Nous sommes mercredi soir, il est donc grand temps de poster la suite de l'épiside 11 des Anges de la Force (c'est le bon chiffre Notsil?
Bonne lecture:
Commenor, à l’intersection des Secteurs Deux, Trois et Cinq.
« Avant d’être en prison à l’Oxe, j’étais le bras droit d’un hors-la-loi du nom de Guarric Loock ; avant de le servir durant dix ans, je travaillais à mon compte. C’est à ce moment là que j’ai rencontré Cak Dirtan. » Racontait Arès le regard tourné vers son passé. « C’est un individu connu dans le monde des affaires sur Commenor, il est respecté par de nombreuses personnes : les autorités politiques, ses collègues industriels, les associations humanitaires et même les Jedi. Il est issu d’une famille qui vit, et très probablement règne, depuis près de cinq cent ans sur cette planète. En résumé, c’est un individu qui ne manque ni d’argent, ni de relations et qui a au moins un investissement dans chaque business possible. Ainsi, c’est autant une figure clé de la société que de la pègre commenorienne; il gère d’une main de fer toute l’activité illégale de la planète. Or, vu que sa famille et lui ont rendu maints services à la Galaxie, celle-ci ferme les yeux sur ses activités obscures le moment voulu. Mais jusque là rien de vraiment spécial, il existe des centaines d’individus de la sorte qui se livrent aux pires atrocités derrière une façade légale ; seulement, aucun de ceux-ci ne possède la situation stratégique de Dirtan. Commenor est à l’intersection de trois secteurs : le Deux, le Trois et le Cinq. Cela signifie que Cak Dirtan a une main dans chacun de ces secteurs…Et pas une petite main, car il a tendance à imposer sa vision des choses et de ne pas aimer la concurrence. Ainsi, sur toutes les planètes qu’il dirige, il fait en sorte que seule sa marchandise soit vendue, et donc achetée. Certes, c’est de la bonne qualité, mais ses manières lui ont attiré beaucoup d’adversaires jaloux. Par conséquent, ses rivaux, ceux qui sont suffisamment puissant pour paraître dangereux à ses yeux, n’ont pas hésité à lancer des contrats pour avoir sa tête. Chaque année, on compte une dizaine d’attentats contre Dirtan. Jusqu’à présent ils ont toujours échoué. Ma tentative, celle menée contre lui il y a quatorze ans, n’a pas dérogé à la règle. Comme je te l’ai dit, à l’époque, je travaillais en freelance. J’étais en pleine spirale positive, rien ne pouvait m’arrêter, j’ai donc tout naturellement cédé à la tentation et accepté un contrat. Ce n’était pas parce que je n’appréciais pas ce qu’il faisait, à vrai dire je m’en fichais complètement, mais simplement car ça pouvait m’apporter beaucoup d’argent. J’étais jeune, mon oncle élevait toujours sa fille, j’avais donc la vie devant moi et je n’avais peur de rien. Je me suis donc rendu sur Commenor, j’ai mis mon plan en branle et j’ai échoué. Au lieu de me tuer, Dirtan m’a fait prisonnier et s’est amusé avec moi pendant près d’un mois. Ironiquement, je n’ai jamais autant appris sur la torture que durant cette période…Et puis un jour, il a décidé de me rendre ma liberté tout en me prévenant que s’il me croisait à nouveau, il me tuerait. Depuis toutes ces années, je n’ai jamais su pourquoi il ne m’avait pas tué comme tous les autres qui ont un jour tenté de l’assassiner. C’est un des grands mystères de ma vie… »
« Et aujourd’hui, tu comptes à nouveau lui faire face malgré cette menace… Pourquoi ? » Demanda Clohé Kjynn après avoir écouté attentivement le récit de l’ex-Invisible.
Pour unique réponse, Arès plongea son regard dans le sien. La jeune femme compris qu’il le faisait uniquement pour elle. Clohé aurait bien voulu lui dire que c’était inutile, qu’ils devaient retourner sur Wayland, mais elle avait promis à Booden de l’aider à retrouver l’assassin de sa sœur. En silence, ils quittèrent tous deux leur speeder et allèrent frapper à la porte de la demeure de Cak Dirtan.
