, le Ferlusien s’éloigna sans se presser. Au moment où il croisait un agent d’entretien qui se dirigeait vers le secteur 4, il lui lança une petite pièce en disant :
-Tenez, pour vous !
Le Chef Suprême des Kotorns, le grand Cel Dreq, arpentait les couloirs immenses du Palais Gouvernemental. Structure récente, celui ci en imposait par ses dimensions prodigieuses, ses plafonds voûtés, son sol magnifiquement carrelé.
Alors que Cel Dreq, le regard dur et froid, se dirigeait vers une lourde porte, ses pas rapides résonnaient sur le sol. Il poussa la porte et déboucha dans une salle de réunion somptueusement décorée. Un feu ardent brûlait dans la grande cheminée centrale, qui comme le reste, était en pierre blanche.
-Conseiller Men, venez ici !
La voix puissante de Dreq ne laissait aucun doute possible, il était passablement énervé. Dyk Men apparut, courant presque, et s’arrêta en face de son Chef Suprême, qui ne lui adressa même pas un regard. Il s’écria aussitôt :
-Je viens de recevoir un rapport des services secrets. Des Ferlusiens ont débarqué sur Kotorn et commencent à fouiner un peu partout.
-C’est regrettable !
-D’autant plus que ce sont les
Anges Noirs. Ces gars là ont l’art de poser des problèmes. Je ne veux pas qu’ils restent ici mais je ne peux pas me permettre de causer un incident diplomatique avec Ferlus…pas encore du moins.
-Vous ne pouvez donc pas vous débarrasser d’eux ? hasarda Dyk
-Exact.
Il y eut un silence pendant lequel Dyk Men laissa errer son regard sur les gardes qui surveillaient les issus de la salle de réunion. Puis il demanda :
-Sait-on ce que cherchent ces
Anges Noirs ?
-Cela me paraît évident. Ils recherchent les activistes du groupe Supplice.
-Et s’ils parviennent à mettre la main dessus, ils s’en iront ?
-Oui, à priori. Qu’as tu comme idée derrière la tête ? Parle !
-J’ai effectivement peut-être une solution. Si nous voulons que les Ferlusiens s’en aillent, alors arrangeons-nous nous même pour que le groupe Supplice disparaisse.
Dreq fronça les sourcils alors Men continua :
-Après tout, ces terroristes sont incontrôlables et pourraient bien faire échouer nos plans. Ils sont sacrifiables pour notre cause !
Un sourire mauvais éclaira le visage de Dreq qui regarda enfin son interlocuteur droit dans les yeux :
-Oui, ce n’est pas une mauvaise idée. Contacte ce chasseur de prime que nous avons engagé pour tuer un de mes opposants et dis-lui que sa mission a changé. Il doit à présent détruire le groupe Supplice.
-Je ne suis pas sur que Boba Fett acceptera. Il aime bien finir ce pour quoi il a été payé.
-Débourse ce qu’il faut pour qu’il mène à bien sa nouvelle mission, le plus rapidement possible. Et fais comprendre également à Orion Manar qu’il doit accélérer la cadence de travail !
-A vos ordres.
-Nous n’avons pas le choix. Nous devons encore attendre un peu avant de passer à la phase ultime de notre plan. Nous sommes à l’aube d’un triomphe, ne laissons pas cinq pilotes écervelés nous l’enlever.
Alors que Dyk Men allait s’éloigner pour contacter Boba Fett, il s’arrêta et se retourna :
-Et si les
Anges Noirs ne partent pas malgré la disparition du groupe Supplice.
Le regard de Cel Dreq s’illumina d’une lueur farouche de détermination :
-Alors nous nous en débarrasserons et ce sera le début du calvaire pour les Ferlusiens.
Kern trouva sans difficulté l’ancien palais gouvernemental qui n’avait rien d’extraordinaire. C’était un bâtiment très grand mais peu haut, avec juste une coupole qui surmontait la structure. La pierre blanche était salie par la moisissure ou par des traces de pollution.
