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Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

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Messagepar mat-vador » Sam 05 Sep 2020 - 22:46   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous :hello: !

Voici le retour des constipés :diable: ! Moouhahaha !!!


Résidence des Contispex, le lendemain

Julius Contispex jeta sa cape avec raideur à la Disciple de Hapos qui avait accueilli son retour, en silence et les paumes jointes. Ses pas le menèrent dans le salon où il prit le temps d’admirer les rayons mourants du soleil sur la Cité Galactique. Il remarqua sa femme assise dans le divan, encadrée par les deux autres Disciples de Hapos qui veillaient à sa sécurité.
Celle-ci consultait un datapad, qu’elle posa sur les genoux lorsqu’elle remarqua sa présence. Il la prit dans ses bras tandis qu’elle lui demanda :
- Les sénateurs ont été turbulents ?
- Non, pas tant que cela. Les débats n’ont pas porté sur la politique générale de la République, seulement sur les sujets centrés sur la Cité Galactique. À mon bureau, j’ai reçu par contre une demande des alsakani.
- Est-ce à propos de leur fête exotique ? Comment l’appellent-ils, déjà ?
- La Danse du Vautour Multak.
- Je me demande si ce que cela signifie tant pour eux.
Le sourire de son époux était mince.
- Ils y tiennent à cœur, c’est certain. C’est une fête qui se déroule quand les quatre lunes sont parfaitement alignées entre leur soleil et le monde natal.
- Pas souvent, donc.
- Et pour assurer cet évènement, le sénateur Kalad m’a demandé de boucler le quartier diplomatique. Beaucoup de monde est attendu.
- Tu n’as pas d’autre choix que d’accepter, lui fit-elle remarquer.
- Non, en effet. Pas si je veux éviter un incident diplomatique avec Alsakan. Melok lui-même se tournerait contre nous sans hésiter si cela devait mal se passer.
Linza se leva et congédia alors d’un geste sec de la main, les Disciples de Hapos qui s’empressèrent de les laisser seuls. Elle tenait toujours son datapad à la main.
- Sachant que Kalad s’est opposé à toi ces derniers temps, cette Danse du Vautour Multak n’est qu’un prétexte pour réunir tous nos ennemis.
- Cela me paraît évident, mais il est dommage que nous ne puissions envoyer des agents des services de renseignements. Les alsakanis ne laisseront rien passer à l’intérieur de leur ambassade. Et je ne parle pas de cette datapuce que cette satané twi lek nous a volée. Cela nous met en ballottage défavorable.
Linza laissa ses yeux errer au-delà de l’horizon qui s’étendait sur les sommets de la Cité Galactique.
- J’ai réfléchi à cette question, avoua-t-elle.
- Ah, vraiment ?
- C’est peut-être une bonne chose que nos ennemis détiennent cette datapuce, ou du moins les données qui y sont incluses.
Les sourcils de son mari s’arquèrent vers le haut.
- Tu es sérieuse ?
- Écoute-moi jusqu’au bout, le pressa-t-elle.
Elle revint vers lui et s’accroupit devant lui, posant ses fines mains sur ses cuisses. Julius ne pouvait de trouver attirante, l’ardeur qui se dégageait de sa personne. C’était ce qui l’avait séduit, lors de leur première rencontre.
- Ce qu’elle contenait les poussera à réagir.
- Bien évidemment et cela pourrait pousser le Sénat à me destituer pour de bon.
- Ils savent que nous enverrons les Disciples de Hapos les raccourcir, pour exhiber leur tête sur la Place du Pardon. Ils ne prendront pas cette fois le risque de s’en prendre ouvertement à toi, ils adopteront une approche plus subtile.
- Un attentat ?
- Possible.
Le Chancelier Suprême tentait vainement de déchiffrer son expression de marbre.
- Nous devrions renforcer notre sécurité personnelle.
- C’est déjà fait.
Elle lui rappela ainsi qu’ils s’étaient séparés de tout le personnel alien, ramené des ghettos par leur charmant rejeton. Les Disciples de Hapos assuraient maintenant le service, l’intendance. Les Contispex s’étaient réappropriés leur résidence, le cœur de leur conscience. La première étape d’une reconquête qu’ils souhaitaient impitoyable.
- Et en faire davantage attirerait l’attention. Ils seraient prévenus que tu te doutes de quelque chose.
- Je n’aime pas du tout cette idée de les laisser agir dans notre dos, grogna-t-il.
Elle lui adressa un sourire réconfortant.
- Moi non plus. Mais nous devons les pousser à se dévoiler au grand jour.
- En laissant la datapuce entre leurs mains, poursuivit-il.
- Et en envoyant un message clair à tous les ghettos. Tu te souviens de cette mirialan que j’ai personnellement interrogée au Temple de la Grande Déesse ?
- Oui, tu as laissé son corps exposé devant l’entrée d’un des ghettos.
Elle acquiesça en silence.
- Tu vas encourager leurs mouvements de résistance à se radicaliser contre nous, lui fit-il remarquer.
- Même s’ils le souhaitaient, ils n’auront pas d’autre choix que de se tourner vers ceux qui leur offriront les moyens de prendre leur revanche.
- Le sénateur Kalad et l’Honorable Fraternité.
- Peut-être aussi des militaires et pourquoi pas des Jedi dissidents.
Julius fronça les sourcils à l’évocation des Jedi.
- Je pensais avoir éclairci mon point de vue avec le Jedi Kalad, j’espère qu’il en a fait part au reste du Haut Conseil.
- Bien sûr qu’il l’a fait mais ne t’attends pas à ce que les Jedi t’obéissent au doigt et à l’œil.
- Ils ne soutiendront pas leurs dissidents, ils savent qu’ils risquent beaucoup.
- Non, mais les empêcheront-ils d’agir ?
Le silence souligna que son mari ruminait cet aspect de la question.
- On raconte que les Jedi peuvent d’une certaine façon, anticiper l’avenir. Les dissidents ne sont peut-être qu’une poignée mais ils représenteront quand même un problème.
- Sauf si le Haut Conseil accepte de s’en occuper sans réserve. Leur réaction nous éclairera sur leurs vraies intentions, raisonna-t-elle.
Elle s’écarta de son mari pour le laisser se lever du divan et faire les cent pas dans le salon. Il arrêta le manège pour proposer à sa femme.
- Et si nous allions sur la terrasse ?
Il lui offrit galamment le coude, qu’elle prit délicatement pour se laisser guider jusqu’à l’air libre. Le vent fouette leur figure et Linza dut s’assurer que sa coiffure ne serait pas malmenée. De là-haut, ils dominaient la Cité Galactique.
Les véhicules passaient et repassaient devant eux en un ballet aérien incessant tandis que le soleil continuait de s’incliner au loin.
- Cette vue est magnifique, commenta Julius. Je ne m’en lasserai jamais.
- C’est comme ça que nous nous sommes rencontrés, tu te souviens ?
Il la dévora du regard après sa question.
- Comme si c’était hier, ma chérie.
Leurs lèvres fusionnèrent lorsqu’ils se penchèrent l’un vers l’autre.
- Je vivais dans l’ombre de mon père, lui confia-t-il. Et c’est toi qui m’as convaincu d’en sortir, de m’en libérer.
- Parce que j’ai vu en toi ce que tu pouvais devenir, ce que nous pouvions devenir. Tout ce que nous pourrions accomplir.
Elle se blottit contre lui.
- Et il nous reste tant à accomplir, dit-elle.
Il remarqua le datapad qu’elle n’avait pas lâché.
- Le rapport de Skanor le Mouchard qu’il a remis aux Forces de Sécurité.
- Du nouveau ?
Elle hocha la tête tout en rallumant la tablette.
- Ce sakiyan s’avère plus utile qu’espéré, en fin de compte. Il a épié hier pendant la moitié de la journée, cette Taverne de l’Oubli. D’après ce qu’il a résumé, une sénatrice est entrée de nouveau en contact avec la résistance, dont cette twi lek qui nous a filé entre les doigts.
- Laisse-moi deviner, ils sont entrés l’un après l’autre ?
- Pas tout à fait. D’abord la twi lek et une mirialan, qui d’après la biométrie, serait une ancienne pilote de chasse de la Marine.
Elle consulta le datapad.
- Une certaine Irren Dugol. Ensuite, environ deux heures après, la sénatrice et deux chefs de Justice et Diversité sont entrés dans la taverne. Juste avant le couvre-feu.
- Le sakiyan a pu approcher pour écouter à travers la porte ?
- Non, l’entrée était gardée par un wookie, qui avait failli le surprendre peu de temps avant.
- Dommage, cracha-t-il.
Elle l’apaisa d’une caresse sur la joue.
- Je n’ai pas fini, chéri. Figure-toi que deux impurs ont trouvé le corps de cette traîtresse que j’avais fait déposer devant l’entrée de leur ghetto. Ils se sont empressés de le ramener au wookie, qui l’a emportée à l’intérieur.
- Donc à partir de cet instant, il ne gardait plus l’entrée ?
- Et comme il ne revenait pas, notre Mouchard a pu s’approcher.
- Qu’a-t-il entendu ?
L’horizon avait englouti le soleil couchant, laissant cependant entrevoir des reflets sanglants absorbés par l’obscurité grandissante.
- La sénatrice quittera Coruscant au moment où la réunion se tiendra à l’ambassade d’Alsakan. Mais avant, elle tentera de récupérer la datapuce là où cette twi lek l’a caché. Pour convaincre ensuite d’autres partisans de rallier leur cause.
- Nous ignorons combien se dresseront contre nous. Nous ne pouvons pas laisser cette liste grandir, martela-t-il.
- Je suis d’accord. Nous devons l’éliminer.
- Les Disciples de Hapos s’en chargeront. Les Gardiens de la Pureté sont trop imprévisibles pour ce genre de tâche, ils ne reconnaissent que l’autorité du Colonel Hosan.
Sa femme semblait hésiter.
- Tu sais, je pensais que nous pourrions laisser Ethan et Leli y participer.
L’idée ne plut pas à son époux.
- Je veux être certain qu’ils aient d’abord compris où était leur place.
- Promets-moi que tu y réfléchiras, nous devons leur laisser une chance de prouver leur loyauté.
Julius hocha la tête, la serrant de nouveau contre elle.
- Je te le promets.
La fraîcheur de la nuit les obligea à rentrer.

