
Jolp : Les chroniques de Mileyno 3
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Jolp : Les chroniques de Mileyno 3
Jolp : Les chroniques de Mileyno 3

Auteur de fictions dans l'univers Jolp.
Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno 3
Avant-propos
Alors que les flammes de Krazog s’étouffent sous un linceul de cendres, l’étau du Parrain se resserre définitivement sur Jazuku. Sharkal ne se contente plus de régner par la peur ; il façonne désormais la réalité, transformant chaque acte de rébellion en une variable prévisible de son plan machiavélique.
Dans ce troisième et ultime volume des Chroniques de Mileyno, la fuite se mue en une lutte spectrale au sein des Terres Brûlées. Des étendues sauvages de ferraille aux abîmes de la Plateforme Abyssale, la guerre de l’information bascule à un point de non-retour. Sous la traque incessante des « Gardiens de la Faille », le salut ne réside plus seulement dans l'éclat de la vérité, mais aussi dans l'invisibilité absolue d'un nouveau système : le « Réseau Fantôme ».
Vous retrouvez un Mileyno acculé. Ce n’est plus seulement son identité qu’il met en jeu, mais sa place dans l’Histoire. Face à un Sharkal qui tente de soumettre son esprit, l’investigateur doit affronter le dilemme ultime, probablement le plus dur de toute son existence.
Ce récit est le point final d'une descente aux enfers, une immersion dans le sacrifice nécessaire pour arracher un monde à son créateur. Et sur Jazuku, la mémoire est le dernier bastion de la liberté.
La traque s’achève ici, dans les entrailles du monde de Jazuku, à la croisée des destins.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno 3
Prologue
Le speeder de transport volé vibrait sous l’effort, ses turbines de sustentation crachant une fumée noire alors qu’il s’enfonçait dans les Plaines de Soufre. Derrière eux, Krazog n'était plus qu'une plaie béante à l'horizon, un dôme de vapeur incandescente marquant l'endroit où le Grand Piston avait rendu l'âme.
À l'intérieur de l'habitacle, le silence était plus lourd que le vacarme de l'explosion. Mileyno fixait l'écran noir de son terminal. Les derniers mots de Sharkal résonnaient encore dans son esprit, plus toxiques que la pluie acide qui martelait le toit métallique du véhicule.
— "Ta rébellion est la pièce maîtresse de mon prochain échiquier."
— Il ment, finit par lâcher Grendel, ses mains massives agrippées au dossier du siège. C’est un prédateur. Il essaie de te faire douter de ton propre sabotage pour que tu arrêtes de te battre.
— Non, répondit Mileyno d'une voix sourde. Il ne ment pas. Il manipule. Il a déjà intégré la perte de Krazog dans ses prévisions financières. Pour lui, nous ne sommes pas des héros, nous sommes des coûts d’exploitation.
Sarys ne quitta pas les commandes des yeux, ses mains gantées corrigeant sans cesse la trajectoire pour éviter les cratères de scories.
— S'il nous considère comme un coût, alors on va s'assurer que le prix devienne insupportable, dit-elle. Mais Grendel a raison sur un point : on ne peut plus rester sur les routes principales de Ploftogal. On entre dans les Terres Brûlées. Là où la carte de Sharkal s'arrête.
À la Citadelle de Fer, l'obscurité du bureau du Parrain n'était troublée que par l'éclat des moniteurs. Sharkal ne regardait plus Krazog. Il observait une carte thermique de la zone de faille abyssale, située à l'extrême sud du continent.
Le projet Jazuku-Prime n'était pas mort. Il avait simplement besoin d'une nouvelle base, plus profonde, plus isolée. Une base que les syndicats galactiques pourraient utiliser sans que les autorités officielles ne puissent jamais la localiser.
Un officier de liaison entra dans la pièce, marchant sur la pointe des pieds.
— Seigneur, le Commandant Vax est confirmé... disparu. Nos équipes n'ont retrouvé que des débris de son armure dans le puits thermique de Krazog.
Sharkal ne se retourna pas.
— Vax était une relique d'une époque où la force brute suffisait. Mileyno m'a rendu service en l'éliminant. Il a fait le ménage dans mes propres rangs.
Le Parrain se leva, sa silhouette se reflétant dans la baie vitrée balayée par la foudre.
— Contactez les Gardiens de la Faille, ordonna-t-il. Dites-leur que la chasse est désormais ouverte dans les Terres Brûlées. Je ne veux pas seulement Mileyno. Je veux que chaque paria qui le suit réalise que leur "fantôme" est celui qui les a menés à l'abattoir.
Le speeder amorça sa descente vers une mer de dunes ferrugineuses. Mileyno ouvrit la fenêtre de son terminal une dernière fois. Il ne restait que quelques lignes de code exploitables du dossier Prime, mais c’était suffisant pour comprendre que le forage abyssal allait commencer.
