Les Nuits de Coruscant, tome 3 : Modèles de Force, de Michael Reaves
Jax Pavan et son petit groupe de résistants continuent d'aider les sympathisants rebelles à quitter Coruscant, mais ils vont devoir mettre leurs missions pour le Whiplash de côté lorsqu'ils font la rencontre du jeune Kajin Savaros, un adolescent très sensible à la Force et traqué par les Inquisiteurs du Côté Obscur menés par Dark Vador. Le Sith entend bien capturer Pavan et le droïde Tope-Là, qu'il suspecte de posséder le mystérieux bota... Sans compter le retour de Tuden Sal, l'ancien allié de Lorn Pavan, qui se manifeste avec une proposition pour le moins inattendue : assassiner l'Empereur Palpatine, rien que ça !
Mais que s'est-il passé ? C'est la question qu'on peut légitimement se poser à la lecture de
Modèles de Force, le troisième et dernier volet de la trilogie
Les Nuits de Coruscant. Et pourtant, cela démarrait bien, et pour cause : le pitch de départ ressemble furieusement à l'intrigue générale de la saison 1 de
Rebels ! Un jeune Chevalier Jedi et une twi'lek prennent sous leur aile un jeune adolescent sensible à la Force, dont le pouvoir attise fortement la convoitise d'un Inquisiteur placé sous les ordres de Dark Vador, ça ne vous rappelle rien ?
L'intrigue (quelle intrigue, je me le demande encore...) est vide de toute substance. Bien sûr, cela n'a jamais été le fort de Reaves, davantage axé sur les évolutions et les interactions entre ses personnages. Néanmoins, il y avait toujours un fond, même léger, pour justifier cela : que ce soit la traque de la Mouche, ou bien la recherche de l'assassin de Ves Volette, les personnages avaient un but. Là ? Ils ne font que discuter, discuter et discuter encore. Une discussion en entraîne une autre, une décision doit être justifiée auprès de Dejah, tout en demandant à Tope-Là ce qu'il en pense, et pour peu que Den et Rhinann aient droit à leurs passages qui les montrent réagir, on ne s'en sort pas.

Sans compter qu'après avoir longuement leurs décisions, les personnages changent d'avis sans trop de raison... et c'est reparti pour des discussions !

La seule qui s'en sort, au final, c'est Laranth : absente régulièrement – et naturellement peu encline à s'étendre – elle n'en ressort que plus charismatique lorsqu'elle est présente.
Et les nouveaux personnages ne s'en sortent guère mieux. Kajin Savaros est pu crédible dans l'univers Star Wars, on découvre subitement, comme ça, en plein cœur de Coruscant un adepte non-formé susceptible de rivaliser avec n'importe quel autre Jedi... Mouais. Kaj n'a que peu de personnalité, ce qui lui arrive à la fin est superbement mal exploité (au point que tous les personnages donnent l'impression de s'en moquer d'une Force...) à tel point qu'il est botté en touche sans subtilité à la fin du roman. Merci, tu ne nous manqueras pas.
Fatalement, le nouvel antagoniste – nouvel, forcément, parce qu'il ne faut pas compter sur l'auteur pour réutiliser Aurra Sing ou même y faire mention, alors même qu'il n'est pas du tout dans la mentalité du personnage d'abandonner – fait lui aussi les frais d'un roman bâclé. Probus Tesla, au nom forcément sympathique pour l'enseignant de sciences que je suis, est au mieux mauvais, au pire incompétent. Lui et les autres Inquisiteurs ne font jamais peur ! Oh, on sent leur présence, ils sont là, certes... mais à chaque fois qu'ils s'opposent aux héros, ils se font massacrer, Tesla le premier. Il en devient presque drôle, d'ailleurs. Et Vador semble lui aussi incompétent, comme le prouve la scène finale avec le bota. Si vous avez compris pourquoi le Sith agit ainsi, pourquoi il cherche à récupérer le pyronium (pourquoi il l'a donné à Jax initialement, même, au-delà du fait que ça sert l'auteur dans l'histoire), n'hésitez pas à intervenir...
Reaves a également un problème avec la chronologie de son intrigue : entre les écarts de temps entre les différents romans (hop, vingt ans entre
L'ombre du chasseur et la trilogie, comme
Medstar d'ailleurs) et même au sein de son intrigue, comme lorsqu'on nous explique que Kajin survit difficilement depuis son traumatisme lié à sa fuite de sa planète d'origine... qui a eu lieu environ trois mois plus tôt, même si dans le roman, on a l'impression que ça fait des années que le jeune homme survit dans les bas-fonds...
En bref, une très désagréable sensation de lire du vent pendant près de 350 pages. Là, j'ai dépassé le stade de la déception, et je vais sans doute faire une pause avant de lire
Le Dernier Jedi...
Note : 50%