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Le sol sous nos pieds

Publié : ven. 13 mars 2026 - 11:43
par Sierra
On est vendredi, il est donc temps pour moi de poster un peu de fic ! Celle-ci est plutôt fluffy et porte essentiellement sur la relation entre Obi-Wan et Anakin, et comment il suffit parfois de pas grand-chose pour changer... tout ou presque ^^

Voici donc ma traduction de The Ground Beneath Us, une fic en quatre chapitres de stolen_pen_name23, qui m'a gentiment autorisée à partager son œuvre. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture ^^


Le sol sous nos pieds
Chapitre 1 : Novice

Le garçon est en colère.

Obi-Wan peut difficilement le blâmer. Né esclave et élevé dans la prophétie, on peut comprendre que l’enfant a du mal à s’ajuster à une nouvelle vie libéré de ses liens.

Mais ça commence à déraper.

C’est la quatrième fois en autant de jours qu’Anakin est exclu de cours pour comportement perturbateur, et Obi-Wan se trouve un peu perdu.

Ensemble, ils retournent à leurs quartiers dans un silence de mort, mais la rage qui continue d’émaner d’Anakin dans la Force est assez bruyante pour le couvrir.

Une fois arrivés, sans un mot, Anakin traverse la pièce à pas lourds et sort un tapis de méditation.

« Anakin, qu’est-ce que tu fais ? » Obi-Wan essaie de ne pas laisser son exaspération pointer dans sa voix.

« Je sais que vous allez juste me punir encore une fois. »

Obi-Wan recule d’un pas.

« Anakin, la méditation n’est pas une punition. C’est une technique qui est importante pour les Jedi, surtout les jeunes Jedi, pour trouver et maintenir leur équilibre, dit-il. Il est important que tu comprennes que je ne te punis pas avec de la méditation. C’est une expérience sacrée et c’est important pour moi et tous les autres Jedi. Tu comprends ? »

L’air de s’être fait sévèrement réprimander, Anakin acquiesce. « Mais vous me le faites toujours faire quand je m’attire des ennuis.

— Généralement, quand tu t'attires des ennuis, c'est que tu es déséquilibré. C’est la raison pour laquelle je te fais méditer, pour que tu puisses te recentrer.

— Ça ressemble à une punition, grommelle Anakin.

— Alors peut-être que ma méthode de méditation n’est pas ce qu’il te faut », dit Obi-Wan en se caressant le menton, où le début d’une barbe hirsute commence tout juste à apparaître.

« Il y a d’autres méthodes ?

— Bien sûr, dit Obi-Wan. Il faut juste qu’on trouve celle qui te convient. »

Obi-Wan observe la façon dont Anakin s’agite. Le garçon est constamment en mouvement. Il est presque impossible de le faire s’arrêter ou même ralentir. Cela donne une idée à Obi-Wan.

« Mets tes bottes, dit-il. Et prends ton manteau, il fait froid dehors.

— On va dehors ?

— Oui. Dépêche-toi, la nuit va tomber. »

L’air de Coruscant est vif sans être mordant. Le niveau de pollution est faible aujourd’hui, aussi Obi-Wan ne se sent pas si coupable d’amener Anakin ici.

« Donne-moi la main, Anakin, il y a beaucoup de monde ici. Il est facile de se perdre. »

La crainte d’être perdu et seul dans ces rues oppressantes suffit pour qu’Anakin s’accroche fermement à la main d’Obi-Wan. Il trotte au côté d’Obi-Wan et regarde nerveusement autour de lui.

« Tu n’es pas habitué à la ville, n’est-ce pas ? demande Obi-Wan.

— Non. Mos Espa était la plus grande ville que je connaissais.

— Coruscant est un peu plus grande que Mos Espa. »

Anakin acquiesce.

« Allez, viens. »

Obi-Wan réduit sa foulée pour qu’Anakin puisse suivre le rythme.

« Où on va ? demande Anakin.

— Nulle part, répond Obi-Wan.

— Nulle part ? » Anakin lève la tête vers Obi-Wan, confus. « Pourquoi on marche, alors ?

— Juste pour marcher. Pour étirer nos muscles et faire circuler notre sang.

— On fait ça pendant l’entraînement au sabre laser, dit Anakin.

— Oui, mais c’est pour s’entraîner. Là, c’est pour marcher.

— Vous êtes vraiment bizarre », dit fermement Anakin, et Obi-Wan fait de son mieux pour ne pas rire à cette évaluation simpliste de lui-même.

Ils marchent encore un peu. Des speeders passent au-dessus et à côté d’eux, klaxonnent et planent juste hors de portée.

« Anakin, commence Obi-Wan, pendant que nous marchons, je voudrais que tu fasses quelque chose.

— D’accord », dit Anakin, prêt à accepter n’importe quelle tâche qu’Obi-Wan lui confiera.

« Je veux que tu réfléchisses à la façon dont le sol se connecte à tes pieds quand tu marches. Je veux que tu réfléchisses vraiment à cette sensation. Comment ça fait d’être connecté à la planète et de t’en détacher à chaque pas que tu fais ?

— D’accord », dit lentement Anakin. Il est clair à son ton qu’il pense toujours qu’Obi-Wan est bizarre, mais il prend une profonde inspiration et se concentre. Obi-Wan dissimule un sourire;

« Le sol est solide, dit finalement Anakin.

— Bien, dit Obi-Wan. Est-ce que tu peux le sentir supporter ton poids pendant que tu marches ?

— Oui. Je peux sentir l’impact de mes pas à travers la semelle de mes bottes.

— Bien, continue de te concentrer là-dessus encore un petit moment, puis passe lentement au reste de ton corps. Comment ressens-tu chaque pas, au niveau de tes chevilles ? »

Anakin reste silencieux, réfléchit à la question.

« Je pense que c’est fluide, sans à-coups.

— Et tes tibias ?

— Ils commencent à brûler un petit peu, mais en bien. Comme quand je fais la course avec Kitster sans m’échauffer avant.

— Très bien. Souviens-toi de respirer profondément Anakin. Tu seras capable de marcher plus longtemps si tu maintiens le niveau d’oxygène dans ton sang. »

Anakin inspire à fond, et à la joie d’Obi-Wan, prend l’initiative.

« Au niveau de mes genoux c’est fluide aussi, comme mes chevilles.

— C’est parce que tu as neuf ans et que tu ne les as pas encore détruits, marmonne Obi-Wan.

— Quoi ?

— Rien, continue, c’était très bien. Comment sont tes hanches ?

— Fortes, équilibrées.

— Bien. Maintenant pense à ta colonne. Chacune de tes vertèbres. »

Anakin raconte ce qu’il ressent.

« Pense à tes bras, à comment ils se connectent à tes poignets, et à comment tes poignets se connectent à tes mains. Comment sens-tu tes mains ?

— Celle-ci est froide, dit Anakin en agitant sa main libre. Celle-là est moite, ajoute-t-il en serrant la main d’Obi-Wan. Mais ça fait rien, je n’ai pas envie de me perdre. » Obi-Wan lui serre la main en réponse. Il ne sait pas si c’est le contact physique, mais leur lien semble plus étroit que ce matin.

« Sens l’air dans tes poumons. Tu respires toujours à fond, Padawan ?

— Oui, Maître. »

Ils continuent ainsi. Quand ils atteignent le sommet de la tête d’Anakin, Obi-Wan le fait reprendre du début, le guide une nouvelle fois à travers l’exercice. Ils recommencent encore deux fois avant que l’une des réponses d’Anakin ne change.

