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[Achevé] Une lueur dans l'obscurité

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Messagepar Mandoad » Lun 08 Fév 2021 - 20:33   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Puisque L2 s'inquiétait de la suite, la voici ! On s'approche de la fin de cette partie et nous sommes toujours en -19. Alors, Ordre 66, pas Ordre 66 ? Je vous laisse le découvrir. :wink:

Chapitre 15 : Une phrase


19 av.BY, Honoghr, Système Honoghr

Uniforme, silencieuse, désertique, stérilisée, la planète sur laquelle la moindre once de verdure ou le plus petit chant d’oiseau n’était maintenant qu’un souvenir n’avait pas toujours été ainsi. Quelques mois auparavant, il s’agissait encore d’un monde luxuriant couvert de forêts tropicales. Il était impossible d’effectuer le moindre pas sur son sol sans se retrouver assailli du cri d’un primate hurleur à la fourrure bleue chassant l’un de ces scolopendres vipérins géants des sous-bois. Aujourd’hui, ces deux espèces endémiques avaient disparu. Honoghr n’était plus que poussière, l’entier de ses écosystèmes effacés, comme si elle n’avait jamais été composée d’autre chose que de monticules d’une terre contaminée recouvrant des ossements blanchâtres. La vie avait pratiquement disparu en ce lieu qui avait pour seul tort que de s’être retrouvé sur le parcours de croiseurs transportant le dernier né des laboratoires militaires de la Confédération des Systèmes Indépendants : la Trihexalophine1138. Le chargement avait été stoppé net par une flotte républicaine, mais la catastrophe n’avait pu être évitée. Plusieurs des vaisseaux abattus en orbite s’étaient écrasés sur le monde et le poison s’était répandu dans l’atmosphère. Désormais, Deekon Jeren, ainsi que sa Padawan Katooni, ne pouvaient que constater l’horreur qui avait été confinée à une seule planète. Pour des êtres sensibles à la Force, il existait difficilement pire cadre. Lors de leur arrivée deux jours auparavant, ils avaient tenté de s’ouvrir plus profondément à ce courant qui les entourait, mais n’y avaient trouvé qu’une sensation froide ponctuée par la maigre chaleur que prodiguaient les quelques survivants de la catastrophe. Les deux Jedi n’étaient pas les premiers représentants de la République à venir à apporter leur soutien et le Kage comprenait, à présent, le malaise qu’il avait pu ressentir chez ceux qui l’avaient précédés.
— Vivement que nous quittions cette planète, frissonna son apprentie à ses côtés. J’ai l’impression d’avoir été enfermée dans un cercueil ouvert.
Deekon comprenait sans peine ce que la jeune Tholotienne voulait dire, lui-même se sentait nauséeux depuis leur arrivée, mais soutenir les populations affectées par la guerre faisait partie de leurs tâches.
— Encore quelques jours, Padawan. Une fois que les équipes médicales et de ravitaillement auront la situation en main, nous pourrons les laisser s’en charger.
— Bien sûr, Maître. Je sais que les Noghris ont besoin de notre aide et je ne peux qu’imaginer leur désespoir, mais ce monde est comme…
— Mourant, termina Deekon en fixant le ciel. Je n’avais que rarement senti une pareille sensation. Le pire se trouve dans les échos qui sont émis, des échos de ce qui fut.
— Je les sens aussi, mais je n’en comprends pas la raison, avoua Katooni en parcourant le paysage désertique qui entourait leur camp de base. Il n’y a plus rien, mais je suis encore capable de percevoir la présence d’un animal ou d’une forêt à travers la Force.
— La Force ne se limite pas à l’instant présent, expliqua le Kage. Elle maintient la galaxie en un tout commun aussi bien physiquement, que dans sa temporalité.
La Tholotienne fronça les sourcils.
— Je ne suis pas sûre de comprendre. À vrai dire, je ne comprends pas du tout.
Et moi donc.
— Lorsque tu jettes un caillou dans un lac, l’onde émise ne se limite pas à la zone d’impact, tenta-t-il de décrire. Il faut un instant avant que l’information de ce caillou entré dans l’eau ne se propage avant de finalement disparaître pour laisser place à une surface calme. C’est ce que tu ressens actuellement. Un écho d’un événement passé qui continue son parcours jusqu’à se dissiper.
Sa Padawan ne répondit pas immédiatement et il sentit son regard interrogateur couplé à son intense réflexion.
— Cela ne fait pas beaucoup plus sens, finit-elle par avouer.
Le Chevalier Jedi eut un petit rire amusé.
— Pour moi non plus, Padawan, mais ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas quelque chose que cela n’existe pas.
Du coin de l’œil, il vit son apprentie croiser les bras et contempler le ciel avec lui.
— Parfois, je me demande où vous avez appris tout ça et comment vous pouvez passer de la tête brûlée au sage avec tant d’aisance, avoua-t-elle.
— Mon ancien mentor avait une façon bien à elle de voir la galaxie et les gens qui la peuplent. J’aimerais avoir l’occasion de te montrer tout ce qu’elle m’a appris.
— J’aurais aimé la rencontrer, avoua Katooni d’une voix candide qu’elle adoptait lorsqu’elle avait peur d’avoir prononcé les mauvais mots.
— Vous vous seriez extrêmement bien entendues. Peut-être trop même, s’amusa-t-il en imaginant les deux Jedi s’allier contre lui.
Sar Labooda avait été une instructrice atypique, mais elle avait fait de lui un meilleur Jedi qu’il ne l’aurait jamais pensé. Il espérait pouvoir faire de même avec son apprentie.
— Parfois, murmura Katooni, j’ai l’impression que, malgré vos méthodes peu habituelles, vous êtes bien plus fidèle à la conception que je me suis toujours faite des Jedi que certains membres du Conseil.
— Je te rappelle que tu t’adresses à un général, soupira le Kage.
La Tholotienne se tourna vers lui.
— Un général qui passe le plus clair de son temps à regretter cette guerre. Je me rappelle encore ce que vous m’avez dit après l’évacuation de Bothawui. La guerre nous transforme en soldats. Nous ne sommes plus les gardiens de la paix que nous étions. Croyez-moi, j’ai vu où cela pouvait mener certains d’entre nous et ce que cela coûte.
Sa voix s’était cassée sur la dernière phrase et il savait exactement pourquoi. Une semaine après l’évacuation de Bothawui, ils étaient retournés sur Coruscant. Il était parti en quête d’informations dans les bas-fonds et Katooni, elle, en avait profité pour peaufiner son entraînement auprès de Maître Sinube. Le premier jour, il y avait eu un attentat, le premier dont avait été victime le Temple depuis des siècles. Il y avait eu une enquête, des accusations lancées trop rapidement et des erreurs. Une innocente en avait payé le prix. Le Conseil s’était retourné contre l’une des leurs : Ahsoka Tano. Katooni admirait la Togruta, il le savait. C’était elle qui l’avait accompagnée lors de sa Collecte. Deekon était rentré au Temple pour les funérailles, il avait insisté sur le fait qu’un Jedi ne pouvait pas être coupable de tels actes, encore moins une personne aussi droite et prête à se sacrifier pour les autres comme l’était la Padawan d’Anakin Skywalker. Il n’avait alors eu qu’à moitié raison. Ce jour-là, la foi en constante diminution qu’il avait en le Conseil avait chuté, pire encore, de nouveaux doutes avaient émergés chez son apprentie. L’Ordre Jedi s’étiolait et cette attaque venue de l’intérieur était un symptôme du mal qui le rongeait.
— Vous pensez que Barriss Offee avait raison ? demanda Katooni. Vous pensez que nous nous sommes perdus en chemin.
Deekon soupira, réfléchissant aux paroles qu’il allait prononcer. Après tout, sa Padawan avait vu la Mirialan affronter Anakin Skywalker au sein même du quartier général de l’Ordre.
— Je pense que nous nous en sommes éloignés et que je ne sais pas encore si nous pourrons le rejoindre à l’endroit précis où nous l’avons quitté.
Offee était persuadée que cela n’était pas possible. Peut-être était-elle dans le vrai, mais le meurtre, la trahison d’une amie, rien ne justifiait cela.
Alors que d’obscurs pensées les envahissaient, un éclat lumineux au sein de la Force les fit soudainement réagir, déclenchant le même sourire chez le maître et l’apprentie. Le voile qui assombrissait leur horizon commença peu à peu à se dissiper.
Elle est arrivée.
Il entendit le pas pressé et le son caractéristique de l’armure claquant à chaque mouvement derrière lui.
— La frégate médicale est arrivée, signala Deviss casqué et accourant à leurs côtés avant de voir leurs visages, mais je suppose que vous étiez déjà au courant. Les Jedi et leur fichue Force.
Dans le ciel, trois transports venaient de percer l’atmosphère. La présence lumineuse que Deekon et Katooni avaient perçue était à bord de celui de tête.
— Ne vous en faites pas, Deviss, répondit le Kage. J’apprécie énormément la rapidité à laquelle vous transmettez les informations, ainsi que votre professionnalisme.
— Pour ce que ça vaut, marmonna le commandant clone de sa voix modifiée par son casque. Parfois, je vous envie. Être capable de tout ressentir, de manipuler votre environnement et de communiquer par la pensée. Cela m’intrigue chaque jour.
— Je vous assure, commandant, déclara Katooni dans un tremblement, vous êtes bien chanceux de ne pas être sensible à la Force sur cette planète.
Le soldat en armure blanche et rouge contempla les alentours et les natifs amaigris pris en charge par les médecins de leur section. Lui aussi n’était pas très à l’aise, il ne pouvait le cacher.
— Je ne peux qu’imaginer ce que vous ressentez depuis que nous sommes ici. Un monde complet réduit à une sphère de poussière. J’ai encore de la peine à croire qu’ils aient pu survivre à tout cela.
Les Noghris avaient survécu, oui. Cependant, il ne restait plus qu’une fraction de ce que la planète avait alors connu comme population. Les rescapés étaient devenus des nomades qui se déplaçaient d’une zone tout juste épargnée à une autre qui l’était encore moins. Deekon se demandait combien de tribus comme celle qu’ils ravitaillaient aujourd’hui étaient encore coupées de tout sur la planète. La guerre faisait des victimes et pas uniquement au sein des armées s’affrontant sur le champ de bataille. Certains des membres de l’Ordre ayant refusé de prendre le commandement de la Grande Armée, comme Maya, l’avaient vu et parcouraient la galaxie pour venir en aide à ce que l’état-major appelait des « dégâts collatéraux ». Katooni, elle, leur avait donné le nom de premières victimes et elle avait parfaitement raison.
Combien de civils sont-ils morts depuis Geonosis ? Combien ont perdu leur famille pour s’être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment ?
Devant lui, la navette médicale se posait avec délicatesse dans un grondement propre à sa taille et les deux Jedi, accompagnés du commandant clone, s’avancèrent pour accueillir les nouveaux arrivants. Deekon, retenait un sourire, ce qui n’était pas le cas de sa Padawan qui trépignait d’impatience. Lorsque la rampe se déploya pour toucher le sol dans un nuage de poussière stérile, il la vit. Elle était resplendissante dans sa tenue habituelle blanche étincelante, ses longs cheveux descendant en cascade sur ses épaules. À son arrivée, elle leur lança un sourire radieux et le petit comité d’accueil alla à sa rencontre. Le Kage put sentir que Katooni s’efforçait de ne pas sauter dans les bras de Maya en présence des deux autres guérisseurs Jedi qui l’accompagnaient. Le Chevalier Jedi, lui, s’inclina de manière protocolaire.
— Maya, heureux que ce soit toi qu’ils aient envoyé, annonça-t-il. Bien que j’aurais préféré que cela soit en d’autres circonstances.
L’Arkanienne était bien plus sensible à la Force que lui. Le torrent de sensations qu’elle avait dû encaisser à son arrivée avait donc certainement été bien plus agressif que ce à quoi il avait été contraint de faire face. L’expression inquiète sur le visage de son amie en disait suffisamment, mais il ne mit pas longtemps à comprendre qu’il y avait autre chose, quelque chose qu’elle brûlait de lui dire. Elle modifia très vite ses traits et lui répondit avec une expression chaleureuse.
— Deekon, je te remercie pour ton accueil, s’exprima-t-elle avant de se tourner vers le second du Kage. Vous devez être Deviss. J’ai beaucoup entendu parler de vous et je vous remercie de prendre soin de cette tête brûlée depuis le début de ce conflit.
— C’est un plaisir.
La réponse du clone avait été brève, dénuée d’une pique lancée contre son supérieur ou du moindre commentaire plus élaboré. Cela ne lui ressemblait pas. Maya s’inclina avant de fixer Katooni de son intense regard saphir.
— Katooni, c’est toujours un plaisir de te revoir.
— C’est un plaisir pour moi également, Maître, rayonna la Tholotienne.
Sa Padawan brûlait d’envie de discuter avec la Scion Arkanienne, iIl n’était pas compliqué de le voir, aussi décida-t-il de leur accorder ce moment d’intimité après avoir remarqué un nouvel individu émergeant de la navette.
— Padawan, je te laisse informer nos nouveaux invités des derniers événements.
L’apprentie jedi accepta avec un enthousiasme non dissimulé et enjoignit les guérisseurs de s’engager à sa suite, ce qu’ils firent sans discuter. Toutefois, Maya s’arrêta brièvement à sa hauteur.
— Il faut que je te parle, murmura-t-elle avec une voix atténuée par la Force. Rejoins-moi dès que tu auras un moment.
Il la regarda ensuite s’éloigner avec le reste de l’équipe médicale menée par Katooni.
J’avais vu juste.
— C’est quelque chose, lâcha Deviss qui sembla remarquer le haussement de sourcil de son supérieur. Je veux dire, votre amie. Lorsqu’elle m’a regardé, j’ai eu l’impression de me retrouver sans protection et pourtant vous savez à quel point je vante cette armure. C’était à la fois extrêmement agréable et effrayant.
— Les Jedi ont souvent cet effet sur les gens, répondit le Kage un peu absent.
— Pas vous, répondit le clone avant de se raviser. Enfin, pas de la même manière. Vous, vous êtes un soldat fait de chair et de sang. J’arrive à vous comprendre. Elle, on aurait dit un être de lumière. J’ai entendu des descriptions sur les Anges des lunes de Iego et je dois avouer que j’ai eu l’impression d’en apercevoir un.
La réflexion de son second le frappa et lui rappela une phrase que Maître Yoda leur avait dit lors de leur formation en tant que novices.
Nous sommes des êtres illuminés, pas une simple matière brute.
Maya correspondait parfaitement à cette description et les mots de Deviss venaient de le prouver. L’Arkanienne était peut-être même l’une des dernières représentantes de l’Ordre qui correspondait à cette définition.
« Vous, vous êtes un soldat fait de chair et de sang. »
L’officier clone avait aussi raison sur ce point. Il ne s’était que trop éloigné de ce qui faisait de lui un Jedi et il espérait, chaque jour, qu’il ne lui serait pas impossible de revenir sur cette voie.
— Deekon Jeren, grommela une voix forte en s’approchant. Tu vas me faire poireauter encore longtemps après m’avoir tiré de mon confort ?
Le Kage se sortit de sa réflexion en entendant les mots construits par des cordes vocales usées par des années d’inhalation de substances cancérigènes.
— Toujours aussi charmant Rohm, claqua-t-il à l’attention du Duros qu’il avait aperçu sortir du vaisseau un instant plus tôt.
Plutôt grand pour un membre de son espèce, le non-humain à la peau bleu-gris lui lança un regard empli de suffisance au travers de lunettes trop petites pour son énorme crâne. Il s’avança en lissant sa blouse du corps médical républicain qu’il avait vraisemblablement enfilée plus par obligation que par conviction, comme en témoignait son port débraillé.
— Les Jedi, ils croient qu’il suffit de claquer des doigts pour qu’on accourt prêt à faire leurs quatre volontés, grogna-t-il avant de cracher sur le sol.
— N’est-on pas en droit de l’exiger lorsqu’on sort des pauvres créatures ingrates du caniveau ?
Le Duros se plaça à un mètre de lui, une expression de défi dans ses yeux rouges avant d’éclater de rire et de le prendre dans ses bras pourvus de bien plus de force musculaire que son âge ne pouvait le laisser présager.
— Ah Deek, c’est un plaisir de voir que tu es toujours la même tête de Nerf, déclara-t-il en le lâchant, lui rendant ainsi sa capacité à respirer. Tu as une sale mine.
— Ne penses même pas à me sortir que j’ai une teint grisâtre, Doc, le prévint le Kage avant de pointer le petit cylindre brun que le Duros venait d’allumer. Je suis surpris que ces saletés ne t’aient pas encore bousillé les poumons.
Ce dernier prit une bouffée et relâcha un petit nuage cendré.
— Ces trucs ont déjà eu raison de moi, il ne reste qu’à savoir quelle sera ma date d’expiration exacte. Sans toi, celle-ci aurait d’ailleurs pu arriver à échéance il y a quatre ans.
— J’ignore encore si inhaler ces machins est meilleur pour ta santé que court-circuiter le Soleil Noir dans la fourniture de médicaments, pour tout te dire, plaisanta le Jedi tout en gardant un ton sérieux.
— Ces pourritures avaient condamné tout un secteur. Lorsqu’on fait serment d’aider, soit on le fait pour tous, soit on reste planqué au chaud chez soi. Tu devrais le rappeler à tes camarades du Temple.
La remarque du Duros n’était pas dénuée de vérité. Le Jedi décida néanmoins de ne pas relever l’attaque contre son Ordre et l’autre en eut l’air déçu.
— C’est qui le capitaine de parade avec un balais dans le fondement ? demanda finalement Rohm pour changer de sujet.
— Commandant clone, CC-6210, 128e Légion de la Grande Armée de la République, s’annonça le militaire en saluant plus par habitude que par respect pour le médecin, ses doutes vis-à-vis du Duros n’étant de loin pas imperceptibles.
— Deviss, enchaîna Deekon, je vous présente Rohmutilia’taarami Haakon.
— Docteur Rohmutilia’taarami Haakon, déclara-t-il en insistant sur son titre avant de tendre la main, mais tout le monde m’appelle Doc Rohm.
Le clone hésita un instant, puis accepta la poigne présentée.
— Bon, Deek, grogna le docteur en prenant une nouvelle bouffée de son poison en cylindre, quel est le problème ? Tu sais que je suis spécialisé dans la chirurgie neuronale et pas dans…
Il contempla les alentours un instant avant de soupirer, visiblement affecté par ce qu’il voyait.
— Pas dans ce genre de connerie militaire, quelle qu’elle soit. Par les tous les volcans de Mustafar, qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?
— Arme chimique, répondit le Chevalier Jedi de manière brève. Tout a été totalement réduit à l’état de cendres et seuls quelques tribus noghris en ont réchappé. Certains présentent des troubles qui échappent à nos médecins.
— S’ils sont tous aussi coincés que celui-là, cela ne m’étonne pas, maugréa Rohm en essayant de dévisager Deviss.
Deekon n’eut aucune peine à imaginer son second grincer des dents derrière son casque et le remercia secrètement pour son stoïcisme à toute épreuve.
— Tu peux jeter un œil, oui ou non ?
Le Duros marmonna quelques mots incompréhensibles avant de jeter le tube encore incandescent sur le sol et d’en allumer un nouveau.
— Mouais, si tu me trouves quelqu’un pour me montrer les cas les plus avancés.
— Je vais mettre Red sur le coup, Général, annonça Deviss qui semblait pressé de se débarrasser du praticien.
— Tant qu’il est capable de la fermer pendant que je bosse, déclara le Duros en haussant les épaules avant que Red n’arrive.
Le soldat CRA en armure noire et rouge salua avant de tourner sa tête casquée vers le seul inconnu du groupe.
— C’est ce gars que je dois escorter ?
— Docteur, le corrigea Rohm de sa voix rocailleuse en soufflant une nouvelle volute de fumée sur le côté.
— Docteur en quoi ? insista nonchalamment Red visiblement brièvement briefé par son supérieur.
— Chirurgie neurologique, ce qui signifie que je suis tout à fait capable d’aller triturer l’intérieur de votre boîte crânienne si vous décidez de continuer à me faire perdre mon temps.
— C’est noté, répondit le clone totalement impassible. Par ici, Doc.
Rohm sembla hésiter un instant, tentant de dévisager le soldat derrière son masque à l’expression figée, puis décida d’abandonner et de suivre la direction indiquée.
— À quel point a-t-on besoin de lui, Général ? grinça Deviss.
— Assez pour que vous ne le descendiez pas tout de suite, Commandant, répondit Deekon qui se demandait à quel point il devait rendre sa réponse sérieuse.
— Je ne promets rien. Je dois avouer qu’entre votre petite amie et le vieux grognon, vous avez une diversité de connaissances relativement étendue.
— C’était fourni avec ma formation, Deviss, répondit-il en soupirant.
Le clone émit un léger son amusé avant de le saluer et de s’éloigner.
— Et Deviss, ce n’est pas ma petite amie, corrigea-t-il sans toutefois le regarder.
— Si vous le dites, Monsieur.
L’officier rejoignit un groupe de clones situés un peu plus loin. Laissant le Kage seul avec cette dernière phrase emplie d’amusement et absolument loin d’être prononcée avec conviction. Deekon se mit en marche sans cesser d’y réfléchir.
Si je le dis…
Le simple fait qu’il savait déjà ce dont l’Arkanienne désirait lui parler lui prouvait que la situation n’était pas aussi simple qu’il voulait le croire. Son second n’était pas idiot et il s’en était rendu compte.
Tout semblait plus facile vingt années en arrière.
Ses pensées l’avaient mené tout droit à sa tente ou plutôt à la présence lumineuse de Maya qui s’y trouvait. Il mit de l’ordre dans ses pensées et poussa l’épaisse toile grise qui lui bloquait l’accès pour très vite découvrir la silhouette de son amie se dessiner, contemplant des cartes recensant diverses positions stratégiques dans la galaxie.
— C’est donc ça que tu passes ton temps à lire, maintenant, déclara l’Arkanienne sans se préoccuper de l’effet de la critique.
Deekon ne put cacher un air légèrement gêné sur son visage gris.
— Il me faut bien avoir une idée de l’emplacement des ressources d’importance pour la République.
— Tu parles comme un politicien ou un militaire de carrière, lui fit remarquer la jeune femme sur un ton empli de reproches.
Lorsqu’elle fit volte-face, il put clairement lire la surprise sur le visage pâle de Maya qui ne s’était pas attendue à le voir si proche. Seuls quelques centimètres les séparaient. Il aurait été tellement facile de les effacer, mais aucun des deux ne fit le pas. Ils étaient conscients de ce que cela aurait pu engendrer, surtout au vu de la situation actuelle.
— Mais je reste un Jedi, répliqua-t-il sans oser effectuer un nouveau geste et en se forçant à prendre un air désinvolte. C’est de cela que tu voulais me parler ? Ta peur que je ne fasse campagne pour un poste permanent au sein de la Grande Armée ou au Sénat Galactique ?
— Tu sais très bien de quoi je veux discuter, rétorqua-t-elle en reculant d’un pas, lui faisant clairement comprendre qu’elle n’apprécierait que peu la moindre blague.
Deekon se mordit la lèvre.
— Je sais et je peux t’assurer que j’y ai beaucoup réfléchi ces derniers jours, déclara le Kage en se frottant le menton. Tu penses toujours que c’est la bonne solution ?
Depuis cette discussion qu’il avait eu avec la jeune femme, suite à l’attaque sur le Temple, il n’avait cessé de ruminer le sujet. Il n’avait cessé de penser au retour de ce Sith qui avait pris le contrôle de la pègre, puis de Mandalore sans que le Conseil ne lève le doigt. Il avait vu une Jedi s’attaquer au fondement même de leur Ordre et été témoin d’un Conseil aveuglé par son arrogance pousser une Padawan à suivre le chemin des Égarés. Il était descendu dans les bas-fond de Coruscant pour constater la disparition de la foi fragile envers les Jedi qui s’y était pourtant toujours maintenue auparavant. Il désirait protéger la République, ses citoyens, ses valeurs plus que tout, mais l’Ordre avait bien changé depuis qu’il n’avait été qu’un novice. Ses doutes avaient commencé lors de son apprentissage avec Sar Labooda, puis n’avaient cessé d’augmenter après Geonosis. Les Séparatistes n’étaient pas ces meurtriers qui étaient présentés sur l’holonet. À dire vrai, beaucoup des planètes ayant fait sédition aspiraient à leur indépendance, à la paix et à la démocratie. Pourtant, une part de lui-même savait qu’il ne serait pas totalement libre de ses choix tant que ce conflit perdurerait. Maya sentit ses incertitudes.
— Deek, chaque jour je la ressens grandir : cette ombre qui plane au-dessus de nos têtes. La guerre, notre arrogance, la soif de pouvoir de Dooku, mais aussi celle du Chancelier l’ont alimentée et elle est maintenant prête à nous engloutir, expliqua-t-elle ne pouvant masquer de furtifs sanglots. Pour la première fois, j’ai peur de ce qui va arriver. Pour la première fois, je crains que l’Ordre ne soit plus en mesure de diffuser la même lueur d’espoir sur la galaxie.
La peur, il ne l’avait plus entendue dans la voix de Maya depuis la Collecte et ce moment lors duquel elle avait été forcée de continuer seule. Il était conscient qu’il serait prêt à tout sacrifier pour ne plus la percevoir chez elle, qu’il voulait rester à ses côtés quelles qu’en soient les conséquences. Il avait déjà pris sa décision en entrant dans la tente, mais il ne le réalisait que maintenant. Il s’approcha et effaça subtilement une larme qui brillait sur la joue de l’Arkanienne. Il avait encore une tâche à effectuer, une tâche qu’il ne pouvait pas laisser inaccomplie. Le Comte Dooku, Grievous et leur armée reculaient, jour après jour. Le temps leur était compté et l’ombre qu’ils projetaient disparaitrait. La République pourrait ensuite se reconstruire, prendre un nouveau départ. Les choses changeraient, il le savait.
— Ce conflit touche à sa fin, je le sens, admit-il en lui prenant délicatement les mains. Lorsqu’il sera terminé, je quitterai l’Ordre avec toi.
Une phrase, un choix et il sentit que le contact avec la peau blanche de son amie était soudainement différent. Sans qu’il ne puisse le comprendre et encore moins le décrire, quelque chose venait de changer.
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Messagepar darkCedric » Lun 08 Fév 2021 - 20:47   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

OH non. Oh non.

Je sens tellement la tragédie arrivée, la bonne gifle en pleine figure… :cry:
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Le Règne de Grievous - Moi, assassin
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Messagepar mat-vador » Lun 08 Fév 2021 - 22:18   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

lu !

Ces références à Honoghr et à l'attaque chimique dont elle a été victime dans le Legends, trop cooolll :love: !!!! Et voilà Deek prêt à partir avec sa belle loin de l'Ordre, de la République... j'ai bien peur qu'un certain Ordre interfère avec tout ça :whistle: !

Je sens que le chapitre prochain va s'intituler : Execute Order Sixty Six :diable: !!!!

Bon ben la suite :oui: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar L2-D2 » Mar 09 Fév 2021 - 16:51   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitre 15 lu !

Une question, avant de commencer : joues-tu avec nos nerfs ? Parce qu'avec un titre tel que "Une phrase", on s'attend à ce que... et bien non ! Raté ! Ce sera pour plus tard ! :diable:

J'aime beaucoup comment toutes les pièces se rassemblent. Voilà que nos protagonistes sont tous rassemblés sur une planète hostile, dévastée, que des plans sur le futur sont établis - ce qui n'est jamais bon signe dans un contexte dramatique - et, qui plus est, tu nous introduis une vieille connaissance de Deekon, un médecin spécialiste en chirurgie neuronale, tiens tiens, d'autant plus que tu nous le répètes à deux reprises, ce n'est sans doute pas un hasard... Les clones n'auraient-ils pas des puces ? :think:

Bon, toutes mes supputations ne m'aident absolument pas à savoir où tu nous amènes en tout cas ! :transpire:

Et comme mat, j'ai beaucoup apprécié que l'action se déroule sur Honoghr, je trouve ça très bien vu, peut-être mieux exploité encore que dans Republic #68 à l'époque de Dark Horse.

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar Mandoad » Mar 09 Fév 2021 - 21:05   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Hello. C'est toujours apprécié de voir la vitesse à laquelle vous lisez chaque nouveau chapitre :)

darkCedric a écrit:Je sens tellement la tragédie arrivée, la bonne gifle en pleine figure…

Une tragédie ? Quelle tragédie ? :cute:

mat-vador a écrit:Ces références à Honoghr et à l'attaque chimique dont elle a été victime dans le Legends, trop cooolll !!!!

L2-D2 a écrit:Et comme mat, j'ai beaucoup apprécié que l'action se déroule sur Honoghr, je trouve ça très bien vu, peut-être mieux exploité encore que dans Republic #68 à l'époque de Dark Horse.

Vous me connaissez, j'écris du canon, mais j'adore piocher allégrement dans l'UEL quand j'en ai la possibilité :D

mat-vador a écrit:Je sens que le chapitre prochain va s'intituler : Execute Order Sixty Six !!!!

L2-D2 a écrit:Une question, avant de commencer : joues-tu avec nos nerfs ? Parce qu'avec un titre tel que "Une phrase", on s'attend à ce que... et bien non ! Raté ! Ce sera pour plus tard !

Vous imaginez le retournement de situation, si je skip le fameux ordre ? Je dis ça, je dis rien... :siffle:

L2-D2 a écrit:J'aime beaucoup comment toutes les pièces se rassemblent.

Des pièces, des pièces il y en a partout un peu disséminées dans l'histoire. Certaines ont été commentées, d'autres non, dont une grosse qui reviendra plus tard... J'en ai déjà trop dit :chut:

J'en profite également pour vous informer que mon texte dans les "Chroniques de la Force 3" peut désormais être lu sans le moindre risque de spoiler vu que l'action du prochain chapitre aura lieu après celui-ci. :)

A+ pour la suite (qui est en cours d'écriture) !
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Mandoad
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Messagepar Mandoad » Lun 15 Fév 2021 - 17:27   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Hello there ! C'est donc l'heure du dernier chapitre de cette avant-dernière partie ! Je vous laisse donc avec ce nouvel extrait et vous souhaite une bonne lecture, avant l'ultime série de quatre et la conclusion de cette aventure !

