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L'Etoile Perdue : Voyage dans l'âme de Ben Solo (FINI)

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Messagepar Dollowin Branthor » Mer 18 Aoû 2021 - 11:04   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

Salut à tous !

Enfin de retour après deux semaines d'absences, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.

Il s'agit du premier chapitre que j'ai écrit, il y a plus d'un an et demi. Je venais de voir Star Wars 9 et sans comprendre pourquoi, j'en ressentait encore la claque. En vacances chez mes grands parents, je me pose sur un rocher face à la mer, je rentre en méditation pendant 2h et de retour chez mes vieux, je prends mon stylo et ce chapitre vient presque tout seul...
Premier chapitre écrit... d'une traite...
nouveau rebondissement d'une aventure préludée vingt ans plus tôt avec la menace fantôme découvert presque par hasard en VHS sur le petit écran familial, une aventure poursuivit dans mon coffre à jouets, dans les salles obscures et plus tard sur YouTube, une aventure dont je n'aurais jamais pensé qu'elle me mènerais jusqu'ici.

Merci à tous pour votre lecture fidèle et à la semaine prochaine !
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 24 Aoû 2021 - 10:47   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

L'étoile Perdue

Voyage méditatif dans les tourments de l'âme de Ben Solo

Chapitre 8 - La fleur fanée - 23 ap BY

(il a grandi, il a fermé la porte de son cœur, pourtant il en tient encore les clés...)



Il faisait encore jour mais en un coup de vent, le ciel s’était noirci pour annoncer l’orage. La nuée s’était encombrée de lourds nuages anthracite que les éclairs embrasaient de rayons électriques. Un soleil déclinant, écarlate, répandait de froides lueurs sur le paysage, allongeant les ombres en fantômes de grisaille. Insensiblement, comme un soupir, le vent faisait danser la poussière des ruines.

Était-ce un temple Jedi ? Un temple Sith ? Était-ce même un temple ? Il ne restait rien. Çà et là, dans les décombres, des colonnes brisées, l’ébauche d’un mur crevé, des morceaux de fresque sans forme et sans couleur. Ben cherchait sans trop y croire des indices, une piste, un signe, peut-être un cristal, un message gravé dans la pierre, ou même un débris d’objet mutilé… un rien lui aurait suffi. Mais le champ de ruine, baigné d’une lumière de glace étouffée par les nuages environnants, était aussi sombre qu’immense, stérile et impénétrable. Et Ben ne trouvait rien. D’un geste de Force, il soulevait les rochers les plus imposants pour dégager son chemin et approfondir ses recherches. Mais ceux-ci ne lui découvraient que d’autres décombres plus obscurs encore.

À bout de ressource, il s’assit entre deux rochers et ferma les yeux. Rentrant en méditation, il s’appliqua à ressentir son environnement à travers la Force et l’explora mentalement avec une acuité décuplée. Il voulait deviner la forme des roches qui l’entouraient, la place exacte de chaque gravier, leur taille, leur masse, leur surface granuleuse et froide, la densité de la pierre qui les composait, la rudesse de leurs lignes cassées. Il élargi le champ de sa conscience aux dimensions du champ de ruine, cherchant à en percevoir les contours et petit à petit, parvint à distinguer jusqu’à l’agencement des milliers de cristaux infimes qui constituaient chacune des pierres, à différencier chaque pierre de sa voisine, à discerner toute leur infinie diversité. Il se faufilait dans les espaces presque imperceptibles qui les séparaient, dans les labyrinthes inextricables que formait le chaos du temple dévasté. Le bleu des nuages était devenu noir, le soleil n’éclairait plus, seuls quelques lambeaux de jour demeuraient accrochés sur la voûte sombre.

D’abord il l’aperçue à travers la Force. Surpris par sa présence, il ouvrit les yeux et la chercha du regard autour de lui. Dès qu’il la vit, il se leva pour s’en approcher. C’était une fleur blanche d’une simplicité virginale. Elle portait avec naïveté une couronne de quatre pétales arrondis comme des ailes de papillons qui protégeaient un cœur jaune orangé émergeant d’un calice vert profond comme les forêts de Naboo.

Comment avait-elle pu atterrir dans les ruines abandonnées du temple ? Comment pouvait-elle survivre sur ces terres désespérément gelées ? Malgré le froid, la pierre, le vent, elle avait fleurie là, et luttant contre la bise glaciale, elle s’épanouissait avec audace entre deux roches noires. Oubliant un instant sa mission, Ben se mit à genou, et tendit la main vers les pétales, jusqu’à les frôler, attiré par la Force qu’ils imposaient. Il s’abîma dans la contemplation de cet humble végétal, presque insolent dans sa candide évanescence, presque attendrissant dans sa futile obstination. Il s’étonnait de sa vigueur et considérait avec fascination la pureté de ses lignes qui contrastait si fort avec cet univers de pierres et de brume. Au milieu de tant de froidure, dans ce monde sombre et rocheux, elle rayonnait, comme une étincelle, une oasis, une étoile. Ben sentait sa force et sa chaleur l’irradier. Cette présence improbable, presque imperceptible le réchauffait.

Peu à peu, le vent se transforma en bruine et la bruine en averse, une pluie battante, grise, glaciale, pénétrante, dont les gouttes, comme des aiguilles, perçait les vêtements et la peau. Surpris par l’orage, Ben se mit rapidement à l’abri sous une arcade de pierre chancelante et attendit la fin de l’averse. Mais la pluie ne cessait pas de tomber, de gifler les roches noires, de gronder, d’obscurcir le ciel rayé d’éclairs aveuglant. Les rafales d’eau noyaient le paysage, tombaient en lourdes gouttes sombres et glacées, inondaient, ravageaient le sol qu’elles détruisaient. En puissantes cordes terribles et noires, elles joignaient d’un inextricable filet la terre et l’atmosphère, elles obstruaient de rayures le ciel encombré, saturé, elles en précipitaient la noirceur à terre. Sans fin, sans arrêt, l’eau coulait sur les roches délabrées, les ruines, les gravats. Étincelantes un instant, ses gouttes innombrables retombaient en cascades le long des rocs trempés. Elles martelaient le sol de milles déchirures aigües, le délabraient, emportant par cent ruisseaux boueux la terre et les cailloux qu’elle roulait dans d’infinis méandres tortueux.

La fleur était toujours là. Elle résistait, ignorant les bourrasques et les torrents, comme gardée par une force invisible. En l’observant plus attentivement, Ben compris qu’il avait trouvé ce qu’il était venu chercher. Elle était plantée sur un cristal kyber. Ses racines s’étaient enroulées autour d’un cristal qui dégageait une Force suffisante pour alimenter et protéger indéfiniment la floraison fragile qui s’y était attaché. Un cristal d’une puissance magnifique, un cristal qui ne tarderait pas à livrer son histoire, ses secrets, et ceux du temple perdu. Sans réfléchir plus longtemps, oubliant la pluie qui lui griffait la peau, glissant, trébuchant, courant presque sur les roches trempées, Ben franchit les quelques mètres qui le séparaient du cristal et arracha du sol la pierre transparente, la débarrassant de la terre qui la recouvrait et des racines de la fleur qui gisait maintenant sur le sol. Sans un regard vers la tâche blanche qu’elle formait contre la pierre noire, il regardait le cristal qui reposait dans sa paume, brillant d’un faible éclat sous la lumière de l’orage.

_Qu’est-ce que tu caches ?

Refermant sa main sur le cristal, Ben entrevit des ombres mouvantes, les fantômes du passé que gardait la clarté bleue du cristal. Il n’avait besoin de rien d’autre. Il se dirigea rapidement vers son vaisseau, écrasant sans y faire attention les quatre pétales de nacre sous sa botte. La pluie tombait toujours et ses larmes dévalaient les roches abandonnées, emportant avec elles les pétales en lambeaux de la fleur déchirée.
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Messagepar sam sanglebuc » Mar 24 Aoû 2021 - 11:04   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

C'est poignant, j'ai presque envie de verser une larme pour cette petite fleur...
Vivement que luke comprenne qu'il fait fausse route en voulant perpétuer l'ordre Jedi, qu'il écoute enfin à nouveau son cœur.
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 24 Aoû 2021 - 14:53   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

Salut à tous !

Nouvelle étape dans l'évolution de Ben Solo avec un saut dans le temps plus grand que de coutume.
Pour ceux qui ont du mal à suivre, nous l'avons quitté à quinze ans dans "la plume et l'écume, il en a à présent environ dix huit (quoi qu'on pense de la logique de plaquer une chronologie terrestre à une galaxie lointaine, très lointaine).

Pour ma part, à 18 ans, je sortais du lycée et de ma période "poète romantique" (quoi que la légende raconte que ce n'est pas tout à fait fini), période au cours de laquelle j'ai écrit énormément de poèmes et de textes sans début ni fin, sans fiction seulement des descriptions.
J'en ai récupéré quelques-uns, retrouvés au fond d'un tiroir et je les ai corrigés, polis, et agencés avec soin pour étoffer un peu l'histoire et les émotions que je voulais susciter dans ce chapitre.

Franchement, je trouve que ça une sacrée gueule, d'autant plus quand on sait je ne n'avais pas encore seize ans en écrivant tout ça.
En tout cas j'espère que ça vous plait et je vous donne rdv pour la suite la semaine prochaine !
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 31 Aoû 2021 - 17:41   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

L'étoile Perdue

Voyage méditatif dans les tourments de l'âme de Ben Solo

Chapitre 9 - La pierre noire - 24 ap BY

(deux garçons, deux sourires, deux sabres... et la mort pour qu'il grandisse)



_Bienvenue à Zorba Prime ! Ah je suis content de revenir là ! Il y a une cantina avec des serveuses drôlement roulées, et une rouquine, Jydis elle s’appelle… Et ils ont une de ces caves !

_Astyyn on n’est pas là pour s’amuser…

_Hey, détends-toi petit Ben ! Cette planète ce sera toujours le meilleur endroit pour en apprendre un peu plus sur les pirates.

_Je sais, mais j’ai un mauvais pressentiment…

_Haha ! Voilà que tu parles comme ton oncle maintenant ! Allez, desserres les dents, je te paye un verre et je te présenterais mes copines.

_Y en a d’autre à part la rousse ?

_Et un sourire du très sérieux Ben Solo ! Un ! Décidément j’adore cette planète ! Mesdames-et-messieurs, atterrissage !

Astyyn éclata de rire et manœuvra jusqu’à une plateforme surchargées de navettes. Ils descendirent de leur petit vaisseau, rabattant leur capuche sur leur front, puis se faufilèrent dans les rues encombrées où se croisaient twi ’leks, zorbaths et besaliks. Après quelques détours, Astyyn poussa une porte à double battant et entra avec Ben dans une cantina bruyante et enfumée. Des dizaines d’espèces de tous les coins de la galaxie se côtoyaient en jouant, buvant et fumant au rythme de la musique des Biths. Ben s’était toujours méfié des cantinas et restait en retrait derrière son ami. Il observait attentivement l’ensemble hétéroclite et bigarré des clients. Astyyn, lui semblait déjà s’amuser à cœur-joie. Il avait saisi une des serveuses par la taille et commandait à boire. Ben se sentait partagé entre l’agacement et l’amusement. Mais le sourire, le sans-gêne et la joie communicative d’Astyyn finissaient par le gagner. Heureux de voir son ami se détendre, Astyyn plaisantait et chahutait sans vergogne. Il avait déjà embrassé la moitié des serveuses et s’entretenait avec le patron. Quand il revient s’assoir près de Ben, celui-ci ne put s’empêcher de le réprimander.

_Pour la discrétion on repassera…

_Peut-être mais j’ai déjà les informations qui nous manquaient ! Regarde les deux Rodiens derrière la colonne, c’est eux qu’on devra suivre. Jydis les a vues trainer plusieurs fois avec des Kaleesh et la dernière fois pas plus tard que ce matin. Des Kaleesh avec un vaisseau mandalorien. Ça t’en bouche un coin chouchou Skywalker hein !?

