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Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mar. 15 avr. 2025 - 23:31
par Jagen Eripsa
Chose promise, chose due : la suite !

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Chapitre 67

Leia sursauta en entendant les détonations, mais sa surprise n’était rien face à celle de Sedriss lorsqu’il fut touché au torse. Ses yeux s’écarquillèrent sous le choc et il partit en arrière, rejeté à cinq mètres de Celric qui restait au sol, inerte.
Elle se tourna aussitôt vers Poldrei qui avait examiné le combat avec autant d’intensité qu’elle. Quelques instants plus tôt, elle l’avait entendu murmurer.
— Maintenant, avait-il dit.
Elle avait songé qu’il s’agissait d’un commentaire, mais, à présent… ?
Comme pour confirmer ce qu’elle avait deviné, le Consul s’avança en direction des combattants hors course, sans un mot pour elle. Elle le suivit, comme leurs gardes du corps et les deux holodocumentaristes qui les accompagnaient depuis leur départ du camp de base.
En se rapprochant, Leia aperçut les troupes de Sedriss, de l’autre côté du bouclier. Elles semblaient figées, incapables d’intervenir, comme des droïdes privés de leur ordinateur central. Elle aurait aimé percevoir leurs intentions, mais elle se trouvait dans le périmètre d’action des ysalamiris et se trouvait privée de ses capacités habituelles.
Poldrei marchait d’un pas vif. Leia s’attendait à le voir d’abord se rapprocher de Celric Tavill, mais il s’en tint à bonne distance, allant jusqu’à le contourner pour se rapprocher de Sedriss.
Ce faisant, Leia put voir que son visage s’était durci. Et cela lui rappela avec force que malgré leurs échanges cordiaux, en dépit de sa courtoisie, de son respect pour les Jedi et de sa haine envers Palpatine, Poldrei restait avant tout un Impérial. C’était l’homme qui avait fait assassiner ses rivaux pour fonder la Fédération Impériale, et ce moment le rappelait mieux que tout autre. Pour la première fois, Leia vit sur le visage du Consul cette dureté implacable, ce zeste de cruauté même, que lui avait dépeint Siveline.
Derrière lui, l’air sembla se troubler un instant ; puis deux soldats impériaux en armure noire intégrale surgirent du néant. Des champs de dissimulation, comprit la Conseillère. Ils pouvaient être générés par les importants sacs à dos qu’ils portaient… Mais non, comprit-elle en les observant. Ils portaient avec eux des ysalamiris. De parfaits tueurs de Jedi, réalisa-t-elle avec un soupçon de crainte. Ils prirent position de part et d’autre du Polcaphréen, qui vint surplomber Sedriss.
Il s’arrêta au-dessus de l’Exécuteur. Le bras droit de Palpatine n’avait plus l’air que d’un jeune homme apeuré, à présent ; une bile mousseuse lui coulait du coin des lèvres tandis qu’il agonisait au sol. Il haletait sous l’effet de la douleur.
— Vous… vous… tenta-t-il de dire. Ce n’est pas… Comment…
Poldrei lui jeta un regard méprisant.
— Vous avez cru que la Force vous protégerait ? Que Palpatine vous viendrait en aide ?
Il s’accroupit et baissa la voix, Leia n’en entendit qu’un murmure :
— Le sentez-vous, à présent ? Pensez-vous qu’il pourra vous aider si votre mort survient en l’absence de la Force ?
Le regard de Sedriss avait perdu toute sa hargne pour laisser place à la peur, voire la panique. Il se mit à haleter encore plus fort.
Alors, Poldrei se releva calmement et porta sa main droite à son holster. Il en décrocha son blaster de poing aux reflets chromés, vérifia qu’il était activé et en ajusta la visée.
Et il tira en plein dans la tête de l’Exécuteur.
— Pour l’ambassadeur Stefside, lança-t-il avant de lancer deux autres salves. Pour le Diktat Gallamby et les autres Corelliens que vous avez tués… Et pour tous les hommes qui sont tombés en reprenant cette planète.
Le Jedi Obscur ne répondit pas. Toute vie l’avait déjà quitté.
Sous le choc, Leia se sentit incapable de réagir. Elle resta spectatrice, tandis que le Consul se tournait de façon à parler tant à ses hommes qu’à ceux qui défendaient encore le centre de Coronet.
— Ce n’était qu’un homme ! lança-t-il en haussant le ton pour être entendu de tous. Un homme mortel, comme tous. Ses pouvoirs ne lui auront pas permis d’échapper aux conséquences de ses crimes. Il n’en commettra plus aucun. Mais il n’était qu’un pion entre les mains du premier coupable, de l’être qui a déchaîné toutes ces guerres à travers la galaxie : Palpatine !
Il raccrocha son blaster et porta sa main au cœur.
— J’en fais le serment, ici, devant vous : Palpatine paiera pour les crimes dont il s’est rendu coupable. Comme son acolyte, il mourra – et pour de bon, cette fois. Nous trouverons le moyen, et nous le vaincrons.
Il se tourna alors vers les troupes de Sedriss, encore protégées par leur bouclier.
— Nous ne ferons preuve d’aucune pitié envers ses complices. Ils seront traqués, jugés, anéantis s’il le faut. Pour vous, soldats, qui combattez encore son nom, deux choix sont possibles : la reddition ou la mort. Plusieurs de vos officiers ont déjà compris quelle était la bonne solution et se sont joints à nous cette nuit. À présent, c’est à vous de voir. Choisissez… et vite.
Puis il se détourna. D’un signe de la main, il désigna Celric ; deux soldats sortirent des rangs pour prendre en charge le jeune Protecteur et l’emporter. Poldrei repartit en direction de la plateforme de combat Aratech, sans adresser un regard à Leia.
Celle-ci jeta un dernier coup d’œil aux troupes de Sedriss. Elles étaient toujours figées, incapables d’agir. Pendant qu’elle tentait de les compter, elle vit que la paroi énergétique bleutée qui les protégeait s’estompait. En quelques secondes, elle disparut.
Un premier stormtrooper jeta son arme au sol. Un autre l’imita.
Elle se détourna, comprenant que la bataille de Coronet était désormais terminée.
 
*  *
*
 
Celric avait été emmené au centre de commandement avancé et pris en charge par les médics fédéraux dès la fin du combat. Ils lui avaient appliqué des patchs au bacta sur ses plaies, assurant qu’il ne garderait aucune séquelle de l’affrontement, tout au plus une fine cicatrice. Il était néanmoins maintenu inconscient pour ne pas souffrir
Leia l’observait avec inquiétude. Celric n’avait que quelques années de moins qu’elle, mais il semblait si jeune, si vulnérable, en cet instant, qu’elle ne put s’empêcher de penser à ses propres enfants.
Jacen… Jaina… Vous me manquez tellement, tous les deux. Je sais que vous êtes sur Kashyyyk pour votre sécurité, mais c’est tellement difficile, sans vous…
Un sifflement d’air accompagna l’ouverture de la porte. Carth Poldrei se tenait dans l’embrasure.
— Ah. Vous êtes là, lança-t-il.
Sa voix n’avait plus la dureté manifestée un peu plus tôt et semblait plutôt hésitante. Il semblait un peu gêné, mais Leia fit mine de ne pas y prêter attention.
Il s’approcha du blessé.
— Comment va-t-il ? demanda le Consul à voix basse.
— Les médics assurent qu’il s’en remettra, répondit Leia.
Elle vit le soulagement apparaître sur le visage du Polcaphréen.
— Bien. Il est vivant, c’est le principal… Lui et bien d’autres. Nous avons pris possession des dernières positions ennemies et capturé leur Diktat fantoche. Il n’y a eu que quelques fanatiques pour résister. C’est une belle victoire, avec davantage de survivants que ce que nous aurions pu craindre…
— Mais pas Sedriss, fit remarquer la jeune femme.
Poldrei se renfrogna un peu.
— En effet.
Il laissa quelques secondes de silence, puis reprit :
— Le sort de Sedriss était scellé depuis le début de cette affaire.
Comme elle ne répondait pas, il poursuivit :
— Savez-vous que les Mandaloriens ont autrefois tenté de capturer des Jedi ? Certains récits disent qu’ils voulaient les faire combattre dans des arènes, d’autres qu’ils prévoyaient de les torturer, d’autres encore qu’ils souhaitaient pratiquer des expériences sur eux pour comprendre l’origine de leurs pouvoirs… Ils ont conçu des vaisseaux spéciaux pour les transporter, élaboré des entraves en métal résistant à leurs sabres… Mais ils ont quand même fini par perdre. On ne peut pas capturer durablement un Jedi puissant. La Force leur offre toujours une opportunité pour s’échapper. L’Ordre 66, dans l’absolu, prévoyait une capture des Jedi, mais comment s’est-il traduit ? Par des exécutions en masse. Seuls les moins puissants ont été capturés. Sedriss ne pouvait pas être maîtrisé.
— Vous avez les ysalamiris.
— C’est vrai, admit Poldrei, et ils nous ont été bien utiles. Les recherches de Thrawn sur le sujet ont été un atout presque aussi important que ses dons pour la stratégie. Mais ils ne sont pas des garanties éternelles. Et, de toute façon…
Il soupira.
— Il fallait faire un exemple. Montrer que la Fédération Impériale – et le Pacte avec elle – ne transige pas. Ce n’était pas honorable, j’en conviens. Mais Sedriss n’avait rien d’un homme d’honneur. Il a assassiné mon ambassadeur. Je doute que Jan Stefside ait eu la moindre chance de se défendre face à un sabre laser… Alors je ne regrette pas de m’être parjuré.
— Les petites trahisons en amènent de plus grandes, remarqua Leia.
— Je le sais, répondit le Consul. C’est toujours une pente glissante. Mais je pense avoir trouvé la mesure. Si un Jedi avait agi ainsi, je me serais inquiété. Mais la Force ne me parle pas, et je n’ai aucune emprise sur elle. Le Côté Obscur – mon Côté Obscur – ne m’inquiète pas. Cela fait longtemps que je le côtoie, et je sais le tenir en respect. Ma conscience, toutefois…
Il s’approcha du blessé, contemplant les bandages imbibés de bacta.
— Eh bien, je sais que si j’avais laissé Celric mourir, alors que j’étais en mesure de l’empêcher, je n’aurais pas été en paix.
Il regarda encore quelques instants le jeune homme, puis sortit sans un mot de plus.
Leia se rapprocha alors à son tour de Celric, en se demandant ce qui liait le Consul à ce jeune homme. Elle se promit de demander à Siveline si elle en savait davantage – bien qu’à la réflexion, Athalée soit sûrement la plus à même de répondre.
Elle ne pouvait se cacher qu’elle comprenait la réaction de Poldrei… Même si cela la dérangeait. Tuer un ennemi désarmé n’était pas dans ses principes. Elle se targuait de savoir où était la limite entre le bien et le mal ; mais était-ce si clair, finalement ? Poldrei avait raison : rien n’aurait pu justifier de laisser Sedriss tuer Celric sans réagir. L’Exécuteur lui-même avait promis un duel non létal. Il s’était parjuré le premier en tentant d’achever le Protecteur à terre. L’abattre était justifié.
Mais il n’était pas mort sur le coup, et c’était bien tout le problème ! Il avait été touché gravement, des blessures fatales sans soins, sans doute, mais ce que Poldrei avait fait… Cette mise en scène, autour de l’exécution… C’était là qu’il avait dépassé les limites de l’acceptable. La vengeance, dans cet acte, était un point dérangeant, mais il y avait aussi le message qu’il avait voulu faire passer. Une intimidation. Jouer sur la peur… N’était-ce pas le principe de la Doctrine Tarkin, ce comportement impérial qu’il prétendait réprouver ?
 — Dites, je cherche l’infirmière, fit alors une voix familière derrière elle. J’ai quelques égratignures qu’il faudrait soigner. Vous pourriez p’t’être vous en charger, nan ?
Elle se retourna, un sourire naissant sur son visage.
— Je te croyais toujours en orbite, dit-elle avant d’embrasser tendrement son mari sur les lèvres.
Quand ils se séparèrent, Han avait retrouvé sa moue un peu mutine et taquine, celle-là même qui l’avait faite craquer des années plus tôt.
— J’ai un second efficace qui ne demande qu’à commander, répondit-il. Et Bel Iblis a convoqué tous les officiers corelliens au sol. Mais je ne pouvais pas aller le rejoindre sans te serrer d’abord dans mes bras !
Et il joignit aussitôt le geste à la parole. Sa présence réconforta Leia. Han était comme un ancrage rassurant dans sa vie, une sécurité symbolique qu’elle n’avait pas connue dans sa vie depuis la destruction de sa planète natale.
Même sans pouvoirs de Jedi, il devait avoir quelques dons en empathie car il devina très vite que quelque chose n’allait pas.
— Chérie ? Tout va bien ?
— Ces derniers jours ont été très éprouvants, avoua-t-elle. Mais tu sais ce que c’est… Tu as vécu les mêmes.
— Mouais. Si tu veux savoir, depuis que tu es au sol, c’est très calme, là-haut. J’étais à deux doigts d’organiser un tournoi de sabacc au mess quand on m’a appelé ici.
— Sérieusement, Han ?
— Eh ! Ça a très bien marché contre Zsinj, les équipes étaient bien plus affûtées après ça…
— Tu es sûr que je veux entendre ce genre de choses ?
— Désolé, Princesse, répondit-il avec un air faussement peiné. J’oublie toujours que tu refuses d’admettre que tu as épousé un vaurien.
Le soupir ostensible que poussa Leia se transforma en un rire partagé.
 
