
Jolp : Les chroniques de Mileyno
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Jolp : Les chroniques de Mileyno
Jolp : Les chroniques de Mileyno

Auteur de fictions dans l'univers Jolp.
Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Avant-propos
Bien avant que les premiers souffles de rébellion ne fassent trembler Jazuku, la planète n’avait qu’un seul maître : Sharkal. Pour les millions d'âmes qui peuplent les cités-usines, son nom est synonyme d'ordre absolu, d'une paix payée au prix du silence et du sang.
Dans ce premier volume des Chroniques de Mileyno, qui se déroule avant les évènement du récit principal Jolp, nous plongeons au cœur du réacteur de cet empire : Ploftogal. Sous une pluie acide perpétuelle et les néons blafards d’une industrie qui ne dort jamais, se joue une guerre invisible. Une guerre où l’arme la plus redoutable n’est pas le laser, mais l’information.
Vous allez suivre Mileyno. Il n’est pas un soldat, ni un leader. C'est un jeune homme hanté par les spectres d'un passé que Sharkal a tenté d'effacer.
Seul survivant d'un massacre dont l'Histoire n'a gardé aucune trace, il a juré de graver les crimes du tyran dans la mémoire de la planète, en s'attaquant à une puissance qui possède chaque caméra, chaque capteur et chaque conscience.
Ce récit est un thriller d'ombres, une plongée dans la paranoïa d'un régime au sommet de sa gloire. Car sur Jazuku, espionner un dieu est un blasphème qui se paie au prix fort.
La traque commence ici, dans les ruelles sombres de Ploftogal. Et pour Mileyno, le plus dur ne sera pas de découvrir la vérité, mais de survivre assez longtemps pour la porter.
Dernière modification par Fan_Wars le mar. 14 avr. 2026 - 15:51, modifié 1 fois.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Prologue
Le monde de Mileyno s'arrêtait aux limites de Nécrolythe.
Surnommée « la Forge des Soupirs », cette cité-ruche était le joyau industriel de Ploftogal. C’était un enchevêtrement vertical de fonderies colossales, de passerelles rouillées et de quartiers-dortoirs empilés les uns sur les autres, s’élevant au-dessus d’une mer de boue toxique. À Nécrolythe, le soleil n'était qu'une légende urbaine ; ici, on vivait à la lueur orange des hauts fourneaux et au rythme des pistons hydrauliques qui faisaient trembler le sol, jour et nuit.
Il y avait dix ans, le Secteur 7 n'était pas encore cette zone morte et silencieuse.
Mileyno se rappelait l'odeur du ragoût de soja que sa mère préparait, un luxe rare. Il se rappelait le bruit des outils de son père, un technicien qui croyait encore que le travail acharné suffisait à acheter la liberté.
Puis, le vrombissement lourd des canonnières impériales avait déchiré la brume. Ce n'était pas un accident, c'était une « restructuration ».
— Mileyno, ne fais aucun bruit. Quoi qu'il arrive, reste là ! avait chuchoté son père en le glissant dans la trappe de maintenance du sol, une cavité étroite entre deux câbles de haute tension.
À travers la grille de métal poisseuse, l'enfant avait vu la porte de l'appartement voler en éclats. Il avait vu les bottes rouges des soldats de choc.
Mais surtout, il avait vu Lui.
Une paire de bottes en duracier noir, luisantes de graisse et de pluie, s'était arrêtée juste devant ses yeux. La cape de l'homme, sombre comme un trou noir, balayait les corps de ses parents qui gisaient déjà sur le sol.
L'homme n'avait pas d'arme à la main. Il n'en avait pas besoin. Sa seule présence semblait écraser l'air ambiant, rendant chaque inspiration douloureuse.
C'était Sharkal. Le Tyran n'avait même pas jeté un regard aux cadavres. Il s'était contenté de consulter un holoprojecteur, son visage éclairé par une lueur bleutée, avant de repartir d'un pas lourd et cadencé. À cet instant, Mileyno n'avait pas pleuré. Une flamme froide s'était allumée dans son regard : il ne chercherait pas à oublier. Il chercherait à comprendre comment un homme pouvait devenir un dieu de destruction.
Dix ans plus tard, Nécrolythe vrombissait sous une pluie acide de 45°C, une température qui transformait les rues basses en saunas toxiques.
Mileyno, désormais âgé de 18 ans, était accroupi sur une gargouille de métal au sommet de la Tour des Filtres. Son visage était dissimulé par un masque respiratoire de fortune et une capuche miteuse. Ses mains, agiles et précises, manipulaient un récepteur de fréquences militaires qu'il avait lui-même bidouillé avec des pièces de récupération.
En bas, le convoi noir de Sharkal fendait la foule des ouvriers épuisés. Les bannières de l'Empire flottaient, imposantes, rappelant à tous que l'ordre avait un prix.
— Je t'ai enfin, murmura Mileyno.
Sur son écran de contrôle, des flux de données cryptées commençaient à s'afficher en vert émeraude. Il ne cherchait pas de codes de lancement de missiles, mais des journaux de transferts financiers, des listes de déportations, des noms de responsables. Il extrayait la moelle épinière de la bureaucratie de Sharkal.
« Tes armes me tueront peut-être, mais tes propres documents vont te détrôner. »
Soudain, le signal se brouilla. Une onde de choc numérique fit vibrer son appareil. Au même instant, à quelques kilomètres de là, au sommet de la Citadelle de Fer, une alerte discrète s'alluma sur le bureau de Sharkal.
Le Tyran, assis dans son fauteuil pivotant en cuir de prédateur, observa la trace du piratage. Ce n'était pas la première fois ce mois-ci. Quelqu'un s'amusait avec ses serveurs. Quelqu'un qui connaissait Nécrolythe mieux que ses propres architectes.
Sharkal posa ses doigts sur la console. Un sourire presque imperceptible apparut sur ses lèvres. Il aimait la résistance quand elle était intelligente.
C'était tellement plus gratifiant de la broyer.