Peu de civils déambulaient aux alentours du palais, comme si celui ci était un lieu qu’il fallait éviter de fréquenter. Kern ne comprit donc pas bien pourquoi le dénommé Orion Manar se trouverait ici. Il n’y avait rien d’intéressant dans les environs. Pourtant, quelque chose poussait Kern à en apprendre plus sur Manar. Cet individu avait voulu se débarrasser du Ferlusien à partir du moment où celui ci avait engagé ses recherches sur ses parents. Manar savait-il quelque chose sur la disparition des Alle ? Kern voulait en avoir le cœur net, voilà pourquoi il pénétra dans le palais gouvernemental.
Il se retrouva dans une grande salle, qui comportait un nombre important de piliers circulaires. Mais à part cela, l’endroit était vide. Kern écouta pour essayer d’entendre un quelconque signe d’activité, mais il ne capta rien. Seul le bruit du vent s’engouffrant dans la structure était audible.
Sentant la déception le gagner, Kern s’apprêtait à faire demi-tourr quand il crut entendre des bruits de voix. Il tendit l’oreille et discerna effectivement deux voix d’homme, qui venait d’une autre pièce du palais. Marchant le plus discrètement possible, il se dissimula derrière un gros pilier et vit alors les deux Kotorns qui discutaient.
Ils portaient tous deux une armure légère et un fusil blaster chromé. Mais Kern n’arrivait pas à comprendre ce qu’ils faisaient là. Ils se tenaient debout, au milieu d’une pièce qui ne comportait rien. Fronçant les sourcils, Kern se dit que tout cela était de plus en plus mystérieux.
Tout à coup, le comlink d’un des deux gardes grésilla et une voix donna un ordre que Kern ne put saisir. En revanche, le garde répondit « à vos ordres, nous arrivons ». L’autre garde se dirigea vers un pilier et dévoila un petit clavier intégré. Il tapa sur quatre touches et soudain, une trappe apparut dans le sol, à l’endroit même où se tenaient les gardes auparavant. Propulsée par des vérins, elle s’ouvrit jusqu’à dévoiler une large issue. Les gardes s’y engouffrèrent et disparurent.
Alors que la trappe allait se refermer sur elle-même, Kern réfléchit en quelques secondes. Il se précipita en courant et se glissa par l’ouverture, descendant un escalier métallique éclairé, avant que l’issue ne se referme définitivement. Kern attendit que les gardes prennent de l’avance avant de continuer sa descente.
Il se trouvait dans un conduit étroit qui semblait descendre éternellement. Mais, au bout de quelques instants pendant lesquels Kern se demanda s’il ne s’était pas jeté dans un piège, l’escalier déboucha sur une petite plate forme, qui donnait accès à deux ascenseurs. Le premier était déjà pris par les gardes donc Kern entra dans le deuxième.
-Puisque je suis rentré, autant aller jusqu’au bout de ma démarche.
Sans hésiter plus longtemps, il appuya sur la seule touche qui se trouvait sur le clavier. Comme il s’y attendait, l’ascenseur se mit à descendre, d’abord lentement puis il accéléra progressivement.
-Je me demande bien où je vais arriver. En tous cas, ceci n’est pas normal.
Kern vérifia alors que son blaster était bien accroché à sa ceinture.
Au bout d’une minute qui sembla durer une éternité, l’ascenseur s’immobilisa enfin et les portes s’ouvrirent sans un bruit. Prudemment, Kern sortit de celui ci et se retrouva sur un promontoire métallique. Il tourna la tête et ce qu’il vit alors, lui glaça le sang.
Devant lui, s’étendait une gigantesque ville. Mais ce n’était pas une ville comme les autres, car elle était composée principalement d’usines de production. Kern essaya de bien comprendre tout ce qu’il voyait. En dessous de lui, il y avait des dizaines de chaînes de montage qui fonctionnaient toutes à plein régime, plus loin, on trouvait des fonderies en pleine activité, ainsi que des usines métallurgiques et sidérurgiques.