Une porte s’ouvrit derrière lui. Booden ne bougea pas et continua à contempler le whisky situé dans le verre posé devant lui, non loin d’une bouteille largement entamée. Il se trouvait dans la salle de séjour du Sérénité, recherchant un moyen de passer le temps en attendant le retour de Kjynn et d’Arès de leur expédition chez le dénommé Cak Dirtan. En cet instant, boire ne semblait pas être une activité trop déplaisante, bien au contraire… Le nom de Dirtan lui disait vaguement quelque chose, seulement, depuis qu’il avait appris le décès de sa petite sœur, il n’était pas trop en état de réfléchir ou de rassembler ses souvenirs. D’ailleurs, c’était peut-être pour cela qu’Arès avait insisté pour qu’il reste à bord du vaisseau…
« Tiens, vous êtes là ? » Observa Schino, le copilote drogué de sa sœur Yomée.
« Il semblerait bien que oui. » Maugréa le militaire en fixant toujours son verre.
« Vu que Yomée était votre sœur, je pensais que vous les accompagneriez. » Poursuivit le jeune homme en se mettant à regarder la bouteille de whisky avec envie.
Chouette ! En plus d’être drogué, il était aussi alcoolique. Peut-être que le cumul était bon pour la santé…
« Justement, c’est parce qu’il s’agit de ma sœur que je n’ai pas le droit à la ballade. » Expliqua finalement Booden en s’emparant de son verre. « Ils pensent que je ne serais pas assez délicat pour la négociation… Ils n’ont peut-être pas tort. »
Le général vida son verre d’un trait, puis pris la bouteille et se resservi une tournée. Vu la mine déconfite de son jeune interlocuteur, cela semblait être la dernière de la bouteille. Pendant un instant, Booden se demanda si Schino allait lui bondir dessus pour lui arracher son verre.
« Eh bien, si vous voulez mon avis, c’est injuste ! » S’exclama finalement le jeune homme en tapant du point sur la table.
Pensait-il pouvoir l’amadouer en jouant les offusqués ? C’était peine perdue, c’était son whisky.
« Bah, c’est comme ça… Ils sont plus forts que moi. » Soupira le général Booden en haussant les épaules. « Et puis, ils ne doivent pas avoir tout à fait tort. »
« Peut-être… Mais je doute que le patron soit très causant avec eux, ce n’est pas son genre. » Déclara Schino tout en lui faisant un clin d’œil complice. « Si vous voulez une info, ce n’est pas par là qu’il faut chercher. »
« Ah bon ? Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ? »
« Vous me demandiez le nom de mon employeur, j’ai simplement répondu. » Observa Schino en haussant à son tour les épaules. « Et puis comme cela, je peux vous offrir une exclusivité. »
« Comment ? » L’interrogea le militaire avec intérêt.
« J’étais un novice chez Dirtan, mais je connais bien le milieu… Quelqu’un doit savoir qui a fait le coup ; or, ce quelqu’un sera plus susceptible de me parler à moi qu’à vos amis. » Révéla le jeune homme en se penchant vers lui. « Et puis, je l’aimais bien Yomée, moi aussi je veux savoir qui a fait le coup. Alors qu’est-ce que vous en dites ? »
Booden n’hésita pas un seul instant.
« Tenez-moi au courrant lorsque vous aurez quelque chose. »
Schino acquiesça de la tête, puis se leva et quitta le vaisseau. Peut-être pensait-il que s’il était rapide, il aurait droit à une bouteille en récompense, ou mieux un injecteur. En parlant de bouteille… Booden attendit cinq bonnes minutes, s’assurant ainsi qu’il était seul, puis se leva et ouvrit le bar du Sérénité afin de continuer à passer le temps.
Chlohé Kjynn s’arrêta à la suite du droïde devant la porte close, elle regarda sur sa gauche et dut se retenir de prendre la main d’Arès. C’était le moment de rencontrer Cak Dirtan, pas celui de faire une déclaration. Face à l’inconnu, elle inspira et expira lentement, comme le lui avait appris Mara Skywalker, afin de trouver le calme légendaire des Jedi. Face à un être comme Dirtan, le moindre signe faiblesse pouvait avoir des conséquences désastreuses… Surtout que leur hôte ne faisait rien pour leur faciliter les choses. Une heure auparavant, ils avaient frappé à la porte de demeure ; depuis lors, ils étaient trimballés de pièce en pièce à travers des couloirs lumineux et agréables. A chaque fois, ils attendaient quelques minutes avant d’être conduit vers leur nouvelle salle d’attente. Ils en avaient traversé une bonne dizaine, toutes plus confortables et plus élégantes les unes que les autres, pourtant Clohé n’aurait jamais voulu vivre dans cet endroit. En surface tout semblait calme et accueillant, mais, en sondant la Force, elle avait perçu que l’habitation était en état d’alerte avec des droïdes et des soldats privés dissimulés dans des faux murs partout sur leur itinéraire. Un ordre du Maître suffirait à lancer la machine de guerre. Face à une telle puissance, Clohé voyait leur chance de survie diminuer drastiquement au fur et à mesure qu’ils s’enfonçaient dans la demeure. A présent, devant la porte donnant sur le salon publique de Dirtan, leurs chances étaient quasi nulles. La jeune femme n’osait même pas penser à tous les obstacles qu’ils devraient surmonter pour fuir s’ils étaient attaqués. Elle n’avait pas envie d’être démoralisée.