« Je crois que j’ai un peu faim, Maître, dit-il timidement.

— Moi aussi, admet Obi-Wan. Et si on achetait à manger ?

— Est-ce qu’on va rentrer et méditer après ?

— On pourrait, mais je ne pense pas que ce soit nécessaire, dit Obi-Wan.

— Pourquoi ?

— Puisque nous venons de finir notre méditation, je pense que ça serait superflu, pas toi ? »

Anakin stoppe tout net et regarde Obi-Wan avec une expression incrédule.

« Nous quoi ? »

Obi-Wan sourit à l’idée que sa ruse a fonctionné.

« Mon jeune Padawan, tu viens juste de compléter ta première méditation en mouvement. Alors, tu ne te sens pas mieux ?

— Je —

— On peut refaire ça demain si tu veux ? »

Toujours à court de mots, Anakin cligne des yeux.

« Anakin ?

— Oui ! dit Anakin avec enthousiasme. J’aimerais refaire ça.

— Bien. J’ai assez apprécié, moi aussi. Bon, tu as mentionné que tu avais faim ? »

Anakin acquiesça.

« Je connais un endroit pas loin, que je pense que tu vas aimer. »

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : ven. 13 mars 2026 - 12:50
par Amiral Vyze
Chapitre lu, c'est très intéressant cette méditation par la marche, je suis curieux de voir la suite.
Bon courage pour le prochain chapitre.

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : ven. 13 mars 2026 - 15:45
par Sierra
héhé, merci d'avoir lu ! La fic est déjà traduite intégralement, mais je posterai le prochain chapitre la semaine prochaine ^^

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : sam. 14 mars 2026 - 8:29
par sam sanglebuc
Dans certains domaines, j'ai une mémoire de poisson rouge : impression de lire celle ci pour la première fois. Et de l'apprécier. Même si elle traite de l'Ordre, gna gna gna, que j'aime pas l'Ordre gna gna gna...
Ha, se farcir un ado. Nous en avons eu trois.
Obi sort de son getho de luxe pour se frotter (un peu) à la pollution de la capitale.
Obi change de méthode, se remet en question. Obi va s'encanailler avec Dexter ( et boire un coup, sacré Obi)
Ani va quand même mal tourner, Obi va toucher le fond ("seuls les siths sont aussi bornés ! ")
Mais les graines ont été semées. Ani trouvera le chemin de la rédemption, Obi celui de la paix ( après combien d'années à faire pousser des champignons ? )

Merci !

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : sam. 14 mars 2026 - 9:57
par Sierra
Ah, tu as peut-être une mémoire de poisson rouge, mais elle ne t'a pas trahi cette fois : tu n'as effectivement pas lu cette fic quand tu as fait le tour de mon AO3 ^^ Contente que tu tentes l'aventure malgré ton aversion pour l'Ordre Jedi, j'espère que tu apprécieras la balade !

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : ven. 20 mars 2026 - 13:58
par Sierra
Et hop, la petite update du jour !


Chapitre 2 : Padawan

Anakin est plus âgé maintenant.

Il semble qu’il devient plus grand chaque jour, et ce n’est pas surprenant, si on considère qu’Obi-Wan peut à peine se représenter la quantité de nourriture que le gamin mange. Il se rappelle vaguement être toujours affamé à cet âge — un effet secondaire, quand on est un garçon en pleine croissance. Mais même s’il grandit physiquement, Anakin a encore beaucoup de chemin à faire en termes de maturité.

Par exemple, la mission ne se déroule pas comme l’un ou l’autre l’avait prévu, et Anakin ne le prend pas très bien.

C’est plus long et plus ennuyeux qu’Obi-Wan pensait que ça le serait. Les diplomates qui les ont appelés ici se méfient des Jedi — ils sont incertains, et souvent apeurés, face à leurs mystérieux pouvoirs. Mais une incapacité à se mettre d’accord sur un problème de frontières les a poussés à faire appel aux Jedi avant qu’une guerre n’éclate. Obi-Wan est stressé et Anakin est sur les nerfs. Il s’ennuie ferme et il est en colère que les négociations prennent si longtemps quand les problèmes sont si triviaux. Ils étaient censés rentrer une semaine plus tôt, mais leur échec à obtenir un accord a prolongé leur séjour.

Ils retournent aux quartiers qu’on leur a assignés après une nouvelle journée de négociations infructueuses, et Anakin se laisse tomber sur le lit avec un grognement de frustration.

Obi-Wan veut faire de même, mais se contient.

« Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas juste rentrer à la maison, Maître, demande Anakin, d’une voix étouffée par les oreillers. On ne fait rien.

— Nous aidons à régler un conflit, en servant de médiateurs. C’est faire quelque chose.

— Bon, d’accord, mais est-ce qu’on peut faire tout ça plus vite ?

— J’ai peur que non, Padawan. »

Anakin grogne.

« Vous pensez que ce sera bientôt fini ?

— C’est difficile à dire.

— Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas —

— Patience, Anakin.

— Je sais, je sais », maugrée-t-il.

Obi-Wan se retient de le sermonner. Il est fatigué d’être un médiateur. Il devrait probablement parler à Anakin de l’importance de la patience et de la diplomatie, mais il est à bout.

Au lieu de ça, il donne un petit coup dans la botte d’Anakin. « Tu devrais probablement les enlever avant de t’endormir.

— Je vais le faire », marmonne Anakin.

Obi-Wan se détourne et fouille dans ses affaires à la recherche d’un pyjama. Il se rend à la douche et trouve un certain calme dans sa routine du soir. Quand il revient, il trouve Anakin les yeux clos, en train de ronfler doucement, ses bottes encore solidement vissées à ses pieds.

« Oh, Anakin », dit doucement Obi-Wan. Gentiment, il retire ses bottes à Anakin et les range sur le côté là où il ne risque pas de s’y prendre les pieds. Anakin remue légèrement et Obi-Wan marque une pause, comme un animal traqué devant le canon d’un fusil. Il ne relâche son souffle que quand Anakin recommence à ronfler.

Obi-Wan est sur le point de se mettre au lit quand il jette un nouveau coup d’œil à Anakin. Il est allongé sur ses couvertures, et non dessous. Avec un soupir, Obi-Wan retire le duvet de son propre lit et le pose doucement sur Anakin. Il murmure quelque chose, mais ses yeux restent clos.

« Dors bien, Padawan », murmure Obi-Wan, en se glissant sous le fin drap qui lui reste.
***
C’est une nouvelle journée — belle et ensoleillée et pas du tout différente des dernières journées qu’ils ont passées coincés ici.

Il ne s’est écoulé que trois heures depuis le début des négociations du jour, mais Obi-Wan peut sentir la colère qui émane d’Anakin par vagues. Il sait qu’Anakin est à la limite de l’éruption et il espère seulement que les diplomates ne diront rien qui le provoque.

« Je ne comprends pas comment vous pouvez penser que nous approuverons quoi que ce soit alors que vous avez amené ces gens ici », crie un diplomate par-dessus la table, en désignant Obi-Wan et Anakin.

Obi-Wan soupire. C’était trop beau pour être vrai.

Anakin abat une main sur la table. « Ces gens ? Comment osez-vous, espèce de sleemo pathétique et xénophobe, parler de nous comme ça.

