Merci à tous les trois pour vos commentaires, ça fait plaisir !
mat-vador a écrit :Je trouve que ton projet se bonifie d'extrait en extrait! Et cette fois à part quelques bébêtes mignonnes,
Aucun perso secondaire n'est pas passé de vie à trépas

.
On sent que les Sith sont de retour ce qui convient très bien au très gentil Sith que je suis

.
Cet enfant n'a aucune patience.
L2-D2 a écrit :Le destin méconnu de deux puissants Jedi ! Avec un nouveau Chapitre en prime !
Chapitre 13 lu !
Je craignais de mettre du temps à me replonger dans le récit mais au final, l'astuce du bond dans le temps d'un an a rendu l'ensemble très accessible. Les quelques descriptions (sur la Mandalorienne Sith, notamment) ont fait le reste. Du coup, bon point, on ne sent pas que sept mois se sont écoulés depuis le Chapitre 12. Les Jedi semblent (enfin ?) prendre la pleine mesure de la menace, mais n'est-il pas déjà trop tard ? Et mon petit doigt me dit que la décision d'Eleccoï de ne pas ramener en personne l'holocron Sith au Temple risque fort d'avoir de lourdes conséquences...
Du coup, j'attends la suite !

Tant mieux, j'avais peur aussi que ça me desserve beaucoup, du coup j'ai pensé du temps à rappeler pas mal de choses (genre pour Eleccoï par moments j'avais l'impression de faire "le Miraluka est aveugle. Le Miraluka est aveugle. Il ne voit pas comme les humains. Il n'a pas d'yeux."

). Pour ce qui est de l'holocron, est-ce l'avenir ou ce qui est déjà arrivé qui est le plus redoutable...
Zèd-3 Èt a écrit :Lu aussi. Ma foi, pense que tout a déjà été dit.
Un chapitre bien sympathique, la pression qui monte lentement à l'arrière plan... Bref que du bon !
Et Bala Ina, quoi !

Honnêtement ça claque ou pas une chancelière qui a le même nom qu'un
insecte à moteur ?
comment ça pas du tout ? Ceux qui comprennent pas la blague allez lire les bouquins de Timothée de Fombelle vous le regretterez pas.
Ah, au fait, je pensais que vous alliez remarquer la référence du nom du roi d'Onderon (en même temps maintenant la moitié de mes noms sont une référence donc vc'est vrai que vous allez pas le dire à chaque fois mais bon si vous avez du temps à perdre, amusez-vous à faire l'anagramme de mes noms de personnages vous verrez souvent des trucs drôles
enfin je crois)
Bon allez, je vous avais promis un chapitre toutes les deux semaines il est temps de vous offrir le suivant. J'ai encore une avance de plusieurs chapitres, de quoi tenir au moins jusqu'en mars. Pour 'instant l'écriture n'avance pas à cause des cours
et puis il y a un recueil HS et j'ai enfin eu mon idée, mais j'espère pouvoir reprendre de l'avance pendant les vacances. Allez, cette intro est beaucoup trop longue je vous laisse et je vous souhaite une bonne lecture !
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Sommaire
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Chapitre 14 :
Système Mandalore, Croiseur de Commandement en orbite.
Dark Lutrinka observait les quelques croiseurs qui protégeait Mandalore depuis la plateforme de commandement. Elle avait œuvré pendant des mois à consolider l’influence des Sith parmi les guerriers qu’elle dirigeait. Ceux-ci la respectaient en tant que Mandalore mais ce titre l’horripilait. Elle détestait qu’on l’appelle autrement que par celui de Seigneur des Sith.
Elle avait choisi son cousin Kinaan, celui qui l’avait reconnue le jour de sa prise de pouvoir et lui avait permis de revêtir le masque de Mandalore, pour la seconder. Il lui était totalement dévoué et Lutrinka ne désespérait pas de réussir un jour à lui faire plus croire en l’Ordre Sith qu’en les traditions mandaloriennes.
Alors que plusieurs vaisseaux de combat passaient en hyperespace, son second pénétra sur le pont.
« Mandalore ! » l’interpella-t-il.