— Augmentez la surveillance du Secteur 4, ordonna Sharkal d'une voix calme. Je veux que ce fantôme sente mon souffle sur sa nuque.
Le jeu venait de changer de niveau. Pour Mileyno, l'investigation venait de devenir une traque.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Chapitre 1
La descente vers les niveaux inférieurs de Nécrolythe était une épreuve pour les sens. À mesure que Mileyno s'enfonçait dans les entrailles de la cité-ruche, l'air perdait sa fraîcheur artificielle pour devenir une mélasse chaude, saturée d'huile vaporisée et de la sueur de millions d'ouvriers. Il se laissa glisser le long d'une conduite de refroidissement désaffectée, atterrissant avec la souplesse d'un chat dans le « Boyau », une ruelle sombre du Niveau 2 où le marché noir fleurissait à l'abri des premiers scanners de la Citadelle.
Il devait atteindre le Relais-Alpha, le seul nœud de communication assez puissant pour percer le brouillage impérial et uploader ses preuves vers les satellites neutres de la Bordure. Mais pour y accéder, il avait besoin de clés de chiffrement fraîches.
Il s'engouffra dans un atelier caché derrière une montagne de carlingues de droïdes rouillées. À l'intérieur, l'odeur de soudure était presque suffocante. Krog, un colosse dont la moitié du visage avait été remplacée par une plaque de chrome rudimentaire, ne leva même pas les yeux de son établi de réparation. À ses côtés, la petite Lyra, une gamine d'à peine douze ans vive comme une décharge électrique, triait des puces mémoire avec une agilité déconcertante.
— Tu es en retard, gamin, grogna Krog de sa voix de métal froissé. On dit que les patrouilles du Niveau 2 ont été doublées il y a dix minutes.
Sharkal a dû sentir tes doigts sur ses serveurs là-haut.
— J'ai ce qu'il me faut, Krog, répondit Mileyno en posant son terminal sur la table. Mais le signal est trop instable. J'ai besoin des accès au Relais-Alpha.
Krog s'arrêta enfin, son œil cybernétique virant au rouge vif pour scanner le jeune investigateur. Il soupira, une sorte de sifflement hydraulique, avant de lui tendre une puce de chiffrement brûlante. Il l'avertit que le secteur était désormais sous le commandement du Commandant Vax, un boucher bureaucratique qui ne laissait jamais une anomalie impunie.
Mileyno n'attendit pas les remerciements. Il s'enfonça dans les conduits de vapeur, guidé par les indications chuchotées de Lyra. Chaque seconde comptait. Au-dessus de lui, le vrombissement des drones Traqueurs commençait déjà à faire vibrer les tuyaux.
Pendant ce temps, dans une salle de contrôle immaculée surplombant la cité, le Commandant Vax observait une carte holographique de Nécrolythe. Il ne ressemblait pas aux soldats de terrain ; il était propre, méthodique, et affichait une cruauté froide derrière son uniforme impeccable.
— Monsieur, l'anomalie a été localisée dans le périmètre du Boyau, rapporta un technicien.
Vax esquissa un sourire carnassier. Il savait que Sharkal observait la scène depuis ses appartements privés. Il ne s'agissait pas seulement de capturer un espion, mais de transformer cette traque en une démonstration de force.
— Ne bloquez pas les issues, ordonna Vax. Laissez-le croire qu'il a encore une chance. Je veux voir comment ce rat réagit quand les murs se resserrent. Envoyez les Traqueurs-Ombres, mais interdisez-leur de tirer. Pas encore.
Dans l'obscurité des tunnels, Mileyno sentit soudain une présence. Un sifflement de respiration artificielle, trop lourd pour être un drone. Il tourna au coin d'une valve géante et se retrouva nez à nez avec une silhouette massive barrant le passage : Le Borgne. Ce chasseur de primes local, célèbre pour avoir vendu sa propre équipe au Directoire, brandissait un fusil à impulsion avec un sourire édenté.
— On dit que ta tête vaut le prix d'un nouveau moteur de croiseur, gamin, siffla le mercenaire.
Mileyno ne recula pas. Il n'avait pas le temps pour une négociation. Il jeta un coup d'œil rapide à la conduite de vapeur haute pression qui courait juste au-dessus de la tête du Borgne. D'un geste sec, il dégaina son outil de maintenance multifonction et envoya une décharge électrique sur la valve de sécurité.
L'explosion de vapeur fut instantanée. Un hurlement de douleur déchira l'air alors que le Borgne était projeté contre la paroi, aveuglé par la chaleur blanche. Sans perdre un instant, Mileyno sprinta, sautant par-dessus le corps du mercenaire pour s'engouffrer dans le puits de service menant au Relais-Alpha.
Il courait désormais à découvert, le bruit de ses bottes résonnant contre le métal. Derrière lui, les lumières rouges des drones Traqueurs commençaient à balayer les murs. La Citadelle de Fer n'était plus qu'à quelques niveaux, mais pour la première fois, Mileyno sentit un regard peser sur lui. Un regard lourd, divin, imperturbable.
Sharkal le regardait. Et la traque ne faisait que commencer.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Chapitre 2
L’explosion du Relais-Alpha déchira le ciel de Nécrolythe en une gerbe d’étincelles magnétiques et de métal incandescent. Sous le choc, la passerelle se tordit comme un fétu de paille, projetant Mileyno et Sarys dans l'abîme. La chute ne fut qu'une succession de chocs brutaux contre des conduits de vapeur et des câbles de suspension, jusqu'à ce qu'un filet de sécurité industriel, gorgé de graisse et de suie, n'amortisse leur descente au Niveau 5.
Mileyno cracha une gorgée de sang noir, les oreilles sifflantes. La douleur irradiait de ses côtes, mais son premier réflexe fut de tâter sa poche. La puce était là, inutile désormais, mais le souvenir de cet éclat émeraude dans le ciel — le signal de l'upload réussi — agissait comme un baume sur sa souffrance.
— Bouge, gamin, si tu ne veux pas finir en tas de cendres, grogna Sarys en se relevant avec une agilité déconcertante malgré la violence de l'impact.