Des petits vaisseaux stylets qui glissaient sur des rails, amenaient sans cesse des matières premières comme du charbon et du fer aux ouvriers qui travaillaient avec acharnement. Quand Kern étudia plus attentivement les ouvriers, il comprit ce qu’il se passait ici. La plupart étaient maigres, sales et portaient des habits déchirés. Des gardes circulaient dans les rangs d’ouvriers pour leur crier dessus et parfois les frapper, les forçant à travailler toujours plus et plus vite.
-Mon Dieu, ce sont des…esclaves !
La réalité frappa Kern comme un coup de poing. Il vit alors au loin, adossé à une sorte de falaise, une grosse construction en bois et en pierre qui était en fait des centaines de petites maisons agglutinées les unes sur les autres. La plupart était dans un état de délabrement le plus total.
-Une ville d’esclaves, murmura Kern.
Une grande agitation régnait dans les usines, un nombre incroyable d’esclaves, des Kotorns mais aussi des humains, s’activaient en tout sens, tentant d’échapper à la colère des gardes armés de fusils et de fouets. Kern leva les yeux et comprit qu’il se trouvait dans une immense ville enfouie. Au-dessus de sa tête, à une centaine de mètres, il n’y avait pas de ciel, juste la paroi rocheuse, à laquelle on avait accroché d’énormes spots lumineux qui remplaçaient la divine lumière du soleil. Kern discerna également de gigantesques ventilateurs qui étaient chargés de renouveler l’air de la ville enfouie. En effet, dans ce lieu d’intense production industrielle, il faisait une chaleur à crever, ni plus ni moins. Kern était pour sa part déjà en sueur.
Le jeune pilote resta quelques instants à regarder cette scène incroyable, écoutant aussi l’infernal bruit que produisaient les chaînes de montage et autres usines. Puis soudain, Kern fut saisi d’une peur incommensurable. Il commençait à comprendre. Si ses parents n’étaient jamais revenus, c’est qu’ils avaient été faits prisonniers et dans ce cas là, ils avaient peut-être été emmenés dans ce lieu sordide. Mais avaient-ils survécu à vingt ans d’enfer absolu. Il restait un mince espoir. Kern devait s’en assurer. Tout à coup, une voix se fit entendre derrière lui :
-Que fais-tu là étranger ?
Kern pivota lentement et découvrit trois gardes, armés, qui venaient de dérouler leurs fouets.
-Réponds, que fais-tu là ?
Kern sentit la colère l’envahir. Il voulut faire payer à ces tortionnaires les humiliations qu’ils faisaient subir à ces pauvres esclaves :
-Je suis venu ici pour vous faire payer !
-Tiens donc.
Avant même que le garde n’ait pu ajouter quoi que ce soit d’autre, Kern bondit en avant et décocha un puissant coup de poing à l’un des gardes. Un flot de sang jaillit de son nez alors qu’il poussait un cri de souffrance. Un des autres Kotorns tenta de frapper Kern avec son fouet mais le jeune Ferlusien l’intercepta avec une agilité déconcertante. Puis, il tira brusquement dessus, attirant le garde vers lui. Au dernier moment, Kern mit son genoux en opposition, si bien que le Kotorn s’empala dessus, se coupant le souffle. Aussitôt Kern en profita pour lui expédier un coup de coude dans le dos, ce qui força le tortionnaire à s’écraser sur le sol. A son tour le dernier garde voulut s’attaquer à Kern mais celui ci réagit promptement en maniant le fouet avec agilité. Il frappa de toutes ses forces le Kotorn en plein visage. Du sang coula de la plaie béante qui apparut. Le garde roula sur le sol, gémissant.
Kern regarda ses trois adversaires étendus sur le sol et lança :
-Moi, il ne faut pas m’énerver !
Kern prit la décision de se diriger vers la ville des esclaves. Il descendit rapidement de la plate forme d’observation sur laquelle il se trouvait, évitant de se faire repérer par les nombreux gardes.
Il slaloma entre les installations industrielles, se mêlant par moment aux esclaves pour se dissimuler. Une odeur de pourriture flottait, et Kern ne fut pas surpris de découvrir un tas de cadavres qui avaient été entassés dans une grande fosse commune. Des larves se précipitaient sur les corps décharnés, se délectant de leur sang refroidi. Le Ferlusien réprima un haut les cœurs et accéléra sa marche vers l’assemblage de maison des esclaves.