Il regarda Sarys, puis Grendel, puis la colonne de réfugiés qui, au loin, commençait à apparaître sur les radars de communication locale.
— On ne peut plus être des fugitifs, dit Mileyno, une résolution nouvelle durcissant ses traits. On doit devenir le Réseau Fantôme. On va construire notre propre système sous leurs pieds. Si Sharkal veut jouer sur son échiquier, on va brûler le plateau.
Le speeder s'engouffra dans une gorge de roche noire, disparaissant des écrans de surveillance planétaires. Pour la première fois de sa vie, Mileyno n'avait plus de passé. Il n'avait plus d'identité.
Il n'était plus qu'une fréquence dans le noir. Et Jazuku allait enfin apprendre à écouter le silence.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno 3
Chapitre 1
La poussière ferrugineuse avait un goût de sang et de vieux cuivre. Elle s'infiltrait partout : dans les filtres des masques, dans les articulations des prothèses et dans les rares replis de vêtements encore intacts. Dans les Terres Brûlées, la géographie n'était plus faite de collines ou de vallées, mais de carcasses de machines colossales à moitié ensevelies sous des dunes de scories.
Le speeder finit par rendre l'âme dans un dernier hoquet de fumée grasse, au milieu d'un cimetière de turbines à haute pression.
— Terminus, lâcha Sarys en coupant les circuits de bord. Si on insiste, le moteur nous explose au visage.
Mileyno descendit du véhicule. Ses bottes s'enfoncèrent dans une couche de poussière de silice qui crissa comme du verre brisé. Derrière eux, à quelques centaines de mètres, les premières silhouettes de la colonne de réfugiés émergeaient de la brume orangée. Des hommes, des femmes, des enfants de Krazog, marchant avec la raideur des condamnés, portés par l'unique espoir que le "fantôme" savait où il allait.
— On ne peut pas rester à découvert, grogna Grendel en déchargeant des caisses de batteries. La chaleur va monter à 50°C dans deux heures, et la pluie de soufre qui arrive va nous décaper jusqu'à l'os.
Mileyno ne répondit pas tout de suite. Il tenait son terminal à bout de bras, scrutant l'horizon. Il ne cherchait pas de signal satellite — ce serait signer leur arrêt de mort — mais une résonance magnétique.
— Là-bas, dit enfin Mileyno en pointant une ombre massive qui se découpait contre le ciel de suie. La Station de Pompage 42. Elle est désaffectée depuis l'époque de la Grande Purge. Si mes dossiers sont exacts, elle repose sur un réseau de tunnels en céramique. Sharkal l'a rayée des cartes parce qu'il n'y avait plus de minerai, mais pour nous, c'est une forteresse.
La Station 42 ressemblait à une cathédrale de métal rouillé, une carcasse de fer envahie par des lichens chimiques d'un vert fluorescent. Ils durent forcer les portes hydrauliques à la barre à mine pour laisser entrer la foule épuisée. À l'intérieur, le silence était caverneux, troublé seulement par le goutte-à-goutte rythmique d'un réservoir percé.
Pendant que Sarys et Grendel organisaient le campement de fortune, répartissant les rations de soja et l'eau filtrée, Mileyno s'isola dans l'ancienne salle de contrôle.
Il n'utilisa pas les consoles de la station. Trop risqué. Il étala sur une table métallique les composants qu'il avait volés à Krazog : des émetteurs radio à basse fréquence, des câbles en cuivre gainés de plomb et des processeurs analogiques datant d'un autre siècle.
— Tu construis une antiquité ? demanda Sarys en entrant dans la pièce, une lampe de poche à la main.
— Je construis un pont, répondit Mileyno sans lever les yeux. Sharkal possède le présent. Il possède la fibre optique, les holonets et les réseaux de données à haute vitesse. Tout ce qui transite par ses serveurs est intercepté, analysé, effacé. Mais il a oublié la physique de base. Les ondes radio courtes rebondissent sur l'ionosphère polluée de Ploftogal. Elles ne laissent pas de trace numérique. Elles sont invisibles pour son intelligence artificielle.
Il connecta son terminal à un vieux transmetteur à lampes. Dans un bourdonnement électrique, le cadran s'alluma d'une lueur ambrée.
— Bienvenue dans le Réseau Fantôme, Sarys. À partir d'aujourd'hui, l'information ne sera plus un fichier. Elle sera un murmure.
— Et si quelqu'un d'autre écoute ?
— Qu'ils écoutent. Pour eux, ce ne sera que du bruit statique. Seuls ceux qui possèdent ma clé de chiffrement physique — et j'en ai fabriqué une dizaine — pourront transformer ce bruit en mots.
Mileyno pressa l'interrupteur. Le signal partit, ricochant sur les nuages de soufre, traversant les Terres Brûlées jusqu'à atteindre les oreilles de quelques parias restés à Nécrolythe et à Krazog.