Voilà, j'espère que cela vous a plu ! Visiblement, ils ne vont pas se laisser faire par ces impurs, les Contispex :sournois: !!

Allez, à la prochaine :hello: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar L2-D2 » Dim 06 Sep 2020 - 17:32   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Laisser les deux jeunes participer à l'opération ? Voilà une bien mauvaise idée, qui risque fort de leur donner encore davantage le goût du pouvoir et de la violence... :(

Les Contispex font le point en tout cas, et nous nous rapprochons toujours davantage de la fête alsakani et de la convergence des différentes intrigues de ce deuxième tome ! Pour l'instant, le duo semble subir les événements, mais leur contre-attaque risque de n'en être que plus redoutable ! :sournois:

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Lun 07 Sep 2020 - 19:35   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Laisser les deux jeunes participer à l'opération ? Voilà une bien mauvaise idée, qui risque fort de leur donner encore davantage le goût du pouvoir et de la violence... :(


Mauvaise idée, oui :whistle: ... et tu sais quoi ? Ils vont quand même le faire :think: :x !

L2-D2 a écrit:Les Contispex font le point en tout cas, et nous nous rapprochons toujours davantage de la fête alsakani et de la convergence des différentes intrigues de ce deuxième tome !


Ce sera une fête inoubliable :diable: !

L2-D2 a écrit: Pour l'instant, le duo semble subir les événements, mais leur contre-attaque risque de n'en être que plus redoutable ! :sournois:


C'est dans ces moments-là qu'on les préfère :sournois: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 12 Sep 2020 - 22:07   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous :D :D !

Tiens, si on prenait des nouvelles des Jedi :whistle: ? Ils ont décidé de réagir contre Contispex, à votre avis :whistle: ?

Découvrons ça ensemble :diable: !


Temple Jedi

Kotil Marek méditait dans sa chambre quand il perçut d’un de ses condisciples derrière la porte. Il écarta le battant d’une simple pensée, dévoilant une padawan rodienne qui précédait un droïde livreur trapu et courtaud. L’automate traînait derrière lui un chariot antigravité qui supportait le poids d’un imposant conteneur.
Le Chevalier farouche se redressa pour quitter sa position de tailleur, indiquant d’une inclinaison raide de la mâchoire que l’apprentie pouvait disposer.
Le droide présenta :
- Un colis pour vous, monsieur.
- De la part de qui ? Demanda-t-il avec rudesse, sur ses gardes.
Il ne percevait aucun danger dans la Fore, seulement une vague impression de familiarité. À vrai dire, même s’il n’attendait aucun colis, il guettait un signe de vie du sénateur Kalad qui lui avait promis de le recontacter.
- L’expéditeur m’a chargé d’enregistrer ce message à votre intention : il est temps pour l’aigle à deux têtes de prendre son envol. Il a assuré que vous comprendriez.
Kotil réprima un sourire.
- Si vous voulez bien signer le reçu, monsieur, ajouta le droïde en tendant un stylu et une feuille de flimsi.
Kotil s’exécuta sans broncher et s’empressa de tirer le conteneur à l’aide de la Force jusqu’à l’intérieur de sa chambre. Il referma la porte pour plus d’intimité. Le conteneur faisait la moitié de sa taille.
Il approcha la main pour caresser le sommet et il se raidit lorsqu’une voix désincarnée s’éleva :
- Veuillez confirmer votre identité vocale.
Il épela distinctement son nom.
- Kotil. Marek.
- Identité confirmée, accès autorisé.
Le sommet se souleva, cassé en deux dévoilant ce qui ressemblait à des piles d’habits d’un ton luxueux et aux nuances arc en ciel. Il s’en empara d’un et le déplia. Ce qu’il tenait entre les mains ressemblait à un long et ample poncho à capuchon, accompagné d’un pantalon et de bottes rangées debout.
Il se pencha au-dessus de la boîte et crut discerner des masques. Cinq masques d’oiseaux, qui avaient un profil de rapace luisant écarlate. Il souleva celui du milieu à l’aide de la Force et le faisant pivoter devant sa figure, découvrit un disque holographique incrusté à l’intérieur. Il laissa tomber le poncho sur son lit et décrocha le disque.
L’hologramme du sénateur Kalad apparut devant lui.
- Salutations, Jedi Marek. Si vous visionnez ceci, c’est que le colis vous est parvenu comme prévu à destination. Dans ce conteneur, nous avons entreposé cinq déguisements, contenant chacun une balise spécifique. Cela pourrait vous surprendre car je sais que vous avez de nombreux partisans au sein de l’Ordre Jedi. Mais les enjeux sont si élevés que nous ne pouvons pas nous permettre le moindre impair. Trop de Jedi attirerait l’attention et un seul Jedi n’inspirerait pas assez confiance. Cinq Jedi présents à la fête me paraissait être un nombre adéquat, le meilleur compromis possible entre la discrétion et une garantie potable. Lorsque vous serez dans l’ambassade d’Alsakan, vous devrez répondre à une série de questions visant à confirmer votre… allégeance, pour la sécurité de tous. Je les ai enregistrées avec les réponses à la suite de ce message.
L’hologramme se brouilla quelques instants avant de se stabiliser.
- Pourquoi les pèlerins rentrent chez eux ?
Kotil nota soigneusement la réponse qui fut :
- Parce que l’orbe noircit.
Et ainsi de suite jusqu’à ce Kalad trancha :
- Lorsque vous serez certains d’avoir tout retenu, vous et vos amis, je vous demanderais de détruire ce disque.
Kotil saisit immédiatement son comlink pour convoquer quatre de ses plus proches camarades. Ces derniers ne mirent pas longtemps à venir et il leur expliqua rapidement de quoi il en retournait. Puis il leur demanda de mémoriser comme lui, les questions puis les réponses codées. Lorsqu’il fut persuadé qu’il n’aurait pas besoin de poursuivre la séance, il fit léviter le disque devant sa figure et le broya en pièces d’une simple pression exercée à l’aide de la Force.
Ses amis contemplaient les débris au moment où il conclut :
- Nous sauverons la République.
Ils hochèrent la tête en guise d’approbation puis quittèrent la chambre un à un pour regagner la leur. Kotil demeura sur le seuil, guettant leur départ. À aucun moment, il ne se doutait de la présence de la sonde espion qui flottait quelques mètres au-dessus de sa tête.