_Astyyn si tu m’appelle encore une fois comme ça…

_Je déchainerais sur toi la puissance du côté obscure ! Oh non pas le côté obscure ! Pitié ! J’ai peur ! Eh bien moi je dirais tout à tonton Skywalker et il te regardera avec ses gros yeux sévères et toi tu diras plus rien pendant trois jours !

Pour une raillerie pareille, Ben aurait mis n’importe qui d’autre à terre d’une poussée de force en le menaçant du sabre, mais Astyyn touchait si juste et avec tant d’assurance que Ben ne pouvait s’empêcher d’en sourire.

_T’es pas sérieux Astyyn. Si tu continues tu vas vraiment avoir des ennuis. Et ce ne sera pas de ma faute.

_T’inquiète pas pour moi petit Ben. Tu vois, les deux types du fond ? Ils sont prêts à sortir leurs blaster, mais ils ne le feront pas tant qu’ils seront seuls. Pour l’instant tout va bien, mais ça ne va pas durer. Ils sont bien trop sûrs d’eux. On pourrait les neutraliser rapidement, mais c’est pas ça qu’on cherche. On attend. On ne les lâche pas du regard et on les suit partout. S’ils attaquent, on en garde au moins un vivant. Et s’il m’arrive quelque chose, tu fous le camp et tu rentres. Ok petit prince ? T’es un Skywalker, je peux pas me permettre de te perdre.

Brusquement, Astyyn tourna la tête vers le fond de la salle. Au même instant, deux tirs de blaster vinrent frapper le mur juste au-dessus des garçons suivit d’autres coups tout aussi rapides. Ben dévia ceux qu’il pu d’un coup de sabre tandis qu’Astyyn se précipitait vers les assaillants. En un instant la confusion fut totale et les garçons furent encerclés. Plusieurs Mirialans et Kel’dor avaient rejoint les deux Rodiens et tenaient en joue Ben et Astyyn. Les deux jeunes Jedi se défendirent de toutes leurs forces, déviant les tirs, attaquant au sabre. Astyyn avait jeté à terre l’un des assaillants d’une poussée de Force, lui avait arraché son blaster et avait percé un des Kel’dor d’un coup de sabre. Ben, parfaitement sûr de lui, déviait les tirs vers ses assaillants. Dans l’espace encombré de la cantina, entre les tireurs qui semblaient se multiplier et les clients qui fuyaient, ils ne voyaient plus d’où venaient les attaques. Au plus fort de la mêlée, Astyyn s’effondra en poussant un cri et Ben laissa éclater sa rage, se déchainant sur les pirates. Il décapita un Kel’dor, transperça un Mirialan et étrangla le deuxième Rodien, Astyyn qui avait réussi à se redresser à demi, et appuyé sur une colonne, parvenait à se défendre au sabre et à tirer au blaster. Les derniers tireurs embusqués, terrifiés par la puissance de leurs jeunes adversaires, s’enfuirent dans la rue.

Un silence obscure descendit sur la cantina jonchée de cadavres et de blessés. Ben tomba à genou à côté d’Astyyn. La pierre de force encore attachée à son cou s’était brisée et le fantôme d’un dernier rire flottait encore sur ses lèvres. La colère et la haine étranglèrent le cœur de Ben, qui se précipita dans la rue comme un fou à la poursuite des fuyards. Le Jedi souriant était mort.



..................................................................................................................................................



La traque avait été longue mais les corps démembrés et torturés des pirates flottaient à présent dans le vide de l’espace. Ben sentait son cœur battre plus librement. Il lui semblait qu’Astyyn était vengé, que la trahison et l’échec étaient effacés. Mais il ne rentrerait pas au temple. Il ne voulait pas confier sa détresse à Lor San Tekka. Il ne voulait pas retrouver les yeux d’or de Solana. Il ne voulait pas affronter le regard de Luke. Ben prit à nouveau en haine le maitre Jedi. Les deux garçons avaient été trahis par la folle imprudence d’Astyyn, mais jamais Luke n’aurait dû leur confier cette mission. Errant d’étoile en étoile, Ben naviguait au hasard dans la nuit, s’abandonnait au sombre spectacle des astres vagabonds. Quand il vit devant lui le champ d’astéroïdes immobile et glacé, il comprit qu’il avait navigué jusqu’aux débris d’Alderaan. Le monde de Leia. Le monde perdu des pierres noires. Le monde qu’Astyyn n’avait jamais connu.

Contemplant les fragments épars de la planète détruite, Ben sentit les larmes monter à ses yeux. Il ne leur résista pas, les laissa déborder. Elles coulèrent longtemps, trop longtemps, inépuisables sur son visage, glissant jusque dans son cou, incandescentes, lui arrachaient la peau. Brûlure humide et glacée d’un jaillissement de douleur, d’un abîme de souffrance, ses larmes déchirantes si douces et douloureuses, trop-plein d’un cœur brisé, éclaté, qui se déversait, ses larmes pures et froides, fragments d’amour, fragiles témoin d’humilité, ces fleurs amères, ces étoiles d’eau ardentes roulaient en torrent de chagrin sur ses joues, caressant son visage dans la beauté étrange de l’abandon. Les soupirs et les sanglots l’étouffaient, l’épuisaient, dans leur douceur les larmes le consolaient, le calmaient.

Quand les tremblements incontrôlés des sanglots qui l’agitaient cessèrent enfin, quand ses larmes se tarirent, pour la première fois depuis longtemps, il entendit résonner dans son âme le profond silence de la nuit. Il fut saisit par son immensité, sa clarté limpide, son angoisse. Un instant ses peurs d’enfant se réveillèrent face à la noirceur, un effroi primitif face à l’obscurité. Mais dans cette magnificence éternelle, noire et pourtant si claire ou scintillaient des essaims d’étoiles, des planètes aux aubes de nuages, des mondes chargés de lumière, son chagrin trouvait un refuge, ses blessures s’apaisaient. Il oublia sa peur. Un calme souverain régnait sur son âme consolée, dans ses membres alourdis de fatigues, ses yeux se fermaient, un sommeil d’enfant le guettait. Une douceur irisée de tristesse invisible l’enveloppait. Il n’y avait plus que du sel sur ses joues et un vide immense à son côté.

La joie d’Astyyn était morte avec lui, et ses sourires évanouis se perdaient déjà dans le passé. Le cœur de Ben était lourd, chargé d’une absence indicible. Mais dans les profondeurs de sa tristesse il pouvait enfin écouter le silence. La voix des noirceurs s’était tue, noyée par la peine. De l’obscurité et de la lumière il ne restait rien. Plus d’appel, plus tiraillement, ni de déchirure, plus d’abîmes de lumière ou de gouffres obscurs. La colère s’était retirée. La haine elle-même avait disparue. Plus rien ne brûlait dans son âme presque tranquille, libérée de ses fantômes, plus qu’un océan de silence, immobile après la tempête, un calme absolu, frangé par l’écume du chagrin. Rien qu’un souffle, un soupir. Dans le silence des étoiles, assommé par le deuil, Ben ne comprit pas qu’il avait trouvé la paix.
Modifié en dernier par Dollowin Branthor le Dim 05 Sep 2021 - 20:38, modifié 1 fois.
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Messagepar Dollowin Branthor » Mer 01 Sep 2021 - 16:51   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

3000 vues ! tout rond ! :shock: :love: :D

Eh ben les amis... jamais j'aurais cru que ça pourrait arriver...

3000 vu avant même d'avoir fini de poster tous mes chapitres...

Je savais que Ben Solo avait une bonne fan base mais je ne pensais pas que ses états d'âmes pouvaient intéresser autant de gens.

En tout cas un immense merci à tous de l'intérêt que vous portez à mes gribouillages, merci pour vos commentaires et vos encouragement, cette communauté est vraiment super !

à bientôt pour un prochain chapitre !!! :lol:
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Messagepar L2-D2 » Ven 03 Sep 2021 - 15:05   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

Chapitre 9 lu !

Je dois avouer être rarement sensible à la poésie d'un texte. Ce n'est pas forcément quelque chose que je remarque à la lecture, ni même que j'apprécie, trouvant qu'il s'agit parfois d'un "truc" pour ne pas faire progresser une intrigue et rester dans une atmosphère un peu contemplative...

Mais là, ce neuvième Chapitre et ce qui arrive à Astyyn m'a touché. J'y étais, en fait, caché, à moitié aveuglé par les volutes de fumées issues des décharges, n'osant pas regarder ce qu'il se passe près de moi, de peur que la lame d'un sabre-laser et que la furie vengeresse d'un jeune Jedi ne me tranche en deux ! :jap:

Nul doute que ce Chapitre aura de lourdes conséquences sur le plus si enfantin Ben Solo. Et j'imagine qu'un tel événement est du pain béni pour un certain Suprême Leader qui ne devrait plus trop tarder à se manifester au vu de la chronologie... :think:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Dollowin Branthor » Ven 03 Sep 2021 - 19:00   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

Salut L2 !

Merci beaucoup pour ta lecture et tes commentaires toujours fidèles.

Ton compliment me fait sincèrement plaisir car, autant j'assume complètement mon talent poétique (quitte à en faire des caisses) autant j'ai toujours pensé que j'étais une quiche pour mettre en place et décrire des scènes d'actions, des bagarres ou des batailles.

Cela me fait donc très plaisir que tu ais apprécié celle-ci.

J'adore le personnage d'Astyyn et pour moi c'était un crève-cœur de devoir le tuer pour laisser Ben Solo continuer seul et s'enfoncer toujours plus dans les ténèbres.

J'exagère surement un peu mais je n'hésite pas à affirmer (en admettant qu'il ait existé) que s'il n'était pas mort, Ben aurait eu beaucoup plus de mal à virer dark...
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 07 Sep 2021 - 10:39   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

L'étoile Perdue

Voyage méditatif dans les tourments de l'âme de Ben Solo

Chapitre 10 - Jakku - 25 ap BY

(entre vents et sable, entre pierre et fer, entre l'ombre et la porte de la lumière)



La lumière était belle, bien plus douce qu’il ne l’avait imaginé. Le spectre du ciel mêlait ensemble la blancheur des nuages, le bleu de l’atmosphère et les reflets orangés du sable irisé de soleil. La brise soulevait des volutes de poussière cristalline tourbillonnant sur les dunes qui s’étendaient à l’infini. Ben se sentait rempli par la paix silencieuse de ce désert intensément vide et lumineux. La mission était terminée. Et dans le chaos des épaves, entre les ruines des gloires du passé, il méditait.
Il cherchait l'Ombre.

Mais il ne trouvait que de la chaleur, un soleil brulant, un vent sec, une terre aride. La Force ne trouvait aucune racine dans cette planète de silice. Ni lumière, ni obscurité. Juste un vide emplis de souffle. Un espace où le regard se perdait dans l'infini des horizons de sable. Un champ d’épaves abandonnées. Un désert.
Pourtant il méditait.

Et des images, comme des vagues, éclipses, floraisons, se formulaient dans son esprit, mêlant passé, présent et avenir dans une même nébuleuse incertaine, éphémère, sans ordre, insensée.

Un enfant, boucles noires et joues pâles, frêle, au visage plein d’angles, assis, solitaire et pensif, clignait des yeux à la lumière. Il méditait, sans savoir qu’il méditait. L’enfant n’avait pas encore huit ans, mais déjà la Force formait dans son jeune cœur des rêves, et des peurs, et la solitude forgeait son destin. Un destin remplis du fracas des combats, d’éclairs aveuglants, de colère, de regards et de troubles. Et Ben ne pouvait que regarder l’enfant, prisonnier du passé, et pris dans des visions, envahie de voix inconnues qu’il ne comprenait pas. L’enfant serait seul encore si longtemps...

Un orald en plein galop, magnifique et insolent de liberté, plumage sombre ondulé de brise, crocs brillants, sanglants, muscles nerveux, puissants, violence et beauté, force et noirceur, une sauvagerie brutale et splendide, une perfection envoutante et terrible. Peur et fascination, éclat effroyable, sursaut euphorique, comme un coup de sabre assené pour tuer, comme un empoignement de force exercé pour sauver, un envoûtement, brusque comme une perte de connaissance, brumeux comme la fin d’un rêve.