*  *
*
 
Dans le genre « vaurien », Han faisait sans doute partie des gentils. Hélas, on ne pouvait pas en dire autant de son cousin Thrackan.
Le Diktat déchu portait des cheveux bruns grisonnants et fins, coiffés en une raie au milieu retombant jusqu’au niveau de ses tempes. Il portait également une fine barbe de la même couleur. Ces détails mis à part, c’était le sosie parfait de Han, jusqu’à la stature, même s’il semblait un peu rétréci par les deux colosses des forces de sécurité de la Nouvelle République qui l’encadraient fermement tandis qu’ils quittaient le quartier général.
— J’imagine que nous sommes de la même famille, à présent ? lança-t-il à Leia lorsqu’on l’amena à sa hauteur.
Bon sang, ils ont aussi la même voix. Elle se préparait à une réponse mesurée quand Han, un peu en retrait, s’avança et la devança.
— Je préférerais adopter comme cousin un mynock décérébré que de t’admettre comme un de mes proches !
— Ah, Han, quel sens de la mesure !
— Inutile de fanfaronner, Sal-Solo, intervint Leia. Vous avez trahi votre planète pour servir l’Empire de Palpatine. Vos liens du sang avec Han ne vous serviront à rien.
Le visage de Thrackan se durcit à ces mots.
— Vous croyez que je suis le traître ? Contrairement à Han, je suis resté fidèle à Corellia. J’ai tout mis en œuvre pour protéger ce monde, en le plaçant avant tout le reste. Mais vous ne pouvez pas comprendre, Princesse. Vous avez été incapable de faire de même pour Aldérande, n’est-ce pas ?
À ces mots, les deux gardes raffermirent leur emprise sur Sal-Solo, de façon à pouvoir l’emporter dès que Leia en donnerait l’ordre ; mais l’arrogance et la méchanceté de l’usurpateur déchu l’avaient laissée dans l’incapacité de répondre pour une poignée de secondes. Han, lui, réagit aussitôt. Il fit un pas en avant et précipita dans le nez de Thrackan un poing ferme qui provoqua un grand bruit de craquement au contact. Le prisonnier partit en arrière et serait sans doute tombé sans ses geôliers.
Han se massa la main, sans doute endolorie par le choc.
— J’espère que je t’ai cassé le nez, lança-t-il d’un ton acerbe. Avec un peu de chance, on arrêtera de me dire que tu me ressembles. Emmenez-le ! ajouta-t-il à destination des gardes.
Voyant qu’ils hésitaient en regardant Leia, il en remit une couche :
— Eh, je suis amiral, donc vous obéissez et fissa !
Tandis que les deux hommes et leur prisonnier s’éloignaient en direction des pistes d’envol, Han prit sa femme dans une étreinte réconfortante.
— Je suis désolé, chérie, lui murmura-t-il à l’oreille. Mais Thrackan a toujours été comme ça… Il aime se donner le beau rôle, et tant pis si ça le fait mentir comme un Hutt au régime. Je suis sûr qu’il se fiche de Corellia. Tout ce qui l’a toujours intéressé, c’est sa méprisable petite personne…
— Je sais, Han, lui répondit-elle sans pouvoir s’empêcher de sourire.
— Tu n’as pas à te sentir coupable…
— Je ne me sens plus coupable, affirma-t-elle.
C’était faux, bien sûr ; au fond d’elle, une petite voix lui chuchotait toujours que c’était son engagement envers la Rébellion qui avait abouti à la destruction de sa planète d’origine. Mais cette part d’elle-même restait la plupart du temps enfouie derrière celle, plus rationnelle, qui comprenait que Tarkin avait prévu, quoi qu’il arrive, de faire un exemple.
— Désolée. La fatigue, affirma-t-elle laconiquement.
— Ouais, bien sûr…
Elle lui jeta un regard : il avait ce petit sourire montrant qu’il n’était pas dupe, mais qui indiquait aussi qu’il n’allait pas revenir à la charge en public. Et il attendit en effet une bonne heure, lorsqu’ils se trouvèrent enfin isolés dans la chambre de fortune qu’avait occupée Leia la nuit précédente, pour revenir à la charge.
— Tu ne veux vraiment pas me dire ce qui te perturbe ?
Bien que pressée de se rafraîchir un peu avant les engagements qui l’attendaient encore ce soir-là, elle arrêta aussitôt de masser son visage avec la solution tonifiante qu’elle venait d’y déposer. Elle réfléchissait à une réponse pertinente quand Han ajouta :
— C’est en rapport avec Sedriss et Poldrei, n’est-ce pas ?
Encore son fichu instinct corellien… C’est à se demander parfois si ce n’est pas lui, le Jedi, de nous deux.
— En partie, éluda-t-elle en reprenant l’application soigneuse de la lotion. Comment as-tu deviné ?
— Eh, c’est moi !
Face au regard blasé qu’elle lui lança après cette saillie – déjà entendue de la bouche de Han au moins un millier de fois –, il reprit :
— Tu sais, la flotte ne parle que de ça. La scène n’avait rien de banale, à ce qu’il paraît. Et je te connais, je sais comment tu réagis. C’est pour ça que je suis venu tout de suite.
— Je croyais qu’on t’avait donné des ordres, releva-t-elle. Les instructions du général Bel Iblis…
— J’étais en plein atterrissage quand j’ai eu le message, admit-il un peu gêné.
Elle soupira. Il est incorrigible…
Mais n’était-ce pas pour cela qu’elle l’aimait ? Et, comme pour le lui rappeler, il s’approcha pour venir lui masser les épaules, fixant son regard dans le miroir d’appoint qu’elle avait installé sur le mur face à elle.
— Je te connais autant que tu me connais, rappela-t-il alors. Je me doutais que tu réagirais ainsi.
— Parce que je suis faible ? demanda Leia d’une voix douloureuse.
— Tu es la femme la plus forte que je connaisse, affirma-t-il avec conviction. Je n’aime que les femmes avec du caractère, tu n’as pas remarqué ? D’abord Bria, et maintenant toi…
— Je vais te tenir éloigné de Siveline Jaderan, alors, plaisanta-t-elle avec un sourire forcé.
— La Force m’en préserve ! J’ai déjà assez donné avec Dark Vador comme beau-père, je ne voudrais pas de Poldrei pour le second round !
Elle ne put s’empêcher de lâcher un petit rire qui résonnait encore quand Han poursuivit :
— Tu es forte, Leia, et tu as un grand sens moral. C’est ce qui a fait de toi un repère pour la Rébellion puis la Nouvelle République. Tu as perdu beaucoup plus que la plupart des gens. Tu as été torturée, puis tu as vu ta planète détruite sous tes yeux…
— Comme me l’a gentiment rappelé ton cousin.
— Laissons ce tas de poodoo en-dehors de notre conversation, d’accord ? Ce que je veux dire, c’est que l’Empire t’a fait souffrir plus que n’importe qui, et malgré cela tu es celle qui a négocié cet accord avec Poldrei. Les gens s’attendent à ce que tu fasses ce qui est bien, ce qui est juste. Mais, parfois, on ne peut tout simplement pas.
Elle fronça les sourcils.
— Tu veux dire que tu es d’accord avec Poldrei ?
— Ça ne me réjouit pas, mais oui, avoua-t-il. De ce que j’ai compris, ce Sedriss en avait après Luke, et aussi un peu après toi, pas vrai ? Dans ce cas, s’il s’était échappé sans avoir pu te capturer, c’est à nos enfants qu’il s’en serait pris. Et tu le sais. Ce que Poldrei a ordonné, cette exécution… Ce n’était pas honorable, sans doute. Ce n’était pas moral. Mais, parfois, la vie ne te laisse pas le choix. C’est tuer ou être tué, tuer ou laisser des proches mourir, parfois même tuer ou laisser des gars qui n’ont rien demandé se faire trucider parce que tu as été incapable d’appuyer sur la gâchette. Alors, faut accepter de se salir les mains, de temps en temps. Tu mets la morale de côté, tu tires le premier avant que l’autre ne puisse te descendre, et tu traites le reste plus tard, étape par étape.
Leia dut admettre que c’était une approche plutôt pragmatique, à défaut d’être complètement morale. En somme, elle se prêtait plutôt bien à Han et à des hommes comme Poldrei, qui se montraient plus flexibles qu’elle en la matière.
Elle songea à ce qu’avait dit le Consul un peu plus tôt : « Mon Côté Obscur ne m’inquiète pas ». Hélas, elle ne pouvait pas prétendre la même chose. Elle sentait plus que jamais la séduction insidieuse de la facilité. Pourtant, elle savait que c’était une voie plus ardue qui l’attendait, où elle allait devoir rester une boussole morale pour une Nouvelle République blessée, tout en assumant sa filiation avec Vador, dont la galaxie était désormais informée.
Elle soupira. Décidément, l’héritage Skywalker pouvait se révéler bien lourd à porter…

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mer. 07 mai 2025 - 19:40
par L2-D2
Diantre, mais n'aurais-je point loupé les deux derniers Chapitres ? Il semblerait bien que oui !

