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Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

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Messagepar mat-vador » Mer 18 Aoû 2021 - 21:38   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour, si fidèle L2 :wink: !

L2-D2 a écrit:Et bien! :shock: Je ne m'attendais pas à ce que l'attentat raté serve de prétexte à ce que Contispex devienne Contispex Ier! Tel Palpatine, il se sert du Sénat! :shock:


Il fallait bien expliquer comment on a obtenu 19 Contispex dans la chronologie :transpire: :diable: ! Et trouver un prétexte à l'hérédité monarchique...


Allez, à samedi :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 21 Aoû 2021 - 21:56   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Allez, je vous publie la suite. Le mot d'ordre est : RÉPRESSION !!!!! :diable: :diable:



Zone de Sécurité prioritaire numéro un

L’ithorien Sfax se demandait pourquoi Irren, Naha et Maathra n’avaient pas donné de leurs nouvelles. D’après les bruits qui couraient jusqu’au cœur même du ghetto, le Chancelier Suprême avait été mis en sécurité sans qu’ils ne soient parvenus à leurs fins.
Il avisa le ho’din qui était assis à la table face à lui, dans leur repaire secret, plongé dans la pénombre.
- Eh bien, Edath ?
L’alien secoua sa chevelure serpentine, désemparé.
- Aucune nouvelle, répondit-il en agitant son comlink.
Sfax avait prévu de réunir l’ensemble de son réseau après leur retour. Le souffle rauque de ses deux bouches trahissait son impatience et sa frustration. Il avait beaucoup espéré de leur réussite mais les rumeurs n’incitaient pas à l’optimisme.
Il tenait à savoir ce qui avait dérapé et pourquoi.
- Peut-on avoir accès aux médias officiels ?
- Oui monsieur, s’exécuta le ho’din.
Il se leva et alluma l’écran mural à hauteur du visage. Après quelques manipulations, le visage d’une présentatrice humaine au visage impersonnel apparut.
- Son Excellence, le Chancelier Suprême a été visé d’une tentative d’attentat odieux sur sa personne et celle de sa famille lors de la Fête de la Déesse. Fort heureusement, cet attentat a été déjoué grâce à la vigilance des citoyens les plus vertueux mais de nombreuses victimes restent néanmoins à déplorer. Les auteurs ont été neutralisés même si aucun n’a pu être pris vivant, préférant déclencher leurs explosifs précocement. Restez avec nous pour des informations complémentaires.
L’ithorien secoua son énorme tête difforme.
- Ils ont échoué, grogna-t-il.
- Que devons-nous faire ?
Le ho’din revint vers la table, guettant ses instructions.
- Dans l’immédiat, rien. Les Forces de Sécurité ne tarderont pas à remonter jusqu’à nous. Nous devons faire profil bas. Fais passer le mot.
Le ho’din acquiesça avec gravité et prit congé du chef ithorien. Celui-ci continuait de fixer la présentatrice qui déclamait les autres titres de l’actualité, intégralement superficiels. Sfax avait le goût amer d’un immense gâchis dans la salive.
Maintenant, le plus urgent était de se mettre à couvert sans tarder. Le combat, si désespéré soit-il, devait se poursuivre.
Sfax laissé seul, éteignit l’écran avant de s’asseoir de nouveau. Le dos courbé par les remords suite à son refus de participer à la Conspiration des Cent, il se demandait s’il aurait pu empêcher la Lune Pourpre de survenir de quelque manière que ce soit.
Aurait-il pu agir contre ce massacre gratuit de toute une multitude de communautés discriminées ouvertement par les tyrans ? Il se doutait qu’il n’aurait pu rien y faire, car tous connaissaient la trahison des Hutt.
Il se souvint du dernier message que Maathra lui avait transmis avant d’accompagner, pour lui faire de la proposition de Bekan Kalad de joindre leurs forces à celles des Hutt, mis sous pression par le déploiement de deux Flottes de la République à leurs frontières. La guerrière avait martelé que s’ils échouaient, tous les membres du réseau se trouveraient dans l’impasse.
S’ils échouaient, ils n’auraient pas d’autre option que de fuir, quitte à abandonner tous les habitants du ghetto sans défense.
L’ithorien était terrifié par une telle perspective. Les non humains vivraient-ils à jamais comme des parias, rejetés et traqués par la République ? Leurs enfants devraient-ils se cacher de la lumière des astres pour espérer vivre en sécurité, espérer survivre à cette longue nuit de ténèbres qui s’annonçait ?
Il ne voulait pas l’envisager.
Edath rentra tout à coup, essoufflé et paniqué, à sa surprise.
- Edath ? Dit-il au ho’din.
- Les… les Gardiens de la Pureté !
La peur se lut immanquablement dans les yeux de l’ithorien qui se leva de table et empoigna son manteau.
- Allons-nous en !
Ils quittèrent leur repaire, et se retrouvèrent dans la rue principale pour observer le spectacle effrayant.
Secondés par les Forces de Sécurité, les suprémacistes avaient investi les trottoirs, forçant les habitations et jetant sans pitié des familles entières dehors, à genoux face au mur. Quelques cadavres fumants gisaient au sol, certains n’avaient pas obéi assez vite ou avaient opposé de la résistance.
Ils progressaient méthodiquement bloc par bloc. Le ho’din et le chef ithorien voyaient effarés, grossir la densité de ce bétail rassemblé au milieu de la rue, de plus en plus compressé à mesure que les blocs étaient vidés.
- Vite, éloignons-nous ! Essayons de trouver les autres…
Ils marchèrent pour fuir au plus vite sans se faire repérer mais des landspeeders les dépassèrent pour déposer plus loin d’autres Gardiens de la Pureté. Ces derniers sautèrent des véhicules, matraques et blaster brandis sans honte et se dirigèrent vers les blocs.
Les deux résistants hésitèrent, ne sachant où aller car la souricière s’était refermée à leurs dépens. L’ithorien agrippa le bras du ho’din pour l’entraîner à sa suite dans la ruelle sombre la plus proche.
- Par ici, cachons-nous là !
Hélas, trois Gardiens de la Pureté surgirent devant eux, le sourire féroce et les menacèrent de leur blaster.
- Où allez-vous comme ça ?
- Je… mon tuteur se sentait mal, tenta de s’expliquer le ho’din. Je l’emmenais dans un endroit calme pour qu’il puisse se remettre…
- Il se sentait mal ? Ricana un des suprémacistes. Eh bien, il se sentira encore plus mal, bientôt !
Les résistants furent bousculés avec vigueur en arrière à coups de crosse sur le corps, rabattus vers la foule des habitants regroupés de force, au milieu de la rue.
- Allez, avec les autres !
Tous deux se réfugièrent dans la masse, au milieu de leurs voisins qu’ils connaissaient tous plus ou moins intimement. Ils passèrent à côté d’enfants qui pleuraient, des parents qui les blottissaient contre eux pour tenter de les rassurer.
Leur haleine, leur peur et leurs questions respiraient le désarroi et la crainte d’un sort funeste alors que les suprémacistes les encerclaient étroitement. Au-dessus de la foule, des holocams flottaient dans des grondements mécaniques bas, assistant les navettes d’assaut des Forces de Sécurité qui renforçaient le dispositif.
Un suprémaciste que l’on pouvait croire taillé dans du granit, se détacha des siens et saisit un haut parleur portatif dans lequel il rugit.
- Vous êtes considérés tous comme complices du lâche attentat qui a frappé le Chancelier Suprême, tout à l’heure pendant la Fête de la Déesse.
Le Gardien de la Pureté Hsell savoura l’effet que sa harangue produisit sur les aliens. À constater leurs traits tordus et livides, c’était comme s’il venait de prononcer leur condamnation à mort. Les pires conséquences leur semblaient promises.
- Vous hébergez des terroristes ! Et nous leur demandons de se montrer s’ils ne veulent pas voir ceux qui leur sont chers, mourir !
Il répéta aux soit disant terroristes de se montrer, à trois reprises. Il attendit ensuite une vingtaine de secondes et ne constatant aucun frémissement parmi la foule, s’approcha pour tirer à lui un rodien frêle.
Celui-ci tenta de se débattre en suppliant dans son dialecte, tandis que les autres habitants retinrent leur souffle. Tous avaient cessé de respirer lorsque Hsell dégaina son blaster pour le pointer sur la tête de l’alien.
- Que les terroristes se montrent !
Le rodien continua de brailler en tremblant tandis que les têtes se tournaient dans toutes les directions. Personne ne sortit des rangs.
Une détonation claqua et le rodien s’écroula sous les yeux de tous tandis que son meurtrier réclama :
- Au suivant ! Allez !
Deux de ses camarades s’emparèrent d’une femme devaronnienne et de sa petite fille. La mère pleura qu’on l’épargne et des murmures choqués parcoururent la masse. Bientôt, certains lancèrent des regards haineux vers les Gardiens de la Pureté jusqu’à crier :
- Laissez-les tranquilles !
Ils sortirent des rangs mais les Forces de Sécurité les rejetèrent en arrière brutalement, excitant leur colère. Des agents lâchèrent des rafales à l’aide de leurs fusils blaster dans les cieux, mais cela n’eut d’autre effet que d’ajouter encore plus de confusion.
Les Gardiens de la Pureté hésitèrent, se tournant vers leur chef qui demeurait impassible.
- Tirez dans le tas ! Ordonna-t-il sèchement.
Ils pointèrent leur blaster et pressèrent la détente. Les traits d’énergie frappèrent les malheureux qui tombèrent un à un, soulevant des cris d’effrois tandis que les navettes d’assaut s’approchèrent pour resserrer l’étreinte.
- Cessez le feu ! Cessez le feu ! Cria le commandant Thindar qui participait à l’opération.
Le calme revint peu après lorsque les tirs cessèrent. Hsell menaçait toujours la femme et sa fille de son arme de poing.
- Que les terroristes se dénoncent ou il y aura d’autres morts !
- Arrêtez ! S’éleva une voix grave de la foule.
Tout le monde s’écarta devant un ithorien qui s’avançait les bras levés en guise de bonne foi.
- Arrêtez cette folie ! Demanda Sfax.
- Que veux-tu, tête de marteau ? Fit le suprémaciste, méprisant.
- Je suis celui que vous recherchez.
Hsell fut déconcerté avant de le braquer, laissant repartir les deux devaronniennes.
- Comment ça ?
- Je suis le chef des terroristes, expliqua l’ithorien. Ces gens du ghetto sont paisibles et pacifiques, laissez-les en paix.
Hsell l’attrapa par le col et le frappa aux deux mâchoires.
- Où sont les autres ?
- Ils sont morts ou entre vos mains, après notre échec. Je suis le dernier qui reste, poursuivit Sfax avec détermination. Vous devrez vous contenter de moi.
- Tu mens ! Il en reste forcément d’autres, où sont-ils ?
L’ithorien s’effondra à genoux, après de nouveaux coups donnés au visage et au thorax. Il fut piétiné allègrement à coups de bottes avant d’être relevé de force, montrant ses nombreuses entailles aux siens.
- Où sont-ils ? Dis-le ou tu mourras comme l’autre affreux !
Sfax ne put se retenir de fixer le cadavre frais du rodien exécuté.
- Faites ce que vous avez à faire et quittez le ghetto, répliqua-t-il.
Hsell lui enfonça la crosse du blaster brusquement dans l’abdomen, lui coupant le souffle et le forçant à s’agenouiller. L’ithorien laissa son regard se perdre dans le vague, résigné à son sort. Alors qu’il guettait le martyre prêt à l’accueillir, un ho’din bouscula les siens pour venir le rejoindre.
- Attendez, je suis avec lui.
- Edath ? Interrogea l’ithorien.
Le ho’din fut saisi par deux Gardiens de la Pureté et mis à genoux, à côté du leader stupéfait.
- Mais qu’est-ce que tu as fait ?
- Je ne pouvais pas vous laisser seul, Sfax.
Hsell les étudia tous les deux, indécis avant de penser qu’il s’en contenterait pour aujourd’hui. Il donna pour instruction de les aligner contre un bloc puis appela le commandant Thindar qui n’était guère ravi d’être traité comme un laquais.
- Veuillez procéder, Thindar.
- Faites-le vous-mêmes, rétorqua ce dernier alors que les deux aliens attendaient leur châtiment, dos au mur.
Le suprémaciste arbora un sourire mauvais.
- Votre loyauté est sujette à caution, Thindar, depuis la Lune Pourpre. Si vous refusez de le faire, vous vous tiendrez aux côtés de ces inférieurs. Le Colonel Hosan nous observe depuis là-haut, avec le sergent Shetu.
Immanquablement, le commandant des Forces de Sécurité leva la tête vers les navettes d’assaut qui flottaient à trente mètres d’altitude. Nul doute que Hosan devait être en liaison étroite avec le Chancelier Suprême, tout en surveillant les gestes de chacun.
Thindar ne pouvait que s’incliner.
- En position ! Glapit-il.
Dix agents des Forces de Sécurité s’alignèrent devant les deux militants, leur fusil blaster présenté en travers de leur poitrine.
- Épaulez !
Sfax et Edath échangèrent un dernier regard.
- Je ne pouvais pas vous laisser mourir seul, lança le ho’din.
- Je vais mourir aux côtés d’un idiot, grogna Sfax. Tu aurais pu t’enfuir.
- Pour aller où ?
L’ithorien secoua la tête.
- N’importe où, loin d’ici.
- C’est un peu tard pour le regretter.
Le leader de la résistance acquiesça en silence. Compte tenu des affûts de fusils pointés droit sur eux, il était trop tard pour y remédier, en effet.
- Que diriez-vous de mourir aux côtés d’un ami ? Demanda le ho’din.
- Un ami ? Oui, je crois que je peux faire cela.
Ce furent leurs derniers paroles proférées dans ce monde cruel, contre lequel ils avaient lutté dans la mesure de leurs moyens.
- Feu ! Hurla Thindar.
Un Gardien de la Pureté se pencha ensuite pour examiner les corps fumants et vérifier qu’ils ne contenaient plus de vie.
- Commandant, fit Hsell. Sélectionnez dix otages au hasard et exécutez-les. Vous pourrez ensuite évacuer.
- Des otages ? Cracha Thindar. Je croyais que vous aviez eu ce que vous vouliez.
Hsell rangea son blaster, sans cesser de le toiser.
- Ce n’est pas ce que le Chancelier Suprême dirait. Oh, prenez des enfants, surtout.
- Des enfants ? S’écria l’officier, choqué.
- Bien sûr, ils sont si innocents. Il est temps que ces vermines comprennent qu’ils ont tout à perdre dans une nouvelle Lune Pourpre. Bonne journée, commandant, conclut le suprémaciste avec une malice cruelle.


Narn Shetu était aux premières loges avec le Colonel Hosan depuis le début de l’incursion des forces de Contispex dans le ghetto un. Depuis la navette d’assaut, il bénéficiait d’un point de vue plongeant sur l’état des lieux.
Les Gardiens de la Pureté et les Forces de Sécurité avaient vidé les blocs les uns après les autres, de tout ce qu’ils contenaient. Quelques habitants s’opposèrent à leur expulsion brutale et furent abattus par les suprémacistes, pour l’exemple.
Il entendait les cris de terreur et croisait sans cesse le regard terne du Colonel Hosan qui ne cessait d’afficher une sérénité de marbre. Un sourire inhumain jouait même sur ses lèvres.
- Tous ces gens n’ont rien à voir avec l’attentat, plaida le policier.
- En êtes-vous certains, sergent ? Croyez-vous que qu’il en existe un qui soit irréprochable ? En finissant tous dans ce ghetto, ils ont mérité leur sort.
Le chef des Gardiens de la Pureté se dressa sur son siège pour s’adresser au pilote.
- Amenez-nous plus près.
Le véhicule militaire descendit doucement. Narn sentit les frémissements des propulseurs ioniques, faire trembler son corps.
- Colonel, vous devez trouver le leader de la résistance. C’est un ithorien. Sans lui, ses complices seront désorganisés.
- Oui, le problème étant qu’il n’y a pas qu’un seul ithorien dans ce ghetto. J’espère que Hsell ne sera pas obligé de rafler tous les ithoriens et de les exécuter, cela nous ferait perdre plus de temps. Ses méthodes manquent de subtilité mais sont efficaces. Et cela permettra de renforcer la République. L’efficacité et la loyauté permettront le début d’un nouvel âge d’or pour nous tous.
- Vous ne pouvez pas rester au pouvoir en terrorisant tout le monde.
- Nous savons récompenser l’obéissance quand il le faut, sergent. Ah, Hsell prend les choses en main. Admirez son œuvre.
Le policier retourné par Contispex ne rata pas une miette. Des flash traversèrent la rue quand Hsell abattit le rodien pour pousser la foule à dénoncer les prétendus terroristes ou les terroristes à se livrer eux-mêmes.
Le rodien était une victime collatérale de la violence de leurs maîtres. Puis Narn vit les suprémacistes s’en prendre à deux devaronniennes, une mère et sa fille. C’en fut trop pour lui, il se tourna de colère vers Hosan.
- Faites cesser cela !
Hosan ne l’écouta même pas. Narn crispa les poings, se préparant à commettre un acte aux conséquences qu’il ne pouvait mesurer. Finalement un ithorien s’avança devant tout le monde, les mains levées.
- Vous voyez, sergent ? Pour ces deux créatures, les choses s’arrangent.
Les devaronniennes se réfugièrent de nouveau parmi les leurs tandis que l’ithorien fut battu par Hsell qui voulait le forcer à livrer ses complices. Il résista aux coups jusqu’à ce qu’un jeune ho’din se dévoua pour le rejoindre.
Les deux aliens furent ensuite plaqués contre un bloc et mis en joue par un peloton d’exécution des Forces de Sécurité. Ils s’écroulèrent, fusillés en public avant que Hsell n’intima au commandant Thindar de choisir des otages.
Les Forces de Sécurité s’infiltrèrent dans la foule pour en retirer… des enfants. Ces derniers désemparés, criaient et se débattaient devant leurs parents rudement repoussés, emplis de désespoir. Le même désespoir qui envahissait Narn Shetu.
- Vous ne pouvez pas faire ça !
- C’est pour le bien commun, sergent.
Le policier fit face à Hosan, les traits livides. Le partisan des Contispex le tenait en respect avec son blaster, ôtant le cran de sûreté.
- C’est pour la vision d’une galaxie unifiée par les humains que ces enfants vont mourir, que vous allez mourir.
Il pressa la détente et Narn eut la respiration coupée lorsque le trait ardent carbonisa son abdomen. Il plaqua la main contre sa plaie et s’affala sur son siège, agonisant en l’espace de quelques instants. Sa vision se voila et sa conscience se brouilla mais il eut le temps d’entendre :
- Et s’il le faut, c’est pour cette vision que d’autres mourront.


Voilà, j'espère que cela vous a intéressé ! Il reste un dernier chapitre sur Coruscant et après zou :whistle: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mar 24 Aoû 2021 - 21:17   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu!

La Lune Pourpre, acte 2? Peut être pas jusque là, mais la répression a une nouvelle fois frappé... Et le pauvre Narn en a fait les frais! :(

Vivement la suite! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Jeu 26 Aoû 2021 - 21:45   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :jap: !

Eh oui, pauvre Narn...


Allez, à la prochaine :sournois: !
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Messagepar mat-vador » Ven 27 Aoû 2021 - 20:52   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir, je profite de cette occasion pour souligner que j'ai commencé à poster sur le forum le 24 aout 2018, sur la saga Pius Dea! Cela fait donc pile 3 ANs!!!!! :shock: :shock: ! SISI !!!! Que le temps passe viteee !!!

Joyeux anniversaire à cette saga Pius Dea :x :P :P ! Trois ans de Pius Dea, de maux de ventre, de Contispex, de purification contre l'hérésie et la débauche contre ces immondes impurs :diable: :diable: ... trois ans de massacre !!!! :lol:

Faites couler l'alcool à flots :transpire: !


Plus sérieusement, j'espère que cela vous plait toujours autant :cute: ! On se retrouve à demain :hello: !
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Messagepar Den » Sam 28 Aoû 2021 - 11:34   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Joyeux anniversaire au Pius Dea!! :D

Puisse les tortures et les vapodouches être obligatoire pendant une semaine!! :paf:

En tout cas, félicitation pour avoir tenu autant de temps avec cette histoire, l'ami! Puisse-t-elle durer encore longtemps! ;)
"Vergere m'a appris à embrasser la douleur et à m'y soumettre. J'en ai fait une partie de moi-même, une partie que je ne pourrai ni combattre, ni nier." Jacen Solo
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Messagepar mat-vador » Sam 28 Aoû 2021 - 20:28   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Den a écrit:Joyeux anniversaire au Pius Dea!! :D


Les Contispex te disent merci :sournois: !

Den a écrit:Puisse les tortures et les vapodouches être obligatoire pendant une semaine!! :paf:


C'est prévu ! Tiens à ce propos, y a une jolie togruta qui t'attend dans la pièce d'à côté pour t'attacher à l’Étreinte de la douleur :diable: !

Den a écrit:En tout cas, félicitation pour avoir tenu autant de temps avec cette histoire, l'ami! Puisse-t-elle durer encore longtemps! ;)


Après le tome 3, je fais une pause... chui rincé :x !


Allez, du coup je vous publie la suite ! Et cette fois, les vedettes sont les Jedi :diable: !



Temple Jedi, le même jour

Les lourdes portes de la salle du Haut Conseil se refermèrent dans le dos de Bekan Kalad. Derrière lui se tenaient son amie lorrdienne Zeri et son padawan difficile, Oriko. Le Jedi alsakani tenta de couler un regard affectueux vers le garçon draethos mais ce dernier n’y répondit pas.
Bekan se mordit la lèvre, frustré et désemparé par le comportement de son élève qui s’était éloigné de lui au point que ce mur qu’il avait érigé entre eux, paraissait insurmontable. Zeri posa la main sur son épaule pour le réconforter.
Le persuader qu’il n’était pas fautif.
L’alsakani se concentra sur le Haut Conseil réuni au complet. Les douze Maîtres siégeaient, la mine fermée, dont la twi’lek Ri’ila Terka dont il avait été le padawan jusqu’à la Crise Alsakan. Un alien trapu à la peau écailleuse, maître Treski, se leva de son fauteuil pour annoncer de sa voix grave et puissante :
- Maîtres du Haut Conseil, Jedi Kalad, Jedi Baltwo. Des sujets importants doivent être abordés et des décisions prises.
La session commença puis Maître Terka se leva, alors que le houk s’était assis de nouveau. Ses lekkus se balancèrent sur ses épaule avant qu’elle ne prit la parole :
- Lors de la Fête de la Déesse, le Chancelier Suprême a été victime d’une attaque. Nous ne connaissons pas les détails, hormis ceux divulgués par les médias officiels mais nous savons qu’il en a réchappé avec sa famille.
Elle s’enfonça dans son fauteuil, s’assurant qu’elle avait l’attention de tous.
- D’après les communiqués officiels, l’attaque aurait été préparée par un réseau opérant depuis le ghetto un. Tous ceux qui y auraient trempé, auraient été abattus par les Gardiens de la Pureté et les Forces de Sécurité mais nous pensons qu’il existe encore quelques survivants activement recherchés. Les statioports sont bouclés et chaque voyageur entrant ou sortant est étroitement contrôlé.
- Ce qui ne serait pas le cas, si tous les terroristes du ghetto un avaient été neutralisés, fit observer la kiffar Okepo.
- C’est exact, maître Okepo. Le Sénat a ensuite été convoqué en session extraordinaire et a accordé l’hérédité de la charge de Chancelier au clan Contispex.
Le résultat de ce vote ne surprit aucun autre Jedi dans la salle. Après la répression de la Lune Pourpre, Contispex avait fait place nette pour purger la bureaucratie de la République de tous ses opposants.
Désormais, tous les éléments importants du pouvoir étaient contrôlés par les Contispex, le culte Pius Dea et leurs alliés. Au sommet de la République, ils ne souffraient plus d’aucun rival. Et cela accentuait l’isolement des Jedi qui n’avaient rien fait ou si peu, pour contrecarrer leur néfaste influence.
- Alors, cela signifie que la République sera gouvernée par les Contispex de père en fils, souffla Zeri choquée par la principale conséquence de ce vote.
- Et quand on connaît la réputation d’Ethan Contispex, commenta Treski, la perspective de le voir succéder un jour à son père, n’est guère réjouissante.
Un chagrien, s’agitait sur son siège, impatient d’intervenir.
- Allons-nous donc enfin réagir, avant que un tyran bien pire ne remplace le précédent ? Le sang n’arrêtera pas de couler tant que nous n’y aurons pas mis un terme, nous-mêmes !
- Que suggérez-vous, maître Huhol ? Demanda calmement maître Terka.
- Nous devons faire savoir au Chancelier Suprême que nous le désapprouvons et que nous le tiendrons responsable de ce qui continuera d’arriver aux citoyens.
Dans la Force, Bekan sentait l’anxiété des maîtres du Conseil. Tous craignaient de défier le Chef d’État de la République et d’en subir les conséquences aussi terribles que celles de la Lune Pourpre.
- Allons-nous continuer à nous soumettre ?
Bekan surprit la gêne de la twi’lek, lorsqu’elle crispa la mâchoire.
- Je crains qu’il soit un peu tard pour résister au destin, lâcha-t-elle avec lassitude.
- Quoi, que voulez-vous dire, maître Terka ?
Elle se tourna alors vers le houk qui se pencha en avant et fit léviter un disque devant sa figure.
- Le Chancelier Suprême nous a laissé un message, expliqua alors Treski. Il a une offre à nous faire.
Son ton frisait le sarcasme alors que l’hologramme de Contispex Ier illumina la pièce d’un halo bleuté familier, qui mettait en valeur ses traits sévères et hautains.
- Salutations, maîtres Jedi. J’ai bien réfléchi et j’ai réalisé à quel point nos relations sont devenues distantes ces derniers temps. Surtout depuis la Lune Pourpre, la purge des ghettos et l’éradication de la Conspiration des Cent.
Le silence des Conseillers Jedi en disait long sur leur embarras d’avoir laissé empirer une situation au-delà du point de non-retour.
- Je voulais vous remercier, à moins que je ne l’ai déjà fait, d’avoir contribué à la stabilité de notre République en réduisant au silence vos dissidents menés par Kotil Marek. Vous avez prouvé que vous étiez dignes de ma confiance et je souhaite vous la renouveler, en vous proposant de vous accorder plus de responsabilités et de prestige. Il est important de montrer au peuple que les Jedi sont à nos côtés.
Contispex Ier se permit un sourire froid comme s’il savourait à l’avance leur réaction d’incrédulité.
- Ainsi, je souhaiterai offrir des postes de conseillers à des grades stratégiques de nos administrations, aux plus dévoués de vos condisciples qui se montrent sensibles à nos croyances et à nos convictions. Je vous serai reconnaissant de faire part de cette offre à l’ensemble de vos pairs et de les laisser choisir en leur âme et conscience. En ces temps incertains, il est important de pouvoir compter sur la fiabilité de ses amis.
Il était évident pour Bekan que le Chancelier Suprême faisait allusion à certains Jedi humains qui lui témoignaient du respect pour la politique qu’il menait. Une minorité isolée que Contispex Ier cherchait à mettre en valeur pour démontrer l’amitié entre l’Ordre et lui. Celui-ci cherchait à fragmenter davantage les rangs des Jedi, fragilisés par les divisions provoquées par les actes de Marek lors de la Lune Pourpre.
Les séquelles de l’affrontement fratricide dans l’enceinte même du Temple, mettraient du temps à guérir.
Sous couvert d’une main tendue, Contispex Ier accentuait son avantage acquis depuis plusieurs mois. L’Ordre Jedi ainsi mis au pas, les Contispex n’avaient plus aucun adversaire sérieux dans le Noyau.
Il ne leur restait plus qu’à affirmer leur autorité dans les mondes périphériques. Les bothans, les lanniks… et les kadijics Hutt.
- En ce qui me concerne, je souhaiterais que Maître Kalad reprenne place à mes côtés. Étant d’origine alsakanie, il me serait d’une grande aide dans nos relations avec son monde natal.
Les regards convergeaient vers Bekan qui comprit le message crypté dans les paroles enregistrées du politicien. Contispex Ier se méfiait d’Alsakan et de son Premier Régent Tina Ap Token, qui avait abattu son ancien allié Orin Melok.
- J’espère que vous accepterez cette offre, conclut-il. Bonne journée, maîtres.
L’hologramme disparut, plongeant le Haut Conseil dans un silence pesant. Personne n’était dupe de la véritable intention du Chancelier. Cependant, tous savaient qu’ils avaient les mains liées et que leur marge de manœuvre était inexistante.
Ce Temple Jedi était devenu une prison, plus qu’un havre de paix.
- Alors, que faisons-nous ? Demanda maître Okepo.
La kiffar fixa tour à tour ses camarades conseillers.
- Je crains que nous n’ayons pas le choix, répondit maître Treski.
La Force se convulsa lorsque Huhol laissa éclater sa colère.
- Nous touchons le fonds de notre indignité et nous continuons de creuser. Ce n’est pas en cédant encore du terrain que nous calmerons ce tyran ! Il nous en demandera plus et nous le lui donnerons docilement. Nous ordonnera-t-il de nous jeter sur nos sabres laser pour lui prouver la valeur de notre… amitié ?
- Le Haut Conseil doit prendre une décision, reprit Ri’ila Terka. Nous devons sauvegarder l’Ordre et ses valeurs, comme nous l’avons toujours fait depuis la création de la République. Il nous reste plus ensuite qu’au Jedi Kalad à nous faire part de son choix.
Huhol secoua la tête, résigné. Il n’obtiendrait pas gain de cause, il le savait. Le Haut Conseil confirma dans un mutisme éloquent, l’acceptation de la proposition du Chancelier Suprême.
- Bekan, acceptes-tu de reprendre ton rôle de consultant auprès du Chancelier ?
Il répondit sans détour.
- Après ce qui s’est passé lors de la Lune Pourpre, je ne crois pas en avoir encore la force, maître Terka.
- Nous comprenons ton opinion et ce Conseil la respecte.
Elle semblait visiblement soulagée. Bekan l’était tout autant, que personne ne le force à revenir auprès du redoutable Chef d’État.
- Il est évident qu’après s’être débarrassé des résistants qui l’ont attaqué, le Chancelier Suprême s’en servira comme prétexte pour démarrer sa guerre contre les Hutt. Déjà, le bruit court que ces derniers auraient commandité l’attaque, reprit le houk.
- Ce dont nous ne sommes pas persuadés, bien au contraire, appuya la twi’lek. Quoiqu’il en soit, nous savons que la guerre est inévitable et même si nous ne pouvons nous dresser contre la République et abjurer notre serment de la protéger, nous ne laisserons pas les Hutt seuls face au Pius Dea.
- C’est pourquoi nous enverrons le Jedi Kakad rejoindre Kotil Marek dans l’Espace Hutt. Leur mission sera de fédérer tous les ennemis des Contispex dans les systèmes périphériques et de les convaincre de se ranger aux côtés des Hutt.
Le natif d’Alsakan perçut un frémissement parcourir les courants de la Force travers la pièce. Ce n’était plus de la résignation mais une détermination naissante qui électrisait ses perceptions. Une énergie qui dominait toutes les opinions.
- C’est un premier pas et j’espère qu’il y en aura d’autres, espérait Huhol.
- La Force nous guidera, martela Treski avant que le houk ne demanda à tous : Quelqu’un d’autre souhaite-t-il ajouter quelque chose ou faire part de son opposition au départ de Kalad ?
Personne ne manifesta la moindre réprobation.
- Alors la séance est levée, conclut la twi’lek. Que la Force soit avec nous et protège la galaxie des ténèbres de l’obscurantisme.
Elle retint son ancien padawan d’un geste discret de la main et celui-ci resta où il était, jusqu’au départ des maîtres. Il fut appelé par son élève draethos qui lui demanda :
- Maître ?
- Ne t’inquiète pas, Oriko. La Jedi Baltwo te prendra sous sa responsabilité jusqu’à mon retour.
La lorrdienne posa la main sur l’épaule du garçon, tout en croisant le regard confiant de Bekan.
- Alors vous allez faire quelque chose, maître ?
- Oui Oriko, la Force m’aidera. J’espère qu’elle t’aidera à trouver la paix d’ici mon retour.
- J’espère que vous le ferez, maître.
L’attitude du draethos n’exprimait plus de la froideur méprisante et le cœur de l’alsakani en fut réconforté jusqu’à ce que la lorrdienne l’entraîna loin de lui, le laissant seul avec Ri’ila Terka. La twi’lek demeura pensive avant de se lever de son siège pour le rejoindre.
Elle lui fit face, balançant ses lekkus.
- Avant de rejoindre l’Espace Hutt, tu partiras pour Alsakan.
- Vous voulez conclure une alliance avec le Premier Régent ? S’étonna-t-il. Nous aurions pu aborder ce point pendant la réunion.
- Nous l’avions fait avant de te convoquer. Et il ne s’agit pas de conclure une alliance, du moins pas si formelle.
- Vous me donnez l’impression de tirer les ficelles de marionnettes.
- Nous ne nous laisserons pas submerger par cette secte de fanatiques, avoua-t-elle avec une passion subite. Même si nous devons renier en partie ce qui nous définit.
- Ces manigances sont plutôt dignes de politiciens et nous sommes des serviteurs de la Force. Le moment viendra où ce genre de stratagèmes ne suffira plus, maître Terka.
- Bekan, ce n’est pas le moment de débattre de ça.
Il leva les yeux au plafonds.
- Il faudra pourtant le faire, un jour.
La twi’lek affichait maintenant une expression accablée et fatiguée.
- La Force m’aura sans doute rappelée avant que ce jour ne vienne.
- Maître, vous ne pouvez pas dire cela ! S’écria-t-il. À quoi servent les enseignements de notre Ordre si vous ne les assumez pas ? Je ne laisserai pas le désespoir dicter ma conduite, pour toujours !
Elle lui envoya des ondes de réconfort tout en le prenant par les épaules. Il la fixait, atterré qu’elle puisse se laisser aller au découragement, ne serait-ce qu’un instant. Puis il se détendit, se rappelant le fort lien qui les unissait en tant que élève et instructeur.
Ils étaient devenus des amis.
- Bekan, tu prendras un jour ma place au Conseil lorsque ton padawan Oriko passera et réussira ses Épreuves de Chevalier.
- Maître ?
- C’est toi qui guidera l’Ordre, qui nous inspirera tous. C’est toi que tous les Jedi suivront lorsque viendra le moment de rompre nos liens avec la République.
- Que dites-vous ?
Il la regardait sans comprendre, se demandant si elle ne perdait pas la raison. Elle se contenta de lui sourire avec bienveillance, cette même bonté qu’elle ne cessait de lui témoigner depuis qu’elle l’avait ramené de son monde natal.
- Je l’ai vu dans la Force, Bekan. Ton destin s’imposera de lui-même à tes doutes, tes questions. Tu es ma fierté.
Elle s’inclina devant lui, pour lui rendre hommage. Il surmonta sa confusion pour lui rendre cette politesse.
- Je dois partir, fit-il pour rompre la gêne qu’il éprouvait.
- Méfie-toi de Marek et des Hutt. Tente d’anticiper leurs intentions, lui recommanda-t-elle. Et si tu ne peux assurer leur victoire face à la République, sauve tout ce que tu peux. En Jedi.
- Je serai vigilant.
- Que la Force soit avec toi.
Il remit son capuchon sur la tête et vérifia l’état de sa batterie de sabre laser, accrochée derrière ses hanches.
- Un vaisseau t’attend au statioport principal. Voici le titre de propriété et les codes, ajouta-t-elle en lui donnant un datapad. Tu y trouveras tout ce que tu as besoin de savoir pour ton entrevue avec le Premier Régent.
- Je vous donnerai de mes nouvelles, si je le peux.
- Cela risque d’être impossible avec le blocus de la République, ne prends pas ce risque. Fais attention à toi, mon ancien élève.
Il inclina le menton en guise d’approbation puis se détourna, écartant les lourds battants à l’aide de la Force.