Elle l'attrapa par la sangle de son sac et le traîna à l'abri d'une turbine géante alors que les débris du relais continuaient de pleuvoir. Au-dessus d'eux, les Traqueurs-Ombres plongeaient à travers la fumée, leurs projecteurs rouges balayant les ténèbres comme des yeux de prédateurs.
Dans la Citadelle, le Commandant Vax frappait du poing contre sa console holographique. La perte du relais était une humiliation, mais le succès de l'upload était un désastre politique.
— Scellez le Niveau 5 ! Je veux que chaque soupape, chaque conduit soit surveillé. S'il le faut, inondez les galeries de gaz léthal !
Mais une main gantée de cuir se posa sur son épaule. Le froid qui émanait de cette présence figea le sang de Vax. Sharkal se tenait derrière lui, son visage plongé dans l'ombre de sa capuche.
— Tu es impatient, Vax, murmura le Tyran. Le gaz ne ferait que détruire le sujet avant qu'il ne nous révèle l'étendue de ses contacts. Mileyno ne cherche pas seulement à fuir. Il cherche à survivre à son propre acte d'héroïsme. C'est une nuance que tu ne sembles pas saisir.
Sharkal se tourna vers l'écran principal, fixant le point de chaleur résiduel des fugitifs.
— Laissez-les s'enfoncer dans les « Zones de Brume ». Là-bas, Nécrolythe s'occupera d'eux mieux que tes soldats.
Au Niveau 5, l'air était devenu une soupe épaisse et corrosive. Les Zones de Brume étaient les poumons malades de la cité, là où les déchets chimiques stagnaient en nuages lourds. Mileyno et Sarys progressaient péniblement, leurs masques respiratoires saturés. Sarys maintenait son fusil à l'épaule, chaque craquement de métal la faisant pivoter avec une précision de machine.
— Pourquoi tu fais ça ? demanda-t-elle soudain, sa voix étouffée par son respirateur. Pourquoi risquer ta peau pour des dossiers que personne n'aura le courage de lire ?
Mileyno s'arrêta, s'appuyant contre une paroi suintante.
— Parce que le silence est la seule chose qui permet à Sharkal de dormir. Ma famille est morte dans ce silence. Je veux qu'il se réveille avec le cri de Jazuku dans ses oreilles.
Sarys le fixa un instant, ses yeux froids semblant se fissurer. Elle connaissait ce regard. C'était celui des condamnés qui refusent de mourir. Elle n'eut pas le temps de répondre : une alarme stridente retentit dans tout le secteur. Les portes de pression colossales du Niveau 5 commençaient à se refermer, une à une, dans un fracas hydraulique.
— Le Protocole du Silence, souffla Mileyno. Il nous enferme.
Les Traqueurs-Ombres venaient de franchir la nappe de brume. Leurs faisceaux rouges se fixèrent sur la poitrine de Mileyno. Mais cette fois, ils ne se contentèrent pas d'observer. Les canons à impulsion sous leurs coques commencèrent à charger.
Le Tyran ne jouait plus. Il avait décidé de tester la résistance de son "fantôme" jusqu'à la rupture.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Chapitre 3
Le premier tir de plasma fendit la brume dans un sifflement électrique, pulvérisant un pilier de soutènement juste au-dessus de la tête de Mileyno.
L’onde de choc le projeta contre une paroi suintante, tandis que Sarys, déjà en mouvement, ripostait d’une rafale précise. Le laser bleu de son fusil de précision percuta la lentille d'un Traqueur-Ombre, le faisant exploser dans une pluie de composants calcinés.
— Cours ! hurla-t-elle, sa voix déformée par l’effort. Ne t’arrête pas aux ascenseurs, ils sont condamnés !
Les portes de pression massives du Niveau 5 se refermaient avec un gémissement hydraulique qui faisait vibrer les os. C'était un piège mécanique parfait. Le secteur se transformait en une cellule hermétique où l'oxygène serait bientôt remplacé par les émanations toxiques des cuves de recyclage.
Mileyno, la respiration courte, repéra une trappe de maintenance marquée d’un sigle de danger biologique. C’était l’accès à la Fosse aux Chimères, un dépotoir industriel où les échecs technologiques de Sharkal — prototypes de droïdes défectueux et déchets organiques — s'entassaient dans une putréfaction chimique.
— Par là ! lança Mileyno en forçant le verrou rouillé avec son outil multifonction.
Ils se glissèrent à l'intérieur juste avant qu'un second drone ne sature le couloir de tirs de barrage. Ils basculèrent dans un conduit incliné, glissant sur une pellicule de boue synthétique visqueuse avant de chuter lourdement sur un tas de ferraille froide.
Le silence de la Fosse était plus oppressant que le vacarme des moteurs. Ici, la lumière des néons n’était qu’un souvenir lointain, remplacée par la lueur radioactive de fluides qui fuyaient des réservoirs éventrés.
Sarys se redressa, son camouflage optique grésillant une dernière fois avant de s'éteindre totalement. Elle observa les ombres massives qui les entouraient : des carcasses de machines de guerre, des bras articulés tordus et des restes de blindages portant encore le sceau impérial.
— On est dans les tripes de Nécrolythe, murmura-t-elle, son arme balayant l'obscurité. Personne ne descend ici, même les soldats de Vax ont peur de ce qui rampe dans ces décombres.
— Sharkal ne nous a pas tués en haut, répondit Mileyno en essuyant le sang qui coulait de son front. Il nous a poussés ici. Il veut voir si je suis capable de survivre à ses déchets.
Soudain, un bruit de métal froissé retentit derrière un tas de générateurs. Ce n'était pas un drone. C'était quelque chose de plus lourd, de plus organique. Une silhouette difforme émergea de l'ombre : un ancien droïde sentinelle, à moitié fusionné avec des câbles et des déchets, dont les capteurs rouges clignotaient d'une rage aveugle. Une « Chimère » mécanique, née de l'abandon et de la pollution.