Chapitres 66 et 67 lus !

Alors, je craignais d'être une nouvelle fois un peu perdu (je lis trop de SW différent en ce moment, j'en suis au stade où je m'attendais à ce que Marchion Ro de la Haute République débarque à un moment ! :transpire: ), mais non seulement ça n'a pas été le cas, mais en plus tu mets fin à une sous-intrigue de fort belle manière ! Je ne m'attendais pas à ce que Sedriss ait droit à un tel destin, comme ça, alors qu'il entre véritablement en scène (à part 2-3 rapides apparitions biiiiiiien plus tôt ! :wink: ), avec un joli duel avec Celric qui s'impose comme un personnage génial et à qui tout peut arriver (je me suis demandé l'espace d'un instant si tu allais oser le sacrifier...).

Et puis Poldrei, toujours aussi impérial (facile, je te l'accorde), d'une grande classe, qui fait ce que l'on n'imagine pas forcément un protagoniste faire, et les dernières paroles qu'il adresse à Sedriss sont tout autant cruelles que bienvenues, on l'imaginerait presque agenouiller près du lecteur en train de les murmurer... et ce face-à-face ensuite avec Leia ! Le duo fonctionne toujours aussi bien !

Et on termine avec un Han Solo toujours aussi fidèle au personnage. Evidemment, petite référence au "gentil vaurien", c'est facile mais ça fonctionne toujours et c'est amusant de voir que c'est devenu une sorte de trait d'humour au sein du couple. Bien fait pour Trackan, ça va le calmer !
Jagen Eripsa a écrit :J'ai oublié de préciser que ce chapitre avait une particularité dans les techniques d'écriture... À vous de deviner laquelle ! :cute:
A ma grande honte, je n'ai pas vu ce à quoi tu fais référence... :oops:

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : jeu. 08 mai 2025 - 20:17
par Jagen Eripsa
Merci pour ton retour L2 ! :jap:
L2-D2 a écrit :Je ne m'attendais pas à ce que Sedriss ait droit à un tel destin, comme ça, alors qu'il entre véritablement en scène (à part 2-3 rapides apparitions biiiiiiien plus tôt ! :wink: ), avec un joli duel avec Celric qui s'impose comme un personnage génial et à qui tout peut arriver (je me suis demandé l'espace d'un instant si tu allais oser le sacrifier...).
Eh bien, je ne suis pas G.R.R. Martin... Mais l'introduction avait pour titre "A Game of Thrawn", donc mieux vaut considérer que tout peut arriver. :D
L2-D2 a écrit :A ma grande honte, je n'ai pas vu ce à quoi tu fais référence... :oops:
Eh bien... Une partie du combat au sabre a été écrite par l'IA Copilot de Microsoft Word.

J'étais en pleine rédaction de ce chapitre quand le système a été intégré à Word, et ça a entraîné ma curiosité. J'ai fait quelques tests, mais j'avais surtout des messages d'erreur. Et puis, au moment d'arriver à ce combat, je tente "combat de sabre laser"... Et là j'obtiens un passage plutôt bien écrit, intégrant comme il faut les personnages de Celric et Sedriss ! J'ai retouché certains termes, ajouté des détails, retiré ceux qui ne convenaient pas, mais l'ossature a été générée.

Je ne suis pas favorable aux générations d'IA à tout-va, mais je trouve ce procédé assez intéressant, notamment pour débloquer l'écriture sur des passages bloquants. :cute:

La suite est partiellement écrite, donc j'espère la sortir prochainement !

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mer. 16 juil. 2025 - 7:00
par Daemon_Whitefyre
Salutation Jagen Eripsa. C'est une excellente histoire que tu as ecris et que je suis incognito depuis des annees. Aurais-tu un lien vers le le tome 1 de la Federation Imperiale? La page n'existe plus sur le site :cry: . Bonne journee!

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mer. 16 juil. 2025 - 16:58
par Jagen Eripsa
Hello, bienvenue sur SWU... et merci pour ton commentaire ! Effectivement, la mise à jour du forum a réécrit pas mal d'URL. Le tome 1 est ici : viewtopic.php?t=15627 !

Bonne lecture :jap:

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : lun. 01 déc. 2025 - 21:12
par Jagen Eripsa
Bon... Je ne pensais pas que le dernier chapitre remontait à avril... J'étais persuadé qu'il datait de juillet... Oo

Je ne suis pas resté inactif sur la Fédération depuis lors, même si l'écriture n'a pas été aussi productive que je l'aurais souhaité. Néanmoins, je devrais pouvoir proposer, en plus du chapitre d'aujourd'hui, les deux chapitres restants de cette deuxième partie d'ici la fin de l'année !

Et ensuite... Ensuite, j'attendrai d'avoir avancé un peu avant de me lancer dans la publication de cette troisième et dernière partie de ce tome 2. Je m'y suis pris bien trop mal pour celle-ci, j'ai laissé de côté le rythme (plus) régulier que j'avais pu avoir pour le premier tome, et cela m'a pesé. Le pire étant que je ne cesse jamais de ne penser à cette histoire, au moins une fois par jour me semble-t-il... :think:

Bref ! Voici le chapitre 68. Bonne lecture. :jap:

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Chapitre 68

Une neige de cendres tombait par endroits sur Coronet. De petits débris issus des affrontements spatiaux s’étaient mêlés à ceux des affrontements de la veille, et les systèmes de contrôle atmosphérique de la capitale corellienne, perturbés par les combats, en avaient fait des nuages qui déposaient ici et là de fines couches de dépôts grisâtres.
L’appartement où se trouvait Siveline faisait partie des lieux touchés par ce phénomène. Cette poussière salissante était venue couvrir les vestiges du mobilier détruit lorsqu’une explosion avait détruit la verrière de ce bloc d’habitation. La jeune femme inspectait les dégâts en tentant de se représenter l’aspect des lieux avant la bataille, ce qui n’était pas simple vu l’ampleur des destructions subies.
Elle passa négligemment le doigt sur la surface d’un meuble et observa les saletés qui s’y accrochaient. L’endroit était devenu inhabitable… Comme tant d’autres logements des quartiers où les combats avaient fait rage. Les armes s’étaient tues, mais il faudrait du temps avant de retrouver le confort d’avant-guerre. Tout ce que les Corelliens avaient cru s’épargner en s’isolant pendant la Guerre des Clones, puis en confiant leur destinée au Diktat tout au long de la Guerre Civile Galactique, ils le subissaient à présent malgré tout…
— Ah, tu es là.
Elle se retourna brusquement, surprise d’entendre cette voix familière dans cette tour qu’elle pensait abandonnée. Mais non, c’était bien lui, barrant la porte bloquée en position ouverte ; son uniforme olivâtre avait pâli à cause de la poussière ambiante, mais Ahris Garind semblait avoir plutôt bonne mine, malgré sa fatigue. Ses yeux plissés dans un regard soucieux étaient posés sur la jeune femme.
— Tu es sûre que c’est prudent d’être ici ?
— Les équipes de sécurité ont vérifié l’ossature du bâtiment, répondit-elle avec un haussement d’épaules. Rien d’inquiétant. Tous les systèmes porteurs sont intacts.
— D’accord.
Il fit un pas à l’intérieur, jeta un rapide coup d’œil autour de lui puis se rapprocha un peu plus d’elle.
— Je m’étonne de te voir au sol, lui dit-elle. J’aurais cru que tu resterais sur le Reaper.
— Mon équipage n’a pas besoin de moi pour l’heure, répondit-il.
— Tu as laissé les commandes à ton second ?
— J’ai mis en place une hiérarchie efficace, précisa-t-il avec un sourire. C’est l’une des choses que j’ai pu apprendre aux côtés de ton père : bien savoir s’entourer et utiliser au mieux les compétences de chacun. Si je ne laisse pas mes subordonnés prendre des décisions par eux-mêmes de temps à autre, ils n’évolueront jamais…
— Tu préfères l’émulation positive.
— Un point que Carth et moi partageons avec l’amiral Thrawn… et, de ce que j’en ai vu, avec de nombreux officiers de la Nouvelle République. Cela te surprend-il ?
— Je t’aurais plutôt vu du genre perfectionniste, à traquer tout ce qui ne va pas sur ton vaisseau…, le taquina-t-elle.
— La confiance n’exclut pas le contrôle, rétorqua-t-il. Mais pour être tout à fait franc, je n’ai pas pris cette décision seul. L’amiral Rogriss et l’amiral Sovv sont revenus de Sacorria voilà cinq heures pour assurer la défense du système pendant que les officiers qui ont participé à la phase principale de l’attaque sont rassemblés au sol.
— La cérémonie, c’est cela ?
— Ton père t’en a parlé ?
— En passant, admit-elle. Il voulait savoir si j’accepterais d’être présente. J’ai dit oui, précisa-t-elle en anticipant la question qu’allait lui poser Ahris. Pas pour la médaille, ou pas pour lui – même si j’ai vu que cela lui tenait à cœur – mais parce que c’est une façon de montrer que le Pacte, cette alliance entre deux anciens ennemis… Ce ne sont pas que des discours creux. C’est une réalité, et c’est ce qui nous a permis de gagner ici.
Le jeune amiral acquiesça.
— Les Corelliens des deux camps seront particulièrement mis à l’honneur, indiqua-t-il, mais tu as raison, le message sera bien plus large. Et il sera important le jour où nous pourrons enfin parler de paix.
— Tu crois que ce jour arrivera vraiment ? demanda-t-elle doucement, sans le regarder.
— Oui, affirma-t-il avec conviction. Cette bataille l’a démontré : si nous sommes unis, nous pouvons l’emporter. Le Pacte l’a aussi prouvé sur Mon Calamari, lui apprit-il. Les Dévastateurs de Mondes qui attaquaient la planète ont été détruits ou capturés. Deux grandes victoires simultanées, sur deux mondes très éloignés de la galaxie… Rien n’est jamais certain, mais les auspices nous sont favorables.
— Mais serons-nous encore vivants pour en profiter, le jour venu ? lâcha Siveline d’une voix angoissée.
— Rien n’est jamais certain, répéta Ahris.
Siveline croisa le regard du jeune homme et tenta de trouver du réconfort dans ses iris argentés. Ahris avait toujours été à ses yeux une incarnation de la certitude. Dans les jeux d’enfants qu’ils avaient partagés, le rôle de meneur lui venait naturellement, même face à ses aînés, comme le frère de Siveline, Thalas. Il semblait toujours savoir quoi faire. Mais, dernièrement, depuis leurs retrouvailles, elle avait pu distinguer en lui des fêlures, imperceptibles au premier abord mais évidentes pour elle qui le connaissait depuis si longtemps. Cet instant ne faisait pas exception.
Mais il restait une figure protectrice, par volonté ou par habitude, elle n’aurait su le dire.
— Que se passe-t-il, Siveline ? demanda-t-il doucement.
Elle exhala un soupir discret ; se confier n’était pas dans ses habitudes, mais avec Ahris, elle se sentait suffisamment en confiance pour admettre ses doutes et ses faiblesses.
— J’ai perdu plusieurs pilotes lors de cette opération, avoua-t-elle. Onze et Douze lors des combats spatiaux. Des bleus que je ne connaissais même pas vraiment… Mais il faudra que j’écrive à leur famille malgré cela. Et lors des affrontements, au sol… Ma seconde, Heldas, a été victime d’une avarie lorsque nous combattions au-dessus de ce quartier. Une obstruction d’un moteur. Elle était presque parvenue à réajuster sa trajectoire quand un I-7 l’a touchée…
Elle se tourna vers la baie vitrée pulvérisée.
— Son chasseur s’est écrasé sur l’immeuble d’en face et la déflagration a réduit toutes les vitres du coin en poussière. Je voulais voir d’un peu plus près les dégâts. Elle n’a pas eu le temps de s’éjecter…
— Je suis désolé, lui dit doucement Ahris.
— Ce n’est pas la première équipière que je perds, soupira-t-elle. J’aurais peut-être dû m’y habituer… Mais je n’y arrive pas.
— Et c’est une bonne chose, assura-t-il avec gravité. On ne devrait pas se résoudre à cela. Jamais.
Il s’approcha d’elle et posa une main réconfortante sur son épaule.
— Tu n’es pas la seule à éprouver ce genre de sentiments. Tu pleures tes pilotes… Et moi, je songe à toutes ces vies qui sont parties à cause des ordres que je suis contraint de donner pour nous offrir une chance de victoire. J’en connaissais très peu. En vérité, j’ignore même leur nombre exact. Est-ce que cela fait de moi un monstre… ?
Il exhala doucement, comme s’il laissait échapper cette douleur contenue en lui qu’il masquait si bien au quotidien. C’était étrange pour Siveline de le voir si vulnérable, en proie aux doutes, mais elle ne l’en appréciait que davantage ; ce côté humain était réellement touchant. Ils restèrent ainsi, en communion silencieuse, pendant de longues secondes.
— Je crois que je vais quitter la flotte, lâcha-t-il finalement.
Elle pivota brusquement sous l’effet de la surprise.
— Quitter la flotte ? répéta-t-elle en le regardant. Maintenant ?
— Non, non, tout de même pas ! répondit-il avec un petit rire. Nous avons un combat essentiel à mener.
— Et ce n’est pas ton genre de déserter, approuva-t-elle.
— Non. Mais je songeais à… À plus tard, en fait. À la vie que j’aimerais mener quand la paix sera revenue.
— Tu n’aimes pas ce que tu fais ?
— J’y suis venu par la force des choses, rappela-t-il. J’ai intégré l’Université de Corulag parce qu’il s’agissait d’un des meilleurs établissements pour les enfants de dignitaires impériaux tels que moi. Je suis devenu l’aide de camp de ton père parce qu’il m’a offert sa protection lorsque je me suis retrouvé orphelin. J’ai intégré la flotte parce qu’il avait besoin de confier la défense de Polcaphran à quelqu’un de confiance.
Après un bref silence, il ajouta, dans un souffle :
— Et je suis devenu amiral par le caprice d’un homme que je comptais trahir et faire tuer avant même de le rejoindre…
— Je sais, répondit-elle aussitôt. Mais tu n’as fait qu’accomplir ton devoir.
— Cela ne m’empêche pas de ressentir quelques remords. Enfin… L’essentiel, dans tout ce parcours, c’est que ce sont les opportunités qui m’ont guidé plus que mes réelles envies. Mais je mentirais en disant que je n’ai rien apprécié dans tout cela... J’aime commander, par exemple, mais j’aimerais le faire avec l’objectif de créer et non de détruire.
— Tu pourrais devenir administrateur d’une ville ou d’une planète, suggéra Siveline. Voire davantage.
— Je suis sûr que ton père serait ravi de me trouver une place de Moff, s’amusa Ahris. Mais je ne suis même pas sûr de vouloir intégrer l’administration de la Fédération. Quelque chose de plus simple m’irait très bien. Une entreprise de construction, par exemple… Je pourrais entreprendre des études d’architecture. J’ai suffisamment de fonds à disposition pour cela, et il m’en restera assez pour lancer une petite affaire ensuite.
— C’est un beau rêve, admit la jeune femme.
— Quel est le tien ? demanda-t-il alors. Tu prévois de rester en service ? Ou de retourner auprès de la conseillère Organa Solo, peut-être ?
— Mon identité est bien connue de tous, à présent, répondit Siveline. Et nous ne sommes plus en guerre. Ce serait étrange, je pense, de faire partie de l’équipe de Leia dans ce contexte. Et je veux quitter l’armée, moi aussi. Mais j’aime piloter. Je pourrais peut-être donner des leçons de pilotage, songea-t-elle à voix haute. Et, qui sait, ouvrir une école ? J’ai volé avec les Rogues, après tout. De quoi faire une bonne publicité. Je pourrais aider des jeunes pilotes de cargo ou entraîner des aspirants pour Prefsbelt ou une autre académie de vol…
— Tu pourrais être une excellente professeure, approuva Ahris avec douceur. Je suis sûr que tes élèves t’adoreraient…  
Il était si proche, à présent, qu’elle se demanda s’il pouvait entendre les battements de son cœur.
— En fait, je t’y imagine déjà…
Si proche… Les lèvres entrouvertes pour laisser passer son souffle…
D’une impulsion, elle se pencha vers lui et l’embrassa.
Avait-il été surpris ? Elle n’aurait su le dire. Elle-même l’était… Et ne l’était pas, dans le même temps. Siveline ressentait cet instant comme une évidence autant qu’un grand bouleversement de ses certitudes. C’était une sensation si étrange… Et si agréable…
Quand le baiser cessa, ils se regardèrent en silence, chacun un sourire aux lèvres. Ce fut Ahris qui rompit le charme.
— Eh bien, c’était…
— Inattendu ? tenta Siveline avec un petit rire.
— Non, je ne crois pas, répliqua le jeune homme. Mais c’était agréable. Meilleur encore que je ne l’avais imaginé…
— Ne me dis pas que je suis la première fille que tu embrasses ? le taquina-t-elle.
— J’ai eu quelques copines, contra-t-il, amusé. Des relations plutôt courtes, généralement. J’avais une relation qui aurait pu évoluer vers davantage quand je vivais encore sur Polcaphran, mais nous avons rompu quand ton père m’a envoyé chez Kaine, et, depuis… En fait, je rêvais de ce baiser avec toi. Tu me plaisais déjà quand nous étions ados…
— Je ne sais pas si ça aurait marché à l’époque, contra Siveline. Je te voyais comme mon frère.
— Et maintenant ?
— Maintenant…
Elle se rapprocha et le prit dans ses bras, l’étreignant avec force.
— Tu es à la fois un lien avec un passé que j’ai combattu et un souvenir d’une époque plus heureuse, répondit-elle. Tu es un ami… Et je crois bien que tu pourrais être davantage.
Siveline le lâcha et recula pour constater que le sourire sur son visage s’était élargi.
— Est-ce que cela peut marcher, entre nous, d’après toi ? demanda-t-elle.
— Pourquoi cela ne marcherait-il pas ? contra-t-il avec légèreté. S’il y a des sentiments, de l’attirance…
— Il y a aussi le reste, rappela-t-elle.
Elle aurait aimé en faire abstraction en voyant les traits si séduisants d’Ahris, mais c’était compliqué d’oublier l’uniforme qu’il portait au même moment… et ses galons bleu et rouge d’officier de la flotte. Il reprit un air plus sérieux.
— Tu me plais, Siveline, et si je te plais également, c’est tout ce qui compte. Je te l’ai dit : si je survis à cette guerre, je n’ai pas l’intention d’offrir ma vie à la flotte. Et d’ici là, personne n’osera me mettre à pied parce que je sors avec toi.
— Mon père…
— Il a été comme un père pour moi. Plus que pour toi, sans doute, vu votre histoire commune. Et je le considère au même niveau que mes parents biologiques. Mais je ne vais pas lui demander la permission. Nous ne sommes même pas obligés de lui en parler, si tu ne le souhaites pas.
En avait-elle envie ? Même s’ils étaient parvenus à une sorte de compromis, elle n’avait pas une relation père-fille classique – quoi que ce puisse être – avec Carth Poldrei. Elle se souvenait encore trop des tourments du passé et le voyait toujours par moments comme un Moff de l’Empire. Elle n’avait pas assisté à l’exécution de Sedriss quelques heures plus tôt, mais elle en avait entendu le récit. Si elle approuvait l’acte, elle ne pouvait s’empêcher de rapprocher cette colère de son père de celle qui les avait séparés pendant si longtemps… Et cela l’effrayait.
— Pas tout de suite, proposa-t-elle alors. Un jour, mais… pas tout de suite.
— Comme tu le souhaites, promit-il.
Et il déposa un autre baiser sur ses lèvres.

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mar. 02 déc. 2025 - 8:44
par sam sanglebuc
Ahhhhh, du vrai starwars !

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mar. 02 déc. 2025 - 14:18
par L2-D2
Un nouveau Chapitre de la Fédération Impériale ???

Image

Ouh que ça fait plaisir, ça !

Chapitre 68 lu !

Bon, si je dois être honnête, assez vite à la lecture du Chapitre, je me suis dit "le bisou ! le bisou !" et il a eu lieu ! Je suis content. Du coup c'est une nouvelle fois un Chapitre assez accessible malgré cette longue pause, et l'annonce que les deux prochains Chapitres sont sur le point d'arriver me met en joie ! :cute:

(bon, un peu moins le fait qu'il va falloir attendre pour la dernière partie de ce tome...)