Voilà, j'espère que cela vous a plu ! Bekan est donc en route pour l'Espace Hutt via Alsakan... l'ocasion de revoir son papounet :whistle: ?

allez, à samedi prochain :hello: !
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 29 Aoû 2021 - 21:27   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

mat-vador a écrit:Bonsoir, je profite de cette occasion pour souligner que j'ai commencé à poster sur le forum le 24 aout 2018, sur la saga Pius Dea! Cela fait donc pile 3 ANs!!!!! :shock: :shock: ! SISI !!!! Que le temps passe viteee !!!


Félicitations pour avoir tenu le rythme de publication de cette série ! :jap:
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Messagepar mat-vador » Dim 29 Aoû 2021 - 22:03   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Jagen Eripsa a écrit:
mat-vador a écrit:Bonsoir, je profite de cette occasion pour souligner que j'ai commencé à poster sur le forum le 24 aout 2018, sur la saga Pius Dea! Cela fait donc pile 3 ANs!!!!! :shock: :shock: ! SISI !!!! Que le temps passe viteee !!!


Félicitations pour avoir tenu le rythme de publication de cette série ! :jap:


Merciii !!!!! :wink:

Après le tome 3, je ferai une pause ! :whistle:
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Messagepar Den » Lun 30 Aoû 2021 - 5:39   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

mat-vador a écrit:C'est prévu ! Tiens à ce propos, y a une jolie togruta qui t'attend dans la pièce d'à côté pour t'attacher à l’Étreinte de la douleur !


Ah! voilà quelqu'un qui sait recevoir ses invités! :D

mat-vador a écrit:Après le tome 3, je fais une pause... chui rincé !


T'as bien raison! Il ne faut pas se surmener non plus! :wink:

Allez! A la prochaine, l'ami!
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Messagepar L2-D2 » Mar 31 Aoû 2021 - 17:27   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Comme mes camarades, bravo mat pour avoir tenu un rythme d'écriture, de publication, de personnages et de rebondissements effrénés ! :jap:

Et l'extrait de la semaine est lu !

Et il est une nouvelle fois passionnant ! :oui: J'apprécie beaucoup le fait que les Jedi deviennent enfin "actifs" contre Contispex, ne se limitant plus à laisser faire, à détourner un regard gêné sur les actes que le Chancelier et ses ouailles commettent. La transmission désormais héréditaire de la fonction est la goutte d'eau qui fait déborder le vase... mais tout cela arrive beaucoup trop tard ! Ainsi, les Jedi vont agir, très bien, mais en catimini, l'air de rien, et autant la vision de Maître Terka est bénéfique pour les valeurs de l'Ordre, autant elle implique que les Jedi vont encore mettre du temps à agir en pleine lumière... :think:

Dans l'attente, donc, direction Alsakan pour une discussion avec Kalad. L'occasion de glaner quelques conseils avant de rallier les Hutt ?

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 01 Sep 2021 - 20:13   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Le retour de L2 :love: !

L2-D2 a écrit:Comme mes camarades, bravo mat pour avoir tenu un rythme d'écriture, de publication, de personnages et de rebondissements effrénés ! :jap:


Merci :x !!!

L2-D2 a écrit:Et il est une nouvelle fois passionnant ! :oui: J'apprécie beaucoup le fait que les Jedi deviennent enfin "actifs" contre Contispex, ne se limitant plus à laisser faire, à détourner un regard gêné sur les actes que le Chancelier et ses ouailles commettent. La transmission désormais héréditaire de la fonction est la goutte d'eau qui fait déborder le vase... mais tout cela arrive beaucoup trop tard ! Ainsi, les Jedi vont agir, très bien, mais en catimini, l'air de rien, et autant la vision de Maître Terka est bénéfique pour les valeurs de l'Ordre, autant elle implique que les Jedi vont encore mettre du temps à agir en pleine lumière... :think:


On va dire que l'attitude des Jedi est la première étape d'une rébellion qui deviendra plus audacieuse au fil des décennies, des siècles :sournois: !

L2-D2 a écrit:Dans l'attente, donc, direction Alsakan pour une discussion avec Kalad. L'occasion de glaner quelques conseils avant de rallier les Hutt ?


Il fera mieux que ça :diable: !

Allez à samedi pour la suite :hello: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar mat-vador » Sam 04 Sep 2021 - 21:25   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Allez, c'est l'heure de la suite et il est temps de retrouver une certaine twi'lek à la peau rouge ! Une bonne nouvelle : la voilà enfin loin de Coruscant et des Contispex :sournois: !


Quelque part, sur la Route Commerciale Perlemienne

Naha émergea enfin de son sommeil agité. Lorsqu’elle ouvrit les paupières, une faible lumière baignait la chambre étroite dans laquelle elle se trouvait. Ses narines furent irritées par cette odeur forte de cambouis prononcé.
Allongée dans un lit dur, sur le dos, elle se redressa sur les coudes mais sa tête engourdie lui semblait peser autant que la galaxie toute entière. Elle la reposa sur l’oreiller puis inspira profondément pour s’éclaircir les idées.
Ses paupières battirent plus vivement et elle appréhenda mieux l’environnement qui l’entourait. Ainsi que le ronronnement bas de moteurs ioniques qui faisait vibrer les murs, le plafonds, le sol sous ses pieds.
Elle se trouvait à bord d’un vaisseau, elle en était persuadée. La jeune twi lek Lethan, maintenant en pleine possession de ses moyens, souleva ses jambes pour les glisser sur le côté. Elle posa les talons aux pieds du lit, résistant à la tentation de s’allonger à nouveau, prise d’une sensation de nausée encore prégnante.
Elle avait gardé ses vêtements de ville, les mêmes qu’elle portait lors de la Fête de la Déesse, quand elle devait lancer ses détonateurs contre les Contispex à la tête du défilé des adeptes du culte Pius Dea.
Une minute… avait-elle réussi à le faire ? Que s’était-il passé, exactement ? Pourquoi s’était-elle retrouvée inconsciente, dans cette chambre ?
Elle tenta de remonter le fil de ses pensées, de sa mémoire récente. Oui, ça y est… elle était présente sur l’Allée de la Foi aux côtés de cette guerrière echanie, Maathra. Une fière combattante qui lui avait promis de veiller sur elle.
La jeune twi’lek se souvint lui avoir fait part de ses doutes, de ses peurs. Puis elle s’était préparée à passer à l’action, guettant le signal de l’echanie qui lui indiquerait le bon moment pour semer la mort parmi ses bourreaux.
Elle lui avait demandé de reculer, plaidant qu’elle était trop exposée puis… que s’est-il passé ? Maathra lui avait répété de reculer encore puis elle lui avait fait sans prévenir une prise d’étranglement pour la maîtriser.
Naha se figea, tout à coup. Pourquoi Maathra avait-elle fait ça ? Pourquoi l’avait-elle empêché de passer à l’acte au dernier moment ?
Les paroles de l’echani à ses oreilles lui revinrent alors.
Je ne te laisserai pas mourir inutilement. Nous avons été trahis.
Puis plus rien, elle avait sombré dans le néant jusqu’à son réveil dans cette chambre aussi oppressante qu’une crypte murée. La colère la prit alors, chassant les derniers miasmes de vertige qui la faisaient vaciller.
Maathra avait plaidé la trahison, pour justifier de l’avoir sauvée. Mais Naha s’était portée volontaire, prête à encourir tous les risques. Maathra l’avait trahie, elle et ses espoirs d’accomplir sa vengeance contre ses anciens bourreaux.
Elle l’avait trahie !
Il lui fallait sortir d’ici et la retrouver, la confronter. Lui demander des comptes.
Elle se dirigea résolument vers la porte et appuya sur l’écran de contrôle pour écarter le battant. Celui-ci ne lui obéit pas, et une voix mécanique résonna au-dessus d’elle :
- Code requis.
Les touches numériques s’illuminèrent à côté de l’écran de contrôle, ce qui la déconcerta et l’irrita davantage qu’elle ne l’était. Non, cet obstacle ne l’arrêterait pas.
- Eh, y a quelqu’un ?
Elle tambourina du poing sur le battant en duracier. Elle cria à l’aide pendant plusieurs minutes avant de comprendre que cela était vain, personne ne l’entendrait à cause de ce bruit de moteur qui grondait autour d’elle.
Elle recula, les mains endolories par les coups qu’elle avait assénés. Alors elle avisa la petite table en plastinium rouillé à côté du lit. Elle l’attrapa à deux mains, et la souleva pour la fracasser contre le battant têtu.
- Ouvrez-moi ! Répétait-elle à chaque impact.
Peu après, la petite table fut réduite en morceaux suite à son acharnement et elle lança les fragments les uns après les autres vers l’entrée.
- Veuillez respecter l’intégrité du vaisseau, intima la voix mécanique.
- La ferme et laisse-moi sortir d’ici !
Puis au moment où elle s’apprêtait à reprendre son souffle, la porte s’ouvrit à l’intention d’une guerrière echanie, débarrassée de son manteau mais toujours vêtue de sa combinaison de combat. Maathra esquiva avec célérité l’un des débris que lui destinait Naha avant d’interroger :
- Comment vas-tu ?
Pour toute réponse, la jeune tw’lek Lethan la chargea avec un rugissement effrayant. Elle la culbuta et tombèrent à la renverse toutes les deux, dans le couloir d’accès principal. Naha tenta de lui empoigner la gorge à deux mains mais l’echanie répliqua en lui lançant un crochet au visage pour se dégager.
Un instant sonnée, gouttant le sang qui perlait de ses lèvres, Naha se releva pour repartir à l’assaut. Posément, Maathra para chacun de ses coups désordonnés et qui manquaient de puissance malgré la hargne dont elle faisait preuve.
- Naha, il fallait que je te sorte de là !
- Tu m’as volé… volé ma vengeance ! Je devais les tuer, ils étaient à moi !
L’echanie la gifla au visage d’un ferme revers mais cela ne fit qu’exciter la fureur de la twi’lek. Des mains, elle lui accrocha le genou pour la déséquilibrer. Maathra se laissa chuter intentionnellement et la twi’lek se retrouva sous elle, immobilisée par une clé qui lui coinça les bras dans le dos.
- Tu serais morte aussi si je n’étais pas intervenue !
Maathra la lâcha, espérant qu’elle se soit calmée mais elle se trompait. Revancharde, Naha continua de l’assaillir, cognant avec ses pieds en plus de ses poings. Mais son imprécision servait la farouche guerrière trempée dans du duracier qui se dérobait astucieusement.
Maathra l’atteignit à deux reprises du plat de la main à la tempe, l’étourdissant temporairement.
- Par Eshan, calme-toi ! La priait-elle.
Revenant à elle, Naha était trop aveuglée par sa colère pour entendre raison. Elle se jeta sur Maathra, les deux poings serrés en avant pour lui briser la mâchoire. Avec expertise, l’echani enroula ses bras autour des siens et lui fit perdre l’équilibre, la faisant passer au-dessus d’elle. La twi’lek atterrit rudement sur la colonne vertébrale, la douleur se propageant dans tout son corps et lui coupant le souffle.
Maathra se releva avec souplesse et la considéra avec sévérité.
- Bon, ça te suffit ou tu veux continuer la fête ?
L’affrontement ne durait que depuis à peine une minute mais la twi’lek était trempée de sueur, sans compter le sang qui coulait de ses plaies et les bleus. Face à elle, l’echani paraissait reposée et détendue.
Elle se redressa sur les genoux et surprit la main tendue de Maathra en guise d’apaisement. La twi’lek reprit son souffle et sans crier gare, écrasa de son talon les orteils du pieds droit de l’echani qui avait baissé sa garde.
Puis elle se jeta sur la main tendue pour la mordre à pleines dents. La farouche guerrière poussa un grognement bestial et sa réaction fut fulgurante. Elle envoya son coude dans la mâchoire de la twi’lek, puis enchaîna une série de coups de pieds sautés avant de la projeter au sol en la percutant du talon sur la tempe.
Cette fois, Maathra prit la précaution de lui tirer les bras dans le dos, alors qu’elle était encore groggy. Naha entendit des cliquetis métalliques lorsque des menottes paralysantes se refermèrent sur ses poignets.
L’echani se releva, ignorant ses protestations.
- Enlève-moi ça ! S’indigna Naha qui se retourna sur le dos.
Elle s’appuya contre la cloison pour se redresser, toisée par l’echani qui lui déclara :
- Ces ordures du Pius Dea sont insensibles à la douleur, moi pas. Ne refais plus jamais ça.
La twi’lek lui lança un coup de botte dans l’entrejambe, esquivé par l’autre femme qui la plaqua rudement contre le mur.
- Est-ce que je dois t’attacher aussi les pieds et te garder enfermée dans la soute, pendant tout le reste du voyage ?
Naha renonça finalement, murmurant :
- Tu… tu m’étouffes.
Maathra s’écarta vivement, toujours sur ses gardes mais cette fois, sa prisonnière ne tenta rien.
- Viens avec moi, fit-elle en la prenant par le coude.
Elle l’emmena dans la cuisine et la fit s’asseoir à la table avant de s’emparer d’une trousse médicale dans un placard.
- Je n’ai pas besoin de toi pour me soigner, grogna la twi’lek.
- Tu n’es pas la seule en avoir besoin, répliqua l’echani en lui montrant sa main ensanglantée.
Elle sortit de la trousse, du désinfectant et des patch de kolto. Elle nettoya rapidement sa plaie puis colla un pansement épais sur le dos de sa main blessée. Puis elle s’approcha de Naha avec d’autres patch de kolto.
- Je peux faire ça moi-même. Détache-moi.
- Pas avant d’être certaine de te faire confiance.
- Alors pourquoi me soignes-tu ? Demanda la rescapée.
- Parce que tu n’es pas mon ennemie. Autrement, je ne prendrais pas cette peine. Tu pourrais me remercier.
Naha cracha du sang, de ses lèvres blessées.
- Te remercier ? Après m’avoir trahie ?
- Il a fallu que j’improvise, expliqua-t-elle.
Elle raconta à sa camarade perplexe et méfiante, ce qui s’était passé pendant la Fête de la Déesse.
- Narn Shetu y était ?
- Oui, confirma Maathra. Nos regards se sont croisés et j’ai compris qu’il nous avait livrés à nos ennemis. Il nous regardait comme des étrangers. C’est Irren qui nous a aidés à nous échapper. Elle a activé ses charges ce qui a provoqué la panique et nous a offerts une diversion.
- Je pensais que c’était quelqu’un de confiance, même si c’est un humain. Irren s’en portait garant, car c’était le coéquipier de Senya dans la Marine.
- Il a dû subir des pressions, reconnut l’echani. Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons plus rien y faire, trancha-t-elle. Tu veux me laisser te soigner ?
- Tu veux me détacher ?
- Seulement, si tu n’essaies pas de me casser la figure.
La twi’lek sourit, narquoise.
- Je ne crois pas que j’y arriverais de sitôt, si je le voulais.
Après une brève hésitation, Maathra passa derrière elle et lui retira les menottes. Elle prit garde toutefois de la prévenir.
- N’oublie pas qu’elle seront utiles, si tu ne restes pas sage.
- Eh, je ne tenterai rien, d’accord ? Bon, passe-moi les patch et le désinfectant, s’il te plaît.
La guerrière lui tendit la trousse tandis que la twi’lek lui demanda encore :
- Alors, quelle est la suite ?
- Comme je te l’avais dit sur Coruscant, nous partons chercher ta famille. Je sais de source sûre, que plusieurs enfants qui ont survécu à la Lune Pourpre ont été vendus à des esclavagistes liés aux kadijics de Nal Hutta.
- Donc tu as une piste, insista Naha qui nettoyait son visage bleui de contusions et d’entailles avec le désinfectant.
- Peut-être.
- L’Espace Hutt ?
Maathra hocha la tête.
- Pas encore, nous faisons d’abord un détour par Iridonia. Nous sommes en hyperespace depuis deux heures, sur pilote automatique.
La twi’lek plissa les yeux, surprise.
- Iridonia ? C’est en dehors de la République, dans l’Espace Sauvage. Pourquoi commencer là-bas ?
- Irren m’a confié qu’elle gardait le contact avec un ancien membre de son escadron de pilotes. C’est elle que nous allons retrouver.
- Elle ?
- Elle s’appelle Ilmi Kliss.
Naha colla un patch de kolto sur chacune de ses joues, lissa ses lekkus enroulés autour du cou. Cela fait, elle rendit la trousse de secours à la guerrière qui lui accorda un sourire franc.
- J’ai un cadeau pour toi, confia tout à coup celle-ci.
La twi’lek étudia la bande de cuir bleu, orné en son centre d’un bijou, un cœur de feu, aussi étincelant que la lave.
- Une tiare ?
- Je me suis dit que cela te rendrait élégante.
- Je risque surtout d’attirer l’attention.
- Dans certaines situations, répondit doucement l’echani, il peut être utile de se donner un peu de prestige. De se faire passer pour quelqu’un d’influent.
- Je doute que ce soit utile sur Iridonia, décocha Naha.
- Mais cela le sera chez les Hutt. Car en fin de compte, ce sera la prochaine étape de notre voyage. Une étape dangereuse.
La twi’lek qui n’avait jamais voyagé hors de son ghetto de Coruscant, acquiesça avec beaucoup de gravité. Elle avait une idée de la dangerosité des territoires des kadijics, en côtoyant les gangs du ghetto qui étaient dirigés par les Hutt.
- Je suppose que Iridonia sera de tout repos.
- Ce n’est pas certain. La planète est emplie de dangers et les zabraks traitent les étrangers rudement, même s’ils sont honorables.
Maathra ponctua sa réponse d’un sourire malicieux.
- Considère cela comme une bonne préparation pour toi.
- Je suis folle de joie, railla la twi’lek.
- Les zabraks cultivent la maîtrise des arts martiaux dans leurs clans et tiennent en haute estime ceux qui leur prouvent leur talent.
- Ce qui sera ton cas mais pas le mien.
- C’est pourquoi je t’entraînerai.
L’echani se leva de table tandis que Naha se coiffa de sa tiare, attachant les lanières de cuir à la base de ses lekkus. Elle se considéra dans un miroir et fut satisfaite de son apparence.
- Si tu vas m’entraîner, quand commence-t-on ?
- Maintenant, si tu te sens prête. Nous arriverons dans deux jours, d’ici là, tu auras maîtrisé les bases essentielles. Mais je te préviens, je ne te ménagerai pas. Même si tu as les articulations en sang et les côtes cassées, si je t’ordonne de te relever, tu le feras. Je te forcerai à te battre même si tu implores ma pitié. C’est bien compris ?
Naha s’apprêtait à s’esclaffer mais elle se retint devant l’expression fermée de l’echani.
- Te voilà très sérieuse.
- Ce que nous affronterons dans l’Espace Hutt, sera bien plus sérieux. Je t’attends dans la soute, je te laisse dix minutes pour te remettre de tes bobos. Ne me fais pas attendre.
Elle s’assura que Naha avait compris, puis s’éclipsa. La twi’lek palpa ses patch kolto collés sur sa peau, se doutant qu’elle en aurait d’autres encore, après sa séance avec Maathra. Même si elle ne sentait pas prête à encaisser ce que Maathra lui réservait, elle quitta la cuisine.


Voilà, j'espère que Naha version vénaire vous a plu :diable: !

Allez à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 06 Sep 2021 - 12:37   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Oh oh ! L'intrigue est donc loin d'être terminée pour Naha ! A mon avis, à défaut de pouvoir se venger directement sur les Contispex, elle va pouvoir prendre part aux manœuvres contre eux, à voir si cela lui suffira... Je suis également curieux de voir comment sa relation avec l'echani va évoluer !

Et donc, après Belan Kalad qui fait un détour avant de rejoindre l'Espace Hutt, voilà que Naha et Maathra vont en faire un elle aussi. Tu as décidé de jouer avec nos nerfs ma parole ! :grrr:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 08 Sep 2021 - 20:18   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :D !

L2-D2 a écrit:Oh oh ! L'intrigue est donc loin d'être terminée pour Naha ! A mon avis, à défaut de pouvoir se venger directement sur les Contispex, elle va pouvoir prendre part aux manœuvres contre eux, à voir si cela lui suffira... Je suis également curieux de voir comment sa relation avec l'echani va évoluer !


C'est bien connu, les rixes forment les meilleures amitiés :P ! Je tiens à faire de Naha un personnage important et Maathra aussi, dans une certaine mesure :sournois: !

L2-D2 a écrit: Tu as décidé de jouer avec nos nerfs ma parole ! :grrr:


En même temps, je crois que tu aimes ça :diable: !


Allez récapitulons pour ce tome 3 : j'en suis à 240 pages, 58 chapitres et 138 872 mots ! En comparaison, le tome 1 fait 226 pages, 128 782 mots et 57 chapitres et le tome 2 fait 320 pages pour 62 chapitres et 184 298 mots :sournois: !


J'écris la dernière ligne droite du tome 3 qui dépassera probablement 250 pages :diable: ! Voilà, voilà!!


Allez, à samedi :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 11 Sep 2021 - 20:59   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Allez c'est l'heure de la suite, et comme vous avez pu vous en douter, nous allons faire un petit détour par Alsakan ! Vous aurez droit à deux Kalad pour le prix d'un :sournois: ! Sisisi :oui: !



