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Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

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Messagepar mat-vador » Sam 05 Sep 2020 - 22:46   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous :hello: !

Voici le retour des constipés :diable: ! Moouhahaha !!!


Résidence des Contispex, le lendemain

Julius Contispex jeta sa cape avec raideur à la Disciple de Hapos qui avait accueilli son retour, en silence et les paumes jointes. Ses pas le menèrent dans le salon où il prit le temps d’admirer les rayons mourants du soleil sur la Cité Galactique. Il remarqua sa femme assise dans le divan, encadrée par les deux autres Disciples de Hapos qui veillaient à sa sécurité.
Celle-ci consultait un datapad, qu’elle posa sur les genoux lorsqu’elle remarqua sa présence. Il la prit dans ses bras tandis qu’elle lui demanda :
- Les sénateurs ont été turbulents ?
- Non, pas tant que cela. Les débats n’ont pas porté sur la politique générale de la République, seulement sur les sujets centrés sur la Cité Galactique. À mon bureau, j’ai reçu par contre une demande des alsakani.
- Est-ce à propos de leur fête exotique ? Comment l’appellent-ils, déjà ?
- La Danse du Vautour Multak.
- Je me demande si ce que cela signifie tant pour eux.
Le sourire de son époux était mince.
- Ils y tiennent à cœur, c’est certain. C’est une fête qui se déroule quand les quatre lunes sont parfaitement alignées entre leur soleil et le monde natal.
- Pas souvent, donc.
- Et pour assurer cet évènement, le sénateur Kalad m’a demandé de boucler le quartier diplomatique. Beaucoup de monde est attendu.
- Tu n’as pas d’autre choix que d’accepter, lui fit-elle remarquer.
- Non, en effet. Pas si je veux éviter un incident diplomatique avec Alsakan. Melok lui-même se tournerait contre nous sans hésiter si cela devait mal se passer.
Linza se leva et congédia alors d’un geste sec de la main, les Disciples de Hapos qui s’empressèrent de les laisser seuls. Elle tenait toujours son datapad à la main.
- Sachant que Kalad s’est opposé à toi ces derniers temps, cette Danse du Vautour Multak n’est qu’un prétexte pour réunir tous nos ennemis.
- Cela me paraît évident, mais il est dommage que nous ne puissions envoyer des agents des services de renseignements. Les alsakanis ne laisseront rien passer à l’intérieur de leur ambassade. Et je ne parle pas de cette datapuce que cette satané twi lek nous a volée. Cela nous met en ballottage défavorable.
Linza laissa ses yeux errer au-delà de l’horizon qui s’étendait sur les sommets de la Cité Galactique.
- J’ai réfléchi à cette question, avoua-t-elle.
- Ah, vraiment ?
- C’est peut-être une bonne chose que nos ennemis détiennent cette datapuce, ou du moins les données qui y sont incluses.
Les sourcils de son mari s’arquèrent vers le haut.
- Tu es sérieuse ?
- Écoute-moi jusqu’au bout, le pressa-t-elle.
Elle revint vers lui et s’accroupit devant lui, posant ses fines mains sur ses cuisses. Julius ne pouvait de trouver attirante, l’ardeur qui se dégageait de sa personne. C’était ce qui l’avait séduit, lors de leur première rencontre.
- Ce qu’elle contenait les poussera à réagir.
- Bien évidemment et cela pourrait pousser le Sénat à me destituer pour de bon.
- Ils savent que nous enverrons les Disciples de Hapos les raccourcir, pour exhiber leur tête sur la Place du Pardon. Ils ne prendront pas cette fois le risque de s’en prendre ouvertement à toi, ils adopteront une approche plus subtile.
- Un attentat ?
- Possible.
Le Chancelier Suprême tentait vainement de déchiffrer son expression de marbre.
- Nous devrions renforcer notre sécurité personnelle.
- C’est déjà fait.
Elle lui rappela ainsi qu’ils s’étaient séparés de tout le personnel alien, ramené des ghettos par leur charmant rejeton. Les Disciples de Hapos assuraient maintenant le service, l’intendance. Les Contispex s’étaient réappropriés leur résidence, le cœur de leur conscience. La première étape d’une reconquête qu’ils souhaitaient impitoyable.
- Et en faire davantage attirerait l’attention. Ils seraient prévenus que tu te doutes de quelque chose.
- Je n’aime pas du tout cette idée de les laisser agir dans notre dos, grogna-t-il.
Elle lui adressa un sourire réconfortant.
- Moi non plus. Mais nous devons les pousser à se dévoiler au grand jour.
- En laissant la datapuce entre leurs mains, poursuivit-il.
- Et en envoyant un message clair à tous les ghettos. Tu te souviens de cette mirialan que j’ai personnellement interrogée au Temple de la Grande Déesse ?
- Oui, tu as laissé son corps exposé devant l’entrée d’un des ghettos.
Elle acquiesça en silence.
- Tu vas encourager leurs mouvements de résistance à se radicaliser contre nous, lui fit-il remarquer.
- Même s’ils le souhaitaient, ils n’auront pas d’autre choix que de se tourner vers ceux qui leur offriront les moyens de prendre leur revanche.
- Le sénateur Kalad et l’Honorable Fraternité.
- Peut-être aussi des militaires et pourquoi pas des Jedi dissidents.
Julius fronça les sourcils à l’évocation des Jedi.
- Je pensais avoir éclairci mon point de vue avec le Jedi Kalad, j’espère qu’il en a fait part au reste du Haut Conseil.
- Bien sûr qu’il l’a fait mais ne t’attends pas à ce que les Jedi t’obéissent au doigt et à l’œil.
- Ils ne soutiendront pas leurs dissidents, ils savent qu’ils risquent beaucoup.
- Non, mais les empêcheront-ils d’agir ?
Le silence souligna que son mari ruminait cet aspect de la question.
- On raconte que les Jedi peuvent d’une certaine façon, anticiper l’avenir. Les dissidents ne sont peut-être qu’une poignée mais ils représenteront quand même un problème.
- Sauf si le Haut Conseil accepte de s’en occuper sans réserve. Leur réaction nous éclairera sur leurs vraies intentions, raisonna-t-elle.
Elle s’écarta de son mari pour le laisser se lever du divan et faire les cent pas dans le salon. Il arrêta le manège pour proposer à sa femme.
- Et si nous allions sur la terrasse ?
Il lui offrit galamment le coude, qu’elle prit délicatement pour se laisser guider jusqu’à l’air libre. Le vent fouette leur figure et Linza dut s’assurer que sa coiffure ne serait pas malmenée. De là-haut, ils dominaient la Cité Galactique.
Les véhicules passaient et repassaient devant eux en un ballet aérien incessant tandis que le soleil continuait de s’incliner au loin.
- Cette vue est magnifique, commenta Julius. Je ne m’en lasserai jamais.
- C’est comme ça que nous nous sommes rencontrés, tu te souviens ?
Il la dévora du regard après sa question.
- Comme si c’était hier, ma chérie.
Leurs lèvres fusionnèrent lorsqu’ils se penchèrent l’un vers l’autre.
- Je vivais dans l’ombre de mon père, lui confia-t-il. Et c’est toi qui m’as convaincu d’en sortir, de m’en libérer.
- Parce que j’ai vu en toi ce que tu pouvais devenir, ce que nous pouvions devenir. Tout ce que nous pourrions accomplir.
Elle se blottit contre lui.
- Et il nous reste tant à accomplir, dit-elle.
Il remarqua le datapad qu’elle n’avait pas lâché.
- Le rapport de Skanor le Mouchard qu’il a remis aux Forces de Sécurité.
- Du nouveau ?
Elle hocha la tête tout en rallumant la tablette.
- Ce sakiyan s’avère plus utile qu’espéré, en fin de compte. Il a épié hier pendant la moitié de la journée, cette Taverne de l’Oubli. D’après ce qu’il a résumé, une sénatrice est entrée de nouveau en contact avec la résistance, dont cette twi lek qui nous a filé entre les doigts.
- Laisse-moi deviner, ils sont entrés l’un après l’autre ?
- Pas tout à fait. D’abord la twi lek et une mirialan, qui d’après la biométrie, serait une ancienne pilote de chasse de la Marine.
Elle consulta le datapad.
- Une certaine Irren Dugol. Ensuite, environ deux heures après, la sénatrice et deux chefs de Justice et Diversité sont entrés dans la taverne. Juste avant le couvre-feu.
- Le sakiyan a pu approcher pour écouter à travers la porte ?
- Non, l’entrée était gardée par un wookie, qui avait failli le surprendre peu de temps avant.
- Dommage, cracha-t-il.
Elle l’apaisa d’une caresse sur la joue.
- Je n’ai pas fini, chéri. Figure-toi que deux impurs ont trouvé le corps de cette traîtresse que j’avais fait déposer devant l’entrée de leur ghetto. Ils se sont empressés de le ramener au wookie, qui l’a emportée à l’intérieur.
- Donc à partir de cet instant, il ne gardait plus l’entrée ?
- Et comme il ne revenait pas, notre Mouchard a pu s’approcher.
- Qu’a-t-il entendu ?
L’horizon avait englouti le soleil couchant, laissant cependant entrevoir des reflets sanglants absorbés par l’obscurité grandissante.
- La sénatrice quittera Coruscant au moment où la réunion se tiendra à l’ambassade d’Alsakan. Mais avant, elle tentera de récupérer la datapuce là où cette twi lek l’a caché. Pour convaincre ensuite d’autres partisans de rallier leur cause.
- Nous ignorons combien se dresseront contre nous. Nous ne pouvons pas laisser cette liste grandir, martela-t-il.
- Je suis d’accord. Nous devons l’éliminer.
- Les Disciples de Hapos s’en chargeront. Les Gardiens de la Pureté sont trop imprévisibles pour ce genre de tâche, ils ne reconnaissent que l’autorité du Colonel Hosan.
Sa femme semblait hésiter.
- Tu sais, je pensais que nous pourrions laisser Ethan et Leli y participer.
L’idée ne plut pas à son époux.
- Je veux être certain qu’ils aient d’abord compris où était leur place.
- Promets-moi que tu y réfléchiras, nous devons leur laisser une chance de prouver leur loyauté.
Julius hocha la tête, la serrant de nouveau contre elle.
- Je te le promets.
La fraîcheur de la nuit les obligea à rentrer.

Voilà, j'espère que cela vous a plu ! Visiblement, ils ne vont pas se laisser faire par ces impurs, les Contispex :sournois: !!

Allez, à la prochaine :hello: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar L2-D2 » Dim 06 Sep 2020 - 17:32   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Laisser les deux jeunes participer à l'opération ? Voilà une bien mauvaise idée, qui risque fort de leur donner encore davantage le goût du pouvoir et de la violence... :(

Les Contispex font le point en tout cas, et nous nous rapprochons toujours davantage de la fête alsakani et de la convergence des différentes intrigues de ce deuxième tome ! Pour l'instant, le duo semble subir les événements, mais leur contre-attaque risque de n'en être que plus redoutable ! :sournois:

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Lun 07 Sep 2020 - 19:35   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Laisser les deux jeunes participer à l'opération ? Voilà une bien mauvaise idée, qui risque fort de leur donner encore davantage le goût du pouvoir et de la violence... :(


Mauvaise idée, oui :whistle: ... et tu sais quoi ? Ils vont quand même le faire :think: :x !

L2-D2 a écrit:Les Contispex font le point en tout cas, et nous nous rapprochons toujours davantage de la fête alsakani et de la convergence des différentes intrigues de ce deuxième tome !


Ce sera une fête inoubliable :diable: !

L2-D2 a écrit: Pour l'instant, le duo semble subir les événements, mais leur contre-attaque risque de n'en être que plus redoutable ! :sournois:


C'est dans ces moments-là qu'on les préfère :sournois: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 12 Sep 2020 - 22:07   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous :D :D !

Tiens, si on prenait des nouvelles des Jedi :whistle: ? Ils ont décidé de réagir contre Contispex, à votre avis :whistle: ?

Découvrons ça ensemble :diable: !


Temple Jedi

Kotil Marek méditait dans sa chambre quand il perçut d’un de ses condisciples derrière la porte. Il écarta le battant d’une simple pensée, dévoilant une padawan rodienne qui précédait un droïde livreur trapu et courtaud. L’automate traînait derrière lui un chariot antigravité qui supportait le poids d’un imposant conteneur.
Le Chevalier farouche se redressa pour quitter sa position de tailleur, indiquant d’une inclinaison raide de la mâchoire que l’apprentie pouvait disposer.
Le droide présenta :
- Un colis pour vous, monsieur.
- De la part de qui ? Demanda-t-il avec rudesse, sur ses gardes.
Il ne percevait aucun danger dans la Fore, seulement une vague impression de familiarité. À vrai dire, même s’il n’attendait aucun colis, il guettait un signe de vie du sénateur Kalad qui lui avait promis de le recontacter.
- L’expéditeur m’a chargé d’enregistrer ce message à votre intention : il est temps pour l’aigle à deux têtes de prendre son envol. Il a assuré que vous comprendriez.
Kotil réprima un sourire.
- Si vous voulez bien signer le reçu, monsieur, ajouta le droïde en tendant un stylu et une feuille de flimsi.
Kotil s’exécuta sans broncher et s’empressa de tirer le conteneur à l’aide de la Force jusqu’à l’intérieur de sa chambre. Il referma la porte pour plus d’intimité. Le conteneur faisait la moitié de sa taille.
Il approcha la main pour caresser le sommet et il se raidit lorsqu’une voix désincarnée s’éleva :
- Veuillez confirmer votre identité vocale.
Il épela distinctement son nom.
- Kotil. Marek.
- Identité confirmée, accès autorisé.
Le sommet se souleva, cassé en deux dévoilant ce qui ressemblait à des piles d’habits d’un ton luxueux et aux nuances arc en ciel. Il s’en empara d’un et le déplia. Ce qu’il tenait entre les mains ressemblait à un long et ample poncho à capuchon, accompagné d’un pantalon et de bottes rangées debout.
Il se pencha au-dessus de la boîte et crut discerner des masques. Cinq masques d’oiseaux, qui avaient un profil de rapace luisant écarlate. Il souleva celui du milieu à l’aide de la Force et le faisant pivoter devant sa figure, découvrit un disque holographique incrusté à l’intérieur. Il laissa tomber le poncho sur son lit et décrocha le disque.
L’hologramme du sénateur Kalad apparut devant lui.
- Salutations, Jedi Marek. Si vous visionnez ceci, c’est que le colis vous est parvenu comme prévu à destination. Dans ce conteneur, nous avons entreposé cinq déguisements, contenant chacun une balise spécifique. Cela pourrait vous surprendre car je sais que vous avez de nombreux partisans au sein de l’Ordre Jedi. Mais les enjeux sont si élevés que nous ne pouvons pas nous permettre le moindre impair. Trop de Jedi attirerait l’attention et un seul Jedi n’inspirerait pas assez confiance. Cinq Jedi présents à la fête me paraissait être un nombre adéquat, le meilleur compromis possible entre la discrétion et une garantie potable. Lorsque vous serez dans l’ambassade d’Alsakan, vous devrez répondre à une série de questions visant à confirmer votre… allégeance, pour la sécurité de tous. Je les ai enregistrées avec les réponses à la suite de ce message.
L’hologramme se brouilla quelques instants avant de se stabiliser.
- Pourquoi les pèlerins rentrent chez eux ?
Kotil nota soigneusement la réponse qui fut :
- Parce que l’orbe noircit.
Et ainsi de suite jusqu’à ce Kalad trancha :
- Lorsque vous serez certains d’avoir tout retenu, vous et vos amis, je vous demanderais de détruire ce disque.
Kotil saisit immédiatement son comlink pour convoquer quatre de ses plus proches camarades. Ces derniers ne mirent pas longtemps à venir et il leur expliqua rapidement de quoi il en retournait. Puis il leur demanda de mémoriser comme lui, les questions puis les réponses codées. Lorsqu’il fut persuadé qu’il n’aurait pas besoin de poursuivre la séance, il fit léviter le disque devant sa figure et le broya en pièces d’une simple pression exercée à l’aide de la Force.
Ses amis contemplaient les débris au moment où il conclut :
- Nous sauverons la République.
Ils hochèrent la tête en guise d’approbation puis quittèrent la chambre un à un pour regagner la leur. Kotil demeura sur le seuil, guettant leur départ. À aucun moment, il ne se doutait de la présence de la sonde espion qui flottait quelques mètres au-dessus de sa tête.