Chapitre 16 : Dernière épreuve


19 av.BY, Jabiim, Système Jabiim

L’arme était là, au creux de sa main gantée. Il venait de la détacher. Au même instant, la pluie commença à tomber, encore. Le terrain qui le séparait de la ville ne tarderait pas à redevenir un vaste champ boueux. Jabiim s’était transformée en un bourbier dès le moment où la 128e y avait posé le pied. Partout dans la galaxie, les forces séparatistes étaient en pleine débandade. La mort du Comte Dooku et leur défaite sur Coruscant avaient porté ce coup fatal que Deekon Jeren avait commencé à percevoir depuis plusieurs semaines. Privés de leur porte-étendard, les gouvernements sécessionistes déposaient plus rapidement les armes et la paix se rapprochait. Jabiim aurait dû être une campagne simple, courte même. Pourtant, le Chevalier Jedi et ses troupes s’y étaient enlisés depuis près de deux semaines. Les renseignements avaient dépeint un régime proche de la capitulation et ne nécessitant qu’une petite poussée. Il aurait ensuite pu retourner à la capitale, voir Maya, mettre ses affaires en ordre, prévoir leur départ et, pourquoi pas, leur futur loin de l’Ordre Jedi.
Mais les renseignements se sont royalement plantés.
Non seulement les Jabiimis n’était pas prêts à se rendre, mais ils étaient également animés d’une étonnante fureur pour défendre leur monde, malgré le faible appui fourni par les quelques droïdes de la Confédération.
— Je déteste ce genre d’affrontement, grogna Deekon à son second à ses côtés.
— Vous voulez dire, le genre où on reste englués durant douze jours à cause d’un fichu bouclier qui ne veut pas céder ou le genre où on doit se frotter à des natifs ?
— Vous savez très bien que j’adore patauger dans la boue, Commandant, s’amusa le Kage.
Deviss, son casque posé sous le bras, contempla les impacts de leurs canons s’écraser sur le bouclier protégeant la ville tels de minuscules moustiques sur un imposant parebrise.
— Cela fait quoi, bientôt trois ans qu’on combat ensemble, Général ?
Deekon tressaillit. Il ne savait pas si la Guerre des Clones lui semblait durer depuis toujours ou si ces trois ans paraissaient beaucoup plus court. L’entendre de la bouche de l’officier clone fut, néanmoins, suffisant pour le perturber.
Trois ans, cela reste trop long.
— Environ, répondit-il sans montrer son trouble.
— Trois ans, murmura Deviss. Vous m’auriez parlé de ces état d’âmes il y a trois ans, je vous aurais sûrement ri au nez. Les Jedi, représentants de la Paix galactique, entrent en guerre et hésitent à tuer, à faire ce qui est nécessaire pour protéger la République Galactique toute entière contre ceux qui désirent la mener à la ruine.
— Parce que ce n’est plus le cas ? plaisanta Jeren.
Le soldat eu un petit rire.
— Tout comme vous, j’ai remis beaucoup de choses en perspectives. J’ai vu des mondes dévastés par une bataille de quelques jours, des villes s’effondrer en une heure et des peuples entiers affamés par des blocus de plusieurs semaines. Certains ne savaient même pas pourquoi nous venions sur leur planète, d’autres étaient prêts à la défendre au péril de leur vie. Je n’étais pas présent lors de la Bataille de Kamino, mais je sais très bien quelle énergie j’aurais déployé pour défendre mon foyer. Ces gens font de même, conclut-il en indiquant la ville pilonnée.
— Vous voulez dire que vous avez des doutes quant à notre assaut ? s’étonna le Jedi.
Deviss secoua la tête. Il arborait une expression fermée.
— Non, j’existe pour servir et protéger la République. Il est nécessaire de ramener l’ensemble des systèmes stellaires dans son giron. Je suis un soldat et les bons soldats suivent les ordres. Je voulais juste dire que je les comprenais, sans pour autant leur donner raison.
Pendant un instant, Deekon contempla cet homme, dont le visage, bien qu’existant en de millions d’exemplaires, lui semblait tout à fait unique. Lors de ses premiers jours, Deviss lui avait rapidement accordé sa confiance et, au fil des batailles, il avait fait de même.
Deviss, Red, Blackcat… J’ai le sentiment d’avoir établi des liens bien plus forts avec eux que je ne l’aurais crû en débarquant à la tête de la 128e.
— Je suis tellement désolé, Commandant.
Le clone tourna son regard brun vers lui, surpris par ses paroles.
— Pour quelle raison, Général ?
— Pour tout, articula Deekon empli de compassion. On vous a élevé pour combattre dans une guerre dont vous ne saviez rien. Vous avez été créé pour mourir pour la République, dès que vous avez atteint votre dixième année, et personne ne devrait vivre cela. On devrait tous avoir le choix.
L’expression de l’homme au visage buriné se fit soudainement plus bienveillante qu’il ne l’avait jamais vue.
— C’est ironique de la part d’un Jedi envoyé au sein d’un Ordre depuis ses quoi… Deux ? Trois ans ? Nous avons tous les deux été éduqués dans un seul but. Notre seule différence est que vous savez ce que vous ferez après tout cela. Nous, nous n’en avons aucune idée.
Son second était au courant de ses plans, de son intention de quitter l’Ordre aussitôt que la guerre serait terminée. Il avait été surpris d’oser lui en parler. Avant lui, il n’avait informé que Katooni. Sa Padawan avait encaissé le coup difficilement et sa première réaction avait été de vouloir l’accompagner, mais il lui avait demandé de réfléchir. Abandonner la 128e à la fin de la guerre lui semblait logique. Il savait qu’il devait s’en éloigner pour rester celui que Maya voyait en lui, mais la perspective de laisser son apprentie derrière le perturbait. La jeune Tholotienne devrait changer de mentor s’il partait avec l’Arkanienne et il ne voulait pas que cette possibilité l’effraie.
Je sais que j’aurais suivi Sar n’importe où sans un doute et je crains que Katooni n’agisse de la même manière.
L’émetteur holographique de Deviss bipa et celui-ci enfila son casque alors que la pluie commençait à tomber plus intensément. Deekon abaissa sa capuche sombre sur ses cheveux argentés, le protégeant ainsi des gouttes glacées qu’il avait appris à détester.
— Veuillez m’excuser, Général, signala le clone avant de s’éloigner.
Debout au milieu de l’averse qui ne pouvait masquer le bombardement incessant, le jeune Jedi se projeta dans la Force jusque sur Coruscant, jusqu’à Maya. Telle une vague de lumière, l’Arkanienne mêla son esprit au sien. Jamais, ils n’avaient été aussi fusionnels. Leur décision mutuelle de quitter l’Ordre allait influencer leurs vies. Depuis Honoghr, il était également conscient que leur relation avait changé. Une fois partis, les restrictions imposées par le Conseil tomberaient et cela l’effrayait autant que cela lui donnait de l’espoir. Enfermé au sein du Code Jedi, il avait toujours maîtrisé ses émotions. La jeune femme avait été son point de repère, cette lueur qui l’empêchait de sombrer lors de ses moments les plus conflictuels. Il l’avait toujours considérée comme son amie la plus proche, mais cette perspective de finalement être autorisé à quelque chose de plus s’était peu à peu installée dans son esprit.
Et c’est cela qui m’effraie. J’ai peur que cela vienne à ne pas fonctionner, mais j’espère également le contraire. Karabast, c’était vraiment plus simple vingt ans en arrière.
Derrière lui, il entendit un bruit de pas qui aurait été imperceptible pour n’importe quelle ouïe, mais ses sens développés et amplifiés par la Force le révélèrent au milieu de l’averse et des batteries lourdes. Il se retourna pour voir Deviss se rapprocher, arme à la main et accompagné de deux autres soldats à l’armure blanche et rouge.
— Alors, quelles sont les nouvelles, Deviss ? demanda-t-il assez fortement pour être entendu.
— Bonne nouvelle, Général Jeren, annonça-t-il. On peut se mettre en mouvement. Blackcat et la commandante ont trouvé un accès aux canons anti-aériens nord. Avec le bon timing, on pourra directement enchaîner avec un assaut par les airs.
Le jeune Kage sourit. L’exceptionnelle résilience du bouclier ennemi l’avait forcé à revoir ses plans et à patienter, mais l’imprévu le plus inattendu avait été la météo. L’épaisseur de boue formée en seulement quelques jours était telle que ses blindés s’étaient très vite retrouvés embourbés. Une attaque terrestre les aurait alors laissés sous le feu séparatistes pendant bien trop longtemps. Toutefois, son apprentie avait établi en plan simple, mais efficace : Un reconnaissance rapide pour repérer les batteries défendant la ville et permettre un assaut frontal par canonnière. Il n’avait, cependant, pas eu de nouvelles de sa Padawan et du soldat CRA qui l’accompagnait depuis maintenant deux heures.
Je commençais presque à m’inquiéter.
– Vous en dites quoi, Général ? Un dernier assaut éclair avant que Kenobi et Cody ne mettent fin à la guerre ?
— Puissiez-vous avoir raison, Commandant, répondit le Jedi qui espéra vraiment que l’assaut mené sur Utapau pourrait réellement avoir cet effet.
Deviss eut un simple hochement de tête, mais il ne fut pas difficile pour le Kage de percevoir ses émotions. Il était déterminé, mais également inquiet, inquiet de ce qu’il adviendrait de ses semblables et de lui-même, une fois le conflit arrivé à sa fin.
— Rocket, Fi, ramenez-vous avec des moto-jets, ordonna-t-il dans son appareil de communication. On a des canons à faire sauter et vite !

Il leur fallut peu de temps pour rejoindre la position avancée de Katooni et son équipe à l’entrée d’un étroit tunnel situé à la périphérie de la ville. Lorsque Deekon Jeren s’en approcha, il plissa son nez.
— Padawan, tu te rappelles du moment où je te parlais des sens très développés des Kages ? Cela incluait également l’odorat.
La Tholotienne s’approcha à son tour, une lueur joviale dans le regard toujours présente malgré la pluie et la protection limitée offerte par sa capuche marron.
— Ne faites pas votre Tooka effarouché, Maître, s’amusa-t-elle. Ce souterrain mène directement de l’autre côté du bouclier. Il semblerait que les Jabiimis n’aient pas jugé nécessaire de protéger leurs égouts.
— On se demande pourquoi, maugréa le Chevalier Jedi en jetant un œil peu enthousiaste au sombre tunnel dans lequel s’avançait son apprentie.
— Allez, Général, ne faites pas votre Tooka effarouché, se moqua Blackcat en lui tapant dans le dos.
Le Jedi contempla le clone habituellement taciturne le dépasser avec quelques autres soldats en haussant un sourcil grisâtre.
— Elle a une mauvaise influence sur vos hommes, Deviss.
Le commandant le rejoignit.
— Votre apprentie, votre problème, Général, se contenta-t-il de répondre en pénétrant dans le souterrain. L’odeur n’est pas si horrible.
Facile à dire, quand on porte un casque muni d’un filtre.
Deekon poussa un soupir, puis s’engagea dans l’étroit couloir à son tour. L’air était nauséabond, mais cela n’était rien en comparaison avec le sol poisseux sur lequel il progressait. Très vite, il fut contraint d’allumer son sabre-laser, sa vision nocturne ne lui suffisant plus à percevoir clairement son environnement. La lueur saphir de la lame de Katooni vint très vite rejoindre son propre éclat, suivi par les faisceaux lumineux blancs émis depuis les casques des soldats en armure.
— Comment vous êtes tombés dessus ? finit-il par demander à sa Padawan.
— Les bestioles, répondit-elle simplement avant de constater les yeux dorés interrogateurs fixés sur elle. La plupart des animaux ont été effrayés par les affrontements à la périphérie de la ville, mais pas ceux à l’abri dans les tunnels. Il s’agissait pour ainsi dire de la seule présence de vie, hormis celle des Jabiimis en périphérie, que je ressentais. J’ai donc convaincu Blackcat d’aller jeter un œil et voilà !
Pourquoi je n’y avais pas réfléchi ?
Son visage éclairé d’un halo bleu venait certainement de trahir sa pensée, car Katooni arborait désormais une expression triomphale.
— Beau boulot, Katooni, déclara-t-il déclenchant un élargissement immédiat du sourire de la Tholotienne.
— Inutile de me remercier, Maître. J’espère que cela incitera les Jabiimis à se rendre plus vite et empêchera la mort inutile de plus de soldats de notre côté et du leur.
Il y avait de l’inquiétude dans le ton de la jeune fille et elle n’avait pu empêcher ses vrilles crâniennes de légèrement trembler. Elle s’était attachée aux clones et en particulier à Blackcat qu’elle avait tenté de dérider dès son arrivée avec succès. Il avait pu constater que nombre d’entre eux étaient devenus comme des amis pour la gamine. Lui-même, éprouvait une certaine affection pour ces hommes sous son commandement. Durant ces trois années, il avait forgé des liens plus fort qu’il ne l’avait prévu avec eux. Deviss, plus qu’un second, était devenu un confident. Il était l’un des rares avec Katooni à connaître ses plans avec Maya, mais aussi à voir le lien qui l’unissait vraiment à la Scion Arkanienne qui brillait d’une lueur aussi vive qu’un soleil dans son esprit.
Ils méritent mieux, tous autant qu’ils soient.
Depuis Geonosis, personne n’avait réellement cherché à savoir qui avait réellement passé la commande de cette armée. La réponse demeurait dans l’ombre et le resterait certainement. L’Ordre s’était contenté d’accepter la mise en service des clones, tels des droïdes sortant d’une usine et envoyé au front, puis remplacés par de nouveaux exemplaires. Ce procédé avait souvent pris le jeune Jedi aux tripes mais, lorsqu’il en avait parlé à quelques membres de la 128e, ils ne lui avaient pas paru particulièrement concernés. Certains remettaient la situation en question, notamment Red ou Blackcat, mais la plupart avaient accepté leur destin.
Pourtant, j’ai de la peine à me résoudre à ce simple état de fait.
— On y est, annonça soudainement le soldat CRA en indiquant une échelle.
— Très bien, constata Deviss. Blackcat, vous montez en premier pour confirmer que la voie est dégagée. Doom, Fi, vous prendrez l’arrière garde.
Les hommes acquiescèrent, leurs expressions tendues rendues visiblement invisibles par leurs casques, mais toujours perceptibles au sein de la Force. Le soldat d’élite en armure noire et rouge atteignit l’accès supérieur et montra un pouce en l’air, leur indiquant qu’ils pouvaient le suivre. Deekon, après avoir éteint son arme, fut le premier à grimper, suivi par Katooni. Arrivé au sommet, un frisson glacial le parcourut renforcé par la présence de Maya qui ne l’avait pas quittée. Il s’arrêta un instant, mais ne perçut pas d’autre danger.
Il faut que je me calme.
Il finit par émerger dans une pièce qui lui semblait s’assombrir au fur et à mesure, sa Padawan sur ces talons. Celle-ci jetait de rapides coups d’œil dans toutes les directions. Elle était sur le qui-vive, mais bien trop par rapport à ses habitudes.
— Katooni ?
Elle écarquilla ses grands yeux bleutés.
— Vous l’avez senti, Maître ?
Il se mordit la lèvre. Le sentiment désagréable qui l’avait traversé et qui ne le quittait plus lui parut soudainement plus inquiétant.
— Un souffle froid ?
La Tholotienne hocha la tête, visiblement perturbée. Elle n’avait, de toute évidence, jamais éprouvé cette sensation.
Et moi non plus.
— Détends-toi, mais reste sur tes gardes, annonça-t-il en s’ouvrant un peu plus à la Force.
— Il y a un problème ? demanda Deviss qui n’avait pas eu de peine à discerner leur trouble.
Deekon se redressa en scrutant les alentours, sans pouvoir se débarrasser de son inconfort.
— Quelque chose… quelque chose ne va pas. Soyez prudents.
— Je n’ai rien sur mes scanners. L’endroit est dégagé, constata le clone avant de voir le regard insistant de son supérieur, mais je vais dire aux gars de faire preuve de vigilance.
Sans un mot, le Kage le remercia pendant qu’ils se déplaçaient en silence dans ce qui avait tout l’air d’être un vieil entrepôt. Katooni vint se ranger à ses côtés, son malaise toujours clairement perceptible.
— Maître, je voulais vous dire, murmura-t-elle comme si elle n’était pas sûre de ses mots, j’ai longuement réfléchi à ce qui allait se passer après.
— Après ? demanda Deekon qui ne pouvait s’empêcher de garder la main sur son sabre-laser.
— Après tout ça, après la guerre, continua-t-elle. Maya et vous, vous avez vraiment l’intention de quitter l’Ordre, n’est-ce pas ?
Il se contenta d’acquiescer et il perçut le conflit intérieur qui agitait son apprentie avant que celui-ci ne se dissipe soudainement.
— Dans ce cas, je viendrai avec vous.
Son ton déterminé et empli de confiance surprit Deekon.
— Katooni, je ne peux pas te demander d’abandonner cette voie…
— Et vous ne l’avez pas fait, l’interrompit la fillette. C’est ma décision. Vous avez raison, les Jedi se sont perdus en chemin. La guerre nous a tous changés et je ne me suis jamais sentie aussi rassurée qu’à vos côtés et à ceux de Maître Maya. Vous êtes ma famille, plus que l’Ordre ne l’a jamais été.
Les paroles le touchèrent plus profondément qu’il n’osait le monter et il posa sa main sur l’épaule de la Tholotienne.
— C’est un honneur, jeune Katooni, annonça-t-il en contemplant l’air ravi de la jeune fille.
Devant lui, Deviss s’était arrêté. Sa présence au sein de la Force s’éveilla. Quelque chose avait finalement attiré son attention à lui aussi. Autour de lui, les clones les accompagnant se déployèrent suite aux consignes prononcés au sein de leur système de communication privé.
— Vous avez quelque chose sur les scanners, Commandant ? demanda Deekon qui constatait, lui aussi, que le danger venait de soudainement augmenter d’un cran.
— On va gérer ça, grinça l’officier avec difficulté.
Le ton était inhabituellement forcé, puis Deviss se retourna et le Kage comprit. La manœuvre était subtile, mais il la connaissait pour l’avoir développée avec son second. Ses hommes étaient bel et bien en train de se déployer, mais pour les encercler Katooni et lui-même. Le clone en armure blanche et rouge leva son arme.
— Les bons soldats…suivent les ordres, grogna-t-il d’une voix qui n’était plus la sienne.
Non…
Il sentit une hésitation chez le commandant. Celle-ci dura une seconde, une seconde durant laquelle son doigt ne put se résoudre à presser la gâchette, une seconde qui suffit au Chevalier Jedi pour comprendre l’incompréhensible. Il dégaina son arme et projeta son apprentie derrière une pile de caisse. Katooni ne put étouffer un cri de surprise, sa confusion emplissant la Force. Deekon para le premier tir, puis celui provenant du blaster de Blackcat derrière lui. Il en intercepta un troisième pour le rediriger vers le DC-15 de Fi. Le clone lâcha son arme. Ils tiraient pour tuer, le jeune homme en était maintenant conscient. Il se concentra pour ne pas se laisser envahir par la peur et la confusion. Il virevolta et trancha net le canon de Deviss, ne pouvant se résoudre à frapper l’individu qui avait été à ses côtés durant ces dernières années. Un trait bleu ricocha contre la protection de sa jambe gauche et il entendit Katooni activer son arme. Il devait la protéger. Des ordres fusaient autour de lui, poussés par une détermination artificielle. Il devait les neutraliser, comprendre ce qui arrivait, mais son esprit n’arrivait pas à fonctionner, puis la lumière disparut, lui coupant le souffle. Une dague glaciale sembla lui perforer les entrailles pour transformer son sang en un fluide gelé. Il tenta de retrouver cette lueur emplie de chaleur qu’il avait maintenu à ses côtés depuis toujours, mais n’y trouva que le néant, l’obscurité, le froid. Il avait soudainement l’impression de sombrer dans un puits sans fonds. La panique s’empara de lui, sa vision devint sombre et il continua de chercher cet éclat qui venait de disparaître.
Maya !
La lumière n’était plus là. La chaleur n’était plus là. Maya n’était plus là. Il ne voyait plus qu’un voile sombre. Il avait froid. Il ne pensait plus. L’unique sensation qu’il était encore capable de percevoir était cette douleur indescriptible qui s’était emparée de la totalité de son être.
— Maître !
Il était essoufflé.
— Maître !
Il sentait la transpiration mêlée à des larmes couler à grosses gouttes sur son visage. Sa main droite lui faisait mal à force de serrer un objet métallique qu’il ne pouvait voir et sa gorge le brûlait sans qu’il n’en connaisse la raison. Son flanc, son flanc gauche était également douloureux, mais il ne voyait que les ténèbres autour de lui
— Deekon !
Le cri terrorisé l’atteignit tel un tir de blaster en pleine poitrine et il distingua des formes et une odeur, une odeur caractéristique qui lui retourna l’estomac, une odeur de chair brûlée. Il entendit ensuite le bourdonnement familier et une lueur cyan passa devant ses yeux, dissipant le rideau noir qui l’aveuglait. Le souffle court, incapable d’effectuer le moindre mouvement, il contempla l’effroyable tableau qu’il avait désormais sous les yeux. Il reconnaissait sans peine les morceaux d’armures renfermant des membres séparés de leurs corps éparpillés dans la pièce. Devant un lui le casque blanc et rouge qu’il avait si souvent vu bougeait encore, comme compressé par une force surnaturelle, un liquide sombre s’échappant par les quelques fissures qui y étaient apparues. Lorsque son regard arriva sur ce qu’il restait de l’armure démembrée, mais si familière au kama rouge, il sentit l’objet dans sa main s’éteindre, puis tomber sur le sol dans un fracas métallique bien plus fort qu’il ne l’aurait dû. Il recula en titubant, la respiration irrégulière, réalisant peu à peu. Les pensées s’entrechoquaient dans son esprit, ne pouvant s’accorder sur ce qui avait eu lieu, comme s’il essayait de se rappeler d’un rêve après un réveil difficile. Deviss, Blackcat et le reste de ses hommes s’étaient soudainement retournés contre lui. Il avait voulu les épargner, puis elle avait disparu. La chaleur douce et rassurante de Maya avait disparu et il n’arrivait plus à la retrouver malgré ses efforts. Sa vision se troubla une nouvelle fois et il sentit les larmes glacées rouler sur ses joues. Il revit cette seconde d’hésitation chez le clone, cette seconde qui lui avait sauvé la vie.
Pourquoi…
Il essaya de s’accrocher à la lumière, à l’équilibre qu’elle lui procurait, mais fut incapable de la saisir. Elle n’existait plus. Il était seul et incapable de bouger, puis une décharge le frappa au sein de la Force.
Katooni !
Il fallait qu’elle ait survécu. Elle ne pouvait pas avoir disparu elle aussi. Il se retourna lorsqu’il sentit une faible vibration submergée par la terreur et il la vit. Elle était encore debout et toutes ses pensées s’ancrèrent sur la petite Tholotienne. Il ne l’avait jamais vu aussi pâle, les yeux grands ouverts. Sa lame bleue était encore activée, mais ne bougeait plus. Elle tremblait, sa présence presque invisible dans la Force, comme si elle s’en était coupée pour se protéger. Péniblement, le Jedi s’approcha d’elle et focalisa toutes ses pensées sur elle. Son apprentie était encore en vie. Il devait la protéger.
— Katooni, prononça-t-il la gorge nouée.
Entendre son nom fut comme un électrochoc chez la jeune fille, qui sembla prendre conscience de sa présence, sans pour autant éteindre son sabre-laser. Deekon s’approcha encore un peu d’elle.
— Tout va bien, Katooni, murmura-t-il alors qu’il sentait la douleur sur son flanc augmenter à mesure qu’il remettait de l’ordre dans ses pensées.
Emplis de peur, les yeux de son apprentie ne purent retenir un flot de larmes et il vit le corps en armure noire étendu à ses pieds.
— Maître ? Blackcat… je… vous…, bégaya-t-elle d’une voix tremblante. Vous les avez tués… Pourquoi ? Pourquoi, ils ont fait ça ? Maître Maya… Zatt… Pietro… J’ai senti… Je me trompe… C’est impossible.
D’autres noms étaient restés bloqués dans sa gorge et Deekon n’avait aucune idée de ce qu’il devait répondre. Il se contenta d’approcher lentement focalisant toute son attention sur sa Padawan. Lorsque elle eut éteint son arme avant de la laisser tomber, il s’accroupit. Elle tomba dans ses bras, secouée de sanglots et il se contenta de la serrer, puis grogna lorsqu’une vive douleur enflamma ses côtes. Katooni eut un mouvement de recul et la peur s’empara à nouveau d’elle.
— Vous êtes blessé !
Lui aussi venait seulement de le remarquer, mais il était à nouveau capable de réfléchir, la survie de sa Padawan lui donnant un but. Il se redressa, alors que le comlink situé sur ce qui devait être le bras droit de Deviss s’activait.
— Commandant ? demanda la voix reconnaissable de Red. Vous les avez abattus ? Commandant ? Fierfek !
Red aussi.
La communication se coupa et Deekon utilisa la Force pour ramener son sabre-laser dans sa main. Lorsque celui-ci toucha sa paume, la nausée l’envahit. L’arme lui sembla soudainement lourde et dénuée de la chanson lumineuse qu’elle renfermait habituellement. À la place, il ne percevait plus qu’une litanie viciée. Il la contempla un instant, le regard perdu, avant d’observer le sol jonché de corps puis, d’une pression de Force, la réduisit en miettes.
Plus jamais.
— Maître, d’autres vont nous chercher, articula difficilement Katooni qui semblait peu à peu retrouver un semblant de contenance.
Le Kage observa les alentours et ses yeux dorés se stoppèrent sur l’un des clones à l’armure encore intacte. Il se dirigea vers le cadavre de son ancien allié. Il faisait à peu près la même taille que ses hommes, ce qui allait lui rendre service. Il s’empressa de retirer l’équipement du soldat. Derrière lui, sa Padawan le regarda faire sans prononcer le moindre mot.
Leur présence, leur présence lumineuse a disparu. Cela s’est-il passé partout ? Au Temple ?
Il connaissait la réponse à cette question, mais se refusait encore à l’accepter. Se saisissant du casque blanc et rouge, il l’enfila sur sa tête et contempla le visage éternellement figé du soldat au teint hâlé.
Je suis tellement désolé.
— Par le souterrain, indiqua-t-il en pointant la grille qui les avait mené jusqu’ici.
Chancelante, la Tholotienne s’exécuta et il lui emboita le pas. Ils pouvaient retourner vers les moto-jets. Ils avaient amené des caisses d’équipements. Katooni était petite. C’était leur seul chance. Fey, il espérait que Fey n’était pas, elle aussi, impliquée. Il s’approcha de l’accès, puis se retourna un instant vers les restes de son sabre-laser, son regard attiré par une pièce en particulier. Il ne pouvait pas la laisser, pas après tout ce qu’elle représentait. Il la fit léviter entre ses doigts, puis la rangea dans sa ceinture utilitaire et s’engagea à la suite de Katooni. À mesure qu’il descendait les échelons, il sentait ses viscères se retourner. Il ne pouvait pas imaginer que le Grand Maître soit décédé lui aussi.
« La trahison, voilà la dernière épreuve que braver vous devrez encore dans votre futur, jeune Jeren. »
C’était les mots que Maître Yoda avait prononcé lors de son adoubement. Il s’agissait de sa dernière épreuve, celle qui devait faire de lui un Chevalier Jedi. À présent, la vision des corps aux plaies cautérisées gravée dans son esprit, il aurait préféré ne jamais avoir à la passer. Il finit par atteindre, le sol, ses entrailles nouées, puis il sentit le tambourinement dans ses tempes et la pression sur son sternum. D’un geste vif, il retira son casque, incapable de retenir plus longtemps le contenu de son estomac.
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Messagepar GTZL1 » Lun 15 Fév 2021 - 21:38   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Execute Order Sixty-Six, enfin :diable: . On s'y attendait et... on n'est pas déçu. Déjà tu joues avec nos nerfs avec la première communication reçue par les clones :lol: , et surtout le reste est un sans-faute. L'histoire expose si bien ce que ressent Deekon à ce moment, la violence des perturbations dans la Force... On n'a ni juste un truc badass ni uniquement une vision de Force. On est emporté par le déchirement de Deekon en même temps qu'on l'imagine ressortir ses automatismes pour abattre tous les clones dans un combat parfait.

En bref, le meilleur chapitre de ta fic jusqu'à présent. J'imagine que les Legendistes apprécieront de revoir Jabim. Bon par contre, sachant que Maya était sur Coruscant, pour elle je me suis pas fait d'illusions dès le début :paf:.
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Messagepar mat-vador » Lun 15 Fév 2021 - 23:42   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Lu !

Et bon ben voilà... Ordre 66 :shock: :cry: ! Très bien écrit, très bien amené. on ressent bien toute la détresse de Deekon, confronté à la perte de Maya et traumatisé par ce retournement des clones qu'il a dû abattre.

Maintenant il s'agit de fuir et de survivre... y parviendront-ils ?

La suite :oui: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar L2-D2 » Mer 17 Fév 2021 - 19:15   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitre 16 lu !

Sublime. Dramatique. Parfait.

Voilà, c'était le commentaire constructif du jour ! Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar Jenos Idanian » Mer 17 Fév 2021 - 20:48   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Tout comme le dit notre bon L2 juste avant moi, je ne vais pour ma part pas faire grand-chose dans le constructif non plus :lol: , ni même dans le bien original, mis à part peut-être le fait qu'après une certaine absence de ce côté-ci du fofo me voilà enfin de retour chez notre ami Mandoad :)

Après avoir dû momentanément me résoudre à abandonner un peu la barque (vers le chapitre 7 ou 8 je crois, mais j'avais déjà lu au préalable le chapitre dans le fanzine), me voilà enfin à jour dans mon rattrapage de lecture ici :D

Je pensais donc, avec ce retard accumulé, devoir prendre encore un peu plus de temps que ça pour le combler, mais ça va tout compte fait j'ai pu gérer :transpire: (tout comme tu as bien géré en coupant le chapitre 12 en 2; pour ça je te remercie d'ailleurs :lol: c'était une "triche" plutôt bienvenue pour le retardataire que je suis j'étais)

Très rapidement je ne soulèverai qu'un mini détail que je trouve malgré tout intéressant: Chapitre 16 et toujours en -19... Sans partir dans les pronos, je suis curieux pour la dernière partie là maintenant :)

Ne reste donc "plus" qu'une seule partie, alors. Étant donné le rythme de lecture particulier que je viens de "m'infliger" :lol: (quand c'est bien écrit c'est tout de suite plus digeste :wink: ) d'un coup, je vais possiblement m'envoyer cette dernière partie à venir puis me refaire d'un seul coup tout ton récit, pour être sûr, depuis le temps, de n'avoir rien raté en cours de route et re-savourer le tout, juste au cas-où :)

Voilà donc, toujours là, planqué au chaud au fond de la classe, un peu plus discret ces derniers temps mais assidu quand-même :oui:
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Messagepar Mandoad » Ven 19 Fév 2021 - 10:15   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Merci à tous pour vos commentaires !