Les Mondes du Noyau, planète Alsakan

- Je ne suis pas stupide, Tina.
Tina Ap Token, Premier Régent d’Alsakan, serra les poings, mise au défi par la répartie de la Conseillère de l’Archaiad Lajila Te’hissan. Celle-ci qui était son aînée, arborant des chignons grisonnants, la considérait avec sévérité ce qui agaçait la jeune chef d’État qui se sentait humiliée.
Elle avait l’impression d’être traitée comme une gamine irrévérencieuse.
- Je sais ce que je fais, Conseillère.
Lajila la dévisagea avec impassibilité.
- Vraiment ? Ce n’est pas l’impression que vous donnez.
Tina éprouva la tentation d’appeler les deux gardes du palais à l’entrée de son bureau pour leur demander d’expulser la Conseillère manu militari. Mais un tel acte à l’encontre de l’une des familles les plus puissantes de l’Archaiad, aurait affaibli durablement sa position en la privant d’alliés politiques.
Dans un contexte de tension permanente avec la République, elle ne pouvait pas se le permettre. Ce qui ne voulait pas dire que la remarque de Te’hissan lui plaisait. Et elle tenait à le lui faire savoir de vive voix.
- Précisez-moi l’objet de votre visite, Conseillère. Mis à part celui de m’offenser en oubliant le rang auquel j’appartiens.
La vénérable dignitaire se permit un sourire étroit, en retour.
- C’est l’Archaiad qui vous a offert ce rang, Tina. Grâce à l’appui de certaines familles comme la nôtre, lassées par Orin Melok et sa soumission aux quatre volontés des Contispex.
- Dois-je comprendre que quelque chose a changé ?
- Depuis les évènements de la Lune Pourpre, notre position géostratégique ne nous paraît guère plus avantageuse. Nous sommes toujours soumis aux traités signés avec la République depuis la fin de la Crise Alsakan. Le sénateur Kalad nous avait convaincus de vous soutenir dans votre accession à la tête de notre peuple, pour y mettre un terme. La popularité de votre défunt père, Bilel, y était aussi pour quelque chose.
La Conseillère se versa un verre d’eau avec la carafe placée face à elle et se proposa de servir la jeune femme. Ce que celle-ci refusa poliment.
- Or, vous avez disgracié le sénateur Kalad et l’amirale Delinki que vous avez ensuite assignés à résidence, jusqu’à maintenant. Puis vous avez abandonné sciemment les conjurés républicains de la Conspiration des Cent à une fin funeste et certaine, en acceptant de renouveler les relations déjà existantes avec la République.
- Que je sache, l’Archaiad n’a pas protesté et m’a maintenu au pouvoir, lui rappela Tina. Vous me faites encore confiance.
- La confiance est une chose bien trop relative, surtout face à une jeune personne qui trahit certains de ses serments bien aisément. Nous avons fait seulement fait preuve de pragmatisme, souhaitant éviter une instabilité au sommet de l’État. Il fallait rassurer les investisseurs et le peuple.
- Donc, vous ne me soutenez plus ? Vous pouvez me l’avouer sans détour, je n’en prendrais pas ombrage.
- Ce n’est pas ce que j’ai dit. Je tenais à vous prévenir d’être plus prudente, quant aux décisions que vous mûrissez entre ces murs et à notre insu. Vous avez essayé de le cacher maladroitement, mais vous avez joué un rôle dans l’attentat de la Fête de la Déesse.
Cette fois, l’accusation claire empourpra les joues de Tina.
- Comment savez-vous… ?
- Nous disposons de quelques agents à l’ambassade de Coruscant. Nous aimons être informés aussi bien des actions de nos ennemis mais bien plus encore de celles de nos amis. Ce n’est pas de la défiance ouverte mais nous prenons des précautions. L’échec de l’attentat va renforcer l’emprise des Contispex sur la République et il est souhaitable qu’ils ne remontent pas jusqu’à vous.
- Je pense qu’ils rejetteront la responsabilité de l’attentat contre les Hutt. Après tout, la République a intensifié leurs préparatifs militaires contre eux.
- Excellence, reprit Te’hissan d’un ton sévère, mon expérience en politique m’a apprise qu’il ne faut pas juger ses ennemis comme des imbéciles, surtout lorsqu’il s’agit des Contispex.
- Je ferais attention, Conseillère. Mais il est hors de question que je les laisse agir à leur guise, notre peuple en pâtirait tôt ou tard.
La Conseillère se leva finalement de son siège, rabattant le châle autour de sa tête.
- Vous agissez pour le peuple mais n’oubliez pas ce que vous nous devez. Aussi longtemps que les intérêts de l’Archaiad ne seront pas menacés, nous vous soutiendrons. Dans le cas contraire, rappelez-vous ce qui a causé la mort de votre père. La cécité.
- Cette fois, vous me menacez, trancha sèchement Tina, qui se dressa au-dessus de la table, ses yeux sombres étincelant de colère.
- Considérez cela comme un conseil amical. Si vous voulez défier Contispex, vous devrez agir prudemment. Sinon, le sol se dérobera sous vos pieds. Je ne doute pas que vous m’ayez très bien comprise.
- C’est le cas. Si vous le permettez, je vais vous raccompagner.
Son aînée déclina la proposition d’un geste ferme de la main.
- C’est inutile, merci de m’avoir reçue. Prenez soin de vous et passez une bonne soirée, Excellence.
- Bonne soirée, Conseillère.
Tina Ap Token guetta son départ puis se laissa aller à sa mauvaise humeur, lorsqu’elle fut laissée seule. Elle se rassit vivement et fracassa les paumes de ses mains sur la table, prise d’un violent accès de rage.
L’ultimatum de Te’hissan lui avait déplu, mais bien moins que le fait de savoir que son pouvoir dépendait bien plus des caprices de l’Archaiad que de ceux du peuple. Le pouvoir était une notion bien éphémère.
Tina eut l’intuition que c’était bien plus le cas pour elle que pour les Contispex dont elle était certaine qu’ils avaient commandité l’assassinat de son père à la fin de la Crise Alsakan. Sa position restait bancale tandis que celle du Chancelier Suprême apparaissait plus solide que jamais. Le soleil se couchait à l’horizon, s’apprêtant à la plonger dans ses doutes.
Xenvaer demeurerait insouciante tant que les troubles qui agitaient la périphérie de la République aux confins des derniers systèmes civilisés, ne l’atteindraient pas. Tina était consciente qu’elle ne piuvait s’engager ouvertement contre la République. L’Archaiad et l’Armée ne la soutiendraient pas et l’appui populaire ne lui serait pas assuré.
Ce qui ne signifiait pas qu’elle resterait les bras croisés, y compris après l’échec de l’attentat de la Fête de la Déesse. Elle devait renouer avec d’anciennes relations très proches, loin des intrigues de l’Archaiad.
Loin de Xenvaer.
Elle avait détesté la conversation avec la Conseillère Te’hissan mais elle n’apprécierait pas davantage celle qu’elle aurait avec des amis qu’elle avait trahies.
Le sénateur Kalad avait été exilé dans sa résidence secondaire avec sa famille, dans la ville d’Archais. Le dignitaire déchu l’avait soutenu dans le complot contre son prédécesseur Orin Melok, pendant la Conspiration des Cent.
Puis elle l’avait trahi, lorsqu’elle avait compris que cette conspiration était vouée à l’échec, inéluctablement. Quelques mois passés n’auraient pas suffi à combler le gouffre béant, qu’elle avait creusé entre elle et ses anciens amis. Quelques mois n’avaient pas suffi à effacer l’amertume d’avoir souillé la mémoire de son père.
La visite de la Conseillère Te’hissan avait remué le couteau dans la plaie. Elle pesa rapidement le pour et le contre puis attrapa son manteau, accroché à son siège, pour s’envelopper dedans. Elle pressa un bouton sur son pupitre.
- Capitaine Ithel, j’ai terminé ma journée.
- Très bien, Excellence. Je vous prépare une escorte pour rentrer chez vous.
- Pas ce soir, rétorqua-t-elle. Je dois quitter la capitale pour des raisons… personnelles. Il me faut seulement deux hommes, les plus fiables que vous pourrez trouver. Avec un airspeeder performant et discret.
- Je comprends, je vous tiens au courant.
- Dites-leur de m’attendre derrière le palais, capitaine.
Elle fouilla ensuite dans un tiroir pour en tirer un blaster, prêt à l’usage. Même au sommet du pouvoir, elle n’était pas à l’abri d’ennemis et de mauvaises surprises. La nuit tombait rapidement sur Xenvaer et les ombres l‘engloutiraient bientôt.


Le voyage vers Archais dura plus de deux heures standard. Il se déroula en silence, Tina n’échangeant aucune parole avec ses gardes. L’entretien qu’elle aurait avec le sénateur Kalad, l’angoissait terriblement.
Elle se doutait qu’elle ne serait pas la bienvenue mais elle avait besoin de lui pour rallier les soutiens hésitants qui permettraient aux Hutt de défier la République.
- Appelez le commandant des forces de sécurité locales sur une fréquence sécurisée, ordonna-t-elle au pilote.
- Oui, Excellence.
La communication fut établie et l’hologramme d’un officier flotta devant sa figure encapuchonnée.
- Votre Excellence ?
- Commandant, j’atterrirai bientôt à Archais. Je désire que le périmètre autour du domicile du sénateur Kalad soit dégagé.
L’officier exprima son incrédulité.
- Le sénateur Kalad ? Il est assigné à résidence.
- Le Premier Régent vient de vous donner un ordre. Rappelez vos hommes immédiatement, je ne veux personne dans mes pattes.
- Comme vous voudrez, madame. Mais peut-être aurez-vous besoin d’une protection…
- Ce sera tout, commandant. Bonne soirée.
Elle éteignit l’hologramme sans ménagement. Elle espérait que le commandant ferait ce qu’elle lui avait ordonné sinon elle le remplacerait, même s’il entretenait des liens avec la famille Hante. Même si elle risquait de s’en faire des ennemis.
Au loin, les tours de la ville alsakanie se dessinèrent au milieu de l’obscurité, les silhouettes éclairées par les lumières urbaines. Le sénateur Kalad et sa famille habitaient à la périphérie d’Archais.
L’airspeeder amerrit quelques minutes plus tard devant le portail qui protégeait l’entrée d’une grande villa construite en bois robuste. Comme elle l’avait espéré, les soldats avaient été évacués, ce qui lui laissait le champ libre.
Elle sortit du véhicule, la main posée sur son blaster tandis que ses gardes du corps se tournèrent vers elle.
- Nous vous accompagnons à l’intérieur ?
- Je ne risque rien de la part du sénateur, répondit-elle. Contentez-vous de patrouiller à l’extérieur, leur recommanda-t-elle.
Un scan rétinien assurait la sécurité du domaine des Kalad. Elle espérait que ce dispositif la reconnaîtrait malgré leur différent. La lumière écarlate balaya son visage de haut en bas et quelques secondes s’écoulèrent avant qu’une voix automatique ne lui accorda :
- Tina Ap Token, entrée autorisée.
Elle inspira un grand coup en franchissant le seuil. Une allée pavée, éclairée par des lampadaires fluorescents, la menait tout droit à la bâtisse noble qui n’attendait qu’elle. Le vent était tombé, suspendant son souffle.
Elle n’entendait que le bruit de ses pas hésitants, troublant ce silence angoissant. Elle crispa sa main sur le blaster. Elle ne repéra pas la silhouette furtive qui se déplaçait comme un sceptre sur sa gauche mais elle se sentit tout de même mal à l’aise.
Le pied qu’elle posa sur la première marche, provoqua un craquement sec, le bois réagissant à la pression qu’elle exerçait.
À peine son pied pesait-il sur la deuxième marche, qu’une lame d’énergie couleur soleil prit vie juste sous son menton. La voix d’un homme glissa à son oreille :
- J’ose espérer que vos intentions à l’égard de mon père sont pacifiques.
- Votre père ? Bafouilla-t-elle, prise de court.
Elle identifia la poignée d’un sabre laser, qui effleurait sa gorge.
- Vous n’avez rien à craindre de moi, assura-t-elle.
Elle fut soulagée que l’arme du Jedi s’écarta d’elle.
- Dans ce cas, soyez la bienvenue, Premier Régent.
Il éteignit son sabre laser tandis qu’elle pivotait vers lui.
- Vous êtes le seul Jedi qui me vienne à l’esprit, qui aurait une bonne raison de venir sur Alsakan et précisément chez les Kalad. N’est-ce pas, Bekan ?
- Vous n’êtes pas idiote, je vous l’accorde. Donnez-vous la peine d’entrer.
- Je pensais que vous me chasseriez.
Le Chevalier Jedi l’invita d’une révérence à entrer dans leur sanctuaire familial.
- Vous avez pris beaucoup de risques pour venir et il aurait été plus dangereux de vous en faire prendre davantage en vous forçant à partir.
- C’est très courtois de votre part mais je sais m’occuper de mes ennemis à Xenvaer.
- Mon père m’a mis au fait de la précarité de votre position politique. Vous semblez avoir le même talent pour vous faire des ennemis, que votre père.
Elle encaissa la remarque sans broncher.
- Vous discutez avec le sénateur depuis longtemps. Comment avez-vous passé les hommes qui gardaient cette résidence ?
- Je suis un Jedi, cela répond à votre question ?
- Incontestablement. Depuis combien de temps n’êtes-vous pas revenu à Alsakan ? Je me souviens de notre rencontre chez nous, quand votre famille est venue visiter les miens, avant que cette Jedi ne vous emmène sur Coruscant.
- Bien trop longtemps, selon mon père. Venez, la nuit risque d’être courte.
Il l’introduisit dans la demeure familiale, traversant le vestibule puis se dirigeant vers le salon. Là, les attendaient Hassan Kalad et certains membres de sa famille. Sa femme, deux autres fils et trois de ses petits neveux et nièces.
Le dignitaire déchu et assigné à résidence observa la nouvelle venue avec une distance sans équivoque. La trahison de Tina Ap Token à son encontre était loin d’être oubliée. Il était vêtu d’une robe de chambre, une barbe blanche pendant de son menton. Ses traits creusés au burin masquaient sa lassitude, du fait de son enfermement qui allait à l’encontre de son tempérament aventurier. Il était assis sur un divan, entouré des siens.
Les murs étaient ornés des portraits des ancêtres de la famille, une des premières a avoir colonisé Alsakan au même titre que les Hante et les Haissan. Il ne laissa pas à Tina, le loisir de les étudier plus en détail.
- Laissez-nous, ordonna-t-il à sa famille.
La politicienne attendit qu’ils soient seuls, contournant la petite fontaine au milieu de la pièce.
- Hassan, je…
Il leva la main pour l’interrompre.
- Il est trop tard pour les excuses, Tina. Je ne les accepterai pas, même si vous aviez les meilleures raisons de faire ce que vous avez fait.
- Alors, gagnons du temps, proposa son fils.
Entre eux deux, il s’assit en tailleur sur un sofa comme s’il se préparait à méditer. Elle observa Bekan avec une certaine méfiance.
- Vous me donnez l’impression que vous m’attendiez, lui fit-elle remarquer.
- Je comptais vous rendre visite tout à l’heure. Je suis ravi que vous m’ayez épargné cette peine, même si je ne suis pas la raison de votre visite.
Il avait répondu, complètement détendu, le capuchon rejeté sur ses épaules. Tina nota à quel point il ressemblait à son père. Cette barbe semblable, ces traits qui laissaient s’exprimer un zeste d’insolence.
- Vous devriez vous asseoir, Tina, suggéra le patriarche.
Il montrait un fauteuil de la main et elle accepta son offre, sans hésiter. À peu de choses près, cette maison paraissait toujours aussi accueillante que le jour elle avait fui avec sa mère pour se réfugier ici, à la demande de son père.
Son père, mort pour avoir tenté de renverser le Premier Régent Orin Melok, à la fin de la Crise Alsakan.
- Venons-en au fait, reprit-elle avec détermination. L’attentat contre Contispex pendant la Fête de la Déesse a échoué.
- Attentat que vous avez soutenu, en fournissant aux résistants du ghetto un, le matériel nécessaire, déclara le Jedi.
Elle le fixa, avec une stupéfaction terrifiée.
- Mais comment savez-vous…
- Mon fils est un Jedi, Tina, défendit le dignitaire alsakani. Par expérience, j’ai appris que bien peu de choses leur échappent.
- Je ressens chez vous, de la peur quand vous avez mentionné cet évènement, expliqua Bekan avec nonchalance. Vous craignez que les Contispex ne devinent votre implication dans ce projet et ne s’en servent contre vous, pour vous déstabiliser.
- Ne pouvant compter sur l’Archaiad bien peu fiable, vous cherchez désespérément une alternative, poursuivit Hassan. D’où votre retour chez nous, votre famille d’adoption.
Elle soupira, comprenant qu’il ne servait pas à grand-chose de biaiser ou de nier.
- Une famille que j’ai trahie, reconnut-elle amèrement.
- Vous craignez l’ombre de votre père, souligna Bekan. Vos décisions ont été guidées par la peur de cette ombre, la peur des Contispex.
- Je voudrais réparer cela, même si cela semble bien peu de choses.
- Dites-moi pourquoi vous avez besoin de moi, l’interrogea le dignitaire.
Elle croisa son regard, empli maintenant de curiosité et non de cette froideur inamicale qu’il lui avait d’abord témoigné.
- Cela me déplaît de le dire, mais notre meilleur espoir, l’espoir de ceux qui détestent les Contispex, est de rallier la cause des Hutt, aussi méprisables et sournois soient-ils. Seule, Alsakan ne peut gagner. Seuls, les Hutt ne pourront vaincre.
- Vous voulez convaincre les Hutt de s’unir avec vous ? Demanda Bekan.
- Je voudrais éviter de m’impliquer directement car si l’Archaiad a vent de cela, ils me destitueront pour se protéger des Contispex. Si je dois soutenir les Hutt, je ne le ferais que si je suis sûre et certaine que leurs chances sont sérieuses. Ce n’est pas encore le cas.
- Les Jedi sont au courant que les Hutt ont depuis longtemps perdu le sens de la guerre. Depuis la chute de leur Empire et l’établissement de leurs kadijics, rappela Bekan.
- Je comprends votre prudence, mais si vous ne voulez pas vous engager, je ne comprends pas ce que vous me demandez.
- Il y a d’autres alliés qui accepteraient d’aider les Hutt, insista-t-elle. Les bothans et les lanniks.
Un éclat de compréhension traversa les yeux de Hassan.
- Donc vous souhaitez que je les persuade, eux.
- Je vous en serai reconnaissante, Hassan.
Le dignitaire hocha la tête, signe qu’il ne rejetait pas la requête sans l’accepter. Puis il se tourna vers son fils.
- Qu’en penses-tu, Bekan ?
- Tu auras assez à faire avec les bothans ou les lanniks, l’offensive de la République est imminente. Tu manqueras de temps pour convaincre à la fois les deux peuples.
- J’ai donc besoin d’une assistance.
- Malheureusement, l’informa le Jedi, j’ai assez à faire avec ma propre mission comme je te l’ai expliqué tout à l’heure. Tu devras te passer de moi.
- L’amirale Delinki, suggéra Tina.
- Je suis celui qui aura le plus de chances de la convaincre de m’accompagner, lança Hassan. Je doute qu’elle accorde facilement sa confiance au Premier Régent ou à un Jedi.
- Alors, nous sommes d’accord ? Martela Bekan.
- Une dernière chose, les interpella la jeune femme.
Elle se pencha, cherchant le regard de l’ancien sénateur.
- Si vous réussissez, je vous accorderai l’amnistie à tous les deux et vous serez rétablis dans vos anciennes fonctions de Magistrat et d’amirale.
Le père guetta l’accord silencieux de son fils Jedi qui demeura impassible.
- Une grâce à moi et à Delinki, au risque de voir l’Archaiad se retourner contre vous, l’avertit-il. Êtes-vous prête à tout risquer ?
Bekan savait que cette question était un test décisif, visant à déterminer à quel point la jeune femme était digne de confiance après sa trahison lors de la Lune Pourpre. Immédiatement, il s’immergea dans la Force pour détecter la moindre once de duplicité, de dissimulation.
- Oui, répondit Tina.
Elle n’avait pas sourcillé devant son aîné. Bekan mesurait la force de la passion qui coulait en elle comme un torrent libéré de ses entraves, de ses doutes. Il inclina le menton vers son père qui le remercia d’un battement de cils.
- Alors nous avons terminé. Je vais aller trouver Delinki avec mon fils et nous partirons ce soir dès que possible.
- Merci, Hassan.
- Vous devriez rentrer avant que quelqu’un ne remarque votre absence à Xenvaer, Tina.
- Bonne chance, que les Lunes de Cristal soient avec vous.
Elle se leva puis leur tourna le dos. Elle disparut, laissant traîner dans son sillage, la cape flottante. Les Kalad gardèrent le silence, pendant quelques instants.
- Dis-moi ce que tu as senti, fils.
Le Jedi quitta sa posture de méditation, se redressant sur ses appuis avec lenteur mais souplesse.
- On peut lui faire confiance, papa. J’ai perçu qu’elle était décidée.
- Si seulement elle avait pu l’être à un moment crucial.
- Ce qui s’est passé pendant la Lune Pourpre, nous ne pouvons rien y changer.
Son père n’eut pas l’air convaincu.
- Les choses seraient bien différentes, sans parler du sang versé. Nous n’aurions pas cette conversation.
- Vois cela comme un point positif, toi qui tenais tant à ce que je rende visite à la famille. Même si les circonstances sont difficiles.
La boutade parvint à arracher un sourire au paternel.
- Un Jedi qui positive, je ne croyais pas cela possible.
- Nous tirons profit des plaisirs simples que la Force nous offre, justifia son fils. Nous devrions trouver l’amirale Delinki.
- Laisse-moi le temps de préparer quelques affaires. j’aurais besoin de beaucoup de crédits pour ce long voyage chez les bothans.
Le Chevalier Jedi regarda son père quitter le salon. Il en profita pour fermer les yeux et se plonger dans les courants de la Force. L’avenir qu’il sondait lui paraissait plus incertain que jamais.


Voilà, j'espère que cela vous a plu :jap: ! N'hésitez pas à me faire part de vos remarques !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 13 Sep 2021 - 12:32   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Il était bien cet extrait, et il relance considérablement l'intrigue ! Je ne pensais pas qu'Alsakan allait avoir un tel rôle dans l'échiquier galactique et dans la lutte contre les Contispex !

Bon point sur la méfiance (pour ne pas dire la défiance) de Kalad senior à l'égard de la Première Régente. Certes, le sénateur est toujours vivant, mais sa liberté de mouvement a été sensiblement entravée pendant l'année écoulée... jusqu'à ce jour ! J'ai hâte de voir ce que leur intrigue va donner !

J'en profite pour te tirer mon chapeau que je n'ai pas : le retour de l'Amirale Delinki et les multiples références à l'Amiral Ap Token, par exemple, montre à quel point ta saga est cohérente et savamment construite depuis le début ! :jap: D'ailleurs, à ce sujet, une question qui me trotte en tête depuis que je lis tes récits : tu écris au fil de l'eau, comme cela te vient, ou tu as des carnets entiers de notes, fiches et événements en tout genres que tu tiens à faire apparaître ? Parce qu'entre les Contispex et ton travail sur le Jedi corellien, ce sont des générations entières de personnages qui s'affrontent, évoluent et se remplacent ! :shock:
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Messagepar mat-vador » Mer 15 Sep 2021 - 21:34   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour, L2 :wink: !

L2-D2 a écrit:Il était bien cet extrait, et il relance considérablement l'intrigue ! Je ne pensais pas qu'Alsakan allait avoir un tel rôle dans l'échiquier galactique et dans la lutte contre les Contispex !


Alsakan a un rôle si important à cette époque :oui: :oui: !

L2-D2 a écrit:Bon point sur la méfiance (pour ne pas dire la défiance) de Kalad senior à l'égard de la Première Régente. Certes, le sénateur est toujours vivant, mais sa liberté de mouvement a été sensiblement entravée pendant l'année écoulée... jusqu'à ce jour ! J'ai hâte de voir ce que leur intrigue va donner !


On le verra dans les prochains chapitres mais pas tout de suite 8-) !

L2-D2 a écrit:J'en profite pour te tirer mon chapeau que je n'ai pas : le retour de l'Amirale Delinki et les multiples références à l'Amiral Ap Token, par exemple, montre à quel point ta saga est cohérente et savamment construite depuis le début ! :jap: D'ailleurs, à ce sujet, une question qui me trotte en tête depuis que je lis tes récits : tu écris au fil de l'eau, comme cela te vient, ou tu as des carnets entiers de notes, fiches et événements en tout genres que tu tiens à faire apparaître ? Parce qu'entre les Contispex et ton travail sur le Jedi corellien, ce sont des générations entières de personnages qui s'affrontent, évoluent et se remplacent ! :shock:


Oui, c'est important de créer des liens entre les trois tomes pour bien montrer que c'est un ensemble indivisible, en quelque sorte. And for the question :whistle: ... , oui j'écris au fil de l'eau tout en ayant une idée bien précise du début et de la fin de l'histoire :) ! Pour mes fan fics, je m'appuie surtout sur les œuvres existantes de l'UE Légendes. C'est surtout vrai pour la saga Jedi corellien où je n'utilise donc aucune fiche.

C'est un peu différent ( juste un peu ) pour le Pius Dea où j'ai copié collé dans mes archives les fiches encyclopédiques SWU et d'autres sites, la trame principale de l'histoire de cette ère très sombre... justes les grandes lignes, tout ce qui n'apparaît pas dans les fiches et les chronologies de l'UEL est inventé.
Les Kalad, les Ap Token, la Conspiration des Cent... par exemple.
Le truc avec internet, c'est que ça me permet de consulter les fiches encyclopédiques sans constituer de dossiers énormes. L'imagination/improvisation fait le reste.


Voilà, en espérant avoir répondu à tes interrogations... on se retrouve à samedi, collègue :hello: :hello: !!
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar mat-vador » Sam 18 Sep 2021 - 20:19   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Allez c'est l'heure de la suite, et cette fois et nous allons faire une incursion dans l'Espace Hutt :oui: ! Oui, les Hutt !!! Enfin on en verra un, en tout cas !


Découvrez ça maintenant !




Espace Hutt, au large du système Rorak

Riyan Lix étudiait les amas lointains d’étoiles depuis la passerelle de l’Outlander. Il se tenait droit, dans une posture de commandement alors que l’équipage restait concentré sur ses tâches, dans un silence recueilli, qui devenait pesant.
Il leur tournait le dos mais cela ne l’empêchait pas de deviner leurs doutes, leurs angoisses. Tous avaient laissé derrière eux, leurs foyers, leurs familles pour se réfugier dans ces vastes territoires où le profit et la cupidité étaient les seules lois. Riyan pensa à sa compagne zeltronne dont il n’avait plus de nouvelles depuis la Lune Poupre.
Il ignorait ce qu’elle devenait, elle et leurs enfants adoptifs.
Zeya, j’aimerais tant te serrer dans mes bras.
- Mon commandant ? L’appela un officier de pont.
Il se tourna vers le subalterne qui le saluait au garde-à-vous.
- Rapport de situation.
- Les esclaves rebelles ont rendu les armes, mon commandant. Nous avons… exécuté leurs leaders, conformément aux ordres des kadijics.
- Des pertes dans nos rangs ?
- Quelques dizaines de blessés, rien de significatif. Deux Typhons ont été mis hors de combat pour des défaillances techniques mais nous avons pu les récupérer avec leurs pilotes. Mais nous manquons de…
- … pièces détachés, je sais. Trouvez ce qui manque et faites au mieux.
- Bien monsieur.
- Des nouvelles de l’escadron Nimbus ?
- Pas encore, monsieur.
Riyan Lix lui donna congé après qu’il lui ait répondu :
- Tenez-moi au courant.
Néanmoins, l’officier de pont demeura là où il était.
- Hum, commandant. Zeldo le Hutt vous attend toujours dans vos quartiers.
- Il patientera, martela Lix.
- Justement, il m’a chargé de vous faire savoir de ne pas abuser de sa tolérance.
- Il est temps qu’il apprenne que sur mon vaisseau, ce sont mes règles qui s’appliquent à bord. Rapportez-le lui.
Le subalterne claqua des talons et s’éloigna pour quitter le pont. Riyan entendit le sas d’accès principal s’ouvrir dans un chuintement.
Une voix grave s’éleva dans son dos, provenant d’un homme encapuchonné à l’expression farouche qui évoluait sur la passerelle de long en large.
- Je ne ressens aucune perturbation, détendez-vous, commandant.
- Vous devriez cesser de me surprendre ainsi, Jedi Marek.
Le Chevalier Jedi dissident esquissa un sourire goguenard, alors qu’il se rangeait à sa hauteur.
- Qu’a donné votre discussion avec le Mogul Suprême ?
- Je ne sais pas encore vraiment, il est resté… évasif.
Riyan coula un coup d’œil perplexe vers lui.
- Que dit votre instinct ?
- Le Mogul Suprême est conscient de la précarité de la situation. À l’heure qu’il est, il désigne des plénipotentiaires pour les envoyer chez les lanniks et les bothans.
- Maintenant, il ne reste plus qu’à savoir si ceux-ci accorderont une oreille attentive aux supplications des Hutt.
- Ce serait optimiste s’ils les laissaient entrer dans leurs domaines, commandant.
Riyan acquiesça en silence.
- Des nouvelles du commandant Skyrim ? s’enquit Marek.
- Aucune. Il ne nous contactera pas tant que l’escadron Nimbus ne sera pas revenu de sa mission, indiqua le militaire.
Kotil Marek se passa la main dans sa barbe fournie qui lui donnait un aspect hirsute et sauvage. Sa dégaine ne cessait d’intriguer Riyan, depuis leur première rencontre, lors de cette réunion à l’ambassade d’Alsakan qui avait marqué le lancement du complot contre le Chancelier Contispex Ier.
Il avait été séduit par son charisme et la sincérité de ses convictions malgré la rudesse intermittente de ses manières.
- J’ai entendu dire que vous aviez fait un détour sur la lune de Nar Shaddaa, reprit-il en dévisageant le Jedi plus attentivement.
Un rictus étira le coin des lèvres de l’adepte de la Force.
- Vous connaissez l’histoire des Territoires Hutt, commandant ?
- Je n’ai pas eu le loisir de m’y intéresser, vous n’avez pas de mal à comprendre pourquoi.
Kotil soutint aisément son regard perçant.
- Cette question mériterait que vous vous y penchiez, quand vous aurez le temps.
- Le temps est un luxe qui commence à nous manquer, et bien plus encore quand la République lancera son attaque.
Son ton indiquait un début d’agacement, devant les esquives du Jedi qui évitait de répondre à la question de Nar Shaddaa.
- Autrefois, Nal Hutta se dénommait Evocar. Il y a quatre millénaires, les Hutt exilés de leur monde d’origine détruit, Varl, s’installèrent sur Evocar, le berceau des evocii, une race humanoïde paisible et pacifique.
- Cette histoire n’est un secret pour personne. Les Hutt ont fini par évincer les evocii en quelques siècles, en les dupant avec de fausses promesses. Ils les forcèrent à s’exiler sur la lune en orbite, cette Nar Shaddaa, que les Hutt tentent de coloniser et d’aménager, comme ils l’ont fait avec Nal Hutta.
- Même lorsqu’ils sont dos au mur, leur avarice ne connaît pas de limites. Ils ne cesseront pas leurs trafics d’esclaves car cela reviendrait à renier leur nature prédatrice.
Riyan n’aimait pas le tour que prenait cette conversation.
- Où voulez-vous en venir, maître Jedi ?
- Quelle est la raison d’être de cette flotte que vous dirigez avec Lyram Skyrim ?
Le gradé fouilla des yeux le mystère que dissimulait Marek sur son visage énigmatique.
- Nous protégerons ces territoires de toute incursion agressive de la République. Cela répond-il à votre question ?
- Mais qui protégerez-vous vraiment, en faisant cela ?
- À quel jeu vous livrez-vous ? Je ne suis pas d’humeur pour les devinettes. J’ai une flotte à mener au combat et deux flottes ennemies redoutables dont je dois anticiper les intentions.
Riyan était maintenant à bout de patience, et s’en voulut amèrement d’avoir posé la question indiscrète qui menait à cet échange irréel.
- Vous devez être conscient que vos responsabilités sont plus importantes que vous ne l’escomptez, commandant. Êtes-vous certain de protéger ceux qui le méritent ?
Le vétéran de la Crise Alsakan se concentra à rester calme.
- Les Hutt sont loin d’être irréprochables, reconnut-il. Mais je ne crois pas que les livrer au Pius Dea calmera les tensions.
- Oui, le processus est irréversible, appuya le Jedi. Mais lorsque l’heure de vérité viendra, lorsque l’issue fatale sera face à vous… qui sauverez-vous d’abord, commandant ? Les Hutt, méprisés par toute une galaxie ou tous les peuples qu’ils ont asservis depuis des siècles ?
Riyan inspira un grand coup.
- Je protégerai d’abord mes équipages, Jedi. Y compris contre vous, s’il le faut.
- J’admire votre détermination, commandant. Mais vous n’avez pas levé tous vos doutes. Rencontrez un seul de ces evocii et nous verrons si vous aurez toujours à cœur de servir leurs esclavagistes.
- Répondez à ma question. Que faisiez-vous, sur Nar Shaddaa ? À qui avez-vous parlé, que manigancez-vous ?
- Quelle importance ? Ces questions sont-elles plus primordiales que la sécurité de vos équipages, commandant ?
Riyan décida d’exprimer ouvertement son hostilité, mécontent que ce Jedi ne décide pas de jouer franc jeu avec lui.
- J’ai assez à faire avec les manœuvres des Hutt qui tentent d’acheter ma loyauté envers l’un de leurs kadijics, pour me soucier de vous. Mais cela pourrait changer si vous perturbez mes plans de bataille et compromettez la défense que je tente d’instaurer. Si vous pouvez contribuer à la cause, aussi méprisante soit-elle, tant mieux. Sinon, je pourrais céder à l’envie de vous fourrer dans une capsule de sauvetage et de vous larguer dans le vide spatial.
Kotil Marek demeura impavide, comprenant que la conversation était terminée. Il accomplit une révérence dédaigneuse avant de s’écarter, avec un léger sourire jouant sur ses lèvres.
Riyan n’était pas sûr de pouvoir se fier à lui, le Jedi lui donnait l’impression de suivre ses propres projets, indépendamment. Un comble… dire que ce Jedi avait été mandaté officieusement chez les Hutt par le Conseil Jedi !
À croire que les serviteurs de la Force n’étaient pas crédibles. Mais l’avaient-ils été une seule fois, quand Contispex renforçait son pouvoir patiemment ?
Pourquoi les Jedi n’ont-ils rien fait avant pour contrer le tyran ? Voilà qu’ils agissaient bien tardivement, peut-être même trop tardivement. Riyan ne manquerait pas de leur faire la remarque s’il croisait un Conseiller.
Les Jedi n’étaient pas dignes de confiance.
- Monsieur ?
- Oui, capitaine ?
La femme claqua des talons.
- Nous avons identifié le transpondeur du Défenseur.
- Ouvrez un canal dès qu’ils auront réintégré l’espace normal.
Elle s’éloigna juste avant l’irruption du Défenseur à proximité de l’Outlander. Le Cuirassé Gilagimar commandé par le duro Lyram Skyrim, portait encore quelques stigmates de la furieuse bataille qui avait scellé au large de Coruscant, le sort de la République et de la Conspiration des Cent.
Son homologue était victime de la même avarice des Hutt. Les pièces détachées, destinées à remettre le vaisseau en état, arrivaient au compte goutte. Enfin, quand elles arrivaient… cela faisait penser à Riyan qu’un Hutt l’attendait dans ses quartiers.
L’occasion d’une ultime mise au point.
- Connexion établie avec le Défenseur.
L’hologramme d’un duro se matérialisa devant sa figure crispée. Skyrim dont il avait été sous le commandement pendant la Crise Alsakan, lui accorda un sourire franc.
- Quelles sont les nouvelles ? Lui demanda le non humain.
- La rébellion des esclaves a été matée, asséna Riyan d’un ton désabusé. Et je ne suis pas fier de cette victoire. Ces esclaves ne sont pas nos ennemis véritables.
Le duro lui fit comprendre son assentiment d’une grimace explicite.
- L’escadron Nimbus est revenu de sa mission, aucune perte n’est à déplorer.
- Les flottes républicaines ont-elles fait mouvement ?
- Pas de déplacement majeur à signaler. Mais leurs forces continuent à se concentrer sur les deux dépôts d’Ord Yndar et d’Ord Wylan.
- Quand seront-ils prêts ?
- Dans deux semaines, peut-être moins, commandant Lix. Quelque soient leurs objectifs, ils frapperont vite et fort. Je doute que nous puissions tenir longtemps seuls, à moins de renforts miraculeux.
- Vous pensez aux bothans et aux lanniks ? Je doute qu’ils acceptent de mourir pour les Hutt, ils les détestent presque autant que le Pius Dea.
Le duro se tint le visage sans relief entre ses mains, l’air pensif.
- Examinons la carte de l’Espace Hutt, ensemble, commandant Lix.
- D’accord.
Aussitôt, un schéma en trois dimensions représentant les centaines de systèmes stellaires de l’Espace Hutt et les routes hyperspatiales qui le traversaient, illumina le centre du pont principal de l’Outlander.
Les commandants renégats qui avaient déserté la République, étudièrent les tracés et les points lumineux puis le duro agit depuis son vaisseau pour faire apparaître deux autres points de couleur écarlate qi représentaient deux mondes en dehors des territoires neutres.
- Voici Ord Wylan et Ord Yndar, expliqua le non humain, que l’escadron Nimbus a espionné conformément à sa mission. Les Quatrième et Cinquième Flottes y ont concentré leurs cuirassés et leurs transports de troupes.
- Ils sont positionnés derrière la Nébuleuse d’Oktos, ce qui leur permettrait de masquer leur approche à nos senseurs. Néanmoins, il leur faudra contourner cette nébuleuse, ce qui leur prendra du temps. D’autant plus qu’ils pourraient être pris de flanc par une attaque combinée de bothan et lanniks, enfin si nous parvenons à les rallier.
- La passe de Kaaga reste le raccourci idéal pour frapper Nal Hutta et de là, atteindre les sièges des kadijics et de leurs richesses secrètes.
- Si c’est vraiment leur intention, il nous suffirait de placer notre flotte sur leur chemin et nous les bloquerions suffisamment pour leur infliger de lourdes pertes et les pousser à renoncer.
Riyan réfléchit à ce qu’il venait de proférer et réalisa qu’il avait émis l’hypothèse la plus favorable pour eux.
- Je doute que les amiraux Hisku et Amukos se montrent aussi ingénus que nous l’espérons, déclara Skyrim en écho à ses pensées.
- Alors ils contourneront la Nébuleuse d’Oktos par le nord.
L’ancien pilote de chasse éleva alors la main pour matérialiser sur la carte tridimensionnelle, les flèches signalant la progression probable des flottes républicaines.
- Ils passeraient par Essaga et Toydaria, ce qui leur prendrait beaucoup trop de temps pour assaillir Nal Hutta.
Le duro attira son attention en s’éclairant la gorge.
- Alors, ils viseront un objectif stratégique plus abordable que Nal Hutta et les ressources de la Bootana Hutta.
Une pierre roula dans l’estomac de l’humain lorsqu’un nouveau point écarlate illustra une position de l’Otmian Pabool, à plusières années lumière du système Ubrikkia, encore plus au nord de la Nébuleuse d’Oktos que Essaga, Toydaria ou Tol Amn.
- La Station Kwenn, souffla-t-il.
La Station Kwenn désignait le point de passage le plus important, qui délimitait les principales frontières nord ouest des territoires Hutt. L’imposante superstructure dont la construction remontait aux temps lointains de Xim le Despote, contenait outre les docks d’amarrage, le poste de douane le plus important du territoire ainsi qu’une petite armée privée de mercenaires qui veillait à la sécurité de la Station.
Et plus particulièrement des générateurs de boucliers et du contrôle radar parmi les plus performants. Outre la présence de cette milice, la Station possédait de redoutables défenses anti spatiales bien que datant d’un autre temps. Sa présence interdisait par conséquent toute incursion non désirable d’une force militaire par l’Otmian Pabool. Sa capture et sa chute ouvrirait la voie à une invasion en règle de l’Espace Hutt.
Une offensive qui deviendrait impossible à juguler et réglerait l’issue du conflit peu après qu’il ait débuté.
- Nous ne pouvons pas les laisser s’emparer de cette station, déduisit l’ancien pilote des Nimbus.
- Nous sommes d’accord. Nous devrions concentrer toutes nos forces autour de cette station pour assurer sa défense.
- Le plus tôt possible, j’imagine. Mais nous prenons tout de même un sacré risque en dégarnissant la passe de Kaaga. La frontière sud serait complètement exposée à toute attaque, même minime.
- J’en suis conscient mais nous n’avons pas assez de forces pour couvrir deux fronts. Notre seul espoir est que les bothans et les lanniks mobilisent leurs ressources pour nous soulager.
- Nous présumons trop de leur bonne volonté. Je vais étudier ce plan de bataille de mon côté, Lyram.
- Moi de même, Riyan.
L’ancien vétéran de la Crise Alsakan se rappela du Hutt qui attendait dans ses quartiers.
- D’abord, je dois passer voir quelqu’un. Que la Force soit avec vous, commandant Skyrim.
Il rompit la transmission, éteignit la carte puis quitta le pont d’un pas vif. Il serra les poings pour maîtriser l’irritation qui le gagnait, à l’idée qu’une grosse limace allait gâcher sa journée.