Dans la Citadelle, Sharkal observait la scène via un capteur thermique résiduel. Il vit les deux points de chaleur s'immobiliser face à la menace. Le Commandant Vax, à ses côtés, trépignait d'impatience.
— Seigneur, la Fosse est instable. Si le gaz de décomposition s'enflamme, nous perdrons toute la section. Laissez-moi envoyer une frappe orbitale localisée.
Sharkal ne quitta pas l'écran des yeux. Son regard semblait percer la roche pour atteindre Mileyno.
— Tu as peur du désordre, Vax. Mais c’est dans le chaos qu’on voit la véritable nature d’un homme. Mileyno n'a plus ses serveurs, plus ses alliés, plus ses ombres. Il n'a que sa volonté. S'il survit à la Fosse, il sera digne d'être ma proie. Sinon... il ne sera qu'un déchet de plus dans mes archives.
Dans la Fosse, la sentinelle déchaînée chargea. Sarys fit feu, mais les balles ricochaient sur le blindage composite de la créature. Mileyno ne chercha pas son arme. Ses yeux parcouraient frénétiquement les tuyaux de dégazage qui couraient au plafond.
— Sarys ! Attire-le sous la conduite de pression Alpha !
Elle comprit instantanément. Utilisant son agilité, elle dansa entre les débris, provoquant la machine. Lorsque la Chimère passa sous le tuyau massif, Mileyno envoya une impulsion électrique dans le relais de commande.
Une explosion de gaz inflammable s'échappa de la conduite, transformant la zone en un enfer de flammes. La sentinelle fut instantanément enveloppée par le feu, ses circuits grillant dans un hurlement électronique déchirant.
Le souffle de l'explosion projeta Mileyno en arrière, mais il fut rattrapé par Sarys. Ils étaient essoufflés, couverts de suie, mais vivants. Pourtant, la joie fut brève. Dans le fracas des flammes, une trappe s'ouvrit au plafond, et une voix, amplifiée par des milliers de haut-parleurs cachés dans les parois, résonna avec une clarté glaciale.
« Bravo, Mileyno. Tu as passé le premier cercle. Mais souviens-toi : à Nécrolythe, plus on descend, plus la vérité devient insupportable. »
Sharkal riait. Et alors qu'ils cherchaient une issue, le sol de la Fosse commença à vibrer. Les vannes de vidange des cuves de produits toxiques venaient de s'ouvrir. Le niveau montait.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Chapitre 4
L’acide n’avait pas d’odeur, seulement un sifflement. Un murmure vorace qui grignotait les tas de ferraille sous les pieds de Mileyno. Déjà, une brume corrosive s’élevait de la surface du liquide vert sombre, attaquant les joints de son masque respiratoire.
— La cage d’ascenseur de service ! hurla Sarys en désignant une structure en treillis métallique qui pendait maladroitement du plafond, à quelques mètres au-dessus du niveau de la crue.
Ils durent escalader un amoncellement de débris instables. Mileyno sentit la chaleur de la réaction chimique à travers ses semelles de cuir. Dans un dernier effort, il agrippa les barreaux rouillés et hissa son corps, juste avant que la plateforme qu'il occupait ne disparaisse dans un bouillonnement de mousse toxique. Ils grimpèrent frénétiquement dans l’obscurité verticale de la cage, fuyant la vapeur mortelle, jusqu'à déboucher par une trappe forcée dans les Sub-Niveaux 12.
L'air changea radicalement. L'odeur chimique fut remplacée par celle du graillon recyclé, de l'ozone et de la misère humaine. Ils venaient d'entrer dans le Marché des Spectres.
Ici, Nécrolythe cessait d'être une usine pour devenir un cloaque. Des tentes en bâche polymère étaient accrochées aux tuyaux géants, et des néons blafards, piratés sur le réseau principal, clignotaient au-dessus de boutiques de fortune. On y vendait des prothèses d'occasion, des rations périmées et des secrets volés. Les habitants — les Spectres — étaient des parias, des ouvriers mutilés ou des fugitifs dont Sharkal avait effacé l'existence civile.
Leur arrivée ne passa pas inaperçue. Les conversations s’arrêtèrent. Des silhouettes encapuchonnées, aux membres remplacés par des pistons de récupération grinçants, se tournèrent vers eux.
— Regarde-les, murmura Sarys, la main sur la crosse de son fusil. Ils ont tous le marquage de la "Rebutation". Sharkal les a jetés, mais ils ont refusé de crever.
— Ils nous regardent comme si nous étions des cadavres en sursis, répondit Mileyno en ajustant sa veste déchirée.
Une silhouette massive, drapée dans une couverture thermique argentée, s'avança. Son visage était un masque de cicatrices, et un unique optique rouge brillait à la place de son œil gauche.
— Mileyno de la Tour des Filtres, croassa l'homme. La rumeur court plus vite que l'acide dans les bas-fonds. Le gamin qui a fait saigner le réseau de la Citadelle.
— Qui es-tu ? demanda Mileyno, sur la défensive.
— Oulm, l'ancien archiviste. J'étais là quand ton quartier a été "restructuré". Je reconnais le regard des survivants. Tu cherches une sortie, mais ici, il n'y a que des impasses.
Soudain, tous les terminaux du marché — des écrans de surveillance délabrés aux vieux holoprojecteurs de propagande — grésillèrent simultanément. L’image de Sharkal apparut, déformée par les parasites, mais son aura de terreur restait intacte.
« Habitants du Marché, votre silence m'est précieux. Mais le garçon que vous hébergez possède quelque chose qui m'appartient. Livrez-le moi, et le gaz de purge restera coupé pour une année supplémentaire. Gardez-le... et la Fosse aux Chimères remontera jusqu'à vous. »
Le silence qui suivit fut glacial. Les Spectres ne craignaient plus la loi, mais ils craignaient l'extinction. Oulm regarda Mileyno, son optique rouge clignotant nerveusement.
— Le Tyran vous offre un marché, Oulm, lança Mileyno en élevant la voix pour que tout le monde l'entende. Mais il oublie de dire que pour lui, vous êtes déjà morts. Si vous me livrez, vous ne gagnez qu'une année de survie dans ce trou. Si vous m'aidez, les preuves que j'ai envoyées feront de Nécrolythe autre chose qu'un abattoir !