GTZL1 a écrit:En bref, le meilleur chapitre de ta fic jusqu'à présent.

L2-D2 a écrit:Sublime. Dramatique. Parfait.

C'était un peu LE chapitre sur lequel je ne voulais pas décevoir, donc cela fait plaisir de voir qu'il a fonctionné. Maintenant, avec de telles éloges, j'ai presque peur de me lancer sur la suite. :transpire:

GTZL1 a écrit:Déjà tu joues avec nos nerfs avec la première communication reçue par les clones

C'était un poil fait exprès :sournois:

GTZL1 a écrit:L'histoire expose si bien ce que ressent Deekon à ce moment, la violence des perturbations dans la Force... On n'a ni juste un truc badass ni uniquement une vision de Force. On est emporté par le déchirement de Deekon en même temps qu'on l'imagine ressortir ses automatismes pour abattre tous les clones dans un combat parfait.

mat-vador a écrit:on ressent bien toute la détresse de Deekon, confronté à la perte de Maya et traumatisé par ce retournement des clones qu'il a dû abattre.

C'était dans mon esprit depuis le début, de ne pas écrire une scène standard de charcutage en de clones en direct. Je voulais montrer à quel point Deekon perd pied après la disparition de Maya. À un instant, il retient ses coups et, à celui d'après, il réalise qu'il a massacré ses anciennes troupes sans vraiment en être conscient.

Jenos Idanian a écrit:Très rapidement je ne soulèverai qu'un mini détail que je trouve malgré tout intéressant: Chapitre 16 et toujours en -19... Sans partir dans les pronos, je suis curieux pour la dernière partie là maintenant

Hey, content de te revoir dans les parages Jenos. J'espère que tout va un peu mieux de ton côté. :)
Quant à ton commentaire, ouais y a eu un petit blocage sur -19, j'avoue. C'est la faute du Padawan, ma fois :D

Allez, a+ pour la suite (j'espère avoir le temps de l'écrire pour lundi) !
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Messagepar LL-8 » Sam 20 Fév 2021 - 18:19   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Honte à moi, j'étais com-plè-tement passée à côté de ta fic' ! Et quelle fic' !

J'ai enfin rattrapé mon retard et je dois dire que je ne me suis pas ennuyée une seule seconde ! J'aime beaucoup l'idée de diviser ta fic' en grandes parties associées aux grands événements de la vie de Deekon (d'ailleurs, c'est une starwarsition de Deacon, ou bien rien à voir ?). J'ai d'ailleurs retrouvé un peu de Jaden dans ce personnage, surtout dans sa connexion avec la pègre (quand est-ce qu'on revoit ce personnage, au fait? :D )

On reconnaît bien ton style (les pensées en italiques, les Nexus disséminés un peu partout...) et c'est très plaisant, maîtrisé de bout en bout. J'adore le choix de prendre un proche-humain comme personnage principal, mais surtout l'utilisation d'une Arkanienne (je suis dingue de cette espèce), c'était top !

La partie qui me restera le plus en mémoire, c'est "Pas moi" : les sentiments de Deekon sont d'une justesse incroyable et on n'en ressort pas indemne.

La relation entre Maya et Deekon est aussi très bien amenée, sans forcing (d'ailleurs, je ne crois pas une seconde à sa mort, on n'a pas vu le corps :paf: ). J'ai été honnêtement moins fan de Katooni, mais sa présence permet de mettre certaines choses en perspective pour Deekon, donc pourquoi pas. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle survive, à voir ce que cela donne pour la suite...

En résumé, c'est un excellent cru que tu nous sers, Mandoad! Pour paraphraser L2, vivement la suite!
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Messagepar Mandoad » Dim 21 Fév 2021 - 12:03   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

LL-8 ! La bonne surprise du jour que de te voir dans les parages ! :hello:

LL-8 a écrit:J'aime beaucoup l'idée de diviser ta fic' en grandes parties associées aux grands événements de la vie de Deekon (d'ailleurs, c'est une starwarsition de Deacon, ou bien rien à voir ?).

Pour l'idée de séparation en partie plutôt que faire un texte continu comme pour Vauriens m'est venu d'une autre fic' du fofo qui s'appelle *Chroniques d'une Rebelle", je ne sais pas si tu as lu ? :whistle:
Quant à Deekon, c'est totalement une starwarsition. Lorsque je développais le personnage, je jouais à un jeu qui s'appelle "Days Gone", dont le nom du héros est Deacon, justement. D'ailleurs, niveau petit détail subtil, ses initiales sont "DJ", l'inverse de "JD" (comprendra qui pourra) :transpire:

LL-8 a écrit:J'ai d'ailleurs retrouvé un peu de Jaden dans ce personnage, surtout dans sa connexion avec la pègre (quand est-ce qu'on revoit ce personnage, au fait? )

J'ai essayé de m'en éloigner, mais je dois avouer que certains traits reviennent et je n'ai pas réussi à me passer du monde de la pègre cher à mon coeur. Quand revoit-on Jaden ? Difficile à dire... Disons, plus tard que tu ne le voudrais et plus tôt que tu ne le penses ? D'ailleurs, n'y aurait-il pas déjà une référence au vaurien dans cette fan-fic' ? :think:

LL-8 a écrit:On reconnaît bien ton style (les pensées en italiques, les Nexus disséminés un peu partout...) et c'est très plaisant, maîtrisé de bout en bout. J'adore le choix de prendre un proche-humain comme personnage principal, mais surtout l'utilisation d'une Arkanienne (je suis dingue de cette espèce), c'était top !

Merci, cela fait plaisir d'avoir pu développer un style reconnaissable et je crois que tu en as bien saisi les deux références principales. Le choix du Kage et de l'Arkanienne venait justement du fait qu'il y a beaucoup trop d'humains comme personnages principaux et je voulais apporter un petit vent de fraîcheur. Bon, on reste sur du proche-humain, donc cela ne révolutionne rien (Je laisse ça à darkCedric), mais j'aime bien utiliser deux espèces un peu moins présentes dans le matériel de base.

LL-8 a écrit:La partie qui me restera le plus en mémoire, c'est "Pas moi" : les sentiments de Deekon sont d'une justesse incroyable et on n'en ressort pas indemne.

Pour le coup, pas facile à écrire ce chapitre. J'ai fait quelques recherches sur le syndrome du survivant pour voir s'il y avait moyen de rendre ça plus réaliste, voir que ce chapitre a marqué est donc un super compliment.

LL-8 a écrit:La relation entre Maya et Deekon est aussi très bien amenée, sans forcing (d'ailleurs, je ne crois pas une seconde à sa mort, on n'a pas vu le corps ). J'ai été honnêtement moins fan de Katooni, mais sa présence permet de mettre certaines choses en perspective pour Deekon, donc pourquoi pas. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle survive, à voir ce que cela donne pour la suite...

La fameuse théorie du "pas vu le corps, donc tout est possible". Pas d'inquiétude, il n'y aura pas d'ambiguïté sur qui survit et qui meurt dans ce récit d'ici la fin. Katooni est un personnage qui a et aura son importance, sans trop en dire, et me donne l'opportunité de planifier quelque chose (en plus elle me donnait l'excuse de faire passer Deekon par la case "mentor").

Merci pour tous ces commentaires positifs LL-8. Cela fait super plaisir de te revoir dans la section en tout cas. Tu y reviens bientôt avec des nouveaux écrits, d'ailleurs ? :wink:
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Messagepar Mandoad » Lun 22 Fév 2021 - 18:03   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

On débute donc l'ultime partie ! Après le chapitre tant attendu de la semaine passée, on retourne sur un extrait plus calme, riche en dialogues et que j'ai eu de la peine à écrire sans que ses événements ne sonnent trop forcés (je suis donc curieux de découvrir ce que vous en penserez). Je vous laisse donc découvrir ce premier chapitre qui vous donnera une indication sur la direction empruntée. Bonne lecture !

Partie V - Fugitif


Chapitre 17 : Séparation


19 av.BY, Nar Shaddaa, Système Y’Toub

L’imposant train à la dizaine de wagons transperça les vives lumières émises par les enseignes aux néons multicolores qui éclairaient les façades couverte de pollution. Machine de métal inarrêtable dans sa course infinie, elle faisait néanmoins la fierté de son créateur : Aucius Piell. Plus qu’un simple moyen de transport, le Nebulus, comme il se nommait, était aussi l’un des casinos les plus réputés de tout New Vertica. À son bord, spectacles grandiloquents, nuits d’excès et journées de débauches rythmaient le quotidien d’individus prêts à dépenser plus en une heure que la plupart des citoyens de la galaxie en une année. Symbole du pouvoir de son concepteur, qui se targuait de posséder l’établissement le mieux sécurisé de la Lune des Contrebandiers, il ne produisait qu’une expression de dégoût sur le visage désormais fermé de Deekon Jeren. Il avait troqué son ancienne bure pour une combinaison de vol noir de coupe simple, ne conservant que les protections d’avant-bras et les bottes de son ancien uniforme. La tête nue laissant apparaître sa courte chevelure argent, il n’avait pas pris la peine de dissimuler ses iris dorées. Les Kages étaient inhabituels et leurs yeux avaient une fâcheuse tendance à attirer l’attention autant qu’ils intimidaient. Or, c’était exactement ce qu’il recherchait. Il désirait que cette foule de criminels et de profiteurs vienne à réfléchir à deux fois avant de lui poser des questions indiscrètes. Parfois, la meilleure des cachettes se trouvait être la plus en évidence. Il l’avait appris à ses dépens. Devant lui, une chope poussiéreuse remplie d’un liquide qui l’était tout autant reposait, parfaitement calme. Il n’y avait pas touché, l’ayant commandée plus par crainte de ne froisser le tenancier du lieu que pour étancher sa soif. Il balaya rapidement la salle du regard à la recherche de la personne qu’il avait contacté quelques jours plus tôt.
En retard.
Au bar, un couple de Quarrens passablement éméchés semblait se disputer au sujet d’un objet qui ressemblait vaguement à une théière avant de s’effondrer inanimés sur le sol. Un Chev de taille intimidante et à la peau gris pâle les souleva sans ménagement avant de les expulser de la salle et les yeux de Deekon continuèrent leur furtive inspection. Un pilote Duros, sans doute un contrebandier, était en discussion avec un petit Chadra-fan à la fourrure grise. La négociation semblait visiblement intense, mais il ne chercha pas à en apprendre plus, alors que ses yeux s’attardaient une seconde sur les deux danseuses, une Pantoran et une Twi’lek, toutes deux à la peau bleue, qui animaient la salle au rythme endiablé d’un groupe de Biths connus du secteur. Ce genre de spectacle était commun dans les divers bars de la capitale non-officielle du crime galactique. Les regards fascinés de la plupart des clients en disait, d’ailleurs, suffisamment sur leur intérêt. Les cantina, les nightclubs et les bars agissaient comme de véritable pots-pourris d’individus d’horizons et d’espèces variés et il avait toujours été fasciné lorsqu’il en observait la clientèle. Pourtant, aujourd’hui, cette fascination était absente. Il n’était pas curieux de deviner la profession et le parcours de chacun comme cela avait été le cas d’ordinaire. Ses sens étaient aux aguets à la recherche de la moindre perturbation dans la Force. Il ne s’en servait que parcimonieusement depuis Jabiim et il fut agacé de constater que son contact ne faisait toujours pas acte de présence.
— Il est en retard, marmonna la seule autre personne à l’accompagner de sa petite voix frustrée. Votre ami, j’entends.
Il tourna lentement la tête vers Katooni. La Tholotienne paraissait autant fascinée qu’inquiète de la foule présente autour d’eux. Pourtant, Deekon s’était surpris à constater qu’elle ne dénotait pas forcément en ce lieu. Vêtue d’un veston de cuir brun dénué de manches, enfilé sur une chemise blanche et d’un pantalon utilitaire noir, la jeune fille avait tout l’air de l’apprentie mercenaire pour laquelle le Kage désirait la faire passer.
— J’espère juste que ce n’est pas mauvais signe, grogna-t-il pour toute réponse, et je ne sais pas si je pourrais le qualifier d’ami.
— Vous pensez qu’il pourrait nous avoir trahi ?
Il secoua la tête.
— J’en doute. Il a une dette envers moi, et malgré son obsession pour le profit, il n’oserait pas s’impliquer avec… l’Empire.
Il avait eu de la peine à prononcer le dernier mot, comme s’il ne réalisait pas encore que ce nouveau gouvernement existait bel et bien. Il put voir le même type de réaction sur le visage de Katooni, accompagnant la fatigue qui tirait ses traits. Cela faisait maintenant environ deux semaines que les événements de Jabiim et la mutinerie des clones avaient eu lieu. Depuis, ils n’avaient pas encore eu l’occasion de réellement se reposer et se forçaient à rester attentifs au moindre signe perturbateur. Deviss et Blackcat étaient proches d’eux et ils n’avaient pas hésité à essayer de les tuer. Leur survie s’était jouée à peu de chose. Deekon avait appris à connaître les soldats sous ses ordres et leur gestuelle. Il n’avait, alors, eu aucune peine à se faire passer pour l’un d’entre eux sous le casque, infiltrant son apprentie à bord du vaisseau amiral dès qu’il en avait eu l’occasion. En revanche, la suite du plan avait dû demander beaucoup plus de subtilité. La partie la plus difficile à aborder avait été de contacter Zerin Fey, la capitaine en charge de sa désormais ancienne flotte, en privé. Heureusement pour eux, la suite s’était mieux déroulée. L’humaine était restée méfiante face aux accusations de trahison dont Katooni et son maître avaient été victimes. Elle n’avait pas cherché à comprendre la situation exacte et avait fini par leur arranger une évasion discrète de la flotte. Quelques sauts plus loin, afin de brouiller les pistes, le Kage avait abandonné leur transport, puis rejoint Nar Shaddaa afin de rencontrer quelqu’un qui, il l’espérait, pourrait lui rendre un ultime service.
J’ignore ce qu’il est advenu de Fey, si elle sert l’Empire ou a été démasquée. Elle a risqué sa vie pour nous.
Il ressentit soudainement un bref choc dans la Force, Katooni s’était figée, le regard attiré par un écran et ce qu’il vit lui fit serrer les poings. Les images dataient de plusieurs jours en arrière, mais la simple vision de cet être au teint blafard dissimulé derrière une capuche rouge sombre suffisait à catalyser la rage qu’il contenait avec peine.
Palpatine.
Il peinait encore à croire qu’il avait, un jour, pu voir l’avenir de la galaxie en cet homme, qu’il l’avait soutenu et presque admiré. Cet homme qui se faisait désormais appeler « Empereur » les avait tous bernés et l’Ordre Jedi en tête de file. Personne, pas même Maître Yoda, n’avait su percevoir que le Seigneur des Sith qu’ils cherchaient depuis des années tapi dans les ombres avait, en réalité, toujours été en pleine lumière. L’ex-chancelier n’avait reculé devant rien pour arriver à ses fins. Il avait organiser le blocus de sa propre planète et mené à l’éviction de son prédécesseur. Il n’y avait maintenant plus de doutes quant au fait qu’il était derrière la création de l’armée de clones, ni qu’il avait organisé un conflit de toutes pièces. Tout cela, Deekon le réalisait désormais, n’avait été fait que dans un seul but : anéantir les Jedi et régner sans partage sur la galaxie. Il y était parvenu. Le Kage ignorait si d’autres de ses semblables avaient survécu à la trahison des clones où à l’assaut sur le Temple, mais ses doutes augmentaient jour après jour.
Je l’ai vu sur l’holonet. Je ne parviens toujours pas à y croire. Le Temple en flammes. Palpatine était Dark Sidious.
Il détourna le regard. Palpatine les avait tous dupés et il n’avait pas eu peur des dégâts collatéraux nécessaires pour y parvenir.
— Ton expression te trahit, commenta-t-il néanmoins sans cesser de sonder les environs.
La Tholotienne sursauta avant de le regarder d’un air gênée.
— Désolé, Maître. C’est juste que… j’ai toujours de la peine à réaliser.
— Moi aussi, mais évite de m’appeler « Maître ».
Sa voix avait été plus froide qu’il ne l’avait escompté et il aurait dû s’excuser, mais ne le fit pas. Ils n’avaient pas le droit à l’erreur. Il leur fallait rester discrets et ne pas attirer bêtement l’attention sur leur condition. Katooni devait comprendre que s’être débarrassée de son sabre-laser, bien que cela eut été fait à contrecœur, ne suffirait pas à berner les serviteurs de Palpatine.
— Tu vas devoir désapprendre ce que tu as appris, expliqua-t-il, suivre de nouveaux enseignements, changer tes automatismes, surtout ici. Si l’un des nombreux laquais de Torga, le Hutt qui contrôle ce secteur, se décidait à observer plus attentivement, il te faudra faire illusion.
Il leva la tête, l’œil attiré par une silhouette. Son contact, un Weequay, venait d’arriver, mais il n’était pas seul. Deekon se prépara au pire.
— Oui, Maî… Monsieur, répondit son apprentie toujours un peu perturbée.
Le non-humain fit signe à ses hommes de rester dans un coin de la pièce, il venait de repérer les deux Jedi et le Kage le sonda brièvement avant de se détendre légèrement. Il ne ressentait aucune tromperie inhabituelle émanant de l’individu. D’une inflexion dans la Force, il fit savoir à sa Padawan qu’ils n’étaient plus seuls et celle-ci, à sa grande fierté, maintint un calme exemplaire. Le Weequay se rapprocha réajustant une paire de larges lunettes de vol sur ses yeux. Son long manteau vermeil volant derrière lui, il arborait toujours le même affreux couvre-chef probablement fait de la carapace d’un reptile inconnu, ainsi qu’un sourire dont l’ex-général avait appris à se méfier.
— Jeren, mon ami ! s’exclama le criminel en faisant grincer les dents au Kage qui aurait espéré plus de discrétion. J’avais cru à une mauvaise blague en recevant ton message. Tu es bien vivant ?
Katooni, en face de lui, sursauta comme si quelque chose l’avait perturbée, mais il resta concentré sur le nouveau venu. Par chance, personne ne semblait avoir fait attention à eux.
— Cela pourrait ne pas durer, si tu continues d’agir aussi théâtralement, grogna le Jedi une lueur menaçante brillant au cœur de ses yeux dorés.
— Ah, comme si ton nom signifiait quelque chose, déclara l’autre avant de réfléchir. Quoique j’avouerais avoir vu passer ton nom associé à une somme particulièrement intéressante récemment. J’ai hésité un instant avant de me rappeler notre profonde et profitable amitié.
Son apprentie s’était maintenant levée pour se ranger à ses côtés, provoquant la surprise sur le visage du Weequay.
— Katooni, voici…
— Hondo ! souffla la Tholotienne avec une stupeur moins grande que celle de Deekon en découvrant sa réaction.
— Jeune novice ! Je dois dire que cette journée s’annonce des plus surprenantes, s’amusa-t-il en faisant signe à une serveuse rodienne qui hocha la tête avant de se saisir d’une bouteille violacée.
L’expression que Deekon avait maintenu depuis leur arrivée se fissura un instant, son regard passant de la jeune fille au pirate.
— Apparemment, je n’ai pas besoin de faire les présentations, constata-t-il sans toutefois esquisser le moindre mouvement.
— Non, inutile. C’est un plaisir de rencontrer à nouveau la jeune Katooni. Inutile de perdre de temps à ressasser le passé.
Le Weequay avait prononcé la dernière phrase avec une expression joviale, mais avait tenté d’éviter le regard du Kage en la prononçant.
— Katooni ? demanda Deekon, déclenchant un sourire mal à l’aise chez son contact.
— Vous vous rappelez de la fois où je vous parlais des pirates nous ayant attaqué après notre Collecte ?
Hondo, sale rat-womp.
Son visage devait refléter les mêmes émotions que ses pensées, car le gangster eut un mouvement de recul. Ses hommes se levèrent de leur siège, mais il les arrêta d’un geste de la main.
— Tu t’es attaqué à un vaisseau rempli d’enfants ? l’interrogea le Jedi en gardant néanmoins son calme.
— Jeren, mon ami, ricana le Weequay qui semblait hésiter à finalement appeler ses hommes. Tu sais très bien dans quelle époque nous vivons. Il faut trouver des méthodes innovantes de faire du profit et, pour ma défense, un enfant Jedi vaut bien quatre de mes hommes et représentait donc une force de défense équitable pour ce vaisseau.
— Comme si tu y avais pensé avant.
— J’étais dans une mauvais passe, la vie était compliquée et mon équipe avait besoin que je leur remonte le moral. C’est important de veiller sur ses hommes, exagéra Ohnaka en appuyant exagérément chacun de ses mots. Alors, quand un de mes contacts m’a dit que vos vaisseaux pouvaient renfermer de quoi nous aider financièrement, je n’ai pas eu d’autre choix.
— Ce contact, c’était un autre Weequay particulièrement costaud et avec deux doigts à une main ?
La Rodienne à qui le pirate avait fait signe s’avança et lui servit une coupe transparente qu’il agita ensuite dans la direction du Jedi.
— Exactement ! Ce bon vieux Morad, il ne m’a jamais dit comment il avait perdu les autres, murmura-t-il en ingérant une généreuse gorgée du breuvage.
— Il a attaqué un vaisseau rempli d’enfants Jedi et leur accompagnant, expliqua doucement Deekon en se penchant légèrement en avant.
L’autre n’eut aucune peine à comprendre ce dont le Kage l’informait et porta une nouvelle fois le liquide à ses lèvres.
— Il avait omis ce détail, si j’avais su…
— …qu’il n’y avait pas que des enfants à bord du Crucible, tu aurais évité de t’y attaquer, compléta le Jedi en s’adossant à son siège.
Le pirate prit soudainement une expression artificiellement choquée en regardant Katooni.
— Ton mentor a vraiment une piètre opinion de moi.
— Peut-on vraiment lui en vouloir ? s’amusa la Tholotienne en s’appuyant contre sa chaise. C’est du passé désormais, n’est-ce pas Hondo ?
Les traits sur le visage brun-gris du non-humains se firent plus inquiets et il termina son verre d’un seul geste.
— C’est du passé, confirma-t-il. Les choses sont différentes désormais.
Il avait perdu son ton arrogant et confiant. Il était désormais évident qu’il était troublé, ce que Deekon n’avait pas l’habitude de voir chez lui.
— J’ai entendu que ce nouvel Empire était passé à l’offensive contre certains cartels, commenta Deekon mettant définitivement leur précédente discussion de côté.
— Cartels, indépendants, planètes endettées… Je me tiens volontairement à distance, pour le moment du moins. Je commence déjà à regretter les Jedi.
Il s’interrompit en constatant les expression de ses deux interlocuteurs.
— Crois-le ou non, Jeren, mais j’avais des amis parmi les Jedi aussi. Kenobi, Skywalker, la jeune Ahsoka tu sais ce qu’il leur est arrivé ?
Le Kage secoua négativement la tête. Il n’avait pas besoin de cacher la vérité. Il ignorait ce qu’il était advenu des trois personnes mentionnées, mais il avait vu l’état du Temple de Coruscant. Anakin Skywalker y était au moment de l’assaut et, aussi doué eut-il pu être, il doutait fortement qu’il ait pu s’en sortir. Ahsoka Tano n’était plus membre de l’Ordre, il doutait donc qu’elle ait pu être affectée, mais ne pouvait en être sûr. Quant à Obi-Wan, il préférait ne pas faire de pronostics.
— Quelle perte, murmura Hondo. Je les aimais bien, pour des Jedi et ils savaient… élargir leur façon de penser. À eux ! trinqua-t-il en levant son verre.
Katooni l’imita avant de goûter à son immonde breuvage, ce qui lui arracha une grimace surprise. Deekon, lui, se contenta de rester immobile. Il avait fait venir Ohnaka pour une raison particulière et, bien qu’il redoutait cet instant, il ne devait pas perdre plus de temps.
— C’est pour ça que je t’ai contacté, Hondo. J’ai, élargi ma façon de penser également.
— N’était-ce pas déjà le cas, ricana le Weequay avant de se raviser. Désolé, le temps c’est des crédits comme ma mère me le disait toujours avant de disparaître je ne sais plus où. De quoi as-tu besoin ? Un nouvelle identité ? Des armes ? Un vaisseau ? Une nouvelle garde-robe ?
— Que tu prennes Katooni avec toi, le coupa-t-il.
— Quoi ?! s’étonna la jeune Tholotienne d’une voix qui allait parfaitement de pair avec la toux étranglée du pirate. C’est hors de question !
Il soupira, non pas par exaspération, mais parce qu’il avait anticipé sa réaction dès leur entrée dans l’établissement.
— C’est la meilleure solution dans notre situation, commença-t-il.
La jeune fille se leva d’un bond, attirant un peu plus l’attention des autres clients du bar. Même les musiciens semblaient avoir ralenti le rythme de leur nouveau tube.
— Vous m’avez demandé mon avis ?
Il s’agissait de la première fois qu’il pouvait lire de la colère dans les yeux de son apprentie. Elle la contenait tout juste et il pouvait voir sa mâchoire trembler.
— Ce n’est pas négociable, maintint le Kage en s’efforçant de garder un visage neutre.
Cela sembla choquer la Tholotienne qui bégaya un instant sans réussir à faire sortir le moindre son de sa bouche, puis elle fit volte-face et se faufila à travers la foule. Il avait prévu qu’elle agirait ainsi, mais avait espéré naïvement que cela se passerait mieux.
— Tu as pensé à travailler ton sens de diplomatie ? ironisa Hondo qui avait, à nouveau, un verre plein.
— Rejoins-moi dehors dans cinq minutes, lui intima le Chevalier Jedi avant de se lever et de partir à la poursuite de sa disciple.
— De toute manière, je dois quitter cet endroit dans cinq minutes.
Le pirate fit un nouveau signe à la serveuse, puis regarda son interlocuteur s’éloigner. Il avait déjà trop attiré l’attention et fusilla du regard le Chadra-fan à fourrure grise qui avait fait une pause dans sa discussion avec le Duros. Celui-ci reprit immédiatement sa négociation et Deekon échappa à la curiosité dont il était la cible.
Où est-ce qu’elle est passée ?
Il ne mit pas longtemps à retrouver la Padawan. Celle-ci c’était arrêtée sur le bord d’une mesa et contemplait la circulation en contre-bas, appuyée contre le barrière. Très vite, le Kage sentit les pensées en ébullition de la jeune fille et s’approcha doucement avant de se placer à côté d’elle. Elle ne tourna pas le regard dans sa direction, mais il put apercevoir les larmes qu’elle avait essayé de lui cacher rouler sur ses joues.
— Pourquoi ? souffla-t-elle.
À son tour le Kage prit appui contre la rambarde, cherchant ses mots avec soins, réfléchissant à ce qu’il pouvait lui dire et ce qu’il désirait garder pour lui.
— Lorsque je t’ai prise comme apprentie, je me suis fait une promesse. Je te protégerai quoiqu’il en coûte et je pensais alors qu’il s’agissait uniquement de la guerre, mais j’avais tort.
Il chercha le regard de son apprentie, qui accepta finalement de ne plus focaliser son attention sur les speeders évoluant entre les volutes de fumées. L’incompréhension, la déception et la détresse se lisaient dans son regard.
— Vous n’avez pas besoin de me protéger.
— Au contraire, la contredit-il rapidement. J’ai perdu mon mentor, puis la plupart de mes amis sur Geonosis avant même d’être adoubé, Osha, puis finalement Maya, alors que je pensais enfin en avoir fini avec tout cela. Je ne peux pas concevoir de te perdre également. J’ai besoin de savoir qu’au moins une personne a été sauvée. C’est pourquoi il est plus sage de se séparer. Après tout, un Kage et une Tholotienne parcourant la galaxie, ce n’est pas particulièrement discret.
Ces paroles sonnaient partiellement faux à ses oreilles, il en était parfaitement conscient et Katooni n’était pas idiote.
— Ce n’est pas la véritable raison, se borna-t-elle à répondre.
— Katooni…
— Non, le coupa-t-elle sèchement. Si vous pensez vraiment me protéger, ayez au moins la décence de me dire la vérité. J’ai confiance en vous et si cela implique que nos chemins se séparent, je peux l’accepter, mais pas tant que vous ne serez pas totalement sincère.
— Je te l’ai dit, insista-t-il avec lassitude. C’est pour te protéger.
— Contre quoi ?
— Contre moi.
Les paroles étaient sorties machinalement et les yeux écarquillés de la jeune fille en disaient suffisamment long sur sa surprise. Il soupira, conscient qu’elle refuserait de le quitter tant qu’il lui dissimulerait des choses.
— Protecteur de la paix, soldat, général, mentor, j’ai eu tellement de rôles en si peu d’années et j’ai cru être capable de tous les gérer et en ressortir indemne. La vérité est que cette guerre m’a bien plus atteint que je ne le pensais. C’est pour ça que Maya et moi voulions quitter l’Ordre, pour sauver ce qu’il restait du Jedi en moi. Lorsque je l’ai sentie disparaître, j’ai perdu ce fragile équilibre que je maintenais depuis des années. Tu étais avec moi sur Jabiim. Tu as vu ce qui est arrivé à Deviss et aux autres. La vérité, c’est que je ne sais plus vraiment qui je suis. Un Jedi ? Un Soldat ? Ce qui est sûr c’est que nous sommes désormais des fugitifs. Nous allons devoir disparaître. Cela implique d’abandonner ceux que nous étions et je ne sais pas encore ce que cela veut dire pour moi. Toi, tu as une occasion de repartir à zéro, mais pas si je reste avec toi.
La Tholotienne lui attrapa les mains.
— Vous avez besoin de moi, murmura-t-elle ses larmes s’étant arrêtées de couler.
Il lui sourit.
— Je le sais, mais j’ai surtout besoin de savoir que tu es en vie et loin des griffes de ce nouvel Empire.
— Et vous pensez vraiment qu’un groupe de pirates est la plus sécurisée des cachettes ?
Elle venait de plaisanter. La tension dans sa voix s’était atténué sans toutefois disparaître. Elle n’était pas convaincue, loin de là, mais il sentait la confiance qu’elle lui accordait.
— Je t’ai appris ce que je savais sur le fonctionnement de la pègre et comment t’y mêler. Tu es déjà capable de te fondre dans le décor et, bien que je le nierai si tu le mentionnes, Hondo a un sens de l’honneur et je sais qu’il veillera sur toi.
Elle parut réfléchir un instant avant de tourner la tête vers le panorama qui s’offrait à eux. Derrière, il sentit Hondo Ohnaka et ses hommes sortir de la cantina.
— On part sur Corellia dans peu de temps, les informa-t-il.
Katooni soupira, visiblement tourmentée, et il ne pouvait que la comprendre. Il savait ce qu’il lui demandait et qu’il ne parvenait pas à être totalement convaincant. Elle lui avait dit un jour que Maya et lui étaient sa famille et il savait très bien que lui-même aurait eu beaucoup de peine à abandonner Sar Labooda si elle le lui avait ordonné. Elle expira, retenant à grande peine un sanglot.
— Très bien, se contenta-t-elle de dire en tremblant légèrement.
Deekon s’agenouilla et fixa son regard dans les yeux bleu clair embués de larmes de la gamine et sourit.
— Lors de notre première rencontre, tu avais dit m’admirer. Je veux que tu saches que c’est désormais réciproque.
Elle lui tomba dans les bras et l’enlaça avec une telle force qu’il crut qu’elle ne le lâcherait plus. Lui non plus n’en avait pas envie. Il savait que la jeune fille était le dernier poids qui le maintenait en équilibre, qui lui donnait un but. Son absence l’impacterait, il en était conscient, mais il devait s’éloigner d’elle. Le contact s’atténua et elle s’écarta.
— J’espère que vous retrouverez ce que vous avez perdu. Que la Force soit avec vous, Maître, déclara-t-elle en prononçant le dernier mot comme s’il revêtait une importance particulière pour elle.
Elle ne lui demanda pas s’ils se reverraient un jour. Tous les deux connaissaient la réponse à cette question.
— Que la Force soit avec toi, Padawan, murmura-t-il avant de l’observer marcher vers le groupe de pirates.
Elle lui lança un dernier regard avant qu’Hondo ne passe un bras protecteur autour de l’épaule de la Tholotienne en s’éloignant avec son équipage.
— Jeune Katooni, je sens l’odeur du profit qui vient sonner à notre porte ! s’exclama-t-il en disparaissant rapidement au milieu des passants.
Je n’étais plus un Général. Désormais, je ne suis plus un Jedi.
Deekon se retourna, appuyé contre la barrière et contempla le paysage constitué de néons multicolores et des colonnes de fumée émergeant des tréfonds poisseux de la Lune des Contrebandiers. Absent, il resta immobile un instant et erra dans ses pensées avant de se redresser. La ruelle était active et le flux de passants ininterrompu. Posant la main à sa ceinture, il sentit le poids rassurant de la dernière relique de son passé qui s’y trouvait, puis il se mit en marche. Pas à pas, il se fondit dans la foule hétéroclite et disparut. Pour la première fois de son existence, il empruntait une route sur laquelle aucun signe ne lui indiquait la direction à prendre.
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Messagepar darkCedric » Lun 22 Fév 2021 - 18:22   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Je viens de me rendre compte que je n'avais pas commenté le dernier chapitre, honte à moi !
J'ignorai qu'il y aurait une cinquième et dernière partie, j'ai donc été de première abord assez surpris par ce que je croyais être une fin, et qui n'en avait pas l'apparence :transpire: Je ne peux que rejoindre l'avis de mes camarades au-dessus : c'était fort bien écrit, mais ça c'est habituel. On ressent toute la détresse du personnage lors de la disparition de Maya. Mais est-elle vraiment morte ? Après tout, on a pas vu le corps. Et pas de corps, pas de morts ! :o

Maintenant, le chapitre d'aujourd'hui ! Je m'attendais à ce qu'on voit Hondo, étant donné le titre du chapitre et la relation de Katooni avec ce dernier, esquissée par TCW et que tu as repris un peu plus tôt. J'avoue, j'adorerai que tu fasses une fan-fiction sur ces deux là :paf:
Tu as parfaitement retranscri le personnage d'Hondo à mon sens, avec ces nombreux "mon ami" et ses références à sa vieille maman. :D

Maintenant qu'il est séparé de sa padawan, je me demande ce que va faire Deekon. D'après lui, il serait entrain de perdre ses repères moraux. Le départ de sa padawan va-t-il amplifier le phénomène, maintenant qu'il n'a plus rien pour le retenir ? :sournois:

PS : J'y pense, on sait dans Rebels que Hondo a perdu son cartel. Katooni aurait-elle pris les rènes de l'entreprise en se débarrassant du vieux forban ? :lol:
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Messagepar Jenos Idanian » Lun 22 Fév 2021 - 19:30   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitre 17 lu à l'instant !