Enfin, la porte s’ouvrit en effectuant son bruit caractéristique. Clohé Kjynn rassembla son courage et avança dans la nouvelle pièce. Elle s’arrêta là où le lui demandait le droïde de protocole, puis leva la tête et vit un mur face à elle. S’était-elle trompée ? Pour toute réponse, elle entendit qu’on poussait quelque chose de lourd derrière elle. Elle se retourna le plus calmement possible et se retrouva face à un trône qui se tenait entre Arès et elle, et l’unique voie de sortie de la pièce. Sur le trône, confortablement allongé sur des coussins multicolores, Cak Dirtan prenait plaisir à imiter la posture d’un hutt. Seulement avec sa queue musclée longue de plus de deux mètres, le thisspiasien à la barbe impeccablement entretenue était bien plus menaçant que les natifs de Nal Hutta. D’un seul mouvement de la queue, il pouvait faire taire à jamais son invité. Le non-humain les toisa en silence pendant de longues secondes. Fascinée par son regard ardent, Kjynn eut dû mal à recenser les quatre gardes et les deux assistants se trouvant avec eux dans le salon.
« Je suis content de te revoir Arès. » Dit finalement leur hôte. « Mais je doute que ce soit ton cas… En tout cas, j’ai l’impression que tu as oublié ce que je t’ai dit la dernière fois. »
Dirtan claqua des doigts. Une dizaine de gardes surgis de nulle part s’emparèrent de l’ex-Invisible.
« Je ne suis pas venu ici pour vous tuer ! » Protesta Arès en tentant de se débattre.
« Je m’en fiche. » Déclara froidement leur interlocuteur.
Clohé Kjynn activa son sabrolaser. Pourtant, ça ne sembla inquiéter les gardes qui venaient d’assommer son ami.
« Il vous dit la vérité ! » S’écria-t-elle en ne sachant trop quoi faire. « Nous voulons simplement vous poser des questions. »
« J’ai horreur des questions que je ne pose pas ! » Riposta le thisspiasien en la fixant intensément alors qu’on évacuait Arès hors de la pièce. « Ecoutez Jedi, je n’ai rien contre vous, mais personne n’est à l’abri chez moi. »
« Ne me sous-estimez pas, je peux vous apporter de graves ennuis. » Contra la jeune femme alors qu’un mélange de gardes et de droïdes de combat convergeait vers elle.
Cak Dirtan la dévisagea à nouveau, puis inclina la tête sur le côté tout en fronçant imperceptiblement les sourcils.
« Comment vous appelez-vous, jeune Jedi ? »
« Clohé Kjynn. » Répondit la jeune femme, méfiante. « Pourquoi ? »
Dirtan se relaxa et à sa grande surprise lui sourit.
« Ca change tout. » Observa-t-il tout en regardant ses hommes. « Mlle Kjynn est mon invitée, celui qui osera porter la main sur elle aura à faire à moi. Venez ma chère, nous avons à parler. »
Palais de la Reine-Mère, Hapès, Secteur Neuf.
Assise dans la semi obscurité de la pièce, Vinzza Tirn fulminait. D’ailleurs, c’était pour laisser libre cours à sa rage qu’elle s’était réfugiée dans son bureau dix minutes plus tôt. Alors que tout le monde dans l’entourage de la Reine éprouvait le plus grand soulagement en sachant que l’attentat avait échoué, il aurait été mal vu de montrer sa colère à qui que ce soit. Dans une heure, elle avait rendez-vous avec la Reine-Mère Hennen, Vinzza avait tout ce temps pour retrouver son calme et sa sérénité habituelle. La jeune frappa violemment sur l’accoudoir de son siège et ne put s’empêcher de pousser une série de jurons à faire pâlir un hutt. Satanés Jedi ! Toujours à empêcher les gens de faire comme bon leur semble ! Des millénaires que ça durait et personne n’avaient réussi à les éliminer définitivement. Maudite Force et maudits Jedi ! Bon, il fallait bien avouer que jusqu'à présent elle n’avait jamais eu à se plaindre d’eux ; bien au contraire même, étant donné qu’ils avaient aidé plus d’une fois Hapès à conserver sa légitimité. Mais bon, ce n’était jamais plaisant d’échouer à cause de gens qu’elle considérait comme ses alliés. En résumé, son statut n’était plus le même et donc elle devait apprendre à penser différemment : nombre de ses amis d’autrefois deviendraient ses plus fervents adversaires et vice-versa. Elle avait sous-estimé les forces en présence, mais c’était terminé, ça ne se reproduirait plus. D’ailleurs… Elle venait de s’emparer de son chrono lorsque la porte secrète de son bureau s’ouvrit.
