Les Nuits de Coruscant, tome 2 : Rue des Ombres, de Michael Reaves
Qu'importe si Dark Vador est toujours à sa recherche : Jax Pavan et ses acolytes, la paladin Laranth Tarak, le reporter sullustéen Den Dhur et le droide de protocole Tope-là, ont décidé de demeurer dans les bas-fonds de Coruscant, prêts à aider leur prochain grâce à leur propre agence de détective privé. Leur nouvelle cliente est une Zeltronne qui les engage pour déterminer l'identité du meurtrier de son compagnon, Ves Volette. Cette enquête a priori banale va pourtant les mener à croiser les routes du Capitaine Typho et surtout de la tueuse de Jedi Aurra Sing, bien décidée à ajouter Pavan à son tableau de chasse !
Passée la délicate étape de l'introduction des personnages dans le précédent opus,
Rue des Ombres ne fait plus autant référence aux précédents romans de l'auteur, une chose extrêmement positive et qui permet de se concentrer davantage sur le casting du roman. Casting qui d'ailleurs réserve quelques surprises : exit Kaird le Nedij (compréhensible) et Nick Rostu (un peu moins, le personnage n'ayant même pas droit à une ligne d'explication sur son sort), et bienvenu à Haninum Tyk Rhinann, l'ancien assistant personnel de Dark Vador, désormais membre bien malgré lui du petit groupe de Pavan. Une excellente chose, tant le personnage s'intègre parfaitement au petit groupe de résistants !
L'intrigue qui concerne Pavan et ses coéquipiers est un peu « légère » et ne maintiendra que peu de lecteurs en haleine. C'est néanmoins l'occasion pour l'auteur d'aborder la question du financement des activités de groupe (même si j'ai été un peu surpris de les retrouver si vite à sec alors qu'à la fin du premier tome, ils mettaient la main sur une somme assez conséquente) et surtout, l'une des sous-intrigues du roman nous montre Jax en train d'essayer de construire un nouveau sabre-laser. Et on se rend compte que même ça, c'est extrêmement compliqué...
De manière générale, il se dégage une atmosphère de films noirs des années 30/40, le détective privé, la séduisante assistante/veuve qui vient engager, le flic loin d'être incompétent mais qui nécessite néanmoins l'aide du héros torturé et sombre... L'ambiance est très agréable, on a presque l'impression d'entendre les musiques d'ambiance et de voir la pluie tomber derrière les fenêtres. Très bon point de la part de l'auteur, même si la résolution de l'intrigue est assez logique.
Mais ce qui intrigue vraiment le lecteur, ce sont les sous-intrigues impliquant Aurra Sing et le capitaine Typho. C'est bien simple : ce sont mes passages préférés du roman ! Notamment les passages concernant Typho ; si la base de son intrigue est assez légère (Typho, amoureux de Padmé, vraiment?

), il est vraiment bien vu de le voir remonter, petit à petit, la piste menant au meurtrier de la sénatrice de Naboo... Et à ce titre, la confrontation finale vaut largement son pesant de cacahuètes !
Pour Aurra Sing, la chasseuse de primes avait disparu depuis les événements du comic-book
Jedi : Aayla Secura, et on la retrouve dans une évolution logique de son statut à la fin de ce one-shot. Avec le recul, il était évident que la tueuse de Jedi ne pouvait qu'être impliquée dans l'ère Dark Times, et on a droit à plusieurs références à la série
Republic – notamment avec une magnifique description d'Aayla, une « bâtarde de Jedi tapineuse »

... Et son apparition finale, alors même qu'on croit que le roman est achevée, que les différentes intrigues sont bouclées, nous donne droit à une confrontation finale d'anthologie entre elle et Pavan !
Rue des Ombres est donc largement supérieur à son aîné, débarrassé des incessantes références au passé et bien plus ancré dans les bas-fonds de Coruscant, avec des interactions et des développements psychologique bien plus poussés. Assurément une bonne surprise qui ne peut que donner envie de se plonger dans le troisième opus,
Modèles de Force !
Note : 80%