Dans la salle du Haut Conseil, Bekan Kalad, Zeri Baltwo et Ri’ila Terka surprirent l’image holographique de Marek en train de rentrer sa chambre, avant de clore la porte. Les trois Jedi assis dans les sièges des maîtres se concertèrent du regard avant que la twi lek n’autorisa son ancien élève à rappeler la sonde, à l’aide de sa télécommande.
Quelques minutes après, le Jedi alsakani tenait l’instrument entre ses mains tandis que sa camarade lorrdienne commenta :
- Je dois reconnaître que ton padawan a un sacré don avec les machines.
Bekan décocha un sourire malicieux.
- C’est bien pour cela que je l’ai choisi comme apprenti.
Ri’ila Terka restait enfoncée dans le siège, pensive. Ses mains jointes devant elle, témoignaient de sa concentration.
- Il se passe quelque chose, je sens la Force perturbée, confia-t-elle.
- Je me demande pourquoi nous ne l’avons pas mis aux arrêts, après ce qu’il a tenté de faire à Bekan, dans la Salle d’Armes, la dernière fois, dit Zeri.
- Si nous l’avions fait, cela aurait causé un scandale et Contispex n’aurait pas manqué d’en profiter contre nous, lui fit observer l’alsakani. D’une façon ou d’une autre.
- Le Haut Conseil est parfaitement au fait que le Chancelier Suprême a un certain talent pour exacerber ou du moins profiter des dissensions internes. Cela explique qu’il ait pu se maintenir si longtemps au pouvoir, fit observer la twi lek.
- La question est : à quoi joue Marek ? Fit Zeri.
- Nous savons tous qu’il a l’intention de se dresser contre le Chancelier et la secte. Le tout serait de savoir comment et avec qui, réagit Ri’ila Terka.
- Et à quoi cela nous servirait au juste ? Demanda Bekan.
- Nous permettre d’empêcher l’irrémédiable, répondit son ancien mentor. Nous ne pouvons pas nous permettre que Contispex devienne notre ennemi.
- Mais nous lui permettons d’opprimer des innocents.
- Je suis navrée que nous ayons à payer ce prix, lâcha-t-elle avec fatalisme.
Elle se leva de son siège.
- Je vais rendre mon rapport à maître Treski. Bonne nuit.
Elle prit congé, laissant les deux Chevaliers seuls dans la salle du Haut Conseil. La lorrdienne et l’alsakani restèrent muets jusqu’à ce que Zeri brisa la glace.
- Tu es préoccupé.
Ce n’était pas une question, Bekan l’avait compris.
- Tu ne le serais pas, à une pareille époque ? Souffla-t-il avec un sourire forcé.
- Je crois que ton inquiétude est plus personnelle.
Il haussa les épaules.
- Nous aurons du mal à persuader Kotil de renoncer à ses projets.
- Ton padawan.
Zeri se tourna sur son siège, le fixant en posant son coude sur l’accoudoir et bloquant sa figure avec sa paume. Elle le fixa avec nonchalance, les jambes croisées l’une sur l’autre.
- Quoi, mon padawan ?
- C’est la source de la perturbation que je perçois en toi.
Il soupira en levant les yeux au plafonds.
- Je déteste quand tu fais ça, gronda-t-il.
- Je n’ai pas utilisé la Force, se défendit-elle.
Elle ajouta lorsqu’il fronça les sourcils.
- Bekan, tu es un excellent Jedi, l’un des meilleurs dans l’art du sabre laser et l’un des plus intègres. Je pense que tu es destiné un jour à faire partie du Haut Conseil lui-même. Mais je te connais depuis des années et certaines de tes expressions me sont devenues familières. Comme quand tu deviens renfrogné.
Elle lui adressa son sourire le plus enjôleur.
- Et ce n’est pas ça qui t’empêchera de m’offrir à dîner, tout à l’heure, soit dit en passant.
- Tu es insolente, Zeri Baltwo.
- C’est l’aspect de ma personnalité que tu préfères le plus.
Il éclata de rire avant de reprendre son sérieux.
- Oriko est un excellent élève, reprit-il enfin. Il a une meilleure perception que moi de son environnement, du fait de sa nature de draethos, sans compter qu’il est très sérieux et très assidu dans beaucoup de domaines. Je le vois bien intégrer le Haut Conseil et devenir un grand nom respecté au sein de notre Ordre.
- Mais ?
Elle le vit se mordre la lèvre inférieure.
- Son problème reste qu’il est handicapé par une trop grande sensibilité. Il dispose de la capacité à capter les émotions et les pensées de plusieurs personnes autour de lui. Je l’aide à canaliser ce flux mais ce n’est pas évident.
Son expression devint alors plus soucieuse.
- D’autant plus qu’il se met à faire des cauchemars.
- Des cauchemars ? Depuis quand ?
- Trois jours.
La lorrdienne abandonna sa nonchalance.
- Tu penses que tu ne te fais pas un peu trop de soucis pour de simples cauchemars ?
Il hocha la tête d’un air peu convaincu.
- Tu te souviens de ce qui s’est passé lorsque Contispex est arrivé au pouvoir ? J’avais eu des visions de ce qu’il a perpétré contre ses propres condisciples. Mais le Haut Conseil avait choisi de les ignorer, malgré le soutien de maître Terka.
- Et les visions d’Oriko seraient pires que les tiennes ?
Toute légèreté avait disparu du ton de sa camarade.
- En tout cas, elles annoncent de bien pires évènements, avoua-t-il.
- Il voit des gens mourir ?
Il fixa le marbre qui pavait le sol, sous ses pieds.
- Oriko m’a raconté le même rêve, à quelques nuances près. Le premier jour, il errait dans un désert chaud de sable. Le deuxième, dans une plaine enneigée. Et enfin le troisième, dans un marécage plongé dans une brume épaisse. Autour de lui, s’élevaient des cris de victimes qu’ils ne parvenait pas à voir mais qui l’appelaient à l’aide.
- Et comment se sont terminés ces rêves ?
Pendant quelques secondes, le silence de Bekan alourdit l’ambiance.
- De la même façon. Il lève les yeux vers le ciel et voit la pleine lune devenir rouge. Rouge comme le sang.
Il paraissait voûté sous le coup de l’accablement.
- Je ressens ta peur, Bekan.
- Je suis alsakani, Zeri. Dans les croyances de mon peuple, lorsque la pleine lune devient rouge, c’est un signe de mort.
Le cœur de Zeri se serra, empli de compassion pour cet homme qu’elle tenait en grande estime.
- Tu es aussi un Jedi, Bekan. Tu dois garder la foi en la Force.
Il lâcha un rire nerveux.
- Ça t’est facile de dire ça.
- Je n’ai jamais dit que tu devais l’ignorer. Tu devrais même en parler à maître Terka, si ce n’est pas déjà fait. Elle t’écoutera et en informera le Haut Conseil. S’ils peuvent faire quoique ce soit pour empêcher que cela se réalise, ils le feront.
Il ne masqua pas son scepticisme.
- Je me suis déjà fait à l’idée qu’ils décideront de ne rien faire.
- Et toi ?
Il exprima seulement son fatalisme.
- Je resterai loyal à l’Ordre, quoiqu’il advienne. J’aiderai Oriko du mieux que je pourrais, c’est déjà une lourde responsabilité.
- Tu sais, il y a quelque chose que tu pourrais faire.
Il releva la tête vers elle.
- Ah oui, quoi donc ?
Elle arborait une malice familière.
- Eh bien, m’inviter à dîner, ce soir.
Pendant trois battements de cils, il se figea, interloqué. Puis il éclata de rire à s’en tordre les boyaux et elle ne tarda pas à l’accompagner. Tout cela libéra la tension qui s’était accumulée en eux, renouvelant l’insouciance de leur jeunesse passée.
- Par les Lunes de Cristal, fit-il en s’essuyant les yeux, comment parviens-tu à rester aussi détachée ?
- Invite-moi à dîner et je te le dirai peut-être.
Elle se leva avec vivacité et lui prit la main pour l’emmener avec elle, jusqu’au réfectoire. Cela acheva de dérider l’alsakani momentanément.
Car au fonds de lui, il sentait l’orage approcher.

