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Messagepar Uttini » Mar 17 Mai 2022 - 8:12   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 9

Merci pour les retours.
mat-vador a écrit:Ca semble facile mais quelque chose me dit que cela ne sera si facile que ça...

Beaucoup moins facile. Je ne veux pas spoiler, mais...
LL-8 a écrit:J'avoue que toute l'ambiance sur Strenotis me met mal à l'aise. Kandra n'est pas forcément un personnage auquel je me suis attachée et la reine... Elle me fait penser au personnage de la reine dans See, une série Apple. Le même genre de dirigeante démente qui se sert de la religion pour assouvir ses désirs et asservir son peuple. Mouais, pas fan. Heureusement, les filles sont parties.
En revanche, j'aime bien l'idée que Wellet ait le cerveau retourné. Ça peut donner de belles scènes.

J'ai écrit ces scénes avec la reine il y a longtemps, plus de 25 ans. Elles sont largement édulcorées par rapport aux originales qui étaient bien plus crues. Il restera une scéne de confrontation entre cette reine et un Jedi.
L'idée de la religion pour asservir le peuple et assouvir ses ambitions n'est pas nouvelle du tout, on la trouve encore aujoud'hui dans des sectes, avec des gourous. Je comprends que ça puisse mettre mal à l'aise, mais ça justifiera un certain évènement qui suivra.
LL-8 a écrit:Si j'ai tout suivi comme il faut, le Cercle Rouge est le nom de l'organisation qui a suivi celle des Sith (ou un truc qui s'en rapproche) et donc leur retour et la haine de leur chef envers l'Empire ne présage rien de bon.

C'est a peu prés ça. Mais cette histoire est remplie de faux-semblants.
Sans spoiler la deuxième époque que je posterai plus tard, où il joue un rôle plus important, le Cercle Rouge est à l'origine un syndicat du crime manipulé par un Sith. On en saura plus dans le suite de l'histoire. Là, les Jedi vont comprendre qu'ils sont tout aussi dupes que les autres...
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Messagepar Loucass824 » Mar 17 Mai 2022 - 14:23   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 9

Chapitre lu !

On retourne en politique ! J'avoue que j'étais perdu au début, je me souvenais d'avoir déjà vu le nom de Kraolin plus tôt dans ton récit, mais impossible de m'en souvenir. Je me sentais honteux de l'avoir oublié, mais j'ai été rassuré quand le perso lui même avoue qu'il est le descendant du fameux Kraolin dont il était fait allusion plus tôt. Mais est ce que ce chapitre était celui auquel tu faisais référence dans ma fic en disant que mon traitement t'avais "rendu jaloux" ? Car si c'est bien le cas je ne vois vraiment pas en quoi ! Ta proposition est très intéressante, plus dense que la mienne, et sur un registre au demeurant assez différente au final.

Ce chapitre lève enfin le voile sur les allusions du Cercle Rouge faites aux deux chapitres précédents. L'horizon se désépaissit, et on a une bonne vue d'ensemble à présent, même s'il reste suffisamment de zone d'ombres pour que l'on ne puisse pas tout prévoir a l'avance, ce qui prouve que tu maîtrises toujours ton rythme et à quel moment on est sensés disposer de telles ou telles informations. J'aime beaucoup !

Ce Kraolin est un stratège avisé, qui a longuement étudié ses adversaires comme ses futurs collaborateurs, prévoyant son plan depuis un moment, contrôlant le moindre aspect, avec une certaine minutie et souci du détail. Ce qui nous a permis d'en savoir plus sur la politique menée par l'Empire. Ce régime est à présent en danger à cause de la manière dont il a traité les royaumes indépendants. Il va se prendre un retour de bâton à cause de son manque de considération de ses voisins, ces manquements savamment exploités par un cerveau machiavélique. C'est pour l'instant un classique en soi, mais il est impeccablement mis en scène.

Sur le coup, j'étais certain que quelque chose clochait avec notre ami Drex. Je pensais à des preuves falsifiées pour le saborder, tactique assez classique de calomnier un opposant pour arriver à ses fins. Mais ce cher Kraolin avait prévu son coup autrement, depuis un moment, ayant retourné Drex. Sans compter que pour toute récompense, il lui offre une place de choix en première ligne pour s'en débarrasser au plus vite. Du peu que l'on sait véritablement des motivations de Kraolin, on sait tout de même que, lorsque l'on sait qu'il a un plan complexe en place, il y a encore un second niveau, un plan caché dans le plan caché.

Est ce que Kraolin est motivé par une volonté de rendre justice à son nom et à sa lignée qui a été rayée de l'histoire ? J'ai envie d'en savoir plus sur ce personnage, et je ne serais pas mécontent d'apprendre qu'il a une volonté profonde de vouloir le pouvoir absolu à ce point. Rien que pour le mépris qu'il se retient d'afficher face à "larves" comme il les désigne, on sent que sa soif de pouvoir est motivée par quelque chose de plus profond. Ou alors je spécule et je surinterpréte, je verrai bien par la suite.

Tu plantes toujours ton rythme de la même manière, prenant ton temps, mais toujours avec ce lot d'informations, qui cette fois est livré plus qu'au compte goutte. Même s'il demeure toujours des interrogations... Malgré ce flot d'informations inhabituel par rapport aux chapitres précédents, tu arrives toujours à maintenir l'intérêt du lecteur, il demeure toujours du mystère. La singularité de ta proposition fait toujours mouche pour ma part !
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Messagepar Uttini » Mar 17 Mai 2022 - 14:30   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 9

Merci du retour.
Loucass824 a écrit:Du peu que l'on sait véritablement des motivations de Kraolin, on sait tout de même que, lorsque l'on sait qu'il a un plan complexe en place, il y a encore un second niveau, un plan caché dans le plan caché.

C'est exactement ça.
Loucass824 a écrit: Mais est ce que ce chapitre était celui auquel tu faisais référence dans ma fic en disant que mon traitement t'avais "rendu jaloux" ?

Non, ce n'est pas cette scène, mais merci. Celle-ci était déjà écrite depuis un bail. Non, je parle d'une scène de la deuxième époque que j'étais en train d'écrire à ce moment-là. Je la publierai un de ces quatre.
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Messagepar Mandoad » Mar 17 Mai 2022 - 18:13   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 9

Je me suis enfin lancé dans cette histoire et que dire: C'était surprenant !

Le premier détail est la période, tu vas chercher loin, très loin dans le futur, là où personne (pas même mat) n'a encore mis les pieds et je sentais dès le début que tu voulais d'affranchir de plusieurs contraintes qu'aurait pu te fixer une période plus commune. Et c'est très réussi. En un sens, tu nous proposes du Star Wars sans vraiment proposer du Star Wars et ça fonctionne (pas de blasters ? par tous les saints ? :shock: ) !
On visualise très bien la scène, on ressent à quel point Henlaân est et se sent pitoyable au milieu de ce monde et d'une partie de cartes qui devrait le dépasser. On oublie Star Wars et tu nous rappelles la saga à notre souvenir avec de subtils mentions de la Force, puis l'arrivée de Jedi (qui m'ont donné une certaine impression des Chevaliers Impériaux des comics Legacy tant par leur apparence que par leurs actes) et enfin les Sith.

J'aime bien aussi les thématiques que du développes pour le moment: le faible de corps qui devient fort par l'esprit, l'invasion des plus forts sur un monde paradisiaque, mais peuplé de plus vulnérables, notamment.

En tout cas, tu m'as pris à contre-pied tout du long et je reviendrai pour la suite :cute:
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Messagepar mat-vador » Mar 17 Mai 2022 - 18:45   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 9

Mandoad a écrit:tu vas chercher loin, très loin dans le futur, là où personne (pas même mat) :


Uttini et moi avons passé un accord : à lui l'avenir, à moi le passé :diable: !
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Messagepar Uttini » Mar 17 Mai 2022 - 19:57   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 9

J'ai inséré une référence à Pius Dea dans la deuxième époque. :wink:
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Messagepar mat-vador » Mar 17 Mai 2022 - 20:35   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 9

:love: :love: :love:
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Messagepar Mandoad » Jeu 19 Mai 2022 - 16:52   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 9

Chapitre 2 lu !

Eh bien, eh bien ! Le moins que je puisse dire c'est que cet Imperium donne le tournis tant sa puissance semble démesurée, voir même absolue. Cependant, on sent qu'il y a quand même anguille sous roche. Des Neo-Jedi nés de secrets des Seigneurs Noirs ? Un Empereur d'un âge loin d'être naturel ? Un culte permettant d'être au courant de tout ? Et une admiration sans borne du journaliste. Nul doute qu'il y aura des ennuis plus tard, sans doute de la part des factions rebelles que tu mentionnes.

En tout cas, c'est impressionnant l'univers tout neuf que tu nous présentes, bien que, pour le moment, cette Imperium semble particulièrement intouchable. Je suis curieux de voir ce qu'il se passera une fois que le contexte aura été bien posé.

Je repasserai !
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Messagepar Uttini » Mer 25 Mai 2022 - 13:32   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 9

Chapitre 10. Avec lui se clôt la première partie de cette histoire.