— Anakin —

— Non ! Ils nous ont appelés pour les aider à résoudre leurs problèmes. Nous sommes restés une semaine de plus que prévu pour les aider à régler ça, juste pour qu’ils puissent nous manquer de respect ? Vous manquer de respect ?

— Je n’ai pas besoin que tu me défendes Anakin, maintenant calme —

— Non ! Vous en avez clairement besoin parce que vous êtes juste assis là à encaisser tout ce qu’ils ont à dire sur nous. Ils nous ont manqué de respect pendant tout ce temps et vous ne faites rien du tout ! »

La tension est aussi lourde que le silence qui suit.

La respiration d’Anakin se fait plus rapide et laborieuse mais Obi-Wan demeure d’un calme mortel.

« Retourne à nos quartiers », dit-il finalement, d’une voix grave et menaçante.

« Mais Maître — » La voix d’Anakin déraille.

« Va. » Il ne laisse pas de place à l'argumentation, et même Anakin semble le savoir. Il serre les poings et sort de la pièce en trombe, laissant la porte claquer derrière lui.

Obi-Wan se retourne vers les diplomates. « Veuillez excuser mon Padawan », dit-il en essayant de contenir ses propres émotions. « Nous travaillons encore sur… euh… les bonnes manières. »

Les négociations se poursuivent comme si de rien n’était, et Obi-Wan se rend compte sombrement que l’interruption d’Anakin est la seule chose intéressante qui soit arrivée depuis des jours.

Il réprime un soupir et s’accroche à l’espoir que tout ceci sera bientôt fini.
***
Obi-Wan redoute le retour à leurs quartiers, même s’il n’a qu’une seule envie, dormir.

Il n’est pas tout à fait sûr de ce qu’il veut dire à Anakin, de ce qu’il peut dire à Anakin pour l’atteindre. Le truc, c’est qu’Obi-Wan ne le désapprouve même pas complètement. Les gens de cette planète sont xénophobes. Leurs conflits sont mesquins. Les arguments d’Anakin sont bons, ils sont juste… irréfléchis. Bruts, tout comme lui.

Il est si profondément plongé dans ses pensées, qu'il se rend à peine compte qu’il est arrivé à leur petite chambre d’hôtel.

Il est sur le point d’ouvrir la porte, mais il s’interrompt. Il repose le front sur la porte et ferme les yeux. Il sait qu’Anakin peut sentir sa présence de l’autre côté de la porte tout aussi facilement qu’Obi-Wan peut le sentir lui, mais il prend quand même un moment pour se préparer mentalement.

Quand il finit par ouvrir la porte, Anakin est sur son lit, bien éveillé cette fois. Ses yeux sont clairs, provocants, mais Obi-Wan peut sentir la peur en lui.

« Depuis le temps tu devrais savoir qu’il ne faut pas avoir peur de moi », dit sèchement Obi-Wan. La façade d’Anakin manque de se craqueler.

« J’ai pas peur.

— Tu devrais aussi savoir qu’il ne faut pas me mentir. »

Ses yeux étincellent. « Je n’ai pas peur de vous, insiste-t-il.

— Peut-être pas. Mais il y a de la peur en toi, à mon égard, n’est-ce pas ? »

Anakin baisse les yeux, il y a moins de provocation en lui. « Vous aviez l’air très fâché contre moi tout à l’heure. Vous êtes encore fâché.

— Je ne suis pas fâché contre toi.

— Vous ne pouvez pas me mentir non plus, Maître. »

Obi-Wan a un petit rire. « On dirait que nous avons tous les deux du travail à faire sur nos émotions.

— Je suppose », dit Anakin, un peu plus timide que d’habitude.

Obi-Wan ramasse le manteau d’Anakin qui traîne en tas sur le sol et le lui lance. « Allez. Allons faire un tour. »

Anakin se déride un peu. « Vous voulez qu’on aille marcher ?

— Oui, mais dépêche-toi. J’aimerais rentrer avant le coucher du soleil. »

En se précipitant pour mettre ses bottes, Anakin manque de trébucher et de tomber au sol tête la première. Obi-Wan tend la main et le stabilise. « Tu sais que je ne vais pas partir sans toi, hein ?

— Je sais, dit Anakin, sur la défensive.

— Il faut que tu arrêtes de grandir. Ça te rend maladroit.

— Vous êtes juste inquiet que je devienne plus grand que vous.

— Un Jedi ne se focalise pas sur le futur, dit Obi-Wan, le nez en l’air. Mais ça ne me dérangerait pas le moins du monde, je pense. »

Anakin rit et le suit au-dehors.
***
La petite chambre qu’on leur a assignée est juste en face d’une forêt, avec un sentier. Ils le suivent — il n’est pas tant abandonné que négligé, mais pas assez fréquenté pour croiser d’autres personnes.

Sur ce chemin, Obi-Wan et Anakin avancent seuls.

Des arbres les entourent et les surplombent, ne laissant qu’une infime tranche de ciel à la vue.

« Comment est le sol sous tes pieds ? »

Anakin enchaîne seul après ça. Il connaît la marche à suivre maintenant. Il effectue sa méditation en mouvement sans plus d’aide d’Obi-Wan.

Le chemin qu’ils parcourent se poursuit jusqu’à les abandonner sur une portion de plage isolée. Le sable est doux et propre et constellé de coquillages.

Ils avancent jusqu’au bord de l’océan, laissant presque les vagues caresser leurs bottes, mais pas tout à fait.

« Wow », dit Anakin, les yeux rivés sur l’océan apparemment infini. Il a vu des océans auparavant — Obi-Wan l'a emmené en voir plusieurs — mais sa réaction est toujours la même : une fascination émerveillée.

Obi-Wan regarde l’expression ébahie d’Anakin et se rend compte qu’il y a quelque chose de spécial à voir la galaxie par les yeux d’Anakin. Cela rend l’endroit un peu plus intéressant.

« Viens, continuons », dit Obi-Wan.

Mais l’effet méditatif de leur marche se dissipe bientôt. Les coquillages qui parsèment le sable ne sont pas les seules choses à attirer l’œil d’Anakin.

« Qu’est-ce que c’est ? demande-t-il en ramassant un objet vert.

— Ceci, mon Padawan, c’est du verre de mer.

— C’est quoi, du verre de mer ? » demande Anakin, curieux, tenant le petit objet devant le soleil couchant. La lumière renvoie du vert sur son visage.

« Ce sont de vieux morceaux de verre qui ont été polis par l’océan pendant quelques décennies avant d’échouer ici pour que tu les trouves.

— C’est super ! » dit Anakin, avec une note de son enthousiasme de petit garçon. « Quelles sont les chances d’en trouver ?

— Est-ce que j’ai l’air d’un droïde de protocole ? demande Obi-Wan, vaguement offensé par cette idée.

— Je parie que Troipéo pourrait me le dire.

— Je pourrais le parier », dit Obi-Wan, en levant les yeux au ciel à la pensée du droïde de protocole qu’Anakin avait, fort heureusement, laissé derrière lui sur Tatooine des années plus tôt. Obi-Wan n’est pas certain qu’il pourrait gérer la présence d’un droïde pointilleux en plus de celle d’un enfant hyper énergique.

Adolescent. Il est adolescent maintenant. Obi-Wan n’arrête pas de l’oublier. Il a tout juste treize ans, mais il est tout de même un ado.