« Tu m’as demandé de venir ? » S’enquit Vaid Wolvy en prenant place face à elle.
« A ton avis ? » Répliqua sèchement Vinzza avant de se reprendre et de lui sourire maladroitement. « Tu as toujours envi que ça marche entre nous deux ? »
« Nous nous sommes mariés par alliance, et non par amour, afin d’unir nos deux familles. Toutefois, lorsqu’on m’a annoncé que c’était toi que j’épouserais, j’était plutôt content, je savais qu’on pouvait construire quelque chose d’intéressant ensemble. Je le pense toujours, d’ailleurs… J’ignore si on peut s’aimer, mais je sais qu’on a tout pour ne pas se détester. » Dit son mari en la regardant droit dans les yeux. « Malheureusement, j’ai commis une erreur et j’aimerais tant ne l’avoir jamais faite. Je sais que tu n’as plus confiance en moi, mais je te le dis quand même : je te promets que je ne le referais plus. »
Vinzza contempla Wolvy pendant quelques secondes. Elle savait qu’il était sincère, mais elle savait aussi qu’il pouvait encore succomber s’il croisait une nouvelle fois le regard ardent de cette Tenkael Doj. Tirn avait eu cette certitude lorsqu’elle avait montré le holo de la prisonnière à Vaid : il avait eu toutes les peines du monde à dissimuler son excitation. Certes, il pourrait très bien lutter contre ses pulsions et ne pas y céder, cependant elle aurait toujours un doute. Au fond d’elle, Vinzza voulait vivre un mariage heureux et elle savait qu’elle allait avoir besoin de son mari pour cela. Elle voulait sincèrement que ça marche entre eux, ça allait prendre du temps, plus qu’elle ne l’admettrait jamais à Vaid, mais elle comptait réussir, comme toutes les autres choses qu’elle entreprenait. Maintenant qu’elle savait qu’elle partageait le même objectif que son mari, elle allait pouvoir l’exploiter pour achever son plan et mettre la pression sur un employé qui l’avait déçue.
« Tu as raison, je n’ai plus confiance en toi… Mais, moi aussi, j’ai envi que ça change. » Fit la hapienne d’une voie douce.
« Je ferais n’importe quoi pour que cela change. » Intervint Wolvy en lui lançant un regard franc. « Ca sera long, mais je suis prêt à faire ce qu’il faut, pendant aussi longtemps qu’il le faut. »
« Je te crois, enfin j’essaye… C’est difficile aussi de mon côté. » Soupira la jeune femme d’une voix tremblante. « Mais cette trahison m’a fait si mal… »
« Ca ne se reproduira plus. » L’assura Vaid en se penchant en avant et lui prenant les mains. « Je ne veux plus te voire souffrir. »
Tirn marqua la pause adéquate avant de lancer l’offensive.
« J’aurais toujours un doute… Enfin, tant qu’elle restera en vie. » Chuchota la conseillère tout en fixant son mari.
« Et le procès ? » S’enquit-il perplexe.
« Il n’aura jamais lieu. » Annonça Vinzza Tirn d’une voix ferme. « Que ce soit par ma faute ou par la faute de quelqu’un d’autre. C’est une opportunité pour beaucoup de monde, dont moi. Je ne vais donc pas la laisser passer. Tu me dits que tu veux reconstruire quelque chose avec moi, c’est le moment ou jamais. »
« Et Hennen ? » Poursuivit son mari qui comme elle connaissait bien la politique.
« Elle a eu sa chance, elle n’en a pas profité. C’est dommage pour elle, je l’aimais bien. C’était une amie, mais elle ne s’est pas montrée à la hauteur. » Déclara Tirn sur un ton neutre. « La balle est dans ton camp, à toi de jouer. »
Il ne réfléchit pas plus d’une minute, pourtant Vinzza parvint à lire dans son regard toutes les possibilités qu’il passait en revue dans son esprit. Malgré son apparente impassibilité, elle était tout aussi nerveuse, car sil refusait son offre, elle était perdue. Or, face à une telle éventualité, elle n’aurait qu’une solution ; une solution fort déplaisante malgré la trahison qu’il venait de lui faire subir…
« Que veux-tu que je fasse ? » Demanda-t-il finalement en serrant les dents.