Dans la salle du Haut Conseil, Bekan Kalad, Zeri Baltwo et Ri’ila Terka surprirent l’image holographique de Marek en train de rentrer sa chambre, avant de clore la porte. Les trois Jedi assis dans les sièges des maîtres se concertèrent du regard avant que la twi lek n’autorisa son ancien élève à rappeler la sonde, à l’aide de sa télécommande.
Quelques minutes après, le Jedi alsakani tenait l’instrument entre ses mains tandis que sa camarade lorrdienne commenta :
- Je dois reconnaître que ton padawan a un sacré don avec les machines.
Bekan décocha un sourire malicieux.
- C’est bien pour cela que je l’ai choisi comme apprenti.
Ri’ila Terka restait enfoncée dans le siège, pensive. Ses mains jointes devant elle, témoignaient de sa concentration.
- Il se passe quelque chose, je sens la Force perturbée, confia-t-elle.
- Je me demande pourquoi nous ne l’avons pas mis aux arrêts, après ce qu’il a tenté de faire à Bekan, dans la Salle d’Armes, la dernière fois, dit Zeri.
- Si nous l’avions fait, cela aurait causé un scandale et Contispex n’aurait pas manqué d’en profiter contre nous, lui fit observer l’alsakani. D’une façon ou d’une autre.
- Le Haut Conseil est parfaitement au fait que le Chancelier Suprême a un certain talent pour exacerber ou du moins profiter des dissensions internes. Cela explique qu’il ait pu se maintenir si longtemps au pouvoir, fit observer la twi lek.
- La question est : à quoi joue Marek ? Fit Zeri.
- Nous savons tous qu’il a l’intention de se dresser contre le Chancelier et la secte. Le tout serait de savoir comment et avec qui, réagit Ri’ila Terka.
- Et à quoi cela nous servirait au juste ? Demanda Bekan.
- Nous permettre d’empêcher l’irrémédiable, répondit son ancien mentor. Nous ne pouvons pas nous permettre que Contispex devienne notre ennemi.
- Mais nous lui permettons d’opprimer des innocents.
- Je suis navrée que nous ayons à payer ce prix, lâcha-t-elle avec fatalisme.
Elle se leva de son siège.
- Je vais rendre mon rapport à maître Treski. Bonne nuit.
Elle prit congé, laissant les deux Chevaliers seuls dans la salle du Haut Conseil. La lorrdienne et l’alsakani restèrent muets jusqu’à ce que Zeri brisa la glace.
- Tu es préoccupé.
Ce n’était pas une question, Bekan l’avait compris.
- Tu ne le serais pas, à une pareille époque ? Souffla-t-il avec un sourire forcé.
- Je crois que ton inquiétude est plus personnelle.
Il haussa les épaules.
- Nous aurons du mal à persuader Kotil de renoncer à ses projets.
- Ton padawan.
Zeri se tourna sur son siège, le fixant en posant son coude sur l’accoudoir et bloquant sa figure avec sa paume. Elle le fixa avec nonchalance, les jambes croisées l’une sur l’autre.
- Quoi, mon padawan ?
- C’est la source de la perturbation que je perçois en toi.
Il soupira en levant les yeux au plafonds.
- Je déteste quand tu fais ça, gronda-t-il.
- Je n’ai pas utilisé la Force, se défendit-elle.
Elle ajouta lorsqu’il fronça les sourcils.
- Bekan, tu es un excellent Jedi, l’un des meilleurs dans l’art du sabre laser et l’un des plus intègres. Je pense que tu es destiné un jour à faire partie du Haut Conseil lui-même. Mais je te connais depuis des années et certaines de tes expressions me sont devenues familières. Comme quand tu deviens renfrogné.
Elle lui adressa son sourire le plus enjôleur.
- Et ce n’est pas ça qui t’empêchera de m’offrir à dîner, tout à l’heure, soit dit en passant.
- Tu es insolente, Zeri Baltwo.
- C’est l’aspect de ma personnalité que tu préfères le plus.
Il éclata de rire avant de reprendre son sérieux.
- Oriko est un excellent élève, reprit-il enfin. Il a une meilleure perception que moi de son environnement, du fait de sa nature de draethos, sans compter qu’il est très sérieux et très assidu dans beaucoup de domaines. Je le vois bien intégrer le Haut Conseil et devenir un grand nom respecté au sein de notre Ordre.
- Mais ?
Elle le vit se mordre la lèvre inférieure.
- Son problème reste qu’il est handicapé par une trop grande sensibilité. Il dispose de la capacité à capter les émotions et les pensées de plusieurs personnes autour de lui. Je l’aide à canaliser ce flux mais ce n’est pas évident.
Son expression devint alors plus soucieuse.
- D’autant plus qu’il se met à faire des cauchemars.
- Des cauchemars ? Depuis quand ?
- Trois jours.
La lorrdienne abandonna sa nonchalance.
- Tu penses que tu ne te fais pas un peu trop de soucis pour de simples cauchemars ?
Il hocha la tête d’un air peu convaincu.
- Tu te souviens de ce qui s’est passé lorsque Contispex est arrivé au pouvoir ? J’avais eu des visions de ce qu’il a perpétré contre ses propres condisciples. Mais le Haut Conseil avait choisi de les ignorer, malgré le soutien de maître Terka.
- Et les visions d’Oriko seraient pires que les tiennes ?
Toute légèreté avait disparu du ton de sa camarade.
- En tout cas, elles annoncent de bien pires évènements, avoua-t-il.
- Il voit des gens mourir ?
Il fixa le marbre qui pavait le sol, sous ses pieds.
- Oriko m’a raconté le même rêve, à quelques nuances près. Le premier jour, il errait dans un désert chaud de sable. Le deuxième, dans une plaine enneigée. Et enfin le troisième, dans un marécage plongé dans une brume épaisse. Autour de lui, s’élevaient des cris de victimes qu’ils ne parvenait pas à voir mais qui l’appelaient à l’aide.
- Et comment se sont terminés ces rêves ?
Pendant quelques secondes, le silence de Bekan alourdit l’ambiance.
- De la même façon. Il lève les yeux vers le ciel et voit la pleine lune devenir rouge. Rouge comme le sang.
Il paraissait voûté sous le coup de l’accablement.
- Je ressens ta peur, Bekan.
- Je suis alsakani, Zeri. Dans les croyances de mon peuple, lorsque la pleine lune devient rouge, c’est un signe de mort.
Le cœur de Zeri se serra, empli de compassion pour cet homme qu’elle tenait en grande estime.
- Tu es aussi un Jedi, Bekan. Tu dois garder la foi en la Force.
Il lâcha un rire nerveux.
- Ça t’est facile de dire ça.
- Je n’ai jamais dit que tu devais l’ignorer. Tu devrais même en parler à maître Terka, si ce n’est pas déjà fait. Elle t’écoutera et en informera le Haut Conseil. S’ils peuvent faire quoique ce soit pour empêcher que cela se réalise, ils le feront.
Il ne masqua pas son scepticisme.
- Je me suis déjà fait à l’idée qu’ils décideront de ne rien faire.
- Et toi ?
Il exprima seulement son fatalisme.
- Je resterai loyal à l’Ordre, quoiqu’il advienne. J’aiderai Oriko du mieux que je pourrais, c’est déjà une lourde responsabilité.
- Tu sais, il y a quelque chose que tu pourrais faire.
Il releva la tête vers elle.
- Ah oui, quoi donc ?
Elle arborait une malice familière.
- Eh bien, m’inviter à dîner, ce soir.
Pendant trois battements de cils, il se figea, interloqué. Puis il éclata de rire à s’en tordre les boyaux et elle ne tarda pas à l’accompagner. Tout cela libéra la tension qui s’était accumulée en eux, renouvelant l’insouciance de leur jeunesse passée.
- Par les Lunes de Cristal, fit-il en s’essuyant les yeux, comment parviens-tu à rester aussi détachée ?
- Invite-moi à dîner et je te le dirai peut-être.
Elle se leva avec vivacité et lui prit la main pour l’emmener avec elle, jusqu’au réfectoire. Cela acheva de dérider l’alsakani momentanément.
Car au fonds de lui, il sentait l’orage approcher.

Voilà, j'espère que cela vous a intéressé :cute: :cute: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mar 15 Sep 2020 - 12:00   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Mais c'est qu'elle insiste pour cette invitation à dîner ! :lol:

Et me voilà rassuré : le plan de Kalad Senior et des Jedi dissidents va pouvoir entrer en action. Et l'espace d'un instant, j'ai cru que la sonde espion était aux ordres de Contispex, ce qui impliquait la présence d'un traître dans les rangs de la résistance ! Mais ouf, ce ne sont "que" les Jedi... encore que, d'ici à ce que l'un d'eux prévienne le Chancelier Suprême ou décide d'aller gâcher la fête, il n'y a qu'un pas ! :sournois:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mar 15 Sep 2020 - 18:32   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Mais c'est qu'elle insiste pour cette invitation à dîner ! :lol:


C'est parce qu'elle l'aime bien, ce Bekan :P !

L2-D2 a écrit:Et me voilà rassuré : le plan de Kalad Senior et des Jedi dissidents va pouvoir entrer en action.


Les choses deviennent intéressantes :sournois: .

L2-D2 a écrit:Et l'espace d'un instant, j'ai cru que la sonde espion était aux ordres de Contispex, ce qui impliquait la présence d'un traître dans les rangs de la résistance ! Mais ouf, ce ne sont "que" les Jedi... encore que, d'ici à ce que l'un d'eux prévienne le Chancelier Suprême ou décide d'aller gâcher la fête, il n'y a qu'un pas ! :sournois:


Yen a qui sont pas clean dans l'histoire :whistle: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 19 Sep 2020 - 22:56   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir, comment allez-vous :whistle: ?

Allez, c'est l'heure de la suite ! Les conspirateurs vont enfin se décider à se rencontrer :diable: !

Savourez-moi ça !