Période Dark Times, j'aime déjà :diable:

Mandoad a écrit:on retourne sur un extrait plus calme, riche en dialogues et que j'ai eu de la peine à écrire sans que ses événements ne sonnent trop forcés (je suis donc curieux de découvrir ce que vous en penserez)

Hé bien pour moi en tout cas c'est du tout bon sur toute la(es) ligne(s) :oui:

C'est bien simple: n'ayant honnêtement pas fait attention à la longueur réelle de ce chapitre-ci avec d'en commencer la lecture, ben je trouve qu'il est passé vite ! Ce qui en dit long sur à la fois la fluidité et l'immersion dans celui-ci :wink:
Et justement, à propos d'immersion: entre la toute première partie où pour moi tu restranscris de façon tip-top la Lune des contrebandiers, toute la partie dialogue la complète parfaitement et nous immerge bien je trouve. Donc vraiment, j'ai aimé, pour ma part. Je suis même pas loin de me demander si il ne figurerait pas dans mon Top 3 de tes chapitres, celui-ci (même si je ne me suis pourtant pas consciemment lancé dans un tel classement à proprement parler).

Donc, au risque de me répéter: bravo !

Mini-"délire" en sus: étant donné que nous avons une certaine saga vidéoludique en commun dans nos centres d'intérêt :wink: , je me suis même surpris à trouver ici un mini parallèle pourtant improbable entre Deek et un certain Garrus Vakarian, lorsque Deekon se lance dans la réflexion d'avoir enchaîné les statuts de Jedi, Soldat, Général, en comparaison d'une scène de ME3 où Garrus dit qu'il trouve avoir tout raté à la fois en tant qu'officier du SSC, Justicier, etc. Je dois vraiment chercher trop loin là :lol: , mais ça m'y a fait penser, de la façon dont tu as rédigé ça.
Il y a beaucoup moins d'ingrats qu'on ne croit car il y a bien moins de généreux qu'on ne pense. St-Évremond
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Messagepar mat-vador » Lun 22 Fév 2021 - 20:31   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Lu !!

La vie de nos deux Jedi a donc définitivement basculé dans l'inconnu... que faire, face au tout nouvel Empire :whistle: ? Deekon a trouvé la solution pour sa padawan : la reconversion aux côtés de cher Hondo.

Pour Katooni, un pan de sa vie s'achève et une nouvelle page se tourne. très bien écrit ce chapitre, on ressent l'émotion qui tenaillent les deux rescapés de la purge.

vont-ils rester séparés ? que va devenir Deekon, à l'avenir plus qu'incertain ? espérons juste qu'il ne va pas déraper comme le ferait un certain Jedi corellien :diable: !

La suite :oui: !!! Et fin ?
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Messagepar Mandoad » Mer 24 Fév 2021 - 18:21   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Hello ! Vu ce que je lis, il semblerait que, malgré mes inquiétudes scénaristiques lors de l'écriture, ce chapitre vous ait plu. :D

darkCedric a écrit:J'ignorai qu'il y aurait une cinquième et dernière partie, j'ai donc été de première abord assez surpris par ce que je croyais être une fin, et qui n'en avait pas l'apparence

Eh oui, il y a encore une partie de quatre chapitre pour clore cette fan-fic' (j'ai de la peine à me dire qu'on est si proche de la fin) !

darkCedric a écrit:On ressent toute la détresse du personnage lors de la disparition de Maya. Mais est-elle vraiment morte ? Après tout, on a pas vu le corps. Et pas de corps, pas de morts !

Donc, vous êtes deux à ne pas y croire... Je prends note :)

darkCedric a écrit:Tu as parfaitement retranscri le personnage d'Hondo à mon sens, avec ces nombreux "mon ami" et ses références à sa vieille maman.

Personnage que je me rappelais ne pas pouvoir blairer, puis je me suis rematé TCW et, en fait, je l'aime bien. Sa relation avec Katooni est d'ailleurs un point que j'avais beaucoup aimé dans la série.

Jenos Idanian a écrit:Et justement, à propos d'immersion: entre la toute première partie où pour moi tu restranscris de façon tip-top la Lune des contrebandiers, toute la partie dialogue la complète parfaitement et nous immerge bien je trouve.

Nar Shaddaa, la pègre, ça fait partie des milieux sur lesquels j'ai pas mal écrit. Je me suis donc fait plaisir à décrire, à nouveau, ce monde.

Jenos Idanian a écrit:Mini-"délire" en sus: étant donné que nous avons une certaine saga vidéoludique en commun dans nos centres d'intérêt , je me suis même surpris à trouver ici un mini parallèle pourtant improbable entre Deek et un certain Garrus Vakarian, lorsque Deekon se lance dans la réflexion d'avoir enchaîné les statuts de Jedi, Soldat, Général, en comparaison d'une scène de ME3 où Garrus dit qu'il trouve avoir tout raté à la fois en tant qu'officier du SSC, Justicier, etc. Je dois vraiment chercher trop loin là , mais ça m'y a fait penser, de la façon dont tu as rédigé ça.

Alors, je n'y ai pas pensé en écrivant ce chapitre pour être honnête, mais je voix tout à fait où tu veux en venir... Ce bon vieux Garrus et ces calibrages :lol:

mat-vador a écrit:Pour Katooni, un pan de sa vie s'achève et une nouvelle page se tourne. très bien écrit ce chapitre, on ressent l'émotion qui tenaillent les deux rescapés de la purge.

vont-ils rester séparés ? que va devenir Deekon, à l'avenir plus qu'incertain ? espérons juste qu'il ne va pas déraper comme le ferait un certain Jedi corellien !


Disons que... Deekon va continuer d'évoluer par la suite. Alors est-ce qu'on sera plus sur du Tissan ou du Kenobi ou aucun des deux dans sa façon de rebondir, cela reste à voir.

À bientôt pour la suite !
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Messagepar L2-D2 » Jeu 25 Fév 2021 - 20:11   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitre 17 lu!

Alors comme darkCedric, j'étais naïvement parti dans l'idée quil y aurait 4 parties de 4 Chapitres... autant dire que j'ai été plus que ravi de découvrir que la publication de la semaine dernière ne marquait pas la fin de ton récit! :love:

Très belle appropriation de l'excellent personnage qu'est Hondo Ohnaka! En fermant les yeux (certes pas pratique pour lire), je me l'imaginais presque s'exprimer... il faut dire que le doubleur VF est savoureux! Ceci dit, tu nous livres une très belle scène d'adieu entre le Kage et son apprentie. D'ailleurs adieu, adieu, c'est peut être vite dit... Et en même temps, je me demande bien où tu vas nous conduire, vu qu'il reste 3 Chapitres et que Deekon me semble désormais bien seul... :neutre:

Oh, et Maya vivante? J'aimerais y croire également mais ça amoindrirait la portée du précédent Chapitre, alors je préfère ne pas me poser la question! :x

Oh, et belle référence à Torga le Hutt... Coucou les Vauriens! :jap:

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar LL-8 » Jeu 25 Fév 2021 - 20:36   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Le Nébulus!!! On n'est plus sur de la petite référence, là, j'en déduis donc que tu t'es créé ton propre univers partagé... Et j'adore ! A quand une rencontre Jaden/Deekon ? (Ai-je mentionné que j'aime ces 2 personnages ?)

Plus sérieusement, encore une très bonne partie! Cette ambiance un petit peu crasseuse, presque cyberpunk de Nar Shadaa qui transparaît dans tes récits (ou bien c'est juste mon ressenti), ça me plaît toujours autant!
Comme toi au début, je ne suis pas des masses fan de Hondo, et le voir prendre sous son aile Katooni ne me rassure pas :D Mais tu as réussi à le rendre un peu plus mature, et ça passe bien !
D'un autre côté, je suis contente de voir Deekon de retour avec lui-même (et j'avoue que, seul point négatif pour moi, j'ai moyennement accroché au perso de sa padawan - les goûts et les couleurs).
Deekon seul face à l'Empire, je me demande ce que ça va donner. Peut-être une confrontation avec un Inqui, ou peut-être même Vador ?
Tiens, j'ai une théorie d'ailleurs... Et si Maya était devenue une Inqui?

Hâte de voir la suite!

Mandoad a écrit:Pour l'idée de séparation en partie plutôt que faire un texte continu comme pour Vauriens m'est venu d'une autre fic' du fofo qui s'appelle *Chroniques d'une Rebelle", je ne sais pas si tu as lu ? :whistle:

Mais non! C'est cool ça!
(J'irai checker cette fic' :D )

Mandoad a écrit:je n'ai pas réussi à me passer du monde de la pègre cher à mon coeur.

Et ça te réussit!
Tu retranscris une atmosphère à laquelle j'accroche particulièrement pour le coup

Mandoad a écrit:(en plus elle me donnait l'excuse de faire passer Deekon par la case "mentor").

Alors ça, j'approuve. J'aime beaucoup l'idée de faire passer Deekon par toutes les étapes de la vie d'un Jedi.

Mandoad a écrit:Tu y reviens bientôt avec des nouveaux écrits, d'ailleurs ? :wink:

Figure-toi que tu m'as donné envie de déterrer quelques vieux projets ! Mais pour le moment, j'attends la suite de ton récit ^^
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Messagepar Mandoad » Ven 26 Fév 2021 - 14:59   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Merci du retour L2 et LL-8!

LL-8 a écrit:Le Nébulus!!! On n'est plus sur de la petite référence, là, j'en déduis donc que tu t'es créé ton propre univers partagé...

Ironiquement, j'avais déjà prévu de le mentionner avant ton retour dans la section, déjà. :D

L2-D2 a écrit:h, et belle référence à Torga le Hutt... Coucou les Vauriens!

Comme remarqué par LL-8, l'univers est commun à celui de "Vauriens", en effet.

L2-D2 a écrit:Très belle appropriation de l'excellent personnage qu'est Hondo Ohnaka! En fermant les yeux (certes pas pratique pour lire), je me l'imaginais presque s'exprimer... il faut dire que le doubleur VF est savoureux!

Cela fait toujours plaisir à lire. C'est d'autant plus difficile étant donné que je regarde la série en Anglais et que je dois me refaire certains bouts en français pour réaliser comment ils s'expriment.

L2-D2 a écrit:Oh, et Maya vivante? J'aimerais y croire également mais ça amoindrirait la portée du précédent Chapitre, alors je préfère ne pas me poser la question!

LL-8 a écrit:Tiens, j'ai une théorie d'ailleurs... Et si Maya était devenue une Inqui?

Intéressant de voir que le personnage de Maya intrigue toujours. Je vais prendre ça comme une bonne appréciation du personnage :cute:

LL-8 a écrit:D'un autre côté, je suis contente de voir Deekon de retour avec lui-même (et j'avoue que, seul point négatif pour moi, j'ai moyennement accroché au perso de sa padawan - les goûts et les couleurs).

Encore heureux, si l'ensemble des personnages était beaucoup apprécié, je me dirais qu'il y a un problème :transpire:

C'est marrant, en lisant vos commentaires/théories/questions à tous les deux, je réalise les réactions que pourraient produire la suite et la fin de cette fan-fic' en fait. C'est très intéressant pour être honnête, car y a des trucs qui ressortent.

LL-8 a écrit:Figure-toi que tu m'as donné envie de déterrer quelques vieux projets ! Mais pour le moment, j'attends la suite de ton récit ^^

Ah mais c'est que ce serait une bonne nouvelle, ça :oui:

Allez, a+ pour la suite !
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Messagepar Mandoad » Lun 01 Mar 2021 - 20:09   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Voilà donc le chapitre 18, qui va être focalisé sur le dialogue, comme le sera le suivant. On quitte enfin le -19 et je vous souhaite donc une bonne lecture de cette nouvelle étape de la vie de Deekon !

Chapitre 18 : Berin Hol


18 av.BY, Dantooine , Système Dantooine

Le petit invertébré decapode effectua un tour sur lui-même analysant la route qui s’offrait à lui de ses longues antennes dorées. Lorsqu’il fut convaincu que le chemin choisi était sûr, il se déplaça d’un pas rapide, ses multiples petites pattes striées de blanc le portant avec efficacité. Soudainement, il s’arrêta et palpa la surface durcie avec attention avant d’avancer prudemment. Une tache, pas plus grande que la totalité de son corps recouvert d’une carapace noire venait de particulièrement attirer son attention. Il ignorait évidemment comment celle-ci était arrivée là, mais il était tout à fait conscient de l’apport en nutriments qu’elle pouvait lui offrir. Il se souleva sur ses quatre membres les plus postérieurs, gagnant ainsi de précieux centimètres qui lui offrirent une meilleure perception de son environnement. Après un contrôle minutieux, il ne put retenir son impatience de s’offrir un frugal, mais bien mérité repas de cette substance inconnue qui semblait, néanmoins, déclencher un profond attrait chez la petite créature. Il se rua dessus avant de déployer une longue trompe lui permettant de s’alimenter. Lorsqu’il fut rassasié, il se remit en route. Plusieurs fois, il recommença son manège avec l’une des autres salissures sombres du plafond. Deekon Jeren soupira face à la palpitante aventure de cet animal de la taille de son pouce qui semblait vivre les heures les plus intenses de sa courte vie.
— Tu n’as vraiment rien de mieux à faire ? l’interrogea la voix de Maya.
C’est reparti et avec une amélioration.
Il resta immobile, fixant un plafond relativement crasseux, allongé sur un lit qui ne l’était guère moins. Cela faisait maintenant trois jours qu’il était enfermé dans cette petite cellule chez le Marshall du coin. Il aurait pu en sortir sans trop de problème, manipuler l’esprit du gardien, forcer les gonds de la porte ou enfoncer cette portion du mur mal réparée. Pourtant, il n’en avait pas encore éprouvé le besoin. Pour la première fois depuis une année, le calme l’entourait, loin des affrontements, de la fuite et des inquiétudes d’être repéré. Ici, personne ne semblait se préoccuper de qui il était ni d’où il venait. Du moins jusqu’à il y avait trois jours en arrière.
J’aurais mieux fait de ne pas m’en mêler. C’est de sa faute.
— Deek ?
Il ne voulait pas répondre aux questions de cette apparition qui se faisait de plus en plus fréquente, mais restait confinée à l’intérieur de sa tête.
— Ne m’ignore pas, Deek.
— Encore eut-il fallu qu’il y ait quelque chose à ignorer, lâcha-t-il finalement presque inconsciemment.
La voix, qui était parfaitement identique à celle de son amie décédée, avait commencé à lui apparaître deux mois plus tôt. Cela n’avait d’abord été que des sensations, une présence bien trop familière se blottissant contre son esprit. Il avait failli se laisser submerger, baisser ses défenses, mais s’était finalement ravisé. Il avait senti son amie mourir et n’avait aucun doute sur ce qu’il lui était arrivé. De plus, les impressions de l’esprit de l’Arkanienne n’étaient que sporadiques, éphémères même, bien trop pour provenir d’un être vivant. Il avait déjà décidé de limiter son usage de la Force afin de rester dissimulé, ce nouveau phénomène n’avait fait que l’encourager sur cette voie et les contacts avaient cessé.
Jusqu’à il y a un deux semaines où les caresses sont devenues des émotions, des mots et maintenant des phrases.
Il se demandait déjà quelle serait la prochaine étape de ce délire qu’il n’arrivait que tout juste à concevoir.
— Tu ne crois toujours pas, lui fit remarquer la voix douce et chaleureuse.
— Ce que je crois, c’est que je me suis retrouvé ici après avoir décidé de ne pas t’ignorer une seule et unique fois.
Il continua à fixer le plafond, le reste de la cellule étant bel et bien vide.
— Tu penses que je t’y ai envoyé.
Il eut un petit rire, amusé par la conversation qu’il avait actuellement.
— Oh non, je suis persuadé que je me suis très bien débrouillé pour m’y envoyer tout seul.
Je deviens dingue.
Il avait vu des soldats être victimes de stress post-traumatiques. Pourtant, il n’avait jamais imaginé que cela puisse lui arriver et encore moins sous cette forme. La guerre l’avait affecté, il y avait perdu son Maître, ses amis, les soldats sous son commandement et surtout Maya. Chaque matin, il se réveillait en espérant la voir à ses côtés et lui faire réaliser que tout ceci n’avait été qu’un cauchemar dont il avait eu de la peine à émerger. Il aurait tout donné pour revoir son regard bleuté, toucher le visage aussi pâle que la neige de l’Arkanienne ou entendre le son de sa voix, il le savait. Un rire lui aurait suffi.
Et voilà que je me plains quand cela arrive.
— Tu ne crois plus, murmura la présence invisible, mais insistante.
— Et ça t’étonne ! s’exclama-t-il.
Il venait de s’asseoir dans un bond, se retrouvant à nouveau face à un mur. Pourtant, il n’était plus seul. L’apprentie du Marshall, une jeune Zabrak au teint clair, venait de s’arrêter devant la porte de sa cellule. Elle le regardait avec étonnement, mais aussi un certain mépris à peine masqué par le barreau vertical qui lui cachait le nez. Il ne doutait pas que son comportement ajouté aux événements arrivés trois jours plus tôt en étaient la raison.
— C’est déjà l’heure du p’tit déj’ ? demanda-t-il cependant naïvement pour correspondre à la personnalité qu’il s’était forgée.
— Berin Hol, vous êtes libre, siffla la représentante de l’ordre entre ces dents.
Deekon masqua sa surprise avec un certain talent, quoiqu’il doutait que la jeune non-humaine aurait pu déceler la moindre duplicité chez lui.
— Déjà ? Je croyais que j’en avais pour deux mois ?
— Quelqu’un a payé votre caution, se contenta de répondre l’autre. Alors soit vous sortez par vous-même, soit je m’en charge à coup de bottes dans le fondement.
Il lui dévoila un sourire un peu niais avant de se lever. Le contact prolongé du sol glacé sur la plante nue de ses pieds ne fut pas agréable et il exagéra une grimace.
— Va me falloir mes bottes, petites.
Il eut à peine le temps de finir sa phrase qu’une paire de chaussures hautes marrons volaient dans sa direction. Il les jeta sur ses épaules.
— En vous remerciant.
— Dehors ! s’impatienta la Zabrak alors qu’il sortait de la cellule.
Il ne se fit pas prier. Adaptant le pas nonchalant caractéristique de Berin Hol, il émergea dans le bureau du supérieur de la jeune agente et ne put se retenir de faire un rapide signe de la main à l’Abednedo à la peau brunâtre qui le foudroya du regard.
— Bonne journée, Marshall, ajouta-t-il pourtant avant de sortir sous les rayons d’un soleil parfaitement éblouissant et caractéristique de la mi-journée. Le sol rocailleux réchauffa ses pieds et il en apprécia le confort un instant avant de réaliser qu’on l’observait. Ses yeux s’adaptèrent rapidement à son environnement, mais il avait déjà perçu la présence avant cela. Il s’agissait d’une humaine aux longs cheveux noirs, noués en un chignon. Fine et relativement grande, elle était relativement attirante pour son espèce, néanmoins, cela ne fut pas le détail qui intrigua le plus le Kage. Sa posture en disait bien plus que les vêtements blancs surmontés d’une cape qu’elle portait ou que ses traits fins.
Une aristocrate.
— C’est à vous que je dois ce bol d’air frais, M’dame ? demanda-t-il sans se départir du personnage un peu simplet qu’il incarnait.
La femme s’avança, son expression sérieuse le mit soudainement en garde quant à ce qu’elle lui dissimulait. Pourtant, il ne perçut aucun danger immédiat.
— Plutôt à mon employeur, corrigea-t-elle avec un léger accent en dévoilant l’ombre d’un sourire.
Alderaanienne.
— Eh bien, vous le remercierez de ma part, annonça-t-il avant de s’éloigner sans avoir encore enfilé ses bottes.
L’humaine ne lâcha pas pour autant l’affaire et se rapprocha.
— Il aimerait vous rencontrer urgemment, Jeren, murmura-t-elle derrière lui.
Karabast !
— Hein ? répondit-il bêtement en se retournant.
La jeune femme au teint légèrement hâlé croisa les bras comme si elle désirait lui indiquer clairement qu’elle n’avait pas de temps à perdre. Il ne lui fut pas difficile de le comprendre. Elle savait visiblement qui il était et ne nourrissait pas le moindre doute sur la question. Il pouvait insister, jouer à l’imbécile pendant encore quelques minutes s’il le désirait, mais il savait que cela s’avérerait inutile. Il avait bien compris à qui il devait sa libération et, bien qu’il ne pouvait deviner ce dont cette personne voulait l’entretenir, il n’était pas particulièrement enclin à discuter avec actuellement.
Je le lui dois quand même.
– Très bien, déclara-t-il en se redressant dans une posture que Hol n’aurait jamais adopté. Où est le Sénateur ?