Lutrinka retint un soupir. Kinaan était encore beaucoup trop mandalorien.
« Oui, Kinaan ? demanda-t-elle.
- La flotte a terminé de passer en hyperespace, Mandalore, l’informa-t-il. J’attends votre confirmation pour lui dire de se placer sous les ordres de… »
Il eut un petit rictus méprisant.
« … de l’amiral Lolness. »
Lutrinka poussa un soupir de frustration. Elle en voulait beaucoup à Dark Kotor d’avoir confié la coordination de la première attaque à ce Chiss plutôt qu’à elle, alors qu’elle avait été à la tête de l’armée impériale. Elle était donc profondément jalouse de cet amiral dont elle connaissait le nom car celui-ci était remonté à ses oreilles comme l’un des meilleurs officiers Chiss avant que ces derniers n’abandonnent leur alliance avec l’Empire.
Elle répondit d’une voix glaciale :
« Ce sont les ordres du Seigneur Kotor, nous nous y conformerons. A ce propos, où est-il ?
- Il est allé superviser la fin de l’évacuation de la deuxième académie secondaire, lui répondit son cousin.
- La deuxième ? demanda Lutrinka.
- Oui, Mandalore. »
La Sith sourit. L’installation de cette académie là où elle se trouvait était déjà une énorme provocation, en plus d’un énorme risque – Lutrinka se demandait d’ailleurs comment elle avait pu tenir si longtemps sans être évacuée – mais que le Seigneur Noir des Sith s’y rende pour le début de la guerre était osé. Elle se doutait que Kotor y était plus allé par pure provocation que pour superviser l’évacuation.
« Mandalore, pensez-vous que la stratégie soit bonne ? s’inquiéta Kinaan.
- L’idée de départ est incontestablement excellente, approuva Lutrinka. Si nous parvenons à récupérer ces coordonnées et que nous prenons possession de cette station…
- Ça ne représentera pas tant de troupes que ça, objecta son cousin. Je ne trouve pas que cela vaille les pertes que nous subirons.
- Cette station est énorme, elle a été conçue pour abriter un très grand nombre de prisonniers, lui opposa la Sith. Mais le plus intéressant est qu’elle ne renferme que des officiers. Beaucoup d’officiers inférieurs, certes mais également les plus hauts officiers qui ont servi sous mes ordres.
- Mais, voulut objecter le Mandalorien. Ils…
- Vous n’avez rien à contester, juste à obéir, le coupa Lutrinka.
- Bi… Bien pardonnez-moi, Mandalore, s’excusa Kinaan.
- Autre chose ? demanda Lutrinka.
- Ou… Oui Mandalore, hésita le Mandalorien.
- Eh bien ? s’impatienta la Sith.
- Nous avons intercepté des messages républicains incitant leurs troupes à la vigilance. Ils semblent…
- Se douter de quelque chose, évidemment, compléta celle qui tenait à la main le masque de Mandalore. Le SIS n’est pas composé que d’imbéciles. Mais ils ne s’attendent pas à une attaque immédiate, ils ne pensent qu’à leur fête stupide. N’ayez aucune crainte. Plus jamais ils ne célébreront ce jour car il marquera le début de la fin pour la République… »
Elle s’interrompit un instant puis ajouta :
« Je sens qu’il y a autre chose que vous souhaitez me dire.
- L’amiral Lolness, approuva Kinaan avec un ton de nouveau méprisant, il m’a demandé de vous rappeler que vous devez enregistrer avec lui…
- Oui, je sais, je sais, l’interrompit Lutrinka en balayant l’air de la main. Mettez-moi en communication avec le Chiss dans mes quartiers.
- A vos ordres, Monseigneur. »
La Sith tourna les talons et quitta la plateforme de commandement. En entrant dans sa cabine elle prit le masque de Mandalore à la main puis s’assit avant de déclencher la transmission.
L’amiral Lolness se tenait debout dans sa cabine de son croiseur de commandement Chiss. Il regardait par la vitre les planètes désolées qui orbitaient non loin de là et le champ d’astéroïdes témoin d’une ancienne planète. Le système Malachor était réellement fascinant. Il avait reçu l’ordre de venir en protection de l’académie secondaire pour coordonner l’attaque surprise qui lancerait la guerre.