Coruscant, quartier diplomatique, jour de la Danse du Vautour Multak

Enler Mansur s’appuya contre le nanoréverbère au bord de la chaussée, qui éclairait la rue plongée dans la nuit. Le sénateur de Commenor se sentait mal à l’aise, dans ce costume bariolé de multiples couleurs vives, qu’il jugeait complètement ridicule. Sans compter ce masque à tête de vautour qui lui donnait l’impression de respirer dans un bocal clos.
Il perçut le ronronnement d’un landspeeder dans son dos qui ralentit puis freina à sa hauteur. La portière s’écarta dans un sifflement étouffé alors qu’une voix familière le pressa :
- Montez, vite.
Le dignitaire s’empressa de rejoindre sa collègue alderaanienne à l’arrière du véhicule, à ses cotés. Le bec de son masque percuta involontairement le sien lorsqu’ils se fixèrent. Il fit un geste pour le retirer mais elle le retint en lui attrapant le poignet.
- Vous tenez vraiment à ce qu’on nous reconnaisse ? Lui fit-elle.
- Je n’ai jamais vraiment aimé les fêtes, confia-t-il. À cause de ça.
Il montrait d’un geste dédaigneux le déguisement qui le recouvrait.
- Auriez-vous procédé autrement ?
- Une réunion à mon ambassade ou à la votre aurait beaucoup simplifié les chose, fit-il remarquer. Cela nous aurait épargné tous ces artifices.
Tali Organa rétorqua avec un sarcasme caustique :
- C’est une excellente idée de faire savoir ainsi à notre ami Contispex, l’identité de chacun de ses ennemis.
Il serra les dents.
- Voyez-vous, Enler, l’ambassade d’Alsakan possède bien des avantages. Surtout en cette période de festivités particulières. Les Forces de Sécurité ont bouclé le quartier, ce qui nous épargnera les agissements des Disciples de Hapos et des Gardiens de la Pureté. Ensuite, notre anonymat sera garanti du fait que tout le monde portera le même déguisement. Enfin, en tant que représentant d’Alsakan sur Coruscant, je ne doute pas que notre ami commun ait ordonné que les gardes postés à l’entrée ne laissent pas passer n’importe qui.
- Vous avez reçu vous aussi, le même message ? À propos des questions codées ?
Elle acquiesça d’une inclinaison du menton.
- J’ai passé une nuit blanche à tenter de les retenir, grogna-t-il.
- Dans ce cas, nous restons ensemble et vous n’aurez qu’à me laisser parler pour nous deux.
- Ca me va, répondit-il avec soulagement.
Le chauffeur lança alors par-dessus son épaule.
- Madame, nous arrivons à un point de contrôle.
- Merci, Selun.
Leur véhicule se rangea docilement derrière plusieurs autres, progressant à la vitesse du bantha estropié jusqu’au barrage établi par les agents. Ceux-ci avaient sorti le grand jeu, arborant de lourdes armures et brandissant des fusils blasters lourds.
Ils avaient certainement reçu des ordres de très haut, quelqu’un d’influent ne voulait pas lésiner sur la sécurité du quartier diplomatique.
Tali Organa percevait que cela ne pouvait être que l’œuvre de Contispex, qui voulait asseoir sa réputation de garant de la sécurité et de la tranquillité publique. Le crédit qu’il avait patiemment durant ces longues années de règne monarchique ne pouvait être écorné par le moindre incident, aussi minime soit-il.
Elle ne pouvait s’empêcher ironique que leurs intérêts convergent quelque peu. Le Chancelier Suprême installait une sécurité absolue ce qui permettait que ses opposants ne soient pas directement inquiétés.
Un officier se présenta lorsque ce fut leur tour.
- Vos papiers.
Les deux sénateurs exhibèrent leurs documents diplomatiques et le carton d’invitation qui portait le cachet de l’ambassade d’Alsakan.
- Le dispositif que vous avez installé, est impressionnant, fit observer Organa.
Elle faisait sans doute allusion aux drones qui les survolaient ainsi qu’aux véhicules blindés de la police locale, qui patientaient sur le trottoir.
- Les alsakanis ont demandé un renforcement de la sécurité au plus haut niveau, accepta-t-il de confier.
- Ce serait dommage en effet que leur fête soit perturbée.
L’alderaanienne jaugea la réaction de l’officier qui demeura impassible. Ce dernier leur rendit les papiers avant de les saluer avec raideur.
Le landspeeder démarra doucement et le trafic urbain croissait à mesure qu’ils approchaient de leur destination. L’affluence tardive qui se densifiait à une centaine de mètres de l’ambassade alsakanie les força à s’immobiliser.
Selun, le chauffeur, lâcha :
- Désolé, sénatrice, mais nous risquons de perdre beaucoup de temps à trouver une place libre.
- Cela ne fait rien, Selun, fit-elle. Déposez-nous ici et rentrez. Je doute que nos amis aient la patience d’attendre que nous soyons gentiment garés.
- Vous êtes certaine de ne pas vouloir d’escorte ?
Elle posa sa main petite main frêle sur l’épaule de son subalterne.
- Tout ira bien.
Les sénateurs descendirent du véhicule puis se frayèrent un chemin entre les véhicules luxueux qui claironnaient les uns sur les autres, pour forcer le passage. Parmi les passants qu’ils dépassèrent, une bonne partie portait des costumes de vautours.
Enler sentit les doigts de sa collègue s’enrouler autour de son bras, pour l’intimer de rester à ses cotés. Le commenorien grogna sous son masque d’oiseau, lorsqu’il découvrit cette foule incroyable qui s’amassait en grouillant devant l’entrée de l’ambassade, sévèrement barricadée par les gardes alsakanis qui tentaient de filtrer ce flux bourdonnant.
Enler se pencha à l’oreille de son amie.
- J’ignorais qu’il y aurait autant de monde.
Elle répondit en gloussant.
- La couverture parfaite, n’est-ce pas ?
Une telle ruche enfiévrée intimidait le sénateur, surtout dans un déguisement si peu pratique. Ils contournèrent les groupes qui s’étaient agglutinés et agrégés, des familles entières ou des amis plongés dans des échanges mondains.
En tout cas, l’enthousiasme de pouvoir participer à cette fête, déguisés en cette circonstance, semblait les exciter au plus haut point. Les deux sénateurs se mirent en file indienne, prenant leur mal en patience.
Une soldate alsakanie les prit à part, pour contrôler leurs papiers diplomatiques et le carton d’invitation. Après s’être assurée scrupuleusement de leur identité, elle leur indiqua :
- Allez à la Salle des Fêtes, sur votre gauche.
Ils la dépassèrent et empruntèrent ladite direction. Ils ne purent se retenir cependant de ralentir pour admirer a beauté de l’architecture de l’édifice alsakani. Le palais dans lequel ils s’apprêtaient à pénétrer présentait des courbes elliptiques élégantes et les sommets, surmonté de trois minarets coniques nimbés de cristaux mauves étincelants.
Ils passèrent sous une arche tapissée d’émeraudes chlorophylle avant d’’entrer dans le hall d’accueil. Aux quatre coins, le personnel se dévouait pour guider les invités vers le lieu des festivités. Tous ceux et celles qui étaient déguisés en Vautour Multak, furent priés d’emprunter le large escalier qui les menait au premier étage.
La Salle des Fêtes étaient certainement l’endroit le plus prestigieux de l’ambassade. Bien qu’étant le plus grand endroit de l’ambassade, beaucoup d’hôtes l’emplissaient quasi intégralement. Ce qui ne ravissait pas spécialement le commenorien.
- Je préfère le Sénat, souffla-t-il.
- Personne ne vous insultera ici, ni ne vous poignardera.
- Ah, me voilà rassuré.
Tali Organa le guida avec assurance.
- Allons nous restaurer, vous vous sentirez beaucoup mieux.
Il se laissa entraîner jusqu’à ce que leur chemin celui d’un droïde serveur muni d’un plateau, qui mit à leur disposition deux verres de brandy. Ils restèrent à siroter lentement leur alcool, soulevant légèrement leur masque sans trahir leur identité.
- Comment reconnaîtrons-nous nos amis ? S’enquit-il.
- Patience, le tempéra-t-elle. Ce sont eux qui nous reconnaîtront, j’en suis certaine.
Enler but une nouvelle gorgé et se sentit grisé, beaucoup plus à l’aise, comme l’avait prédit l’alderaanienne.
Sous leur masque, tous deux pouvaient étudier à loisir le comportements des autres convives. Si certains se perdaient dans des échanges superficiels avec éclats, d’autres demeuraient plus discrets, réservés.
Tentant de se donner l’air occupé ou intéressé par ce qui se passait autour d’eux. Bien entendu, étant des politiciens habitués aux joutes du Sénat et aux manœuvres en coulisses, les apparences pouvaient être trompeuses.
Enler arrêta le droïde serveur pour poser son verre à moitié plein sur le plateau. Il tenait à garder les idées claires et s’enivrer n’était pas le meilleur moyen pour cela. Il fut ravi que Tali l’imita. À peine l’automate les avait-il dépassés que les lumières, brillant au bout des chandelles suspendues au plafonds, devinrent blafardes.
Cela n’échappa à personne et les conversations baissèrent d’intensité pour être réduits à des murmures étouffés.
Quelqu’un lança d’une voix forte :
- Que la Danse du Vautour Multak commence !
L’intervention fut saluée par un tonnerre d’applaudissements à tout rompre. Un homme déguisé en Vautour Multak fendit la foule, offrant ses bras pour que tous puissent présenter leurs hommages. Il s’agissait du sénateur Kalad.
Enler fit un pas pour l’aborder mais elle l’arrêta.
- Ce n’est pas le bon moment.
- Pourquoi ? Nous sommes tous déguisés.
- Aucun détail ne peut échapper à ce démon de Contispex. Et tous les alsakanis ne sont pas les amis de Kalad.
Enler Mansur frissonna à la pensée que leur sécurité n’était peut-être que relative. Approcher Kalad à la vue de tous, même sous un déguisement, était le meilleur moyen de trahir sa présence. Ils le virent passer devant eux deux, affichant une indifférence de façade.
Hassan Kalad savoura les hommages avant de réclamer le silence.
- Merci à vous tous d’être venus, commença-t-il. Je suis touché que vous ayez accepté d’être présents ici, ce soir, pour commémorer l’une des fêtes les plus importantes de notre peuple. La Danse du Vautour Multak n’est pas seulement l’occasion de nous retrouver ensemble, pour partager un moment de joie et d’amitié. C’est aussi l’occasion de célébrer notre histoire et nos légendes, et c’est ce que nous souhaitons partager avec vous !
De nouvelles clameurs favorables accueillirent cette envolée. Une musique harmonieuse résonna tout à coup comme les gazouillis du printemps qui renaissait. Une vingtaine d’artistes portant des costumes et le visage poudré, entrèrent en trombe dans la Salles des Fêtes, se distinguant par tout types d’acrobaties dont ils étaient capables en tant que gymnastes accomplis.
Ils se groupèrent au milieu des invités, qui les encouragèrent amicalement. Puis ils se séparent en deux rangs face à face.
Le premier représentait les Vautours Multak, le second…
- Les Aigles à Deux Têtes, fit Organa à l’oreille de Mansur.
La musique bascula dans un rythme plus dynamique et les Vautours Multaks ouvrirent le spectacle. Les ailes rouges pliées dans leur dos se déployèrent de toute leur envergure lorsqu’ils se déplacèrent à l’unisson autour des Aigles à deux têtes. Ceux-là s’étaient avancés sur la pointe des pieds, avec une dextérité à couper le souffle, donnant l’impression qu’ils lévitaient au-dessus du sol. Ils ouvrirent leurs ailes blanches, ouvrant une nouvelle phase de la chorégraphie.
Brusquement, les deux groupes rompirent leur formation et commencèrent à se mélanger, exaltant ballet d’ailes rouges et d’ailes blanches, chacun des danseurs se groupant par deux et se faisant face comme pour se défier.
La fourberie du Vautour contre la noblesse de l’Aigle.
Leurs mouvements saccadés agitaient leurs ailes dans des frémissements frénétiques, au ravissement des spectateurs conquis.
Enler Mansur se demandait ce que cela signifiait vraiment dans l’histoire des alsakanis. Il devenait curieux de le savoir.
Tali Organa semblait lire dans ses pensées.
- Les légendes racontent qu’un Vautour Multak, le plus grand et le plus effrayant qui ait jamais existé, régnait à lui seul sur Alsakan. Il parcourait les cieux de ce monde, dit-elle, réclamant son dû aux premiers habitants, effrayés à chacune de ses apparitions. Son souffle de feu carbonisait les forêts, les plaines et les villages de ceux qui osaient lui tenir tête et refusaient de lui sacrifier en offrande ce qu’ils possédaient de plus cher. Il semait la terreur partout où il passait, ne laissant souvent que des ruines dans son sillage.
La musique ralentit peu à peu, intimant aux danseurs de s’écarter les uns des autres pour se tourner vers le public.
- Las de cette tyrannie, les survivants et les oppressés prièrent les Aigles à Deux Têtes de leur venir en aide. Ceux-ci unirent leurs forces contre le Vautour Multak. Le combat fut sans merci dans les cieux, le tyran terrassant des centaines d’ennemis avant qu’il ne soit précipité dans le cratère d’un volcan en fusion. L’éruption qui s’ensuivit, fut si importante et si cataclysmique que des débris furent projetés au-delà des cieux pour former les Lunes de Cristal.
La cadence reprit sur un rythme endiablé et les danseurs se rapprochèrent dans une lutte merveilleuse et silencieuse. Tout à coup, les Vautours se laissèrent tomber au sol, leurs ailes en désordre, se cambrant dans des positions sollicitant leurs tendons et leurs muscles. Les Aigles se penchèrent au-dessus de chacun d’entre eux, accroupis. Leurs mains jointes imitèrent la lame d’un poignard qu’ils mimèrent en train de planter dans leurs corps.
La fin de ce spectacle fut marquée par les acclamations nourries lorsque tous les danseurs se redressèrent sur leurs appuis, se joignirent par les mains pour saluer la foule. Ils se dispersèrent sous les vivats.
- C’est donc ce que représente la Danse du Vautour Multak. La victoire sur la tyrannie, ajouta le commenorien charmé.
- Vous avez bien résumé l’idée.
- Le thème est approprié.
Les sénateurs décidèrent qu’ils avaient soif et Kalad lança par-dessus leurs têtes.
- La fête ne fait que commencer ! Joignez-vous les uns les autres et dansez !
Avec des cris d’impatience, beaucoup d’invités furent réceptifs à cette idée et la Salle des Fêtes se transforma rapidement en une piste de danse, laissant s’exprimer différents styles. Les deux sénateurs jugèrent qu’ils n’étaient pas encore assez dégourdis pour ce genre d’exercice et s’accoudèrent au bar.
Ils se servirent et Organa reprit :
- J’ai reçu la visite de Linza Contispex, lui apprit-elle.
Le commenorien fit la grimace.
- J’ai entendu dire que sa compagnie n’est pas spécialement recherchée.
- Sauf si l’on cherche à s’attirer les faveurs de son mari. Mais j’approuve qu’elle est encore bien moins bienveillante que notre cher Julius.
- Pourquoi est-elle venue vous voir ?
- Pour tenter de m’impressionner.
- Mais encore ?
Tali sentit la pression de sa curiosité à travers son masque.
- Elle me soupçonnait de détenir quelque chose lui appartenant.
- C’était le cas ?
- Non.
Le commenorien contempla le fonds de son verre avant de faire part de son opinion.
- Je ne suis pas un imbécile, Tali. Quand je suis sobre, en tout cas.
Elle posa doucement sa main sur son avant-bras et il devina son sourire.
- Alors tâchez de le rester pour la suite de la soirée.
Il se ravisa alors qu’il s’apprêtait à soulever son masque pour voler quelques millilitres de liqueur tentatrice. Il y renonça finalement.
Une voix cristalline se leva derrière eux au-dessus du tumulte et de la musique.
- Pourquoi les pèlerins rentrent chez eux ?
Les deux sénateurs s’écartèrent légèrement du bar pour observer la nouvelle venue. Costumée comme eux en Vautour Multak, ils avaient perçu son accent qui se rapprochait de celui de leur ami Hassan Kalad.
Elle s’installa entre eux deux et d’un regard entendu, Tali fit comprendre à Enler qu’il devait s’appuyer sur le comptoir. Tous les trois devaient paraître comme étant un groupe d’amis anodin. Le commenorien s’éclaircit la voix.
- Parce que l’orbe noircit, répondit-il.
Tali vit la jeune alsakanie hocher imperceptiblement la tête.
- Pourquoi la lune est si étincelante la nuit ? Interrogea celle-ci, la voix étouffée par son masque.
Enler ne parvenait plus à se rappeler de la réponse. Il serra les dents, l’alcool qu’il avait absorbé sapait sa concentration.
Tali reprit le relais.
- Car le jour sera sans nuages demain.
- Pourquoi le miséreux ne quémande-t-il pas sa maigre pitance ?
- Car on lui a promis une place près du feu.
La jeune alsakanie commanda un cocktail auprès du barman elomin, engagé pour la soirée.
- Pourquoi est-il dangereux d’explorer l’inconnu ?
- On risque de récolter bien plus que ce que l’on convoite.
- Une carte de navigation ne pourrait-elle pas aider ?
- À condition que la destination soit clairement indiquée.
L’alsakanie garda un moment le silence, cessant ses questions. Elle pencha la tête de côté, sur le point de somnoler. Mansur la vit cependant frôler son bec pour activer un comlink intégré dans le masque.
Il entendit :
- Le pèlerinage a commencé.
Elle quitta cette pose nonchalante pour leur souhaiter :
- Bienvenue à l’ambassade d’Alsakan, vos excellences. J’espère que vous profitez bien de la soirée.
- C’est assez exotique et rafraîchissant, la complimenta le commenorien. J’imagine que vous savez qui nous sommes.
Un tonnerre d’applaudissements recouvrit la musique et la jeune alsakanie camouflée glissa à son adresse :
- Chaque costume envoyé possède une balise spécifique, qui a sa propre signature.
- Astucieux, reconnut l’alderaanienne. Et la série de questions codées constitue une sécurité supplémentaire.
- Une précaution élémentaire. Son Excellence a un dangereux ennemi parmi son propre peuple.
- Le Premier Régent Orin Melok, déclara Mansur.
La jeune alsakanie leva son verre pour les saluer puis le reposa sur le comptoir avec un mini blaster dissimulé dans sa manche. Le barman elomin s’empressa de s’en emparer pour les faire disparaître sous son chiffon.
Le manège n’avait échappé à aucun des deux sénateurs. À en juger par son air farouche, l’elomin n’était pas ici par hasard. Lorsqu’il leur tourna le dos pour s‘éloigner vers le coté opposé du bar, l’émissaire alsakanie leur signifia :
- Il fait partie du mouvement Justice et Diversité. Il va contacter ses chefs pour les avertir que vous êtes arrivés.
En effet, le barman avait levé son chiffon vers ses lèvres, qu’ils virent remuer… pour s’exprimer à travers un comlink, probablement. L’elomin leur envoya finalement un signe de tête, sitôt qu’il avait terminé.
- Suivez-moi, leur fit l’alsakanie. Son Excellence vous attend.

Voilà, j'espère que cela vous aura plu :cute: ! N'hésitez pas à me faire de vos remarques ou de vos questions :jap: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 20 Sep 2020 - 17:25   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Et ben doudou ? Tu viens plus aux soirées ? :lol:

Et ça y est, les conjurés se réunissent, et deux Sénateurs font le point sur les derniers événements ! J'ai beaucoup aimé la légende alsakani, les liens qu'on peut en faire avec la situation présente et le sacré test que doivent passer Organa et Mansur pour pouvoir accéder à la suite des festivités ! :sournois:

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Lun 21 Sep 2020 - 21:38   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Et ben doudou ? Tu viens plus aux soirées ? :lol:


Ah moi, les soirées ca jamais été mon truc... sauf si c'est Dark Talon qui les anime :transpire: !

L2-D2 a écrit:Et ça y est, les conjurés se réunissent,


Et va y en avoir un paquet de conjurés ! Contispex s'est fait beaucoup d'ennemis :sournois: !

L2-D2 a écrit: J'ai beaucoup aimé la légende alsakani, les liens qu'on peut en faire avec la situation présente et le sacré test que doivent passer Organa et Mansur pour pouvoir accéder à la suite des festivités ! :sournois:


J'ai remarqué dans la chronologie Legends historique à quel point Alsakan a compté dans l'histoire de la galaxie! Tu te rends compte qu'il y a eu 17 (!! :shock: :shock: ) guerres entre la République et Alsakan :x :x !!!! Et rien que pendant l'ère Pius Dea, yen a eu deux :shock: :shock: !
Donc du coup, ça me paraissait important de développer leur culture parce qu'à cette période très lointaine, ils ont une importance et une influence incroyables !! j'espère avoir réussi mon pari de susciter l'intérêt de mes lecteurs, pour ce peuple si fier de sa culture et qui se trouve juste à côté de Coruscant à l'échelle galactique :x !

Du coup, à la prochaine pour la suite :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 26 Sep 2020 - 21:49   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite :wink: !

On retrouve les Contispex à la manœuvre et les résistants en pleine œuvre :diable: ! Bonne lecture !


Résidence des Contispex, jour de la Danse du Vautour Multak

- Tu te souviens de cette nuit où nous nous sommes débarrassés du Conseil des Sages ?
Les époux Contispex se tenaient l’un contre l’autre devant la grande baie de transparacier, admirant l’obscurité qui engloutissait cette partie de la Cité Galactique. Julius fut étonné de la remarque de sa femme.
- Serais-tu nostalgique, ma chérie ?
Elle l’embrassa sur la joue.
- Je pensais à tous les sacrifices que nous avons accompli ensemble, pour obtenir ce que nous avons aujourd’hui.
- Et il nous reste encore tant à accomplir, soupira-t-il.
- Les alsakanis ont du commencer leur fête, fit-elle remarquer.
Les traits de son mari se tordirent d’hostilité.
- Qu’ils en profitent tant qu’ils le peuvent, Kalad et ses amis.
- Les Gardiens de la Pureté confirment avoir vu des personnes déguisées quitter l’ambassade de Commenor et l’ambassade d’Alsakan.
- Probablement les sénateurs et des leurres.
Elle hocha la tête.
- Skanor le Mouchard vient de signaler que la sénatrice B’lsak a été vue dans le ghetto trois, bien escortée, semblerait-il.
- Elle s’apprête bien à quitter Coruscant en rejoignant le statioport le plus proche, gronda-t-il.
- Pas sans avoir récupéré ce qu’elle cherche.
Il la serra dans ses bras, la braise farouche luisant dans son regard.
- Cette impure n’obtiendra ni l’un ni l’autre.
- Nous y veillerons, mon chéri.
Oui, ils veilleraient à ce que le secret de leurs sinistres projets à l’égard des non humains, ne se répande pas davantage. Ils avaient trop sacrifié pour tout perdre maintenant, semé trop de cadavres dans le sillage pour que leurs crimes soient un jour pardonnés.
Ils triompheraient de leurs ennemis et cela commencerait ce soir.
Une Disciple de Hapos entra d’un pas feutré et s’inclina devant le couple, leur annonçant :
- Ils sont là, Sage Suprême.
- Faites-les entrer, Sœur, intima Linza.
Ils prirent place sur le divan dans le salon alors que furent introduits deux jeunes humains en tenue misérable de repentants engagés sur la Voie de la Pureté, escortés sévèrement par trois Disciples de Hapos.
Linza et Julius fixèrent sans émotions leur fils Ethan et Leli, qui se tenaient, voûtés, la tête baissée et décoiffée.
D’une voix impersonnelle, amoindrie par l’émotion de revoir son enfant, Linza déclara :
- Le Grand Prêtre Imesais nous a assuré que vous étudiez les paroles de la Déesse avec beaucoup d’abnégation.
- Nous espérons que ce séjour au Temple de la Grande Déesse vous aura ouvert les yeux sur votre véritable place parmi nous et notre communauté, poursuivit son mari.
Les jeunes gens relevèrent la tête, le regard distant et prudent.
- La Déesse nous a révélé l’ampleur de notre égarement, répondit Leli.
Son ton avait perdu cette mièvrerie arrogante, qui la rendait insupportable aux yeux de la matrone.
- Et nous sommes prêts à obéir à sa volonté, renchérit Ethan. À votre volonté, père.
Linza serra avec force la main de son mari, qu’elle ne lâchait pas. Elle lui transmit la force de son soulagement et Julius leur accorda enfin un sourire chaleureux.
- Bienvenue de nouveau parmi nous. Vos péchés sont pardonnés.
Ils se levèrent tous deux pour leur ouvrir les bras. Julius étreignit son fils avec une force paternelle tandis que Linza en fit de même avec Leli. Celle-ci tressaillit néanmoins malgré elle, n’ayant sans doute pas oublié la correction qu’elle avait reçue de la part de la matrone.
Tout comme Ethan de la part de son père.
Les Disciples de Hapos se retirèrent.
- Nous allons pouvoir de nouveau former une famille. Nos ennemis complotent contre nous et nous devons nous montrer sans failles, rappela le patriarche.
Linza leur tendit deux vibrolames.
- La cible est Lonleth B’lsak de Manaan, expliqua-t-elle. Cette infâme impure est sur le point de quitter la capitale cette nuit avec des informations qui peuvent nous porter préjudice.
- Vous devez l’éliminer avec les complices qui l’accompagneront. Rejoignez vos frères et vos sœurs qui vous emmèneront pour l’intercepter.
Les anciens pénitents regardèrent les vibrolames qui leur avaient été conférées. Leur regard inexpressif s’emplit alors d’une dureté inhumaine.
Ils étaient appelés à devenir des Contispex, à assumer le poids de ce nom et de ce qu’il impliquait. Ils seraient prêts à prendre la relève, le moment venu.
- Faites-le au nom de notre cause, de notre famille.
Ethan Contispex releva la tête, traduisant son impatience d’agir.
- Nous ne vous décevrons pas, promit-il.
- Je sais, Ethan, approuva son père. Vous ferez notre fierté, tous les deux.
- Que Hapos, le Prophète de la Violence, vous donne la force de frapper, souhaita sa mère.
Les deux jeunes gens mirent une cape sommaire puis se dirigèrent vers la sortie, sous le regard du couple Contispex. Ils étaient devenus pour cette nuit les archanges vengeurs des Enfants de la Déesse.