Riyan s’y était préparé mais ses narines furent tout de même assaillies par cette effluve d’œuf pourri qu’on aurait laissé mijoter dans un marais putride, à l’haleine de souffre avarié. Il se pinça le nez, pour mimer une démangeaison quelconque, lorsqu’il entra dans ses quartiers.
Le Hutt Zeldo attendait dans son bureau, devant son pupitre de travail. L’officier renégat le fixa sans le saluer, pour marquer son mépris à l’égard de cet hôte indésirable.
- Que puis-je pour vous, Chef Zeldo ?
Le militaire l’avait fait poireauter intentionnellement et fut plutôt surpris que le chef kadijic ne lui témoigne aucune hostilité apparente.
- C’est justement la question que je me posais, amiral Lix, brailla dans son dialecte guttural natal.
Au mot amiral, il éprouva subitement une envie furieuse de vomir ses tripes sur cette large figure de crapaud. Ce genre d’honneur que les Hutt lui accordaient pour l’amadouer et le courtiser, le répugnaient au plus haut point.
Au fonds de lui-même, Riyan savait que les Hutt ne cesseraient jamais de se considérer comme des êtres supérieurs aux autres espèces, y compris aux humains. Ils le détestaient, ils détestaient son équipage.
- Êtes-vous ici pour entendre mon rapport sur la pacification de Rorak 4 ?
- Oh, je ne doute pas que vous transmettrez la conclusion heureuse de ces évènements au Mogul Suprême en personne, amiral.
- Dois-je comprendre que la suite de notre conversation doit rester confidentielle ?
Zeldo fut secoué d’un immense éclat de rire.
- Hohoho ! Vous êtes perspicace, très perspicace, amiral ! Enfin pour un humain…
- Merci… je suppose.
- Mais avant de passer aux choses sérieuses, auriez-vous sous la main quelques batraciens dont je puis me repaître ?
- Je crains que cela ne fasse pas partie des menus préférés de l’équipage, Chef Zeldo. Maintenant, si vous avez quelque chose à me dire, c’est le moment.
Le Hutt agita ses petits bras courtauds, pour se conférer un air solennel grotesque.
- Que pensez-vous de notre Mogul Suprême ?
Riyan devina quel tour prenait la conversation. Ce qui attisait incessamment la mauvaise réputation des Hutt dans le reste de la galaxie, étaient ces jeux de pouvoirs mesquins, ces intrigues superflues qu’ils se livraient entre eux pour accroître leur prestige, leur influence.
- Où voulez-vous en venir ?
- Je souhaitais seulement que vous me fassiez part de vos impressions, entre bons amis, comme il va de soi, susurra le Hutt.
Le renégat républicain tenta d’amener la conversation sur son terrain.
- Peut-être souhaiteriez-vous que je vous fasse part de mes impressions sur la situation générale, Chef Zeldo. Cela nous serait mutuellement plus profitable, n’est-ce pas ?
- Ah, je savais que nous nous entendrions à merveille. Oui, c’est justement là où je voulais en venir, renchérit exagérément son interlocuteur.
Dans ce cas, Riyan ferait en sorte de ne pas le décevoir.
- Mon premier sentiment est celui d’un gâchis de ressources que nous ne pouvons pas nous permettre en temps de guerre. La priorité est de mobiliser nos ressources contre l’ennemi le plus dangereux pour la survie des kadijics, c’est-à-dire la République. Et non pas les gaspiller dans des opérations stériles comme celle que nous venons de mener.
- Dois-je comprendre, amiral, que vous éprouviez de la sympathie pour ces rebelles ?
- Même s’ils s’étaient emparés de Rorak 4, ils n’auraient reçu aucune aide et nous aurions eu tout loisir de pacifier la planète sans bain de sang inutile au moment voulu.
- Vous semblez oublier que Rorak est essentiel au commerce de notre territoire…
Riyan leva la main pour l’interrompre sèchement. Le Hutt faisait allusion au commerce dans sa définition la plus neutre possible alors que Rorak 4 constituait le plus grand marchés aux esclaves de tout l’Espace Hutt.
Là même où la révolte avait éclaté.
Bah, avec ces limaces, il n’en était plus à une hypocrisie près.
- Mes soldats sont formés pour la guerre, pas pour des opérations de police que vos mercenaires devraient être capables d’assumer.
- Amiral Lix, ces rebelles avaient récupéré des blasters et des explosifs, sans doute procurés non sans complicités. Ce qui a rendu la situation très dangereuses pour nos hmm honorables agents de sécurité. Un homme pragmatique de votre trempe peut le comprendre, n’est-ce pas ? Je demanderai au Conseil des Anciens de nommer une commission pour identifier les responsables de ces manquements…
- J’ai perdus deux chasseurs Typhons dans cette mission stérile de police. Des appareils que je n’ai aucun moyen de réparer sans les pièces détachées manquantes. Deux chasseurs que j’aurais pu aligner dans mon dispositif tactique.
Pris de court par l’éclat de Riyan, le Hutt agita ses petits bras enflés, pour exprimer sa gêne.
- Pour les pièces détachées, je peux sans doute vous être utile.
- Vraiment ?
Zeldo émit un nouveau rire guttural gras.
- Figurez-vous que c’est le but de ma visite, amiral.
- Vous me proposez un marché ? Fit l’officier avec une défiance plus prononcée.
- Simplement un échange de courtoisie entre deux amis, marmonna le kadijic avec une lenteur exagérée, presque dérangeante. Vous me demandez un service, je vais vous demander en retour un service.
Sale crapule baveuse ! Se dit Riyan. Il demeura silencieux, désireux d’en savoir plus sur les projets de ce Hutt. Tout ce que celui-ci pourrait imprudemment lui confier, pouvait être retourné contre lui. C’était ainsi que cela fonctionnait.
Riyan le savait depuis que l’asile avait été accordé, à lui et à ses vaisseaux après le désastre de Lune Pourpre.
- Voyez-vous, j’ai de grands projets, amiral. Connaissez-vous l’histoire de notre espèce, celle des véritables élus que nous représentons ?
- Je sais qu’avant de graves dissensions internes, vous étiez constitué en Empire belliqueux et agressif, en état de guerre permanent.
- Des temps glorieux lointains que j’ai l’intention de faire revivre pour nous sortir de cette décadence dans laquelle le Mogul Suprême et bien d’autres kadijics se complaisent.
- Je vois, souffla Riyan.
- Je suis conscient de la menace que la République représente pour nous. Et je ne vois qu’un seul moyen. Nous devons redevenir des conquérants, comme nous l’étions dans le temps, au moment de la chute de Xim le Despote !
Cette perspective de remplacer des tyrans par d’autres, à peine moins pires, ne ravissait pas l’ancien pilote des Nimbus.
- Et j’aurais besoin de votre appui, évidemment, amiral. Si vous appuyez mes prétentions au poste de Mogul Suprême, je réaliserai vos rêves.
- Non.
- Je vous demande pardon ?
- Votre ouïe ne vous a trompé, Zeldo. C’est non.
- Vous n’avez pas assez réfléchi, amiral. Peut-être avez-vous besoin d’un moment de réflexion…
- C’est vous qui ne réfléchissez pas assez, Zeldo. Vous pensez que mes vaisseaux et moi sommes tributaires de votre volonté. C’est là que vous vous trompez.
Cette fois, l’alien massif dégagea une plus forte odeur purulente, signe d’un début d’irritation.
- Nous vous avons recueilli avec générosité après l’échec piteux de votre complot et avons pourvu à tous vos besoins. Ne l’oubliez pas, amiral.
- Vous avez seulement tenté de vous donner bonne conscience après nous avoir vendu aux Contispex. Quel dommage qu’ils vous aient récompensé si mal, en maintenant leur blocus contre vous.
Zeldo tenta de se conférer un air outré.
- Quelle insolence ! Quelle ingratitude !
- Nous savons ce que les Contispex veulent, reprit calmement Riyan. Ils ont l’intention d’annexer vos territoires, de les exploiter pour y installer des colonies humaines ou des édifices religieux pour répandre leurs croyances. Ils convoitent vos richesses mythiques de la Bootana Hutta, au cœur de votre Empire.
Zeldo garda le silence, cadenassé par les derniers mots du commandant qui avait réveillé une terreur soudaine en lui. Un point sensible avait été touché, qui concernait l’orgueil même de ceux qui avaient asservi depuis les premiers temps de la République d’innombrables peuples et pillé leurs mondes.
Cet hôte encombrant prenait-il conscience d’une justice qui s’apprêtait à se retourner contre lui et les siens ?
Riyan le laissa mijoter dans un mutisme éloquent avant de poursuivre avec flegme mais détermination :
- Vous avez besoin de nous mais pourquoi aurions-nous besoin de vous ?
- Parce qu’il faut unir nos forces…
- Non, vous me rappelez seulement que nous avons le même ennemi. Ma première préoccupation n’est pas de gagner la guerre mais de survivre. Et pour cela, mes équipages se suffisent à eux-mêmes. Cette galaxie est vaste et nous pourrions facilement nous y perdre dans ces confins encore inexplorés sans que la République ne nous retrouve. C’est une alternative que je trouve bien plus acceptable que de livrer combat pour des esclavagistes qui ne nous respectent pas plus que des mercenaires.
- Vous n’oseriez pas nous abandonner ! S’indigna Zeldo.
Cette fois, ses grandes pupilles reptiliennes hurlaient elles-même de panique. Riyan ne put se retenir d’enfoncer le clou.
- L’idée est tentante à moins que nous ne trouvions un accord.
- Je suis ouvert aux suggestions, avoua le Hutt qui semblait abattu.
- Nous resterons nous battre pour vous mais à plusieurs conditions. D’abord, vous nous enverrez des recrues qui ont une expérience du combat et des pilotages de vaisseaux, et non pas des vermines des bas fonds qui parlent plus fort qu’ils ne savent se battre. Ensuite, chaque kadijic fournira selon ses moyens, des navires qui seront prêts aux combats. Je me moque de savoir combien cela leur coûtera. Enfin, vous nous fournirez les pièces manquantes que nous demandons depuis plusieurs semaines, des pièces dont nous contrôlerons la qualité.
- Amiral, vos conditions…
- C’est à prendre ou à laisser. Si une de ces conditions n’est pas satisfaite, il n’y a plus d’accord qui tienne, Chef Zeldo.
Une profonde respiration résigné fit trembler la grande carcasse écailleuse.
- Vous êtes dur en affaires, je vais avertir le Mogul Suprême de cet accord.
- Je fais seulement ce qu’il faut, parce que les circonstances l’exigent.
Il s’effaça pour laisser son visiteur, sortir de ses quartiers en rampant vers sa navette personnelle. Il ne cessa de penser : parce que nous n’avons pas le choix face aux Contispex.
Puis il reçut un appel de la passerelle.
- Qu’y a-t-il, capitaine ?
- Monsieur, c’est le Jedi Marek. Il a quitté l’Outlander.
- Pour quelle direction ?
- Nous calculons son vecteur, monsieur.
Riyan réfléchit un bref instant.
- Laissez tomber, capitaine. J’ai une idée de sa destination, et cela ne me dit rien qui vaille, ajouta-t-il avant de rompre la transmission.
Quelle catastrophe ce Jedi allait-il provoquer ?


Voilà, voilà, j'espère que cela vous a plu et que vous aurez appris des choses intéressantes, très intéressantes :sournois: ! N'hésitez pas à me faire part de vos remarques ou à posrr des questions :diable: !!

Allez, à la prochaine pour votre dose hebdomadaire de Pius Dea :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mar 21 Sep 2021 - 13:32   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Ah ça oui, clairement, j'ai appris des choses intéressantes dans cet extrait, comme l'origine de Nal Hutta ! :oui:

Et c'est un extrait vraiment passionnant à lire, dans lequel on sent bien que plusieurs intrigues se mettent en place ! Zeldo (désolé, mais à chaque fois j'ai lu Zelda, comme dans la Légende du même nom ! :transpire: ), la flotte d'insurgés Républicains, la bataille à venir mais aussi Kotil Marek, qui choisit bien son moment pour provoquer ses alliés dis donc... :think:

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Jeu 23 Sep 2021 - 21:10   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour, L2 :wink: !

L2-D2 a écrit:Ah ça oui, clairement, j'ai appris des choses intéressantes dans cet extrait, comme l'origine de Nal Hutta ! :oui:


J'ai le fameux Atlas sous la main, ça aide :sournois: !

L2-D2 a écrit: Zeldo (désolé, mais à chaque fois j'ai lu Zelda, comme dans la Légende du même nom ! :transpire: )


A aucun moment, je n'ai pensé à Zelda quand j'ai choisi ce nom :whistle: ... c'est drôle ça :D !

L2-D2 a écrit:mais aussi Kotil Marek, qui choisit bien son moment pour provoquer ses alliés dis donc... :think:


Le plus intéressant pourrait être ses retrouvailles avec Bekan Kalad :diable: ! Ca va devenir tendu entre eux !


Allez, à la prochaine pour la suite où l'on retrouvera notre chère twi'lek Naha :love: !
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Messagepar mat-vador » Sam 25 Sep 2021 - 21:14   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Allez, c'est l'heure de retrouver notre chère twi'lek Naha, un personnage que vous appréciez j'espère :oui: !



Deux jours plus tard, au-delà des frontières de la République
Iridonia, planète mère des zabraks

Maathra entama le compte à rebours mentalement, crispant ses doigts sur la manette de l’hyperpropulseur. L’echani inspira profondément, fixant l’éclat du vortex spatio-temporel qu’elle s’apprêtait à quitter.
Elle espérait que le cargo tiendrait le coup, qu’il ne tomberait pas en pièces. Le Tefal n’était pas en effet de première jeunesse. Si ça se passait mal, le voyage se terminerait bientôt. La guerrière maîtrisa sa nervosité avec l’expérience qu’elle avait acquise depuis son entraînement sur le monde d’Eshan.
Derrière son siège, le grognement de la jeune twi’lek Lethan la tira de ses pensées. Naha s’agitait à sa place, non pas à cause de la nervosité mais à cause des élancements douloureux provoqués par les bleus et bosses récoltées lors de ses séances d’entraînements avec l’echani.
La dernière venait de s’achever, il y a dix minutes.
- Tu progresses, commenta son instructrice. Maintenant, il me faut cinq mouvements pour te mettre au sol.
- Voilà qui me touche beaucoup, répliqua la twi’lek acerbe. Je me demande parfois si tu n’essaies pas de me tuer.
Maathra tourna la tête par-dessus son épaule.
- C’était un compliment. D’autre part, si je voulais te tuer, tu ne serais plus en état de remuer la bouche.
- C’est censé m’apprendre des leçons, les coups que je reçois ?
Maathra consulta le compte à rebours sur l’écran de contrôle sur sa gauche. Il ne restait plus que trente secondes avant la réintégration dans l’espace normal.
- Tu es encore trop sensible à la douleur. Je pensais que Ethan Contispex et sa charmante moitié t’auraient épargné au moins cela.
- Comment oses-tu ? S’indigna Naha.
Elle s’était levée de son siège, les traits grimaçant de colère.
- Si tu avais subi ce que j’ai subi…
- Ce que je t’enseigne doit t’apprendre la dureté du duracier forgé. Tu t’en approches mais on n’y est pas encore.
- Cela ne fait que deux jours que tu m’entraînes, lui fit remarquer sa jeune équipière.
- J’ai connu des élèves plus précoces et plus jeunes que toi.
- Tu veux vraiment me pousser à bout ?
Maathra lui sourit pour la taquiner.
- Tant que tu ne m’auras pas essoufflée, je prends le risque.
Dans quinze secondes, ils émergeraient de l’hyperespace.
- Qu’est-ce qui nous attend, là-bas ?
- De l’aide et des renseignements, j’espère.
Sur ces mots, l’echani se pencha davantage sur la commande de l’hyperpropulsion. Elle tira brusquement la poignée vers elle.
Le Tefal décèlera brusquement, leur coupant le souffle à cause du harnais de sécurité qui les retenait à leurs sièges. Devant elles, une sphère sombre zébrée d’orange flottait immobile, un aspect peu engageant qui n’enthousiasmait personne, y compris les pilotes les plus téméraires et les plus expérimentés.
Bien que cartographiée et connue, Iridonia demeurait isolée, à la marge des systèmes civilisés de la République qui avait néanmoins installé nombre d’avant-postes et aménagé des dépôts militaires dans les systèmes avoisinants.
Tôt ou tard, la République se lancerait dans la colonisation de ces territoires lointains et vierges. Une colonisation qui promettait d’être agressive, à en juger par le régime répressif sur Coruscant qui avait fraîchement éliminé les derniers restes d’organisation structurée sur la capitale. Pendant combien de temps encore, les zabraks iridoniens et leurs voisins vivraient-ils en paix ?
Quand le Pius Dea aura réduit les Hutt à une vassalité servile, il était à craindre qu’ils soient les prochains sur la liste, à moins qu’ils continuent de se faire oublier comme ils le faisaient si bien jusque-là.
Tout en fermant les yeux sur l’exil de réfugiés ou le trafic de contrebande. Voilà pourquoi Maathra espérait un asile temporaire sur ce monde. Elle réduisit la vitesse sublimique du vaisseau, et demanda à la twi’lek, la météorologie de la planète.
Naha grimaça en consultant les données sur son ordinateur.
- Il y a tellement de tempêtes sur toute la surface, que je n’arrive pas à les compter, avoua-t-elle à sa compagne.
- Sont-elles puissantes ?
La jeune twi’lek hésita.
- C’est variable. En tout cas, je ne me risquerais pas à atterrir. Il vaudrait mieux attendre une accalmie.
Maathra grogna son scepticisme.
- Nous n’avons pas le temps pour ça. Essaie de repérer un statioport sur la carte ou au moins quelque chose sur lequel on pourrait se poser sans danger.
Les doigts de Naha pianotèrent sur le clavier pendant quelques secondes puis sa recherche terminée, elle projeta l’hologramme de la planète à coté de l’echani, en lui montrant le point qui clignotait à la surface de la sphère.
- J’ai découvert des formes de vie, une sorte de bourg. Avec un terrain assez grand pour y accueillir plusieurs vaisseaux. Dans l’hémisphère nord, quadrant ouest.
Elle afficha les coordonnées et Maathra les rentra dans l’ordinateur de navigation. Les coordonnées indiquaient le bourg sur la face éclairée de la planète.
- Par chance, il fait encore jour.
- Tu sais, avec ces tempêtes… voulut répondre Naha, pas très emballée.
- Tout se passera bien.
La twi’lek soupira.
- Et c’est à ce moment-là que les accidents se produisent.
- Tu devrais avoir plus confiance en moi, Naha.
Celle-ci se cala plus profondément dans son siège.
- Oh, j’ai confiance en toi, excepté pendant nos séances d’entraînement. C’est juste que ce rafiot me paraît plus vieux que les plus oubliés de mes aïeux…
Elle éructa tout à coup un juron strident lorsque le Tefal plongea subitement en direction d’Iridonia qui grandit subitement dans leur champ de vision. Elle ne regretta cependant pas que le déjeuner n’ait pas encore été servi, sans quoi elle n’aurait pas tardé à le recracher.
Bon si Maathra lançait le Tefal dans des acrobaties, ce seraient ses boyaux qu’elle évacuerait.
Elle inspira profondément alors que Maathra affichait une concentration déterminée et implacable. La guerrière d’Eshan se sentait prête à piétiner les tempêtes en personne, si elles lui barraient la route.
Le Tefal s’engouffra dans l’atmosphère tourmentée et le cargo ne tarda pas à être secoué par les turbulences acharnées des éléments.
La coque résonna d’un grincement angoissant, frappé par des cailloux qui toquaient rudement. Maathra activa les boucliers pour limiter les impacts au maximum. Sa visibilité était réduite à plus de vingt mètres et ses instruments de navigation déréglés ne lui étaient d’aucun secours.
- Pas une si bonne idée que ça, murmura-t-elle entre ses dents.
Le cargo tangua, heurté par un important débris inconnu qui fit hurler les alarmes dans le cockpit.
- On est touché ! S’écria la twi’lek.
- Sans blague !
Naha s’affaira à stabiliser les boucliers et fit taire les hululement des sirènes, qui sapaient la concentration de la pilote qui demanda :
- Altitude ?
- Deux mille mètres, répondit Naha qui consulta le relevé précédent. Maathra, on descend beaucoup trop vite !
La tension augmenta à cette annonce, alors que la visibilité ne s’améliorait toujours pas.
- Maathra, redresse et ralentis !
- Je ne peux pas, la tempête nous emporterait !
L’echani se battit avec les commandes pour ne pas en perdre le contrôle.
- Quelle est notre position ?
- Il nous reste vingt kilomètres. Altitude, mille mètres.
De nouveaux impacts se firent entendre sur la coque de duracier et un voyant rouge signala que les boucliers étaient mis à rude épreuve.
- Maathra, réduis ta vitesse.
Les mots de la twi’lek résonnaient comme une supplique.
- Ça ira, la rassura la guerrière.
- Cela valait bien la peine de me sauver sur Coruscant, si c’est pour finir broyées dans un crash.
- Nous n’aurons pas fait tout ce chemin pour rien, lui asséna l’echani. Nous nous poserons, nous questionnerons et nous retrouverons ta famille.
La twi’lek fixa malgré elle ses écrans.
- Dix kilomètres. Altitude, trois cents mètres.
La tempête chuta d’intensité, le sable et la rocaille soulevées par sa force impétueuse s’évaporèrent aussitôt. Les deux femmes écarquillèrent les yeux de terreur lorsqu’elles virent le sommet d’un plateau se rapprocher à toute vitesse.
- Maathra !
- Je sais !
La native d’Eshan banda les muscles et tira les commandes vers elle pour redresser le cargo qui fonçait droit sur la surface. Des alarmes de proximité hurlèrent, pour prévenir d’un impact imminent.
Naha demeura pétrifiée, assistant aux efforts surhumains de son amie pour éviter une mort certaine qui leur tendait les bras. Elle ferma les yeux, revoyant le fil de sa vie tourmentée. Elle se revoyait au ghetto trois, entourée de sa famille, profitant de ses rares moments intimes avec le cathar Wils. Malgré elle, les pires moments passés avec les Contispex Junior lui revinrent en mémoire, les blessures à vif à cause des sévices qu’ils lui avaient infligé.
Elle revit la tragédie de la Lune Pourpre qui l’avait bouleversée à jamais.
Maathra gémit entre ses dents, parvenant à redresser le nez du Tefal tout en réduisant drastiquement la vitesse. Bien trop tardivement, cependant.
Le cargo racla par l’avant, la surface rocailleuse et glissa sur le ventre, en émettant des rugissements métalliques aigus qui vrillèrent les tympans. Des câbles électriques chutèrent dans des crépitements du plafonds, manquant de leur fouetter la figure alors que les alarmes se réveillaient, plus virulentes que jamais.
Maathra, sonnée pendant quelques instants, se reprit et manipula le tableau de bord pour inverser la poussée des moteurs. Elle poussa ensuite sur les commandes, avec un cri de rage de bête sauvage.
Finalement le Tefal freina et s’immobilisa au bord du gouffre. Le cargo demeura penché en avant, et les deux femmes avaient droit à une vue splendide sur le fonds du canyon qu’elles surplombaient.
- Ce n’est pas passé loin, commenta l’echani.
Naha choquée, secoua la tête de haut en bas.
- Regarde notre position.
- Euh, oui, acquiesça la twi’lek.
Elle signala peu après :
- Hum, on est arrivées.
- Je ne vois rien nulle part, sur ce plateau. Les scanners sont peut-être déréglés.
- Je vais recalibrer.
Naha manipula les instruments tandis que Maathra se dégagea de son harnais. Elle se leva prudemment de son siège et rejoignit la twi’lek.
- Position confirmée, insista-t-elle.
- Alors, où est cette fichue ville, par Eshan ? Jura la guerrière.
- Et bien, vu qu’on est sur un plateau…
Un éclat de compréhension traversa les iris de la guerrière.
- Prépare tes affaires et sortons du vaisseau, avant qu’une autre tempête n’arrive et ne nous envoie au fonds de l’abysse.
En effet, le Tefal penchait de plus en plus vers l’avant, les grincements métalliques commençaient à s’accentuer.
- Il faut qu’on bouge, et vite, pressa l’echani.
La twi’lek détacha à son tour, le harnais qui la retenait puis suivit l’autre femme vers l’arrière du vaisseau. Elles récupérèrent le strict nécessaire, armes, vivres et trousse médicale avant de se précipiter vers l’écoutille.
Maathra déploya la rampe d’accès et elle bondirent dehors. La tempête qui avait provoqué leur naufrage s’était dissipée mais l’amas sombre qui guettait depuis l’est, n’était pas de bon augure pour la suite.
Le vent se levait de nouveau et il n’y avait nul abri sur ce plateau, à part ce cargo qui ne tarderait pas à basculer dans le vide. Au-delà des canyons, brillaient les reflets des mers acides qui parsemaient la surface d’Iridonia.
Naha se demandait comment les zabraks faisaient pour survivre dans un environnement si hostile, dépourvu de la moindre once de chlorophylle.
- J’espère que tu sais faire de l’escalade, interrogea sa compagne.
- Je me débrouillerai.
Elles fixèrent le cyclone qui fonçait sur elles, puis rejoignirent vers le bord au sud. Maathra rajusta le sac sur son dos, puis vérifia que sa vibro épée était bien attachée à la ceinture. Elle serra le manteau autour de sa taille, imitée par la jeune twi’lek.
- Je passe la première, tu n’as qu’à me suivre.
- D’accord.
Malgré elle, elle étudia le fonds du canyon et déglutit, prise d’une sensation de vertige.
- Sur Eshan, nous avions des montagnes élevés avec des passages difficiles. Des passages sans aucune prise.
- Alors, comment faisais-tu ?
La guerrière esquissa un sourire carnassier en croisant son regard.
- Je griffais les montagnes.
Les yeux de Naha n’exprimaient que de la perplexité devant sa répartie, lorsqu’elle débuta la descente, s’accrochant fermement à ses premières prises. Alors que la twi’lek s’accroupissait avec hésitation, elle avait déjà gagné un mètre.
Naha murmura des prières silencieuses dans son dialecte natal. Elle se rendit compte à cet instant qu’elle tenait à la vie, malgré tout ce qu’elle avait subi sur Coruscant. Les humiliations, les sévices des Contispex junior, la mort de Wils, la disparition de sa famille…
Elle croyait avoir perdu goût à la vie, que seule la mort lui serait douce mais elle se trompait. En fin de compte, il lui restait quelque chose. Une amie.
- Suis ton rythme, ce n’est pas une course. Assure-toi que chacune de tes prises est solide, lui recommanda Maathra.
Pas une course, pensa Naha. Sauf contre la tempête.
Elle progressait lentement, essayant de rester calme. Un pas après l’autre. Elle était arrivée à mi-parcours lorsque le vent s’engouffra dans le canyon, fouettant ses lekkus et son visage avec de la poussière fine arrachée des déserts.
Ses yeux piquèrent, ce qui accentua sa panique. D’une main, elle enfila ses lunettes de protection tandis en resserrant sa prise. Puis elle pencha sa tête vers la gauche, pour distinguer l’echani qui avait accru son avance.
- Maathra ? Appela-t-elle.
Elle ne la voyait plus, à cause du sable qui réduisait son champ de vision. Elle ne distinguait plus rien à moins de cinq mètres.
Ce qui accentua sa panique.
- Maathra ! Cria-t-elle.
Elle crut entendre en retour un écho, par-dessus le hurlements des éléments.
- Continue !
La twi’lek reprit sa progression, reprenant sa maîtrise.
Un pas après l’autre, Naha. Un pas après l’autre.
Elle reprit quelque peu confiance et accéléra sa descente à mesure que la tempête se renforçait. Tantôt, le vent la plaquait contre la paroi, tantôt elle manqua d’en être arrachée. Elle s’enhardit jusqu’à oublier sa prudence.
Elle ne prit plus le temps d’assurer ses prises, dans sa hâte de rattraper Maathra. Et ce qui devait arriver, se produisit fatalement.
Elle voulut caler son pied droit dans une anfractuosité mais elle ne soigna pas son appui et glissa malencontreusement. Elle tenta de se rattraper mais les prises de ses mains cédèrent à cause d’un matériau trop friable.
Ses doigts s’éloignèrent de la paroi, n’accrochant plus que le sable et elle fut précipitée dans le vide. Ses hurlements d’effroi se perdirent dans la tempête avant que sa chute inévitable ne fut stoppée net par une main vigoureuse qui lui attrapa le poignet.
Maathra.
La robuste guerrière s’arc-boutait sur la paroi, grimaçant sous l’effort qu’elle devait fournir pour ne pas se laisser entraîner vers la mort.
La twi’lek décela dans son regard, cette détermination égale à elle-même.
- Je ne tiendrai pas indéfiniment, accroche-toi à quelque chose.
Naha tendit le bras, luttant contre le vent qui voulait la rejeter au loin. Ses phalanges agrippèrent une saillie et elle s’y cramponna de toutes ses forces.
- Je vais te guider.
L’echani aussi inébranlable que la roche sous le tumulte climatique, lui indiqua les meilleures prises. Elle répéta ses instructions au moins deux fois, pour être certaine que la twi’lek ne se fourvoierait pas.
Elles étaient proches du sol quand Maathra sauta sur ses appuis avant de redresser la tête.
- Lâche prise, je te rattraperai.
Naha lui obéit et elle atterrit dans ses bras.
- Tu es plus lourde que je ne le pensais, entendit la twi’lek.
- Alors je sauterais de plus haut la prochaine fois, pour t’écraser.
Maathra ria de bon cœur avant de l’écarter d’elle. Dans le défilé large de deux mètres, là où elles se trouvaient, le vent s’engouffra à leur suite, fouettant leur manteau, avec un goût de poussière salée dans les narines.
- Abritons-nous, trouvons cette ville.