Anakin lève les yeux vers Obi-Wan. Son regard est plus doux maintenant. « Je suis désolé d’avoir crié pendant les négociations. J’étais juste en colère.

— Je sais, mais nous ne pouvons pas laisser notre colère nous diriger, Anakin. Tu dois la contrôler. »

Anakin frotte le bout de verre poli entre ses doigts. « C’est difficile parfois.

— Personne n’a dit que c’était facile.

— Est-ce que vous aviez aussi du mal à contrôler votre colère ? Quand vous étiez un Padawan.

— Bien sûr. Encore maintenant.

— Non, c’est pas vrai, proteste Anakin.

— Je ne suis qu’humain, Anakin. Bien sûr que je me mets en colère. Est-ce que tu crois que j’apprécie davantage cette mission que toi ?

— Eh bien…

— Ce n’est pas le cas. Mais je sais comment contrôler ma colère. C’est quelque chose que j’espère t’enseigner pour de bon un jour.

— Je pense que vous y arriverez, le rassure Anakin.

— Je le pense aussi. »

Obi-Wan passe un bras autour des épaules d’Anakin. « Viens. Nous devrions rentrer avant que le soleil ne soit tout à fait couché.

— Je peux prendre ça avec moi ? demande Anakin, en montrant le verre de mer.

— Bien sûr. »

Le sourire juvénile fait son retour sur le visage d’Anakin et si Obi-Wan pouvait se voir dans un miroir, il se verrait en arborer un semblable.
***
NdA : Oui, je sais que le verre s'appelle transparacier dans Star Wars. Je m'en fiche. Verre de mer sonne tellement mieux que transparacier de mer, je n'écouterai aucune critique.

NdT : J'espère ne pas dire de bêtise, mais il me semble bien que verre et transparacier coexistent dans cet univers... Mais si ce n'est pas le cas, voir ci-dessus.

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : ven. 27 mars 2026 - 11:57
par Sierra
Re-update !

Chapitre 3 : Chevalier


« Tu es encore en train de passer ta colère sur d’innocents droïdes d’entraînement », dit doucement Obi-Wan, en observant Anakin donner un grand coup de sabre d’entraînement au droïde.

« Je le réparerai plus tard.

— Il a l’air plutôt irréparable, même pour toi. »

Obi-Wan s’appuie contre l’encadrement de la porte et croise les bras. « Tu sais qu’elle va s’en sortir, pas vrai ?

— Je sais », marmonne Anakin, en attaquant à nouveau le droïde. Obi-Wan grimace, tandis que des étincelles volent dans les airs.

Kix a éjecté Anakin de l’infirmerie des heures plus tôt. Il ne faisait que gêner l’équipe médicale occupée à recoudre Ahsoka. Maintenant, Obi-Wan regarde son ancien Padawan passer toute sa frustration et sa peur sur un droïde qui ne lui a rien fait.

« Viens, dit Obi-Wan. Allons marcher un peu. »

Anakin s’interrompt au milieu d’une attaque, essoufflé par l’effort. « Maître, je ne suis pas d’humeur.

— C’est précisément pour ça qu’on y va.

— Maître, nous sommes à bord du Résolu, il n’y a nulle part où aller.

— Qui a dit que nous restions sur le Résolu ? »

Anakin le fixe, déterminé, mais Obi-Wan a déjà joué à ce jeu. Il soutient son regard jusqu’à ce qu’Anakin plie, et jette le sabre de côté. « Très bien. On va prendre une navette pour la surface. »

La planète autour de laquelle ils sont en orbite est petite, mais verdoyante, avec des forêts profondes et de vastes plaines d’herbe. Elle n’abrite pas grand monde, en matière d’espèces intelligentes, mais contient de nombreuses ressources — des métaux précieux dont les Séparatistes ont désespérément besoin et que la République ne peut se permettre de perdre.

Les bataillons d’Obi-Wan et d’Anakin ont repoussé les Séparatistes, non sans une poignée de tués et de blessés, parmi lesquels Ahsoka. Mais les Séparatistes ont tous battu en retraite et les seules menaces restantes sur la planète sont Obi-Wan et Anakin.

Ils font atterrir leur navette dans une plaine, les réacteurs aplatissant momentanément l’herbe autour d’eux.

Obi-Wan bondit au-dehors et se retourne vers Anakin. Il est debout, les bras croisés, le regard noir.

«Tu viens ? » demande Obi-Wan.

Anakin grommelle, mais descend d’un bond et le suit.

Obi-Wan n’a plus besoin de commencer la méditation. En tant que Chevalier, Anakin est suffisamment indépendant pour le faire de lui-même. Ils marchent en silence, chacun méditant à sa façon, personnalisée au fil des années.

Mais Obi-Wan ne peut pas s’en empêcher.

« Souviens-toi de respirer, Anakin. »

Anakin lui jette un regard mauvais, mais prend tout de même une profonde inspiration.

Ils avancent, silencieux et contemplatifs une fois de plus. Le sol est tendre comme s’il avait plu récemment, mais ils ne s’y enfoncent pas. L’herbe danse et se sépare autour d’eux, assez haute pour effleurer leurs hanches en se balançant. De petits rongeurs et parfois des serpents se frayent un chemin dans les herbes, mais ils semblent en savoir assez pour les laisser en paix. Les Jedi ne sont pas une menace pour eux.

Ils marchent encore un autre kilomètre. Ils sont surpris de découvrir que la plaine herbeuse qu’ils traversent se trouve être un plateau. Ils avancent jusqu’au bord du plateau et regardent la vaste mer d’herbe qui s’étend devant eux. Dans le lointain, des collines émergent et, plus loin encore, cèdent la place aux montagnes. Une rivière étire ses méandres à travers la plaine, déambule sans but visible, tout comme l’ont fait Obi-Wan et Anakin.

« S’il y a un avantage à la guerre, commence Obi-Wan, c’est qu’on voit quantité de paysages. »

Anakin se moque. « Il y a toujours un bon côté, avec vous.

— Toujours. »

Obi-Wan s’assied, laisse ses jambes pendre par-dessus le bord de la falaise. Il laisse la brise ébouriffer ses cheveux et remplir ses poumons.

« On ne devrait pas rentrer ? demande Anakin.

— Pourquoi ? On ne va pas quitter l’orbite de sitôt.

— Mais Ahsoka —

— Va s’en tirer. Kix te contactera dès qu’on aura besoin de toi. Maintenant assieds-toi avec moi. »

Anakin grommelle à nouveau. Sa colère et sa peur ne se sont pas dissipées comme l’espérait Obi-Wan, mais ce n’est pas grave. Toutes les méditations ne sont pas couronnées de succès. Obi-Wan espère juste que la marche de retour l’aidera davantage à se recentrer, mais pour l’instant, il fait ce qu’il peut en offrant de subtiles vagues de calme et de réconfort à travers le lien qui persiste entre eux.

Ceci, du moins, est assez efficace pour qu’Anakin vienne s’asseoir à côté de lui.

« Elle va s’en sortir, dit gentiment Obi-Wan.

— Je sais, répond Anakin. Je sais mais —

— Tu as peur que cela se reproduise, et qu’elle ne s’en tire pas la prochaine fois ?

— Ouais, dit sombrement Anakin.

— Je ne peux pas te dire que ça n’arrivera pas, pour autant que j’aimerais t’ôter tes peurs, dit à regret Obi-Wan. Tout ce que je peux t’offrir, c’est le présent. Elle va bien. C’est ce qui compte. Nous n’avons pas à nous concentrer sur le futur.