Voilà, j'espère que cela vous a intéressé :cute: :cute: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mar 15 Sep 2020 - 12:00   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Mais c'est qu'elle insiste pour cette invitation à dîner ! :lol:

Et me voilà rassuré : le plan de Kalad Senior et des Jedi dissidents va pouvoir entrer en action. Et l'espace d'un instant, j'ai cru que la sonde espion était aux ordres de Contispex, ce qui impliquait la présence d'un traître dans les rangs de la résistance ! Mais ouf, ce ne sont "que" les Jedi... encore que, d'ici à ce que l'un d'eux prévienne le Chancelier Suprême ou décide d'aller gâcher la fête, il n'y a qu'un pas ! :sournois:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mar 15 Sep 2020 - 18:32   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Mais c'est qu'elle insiste pour cette invitation à dîner ! :lol:


C'est parce qu'elle l'aime bien, ce Bekan :P !

L2-D2 a écrit:Et me voilà rassuré : le plan de Kalad Senior et des Jedi dissidents va pouvoir entrer en action.


Les choses deviennent intéressantes :sournois: .

L2-D2 a écrit:Et l'espace d'un instant, j'ai cru que la sonde espion était aux ordres de Contispex, ce qui impliquait la présence d'un traître dans les rangs de la résistance ! Mais ouf, ce ne sont "que" les Jedi... encore que, d'ici à ce que l'un d'eux prévienne le Chancelier Suprême ou décide d'aller gâcher la fête, il n'y a qu'un pas ! :sournois:


Yen a qui sont pas clean dans l'histoire :whistle: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 19 Sep 2020 - 22:56   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir, comment allez-vous :whistle: ?

Allez, c'est l'heure de la suite ! Les conspirateurs vont enfin se décider à se rencontrer :diable: !

Savourez-moi ça !