L’idée de Kotor était excellente. Elle permettrait de récupérer un bon nombre d’officiers compétents qui représenterait une force de frappe non négligeable et une cible parfaite pour débuter la guerre. Un nouveau Belsavis en version réduite… La République ne tirait-elle donc jamais les leçons du passé ?
L’amiral fut tiré de ses réflexions par la sonnerie de l’holoterminal. Enfin Lutrinka l’appelait. Il n’avait pas beaucoup dialogué avec elle mais il sentait qu’elle le méprisait. Il devrait faire preuve de tact. C’était une Sith et, pour l’instant, il devrait rester soumis à ceux-ci, en attendant de pouvoir s’émanciper un jour.
Il alluma le terminal et s’inclina.
« Monseigneur, déclara-t-il avec une déférence feinte, c’est un honneur de pouvoir à nouveau vous parler.
- C’est ça, c’est ça, amiral, répliqua Lutrinka d’une voix glaciale, dans laquelle Lolness sentit la jalousie de ne pas diriger l’attaque. Tout est-il prêt ?
- Oui, Monseigneur, lui confirma-t-il. Huit coups soudains, huit capitales prises d’assaut, huit portions de coordonnées récupérées avant même que la République ne puisse réagir.
- Bien, se satisfit la Sith. Mais n’échouez pas amiral, ajouta-t-elle aussitôt, ou je me ferai un plaisir de vous punir moi-même…
- Je n’échouerai pas, Monseigneur, répliqua respectueusement Lolness qui avait saisi le sous-entendu.
- Nous verrons, amiral, riposta Lutrinka en mettant le masque qui la désignait à la tête des Mandaloriens. A présent, ajouta-t-elle avec la voix étouffée du heaume, passons à votre enregistrement.
- Comme vous voudrez, Monseigneur, obéit l’amiral. Ce message sera diffusé dans un premier temps aux dirigeants du la République puis partout dans la galaxie, il nous servira à revendiquer notre attaque et à appeler des éventuels alliés…
- Oui, oui, je sais, l’interrompit la Sith. Commençons au lieu de nous perdre en paroles inutiles. »
Le Chiss ne prit pas la peine d’approuver avec une formule de politesse et lança l’enregistrement après s’être assis lui aussi. C’est lui qui commença :
« Je suis Tbilol’ness’nuruodo, dirigeant de l’armée de l’Ascendance Chiss.
- Je suis Mandalore la Vengeresse, ajouta Lutrinka sur le même ton, utilisant ce titre qu’elle détestait.
- Devant la menace que représente la République Galactique pour la liberté de nos peuples et pour l’ordre dans la galaxie, continua Lolness, nous avons décidé de nous unir dans la Coalition des Armées Libres.
- Nous déclarons la guerre à la République car nous refusons sa domination sans partage, déclara la Sith. Nous appelons tous les systèmes la rejetant également à nous rejoindre pour mettre fin à son régime décadent.
- L’attaque menée aujourd’hui, poursuivit le Chiss, contre laquelle la prétendument puissante armée de la République n’a rien pu faire, n’était qu’un avertissement. Bientôt, tout s’écroulera. Nous faisons le serment de prendre la Tour du Sénat de Coruscant. Le régime corrompu de la République prendra bientôt fin ! Que la Fête de la Victoire marque le début de la nôtre ! »
L’amiral coupa l’enregistrement.
« Vous êtes un bon acteur, Lolness, le complimenta à regret la Sith. Promettre la liberté aux peuples qui mettront à bas la République…
- Je connais la voie des Sith, répliqua le Chiss. Les forts dominent les faibles, et ceux qui ne le voient pas venir sont des faibles. »
Lutrinka sourit. En voilà au moins un dans le commandement de son armée qui approuvait la voie Sith. Son estime de l’amiral remonta légèrement, même si il était loin de compenser le ressentiment qu’elle avait pour lui.
« Bien, amiral, je crois qu’il est temps de retourner à nos activités de commandement respectives, décida la Sith.