Vivement la suite ! :oui:

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mar. 02 déc. 2025 - 19:41
par Jagen Eripsa
Merci à vous deux ! :jap:
L2-D2 a écrit : mar. 02 déc. 2025 - 14:18 (bon, un peu moins le fait qu'il va falloir attendre pour la dernière partie de ce tome...)
Pas trop longtemps, j'espère, mais j'aimerais achever d'autres projets dans l'intervalle et cesser un peu de me disperser. :transpire:

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : lun. 08 déc. 2025 - 21:22
par Jagen Eripsa
Et voici l'avant-dernier chapitre de cette partie... Pas très long, mais celui de la semaine prochaine (j'y tiens !) devrait compenser. :D

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Chapitre 69

Les techniciens de la Fédération avaient passé une demi-journée entière à sécuriser Silencer-7 et à s’assurer que les systèmes de défense du Dévastateur de Mondes étaient bel et bien neutralisés. Une équipe avait également assuré le conditionnement de l’atmosphère : des systèmes de chauffage d’appoint avaient été installés entre les baies d’appontage et la passerelle de commandement. Le trajet effectué par Anthara en compagnie du Grand Amiral Thrawn s’était fait dans des conditions tout à fait agréable.
Sans doute leurs interlocuteurs trouvaient-ils ces conditions moins agréables. Gial Ackbar, le président MonCal Char Gahan et le Premier ministre Quarren Perran Tels étaient tous trois des amphibiens, et l’air sec ne leur convenait guère, mais ils s’y accommodaient. Ils estimaient peut-être que l’aide apportée par la Fédération pour la défense de leur monde valait bien un inconfort passager.
— C’est une technologie terrifiante, commenta le vainqueur d’Endor en entendant les explications du général Tierce sur la prise de contrôle du vaisseau.
— Sans l’intervention du droïde de maître Skywalker, nous aurions sans doute eu des difficultés à en venir à bout, confirma l’ex-Garde Impérial.
Les Jedi n’étaient pas présents : ils s’étaient rendus sur la planète pour aider les quelques cités touchées par des chutes de débris et apporter un soutien bienvenu aux équipes de secours de Mon Calamari – ce monde que ses habitants appelaient Dac, ainsi que l’avait appris Anthara. Tierce était donc chargé de cette visite officielle à laquelle la jeune femme, en tant que capitaine du Guardian et seconde du Grand Amiral Thrawn, avait été conviée.
Le Chiss était resté particulièrement silencieux, écoutant et observant tant les explications du général que les échanges des trois représentants de Dac. Quand la présentation fut enfin achevée, ce fut Gahan qui prit la parole en s’adressant aux trois responsables de la Fédération.
— Dac se souviendra à jamais de l’aide apportée en ce jour, par la Nouvelle République comme par la Fédération Impériale, déclara-t-il.
Il tourna légèrement la tête, de sorte que son œil gauche soit entièrement posé sur Perran Tels. Le Quarren enchaîna alors :
— Nos peuples se sont longtemps déchirés pour le contrôle des fonds océaniques, puis se sont soudés dans leur opposition contre l’Empire. À présent, nous aurons également le souvenir de cette victoire commune à célébrer.
— Je vous remercie pour ces paroles aimables, répondit Thrawn.
Les deux responsables politiques s’inclinèrent et partirent, escortés par des gardes issus de leurs deux espèces. Seule une poignée de soldats néo-républicains étaient désormais présents aux côtés de leurs homologues impériaux… Et de l’amiral Ackbar.
— Vous avez reçu les rapports de Corellia, je suppose ? demanda-t-il en s’approchant de Thrawn.
— Naturellement.
— Du bon travail, vraiment. Entre cela et notre succès ici…
— Je suis d’accord.
Il y eut quelques instants de silence avant que l’amiral néo-républicain ne reprenne la parole.
— Je voulais vous remercier personnellement pour l’intervention du Guardian, annonça-t-il. Je sais que vous y étiez initialement opposé et je suis heureux que vous ayez reconsidéré votre position. Même avec l’intervention des Jedi, de vos hommes et du général Tierce ici présent – sans compter R2-D2 –, nous aurions pu perdre davantage de vie sans votre arrivée.
— Le capitaine Brenko a su trouver les arguments pour me convaincre, répondit Thrawn.
L’œil droit d’Ackbar se posa sur elle, comme il l’avait fait des semaines plus tôt, lorsqu’il était leur prisonnier sur Bilbringi. Comme la situation a changé depuis lors… !, songea la jeune femme.
— Je vois. Dans ce cas, recevez toute ma gratitude, Capitaine. Vous aussi, Général, ajouta-t-il en direction de Tierce.
— Je n’ai fait que mon devoir, répondit humblement celui-ci, mal à l’aise.
— Mais vous l’avez bien fait. Bon. J’imagine que vous participerez à la visite de surface prévue à Coral City ? C’est encore la nuit à cette heure, mais il devrait y faire jour d’ici six heures.
— Disons huit heures dans ce cas, suggéra Thrawn. Le temps de recontacter Corellia et de prendre un peu de repos. Je pense que nous l’avons tous mérité.
— Naturellement.
L’amiral prit congé d’eux, tandis que le petit groupe d’officiers de la Fédération reprenait le chemin du Guardian.
— Dans quel état sont vos forces, Général ? demanda le Chiss pendant qu’ils avançaient.
— Plutôt bon, répondit le natif de Brentaal. Nos pertes ont été assez limitées. Cinq hommes sont morts dans l’explosion d’une capsule – la seule qui n’avait pas de Jedi à bord. Deux autres ont été touchés mortellement lors des affrontements. Nous avons une quinzaine de blessés, plus ou moins graves, mais ils devraient s’en sortir. Le colonel Carson a un impact de blaster sur la cuisse et fait un petit séjour en cuve bacta, mais il devrait en sortir demain au plus tard.
— Entendu. Vous féliciterez toute votre équipe de ma part. Dites à vos soldats qu’ils auront droit à un mois de solde supplémentaire pour leur efficacité. Naturellement, les proches de ceux qui sont tombés au combat pourront également en bénéficier.
— Je vous remercie, Amiral, salua Tierce tandis qu’ils franchissaient la passerelle les menant au Guardian.
Il les accompagna jusqu’à la station de transport interne, mais ne monta pas avec eux dans la capsule qui devait les ramener à la passerelle du cuirassé stellaire. Anthara se retrouva donc seule avec son supérieur dans la capsule qui devait les emporter, sur une dizaine de kilomètres, vers les ascenseurs de la tour de commandement.
— Capitaine… commença Thrawn lorsque l’engin se mit à accélérer.
— Oui, Amiral ?
— Vous souvenez-vous de ce que je vous ai dit au moment où nous sommes passés en hyperespace pour rejoindre le champ de bataille ?
Il fallut quelques instants à la jeune femme pour rassembler ses souvenirs.
— Vous m’avez indiqué que vous aviez encore « quelques leçons à m’inculquer », répondit-elle prudemment.
— Avez-vous compris de quoi il s’agissait ?
Il était assis face à elle et la dardait de ce regard incandescent, si perturbant… S’il avait été humain, Thrawn aurait été de ces hommes capables de faire plier leurs homologues rien qu’en les fixant. Mais il était né Chiss, et à son talent inné s’était ajoutée cette caractéristique physique si particulière qui semblait lui offrir une clé universelle pour accéder à l’esprit de ses interlocuteurs et sonder jusqu’au moindre recoin de leur âme.
Elle repensa à la façon dont la bataille s’était déroulée, dès leur arrivée dans l’espace de Mon Calamari ; au plan de brouillage des fréquences qu’ils n’avaient pas eu le temps d’appliquer, car la transmission de Tierce les avait pris de court quelques secondes après qu’ils aient réintégré l’espace réel.
— Nous avons dû nous adapter à une situation différente de celle que nous avions anticipée, dans un délai très court, tenta-t-elle.
Thrawn ne montra aucune réaction.
Les senseurs avaient montré plusieurs Dévastateurs changer de cap et délaisser la direction de la planète pour revenir vers les nouveaux arrivants. Le Guardian semblait être leur cible prioritaire ; s’ils avaient eu suffisamment de temps, les appareils auraient pu infliger de graves dégâts, peut-être même fatals, au vaisseau de commandement.
— Nous avons eu beaucoup de chance, essaya-t-elle à nouveau. Mais ce n’est pas un paramètre sur lequel doit compter un officier lorsqu’il envisage un combat.
— Non, en effet, confirma Thrawn. Mais ce n’est pas à cela que je songeais.
Voyant qu’Anthara ne répondait rien, il reprit :
— Que se serait-il passé si nous avions maintenu ma décision initiale ?
— La bataille aurait été remportée malgré tout, devina-t-elle. Même si nous avons aidé le général Tierce et son équipe, ils auraient pu désactiver Silencer-7 sans notre aide.
Le Grand Amiral l’invita d’un geste à développer son propos.
— Seule la flotte de la Nouvelle République serait intervenue, poursuivit-elle. L’amiral Ackbar aurait pu revendiquer la victoire pour lui seul, malgré l’appui de nos équipes d’abordage… Et la défection de la Fédération aurait sans doute fait peser certains doutes sur la solidité du Pacte. Nous serions sortis fragilisés de la situation au lieu d’être renforcés comme c’est le cas à présent.
— Ce qui se rapproche de l’analyse que vous m’avez fournie pour m’inciter à revenir sur ma décision, compléta Thrawn. Vous aviez vu juste en prenant en compte cette dimension politique.
Alors, à la surprise de la jeune femme, le Grand Amiral se mit à sourire :
— Voilà quelle est, pour vous, la principale leçon à retirer des événements du jour.
— Je…
Elle ne comprenait pas où il voulait en venir, et cela devait se voir, car le Chiss enchaîna :
— Un bon officier doit décider, avoir des connaissances tactiques et stratégiques, de bonnes capacités de coordination, et bien d’autres talents… Mais il doit aussi savoir écouter ses subordonnés et admettre parfois qu’il a tort. L’orgueil n’a pas sa place quand on veut décrocher la victoire. Seule l’efficacité compte. Le résultat à obtenir.
Anthara acquiesça en réfléchissant à ces propos.
— Mais la leçon aurait été toute autre si nous avions perdu des hommes et des vaisseaux ? devina-t-elle après quelques instants de réflexion.
— Évidemment. Vous n’êtes pas à l’Académie, avec un programme préconçu et des examens en fin de semestre. Comme vous l’avez souligné un peu plus tôt, l’adaptativité est une qualité non négligeable pour un officier.
— J’en ai conscience.
— Je le sais. D’après mes observations, les officiers de votre génération le comprennent mieux que leurs homologues plus âgés. Ceux qui ont évolué sous l’Empire quand il était au sommet de sa gloire ont plus de mal à accepter cette nécessaire remise en question. Seuls les plus lucides, tels que les amiraux Pellaeon ou Rogriss, ont conscience de l’évolution. Et parmi les autres… Beaucoup ont payé de leur vie cet aveuglement. Et, de façon regrettable, des hommes et vaisseaux ont aussi été les victimes de leur manque de discernement.
La capsule se mit alors à ralentir jusqu’à s’arrêter quelques secondes plus tard, sans inconfort pour ses passagers grâce aux compensateurs d’inertie. Le sas d’accès s’ouvrit, et ils gagnèrent un vaste hall impeccablement lustré où plusieurs escouades de soldats se mirent au garde-à-vous.
— N’oubliez pas cela, Capitaine, conseilla Thrawn. N’importe qui peut commettre une erreur. Même les officiers à la tête de cette flotte ne sont pas infaillibles. L’essentiel est de le reconnaître… et de se corriger. Sans quoi l’erreur devient une faute.
— Oui, Amiral, répondit Anthara.
— Et nous ne pourrons tolérer aucune faute si nous voulons remporter cette guerre…
Le Chiss quitta alors la capsule pour aller passer en revue les troupes, laissant sa subordonnée se demander si elle avait reçu des compliments ou un blâme.