Chapitre 10 — Balshar

Imaginez quatre millions de personnes réunies sur une même place entourée de hautes murailles. Quatre millions de bouches qui crient leur joie, quatre millions de cris, de battements de mains, simultanément. Dans l'immense amphithéâtre, au centre de la cité principale d'Oruséa Prime, devant le titanesque palais de l'empereur à l'architecture compliquée étaient massés des représentants de tous les mondes habités de l'Empire des Six Provinces, des gouverneurs, des dignitaires, des rois. Le soleil brillant d'Oruséa Prime, gigantesque, terriblement lumineux, faisait luire les hautes tours et les flèches de chrome du palais impérial qui dominaient la foule. Face aux interminables gradins de pierre bondés, un immense écran holographique de plus de deux cents coudées de haut montrait l'empereur lui-même, dans un somptueux costume d'apparat. On n'avait construit cet endroit que dans un seul but : contenir les foules pour le couronnement des empereurs. C'était, en outre, un endroit à l'acoustique parfaite, et le moindre mot de celui qui s'exprimait à la terrasse, tout en bas des gradins, pouvait être entendu jusqu'en haut, quel que fut le bruit ambiant.
Et dans ce bruit, tant de voix ! Une foule bigarrée venue de tous les coins de la galaxie, de toute couleur, race et langue, tous réunis sous la même bannière pour acclamer un même homme, pour prononcer un seul nom :
Balshar !
L'homme, sur l'immense écran, attendait encore avant de prendre la parole. Il saluait la foule en souriant. Il avait un visage franc et ouvert, entre deux âges, parfaitement rasé, des cheveux blonds et abondants, des yeux d’un bleu délavé, et il respirait la force et l'assurance. Il avait été un bon empereur durant presque vingt-cinq ans, mais il était temps pour lui de céder la place à celui que la Mémoire avait choisi pour être son successeur. Son règne avait été calme, bon, prospère, comme celui des trente-quatre autres empereurs avant lui. Il avait connu la gloire universelle, les acclamations, la reconnaissance de milliards de sujets, il avait fait le tour de cette galaxie devenue pour lui aussi familière que pouvait l'être le petit village kiatite qui l'avait vu naître. Car il n'était pas de sang royal, pas plus qu'il ne s'appelait vraiment Balshar.
La Mémoire l'avait choisi pour être le futur empereur, avant même qu'il ne soit né, sur la base d'une analyse génétique indiquant qu'il était le meilleur candidat pour ce rôle une fois adulte. Il n'avait jamais rien décidé de sa vie. On l'avait enlevé à sa famille à l'âge de quatre ans et élevé dans un palais, éduqué dans toute la sagesse galactique, dans toute bonne manière et dans toute culture. On l'avait soigné, entouré de droïdes protocolaires, de précepteurs et d'éducateurs dans le plus beau cadre de l'univers connu, et on avait fait de lui un empereur digne de ce nom, fort, beau, séduisant, plein d'humilité, toutefois, sachant qu'il devait son pouvoir aux Jedi, omniprésents dans toute son éducation. Il avait aujourd'hui quarante-cinq ans, et la Mémoire avait ordonné la formation d'un nouvel empereur pour succéder à Balshar II lors du Millénaire de l'Empire des Six Provinces. Son règne touchait à sa fin, et il prolongeait volontairement les acclamations qu'on lui offrait, parfaitement conscient que dans quelques jours elles seraient destinées à un autre, un Balshar III qui lui ressemblait étrangement.
Mais on ne contrariait pas la Mémoire. Les Chevaliers Jedi y veillaient. La fin de son règne avait été paisible, et, dans le splendide palais des anciens Empereurs, sur Alsakan, l'attendaient déjà ses serviteurs, ses concubines et tout ce qu'il avait amassé comme objets d'art, cadeaux de dignitaires impériaux, durant vingt-cinq longues années de plaisir. Toutes les bonnes choses ont une fin, disait la sagesse populaire, et Balshar II ne le savait que trop. Il retomberait en définitive dans un douillet anonymat dès que le nouvel empereur aurait coiffé la couronne rituelle.
Quelque part sur un large balcon dominant l'amphithéâtre noir de monde, Arkon Spell contemplait ce qu'il avait contribué à édifier: l'unité de tant de peuples dans la paix. A l'inverse de l'Empereur, il se complaisait dans l'anonymat; le temps ne lui était pas compté et, pour lui, les honneurs, les fastes et la gloire ne signifiaient rien. Il examinait le visage de Balshar, sur l'écran, et y lisait le regret de devoir céder la place, la frustration qu'il avait ressentie lorsqu'on lui avait appris que la Mémoire lui avait choisi un successeur. Il était temps, songea Spell. Ce renom commençait à lui monter à la tête, et il serait vite devenu incontrôlable si on l'avait laissé sur le trône. Peu d'hommes savaient en fait ce qu'impliquait être empereur des Six Provinces. Ses pouvoirs étaient limités et il ne pouvait agir que dans le cadre du Plan. Les Jedi y veillaient soigneusement. L'empereur, avant d'être un souverain, devait être un exemple pour le peuple, un fervent défenseur de la paix et du Culte de Gilead, mais il ne pouvait dépasser certaines limites. Il ne gouvernait pas, bien qu'il fût lui-même convaincu du contraire. Les émetteurs mentaliques placés un peu partout dans le palais impérial, dirigeaient sa volonté, orientaient ses idées, endiguaient ses élans autocratiques. Petit à petit, il devenait une sorte de marionnette aux mains des Jedi.
Spell avait de bonnes raisons d'être fier, car c'est lui qui avait en grande partie bâti ce système. L'Imperium dirigeait l'Empire, l'empereur le représentait dans le cœur et l'esprit de tous, et les Jedi contrôlaient l'Imperium. L'ordre Jedi veillait ainsi à l'avancement du Plan, au Culte, à la paix galactique et au recensement génétique généralisé. Alors qu'il considérait la foule, étalée sous ses yeux, Spell prit conscience qu'il pouvait tous les détruire en un clin d'œil. Quel pouvoir terrifiant ! Il le prenait très au sérieux et administrait l'Ordre Jedi d'une main de fer. Le Plan était le seul objectif qu'il poursuivait.
Aux côtés de Spell, sur le balcon, Hari Brewster était comme ivre. Ces cris, cette foule multiraciale en délire, ces acclamations, cette ferveur quasi religieuse le fascinait et l'effrayait tout autant. Jamais il ne s'était trouvé en présence d'un tel nombre d'êtres intelligents.
— Je ne peux pas encore croire ce que je vois, confia-t-il à Spell. Jamais je n'aurais imaginé cela de cette façon.
— Comprenez-vous enfin l'ampleur de la tâche que nous avons entreprise ? Cette foule, Brewster, est joyeuse, heureuse, en paix et unie, et c'est grâce à nous. Grâce au Plan. Voilà le résultat d'un millénaire de travail acharné.
Brewster dut bien en convenir. Même si Telmadus était en fait à la tête de l'Empire, comme il l'avait finalement compris, il ne pouvait qu'avouer la réussite totale de ce règne occulte. Lorsqu'il avait saisi le rôle de Telmadus dans les affaires galactiques, il s'en était senti fâché, écœuré, mais à présent plus aucune colère ne l'habitait. L'action des Jedi ne visait que le bonheur de toute créature vivante, la paix universelle et la prospérité. Peu lui importait la manière dont on y parvenait, la paix des Jedi en valant bien une autre. Et peu lui importait qui dirigeait, pourvu que règne la paix universelle. Il ne parvenait même pas à comprendre qu'il ait pu un jour penser autrement.
Sur l'écran géant, Balshar, grand homme mince et élancé, fit signe à la foule de se taire. Il n'avait pas le moins du monde l'allure autoritaire que lui prêtaient les portraits officiels. Non, c'était un homme simple, dans le fond, conscient de son pouvoir mais qui ne pouvait pas s'imaginer l'influence qu'avaient les Jedi sur lui et son règne. La foule se tut, finalement, et dès qu'un silence respectueux s'étendit alors sur l'amphithéâtre, l'empereur prit la parole:
— Mes chers concitoyens, mes amis , dit-il d'une voix presque tendre qui résonna à travers toute la cité, et au-delà, dans des millions de mondes reliés à Oruséa Prime par faisceau hyperspatial, je suis vraiment heureux de vous voir tous rassemblés pour m'acclamer une dernière fois. J'espère avoir été pour vous tous un bon empereur, car, vous le savez, bientôt un autre me remplacera. Je souhaite que tous vous vous souveniez de moi en termes élogieux.
Il poursuivit, et débita un discours fadasse mais qui, venant d'un homme d'un tel charisme, captivait la foule qui l'écoutait. Brewster lui-même, malgré son naturel sceptique et son désir de rester objectif, se trouvait subjugué par le phrasé de l'empereur, par ses mimiques, par ses gesticulations, à tel point que les mots qu'il employait n'avaient plus d'importance. Les puissants émetteurs mentaliques dissimulés sous les gradins de pierre fonctionnaient à merveille.
L'empereur parla de choses et d'autres, évoqua son règne et les divers événements qui l'avaient marqué, commenta l'histoire de l'Empire et cita maints passages des “Paroles de Gilead” à travers un chapitre élogieux sur l'Ordre Jedi. Spell aurait dû trouver cela délicieux, mais non. Ce n'était pas spontané, pas naturel, ce n'était que les mots qu'un conseiller telmadien lui avait écrits. C'était presque abject. Enfin, après le chapitre sur les chevaliers, Balshar termina par le résumé des améliorations apportées durant son règne aux relations avec les royaumes indépendants de la Bordure. Son espoir était que bientôt, tout homme dans cette galaxie, quelle que soit son origine, puisse se réjouir sous une même bannière, sous un même emblème. Sur l'écran, l'image changea et le symbole des Six Provinces apparut, six triangles se touchant par les pointes, sur un fond représentant la spirale galactique.
Les acclamations fusèrent, et persistèrent durant de longues minutes. Lorsque l'empereur revint à l'image, il déclara:
— Et maintenant, que commencent les festivités du Millénaire de notre glorieux Empire !
La foule fut alors prise de délire. Un cri d'une puissance extraordinaire retentit et fit vibrer la structure même des orgueilleux bâtiments du palais impérial. Brewster s'y était joint, sans vraiment s'en rendre compte. Spell, lui, restait silencieux, jugeant l'étendue de la réussite de cette première phase du Plan. Chaque personne, chaque enfant, chaque vieillard garderait un souvenir indélébile de ces festivités, qui voyaient le plus grand rassemblement de foule en liesse des cinq mille dernières années.
A travers toute la galaxie, la joie se propageait à tous les mondes sous la juridiction de l'Empire, à des millions de systèmes répartis sur des milliers d'années lumières cubiques, les deux tiers de la galaxie connue. A l'unisson, avec quelques minutes de décalage pour les systèmes les plus éloignés, tous entonnèrent l'hymne de l'Empire, chant en forme de cantique à la gloire de Gilead, que chaque citoyen impérial connaissait depuis sa tendre enfance.
Dans l'ombre, postés aux endroits stratégiques, des centaines de chevaliers Jedi ne chantaient pas. Ils savaient à quoi s'en tenir quant à l'Empire et à son dirigeant fantoche. Ils maintenaient leur attitude stricte, dénuée de sentiments, la main prête à faire surgir le sabre laser rituel. Toute cette paix était bien fragile, en fin de compte. Trop fragile…



Fin de la première partie.
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Messagepar mat-vador » Mer 25 Mai 2022 - 20:56   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 10

Lu !

Ce dixième chapitre conclut bien cette première partie, qui a introduit de la meilleure des manières ce nouvel univers futuriste :wink: , qui paraît si éloigné de notre univers SW ce qui n'est pas un mal pour autant :cute: !

Une remarque : Balshar => Bashar : grade de commandant dans l'univers de Dune :sournois: ... démasqué, petit coquin :diable: ! Et l'attitude de ces Jedi si détachés et froids me fait évoquer le Bene Gesserit si sûr de son Plan :D !

Hâte de voir la suite :oui: !
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Messagepar Uttini » Mer 25 Mai 2022 - 21:41   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 10

mat-vador a écrit:Une remarque : Balshar => Bashar : grade de commandant dans l'univers de Dune ... démasqué, petit coquin ! Et l'attitude de ces Jedi si détachés et froids me fait évoquer le Bene Gesserit si sûr de son Plan

Pas exactement. Dans la version d'origine, l'Empereur s'appelait Balshatsar, un nom vaguement babylonien, que j'ai réduit a Balshar. Je n'ai aucun souvenir de ce terme dans Dune, que je n'ai pas relu depuis plus de 30 ans. Je plaide la coincidence. :lol:
Oui, tout est en place pour la suite. Maintenant commence le chaos.
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Messagepar Loucass824 » Jeu 26 Mai 2022 - 15:55   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 10

Chapitre lu !