- En effet, Monseigneur, approuva Lolness.
- Que la Force nous serve bien. » conclut Lutrinka.
Coruscant, Niveau 11-38, aux abords de l’immeuble de hangars THX-6217.
Myyr et Eÿnra étaient tapis dans l’ombre derrière des caisses de marchandises, accompagnés d’une dizaine de soldats. Ces derniers étaient menés par le commandant Creyxod. Ce dernier était un Humain à la peau foncée qui n’avait plus beaucoup de cheveux. C’était un vétéran expérimenté de la dernière guerre et ses actes de bravoure lui avaient valu le titre de commandant. Celui-ci n’était pas un grade officiel de l’armée de la République, mais plutôt une distinction honorifique qui signifiaient que ses subordonnés le respectaient profondément et que son expérience surpassait pour eux n’importe quel grade. Son véritable rang était celui de capitaine. Il aurait pu aller bien plus haut depuis longtemps s’il ne détestait pas l’éloignement du terrain.
Devant eux, se trouvait un imposant immeuble de hangars désaffectés où était amarré un imposant vaisseau-cargo. On leur avait signalé une activité anormale depuis plusieurs semaines à cet endroit. La sécurité coruscanti avait envoyé de nombreux agents qui avaient tous perdu contact et n’étaient jamais réapparus. Celle-ci s’était donc tournée vers les Jedi.
« Voilà donc les hangars où on nous a signalé cette activité anormale, murmura le Pantorien.
- Oui, maître Jedi, approuva le commandant de l’escadron qui les accompagnait. Cet immeuble est signalé comme désaffecté depuis vingt ans.
- Eh bien, s’exclama la jeune Mirialan, il est en bon état pour un immeuble désaffecté !
- En effet, Eÿnra, acquiesça son maître. Et visiblement des vaisseaux en partent régulièrement.
- Et pas des petits, maître Netrul, ajouta l’officier.
- En effet, commandant Creyxod, opina Myyr. Attention ! »
Il se baissa pour échapper au regard des pilotes de l’imposant vaisseau cargo qui venait de décoller. Eÿnra et les soldats l’imitèrent.
«
Blast ! pesta le commandant. On ne pourra pas l’intercepter ! »
Myyr ne répondit pas. Une partie des présences obscures qu’il sentait depuis qu’il était tapi ici s’éloignait. Pourtant il en restait une bien plus forte que les autres et une autre étrange, dont il n’arrivait pas à déterminer la puissance, qui lui rappelait quelque chose, de très vieux souvenirs qu’il ne parvenait pas à exhumer.
« Vous croyez qu’on devrait demander à la sécurité orbitale de l’intercepter, maître ? demanda Eÿnra.
- C’est inutile, lui répondit immédiatement le commandant Creyxod sans attendre la réponse de Myyr. Le trafic au-dessus de Coruscant est beaucoup trop dense, ils n’ont aucune chance de l’attraper avant qu’il ne passe en hyperespace.
- En effet, approuva le Pantorien en sortant de sa rêverie. Je crois qu’on n’apprendra pas grand-chose en restant ici, ajouta-t-il en se relevant prudemment.
- Qu’est-ce qu’on fait alors, maître ? demanda Eÿnra.
- N’oubliez pas que la sécurité de Coruscant a envoyé de nombreux agents qui ne sont jamais revenus avant de nous appeler, lui rappela l’officier.
- Oui, je sais, commandant, répondit Myyr poliment. Il va falloir s’infiltrer. »
Il testa son comlink et s’aperçut qu’il ne lui permettait aucun contact avec l’extérieur. Il s’exclama :
« Mon comlink ne fonctionne pas ! »
Eÿnra, Creyxod et les soldats testèrent tous le leur et s’aperçurent qu’il en était de même. L’officier eut cependant l’idée de tester la communication avec un des soldats qui l’accompagnait. Sa voix résonna dans le comlink de celui-ci.
« Nos communications vers l’extérieur sont brouillées, comprit Myyr après quelques tests supplémentaires, mais pas celles entre nous.