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mar. 09 déc. 2025 - 10:22
par L2-D2
Chapitre 69 lu !

On est dans un épilogue des précédents chapitres, mais ça permet au lecteur de se remettre les idées en tête (je dois bien avouer ne plus tellement me souvenir de ce qu'il s'est passé en détail lors de la bataille, du coup les quelques références ont été les bienvenues !), et j'apprécie toujours autant les discussions impliquant Thrawn.

Bon, à ma grande honte, j'ai confondu Anthara et Siveline... :transpire: Mais promis, j'ai percuté avant la fin de ma lecture de ce Chapitre !

Hâte d'être à la semaine prochaine du coup ! Vivement la suite ! :oui:

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mar. 09 déc. 2025 - 19:49
par Alfred M.
Toujours aussi intéressant, je compte sur toi pour tenir le rythme :D .

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mer. 10 déc. 2025 - 13:01
par Jagen Eripsa
Merci à vous deux ! :jap:
L2-D2 a écrit : mar. 09 déc. 2025 - 10:22 On est dans un épilogue des précédents chapitres, mais ça permet au lecteur de se remettre les idées en tête (je dois bien avouer ne plus tellement me souvenir de ce qu'il s'est passé en détail lors de la bataille, du coup les quelques références ont été les bienvenues !), et j'apprécie toujours autant les discussions impliquant Thrawn.
Clairement, c'est beaucoup plus compréhensible en reprenant les précédents chapitres de l'arc Dévastateurs... C'est le souci de conclure si longtemps après. Désolé. :transpire:
Alfred M. a écrit : mar. 09 déc. 2025 - 19:49 Toujours aussi intéressant, je compte sur toi pour tenir le rythme :D .
Ça devrait le faire ! Il ne reste qu'un seul chapitre, le n°70, pour terminer cette deuxième partie. :cute:

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mar. 16 déc. 2025 - 20:29
par Jagen Eripsa
C'est l'heure du dernier chapitre de cette partie !