« Rejoindre mon homme sur Vaux et faire ce qu’il a été incapable de faire. » Répondit la jeune femme qui s’efforça de masquer son soulagement.
« Quand dois-je partir ? »
« Maintenant. » Dit Vinzza qui savait que Vaid ne flancherait pas. « Je veux que ça soit terminé le plus rapidement possible. »
Vaid Wolvy se leva de sa chaise et se dirigea vers la porte par laquelle il était entré. Toutefois, avant de l’ouvrir, il pivota vers elle.
« Après cela, je pense que nous pourrons repartir à zéro. » Observa-t-il avant de quitter la pièce.
Vinzza eut a peine le temps de pousser un soupir de soulagement que retentissait la sonnerie de son holocom. Vu qu’elle s’était calmée, elle n’hésita pas à répondre à l’appel.
« Ici la conseillère Vinzza Tirn. » Annonça-t-elle de sa voix la plus aimable.
Elle se figea lorsqu’elle vit son interlocuteur : une forme drapée dans l’obscurité dont elle ne distinguait même pas le visage.
« Qui êtes-vous ? » S’enquit-elle en sentant la peur l’envahir.
« Cela dépendra de votre choix. » Lui répondit une voix ténébreuse en parfait accord avec l’apparence.
« Quel choix ? »
« Nous nous intéressons tous deux à la même personne, et nous voulons tout deux la voir mourir. Seulement, j’ai besoin d’une dernière chose d’elle avant qu’elle ne meure ; donc, j’ai besoin de l’avoir en vie pendant un petit temps. »
« Vous voulez donc que je retienne mes hommes… Pourquoi ferais-je cela ? » L’interrogea Tirn en sentant qu’elle avait l’avantage dans cette situation.
« Car sinon, j’enverrais ceci à la Reine-Mère. » Répondit-il tout en lui envoyant un dossier.
La conseillère l’ouvrit et le parcourut brièvement.
« Il y a de quoi me condamner mille fois dans ce dossier ! » S’exclama Vinzza en sentant comme une main d’acier lui enserrant la gorge.
« C’est le but. Je n’ai aucun scrupule et ceux qui se glissent en travers de mon chemin finissent toujours sous terre. » Déclara son interlocuteur d’une voix puissante. « Personne ne m’arrêtera. »
Même à distance, Vinzza perçut sa toute puissance et sut déjà qu’elle lui devait totale obéissance.
« J’ai de l’ambition. » Parvint-elle toutefois à lui dire.
« Tant qu’elle reste à l’écart du chemin de la mienne, ça ne me pose aucun problème. » Indiqua l’ombre mystérieuse en lui donnant le feu vert pour devenir la nouvelle Reine-Mère.
« Que dois-je faire ? » Demanda la jeune femme en inclinant respectueusement sa tête vers son interlocuteur.
« Simplement permettre à un homme à moi d’accompagner votre mari sur Vaux. Bien entendu, c’est lui qui sera à la tête de l’opération, même s’il peut se cacher derrière votre mari pour ne pas saper son autorité face au mercenaire qui l’attend là-bas. » Expliqua lentement l’être énigmatique. « Mon homme attend à l’astroport, il vous reste à prévenir votre cher et tendre. »
« C’est comme si c’était fait. » Annonça Vinzza d’une voix obéissante. « Comment savez-vous tout cela ? »
« J’ai une bonne intuition. » Ricana-t-il avant de couper la communication.
Tirn s’empressa alors de prévenir Vaid vu qu’elle ne tenait absolument pas à recevoir un rappel à l’ordre ; d’ailleurs, elle doutait que ce soit dans le vocabulaire de son interlocuteur… Une fois l’appel passé, Vinzza Tirn s’enfonça dans son fauteuil et respira lentement afin de faire disparaître la peur qui l’avait envahie. Elle devait toujours assister à une réunion et devait toujours faire comme si tout était normal.
A bord du Délos, astroport de Taa, Vaux à la bordure de l’Amas de Hapès, Secteur Neuf.
« C’est joli chez toi. » Commenta Morgan Deleïn en effectuant du regard le tour de la cabine principale du Délos.
« Hélas, ce n’est pas chez moi. » Dit Evyk Skywalker en s’asseyant sur la banquette encerclant une partie de la table située dans un coin de la pièce. « Je ne fais que surveiller les lieux en attente du retour de sa propriétaire. »
« Une grande brune qui séduit à peu près tout le monde. » Indiqua Deleïn en prenant place face à son ami.