Dans la Citadelle, le bureau de Sharkal était plongé dans une lumière bleutée. Sur son écran principal, une alerte discrète clignotait.
— Une anomalie dans le spectre radio, Monsieur, rapporta un technicien via l'interphone. Du bruit blanc. Très régulier.
Sharkal s'approcha de la vitre. Il ne regardait pas l'écran, mais l'immensité sombre des Terres Brûlées au loin. Un léger pli apparut au coin de ses lèvres.
— Le bruit blanc n'existe pas dans la nature, murmura-t-il. C'est le battement de cœur d'un homme qui refuse de mourir.
Il se tourna vers l'officier de liaison.
— Envoyez les Gardiens de la Faille. Pas les soldats de Vax. Je veux les traqueurs de la Guilde Silencieuse. Dites-leur de ne pas attaquer. Je veux qu'ils localisent la source de ce murmure. Je veux voir jusqu'où Mileyno est prêt à étendre son réseau avant de le couper à la racine.
Dans la Station 42, Mileyno sentit un frisson lui parcourir l'échine. Le silence de la salle de contrôle lui parut soudain trop épais. Il regarda le cadran de son émetteur. Il venait d'ouvrir une porte.
— Le jeu a recommencé, Sarys, dit-il d'une voix blanche. Mais cette fois, on ne court plus. On hante Jazuku.
Au dehors, dans l'obscurité des Terres Brûlées, une paire d'yeux optiques rouges s'alluma au sommet d'une dune. Les Gardiens de la Faille venaient de trouver leur piste.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno 3
Chapitre 2
La Station 42 n'était pas seulement une coquille vide ; elle avait des racines. Sous les turbines rouillées du rez-de-chaussée s’étendait le Niveau -9, un complexe pressurisé que les cartes de Sharkal Industries marquaient comme « Inondé / Instable ».
En descendant les marches de fer qui grinçaient sous leur poids, Mileyno et Sarys durent forcer un sas dont les joints en caoutchouc avaient fusionné avec le cadre. L’air qui s’en échappa sentait le renfermé, une odeur de papier sec et d’ozone figé depuis des décennies.
— Pourquoi cacher un sous-sol s’il n’y a plus rien à pomper ? murmura Sarys, sa lampe torche balayant des rangées de classeurs métalliques et des terminaux massifs à écrans cathodiques.
— Parce que ce n'est pas une station de pompage, répondit Mileyno, ses yeux brillant d'une excitation fébrile. Regarde les sigles sur les murs.
Sous la rouille, on devinait un emblème circulaire : un arbre stylisé entouré d'engrenages. C'était l'ancien sceau de la Guilde des Architectes de Jazuku, l'organisation qui gérait la planète avant que Sharkal ne transforme les syndicats en mafias et les usines en bagnes.
Au centre de la pièce trônait une console monumentale, épargnée par la corrosion. Mileyno s'assit sur le fauteuil de cuir craquelé. Il ne connecta pas son terminal immédiatement. Il chercha un interrupteur physique. D'un geste sec, il abaissa un levier de cuivre.
Un bourdonnement profond fit vibrer le sol. Des lampes de secours ambrées s'allumèrent une à une, révélant ce que Mileyno appela instantanément le « Sanctuaire ».
— Ce sont des archives physiques, Sarys. Des plans sur microfilm, des registres manuscrits. Sharkal a effacé les serveurs, mais il n'a pas pris le temps de brûler le papier.
Il commença à manipuler un lecteur optique archaïque. Des images floues apparurent sur l'écran bombé : des forêts de conifères synthétiques, des lacs de filtration clairs, des cités qui ne crachaient pas de fumée noire. Jazuku n'avait pas toujours été un enfer de suie. Elle était un projet de Monde-Jardin Industriel.
— Regarde cette date, dit Mileyno en désignant un document. « Opération Rénovation - Secteur 7 ». C’est là que tout a basculé. Sharkal n’était pas encore le Parrain. Il était le responsable de la sécurité de la Guilde.
Les documents révélaient l'impensable : Sharkal avait provoqué le premier accident industriel du Secteur 7 pour justifier la mise en place d'un état d'urgence permanent. Il avait créé le chaos pour offrir sa propre version de l'ordre.
Soudain, Sarys se tendit. Elle posa une main sur l'épaule de Mileyno et pointa le plafond.
— Silence.
Au-dessus d'eux, à travers les conduits de ventilation, un bruit de frottement métallique se fit entendre. Ce n'était pas le pas lourd d'un mineur de Grendel. C'était le glissement fluide de quelque chose qui n'utilisait pas les articulations humaines.
— Les Gardiens de la Faille, souffla Sarys en dégainant sa lame vibrante. Ils ne nous ont pas suivis par le signal radio. Ils ont suivi notre trace thermique dans le désert.