La Force. La Force circulait partout, comme des rayons, des rivières, des rayures, des bourrasques, dans le sable, les pierres, dans la rouille, le ciel, la chaleur, dans les ombres dessinées par le soleil, dans la lumière reflétée par l’éclat des épaves. Et dans ce courant implacable, Ben se laissait emporter, dérobé à lui-même, transpercé par sa puissance.

Elle était là. L’ombre errante. Elle était là. Elle était devant lui, son mystère, son énigme, son passé, son avenir, son enfance, sa perte, son tourment, sa plaie, sa paix, son allégresse, son ombre. Elle était là. Il pensait l’avoir effacé de son esprit mais son souvenir éclata soudain dans sa mémoire, comme un saut dans l’hyperespace, comme l’explosion d’un vaisseau, comme la naissance d’une étoile. Elle était là, révélation, évidence, instant de clarté absolue, vérité sans réplique, sans contraste, sans nuance. Totale et parfaite. Elle était là. La déchirure de son passé à peine refermée par les efforts de la méditation et la caresse de l’oubli s’ouvrit avec une brutalité démesurée qui réveilla en lui une douleur aveuglante. Elle était là. Elle était sa douleur. Elle était sa finalité. Elle était son absence, le trou dans son cœur, l’ombre de son âme, le fer incandescent qui cautérisait chacune de ses blessures ouvertes. Elle était là, bouleversante de paix, pure comme une aurore, infime comme un secret. Elle était là. À deux pas de ses yeux, à l’aube de ses mains, elle était là.

Et sans voir ses yeux, il sentait son regard, et sans voir ses lèvres, il goûtait son sourire, et sans voir son visage, il effleurait sa beauté, et sans voir sa silhouette, il entendait le chant de sa Force. Elle était là, son ombre. Il ne manquait qu’un pas à faire, qu’un geste vers elle, vers lui. Il n’avait qu’à tendre la main, elle serait contre sa joue. Un pas.



Un sifflement strident. Des bourrasques. Une lumière trop bleue pour être belle. Comme un hurlement dans le silence.
Le faucon, planant sur le désert à sa recherche, venait de le trouver. Il se posait, soulevant des nuages de poussières et de sable, détruisant la paix, effaçant l’unité, balayant la vérité trop fragile de l’instant trépassé.

Et de l’ombre errante il ne restait déjà plus que la douleur, que le deuil impossible, à nouveau un champ d’obscurité trop vaste et trop vide.

Han Solo se tenait près de lui. Bien trop près.

En instant la rage dévora le cœur du fils contre son père, en un instant le sabre était à son poing, la lame prête à jaillir, contre le cœur de Han, en un instant il fut prêt à tuer.

Mais le canon du blaster de Han se trouvait déjà contre son front.

_Tu ne me tuera pas.

_Et qu’est-ce qui m’en empêche ?

_Tu le sais.

_Non. NON ! Je n’ai pour toi que de la haine.

_Ce n’est pas de la haine fils. C’est de la peur, de la colère, de la jalousie, du dépit... et venant de toi c’est de la bêtise. Reste ici si c’est ça que tu veux. Tu rentreras seul quand tu seras calmé. Le Faucon n’est pas là pour se plier aux caprices d’un enfant gâté.

_Un jour je te tuerais père. Et tu le sais déjà.

_Un jour tu grandiras mon fils. Ou alors c’est toi qui mourras, tu le sais aussi.

_Va-t’en ! Va-t’en ! Va-t’en ou je te tue ! Maintenant !

_Rappelle-toi que tu as toujours le choix mon fils.

_VA-T’EN !

_Au revoir Ben. Si tu me cherches, tu sais où me trouver.

Han Solo bondit sur la passerelle et disparut dans les entrailles du vaisseau déjà près à décoller. Un instant après, il n’était plus qu’un point dans le ciel.

Ben était de nouveau seul. Complètement seul, et son cœur vidé par l’ombre effacée. Griffé par la rancœur, écorché d’amertume, agacé de trop vieux ressentiments.

L’ombre errante, disparaissant, lui avait encore arraché trop de vie et trop d’espoir.
Elle ne reviendrait plus.
Modifié en dernier par Dollowin Branthor le Jeu 09 Sep 2021 - 16:11, modifié 1 fois.
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Messagepar L2-D2 » Jeu 09 Sep 2021 - 8:21   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

Chapitre 10 lu !

Ah là là ! Ça fend le cœur de voir Ben et son père se parler ainsi ! :(

Le raccord avec Le Réveil de la Force est parfait...

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar Dollowin Branthor » Jeu 09 Sep 2021 - 16:27   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

Merci L2 !!!
Et tu vois, on en apprends aussi un peu plus sur l'ombre errante.

L2-D2 a écrit: Ah là là ! Ça fend le cœur de voir Ben et son père se parler ainsi ! :(

Le raccord avec Le Réveil de la Force est parfait...


Ces raccords là, c'est ce que j'ai le plus étudié pour avoir un max de cohérence, pour montrer comment on passe de petit prince fils et neveu de héros et de Jedi sans doute adoré et comblé à "fils des ténèbres".

Dans les précédents passages où j'ai fait interagir Ben et son père, ça se terminait toujours plutôt bien entre eux. Je me suis dit qu'à partir de ce chapitre Ben avait vraiment grandit et qu'il fallait créer une vraie rupture, un point de non-retour, un moment ou Ben laisse parler son mauvais caractère et tourne définitivement le dos à son paternel.
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Messagepar Dollowin Branthor » Jeu 09 Sep 2021 - 16:35   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

Ce chapitre est le dernier que j'ai écris, même si dans la chronologie de mon récit, il y en a encore une dizaine à venir. on ne s'arrête pas tant qu'il y a de quoi raconter :wink:

clairement pour moi, c'était le chapitre le plus difficile à écrire. Je savais ce que je voulais raconter, j'avais le lieu, le thème, les idées, mais j'ai mis plus d'un an à trouver comment écrire tout ça.

Dernier chapitre écrit...

Ce n'est pas "la" fin, mais c'est "une" fin, une fin qui mène ailleurs, plus loin.

Une fin unique parmi toutes celles de cette histoire, une fin qui attend depuis plus d'un an de se dévoiler, un chapitre de plus dans le désordre d'une histoire passionnée, un amour qui devait toucher à son paroxysme avant d'enfin prendre son vol et s'effacer, mourir, l'amour d'une ombre à peine saisie, à peine découverte dans la profondeur de son mystère.

Une fin qui résume en mille mots mille et un jours de passion inexpliquée, enfin, enfin parvenue à son accomplissement...

Et quelle satisfaction de mettre enfin le point final après plus d'un an et demi de travail !
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Messagepar Dollowin Branthor » Lun 13 Sep 2021 - 23:26   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

L'étoile Perdue

Voyage méditatif dans les tourments de l'âme de Ben Solo

Chapitre 11 - Griffes et ombres - 26 ap BY

(Parce qu'une forêt, un marécage, des lianes et des racines sont à la source de ce qui doit être, maintenant)



La chaleur était lourde, l’atmosphère pesante, humide, poisseuse. La forêt sans fin, broussailleuse, inextricable labyrinthe de ronces, de lianes, refermait un peu plus à chaque instant ses griffes sur Ben Solo. Il avançait, se débattant rageusement, inutilement contre la fange qui collait ses pieds au sol, les branches qui entravaient ses bras, ses jambes, les épines qui accrochaient sa peau, ses vêtements, les nappes de brumes lourdes, tièdes qui l’enlaçaient, trempaient d’eau ses cheveux, son front, s’insinuaient dans ses poumons. Le moindre mouvement l’épuisait, lutte vaine, désespérée contre la planète entière. Il n’avait que la force de refuser d’abandonner sa progression lente, dérisoire vers les lueurs qu’il voyait au loin, où il avait vu son chasseur atterrir. Seule sa colère, brulante, orageuse, lui ouvrait un passage dans l’enchevêtrement du piège végétal où il était tombé. Mais ce n’était pas la colère, ni la forêt et son humidité pesante qui l’accablaient.

Il était seul. Horriblement seul. La Force même, qui baignait sa vie depuis toujours semblait l’avoir quitté. Une angoisse mortelle étreignait son cœur, plus profonde que la vie, plus noire que la mort. La voix des ténèbres, son alliée, son soutien, sa seule amitié vivante, son maître en toutes choses l’avait abandonné. Plus aucune parole ne résonnait dans sa tête. Le regard terrible et sage qui scrutait chacune de ses actions ne le suivait plus. Plus aucune tentation ne se formait dans son cœur. Il était seul. Face à ses ténèbres, face à sa lumière. La lumière l’avait hanté, rodant autour de son cœur, guettant sa moindre faiblesse, se glissant dans les failles de son être, dans les blessures ouvertes de son enfance, dans sa soif inextinguible d’amour. En un regard de Leia, en un geste de Han, en un mot de Luke, elle avait su briser les défenses dressées par la haine autour de lui, il l’avait laissé l’envahir. Et la lumière l’avait terrassé. En un instant, il s’était laissé vaincre, il n’avait plus eu d’autre désir que de l’embrasser pleinement, de céder à l’urgence de son appel. Et en un instant s’était retrouvé seul, complètement seul.

La voix des ténèbres l’avait puni, l’abandonnant aux déchirements qui le labouraient depuis toujours. Elle ne le guidait plus vers la puissance des noirceurs, vers la beauté obscure du mal, à travers l’abîme des terreurs et des souffrances vers les sommets de la puissance. Sans son maitre il n’était plus rien. Rien qu’un gouffre, rien qu’une blessure ouverte, béante et pour jamais écartelée, rien qu’un néant, un chaos d’émotion sans ordre et sans but, d’amours et de haines étouffés, d’absurde violence, de rage inassouvie. Il n’était plus rien que sa déchirure. Et l’angoisse n’avait plus cessée de le délabrer, d’interdire son sommeil, d’épuiser ses journées, de tordre sa réalité en un faisceau torturé de troubles et d’agitations, de passions désordonnées, de pensées incohérentes, de doutes et d’égarements, de paniques incontrôlées. Entre Lumière et Ténèbres il n’y avait que ce précipice ouvert dans son cœur, une crevasse emplie de brouillard, d’ombres sans forme, de fantômes, de vapeur opaque, insaisissable, de fumée, un monde sans contours, insensé, un impossible labyrinthe aux chemins éphémères et changeant où ne vivaient que sa solitude et sa peur. Plus aucune force ne lui restait, aucune puissance. Même les élans de volonté brute qui le conduisaient vers les ténèbres ou la lumière avaient disparus de sa vie.

Il avait pu cacher sa détresse, dissimuler son désespoir comme il le faisait toujours au temple, mais la terreur l’avait repris au cours d’une mission. Saisi d’affolement, il avait perdu le contrôle de son vaisseau et l’appareil, brisé dans l’atmosphère de la planète s’était écrasé dans les profondeurs de cette jungle infernale où il se débattait contre les lianes, les ronces et la bourbe comme il luttait contre son angoisse, sa douleur et sa faiblesse. Sans le secours de son sabre resté dans le vaisseau, il avançait, avec une lenteur absurde, s’épuisant de trop d’efforts inutiles et de chutes répétées qui le vidaient de ses dernières forces, obsédé par un point précis entre les troncs et les lianes où il avait vu sombrer son chasseur. Il tendait sa volonté dans cet unique but, ce dernier espoir de s’arracher à ce piège de griffes et de fanges.

Un mouvement trop brusque le précipita au sol, le visage dans la boue abjecte du marais. Écrasé, le souffle coupé, brisé de douleur, il n’eut que le courage de se retourner sur le dos, laissant les souches et les branches dissimulées dans la vase percer sa chair de part en part. Il chercha vainement le ciel, entièrement masqué par les frondaisons, par les même feuillages qui obstruaient sa vue. Il n’était plus rien. Il n'avait plus rien. Plus aucune force. Plus rien.