<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 70

Le vent du nord s’était remis à souffler par bourrasques trois heures plus tôt, chassant les nuages de cendres qui planaient un peu plus tôt au-dessus du parc Astrell. Il faisait froid pour la saison, mais la foule présente réchauffait l’atmosphère… Et Carth avait de toute façon fait apporter sa tenue offrant le meilleur confort technique afin de pouvoir affronter la cérémonie sans trembler.
Il se tenait auprès de Leia Organa Solo et de Rostek Horn. Le vieil homme avait été nommé Gouverneur intérimaire par la Nouvelle République, et confirmé comme chef du gouvernement provisoire par les différents groupes de résistants. La représentante de Corellia au sein de la Nouvelle République, Doman Beruss, était arrivée quelques heures plus tôt et se tenait un peu plus loin sur le parvis surélevé de l’Hôtel des Cinq Mondes. Il avait été question d’organiser la cérémonie sur les marches de la Maison Corona, la résidence traditionnelle des chefs de gouvernement, mais l’endroit avait été piégé par les troupes de Sedriss et les services de déminage du Pacte n’avaient pas pu garantir la pleine sécurité des lieux. Cela convenait parfaitement à Carth ; de là où il était, il bénéficiait d’une vue superbe sur le parc et la marée humaine qui y était rassemblée, et pouvait observer la progression du cortège des vainqueurs.
C’était une longue file, renforcée par le fait que les soldats n’y avançaient qu’à deux de front. Deux hommes ouvraient la marche. Ils portaient chacun une moustache blanche bien fournie et étaient solidement bâtis, mais Garm Bel Iblis opposait une crinière fournie retombant sur ses épaules aux cheveux courts de Gilad Pellaeon. L’un était l’un des fondateurs de l’Alliance Rebelle, l’autre un des maîtres de la flotte de la Fédération Impériale ; mais ils avançaient côte à côte, comme des frères.
Quel plus beau symbole de l’unité du Pacte ?
Carth ne pouvait s’empêcher de songer avec fierté au chemin parcouru en quelques semaines. Les adversaires d’hier s’étaient entendus pour faire face à leur véritable ennemi, l’homme à l’origine des guerres qui avaient détruit leurs vies – et d’innombrables autres. Le conflit n’était pas achevé : ils allaient vers d’autres batailles, d’autres pertes aussi, sans doute. Mais aujourd’hui ils pouvaient célébrer une victoire… Et l’espoir d’une paix durable.
C’était une fête corellienne, et la tête du cortège le prouvait. Bel Iblis et Pellaeon étaient tous deux originaires de ce monde, et les hommes et femmes à leur suite venaient de ce système si prolifique. Il y avait évidemment, dans cette catégorie, plus d’anciens Rebelles que de Fédéraux ; mais tous, néanmoins, recevraient la Ligne de Sang, une décoration traditionnelle de ce monde qui semblait être une réelle source de fierté. Ils seraient également les récipiendaires du petit cercle de métal rouge et bleu qu’était la médaille de la Libération de Corellia, une décoration spécialement créée pour cette occasion. Tous les soldats ayant pris part aux affrontements dans l’espace ou au sol la recevraient également, mais la cérémonie de remise se concentrerait cette fois sur les officiers.
Bel Iblis et Pellaeon avaient cependant droit à un honneur très particulier. En arrivant sur le parvis, ils gravirent seuls les quelques marches les séparant des autres dignitaires et se tournèrent pour faire face à la foule. Rostek Horn s’avança alors et se positionna devant eux. Carth vit les holo-caméras – probablement celles de Wolam Tser, ce documentaliste qui semblait décidé à enregistrer tout le déroulé des événements de Corellia – se positionner pour capter le discours à venir.
— Corellia est libérée, annonça le gouverneur intérimaire.
Il avait parlé avec un ton mesuré, mais les micros avaient retransmis ses paroles avec force à travers le parc.
— Corellia a été libérée, devrais-je dire, et Corellia s’est libérée. Nous avons su prendre les armes pour gagner notre liberté, et nous avons reçu de l’aide pour y parvenir. C’est une victoire des Corelliens en plus d’être celle du Pacte qui est venu en aide à notre système. Or certains, au sein de ce Pacte, sont nés sur ce monde et lui ont fait honneur en commandant la flotte venue détruire nos oppresseurs. Pour les remercier, les chefs des mouvements de résistance et moi-même avons décidé de les gratifier d’un honneur rare, tombé en désuétude depuis bien longtemps mais néanmoins largement mérité.
Il fit un signe derrière lui et un assistant s’avança avec deux écharpes écarlates finement brodées de motifs dorés. Il en prit une et s’avança vers Garm Bel Iblis.
— Au nom de Corellia, de Sélonia, de Drall, de Tralus et de Talus, je vous accorde le titre de Prince-Amiral, annonça solennellement Horn.
Il passa alors l’écharpe autour de la tête et du bras gauche de Bel Iblis, de façon à ce qu’elle tombe de son épaule droite vers sa ceinture gauche. Puis il répéta la formule, et les gestes, avec Gilad Pellaeon. Lorsque les deux hommes se relevèrent pour faire face à la foule, ils semblaient pareillement émus.
Les deux Princes-Amiraux nouvellement nommés prirent alors place aux côtés des autres dignitaires tandis que s’avançaient les officiers suivants pour recevoir leurs distinctions. Certains peinaient à cacher leur stress, mais Han Solo – l’amiral Solo – semblait parfaitement détendu lorsque Bel Iblis lui épingla la médaille de la Libération sur son uniforme beige et bleu. Il se permit même un petit sourire en coin en direction de sa femme à cet instant ; mais Leia conserva son air impassible et son sourire de circonstances lorsqu’elle le salua. Carth l’imita quelques instants plus tard, amusé.
Certains des officiers supérieurs distingués ce jour-là étaient des connaissances de longue date, d’autres des personnes qu’il avait pu croiser lors des briefings préparatoires, comme les responsables de la Résistance corellienne. Il identifia notamment le petit-fils du nouveau gouverneur, l’aspirant Jedi Corran Horn. Mais il ne connaissait pas la plupart des hommes et des femmes qu’il salua et félicita ce jour-là. Tout en leur répétant des paroles convenues, il observait leurs visages, se demandant s’il les reconnaîtrait par la suite. Sans doute plusieurs d’entre eux allaient-ils mourir dans les semaines et les mois à venir, avant que cette guerre ne s’achève. Mais ils auraient au moins la satisfaction de savoir que leur planète avait été libérée grâce à leurs efforts. Combien étaient décédés, en plus de trente années de guerre, sans cet ultime effort ? Et que penser des natifs de Gibad, de Caamas ou d’Aldérande à qui même l’espoir d’une amélioration avait été ôté ?
Après les Corelliens vinrent les autres membres de la flotte et de l’armée distingués ce jour-là. Des officiers uniquement ; les autres étaient si nombreux que la cérémonie, déjà longue, aurait pris dix fois plus de temps avant d’en voir le bout. Carth se réjouissait déjà de se contenter à chaque fois d’un signe de tête et de quelques mots ; sa main aurait été réduite à une bouillie infâme s’il avait dû serrer toutes celles des médaillés qui se présentaient devant lui. Il commençait déjà à fatiguer, ses hanches le lançaient et des aiguilles se faisaient sentir le long de sa colonne vertébrale. Il jeta un nouveau coup d’œil à Leia Organa Solo, à côté de lui, entre deux salutations. Elle ne laissait rien paraître, malgré sa condition de femme enceinte. Utilise-t-elle la Force pour soulager ses douleurs ? Non, convint-il après quelques instants de réflexion : elle en était incapable, puisqu’elle se trouvait au sein du champ d’action des ysalamiris des gardes derrière eux. De toute façon, ce n’était pas son genre d’utiliser un pouvoir si noble à des fins si mesquines, n’est-ce-pas ? Il en éprouva de la honte et s’efforça d’oublier ses petites tensions musculaires.
Il savait au fond de lui que cette douleur n’était qu’un faible prix à payer envers les hommes et femmes de toutes espèces qui avaient rendu cette victoire possible. Pour eux, échanger ces quelques mots, recevoir ce regard de la part des dirigeants des deux gouvernements galactiques, allait sans doute rester un souvenir inoubliable. Il leur devait bien cela, non ?
Quelques visages connus se présentèrent devant lui. Ahris Garind était l’un des premiers officiers non-corelliens à recevoir la médaille ; sa sérénité semblait à toute épreuve. Bien plus tard, il vit Siveline, portant l’uniforme de parade blanc, rouge et noir des pilotes de la Nouvelle République. Son cœur se serra sous l’effet de la fierté, même s’il tâcha de ne pas faire de différence avec les autres commandants d’escadrilles venant avant et après elle. Il remarqua l’air pincé, un peu gêné, qu’elle arborait lorsqu’il la félicita ; sans doute n’avait-elle pas encore surmonté ses appréhensions vis-à-vis de ce père qu’elle avait si longtemps détesté. Cela viendra, espéra-t-il secrètement.
Enfin, alors que le ciel prenait des couleurs orangées du plus bel effet, le flot des récompensés se tarit. Il y aurait d’autres cérémonies, dans les cantonnements et à bord des croiseurs, pour récompenser toutes les personnes ayant pris part à cette opération, mais le rôle de Carth dans cette célébration s’achevait là. Il ne restait qu’une petite épreuve à franchir avant de pouvoir profiter de la soirée de festivités.
Il franchit les portes de l’Hôtel des Cinq Mondes en compagnie de la Conseillère Organa. Dès qu’il fut à l’intérieur, il repéra la silhouette d’Ephin Saretti venant à sa rencontre. Le jeune homme était arrivé quelques heures plus tôt pour participer aux derniers préparatifs. Il lui fit signe d’approcher.
— Tout est prêt, leur annonça-t-il lorsqu’il fut à portée de voix. Ils vous attendent.
— Parfait, Ephin, répondit Carth. Conseillère ?
— Je vous suis, répondit-elle aussitôt.
Ephin les conduisit vers une petite pièce, derrière la réception, où les attendait une jeune femme ressemblant étonnamment à Leia, à ceci près que ses cheveux étaient d’un blond platine. Winter, se souvint-il. La Traceuse. L’une des espionnes rebelles les plus recherchées par le BSI. Il s’amusa de l’ironie qu’il y avait à l’avoir laissée seule dans cette pièce, avec son uniforme de rechange.
Mais nous sommes dans le même camp, à présent
Deux paravents avaient été installés dans des coins opposés de la pièce. Carth se dirigea vers celui où pendait la tenue qu’il allait porter pour cette soirée et se changea avec toute la rapidité que son corps raidi lui permettait. Lorsqu’il sortit, il vit son assistant détailler son uniforme du regard.
— Je sais encore m’habiller sans aide, grommela-t-il en forçant un peu son air bougon.
— Désolé, Excellence, répondit le jeune homme avec sérieux… avant de tirer d’un geste bref un pan de la veste plié au niveau de la ceinture.
Les deux hommes échangèrent un regard incertain, puis lâchèrent un petit rire au même instant.
— Eh bien ! On dirait que ce froid m’a vraiment engourdi…
— Bien sûr, Monsieur, dit Saretti avec un sérieux forcé.
— N’allez pas croire qu’il s’agit de mon âge !
— Bien sûr, Monsieur, répéta le jeune homme en exagérant sa moue.
Ils eurent un nouveau rire partagé, tandis que Leia sortait à son tour de derrière son paravent, une Winter souriante à ses côtés. Elle portait une robe blanche à la fois simple et élégante, bien plus légère que sa tenue précédente tout en restant très habillée.
— Vous êtes ravissante, la complimenta-t-il.
— Merci. De votre côté, vous semblez de très bonne humeur, répliqua-t-elle, le regard pétillant d’amusement.
— C’est que je suis ravi de pouvoir enfin bouger ! J’ai cru que cette cérémonie n’en finirait jamais. Je savais à quoi m’attendre en théorie, bien sûr, mais en pratique… Nous aurions sans doute pu faire plus court.
— Mais nous n’aurions pas atteint autant de monde…
— Je le sais bien. Je me le suis répété pour tenir le coup… !
Il lâcha un bref soupir.
— Plus sérieusement, je suis ravi de la tournure des événements. Notre Pacte n’a que quelques semaines. Avant cela, Palpatine était persuadé de l’emporter facilement. Il pensait pouvoir annexer la Fédération, l’utiliser pour balayer la Nouvelle République et se forger un nouvel Empire bien plus néfaste que le précédent. Nous l’en avons empêché. Mieux encore, nous l’avons humilié. Ses super-armes sont détruites, son attaque sur Mon Calamari a échoué et nous avons arraché Corellia des mains de son premier lieutenant, qui ne représentera plus une menace.
— Vu comme ça… sourit la jeune femme.
— Et pour moi en particulier, cela signifie que ceux qui auraient pu vouloir me trahir pour gagner ses faveurs vont y réfléchir à deux fois. Soyez-en certaine, Conseillère, ils n’auront pas envie de se retrouver dans le camp des perdants, conclut-il. Pouvons-nous y aller ? J’ai hâte d’en finir.
— Je vous suis.
Ils se placèrent côte à côte devant une porte, à l’opposé de celle par laquelle ils étaient entrés, qui leur permettait de gagner depuis l’antichambre un petit salon d’apparat de l’hôtel. Le panneau qui s’écarta leur révéla que la pièce avait été transformée en salle de presse de fortune. Une vingtaine de reporters attendaient là, représentant les principaux canaux d’information de l’Holonet galactique et corellien. La plupart étaient humains, mais il repéra une Drall et un vieux Sullustéen au sein de la foule. Wolam Tser était installé au fond de la salle.
Leia et Carth entrèrent en silence. Le Consul n’y était plus tellement habitué ; ces dernières années, quand ce n’étaient pas des soldats se mettant au garde-à-vous qui l’accueillaient, il avait généralement droit à des applaudissements, ou au moins à des salutations respectueuses, lorsqu’il entrait dans une salle. Il réprima un sourire : les journalistes n’acclamaient jamais personne, hormis les leurs… Et, dans un sens, cette entrée glaciale lui assénait une dose bienvenue d’humilité pour tempérer son enthousiasme du jour.
— Bonjour à toutes et tous, commença Leia lorsqu’elle prit place derrière le pupitre qui avait été installé pour elle, à la droite de celui de Carth. Je crois que Winter et Ephin vous ont déjà transmis les éléments factuels… Nous pouvons donc répondre dès maintenant à vos questions.
Et des questions, il y en eut : des demandes de précisions sur le bilan, des interrogations sur les moyens engagés, sur les objectifs initiaux, ou encore sur leur sentiment sur le déroulement des opérations. Carth répondit à quelques-unes avec l’aide de Leia ; mais c’était plus souvent l’inverse. La Conseillère faisait preuve d’un admirable brio dans les joutes verbales, et le Consul ne pouvait que le constater. Elle avait été une adversaire à la hauteur, et elle constituait désormais une alliée précieuse : il ne pouvait qu’espérer que cela se poursuivrait ainsi.
Ce fut néanmoins à lui qu’échut de répondre à la dernière question.
— Pourquoi avoir organisé cette cérémonie et ce bal dans les circonstances actuelles ? N’est-ce pas un peu… déplacé ?
Il échangea un bref regard avec Leia avant de prendre la parole et vit qu’elle lui laissait la main. Il n’en fut pas surpris : l’idée de l’événement était la sienne, après tout.
— Je m’attendais à ce que cette question vienne plus tôt, avoua-t-il, et je vous remercie de l’avoir posée.
La jeune humaine qui avait pris la parole, une reporter du Galactic Inquiry – l’un des principaux médias d’investigation nés après la chute de l’Empire –, frissonna légèrement. Sans doute avait-elle compris qu’elle venait de mettre en lumière un point important.
— Le but des festivités organisées aujourd’hui est de rendre hommage à nos combattants et de célébrer la libération de Corellia. Mais, au-delà de cela, nous montrons que la vie doit continuer. Malgré la guerre. Malgré les menaces. Nous n’avons pas peur. Et c’est la meilleure réponse à opposer à Palpatine. Toute sa carrière s’est bâtie sur la peur : c’est avec elle qu’il est devenu Chancelier, a bâti son armée, a obtenu les pleins pouvoirs, puis a créé l’Empire. Il s’en est servi pour régner. Aujourd’hui, cette arme a perdu tout pouvoir sur nous. Il est juste impuissant.
— Mais n’avez-vous pas utilisé la même stratégie ? demanda la journaliste.
Elle semblait avoir rassemblé une bonne dose de courage, car elle enchaîna :
— Vous vous êtes vous-même montré capable de jouer avec ce sentiment. Vous avez pris le pouvoir par suite d’un coup d’État, vous avez utilisé une vague d’assassinats pour renforcer votre position… Et vous avez exécuté de sang-froid le commandant palpatiniste à la fin de la bataille. Les images ont circulé dans la galaxie entière. La peur n’est-elle pas également votre arme ?
Elle a du cran et des arguments percutants, apprécia Carth. Il n’y était pas insensible : c’était ce qu’il appréciait aussi chez Leia Organa Solo, et surtout ce qui l’avait fait succomber aux charmes d’Athalée, des années plus tôt.
 — Vous avez raison, approuva-t-il. Une erreur de vocabulaire de ma part. La peur est nécessaire pour gouverner : une petite dose de peur, pour les personnes qui enfreignent les règles ou en abusent. J’ai fait exécuter des hommes qui le méritaient. Sedriss avait assassiné mon ambassadeur et était prêt à sacrifier jusqu’au dernier de ses soldats rien que pour nous affaiblir : j’espère que son sort fera peur à ceux qui tenteraient de l’imiter. Palpatine, lui, usait de la terreur. C’est-à-dire une peur bien supérieure, étendue à l’échelle de la société toute entière, s’appliquant autant aux honnêtes gens qu’aux criminels. Quand la terreur règne, même les innocents peuvent redouter ce que leur gouvernement fera d’eux. Souvenez-vous d’Aldérande : ses habitants étaient peut-être des sympathisants de la Rébellion, mais ils restaient des citoyens de l’Empire. Gouvernés par Palpatine… Ce même homme qui n’a pas hésité à les faire massacrer en masse pour affirmer son pouvoir. Eux, et bien d’autres… Aujourd’hui, les armes de terreur de Palpatine – les Étoiles de la Mort hier, le Canon Galactique et les Dévastateurs de Mondes plus récemment – ont été détruites. D’autres viendront peut-être, mais nous les attendrons de pied ferme. Et jamais plus il ne nous terrorisera.
Il plongea son regard dans celui de la jeune femme pendant quelques secondes, afin qu’elle perçoive toute la détermination dont il faisait preuve, puis ajouta :
— Je vous remercie d’être venus aujourd’hui. N’hésitez pas à rester et à profiter des festivités : je suis certain que certains participants seront ravis de vous raconter leurs exploits.   
Il y eut quelques remerciements épars tandis que les journalistes se levaient. Winter et Ephin allèrent à leur rencontre pour les guider vers la salle principale.
— Vous vous en êtes bien sorti sur cette dernière question, commenta Leia à voix basse.
— Il fallait que je fasse de mon mieux pour rester à votre niveau, répondit galamment Carth sur le même ton. Mon évocation d’Aldérande ne vous a pas gênée, j’espère ?
— C’est toujours difficile pour moi, admit-elle. Mais je comprends pourquoi vous l’avez fait, ajouta-t-elle en se tournant vers lui.
Il la remercia d’un bref signe de tête. Malgré son idéalisme, elle pouvait se montrer superbement pragmatique, songea-t-il. Quel dommage qu’elle soit sensible à la Force
— Nous devrions rejoindre la fête, nous aussi, suggéra-t-il. Ou il ne restera rien sur le buffet…
 