Les murmures montèrent. Certains Spectres sortirent des lames vibrantes de leurs manches. D’autres reculèrent, indécis.
Sarys se posta devant Mileyno, son fusil balayant la foule.
— Essayez pour voir, et je transforme ce marché en morgue.
À la Citadelle, Sharkal observait la scène avec une curiosité presque scientifique. Il ne cherchait pas la capture immédiate ; il observait la dynamique sociale de la trahison.
— Ils vont le vendre, Seigneur, affirma Vax avec un zeste d'espoir. La faim est plus forte que la rébellion.
— La faim, oui. Mais la haine est un carburant plus puissant, Vax. Voyons si Mileyno sait comment l'allumer.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Chapitre 5
Le silence qui suivit la menace de Sharkal était plus lourd que la pression atmosphérique des bas-fonds. Dans le regard d’Oulm, Mileyno vit la lutte entre l’instinct de survie et ce qui restait de dignité humaine. Autour d'eux, les Spectres s'avançaient, leurs membres mécaniques grinçant dans un concert sinistre de métal rouillé.
— Une année de vie, Oulm, répéta Mileyno en reculant d'un pas vers une console de données délabrée. C'est le prix de votre âme ? Vous savez mieux que moi que Sharkal ne tient jamais ses promesses envers ceux qu'il juge « inutiles ».
— On ne juge pas un homme qui a le ventre vide, gamin, cracha un colosse nommé Rax, dont le bras droit était un perforateur hydraulique massif.
On veut juste respirer un jour de plus.
Rax leva son outil, prêt à broyer le crâne du jeune investigateur. Mais Mileyno fut plus rapide. Ses doigts volèrent sur le clavier de la console qu'il avait discrètement piratée.
« Regardez les écrans ! » hurla Mileyno. « Ne me croyez pas, croyez ce que lui-même écrit sur vous ! »
Sur tous les moniteurs du marché, les dossiers « Sable » commencèrent à défiler. Ce n'étaient pas des chiffres anonymes, mais des ordres de purge détaillés. On y voyait les plans de destruction des secteurs résidentiels, les quotas de « pertes acceptables » et, surtout, le décret de Liquidation Totale des Sub-Niveaux prévu pour la fin du mois, que Mileyno livre ou non les données.
Le choc fut électrique. Rax abaissa son perforateur. Oulm laissa échapper un soupir qui ressemblait à un sanglot. Sharkal les avait déjà condamnés ; Mileyno n'était que le prétexte.
La peur se transforma instantanément en une rage incandescente. Oulm leva son bâton de pèlerin, une barre de fer électrifiée.
— Aux armes ! tonna l'ancien archiviste. Si nous devons mourir, que ce soit en arrachant les yeux de ce tyran !
Le Marché des Spectres explosa. Ce n'était pas une armée disciplinée, mais une marée de haine et d'acier de récupération. Les parias se jetèrent sur les quelques drones de surveillance qui flottaient encore, les mettant en pièces à mains nues ou avec des outils de fortune.
— Jolie diversion, gamin, souffla Sarys en abattant un soldat de choc qui tentait de s'infiltrer par une conduite supérieure. Mais on ne peut pas rester là. La Citadelle va envoyer les canonnières.
— On file vers les Docks de la Zone Zéro, ordonna Mileyno. Oulm m'a dit qu'un cargo de déchets automatisé part pour les stations de traitement à l'autre bout de la planète dans vingt minutes. C'est notre seule sortie.
Le trajet vers les docks était une course contre la montre à travers un champ de bataille urbain. Les Spectres avaient bloqué les conduits de vapeur, créant un brouillard artificiel qui rendait les visières thermiques de l'Empire inutilisables. Dans ce chaos, Mileyno et Sarys progressaient comme des ombres.
À la Citadelle, le Commandant Vax était hors de lui.
— Ils se révoltent ! Ces... ces rebuts osent lever la main sur la Garde ! Seigneur, je demande l'autorisation de dépressuriser tout le niveau !
Sharkal, immobile devant la baie vitrée, observait les colonnes de fumée s'élever des entrailles de sa cité. Son expression n'était ni la colère, ni l'inquiétude. C'était une fascination froide.
— Mileyno a réussi ce que personne n'avait fait en dix ans, Vax. Il a donné un visage à la haine. Regarde comme ils se battent. Ils savent qu'ils vont mourir, et pourtant, ils sourient.
Sharkal se retourna, sa cape noire claquant dans le silence de la salle.
— Ne dépressurisez pas. Je ne veux pas une victoire facile. Je veux que Mileyno atteigne les docks. Je veux qu'il croie qu'il a gagné, juste pour voir son visage quand je lui arracherai son dernier espoir.
Mileyno et Sarys débouchèrent sur la plateforme de chargement de la Zone Zéro. Le vent y était violent, chargé de pluie acide et de l'odeur du kérosène. Au loin, le cargo de déchets, une masse de métal grisâtre et lourde, commençait à faire chauffer ses moteurs de sustentation.
Mais le chemin était barré.
Le Commandant Vax en personne les attendait, entouré d'une escouade de Traqueurs-Ombres d'élite. Il ne souriait plus. L'humiliation de la révolte avait laissé place à une détermination meurtrière.
— C'est ici que ton enquête s'arrête, Mileyno, déclara Vax en dégainant son sabre à impulsion. Sharkal veut te voir, mais il n'a pas précisé dans quel état.
Sarys épaula son fusil, mais Mileyno posa une main sur son bras. Il regarda le cargo, puis Vax, puis la Citadelle qui dominait l'horizon.
— Sarys, occupe-toi des drones, murmura Mileyno. Vax est à moi.