— Comment j’arrête ? » demande Anakin en se tordant les mains. « Comment je cesse de me concentrer sur le futur ?

— Avec de l’entraînement. Du temps. De la méditation. C’est difficile. Il est dans nos natures de nous tourner vers le futur, mais une fois que tu apprendras à accepter qu’il ne doit pas être contrôlé — qu’il ne peut pas être contrôlé — tu vivras ta vie comme tu es censé le faire : dans le moment présent.

Anakin soupire. « Je vais essayer, Maître.

— Je sais », dit Obi-Wan en lui donnant un léger coup d’épaule. « Je t’aiderai. »

Ils plongent dans le silence et contemplent la plaine qui danse sous le vent. Le soleil est suspendu de façon précaire à l’horizon au-dessus des montagnes, et menace de disparaître derrière les pics.

« Nous devrions y aller, dit Obi-Wan. Nous avons une longue marche jusqu’à la navette. »

Ils reculent et se lèvent, avec précautions, au bord de la falaise. Avec un dernier regard vers les terres sauvages qu’ils ont sauvées, ils commencent leur marche de retour.

Cette fois, la méditation réussit un peu mieux.

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : ven. 27 mars 2026 - 13:14
par Amiral Vyze
Très bon chapitre, vivement la suite.

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : ven. 27 mars 2026 - 16:14
par Sierra
Merci ! Le quatrième chapitre est le dernier, et je le posterai vendredi prochain ^^

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : ven. 03 avr. 2026 - 12:36
par Sierra
Dernier chapitre, et c'est qu'on diverge complètement du canon, soooo... Vous êtes prêts ?

Chapitre 4 : Maître

Maître Windu lui a dit d’attendre dans la Chambre du Conseil.

Alors il a attendu. Un petit moment en tout cas.

Il s’est assis dans un fauteuil de Conseil, son esprit entraîné dans un tourbillon de pensées, Padmé et le Chancelier et la guerre et Padmé.

Il a besoin d’elle.

Anakin se prend à souhaiter, et ce n’est pas la première fois durant l’heure passée, qu’Obi-Wan soit ici. Obi-Wan saurait quoi dire en cet instant.

Mais Obi-Wan n’est pas ici et l’esprit d’Anakin fonctionne à un million de kilomètres à la minute et il a besoin de faire quelque chose. Il a besoin de sauver Padmé.

Fermement décidé, Anakin se dirige à grands pas vers le hangar. Il voit son vaisseau et se met à courir. Il doit se dépêcher. Maître Windu pourrait être en train d’asséner le coup fatal en cet instant.

Anakin grimpe dans le chasseur et s’arrête. Il serait si facile de refermer le cockpit et de s’envoler jusqu’à l’immeuble du Sénat. Il serait si facile d’empêcher ça — tout ça — d’arriver. Palpatine peut l’aider à sauver Padmé ; il doit juste s’assurer que les Jedi ne le tuent pas.

Mais Maître Windu lui a dit d’attendre dans la Chambre du Conseil.

Avec un profond soupir, il décide qu’il n’attendra pas dans la Chambre du Conseil, mais il n’ira pas non plus au Sénat.

Il décide d’aller marcher.

Il descend au trot les marches du Temple, la pierre blanche reflétant les lumières de la ville. Anakin marche en parallèle aux voies du trafic aérien et repousse la tentation de héler un taxi — ou d’en commander un. Au lieu de ça, il les regarde passer sans lui dans les airs.

Coruscant se meut et respire comme toujours — inconsciente du drame qui se déroule dans le bâtiment même de son Sénat.

Anakin tire sur le lien avec son ancien Maître. Même si Obi-Wan n’est pas avec lui, leur lien demeure fort et chaleureux et Anakin canalise cette sensation dans chacun de ses pas — comme s’il ne marchait pas seul.

Il se concentre sur la sensation du trottoir qui supporte son poids, la façon dont cette sensation parcourt son corps, comme il l’a fait de si nombreuses fois quand il était Padawan. Il apprécie la façon dont l’air emplit ses poumons, en dépit de la pollution. Cela le nourrit et le recentre. Le stress, l’épuisement, et la peur sont toujours présents et se tordent au plus profond de son être, mais il peut sentir se renforcer le fil auquel il se raccroche.

Puis quelque chose change. Quelque chose de sombre, et lourd, et oppressant, dont Anakin n’avait même pas conscience, se dissipe. Il titube, bouscule un inconnu suivant son propre chemin — heureusement inconscient de la tempête qui fait rage à travers la Force.

L’inconnu le repousse et lui crie dessus, mais Anakin ne peut pas l'entendre. Comment le pourrait-il, par-dessus le chant de la Force, un chant de liberté et de triomphe qui court dans ses veines ? Anakin trébuche jusqu’au mur d’un magasin dont il ne connaît pas le nom et se laisse glisser sur le sol de durabéton.

Son comlink bipe et l’arrache aux profondeurs tourbillonnantes de la Force. D’une main tremblante, il répond et Mace apparaît, l’air fatigué, mais bien vivant.

« Maître Windu ? demande-t-il, à bout de souffle.

— Anakin, j’ai besoin que tu — » Mace marque une pause et le regarde plus attentivement. « Est-ce que tu vas bien ?

— Qu’est-ce qu’il se passe ? Ma tête… je… »

Anakin ferme les yeux, lutte contre la sensation de vertige.

« Je me sens comme si quelque chose venait juste de changer… Comme si quelque chose dans mon esprit avait été… retiré.

— Alors il était bien en train de te manipuler… » Il y a quelque chose de triste, presque un mépris de lui-même, dans le ton de Maître Windu.

« Quoi ? Qui était en train de me manipuler ?

— Je ne veux pas expliquer par appel holo. Peux-tu te lever ?

— Oui, je pense », dit Anakin. Il se remet sur pied. Il se sent encore tremblant et trop léger, mais ses sens semblent plus aiguisés. Il se sent devenir plus fort.

« Où es-tu ?

— Je suis dehors. Je marchais. Je suis désolé, Maître, j’avais juste besoin —

— Tout va bien, Anakin. Peux-tu retourner au Temple ? Nous tenons un Conseil d’urgence. »

Anakin acquiesce. « Je serai bientôt là. » Le visage de Maître Windu disparaît et Anakin fait demi-tour et court aussi vite que ses jambes le lui permettent, jusqu’au Temple.

Ses pieds frappent le pavé et il sent les chocs parcourir ses jambes mais il s’en moque. Quand il atteint le Temple, il monte les marches deux à deux. Personne ne le stoppe ou ne le regarde de travers quand il traverse le Grand Hall en courant jusqu’à la Chambre du Conseil.

Il ouvre la porte, et la seule personne à l’intérieur est Maître Windu. Les autres membres du Conseil, éparpillés à travers la galaxie, sont tous présents sous la forme d’holos bleus.

« Bienvenue, membres du Conseil », dit Maître Windu aussitôt qu’Anakin a gagné son siège. « Pardonnez-moi de ne pas échanger de plaisanteries, mais il y a beaucoup à discuter. »

Mace entame le récit de comment Anakin a découvert que Palpatine est un seigneur Sith, sous les regards incrédules ou ouverts des autres membres du Conseil.