La Force.

Il n'avait besoin que de cela.
Peu importait l'ombre ou la lumière, les ténèbres ou la clarté. Il n'avait besoin que de la Force.
Il ferma les yeux.

Elle était partout autour de lui.
Aveuglé par la peur, étouffé d'incertitude, il n'avait pu la ressentir, il n'avait pas compris quel pouvoir irradiait les innombrables êtres vivants de cette planète.
Elle l'entourait, circulait partout, fluide et légère, caressante comme la brume, puissante et vigoureuse comme les arbres aux troncs immenses, inébranlables qui l’environnaient, comme les lianes et les racines, elle reliait entre eux toutes les entités vivantes de la jungle, comme les ronces et les épines, elle s’accrochait à tout, partout, comme la fange des marécages, elle pénétrait tout, recouvrait tout, engendrant toutes vies, formulant chaque être dans son essence, instillant, diffusant l’énergie en toutes choses.

Il ne devait plus qu’être là et se laisser imprégner de cette force, se laisser tremper, noyer, exiler dans les multiples vibrations de cette énergie vitale, salvatrice, essentielle, se laisser sombrer dans ses remous incertains, dans ses ondulations profondes, dans ses mouvements imperceptibles, dans ses vagues de fond primordiales jusqu'en leur quintessence.

Il approfondit sa respiration pour calmer les battements de son cœur encore affolé de douleur, se laissant immerger dans la Force, se laissant envahir par l’ardeur pure et brutale que lui communiquait la forêt, fanges et oiseaux, lianes et serpent, arbres et insectes, brumes et feuillages, griffes et épines, ronces et fleurs, sangs, sèves et sources, des racines aux nuages. Il en absorbait les flux, les courants, les pulsations, s’enivrant comme d’un alcool de leur esprit, qui pénétrait chaque cellule de son corps, qui coulait dans la moindre de ses veines, dans les chemins les plus obscurs de sa pensée, jusque dans les replis les plus dérobés de son cœur.

Sa douleur devenait souffrance, sa souffrance devenait volonté, sa volonté devenait puissance.

Lorsqu’il put se relever, tremblant encore de tous ses membres, la Force le transfigurait.
Il se remit en marche, cherchant la lisière de la jungle, là où les arbres semblaient s’espacer puis disparaitre. Il avançait, sans fureur et sans hâte, des obstacles qui l’avaient mis à terre se faisant des appuis, s’accrochant aux lianes, basculant d’un tronc à l’autre, s’équilibrant sur les souches, survolant presque le marécage, nerveux, rapide et comme léger à travers le labyrinthe des tiges et des feuilles.

La forêt s’ouvrit brusquement sur une pente abrupte, couverte d’une herbe jaune, sèche, cassante, zébrée de longues bandes de terre craquelée, qui descendait vers un paysage gris de chaleur, un horizon terne, une vallée immense, aride, déserte, brulée, couverte de la même végétation desséchée.
Son chasseur était là, planté dans la terre, son flanc gauche lacéré, son aile droite arrachée, son moteur en fumée.
Cela lui suffirait à repartir.

La Force était avec lui, il ne faisait qu’un avec la Force.
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Messagepar Dollowin Branthor » Mer 15 Sep 2021 - 20:22   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

Salut à tous

Encore un chapitre sur les rapport complexe entre Ben et la Force avec l'intervention en creux de la voix des ténèbres.

Chapitre pas évident à écrire, inspiré par un été brûlant, une série d'insomnies et des explorations désorientées en forêt, souvent terminées dans un champ de ronces... mais qui dégage une grande puissance.

ça donne peut être l'impression de tourner en rond, et de fait ça s'éloigne un peu du schéma classique du voyage du héros si cher à George Lucas et si essentiel à Star Wars.

Mais Ben Solo est encore loin d'être un héros...
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Messagepar Dollowin Branthor » Lun 20 Sep 2021 - 23:11   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

L'étoile Perdue

Voyage méditatif dans les tourments de l'âme de Ben Solo

Chapitre 12 - Forêt dormante - 27 ap BY

(ce qui enchaine le fils à la mère)



La lune se levait, paisible et froide sur la forêt, plaquant sa clarté livide à la surface d’une mare gelée. Le vent faisait frissonner la cime argentée des arbres. L’air était froid, le givre habillait d’étincelles le sol couvert de feuilles mortes. Les étoiles plantaient des clous de lumière blanche dans le joyau profond et sombre de la nuit, y dessinant d’indéchiffrables symboles. Elles scintillaient, pâles et glacées, immobiles sur le velours bleu impénétrable de la nuit. Perdue dans l’obscurité, la lumière d’opale de la lune déformait les ombres, détruisait les couleurs et anéantissait les formes. Sous la brise, la noirceur du ciel s’entachait de nuages, de grisailles.

La lune se noyait dans la brume terne. Les constellations s’effaçaient. Le sifflement d’un oiseau solitaire montait d’un buisson d’épines. Ses notes aigües et claires s’envolaient du buisson aux étoiles, pures et mélancoliques, caressant les cimes nues des arbres, les nuages assombris, le reflet blafard des astres, il saluait la nuit, son ombre et sa clarté. La nuit aux milles ombres noires, aux milles fragiles lueurs, la nuit bercée par le craquement du givre, bercée par le chant de l’oiseau, la nuit endormait la terre.

Le vent soufflait en rafale et réveillait le chant du monde, le chant de toutes inspirations, le chant de l’infini, le chant du ciel, ouvragé par la nuit des temps, sculpté chaque instant contre les troncs noirs, les branches graciles, les feuillages mourants, un chant poignant de sagesse, étrange et paisible qui faisait danser la forêt d’une valse lente et silencieuse, un chant vivant d’une beauté déchirante, invisible et fragile dont la grandeur étreignait l’âme de Ben Solo de sa caresse déchirante. Le chant de la nuit blessait jusqu’au tréfonds de son cœur.

Il voulait tuer, il voulait détruire, il voulait faire souffrir. Ravager. Tout. Brûler, dévorer, arracher, déchirer, écraser… Rien, rien n’aurais pu suffire à calmer ce besoin impérieux de violence brut et totale. Ni colère, ni haine, juste une soif absolue d’anéantir, de s’abreuver de cris, de hurlement, de douleur, de souffrance, une jouissance, une délectation profonde de sang et de torture, lancinante, dévorante, infernale. Son cœur ne débordait pas, il brûlait. La violence incendiait ses veines, embrasait sa tête, tous ses sens, et le réjouissait, le comblait. Une force plus immense que jamais irradiait son être, une force capable de tout. Dans la nuit froide habillée de clarté son cœur se desséchait. Son désir inconsolable le consumait.

D’un seul geste il pouvait, il voulait détruire, briser, broyer, fracasser, disloquer. La fureur vivait à travers lui, de plus loin que lui, fureur sans âge, éternelle, sans limite, infinie, insondable... depuis toujours elle était en lui, compagne familière et sombre, tapie dans les recoins de son cœur, prête à surgir, à rugir, à détruire. Cette violence sans nom et sans visage qui le dépassait ne l’effrayait plus. De cette insondable ténèbre il s’était fait une inestimable alliée. Elle le réchauffait quand le vent glacé emprisonnait ses sens, elle était sa flamme au plus obscure de la nuit, elle guidait son bras dans les combats, son instinct sauvage et fou, lui donnait la victoire. Au plus intime de son cœur elle l’enserrait, le détruisait, l’enlaçait, le rejoignait inlassablement dans ses méditations les plus profonde. L’oiseau chantait dans les épines.

Parfaitement sûr de sa force, Ben, les yeux fermés, tendit devant lui son poing fermé et l’ouvrit brutalement. Un craquement puissant répondit à son geste. La surface glacée de la mare s’était brisée. Ben ferma sa main, un autre craquement résonna, des branches s’écroulèrent. D’autres gestes brusques, d’autres craquements sinistres suivirent. L’oiseau chantait toujours. La brise caressait les arbres décimés. Les bras tendus, les yeux fermés, le cœur en feu, tout autour de lui Ben détruisait, broyait les roches, arrachait les branches, fracassait les troncs, disloquait les racines. Il sentait avec jubilation la Force le parcourir, le traverser, irradier ses membres et jaillir, indomptable, de ses mains crispées. Il exultait, n’était plus que Force, violence, détresse. Le fracas s’amplifiait, les troncs noirs s’effondraient, labourés de profondes déchirure, et dans l’esprit aveuglé du garçon, seule subsistait la joie folle, insensée de sa violence inépuisable. Lorsque l’oiseau s’arrêta de chanter, la fureur fit place au vide, le feu dans ses veines au vent glacé de l’hiver. Ben sentit brusquement toute vie cesser autour de lui.

Dans le silence assourdissant, terrassé, privé de sa force, il tomba à genou. L’obscurité l’écrasait de toute son immensité. Il n’y avait plus en lui que son cœur battant, son souffle épuisé, et les ténèbres, souveraines. Les étoiles n’en finissaient plus de mourir, le vent même avait ralenti sa course folle. La puissance du côté obscure se déchainait en lui, autour de lui, à travers lui, l’horrifiant et l’émerveillant tout à la fois. Plus aucune force ne le soutenait, plus aucune lueur ne le guidait. Cloué au sol, il contemplait le spectacle ahurissant d’une noirceur sans mesure, le spectacle d’un pouvoir absolu capable de tout détruire, de fissurer la vie jusqu’au cœur de la planète. Il était capable de cette Force monstrueuse. Il le savait. L’appel n’avait jamais été si insurmontable, si envoûtant, si implacable. Et Ben ne désirait plus que cela, ce pouvoir enivrant, foudroyant et total, le pouvoir de tenir dans sa main la vie et la mort. Il n’avait qu’un pas à faire. Qu’un pas. Un pas qui l’arracherait à la lumière, qui l’enchainerait pour toujours à la nuit.

Du plus profond des ténèbres, au plus obscur de son cœur, un murmure plus tendre qu’un baiser déchira le silence.

_Ben !

Le nom du fils résonna dans l’univers, infiniment répété par l’écho des étoiles. A cet appel plus fatal qu’une aurore, Ben senti son cœur se fendre, se fragmenter, éclater. Un hurlement de douleur lacéra sa gorge. Des larmes montèrent à ses yeux, écorchaient ses joues, labouraient sa peau, inondaient son visage. Anéanti il s’abandonna à la brûlure de leurs caresses. La nuit finissait.
L’aube montait derrière la colline et sa longue chevelure de nuage écharpait de neige les lueurs diaprées de l’aurore. Dans le lointain paraissait la rumeur du jour, un jour enflammée de soleil qui froissait le silence de la nuit. La mare, flaque de ciel gelée posée dans l’herbe, scintillait, lumineuse. Dans l’air pur et glacé du matin, dans l’air grisé de gel et de vent, dans la forêt dévastée, enveloppée de brumes, sur les troncs noirs déchiquetés, les branches écroulées, le givre s’était répandu, habillant les décombre de poudre de diamant où le soleil posait des flaques de lumière.

L’aurore perçait les nuages blafards, frangeait d’or la campagne froide, faisait flamboyer la poussière de nacre posée dans l’herbe par la nuit. Quelques rayons de soleil caressaient les étoiles de givres posées sur le tapis des feuilles mortes. Des milliers de flammèches de couleurs s’élevaient des milliers de cristaux scintillant, des arcs-en-ciel tremblaient dans la rosée de glace accrochée aux brindilles noircies par le froid avant de tomber en glissant vers le sol, emportant dans leur chute des irisations solaires infinies. Dans cette aube de lumière, l’oiseau revint, seul, posé sur une branche noire, et lança au matin son beau chant aigu, ses mélodieuses trilles vives et claires, fragments de joie perdus dans la brise. Il défiait le gel, chantant au soleil le chant du jour. Les fleurs du ciel s’étaient ouvertes à la caresse du vent, étirant des rubans d’azurs contres la blancheur des nuages. Le soleil éclatait dans toute sa puissance.