Coruscant, quartier diplomatique, jour de la Danse du Vautour Multak

Enler Mansur s’appuya contre le nanoréverbère au bord de la chaussée, qui éclairait la rue plongée dans la nuit. Le sénateur de Commenor se sentait mal à l’aise, dans ce costume bariolé de multiples couleurs vives, qu’il jugeait complètement ridicule. Sans compter ce masque à tête de vautour qui lui donnait l’impression de respirer dans un bocal clos.
Il perçut le ronronnement d’un landspeeder dans son dos qui ralentit puis freina à sa hauteur. La portière s’écarta dans un sifflement étouffé alors qu’une voix familière le pressa :
- Montez, vite.
Le dignitaire s’empressa de rejoindre sa collègue alderaanienne à l’arrière du véhicule, à ses cotés. Le bec de son masque percuta involontairement le sien lorsqu’ils se fixèrent. Il fit un geste pour le retirer mais elle le retint en lui attrapant le poignet.
- Vous tenez vraiment à ce qu’on nous reconnaisse ? Lui fit-elle.
- Je n’ai jamais vraiment aimé les fêtes, confia-t-il. À cause de ça.
Il montrait d’un geste dédaigneux le déguisement qui le recouvrait.
- Auriez-vous procédé autrement ?
- Une réunion à mon ambassade ou à la votre aurait beaucoup simplifié les chose, fit-il remarquer. Cela nous aurait épargné tous ces artifices.
Tali Organa rétorqua avec un sarcasme caustique :
- C’est une excellente idée de faire savoir ainsi à notre ami Contispex, l’identité de chacun de ses ennemis.
Il serra les dents.
- Voyez-vous, Enler, l’ambassade d’Alsakan possède bien des avantages. Surtout en cette période de festivités particulières. Les Forces de Sécurité ont bouclé le quartier, ce qui nous épargnera les agissements des Disciples de Hapos et des Gardiens de la Pureté. Ensuite, notre anonymat sera garanti du fait que tout le monde portera le même déguisement. Enfin, en tant que représentant d’Alsakan sur Coruscant, je ne doute pas que notre ami commun ait ordonné que les gardes postés à l’entrée ne laissent pas passer n’importe qui.
- Vous avez reçu vous aussi, le même message ? À propos des questions codées ?
Elle acquiesça d’une inclinaison du menton.
- J’ai passé une nuit blanche à tenter de les retenir, grogna-t-il.
- Dans ce cas, nous restons ensemble et vous n’aurez qu’à me laisser parler pour nous deux.
- Ca me va, répondit-il avec soulagement.
Le chauffeur lança alors par-dessus son épaule.
- Madame, nous arrivons à un point de contrôle.
- Merci, Selun.
Leur véhicule se rangea docilement derrière plusieurs autres, progressant à la vitesse du bantha estropié jusqu’au barrage établi par les agents. Ceux-ci avaient sorti le grand jeu, arborant de lourdes armures et brandissant des fusils blasters lourds.
Ils avaient certainement reçu des ordres de très haut, quelqu’un d’influent ne voulait pas lésiner sur la sécurité du quartier diplomatique.
Tali Organa percevait que cela ne pouvait être que l’œuvre de Contispex, qui voulait asseoir sa réputation de garant de la sécurité et de la tranquillité publique. Le crédit qu’il avait patiemment durant ces longues années de règne monarchique ne pouvait être écorné par le moindre incident, aussi minime soit-il.
Elle ne pouvait s’empêcher ironique que leurs intérêts convergent quelque peu. Le Chancelier Suprême installait une sécurité absolue ce qui permettait que ses opposants ne soient pas directement inquiétés.
Un officier se présenta lorsque ce fut leur tour.
- Vos papiers.
Les deux sénateurs exhibèrent leurs documents diplomatiques et le carton d’invitation qui portait le cachet de l’ambassade d’Alsakan.
- Le dispositif que vous avez installé, est impressionnant, fit observer Organa.
Elle faisait sans doute allusion aux drones qui les survolaient ainsi qu’aux véhicules blindés de la police locale, qui patientaient sur le trottoir.
- Les alsakanis ont demandé un renforcement de la sécurité au plus haut niveau, accepta-t-il de confier.
- Ce serait dommage en effet que leur fête soit perturbée.
L’alderaanienne jaugea la réaction de l’officier qui demeura impassible. Ce dernier leur rendit les papiers avant de les saluer avec raideur.
Le landspeeder démarra doucement et le trafic urbain croissait à mesure qu’ils approchaient de leur destination. L’affluence tardive qui se densifiait à une centaine de mètres de l’ambassade alsakanie les força à s’immobiliser.
Selun, le chauffeur, lâcha :
- Désolé, sénatrice, mais nous risquons de perdre beaucoup de temps à trouver une place libre.
- Cela ne fait rien, Selun, fit-elle. Déposez-nous ici et rentrez. Je doute que nos amis aient la patience d’attendre que nous soyons gentiment garés.
- Vous êtes certaine de ne pas vouloir d’escorte ?
Elle posa sa main petite main frêle sur l’épaule de son subalterne.
- Tout ira bien.
Les sénateurs descendirent du véhicule puis se frayèrent un chemin entre les véhicules luxueux qui claironnaient les uns sur les autres, pour forcer le passage. Parmi les passants qu’ils dépassèrent, une bonne partie portait des costumes de vautours.
Enler sentit les doigts de sa collègue s’enrouler autour de son bras, pour l’intimer de rester à ses cotés. Le commenorien grogna sous son masque d’oiseau, lorsqu’il découvrit cette foule incroyable qui s’amassait en grouillant devant l’entrée de l’ambassade, sévèrement barricadée par les gardes alsakanis qui tentaient de filtrer ce flux bourdonnant.
Enler se pencha à l’oreille de son amie.
- J’ignorais qu’il y aurait autant de monde.
Elle répondit en gloussant.
- La couverture parfaite, n’est-ce pas ?
Une telle ruche enfiévrée intimidait le sénateur, surtout dans un déguisement si peu pratique. Ils contournèrent les groupes qui s’étaient agglutinés et agrégés, des familles entières ou des amis plongés dans des échanges mondains.
En tout cas, l’enthousiasme de pouvoir participer à cette fête, déguisés en cette circonstance, semblait les exciter au plus haut point. Les deux sénateurs se mirent en file indienne, prenant leur mal en patience.
Une soldate alsakanie les prit à part, pour contrôler leurs papiers diplomatiques et le carton d’invitation. Après s’être assurée scrupuleusement de leur identité, elle leur indiqua :
- Allez à la Salle des Fêtes, sur votre gauche.
Ils la dépassèrent et empruntèrent ladite direction. Ils ne purent se retenir cependant de ralentir pour admirer a beauté de l’architecture de l’édifice alsakani. Le palais dans lequel ils s’apprêtaient à pénétrer présentait des courbes elliptiques élégantes et les sommets, surmonté de trois minarets coniques nimbés de cristaux mauves étincelants.
Ils passèrent sous une arche tapissée d’émeraudes chlorophylle avant d’’entrer dans le hall d’accueil. Aux quatre coins, le personnel se dévouait pour guider les invités vers le lieu des festivités. Tous ceux et celles qui étaient déguisés en Vautour Multak, furent priés d’emprunter le large escalier qui les menait au premier étage.
La Salle des Fêtes étaient certainement l’endroit le plus prestigieux de l’ambassade. Bien qu’étant le plus grand endroit de l’ambassade, beaucoup d’hôtes l’emplissaient quasi intégralement. Ce qui ne ravissait pas spécialement le commenorien.
- Je préfère le Sénat, souffla-t-il.
- Personne ne vous insultera ici, ni ne vous poignardera.
- Ah, me voilà rassuré.
Tali Organa le guida avec assurance.
- Allons nous restaurer, vous vous sentirez beaucoup mieux.
Il se laissa entraîner jusqu’à ce que leur chemin celui d’un droïde serveur muni d’un plateau, qui mit à leur disposition deux verres de brandy. Ils restèrent à siroter lentement leur alcool, soulevant légèrement leur masque sans trahir leur identité.
- Comment reconnaîtrons-nous nos amis ? S’enquit-il.
- Patience, le tempéra-t-elle. Ce sont eux qui nous reconnaîtront, j’en suis certaine.
Enler but une nouvelle gorgé et se sentit grisé, beaucoup plus à l’aise, comme l’avait prédit l’alderaanienne.
Sous leur masque, tous deux pouvaient étudier à loisir le comportements des autres convives. Si certains se perdaient dans des échanges superficiels avec éclats, d’autres demeuraient plus discrets, réservés.
Tentant de se donner l’air occupé ou intéressé par ce qui se passait autour d’eux. Bien entendu, étant des politiciens habitués aux joutes du Sénat et aux manœuvres en coulisses, les apparences pouvaient être trompeuses.
Enler arrêta le droïde serveur pour poser son verre à moitié plein sur le plateau. Il tenait à garder les idées claires et s’enivrer n’était pas le meilleur moyen pour cela. Il fut ravi que Tali l’imita. À peine l’automate les avait-il dépassés que les lumières, brillant au bout des chandelles suspendues au plafonds, devinrent blafardes.
Cela n’échappa à personne et les conversations baissèrent d’intensité pour être réduits à des murmures étouffés.
Quelqu’un lança d’une voix forte :
- Que la Danse du Vautour Multak commence !
L’intervention fut saluée par un tonnerre d’applaudissements à tout rompre. Un homme déguisé en Vautour Multak fendit la foule, offrant ses bras pour que tous puissent présenter leurs hommages. Il s’agissait du sénateur Kalad.
Enler fit un pas pour l’aborder mais elle l’arrêta.
- Ce n’est pas le bon moment.
- Pourquoi ? Nous sommes tous déguisés.
- Aucun détail ne peut échapper à ce démon de Contispex. Et tous les alsakanis ne sont pas les amis de Kalad.
Enler Mansur frissonna à la pensée que leur sécurité n’était peut-être que relative. Approcher Kalad à la vue de tous, même sous un déguisement, était le meilleur moyen de trahir sa présence. Ils le virent passer devant eux deux, affichant une indifférence de façade.
Hassan Kalad savoura les hommages avant de réclamer le silence.
- Merci à vous tous d’être venus, commença-t-il. Je suis touché que vous ayez accepté d’être présents ici, ce soir, pour commémorer l’une des fêtes les plus importantes de notre peuple. La Danse du Vautour Multak n’est pas seulement l’occasion de nous retrouver ensemble, pour partager un moment de joie et d’amitié. C’est aussi l’occasion de célébrer notre histoire et nos légendes, et c’est ce que nous souhaitons partager avec vous !
De nouvelles clameurs favorables accueillirent cette envolée. Une musique harmonieuse résonna tout à coup comme les gazouillis du printemps qui renaissait. Une vingtaine d’artistes portant des costumes et le visage poudré, entrèrent en trombe dans la Salles des Fêtes, se distinguant par tout types d’acrobaties dont ils étaient capables en tant que gymnastes accomplis.
Ils se groupèrent au milieu des invités, qui les encouragèrent amicalement. Puis ils se séparent en deux rangs face à face.
Le premier représentait les Vautours Multak, le second…
- Les Aigles à Deux Têtes, fit Organa à l’oreille de Mansur.
La musique bascula dans un rythme plus dynamique et les Vautours Multaks ouvrirent le spectacle. Les ailes rouges pliées dans leur dos se déployèrent de toute leur envergure lorsqu’ils se déplacèrent à l’unisson autour des Aigles à deux têtes. Ceux-là s’étaient avancés sur la pointe des pieds, avec une dextérité à couper le souffle, donnant l’impression qu’ils lévitaient au-dessus du sol. Ils ouvrirent leurs ailes blanches, ouvrant une nouvelle phase de la chorégraphie.
Brusquement, les deux groupes rompirent leur formation et commencèrent à se mélanger, exaltant ballet d’ailes rouges et d’ailes blanches, chacun des danseurs se groupant par deux et se faisant face comme pour se défier.
La fourberie du Vautour contre la noblesse de l’Aigle.
Leurs mouvements saccadés agitaient leurs ailes dans des frémissements frénétiques, au ravissement des spectateurs conquis.
Enler Mansur se demandait ce que cela signifiait vraiment dans l’histoire des alsakanis. Il devenait curieux de le savoir.
Tali Organa semblait lire dans ses pensées.
- Les légendes racontent qu’un Vautour Multak, le plus grand et le plus effrayant qui ait jamais existé, régnait à lui seul sur Alsakan. Il parcourait les cieux de ce monde, dit-elle, réclamant son dû aux premiers habitants, effrayés à chacune de ses apparitions. Son souffle de feu carbonisait les forêts, les plaines et les villages de ceux qui osaient lui tenir tête et refusaient de lui sacrifier en offrande ce qu’ils possédaient de plus cher. Il semait la terreur partout où il passait, ne laissant souvent que des ruines dans son sillage.
La musique ralentit peu à peu, intimant aux danseurs de s’écarter les uns des autres pour se tourner vers le public.
- Las de cette tyrannie, les survivants et les oppressés prièrent les Aigles à Deux Têtes de leur venir en aide. Ceux-ci unirent leurs forces contre le Vautour Multak. Le combat fut sans merci dans les cieux, le tyran terrassant des centaines d’ennemis avant qu’il ne soit précipité dans le cratère d’un volcan en fusion. L’éruption qui s’ensuivit, fut si importante et si cataclysmique que des débris furent projetés au-delà des cieux pour former les Lunes de Cristal.
La cadence reprit sur un rythme endiablé et les danseurs se rapprochèrent dans une lutte merveilleuse et silencieuse. Tout à coup, les Vautours se laissèrent tomber au sol, leurs ailes en désordre, se cambrant dans des positions sollicitant leurs tendons et leurs muscles. Les Aigles se penchèrent au-dessus de chacun d’entre eux, accroupis. Leurs mains jointes imitèrent la lame d’un poignard qu’ils mimèrent en train de planter dans leurs corps.
La fin de ce spectacle fut marquée par les acclamations nourries lorsque tous les danseurs se redressèrent sur leurs appuis, se joignirent par les mains pour saluer la foule. Ils se dispersèrent sous les vivats.
- C’est donc ce que représente la Danse du Vautour Multak. La victoire sur la tyrannie, ajouta le commenorien charmé.
- Vous avez bien résumé l’idée.
- Le thème est approprié.
Les sénateurs décidèrent qu’ils avaient soif et Kalad lança par-dessus leurs têtes.
- La fête ne fait que commencer ! Joignez-vous les uns les autres et dansez !
Avec des cris d’impatience, beaucoup d’invités furent réceptifs à cette idée et la Salle des Fêtes se transforma rapidement en une piste de danse, laissant s’exprimer différents styles. Les deux sénateurs jugèrent qu’ils n’étaient pas encore assez dégourdis pour ce genre d’exercice et s’accoudèrent au bar.
Ils se servirent et Organa reprit :
- J’ai reçu la visite de Linza Contispex, lui apprit-elle.
Le commenorien fit la grimace.
- J’ai entendu dire que sa compagnie n’est pas spécialement recherchée.
- Sauf si l’on cherche à s’attirer les faveurs de son mari. Mais j’approuve qu’elle est encore bien moins bienveillante que notre cher Julius.
- Pourquoi est-elle venue vous voir ?
- Pour tenter de m’impressionner.
- Mais encore ?
Tali sentit la pression de sa curiosité à travers son masque.
- Elle me soupçonnait de détenir quelque chose lui appartenant.
- C’était le cas ?
- Non.
Le commenorien contempla le fonds de son verre avant de faire part de son opinion.
- Je ne suis pas un imbécile, Tali. Quand je suis sobre, en tout cas.
Elle posa doucement sa main sur son avant-bras et il devina son sourire.
- Alors tâchez de le rester pour la suite de la soirée.
Il se ravisa alors qu’il s’apprêtait à soulever son masque pour voler quelques millilitres de liqueur tentatrice. Il y renonça finalement.
Une voix cristalline se leva derrière eux au-dessus du tumulte et de la musique.
- Pourquoi les pèlerins rentrent chez eux ?
Les deux sénateurs s’écartèrent légèrement du bar pour observer la nouvelle venue. Costumée comme eux en Vautour Multak, ils avaient perçu son accent qui se rapprochait de celui de leur ami Hassan Kalad.
Elle s’installa entre eux deux et d’un regard entendu, Tali fit comprendre à Enler qu’il devait s’appuyer sur le comptoir. Tous les trois devaient paraître comme étant un groupe d’amis anodin. Le commenorien s’éclaircit la voix.
- Parce que l’orbe noircit, répondit-il.
Tali vit la jeune alsakanie hocher imperceptiblement la tête.
- Pourquoi la lune est si étincelante la nuit ? Interrogea celle-ci, la voix étouffée par son masque.
Enler ne parvenait plus à se rappeler de la réponse. Il serra les dents, l’alcool qu’il avait absorbé sapait sa concentration.
Tali reprit le relais.
- Car le jour sera sans nuages demain.
- Pourquoi le miséreux ne quémande-t-il pas sa maigre pitance ?
- Car on lui a promis une place près du feu.
La jeune alsakanie commanda un cocktail auprès du barman elomin, engagé pour la soirée.
- Pourquoi est-il dangereux d’explorer l’inconnu ?
- On risque de récolter bien plus que ce que l’on convoite.
- Une carte de navigation ne pourrait-elle pas aider ?
- À condition que la destination soit clairement indiquée.
L’alsakanie garda un moment le silence, cessant ses questions. Elle pencha la tête de côté, sur le point de somnoler. Mansur la vit cependant frôler son bec pour activer un comlink intégré dans le masque.
Il entendit :
- Le pèlerinage a commencé.
Elle quitta cette pose nonchalante pour leur souhaiter :
- Bienvenue à l’ambassade d’Alsakan, vos excellences. J’espère que vous profitez bien de la soirée.
- C’est assez exotique et rafraîchissant, la complimenta le commenorien. J’imagine que vous savez qui nous sommes.
Un tonnerre d’applaudissements recouvrit la musique et la jeune alsakanie camouflée glissa à son adresse :
- Chaque costume envoyé possède une balise spécifique, qui a sa propre signature.
- Astucieux, reconnut l’alderaanienne. Et la série de questions codées constitue une sécurité supplémentaire.
- Une précaution élémentaire. Son Excellence a un dangereux ennemi parmi son propre peuple.
- Le Premier Régent Orin Melok, déclara Mansur.
La jeune alsakanie leva son verre pour les saluer puis le reposa sur le comptoir avec un mini blaster dissimulé dans sa manche. Le barman elomin s’empressa de s’en emparer pour les faire disparaître sous son chiffon.
Le manège n’avait échappé à aucun des deux sénateurs. À en juger par son air farouche, l’elomin n’était pas ici par hasard. Lorsqu’il leur tourna le dos pour s‘éloigner vers le coté opposé du bar, l’émissaire alsakanie leur signifia :
- Il fait partie du mouvement Justice et Diversité. Il va contacter ses chefs pour les avertir que vous êtes arrivés.
En effet, le barman avait levé son chiffon vers ses lèvres, qu’ils virent remuer… pour s’exprimer à travers un comlink, probablement. L’elomin leur envoya finalement un signe de tête, sitôt qu’il avait terminé.
- Suivez-moi, leur fit l’alsakanie. Son Excellence vous attend.