Fin de la première partie, mais combien de parties y aura-t-il... Le chapitre entier ne semble pas contenir beaucoup d'événements, mais il n'est pas le dernier d'une partie pour rien je pense. Tout au long, on sent ce côté de clôre quelque chose pour en recommencer une autre juste ensuite. Quelque chose s'achève, quelque chose commence. Ce thème fait écho aux autres chapitres, comme le fait que la belle Galaxie en paix qu'on nous présente, n'est pas tant en paix que cela. Que les certitudes du passé sont en train de s'étioler, on ressent un bouleversement de paradigme arriver.

Malgré tout, toujours quelque chose à se mettre sous la dent. On découvre toujours plus l'influence tentaculaire de la Mémoire et des Néo-Jedi, jusque dans les instances et dirigeants les plus puissants. Cette manière de programmer un être avant même sa naissance, lui ôtant tout choix propre et conscient sur la manière dont il voudra ordonner sa vie. Le même comportement que les Jedi, qui font de même avec leurs pouvoirs mentaliques, sont ici présentés comme des sbires froids envoyés par la Mémoire. Cela soulève des questionnements. Cet empereur, ce Balshar, est il vraiment sélectionné car il est un élu, une personne extraordinaire vouée à accomplir des choses extraordinaires en tant que dirigeant ? Ou n'est il qu'une personne prise au hasard dans la foule, car tout est déjà tracé pour lui, peu importe qui il est, ce qu'il veut, ce qu'il souhaite. Un individu programmé, au parcours tracé avant même sa naissance. En quoi est il exceptionnel ? En quoi ses accomplissements sont-ils réellement les siens, étant donné qu'il a été complètement façonné par d'autres ? J'ai beaucoup aimé ce propos et les questionnements sur le libre arbitre que ce chapitre propose.

Le peuple lui voue une adoration certaine, convaincu qu'il a été choisi pour une raison supérieure. Mais peut-être a-t-il été choisi car il était le plus maléable, ou le plus insignifiant... Ce n'est pas le premier chapitre qui fait naître des interrogations sur les réelles intentions de la Mémoire et de son Plan. Mais malgré tout, Spell arrive à voir des regrets sur le visage de l'empereur. Il regrette qu'après avoir cédé sa place, il ne soit plus rien. Mais en définitive, n'était-il pas déjà rien même en tant qu'empereur, puisqu'il était téléguidé ? Le contraste entre Spell et l'empereur était intéressant, celui qui fuit les éloges et celui qui les convoite. Celui qui regrette le temps qui passe et qui fait son oeuvre, et celui qui a certainement vu défiler bon nombre d'empereurs successifs, et en verra quantité d'autres, enfin si une certaine organisation ne bouleverse pas tout ce paradigme...

On a maintenant hâte de voir le moment où le Cercle Rouge fera son entrée en scène aux yeux de tous...
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Messagepar Uttini » Jeu 26 Mai 2022 - 16:26   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 10

Merci pour le retour.
Il y a quatre parties, quatre actes. C'est globalement une tragédie. Dès le prochain chapitre, les choses vont commencer à changer sérieusement et certaines réponses arriveront au cours des suivants.
Loucass824 a écrit:Mais peut-être a-t-il été choisi car il était le plus maléable, ou le plus insignifiant...

On aura aussi réponse à ces questions. Et le Cercle Rouge fera aussi son entrée en jeu.
Mais... :sournois:
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Messagepar Uttini » Jeu 02 Juin 2022 - 17:47   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 10

Début de la deuxième partie : chapitre 11.


2ème partie : Le Fils de Gilead


" Et la parole de Psykôs vint encore en la bouche du prophète alors qu’il se trouvait devant tout le peuple et il dit : ‘ Voici que viennent les temps de détresse et de frayeur, l’heure de la destruction des fils de Gilead, jusqu’à suppression.’

La fin des chevaliers Jedi survint avec une brutalité extraordinaire, à en croire les récits légendaires. Rien ne permet d'affirmer avec précision ce qui fut à l'origine de cette disparition, mais la prophétie dite des “temps de détresse” en marque le point de départ. En quelques mois seulement, une race qui domina la galaxie durant des siècles s'éteignit sous les coups d'un ennemi contre lequel elle ne pouvait rien. Certains ont avancé l'idée que l'épisode de la Reine Perverse du Château Périlleux marque en fait la fin des aventures, des enchantements, et par conséquent des demi-dieux, descendants du dieu Gilead et de sa femme Mnémosyne.

(Contes et légendes de l'Ère Néo-Jedi — 12ème édition, par Gilboân Chlorto)


Chapitre 11 — Oruséa Prime

Alors que les quatre millions de voix terminaient l'hymne impérial célébrant la gloire et les victoires des Six Provinces, quelque chose d'imprévu se produisit. Sur l'énorme écran qui dominait le colossal amphithéâtre, l'image de l'empereur Balshar sembla soudain se brouiller, perdre de sa substance, puis disparut complètement. Une lueur vive la remplaça, accompagnée d'un sifflement strident.
Un frisson parcourut la foule, puis, crescendo, une rumeur de perplexité monta des gradins. Depuis son balcon en surplomb sur le haut bâtiment de l'Ordre Jedi, Spell fronça les sourcils. Un problème technique, une défaillance d'un des amplificateurs vidéo ? Peu probable, d'autant que, Spell l'ignorait encore, l'interférence se propageait à travers l'hyperespace, et tous les systèmes reliés à Oruséa Prime par hyperfaisceau recevaient aussi ce spectacle inattendu. Mais cela ne s'arrêta pas là.
Sur l'écran, sous les regards incrédules de milliards d'individus, et sous celui, plus encore, de Arkon Spell, on vit apparaître un homme, un inconnu au visage dur et au teint de cendre, cheveux sombre, vêtu d'un uniforme gris acier. Il inspirait naturellement le respect, rien que par son regard sévère, et il semblait glacer la foule qui le regardait. Il était physiquement tout l’opposé de Balshar. Spell sortit rapidement de son ébahissement et saisit le communicateur qu'il portait à sa ceinture.
— Grand Gilead, qu'est-ce qui se passe ?
Il ne reçut que des grésillements. Pas moyen de faire passer le plus petit ordre aux services de sécurité. Son regard revint vers l'écran, sur lequel l'inconnu demeurait silencieux. La foule en contrebas était comme hypnotisée par l'inquiétant personnage qui les dominait, haut de deux cents coudées. Dans tout l'Empire, la même image s'imposait partout, sur tous les récepteurs, dans toutes les maisons, dans tous les esprits. Enfin, après quelques dizaines de secondes, l'homme sur l'écran ouvrit la bouche:
— Peuples de l'Empire des Six Provinces, dit-il d'une voix sépulcrale que répercutèrent des milliers de haut-parleurs, je suis Agelborn, le prophète, et je suis devant vous pour vous annoncer la fin de la paix.
Le silence se fit presque total dans l'assistance. Dans les cabines de surveillance vidéo, des techniciens au comble de l'affolement cherchaient d'où pouvait provenir cette émission, et pourquoi ils étaient incapables de la stopper. Mais ils s'arrêtèrent subitement dans leurs recherches et se tournèrent vers l'image de l'homme, sur les écrans de contrôle, irrésistiblement attirés. La voix grave et un rien détimbrée les fascinaient.
— Depuis un millénaire, reprit Agelborn, vous pensez tous être parvenus à un nouvel âge d'or, à une nouvelle ère de paix universelle. C'est un leurre. Depuis un millénaire, vous êtes en réalité tous manipulés par une puissance supérieure qui vous domine, vous conditionne, qui instille dans vos esprits des pensées, des sentiments, des idées qui ne sont pas les vôtres grâce à des machines, des émetteurs mentaux qui vous privent de ce que vous avez de plus précieux : votre liberté.
Une rumeur s'enfla dans la foule. Pétrifié sur son balcon, incapable de faire le moindre mouvement, Spell croyait faire un cauchemar. Comme lui, les centaines de chevaliers Jedi disséminés parmi les foules furent soudain pris d'une étrange anxiété.
— Peuples de L'Empire, poursuivit Agelborn, c'est Telmadus qui vous manipule. Vous n'êtes que des pantins entre les mains des chevaliers Jedi et des prétendus prêtres de Gilead. Même votre empereur n'a aucun pouvoir; il est choisi et façonné par les Jedi. Oui, sous couvert de religion et autres balivernes, Telmadus ne vise qu'une chose: le pouvoir suprême, total, sur tout ce qui vit dans la galaxie. Les Jedi sont l'ennemi, les Jedi vous trompent depuis des siècles et cherchent à vous asservir plus encore grâce au recensement génétique qu'ils imposent.
La rumeur prit un peu plus d'intensité encore. C'était comme si un fort courant électrique parcourait les sièges des gradins, tétanisant chacun, réveillant dans le cœur des individus des souvenirs oubliés, des sentiments qu'ils pensaient ne jamais ressentir un jour. Même les nombreux Jedi présents dans la foule pouvaient le discerner en dépit du contrôle mental.
— Peuples de l'Empire, poursuivit Agelborn, sur un ton de plus en plus agressif, le dieu Gilead est un mythe, imposé par les Jedi, et la prétendue Mémoire n'est qu'une machine diabolique qui vous arrache vos pensées profondes et altère votre personnalité. Il est temps, aujourd'hui, que cesse cette imposture. Enfants de la galaxie, réveillez-vous !
La rumeur se changeait en clameur et la foule rassemblée dans l'amphithéâtre commençait à gronder comme une mer en furie, alors que le prophète poursuivait son discours, après une courte pause.
— Peuple de l'Empire, je crie "vengeance !" contre ceux qui nous manipulent depuis mille années, ôtant de vos cœurs, de vos esprits, de vos mémoires tout ce qui entrave leurs projets. Je crie "vengeance !" contre Telmadus ! Peuples galactiques, mes frères, ne laissez plus ces hommes vous égarer ! Anéantissez-les, détruisez ce culte odieux, cet Ordre Jedi qui vous enferme dans cette paix forcée, dans ce bonheur insoutenable qu'aucun d'entre vous ne désire ! Car jamais les dieux, nos anciens dieux d'autrefois que les Jedi ont balayé, n'ont voulu cela. Détruisez les hommes qui se sont fait des dieux eux-mêmes, détruisez les menteurs !
Enfin, Agelborn se tut. Sur la large place, la foule était comme paralysée, alors que l'image du prophète disparaissait, noyée dans une lueur blanche. Un cri perçant monta, parcourut les millions de personnes massées, un cri terrifiant, qui se changea vite en hurlement généralisé, indistinct, le son le plus puissant qu'aucun humain n'ait jamais entendu. Et dans tous les territoires de l'Empire, le même cri se levait, chez tous ceux qui avaient pu entendre les paroles d'Agelborn le prophète. Tous, partout, dans toutes les langues de l'Empire, criaient "vengeance !"
Sur son balcon, heureusement à l'abri de la foule, Spell était glacé d'horreur. Un millénaire de travail, d'efforts acharnés, de sacrifices, tous les efforts de sa vie venaient subitement de tomber en ruine. Le doute et la haine envahissaient la foule, Spell pouvait le sentir, et il s'ancrait de plus en plus profondément dans leur cœur. C'était pourtant impossible ! Les émetteurs mentaliques disséminés un peu partout dans l'amphithéâtre n'auraient jamais dû permettre une telle catastrophe.
Les gens crédules, lorsqu'ils s'apercevaient qu'on les avait dupés, pouvaient se montrer dangereusement vindicatifs, et c'était le cas des quatre millions de personnes rassemblées sur la place d'apparat, dans le grand amphithéâtre de pierre. Un voile se levait sur leurs yeux et ils prenaient conscience qu'on les avait aveuglés, depuis leur naissance, et leurs parents, leurs ancêtres avant eux, que ces Jedi qui se prenaient pour des dieux les avaient réduits à l'état de foule bêlante et heureuse de l'être.
Pourtant, songea Spell, quelques mots même bien préparés, même parfaitement exprimés ne pouvaient suffire à anéantir des siècles d'efforts. Quelque chose d'autre devait s'être produit durant le discours du prophète. Remerciant ses capacités psychiques, Spell retrouva bien vite son sang-froid et réagit rapidement. Saisissant Brewster par le bras, il l'entraîna dans le bâtiment principal. Le jeune journaliste, tout retourné par les paroles du prophète, semblait hébété, abruti, et suivait le Jedi, sans la moindre expression. De simples mots ne produisaient pas un tel effet, songea Spell. On avait certainement utilisé des armes mentales puissantes alors que l'attention de la foule était fixée sur le prophète, et les auteurs de ce coup d'éclat, qui qu'ils soient, désiraient créer un gigantesque mouvement de panique et de colère contre les Jedi.
Chassant temporairement ces réflexions de son esprit, Spell se concentra sur ce qu'il convenait de faire à présent. Une seule chose: fuir, quitter Oruséa Prime le plus vite possible, car cette foule semblait bien décidée à faire passer au mauvais moment aux Jedi. Traînant toujours le journalise ahuri derrière lui, Spell traversa le bâtiment et emprunta un ascenseur privé, réservé aux dignitaires de l'Ordre, qui descendit à une vitesse vertigineuse dans les entrailles du bâtiment. Bientôt, il rejoignit un groupe de Jedi qui attendait dans une grande pièce puissamment éclairée.
— Gilead soit loué, dit l'un des Jedi, vous êtes là. La foule vient de prendre ce bâtiment d'assaut.
— Je le craignais, dit Spell. Il ne faut pas moisir ici, messieurs.
La pièce où ils se trouvaient tous était fort large, mais basse de plafond. Le groupe se concentra au milieu, dans un cercle dessiné sur le sol. Contre un mur, l'un des Jedi manipulait les contrôles d'une console de commande. D'après son uniforme de grande cérémonie, c'était l'un des membres du Conseil Jedi. Après quelques réglages, il dit:
— Allons-y, messieurs. La machine va nous conduire sur Telmadus, où nous serons en sécurité, puis les systèmes de commande s'autodétruiront. Personne ne sera en mesure de nous suivre.
— Parfait, dit Spell.
Le groupe, composé d'une dizaine de Jedi en uniformes d'apparat et du journaliste trigon, se trouva soudain entouré d'un champ d'impulsion hyperspatiale. Sur la console de contrôle, une série de voyants passa au vert, les atomes des onze personnes se retrouvèrent propulsés, sous forme de faisceau d'énergie, à travers l'hyperespace. La large pièce, au cœur du bâtiment, était un énorme téléporteur hyperspatial, pur produit de la Vieille Science, qui propulsa le petit groupe vers Telmadus, la planète mère des Jedi.
Il était temps. Quelques minutes seulement après leur disparition, une foule en furie s'engouffra dans la salle, munie de barres de fer, d'épées et de divers autres instruments contondants, dans l'intention évidente de casser du Jedi. Heureusement pour Spell et ses compagnons, la populace n'eut pas cette chance, et se contenta de détruire systématiquement tout ce qui passait à sa portée. Tous ces gens qui, quelques minutes plus tôt criaient leur joie dans un hymne à la paix universelle, semblaient devenues des bêtes furieuses. La foule dévasta le bâtiment de l'Ordre Jedi, le temple de Gilead et les bureaux de l'administration telmadienne. Une fois leur tâche achevée et cette inextinguible soif de vengeance assouvie, la violence se retira brusquement des esprits, comme elle était venue, et ils laissèrent tomber leurs armes. Lentement, la foule sortit de son hébétude, comme l'on se réveille soudain d'un cauchemar. La force qui les avait dominés quelques heures durant se retirait, mais avait laissé des traces indélébiles dans leurs esprits. Maintenant, pour tous les citoyens de l'Empire des Six Provinces, dans tous les cerveaux, dans tous les cœurs, il n'y avait qu'un ennemi, qu'il fallait abattre avant qu'il ne sème le chaos. Cet ennemi, c'était les Jedi. La guerre éclatait.