Ben se leva, encore tremblant. Autour de lui la forêt n’était plus qu’une ruine sombre et désolée, illuminée de givre et d’or. Il leva les yeux et vit le ciel renaissant dont les couleurs changeantes éveillaient l’azur. Il se fraya un chemin entre les troncs écroulé. Il frissonnait. Le vent faisait voler sa cape. Il fallait rentrer au temple. Luke l’attendrait. Il serait déçu, une fois de plus, déçu et inquiet. Il ne dirait rien. Il se tairait comme on se tait dans le silence de la nuit. Comme on se tait devant la défaite. Et lui, l’enfant prince, se soumettrait. Le cœur de Ben s’alourdissait d’une profonde détresse. La détresse d’un funambule accroché dans le vide, suspendu entre le gouffre et le ciel, incapable de tomber, incapable d’avancer, prisonnier. L’ombre avait fui, la Lumière gagnait du terrain. Cette déchirure ouverte en lui, plus béante que la nuit des temps, ne se refermait pas.

Perdu dans ses pensées, les yeux rivés sur sol couvert de givre, il marchait vers le temple, sans rien voir autour de lui, ni le ciel trop plein d’azur, ni la forêt en débâcle. Le chemin était long et la marche ne le réchauffait pas. Quand il fut sorti de la forêt, au pied la colline où le temple était construit, surplombant toute la vallée, il releva les yeux et la lumière baigna son front pâle. Il sut que Leia était au temple et qu’elle l’attendait. Il avança plus rapidement vers le sommet. Il était lumière, fils de la Lumière, Skywalker fils de Skywalker, son destin serait toujours dominé par la Lumière. Il ne pourrait pas céder à l’appel des ténèbres plantées en lui comme une écharde. Son cœur déchiré ne cèderait jamais. Cet appel vers l’obscurité qui avait accompagné sa naissance, cet appel qui le menait si souvent au plus sombre de son âme, au faîte de sa puissance serait toujours plus violent, plus pressant, insurmontable, mais ces derniers pas vers la nuit, il ne les franchirait jamais si Leia veillait sur son cœur.
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 28 Sep 2021 - 21:32   Sujet: Re: Fan Fiction - Ben Solo

L'étoile Perdue

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Chapitre 13 - Temple Obscure - 28 ap BY

(Un certain avenir se dessine)



La nuit était claire, le ciel rempli d’étoiles et la lumière de la lune baignait le temple silencieux. Assis en tailleur, les yeux clos, quatre apprentis méditaient, immobiles dans la pénombre. Après cette nuit de méditation, Luke Skywalker ferait d’eux des Jedi. Le visage dur et fermé, les poings serrés, assis entre ses compagnons, Ben ne parvenait pas à rentrer en lui-même. Ce temple, cette nuit, ces étoiles, et même le souffle imperceptible de ses compagnons, tout ce qui l’entourait le remplissait de colère. Comme les autres padawans, Ben avait traversé de lourdes épreuves qui avaient marquées sa chair et son esprit. Il avait résisté à la douleur, à la peur, aux énigmes, aux illusions… comme il le faisait depuis toujours. Il avait démontré cent fois sa puissance, ses compétences inégalées parmi ses camarades, sa parfaite maîtrise de la Force. Et il avait fallu qu’il attende encore et encore, pour qu’enfin, plus de dix ans après son entrée à l’académie Jedi, Skywalker se décide à le reconnaître comme son égal et lui accorde cette dignité. Mais à présent il était trop tard. Depuis longtemps Ben ne croyait plus en Skywalker.

Il ne serait pas Jedi.

Ce temple, cette école, que Ben avait aimée des années plus tôt, lui semblaient à présent n’être qu’un amas de mensonges, une imposture. Skywalker les avait battis sur les mythes du passé, sur des fables, du vent, et le vent avait fini par tout emporter. De la puissance de ces combattants chimériques, il ne restait plus rien, de l’éclat des victoires, du fracas des batailles, des lumières de leur gloire, il ne restait que de la poussière inerte, des pierres froides et sans vie. La Force portée par ces rêves avait disparu dans les méandres du temps. Et Skywalker, le héros vivant, brave parmi les braves, quel maitre lui avait donné le rang de Jedi ? Il errait sans cesse de planète en planète, toujours entre deux systèmes, obsédé de légendes perdues. Il tuait pour des cristaux, se battait pour des pierres, traversait l’univers pour des reliques, il ne vivait que pour des fantômes. Ben, lui, depuis trop longtemps, ne voulait plus rêver.

Il ne serait pas Jedi.

Astyyn avait été tué d’un tir de blaster en plein front, Solana tuée dans l’explosion de son chasseur, abattu en plein vol par un pilleur de temple, Sixt et Calixt, les jumeaux guerriers aux cheveux d’or, si habile à faire danser les pierres, tués dans l’effondrement d’une base impériale qu’ils croyaient abandonnée, Sienna-Lyra, la belle mécanicienne togruta, tuée dans une escarmouche entre gangs criminels, Ronann, le puissant céréen, tué sans sommation par le syndicat du crime, Eewan Gaj-Ike et son jeune frère Ayleec, tués de sang-froid par un pirate chagrien pendant le massacre des Iktotchis, Ayleec n’avait que treize ans, et Leveen, la fille de Lor San Tekka, et Yoanam Kin, et Sayd-Ary, et tant d’autres encore… tués, tués, tués... Leur appel résonnait encore dans sa nuit, leur regard perçait encore son front, leur mort pesait encore sur son cœur comme autant de montagnes, comme autant de volcans. Il avait trop aimé. Il avait trop souffert.

Il ne serait pas Jedi.

La voix des ténèbres l’accompagnait, le harcelait, suave tentatrice, diabolique complice, caressante et menaçante, oppressante et amicale, pour jamais sa seule alliée dans l’ombre. Elle ne lui laissait aucune paix, aucun doute. Ses murmures incessants l’enlaçaient de mots pleins d’affection, de promesses, d’espoir, lui ouvraient un chemin d’une évidence absolue, une route sans détour vers la noirceur de son cœur. Un pas, un seul à franchir, plus simple qu’un battement de cil, plus rapide qu’un saut en vitesse lumière. Un pas et l’enfant prince de la lumière deviendrait le fils des ténèbres. Un pas, et le padawan serait le maître de la Force. Un pas, et les mensonges, l’attente et la souffrance ne seraient plus qu’un souvenir, un tas de poussière s’évaporant dans le passé. La voie était ouverte, cette nuit comme toutes les autres nuits depuis la nuit des temps, l’appel se faisait irrésistible, pressant, fatal.

Il ne serait pas Jedi.

La nuit et sa paix même n’étaient que leurre, mensonge et illusion. L’obscurité sereine ne faisait que voiler le fracas des passions qui menaient la galaxie à sa perte. La lueur des étoiles ne faisait que cacher le chaos des combats. Ces éclats de lumière ne faisaient que taire la violence absurde de conflits immémoriaux et la bêtise de guerres déjà perdues. Le fracas, le chaos et la violence, plus profonds encore que dans les abîmes de l’univers, vivaient dans le jeune cœur de Ben Solo. Un orage infini, sans horizon, assourdissant, planait sur sa vie, un trouble né des mensonges perçus depuis toujours, des secrets jamais dévoilés, une violence faite d’amour et de haine emmurés, étranglés, inextricablement entremêlés et pour toujours indicibles. Une vie sans paix, une Force chimérique, un cœur inconsolable.

Il ne serait pas Jedi.

Cette dignité de combattant, de chevalier qui l’avait fait rêver, il la rejetait à présent de toutes ses forces. Son âme éprise d’absolu ne supportait pas de devoir se contenter de la lumière et son cœur trop ardent refusait jusqu’à l’idée de poursuivre sa route sous les ordres de son oncle. Adolescent, il aurait tout donné pour un regard de Luke qui ne soit pas effrayé, ou condescendant. À présent, ce regard bleu trop plein de compassion l’insupportait et Skywalker ne lui inspirait plus que de la pitié. Le maitre avait peur de son élève, de sa Force, de ses ténèbres, il refusait d’affronter la vérité. La lumière était insuffisante, et l’élève le dominait de toute sa hauteur.

Il ne serait pas Jedi.

Ben se leva en silence et quitta la salle de méditation. Dehors le ciel était noir et le vent glacé. Les herbes trempées de rosée ondulaient comme un océan d’ombre sous sa caresse et au loin la forêt bruissait sous ses bourrasques froides. Le garçon frissonna. Il voulait laisser derrière lui ce temple de mensonge, ses abris de pierres sèches, cette planète trop paisible, l’illusion perdue d’une enfance bercée par trop de rêve, trahie par trop de cauchemar. Partir à la recherche d’autres voies, d’autres liens, d’autres vérités, d’autres espoirs. S’arracher de toutes ses forces à ce rêve qui n’était pas le sien.

Il ne serait pas Jedi

Il marchait dans l’ombre et le froid, entre les igloos de pierres. Çà et là aux fenêtres brillait la lueur des feux du soir, la chaleur d’une fraternité qu’il ne partageait plus, une lumière d’or qu’il avait contemplé trop longtemps, un éclat qui l’avait aveuglé. Mais il n’avait nulle part où aller, et la douceur du feu l’attirait encore irrémédiablement. Cette nuit ne serait pas différentes des autres. La lutte implacable entre l’ombre et la lumière se poursuivrait jusque dans son sommeil, jusqu’à son dernier souffle. Il n’aurait jamais le choix.

Mais il ne serait pas Jedi.

Chancelant sous la brise froide, presque transi, perdant courage face à la noirceur immense de la nuit, face au combat sans merci qui s’offrait à lui, il n’eut que la force de rentrer dans son igloo. Dormir. Dormir était sa seule paix. Dormir en espérant ne pas rêver. Dormir pour ne pas fuir, pour ne pas combattre, pour ne pas détruire, dormir pour ne pas souffrir, pour ne pas pleurer, dormir pour ne pas mourir.

Bercé par la voix des ténèbres, obsédé par les trop doux regards qui peuplaient ses souvenirs, épuisé d’anxiété, de lutte et de haine, Ben savait que tôt ou tard il devrait affronter Skywalker. Affronter le regard de Leia. Affronter les sarcasmes de Han. Affronter son destin, affronter les ténèbres.

Et vaincre.

Briser la lumière, anéantir l’ombre, achever la lutte. Tuer la haine qui cadenassait sa vie, tuer l’amour qui enchainait son cœur. Se libérer, enfin.
Modifié en dernier par Dollowin Branthor le Mar 12 Oct 2021 - 21:59, modifié 1 fois.
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 05 Oct 2021 - 9:30   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (16/20)

L'étoile Perdue

Voyage méditatif dans les tourments de l'âme de Ben Solo

Interlude : Le cœur d'Obi Wan

(Pourquoi ne l'a-t-il pas sauvé ?)



Il l'aimait... il l'aimait tellement...

Il l'a vu grandir, il a grandit avec lui, ils étaient comme des frères, comme les deux les fils de Qui-Gon Jinn. Mais quand les flammes l'ont dévoré, le maitre n'a pas voulu sauver l'enfant.

Pourquoi ?

Obi Wan a vu brûler Anakin.

Il a vu brûler le cœur de son apprenti, de son ami, bien avant qu'il ne se tourne définitivement vers le côté obscure, bien avant qu'il ne brûle d'amour pour Padmé, bien avant qu'il ne brûle de colère contre les Jedi.

Il savait que son destin était en feu.

Depuis sa naissance, Anakin brûlait, de rage contre l'injustice, d'amour pour sa mère, d'intelligence, d'impulsivité, d'un désir d'infini, de puissance, de pouvoir et d'amour impossible à assouvir, il brûlait de la Force contenue en lui.

Obi Wan connaissait toute l'âme Anakin, pour l'avoir formé. Il connaissait toutes ses résistances, toute sa colère, tous ses doutes, il savait tout ce dont il est capable. Il savait qu'Anakin appartenait aux flammes.