« Nous avons perdu trois Jedi », dit Mace, une lueur de chagrin au fond de ses yeux bruns. « Mais le Chancelier Palpatine est mort. Le Conseil Jedi a temporairement pris le contrôle du Sénat pendant que nous préparons de nouvelles élections et enquêtons sur les connexions de Palpatine au sein des systèmes gouvernants de la République.

« Nous n’aurions pas été capables de faire cette découverte sans l’aide et l’instinct d’Anakin Skywalker », ajoute Mace. Anakin rougit. Il éprouve des sentiments contradictoires. Les Jedi se sont enfin débarrassés du seigneur Sith qu’ils recherchaient, et pourtant Palpatine était le seul espoir d’Anakin.

Anakin fixe Obi-Wan, et Obi-Wan lui rend son regard. Même dans l’aura bleue de l’holo, Obi-Wan rayonne de fierté. Une partie du conflit intérieur d’Anakin se dissout. Une partie.

« Je suis heureuse de rapporter que la bataille sur Felucia se termine, dit Ayla. Le capitaine Bly rassemble ses hommes à l’heure où nous parlons. Nous en finissons ici et ferons notre rapport de retour à Coruscant.

— Même histoire ici, ajoute Maître Plo. Nous serons rentrés à Coruscant d’ici deux jours standards. »

Ki-Adi et Yoda font leur rapport. Et puis Obi-Wan prend la parole.

« Le général Grievous est mort. Le comte Dooku est mort », — Anakin tressaille — « le seigneur Sith que nous avons si longtemps cherché est mort. Je pense que nous pouvons conclure que les Guerres Cloniques touchent enfin à leur fin.

— Je suis d’accord, dit Maître Windu. Nous devons nous réunir sur Coruscant et commencer à travailler sur un plan de transition. En attendant, prenez soin de vous, rentrez à la maison, et que la Force soit avec vous. »

Un à un, les membres du Conseil s’évanouissent. Obi-Wan est le dernier restant, et il ne quitte pas Anakin des yeux.

« Monsieur, les hommes ont terminé leur ronde, nous sommes prêts à réembarquer. » La voix de Cody leur parvient, à la fois métallique et étouffée, au travers de l’appel holo et de son casque.

« Merci, Cody », dit doucement Obi-Wan, le regard perdu comme s’il n’avait pas entendu un mot de son commandant. Il ne quitte pas Anakin des yeux.

« Je serai bientôt rentré, Anakin », dit-il.

Anakin déglutit péniblement. « On se voit bientôt, Maître. » L’holo disparaît et Mace et Anakin restent seuls.

« Tu as bien agi, Skywalker, dit Mace. Tu as ma confiance. Tu seras un bon membre de ce Conseil. »

Un nœud se forme dans la gorge d’Anakin. « Merci, Maître Windu », dit-il avec un salut.

« Tu vas bien, Skywalker ? demande Mace.

— Je ne me suis jamais mieux porté », dit Anakin.

Mace n’a pas l’air convaincu. « Va dormir un peu. Tu as l’air épuisé. » Il se tourne et quitte la pièce. Anakin se tient seul dans la Chambre du Conseil, encore une fois. Il se rassoit dans le siège où il était assis avant que la guerre ne soit finie ; l’énergie pour rentrer à ses quartiers ou à l’appartement de Padmé lui manque.
***
Anakin.

Il tremble. Non. Quelqu’un le secoue.

« Anakin, réveille-toi. »

Les yeux d’Anakin s’ouvrent instantanément et son cœur bat à tout rompre. « Quoi ? », demande-t-il, désorienté et un peu engourdi de s’être endormi dans ce siège du Conseil.

Obi-Wan est accroupi devant lui, inquiétude visible dans sa posture et dans le bleu de ses yeux.

« Qu’est-ce que tu fais encore là ? Je suis rentré d’Utapau il y a une heure et je t’ai cherché partout. Tu ne répondais pas à ton comlink. »

Anakin baisse les yeux et voit plusieurs messages non lus sur son communicateur. « Oh, dit-il. Je suis désolé.

— Ce n’est rien, Anakin, j’étais juste inquiet pour toi. Tu semblais tourmenté pendant l’appel holo. »

Anakin triture sa manche.

« Oh. Tu es tourmenté, remarque Obi-Wan. Quelque chose te trouble. »

Anakin détourne le regard, incapable de regarder son ancien Maître dans les yeux.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Anakin ?

— Obi-Wan je — » dit Anakin, les larmes aux yeux. « Je crois que j’ai failli faire quelque chose de terrible. »

L’expression d’inquiétude sur le visage d’Obi-Wan se fait plus inquiète encore.

« Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Je… j’avais le sentiment, je savais, que Maître Windu allait tuer le Chancelier Palpatine et je voulais l’en empêcher.

— Tu voulais empêcher Maître Windu de tuer le seigneur Sith que nous cherchions depuis presque quinze ans ? demande Obi-Wan, incrédule. Anakin, pourquoi ? »

C’est à cet instant qu’Anakin perd ses moyens. Il se couvre le visage de ses mains et essaie de réprimer ses sanglots.

« Anakin, dit gentiment Obi-Wan. Je t’en prie, mon ami, dis-moi ce qui ne va pas ?

— Je pense que Padmé est en train de mourir, dit-il d’une voix étranglée. Et Palpatine disait qu’il savait comment la sauver, mais je ne suis pas intervenu. J’ai laissé Maître Windu y aller comme il me l’a demandé et je suis allé marcher tout comme vous me l’avez enseigné et maintenant Palpatine est mort et je ne sais pas comment sauver Padmé.

— Anakin, Palpatine se servait du côté obscur. Il te nourrissait de mensonges. Il voulait te convertir. Ton pouvoir, ta prophétie… J’ai bien peur que ça n’ait fait de toi une cible. Je suis navré de ne pas avoir pu t’en protéger.

— Non, je pense que vous l’avez fait, dit Anakin en reniflant. J’ai presque suivi Maître Windu. Je l’aurais arrêté, mais j’ai entendu votre voix dans ma tête.

— Ma voix ,

— Oui. Elle m’a dit d’aller marcher. »

Obi-Wan réprime un petit rire. « Je suis heureux que tu aies retenu certains de mes enseignements. »

Anakin lui jette un regard noir.

« Oui, d’accord, désolé, nous sommes sérieux là maintenant », dit Obi-Wan. Il se racle la gorge. « D’accord, une chose à la fois. Est-ce que, peut-être, tu veux me dire quelque chose à propos de Padmé et toi ? »

Anakin ne le veut vraiment pas. Et il le veut vraiment. C’est un sentiment mitigé. Mais à en juger par le regard d’Obi-Wan, il peut dire que celui-ci est déjà au courant.

Il prend une grande inspiration. « Padmé et moi sommes mariés et le bébé est de moi », dit-il rapidement.

Les sourcils d’Obi-Wan bondissent sous le choc. « Quoi ?

— Attendez. Vous ne saviez pas ?

— Je savais que vous étiez ensemble. Je savais que le bébé était probablement le tien, mais mariés ? Quand avez-vous fait ça ?

— Juste après Géonosis.

— Juste après… Anakin !

— Je l’aime !

— Je sais, dit Obi-Wan. Je sais. Mais vous ne m’avez même pas invité à votre mariage super secret ? »

Anakin émet un rire qui ressemble à un aboiement. Il ressent tout en même temps. Le soulagement et la peur et l’épuisement et il a juste envie de dormir et que tout aille bien mais tout ne va pas bien. Son rire se mue en nouveaux sanglots.