Voilà, j'espère que cela vous aura plu :cute: ! N'hésitez pas à me faire de vos remarques ou de vos questions :jap: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 20 Sep 2020 - 17:25   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Et ben doudou ? Tu viens plus aux soirées ? :lol:

Et ça y est, les conjurés se réunissent, et deux Sénateurs font le point sur les derniers événements ! J'ai beaucoup aimé la légende alsakani, les liens qu'on peut en faire avec la situation présente et le sacré test que doivent passer Organa et Mansur pour pouvoir accéder à la suite des festivités ! :sournois:

Vivement la suite ! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Lun 21 Sep 2020 - 21:38   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Et ben doudou ? Tu viens plus aux soirées ? :lol:


Ah moi, les soirées ca jamais été mon truc... sauf si c'est Dark Talon qui les anime :transpire: !

L2-D2 a écrit:Et ça y est, les conjurés se réunissent,


Et va y en avoir un paquet de conjurés ! Contispex s'est fait beaucoup d'ennemis :sournois: !

L2-D2 a écrit: J'ai beaucoup aimé la légende alsakani, les liens qu'on peut en faire avec la situation présente et le sacré test que doivent passer Organa et Mansur pour pouvoir accéder à la suite des festivités ! :sournois:


J'ai remarqué dans la chronologie Legends historique à quel point Alsakan a compté dans l'histoire de la galaxie! Tu te rends compte qu'il y a eu 17 (!! :shock: :shock: ) guerres entre la République et Alsakan :x :x !!!! Et rien que pendant l'ère Pius Dea, yen a eu deux :shock: :shock: !
Donc du coup, ça me paraissait important de développer leur culture parce qu'à cette période très lointaine, ils ont une importance et une influence incroyables !! j'espère avoir réussi mon pari de susciter l'intérêt de mes lecteurs, pour ce peuple si fier de sa culture et qui se trouve juste à côté de Coruscant à l'échelle galactique :x !

Du coup, à la prochaine pour la suite :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 26 Sep 2020 - 21:49   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite :wink: !

On retrouve les Contispex à la manœuvre et les résistants en pleine œuvre :diable: ! Bonne lecture !