Coruscant, Cité Galactique, quartier Efel
Jour de la Danse du Vautour Multak

La sénatrice Lonleth B’lsak fut rassurée de voir enfin deux silhouettes surgir des ténèbres depuis l’entrée de la ruelle, là où elle s’était camouflée avec ses gardes du corps echanis. L’une d’elles, commençait à dégainer son épée hors du fourreau, devant l’irruption de ceux qu’elle considérait comme de potentiels intrus, lorsque la selkath l’arrêta d’un geste impérieux.
Elle lança à l’adresse des impromptus.
- Pourquoi les pèlerins rentrent chez eux ?
- Parce que l’orbe noircit, répondit un jeune cathar fougueux.
Sous le capuchon de ce dernier, se balançaient des tresses familières, celles de Wils Hiskayor. Le bâton lumineux que brandissait un autre echani, éclairait les lekkus écarlates d’une jeune twi lek, un peu intimidée par le comité d’accueil.
Naha.
- Vous êtes en retard, leur reprocha la selkath. Je craignais le pire.
- Nous avons dû contourner quelques barrages des Forces de Sécurité et quelques drones, indiqua Wils.
Sous son capuchon, la créature à la figure de cétacé secoua ses bajoues pendantes du coin de ses lèvres.
- Je dois quitter la capitale cette nuit tant que cela m’est encore possible de le faire. Si possible, avant que la Danse du Vautour Multak ne s’achève. Ne perdons pas plus de temps et allons dénicher cette datapuce.
- Vous n’avez pas besoin de me rappeler les enjeux, sénatrice, rétorqua la jeune twi lek Lethan. J’ai suffisamment payé pour le savoir.
Wils avait saisi parfaitement le sous-entendu dans les derniers mots, il se demanda si la selkath l’avait compris aussi.
Il ne parvenait pas à déchiffrer son expression aquatique, à vrai dire.
- S’il vous plait, Naha, fit seulement la sénatrice.
- Je vais vous montrer le chemin.
Elle resserra son capuchon sur son crâne, suivi de près par son ami cathar. Elle retourna sur ses pas et se colla derrière l’angle du mur. Elle se risqua à jeter un coup d’œil vers l’extrémité de la grande avenue, plongée dans la nuit.
Tout le groupe retint son souffle lorsqu’un véhicule des Forces de Sécurité les dépassa dans un rugissement de moteurs ioniques, les gyrophares allumés sur le capot. Ils attendirent qu’il disparaisse pour mieux respirer.
Naha surveilla de nouveau l’avenue, à droite puis à gauche. À trente mètres au-dessus de leurs têtes, un drone stationna, errant avec une lenteur angoissante. Ces saletés étaient dotés de senseurs thermiques et volumétriques.
Une Echani brandit tout à coup un dispositif dans sa paume, au-dessus de sa paume. Un sifflement, ressemblant à un chapelet d’ultra sons à peine audibles fut émis en direction de l’appareil de surveillance.
Wils crispa ses doigts griffus sur la crosse de son blaster à la ceinture, se préparant à en user s’il le fallait. Mais la sonde avait continué sa route sans dévier sa trajectoire. L’echani fit savoir à ses compagnons qu’ils ne seraient pas dérangés de sitôt.
- Allons-y, leur fit la jeune twi lek.
Elle s’élança d’un bond et ils la suivirent. La peur la tenaillait mais elle lui permettait de rester concentrée sur sa tâche.
Offrir aux Contispex plus d’ennemis qu’ils n’en possédaient déjà. C’était mieux que rien, après avoir tant subi de leur part.
Ils traversèrent l’avenue pour se jeter dans une autre ruelle, sans avoir été repérés. Wils l’agrippa par l’épaule.
- Tu es sûre de toi ?
Vexée par sa remarque, elle se dégagea sèchement.
- Oui, affirma-t-elle.
- Je ne voulais pas…
- Ce n’est rien, avançons.
Ils progressèrent, leur ombre se noyant dans celle des habitations du Quartier Efel. Les ténèbres étaient si abyssales, qu’ils étaient tentés d’être effrayés par ces terrifiantes projections d’eux-mêmes à l’éclat de la lune et des nano réverbères.
Naha et Wils n’étaient pas certains que la présence d’une sénatrice garantiraient leur immunité s’ils étaient surpris en violation du couvre-feu, dans une zone interdite aux non humains. Le cathar se demandait si ce risque en valait la peine.
Il était trop tard pour reculer.
Lonleth B’lsak devait repartir de Coruscant avec les données originales pour convaincre de nouveaux alliés et grossir les rangs de leurs partisans. L’enjeu devenait assez intéressant. Naha savait exactement où elle devait les conduire, bien que cela ne soit pas de gaieté de cœur. Elle dégaina le blaster que Wils lui avait prêté.
Elle ralentit, aux aguets, suscitant l’interrogation de l’echani juste derrière le cathar.
- Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Rien, j’ai seulement failli avoir des problèmes dans le coin.
Sous son capuchon, ses lekkus se tortillaient nerveusement à l’idée de croiser ces mendiants humains qui l’avaient prise à partie, lors de cette traque qui avait manqué de mal se terminer pour elle.
Wils l’avait imité tout comme certains echanis. D’autres se bornèrent à poser les doigts sur la garde de leur épée.
Naha leva le canon de son arme de poing, le cœur battant, alors qu’ils arrivaient au bout du chemin. Les ruines semblaient désertes. Des echanis allumèrent des bâtons lumineux pour s’éclairer et éviter de trébucher sur des gravats.
Celle qui les commandait, une guerrière du nom de Maathra, souffla :
- Sécurisez la zone, vite !
Ses congénères se déployèrent de part et d’autre des ruines tandis que la sénatrice se rangea à hauteur de la twi lek.
- Où ?
Naha pointa son index en direction de l’immeuble effondré le plus proche. Elle la guida ensuite à l’intérieur et lui montra le coin, là où elle avait enterré la datapuce. La selkath écarta la brique et enfouit ses doigts palmés dans la brèche.
Elle en retira la datapuce et la considéra avec une expression avide. Puis elle saisit son comlink pour appeler la cheffe des gardes.
- Maathra, nous avons ce que nous voulions.
- Très bien, je sonne le rassemblement.
Tout ce monde se retrouva à l’extérieur pour savourer cette trouvaille.
- Vous pensez que cela suffira, sénatrice ? Demanda le cathar.
- Cela suffira à convaincre mes amis sur Manaan, affirma-t-elle. Bientôt ils sauront le vrai visage des Contispex. Toute la galaxie le découvrira.
- Et nous obtiendrons justice dans une République meilleure, gronda Naha.
- Merci pour votre contribution à la cause, fit la selkath.
- Nous vous remercierons quand vous et le sénateur Kalad auront réussi, lui rappela Wils. Bon voyage, sénatrice B’lsak.
Ceci marqua la discussion au moment où ils acceptèrent de se serrer la main, malgré leur méfiance mutuelle et leurs divergences. Wils et Naha se séparèrent d’eux pour rentrer au ghetto, jetant un dernier regard par-dessus leur épaule.
- Tu penses que nous avons une chance sérieuse ? Demanda-t-elle à son compagnon.
Il lui prit la main.
- Nous finirons par le savoir. Rentrons au ghetto.
Ils aboutirent de nouveau à l’avenue, tout en épiant le moindre bruit qui trahirait l’irruption d’un drone ou d’un véhicule des Forces de Sécurité. Naha ne put s’empêcher de trouver que la nuit était belle.
Les étoiles et la lune étaient visibles, une douce lumière mélancolique qui réconfortait les âmes meurtries à défaut de leur offrir la perspective d’un avenir radieux et sans incertitudes. Sans haine, sans paranoïa, sans discrimination.
Un monde où des humains cesseraient de se considérer comme le nombril de la galaxie et cesseraient de demander des comptes aux aliens comme eux deux.
Naha sentait la chaleur de Wils à travers sa main qui serrait la sienne. Lorsque tout cela serait terminé, il lui avait promis de l’emmener sur Cathar et de voyager partout où elle voudrait. Peut-être même qu’ils pourraient partir tous en famille.
Elle l’entendit subitement renifler pendant qu’il lui lâchait la main.
- Wils ? Fit-elle.
- Je sens qu’on n’est pas seuls.
À son ton, elle perçut son inquiétude et son sang se glaça lorsqu'elle le surprit, l’instant d’après, blaster au poing. Elle saisit le sien après une brève hésitation.
Instinctivement, ils progressaient sur l’avenue déserte en frôlant les murs. Le silence les entourait, étouffant les bruits de leurs pas. C’est alors qu’un cri retentit dans leur dos :
- Mort aux impurs !
Les Disciples de Hapos.
Un trait ardent fracassa le mur à quelques centimètres au-dessus de la tête de Naha. La jeune twi lek se laissa tomber sur les genoux, pétrifiée, ne sachant comment réagir.
Wils réagit promptement en retournant son arme contre les cinq assaillants qui venaient de surgir d’une ruelle à quarante mètres d’eux. Malgré l’obscurité épaisse, ses yeux de félinoides parvenaient grâce à ses facultés nyctalopes, à discerner des silhouettes.
Il crispa l’index griffu sur la détente et entendit les râles sourds de deux cibles qu’ils avait atteints. Il en tira une certaine satisfaction.
Rien ne le motivait plus que de rendre les coups. Il était déterminé à tenir sa position et à occire les autres mais un glapissement aigu lui rappela une autre priorité. Naha était recroquevillée sur elle-même, ne trouvant pas la force mentale de riposter.
Elle se tenait accroupie, ses lekkus enroulées autour de son cou, en signe de panique. Wils Hiskayor feula, comprenant qu’il ne pouvait pas la laisser ainsi.
- Lève-toi, vite ! Lui cria-t-il.
Le cathar se redressa pour battre en retraite, agrippant énergiquement le coude de sa camarade, qui accepta enfin de s’animer.
- Cours ! L’encouragea-t-il.
Ce qu’ils firent tous deux, à bride abattue, sous les rafales de blasters qui les encadraient de près. Wils releva de temps à autre le canon de son arme, par-dessus l’épaule, pour lâcher quelques salves. Ces dernières manquaient cependant de précision, à cause de sa précipitation.
Une ruelle se dessinait sur leur gauche, peut-être une issue qui leur permettrait d’échapper à leurs poursuivants.
Cet espoir fut déçu quand Naha s’écria au bout de cinq mètres :
- Une impasse !
Le cathar rugit de dépit.
- Blast !
Les Disciples de Hapos seraient bientôt sur eux. À en croire les clameurs qui leur parvenaient, ils devaient être plus d’une dizaine. Wils se cala contre l’angle du mur et découvrit son blaster pour lâcher des saccades plus précises.
Les fanatiques du culte Pius Dea stoppèrent net lorsque deux des leurs s’écroulèrent pour ne plus se relever, la poitrine trouée. Le cathar fut déconcerté lorsqu’il sentit Naha s’appuyer contre son dos pour le seconder.
Il la vit pointer son blaster.
- Qu’est-ce que tu fiches ?
Elle lui cria dans ses oreilles équines :
- À ton avis ?
En la voyant fixer avec haine ses adversaires qui étaient responsables de leurs malheurs communs et de ceux de beaucoup d’autres, il ne put se retenir d’éprouver de la fierté. Tous ceux ou celles capables de se battre, devaient contribuer.
Il la regarda vider son blaster puis ses yeux de félins discernèrent une silhouette fine d’humanoïde encapuchonnée, s’approcher des Disciples de Hapos par le flanc, depuis l’autre coté de la chaussée. Aucun fanatique ne s’en aperçut.
L’humanoïde semblait tenir une sphère dans la paume droite et Wils la vit lever le bras pour la lancer au milieu des fanatiques religieux humains. Lorsque l’objet roula dans des tintements métalliques à leurs pieds, les Disciples de Hapos s’exclamèrent de surprise.
Ils ne comprirent jamais à temps qu’il s’agissait d’un détonateur thermique. Une nova aveugla les deux résistants non humains avant que leur ouïe ne fut fracassée par l’onde de choc. Lorsque les ombres revinrent, l’inconnue qui les avait sauvés, surgit de la fumée et de l’odeur des corps chauds pour les retrouver.
Elle repoussa son capuchon et Wils s’écria :
- Irren ?
La mirialan se contenta de sourire.
- Juste à temps, on dirait.
- Merci pour ton aide, mais que fais-tu ici ?
L’ancienne pilote de chasse expliqua :
- Ton père m’a demandé de veiller sur toi. Retournons au ghetto avant que d’autres n’arrivent.
Ils s’empressèrent de quitter les lieux, Wils serrant Naha par les épaules. Il la sentait trembler.
- C’est fini, tenta-t-il de l’apaiser.
- Je… j’ai eu tellement peur.
Le cathar jeta un coup d’œil vers les cadavres.
- Tu n’as rien à te reprocher, tu as fait ce qu’il fallait.
Elle parvint à lui sourire.
- J’espère que la sénatrice s’en sort mieux que nous.


Et voilà, j'espère que cela vous a plu :P !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 28 Sep 2020 - 13:30   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Ouh là ! Les Contispex Jr sont de retour, et ils sont déterminés à faire leurs preuves ! Ca sent le drame tandis que les conjurés profitent de la fête... et la Sénatrice B'lask risque fort de ne pas être présente dans la troisième partie ! :sournois:

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Mer 30 Sep 2020 - 17:39   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Ouh là ! Les Contispex Jr sont de retour, et ils sont déterminés à faire leurs preuves !


ça va saigner :diable: !

L2-D2 a écrit: Ca sent le drame tandis que les conjurés profitent de la fête... et la Sénatrice B'lask risque fort de ne pas être présente dans la troisième partie ! :sournois:


Rhaaa mais c'est quoi ce pessimisme :whistle: ! Tout va se très bien passer :transpire: ...

Allez, à la prochaine pour la suite :P !
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Messagepar mat-vador » Sam 03 Oct 2020 - 21:49   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous :wink: !

Drama, vous avez dit drama ? :whistle: , Eh ben oui, va y'en avoir :diable: !!

Niark niark, les Contispex Junior sont de retour, vous allez voir :sournois: !