— — — — — — — —


Sur Telmadus, Spell et ses compagnons firent une arrivée remarquée. Voir ainsi surgir d'une salle de téléportation le plus haut personnage de l'ordre ainsi que plusieurs des membres du conseil ne manqua pas de stupéfier les gardes en faction. A peine arrivé, Spell se rendit au centre de communication afin de prendre des renseignements sur la suite des événements, et les autres se dispersèrent. Seuls restèrent dans l'antichambre de la salle de téléportation Brewster, encore hébété de ce qu'il venait de vivre, et un vieux Jedi, un ancien membre du Conseil nommé Freder, prodigieusement intéressé par la présence du jeune trigon.
— Sans indiscrétion, jeune homme, dit le Jedi, puis-je vous demander la raison de votre présence ici ?
— Je ne suis pas sûr, dit Brewster. J'ai l'impression d'avoir rêvé. C'est comme si toute une armée défilait dans mon crâne. Mais où sommes-nous ?
Freder sourit. Il n'était plus un Jedi très actif, loin de là, et fuyait le contrôle mental comme la peste. Visiblement amusé du trouble extrême du jeune homme, il expliqua:
— Vous êtes sur Telmadus.
— Pardon ? il y a un instant, j'étais sur…
— Vous avez été téléporté jusqu'ici par un dispositif secret que possèdent les Jedi. Un autre des miracles de la Vieille Science. Un de ces jours, ajouta-t-il en fronçant les sourcils et en grattant son crâne dégarni, il faudra qu'on découvre comment il fonctionne vraiment…
Brewster regarda autour de lui, stupéfait.
— Vous voulez dire que nous avons voyagé dans l'espace sans vaisseau ?
— Bien sûr. Mais ce système n'est prévu que pour des cas d'extrême urgence, comme celui auquel vous avez été confronté sur Oruséa Prime. Votre départ n'a pas dû passer inaperçu, d'ailleurs. Cette téléportation a certainement pompé la moitié de l'énergie disponible sur le réseau d'alimentation de la cité impériale.
— Je ne comprends pas.
— Cette machine consomme tant d'énergie qu'on ne peut l'utiliser que pour des cas d'urgence. Elle fonctionne sur le principe des moteurs hyperspatiaux et transmet de la matière dans l'hyperespace, mais nous n'avons pas encore trouvé le moyen d'amplifier suffisamment les flux énergétiques pour que cela soit économique. Nos ingénieurs pensent que nous sommes passés à côté d'un élément de l'appareil, lorsque nous l'avons construit d'après les plans trouvés dans la Mémoire. Les bons vieux vaisseaux sont moins rapides mais reviennent infiniment moins cher.
Freder prit le jeune homme par le bras et le conduisit vers le centre médical du palais de l'Ordre, où ils se trouvaient. Spell avait eu une idée judicieuse de prendre cet humain avec lui, songea Freder. Son esprit porterait certainement les traces du procédé employé pour déchaîner les foules sur Oruséa.
Lorsque Spell entra dans la salle principale du centre de communication, il y trouva plusieurs autres Jedi de sa connaissance: le conseiller Wallen, plusieurs chevaliers et le secrétaire Walt Smir, un homme grand, mince, au regard froid. Smir n'était plus un Jedi depuis longtemps. Il avait tâté pendant un temps de la philosophie hédoniste, autrefois, mais il était revenu à ses idées initiales. Il avait ensuite adopté les techniques mentalistes et était passé maître dans l'art du contrôle mental, ce qui faisait de lui une sorte de machine vivante, dénuée de toute sensibilité et d'une efficacité redoutable. Il n'était plus vraiment secrétaire du Conseil Jedi depuis bien longtemps, mais avait conservé le titre qui lui collait à la peau.
— Monsieur Spell, dit-il, je suis satisfait de vous voir sain et sauf.
— La joie se lit sur votre visage, dit Spell. Où en est la situation ?
Sans relever ce qu'il considérait comme une insulte, Smir répondit:
— Le conseiller Harlân est en train de faire le bilan. Il vous en dira plus dans un instant.
Ils traversèrent la large salle de communication, pleine de longues files de terminaux devant lesquels quelques techniciens s'affairaient, et se dirigèrent vers le centre nerveux, la console principale surmontée de son projecteur holo. Harlân, conseiller responsable de la coordination des chevaliers, examinait pensivement une liste qui s'affichait sur un écran. Il était décoiffé et portait un uniforme bleu qui, visiblement, n'était plus de la première fraîcheur.
— Harlân, dit Spell, sans plus de présentations, donnez-moi tous les détails sur la situation.
Le conseiller se dressa et salua Spell d'un geste vague. Pour un Jedi, son contrôle mental était presque inexistant. Il avait l'air las et préoccupé, les traits tirés, comme si on venait de l'arracher d'une longue animation suspendue.
— Hé bien, dit-il, la situation empire de minute en minute. Je suppose que vous arrivez d'Oruséa Prime ?
— Oui. J'ai assisté à tout.
— Les paroles de cet individu se faisant appeler Agelborn ont été entendues dans tout l'Empire, sans que nous puissions couper l'émission. Partout, ce message s'est accompagné de mouvements de violence dans les foules, visant spécifiquement les Jedi et les temples de Gilead. Nous sommes la cible, monsieur.
Spell eut une moue embarrassée, qui disparut aussitôt, balayée d'un revers de main psychique.
— Avouons-le, c'était parfaitement préparé, dit Walt Smir. Le moment idéal pour une action de ce genre.
— Combien de blessés ? Des morts ? dit Spell.
Harlân considéra une liste, sur un écran. De nouveaux noms s'y ajoutaient presque à chaque seconde. Le conseiller sourit tristement et secoua la tête.
— Nous sommes sans nouvelles de huit mille de nos hommes. Je ne parle pas des quantités d'autres qui ont été pris à partie sans même avoir pu se défendre. Plusieurs temples ont été mis à sac et une trentaine de nos vaisseaux sont détruits, soit au sol, soit par les patrouilles de protection en orbite.
Spell ne put retenir une sorte de gémissement, tant de douleur, tant de colère ! Même s'ils étaient robustes, les Jedi pouvaient souffrir atrocement. Le fait qu'ils soient solides physiquement les exposaient d'autant plus à des souffrances qui auraient tué sur le champ n'importe quel être humain, des souffrances terribles. Spell avait enduré lui-même de telles douleurs, autrefois, pendant la guerre.
— Faites tout votre possible, Harlân, dit-il. Il nous faut un chiffre des pertes en hommes le plus exact possible. Utilisez tous les circuits d'urgence de la Mémoire s'il le faut.
Il se tourna vers Wallen.
— A-t-on une idée précise de ce qui a pu provoquer cette folie ? Des armes mentales ?
Le conseiller secoua la tête.
— Je l'ignore encore. Freder va tenter de sonder le cerveau du jeune trigon que vous avez ramené avec vous pour tenter d'y voir plus clair. Tout ce que je peux vous dire, c'est que pour manipuler tant de monde en même temps, sur presque tous les mondes de l'Empire, il faudrait un puissant lien avec la Force, bien au-delà de ce qu'un mentaliste, même le meilleur, est capable. Ou alors, des émetteurs d'une rare puissance.
Spell était parfaitement conscient de ce que tout cela signifiait. Les Jedi ne possédaient pas de dispositifs capables d'obtenir un tel résultat. En tant que chef de l'ordre, c'était à lui de prendre une décision. Il fit un geste et un technicien du centre fut près de lui aussitôt.
— Je veux qu'on sorte des hangars de Coruscant les huit cents navires de la flotte et qu'on procède à leur remise en état le plus rapidement possible. Ordre de mobilisation générale sur les systèmes du district telmadien : que chacun se tienne prêt et attende une affectation ! Alerte maximum aux avant-postes frontaliers et dans tous les systèmes.
Une voix se fit entendre, derrière Spell. Une voix familière qui s'exprimait avec un fort accent trigon.
— Monsieur Spell. Si je vous comprends bien, Telmadus possède une flotte de guerre, en dépit de la loi impériale ?
Brewster, flanqué d'un Freder souriant, arborait une étrange grimace. La colère se lisait en lui, et un rapide examen mental révéla à Spell qu'il n'était pas spécialement bien disposé envers les Jedi. Il gardait ses poings serrés, comme s'il était prêt à frapper le premier venu.
— Votre place n'est pas ici, monsieur Brewster, dit Spell. Freder, emmenez-le et veillez à ce qu'il soit enfermé.
— Ce n'est pas une bonne idée, monsieur Spell, dit le journaliste. Quand mes lecteurs apprendront la manière dont vous m'avez traité, ils…
Freder fit taire le jeune homme d'un geste doux.
— Répondez-lui, Arkon, il a le droit de savoir.
— C'est nous qui avons formulé la loi impériale, monsieur Brewster, dit Spell après un soupir. Nous n'avons plus de flotte à proprement parler, seulement des navires dans des hangars. Mais si on nous attaque, il est logique que nous soyons en position de riposter. D'ailleurs, je ne m'étonnerais pas si l'Empire possédait lui aussi une flotte de guerre secrète. Plus rien ne pourrait m'étonner à présent.
Brewster fronça les sourcils. Si les soupçons de Spell se confirmaient, alors la galaxie était sur le point d'entrer en guerre. De nouveau.
Spell s'assit dans un siège, derrière le projecteur holographique et laissa libre cours à sa mauvaise humeur. Maintenir son contrôle mental lui demandait à présent trop d'énergie, et il se laissa donc envahir tout entier par ses sentiments négatifs. Le désespoir. Spell et lui étaient de vieux amis.
Ce fut Walt Smir qui s'approcha de lui pour lui poser la question qui était sur toutes les lèvres, qui préoccupait déjà la plupart des Jedi :
— Que va-t-il advenir du Plan, maintenant ?
Spell baissa la tête d'un air désabusé. La question qu'il craignait ! La question à laquelle il n'avait pas de réponse, du moins pas immédiatement. La question qu'il refusait de se poser, tant la réponse probable le remplissait de terreur.
— Je n'en sais rien, secrétaire. Demain, nous en saurons plus…
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Messagepar mat-vador » Jeu 02 Juin 2022 - 18:33   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 11