Mileyno s'empara d'une poignée de microfilms et les fourra dans sa veste.
— On ne peut pas rester ici. S'ils entrent dans le Sanctuaire, ils détruiront tout.
— Grendel et les autres sont au rez-de-chaussée, ils vont se faire massacrer, s'inquiéta Sarys.
— Non, les Gardiens ne cherchent pas la foule. Ils cherchent la source du Réseau Fantôme. Ils nous cherchent, nous.
Un bruit de découpe laser commença à ronger le sas du Niveau -9. Des étincelles orangées jaillirent dans l'obscurité. Les Gardiens de la Faille, ces assassins cybernétiques dont le corps n'était qu'un assemblage de capteurs et de lames rétractables, étaient à la porte.
Mileyno regarda la console. Il ne pouvait pas laisser ce savoir à Sharkal, mais il ne pouvait pas non plus le laisser le détruire. Il activa le protocole de purge des réservoirs de la station.
— Sarys, la conduite de décharge ! Elle mène directement aux failles sous la station ! C’est notre seule issue.
Le sas céda dans un fracas de métal fondu. Trois silhouettes filiformes, drapées dans des camouflages optiques qui grésillaient comme de l'électricité statique, s'engouffrèrent dans la pièce. Ils n'avaient pas d'yeux, seulement des fentes horizontales rouge sang.
Sarys jeta une grenade fumigène à leurs pieds.
— Saute, gamin !
Mileyno et Sarys se jetèrent dans le puits de décharge au moment même où les Gardiens chargeaient. Ils glissèrent dans un boyau vertical, emportés par un flux d'eau de refroidissement saumâtre, tandis que derrière eux, une explosion de vapeur saturait le Niveau -9.
Ils chutèrent pendant de longues secondes avant d'atterrir brutalement dans une caverne souterraine, loin sous la Station 42. L'air y était saturé de soufre, mais au loin, une lueur violette pulsait.
Mileyno se releva, trempé et tremblant, tenant ses microfilms comme un trésor sacré. Il leva les yeux. Devant eux, la caverne s'ouvrait sur un gouffre insondable.
— On est dans la Faille Abyssale, murmura-t-il.
Et là, suspendue dans le vide par des câbles de la taille d'immeubles, se dressait la Plateforme de Forage de Sharkal. Jazuku-Prime n'était plus un projet sur écran. C'était une montagne de fer qui dévorait le cœur de la planète.
Le Sanctuaire était perdu, mais Mileyno venait de trouver le champ de bataille final.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno 3
Chapitre 3
L’abîme ne ressemblait à rien de ce que Mileyno avait imaginé. Ce n’était pas un simple trou dans la roche, mais une blessure ouverte dans la chair de Jazuku, large de plusieurs kilomètres, d'où montait une chaleur cyclopéenne et un bourdonnement basse fréquence qui faisait vibrer les dents.
Au centre, la Plateforme Abyssale, suspendue par des chaînes de duracier de la taille de grat-ciels, ressemblait à une araignée de fer tissant sa toile au-dessus du vide.
— C'est ça, le projet Prime, souffla Sarys, sa main serrée sur la poignée de son arme. Il ne fore pas pour des minerais. Il fore pour l'énergie brute du noyau.
— Il ne veut pas seulement de l'énergie, Sarys, répondit Mileyno en consultant les microfilms qu'il avait sauvés. Il veut transformer la planète en une station-service géante pour les flottes de contrebande de la Bordure Extérieure. S'il réussit, Jazuku deviendra le carrefour de tout ce qui est illégal dans ce secteur de la galaxie. Il ne sera plus le Parrain d'un continent, mais le Maître d'une route commerciale.
Soudain, le terminal de Mileyno, pourtant réglé sur le protocole de silence du Réseau Fantôme, se mit à vibrer. Une onde de choc numérique fit grésiller l'écran. Une icône unique apparut, une griffe stylisée en or sur fond noir.
L’appel ne venait pas d'une station relais. Il venait de partout. Les haut-parleurs de maintenance de la caverne, les circuits de la plateforme en bas, et même le terminal de Mileyno diffusèrent une voix calme, dépourvue de toute friture.
— « Tu as toujours eu un penchant pour l'histoire, Mileyno. Mais l'histoire est écrite par ceux qui survivent au chaos, pas par ceux qui le documentent. »
Sharkal. Sa voix n’était pas celle d’un tyran en colère, mais celle d’un père déçu, d'un mentor observant un élève brillant faire une erreur fatale.
— Sharkal, cracha Mileyno vers le vide. Tu as tué ma famille pour une "fondation". Tu as enterré Krazog pour une "optimisation". Qu'est-ce qu'il te reste à détruire ?