La sénatrice était gangrenée par l’impatience. Elle tenta de réfréner la tension qui la gagnait, mais en vain. La native de Manaan paraissait compressée par ces ténèbres qui les encerclaient, elle et sa garde restreinte de guerriers Echanis.
Ils prenaient la direction du statioport le plus proche où les attendait un vaisseau loué par le sénateur Kalad à ses frais.
La selkath glissa la main palmée sous son manteau pour sentir le contact de la datapuce. Lorsque ses amis qui l’attendaient sur Manaan, prendraient conscience des crimes ourdis par le Chancelier Suprême contre les ghettos non humains, ils la soutiendraient sans réserve. d’abord, elle devait s’échapper clandestinement de la capitale.
Ce qui n’était pas encore chose faite.
Les vingts gardes echanis engagés pour sa sécurité l’entouraient pour faire barrage de leur corps, sachant que la dignitaire dissimulait un mini blaster dans la manche. N’étant cependant pas une combattante, elle doutait de pouvoir être grandement utile à Maathra.
Celle-ci qui ouvrait la marcha devant elle, montra de l’index le vaisseau endormi sur le quai, isolé des autres au milieu du statioport. Étant donné l’heure tardive, ils n’auraient pas à s’inquiéter de la célérité des douaniers locaux.
La voie semblait libre et la chef Echani lança derrière elle :
- Dépêchons-nous, vite !
Tout le monde se mettait à courir, lorsque leur véhicule stellaire disparut dans un ouragan de feu convulsé. Le souffle ardent de l’onde de choc les rejeta en arrière et les flanqua sur le permabéton, hébétés.
Tous choqués, virent le navire dévoré par les flammes hurlantes qui se dressaient vers les cieux nocturnes.
Maathra fut la plus prompte à réagir.
- Debout tout le monde !
Ses ordres claquaient comme le tonnerre, secouant de nouveau ses congénères qui formèrent de nouveau un cercle autour de la selkath. Lonleth B’lsak fut agrippée à l’épaule d’une poigne qui la força à se remettre sur ses appuis.
- Sénatrice, venez ! Nous ne pouvons pas rester ici !
L’explosion avait dû certainement être entendue à des lieux à la ronde. Risquant de rameuter les Forces de Sécurité ou bien pire encore.
La selkath titubait, réalisant ce que cela signifiait.
- C’est trop tard, Maathra. Ils savent que je tente de leur échapper.
À la lumière des flammes, les cheveux immaculés de l’echani brillaient comme la neige éternelle. Sur les mots de la sénatrice, sa chevelure flotta lorsqu’elle tourna la tête vers des clameurs sinistres qui s’élevèrent autour d’eux.
- À mort les impurs ! À mort !
- La Déesse le veut !
L’incendie toujours alimenté éclaira alors les silhouettes hostiles de dizaines d’adeptes en toge sombre, brandissant des vibrolames et des blasters. Ils surgissaient de tous les cotés à la fois, encerclant les gardes et la dignitaire selkath.
Les Disciples de Hapos couraient vers eux pour se porter au contact le plus vite possible, et leur couper la retraite. Leurs yeux sortaient de leurs orbites, remplis d’une haine et d’une conviction absolues envers leur foi radicale.
Maathra parvint à se faire entendre, tirant B’lsak avec elle hors du quai.
- En arrière !
Ses congénères dégainèrent à leur tour des blasters et des vibro épées, à la lame courbe caractéristique de l’art echani. Les tirs ardents plurent sur eux et ils répliquèrent avec une meilleure précision que leurs assaillants.
Mais le rapport de force était trop défavorable pour espérer l’emporter.
- Protégez la sénatrice !
Ils se dirigèrent vers la sortie du statioport, la seule échappatoire possible. Mais les Disciples de Hapos les serraient de près. Déjà cinq echanis jonchaient le sol pour une dizaine de disciples de la secte.
Les Proches Humain qui tenaient encore debout, se retournèrent pour les repousser à coups de vibro épées et de blasters à bout portant, donnant un répit à Maathra et à la selkath. Ils furent débordés rapidement et leur chef entendit leurs râles étouffés, quand ils furent piétinés et éventrés par les vibrolames qui trouaient leur chair.
- Courez ! Fit-elle à la dignitaire.
Celle-ci, peu habituée à la course folle, trébuchait à chaque foulée à cause de son imposante tunique, les ralentissant inévitablement. La conséquence la plus cruelle fut que les fanatiques les rattrapèrent à l’entrée principale du statioport.
Heureusement, celle-ci était restée ouverte. Maathra serra les dents, elle avait pris une décision. Une décision qui lui coûterait immanquablement la vie.
Elle fit volte-face après avoir poussé la sénatrice loin d’elle. La selkath ne comprit pas tout de suite son geste alors que l’echani fixait ses ennemis qui se précipitaient, le poignard levé. Elle la vit redresser le canon de son blaster, vidant sa cellule énergétique sur trois Disciples de Hapos qui s’écroulèrent sur le permabéton.
Maathra jeta son blaster devenu inutile et lui cria une dernière fois :
- Fuyez !
La selkath eut une dernière vision de la rude guerrière echani brandissant sa vibro épée et usant des techniques de l’art martial qu’elle maîtrisait avec sagacité, avant de tourner les talons. Elle ne la vit pas empaler, une humaine chauve puis creuser un sillon sanglant dans la poitrine d’un autre humain trapu et petit. Elle ne la vit pas trancher simultanément les gorges de deux Disciples de Hapos qui s’étaient imprudemment approchés à portée.
Elle ne la vit pas recevoir un premier coup de vibrolame au flanc puis un second sous le diaphragme. Elle ne la vit pas…
Elle surprit seulement un hurlement cristallin dans la nuit qui ne lui laissa plus d’illusions sur son sort. Maathra s’était sacrifiée pour elle. Il ne restait plus qu’elle, une dignitaire égarée dans un environnement hostile. Déjà il lui semblait entendre ses bourreaux, sur ses talons.
Si seulement elle pouvait rapidement mettre la main sur un véhicule qui la ramènerait en sécurité à l’ambassade d’Alsakan, elle pourrait prévenir le sénateur Kalad.
Lonleth B’lsak reprit espoir, apercevant un landspeeder luxueux décapotable garé sur le bas coté, à quelques mètres d’un carrefour, à dix foulées. Pas de propriétaire en vue, mis à part cette jeune humane rousse qui donnait l’impression de ronger son frein.
Elle la héla :
- Madame, s’il vous plaît !
L’humaine appuyée sur le capot tourna son minois pour lui décocher un joli sourire comme si elle la connaissait.
- Emmenez-moi, loin d’ici !
- Oh sénatrice, quelle surprise. Nous vous attendions.
La selkath freina, défiante.
- Nous ? Fit-elle, perplexe.
À aucun moment, la selkath n’avait pris garde à la silhouette d’un inconnu tapi contre le mur, dans l’ombre. Son œil droit remarqua un jeune humain au visage bouffi qui s’en détacha d’un sourire de mauvais augure avant quelque chose de saillant ne la percuta de plein fouet à l’abdomen. Elle tituba et baissa les yeux sur la garde d’une vibrolame, enfoncée dans ses tripes.
Elle croisa le regard fourbe de Ethan Contispex, qui retira la lame de la plaie sans ménagement.
- Vous détenez quelque chose qui nous appartient et que nous souhaitons récupérer.
Lonleth B’lsak tenta d’arracher le mini blaster de sa manche droite pour les braquer tous les deux mais Leli se montra bien plus agile.
La jeune femme attrapa son poignet et enfonça son arme blanche sous l’aisselle. La selkath sentit un froid l’envahir, identique à celui des océans de Manaan dans lequel elle se baignait autrefois. Sauf que ce froid n’avait rien de doux, d’harmonieux, de paisible.
Ce froid était le néant dans lequel elle sombrait.
Ethan la poignarda de nouveau et elle s’effondra agonisante, se vidant de son sang. Ils s’acharnèrent sur elle alors qu’elle trépassait, inerte. Le couple diabolique reprit son souffle, satisfait d’avoir accompli leur tâche.
Leli fouilla le cadavre sans scrupules et exhiba la datapuce entre ses doigts.
- Je l’ai.
Ethan l’embrassa sur les lèvres.
- Je t’ai trouvé merveilleuse ! Se réjouit-il.
- Toi aussi, mon chou !
Elle se tourna en direction du statioport.
- Tu penses qu’ils ont laissé des survivants ? Demanda-t-il en suivant son regard.
- Ça m’étonnerait mais on peut toujours vérifier.
Le sadisme illuminait leur expression.
- Avec un peu de chance, on pourra s’amuser un peu.
Elle gloussa.
- Bien plus que dans le Temple de la Grande Déesse.
- Ne parle pas de malheur, grogna-t-il, je ne me suis jamais autant ennuyé là-bas.
Ils se prirent par la main et montèrent ensemble dans le landspeeder, abandonnant derrière eux, le corps sans vie de Lonleth B’lsak.


Maathra allongée sur le dos, émergea de l’inconscience contre toute attente. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle ne vit rien d’autre que les ténèbres qui brouillaient son champ de vision.
La guerrière native d’Eshan crut avoir franchi une nouvelle dimension, en accédant au monde des morts et du silence. Puis elle comprit que ce n’était pas le cas, lorsqu’elle distingua les points scintillants très haut dans le ciel de la nuit.
Maintenant, les étoiles lointaines emplissaient son horizon.
Elle perçut ensuite le souffle du vent qui secouait sa chevelure immaculée et fut rassurée de sentir cette fraîcheur qui lui prouvait qu’elle appartenait encore au monde des vivants. Elle voulut murmurer quelques mots mais un liquide poisseux avait encombré sa gorge, l’empêchant de croasser.
Son corps lui obéissait-il ?
Elle se sentait ankylosée puis décida d’inspirer, d’expirer. Sa poitrine se souleva avec peine, emplissant ses poumons d’oxygène. Les perceptions de son environnement s’éclaircirent, effaçant le brouillard dans lequel elle était plongée.
Inspirer, expirer. Inspirer, expirer.
Tu vas peut-être t’en sortir. Tu es une guerrière, Maathra, une fille d’Eshan.
Elle parvint à remuer ses phalanges et ses orteils.
C’est bien, continue.
Elle entendait les crépitements des flammes qui rongeaient la carcasse du vaisseau, reniflant cette odeur de duracier calciné qui parvenait à ses narines. Des paroles étaient émises par des gens qu’elle ne voyait pas.
- Louée soit la Grande Déesse.
Clap, clap, clap.
Des bruits de pas se rapprochaient avec hâte. Ne sachant à quoi s’attendre, elle se figea et ferma les paupières, bloquant sa respiration.
- On dirait que celle-là a eu son compte, Leli, fit la voix d’un homme sur sa droite.
Un reniflement hautain ponctua sa réponse, soulignant qu’il se penchait au-dessus d’elle avant qu’une voix mielleuse n’approuva :
- Oui, Ethan. On ne pourra pas en tirer grand-chose.
Son instinct dictait à Maathra qu’il n’étaient pas des amis. Elle ne fit donc rien qui pouvait trahir le moindre signe de conscience.
- Allons voir là-bas, suggéra l’homme qui se nommait Ethan.
Clap, clap, clap.
Les pas s’éloignaient, s’enfonçant dans le statioport. Et bientôt des éclats de voix indiquèrent à l’echani immobile, les paupières closes, que les lieux étaient encore occupés. Les Disciples de Hapos devaient patrouiller sur les quais ou inspecter les corps.
- Frère Ethan, sœur Leli.
- Quelle est la situation, frère ? Demanda le fils du Chancelier.
- Tout est sous contrôle, les quais sont sécurisés et personne ne s’est échappé.
Quelque chose se brisa en Maathra quand elle apprit la nouvelle qu’elle redoutait tant.
- Nous avons récupéré la datapuce, avoua Leli d’un ton satisfait. Nous avons laissé le corps de la selkath là où est sa véritable place.
Non ! J’ai échoué !
L’echani aurait voulu crier mais elle se retint. Sous ses paupières, des larmes gonflaient, prêtes à se déverser.
- Donnez-la à mon père, qu’il sache que c’est fait, ordonna Ethan.
- Profitez-en pour lui présenter nos hommages, appuya Leli.
Maathra imagina sans l’observer le Disciple de Hapos s’incliner avec déférence devant eux tout en prenant l’objet.
- Leli et moi souhaiterions rester seuls un moment ici, pour remercier la Déesse de nous avoir aidés à remporter la victoire sur ces impurs.
- Souhaitez-vous une escorte ? S’enquit l’adepte.
- Non, c’est inutile, rejeta la jeune humaine rousse. Que la Déesse vous guide sur le chemin de la Vertu, frère.
Clap, clap, clap. Clap, clap, clap.
Les Disciples de Hapos furent rappelés et se dirigèrent vers la sortie du statioport, contournant les corps des échanis inertes. Ils ne prêtèrent pas davantage attention à Maathra qui conserva une immobilité de statue.
Le silence revint peu après et il devint si profond que la Proche Humaine gravement blessée crut un instant que les deux autres humains avaient eux aussi quitté les lieux. Espoir déçu quand elle les entendit parler au loin, sans saisir ce qu’ils disaient.
Elle se risqua à ouvrir les yeux de nouveau, les étoiles étaient demeurées à leur place. Elle ramena ses bras vers les épaules pour se redresser sur les coudes. L’effort lui fit arracher un faible hennissement.
Levant la tête, elle en profita pour étudier sa propre situation. Une douleur sourde et profonde tenaillait ses boyaux, elle avait encaissé deux coups de vibrolame dans l’abdomen et un dans le flanc. Entraînant de profondes plaies et une perte de sang en grande quantité. Sa tunique de combat en était trempée sur une bonne partie et elle-même baignait dans une grande flaque sombre poisseuse.
Elle serra les dents.
Allez, debout Maathra !
Des exclamations de triomphe lui parvinrent distinctement et son sang se glaça lorsqu’un hurlement de désespoir y succéda.
- Celle-là fera l’affaire ! S’exclama Ethan.
Maathra observait la scène, impuissante. Le vaisseau qui brûlait, éclairait les dizaines de cadavres qui jonchait le quai, à cinquante mètres d’elle.
Les silhouettes des deux humains s’agitaient, se découpant grâce aux reflets du brasier toujours vivace. Ils étaient courbés, leur expression luisant de la joie féroce de prédateurs qui avaient mis la main sur une proie convoitée.
Une troisième silhouette humanoïde se débattait à même le sol, au milieu des corps, agrippée par les poignets et traînée par ces deux humains perfides.
Maathra comprit que c’était l’une de ses congénères lorsqu’elle détecta le dialecte dans lequel rugissait la victime. Il s’agissait de Mekali.
- Oh oui, elle n’est pas mal ! Dommage qu’il y ait tout ce sang, fit Leli qui fit la moue.
- Elle sera parfaite, je te dis !
L’echani malchanceuse ne parvenait pas à se remettre sur ses appuis, preuve qu’elle avait été sérieusement amochée. Assez vive pour tenter de ruer mais pas assez pour réussir à se libérer. Ethan lui lança son poing dans le visage, lui arrachant un grognement.
- Tiens-toi tranquille, sale impure ! Tu n’as pas compris que nous étions les maîtres, nous les humains ? On va te montrer !
Il la frappa à nouveau cette fois sur ses plaies béantes et tenta de la basculer sur le ventre, pour ramener ses bras dans le dos, aidée de son impitoyable compagne.
- Attache ses mains, vite ! Lui fit-il.
Profitant de son état de faiblesse physique, ils la bloquèrent sur le permabéton alors qu’elle ne cessait de rugir de toute la hargne dont elle était encore capable.
Continue de te battre, Melaki. Peut-être t’achèveront-ils vite, s’ils en ont assez, priait Maathra qui ne parvenait pas à détourner les yeux.
Malgré elle, elle espérait que la rigide Déesse du Combat apporterait une mort immédiate à sa camarade.
Bats-toi, Melaki !
La sinistre Leli parvint à refermer les menottes paralysantes sur les poignets dans un cliquetis de mauvais augure et roucoula :
- Et voilà, elle est prête, mon chou ! Tu peux te servir !
- Parfait !
L’autre echani continua son tapage, espérant vainement que quelqu’un mettrait fin à son calvaire. Mais personne ne pouvait l’aider, pas même Maathra qui regarda ses deux tortionnaires la basculer sur le dos pour s’apprêter à commettre l’acte infâme.
La rescapée ne put supporter d’en voir davantage, elle connaissait ce qui allait suivre. Elle roula sur le flanc, sur sa propre blessure pour s’affaler sur la poitrine et se mettre à ramper, réveillant sa souffrance de plus belle. Quelques larmes coulèrent sur ses joues alors qu’elle gagnait centimètre sur centimètre.
Je suis désolée, Mekali, j’aimerais t’aider. Que la Déesse du Combat ait pitié de toi.
Sa rage de survivre la poussa à ramener ses genoux sous elle pour tenter de s’accroupir. Elle fit abstraction des cris de Mekali, se concentrant pour bander ses muscles et se redresser. Debout, elle tenta d’avancer.
Elle manqua de s’écrouler, prise de nausées et de vertiges. Ses plaies étaient profondes et elle avait perdu beaucoup de sang.
Elle parvint à s’appuyer contre de pile de containers, adossée au mur. Elle tituba, pressant ses mains contre son tronc. Derrière elle, les cris de Mekali s’étaient maintenant transformés en pleurs de supplication. La victime en appelait à la pitié de ses tourmenteurs, à qui elle demandait dans son dialecte de l’achever, alors qu’ils lui faisaient subir les derniers outrages.
Maathra ferma son cœur.
Elle devait demander de l’aide à la résistance locale, peut-être dans un des ghettos ou en dehors. D’abord trouver un véhicule.
À la sortie du statioport, elle tourna la tête dans toutes les directions et aperçut ce landspeeder décapotable qui somnolait non loin d’elle. Elle parvint à le rejoindre et se laissa tomber, sur le siège conducteur, à bout de forces.
Elle agrippa le volant et démarra le véhicule. Ses idées s’éclaircirent et elle sut quelle direction elle devait prendre. La sénatrice Lonleth B’lsak bénéficiait d’un contact étroit avec le sénateur Kalad, elle devait donc rejoindre l’ambassade d’Alsakan.
Levant la tête, elle aperçut au bout de l’intersection devant elle, une forme tassée sur elle-même, certainement un cadavre. Elle devinait de qui il s’agissait.
Hors de question qu’elle connaisse la même fin misérable.
L’ambassade, je dois rejoindre l’ambassade.
Elle mit les gaz, espérant qu’elle parviendrait à destination. Malgré le couvre-feu, malgré les patrouilles, elle ne pouvait pas se permettre de s’arrêter. Elle tourna à droite et lança le landspeeder à grande vitesse dans le boulevard qui s’offrait à elle.
Mais elle avait trop présumé de ses dernières forces, les vertiges revinrent moins d’une minute après. Inconsciemment, elle perdit le contrôle de son landspeeder qui dériva sur le trottoir et percuta un nano réverbère.
Après deux têtes à queues, le véhicule des Contispex qu’elle avait dérobé s’encastra dans un mur par l’arrière avec violence, la projetant sur la chaussée. Elle roula sur elle-même et demeura sonnée pendant dix secondes.
Couchée sur le flanc, elle parvint dans un ultime effort de volonté à arracher le comlink de sa ceinture et à composer une fréquence salvatrice.
Elle le porta à ses lèvres et murmura en basic :
- Senya… j’ai… besoin… de votre aide.
Puis elle perdit connaissance.