- C’est comme ça que les agents de sécurité ont perdu contact, comprit Creyxod.
- Et l’absence de brouillage intérieur leur permet de communiquer entre eux, ajouta le Pantorien. C’est ingénieux.
- Mais à qui pensez-vous que nous avons à faire, maître ? s’enquit Eÿnra. Des pirates ? Des contrebandiers ?
- Je ne sais pas, Eÿnra, lui répondit son maître. Je sens… »
Il porta la main à sa tempe.
« Je sens des présences d’un type que je n’ai pas perçu depuis longtemps. Mes sens doivent me jouer des tours… »
Il hésita quelques instants avant de prendre une décision.
« Eÿnra et moi allons nous infiltrer par-là, décida-t-il enfin en pointant une entrée qu’il avait repérée comme accessible. Commandant Creyxod, vous allez vous éloigner pour appeler des renforts, qu’ils se tiennent prêts à intervenir si je le demande. Mieux vaut être prudent, ajouta-t-il devant le regard interrogateur de son apprentie. »
Techniquement, Creyxod n’était pas tenu d’obéir au Jedi. En effet, si ceux-ci avaient le grade automatique de généraux dans l’armée en temps de guerre, durant les périodes de paix l’obéissance des soldats dépendait du respect qu’ils avaient pour l’ordre. En l’occurrence, le commandant avait combattu de nombreuses fois aux côtés des Jedi et les respectait profondément. Il les considérait d’ailleurs toujours comme ses supérieurs. Il répondit donc sans hésiter :
« Oui, maître Jedi. A quelle distance devront-ils se tenir ?
- Placez-les à la limite du brouillage, répondit Myyr. Certains à l’intérieur, d’autres à l’extérieur. De cette façon, ils pourront recevoir mon signal si je les appelle, mais également demander d’autres renforts si ça tourne mal.
- A vos ordres, monsieur, approuva Creyxod.
- Une fois que vous leur aurez appelé et que leur aurez tout expliqué, continua le Jedi, rejoignez-nous discrètement à l’intérieur. Votre aide pourrait être la bienvenue.
- Entendu, monsieur.
- Que la Force soit avec vous, commandant, conclut Myyr.
- Que la Force soit avec vous, maître Netrul. » répondit le soldat.
Myyr se tourna vers son apprentie. Celle-ci était déjà plutôt grande quand il l’avait choisie mais elle avait encore beaucoup grandie en un an. Et sa croissance n’était toujours pas terminée. Sa taille avait augmenté en même temps que ses qualités de Jedi. Si elle ne le surpassait pas encore quand ils s’affrontaient avec des sabres d’entraînement, elle le rattrapait avec une vitesse phénoménale. Il suffirait de quelques années pour qu’elle devienne une meilleure duelliste que lui, qui n’avait pourtant pas beaucoup de concurrents à ce niveau au sein de l’Ordre.
La Force était clairement très puissante en elle. Peut-être même un peu trop, d’ailleurs. Myyr l’aimait beaucoup, mais elle ne pouvait pas s’empêcher de se vanter de sa puissance, ce qui avait le don de l’agacer. Il n’arrivait pas non plus à la « guérir » - comme il aimait à le dire - de son imprudence chronique et de son impulsivité.
Mais ces deux traits de caractère n’entamaient pas le profond attachement qu’il avait pour elle, attachement partagé par la jeune fille qui avait une confiance absolue en son maître.
« Allons-y, Eÿnra, déclara-t-il.
- Oui, maître, approuva la jeune fille.
- Mais d’abord, ajouta son maître, une petite protection. »
Il les entoura tous deux d’une illusion de Force pour les faire disparaître aux regards et, après un instant d’hésitation, masqua aussi leur présence dans la Force.
Les deux Jedi se dirigèrent vers les hangars tandis que les soldats prenaient la direction opposée pour prévenir des renforts. Myyr avait repéré une ouverture mal fermée par laquelle ils pouvaient se glisser. Ils y parvinrent sans problème et pénétrèrent dans le premier hangar désaffecté. Celui-ci n’était visiblement pas si désaffecté que ça et paraissait parfaitement en était d’accueillir un vaisseau.