« Tout le monde tu veux dire ! » S’exclama Evyk avec un grand sourire.
« Non, je maintiens ce que j’ai dit. » Insista Morgan en lui faisant comprendre qu’il était de ceux qui parvenaient à résister au charme dévastateur d’Artémis.
« En parlant d’elle, je te remercie encore de lui avoir sauvé la vie. » Reprit plus sérieusement Skywalker. « Sans toi, elle serait morte. »
« Exactement, et ça pose la question de qui veut sa mort. » Ajouta Deleïn qui avait la courtoisie de ne pas l’interroger sur ses sentiments à l’encontre de la belle Invisible.
« Une question parmi tant d’autres… Je commence à sérieusement m’habituer à cette ambiance. » Observa Evyk Skywalker qui était entouré depuis près de trois mois par des mystères et des questions auxquelles il trouvait rarement des réponses. « Autre question : qu’est-ce que tu fais ici ? »
« C’est vrai qu’après un an sans se donner de nouvelles, on se voit beaucoup ces temps-ci. Ça va commencer à jaser sur Coruscant ! » Plaisanta le jeune homme barbu avec un sourire qu’il n’utilisait plus guère ces derniers temps. « C’est Maître Korval qui m’envoie. »
« Je croyais qu’elle ne voulait pas m’aider ? » S’enquit Evyk, surpris.
« Il faut croire que tu as trouvé les bons arguments. » Répondit Morgan Deleïn en haussant les épaules. « Elle sait que tu n’abandonneras pas, donc elle a tenu à envoyer quelqu’un qui puisse surveiller tout cela et qui n’ait pas peur d’écorner sa réputation. »
« Donc, tu es là pour détourner le regard le moment voulu et pour encaisser les remontrances lorsqu’on s’apercevra qu’Artémis s’est évadée. » Résuma rapidement Skywalker.
« Exact. Vu que je m’en fous complètement de ce qu’on peut penser de moi autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Ordre, je suis le candidat idéal pour une mission vouée à l’échec. » Confirma Morgan très lucide. « Hélas, il faudra maintenir les apparences envers Hapès, et donc je ne pourrais pas t’aider directement. »
« Je m’en doute… »
De brefs coups sur la coque du Délos interrompirent leur conversation. Evyk se leva et alla déclencher l’abaissement de la rampe d’accès, sachant parfaitement qui était leur visiteur. Quelques secondes plus tard, Essaï Wocou pénétra dans la cabine et se figea presque aussitôt en voyant le sabrolaser qui pendait à la ceinture de Morgan.
« Essaï, je te présente le Jedi Morgan Deleïn. » Commença Evyk en se tenant entre les deux hommes. « Morgan, voici Essaï Wocou, un ami d’Artémis. »
Les deux hommes se saluèrent tout en se lançant un regard méfiant : il savait tout deux qu’étant allié aujourd’hui, ils pouvaient devenir ennemis demain.
« C’est tout ce que tu as pour la faire évader ? » Demanda le Jedi Deleïn tout en se rasseyant.
« C’est un Skywalker, et moi je suis un gars qui a réussi à lui tenir tête. » Contra Wocou avec une expression de défi. « Ne t’en fais pas, ici, c’est nous qui sommes en supériorité. »
Morgan se contenta de hausser les épaules pour toute réponse.
« Donc, comment s’est passé ta filature ? » Interrogea Skywalker qui avait deviné les projets de son coéquipier.
« Mal. Ils m’ont semé. » Répondit laconiquement le corellien avec une mine de dégoût. « J’aurais bien voulu les prévenir que je comptais revenir avec une amie une fois que celle-ci serait libre, histoire de leur faire comprendre certaines choses. »
« On ne sait donc rien sur eux. » Résuma Evyk tout en faisant une grimace.
« Seulement qu’ils sont fort, car on ne me sème pas si facilement. »
« Mouais… Avec tout ça, la sécurité va être augmentée et il sera encore plus difficile de faire évader Artémis. » Observa Evyk Skywalker qui commençait à en avoir marre de tous ses obstacles qui se dressaient à chaque fois sur son chemin.
« Surtout que j’ai entendu qu’à partir de maintenant, c’est le juge qui se déplacerait pour interroger votre amie. » Ajouta Morgan sur un ton posé.
« Parfait, ils vont donc se croire à l’abri de tout. Maintenant qu’on a un lieu précis, il ne nous reste plus qu’à définir un plan. » Reprit Wocou avec un enthousiasme renouvelé.