Et voilà, j'espère que cela vous a plu :transpire: ! Et de revoir les Contispex Junior ? :whistle: , non, ne dites rien :paf: !

Allez, à la prochaine pour la suite :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 05 Oct 2020 - 10:00   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Oh punaise, c'est violent ! Les Contispex Jr et leurs sbires n'ont pas fait dans la dentelle... et les voir faire face à des guerrières echanis montre bien à quel point leur nombre et leur fanatisme les rendent dangereux ! :shock: Pauvre Sénatrice, qui pensait avoir réussi à échapper à ses assaillants...

Mais tout n'est pas perdu, comme tu nous le montres dans la deuxième partie de l'extrait ! Espérons pour elle (et pour la suite de l'intrigue) que Maathra réussira à rejoindre l'Ambassade !

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Mar 06 Oct 2020 - 19:38   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Oh punaise, c'est violent ! Les Contispex Jr et leurs sbires n'ont pas fait dans la dentelle... et les voir faire face à des guerrières echanis montre bien à quel point leur nombre et leur fanatisme les rendent dangereux !


De retour aux affaires, ces petits Contispex :diable: !

L2-D2 a écrit: Pauvre Sénatrice, qui pensait avoir réussi à échapper à ses assaillants...


Elle l'a vu pas vu venir :sournois: !

L2-D2 a écrit: Espérons pour elle (et pour la suite de l'intrigue) que Maathra réussira à rejoindre l'Ambassade !


C'est promis, on va la revoir :wink: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 10 Oct 2020 - 22:41   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite !

Et on retrouve nos conjurés à l'ambassade d'Alsakan :diable: ! Que sont-ils en train de manigancer contre les Contispex :P ?

Découvrez ça maintenant ! Ça va être tendu !