Lu !

Eh bien, eh bien, nos chers Jedi sont dans un merdier :shock: ! Comment perdre le contrôle d'une galaxie à cause d'un seul ennemi :x ... Le début de la fin ?

Vivement la suite :oui: !
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Messagepar Uttini » Jeu 02 Juin 2022 - 18:41   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 11

mat-vador a écrit:Le début de la fin ?

Oui, mais pas exactement. Ça serait trop simple, qui est vraiment cet ennemi ? Et sa victoire est trop facile. :sournois:
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Messagepar Loucass824 » Ven 03 Juin 2022 - 19:18   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 11

Chapitre lu !

Eh bien tout d'abord, le texte introductif pose une sacré ambiance pleine de pessimisme, ce qui n'est pas pour me déplaire ! Peu réjouissante pour l'avenir, où l'on va apprendre que les Neo-Jedi vont perdre la bataille. Mais pourquoi le choix de nous révéler cela si tôt ? Il y a une intention derrière... Car nous dévoiler que les "gentils" ou du moins serviteurs de l'ordre vont périr nous dit que les protagonistes vont perdre. Mais serait-ce vraiment aussi simple ? Va t on plutôt découvrir qu'ils ne sont pas les gardiens de l'ordre, et ne sont pas les "gentils" ? Très intriguant...

Et tu ne perds pas de temps, on rentre directement dans une ambiance de panique et d'urgence. Tout le long du chapitre, on est encore une fois emportés par l'ambiance que tu insuffles à ton récit, j'aime vraiment ton style. L'antagoniste (on va le considérer ainsi pour le moment, mais quelque chose me dit qu'il n'y a en réalité pas vraiment de pur antagoniste dans ton récit) fait une entrée soignée et sensationnelle. J'aime beaucoup son discours, au début plutôt calme, avant de doucement exalter les spectateurs. Bon, comme on s'en doute et c'est insinué par la suite, des mots uniquement ne peuvent produire un tel effet. Mais sur le coup, ça demeure impactant. Introduction d'un antagoniste qui prétend lutter pour la liberté et qui se pose en libérateur, je valide de suite ! Le type d'antagoniste qui est persuadé d'être le vrai gentil de l'histoire, celui qui a les meilleurs intentions, c'est clairement un excellent moyen de créer des enjeux complexes et nuancés au sein d'un affrontement global. Cela promet pour la suite !

Il déclare bon nombre de choses dont on passe notre temps à douter durant la première partie : Le Plan, La Mémoire, ect. Il nous dit en substance que ce dont on a douté dans la première partie était légitime. Mais pourquoi plus le croire lui que les autres ? J'aime beaucoup tout ce cheminement, qui donne vraiment envie d'en savoir plus. Visiblement, les Jedi voient leurs moyen être retournés contre eux. Un contre-Uno de contrôle mental, si bien qu'ils n'ont aucune idée d'où cela peut venir, on est aussi perdu que Spell. Vivre cela à travers son regard rend les choses plus impactantes également. Car on a appris l'étendu de son savoir, qu'il a jadis fait qu'un avec la Mémoire. Mais celui qui en sait le plus est tout aussi perdu que les autres, et que le lecteur lui même ! Même Spell perd ses moyens, c'est pour dire !

Nul doute que cela fait écho aux capacités de Fallyn, puisqu'elle est mentionné en intro, cela signifie forcément quelque chose. On risque peut-être de revoir la polissonne... Mais sa présence nous indiquait déjà, sans qu'on le sache vraiment au fond, en quoi les Jedi vont être incapables de contrer ces nouvelles méthodes. Car que peuvent bien faire des guerriers d'élites face à des foules de millions de personnes enragées ? On est aussi perdu que Spell et les autres, mais on meurt d'envie d'en savoir un peu plus. Ça fonctionne toujours autant, et cette deuxième partie démarre très bien !
Tu as confondu le ciel avec les étoiles qui se reflètent la nuit à la surface de l'étang.

Déçus de la postlogie ? Venez jeter un œil !
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Messagepar Uttini » Ven 03 Juin 2022 - 21:27   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 11

Merci à toi pour les commentaires.
Si j'ai choisi de révéler certaines choses à ce moment du récit, c'est que ce qui n'est pas évident c'est le pourquoi. C'est là-dessus que l'histoire va se construire, et d'autres situations vont s'ajouter qui vont encore embrouiller les choses. Le fin des Néo-Jedi est inéluctable, c'est clair (et ce n'est pas encore fini) mais beaucoup de choses restent encore à expliquer et à dénouer. Et si je m'y suis bien pris, le lecteur devrait avoir tous les éléments, disséminés dans les chapitres. Reste à réconstituer le puzzle...
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Messagepar Uttini » Dim 19 Juin 2022 - 17:45   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 11

La suite !


Chapitre 12 — Hyperespace (partie 1)