Quand il l'a vu se perdre dans le côté obscure, quand il a vu la lueur d'or de ses yeux rouges, quand il a reçu les foudres de celui qu'il aimait, il a su que le destin avait été plus fort que lui.

Il espérait, mais il savait depuis longtemps qu'Anakin lui avait échappé et qu'un jour, il se jetterais dans les flammes.

Obi Wan a vu brûler Anakin dans le bûcher de Qui-Gon, dans l'amour de Padmé, dans les ténèbres du côté obscur.

Quand il a vu Anakin se jeter dans la lave, se jeter dans le feu et se laisser dévorer par les flammes, il a vu le destin s'accomplir.

Il a aimé Anakin en espérant faire mourir un jour le feu qui le consumait. Mais le feu a été plus fort que l'espoir. Le destin a été plus fort que l'amour.

Et le cœur d'Obi Wan s'est brisé. Assommé de détresse il ne pouvait plus aimer, il ne pouvait plus pardonner. Il ne pouvait plus qu'abandonner son frère à la mort et sa vie à l'exil.

Pour qu'un jour l'amour et l'espoir fassent renaitre Anakin, pour que le feu qui l'avait tué devienne le feu de sa rédemption, pour que sa vie ardente, brûlante retourne a la lumière, dans le feu d'un bûcher de gloire, loin, très loin des cendres oubliées de Mustafar.
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Messagepar L2-D2 » Lun 11 Oct 2021 - 12:42   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (16/20)

Retard rattrapé !

Et ça valait le coup de lire tout ça d'un coup ! Parce que là, ça y est, la postlogie est en vue ! Que ce soit l'influence de Leia qui appelle Ben pour l'apaiser, l'omniprésence de l'Ombre Snoke/Palpatine dans sa tête ou même, soyons fous, la nuit avant l'acte fatal de Luke Skywalker, c'est un véritable régal à suivre ! :oui:

Ah, et mention spéciale pour le dernier interlude sur Obi-Wan, particulièrement réussi et émouvant ! :cry:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 12 Oct 2021 - 9:06   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (16/20)

Merci L2 !!!

Ton retour me fait vraiment plaisir ! :cute:

On s'approche de la fin et j'espère que les prochains chapitre te plairont !
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 12 Oct 2021 - 9:11   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (17/20)

L'étoile Perdue

Voyage méditatif dans les tourments de l'âme de Ben Solo

Chapitre 14 - Le nom du père - 28 ap BY

(Luke a voulu le tuer, Leia lui a caché toute sa vie l'origine de sa noirceur et le nom de leur père viens d'être révélé à toute la galaxie)



Il n’y avait qu’ici, dans l’enfer rouge et brûlant de Mustafar qu’il puisse encore trouver la paix. Sur cette planète de lave où l’écho des cavernes de feu répondait aux hurlements de sa douleur, aux cris de sa détresse, il était seul. Seul avec sa vie. Sa vie au bord de l’abîme, sa vie au bord de la tombe, sa vie déjà au crépuscule. Seul avec son fardeau.

Son cœur était mort. Son sang glacé ne lui apportait plus aucune vie. Des montagnes entières, des volcans de haine pesaient sur ses épaules, l’écrasaient. Enseveli, il luttait, mais l’horreur de tous les mensonges accumulés emplissait ses yeux, sa bouche et son cœur, plus étouffant que des nuages de poussière, plus traitre que des amas de gravats, plus pesant que des tonnes de roches, de plus en plus lourds et insurmontables. Son âme n’était plus qu’un cadavre, un fantôme. Et ici loin de tout, de tous, dans l’abîme qui était tout son héritage, il voulait se laisser sombrer dans l’oubli.

Des ruisseaux de lave en fusion roulaient vers les ruines du château et tombaient en cascade écarlate le long de la falaise abrupte, le long des rocs de bronze, vers le vide, vers la profondeur des abysses.

Des flots intarissables de colère asphyxiaient son cœur, se déversaient en cris de rage de ses entrailles à sa gorge, le noyaient de leur intolérable puissance. Une muraille infranchissable l’enfermait, le coupait du monde, de tout ce qu’il avait connu, aimé. Sa vie, toute sa vie révélait une prison, un cachot, un gouffre sans borne, sans issue.

La chaleur environnante, insupportable, l’étouffait, embrasait sa peau. La sueur coulait dans ses yeux, brouillait sa vue, collait ses cheveux à son front, et se mêlait, amère, au sel de ses larmes. Ses poings se serraient à en faire craquer leur jointure, à en faire saigner ses paumes. Il errait parmi les ombres, dans les ruines, les roches effondrées, sans but et sans fin parmi les spectres du passé.

Il n’avait plus que de la souffrance, une souffrance qui empoisonnait son sang, une souffrance qui détruisait son âme. Il n'avait plus que les ténèbres, une obscurité sans fond, sans étoile. Il n’avait plus que la colère, la fureur d’une débâcle sans fin. Des vagues de détresse montaient inlassablement des profondeurs de ses entrailles, des cris de douleurs que son cœur étranglé étouffait, encore et encore.

Le tonnerre des volcans en éruption éclatait tout autour de lui, la lave crépitait comme un feu contre la roche qui semblait hurler sous la brûlure.

Des questions sans réponse, comme un supplice, une torture sans nom, l’aveuglaient, l’envahissaient, l’égorgeaient. Accablé de malheur, il était déchiré, écartelé. L’abîme caché dans l’aube de sa vie l’avait happé, dévoré. Dans le fracas des éruptions de lave, dans l’assourdissante plainte des roches en fusion, dans la violence absolue des volcans, il n’entendait que l’intolérable silence des mensonges. Il n’existait pas de mot pour dire son désespoir, pas de nom exprimer sa haine.

D’inextricables filets l’enserraient, emprisonnaient ses membres, chacun de ses mouvements, épuisant jusqu’au souffle dans ses poumons. Il souffrait jusqu’au fond de son âme, jusque dans ses os. Tout entier brisé, broyé, son cœur fracassé, sa peau déchirée, son squelette disloqué, prostré, face contre terre, il restait sans force et sans vie, mais il ne souhaitait plus rien, plus rien que cette solitude absolue, cette errance en compagnie de ses ténèbres.

La puissante forteresse n’existait plus, seul un champ de ruine sombre aux pierres noires comme la nuit subsistait. Des murs où avaient résonné le chaos des ténèbres il ne restait que de la cendre. Écrasées de néant, les murailles s’étaient écroulées. Des tours obscures dressées contre le ciel de pourpre ne restaient qu’un souvenir, une ombre sans forme, des graviers épars, terreux.

Il se desséchait, sentait sa peau devenir de métal, son sang devenir de cendre et de sel, son cœur se changer en pierre, son souffle en lave. La détresse le déchirait, le labourait, l’écartelait. Il était mort.

Des profondeurs de sa souffrance, il sentit sa détresse devenir colère, sa colère devenir haine, sa haine devenir pouvoir. Et son pouvoir grandissait, incommensurable. La paix était un mensonge. Une seule vérité subsistait, celle d’une flamme dévorante de puissance, et ce pouvoir absolu qui seul pouvait donner la victoire et la liberté. Du cadavre de Ben Solo s’éleva l’héritier de Vador. Des lueurs de sang dansaient dans ses yeux.

Depuis toujours, il n’y avait qu’une seule issue possible, depuis toujours, il ne cherchait que cela.

Enfin. Il pouvait le choisir.

Il ne voulait pas être sauvé.
Modifié en dernier par Dollowin Branthor le Mar 12 Oct 2021 - 21:58, modifié 1 fois.
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 12 Oct 2021 - 13:22   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (16/20)

Aujourd'hui, Ben a fait son choix. Plus rien ne le retient, il renonce à la lumière.


Ce chapitre n'a pas été facile à écrire et à vrai dire il n'est pas non plus facile à lire (en même temps sur Mustafar il fait dans les 75° à l'ombre...).

Imaginez ce jeune homme de 23 ans, élevé comme un petit prince mais qui a coupé les ponts avec son père, trahi par son oncle qui a tenté de le tuer et par sa mère qui lui a menti toute sa vie...
Alors il s'abandonne à celui qui le manipule depuis toujours. Il n'a plus que cela : le mal dont il a hérité et dont il découvre soudain la profondeur insondable.

Ben Solo est tombé. C'est un autre qui se relève.

Maintenant, la fin est proche.
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Messagepar L2-D2 » Ven 15 Oct 2021 - 14:58   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (16/20)

Chapitre 14 lu !

Ah ! Si Ben avait su, c'est là qu'il aurait récupéré l'Orienteur Sith au lieu de revenir sur Mustafar 7 ans plus tard lors de L'Ascension de Skywalker ! :lol:

Un Chapitre une nouvelle fois très réussi, en particulier le dernier paragraphe qui reprend mais pas tout à fait exactement le code Sith. Ben est désormais profondément enfoui sous Kylo Ren. Je me demande bien ce que tu nous réserves par la suite, même si j'avoue être impatient de voir Snoke apparaître sous ta plume !

Vivement la suite donc ! :oui:
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Messagepar Dollowin Branthor » Ven 15 Oct 2021 - 19:07   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (16/20)

Mon pauvre L2, au risque de te décevoir, j'aime autant te dire tout de suite que Snoke et ses cicatrices n'auront pas leur place dans mon développement... :neutre:
En réalité, à partir de maintenant je n'apporte vraiment plus rien de nouveau à l'histoire du personnage. Maintenant qu'il a scellé son destin, mon objectif et de l'amener rapidement à son accomplissement.
A vrai dire, ma fan fic aurait du s'arrêter là, à la mort de Ben écrasé par Kylo Ren. Mais (peut être par pitié ?) je n'ai pas voulu le laisser là tout seul :(
La suite est donc... une surprise. (pour tout bientôt)
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Messagepar L2-D2 » Ven 15 Oct 2021 - 19:11   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (16/20)

Mais tu ne me déçois pas du tout, c'est toi le capitaine de ton récit ! :wink:
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 19 Oct 2021 - 19:48   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (18/20)

L'étoile Perdue

Voyage méditatif dans les tourments de l'âme de Ben Solo

Chapitre 15 - L'épave

"Salut petit"



La tempête s’était calmée, et des montagnes d’eau soulevées par les rafales de vent il ne restait plus qu’une mer étale, des vagues sans force, à peine frangées d’écume. Le ciel était complètement blanc. La brume s’était levée. Ben sentait l’eau de mer couler en ruisseau de ses cheveux trempés sur son front, dans son cou, dans son dos. Ses vêtements alourdis et glacés pesaient sur ses épaules.

Mais il ne ressentait pas le froid. Il ne ressentait plus rien, rien d’autre qu’une immense fatigue, une lassitude sans fond, sans borne, sans issue. La fureur du combat s’était éteinte, la stupeur même de la défaite s’était évanouie et la douleur s’était dissipée. Écrasé à terre, comme encore saisi par la mort, Ben ne bougeait plus. Seule sa poitrine se soulevait, s’abaissait. Ses poumons se remplissaient d’air. Chaque respiration lui rappelait son souffle coupé par la mort, sa vie tranchée par le sabre. Mais là où le sabre avait frappé, il n’y avait plus qu’un trou, à peine entrouvert dans l’étoffe de sa tunique. Aucune blessure, aucune cicatrice ne subsistait. Il était simplement vivant, d’une vie brusquement sans valeur.

Un seul murmure, déchirant l’espace de sa tendresse lui avait dévoilé l’ampleur infini tout ce qu’il avait encore à perdre, et l’instant d’après, un seul coup de sabre brutal et fou le lui avait arraché. L’ombre errante qu’il poursuivait depuis toujours s’était à nouveau enfuit et cette fois, elle ne reviendrait jamais. Pourtant la vie se tenait toujours en lui, inexorable, et à chaque instant s’alourdissait d’un fardeau insoutenable de douceur, d’une vérité insupportable de clarté. Un amour depuis toujours offert et toujours refusé, un amour dont il n’avait jamais su mesurer le poids.

Leia.