Il ne leur fallut que peu de temps, d’une marche d’un intense silence, pour atteindre le hangar dans lequel était posé une Corvette Corellienne CR70 striée de bleu. Deux gardes arborant la tenue caractéristique et l’imposant casque blanc de l’équipage des vaisseaux consulaires alderaaniens se trouvaient de part et d’autres de la rampe de lancement. Ils jetèrent un regard intrigué au Kage avant de saluer la jeune femme à la tenue blanche qui s’engouffra dans le forceur de blocus, Deekon à sa suite. Elle le guida dans les coursives impeccables d’une blancheur omniprésente avant d’arriver à leur objectif, non sans que l’ancien général ait manqué de percuter un droïde protocolaire doré particulièrement peu adroit. Lorsqu’ils arrivèrent devant une porte qu’il savait être ce qui faisait office de salle de réunion dans ce vaisseau, elle en activa l’ouverture et pénétra dans la pièce aux lueurs tamisées.
— Je l’ai trouvé, annonça-t-elle immédiatement à la seule autre personne présente dans la pièce.
L’individu en question, un humain d’âge moyen au teint mat s’avança légèrement. Il arborait les mêmes cheveux noirs, ainsi qu’un bouc d’une couleur identique que la dernière fois que l’ancien Jedi l’avait rencontré. Néanmoins, il remarqua les multiples éclats argentés qui les parcouraient désormais, tels des symptômes conséquents aux récents événements qui avaient secoué la galaxie entière.
— Merci, Sheltay, annonça-t-il d’une voix qui trahissait une fatigue, ainsi qu’un trouble évident. Vous pouvez nous laisser.
L’Alderaanienne ne prononça pas le moindre mot et sortit, laissant Deekon seul avec son vis-à-vis qui, bien qu’il laissait transparaître une certaine forme d’épuisement, bénéficiait toujours de la même présence royale que par le passé. Soudainement, un sourire éclaira son visage et il s’empressa de venir serrer la main du Kage avec vigueur.
— Deekon. J’avoue que j’avais quelques doutes, mais je suis heureux de voir que vous avez bel et bien survécu.
— Bail, répondit le proche-humain en affichant à son tour une expression chaleureuse. Je ne m’attendais pas à vous voir ici. Comment avez-vous appris que je me trouvais sur Dantooine ?
Il dissimula ses inquiétudes car, après tout, si le Sénateur d’Alderaan pouvait retrouver sa trace, l’Empire en était, sûrement, tout aussi capable.
— Par hasard, expliqua Organa en le lâchant. J’ai des agents qui parcourent la galaxie à la recherche des autres survivants de l’Ordre et l’un d’eux m’a rapporté la présence d’un Kage s’étant interposé dans une rixe qui aurait normalement dû lui couter la vie. Je me suis dit que la coïncidence était suffisamment forte pour venir enquêter dans le secteur.
D’autres survivants.
— Il va falloir que j’améliore ma discrétion, commenta le Kage en suivant le geste du Sénateur qui l’invitait à s’asseoir. Vous avez dit « d’autres » survivants ?
Le sourire de l’humain s’élargit et il adopta une posture plus détendue.
— Par chance, certains Jedi ont pu échapper à l’Ordre 66. Vous êtes, vous-même, le deuxième dont je retrouve la trace en l’espace de quelques semaines.
Les questions s’entrechoquèrent soudainement dans l’esprit de Deekon. Il y avait d’autres survivants. Il n’était pas le seul à en avoir réchappé et, apparemment, Bail Organa en savait bien plus que lui sur ce qu’il s’était passé.
— L’Ordre 66, dit-il en fronçant les sourcils. Je suppose que vous faites référence à la mutinerie des clones. Vous avez des informations sur la raison de ce retournement ?
L’Alderaanien prit une expression légèrement gênée qui lui montra qu’il n’en savait que très peu sur la question.
Cela sera toujours plus que ce dont j’ai conscience.
— Une puce, commença Organa. Je ne l’ai appris que récemment de la part d’une autre Jedi, mais il semblerait qu’une puce ait été implantée dans leur tête afin que, le moment venu, cet ordre les pousse à se retourner contre leurs généraux. L’une de mes équipes a pu récupérer certains de ces dispositifs, mais leur fonctionnement reste un mystère.
Une puce.
Une simple puce avait causé la chute d’un Ordre millénaire et de la République Galactique. Il grimaça en réalisant que, une fois encore, les soldats clones avaient été traités comme de simples rats de laboratoire et non comme de véritables individus. Le plan de Palpatine avait été échafaudé avec minutie et une absence complète d’éthique. C’était, d’ailleurs, certainement pour cette raison qu’il avait fonctionné aussi parfaitement. Il remarqua que le Sénateur le fixait, semblant hésiter à lui poser une question. Le Kage comprit qu’il avait remarqué qu’il était seul.
— Elle va bien, le rassura-t-il sans donner plus de détails. Vous parliez d’autres Jedi ?
Organa ne sembla pas s’offusquer de son manque d’envie de parler de Katooni.
— Oui, j’en ai aidé certains juste après l’attaque du Temple, répondit Bail qui arborait l’expression d’un homme qui reprenait peu à peu espoir, Maîtres Yoda et Kenobi notamment et, plus récemment, Ahsoka Tano.
Ces nouvelles firent naître des émotions positives que le Kage n’avait plus ressenti en lui depuis près d’une année. Il s’efforça pourtant à garder les deux pieds sur terre.
Peut-être que cela expliquerait pourquoi je ressens encore sa présence, ainsi que mes visions.
– D’autres ?
Le Sénateur secoua la tête avec une mine grave. Il avait très bien compris où il voulait en venir.
— Je suis désolé, Deekon. J’ai pu obtenir la liste des Jedi tombés en défendant le Temple. Maya était parmi eux.
Le Kage crut qu’on lui transperçait le cœur une seconde fois, mais il resta impassible. Bien qu’il s’était attendu à cette réponse, cela n’avait pas empêché la douleur de se raviver. Au moins, cela lui donna une confirmation de ce qu’il avait ressenti.
Je n’arrive juste pas à la laisser mourir dans mon esprit.
— Merci, Bail. J’avais encore espoir que les clones avait été moins… efficace face à un groupe de Jedi.
— Vous ne savez donc pas ? s’étonna Bail en se redressant légèrement sur sa chaise.
L’ancien Jedi leva un sourcil, puis fit comprendre à son interlocuteur qu’il n’était pas au courant de grand-chose de toute manière. Encore doutait-il de vraiment avoir envie d’en apprendre plus.
— Les clones n’étaient pas seuls. Anakin Sykwalker les menait, compléta le Sénateur.
L’explication figea le Kage qui peinait à croire ce qu’il entendait.
Skywalker ? Skywalker était un héros.
Il pouvait comprendre qu’il s’était trompé sur le compte de Palpatine, qu’il s’était fait manipuler par le Seigneur Noir des Sith, mais Anakin, il le connaissait, avait combattu à ses côtés. Il était impossible qu’il ait pu être responsable du massacre du Temple, qu’il ait pu être l’artisan de la mort de Maya.
— Vous faites erreur, souffla-t-il perturbé.
— Je peux vous assurer que j’aurais aimé me tromper, annonça Organa en fixant la table devant lui d’un air déterminé. Skywalker est devenu le nouvel apprenti de Palpatine et se fait désormais appeler Dark Vador. Vous avez de la chance de ne pas encore en avoir entendu parler. Cela signifie qu’il n’est pas encore à vos trousses.
Deekon serra les poings. Le Sénateur ne mentait pas. Il n’avait aucune raison de le faire et, contrairement à beaucoup de politiciens, il était honnête, bien trop pour quelqu’un de sa profession. Le Kage resta un instant abasourdi parce qu’il venait d’apprendre. La nouvelle de la survie de Yoda, Kenobi et Tano lui avaient redonné espoir, celles de la confirmation de la mort de Maya et de la trahison d’Anakin Skywalker avaient eu l’effet inverse. Il vit également que Bail hésitait à lui dire quelque chose d’autres, comme s’il avait peur de lui en demander trop. Cependant, l’ancien Jedi n’était pas idiot. L’Alderaanien n’avait pas pris le risque de s’aventurer jusqu’ici, se fiant uniquement à une information qui était plus proche d’une rumeur, uniquement pour le mettre au courant de la situation galactique.
— Vous recrutez, constata-t-il.
Le Sénateur se pencha en avant et prit appui sur la table dans une position qui indiquait parfaitement la nature risquée de sa situation.
— Nous ne pouvons pas laisser Palpatine au pouvoir, expliqua-t-il d’une voix grave. De nombreux systèmes sont déjà victimes de l’oppression de ce nouvel Empire.
— Et Alderaan a l’intention de s’y opposer ? De briser sa neutralité ? demanda Deekon avec une voix remplier d’ironie.
— Certains dirigeants des maisons nobles, comme Hakon Teral, le cousin de Lynn, apportent un soutien financier à notre cellule, oui, mais il ne s’agit pas que d’Alderaan. De nombreux Sénateurs s’opposent au régime impérial.
Le Kage eut un petit rire en prenant conscience de la situation.
— Vous pensez qu’un petit groupe de politiciens pourra faire tomber Dark Sidious ?
Le Sénateur prit une expression déçue, sans doute en raison du léger ton moqueur qu’il avait perçu.
— Non. C’est pour ça que j’ai besoin de votre aide une fois encore Deekon. La galaxie va avoir besoin des Jedi plus que jamais.
— Parce que cela s’est tellement bien passé la dernière fois, le railla sèchement le Kage.
Il sentait les prémices de la colère grandir en lui. L’Ordre Jedi avait été utilisé par la République Galactique et son assemblée de bureaucrates pendant des années. Et cela s’était soldé par sa destruction.
— Les Jedi sont un symbole d’espoir et nous avons grand besoin de ce dernier, Deekon.
Le Kage s’appuya contre le dossier de sa chaise et croisa les bras.
— Un symbole d’espoir ? s’amusa-t-il. Je traine dans les bas-fonds depuis plusieurs années, Bail. Je peux vous assurer que ce « nous » que vous utilisez ne fait référence qu’à une poignée de personnes des hautes sphères. Nous avons été incapables de démasquer un Seigneur Sith se trouvant juste sous notre nez. Pire encore, nous l’avons même protégé contre ceux que nous pensions être une menace pour lui et la démocratie qu’il défendait, aveuglés par notre arrogance et cela à coûté la vie à la quasi-totalité des nôtres. Depuis mon enfance, on m’a dit que j’étais un « Protecteur de la Paix galactique » et j’ai été incapable de protéger qui que ce soit. Mon Maître, mes amis, Maya, tous sont morts. Quant à la paix, j’ai bien plus été impliqué dans la guerre. Croyez-moi, Bail, vous n’avez pas besoin des Jedi. Nous n’apportons pas l’espoir.
La dernière fois que j’en ai eu, on me l’a arraché.
— Peut-être n’avez-vous pas regardé au bon endroit, suggéra le Sénateur peu convaincu.
— Obi-Wan, Yoda, sont-ils à vos côtés ?
L’absence de réponse de l’homme, ainsi que l’expression dans son regard sombre furent suffisantes pour le renseigner, mais le politicien ne se laissa pas démonter.
— Ahsoka est prête à défendre cette cause qu’elle pense juste, malgré vos paroles.
— Ahsoka Tano a été la victime des erreurs des Jedi, le contrecarra Deekon. Elle avait cessé d’être une Jedi avant la fin de cette guerre. Elle n’est pas à l’origine des erreurs qui nous ont menées à notre perte. Peut-être cela fera-t-il une différence.
— Les Jedi signifient encore quelque chose pour beaucoup.
Deekon se leva. Il savait très bien où cette conversation allait les mener et quelle en serait la conclusion. Mieux valait l’abréger dès à présent.
— Et ils ne le devraient pas, répliqua-t-il en pinçant les lèvres. Nous avons permis et soutenu aveuglément l’ascension d’un Seigneur Sith et, d’après vos dires, également laissé cet homme pervertir celui qui devait nous guider vers la lumière. L’Ordre n’est plus, Bail, nous ne sommes pas votre solution, ni comme leaders, ni comme porte-bannières.
Il s’éloigna en direction de la porte, mais s’arrêta en sentant Organa se lever.
— Et comme flambeau dans les ténèbres ?
Deekon baissa la tête, mais ne se retourna pas pour faire face à cet homme qui tentait d’entretenir des braises au sein d’un feu mourant. Il savait qu’il lui serait plus difficile de prononcer ses prochains mots en le regardant dans les yeux.
— On a éteint mon flambeau il y a de cela une année, répondit-il dans un murmure audible. Soyez prudent, Bail. Ne faites pas l’erreur de sous-estimer Palpatine comme nous l’avons fait.
La présence du Sénateur se fit plus ténue dans la Force. Il venait d’abandonner de le convertir à sa cause et cela le blessait, mais Bail Organa n’était pas idiot au point d’insister.
— Je ne vous retiendrai pas, mais il faut que vous sachiez que l’Empire vous recherche, vous et les autres survivants. Vador et ses chasseurs de Jedi, ses Inquisiteurs, pourraient bientôt venir à croiser votre route, le prévint l’Alderaanien sans être incapable de masquer la déception dans sa voix. Que la Force soit avec vous, Deekon
J’espère qu’elle sera avec vous.
Il sortit et emprunta les couloirs qui l’avaient menés jusqu’au Sénateur, jusqu’à cet homme qui s’apprêtait à combattre l’être le plus puissant de la galaxie avec ses rêves et de l’espoir. Deekon, lui, n’avait plus la force d’affronter ce genre d’ennemis. Il émergea de la Corvette Corellienne. Personne ne lui avait bloqué le passage. Il percevait de la surprise, de l’interrogation et de la méfiance, mais il ne ressentit pas de désespoir suite à son départ. Peut-être était-ce dû au fait qu’ils ignoraient qui il était, peut-être le Kage avait-il bel et bien raison ou peut-être s’agissait-il un peu des deux. Il inspira en fermant les yeux, s’autorisant de légèrement s’ouvrir à la Force. Elle était de retour.
— Il avait besoin de toi, désapprouva la voix de Maya résonnant dans son esprit.
— Il a besoin d’espoir, pas de moi.
— Les Jedi sont le symbole même de l’espoir.
La réplique était douce et se voulait rassurante, mais il ne pouvait s’empêcher de percevoir la déception dans le ton.
Moi, je n’en ai plus.
— Les Jedi ont cessé d’exister. Deekon Jeren n’est plus. Nous avions perdu la guerre avant même que celle-ci n’ait commencé et, moi, j’ai perdu le jour où celle-ci s’est terminée.
La présence, encore une fois furtive, s’effaça de façon aussi éthérée qu’elle était apparue et il relâcha sa posture afin de rendre son pas moins remarquable. Aujourd’hui, il était Berin Hol mais, lui aussi, devrait bientôt cesser d’exister pour qu’il puisse survivre. Bail lui avait confirmé ce qu’il savait déjà : Il était traqué. Il devrait donc s’adapter pour rester en vie.
— Cela te préoccuperait-il, si tu n’avais réellement plus d’espoir ? murmura une dernière fois l’Arkanienne dans un courant d’air, afin de le provoquer.
Il ne répondit pas.
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Messagepar GTZL1 » Lun 01 Mar 2021 - 20:41   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

En 1 année Deekon n'a pas vu une seule fois la tronche de Dark Vador sur une affiche de propagande ? :paf:
Blague à part, c'est encore un extrait de grande classe que tu nous livres là. Le traumatisme de Deekon est parfaitement retranscrit... Très cool bien sûr de voir Bail Organa, les prémices de la Rébellion, les références à Ahsoka...

Un symbole d’espoir ? s’amusa-t-il. Je traine dans les bas-fonds depuis plusieurs années, Bail. Je peux vous assurer que ce « nous » que vous utilisez ne fait référence qu’à une poignée de personnes des hautes sphères. Nous avons été incapables de démasquer un Seigneur Sith se trouvant juste sous notre nez. Pire encore, nous l’avons même protégé contre ceux que nous pensions être une menace pour lui et la démocratie qu’il défendait, aveuglés par notre arrogance et cela à coûté la vie à la quasi-totalité des nôtres. Depuis mon enfance, on m’a dit que j’étais un « Protecteur de la Paix galactique » et j’ai été incapable de protéger qui que ce soit. Mon Maître, mes amis, Maya, tous sont morts. Quant à la paix, j’ai bien plus été impliqué dans la guerre. Croyez-moi, Bail, vous n’avez pas besoin des Jedi. Nous n’apportons pas l’espoir.

Cette réplique, c'est du grand art :love:. Réponse parfaite à la critique "mais pourquoi Obi-Wan, Yoda, Ahsoka et les autres ils se sont pas engagés dans la Rébellion tout de suite ?" qu'on peut voir passer parfois sur internet.

Pour la suite... entre les sentiments amers de Deekon vis à vis des Jedi, son état psychologique (qui l'effrayait dans l'extrait précédent)... commencerait-il à glisser vers le Côté Obscur ? D'ailleurs, on mentionne l'Inquisitorius pour la 1e fois :sournois: ...
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Messagepar mat-vador » Lun 01 Mar 2021 - 20:42   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Lu !

Tiens, notre Kage est donc devenu un vaurrriieennn et s'est retrouvé en tôle... ce serait marrant de le voir faire équipe avec Jaden :sournois: , si tu vois ce que je veux dire. un contrebandier avec un Jedi, enfin quand on sait ce qu'a donné dans une de mes fan fics :transpire: .... bad idea :paf: !

Bref, Bail a été généreux en payant sa caution, mais peut-être n'aurait-il pas du :whistle: ... vu que le Kage m'a l'air vachement reconnaissant :roll: et carrément désabusé ( je plussoie GTLZ 1 au passage :oui: )! Mais c'est pas grave, il peut recruter un autre survivant Jedi sur Corellia :P ... non, mauvaise idée aussi :whistle: !! Ah, je suis pas brillant avec mes idées fumeuses.

On termine avec une fin de non recevoir de Deekon qui entend aussi des voix dans sa tête... ca devient grave, là docteur, non ? :whistle: Syndrome de stress post traumatique du à la Guerre des Clones... je vous prescris des anti depresseurs :transpire: .

Hum, la suite :oui: !
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Messagepar L2-D2 » Mar 02 Mar 2021 - 16:57   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitre 18 lu !

Un Chapitre parfaitement cohérent avec le roman Ahsoka, déjà c'est :love: !

Et au-delà du fait que c'est toujours très bien écrit, la principale information de ce Chapitre, c'est bien que Deekon s'entend discuter avec Maya. Après, hallucine-t-il, est-il victime d'un stress post-traumatique comme tu le dis, ou bien Maya s'est-elle fondue dans la Force et auquel cas il s'agirait de la "vraie" qui vient lui parler ? :sournois:

Et je me demande si tu ne viens pas de nous aiguiller sur le dernier acte de ton récit avec la mention de Dark Vador et des Inquisiteurs... :think:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Jenos Idanian » Mar 02 Mar 2021 - 19:04   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitre 18 lu !

Comme d'habitude (et donc sans surprise :wink: ) c'était très très (et encore très) bon :) En tant que fan de la période Dark Times je ne suis pas déçu, et je suis impatient de connaître la suite :oui:

Je profite juste de ce message pour, si tu veux bien, poser une question, d'ordre un peu plus général pour parfaire ma culture starwarsienne (qui est loin d'être irréprochable :lol: ) mais quand-même bien en rapport avec ce chapitre, vu qu'elle concerne cette fameuse Sheltay, l'aldéranienne dans la première partie: ce ne serait par hasard pas la mère d'une certaine Winter bien connue des années plus tard dans la chronologie ? Je demande ça car, pour paraphraser un certain Obi-Wan, je croyais me souvenir qu'elle avait été tuée avant (par rapport à la datation de ce chapitre), genre un ou deux ans avant ? Du coup: Pas la même personne ? Erreur de ma part ?

En tout cas, vivement le chapitre suivant :)
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Messagepar darkCedric » Mar 02 Mar 2021 - 19:33   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitre 18 fini !

Notre plus tout jeune Kage commence à devenir aussi fou que Mat :paf:

La voix de Maya est-elle le signe de sa folie et de sa psychée ravagée ? Ou bien, malgré les révélations de Bail, a-t-elle survécu ? Je ne sais plus qui a proposé qu'elle soit devenue inquisitrice, mais ça me paraît de plus en plus probable... :sournois:
Modifié en dernier par darkCedric le Ven 05 Mar 2021 - 19:24, modifié 1 fois.
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Messagepar Mandoad » Mar 02 Mar 2021 - 21:02   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Wow! Merci pour votre fidélité et votre rapidité dans la lecture, ça fait toujours très plaisir. :cute:

GTZL1 a écrit:En 1 année Deekon n'a pas vu une seule fois la tronche de Dark Vador sur une affiche de propagande ?

De mon point de vue, Deekon évite l'Empire et tout ce qui lui est rattaché, donc pas forcément étonnant qu'il n'ait pas connaissance de Vador. Après, j'ai intentionnellement laissé un peu d'ambiguïté. Il est surpris qu'Anakin ait attaqué le Temple, mais c'est Bail qui fait le raccourci de son ignorance sur l'existence de Vador :wink:

GTZL1 a écrit:Cette réplique, c'est du grand art . Réponse parfaite à la critique "mais pourquoi Obi-Wan, Yoda, Ahsoka et les autres ils se sont pas engagés dans la Rébellion tout de suite ?" qu'on peut voir passer parfois sur internet.

C'était une question que je m'étais toujours posée et dont la réponse avait été montrée pour Obi-Wan (protéger Luke), Ahsoka (ne pas attirer l'attention sur les autres et donc les protéger), Cal Kestis (l'inexpérience). J'avais envie de raconter le même type d'histoire avec Deekon avec une raison différente.

mat-vador a écrit:Tiens, notre Kage est donc devenu un vaurrriieennn et s'est retrouvé en tôle... ce serait marrant de le voir faire équipe avec Jaden , si tu vois ce que je veux dire. un contrebandier avec un Jedi, enfin quand on sait ce qu'a donné dans une de mes fan fics .... bad idea !

C'est marrant de voir qu'il y a déjà deux personnes qui aimeraient qu'il rencontre la vaurien :D

mat-vador a écrit:On termine avec une fin de non recevoir de Deekon qui entend aussi des voix dans sa tête... ca devient grave, là docteur, non ? Syndrome de stress post traumatique du à la Guerre des Clones... je vous prescris des anti depresseurs

L2-D2 a écrit:Après, hallucine-t-il, est-il victime d'un stress post-traumatique comme tu le dis, ou bien Maya s'est-elle fondue dans la Force et auquel cas il s'agirait de la "vraie" qui vient lui parler ?

darkCedric a écrit:La voix de Maya est-elle le signe de sa folie et de sa psychée ravagée ? Ou bien, malgré les révélations de Bail, a-t-elle survécu ? Je ne sais plus qui a proposé qu'elle soit devenue inquisitrice, mais ça me paraît de plus en plus probable...

Tant de théories, mais une est-elle exacte (ouais, j'aime pas spoiler) ? :sournois:

L2-D2 a écrit:Un Chapitre parfaitement cohérent avec le roman Ahsoka, déjà c'est !

Lu (et adoré) y a pas longtemps et les deux périodes matchaient, alors il n'y avait pas à hésiter.

darkCedric a écrit:Notre plus tout jeune Kage commence à devenir aussi que Mat :paf:

Boh ça va, il a même pas 30 ans :transpire:

Jenos Idanian a écrit:Du coup: Pas la même personne ? Erreur de ma part ?

Pour répondre à cela, oui il s'agit bien de Sheltay Retrac.
Winter est née en -19, Sheltay est décédée en - 18 selon l'UEL, donc cela jouerait chronologiquement.
MAIS !
Cette fanfic' se déroule dans l'univers canon, donc je peux en faire ce que je veux et lui donner un fils qui s'appelle Spring, si je préfère (mais je préfère pas) :D

Pour conclure, je suis impatient de vous présenter les deux prochains chapitres et plus particulièrement le dernier qui, je l'espère, saura vous plaire comme conclusion à cette fic'.
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Messagepar LL-8 » Mer 03 Mar 2021 - 19:55   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitre lu !
Et c'était très bien ! J'aime beaucoup l'idée que Deekon se glisse littéralement dans la peau dans autre personnage et je trouve ça plutôt logique finalement qu'il soit passé loin des radars impériaux (pour le moment). Le dialogue avec Bail est aussi superbe, surtout dans la réflexion qu'adopte Deekon et les raisons qui le poussent à rester loin du combat et qui pour moi sont, en plus d'être logiques, superbement bien décrites ici !

Je reste persuadée que Maya est toujours en vie (et pourquoi pas, peut-être que ma théorie se tient) mais l'idée qu'elle ne soit qu'une voix sortie d'outre-tombe peut donner de très beaux moments comme tu sais les faire alors j'ai hâte de lire la suite !

Mais le fait qu'on s'approche de la fin me fait peur pour Deekon....

Ah et cet intro centrée sur un insecte en début de chapitre.... du génie! :lol:
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Messagepar Mandoad » Ven 05 Mar 2021 - 19:23   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Merci pour le retour LL-8 !

LL-8 a écrit:Le dialogue avec Bail est aussi superbe, surtout dans la réflexion qu'adopte Deekon et les raisons qui le poussent à rester loin du combat et qui pour moi sont, en plus d'être logiques, superbement bien décrites ici !

Apparemment, ce face-à-face a plu et j'en suis heureux :)

LL-8 a écrit:Je reste persuadée que Maya est toujours en vie (et pourquoi pas, peut-être que ma théorie se tient) mais l'idée qu'elle ne soit qu'une voix sortie d'outre-tombe peut donner de très beaux moments comme tu sais les faire alors j'ai hâte de lire la suite !

Le sort de Maya fascine encore et toujours :sournois:

LL-8 a écrit:Ah et cet intro centrée sur un insecte en début de chapitre.... du génie!

Je cherchais de l'original, puis j'ai eu cette scène dans ma tête en visualisant Deekon couché dans sa cellule. :D

La suite arrivera la semaine prochaine. J'espère lundi, mais nouveau job + week-end possiblement chargé risquent de compliquer un peu le truc. :wink:
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Messagepar Mandoad » Jeu 11 Mar 2021 - 19:44   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Voilà ! Nous sommes lundi, c'est donc l'heure d'un nouveau chapitre ! Mouais, non, je sens bien que je n'ai pas l'air crédible. :transpire:
Comme je le mentionnais, j'ai eu des jours assez chargé et il m'a été difficile de trouver du temps pour écrire. Néanmoins, j'ai finalement pu avancer dans la rédaction cette semaine pour enfin vous proposer cet avant-dernier chapitre (bon on est dans la limite haute du nombre de caractères, donc ça devrait vous occuper) ! Vous avez bien lui, après cela, il n'y aura plus qu'un extrait qui conclura cet fan-fic'. Alors bonne lecture et n'hésitez pas à me faire vos retours !