Obi-Wan se raidit. « Anakin ?

— Je pense qu’elle est en train de mourir, Obi-wan. je pense qu’elle… Et je…

— Et pourquoi penses-tu que Padmé se meurt ? » Obi-Wan demeure le calme au milieu de la tempête d’Anakin.

« Je fais des rêves, dit Anakin. Tout comme ceux que je faisais de ma mère. Elle y meurt en couches. Vous êtes toujours là. Elle m’appelle toujours. Je… je ne peux pas dormir. Je n’ai pas dormi depuis des jours.

— C’est pour ça que je t’ai trouvé ici ? »

Anakin acquiesce. « Je ne peux pas vivre sans elle, dit-il. Je ne peux pas.

— Oh, Anakin », dit Obi-Wan en lui prenant l’épaule, d’une façon si apaisante qu’Anakin se sent presque mieux. « Nous allons lui procurer les meilleurs soins médicaux disponibles, d’accord ? On prendra bien soin d’elle.

— Mais dans mes rêves je la vois —

— Le futur est toujours en mouvement, Anakin. »

Obi-Wan relâche son épaule et lui tend la main tout comme il l’a fait des années plus tôt. Anakin s’y accroche comme si sa vie en dépendait et laisse Obi-Wan le remettre sur pied.

Anakin se trouve bientôt entraîné hors de la Chambre du Conseil.

« Qu’est-ce qu’on fait ?

— La première chose qu’on va faire, c’est te donner à manger, dit Obi-Wan. Je ne sais pas du tout quand tu as mangé pour la dernière fois, mais je suppose que ça fait un bon moment, hein ? Puis nous irons dans tes quartiers, où tu dormiras dans un vrai lit, et ensuite nous nous inquiéterons pour Padmé.

— Mais —

— Pas de mais. »

Anakin le suit. Il n’avait pas d’argument de toute façon.
***
Pour la première fois depuis longtemps, Anakin dort sans être accablé de cauchemars. Il se réveille au matin, désorienté par la quantité de sommeil qu’il vient de traverser.

Il titube dans la cuisine, les cheveux encore ébouriffés, et reste bouche bée devant le spectacle qui s’offre à lui.

Le soleil brille par les fenêtres ouvertes, illuminant l’appartement immaculé. Le parfum du thé au jasmin et la voix d’Obi-Wan en train de chanter emplissent l’air. Pendant un moment, Anakin n’arrive pas à se rappeler s’il s’est endormi dans son appartement ou celui d’Obi-Wan.

« Bonjour, Anakin », dit gaiement Obi-Wan, en levant les yeux de l’évier où il fait la vaisselle. « Du thé ?

— Bien sûr », dit lentement Anakin, en tendant la main vers la bouilloire.

Obi-Wan fredonne.

« Vous avez nettoyé mon appartement ? demande Anakin, incrédule.

— Eh bien, il semblait bien que tu n’allais pas le faire. »

Obi-Wan chante tranquillement pour lui-même en frottant l’un des nombreux plats sales d’Anakin. Anakin ne l’a entendu chanter que quelques fois — uniquement quand il est au sommet du bonheur. Il brille vivement dans la Force — plus vivement qu’Anakin ne l’a jamais vu briller.

« Maître ?

— Oui, Anakin ?

— Qu’est-ce qui vous est arrivé ? Pourquoi est-ce que vous… brillez ? »

Obi-Wan lui sourit, radieux. « La guerre est finie, Anakin. Nous avons gagné. Le seigneur Sith n’est plus. Ne le sens-tu pas ? »

Anakin se réveille tout de bon. Il se tourne vers la force comme il l’a toujours fait, et pour la première fois de sa vie, elle semble en équilibre. Il fixe Obi-Wan. Après quelques trop longs instants sous le regard scrutateur d’Anakin, Obi-Wan stoppe son activité et lève les yeux. « C’est impoli de fixer les gens, tu sais ?

— Vous avez l’air différent. Je vous ressens différemment.

— Est-ce que c’est une mauvaise chose ? »

Anakin y réfléchit. Il cherche les différences chez son Maître — l’homme qu’il connaît depuis si longtemps — l’homme qu’il connaît mieux que n’importe qui. Il cherche et se rend compte que le fin châle de mélancolie qu’Obi-Wan porte autour de ses épaules n’est plus là. Les légères pointes de désespoir qui étaient présentes depuis le début de la guerre ont tout bonnement disparu. L’espoir qui a toujours été là brille plus clairement que jamais.

« Non. Ce n’est pas du tout une mauvaise chose. »

Obi-Wan retourne à sa vaisselle. « En plus de nettoyer ton appartement, j’ai aussi pris la liberté de prévoir un rendez-vous pour Padmé avec les guérisseurs Jedi. Ce n’est pas très orthodoxe, mais ils ont fait une exception. »

Anakin s’éclaire. « Merci, Maître. Je ne sais pas quoi dire.

— Oh, et il y a encore une chose que j’ai oublié de mentionner.

— Encore une chose ?

— Ahsoka a contacté le Conseil Jedi pendant que tu dormais. Elle veut revenir dans l’Ordre. »

Le cœur d’Anakin bondit. « Ahsoka revient ?

— Oui, elle — »

Obi-Wan est interrompu quand la porte d’entrée s’ouvre. « Est-ce que vous êtes en train de parler de moi ? » accuse Ahsoka, le regard perçant.

« Snips ! » dit Anakin, avec un large sourire. « Tu es… tu…

— Reviens dans l’Ordre pour achever ma formation ? Oui, c’est bien le cas. »

Anakin regarde Ahsoka puis Obi-Wan puis Ahsoka de nouveau.

Pour une fois, tout semble parfaitement en équilibre.
***
« C’est froid », se plaint Padmé quand Maître Che étale le gel à ultrasons sur son ventre rond.

« Mes excuses, Sénatrice.

— Non, ce n’est rien, je veux voir le bébé. »

Vokara continue ses préparatifs jusqu’au moment où elle diffuse l’échographie sur l’écran. Elle règle le son et soudain de rapides battements de cœur les submergent.

« Bonne nouvelle, Sénatrice, dit Maître Che. Les bébés et vous êtes en parfaite santé. »

Anakin sourit à Padmé, mais elle a l’air confuse.

« Attendez, dit-elle. Les bébés ? »

Il ne faut que quelques secondes de plus pour que la lumière se fasse dans l’esprit d’Anakin. Il se tourne vers Padmé avec de grands yeux.

« Oui, Sénatrice, il semble qu’il y ait deux battements de cœur.

— Des jumeaux ? hoquette Anakin.

— Des jumeaux », répète Padmé, incrédule.

Le jeune couple glousse à l’unisson, partage cet instant de joie et de panique.

Et puis Anakin se rend compte de quelque chose.

« Ani, qu’est-ce qu’il y a ? demande Padmé d’une voix teintée d’inquiétude. Qu’est-ce qui ne va pas ?

— Rien. Rien du tout. Je suis ravi. Deux bébés. Tu arrives à le croire ?

— Quelque chose te préoccupe.

— Tu es sûre que tu n’es pas celle qui est sensible à la Force ?

— Ani, dit-elle fermement.

— Ce n’est rien. C’est juste… Je vais devoir le dire à Obi-Wan.