Dernière modification par Fan_Wars le mar. 14 avr. 2026 - 16:01, modifié 1 fois.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Chapitre 6
La pluie tomba enfin. Ce n’était pas une averse salvatrice, mais un rideau de gouttelettes jaunâtres à 45°C qui grésillaient en touchant les plaques de duracier brûlantes de la Zone Zéro. La vapeur acide monta des quais, créant un brouillard opaque où les lasers des drones Traqueurs dessinaient des lignes écarlates.
Au loin, le cargo de déchets — une cathédrale de métal rouillé — fit vibrer ses moteurs à distorsion atmosphérique. Le rugissement était si puissant qu’il faisait trembler les dents de Mileyno.
— Occupe-toi des drones ! hurla Mileyno à Sarys.
Sans un mot, la guerrière s'élança dans une roulade, son fusil de précision crachant des éclairs bleus qui interceptèrent les Traqueurs en plein vol.
Le chaos des tirs de barrage servit de toile de fond au face-à-face.
Le Commandant Vax s’avança lentement, son sabre à impulsion brillant d’une lueur violette instable.
— Tu as du cran, gamin. Mais le cran n’a jamais arrêté une lame thermique. Je vais ramener ta tête à Sharkal, et peut-être qu'il m'offrira le Secteur 7 en récompense pour avoir fini ce qu'il avait commencé il y a dix ans.
Mileyno sentit une décharge d'adrénaline pure. L'homme en face de lui n'était pas seulement un officier ; il était le boucher de son enfance. Il dégaina son outil de maintenance multifonction, le réglant sur la surcharge maximale. La petite lame de découpe grésilla, une lueur bleue misérable face à l'arme militaire de Vax.
Vax frappa le premier. Un mouvement d'une rapidité chirurgicale que Mileyno ne put parer qu'en se jetant de côté. Le sabre de Vax trancha une conduite de liquide hydraulique, projetant un jet d'huile noire sur le quai.
— Tu bouges comme un rat ! railla Vax en enchaînant les coups.
Mileyno ne cherchait pas le contact. Il connaissait ce dock. Il savait que sous les plaques de métal, le réseau de refroidissement du cargo passait à haute pression. Il recula vers la zone de chargement, évitant de justesse une botte de Vax qui visait son genou blessé.
— Tu parles trop, Vax ! cracha Mileyno.
Il frappa le sol de son outil, envoyant une impulsion électrique dans le panneau de contrôle au sol. Instantanément, les aimants de levage situés au-dessus d'eux s'activèrent. Des tonnes de débris métalliques en attente de chargement furent aspirées vers le haut avant de retomber brutalement dans un fracas de tonnerre.
Vax dut bondir en arrière pour ne pas être écrasé, perdant son élan. Mileyno en profita pour bondir, non pas sur l'homme, mais sur une valve de décompression située sur le flanc du dock. D'un coup sec, il la brisa.
Un jet de vapeur surchauffée frappa Vax en plein visage. Le Commandant hurla, son casque de protection n'étant pas conçu pour une telle pression. Aveuglé, il balaya l'air de son sabre, découpant les conteneurs autour de lui dans une rage folle.
Depuis sa Citadelle, Sharkal observait la scène sur un écran thermique. Il vit la silhouette de Mileyno se glisser derrière Vax. Un léger sourire étira ses lèvres.
— Utilise ton cerveau, petit... utilise l'usine. Elle est à moi, mais elle t'écoute.
Mileyno n'acheva pas Vax. Il n'en avait pas le temps. Le cargo commençait à s'élever, ses amarres magnétiques lâchant l'une après l'autre.
— Mileyno ! Le pont ! cria Sarys, qui avait réussi à neutraliser le dernier drone mais saignait d'une entaille au bras.
Mileyno ramassa un câble de traction qui fouettait l'air et l'enroula autour de son bras. D'un dernier regard, il vit Vax se relever, le visage à moitié brûlé par la vapeur, hurlant des ordres de tir.
— Adieu, boucher, murmura Mileyno.
Il activa le treuil. Le câble se tendit brusquement, le propulsant, lui et Sarys, vers la rampe de chargement du cargo qui s'arrachait déjà au sol de Nécrolythe. Ils s'écrasèrent sur le métal froid du cargo juste avant que les portes blindées ne se referment.
En bas, sur le quai, Vax leva son blaster et vida son chargeur vers le vaisseau qui disparaissait dans les nuages acides, mais les tirs ne firent qu'égratigner la coque massive.
Le cargo traversa la couche de pollution, émergeant enfin dans la haute atmosphère de Ploftogal. Pour la première fois de sa vie, Mileyno vit les étoiles. Mais alors qu'il s'effondrait de fatigue contre un baril de déchets, il leva les yeux vers la Citadelle de Fer qui dominait encore le monde.
À la fenêtre la plus haute, une silhouette solitaire le regardait partir. Sharkal ne semblait pas en colère. Il leva son verre de nectar dans un geste de salut silencieux.
La traque n'était pas terminée. Elle venait de changer d'échelle.
Auteur de fictions dans l'univers Jolp.
Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Chapitre 7
Le cargo de déchets, une masse inerte de plusieurs milliers de tonnes, dérivait désormais dans la haute atmosphère, loin au-dessus de la crasse de Nécrolythe. À l'intérieur de la soute pressurisée, le silence n'était troublé que par le vrombissement sourd des stabilisateurs et le goutte-à-goutte d'une fuite de liquide de refroidissement.
Mileyno était prostré contre une caisse de ferraille, le corps tremblant sous l'effet du choc thermique et de l'adrénaline qui retombait. À ses côtés,
Sarys pansait sa plaie au bras avec un morceau de tissu arraché à sa propre combinaison. Ses mouvements étaient mécaniques, mais ses yeux ne quittaient pas le visage du jeune homme.
— On est en vie, gamin, finit-elle par dire, sa voix rauque brisant le calme oppressant. Tu devrais te réjouir. Personne n'est jamais ressorti vivant d'un face-à-face avec Vax.
Mileyno ne répondit pas tout de suite. Il sortit son terminal de sa veste. L'écran était fendu, mais la matrice de données brillait encore d'un éclat bleuté.