Résidence des Contispex, jour de la Danse du Vautour Multak

- Tu te souviens de cette nuit où nous nous sommes débarrassés du Conseil des Sages ?
Les époux Contispex se tenaient l’un contre l’autre devant la grande baie de transparacier, admirant l’obscurité qui engloutissait cette partie de la Cité Galactique. Julius fut étonné de la remarque de sa femme.
- Serais-tu nostalgique, ma chérie ?
Elle l’embrassa sur la joue.
- Je pensais à tous les sacrifices que nous avons accompli ensemble, pour obtenir ce que nous avons aujourd’hui.
- Et il nous reste encore tant à accomplir, soupira-t-il.
- Les alsakanis ont du commencer leur fête, fit-elle remarquer.
Les traits de son mari se tordirent d’hostilité.
- Qu’ils en profitent tant qu’ils le peuvent, Kalad et ses amis.
- Les Gardiens de la Pureté confirment avoir vu des personnes déguisées quitter l’ambassade de Commenor et l’ambassade d’Alsakan.
- Probablement les sénateurs et des leurres.
Elle hocha la tête.
- Skanor le Mouchard vient de signaler que la sénatrice B’lsak a été vue dans le ghetto trois, bien escortée, semblerait-il.
- Elle s’apprête bien à quitter Coruscant en rejoignant le statioport le plus proche, gronda-t-il.
- Pas sans avoir récupéré ce qu’elle cherche.
Il la serra dans ses bras, la braise farouche luisant dans son regard.
- Cette impure n’obtiendra ni l’un ni l’autre.
- Nous y veillerons, mon chéri.
Oui, ils veilleraient à ce que le secret de leurs sinistres projets à l’égard des non humains, ne se répande pas davantage. Ils avaient trop sacrifié pour tout perdre maintenant, semé trop de cadavres dans le sillage pour que leurs crimes soient un jour pardonnés.
Ils triompheraient de leurs ennemis et cela commencerait ce soir.
Une Disciple de Hapos entra d’un pas feutré et s’inclina devant le couple, leur annonçant :
- Ils sont là, Sage Suprême.
- Faites-les entrer, Sœur, intima Linza.
Ils prirent place sur le divan dans le salon alors que furent introduits deux jeunes humains en tenue misérable de repentants engagés sur la Voie de la Pureté, escortés sévèrement par trois Disciples de Hapos.
Linza et Julius fixèrent sans émotions leur fils Ethan et Leli, qui se tenaient, voûtés, la tête baissée et décoiffée.
D’une voix impersonnelle, amoindrie par l’émotion de revoir son enfant, Linza déclara :
- Le Grand Prêtre Imesais nous a assuré que vous étudiez les paroles de la Déesse avec beaucoup d’abnégation.
- Nous espérons que ce séjour au Temple de la Grande Déesse vous aura ouvert les yeux sur votre véritable place parmi nous et notre communauté, poursuivit son mari.
Les jeunes gens relevèrent la tête, le regard distant et prudent.
- La Déesse nous a révélé l’ampleur de notre égarement, répondit Leli.
Son ton avait perdu cette mièvrerie arrogante, qui la rendait insupportable aux yeux de la matrone.
- Et nous sommes prêts à obéir à sa volonté, renchérit Ethan. À votre volonté, père.
Linza serra avec force la main de son mari, qu’elle ne lâchait pas. Elle lui transmit la force de son soulagement et Julius leur accorda enfin un sourire chaleureux.
- Bienvenue de nouveau parmi nous. Vos péchés sont pardonnés.
Ils se levèrent tous deux pour leur ouvrir les bras. Julius étreignit son fils avec une force paternelle tandis que Linza en fit de même avec Leli. Celle-ci tressaillit néanmoins malgré elle, n’ayant sans doute pas oublié la correction qu’elle avait reçue de la part de la matrone.
Tout comme Ethan de la part de son père.
Les Disciples de Hapos se retirèrent.
- Nous allons pouvoir de nouveau former une famille. Nos ennemis complotent contre nous et nous devons nous montrer sans failles, rappela le patriarche.
Linza leur tendit deux vibrolames.
- La cible est Lonleth B’lsak de Manaan, expliqua-t-elle. Cette infâme impure est sur le point de quitter la capitale cette nuit avec des informations qui peuvent nous porter préjudice.
- Vous devez l’éliminer avec les complices qui l’accompagneront. Rejoignez vos frères et vos sœurs qui vous emmèneront pour l’intercepter.
Les anciens pénitents regardèrent les vibrolames qui leur avaient été conférées. Leur regard inexpressif s’emplit alors d’une dureté inhumaine.
Ils étaient appelés à devenir des Contispex, à assumer le poids de ce nom et de ce qu’il impliquait. Ils seraient prêts à prendre la relève, le moment venu.
- Faites-le au nom de notre cause, de notre famille.
Ethan Contispex releva la tête, traduisant son impatience d’agir.
- Nous ne vous décevrons pas, promit-il.
- Je sais, Ethan, approuva son père. Vous ferez notre fierté, tous les deux.
- Que Hapos, le Prophète de la Violence, vous donne la force de frapper, souhaita sa mère.
Les deux jeunes gens mirent une cape sommaire puis se dirigèrent vers la sortie, sous le regard du couple Contispex. Ils étaient devenus pour cette nuit les archanges vengeurs des Enfants de la Déesse.

