Le livre de Boba Fett – Épisode 7 – Au nom de l’honneur
La guerre est sur le point d’éclater, et sur Tatooine, plus rien ne sera comme avant…
Je n'en peux plus de cette pseudo-guerre qui ouh là là devrait nous faire peur avec les trop méchants Pykes.
Les quinze premières minutes de l’épisode tentent pourtant de nous la vendre, cette guerre : on nous explique la situation, très tendue, mais Fennec Shand nous explique qu’ils ont des hommes partout, et que les Pykes ne pourront pas les surprendre et… c’est tout sauf crédible. La force de frappe de Boba Fett se monte à, quoi, une douzaine de personnes ? Qui patrouillent en ville ou alors sont stationnées en plein milieu des artères ? Mais qui y croit, sérieusement ? Qui a écrit ça, qui a validé ça, alors même que la série va nous la jouer combat désespéré ? Alors oui, la promesse d’une alliance Boba-Mando est prometteuse et oui, les voir ensemble en action fait vraiment plaisir, mais au-delà de ce plaisir, que reste-t-il ? Une mise en scène plate, une absence totale de dramaturgie ou de prise de risque visuelle, une bande sonore inexistante, des ralentis malvenus et à tout le moins mal maîtrisés (n’est pas Zack Snyder qui veut, dommage pour Robert Rodriguez) et un déroulement narratif qui propose quelques surprises mais qui coche toutes les cases possibles et imaginables.
Alors oui, plusieurs points m’ont satisfait dans cet épisode : les retrouvailles entre Mando et Grogu, touchantes, la maîtrise du sabre noir par Mando, la dernière scène concernant le duo dans leur nouveau vaisseau (hilarante, cette scène d’ailleurs, c’est
ça qu’il aurait fallu mettre en scène de mi-générique et pas la scène présentée qui semble insulter le personnage impliqué), Grogu qui utilise la Force à des moments pertinents et stratégiques, Krssantan qui débarque en balançant des Trandoshans dans tous les sens… Mais presque aucune de ces scènes n’implique Boba. Cela pose un problème. Une partie du problème, c’est évidemment l’écriture du personnage, une autre c’est la réalisation, une dernière, c’est le jeu de Temuera Morrison, qui fait ce qui peut avec ce qu’on lui donne, mais qui ne le fait pas bien. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un mauvais acteur… mais je ne suis pas loin de le penser.
Passées les quinze premières minutes poussives à souhait, l’épisode enchaîne dans un déluge d’action sans temps mort, mais qui oublie le scénario et la cohérence sur le bas-côté : ainsi, les personnages passent un certain temps à… gagner du temps pour qu’un autre personnage fasse quelque chose qui… ne fonctionne pas. Cela pourrait être drôle, si l’écriture et la réalisation jouaient le jeu, mais non. La non-utilisation de Cobb Vanth est incompréhensible, mais en fait si : le personnage a juste servi à montrer à quel point Cad Bane est dangereux. Voilà. Peut-être aurait-il fallu le montrer plus tôt dans la série, non ? Dangereux d’ailleurs, certes, mais aussi très bête : les scènes expliquant le sort réel des Tuskens sont affligeantes, tant Bane n’a aucun intérêt à poser la question (ah, si, c’est pour que nous le sachions), et ensuite, c’est gros comme une maison qu’il révèle ça à Boba pour l’énerver… Degré zéro de l’écriture. Et puis le voir traiter Fett de « vieil homme », pourquoi pas, mais que dire de lui dans ce cas…
Bref. La série est loupée, totalement, et réalise un hors-sujet magistral de sa propre intrigue et de son propre personnage principal. Vous n’en saurez pas plus sur Boba Fett à l’issue de ces 7 épisodes, qui s’avèrent en revanche indispensables pour aborder sereinement la saison 3 de
The Mandalorian. En même temps, que le personnage principal d’une « série de gangsters » se fasse braquer sa propre série…
Note : 50 %
(Tu m'étonnes que Marvel n'ait pas adapté cette série en comic-books...

)