— « Je n'ai rien détruit, petit. J'ai élagué les branches mortes pour que l'arbre puisse grandir. Vois-tu cette plateforme ? Elle est le futur. Une Jazuku connectée au reste de la galaxie est une Jazuku protégée. Sans moi, cette planète n'est qu'un tas de boue acide dont personne ne se soucie. Avec moi, elle devient indispensable. »
Une passerelle automatisée, dissimulée dans la paroi rocheuse, se déploya avec un sifflement hydraulique, offrant un chemin direct vers le premier niveau de la plateforme suspendue.
— « Sarys n'est qu'une exécutante. Grendel n'est qu'une brute. Mais toi, Mileyno... tu as l'esprit d'un bâtisseur. Je te propose un marché. Pose ce terminal. Oublie les dossiers Sable. Viens à la Citadelle. Deviens mon héritier. Je te donnerai les clés de Jazuku-Prime. Tu pourras gérer la planète comme tu l'entends, tant que l'ordre est maintenu. »
Sarys posa son canon sur l'épaule de Mileyno, fixant la passerelle.
— Il essaie de t'acheter, gamin. Comme il a acheté les politiques, comme il a acheté Vax.
— « Je ne l'achète pas, Sarys. Je lui offre une place dans la réalité. Si tu actives ton sabotage, Mileyno, tu ne tueras pas seulement Jazuku-Prime.
Tu condamneras tes cinq cents réfugiés à mourir de faim dans les Terres Brûlées. Sans mon système, il n'y a plus de filtres à air, plus de rations, plus d'avenir. Choisis : sois un héros mort dans un monde de cendres, ou sois un maître vivant dans mon nouvel empire. »
Le silence qui suivit fut plus oppressant que le vacarme des forages. Mileyno regarda la passerelle, puis le terminal qu'il serrait contre son torse. Il voyait le piège. Sharkal n'avait pas peur de lui ; il l'invitait à devenir le monstre qu'il combattait.
C'était la manipulation ultime du Parrain : faire comprendre à sa victime que la liberté n'était qu'une illusion coûteuse, et que la soumission était le seul confort logique.
Mileyno s'avança jusqu'au bord du gouffre. Ses yeux rencontrèrent ceux de Sarys. Il y vit une tristesse infinie, mais aussi une question.
— Il a raison sur une chose, murmura Mileyno. Si je détruis tout, ils mourront tous.
Il leva son terminal, son doigt hésitant au-dessus de la commande de surcharge.
— Mais s'il gagne, Jazuku ne sera plus jamais une planète. Ce sera juste une prison avec un nom différent.
Mileyno ne prit pas la passerelle. Il se tourna vers l'obscurité du tunnel par lequel ils étaient arrivés.
— Sharkal ! hurla-t-il. Garde tes clés ! Je ne veux pas de ton héritage. Je vais te montrer qu'un fantôme peut faire plus de dégâts qu'une armée. On ne va pas négocier. On va te débrancher.
Un rire sec, glacial, résonna dans la caverne.
— « Alors meurs avec tes principes, petit archiviste. Les Gardiens de la Faille ont l'ordre de ne rien laisser de toi, pas même un souvenir. »
La passerelle se rétracta brutalement. Au loin, dans les structures de la plateforme, des lumières rouges s'allumèrent par centaines. L'invitation était terminée. Le massacre allait commencer.
— Sarys, prépare les charges, dit Mileyno en remettant son masque. On n'attaque pas la plateforme. On va attaquer les Pylônes de Soutien. Si on fait tomber l'araignée, elle emmènera tout son réseau avec elle.
Le duel psychologique était terminé. La guerre pour l'âme de Jazuku entrait dans sa phase finale.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno 3
Chapitre 4
La Plateforme Abyssale n'était pas seulement une structure, c'était un organisme vivant de fer et de vapeur. À chaque pulsation du forage, les passerelles de service vibraient d'une fréquence si aiguë qu'elle faisait saigner les gencives de Mileyno.
— Ils arrivent, souffla Sarys en plaquant son dos contre une conduite de refroidissement.
Elle ne regardait pas derrière elle. Elle écoutait. Dans le fracas des turbines, un son dissonant s'élevait : le cliquetis de griffes de duracier contre les grilles de métal. Les Gardiens de la Faille ne couraient pas, ils glissaient sur les structures verticales, défiant la gravité grâce à leurs membres magnétiques.
— On n'atteindra jamais le centre de commande, dit Mileyno en consultant son terminal. Mais on n'en a pas besoin. Regarde les câbles de tension Nord-Est.
Il pointa trois piliers cyclopéens qui s'ancraient dans la paroi de la caverne. Ces pylônes maintenaient l'équilibre de la plateforme suspendue. Si l'un d'eux lâchait, la structure basculerait. Si deux cédaient, Jazuku-Prime s'effondrerait dans le magma du noyau.