Voilà, j'espère que ça vous a plu ! Et je vous rassure que nous allons rester un bout de temps avec Naha à la découverte des zabraks d'Iridonia :diable: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 26 Sep 2021 - 17:58   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Le Tefal aurait-il perdu son assiette ? :whistle:

Bon ! Nos deux amies sont arrivées sur Iridonia, sur laquelle j'ignorais qu'il y avait des mers acides, carrément ! :shock: Je me demande bien ce qu'il va leur arriver une fois la ville la plus proche atteinte... Se pourrait-il qu'elles finissent par croiser la route d'un certain Sénateur, père d'un Jedi bien connu des lecteurs de ta fic, hmm ? :think:

Vivement la suite pour le savoir ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Mer 29 Sep 2021 - 18:13   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

L2-D2 a écrit:Le Tefal aurait-il perdu son assiette ? :whistle:


Ah tu m'as tué :x !

En tout cas heureux de ton retour :wink: !! Toujours fidèle au poste :oui: !!

Pour la faune et la flore d'iridonia, je me suis appuyé sur les fiches encyclopédiques !!! Mais la convergence avec les kalad n'est pas encore d'actualité :sournois: !!!

Prochain chapitre, on reste sur Naha et maathra :oui: !

À la prochaine :hello: !!!
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Messagepar mat-vador » Sam 02 Oct 2021 - 21:32   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment ça va :P ?

Tout d'abord, j'ai une GRANDE NOUVELLE à vous annoncer :x :x :x !!!!! Je suis en train d'écrire l'épilogue de ce tome 3, ce qui veut dire que j'ai presque... j'ai bien dit presque terminé l'écriture :oui: :oui: :oui: !!!!

Quelques chiffres... j'ai écrit 226 pages pour le tome 1, 320 pour le tome 2 et pour l'instant 254 pour ce tome 3. Attendez, j'attrape ma calculette... cela fait au total pile 800 PAGES !!! Oui ma saga Pius Dea fait au total 800 pages :oui: !


Bref, l'écriture c'est presque OK mais la publication ne concerne que 80 pages de ce tome 3, donc ça va ya de la marge !

Sur ce, place à la suite où l'on retrouve Naha et Maathra qui ont atterri sur Iridonia :diable: !



Elles parcoururent le défilé pendant plusieurs kilomètres puis se réfugièrent dans la première grotte venue. Elles attendirent la fin de la tempête sans un mot pendant une heure avant de reprendre la route.
Elles rencontrèrent un guide zabrak à la tenue modeste qui leur indiqua un chemin vers la ville tant recherchée. Une cité souterraine, taillée à même la roche, à l’abri des intempéries, qui abrite plusieurs milliers d’âmes.
Était-ce la capitale de cette société clanique ? Elles n’en étaient pas certaines mais cela y ressemblait. Le plafonds était soutenu par d’immenses piliers dont le diamètres avoisinait vingt mètres, taillés pour permettre l’aménagement de rues commerçantes et de véhicules primitifs, sommaires tractés par des ruminants locaux du nom de blok. Naha et Maathra avaient rangé leurs manteaux et baissé leurs lunettes de protection, et étudiaient fascinées l’animation qui y régnaient.
Les zabraks étaient un peuple fier, rude… et humble. Ils menaient une vie simple et insouciante, à en croire les discussions et les rires qui leur parvenaient. Les deux étrangères déambulaient, après avoir été contrôlées par des gardes locaux armés de doubles vibrolames, appelées les zhabokas. La guerrière aborda finalement une étal tenu par une vieille zabrak menue, à la figure creusée de rides innombrables.
- Je cherche Ilmi Kliss.
La veille dame secoua la tête négativement et l’echani se dépêcha de passer au suivant pour répéter inlassablement : Ilmi Kliss.
Naha se demandait s’il n’était pas plus simple d’aller à la municipalité et de consulter le registre. Puis elle comprit que la démarche de Maathra visait à leur garantir la discrétion. Elles ne laissaient le moins de traces de leur passage auprès des autorités.
Bon évidemment, une twi’lek et une echani au milieu de zabraks ne passaient pas du tout inaperçues. Tous les regards convergeaient vers elles avant de s’en désintéresser. Naha décida de contribuer à son tour en demandant Ilmi Kliss à tous les natifs qu’elle croisait.
Peu après, elles revinrent sur leurs pas, pour continuer cette besogne harassante, mais personne ne leur octroya la moindre réponse satisfaisante.
Naha fit face à son amie.
- Génial, on fait quoi maintenant ?
- Je ne sais pas.
Maathra semblait déconcertée, s’interrogeant sur la vanité de leurs efforts. Naha promena son regard, tout aussi indécise.
C’est alors qu’elle remarqua les quatre zabraks, deux hommes et deux femmes à l’allure farouche qui détonnaient au milieu des autres civils. Ils arrivaient dans le dos de Maathra qui pivota vers eux, mue par un sixième sens.
Leurs traits étaient peints de tatouages tribaux de couleur pâle et ils exhibaient des armes blanches à la ceinture dont la fameuse zhaboka. La twi’lek devina non sans appréhension que leurs yeux étaient braqués sur elles.
- Maathra ?
- Reste calme, lui intima la guerrière qui posa néanmoins la main sur la garde de son épée.
L’echani se raidit en position de combat, tout en demeurant impassible. Les zabraks échangèrent des regards hésitants.
Puis une femme, une jeune zabrak athlétique aux cheveux auburn recouvrant ses petites cornes frontales, les approcha.
- Vous cherchez Ilmi Kliss ? Demanda-t-elle en basic d’un ton rugueux.
Naha crispa les doigts sur son blaster, ne sachant quoi penser.
- C’est exact, répondit posément sa compagne.
- Pourquoi ?
Les trois autres zabraks n’avaient pas dégainé leurs armes mais ils le feraient si la réponse ne leur était guère suffisante.
- Nous requérons son aide et son hospitalité, avoua prudemment l’echani.
- Êtes-vous prêtes à vous soumettre au Qualteza ?
Naha fronça les sourcils devant ce terme inconnu.
- Moi et mon… élève le sommes, accorda Maathra.
La zabrak fit un geste de la main envers ses compagnons qui se détendirent.
- Nous allons vous conduire à notre clan, suivez-nous.
Les deux étrangères emboîtèrent le pas à leurs guides. Naha glissa à son amie :
- Le Qualteza ?
- Le combat rituel, répondit simplement l’autre.


Sur Iridonia, les conditions de vie étaient si rudes que les arts martiaux devinrent très tôt une composante essentielle de la culture zabrak. Depuis leur planète mère, les autochtones s’élancèrent dans la colonisation des mondes puis des systèmes avoisinants lorsqu’ils apprirent à maîtriser les technologies de l’hyperespace.
Lorsque des représentants de ces colonies retournaient sur Iridonia, ils étaient accueillis par les clans locaux et invités à faire la démonstration de leurs talents au combat, dans des compétitions organisées.
Lorsque deux clans voulaient se rapprocher ou régler des différents, des champions étaient désignés pour s’affronter dans des duels réglementés. On ne versait pas le sang inutilement, y compris entre des tribus séparées par une rivalité héréditaire latente. Les étrangers qui souhaitaient conclure des affaires avec un clan, étaient d’abord invités à prouver leur maîtrise des arts martiaux, condition nécessaire à toute transaction ou toute discussion.
C’était l’épreuve du Qualteza.
Les deux étrangères, montés chacune sur une monture locale à six pattes, le blokh, affichaient un comportement différent en vue de cette épreuve. Si Maathra demeurait sereine, ce n’était pas le cas de Naha qui crispait les doigts sur la bride.
- Ils ne nous feront aucun mal, la rassura l’echani.
- C’est le Qualteza, justifia la twi’lek. Que se passera-t-il si nous ne sommes pas à la hauteur ?
- Attendons d’abord d’être arrivées.
Ils étaient sortis de la ville souterraine pour emprunter un sentier étroit entre les canyons imposants qui paraissaient vouloir les écraser. Leurs quatre guides zabraks, eux aussi montés sur les ruminants hexapèdes, gardaient le silence sauf pour échanger quelques mots en zabraki.
Peu après, un vaste désert rocailleux s’étalait devant eux. Une brise se mit à hululer, envoyant de la poussière dans les yeux, ce qui les obligea à remettre les lunettes de protection et emmailloter leur figure avec une écharpe improvisée.
Le soleil déclinait, renvoyant des reflets teintés de brun depuis l’horizon, dessiné par les sommets de d’autres canyons. Les ruminants passèrent lentement entre les flaques acides, les vestiges de lacs asséchés depuis des siècles.
Tout à coup, les deux hommes aboyèrent en direction des deux femmes zabrak. L’un d’eux montra de l’index une masse nuageuse menaçante qui galopait à plusieurs kilomètres d’eux. Suite à cela, le vent se renforça graduellement.
Les cavaliers frappèrent le ventre des montures avec leur talon. Ils devaient atteindre les canyons avant que la tempête ne les engloutisse. Les blokh galopèrent plus vite, Naha et Maathra s’efforçant de ne pas se laisser distancer.
La jeune twi’lek se souvenait des récits sur les tempêtes ardentes de Ryloth, si ardentes que les malheureux voyageurs piégés étaient réduits en cendres mélangés aux grains de sable. Pas de corps à enterrer, pas de sépulture à honorer.
Pas de souvenir à raconter.
Au terme d’une course contre la montre haletante, les voyageurs s’engouffrèrent entre les canyons. Les zabraks emmenèrent les deux étrangères dans une caverne pour y attendre la fin de la tempête. Celles-ci se blottirent contre le fonds de l’abri et Maathra étudia les émotions de Naha qui avait rabattu son capuchon sur ses lekkus.
Les mains de la twi’lek tremblaient.
- La tempête sera bientôt passée, lui assura l’echani.
- Je me fiche de la tempête. Sur Ryloth, elles sont bien pires.
Le regard de la guerrière devint plus intense.
- Le Qualteza ?
- Je n’ai commencé l’entraînement qu’il y a deux jours, expliqua la jeune femme. Si je suis défiée, je me ferais humilier. Je ne peux pas supporter cette idée.
Les zabraks restaient discrets, se bornant à s’occuper de leurs montures, ignorant la conversation. Maathra comprenait les sentiments de sa cadette, martyrisée par les Contispex sur Coruscant et qui avait enduré la douloureuse épreuve de la Lune Pourpre.
- Si tu ne maîtrises pas les techniques, bats-toi avec le cœur. Ils te respecteront.
- Tu penses que ce sera suffisant ?
- Ce qui compte est la force de ta Ilkiede.
Lorsque Naha fronça les sourcils devant ce mot echani, elle lui traduisit :
- La force de ton âme.
La twi’lek hocha la tête, rassérénée.
- Nous pouvons faire quelques exercices, lui proposa la guerrière.
- D’accord.
Elles ôtèrent leur manteau à l’unisson et se placèrent l’une à côté de l’autre. Puis elles répétèrent ensemble des séquences, des mouvements de base d’attaque et de défense, aux poings et aux pieds. Ainsi que quelques bases d’autodéfense.
Maathra profita pour corriger les positions et les mouvements de la twi’lek d’un ton ferme et posé. Au bout de vingt minutes, la furie des éléments s’apaisa. Il était temps de reprendre la route. Cette fois, Naha se sentait d’attaque à passer le Qualteza.


Voilà, j'espère que cela vous a plu ! Vous découvrirez en quoi consiste exactement l'épreuve du Qualteza, samedi prochain ! Histoire d'admirer la pratique martiale des zabraks, de Maathra et de Naha !

A plus :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 04 Oct 2021 - 14:45   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bon déjà, bravo pour ton extraordinaire régularité dans la production et la rédaction de ton récit ! Les 1000 pages sont-elles en vue ? :sournois:

Sinon, extrait lu !

Bien aimé, mais j'avoue être plus impatient de lire la suite avec cette fameuse épreuve du Qualteza ! :sournois:

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Jeu 07 Oct 2021 - 21:09   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Bon déjà, bravo pour ton extraordinaire régularité dans la production et la rédaction de ton récit ! Les 1000 pages sont-elles en vue ? :sournois:


:jap: , pour l'instant les mille pages sont un objectif encore lointain :whistle: .

L2-D2 a écrit:Bien aimé, mais j'avoue être plus impatient de lire la suite avec cette fameuse épreuve du Qualteza ! :sournois:


C'est l'objet du prochain chapitre, ce samedi :diable: !
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Messagepar mat-vador » Ven 08 Oct 2021 - 20:23   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir, j'ai une excellente nouvelle à vous annoncer :oui: :oui: !!!!

L'écriture du tome 3 toujours en cours de publication, est ENFIN boucléeeee :love: :love: :love: :love: !!!! Cette trilogie est enfin achevée trois ans après le début de l'écriture du tome 1!

Cela n'a pas été facile surtout avec les covid, les trois confinements déprimants, les coups de blues... mais ouf, l'objectif est atteint :transpire: !

Le total de cette trilogie fait donc 806 pages ! OUI, huit cent six !!!!! Comme la peugeot 806 :idea: ... bref, 806 pages de violence, de ténèbres, de fanatisme, de complots et de constipation servis aux petits oignons par votre vendeur de lessive qui lave plus pur que pur ( faudra que je m' y remette à ce délire :whistle: ).


La version PDF est disponible. Si vous voulez l'avoir, il suffit de me MP :wink: !

En attendant vos retours... portez-vous bien :diable: :diable: :diable: ! Et surtout repentez-vous et convertissez-vous !!! Pius Dea :diable: :diable: !!!!
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Messagepar L2-D2 » Sam 09 Oct 2021 - 18:47   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Image

BRAVO !!!! :jap:

Hâte de voir ce que tu nous concoctes pour la suite de ce troisième tome !
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Messagepar mat-vador » Sam 09 Oct 2021 - 20:14   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

L2-D2 a écrit:Hâte de voir ce que tu nous concoctes pour la suite de ce troisième tome !


J'ouvrirai un topic là-dessus à la fin du mois :wink: !




En attendant, il est temps de vous publier la suite ! On reste sur Iridonia avec Naha et Maathra car une grosse épreuve les attend :diable: !



Le village du clan Kliss était profondément enfoncé sous terre, une dizaine de mètres le séparant de la surface. Au bout de la large galerie qu’ils avaient parcouru, des sentinelles les contrôlèrent scrupuleusement puis les guidèrent jusqu’au centre du village de quelques centaines d’âmes. Cette fois, les habitations étaient bien plus sommaires du fait qu’elles étaient construites en terre cuite. Au-dessus de la place centrale, là où avaient été amenées les deux naufragées, une voûte naturelle évoquant celle d’une cathédrale, laissait passer la lumière des astres étoilés lointains.
Une astuce qui éclairait le village, tout en protégeant ses habitants des intempéries fréquentes. Naha et Maathra se posèrent alors la question de savoir comment les autochtones étaient ravitaillés en eau potable.
Les draps suspendus aux-dessus de leur tête, attirèrent leur attention, suintant l’humidité. Lorsque Maathra posa la question à l’un des gardes, celui-ci lui précisa qu’ils les appelaient, des Pièges à Eau. Ils les récupéraient chaque matin et les essoraient pour en récolter le précieux trésor dans des bassines d’eau qu’ils collectaient à l’abri de la sécheresse et de l’aridité.
Les deux femmes suscitaient la curiosité des villageois, en particulier Naha à cause de ses lekkus. Des enfants la montraient du doigt en riant, ce qui amusa en retour en retour la jeune twi’lek, réconfortée de les voir conserver de l’insouciance en ces temps si sombres.
Au moins n’avaient-ils pas connu les horreurs de la Lune Pourpre. Elle ne leur souhaitait en aucun cas que ces malheurs leur arrivent.
Une mouvement de foule se propagea de part et d’autre des curieux lorsqu’une femme zabrak fit irruption sur la place. À en juger par le silence recueilli de ses congénères qui l’entouraient, elle bénéficiait d’un grand prestige parmi les siens.
D’allure athlétique, elle portait une tenue simple, un pantalon et une chemise qui laissait ses bras nus. Elle s’appuyait sur une zhaboka, jaugeant les deux étrangères d’un regard intense qui dérangeait Naha.
Maathra subit son examen silencieux, sans sourciller, la dévisageant à son tour. Elle attarda son attention sur ses tatouages faciaux plus fournis que ceux de ses congénères et qui accentuaient son allure farouche et intimidante.
- Vous cherchez Ilmi Kliss, commença la zabrak.
- C’est exact, répondit l’echani.
- Vous venez de la trouver.
La guerrière se détendit.
- Bien, nous serait-il possible de…
- Vous devez honorer le Qualteza, l’interrompit Kliss.
Son ton ne souffrait d’aucune contestation. Les deux étrangères comprirent aisément qu’elles n’obtiendraient rien d’autre.
- Mon élève et moi sommes prêtes à passer l’épreuve, concéda Maathra.
L’ancienne pilote de chasse des Nimbus hocha la tête puis aboya des ordres en zabraki. Aussitôt les guerriers hommes et femmes du clan formèrent un cercle autour des trois femmes, tous assis en tailleur. Les autres villageois restaient à bonne distance, sans rien perdre du spectacle.
- Maathra, je suis exténuée, se plaignit Naha.
- C’est trop tard, rétorqua l’autre. Nous ne pouvons pas renoncer.
La jeune twi’lek serra les dents, résignée.
- Qui de vous deux souhaite commencer ? Demanda Ilmi.
- Moi, se lança l’echani sans hésiter.
Elle jeta son manteau, se présentant avec nonchalance dans sa tenue de combat, la main sur la garde de sa vibroépée.
- Je défie cette guerrière ! Cria Ilmi à l’ensemble de son clan, en zabraki et en basic. Qui croisera ma lame ?
- Maathra, répondit son adversaire.
- Le choix de tes armes ?
- Mon épée, fit-elle en dégainant d’un geste fluide.
En réaction, Ilmi brandit sa zhaboka, faisant danser avec grâce les deux lames opposées. Maathra demeura impassible, alors qu’elle se plaçait face à elle.
- Qualteza ! Proclama d’une seule vois, le clan tout entier.
L’echani se décala, pour montrer son profil avant que la zabrak n’entama la première attaque. Les lames de duracier s’entrechoquèrent dans un chant métallique lorsque Ilmi se fendit en avant. Maathra contra d’une parade oblique avant de se lancer dans une succession de frappes verticales qui visaient à déstabiliser la garde de son adversaire.
Cette dernière recula pas à pas, déviant les coups avec ses lames opposées avant de charger l’echani avec son propre corps. Maathra fut prise au dépourvu par cette manœuvre osée et ne put l’esquiver. Elle fut rudement bousculée en arrière, déséquilibrée.
Ilmi lui balaya son pied d’appui avec son talon, la faisant chuter sur le dos. Naha étouffa un cri de dépit, croyant ce duel déjà terminé. Mais ce fut sans compter sur la hargne de l’echani qui projeta ses chevilles jointes dans le plexus de la zabrak.
Ilmi haleta, le souffle coupé, ce qui laissa tout loisir à la protectrice de Naha de retrouver ses appuis. L’echani reprit l’initiative et écartant la zhaboka sur le côté, chercha à frapper Ilmi à la mâchoire avec son coude.
La zabrak bloqua avec son avant bras et répliqua d’un pied sauté vers le torse. Maathra amortit l’impact en se collant contre elle et lança son genou sous le diaphragme. Mais Ilmi s’était dégagée et fouetta l’air de sa zhaboka.
Celle-ci fut stoppée par l’arme de Maathra. Le combat intense se prolongea pendant deux minutes, suscitant des murmures admiratifs de la part de certains zabraks, étonnés des performances de Maathra face à celle qui était considérée comme la meilleure guerrière du clan.
Puis l’echani baissa le rythme, jouant l’usure et laissant la zabrak prendre l’avantage. De nouveau, Naha fut inquiète. Les deux duellistes montraient des signes d’épuisement chronique et il était à craindre que…
Ilmi lança sa zhaboka en avant mais Maathra se réveilla subitement, agrippant l’arme par le milieu de sa main gauche. De sa main droite, elle étourdit la zabrak à la nuque avec la garde de son épée, la désarmant.
Ilmi se retrouva à genoux, à ses pieds, tenue en respect par l’épée de Maathra glissée sous son menton. Elle retint son orgueil et prit finalement la main de la gagnante, scellant sa défaite de bonne grâce.
- Cette guerrière m’a vaincue ! Lança-t-elle en se relevant. Elle a honoré le Qualteza ! Saluez Maathra !
Et le nom de celle-ci fut scandé par tout le village. Un village qui témoignait de la force de sa foi dans sa culture et dans ses traditions. Naha ressentait leur fièvre à travers elle-même, au point qu’elle cria aussi ce nom, en chœur avec les zabraks.
L’echani quitta le cercle pour la rejoindre. Ilmi réclama aussitôt le silence avant de déclarer :
- Une autre étrangère doit honorer le Qualteza !
Tous les regards convergèrent vers la jeune twi’lek qui déglutit, avant de poser ses affaires au sol. Les mains de l’echani se posèrent sur ses épaules pour l’apaiser.
- Souviens-toi de ce que je t’ai appris.
- Plus facile à dire qu’à faire, marmonna la native du ghetto.
- Qui souhaite la défier ? Lança Ilmi.
- Un instant ! L’interrompit Maathra. Mon élève n’est sous ma tutelle que depuis peu. Elle manque de pratique et il serait plus juste qu’elle affronte quelqu’un de son niveau.
Ilmi Kliss croisa son regard dans un silence pesant avant d’approuver.
- Que les Premiers Aspirants approchent.
Aussitôt une quinzaine de jeune zabraks sortit des rangs pour s’aligner devant elle. Elle les passa en revue avec lenteur, revenant ensuite sur ses pas au moins trois fois. Jusqu’à ce qu’elle freina face à un élève d’apparence grande et robuste, à la longue chevelure argentée.
- Acceptes-tu d’honorer le Qualteza, Sadec ?
- J’accepte, répondit le zabrak. Qui dois-je défier ?
- Naha, fit l’intéressée d’une voix qui manquait de conviction.
Les autres zabraks reculèrent pour rejoindre leur place, en même temps que Ilmi. Sadec se plaça au centre du cercle, attendant que la twi’lek Lethan le rejoigne.
- Le choix de tes armes ?
- Je n’en ai aucune.
Un étrange sourire carnassier étira les lèvres de son antagoniste.
- Alors nous nous battrons sans armes.
Cette perspective paraissait le ravir au plus haut point, ce qui ne rassura pas la jeune femme inexpérimentée.
- Qualteza ! Proclama de nouveau le clan.
Tous deux se mirent en garde de profil, les poing serrés. Naha sentit l’adrénaline affluer en elle avant que Sadec n’esquissa un premier mouvement. Son poing d’attaque se détendit comme un ressort et elle fit un pas chassé pour l’éviter.
Une feinte qui masquait la véritable attaque du poing gauche. Celui-ci s’écrasa sur ses avant-bras qu’elle avait repliés devant sa figure. Elle sentit l’impact du coup qui endolorit ses membres et recula pour mieux l’amortir.
- Ne subis pas, Naha ! l’encouragea Maathra.
Les deux adversaires tournèrent l’un autour de l’autre, reprenant leur position initiale. Puis Sadec lança une première salve de coups de poings et de coups de coude. Prise de court par sa férocité, la twi’lek le laissa enchaîner, titubant tout en tentant de maintenir sa garde levée. Sadec parvint néanmoins à l’atteindre à la mâchoire.
Elle sentit le sang couler de ses lèvres éclatées.
- Naha !
La twi’lek se dégagea de sa position précaire puis elle surprit l’expression féroce du zabrak qui illuminait d’arrogance. Une expression qui lui rappelait celle de Ethan et Leli Contispex lorsqu’ils abusaient d’elle.
De ses faiblesses, de sa terreur.
Elle éprouva subitement l’envie d’effacer cette satisfaction qui tordait les traits de Sadec. Il était temps de confronter ses démons. Elle dansa sur ses pieds, pour masquer ses véritables intentions, prenant le temps de laisser la colère monter en elle.
Lorsqu’elle estima en avoir suffisamment accumulé, elle s’avança à portée puis s’engagea dans une série de directs et de crochets. Gauche, droite… droite, gauche. Elle visait la figure, la mâchoire, le menton, le nez.
Elle s’imaginait frapper Ethan Contispex, prendre sa revanche sur la condition à laquelle elle avait été abaissée comme tant d’autres. Elle s’imaginait écraser cette figure de prédateur, de profiteur sournois, de dominant sans scrupules ni pitié. En deux jours, Maathra lui appris comment asséner de puissants coups en utilisant le corps.
Elle martela sans cesse la garde du zabrak qui ne put contre-attaquer et fut forcé de perdre du terrain sans pouvoir se reprendre. Quelques zabraks encouragèrent leur champion pour l’aider à se reprendre tandis que l’echani ne cessait de clamer :
- Continue !
Naha perçut la fierté de son amie qui l’avait prise sous son aile, malgré sa rudesse. La garde du zabrak céda peu après et la twi’lek fut satisfaite de constater qu’il avait perdu sa suffisance. Ses poings cognèrent sa figure puis elle enchaîna avec les savates qu’elle logea dans ses flancs.
Finalement elle recula pour reprendre son souffle… avant d’être agrippée subitement par ses poignets. Les doigts de Sadec se resserrèrent et il la tira vers lui pour la faire basculer tête la première, par-dessus lui.
Elle atterrit durement sur le dos, étourdie et Sadec ne la laissa pas se relever, rancunier qu’elle lui ait tenu tête. Elle se redressa sur les coudes mais il la remit ventre à terre de plusieurs coups de pied rageurs dans les côtes et la figure.
- Ilmi, ce n’est pas loyal, protesta Maathra.
- Nos règles au Qualteza sont plus flexibles. La seule interdiction stricte est de tuer son adversaire, lui expliqua posément la zabrak.
Maathra comprit qu’elle ne pouvait rien y faire et ce fut d’autant plus un crève-cœur de voir la twi’lek se faire maltraiter de la sorte.
Les coups de pied cessèrent et le zabrak la toisa, alors qu’elle était couverte de poussière et que les bleus l’élançaient.
- Tu ne sais pas te battre comme une guerrière, lui cracha-t-il avec dédain.
Elle accomplit un effort pour s’appuyer sur les genoux, effort qu’il balaya d’un coup de botte sous le diaphragme. Elle laissa échapper des hoquets de gémissement.
- Tu ne sais te comporter qu’en esclave, comme toutes celles de ton espèce.
Il parlait fort, de façon à être entendu de tous mais surtout de sa victime, qu’il prenait plaisir à humilier.
Maathra se laissa emporter par le dégoût que cette scène lui inspirait. Elle se tourna une nouvelle fois vers Ilmi.
- Ça aussi, c’est permis ?
- Tu ne peux pas intervenir. Je suis désolée mais c’est la coutume.
L’echani bondit sur ses pieds pour haranguer son élève.
- Naha, relève-toi et fais mordre la poussière à ce fils de bantha !
La jeune twi’lek roula sur elle-même mais fut étalée d’un coup de talon au crâne alors qu’elle parvenait à se remettre sur les hanches.
Sadec l’attrapa par l’un de ses lekkus, la faisant redresser la tête.
- C’est une esclave et rien d’autre, déclarait le zabrak. Sa présence est une insulte à notre clan !
- Naha, tu peux y arriver !
Elle croisa le regard de l’echani puis celui de son tourmenteur qui souriait de toutes ses dents. Elle l’entendit murmurer :
- Peut-être que je ferais de toi, ma chose.
Voilà des mots que Ethan et Leli Contispex auraient pu prononcer, lorsqu’elle se trouvait entre leurs mains.
Tu seras ma chose.
Les mots tournèrent dans ses esprits, marquant son âme au fer rouge. Son âme criait des tréfonds de son cœur : plus jamais.
Elle poussa un hurlement de rage peu naturel, invoquant la fureur des tempêtes ardentes de Ryloth. Elle envoya un uppercut violent dans le foie du zabrak qui la lâcha puis elle propulsa sa tête contre la sienne, lui brisant le nez.
Son cri de douleur ne l’arrêta pas, cette fois elle combattrait jusqu’à ce qu’il soit à terre. Elle entreprit une série de crochets furieux et désaccordés qui le firent chanceler. Elle le mit au tapis en décochant son pied dans son entrejambe.
Elle s’assit sur lui pour l’immobiliser et lui marteler la figure ensanglantée.
- Je ne suis pas une esclave !
- Naha, ça suffit ! l’exhorta Maathra.
- Je ne serai pas ta chose !
Finalement, Ilmi fit un signe à ses congénères. Une demi douzaine s’élança dans le cercle pour saisir fermement la jeune twi’lek qui se débattit en ruant des pieds. La guerrière echani les rejoint pour la calmer.
- Naha, c’est moi !
Elle cessa de bouger, emplie de confusion et de honte. Croisant le regard indescriptible de l’echani, elle balbutia :
- Je… désolée.
- C’est bon, Naha. Lâchez-la, vous autres.
Elle foudroya du regard les zabraks qui tardaient à obéir, puisqu’ils attendaient la permission d’Ilmi. Celle-ci acquiesça enfin, après de longs instants. Maathra serra Naha dans ses bras pour la réconforter tandis que l’ancienne pilote des Nimbus s’approchait de son congénère, en piteux état, maintenu debout par trois des siens.
- Sadec ? Fit Ilmi.
Ce dernier s’anima enfin. Sa figure tuméfiée et son œil droit poché montraient la violence des coups qu’il avait subi de la part de la twi’lek. Le sang coulait en cascades de son nez réduit en miettes, le sang s’étalant sur son menton et sa tunique.
- Tu as eu ce que tu méritais, lui dit-elle en zabraki.
- Je ne le pensais pas, se défendit-il dans le même dialecte.
- Tu l’as insultée et humiliée. Reconnais-tu ta défaite ?
Sadec fusilla la jeune twi’lek qui tentait de se remettre de ses émotions. Ilmi le gifla violemment, comme il tardait à répondre.
- Oui, je reconnais ma défaite.
- Tu partiras en pénitence après avoir guéri de tes blessures, afin que tu te rappelles ce que je tente de t’enseigner.
Il baissa le tête, penaud et fut emmené à l’écart. Ilmi désigna ensuite la twi’lek avec solennité.
- Cette guerrière a vaincu Sadec ! Elle a honoré le Qualteza ! Saluez Naha !
Et la jeune twi’lek entendit son nom, scandé par toute la tribu. Après quelques minutes, la foule se dispersa, chacun retournant à ses occupations.
Sur la place, ne restait plus que les deux voyageuses et Ilmi Kliss. Celle-ci les considérait, attendant leurs explications.
- Nous pouvons aborder la raison de votre venue.
- Nous sommes des amies d’Irren Dugol, commença Maathra. Elle nous a parlé de vous.
La zabrak arbora une expression plus amicale. Elle rangea sa zhaboka dans le dos et leur déclara :
- Alors, suivez-moi. Je vous accorde l’hospitalité.