Chapitre 19 : Gaz Kohani


17 av.BY, Qiilura , Système Qiilura

L’essaim de petits speeders laissait, dans son sillage, un nuage de poussière blanchâtre. Devant lui, d’autres véhicules plus imposants dictaient la cadence de leur escorte et atteignaient une quasi-inertie à chaque virage. Le déplacement d’une lenteur nécessaire durait maintenant depuis bientôt une demi-heure, lorsqu’une route sur la gauche fusionna avec celle qu’ils empruntaient. Devant eux, une autre meute d’appareils identiques circulait à une vitesse proche, puis ce fut le tour d’un autre groupe au bourdonnement grondant à l’unisson avec ses semblables. Alors que le temps avançait, leur nombre augmentait avec la largeur de la route, jusqu’à en atteindre une petite quinzaine avant de finalement arriver à portée d’un village d’environ quarante bâtiments de tailles diverses. Très vite les plus gros se détachèrent à l’unisson de leurs frêles cousins et filèrent, dans un rythme évoquant celui d’un Bantha asthmatique, en direction de la plus imposante des constructions. Leurs accompagnants, quant à eux, se séparèrent dans diverses directions. L’un deux, uniquement différenciable par l’impact cabossé sur son flanc droit apparu suite à une conduite sans doute un peu trop hasardeuse finit par se stopper au centre de l’agglomération. Très vite des portes se soulevèrent des deux côtés et onze individus d’espèces variées en sortirent dans un vacarme surprenant pour un aussi petit nombre de bipèdes. Le dernier à en émerger était un Kage à la peau grise. Il sauta pour s’extraire de son transport, faisant apparaître deux petites volutes sablonneuses là où ses pieds touchèrent le sol. Il s’étira et attacha ses cheveux désormais noirs en une courte queue de cheval, son regard doré scrutant nonchalamment les environs.
— Très bien les gars, meugla un contre-maître neimoidien. Vous avez l’habitude. Rejoignez vos chefs d’équipe et empochez votre paie. Celle-ci a été calculée en fonction de la quantité de barq récoltée lors de la journée d’hier.
Cela ne faisait que sept jours que Deekon Jeren avait atterri sur Qiilura, une planète agricole de la Bordure Médiane. Il espérait profiter de la relative discrétion qu’elle pouvait lui offrir et en avait très vite compris le fonctionnement. La planète, bien que dépendant de son commerce avec des mondes impériaux, avait pu garder son indépendance et aucune garnison des désormais bien trop présents Stormtroopers n’y était stationnée. Néanmoins, l’ex-Jedi restait conscient que cela pouvait venir à changer à tout moment.
Je me demande combien d’entre eux sont encore des clones.
Il chassa immédiatement cette pensée, préférant ne jamais se retrouver assez près d’eux pour le découvrir. Il se plaça derrière l’un de ses collègues, un humain aux longs cheveux sombres tressés en une imposante natte. Il ne se rappelait plus de son nom ou, plutôt, n’avait-il pas pris la peine de l’apprendre. Il ne voulait pas créer de lien avec les habitants des mondes sur lesquels il se posait quelques temps. Créer des attaches aurait pu rendre son départ plus difficile ou sa présence moins discrète. Il ne restait généralement pas plus d’un ou deux mois dans le même système et cette fois-ci ne serait pas l’exception. Il avait fait cette erreur une fois, quelques temps après sa rencontre avec Bail Organa sur Dantooine, et il n’avait dû sa survie qu’à l’incompétence particulière d’un officier impérial et à une forte dose de chance. Il s’était pensé en sécurité et avait relâché sa vigilance, mais il savait désormais que l’Empire pouvait venir s’ajouter au décor sans prévenir avec une célérité particulièrement inquiétante. Lors de la Guerre des Clones, des soldats en armure blanche avaient défendu ou envahi des mondes, mais étaient toujours repartis. Aujourd’hui, la donne avait changé et les Impériaux s’étendaient et s’insinuaient dans les affaires des systèmes stellaires et particulièrement ceux possédant des ressources d’importance. C’était pourquoi il avait choisi Qiilura. La planète était probablement la seule et unique productrice du barq, une céréale au goût et aux particularités nutritives uniques appréciés des citoyens aisés. Certains étaient d’ailleurs à la tête de la gestion de la planète, expliquant très probablement les conditions peu luxueuses des travailleurs qui entouraient Deekon, et possédaient suffisamment de pouvoir pour refuser une présence impériale. Pour le moment, le Kage avait vu juste, mais restait aux aguets. Un simple événement perturbateur et son relatif confort pourrait venir à voler en éclats.
Un événement exactement dans ce style.
Il venait de remarquer les épaules du colosse devant lui gagner en volume, ce qui n’annonçait rien de bon. Il n’eut pas besoin de la Force pour constater la colère de son collègue.
— C’est cinq pourcents de moins que la semaine dernière ! s’exclama-t-il pour confirmer les certitudes du Kage. Qu’est-ce que ce sera la prochaine ? Sept ? Huit ?!
— Les taxes impériales ont encore augmenté ! se justifia le chef d’équipe en toute bonne foi. Je ne peux pas faire mieux.
— Tu ne peux pas faire mieux ?! Trois pourcents la semaine dernière, plus cinq cette semaine, nous travaillons tout autant, si ce n’est plus, et nous sommes payés moins ! L’Empire nous saigne à blanc.
Le responsable, un Rodien chétif, se tassa.
— Je n’y peux rien, couina-t-il. L’Empire…
— L’Empire n’est pas là ! S’il veut nous priver de nos ressources, il n’a qu’à venir directement nous les prendre !
L’ex-Jedi sentit un murmure d’approbation s’élever au sein de la peur ambiante. Ils craignaient les Impériaux, mais des idées de résistance s’élevaient petit à petit, si elles atteignaient Coruscant, ou plutôt le Centre Impérial comme il ne sommait à présent, il ne faudrait pas longtemps avant qu’un contingent de soldats de choc ne débarque. Les fermiers ne résisteraient alors pas longtemps.
L’idiot…
L’humain à la natte venait d’empoigner le Rodien prêt à lui montrer ce qu’il pensait des taxes supplémentaires. Le Kage posa une main sur l’épaule du géant qui se retourna vivement, une étincelle de fureur dans le regard, qui s’éteignit rapidement.
— Prends les crédits et rentre, ça nous évitera des ennuis.
— Je…, murmura-t-il en hésitant un instant. Je vais prendre les crédits et rentrer.
— Bien. Cogne-moi, je ferais mieux de la fermer.
Il sentit la droite arriver alors que les yeux hagards de l’homme le regardaient tout juste. Le coup lui explosa la lèvre inférieure et il sentit très vite le goût ferreux du sang dans sa bouche.
— Tu ferais mieux de la fermer, gronda le fermier en s’éloignant.
Lorsque Deekon s’avança, il vit que le Rodien suait à grosses gouttes en le regardant.
— Me… Merci de vous être interposé. J’ai bien cru qu’il allait me broyer les os.
— Gaz Kohani, répondit simplement le Kage en tendant la main.
Le chef d’équipe eut l’air surpris, puis perdu avant de retrouver ses esprits et lui tendre une poignée de crédits. Sans un mot, Deekon s’éloigna d’un pas lent en se massant la mâchoire assez visiblement pour que tout le monde admire les dégâts causés par son intervention inconsciente. Ses nouveaux collègues s’écartèrent.
— Impressionnant, souffla une voix féminine qui ne le lâchait plus depuis maintenant une année. Tu utilises la suggestion mentale pour te prendre des raclées maintenant ?
— C’est mieux que de donner l’impression d’avoir pratiquer la dite suggestion mentale, répondit-il assez doucement pour ne pas attirer l’attention.
— Tu penses que ça t’aide à être discret ou tu aimes ça ?
— Tu n’en as pas marre ? s’agaça-t-il.
— De veiller sur toi ? demanda Maya. Je croyais qu’on s’était promis qu’on ne s’abandonnerait jamais et encore moins dans les moments difficiles.
— Tu es morte. C’est ça mon moment difficile.
Il sentit une pointe de vexation au sein de la Force, ce qui le perturba un instant.
— Tu dis ça parce que tu ne me vois pas.
— Je dis ça parce que le Temple s’est fait raser par une armée d’hommes élevés pour tuer et un Seigneur Sith particulièrement léthal. Donc non, tu ne peux plus m’aider.
Il y eut une pause avant que la prochaine réponse ne vienne dans un sentiment de déception particulièrement appuyé.
— Très bien, abandonna l’Arkanienne dont la voix résonnait dans sa tête. Dans ce cas, je te laisse t’occuper de lui.
— De lui ? s’étonna-t-il en espérant une réponse qui ne vint pas. Maya ?
Encore une fois, la présence venait de disparaître sans qu’il ne puisse se l’expliquer.
Si elle n’est qu’une voix dans ma tête, pourquoi n’ai-je aucun contrôle sur elle ?
Il prit cependant le risque de s’ouvrir à la Force à la recherche de la personne décrite par son amie décédée. Les sensations que cela lui apporta le réconfortèrent instantanément, comme s’il venait de récupérer l’un de ses sens, mais il jugula le flot qui le traversait. Il devait l’utiliser avec parcimonie. Il ne sentit tout d’abord rien, puis une démangeaison qui provenait de son entourage. Il scruta ses alentours, titubant toujours comme si le poing ayant rencontré son visage l’avait véritablement sonné, mais ne remarqua rien. Pourtant, la sensation ne disparaissait pas. Au contraire, elle s’accentuait comme si quelqu’un était focalisé sur lui, quelqu’un qu’il connaissait sans oser chercher plus profondément de qui il s’agissait, quelqu’un qui se rapprochait. Il avança vers la cantina du village, suffisamment lentement pour ne pas attirer l’attention, mais avec assez de hâte pour l’atteindre avant son poursuivant. Il pénétra sous l’alcôve sans porte qui donnait accès au bâtiment et des effluves de fumées aromatisées, ainsi que de bières locales atteignirent ses narines. La première fois qu’il y était entré, il avait été frappé par l’ambiance plutôt calme et allègre qui y régnait. La musique même était jouée sur des airs relaxants depuis une station et non par un groupe qui semblait miser sa réputation à la moindre note. Le lieu était bien différent de ceux dont il avait eu l’habitude lorsqu’il avait arpenté la galaxie aux côtés de Sar Labooda. Lorsqu’il atteignit le petit escalier qui l’amenait en face du bar, il n’eut aucune peine à percevoir les regards lancés dans sa direction. Il n’y régnait aucune méfiance, ni aucun dégoût, les citoyens d’ici étaient particulièrement accueillants, mais la présence d’un Kage arrivé depuis peu ne pouvait que difficilement passer inaperçue. L’unique serveuse, une humaine aux cheveux blonds attachés en un chignon, lui fit un sourire qu’il ne peut s’empêcher de remarquer. Son nom ne lui revenait pas, ni celui de la fillette dont elle venait de caresser la joue assise sur le comptoir. La femme avait plusieurs fois essayé d’établir une discussion avec lui, sans succès. Pourtant, elle n’avait jamais abandonné ce comportement agréable à son égard et cela lui avait valu un plus grand intérêt de la part des autres travailleurs.
Comme si j’avais besoin d’un surplus d’attention.
Il décida de s’asseoir dans un coin qui lui offrait, à la fois, une bonne vue sur l’entrée du bar, mais aussi deux échappatoires différentes. Il sentait toujours la présence qui le traquait, puis il vit son poursuivant. Il venait de s’asseoir dans un coin et attirait déjà tous les regards.
D’un autre côté, comment pourrait-il en être autrement ?
L’individu portait une combinaison renforcée noire, ainsi qu’un casque muni d’une visière rouge qui détonaient fortement avec le reste des clients. La tension autour de lui monta d’un cran. Les locaux n’appréciaient que moyennement ce qui sortait de l’ordinaire, surtout si cela pouvait leur attirer des ennuis. Le nouveau venu en était la parfaite définition, mais ne semblait pas y prêter attention. Deekon était sûrement le seul à pouvoir réellement distinguer ce qui attirait l’intérêt de l’être au casque : Lui. Au travers de la Force, il n’avait aucune peine à sentir que ces yeux dissimulés le fixaient toujours lorsque l’étranger appela la serveuse qui s’approcha sans démontrer la moindre inquiétude. Ils discutèrent brièvement avant qu’elle ne reparte, droit dans sa direction.
Prévisible.
L’ex-général de la République mit ses sens en alerte. Il ne ressentait pas encore de danger, mais était prêt à mettre le plus de distance entre lui et ce lieu. La blonde continua son approche. Cette fois, elle semblait plus troublée. Elle s’arrêta vers lui et se pencha.
— L’homme dans le coin, je ne pense pas avoir besoin de préciser lequel, désire vous parler, murmura-t-elle peu sûre d’elle. Vous voulez que je prévienne la sécurité, au cas où ?
L’attention le surprit, tout comme l’était la gentillesse naturelle de l’humaine.
— Il a commandé quelque chose ?
Elle secoua la tête dans une réponse négative et Deekon se leva.
— Amenez-nous deux de ces bières que vous brassez et dont j’ai de nouveau oublié le nom.
Elle acquiesça avant de s’éloigner, puis se retourna, les sourcils froncés.
— C’est un ami à vous ?
— On va très vite le savoir, répondit le Kage en se frayant un chemin à travers la foule qui était bien trop focalisée sur lui à son goût.
Il s’approcha de la table où se trouvait l’inconnu qui n’en était pas un. Ses yeux étaient toujours invisibles derrière son casque, mais il lui fit signe de s’asseoir.
— Nous nous connaissons, non ? demanda Deekon prêt à mettre l’autre hors d’état de nuire si cela s’avérait nécessaire.
— On peut dire ça.
Une décharge électrique le parcourut lorsqu’il reconnut l’intonation et ses muscles se tendirent immédiatement, alors que de sombres souvenirs refaisaient surface. Il serra les dents, mais ne bougea pas. Il ne percevait toujours pas de signal d’alarme et cela le perturbait.
— Cette voix m’est familière.
L’intrus posa ses deux mains de chaque côté de son casque et le retira d’un seul geste.
— Et le visage aussi, compléta l’humain en face de lui.
Il reconnut immédiatement l’individu. Il l’avait vu ce faciès assez souvent durant la Guerre des Clones pour ne pas l’oublier. Ce teint hâlé et ces sourcils sombres étaient communs à de nombreux hommes en qui il avait eu une totale confiance, pour qui il avait risqué sa vie et qui avaient fini par le trahir. Celui-ci, en particulier, il aurait pu le reconnaître au premier coup d’œil, malgré le crâne rasé et la barbe d’une semaine qu’il portait désormais.
— Red, grinça-t-il prêt à le neutraliser.
— Général, répliqua simplement le clone alors que la blonde déposait leurs bière devant eux.
La femme s’attarda toutefois un moment, mais Deekon lui fit signe de s’éloigner. Il ignorait ce que mijotait son ancien subordonné et compagnon d’armes et il n’impliquerait pas une innocente dans ce qui suivrait.
— Vous et vos frères avez fait en sorte qu’on ne m’appelle plus comme cela, il y a deux ans, annonça-t-il sans esquisser le moindre geste.
Red serra les poings et l’ex-Jedi s’attendit à une attaque de sa part et au changement émotionnel qui accompagnerait l’entrée de Stormtroopers, mais ceux-ci ne vinrent pas ou, du moins, pas de la façon dont il s’y était attendu. Prêt à se battre pour s’échapper à nouveau, il s’était pleinement ouvert à la Force et ressentait maintenant le tourbillon d’émotions que s’emparait du clone.
Rage, colère et… tristesse ? Culpabilité ?
Rien chez le soldat n’indiquait qu’il désirait l’attaquer, mais il ne relâcha pas sa vigilance pour autant.
— Je n’ai jamais voulu cela, Général, souffla-t-il comme s’il avait désiré prononcer ces mots depuis trop longtemps.
Méfiant, le Kage avança prudemment sa main vers son breuvage, mais ne sentait aucun duplicité.
— « Vous les avez abattus ? » Cette question me semblait plutôt convaincante sur le moment, lâcha-t-il froidement. Tout comme l’étaient le comportement de Deviss et de Blackcat. Vous êtes venu finir le travail ?
Le sentiment coupable chez Red s’accentua, comme s’il ne parvenait pas à trouver les mots.
— Plus maintenant, articula-t-il néanmoins avec peine. Je… C’était… C’est plus simple de vous montrer.
Pour illustrer ses paroles, il tourna la tête pour lui indiquer la partie droite de son crâne. La cicatrice qui s’y trouvait datait d’après l’Ordre 66, car Deekon ne l’avait jamais vue. C’est alors que les paroles d’Organa lui frappèrent l’esprit.
— La puce ? suggéra-t-il.
Le clone écarquilla les yeux, tout d’abord surpris, puis méfiant.
— Vous saviez ?
— Pas avant l’année passée, révéla le Kage en se détendant assez pour pouvoir respirer un peu plus confortablement. Je ne ressens pas la même agressivité que chez Deviss en vous. Qu’est-ce qu’il s’est passé ce jour-là, Red ?
La peine affichée sur les traits du soldat était réelle, il pouvait désormais le voir. Il aurait pu avoir pitié de lui, mais avait d’abord besoin d’explications.
Ils ont essayé de me tuer, de tuer Katooni. Ce sont eux qui ont attaqué le Temple et exécuté Maya.
— Général…
— Évitez de m’appeler comme cela ici ou quelqu’un d’autre viendra achever ce que vous avez commencé assez rapidement, l’interrompit-il.
— Désolé, les habitudes, sourit-il malgré lui avant de prendre une mine pensive. C’est difficile à expliquer. Deviss et moi, nous coordonnions l’assaut sur la capitale, puis j’ai reçu une transmission de Coruscant, du bureau même du Chancelier. « Exécutez l’Ordre 66 ». Quand j’y repense, je n’arrive pas à comprendre ce qu’il s’est passé, mais je vous ai détesté. Soudainement, toutes mes pensées s’étaient focalisées sur un seul fait : Vous nous aviez trahi et la vie de mes frères était en danger. Je devais vous arrêter avant qu’il ne soit trop tard. Deviss et Balckcat ont eu le même sentiment lorsque je leur ai transmis l’ordre.
Il s’était interrompu et Deekon avait écouté attentivement chacune de ses paroles.
Un ordre, un programme et une phrase pour le déclencher implantés droit dans leur cerveau. Les Sith ne reculent devant rien.
— Et lorsque vous avez perdu le contact avec Deviss ? Cela vous a arrêté ?
— Au contraire, affirma le clone. Ma rage s’est multipliée. Je devais vous trouver et vous tuer. Terminer la mission, suivre l’ordre qui m’avait été donné coûte que coûte comme si ma vie en dépendait. Lorsque nous avons perdu votre trace de manière définitive, j’ai commencé à réfléchir. Cet ordre, cet échec bouillonnait dans mon esprit, puis j’ai commencé à me poser des questions. Pourquoi est-ce que je ressentais ce besoin de vous tuer ? Vous aviez toujours été à nos côtés lors de chaque affrontement, prêt à mettre votre vie en danger. Pourtant, à chaque fois qu’une de ces pensées me venait, je ne pouvais m’empêcher d’arriver à la conclusion que vous l’aviez fait dans votre propre intérêt que vous étiez prêt à nous sacrifier. J’ai cru devenir fou au point d’accuser le capitaine Fey de nous avoir trahi elle aussi.
Deekon resta impassible, se refusant à confirmer les intuitions du soldat.
— Cela m’a valu un blâme et j’ai commencé à remettre beaucoup de choses en question. Quelque chose n’allait pas dans ma tête. Je ne pouvais pas avoir voulu votre mort et celle de la Comm… de Katooni sans avoir eu envie de comprendre au préalable. Je suis donc aller voir votre ami, le Doc.
— Rohm ?! s’étonna le Kage à la mention du vieux Duros.
Red hocha la tête comme si son récit lui enlevait doucement un poids sur ses épaules.
— Il dirigeait une petite clinique clandestine sur Coruscant, confirma-t-il en utilisant intentionnellement l’ancien nom de la capitale. Je me suis rappelé de la fois où Deviss me l’avait refilé sur Honoghr et ses discours sur son travail de chirurgie neuronale. Je me suis dit qu’il pouvait trouver d’où venait mon… problème.
— C’est là qu’il a trouvé la puce ? demanda Deekon en avalant une nouvelle gorgée du breuvage local.
— Pas immédiatement. Ses scanners n’ont rien trouvé au premier essai, mais ma description des événements de Jabiim l’a persuadé d’essayer une détection plus poussée. Enfin…, hésita-t-il avec un sourire amusé. Après que j’aie réussi à le convaincre de ne pas me lobotomiser pour avoir essayé de vous faire la peau.
L’ancien Jedi eut un léger rire, oubliant peu à peu qu’il avait été prêt à s’enfuir quelques minutes plus tôt.
— Cela correspond bien au personnage.
— Totalement, Monsieur. Il a fini par trouver la puce, qui s’est sabotée une fois extraite. Impossible d’en tirer quoique ce soit. À mon réveil, tout est devenu clair et il m’a fallu quelques verres d’un alcool immonde avec le Doc pour réussir à me remettre sur pied. J’ai réalisé ce que j’avais fait et avais l’intention de faire… Cette haine artificielle pour vous et vos semblables… Elle avait disparu et j’ai réalisé à quel point on nous avait manipuler, grinça-t-il en serrant fortement les dents. Nous ne valions pas mieux que des droïdes aux yeux du Chancelier et de ses laquais, mais je n’ai pas su résister à cette… programmation. Je suis désolé.
— Il dit la vérité, murmura la voix de Maya.
Lorsqu’il leva les yeux, Deekon se figea un instant. Il était persuadé d’avoir vu le visage de l’Arkanienne derrière l’ancien soldat ARC, ses yeux bleus, sa longue chevelure blanche. Il déglutit, parcourant les environs du regard avant de se reprendre. Son interlocuteur ne semblait pas avoir remarqué son moment d’inattention et semblait ronger par les remords. Le proche-humain aux yeux dorés n’avait jamais réellement tenu les clones pour responsable et ce sentiment s’était renforcé après les explications de Bail Organa. En voyant la réaction de son ancien subordonné, il réalisait désormais que la situation avait été tout aussi terrible, quoique d’une manière bien différente, pour lui.
— Vous n’avez pas à l’être, Red. Ce n’est pas votre faute, finit-il par dire en attrapant le poignet ganté du soldat qui leva des yeux embués de larmes. Vous avez été utilisé depuis votre naissance et vous avez enfin l’occasion de vivre libéré de cette influence.
L’humain ne répondit pas, mais il fut facile de lire la gratitude au cœur des iris sombres. Il n’avait pas besoin du pardon de son ancien supérieur ou de sa compréhension. Pourtant, Deekon sentit que la douleur qui enchainait son ami venait de lâcher prise. Un court instant, ils restèrent immobiles ne sachant quoi ajouter, jusqu’à ce que le Kage ne s’appuie contre le dossier de son siège en s’éclaircissant la gorge.
— Bon, ça risque de devenir gênant. Surtout qu’on est toujours observés, plaisanta-t-il en attrapant sa bière
Le clone éclata de rire et porta sa chope à ses lèvres.
— Vous n’avez pas tort.
Le liquide ambré coula dans la gorge de celui qui se faisait appeler Gaz Kohani avec une fraîcheur appréciable, puis il reposa le récipient devant lui.
— Comment va le Doc, d’ailleurs ?
— Mort, répondit simplement Red aussi directement qu’il en avait eu l’habitude au sein de la Grande Armée. Il y a quatre mois. Il ne devait pas rester grand-chose de ses poumons.
— Je lui avais toujours dit qu’il devait laisser tomber ces trucs.
— Et il m’a dit que vous pouviez aller vous faire voir chez Tibooga la Hutt et son gros… Je crois que le mot était baloosga.
Deekon ne put se retenir de recracher une partie de sa bière.
— Cela lui correspondait bien, affirma-t-il en levant sa bière. À Rohm !
— À Deviss, Blackcat et la 128e, enchaîna le clone.
— Et tous ceux qui sont tombés, termina-t-il ne parvenant pas à trouver la force d’énumérer d’autres noms.
— Katooni ?
Il ne répondit pas et le clone n’insista pas. Ils terminèrent tranquillement leur verre, se rappelant leurs anciens exploits et événements d’un passé qu’ils ne pouvaient oublier. Rapidement, toute tension avait disparu. Après une heure d’une discussion chargée de souvenirs, Red se leva.
— Je ne vais pas attirer l’attention sur vous plus longtemps, Monsieur. Je ne me suis que trop attardé.
— Vous savez où aller ? demanda Deekon.
— Réparer mes torts, faire en sorte de faire quelque chose de bien pour la galaxie. J’ai trouvé la trace d’autres clones ayant découvert la vérité.
— Vous devriez aller voir le Sénateur Organa sur Alderaan, conseilla machinalement le Kage.
— Et vous devriez venir avec moi.
Deekon força un sourire.
— Je ne peux pas, se contenta-t-il de répliquer. Plus maintenant.
Le clone ne chercha pas à le convaincre.
— Alors, au moins pourrez-vous prendre un dernier verre en compagnie de quelqu’un d’autre, sourit-il en indiquant la serveuse aux cheveux blonds. Elle ne vous a pas lâché des yeux de toute notre discussion.
— Je ne pense pas rester.
Red haussa les épaules.
— J’ai passé les derniers jours à effacer toutes les traces qui m’ont menées jusqu’à cette planète, alors que vous étiez déjà difficile à pister. C’est à vous de voir.
— Merci, mon ami, déclara sincèrement Deekon.
Retenant à grande peine un salut militaire, le clone au crâne rasé se contenta d’un salut de la tête avant de sortir, laissant son ancien supérieur seul avec une chope vide.
Merci.
Très vite la présence anxieuse, mais toujours empathique de la serveuse se rapprocha de lui.
— Vous auriez dû me dire que c’était votre ami, commenta-t-elle. À votre tête et considérant son look, j’ai crû qu’il avait l’intention de vous faire la peau.
— On s’est arrangé, plaisanta Deekon Jeren. Vous servez encore ?
L’humaine adopta une posture gênée durant une seconde.
— On ferme bientôt.
— Pas de problème, je ferais de toute façon mieux de rentrer, se ravisa-t-il avant de tenter de se lever.
La blonde lui attrapa le poignet.
— Restez un moment, je vous offrirai un verre après la fermeture, l’invita-t-elle. Et Naati a plein de questions à vous poser.
Il comprit très vite qu’elle parlait de la gamine assise sur le bar.
— C’est donc pour ça qu’elle me regarde de travers à chaque fois que je viens ici.
— Ne soyez pas vexé. Elle est curieuse de ce qu’elle ne connait pas, la défendit-elle avec amusement. C’est donc arrangé ?
Il hésita, puis hocha la tête et elle s’éloigna.
— Keriana, c’est ça ?
— Koriana, le corrigea-t-elle avec un immense sourire. Mes amis m’appellent Kori.
Kori.
Il la regarda approcher un autre client et se rassit avec un léger sourire en coin qu’il n’avait pas tout de suite remarqué.
— Tu es prêt à t’arrêter de courir ? demanda Maya qu’il pouvait presque percevoir assise en face de lui.
Il observa l’humaine ébouriffer les cheveux de sa fille et les clients du bar se diriger lentement vers la sortie. Il se posait exactement la même question.
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Messagepar mat-vador » Jeu 11 Mar 2021 - 20:33   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Lu !

Eh bien, on dirait que Deekon est décidé à se ranger :sournois: ... une vie simple et discrète sur Qilura. Jusqu'à ce qu'un ancien clone retrouve sa trace. j'ai cru à l'affrontement mais en fait ça va : " eh gros, je te paie un coup ? " :D .

Certains clones ont donc compris ce qui s'était vraiment passé... est-ce que cela aura des répercussions :whistle: ?

Bref, ils se quittent bons amis et Deekon a donc un plan :diable: ! Plan Q :x ?

J'imagine qu'il faudra attendre la suite pour le savoir :oui: !
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Messagepar LL-8 » Ven 12 Mar 2021 - 1:16   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Trop bien cette partie ! Mais bon sang, ça ne peut pas être déjà la fin !

Ce chapitre a des allures d'épilogues et ce n'est pas pour me déplaire. Ce côté très nostalgique, sur une planète agricole, entouré de gens qui n'ont pour le moment rien à voir avec l'empire, j'aime beaucoup! C'est très touchant, et maîtrisé de bout en bout.

Les retrouvailles avec Red sont top. Tu gères parfaitement les dialogues.
Je n'avais pas aimé comment les puces avaient été introduites dans TCW (j'aimais le fait que les clones suivaient aveuglément la République et que seuls certains se remettaient en question dans le Legends, une version beaucoup plus poignante pour moi) mais là chapeau. Les sentiments de Red sont vraiment bien mis en valeur et j'aime bien sa description de l'activation de la puce.
Ce côté "on se retrouve une dernière fois avant de partir chacun de notre côté" me plaît beaucoup. Un spin-off peut-être pour Red au sein d'une rébellion balbutiante ? Je ne sais pas si c'est en projet mais avec toi aux commandes, ça donnerait un truc top !

Et pour finir, Deekon qui songe à se ranger (je trouve ça beaucoup trop bien). Et concernant Maya, je la soupçonne d'avoir réussi un petit tour à la Qui-Gon. Mais clairement, il y a quelque chose de bizarre avec elle.

Encore un excellent chapitre ! Hâte de lire la conclusion !
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Messagepar L2-D2 » Ven 12 Mar 2021 - 16:09   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitre 19 lu!

Très bonne surprise, je m'attendais à ce que nous n'ayons finalement pas de Chapitre cette semaine... Merci à toi du coup! :jap:

Que dire si ce n'est que cet excellent avant-dernier Chapitre semble boucler la boucle de fort belle manière? Retour de Red, explications, ébauche de happy end pour Deekon... est-ce définitif ou comptes-tu mieux nous surprendre pour le dernier Chapitre? :sournois:

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar Mandoad » Dim 14 Mar 2021 - 20:49   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Merci à tous de vos retours sur ce paragraphe tardif !

mat-vador a écrit:Jusqu'à ce qu'un ancien clone retrouve sa trace. j'ai cru à l'affrontement mais en fait ça va : " eh gros, je te paie un coup ? " .

Un peu de tension, mais finalement plus d'émotion :wink:

mat-vador a écrit:Certains clones ont donc compris ce qui s'était vraiment passé... est-ce que cela aura des répercussions ?

LL-8 a écrit:Je n'avais pas aimé comment les puces avaient été introduites dans TCW (j'aimais le fait que les clones suivaient aveuglément la République et que seuls certains se remettaient en question dans le Legends, une version beaucoup plus poignante pour moi) mais là chapeau.

Comme LL-8, je ne suis pas du tout un fan de l'histoire des puces. En revanche, il y avait un peu de matériel de l'UEO (TCW et Kanan) où on voit certainement clones douter de leurs gestes et c'est ce que j'ai voulu mettre en avant. La puce les programme pour obéir, mais une fois que certains ont un instant pour y réfléchir, que s'est-il passé dans leur tête ?

LL-8 a écrit:Ce côté "on se retrouve une dernière fois avant de partir chacun de notre côté" me plaît beaucoup. Un spin-off peut-être pour Red au sein d'une rébellion balbutiante ? Je ne sais pas si c'est en projet mais avec toi aux commandes, ça donnerait un truc top !

Est-ce que j'ai l'air d'un type avec un plan ? :neutre:

LL-8 a écrit:Et pour finir, Deekon qui songe à se ranger (je trouve ça beaucoup trop bien).

mat-vador a écrit:Bref, ils se quittent bons amis et Deekon a donc un plan ! Plan Q?

L2-D2 a écrit:etour de Red, explications, ébauche de happy end pour Deekon... est-ce définitif ou comptes-tu mieux nous surprendre pour le dernier Chapitre?

Happy ending ? Vie de famille avec la Kori ? Rébellion ? Les Inquisiteurs mentionnés plus tôt ? Une surprise ? Seul l'avenir (et le dernier chapitre) le dira.

Celui-ci arrivera d'ailleurs quelque part entre jeudi prochain et le lundi d'après (en fonction de mon temps à disposition et de ma facilité à clore cette fic' de la façon dont je le veux. Donc, sorry, mais je n'ai pas vraiment une date précise pour la conclusion, cette fois :transpire:
"Un grand guerrier? Personne par la guerre ne devient grand." -Yoda
FanFics': Vauriens et hors-la-loi, Hajoo & Jaden : Rebelle & Vaurien (Avec LL-8) & Une lueur dans l'obscurité
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Messagepar Mandoad » Ven 19 Mar 2021 - 20:03   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Eh bien, eh bien... L'ultime chapitre est prêt... On en est à une semaine plus tard que le dernier... Il y a 30'000 caractères... Est-ce que je vais vous achever en balançant tout d'un coup ou je triche à nouveau ?
Bah c'est le final, le gros truc sensé clore cette histoire en beauté (je l'espère). Allez, soyons fous ! je vous présente donc le dernier et vingtième chapitre de "Une lueur dans l'obscurité". Bonne lecture et bon courage ! Promis je ferai jamais plus plong :wink:

Chapitre 20 : Perle arkanienne


16 av.BY, Qiilura , Système Qiilura

Des ailes, puissantes et triangulaires, une peau grise et pratiquement uniforme une gueule dénuée de dents et une queue pourvue de nombreux éperons de tailles diverses. Deekon connaissait parfaitement l’animal sur la feuille de flimsi. Pourtant, il décida de feindre l’ignorance :
— Je ne sais pas. Une grosse mouette sans plumes ? essaya-t-il avec un froncement de sourcil presque trop prononcé.
— Mais non ! s’exclama la fillette aux cheveux châtains en faisant visiblement un effort pour ne pas sauter sur ses deux pieds. C’est un Thranta !
— Un Tran-ta ? insista-t-il.
— Non ! Thran! Thran-ta! Un Thranta. Tu le fais exprès ? demanda la gamine en pouffant.
Il retourna le dessin dans l’autre sens comme s’il cherchait réellement à comprendre où se trouvait la tête de l’animal, puis jeta une regard innocent à la petite.
— Un Thranta… et ça vient d’où ?
— C’est une espèce reptavienne originaire d’Alderaan.
Cette fois-ci, il n’eut pas besoin de feindre l’étonnement en entendant le mot utilisé par l’enfant.
— Reptavienne, tu dis ? Tu as appris ça à l’école ?
— Non, c’est Taako qui m’a donné un nouveau holo pour l’ajouter à ma collection.
Taako…
L’image d’un vieux négociant Gran parfois de passage sur la planète lui revint soudainement en tête.
— Bien sûr, Taako. C’est donc lui qui te fournit tous ces disques de données faunistiques, constata-t-il en pointant les empilements sur la commode de la chambre. Il y en a un par espèce ?
— Non, un par planète, le corrigea la fillette comme s’il était le dernier des idiots.
— Évidemment, marmonna le Kage en contemplant la collection. Ça fait une flopée d’animaux tout ça. Tu as appris tous leurs noms ?
— Bien sûr ! Et un jour je les verrai tous en vrai aussi !
L’optimisme de la gamine aux yeux gris lui arracha un petit rire et il lui ébouriffa les cheveux en espérant qu’elle en aurait bel et bien l’occasion.
— Évidemment que tu les verras tous !
— Tu veux que je te montre la partie sur le Chat Manka ?
Il allait répondre lorsqu’il sentit une autre présence pénétrer à l’intérieur de la petite maison.
— Naati ! J’espère que tu n’embêtes pas trop Gaz ? demanda une voix féminine et chaleureuse depuis la pièce voisine.
— Non, maman ! On étudie la faune alderaanienne !
— La faune reptavienne alderaanienne ! renchérit Deekon en faisant un clin d’œil à l’enfant qui gloussa.
— La quoi ? Je ne comprends pas la moitié de ce que vous dites.
— Il semble que ta maman ne sois pas une experte en zoologie, plaisanta le Kage en tendant le dessin à Naati.
— Garde-le. C’est un cadeau et, comme ça, tu te souviendras du Thranta, insista-t-elle un immense sourire aux lèvres.
Il jeta un œil amusé au dessin et le plia en quatre avant de se lever plus péniblement que sa condition physique ne le permettait véritablement.
— Merci, Naat. Cette œuvre méritera un emplacement de choix sur mon mur.
— Tu vas voir maman ?
— Oui, mais je te promets que je suis impatient de tout découvrir sur le Chat Manta la prochaine fois.
— Elle t’aime bien, murmura-t-elle sans relever sa faute intentionnelle, et moi aussi je t’aime bien.
Karabast…
Il venait de voir cette lueur dans le regard pétillant de la fillette, ce regard empli d’un espoir qu’il aurait préféré éviter, mais il ne se départit pas de son sourire pour autant.
— Je t’aime bien aussi, Naati.
L’expression joviale sur le visage de l’enfant s’élargit jusqu’à atteindre des proportions exagérées et il sortit de la chambre.
Tu joues à quoi, imbécile ?
Il émergea très vite dans la pièce voisine à la décoration minimale pour apercevoir une jeune humaine blonde. Koriana, vêtue d’une simple tunique claire et d’un pantalon utilitaire, avait noué ses cheveux en une queue de cheval qui retombait sur son épaule droite. Replaçant un contenant d’épices qu’elle venait d’acheter au marché, elle finit par se retourner pour l’apercevoir. Son expression parut encore plus rayonnante au Kage, déjà perturbé par les paroles de la petite, qu’elle ne l’était d’habitude et il faillit perdre sa posture du travailleur fatigué.
— La faune reptavienne ? s’amusa-t-elle suffisamment nonchalamment pour qu’il puisse reprendre une certaine contenance.
Il s’approcha pour l’aider à débarrasser les divers aliments qui se trouvaient au fond d’un sac beige et la sentit sursauter lorsqu’il la frôla.
— Apparemment, elle a appris ce mot sur un holo de Taako. Je ne savais même pas qu’il existait, mentit-il avec un regret plus grand qu’il ne l’avait imaginé.
— Elle adore toute ce qui concerne ces animaux exotiques, confirma Kori en refermant une armoire. Elle rêve de les voir en vrai.
— Elle le mériterait, commenta Deekon en grimaçant suite à une extension trop prononcée d’un muscle faussement endolori comme il aurait dû l’être après sa semaine de travail.
Le sac était presque vide et ne contenait plus que quelques légumes dont il se saisit pour les poser dans un grand bol en terre cuite décoré de divers animaux. L’objet était une œuvre de Naati, comme il l’avait deviné la première fois qu’il était entré ici.
— J’apprécie que tu t’occupes d’elle quand je dois faire des heures supplémentaires, le remercia l’humaine d’une voix douce. Elle t’aime beaucoup.
La phrase était anodine, mais le ton employé venait s’ajouter à cette lumière d’espoir qu’il avait perçue chez l’enfant un instant plus tôt. Il se mordit la lèvre et se retourna avant de se stopper. Kori n’était qu’à quelques centimètres de lui, si proche qu’il pouvait sentir son souffle et le contact pourtant absent de son corps. Il baissa ses yeux dans ceux d’un gris clair de la jeune femme. Il voulait parler, faire un commentaire qui le tirerait de cette situation, mais manqua de vitesse alors qu’elle posait une main sur son torse. Lentement, mais trop rapidement pour lui elle rapprocha son visage du sien et il put sentir la respiration de la femme s’accélérer, en même temps que les battements de son cœur. Lorsque ses lèvres rencontrèrent les siennes, il ne put réagir et resta immobile incapable de rendre le baiser qu’elle lui donnait.
Tu déconnes, Deekon.
Elle dut sentir son trouble, car sa présence s’emplit soudainement de doute au sein de la Force. Elle eut un mouvement de recul. Ses traits s’étaient modifiés en une expression incrédule. Il ne parvint pas immédiatement à parler, ni à ne serait-ce qu’imaginer les mots qu’il devait prononcer dans cette situation. Elle fut plus rapide.
— Quelque chose ne va pas.
Ce n’était pas une question et il remarqua l’image pétrifiée qu’il devait donner.
— C’est…
— Gaz, si le mot qui sort est « compliqué », autant sortir tout de suite, lâcha Kori avec un ton qui lui montra immédiatement qu’il venait de la blesser sans pour autant avoir parlé.
Il ne prononça donc pas le moindre mot et elle leva les yeux au ciel dans une expression qui en disait suffisamment sur la façon dont elle jugeait sa réaction.
— J’aurais pensé qu’après presqu’une année à se… fréquenter, parce que je ne trouve pas vraiment d’autres mots, on avait finalement passé cette borne et qu’il y avait quelque chose de plus.
— Non, Kori, essaya-t-il de se défendre. Je t’apprécie beaucoup.
L’humaine eut un rire moqueur.
— Tu m’apprécies ? Taako apprécie le jeune douanier qui ferme les yeux sur sa contrebande. Mon voisin apprécie la vendeuse de paniers qu’il va voir tous les week-ends quand sa femme part livrer la récolte. Moi, j’en ai marre qu’on s’apprécie. Naati mérite mieux que de l’appréciation.
Il avait vu juste et s’en voulut immédiatement. Après tout, ses gestes en direction de la jeune femme et de sa fille l’avaient mené dans cette direction précise.
— Écoute…
— Non, toi tu m’écoutes, ordonna-t-elle d’une voix qui ne contenait aucune colère, mais une profonde tristesse qu’elle avait décidé de canaliser sous forme d’agressivité. Tu viens, tu repars, tu passes du temps avec moi, avec ma fille et tu restes parfois la nuit ici, mais cela ne me suffit plus. Cela ne suffit plus à Naati.
Je l’ai vu venir. Je croyais quoi ?
— J’essaie de trouver un équilibre, lâcha-t-il en réalisant immédiatement la maladresse extrême de cette sortie dans le contexte.
— Un équilibre ? s’agaça Kori encore plus irritée que l’instant d’avant. Pour oublier cette fille ?
— Non, c’est… Quelle fille ? s’interrompit-il en écarquillant les yeux.
L’humaine eut un petit rire qui lui fit comprendre qu’elle croyait qu’il se moquait définitivement d’elle, malgré la surprise réelle qui le parcourait.
— Tu me prends vraiment pour une idiote. Ce n’est pas parce que je suis la jolie serveuse du coin que je suis pour autant écervelée et que je ne remarque pas que tu tritures ce machin sous ta chemise à chaque fois que tu es désarçonné.
C’est alors qu’il remarqua que sa main était naturellement posée au niveau de son sternum, là où se trouvait la dernière relique de son passé, simplement attachée au bout d’un fil de fibres de barq.
— C’est plus compliqué.
— Dehors ! s’exclama la femme aux cheveux blonds alors qu’elle ne pouvait retenir les premières larmes aux coins de ses yeux.
— Kori, tenta-t-il en se rapprochant.
Elle recula, la mâchoire tremblante d’une colère amplifiée par la blessure qu’il venait de lui infliger.
— Je t’avais prévenu, trembla-t-elle avec un sanglot à peine dissimulé. Dehors.
Sa voix s’était cassée. Il hésita, puis fit un pas en arrière en direction de la sortie avant d’ouvrir la porte et de laisser entrer la lumière orangée d’une fin de journée.
— Je suis désolé, murmura-t-il avant de quitter l’habitacle.
Au sein de la Force, il sentit Kori craquer et sa tristesse exploser alors qu’il s’éloignait, puis il y eut le sentiment d’inquiétude de la petite Naati. Elle ne comprenait pas ce qu’il venait de se passer et tenta de réconforter sa mère avant que la peine ne vienne la contaminer. Serrant les dents, le Kage se coupa de la Force. Jurant contre sa propre bêtise, il comprimait machinalement la petite sphère située au bout de son collier.
J’aurais dû partir il y a des mois, refuser ce verre, refuser ce dîner, refuser de jouer les babysitters.
— J’aurais dû continuer à courir, grogna-t-il à l’attention d’une présence qu’il n’avait plus perçue depuis de nombreux mois et qui ne se manifesta toujours pas. Reste silencieuse, parfait. Après tout, c’est à cause de toi que je suis encore là.
Il s’était relâché. L’absence d’Impériaux lui avait offert un sentiment de sécurité. Il avait eu l’espoir qu’il lui était possible de créer quelque chose sur cette planète et s’était autorisé à tisser des liens, mais sa réaction face aux sentiments de Kori et de sa fille lui avait renvoyé la réalité en plein visage : Il restait un danger pour quiconque s’approcherait de lui. Un jour, quelqu’un découvrirait sa véritable identité. Sidious avait créé une armée et déclenché une guerre aux proportions galactiques pour éliminer les Jedi. Il ne lui serait nullement difficile de mettre fin à la vie d’une serveuse et de son enfant pour se rapprocher du succès total de son objectif.
Je suis un idiot, un véritable idiot. Je dois partir avant de causer plus de dégâts.
Il réalisa alors que son pas indûment fatigué de travailleur des champs l’avait amené droit devant sa maison. Il lui fallait rassembler ses affaires, prendre un transport et partir. Il posa la main à sa ceinture, là où dépassait la feuille de flimsi que Naati lui avait donnée. Il devait partir sans leur dire adieu, sans leur dire pourquoi il fuyait. Cela les blesserait, mais sûrement moins que s’il essayait de le leur expliquer. Pour la première fois, depuis qu’il avait été séparé de Katooni, il ressentit un déchirement qu’il avait tout fait pour éviter. Il frappa brutalement le panneau d’ouverture de son habitation et un son violent retentit. Il sursauta en observant la porte d’entrée, mais il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que ce bruit n’était pas la conséquence de sa colère déployée contre l’appareil électronique.
Une entrée dans l’atmosphère.
Immédiatement, il leva les yeux au ciel. Il s’agissait de petits points, quasiment invisibles pour l’œil humain, mais il n’en était pas un. Il ne prit pas le risque de s’ouvrir à la Force. Dans le cas où il s’agissait de l’Empire, la présence seule de l’un de ces Inquisiteurs qu’il avait su éviter pendant près de trois ans suffirait à le trahir et le village en serait la première victime. Les tâches commencèrent à grossir et il devint facile de deviner quel était leur objectif. Il devait partir et vite. Il ne pouvait pas mettre ces gens en danger, mais il pouvait au moins les prévenir. Son chef d’équipe rodien n’était pas loin.
— Eh chef ! C’est pas le jour des livraisons, je me trompe ?
Le non-humain aux grands yeux sombres se tourna vers lui avant de regarder le ciel et sursauta avant de se saisir de son comlink. Très vite, une alarme résonna dans le petit hameau et les habitants commencèrent à sortir, alors que lui rentrait. Il attrapa très vite un peu de matériel, quelques outils, des rations pour deux jours. Il lui suffirait de se cacher dans la forêt, le temps d’analyser la situation et les nouveaux venus, puis de trouver un moyen de quitter la planète. Il fourra le tout dans une sacoche en cuir brun et observa rapidement la pièce, puis il y eut les cris et la déflagration. Son instinct prit immédiatement le dessus et il sprinta en dehors de son habitation pour percuter un Ithorien qui transportait maladroitement une besace.
— Yok ! Qu’est-ce qu’il se passe ?! s’exclama-t-il alors qu’il distinguait clairement la cantina prendre feu.
— Des pirates, Gaz ! s’étrangla le non-humain de sa voix gutturale. Des pirates !
Des pirates ?
Il leva les yeux au ciel et vit passer ce qui ressemblait à une ancienne canonnière séparatiste repeinte et lourdement modifiée. Celle-ci envoya un missile droit sur une maison dont sortait l’un de ses collègues et sa famille, mais ils ne furent pas assez rapide. Le feu de l’explosion émergea de l’habitation tel un Gundark jaillissant hors de son nid et les avala. Le ventre de l’ex-Jedi se noua.
Cela n’a aucun sens ! Ils ne savent pas qu’ils vont détruire toutes les réserves de valeur en s’y prenant ainsi ?
Un autre vaisseau, cette fois d’un modèle qu’il ne connaissait pas, fondit sur la foule en crachant de vifs traits rouges qui carbonisèrent ce qui se trouvait sur son passage. Il serra les poings de rage, mais il ne pouvait pas intervenir. Il pouvait se rendre. Espérer que sa valeur était suffisante pour qu’ils repartent, mais l’Empire, l’Empire chercherait à savoir où il avait été arrêté et viendrait finir ce que ces envahisseurs avaient commencé. Il prit sa décision et il courut, droit vers la maison de Kori. Il pouvait la sauver, elle, Naati et peut-être certains autres.
— Certains ?
La voix lumineuse revenait au pire moment et il ne pouvait pas se permettre de se laisser déconcentrer, pas s’il voulait sauver ces vies.
— Depuis quand n’en sauver que quelques-uns est suffisant ?
Pas maintenant.
Il sauta par-dessus une machine agricole renversée, ignorant la foule paniquée et la fumée qui commençait à se propager. Il faillit perdre l’équilibre et s’autorisa une poussée de la Force pour ne pas tomber. Lorsqu’il atteignit la maison de Kori, qui se trouvait à l’extrémité du village, la boule qui s’était formée dans son vendre se défit. La jeune femme s’occupait d’un autre humain particulièrement sonné. Quant à Naati, elle semblait totalement paniquée. Son visage s’éclaira néanmoins lorsqu’elle le vit arriver.
— Gaz ! s’écria-t-elle faisant réagir sa mère qui le contempla d’une expression neutre, mais soulagée.
Le Kage ne ralentit pas et serra l’enfant dans ses bras avant de faire de même avec sa mère qui accepta son étreinte, comme si les nuages noirs avaient masqués leur dispute.
— Quand j’ai vu leurs vaisseaux bombarder le centre, j’ai cru que…
Il lui attrapa la main et la serra.
— Ce n’est pas passé loin. Ils peuvent marcher ? demanda-t-il en montrant les autres villageois désorientés et apeurés.
Kori acquiesça. Elle semblait tenir le coup. C’était l’un des traits de caractère qu’il admirait chez elle. Malgré l’adversité, elle était capable de garder le contrôle, de faire ce qui était nécessaire. C’était pour cela qu’elle ne devait pas mourir ici. Il pouvait sauver ce petit groupe en les emmenant dans la forêt.
— Alors, il faut partir et maintenant !
— Et les autres ? demanda l’humaine inquiète. Il y a encore des survivants. On ne peut pas les laisser !
— C’est trop tard, l’informa un fermier dont le bras gauche souffrait plusieurs brûlures. Les pirates ont débarqué, menés par un immense Trandoshan. Ils les ont capturés et commençaient à fouiller chaque maison. On ne peut plus rien pour eux ! Si on reste, on est mort.
— Il a raison, Kori, acquiesça Deekon, mais nous, nous pouvons encore nous échapper si nous fuyons maintenant.
— Fuir ? souffla la voix. Encore ? Et abandonner tous ceux qui sont derrière toi ? Ce n’est pas celui dont je me rappelle.
Tais-toi.
— Je ne vais pas les laisser ! s’exclama Kori. Tu n’as qu’à t’enfuir, mais je ne laisserai pas mes amis derrière. L’obscurité a déjà suffisamment gagné cette galaxie.
Elle se leva, le fusillant du regard, alors que Naati le contemplait, perturbée et déçue. Il attrapa son pendentif et un sentiment de honte s’empara immédiatement de lui.
— Nous sommes une lueur dans l’obscurité, Deek.
La détonation retentit dans son dos. En une fraction de seconde, il pivota sur lui-même et n’eut que le temps de tendre le bras avant qu’une vague d’émotions ne le traverse. Une vague d’émotions à laquelle il avait coupé l’accès jusque-là. Il sentit la terreur de Naati, ainsi que la stupeur de Koriana qui se trouvait sur la trajectoire du projectile écarlate. Le Jedi perçut aussi l’incompréhension qui venait de s’emparer des deux pirates quarrens, alors qu’ils contemplaient cette lumière rouge qui s’était immobilisée devant sa cible. L’un d’eux leva son arme, mais il était trop tard. Deekon ferma le point et le laser fusa dans sa direction, l’atteignant en pleine gorge. Le second n’eut pas plus de chance lorsqu’une force invisible le souleva de terre pour l’envoyer percuter une paroi de pierre comme s’il n’avait été qu’une poupée de chiffons. Les genoux tremblant de Kori finirent par la cesser de la porter, mais il la rattrapa d’un geste .
— Tu… tu… Comment ? bégaya-t-elle.
— Emmène Naati, lui murmura le Kage. Emmène-les tous dans la forêt.
— Et toi ?
— Personne ne reste derrière, affirma-t-il avec une confiance qu’il n’avait plus eue depuis longtemps. Tu as raison, il est temps d’arrêter de fuir.
Il l’aida à se relever et elle se laissa porter, n’opposant pas la moindre résistance. Il sentit que quelque chose venait de changer en elle, comme si elle avait fini par comprendre quelque chose qu’elle avait passé des mois à chercher. Il finit par la lâcher et elle attrapa la main de sa fille dont l’expression oscillait entre l’étonnement et la fascination. Elle resta un instant face à lui, hésitant à l’idée de le laisser.
— Tu ne peux pas y aller seul, Gaz, murmura-t-elle en lui touchant le bras, son inquiétude parfaitement palpable.
— Deekon, la corrigea-t-il. Mon nom est Deekon Jeren et je ne suis pas seul. Je ne l’ai jamais été.
Il sentit son envie de se tenir à ses côtés, mais il secoua la tête. Naati tira sur la main de sa mère qui ne résista plus.
— Naati, les Vulptex de Crait, annonça-t-il avec un clin d’œil. Ils en valent la peine.
Elle lui sourit avec mélancholie avant de partir à la suite des autres et disparut avec Koriana, mais il pouvait encore les sentir au sein de la Force. Il inspira et focalisa, néanmoins, son attention plus loin dans le village, sur les habitants pris au pièges et effrayés, mais aussi sur les pirates avides de sang et de richesses. La Force le parcourait et il réalisa l’erreur qu’il avait faite en la fuyant. Il avait eu peur, mais ce n’était plus le cas désormais.
—C’était toi, ma lueur dans l’obscurité, déclara-t-il le regard fixé devant lui.
— Et je le serai toujours, le conforta Maya en entrant dans son champ de vision.
Il la voyait distinctement, forme éthérée, reflet immortel de l’être qu’il avait aimé plus que tout. Seule sa présence avait changé, plus sereine et irradiant d’une pureté qu’il n’avait jamais ressenti et il comprit.
— C’était toi. Ça a toujours été toi. Comment ?
— Il n’y a pas de mort, Deek…
— Il n’y a que la Force, compléta-t-il sans avoir besoin de plus d’explciations. Tu as raison. En sauver certains n’est pas suffisant.
— Alors ne perdons pas de temps.
Il avança, un pas après l’autre. Ce n’était plus la démarche fatiguée de Gaz Kohani qui l’animait et encore moins celle décontractée de Berin Hol. Il ressentait chaque vibration, chaque émotion qui se propageait près de lui à mesure qu’il se rapprochait des captifs. Il était Deekon Jeren, Chevalier Jedi protecteur. Au travers d’un nuage de fumée noire, il sentit la présence de deux de ses ennemis avant qu’ils n’en émergent. Il les propulsa l’un contre l’autre avant qu’ils n’aient pu le remarquer, mais il ne s’arrêta pas. Les sens du Trandoshan se mirent en alerte avant qu’il ne traverse l’épais voile sombre. Lorsqu’il en émergea, la moitié des blasters étaient pointés sur lui et l’autre sur les prisonniers. Face à lui, se trouvaient une quinzaine de criminels divers et peu brillants. En revanche, ce n’était pas le cas du Trandoshan et de son second, un adolescent humain au crâne rasé bien trop jeune pour se retrouver à cette position. Ses adversaires ne bougèrent pas sans l’ordre de leur supérieur. Le Kage analysa calmement la situation. Il était un Général, un stratège.
— Tu as toujours adoré soigner tes entrées, s’amusa Maya.
Il eut un léger rictus qui perturba certains des pirates, mais le Trandoshan s’avança en murmurant quelque chose à son second qui se déplaça lentement sur le côté.
— Tu m’as l’air trop confiant pour que je ne m’inquiète pas, grogna-t-il entre ses crocs aiguisés. Je ne m’attendais pas à croiser un Kage sur cette planète perdue et je ne suis pas un fan de surprises.
— Alors retournez dans vos vaisseaux et décollez, si vous ne désirez pas en découvrir une nouvelle.
Le Trandoshan ricana.
— Un négociateur ? Je te prendrais un peu plus au sérieux si tu étais plus menaçant.
Tu n’as pas idée.
Il avait eu le temps de choisir sa cible et focalisa-t-il toute son attention sur les villageois, car il était toujours un mentor protecteur. Maniant le courant énergétique qui l’entourait, il propulsa l’un des imposants transport de barq sur les gardes. Il était aussi un soldat et n’hésita pas à écraser les criminels qui se trouvaient sur son chemin.
— J’ai l’air plus menaçant, maintenant ?
Sa démonstration n’eut pas tout à fait l’effet escompté, car un sourire blanchâtre et étincelant apparut au milieu de la face écailleuse du chef des pirates.
— Disons, juste plus financièrement intéressant, Jedi, s’amusa-t-il en effectuant un geste.
— Saute, lui souffla doucement Maya.
Il sentit les projectiles arriver et pulvériser une pierre à l’endroit même où il s’était trouvé un instant plus tôt. Il était l’ancien apprenti de Sar Labooda. Il savait comment ces individus agissaient. Il bondit sur le véhicule qui servait de bouclier aux villageois.
— Dégagez ! leur ordonna-t-il déclenchant la décharge d’adrénaline nécessaire chez eux.
Un picotement dans son dos l’avertit un instant avant qu’il n’entende le bip du détonateur qui arrivait dans sa direction. Il façonna une main invisible avec son esprit qui s’en empara sans difficulté pour le renvoyer sur un groupe de cinq individus non-amicaux. Ils n’eurent que le temps de constater leur propre erreur avant d’être réduits en poussière.
Comme à l’entraînement.
Il se maudit de cet accès de confiance lorsqu’un objet non-identifié le heurta violemment. Deux griffes pointues s’enfoncèrent dans son flanc. Il frappa la tempe du Trandoshan de sa main, s’écorchant dans l’action, mais le lézard le lâcha et il roula un peu plus loin avant de se remettre sur ses deux pieds. Le Général Jedi posa la main sur son flanc pour y sentir un liquide chaud couler.
Douloureux, mais pas mortel. Pas encore.
Des traits écarlates fusèrent autour de lui sans pour autant le toucher. Il riposta d’un blaster qui venait de s’envoler dans sa main et tira trois fois pour faire s’effondrer autant d’êtres-vivants, mais il n’eut pas le temps de souffler. Le Trandoshan revenait à la charge empli d’une froide détermination qui faillit submerger ses sens.
— Contrôle-toi, le calma Maya.
Le Kage bondit sereinement. Il était un Jedi, un général, un soldat, l’apprenti d’un Maître peu conventionnel et un protecteur. Chaque étape de son existence l’avait façonné tel qu’il était aujourd’hui. Il évita la première attaque, mais le chef des pirates était rapide et frappa de ses griffes le manquant de peu. Deekon répliqua en ajoutant une poussée de Force à son crochet. Son adversaire mordit la poussière, mais se releva encore une fois.
Increvable.
Ce moment d’inattention faillit lui coûter la vie. Il perçut le speeder filer droit dans sa direction, au dernier moment, et eut juste le temps de sauter sur le capot du véhicule privé bleu. Agrippé au volant, l’adolescent au crâne rasé lui lança un regard mauvais avant de bondir hors de l’appareil. L'ancien défenseur de la République sentit le danger et l’imita alors que l’engin venait s’écraser contre le mur d’une bâtisse. Il explosa perturbant la réception acrobatique du proche-humain qui atterrit sur le dos.
Moi et mes idées… Fini de rire.
Il se releva en grinçant des dents. L’affrontement l’avait un peu plus amoché qu’il ne l’avait espéré. Le Trandoshan et son second étaient encore là, prêts à en découdre. L’humain dégaina une vibrolame.
— C’est encore le temps d’abandonner petit, tenta Jeren.
— Je ne suis pas vaincu, tant qu’il me reste de l’énergie pour me relever, cracha froidement l’autre en arborant désormais une blessure visible au coin de la lèvre.
Ça va laisser une cicatrice.
Le Trandoshan attaqua directement dans son dos, mais il avait eu le temps d’anticiper. Cette fois, il ne retint pas sa contre-attaque. Le lézard s’écrasa contre un tas de débris et resta au sol. Cela eut pour effet de décupler la rage de l’adolescent qui chargea en tentant vainement de le transpercer de sa lame. Il était rapide, plus que le Kage ne l’avait imaginé, mais la Force le parcourait. Il le projeta plus loin, avant d’apercevoir le détonateur thermique voler dans sa direction. Deekon serra les dents, conscient de ce qu’il lui restait à faire.
— Désolé, gamin, murmura-t-il en renvoyant l’engin explosif à l’expéditeur.
C’est alors que le regard glacial du jeune homme changea. Cela ne fut que durant une fraction de seconde, une fraction de seconde lors de laquelle le masque impassible se brisa, pour afficher non pas de la peur, mais un désespoir profond dans ces yeux qu’il reconnut soudainement. Pourquoi s’en souvenait-il maintenant ? Pourquoi ce regard qu’il n’avait vu qu’une fois lui revint en mémoire ? Peut-être était-ce le Thranta de Naati ou ses regrets de ne pas avoir suivi Bail, mais le souvenir le frappa. Il revit cet enfant empli de joie qu’il avait croisé dans les appartements d’Organa alors qu’il n’était que Padawan, ce garçon qui n’était pas mort comme le sénateur l’avait cru, celui du fils de Lynn Teral.
Calan.
Il se souvint du nom et, pour une raison qu’il ne comprit pas, sut qu’il devait sauver cette vie dont l’innocence avait été volée bien trop tôt. Il dévia la course de la grenade, qui détona plus loin, alors que le masque de l’adolescent se remettait en place. L’un de deux tirs l’atteignit en pleine poitrine. La douleur irradia dans ses poumons alors qu’il basculait sur le dos. Sa tête heurta un débris. Le souffle court, il posa la main à l’objet sur son pendentif, l’unique pièce de son sabre-laser qu’il s’était autorisé à garder, son inhabituel catalyseur, et une chaleur l’envahit en même temps que le visage de Maya se penchait sur lui. Elle lui souriait de cet air éternellement empli de compassion .
— Tu les as sauvés, Deek, murmura-t-elle. Tu peux te reposer maintenant.
Sa respiration devint plus difficile et sa vision était désormais trouble. Une ombre entra dans son champ de vision, une ombre qui ne pouvait pourtant pas obscurcir la vision lumineuse du visage pâle aux lèvres bleues au-dessus de lui. Il la sentait. Elle ne l’avait jamais quitté et il était désormais prêt à la rejoindre. Sa main glissa révélant une simple perle qui brûlait d’une vive lumière, une perle arkanienne. Lorsque les deux décharges retentirent, il souriait.

Il souriait, ses yeux dorés rivés sur une chose que le jeune humain ne pouvait voir et cela le perturba un instant avant qu’il ne rengaine son DL-18. Il n’avait jamais affronté un adversaire aussi coriace, mais il ne pouvait pas se permettre de mourir, pas aujourd’hui.
Blast, typiquement jediesque…
Il ne comprenait pas pourquoi le Kage avait choisi de l’épargner, de changer la direction du détonateur, mais cela lui avait donner l’ouverture dont il avait eu besoin. Il se pencha sur le corps désormais inanimé de son adversaire et s’empara de la perle qu’il portait autour du cou, puis fut intrigué par un morceau de flimsi qui dépassait de sa ceinture. Il l’attrapa et le déplia pour révéler un dessin enfantin. La vision de l’animal réveilla une mémoire qu’il avait enfouie depuis longtemps et il froissa l’œuvre. Derrière lui, il entendit un grognement ponctué de jurons, alors que le Trandoshan le rejoignait.
— Tu te fais vieux, Seshek, lui lança l’humain.
— C’était un Jedi, gamin. Il vaut un paquet de points, mais on est chanceux d’être encore en vie.
Son jeune second ricana en lui plaquant la feuille de flimsi contre le torse, lui arrachant en sifflement de douleur.
— Ouais, et lui ne l’est pas. Il faut croire que les Jedi ne sont pas aussi impossible à tuer qu’on le dit, répliqua-t-il en s’éloignant.
— Il a éliminé la quasi-totalité de nos hommes et permis aux prisonniers de s’échapper. Avec ces idiots de « Brûleurs » qui ont fait cramer l’entrepôt, je doute que Tyren nous accueille à bras ouverts, Blizz.
— Ça tombe bien, je n’ai pas l’intention de lui tomber dans les bras à notre retour.
— Tu as toujours l’intention de mettre ton plan à exécution ? grinça le lézard avec un entrain mitigé.
— Si je veux éviter de l’avoir à nos trousses, oui. J’ai enfin une piste, Sesh. Je ne vais pas la laisser m’échapper.
Le non-humain écailleux déplia le dessin et le retourna dans tous les sens, alors que Blizz repartait vers leurs vaisseaux.
— C’est quoi ce truc ? Le rejeton d’un lézard kompo et d’une raie des profondeurs de Dac ?
— Un Thranta, le corrigea le vaurien. On n’en trouve que sur Alderaan.
Alderaan appartenait à son passé, mais il lui restait un vestige à retrouver, un éclat d’espoir qui lui avait permis de continuer durant ces années passées dans le noir, une lueur dans son obscurité.
J’arrive Nayia.
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Messagepar LL-8 » Sam 20 Mar 2021 - 21:36   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

JADEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEN!!!
Alors tu dis de moi, mais clairement, niveau ascenseur émotionnel, on est pas mal ici aussi!

Tout d'abord, j'ai beaucoup aimé. Mais alors, beaucoup beaucoup. La première partie entre Deekon, Kori et sa fille est juste superbe, je trouve. La douceur et la tranquillité qu'on y retrouve, c'est top! J'aurais bien vu Deekon s'installer avec elle. Et puis la réalité revient par petites touches, et encore une fois, c'est superbement bien écrit.

J'ai beaucoup aimé l'arrivée des vaisseaux : tu évites la facilité avec les inquisiteurs et j'aime l'idée que Deekon passe finalement sa vie à fuir un Empire qui ne l'aurait pas retrouvé s'il s'était rangé. C'est un beau final que tu nous offres là !

Et puis le moment où tout se connecte... J'avais saisi la référence à Calan (aaaaaah) mais j'étais loin de m'imaginer que tu oserais lier totalement cette fic à Vauriens! C'est beaucoup trop bien! On est presque sur du prequel, là! J'ai adoré!

Je t'avoue quand même que j'espérais un petit épilogue du point de vue de Kori ou Maya (ma théorie est invalidée à son sujet, d'ailleurs :paf: ) pour rendre un dernier hommage à Deekon. Parce que finalement, les derniers paragraphes recentrent la fic' sur Jaden, comme si depuis le départ tout cela ne servait qu'à faire la transition. Je suis contente de revoir Jaden hein :D , mais j'ai fini par vraiment m'attacher à Deekon. Allez, s'teuplaît, un p'tit épilogue? :D

En tout cas, superbe fic' ! Je retiens le chapitre "pourquoi moi" et ceux sur Qiilura, qui resteront mes préférés. Hâte de voir ton prochain projet!
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Messagepar darkCedric » Sam 20 Mar 2021 - 22:28   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Je crois que ce n'est que maintenant que je me rend compte que tu as réussi avec brio à nous attacher à Deekon. Qu'est-ce que je suis triste de le voir finir comme ça... :( Tu as vraiment su jouer avec nos émotions, et d'une main de maitre !

Et la fin ! Si je m'attendais à ce que tu connectes cette fanfic à ton oeuvre phare ! :shock:
Mais le procédé est brillant, finement exécuté. On laisse notre cher Kage qu'on aura suivi de son enfance à sa fin, et on enchaîne en douceur avec Jaden. Un vrai passage de flambeau qui ne réduit pas cette histoire à une simple préquelle des aventures de tes vauriens, mais en fait bien une histoire à part entière. Tu pourrais presque lancer un cycle !

Bien content de retrouver le trandoshan ! Par contre, l'autre... Autant j'apprécie bien ta fic dont j'avais lu la première partie il y a peu de temps - et d'une seule traite monsieur ! - autant Jaden j'ai jamais pu le piffer :paf:
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Messagepar mat-vador » Sam 20 Mar 2021 - 22:47   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Lu !

Et sacré final :shock: :shock: !!! Deekon tourmenté par ses derniers doutes avant de tomber au champ d'honneur, en se comportant en vrai Jedi comme l'aurait souhaité Maya ! Quel dommage qu'il ne se soit pas rangé avec Kori. :( , il l'aurait tellement mérité !

Quelle émotion, quel combat !!

Et ce lien avec Jaden si savamment mis en scène !


tout bien réfléchi, c'est une magnifique fin pour cette fan fic :oui: !
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Messagepar Mandoad » Dim 21 Mar 2021 - 15:04   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Wow ! Merci pour vos retours. Vos réactions font plaisir à lire et je suis heureux que ce récit et ses personnages (ou au moins la plupart) vous aient plus. Les fidèles de la première heure l'auront donc apparemment remarqué, mais toute cette histoire est partie d'un petit paragraphe que j'avais écrit dans "Vauriens" lors d'une discussion entre Jaden et Seshek:

Évidemment que cela lui rappelait quelque chose. Alors qu’ils travaillaient encore pour les Ravageurs du Vide, ils avaient dû traquer un fugitif plus que dangereux, qui avait causé d’importantes pertes dans leurs rangs. Ils avaient fini par l’avoir, mais n’en avaient réchappé que de peu.

Sauf que, au lieu de ne vous écrire qu'une petite nouvelle relatant cet affrontement, j'ai préféré écrire un ou deux petits trucs dans mon coin: un chapitre sur Deekon pour les "Chroniques de la Force" et un ou deux petits trucs non-publiés sur Maya. Ironiquement, c'est l'écriture de cette dernière qui m'a donné envie de me lancer dans un plus gros truc et, rapidement, la machine fut lancée alors que la seule que j'avais en tête était cette petite conclusion à cette fan-fic'.

Bref, comme quoi, il en faut peu pour s'emballer dès fois. Maintenant pour vos commentaires:

LL-8 a écrit: La première partie entre Deekon, Kori et sa fille est juste superbe, je trouve. La douceur et la tranquillité qu'on y retrouve, c'est top! J'aurais bien vu Deekon s'installer avec elle. Et puis la réalité revient par petites touches, et encore une fois, c'est superbement bien écrit.

Ayant eu en tête ce qui allait se passer après, j'ai donné plus d'importance à cette partie. D'un côté, j'aurai presque préféré ce happy end aussi :(

LL-8 a écrit:J'ai beaucoup aimé l'arrivée des vaisseaux : tu évites la facilité avec les inquisiteurs et j'aime l'idée que Deekon passe finalement sa vie à fuir un Empire qui ne l'aurait pas retrouvé s'il s'était rangé. C'est un beau final que tu nous offres là !