— On doit saboter les Stabilisateurs de Charge, ordonna Mileyno. Sarys, je vais avoir besoin que tu couvres les accès. Je vais devoir entrer physiquement dans le boîtier de régulation. Mon signal distant est brouillé par leur champ d'interférence.
Ils s'élancèrent sur une rampe de service étroite, suspendue au-dessus du vide absolu. À trois cents mètres plus bas, le forage principal crachait des gerbes de plasma bleu.
Soudain, une ombre se détacha de la voûte. Un Gardien de la Faille tomba littéralement du plafond, atterrissant avec une grâce effrayante entre Mileyno et le pylône. Sa silhouette était filiforme, ses bras terminés par des lames monomoléculaires qui grésillaient. Il ne poussa aucun cri. Il se contenta de pencher la tête, son capteur optique rouge scannant le cœur de Mileyno.
— Bouge, gamin ! hurla Sarys.
Elle fit feu. Trois éclairs de plasma percutèrent le thorax du cyborg, le faisant reculer, mais la machine se rétablit instantanément, ses lames parant le quatrième tir avec une vitesse surnaturelle.
Sarys se jeta dans la mêlée, engageant un duel de lames contre le prédateur de Sharkal. Le bruit du métal contre le métal résonna dans le gouffre.
Mileyno, le cœur battant à tout rompre, sprinta vers le pylône. Il atteignit le boîtier de régulation. C'était une masse de fonte verrouillée par un code bio-métrique de haute sécurité. Mais Mileyno ne cherchait pas à l'ouvrir proprement. Il sortit sa dernière charge thermique, une relique volée à Krazog, et la fixa directement sur le processeur de flux.
— "Tes propres outils, Sharkal..." murmura-t-il.
Il connecta son terminal au détonateur. Mais alors qu'il s'apprêtait à valider la surcharge, une seconde ombre surgit. Puis une troisième.
Les Gardiens ne jouaient plus la traque. Ils encerclaient leur proie. Sarys était submergée, sa lame vibrante luttant contre deux de ces monstres simultanément. Elle saignait de l'épaule, ses mouvements ralentis par la fatigue.
— Mileyno ! Fais-le ! hurla-t-elle en parant un coup qui aurait dû lui trancher la tête. Fais-le maintenant !
Mileyno regarda Sarys, puis le terminal. Si il déclenchait la charge maintenant, l'explosion du pylône risquait de sectionner la passerelle sur laquelle ils se trouvaient tous. Ce serait un aller simple pour le vide.
À travers son terminal, une dernière fenêtre s'ouvrit. Un message de Sharkal, envoyé via le réseau interne de la plateforme.
SÉCURITÉ RÉSEAU : OPTION FINALE ACTIVÉE.VOULEZ-VOUS VRAIMENT DÉTRUIRE LE SEUL AVENIR DE JAZUKU ?
Mileyno ne répondit pas par du texte. Il envoya un virus, un « Ver Fantôme » qu'il avait codé durant ses nuits d'exil dans les Terres Brûlées. Le virus ne visait pas la plateforme, il visait les Gardiens de la Faille.
Instantanément, les assassins cybernétiques s'immobilisèrent. Leurs capteurs rouges virèrent au vert, puis au blanc, alors que leurs systèmes de navigation étaient saturés de données corrompues. Mileyno avait piraté les traqueurs en utilisant leur propre lien avec la Citadelle.
— Sarys ! Dégage de là !
Il activa le détonateur.
L'explosion du pylône fut aveuglante. Le pilier de duracier se sectionna dans un gémissement de fin du monde. La plateforme Prime, privée de son ancrage principal, oscilla violemment vers la gauche, arrachant des tonnes de roche à la paroi.
Le souffle projeta Mileyno en arrière. Il sentit le vide l'aspirer, mais une main gantée, ferme et ensanglantée, le rattrapa au vol. Sarys, accrochée à une rambarde tordue, le maintenait au-dessus de l'abîme.
En bas, la Plateforme Abyssale commençait à gémir. Les câbles restants se tendaient jusqu'à la rupture. Le rêve de Sharkal était en train de se fissurer.
Mais Mileyno, en regardant vers le haut, vit que les Gardiens de la Faille ne tombaient pas. Ils redémarraient. Et derrière eux, une nouvelle silhouette émergeait des ombres de la caverne. Une silhouette massive, lourdement armée, portant l'uniforme noir de la garde personnelle du Parrain.
Le casse technologique n'était pas fini. Il venait de se transformer en une lutte pour chaque centimètre de métal.
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Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno 3
Chapitre 5
La structure de Jazuku-Prime hurlait. Le métal se tordait sous des forces de torsion pour lesquelles il n'avait jamais été conçu. Sur la passerelle inclinée à quarante-cinq degrés, Mileyno et Sarys faisaient face à la Garde Noire du Parrain. C’étaient des colosses de chair et de plaques de céramique, des exécuteurs muets dont la seule fonction était d'éliminer les obstacles aux profits de Sharkal.