« Une prison est un lieu sensé retenir efficacement ses occupants. » Remarqua Deleïn en fronçant les sourcils.
« Comme tu le dis, sensé. Mais tout plan à une faille, il suffit de savoir l’exploiter. » Répliqua Essaï Wocou avec un grand sourire. « Surtout que je doute que la prison de Taa soit la plus perfectionnée de la Galaxie. »
« Encore faut il se procurer le plan de la prison. » Observa Evyk qui partageait plutôt l’opinion de Morgan sur le sujet.
« J’en fait mon affaire, il y a toujours quelqu’un qui possède ce genre d’information sur une telle planète. » Dit Essaï sur un ton confiant. « Ce genre de boulot, c’est ma spécialité. »
« Parfait, tu te charges de cela, peut-être qu’on pourra vraiment exploiter une faille dans le système de sécurité de la prison. » Approuva Skywalker qui était prêt à sauter sur la moindre opportunité. « Quant à moi, je vais garder profil bas, je sens qu’Ookhin me surveille. »
« Dites-moi quand vous passerez à l’action, histoire que je puisse donner vous donner le coup de pouce nécessaire. » Déclara Morgan Deleïn en se levant. « Pour le moment, je jouerais mon rôle de parfait petit Jedi, ça me permettra d’enquêter sur nos trouble-fêtes. Si je trouve quelque chose, je vous le dis. »
Evyk Skywalker accompagna les deux hommes jusqu’au bas de la rampe d’accès du Délos et les regarda prendre des directions opposés tout en se demandant une fois de plus s’il faisait le bon choix de défier l’autorité, et surtout s’il arriverait à empêcher la venue du chaos dans la galaxie.
A bord du Voleur Honnête, Hyperespace.
Lexan Horn était en train de parcourir, tout en sifflotant, une des longues coursives du cargo le Voleur Honnête. Après un jour de voyage, il connaissait par cœur la topographie du vaisseau, à tel point qu’il pouvait désormais rejoindre n’importe quelle pièce les yeux fermés et sans utiliser la Force. Maintenant, alors que de nombreuses canalisations courraient un peu partout, il était en train reconstituer dans sa tête le schéma technique du cargo afin de pouvoir exploiter ses points faibles si la situation le demandait. Il était un chevalier Jedi, il ne se faisait pas d’illusions : les choses allaient mal tourner. Ce n’était même pas du pessimisme de sa part, il y avait un petit quelque chose dans la Force qui lui disait que la situation allait très bientôt se compliquer. C’était les risques du métier. Lexan savait que dans une infiltration de ce genre, la difficulté était croissante, chaque étape devenant de plus en plus difficile à franchir. Ainsi, dans pas longtemps, ils se rendraient compte que l’entretien d’embauche de l’avant-veille avait représenté la partie facile de la mission ; rien de plus normal, car maintenant ils demandaient à leur employeur de leur faire confiance. Or, Horn avait déjà pu constater que cela n’allait pas être chose aisée. En alternance avec ses visites du Voleur Honnête, le corellien avait tenté de s’intégrer à la dizaine d’homme d’équipages et n’avait récolté au mieux que des regards noirs ou une indifférence presque insultante. Toutefois, il avait insisté en essayant de participer à une partie de sabacc ou à une de dejarik, mais il s’était fait rembarrer cette fois-ci avec des gestes véritablement insultant. Il fallait bien avouer que le comportement de Sam n’arrangeait pas les affaires ; cela faisait une journée qu’ils étaient à bord du vaisseau et elle n’était sortie qu’une seule fois de sa cabine. Certes, c’était la seule façon de dissimuler son mal à leurs hôtes, mais ils allaient bientôt devoir changer de tactique car l’excuse de l’indigestion ne tiendrait pas longtemps.