Coruscant, Cité Galactique, quartier Efel
Jour de la Danse du Vautour Multak

La sénatrice Lonleth B’lsak fut rassurée de voir enfin deux silhouettes surgir des ténèbres depuis l’entrée de la ruelle, là où elle s’était camouflée avec ses gardes du corps echanis. L’une d’elles, commençait à dégainer son épée hors du fourreau, devant l’irruption de ceux qu’elle considérait comme de potentiels intrus, lorsque la selkath l’arrêta d’un geste impérieux.
Elle lança à l’adresse des impromptus.
- Pourquoi les pèlerins rentrent chez eux ?
- Parce que l’orbe noircit, répondit un jeune cathar fougueux.
Sous le capuchon de ce dernier, se balançaient des tresses familières, celles de Wils Hiskayor. Le bâton lumineux que brandissait un autre echani, éclairait les lekkus écarlates d’une jeune twi lek, un peu intimidée par le comité d’accueil.
Naha.
- Vous êtes en retard, leur reprocha la selkath. Je craignais le pire.
- Nous avons dû contourner quelques barrages des Forces de Sécurité et quelques drones, indiqua Wils.
Sous son capuchon, la créature à la figure de cétacé secoua ses bajoues pendantes du coin de ses lèvres.
- Je dois quitter la capitale cette nuit tant que cela m’est encore possible de le faire. Si possible, avant que la Danse du Vautour Multak ne s’achève. Ne perdons pas plus de temps et allons dénicher cette datapuce.
- Vous n’avez pas besoin de me rappeler les enjeux, sénatrice, rétorqua la jeune twi lek Lethan. J’ai suffisamment payé pour le savoir.
Wils avait saisi parfaitement le sous-entendu dans les derniers mots, il se demanda si la selkath l’avait compris aussi.
Il ne parvenait pas à déchiffrer son expression aquatique, à vrai dire.
- S’il vous plait, Naha, fit seulement la sénatrice.
- Je vais vous montrer le chemin.
Elle resserra son capuchon sur son crâne, suivi de près par son ami cathar. Elle retourna sur ses pas et se colla derrière l’angle du mur. Elle se risqua à jeter un coup d’œil vers l’extrémité de la grande avenue, plongée dans la nuit.
Tout le groupe retint son souffle lorsqu’un véhicule des Forces de Sécurité les dépassa dans un rugissement de moteurs ioniques, les gyrophares allumés sur le capot. Ils attendirent qu’il disparaisse pour mieux respirer.
Naha surveilla de nouveau l’avenue, à droite puis à gauche. À trente mètres au-dessus de leurs têtes, un drone stationna, errant avec une lenteur angoissante. Ces saletés étaient dotés de senseurs thermiques et volumétriques.
Une Echani brandit tout à coup un dispositif dans sa paume, au-dessus de sa paume. Un sifflement, ressemblant à un chapelet d’ultra sons à peine audibles fut émis en direction de l’appareil de surveillance.
Wils crispa ses doigts griffus sur la crosse de son blaster à la ceinture, se préparant à en user s’il le fallait. Mais la sonde avait continué sa route sans dévier sa trajectoire. L’echani fit savoir à ses compagnons qu’ils ne seraient pas dérangés de sitôt.
- Allons-y, leur fit la jeune twi lek.
Elle s’élança d’un bond et ils la suivirent. La peur la tenaillait mais elle lui permettait de rester concentrée sur sa tâche.
Offrir aux Contispex plus d’ennemis qu’ils n’en possédaient déjà. C’était mieux que rien, après avoir tant subi de leur part.
Ils traversèrent l’avenue pour se jeter dans une autre ruelle, sans avoir été repérés. Wils l’agrippa par l’épaule.
- Tu es sûre de toi ?
Vexée par sa remarque, elle se dégagea sèchement.
- Oui, affirma-t-elle.
- Je ne voulais pas…
- Ce n’est rien, avançons.
Ils progressèrent, leur ombre se noyant dans celle des habitations du Quartier Efel. Les ténèbres étaient si abyssales, qu’ils étaient tentés d’être effrayés par ces terrifiantes projections d’eux-mêmes à l’éclat de la lune et des nano réverbères.
Naha et Wils n’étaient pas certains que la présence d’une sénatrice garantiraient leur immunité s’ils étaient surpris en violation du couvre-feu, dans une zone interdite aux non humains. Le cathar se demandait si ce risque en valait la peine.
Il était trop tard pour reculer.
Lonleth B’lsak devait repartir de Coruscant avec les données originales pour convaincre de nouveaux alliés et grossir les rangs de leurs partisans. L’enjeu devenait assez intéressant. Naha savait exactement où elle devait les conduire, bien que cela ne soit pas de gaieté de cœur. Elle dégaina le blaster que Wils lui avait prêté.
Elle ralentit, aux aguets, suscitant l’interrogation de l’echani juste derrière le cathar.
- Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Rien, j’ai seulement failli avoir des problèmes dans le coin.
Sous son capuchon, ses lekkus se tortillaient nerveusement à l’idée de croiser ces mendiants humains qui l’avaient prise à partie, lors de cette traque qui avait manqué de mal se terminer pour elle.
Wils l’avait imité tout comme certains echanis. D’autres se bornèrent à poser les doigts sur la garde de leur épée.
Naha leva le canon de son arme de poing, le cœur battant, alors qu’ils arrivaient au bout du chemin. Les ruines semblaient désertes. Des echanis allumèrent des bâtons lumineux pour s’éclairer et éviter de trébucher sur des gravats.
Celle qui les commandait, une guerrière du nom de Maathra, souffla :
- Sécurisez la zone, vite !
Ses congénères se déployèrent de part et d’autre des ruines tandis que la sénatrice se rangea à hauteur de la twi lek.
- Où ?
Naha pointa son index en direction de l’immeuble effondré le plus proche. Elle la guida ensuite à l’intérieur et lui montra le coin, là où elle avait enterré la datapuce. La selkath écarta la brique et enfouit ses doigts palmés dans la brèche.
Elle en retira la datapuce et la considéra avec une expression avide. Puis elle saisit son comlink pour appeler la cheffe des gardes.
- Maathra, nous avons ce que nous voulions.
- Très bien, je sonne le rassemblement.
Tout ce monde se retrouva à l’extérieur pour savourer cette trouvaille.
- Vous pensez que cela suffira, sénatrice ? Demanda le cathar.
- Cela suffira à convaincre mes amis sur Manaan, affirma-t-elle. Bientôt ils sauront le vrai visage des Contispex. Toute la galaxie le découvrira.
- Et nous obtiendrons justice dans une République meilleure, gronda Naha.
- Merci pour votre contribution à la cause, fit la selkath.
- Nous vous remercierons quand vous et le sénateur Kalad auront réussi, lui rappela Wils. Bon voyage, sénatrice B’lsak.
Ceci marqua la discussion au moment où ils acceptèrent de se serrer la main, malgré leur méfiance mutuelle et leurs divergences. Wils et Naha se séparèrent d’eux pour rentrer au ghetto, jetant un dernier regard par-dessus leur épaule.
- Tu penses que nous avons une chance sérieuse ? Demanda-t-elle à son compagnon.
Il lui prit la main.
- Nous finirons par le savoir. Rentrons au ghetto.
Ils aboutirent de nouveau à l’avenue, tout en épiant le moindre bruit qui trahirait l’irruption d’un drone ou d’un véhicule des Forces de Sécurité. Naha ne put s’empêcher de trouver que la nuit était belle.
Les étoiles et la lune étaient visibles, une douce lumière mélancolique qui réconfortait les âmes meurtries à défaut de leur offrir la perspective d’un avenir radieux et sans incertitudes. Sans haine, sans paranoïa, sans discrimination.
Un monde où des humains cesseraient de se considérer comme le nombril de la galaxie et cesseraient de demander des comptes aux aliens comme eux deux.
Naha sentait la chaleur de Wils à travers sa main qui serrait la sienne. Lorsque tout cela serait terminé, il lui avait promis de l’emmener sur Cathar et de voyager partout où elle voudrait. Peut-être même qu’ils pourraient partir tous en famille.
Elle l’entendit subitement renifler pendant qu’il lui lâchait la main.
- Wils ? Fit-elle.
- Je sens qu’on n’est pas seuls.
À son ton, elle perçut son inquiétude et son sang se glaça lorsqu'elle le surprit, l’instant d’après, blaster au poing. Elle saisit le sien après une brève hésitation.
Instinctivement, ils progressaient sur l’avenue déserte en frôlant les murs. Le silence les entourait, étouffant les bruits de leurs pas. C’est alors qu’un cri retentit dans leur dos :
- Mort aux impurs !
Les Disciples de Hapos.
Un trait ardent fracassa le mur à quelques centimètres au-dessus de la tête de Naha. La jeune twi lek se laissa tomber sur les genoux, pétrifiée, ne sachant comment réagir.
Wils réagit promptement en retournant son arme contre les cinq assaillants qui venaient de surgir d’une ruelle à quarante mètres d’eux. Malgré l’obscurité épaisse, ses yeux de félinoides parvenaient grâce à ses facultés nyctalopes, à discerner des silhouettes.
Il crispa l’index griffu sur la détente et entendit les râles sourds de deux cibles qu’ils avait atteints. Il en tira une certaine satisfaction.
Rien ne le motivait plus que de rendre les coups. Il était déterminé à tenir sa position et à occire les autres mais un glapissement aigu lui rappela une autre priorité. Naha était recroquevillée sur elle-même, ne trouvant pas la force mentale de riposter.
Elle se tenait accroupie, ses lekkus enroulées autour de son cou, en signe de panique. Wils Hiskayor feula, comprenant qu’il ne pouvait pas la laisser ainsi.
- Lève-toi, vite ! Lui cria-t-il.
Le cathar se redressa pour battre en retraite, agrippant énergiquement le coude de sa camarade, qui accepta enfin de s’animer.
- Cours ! L’encouragea-t-il.
Ce qu’ils firent tous deux, à bride abattue, sous les rafales de blasters qui les encadraient de près. Wils releva de temps à autre le canon de son arme, par-dessus l’épaule, pour lâcher quelques salves. Ces dernières manquaient cependant de précision, à cause de sa précipitation.
Une ruelle se dessinait sur leur gauche, peut-être une issue qui leur permettrait d’échapper à leurs poursuivants.
Cet espoir fut déçu quand Naha s’écria au bout de cinq mètres :
- Une impasse !
Le cathar rugit de dépit.
- Blast !
Les Disciples de Hapos seraient bientôt sur eux. À en croire les clameurs qui leur parvenaient, ils devaient être plus d’une dizaine. Wils se cala contre l’angle du mur et découvrit son blaster pour lâcher des saccades plus précises.
Les fanatiques du culte Pius Dea stoppèrent net lorsque deux des leurs s’écroulèrent pour ne plus se relever, la poitrine trouée. Le cathar fut déconcerté lorsqu’il sentit Naha s’appuyer contre son dos pour le seconder.
Il la vit pointer son blaster.
- Qu’est-ce que tu fiches ?
Elle lui cria dans ses oreilles équines :
- À ton avis ?
En la voyant fixer avec haine ses adversaires qui étaient responsables de leurs malheurs communs et de ceux de beaucoup d’autres, il ne put se retenir d’éprouver de la fierté. Tous ceux ou celles capables de se battre, devaient contribuer.
Il la regarda vider son blaster puis ses yeux de félins discernèrent une silhouette fine d’humanoïde encapuchonnée, s’approcher des Disciples de Hapos par le flanc, depuis l’autre coté de la chaussée. Aucun fanatique ne s’en aperçut.
L’humanoïde semblait tenir une sphère dans la paume droite et Wils la vit lever le bras pour la lancer au milieu des fanatiques religieux humains. Lorsque l’objet roula dans des tintements métalliques à leurs pieds, les Disciples de Hapos s’exclamèrent de surprise.
Ils ne comprirent jamais à temps qu’il s’agissait d’un détonateur thermique. Une nova aveugla les deux résistants non humains avant que leur ouïe ne fut fracassée par l’onde de choc. Lorsque les ombres revinrent, l’inconnue qui les avait sauvés, surgit de la fumée et de l’odeur des corps chauds pour les retrouver.
Elle repoussa son capuchon et Wils s’écria :
- Irren ?
La mirialan se contenta de sourire.
- Juste à temps, on dirait.
- Merci pour ton aide, mais que fais-tu ici ?
L’ancienne pilote de chasse expliqua :
- Ton père m’a demandé de veiller sur toi. Retournons au ghetto avant que d’autres n’arrivent.
Ils s’empressèrent de quitter les lieux, Wils serrant Naha par les épaules. Il la sentait trembler.
- C’est fini, tenta-t-il de l’apaiser.
- Je… j’ai eu tellement peur.
Le cathar jeta un coup d’œil vers les cadavres.
- Tu n’as rien à te reprocher, tu as fait ce qu’il fallait.
Elle parvint à lui sourire.
- J’espère que la sénatrice s’en sort mieux que nous.


Et voilà, j'espère que cela vous a plu :P !

Allez, à la prochaine :hello: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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