Une petite porte coulissa et s'ouvrit sur une cabine que Suréna ne connaissait pas. En principe, personne n'entrait jamais dans la salle centrale de l'ordinateur. C'était inutile. Et dangereux : le cœur du navordinateur se trouvait là, accessible du bout des doigts grâce à un simple clavier. De là, on pouvait influer manuellement sur tous les paramètres d'un saut hyperspatial, rectifier la trajectoire du paquebot, modifier le cap sans passer par la timonerie. Bref, c'était l'endroit d'où une seule personne pouvait piloter le Wandering Nova. Suréna y entra avec un sentiment de respect, et reçut un choc. Cette pièce ressemblait à s'y méprendre à une salle de pilotage standard, semblable à celle d'un petit cargo ou d'un yacht de plaisance. Seule différence : un peu plus de manettes, de cardans et d'écrans de contrôle. Tout y était surchargé, lumineux, clignotant, oppressant. Devant les consoles de commande principales, deux sièges similaires à ceux qu'on trouvait dans n'importe quel poste de pilotage.
— Grand Gilead ! dit Suréna. Une salle de pilotage dans un aussi gros navire, c'est presque incroyable.
Mérodac entra derrière lui et referma soigneusement la porte.
— C'est un secret. Dans ces vaisseaux où les ordinateurs contrôlent tout, jamais les passagers n'accepteraient de monter à bord d'un navire s'il était piloté directement par une main humaine, si qualifiée soit-elle. J'espère maintenant que tu vas m'en dire plus sur ton idée.
Suréna s'assit sur l'un des fauteuils et examina les rangées de cadrans. Tout y était, tout ce dont il avait besoin. Il hocha la tête de satisfaction puis se tourna vers le capitaine du Wandering Nova.
— Je ne tournerai pas autour du pot, Zeth. Il s'agit pour nous de passer en hyperespace manuellement.
Mérodac haussa les sourcils et fit mine de reculer vers la porte de la salle.
— Je ne t'apprends rien en te disant que c'est impossible, Suréna. Sais-tu combien de paramètres doivent être calculés avant un saut, avec quelle précision ? Sais-tu combien de variables doivent être prisent en compte, et de quelle manière elles peuvent changer aléatoirement ? Si on a programmé des ordinateurs pour faire ce boulot, c'est bien parce que les personnes en sont incapables.
— Oui, dit Suréna d'une voix qui se voulait convaincante. Mais ceux qui ont programmé les ordinateurs sont bien des personnes, eux, et autrefois, comme tu l'as fait remarquer lors de la réunion, nos ancêtres calculaient tout sans l'aide des machines. Ces calculs ne sont pas hors de la portée d'un cerveau, j'en suis sûr. Aussi…
Mérodac se retourna vers la porte et manipula les commandes d'ouverture.
— Désolé, je ne marche pas. Si c'est cela ton idée, oublie-là. Je ne veux pas de ça dans mon vaisseau.
Suréna se leva et l'arrêta en saisissant sa manche.
— Un instant, Zeth. Tu n'as pas confiance en moi ? Tu ne crois pas en moi ?
— Comment ça, je ne crois pas en toi ? Ne prends pas la grosse tête, jeune voyou. J'ai confiance en toi, c'est vrai, mais je reste à peu près raisonnable. J'ai des comptes à rendre, moi, et Porcius est loin d'être commode.
Suréna retomba dans le siège de pilotage et se croisa les bras.
— C'est la seule solution, Zeth, tu le sais. Des évènements graves sont en train de se produire dans l'Empire, j'en suis certain, et nous détenons des informations vitales. Nous ne pouvons pas rester ici plusieurs semaines et attendre que quelqu'un vienne nous aider, en admettant que quelqu'un vienne un jour. Tout ce que je peux te dire c'est : fais-moi confiance.
Mérodac revint vers les consoles et gratifia Suréna d'un regard désapprobateur. Le jeune Jedi avait raison, et c'était vrai, Mérodac le savait, mais risquer un passage en hyperespace selon des calculs mentaux ressemblait fort à un suicide. Ou à une action désespérée. Personne ne l'avait jamais fait sur un vaisseau de cette taille, pas depuis des millénaires, en tout cas. D'un autre côté, lorsqu'il était son mentor, Mérodac avait eu souvent l'occasion de constater que Suréna faisait parfois preuve d'aptitudes qui dépassaient la normale. Il savait des choses, sans les avoir jamais apprises, il connaissait intuitivement des techniques, possédait des compétences dans différents domaines, et personne ne savait d'où il tirait ce fond. La Force était puissante en lui, mais ça n'expliquait pas tout. Son père avait eu accès à la totalité de la Mémoire, et Suréna était son fils. Peut-être gardait-il quelque chose de ce que son père avait vécu.
— Je veux que tu m'expliques tout, Suréna. Sans quoi, je n'accepte pas de te laisser tenter cette folie.
— Que je t'explique quoi ?
— Tout. Comment vas-tu faire ?
Suréna s'installa dans le siège de pilotage. Lui-même ignorait comment procéder. Alors quant à l'expliquer… Pouvait-il révéler à Mérodac que quelqu'un partageait son cerveau depuis toujours ? Que cette autre personne dont il ignorait même l'identité lui communiquait les informations dont il avait besoin, lui enseignait des techniques, des connaissances nouvelles ? C'était son secret le plus précieux. L'autre, dans sa tête, devait connaître les formules pour le saut en hyperespace. Il devait être capable d'effectuer les réglages indispensables, ou au moins de les indiquer à Suréna. Mais, comment expliquer cela à Mérodac ?
— Fais-moi confiance, Zeth. Je t'en dirai plus après.
— Si cela marche, si nous ne nous retrouvons pas perdu à l'autre bout de la galaxie ou au cœur d'une étoile.
— Ça marchera, Zeth. Aie confiance.

— — — — — — — — —


Toujours debout derrière sa muraille transparente, l'Autre souriait légèrement en manipulant sa pipe. Son costume avait changé, cette fois; il arborait une sorte de combinaison spatiale antique, comme les telmadiens en portaient dans les premiers vols spatiaux, avant la Grande Conquête. Elle ne lui servait à rien, évidemment, puisqu'il n'avait pas de substance réelle, mais souvent il changeait d'apparence au gré de sa fantaisie sans expliquer pourquoi. De l'autre côté de la muraille de brouillard, Suréna attendait, soucieux, débarrassé de son contrôle mental dans cet univers spirituel. Là, plus de faux semblants, plus de masque rigide, rien que Suréna et l'Autre, rien que des sentiments et des émotions vraies. Pas moyen de tricher. L'Autre mordit le bout de sa pipe comme s'il en aspirait quelque chose, puis, après ce qui, dans cet univers, pouvait être un long moment, il dit:
— Je comprends, Suréna. Mais es-tu conscient de ce que tu me demandes ? Te donner les informations ne suffira pas, cette fois, c'est bien plus complexe. Il me faudra intervenir directement dans le monde réel.
— La situation est grave, se contenta de souligner Suréna.
— J'en sais aussi long que toi. Je partage tes sens, j'ai tout vu moi aussi, et ton inquiétude est aussi la mienne, quoique différente. Mais ce que tu me demandes…
Il secoua la tête. Suréna sentit la colère monter en lui, mêlée à un curieux désespoir. Un sentiment nouveau pour lui, qu'il n'avait pas encore pris le temps d'analyser. Une impression d'urgence lui serrait le cœur, le poussait à tout accepter pour sortir de ce piège. Un sentiment de mort qu'il connaissait pour la première fois de son existence.
— Vous m'avez toujours aidé, dit Suréna. Je ne vous ai jamais demandé qui vous étiez ni ce que vous faisiez dans ma tête, j'ai toujours accepté votre présence sans la révéler, comme si c'était normal. Je n'ai jamais autant eu besoin de vous qu'à présent. Je pressens quelque chose de tragique.
L'Autre hocha la tête. Cet arrangement avait toujours existé entre Suréna et lui: de l'aide et des conseils contre le secret absolu sur son existence. Cependant, ce que le jeune Jedi attendait de lui, cette fois, mettait ce secret en péril, risquait de détruire la vie tranquille qu'il s'était fabriquée dans l'esprit de Suréna. Comment avait-il pu imaginer que cette situation durerait éternellement ? Rien n'est éternel, pas même les Jedi. Et puis, le danger était réel, le danger pour le Plan, pour sa propre survie. Si Suréna restait coincé dans ce vaisseau, lui aussi y restait, peut-être pour toujours.
— Les conséquences risquent d'être terribles pour toi, Suréna. Tu ne pourras pas garder mon existence secrète, il faudra bien que tu expliques ce qui va se passer.
— Je saurai temporiser, assura Suréna. Je reporterai les explications le plus loin possible, après la crise qui nous menace.
— Je vais devoir me servir de ton corps, devenir toi, et tu ne pourras pas agir jusqu'à ce que je décide de t'en rendre le contrôle. A ton tour, tu seras prisonnier derrière cette muraille psychique infranchissable, simple spectateur des évènements.
— Je suis prêt à tout, dit Suréna, rongé par une inquiétude croissante.
— Que ferais-tu si je décide de ne pas te rendre ton corps, si je refuse de réintégrer cette place ? Tu ne pourras rien faire pour me déloger, et ton esprit restera éternellement prisonnier, enfermé dans ton propre cerveau. En prends-tu le risque ?
— J'ai confiance en vous, dit enfin Suréna. Je crois en vous. Vous êtes honnête, droit, et vous ne m'avez jamais menti.
L'Autre n'avait plus d'arguments. La relation qu'il entretenait avec Suréna depuis des décennies ne laissait plus de place à la tromperie, c'était vrai. Ils étaient comme deux frères, deux siamois, et L'Autre connaissait Suréna presque aussi bien qu'il se connaissait lui-même. Ce qui n'était pas réciproque, pourtant. Mais lorsqu'il prendrait possession du corps de Suréna, l'Autre savait parfaitement que le Jedi, à travers la Force, aurait accès à la vérité, à sa mémoire, pendant le très bref instant où leurs deux esprits fusionneraient. Un bref instant seulement, certes, mais suffisamment long pour que Suréna comprenne tout ce que l'Autre lui cachait depuis sa naissance. Presque la mort dans l'âme, l'Autre reprit:
— Je vais t'aider, Suréna, mais pendant un temps très court, juste assez longtemps pour faire les calculs nécessaires et effectuer la programmation de ce saut en hyperespace. Il est trop tôt pour que mon existence soit connue de tous.
— Mais il y a Mérodac.
— Si tu t'y prends bien, il se taira assez longtemps. Malgré son âge et l'assurance qu'il affiche, il est impressionnable. Quelque part, les Jedi restent toujours innocents comme des enfants.
— C'est ce qui leur permet de survivre à cette éternité, dit sombrement Suréna.
L'Autre hocha la tête affirmativement et fit mine de tirer sur sa pipe. Finalement, sa pseudo combinaison spatiale montrait qu'il était d'accord dès le début.
— A toi de me donner le signal, Suréna. Je te promets une expérience inoubliable, et terrible, sous certains aspects.
— Merci, dit Suréna. Maintenant, je sais que nous allons nous en sortir. Quant à l'expérience, je vous donnerai mes impressions ensuite.
Suréna disparut brutalement de la scène mentale, et l'Autre resta seul, derrière sa barrière de brouillard scintillant. Le moment qu'il craignait entre tous était finalement venu. Après tant d'années, alors qu'il pensait avoir enfin trouvé la paix, la tranquillité, une éternité de tranquillité, une fois de plus il allait devoir intervenir dans les affaires humaines qu'il croyait avoir quittées pour de bon cinq siècles plus tôt. Cinq siècles d'hypocrisie. Et cela ne lui laissait dans le cœur qu'un sentiment amer et décevant. Un sentiment qu'il ne connaissait que trop. D'un geste désabusé, il jeta sa pipe au loin. Elle disparut, elle n'avait jamais existé, n'étant que la matérialisation d'un certain bien-être maintenant révolu.
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Messagepar mat-vador » Dim 19 Juin 2022 - 20:36   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 12 (part 1)

Lu !

Alors que la domination des Jedi s'est effondrée, Suréna va tenter de s'en sortir en requérant les services de l'Autre ( s'agirait-il d'Arkon Spell :sournois: :sournois: ? )

Vivement la suite :oui: :oui: !
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Messagepar Loucass824 » Lun 20 Juin 2022 - 14:58   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 12 (part 1)

Uttini qui revient par ici ! Et pas avec les mains vides !

Chapitre lu !

On retrouve Suréna, toujours dans cette situation délicate, alors que le monde est en train de s'effondrer sans qu'il ne le sache. L'interaction avec son mentor plante le décor de ce que nous allons voir par la suite. Le fait qu'il a toujours remarqué que Suréna avait quelque chose que les autres n'avaient pas. Si bien qu'il commence à se poser des questions sur sa capacité à avoir éventuellement hérité quelque chose de son père...