Myyr et Eÿnra aperçurent un couloir qui quittait le hangar et l’empruntèrent.
« Vous pensez la même chose que moi, maître ? remarqua la Mirialan.
- Oui, Eÿnra, opina Myyr. Ce couloir a visiblement été rajouté après coup. Il n’a rien à voir avec l’architecture des hangars coruscanti de la Grande Guerre Galactique.
- Quelqu’un a complètement fait refaire l’intérieur de ce bâtiment, comprit la padawan.
- Mais pas l’extérieur, pour ne pas être démasqué, ajouta son maître.
- Et il s’est visiblement donné du mal, compléta Eÿnra en dépoussiérant un pan de mur. Regardez, maître, s’écria-t-elle. Quel contrebandier décorerait sa base avec des runes anciennes ? »
Son maître s’approcha vers les écritures gravées sur le mur. Elles étaient rouges et brillaient anormalement. Quand Myyr comprit ce qui était écrit, il eut un frisson et pâlit fortement.
« Qu’est-ce qu’il se passe, maître ? » s’inquiéta Eÿnra.
Celui-ci répondit à sa question précédente d’une voix blanche :
« Ce ne sont pas des contrebandiers. Ces écritures sont des runes de Force.
- L’écriture des anciens Jedi ? hasarda la jeune fille.
- Pas seulement. Les runes de Force ne sont plus étudiées par les apprentis ? s’étonna son maître.
- Si, ça me dit vaguement quelque chose, répondit Eÿnra. Mais…
- A la base, effectivement, ce sont les écritures des premières runes sacrées Jedi, lui apprit Myyr. Tu as forcément fait un pèlerinage sur Tython quand tu étais apprentie.
- Maintenant que vous me le dites, ça me revient, maître, se souvint la Mirialan. L’écriture sacrée des Jedi, mais pas seulement alors ?
- Effectivement, après le Second Grand Schisme, les Jedi déchus les ont transmises à ceux qu’ils ont soumis, expliqua Myyr.
- Les Sith de Korriban, comprit Eÿnra. Et qu’est-ce qu’il y a d’écrit sur ce mur ? »
Myyr eut un nouveau frisson et murmura d’une voix blanche :
« Il est écrit
La paix n’est que mensonge, il n’y a que la passion.
- Le Code Sith… comprit la padawan. Ces écritures sont récentes…
- Ce qui laisse penser que ceux qui ont réaménagé ces hangars les occupent toujours.
- Vous sentez des présences, maître ? »
Myyr se concentra quelques instants et répondit :
« Pas beaucoup, mais ça ne veut pas dire que…
- S’ils ne sont pas beaucoup, on peut s’occuper d’eux, le coupa Eÿnra avec détermination.
- Chut, calme-toi Eÿnra, ce n’est pas le moment de commettre encore des imprudences. L’illusion de Force est toujours active, on va continuer doucement et voir de quoi il retourne.
- Comme vous voudrez, maître… » soupira la jeune fille.
Tous deux poursuivirent leur marche à pas lents. Le couloir était de plus en plus orné de motifs évocateurs. Les lames rouges qui en étaient le principal élément dissipaient les derniers doutes sur leur provenance, tandis que les runes de Forces poursuivaient le code Sith.
Alors que Myyr ne se laissait plus distraire par ces ornements, la Mirialan, qui marchait derrière lui, était de plus en plus fascinée par ceux-ci. Elles s’approchaient d’eux et les touchait avec admiration. Son maître s’en aperçut et s’écria :
« Eÿnra ! Laisse ça !
- Mais maître, protesta son apprentie.
- Pas de mais, répliqua-t-il fermement. Ce sont des runes de Force Sith. Elles sont très dangereuses !
- Ce n’est pas en les touchant que je vais basculer du côté obscur, s’amusa Eÿnra.
- Décidément, Eÿnra, s’agaça légèrement Myyr, tu n’es vraiment pas consciente du danger permanent que représente le côté obscur… »
La jeune fille chancela quelques instants puis reprit ses esprits.