Lexan Horn s’arrêta au milieu de couloir, se demandant s’il avait bien fait de demander de l’aide à Sam Narro pour aller se jeter dans la gueule du monstre. L’idée lui avait parut bonne, mais maintenant qu’il était confronté à son mal, il espérait qu’il n’avait pas commis une erreur. Toutefois, il ne pouvait pas laisser ces trafiquants continuer à librement fabriquer et transporter leur A-For, il se devait d’intervenir avant que les choses ne dégénèrent vraiment. Il ne voulait pas se réveiller un matin en apprenant qu’un de ses amis avait été assassiné par un gars chargé d’A-For, alors qu’il avait eut l’opportunité de mettre un terme au trafic. De plus, maintenant, c’était presque trop tard pour revenir en arrière, il était dans la place et devait par tout les moyens aller jusqu’au bout. Peut-être alors survivrait-il ? Peut-être alors serait-il salué comme le héros qui avait sauvé les Jedi ? Non, quoi qu’il arrive, il ne reculerait pas. Désolé Sam, je ne t’abandonnerais pas, mais des fois des gens devaient mourir pour sauver toute une population. Tu aurais sans doute mieux compris cela si tu n’avais pas quitté l’Ordre…
Horn allait reprendre son chemin lorsqu’il sentit un danger dans la Force. Il fut projeté au sol tandis que des grincements peu encourageants secouaient tout le vaisseau. Alors qu’il se redressait et qu’une alarme se mettait à retentir, il comprit ce qu’il venait de se passer : le Voleur Honnête venait d’être tiré hors de l’hyperespace. Le Jedi se mit à courir en direction de sa cabine. Des tirs se mirent à pleuvoir sur les boucliers déflecteurs du cargo. D’après ce que lui indiquait la Force, une demi-douzaine de chasseurs harcelaient le vaisseau. Définitivement, en plus de leur champ interdicteur, leurs assaillants étaient bien organisés. Une série de trois violentes explosions le fit rebondir plusieurs fois sur une des cloisons de la coursive. Et bien armés ! Lexan sentit l’appareil vibrer anormalement, puis la sonnerie devint encore plus stridente. Il jura : le Voleur Honnête venait de perdre ses boucliers. Il accéléra son allure. De nouveaux tirs se firent sentir. La lumière clignota, puis s’éteignit durant deux secondes avant de se rallumer. Horn n’entendait plus le moteur du cargo. Ils étaient bel et bien faits.
Le chevalier Jedi s’arrêta devant la baie en transparacier située au bout du couloir. Il vit alors un vaisseau de forme sphérique encerclé par un anneau imposant, rappelant le design d’appareils ayant existé plusieurs siècles auparavant, se rapprocher très rapidement du Voleur Honnête. Dans cinq minutes, ils seraient faits prisonnier. Lexan s’élança vers la cabine de Sam, mais stoppa cinq pas plus loin. Il venait de comprendre que s’il rejoignait sa camarade, il aurait le choix entre soit se rendre, soit essayer de se défendre en révélant sa véritable identité. Deux choix qui ne l’enthousiasmaient absolument pas. Par contre, s’il arrivait à se cacher, et puis ensuite à délivrer tout le monde, il ferrait d’une pierre deux coups : il conserverait sa fausse identité et il montrerait qu’on pouvait avoir confiance en lui, donc en Sam et Taaryn aussi. Le jeune homme avait pris sa décision. Il envoya un message à Sam dans la Force puis effectua un demi-tour et se mit à la recherche de la meilleur cachette possible.
Dix minutes plus tard, Sam Narro, Taaryn et l’aqualish, qui les avaient recruté, sortirent du Voleur Honnête les mains croisées sur leurs têtes. Ils étaient les derniers à quitter le cargo. Depuis le sommet de l’appareil, Lexan Horn les observa rejoindre le reste de l’équipage au centre du hangar principal du croiseur qui les avait attaqué. Les prisonniers étaient étroitement surveillés, rendant toute résistance inutile. Lexan savait qu’il devrait attendre avant d’intervenir. Un chagrien aux cornes immenses et aux riches habits pénétra dans le hangar, et s’avança sans se presser vers le groupe de captifs. Il leur dit quelques phrases tout en leur faisant admirer son sourire le plus cruel, puis d’un geste sec ordonna à ses hommes de les emmener ailleurs. Malheureusement pour Lexan, il n’entendit pas les paroles du chagrien, tellement il était occupé à créer une illusion pour ne pas être repéré. Pour tous les pirates, il n’était qu’un bloc de senseurs en plus au sommet du Voleur Honnête. Le Jedi regarda la colonne de prisonniers quitter le hangar accompagnée par la majorité des gens du chagrien, puis patienta cinq minutes afin que ceux restant quittent leurs postes défensifs, et enfin sauta sur une passerelle en hauteur se trouvant à moins de trois mètres de lui. De là, donnant l’illusion d’un courant d’air, il s’empressa de quitter le hangar par une grille d’aération. D’après ses premières estimations, il était à un contre cent. Parfait, enfin un adversaire à sa hauteur ; et s’il était de bonne humeur, il en épargnerait une dizaine ou deux. Lexan Horn se mit à ramper dans la canalisation tout en commençant à échafauder un plan qui lui permettrait de triompher. Il sentait que dans les prochaines heures, il allait bien s’amuser…
Oiki Ran, le Ktâh qui attend les commentaires!!