On retrouve cet autre, qui est vraisemblablement le fameux Gilead, ou du moins une certaine extension du bougre selon moi. Tout ce passage est très intéressant. Ce côté relation de confiance, presque symbiotique, contenue dans un accord tacite qu'ils se sont fixés avec les années. Le fait que cet autre a fait un tel choix en pleine conscience, avec pour seul but de se couper des préoccupations triviales des êtres vivants, se contentant de donner quelques conseils à son hôte en échange d'une existence tranquille et paisible. Et ensuite, le côté basculement d'identité. Le simple fait qu'il le mette lui même en garde que Suréna n'aura plus le contrôle, on s'interroge sur la raison pour laquelle il soulève lui même qu'il pourrait le trahir. Le jeune homme a une confiance totale et aveugle envers son invité. Mais on se dit ensuite que cet autre cherche presque à décourager Suréna d'agir ainsi, car il entrerait ainsi en possession d'informations sensibles et dangereuses, qui pourraient changer la face du paradigme actuel. Comme si le paradigme actuel n'était pas suffisamment bouleversé en ce moment !

Il accepte de le faire en essayant de couvrir ses arrières, spécifiant qu'il devra aller très vite. Mais on se doute que ce ne sera pas aussi facile... On se doute que Suréna va entrer en possession de certaines infos. Que du coup cet autre va le maintenir emprisonné pour ne pas les révéler ? Et est ce que cela ne ferait pas parti d'un certain plan de faire sortir cet autre au grand jour ? Toujours autant de questionnements à chaque chapitre, dont on veut connaître les réponses, et lorsque les réponses semblent arriver, elles sont partielles et en font naître de nouvelles, mais on veut toujours connaître la suite. La recette fonctionne toujours autant pour ma part ! Cette fois, ce n'est pas nécessairement une description qui permet de planter cette fameuse atmosphère, mais l'interaction entre Suréna et son locataire. Le fait qu'on les voit échanger longuement, qu'on voit à quel point ils sont proches, nous imbrique pleinement dans le récit, et c'est très plaisant. On aurait vraiment aimé avoir les deux parties de ce chapitre d'un coup !
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Messagepar Uttini » Sam 09 Juil 2022 - 16:04   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 12 (part 1)

La suite : partie 2 du chapitre 12.



— Je suis curieux de voir quelle nouvelle carte tu tiens dans ton jeu, Suréna.
Le jeune Jedi s'autorisa un sourire complice et poursuivit l'examen des écrans de navigation. Ce poste de pilotage était incroyablement complexe, et aucune commande n'y manquait. Tous les systèmes du vaisseau pouvaient être contrôlés depuis ces consoles, depuis le chauffage électrique des cabines des passagers jusqu'à la puissance d'impulsion des motivateurs hyperspatiaux. Malgré sa solide formation de pilote, Suréna buttait sur certaines commandes, et Mérodac le rassurait:
— De toute façon, la moitié de ces cadrans ne sert à rien. Tout est accessible par les menus de l'ordinateur principal, et ils ne servent que si la machine présente une défaillance, ce qui n'arrive jamais.
— Bien sûr, dit Suréna. Se retrouver sans navordinateur n'est pas non plus supposé arriver.
Mérodac s'esclaffa. La bonne humeur revenait et c'était plutôt bon signe. Jamais le Jedi n'aurait imaginé se trouver là, en train de préparer un saut hyperspatial sans ordinateur. Bien des aventures il avait vécu, durant sa très longue vie, et parfois même des situations plus périlleuses encore, lors de la guerre contre les chiss. Autrefois, une nouvelle aventure était pour lui quelque chose d'excitant, un nouveau défi, mais ces dernières décennies, il avait mis son esprit audacieux en veilleuse, tout comme le Plan et l'Empire avaient mis en veilleuse pas mal de choses. Et ce goût pour l'aventure, cette témérité qui faisait de lui un grand guerrier, il les sentait revenir à grands pas.
Suréna, lui, n'était pas de ce genre d'hommes. Les premières années de sa vie d'adulte, il les avait passées seul à parcourir la galaxie, à visiter des dizaines de systèmes stellaires, à observer les beautés que recelaient les amas d'étoiles, les nébuleuses, les formidables nuages gazeux où se formaient les étoiles. Mais il avait fallu revenir un jour aux réalités, et l'ère impériale ne laissait pas beaucoup de place à l'aventure. Seul le statut de chevalier Jedi assurait un peu d'action dans une vie morne.
— Finiras-tu par m'expliquer comment tu comptes t'y prendre ? dit Mérodac.
— Plus tard. Je n'aime pas les questions.
— Et moi j'aime les réponses, dit Mérodac. Peut-être veux-tu que je fasse jouer le grade ? Je suis le capitaine de ce navire, après tout.
Suréna secoua la tête en souriant et reporta son attention sur les instructions qui s'affichaient sur l'écran de navigation. Tôt ou tard, il devrait lui répondre. Le plus tard serait le mieux.
— Quel que soit ton dernier atout, c'est en lui que je crois, dit Mérodac, abandonnant finalement les questions. Même le mieux entraîné des pilotes ne peut réussir un saut sans l'aide du navordinateur, surtout pas à bord d'un rafiot mal fichu comme celui-là. C'est bien pour ça que, avant l'Ère des Ténèbres, on avait conçu des droïdes astromeccano qui faisaient les calculs et gardaient en mémoire les paramètres hyperspatiaux. De mémoire de marin spatial, on n'a jamais revu tous ceux qui ont tenté le vol en hyperespace sans ordinateur, et je suis certain que tu le sais.
Suréna fit un signe affirmatif de la tête, toujours souriant. La confiance se lisait sur ses traits détendus. Mérodac était perspicace. Au-delà de son pessimisme proverbial se cachait un caractère obstiné, intelligent, lucide, capable de faire face aux pires situations.
— Qu'est-ce qui me prend de faire confiance à ce gamin ? dit-il encore, réfléchissant à voix haute.
Si Mérodac avait une confiance aveugle dans les ressources insoupçonnées de son jeune ami, Suréna était loin de partager ce point de vue. Lui-même n'avait aucune chance de réussir, il en était parfaitement conscient. C'est l'Autre qui ferait le plus difficile, pas Suréna Spell, et cela avait quelque chose de frustrant. Jamais il n'aurait le front de mentir à ce sujet si on le questionnait, mais avouer son impuissance avait toujours quelque chose d'humiliant lorsque tout le monde vous prend pour un sauveur.
— Tout me paraît en ordre, Zeth, dit-il d'une voix glaciale. Nous pouvons procéder aux premières manœuvres.
Mérodac boucla sa ceinture. Une vague de crainte déferla sur lui, durant une seconde, balayant toute la confiance qu'il avait en Suréna, mais il se domina. Il ne craignait pas pour lui, mais pour les huit mille passagers qui se morfondaient dans le ventre du Wandering Nova. On leur avait raconté quelques histoires pour les faire tenir tranquille, et les moniteurs de manœuvre indiquaient un passage imminent en hyperespace. Le plus délicat avait été de convaincre Malow, Smolett et Porcius. Suréna avait imaginé une histoire un peu bancale, prétendant pouvoir se mettre mentalement en liaison avec la Mémoire afin de calculer le saut. Seul Mérodac savait que cela relevait de la fantaisie, mais ça, plus une petite pression mentale sur leurs esprits, avait suffi à les convaincre. Aussi, le vieux Jedi réprima sa crainte et se concentra sur ses instruments.
— Entrez les coordonnées, s'il vous plaît, dit la voix synthétique de l'ordinateur.
Suréna tapa soigneusement les navicomposantes sur le clavier. Sur l'écran principal, la carte de la galaxie s'afficha, indiquant les positions relatives du vaisseau et de sa destination. Un point rouge se mit à clignoter et un nom s'inscrivit à côté.
Strenotis ? Qu'est-ce que c'est que ce système ? maugréa Mérodac. Pourquoi pas une planète relais où nous pourrions faire des réparations de fortune ?
— Ce n'est pas le monde le plus proche de nous, j'en conviens, dit Suréna, mais il présente un avantage unique: il y a en ce moment une expédition archéologique Jedi sur Strenotis, et ils ont une Info de la Mémoire avec eux. Le plus urgent, ce n'est pas la réparation du Wandering Nova, mais la nécessité de prendre contact avec Coruscant et avec mon père.
— Ça ne peut pas être pire que maintenant, dit Mérodac en secouant la tête. Va pour Strenotis. Mais nous ne serons jamais sur Oruséa Prime pour le début des festivités.
— Quelque chose me dit que ce n'est pas d'une grande importance.
Suréna attendit quelques secondes que l'ordinateur calcule les premiers paramètres, puis se heurta au message d'erreur prévu.
— Erreur fatale dans le module de calcul TH-1138. Les fichiers d'interprétation des paramètres de saut sont manquants, dit la voix de la machine.
— Je suis au courant, répondit Suréna, comme si la machine était capable de tenir compte de sa réponse.
Il déconnecta les circuits du navordinateur et mit sous tension le système de contrôle manuel. Un écran s'allume et afficha un message d'alarme: " Contact avec le processeur de commande impossible – veuillez quitter le système ".
— Je t'avais prévenu, dit Mérodac. Cette mécanique est plus têtue qu'un paysan kiatite.
Suréna sourit à nouveau et entra une combinaison de touches qui déverrouilla le système. Aussitôt, une feuille de calcul complexe s'afficha sur l'écran, où tous les champs de saisie étaient vides. Le moment crucial arrivait. Tous les paramètres du saut devaient être entrés un à un, selon le calcul complexe effectué en principe par le navordinateur.
Mérodac sentit une coulée de sueur froide descendre dans son dos. A présent que cet écran brillait devant lui, il ne se sentait plus aussi certain de la confiance qu'il plaçait en Suréna. La moindre erreur dans les séries de chiffres que le jeune Jedi allait taper signifiait leur perte. Quant à savoir comment il obtiendrait ces fameux chiffres…
— C'est le moment, Suréna, dit-il.
Oui. C'était le moment. Suréna se concentra sur la Force et, chassant l'angoisse qui se répandait en lui, il donna le signal que l'Autre attendait, et celui-ci se rua hors de sa prison. Le corps du Jedi se crispa un peu et ses poings se serrèrent convulsivement, alors qu'il opposait une résistance instinctive à l'invasion de son cerveau par un esprit qui n'était pas le sien. Mais il se contrôla et finit par se détendre, pour faciliter à l'Autre la tâche pour laquelle il l'avait sollicité.
Brutalement, quelque chose changea en Suréna. Pas un changement clair, visible pour le commun des mortels, pas un changement physique, mais quelque chose de plus subtil que seul un Jedi ou un intime pouvaient percevoir. Les traits de son visage se tendirent d'une manière inhabituelle, comme pour adopter une autre apparence, ses muscles semblèrent se faire un peu plus noueux, son léger sourire disparut au profit d'un regard perspicace, profond comme jamais il n'en avait eu un. Il était toujours Suréna, sans pourtant être encore lui-même. Ce n'était qu'un effet des changements cruciaux qui s'effectuaient dans son cerveau. L'esprit de quelqu'un d'autre venait de prendre les rênes, reléguant celui du telmadien, terrifié pour la première fois de sa vie, derrière une barrière impalpable de brouillard scintillant. Suréna se sentit perdre toute substance, perdre ses membres, son corps, son existence même, et pourtant continuer à exister dans un espace psychique illimité. Il n'était plus qu'esprit et pensée pure dans un puits de ténèbres, et l'écho de la moindre de ses réflexions l'assourdissait. Alors qu'il perdait ainsi la maîtrise de son corps physique, sa mémoire se mélangea une infime fraction de seconde avec celle de l'Autre, à l'instant où les deux esprits se croisaient pour échanger leurs places. Pour la première fois de son existence, l'identité de l'Autre qui occupait son cerveau s'imposa à lui. Prisonnier dans l'espace psychique sans substance ni réalité, il poussa un grand cri silencieux où se mêlaient stupeur et frustration:
— Grand Gilead !