— Vax n'était qu'un chien de garde, murmura Mileyno. Sharkal nous a laissé partir. Il a regardé le cargo décoller.
Sarys s'arrêta de bander sa plaie.
— Pourquoi il ferait ça ? Il a tout à perdre si ces dossiers sont rendus publics.
— Peut-être qu'il pense que personne ne nous croira. Ou peut-être qu'il y a quelque chose d'autre.
Mileyno connecta son terminal au réseau interne du cargo pour bénéficier d'une puissance de calcul supplémentaire. Il ouvrit les dossiers "Sable".
Les rapports de massacres défilèrent : le Secteur 7, les purges de la Fosse, les exécutions de la Zone Zéro... Chaque ligne était une cicatrice sur l'histoire de Ploftogal.
Mais alors qu'il fouillait dans les méta-données, Mileyno remarqua une anomalie. Une couche de cryptage fantôme, cachée derrière les registres de décès. Ce n'était pas un code standard. C'était une signature bio-métrique que seule l'interface privée de Sharkal pouvait générer.
— Regarde ça, dit-il en désignant l'écran à Sarys.
DOSSIER : JAZUKU-PRIME > STATUT : ACTIF > NIVEAU D'ACCÈS : SHARKAL UNIQUEMENT
D'un geste fébrile, Mileyno utilisa un algorithme de déchiffrage par résonance, celui-là même qu'il avait volé dans la Tour Noire. Les barres de sécurité tombèrent les unes après les autres. Ce qu'ils découvrirent ne ressemblait en rien à des rapports militaires.
C'étaient des schémas géologiques. Des cartes de Jazuku montrant non pas des gisements de minerais, mais des lignes de faille énergétiques convergeant vers un point précis de la planète.
— Ce n'est pas une mine, souffla Sarys, s'approchant de l'écran. C'est un plan de terraformation. Ou de destruction.
Le dossier contenait une note audio, datée du soir du massacre du Secteur 7. La voix de Sharkal y résonnait, dépourvue de toute théâtralité, glaciale et analytique.
"La restructuration du Secteur 7 n'est pas une fin, mais une fondation. Les corps serviront de catalyseurs organiques. Le quartz ne suffit plus. Pour que Jazuku survive à ce qui arrive, elle doit être brisée et reconstruite à mon image. Le projet Prime est lancé. Que l'Histoire oublie les moyens, elle ne retiendra que le résultat."
Le terminal s'éteignit brusquement dans une gerbe d'étincelles. Le système de sécurité de Sharkal venait de s'auto-détruire, emportant avec lui le reste des fichiers.
Mileyno resta immobile, fixant l'écran noir. Sa respiration était saccadée. Le massacre de sa famille n'était pas qu'une simple purge administrative.
C'était une expérience. Une étape dans un plan bien plus vaste que le simple contrôle d'une planète.
— Il ne nous a pas laissé partir parce qu'il nous méprise, comprit Mileyno. Il nous a laissé partir parce qu'il sait que cette information va nous consumer. On ne peut plus juste être des témoins, Sarys. On sait ce qu'il prépare.
Sarys se leva, rangeant son fusil. Elle regarda par le hublot de la soute. Au loin, les lumières de Ploftogal disparaissaient, remplacées par l'obscurité de l'espace profond. Le cargo se dirigeait vers les plateformes de tri de la Bordure Extérieure.
— On fait quoi maintenant ? demanda-t-elle.
Mileyno serra son terminal contre son torse. Il n'était plus le gamin vengeur des conduits de Nécrolythe. Il était devenu le détenteur d'un secret qui pourrait mettre le feu à toute la galaxie.
— On survit. On se cache. Et on attend le moment où Sharkal pensera qu'on a oublié.
Alors que le cargo s'enfonçait dans le vide, Mileyno ferma les yeux. Il savait que son histoire pouvait s’éteindre ici, dans les cendres d'un secret trop grand pour lui. Mais quelque part sur Jazuku, d'autres forces commençaient à s'éveiller. Et un jour, quelqu’un finirait bien par porter le coup de grâce à Sharkal.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Prologue : Avis
Après avoir soigneusement lu le synopsis de cette histoire, je n’avais qu’une seule envie, me plonger dans cette nouvelle aventure. Je me suis donc empressé d’en lire le Prologue. Voilà ce que j’en ai pensé…
Une fois de plus, on peut dire que tu as su installer une ambiance parfaite pour ce récit. L’air semble lourd, à l’arrivée de Sharkal. Son aura, ce qu’il dégage… Ah ! On sent que tu prends plaisir à représenter ce personnage. Et Dieu sait à quel point, j’apprécie ses apparitions. Et aussi à quel point, je serais contant lorsqu’il chutera de son trône de sang.
Mais cette fois-ci, c’est surtout Mileyno qui m’a impressionné par sa présence, accroupi sur une gargouille tel un super-héros de comics. J’ai adoré la façon dont tu le présentes, à ses dix-huit ans. Il est classe, c’est sûr ! Et j’ai tout de suite eu hâte de découvrir ses aventures, et sa quête de vengeance !
Niveau style, c’est excellent ! Comme toujours avec tes récits. J’aime cette façon que tu as de décrire cette planète et ses taudis. J’ai parfois l’impression de me retrouver dans un thriller cyberpunk, avec ses néons et cette crasse qui semble s’accrocher à la cité et à ses habitants. C’est à la fois beau et repoussant. J’adore ça !
En quelques mots bien placés, tu réussi l’exploit de nous raconter toute une histoire. Alors certes, ce n’est que le début, mais un début qui frappe déjà très fort ! Comme je l’ai dit plus haut, j’apprécie déjà beaucoup Mileyno. On ne peut que se sentir proche de lui. On adhère à son esprit de vengeance. À son envie de justice ? Pas forcément. Je sens qu’il nous réserve bien des surprises.
En bref, tu as su me happer dans ce nouveau récit dans l’univers de Jolp. Je l’ai déjà dit, mais tu sembles beaucoup t’amuser avec ce monde. Et j’avoue que j’aime me promener dans cette cité, car c’est aussi un personnage à part entière dans ton récit.