Beaucoup d'histoires officielles ou de fan-fic' se terminent avec des Inquis ou Vador qui retrouve le survivant de l'Ordre 66. De mon côté, il était clair que Deekon avait été assez passif pour ne pas attirer l'attention, tout comme l'était la personne qui devait finalement le tuer.

LL-8 a écrit:Maya (ma théorie est invalidée à son sujet, d'ailleurs )

C'était toi qui avais suggéré, au final, un petit tout de passe-passe à la Qui-Gon, non ? On va dire que tu étais juste dans le dernier moment ?

LL-8 a écrit:Allez, s'teuplaît, un p'tit épilogue?

Épilogue... épilogue... Est-ce vraiment mon style de coller un épilogue après une fic ?

darkCedric a écrit:Je crois que ce n'est que maintenant que je me rend compte que tu as réussi avec brio à nous attacher à Deekon. Qu'est-ce que je suis triste de le voir finir comme ça... Tu as vraiment su jouer avec nos émotions, et d'une main de maitre !

C'est le plus beau des compliments que tu pouvais faire, merci :jap:

darkCedric a écrit: Par contre, l'autre... Autant j'apprécie bien ta fic dont j'avais lu la première partie il y a peu de temps - et d'une seule traite monsieur ! - autant Jaden j'ai jamais pu le piffer

La lecture d'une seule traite, c'est aussi un magnifique compliment d'ailleurs. Quant à tes sentiments envers Jaden (attention, tu risques d'avoir des problèmes avec LL-8 :D ), paradoxalement ça me rassure. Ma plus grande peur était de refaire du Jaden avec Deekon et que les deux personnages aient trop de similarités dans l'écriture (malgré la grosse différence sur le papier), que tu sois attaché à un et que tu veuilles en foutre une à l'autre est donc parfait, de mon point de vue. :lol:

mat-vador a écrit:Quel dommage qu'il ne se soit pas rangé avec Kori. , il l'aurait tellement mérité !

Comme dis plus haut, c'est dur de rester fidèle à son plan de départ quand on s'attache un personnage.

mat-vador a écrit:Quelle émotion, quel combat !!

De la part de quelqu'un ayant un certain talent dans l'écriture des affrontements, cela me va droit au coeur ! :jap:

Merci en tout cas à tous et à la prochaine ! qui sera peut-être plus tôt que prévu
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Messagepar darkCedric » Dim 21 Mar 2021 - 16:24   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Mandoad a écrit: un ou deux petits trucs non-publiés sur Maya.


Alors je sais pas pour les autres, mais moi je VEUX lire ça ! :D
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Messagepar L2-D2 » Lun 22 Mar 2021 - 10:39   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitre 20 lu !

Oh là là ! Je ne m'attendais pas à ça !!!

Bon, déjà, il me paraissait presque "évident" que Deekon allait mourir. Je ne sais pas pourquoi, surtout que le précédent Chapitre le montrait apaisé, prêt à se poser un peu plus durablement... peut-être justement à cause de cette impression. Deekon a réglé ses affaires, il est en paix avec lui-même. Là où j'ai été surpris, en revanche, c'est bien sur le façon dont il meurt. Je m'attendais presque à voir un Inquisiteur débarquer - peut-être pas Vador, non, comme tu dis il a été relativement discret et n'a donc pas attiré le regard du grand patron, mais celui d'un sbire, d'un sous-fifre ? Pourquoi pas ?

Et bien non ! Contre pied total, des pirates débarquent et vont faire face à un Kage apaisé mais prêt à tout pour protéger les siens. Sans sabre-laser qui plus est, et pourtant loin d'être désarmé, comme vont le découvrir... Seshek et Jaden Dawnwalker ! :shock:

Sacré twist que voilà !!! Ce récit passionnant s'avère en réalité faire office de préquelle totalement déconnectée et à la fois parfaitement liée à Vauriens et Hors-la-loi ! :shock: Alors ça c'est quelque chose que je n'avais clairement pas vu venir ! C'est une jolie récompense pour tous ceux qui te suivent depuis le début (et un bon moyen de donner envie de découvrir Jaden à ceux qui n'ont pas encore dévoré les deux tomes et le hors-série narrant ses aventures) tout en apportant un dénouement dramatique mais pas tragique aux aventures de Deekon Jerren, Novice, Padawan, Général, Mentor et Fugitif. La boucle est maintenant bouclée, et Deekon peut enfin retrouver Maya. :cry:

Un récit très réussi, bravo ! J'ai hâte de te retrouver dans la section pour un prochain projet !!! :jap:

darkCedric a écrit:
Mandoad a écrit: un ou deux petits trucs non-publiés sur Maya.


Alors je sais pas pour les autres, mais moi je VEUX lire ça ! :D

La situation nous échappe. Voilà qu'ils sont deux, maintenant ! :lol:
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Messagepar Mandoad » Lun 22 Mar 2021 - 20:07   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Merci pour le retour L2, je suis heureux de voir que je t'ai aussi pris à contre-pied sur ce final. Bon d'un côté, si quelqu'un avait réussi à anticiper la façon dont ça finissait, je lui aurais définitivement tiré mon chapeau. :transpire:

L2-D2 a écrit:Bon, déjà, il me paraissait presque "évident" que Deekon allait mourir. Je ne sais pas pourquoi, surtout que le précédent Chapitre le montrait apaisé, prêt à se poser un peu plus durablement... peut-être justement à cause de cette impression. Deekon a réglé ses affaires, il est en paix avec lui-même.

C'était le but de l'histoire, de montrer que l'on n'est jamais un archétype d'une personne, mais qu'on est façonné par nos expériences et les différentes étapes de notre vie. Tant qu'on décide de ne vouloir se glisser que dans un seul et unique moule, on ne peut qu'être perdu, comme l'est Deekon, jusqu'à ce qu'il n'accepte toutes ses facettes. Voilà voilà, ça c'était pour ma petite moral à moi. :whistle:

L2-D2 a écrit:La situation nous échappe. Voilà qu'ils sont deux, maintenant !

Damn... Techniquement, ce n'est pas trop publiable en l'état, vu que c'est des paragraphes sans structure par-ci par-là, mais j'ai tellement aimé écrire ce personnage qu'il est possible que je mette un peu d'enrobage autour de tout ça :think:
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Messagepar LL-8 » Jeu 25 Mar 2021 - 18:12   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Mandoad a écrit:Épilogue... épilogue... Est-ce vraiment mon style de coller un épilogue après une fic ?

Pour tes plus fidèles lecteurs, tu ferais bien une exception? :whistle:
En tout cas, si tu décides de réécrire une fic' avec Deekon, je la suivrai avec plaisir!

Mandoad a écrit:Ma plus grande peur était de refaire du Jaden avec Deekon et que les deux personnages aient trop de similarités dans l'écriture (malgré la grosse différence sur le papier), que tu sois attaché à un et que tu veuilles en foutre une à l'autre est donc parfait, de mon point de vue. :lol:

Là-dessus, tu peux te rassurer : si on retrouve bien ton style, on saisit aussi parfaitement la différence entre les deux personnages!

L2-D2 a écrit:La situation nous échappe. Voilà qu'ils sont deux, maintenant !

Rajoutez-en une troisième!

Mandoad a écrit:Damn... Techniquement, ce n'est pas trop publiable en l'état, vu que c'est des paragraphes sans structure par-ci par-là, mais j'ai tellement aimé écrire ce personnage qu'il est possible que je mette un peu d'enrobage autour de tout ça :think:

Ouaaaaaais!
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Messagepar Mandoad » Jeu 25 Mar 2021 - 18:47   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

LL-8 a écrit:Pour tes plus fidèles lecteurs, tu ferais bien une exception?
En tout cas, si tu décides de réécrire une fic' avec Deekon, je la suivrai avec plaisir!


Je peux déjà répondre à cette question, car je n'ai pas prévu d'ajouter de nouvel extrait à la liste de publication du premier post :neutre:

Pour une réapparition de Deekon, cela dépendra de ce que je fais des traitements sur Maya si demandés :D
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Messagepar darkCedric » Jeu 25 Mar 2021 - 19:01   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Mais... Le mot " épilogue " ne serait-il pas apparu dans le premier post ? :sournois:
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Messagepar LL-8 » Jeu 25 Mar 2021 - 19:11   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

darkCedric a écrit:Mais... Le mot " épilogue " ne serait-il pas apparu dans le premier post ? :sournois:

Il me semble aussi! :sournois:
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Messagepar Mandoad » Ven 26 Mar 2021 - 23:52   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

LL-8 a écrit:
darkCedric a écrit:Mais... Le mot " épilogue " ne serait-il pas apparu dans le premier post ? :sournois:

Il me semble aussi! :sournois:


Mmmmmmh... Cela expliquerait les 3000 mots qui sont apparus sur mon document word alors... :think:
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Messagepar Jenos Idanian » Sam 27 Mar 2021 - 13:27   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Chapitres 19 et 20 lus !

Mandoad a écrit:d'un côté, si quelqu'un avait réussi à anticiper la façon dont ça finissait, je lui aurais définitivement tiré mon chapeau. :transpire:

Bon ben ok d'accord, je te prends au mot :D

Plus sérieusement, cela faisait un petit moment, bien avant même les 2 derniers chapitres, que silencieusement dans mon petit coin non seulement il me paraissait presque évident que notre Kage allait malheureusement connaître une telle fin, et que le côté "énumération des différentes étapes de sa vie l'ayant préparé à cet instant" allait être traîté d'une manière de ce genre. Et je n'ai donc absolument pas été déçu par l'écriture de tout ceci. J'ai vraiment aimé, et je trouve que c'est nous qui devons te tirer notre chapeau ;)

Le seul truc à préciser, c'est que dans mon cas ton récit pourrait en fait très bien pour moi s'achever juste avant ton tout dernier paragraphe qui commence par "Il souriait", n'ayant malheureusement jamais pu lire tes autres œuvres jusqu'à maintenant.
Je me suis donc bien rendu compte à la lecture qu'il devait très possiblement "me manquer quelque chose", n'ayant à mon avis pas tout le bagage et tout le background nécessaire à peut-être une autre contemplation de la fin de ton récit et peut-être aussi un autre angle d'appréciation comparé à tous les autres camarades ci-dessus.

Pour autant, comme dit, je trouve donc pour ma part que cette "not happy end" est en fait une super belle fin ! :oui: (que ce soit celle de Deek ou celle de ton récit;) Ceci étant donc le mot... de la fin :lol:
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Messagepar Mandoad » Dim 28 Mar 2021 - 15:38   Sujet: Re: Une lueur dans l'obscurité

Hello there ! Tout d'abord, merci Jenos pour ton retour. Je suis ravi que tu aies apprécié cette fin et les derniers instants de Deekon. Concernant le dernier paragraphe, j'était tout à fait conscient qu'il n'allait pas du tout parler à ceux qui n'avaient pas suivi ma précédente fic' (et, à vrai dire, je ne m'attendais pas avoir autant de lecteurs réguliers), et j'étais curieux de voir les réactions que cela allait provoqué. :)

Maintenant pour le deuxième point de ce poste: Certains auront remarqué l'apparition d'un "Epilogue" dans le sommaire, eh bien le voici. Je vous laisse donc le découvrir et, désolé Jenos, ceux qui ont lu d'autres de mes textes verront peut-être ou cela va mener. J'en parlerai un peu plus en détails plus tard mais, en attendant, je vous souhaite une bonne lecture !

Épilogue


6 av.BY, Qiilura , Système Qiilura

Le bruit incessant des discussions enflammées diminua en un instant, sans pour autant s’arrêter. La nouvelle venue à la silhouette fine et à la peau sombre sut que la majorité des regards venaient de se tourner vers l’entrée du bar et, plus exactement, dans sa direction. Elle avait pris l’habitude de passer inaperçue lors de ces dernières années et ne devenait, généralement, le centre d’attention que si elle le désirait réellement. Elle prit néanmoins le temps pour observer son environnement, comme on le lui avait appris lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant. Elle identifia rapidement les menaces les plus probables, et cela bien qu’aucune ne lui semblait réellement sérieuse, ainsi que les sorties possibles. Les clients du lieu, qui la contemplaient d’un œil qui n’avait aucunement l’intention d’être discret, étaient tous des natifs. Leurs espèces divergeaient, mais tous arboraient le même style de vêtement simple et agricole typique de la planète. Il n’y avait aucun Impérial dans la salle, comme elle l’avait espéré. Le Moff qui contrôlait le système avait récemment été forcé de redéployer ses effectifs autour de son quartier général, en raison des nombreuses raids dont il avait été victime. De ce fait, son contrôle sur Qiilura n’était plus assuré que par des gouverneurs locaux bien trop occupés par leur petite personne pour s’occuper de visiteurs impromptus. D’un signe, elle indiqua une table particulièrement bien placée en cas d’imprévu à celui qui venait d’arriver dans son dos, un humain bien bâti au teint hâlé et dont les tempes sombres grisonnaient. Il hocha la tête et la suivi. Très vite, elle fut envahie par les effluves d’alcools odorants, mais loin d’être désagréables, ainsi que des épices locales.
Rien à voir avec la Lune des Contrebandiers ou encore Corellia.
Elle s’assit en s’efforçant de ne pas croiser le regard de leurs voisins de table et replaça ses vrilles crâniennes vers l’arrière de sa tête. Immédiatement, un sentiment familier l’envahit, semblable aux résidus d’une présence familière et sa main se posa sur le holster vide situé sur sa cuisse droite. L’absence de son arme la tendit. Son associé, grimaça lui aussi en s’asseyant et tira machinalement sur son blouson de cuir noir. Lui non plus n’aimait pas se retrouver désarmé sur un monde inconnu.
— On attire déjà l’attention non-équipés, commenta-t-elle en forçant un sourire.
Les yeux bruns de l’humain se tournèrent vers elle dans une expression peu convaincue.
— Je suis au courant, petite, mais je n’aime pas être nu sur une planète impériale.
Elle s’amusa de la façon dont il s’était adressé à elle. Elle était désormais adulte, pourtant il ne semblait jamais l’avoir réellement remarqué. Elle ne releva toutefois pas le détail à haute voix.
— On n’a pas vu de storms. Les Imps sont trop inquiets de ce qu’il pourrait arriver à leur précieux Moff pour maintenir une garnison sur les petites planètes agricoles.
— Dommage, commenta l’autre. J’aurais bien aimé donner quelques leçons de visée à ces parodies de soldats.
La jeune femme eut un sourire en coin, mais espéra intérieurement que le peu de temps qu’ils passeraient ici s’avérerait être tranquille. La sensation familière qu’elle avait ressenti un instant auparavant s’était estompée, mais n’avait pas disparu. Elle leva le regard pour apercevoir une adolescente humaine aux cheveux châtains s’approcher d’eux avec un sourire que n’avaient pas les autres.
— Je peux vous servir quelque chose ? demanda-t-elle d’un ton enjoué et surprenant.
— Vous brassez toujours votre bière au barq ? demanda l’homme au regard brun.
— Une Qiilurienne, donc, nota-t-elle sur un datapad. Et pour vous.
— La même chose.
La jeune serveuse repartit immédiatement en direction du bar et semblait, soudainement, être devenu un centre d’attention tout aussi important que les deux étrangers.
— C’est elle ? demanda la jeune non-humaine.
Son associé secoua la tête.
— Trop jeune.
— Je me disais aussi.
L’adolescente arriva très rapidement avec leur commande, la même expression chaleureuse sur le visage.
— Et deux Qiiluriennes, annonça-t-elle en posant les chopes remplies d’un liquide ambré surplombé d’une fine couche de mousse dorée.
Son regard s’attarda néanmoins sur les deux visiteurs qui ne se génèrent pas pour la rendre attentive à son absence de discrétion sans le moindre mot. Le rouge lui monta immédiatement aux joues et elle se redressa.
— Veuillez m’excuser.
— Il n’y a pas de mal, déclara la non-humaine. Je ne pense pas que vous ayez beaucoup de Tholotiens dans votre clientèle.
La serveuse eut un sourire gêné avant de se masser la nuque.
— À vrai dire, ce n’est pas vous qui m’intriguez, avoua-t-elle toujours intimidée en se tournant vers l’homme aux cheveux grisonnants. Je vous ai déjà vu quelque part, non ?
L’humain prit une gorgé de la bière et la reposa nonchalamment devant lui.
— J’ai un visage très commun.
La Tholotienne, amusée, haussa un sourcil.
C’est le cas de le dire.
Toutefois, l’adolescente secoua la tête et plissa son nez, comme si elle cherchait intensément dans ses souvenirs.
— Non, je suis persuadée de vous avoir vu ici.
— Cela fait longtemps que je n’ai pas mis le pied sur cette planète, se contenta d’annoncer l’autre.
L’employée du bar ne parut pas satisfaite de la réponse et resta campée près d’eux.
— Nous recherchons quelqu’un, se lança la native de Tholoth . Une de vos collègues peut-être ?
— Je n’ai pas de collègues, répondit l’adolescente sure d’elle.
— Une humaine aux cheveux blonds, ajouta celui qui avait une figure commune.
L’espace d’un instant, un voile de tristesse passa sur le visage juvénile qui les contemplait de manière intriguée. Celui-ci disparut rapidement, mais la chaleur émanant de la serveuse venait de s’effacer.
— Koriana ? murmura-t-elle un peu troublée. Vous arrivez trois ans trop tard.
LaTholottienne se mordit la lèvre. Il était évident qu’ils venaient de raviver de douloureux souvenirs chez la jeune humaine.
— Mes condoléances, la devança son équipier.
— Une épidémie, expliqua l’employée la voix cassée. Toutes les personnes présentes ici ont perdu un ou plusieurs proches avant que l’Empire n’amène un traitement, un traitement accompagné de certaines contraintes et trop tard pour sauver ma mère
Elle avait prononcé la dernière phrase avec une pointe de dégoût que la non-humaine ne pouvait que comprendre et elle serra les poings.
Même leurs bonnes actions ne sont qu’une façade à l’obtention d’un plus grand contrôle.
Néanmoins, elle était venue ici dans un but bien précis et, bien qu’elle aurait préféré ne pas rouvrir des blessures qu’elle savait être encore vived, comprit que l’adolescente pouvait lui fournir les informations qu’elle attendait.
— Votre mère, commença l’humain à la peau brunie, était amie avec un Kage. Je me trompe ?
Une expression effrayée et méfiante s’installa sur le visage de l’humaine puis, aussi soudainement qu’elle était apparue, fut remplacée par un intense sourire.
— Vous êtes son ami, constata-t-elle. C’était vous qui étiez venu ici. Je me rappelle de vous maintenant. Il m’a dit votre nom, une fois. Red, c’est bien ça ? Vous avez pris un coup de vieux, sans vouloir vous offenser.
La surprise qui s’afficha sur le regard de l’ancien soldat s’ajouta à celle qui parcourait désormais la Tholotienne. Cette serveuse en savait plus qu’elle ne l’aurait dû, ce qui signifiait obligatoirement qu’il avait fait confiance à cette jeune femme. Red eut le même raisonnement et hocha la tête. Tout d’abord rayonnant, le visage de l’employée se fit néanmoins plus troublé en les regardant tour à tour.
— Je suis désolé, mais vous le trouverez au même endroit que Koriana, commenta-t-elle, sa douleur intensifiée.
La Tholotienne connaissait la réponse avant d’entendre ces paroles. Elle la connaissait depuis maintenant dix années. Pourtant, entendre cette confirmation de la bouche de quelqu’un fut suffisant pour faire exploser une vague d’émotions qu’elle avait maintenues depuis des années. Elle vit sa vision se brouiller, mais parvint à retenir les larmes.
— Je sais, souffla-t-elle à mi-voix. Vous pouvez me montrer ?
L’adolescente la dévisagea d’un air étrangement compatissant pour quelqu’un qu’elle ne connaissait que depuis quelques minutes, puis elle jeta un regard au barman derrière elle avant d’hocher la tête.
— Je vous retrouve dehors dans deux minutes.

Les deux minutes étaient maintenant passées depuis soixante secondes, mais les deux étrangers étaient restés calmement postés à l’extérieur. La Tholotienne avait attendu dix années pour venir jusqu’ici, quelques minutes de plus n’allaient pas être insurmontable. Pourtant, une certaine inquiétude commençait à s’emparer d’elle et elle tapa machinalement du pied avant de réajuster son veston beige.
— Elle va arriver, commenta Red d’une voix rassurante.
— Ce n’est pas ça, répondit la jeune non-humaine. Je… Je l’ai senti… lorsque c’est arrivé. Je n’avais qu’une envie : accourir vers lui, même si je n’avais aucune idée d’où aller et en étant consciente que cela aurait été idiot. J’ai commencé à chercher des indices, à prendre des risques et Hondo m’a aidé, à ma grande surprise. Cela a amorcé la chute de son organisation et, à la fin, je n’ai jamais su où me rendre.
— Et pour cause, enchaina le clone, il n’avait pas laissé beaucoup d’indices.
— Et tu avais effacé ceux qui étaient encore en évidence, termina-t-elle dans un soupir.
La serveuse choisit ce moment pour sortir. Elle avait détaché ses cheveux, qui se présentaient désormais en une impressionnante tignasse claire, et enfilé un manteau qui la protégeait de la fraicheur extérieure.
— Suivez-moi, dit-elle simplement en prenant la tête du groupe.
Leur marche ne dura même pas cinq minutes. Le village n’était pas particulièrement imposant. Cependant, personne ne prononça le moindre mot avant d’avoir atteint un petit jardin à l’extérieur du hameau. Il y régnait un calme surprenant et la jeune Tholotienne ne réalisa pas tout de suite qu’elle se trouvait bel et bien dans un cimetière. Loin d’être terne et triste, il était plus richement pourvu de verdure et de vie que la plupart des lieux visibles aux alentours. Dans un étonnant contraste, ce lieu de repos pour les morts étaient probablement celui qui était le plus empli de vie, comme si la Force elle-même cherchait à rétablir un équilibre. Durant une minute, elle resta immobile et ferma les yeux avant de s’ouvrir à ce courant lumineux qui unifiait la galaxie en un tout commun. Comme il le lui avait appris, elle accentua la perception de ses sens et sourit lorsqu’elle reconnut le chant d’un oiseau qu’elle avait entendu avec lui sur Coruscant ou au moment où l’odeur d’une fleur pourtant étrangère éveilla des souvenirs en elle. Elle fit un pas, puis un deuxième se laissant envahir par des vagues d’émotions et de pensées, oubliant presque la raison pour laquelle elle se trouvait ici, puis elle s’arrêta et ouvrit les yeux. Devant elle, se trouvait une simple pierre ornées de quelques fleurs aux teintes diverses et sur laquelle était habilement gravés de nombreux animaux. Certains étaient familiers, d’autres restaient inconnus, comme l’était le nom inscrit.
Gaz Kohani.
Pourtant, elle savait de qui il s’agissait. Elle connaissait l’individu à qui appartenait ce nom qu’elle n’avait jamais entendu et une unique larme s’échappa avant de glisser sur sa peau sombre. La présence de la serveuse se rapprocha dans son dos.
— Vous êtes comme lui, n’est-ce pas ?
La Tholotienne n’eut pas besoin de se tourner vers elle.
Elle sait.
Savoir cela éveilla un sentiment rassuré en elle. Durant sa fuite, pendant ces quelques années passées à se tenir éloigné de tout, il était parvenu à faire suffisamment confiance à quelqu’un à nouveau.
— C’était mon protecteur, mon mentor, confirma Katooni en hochant la tête. Le meilleur.
L’humaine venait de lui attraper le bras et elle apprécia le contact empli de compassion. Elles venaient de se rencontrer et pourtant elle pouvait sentir que quelque chose les unissait. Son ancien maître avait vraisemblablement eu autant d’importance pour cette femme qu’il en avait eu pour elle.
— Comment ? demanda-t-elle incapable de prononcer une phrase plus longue.
— En protecteur, répondit simplement l’autre. En sauvant ce village et ses habitants. Tout le monde sait qui il était, mais personne n’ose réellement venir, de peur que l’Empire ne remarque cette tombe et les offrandes discrètes qui viennent y être déposées. Je viens une fois par semaine lui parler d’une nouvelle espèce après avoir fleuri la tombe de maman. Personne n’a oublié Deekon Jeren.
L’ancienne Padawan eut un petit rire qui surpassa le sanglot qui avait failli émerger à la mention de son ancien maître.
Il s’est trouvé d’autres admirateurs.
— Je vais vous laisser un instant, annonça la native en reculant.
— Je te retrouve devant l’entrée, compléta Red avec une voix plus cassée que celle dont elle l’avait l’habitude.
Incapable de réagir, elle se contenta d’un bref signe de tête et, lorsque les autres furent assez loin, se rapprocha un peu. Elle ne pleura pas. Son deuil, elle l’avait fait dix années auparavant. Pourtant, se retrouver ici, si proche de l’endroit où reposait son mentor, ne la laissait pas indifférente.
— Et là vous me diriez qu’on finit de toute manière par y passer un jour et que je ne dois pas m’en faire, s’amusa-t-elle. Lorsque vous m’avez laissée avec Hondo, que vous avez préféré me cacher et vous enfuir, je vous en ai voulu. Je vous en ai voulu de m’avoir abandonnée, d’avoir abandonné le combat aussi rapidement, mais cela m’a permis de comprendre. Lorsque je me suis retrouvée seule, j’ai compris ce que vous ressentiez, ce que vous aviez perdu. Aujourd’hui encore, je donnerais tout pour avoir été à vos côtés jusqu’à la fin, mais je sais que vous aviez besoin de m’éloigner, de me protéger.
Elle s’accroupit et prit une poignée de terre au sein de sa main.
— Je sais que vous me diriez aussi que j’ai l’air d’une idiote à parler à une pierre, mais j’ai envie de vous dire ce que votre décision a permis. Bien sûr, il y a eu Hondo. Je me demande encore ce que Maître Windu aurait pensé s’il avait su que vous aviez laissé votre apprentie aux mains d’un criminel notoire pour qu’il la forme ? Quoique vous n’étiez plus à ça près, je pense. On a fait pas mal « d’actions financièrement profitables », comme il le disait. Du moins, jusqu’à ce que l’Empire ne commence à s’intéresser d’un peu trop près à nos activités et que je ne convainque Hondo de trouver cet endroit. Son organisation a fini par se retourner contre lui et on a bourlingué quelques temps avant que je ne tombe sur Red, il y a un peu plus de trois ans.
Elle fit une pause et lâcha un éclat de rire.
— J’ai failli lui arracher la tête avant de lui laisser le temps de s’expliquer. En soi, l’épargner a été une bonne idée puisqu’il m’a dit qu’il vous avait vu ici. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai su, à ce moment, que c’était ici que vous vous étiez finalement arrêté de courir. Alors pourquoi, ne suis-je pas venu directement ? demanda-t-elle en soupirant avant de contempler les alentours pour réfléchir. Si vous pouviez voir à quoi ressemble la galaxie, Maître. Elle est tellement… sombre. L’éclat qui s’y trouvait auparavant s’est atténué alors que l’Empire continue de grandir d’enserrer les mondes les plus vulnérables jusqu’à les briser. Pour ne rien arranger, les tensions qui régnaient entre les gang ont fini par exploser récemment. On dit que le dirigeant de l’Aube Écarlate a disparu et que le Soleil Noir et les Hutts en ont profités pour s’engouffrer dans la brèche. Comme s’il n’y avait pas déjà assez de problèmes ?
Derrière la colline en face d’elle, le soleil commençait à se coucher.
— C’est ce qu’on essaie de faire avec Red : résoudre ces problèmes, raviver cette lueur, redonner espoir aux gens et c’est en partie vous qui en êtes la cause. Il a suivi vos conseils, trouvé le Sénateur Organa. Il met quelque chose sur pied, quelque chose porté par un sentiment que la galaxie avait oublié depuis la fin de la guerre et il n’est pas seul. Je crois que, bientôt, nous aurons réellement la possibilité de faire bouger les choses et peut-être qu’un jour les Jedi pourront renaître, sans qu’ils ne répètent nos erreurs.
Elle se releva, une expression satisfaite sur le visage.
— Voilà, termina Katooni. Je crois que je vous ai mis à jour sur les derniers événements galactiques et il est temps pour moi de m’y remettre. Tout ce que je peux vous promettre, c’est que je saurai me montrer digne de vous, Deekon.
Elle jeta un nouveau regard empli de détermination à la tombe de cet inconnu qu’elle connaissait parfaitement et frissonna lorsqu’une pression invisible se posa sur son épaule avant de disparaître. Elle sourit simplement en se dirigeant vers la sortie. Red l’attendait, mais la serveuse à la chevelure châtain avait disparu.
— Alors ? demanda le soldat.
— Je l’ai mis à jour sur la situation actuelle. Notre amie s’est enfuie ?
Le clone prit un air légèrement confus.
— Oh, Naati ? Je lui ai dit qu’on avait un vaisseau, qu’on allait repartir très vite et… euh… Elle m’a demandé si Crait était sur notre trajet.
— Crait ? s’étonna l’ex-Jedi en haussant un sourcil.
— J’ai eu la même expression, mais je me suis dit qu’on lui devait bien cela.
D’un simple rire, elle approuva sa décision et lui tapota l’épaule avant de repartir dans la direction de leur transport. Red la rattrapa.
— Eh encore une chose : Je l’ai mis en attente, mais Sisswip a une mission à nous confier. Une « extraction risquée, mais terriblement nécessaire » apparemment.
— On le recontactera dès qu’on aura quitté cette planète. Ce fichu Chadra-fan passe son temps à nous mettre dans les ennuis. J’espère que cette mission en vaut la peine.
Le clone ricana d’une façon suffisamment claire pour définir sa propre pensée et la Tholotienne lui attrapa le bras, l’arrêtant net et déclenchant un regard interrogateur de sa part. Les mots mirent du temps à venir avant qu’elle ne réalise qu’un seul suffisait.
— Merci.
Le visage autrefois si répandu à travers la galaxie, mais si unique à ses yeux, se détendit et elle vit que, lui aussi, avait retenu ses émotions vis-à-vis de ce lieu et de celui qui y reposait.
— J’en avais besoin aussi, petite.
Tous deux avaient combattu aux côtés de la même personne, vouant une totale confiance à l’autre avant de se retrouver séparés. Aujourd’hui, ils étaient prêts à affronter un nouvel ennemi ensemble et il le devait à celui qui leur avait tant appris : Deekon Jeren, Chevalier Jedi, Général, Mentor, ami.
Modifié en dernier par Mandoad le Lun 29 Mar 2021 - 22:39, modifié 2 fois.
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