— Va au cœur, Mileyno ! cracha Sarys en rechargeant son arme d'un geste sec. Je ne pourrai pas les retenir plus d'une minute !
Le jeune investigateur ne discuta pas. Il sprinta vers le moyeu central, là où le faisceau de forage plongeait dans l'abîme. La chaleur y était insoutenable, une onde de choc thermique qui faisait fondre le plastique de son masque.
Arrivé devant l'interface du noyau, il vit le terminal de contrôle. C'était l'œil du cyclone. À travers les vitres renforcées, il voyait la tête de forage tourbillonner, prête à percer la dernière strate rocheuse avant le noyau magmatique de Jazuku.
Une voix familière s'éleva, non plus par les haut-parleurs, mais par une projection holographique qui surgit du sol. Sharkal était là, debout, virtuel mais imposant, son visage éclairé par le reflet orange des forges.
— « Réfléchis bien, Mileyno. Ce terminal contient tout. Les noms des complices, les ordres d'exécution, la preuve irréfutable que j'ai ordonné le massacre du Secteur 7. C'est ta seule arme. Si tu l'utilises pour saboter le noyau, tu détruiras aussi ta seule preuve. Tu redeviendras un rien, un criminel traqué que l'Histoire décrira comme un terroriste. »
Mileyno s'arrêta, son terminal de données entre les mains. Sharkal avait raison. Sans ces fichiers, sa parole ne valait rien. Il ne serait plus l'investigateur qui a exposé un tyran, mais le fou qui a provoqué une catastrophe industrielle.
— L'histoire ne m'intéresse plus, Sharkal, répondit Mileyno, sa voix couverte par le rugissement du forage. Ce qui m'importe, c'est que ce soir, ton forage s'arrête. Ce soir, tu cesses de saigner cette planète.
— « Tu sacrifierais ta vérité pour une victoire invisible ? C’est le geste d’un saint ou d’un idiot. Et Jazuku n’a que faire de l’un comme de l’autre. »
— Je ne suis ni l'un ni l'autre. Je suis le Fantôme.
Mileyno connecta son terminal au port d'injection du noyau. Il ne chercha pas à entrer de code. Il lança la purge totale. Il injecta le « Ver Fantôme » non pas dans un serveur, mais dans le système nerveux de la plateforme.
Les dossiers « Sable », les preuves de dix ans de crimes, les journaux intimes de son père... tout fut transformé en un flux de données brutes, une surcharge binaire destinée à saturer les régulateurs thermiques.
Sur l'écran du terminal, Mileyno vit les fichiers défiler à une vitesse folle avant de s'effacer définitivement. Suppression... Suppression... Suppression... L'onde de choc numérique frappa le noyau. Un éclair de lumière blanche aveuglante jaillit de la console. Le forage s'arrêta net dans un craquement sismique qui secoua toute la caverne. La Plateforme Abyssale, privée de sa force centrifuge et de ses derniers amarres, commença sa chute finale vers les ténèbres de l'abîme.
— NON ! hurla l'hologramme de Sharkal, sa silhouette grésillant avant de se dissiper dans le chaos.
Mileyno fut projeté en arrière par l'explosion des circuits. Il vit Sarys, à bout de forces, abattre le dernier garde avant de s'effondrer sur la plateforme qui basculait.
— Sarys !
Il rampa vers elle, attrapant une chaîne de secours alors que le centre de la plateforme s'effondrait dans le vide. Derrière eux, le forage de Jazuku-Prime n'était plus qu'un amas de ferraille incandescente.
Le secret était détruit. Les preuves étaient parties en fumée. Mileyno n'avait plus rien, sauf la vie et le silence qu'il venait d'imposer au Parrain.
Alors que les lumières d'urgence s'éteignaient une à une, Mileyno comprit le prix de son acte. Il avait sauvé Jazuku d'un forage fatal, mais il venait de se condamner à l'oubli. Il n'était plus Mileyno, le survivant du Secteur 7.
Il était devenu la légende sans visage que Sharkal ne pourrait jamais effacer, car on ne peut pas brûler ce qui n'existe plus sur le papier.
La plateforme sombra dans l'obscurité, emportant avec elle le plus grand secret de Ploftogal.
Auteur de fictions dans l'univers Jolp.
Re: Jolp : Les chroniques de Mileyno 3
Épilogue
Le fracas de la Plateforme Abyssale s’éteignit dans un grondement étouffé, loin sous les strates rocheuses du continent. Dans la faille, il ne restait plus que la fumée, l’odeur de l’ozone brûlé et un silence de tombeau.
Mileyno et Sarys émergèrent d’un conduit de ventilation secondaire, à des kilomètres du site du crash. Leurs vêtements n’étaient plus que des lambeaux de cuir et de suie. Mileyno regarda ses mains, vides. Le terminal, son unique lien avec son passé et sa seule arme contre l’avenir, n’était plus qu’un tas de composants fondus dans le magma.