— Eh bien, oui, il va savoir qu’il y en a deux à un moment ou un autre, à moins que tu ne veuilles continuer à lui cacher des choses.

— Non, pas ça », dit Anakin. Il laisse échapper un profond soupir. « Je vais devoir lui dire que je quitte l’Ordre. »

Padmé en reste bouche bée. « Mais Ani… Ils allaient te nommer maître. Tu as gagné la confiance de Maître Windu.

— Je sais.

— Tu allais obtenir tout ce que tu voulais.

— Tu es tout ce que je veux. Toi et les jumeaux. Je ne pensais pas que je pouvais choisir, mais je le peux. Je vous choisis, toi et nos enfants. Toujours toi et nos enfants. »

Padmé irradie de bonheur, puis se renfrogne légèrement. « Mais est-ce que tu ne pourrais pas juste —

— Non. Je dois le faire. Peut-être qu’ils me laisseront revenir plus tard quand les jumeaux seront plus âgés, mais pour le moment… Vous êtes tout ce dont je me soucie. Je dois me retirer — pour le bien de tout le monde.

— Je suis fière de toi, dit-elle après un instant. Pour reconnaître tes propres vulnérabilités, pour accepter de te retirer.

— Je ne pensais pas que je le pourrais jamais, jusqu’à ce que j’entende leurs cœurs ; maintenant je sais que je le dois.

— Si tu en es sûr, Ani. »

Anakin sait qu’il n’a jamais été plus sûr de quoi que ce soit dans sa vie.
***
Anakin emmène Obi-Wan dans les jardins.

« J’ai quelque chose à vous dire », dit-il comme ils passent une rangée de buissons parsemés de fleurs jaunes.

« Je sais, répond Obi-Wan.

— Vous savez ?

— Je te connais, Anakin. Je sais ce que tu vas me dire. Tu quittes l’Ordre, n’est-ce pas ? »

Anakin avale sa salive. Entendre les mots sortir de la bouche d’Obi-Wan est difficile. « Oui, Maître.

— Eh bien, dit Obi-Wan, aussi calme et contemplatif que jamais, je suppose que tu vas avoir besoin d’aide pour vider cet appartement que je viens juste de nettoyer pour toi. »

Aucun des deux ne peut s’empêcher de rire.

« Pour autant que j’apprécie que vous ayez pris le temps de nettoyer mon appartement, j’ai peur d’avoir encore une faveur à vous demander.

— Tout ce que tu veux, mon ami », dit Obi-Wan.

Et Anakin le lui demande.
***
Anakin emmène Ahsoka aux salles d’entraînement.

« Vous partez ? » demande-t-elle, incrédule. Elle éteint ses sabres d’entraînement. « Mais je viens juste de revenir ! »

Son expression brise le cœur d’Anakin.

« Je sais, Snips. Je suis désolé. Vraiment. Mais je ne peux pas rester, ce n’est pas responsable. Pas avec les jumeaux.

— Mais vous ne pourriez pas —

— Ahsoka. »

Elle soupire. « Est-ce que je pourrai toujours vous voir ?

— Bien sûr que oui. Quand tu le veux. Padmé et moi serons sur Naboo. Ce n’est pas très loin d’ici.

— Maître ?

— Oui, Ahsoka ?

— Je suis heureuse pour vous. Vraiment, même si je suis triste que vous partiez mais…

— Tu es inquiète de savoir qui va compléter ta formation. »

C’est une affirmation, pas une question. Tout comme Obi-Wan connaît Anakin, Anakin connaît Ahsoka. C’est peut-être un effet secondaire de l’enseignement.

Ahsoka acquiesce.

« J’ai déjà demandé à Obi-Wan. Il terminera ta formation à ma place. »

Le visage d’Ahsoka s’illumine. « Obi-Wan va me former ? demande-t-elle avec excitation.

— Woah, ne sois pas trop excitée de te débarrasser de moi. »

Elle ricane. « Ne vous méprenez pas, Maître, dit-elle. Vous êtes mon préféré, mais Obi-Wan… »

Anakin grimace. « En fait il est assez pénible, la plupart du temps. Je vais très vite te manquer. »

Ahsoka lui donne un coup d’épaule taquin. « Je suis heureuse pour vous, Skyguy.

— Ouais, je suis heureux aussi. »
***
Anakin se tient devant Obi-Wan et Ahsoka sur la plate-forme d’atterrissage du Temple. Il avait pensé que prendre la décision de partir serait le plus dur, mais…

Il se rend compte que c’est le véritable départ qui est le plus difficile.

Anakin regarde Ahsoka avec affection. « À bientôt, Snips », dit-il. Il voit ses yeux emplis de larmes et une fois de plus maudit la Force ou le destin ou quoi que ce soit qui a fait que leur temps passé comme Maître et Padawan a été si amèrement court.

Elle se rue en avant et enfouit son visage dans la tunique d’Anakin. « À bientôt, Skyguy. » Sa voix est étouffée, mais il sait ce qu’elle veut dire.

À contrecœur, elle se dégage, mais non sans lui serrer les bras — avec une poigne suffisante pour le meurtrir.

Anakin se tourne vers Obi-Wan et il lutte de toutes ses forces pour empêcher les larmes de couler. L’homme qui l’a élevé se tient droit et fier, prêt à laisser le garçon qu’ il a élevé partir vers sa nouvelle vie.

« Au revoir, pour l’instant, mon ami », dit Obi-Wan. Des pattes d’oie se forment aux coins de ses yeux qui pétillent, pleins de chaleur et d’affection et peut-être d’une pointe de tristesse.

Peut-être plus qu’une pointe.

C’est alors seulement qu’Obi-Wan fait quelque chose qui ne lui arrive que très rarement : il attire Anakin à lui et l’enveloppe dans une étreinte si soudaine et si étroite, qu’Anakin en aurait perdu son équilibre si Obi-Wan ne l’avait pas maintenu.

Anakin rit doucement. « Ne me regrettez pas trop, Maître, ce n’est pas la voie des Jedi.

— Ne fais pas le malin avec moi quant à la voie des Jedi, Padawan », le prévient Obi-Wan en le relâchant. Il fronce les sourcils mais ses yeux sourient encore.

Anakin jette un dernier regard à son ancien Maître et à son ancien Padawan avant de se tourner vers le vaisseau où Padmé l’attend patiemment.

Alors qu’il s’éloigne, il entend la voix d’Obi-Wan.

« Allez viens, Ahsoka, dit-il. Allons marcher un peu. »

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : ven. 03 avr. 2026 - 13:31
par Amiral Vyze
Et bien quelle fin ! :siffle: Peut-être est-ce ce que qui aurait dû arriver, qui sait.

Merci pour cette trad, j'en ai lu quelques unes que tu proposait et cela m'as rappelé quelques détails sympas que je vais intégrer dans ma fic, alors encore merci pour ton travail.

J'espère que tu continuera à poster d'autres histoires.

Re: Le sol sous nos pieds

Publié : ven. 03 avr. 2026 - 17:34
par Sierra
Haha, oui, ça surprend un peu après les trois premiers chapitres, mais quelque part ça se tient ? Et puis bon, des fois, on a juste envie que ça finisse bien.

Contente que ces trads puissent t'inspirer, et oui je compte bien continuer, mais la prochaine sera bieeeen plus longue (26 chapitres ! dont je n'ai encore traduit que la moitié) et dans un tout autre registre.

Merci encore d'avoir lu !