— — — — — — — — —


Mérodac, interloqué, vit son jeune compagnon se raidir et se mettre à frapper furieusement sur le clavier de l'ordinateur. Il lui sembla qu'il frappait au hasard, tant ses doigts courraient rapidement sur les touches, tant son regard était fixe, rivé sur l'écran principal où s'affichaient les paramètres. Le vieux Jedi examina lui aussi l'écran, mais les nombres se mêlaient aux nombres et n'avaient pour lui aucune signification. En quelques secondes seulement, la feuille de calcul contenant la totalité des paramètres de saut fut remplie, précise à la cinquième décimale. Avant même que Mérodac ne puisse sortir de son effarement, Suréna valida les valeurs et la feuille de calcul disparut. La machine adressa un message d'accord, puis afficha sur l'écran l'état des unités d'accumulation d'énergie des motivateurs hyperspatiaux, prêts à fonctionner. Le Wandering Nova s'ébranla, prit de la vitesse, et s'orienta selon une nouvelle trajectoire.
Partout à bord du vaisseau, les passagers et l'équipage frissonnèrent. Après quelques dizaines de minutes d'accélération, un voyant se mit à clignoter sur le tableau de commande, face à Suréna, qui étendit la main sans hésiter vers la manette de commande.
Dans un geste convulsif, soudain pris de panique, Mérodac saisit le bras de son jeune compagnon et le tira vers lui, trop tard pour l'empêcher d'actionner le dispositif de commande du vol hyperspatial. A l'arrière du vaisseau, les puissants accumulateurs d'énergie déchargèrent leur contenu dans les motivateurs et une brèche dans le substrat de l'espace temps se créa aussitôt, englobant l'énorme masse du Wandering Nova et projetant celui-ci dans ce qu'on avait coutume d'appeler l'hyperespace. Par les hublots, les passagers assistèrent au spectacle familier du saut : les étoiles s'étirèrent en un ensemble de lignes et le vaisseau plongea dans l'hyperespace, à travers le tunnel bleuté de la non-dimension. Personne ne pouvait dire avec précision ce qui se passait dans l'hyperespace. Le savoir s'était perdu dans la nuit des temps, à l'époque où les tous premiers voyageurs interstellaires avaient quitté le sol de leur unique monde habité pour se lancer à l'assaut des étoiles. Peu importait d'ailleurs le pourquoi et le comment des choses. On maîtrisait le voyage en hyperespace, certes sans en comprendre tous les principes fondamentaux, et c'était bien suffisant.
Dans la cabine de pilotage, Mérodac se figea. Son regard croisa celui de l'homme qu'il croyait encore être Suréna. Il n'en était rien, à l'évidence. Ces yeux, cette concentration, ces traits n'appartenaient pas au fils d'Arkon Spell. Le vieux telmadien déglutit bruyamment et retomba dans le fond de son siège. Jamais il n'avait assisté à quelque chose de ce genre, et il se surprit même à douter de sa santé mentale.
Quelques heures plus tard, le Wandering Nova fut tout entier agité de soubresauts discrets. Il quittait l'hyperespace. A travers les hublots, le tunnel bleuté fit brusquement place au noir d'encre de l'espace normal, piqueté d'une infinité de points lumineux, à seulement quelques heures de vol de Strenotis…
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Messagepar mat-vador » Sam 09 Juil 2022 - 20:36   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 12 (part 2)

Lu !

L'Autre intervient et cap sur Strenotis, donc :whistle: ! Je sens qu'on va revoir une reine fofolle :whistle: ! Suréna risque de subir une nouvelle expérience traumatisante :diable: !

La suite :oui: !
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Messagepar Loucass824 » Dim 10 Juil 2022 - 14:05   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 12 (part 2)

Chapitre lu ! Alors alors voyons voir que l'on se replonge dans tout ça...

Oui ! On en était à cette perspective de l'apparition de L'Autre, et de ce que cela impliquerait. Mais on n'a toujours pas notre réponse (même si je pense toujours que c'est Gilead ou une extension de son être) ! On repose les bases, et le moins que l'on puisse dire c'est que tu sais nous faire ressentir à quel point la tâche à venir est colossale. Mine de rien, on a tout un paragraphe intéressant qui caractérise davantage notre ami Mérodac. On comprenait facilement d'à quel point il était proche de Suréna, et leur relation était concrète. Mais savoir que Mérodac est un ancien aventurier en quelques sortes, qui s'est assagit, mais qui par ailleurs retrouve ce petit souffle de fougue n'est pas inutile. On se dit que cela devrait avoir son importance d'une manière ou de l'autre étant donné leur destination future... Mais surtout cela montre que Suréna est différent. Malgré le fait d'être jeune, il n'a pas ce côté fougue impétueuse que son ami a eu par le passé. On tend un peu à comprendre pourquoi... Etant donné la nature de sa relation avec l'Autre, on peut penser que Suréna a souvent tendu vers l'accumulation de connaissance et de savoir, poussé par cette voix matérialisée dans son esprit. Enfin c'est l'explication que je m'en fait.

Un petit passage sur la charge qu'implique d'être le fils d'une figure légendaire ! J'ai vraiment bien aimé, c'était court mais j'aurai aimé avoir le don de le formuler de cette manière en parlant d'Alana au début de mon tome 1. Vivre sous le poids d'un grand nom, la pression que cela implique, tout en sachant que personne ne félicitera les succès, mais tous seront présent au moindre échec. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, le perso en lui-même tend suffisamment à s'autoflageller comme ça pour plusieurs. J'ai réussi à ressentir tout ceci de ce court paragraphe, donc très réussi pour ma part !

Et on apprend que la destination est Strenotis ! Alors les raisons qui poussent Suréna à y aller sont légitimes, tout s'imbrique bien, alors on a hâte qu'il fasse la rencontre de Fallyn la polissonne ! Vint ensuite le moment de rentrer les commandes. Étant donné le coup de stress de Mérodac, et la complexité de la tâche, on est certain que les questionnements ne vont pas tarder à tomber une fois le voyage accompli.

La manière dont tu mets en scène le basculement d'identité était très fine, on ressentait vraiment bien cet effacement, pour que progressivement une autre conscience prenne possession de ce nouveau corps, jusqu'à ce que la posture et les expressions du visage s'adaptent, très réussi ! Tout ce paragraphe est vraiment plaisant, et l'atmosphère telle que tu sais la planter rend le tout vraiment prenant. Vint donc ce que le chapitre précédent laissait présager, Suréna sait qui est l'Autre. Le "Grand Gilead" a du coup le double sens de la phrase qu'on dit par stupeur, mais aussi car il s'agit réellement de cette personne-ci ! Bon, je force avec mon hypothèse depuis un moment, je sais, mais c'est comme tel dans mon esprit.

Mérodac, faisant confiance à son instinct, a perçu quelque chose d'étrange, et sa pensée primale a été la méfiance. A voir par la suite si c'était à juste titre. La manœuvre a donc rempli son but. Mais qu'en est-il de Suréna ? Autant nous n'avons pas de certitudes officielles concernant cet Autre, autant nous ne sommes même pas certains qu'il ait regagné sa place ! On sait simplement que l'arrivée est imminente, mais à aucun moment on sait précisément qui se trouve dans le corps de Suréna. À dessein j'imagine, car ça sent le chapitre où l'on va passer du temps sous le prisme du jeune homme, emprisonné dans un endroit étrange, voyant un être singulier piloter son propre corps. Voir Suréna processer ce qu'il vient d'apprendre, ect, c'est très prometteur ! Mais cela fait un moment que l'on a pas vu le papa, donc on n'aura pas forcément la réponse de suite...

Lecture toujours aussi plaisante ! Toujours cette maîtrise de l'intrigue, en apprendre pas mal tout en creusant le mystère davantage, avec ces atmosphères différentes,... Ce récit conserve toujours sa singularité, et c'est toujours aussi intéressant !
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Messagepar Uttini » Mar 22 Nov 2022 - 13:38   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - Chapitre 12 (part 2)

Je suis un peu de retour. Bon, clairement, je manque de temps pour lire les histoires des autres, je suis de plus en plus occupé et même pour publier... Qui plus est, je regrette un peu, parce que j'ai dénaturé un texte complètement original pour en faire un fan-fic, ce qui en détruit un peu la puissance, puisque l'adaptation dans l'univers Star Wars en réduit l'étendue.
Je vous donne un lien pour la totalité du texte en pdf, si vous êtes assez courageux pour tout lire (quand même presque 300 pages A4).
https://www.fichier-pdf.fr/2022/11/22/l ... -gilead-1/
Du même coup, je vous livre le préquel, soit la deuxième époque de mon histoire, un peu plus courte que la troisième, mais donnant pas mal d'explications sur ce qui s'y passe.
https://www.fichier-pdf.fr/2022/11/22/d ... nquerir-1/
Bonne lecture à tous.
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Messagepar LL-8 » Mer 23 Nov 2022 - 21:59   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - version finie en pdf + prequel.

Contente de te revoir par ici!

Bon, je me permets quand même de râler (mais gentiment hein ^^) : je trouve ça dommage que tu nous balances tout ça d'un coup, l'avantage d'une publication épisodique étant qu'on a le temps et qu'on a pas forcément l'impression de lire un gros pavé - alors que là, ça va être plus compliqué.
Ca casse avec les habitudes de cette partie du forum - et puis du coup j'ai l'impression qu'on aura pas la suite :/

Même réflexion pour La Terre sans Retour - mais là j'imagine que c'est un récit complet et plus court donc je t'épargne mon râlage sur ce topic là.
Dommage ! Même si je comprends tout à fait les raisons derrière ce choix :)

Soit dit en passant, tu peux toujours poster ton histoire originale dans la partie "à part SW" du fofo :think:

Bon courage pour la suite et j'espère te revoir dans le coin!
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Messagepar Uttini » Ven 25 Nov 2022 - 18:55   Sujet: Re: Le Fils de Gilead - version finie en pdf + prequel.

Bon, ok, je comprends... Je publierai la suite. Je n'avais pas vu les choses sous cet angle.
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