Leia l’avait aimé à chaque instant, à chaque seconde de sa vie. Elle l’avait chargé d’une lumière sans faille, une lumière absolue qu’il n’avait jamais pu supporter. Comme la fragilité d’une aube éphémère décime la puissance de la nuit, cette lumière, éclatante dans la mort, avait fini par le terrasser. Ce poids d’amour l’avait fracassé, et son cœur que des siècles de haine avaient changé en glace, en lave, en métal, gisait maintenant à ses pieds, en mille éclats de roche brisée, en poussière, en cendre. Pourtant il vivait toujours. Son cœur battait, libre, et le sang coulait dans ses veines, rouge, chaud, rapide, terriblement vivant. Ses forces revenaient. Mais il n’osait pas se relever. Son corps lui apparaissait lourd, plus pesant que jamais, comme accablé par le don absolu qu’il venait de recevoir, par cette vie offerte sans limites, dans une liberté qui dépassait l’entendement.

Pour la première fois de sa vie, il se sentait indigne, incapable d’endurer la puissance de cette vie qu’il ne méritait pas, la force de cet amour qui le submergeait. Il se sentait faible, comme un enfant perdu, un orphelin, tout petit sous l’immensité du ciel. Et pour la première fois, il voulait se laisser habiter par cette faiblesse, s’abandonner à cette agonie et mourir, enfin.

Toujours immobile, cloué au sol, il fixait la voûte nuageuse qui entourait l’épave, un éther d’une éblouissante clarté, plus brillante que la neige, plus lumineuse que les étoiles. La lumière éveillait ses yeux. Le chant du ressac berçait sa respiration. Le vent caressait sa joue.
L’ouragan de sa vie s’était tue, et les dernières vagues l’avaient laissé s’échouer, comme un cadavre désarticulé sur le rivage de son existence. La chaleur vivante logée dans sa poitrine ne le quittait pas, agrippée à son cœur comme un pilote aux commandes de son vaisseau. Presque insolente dans sa pureté, elle enlaçait son âme de sa douceur, comme un feu paisible et mystérieux, comme une main ouverte, comme la grâce d’un sourire.

Il était seul, seul sous le ciel vide, seul avec sa lumière, seul avec sa vie. Cette solitude intense et pure l’apaisait, l’emplissait d’une troublante sérénité, plus silencieuse que le vide de l’espace, et profonde comme un deuil. Une tristesse immense plus troublante encore, l’envahissait. La chaleur gagnait chacun de ses membres, jusqu’à son visage, la Force s’instillait dans ses veines, mais la tristesse grandissait et à chaque instant se faisait plus dense, plus pressante, comme une fleur prête à s’ouvrir, un bourgeon prêt d’éclater.

Incapable de supporter plus longtemps la blancheur du ciel, il succomba à sa détresse aveuglante et des larmes retenues depuis la nuit des temps déchirèrent la barrière de ses yeux.

Mourir. Il ne souhaitait plus que cela. Rassembler les lambeaux épars de sa vie et les jeter dans le néant, là où il n’y aurait plus ni lumière ni obscurité, ni amour ni haine, ni force ni faiblesse, rien que le vide. Mourir et oublier les étoiles, mourir et s’évanouir dans les ombres, mourir et laisser mourir toute souffrance, mourir et abandonner le joug d’amour qui pesait de toutes ses forces sur son cœur. L’enfant prince de la lumière était mort depuis longtemps, le fils des ténèbres mourait à son tour.

Il se leva et contempla l’épave de l’étoile morte. L’arme la plus puissante de l’univers n’était qu’un chaos de métal déchiqueté, un amas de débris sans intérêt. Il prit le sabre inutile qui gisait à ses pieds. Ses larmes coulaient toujours et brulaient ses yeux. Sans savoir où il allait, il avançait au hasard parmi les décombres que le vent faisait vibrer. Son errance l’avait mené sur une passerelle arrachée formant un pont tordu sur le vide, dressé au-dessus des flots.

La mer se perdait dans un brouillard épais qui obstruait l’horizon. L’eau déroulait de longues vagues sombres qui s’engouffraient en tourbillons d’écume dans les entrailles de l’épave. À sa surface d’acier liquide brillaient les pâles reflets du ciel.

Ben, immobile et sans volonté, laissait vivre son chagrin, son âme épuisée d’amour inexprimé. La voix des ténèbres s’était tue, brisée par un éclatant silence où résonnait encore l’écho du dernier souffle de Leia, le nom du fils de la Force, du sang vivant des Skywalker. La brise séchait les larmes sur ses joues et balayait jusqu’à l’orgueil de la souffrance. Seul restait le poids de la vie donnée, des mains trop longtemps repoussées, tendues inlassablement et l’indicible désir de les saisir, de vivre, de s’abandonner, de donner. Un espoir presque tangible se faisait jour, une lumière presque vive au-delà du brouillard.

Son cœur battait, puissant, au rythme des vagues, et sa respiration au rythme du vent. Son regard se perdait dans les nuages où se déployaient des ombres fantasmagoriques. Bleu délavé, glace, floraisons froides, neige, étain, fil, écume, acier, troupeau, fer, taches de grisaille et de blancheur, le long tableau des brumes changeantes se déchirait, se refermait, se séparait, se diffractait en lame de givre, en spirale de vapeur, en flaque de ferraille. Le jour baissait.

La nuée se faisait plus grise que le chaos de l’étoile détruite, grise comme les cendres désertes de Mustafar, comme les ruines des temples perdus, comme les ombres infinies des montagnes enneigées, comme les eaux profondes des cavernes de Naboo, comme la pénombre des forêts dormantes, comme les astéroïdes oubliées d’Alderaan, comme la lumière d’un voyage aux confins des galaxies, comme la solitude des Jedi inconnus, comme le regard moqueur d’un contrebandier souriant.
Modifié en dernier par Dollowin Branthor le Mer 20 Oct 2021 - 20:53, modifié 1 fois.
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Messagepar Dollowin Branthor » Mer 20 Oct 2021 - 20:46   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (16/20)

Salut à tous

J'espère que vous allez aimer ce nouveau chapitre. Clairement, c'est mon préféré. J'ai adoré l'écrire et j'adore le lire et le relire.

Il fait référence à un des passage de TROS qui m'a le plus touché et qui me rappelle que, quelque soit le film et sa qualité, ce qui me touche le plus c'est toujours les émotions des personnages. Et ces émotions là, quand c'est l'immense et magnifique Adam Driver qui les joue, on les sens bien passer.

Pour tout vous avouer, je crois que je n'aurais jamais écris autant et avec autant de ferveur si un autre acteur avait été chargé du rôle de Ben Solo/Kylo Ren. C'est surtout son jeu exceptionnel, ses émotions brutes, sa violence, sa colère, sa douleur qui m'ont inspiré quasiment tout ce que j'ai écris dans cette fanfic.

Mais ce n'est pas cette scène là qui a tout déclenché.

RDV dans une semaine...
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Messagepar L2-D2 » Jeu 21 Oct 2021 - 8:15   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (16/20)

Chapitre 15 lu !

Un bond dans le temps, et nous voilà pendant les événements de l'Ascension de Skywalker ! Et qui plus est dans un moment charnière pour Ben Solo, celui où il redevient lui-même et abandonne le rôle de Kylo Ren...

Tu as une nouvelle fois parfaitement su retranscrire les tourments de l'âme de Ben, ses doutes, l'influence de sa mère, et tu achèves avec ce qui annonce sa vision de Han, l'une des meilleures scènes du film ! Et tu as parfaitement raison, si la postlogie a ses défauts, la prestation d'Adam Driver n'en est certainement pas une !

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 26 Oct 2021 - 10:13   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (19/20)

L'étoile Perdue

Voyage méditatif dans les tourments de l'âme de Ben Solo

Interlude : Le cœur de Ben


Il l’a aimé au premier regard.
Mais il ne savait plus aimer.

En elle il ne voyait que lui, son ombre, son reflet, son double.

Dans ses peurs il ne voyait que la sienne, dans sa fragilité ses faiblesses, dans sa puissance, un égal. Et dans ses yeux le miroir de son âme.
Elle, son ennemie jurée, sa redoutable adversaire, fragment de son passé, le terrifiait.
Dans son aveuglement, il ne voulait qu’une chose, l’enchainer à ses côtés.
Mais il n’avait rien compris.

Il ne savait pas qu’il pouvait aimer.

En la revoyant sur l’île, d’un regard il a su qu’il ne pourrait jamais la tuer. Il a su qu’il serait prêt à tout pour la rejoindre, se rapprocher d’elle.
Plus rien ne servait de mentir ou d’user de la Force contre elle. Elle le surpassait de toute sa lumière.

Et sa lumière l’embrasait.

Il serait son confident de l’ombre, elle serait son allié. Ils ne seraient plus seuls.
En un instant, dans la lueur des braises, dans la chaleur du feu, dans la nuit solitaire aux confins des galaxies, l’espoir est né d’entre leurs mains jointes.
Un espoir fou qui fissurait son cœur de pierre, presque un amour dans son cœur de glace.
Et il n’a plus vu qu’elle, son invincible espoir, sa quête, son étoile, sa gloire.

Mais il ne savait pas qu’il pouvait aimer.

La haine ne cessait pas de le dévorer. La haine d’un passé de mensonge, la haine d’un héritage trop lourd, la haine de trop d’amour jamais reçu, de trop d’amour oublié.
Et ses yeux aveuglés de pouvoir se sont fermés à l’étoile.
Quand il a su qui elle était, il a cru la tenir en son pouvoir. Et jusqu’à la mort il ne voulait plus qu’elle. Il voulait la voir sombrer à ses côtés.

Il ne savait pas qu’il pouvait être sauvé.

Mais dans les ruines de l’étoile détruite il a éprouvé la vraie douleur de l’amour, et la lumière a été la plus forte.

Il n’y avait qu’une seule chose à faire.

En se jetant dans le vide, en courant entre les ombres du temple obscure, il savait qu’il serait prêt à tout pour elle, sa dyade, son âme sœur, son amour.

Il savait qu’il n’échouerait pas.
Mais il ne s’attendait pas à la perdre.

Il n’y avait qu’une seule chose à faire.
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 26 Oct 2021 - 15:21   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (19/20)

Etrangement, à la base, ce chapitre décrivait les sentiments de Vador pour Luke.

Mais je me suis rendu compte que ces sentiments correspondaient aussi bien à Vador qu'à son petit fils qui vit bien plus qu'une histoire romantique. C'est le cycle éternel de la vie et de la mort, de la haine et de la mort, du conflit et de la paix, de la lumière et de l'obscurité...

Je n'ai eu qu'à changer quelques mots pour mener l'histoire de Ben à son accomplissement.
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Messagepar sam sanglebuc » Mer 27 Oct 2021 - 4:07   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (19/20)

Merci pour cet texte final, qui en plus d'être beau raccroche bien TLJ à TROS.
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Messagepar Dollowin Branthor » Mer 27 Oct 2021 - 12:36   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (19/20)

Texte final ? Qué texte final ? attend un peu c'est pas fini !!!
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Messagepar L2-D2 » Dim 31 Oct 2021 - 19:30   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (19/20)

Quel bel interlude ! :cry:

Bon, je me demande maintenant où vas se situer le dernier Chapitre... Alors que Ben est en train de mourir ou bien après ? :think:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar sam sanglebuc » Lun 01 Nov 2021 - 5:54   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (19/20)

Ce n'est pas fini ?!
Aïe, comment vas tu t'y prendre avec la fin de TROS ?
Mais j'ai l'impression que tu es bien parti pour contenter à la fois les Reylo et les autres...
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Messagepar Dollowin Branthor » Lun 01 Nov 2021 - 10:17   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (19/20)

demain mon cher Sam !
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 02 Nov 2021 - 11:58   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (20/20) Fin

L'étoile Perdue

Voyage méditatif dans les tourments de l'âme de Ben Solo

Chapitre 16 - Dernier souffle

"Ben"



Il ne comprit qu’il allait mourir que lorsqu’il senti le corps de la jeune fille se réchauffer contre le sien.