« Pa… Pardonnez-moi maître, bredouilla-t-elle, je ne sais pas ce qui m’a pris. »
Myyr sourit de soulagement. Il se rapprocha d’elle pour poser une main sur son épaule.
« Promets-moi que tu seras plus prudente à l’avenir, lui demanda-t-il.
- Je… je vous le promets, jura la padawan.
- Alors n’en parlons plus, conclut le Pantorien. Mais fais attention à ces saletés. » ajouta-t-il en désignant les runes.
Eÿnra hocha la tête et, devant un signe de son maître, passa devant lui. Ils n’eurent qu’à marcher quelques pas avant que des voix commencent à se faire entendre. Si Myyr ne pouvait distinguer clairement les mots prononcés, son apprentie n’eut aucun mal à comprendre. En effet, les Mirialan étaient naturellement dotés de sens beaucoup plus développés que la moyenne des Humains et Proches-Humains, caractéristique indispensable que l’évolution leur avait donnée pour survivre dans l’environnement hostile de Mirial.
Les voix provenaient de derrière un tournant. Les deux Jedi s’approchèrent donc tout près de ce tournant pour pouvoir voir sans être vus. En effet, l’illusion de Force que Myyr avait déployée plus tôt les faisait disparaître aux regards et même dans la Force.
La salle était grande mais avait clairement été refaite. Les murs étaient sombres, et très lisses, rien à voir avec les murs grossiers de ce genre de hangar, construits pour contenir les marchandises supplémentaires en temps de guerre et souvent utilisés par les contrebandiers depuis leur abandon.
A l’autre bout de la salle se trouvait une large table sur laquelle s’appuyait un Quarren. Impressionnant par sa taille, il n’en était pas moins repoussant de laideur. Sa peau avait pris une teinte grisâtre très loin de l’orange habituel de son espèce et ses yeux jaunes étaient visibles de loin. Le sabre laser à sa ceinture ne faisait que confirmer ce que l’on pouvait déduire simplement par son visage.
En face de lui se tenait un Mandalorien, qui tournait donc le dos aux Jedi et de part et d’autre de celui-ci se trouvaient quatre des siens. Les deux Jedi purent entendre la discussion entre le Sith et celui qui semblait diriger ces Mandaloriens.
« Nous venons de recevoir un message du dernier vaisseau d’évacuation, Seigneur Zef’hir, commença le Mandalorien. Il est passé en hyperespace.
- Parfait, parfait, se satisfit Zef’hir.
- Devons-nous partir aussi, Monseigneur ? demanda le guerrier.
- Le Seigneur Kotor nous a promis un combat digne de ce nom, lui rappela le Sith.
- Mais celui-ci tarde un peu à arriver, répliqua son interlocuteur. Nous devrions rejoindre le Seigneur Kotor sur la plateforme de départ et partir pour…
- Un instant, l’interrompit le Sith. Je crois que… »
Il ferma les yeux et Myyr sentit brusquement l’illusion de Force se briser. C’était impossible, elle était indétectable, à moins de savoir qu’une illusion pouvait se produire.
« …nos visiteurs sont arrivés. » termina Zef’hir alors que Myyr et Eÿnra était désormais visibles.
Le premier comprit qu’ils étaient attendus. La seconde ne prit même pas le temps de réfléchir. Elle tendit la main et envoya un Mandalorien se briser la nuque contre un mur. Son maître lui fit les gros yeux. Il lui reprocherait son impulsivité plus tard. Tous deux sortirent leur sabre laser car les quatre autres Mandaloriens pointaient déjà leur blaster vers eux. Le rire du Quarren retentit.
« Soyez les bienvenus, Myyr Netrul et Eÿnra Malkir, déclara-t-il sans le moindre regard vers le soldat mort, nous vous attendions.
- Mais comment… ? bredouilla Myyr.