Quartier diplomatique, ambassade d’Alsakan

Tali Organa et Enler Mansur montèrent deux étages avant que leur guide alsakanie ne les amena dans un couloir désert gardé par deux soldats de l’ambassade. Ils barraient le passage à mi chemin et elle s’adressa à eux en Haut Alphabet Galactique, leur dialecte le plus couramment parlé parmi leur peuple.
- Ce sont des pèlerins, ne laissez passer personne d’autre.
Ils s’écartèrent à leur intention et l’alsakanie les mena vers le fonds du couloir. Elle s’arrêta devant le mur, tapissé de peintures anciennes et effleura la surface de son index. Les deux sénateurs virent à travers leur masque d’oiseau, qu’elle dessinait une complexe figure géométrique imaginaire, une sorte de tétraèdre.
Les peintures reculèrent devant elle avant de se scinder en deux immenses battants.
- Par ici, les encouragea-t-elle.
Ils furent engloutis dans un corridor sombre qu’elle éclaira avec un bâton lumineux. Les deux dignitaires furent frappés par le silence qui y régnait, ils ne percevaient plus les agitations provenant de la Salle des Fêtes.
Pourtant, ils ne doutaient pas que la Danse du Vautour Multak devait battre son plein, les invités s’en donnant à cœur joie au milieu des pistes de danse.
Ils arpentèrent soixante mètres, montant un nouvelle étage avant que l’alsakanie ne freina devant une porte en bois, qu’elle écarta sur le côté.
Une centaine de personnes costumées en Vautour Multak étaient déjà présentes dans un grand salon faiblement éclairé, réunies autour d’une grande table ronde, certaines assises, d’autres debout. Les conversations à voix basse cessèrent aussitôt lorsqu’ils dévisagèrent les deux nouveaux venus qui étaient apparues dans leur champ de vision.
Immédiatement, leur guide alsakani se précipita vers l’un d’eux pour le prévenir. Le Haut Alphabet Galactique dans lequel ils échangeaient, leur échappait complètement.
- Merci Sikala, attendez devant la porte.
L’alsakanie repassa devant les deux sénateurs pour les autoriser d’un simple regard appuyé à se fondre dans le groupe.
Le compatriote avec lequel elle s’était entretenue, réclama l’attention de tous d’une torsion du bras.
- Nous sommes maintenant au complet, annonça la voix du sénateur Kalad sous son déguisement. Nous pouvons tomber les masques.
Tous le firent avec un grand soulagement, heureux de pouvoir respirer librement. Tali et Enler en profitèrent pour étudier la centaine de visages d’humains et de non humains, qui venaient de se découvrir.
Ils reconnurent certains de leurs collègues de l’Honorable Fraternité, comme le Sénateur Qinut de Metellos ou la sénatrice Yalmel de Sarapin. De même, ils ne furent pas étonnés de la présence des représentants de Bothawui et de Lannik, Naite’fya – nièce du prédécesseur de Contispex, Pers’lya – et Iyulk.
Celle du dignitaire de l’Espace Herglic ne fut pas plus incongrue, les aliens à l’apparence de cétacés pouvant aisément se sentir menacés par les pressions politiques et commerciales des Guildes Marchandes à la solde du Maître de la République.
Les représentants des mouvements de résistance des ghettos étaient également au rendez-vous, au nombre d’une douzaine. Dont Helem Siki et Thrag Hiskayor que les autres leaders semblaient avoir choisis comme porte-paroles.
Bien plus surprenants, en revanche, étaient la présence de hauts gradés de la Marine Républicaine, tels que le duro Lyram Skyrim et la corellienne Ekia Helder. Ceux-ci avaient été décorés pour leur défense héroïque de la capitale, lors de la Bataille de la Flotte du Noyau, pendant la Crise Alsakan. La Suprême Amirale Helder en portait d’ailleurs les cicatrices sur sa figure, que le kolto n’avaient pas totalement effacées.
Mais le clou de la soirée fut l’apparition de cinq Jedi, menés par un humain à l’allure farouche et distante, un certain Kotil Marek.
Le sénateur Kalad demanda à chacun des convives, de se présenter brièvement, afin que tous apprennent à mieux se connaître.
Lorsque cela fut achevé, il ponctua :
- Bien, nous pouvons commencer.
- Ah, vous allez enfin pouvoir nous dire à quoi rime cette mascarade, persifla Qinut, le sénateur de Metellos.
L’alsakani décocha un sourire malicieux à l’autre humain à la barbe broussailleuse et à la mine peu accueillante.
- Vous comprendrez vite, sénateur Qinut, qu’il s’agit de tout, sauf d’une mascarade. Si nous sommes réunis dans cette pièce dont très peu connaissent l’existence, c’est que nous allons traiter d’une question grave qui ne peut pas être abordée n’importe où. Même avec des brouilleurs activés, ajouta-t-il.
Kalad appuya ses paumes sur la table et promena son regard perçant sur la petite assemblée convoquée par ses soins.
- Nous venons d’horizons différents. Certains d’entre nous appartiennent au Sénat même, où nous tentons de défendre le moindre centimètre carré de démocratie qui nous reste. D’autres sont des Jedi qui ont décidé de ne plus se voiler la face devant les abus et la terreur quotidienne des partisans voués à Contispex.
Il salua alors Kotil Marek, accompagnés de quatre autres condisciples, encapuchonnés et adossés au mur, dissimulés dans la pénombre.
- Ce sont des dissidents qui ont décidé de ne plus rester soumis à l’attentisme du Haut Conseil Jedi. C’est pourquoi j’apprécie d’autant plus leur présence.
- Je me demande si nous pouvons leur faire confiance, trancha Yalmel. Comment être certains qu’ils ne sont pas des espions à la solde du Haut Conseil, voire de Contispex ?
Le silence pesant indiqua que beaucoup guettaient la réaction du Jedi.
- Je pourrais vous retourner la question, sénatrice, répondit Marek avec insolence.
- Comment osez-vous ?
- Assez, coupa Kalad.
L’alsakani soupira.
- Mes amis, je sais mieux que personne à quel point il nous est difficile d’accorder notre confiance les uns envers les autres. Mais nous devons nous efforcer d’aller au-delà de cette défiance malsaine car il en va du salut de la République. De notre salut à tous.
Il se redressa.
- Voilà plus de vingt ans que la République s’est choisie un tyran pour la diriger. Sans réagir, nous avons vu nos libertés et nos espoirs se déliter progressivement, abattues les unes après les autres. Nous avons laissé les non humains être parqués comme des animaux sauvages dans des ghettos insalubres d’où ils n’ont aucune chance de s’extirper. Les résistants du ghetto numéro trois sont parvenus à mettre la main sur des informations sensibles, concernant le sort funeste réservé aux communautés opprimées et à tous les opposants. Ces informations seront dévoilées publiquement en temps voulu.
À cet instant, Helem Siki exhiba un datapad contenant les fameuses données qui promettaient le pire à beaucoup d’innocents
- Enfin nous avons abandonné des systèmes périphériques entiers, livrés à eux-mêmes ou à la cupidité des Guildes Marchandes.
Sur ces mots, il avait adressé un regard entendu envers Naite’fya et Iyulk.
- Nous les sénateurs, sommes les premiers responsables de cette situation. Nous avons laissé Contispex jouer de nos divisions pour acquérir plus de pouvoir.
- Toute cette réunion ne rime donc qu’à proposer de déposer une nouvelle motion de censure pour le destituer ? Se moqua Qinut. Parce que si c’est votre idée, vous vous donnez beaucoup de mal pour rien. Un simple appel comlink aurait suffi.
- J’ai songé à cette option maintes fois, cher collègue. Mais Contispex n’est pas un homme à se laisser déposséder de son poste sans réagir. Si nous parvenions à le faire, la rotonde du Sénat deviendrait un abattoir.
- Mais de quoi parlez-vous ? l’interrogea Yalmel.
Tali Organa intervint.
- Des Disciples de Hapos qui occupent tous les jours la Place du Pardon.
- En cas de destitution, ils interviendraient, appuya l’alsakani.
Des murmures s’élevèrent dans l’assistance. La nièce de Pers’lya, Naite’fya, l’interpella.
- Que proposez-vous, Kalad ?
- Puisque nous ne pouvons déposer le Chancelier Suprême par la voie la plus noble possible, nous devons réfléchir à d’autres moyens plus radicaux.
Tous échangèrent un regard perplexe.
- Vous voulez commettre un attentat ? S’étrangla le sénateur de Metellos.
- Si cet attentat réussit, fit observer Iyulk, en voilà un que nous ne regretterons pas.
À en juger par leur expression, il devint évident que certains invités n’étaient pas réticents à cette idée. Cependant, d’autres redoutaient les conséquences politiques d’un tel acte.
- Nous passerions pour des terroristes, même si l’attentat réussit. Il y aurait beaucoup trop à perdre, déclara Yalmel.
- Même si Contispex meurt de cette façon, nous ne serions pas certains de pouvoir assurer une transition stable vers la démocratie. Il a beaucoup de partisans sur Coruscant et ailleurs, qui n’hésiteront pas à le venger et à semer le chaos, fit l’alderaanienne.
Hassan Kalad demeura silencieux puis hocha la tête, approuvant ces arguments.
- Ce n’est pas à un attentat auquel je pensais, même si cela m’a traversé l’esprit. Je suis d’accord avec les arguments présentés par les délégués de Sarapin et d’Alderaan. Étant donné la protection dont dispose le Chancelier, ce projet aussi isolé aurait peu de chances d’aboutir. En revanche, si nous mobilisons plus de ressources et de factions pour amener à une déposition pacifique de Contispex, nous bénéficierons de plus de légitimité.
- Qu’entendez-vous par déposition pacifique ? Demanda Mansur.
Kotil Marek s’anima à cette question.
- Vous voulez renverser Contispex par un coup d’État, devina le Jedi.
L’affirmation provoqua de nouveaux murmures, cette fois plus éloquents.
- Vous avez perdu la tête, sénateur Kalad ! S’exclama Qinut. Vous voulez déclencher une guerre civile ?
- La République est sur le point d’entrer en campagne contre les Hutt, si nous restons passifs. Qui sait si les conséquences ne seront pas plus graves encore.
L’alsakani joignit ses mains devant son buste.
- Le Jedi Marek a employé le bon terme, quoiqu’il en soit. J’ai bien réfléchi à cette question et je crains qu’il n’y ait pas d’autres moyens.
- Néanmoins, je rebondis sur la remarque du sénateur Qinut, réagit Organa. La République pourrait sombrer dans la guerre civile.
- Sauf si nous mettons les partisans de Contispex hors d’état de nuire, sans exception. Et si nous nous assurons que ni Contispex ni un de ses proches, ne puisse appeler quiconque à l’aide, ajouta l’alsakani.
- Comment comptez-vous vous y prendre, sénateur ? Insista Yalmel.
Kalad accorda un sourire à la représentante de Sarapin.
- Je vais laisser la Suprême Amirale Ekia Helder répondre à cette question, sénatrice. Suprême Amirale ?
La corellienne, vétéran éprouvée de la Crise Alsakan, contourna la grande table ronde pour prendre la place de Hassan Kalad. Elle exhiba de sous son déguisement, un disque holographique qu’elle activa devant tout le monde.
Plusieurs images tridimensionnelles flottèrent immobiles, représentant des édifices bien connus comme le Sénat Galactique ou le Temple de la Grande Déesse.
- Coruscant est le cœur de la République, commença la corellienne. Qui tient Coruscant, tient la République entre ses mains. C’est donc là que se jouera l’essentiel de la partie.
Tandis qu’elle faisait défiler les images, elle attarda son regard perçant sur chacun des invités, pour s’assurer qu’elle bénéficiait de leur attention.
- Tous au sein de la République ne partagent pas les idées du culte fanatique Pius Dea. Que ce soit dans la société ou dans l’Armée. Mais beaucoup trop restent à attendre que quelque chose se passe. Notre projet sera l’électrochoc qui éveillera les consciences.
Le duro Lyram Skyrim, commandant et bras droit de la Suprême Amirale se rangea ensuite à la hauteur de la corellienne qu’il avait secondée à la Bataille de la Flotte du Noyau.
- Ce projet vise à mobiliser toutes les couches de la société, ce que nous tous, représentons ici, ce soir. Car ce n’est qu’ensemble que nous réussirons.
Ekia Helder manipula le disque et des représentations en trois dimensions de vaisseaux de guerre républicains apparurent.
- Comme vous le savez, les Quatrième et Cinquième flottes ont été mobilisées par le Chancelier Suprême pour faire pression sur les Hutt et les amener à la table des négociations, afin de les persuader de mettre fin aux trafics, déstabilisant les systèmes frontaliers. Bien évidemment, nous nous doutons que ce n’est qu’un prétexte pour annexer leurs territoires et les soumettre à l’autorité de la République.
- Et à acquérir plus de popularité et de pouvoir qu’il n’en possède déjà, fit remarquer le duro.
- Toujours est-il que le déploiement de ces deux Flottes à la frontière de l’Espace Hutt, prive Contispex du soutien immédiat de ses deux amiraux dévoués, Hisku et Amukos, qui partagent ses idées humanocentristes.
- Et que cela nous offre la possibilité de regrouper nos forces là où nous le souhaitons.
Le sénateur commenorien se pencha.
- De quelles forces parlez-vous ?
- Nous ne pourrons pas compter sur le soutien de la Deuxième Flotte qui a été envoyée dans le système d’Alsakan, pour faire pression sur un des vieux amis de Contispex, le Premier Régent Orin Melok.
- Et qui est commandée par une de nos vieilles connaissances, l’amiral Jehun, l’âme damnée la plus fidèle à Contispex, précisa le duro.
- De même, la Troisième Flotte est en maintenance dans les chantiers navals de Kuat où elle doit se faire livrer des Cuirassés Gilagimar nouvelle génération. Elle ne sera pas opérationnelle avant des semaines, peut-être même des mois.
- Il reste la Flotte du Noyau.
Il fut montré par sa supérieure d’un geste du bras.
- Commandée par mon adjoint, ici présent.
Certains approuvèrent sans réserve tandis que d’autres parmi les sénateurs laissèrent le doute rider leurs traits.
- Une seule flotte pour appuyer le coup d’État ? Ce n’est pas un peu juste ? Ponctua Qinut.
- Nous pouvons adjoindre quelques vaisseaux supplémentaires provenant de la Flotte de Hisku, déployée à la lisière de l’Espace Bothan. Menés par un autre commandant fiable.
- Quel commandant ?
- Son identité restera secrète, pour le moment, accorda seulement la corellienne.
- Vous manquez de confiance, pesta Yalmel.
Ekia Helder soutint son regard.
- C’est un commandant pour lequel j’ai suffisamment d’estime pour ne pas l’exposer inutilement au danger. Il n’est pour sa part, pas encore informé du rôle qu’il aura à jouer.
- Merveilleux, grinça le sénateur de Metellos. Nous pouvons supposer qu’il acceptera de jouer au bantha aveugle pour le salut de la République.
- Ce bantha aveugle a montré son courage lors de la Bataille de la Flotte du Noyau et j’ai foi en lui. Je vous engage à faire de même, sénateur Qinut, martela-t-elle avec raideur. En ce qui le concerne, je lui rendrais visite moi-même à bord de son vaisseau.
- Formidable. L’amiral Hisku aura raison de se demander ce qui lui vaudrait un tel honneur, persifla Yalmel.
- En tant que Suprême Amirale, mener une tournée d’inspection au sein des différentes flottes opérationnelles appartient à mes prérogatives. Les amiraux Hisku et Amukos sont d’ores et déjà au courant de ma visite.
- Et visiter les vaisseaux des Quatrième et Cinquième Flotte vous permettra de jauger définitivement la loyauté des capitaines qui appuieraient la Flotte du Noyau, fit remarquer Tali Organa
- C’est l’idée, acquiesça le commandant Skyrim.
Le silence permit à tous d’absorber ces informations. Hassan Kalad qui se tenait en retrait derrière l’amirale Helder, le savoura.
- Quel est donc le plan ? Interrogea Mansur.
Le commenorien avait posé la question qui brûlait les lèvres de tous.
- Nous devons commencer par isoler Coruscant du reste de la galaxie et de la République, expliqua Helder. Nous couperons Contispex de ses partisans de d’autres systèmes de la République, où ils sont actifs.
- Ce sera le rôle de la Flotte de la Noyau stationnée actuellement à Foerost. Elle sera déployée aux frontières du système de Coruscant et interdirons l’accès à la capitale par les principales voies d’accès, la Route Commerciale Perlemienne et la Passe Corellienne.
- Comment justifierez-vous ce blocus ? S’enquit Kotil Marek.
- Tout simplement par des manœuvres officiellement autorisées par l’état-major et proposées par la Suprême Amirale Helder, qui permettraient d’entraîner les équipages et de les aguerrir.
- Nous avons proposé à l’état-major des manœuvres, s’inspirant de celles menées par l’Amiral Ap Token contre la Flotte du Noyau, il y a vingt ans.
- Ce qui ne manque pas de piquant, lança Kalad avec un fin sourire.
L’alderaanienne demanda la parole.
- Vous avez donc obtenu l’autorisation d’opérer au large de la capitale.
- Et de proclamer le système de Coruscant comme zone militaire, le temps de la durée des exercices, compléta le duro.
- Ce sont les élément détachés de la Quatrième Flotte qui accompliront les objectifs essentiels, précisa Helder.
Avec dextérité, elle manipula le disque et l’image d’une installation en forme de demi-anneau se dessina devant tous les yeux.
- Voici la Station Ellipse, déclara-t-elle. Cette base a été conçue peu après la Crise Alsakan pour protéger les approches de Coruscant et ses radars sont parmi les plus performants de la galaxie. En outre, elle abrite les commandes d’une partie des générateurs de boucliers planétaires. C’est donc un site hautement stratégique. Et dont l’emplacement est classé secret défense.
- Mais grâce à votre position de Suprême Amirale, ce n’est plus évidemment un secret, fit remarquer l’alderaanienne.
La corellienne laissa un sourire fourbe étirer ses traits.
- Exact, sénatrice Organa.
- Des troupes d’infanterie de marine s’empareront de cette station, nous prévoyons une résistance minimale, étant donné que cette base n’a pas besoin d’un personnel nombreux pour assurer son fonctionnement, appuya son acolyte duro.
- Ensuite, les vaisseaux commandés par notre commandant anonyme investiront l’orbite de Coruscant pour y faire atterrir des navettes d’assaut près des sites stratégiques de la capitale.
- Les statioports importants, le Quartier Général de l’Armée et de la Marine, le quartier diplomatique, les générateurs de boucliers, le siège des Forces de Sécurité. Sans oublier le Sénat et la Place du Pardon.
Mansur leva la main pour attirer leur attention.
- Lorsque la flotte de notre commandant mystérieux apparaîtront en orbite, nos ennemis auront le temps de s’y retrancher. Il faudra s’attendre à de durs combats urbains, qui mettront en péril les civils.
- Sauf si des forces préalablement établies sur place sont parvenus à s’emparer des objectifs d’ici l’arrivée des troupes régulières, sénateur.
- Des forces préalablement établies ?
Son interrogation demeura suspendue en l’air, avant que Kalad n’y mette fin.
- Des réseaux clandestins ont vu le jour sur plusieurs systèmes de la République dont la population est principalement composée d’humains. Particulièrement sur Commenor, Alderaan, Metellos et Sarapin, entre autres.
- Quel sera notre rôle ? S’enquit le commenorien qui savait de quoi l’alsakani parlait.
- Vous devrez les contacter et leur proposer d’envoyer leurs meilleurs militants sur Coruscant par petits groupes. Des armes et des refuges leur seront fournis jusqu’à ce qu’ils reçoivent l’ordre d’agir sur les objectifs qui leur seront assignés.
- Et nous précisons que les meilleurs militants soient de préférence des vétérans, martela le duro. Nous ne voulons pas coopérer avec des amateurs.
- C’est noté, commandant Skrim, approuva Organa.
- Vous devrez dans le même temps, reprit Kalad, assurer vos arrières. Contispex cherche à étendre son influence partout, il est probable qu’il cherchera à monter vos adversaires politiques locaux contre vous. Vous devrez les museler par n’importe quel moyen.
- Cela fait, poursuivit Helder, vous devrez rentrer sur Coruscant où votre présence sera nécessaire au Sénat pour démarrer la transition et prononcer la destitution du Chancelier Suprême.
- Comment cela se déroulera-t-il ? Demanda la dignitaire de Sarapin.
- Vous attirerez le Chancelier Suprême au Sénat. Lorsqu’il sera entré, les miliciens prendront position pour le prendre au piège et s’assurer qu’il ne s’en échappe pas. Ils accueilleront ensuite les sénateurs de l’Honorable Fraternité qui prononceront sa destitution et le mettront aux arrêts, jusqu’à ce que Coruscant soit sécurisée.
- Et notre rôle, intervint Marek, sera de protéger l’enceinte du Sénat contre toute riposte des partisans de Contispex, s’ils tentent de le délivrer.
Les autres Jedi derrière lui inclinèrent le buste en signe d’approbation.
- Et qu’en est-il de la résistance ? Intervint le cathar Thrag Hiskayor. Servira-t-on de chair à canon pour la réussite de votre noble cause ?
L’intensité de son regard défiant fit frémir la majorité de l’assistance mais pas le dignitaire alsakani qui demeura inflexible.
- Nous vous avons assigné deux objectifs. Le Temple de la Grande Déesse et la résidence des Contispex.
- Vous devrez donc capturer et garder comme otages la famille de Contispex, fit Helder, et libérer les prisonniers du sanctuaire de la secte.
- Dans le même temps, vous organiserez depuis les ghettos une manifestation pacifique qui se groupera sur l’Allée de la Foi et se dirigera vers la Place du Pardon, pour célébrer la fin des Zones de Sécurité Prioritaire, la fraternité entre humains et non humains et le rétablissement de la démocratie, expliqua le duro.
Les oreilles équines du félinoide se couchèrent vers l’arrière, signe d’un ressentiment qui montait en lui.
- Non, lâcha Thrag sèchement.
- Vous voulez la même chose que nous tous, lui répondit Kalad. Chacun doit contribuer à cette noble cause.
- Vous parlez de cette noble cause comme si vous étiez certain que votre plan génial réussirait. Qu’adviendra-t-il des prisonniers du Temple de la Grande Déesse et de ceux qui participeront à ces manifestations, si nous échouons ? Ce sera un massacre.
- Nous avons besoin d’assurer la survie de ceux pour lesquels nous luttons, appuya sa compagne nautolane Helem Siki. Nous avons besoin de garanties.
L’alsakani demeura d’une assurance sans failles, ne laissant transpirer le moindre doute. Au moment où la nautolane déposait les exigences au nom de la résistance des ghettos, la jeune alsakanie Sikala – qui gardait l’entrée de la pièce – avait discrètement saisi son comlink.
Elle prononça quelques mots en Haut Alphabet Galactique puis appela un autre compatriote qui se tenait derrière le sénateur Kalad.
- La sécurité vient de signaler un problème à l’entrée de l’ambassade, lui confia-t-elle. Je reviens tout de suite.
L’alsakani glissa ensuite la nouvelle aux oreilles du sénateur, qui ne trahit aucune réaction devant tous ses amis. Kalad continua de se comporter comme si de rien n’était.
- Je ne peux vous en offrir aucune, avoua-t-il avec franchise. Tout ce que je peux vous assurer, c’est que nous ne pouvons plus attendre. Nous sommes tous en danger et nous ne pouvons pas attendre qu’il soit trop tard.
Le cathar recula d’un pas et ses traits félins farouches n’exprimaient aucun changement de posture.
- Non, martela-t-il de nouveau.
- Thrag, fit tout à coup la nautolane, nous devrions…
- La discussion est terminée, coupa le félinoide. Débrouillez-vous sans nous, nous ne vous servirons pas de pions à jeter dans une attaque suicidaire. Nous allons nous préparer à sauver autant des nôtres que possible avant que vous ne commenciez cette folie.
Le sénateur Qinut bloqua le cathar alors que celui-ci s’apprêtait à le contourner.
- Si vous faites ça, Contispex en aura vent et notre projet tombera à l’eau.
- Votre projet, sénateur. Maintenant, écartez-vous de mon chemin.
De sa puissante poigne, le cathar voulut écarter le dignitaire de Metellos mais celui-ci décida de tenir bon.
- C’est votre folie qui provoquera notre perte à tous ! S’écria l’humain.
- Et c’est votre inefficacité au Sénat qui a provoqué notre déchéance dans ces ghettos !
- Vous croyez être le seul à redouter cette secte, stupide cathar ?
Sous le coup de la colère suscitée par l’insulte, le félinoide saisit son antagoniste au cou et le souleva, les traits félins tordus par la fureur. La nautolane vit qu’il s’apprêtait à déchiqueter sa gorge avec ses griffes.
- Thrag, non !
Helem Siki se jeta pour le forcer à abaisser ses bras tandis que Kotil Marek s’interposa pour les séparer.
- Peut-être que Contispex avait raison de vous enfermer dans ces ghettos ! S’exclama Qinut qui se massait la gorge.
- Comment osez-vous ! S’indigna la nautolane.
- Ça suffit ! Tonna Kalad.
L’alsakani les foudroyait du regard, ne s’attendant pas à ce que cette réunion dégénère en foire d’empoigne alors que le destin de la République était en balance.
- Nous ne pouvons pas nous permettre de nous quereller comme si nous étions au Sénat. Nous devons nous unir, pesta-t-il en direction de Qinut. Thrag, je comprends votre sentiment d’abandon. Vous avez sans doute raison de nous haïr, mais nous devons dépasser cela ! Nous avons besoin de la résistance.
Le cathar reprit sa place… et son calme.
- Vous avez raison, sénateur Kalad. L’ennemi terrible auquel nous faisons face, justifie que nous joignions nos forces aux vôtres. Nous continuerons à vous fournir autant d’informations possibles mais nous ne ferons rien de plus tant que nous ne sommes pas certains que les populations des ghettos seront épargnées.
Hassan Kalad demeura pensif un bref instant.
- Je ne pourrais pas vous aider mais je connais quelqu’un qui pourra le faire.
Il salua d’un geste du bras, un mystérieux individu encapuchonné sur sa gauche qui venait d’apparaître entre deux invités et découvrit son visage. Celui d’un klatooinien, une espèce humanoïde à l’apparence d’un canidé, originaire de l’Espace Hutt.
Tout le monde fut surpris de son apparition, car il était entré discrètement à l’insu de tous, sauf du sénateur alsakani.
- Présentez-vous, le pria ce dernier. Vous êtes le seul à ne pas nous avoir fait cet honneur.
- Je m’appelle Y’selk Barus.
La voix rocailleuse évoquait des bruits de cailloux que l’on entrechoquait avec virulence. Tali Organa et Enler Mansur n’avaient jamais vu de klatooinien avant celui-ci mais il avait entendu dire que beaucoup d’espèces asservies par les Hutt au cours des siècles précédents, étaient employées à des tâches plus ou moins dégradantes.
Certains comme esclaves au sens le plus basique du terme, comme contremaîtres, secrétaires pour des missions administratives ou encore comme mercenaires.
Les deux sénateurs se demandaient à quelle catégorie appartenait cet alien à tête de chien.
- Je représente les intérêts des kadijics de Nal Hutta et je suis le porte parole de l’Ambassadeur Gaarba.
Certains convives échangèrent des regards perplexes et quelques-uns masquèrent à peine leur hostilité, comme la sénatrice Yalmel. Après tout, les clans de Nal Hutta n’avaient rien fait pour améliorer leur réputation sulfureuse.
- Les Hutt, maintenant ? Nous voilà bien ! Fit-elle avec éclats. Serions-nous désespérés à ce point-là ?
Cela suscita quelques rires, auxquels Kalad mit fin d’un simple regard appuyé.
- Écoutez ce qu’il a à proposer.
- Les illustres maîtres que je représente peuvent aider à résoudre les problèmes soulevés par Thrag Hiskayor. Les hum réseaux d’entraide qu’ils emploient avec générosité seront en mesure de cacher une grande partie de la population des ghettos puis de les évacuer hors de la capitale si besoin est. Nous armerons ceux qui voudront se battre.
- Que voulez-vous en échange ? Demanda sèchement Qinut.
- Les kadijics souhaitent le retrait des Quatrième et Cinquième Flotte aussitôt que le Sénat aura désigné un Chancelier plus compréhensif. Le blocus sera levé et le libre commerce reprendra comme il était avant.
- Vous voulez dire que vous continuerez comme avant vos ignobles trafics de marchandise illégale et d’êtres humains comme non humains. Pourquoi vous ferait-on confiance ? Lâcha avec mépris, le sénateur de Metellos.
- Car nous sommes tous menacés par le même ennemi, plaida le klatooinien.
- Et si la République entre en campagne contre vous, vous ne pourrez pas opposer la moindre résistance, indiqua Helder.
- Je vous assure que les kadijics sauront y faire face.
- Votre apogée est révolue depuis longtemps et vos maîtres le savent mieux que personne, insista la corellienne. C’est pour cela qu’ils vous ont envoyé vers nous.
Qinut secoua la tête, agacé.
- Les Hutt n’ont jamais appartenu à la République et ils se moquent bien dans quel état elle peut être. Ils se sont toujours préoccupés de leurs propres intérêts.
- Les gangs affiliés aux Hutt dans les ghettos y sont plus populaires que vous, les sénateurs, l’informa Thrag.
- Vous avez tort de leur faire confiance.
Le cathar grogna et laissa échapper un soupir baryton.
- Ils ne sont pas dignes de confiance mais ils nous ont bien plus aidés que ne l’a fait le Sénat, en ravitaillant les populations même à des prix exorbitants. Pensez d’eux ce que vous voulez, mais les actes parlent plus clairement que des discours moralisateurs.
- Nous avons besoin des Hutt, renchérit Helder. Barus ? Ajouta-t-elle vers le klatooinien.
L’émissaire retroussa ses babines en guise de sourire.
- Merci, Suprême Amirale. Outre cette aide apportée aux ghettos, les kadijcs apporteront un soutien bien plus conséquent en occupant les Quatrième et Cinquième Flottes. Nous lancerons des raids sur leurs positions les plus éloignées.
- Mais s’ils ripostent, ils vous balaieront ! Protesta Mansur.
- Mes maîtres acceptent de payer ce prix, s’ils sont certains que vous aurez toute latitude pour renverser le tyran.
Les mots surprirent les invités les plus perplexes. Yalmel ne put s’empêcher d’arquer ses sourcils vers le haut. Si les Hutt qui n’aimaient pas prendre de risques sans y avoir réfléchi longuement, semblaient prêts à aller jusqu’à ces extrémités, cela en disait long sur leur peur et la dangerosité de leur ennemi.
Voilà qui aurait dû suffire à convaincre tout le monde de la bonne volonté des Hutt, mais ce ne fut pas le cas de Qinut.
- Les Hutt ne sont pas dignes de confiance. Ils sont prêts à se trahir entre eux et ils n’hésiteront pas à nous vendre à Contispex, si cela pouvait leur offrir un sursis ! Persista-t-il.
Il tendit un index accusateur vers Kalad.
- Vous avez commis une folie en les faisant adhérer à ce projet. Je refuse d’en entendre plus, ce soir.
Il rajusta son déguisement.
- Il faudra vous passer de mon soutien, je refuse de m’associer à pareille vermine ! Proclama-t-il.
Le représentant de Metellos contourna la grande table circulaire pour se diriger vers la sortie. Il écarta tous ceux qui trainaient sur son chemin, avant que Kalad ne lui fit face.
- Cette réunion n’est pas terminée, sénateur Qinut, lâcha l’alsakani avec un calme déterminé.
L’autre le fixa avec incompréhension.
- Laissez-moi passer, espèce de fou !
- En acceptant mon invitation, vous vous êtes compromis au même titre que nous tous. Vous en savez autant que nous tous. Tôt ou tard, Contispex finira par se douter que quelque chose d’important en marge de la Danse du Vautour Multak, a eu lieu. Même si vous n’y participiez pas, croyez-vous qu’il vous épargnera le sort du sénateur Vemus ?
Qinut hésita et recula d’un pas. Tout à coup, la grande porte en bois s’écarta bruyamment, les faisant tous sursauter, hormis les cinq Jedi. Ils virent entrer trois femmes, deux soutenant la troisième entre elles par les épaules.
Kalad se précipita aux nouvelles lorsqu’il reconnut son assistante Sikala et la résistante encapuchonnée, Senya Torred. La troisième femme qu’elles soutenaient, ressemblait à une humanoïde à la peau bleue et aux cheveux couleur lin.
Elle portait une tenue de combat ensanglantée, ce qui provoqua des cris horrifiés chez les autres hôtes qui se demandait qui elle pouvait être et ce qui lui était arrivée. Kalad s’empressa de prononcer leurs interrogations.
- Que s’est-il passé ? Demanda-t-il en Haut Alphabet Galactique à Sikala.
- Elle a dit s’appeler Maathra, elle était chargée de la protection de la sénatrice B’lsak, lui répondit sa compatriote.
La guerrière echani laissa échapper un gémissement entre ses dents lorsque les deux femmes l’appuyèrent contre le mur.
Kalad se pencha face à elle :
- Vous m’entendez ? Demanda-t-il en basic. Vous pouvez parler ?
Elle toussa et du sang s’écoula d’entre ses lèvres. La résistante Senya Torred appliqua du kolto sur ses plaies et les comprima avec du tissu épais, un bandage basique pour l’empêcher de perdre davantage de sang.
- Oui… lâcha faiblement Maathra.
- Qu’est-il arrivé à la sénatrice B’lsak ? A-t-elle pu s’échapper ?
L’echani secoua la tête de gauche à droite et la fatalité tordit l’expression de l’alsakani.
- Qui d’autre a survécu ?
Elle cracha du sang, encore. Senya épongea sa bouche avec un chiffon.
- Personne…
Elle ferma les paupières et sa tête gîta sur la gauche.
- Emmenez-la au troisième étage, à l’infirmerie. Et appelez un médecin, dans le secret le plus absolu, ordonna-t-il à Sikala dans leur dialecte.
L’échani fut évacuée avant que Kalad ne se tourna vers ses invités, murés dans un silence pesant. Silence rompu par Qinut.
- Qui est cette femme ? Qu’est-ce que ça signifie ?
Le regard de l’alsakani devint plus dur et plus acéré à son encontre.
- Cela signifie qu’à partir de maintenant, nous n’avons plus le choix, sénateur Qinut. J’ai le regret de vous annoncer la mort de la sénatrice B’lsak.
Cette nouvelle les pétrifia d’effroi.
- Alors nous sommes perdus, souffla Yalmel.
- Nous le serons si nous faisons encore preuve d’égoïsme les uns envers les autres. Nous ne pouvons plus tergiverser, nos destins sont liés. Si un seul d’entre nous faillit, nous en subirons tous les conséquences, asséna Kalad. Ce qui est arrivé à B’lsak, prouve que Contispex ne reculera devant rien pour nous éliminer tous.
Personne ne trouva à rien à redire à cela. Helder choisit ce moment pour conclure :
- Si nous faisons ce qu’il faut sans hésiter, dans six jours, le tyran chutera de son trône. Que la Force soit avec nous.
Les images holographiques s’éteignirent lorsqu’elle reprit le disque. Aucun autre mot ne fut prononcé. Leurs destins étaient liés à partir de cette nuit. Ou ils réussiraient ensemble, ou ils chuteraient ensemble.
Ainsi naquit la Conspiration des Cent.