Plus aucune force ne restait en lui qu’un cœur battant, près d’éclater, fou d’amour. Un cœur qui s’élargissait aux mesures infinies des profondeurs de la Force. Un cœur apaisé de savoir que son destin n’était plus que de s’effacer pour lui offrir l’univers qu’elle méritait, où il ne serait plus qu’une ombre, rien qu’un souffle, un souvenir, un univers dont le premier instant naissait dans l’alliance de leurs deux mains jointes.

À nouveau son sang vibrait, elle respirait, elle vivait.

Elle le regardait, et son regard le remplissait d’amour autant que de crainte.



Il aurait voulu lui parler, mais il n’y avait rien à dire.

Il aurait voulu la serrer encore contre lui, mais ses bras restaient paralysés de doute, d’adoration profonde.

Il ne pouvait que rester immobile, terrifié par la fragilité absolue de cet instant d’équilibre.

Il ne pouvait que la regarder, la laisser se redresser, s’élever, s’envoler.



Elle allait partir. Il ne pouvait en être autrement. La haine et la douleur entre eux avaient creusé trop d’abîmes, d’infranchissables précipices.

Elle partirait, ne lui laissant que la grâce de la savoir en vie. Il n’en souffrirait pas. Aucune douleur ne serait jamais plus forte que celle d’avoir pu un jour la haïr.

Il fallait qu’elle parte, qu’elle s’éloigne, que leur destin accomplis se séparent et s’effacent.



Mais elle ne cessait pas d’être là, de se tenir près de lui, accueillant dans son cou la main qui l’avait torturé, accueillant la vie de celui qui avait voulu sa perte. Elle ne cessait pas de lui offrir son regard.

Et son regard s’éclairait, devenait sourire.

Un sourire dont la lumière anéantissait des siècles de doute, de honte et de crainte, embrasait des siècles de nuit.

Un sourire ouvert en un souffle sur son nom, ce nom qui l’avait perdu et qui l’avait sauvé, le nom du fils de la nuit et de la solitude, du fils du destin, du fils de la Force, le nom d’un homme qui disparaissait pour que d’autres vivent, pour que d’autres yeux s’ouvrent, pour que d’autres cœurs battent...

Et son nom dans ce sourire réveilla son espoir.



Sa présence, son regard, son sourire, son cou abandonné dans sa main, le seul don de sa compassion... cela aurai suffi à son éternité, il ne voulait pas espérer plus.

Mais l’espoir se faisait tangible, la lumière se faisait douceur incandescente. Elle posait sa main sur sa joue, où Han avait posé sa main, où le sabre l’avait déchiré, où la cicatrice, transfigurée par la Force, avait disparue.

Ses doigts brûlaient son visage de traits de flamme, le transperçant d’une ardente et sublime douleur, et le laissant ravi, en extase, abîmé dans la contemplation de ce sourire tant désiré, le submergeaient d’amour.



Le temps s’était arrêté.

Il ne sentait plus qu’elle entre ses bras, sa main sur sa joue, son visage contre son visage, ses lèvres serrées contre ses lèvres, sa vie mêlée à sa vie et son cœur à son cœur dans le feu d’un baiser qui serait leur éternité.

Plus rien ne vivait entre eux que cet amour qui surpassait tout amours, cette joie au-delà de toutes joies, qui les illuminait, les embrasait, les sauvait.

Elle tenait sa main encore appuyée sur sa joue, et son regard dans son regard, plus proche qu’elle ne l’avait jamais été, qu’elle ne le serait jamais.

Et sa main, dans la douceur de ses caresses, et son regard, dans la pureté de sa lumière, lui découvraient les étoiles d’un univers oublié, le délivraient.



La joie débordait de son cœur consolé, et l’amour de son âme apaisée en un sourire qui répondait à son sourire, jaillissant sans retenue, sans ombre et confiant, arrachant son visage à la mort et pour toujours son cœur à la nuit.

À présent il ne souhaitait plus que s’abandonner à la puissance du pardon, à l’absolue liberté de l’amour, à l’ardeur de la vie donnée, et vivre à l’infini de ses mains ouvertes, de son regard rayonnant, de sa présence, de la grâce jaillissante, surabondante, définitivement amoureux et d’un baiser d’amour de son amour simplement comblé.

La mort pouvait le prendre, la vie lui avait tout donné, il n’attendait plus rien, accueillait tout.



Le froid saisissait peu à peu ses membres engourdis, son souffle se tarissait, son cœur cessait de battre. Mais il ne ressentait que la chaleur caressant sa joue, le poids de l’amour entre ses bras, la douceur du regard encore posé sur lui... un regard qui se teintait d’inquiétude.

Un regret immense le saisi de devoir la laisser seule, de perdre en un instant le trésor adoré de ses yeux, de s’arracher aux promesses de la vie naissante.

Dans le dernier soupir d'une vie brulée, l'ombre errante enfin l'avait rejoint. Dans la douleur ultime de la mort elle était avec lui.

Il ne sut pas qu’il s'évaporait dans le ciel.
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Messagepar Dollowin Branthor » Mar 02 Nov 2021 - 14:14   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (19/20)

Ben les amis...
Sacrée émotion de poster aujourd'hui mon dernier chapitre...

Quand je l'ai vu pour la première fois au cinéma, sans que je comprenne pourquoi, cette scène-là a déclenché chez moi une obsession irréversible à la fois pour l'univers de Star Wars et pour le personnage de Ben Solo, une obsession qui m'a suivi plus d'un an et demi, qui m'a conduit à chercher, à fouiller tous les recoins du monde de Star Wars, une obsession qui m'a fait visionner cette même scène des centaines de fois, jusqu'à la nausée, une obsession qui m'a fait écrire ces vingt chapitre d'émotions brutes sur le personnage pour essayer de le comprendre, de questionner sans cesse sa psyché, une obsession qui me faire dire, comme Flaubert le disait de Madame Bovary et Maupassant de Bel Ami, avec la crainte de marcher dans leur trace "Ben Solo, c'est moi" tant j'ai absorbé, à force d'écrire et d'aimer, l'essence du personnage, une obsession qui n'a trouvé son accomplissement qu'en réussissant à aller jusqu'au bout du destin de Ben Solo.

J'espère que vous aurez apprécié de me suivre dans cette obsession, que vous aurez aimé découvrir les tribulations incessante d'une âme au destin exceptionnel, j'espère que la lecture de ce voyage méditatif dans les tourment de l'âme de Ben Solo vous aura plut autant qu'il m'a plu de l'écrire...

En tout cas j'ai adoré pouvoir le publier ici et vous découvrir en tant que public

L'aventure "Ben Solo" est fini pour moi, mais il n'est pas impossible que je revienne un jour avec des histoires complètement nouvelles (sachez que j'ai au moins deux grosses idées sur le feu, même si elle ne sont pas encore franchement abouties, ce n'est qu'une question de temps).

Merci à tous pour votre lecture, merci à Sam et L2 pour leurs commentaires réguliers

J'espère et très bientôt

Que la Force soit avec vous !!!
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Messagepar Dollowin Branthor » Jeu 04 Nov 2021 - 16:30   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (20/20) Fin

et pour ceux qui se demandent comment on passe d'un récit initiatique sombre et presque désenchanté à une bête partition de Reylo, oui, je l'avoue, je suis une incorrigible bleuette. :oops:
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Messagepar Mandoad » Jeu 04 Nov 2021 - 17:32   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (20/20) Fin

Hey Dollowin !

Content que tu aies pu faire découvrir ces magnifiques textes ici aussi (et que ça ait été apprécié qui plus est :) )! J'avoue être repassé de temps à autres en relire certains et j'ai toujours autant apprécié la poésie que tu insuffles à tes écrits.

J'espère qu'on te reverra sur un autre projet par ici :wink:
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Messagepar Dollowin Branthor » Jeu 04 Nov 2021 - 17:46   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (20/20) Fin

Ce bon Mando !
ça faisait longtemps !
Mes projets vont surement mettre un peu de temps à émerger sérieusement...
J'ai vaguement l'idée de développer les personnages que j'ai inventé (le Jedi-Roi Maaril-Sha, Astyyn et Solana) ainsi que certains personnages un peu délaissé de la post-logie (j'ai déjà des brouillons en cours) mais clairement c'est pas pour tout de suite. j'espère juste qu'il ne faudra pas attendre un nouveau confinement pour que je m'y mette ! :x
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Messagepar L2-D2 » Jeu 04 Nov 2021 - 19:24   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (20/20) Fin

Dollowin Branthor a écrit:et pour ceux qui se demandent comment on passe d'un récit initiatique sombre et presque désenchanté à une bête partition de Reylo, oui, je l'avoue, je suis une incorrigible bleuette. :oops:

Mais ça n'est absolument pas un problème !

Très belle conclusion à ce récit que j'ai suivi avec plaisir pendant près de 5 mois ! :jap:

Cette fiction est l'une des rares, peut-être la seule (en tout cas, la seule dont je me souviens à cet instant ! :D ) à avoir effectivement su dégager tant de poésie dans les textes, notamment les interludes, pour moi peut-être les passages les plus réussis. Je t'aurai pas mal embêté avec Snoke (désolé ! :transpire: ) mais je trouve la conclusion de ton récit parfaite. Tu auras d'ailleurs su éviter la redite de reprendre des scènes entières de la postlogie... Et en même temps, c'était prévisible, dès le titre : il s'agissait des tourments de l'âme de Ben Solo or, dans la postlogie, nous avons essentiellement affaire à Kylo Ren...

Bravo pour avoir mené ce projet à bien ! Et j'espère te revoir un de ces jours avec un nouveau projet ! :jap:
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Messagepar Den » Dim 07 Nov 2021 - 16:23   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (20/20) Fin

Tout d'abord, je te félicite d'avoir terminé ton récit! Ce n'est pas une mince affaire, et je suis conscient du travail que ça t'a demandé! :)

Ensuite, concernant la lecture prochaine de ton histoire, il faudra patienter un peu. Mais sache que ton récit m'intéresse. Donc, me pencherais dessus, c'est sûr! D'autant plus que les critiques flatteuses que j'ai pu lire sur le site me poussent à voir par mes propres yeux l'histoire touchante de Ben Solo.

Et puis, j'avoue avoir encore un ou deux récits à terminer avant d'entamer le tient! :x

Mais je te lirais!

Encore bravo pour avoir terminé ton histoire!
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Messagepar Dollowin Branthor » Dim 07 Nov 2021 - 20:16   Sujet: Re: L'Etoile Perdue (20/20) Fin

Un grand merci cher Den pour ce compliment

J'espère que la lecture de mon étoile perdue te plaira !

Effectivement ça a été un travail de longue haleine, plus d'un an et demi, et un projet très vivant qui a évolué jusqu'au dernier moment. Et quelle satisfaction de parvenir à le mener jusqu'au bout !!!
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Messagepar Dollowin Branthor » Mer 17 Nov 2021 - 15:42   Sujet: Re: L'Etoile Perdue : Voyage dans l'âme de Ben Solo (FINI)

Salut à tous

Je vous met un petit sondage pour savoir quel chapitre vous préférez. Comme il y en a une vingtaine, le choix sera surement difficile alors je vous donne la possibilité d'en cocher deux.
Et je vous invite également à partager vos avis dans les commentaires pour argumenter sur votre chapitre préféré ? action ? poésie ? ambiance ? enjeu ? personnage ? nouveautés ? redécouverte des légendes ?
En bref, dites moi ce qui vous fait kiffer !!!
:lol:
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Messagepar Dollowin Branthor » Mer 17 Nov 2021 - 15:49   Sujet: Re: L'Etoile Perdue : Voyage dans l'âme de Ben Solo (FINI)

perso...
évidemment je les aime tous mais... mon préféré ça reste l'épave.
J'avais pas prévu de l'écrire mais cette scène à eu tellement d'impact sur moi qu'il fallait que j'en fasse quelques chose !
à vous maintenant !
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