- Comment pourrions-nous vous attendre, surtout vous en particulier ? s’amusa le Sith. Vous devriez demander ça à mon maître qui vous attend au bout de ce couloir, déclara-t-il en montrant une porte derrière lui. Mais il m’a demandé de veiller à ce que vous ne l’atteigniez jamais. Quand je me serai débarrassé de vous, il me nommera son second dans l’Ordre, ajouta-t-il en sortant son sabre laser. Mandaloriens, à l’attaque ! »
Les quatre guerriers ouvrirent le feu sur les deux Jedi. Ces derniers parèrent assez facilement et renvoyèrent les décharges laser vers les tireurs. Trois parvinrent à les esquiver, le quatrième eut moins de chances et fut mis hors combat.
Dark Zef’hir sauta par-dessus les combattants pour se retrouver derrière les Jedi. C’est Myyr qui se retourna pour parer son coup, laissant son apprentie renvoyer les tirs des trois Mandaloriens car il savait très bien qu’elle excellait dans la parade de tirs de blaster.
Eÿnra prouva rapidement qu’il avait raison en mettant hors combat deux autres Mandaloriens. Cependant, leur commandant était beaucoup plus coriace et savait esquiver les tirs qu’elle lui renvoyait. Derrière elle, Myyr comprit assez vite que le Quarren était loin d’être un combattant aussi aguerri que ce à quoi il s’attendait. S’il avait tenté de tuer le Sith, il aurait pu s’en débarrasser facilement mais le Pantorien préférait bien sûr capturer son ennemi, d’autant plus si sa dangerosité était limitée.
De fait, le Quarren s’attendait à des coups pour être désarmé et faisait tout pour les éviter, laissant des ouvertures béantes dans la défense de son corps qu’un combattant avec moins de scrupules que Myyr aurait exploitées depuis longtemps.
Soudain, le Sith se stoppa. Un cercle noir apparut sur sa poitrine et il s’écroula. Myyr s’écarta de l’ouverture et son apprentie fit de même pour laisser passer la dizaine de soldats de la République qu’ils avaient sentis arriver, contrairement au Sith, qui firent irruption dans la salle. Les soldats se déployèrent et, devant la volonté évidente du Mandalorien de ne pas se rendre, puisqu’il continua à tirer sur eux, ouvrirent le feu. Seul contre dix, le guerrier ne fit pas le poids et tomba rapidement.
Les soldats allèrent vérifier immédiatement l’état de tous les ennemis qui se trouvaient au sol. Ils revinrent très vite et faire leur rapport au commandant Creyxod qui s’avança vers Myyr.
« Il sont tous morts, maître Jedi, transmit-il.
- Dommage, nous aurions eu besoin de prisonniers pour les interroger, réalisa le Pantorien. Mais ce n’est pas de votre faute, sans consigne de ma part vous avez tiré pour tuer, je comprends.
- Il a parlé de son maître qui nous attendait, intervint Eÿnra.
- Oui, je sais, Eÿnra, opina Myyr. Et il y a cette présence qui me torture, ajouta-t-il en portant les mains à ses tempes.
- Qui vous… torture ? s’inquiéta son apprentie.
- Oui, je ne t’en ai jamais parlé, lui expliqua-t-il, mais depuis longtemps je sens en permanence une présence diffuse, comme si elle était loin et près de moi à la fois. Mais aujourd’hui je la sens vraiment proche.
- Une présence obscure, maître ? demanda la Mirialan.
- Oui, je sens que les ténèbres en émanent, répondit le Pantorien, pourtant… pourtant elle m’évoque aussi le bien-être et la protection, elle appelle en moi de très vieux souvenirs dont je n’arrive pas à me rappeler, c’est bizarre… »
Le Jedi resta perplexe quelques instants, laissant s’installer dans la large pièce un silence que personne n’osa briser. Enfin il se décida.
« Commandant Creyxod, dites à vos renforts de se tenir prêt à attaquer la plateforme de départ qui se trouve de l’autre côté du bâtiment, à notre niveau, ordonna-t-il.
- Oui, maître Jedi, obéit le soldat en s’éloignant pour appliquer les ordres.
- A qui pensez-vous que nous allons avoir à faire, maître ? demanda Eÿnra en s’approchant.
- Je ne sais pas, Eÿnra, répondit Myyr, mais... sa présence forme comme un gouffre dans la Force, j'ai rarement perçu une présence aussi puissante… »