*  *
*
 
Les lustres de cristal brillaient de mille feux dans la salle de réception principale de l’Hôtel des Cinq Mondes, et faisaient resplendir les couleurs chatoyantes des uniformes de cérémonie et des tenues de fête. Les ex-Impériaux étaient ceux affichant les tenues les plus sobres, bien sûr, mais ils savaient également profiter du moment. À plusieurs reprises, Carth avait pu observer des groupes mixtes formés avec les Néo-Républicains. La ligne de sang corellienne revenait souvent, mais pas toujours : même des combattants n’ayant pas une origine corellienne en commun savaient se retrouver et partager ce moment si particulier.
Lui-même venait de passer quelques minutes en compagnie de Maximilian Veers : l’un des héros du jour, à ses yeux, même s’il n’avait pas reçu la médaille du Pacte. Son changement officiel d’allégeance était encore trop frais pour cela. Carth comptait néanmoins révéler, plus tard, le rôle déterminant que son vieil ami avait joué. Quand nous aurons gagné pour de bon…
Celric Tavill, lui, était absent. Il était sorti la veille de sa cuve de soins mais restait affaibli par l’épreuve. Carth s’était entretenu avec lui plus tôt dans la journée et lui avait relaté les événements ayant suivi sa perte de conscience ; le jeune homme, de son côté, lui avait parlé des pressentiments qui l’avaient conduit à ce duel risqué. Le respect que lui portait le Consul en était sorti grandi. Il avait placé le nouvel ordre des Protecteurs entre de bonnes mains.
Il repéra du regard Siveline qui dansait avec Ahris au milieu d’autres paires, sur la piste de danse de la salle centrale. Ils semblaient avoir pleinement renoué avec leur vieille amitié d’enfance, constata-t-il, et il en était ravi. Ahris n’avait pas eu une vie facile au cours des dernières années, en partie à cause de Carth qui s’était beaucoup reposé sur ses compétences. Quant à Siveline…
Il se détourna, incertain. Certaines blessures étaient encore trop à vif, mais elles pouvaient commencer à cicatriser. Comme la galaxie, pensa-t-il.
Le Consul se tourna vers le buffet le plus proche pour prendre un petit four. Il vit une main se saisir de l’apéritif contigu et croisa le regard de l’homme à qui elle appartenait. Il frissonna aussitôt.
— Toutes mes félicitations, Carth, le salua Leight Barton en faisant semblant de trinquer avec lui avec le verre qu’il tenait de l’autre main.
Il ne s’attendait pas à voir son vieux rival ce soir-là, et sa satisfaction descendit d’un cran.
— Que faites-vous là, Barton ? demanda-t-il sèchement.
La musique qui résonnait dans la pièce était suffisamment forte pour empêcher la plupart des autres participants de les entendre : il n’avait donc pas à faire preuve d’une courtoisie factice.
— J’ai profité de mon quart de repos pour venir faire un petit tour à Coronet, répondit l’Anaxsi d’un ton badin. Cela faisait un petit moment. Vos forces ont un peu abîmé l’endroit, bien sûr, mais cet hôtel est toujours aussi charmant que lorsque j’y avais mes habitudes…
Barton avait décidément le don de se montrer provoquant avec de banales explications de circonstances.
— J’ai vu les images de votre triomphe. Enfin, le résumé : c’était vraiment très long, vous ne trouvez pas ?
Carth expira lentement pour garder son calme. Il allait répondre quand une main se posa sur son épaule : surpris, il faillit se retourner, mais la nouvelle venue ne lui en laissa pas le temps.
— C’était une très belle cérémonie, assura-t-elle.
Barton ne se départit pas de son sourire.
— Tu as raison, Athalée chérie, répondit-il aussitôt. Tu as toujours eu bon goût… Enfin, presque toujours.
Le sous-entendu était évident, mais Athalée Jaderan ne laissa pas Carth se faire entraîner dans ce petit jeu.
— Presque toujours, en effet, approuva-t-elle. À présent, Leight, pourrais-tu nous laisser, s’il te plaît ?
— Je suis ton serviteur, répondit l’Anaxsi en s’inclinant légèrement.
Et il s’éloigna aussitôt, non sans un dernier regard moqueur en direction de Carth. Celui-ci serra le poing droit, ses ongles griffant la chair.
— Franchement, c’est un…
— Je sais ce qu’il est, l’interrompit Athalée.
— Dommage que tu ne l’aies pas su avant d’en faire ton amant, grommela le Polcaphréen.
Il échangea un regard avec son ex-femme et vit aussitôt son air désapprobateur.
— Désolé, admit-il. C’était grossier.
— Je savais quel type d’homme était Leight avant de vivre avec lui, avoua-t-elle alors. Charmant par moments, incroyablement futile à d’autres… Tout ce que j’ignorais, c’est ce qu’il t’avait infligé. Mais je ne souhaitais pas te remplacer, à l’époque. Je voulais juste vivre autre chose.
— Je peux le comprendre… soupira-t-il, un sentiment diffus de culpabilité s’imposant à lui.
— Mais c’est idiot de lui en vouloir encore pour cela aujourd’hui.
— Pourquoi le défends-tu encore ?
Elle s’accorda un instant de réflexion.
— Peut-être parce que j’ai pitié de lui.
— Pitié ? répéta-t-il, surpris.
Pour sa part, il ne s’imaginait pas éprouver un tel sentiment envers Leight Barton un jour, mais ce n’était pas ce qui l’interpellait. Il s’était toujours imaginé qu’Athalée conservait un fond d’affection envers l’Anaxsi, une trace des sentiments qu’elle avait éprouvés autrefois.
— Est-ce si étonnant ? Vois la réalité en face : hormis son commandement, Leight n’a plus rien. La jeune femme pour laquelle il m’a quittée n’a pas survécu à la guerre. Toute sa fortune a été captée par son frère. Je ne sais pas s’il a des enfants, mais si c’est le cas, il n’a aucune relation avec eux. Et il te jalouse.
— Si tu le dis…
— Regarde-toi, Carth. Tu es l’un des meneurs de la galaxie. Tu étais déjà un héros pour notre monde à la fin de la Guerre des Clones. Leight, lui, a toujours dû cacher ses exploits lors de la bataille d’Anaxes. Il a essayé de briller lors de la campagne des Confins Ouest, mais tu étais plus doué que lui. Il a essayé de te salir, mais il t’a finalement forcé à guérir de ton addiction et à devenir l’homme de talent que tu es aujourd’hui. Il n’est pas aimé des autres ex-Rebelles, alors que toi, tu es devenu le maître à penser de la Fédération…
Il se sentit rougir face à cette description flatteuse. Ce n’était qu’un énoncé de faits, mais ils étaient prononcés par Athalée Jaderan, et cela changeait tout pour le Consul.
— Je n’avais pas vu les choses sous cet angle, admit-il.
— Parce que tu peux parfois te montrer complètement irrationnel sur certains sujets, lui rappela-t-elle.
— Je plaide coupable, s’excusa-t-il avec un mince sourire.
Un droïde de service s’approcha avec un plateau chargé de verres aux couleurs chatoyantes. Il attrapa deux coupes d’un cocktail aux reflets mordorés.
— Le Symphonie Whyrren est-il toujours ton préféré ? demanda-t-il en tendant l’une des coupes à Athalée.
— Je vois que tu as une bonne mémoire, répondit-elle en souriant à son tour.
— Quand ça te concerne.
Il trinqua avec elle, les yeux dans les yeux, comme s’ils n’étaient pas au milieu d’une réception officielle mais à l’un des rendez-vous clandestins de leurs premiers émois. L’espace d’un instant, il se remémora pleinement leur passion de l’époque, ressentant à nouveau la sensation du risque permanent que représentait leur lutte inégale contre l’occupant séparatiste.
Mais nous avons gagné, à l’époque, songea-t-il en portant la coupe à ses lèvres. La saveur à la fois sucrée et brûlante du breuvage l’arracha à ses souvenirs pour le ramener au présent.
Nous gagnerons à nouveau cette fois-ci, et, désormais, je pourrai m’assurer que l’histoire ne se répète pas. Il n’y aura pas ce goût d’amertume quand les armes se tairont, mais la sensation du devoir accompli.
Son regard croisa celui d’Athalée qui savourait elle aussi la boisson. Il vit une étincelle au fond de ses yeux qu’il n’avait pas aperçue depuis longtemps. C’était un éclat presqu’imperceptible, fugace, mais qu’il savait reconnaître : un vestige de leur ancienne passion commune. Une braise qui, peut-être, pouvait encore se rallumer.
Il sourit. La vie était décidément riche en combats qui valaient la peine d’être menés.

Ainsi s'achève cette seconde partie intitulée Les Deux Empires. Reste une dernière partie, L'Unique Empereur, qui je l'espère vous plaira autant que les précédentes !

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mer. 17 déc. 2025 - 9:06
par sam sanglebuc
Simplement merci.

Oh et puis non, vraiment super merci !!

Re: La Fédération Impériale [T2]

Publié : mar. 23 déc. 2025 - 22:21
par Jagen Eripsa
Merci à toi Sam ! ^^