Voilà, j'espère que cela vous a plu ! J'espère que vous trouvez cette histoire passionnante pour le moment ! A partir de maintenant, le compte à rebours est lancé :diable: ! Il ne reste plus que six jours !!! :x

Allez à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 12 Oct 2020 - 10:02   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Et waouh ! Ça c'est un extrait long et riche en informations ! :shock:

Tu nous annonçais depuis un moment cette fameuse soirée à l'ambassade, et on peut dire qu'elle tient toutes ses promesses ! Le plan me semble élaboré, abouti, solidement construit et, sur le papier, les conjurés ont toutes leurs chances... sur le papier ! Mais si tout se passait comme ils l'avaient prévu, ce serait trop beau, et je crains fort que Contispex - et peut-être davantage son fils - refuse de se laisser soumettre si aisément ! :sournois:

On sent que ça devient de plus en plus tendu, et tu as fait intervenir toutes les factions introduites au cours de ce tome, tout en multipliant les références au premier volet du Pius Dea, franchement c'est bien joué, c'est un gros morceau que tu nous as proposé ici ! :jap:

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Mar 13 Oct 2020 - 22:16   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour, L2 :wink: !

Effectivement ce gros morceau permet d'aborder un tournant décisif dans l'histoire :P ! La suite n'en sera que plus passionnante :oui: !
Du coup, les conjurés vont-ils réussir :diable: ? Suuspenseee :x :x :x ! Le compte à rebours est lancé... plus que six jours avant le coup d’État :transpire: !

Allez, à samedi :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 17 Oct 2020 - 22:13   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Allez on continue sur la fin de la soirée à l'ambassade d'Alsakan où Kalad et compagnie cherchent à peaufiner leur plan :sournois: !

Découvrez ça !



Ils sortirent un à un de la pièce, sur les recommandations de Kalad qui leur demanda de s’attarder à la Salle des Fêtes, afin d’éviter que leur départ de l’ambassade ne soit remarqué. Il ne restait plus dans la pièce que les cinq Jedi dissidents, la Suprême Amirale Helder, le commandant Skrim, Tali Organa, Enler Mansur, Naite’fya de Bothawui, Iyulk de Lannik, le sénateur Herglic et l’émissaire des Hutt, Barus.
Le comité restreint s’était rassemblé autour de l’alsakani.
- Nos chances sont sérieuses ? Interrogea l’alderaanienne.
- Ca vaut le coup d’essayer, répondit la corellienne.
- Et si jamais, nous échouons ? Insista le lannik.
Le duro Lyram Skyrim le fixa avec lassitude.
- Alors beaucoup d’entre nous subiront le même sort que B’lsak.
Personne n’éleva la voix pour suggérer un autre moyen qui leur aurait épargné autant de risques. Il n’y en avait tout simplement pas.
- Sénateurs, vous devez partir immédiatement ce soir de la capitale et rejoindre vos mondes d’origine, déclara solennellement Kalad. Vous savez quoi faire, tout comme Qinut, Yalmel et les autres.
- Nous vous aiderons dans la mesure de nos moyens, lui assura la nièce de Pers’lya. Ceux que je recruterai à l’aide des Clans rallieront Coruscant aussitôt que nous serons informés de votre réussite.
- Lannik s’y engage de même, emboîta Iyulk.
La voix basse du Herglic résonna au-dessus de leur tête.
- Et mon peuple s’y engage, concéda l’humanoïde massif à l’apparence de cétacé.
Le père de Bekan Kalad inclina le menton.
- Dans ce cas, vos Excellences, je ne vous retiens pas plus longtemps.
D’un simple regard appuyé, il retint auprès de lui Organa et Mansur.
- C’est sur vous que reposera l’essentiel de l’effort de recrutement, leur dit-il. Les opposants à Contispex sur lesquels vous pourrez vous appuyer seront bien plus fiables et bien plus dévoués à la cause que ne le seront les miliciens engagés par Qinut et Salmel. Mais c’est aussi sur vos deux mondes, que les partisans du Pius Dea sont les plus influents. Je n’ignore pas que sur Commenor, le Premier Consul soit déstabilisé par l’arrestation de son frère, détenu au Temple de la Grande Déesse sur Coruscant.
- Je le soutiendrai et lui donnerai des nouvelles de son frère.
Enler n’avait pas oublié sa dernière visite au Temple de la Grande Déesse où le spectacle d’un homme brisé l’avait bouleversé. Kotil Marek pouvait sentir sa colère et sa détermination, électriser les flux de la Force.
- Les Organa ont beaucoup d’ennemis sur Alderaan. La politique de tolérance que vous prônez à l’égard des non humains, n’est pas acceptée par tout le monde.
- Je saurai y faire face, répondit Organa. Vous aurez mes hommes, Hassan.
- Merci sénatrice, bon voyage à vous deux.
À leur tour, les deux sénateurs remirent leur masque sur leur figure et s’éclipsèrent. L’alsakani se tourna vers Marek.
- Combien de Jedi vous suivent ?
- Une trentaine mais je peux tenter d’en convaincre plus, lui affirma le dissident.
- Soyez prudent, le Haut Conseil ne doit pas vous soupçonner. Ne prenez pas plus de risques que nécessaire.
- Je prendrai mes précautions, nous rallierons le Sénat dès qu’il sera sous contrôle. Que la Force soit avec nous.
Les cinq Jedi, de nouveau masqués, les contournèrent après les avoir salués. Le klatooinien se tenait légèrement à l’écart, guettant les deux gradés et leur hôte.
- Je suppose que vous ne resterez pas inactif, sénateur Kalad, nota Helder.
- Je dois retourner sur Alsakan pour en finir avec le Premier Régent. Il est temps de mettre fin à son règne et de libérer mon peuple. Lorsque la transition sera effectuée, l’amirale Carmina Delinki viendra appuyer les forces de votre commandant mystère…
- Le commandant Lix, précisa alors le duro.
L’alsakani apprécia que Skyrim lui ait confié ce secret.
- … appuyer les forces du commandant Lix en orbite de Coruscant après avoir dupé la Deuxième Flotte.
- Quand passerez-vous à l’action ? S’enquit Skyrim.
- Quand vous aurez commencé l’Opération Restauration.
Après s’être entendus sur ce point, les deux militaires saluèrent leur allié alsakani et dissimulèrent leur visage sous le masque d’oiseau avant de prendre congé. Kalad patienta jusqu’à ce que la porte en bois se referma d’un claquement grinçant.
Il avisa le klatooinien.
- Avez-vous compris le rôle que vos maîtres de Nal Hutta doivent remplir ? Demanda-t-il.
- Soyez sans crainte, leurs excellences se dévoueront à cette cause en parfaite symbiose.
- Vous devrez donc lancer des raids sur les positions les plus éloignées des Quatrième et Cinquième Flottes au début de l’Opération Restauration, afin de faire diversion. Si tout se passe bien et s’ils accomplissent leur tâche, le nouveau Chancelier Suprême les rappellera et mettra à la retraite d’office, leurs amiraux. Ils ne pourront pas ainsi organiser la moindre riposte contre vos intérêts.
- Je le leur rappellerai.
Les yeux sombres du sénateur brillèrent d’une dureté inflexible.
- Rappelez-leur surtout que s’ils nous trahissent, ils en paieront le prix. Leurs intérêts sont nos intérêts.
Le klatooinien s’inclina devant lui et l’alsakani l’autorisa à partir. Kalad sentit la tension se relâcher, quand il s’assit de nouveau à la table circulaire.
La centaine de personnes qu’il était parvenues à convaincre avait accepté de coopérer dans un objectif commun. C’était un projet de longue haleine qu’il avait commencé à appliquer deux ans auparavant.
On ne se débarrassait pas aussi facilement d’un homme tel que Contispex, comme on le ferait d’un simple insecte nuisible. Maintenant que la Conspiration des Cent était lancée à plein régime, il n’était plus question de reculer. Les prochains jours seraient cruciaux, il ne manquerait pas de suivre les développements principaux sur Commenor et Alderaan. La réussite politique du coup d’État se jouerait essentiellement sur ces deux mondes.
Contispex devait être conscient aussi de leur importance stratégique. Ce dernier ne manquerait pas de prévenir ses partisans parmi l’élite sociale et politique pour faire pencher la balance en sa faveur, lorsqu’il aurait vent de leur retour sur leur monde d’origine.
Il était évident que le Chancelier se douterait que quelque chose se tramait contre sa position. Mais tant que le secret resterait bien gardé, les conspirateurs garderaient une longueur d’avance. Non, ce qui le taraudait le plus, restait l’attitude des Hutt.
Le premier fait qui l’avait interpellé était que l’ambassadeur Gaarba l’avait contacté et non l’inverse. Le second fait était qu’il n’avait envoyé ce soir qu’un émissaire, prouvant qu’il ne souhaitait s’impliquer qu’à reculons.
Quoiqu’il en soit, cette initiative trahissait la prise de conscience des Hutt quant à la précarité de leur situation. Face à deux puissantes Flottes déployées par la République à la lisière de leur Espace pour de soit-disant opérations de maintien de l’ordre, ils n’ignoraient pas qu’ils ne seraient jamais en mesure de s’opposer à une campagne militaire organisée.
Oseraient-ils vraiment affronter directement ces deux flottes pour assurer le succès des opposants à Contispex ?
Hassan Kalad nourrissait quelques doutes sur la question. Même au pied du mur, les Hutt resteraient des Hutt, toujours à surveiller jalousement la sauvegarde de leurs intérêts. Leur soutien ne pouvait être en aucun cas rejeté, ne serait-ce que pour assurer la coopération de la résistance des ghettos.
Il inspira profondément, se persuadant que le risque valait la peine d’être couru.
Il n’entendit pas Sikala entrer dans la pièce.
- Sénateur ? L’appela-t-elle.
Il se contorsionna sur son siège.
- Oui, Sikala ?
- Les invités sont partis, monsieur.
- Un par un ?
- J’y ai personnellement veillé.
- Et Senya Torred ?
- Je lui ai offert un de nos costumes afin de préserver sa discrétion.
Il lui accorda un sourire.
- Merci Sikala. Le docteur est-il arrivé ?
- Il y a cinq minutes, lui confirma-t-elle.
- Allez m’attendre à l’infirmerie, je vous rejoins bientôt.
Elle le laissa seul et il se plongea de nouveau dans ses pensées. Il n’était pas convaincu de la sincérité des Hutt, était-ce un bon calcul de les impliquer dans ce projet ?
Il se leva vivement pour quitter la salle, réprimant un grognement. Il avait besoin de faire autre chose pour évacuer l’anxiété.
Il monta les escaliers pour accéder au troisième étage. Les quelques gardes placés là par son aide, Sikala, le saluèrent en le laissant passer. Il pénétra dans l’infirmerie et avisa le docteur alsakani, un homme âgé à la silhouette fine et sèche qui s’affairait près d’un lit, à trois mètres de là. Le médecin adressa un hochement de tête dans sa direction, alors qu’il branchait des fils à des instruments de mesure qui pointaient les signes vitaux de l’echani inconsciente..
Kalad remarqua la poche de sang, suspendue au-dessus d’elle qui servait à la transfusion sanguine. Le docteur avait déchiré ses vêtements pour appliquer des pansements de kolto sur les plaies à vif, nettoyées et stérilisées.
Sikala patientait de l’autre côté de lit, épiant les gestes aguerris du médecin qu’elle avait fait appeler en toute discrétion. Il la rejoignit puis demanda :
- Comment va-t-elle ?
Le médecin ne répondit pas tout de suite. Il releva finalement la tête.
- Elle a perdu beaucoup de sang, mais aucun organe vital n’a été touché, heureusement. Autrement, il aurait fallu la transférer dans un centre médical spécialisé.
- Au risque que nos ennemis la retrouvent facilement pour l’éliminer, grogna Sikala.
- Dans ce cas, elle a eu beaucoup de chance.
Le docteur vérifia que tout était en place.
- Il lui faudra deux semaines de repos, pour récupérer. Nous ne pouvons rien faire de plus pour le moment.
Sikala lui tendit alors une bourse de crédits.
- Une chambre a été aménagée à côté, lui expliqua-t-elle. Nous vous demandons d’y rester jusqu’à son rétablissement.
Cela ressemblait plus à un ordre qu’à une demande et le médecin le comprit. Il s’inclina et sortit de la pièce.
- Il faudra songer à l’évacuer lorsque ce sera possible, fit-elle observer.
Le vieil alsakani fixa l’echani en silence, prêtant à peine attention aux bruits des instruments qui contrôlaient ses paramètres médicaux.
- Si notre projet réussit, ce ne sera pas nécessaire.
- Et dans le cas contraire ?
Il esquissa un geste las de la main.
- Dans tous les cas, cet endroit reste le plus sûr pour elle que n’importe quel autre dans la galaxie.
Il posa sa paume sur le front de l’echani.
- Je pars après-demain pour Alsakan. Prenez soin d’elle et de cette ambassade, Sikala.
- Que les Lunes de Cristal vous bénissent, sénateur.


Et voilà, les dés du destin sont jetés ! J'espère que cela vous a plu :diable: ! Plus que six jours avant le coup d’État !

Allez à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 19 Oct 2020 - 19:07   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Ah, je ne m'attendais pas à ce que l'on poursuive directement sur la réunion à l'ambassade : tu me surprends, et j'aime ça dans un récit ! :oui: Le plan des conjurés se précise, et j'ai de plus en plus peur qu'il ne se déroule pas comme ils l'imaginent... Mais j'aime beaucoup le nom de la "Conspiration des Cent" ! :oui:

Vivement la suite !
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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