Voilà, j'espère que cela vous a plu ! La semaine prochaine, nous reviendrons sur Alsakan pour un peu de politique :sournois: !

Portez-bien ! Ciao, a presto :hello: !
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Messagepar Dollowin Branthor » Dim 10 Oct 2021 - 13:50   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

4000 vues !!! Chapeau Mat !!! ça vaut combien de baril de lessive ça ? :diable:
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Messagepar mat-vador » Dim 10 Oct 2021 - 14:12   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Une minute faut que je demande à ma patronne :roll: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 11 Oct 2021 - 11:36   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Ah, je me doutais bien que le Qualteza ne serait qu'une formalité pour Maathra... mais je ne pensais pas que Naha devrait elle aussi s'y soumettre ! Belle surprise que celle-ci, avec en plus sa résolution, qui voit la jeune twi'lek faire face à ses démons, littéralement ! Belle résolution !

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 13 Oct 2021 - 20:58   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :oui: !

L2-D2 a écrit:Ah, je me doutais bien que le Qualteza ne serait qu'une formalité pour Maathra... mais je ne pensais pas que Naha devrait elle aussi s'y soumettre ! Belle surprise que celle-ci, avec en plus sa résolution, qui voit la jeune twi'lek faire face à ses démons, littéralement ! Belle résolution !


Une étape importante pour elle :sournois: !

allez, à samedi :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 16 Oct 2021 - 21:08   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite :sournois: !

Il est temps de se remettre à la politique, au coeur d'une République tyrannique avec les Contispex :diable: ! Ils vous avaient manqué, pas vrai ?



Alsakan, capitale Xenvaer, deux jours après la fuite du sénateur Kalad

- Êtes-vous certaine que le risque en vaut la peine ?
Tina Ap Token soupira face aux atermoiements de son interlocuteur encapuchonné, qui n’était autre que l’ambassadeur sur Alsakan de l’Hégémonie Corellienne, Jholan e Ripsan. La jeune politicienne s’était rendue à l’évidence suite à son dernier entretien avec la Conseillère Te’hissan.
Elle était isolée, il ne lui restait plus que très peu de soutiens à l’Archaiad.
- Je vous assure que si nous joignons nos forces pour aider les Hutt, la République sera forcée de battre en retraite.
- Parce que vous croyez que les Contispex sont du genre à rester à la niche, après avoir reçu une volée de bâtons ? Trancha le corellien avec mépris. Avez-vous idée du nombre d’opposants et de rescapés de la Lune Pourpre à qui nous avons accordé l’asile sur nos territoires ? De l’influence des idées du Pius Dea sur Corellia même ?
Tina s’agita sur son fauteuil, agacée.
- Je suis parfaitement au fait de la position délicate du Roi Korol…
- Oh non, je ne crois pas, l’interrompit l’ambassadeur. Pas plus tard que la semaine dernière, lors de sa dernière sortie publique, sa majesté a été vivement huée par des éléments nationalistes qui demandaient l’expulsion de tous les non humains et des subversifs, hors de notre système. De plus, ces perturbateurs organisent des manifestations et des émeutes toutes les semaines dans les rues de Coronet, pour exercer des pressions sur notre politique.
Elle leva le bras pour tenter de reprendre la main.
- C’est justement dans un tel contexte que votre roi doit prendre des initiatives décisives. Je suis au courant qu’à la fin de la Première Guerre Alsakan, la Comtemplanys Hermi vous protège des ingérences de la République…
- Et d’Alsakan, ajouta le corellien avec un sourire pincé.
- Je ne vous demanderai pas de passer outre cette clause, s’il n’en allait pas de l’intérêt de nos peuples. Ambassadeur Ripsan, nous savons qui sont les Contispex. Croyez-moi, après les Hutt, ils ne s’arrêteront pas là. Nous sommes les prochains sur la liste. Si vous nous aidez, nous vous aiderons.
L’ambassadeur Ripsan enfouit son index sous le capuchon, pour soutenir son menton, l’air pensif. Elle le sentait tergiverser, peser le pour et le contre.
- Je suis d’accord sur le danger que les Contispex représentent, mais je ne suis pas celui que vous devez convaincre, déclara-t-il enfin.
- Vous pouvez convaincre le Roi.
Il leva une main pour la tempérer.
- Ce n’est pas si facile, les autres familles nobles doivent être convaincues aussi qu’elles n’ont rien à perdre à s’opposer à la République.
- Si vous faites part de mon offre à la matriarche Melila e Ripsan, combien de Maisons pourra-t-elle rallier pour emporter l’adhésion du Roi ?
Il se redressa, prenant le temps d’observer le panorama urbain de la capitale Xenvaer plongée dans les ténèbres de l’angoisse, de l’incertitude.
- Difficile à dire, Premier Régent.
Elle l’observa en train de jouer à la bague attachée au majeur, dont le motif scintillant représentait l’emblème de sa famille.
- Le temps presse, ambassadeur. Nous devons décider. Si la République frappe les Hutt dans les jours qui suivent…
- Ils seront balayés, nous sommes bien informés du déploiement des forces de la République à leurs frontières.
- À l’heure où je vous parle, mon père et l’amirale Delinki sont en route pour rejoindre les lanniks et les bothans.
Il fronça les sourcils.
- Il est dangereux de me faire part d’une telle révélation, Premier Régent. Je ne suis pas censé me trouver dans ce palais, à vous parler, je vous rappelle. Et qui vous garantit que les bothans et les lanniks accepteront d’aider ceux qui les ont trahis lors de la Conspiration des Cent ?
Touchée, pensa-t-elle avec dépit.
Bien que neutres, les corelliens semblaient avoir suivi de près les évènements de la Lune Pourpre et interprété les causes et les conséquences. Ripsan venait de remuer une corde sensible, celle de la confiance.
Une exigence difficile à satisfaire pour les parties qui avaient fait faux bond à la Conspiration des Cent.
- Considérez cette information comme un gage de ma fiabilité, ambassadeur. Si cela venait à se savoir jusque sur Coruscant même, ma position serait menacée.
- Une information vitale pourrait ne pas suffire, la prévint-il.
Un instant, Tina craignit de s’être trop avancée dans son jeu, trop tôt. Après tout, pour éloigner les Contispex hors de Corellia, Ripsan pouvait très bien vendre cette information à la République, et garantir durablement la sauvegarde de leur neutralité.
- C’est un sujet que je n’ai pas encore abordé à l’Archaiad mais nous pourrions vous confier la conception de nos croiseurs de bataille Atgeir aux chantiers navals de la Corporation Technique Corellienne. Et vous bénéficierez d’un transfert de certaines de nos technologies.
Cette fois, la surprise agrandit les yeux de Ripsan.
- Votre proposition est sérieuse ?
- Vous pensez que je parlais en l’air ?
L’ambassadeur demeura confus, réfléchissant rapidement aux implications d’un tel accord. Une commande de croiseur alsakanis aux chantiers navals corelliens, engrangerait des gains de productivité pour les barons des grandes Familles corelliennes possédant des parts dans ces chantiers.
Alsakan renforcerait son Armée et sa Flotte, ce qui lui permettrait d’imposer plus fermement ses vues à Coruscant.
Bien entendu, l’inconvénient majeur est que cela risquait d’attirer les foudres des Contispex, et d’intensifier les tensions entre la République et Corellia. La clause de la Comtemplanys Hemi pourrait être même remise en question, créer une poudrière au sein du Noyau de la galaxie.
Sans oublier la réaction potentiellement hostile des aristocrates de l’Archaiad, qui perdraient leurs profits dans les chantiers navals alsakanis en cas de délocalisation de la production.
- Maintenant ambassadeur, que pouvez-vous me promettre ?
Ripsan s’extirpa du cours de ses pensées, l’expression concentrée.
- Je dois reconnaître que vous êtes audacieuse, Excellence, lui accorda-t-il. Prenez garde cependant. À trop vous approcher des astres, vous risquez la combustion.
Elle écarta l’avertissement sybillin d’un geste agacé de la main.
- Je ne peux rien vous promettre.
- Je ne peux rien vous offrir de mieux, protesta-t-elle.
- Vous en avez offert suffisamment pour nous donner matière à réflexion, fit-il en se levant.
Elle repoussa à son tour, sa chaise en arrière pour se ranger à sa hauteur et le raccompagner à la sortie.
- Les Ripsan ont beaucoup de poids sur Corellia. Les Helder vous soutiendront si vous passez à l’action, insista-t-elle.
Bien que n’étant pas d’origine noble, les Helder étaient les protégés de la Maison Ripsan, officiant à leurs côtés en tant que valets. Si la défunte Ekia Helder avait pu intégrer jadis la Marine Républicaine, c’était sur recommandation de la baronne Ripsan.
- Nous savons pourquoi ils nous soutiendront. Ekia Helder était la fierté de Corellia… Suprême Amirale de la République, l’apothéose d’une belle carrière militaire. Mais la décision ne leur revient pas, ni à moi.
Ils se dirigeaient vers la sortie.
- Si ma tante accepte de vous soutenir, nous pourrons réhabiliter les cargos nous appartenant à un usage bien plus adapté, avant de les envoyer aux Hutt, équipages compris. Si le Roi accepte de s’impliquer, le nombre de ces vaisseaux sera plus conséquent. C’est tout ce que je puis vous promettre, Excellence.
- Donnez-moi vite de vos nouvelles.
- Entendons-nous bien, Premier Régent. Si nous devons agir, nous n’enverrons nos vaisseaux au secours des Hutt qu’à la condition que vous envoyez les vôtres.
Les corelliens entendaient rester prudents jusqu’à la toute dernière extrémité.
- Entendu, approuva-t-elle.
Dans le couloir, elle appela les deux gardes les plus proches.
- Escortez l’ambassadeur de Corellia jusqu’à l’arrière du palais. Soyez discrets, leur intima-t-elle sévèrement.
Les soldats alsakanis encadrèrent l’ambassadeur jusqu’au turbo ascenseur le plus proche. Elle rentra dans son bureau, verrouillant l’entrée tandis qu’elle se préparait à partir du palais. Elle commençait à peine, à ranger ses affaires lorsque sa secrétaire la joignit.
Son hologramme flotta devant la chef d’État.
- Oui, Aji ?
- Excellence, nous réceptionnons un appel de Coruscant sur une fréquence privée.
- Coruscant, vous en êtes sûre ?
- La sécurité a authentifié le signal depuis le bureau du Chancelier Suprême.
Contispex.
Tina Ap Token sentit son sang se glacer, ce n’était sans doute pas un appel de courtoisie.
- Transmettez-le moi et rentrez chez vous, intima-t-elle.
- Oui, madame. Bonne soirée.
Rapidement, elle s’assit devant le pupitre, inspirant à pleins poumons pour recouvrer sa sérénité. Voilà qu’elle allait confronter encore ce maudit Vautour Multak. Elle ne parvenait pas à rester calme, avant qu’elle ne pensa à son père, tué à la fin de la Crise Alsakan.
Donne-moi ta force, j’en ai besoin, papa.
- Bonsoir Premier Régent, j’espère que mon appel n’est pas impromptu.
Le ton de Contispex Ier était d’une aigreur ironique qui fit savoir à la jeune politicienne qu’il était mécontent. Et elle craignait de savoir pourquoi.
Elle se força à soutenir à travers l’hologramme, son regard d’airain incandescent.
- Chancelier Contispex, que puis-je pour vous ?
- Je souhaitais simplement m’enquérir de la santé du sénateur Kalad et de l’amirale Delinki. J’espère qu’ils sont traités à leur juste valeur.
Il sait ! Se dit-elle, horrifiée.
- C’est le cas, lui affirma-t-elle, et je peux leur transmettre vos amitiés…
- Cessons de jouer, Tina Ap Token.
Bien qu’il conservait une impassibilité de façade, son regard exprimait maintenant une agressivité ouverte.
- Je ne comprends pas ce que cela signifie.
- Oh, je suis persuadé du contraire, très chère. Nous sommes parfaitement au fait que le sénateur Kalad et l’amirale Delinki ne sont plus des vôtres depuis vous avez rodé du côté d’Archais, il y a deux jours.
Elle accusa le coup, ne sachant d’abord que répondre face à l’accusation à peine voilée.
- Je souhaitais m’assurer en personne que les mesures de sécurité les concernant restaient appropriées.
- Comme c’est étrange qu’ils aient disparu depuis, souffla-t-il avec froideur. Quelle énigmatique coïncidence, d’autant plus que vos forces de sécurité ne semblent pas presser de remettre la main dessus.
- Disons que j’ai beaucoup de préoccupations immédiates.
Le regard de Contispex Ier s’intensifia davantage, suspicieux.
- Vous marchez sur les traces de votre père. Vous devriez vous en détourner avant qu’il ne soit trop tard.
- Vous avez aidé Orin Melok à l’éliminer, je connais la vérité, répliqua-t-elle frontalement.
Il arqua un sourcil vers le haut, masquant son étonnement de l’avoir peut-être sous estimé. Il éprouvait un respect certain pour son tempérament.
- C’est vrai, je porte le poids de la responsabilité de sa disparition mais nous devrions nous soucier du présent immédiat, ne croyez-vous pas ? De grandes choses seront bientôt accomplies au nom de la Déesse et nous prions Alsakan de ne pas interférer d’aucune façon que ce soit. Nous diffuserons les paroles saintes auprès de ces Hutt impies et les obligerons à suivre la véritable voie de la pureté. Il en sera de même pour la galaxie toute entière.
- Mon peuple ne se soumettra jamais à votre culte, s’indigna-t-elle.
- Nous verrons en temps voulu. Pour l’heure, je vous déconseille d’envoyer le moindre vaisseau ou le moindre soldat en périphérie de la République, faute de quoi les conséquences seraient fâcheuses.
- Tout le monde n’a pas peur de vous, lui fit-elle remarquer.
Les yeux de Contispex Ier se teintèrent d’une dureté mortelle avant qu’il ne proféra de mauvais augures.
- Vous vous croyez à l’abri là où vous êtes, mais vous vous trompez, Tina Ap Token. Lorsque nous en aurons fini avec vous, votre peuple apprendra la peur.
Il rompit sèchement la communication, la laissant seule avec ses doutes plus importants que jamais. La jeune femme se mit à haleter, relâchant la pression qu’elle avait mises sur ses épaules. Elle n’éprouva plus l’envie de rentrer chez elle, ce soir.
Les menaces des Contispex n’étaient pas des paroles en l’air.
Elle sortit du bureau et appela le capitaine des gardes du palais pour lui demander de renforcer le dispositif de séurité. Puis elle y rentra de nouveau, verrouillant l’entrée pour ne plus être dérangée. Elle rumina longuement l’entretien houleux.
Vous apprendrez la peur, avait-elle l’impression d’entendre.


Coruscant, bureau du Chancelier Suprême Contispex Ier


- Alors, qu’en penses-tu ?
Linza Contispex, qui s’appuyait contre le dossier du fauteuil de son mari, demeurait muette, se donnant le temps de préparer sa réponse.
- Il est temps de se débarrasser d’elle, déclara-t-elle finalement en faisant allusion à Tina Ap Token, avec laquelle le Chef d’État s’était entretenu.
Il acquiesça du menton avant de se lever et de prendre la main de son épouse qu’il attira lentement vers la grande baie de transparacier, illuminée par le soleil au zénith.
- Si elle connaît la vérité à propos de la mort de son père, dit-il en admirant le paysage de la Cité Galactique, elle sera bien plus difficile à surprendre.
- Elle restera dans son palais sans en sortir. Je ne crois pas que recruter les Assassins Malkites soit judicieux cette fois, argumenta-t-elle.
- Alors, nous devons reporter nos efforts sur l’Archaiad. Il est possible que certains des Conseillers fassent preuve de pragmatisme et n’aient aucune scrupule à changer de Premier Régent.
- À qui penses-tu ?
- Aux familles marchandes les plus influentes comme les Te’Hissan. Nous pourrions tenter de les approcher discrètement…
Un Disciple de Hapos s’introduisit sans s’annoncer, dans le bureau et avant d’être réprimandé par le couple, s’inclina devant eux avec les paumes jointes devant la poitrine. Il se pencha ensuite à l’oreille du Chancelier Suprême, pour lui glisser des informations confidentielles. Il fut congédié peu après et Linza se serra contre son époux, curieuse.
- Eh bien ?
- L’ambassadeur de Corellia sur Alsakan a été vu, sortant du palais du Premier Régent, il y a quelques minutes.
Elle scruta l’expression de son mari.
- Cela deviendrait problématique si les corelliens s’en mêlaient, en plus des alsakanis. N’existe-t-il pas une ancienne clause qui empêche toute ingérence réciproque entre Corellia et la République ?
- La Contemplanys Hermi, approuva-t-il. Tu penses que les corelliens ont oublié cette clause ?
- Ou peut-être qu’ils vont manœuvrer pour essayer d’en tirer profit. Après tout, ils peuvent se croire libres de leurs mouvements.
La férocité déforma le masque de marbre de Contispex Ier, étreignant un peu plus fermement ses doigts sur la main de son épouse.
- Ils auraient tort de le croire, gronda-t-il. Nous avons recruté bon nombres d’adeptes de notre Foi sur Corellia.
- Il est temps de les mettre à contribution, suggéra Linza d’un sourire mauvais. Contactons-les pour qu’ils se fassent remarquer par tous les moyens possibles, par le Roi Korol et les autres familles. Qu’ils leur fassent comprendre qu’ils ont tout à perdre.
Le Chancelier Suprême l’embrassa.
- Qu’ils fassent donc couler le sang des incroyants, par le bras de Hapos.
- La Déesse le veut, appuya-t-elle.
Il se dirigea vers sa table pour ouvrir un canal sécurisé avec le leader des Croyants de leur culte, basé dans le système corellien. Il l’encouragea à mettre en place des actions radicales, des manifestations et des émeutes au cœur de Coronet, qui menacerait spécifiquement les enclaves peuplées de non humains.
Puis il revint vers sa femme, qui ponctua :
- Je ne doute que les reportages locaux sur la question seront succulents.
- J’espère surtout qu’ils seront au-delà de nos attentes, ricana-t-il.
- Quand doit expirer l’ultimatum contre les Hutt ?
Il réfléchit rapidement.
- Dans moins de deux semaines.
- Nous devrions accélérer le processus, proposa-t-elle d’un ton plus sérieux. Pour éviter d’autres imprévus.
- Divoss m’a assuré déjà qu’il faisait l’impossible, nous ne pouvons pas lui demander de faire plus, lui rappela-t-il.
- Alors assurons-nous que les Hutt n’auront plus jamais aucun soutien de qui que ce soit d’autre, dans la République. Nous devons garder le contrôle.
Il acquiesça d’un mouvement de tête.
- Je vais envoyer Ethan auprès de l’amirale Amukos. Il est temps qu’il comprenne ce que commander signifie.
- Et pour Leli ?
- Nous la garderons auprès de nous, pour veiller sur l’héritier de notre fils. De plus, elle est populaire chez nos frères et nos sœurs depuis la Lune Pourpre. Elle pourrait ainsi animer les prêches sur l’Allée de la Foi contre les Hutt.
Il remarqua sa brève hésitation.
- Elle a beaucoup d’ambition, je ne lui fais pas confiance.
- Moi non plus, mais je suis persuadé qu’elle restera à sa place, affirma-t-il avec assurance. Elle a goûté au pouvoir et elle n’y renoncera pas de sitôt, tout comme Ethan. Même si la Déesse nous accorde une longue vie prospère.
- Si la Déesse le veut, mon chéri.
Ils restèrent l’un contre l’autre, pour admirer leur royaume et l’horizon sans nuages qui sommeillait au loin. Persuadés que le règne de leur famille ne connaîtrait pas de fin.


Voilà, j'espère que cela vous a plu ! N'hésitez pas à me faire part de vos retours !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 17 Oct 2021 - 18:33   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Je n'irais pas jusqu'à dire que les Contispex m'avaient manqué, mais il est clair que les extraits les concernant sont toujours parmi les plus intéressants... et celui-ci ne fait pas exception ! :oui:

mat-vador a écrit:Tina Ap Token soupira face aux atermoiements de son interlocuteur encapuchonné, qui n’était autre [...]

Elle est marrante, la Première Régente. Elle soupire face aux atermoiements ? Elle semble oublier un peu vite sa trahison lors du Massacre de la Lune Pourpre, celle-là... :siffle:

Joli descriptif de la situation politique sur Corellia, d'ailleurs. Tout est inventé de ta part, ou bien tu es parti sur quelques informations "historiques" ? Le Roi Korol, ce nom me dit quelque chose, mais à part ça... :?

Et Ethan Contispex qui va prendre part à la bataille. On va voir ce qu'il vaut celui-là, parce que pour l'instant, c'est un sadique mais rien n'indique qu'il soit compétent à quelque chose !

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mar 19 Oct 2021 - 20:01   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :D !

L2-D2 a écrit:Elle est marrante, la Première Régente. Elle soupire face aux atermoiements ? Elle semble oublier un peu vite sa trahison lors du Massacre de la Lune Pourpre, celle-là... :siffle:


Y a des chances pour cela lui revienne en pleine figure :sournois: !

L2-D2 a écrit:Joli descriptif de la situation politique sur Corellia, d'ailleurs. Tout est inventé de ta part, ou bien tu es parti sur quelques informations "historiques" ? Le Roi Korol, ce nom me dit quelque chose, mais à part ça... :?


Je remercie énormément au passage notre cher auteur de la Fédération Impériale, signore Jagen Eripsa, pour la contribution de ses propres sources sur l'histoire de Corellia et de la famille Eripsa :oui: :oui: ! Tu auras noté que Jholan e Ripsan est un lointain ancêtre :diable: des Eripsa !!!

Comme il a parlé d'un Eripsa pendant les Croisades du Pius Dea, je me suis dit que ça serait sympa de faire des clin d’œils à nos histoires respectives :cute: !

L2-D2 a écrit:Et Ethan Contispex qui va prendre part à la bataille. On va voir ce qu'il vaut celui-là, parce que pour l'instant, c'est un sadique mais rien n'indique qu'il soit compétent à quelque chose !

Vivement la suite ! :oui:


Oui, on verra ça :sournois: !
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Messagepar mat-vador » Sam 23 Oct 2021 - 21:21   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Il est temps de retrouver Naha et Bekan Kalad :sournois: !!!