Vivement que je puisse lire la suite.
Sur ce, je te laisse, amigo. À très bientôt !
Après avoir soigneusement lu le synopsis de cette histoire, je n’avais qu’une seule envie, me plonger dans cette nouvelle aventure. Je me suis donc empressé d’en lire le Prologue. Voilà ce que j’en ai pensé…
Une fois de plus, on peut dire que tu as su installer une ambiance parfaite pour ce récit. L’air semble lourd, à l’arrivée de Sharkal. Son aura, ce qu’il dégage… Ah ! On sent que tu prends plaisir à représenter ce personnage. Et Dieu sait à quel point, j’apprécie ses apparitions. Et aussi à quel point, je serais contant lorsqu’il chutera de son trône de sang.
Mais cette fois-ci, c’est surtout Mileyno qui m’a impressionné par sa présence, accroupi sur une gargouille tel un super-héros de comics. J’ai adoré la façon dont tu le présentes, à ses dix-huit ans. Il est classe, c’est sûr ! Et j’ai tout de suite eu hâte de découvrir ses aventures, et sa quête de vengeance !
Niveau style, c’est excellent ! Comme toujours avec tes récits. J’aime cette façon que tu as de décrire cette planète et ses taudis. J’ai parfois l’impression de me retrouver dans un thriller cyberpunk, avec ses néons et cette crasse qui semble s’accrocher à la cité et à ses habitants. C’est à la fois beau et repoussant. J’adore ça !
En quelques mots bien placés, tu réussi l’exploit de nous raconter toute une histoire. Alors certes, ce n’est que le début, mais un début qui frappe déjà très fort ! Comme je l’ai dit plus haut, j’apprécie déjà beaucoup Mileyno. On ne peut que se sentir proche de lui. On adhère à son esprit de vengeance. À son envie de justice ? Pas forcément. Je sens qu’il nous réserve bien des surprises.
En bref, tu as su me happer dans ce nouveau récit dans l’univers de Jolp. Je l’ai déjà dit, mais tu sembles beaucoup t’amuser avec ce monde. Et j’avoue que j’aime me promener dans cette cité, car c’est aussi un personnage à part entière dans ton récit.
Vivement que je puisse lire la suite.
Sur ce, je te laisse, amigo. À très bientôt !
"Vergere m'a appris à embrasser la douleur et à m'y soumettre. J'en ai fait une partie de moi-même, une partie que je ne pourrai ni combattre, ni nier." Jacen Solo
Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Salut Den, j'espère que tu vas bien
Très content de voir que le prologue t'a plu, tu as eu le courage de plonger dans une sacrée aventure en effet
Oui c'est bien vrai, J'ADORE littéralement évoquer Sharkal, c'est peut-être même le personnage pour lequel je prends le plus de plaisir à écrire, en tout cas dans le top 3 pour sûr
D'ailleurs Mileyno fait peut-être aussi partie de ce top 3, ça se discute, en tout cas j'adore aussi ce que représente le personnage. Avec bien entendu la sphère sombre, qui me fait presque trembler, de la cité de Nécrolythe.
Merci encore pour ton retour, toujours aussi intéressant et qui me permets aussi de voir quels sont les principaux points qui ressortent du récit à chaque fois. C'est d'ailleurs aussi l'occasion pour moi de replonger dans cette trilogie
J'ai très hâte que tu découvres la suite, vraiment très hâte.
Je te souhaite une belle semaine, que la Force soit avec toi !
Très content de voir que le prologue t'a plu, tu as eu le courage de plonger dans une sacrée aventure en effet
Oui c'est bien vrai, J'ADORE littéralement évoquer Sharkal, c'est peut-être même le personnage pour lequel je prends le plus de plaisir à écrire, en tout cas dans le top 3 pour sûr
D'ailleurs Mileyno fait peut-être aussi partie de ce top 3, ça se discute, en tout cas j'adore aussi ce que représente le personnage. Avec bien entendu la sphère sombre, qui me fait presque trembler, de la cité de Nécrolythe.
Merci encore pour ton retour, toujours aussi intéressant et qui me permets aussi de voir quels sont les principaux points qui ressortent du récit à chaque fois. C'est d'ailleurs aussi l'occasion pour moi de replonger dans cette trilogie
J'ai très hâte que tu découvres la suite, vraiment très hâte.
Je te souhaite une belle semaine, que la Force soit avec toi !
Auteur de fictions dans l'univers Jolp.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno
Salut l’ami,
Je vais très bien, je te remercie. J’espère que toi aussi ?
Ahah ! Quand l’histoire est aussi bonne que celle-ci, c’est un plaisir que de se lancer dans l’aventure.
Ahah ! J’aime bien Sharkal et Mileyno. Si ça peut te rassurer, ils sont très chouettes à suivre, tous les deux. Nous verrons ce que tu leur réserves dans les prochains chapitres !
Ravi de pouvoir t’aider. C’est toujours un plaisir pour moi de me plonger la tête la première dans une aussi bonne fan-fic. J’essaierai d’être le plus précis possible dans mes impressions.
J’ai hâte aussi de découvrir la suite !^^ J’espère trouver un peu de temps ce week-end… peut-être avant.
Belle semaine à toi aussi, que la Force soit avec toi !
Je vais très bien, je te remercie. J’espère que toi aussi ?
Ahah ! Quand l’histoire est aussi bonne que celle-ci, c’est un plaisir que de se lancer dans l’aventure.
Ahah ! J’aime bien Sharkal et Mileyno. Si ça peut te rassurer, ils sont très chouettes à suivre, tous les deux. Nous verrons ce que tu leur réserves dans les prochains chapitres !
Ravi de pouvoir t’aider. C’est toujours un plaisir pour moi de me plonger la tête la première dans une aussi bonne fan-fic. J’essaierai d’être le plus précis possible dans mes impressions.
J’ai hâte aussi de découvrir la suite !^^ J’espère trouver un peu de temps ce week-end… peut-être avant.
Belle semaine à toi aussi, que la Force soit avec toi !
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