Celles ci étaient entreposées sur plusieurs étages, même si le dernier s’était apparemment déjà écroulé. Tentant d’ignorer la chaleur et l’odeur qui régnaient en ces lieux, Kern s’arrêta à côté d’un esclave qui semblait à peu près en bonne santé.
-Excuse-moi, pourrais tu m’aider ?
L’esclave releva la tête et fixa Kern de ses yeux ternes :
-Ca dépend pour quoi.
-Est ce que tu connais un dénommé Nathan Alle ?
-Le vieux Nat ? Ouais, il est dans sa cabane là bas, il est en train de prendre sa demi-heuree de repos journalière.
-Merci.
Sans rien dire de plus, le cœur battant la chamade, les mains tremblantes, Kern se dirigea vers la maison, en poussa la porte en bois vermoulu et la referma derrière lui. Un homme âgé, les cheveux et la barbe grises, les yeux noirs, se leva avec précipitation de sa couche qui était à même le sol et fit d’une voix assez faible :
-Qui es-tu, que veux-tu ?
-Vous êtes Nathan Alle ?
-Oui, c’est moi, que…
Nathan se tut aussitôt. Il resta là, planté pendant quelques secondes, observant la personne qui se trouvait en face de lui. Ses yeux se fixèrent sur ce de Kern. Il murmura :
-C’est…impossible, cela ne peut…être toi.
Le silence revînt pendant lequel Kern ne sut pas quoi faire. Les yeux pleins de larmes, il attendit que son père ne s’écrie :
-Kern, c’est toi ? C’est bien toi mon fils ?
Aussitôt Nathan se précipita dans les bras de son fils et le serra de la façon la plus forte possible. A son tour, Nathan se mit à pleurer et à gémir de bonheur :
-Kern, mon fils, je ne croyais jamais te revoir. Comme tu es grand et fort ! Oh, je suis si heureux de te revoir !
Kern ne sut pas quoi dire alors il se contenta de répondre, la voix tremblante :
-Moi…aussi.
Nathan s’écarta un peu, et fit de nouveau :
-Mon fils…je…je n’arrive pas à y croire.
-Et maman ? demanda alors Kern
Le visage de Nathan s’assombrit aussitôt et en baissant la tête il fit :
-Elle n’a pas survécu. Ses salauds l’ont tuée à la tâche. Son corps a été entassé dans une fosse et a nourri les larves de terre.
Kern secoua la tête de dépit, avant que son père ne vocifère :
-Ces maudits Kotorns ont tué ma femme. Je les hais ! Je les hais pour tout ce qu’ils représentent !
-C’est fini maintenant papa, je vais te sortir de là. Plus jamais tu ne reverras cet endroit.
La voix de Nathan redevînt plus joyeuse :
-Avec toi, je reprends confiance. J’ai tellement rêvé de cet instant. C’est ce qui m’a permis de tenir.
-Mais avant de partir, il faut que tu me dises ce que vous produisez ici.
Nathan se laissa tomber sur sa couche et mit sa tête dans ses mains :
-C’est affreux, terrible. J’ai honte. Ce que nous produisons ici c’est…
Soudain, la porte en bois de la demeure vola en éclat, propulsant des débris un peu partout. Puis, une dizaine de gardes pénétrèrent dans la petite demeure, mettant Kern en joug avec leur blasters. Un Kotorn immense, le regard dur, s’approcha du jeune Ferlusien et s’écria :
-Et bien, je vois que nous avons fini par vous mettre la main dessus.
-Qui êtes vous ?
-Je suis Orion Manar, le régisseur du complexe
Ville Enfouie et à partir de maintenant, vous êtes mon nouvel esclave.
Voilà voilà, j'espère que cela vous a intéressé. J'attends vos avis avec impatience (surtout ceux sur l'histoire en elle même, le scénario autrement dit

). Le chapitre VI sera centré sur les autres
Anges Noirs...