Iridonia, Espace Sauvage

Ilmi Kliss amena Naha et Maathra jusqu’à sa modeste demeure, construite en terre cuite et ne contenant qu’une unique pièce. Celle-ci ne contenait que le strict nécessaire, une paillasse dans un coin, un meuble contenant des ustensiles de cuisine. Aux murs étaient accrochés armes et trophées de chasse, des crânes immaculés d’herbivores et de carnivores qui évoquaient des créatures gigantesques et redoutables.
Un feu mourant éclairait ce décor, que ranima la zabrak à l’aide de fines branches et d’une huile locale concoctée avec des fleurs sauvages. Elle invita les deux étrangères à s’asseoir en tailleur autour du foyer ressuscité avant de s’emparer d’une poêle et de quelques aliments, notamment de la viande séchée.
La jeune twi’lek huma l’acidité de la chair cuite ce qui lui ouvrit d’avance l’appétit. Maathra sourit en voyant son regard pétiller.
- Naha ? L’appela la guerrière echani.
- C’est à propos du combat de tout à l’heure, c’est ça ?
Elle s’attendit à des reproches.
- Je suis fière de toi.
La jeune twi’lek maîtrisa sa surprise.
- Vraiment ?
- Tu as montré la force de ta Ilkiede.
Elle parut gênée par le compliment.
- J’ai failli le tuer.
- Ce fils de bantha l’aurait bien cherché, asséna Maathra.
Au bout de quelques minutes, Ilmi revint avec deux assiettes à la main qu’elle leur offrit avant de s’asseoir à son tour, devant le feu. Elles le remercièrent et commencèrent à dîner. Cela fut fait avec rapidité.
Enfin, les deux visiteuses abordèrent le sujet de leur venue. Il fut évident que Ilmi avait quitté Coruscant et la Marine Républicaine depuis bien trop d’années pour être informée des bouleversements profonds qui avaient transformé durablement la République en une autocratie tyrannique, travaillée en profondeur par le prosélytisme sectaire et xénophobe du culte Pius Dea. Naha lui raconta les conditions de vies de son ghetto, officiellement nommée Zone de Sécurité Prioritaire. Les lois de plus en plus restrictives et humiliantes qui privaient les non humains de leur dignité et de leurs libertés individuelles.
Avec plus de difficultés, elle lui confia les sévices infligés par les Contispex Junior lorsqu’elle était la domestique de leur famille. La zabrak ne laissait paraître aucune émotion mais l’intensité de son regard montrait qu’elle était attentive au récit.
Aucun détail de la sinistre Lune Pourpre ne lui fut épargné. Une crispation de la mâchoire trahissait cette fois, le dégoût qu’elle ressentait devant la cruauté exprimée par les suprémacistes et les intégristes du culte.
Puis vint l’évènement récent de la Fête de la Déesse. Elle accusa le coup devant la fin tragique de son ancienne équipière de l’escadron Nimbus, versant malgré elle, une larme en son hommage. Elle attendit la fin du récit pour prendre à son tour la parole.
- Si je ne peux plus aider ni Irren ni Senya, en quoi puis-je vous être utile ?
Les deux femmes échangèrent un regard hésitant.
- Irren m’a confié que vous aviez des contacts avec certains cartels liés aux Hutt, des années auparavant, déclara l’echani.
- Nous avons besoin de vous pour retrouver ma famille, enfin mon petit frère et ma petite sœur.
De la poche de son manteau, elle sortit un pendentif holographique qu’elle avait réussi à sauver des décombres du ghetto numéro trois, ravagé par la Lune Pourpre. Elle l’activa et montra à Ilmi les membres de sa famille.
Elle désigna à la zabrak sa mère et son second frères, morts sous les poignards des fanatiques du Pius Dea.
- Qu’est-ce qui te fait croire que Essol et Hisi sont encore en vie ?
- Je ne les ai pas vus mourir et Maathra a entendu dire que les gangs sont venus piller ou rafler tout ce qu’ils pouvaient récupérer.
- Tu te fais peut-être des illusions. Si les Hutt les ont emmenés jusque sur Nal Hutta, tu auras peu de chances de les retrouver en vie.
- Nous voulons nous en assurer, affirma la guerrière echani.
La zabrak laissa regarder son regard se perdre dans les flammes dansantes, dont l’éclat reflétait son dilemme.
- Le plus grand marché aux esclaves de l’Espace Hutt, se trouve sur Rorak IV. S’ils ont été emmenés là-bas, quelqu’un sait peut-être quelque chose.
- Un intermédiaire, acquiesça Maathra.
- Comment savoir qui est celui à qui nous devons nous adresser ? S’enquit Naha.
- Nous avons besoin de votre aide, Ilmi.
La zabrak demeura impassible.
- Mon clan a besoin de moi. Vous avez pu remarquer que nos conditions de vies sont plutôt rudes.
- Nous comprenons, dit l’echani. Mais nous ne sommes pas familiarisés avec l’Espace Hutt et les dangers qui nous guetteront.
- Peut-être avez-vous quelqu’un dans le clan qui pourrait nous guider. Enfin un contrebandier, quelqu’un qui a l’habitude de faire des affaires avec les kadijics, avança Naha.
- Vous possédez un vaisseau ?
Les deux femmes se pincèrent la lèvre.
- Hum, nous en avons un mais il est… indisponible.
Ilmi sourit à la jeune twi’lek qui avait soufflé cette réponse penaude.
- Je connais un contrebandier qui pourrait vous emmener là-bas. C’est un devaronnien qui a servi pendant la Crise Alsakan, dans mon escadron. Il s’appelle Mulkar.
Maathra fronça les sourcils à la mention de l’espèce du coéquipier de la zabrak.
- Un devaronnien. Il est digne de confiance ?
Naha partageait ses doutes. Elle avait côtoyé assez de devaronniens dans son ghetto pour savoir à quoi s’en tenir. La plupart d’entre eux travaillait pour les gangs, ce qui en faisait des individus peu recommandables.
Violents ou sournois, voire les deux.
- Il est digne de ma confiance, confirma Ilmi Kliss. Je vous emmènerai le voir demain, aux premières lueurs de l’aube.
- Vous viendrez avec nous ? Tenta Naha.
Sa demande ressemblait à une supplique.
- Ma place est ici, répondit l’ancienne pilote d’un ton catégorique. Vous devriez dormir maintenant, nous nous lèverons tôt demain matin.
Les deux étrangères comprirent qu’il était inutile d’insister davantage. Ilmi désigna deux paillasses roulées dans un coin de la pièce sur lesquelles elles pouvaient s’allonger. Naha, rompue par le combat singulier mené lors du Qualteza, sombra assez vite dans un sommeil profond, contrairement à Maathra qui étudiait Ilmi, toujours debout.
Cette dernière fixait les flammes qui s’élevaient de moins en moins haut, à mesure que le combustible se consumait sans être renouvelé. La guerrière se demandait quelles étaient les pensées de l’ancienne militaire.
Avec souplesse, elle se leva pour la rejoindre. Elles restèrent sans parler pendant de longs instants.
- Jusqu’à quel point es-tu prête à l’aider ? Demanda Ilmi.
Maathra nota la familiarité dont elle faisait maintenant preuve à son égard.
- Je donnerai ma vie, pour réparer les erreurs que j’ai faites. Tous ceux que je n’ai pas réussi à sauver, avoua-t-elle d’un ton las.
Ilmi secoua doucement la tête, sans croiser son regard.
- Tes trophées sont impressionnants, commenta ensuite l’echani.
- Iridonia est un endroit dangereux, même pour mon peuple.
Elle s’avança pour montrer le crâne allongé et fin d’un prédateur aux crocs étroits.
- Ceci est un blurth, un rapace carnivore qui se terre dans l’ombre des canyons et attaque de nuit tout ce qui bouge, y compris pendant les tempêtes des sables. Il craint la lumière, c’est pour cela que nous allumons des torches pour le tenir éloigné. Une meute décimait un autre clan, à deux jours de marche d’ici.
Elle se saisit du crâne et le tendit à Maathra, qui le prit pour l’examiner.
- Ils ont demandé notre aide et je suis partie à leur village avec les meilleurs chasseurs de notre tribu, continuait-elle de raconter. Pour neutraliser un groupe de blurth, il faut repérer la matriarche qui mène la meute. C’est ce que nous avons réussi à faire, cinq jours plus tard.
Elle reprit le crâne à Maathra.
- Un blurth est difficile à tuer. Lorsque nous le piégeons au sol, il sacrifie ses propres ailes pour continuer à attaquer.
- Combien de tes compagnons sont morts ?
Elle répondit sans émotion visible.
- Tous.
- Je suis désolée, lâcha l’echani.
- La mort est une amie familière pour notre peuple, expliqua Ilmi. Au terme de notre existence, nous nous fondons dans la terre. Nous nourrissons ce qui nous a nourris et nous n’oublions pas les sacrifices que nous offrons.
Elle reposa le crâne à sa place.
- Ce crâne n’est pas un trophée comme les autres. Il est un avertissement contre l’arrogance, un rappel de l’humilité dont nous devons faire preuve.
Ses paroles trouvaient un écho étrange en Maathra qui tenta d’interpréter certains de ses actes. Lorsqu’elle avait sauvé Naha en l’empêchant d’accomplir sa vengeance contre les Contispex, avait-elle fait preuve d’arrogance et d’égoïsme ?
- Nous affronterons des problèmes plus dangereux qu’une meute de blurth chez les Hutt, toute aide serait précieuse.
Ilmi demeura silencieuse.
- Il est temps de dormir, rappela-t-elle.
- D’accord, s’inclina Maathra. Bonne nuit.
Elle retourna vers sa paillasse, s’étendit dessus et plongea dans un profond sommeil. La zabrak la considéra un moment, tenaillée par le doute. Elle revint vers ses trophées et caressa le crâne du blurth qu’elle avait tué de sa main.
Elle se souvint du combat sanglant qu’elle avait mené contre la bête, des hurlements d’agonie de ses camarades qui avaient succombé sous ses yeux. Elle n’était pas prête de les oublier, ces cadavres qu’elle avait du ramener à son clan, avant de les enterrer.
Était-elle prête à d’autres sacrifices ?

Région d’Expansion, au large de Celegia

Bekan diminua la puissance des réacteurs de son vaisseau, qui flotta ainsi dans le vide spatial vers la station orbitale qui se tenait au-dessus de la planète Celegia. Il fut rejoint par son père et Carmina Delinki, qui s’assirent derrière lui tandis qu’il préparait l’approche pour apponter dans l’un des quais qui lui serait bientôt assigné par le contrôle.
Les alsakanis étudièrent en silence les détails de plus en plus précis de la station Veilleur qui grandissait dans leur champ de vision. Ils distinguèrent des batteries d’artillerie de défense, au sommet de la structure aplatie et sous son ventre, révélant ainsi le rôle militaire qu’elle jouait dans la protection de ce système lors des premières Guerres Alsakan.
À mesure que la République menait son expansion tambour battant, son rôle de pivot défensif devint plus secondaire. La station Veilleur s’était transformé au fil des siècles en pôle commercial actif, permettant les échanges entre les systèmes les plus éloignés de la République et ses Colonies.
- Ici Contrôle de la station Veilleur, veuillez activer votre transpondeur pour identification.
Bekan s’exécuta puis transmit les codes d’authentification, préparés par l’Ordre Jedi pour sa mission dans l’Espace Hutt.
- Vous êtes autorisés à atterrir au hangar 7 quai 18.
- Merci, contrôle.
Il rompit le contact puis tourna la tête vers son père.
- Je peux vous conduire chez les bothans et les lanniks, lui proposa le Jedi.
- Non, trancha le sénateur. Notre mission ne doit pas empiéter sur la tienne, Bekan.
- Je suis d’accord avec votre père, appuya l’amirale déchue.
Alors que Bekan avait conservé ses habits Jedi, les deux autres voyageurs avaient adopté des tenues de commerçants itinérants qui camouflaient leurs origines aristocratiques.
- Cela vous fera gagner du temps.
- Tu as des responsabilités et tu ne peux pas les sacrifier aux profits des nôtres. Tu dois aider les Hutt ou plutôt Riyan Lix à organiser leurs défenses. La République est prête pour la guerre et les Contispex seront impitoyables.
- Dans notre camp, personne n’est prêt pour le genre de guerre que va mener la République, plaida Delinki.
Aux paroles de la militaire, Bekan frissonna. Les Contispex n’étaient pas des tyrans ordinaires car ils étaient aveuglés par une idéologie étroite qu’ils étaient déterminés à imposer par tous les moyens nécessaires.
Par la terreur, comme l’avait montré la Lune Pourpre.
- Une guerre sainte, murmura-t-il.
Son père qui l’avait entendu, acquiesça avec gravité.
- Cette guerre sera différente des guerres que notre peuple a mené contre la République, des siècles auparavant. La Purification de Rucapar ne sera plus rien, comparée à ce que les peuples de la galaxie subiront de la part du Pius Dea.
- Je me demande s’il n’est pas vain de tenter de s’opposer à eux, souffla Carmina Delinki. Regardez ce qui est arrivé lors de la Lune Pourpre. Tout ce sang versé et peu de protestation ou d’indignation… y compris de la part des Jedi.
Hassan Kalad lui prit la main avec ferveur.
- Si nous pensons que tous nos efforts sont déjà vains, alors nous avons perdu. Et tous ces innocents de la Lune Pourpre auront versé leur sang pour rien.
Bekan amena le vaisseau vers le hangar 7. Ils traversèrent le bouclier qui assurait le maintien de l’atmosphère et la gravité dans les installations. Des navires civils spatiaux étaient impeccablement rangés, signe de la bonne tenue des lieux.
Le Jedi manœuvra pour se poser sur le quai assigné et cela fait, dégrafa son harnais tout comme les deux autres occupants. Carmina Delinki adressa un signe de tête en guise de salut au Jedi avant de sortir par l’écoutille.
Bekan escorta son géniteur jusqu’à la rampe d’accès, il le serra contre lui mais au moment de le quitter, le sénateur se ravisa et lui agrippa fermement le poignet, tout en accrochant son regard.
- Fils, n’oublie pas.
- Quoi donc ?
- Lorsque tu arriveras au terme de ton voyage, tu devras rester sur tes gardes.
Le Jedi l’obligea à le relâcher.
- Les agents de Contispex ne me duperont pas.
- Je ne parlais pas des Contispex mais des Hutt, insista le dignitaire exilé. Ils nous ont trahi lors de la Lune Pourpre.
- Je sais à quoi m’en tenir, je ne suis plus un enfant.
- Ne te fie pas aux promesses qu’ils t’accorderont. Même s’ils sont aux abois face au blocus de la République, ils ne reculeront devant rien pour sauver la face. Si se soumettre aux Contispex leur permet de se sauver, ils sauteront sur l’occasion en abandonnant tous leurs alliés comme ils l’ont déjà fait.
- Et pourtant, toi et l’amirale Delinki allez rencontrer les bothans et les lanniks pour les convaincre de se soulever contre la République.
- Il y a toujours pire que ce que l’on croit affronter. Souviens-t-en, Bekan et rappelles-toi que tu es un Kalad.
Le Jedi fut intrigué par le ton que venait d’employer son père. Il transpirait de lassitude résignée.
- À t’entendre, tu as prévu de mourir.
- Nous sommes loin d’Alsakan et nous vivons des temps plus incertains que jamais. Je continuerai de me battre jusqu’à ce que mes forces m’abandonnent. Que les Lunes de Cristal t’accompagnent et t’apportent le succès.
- Que la Force soit avec toi, père.
L’ancien élève de Ri’ila Terka le regarda s’éloigner, se demandant s’il le reverrait et en quelles circonstances. L’avenir n’était pas écrit pas à l’avance à cause de la volonté propre de la Force. Il rentra en fermant l’écoutille, et se réfugia dans le cockpit où il ouvrit un canal sécurisé avec le Temple Jedi de Coruscant.
L’hologramme de la twi’lek qui fut son instructrice, apparut devant sa figure.
- Je suis arrivé à bon port à Celegia, maître Terka.
- Bien, le félicita-t-elle. Cependant, tu dois te douter que la partie la plus délicate de ta mission va commencer.
- Le blocus de la République aux frontières des Hutt ne sera pas facile à franchir, même pour un Jedi.
- C’est pourquoi tu auras besoin de l’aide d’un passeur.
- Où le trouverai-je ?
- Sur la station même. Nos sources affirment qu’il a l’habitude de jouer au sabacc dans une cantina, La Promesse du Cosmos. Il s’appelle Defal Thillon.
Un autre hologramme se matérialisa à côté de celui de la twi’lek. Il représentait un humain hirsute et borgne, à la silhouette trapue et compacte. Ses traits désignaient un individu sournois, qui succombait à l’appât du gain aussi facilement qu’il changeait de chemise.
- On peut lui faire confiance ?
La grimace de son ancien mentor fut assez éloquente.
- Pas vraiment, mais il nous a déjà aidé dans le passé, notamment pour trouver des routes secondaires sécurisés jusqu’à notre enclave d’Ossus. Pour acquérir ses services, nous te donnerons accès à une certaine quantité de notre trésorerie. Mais il te faudra peut-être user de persuasion pour qu’il te seconde. Il n’acceptera pas peut-être pas facilement de passer au travers des Flottes de la République s’il n’est pas certain de pouvoir consommer ses crédits.
- Est-il conseillé d’employer la force pour le convaincre ?
- Cela ne t’aiderait en aucun cas. Sois très prudent quand tu marchanderas avec cet homme, insista-t-elle avec gravité.
- La Force me guidera.
- La Force nous éclairera. Prend soin de toi, Bekan.
La communication interrompue, il prit le temps de réfléchir et d’étendre ses perceptions aux alentours du hangar. Il ne détectait aucun danger proche, mais il n’était pas pour autant prudent d’évoluer en tenue ordinaire de Jedi.
Quelques minutes plus tard, il quitta le vaisseau en habits de pilote de cargo de bas étage, ne gardant que sa bure pour camoufler son apparence. Il avait laissé son sabre laser et sa batterie à bord, se contentant d’un blaster, rangé dans son dos.
À la sortie du hangar, sur un terminal près du sas, il consulta l’holocarte de la station. La position de la cantina s’afficha deux niveaux au-dessus, à l’est.


Voilà, j'espère que cela vous aura plu :wink: !

Ciao, a presto !
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Messagepar L2-D2 » Lun 25 Oct 2021 - 17:56   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu!

En d'autres temps, ce long extrait aurait été divisé en deux! Et donc, l'intrigue revient sur les Kalad, ce qui n'est pas pour me déplaire!

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 27 Oct 2021 - 21:11   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :sournois: !

Et on reverra Bekan, ce samedi :oui: !!!
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Messagepar mat-vador » Sam 30 Oct 2021 - 20:45   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir, comment ça va ?

Comme promis, on retrouve Bekan Kalad :wink: !!!


L’affluence à la Promesse du Cosmos montrait que cette cantina était la plus populaire de la station. La moitié des clients était constitué de soldats réservistes républicains, dont les traits ridés et les manières décontractées montraient qu’ils n’avaient rien de combattants aguerris. Certains ne portaient même pas d’armes et leur uniforme aurait fait hurler un sergent instructeur pointilleux. La discipline était particulièrement relâchée et les alcools coulaient à flots.
L’autre moitié de la clientèle ne concernait que des civils itinérants, des commerçants pratiquant une activité légale.
Enfin pas tous.
Le Jedi promena ses sens aiguisés d’un bout à l’autre de l’endroit festif, s’attardant à peine quelques secondes sur chacune des tables occupées, dédaignant les scènes hautes où se contorsionnaient des danseuses en tenue aguicheuse. Son attention se porta finalement sur la grande table de jeu, au centre de la pièce.
Les éclats vifs et tendus lui confirmaient qu’une grande partie de sabacc était en cours, réunissant une vingtaine de joueurs, humains et non humains. Visiblement, les lois ségrégationnistes des Contispex n’étaient pas appliquées rigoureusement.
Jusqu’à quand, cette tolérance durerait-elle ?
Il s’approcha lentement, prenant le temps d’étudier chaque visage, chaque centimètre carré de peau laissé à nu. Il trouva peu après, celui qu’il recherchait, ne se laissant pas distraire par les clameurs et les vapeurs alcoolisées.
À dix mètres de là, sur sa gauche, un homme borgne et à la corpulence massive, à l’allure de wampa des cavernes mal rasé, se distinguait par des jurons grossiers à l’adresse de la soit disant triche des autres compagnons de jeu. D’après la petite hauteur de sa pile de jetons, il ne semblait pas particulièrement en veine.
Voilà un levier que Bekan pourrait peut-être utiliser en sa faveur pour amener Defal Thillon à l’écouter. Il contourna la table pour se ranger derrière le passeur, qui agitait un bras agacé à l’encontre d’un rodien.
- Allez, abats tes cartes pour voir !
Le rodien secoua ses antennes, marmonnant dans son dialecte que tout le monde n’avait pas fini de miser. Thillon grogna de mauvaise foi.
- Tu perds rien pour attendre !
- Tu m’accuses de tricher, humain ?
L’autre ricana.
- Ça fait trois mises que tu remportes d’affilée, ça devient suspect !
- Peut-être que le sabacc n’est pas fait pour toi.
Cela fit gausser les autres joueurs.
- Attendez un peu, la chance va tourner !
- Thillon, tu devrais peut-être t’arrêter pendant qu’il est temps, lui conseilla un soldat réserviste, assis à deux places de lui.
- Et toi, tu devrais veiller sur ton capital retraite !
- Pour l’instant, je suis le plus verni.
Bekan attendit que cet échange aigre doux s’acheva, pour aborder discrètement le passeur.
- Bonjour Defal, lui fit l’alsakani.
- Qui me parle ? Grogna l’autre sans se tourner.
- Un client et un ami.
Le joueur de sabacc cracha le tabac qu’il mâchait par terre. Un signe de mépris ou un tic, Bekan n’en était pas sûr.
- Les amis ne m’intéressent pas. Si vous êtes un client, ça dépend de l’épaisseur de votre porte-monnaie et de la quantité de crédits que ça contient.
Ils parlaient d’une voix suffisamment basse, pour que personne d’autre ne leur prêta attention. Le Jedi usait de ses capacités pour se faire comprendre et lire sur les lèvres de son interlocuteur.
- Je peux vous aider à redorer votre blason.
- Il va falloir faire mieux que ça.
Bekan comprit à cet instant qu’il savait qui il était. Il sait que je suis un Jedi.
- Considérez cela comme une avance, un gage de ma bonne foi.
Alors Thillon daigna se tourner pour croiser son regard, avec un imperceptible sourire.
- D’accord, le magicien. Épatez-moi.
Il se détendit dans son siège, croisant un instant les mains derrière la nuque, pour s’étirer. Le Jedi se pencha à son oreille, lui murmurant la stratégie qu’il devait adopter, à chaque tour de table. Et la chance de Thillon tourna comme il l’avait espéré.
Sa pile de jetons s’accrut, dépassant peu à peu celle de ses concurrents. Puis il remporta enfin le pot de sabacc, dont la coquette somme était estimée à quarante mille crédits. Thillon explosa d’une joie exagérée, sachant pertinemment qu’il devait sa fortune à l’alsakani.
Les joueurs quittèrent la table, laissant la place à d’autres pour une nouvelle partie.
- On remet ça, l’ami ?
Bekan lui accorda un rictus pincé.
- Plus tard, peut-être.
Thillon le dévisagea puis hocha la tête.
- Allons nous installer à l’écart.
Il se leva pesamment et avec fracas, ramassa ses jetons pour se les faire encaisser auprès du droide croupier. Ses yeux brillaient d’une avidité affolante lorsqu’il palpa les crédits qui lui appartenaient enfin.
Il mit à l’épreuve, la patience de Bekan, en rangeant son argent avant de commander une bière corellienne. Il invita le Jedi à le suivre jusqu’à une petite table dans un coin isolé de la cantina. Bekan occupa intentionnellement la place qui lui permit de s’appuyer dos au mur et de surveiller facilement les moindres faits et gestes des clients.
Thillon se rabattit sur sa gauche, posant son verre sur la table et arracha un bâton de tabac pour le mâcher.
- Alors le manieur de la Force, qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
- Je suppose que vous avez entendu parler de la situation délicate de l’Espace Hutt.
Thillon s’esclaffa brièvement.
- Ca, je suis au parfum. La République a mis le paquet sur ce coup. Deux Flottes, on n’avait pas vu un tel rassemblement de forces militaires depuis la Crise Alsakan et même depuis les Guerres Alsakan. D’habitude, je n’affectionne pas les grosses limaces.
Il but une gorgée de sa bière.
- Mais là, pour le coup, j’avoue que j’ai un peu de pitié. À mon avis, si la guerre éclate… tout va se jouer en une seule bataille. Les limaces enverront leurs forces contre le gros des troupes républicaines et elles se feront balayer.
- Vous avez l’air sûr de l’issue, lui fit remarquer le Jedi.
Le passeur leva les bras d’un air désabusé.
- Je ne fais que répéter l’avis de tout le monde. Regardez autour de vous, Jedi. Combien de leurs rejetons servent dans la Marine Républicaine ?
Bekan Kalad engloba rapidement de ses yeux bruns, toute l’assemblée soldatesque riarde.
- J’ai besoin d’entrer dans les territoires Hutt.
L’autre ne masqua pas sa surprise.
- Tiens, les Jedi vont donc s’impliquer dans la guerre ?
- Il est préférable que vous n’en sachiez pas plus, Defal. Ce que j’accomplirais là-bas ne concerne que les affaires de l’Ordre. Vous avez fait passer Kotil Marek, vous me ferez passer aussi.
Thillon grimaça.
- Vous parlez comme si nous étions déjà d’accord pour cette sympathique randonnée. Il va falloir y mettre le prix.
- Tachez d’être raisonnable, n’oubliez pas l’avance que vous avez encaissé.
- L’avance ne vous a permis seulement que de bénéficier de cette conversation, fit l’autre avec une malice sournoise.
- Alors je vais vous proposer un prix. Cinquante mille crédits en premier paiement et un bonus si je parviens jusqu’à Nal Hutta en un seul morceau et vivant.
Le passeur retint un rire dédaigneux.
- Cinquante mille ? Je crois que les Hutt seraient plus généreux si je devais les emmener jusqu’à la fête foraine.
- Le bonus promet d’être généreux, insista le Jedi.
- Montrez-moi donc à quel point un Jedi peut être généreux.
Bekan vérifia encore une fois qu’ils n’étaient pas épiés.
- En plus des cinquante mille, vous aurez droit à vingt mille.
Cette fois, Thillon ne cacha pas sa mauvaise humeur.
- Vous me faites perdre mon temps si vous croyez me faire accepter une offre aussi insultante. Votre ami Kotil Marek s’est montré bien plus généreux.
Il se pencha, son haleine chargée d’alcool empestant l’odorat de l’alsakani.
- Cent mille crédits. Et payables d’avance.
Bekan se doutait que s’il acceptait, Thillon considérerait cela comme une faiblesse et ne manquerait pas de réclamer à tout moment du voyage, un bonus très substantiel.
- Disons cinquante mille crédits d’avance et quatre vingt mille, une fois arrivés à destination.
L’hostilité de Thillon s’évapora pour laisser place à une intense réflexion.
- Donc, cent trente mille ?
- Vous n’aurez pas d’offre aussi généreuse. Si vous ne l’acceptez pas, je trouverais quelqu’un d’autre. En prenant plus de risques, si nécessaire.
Thillon s’enfonça dans son siège et termina lentement son verre. Après avoir cogité, il se redressa avec l’attitude de celui qui avait arrêté une décision.
- Très bien, je marche. N’essayez pas de m’entourlouper, surtout.
- Ma parole vaut certainement mieux que la vôtre.
Bekan regretta sa réplique lorsqu’il surprit l’éclat furtif de colère dans le regard du passeur.
- Vous avez un vaisseau, Jedi ?
- Prêt à décoller.
- J’ai quelques affaires à régler, nous partons dans une heure. Si vous ne suivez pas, tant pis pour vos cinquante mille crédits.
Thillon se leva avec raideur, ce qui conclut leur entretien. Il se fondit dans la foule des clients, pour gagner la sortie. Bekan sentit ses perceptions électrisées par l’aura sombre qu’il avait dégagé durant la durée de leur transaction.
Cet homme n’était pas digne de confiance, Ri’ila Terka l’avait prévenu. Il devrait le surveiller très attentivement pour ne pas se laisser surprendre. Surtout si son avarice prenait le dessus sur sa raison.
Une heure… bon, il avait le temps de commander un verre puis de faire son rapport au Haut Conseil pour l’informer qu’il s’apprêtait à entrer clandestinement en territoire hostile.


Voilà, j'espère que cela vous aura plu ! n'hésitez pas à me faire part de vos retours :) !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 31 Oct 2021 - 19:24   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

C'est marrant, cet extrait m'a fait penser à la façon dont Quinlan Vos reprend contact avec Villie le Devaronien dans Rites de passage, l'un des arcs de la série Republic ! Si la référence est voulue, elle est bien placée ! :jap:

Pour le reste, pas grand-chose de plus à signaler. Bekan approche de l'Espace Hutt, mais va-t-il l'atteindre aussi facilement que cela ?

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mar 02 Nov 2021 - 21:03   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour :cute: !

L2-D2 a écrit:C'est marrant, cet extrait m'a fait penser à la façon dont Quinlan Vos reprend contact avec Villie le Devaronien dans Rites de passage, l'un des arcs de la série Republic ! Si la référence est voulue, elle est bien placée ! :jap:


Bien vu de ta part, camarade :wink: !

L2-D2 a écrit:Pour le reste, pas grand-chose de plus à signaler. Bekan approche de l'Espace Hutt, mais va-t-il l'atteindre aussi facilement que cela ?


Avant de rejoindre les Hutt, il faut d'abord quitter la Station et ce ne sera pas facile :sournois: !
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Messagepar L2-D2 » Jeu 04 Nov 2021 - 19:11   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

La série Republic, c'est le bien ! :whistle:
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Messagepar mat-vador » Jeu 04 Nov 2021 - 21:12   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Je dirais même plus, c'est le très bien :oui: !
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Messagepar mat-vador » Sam 06 Nov 2021 - 22:46   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment allez-vous ?

On se retrouve avec un autre Kalad, le senior cette fois :sournois: !