— Tu l’as fait, gamin, murmura Sarys en s’asseyant contre une paroi froide. Tu as effacé Jazuku-Prime.
— Non, répondit Mileyno en fixant l’obscurité. J’ai juste gagné du temps. Sharkal reconstruira. Il possède les ressources, les hommes et la patience des prédateurs. Mais ce soir, il a compris qu'il n'est pas le seul à savoir manipuler les ombres.
Ils se levèrent et commencèrent leur longue marche vers le cœur des Terres Brûlées. Ils n'avaient plus de dossiers, plus de preuves, plus d'identité.
Pour le reste de la planète, Mileyno était mort dans l'abîme de la faille.
Quinze ans plus tard.
Dans une alcôve pressurisée, cachée derrière les battements hydrauliques d'une station de pompage du Niveau -12, un vieil homme aux mains calleuses et au regard hanté s'activait sous une lampe à incandescence faiblarde.
Mileyno n'utilisait plus de terminaux de haute technologie. Il savait désormais que tout ce qui est numérique peut être traqué, altéré ou effacé par l'ombre de Sharkal. Devant lui reposait un vieux journal de bord à feuillets de polymère, un objet physique, anachronique, indestructible.
D'une écriture serrée, presque fiévreuse, il gravait ses mémoires. Il racontait l'odeur du ragoût de soja dans le Secteur 7, le bruit des bottes de duracier sur le sol de ses parents, le sacrifice de Grendel à Krazog et le regard d'acier de Sarys avant qu'elle ne disparaisse dans la brume des Terres Brûlées.
— "Si vous lisez ceci, c'est que le Réseau Fantôme a survécu à mon propre silence," murmura-t-il en achevant une page. "Sharkal n'est pas un dieu.
C'est un parasite qui se nourrit de notre oubli. Pour le vaincre, il ne suffit pas de briser ses machines. Il faut refuser de devenir sa fiction."
Il intitula son œuvre « Les Chroniques de Mileyno ». Ce n'était pas un simple journal, c'était un manuel de survie, un guide pour naviguer dans les angles morts du Parrain. Une fois le dernier papier achevé, il le scella dans une boîte de plomb étanche et le dissimula dans une cavité sous le plancher de la station, là où seul un esprit habitué aux recoins sombres de la cité-ruche pourrait le dénicher.
Mileyno se redressa, sentant ses vieux os craquer. Il avait fait sa part. Il avait semé les graines de la vérité dans le bitume de Ploftogal.
Au même moment, à quelques kilomètres de là, la cantina du « Soupir du Piston » était saturée de fumée de tabac de synthèse et de vapeurs d'alcool de refroidissement. C’était le refuge des mineurs, des rebuts et des voyageurs de passage qui préféraient ne pas montrer leurs papiers.
À une table isolée, un jeune homme aux traits vifs, vêtu d'une veste de vol tachée de graisse, observait la salle d'un œil cynique. Sur la table devant lui, une boussole de contrebandier et un verre de nectar bleu dont il n'avait pas encore bu une goutte.
Son nom était Jolp.
À la table d'à côté, un vieux mineur édenté, à moitié ivre, murmurait à qui voulait l'entendre :
— Je vous le dis, le Fantôme existe. Il a fait sauter la plateforme de Sharkal. Il rôde encore dans les bas-fonds. Il prépare le coup de grâce...
Les autres clients ricanèrent, jetant des regards nerveux vers la porte, craignant qu'une patrouille du Parrain n'ait entendu.
Jolp, lui, ne riait pas. Il jouait avec un petit fragment de cristal qu'il avait trouvé dans un marché noir de Krazog, un éclat de quartz portant une marque gravée : un symbole que les Archives de l'Ombre utilisaient jadis.
— Sharkal... murmura Jolp, un demi-sourire étirant ses lèvres. Tout le monde en a peur ici. C'est presque ennuyeux.
Il se leva, ajusta son holster et jeta quelques crédits sur la table. .
— Hé, le gamin ! lança le mineur ivre. Tu vas où comme ça ? La pluie acide commence, c'est pas le moment de sortir !
Jolp s'arrêta sur le seuil de la cantina, regardant les gouttes jaunes frapper le pavé métallique avec un sifflement sinistre. Au loin, la Citadelle de Fer de Sharkal dominait l'horizon comme un défi permanent.
La traque du Fantôme, Mileyno, était bien terminée. Celle du contrebandier n’allait pas tarder à commencer. Et quelque part, sur son trône de fer,
Sharkal sentit un frisson qu'il n'avait plus ressenti depuis quinze ans : la certitude que son empire n'était bâti que sur du sable.
Auteur de fictions dans l'univers Jolp.
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