Hassan Kalad et Carmina Delinki se trouvaient quatre niveaux au-dessous de la cantina, croisant d’autres soldats réservistes qui ne leur prêtaient aucune attention. L’ancienne amirale se pencha vers son ami dignitaire alors qu’ils longeaient le corridor menant vers les quais.
- J’espère que Naite’fya a reçu mon message.
- Nous le saurons incessamment, répondit-il.
L’ancien sénateur crispa la main sur le blaster, enfoui sous son manteau lorsqu’ils s’introduisirent dans le hangar. La principale activité qui y régnait, était la maintenance des vaisseaux pratiquée par le personnel de la station, assisté de quelques droïdes.
Les deux alsakanis marchèrent d’un pas vif sans attirer leur méfiance et s’arrêtèrent devant une navette gardée par un bothan. Celui-ci, déguisé sous un capuchon, les dévisagea soigneusement avant de s’approcher lentement.
- Le pèlerinage s’est bien passé ? Fit-il dans un basic mielleux.
Carmina transmit son soulagement à son compatriote.
- Le Chemin de la Vérité est dégagé.
Le bothan ôta alors son capuchon vivement, ses oreilles équines se dressant avec confiance vers l’avant.
- La sénatrice Naite’fya vous transmet ses salutations.
- Et nous la remercions chaleureusement d’avoir répondu si vite à notre demande, déclara Hassan. Bien que je me doute que la situation sur Bothawui soit délicate, Av’stin.
L’expression du bothan demeura indéchiffrable mais ses oreilles se couchèrent vers l’arrière.
- Nous devrions en discuter dans un autre endroit que celui-ci, suggéra le félinoide. Cette station n’est pas l’endroit le plus sûr, même si la poigne des Contispex ne s’est pas encore faite sentir jusqu’ici.
- Nous avons remarqué un certain relâchement, approuva la militaire. Je ne crois pas que Contispex ne le tolérera bien longtemps, surtout s’il a eu vent de notre présence ici.
- Sommes-nous prêts à partir ? Pressa Kalad.
- J’ai envoyé mon copilote s’occuper des embarrassantes formalités administratives, répondit Av’stin. Il ne devrait plus tarder.
- Je m’attendais à un autre vaisseau qui devait m’emmener sur Lannik, fit Delinki.
- Cela attirerait trop l’attention ici, mais nous ferons escale à Deneba, en dehors des routes reconnues. Le vaisseau des lanniks vous attendra là-bas. Le sénateur Iyulk m’a chargé cependant de vous informer que sa position était précaire. Ne vous attendez pas à un accueil chaleureux.
- Je suis prête à tout.
Ils attendirent le retour du copilote. Les minutes s’écoulèrent puis l’impatience gagna Av’stin qui gronda :
- Je me demande ce qui le retient si longtemps.
- Ce n’est sans doute qu’un contre-temps, tenta de le rassurer Kalad.
Av’stin n’eut pas l’air convaincu.
- Cela m’étonnerait de sa part.
Peu après, quatre humains peu avenants entrèrent à leur tour dans le hangar puis se dirigèrent sans hésiter vers les alsakanis et le bothan. Ce dernier les remarqua et ne fut guère rassuré par leur mine fermée et leur regard déterminé.
Ils portaient des uniformes sombres et sinistres, marchaient d’un pas martial. Leur crâne chauve éclaira finalement le non humain.
- Des Gardiens de la Pureté.
Les deux alsakanis le virent alors dégainer son blaster, tandis que les intrus firent de même.
- L’écoutille est ouverte, leur adressa-t-il. Montez à bord, vite !
Comprenant le danger, ils obtempérèrent sans discuter. Le bothan ouvrit le feu sur les suprémacistes qui se mirent à couvert pour éviter les traits ardents.
- Ne les laissez pas s’échapper ! Criait l’un d’eux.
Des tirs ricochèrent sur la coque, frôlant les voyageurs clandestins tandis que le bothan mit à profit son agilité naturelle pour mettre hors d’état de nuire deux des suprémacistes. Leurs corps fumants persuadèrent leurs complices de ne pas insister et de se réfugier derrière des conteneurs. Ils utiliseraient ce répit pour rameuter des renforts.
Av’stin évalua qu’il s’était trop attardé.
Il rentra dans la navette, verrouillant l’écoutille et gagna le poste de pilotage où s’étaient déjà installés ses passagers. Il prit place aux commandes et commença à relever les boucliers. Ils reçurent un appel intempestif du contrôle.
- Vaisseau du quai 14, vous n’avez pas reçu l’autorisation de décoller.
- Nous devons faire vite, expliqua le bothan en allumant les moteurs. Quelques vaisseaux de la République stationnent à proximité et nous ne pouvons pas les laisser nous aborder.
- Les Contispex seront avertis, devina Hassan.
- Ainsi soit-il, lâcha Carmina.
Les deux derniers suprémacistes encore indemnes surgirent de leur cachette pour vider leur blaster sur les fugitifs. Le bothan activa ses doubles canons laser qui les oblitérèrent peu après. Le hangar se vida de tout le personnel.
Av’stin arracha le vaisseau du sol et traversa le bouclier de la station pour retrouver la froideur sidérale.
Il devait passer en hyperespace avant que…
Un flash angoissant illumina l’horizon à vingt kilomètres d’eux. Le bothan consulta les écrans tactiques et grogna dans sa barbe.
- Un cuirassé.
Les deux alsakanis échangèrent un regard anxieux. Il y avait peu de trafic spatial, la station de Celegia occupant un rôle très secondaire. Au bout de quelques minutes, le vaisseau de guerre de classe Gilagimar qui présentait son flanc bâbord, se tourna vers eux pour leur couper la route. Le cuirassé tenta de les contacter.
- Navette non identifiée, nous vous prions de stopper vos moteurs et de vous préparer à l’abordage pour inspection. Tout refus de coopérer vous exposera à la destruction.
Av’stin ferma tous les canaux de transmission et crispa ses main velues sur les manettes. Son esquif fit une embardée pour esquiver une salve de turbolaser. Les batteries légères du cuirassé prirent ensuite le relais.
- Dites, votre vaisseau est solide ? S’enquit Kalad.
- Il n’est pas de première jeunesse, avoua le pilote.
Des alarmes hurlèrent lorsqu’un tir heurta les boucliers avant, secouant les passagers. Le bothan recalibra l’énergie principale pour les alimenter.
- Mais il tiendra ce qu’il faut.
Sa réponse rassura à peine les passagers. Carmina Delinki ne quittait pas des yeux les écrans tactiques qui matérialisaient la silhouette du cuirassé, entouré peu après de plusieurs spots intermittents.
- Ils ont largué des Typhons !
Cela lui valut un nouveau juron du bothan, qui embarqua la navette dans une série d’acrobaties saccadées, destinées à offrir une cible difficile à leurs poursuivants. Les six chasseurs stellaires déployèrent leurs volets d’attaque et les rattrapèrent rapidement.
Les canons lasers flamboyèrent mais Av’stin montra que ses talents de pilote n’étaient pas usurpés. Les traits ardents se perdirent dans le vide sidéral jusqu’à ce que les boucliers latéraux ne vacillent sous des tirs croisés.
- Faites le saut ! Le pressa Hassan.
- Pas encore ! Répliqua le bothan.
Avec soulagement, les étoiles lointaines s’étirèrent brusquement, ce qui leur permit de semer définitivement leurs ennemis.
Av’stin engagea le pilotage automatique, tandis que les alsakanis se détendirent enfin. Néanmoins, le doute rongeait l’esprit de Kalad.
- Le copilote que nous avons abandonné à la station est sans doute mort, fit-il au bothan.
- Ce serait l’option la plus préférable pour lui comme pour nous, concéda le félinoide.
- Que voulez-vous dire ? S’inquiéta Carmina.
- S’ils l’ont capturé, les Gardiens de la Pureté sont sans doute en train de le torturer, expliqua le pilote en pivotant son siège vers eux. Même s’il est d’une loyauté sans faille, le peu qu’il leur révélera suffirait à compromettre la sénatrice.
- Nous sommes loin du Noyau, leur rapport mettra du temps à arriver jusqu’à Coruscant.
Le bothan ne partageait qu’à moitié l’optimisme de l’ancien dignitaire alsakani.
- Dans tous les cas, nous n’avons plus de temps à perdre. Nous devons déposer Delinki à Deneba et vous faire arriver vivant sur Bothawui. Naite’fya a beaucoup d’ennemis, les mêmes que son défunt oncle avant qu’il ne devienne Chancelier.
- Je l’assisterai de mon mieux, promit le père de Bekan.


Le départ de Bekan Kalad fut retardé, la station Veilleur confinée strictement après l’apparition d’un cuirassé Gilagimar au large de Celegia qui imposa un blocus temporaire du système, provoqué par la fuite d’un vaisseau suspect, d’après les premiers rapports officiels.
Le Jedi eut le pressentiment que les fugitifs n’étaient autre que son père et l’amirale Delinki. Il avait perçu leur angoisse momentanée avant leur saut en hyperespace. Mais il n’eut aucun doute sur leur réussite.
Des soldats d’assaut débarquèrent dans les hangars principaux, assistés des réservistes mobilisés pour passer la station au peigne fin. Bekan n’échappa pas au contrôle d’identité mais heureusement ses faux papiers étaient en règle, pour ainsi dire.
Deux heures plus tard, les soldats rembarquèrent à bord du cuirassé, qui leva ensuite le camp, signant la fin de la loi martiale. Celegia fut ainsi rendue à la libre circulation des biens et des personnes.
Il fut contacté peu après, par Thillon qui lui confirma qu’il l’attendait en bordure du système.
- Ne me faites pas attendre trop longtemps, avait lourdement insisté ce dernier.
Lorsque le Jedi se présenta au rendez-vous, ses écrans détectèrent la présence du vaisseau de Thillon, un navire ovale produit par les chantiers navals de Kuat. Ce devait être autrefois un cargo de la Marine Républicaine, comme le montre la présence des trilasers ventraux.
- Je vois que nous serons accompagnés, fit-il à Thillon lorsqu’il le contacta.
En effet, quatre autres vaisseaux civils entouraient celui du passeur, en attente. Bekan se rangea en queue de peloton, tout en entendant le rire sec de son nouvel ami encombrant.
- Eh, Jedi, vous pensiez que vous étiez le seul à trouver les Hutt plus hospitaliers que la République ?
Bekan projeta sa conscience vers les autres vaisseaux de clandestins et sentit des ondes de peur, d’angoisse concentrée, étroitement liées à l’espoir. Certainement des opposants politiques ou des militants actifs contre le régime des Contispex, qui cherchaient asile et protection auprès des kadijics.
Leurs vaisseaux n’affichaient un état de fraîcheur rassurant, cela allait sans dire. Était-ce Thillon qui les leur avait procurés, moyennant une somme de crédits exorbitante ? Ce ne serait guère surprenant de sa part.
Il laissa le canal ouvert, ce qui lui permit d’entendre les sollicitations véhémentes d’un elomin.
- Alors, ça y est, on peut partir ?
Thillon le reprit de volée.
- Il n’y a pas beaucoup de trafic par ici, pas raison de s’inquiéter.
- Vous êtes sûr que la République n’y envoie jamais de patrouilles ?
À bout de patience, le passeur trancha :
- Je vous envoie les coordonnées, fermez votre clapet, maintenant. Si vous avez un problème technique ou que vous ne savez pas lire une carte, je ne reviendrais pas vous rechercher, c’est bien compris ?
- On vous a payé assez cher !
- Merci pour ce rappel.
La communication en resta là, et Bekan consulta les coordonnées qui lui avaient été transmises. Il activa la carte et fronça les sourcils.
Le passeur allait les mener droit vers la nébuleuse d’Oktos pour s’en servir comme écran, à l’abri des senseurs des Flottes Républicaines. Ce qui ne promettait pas un voyage abrégé et tranquille pour autant.
Il ne lui restait plus qu’à s’en remettre à la Force.


Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Et je vous dis, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 08 Nov 2021 - 10:31   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu !

Ah, mais il n'y a pas que Kalad senior, junior est là aussi dans cet extrait ! :sournois:

Je ne m'attendais pas à ce que les Gardiens de la Pureté soient à ce point sur la piste du sénateur. Sa mission me semble d'un coup beaucoup plus dangereuse ! :shock: Et le vaisseau décolle dans une ambiance qui n'est pas sans rappeler le décollage du Faucon lorsqu'il quitte Tatooine dans Un nouvel Espoir.

Bekan, lui, décolle avec un peu de retard en raison des actions de son père, ce qui est plutôt bien vu. Reste à voir si le voyage sera de tout repos...

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 10 Nov 2021 - 21:51   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Merci pour le retour, L2 :) !

L2-D2 a écrit:Ah, mais il n'y a pas que Kalad senior, junior est là aussi dans cet extrait ! :sournois:

Je ne m'attendais pas à ce que les Gardiens de la Pureté soient à ce point sur la piste du sénateur. Sa mission me semble d'un coup beaucoup plus dangereuse ! :shock: Et le vaisseau décolle dans une ambiance qui n'est pas sans rappeler le décollage du Faucon lorsqu'il quitte Tatooine dans Un nouvel Espoir.

Bekan, lui, décolle avec un peu de retard en raison des actions de son père, ce qui est plutôt bien vu. Reste à voir si le voyage sera de tout repos...


Pour les Kalad, c'est maintenant que le plus délicat commence :sournois: ! Le temps pourrait jouer contre eux, les Contispex vont resser leur étau sur les Hutt :diable: !
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Messagepar mat-vador » Sam 13 Nov 2021 - 22:13   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Allez, c'est l'heure de la suite et on retourne sur Coruscant :diable: ! Ca devient tendu, très tendu :sournois: !



Le lendemain
Coruscant, quartier diplomatique

Le quartier diplomatique avait toujours bénéficié d’une relative tranquillité de la part du Pius Dea, bien conscient que sa présence aux portes des ambassades et des consulats représentants les systèmes importants de la République, pouvait provoquer de vives tensions. Les Croyants du culte fanatique et leurs alliés humanocentristes avaient évité soigneusement ce quartier, pour des raisons principalement politiques.
Ce quartier fut bien évidemment épargné par les massacres de la Lune Pourpre mais ces dernières semaines, un vent mauvais soufflait sur ces édifices prestigieux. Il se trouvait que l’un d’eux était occupé par l’ambassadeur Hutt Gaarba et son personnel administratif principalement composé de natifs des territoires des kadijics, tels que les klatooiniens, les weequays, les todayriens, les sakiyan, les evocii… aucun humain n’y était présent car les Hutt s’en méfiaient, comme étant l’incarnation de la République depuis sa création.
En ce milieu de journée chargée de nuages sombres et orageux, le dignitaire était étalé avec paresse sur sa barge anti gravité. Ses grognements satisfaits emplissaient le bureau qu’il avait aménagé pour le bureau mais aussi pour le plaisir.
Comme le prouvaient la présence des musiciens bith, armés de flûtes et d’autres instruments à vents plus imposants, qui accompagnaient la danse de jeunes artistes non humaines, légèrement vêtues, qu’il dévorait de ses grands pupilles reptiliennes fendues. Là où il se trouvait, Gaarba était bien loin du blocus des deux Flottes qui menaçaient la survie des kadijics, en sécurité comme le souhaitait son oncle Azba.
En sécurité, au cœur de l’antre des démons. Voilà qui ne manquait pas d’ironie. Gaarba ne croyait pas à l’attaque de la République sur leurs territoires. Ces humains qui se croyaient tellement supérieurs n’oseraient pas déclencher une guerre pour des raisons religieuses. Ils ne seraient pas stupides à ce point-là.
Gaarba était persuadé que leur meilleur allié était le temps, l’attente. Les Contispex cesseraient leur rodomontades et accepteraient de reprendre des relations plus cordiales ou du moins constructives. Curieusement, il éprouva un doute soudain.
Les Contispex, raisonnables et pragmatiques ? Leur dernier ultimatum à son encontre ne le semblait clairement pas. Au fonds de son âme, dans le défaut de sa peau écailleuse, Gaarba sentit l’angoisse subtile continuer de le ronger.
Plus de dix jours s’étaient écoulés depuis sa dernière discussion avec le Chancelier Suprême et son âme damnée de femme. L’ultimatum arriverait bientôt à échéance. Bien évidemment, il en avait fait part à son oncle Azba qui ne lui avait toujours pas répondu.
Il se servit une coupe de liqueur acide, adaptée à son métabolisme. Il l’avala lentement pour en apprécier le goût.
Il jeta un regard vers la baie de transparacier qui lui offrait une vue imprenable sur la capitale. Puis les grandes portes s’ouvrirent sur un domestique weequay maigre qui trébuchait dans les pans trop larges de sa toge.
Gaarba le foudroya du regard puisqu’il l’interrompait en pleine détente.
- Que veux-tu, larve ?
- Maître… ils… ils sont là !
Le weequay terrorisé, lissa ses vêtements qui le ridiculisaient. Une apparence sans doute recherchée par Gaarba pour le rabaisser. Celui-ci le toisa avec dédain, agitant sa grande queue en guise d’indifférence.
- Et alors ? Comme d’habitude, crétin !
Tous deux faisaient allusion à ces manifestants intermittents, partisans de Contispex, qui criaient aux Hutt et à leur personnel de quitter la capitale et de fermer leur ambassade. Ils se réunissaient systématiquement devant l’édifice, accusant les Hutt de l’avoir volé aux descendants des Zhells qui l’avaient construit en commémoration de leur victoire sur les Taungs.
Comme il s’y attendait, les clameurs montaient depuis la rue, le conspuant et l’insultant. Le menaçant des pires sévices.
Gaarba avait cessé de s’y intéresser rapidement, comprenant qu’ils ne se bornaient qu’aux paroles. À peine plus redoutables que des insectes.
- Ce n’est pas ce que vous croyez, maître !
À bout de patience, Gaarba rugit.
- Alors, exprime-toi clairement !
Le weequay s’inclina avec raideur.
- Ils sont venus… c’est le Pius Dea !
La coupe que tenait Gaarba se brisa sur le sol lorsqu’il la lâcha, pétrifié par le nom de ce culte. Le nom de cet ennemi qu’il n’avait jamais souhaité voir s’agiter sous ses fenêtres.
- Sortez tous !
Il attendit que les danseuses et les musiciens disparaissent de sa vue, congédiés comme des moins que rien.
- Qu’as-tu dis ? L’apostropha-t-il.
Le weequay tremblait de tous son corps, se demandant ce qu’il devait craindre le plus entre son maître et les suprémacistes fanatiques.
- Le Pius Dea…
Gaarba agrippa les commandes de sa barge pour la faire léviter près de la grande baie de transparacier. Et il les vit.
Une horde de toges pourpres et sombres, surmontées de têtes chauves, encadrait étroitement une foule de sympathisants humains, brandissant des pancartes affichant des caricatures et des slogans xénophobes.
Des milliers de vers grouillant, comblant la grande rue jusqu’à ses extrémités. Une vision terrifiante qui laissa le Hutt et son assistant sans voix. Le weequay secoua finalement sa torpeur.
- Maître ?
- Le bouclier est actif ? Grogna l’ambassadeur.
- Je vais m’en assurer.
- Convoque aussi le capitaine de ma garde, Yeskel ! Ne reviens pas sans lui, le prévint-il.
Le weequay courut jusqu’à la porte et disparut dans le couloir, toujours engoncé dans sa ridicule tenue. Le Hutt, quant à lui, ne parvenait pas à détacher ses grands yeux reptiliens de ce spectacle de plus en plus bruyant.
Il distingua alors cette estrade que venait d’escalader une jeune humaine rousse. Plutôt séduisante, d’après les critères de son espèce. Gaarba la vit remuer les lèvres avec une ferveur passionnée, se dressant au milieu de la foule acquise à sa propagande.
Elle s’adressait à eux, se tournant de temps à autre vers l’ambassade assiégée, le poing levé, menaçant.
Il la reconnut alors, comme étant Leli Contispex. Gaarba comprit que cette manifestation ne serait pas comme les précédentes.
Le démon était à sa porte.


Le silence tomba sur la foule lorsque Leli Contispex étendit la main en réclamant le silence. Ses cheveux roux noués en nattes flottaient autour de sa nuque, accentuant sa visibilité avec cette toge pourpre qui s’accordait avec cette couleur.
- Mes frères et mes sœurs, nous sommes ici réunies par la volonté de la Déesse.
- Louée soit la Déesse ! Répliquèrent les adeptes, en joignant leurs paumes devant la poitrine.
La jeune femme se tourna vers l’ambassade Hutt avec un regard ardent.
- Les Enfants de la Déesse ont jadis crée ce lieu magnifique à la gloire de notre mère bienveillante et de notre espèce, après avoir chassé les Taungs impies de notre monde sacré.
- Nous sommes les fils et les filles des Treize Nations des Zhells ! S’exclama la foule d’humains sympathisants de la cause.
Les lointaines allusions au passé de Coruscant et de la lutte pour la suprématie de la planète-jungle, éveillaient leurs passions et leur nostalgie, pendant longtemps exclusivement peuplée d’humains après la fuite des Taungs.
Bien avant la création de la République, bien avant l’Empire Infini des Rakata, ce monde avait été façonné à leur image. Ce paradis avait été crée à l’image de la Déesse et il en serait de même, au-delà des étoiles.
- C’est en ce lieu, que fut commémorée autrefois la victoire de nos ancêtres sur les impurs mécréants. À quel point, cela est-il sacré à vos yeux ?
- Nous donnerons notre vie pour ce sanctuaire ! Clama la foule.
- La République corrompue et faible a autrefois accepté des siècles auparavant, de concéder la propriété de ce sanctuaire aux Hutt. La République initié par les Enfants de la Déesse, s’est ainsi affaiblie en acceptant d’accueillir en son sein, ces immondes limaces en les considérant comme des amis. Mais les Hutt nous ont prouvé qu’ils étaient les pires criminels de la galaxie. Asservissant et massacrant !
- Oui, des criminels infâmes !
- La diplomatie naïve de la République n’a en rien changé leur nature profonde. Ils se réclament être nos amis alors qu’ils sapent les valeurs d’une société que nous voulons bâtir. Allons-nous nous laisser abuser encore longtemps par ces rejetons d’Amaleth, la Prophétesse de la Débauche ? Martela Leli avec fougue.
- Ce sont des engeances de démons ! Châtions-les !
- Ils sont responsables de la Lune Pourpre et tentent de le retourner à leur profit ! Accusa la jeune rouquine.
- Oui ! Oui !
Leli avait proféré ces derniers mots à l’intention de l’ambassadeur Hutt qui devait certainement ne rien perdre de cette agitation.
- Vous ne devez rien croire de leurs mensonges qui prétendent que nous sommes les coupables ! Ce sont les Hutt qui ont déclenché les massacres dans les Zones de Sécurité Prioritaire, parce qu’ils voulaient en prendre le contrôle ! Parce qu’ils voulaient s’opposer aux desseins de la Déesse et qu’ils veulent toujours s’y opposer !
- Ce ne sont que des mécréants ! Hurlaient les adeptes.
Elle tendit l’index vers les grilles qui barraient l’enceinte de l’ambassade.
- Allons-nous les laisser faire ? Interrogea-t-elle. La Déesse tolérera-t-elle ces impurs en ce lieu sacré pour ses Enfants ?
- Non, expulsons-les !
Cette fois, l’excitation de cette masse furieuse était au zénith. Les insultes se firent plus vociférantes, ponctuée de sifflets. Certains des suprémacistes se baissèrent jusqu’au sol pour en arracher le pavé et des morceaux de permabéton.
Puis ils s’approchèrent jusqu’à portée pour les lancer par-dessus les grilles. Les débris rebondirent sur le bouclier déflecteur, réduits en miettes. Mais cela ne les découragea pas, bien au contraire. Leli qui avait terminé ses harangues, pouvait en savourer les résultats.
Une demi douzaine foncèrent sur les grilles pour les agripper et tenter de les desceller. Devant cet effort vain, ils s’adaptèrent. Puisqu’ils ne pouvaient arracher cet obstacle, il leur fallait le contourner.
C’est ce qui les poussa peu après à les escalader. Les émeutiers étaient sur le point d’entrer dans l’ambassade. Leli Contispex détourna le regard avec un grand sourire. Elle regardait l’horizon, certaine que les images parviendraient à ses terribles beaux parents. Ils seraient satisfaits de sa contribution, elle n’en doutait pas.
Quel dommage que son Ethan ne soit pas là pour en profiter.


Le capitaine de la sécurité de l’ambassade Hutt, un klatooinien du nom de Kaful, se présenta devant Gaarba. L’humanoide à tête de canidé, attendit avec patience sans paraître désarçonné par l’agitation urbaine très proche. Une armure de duracier renforcée recouvrait sa poitrine et ses jambes, complétée par un blaster et une longue vibrolame attachées à la ceinture.
- Vous m’avez demandé, Excellence ?
- J’espère que vos hommes sont prêts, Kaful.
Le klatooinien retroussa les babines pour dévoiler ses crocs.
- Nous sommes prêts à nous déployer autour du bâtiment, à la lisière extrême du bouclier. Nos armes sont opérationnelles.
- Si ces vermines pénètrent dans l’ambassade, le prévint le Hutt, vous en subirez les conséquences !
Le visage de Kaful se ferma.
- Si les émeutiers parviennent à entrer à l’intérieur de l’enceinte, vous serez le dernier de mes soucis, Excellence.
Sa réplique effrontée fit bouillonner l’ambassadeur qui résista à l’envie de le corriger.
- Faites ce que vous avez à faire !
Ainsi congédié, Kaful quitta les quartiers privés de Gaarba pour rejoindre ses hommes réunis dans le hall. Tous étaient des non humains, provenant majoritairement des territoires Hutt. Tous se doutaient que s’ils se montraient en première ligne, ils concentreraient sur eux, la haine des suprémacistes qui les assiégeaient.
Tous ressentaient la peur et tous n’éprouvaient pas l’utilité de mourir pour un maître aussi peu bienveillant qu’un Hutt, dont ils étaient plus les esclaves que les employés. Kaful lui-même avait racheté aux prix de sa solde, certains de ses gardes dans le marché aux esclaves de Rorak IV, à la sinistre réputation d’étendue de bétail conscient, marqué au fer rouge de l’avilissement.
Il accrocha leur regard, pour être certains de leur loyauté envers lui puisqu’ils n’en éprouvaient aucune pour les Hutt.
- Allons-y.
Ils prirent quelques instants pour vérifier leurs équipements, les boucliers de transparacier anti émeutes. Tous se coiffèrent de leurs casques adaptés à leur morphologie crânienne, et sortirent en deux lignes, au pas cadencé.
- Déployez-vous sur trois rangs, protégez tous les accès ! Restez à l’intérieur du bouclier ! Leur ordonnait le klatooinien.
Leur visage grave, protégé par la visière de leur casque, ne reflétait aucun enthousiasme, seulement le fatalisme.
Kaful surprit les pluies de débris qui rebondissaient sur le bouclier énergétique. Les choses sérieuses avaient commencé. Comme il s’y attendait, les non humains au service de Gaarba, s’attirèrent les foudres des partisans de Contispex.
- Bâtards d’aliens ! Vous n’êtes que des criminels !
- On aura votre peau !
Pendant quelques instants, les gardes échangèrent des regards désemparés, surpris par cette virulence décomplexée à leur égard. Ils devinaient la haine de ces humains dans chacun de leurs mots, de leurs insultes obscènes.
Kaful en prit conscience.
- Gardez les rangs ! Les encouragea-t-il.
Ils se raidirent, relevant leur bouclier au niveau de la tête. Ainsi blottis les uns contre les autres, ils formaient la carapace d’une tortue, destinée à les sauvegarder. Confusément, ils entendaient toujours les clameurs.
Tout à coup, Kaful surprit quelques suprémacistes humains s’élancer vers les grilles. Ils agrippaient les barreaux et les tiraient vers eux.
- Préparez les gaz lacrymogènes !
Plusieurs de ses hommes saisirent des grenades, impatients d’ôter la goupille et de les lancer parmi les émeutiers. Ceux-ci abandonnèrent bientôt l’idée de desceller les grilles, trop solidement ancrées au sol et se mirent à les escalader.
Le klatooinien leva les yeux vers l’éclat du champ de protection qui les enveloppait, tel un cocon transparent.
Pourvu qu’il tienne, nous en dépendons tous !
- Ils arrivent ! Entendit-il à côté de lui.
Les partisans du culte avaient atterri de l’autre côté, munis de barres de duracier et de morceaux de permabéton, emplissant leurs paumes.
- On aura votre peau !
Encore une fois, le bouclier remplit son office, émiettant les projectiles lancés à leur figure. Voyant l’inutilité d’un bombardement intensif, les suprémacistes s’approchèrent au contact pour en découdre. Cette fois, ils étaient à présent plusieurs dizaines à l’intérieur de l’enceinte, ce qui constituait selon les traités galactiques, une violation de l’intégralité territoriale de l’Espace Hutt. Une déclaration de guerre.
Cette perspective ne paraissait pas effleurer l’esprit des émeutiers.
- Les lacrymogènes !
Plusieurs sifflements lui indiquèrent que les goupilles avaient été ôtées avant que les engins ne soient lancés par-dessus les premiers rangs. Les grenades rebondirent sur le sol, entre les jambes des suprémacistes, laissant échapper dans leur sillage une fumée âcre.
Rapidement, les nuages s’élevèrent au-dessus de leur tête, formant un brouillard opaque et irritant qui provoquèrent des quintes de toux intermittentes chez les manifestants pris à la gorge. Kaful espérait que cela suffirait à les faire battre en retraite.
Mais la haine surpassait toutes les indispositions. Les cris leur parvenaient et bientôt les ombres menaçantes surgirent devant les gardes, armes levées. Le klatooinien releva son bouclier au moment où un des suprémacistes, le visage protégé par un foulard épais et des lunettes de protection, abattit son arme sur lui.
Le plastacier résista à l’impact et à tous les coups successifs que son antagoniste lui porta. Kaful ne pouvait distinguer ses traits mais il percevait sa rage comme si c’était la sienne propre. Confusément, par-dessus les grognements et les hurlements, il devina que tout le front était engagé. Les assaillants devaient être peu nombreux mais ils affichaient une détermination farouche, bien décidés à faire irruption dans l’ambassade et à y semer autant de chaos que possible. Le capitaine de la garde n’était pas certain de pouvoir les repousser.
Constant qu’il ne pouvait pas l’atteindre avec sa barre de duracier, son adversaire tenta de le toucher à coups de pieds, sous le bouclier. Heureusement, l’armure de Kaful lui permet de ne pas en ressentir le moindre effet.
D’autres complices gonflèrent les rangs et bientôt les émeutiers formèrent une marée compacte qui s’agglutina contre les boucliers. Franchissant la limite du champ de protection de l’ambassade, ils pouvaient bombarder à bout portant les gardes qui s’efforçaient de riposter à coups de matraque électrique.
- Gardez les rangs ! les exhortait Kaful.
Il se recroquevillait sur son bouclier, soutenu par ses hommes les plus proches et les soutenant en retour comme il le pouvait. Mais il doutait de pouvoir ainsi tenir indéfiniment. La pression augmentait à mesure que les suprémacistes recevaient du renfort.
Ceux-ci s’encourageaient mutuellement, sentant que le dispositif de protection pouvait céder à tout moment. Il leur suffisait d’insister encore pour que le barrage se fracture et laisse entrer le raz-de-marée de la haine dans l’ambassade.
Au cœur de Coruscant, ils étaient l’îlot de résistance, autre que les derniers ghettos de la Cité Galactique. Un défi que les Contispex ne pouvaient accepter. Ces non humains qui défendaient l’ambassade au péril de leur vie, juraient avec le paysage.
Ils devaient disparaître, être éradiqués avec les maîtres qu’ils servaient et protégeaient.
- Tenez bon !
Non, ils ne devaient pas céder. Même si le doute et la peur commençaient à les étreindre lentement. Même s’ils pensaient qu’ils ne pourraient pas en réchapper.
Kaful avait encore une carte à jouer pour sortir ses hommes de ce pétrin.
- Lancez les grenades soniques !
Peu après, d’autres engins roulèrent aux pieds des manifestants furieux et des détonations claquèrent comme de cinglants coups de tonnerre. Le bruit fut si assourdissant que les suprémacistes reculèrent en titubant. L’un d’eux s’écroula même au sol, du sang coulant de ses oreilles.
L’assaut contre l’ambassade brisé net, les intrus battirent en retraite, ramassant leurs blessés au passage. L’un d’eux proféra une dernière menace.
- Nous reviendrons !
Le klatooinien les regarda escalader l’enceinte et se disperser dans la rue, couverts par les adeptes du culte Pius Dea.
- Chef, on les poursuit ?
- Non, répondit-il sans se retourner. C’est terminé pour aujourd’hui.
Pour aujourd’hui, les suprémacistes reculaient. Mais ce n’était que partie remise, ils reviendraient beaucoup mieux préparés.
Kaful souhaitait que cela arrive le plus tardivement possible.


Voilà, j'espère que cela vous a plu :hello: !

Allez, à la prochaine !
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Messagepar L2-D2 » Dim 14 Nov 2021 - 22:37   Sujet: Re: Pius Dea : L'ère des Tyrans ( Tome 3 )

Extrait lu!

Gaarba a tout intérêt à quitter les lieux fissa avant que les fanatiques ne reviennent s'agiter sous ses fenêtres... Et dans ses murs! Si ça n'est pas une preuve de l'imminence de la guerre, je ne sais pas ce qu'il leur faut!

Vivement la suite! :oui:
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